Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 07:11

A l’issue du deuxième des cinq voyages du rituel de réception au deuxième degré que le futur Compagnon effectue avec la règle et le levier, le frère Expert lui fait lire un cartouche sur lequel est inscrit :

« Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite »

Ces termes font référence aux ordres d’architecture grecs et romains. Le sujet de méditation qui est ainsi proposé au récipiendaire est donc l’architecture, l'art de bâtir des édifices. Comme la musique est l’art d’assembler harmonieusement les sons dans le respect de la vibration naturelle des corps sonores, l’architecture est l’art d’assembler les matériaux dans le respect des lois physiques, au moyen d’outils, pour en faire des édifices harmonieux. Les deux arts sont fondés sur l’harmonie de rapports, de proportions qui se laissent ramener à des nombres.
Architecture vient du grec archè, le commencement, le commandement, le principe et de tektonikos, le charpentier ou le bâtisseur, littéralement le bâtisseur des origines.
L’architecture serait ainsi un ordre soumis, tout comme l’Univers, à l’archè, au principe du nombre. L’un des traits qui demeureront ceux de la philosophie grecque est en effet l’idée selon laquelle le monde est tout à la fois un et multiple, un monde où la pluralité des éléments et des puissances est dominée et compensée par une loi abstraite d’équilibre et d’harmonie régie par le nombre.
Les hommes ont connu le nombre en se référant à la nature. Ce sont les ancêtres qui ont su lire dans la nature ce qui y fait force de loi : c’est-à-dire le langage des chiffres, de la géométrie, des proportions.
De fait la référence à nos prédécesseurs est constante dans le rituel du second voyage du Compagnon.
Il est ainsi dit :
« Ce sont les matériaux, les outils, les chefs-d’œuvre de cet art (l’architecture) que vous voyez figurés dans nos ateliers et sur les tableaux de nos loges… Tout cela concourt à la construction du temple que nous élevons en continuant la tâche de nos prédécesseurs. Il n’importe que le temps ait respecté leurs œuvres ou qu’il les ait recouvertes de la poussière de l’oubli. Le Grand Art de la maçonnerie demeure pour attester l’élévation de leur pensée, l’étendue de leurs connaissances et la splendeur de leur génie ».
Le second voyage a, à mon sens pour objectif, d’amener le Compagnon à rendre hommage aux grands anciens opératifs, aux savants, aux chercheurs, aux bâtisseurs, aux explorateurs qui ont modelé le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et qui nous l’ont légué en héritage.

DORIQUE, IONIQUE, CORINTHIEN, TOSCAN, COMPOSITE

Les ordres ou styles architecturaux sont à la fois système de formes, de proportion et langage décoratif. Au sein de ces ordres, la colonne qui définit les proportions générales et son chapiteau qui détermine le style sont les éléments les plus importants.

Il y a deux ordres fondamentaux crées par les grecs, le Dorique (qui vient du continent, de la péninsule du Péloponnèse) et l'Ionique (qui vient des îles et de la côte orientale de la mer Égée).
Ces deux ordres ne se résument pas au style des colonnes et des chapiteaux. Ils régissent également l'agencement des lieux et les proportions des éléments constituant le monument auxquels ils s'appliquent.
L'ordre Corinthien n'est pas un style en lui-même, c'est l'ordre Ionique avec un chapiteau à feuilles d'acanthe. A ces trois ordres grecs, les romains ont ajouté 2 variantes : le Toscan et le Composite pour constituer les chapiteaux des cinq ordres d’architecture du rituel d’initiation du Compagnon.
Le premier texte qui définit les cinq ordres classiques est le traité d’architecture en dix volumes « De Architectura »dédié à l’Empereur Auguste par l’architecte romain Vitruve vers 25 avant J.-C .
L’homme, créature la plus parfaite parce que formée à l’image de Dieu, microcosme reflétant le macrocosme, apparaît selon Vitruve comme le modèle à suivre dans une architecture en quête de perfection. Le rituel de la cérémonie de réception au second degré est dans la lignée de cette approche anthropomorphique quand il dit : « A l’image harmonieuse des colonnes qui s’élevaient à l’entrée du temple de Salomon, soyez vous-même une colonne vivante qui s’élève vers les hauteurs, tout en vous appuyant sur la terre qui vous a donné naissance. Vous deviendrez ainsi l’un des piliers inébranlables de notre temple ».
Comment ne pas penser en lisant ce passage du rituel à ces vers de Baudelaire dans les correspondances :
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

DORIQUE
L’ordre Dorique, le plus simple, le plus « masculin », a vu le jour vers -630 dans le Péloponnèse. La colonne massive n'a pas de base, le chapiteau est lisse et simple. Vitruve rapporte dans son traité d’architecture l’origine mythique de la colonne Dorique : « Ils cherchèrent un moyen de faire des piliers à la fois assez forts pour soutenir le poids de l’édifice et agréables à la vue. Pour cela ils prirent la mesure du pied d’un homme qui est la sixième partie de sa hauteur, ils se réglèrent sur cette proportion de sorte qu’en donnant une grosseur quelconque à la tige de leurs colonnes ils la firent six fois aussi haute et c’est ainsi que la colonne Dorique fut employée dans les édifices avec la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme ».
Le Parthénon à Athènes et le temple d’Héra sont sans doute les temples grecs les plus représentatifs du style Dorique.
Ce style était répandu en Grèce et dans les colonies grecques qu’étaient alors le sud de l’Italie et la Sicile.

IONIQUE
L’ordre Ionique est apparu une centaine d’années après l’ordre Dorique dans les îles de la mer Egée et en Ionie, une région qui se situait sur la côte ouest de l’actuelle Turquie. La colonne Ionique est plus élancée. L‘élévation du fût est de huit à douze fois sa base. Le chapiteau est décoré de volutes en forme de cornes de bélier qui évoquent des cheveux féminins.
La légende, toujours véhiculée par Vitruve, veut que des populations de l'Asie mineure sous la conduite d'Ion, un de leurs chefs, voulurent élever un Temple magnifique à Ephèse en l'honneur de Diane. Ils cherchèrent, pour décorer ce monument, un nouvel ordre d'architecture d’une beauté plus délicate que le Dorique et susceptible de recevoir plus d'ornements. Comme l'ordre Dorique avait été déterminé sur le corps de l'homme, ils imaginèrent de régler les proportions du nouvel ordre sur la taille des femmes grecques. Poussant encore plus loin l'imitation, ils ont donné au chapiteau la forme des boucles de leurs cheveux et ils cannelèrent les colonnes pour imiter les plis de leurs vêtements.
Le flacon du parfum Organza de Givenchy emprunte à l’évidence à la symbolique de la colonne Ionique.
Le temple d’Athéna Niké
]  , déesse de la victoire et protectrice d'Athènes, construit en -423 dans cette ville est emblématique du style ionique, lequel poussé à son extrême logique, aboutit au portique des Caryatides de l'Érechthéion. Ce temple de style ionique fut construit entre -421 et -406 en l'honneur d'Athéna et de Poséidon sur l’acropole d’Athènes. Il comprend trois portiques, dont celui des Caryatides à l'arrière. Les colonnes de ce portique sont constituées des statues de six jeunes filles revêtues de grandes robes commémorant la défaite des habitants de Carya, dans le
Péloponnèse, coupables de s’être alliés aux Perses. La fonction de support exprime visuellement l’asservissement de ces femmes.

CORINTHIEN
L’ordre Corinthien tire son nom de la cité de Corinthe. Il ne s’agit pas d’un ordre à proprement parler mais d’une colonne Ionique avec un chapiteau à feuilles d’acanthe.
Vitruve, rapporte ainsi la légende de sa création : Une jeune fille de Corinthe, étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau un panier contenant ses objets familiers. Pour protéger son contenu, elle mit une tuile sur le dessus. Le panier ayant été placé sur une racine d'acanthe,
les feuilles et les tiges l'enveloppèrent bientôt et contraintes par la tuile, se recourbèrent, formant ainsi des volutes. Le sculpteur athénien Callimaque passant auprès de ce tombeau, séduit par cette disposition inattendue des feuilles autour de la corbeille, décida de l'imiter et de l'adapter aux colonnes qu'il réalisait en réglant sur ce modèle les proportions et le style de l’ordre Corinthien.
Selon Vitruve si la colonne Dorique symbolise le corps de l’homme, l’Ionique celui de la femme, l’ordre Corinthien symbolise le corps de la jeune fille. La référence à un végétal permet également d’en faire le symbole de la nature.
Le chapiteau Corinthien est élégant et son décor est touffu. Il donne un sentiment de luxe et de richesse. S’il a été rarement utilisé dans la Grèce antique, ce style se retrouve fréquemment dans le Rome antique. Le Panthéon à Rome en est un exemple.
Dans sa pièce Les Amours de Psyché et de Cupidon Jean de La Fontaine prête les paroles suivantes à Psyché quand elle découvre le palais de l’amour :
« Ces ordres dont les Grecs nous ont fait présent,
Le dorique sans fard, l’élégant ionique,
Et le corinthien superbe et magnifique,
L’un sur l’autre placés, élèvent jusqu’aux cieux
Ce pompeux édifice où tout charme les yeux ».


L’ORDRE TOSCAN est transposé du Dorique. La colonne Toscane comprend une base et son chapiteau est souligné par une astragale.

L’ORDRE COMPOSITE se distingue par un chapiteau qui réunit les volutes du chapiteau Ionique et les feuilles d'acanthe du chapiteau Corinthien.

UNIVERSALITE DES ORDRES ANTIQUES D’ARCHITECTURE

Il n’est guère d’autre domaine de l’art occidental où l’héritage grec se soit pérennisé autant qu’en architecture : les ordres progressivement mis au point par les grecs se sont transmis – tour à tour enrichis, mêlés, simplifiés, abâtardis, puis apurés et combinés de nouveau – jusqu’au seuil du XXe siècle, en sorte que toute l’architecture monumentale de pierre de l’Occident a, pendant vingt-cinq siècles, parlé peu ou prou ce langage clairement articulé, auquel elle a su faire dire des choses bien différentes.
Les ordres grecs sont basés sur les proportions humaines, ce qui est l’un des moyens les plus remarquables de relier l’homme à son habitat et aux bâtiments publics. L’usage des ordres classiques est la manière de refléter les idéaux démocratiques qui guident la plupart des nations du monde. En effet la démocratie ou pouvoir du peuple est née à Athènes, en Grèce, il y a environ 2.500 ans, en même temps donc que se sont développés les ordres classiques d’architecture.
Nombre de bâtiments publics, dans le monde entier et à commencer à Madagascar intègrent dans leur conception des éléments de ordres classiques. Il en est ainsi du palais du pierre, aujourd’hui bien solitaire, qui enserrait Manjakamiadana, du Palais du Premier Ministre, du palais de justice de Ranavalona II à Andohalo, construit dans le plus pur style Ionique, de l’école de médecine, des belles maisons de la ville haute. Faut-il s’en étonner lorsque l’on sait que c’est un franc-maçon, le missionnaire-architecte écossais James Cameron qui, à la demande de la Reine Ranavalona II, en 1869, a recouvert le Palais de Manjakamiadana, d'une ossature en pierre qui est devenue l’archétype de la maison traditionnelle malgache avec ses éléments caractéristiques : colonnes de pierre ou de brique à chapiteau soutenant une varangue, avec dans certains cas une tour d’angle. Trois ordres d’architecture se superposent au palais de pierre de Manjakamiadana, au premier niveau, de solides piliers carrés qui rappellent le style Dorique, au second niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Corinthien et au troisième niveau des demi-colonnes cannelées à chapiteau Composite.

