Mercredi 30 juillet 2014 3 30 /07 /Juil /2014 07:58

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Par X - Publié dans : RL Laurence Dermott
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Mardi 29 juillet 2014 2 29 /07 /Juil /2014 07:01

…La comtesse Marie-Louise de Monspey, dite Églé de Vallière (1733-1813) est l’une des filles de Joseph-Henri, marquis de Monspey, comte de Vallière, chevalier de Malte et de Saint-Louis et de Marie-Anne-Livie de Pontevès d’Agoult, dernière descendante de la branche des marquis de Buous en Provence. Situé au carrefour des XVIIIe et XIXe siècles, le personnage témoigne des temps bouleversés où s’effondre une lignée monarchique avec toutes ses valeurs et où de nouveaux savoirs prennent leur essor. Au centre de ces bouleversements, le corps devient un enjeu capital.

Madame de Vallière a plusieurs identités dont certaines ont été tardivement découvertes grâce au patient travail de quelques historiens. La comtesse est une mystique ardente en un siècle où cette voie devient presque illégitime. Son frère aîné, Alexandre de Monspey, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l’Ordre de Malte, s’engage dans la franc-maçonnerie spiritualiste. Il rejoint la loge La Bienfaisance, fondée à Lyon en 1771 par le négociant Jean-Baptiste Willermoz. Au début des années 1780, Alexandre révèle à sa sœur l’existence de ce cénacle où se rassemblent les hommes de la meilleure société, tous férus d’alchimie, de kabbale et de rites chevaleresques. Ils viennent de découvrir la médecine magnétique de Mesmer.

Commence alors le destin de celle qui se fit appeler « l’Agent inconnu » et qui devint, comme nous allons le voir, à la fois initiatrice, écrivain et thérapeute. Elle déploie un travail d’écriture qui fascine le théosophe Louis-Claude de Saint-Martin, dit « le Philosophe inconnu ». Les écrits de ce dernier sur la psychographie interrogent en effet un phénomène dont il fut à la fois le contemporain bouleversé et le fidèle copiste. Ces écritures de l’âme, dans leur modernité, correspondent à une mutation spirituelle : ce n’est plus Dieu qui écrit par le vecteur inspiré d’une mystique entransée ; c’est la Vierge Marie qui prend la plume et défend son rôle de femme. La comtesse de Monspey, par cette voie, entend prendre place au sein des hommes influents de sa société, en particulier dans le milieu de la maçonnerie lyonnaise.

En 1784, le marquis de Puységur découvre le somnambulisme. Un an plus tard, Saint-Martin commence à recopier les dialogues échangés entre des comtesses magnétisées et le prélat qui les interroge. Sur leurs lèvres, le fluide magnétique se décline comme une « rosée bienfaisante », une « pluie d’or ». Les symboles alchimiques pénètrent profondément ces échanges qui, pour une part assez catholiques, s’aventurent vers les dimensions mythiques d’autres spiritualités. Dans les esprits du lieu, se manifeste l’empreinte d’un personnage haut en couleurs, le chevalier Martinez de Pasqually. Ce mage d’origine juive marrane, muni d’un « certificat de catholicité », se pique de savoir soigner et de correspondre avec les anges des plus hauts degrés. Il entraîne les frères maçons de Lyon dans la quête d’une transmutation des âmes. Afin de retrouver l’état originel de l’homme-Adam au corps diaphane exempt de toute maladie, il préconise aux frères maçons des rituels accompagnés de jeûnes et de privations.

La comtesse de Monspey, femme érudite et tout entière à l’écoute des « nouvelles sciences »transmises entre « frères » sous le sceau du secret, va parmi ces hommes trouver son propre destin.

En 1776, à l’âge de quarante-cinq ans, elle est célibataire et sans enfants. Elle possède les seize quartiers de noblesse qui lui permettent de devenir chanoinesse du chapitre de Remiremont en Lorraine. Elle entre dans cette institution, où ses sœurs l’ont déjà précédée. Il s’agit du chapitre noble le plus renommé d’Europe par son ancienneté et sa richesse. Dès le XIVe siècle, les moniales ont abandonné la règle bénédictine et sont libres de tout vœu. Le Chapitre recrute les dames de la haute noblesse issue de France, d’Alsace, de Lorraine et du Saint-Empire romain germanique. Celles qui parviennent à la distinction de doyenne prennent le titre de « Princesse-Abbesse ». Placé sous l’autorité du Pape et non sous celle de l’évêque de Toul, Remiremont jouit d’un statut particulier ; son territoire dépend directement de l’Empire.

Les chapitres nobles des dames de Lorraine prennent modèle sur les grandes abbayes nobles de l’empire germanique. Ce sont des maisons d’éducation pour les jeunes filles qui, la plupart du temps, vivent dans leur demeure familiale et peuvent se marier quand elles le désirent. Les femmes prestigieuses, politiquement influentes ou douées d’un brillant intellect ne manquent pas dans cet établissement, et l’émulation doit y être forte. Parmi les contemporaines de notre chanoinesse, le chapitre de Remiremont compte dans ses rangs Christine de Saxe, princesse royale de Pologne, et Adélaïde de Bourbon-Condé.

Malgré ses distinctions, Marie-Louise de Monspey n’a pas d’avenir dans les voies du pouvoir politique. Son inclination va aux personnages qui ont fait les riches heures de la chrétienté, à ces profils exceptionnels dont elle peut lire le destin dans les manuscrits de la bibliothèque de Remiremont. Plusieurs modèles ont dû concourir à former ses élans mystiques et à guider son expressivité, mais certainement le plus remarquable est celui de Hildegarde von Bingen. Cette abbesse érudite connut des états de ravissement au cours desquels elle recevait des révélations qu’elle dicta tout d’abord à un jeune moine, avant de commencer à écrire par elle-même à partir de 1411. Poétesse, femme de science, médecin, musicienne, elle inventa également une langue qu’elle seule parlait et écrivait, la Lingua Ignota.

Le chapitre de Remiremont, où se transmettent les plus hautes traditions de la chrétienté, est également un lieu où sont discutées les plus récentes découvertes scientifiques. Les sœurs Monspey sont des femmes cultivées. Elles s’intéressent aux sociétés initiatiques, à la botanique, à la médecine et aux expériences de physique. À Lyon, la rencontre entre le milieu spiritualiste des francs-maçons et la nouvelle médecine de Franz Mesmer va ouvrir des horizons inattendus.

Frères d’armes, frères maçons, zélés magnétiseurs

Je n’aborderai pas ici la médecine magnétique de Mesmer, analysée par Jean-Pierre Peter dans le présent numéro. Je me bornerai seulement à faire quelques rapprochements.

Dans la treizième proposition de ses Mémoires, Mesmer décrit le fluide magnétique comme « une matière dont la subtilité pénètre tous les corps sans perdre notamment de son activité ». Cette matière subtile ne nécessite pour Mesmer aucune métaphysique. Il met en garde contre toute interprétation spiritualiste de son système. Cependant, la société parisienne de l’Harmonie, dans laquelle dès 1786 il choisit de développer son enseignement, demande à ses membres une profession de foi en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Mesmer lui-même n’est pas matérialiste mais il considère comme aliénation de l’esprit tout ce qui – apparitions, extases et visions – se produit dans le sillage des pratiques magnétiques. Il se plaint dans son second mémoire (1799) de la confusion entre « magnétisme »et « somnambulisme ». Il est clair que cette remarque vise le somnambulisme artificiel découvert par le marquis de Puységur.

En cette fin de XVIIIe siècle, Mesmer est doublé, pour ainsi dire, par l’essor du somnambulisme puységurien. L’usage des « sommeils » se développe rapidement dans les milieux maçonniques toujours en quête de nouvelles expériences. Dans cette dérive magnétique, Puységur est un personnage-pivot. Il est lui-même franc-maçon, affilié à la loge La Candeur de Strasbourg. En 1784, il publie le résultat des cures qu’il a opérées en son domaine de Buzancy, et fonde à Strasbourg en 1785 la Société Harmonique des Amis Réunis. Son ami Saint-Martin, bouleversé par les cures de Buzancy, devient l’émissaire du somnambulisme dans les milieux maçonniques. La médecine de Mesmer entame sa transformation ésotérique.

Elle va pénétrer plusieurs milieux. Le lien important entre élite militaire, franc-maçonnerie et magnétisme animal reste encore aujourd’hui méconnu. Les loges sont en effet le vivier social dans lequel se rencontrent les personnages qui nous intéressent. L’élite militaire, en particulier les Chevaliers de l’Ordre de Malte, est fortement présente dans les loges où se rassemblent les aristocrates. Ceux-ci aspirent à rejoindre les hauts grades de la franc-maçonnerie. D’autre part, les uns et les autres voyagent beaucoup à travers la France. Un des motifs de voyage est le désir de comparer les diverses pratiques du magnétisme animal qui se développent dans les sociétés harmoniques créées par les maçons. Comme nous allons le voir, ceux qui développent le courant spiritualiste du somnambulisme sont à la fois frères d’armes et frères maçons hautement initiés. Ce courant persistera jusqu’au milieu du XIXe siècle et s’intégrera dans les thérapies magnétiques des médiums spirites.

Seule la forte densité de Chevaliers de Malte dans les loges explique l’implication des francs-maçons dans la fondation de sociétés magnétisantes. Depuis le XVIIe siècle, les Chevaliers hospitaliers, engagés dans l’assistance aux malades, ont développé un savoir médical pointu. Ils ont fondé de nombreux hôpitaux, des écoles d’anatomie et de chirurgie. À partir de 1783, nombreux sont ceux qui s’initient au magnétisme. Alexandre de Monspey, commandeur de l’Ordre, les rejoint. Maître de camp de cavalerie, aide-major de la compagnie écossaise des Gardes du corps du roi, il appartient à la loge La Bienfaisance où le Lyonnais Willermoz l’initie à l’Ordre des Élus-Coëns. Il s’agit d’un système de hauts grades de la franc-maçonnerie élaboré par Willermoz à partir des enseignements de Martinez de Pasqually.

Pasqually, officier du roi d’Espagne, avait quitté la carrière militaire pour se consacrer dès 1761 à la fondation de l’Ordre des Élus-Coëns, destiné à recueillir et pratiquer son enseignement. Il en rédige l’essentiel dans le Traité de la Réintégration des êtres où il développe la grande thématique biblique de la Chute de l’homme. Des copies circulent à partir de 1771, mais le Traité, l’un des textes les plus importants de l’ésotérisme chrétien, ne sera officiellement édité qu’en 1899.

Le mythe central de cet ouvrage appartient au christianisme primitif : Dieu, par pure bonté, a engendré des créatures libres ; mais l’une d’entre elles, Lucifer, désire par orgueil engendrer à son tour des créatures. Pour le punir et l’engager à se racheter, Dieu l’enferme dans le monde matériel et lui accorde l’homme pour gardien. Mais Lucifer entraîne l’homme et la nature dans sa chute. Pasqually enseigne que seuls quelques élus ont transmis à travers l’histoire les connaissances secrètes qui leur permettront de sauver l’humanité. Les Coëns font partie d’une longue chaîne d’initiés qui doivent se soumettre à une vie ascétique, afin que leurs prières, jointes à l’aide des anges éclairés, rachètent la faute originelle.

Le drame cosmique de cette théosophie séduit de nombreux frères maçons. Saint-Martin, sous-lieutenant du régiment de Foix en garnison à Bordeaux, est un des premiers à être admis dans l’Ordre Coën. En 1768, il rencontre Pasqually et quitte la carrière militaire trois ans plus tard pour devenir son secrétaire. Au début des années 1770, Willermoz s’engage à son tour dans le système des Coëns et reçoit son grade de Réau-Croix. Il prend contact avec le baron de Hund, fondateur de la Stricte Observance Templière (S.O.T.), système de hauts grades de la maçonnerie allemande auquel appartient Franz Anton Mesmer. Deux loges très liées entre elles vont alors jouer un rôle important dans l’intégration de la Stricte Observance à la maçonnerie française : La Candeur de Strasbourg, à laquelle appartient le marquis de Puységur, colonel commandant du régiment d’artillerie de cette ville ; et La Bienfaisance de Lyon. Ces deux loges sont en étroit contact avec l’Allemagne, et sont affiliées à la S.O.T. Willermoz fera fusionner l’enseignement des Coëns et celui de la S.O.T., créant ainsi le Rite Écossais Rectifié (R.E.R.).

Saint-Martin est choisi pour dispenser l’enseignement Coën aux frères de La Bienfaisance. Revenu de Buzancy, il leur décrit les expériences de Puységur. Tous sont frappés par le fait que les malades « voient » l’intérieur de leur corps et les maladies. Le chevalier de Barberin, capitaine d’artillerie de l’armée royale, Alexandre de Monspey et le chirurgien Dutreich, viennent d’ouvrir à Lyon la société Harmonique La Concorde. Les Coëns appliquent désormais la méthode de Puységur. Sous influence du mythe pasquallien, Saint-Martin interprète l’apparente extase des somnambules de Puységur comme un retour de l’homme à son état originel. Pour lui, seul le sommeil artificiel peut ouvrir la voie au rachat de la faute adamique. La nature, entraînée avec l’homme dans la Chute, attend sa rédemption. Ces interprétations, dont Saint-Martin est un des acteurs essentiels, auront au XIXe siècle un impact majeur sur la formation des courants romantiques allemands.

Les écritures de l’Agent inconnu

Je poursuis depuis quelques années la lecture de cet étrange manuscrit qui s’ouvre sur le titre : « Crises somnambuliques. Livre des Initiés. Recueil fait sous plusieurs crisiaques depuis 1785 jusqu’en 1787 ». Ce manuscrit, réalisé par Saint-Martin pour l’enseignement des Élus Coëns, comporte les notes prises lors des séances magnétiques du chevalier de Barberin, ainsi que la copie d’une partie des écritures de l’Agent inconnu. Le recueil devait circuler entre les Coëns de plusieurs villes.

En 1785, les Coëns lyonnais endorment leurs somnambules à la façon de Puységur. Mais ils les entourent de prières protectrices avant de les interroger sur la vérité des sommeils et les secrets de la maçonnerie. Une de leurs patientes, Jeanne Rochette, commence à révéler la vraie doctrine du magnétisme. Dans le « pur sommeil », dit-elle, « l’âme se rapproche de son état originel et devient susceptible d’une communication avec son ange gardien par lequel elle apprend la vérité des choses qu’elle ignore dans son état naturel ».

