Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 07:03

Je voulais parler à mon père...alors j'ai pris mon avion et j' ai volé vers toi Daddy...Il y a un mois tu nous quittais pour une autre vie, cette vie que j'ai rencontrée il y a quelques années...voler pour te revoir...pour te dire que tu nous manques, pour te dire tous les « je t'aime » que je n'ai t'ai pas dit . Tu m'appelais ange aux ailes d'acier...parce que j'avais cette passion de vouloir être un oiseau.
Ce jour là mes ailes se sont brisées, j'ai perdu le contrôle de mon avion et celui de ma vie sur terre, et aujourd'hui j'ai refait ce même parcours, seule, pour te dire que tout va bien et que j'avais besoin de me sentir plus près de toi en perçant les nuages, tu te souviens je disais toujours « je pars percer les nuages » et bien c'est toujours ce que je dis avant de mettre le contact.
Cette histoire est la mienne, elle n'a jamais fait l'objet d'une publication publique, je vous en fais la confidence parce que je sais que beaucoup d'entre vous ont besoin d'espoir et d'amour et que le moment est venu pour moi de partager ce voyage.
Pour comprendre et admettre mon expérience EMI (état de mort imminente) ou NDE, il m'a fallu des mois, des années pour écrire tout mes souvenirs, car tout revient par vagues.

2008- FEVRIER

Ce jour là, nous avions entrepris avec quelques amis de faire la traversée du désert.
Chaque pilote aux commandes de son propre avion. Le temps étant d'une grande visibilité, de bonnes conditions météos, un ciel clair, je pouvais donc effectuer mon vol à vue, (dans ce cas le plan de vol n'est pas exigé et la tour de contrôle n'est pas en relation permanente avec votre appareil) on se sent plus libre au niveau de la circulation dans le ciel. J'étais en contact radio avec mes amis.
En vitesse croisière basse altitude, je pouvais admirer un paysage unique au monde de plénitude tout comme l'oiseau qui se laisse porter...par un souffle d'air divin. Le moment où la nature fusionne avec tout votre être...
Une sensation de liberté extrême, de communion entre le Ciel et la Terre, mon appareil et moi n'étions plus qu’un, ce que je ressens pour chaque destination encore et encore.
Le désert si calme d'apparence est en réalité une puissance vivante et active, le vent, le « chergui » qui sculpte ces vagues de sable, et qui parfois emporte un nuage subitement dans les airs …Jusqu' à vous plonger dans la tourmente des ténèbres et vous emporter dans son sillage. La force naturelle des éléments qui se déchaînent .Ces turbulences soudaines avec violente poussée vers le bas que les pilotes connaissent bien.
Ce nuage de sable je l'ai vu devant moi , il s 'élevait ,trop près, je n'avais pas le temps de demander l'activation du plan IFR ( vol aux instruments)sur la fréquence du centre de contrôle (comme il est possible de le faire en cas de conditions climatiques imprévues quand on en a les qualifications))juste le temps d'aviser par radio un autre pilote, de lancer un MAYDAY , la balise de détresse déclenchée ,quand j'ai compris que je volais à trop basse altitude pour l'éviter, plus de visibilité à vue, le contrôle perdu, prise dans ce tourbillon infernale, je décrochais, je tombais en vrille, ensuite le trou noir....je ne me souviens pas avoir eu peur.... 
Rêver , oublier la réalité en donnant un moment de liberté à l'âme pour aller dans le seul endroit ou l'impossible devient possible...Je me trouvais derrière le miroir..
J'observais la scène sans trop comprendre, mon corps sans vie dans la carlingue privée de ses ailes ...avec une sensation de bien-être intense où le temps et l'espace n'existe plus, un état de Paix et de Joie.
C'était plus réel que la réalité, ce n'était pas un rêve..
J'avais cette sensation de pénétrer une réalité transcendantale en sortant de mon corps, je flottais comme un nuage au dessus de mon avion et d'un corps sans vie dans une béatitude totale.
Le fait de quitter son corps, de s'élever et de se voir, de voir l'environnement donne le ressenti immédiat d'un grand bien être, l'absence de douleur et le désintérêt de ce corps qu'on laisse.
J'étais comme téléportée vers le haut … aspirée vers une lumière, pas la lumière du jour, une lumière intense, douce, dans laquelle se dégage une autre lumière profonde, un bonheur absolu qui vous pénètre, j'étais totalement immergée dans un monde ou les mots ne suffisent plus pour exprimer cette explosion de joie, cette attirance vers cette lumière irradiante dans une unité cosmique.
Je me souviens de la VOIX qui n'était pas une voix comme celle que nous connaissons en tant qu'êtres humains, je recevais des messages que je pourrais assimiler à des messages subliminaux, de la télépathie. Je ne me souviens pas avoir identifié des proches, seulement des reconnaissances d'esprits qui conduiront le fil de ma vie et celui de l'écriture.. 
Le dessein de Dieu est incontournable, je devais faire certaines rencontres ...Des lumières que j'appelle les anges gardiens ….des esprits de vies, de toutes vies.
Je me sentais dans une paix profonde, une extase extra- sensorielle, je ne voulais pas quitter cet état « d'être ». J' ai rencontré l' Amour , pas l'amour désir-charnel-plaisir terrestre, l' Amour Universel, celui qui vous enveloppe d' un bien être comme si vous aviez bu cet élixir de vie vibrante et jouissante que l'on pourrait appeler le « GRAAL » Cette quintessence d' Amour que nous possédons et dont nous sommes toujours à la recherche sans savoir qu' il est en nous et qui se transforme en une vague d' énergie comique, notre âme qui s'élève en symbiose éternelle avec les autres âmes.
Le choix m'a été donné, je pouvais rester ou réintégrer ce corps physique, mon choix était fait je voulais rester ! Mais la décision reste tout de même d'une certaine manière un choix imposé lié à la notion d'avoir à accomplir une mission sur la Terre. Etre les portes paroles de cet Amour Inconditionnel et Universel indispensable à la Vie terrestre et à la Paix, le partage, le respect, 
l'Amour de soi et d'autrui. Il ne peut y avoir de vie sans amour, il ne eut y avoir d'Amour sans la Lumière ce guide spirituel qui trace notre chemin.
Je suis donc revenue à la Vie après de soins de réanimation sur place pratiqués par une équipe de secours héliportée. J'ose à peine vous dire que « j'y ai été contrainte »...
Je repartais dans un coma provoqué mais sans aucun souvenir d'un voyage extra -physique. 
Le diagnostique vital étant en jeu, mon système d'allumage (une partie de mon cerveau) semblait être au point mort.
Probablement que ma pensée logique souhaitait retourner vers cette Vie merveilleuse, car lors d'une intervention chirurgicale qui s'en suivit je repartais pour un second voyage mais cette fois-ci avec l'enfant que je portais (4 mois), le ressenti intime est difficile à transmettre...vous comprendrez..
Une complication médicale majeure due, non pas à l'accident mais à l'erreur humaine …Traverser ce champ d'Amour m’a permis de pardonner...
Cette fois-ci encore je devais « revenir » ce n'était pas encore mon heure biologique.
J'ai compris que quoi que nous fassions, l'heure est programmée. J'ai juste eu une seconde chance pour accompagner cet enfant que je ne verrai jamais sourire, mais je sais qu'il n'est pas loin de moi, comme le sont tous ceux qui nous ont quittés, il faut seulement de la sensibilité pour reconnaître les signes de leur présence. Je prends le temps de me parler, de me retrouver et ainsi de parler avec mon âme..Souvent en vol parce que plus près ...du ciel.
Ca peut paraître fou, mais quand on pratique la méditation ou le self contrôle ( tai chi, gi quong, yoga en communion avec la nature) je vous assure qu’on y arrive et que le bonheur extirpé est un élixir de vie.
Ces expériences, cette rencontre avec la Lumière est d'une intensité émotionnelle extrême, ajoutée au fait que je suis dans l'incapacité d'en parler et d'écrire avec des mots divins..Tout simplement parce que ces mots n'existent que dans notre âme. Des mots tellement difficiles pour décrire l'indicible.
Ensuite vient le point de rupture, le séisme intérieur pour intégrer ces visions.
Vous vous sentez isolés, dépressifs, parfois en marge de la société, un sentiment de solitude avec une grande difficulté de revivre. 
Echapper à la mort est un traumatisme mais revenir à la Vie normale après une telle expérience est encore plus difficile car il s'agit en soi d'un choc majeur.
J'ai donc mis des mois à me rétablir, à comprendre pourquoi, à vivre tout simplement comme avant.
Je ne conservais aucune séquelle sinon un développement de ma capacité à penser, à engranger des informations, que j'appelle scientifico-philosophique extrême. Une mémoire active...
Ma renaissance s'est manifestée vivement par une soif de connaissances, de confiance, d'estime de soi et par la reconnaissance d'une notion d'une mission à accomplir.
J'étais donc, angoissée, dépressive, désorientée.
J'abandonnais tout attachement aux biens matériels, au statut social, au profit de la tolérance et de la primauté de l'Amour envers les autres. Rebelle j'étais, rebelle je suis redevenue...contre toutes formes d'oppression... « Impulsive »...oui c'est cela, je suis une guerrière de Paix, mon engagement est formel, solennel, irrévocable, dévoué à toutes les causes pour et envers la dignité e l'Humanité.
Ce qui m'a conduit à organiser des sauvetages de bébés nés génétiquement malformés du cœur et de leur donner une chance de vivre avec l'aide de plusieurs chirurgiens pédo-cardiologues dans le monde e de leur mener certains combats en faveur de l'enfance. Je remercie TERRE DES HOMMES qui œuvre en ce sens (Suisse)
A participer à des œuvres de charité, des convois humanitaires dan le monde. Confrontée à la misère infantile...je suis maman d'une petite fille M…. 5 ans sortie de l'enfer. J'espère pouvoir renouveler ce bonheur-partage avec l'amour des enfants.
Bien sûr je suis nomade des airs, mais j'ai appris à »gérer » le temps, pourvu que ces moments soient intenses, il ne s'agit pas de durée, il s'agit de les vivre
 à devenir un humain « humaine », à respecter toute vie, car la vie est la Vie.
Je ne mange pas l'agonie, car les animaux ont leur place, ils ont une âme, ils ne sont pas inutiles, il suffit de penser un seul instant à ce que serait notre Vie sur Terre sans les animaux, sans enfants, sans fleurs, sans nature...Ils étaient les premiers, la Terre est la leur. Souvenez-vous qu'avant d être un adulte vous étiez un enfant.
Ma sensibilité s'est donc développée encore davantage, m'a également donné des aptitudes nouvelles, des dons de télépathie avec certaines personnes même à distance, je peux ressentir la détresse des gens, je crois que certains d'entre vous l'ont compris. Parce qu'il suffit d'écouter les silences...Je crois en fait que nous avons tous des capacités en nous, il suffirait d'aimer...
Je n'ai jamais eu vraiment peur du risque, car avoir peur du risque c'est déjà ne plus VIVRE …
Je vous l'ai dit « je suis rebelle au cœur aventurier libre ». A 16 ans j'effectuai mon premier vol seule à bord...l'âge de l'insouciance où tout est permis.
Mais après ces expériences, je vous affirme ne plus avoir peur de la mort, je me sens libérée.
Je suis rassurée du fait qu'un jour je « retournerai chez moi » comme vous tous, c'est l'acceptation de la naissance vers la vie après la vie.
C'est donc après une période de déstabilisation et un retour douloureux à la vie quotidienne, et un parcours en quête d'une nouvelle manière de vivre que j'ai ressenti le besoin de trouver un sens à ma vie sur Terre. Et c'est à partir de ce moment là quand on trouve la Paix avec soi-même que l'on comprend et accepte cette nouvelle vie.
Ce fut une remise en question fondamentale des valeurs et de la manière de mener ma vie
que j'assume aujourd'hui et que je veux transmettre par mes messages positifs d'espoir, d'amour et de paix. J'ajoute qu'il ne faut jamais abandonner, jamais, la vie est un cadeau il faut la vivre.
Il existe une promesse de vie Universelle, nous ne faisons qu'un, une grande énergie il n'y a plus de disparités, de souffrances, il n'y a que l'amour dans une vaste Unité Cosmique. 
La Vie est le maître toujours présent qui enseigne dans chaque situation, chaque défi, à tout moment ; Je suis totalement libre de mes choix, ma liberté et en moi, l'esprit ne doit jamais obéissance !
Je ne savais pas que la vie serait si longue après la VIE !
« Lorsque l'Amour te visitera, tu n'oublieras jamais ce moment. Tu ressentiras un tel épanouissement que tu souhaiteras l'unir avec tous les êtres vivants. Ce moment laissera en toi une impression inoubliable où tu puiseras la plus grande force de ta Vie. »
Quand je parle d'Amour, celui dont je parle est une sensation mystique qui met l'homme en harmonie avec tout l'Univers, avec tous les êtres ; Vous existez en même temps que le Ciel et la Terre.
Nous sommes tous des visiteurs du Temps et de la Terre. Les rencontres e se font pas par hasard, c'est une décision de Dieu, no âmes sont reliées, probablement qu'elles se rencontrent bien avant que nous n'en prenions conscience. Certaines rencontres sont écrites, vous ne pouvez pas changer le « dessein « de Dieu, elles doivent se faire par sa volonté et quoi que vous fassiez vous ne changerez par la lignée de votre destin. Seul le temps en est l'arbitre...
Elevée dans la religion catholique, cette expérience m'a conduite à n'avoir pour seule religion que celle de Dieu. Les religions devant être au service de Dieu et non pas le contraire, je suis donc devenue monothéiste (j’accepte toutes confessions à partir du moment où il est question de Dieu).
Cette histoire est mon histoire la plus bouleversante de ma vie, pour certains elle peut paraître extravagante, pour d'autres j'espère que cela les aidera à surmonter leur peur, leur souffrance, leur détresse. Certains d'entre vous connaissent mon histoire et je les remercie pour leur fidélité.
Je vous aime parce que vous méritez d'être aimés.