HOMMAGE A LA GRECE ANTIQUE

Les symboles maçonniques ont quatre origines principales : cosmique, biblique, « compagnonnique » et Pythagoricienne. Phytagore est né à Samos vers -57O sur les rives de la mer Egée, là où s’est développé, à la même époque, l’ordre Ionique.
La référence aux ordres d’architecture dans notre rituel me paraît donc un hommage rendu à l’école Pythagoricienne et plus largement à la civilisation Grecque antique à laquelle nous devons tant.
Vers le VI° siècle av. J.‑C., le long de la côte de l'Asie Mineure, en Ionie, survint le plus invraisemblable des développements : le « miracle grec », qui dura près de huit siècles. En plein milieu de l'univers mythique, une poignée d'hommes exceptionnels parvinrent à renverser la vapeur et à semer les germes d'un nouvel univers qui allait sonner le glas de l'ancien.

Les Grecs introduisirent l'univers scientifique, qui est encore le nôtre aujourd'hui. Au lieu de s'abandonner aveuglément aux Dieux et de se contenter d'observer les événements naturels sans les comprendre, les Grecs eurent l'intuition révolutionnaire que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que la raison humaine était capable d'appréhender les lois qui régissent le comportement de ces composantes et leurs interactions entre elles. La nature pouvait être sujet de réflexion et de spéculation. La compréhension des lois naturelles qui était réservée exclusivement aux Dieux dans l'univers mythique était partagée par l'homme dans l'univers scientifique.
Munis de cette inébranlable confiance en la capacité de la raison humaine, les Grecs se mirent au travail. La structure de la matière, la nature du temps, les phénomènes biologiques, géologiques et météorologiques, rien n'échappa à leur regard curieux et inquisiteur. Leucippe et Démocrite morcelèrent la matière en atomes indivisibles, une vision qui demeure d'actualité. Pythagore, en élaborant ses théorèmes, fonda les mathématiques et Euclide bâtit sa géométrie.
De cette intense fébrilité intellectuelle émergea un nouvel univers qui prit ses distances avec l'univers mythique.

LE SYMBOLISME DES TROIS ORDRES ET DES TROIS PILIERS

Il y a dans les ateliers travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté (R\E\A\A\) trois petites lumières placées sur trois colonnes/chandeliers représentatifs des trois principaux ordres d’architecture. Ces colonnes sont appelées dans le catéchisme de l’apprenti les trois grands piliers qui soutiennent la loge et président à la construction des francs-maçons.
La première marche de l’Orient et l’entrée du Temple déterminent un rectangle de largeur 3 et de longueur 4 au centre duquel se trouve le pavé mosaïque, sur lequel est tracé le tableau de loge entouré des trois piliers/chandeliers. Cet endroit délimité par les trois petites colonnes me paraît être le Saint des Saints, la véritable représentation symbolique du Temple, ce qui peut expliquer l’utilisation de colonnes grecques.
Un Temple bancal en apparence puisqu’il ne compte que trois colonnes, ce qui ne permet pas d’assurer un équilibre satisfaisant, bancal en apparence seulement puisque si les trois piliers visibles sont la représentation au sein du cosmos de l’homme (ordres Dorique et Ionique) et de la nature (ordre Corinthien), le quatrième pilier est bien là mais invisible, indicible. Il représente ce que l’on pressent mais que nul homme ne peut voir : Le Grand Architecte de l’Univers, le G\A\D\L\U\, le principe créateur, la vérité, la lumière, que nous recherchons tous consciemment ou inconsciemment, en doutant un peu tout en caressant le secret espoir de trouver un sens à notre existence. Cet état d’esprit est celui de Voltaire lorsqu’il dit :
L'Univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De toute façon les francs-maçons en bons disciples des chevaliers du Graal, savent que ce qui importe c’est la quête et non le Graal.
Ce qui se trouve autour de cet endroit saint que nul ne foule des pieds, le reste de l’atelier, représente à mon sens le cosmos avec la voûte étoilée, la lune, le soleil, l’étoile flamboyante, l’étoile polaire, l’axe du Monde, le nadir, le midi, l’Orient l’Occident, autant de références géographiques qui me donnent l’impression d’être au dehors, d’ailleurs les deux grandes Colonnes J\et B\ne sont t-elle pas à l’extérieur du Temple puisqu’elles font référence aux colonnes qui étaient placées à l’extérieur du Temple de Salomon, à gauche et à droite de la porte d’entrée. Si je peux les voir cela ne signifie t-il pas que je suis moi aussi à l’extérieur et que le véritable Temple, symbolisé par les trois piliers, est le monde profane ?
Les trois petites lumières occupent une place importante dans notre rituel puisque nos travaux débutent par leur allumage placé sous trois invocations :
A la colonne Ionique « Sagesse » dédiée au V\M\ et plus largement aux MM\de la loge correspond l’invocation :
« Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice »
Notre rituel fait correspondre à la colonne Ionique, symbole féminin, la sagesse. Il est de fait que la sagesse au sens d’un comportement juste et raisonnable est le plus souvent l’apanage de la femme que de l’homme, elle qui conçoit, qui porte puis élève les enfants apparaît comme plus mesurée, plus réfléchie, moins aventureuse que l’homme.
Dans la mythologie romaine la, sagesse est personnifiée par un dieu femelle, la déesse Minerve, fille de Jupiter équivalente d'Athéna dans la mythologie grecque. Fière et belliqueuse, elle était la déesse des guerriers, la protectrice de la maison et de l'État, l'incarnation de la sagesse, de la pureté et de la raison. Minerve était aussi la protectrice des arts, de l'artisanat et des métiers.
La Sagesse au sens religieux de la connaissance inspirée des choses divines et humaines, apanage de Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem, est logiquement une vertu associée au Vénérable Maître qui dirige nos travaux.
Dieu dit à Salomon : Puisque c'est là ce qui est dans ton coeur, puisque tu ne demandes ni des richesses, ni des biens, ni de la gloire, ni la mort de tes ennemis, ni même une longue vie, et que tu demandes pour toi de la sagesse et de l'intelligence afin de juger mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, la sagesse et l'intelligence te sont accordées. (Chroniques 1- 11 et 12).
La sagesse dans la perspective des âges de la vie est l’apanage de la vieillesse car on ne reçoit pas la sagesse, elle résulte d’une longue expérience. Il faut la découvrir soi-même tout au long de sa vie en polissant sa pierre au contact des autres pierres du Temple car elle est un point de vue sur les êtres et le monde.
A la colonne Dorique « Force » dédiée au 1ér S\donc aux CC\correspond l’invocation :
« Que la Force le soutienne »
L’ordre Dorique est le plus masculin des trois ordres grecs, il donne aux édifices construits dans ce style la proportion, la force et la beauté du corps d’un homme nous dit Vitruve. Il est donc logique de lui faire correspondre la Force, le premier surveillant et par extension les Compagnons qui n’ont qu’une religion le Travail. A ce titre ils sont les ouvriers à qui l’on a confié un instrument inconnu de l’apprenti, le levier qui en multipliant nos forces nous permet de placer aux endroits utiles les pierres destinées à l’érection du Temple nous dit le rituel de réception du Compagnon.
Dans la perspective des âges de la vie la Force est l’apanage de l’âge mûr où l'homme a atteint son plein développement. D’ailleurs ne dit-on pas d’un homme en pleine possession de ses moyens qu’il est « dans la force de l’âge ».
A la colonne Corinthienne « Beauté » dédiée au 2éme S\donc aux jeunes frères AA\correspond l’invocation :
« Que la Beauté l’orne »
Le chapiteau Corinthien est le plus élégant, il donne un sentiment de luxe et de richesse, il paraît donc logique de lui faire correspondre la Beauté et les jeunes apprentis qui, muets et de ce fait quelque peu passifs, sont réduits à orner la colonne du Nord.

Dans la perspective des âges de la vie la Beauté est l’apanage de la jeunesse qu’on appelle encore le bel âge. Les trois invocations se rapportent ainsi aux trois âges de la vie de l’homme et aux qualités qui s’y rapportent. Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » disait Boileau.
Il est un parallèle intéressant à ce stade à faire avec l’architecture puisque Vitruve, encore lui, insistait déjà dans son recueil d’architecture sur la nécessité de savoir conjuguer la recherche de la solidité avec celles de la commodité et de la beauté. Solidité/Force, commodité/Sagesse, beauté : la triade vitruvienne hante aujourd’hui encore l’esprit des architectes. Elle correspond au principal défi qu’il leur faut relever dans l’exercice de leur métier. Pour un édifice donné, les aspects et les choix relatifs à son usage interagissent en effet avec les préoccupations esthétiques et cette interaction, loin d’être constamment harmonieuse, se présente souvent sous la forme de conflits qu’il faut arbitrer.
Nos travaux s’achèvent par l’extinction des trois petites lumières.
A la colonne Ionique « Sagesse » correspond l’invocation :
«Que la paix règne sur la terre !»
Référence à la matière inerte qui ne se reproduit pas, au monde minéral qui est le support inanimé du monde vivant : du virus, qui est à la frontière du minéral et du vivant, en passant par les bactéries, les algues, les orchidées, les vers de terre, les sauterelles, les poissons, les mammifères, l’homme donc. Sagesse et Paix sont deux concepts parfaitement concordants.
A la colonne Dorique « Force » correspond l’invocation :
«Que l’amour règne parmi les hommes !»
Référence à l’amour, à la procréation, à la reproduction, l’apanage du règne du vivant. Telle est la volonté de Dieu exprimée dans la Genèse 1-22 :
"Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers et que les oiseaux multiplient sur la terre"
Par analogie avec l’architecture il est possible d’avancer que l’amour est le moyen de bâtir l’homme quoi de plus logique dés lors de lui faire correspondre la colonne Dorique Force qui est le symbole du Compagnon, du travail, de l’acte de construire proprement dit.
Paix – Amour ce n’est rien d’autre, traduit en anglais, que le « Peace and Love » ou le « faites l’amour pas la guerre » du mouvement hippie. Les francs maçons en précurseurs et en inspirateurs du mouvement hippie ! C’est aussi cela l’universalité des valeurs.
A la colonne Corinthienne, « Beauté » correspond l’invocation :
«Que la joie soit dans les cœurs !»
Référence au bonheur, par extension et au plan biologique, au plaisir. De surcroît la perception de la beauté provoque tout naturellement chez l’homme des sentiments de joie et de plaisir provenant non pas du cœur mais plutôt du cerveau.
Il me paraît possible de résumer ainsi les trois invocations : faites l’amour, pas la guerre ainsi vous vivrez heureux et vous vous multiplierez. N’est-ce pas là une définition de l’humanisme ?
Toute la philosophie, tout l’humanisme pourrait se résumer à ce seul mot «bonheur», soyez heureux, rayonnez le bonheur autour de vous, dans le cœur de vos frères profanes, de votre prochain. N’est-ce pas là le but ultime de nos travaux.
Toutes les actions de tous les hommes pour peu que l’on se donne la peine d’éliminer toutes les scories, tous les habillages, tous les faux-fuyants qui sont le lot de notre vie en société et de notre rapport aux autres, nous ramènent à deux fonctions fondamentales qui sont communes, non seulement à l’homme, mais plus largement au règne animal et au règne végétal.
La première fonction des êtres vivants est justement de rester vivants, de maintenir leur structure biologique, en agissant sur le monde extérieur pour se nourrir (travailler, chasser) et se protéger des agressions.
La seconde fonction est celle qui nous pousse à procréer afin de répliquer le plan de notre structure contenu dans nos gènes, ce support biologique d’information écrit dans un alphabet de 4 lettres.
Pourquoi un mammifère procrée ? Pourquoi une plante ou un virus se reproduit ? Seul le G\A\D\L\U\ détient sans doute la réponse à cette question.
Pour maintenir ma structure biologique j’ai besoin que « la Paix règne sur la Terre ». Si je dois me battre je risque de perdre la vie et de ne pas pouvoir arriver à l’âge de la maturité sexuelle où je pourrais semer ma graine d’éternité, faire des enfants qui porteront puis reproduiront mes propres gènes. Ces enfants pour se reproduire devront eux même atteindre l’âge de la maturité sexuelle et ont besoin pendant leur croissance particulièrement longue d’un environnement sécurisé, donc de paix.
« Que l’amour règne parmi les hommes », cette invocation fait référence à la seconde fonction fondamentale, la procréation. Mais qu’est l’amour de son prochain sans le bonheur, sans le plaisir, sans que « la Joie soit dans les cœurs » ? Ferait-on l’amour à sa compagne sans plaisir biologique ? En effet pour procréer encore faut-il que les individus aient envie de copuler, processus qui, du froid point de vue d’un extra-terrestre doit apparaît non hygiénique et, ma foi, plutôt répugnant. Le sexe est dans la mémoire morte, au sens informatique du terme, de tout cerveau normalement constitué, nous sommes génétiquement programmés pour craquer devant les formes féminines, le satiné d’une peau de femme. Ulysse a dû ordonner qu'on l'attache au mât de son navire pour ne pas succomber au chant des sirènes:
Se lancerait-on dans des travaux de table si le fait de manger pour maintenir notre structure biologique ne nous procurait pas un plaisir certain. L’adage dit il faut manger pour vivre, reste que nombre d’entre nous, dont je fais partie, vivons entre autre pour le plaisir de manger.
J’ai dit Vénérable Maître.