La même année, le soir du 18 avril, de nouvelles révélations parviennent à Willermoz. Alexandre de Monspey lui apporte plusieurs cahiers de petit format, couverts d’écritures, graphes et dessins dont l’auteur désire rester anonyme. L’ensemble est adressé au « pasteur des Coëns ». Ce que Monspey décrit comme de « miraculeuses missives venues du Ciel » est dicté, dit-il, par des esprits purs.

Au moment où arrivent ces cahiers, la franc-maçonnerie est déchirée par des dissensions internes et Willermoz a délaissé ses activités de réformateur. Il a renoncé à obtenir les signes d’une communication angélique attendue depuis tant d’années. Son guide, Pasqually, est parti à l’étranger où il a été emporté par la fièvre. On ne sait s’il a lu l’opuscule du philosophe Emmanuel Kant avertissant des dangers que courent les exaltés dont Swedenborg est le prototype. Mais il désire toujours accomplir sa mission, régénérer l’humanité. Il espère trouver « la » science, celle qui, comme disait Martinez, « ne vient pas de l’homme » et appartient à l’histoire secrète du monde.

La vérité arriverait-elle par la voie de l’Agent inconnu ? Un cahier intitulé « Livre de la Truth » décline un credo spécifique et désigne onze membres à choisir, qui doivent être conduits par Jésus. Pour recueillir l’enseignement de l’Agent, Willermoz fonde la Loge Élue et Chérie de la Bienfaisance à laquelle se joignent les Coëns les plus fidèles.

J’ai décrit ailleurs l’effet vertigineux que produit la lecture de ces écritures dont le fil croise sans s’arrêter les domaines les plus variés : histoire des ordres monastiques, religion, éducation, relations homme-femme, justice, médecine, anatomie, botanique. Outre le flux ininterrompu, le caractère dense et enchevêtré du propos, la langue contient des termes inventés dont la consonance émaille les pages d’un accent prophétique. Les âpres sonorités des involox et voloug évoquent le mal et vont jusqu’au fluide murmure des amiel et uriels.

Ceux qui déchiffrèrent les écritures, déjà versés dans l’étude des textes occultes, établirent le « Lexique de l’Agent inconnu », qui relevait selon eux de la langue primitive. Le début du Livre des Initiés s’adresse sans équivoque aux « maçons d’Écosse » et les frères commencèrent l’étude de cet univers mythique. De nombreux aspects étaient en accord avec l’enseignement de Pasqually. Mais l’Agent annonçait l’avènement d’une « voie inconnue », d’une « loi d’amour » qui donnerait consolation à ce monde inversé.

Malgré les protestations d’obéissance à un ordre supérieur, le ton reste autoritaire. L’Agent affirme devoir écrire la « Science en son unité » afin d’établir la vraie doctrine de la maçonnerie. Les frères élus sont chargés de réconcilier le genre humain avec Dieu qui depuis Adam « dégrada les coupables en loi inverse ». Entre la main divine et la main de l’Agent, le lien est intime car « c’est Marie qui tient la plume ». Par son intermédiaire les maçons, définis comme « prêtres sans sacerdoce », doivent retrouver l’assistance des esprits purs et l’intercession de la Vierge.

La comtesse devient ainsi une sorte de messie féminin. Elle donne à Marie un rôle inattendu. Désignée comme « chef du séjour inaccessible des formes réintégrées, agent de la réparation », la Vierge scelle la réintégration de l’homme dans le sein divin. Mère voilée du Christ, elle oriente les maçons vers son fils et leur demande de vivre selon la loi évangélique. Elle seule peut guider les élus vers « l’amour expiatoire ».

Les écritures inspirées

Pour comprendre la façon dont les écritures de la comtesse furent reçues, il faut les situer dans le fil d’une histoire qui reste encore à faire, celle des écritures inspirées. Madame de Monspey n’ose pas se dévoiler comme écrivain, auteur des mots que trace sa plume. Son âme mystique lui dit que le message à livrer ne provient pas d’elle-même. Entre la tradition chrétienne des écritures mystiques et les vocations des écritures médiumniques qui naîtront au milieu du XIXe siècle, la plume de l’Agent inconnu tisse des relations subtiles. Elle interroge les nouveaux modèles de légitimité et offre aux historiens une précieuse transition.

En effet, à quels savoirs la comtesse peut-elle prétendre accéder ? Comment peut-elle authentifier son action ? Elle écrit : « L’Agent met son espoir en inconnu travail où il ne sait jamais un mot que lorsqu’il l’a tracé ». En ce qui concerne le contenu, on peut imaginer qu’Alexandre de Monspey avait dévoilé à sa sœur l’enseignement de Pasqually. En revanche, le genre des écritures inspirées appartient à une tradition que la comtesse a pu découvrir au cours de ses lectures dans la bibliothèque du chapitre. Ce genre, qui offre à Hildegarde von Bingen sa « langue inconnue », est familier aux courants prophétiques de visée messianique dont Guillaume Postel est une figure héroïque. La vocation de ce dernier découle d’une expérience d’illumination à la fois spirituelle et corporelle à l’issue de laquelle il prit la plume d’une façon frénétique, attribuant ses écrits à l’intervention de puissances surnaturelles.

En outre, la comtesse ne peut avoir ignoré les « vies » de saintes et de prophétesses comme sainte Brigitte. Cette grande aristocrate suédoise du XIVe siècle consigna par écrits ses visions et rédigea les Révélations Célestes dont le ton prophétique est très comparable aux accents de l’Agent inconnu. Brigitte donne à la Vierge un rôle important : elle seule peut intercéder en faveur des pécheurs. Pour la première fois dans l’histoire religieuse de l’Occident se manifeste un lien étroit entre prophétie et mariophanie. Brigitte affirme que le monde, perdu par Ève, doit être régénéré par une femme que Dieu a choisie. La Vierge devient, avec le Christ, coauteur du salut du monde. La comtesse de Monspey reprend cette voie.

Nous pouvons donc situer les écritures inspirées de l’Agent inconnu entre la tradition ancienne des écritures mystiques et la pratique moderne de l’écriture automatique. En effet, au cours des années 1780, les cas d’écrivains inspirés se multiplient. Ils annoncent une apocalypse, la fin du royaume. Plus tard, au cours des années 1850, les écritures d’inspiration prophétique se poursuivent parmi les médiums-écrivains. Ces derniers sont encadrés par Léon Hippolyte Rivail qui, sous le pseudonyme d’Allan Kardec, publie en 1861 le Livre des médiums dans lequel il donne aux spirites les règles à suivre. La communication ne se fera plus seulement avec les esprits angéliques mais davantage avec les désincarnés.

Par ailleurs, le somnambulisme médiumnique se développe dans les milieux ésotériques dès 1784. L’écriture inspirée, comme toujours, passe par un corps souffrant ; la souffrance et l’écriture sont accueillies comme « preuves » de l’intervention surnaturelle.

Pour ce qui est de notre comtesse, exaltée, de santé fragile, elle connut des états extrêmes au cours desquels elle ressentait des tressaillements violents dans tous ses membres. L’écriture apparut dans ces conditions qu’elle dévoile à Willermoz des années après : « Où ai-je appris à écrire ? Dans le silence d’une retraite, accablée d’une longue maladie et ne considérant qu’un dépérissement prochain. J’ai cru à la batterie qui me surprit et effraya ma raison. Seule et en présence du tout-Puissant, j’ai invoqué mon ange gardien et la batterie m’a répondu. Voilà le commencement ».

Ces coups frappés dans son corps précèdent les débuts de l’écriture, Madame de Vallière décrit alors la plume « courant à bride abattue ». Même emprisonnée lors du siège de Lyon en 1793, elle continuera à recevoir des « messages ». La polygraphe rédigera cent soixante-six petits cahiers dont deux sont parvenus jusqu’à nous. Prophète, médium, initiatrice, thérapeute, elle jouera tous les rôles, quitte à déchirer sur le tard ces identités. Elle finira par trouver sa voie en osant écrire par elle-même, et se fera connaître par son ouvrage LaPhilosophie publié en 1825…

Source : http://rh19.revues.org/3867

Par Christine Bergé - Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 07:24

« M. des Cér. - Quel est le nom des apprentis, qui leur sert de mot de reconnaissance?
PHALEG
M. des Cér. - Que signifie ce mot ?

Dieu m’a créé. »
Rite Ecossais Rectifié Rituel d’Apprenti

Le Rejet des métaux de J.B. Willermoz

On notera que dans ses cahiers, concernant l'agent inconnu, Willermoz précise que le message qui lui est délivré « tente, d'une part, de « dévaloriser » si l'on peut dire, ou de minimiser l'importance du personnage clé de la Légende du Troisième Grade, d'autre part, à l'inverse, tente de revaloriser le grade d'Elu, de même que les grades de vengeance que Willermoz avait tant décrié, et enfin, et surtout, de substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn! par Phaleg ». Néanmoins, et avant de continuer la lecture de cet article, je ne saurais trop attirer l'attention du lecteur sur deux éléments qui me paraissent fondamentaux dans l'apparition de Phaleg au premier degré du RER. Tout d'abord la présence effective de membres du groupe des Illuminés de Bavière au Convent de Wilhelmsbad et, en second lieu, le fait que Weisthaupt, fondateur des Illuminés et Louis Claude de Saint-Martin entretenaient de bonnes relations...... c'est à dire que ceux dont l'objet était la "dispersion" de la culture chrétienne et celui qui insista auprès de Willermoz afin qu'il remplace le nom du forgeron fondeur par celui du Roi constructeur de Bable se connaissaient bien.... la dispersion est donc le Maître mot car "Phaleg" ne signifie pas "Dieu m'a créé" mais "Dieu a dispersé"..... Ce « mot de passe » dont certains prétendent qu'il fut hérité de la franc-maçonnerie dite Noachite est resté jusqu’à nos jours, dans la pratique du Régime Écossais rectifié, celui des Apprentis. Il y a remplacé celui utilisé au Rite importé de la Grande Loge de Londres de 1717, Tublacaïn, et qui deviendra le Rite des « moderns », lequel donnera naissance à la plupart des avatars connus sur le continent. Passer de Tubalcaïn à Phaleg n’est pas innocent à cette époque, parce que cela revient, dans un certain contexte ultraciste et mystique très influent dans la maçonnerie savoiso-lyonnaise, à revendiquer un retour à une chrétienté plus rigoureuse, plus "intégriste" ( c'est d'ailleurs l'argument premier et la sollicitation de Louis Claude de Saint Martin auprès de Willermoz en ce sens qui emporta la décision) et d'argumenter d'un rapprochement de la maçonnerie des « ancients » ( argument aussi hypothétique que reposant sur l'ignorance de ce qu'elle pouvait être réellement... mais ne leur jetons pas la pierre, 90% de ceux qui parlent des "ancients", même encore aujourd'hui, ne les ont pas étudiés). Le pauvre Saint Martin, très influencé par Adam Weisthaupt, n'en avait très probablement pas fréquenté beaucoup car il ne retint que l'affirmation de Dermott en 1788, qui clamait que « Les Innovations qui se sont glissées sournoisement dans la maçonnerie... tendent à dénaturer l'intégrité du système. Il est du devoir de la Confrérie de s'en protéger. Nous croyons néanmoins que le moment est proche où ces désagréments disparaîtront et que la maçonnerie retrouvera ses marques1 ». Hypothétique, dis-je parce que les "ancients" dont il est question, bien que catholiques majoritairement n'utilisaient pas Tubalcaïn au Premier degré du Rite... et pas du tout Phaleg...

Sans penser, à aucun moment, que Willermoz ait pu avoir quelque influence sur le conflit anglais qui opposait les deux maçonnerie (il eut fallu pour cela qu'il les fréquentât), nous sommes bien obligés de constater une certaine convergence de vues. Aucune précision n’a jamais été donnée concernant ces marques, que la maçonnerie devait retrouver... et l'on sait, sauf à en ignorer le contenu, qu'il ne s'agit pas du degré de Maître de Marque... néanmoins, les « ancients » précisaient dans le « Ahiman Rezon », que les maçons étaient descendants de Noé, nous verrons plus loin l’importance de cette affirmation, et, de ce fait, qu’ils devaient respecter la religion du pays dans lequel ils se trouvaient pourvu qu'elle soit fondée sur la chrétienté. Exigence qui n’existe pas sous cette forme chez Anderson. Outre ce choix dans le conflit qui opposait les deux Grandes Loges en Angleterre et dont l’Europe maçonnique ne manquait pas d’être informée, la modification du mot de passe revient aussi, et plus philosophiquement cette fois, à substituer la forge au bénéfice de la dispersion du Verbe. Ce point est loin d’être anecdotique dans une pratique maçonnique qui réintégrera les dimensions et les formes de ce même Verbe en le faisant chair dans l’esprit de l’Evangile de Saint Jean. Le choix est clair et le déterminisme délibérément chrétien qui disperse la forge de Caïn au bénéfice de la Parole perdue. Il n’est plus question d’une construction pluridisciplinaire, d’un architecte polytechnicien, mais bien de la pierre de faîte qui avait été rejetée. S'agissant d'une démarche dont l’objectif était de « réintégrer » la Franc-maçonnerie de l’époque dans une forme de chrétienté rigoureuse dominée par les ultra racistes et d’en conforter l’objet par un thésaurus compatible avec une foi catholique stricte, ou, pour le moins, de « rectifier » les errements déistes du courant anglais des « moderns », il ne paraît pas surprenant outre mesure que les mythes relatifs de trop près aux descendances de Caïn et rappelant par trop les anciennes croyances liées à la forge aient été « mis de côté ». On peut donc penser qu’à la suite de l’intervention de l' « Agent Inconnu », et tout autant sur les insistances répétées de ses Maîtres martinistes qui militaient activement pour la disparition des références à la descendance de Caïn comme une garantie de réaffirmation chrétienne, Willermoz ait pu terminer, en 1785, son dernier rituel et, ainsi conforté par ses Maîtres en « sciences mystiques », rejeter les métaux qui restaient, pour eux-tous, un rappel trop manifeste de la chute de l’Homme. Cependant, les relations de Willermoz avec cet inconnu épistolaire ne sont pas les seules sources auxquelles ait puisé le Lyonnais. On gardera en mémoire que c’est en 1765 que le fondateur du RER constitue, à Lyon, à la suite des Chapitres de Metz, un « Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir, Rose Croix ». C'est-à-dire, un an avant la publication, par le Frère Bérage2 de sa traduction du « Septième degré de la Maçonnerie » ; le grade de « Noachite » ou « Chevalier Prussien », devenu, depuis, le 21ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et introduit en France vers 1757. Le nom même de « Chevalier prussien », à ce moment de la réforme entamée de la Stricte Observance Templière, n’est probablement pas du au hasard. C’est la logique de son intégration dans le corpus des Aréopages des Degrés Philosophiques du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui pourrait paraître étonnante dans la mesure où son contenu renvoi apparemment de manière trop précise à l’origine Templière de la maçonnerie et, plus particulièrement à une origine chevaleresque « teutonique » pour n’être que philosophique. Dans sa version ultime du Rite Ecossais Rectifié, Jean-Baptiste Willermoz, fidèle en cela au courant de pensée qui prétend que la construction de la Tour de Babel est la véritable origine de la franc-maçonnerie, introduit, au grade d’Apprenti, un personnage pour le moins Noachite puisqu’il est déjà l’un des éléments fondamentaux des hauts grades :« Phaleg ».