Ûil get copyright

Commentaire : on sent la présence de St Exupéry « Terre des hommes » et de Richard Bach «  Jonathan Livingston le goéland » avec en prime « Dieu est mon copilote » de R.L Scott.

Par Anonyme - Publié dans : spiritualité
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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 09:14

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 10:28

La planche qui me vaut l’honneur d’être devant vous ce midi a pour thème « Le Bon sens en ce 21ème siècle ». J’aimerai voir avec vous ce qu’il est fondamentalement ce « bon sens » et vers quoi il peut nous mener en ce siècle qui commence :
Rappelons tout d’abord ce que Descartes dit du Bon Sens : Il serait la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux. Il s’appellerait indifféremment « bon sens », « raison » et même « évidence ».
De plus, il faut souligner que cette notion de sens commun se rapporte à une forme de connaissance regroupant les savoirs socialement transmis et largement diffusés dans une culture donnée : tels que les normes, les valeurs, et symboliques.
Ce bon sens ou « raison » est alors à imaginer en dehors des platitudes du style : « il faut se couvrir quand il fait froid » et l’observer dans plusieurs contextes (les questions de pouvoir, d’éthique, de philosophie de vie, etc…), suivant le niveau de connaissance des uns et des autres, et l’implication de cœur ou de passion de l’un ou de l’autre dans l’affaire…
Mais Boileau, à l'instar de Littré rappelle que si «Tout doit tendre au bon sens…, pour y parvenir, le chemin est glissant et pénible à tenir; pour peu que l’on s'en écarte, aussitôt on se noie
Aussi peut-on se poser la question du « Bon sens » dans notre société occidentale en ce début du 21e siècle …qui a l’air de se noyer.
Là Descartes explique dans son discours de la Méthode :
« la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses.»
Sachant que La Bruyère soupire en parlant de la conduite humaine : «Qu'il est difficile d'être content de quelqu'un !» on cherchera à savoir si on parle avec une présupposée commune, un acquis commun, un but commun… Et l’on verra en définitive si l’on a un « bon sens » commun.
La chose est d’autant plus sensible que les « bons sens » peuvent être divers et contraires suivant ce qui est placé dans une société en priorité suivant des projets : des vues économiques et commerciales, sociales, morales, etc…
Rappelons-nous les catastrophes nucléaires au Japon : du bon sens technique et économique de fabriquer ces centrales face à la mer, on est rapidement passé après les soubresauts de la nature, à la mise en lumière d’un autre bon sens un peu oublié, celui de la sécurité, qui aurait du être suivi …et CQFD ne pas construire en ces endroits. Et ainsi, par effet domino, on voit des vérités de bon sens particuliers qui tout à coup sont vues avec le recul, donnant un bon sens, une évidence dirais-je… plus générale et globale… à cause des implications multiples que l’on y découvre, ou que l’on ne refuse plus de voir.
Prenons ensemble quelques points forts de nos questionnements au 21e siècle :
- L’éducation
- L’égalité entre l’homme et la femme
- La bonne gestion des deniers personnels
- La fin de vie

