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Puisqu’il est l’heure…

Publié le par G\ O\

Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-maçon par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même rôle. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son âge, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = âge + heure / Fermeture = heure pour le 1er... A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\. Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer. Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde, nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE, c’est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à «l’ intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbres et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette réactivation, cette réactualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécessiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est intéressant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde céleste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'âge, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relâche au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demi-nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilité de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'âge invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiale j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait, tel un enfant, décalé, « qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon âge = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédopsychiatres parce que, disent-ils, c'est l'âge où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer, et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement... Et là on se demande quel âge peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans après quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amènera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment après l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inexorablement sur un chemin et le temps qui passe, c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambouis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux. C’est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre existence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'après. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie, on est obligés de répondre : éprouvez-moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa... Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.

J'ai dit,

G\ O\

Source : www.ledifice.net

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Le symbolisme, outil de connaissance

Publié le par H\ D\

Il y a essentiellement deux chemins dans la vie : le premier est de suivre son Ego, son Moi, avec ses désirs changeants, ses passions, ses colères, ses haines et ses envies. Chemin ordinaire et simple, mais bien peu attrayant… L’alternative en est Notre chemin vers la Lumière. La question se pose alors : quelles sont les voies qui peuvent nous amener à cette Lumière ? Et qu’est cette « Lumière » ? Voilà comment j’ai compris et abordé mon travail de ce soir. Le titre de ce travail m’a immédiatement fait revenir dans le cabinet de réflexion : « ici tout est symbole » ! Puis lors de l’ouverture : « Mes Frères, puisque la loge est dûment couverte, et que tous les assistants sont apprentis Francs-maçons, entrons dans les voies qui nous sont tracées… » Quelles sont ces voies, et où mènent-elles ? Ne seraient-ce pas les voies du symbolisme qui amènent à la connaissance ? Il nous faut tout d’abord distinguer la connaissance du savoir : Le Savoir est donné par la démarche scientifique. D’après Platon, « Savoir, c’est mesurer ». En effet, la science, c'est l'organisation des apparences en un système de lois, lois qui s'expriment le plus souvent dans un langage mathématique, physique, chimique. Ce savoir réduit la qualité à la quantité, l'être à l'objet, et opère par démonstration rationnelle et expérimentation systématique. La connaissance, et notamment la connaissance de soi-même, est tout autre chose… Je mettrais d’un coté « savoir, raison, liberté » de Pythagore et de l’autre « connaissance, symbole, amour », de Hermès. Mais sans forcement les opposer… ! Pour se connaître soi-même, il faut commencer par défaire ce que l’on croit être, se mettre en morceaux élémentaires, se déconstruire. Puis, une fois les pièces éparses, tenter une reconstruction de soi par le rassemblement de ces pièces, mais en suivant un plan que l’on a perdu avec la mort d’Hiram, avec en sa possession seulement un plan substitué. Ce plan se substitue au plan originel, tracé par le GADLU, et qui contient la Connaissance princeps, et c’est là, toute la gageure et la difficulté de l’opération : rebâtir son propre édifice en harmonie, sans indication préalable, sans le plan de l’Architecte. Mais alors comment faire ? C’est justement à travers les symboles que l’on va progressivement s’approcher du plan, s’approcher de la Connaissance. La Franc-maçonnerie se définit comme une « Institution d'initiation spirituelle aux moyens de symboles ». Les Francs-Maçons en général, et les Francs-Maçons de la Grande Loge de France en particulier, sont attachés à l'étude et à la pratique du symbolisme. Plus particulièrement, le REAA est un rite initiatique et traditionnel. Initiatique car c’est par le travail intérieur à l’aide des symboles qui le constitue, que l’on atteint la connaissance.
Le REAA comporte 33 grades. A chaque grade correspond un degré de connaissance, car le chemin est long et labyrinthique. Dédale aurait-il pu changer de plan, s’élever vers les cieux, le centre de son cercle atteint, s’il n’avait pas parcouru l’ensemble de son labyrinthe ? S’il n’avait pas franchi les étapes de connaissance qui sont symbolisées par nos 30 premiers grades… Mais ce lent cheminement vers la connaissance utilise également le support de la tradition : René Guénon dit : « la Tradition ne fait qu’un avec la connaissance… La Tradition implique une communion des âmes qui sentent, pensent, se comportent, vivent en fonction d’un même idéal ; la Tradition est la transmission vivante ». Il s’agit bien de créer grâce au REAA un espace et un temps différent de notre vie profane pour nous permettre d’accéder à la communication symbolique avec le Divin, vers notre propre spiritualité. Coupé ainsi de l’espace et du temps profane, on va pouvoir, grâce au contenu du Rite, c’est-à-dire à tout le symbolisme qui en fait son âme, à son insu et petit-à-petit, se mettre en marche vers la voie que l’on a choisie de notre propre et libre volonté. Le rite, c’est donc bien cet outil de notre propre construction. C’est bien notre propre temple intérieur que nous devons construire, par l’accès à la connaissance de nous-mêmes. Le symbolisme est l’instrument, l’outil qui va permettre au Franc-maçon d'accéder à certains ordres de la réalité, qui permet une autre approche de l’Univers mais surtout de l'homme et de l'Etre en général. Le symbolisme répond ainsi parfaitement à l'appel ontologique. Tout symbole possède deux parties, comme le sunbolon grec, dont les deux parties forment l’unité lorsqu’elles sont jointes. Deux parties dans le symbole, deux aspects, qui se rencontrent dans le même objet : l'aspect concret, visible, perceptible ; ce compas que je vois, cette équerre que je touche, situés dans un espace et dans un temps, c’est le « signifiant » ; et l'aspect invisible, ineffable ; ce que je ne peux ni voir, ni toucher ; ce à quoi renvoient ce compas et cette équerre, c’est le « signifié », c'est-à-dire la signification ou les significations que peuvent prendre pour une conscience le compas et l'équerre, ou tout autre objet. Car la portée concrète du symbole peut renvoyer à une pluralité de significations. Le symbolisme est dans le Rite, il EST le rite ! Si le Rite c’est le plan, la méthode c’est la boite-à outils…, alors les outils eux-mêmes ne sont rien moins d’autre que les symboles qui nous environnent et qui sont partout autour de nous. Lors de notre première entrée dans le Temple, notre « initiation » (mais étions nous à ce moment-là réellement « initiés » ?), tout nous a été donné : La boite-à-outils (le Rite) et les outils eux-mêmes (les Symboles). Il nous reste à appréhender ces outils (à les prendre en main), à apprendre leur usage, ce qui nous permettra de nous « déconstruire » pour ensuite nous « reconstruire », pour espérer un jour devenir Parfait Initié. Ce qui fait la diversité et la richesse de notre Ordre et en particulier le REAA c’est la densité et l’universalisme de ses symboles et de ses enseignements qui ne mettent aucune limite à la recherche de la Lumière, ce qui en fait une voie Royale. Lorsque le maçon aura parcouru la spirale des symboles qui conduisent au centre du Labyrinthe, il atteindra la Lumière, la Connaissance ultime. Il sera alors parfait initié, il aura atteint le centre de son cercle. Nous avons, au troisième degré, un symbolisme fort, celui de la Mort. Symbolisme à la fois du passage et de l’épreuve grâce à laquelle on accède à une condition différente par l’identification au défunt Maître, modèle à transposer en soi. Nous savons aussi que les mauvais compagnons qui étaient également en nous-mêmes ont été éliminés. Enfin ! Éliminés peut-être pas. Endormis au tréfonds de nous-mêmes, tapis au plus profond de nous-mêmes. Cette mort constitue une purification et une révélation initiatique, comme on peut la retrouver dans le Mythe d’Osiris. C’est une étape majeure vers la Connaissance, vers la Rectification fondamentale. Mais alors pourquoi utiliser des symboles, plutôt que des mots ? Parce que « l’essentiel est invisible pour les yeux, et indicible par les mots ». Et nous revenons à la dualité savoir/connaissance : Le savoir est transmissible, par des mots et des formules, l’Universitaire que je suis est bien placé pour le savoir… Qu’en est-il de la connaissance ? Elle est par essence intransmissible. Mais c’est l’enseignement initiatique, au travers de l’emploi du symbolisme, des mythes et des légendes qui est transmissible. Parce que celui qui peut parvenir à en pénétrer la signification, à s’approprier ce symbolisme, peut concevoir beaucoup plus que tout ce qu’il est susceptible d’exprimer directement par des mots. Le vrai sens du secret initiatique, c’est que la connaissance est incommunicable. D’où le concept de la Parole Perdue ? La connaissance symbolique peut donc nous donner accès à l'Etre. Le symbolisme est une langue qui permet la transcendance. Et c’est cette transcendance qui permet le passage du « Moi » au « Soi ». « Connais-toi toi-même ». C’est la connaissance analytique, psychanalytique ! Mais à quoi sert-elle ? Une réponse se trouve sur le fronton du Temple de Delphes : « …et tu connaitras l’Univers et les Dieux ! » Le symbole constitue alors le moyen unique de transmission de tout ce qui est inexprimable par la raison et qui constitue le domaine propre à l’initiation. Il reste au Maçon, par un travail personnel, à actualiser cette potentialité qui constitue le véritable secret initiatique. C’est le symbolisme qui permet de passer du Chaos à l’Ordre, comme l’Univers à son origine y est passé par l’acte du Grand Architecte de l’Univers. La recherche de la Connaissance princeps, c’est la recherche de l’Harmonie initiale, des lois d’attirance des contraires, d’équilibre, d’amour qui forment le rythme cosmique. C’est la « conversion du regard ». (1) Cette Connaissance est tapie au tréfonds de nous, elle repose à l’ombre de l’acacia, elle est peut-être le seul but de notre chemin initiatique ! Le symbolisme donne sa véritable signification à l’œuvre du Grand Architecte, en devenant lui-même le symbole de la plus haute réalité et le moyen pour l’Initié de s’exhausser vers les hauteurs ultimes de l’Etre Parfait en devenir ! Rechercher ce qu’un symbole évoque dans notre âme, puis tenter de comprendre pourquoi nous ressentons ce qui a émergé : c’est le symbolisme. Engager une quête effectuée avec tous les outils que l’on possède : c’est l’ésotérisme. Bâtir en soi la sagesse, peiner vers une initiation toujours remise en cause, c’est œuvrer au chantier d’une cathédrale, d’un temple intérieur… C’est la recherche de l’Absolu, de la Connaissance. En point d’orgue, une citation attribuée à Pythagore : « Prends confiance, car divine d’origine est la race des mortels. A ceux qui savent éveiller ce qu’il y a de sacré dans leur âme, la nature montre toute chose ».

Bibliographie :

Symbolisme de la science sacrée : René Guénon
Spécificité du rite ancien et accepté : Jérôme Furfaro
Le symbolisme : Henri Tort (PIV #43, 1981)
15ème journée d’étude du sud-est « être maître pour transmettre »
De la porte basse à la porte étroite : Claude Guérillot et références incluses.

(1) Par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance.

Source : www.ledifice .net

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Que cette lumière nous éclaire

Publié le par F\ K\

« Que cette lumière nous éclaire ». Tel est le thème de notre réflexion de ce jour. Cette phrase nous l’avons entendu il y a à peine un quart d’heure. Mieux encore nous en sommes familiers puisque nous l’écoutons à toutes nos tenues et en prélude à chaque ouverture des travaux. C’est la phrase qui précède l’allumage des étoiles des trois piliers : Sagesse Force et Beauté, pour présider, soutenir et orner la construction de notre édifice. Dans cette invocation, l’adjectif démonstratif « cette » confirme que la lumière demandée lors de notre première entrée dans le Temple est bien définie. Elle est supposée être connue de nous tous ici présents pour l’avoir déjà reçue. La connaissons-nous réellement ? De toutes les façons nous en sommes les bénéficiaires comme l’indique le pronom personnel de la première personne du pluriel des deux genres « nous ». Quel autre sens donner à ce nous ? Toutes ces interrogations et bien d’autres que cette formule magique très usitée, continue de susciter en nous requièrent pour construire notre réflexion commune, la charpente suivante : Première partie : La nature de la lumière invoquée et les bénéficiaires. Deuxième partie : La raison d’être de cette lumière. Avant d’aborder ces deux axes, nous allons d’abord replacer la citation dans son contexte.

LA CITATION DANS SON CONTEXTE

Après s’être assuré que la Loge est dument couverte, que tous les assistants sont apprentis franc-maçon et juste avant que l’horloge cosmique ne sonne les douze coups du midi pour entrer dans les voies tracées, le Vénérable Maître s’adresse au Premier Surveillant : - «Frère Premier Surveillant, Qu’avons-nous demandez lors de notre première entrée dans le Temple ? » - Réponse : « la lumière Vénérable Maître » ; et le Vénérable Maître de poursuivre : « Que cette lumière nous éclaire ». C’est à partir de cette invocation que de la pénombre, le Temple s’illumine graduellement de l’Orient à l’Occident en passant par le Midi. La lumière, de plus en plus abondante, nous enveloppe progressivement au fur et à mesure que se conjuguent, s’activent et s’additionnent toutes les sources lumineuses, qu’elles soient d’ordre symbolique ou d’ordre matériel. Ainsi, les étoiles des trois piliers (les petites lumières), sont successivement rallumées par le Maître des Cérémonie, à partir de la flamme du Flambeau du Vénérable Maître (lumière éternelle) et sur instructions des trois qui dirigent la Loge. L’Orient, le Midi et l’Occident s’illuminent l’un après l’autre. A l’Orient le Soleil rayonne pour tout rendre visible. La lune plus apaisante éclaire de son côté. Est-ce faire l’amalgame que d’établir la similitude avec la création dans la Genèse : « Que la lumière soit et la lumière fut » ? De toutes les façons, l’illumination une fois complète, le Vénérable Maître consacre l’ouverture des travaux en ces termes : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple, Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière ». Quelle est donc cette lumière ? La question prend l’allure d’une charade lorsqu’à la clôture des travaux, le Vénérable Maître dit,: « Que la lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans ce Temple, mais qu’elle ne reste pas exposée aux regards des profanes ». Cette nouvelle invocation assortie de mise en garde nous amène à conclure que «la lumière » en question n’est pas destinée à tout le monde. Elle exclut les profanes et s’adresse seulement aux initiés qui avaient déjà juré par serment, de garder le secret. Par conséquent, lumière et secret sont ici indissociables ; ce qui justifie à notre égard, toutes les précautions de discrétion prises par le Vénérable Maître avant l’ouverture des travaux. Tous ces éléments qui s’enchaînent, aiguisent notre curiosité et nous poussent à en savoir plus sur la nature de la lumière en question et la qualité de ses bénéficiaires.

Première partie : NATURE DE LA LUMIERE INVOQUEE ET LES BENEFICIAIRES

Qu’entendons-nous par lumière ?

1.1. La Lumière

La lumière, Lux le point lumineux et Lumen le rayonnement qui en provient, est d’abord ce qui éclaire et qui rend les choses visibles. C‘est elle qui permet de voir clair, de lire et de savoir où on met les pieds. De plus, elle force à l’éveil et à la réflexion. Certains distinguent la lumière naturelle (la raison et l’expérience) de la lumière surnaturelle qui elle, relève des révélations. La première semble être subordonnée à la seconde. On peut donc passer du virtuel au réel. Ainsi, la lumière permet de déceler les nombreuses causes cachées ou tenues hors de la compréhension de l’homme ordinaire. Saint-Jean dans son prologue « Au commencement était la parole » nous révèle que l’espace autour de nous n’est pas vide et qu’il est peuplé d’entités lumineuses situées au-delà du monde sensible puisque « la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point perçue ». De son côté, Paul NAUDON souligne que dans la Genèse, il y a une distinction entre la Lumière créée par Dieu au premier jour et l’astre solaire crée seulement le quatrième jour. Il affirme que la lumière qui était au commencement, ne nous quitte jamais mais qu’elle a seulement besoin d’être activée et entretenue. La lumière se retrouve dans toutes les cultures et dans toutes les religions. Dans la tradition judéo-chrétienne, « Dieu est Lumière » et en lui point de ténèbres. De plus, « La vie était la lumière des hommes » rappelle l’Evangile pour qu’on en prenne conscience. DESCARTES dans sa formule : « Je pense donc je suis » estime que l’homme ne peut comprendre les choses que par la pensée, par la maturation mentale qui oriente son action ou son jugement. Dans ces conditions, c’est la lumière ou mieux le logos qui pense, qui parle, qui chante et qui crée. Qu’en est-il réellement en Franc-maçonnerie ?

1.2. Les lumières en Franc-maçonnerie

L’apprenti franc-maçon « ne sais ni lire ni écrire ». Aussi a-t-il besoin de lumière, pour apprendre à lire dans le vaste domaine de la pensée et à écrire par le biais de l’action qu’il pose. Dans cette perspective, la lumière devient un concept, un symbole, un objectif, un secret, la connaissance et le principe créateur. En FM\, il existe de nombreuses sources lumineuses dont l’inventaire est assez impressionnant au terme de l’ouverture des travaux. En effet, il y a les cinq lumières de la Loge (le VM, les deux Surveillants, l’Orateur et le Secrétaire), l’étoile sur le plateau du VM et les deux étoiles des deux surveillants, les lumières des trois piliers (Sagesse Force et Beauté), les trois grandes lumières (le Volume de la Loi sacrée, le Compas et l’Equerre), le chandelier à trois branches, la voûte étoilée, le soleil et la lune, le Delta lumineux, etc. Ces différentes lumières que l’apprenti reconnaît avoir vues lors de son initiation, sont toutes importantes, mais toutes ne se valent pas. Chacune des sources recèle d’éléments enrichissants à qui veut et peut les discerner. Ce qui nous fait dire que lors de l’initiation, les lumières matérielles (symbole, rythme, rite, légendes et proverbes) ouvrent les yeux du néophyte aux mystères.

1.3. La lumière de la science initiatique

« Cette » lumière est unique et assez spécifique. C’est elle qui fait du profane un initié et qui lui permet d’affronter victorieusement ses propres ténèbres. Elle est supposée transformer notre regard pour plus de lucidité, plus d’espérance et plus d’Amour, cette loi sacrée qui éveille et alimente en nous tous les germes divins. Pour la communiquer au Néophyte, le VM\ a requis de tous les frères une forte concentration. La lumière symbolique de l’initiation fait donc des autres sources lumineuses, des leitmotivs, des accessoires ou des contributions nécessaires. Elle permet de lier ce qui est sensible à ce qui est intuitif. Elle est sans doute la conjugaison ou la somme des différentes lumières évoquées plus haut car, « tout ce qui monte converge ». On peut ainsi l’assimiler à la sagesse, à l’intelligence, à connaissance, à la conscience, à la foi dans la liberté et le progrès. « Cette lumière est le principe unificateur de toute dualité ». Elle nous permet de nous réconcilier avec nous-mêmes et de fondre notre raison avec la raison universelle. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, On peut toujours continuer à s’interroger sur la nature matérielle de la lumière. Ce qui importe dans ces conditions, c’est de savoir pour qui cette lumière est utile. Naturellement, c’est pour notre « moi » intérieur, la part la plus authentique de notre être qui « ose penser seul » pour démêler le vrai du faux, aidé en cela par les symboles en sa présence et par la parole qui éclaire le monde. Dans cette perspective, la lumière c’est la capacité de voir clair, c’est le regard sincère sur les choses. Comment donc bâtir cette capacité ? Cette question nous permet de revenir aux bénéficiaires.

1.4. Les bénéficiaires
Le « nous » collectif du Vénérable Maître, désigne la loge et ses composants que sont surtout les initiés, tous assimilés aux fils de la lumière car chacun est une lumière en soi. Ce « nous », rappelle que naturellement il n’ya pas d’apprenti sans Loge. Aussi, tous les frères venant d’horizons divers, portent-ils en eux des génies, des particules de lumière qui sont fructueuses pour les uns et pour les autres en termes de différences positives. Chacun représente donc une source lumineuse à laquelle pourrait s’abreuver l’autre dans une ambiance rayonnante et de fraternité où la vie spirituelle sera pleine et riche. Voilà comment le constructeur éclairé devient éclairant. Dans le rituel des travaux de table, la lumière apparaît aux apprentis ; elle éclaire les compagnons et elle illumine les maîtres. C’est pourquoi lorsqu’un Maître vous instruit, il vous éclaire car selon Oswald WIRTH, « l’homme pleinement éclairé, qui a réussi à se saturer de lumière, devient à son tour un foyer lumineux. Il rayonne et il éclaire les autres ». Il peut donc les influencer par ses pensées et ses sentiments et ses actes. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, Voir la lumière est une chose. Savoir d’où elle vient en est une autre et comprendre en quoi elle est essentielle est encore autre chose. Nous allons donc aborder la deuxième partie de notre exposé.