Dans le même temps qu'il élimine « Tubalcain », il rejette les « métaux » et procède à la suppression des « fondeurs » et des « forgerons ». Ce n'est pas, non plus, une surprise que la lignée de Caïn et ses forgerons soient enlevés au profit d'un roi-architecte qui voulut gagner le séjour de Dieu par l'érection d'une tour dont l'ambition était d'atteindre le séjour de Dieu. Mais surtout et en toute logique, à la suite de Martinès de Pasqualy qui constate la chute de l'homme hors du domaine spirituel dans la matière et incite à œuvrer pour l'accomplissement d'un retour vers l'esprit, il coupe la branche Caïnite de la symbolique maçonnique au grade d'apprenti maçon, celle qui laisse perdurer les artisans de la chute de l'Homme. Dans cette perspective, Martinez lui-même mais aussi J. Boehme, Swedenborg et Saint-Martin sont considérés comme missionnés par Dieu, éclairés par la lumière de la Sophia, la Sagesse d'intelligence, des Illuminés. On comprend qu'il y ait, après la Chute, deux postérités et deux humanités. La seconde postérité d'Adam, qui est celle de Seth, s'est rendue susceptible de réconciliation ne serait-ce que par l'Alliance conclue avec Noé et ses fils. Celle de Caïn doit encore être réconciliée. "Elle paie encore le tribut à la justice du Créateur3" et Tubalcain fermait la boucle. Ceux qui composent l'Assemblée des élus qui seuls ont été réconciliés par la venue du Christ sont missionnés dans le plan du rachat divin et reçoivent l'inspiration intellectuelle, la gnose, SOPHIA, ce sont les "illuminés". Même si le concept de dispersion de la parole ne constituait pas une nouveauté à cette époque, il est bien évident que sa personnification dans l’architecte de Babel avait largement disparu de la pratique du rite français sur lequel s’appuyait Willermoz. Ce n’était pas une nouveauté, néanmoins, les rituels du RER de 1785 replacent la Tour de Babel dans le cadre de l’Apprentissage maçonnique comme un élément qui n’aurait jamais du être occulté. Cela est confirmé dans les pratiques rituelles depuis au moins 1744, selon le témoignage de l’ouvrage « le parfait maçon », certaines pratiques maçonniques liaient le noachisme et la mythologie adamique à l’apprentissage, laissant les colonnes d’Enoch et la Tour de Babel. Au compagnonnage4.

Phaleg, l'architecte de la Tour et la maçonnerie noachite

Selon Albert Galatin MacKey, c’est tout naturellement que la Franc-maçonnerie Noachite s’est inscrite dans la chaîne symbolique de la franc-maçonnerie bien qu’à l’origine elle ait été conçue pour rester un système indépendant qui aurait substitué Noé à Salomon et Phaleg, constructeur de la Tour de Babel, à Hiram. De ce qu’il est possible de comprendre des anciennes légendes fondatrices de la maçonnerie, du moins, telles qu’elles ressortent des manuscrits gothiques, il n’est pas inimaginable qu’une ancienne légende relative à la Chute ou à un mythe nécromantique de même nature que celui qui a survécu ait donné à Noé le rôle de Père fondateur. Des fragments d’une telle légende auraient pu survivre et être intégrés dans le corpus symbolique de la maçonnerie spéculative du XVIIIème siècle alors que d’autres disparaissaient. Les souvenirs récurrents auraient alors servi de base à la fondation de cette maçonnerie. En effet, la légende de Noé n’a jamais été bien loin ; en 1738, « Noachidæ » apparait dans les Constitutions d’Anderson. Il est défini relativement aux familles ou tribus de la descendance des fils de Noé, Sem, Cham, et Japhet. Ces légendes affirment même que le premier Grand Maître des Maçons était Ham, fils de Noé et bâtisseur de la première ville, Shinaar. Comme à l’habitude, on le voit, les légendes maçonniques sont loin d’être vérifiables, particulièrement dans la Bible puisque cette légende ne tient compte ni de Caïn, ni de Hénoch ( Gen. 4 ;17), mais, là encore, il s’agit de la descendance de Caïn. Cette création de Shinaar donne néanmoins l’assurance du lien entre Noé, sa descendance et la maçonnerie opérative. Sans trop de conjectures hasardeuses, on peut raisonnablement reconstruire le processus par lequel la légende d’Hiram trouve sa place en maçonnerie. Les opératifs du moyen âge connaissaient Hiram et le Roi Salomon, les certitudes en sont données par les descriptions de Naym Green, Minus Green ou Nayman the Grec dans les anciens devoirs, en effet, ce maçon qui enseigna la maçonnerie à Charles Martel était réputé avoir travaillé sur le chantier du temple de Salomon avec Hiram. Certaines différences notoires dans les définitions des rôles des différents personnages laissent, cependant, entendre, que leur identification à cette époque n'implique pas que l'on ait conçu, pour eux, les mêmes rôles. L’architecte était donc connu, à défaut de la légende nécromantique qui le met en scène et il y a de fortes probabilités pour que cette légende fut d’abord celle racontant les faits et geste de Noé et de Cham et ayant pour but de démarrer une histoire du Temps permettant de mémoriser les évènements et leurs conséquences. Mentionné 7 fois dans la Bible, Phaleg, de la 4ème génération des fils de Noé, fut, comme son père, Roi de Babylone, lieu dont le nom signifie « la confusion », architecte de la Tour de Babel, il aurait vécu de -2247 à -2208 avant l'ère chrétienne. Il n'apparait que durant les chronologies généalogiques des livres du Pentateuque et de Saint Luc. Ainsi, il est dit que Phaleg, aussi appelé Palag ou Péleg, est le 13ème descendant de la dynastie de Seth, fils d'Héber, (Gen.11;16), descendant de Sem, fils de Noé. Les rosicruciens et les Illuminés du XVIIème siècle qui introduisirent la mystique en maçonnerie à partir du début du XVIIIème siècle, non seulement connaissaient la légende de Noé, mais encore la transposaient eux-mêmes dans leurs propres mythes fondateurs en insistant sur les aspects dramatiques, comme celui de la montagne du déluge sous laquelle gît la dépouille de Christian Rozencreutz. Les rédacteurs modernes pourraient alors tout à fait facilement introduire Hiram et les grands projets de Salomon dans le paysage postdiluvien de la première alliance. Phaleg peut alors retrouver sa place, au moment du passage de l’opératif au spéculatif, alors que le monde change sous l’influence des lumières et de la révolution industrielle des années 1700. Les Écritures précisent que son père lui donna le nom de Phaleg, פּלג (pâlag), qui signifie à la fois « partage » et « tremblement de terre », parce que c'est de son temps l'on commença à partager la terre (Gen 10 :25 et 1Chr 1;19 – on remarquera que ces deux versets sont quasiment identiques5). Soit que Noé ait commencé à partager les terres à ses neveux après le déluge, quelques années avant la construction de Babel, soit que Phaleg soit venu au monde l'année même de l'entreprise de Babel et de la confusion des langues, soit que Héber, par un esprit prophétique, ait donné à son fils le nom de Phaleg quelques années avant la tour de Babel6 (Gen. 11; 5 à 8 – Dt 32;8). Il n'en demeure pas moins que, selon les Écritures, la lignée dans laquelle il s'inscrit est assez bien définie et que, dans la liste des engendrements, on le retrouve porteur de la lignée d'Abram. Ainsi, d'Arphaxad, fils de Sem, par Salé, par Heber (Hébreux), par Phaleg, par Réu, par Sarug, par Nachor naquit Tharé qui engendra Abraham. Celui-ci eut trois femmes : Cétura, qui lui donna entre autres fils : Madian... Agar qui lui donna Ismaël... et Saraï, l'épouse légitime, qui lui donna Isaac. Celui-ci engendra Esau et Jacob (Israël). De ce dernier est issu le peuple des Hébreux. Selon l'historien américain P. K. Hitti7, ce peuple hébreu émigra en Palestine, à travers la Syrie entre 1500 et 1200 av. J.-C. Ce fut la seconde émigration, bien définie dans le temps et l'histoire, d'un peuple sémite vers le Croissant fertile. Il naquit en l'an du monde 1757, avant Jésus-Christ; soit, 2243, avant l'ère vulgaire 2247. Ce qui embarrasse ici les interprètes, c'est,

1° que Phaleg n'est venu au monde que cent ans après le déluge. Or il semble qu'alors le nombre des hommes n'était pas encore assez grand pour faire une entreprise comme celle de Babel.

2° que Jectan, frère de Phaleg, avait déjà treize fils au temps de la dispersion arrivée après la confusion de Babel (Ge 10 :26-28). Phaleg étant né l'an 34 de Héber, (Ge XI, 16), il est impossible que Jectan, son frère, ait pu avoir ce nombre d'enfants lors de la naissance de Phaleg. Il semble donc qu'il n'est pas né au temps de la dispersion. A cela on peut répondre que Moïse a rapporté les noms des treize fils de Jectan dans la Genèse, (Ge 10, 26), par anticipation, quoiqu'ils ne fussent nés qu'assez longtemps après la confusion de Babel? Mais comme ils occupèrent un assez grand pays, il était important de les faire connaître, et de les nommer parmi les autres descendants de Noé, qui se partagèrent les provinces d'Orient. Quoi qu'il en soit, Phaleg, âgé de trente ans, engendra Réu (Ge 11 :18), et mourut âgé de deux cent trente-neuf ans.

Histoire de Phaleg

Phaleg, qui avait conçu l'idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction.
La tour de Babel, le mot Babel signifiant en hébreu "confusion" "Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux. "Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l'Ecriture, jeta les yeux sur la terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers. Phaleg, se sentant coupable, se condamna à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l'Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n'avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages.
Dans cette région, que l'on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l'abri des intempéries.
ll érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s'enfermait pour implorer la miséricorde de l'Eternel et la rémission de son péché. L'an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc. Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu.
A côté de cette colonne, il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d'agate portant l'épitaphe suivante:
" Ici reposent les cendres de l'architecte de la tour de Babel.
Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il devint humble."

Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d'Eber, dont le père était fils d’Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé. Mot de passe au 21ème degré REAA – « Noachite » ou « Chevalier Prussien » : Phaleg (dit d’une façon lourde et empreinte de tristesse).

1 Cf. la lettre adressée en 1788 par le Grand Secrétaire des Ancients à Lord Elcho, Grand Maître de la Grande Loge d'Ecosse (Charles Bolton 1897, Grand Master's Lodge No. 1: 22, cité par Hextall, AQC ( Ars Quatuor Corronatum – revue de la Loge de Recherche Ars Quatuor Corronati ) 23: 48. Citée aussi par Alain Bernheim in « ÉTUDES MAÇONNIQUES - MASONIC PAPERS - LA FRANC-MAÇONNERIE, L’ANGLETERRE ET LES MYTHES » : « The Innovations which have of late crept into Masonry in this Kingdom ... as they tend to affect the integrity of the system, it is the duty of the Brotherhood to discountenance. We trust the time is not far distant when, sensible of the inconvenience as well as the fault of the Deviation, they will come back within the Landmarks of the Craft. » Trad JJ.

2 « Les plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie dévoilés, ou, Le vrai Rose-Croix » - Par Bérage - Publié « à Jérusalem » en 1766.

3Cf. Martinez de Pasqualy « traité de la réintégration des êtres ».

4 Cf. « Le parfait maçon : les débuts de la maçonnerie française (1736-1748) » : anthologie Par Johel Coutura, Société française d'étude du XVIIIe siècle, Collaborateur Société française d'étude du VIIIe siècle - Publié par Université de Saint-Etienne, 1994

5Gen 10:25 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » 1Ch 1:19 « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Péleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. » L'identité presque parfaite de ces deux versets n'est pas chose courante dans le Pentateuque et mérite d'être soulignée. En général, la répétition de termes ou de commandement indique leur importance car l'Éternel ne se répète jamais. On retrouve Phaleg dans Luc 3;35, c'est à dire la généalogie de Jésus.