- L’éducation
Montesquieu écrivait dans L’Esprit des Lois : « La plupart des peuples anciens vivaient dans des gouvernements qui ont la vertu pour principe ; et lorsqu’elle y était dans sa force, on y faisait des choses que nous ne voyons plus aujourd’hui et qui étonnent nos petites âmes.
Leur éducation avait un autre avantage sur la nôtre ; elle n’était jamais démentie. Epaminondas, la dernière année de sa vie, disait, écoutait, voyait, faisait… les mêmes choses que dans l’âge où il avait commencé d’être instruit…
Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères, celle de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières. Cela vient en quelque sorte du contraste qu’il y a parmi nous entre les engagements de la religion et ceux du monde ; chose que les anciens ne connaissaient pas ».
Ainsi d’une part, recevons nous aujourd’hui plusieurs types d’éducation : celle de nos parents charnels ou de substitution, celle de nos précepteurs institutionnels tels que les maitres d’école, les éducateurs et autres personnes ayant autorité sur nos jeunes âmes, sans oublier la quantité incroyable de maitres à penser non répertoriés comme tels, mais d’une impitoyable efficacité qui se montre sur les petits et grands écrans et ailleurs encore.
D’autre part, nous nous rendons compte que la lettre et l’esprit des éducations dispensées par l’un ou l’autre se rapprochent parfois et s’opposent souvent.
Alors comment : Garder un esprit serein ? Garder ses sens et apprendre avec « bon sens » et vivre pleinement ? Pour cela où trouver ce bon sens ? Quelle sera la vision de l’éducation dans sa méthode et dans son contenu qui sera vu par l’homme et la société dans laquelle il évolue, comme étant raisonnable et de bon sens ?
Serait-ce celui ou celle qui va dans l’esprit d’ambiance locale, comme parfois souligné « chute de toute barrière morale qu’elle soit religieuse ou laïque dans les domaines des mœurs au profit d’une vue consumériste de la liberté ? », ou l’« absence de projet de société qui fait que chaque fondement se trouve chahuté, déboulonné avec pour unique lietmotiv celui de faire ce qui nous plait sans explorer les conséquences funestes ? » Ou encore le « bon sens » nous guiderait-il a ne pas se poser trop de questions et se laisser aller à l’influence du courant majoritaire dans lequel nous baignons… avec seule direction celle du gouvernail de la vie, ou de survie ?
Là nous toucherions à ce qui est appelé la tyrannie de la majorité sous influence : En Chine par exemple, plus d’un milliard de chinois pensent avec leur bon sens que l’homosexualité est une maladie mentale, ou encore qu’il est normal de pratiquer l’avortement jusqu’au jour de la naissance supposée de l’enfant. Leur bon sens ? Une vue philosophique et une appréciation spécifique de la place de l’homme et sa valeur individuelle au sein de leur société.
Dans bien des états, d’orient à l’occident, on verra aussi …que la peine de mort est le fruit d’un raisonnement qu’il est impensable de remettre en cause. Par contre chez nous, le « bon sens » tel qu’il a été éduqué nous dicte d’autres voies dans tous ces domaines.

- L’égalité entre l’homme et la femme
La philosophie des Lumières occidentale a posé, au moins dans ses principes, l'égalité entre homme et femme, appartenant au même genre humain. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ne les distinguent d’ailleurs pas.
Ainsi voit-on que les combats pour cette égalité ont touché toutes les facettes de la relation homme-femme-enfants, remettant en cause les fondements de la société occidentale judéo-chrétienne. Mais ce qui est considéré comme une vraie avancée a bouleversé la donne sur de nombreux points.
1-Des altérations du modèle de distinction entre l’un et l’autre sexe se sont fait jour, nous poussant à revoir le modèle social du couple, que dire, de la famille, comme cellule primaire de la société : ce n’est plus l’homme et la femme comme deux parties dissemblables et égales transmettant la vie ; mais 1+1 quelque soit le sexe transmettant la vie selon de nouveaux plans. Et le rôle parental de se voir redistribué dans cette configuration même.
2-Des altérations par ce que certains appelleraient « abus de position dominante » de la femme …de par ce que la nature l’en a fait l’unique sexe gestateur et procréateur de la race humaine. Pardonnez ce raccourci, mais : L’un a la graine, l’autre a le ventre… Et là, d’égalité il n’y a pas. De nombreuses lois qu’elles soient dans le cadre du droit à l’avortement, de la reconnaissance de paternité et autres, nous montrent cette non égalité entre l’homme et la femme. La graine peut être prise là où elle se trouve sans que l’on dise au « Male » ce que l’on en fera. En outre si la femme est considérée de fait comme mère car ayant porté l’enfant à naitre, l’homme n’est pas implicitement reconnu comme père car ayant donné cette même graine.
Verra-t-on un jour le géni-sorcier de l’homme aller vers une égalité totale de l’homme et de la femme, qui le poussera à faire procréer la femme sans l’assistance de l’homme et l’homme sans l’assistance de la femme… comme dans certains films ou livres d’anticipation ? Verra-t-on la naissance de la race des femmes et celle des hommes qui devront au nom de cette égalité cohabiter ?
Aussi, où en est le « bon sens » ? Où a-t-il sa place ? Quel sera-t-il demain et que définira-t-il comme « raisonnable » ?

- La bonne gestion des deniers personnels
Il existe une littérature assez abondante sur le thème de la « bonne gestion », et Antoine Pinay « le sage de Saint Chamond » a été longtemps la référence politique en la matière. Il disait d’ailleurs du libéralisme : « c’est le régime qui implique le plus de rigueur volontaire et de sens de l'intérêt collectif. Il ne s'accommode ni de la fraude en matière fiscale, ni de la rouerie en matière commerciale ». On pourrait se demander avec un brin d’ironie : où sont ses disciples ? Laissons la gestion des biens de l’état et l’administration des entreprises pour se concentrer sur la gestion des biens personnels. Le « bon sens » ici se trouve bizarrement réduit à une notion des plus abstraite… « Vivre avec ce qu’on a » disent les uns. « Ne pas s’alarmer de la vie à crédit que l’on peut s’offrir » rétorquent les autres. « Garder une pomme pour la soif » reprennent d’autres encore… Et chacun de mettre le doigt sur un point philosophique ou d’intérêt purement politico-commercial pour juger d’une posture ou d’une autre. Citons quelques positionnements encore : « La jouissance vaut mieux que la possession » ; « créons des besoins car il faut faire tourner l’économie » ; «interdisons la fumée de tabac partout, car il faut que l’homme vive et consomme » ; « acceptons-là partout car sinon il y aura trop de retraités à payer »… Et la publicité de se faire l’écho démultiplicateur de l’influence pour l’une ou l’autre posture.
Enfin, dans cette attitude de gestion des deniers personnels on se rend compte d’une prise de conscience (ou ne serait-ce qu’un dictat de certains pour d’autres raisons moins louables…) d’une prise de conscience, dis-je de couleur verte ! Une moralisation de l’achat de par la vision catastrophiste donnée soit par les médias (sur le travail des enfants dans certains pays… donc n’achetez plus telle ou telle marque de chaussure) ou par les politiques même (sur le péril de l’emploi par chez nous si tout est produit « ailleurs », le réchauffement de la planète, la pollution…). On se posera la question : Est-ce que le bon sens du 21ème siècle prendra une vraie couleur humaine et plus préservatrice de l’environnement qu’au 20ème siècle ???
Si tel est le cas, il faudra savoir si… La mort programmée des biens de consommation que le courtier en bourse Bernard London a théorisé en 1929, année du fameux krach boursier de Wall Street, expliquant ses avantages pour relancer l’économie…. va être reprogrammée pour plus de liberté individuelle, moins de gaspillage et une consommation revue en quantité et qualité.
Autre point : un fabricant de maisons, (phénix pour ne pas le nommer) a bien compris qu’il fallait prendre la course à l’écologie au sérieux… mettant en vente une maison nommée « la maison du bon sens », éco-respectueuse… etc. Un vrai slogan type « moralisateur ».
Enfin, verrons-nous un autre « bon sens » que celui des producteurs et financiers ? Verrons-nous émerger un autre type de production et consommation rendant plus libre l’un et l’autre ? Est-ce que ce bon sens sera malgré tout soumis à un dictat ? Celui de la tyrannie du vert ? Celui de la tyrannie de l’anti consumérisme ?