source :
www.ledifice.net

Par J\ L\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 09:32

Je me permets de dédier ma planche à la mémoire d'un de nos FF qui vient de partir pour l’éternel Orient, de là où il est il m’a lancé l’inspiration alors que j’étais à cours d’imagination. Je ne puis commencer cette présentation sans être obligé de passer par une description quelque peu académique mais nécessaire. J’y présente les ordres d’architecture un à un en établissant un parallèle avec notre symbolique, je développerai ensuite mon thème de façon plus personnelle, résultat de mon parcours de Compagnon. Nous trouvons d’abord : Les ordres grecs

 1) L'ordre dorique. Le Larousse nous indique que c'est : l'ordre le plus simple, le plus mâle des trois ordres d'architecture ; il est aussi le plus ancien. C'est le premier ordre d'architecture. Pour nous Maçons, la colonne dorique évoque l'idée de force et de grandeur, fortification de la raison et de la volonté les pieds directement sur terre comme la colonne de cet ordre aux vertus masculines. C'est la colonne du premier surveillant FORCE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle nord-ouest (Septentrion-occident).

 2) L'ordre ionique. Le Larousse indique que c'est : l'un de cinq ordres d'architecture caractérisé surtout par un chapiteau orné de deux volutes. C'est le deuxième ordre d’architecture. Pour nous Maçons, la colonne ionique évoque le sentiment, la sensibilité, l'intuition et l'imagination toutes qualités féminines entre toutes. C'est la colonne de notre vénérable maître en loge : SAGESSE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-est (Orient-midi).

 3) L'ordre corinthien. Le dictionnaire indique que c'est : le troisième et plus riche des ordres d'architecture. Pour nous Maçons, dans notre loge écossaise la colonne corinthienne est la plénitude de la beauté. C'est la colonne de notre deuxième surveillant : BEAUTE. La colonne est placée sur le pavé mosaïque dans l'angle sud-ouest (Midi-occident). En même temps que la beauté c'est l'ordre le plus libre de tous, variation dans ses cannelures, ses proportions, sa décorations. C'est l'ordre de l'invention et de la nouveauté. Viennent ensuite : Les ordres romains

 4) L'ordre composite ou romain Ordre formé du mélange de l'ordre ionique et de l'ordre corinthien. C'est le quatrième ordre d'architecture. Pour nous Maçons, cet ordre n'est pas présent en loge. N'a-t-il qu'un rôle symbolique avec l'ordre toscan afin d’amener du chiffre 3 de l'apprenti au chiffre 5 du compagnon, soit 3 + 2. Mais je pense qu'il n'a pas que cette symbolique. Le fait que les romains l'emploient pour orner essentiellement leurs arcs de triomphe, n'y a-t-il pas le symbole du triomphe de la lumière éclairant le genre humain de par l'association féminine de l'ordre ionique et de celui plus masculin de l'ordre corinthien.

5) L'ordre toscan. Le dictionnaire Larousse indique que c'est : Le plus simple des ordres d'architecture, chez les romains c'est une déformation de l'ordre dorique. Pour nous Maçons, cet ordre est plus énigmatique, les anciens, eux-mêmes, ne l'utilisèrent qu'en de rares exceptions. Est-ce un complément architectonique enrichissant pour la beauté, genre de chapiteau androgyne de l'ordre dorique qui serait devenu carré ? 5 ordres d’architecture auxquels correspondent les 5 voyages d’initiation du compagnon. 5 c’est aussi les cinq coups de maillet lors de l’ouverture de nos tenues au grade de compagnon. Ce sont encore les 5 officiers qui éclairent la loge : Le Vénérable maître, le Premier et le Second surveillant, l’orateur et le secrétaire qui sont les 5 lumières de la loge. Mais encore les 5 pointes de l’étoile flamboyante qui nous ramène aux 5 sens et à la divine harmonie du nombre d’or. Elle est complétée par la lettre G de la géométrie qui contribue à la bonne construction de notre tabernacle intérieur et symbolique gouverné par l’intelligence humaine dont nous avons doté le G\ A\ D\ L\ U\. Le chiffre 5 est le nombre de l’union pythagoricienne, c’est aussi le chiffre du centre de l’harmonie et de l’équilibre. Symbole de l’homme qui devient le tabernacle parfait comme nous allons le voir.

1er voyage, avec le maillet et le ciseau, les 5 sens sur la colonne de la beauté, ordre corinthien, correspondant à la 1ère année des études de l’initié.

2ème voyage, avec la règle et le compas, les 5 ordres d’architecture sur la colonne de la force, ordre dorique, correspondant à la deuxième année des études de l’initié. C’est la base solide sur laquelle viennent s’étayer les autres étages de notre élévation vers la lumière, tels les palais renaissance où l’ordre dorique est réservé au rez-de-chaussée dans l’ornementation de la façade. Ce deuxième voyage est la préparation de la décoration d’un tabernacle digne de la majesté du Grand Architecte de l’Univers. Ce tabernacle…c’est vous, c’est moi, c’est nous, c’est l’homme, l’être de chair, celui qui doit être droit physiquement et moralement, juste dans ses relations avec ses semblables et ses proportions humaines divinement harmonisées. Le compas, emblème de la sagesse, de la prudence et de la circonspection, nous aide à mesurer les angles et à établir ces proportions c’est l’ordre ionique à deux volutes. La règle c’est la rectitude de notre esprit et de nos actes. Il ne faut pas oublier que l’architecture est le sujet de mes études après la connaissance de « soi-même ». C’est l’art le plus beau et le plus noble. Ce construire soi-même avec le soin extrême dû au temple, tabernacle qui accueillera le Grand Architecte de l’Univers.

3e voyage, avec une règle et une pince, les 7 arts libéraux sur la colonne de la sagesse. La sagesse de l’ordre ionique qui reprend, par la forme de ses deux volutes qui se font face, les deux plateaux de la balance qu’il faut équilibrer. Ordre féminin qui vient nous rappeler que tout être humain possède la bivalence du masculin et du féminin qui se complète et forme un équilibre à toute justice par leur union dans un être.

4e voyage, avec la règle et l’équerre, voyage de la connaissance des sphères, propriétés de la Sphère céleste et de la Sphère terrestre…

5e voyage … Libre fin du cours de mes études, capable de transmettre ce qui m’a été donné. « Rendre à ceux qui viennent après lui l’instruction qu’il a reçue lui-même de ceux qui l’ont précédé, tel est le principal objet de l’initiation au second Degré ». Une fois que l’ordre dorique, ordre masculin a servi de base à l’édifice, l’ordre ionique suit pour établir une juste proportion et enfin l’ordre corinthien de la beauté finit cette construction pour la ramener au chiffre un et achever dans la perfection ce tabernacle. L’ordre corinthien orné de feuilles d’acanthe est là pour nous rappeler que le mal, symbolisé dans les épines de la plantes, doit contrebalancer la beauté de la forme des feuilles afin d’en mieux profiter. C’est un peu le pavé mosaïque entre blanc et noir. Ses piquants symbolisent encore le triomphe de l’architecte qui a surmonté les difficultés de sa tâche. Les deux autres ordres sont inconnus dans le rite et je ne vois pas comment les rattacher. Peut-être est-ce le symbole des organes dont on ne connaît pas la fonction et que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression, comme toutes choses dans la nature qui ne sont jamais créées pour rien et dont le sens caché n’apparaît que bien plus tard. Ou bien est-ce l’inconnu, la non connaissance, l’inexpliqué qui reste toujours ou qui découle de ce que l’on à découvert. Mon chemin ne s’arrêtant pas à ce degré, sans doute en percevrai-je le sens plus tard. Enfin, ce tabernacle construit le long de ma vie maçonnique ressemble à s’y méprendre à ma loge mère. A l’heure ou je devrais retourner à l’Orient éternel, mon âme, cet enfant nu s’approchera du temple, lieu du passage, elle abordera par le pied gauche les trois marches du temple, elle frappera trois fois aux portes d’airains entrouvertes, passera les deux colonnes Boaz et Jakin, entrera, fera les trois pas de l’apprenti, pour glisser vers ce pas compagnonnique qui m’amènera entre les colonnes force et beauté, au loin la colonne sagesse qui délimiteront mon carré long recouvert du pavé mosaïque des actes, bons ou mal, blancs ou noirs, de ma vie. Derrière, les grenades seront épanouies, telles des sexes de femmes me rappelant mes origines, le début et la fin. En face, baignant dans une grande clarté venant des trois fenêtres de la loge, l’étoile flamboyante entre le soleil et la lune. Michel m’accueillera avec sa balance sur laquelle mon âme montera. J’espère que la droite du niveau du balancier rencontrera en son milieu, en rectitude, la perpendiculaire du fléau. Puis, pour passer du zénith au nadir, ainsi délimité, mon âme s’élèvera par le fil à plomb vers le Grand Architecte de l’Univers. Je passerai dans le giron d’Abraham, qui me prendra en charge pour que mon âme devenue cette pierre cubique, à peu près polie, s’ajuste aux autres pierres pour ériger la Jérusalem céleste, le nouveau temple de Salomon. A moi Abraham, je suis ton frère…Cinq coups,…Schibboleth.