6Cf. RP. Dom Augustin Calmet in « Dictionnaire, historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible » - Chez Marc Bousquet à Genève 1730

7Philip Khuri Hitti fut un Historien spécialiste de l'Islam décédé en 1978, fondateur du département d'études du proche-orient à l'Université de Princeton,

Source : http://truthlurker.over-blog.com/article-36031099.html

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Samedi 26 juillet 2014 6 26 /07 /Juil /2014 08:21

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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 07:44

L'ordre Dorique 


Dans les temps les plus reculés, partout dans le monde, les peuplades nomades se déplaçaient librement en érigeant des pierres dressées, symbole de la flamme céleste, lumière qui éclaire l'esprit humain. Tous avaient en commun une vision unitaire du monde, du visible, à l'inaccessible à l'esprit humain. 
Plus tard l'homme imaginatif doublé de sa ferveur religieuse, donna naissance aux Tumulus, Dolmens et bien d'autres créations. 
Puis se dressèrent à travers le monde: pyramides, pagodes, basiliques, temples et 
cathédrales: ouvrages des compagnons opératifs           
Le 2è voyage initiatique invite les compagnons en devenir, à cultiver les 5 ordres d'architecture que sont: le dorique, l'ionique, le corinthien, le toscan et le composite. 
5 ordres représentent 5 marches à gravir dans l'évolution du compagnon en construction. 
Pour cela et lors de ce voyage, 2 outils symboliques lui sont offerts: la règle, synonyme de la loi morale, dirige notre conduite et le levier qui nous permettra après ciselage, de poser notre pierre en vue de l'érection du Temple symbolique. 
L'architecture de la colonne de pierre du F :.M :. Opératif est comparable à l'architecture du corps humain : une base, un corps de pierres ciselées et empilées et un chapiteau, cette colonne a évolué dans l'histoire. Pour la 2è citée : des pieds, un corps soutenu par 33 vertèbres empilées et une tête dotée d'une intelligence qui doit évoluer dans le temps. Cette colonne multi séculaire du F\ M \ Opératif est riche en enseignements; donnons-lui la parole. 
L'ordre Dorique est le plus ancien des ordres d'architecture grecque : Le Parthénon en Grèce en est le type (447 AV JC). Harmonie des proportions, il est austère, puissant et robuste. Beauté et raison sont étroitement liées dans la colonne Dorique. Elle repose avec simplicité directement sans base sur le soubassement (stylobate).Elle est courte et massive, elle évoque force et grandeur. Sa hauteur est égale à 8 fois son diamètre de base. Son pourtour est creusé de 20 cannelures formant des crêtes vives, réduites à 16 par les Romains qui ajoutèrent une base. Son chapiteau rectangulaire est peu élevé. En fait, les phénomènes de forme qui sont apparus aux différentes époques dans l'architecture et la décoration dans les différents pays, sont tantôt de l'ordre spirituel, comme les proportions ou les styles, tantôt d'ordre plus matériel comme les éléments ornementaux empruntés tri souvent à la nature. Ils participent à la vie sociale et morale comme des êtres animés. Ils l’expriment dans l'image offerte par l'évolution des goûts comme par l'évolution des meurs. 2 colonnes symboliques prennent une place essentielle dans notre Ordre. C'est Hiram de Tyr qui coula les 2 colonnes d'airain pour le temple de Salomon, nous dit le livre des Rois. Il les nomma Jakin et Boaz. Cet artisan était rempli de sagesse, d'intelligence et de science. L'airain, alliage sacré est synonyme d'immortalité et d'inflexible justice. II est aussi le signe de l'alliance indissoluble du ciel et de la terre. Hiram coula aussi un chapiteau pour chaque colonne, orné de 200 grenades où figuraient des lys, le tout relié par 7 chaînettes festonnée.
Boaz signifie « en force » ; Cette colonne est peinte en bleu considéré comme passive, féminine associé à la lune. Elle se dresse à l'intérieur du temple de la loge, à la porte de l'occident, à gauche en entrant, coté nord. C'est la colonne des apprentis dans le silence et la pénombre du septentrion. Du mot Boaz ressort toute la signification du cabinet de réflexion : descente en soi même vers la source de lumière intérieure et profonde. EN FORCE, c'est la force profonde qui vient de cet approfondissement intérieur. Cette colonne nous parle du travail de l'apprenti ; un peu de lumière naîtra du travail au fond de soi permettant la fermentation intérieure et l'éclosion de l’œuf : renaissance de l'apprenti. 
Les grenades, fleurs de lys et chaînettes, préfigurent respectivement ordonnées : le cycle de germination des graines en terre au solstice d'hiver et renaissance de l'apprenti. Puis restitution de l'apprenti à la vie pure et enfin notre chaîne d'union où l'apprenti est soutenu par ses frères dans la lente progression de sa construction, vers la connaissance de soi. 
Jakin signifie : « qui établira », qui fondera. Cette colonne est de couleur blanche. Elle est considérée comme active et masculine. Associée au soleil, elle est à droite en entrant dans le temple. C'est la colonne du midi, la colonne des compagnons pèlerins, dans le sillage de la pleine lumière. Grenades, chaînettes et fleurs de lys préfigurent sur cette colonne d'autres aspects symboliques: fécondation du monde ensemencé par l'homme ouvert à l'univers, ardeur du F :.M :; vers un idéal commun et enfin : élévation vers le plus haut de la connaissance, vers la perfection, vers le divin. 
Jakin nous parle aussi d'autre chose : c'est l'action de la main, du toucher, du façonnage. C'est la main qui sent et qui crée jusqu'à l'aboutissement final. Cette colonne nous parle bien de l'action qui prend la mesure de l'homme et qui agit sur la création dans une œuvre de perfectionnement cosmique. C'est à la colonne J que le compagnon peut prendre la parole car il a acquit la capacité intérieure de dire une parole : c'est donc là qu'il reçoit son salaire. Boaz et Jakin symbolise l'accession au spirituel en interaction permanente 
Approfondissement intérieure de l'apprenti, expression extérieure et action sur le monde du compagnon en progression vers la maturité féconde. 
Après la colonne, laissons parler le cœur : C'est par la Foi qui n'est autre que la lumière de l'esprit nourrie par l'Amour, que nous parviendrons avec sagesse et intelligence à insérer notre pierre ciselée; dans notre temple commun, celui d'une société plus humaine ; La parole est donnée à l'ordre Ionique. 

M\ B

L'Ordre Ionique 


Le sujet de ce soir m'a permis de me replonger sur mes deux années maçonniques passées à vos côtés. Grâce à cela je vais vous livrer mon sentiment profond, mes pensées actives. Je vous livrerai mon travail intérieur, mon voyage vers mon être le plus profond. Ce voyage qui m'a permis et continue encore à établir mon temple intérieur. 
L'ordre d'architecture Ionique ; lorsque je me suis penché sur ce sujet, je suis resté perplexe, profane devant la complexité de cette réalisation. 
L'histoire nous donne comme origine : les Grecs étant passés dans l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. lis cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'Architecture qui, sans être moins régulier que le Dorique, offrit un genre de beauté plus délicate, et qui fût susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille plus délicate des femmes Grecques. Poussant loin l'imitation, ils copièrent les boucles de leurs cheveux, ce qui donna lieu aux volutes du chapiteau, et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements. Ce nouvel ordre fut nommé Ionique. 
L'ordre ionique est l'un des trois ordres de l'architecture grecque, caractérisé surtout par un chapiteau orné de volutes et une colonne élancée ornée de cannelures profondes et possédant une base moulurée. 
Les ordres d'architectures sont le départ de la construction d'édifices toujours présents de nos jours (Acropole, cathédrales,...). La précision de ces réalisations, les matières nobles employées ont permis de les faire perdurer dans les âges et les différentes générations. 
La méthode maçonnique sur cet ordre nous a été transmise par nos frères opératifs. 
Je pense qu'il faut prendre en compte plusieurs perceptions qu'offre à notre compréhension cet ordre.
Sur un plan maçonnique je pense que nous pouvons prendre l'inspiration du chapiteau ionique et de sa colonne qui pourrait venir du temple d'AthénaNikè qui me dévoile tout d'abord le sentiment de ‑ RASSEMBLEMENT: La forme d'ensemble du chapiteau rassemble deux formes, relie la face avant et la face arrière de chaque volute. 
Cela nous plonge dans le rassemblement des francs maçons et de leurs idées. Nous sommes tolérants et nous nous acceptons tels que nous sommes. Nous sommes liés par notre serment et par notre existence. 
Puis un sentiment ‑ INCOMMENSURABLE: La synchronisation parfaitement symétrique, bien équilibrée donne à la structure une dimension de grandeur et de gigantisme. La colonne si bien tendue, érigée vers l'infini. 
Comme le fil à plomb garant d'une profondeur spatiale du zénith au nadir. De notre existence d'homme vers les étoiles vers l'intouchable ou presque. Maintenant, 
- Expression du CONTINU : Les volutes forment un ensemble de courbe continu qui va de l'une jusqu'à l'autre, mais cette courbe est marquée par des étapes qui sont bien séparées: d'abord elle a la forme d'une spirale, puis elle se transforme en souple horizontale un peu creusé au sommet du chapiteau, puis elle devient la spirale opposé sur l'autre côté du chapiteau. 
Ces étapes peuvent être rapportées à celles franchit par le franc-maçon tout au long de son cheminement initiatique, du commencement vers l'infini. Du cabinet de réflexion ou une renaissance à lieu pour perdurer vers une progression lente mais constante. 
Voyons maintenant un autre sentiment qui m'est propre :
‑ Expression du LIE : le chapiteau est obtenu au moyen de diverses formes bien séparées visuellement qui sont parfaitement liées ensemble par leur emboîtement mutuel. 
Nous sommes comme les doigts d'une seule main, nous sommes liés pour la vie. Quoique différents, comme de diverses formes existantes en architecture, nous nous reconnaissons comme frère. 
II est donc nécessaire de toujours tailler sa pierre de plus en plus adroitement et finement afin de tenter de devenir un homme libre tant dans sa vie maçonnique que dans sa vie profane afin d'apporter sa pierre à l'édifice. 
Cette transmission de savoir et d'allégeance nous permet avec force de passer de l'état de franc maçon opérateur à franc maçon spéculatif. Ce message de la tradition transmis depuis des âges nous permet d'asseoir toute notre logique. Nous utilisons des outils de bâtisseurs. Nous taillons notre pierre brute pour approfondir notre pensée. C'est en participant à la construction de l'édifice, du temple que nous contribuons à consolider la franc- maçonnerie. 
Ces ordres peuvent se rapprocher aux trois colonnes du temple qui peuvent être symbolisées par la sagesse, force et beauté. La sagesse qui dirige et nous guide, la Force qui nous soutient dans toutes nos difficultés et la beauté qui orne notre conscience 
La colonne de mon grade est là pour me guider sur le chemin initiatique du compagnon. 
II ne faut pas oublier en conclusion que les cinq ordres, le Toscan, le Dorique, l'Ionique, le Corinthien et le Composite correspondent à la base, à la perpendiculaire, au diamètre, à la circonférence et à l'équerre. 

O\ C\ 

L'ordre Corinthien 


L'évolution de l'architecture grecque nous amène au 3è ordre fondamental qui apparu au Vé et IVe siècle av JC, l'ordre Corinthien. II se caractérise par une colonne à 24 cannelures et 18 rayons, mais pas de base, son chapiteau orné de feuilles d'acanthe d'où émergent 4 volutes, donne à cette colonne d'origine ionique un couronnement bien venu, par son efflorescence de plus en plus haute et touffue. 
Ce chapiteau connaît un vif succès car en plus de son aspect esthétique, il résout le problème du chapiteau ionique qui avait l'inconvénient de ne pas être identique sur toutes ses faces et en particulier aux colonnes d'angle. Ce nouvel ordre allie désormais la force à l'élégance, supplantant le dorique majestueux par la simplicité de sa colonne trapue posée directement sur le soubassement, et l'élégance du ionique due à sa colonne élancée reposant sur une base et son chapiteau décoré de volutes en forme de corne de bélier. 
Cette évolution, cet embellissement architectural, me ramène sur un plan maçonnique à notre recherche perpétuelle à nous améliorer en travaillant sur notre pierre cubique, en la façonnant coup après coup aidé du maillet et du ciseau, en effet la connaissance acquise en tant qu'apprenti associé à l'énergie, nous apporte la force pour gommer les aspérités, polir ensuite notre pierre nous ouvrant ainsi peu à peu la voix de la sagesse. 
II me reviens sans cesse en tête un des symboles de l'apprenti qu'est la perpendiculaire, ce chemin vers le haut et le bas, qui nous est si bien transmis par Hermès Trismégiste dans la table d'émeraude, dont le but essentiel est de ce connaître soi même, pour trouver sa place dans l'univers, et comprendre que le sens de notre quête est la vie par l'amour. Nous passons de la perpendiculaire au niveau en tant que compagnon, nous avons acquis assez de connaissance de l'intérieur comme vers l'extérieur pour enfin envisager une construction sur des bases solides, qui nous permettrons de nous élever vers le ciel comme les colonnes du temple, les compagnons étaient d'ailleurs appelés au moyen âge, les enfants de Salomon, autrement dit nous suivons l'enseignement de nos maîtres, garant de la tradition maçonnique, au service de cette veuve et de ces orphelins. 
Le 1er exemple connu de l'ordre corinthien se trouve au temple d'Apollon de Bassae­Phigalie (fin du Vé siècle). Callimachus, célèbre sculpteur, serait l'inventeur du style corinthien, et Vitruve qui fut un grand constructeur à l'époque de jules César, nous conte dans son livre IV sur l'architecture la touchante histoire du chapiteau corinthien. II compare les proportions des trois ordres grecs à celles de l'homme, la femme et de la jeune fille. La délicatesse de cette jeune fille à qui l'âge rend la taille plus dégagée et plus susceptible de recevoir les ornements qui peuvent augmenter la beauté naturelle. 
C'est une projection de l'être humain, de soi même, de l'intérieur vers l'extérieur, chercher sans cesse au fond de soi le meilleur, et ensuite le partager, l'offrir au monde. Je me rends compte que l'art de l'architecture prend comme source d'inspiration les proportions humaines pour les élever en édifices dédier dans la plupart des cas aux dieux, dans le seul but de rapprocher l'homme de Dieu, mais aussi de rapprocher Dieu de l'homme. Non pas que nous ayons besoin de croire qu'il existe un être supérieur et puissant qui créa l'univers, mais croire simplement que nous pouvons nous élever spirituellement pour mieux comprendre notre univers et accepter que nous ne somme qu'un avec lui, nous servant pour cela de nos 5 sens indispensable à notre croissance et notre recherche. 
Ce style corinthien traversera le temps et les époques, il connaîtra différentes phases, tantôt enrichi, mêlé, tantôt simplifié ou abâtardi jusqu'à l'aube du 20ème siècle. On retrouvera au moyen âge l'emploi de colonnes antiques dans certaines basiliques, voire même la juxtaposition, dans une même file de colonnes, de chapiteaux ioniques, composites et corinthiens, de fûts de diamètre, de hauteur et de types variés. Cette diversité liée d'abord à la difficulté de trouver du marbre en quantité suffisante, devient après l'époque carolingienne un véritable goût, et l'on verra des basiliques italiennes devenir de véritables musés d'art antique. Le chapeau corinthien demeurera longtemps la base du décor monumental. 
Nous voyons au centre de notre temple, posée sur le pavé mosaïque, les 3 colonnettes, représentant chacune une style et positionnées en loge suivant un ordre architectural mais aussi symbolique. 
En effet, la colonne Dorique qui est la plus ancienne, la plus trapue et la plus résistante était vouée au niveau du rez-de-chaussée qui porte le poids de l'édifice, on la retrouve en loge à l'orient face au vénérable qu'elle représente, portant lui-même le poids de notre atelier. 
La colonne tonique, plus qui était destinée aux premiers étages des édifices se trouve sur la colonne Boaz et face au 1er surveillant qu'elle représente, lui-même après le vénérable, supportant une partie du poids de l'édifice et surtout du bon accomplissement du travail des compagnons. Enfin La colonnette corinthienne qui était vouée aux second étages des constructions, placée en loge devant la colonne Jakin, est associé au 2é surveillant qui accompagne les apprentis, et assiste le vénérable et le 1er surveillant dans nos travaux de loge. 
L'art architectural ne cesse d'évoluer à travers les âges, utilisé pour édifié des temples à la gloire des dieux, s'enrichissant toujours plus par la tradition des siècles passés, cet art nous démontre que les croyances et les idées changent et passent, alors que les lois de l'équilibre et de la géométrie restent à jamais, elles sont la vrai tradition de notre construction personnelle, car elles ont l'avantage d'unir les hommes qui recherchent dans l'harmonie du monde, le modèle de leur équilibre intérieur. 