- La fin de vie
« Il n’y a qu’une justice, c’est face à la mort » disaient les anciens… parmi lesquels mon propre grand-père.
M. Donat Decisier, membre du groupe de la confédération générale du travail (activités santé CGT) et membre de la section des affaires sociales écrivait lui dans un avis « Longtemps, la mort a été familière aux vivants. Le mourant était parfaitement au fait de sa fin prochaine et nul ne songeait à la lui cacher. Dans l'antichambre de la mort, il s'attachait à accomplir les dernières formalités.
On a peine à imaginer aujourd'hui de telles scènes, tant l'approche de la mort dans nos sociétés modernes a changé. La mort, le mourant, tout ce qui peut les entourer dans la représentation que l'on s'en fait remettent en cause l'image que nos sociétés veulent renvoyer d'elles-mêmes. La mort est une anomalie. On la tait, on la cache.
Sans doute aussi, les progrès considérables et fulgurants de la médecine et de la thérapeutique au cours de ces soixante dernières années, en repoussant toujours plus loin les limites de la vie, ont-ils contribué à façonner les mentalités. La médecine elle-même, cultivant volontiers une idéologie de puissance face à la maladie, a conforté cette tendance consistant à traiter la pathologie ou l'organe plutôt que la personne malade, à écarter la mort des trajectoires possibles.
Quel est le « bon sens » à suivre ? Qu’est-ce que la vie dans notre définition actuelle ? Qu’elle est l’existence dans notre définition actuelle ? Et pourquoi veut-on vivre ? Et pourquoi ne veut-on pas mourir ?
Certains verront l’utilité de la vie dans le sens philosophique utilitaire …comme un certain Saint-Paul qui disait avec sa vue spirituelle : « si je m’en vais, je suis plus près de mon Dieu, si je reste, je peux encore être d’une utilité quelconque pour mes frères ».
D’autres estimeront que l’âge avancé est un don qu’il faut savoir apprécier, indépendamment de ce que l’on fait de son temps d’existence.
Dans les services hospitaliers les différences d’opinion de bon sens se côtoient, se sentent et se pratiquent : Le bon sens là, y perd son sens, …et la raison ses raisons.
Verra-t-on alors au-delà de pilules et soins de jouvence super-vitaminés « une progression technique qui fera aller l’homme dans la voie du clonage humain, banque d’organe sur pieds et déclaré sans âme pour se donner bonne conscience », comme dans un film d’anticipation ? Et vers quelle vue ira-t-on pour définir l’humain ?
Verra-t-on aussi le remplacement de la chair par les micromachines ? Bref, que veut l’homme ? Veut-il rejoindre les mythiques Mathusalem, Enoch, Tubalcaïn et autres patriarches …à la vie longue de plusieurs centaines d’années ? Quelle classe d’hommes pourra accéder à « ces pratiques retardatrices de l’échéance ultime » ?
Et tout cela en amputant du discours toute la partie dite « question de société à grande échelle » avec le vieillissement de la population, les éventuelles tensions à venir allant vers un racisme anti-vieux qui pourrait être qualifié de « raisonnable » par certains aux vues soi disant cartésiennes, mais surtout « eugénistes ».
Est-ce qu’un certain eugénisme a plusieurs facettes deviendra dans la société de demain un « bon sens » comme un certain Hitler a pu faire croire en son temps à des jeunes de cours primaire en Allemagne, qu’il était raisonnable de ne pas soigner des attardés mentaux, car improductifs pour la société et aux soins couteux sans raison… ?
Le contrôle des naissances poussé à l’extrême dans certains pays comme en Chine communiste ou en Inde du temps d’Indira Gandhi avec la stricte observance du principe de l’enfant unique pour l’un et la stérilisation des populations sans leur demander leur avis pour l’autre, laisse dubitatif sur un pouvoir déshumanisé et nos rapports avec nos propres contemporains dans certains contextes.
On parlera aussi de l’étape ultime : Du libre choix de mourir dans la dignité pour les personnes âgées …va-t-on aller dans le choix pour l’autre, par la culpabilisation du vieux qui vit encore ? La fameuse assertion « la vie ne vaut plus la peine d’être vécue » va-t-elle aller jusqu’aux excès tels que nous les voyons dans la chirurgie plastique qui est partie de la réparation des gueules cassées (louable en soit), vers la folie du bistouri qui charcute en tout « bon sens » et choix « libre », les jeunes filles pré pubères parce que certains estiment que « c’est mon choix », ou du côté du médecin, « c’est son choix » ? Va-t-on revenir aux agissements vus dans certaines nations et la notre dans les villages jusqu’au fin du 19ème siècle, que l’ancien se sentant une charge se laissait mourir « logiquement, car le bon sens faisait que c’était comme ça » ?

Ma Conclusion sur le bon sens en ce siècle naissant serait :
D’une part :
N’oublions-nous pas qu’il n’y a pas de « bon sens » sans un chemin à fouler et emprunter, par définition « dans le bon sens et non à contre sens » ! Et pour la « raison », sa signification est non seulement « la raison dans l’appréciation du raisonnable », mais aussi « raison dans l’expression de la réponse aux questionnements sur le pourquoi des choses ».
Ainsi, sachant que la liberté humaine ne va pas sans conscience humaine et sans raison humaine, si on parle de liberté, on parle de limites, et si on parle de chemin, on parle de bordures du chemin et de destination à ce chemin. Et c’est peut-être ce qui nous manque dans ce siècle individualiste.
Sans voie ou projet de société, comme le porte par exemple l’idéal franc-maçon avec sa recherche du bien, du beau et du bon, la question du vrai et du faux se fait jour avec plus de finesse encore : Mais vrai, dans quoi ? Faux, pourquoi ? Et par rapport à quelle vision ? Tout est relatif, n’est-ce pas ???
D’autre part :
Si nous regardons même l’idéal qui est le notre, la ligne de conduite, son bon sens en question …doit être soumis à des intérêts, des vues supérieures, que nous nous voulons d’ailleurs voir répandues et partagées : Les valeurs inscrites dans la déclaration internationale des droits de l’homme, mais son pendant aussi, qui est l’action issue d’un projet muri !
Alors, oui !
L’expression du bon sens n’est pas fixe, très relatif même, mais répond à une certaine dynamique, selon les groupes sociaux, les intérêts et les transformations qui s’y opèrent en eux.
Plus il se transforme et plus il s’adapte dans un idéal humaniste respectueux, il n’en est alors que plus respectable. Sa légitimité s’affirme comme le résultat d’une mise au point, ainsi est-il nécessaire de le respecter et de s’y soumettre.
Les responsables athées ou religieux, les dirigeants de nations ou groupes plus restreints, doivent sans cesse être à l’écoute du bien être et du mouvement de la société, afin d’appliquer en bon sens tout ce qui est bon pour le temps et l’endroit où l’on est. Nous devons ainsi écarter les idées toutes faites, les slogans impropres car non adaptés. Nous devons par contre nous attacher à un idéal fort, qui transcende notre petitesse.
J’ose espérer que l’usage du « bon sens » qui sera le notre ne sera pas dans une réponse d’adaptation et de suivi des mouvements du monde seul, mais une vraie action créative, positive et constructive, …pour une amélioration de la société dans un but clairement défini : le bien de l’humanité entière dans tous ses aspects : son esprit, son âme et son corps pour certains, son esprit et son corps pour d’autres… dans ce qu’elle est, un tout à multi-facettes en interrelation avec chacune de ses composantes. Parmi celles-ci je mentionnerai : la nature, l’environnement social et culturel.
Bref, nous devons prendre un continuel souci de nous maintenir ouverts à la vérité et, comme dit Montaigne, être « en puissance de bien juger ». Et au fait qu’est-ce que le « Bien » ? Tissot le définit : « c’est ce qui doit être fait par un être raisonnable ».

J’ai dit !

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Par M\ D\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 13:32