J’ai dit V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 14:31

 

Pourquoi, lorsque l'on a les moyens financiers d'être anobli ne pas acheter une charge qui offre cet anoblissement ? revoyons la hiérarchie de base : écuyer, la pire des situations
enviée par le bourgeois, méprisée par ceux qui sont nés et puis, il y a écuyer et écuyer
il faut être "écuyer" dans une famille qui a déjà pris rang dans la noblesse, soit en servant au palais, soit en servant à l'armée ou dans la justice... pour commencer à recevoir un début de reconnaissance donc, pour écuyer que l'on soit et officiellement, on n'aura pas plus
d'accès à la noblesse véritable pour autant chevalier, pas mieux
et ceux qui estiment que les premiers maçons furent adoubés par un  chevalier à la chevalerie sont dans le même cas que ceux qui se font  adouber dans un hôtel par un noble titré et reconnu parfois par amitié. Soyons sérieux, en plus de l'adoubement qui ne fait pas le sang bleu, le rang est nécessaire, rang qu'il faut pouvoir tenir.
J'ai sur le mont (localité Hersin Coupigny) de Coupigny l'exemple d'un chevalier qui est allé aux croisades, vivant sur une terre noble, ses descendants devenus simples "cultivateurs" ne réclamaient plus rien de l'état auquel ils pouvaient prétendre en pauvres nobles, mais
préféraient vivre de leurs cultures.
Willermoz est un commerçant qui sait bien que l'achat d'une "noblesse" ne lui permettra plus de commercer s'il veut tenir rang de gentilhomme or, son commerce a du lui paraitre plus important que la noblesse qui ne lui aurait sans doute rien donné de plus que ses charges de grand bourgeois dans sa ville, et par exemple, il aurait pu accéder à une noblesse dite de cloche offerte par les magistratures aux "maires" des villes. S'il ne l'a pas fait, sa famille posait-elle problème, les origines sont parfois importantes pour l'accès à une charge noble de qualité... le prix peut s'avérer dissuasif, même avec une belle fortune. Par ailleurs, ses fréquentations fraternelles devaient lui offrir les mêmes ressources.
Est-ce qu'une noblesse légale lui convenait, à lui? n'était-il pas mieux placé en commerçant qui pouvait vendre ses produits à ses frères nobles?
Final : l'un de ses papiers montre-t-il un intérêt réel pour la noblesse offerte par le roi et ses charges ?

Par mcyvard - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 06:55

"Où ai-je appris à écrire ? Dans le Silence d’une retraite, accablée d’une longue maladie et ne considérant qu’un dépérissement prochain. J’ai cru à la batterie qui me surprit et effraya ma raison. Seule, et en présence du Tout-Puissant, j’ai invoqué mon ange gardien, et la batterie m’a répondu. Voilà le commencement. Alors je le confesse, et je me le suis souvent reproché".

Marie Louise de Vallière à Jean-Baptiste Willermoz, 26 Juillet 1806

Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches : l’imprimeur éditeur Perisse Duluc et, car on ne le saura jamais, soit Paganucci comptable de son état, soit le lieutenant-colonel Gaspard de Savaron, ces trois personnes, reçoivent ce soir là, une bien étrange visite assortie d’une bien étrange révélation, qui encore aujourd’hui marque le Régime Ecossais Rectifié…

En effet, un messager, qui n’est autre que Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C’est un gentilhomme beaujolais, Commandeur de l’Ordre de Malte, membre de la Loge La Bienfaisance, Loge créée par Jean-Baptiste Willermoz, il est Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Paulus eques a Monte Alto) et Grand Profès. Il apporte à Willermoz 11 cahiers rédigés par sa sœur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l’emprise d’une force extranaturelle et sous l’emprise de ce qu’elle appelle des "batteries", sortes de coups qu’elle reçoit dans son corps, écrit ce qu’un être supérieur lui fait écrire. Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d’être stable…

Tout d’abord, parlons de Remiremont, c’est une petite ville de 8000 habitants aujourd’hui, et qui se trouve près d’Épinal. Cette petite ville présente la caractéristique de pouvoir suivre sans interruption, son histoire pendant quatorze siècles, depuis le monastère fondé au début du VIIème siècle dans cette montagne vosgienne, en passant par le plus prestigieux chapitre féminin noble d’Europe du XVIIIème siècle jusqu’à la ville actuelle. Abbesses et chanoinesses, " les Nobles Dames de Remiremont " ont laissé partout dans la ville leur empreinte prestigieuse…

En ce qui concerne l’histoire de Remiremont et de son Chapitre, je vous renvoie bien sur, pour ceux que cela intéressera, à l’article de Renaissance Traditionnelle : "Portrait de Chanoinesses" qui reprend le travail de Françoise Haudidier et vous pourrez trouver en notes, une histoire abrégée de ce même chapitre. Alors, que nous dit cet article, en fait le Chapitre était "une maison d’éducation pour filles qui n’avaient pas forcément la vocation religieuse, qui constituait un refuge pour des veuves, des amoureuses déçues, des princesses sans fortune, mais à qui l’abbaye dispensait à toutes, les honneurs dus à leur rang." Mais revenons à cette étude lorsqu’elle traite des chanoinesses de Monspey, car Mme de Vallière est l’une des ces Chanoinesses.

Elles sont filles du comte Joseph-Henry de Monspey originaire de Vallière en Beaujolais. Vous allez voir dans la présentation des cinq sœurs les difficultés de recherche, car les prénoms des sœurs sont très proches les uns des autres… On apprend de plus, que la seconde, va fonder une sorte, nous dit Françoise Haudidier, une sorte de république pastorale inspirée de l’Astrée ce roman fleuve du XVIIème, donnant pour rajouter un peu plus à la confusion, des surnoms de bergers ou de héros à chacune de ses sœurs ! Confusion renforcée par le fait qu’outre les prénoms ressemblant, le père leur donnera aussi un nom correspondant à l’une de ses terres. On retrouve donc :

  • Marie-Louise de Monspey dite "Eglé de Vallière" ou encore Madame de Vallière. C’est, je dirai, celle qui nous intéressera par ailleurs, elle est l’ainée des cinq sœurs qui toutes entreront au Chapitre et feront preuve à l’image des fameux cahiers d’une foi catholique puissante. Elle nait en 1731, mais n’entrera que la dernière au Chapitre en 1776.
  • Marie-Louise-Catherine de Monspey dite "Bergère Annette" ou "Annette de Charentey", née en 1734 et qui entre au chapitre en 1765
  • Marie-Reine-Aimée de Monspey ou "Laure de Vury", née en 1736 et entre au chapitre en 1766.
  • Pauline de Monspey ou "Pauline d’Arma" devenue chanoinesse en 1772, et
  • Catherine-Elise de Monspey ou "Sylvie d’Arigny" entrée elle en 1775 où elle succombera 7 ans plus tard de brûlures…

Les cinq sœurs passent pour avoir été des poétesses, la Maison de Monspey étant dite "chérie des muses" par Alice Joly, on sait leur intérêt pour la culture et la lecture de l’époque. Ce sont à la fois des bienfaitrices, qualifiées de "Bonnes fées" des pauvres, mais aussi de, on peut le dire avec une connotation qui nous est chère, de véritables "cherchantes", curieuses de tout en ce temps des Lumières. Elles lisent Buffon, "grattent" du côté des expériences de Lavoisier ou de celui des expériences de physique de l’abbé Nollet. Elles portent aussi et surtout, pour nous, un grand intérêt aux sociétés Mystiques Lyonnaises, au sein desquelles : les courants s’intéressant au magnétisme et aux guérisseurs, courants dans lesquels Mesmer, le Marquis de Puysegur et autres Cagliostro occupent une part prépondérante.

Nous l’avons dit Marie-Louise de Monspey entre au chapitre en 1776, elle est âgée de 45 ans, on sait qu’elle ne fait que de courts séjours à Remiremont.

Nous avons donc vu dans la première partie de ce travail, les liens entre Jean-Baptiste Willermoz et l’Agent Inconnu. Nous avons également parlé de l’épisode qui vit la substitution du mot du premier grade Tubalcaïn par Phaleg. Pourquoi sur plus d’une centaine de propositions Willermoz n’a-t-il quasiment retenu que celle là ? Alors intéressons nous de plus près, à la fois à l’aspect historique de cette substitution et bien sur à l’aspect symbolique de ce mot de ce nom devrait-je dire, tant en regard de l’histoire Biblique, de l’enseignement de Martines de Pasqually et de la transmission de cet enseignement par le vecteur Jean-Baptiste Willermoz, au Régime Ecossais Rectifié.

Alors tout d’abord et tout simplement en terme historiques, souvenons nous quelques instants de ce que dit l’Agent Inconnu à Willermoz au sujet de Tubalcaïn : "c’est un nom d’abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu’il n’apprit l’art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques. Alors que se passe-t-il lorsque Willermoz reçoit cette injonction de l’Agent Inconnu de changer le mot ? Willermoz se plonge une nouvelle fois dans les Cahiers des Grades maçonniques, ce sont ceux qui avaient été définis au Convent des Gaules en 1778, et confirmés au Convent de Wilhemsbad en 1782. En fait Willermoz parait ennuyé avec cette révélation, on peut penser que déclarer ouvertement ce changement eut été montrer que tout le travail effectué depuis des années, l’avait été sous le sceau de l’esprit pervers. Alors il va tenter la substitution "en douce", arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d’Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision. Avant cela Savaron lu la communication de Willermoz en vue de cette substitution, écoutons le Mystique Lyonnais :

"C’est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l’art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer, c’est pourquoi il est appelé l’inventeur, le Père de l’art de travailler les métaux… Mais on n’a pas remarqué que c’est une contradiction de donner à l’apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l’emblème des Vices. En effet d’un côté on lui apprend que ce n’est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l’autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l’inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée. Si Tubalcain fut le fondateur d’une initiation quelconque, on voit quel devrait être l’objet, et le but par ce qu’en dit l’Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s’occupent de l’Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s’est perpétué que par l’ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n’ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s’occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux. Si de cette observation on pousse à l’examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c’est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l’on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l’initiation de Tubalcain s’est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu’on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer… C’est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu’on trouve la raison de la fondation d’une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l’objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c’est dans les documents de Sem qu’il faut chercher la fondation de la vraie initiation. Sem fut béni par Noé et l’on est fondé à croire que Phaleg, fils d’Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg. Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l’atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l’emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l’auront transmis ; mais on doit se rappeler qu’il est dit : "- Que Chanaan soit maudit, qu’il soit à l’égard de ses frères l’esclave des esclaves."

Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s’empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan…" Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit… Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête unanimement, définitivement et pour toujours : "Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l’explication vraie à l’apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district. Qu’à l’avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu’on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les Loges qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district.

Afin que les Loges constituées par le Directoire n’en prétendent cause d’ignorance et ayant à s’y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d’elles, les invitant à ne point s’écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s’agit.

Arrêté que la présente délibération sera envoyée à S.A.S. le Sérénissime Grand Maître Général de l’Ordre, le Frère Prince Ferdinand Duc de Brunswick et à S.A.S. le Sérénissime Frère Prince Charles de Hesse-Cassel, persuadé que ces deux illustres frères de ce district dans le changement de mot de passe s’emploieront de tout leur pouvoir pour le faire adopter dans tous les établissements du Régime. Pareil envoi sera fait à sa grandeur le Maître Provincial du Ressort, le Sérénissime Frère Duc d’Havré et de Croÿ qui a approuvé les délibérations des Directoires, ayant eu communication particulière des motifs qui doivent le déterminer, le priant d’en maintenir de tout son pouvoir l’exécution.

Enfin comme ce changement tend à établir une différence essentielle, dans les recherches de la vérité maçonnique et que le mot de Tubalcain a été conservé sans y avoir fait beaucoup d’attention dans ce Régime, pour qu’il n’y ait point de différence, les autres Directoires seront invités à prendre en considération les motifs ci-dessus allégués, et à cet effet, copie en forme leur sera adressée par le Chancelier Général du Ressort, ce qui fera connaître la raison d‘un changement qui à défaut de motif pourrait paraître arbitraire et trop précipité ; le Directoire d’Auvergne cherchant tous les moyens de rapprochement de la vérité, et à entretenir les liens de fraternité".

C’est signé Willermoz aîné. Et suivi de la mention : "Expédition pour être déposée dans les archives de la respectable Loge de la Triple Union à l’Orient de Marseille, que je certifie conforme et véritable".

Ainsi aujourd’hui encore au Régime Ecossais Rectifié, et depuis 1785, puisque dans le rituel de 1782 il n’apparaît pas encore, "le mot des Apprentis qui leur sert de mot de reconnaissance est Phaleg", c’est ce mot qu’il faudrait utiliser en cas de tuilage par le Maître de Cérémonie. En effet les instructions par demande et réponses nous le rappellent : "c’est le nom du fondateur des bonnes et véritables Loges", mais surtout, il "sert aux Apprentis […] à leur faire obtenir l’entrée en Loge». Nous pouvons poser là le problème du mot de tuilage à répondre lors d’une visite dans une Loge qui ne serait pas rectifiée… Certes le Frère ou la Sœur Tuileur, Couvreur ou Expert garant de la couverture de cette Loge est censé connaître tous les mots de semestres de toutes les obédiences et tous les mots spécifiques de chaque rite, mais nous savons que la perfection n’est pas de ce monde, et souvent afin de faciliter l’accès, il convient de donner le mot d’Apprenti, à savoir pour l’Ordre Rectifié : Jakin. Et c’est ainsi à peu près tout ce que l’on trouve dans le rituel, les instructions, l’instruction morale sur Phaleg…

Nous l’avons vu, l’adoption de Phaleg n’est pas apparue lors d’un Convent, elle n’a été ratifiée par aucune autorité réellement légiférante, ainsi au sein même du Régime Ecossais Rectifié contemporain, il est des courants de pensée, dont Jean Saunier se fit le porte parole, tendant à vouloir supprimer purement et simplement Phaleg pour un retour à Tubalcaïn… Mais encore faudra-t-il avoir l’aplomb de s’opposer à Jean-Baptiste Willermoz…

Enfin, si l’on veut approfondir le symbolisme de ce nom, il nous faut nous tourner vers "la loi qui était conservée dans le sanctuaire du temple, et que tout franc-maçon doit méditer" à savoir la Bible, et sa lecture faite par Martines de Pasqually dont nous le savons, Willermoz fit l’enseignement sous-tendu de notre Régime Rectifié…

Alors voyons qui est Phaleg que l’on rencontre aussi sous la forme Péleg. C’est dans Genèse X et XI que l’on rencontre Phaleg de la lignée de Sem qui est l’un des trois fils de Noé, mais qui surtout appartient à la lignée de Seth dont "la postérité fut nommée enfants de Dieu et non pas enfants des hommes » nous dit Martines de Pasqually. Phaleg est fils de Héber, celui là même nous dit Serge Caillet qui aurait donné l’hébreu. Arrêtons-nous un instant, car nous avons vu et nous comprenons aisément l’intérêt de se démarquer de la lignée Kaïnite porteuse d’un lourd fardeau. De la même manière, si l’on considère comme Chauvet que "le récit du Déluge, correspond à la partie finale, à l’effectuation du monde, qui devait se faire sous le d’Adamqui ayant failli à sa mission, sera remplacé par Noé, qui réalisera la Création telle que l’Eternel l’a voulue", ainsi on comprend aussi pourquoi c’est le Patronage d’un descendant de Sem et non pas d’un membre de la lignée de Cham qui va être choisi. On peut noter également au passage que si l’on prend pour an 1 de référence l’assassinat d’Abel par Caïn que Phaleg nait en 1757, soit 100 ans après la fin du Déluge. Au sujet de Phaleg, les grandes lignes que l’on rencontre dans la littérature, sont les suivantes : le nom tout d’abord selon l’origine hébraïque signifie alternativement : séparer, diviser (FaLaG) ; ruisseau, cours d’eau (FéLeG) ; moitié, fraction (FéLèG) ou enfin cours d’eau, courant, groupe ou à nouveau division, schisme (FéLaGaH), on pourra aussi voir dan la racine Phal la notion d’élection et de germination. La valeur numérique de Pélèg est 113, mais comme j’en suis bien incapable je n’insisterai pas sur les notions de valeurs numériques de type arithmosophie ou de type Guematria liées au nom de Phaleg, d’autres l’ont fait bien avant et bien mieux… Toutefois il est un élément qu’il nous faut envisager à ce point, c’est le lien entre Phaleg et la Tour de Babel dont il fut contemporain, sans en être en aucun cas comme cela peut être écrit parfois, l’architecte. Parlons brièvement de la Tour : on trouve dans la Genèse qu’elle fut construite afin de relier la terre et le ciel, par l’humanité qui devait être unie par une seule et même langue, et en l’occurrence celle d’Adam... Dieu prenant ombrage de cet excès de zèle, multiplia les langues, ce qui fait aussi de Héber nous l’avons vu, le père de l’Hébreux: dans la confusion, les hommes ne se comprenant plus, la construction s'arrêta, et les hommes furent dispersés à la surface de la terre. En fait dans la tradition juive, Phaleg, ancêtre d’Abram qui deviendra Abraham, père des croyants, Phaleg donc, prophétise ce que nous venons de décrire, à savoir la dispersion des constructeurs et ses conséquences… Phaleg est ainsi un rappel de ce que nous devons éviter, mais aussi de ce que nous avons à racheter, comme l’est "adhuc stat", comme l’est la Perpendiculaire, comme l’est l’axe Justice-Clémence Car outre le mystère de la naissance des langues, et épisode nous montre une nouvelle fois une application de la Justice Divine à la suite d’une nouvelle prévarication… En effet, une nouvelle fois nous touchons du doigt les dangers de vouloir se placer à l'égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance. Notons toutefois ici, que cette fois la Chute n’est pas le fait d’une personne, comme Adam ou Caïn, mais d’œuvre d’un collectif, qui n’est ici rien d’autre que l’Humanité… Alors, on nous dit souvent au Régime Ecossais Rectifié, que ce travail sur la Pierre Brute que nous sommes tous individuellement, cette recherche de la Vérité, cette quête de ce qu’il y a dans notre Cœur, va nous aider égoïstement à nous réintégrer plus vite individuellement. J’ai ici la prétention de penser, que quelque part, ce travail individuel de la pratique des Vertus, même si pour quelques uns d’entre nous ne nous permettra pas d’être canonisés, ne sera en tous cas nullement inutile, dans le sens où quelque part il contribuera à la Réintégration, même lente, de l’humanité toute entière.

Source : Renaissance Traditionnelle N°48 – Octobre 1981. p 258 – Tome XII

Commentaires : Willermoz influencé par l’ « Agent Inconnu » ?.... Entre les « opérations » de Martines de Pasqually et les « batteries » de Marie Louise de Vallière il est facile de se perdre… La question est de savoir pourquoi un Frère aussi brillant s’est fourvoyé dans des élucubrations aussi farfelues.

Une autre question : Pourquoi Willermoz, entouré d’aristocrates et possédant des liens privilégiés avec un Duc et un Prince n’est jamais devenu Chevalier à minima ou noble ? Ne me dites pas que c’est parce qu’il ne l’a pas voulu ! Après avoir lu les livres d’Alice Joly et de René Le Forestier, je sais que Willermoz était ambitieux, pour la Franc-Maçonnerie et pour lui-même. Alors qui a la réponse ?

Par Françoise HAUDIDIER - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 12:45

Je recherche un contact à la Grande Loge Féminine de Suisse.

Merci pour votre aide.

Frat

Thomas

 

 

Par T.D
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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 07:50

« Notre Père, qui êtes présent partout dans l'Univers que vous avez créé, que nous savons être présent parmi nous, enseignez-nous à vous aimer avec ferveur, à vous servir dignement, à avoir foi dans votre bonté et dans votre sagesse et à espérer dans la destinée future de l'homme!  Puisse votre royaume de paix et d'amour fraternel venir sur cette terre quand vous le jugerez bon et, pendant que nous l'attendons, rendez nous patient et capable de dire sincèrement: "Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel". Faites grandir en nous, ce jour et tous les jours de notre vie, cette connaissance et cette vertu qui sont le pain spirituel de l'âme et, si quelqu'un nous induit en erreur ou nous fait du mal, rendez nous capable de lui pardonner pour que nous puissions sans honte vous demander de nous pardonner comme nous pardonnons à nos Frères. Donnez nous le courage et la patience et ne nous laissez pas succomber à la tentation ni sombrer dans le désespoir! Gardez nous de commettre l'erreur et le mal car nous sommes vos enfants faibles et errants qui ont besoin de votre soutien et de votre pardon. Acceptez notre amour, notre gratitude et notre adoration, et continuez de nous bénir, de nous protéger et de nous aider. AMEN, AMEN, AMEN, AMEN, AMEN.” 

Commentaire : cette prière du REAA me rappelle quelque chose. Et on dit que la Franc-maçonnerie n’est pas chrétienne ! 

A comparer avec celle du Chevalier du Temple (Knight Templar) haut grade maçonnique anglo-saxon :

« Notre Père Qui est aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux. Donne-nous aujourd’huinotre pain de ce jour. Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du malin, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. A -MEN. » 

  • Curieux non ? Surtout si on rajoute celle de Très Excellent Maître Rite York: 

 "Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour et pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi, à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, car à Toi seul appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles. Amen."