J\-P\ G\ 

Ordre Composite et Ordre Toscan 


Je prendrai la suite de mes frères en traitant les ordres architecturaux ou l'on peut trouver deux types d'ordres qui sont : les ordres GRECS (dorique, ionique et corinthien) et le sujet de mon travail: les ordres Romains (Composite et Toscan). 
Je commencerai par la définition de ces différents ordres, puis je vous donnerai mon sentiment personnel car je pense qu'il est plus intéressant qu'une copie mal faite d'ouvrage. Maintenant, en tin que compagnon, vous m'avez donné le droit à la parole. 
C'est avec humilité que je vais la prendre car le verbe en est lié. Nous travaillons dans 
des Loges de St Jean, l'Evangile selon St jean. 
Saint Ignace d’Antioche ne parle‑t‑il parle du « Verbe sorti du Silence » ? ... 
Ordre composite 
C'est un mélange savant d'ionique et de corinthien, c'est à dire que nous retrouvons en dessous, la volute ionique et au-dessus une échine taillée en oves. 
C'est au 16eme siècle que les architectes imaginèrent cet amalgame car ils en avaient remarqué un exemple dans l'arc de Titus. (cet arc commémore la prise de Jérusalem 70 ans après JC ) 
L'ordre composite allie la force dans la beauté, le tout supporté par un pilier lisse, blanc donc vierge et le tout posé sur la terre ou fondation : nos racines, le premier voyage que l'apprenti à vécu. 
Le compagnon devra donc faire preuve de beauté dans son action. 
Ordre toscan C'est une imitation de l'ordre dorique Grec. Les Romains l'employèrent avant de faire la conquête de la Grèce. Sa principale caractéristique est l'absence de tout ornement, la pureté simple de l'art. 
Durant notre initiation au 2 e degré et pendant notre 2e voyage, deux outils nous sont remis : La règle ‑ représentant la loi morale ‑ et le levier ‑ multipliant nos forces. 
Nous retrouvons cet alliage dans le composite (la force et la beauté, levier et règle). 
Nous sommes au grade de compagnon chacun de nous doit transmettre le savoir acquis pendant la période d'apprentissage. 
Je citerai Vitruve « une construction ne tient debout que si les règles sont appliquées ». 
Comme dans toute société il y a des lois, des règles à respecter, afin que chacun puisse s'épanouir grâce au bienfait de cette forme de liberté donnée. 
Par contre comme nous l'indique le rituel « Ses divers styles se sont succédés dans le temps suivant l'évolution du goût des constructeurs, mais tous ont eu pour objet l'harmonie des édifices qu'ils devaient ériger. » 
A nous d'adapter notre savoir par rapport à la situation. La recherche de la vérité n'est pas une science exacte car nous ne sommes confrontés qu'à des êtres vivants donc évoluant eux aussi, à des civilisations et dans des sociétés tributaires des mêmes éléments. 
Un, deux et trois ....La force, la beauté, la sagesse. 
Ces ordres d'architecture nous révèlent encore que tout est symboles; oui, mais je découvre une autre face cachée qui est l'élévation de la pensée par la connaissance que définirai par la naissance de l'être. Je suis encore dans cet état latent, c'est pour cela que l'on ne peut pas parler de maîtrise. 
Il faut que j'essaye de tout emboîter pour pouvoir poursuivre mon chemin avant de vouloir le partager. 
Nous avons dit, Vénérable Maître. 

Source : www.ledifice.net

Par G\ S\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 07:11

A l’issue du deuxième des cinq voyages du rituel de réception au deuxième degré que le futur Compagnon effectue avec la règle et le levier, le frère Expert lui fait lire un cartouche sur lequel est inscrit :

« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite »

Ces termes font référence aux ordres d’architecture grecs et romains. Le sujet de méditation qui est ainsi proposé au récipiendaire est donc l’architecture, l'art de bâtir des édifices. Comme la musique est l’art d’assembler harmonieusement les sons dans le respect de la vibration naturelle des corps sonores, l’architecture est l’art d’assembler les matériaux dans le respect des lois physiques, au moyen d’outils, pour en faire des édifices harmonieux. Les deux arts sont fondés sur l’harmonie de rapports, de proportions qui se laissent ramener à des nombres.
Architecture vient du grec archè, le commencement, le commandement, le principe et de tektonikos, le charpentier ou le bâtisseur, littéralement le bâtisseur des origines.
L’architecture serait ainsi un ordre soumis, tout comme l’Univers, à l’archè, au principe du nombre. L’un des traits qui demeureront ceux de la philosophie grecque est en effet l’idée selon laquelle le monde est tout à la fois un et multiple, un monde où la pluralité des éléments et des puissances est dominée et compensée par une loi abstraite d’équilibre et d’harmonie régie par le nombre.
Les hommes ont connu le nombre en se référant à la nature. Ce sont les ancêtres qui ont su lire dans la nature ce qui y fait force de loi : c’est-à-dire le langage des chiffres, de la géométrie, des proportions.
De fait la référence à nos prédécesseurs est constante dans le rituel du second voyage du Compagnon.
Il est ainsi dit :
« Ce sont les matériaux, les outils, les chefs-d’œuvre de cet art (l’architecture) que vous voyez figurés dans nos ateliers et sur les tableaux de nos loges… Tout cela concourt à la construction du temple que nous élevons en continuant la tâche de nos prédécesseurs. Il n’importe que le temps ait respecté leurs œuvres ou qu’il les ait recouvertes de la poussière de l’oubli. Le Grand Art de la maçonnerie demeure pour attester l’élévation de leur pensée, l’étendue de leurs connaissances et la splendeur de leur génie ».
Le second voyage a, à mon sens pour objectif, d’amener le Compagnon à rendre hommage aux grands anciens opératifs, aux savants, aux chercheurs, aux bâtisseurs, aux explorateurs qui ont modelé le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et qui nous l’ont légué en héritage.

DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE

Les ordres ou styles architecturaux sont à la fois système de formes, de proportion et langage décoratif. Au sein de ces ordres, la colonne qui définit les proportions générales et son chapiteau qui détermine le style sont les éléments les plus importants.

Il y a deux ordres fondamentaux crées par les grecs, le Dorique (qui vient du continent, de la péninsule du Péloponnèse) et l'Ionique (qui vient des îles et de la côte orientale de la mer Égée).
Ces deux ordres ne se résument pas au style des colonnes et des chapiteaux. Ils régissent également l'agencement des lieux et les proportions des éléments constituant le monument auxquels ils s'appliquent.
L'ordre Corinthien n'est pas un style en lui-même, c'est l'ordre Ionique avec un chapiteau à feuilles d'acanthe. A ces trois ordres grecs, les romains ont ajouté 2 variantes : le Toscan et le Composite pour constituer les chapiteaux des cinq ordres d’architecture du rituel d’initiation du Compagnon.
Le premier texte qui définit les cinq ordres classiques est le traité d’architecture en dix volumes « De Architectura »dédié à l’Empereur Auguste par l’architecte romain Vitruve vers 25 avant J.-C .
L’homme, créature la plus parfaite parce que formée à l’image de Dieu, microcosme reflétant le macrocosme, apparaît selon Vitruve comme le modèle à suivre dans une architecture en quête de perfection. Le rituel de la cérémonie de réception au second degré est dans la lignée de cette approche anthropomorphique quand il dit : « A l’image harmonieuse des colonnes qui s’élevaient à l’entrée du temple de Salomon, soyez vous-même une colonne vivante qui s’élève vers les hauteurs, tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance. Vous deviendrez ainsi l’un des piliers inébranlables de notre temple ».
Comment ne pas penser en lisant ce passage du rituel à ces vers de Baudelaire dans les correspondances :
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

DORIQUE
L’ordre Dorique, le plus simple, le plus « masculin », a vu le jour vers -630 dans le Péloponnèse. La colonne massive n'a pas de base, le chapiteau est lisse et simple. Vitruve rapporte dans son traité d’architecture l’origine mythique de la colonne Dorique : « Ils cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur, ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant une grosseur quelconque à la tige de leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme ».
Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra sont sans doute les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique.
Ce style était répandu en Grèce et dans les colonies grecques qu’étaient alors le sud de l’Italie et la Sicile.

IONIQUE
L’ordre Ionique est apparu une centaine d’années après l’ordre Dorique dans les îles de la mer Egée et en Ionie, une région qui se situait sur la côte ouest de l’actuelle Turquie. La colonne Ionique est plus élancée. L‘élévation du fût est de huit à douze fois sa base. Le chapiteau est décoré de volutes en forme de cornes de bélier qui évoquent des cheveux féminins.
La légende, toujours véhiculée par Vitruve, veut que des populations de l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un Temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. Ils cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'architecture d’une beauté plus délicate que le Dorique et susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille des femmes grecques. Poussant encore plus loin l'imitation, ils ont donné au chapiteau la forme des boucles de leurs cheveux et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements.
Le flacon du parfum Organza de Givenchy emprunte à l’évidence à la symbolique de la colonne Ionique.
Le temple d’Athéna Niké
]  , déesse de la victoire et protectrice d'Athènes, construit en -423 dans cette ville est emblématique du style ionique, lequel poussé à son extrême logique, aboutit au portique des Caryatides de l'Érechthéion. Ce temple de style ionique fut construit entre -421 et -406 en l'honneur d'Athéna et de Poséidon sur l’acropole d’Athènes. Il comprend trois portiques, dont celui des Caryatides à l'arrière. Les colonnes de ce portique sont constituées des statues de six jeunes filles revêtues de grandes robes commémorant la défaite des habitants de Carya, dans le
Péloponnèse, coupables de s’être alliés aux Perses. La fonction de support exprime visuellement l’asservissement de ces femmes.

CORINTHIEN
L’ordre Corinthien tire son nom de la cité de Corinthe. Il ne s’agit pas d’un ordre à proprement parler mais d’une colonne Ionique avec un chapiteau à feuilles d’acanthe.
Vitruve, rapporte ainsi la légende de sa création : Une jeune fille de Corinthe, étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau un panier contenant ses objets familiers. Pour protéger son contenu, elle mit une tuile sur le dessus. Le panier ayant été placé sur une racine d'acanthe,
les feuilles et les tiges l'enveloppèrent bientôt et contraintes par la tuile, se recourbèrent, formant ainsi des volutes. Le sculpteur athénien Callimaque passant auprès de ce tombeau, séduit par cette disposition inattendue des feuilles autour de la corbeille, décida de l'imiter et de l'adapter aux colonnes qu'il réalisait en réglant sur ce modèle les proportions et le style de l’ordre Corinthien.
Selon Vitruve si la colonne Dorique symbolise le corps de l’homme, l’Ionique celui de la femme, l’ordre Corinthien symbolise le corps de la jeune fille. La référence à un végétal permet également d’en faire le symbole de la nature.
Le chapiteau Corinthien est élégant et son décor est touffu. Il donne un sentiment de luxe et de richesse. S’il a été rarement utilisé dans la Grèce antique, ce style se retrouve fréquemment dans le Rome antique. Le Panthéon à Rome en est un exemple.
Dans sa pièce Les Amours de Psyché et de Cupidon Jean de La Fontaine prête les paroles suivantes à Psyché quand elle découvre le palais de l’amour :
« Ces ordres dont les Grecs nous ont fait présent,
Le dorique sans fard, l’élégant ionique,
Et le corinthien superbe et magnifique,
L’un sur l’autre placés, élèvent jusqu’aux cieux
Ce pompeux édifice où tout charme les yeux ».


L’ORDRE TOSCAN est transposé du Dorique. La colonne Toscane comprend une base et son chapiteau est souligné par une astragale.

L’ORDRE COMPOSITE se distingue par un chapiteau qui réunit les volutes du chapiteau Ionique et les feuilles d'acanthe du chapiteau Corinthien.