Faire une planche symbolique mes Frères, c’est essayer de traduire ce que l’on ressent à la vue d’une image, d’un outil ou à l’écoute d’une phrase dont on ne perçoit pas immédiatement le sens, ou tout simplement comme ce soir, c’est vous faire partager le bonheur que j’ai à remplir mon rôle de second surveillant que vous m’avez confié.
M’occupant de l’instruction des Apprentis, étant attentif à leurs premiers pas, vous comprendrez aisément que ma planche leur est tout naturellement destinée, tant ils ont contribué sans le savoir à la poursuite de mon propre perfectionnement , de ma quête personnelle qui est bien loin d’être achevée.
La charge de second surveillant est d’une importance capitale et l’on se rend rapidement compte que l’on est confronté à une mission de grande difficulté. L’Initiation est le commencement d’une vie nouvelle, l’entrée dans la tradition maçonnique. Cette tradition que la stricte observance du rituel nous habilite et nous invite à transmettre. Le rituel, par des phrases simples, parfois curieuses, nous aident dans notre cheminement car il nous amène à nous poser des questions, à nous interroger sur tout ce qui nous entoure. L’initiation est donc l’entrée dans une vie nouvelle et dès le début de l’instruction des Apprentis, on va rassurer les uns qui désespèrent devant le silence des outils, on va tempérer les autres qui trépignent d’impatience et voudraient posséder le livre de la connaissance si tant est qu’il puisse exister.
Patience mes Frères Apprentis, si notre progression se fait degré par degré ce n’est pas un hasard. Le nouvel initié est une graine en germination et l’Initiation lui a donné le souffle nécessaire pour démarrer sa croissance. Combien c’est passionnant mes Frères de contribuer à ce chamboulement progressif ! Les réunions d’Apprentis auxquelles plusieurs Maîtres de la loge ont participées cette année, et d’autres participeront l’année prochaine, ont pour but d’éveiller la conscience de chacun point de départ du développement intérieur.
Comment ? En les invitant, après leur visite des profondeurs de la terre dans le cabinet de réflexion, à pénétrer leur moi profond pour apprendre à mieux se connaître. C’est la démarche fondamentale, c’est l’œuvre quotidienne et constante, qui se traduit par un cheminement dont le but est la recherche de la vérité, leur vérité.
Oubliées toutes les certitudes de la vie profane. C’est en se laissant aller au fil d la perpendiculaire, symbole du second surveillant, que l’on retrouve peu à peu notre innocence primordiale. C’est en voyageant sans cesse que les symboles muets deviennent vivants et nous conduisent ainsi à une réflexion intérieure. Il est grand temps mes frères apprentis de tendre l’oreille du cœur pour écouter ce que nous dit le silence. Faites fi de la réalité et des apparences, car tout ce que vous cherchez au loin se trouve peut-être autour de vous dans cette loge.
Est-ce la raison qui guide vos pas ? Moi je vous demanderai d’imaginer, de rêver, d’essayer de traduire vos émotions, d’avoir la pensée intuitive et l’imagination créatrice. Bien sûr, il faut se livrer et quelque fois ce n’est pas facile. Mais rien n’est ridicule, tout à un sens et peu à peu à force de travail, vous trouverez peut-être le fil de votre propre réalité. Comme il n’est pas facile de la trouver, la méthode initiatique nous indique un axe de travail vertical, la perpendiculaire dont j’ai déjà parlé. Il faut sans cesse redescendre en soi pour mieux s’élever. C’est le moyen qui nous permet d’échapper à notre nature matérielle et progressivement de passer d’un plan à un autre : du matériel vers le spirituel. Mais nous avons besoin d’un support pour réaliser cela. Alors la Franc Maçonnerie nous a transmis un rituel. Pourquoi un rituel ? tout simplement parce qu’il nous conditionne, nous prédispose à entendre ce que l’on ne peut recevoir dans le monde profane. On est ainsi en situation de sentir toute cette richesse qui nous entoure. Peu importe si l’on se sent perdu. Il n’y a pas que le visible qui doit guider vos pas. Fouillez, gratter, chercher autre chose. Battez vous contre vous même, c’est ainsi que vous avancerez. Cette lutte symbolique, ce combat intérieur que vous avez décidé de mener vous pouvez en sortir vainqueur à force de travail et de volonté.
Vous êtes sur le chemin du connais-toi toi même. Le silence que vous êtes tenu d’observer va vous aider dans ce sens car il est la condition nécessaire pour mieux se connaître et ainsi progresser. Ce silence qui nous dit qu’il y a de la vie qu’il y a de l’être. L’Être avec un grand « E » serait en nous et contribuerait sans que nous le sachions à la construction de notre être ? Nous, si petits, porterions nous en notre sain l’immensité ? Je ne puis répondre à ces questions car j’en suis bien incapable.
Cependant, comme moi, vous avez prêté un serment. Il est de votre devoir de le respecter car il est tout simplement. Faire son devoir ne requiert aucun motif. Pourquoi je le fais ? Tout simplement parce que je me dois de le faire. Comme moi vous avez un projet. Celui de votre propre perfectionnement. Nous avons donc en commun le même projet. Vous comprenez alors que le perfectionnement de l’un profite non seulement à vous même mais aussi au groupe tout entier. C’est cela la Franc Maçonnerie : l’amélioration de chacun profite au collectif et vice versa.
Chaque Franc Maçon doit être son propre créateur. Vous êtes l’outil et l’objet de votre travail, vous êtes un être en devenir. Peu à peu mes Frères Apprentis vient la paix intérieure, la tranquillité obtenue dans le partage et la fraternité. C’est au fond de nous mêmes que nous sommes le plus près de nos frères. Ce lien qui nous unit est invisible mais il est si indéfectible qu’il nous unit pour toujours à nos Frères qui nous ont quitté. Lorsque je pense à cela , je mesure la chance que j’ai d’appartenir à la franc maçonnerie. Alors mes frères ne nous égarons pas sur les sentiers fleuris, poursuivons notre tache et que la joie soit dans les cœurs !

J’ai dit V\M\ 
 

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Par S\ A\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 10:20

Je m'applique jour et nuit à l'écoute, la réflexion et la méditation.

Je m'applique à maîtriser mes émotions envers mes proches comme envers mes ennemis.

Je m'applique à fuir les lieux nuisibles et les émotions négatives afin de développer en moi une conduite vertueuse.

Je m'applique à aimer mes frères et mes sœurs plus que moi-même, à ne voir que les qualités des autres, même de ceux qui ne voient que mes défauts.

Je m'applique à ne jamais nuire à autrui, même au péril de ma vie.

Je m'applique à engendrer l'esprit d'éveil afin de libérer l'infinité des êtres.

Je m'applique à échanger mon bonheur contre la souffrance d'autrui.

Je m'applique à me servir de la matière sans en devenir esclave.

Je m'applique à louer celui qui me révèle mes défauts.

Je m'applique, dans le dénuement, sujet à un mépris constant, en proie aux maladies, à garder le courage et des pensées positives.

Je m'applique même dans l'opulence, à considérer les biens à leur juste valeur et à ne pas négliger les autres.

Je m'applique à percevoir que, sous leur apparente beauté, les objets plaisants et attrayants n'ont pas plus de beauté qu'un arc-en-ciel.

Je m'applique de même à ne considérer les difficultés comme illusoires.

Je m'applique à pratiquer la générosité sans attendre de retour.

Je m'applique à pratiquer la discipline chevaleresque sans motivation mondaine.

Je m'applique à m'exercer à la patience.

Je m'applique à développer l'enthousiasme et la persévérance.

Je m'applique à m'exercer au calme mental et à pratiquer la concentration qui transcende les quatre états sans forme.

Je m'applique à éviter toute parole blessante et déplaisante.

Je m'applique à être conscient de mon état d'esprit du moment et à rechercher sans trêve la connaissance de moi-même.

Je m'applique à observer constamment mes défauts et à m'en défaire.
La perfection n'est pas de ce monde, mais le Chevalier s'engage à en faire sa quête, se servant de son courage comme monture et de sa volonté comme bouclier.

Par X - Publié dans : chevalerie
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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 06:57

Que représente le suicide pour l'initié ? Peut-il être et doit-il être un aboutissement ? Peut-il être et doit-il être toujours envisagé comme une défaite, voire une lâcheté et une démission ? Comment peut-il nous concerner, qu'il entre ou non dans les recours possibles auxquels nous pouvons songer ?

Une première réflexion s'impose quant au terme de suicide lui-même. Formé de deux mots latin, sui « de soi-même » et cidium du verbe cedere tuer, ce terme de suicide n'est guère employé dans la langue française avant le XVIlle siècle. Voltaire s'en est servi dans son commentaire de l'esprit des lois en 1778 alors que Montesquieu ne l'employait pas. Le mot se trouvera dans la troisième édition du dictionnaire de l'Académie la même année. Quelle formule utilisait-on auparavant ? Montesquieu parle d'homicide de soi-même ou même de mort volontaire. Il semble, cependant, que l'expression la plus couramment employée ait été se défaire soi-même. On la trouve utilisée comme terme technique dans les textes juridiques qui traitent du suicide et Voltaire l'emploie encore. Se défaire soi-même, se suicider, dans aucun des deux cas, on ne trouve sur le plan étymologique, l'évocation du meurtre : commettre un meurtre, se dit occidere. C'est le mot utilisé par la Vulgate pour le sixième commandement. Nous reviendrons sur cette question. Bornons-nous simplement à remarquer que sur le plan du vocabulaire les expressions « se défaire » puis « se suicider » ne comportent pas l'évocation péjorative du meurtre, ce qui est particulièrement intéressant par rapport aux lois, us et coutumes des pays chrétiens qui interdisaient le suicide et le sanctionnaient au nom de la morale et de la religion. « Le suicide, pourra encore écrire Jean-Jacques Rous­seau, en plein XVIIIe siècle, siècle bien peu religieux pourtant, est une mort furtive, honteuse, c'est un vol fait au genre humain. »

Les maçons que nous sommes doivent me semble-t-il, être sensibles au symbolisme de langage. Aussi, l'étymologie comprise dans sa dimension symbolique doit-elle constituer un précieux outil de réflexion. Et je trouve pour ma part extrêmement révélateur que des siècles de censures et d'interdits religieux ainsi que tout un arsenal de lois répressives n'aient pas réussi à forger des expressions péjoratives pour signifier la mort volontaire. Cela devrait suffire pour nous inciter à nous poser la question du bien- fondé de ces interdits surtout si nous songeons qu'un certain nombre de sociétés fort civilisées et fort respectables, loin de condamner systématiquement le suicide, le prônaient, au contraire dans certains cas. Je songe à la société japonaise, entre autres.

Pour sérier notre problème nous laisserons de côté toute cette question de suicide dans les autres civilisations pour ne nous préoccuper que de la nôtre et des deux sources qui, en gros, l'ont formée : l'Antiquité gréco-romaine et la Bible.