Bien évidemment on la retrouve au grade de CBCS du RER :

« Notre Père qui est aux cieux, Que Ton Nom soit sanctifié Que Ton Règne vienne, Que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Pardonne-nous nos offenses Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé Ne nous laisse pas tomber en tentation, Mais délivre-nous du mal,  Ainsi soit-il ! »

 

Incroyable : REAA, EMULATION, YORK, RER, ça fait quand même beaucoup ! Qui a une explication ?

Par Rituels maçonniques - Publié dans : Rites et rituels
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Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 08:40

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Par X - Publié dans : Facebook
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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 12:21

Te voilà parvenu au grade où il est indispensable que la finalité de l'Ordre devienne pour toi une évidence claire.

Tu as dû te rendre compte déjà que ce n'est pas vers la pure contemplation, mais vers l'action, qu'il dirige ceux de ses adeptes auxquels il fait gravir ses degrés jusqu'à celui-ci.

Quelques explications, complémentaires de l'instruction qui vient de t'être donnée, sont nécessaires pour te bien faire comprendre en quoi consiste cette action et quels sont désormais tes devoirs et obligations.

Au 30ème degré, tu as reçu l'initiation dernière qui a fait de toi un Chevalier K , un Chevalier sacré. Tu as été consacré comme tel et armé du glaive flamboyant dont on t'a dit qu'il doit être entre tes mains comme la lance de Saint-Georges ou le caducée de Mercure et dont tu dois te servir de telle façon que ce que tu touches de sa pointe se range à tes côtés dans le combat que tu dois mener pour le triomphe des causes justes et nobles.

Ainsi as-tu été invité à l'action. Mais c'était à une action individuelle.

L'initiation à ce grade t'a introduit non pas dans un camp mais dans deux camps, le blanc et le noir, pour marquer que dans tes initiatives d'action, tu oscilles inévitablement entre deux espèces de moyens, ceux de la violence et ceux de la persuasion, et que, dans chaque cas, il te faut opter, voire réaliser un équilibre entre ces deux contraires.

Maintenant, il en va autrement. Ta réception comme Prince du Royal Secret ne comporte plus d'enseignement initiatique proprement dit. Tu viens d'être promu à un poste élevé dans un camp, un seul, un poste qui te crée des devoirs rigoureux et des obligations définies.

C'est à la conception et à l'exécution de l'action d'ensemble de l'Ordre que tu es désormais intimement associé. Il importe que tu en prennes conscience de la façon la plus claire.

Il ne s'agit plus seulement pour toi de mener ton combat isolément sous l'inspiration des principes enseignés aux K , mais de prendre un haut rang dans une armée et d'y assumer ta part de charges et de responsabilités.

Cette armée ne comprend pas que les Chevaliers du Royal Secret. On vient de te le dire, elle se compose de la totalité des membres de l'Ordre, répartis par degrés initiatiques et constituant, sur le plan de chaque degré, autant de phalanges auxquelles sont dévolues des tâches particulières en concordance avec le caractère et les enseignements du grade.

Cette armée a des objectifs. Tu as entendu dire précédemment et répéter au cours de la cérémonie qui vient de se dérouler que nous entendons entretenir vivante la Chevalerie Templière criminellement abolie par massacre il y a plus de six siècles.

La cause à laquelle nous demeurons inébranlablement attachés est celle qu'avait embrassée cette Chevalerie: la primauté de l'esprit, la culture et la défense de la pensée libre, la protection des faibles, le respect de la femme, l'avènement des êtres humains à la dignité, l'abolition des privilèges de toutes espèces, la lutte contre les sectarismes, les dogmatismes et les oppressions.

Pour servir cette cause, deux conditions sont indispensables: être, en esprit, un religieux, au sens le plus profondément humain et charitable, conscient d'être en concordance avec la loi universelle qui veut l'harmonie et le perfectionnement par l'évolution; être, en fait, un combattant en activité incessante, entièrement dévoué à la cause, payant de sa personne et de ses moyens de tous ordres.

Au vrai, et malgré la disparition de la Chevalerie Templière, cette cause n'a jamais cessé d'être servie de différentes façons plus ou moins occultes. A défaut d'armures, ce fut par les écrits. Lorsque les écrits furent interdits, on usa de la parole. Quand la parole fut bâillonnée, ce fut par la pensée et par l'exemple d'existences entières consacrées à son triomphe. Nombreux sont ceux qui l'ont fait au péril de leur vie ou de leur liberté.

Tels des germes emportés par le vent qui se sèment et se développent, les idées lancées et valorisées par ceux qui furent nos devanciers ont engendré des transformations qui furent les victoires de cette armée agissante bien que presque invisible.

Cinq coups de canon, nombre symbolique, devaient signaler les offensives de cette armée. Sur ces coups de canon, trois ont déjà été tirés qui marquèrent le déclenchement d'actions vigoureuses en faveur de l'émancipation de l'esprit.

Cependant, le combat continue. Deux coups de canon restent à tirer.

En effet, d'autres formes de la tyrannie sont apparues, naissant parfois des excès de ce qui, originairement, était bienfaisant, tant il est vrai que les mauvais instincts sont enracinés en l'homme et difficiles à extirper. Ainsi, la raison, grâce à quoi tant de progrès ont été accomplis, a été abusivement érigée en déesse non moins exigeante que les divinités anciennes, engendrant le rationalisme qui a comprimé et souvent étouffé de précieuses facultés intuitives. Associé à l'accroissement des connaissances issues de la science positive et les exploitant, le rationalisme a conduit à la naissance et au développement de la civilisation industrielle, technicienne et matérialiste où la notion et l'appétit de profit ont été substitués à la culture de l'esprit; qui a implanté chez les hommes la volonté de puissance, de puissance d'argent, de puissance économique, et des idéologies absolutistes qui ont suscité dans les nations des entreprises monstrueuses de domination accompagnées de criminel mépris des personnes humaines. La démocratie a souvent dégénéré en démagogie, amenant une tyrannie des masses qui s'oppose à la libération de l'esprit. Les prodigieux moyens modernes de diffusion de la pensée et des merveilleux fruits de la science, qui devaient servir l'exhaussement des intelligences, des cœurs et des consciences, ont été utilisés par les nouvelles puissances politiques, économiques et financières pour des publicités sordides dont

l'effet est de priver les hommes de l'occasion et du goût de penser, de leur dicter leurs divers comportements, de les dépersonnaliser en les acheminant vers un type standardisé et vers une nouvelle espèce d'esclavage.

Et cependant, la rapidité croissante des déplacements des hommes et des échanges de choses sur toute la planète, l'instantanéité des communications entre tous les points de la terre préparent cette unité de l'espèce humaine qui fut l'idéal sublime de nos devanciers.

Comment se fait-il que les progrès inouïs qui auraient dû rendre le genre humain rayonnant de gloire et de bonheur l'ont au contraire plongé dans une nouvelle obscurité où il est la proie de l'angoisse, où ne luit pas l'espérance, où il redoute chaque jour un holocauste qui marquerait sa fin ? N'est-il pas significatif qu'aucune église établie, aucune institution spirituelle ne se soit élevée, dès leur apparition, contre les armes atomiques, qu'aucun débat empreint de quelque noblesse n'ait eu lieu à leur sujet et qu'on n'en ait discuté qu'en termes stratégiques?

C'est parce qu'on s'est progressivement écarté d'une loi infrangible que nous devons, nous, inscrire en lettres d'or à notre frontispice:

"Il n'est d'évolution bienfaisante et valable que celle qui conduit l'accroissement de la spiritualité."

Une confusion, infiniment regrettable et pernicieuse, s'est établie, du fait des découvertes scientifiques et de leurs applications pratiques, entre les mots progrès et perfectionnement. Il n'est de perfectionnement qu'en profondeur, quand la nature humaine est améliorée par une grande emprise de l'esprit sur la vie physique. Or, les progrès dont on se montre si fiers ne sont que de surface, d'ordre matériel et n'intéressent que la vie physique. Ils ont accéléré son rythme jusqu'à le porter à une trépidation perturbante de l'équilibre mental; ils ont inoculé aux hommes une soif croissante de commodités et de jouissances et, loin de leur assurer plus de temps à consacrer à leur perfectionnement spirituel, ils les ont rendus impénétrables par l'esprit.

Car il ne faut pas tenir pour des acquisitions de l'esprit l'accumulation de savoir qui résulte des recherches auxquelles s'adonne le monde moderne. Les hommes, maintenant, savent, en général, beaucoup plus de choses que les anciens en tous les domaines d'érudition, mais ce savoir n'a fait qu'exacerber leur orgueil et leur ambition, et au lieu de les faire avancer dans les voies qui mènent à un exhaussement de l'être humain intrinsèque et à un gain qualitatif, il les a fait régresser.

Ainsi se dessinent les positions à l'assaut desquelles nous devons nous lancer. Ainsi se définissent les raisons et les objectifs de notre combat.

La tradition qui nous inspire est celle de l'esprit triomphant. Elle fut aussi, à leur origine, celle des églises établies, mais celles-ci se sont enlisées dans le temporel. Il appartient désormais à notre Ordre, et à lui seul, de reprendre en mains la destinée du monde, de redonner une âme à une humanité qui en est dépourvue afin de la rédimer, de la relever de sa nouvelle chute.

Il ne s'agit donc plus pour nous de rechercher les moyens d'amélioration des institutions nationales, ni de disputer quant à la valeur des régimes politiques ou sociaux. Il nous faut élargir nos horizons jusqu'à embrasse l'universel.

Notre tâche impérieuse, inéluctable, est d'abord d'opérer notre concentration sur les données de notre enseignement traditionnel, de porter en chacun de nous et en nous tous ensemble, à son plus haut degré possible, notre potentiel de valeur spirituelle et, ensuite, de le diffuser à l'extérieur de l'Ordre par des canaux appropriés qu'il nous faudra découvrir.

Ainsi s'esquisse notre plan d'action.

Nous t'intégrons, nous sublime Chevalier, pour l'accomplissement de cette œuvre et nous requérons de toi, dans ce but, le meilleur de toi.

 

Source : rituel REAA 32

 

Commentaire : cette phrase est intéressante : « La démocratie a souvent dégénéré en démagogie, amenant une tyrannie des masses qui s'oppose à la libération de l'esprit. »

Par SCPLF - Publié dans : hauts grades
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 08:10

La revue Alpina, "magazine maçonnique suisse" qui est édité par la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA), m'a demandé de répondre à quelques questions. Cet entretien est publié dans le numéro 06/07-2014 qui vient de paraître. En voici le texte intégral : 

"Nous respecter mutuellement dans nos différences"

L’historien et chercheur français Roger Dachez connait notre pays. Il y est notamment venu donner des conférences dans le cadre du Groupe de Recherche Alpina (GRA). Ses livres connaissent un vif succès dans l'espace francophone et au-delà. Interview. 

Alpina : Pour beaucoup d'entre nous la notion de maçonnologie semble floue, qu'en est-il exactement ?