UNIVERSALITE DES ORDRES ANTIQUES D’ARCHITECTURE

Il n’est guère d’autre domaine de l’art occidental où l’héritage grec se soit pérennisé autant qu’en architecture : les ordres progressivement mis au point par les grecs se sont transmis – tour à tour enrichis, mêlés, simplifiés, abâtardis, puis apurés et combinés de nouveau – jusqu’au seuil du XXe siècle, en sorte que toute l’architecture monumentale de pierre de l’Occident a, pendant vingt-cinq siècles, parlé peu ou prou ce langage clairement articulé, auquel elle a su faire dire des choses bien différentes.
Les ordres grecs sont basés sur les proportions humaines, ce qui est l’un des moyens les plus remarquables de relier l’homme à son habitat et aux bâtiments publics. L’usage des ordres classiques est la manière de refléter les idéaux démocratiques qui guident la plupart des nations du monde. En effet la démocratie ou pouvoir du peuple est née à Athènes, en Grèce, il y a environ 2.500 ans, en même temps donc que se sont développés les ordres classiques d’architecture.
Nombre de bâtiments publics, dans le monde entier et à commencer à Madagascar intègrent dans leur conception des éléments de ordres classiques. Il en est ainsi du palais du pierre, aujourd’hui bien solitaire, qui enserrait Manjakamiadana, du Palais du Premier Ministre, du palais de justice de Ranavalona II à Andohalo, construit dans le plus pur style Ionique, de l’école de médecine, des belles maisons de la ville haute. Faut-il s’en étonner lorsque l’on sait que c’est un franc-maçon, le missionnaire-architecte écossais James Cameron qui, à la demande de la Reine Ranavalona II, en 1869, a recouvert le Palais de Manjakamiadana, d'une ossature en pierre qui est devenue l’archétype de la maison traditionnelle malgache avec ses éléments caractéristiques : colonnes de pierre ou de brique à chapiteau soutenant une varangue, avec dans certains cas une tour d’angle. Trois ordres d’architecture se superposent au palais de pierre de Manjakamiadana, au premier niveau, de solides piliers carrés qui rappellent le style Dorique, au second niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Corinthien et au troisième niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Composite.

HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE

Les symboles maçonniques ont quatre origines principales : cosmique, biblique, « compagnonnique » et Pythagoricienne. Phytagore est né à Samos vers -57O sur les rives de la mer Egée, là où s’est développé, à la même époque, l’ordre Ionique.
La référence aux ordres d’architecture dans notre rituel me paraît donc un hommage rendu à l’école Pythagoricienne et plus largement à la civilisation Grecque antique à laquelle nous devons tant.
Vers le VI° siècle av. J.‑C., le long de la côte de l'Asie Mineure, en Ionie, survint le plus invraisemblable des développements : le « miracle grec », qui dura près de huit siècles. En plein milieu de l'univers mythique, une poignée d'hommes exceptionnels parvinrent à renverser la vapeur et à semer les germes d'un nouvel univers qui allait sonner le glas de l'ancien.

Les Grecs introduisirent l'univers scientifique, qui est encore le nôtre aujourd'hui. Au lieu de s'abandonner aveuglément aux Dieux et de se contenter d'observer les événements naturels sans les comprendre, les Grecs eurent l'intuition révolutionnaire que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que la raison humaine était capable d'appréhender les lois qui régissent le comportement de ces composantes et leurs interactions entre elles. La nature pouvait être sujet de réflexion et de spéculation. La compréhension des lois naturelles qui était réservée exclusivement aux Dieux dans l'univers mythique était partagée par l'homme dans l'univers scientifique.
Munis de cette inébranlable confiance en la capacité de la raison humaine, les Grecs se mirent au travail. La structure de la matière, la nature du temps, les phénomènes biologiques, géologiques et météorologiques, rien n'échappa à leur regard curieux et inquisiteur. Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes indivisibles, une vision qui demeure d'actualité. Pythagore, en élaborant ses théorèmes, fonda les mathématiques et Euclide bâtit sa géométrie.
De cette intense fébrilité intellectuelle émergea un nouvel univers qui prit ses distances avec l'univers mythique.

LE SYMBOLISME DES TROIS ORDRES ET DES TROIS PILIERS

Il y a dans les ateliers travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté (R\E\A\A\) trois petites lumières placées sur trois colonnes/chandeliers représentatifs des trois principaux ordres d’architecture. Ces colonnes sont appelées dans le catéchisme de l’apprenti les trois grands piliers qui soutiennent la loge et président à la construction des francs-maçons.
La première marche de l’Orient et l’entrée du Temple déterminent un rectangle de largeur 3 et de longueur 4 au centre duquel se trouve le pavé mosaïque, sur lequel est tracé le tableau de loge entouré des trois piliers/chandeliers. Cet endroit délimité par les trois petites colonnes me paraît être le Saint des Saints, la véritable représentation symbolique du Temple, ce qui peut expliquer l’utilisation de colonnes grecques.
Un Temple bancal en apparence puisqu’il ne compte que trois colonnes, ce qui ne permet pas d’assurer un équilibre satisfaisant, bancal en apparence seulement puisque si les trois piliers visibles sont la représentation au sein du cosmos de l’homme (ordres Dorique et Ionique) et de la nature (ordre Corinthien), le quatrième pilier est bien là mais invisible, indicible. Il représente ce que l’on pressent mais que nul homme ne peut voir : Le Grand Architecte de l’Univers, le G\A\D\L\U\, le principe créateur, la vérité, la lumière, que nous recherchons tous consciemment ou inconsciemment, en doutant un peu tout en caressant le secret espoir de trouver un sens à notre existence. Cet état d’esprit est celui de Voltaire lorsqu’il dit :
L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De toute façon les francs-maçons en bons disciples des chevaliers du Graal, savent que ce qui importe c’est la quête et non le Graal.
Ce qui se trouve autour de cet endroit saint que nul ne foule des pieds, le reste de l’atelier, représente à mon sens le cosmos avec la voûte étoilée, la lune, le soleil, l’étoile flamboyante, l’étoile polaire, l’axe du Monde, le nadir, le midi, l’Orient l’Occident, autant de références géographiques qui me donnent l’impression d’être au dehors, d’ailleurs les deux grandes Colonnes J\et B\ne sont t-elle pas à l’extérieur du Temple puisqu’elles font référence aux colonnes qui étaient placées à l’extérieur du Temple de Salomon, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Si je peux les voir cela ne signifie t-il pas que je suis moi aussi à l’extérieur et que le véritable Temple, symbolisé par les trois piliers, est le monde profane ?
Les trois petites lumières occupent une place importante dans notre rituel puisque nos travaux débutent par leur allumage placé sous trois invocations :
A la colonne Ionique « Sagesse » dédiée au V\M\ et plus largement aux MM\de la loge correspond l’invocation :
« Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice »
Notre rituel fait correspondre à la colonne Ionique, symbole féminin, la sagesse. Il est de fait que la sagesse au sens d’un comportement juste et raisonnable est le plus souvent l’apanage de la femme que de l’homme, elle qui conçoit, qui porte puis élève les enfants apparaît comme plus mesurée, plus réfléchie, moins aventureuse que l’homme.
Dans la mythologie romaine la, sagesse est personnifiée par un dieu femelle, la déesse Minerve, fille de Jupiter équivalente d'Athéna dans la mythologie grecque. Fière et belliqueuse, elle était la déesse des guerriers, la protectrice de la maison et de l'État, l'incarnation de la sagesse, de la pureté et de la raison. Minerve était aussi la protectrice des arts, de l'artisanat et des métiers.
La Sagesse au sens religieux de la connaissance inspirée des choses divines et humaines, apanage de Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem, est logiquement une vertu associée au Vénérable Maître qui dirige nos travaux.
Dieu dit à Salomon : Puisque c'est là ce qui est dans ton coeur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. (Chroniques 1- 11 et 12).
La sagesse dans la perspective des âges de la vie est l’apanage de la vieillesse car on ne reçoit pas la sagesse, elle résulte d’une longue expérience. Il faut la découvrir soi-même tout au long de sa vie en polissant sa pierre au contact des autres pierres du Temple car elle est un point de vue sur les êtres et le monde.
A la colonne Dorique « Force » dédiée au 1ér S\donc aux CC\correspond l’invocation :
« Que la Force le soutienne »
L’ordre Dorique est le plus masculin des trois ordres grecs, il donne aux édifices construits dans ce style la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme nous dit Vitruve. Il est donc logique de lui faire correspondre la Force, le premier surveillant et par extension les Compagnons qui n’ont qu’une religion le Travail. A ce titre ils sont les ouvriers à qui l’on a confié un instrument inconnu de l’apprenti, le levier qui en multipliant nos forces nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple nous dit le rituel de réception du Compagnon.
Dans la perspective des âges de la vie la Force est l’apanage de l’âge mûr où l'homme a atteint son plein développement. D’ailleurs ne dit-on pas d’un homme en pleine possession de ses moyens qu’il est « dans la force de l’âge ».
A la colonne Corinthienne « Beauté » dédiée au 2éme S\donc aux jeunes frères AA\correspond l’invocation :
« Que la Beauté l’orne »
Le chapiteau Corinthien est le plus élégant, il donne un sentiment de luxe et de richesse, il paraît donc logique de lui faire correspondre la Beauté et les jeunes apprentis qui, muets et de ce fait quelque peu passifs, sont réduits à orner la colonne du Nord.

Dans la perspective des âges de la vie la Beauté est l’apanage de la jeunesse qu’on appelle encore le bel âge. Les trois invocations se rapportent ainsi aux trois âges de la vie de l’homme et aux qualités qui s’y rapportent. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » disait Boileau.
Il est un parallèle intéressant à ce stade à faire avec l’architecture puisque Vitruve, encore lui, insistait déjà dans son recueil d’architecture sur la nécessité de savoir conjuguer la recherche de la solidité avec celles de la commodité et de la beauté. Solidité/Force, commodité/Sagesse, beauté : la triade vitruvienne hante aujourd’hui encore l’esprit des architectes. Elle correspond au principal défi qu’il leur faut relever dans l’exercice de leur métier. Pour un édifice donné, les aspects et les choix relatifs à son usage interagissent en effet avec les préoccupations esthétiques et cette interaction, loin d’être constamment harmonieuse, se présente souvent sous la forme de conflits qu’il faut arbitrer.
Nos travaux s’achèvent par l’extinction des trois petites lumières.
A la colonne Ionique « Sagesse » correspond l’invocation :
«Que la paix règne sur la terre !»
Référence à la matière inerte qui ne se reproduit pas, au monde minéral qui est le support inanimé du monde vivant : du virus, qui est à la frontière du minéral et du vivant, en passant par les bactéries, les algues, les orchidées, les vers de terre, les sauterelles, les poissons, les mammifères, l’homme donc. Sagesse et Paix sont deux concepts parfaitement concordants.
A la colonne Dorique « Force » correspond l’invocation :
«Que l’amour règne parmi les hommes !»
Référence à l’amour, à la procréation, à la reproduction, l’apanage du règne du vivant. Telle est la volonté de Dieu exprimée dans la Genèse 1-22 :
"Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers et que les oiseaux multiplient sur la terre"
Par analogie avec l’architecture il est possible d’avancer que l’amour est le moyen de bâtir l’homme quoi de plus logique dés lors de lui faire correspondre la colonne Dorique Force qui est le symbole du Compagnon, du travail, de l’acte de construire proprement dit.
Paix – Amour ce n’est rien d’autre, traduit en anglais, que le « Peace and Love » ou le « faites l’amour pas la guerre » du mouvement hippie. Les francs maçons en précurseurs et en inspirateurs du mouvement hippie ! C’est aussi cela l’universalité des valeurs.
A la colonne Corinthienne, « Beauté » correspond l’invocation :
«Que la joie soit dans les cœurs !»
Référence au bonheur, par extension et au plan biologique, au plaisir. De surcroît la perception de la beauté provoque tout naturellement chez l’homme des sentiments de joie et de plaisir provenant non pas du cœur mais plutôt du cerveau.
Il me paraît possible de résumer ainsi les trois invocations : faites l’amour, pas la guerre ainsi vous vivrez heureux et vous vous multiplierez. N’est-ce pas là une définition de l’humanisme ?
Toute la philosophie, tout l’humanisme pourrait se résumer à ce seul mot «bonheur», soyez heureux, rayonnez le bonheur autour de vous, dans le cœur de vos frères profanes, de votre prochain. N’est-ce pas là le but ultime de nos travaux.
Toutes les actions de tous les hommes pour peu que l’on se donne la peine d’éliminer toutes les scories, tous les habillages, tous les faux-fuyants qui sont le lot de notre vie en société et de notre rapport aux autres, nous ramènent à deux fonctions fondamentales qui sont communes, non seulement à l’homme, mais plus largement au règne animal et au règne végétal.
La première fonction des êtres vivants est justement de rester vivants, de maintenir leur structure biologique, en agissant sur le monde extérieur pour se nourrir (travailler, chasser) et se protéger des agressions.
La seconde fonction est celle qui nous pousse à procréer afin de répliquer le plan de notre structure contenu dans nos gènes, ce support biologique d’information écrit dans un alphabet de 4 lettres.
Pourquoi un mammifère procrée ? Pourquoi une plante ou un virus se reproduit ? Seul le G\A\D\L\U\ détient sans doute la réponse à cette question.
Pour maintenir ma structure biologique j’ai besoin que « la Paix règne sur la Terre ». Si je dois me battre je risque de perdre la vie et de ne pas pouvoir arriver à l’âge de la maturité sexuelle où je pourrais semer ma graine d’éternité, faire des enfants qui porteront puis reproduiront mes propres gènes. Ces enfants pour se reproduire devront eux même atteindre l’âge de la maturité sexuelle et ont besoin pendant leur croissance particulièrement longue d’un environnement sécurisé, donc de paix.
« Que l’amour règne parmi les hommes », cette invocation fait référence à la seconde fonction fondamentale, la procréation. Mais qu’est l’amour de son prochain sans le bonheur, sans le plaisir, sans que « la Joie soit dans les cœurs » ? Ferait-on l’amour à sa compagne sans plaisir biologique ? En effet pour procréer encore faut-il que les individus aient envie de copuler, processus qui, du froid point de vue d’un extra-terrestre doit apparaît non hygiénique et, ma foi, plutôt répugnant. Le sexe est dans la mémoire morte, au sens informatique du terme, de tout cerveau normalement constitué, nous sommes génétiquement programmés pour craquer devant les formes féminines, le satiné d’une peau de femme. Ulysse a dû ordonner qu'on l'attache au mât de son navire pour ne pas succomber au chant des sirènes:
Se lancerait-on dans des travaux de table si le fait de manger pour maintenir notre structure biologique ne nous procurait pas un plaisir certain. L’adage dit il faut manger pour vivre, reste que nombre d’entre nous, dont je fais partie, vivons entre autre pour le plaisir de manger.
J’ai dit Vénérable Maître.


source :
www.ledifice.net

Par J\ L\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 09:32

Je me permets de dédier ma planche à la mémoire d'un de nos FF qui vient de partir pour l’éternel Orient, de là où il est il m’a lancé l’inspiration alors que j’étais à cours d’imagination. Je ne puis commencer cette présentation sans être obligé de passer par une description quelque peu académique mais nécessaire. J’y présente les ordres d’architecture un à un en établissant un parallèle avec notre symbolique, je développerai ensuite mon thème de façon plus personnelle, résultat de mon parcours de Compagnon. Nous trouvons d’abord : Les ordres grecs

 1) L'ordre dorique. Le Larousse nous indique que c'est : l'ordre le plus simple, le plus mâle des trois ordres d'architecture ; il est aussi le plus ancien. C'est le premier ordre d'architecture. Pour nous Maçons, la colonne dorique évoque l'idée de force et de grandeur, fortification de la raison et de la volonté les pieds directement sur terre comme la colonne de cet ordre aux vertus masculines. C'est la colonne du premier surveillant FORCE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle nord-ouest (Septentrion-occident).