Deuxième partie LA RAISON D’ÊTRE DE CETTE LUMIERE

Il nous souviendra qu’à la question : - Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir FM ? L’apprenti répond : - Parce que je suis dans l’obscurité et que j’ai désiré la lumière. Nous avons tous désiré la lumière à cause de l’obscurité qui nous environne. En effet, nous sommes tous à des degrés divers, dominés par nos passions et livrés à l’égoïsme étant tous des hommes de pouvoir, de domination et de passion. Nous avons souvent tendance à nous offrir au désordre qui caractérise notre société profane que nous qualifions de non civilisée. Il faut reconnaître que l’Être humain est limité dans ses perceptions tout comme dans ses raisonnements. Ces limites l’amènent souvent à nier l’évidence plus précisément ce qu’il ne voit pas de ses yeux. Saint Thomas en est l’exemple patent. Seule la lumière peut l’aider à sortir de son ignorance. Une fois reçu apprenti, il nous faut en cette qualité, retrouver notre lucidité, devenir plus conscients des causes de nos motivations afin d’apporter les changements bénéfiques qui s’imposent donc sortir de notre sommeil et de l’inconscience pour devenir éveillés. Tout dépend de notre état de conscience. Il faut alors ouvrir tout grands les yeux, se regarder dans le miroir, faire tomber son propre masque et donc les rideaux d’occultation pour se dégager ainsi de toute illusion. Pour ce faire, il ya lieu de sortir de tous les conditionnements extérieurs pour s’introduire dans sa propre source lumineuse. Comment y parvenir ? Par le travail et rien d’autre que par le travail sur soi-même. Travailler avec volonté et force que préfigure le maillet, avec droiture en s’inspirant de l’équerre symbole de la Loi morale (signe d’équité et de rectitude) et avec mesure comme le rappelle la règle. Maintenant que nous avons librement reçu cette lumière tant convoitée, il n’est plus question de s’en départir mais plutôt d’y recourir permanemment car, « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ». C’est ce qui donne tout son sens à l’invocation soumise à notre réflexion ce jour.

2.1. La connaissance de soi

« Se construire dans la relation à l’autre, percevoir la plénitude de la beauté, penser et agir pour construire » justifie la raison d’être du Franc-maçon\ constamment éclairé. C’est en recevant la lumière que l’Apprenti commence à se découvrir, à ne plus se cacher la vérité et à chercher l’ennemie en lui-même face au miroir, plutôt que de continuer à rejeter tous les torts sur les autres. Son orgueil et sa fierté s’en trouvent quelque peu ébranlés et il commence à cultiver les vertus de la mesure. Il se fraie ainsi le chemin vers l’Amour, la beauté et la fraternité. La lumière qui est désormais au centre de notre démarche initiatique, véhicule une dimension de la spiritualité. La Loge Ecossaise est en quête de la lumière et de la vérité. C’est pour cette raison que le « fils de la lumière » doit recourir à cette précieuse conquête liée à son initiation et créer les conditions requises pour en bénéficier pleinement. Le manuel d’instruction au premier degré nous enseigne que « La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Tant que l’illusion et les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne en nous et nous rend insensibles à la splendeur du vrai ». La lumière est donc nécessaire mais pas suffisante et se mérite par un dur et constant labeur. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, Il n’y a pas d’initiation sans connaissance et sans méthode de transmission. La connaissance est le fondement même de l’éthique car c’est quand on\ sait que l’on devient moral. Seule une analyse responsable en toute liberté peut y conduire. En termes de méthode, l’initiation se fait par des rites. Ici, tout est symbole et la voie initiatique est basée sur l’étude des symboles. Elle s’exprime par des symboles et s’identifie à un moyen spirituel dont le support est la technique opérative et spéculative. La méthode symbolique devient alors l’outil de connaissance de soi si bien que l’ensemble des symboles contenus dans le rituel de la F\M\, constitue un tout dont il faut explorer les richesses. De par sa nature, chaque symbole sensible se révèle un langage particulièrement riche et toute attitude à son égard requiert de la lucidité, de la clairvoyance pour une analyse plus objective et plus sereine. En présence des deux principes du bien et du mal, il faut constamment mettre de l’ordre dans ses pensées et dans ses sentiments pour ne réagir qu’en projetant de la lumière. Si tu veux savoir, écoute et médite conseille-t-on à l’apprenti. Mais, pour écouter il faut d’abord se taire. L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement alors que celui qui médite vit dans l’obscurité et a seulement besoin de la lumière. La méthode symbolique procède par la méditation, l’imagination, la pérégrination et l’amplification. Ceci requiert l’observation, le raisonnement en un mot le savoir. C’est d’un travail de compréhension du rituel et d’interprétation des symboles qu’il s’agit. Un engagement volontaire qui est devenu un devoir. Ce parcours et cette progression individuelle bénéficient de l’apport du Groupe qui favorise en son sein, l’échange qui est source de progrès. C’est pourquoi si la méthode symbolique peut se pratiquer en solitaire, elle est naturellement plus efficace si on y introduit le dialogue. Pour preuve, l’Apprenti ne sait ni lire ni écrire. Il a besoin de son frère pour l’éclairer. Ce dernier lui donne la première lettre pour l’aiguiller et l’amener à donner la seconde ainsi de suite. C’est donc la lumière à travers l’esprit qui pense, qui parle, qui échange, qui chante et qui crée. En conclusion, la lumière est requise aussi bien pour chaque frère que pour la Loge toute entière, car comment chacun pourrait-il être initié sans une LOGE, sans un RITUEL, sans d’autres frères donc sans un idéal en l’occurrence la FRATERNITE sans cesse à parfaire et que tout les FM ont à privilégier dans ce centre d’Union qui les anime. La lumière symbolise aussi la durée de la vertu et la persistance de l’intelligence. Pour des êtres de raison que nous sommes, cette illumination est nécessaire dans l’explication philosophique du monde, de la vie, de son moi, de ses actions et de son éthique face aux valeurs maçonniques. Saint-Jean, dans son prologue, nous apprend que le verbe était la lumière des hommes. C’est donc pour cause que le mot lumière revient constamment dans les différents textes issus du rituel et ce, du début jusqu’à la fin de nos travaux. Notre rite affirme que la lumière est. Il s’agit « d’une lumière » différente « des lumières », de connaissances à la fois objectives et subjectives avec son aspect spirituel, qui viennent de nous à partir de notre mental. C’est le point de départ. Si le voyage est le principe de l’initiation, la lumière est son fondement. Il n’est donc pas étonnant que des frères prennent en charge et guident des frères vers la lumière. A chaque tenue nous devons avoir la force de descendre en nous-mêmes (VITRIOL) et l’humilité de nous remettre en question pour réussir à faire mourir en nous le vieil homme afin de renaître à une vie nouvelle. Ce sera le point d’arrivée. Pour réussir, il faut être en condition de recevoir la lumière en de dépouillant de tout ce qui lui est réfractaire en l’occurrence les métaux à laisser à la porte du Temple. C’est à cette condition que nous irons en homme libre, à la rencontre de la lumière qui nous permettra de percer les mystères de la vie. Cette lumière qui nous éclaire de l’intérieur, n’est-ce pas finalement l’étincelle divine que chacun de nous porte en lui mais qu’il ne perçoit que confusément et que l’initiation aide à ranimer ? De toutes les façons, cette lumière permet le passage du monde profane au monde sacré. Elle est au dessus du savoir car c’est elle qui apporte le savoir. Elle appartient à un domaine séparé, à un lieu sûr et sacré donc inviolable. Cependant l’être éclairé devient un exemple par sa droiture, sa rectitude et sa singularité. La lumière n’est donc pas la vérité mais le chemin vers la vérité. QUE CETTE LUMIERE NOUS ECLAIRE. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière.

F\ K\

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

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J’ai dit

Publié le par W\ L\

Le hasard mais au fait existe-t-il vraiment (cela pourrait être un très bon sujet de planche). Donc ce hasard a voulu que lors de notre tenu du 21 mars (tenue quelque peu mouvementé) notre frère Gérald qui avait en charge de présenter les 5 minutes de symbolisme traditionnel de la loge est choisit comme sujet « j’ai dit ». Quelle ne fus pas ma surprise de constater que j’avais choisit le même sujet comme thème de ma planche que j’avais prévu de vous lire pour le troisième trimestre. Les grands esprits se rencontrent à ta coutume de dire. Gérald vous a servit les amuse gueule et moi je vous livre le plat de résistance. Mon frère 2ème surveillant et moi avons eu les mêmes lectures et références ce qui expliquera quelques répétitions. En effet n’ayant pas fait un grand parcourt scolaire, j’ai parfois besoins d’avoir un peu d’aide et de matière pour mettre dans un écris compréhensible toutes les idées qui m’agite. J’y peu y puiser une source d’inspiration mais certainement pas une planche dans l’intégralité. On peut y prendre quelques idées par ci par là ou quelques formulations, mais c’est tout. Le vrai travail vient du cœur et c’est le seul qui a de la valeur. Le travail que je vais vous lire donc ce soir à pour thème une formulation que nous employons tous s’en vraiment nous rendre compte de sa signification et de son implication. C’est souvent ces toutes petites choses qui font toute la différence et qui donnent un sens à ce que nous faisons ou nous disons. Et cette formulation est « j’ai dit ». Oui, « J’ai dit », et je pourrais des à présent m’arrêter la dans lecture de ma planche. Ce « j’ai dit » affirmatif et péremptoire ne supporte aucune autre circonvolution dialectique. En Asie du sud est je ne me souviens plus quelle peuplade. A pour habitude à chaque fois que quelqu’un prend la parole de ponctuer son discourt de claquement de mains comme pour donner plus de poids à sont discourt et pour être sur de garder l’attention de l’assemblé. Nous autres en Loge n’en sommes pas là, mais il existe une certaine similitude quant au résultat. Ces trois petits mots que nous employons tous pour finir une planche ou une intervention et cela quelque soit notre grade ou fonction au sein d’une Loge, ne sont pourtant pas si anodins. Ce « j’ai dit » est le miroir de notre personnalité, de nos attentes et aspirations. Il est une émanation de notre être. Comme des petites pierres blanches que nous semons derrière nous comme le petit Poucet. Sans lui nos planches seraient comme des coquilles vides et sans âmes, impersonnel et froides. Ce j’ai dit c’est la vie, c’est l’étincelle de lumière dans les ténèbres « et les ténèbres ne l’on point saisit ». Que nous soyons Maître avec toutes nos années et notre expérience maçonnique derrière nous et qui peuvent donc fort de cela nous conférer une certaine légitimité qu’en nous affirmons ce « j’ai dit » ou alors tous simplement être un jeune initié qui du haut de sa jeune vie maçonnique peut lui aussi employer cette affirmation, nous fait nous retrouver tous égaux avec et par ces simples mots. Nous sommes un peu comme les indiens peaux rouges d’Amérique qui terminaient leurs phrases d’un « Hugh ». Ce « J’ai dit » marque une action accomplie dont elle est la ponctuation finale et elle lui donne par le fait une forme à caractère solennel. Ce JE donc MOI, Ai Dit, au passé composé du verbe dire. Donc c’est déjà du passé. Et il est composé de toutes mes émotions et mes pensées. C’est plus que du passé simple, je dirai même que c’est du passé recomposé. Je l’ai Dit, impossible de faire machine arrière, je l’ai dit et cela a été entendu. Ma responsabilité a donc bien été engagée. Le fait de s’exprimer à la première personne du singulier en disant JE c’est s’impliquer directement, c’est affirmer que l’on est responsable de ces propos. Ce n’est ni le ON ou le NOUS bien commode et qui n’impliquent pas directement la personne et qui lui permet de s’abriter derrière un anonymat de façade. Notre frère Gérald l’a dit, le passé composé utilisé qui en plus d’exprimer une action révolu et irréversible induit aussi une volonté de progression, de perfectibilité par le temps employé et on c’est tous que le temps peut améliorer les choses et nous aider à prendre du recul et à analyser les évènements. Il veut dire aussi que « dans le passé je me suis exprimé ainsi, mais je continue à réfléchir, à méditer pour poursuivre mon travail ». Le « J'ai dit » tourne une page pour en commencer une nouvelle ou rien n’est définitivement formalisé, mais demeure en perpétuelle élaboration et en constant devenir à l’image de l’esprit qui nous anime dans notre démarche en Franc-maçonnerie. Quand je me suis engagée sur ce chemin initiatique qu’est la Franc-maçonnerie, j’ai découvert les composantes d’un rite, le R\ E\ A\ A\ et avec lui les symboles, les gestes, les attitudes et…LES MOTS. Et notre travail maçonnique passe en premier lieu par des mots. Mais avons-nous toujours conscience du poids des mots ? Le Franc-maçon est depuis toujours homme de discourt, et la Loge, le lieu d’expression et de conservation de l’art de la rhétorique. Et la parole et le Verbe sont des outils que nous apprenons à maitriser. Comme le dit si bien le prologue de st Jean que nous récite le Frère Orateur en début de tenu. Mais si la parole est facile à maitriser le Verbe lui est difficile. Mais ceci est un autre propos qui pourrait être le sujet d’une autre planche. Pour en revenir à notre thème de ce soir. Lors de notre initiation, notre engagement est scellé par les mots que nous disons en réponse au serment formulé : « oui, je m’y engage » ou « oui, je le jure ». Par ces mots, j’ai pris de ma libre volonté la responsabilité de donner à ma vie un nouveau départ, de chercher par moi-même et en moi-même au travers des outils qui me sont donnés les axes de réflexion qui me permettent de mieux me comprendre, de mieux comprendre les individualités qui m’entourent, de voir ce qui ne se voit pas et ainsi d’œuvrer au perfectionnement du moi profond et dont le rayonnement tend vers l’humanité tel que le rappelle notre rituel par la phrase « pour que nous poursuivions au dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». Par la suite, mon engagement se traduit par ma présence aux tenues, ma participation au travers de mes planches ou par mes prises de paroles à l’issue des travaux présentés par les autres Sœurs et Frères de l’atelier. Le « J’ai dit » comme je le disais plus haut, tourne une page pour en ouvrir une nouvelle où rien n’est définitivement scellé, mais demeure en construction et cela chaque fois qu’une sœur ou un frère demandent la parole pour apporter leur point de vue, leur expérience…en bref, leur pierre à l’édifice de la pensée en permanente évolution car dans le domaine de la pensée et de son expression, rien n’est figé contrairement à l’écrit. Dans ce temps d’expression et d’intervention, nous nous exprimons en utilisant nos capacités optimales en condensant et synthétisant notre pensée, en nous efforçant toujours d’aller à l’essentiel. Cette fin de l’intervention orale ponctuée du « j’ai dit » est accompagnée du signe pénal du degré et pour ce qui nous intéresse ce soir celui du 1er degré. Ce signe d’ordre nous rappel qu’il nous faut maitriser nos passions pour pouvoir traduire nos idées avec des mots qui ont un sens et qu’il est important de respecter afin que tous dans l’assemblée comprennent ce que nous disons. Or, la Franc-maçonnerie nous enseigne les techniques de la mise en œuvre des moyens d’expression de la pensée. Comment ? D’abord, par le silence au grade d’apprentie, symbole de germination et d’introspection. Un silence constructif qui nous oblige à l’observation, aux premiers questionnements et à la réflexion. Puis, compagnon et ensuite maître, la mise en œuvre de l’expression de la pensée passe par la prise de parole demandée et autorisée qui nous incite à bien poser notre idée pour l’exprimer. Car la parole est ambivalente : elle peut soit blesser, soit soulager. Cela me ramène au ciseau et au maillet qui, mal utilisés, peuvent abîmer l’œuvre en construction et mettre en péril l’édifice ainsi fragilisé. Grâce à cela je vais donc parler en faisant l’effort de me mettre à la portée de tous et toutes en n’ayant garde d’oublier que si un Apprenti n’est pas un Maître, un Maître reste un apprenti éternel. Et que l’un comme l’autre doivent toujours pouvoir se remettre en question de même que si la rigueur est de mise, l’indulgence envers les autres l’est aussi. Mais à peine ais-je dis que c’est déjà passé et que l’on est à présent dans le nouvel instant. J’ai dit et j’ai terminé mon discours. Mais, au fait l’a-t-on bien entendu et compris, car ne perdons pas de vue qu’il y a au moins 9 possibilités de s’entendre :

1° - Par ce que je pense.
2° - Ce que je veux dire.
3° - Ce que je crois dire.
4° - Ce que je dis réellement.
Ces quatre premiers points étant du ressort de ma responsabilité. Mais il y a aussi vous tous et :
5° - Ce que vous voulez entendre.
6° - Ce que vous entendez.
7° - Ce que vous croyez comprendre.
8° - Et ce que vous voulez comprendre.

Et il reste cette neuvième possibilité qui résume et englobe à elle seule toutes ces possibilités émises successivement : « Ce que vous comprenez » - ceci étant bien sûr du ressort de votre responsabilité.
Mais au fait, pourquoi ais-je parlé ? Pour faire comme les autres ? Pour attirer l’attention des Sœurs et Frères sur ma précieuse personne ? Pour faire étalage de mon érudition, de mon savoir et de mes connaissances ? Je sais mes Sœurs et Frères que cette façon de procéder n’est pas de mise dans notre atelier. J’ai dit tout simplement parce que la contribution que je vais apporter dans la discussion et les débats qui s’instaurent me semble avoir du sens. J’ai dit parce que je n’ai pas tout à fait compris l’intervention d’une Sœur ou d’un Frère et que je souhaiterai des précisions complémentaires ou j’ai dit pour apporter par exemple une référence livresque sur le sujet présenté car il est toujours intéressant de donner le maximum de précisions afin que ceux et celles qui désirent aller plus dans leur réflexion puisse consulter l’ouvrage cité s’ils le désirent. Et c’est à ce moment là, dans la quiétude de notre temple, entourés de toutes parts de Sœurs et de Frères fraternels, tolérants et ouverts que le débat et l’échange d’idées, d’arguments et de vues contradictoires sans aucune altercation, ni mésentente, polémique et ni critique s’échange et se développe harmonieusement au sein de notre loge. Chacun apportant sa pierre et chacun d’entre nous les triant et les sélectionnant pour se les approprier et en faire sa synthèse personnelle. Notre travail maçonnique est la déclinaison de notre recherche sur nous-mêmes. Pour moi, c’est là que se situe l’un des secrets de la Franc-maçonnerie. En effet comment expliquer ce qui est une recherche intérieure personnelle ? Notre quête perpétuelle vers cette étincelle que nous avons en nous. Cette lumière revient comme source d'éclairage, de rayonnement et comme un indicateur du chemin à suivre par l'initié pour rester sur la « voie juste » du franc-maçon. Ainsi, quand la lumière apparaît à l'initié que nous sommes, après notre passage de la nuit à la vie, ou de l'obscurité à la lumière du temple, c'est pour éclairer notre « voie » d'apprentissage, après notre naissance à la vie maçonnique. Il ne s'agit pas ici de la lumière que nous observons dans la vie profane, mais de celle que nous avons découverte après notre initiation, et qui nous permettra un travail véritable sur notre pierre et notre temple intérieure, pour nous maintenir dans la « voie juste » du bon maçon. La lumière n'éclaire l'esprit humain que lorsque plus rien ne s'oppose à son rayonnement. C'est tout le travail que nous devons effectuer chaque jour, de midi à minuit. Cependant, à l’aide des outils et du rituel, le devoir de l’initiée est de transmettre ce qu’elle a reçu de l’enseignement maçonnique et qui l’a conduite un peu plus en avant sur la voie de la Vérité et de la Connaissance. C’est un partage continu entre les Sœurs et les Frères symbolisé d’une façon physique par la Chaine d’Union. Comme je le disais au début de cette planche, « J’ai dit » peut symboliser l’alpha et l’oméga de ma pensée, de ma réflexion qui est suivie d’une ouverture vers un échange avec les Sœurs et Frères de la Loge. « J’ai dit » c’est en quelque sorte le couperet qui tombe à l’image de notre signe pénal quand la main retombe le long du corps après avoir tranché la gorge, canal du souffle et de la voix. Mais ce signe pénal nous permet aussi de réunir à nouveau le corps et l’esprit. Nous les avons séparé le temps de notre lecture mais il est temps après de les réunir à nouveau pour mettre en application nos paroles et nos actions. Ne serrais se que pour écrire car nous ne sommes pas encore des êtres de pures énergie qui ne communiquent que par la pensée. Chaque Sœurs et Frères de la Loge est invitée à apporter sa pierre, sa contribution à l’édifice en construction. Ainsi, de la somme des tous les « j’ai dit » émerge finalement un « nous avons dit » qui permettons d’élaborer un ensemble collectif, une œuvre commune où tous les « j’ai dit » trouverons leur point de convergence dans des lignes directrices cohérentes, résumées par les conclusions de notre Frères Orateur. Ce « j’ai dit » que nous employons est une affirmation de soi. Une réalité qui fait de nous des êtres vivant et que existe. Il n’y a qu’au sein de nos Loges que nous pouvons prendre conscience que nous sommes quelqu’un, que nous avons le pouvoir d’exprimer nos idées et nos opinions et tout cela avec l’écoute inconditionnel et bienveillante de nos Sœurs et de nos Frères. La Franc-maçonnerie à cela de magique de pouvoir permettre à quelqu’un de s’exprimer en tant que JE. Dans le monde profane, à moins d’être extravertie et sur de soi et de ses qualités d’Homme avec un H majuscule, le « j’ai dit » se transforme plutôt pour les autres qui sont plus introverties et réservé en timide « je pense » ou « je crois ». Nous sommes prisonniers dans ce monde profane du regard et du non écoute des autres. Car bien souvent on ne prend pas le temps d’écouter ce que la personne a à nous dire. Nous sommes des les premiers mots formulé, dans l’interprétation et la formulation de la réponse que nous voulons donner. Ce qui fait que nous arrêtons notre écoute et donc notre compréhension. Oui, grâce à ce j’ai dit que nous formulons en loge, nous allons au delà de nos limites et préjugés. Nous nous extériorisons. Et ce sentiment d’exister vraiment n’a pas de prix. Il nous grandit en faisant de nous un élément d’un tout et non plus une pièce isolé et perdu dans la multitude. J’ai dit et j’existe, je ne suis pas seul car ce j’ai dit est adressé à d’autre qui me reconnaisse comme interlocuteur. Pour moi ce j’ai dit est primordial, il me donne la sensation et l’impression de maitriser pour une fois quelque chose. Je ne subis plus, je suis acteur. Je ne suis plus le pantin désarticulé et manipulé par les fils de la vie. J’ai coupé mes liens, je me suis émancipé et libéré. Même si ce « j’ai dit » ne dure que le temps d’une planche ou d’une intervention, il a le mérite d’exister et d’être là. Il peut à force de le dire en Loge me permettre de le vivre aussi à l’extérieur du Temple. Ne plus être spectateur impuissant et inutile. Cela va plus loin que le traditionnel « Je pense donc je suis » et qui ne s’adresse qu’à soi. Le j’ai dit est lancé à la face du monde comme un crie, une supplique qui à cessé d’être muette. Ce j’ai dit me permet d’être encore vivant en ne sentant écouté et peut être compris. Il me fait me sentir moins seul, moins perdu et peut être me permettra t’il même d’espérée en un lendemain moins terne. Et peut être que avec beaucoup de temps et de travail, ce « j’ai dit » se transformera en « je dis » et même plu tard en « je dirais ». Pourquoi ce j’ai dit si fort et si définitif de nos Loge ne pourrait il pas l’être tout le temps dans notre vie profane.

