Vendredi 31 octobre 2014 5 31 /10 /Oct /2014 07:50

Cette planche, voilà bien longtemps que je désirais la concrétiser, mais fige en statue de sel, mes idées sont restées des années alignées, inorganisées.
Paradoxe dans le titre, paradoxe dans la démarche. Comme vous l'avez sûrement deviné, ce Livre n'est qu'un Livre : La Bible. Ce qui est déjà une trilogie : BYBLOS est la ville où fut trouvé le premier livre. Et si je vous invite à aller au-delà du texte c'est qu'il m'est apparu comme un écran cachant l'essentiel.
En préambule, je voudrais préciser trois choses :
La première : j'ai cantonné ma réflexion à l'Ancien Testament car il est le plus ancien texte des trois religions monothéistes et leur tronc commun.
La seconde : mon étude ne peut être que parcellaire, l'œuvre est immense, il serait impossible de l’embrasser toute.
La troisième : bien que de culture juive je ne suis pas contre Dieu, mais sans Dieu même s'il existait.
Athée privatif, je ne suis pas contre Dieu mais je n'ai pas jugé nécessaire de l'inscrire comme paramètre dans mon éthique. Et je ne cherche pas à servir d'exemple. Je visite cette « Terra Incognita » en explorateur, objectif : lever du doigt un coin du voile qui cache toute religion, gnose ou n'importe quel déisme.
Tout d'abord il n'existe pas un seul texte mais des textes ou bien ce qui est le plus vraisemblable c'est le même texte qui évolue au cours du temps et qui se modifie comme se modifie imperceptiblement une langue au cours des siècles. Mais au contraire de la langue qui s'enrichit en se transformant, le texte sacre devient plus obscur et incohérent avec les coupes sombres qui l'ont taillade au décours de bouleversements dogmatiques.
Nous devons considérer le texte comme l'on considère le rêve en psychanalyse. C'est-à-dire que la réalité même du rêve a moins d'importance que le commentaire de l'analyse. Ce qu'il en dit évolue au cours du temps.
Volontairement, j'ai limité mes recherches et le discours de ce soir à des « événements » de la bible qui se laissent scruter à la lumière des dernières données scientifiques et qui ont valeur universelle, c.a.d., que l'on pourrait comparer avec des valeurs mystiques d'autres civilisations.
En premier lieu la Genèse. Ou la cosmogonie de certaines philosophies, le BIG-BANG des astronomes. Ensuite l'aventure d'Adam et d'Eve, Eden face aux théories de l'évolution.
Dans la plupart des versions, la bible débute par la création du ciel et de la terre par Dieu.
Pour une des Genèse les plus anciennes que j'aie pu consulter, en Araméen, heureusement traduite, car pour moi c'était de l'hébreu, le commencement de tout n'est pas un commencement mais l'irruption de la présence divine dans un état préexistant. « Au début tout n'était que TOHU et BOHU ». Une excursion vers le lexique, nous apprend que TOHU et BOHU étaient les monstres du désordre.
Dieu apparaît comme un organisateur plutôt qu'un créateur.
Dans la tradition orale de la Kabbale même son de cloches, si j'ose dire, la raison de l'existence, c'est que Dieu a désiré voir Dieu. Ainsi, il y avait une non-existence antérieure, de laquelle il est dit littéralement : « Le visage ne regardait pas le visage ». Dieu aurait retiré le Tout Absolu d'un endroit, l'aurait en quelque sorte contracté, pour permettre l'apparition d'un vide dans lequel pourrait se manifester le miroir de l'existence. Deux remarques, l'une physique et l'autre philosophique.
D'abord la remarque philosophique. Il est question de miroir de l'existence et non de l'existence en soi. Il est question souvent du reflet des choses rarement des choses elles-mêmes. Voila qui rappelle le mythe de la caverne de Platon et qu'il ne faut pas prendre la réalité pour son ombre.
En ce qui concerne la remarque de physique astronomique, la contraction puis l'expansion du réel, cela sonne agréablement à l'oreille des coupeurs de BIG--BANG en quatre.
Nous allons aborder ici quelques notions difficiles à appréhender pour une simple vision humaine. Celles des dimensions et de la forme de l'univers. En fait peu de postulats permettent de s'y retrouver.