Roger Dachez : Le mot n’est pas très beau – et d’ailleurs, il est  étymologiquement bancal – mais il est aussi consacré par l’usage. En revanche ce qu’il recouvre est désormais assez bien défini. Pour tenter de l’éclairer, on peut faire référence à la double approche que, dans les sciences linguistiques et humaines, on désigne par emic et etic. La perspective emic est celle qui tente de comprendre « de l’intérieur » une démarche, une activité, un comportement, un code. C’est la langue qu’on parle, quand on est un locuteur naturel de cette langue ; le rite qu’on accomplit quand on ne s’interroge pas sur une tradition venue « du fond des temps » et qu’on met simplement en œuvre ; le geste qui s’impose à nous dans une situation émotionnelle donnée et qui nous a été légué par notre éducation et fait partie de notre « schéma corporel ».  C’est, en quelque sorte, la vie saisie dans la spontanéité de son déroulement. La perspective etic, c’est « l’arrêt sur image ». Le cliché ou l’enregistrement pris par l’ethnographe, document désormais pétrifié – pour le bon motif – et qui devient objet d’étude, s’offre à la déconstruction, à la comparaison distanciée, à l’analyse structurale. Elle n’abolit pas la vie (l’emic) mais elle lui adjoint une grille d’interprétation possible, détachée de tout a priori. On voit quelle application nous pouvons en faire : le travail en loge, c’est l’emic de la franc-maçonnerie, et la maçonnologie sera son etic… Au confluent de  l’histoire, de la sociologie, de la philosophie, des sciences religieuses  et de l’anthropologie, la maçonnologie s’efforce ainsi de saisir les invariants de la pensée maçonnique et de décrire ses structures jusque dans leur actualité, sans jamais s’y impliquer. 

A trop analyser la franc-maçonnerie, notamment son histoire et sa sociologie, ne risque-t-on pas de  présenter ses aspects "profanes" alors que l'intuition et la sensibilité personnelles jouent un si grand rôle dans le parcours de l'initié ?

On a dit cela de l’histoire critique des origines du christianisme, à la fin du XIXème siècle : Renan, Loisy et tous les autres ont été voués aux gémonies parce qu’ils allaient « casser le mythe ». En fait, qu’est-il arrivé ? Tout le contraire ! La perspective de l’histoire critique a enrichi et renouvelé la démarche chrétienne. Je crois qu’il en sera de même avec la franc-maçonnerie. Il y a certes, dans la franc-maçonnerie, une aventure intérieure qui s’appuie sur des symboles et des rites qu’il faut s’approprier. Cela, en un sens, ne s’apprend pas mais se vit. Nous sommes tous d‘accord sur ce point. Mais, là encore, quand on découvre l’origine de ces rites, les sources de ces symboles, quand on acquiert quelques lumières sur les circonstances et les raisons de leur introduction dans le champ maçonnique, quand on scrute leur intention fondatrice ainsi que  leur évolution – car le rituel maçonnique, dans la longue durée, est tout sauf intangible ! – on se donne des instruments nouveaux et très utiles pour approfondir et revisiter un patrimoine traditionnel d’une complexité inouïe. Je ne crois donc absolument pas que l’approche « éclairée » – je préfère le dire ainsi plutôt que de parler « d’aspects profanes » –  s’oppose à l’approche « intuitive. » En fait, la véritable cause d’une certaine hostilité à la maçonnologie est le plus souvent d’une autre nature, il faut avoir le courage de le dire et surtout l’honnêteté de le reconnaitre : c’est une réelle et trop fréquente paresse intellectuelle… 

Tu présides l'Institut maçonnique de France (IMF), quels sont les buts et activités de cet organisme ?

Fondé il y a douze ans, l’IMF a pour but d’être un lieu neutre et indépendant où toutes les sensibilités maçonniques peuvent concourir à des événements communs qui mettent en valeur et font mieux connaitre l’histoire et le patrimoine culturel de la franc-maçonnerie. Et cela sans querelles de rites ni rivalités d’obédiences. Ses réalisations les plus remarquables sont les Salons maçonniques du livre qui ont fleuri un peu partout en France. Celui de Paris connaîtra sa 12ème édition en novembre prochain. Le précédent a attiré près de 5000 personnes en deux jours, dont un tiers de profanes ! 

La question de la reconnaissance maçonnique va-t-elle selon toi, à court et à moyen termes, rester en l'état actuel ou évoluer vers une autre forme ?

Le paysage maçonnique change toujours, son histoire l’a montré, mais assez lentement. Je ne crois pas du tout que la maçonnerie anglo-saxonne modifiera sensiblement ses critères fondamentaux de reconnaissance avant longtemps. J’ai le sentiment que, par méconnaissance du sujet, ou parce qu’ils prennent parfois leur désirs pour des réalités, beaucoup se font des illusions à ce sujet. Le seul changement qui pourrait intervenir à court terme serait l’abandon de la « clause de territorialité » – qui n’est d’ailleurs pas incluse dans les Basic Principles de 1929 mais qui a, de facto, toujours été observée. Cela veut dire que dans l’avenir, la Grande Loge Unie d’Angleterre – et sans doute aussi les Grandes Loges américaines – pourraient reconnaitre dans un même pays deux ou plusieurs obédiences qui n’auraient pas nécessairement de liens entre elles. Cela peut ouvrir des voies nouvelles. 

Comment vois-tu l'évolution de la franc-maçonnerie en France, toutes obédiences confondues, des rapprochements ou au contraire des crispations et des replis ?

Ce problème ne se pose que dans les pays latins où la maçonnerie « non reconnue » (par les Anglo-Saxons) est à la fois majoritaire et très morcelée. En France notamment, pour dire les choses clairement ! Il y a dans notre pays une obédience « régulière et reconnue » depuis un siècle, cela fait partie du paysage. Ce sont les passages d’une culture à l’autre qui sont souvent problématiques : on l’a vu en Belgique avec la Grande Loge, reconnue en 1959 puis « déreconnue » en 1979. On peut tout envisager, mais à condition de ne pas jouer sur les mots et de ne pas se mentir à soi-même – sans parler de mentir aux Anglais. Je dirais volontiers qu’en ce domaine, il y a peut-être des obédiences qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions... En fait, je pense que l’unité maçonnique, en France, n’est pas pour demain et que ce n’est pas un drame. L’essentiel est de nous respecter mutuellement dans nos différences : c’est un principe maçonnique, non ?  

La prolifération d'obédiences à laquelle on assiste actuellement dans certains pays est-elle à ton avis un phénomène positif ou non ?

Je crois surtout qu’il faut en rechercher les causes. Les dérives administratives, autoritaires ou simplement médiatiques de certaines « grandes » obédiences, les conflits larvés que quelques-unes entretiennent entre elles, sans parler des gesticulations de certains dignitaires, tout cela peut expliquer la lassitude de certains francs-maçons. Si cette culture ne se corrige pas, l’émiettement est inévitable et il se poursuivra...  

L'individualisme allant croissant dans les sociétés modernes, l'engagement associatif perd du terrain. Serait-ce un phénomène irréversible ?

Un sociologue comme Michel Maffesoli rétorquerait que c’est aussi le temps des « nouvelles tribus » : on cherche, par affinités électives, à reproduire le « cocon » primitif dans de petites communautés fraternelles. La loge ressemble pas mal à cela, à condition qu’elle recouvre une bonne part de son autonomie, souvent perdue dans nombre de cadres obédientiels, surtout en France, pays de tradition « jacobine » et donc très centralisateur !  

On assiste souvent dans nos rangs à des idées plus ou moins convenues lorsqu'on aborde des thèmes philosophiques. Comment “booster“ la pensée des Frères hors des sentiers battus ?

Je ne  suis pas certain qu’il s’agisse d’un problème spécifiquement maçonnique. Je crois plutôt à une baisse inquiétante du niveau de culture générale des générations les plus récentes. J’enseigne à l’Université depuis trente ans et j’en suis le témoin navré ! J’en reviens donc à la maçonnologie : sans un peu de (vrai) travail intellectuel, et pour le dire clairement, sans quelque connaissance des humanités classiques, on ne va pas très loin, pas plus en maçonnerie que partout ailleurs dans la vie.  

Quels seraient aujourd'hui les principaux enjeux pour assurer l'avenir de la franc-maçonnerie en Europe et dans le monde ?

1. Lutter contre la baisse dramatique des effectifs dans le domaine anglo-saxon. 2. Juguler les conséquences néfastes d’une croissance incontrôlée des effectifs dans les pays latins ! Cela peut sembler contradictoire, mais je me demande parfois si ce ne sont pas les deux facettes d’un même problème. La solution ? Peut-être un juste équilibre entre le formalisme rituel et le travail intellectuel en loge : pour exorciser le premier et discipliner le second. 

Voilà 600 ans, Jacques de Molay périssait sur le bûcher. La commémoration va-t-elle “rallumer“ le débat entre partisans et opposants de la filiation Templiers - franc-maçonnerie ?

Je pense que rien n’empêchera jamais les naïfs, les rêveurs  et les gogos de gober ces histoires à dormir debout. On a beau avoir écrit des tonnes de littérature montrant qu’il n’y a aucun lien d’aucune sorte entre l’Ordre du Temple et les origines de la franc-maçonnerie spéculative, rien n’y fera, j’en ai peur. C’est l’inévitable part du rêve…qui rapporte d’ailleurs pas mal d’argent à certains auteurs ! 

Il y a également «le thème chevaleresque dans l'imaginaire maçonnique» dont tu as récemment traité dans une anthologie (voir rubrique Books de l'Alpina 5/2014). Pourquoi un certain nombre de maçons ont-ils de la peine à admettre l'arbitraire voire la fantaisie dans les textes et rites de notre ordre ?

Peut-être parce qu’ils ne font pas suffisamment la part de la métaphore, qui est le ressort essentiel de franc-maçonnerie. Par ma culture protestante – c’est un trait extrêmement minoritaire en France – je suis familier d’un abord interprétatif et critique – au sens positif : trouver un sens cohérent – des textes « sacrés ». Je ne crois pas du tout que les rituels maçonniques soient des textes sacrés, mais le parallèle me parait valable. Ce sont des jeux, mais des jeux sérieux. Si l’on comprend cela, de nombreux horizons peuvent s’ouvrir où les uns et les autres pourront cheminer côte à côte, pas nécessairement avec la même vision du but, mais sans pour autant s’affronter stérilement. 

As-tu actuellement un livre en chantier ou en voie de publication ?  

Non...j’en ai trois ! Tout d’abord, pour la rentrée prochaine, un troisième opushistorico-maçonnico-policier, avec mon fraternel « complice », le criminologue Alain Bauer : ce roman se situera à Washington, au temps de George Washington. Pour la fin de l’année une Histoire illustrée du Rite Ecossais Rectifié, et puis une grandeNouvelle histoire des francs-maçons en France qui devrait paraitre en 2015.

 Source : http://pierresvivantes.hautetfort.com/archive/2014/07/15/une-interview-dans-alpina-5410762.html

Par Roger Dachez - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 07:16

Dans la progressivité de la démarche maçonnique au REAA, les grades dits de vengeance ou grades d’élus, succèdent aux grades de perfectionnement. C’est dans un groupe d’hommes éclairés, zélés et fidèles, prudents et équitables, ainsi que vertueux, c’est à dire hommes de qualité et de confiance que seront élus ceux à qui on confiera la mission de châtier les assassins d’Hiram. On constatera également, au fil de l’histoire que, de simple chargé de mission désigné par le Sort parmi plus de 90 postulants, l’Elu s’élève progressivement vers la notoriété après s’être illustré par ses actes, pour atteindre un rôle social élevé, au service de l’intérêt commun. Mais traitons d’abord de la légende et de la scène  qui est présentée aux récipiendaires du premier grade dit de vengeance.