J’ai dit que je ne veux plus douter.
J’ai dit que je ne veux plus avoir peur de perdre trop tôt ceux que j’aime.
J’ai dit que la vie est plus forte que la mort.
J’ai dit que l’amour vaincra de tout.
J’ai dit vouloir briser le sablier de ma vie pour que le vent de l’oublie disperse le sable du temps et me fondre dans le néant.

Mais voila ce j’ai dit n’est pas un sésame qui nous délivre de tous nos tourments. Ce j’ai dit nous aide pourtant à nous redresser et nous tenir droit face à l’adversité et au tumulte de la vie. Même si parfois nous plions et fléchissons sous ses coups de boutoir. Ce j’ai dit enraciné comme un roseau plie mais ne se rompt pas. Je suis tombé dans le piège du j’ai dit, cette affirmation de soi qui en même temps de me faire prendre conscience de ce que j’écrivais pour cette planche me faisais prendre conscience en même temps aussi de tout le reste et de mon ras le bol. Est-ce le hasard qui m’a fait choisir ce sujet de planche ou est ce prémédité par une force supérieur. Je ne serais y répondre, mais le fait est là. Cette planche je l’ai écrite en deux temps. Il y a un avant et un après, ce qui explique comme vous vous êtes certainement rendu compte de la différence de tournure de ce travail qui à pris un sens plus personnel. Un avant et un après une décision lourde de conséquence et idiotes, stupide et égoïste mais qui sur le moment présent semblait être la seule issue tellement j’étais noyé dans mes errances. Ce j’ai dit qui met l’accent sur le « JE » et donc sur le « Soi même » a mis en avant un moment d’égoïsme ou je n’ai pensé cas moi. J’ai oublié tous ceux que j’aime et qui m’aime. Je vous ais oublié, vous tous mes amis. Je vous ai abandonné sur le bord du chemin sans même me retourner pour vous dire au revoir. C’était idiot de ma part, je n’ai pas le monopole des problèmes et je ne suis pas le seul à trembler au risque de la perte trop prématuré d’un proche. Cette planche est aussi un exutoire dont vous êtes les spectateurs muets et attentifs. Je vous prends à témoins malgré vous et je le regrette. Mais si je le fais quand même c’est que vous n’êtes pas n’importe qui pour moi, vous êtes mes FRERES. Je sais que cela n’est pas une solution, mais pendant un moment, même si petit qu’il soi. Quand la décision est prise et que l’on franchie la limite, que l’on n’a plus peur, plus d’angoisse que plus rien ne peut vous atteindre, on est comme libéré de ses entraves. On ce réapproprie sa vie, on en redevient le maitre. Je l’ai dit, je l’ai fait, je suis libéré. Et Pour finir sur une note plus légère. Ce « j’ai dit » qui correspond donc bien à « un nous avons dit » s’apparente dans ce contexte spécifique bien précis à un « c’est ce que je suis » et donc « c’est ce que nous sommes ». Et je terminerai en citant une phrase d’un célèbre humoriste Franc-maçon dans son recueil « Les Pensées ». Je le cite : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir ».

J’ai dit.

Par W\ L\ GMLMI

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Le comportement du Franc-maçon

Publié le par PVI N° 15

Le Profane. Vous avez bien voulu m'offrir l'occasion, monsieur, de vous poser quelques questions sur la Franc-maçonnerie en général et la Grande Loge de France en particulier ; car vous connaissez mon désir de me joindre à vous, mais vous savez aussi que je suis encore un peu hésitant. Je me pose des questions auxquelles vous accepterez peut-être de répondre...

Le F\M\ Je vous connais depuis assez longtemps pour savoir que vous n'entendez nullement m'embarrasser par vos questions. J'apprécie votre honnêteté intellectuelle, votre souci d'atteindre les plus hautes valeurs morales. Discutons donc franchement, sur un pied d'égalité. Vous n'êtes pas sans connaître quels sont les problèmes que nous affrontons ; j'ai eu la preuve que vous les étudiez sans parti pris. Soyez certain que, de mon côté, j'aborde cet entretien sans aucune arrière-pensée.

Le Profane. Je vous en remercie, monsieur. Voici donc une première question : vous n'admettez pas, parmi vous, des hommes qui ne soient déjà acquis aux idéaux de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. Un candidat qui rechercherait la Liberté à son seul profit personnel, qui nierait l'égalité fondamentale des êtres humains et qui ne pratiquerait pas dans sa vie quotidienne la fraternité ne serait pas accepté dans une Loge de Franc-maçon. Que recherchez-vous, ou que demandez-vous de plus ? Donnez-vous à ces idéaux un sens plus profond ?

Le F\M\ Les temps présents sont ainsi faits qu'ils rendent difficile, à celui qui ne possède pas les loisirs nécessaires, de prendre pleinement conscience des devoirs que lui imposent la Liberté, l'Egalité et la Fraternité en tant que règles de vie, en tant que bases de son comportement. L'Atelier maçonnique est, tout d'abord, un « milieu propice à l'exercice de vertus et de qualités que la vie quotidienne la vie profane a tendance à faire apparaître comme accessoires, voire secondaires. Avant d'accepter un candidat, nous cherchons donc à nous assurer qu'il saura bénéficier effectivement des possibilités d'approfondissement que son adhésion lui offrira.

Le Profane. Puis-je vous demander de préciser votre pensée...

Le F\M\ Entre la théorie qui apporte la justification de nos principes de base et la réalité qui trop souvent les méconnaît, il y a un fossé qu'il faut apprendre à combler. Il ne suffit pas à un homme d'être, lui-même, tolérant, égalitaire et fraternel, pour qu'aussitôt, son entourage le devienne également. Nous apprenons, plus que nous n'enseignons, comment passer du principe à son application, comment vaincre les obstacles qui s'y opposent et comment doser nos efforts dans ce sens.

Le Profane. Je comprends que cela paraît réalisable à l'intérieur d'un milieu comme celui de la Loge. Mais au dehors ? là où se mélangent intolérants et tolérants ? où ces derniers prédominent incontestablement ?

Le F\M\ Nous en sommes pleinement conscients. Nous nous efforçons de comprendre ce qui se passe dans le for intérieur de ceux qui n'ont pas atteint le palier qui est le nôtre. Nous ne fermons pas les yeux sur les difficultés nées de cette situation. Il nous faut trouver une méthode qui permette de conduire l'homme moyen en dernière analyse : tout homme quel qu'il soit vers un comportement qui réponde à nos conceptions. Ces conceptions sont d'ailleurs aussi les vôtres, j'en suis sûr.

Le Profane. Si je vous comprends bien, vous estimez qu'en réunissant les efforts des hommes de bonne volonté, on fait augmenter les chances d'une vie commune plus heureuse. Votre union fait votre force, n'est-ce pas ?

Le F\M\ A titre personnel, je fais les plus expresses réserves quant à l'adage qui veut que « l'union fait la force «. Ce serait absurde d'encourager, par exemple, l'union des malfaiteurs, l'union des faibles ne transforme pas ceux-ci en grands athlètes ; l'union de ceux qui professent les mêmes idées de domination ou de puissance n'est aucunement recommandable. Il faut donc préciser. Le renforcement purement quantitatif d'un ensemble d'hommes est loin de me satisfaire. J'opte plutôt pour la diversité des efforts humains ce qui n'implique nullement leur dispersion. En fait, la Loge est un endroit propice pour confronter les diversités et pour montrer qu'elles peuvent aboutir à des ensembles harmonieux, donc féconds et efficaces.

Le Profane. Est-ce à cela que servent vos méthodes d'enseignement par les symboles ?

Le F\M\ En effet. Encore faut-il les employer avec circonspection. Imaginez que, par exemple, le Feu soit pris pour symbole : ne permet-il pas aussi bien l'immolation et la destruction que la chaleur nourricière et l'éclairage des esprits ? A partir des mêmes symboles je vous citerai le svastika comme le plus connu, dans cette optique il est possible d'aboutir aux pires des intentions criminelles comme aux plus nobles des principes transformateurs. Le Franc-maçon doit dès lors apprendre à opérer un choix conscient entre les possibilités qui s'offrent pêle-mêle à son jugement, à son tempérament et à son emprise.

Le Profane. Le symbolisme conduirait-il alors à une technique de choisir plutôt qu'à un art de mieux comprendre ?

Le F\M\ L'un et l'autre, naturellement, selon le caractère et la formation de chaque Maçon. Ni nos candidats ni les plus chevronnés d'entre nous ne sont des hommes parfaits ou susceptibles de le devenir par leur participation à nos travaux. Chacun aujourd'hui plus que jamais a son domaine limité, celui où il est réellement fort de par ses connaissances ou son potentiel d'action ; il doit donc nécessairement pouvoir compter sur le concours de ses Frères pour accomplir ce qu'il se propose d'entreprendre. Une Loge je répète : aujourd'hui plus que jamais trouve une de ses raisons d'être dans la complémentarité de ses membres, et à un échelon plus élevé, chaque Loge ne doit son succès qu'à l'ensemble des autres Loges travaillant dans une seule et même direction. Je serais tenté de dire : c'est la diversité harmonieuse qui fait la force. Cela, vous ne pouvez guère le réaliser dans la vie profane, tout simplement parce que vous ne trouvez nulle part des structures d'accueil qui s'épauleraient réciproquement jusqu'à exclure toute divergence majeure.

Le Profane. Pourtant, la Maçonnerie est elle-même divisée, non seulement administrativement en Obédiences, comme vous dites, mais aussi conceptuellement, et votre désir d'universalité rencontre des difficultés ressemblant à celles du monde profane ?

Le F\M\ Vous avez raison ; c'est regrettable mais réfléchissons. Sans idée préconçue : nos divisions ne nous incitent-elles pas à approfondir encore plus les motifs de nos comportements respectifs, avec l'espoir de les surmonter tôt ou tard ?

Le Profane. C'est la version optimiste ; mais les pessimistes, les sceptiques, ceux qui vous critiquent le plus ne diront-ils pas que cela prouve tout simplement que vous non plus, tout Maçons initiés que vous êtes, n'arrivez pas à donner, au comportement des hommes, la tournure idéale que vous revendiquez comme caractérisant votre Ordre ?

Le F\M\ Je suis persuadé que vous-même, bien que n'appartenant pas à la Franc-maçonnerie, ne partagez pas cette opinion. Car vous savez très certainement que parallèlement à l'évolution d'ensemble de la pensée humaine, les lignes de démarcation entre les Obédiences à comportement différent se déplacent également et qu'ainsi, les objets de nos divergences se trouvent ramenés à des objets de diversité. Il ne tient qu'à nous de dissiper les malentendus qui peuvent avoir cours sur ce point : le jour où nos Obédiences voudront bien se dire complémentaires les unes des autres au lieu de réclamer leur prépondérance n'est peut-être pas éloigné.

Le Profane. Je pense aussi au fameux problème de la femme et de la Maçonnerie : croyez-vous qu'il soit possible, dans un avenir prévisible, de surmonter la thèse traditionnelle que la femme n'est pas initiable » et qu'à partir d'une conception nouvelle de son rôle, vous posséderez bien des organisations distinctes mais non exclusives ?

Le F\M\ N'auriez-vous pas des raisons personnelles pour me poser cette question tel que vous le faites ?

Le Profane. Oui, je le reconnais volontiers : je ne voudrais pas appartenir à un milieu comme vous dites où je ne pourrais pas, soit retrouver ma femme si j'en ai une, soit oublier l'élément féminin si j'en éprouve le besoin.

Le F\M\ Dans notre pays, fort heureusement, la solution de ce problème est bien plus avancée qu’ailleurs ; je me réjouis, au demeurant, que notre exemple commence à être largement suivi dans d'autres pays. En ce qui nous concerne, nous Francs-maçons de la Grande Loge de France, notre attitude favorable à l'existence d'une Maçonnerie féminine indépendante et de plein droit est connue ; elle remonte au début de ce siècle. Certains trouvent que nous devrions aller encore plus loin ; or nous pensons que faire plus serait faire trop. Nous suivons l'évolution de près et faisons ce que nous pouvons pour que parmi les femmes, le Maçonnisme progresse à sa cadence propre.

Le Profane. Cela me parait raisonnable. D'ailleurs, il en découle pour moi une autre question : selon vous, les motivations féminines pour adhérer à la Maçonnerie sont-elles les mêmes que celles des hommes ? Cherchez- vous les mêmes choses, les uns et les autres ? Vous y prenez-vous de la même manière ? Les mêmes valeurs ont-elles cours ici et là ? Et quelles sont ces valeurs ?

Le F\M\ Je vous félicite : en quelques mots, vous avez su aborder le cœur même de nos préoccupations. Rien ne prouve, évidemment, que quand il s'agit de donner un sens à la vie, celui-ci serait identique d'une Obédience à l'autre, de pays à pays, de sexe masculin à sexe féminin. L'échelle des valeurs peut être différente, ou les priorités peuvent se situer différemment. Le dernier mot ne sera jamais dit, et nous ne saurions envisager ni de près ni de loin une uniformité des motivations et des comportements. Or, dire cela ne suffit pas : ce serait purement négatif. Vous me demandez, au fond, une définition positive des valeurs autour desquelles se construisent les Maçonneries du monde entier, qu'elles soient composées d'hommes ou de femmes mais vous m'interrogez plus particulièrement sur les valeurs que respecte et cultive la Grande Loge de France en particulier. C'est bien cela, n'est-ce pas ?

Le Profane. Très exactement !

Le F\M\ Seriez-vous déçu si je vous réponds d'une façon personnelle au lieu de présenter, en quelque sorte, une thèse officielle ?

Le Profane. Je crois avoir saisi que même ce qu'on appelle une « autorité maçonnique » n'a pas le droit d'exprimer une vérité » dite officielle, car elle peut ne pas être partagée par tous les membres...

Le F\M\ Bravo Je vous donnerai donc mon point de vue, dont je sais d'ailleurs qu'il n'est pas en contradiction avec ce que pensent la plupart de mes Frères. Vous me demandiez quelles sont les valeurs que nous entendons prendre pour règles de conduite : selon moi, l'homme ne serait pas cet être avide de perfectionnement et capable de le réaliser s'il trouvait en face de lui des valeurs inattaquables, définitives, rigides. Chaque jour rogne un peu sur les valeurs du passé, chaque jour apporte une graine neuve à notre patrimoine. Il nous faut donc veiller à ce que l'héritage que nous tenons de nos ancêtres soit préservé des amputations néfastes et arbitraires, et aussi à ce que les apports nouveaux soient bénéfiques et durables. Voyez-vous, dans notre monde actuel, un endroit qui soit plus propice à cet effort que la Loge maçonnique ?

Le Profane Je n'en connais pas : du moins aucun endroit qui soit ouvert à tous sans préjugés et sans parti pris, sans considération de source ou d'autorité. Mais cette attitude est-elle partagée effectivement par tous les Maçons de la Grande Loge de France ?

Le F\M\ J'ose l'espérer. Mais je sais qu'il existera toujours des êtres humains qui échappent à la règle générale ou qui ne s'y conforment pas. Il s'en trouve parmi nous or, leur présence même est un stimulant supplémentaire pour nos réflexions, ils portent témoignage des résistances que nous devons surmonter et dessinent notre chemin par leur ombre plutôt que par la lumière dispensée. Nos sentiments de fraternité à leur égard, malgré toutes les divergences, ne sont nullement incompatibles avec le jugement que nous pouvons porter sur leurs opinions. Etre le Frère de celui qui pense comme vous, c'est facile ; le rester envers les autres est la pierre de touche de la valeur de nos principes.