Premier et dernier postulat : la lumière et donc toute perception se déplace en ligne droite.
Deuxième notion prouvée elle par Einstein, le trajet de la lumière peut être infléchi par tout corps pesant, des étoiles par exemple. Pour simplifier, c'est comme le parcours sinueux des sondes spatiales qui profitent de la gravité des planètes pour à leur proximité reprendre de la vitesse comme la pierre d'une fronde.
En fait nous pouvons nous imaginer une portion d'univers comme un drap tendu aux quatre coins par quatre personnes. Une autre personne disposant quelques galets sur le drap, créant ainsi des déformations de la toile. La seule manière de se déplacer, c'est le plan du drap avec des creux au voisinage des astres.
Un trou noir étant un trou profond qui piège la lumière. Comme une balle de golf arrivant à son but.
On peut contourner le dogme de la vitesse de la lumière. On sait que la gravité a une influence sur l'écoulement du temps, elle le ralentit.
Deux horloges atomiques, l'une au niveau de la mer l'autre dans un satellite finissent par diverger dans leur affichage.
On peut donc proposer que dans un trou noir la lumière parcourt toujours 300,000km/s mais que sous l'influence de la gravité immense le temps s'est presque arrêté.
Il y a aussi la notion d'horizon d'événements mais là on y serait encore demain.
Extrapolons à l'univers entier, sa masse est telle qu'elle crée à grande échelle une courbure régulière.
Nous pouvons maintenant donner une image en pâture à notre imagination avide.
Celle d'un ballon en caoutchouc que l'on peut gonfler.
Maintenant faisons deux constatations : la 1ère, l'univers n'est que le caoutchouc du ballon, la 2ième, en allant toujours devant soi, on revient au point de départ.
De plus il est prouvé que le ballon se gonfle. Pourtant les corps célestes semblent garder leurs positions respectives. Comment cela est-il possible ?
Supposons que nous ayons dessiné au feutre des figures géométriques sur la surface de caoutchouc. Le ballon se tendant, les formes se distendent également et leurs distances relatives sont les mêmes.
Autre point inhabituel à préciser : qu'y a t-il dans le ballon ? Et à l'extérieur qu'y a t-il? Eh bien il n'y a rien, cela n'existe pas. Le ballon crée la réalité au fur et à mesure qu'il se gonfle.
Nous voici donc en totale compatibilité avec la vision du monde de la première Kabbale. L'esprit divin se retire pour laisser la place à la matière.
Revenons à Einstein et à sa théorie générale de la relativité. Il n'a pas pu aboutir. Il cherchait une unicité à toutes les forces qui contrôlent l'Univers, du plus petit objet aux plus grandes galaxies en passant par le temps. S'il avait réussi, cette équation primordiale et unique, comment se serait-elle appelée ?
Probablement Dieu, l'Etre Suprême, le Grand Architecte de l'Univers.
Au fond Einstein était très mystique, ce qui peut expliquer l'orientation de son œuvre. La théorie des « quanta » de Max Planck qui laisse objectivement une part d'inexpliqué n'a pas été encore mise en défaut. Par principe, plus on connaît un objet dans son apparence et ses dimensions moins on sait ou il se trouve et réciproquement. C.A.D. que si on connaît sa trajectoire nous ne pouvons plus définir l'objet.
Ces deux grandes théories en parties antagonistes laissent-elles supposer qu'Einstein croyait au ciel et que Planck n'y croyait pas ?
A ce point de mon exposé, permettez-moi de vous faire part de ma réflexion personnelle en ce qui concerne les théories. La dernière chassant à grand fracas et dans la honte la précédente.
Dans ce dessein, je vais vous raconter une anecdote.
A Florence, à la Renaissance et comme partout ailleurs, on expliquait le fait qu'aspirant dans un tuyau, l'eau si trouvant, montait, par cette affirmation péremptoire donc définitive « La Nature a horreur du vide ». Ce qui nous paraît aujourd'hui comme une énormité avait force de Loi puisque jamais mise en défaut. Et les plus belles fontaines avaient vu le jour grâce à ce principe.
Seulement ce jour-là les fontainiers essayaient d'aspirer l'eau à plus de 10.33 m de profondeur et la Nature se refusait à combler le vide restant.