 2) L'ordre ionique. Le Larousse indique que c'est : l'un de cinq ordres d'architecture caractérisé surtout par un chapiteau orné de deux volutes. C'est le deuxième ordre d’architecture. Pour nous Maçons, la colonne ionique évoque le sentiment, la sensibilité, l'intuition et l'imagination toutes qualités féminines entre toutes. C'est la colonne de notre vénérable maître en loge : SAGESSE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-est (Orient-midi).

 3) L'ordre corinthien. Le dictionnaire indique que c'est : le troisième et plus riche des ordres d'architecture. Pour nous Maçons, dans notre loge écossaise la colonne corinthienne est la plénitude de la beauté. C'est la colonne de notre deuxième surveillant : BEAUTE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-ouest (Midi-occident). En même temps que la beauté c'est l'ordre le plus libre de tous, variation dans ses cannelures, ses proportions, sa décorations. C'est l'ordre de l'invention et de la nouveauté. Viennent ensuite : Les ordres romains

 4) L'ordre composite ou romain Ordre formé du mélange de l'ordre ionique et de l'ordre corinthien. C'est le quatrième ordre d'architecture. Pour nous Maçons, cet ordre n'est pas présent en loge. N'a-t-il qu'un rôle symbolique avec l'ordre toscan afin d’amener du chiffre 3 de l'apprenti au chiffre 5 du compagnon, soit 3 + 2. Mais je pense qu'il n'a pas que cette symbolique. Le fait que les romains l'emploient pour orner essentiellement leurs arcs de triomphe, n'y a-t-il pas le symbole du triomphe de la lumière éclairant le genre humain de par l'association féminine de l'ordre ionique et de celui plus masculin de l'ordre corinthien.

5) L'ordre toscan. Le dictionnaire Larousse indique que c'est : Le plus simple des ordres d'architecture, chez les romains c'est une déformation de l'ordre dorique. Pour nous Maçons, cet ordre est plus énigmatique, les anciens, eux-mêmes, ne l'utilisèrent qu'en de rares exceptions. Est-ce un complément architectonique enrichissant pour la beauté, genre de chapiteau androgyne de l'ordre dorique qui serait devenu carré ? 5 ordres d’architecture auxquels correspondent les 5 voyages d’initiation du compagnon. 5 c’est aussi les cinq coups de maillet lors de l’ouverture de nos tenues au grade de compagnon. Ce sont encore les 5 officiers qui éclairent la loge : Le Vénérable maître, le Premier et le Second surveillant, l’orateur et le secrétaire qui sont les 5 lumières de la loge. Mais encore les 5 pointes de l’étoile flamboyante qui nous ramène aux 5 sens et à la divine harmonie du nombre d’or. Elle est complétée par la lettre G de la géométrie qui contribue à la bonne construction de notre tabernacle intérieur et symbolique gouverné par l’intelligence humaine dont nous avons doté le G\ A\ D\ L\ U\. Le chiffre 5 est le nombre de l’union pythagoricienne, c’est aussi le chiffre du centre de l’harmonie et de l’équilibre. Symbole de l’homme qui devient le tabernacle parfait comme nous allons le voir.

1er voyage, avec le maillet et le ciseau, les 5 sens sur la colonne de la beauté, ordre corinthien, correspondant à la 1ère année des études de l’initié.

2ème voyage, avec la règle et le compas, les 5 ordres d’architecture sur la colonne de la force, ordre dorique, correspondant à la deuxième année des études de l’initié. C’est la base solide sur laquelle viennent s’étayer les autres étages de notre élévation vers la lumière, tels les palais renaissance où l’ordre dorique est réservé au rez-de-chaussée dans l’ornementation de la façade. Ce deuxième voyage est la préparation de la décoration d’un tabernacle digne de la majesté du Grand Architecte de l’Univers. Ce tabernacle…c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est l’homme, l’être de chair, celui qui doit être droit physiquement et moralement, juste dans ses relations avec ses semblables et ses proportions humaines divinement harmonisées. Le compas, emblème de la sagesse, de la prudence et de la circonspection, nous aide à mesurer les angles et à établir ces proportions c’est l’ordre ionique à deux volutes. La règle c’est la rectitude de notre esprit et de nos actes. Il ne faut pas oublier que l’architecture est le sujet de mes études après la connaissance de « soi-même ». C’est l’art le plus beau et le plus noble. Ce construire soi-même avec le soin extrême dû au temple, tabernacle qui accueillera le Grand Architecte de l’Univers.

3e voyage, avec une règle et une pince, les 7 arts libéraux sur la colonne de la sagesse. La sagesse de l’ordre ionique qui reprend, par la forme de ses deux volutes qui se font face, les deux plateaux de la balance qu’il faut équilibrer. Ordre féminin qui vient nous rappeler que tout être humain possède la bivalence du masculin et du féminin qui se complète et forme un équilibre à toute justice par leur union dans un être.

4e voyage, avec la règle et l’équerre, voyage de la connaissance des sphères, propriétés de la Sphère céleste et de la Sphère terrestre…

5e voyage … Libre fin du cours de mes études, capable de transmettre ce qui m’a été donné. « Rendre à ceux qui viennent après lui l’instruction qu’il a reçue lui-même de ceux qui l’ont précédé, tel est le principal objet de l’initiation au second Degré ». Une fois que l’ordre dorique, ordre masculin a servi de base à l’édifice, l’ordre ionique suit pour établir une juste proportion et enfin l’ordre corinthien de la beauté finit cette construction pour la ramener au chiffre un et achever dans la perfection ce tabernacle. L’ordre corinthien orné de feuilles d’acanthe est là pour nous rappeler que le mal, symbolisé dans les épines de la plantes, doit contrebalancer la beauté de la forme des feuilles afin d’en mieux profiter. C’est un peu le pavé mosaïque entre blanc et noir. Ses piquants symbolisent encore le triomphe de l’architecte qui a surmonté les difficultés de sa tâche. Les deux autres ordres sont inconnus dans le rite et je ne vois pas comment les rattacher. Peut-être est-ce le symbole des organes dont on ne connaît pas la fonction et que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression, comme toutes choses dans la nature qui ne sont jamais créées pour rien et dont le sens caché n’apparaît que bien plus tard. Ou bien est-ce l’inconnu, la non connaissance, l’inexpliqué qui reste toujours ou qui découle de ce que l’on à découvert. Mon chemin ne s’arrêtant pas à ce degré, sans doute en percevrai-je le sens plus tard. Enfin, ce tabernacle construit le long de ma vie maçonnique ressemble à s’y méprendre à ma loge mère. A l’heure ou je devrais retourner à l’Orient éternel, mon âme, cet enfant nu s’approchera du temple, lieu du passage, elle abordera par le pied gauche les trois marches du temple, elle frappera trois fois aux portes d’airains entrouvertes, passera les deux colonnes Boaz et Jakin, entrera, fera les trois pas de l’apprenti, pour glisser vers ce pas compagnonnique qui m’amènera entre les colonnes force et beauté, au loin la colonne sagesse qui délimiteront mon carré long recouvert du pavé mosaïque des actes, bons ou mal, blancs ou noirs, de ma vie. Derrière, les grenades seront épanouies, telles des sexes de femmes me rappelant mes origines, le début et la fin. En face, baignant dans une grande clarté venant des trois fenêtres de la loge, l’étoile flamboyante entre le soleil et la lune. Michel m’accueillera avec sa balance sur laquelle mon âme montera. J’espère que la droite du niveau du balancier rencontrera en son milieu, en rectitude, la perpendiculaire du fléau. Puis, pour passer du zénith au nadir, ainsi délimité, mon âme s’élèvera par le fil à plomb vers le Grand Architecte de l’Univers. Je passerai dans le giron d’Abraham, qui me prendra en charge pour que mon âme devenue cette pierre cubique, à peu près polie, s’ajuste aux autres pierres pour ériger la Jérusalem céleste, le nouveau temple de Salomon. A moi Abraham, je suis ton frère…Cinq coups,…Schibboleth.

J’ai dit V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 14:31

 

Pourquoi, lorsque l'on a les moyens financiers d'être anobli ne pas acheter une charge qui offre cet anoblissement ? revoyons la hiérarchie de base : écuyer, la pire des situations
enviée par le bourgeois, méprisée par ceux qui sont nés et puis, il y a écuyer et écuyer
il faut être "écuyer" dans une famille qui a déjà pris rang dans la noblesse, soit en servant au palais, soit en servant à l'armée ou dans la justice... pour commencer à recevoir un début de reconnaissance donc, pour écuyer que l'on soit et officiellement, on n'aura pas plus
d'accès à la noblesse véritable pour autant chevalier, pas mieux
et ceux qui estiment que les premiers maçons furent adoubés par un  chevalier à la chevalerie sont dans le même cas que ceux qui se font  adouber dans un hôtel par un noble titré et reconnu parfois par amitié. Soyons sérieux, en plus de l'adoubement qui ne fait pas le sang bleu, le rang est nécessaire, rang qu'il faut pouvoir tenir.
J'ai sur le mont (localité Hersin Coupigny) de Coupigny l'exemple d'un chevalier qui est allé aux croisades, vivant sur une terre noble, ses descendants devenus simples "cultivateurs" ne réclamaient plus rien de l'état auquel ils pouvaient prétendre en pauvres nobles, mais
préféraient vivre de leurs cultures.
Willermoz est un commerçant qui sait bien que l'achat d'une "noblesse" ne lui permettra plus de commercer s'il veut tenir rang de gentilhomme or, son commerce a du lui paraitre plus important que la noblesse qui ne lui aurait sans doute rien donné de plus que ses charges de grand bourgeois dans sa ville, et par exemple, il aurait pu accéder à une noblesse dite de cloche offerte par les magistratures aux "maires" des villes. S'il ne l'a pas fait, sa famille posait-elle problème, les origines sont parfois importantes pour l'accès à une charge noble de qualité... le prix peut s'avérer dissuasif, même avec une belle fortune. Par ailleurs, ses fréquentations fraternelles devaient lui offrir les mêmes ressources.
Est-ce qu'une noblesse légale lui convenait, à lui? n'était-il pas mieux placé en commerçant qui pouvait vendre ses produits à ses frères nobles?
Final : l'un de ses papiers montre-t-il un intérêt réel pour la noblesse offerte par le roi et ses charges ?

Par mcyvard - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 06:55

"Où ai-je appris à écrire ? Dans le Silence d’une retraite, accablée d’une longue maladie et ne considérant qu’un dépérissement prochain. J’ai cru à la batterie qui me surprit et effraya ma raison. Seule, et en présence du Tout-Puissant, j’ai invoqué mon ange gardien, et la batterie m’a répondu. Voilà le commencement. Alors je le confesse, et je me le suis souvent reproché".

Marie Louise de Vallière à Jean-Baptiste Willermoz, 26 Juillet 1806

Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches : l’imprimeur éditeur Perisse Duluc et, car on ne le saura jamais, soit Paganucci comptable de son état, soit le lieutenant-colonel Gaspard de Savaron, ces trois personnes, reçoivent ce soir là, une bien étrange visite assortie d’une bien étrange révélation, qui encore aujourd’hui marque le Régime Ecossais Rectifié…

En effet, un messager, qui n’est autre que Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C’est un gentilhomme beaujolais, Commandeur de l’Ordre de Malte, membre de la Loge La Bienfaisance, Loge créée par Jean-Baptiste Willermoz, il est Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Paulus eques a Monte Alto) et Grand Profès. Il apporte à Willermoz 11 cahiers rédigés par sa sœur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l’emprise d’une force extranaturelle et sous l’emprise de ce qu’elle appelle des "batteries", sortes de coups qu’elle reçoit dans son corps, écrit ce qu’un être supérieur lui fait écrire. Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d’être stable…

Tout d’abord, parlons de Remiremont, c’est une petite ville de 8000 habitants aujourd’hui, et qui se trouve près d’Épinal. Cette petite ville présente la caractéristique de pouvoir suivre sans interruption, son histoire pendant quatorze siècles, depuis le monastère fondé au début du VIIème siècle dans cette montagne vosgienne, en passant par le plus prestigieux chapitre féminin noble d’Europe du XVIIIème siècle jusqu’à la ville actuelle. Abbesses et chanoinesses, " les Nobles Dames de Remiremont " ont laissé partout dans la ville leur empreinte prestigieuse…

En ce qui concerne l’histoire de Remiremont et de son Chapitre, je vous renvoie bien sur, pour ceux que cela intéressera, à l’article de Renaissance Traditionnelle : "Portrait de Chanoinesses" qui reprend le travail de Françoise Haudidier et vous pourrez trouver en notes, une histoire abrégée de ce même chapitre. Alors, que nous dit cet article, en fait le Chapitre était "une maison d’éducation pour filles qui n’avaient pas forcément la vocation religieuse, qui constituait un refuge pour des veuves, des amoureuses déçues, des princesses sans fortune, mais à qui l’abbaye dispensait à toutes, les honneurs dus à leur rang." Mais revenons à cette étude lorsqu’elle traite des chanoinesses de Monspey, car Mme de Vallière est l’une des ces Chanoinesses.