PVI N° 15 : 1974

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Debout mes Frères, face à l’Orient

Publié le par P.M

Avant d’aborder le sujet de ma planche, j’ai souhaité apporter quelques mots qui éclaireront peut-être la perception intime que j’ai de la présentation d’une planche en loge.
Pour moi, lire une planche en loge est un honneur, un privilège qu’il devrait être rare de recevoir. Une planche est un outil nouveau, un élévateur de conscience, un levier pour progresser. Si je ne fais pas de planche, si je ne travaille pas au grade où je suis, et ou j’étais, je régresse, je ne puis plus me situer. Une planche est un travail personnel, une attestation de ses progrès. Ni une leçon, ni un enseignement, ni une transmission de savoir. Elle ne vaut que par celui qui la présente et qui attend de ses frères le témoignage qu’elle leur a permis, à eux aussi, de progresser. Je fais ma planche, d’abord pour moi, et je l’offre en partage à mes frères. Seul mon parcours doit me préoccuper, humblement et sans orgueil. Je ne dois pas désirer briller parce que la parole m’a été donnée, bien au contraire. Seul compte le chemin parcouru, qui témoigne du travail accompli. Et pour moi, ce soir, mon travail a pour titre : Debout mes Frères, face à l’Orient.
Debout ? Se mettre debout, c’est assumer sa nature humaine, car seul l’homme peut se lever et se mouvoir ainsi. Lorsque l’homme se réveille, il se met debout. Debout, c’est l’attitude du courage, de la persévérance, de la volonté. Ne dit-on pas rester debout pour dire : digne, fier, honnête, vertueux, libre ! On doit rester debout dans la tempête, contre vents et marées. Et le VM nous ordonne: Debout mes Frères, face à l’orient ! » Avant de commencer les travaux, il faut que nous soyons tous prêts. Nous sommes tous FM, bien sûr. Mais surtout FM prêts à travailler ensemble, travailler de concert à écouter le la que le premier violon lance à l’orchestre afin que tous soient dans le même ton. Mes F, il faut que tous soient prêts, tous prêts à s’insérer dans l’égrégore à venir, égrégore qui nous porte plus haut et nous rend plus forts. L’égrégore pour être unis. Il s’agit de construire le temple, celui où se déroule la tenue, le vôtre, la nôtre. Combien d’attitudes, de positions différentes ! Les bras collés, croisés ; les jambes jointes ou écartées, les pieds parallèles ou en équerre. Sommes-nous prêts pour entrer dans le temple ? Se faire reconnaître, ce sera aussi prendre la position du FM, pieds joints et en équerre, la tête redressée, le bras à l’horizontale, le regard droit. La main sous la gorge. Lorsque les surveillants passent devant moi, je fais le geste qui réveille le F endormi. Je suis prêt, nous sommes tous prêts à entrer, à essayer de devenir de bons FM en participant à cette tenue, puis à toutes les autres, autant que nous pourrons, comme nous nous y sommes engagés par serment. Mes FF, debout, l’action est possible. Si le VM demande que les assistants, pas encore des FM attentifs, que les assistants donc soient debout, ce n’est certes pas un hasard. Que ferions-nous assis, ou même couchés ? Nous sommes maintenant debout face à l’orient pour avancer, rechercher, comme le rituel nous le propose un peu plus avant, rechercher les voies qui nous sont tracées. Ce n’est pas en spectateur qu’il nous sera possible d’aller vers le sacré et d’avancer vers le divin. Être debout, c’est joindre la terre au ciel, les pieds sur terre, la tête plus près des étoiles. Alors, Mes FF, mon F, debout, face à l’orient, la main sous la gorge, nous pensons, pour les oublier, aux métaux laissés à la porte du temple, tous ces tracas et les soucis qui ne doivent pas venir troubler notre marche vers plus de sérénité, plus de conscience, plus de grandeur. Se lever à cet instant, c’est commencer notre travail dans le temple. Ce travail ne peut se faire que si nous sommes réellement attentifs. Nous sommes ou nous nous efforçons maintenant d’être « en nous » au contraire d’ « être hors de soi » ou de « n’être pas nous même ». Petit à petit, nous prenons conscience de la nécessité de nous réunir, d’être dedans comme nous souhaitons être dehors, n’être plus plusieurs mais un, de rassembler en nous et dans le temple, ce qui est épars. On ne pourra plus dire, plus tard, de moi, de toi, de nous « cela ne lui ressemble pas » ou « ce n’était pas lui ». Et pourtant… Le geste est simple : lever la main droite à hauteur de la gorge, le bras à l’horizontale. A l’ordre. Le signe d’ordre, ordre personnel, signe fort, surtout à ce moment là. Il faut maintenir la position fermement car nos passions ne reculent pas si facilement. Nous essayons ainsi d’entrer dans le sacré avec le moins possible de passions. Passions au pluriel ! Nous sommes ici pour apprendre, pour aller au devant de nous-mêmes et comprendre notre nature. Nous ne sommes pas ici pour préparer une action, mais toutes les actions ; pas pour apprendre un mouvement mais connaître le mouvement ; pas pour un être mais l’Être. Nous ne sommes pas là pour être mais pour devenir. Pas là pour devenir Dieu ou des dieux mais pour savoir enfin comment il est advenu en nous car nous ne sommes pas des libertins irréligieux. Lorsque nous somme entrés dans le temple, nos esprits étaient encore très occupés, voire encombrés des intérêts profanes. Et pour peu que nous soyons distraits, quelques bavardages subsistent encore et souvent parmi ceux qui croient tout savoir du rituel et désireraient le subir ad minimum. Alors le V.·. M.·. nous transmet cet ordre solennel ponctué d’un coup de maillet.
« debout ! »
Nous nous levons tous, le silence entre en nous et dans le temple. C’est le premier mouvement homogène d’un groupe hétérogène. Le coup de maillet va propulser les 2 surveillants au centre de la loge, autour du pavé mosaïque, comme pour signifier que l’action commence ; qu’il faut maintenant avancer. Lorsque les assistants sont debout face à l’orient, ce sont les surveillants qui vont, par leur cheminement, signifier chacun leur rôle auprès des apprentis, apprentis que nous sommes tous. Les FF présents sur les colonnes sont, et le tuilage est là pour cela, des FM. Il ne s’agit donc pas de se faire littéralement reconnaître par les surveillants. Il s’agit bien sûr de se reconnaître soi-même, d’être conscient qu’il faut maintenant entrer dans le sacré, que le rituel nous y invite. A ce moment de l’ouverture de la loge, les FF présents sur les colonnes sont en route vers le sacré, ils ne sont pas encore dans le temple, dans leur temple. Ce temple que nous construisons individuellement mais ensembles. Solidaires et individuels, nous sommes les pierres à tailler et polir pour créer une construction harmonieuse. Lorsque le postulant que nous étions a frappé à la porte du temple, il a demandé qu’on lui fasse confiance. Il a demandé la lumière car un voile très épais lui couvrait les yeux. La maçonnerie n’a pas fait d’un homme ordinaire un FM. Elle a simplement estimé que cet homme pouvait devenir par son travail et son courage, un véritable FM. Ceux ici présents ne sont peut-être pas des sages, mais ils œuvrent dans cette direction et il est important pour cela de se faire reconnaître à sa place d’apprenti. Mes FF, il n’y a donc aucune ambiguïté : un maçon n’est pas celui qui appartient à une loge et paie ses capitations – même si cela est indispensable - mais celui qui se conduit et agit en FM, celui qui agit en frère dedans et hors du temple. Il trouve sa voie, celle qui lui est tracée et vers laquelle il tente de se diriger, avec l’aide de la loge et du VM qui lui dit :
« face à l’orient. »
Car c’est lorsque nous nous sommes orientés pour marcher vers la lumière en tous temps et en tous lieux que nous sommes devenus F.·.M.·. En se tournant face à l’orient, le FM doit se poser cette question : suis-je vraiment ce que je devrais être, suis-je un frère pour mes frères, un frère pour tous ? Ais-je bien respecté mes serments ? Tous mes serments ?
Le VM frappe un coup de maillet avant de dire « debout mes frères » pour nous dire « réveillez-vous, soyez attentifs, c’est le moment d’agir, de vous concentrer, de réaliser votre maçonnerie ». Le rituel nous appelle à une activité sacrée, révélatrice de la nature de l’homme. Cette connaissance a cheminé d’homme en homme, de siècle en siècle, comme elle chemine à l’intérieur de notre temple, à l’extérieur et à l’intérieur de chacun d’entre nous. Pas à pas, le rituel nous conduit au devoir de connaissance. La liberté est inconditionnelle de la connaissance. Aussi, dans sa rigueur, le rituel nous apporte cette liberté de penser, de s’élever, de comprendre. L’ordre dans le désordre. Ordo ab chao. Le cosmos s’invite à notre tenue, parmi nous, avec nous, à travers le rituel. Au contraire du langage qui mue, évolue et se transforme, le rituel reste immuable et nous permet de nous adapter. (adopter, une seule lettre différente, à méditer). Regarde mon F.·., écoute et regarde ce rituel, il est Toi, il est la vie, il est ton temple, Observes et retiens-le. Il t’aide à te construire, il t’aide à te comprendre, il t’aide à vivre, Comprends-le, toujours mieux, toujours plus, toujours différent comme toi tu changes. Sans jamais le dépasser, il sera ton guide. Pour cela, tu dois le vivre, le ressentir, le faire tien. Il est et sera comme ton sang, indispensable à la vie. Le rituel est un dialogue qui ouvre la voie vers la connaissance, un dialogue muet comme un livre réécrit à chaque instant. Le rituel maçonnique apporte à l’A.·. des moments justes qui lui ouvrent des portes nouvelles vers la découverte de son Être et vers la Connaissance. Nous comprenons ainsi le lien qui existe entre le corps physique et le corps spirituel. Le rituel nous aide à créer le lien entre notre corps et notre esprit.
Le vieil homme ne meurt pas, il s’efface au fur et à mesure que grandit l’être spirituel. C’est parce que le FM s’implique dans l’action du rituel qu’il se reconnaît comme maçon à part entière. Le surveillant peut alors informer le VM que tous les assistants ont rassemblé ce qui était épars, qu’ils se sont réunis, et qu’ils sont maintenant à leur place et à leur office. … et, fort justement, après avoir fait face à l’orient puis vécu le rituel d’ouverture, le VM nous dit « et que nos regards se tournent vers la lumière ». Regard des yeux, symbole du regard du cœur et de l’esprit. Voir la lumière ne saurait se résumer à fixer des yeux une quelconque ampoule même longue durée. Vivons la comme un symbole, traversons ses messages pour aller toujours plus haut, plus loin, en connaissance et en amour. L’orient est la source de la lumière. Debout face à l’orient, c’est regarder vers la lumière, vers le Delta rayonnant, le delta lumineux. C’est évidemment tourner le dos à l’occident. L'Occident correspond à l'automne, à la nuée, à l'eau dormante, au marais, à l’ombre naissante. Selon une légende bouddhiste, le bouddha Amitabha siège à l'ouest et il accueille l’âme des défunts, à l'ouest, après leur mort. Beaucoup de cérémonies se déroulent à ces dates, fin de l'hiver, fin de l'été, vers le 18 mars et vers le 20 septembre, quand le soleil se couche le plus à l'ouest. Orient-Occident : c'est la dualité de la vie et de la mort, de la contemplation et de l'action. Toutes les religions expriment une croyance envers l’orient et l’occident, source de vie et chemin vers la mort. Certains lieux de cultes s’ouvrent à l’orient, d’autres à l’occident, idéalisation possible de la croyance ou non à une vie éternelle, à une renaissance des corps ou de l’âme. Les rosaces de nos cathédrales s’illuminent au soleil couchant. Les pharaons se couchaient à l’occident, leur mort, pour se lever à l’orient, la vie. Il y a d'autres raisons à cette dualité, mais la première est que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Les voyages en Orient sont des quêtes de la lumière. Dans le Soufisme, l'Occident est relatif au corps et l'Orient à l'âme universelle ; l'Occident à l'exotérisme, à la littéralité, l'Orient à l'ésotérisme, à la science spirituelle; l'Occident à la matière, l'Orient à la forme.
Mes FF.·., rien ne peut exister sans son contraire dans le monde profane. Nous devons exister avec cette réalité et, dans le monde sacré, la dépasser, aller au-delà des apparences, du vécu, pour, à l’aide de notre démarche maçonnique, entrer dans les voies qui nous sont tracées. Elles ne sont ni blanches, ni noires, elles n’appartiennent pas à ce monde de rationalité profane. Toute chose existe avec son opposé et ne peut exister qu’avec lui, et l’homme n’échappe pas à cette fatalité. Il se trouve qu’il possède à la fois le bon et son contraire, que trop souvent le mal l’emporte, que le bien ne saurait rester seul, et qu’ainsi l’homme se trouve condamné à rechercher l’équilibre au-delà du mal. Le bien et le mal, contraires nécessaires l’un à l’autre, présents en loge en blanc et noir. Je dis l’homme, être humain homme ou femme. Car il ne faut pas opposer les sexes mais au contraire les vivre comme complémentaires, unis et différents, capables de créer un monde où les différences ne sont que richesse. Si l'Orient est souvent opposé à l'occident comme la spiritualité au matérialisme, la sagesse à l'agitation, la vie contemplative à la vie active, la métaphysique à la psychologie — ou à la logique — c'est en raison de tendances profondes très réelles, mais nullement exclusives. En faisant face à l’orient, l’assistant candidat FM, regarde le soleil et la lune, les deux opposés et complémentaires. Le soleil positif et agissant, la lune intuitive et féminine. Il tourne son regard vers le delta rayonnant, se positionne ainsi en recherche, en questions sur le monde et l’univers comme envers lui-même. Il se positionne ainsi face à son devenir et sa fin certaine. L’homme ne peut fuir sa destinée, il sait qu’il aura une fin et cette fin l’interroge. Debout, face à l’orient mes frères ! Vous ferez face, quoi que vous espériez, et devrez affronter l’insupportable. Le Delta devrait fournir au Maçon les moyens de remporter cette victoire sur lui-même. Encore lui faudra-t-il avancer dans le dédale des interprétations multiples auxquelles se prête ce symbole avec une extrême prudence, un discernement sûr, une logique impitoyable. Le concret se marie ici à l'abstrait... La moindre défaillance et nous nous égarons dans cet inconnu que nous frôlons à chaque instant de notre vie. Cet inconnu dont le mystère nous tente, mais dans lequel il ne nous est pas possible de nous aventurer sans nous exposer à perdre le contrôle de nous-mêmes et à prendre de décevants mirages pour la révélation de la Vérité ou tout simplement d’une vérité. Comme le papillon se brûle à la lampe qui l’attire. Traditionnellement, le Delta sacré est un symbole composé se présentant sous la forme d'un triangle au centre duquel apparaît un œil. Cette figure irradie des rayons comparables à ceux du soleil, qui s'étendent jusqu'au cercle de nuages qui entoure l'emblème de sa couronne. Le delta rayonnant m’interpelle comme le symbole de la FM, symbole de son universalité et qui, pour répondre à son rôle, ne doit pas ressembler un aréopage d’exégètes ou un symposium d’intellectuels et encore moins une rencontre de joyeux copains. Le voile qui me couvrait les yeux commence à s’estomper, tout comme celui qui couvrait votre regard. Nous pouvons mieux nous apercevoir que le symbolisme du temple n’est pas éloigné du monde profane, et qu’ainsi il sert à mettre en lumière l’activité humaine, à précipiter notre faculté de discernement de la nature humaine. Activité et nature humaines telles que nous les vivons. Le delta lumineux nous apparaît à cet instant comme le symbole d’un monde nouveau auquel nous voulons adhérer, ici et maintenant. Nous sommes alors dans le présent, et donc dans l’éternité que n’entame jamais le temps qui passe. Seul le présent est éternel, le passé n’est plus et le futur n’est pas, pas encore. Vivons ici et maintenant notre éternité humaine. Lorsque nous vivons une seconde d’intense émotion, un moment de bonheur ou d’extase extraordinaires, nous vivons cet instant comme éternel. Vivre ce moment sous la voute étoilée, c’est contempler l’infini de l’univers en un instant, c’est vivre en soi l’éternité au présent. Le Second surveillant : VM, tous les assistants de la colonne du septentrion sont AFM à leur place et à leur office, Le Premier surveillant : VM, tous les assistants qui décorent les colonnes du septentrion et du midi sont AFM à leur place et à leur office.
Le VM : il en est de même à l’orient. Nous sommes maintenant prêts car nous sommes entrés dans notre temple, chacun dans son rôle, officiers, maîtres, compagnons et apprentis, tous frères unis dans le même espoir, la même attention. Un F ne peut être que debout pour agir et faire face. J’arrive bientôt au terme de cette planche. C’est ma première planche de maître, avec les défauts qui vont avec. Elle ne manque ni de sincérité, ni de volonté, ni de travail. Je souhaite qu’elle vous fasse partager mon amour pour vous et pour ma loge, qu’elle vous ait fait part des doutes qui sont toujours les miens. Qu’importent les buts atteints et les étapes franchies. Seul compte, maintenant, le chemin à parcourir. Loin des désirs profanes, je veux devenir FM, être ce que je suis et poursuivre mon chemin. J’espère de mes Frères l’attention de l’Amour. Parler d’amour n’est pas chose aisée pour qui s’en défie depuis si longtemps. Alors, je fais le maximum pour y parvenir mais surtout, ayons les gestes plutôt que les intentions. Mais aussi, vous souvenez-vous, VM, de cette tenue d’installation à Bandol au début du mois d’octobre ? Beaucoup d’émotion et une harmonie ressentie par tous. Le VM nous a dit comme vous ce soir « debout mes FF, face à l’orient » alors que lui, assis dans sa chaise roulante eut été bien incapable de se lever. Mais nous avons tous ressenti combien debout il est, toujours, et F de toute de son âme. VM, Mes FF, je le sais, au moins ce soir, tous les assistants qui décorent les colonnes du midi et du septentrion, de même que ceux qui siègent à l’orient, sont apprentis FM, à leur place et à leur office, debout et face à l’orient. Et l’Orient est Éternel,
VM, j’ai dit

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Les dix étapes du Chevalier Rose-Croix

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Le titre de Chevalier Rose-Croix signifie : celui qui est prêt à travailler avec son cœur sur les traces du Christ. Ce qui ne demande pas nécessairement d’avoir atteint l’étape de Chevaliers Rose-Croix par Excellence ou encore de Sublime Prince Rose-Croix, mais plutôt d’être prêt pour marcher sur le chemin de ceux qui ont déjà ces degrés ultimes. Il y a différentes manières, de solides techniques pour approcher les situations de la vie quotidienne. C’est pour ainsi dire l’ouverture aux situations de la vie, sans conflit entre le monde physique, le monde émotionnel, le monde mental et le monde spirituel.
Quand vous vous abandonnez à cette « ouverture », entre le donneur et le receveur, il y a un espace où tout peut fonctionner de manière très souple, très doux, alors vous n’avez pas besoin d’être très concentrés d’une manière très stricte sur une seule chose, les choses arrivent avec une passion délibérée. Avant de s’entrainer sur le chemin du Chevalier Rose-Croix, nous devons d’abord être familiers avec les valeurs du Christianisme. Cela ne signifie pas que nous devions avoir un esprit dogmatique, mais que notre esprit ne doit pas être sauvage, chaotique, il a besoin d’être dompté, il a besoin de suivre une éthique, il doit être discipliné, par le développement de vertus morales, intellectuelles et spirituelles. Avec ces pratiques, nous créons un modèle de fonctionnement pour notre corps et notre esprit, un modèle de vie, à travers lequel tout fonctionne harmonieusement. C’est seulement par le développement des vertus du Christianisme que notre esprit est prêt à prendre la voie du Chevaliers Rose-Croix. Prendre la voie du Christianisme, c’est reconnaitre la confusion de notre esprit et entamer une réorganisation, cheminer sur la voie du Chevaliers Rose-Croix c’est purifier les émotions, le mental et l’esprit par l’Amour et la Connaissance.
Le Chevaliers Rose-Croix ne regarde pas les émotions et la confusion comme un fumier que nous devons jeter mais au contraire comme un fumier qu’il faut transformer, afin qu’il devienne un véritable fertilisant pour enrichir notre jardin spirituel.

La Joie

La première étape pour un Chevalier Rose-Croix consiste à atteindre une joie ultime, celle qui provient du fait de pouvoir travailler avec les émotions, les sentiments et la confusion. Elle n’est pas ordinaire, ce n’est pas la joie de se sentir bien physiquement, ni pour des raisons matérielles, c’est une paix et un bonheur ultime. Ce n’est pas non plus le fait de se réjouir de quelque chose du passé ou du présent, c’est la paix intérieure de voir les choses avec plus de recul, de plus haut, de pouvoir superviser les événements, et d’être ainsi capable de voir les choses telles qu’elles sont réellement.
C’est la Joie qui permet de pouvoir appréhender les choses plus profondément, comme jamais on le fit auparavant où l’on condamnait le mauvais, la souffrance, et où l’on chérissait le bonheur. Lorsqu’on peut voir de plus haut les événements, on les regarde et l’on découvre qu’il y a autre chose au-delà de nos souffrances et de nos plaisirs habituels.
Généralement on s’attache au plaisir que l’on recherche et on repousse ce qui nous fait souffrir, on lutte contre la souffrance, et cette lutte nous conduit vers davantage de souffrance. Cependant à cause de cette lutte, nous parvenons tout de même à expérimenter un certain bonheur temporaire, éphémère, et ce changement nous fait souffrir encore plus, et nous luttons pour sauver ce bonheur et cette lutte nous apporte encore plus de souffrance. Ainsi nous sommes poussé à essayer la philosophie, la drogue, le yoga, la méditation et tout ceci semble nous guider vers une réponse évasive, pas définitive et nous luttons toujours plus, nous voulons toujours aller plus loin – « Qu’est-ce qui peut encore m’aider ? » – Il en est ainsi parce que nous ne voyons pas les aspects dénudés de nos deux polarités, nous luttons toujours plus et nous voulons trouver une philosophie dans cette lutte. C’est heureux de voir qu’au-delà de la dureté de la vie, du sérieux de la vie que nous menons, il y a quelque chose d’autre, un sens de l’humour est là, et ceci nous donne la paix, la joie ultime c’est la première étape du Chevalier Rose-Croix. Le sens de l’humour, ce n’est pas essayer d’être joyeux tout le temps, ni de faire rire, c’est le fait d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, sans en être choqué, le plaisir vient, la souffrance vient, nous les acceptons, nous n’en sommes pas choqué, il y a un sens de l’humour dans cette approche. L’opposé de ce sens de l’humour, c’est être comme un être sans vie, un être amer bouleversé par les affres de la vie. La joie contient la richesse, celle de l’ouverture, celle d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, les émotions, les sentiments, la confusion et non pas de les rejeter comme quelque chose de démoniaque, de maléfique. On est capable d’avoir une relation avec notre confusion quand on accepte notre confusion telle qu’est est, alors on est capable d’avoir une relation pacifique avec le monde extérieur.