Il fallut bien essayer de comprendre ce qui se passait. Découvrir la pression atmosphérique et construire des pompes foulantes pour franchir ses limites.
Comme dans la théorie des ensembles, la théorie scientifique n'est-elle que cette ligne enfermant des points de même nature qui ne sont que des faits similaires simulant une seule famille ? Un jour une brebis galeuse est découverte hors du giron de la théorie. Celle-ci perd sa crédibilité. Une autre théorie apparaît, plus large, qui annexe l'étrangère, l'exotique.
Les théories ont-elles deux fonctions ? La première, de nous offrir de façon précaire un mode de calcul tout à fait pratique et réel. La deuxième, de nous rassurer, en nous faisant croire que le monde est décryptable.
Pour les kabbalistes, le monde est en effet décryptable, car Dieu se contractant pour permettre au réel de se répandre a laissé une signature en toutes choses.
Ce signe divin réside dans les proportions des solides qui composent l'Univers, et dans les nombres qui permettent de calculer leurs dimensions. Certains de ces sombres se trouvent investis des lors d'une fonction qui dépasse la simple utilité de calcul et de dénombrement d'ou l'abondance des nombres d'Or, de nombres maléfiques, des nombres bénéfiques.
De l'Ancien Testament au Nouveau, des nombres se répondent en écho. 7 plaies d'Egypte et 7 pêchers capitaux. Ici Isolement purification de 40 ans, 40 jours pour les évangiles.
C'est également Dieu qui a donné les dimensions et les directives pour la construction des temples qui sont sensés être une réplique en réduction de l'Univers. Non seulement est une réplique de son architecture mais également une réplique de sa création. C'est donc en espace-temps qu'il faut décrire. Et les piliers des temples égyptiens, du temple de Salomon, et par voie de conséquence de nos propres temples ne servent pas seulement à soutenir le toit ou la voûte étoilée. Ils jalonnent le trajet qu'a emprunté l'éclair de la création ou si vous préférez, ils sont les témoins du BIG-BANG. Ces piliers, au nombre de 10, sont à la fois réceptacles d'énergie de l'éclair originel, vertus et nombres. Leurs noms sont entre autres :
Sagesse, beauté, miséricorde, rigueur. Trois sont utilisés au rite écossais pour encadrer le tableau de la loge.
Ils sont plus connus sous le nom de SEPHIROT, ensemble ils constituent l'arbre de vie. Cet arbre remarquable, comme ses semblables, se tient debout. Et la Lumière le matin vient évidemment de l'Orient. Au matin du magicien elle vient d'en haut : les piliers deviennent des échelons. Entre BOAZ et JAKIN, nous sommes en bas, la lumière qui vient de l'autre côté d'au-dessus et non de l'Est semble nous inviter en éclairant la première marche à refaire en sens inverse le trajet initial de la création afin d'accéder à quelque connaissance.
L'arbre ne nous cachera pas la forêt, car tout naturellement nous allons faire quelques pas dans le jardin d'Eden.
Mous arrivons ici à un point de notre lecture du Livre qui exige toute notre attention, en effet le texte est censure, caviarde, certaines lignes sont même entièrement blanchies. Nous soupçonnons que dans le vaste interligne il y a eu quelque chose.
Quand il est question de la création de l'homme, il est écrit : « Dieu créa l'homme à son image. Mâle et femelle il les créa. »
Plus loin, il est à nouveau question de la création de la femelle à partir de la côte d'Adam.
Pourquoi cette répétition ? Pourquoi la femme a-t-elle été sortie deux fois du néant ? Une fois égale de l'homme, une fois inférieure.
Tout simplement par ce qu'il y a eu 2 femmes et que peu de textes font état de la première. Que le paragraphe la concernant a été supprimé. Les phrases se raccordent mal et laissent transparaître la supercherie.
Il est possible de retracer la brève histoire de cette première femme qui n'était pas Eve et se prénommait Lilith. Egale de l'homme, elle prit bientôt tant d'indépendance qu'il fallut s'en débarrasser et l'envoyant dans les abîmes de la mer.
Deuxième essai, voici Eve, inférieure désormais ce qui arrange bien le patriarcat. Quoique, certains traducteurs pointilleux avec l'araméen ont découvert que Dieu n'avait pas sorti Eve de la côte d'Adam mais l'avait mise à son côté.