1 er acte : 

L’histoire se situe sous le règne du roi Salomon, après que le grand architecte chargé des travaux de construction du Temple ait été assassiné par les 3 mauvais compagnons avides de connaître le mot de passe des Maîtres. Apprenant par Pérignan, un étranger, (le dieu Hermès ou nouvelle manifestation du hasard ?) La cachette d’un des meurtriers, le sage roi Salomon envoie 9 Maîtres pour l’appréhender et le livrer à la justice, chiffre choisi en souvenir des 9 maîtres qui sont partis à la recherche de la sépulture d’Hiram. L’un d’entre eux, le zélé Johaben, déjà rencontré comme secrétaire intime outrepasse sa fonction en exécutant le mauvais compagnon au lieu  de le livrer à la justice et ne doit son salut qu’à ses pairs qui plaident pour lui devant Salomon.

Analyse du tableau.

La légende est illustrée par un tableau, véritable  document pédagogique alchimique. Au travers les époques, les multiples représentations qu’en ont tiré les artistes, j’en ai trouvé 4, représentées ici. Qu’y a t il là ? Un individu, le meurtrier endormi, dans un décor plein de symboles. Citons-les: Un buisson ardent - La fontaine - La caverne - Le poignard - La lampe et, présents dans certaines représentations, L’étoile -L’arc-en-ciel - L’escalier à 9 marches. Auxquels on peut ajouter l’étranger, absent ici mais parfois représenté sous les traits d’un chien, soit 9 symboles. Présent devant lui, l’Elu se trouve ébloui par l’éclat du buisson ardent, représentation allégorique de la divinité, porteuse du commandement « Tu ne tueras point » placé là pour lui rappeler la limite de son action, et obtenir la bonne réponse, se saisir du meurtrier et l’amener devant la justice. Au-delà, l’initié découvre, la caverne où le criminel s’est réfugié, lieu sacré image brute du monde dépourvue des valeurs fondamentales qu’il était censé construire, la sagesse, la force, et la beauté. Il ne peut être confondu avec le cabinet de réflexion, car le coupable y dort, pour oublier je pense, mais il n’a pas tout oublié, il reste à son  chevet une toute petite lumière, peut être celle du remord. Quant au M. il connaît le chemin à parcourir pour accomplir sa mission, mais il est seul et démuni. En effet, il n’a pas d’outils, ni équerre ni compas, ni aucun de ceux qui ont accompagnés ses voyages vers la quête mais il aperçoit un poignard- posé là par qui? -, instrument ambivalent de la tentation purificatrice empreint de noblesse avec sa poignée d’or et sa lame d’argent. Seul avec sa loi morale encore fragile et sa soif de vengeance, c’est la première fois qu’il se trouve devant son devoir; auparavant il ne s’est qu’engagé à le faire, maintenant il doit l’accomplir. Qu’elle va être sa réaction ? Il décide d’avancer, d’avancer seul et se dirige vers la caverne, dépasse le buisson ardent et poursuit son chemin. Il fait les 9 pas, effaçant successivement les commandements transmis par Moise, oubliant ainsi sa Loi Morale, action régressive irréversible car le mal attire le mal. Saura-t-il en pénétrant dans la caverne y retrouver trouver la pierre cachée des sages ? Il n’est pas à cet instant dans un état de calme réflexion mais sous l’emprise du tumulte de l’émotion. Le combat entre le buisson et la grotte, entre le bien et le mal est d’ors et déjà perdu. Et, entré, se saisissant du poignard, il transgresse le dernier commandement, il frappe, il frappe en criant « NEKAM », cri par lequel on excite quelqu'un à la vengeance. Au front d’abord pour effacer le geste mortel ayant mit fin aux jours de l’Architecte, acte magique, le semblable appelant le semblable, puis au cœur pour  recréer l’harmonie détruite sans percevoir, sourd au dernier message, « NEKAH » du supplicié, qu’en agissant ainsi, en se conduisant lui-même comme un assassin, il a détruit la sienne. Enfin, il parachève l’extinction de sa soif de vengeance d’abord en le  décapitant, châtiment humiliant car réservé aux apprentis, matérialisant ainsi ce qu’il considère comme son triomphe, puis en se purifiant à la source. C’est dans les yeux de ses compagnons qu’il lit la  bassesse de son comportement social, découvre que, ses passions ayant asservi son zèle,  la sauvagerie de son action a fait de lui un être aussi méprisable que celui qu’il a châtié.  Prise de conscience tardive par ces mots BEGOHAL-KOL de ce qu’il aurait du combattre, de ce qui est caché en lui. Sensible à l’intercession des autres Elus, à leur  commune alliance fraternelle en faveur du pardon d’un acte outrancier mais réalisé par devoir au nom de la justice, Salomon, réussit lui, le roi, à surmonter une phase d’emportement, pour évoluer vers plus de discernement, leçon ainsi donnée à Johaben. D’ailleurs, Salomon qui est, lui, au courant du plan du Grand Architecte ne pouvait que pardonner. Et pour montrer que, malgré cet excès la justice à  triomphé, la tête du meurtrier est exposée à la porte du Temple, là ou a été frappé l’Architecte Cette histoire est édifiante par la pertinence de la démarche éducative. Voilà un homme, curieux par essence, instruit d’humanisme, déjà prévenu des conséquences de ses possibles errements qui échoue, instantanément, encore emporté par ses passions. Je vois dans ce psychodrame une expérience aussi nécessaire que les travaux pratiques complétant un cours magistral. C’est grâce à ce parcours, démarche nécessaire, que la connaissance théorique et livresque de la vengeance se métamorphose en connaissance pratique parla vengeance. Mais évitons de généraliser, la maçonnerie est spéculative et ce récit n’est qu’une légende. Nous restons toujours des enfants, nous ne savons ni lire (le monde) ni écrire (notre morale) et comme eux sommes normalement attirés parla transgression, expérience de la vie. Ces histoires qu’on leur raconte pour les éduquer contribuent à leur éducation et les préviennent des risques encourus.

2eme acte:

Lorsque la cachette des 2 autres assassins est révélée, Salomon envoie 15 maîtres que, cette fois, il choisi (dont Johaben encore et les huit précédents) pour les capturer. Pourquoi 15 maintenant ? Certains auteurs interprètent ce nombre comme la somme 3+5+7 expression du choix de maîtres ayant parfaitement  intégré les enseignements successifs des 3 degrés des loges bleues. Cette fois, pas de vengeance, les fugitifs sont capturés, couverts de chaînes aux maillons en forme d’équerre et de compas. Ainsi, prisonniers de ce qu’ils avaient voulu conquérir sans le mériter ils sont traduits devant Salomon qui les fait enfermer dans une tour. C’est là, dans cet endroit rappelant la tour de Babel, lieu ou aucun dialogue n’est plus possible que ces criminels, coupables d’avoir essayé de voler les mots de maître pourront, dans le silence, prendre conscience de la démesure  de leur orgueil dans le temps qui leur est laissé pour, peut être, se repentir de leur acte en attendant leur jugement. Puis ils sont exécutés. Le chaos qu’ils ont engendré, est censé être réparé par celui que l’on créée dans leur chair, par leur souffrance lors du supplice et que, ainsi, l’ordre universel soit reconstruit, renaisse. C’est pour la justice encore, en absence de jurisprudence, le temps de la loi du talion. De nos jours, on dirait que le désir d’ordre était, là, supérieur à l’idéal de justice. Aujourd’hui, le dieu de vengeance et de châtiment a cédé la place au dieu d’amour et de pardon. La souffrance n’est plus rédemptrice ni pour l’individu ni pour la société.

3eme acte

On dit que ce grade est celui de la récompense, j’y vois plutôt celui d’une nouvelle conscience. Ce qui leur a été demandé, leur action pratique au service du Devoir, leur à permis, en étant descendus au fond de leur conscience de remonter vers la lumière avec une détermination renforcée et définitivement acquise. On les dit Sublimes matérialisant ainsi le changement d’état de leur démarche spirituelle. Et Chevaliers, donc à cheval, maîtrisant leur monture c’est à dire leur coté animal, bien loin de la confusion des centaures, capables d’avancer plus rapidement sur le chemin, armés du poignard qu’ils conservent à leur coté pour rappeler la détermination sans faille de faire taire leur ego. L’épée, ou glaive qu’ils reçoivent et la devise «Vaincre ou mourir» ainsi que ce qu’ils ont accompli les met définitivement, car il y a changement d’état, sur la voie sacrée, c’est à dire jusqu’au sacrifice, par le pouvoir de l’esprit imprégné d’un idéal de justice et d’équité, triomphant de l’ignorance et du fanatisme grâce au  progrès conjoint de la connaissance et de la morale

Les maîtres mots sont :

  Maîtrise de soi, de l’exercice de sa fonction, dans l’action pour une grande cause.

  Transcendance par franchissement de la frontière des émotions permettant l’accord

de l’action et de l’esprit.

La méthode maçonnique, spirale ascendante revenant  cycliquement sur les enseignements précédents, les a transformés en hommes sages, maîtres de leurs passions, ce sont des humanistes guerriers, leur connaissance les rend «vrais en toutes circonstances».

Conclusion

Dans ces grades d’Elus, grades d’immanence, le REAA propose, une consolidation de l’instruction du degré précédent par un travail pratique sur le Devoir.

  La fatalité ils l’ont rencontrée à la mort du RMHiram.

  Ils ont su se plier à la nécessité de venger l’art Royal.

  La destinée, le sort, ne les a pas tous récompensés mais tous  ont accomplit leur

Devoir.

Il enseigne par la pratique que, puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain ne peut chercher la vérité qu’en luttant contre ses propres imperfections. Pour atteindre la vérité, la transgression expérimentale, les erreurs, sont nécessaires à condition qu’elles soient à postériorité analysées  pour se nourrir de leur enseignement et alimenter sa morale. C’est par ces actions (expérience pratique de la vie initiatique continuée à l’extérieur du Temple) que l’initié trouve ou retrouve l’étincelle divine qui est en lui, aidé par les symboles semés dans l’inconscient par l’expression d’un dessein intelligent le guidant vers la vérité donc vers la liberté pour plus de spiritualité, de conscience et d’amour à la suite de l’accomplissement d’une mission à haute valeur morale, quelle que soit la façon dont on l’a remplie. Un jour, un ami dans la détresse m’a demandé de le conseiller sur le chemin à choisir pour s’en sortir. Je me suis servi de mon expérience pour lui répondre. Il a suivi mes conseils et, plus tard, m’en a remercié. C’est une des rares fois ou je me suis senti un homme véritable. Mes Frères, j’ai dit.

Source : L.P. Le Parthénon

Par Jean-Claude L. - Publié dans : Planches
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