La Générosité

La générosité est engendrée par la joie de travailler avec ses propres émotions et avec le monde extérieur. Ainsi, la générosité ultime est un moyen d’atteindre l’autre rive, celle qui n’est pas sur la même rive que la générosité ordinaire, que la générosité usuelle. Bien sûr, nous connaissons tous la générosité, beaucoup de gens sont généreux, mais il ne s’agit pas de la générosité ultime, celle qui est chère au Chevalier Rose-Croix. Ordinairement, quand nous voulons aider quelqu’un c’est parce que nous nous sentons dans une position supérieure à la sienne. Dans le cas de la générosité ultime il ne s’agit pas de regarder quelqu’un comme inférieur à vous. Notre approche ordinaire de la générosité sous-entend la supériorité et aussi le fait d’attendre quelque chose en retour de notre acte généreux; Par exemple, j’ai un ami qui passe huit jours à la maison, je fais tout pour lui et quand il s’en va, il ne me dit même pas merci; et j’attends qu’il me le dise. Ce n’est pas un acte de générosité ultime, c’est celui d’un être ordinaire, à l’esprit étroit, parce qu’on attend quelque chose en retour et en plus on regarde l’autre comme étant inférieur. Ceci est un obstacle à la générosité ultime. Quand nous rencontrons quelqu’un, nous disons « comment ça va ? » Et si on ne nous pose pas la même question en retour, nous sommes vexés. Ceci montre l’approche très drôle que nous avons de la vie. Nous ne faisons pas les choses du fond de notre cœur, l’esprit ouvert, nous n’apprécions pas l’autre, mais nous voulons qu’on nous apprécie. Dans le cas d’une relation entre un garçon et une fille, si on dit: « je t’aime », cela ne veut pas dire que vous l’aimez mais plutôt: « est-ce que tu m’aimes ? » et vous attendez la réponse. L’approche du Chevalier Rose-Croix ne va pas au-delà de « je t’aime » dans cet exemple. On ne va pas plus loin que le fait d’aimer. On apprécie quelqu’un et on le lui dit, c’est juste cela. On n’attend rien au-delà de ceci. C’est la vraie communication ultime. Il s’agit de ne rien attendre en retour d’un acte de générosité; de ne pas attendre que quelqu’un reconnaisse ce que l’on fait. Le Chevalier Rose-Croix n’attend rien de l’autre mais ne renonce jamais à agir. La générosité ultime, c’est aussi l’ouverture à soi-même et l’ouverture au monde extérieur, aux situations de la vie. Quand nous sommes ouverts à n’importe quelle situation de la vie, cette ouverture nous conduit spontanément à la générosité. Cela ne signifie pas qu’on essaye d’aider quelqu’un, mais plutôt qu’on est simplement ouvert à lui, près à traiter la situation telle qu’elle est, telle qu’elle le demande. Nous sommes prêts à faire ce qui doit être fait, quoi que ce soit. Les Chevaliers Rose-Croix sont ouverts à toutes les situations, quelles qu’elles soient, et c’est ça la vraie générosité. Ils n’ont pas de pensées discursives qui disent: « je dois aider celui-ci », « je dois faire cela », ce que nous faisons ordinairement.

La patience

La troisième étape c’est la patience. Elle vient de la générosité ultime qui est d’accepter les situations de la vie telles qu’elles sont. Ordinairement nous manquons de patience, nous pouvons être patients une fois, deux fois, mais la troisième fois, nous nous énervons. Dans notre travail, si nous sommes patients, alors le travail devient un plaisir. Mais en général peu importe le travail que nous devons faire, soit que nous le regardons d’une manière frénétique, alors ce travail prend toute la place dans nos vies et il nous épuise ou bien nous le regardons comme quelque chose qui nous révolte et nous devenons paresseux. La patience peut changer complètement notre approche de la vie. Elle peut prendre place n’importe où et dans toutes les sphères de notre quotidien.

L’énergie ou la tradition

Petit à petit, la patience ultime donne naissance à la quatrième étape dans la voie du Chevalier Rose-Croix qui est l’énergie ou la tradition. Nous naissons tous au milieu d’une culture, d’une idéologie particulière. C’est dans cet environnement que nous grandissons et que nous sommes entrainés à nous adapter aux traditions familiales. Suivre une tradition semble être une exigence difficile auquel nous sommes tous confrontés. Cependant, quoique nous fassions aujourd’hui ou demain, sera emprunté à cette tradition. Nous sommes programmés par notre tradition sociale ou familiale. Nous sommes tous réglés par notre culture, cette idéologie dans laquelle nous avons été élevés, il est alors très douloureux et très difficile d’aller au-delà. Et si nous ne sommes pas capables de casser, de rompre avec cette base culturelle que nous appelons « tradition », alors nous ne serons pas capables de marcher dans le chemin des Chevaliers Rose-Croix. Ceci parce qu’un Chevalier Rose-Croix n’essaie pas de s’adapter à une tradition particulière mais tout ce qu’il fait devient tradition. C’est une situation très ouverte. Ce qu’il fait devient sa tradition. La tradition des Chevaliers Rose-Croix, c’est de transformer ses émotions; colère, patience, haine et transformer ses paradigmes mentaux afin d’aller au-delà de ses traditions sociales et familiales c’est la source d’une riche tradition. Il y a un parfait exemple pour illustrer cette tradition, elle est reliée à l’énergie qui permet aux Chevaliers Rose-Croix de travailler avec tous les aspects émotionnels, intellectuels et spirituels de la vie. Cette énergie n’est pas celle que nous connaissons à un niveau ordinaire, car celle-ci est infatigable, l’énergie des Chevaliers Rose-Croix est infatigable. Maintenant, nous arrivons à l’étape suivante, « rester dans la conscience ». Cette conscience n’est pas celle que nous atteignons aux derniers stades du chemin (appelé conscience de la sagesse sans observateur), cependant c’est une conscience ultime ou il y a encore quelqu’un qui observe. Le Chevalier Rose-Croix est conscient des situations, de tout le développement des événements, au delà des notions dualistes, mais il y a toujours quelqu’un qui soutient cette conscience. Il y a toujours « quelqu’un » en nous qui regarde, qui observe. Quelqu’un qui est conscient de cette conscience ultime. Il faut un maintien de la conscience pareil à un diamant pour couper, trancher cet observateur et cela se fera dans les dernières étapes du Chevaliers Rose-Croix; cette faible conception d’observateur et de quelque chose à observer, sera tranché par le maintien de la conscience. Ces choses dont on parle maintenant ne doivent pas rester quelque chose de théorique, cela doit être expérimenté par chacun à sa propre manière et alors on comprend vraiment de quoi il s’agit. Ainsi nous arrivons à la sixième étape, c’est la Gnose, la connaissance ultime. La Gnose c’est la connaissance ultime qui sert à trancher. Il y a la patience, la discipline, la générosité, l’énergie, la conscience mais nous avons besoin de la connaissance ultime pour trancher (couper au travers) sinon l’action est incomplète. Son utilité, c’est de vous représenter clairement les situations telles qu’elles sont réellement. La connaissance ultime, la Gnose, transperce (tranche) l’observateur. Le Chevalier Rose-Croix jusqu’ici, travaille avec les émotions, l’intellect, le spirituel, les gens, les situations, avec lui-même mais il a toujours un certain « égo », celui qui fait ceci ou cela. Avec la Gnose il devient celui qui regarde « l’observateur », la conscience ultime tranche cet égo très subtil. Suivre un chemin spirituel, ce n’est pas quelque chose de simple ni de facile, on ne doit pas « sauter dedans », avec légèreté, naïvement, et cela demande un processus constant de « démasquage ». Le problème est le suivant : nous attendons toujours quelque chose de notre approche spirituelle ou pratique, même à un niveau spirituel. Nous voulons avoir une réponse pour tous nos problèmes. Cependant, il me semble plutôt que cela ne les résolve pas du tout et qu’au contraire, nous devions nous y engager davantage, nous plonger dedans. Alors nous sommes choqués, très choqués et nous devons bien convenir que ce n’est pas réellement ce que nous attendions: Un merveilleux « pouvoir mystique » qui pourrait résoudre tous nos problèmes. Nous disons souvent cela: « J’ai grand espoir dans cet enseignement » ou bien « j’avais un grand espoir de cet enseignement!… de ce maitre et pourtant il ne peut m’aider. »
Toutes les religions parlent d’amour, de mysticisme, de charité, de chants mystiques. Chez les Chevaliers Rose-Croix on parle aussi beaucoup du mal, le mal intérieur, la souffrance et ceci ne plait généralement à personne. Nous ne voulons pas le voir, nous ne voulons pas en entendre parler et nous voulons plutôt y échapper. Nous voulons trouver un nouveau chemin, loin de ce mal, afin de nous donner une « pause » loin de tous nos ennuis. Il existe une technique qui nous permette de nous débarrasser de ce mal. Mais ces attentes et ces fascinations semblent nous conduire vers davantage de luttes. Et nous aimerions bien faire de grandes célébrations avec de belles musiques, beaucoup de disciples, de la joie partout et des feux d’artifices, c’est ce que nous souhaitons de notre spiritualité.
Tous ce que nous recherchons c’est l’attitude mystique des Saints ou l’accomplissement des Bouddhas. C’est quelque chose que nous regardons comme un pouvoir mystique, magique. Nous développons une attitude très romantique vis à vis de cela. C’est tout à fait romantique d’imaginer devenir un Chevalier Rose-Croix. Mais c’est très désappointant de réaliser tout à coup, que c’est nous-mêmes qui devons le faire, en fait, que personne ne le fera pour nous à notre place. Désappointant parce que les choses n’arrivent pas ou ne sont pas comme nous le voudrions et en fait la vie est comme ça, nous devons la bâtir, nous y engager complètement, travailler avec ces choses là qui ne sont pas comme nous le voulons. Nous voulons toujours éviter la réalité des choses, les voir telles qu’elles sont, nous voulons ignorer le « matériel » que nous avons besoin de cultiver. Il y a quelque chose qui manque tout le temps, qui n’est pas juste, et ceci en dépit de notre important développement technologique, en dépit de notre solide base psychologique, à l’intérieur de nous-mêmes, il y a toujours un manque, une insatisfaction. Mais, même si nous nous trouvons dans de tristes situations, nous essayons toujours de l’ignorer, nous ne sommes pas encore prêts pour faire face à ce « quelque chose qui manque », pas prêts pour étudier la question à fond ou de très près, parce que c’est très douloureux. C’est quelque chose dont nous ne voulons pas parler, cela semble très sensible, très secret, et nous ne voulons pas l’exposer, le montrer. Il y a une sorte de compréhension universelle ou quelque chose doit être gardé secret, alors nous essayons toujours de le couvrir, en utilisant beaucoup de techniques, drogues, yoga, méditations, etc. En fait, nous avons peur de perdre ce secret, nous essayons toujours de le cacher. Nous avons peur d’être exposés, et nous avons peur de l’espace, de sa qualité spéciale, alors nous sommes toujours en train de couvrir ce fait. C’est comme si, nous avions peur de perdre notre identité, si nous devons nous montrer, nous dévoiler, nous exposer, nous deviendrions « personne ». On en revient toujours au même avec cette approche des choses; quoique nous fassions pour trouver une réponse et en cachant toujours le vrai problème, en étant très défensif, même si nous essayons de le résoudre de mille manières, nous en arrivons toujours au même point, devant la même énigme, la même question. Ceci parce que nous avons peur de l’ouverture, de nous ouvrir nous-mêmes aux enseignements, et aux situations de la vie, quelque soit l’école que nous rencontrions, l’enseignement que nous écoutions, nous l’interprétons toujours suivant notre propre version. Nous pouvons approcher la voie du Chevaliers Rose-Croix, mais avant que nous ayons vraiment établi une réelle relation avec elle, avant cela, nous avons déjà construit une préconception de cette approche
- « j’aimerais que cette voie soit de cette façon. »
- « je voudrais avoir ces réponses »
Alors si la voie est comme nous l’avons souhaité, si ce qu’elle enseigne correspond avec ce que nous attendons, ce que nous pensons, alors nous sommes heureux :
- « Oh ! La voie des Chevaliers Rose-Croix est bonne ! Je veux en faire partie ! Elle parle mon langage. » Donc nous l’avons pré-rencontré suivant notre propre version de ce que doit être une bonne école. En fait, nous n’avons pas de communication sincère, véritable, mais suivant notre propre version. C’est un grand problème, cela induit en erreur et égare beaucoup de disciples, ils se dirigent mal. Généralement, nous cherchions une tradition, une école ou un maitre très célèbre, par exemple un maître qui est très érudit ou a une école de grande renommée, avec un grand nombre d’adepte, et nous voulons en faire partie. Nous ne nous attachons pas à regarder l’essence mais les conditions de vie. C’est un très grand réconfort de prendre conscience, de savoir en fait, ou de se dire « je suis un disciple d’une grande école ou d’un maitre si célèbre ». D’une certaine manière, c’est une auto déception.
Une vraie communication n’est pas ainsi, ni non plus comme si vous alliez dans une église, ou dans un monastère, et que vous voyez une statue de Jésus ou une statue de Bouddha et vous la regardez comme quelque chose de très profond, de très haut, de très précieux… et puis c’est tout. Pas d’autre communication. Vous regardez la statue, vous êtes devant elle, sans plus, c’est tout. Il n’y a pas de réelle communication.
Nous mettons quelques fleurs, allumons quelques bougies et nous prions. Mais est-ce que cela résout vraiment notre problème ? Nous pouvons visiter milles églises, mille monastères mais chaque fois que nous y allons nous y trouvons toujours de problèmes. La solution, c’est que nous devons être ouverts. Ce n’est pas une question de célébrité de la voie mais celle de la possibilité d’ouverture que nous avons avec elle, combien de temps nous pouvons rester ouverts à elle ? Jusqu’à quel point intime de notre psychologie ? Et dans ce cas : si nous sommes ouverts, la voie s’ouvre à nous et l’enseignement est ouvert. C’est alors nous pouvons parler de réelle communication, de rencontre des esprits, nécessaire au cheminement du Chevaliers Rose-Croix. Habituellement, nous nous présentons toujours comme un étudiant ou un disciple de grande valeur. En fait, nous nous présentons d’une manière différente de ce que nous sommes réellement. Ce sont des choses qui arrivent à la plupart d’entre nous qui veulent suivre un chemin spirituel. Nous ne le faisons pas intentionnellement, bien sur, mais ce sont des pièges dans lesquels nous tombons malgré notre sentiment de vouloir faire de notre mieux. En fait, nous devons être désappointés, de plus en plus, jusqu’à ce que nous ayons perdu toute attente. Et ce désappointement doit nous conduire vers un lâcher prise totale. Nous devons nous voir tel que nous sommes et non pas tel que nous voudrions être. De la même façon, si nous voyons qui nous sommes, alors nous voyons les autres comme ils sont, comment ils sont exactement, alors l’humilité commence vraiment et peut se développer. Alors, nous commençons aussi à apprécier les qualités du Christ, exemple de celui qui s’est sacrifié pour nous, puis ses instructions, ses enseignements, puis nous aspirons à l’imiter. Graduellement, nous nous intégrons dans la voie du Chevaliers Rose-Croix en marchant sur les traces du Christ, celui qui est l’exemple de la transfiguration et dans ses enseignements à suivre, qui nous montre la voie.
Il est important dans la voie ultime du Chevalier Rose-Croix de poursuivre la quête seule, en solitaire. Il nous faut accepter d’être seuls, de travailler comme tel, comme des réfugiés, nous devons nous défaire de l’environnement familier que cultive notre égo.
Nous sommes de toute façon seuls, du moment où nous naissons jusqu’à celui de notre mort, nous sommes solitaires et la solitude est notre constante compagne. Nous sommes prêts à accepter toutes les difficultés, les plaisirs et les peines etc. Nous voulons y faire face nous-mêmes, nous ne voulons pas dépendre de la communauté des compagnons sur le chemin. Nous ne les suivrons pas, nous marcherons avec eux. Fondamentalement, nous sommes des êtres très seuls, très seuls et cette solitude nous accompagne tout le temps et au fur et à mesure, elle devient indépendance, ou individualité, unicité, sans dépendre de personne. La solitude doit être notre partenaire spirituelle; et cette solitude « de qualité » se développe et se transforme, elle devient le bouclier du Chevalier Rose-Croix, son blason, c’est l’esprit chevaleresque, l’esprit d’un guerrier. Nous devenons comme un prince solitaire et guerrier, courageux, sans peur. Nous risquons de devenir très romantiques avec cette idée, mais ce n’est pas nécessaire. Cette qualité du Chevalier solitaire nous rend capable de connaitre les émotions, de les affronter; les sentiments, la joie, la peine ou quoi que ce soit, nous n’en avons plus peur et nous pouvons y faire face et c’est là une des grandes qualités que doit développer le Chevalier Rose-Croix. En fait une définition de celui-ci peut-être; celui qui est suffisamment brave pour marcher sur le chemin du Christ, le chemin « de Renoncement et du Sacrifice ». Le chemin du Chevaliers Rose-Croix est décrit suivant différentes étapes, la suivante est reliée à la perfection des « moyens habiles ». Un environnement confus, un travail confus, une voie confuse sont opposés à la voie habile. Bien qu’un Chevalier Rose-Croix ait déjà développé la voie habile dès la première étape, on ne peut pas dire qu’à partir de la septième étape, elle devienne différente, mais depuis cette première étape, le Chevalier Rose-Croix était toujours « accompagné » d’un « surveillant », « celui qui regarde ». Cela signifie que le Chevalier Rose-Croix se sentait toujours satisfait de lui-même pour avoir accompli ceci ou cela, il y avait toujours dans ses actions une forme de matérialisme spirituel. Et à partir de la septième étape « les moyens habiles » sont complètement « les moyens habiles », tout à fait dépourvu de matérialisme spirituel.
Auparavant, il y avait toujours une forme de reconnaissance par le Chevalier Rose-Croix de ce qu’il faisait. Bien qu’il ait déjà les moyens habiles dans sa façon d’agir, dans sa façon d’approcher les situations de la vie, il y avait en même temps la reconnaissance de ses actions, une façon très subtile de prendre conscience que c’était lui qui agissait.
Mais cette voie habile, ces moyens habiles sont aussi là pour trancher ce matérialisme spirituel et ceci conduit à la compréhension de la huitième étape du chemin du Chevalier Rose-Croix. Celle-ci est reliée à la perfection appelée « prière » ou « prière de souhait » ou encore « pensée qui souhaite ». Puisqu’à ce stade là, le Chevalier Rose-Croix est déjà sur la voie de la « transfiguration » parce qu’il a tranché le matérialisme spirituel, puisqu’il pense aux êtres sensibles aussi bien qu’à lui-même, c’est à dire en ne faisant qu’un avec eux, cette prière de souhaits est une prière universelle. Nous disons toujours que la prière d’un Chevalier Rose-Croix est efficace, puissante, magnificente. Il ne prie pas pour lui-même parce qu’il est un avec les autres, il est avec tous les êtres sensibles, quand il prie, tous les êtres sensibles prient, c’est pourquoi la prière est universelle. Normalement, nous prions pour avoir un bon travail, une famille heureuse… nous avons une forme de prière très limitée. Nous souhaitons par exemple : « Puissè-je avoir ce même travail le plus longtemps possible ». Mais quand un Chevalier Rose-Croix prie, ce n’est pas d’une façon égocentrique et étroite, c’est universel, avec tous les êtres. Parce que la situation présente contient en potentiel les situations futures. Maintenant, nous arrivons à la neuvième étape « le pouvoir ». Ici « le pouvoir » n’est pas celui d’avoir des relations, une bonne place dans la société, dans l’administration, ce n’est pas d’avoir beaucoup d’influences pour obtenir ce qu’on désire. Le « pouvoir », c’est de n’avoir plus d’endroit ou aller, il ne reste rien à accomplir, à améliorer, c’est la libération, c’est le pouvoir. Il n’y a rien à conquérir, plus personne à conquérir, c’est comme « être en sécurité ». On est dans la sécurité plutôt qu’être en sécurité. Donc c’est le sens ultime de la liberté, la libération, le sens ultime du pouvoir, parce qu’on est en harmonie, en harmonie parfaite avec la situation qui nous entoure. Il n’y a aucun effort à fournir, aucun besoin de chercher la sécurité ou le confort pour soi-même, aucun effort, non plus, à faire pour aider les êtres. L’action elle-même est devenue « pouvoir ». Puisqu’il n’y a plus aucun objet de lutte mais seulement la sagesse, c’est la dixième et ultime étape du Chevalier Rose-Croix. La sagesse est de ne plus lutter, la non identification avec le Maitre, l’enseignement, le chemin, les résultats, etc.… Tout ne fait plus qu’un le Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix lui-même, est le chemin. Il n’y a plus pour lui de chemin en tant que chose excellente : tout ce qui se présente à lui est le chemin. Le Chevalier Rose-Croix est devenu le chemin, l’un et l’autre ne forment plus deux entités séparées ou différentes. Donc son action devient « l’action pure », elle devient ‘action de sacrifice du Christ », sa parole devient l’enseignement, le chemin, l’information. Donc, le Christ et le Chevalier Rose-Croix ne forment plus qu’une seule unité : lui-même. À partir de ce point précis démarre l’activité du Christ, on ne peut pas dire que l’action du Chevalier Rose-Croix s’arrête là mais plutôt que l’activité du Christ prend place ici. Et là, il se passe quelque chose d’étrange et d’intéressant, le Chevalier Rose-Croix était devenu jusque là, extraordinairement puissant et cependant, à partir de là, il perd son pouvoir parce qu’il est d’ores et déjà programmé dans l’imitation du Christ, en harmonie avec elle. Alors ces mouvements sont précis, solides, définis, tout ce qu’il dit est l’enseignement, chaque mot a un sens, une signification, un but, c’est une parole juste. C’est pourquoi certaines personnes disent que même après avoir atteint la transfiguration, les Chevaliers Rose-Croix doivent avoir un certain égo pour pouvoir enseigner. Mais comme je l’ai dit, le Chevalier Rose-Croix est devenu complètement un avec le Maitre, l’enseignement, le chemin etc.… Le Sublime Prince Rose-Croix n’a plus besoin de regarder à travers le filtre de l’égo, puisqu’il a été enlevé, alors il peut voir le monde, connaitre les situations parfaitement, de manière directe, nue, par conséquent la communication est nue, directe, de la même façon, et aux êtres ordinaires elle semble magique, mystique, puissante. Le Chevalier Rose-Croix est donc programmé pour devenir un Sublime Prince Rose-Croix, pas dans un sens conventionnel, mais ultime. Ainsi se termine le chemin du Chevalier Rose-Croix en dix étapes. Traditionnellement, pour commencer ce chemin on reçoit l’initiation de Chevalier Rose-Croix, on fait notre serment devant tous les autres Chevalier Rose-Croix, agenouillé derrière un autel sur lequel se trouve une bible ouverte à l’évangile de Saint-Jean. Ceci est fait devant des témoins qui se portent garants de notre engagement. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre ce serment du Chevalier Rose-Croix devant d’autres Chevaliers Rose-Croix. Mais cette initiation n’est qu’un germe déposé dans le cœur et dans l’esprit du Candidat, c’est l’initiation conventionnelle. S’il veut un jour porter le titre glorieux de Chevalier Rose-Croix ou encore de Sublime Prince Rose-Croix cette initiation doit devenir le moteur d’une Quête incessante d’ouverture à soi et aux autres, une quête d’Amour et de Connaissance.