L'Antiquité gréco-romaine admettait le suicide sous l'influence de la philosophie stoïcienne. La loi romaine ne poursuivait le suicide que quand celui-ci était accompli pour échapper à un châtiment capital. La peine était la confiscation des biens par le fisc. Et encore y avait-il des accommodements dans ce domaine si le suicide faisait faire à l'Etat l'économie d'un procès. Moyennant un arrangement financier avec l'Empereur celui qui recevait l'ordre de se suicider, pouvait tester en faveur des siens, même si par son suicide il échappait à la peine capitale. Par contre, tous les autres motifs étaient parfaitement admis et ce, grâce à la très grande influence de la morale stoïcienne dont il nous faut dire maintenant quelques mots, car celle-ci n'est pas sans rapport avec certains de nos principes maçonniques. Je voudrais pour cela citer un passage du traité de Cicéron « de fins des biens et des maux », un des rares exposés d'ensemble de la morale stoïcienne qui est, d'ailleurs, sans doute, beaucoup plus une traduction d'un traité grec remontant à la fin de l'ancien stoïcisme plutôt qu'une œuvre composée par Cicéron lui-même. Avant de citer ce passage, il me faut rappeler une notion importante pour la compréhension de ce texte comme du stoïcisme en général et qui est celle du convenable ou encore du rôle de l'office : en grec kathékon, en latin officium. Les passions constituent l'ennemi essentiel du sage stoïcien parce qu'elles l'empêchent de remplir le rôle, l'office que la nature lui a assigné ; aussi, l'on peut dire, et je cite, ici, Lafon dans son livre sur les stoïciens (page 96) : « quand un homme fait ce qui convient à l'homme ses actes s'expliquent. Convenable se dit de tout acte susceptible d'une explication raisonnable. Le convenable pour chaque être, c'est son rôle, son office, sa fonction. Comme chaque être tient son rôle de la nature, l'origine du convenable doit être cherchée dans les tendances premières de cette nature ; et le premier convenable, le premier office, consiste à obéir à ses tendances. De cet office primordial dérivent tous les autres. »

Ecoutons, maintenant, Cicéron traiter du problème du suicide : Comme tous les convenables procèdent des choses moyennes, l'on dit, non sans motif, que toutes nos réflexions se rapportent à elles, entre autres la question de savoir si nous devons quitter la vie ou y demeurer. Sont-ce les états conformes à la nature qui dominent chez un homme, alors il est convenable de rester en vie ; si ce sont les états contraires qui paraissent dominer ou sur le point de dominer, il est convenable de quitter la vie »... et plus loin, « Souvent le convenable pour le sage est de s'écarter de la vie, alors qu'il est au comble du bonheur, s'il peut le faire à propos ; car les stoïciens pensent que la vie heureuse, c'est-à-dire la vie conforme à la nature est liée à l'opportunité des actes. Ainsi, la sagesse prescrit qu'on l'abandonne (la vie) si le sage a profit à l'abandonner (pages 284-285).

Ainsi, le suicide n'est-il envisagé, ici, ni comme une défaite, ni comme une démission, ni comme une lâcheté. Tout au plus, peut-on parler de fuite devant ce qui peut apparaître au sage comme dégradant, comme contraire aux aspirations de sa nature profonde ou encore de nature à troubler l'équilibre auquel il a pu parvenir. Ainsi, l'a bien exprimé et vécu Henry de Montherlant, un authentique stoïcien et je cite, ici, l'un de ses carnets : « Va jouer avec la poussière » (pages 118 et suivantes) « on se suicide par peur de ce qui va être et il faudrait fouetter jusqu'au sang les gens qui osent flétrir cette peur quand, eux, ils n'ont rien à craindre. On se suicide par respect pour la raison quand l'âge ou la maladie enténèbrent la vôtre et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la raison ? On se suicide par respect pour la vie quand votre vie a cessé de pouvoir être digne de vous et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la vie ? » Henry de Montherlant n'a pas triché avec ses exigences ; contrairement beaucoup d'écrivains et de philosophes volontiers matamores, il avait un courage à la hauteur de sa plume. Sa mort volontaire, sinon l'approbation, mérite le respect. De toutes les justifications et explications données, en effet, par les stoïciens sur le suicide, il ressort, en effet, une idée fondamentale, une idée maîtresse qui ne peut nous laisser insensibles, nous maçons, et qui est la maîtrise de soi. Comme le sage stoïcien, nous devons, en effet, tendre à la maîtrise de nos passions par la découverte de nos convenables de ce qui est conforme à notre nature. Il va sans dire qu'une pareille démarche est inaccessible à la masse qui la traduirait immédiatement en licence ou en laisser-aller un peu comme le font les ignorants à vernis culturel pour qui épicurisme signifie bon vivant voire débauché. La découverte de ses « convenables » pour reprendre cette notion stoïcienne, n'est possible que dans le cadre d'une véritable ascèse, ce à quoi devrait mener la quête initiatique. Parvenu aux stades élevés du « connais-toi toi-même », l'homme doit savoir à quoi s'en tenir, sur lui, sur les autres et en particulier sur les éléments qui donnent de la valeur à sa vie. Au nom de qui alors, je vous le demande, pourrions-nous, en tant que maçon condamner la mort volontaire de celui pour qui la continuation de la vie aboutirait à la souffrance stérile et dégradante. Au nom de la seule raison, aucune condamnation n'est sérieusement possible à moins d'un recours à de subtils artifices et surtout d'une révélation religieuse. Et de fait, c'est au nom de la religion que certains ont établi les censures les plus rigoureuses en assimilant le suicide au meurtre et en rappelant que toute vie appartient à Dieu. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. Constatons simplement que la démarche initiatique, pour qui la maîtrise des passions est un des buts essentiels, ne peut condamner systématiquement le suicide pourvu que celui-ci intervienne comme signe de réelle maîtrise et non comme signe d'abandon. Entachera-t-il la gloire du Grand Architecte de l'Univers ?

Disons tout de suite qu'au sens où nous entendons ce symbole, c'est-à-dire le principe d'ordre de la création et non un Dieu personnel, la réponse est non. La création, en effet, est pleine de morts et de souffrances sans explication, sans raison, ce qui ne permet pas de dire que cette création constitue en elle-même un appel à la vie à tout prix. Ou alors peut-on tout au plus dire que si appel à la vie il y a, toute forme de vie ne saurait être réputée sacrée et respectable.

Dans la nature comme chez les humains en particulier, il existe, nous le savons, des formes de vie nuisibles qui n'ont absolument rien de sacré. Tous les systèmes moraux désireux de maintenir une forme de vie organisée admettent alors fort bien qu'au nom de ce maintien, on élimine, d'une manière ou d'une autre, les formes de vie nuisibles. On tuera des microbes, on abattra un bandit. Ce qui revient à supprimer un type de vie pour en sauvegarder un autre. Pourquoi un tel raisonnement appliqué à soi-même contrarierait-il alors l'ordre de l'univers ? La seule objection qu'on puisse sérieusement lui faire ne se situe pas au niveau des principes qui président à une telle application mais à la justesse du raisonnement. Autrement dit et pour en rester au seul niveau de la raison, je ne me sens pas le droit en tant que maçon de décréter que celui qui renonce à la vie parce que celle-ci va devenir insupportable et partant nuisible pour lui-même et pour les, autres, qui donc supprime sa vie par refus de voir celle-ci se pervertir, épargnant aux autres et à lui-même des épreuves pénibles, celui-là porte atteinte à l'ordre de l'Univers alors que cet ordre de la Création pour rester ordre implique la mort et la souffrance.

Et la seule question qui pour l'initié doit se poser est la suivante : le suicidé a-t-il oui ou non bien apprécié sa situation, a-t-il eu raison vus ses « convenables », pour reprendre le terme stoïcien, de mettre fin à ses jours ? Si oui, sa mort n'est pas une régression dans son ascension initiatique, elle peut même lui avoir fait franchir une étape supplémentaire, je ne pense pas à la mort en elle-même comme suprême initiation débouchant sur l'Orient Eternel, non, je pense tout simplement à l'idée de la mort immédiate, de la mort prochaine, notion essentielle dans notre quête initiatique et que notre rituel nous rappelle de multiples manières. Les gestes, les actes, les pensées, les écrits qui viennent de celui qui se prépare à une mort volontaire peuvent donc être compris comme autant de rites initiatiques. Ils symbolisent la mort sans être la mort elle-même au même titre que ce que nous utilisons dans nos rituels. Aussi, le suicide stoïcien a-t-il une réelle valeur initiatique. Seulement comme tout ce qui touche à l'initiation, il ne peut concerner qu'un petit nombre d'individus. Pour la grande majorité des individus, le suicide reste sans grande valeur spirituelle. Il a souvent le goût amer de la défaite, de la défaite du suicidé et de son entourage. La vocation exotérique des Eglises devrait donc fatalement les pousser à condamner le suicide et à le ranger dans le domaine des maux. Il était alors normal que les sociétés de chrétienté le considérassent comme crime et leur médecine comme folie. Crime et folie, deux termes qui traduisent bien chacun dans leur domaine la faiblesse humaine perçue au niveau sociologique. Mais qu'en est-il exactement au niveau de la Bible dont les Eglises juive, chrétienne et musulmane s'inspirent pour condamner le suicide ? C'est là une question que nous devons maintenant nous poser, avant d'aller plus loin dans notre réflexion sur le suicide et l'initiation, non seulement parce que nous l'avons dit au début de cette planche, notre civilisation a été marquée par le judéo-christianisme, mais encore parce que dans nos Temples la Bible est le volume de la Loi Sacrée, une des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie régulière dont la fonction ne doit pas être seulement décorative. Or, il est frappant de constater que, dans cette Bible, il n'y a aucune condamnation explicite du suicide et que, par ailleurs, les cas de suicide y sont assez rares. Il est vrai qu'on ne se tue pas chez les juifs comme l'a fort bien montré Durckheim, nous reviendrons sur cette question. Si l'on écarte, en effet, les faux suicides qui sont le sacrifice de Samson faisant écrouler le temple de Dagon sur les ennemis d'Israël et sur lui-même (juges 16-29 ss.) et les suicides de Abimelec (juges 9-54) Saül et son écuyer (1 Sam 31-4 et ss.) et du général Zimri (1 Rois 16-18) qui ne font que devancer une mort certaine qui aurait eu en plus l'inconvénient d'être accompagnée de honte et d'outrages, il ne reste, en fait que deux suicides, celui d'Achitophel et de Judas. Vous connaissez l'histoire de Judas, moins celle d'Achitophel. Ce dernier était conseiller du roi David et avait une très grande réputation de sagesse. On l'écoutait donc toujours. Quand il prend le parti d'Absalon qui s'était révolté contre son père David, le roi David est terrorisé à l'idée que les révoltés vont avoir avec eux un aussi habile conseiller et il demande, alors, à Dieu de réduire à néant les conseils d'Achitophel. Et c'est ce qui se produisit. Achitophel donne à Absalon un bon conseil que celui-ci pour son malheur ne suit pas. De dépit Achitophel va se pendre. Le seul aspect négatif sur le plan moral de cette histoire est qu'Achitophel avait trahi David comme d'ailleurs Judas avait trahi Jésus. Leur mort par suicide peut donc apparaître comme un châtiment. Cependant, la Bible n'en donne aucun commentaire. La situation d'Achitophel et de Judas était sans issue, le suicide par désespoir apparaît donc dans ces deux récits comme une solution logique.