Elles sont filles du comte Joseph-Henry de Monspey originaire de Vallière en Beaujolais. Vous allez voir dans la présentation des cinq sœurs les difficultés de recherche, car les prénoms des sœurs sont très proches les uns des autres… On apprend de plus, que la seconde, va fonder une sorte, nous dit Françoise Haudidier, une sorte de république pastorale inspirée de l’Astrée ce roman fleuve du XVIIème, donnant pour rajouter un peu plus à la confusion, des surnoms de bergers ou de héros à chacune de ses sœurs ! Confusion renforcée par le fait qu’outre les prénoms ressemblant, le père leur donnera aussi un nom correspondant à l’une de ses terres. On retrouve donc :

  • Marie-Louise de Monspey dite "Eglé de Vallière" ou encore Madame de Vallière. C’est, je dirai, celle qui nous intéressera par ailleurs, elle est l’ainée des cinq sœurs qui toutes entreront au Chapitre et feront preuve à l’image des fameux cahiers d’une foi catholique puissante. Elle nait en 1731, mais n’entrera que la dernière au Chapitre en 1776.
  • Marie-Louise-Catherine de Monspey dite "Bergère Annette" ou "Annette de Charentey", née en 1734 et qui entre au chapitre en 1765
  • Marie-Reine-Aimée de Monspey ou "Laure de Vury", née en 1736 et entre au chapitre en 1766.
  • Pauline de Monspey ou "Pauline d’Arma" devenue chanoinesse en 1772, et
  • Catherine-Elise de Monspey ou "Sylvie d’Arigny" entrée elle en 1775 où elle succombera 7 ans plus tard de brûlures…

Les cinq sœurs passent pour avoir été des poétesses, la Maison de Monspey étant dite "chérie des muses" par Alice Joly, on sait leur intérêt pour la culture et la lecture de l’époque. Ce sont à la fois des bienfaitrices, qualifiées de "Bonnes fées" des pauvres, mais aussi de, on peut le dire avec une connotation qui nous est chère, de véritables "cherchantes", curieuses de tout en ce temps des Lumières. Elles lisent Buffon, "grattent" du côté des expériences de Lavoisier ou de celui des expériences de physique de l’abbé Nollet. Elles portent aussi et surtout, pour nous, un grand intérêt aux sociétés Mystiques Lyonnaises, au sein desquelles : les courants s’intéressant au magnétisme et aux guérisseurs, courants dans lesquels Mesmer, le Marquis de Puysegur et autres Cagliostro occupent une part prépondérante.

Nous l’avons dit Marie-Louise de Monspey entre au chapitre en 1776, elle est âgée de 45 ans, on sait qu’elle ne fait que de courts séjours à Remiremont.

Nous avons donc vu dans la première partie de ce travail, les liens entre Jean-Baptiste Willermoz et l’Agent Inconnu. Nous avons également parlé de l’épisode qui vit la substitution du mot du premier grade Tubalcaïn par Phaleg. Pourquoi sur plus d’une centaine de propositions Willermoz n’a-t-il quasiment retenu que celle là ? Alors intéressons nous de plus près, à la fois à l’aspect historique de cette substitution et bien sur à l’aspect symbolique de ce mot de ce nom devrait-je dire, tant en regard de l’histoire Biblique, de l’enseignement de Martines de Pasqually et de la transmission de cet enseignement par le vecteur Jean-Baptiste Willermoz, au Régime Ecossais Rectifié.

Alors tout d’abord et tout simplement en terme historiques, souvenons nous quelques instants de ce que dit l’Agent Inconnu à Willermoz au sujet de Tubalcaïn : "c’est un nom d’abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu’il n’apprit l’art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques. Alors que se passe-t-il lorsque Willermoz reçoit cette injonction de l’Agent Inconnu de changer le mot ? Willermoz se plonge une nouvelle fois dans les Cahiers des Grades maçonniques, ce sont ceux qui avaient été définis au Convent des Gaules en 1778, et confirmés au Convent de Wilhemsbad en 1782. En fait Willermoz parait ennuyé avec cette révélation, on peut penser que déclarer ouvertement ce changement eut été montrer que tout le travail effectué depuis des années, l’avait été sous le sceau de l’esprit pervers. Alors il va tenter la substitution "en douce", arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d’Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision. Avant cela Savaron lu la communication de Willermoz en vue de cette substitution, écoutons le Mystique Lyonnais :

"C’est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l’art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer, c’est pourquoi il est appelé l’inventeur, le Père de l’art de travailler les métaux… Mais on n’a pas remarqué que c’est une contradiction de donner à l’apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l’emblème des Vices. En effet d’un côté on lui apprend que ce n’est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l’autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l’inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée. Si Tubalcain fut le fondateur d’une initiation quelconque, on voit quel devrait être l’objet, et le but par ce qu’en dit l’Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s’occupent de l’Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s’est perpétué que par l’ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n’ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s’occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux. Si de cette observation on pousse à l’examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c’est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l’on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l’initiation de Tubalcain s’est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu’on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer… C’est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu’on trouve la raison de la fondation d’une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l’objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c’est dans les documents de Sem qu’il faut chercher la fondation de la vraie initiation. Sem fut béni par Noé et l’on est fondé à croire que Phaleg, fils d’Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg. Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l’atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l’emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l’auront transmis ; mais on doit se rappeler qu’il est dit : "- Que Chanaan soit maudit, qu’il soit à l’égard de ses frères l’esclave des esclaves."

Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s’empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan…" Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit… Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête unanimement, définitivement et pour toujours : "Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l’explication vraie à l’apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district. Qu’à l’avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu’on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les Loges qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district.

Afin que les Loges constituées par le Directoire n’en prétendent cause d’ignorance et ayant à s’y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d’elles, les invitant à ne point s’écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s’agit.

Arrêté que la présente délibération sera envoyée à S.A.S. le Sérénissime Grand Maître Général de l’Ordre, le Frère Prince Ferdinand Duc de Brunswick et à S.A.S. le Sérénissime Frère Prince Charles de Hesse-Cassel, persuadé que ces deux illustres frères de ce district dans le changement de mot de passe s’emploieront de tout leur pouvoir pour le faire adopter dans tous les établissements du Régime. Pareil envoi sera fait à sa grandeur le Maître Provincial du Ressort, le Sérénissime Frère Duc d’Havré et de Croÿ qui a approuvé les délibérations des Directoires, ayant eu communication particulière des motifs qui doivent le déterminer, le priant d’en maintenir de tout son pouvoir l’exécution.

Enfin comme ce changement tend à établir une différence essentielle, dans les recherches de la vérité maçonnique et que le mot de Tubalcain a été conservé sans y avoir fait beaucoup d’attention dans ce Régime, pour qu’il n’y ait point de différence, les autres Directoires seront invités à prendre en considération les motifs ci-dessus allégués, et à cet effet, copie en forme leur sera adressée par le Chancelier Général du Ressort, ce qui fera connaître la raison d‘un changement qui à défaut de motif pourrait paraître arbitraire et trop précipité ; le Directoire d’Auvergne cherchant tous les moyens de rapprochement de la vérité, et à entretenir les liens de fraternité".

C’est signé Willermoz aîné. Et suivi de la mention : "Expédition pour être déposée dans les archives de la respectable Loge de la Triple Union à l’Orient de Marseille, que je certifie conforme et véritable".

Ainsi aujourd’hui encore au Régime Ecossais Rectifié, et depuis 1785, puisque dans le rituel de 1782 il n’apparaît pas encore, "le mot des Apprentis qui leur sert de mot de reconnaissance est Phaleg", c’est ce mot qu’il faudrait utiliser en cas de tuilage par le Maître de Cérémonie. En effet les instructions par demande et réponses nous le rappellent : "c’est le nom du fondateur des bonnes et véritables Loges", mais surtout, il "sert aux Apprentis […] à leur faire obtenir l’entrée en Loge». Nous pouvons poser là le problème du mot de tuilage à répondre lors d’une visite dans une Loge qui ne serait pas rectifiée… Certes le Frère ou la Sœur Tuileur, Couvreur ou Expert garant de la couverture de cette Loge est censé connaître tous les mots de semestres de toutes les obédiences et tous les mots spécifiques de chaque rite, mais nous savons que la perfection n’est pas de ce monde, et souvent afin de faciliter l’accès, il convient de donner le mot d’Apprenti, à savoir pour l’Ordre Rectifié : Jakin. Et c’est ainsi à peu près tout ce que l’on trouve dans le rituel, les instructions, l’instruction morale sur Phaleg…

Nous l’avons vu, l’adoption de Phaleg n’est pas apparue lors d’un Convent, elle n’a été ratifiée par aucune autorité réellement légiférante, ainsi au sein même du Régime Ecossais Rectifié contemporain, il est des courants de pensée, dont Jean Saunier se fit le porte parole, tendant à vouloir supprimer purement et simplement Phaleg pour un retour à Tubalcaïn… Mais encore faudra-t-il avoir l’aplomb de s’opposer à Jean-Baptiste Willermoz…

Enfin, si l’on veut approfondir le symbolisme de ce nom, il nous faut nous tourner vers "la loi qui était conservée dans le sanctuaire du temple, et que tout franc-maçon doit méditer" à savoir la Bible, et sa lecture faite par Martines de Pasqually dont nous le savons, Willermoz fit l’enseignement sous-tendu de notre Régime Rectifié…

Alors voyons qui est Phaleg que l’on rencontre aussi sous la forme Péleg. C’est dans Genèse X et XI que l’on rencontre Phaleg de la lignée de Sem qui est l’un des trois fils de Noé, mais qui surtout appartient à la lignée de Seth dont "la postérité fut nommée enfants de Dieu et non pas enfants des hommes » nous dit Martines de Pasqually. Phaleg est fils de Héber, celui là même nous dit Serge Caillet qui aurait donné l’hébreu. Arrêtons-nous un instant, car nous avons vu et nous comprenons aisément l’intérêt de se démarquer de la lignée Kaïnite porteuse d’un lourd fardeau. De la même manière, si l’on considère comme Chauvet que "le récit du Déluge, correspond à la partie finale, à l’effectuation du monde, qui devait se faire sous le d’Adamqui ayant failli à sa mission, sera remplacé par Noé, qui réalisera la Création telle que l’Eternel l’a voulue", ainsi on comprend aussi pourquoi c’est le Patronage d’un descendant de Sem et non pas d’un membre de la lignée de Cham qui va être choisi. On peut noter également au passage que si l’on prend pour an 1 de référence l’assassinat d’Abel par Caïn que Phaleg nait en 1757, soit 100 ans après la fin du Déluge. Au sujet de Phaleg, les grandes lignes que l’on rencontre dans la littérature, sont les suivantes : le nom tout d’abord selon l’origine hébraïque signifie alternativement : séparer, diviser (FaLaG) ; ruisseau, cours d’eau (FéLeG) ; moitié, fraction (FéLèG) ou enfin cours d’eau, courant, groupe ou à nouveau division, schisme (FéLaGaH), on pourra aussi voir dan la racine Phal la notion d’élection et de germination. La valeur numérique de Pélèg est 113, mais comme j’en suis bien incapable je n’insisterai pas sur les notions de valeurs numériques de type arithmosophie ou de type Guematria liées au nom de Phaleg, d’autres l’ont fait bien avant et bien mieux… Toutefois il est un élément qu’il nous faut envisager à ce point, c’est le lien entre Phaleg et la Tour de Babel dont il fut contemporain, sans en être en aucun cas comme cela peut être écrit parfois, l’architecte. Parlons brièvement de la Tour : on trouve dans la Genèse qu’elle fut construite afin de relier la terre et le ciel, par l’humanité qui devait être unie par une seule et même langue, et en l’occurrence celle d’Adam... Dieu prenant ombrage de cet excès de zèle, multiplia les langues, ce qui fait aussi de Héber nous l’avons vu, le père de l’Hébreux: dans la confusion, les hommes ne se comprenant plus, la construction s'arrêta, et les hommes furent dispersés à la surface de la terre. En fait dans la tradition juive, Phaleg, ancêtre d’Abram qui deviendra Abraham, père des croyants, Phaleg donc, prophétise ce que nous venons de décrire, à savoir la dispersion des constructeurs et ses conséquences… Phaleg est ainsi un rappel de ce que nous devons éviter, mais aussi de ce que nous avons à racheter, comme l’est "adhuc stat", comme l’est la Perpendiculaire, comme l’est l’axe Justice-Clémence Car outre le mystère de la naissance des langues, et épisode nous montre une nouvelle fois une application de la Justice Divine à la suite d’une nouvelle prévarication… En effet, une nouvelle fois nous touchons du doigt les dangers de vouloir se placer à l'égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance. Notons toutefois ici, que cette fois la Chute n’est pas le fait d’une personne, comme Adam ou Caïn, mais d’œuvre d’un collectif, qui n’est ici rien d’autre que l’Humanité… Alors, on nous dit souvent au Régime Ecossais Rectifié, que ce travail sur la Pierre Brute que nous sommes tous individuellement, cette recherche de la Vérité, cette quête de ce qu’il y a dans notre Cœur, va nous aider égoïstement à nous réintégrer plus vite individuellement. J’ai ici la prétention de penser, que quelque part, ce travail individuel de la pratique des Vertus, même si pour quelques uns d’entre nous ne nous permettra pas d’être canonisés, ne sera en tous cas nullement inutile, dans le sens où quelque part il contribuera à la Réintégration, même lente, de l’humanité toute entière.

Source : Renaissance Traditionnelle N°48 – Octobre 1981. p 258 – Tome XII

Commentaires : Willermoz influencé par l’ « Agent Inconnu » ?.... Entre les « opérations » de Martines de Pasqually et les « batteries » de Marie Louise de Vallière il est facile de se perdre… La question est de savoir pourquoi un Frère aussi brillant s’est fourvoyé dans des élucubrations aussi farfelues.

Une autre question : Pourquoi Willermoz, entouré d’aristocrates et possédant des liens privilégiés avec un Duc et un Prince n’est jamais devenu Chevalier à minima ou noble ? Ne me dites pas que c’est parce qu’il ne l’a pas voulu ! Après avoir lu les livres d’Alice Joly et de René Le Forestier, je sais que Willermoz était ambitieux, pour la Franc-Maçonnerie et pour lui-même. Alors qui a la réponse ?

Par Françoise HAUDIDIER - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 12:45

Je recherche un contact à la Grande Loge Féminine de Suisse.

Merci pour votre aide.

Frat

Thomas

 

 

Par T.D
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