Source : http://chevaliersrc.unblog.fr/category/reflexions/

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La Cène

Publié le par P\ A\

Très Sage A……, et vous tous mes FF\ Chevalier Rose+Croix, pour ma première intervention à notre grade, Notre Très Sage, m'a proposé de faire une planche avec pour thème: « La Cène ». Quel défi pour un frère élevé dans la plus pure tradition judéo-chrétienne par sa famille et avec l’aide appuyée des Frères des Écoles Chrétiennes et ensuite des Jésuites et pour qui la Foi reste une valeur spirituelle essentielle dans sa vie, que de traiter dans cet illustre chapitre d’un symbole aussi « chrétien » que la Cène. Mais il est des chemins comme des hommes, souvent plein de paradoxe et de contradictions qui permettent, du moins je l’espère, de faire progresser les uns par la connaissance et le partage avec les autres, le tout dans l’Amour fraternel, car tel est notre loi. Tous les Chevaliers Rose-Croix au Rite Écossais Ancien et Accepté, connaissent la cérémonie de la cène qui se pratique ou devrait se pratiquer à la fin de chaque tenue. Tous les premiers rituels connus, dès le début des années 1760, en font déjà mention et la décrivent, pratiquement telle que nous la connaissons aujourd’hui.
La Cène :
Dans le manuscrit de la « Maçonnerie Adhonhiramite » de 1787, on trouve précisé que le 3eme point du Rose Croix est la Cène et se déroule toujours après un chapitre.
Lors de la réception d’un nouveau chevalier, le rituel de la cène, ou troisième point de sa réception, marque l’intégration d’un nouveau chevalier dans le cercle des anciens. Il est le plus souvent décrit ainsi : « Tous les chevaliers se rangent autour de la Table. Le TS fait face à l’Occident, les surveillants, ayant encadré le candidat entre eux, se placent en face du TS Quand le cercle est formé, le TS rompt le pain, en prend un morceau et le mange. Il passe ensuite le plateau à l’Orateur qui est à sa droite et dit : « Prenez et mangez ; donnez à ceux qui ont faim ». Le plateau passe successivement aux mains de tous les Chevaliers qui en prennent chacun un morceau. Quand le plateau revient au TS, il le pose sur la table. Il verse ensuite du vin dans le verre et en boit et le présente à l’Orateur en disant : » Prenez et buvez ; donnez à boire à ceux qui ont soif ». Le verre passe successivement aux mains de tous les chevaliers et lorsqu’il revient au TS, celui-ci le verse dans le réchaud le reste du vin. »
Irène Mainguy pense que « la pratique de la Cène » en chapitre tire son origine d’un enseignement caritatif tel que celui qui apparaît dans les proverbes 25 :21-22 et dans l’Épitre aux romains 12 :20 « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger, s’il a soif, donne lui à boire »
Notre rituel maçonnique a une autre traduction de la Cène :

Comme souvent, le rituel est la source de l'enseignement du Franc-maçon et à notre grade, celui du Chevalier Rose Croix. Les phrases prononcées par le Très Sage au moment de la Cène et le décor ont leur importance. Je vais tenter d'en capter le sens. Le Très Sage explique la suspension des travaux et la mission du Chevalier R+C est fixée : « répandre hors de notre Temple, notre message d'Amour de la Vérité et d'Amour de l'Humanité ». Les grandes lignes de notre Grade sont données. Notre mission : parler d'Amour, non pas d'amour charnel, mais d'Amour de la Vérité, qui est notre mission première en maçonnerie et aussi Amour de l'Humanité. Nous sommes ceux dont le travail est de répandre ces Amours. La Vérité, nous la cherchons en permanence, comme l'amélioration de l'humanité. Mais le mot Amour est mis en avant, ce qui démontre la passion, la sincérité, la profondeur avec laquelle nous devons travailler et je ne peux que constater que notre chapitre le démontre à chaque tenue….. Le Très Sage nous parle ensuite de la canne, baguette qui nous a été remise à chacun de nous pour la Cène. Il s'agit la d'un autre rappel de notre rôle dans la Franc-maçonnerie « elle doit servir dans vos voyages. Emblème de la vigilance, elle aussi le signe du commandement et du droit de l'exercer ». Si jusqu'à maintenant, nous devions répandre les vérités que nous avons acquises désormais, le Très sage nous explique que nous devons être vigilant : la définition de ce mot est intéressante « Qui veille avec beaucoup de soins ou de dévouement sur quelqu'un ou quelque chose. » et « Qui est exercé avec grand soin, avec une attention soutenue ». La vigilance, notre grade nous en parle pour la première fois. Cette canne est donc le symbole de celui qui a pour mission de voyager et de surveiller, d'être attentif à ce qui se passe. Et cela sous entendu en permanence. Le Très Sage explique aussi que nous avons tout pouvoir, que nous sommes ceux qui commandent. Nous ne commandons surement pas d'autres FF.°. au sens de hiérarchie, mais je crois, surtout, que nous détenons une certaine autorité morale avec les obligations qui vont avec, et que cela doit s'appliquer à chacun de nous. Notre chemin initiatique nous autorise à avoir une perception plus fine de ce qu'est la Franc-maçonnerie, et surtout, nous avons l'obligation de voyager et cette baguette, qui rappelle le bâton du Compagnon, pourrait nous donner du pouvoir, car symbole d'une fonction, mais aussi un moyen pratique de se faire reconnaître. « Mes FF.°. me reconnaissent comme tel » finalement, cette reconnaissance doit exister : à notre comportement, nos FF.°. doivent percevoir notre expérience, notre cheminement maçonnique. Le bâton du Chevalier R+C est surtout celui du pouvoir moral, plutôt celui du Sage qui peut répondre aux questions, celui qui est prêt à aider.. Quand nous voyageons aujourd'hui, et j'entends par voyage, voyage dans le monde maçonnique, autant que dans le monde profane, nous n'avons pas ce bâton. Mais ce symbole, comme les autres symboles, nous le détenons en nous, nous l'avons intégré, nous finissons par faire comme si nous l'avions en permanence. Le regard que nous devons porter sur notre mission est d'être vigilant. Pourquoi? Mais parce que tel est notre devoir à ce stade de notre chemin initiatique. Nous avons appris, nous avons plus ou moins assimilé. Le décantage de notre apprentissage nous permet d'avoir une vue plus élevée de ce que doit être le travail maçonnique. Notre situation actuelle de Chevalier R+C est de ne plus être en bas, de ne pas être encore en haut, mais d'être entre deux étages, si je peux dire. A la fois au dessus mais largement en dessous. Le signe et le contre signe, qui montre l'infiniment grand et l'infiniment petit, me semble confirmer notre position.

Mais continuons le rituel :

« Nous allons échanger nos accolades fraternelles et faire circuler le message de paix grâce au pain et au vin. Ainsi nous renforcerons d'avantage les liens qui nous unissent et notre amour fraternel en sera fortifié ». Le pain et le vin et nos accolades sont donc le ciment de notre action. Le rituel nous donne donc la force qui nous portera en dehors du temple : il s'agit, comme toute construction et comme nous l'avons appris depuis notre initiation, d'avoir des bases solides : ces bases sont celles des liens qui nous unissent, liens qui sont tout le cheminement que nous avons fait, pas forcément ensemble, mais dans nos temples et dans nos loges, à des dates différentes, mais toujours sur le même chemin initiatique. Nos liens sont prioritaires. Cela veut dire aussi, que sans cela, nous serions inefficaces. Sans nos bases, c'est à dire, sans tout ce que nous avons appris en loge, nous ne sommes rien, nous devons, nous avons l'obligation en plus être unis. L'Amour fraternel est une obligation et un vrai travail, c'est comme cela que je le ressens aujourd'hui.
Poursuivons le rituel :

« Prenez et manger et donnez à manger à ceux qui ont faim »
« Prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif »
Ces 2 phrases sont claires et sont pleine d'amour : elles rappellent la Cène d'origine, mais la, le message n'est pas de se souvenir du Christ, il donne et définit une de nos missions : donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif. Cette tache est vaste.
L'un des symboles du grade Chevalier Rose Croix est le pélican. Son choix a été de s'ouvrir le flan pour donner à ses petits son sang. Jésus, en offrant le vin qui symbolisait son sang et le pain qui symbolisait son corps, a-t-il la même volonté? Dans le rituel de la Cène, nous, chevalier R+C, nous ne le disons pas, mais ce message est sous entendu : nous sommes prêts à aller jusqu'au don de soi pour donner à manger et donner à boire à ceux qui sont dans le besoin. Ceci signifie que sommeille en nous un pélican et qu'il est prêt à s'éveiller à tout moment. Prêt au sacrifice de soi après avoir cherché l'Amour en suivant la trilogie de notre grade, Foi, Espérance et Charité. Mais lors de cette Cène, avant ces 2 phrases, un message est transmis à chacun des F.°. à charge qu'il revienne sans faute : il s'agit du mot de passe du grade : E….. et sa réponse P… P…. Pourquoi, dans la Cène, le mot de passe et sa réponse doivent-ils circuler? La Cène raconte l'histoire de Jésus et de son dernier repas. E….., en hébreu, signifie Dieu est avec nous. Nous francs- Maçons, en tant que Chevalier R+C, nous avons atteint la conscience de ce que nous sommes et que nous considérons avoir retrouvé la parole perdue. E……. est aussi le premier nom donné à Jésus par les bergers de Bethléem, car dans la prophétie d'Isaïe, il était annoncé que la mère enceinte donnerait ce prénom à son fils. P….P…… ou La Paix avec Vous ou en Vous, cette réponse, semble contenir ce que doit être le chevalier R+C : par le sens Dieu est avec nous, nous, Francs-Maçons, nous pouvons penser autre chose, comme Grand Architecte de L'Univers ou aussi comme Force Cosmique, ou Puissance au dessus de tout ou tout autre appellation qui indiquerait quelque chose de supérieur. Supérieur parce qu'à une autre échelle, celle de l'Univers. Le fait d'être conscient de ce que nous sommes et de ce que représentons à l'échelle de l'infiniment grand, est le signe du bon cheminement et de l'évolution nécessaire que tout homme, après avoir été initié et suivi le cheminement dans son temple intérieur, peut affirmer que l'univers, l'immensément grand est aussi dans l'infiniment petit. Et réciproquement. La conséquence : une forme de sérénité. Une vision du monde plus claire, vue d'un niveau un peu plus élevé que l'homme ordinaire. Un sens du devoir.

Continuons à lire le rituel :

Après le retour du mot de passe que le Gardien de la Tour a bien reçu venant des 2 côtés, le Très Sage dit « Que ce pain nous maintienne en force et santé! Que ce vin nous élève ! ». Le Très Sage émet alors ce qui ressemble à un vœux : que le pain nous maintienne en force et santé : la nourriture terrestre – ce qui représente, dans la Cène, le corps de Jésus, et cela afin de nous maintenir en force et en santé pour poursuivre notre mission. Le pain représente la matière. Le vin nous élève, le vin représente alors l'esprit. Dans la Cène, elle représente le sang du Christ. Cet esprit que nous récupérons en buvant ce vin, nous élève. Élévation spirituelle nécessaire aussi pour continuer notre mission. Nous retrouvons ici, à un autre niveau, l'équerre et le compas. La domination de l'esprit sur la matière. Mais jamais l'un sans l'autre. Une grande précision : c'est ce pain et ce vin là, ici pendant la Cène, à cette occasion, le pain et le vin que nous prenons ensemble. N'importe qui peut manger du pain et boire du vin chez lui. Nous Chevalier R+C, nous mangeons et buvons ensemble. Ceci contribue à nous unir et à maintenir entre nous le lien fort. Le symbole d'un acte commun et collectif de pensée et de deux actions, boire et manger, représente l'importance donnée à un travail maçonnique de chacun mais tous ensembles. « Et maintenant mes FF\, prenez et mangez et donnez à manger à ceux qui ont faim, prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif » Dans cette phrase, le Très Sage redit ce qu'il a déjà dit avant la circulation du mot de passe. S'agit-il d'une manière de commencer et de finir, ce qui veut dire que ce qui est important est ce qu'il y a entre les deux phrases ? Je remarque tout simplement que la demande du très Sage est de prendre et de manger d'abord et de donner à manger après et de prendre et de boire avant de donner à boire... Cela me rappelle qu'il faut d'abord travailler sur soi-même et la pierre brute avant de pouvoir prétendre transmettre quelques choses à d'autres. Les bases de notre temple intérieur doivent être solidement implantées. Faisons attention aux dernières paroles du Très Sage après avoir frappé les 7 coups avec sa canne : « Tout est consommé... Mes FF\, retirons-nous en Paix et souvenons nous que nous avons juré de propager toutes les vertus qui naissent de la Fraternité. » Tout est consommé.... : une phrase étonnante : à première écoute, j'ai envie de dire ben oui, nous avions faim en cette fin de matinée et il ne reste plus rien ! Mais le sens n'est pas celui-là. Jésus, sur la croix, l'aurait dit cette phrase et pour lui, cela annonçait la fin de sa mission sur terre. En allant sur la croix, il a terminé la dernière étape de sa mission, qui l'amène ou le ramène auprès de Dieu. Mais si tout est consommé, cela veut dire que ce que nous avons en nous, après cette Cène, après avoir rompu le pain , l'avoir mangé et bu le vin, que tout ce qui est en nous, constitue une intégration importante de la fin d'un événement. Ces 2 éléments forment ensemble le corps et l'esprit et, en nous rassasiant d'abord, indique que, si notre travail commence par nous-mêmes, nous sommes prêts, par la suite à aider les autres. Un peu de Aides toi et le ciel t'aidera? Non, notre travail a un sens, même si on comprend un but, mais je dirais un sens de fonctionnement. Depuis l'apprentissage jusqu'au grade de Chevalier Rose+Croix, le travail est fait sur nous-mêmes pour mieux le faire sur les autres. Un parallèle avec Jésus, qui a fait tout un cheminement pour partir de sa naissance jusqu'à sa mort, mais en laissant un message très fort et très riche. La Cène se termine par un rappel à notre serment de Chevalier R+C, toujours avec cette insistance sur la Fraternité qui est notre force et toutes les conséquences de cette Fraternité. En guise de conclusion de cette planche imparfaite, je dirais que la Cène est un symbole fondamental qui remonte à la plus ancienne antiquité, elle n’est certes pas l’apanage de la tradition chrétienne, le partage du pain et du vin se retrouve dans l’Agapé antique. Il faut voir dans la pratique de la Cène, un pacte d’union entre les frères Chevaliers Rose Croix et un encouragement à pratiquer une charité fraternelle active. Également, nous pouvons assimiler cette pratique à une chaine d’union beaucoup plus intense que celles des loges bleues, puisqu’il y a partage réel du pain et du vin. En fait cette pratique devrait être étendue à tout être humain, maçon ou non, ce qui permettrait d’entendre au dehors les nobles valeurs et l’ethnique maçonnique. Mais ne rêvons pas, il nous faut d’abord appliquer à nous-mêmes ces principes pour pouvoir être capables de les porter au dehors de nos temples. A la fin de la Cène, Jésus ne dit-il pas « A ceci, tous vous reconnaitront pour mes disciples, a cet amour que vous aurez les uns pour les autres (Jean 13 :35)
Alors notre chemin est encore long…