Sur quoi se basera-t-on, alors, pour condamner le suicide. Sur une interprétation du commandement « tu ne commettras pas de meurtre », improprement traduit par « tu ne tueras point ». Je dis improprement car le mot hébreu employé désigne lui le meurtre et non l'action de tuer que la Bible permet dans certains cas : dans le châtiment des criminels et dans le métier de soldat. Et encore faudra-t-il attendre le Ive siècle avec saint Augustin pour que soit faite l'assimilation du suicide au meurtre. Et il faudra encore attendre le Vle siècle pour que le Concile d'Orléans en 553 refusât les rites funéraires aux suicides religieux, puis le Concile de Prague en 562 pour que ce refus s'étendît à tous les suicidés. Les Conciles suivants comme celui de Troyes en 578 confirmèrent ces dispositions en faisant du suicide une des conséquences de l'inspiration démoniaque. Saint Thomas qui fixera pour longtemps la doctrine catholique sur ce point en fera un crime plus grave que l'homicide ordinaire.

Ainsi, écrira-t-il, dans la Somme théologique : « l'homicide de soi-même l'emporte d'autant plus en gravité sur les autres homicides que l'amour qu'on se doit à soi-même doit être le type de l'amour qu'on doit aux autres hommes ». Ainsi, le suicide devient-il le péché du péché par ce que s'opposant à l'un des plus grands commandements : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».Comment en est-on arrivé là, pourquoi cette escalade dans la condamnation ? Je crois personnellement que les persécutions dont les chrétiens ont été l'objet au cours des premiers siècles ont joué leur rôle. Le martyr, ne l'oublions pas, donnait la certitude du salut. D'où la recherche du martyr quelquefois si insistante qu'elle peut être assimilée dans bien des cas à de véritables suicides. La mort intervient alors comme la séparation définitive d'un monde jugé méprisable et la porte ouverte sur le Royaume de Dieu. Quand les persécutions cessèrent au Ive siècle, justement, il y eu un vide. Les souffrances et la mort manquèrent à certains et ce d'autant plus que la vie en ce monde apparaissait comme toujours méprisable. A ceux qui se lancèrent dans l'ascèse désordonnée destinée à provoquer la mort lente par des souffrances purificatrices, l'Eglise proposa des règles monastiques pour limiter les dégâts, à ceux qui préfèreraient des solutions plus rapides, elle opposera une condamnation sans appel du suicide qui alla en s'aggravant. Le sommet étant atteint par le Moyen Age. Au fond, l'Eglise a voulu endiguer l'instinct de mort au niveau des masses comme les sentiments masochistes. Au niveau où elle se situait, elle ne pouvait pas faire de détail. Même démarche dans l'Islam et le judaïsme. Il n'en est pas de même, par contre, pour un ordre initiatique qui, parce qu'il fait appel à la réflexion personnelle à partir de symboles, ne peut s'adresser valablement qu'à une élite. Voilà pourquoi je ne me suis pas senti le droit de rejeter le suicide stoïcien. Certes, cette position n'est pas sans danger. Et il est toujours à craindre, y compris dans un groupe comme le nôtre, que de pareils propos et surtout ceux qui vont suivre en conclusion, puissent être compris à tort comme faisant finalement l'apologie du suicide.

Dans son admirable étude sociologique sur le suicide, Durckheim classe dans l'ordre suivant les confessions religieuses quant à l'importance du nombre de suicides ; en tête, le protestantisme, puis le catholicisme, en dernier et loin derrière, le judaïsme. Il remarque que la culture n'est pas sans jouer un rôle ce qui appuie cette remarque de Voltaire : « les sauvages ne s'avisent pas de se tuer, c'est un raffinement de gens d'esprit ». Mais là n'est pas la cause essentielle car celle-ci ne joue absolument pas pour le judaïsme qui, en Europe, détient le record absolu dans le domaine de l'instruction. La cause fondamentale et qui doit nous faire réfléchir est le libre examen et le manque de structures ecclésiastiques qui placent le protestant devant une liberté plus grande que le catholique ou le juif. Celui qui peut plus librement qu'un autre réinventer pour lui-même, non pas l'essentiel de sa foi mais simplement sa formulation, celui qui a moins de comptes à rendre à un clergé qu'à Dieu seul, celui-là dispose plus facilement de sa vie. Et ce qui achève de prouver cette démonstration, c'est que, parmi les pays protestants, celui qui a le taux de suicide le plus faible est l'Angleterre dont l'Eglise est la plus structurée.

Ne risquons-nous pas, alors, nous maçons, par notre exhortation à la constante recherche de la vérité et de la perfection, par notre refus dans le cadre maçonnique des dogmes, ne risquons-nous pas par notre proximité avec la morale stoïcienne, ne risquons-nous pas de dépasser la simple compréhension du suicide dans certains cas pour en arriver à l'incitation. Je ne le crois pas.

Car la liberté maçonnique avec tout ce qu'elle implique est vécue dans un cadre précis qui est celui de la loge et du rituel, structure solide mais non étouffante qui doit et qui peut donner le sentiment à celui qui en fait partie, qu'il appartient à un groupe réel. Cette notion de conscience du groupe est de première importance dans la dissuasion du suicide. Pour Durkheim, c'est elle qui donne au judaïsme le taux plus bas, avec il est vrai, comme facteur supplémentaire les menaces permanentes de l'antisémitisme. Les groupes, les peuples qui ont à lutter pour la vie, et ce quels qu'en soit les motifs, ne se suicident pas. Le Franc-Maçon qui n'a été persécuté que rarement et peu de temps, en Occident du moins, ne saurait être retenu de se suicider pour ce dernier facteur. Par contre, la conscience d'appartenir à une loge, à une véritable famille de frères où il a à poursuivre une recherche spirituelle, non pas seul mais aidé par les autres et par un rituel, tout cela devrait le retenir et éviter le suicide démission, le suicide fuite, le suicide lâcheté. Si ceux-ci interviennent quand même, alors l'échec de groupe est certain. Tous les suicides ne méritent cependant pas ce qualificatif, en particulier le suicide stoïcien quand il est commandé par l'honneur et par l'esprit de sacrifice. Peut-on, dans ces conditions, parler d'échec du groupe, d'échec de la Loge ?

Avant d'y répondre je voudrais vous citer deux courts passages du livre de Durkheim que j'approuve entièrement :

« Dans l'ordre de la vie, rien n'est bon sans mesure. Un caractère biologique ne peut remplir les fins auxquelles il doit servir qu'à condition de ne pas dépasser certaines limites. Il en est ainsi des phénomènes sociaux. Si, comme nous venons de le voir, une individuation excessive conduit au suicide, une individuation insuffisante produit le même effet. Quand l'homme est détaché de la Société, il se tue facilement, il se tue aussi quand il y est trop fortement intégré » (page 233).

Puis plus loin : « chaque sorte de suicide n'est donc que la forme exagérée ou déviée d'une vertu ». Ne vous semble-t-il pas, qu'on nous parle, ici, de la situation commune à tout initié. Par son idéal de bâtisseur, celui-ci est fortement intégré à la Société aussi bien sous sa forme profane qu'initiatique mais par la nature même de la démarche initiatique essentiellement individualiste et spirituelle, il est aussi détaché de cette Société qu'elle s'appelle l'Humanité, son Eglise, son pays, sa famille, sa loge. De toutes les structures humaines même de celles qui lui sont les plus chères, un initié ne saurait être l'esclave au sens où il leur sacrifierait quoi que ce soit aux dépens de sa quête initiatique qui ne peut être qu'ascendante.

Constamment, il doit lutter contre tout ce que ces différentes structures humaines comportent de négatif et de profane, d'éléments qui tirent l'homme vers le bas pour le ramener dans les ténèbres d'où l'initiation l'a fait sortir. Selon le sens qu'un homme a donné à sa vie et nul n'a alors le droit de juger car ce choix appartient à chaque individu, cet homme sera sensible aux défauts d'une telle structure humaine plutôt qu'à telle autre. Et cette sensibilité pourra être si forte qu'aucune contrepartie venant d'ailleurs sera de nature à l'apaiser. Nous devons donc admettre que lorsqu'un initié se trouve dans l'impossibilité de continuer certaines luttes sous peine de déchoir et de remettre en cause ce qu'il a conquis, celui-ci affiche alors son mépris pour la vie en la quittant parce que celle-ci est devenue ou risque de devenir trop profane. Il agira, alors, dans la logique de son initiation, et la loge ne pourra considérer son brusque départ comme un échec.

L'initiation n'est-elle pas au fond un suicide permanent ? Ne nous apprend-on pas, en effet, tout au long de notre vie initiatique, à tuer en nous le profane. Et tout cela a procédé d'un libre choix quand nous avons voulu frapper à la porte du Temple parce que nous éprouvions le besoin d'un supplément d'âme et que nous en avions assez d'une certaine forme de vie. Nous avons accepté, alors, un certain nombre de démarches pour préparer notre mort initiatique, nous avons mis de l'ordre en nous, nous avons réfléchi et médité et nous avons alors suivi des rites de mort et de résurrection. Avons-nous pris vraiment tout cela au sérieux ? Si oui et c'est le seul cas qui m'intéresse, nous ne devrions pas avoir de peine à imaginer la même démarche avec quelques variantes et je dis la même démarche car les rites ne ressemblent au point que quelquefois ils se confondent. Seulement l'épée peut ne pas être symbolique, elle peut être remplacée par un vrai poignard ou par d'autres choses qui font que la mort n'est plus symbolique mais effective. Celui qui agit ainsi s'est peut-être trop laissé détruire par la lumière initiatique et à l'instar de certains Indiens adorateurs du soleil fixant constamment leur Dieu de leur regard, sera-t-il devenu aveugle ? Mais il est aussi permis de penser qu'il a bien compris cette leçon particulière de l'initiation, cette leçon de flammes et de cendres. Ecoutons encore Montherlant : « Cet attrait semblable à celui de l'abîme de détruire avant de mourir une partie au moins de ce qu'on a écrit. J'ai pensé d'abord que c'était pour montrer à quel point on s'en fichait. Ensuite, j'ai pensé que c'était la même mécanique que le suicide. Dans le suicide on n'est pas libre entièrement puisque de toute façon on devra mourir ; on est libre pour les circonstances et pour l'heure (du moins si tout va bien). En détruisant une partie de ce qu'on a écrit, convaincu que tout le sera un jour, par le temps ou par les hommes, on se donne là aussi une certaine liberté quant à la mort de son œuvre. On choisit la partie que l'on détruit et l'heure où on la détruit. C'est comme avec le suicide, une parcelle de liberté dans la nécessité ». (« Carnets », ma Marée du Soir, page 77, année 1969). Le sens de l'honneur, la défense d'une idée, la protection de ceux que l'on aime peuvent donc conduire d'authentiques initiés à choisir la solution du suicide. Habitués à la mort, exercés à s'en approcher, ils ont pu tout naturellement songer à la voir de plus près. Et si c'était là, compte tenu des éléments donnant à leur vie sa valeur, la seule parcelle de liberté qu'il leur restât dans la nécessité où ils se trouvaient, je considère qu'ils ont agi en maçons accomplissant le sacrifice suprême pour rester libres jusqu'au bout.

Mais il va de soi que le choix d'une semblable solution implique une réelle maîtrise dans le domaine de l'initiation. Il est difficile de dire de quelqu'un avec certitude qu'il y est parvenu comme d'affirmer qu'il n'y ait pas parvenu. Tout ce que l'on peut dire, c'est que cet état de maîtrise est certainement fort rare et que nous avons raison de nous considérer comme étant toujours des apprentis même si nous ne le pensons pas autant de fois que nous le disons. Il faudra donc toujours y regarder à deux fois avant d'interrompre un apprentissage. C'est la raison essentielle pour laquelle le suicide ne saurait être encouragé chez nous. Il doit néanmoins être compris et accepté dans les cas d'exception où il apparaît comme une expression de la liberté et l'évolution initiatique.

Publié dans le PVI N° 37 - 2éme trimestre 1980

Source : www.ledifice.net

 

Par Michel VIOT. - Publié dans : Planches
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 08:02

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Par x - Publié dans : Facebook
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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 08:08

Parmi ces Rites pratiques actuellement quel est le plus ancien ?

 

Rite Ecossais Philosophique

Rite de Fessler

Rite Emulation

Rite de Misraim

Rite Operatif de Salomom

Regime Ecossais Rectifie

Rite de Schroeder

Rite Francais Moderne

Rite Irlandais

Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraim

Rite York

Rite Ecossais Ancien et Accepte

Rite Suedois

Rite Standard d’Ecosse

Stricte Observance 

Rite Ecossais Primitif... 

 

NB : au Rite York et au Rite Standard d’Ecosse chaque Loge pratique son propre rituel base sur un tronc commun mais avec des variantes.  

Par T.D - Publié dans : Quizz
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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 22:57

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Par x - Publié dans : Quizz
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 17:35

Zarathoustra, cependant, regardait le peuple et s'étonnait. Puis il dit : L'homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain, - une corde sur l'abîme. Il est dangereux de passer de l'autre côté, dangereux de rester en route, dangereux de regarder en arrière - frisson et arrêt dangereux. Ce qu'il y a de grand dans l'homme, c'est qu'il est un pont et non un but : ce que l'on peut aimer en l'homme, c'est qu'il est un passage et un déclin.

J'aime ceux qui ne savent vivre autrement que pour disparaître, car ils passent au delà.

J'aime les grands contempteurs, parce qu'ils sont les grands adorateurs, les flèches du désir vers l'autre rive. J'aime ceux qui ne cherchent pas, derrière les étoiles, une raison pour périr ou pour s'offrir en sacrifice; mais ceux qui se sacrifient à la terre, pour qu'un jour la terre appartienne au Surhumain.

J'aime celui qui vit pour connaître et qui veut connaître afin qu'un jour vive le Surhumain. Car c'est ainsi qu'il veut son propre déclin.

J'aime celui qui travaille et invente, pour bâtir une demeure au Surhumain, pour préparer à sa venue la terre, les bêtes et les plantes : car c'est ainsi qu'il veut son propre déclin.

J'aime celui qui aime sa vertu : car la vertu est une volonté de déclin, et une flèche de désir.

J'aime celui qui ne réserve pour lui-même aucune parcelle de son esprit, mais qui veut être tout entier l'esprit de sa vertu : car c'est ainsi qu'en esprit il traverse le pont.

J'aime celui qui fait de sa vertu son penchant et sa destinée : car c'est ainsi qu'à cause de sa vertu il voudra vivre encore et ne plus vivre.

J'aime celui qui ne veut pas avoir trop de vertus. Il y a plus de vertus en une vertu qu'en deux vertus, c'est un nœud où s'accroche la destinée.

J'aime celui dont l'âme se dépense, celui qui ne veut pas qu'on lui dise merci et qui ne restitue point : car il donne toujours et ne veut point se conserver.

J'aime celui qui a honte de voir le dé tomber en sa faveur et qui demande alors : suis-je donc un faux joueur? - car il veut périr.

J'aime celui qui jette des paroles d'or au-devant du ses œuvres et qui tient toujours plus qu'il ne promet : car il veut son déclin.

J'aime celui qui justifie ceux de l'avenir et qui délivre ceux du passé, car il veut que ceux d'aujourd'hui le fassent périr. J'aime celui qui châtie son Dieu, parce qu'il aime son Dieu : car il faut que la colère de son Dieu le fasse périr.

J'aime celui dont l'âme est profonde, même dans la blessure, celui qu'une petite aventure peut faire périr : car ainsi, sans hésitation, il passera le pont.

J'aime celui dont l'âme déborde au point qu'il s'oublie lui-même, et que toutes choses soient en lui : ainsi toutes choses deviendront son déclin. J'aime celui qui est libre de cœur et d'esprit : ainsi sa tête ne sert que d'entrailles à son cœur, mais son cœur l'entraîne au déclin.

J'aime tous ceux qui sont comme de lourdes gouttes qui tombent une à une du sombre nuage suspendu sur les hommes : elles annoncent l'éclair qui vient, et disparaissent en visionnaires. Voici, je suis un visionnaire de la foudre, une lourde goutte qui tombe de la nue : mais cette foudre s'appelle le Surhumain...

Par Nietzsche - Publié dans : Philosophie
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