Source : www.ledifice.net

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Les Colonnes J & B

Publié le par P\ P\

Je vais vous rendre compte, dans ma planche, de mes modestes recherches sur les 2 Colonnes ornant le Tapis de Loge au grade d'AA\ en particulier et décorant l’entrée du Temple Maçonnique en général. Tout d'abord pourquoi avoir choisi ces Colonnes plutôt qu'un autre élément du Tapis de Loge?
1 - parce qu’elles sont le premier symbole que nous rencontrons en pénétrant dans le
Temple ;
2 - parce qu'elles représentent la dualité régissant l’homme et le monde ;
3 - parce qu'elles nous préparent à la découverte du nombre 3.
Je vous propose le cheminement suivant:
1 - rappel et commentaires de la description biblique
2 - les Colonnes et la bipolarité
3 - les Colonnes et la Mer de bronze
4 - Colonnes et hindouisme
5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\
1 – Rappel et commentaires de la description biblique
Les Colonnes J\ & B\ sont mentionnées dans la Bible au 1er livre des Rois, chapitre 7, versets 13 à 22: « Verset 13 : Le roi Salomon avait fait venir de Tyr Hiram, ouvrier en airain, fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et d’un père tyrien ». Hiram est phénicien et est en contact avec la triade divine phénicienne Melqart, Astarté et Baal. Hiram connaît donc les magnifiques temples que son homonyme, le roi Hiram, a fait ériger en l’honneur de Melqart, Astarté et Baal. Melqart est la puissance tutélaire de la cité de Tyr et deux piliers ornent l’entrée du temple qui lui est consacré. « Verset 14 : Il était rempli de sagesse, d’intelligence et d’habileté pour faire toute espèce d’ouvrages en airain. Il se rendit donc auprès du roi Salomon et il exécuta tout le travail.» Hiram est un expert dans son domaine, c’est un « architecte ». « Verset 15 : Il fabriqua 2 colonnes d’airain ; la première avait 18 coudées de hauteur, et un cordon de 12 coudées mesurait la circonférence de la seconde. » Qu’est-ce qu’une colonne ? Le mot vient du latin columna et du grec columen, c’est ce qui s’élève, un soutien, un pilier. Les colonnes se retrouvent dans le totem des indiens d’Amérique et dans l’arbre de vie égyptien. Elles relient le haut et le bas. Elles sont un pont entre ciel et terre. L’airain est une appellation ancienne du bronze, un alliage de cuivre et d’étain ou d’argent. Si l’argent est communément associé à la Lune, la mythologie grecque associe l’étain à Jupiter, le roi des dieux et le cuivre à Vénus, déesse de l’amour. L’airain unit donc symboliquement des éléments complémentaires, la chaleur de Jupiter et le froid de la Lune, la vie extérieure et la vie intérieure, les mouvements ascendants et descendants, le principe Bois et le principe Eau de la tradition chinoise. Il est symbole d’incorruptibilité, d’immortalité et d’inflexible justice. « Verset 16 : Il fondit 2 chapiteaux d’airain pour les placer sur le sommet des colonnes : la hauteur d’un chapiteau était de 5 coudées, et la hauteur de l’autre était également de 5 coudées. » Une hauteur totale de 23 coudées pour chaque colonne et son chapiteau. 2 plus trois font 5, le chiffre de l’homme. 23 multipliés par 2 font 46. La valeur des lettres hébraïques composant le nom d’Adam donne aussi 46. L’inverse de 46, c’est 64 comme le nombre de cases du pavé mosaïque, comme la valeur des lettres hébraïques du mot Eden. « Verset 17 : Des treillis en forme de réseaux, des festons en forme de chaînettes décoraient les chapiteaux placés au sommet des colonnes ; il y avait 7 festons pour chacun des 2 chapiteaux. » 7 est le nombre parfait et symbole de l'abondance divine, il est aussi selon la Bible le nombre du châtiment, de la purification et de la pénitence. Il est aussi attribué à Satan qui s'efforce de copier Dieu, se faisant le singe de Dieu. Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (chapitre 13, verset 1) a sept têtes. 7 est également le symbole de vie éternelle chez les Égyptiens: il représente un cycle complet, une perfection dynamique. Pour nous, 7 MM :. Rendent la Loge juste et parfaite… « Verset 18 : Hiram fit passer autour de ces treillis deux rangées de grenades pour orner chacun des chapiteaux qui surmontaient les colonnes. » Pour Oswald Wirth, les grenades sont les signes de l’amitié parce que le rangement symétrique des graines fait songer à la famille maçonnique dont tous les membres sont harmonieusement reliés par l’esprit d’ordre et de fraternité. Dans la mythologie grecque, Perséphone mange le pépin de grenade comme Eve croque la pomme, c’est donc aussi le fruit défendu. « Verset 19 : Les chapiteaux qui surmontaient les colonnes, dans le portique, figuraient des lis de 4 coudées de hauteur. » Le lis est synonyme de blancheur, de pureté, d’innocence mais aurait aussi des vertus aphrodisiaques. Pour Angelo de Gubernatis, l’odeur du lis est un mélange de miel et de poivre. Dualité quand tu nous tiens… La forme toutefois rappelle le nombre 3. « Verset 20 : Les chapiteaux placés sur les 2 colonnes s’élevaient immédiatement au-dessus d’un renflement qui précédait les treillis ; 200 grenades disposées sur 2 rangs entouraient les 2 chapiteaux. » 200 correspond à la lettre hébraïque "resch", elle-même associée au 20ème arcane du Tarot: le Jugement, c'est-à-dire le bouleversement et l'antagonisme. « Verset 21 : Hiram dressa les colonnes dans le portique du temple. Il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. » On peut se poser la question de savoir par rapport à quel axe la Bible situe la droite et la gauche. D’est en ouest ou d’ouest en est ? La question ne semble pas avoir de réponse clairement tranchée, cela se traduit aujourd’hui par des emplacements des colonnes différents selon les rites. Ce qui semble sûr, par-contre, c’est que les colonnes soient placées à l’extérieur du temple de Salomon. Les dimensions du Temple mentionnées dans la chronique d’Ezéchiel – chapitre 41 combinées à deux rectangles solsticiaux et à un peu de trigonométrie permettent de calculer que les deux colonnes se trouvent à 1.4 coudée du mur frontal. Jakin vient de Jah Iachin, Jéhovah et signifie qu’il établisse, qu’il affermisse. La Colonne J :. symbolise le soufre, l’énergie expansive ; elle est masculine, rouge. Boaz signifie avec force, dans la force, en lui la force. La Colonne B :., c’est le mercure, la réceptivité, l’assimilation et la gestation ; elle est féminine, blanche ou noire. « Verset 22. Au sommet des colonnes était un ouvrage en forme de lis. Ainsi fut achevé le travail des colonnes »
2- les Colonnes et la bipolarité
La Colonne J\ s’identifie avec le soufre des alchimistes, elle symbolise le foyer générateur, l’énergie expansive qui, de l’intérieur, exerce son influence sur l’extérieur. Elle est donc masculine, elle éveille l’idée de lutte, d’action stabilisatrice. Le nom qu’elle porte signifie stabilité – fermeté ou encore « il établit, il fonde ». Mais, de même que le mercure s’oppose au soufre et le calme à l’impétuosité, la Colonne J\ se complète par la Colonne B\. Celle-ci signifie initiatiquement « en lui la force » ; force n’est pas ici synonyme de violence, elle évoque au contraire l’irrésistible puissance du travail persévérant que nul obstacle ne rebute, le travail sage et pondéré, qui est le seul que puissent apprécier et poursuivre avec fruit les maçons. La correspondance alchimique de B :. Est le mercure qui marque l’influence de l’extérieur sur l’intérieur. B\ est le symbole de la réceptivité passive, de l’assimilation, de la rectification et de la gestation, phénomènes qui précèdent la naissance de la Lumière et qui sont caractéristiques de la féminité. Celle-ci conserve et perpétue ce que la masculinité sème, établit ou fonde. J\ et B\ sont le complément l’une de l’autre et sont indissociablement liées ; elles font du terme « deux », du binaire, le principe fondamental, essentiel de l’existence du monde sensible et de la vie du genre humain. Elles correspondent aux antithèses suivantes : sujet-objet, agent-patient, actif-passif, positif-négatif, mâle-femelle, père-mère, donner-recevoir, agir-sentir, esprit-matière, soleil-lune, abstrait-concret. Les colonnes symboliques rappellent les obélisques couverts d’hiéroglyphes qui se dressaient devant les temples égyptiens. On les retrouve dans les deux tours du portail des cathédrales gothiques. Ce sont les colonnes d’Hercule qui marquent les limites entre lesquelles se déplacent l’esprit de l’homme. Le domaine de ce qui nous est connu a pour image le voile d’Isis, tendu entre les deux colonnes. Ce rideau nous dérobe la vue de la Réalité vraie, qui se renferme dans le mystère de l’Unité. Nous sommes là le jouet de Maya, la déesse de l’Illusion ; la Vérité soulève le voile de Maya dans la carte de tarot intitulée « le monde ». Pour se défaire de son influence, l’homme aspirant à la liberté ne doit accorder qu’une valeur relative aux entités antagonistes que nous imaginons. Le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal, le Beau et le Laid se rapportent à des extrêmes qui n’existent que dans notre esprit. Ce sont les bornes factices du monde qui nous est connu, nous sommes séduits par les reflets chatoyants du voile d’Isis. Ce voile suspendu entre les colonnes du Temple en masque l’entrée et doit être soulevé par le penseur qui veut y pénétrer. L’Initié, après avoir subi les épreuves et reçu la lumière, laisse ce voile derrière lui. Il se tient alors entre les deux colonnes, debout sur le pavé mosaïque, une autre représentation du binaire. Deux est le nombre de l’esprit, du discernement, qui procède par analyse en établissant des distinctions incessantes, sur lesquelles rien ne saurait se baser. L’esprit qui s’obstine à poursuivre dans cette direction se condamne à la stérilité du doute systématique, à l’opposition impuissante, à la contestation perpétuelle. Ce Binaire est celui de Méphistophélès, le contradicteur qui toujours nie. Le maçon sait conjurer le démon après l’avoir évoqué car l’Unité radicale ne se dédouble à ses yeux que pour se reconstituer trinitairement. Deux révèle Trois et le Ternaire n’est qu’un aspect plus intelligible de l’Unité.
3 – les Colonnes et la Mer de bronze
On considère souvent que J\ et B\ se suffisent à elle-même, qu’elles sont seules. En fait, elles sont complétées par un troisième élément à l’extérieur du temple.
Hiram réalise également la Mer de bronze, vasque contenant 40.000 litres d’eau pour les ablutions des prêtres. Il est intéressant de voir que cette vasque est soutenue par 12 bœufs, répartis en 4 groupes de 3, orientés vers les 4 points cardinaux. 12 est le nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait. Dans les civilisations judaïques et orientales antiques, il correspond à la plénitude, à l'achèvement et à l'intégralité d'une chose. Pour le psychanalyste René Allendy, il exprime l'idée que l'Univers forme un tout associé à l'idée de différenciation – c’est 10 + 2. 12 représente la manifestation de la Trinité aux quatre coins de l'horizon - 3 x 4, comme les 3 groupes de 4 bœufs. Mais est-ce que les bœufs de la Mer de bronze sont bien des bœufs ? Est-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’une résurgence du culte du Taureau, proscrit par Yahvé ? Salomon bâtit un temple à la gloire de l’Eternel, celui-là même qui a défendu à Moïse d’adorer des dieux de métal fondu (Exode 34, verset 17) et il fait reposer l’instrument de purification des prêtres sur le dieu Taureau ! Si la mer de bronze sert à purifier, à laver le corps, les Colonnes J\ et B\ ne servent-elles pas à purifier l’âme ? Ou bien ont-elles pour fonction de dissiper les perturbations cosmiques ? Quel est l’effet de leur bipolarité sur notre esprit, sur notre âme ?
Voilà quelques pistes que je me propose de suivre lors d’un prochain travail de dégrossissage de ma pierre brute.

4 – Colonnes et hindouisme
Le Temple de Salomon est divisé en 3 lieux essentiels en relation aussi bien avec le macrocosme ou monde cosmique qu’avec le microcosme ou monde individuel :
- Le Vestibule (Oulam), relié à la Terre et au corps humain, est inondé par la lumière du jour.
- Le Saint Lieu (Hikal), associé à l’Atmosphère et l’âme humaine, reçoit la lumière du jour réfléchie.
- Le Saint des Saints (Debir), représentant le Ciel ou l’Esprit, est plongé dans l’obscurité.
Sur les 2 côtés du Vestibule se tiennent les Colonnes J\ et B\, disposées le long d’un axe « vertical » qui a son équivalent tant dans le macrocosme que dans le microcosme.
L’axe du microcosme : il symbolise la voie spirituelle suivie par celui qui entend s’élever et atteindre la pleine réalisation. Cette direction, appelée sushumnâ, s’étend depuis la base de la colonne vertébrale à la couronne de la tête et se prolonge au-delà. Le long de sushumnâ se trouvent les chakras, centres subtils de l’individu. Leur éveil successif correspond aux différentes étapes vers la pleine réalisation. Le passage d’un état à un autre consiste toujours en une mort au cycle précédent et une naissance au cycle suivant. Ce processus d’initiation a symboliquement lieu dans la caverne cosmique. Les principales étapes sont : - -- la naissance physique
- la deuxième naissance au domaine des possibilités subtiles de l’individualité humaine. C’est une régénération psychique produisant un être humain centré. Elle correspond à l’initiation aux petits mystères, accessibles par la porte des hommes.
- la troisième naissance est d’ordre spirituel. Elle donne accès au domaine des possibilités supra-individuelles à travers la porte des dieux. C’est l’initiation aux grands mystères.
En franchissant la porte des hommes, l’être humain pourra accéder à l’état d’être primordial, intermédiaire entre l’homme ordinaire et l’Etre spirituel. A moins d’avoir atteint la régénération psychique complète, il repassera la porte des hommes et se retrouvera dans un nouveau cycle du monde manifesté. Pour passer du monde individuel au monde spirituel, il empruntera la porte des dieux et quittera définitivement la caverne cosmique, c’est le but ultime de l’initiation. L’axe du macrocosme : la sphère céleste et l’horizon sont des représentations des mondes céleste et terrestre. Ils sont reliés par un axe vertical dénommé axe du monde. Le point associé au soleil levant se déplace le long de l’horizon en direction du nord terrestre quand le soleil de midi s’élève vers le nord céleste. Inversement, quand le soleil de midi descend vers le sud céleste, le point du soleil levant glisse le long de l’horizon en direction du sud terrestre. La phase ascendante est associée à la voie des dieux (dêva-yâna) et la descendante à la voie des ancêtres (pitri-yâna). La phase ascendante, allant du solstice d’hiver au solstice d’été en direction du Nord céleste, correspond à la voie de la clarté ; la phase descendante, menant du solstice d’été au solstice d’hiver en direction du sud céleste, s’apparente à la voie obscure. La Bhagavad-Gitâ dit bien : « feu, lumière, jour, lune croissante, semestre ascendant du soleil vers le nord sont les signes lumineux qui mènent à Brahma ; fumée, nuit, lune décroissante, semestre descendant du soleil vers le sud sont les sombres signes de la voie du retour au monde manifesté ». La porte des hommes est associée au solstice d’été et la porte des dieux au solstice d’hiver. L’angle formé par les deux directions associées au lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été dépend de la latitude du lieu de l’observateur. En prenant la valeur de cet angle pour Jérusalem (56°) et en la combinant avec les dimensions du Temple, on peut montrer que les deux colonnes indiquent exactement la position du lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été.
La Colonne J\ serait ainsi associée à la porte des dieux et la Colonne B\ à la porte des hommes.
5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\.
Lorsque vous m’avez reçu parmi vous, vous m’avez soumis, après le cabinet de réflexion, à 3 épreuves dans le Temple : l’air, l’eau et le feu. Ces voyages débutent et se terminent à l’Occident, et, je me l’imagine, peut-être même entre les Colonnes J :. & B :.. Elles représentent la première porte à franchir sur le chemin de la découverte de soi-même ; elles sont le premier symbole que nous rencontrons lorsque nous nous mettons à l’ordre, lorsque nous nous préparons au travail. Elles marquent symboliquement la transition entre le monde profane et l’univers des initiés, induisant la transformation de celui qui franchit cette limite.
Le symbolisme de la Porte est de tout temps présent dans la tradition des civilisations. Du toril, précédent l’entrée des temples shintoïstes au portique grec, des Portes de pierre égyptiennes, dans les mastabas, improprement appelées “fausses portes” alors qu’elles sont des portes de Vérité, au jubé des cathédrales, chacune de ces représentations est une invite à tenter un passage. Car c’est bien une incitation à changer de nature que propose le symbole. A savoir : oser franchir et passer dans une nature inconnue, oser affronter un monde invisible non exempt de dangers. En F :. M :., celui que l’on est appelé à découvrir derrière la porte n’est rien d’autre que soi-même, c’est-à-dire l’être vrai, dépouillé de tout artifice social, qui est en chacun de nous. Il arrive aussi, parfois, que l’on ne sache ou ne veuille reconnaître cet être, autrement dit naître effectivement de nouveau avec lui. Pourtant l’une des plus belles significations de la Porte est peut-être l’homme lui-même. Car si l’homme est porteur de sa densité charnelle bien concrète, avec tous les aléas que cela peut comporter, il est également fait d’une abstraction nommée âme qui peut lui permettre de se transcender. En d’autres termes, de franchir en lui-même des Portes successives de réalité et de conscience. Les Colonnes J\ & B\ me rappellent constamment que le binaire n’est qu’apparence, que le monde, que la vie, que l’homme ne sont pas uniquement blancs ou noirs, pas uniquement vrais ou faux, pas uniquement bons ou mauvais. Les Colonnes me permettent de progresser car elles m’indiquent la voie du ternaire stabilisateur, la voie du delta lumineux. Père et mère deviennent enfant ; force et matière deviennent mouvement ; raison et imagination deviennent intelligence. Je vous remercie fraternellement mes TT\ CC\ FF\ de m’avoir aidé à franchir les Colonnes J :. & B :. et de m’avoir ainsi donné la possibilité d’ouvrir la porte de la première étape d’un voyage que je ressens à la fois difficile et passionnant. Je vous remercie de m’avoir permis de redécouvrir la joie d’apprendre, la difficulté de l’effort et le plaisir à surmonter l’obstacle. En tant qu ’A :. et pour autant que vous me donniez à nouveau la parole, je serai heureux de vous faire part et de vous rendre compte de la poursuite des mes travaux sur la symbolique de la Porte. Ils porteront sur l’emplacement, le sens des Colonnes placées dans notre Temple et sur leur présence dans le monde contemporain : N’a-t-on pas affirmé dans les colonnes de la revue Alpina que les tours du World Trade Center étaient les Colonnes J\ & B\ de l’Amérique ?
Vén\ M\ en Ch\, mes TT\ CC\ FF\, je vous remercie de votre bienveillance. J'espère aujourd'hui avoir fait un premier dégrossissage de ce sujet et je me réjouirais de vos apports et compléments.
J’ai dit, Vén\ M\

Source : www.ledifice.net

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La Porte d’Occident

Publié le par M.N

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers

Le Temple est désert et dans l’obscurité....
La porte d’Occident s’ouvre et les Apprentis entrent en silence et prennent leur place sur la Colonne du Nord, ou du Septentrion. Ensuite les Compagnons entrent à leur tour et viennent habiter la Colonne du Midi, celle du Sud. Enfin les Maîtres se placent où ils veulent, venant compléter l’occupation de l’espace. Puis c’est le tour des Officiers et, en dernier, le V.·.M.·. qui s’installent à chacun de leurs plateaux. L’Atelier se met alors à vivre, il a été créé... Cela ne vous rappelle t’il rien ? Il n’y avait rien, le monde était silencieux et vide, puis il y eut la création, qui s’est expansée, occupant tout l’espace à partir de ce big-bang initial, ou du désir de création de l’Architecte des Mondes comme nous l'appelons dans notre rituel !
N' est-ce pas ainsi, donc, que les astrophysiciens comme les partisans d’une création délibérée par une transcendance ont défini comment le monde s’est créé et comment il s’est expansé ? Dans l’hindouisme, c’est BRAHMA qui, en un jour de sa vie, représentant en réalité plusieurs milliers d’années, expire d' abord puis inspire ensuite pour créer le monde et le détruire, passant par 4 âges différents, les Yuga, et, actuellement, nous serions dans le Yuga du fer, le dernier du cycle, celui qui va voir la fin de celui-ci. Dans le Kabbalisme on retrouve également, du reste, cette idée de cycle, appelée SCHEMITTA, et il y aurait 7 SCHEMITTOTH avant la fin du monde manifesté. Ces évocations me font penser à une théorie qui m’est propre et que j’ai eu plusieurs fois l’occasion de développer et que j’ai nommé : " Que le dernier ferme la porte et éteigne la lumière en partant ... ". Je m’explique : le monde s’expanse à partir du big-bang ou de toute autre cause (dans la KABBALE c’est la théorie de la densification) et va disparaître dans le big-crash, le retour au point de départ. Et bien si l’on regarde l’histoire que nous connaissons de l’humanité, il me semble évident que nous avons connu l’époque de l’expansion, celle où les hommes, les animaux et les plantes ont cru - du verbe croître -, les civilisations se sont multipliées, les religions furent innombrables et les langues d’un foisonnement incroyable. Et puis ne sommes-nous pas, en accord avec la théorie hindouiste, dans le dernier cycle, celui dans lequel tout va se résorber ? Combien d’animaux demeurent, combien de plantes ? Vous pouvez lire partout les statistiques de disparitions quotidiennes d’animaux et de plantes ! Les civilisations se réduiront à une seule, celle que nous nommons anglo-saxonne, phénomène lié à la prédominance de la langue internationale anglaise, - d' après un linguiste du Collège de France, Claude HAGEGE, 25 langues meurent aujourd’hui par an sur notre planète, et sur les 5000 encore pratiquées la moitié auront disparu en 2100 pour n’en laisser qu’au plus une centaine, et encore…-, et la religion mondiale devient une espèce de salmigondis lié au New Age. Et puis, par la pollution et le contrôle des naissances, la population devrait stagner d' abord, puis se réduire, laissant, symboliquement, au bout de tout çà, un homme seul, dernier survivant d' une belle histoire, qui sera celui qui, comme je l' ai dit plus haut, fermera la porte du monde avant de disparaître... Mais comme je suis optimiste, je pense qu’après avoir éteint la lumière et fermé la porte, de l’autre côté s’ouvrira à lui un champ magnifique de possibilités qui seront les débuts d’une nouvelle ère... On pourrait appeler cet homme ADAM ? Alors, dès le début de cette réflexion, la porte m’apparaît comme un symbole très riche, qui ouvre - sans jeu de mots - sur des interprétations poétiques, philosophiques ou métaphysiques magnifiques. Mais revenons dans notre Temple maçonnique ! Et bien le Temple, comme le vide avant la Création, est l’image symbolisé du Cosmos, avec son carré long représentant la Terre et son ciel étoilé, et qui n’est rien tant que les FF.·. ne sont pas entrés et ont permis qu’il se mette à vivre. Et par où la création se fait elle, c’est-à-dire où est le point initial contenant toute la potentialité de la création, la tête d’épingle des astrophysiciens, la pensée illimitée de BRAHMA des Hindous, l'AÏN SOPH AOR des Kabbalistes, le DIEU sans nom des Chrétiens ou des Musulmans ? Pour nous Francs-Maçons c’est la porte d’Occident, porte qui semble, pour un observateur situé dans le Temple, contenir toute cette force qui va venir remplir l’espace et créer la vie. Et de cette porte, banale parce qu’objet qui semble faire partie obligatoire du décor, et justement parce que faisant obligatoirement partie du décor et donc du rituel et de la symbolique du Temple, je veux vous en parler ce soir afin que dorénavant, et c’est mon ambition, vous la regardiez différemment, en partie active de la Loge, et non passive comme je la voyais moi-même avant d’avoir fini ma réflexion. Souvenez-vous d' abord de vos premiers pas ici, que vous a t’on fait faire, alors que vos yeux étaient clos par un bandeau ? D'abord frapper sur cette porte, de la façon habituelle qui était la votre avant de connaître nos mots et nos gestes, prenant, par ces coups, conscience de l’existence d’un obstacle physique à franchir, mais aussi du premier symbole attaché à cet obstacle, c’est-à-dire un point où il allait vous être demandé des comptes : que veniez-vous faire là ? Qui vous avait donné autant d’audace de vouloir frapper à la porte du Temple ? On n' entrait donc dans un Temple qu' après avoir satisfait à beaucoup d' obligations : répondre à des questionnaires nombreux, attendre, subir l' épreuve du Cabinet de réflexion - qui, beaucoup plus tard, vous serait expliqué comme étant le retour à la terre-mère, au ventre de la mère, où vous deviez connaître la désintégration de votre être afin de vous présenter nouveau à l' initiation, opération marquée par la rédaction d' un testament - , attendre à nouveau puis enfin venir frapper. L’enfant qui va naître est aussi dans le ventre de sa mère et soudain, mû par un besoin irrésistible, il demande à sortir, à être initié à la vie, et il va franchir le dernier obstacle, celui que les psychanalystes affirment laisser une trace ineffaçable dans la mémoire même si pas consciemment perçu. De la même façon la porte est aussi le dernier obstacle avant l’accouchement, celui où le bébé est coincé, serré, poussé, tiré, la porte est utérus pour la naissance de l’Initié. Pour rappeler ce symbole le profane est du reste appelé à passer la porte qui a été réduite et qui est appelée alors la porte étroite ou la porte basse. Ensuite il peut s’épanouir, se relever et commencer ses voyages. Mais la porte n’est pas seulement sexe féminin, elle peut aussi être sexe masculin, issue d’un canal par où arrivent les éléments qui vont venir féconder la Loge, lui donner vie. Avant l’arrivée des FF.·. la Loge est vide, vierge, le jaillissement des FF.·. vient lui donner la vie. Et cette porte est à l’Occident, c’est-à-dire face au soleil levant, l’Orient. Tout peuple en marche, dans l’histoire de l’Humanité, a marché vers le soleil, pensant qu’il trouverait dans cette direction le lieu magique où il fait toujours beau, toujours chaud. Et la porte de l' Occident symbolise alors la potentialité des cherchant, de ceux qui ne se contentent pas de ce qu' ils ont, mais qui veulent savoir, qui veulent connaître la Vérité sur la vie et qui sont prêts à se brûler aux feux du soleil, qui sont prêts à mettre en jeu leur vie pour découvrir l' autre face des choses, qui prennent en main le levier pour retourner leur pierre. Cette porte est donc, pour ceux qui sont en Loge, le symbole de la richesse potentielle de l’avenir : sans porte et sans ceux qui attendent derrière et qui vont venir y frapper, l’Atelier est un monde fini, déclinant, comme ces Sociétés anciennes - ou modernes - qui ont refusé ou refusent aujourd’hui d’accepter les étrangers. Elle ne doit pas être barrière infranchissable, elle doit, au contraire être l’étoile qui brille dans l’obscurité et qui permet à ceux qui cherchent de trouver le chemin. Dans les Temples anciens la porte, par exemple celui de SALOMON à JÉRUSALEM était entourée de 2 colonnes, à l’extérieur, ces colonnes que nous avons mis à l’intérieur par erreur, surmontée par un chapiteau, orné du delta et de l' oeil divin. Tout spectateur extérieur savait que derrière commençait une autre dimension et que rien ne lui interdisait d’y aller voir. Il fallait toutefois y mettre le prix ! Cette porte était le point de passage entre les parvis, le OULAM, et la première salle du temple, le HEKAL. Passer de l’un à l’autre signifiait, comme cela l’est aussi chez nous, passer des ténèbres à la lumière. Mais cela est plus : c’est passer du noir au blanc, donc, en Alchimie, commencer le phénomène de recomposition après la phase de décomposition. Les parvis, le OULAM, le Cabinet de réflexion, sont le lieu de l’Œuvre au noir, et la matière en décomposition, l’homme qui s’y trouve, va devoir ensuite passer dans le Temple, où va pouvoir se réaliser l'Œuvre au blanc. Ce passage mystérieux, ce moment magique où les choses basculent, c’est la porte qui va le symboliser. Il y a un avant et un après la porte, mais la porte n’apporte rien dans le processus, sinon qu’elle retient le phénomène de l’œuvre au noir tant qu’il n’est pas réalisé, et pour nos esprits qui ont encore besoin de repères objectifs, elle signifie la transition entre les deux moments. Les Alchimistes assimilent, par ailleurs, la porte et la clé, entrées, dit DOM PERNETY, ou moyens d’opérer dans tout le cours de l’Œuvre. Mais cette porte unique de notre Temple n’est pas universelle, au sens où ce n’est pas la règle unique dans tous les temples du monde. Au Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS - MISRAÏM, à un Rite très voisin du votre, il doit y avoir aussi une porte à l’Orient, derrière le Vénérable Maître. L’existence de celle-ci ouvre bien sûr sur plusieurs spéculations, la mienne étant que notre Loge est un maillon d’une chaîne ininterrompue de Loges qui parcourent le Monde et que derrière une porte à l'Orient s' ouvre une autre Loge dont cette porte constitue celle de l’Occident, et ainsi de suite. Et cette symbolique me ramène à une planche gravée il y a déjà quelque temps et qui traitait de l’office de Couvreur. Dans beaucoup de rituels cette fonction, dévolue au Passé Vénérable Maître, est définie comme modeste et symbolisant la vanité des honneurs. Or j' y avais vu, bien au contraire, un poste marquant une progression dans la démarche maçonnique puisque celui qui le tenait, après avoir franchi toutes les étapes qui depuis l' initiation, l' avaient vu vieillir, passer d' abord sur la Colonne du Midi, puis devenir Maître, avant d' occuper divers plateaux pour enfin prendre en charge la direction de l' Atelier, celui-là donc suivre le soleil qui s' en va vers l' Occident, et pouvoir porter, à l' extérieur du Temple comme dans d' autres Orients, les Vérités qu' il a acquises au sein de sa respectable Loge. Cette fonction ne pouvait être confiée qu’à un Maître accompli et la porte d’Occident symbolise alors, non plus la barrière qui nous sépare du monde profane ignorant de nos Mystères, mais, au contraire, notre avenir, le monde dans lequel nous allons avoir à travailler, après s’être formé sur notre chantier. Je m’oppose, en cela, à un auteur souvent cité dans nos Temples, PLANTAGENET, qui lui, au contraire, voit dans la porte d’Occident l’endroit où le soleil se couche, c’est-à-dire où la Lumière s’éteint. Cette vision limitée, pessimiste, ne devrait pas être la notre, et, en tous cas, n’est pas la mienne. Nous savons évidemment que, d' une part le Soleil ne disparaît pas mais qu’il continue son voyage, de façon inlassable, et, d' autre part, qu’il va aller éclairer d’autres Orients. Le Maçon ne s’arrête pas à la porte de son Atelier, face intérieure, mais il doit aller au-delà. A ce moment je parle de face intérieure, mais, bien sûr, et j’enfonce là une porte ouverte si je peux me permettre cette légère plaisanterie, la porte a bien sûr 2 faces - physiques - mais la face qui nous intéresse, celle que l'on voit depuis l' intérieur , a également aussi 2 visages. C’est une sorte de pavé mosaïque, unissant des contraires, sas incontournable avec la vie qui nous entoure. J’y vois également un symbole de l’enfermement, si l’on peut dire puisqu' ils restent à l’extérieur, des métaux que nous y avons laissés. Chaque fois qu’un F.·. a le sentiment qu' il est en train de réintégrer ses métaux à l' intérieur du temple, il devrait, comme d' autres tournent 7 fois leur langue dans leur bouche, regarder la porte, se souvenir que ses métaux de subjectivité, de certitude, d' ambition, d' amour-propre, ont été déposés en entrant de l' autre côté et que, non, décidément non, il est hors de question de les avoir à sa disposition pour intervenir dans les débats en cours... Cette porte, que jusqu' à la gravure de cette planche, moi-même je ne voyais pas vraiment, commence ainsi à prendre une place importante dans la Loge ! Et à partir du moment où j’ai choisi de réfléchir sur elle j’ai découvert encore de nombreuses richesses de symbolisme : J’ai ainsi lu que, au-delà de son état évident de passage entre 2 mondes, 2 états, elle avait aussi une valeur dynamique, psychologique : elle invite celui qui est devant à la franchir, à aller vers un ailleurs inconnu ! Elle s’adresse donc toujours à des cherchant, à des insatisfaits qui veulent savoir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir, ou de la porte. Et ceci quelque soit le côté où on se trouve. Dans beaucoup de Traditions ou dans d’autres civilisations, la porte d’entrée d’un Temple est souvent gardée par des gardiens féroces, monstres, animaux ou hommes. Chez nous c’est encore le Couvreur qui occupe cette fonction, même s’il est rarement féroce ou monstrueux ! Quoique....Mais il devrait être intransigeant et tuiler régulièrement tous les prétendants au franchissement de la porte, connus ou inconnus, ce qui, par ailleurs, permet de vérifier les connaissances maçonniques de tous, et ce n'est pas toujours inutile. On peut alors ajouter à notre porte un rôle pédagogique. Maître ECKHART distingue la porte elle-même de ses gonds. L’une, mobile par son va et vient, symbolise l’homme apparent, cherchant sa voie, les autres, immobiles par définition, symbolisent l’homme intérieur, bien établi dans sa verticalité autour de son axe. Cet exemple ouvre sur toutes les portes du monde, très diverses bien entendu : par exemple les torii japonais - simples porches ouverts, sans battant, placés dans la Nature, hors du temple lui-même en tant que construction fermée - ou les gopuras hindous - le portail principal du Temple surmonté d’une tour, toujours ouvert à l’Orient et cette orientation opposée à la notre peut s’expliquer par le besoin de voir le soleil se lever, c’est-à-dire la lumière se révéler. L’orientation de la porte est diverse, et, dans beaucoup de temples, les portes sont multiples, souvent au nombre de 4, présentes à chacun des points cardinaux. Dans le temple de JÉRUSALEM lui-même, au temps de sa construction, si l’on en croit une certaine légende, il y aurait eu 3 portes, par lesquelles le Maître a tenté de sortir, une nuit de malheur... Si l’on revient sur le temple hindou, la porte, aussi appelée TORANA figure la gueule d’un monstre, symbolisant, d' une part le passage de la vie à la mort, mais ensuite, de la mort à la délivrance. Ici encore on rencontre la double face de la porte. Mais JANUS n’était il pas le gardien d’une porte, celle du solstice, soit le passage entre une phase de renaissance du soleil et une de déclin ? En CHINE, 2 idéogrammes sont utilisés pour la porte : l' un - K' OUEN, principe passif, définit la porte fermée et est associé à la Terre, l’autre - K' IEN - principe actif, associé au Ciel, définit la porte qui s'ouvre. Le passage de l’un à l’autre exprime le rythme de l’Univers, l’alternance du YIN et du YANG. On y associe également le rythme respiratoire, homologue microcosmique de la Manifestation. Dans le Judaïsme comme dans le Christianisme, la porte est omniprésente. Une invocation adressée à DIEU par un mystique chrétien, Guillaume de SAINT THIERRY pourra ainsi dire : O vous qui avez dit : " JE suis la porte ", montrez nous avec évidence de quelle demeure vous êtes la porte, à quel moment et quels sont ceux auxquels vous l’ouvrirez ! Marc écrit, évoquant le retour du Christ : " Le Fils de l’Homme est à la porte ... " et dans le Cantique des Cantiques, il est dit : " Voici, JE me tiens à la porte et frappe. Si quelqu' un entend ma voix et ouvre la porte, J’entrerai et JE prendrai la Cène avec lui et lui avec moi " Même la Vierge Marie est appelée PORTE CLOSE d’ÉZÉCHIEL, PORTE de l’ORIENT ou PORTE du CIEL. Ailleurs, et je rapporte ici ce que j’ai lu pour préparer cette planche, dans une société africaine, les SENOUFI, la porte sculptée équivaut à un enseignement en images. L’image doit être comprise non pour ce qu’elle représente, mais pour l’évocation symbolique qu’elle permet. Elle est le symbole d’une cosmogonie. Et puis, pour finir ce trop rapide et bien sûr trop incomplet tour du monde, revenons à la Tradition dont notre Rite se dit l’héritier, la Tradition égyptienne : Dans le processus de momification, dans le rituel, il était dit : " Celui qui est chargé d’ouvrir les deux battants de la porte du Ciel, il t’entrouvre la bouche durant la nuit divine " définissant ainsi la bouche de l’homme comme une porte qui permet à l’âme de sortir et de rejoindre son Créateur. Ensuite, dans toute le voyage de l’âme, décrit dans ce que nous avons traduit: Le LIVRE des MORTS Égyptien, à chaque étape on rencontre des portes, souvent qualifiées de redoutables parce que chargées, à travers des épreuves, d'orienter le mort vers des chemins plus ou moins agréables. A un moment elle arrive dans la crypte divine et y pénètre par la porte de l’Ouest pour en ressortir par celle de l’Est (n’est-ce pas là quelque chose de connu ?) Du reste dans les rares rituels d’initiation qui nous sont parvenus - notamment par le papyrus dit de Leiden, l’entrée dans le Temple se fait également par ce même Occident. A la porte, si l’on en croit la traduction de ce texte, le postulant est interpellé et on lui demande son dessein : ainsi donc il ose vouloir entrer dans le Saint des Saints ! Et le postulant répond : " Qu’on m’ouvre la porte ! Je n’ai pas pu répéter ce que je ne sais encore pas, mais je suis quelqu' un qui sait conserver un secret ! " Étrange proximité avec nos propres paroles... Et ensuite, ce postulant, subi une très longue initiation qui passe, entre autres étapes, par le lavage dans le bassin de la renaissance, pour arriver au moment suprême, celui où il lui est dit : " Pour toi s'ouvrent les portes de l'horizon de l'autre monde " mais malheureusement personne - ou cela reste inconnu - n’a pu définir ce que cachait cet horizon de l’autre monde ! Mais les portes sont bien la, objets indispensables de l’initiation, toujours présentes, souvent ignorées parce que, on l’a vu plus haut, semblant naturellement placées où elles sont. Ici, je voudrais rappeler ce rituel qui nous est cher, pour la cérémonie d’Initiation, à la première entrée dans le Temple du Postulant. Il lui est dit : " quittant la chambre de réflexion et son appareil funèbre, vous traversez ainsi qu’en un mauvais rêve, le sombre Amenti, l’Illadès, le Royaume des Morts. Guidé par l’Hermès souterrain, conducteur des âmes dans l’Au-delà, vous vous dirigez en aveugle vers la Lumière ineffable, et ce, sous sa seule conduite. Que ceci vous fasse pénétrer l’ésotérique enseignement de notre Rituèlie : sans nulle intervention providentielle, sans quelque occulte et mystérieuses prédestination, il y a peu de chance pour que l'âme humaine, enténébrée, retrouve le chemin de sa Liberté première. Tel est l’enseignement de la Gnose... " La porte d’occident, à laquelle le Profane va frapper, est donc bien encore une fois un passage mystérieux vers lequel il a été mystérieusement guidé. Avant de terminer ce travail, je ne voudrais pas manquer d’évoquer la lettre hébraïque d -DALETH - la 4ème lettre de l’alphabet hébraïque et dont la signification est justement porte. Aucun de vous n’ignore toute la symbolique qui est attachée à chacune des 22 lettres de cet alphabet si étonnant. Et bien le 4 est un symbole d’arrêt, d’épreuve, de prison même, et pourtant, DALETH nous dit qu’elle est une porte, et donc une ouverture, une libération. Un Kabbaliste peut donc affirmer que DALETH est à la fois une épreuve qui se révèle ensuite être une matrice, car, dans la profondeur, ce qui est apparemment sans issue est une porte pour qui sait voir... Et l’échelle de JACOB, dans sa vision globale est, elle-même, une porte. Et chaque échelon parcouru par les anges est, en soi, lui aussi, une porte. C’est par le passage par toutes ces portes, ces matrices, que nous nous souviendrons de ce que nous sommes. Souvenir et non apprendre, car, derrière la première porte, il y a le Créateur. Et ces portes seront de plus en plus étroites, c’est-à-dire que nous devrons nous dépouiller progressivement, nous dépouiller de nos certitudes, de nos métaux. Et cette même lettre d - DALETH - est au centre d’un nom que j’ai évoqué au début de mon cheminement méditatif, ADAM, ADAM qui s’écrit, en hébreu, avec 3 lettres: a - ALEPH - la première lettre de l'alphabet - l' - énergie qui fut à l' origine de la Création - d DALETH donc en son centre, et m -MEM à qui sont liées les idées d’eau et de matrice, donc d’eau primordiale. Et puisque nous sommes aux frontières de la Kabbale qu' il me soit aussi permis d' évoquer les SEPHIROTH KETHER et MALKUTH, toutes 2 sortes de portes, l' une qui a permis au non-nommable, AÏN SOPH AOR, de commencer son émanation et donc sa création, et l' autre, MALKUTH, qui ferme le cycle, mais aussi, cache l' existence des QUILIPPOTH, ces sphères du mal qui existent malgré tout.
Je ne voudrais pas terminer cette réflexion sans revenir sur le temple de SALOMON que j’ai eu l’occasion de citer à plusieurs reprises. Bien que nous affirmions toujours que notre Temple soit la reproduction du Temple de SALOMON à JÉRUSALEM, il faut connaître une différence majeure : le Temple de JÉRUSALEM était orienté à l'inverse, c'est-à-dire que l'on y entrait par la porte d’Orient et que le ROI s’y tenait à l’Occident, afin, est-il dit, de pouvoir se lever le soleil. La porte d’Occident prend alors, une toute autre valeur, c’est la porte par laquelle va apparaître le Roi, celle d' où va venir la Sagesse. Encore une fois l’ambivalence de cette porte... Et donc, à l’interruption de ce travail, je voudrais répéter combien j’ai été surpris de la richesse symbolique et initiatique de cette porte. Je n’en ai évidemment pas fait le tour et j’attends de vous maintenant, mes FF.·., les compléments qui viendront orner cette planche, comme les dorures et les clous viennent orner la porte en bois. Planche, porte, objets voisins ? oui, mais j' arrête... car il faut qu' une planche soit inachevée ou terminée, comme une porte soit ouverte ou fermée...
j' ai dit

M.N

Publié dans Planches

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