Ensuite il a fallu quatre mille ans à la femme pour obtenir son émancipation et encore pas partout.
Maintenant, comme Eve, succombons à la tentation du serpent.
Au jardin d'Eden, il y avait 2 arbres remarquables. L'arbre de vie que nous avons déjà admiré. Et l'arbre de la connaissance dit l'arbre au serpent, également l'arbre de la tentation.
Revenons donc à la tentation. On nous dit textuellement que Dieu avait interdit à Adam et Eve de goûter les pommes de l'arbre de la connaissance : la connaissance est aussi la 11ème SEPHIRA ou sphère d'énergie apparaissant en filigrane sur l'arbre de vie. Cet arbre de vie bien qu'ayant ses racines posées sur le jardin d'Eden n'en faisait pas partie intégrante. Ses branches montaient jusqu'au ciel. Le conseil du serpent n'était pas si mauvais car consommer la pomme de l'arbre de la connaissance permettait d'accéder directement à l'arbre de vie de vie et donc de remonter à Dieu. Il y avait donc une sorte de passerelle.
Qu'arriva-il donc à ce couple désobéissant ? Ils furent chasses du paradis terrestre, ils durent travailler et surtout ils devinrent mortels. Un ange leur barra le retour vers l'Eden avec une épée flamboyante car s'ils avaient pu consommer les fruits de l'arbre de vie l'immortalité leur était définitivement acquise.
Que faut-il comprendre en vérité ? Peut-être que cette connaissance qu'Adam et Eve ont obtenue ne concerne que leur état de mortels. Mortels ils l'étaient déjà comme les autres animaux qui peuplaient non l'Eden mais tout simplement la Terre. Ils ont simplement eu la révélation que, bien que les jours s'écoulent dans l'insouciance, égaux à eux-mêmes, un jour, ils mourraient. C'est ce qui fait toute la différence entre un animal ressemblant à l'homme et
l'homme lui-même.
Non, ils n'ont pas été chassés d'un lieu béni. La rivière serpente toujours au même endroit. Les oiseaux chantent toujours aussi juste. C'est dans leur tête qu'il fait noir. C'est seulement cette certitude de la mort et l'angoisse qu'elle génère qui est le moteur d'une activité intelligente qui ne se résume pas à de pulsions instinctives innées comme boire, manger, se reproduire.
Cette connaissance est une déchéance qui paradoxalement élève au-dessus des autres vivants.
Vercors dans son livre « Les animaux dénaturés » évoque ce passage de l'animal à l'homme, cette étincelle qui fait toute la différence. Et quand il parle d'animal dénaturé, il ne s'agit pas d'être perverti mais d'être démarqué de la nature.
Voici donc l'homme, il a froid. Il a pu couvrir son corps de peaux de bêtes. Mais il a les os transis jusqu'a l'âme, et personne ne pourra le réchauffer. Il est loin le souvenir du paradis perdu.
Il n'y a plus de réponses aux questions. Et les questions reviennent inlassablement.
Elles ne sont que 3 et torturent les croyants et les incroyants. Les mystiques et les athées. Les profanes et les Francs-Maçons.
Ces questions ont leur fondement dans la certitude de la mort.
« Qui suis-je, d'ou vins-je, ou vais-je ? »
Ne nous leurrons pas, chacun à sa façon essaye de remplir le vide que la nature ne comble pas. Beaucoup se reproduisent. Plus encore prient. D'autres font de la politique, du syndicalisme, écrivent, tournent des films, tracent des planches dans les loges.
Ah ! Ne pas mourir tout à fait !
Tout ne tient même qu'en un seul mot. Pour vous le confier, je vais vous divertir un instant, relâcher votre attention et vous conter une légende :
Il y avait au Moyen-âge, dans le vieux ghetto de Prague, un rabbin fort éclairé qui sut rester sur le fil étroit qui sépare l'autorise de l'interdit. Il connaissait bien la Kabbale et son sens cache. Et il savait lire entre les lignes de la Bible.
Il avait compris l'enseignement :
« Si tu peux, essaie de comprendre comment les choses sont arrivées. Mais surtout ne singe pas le Grand-Œuvre. »
C'est toute la différence entre la face blanche de la Kabbale qui donne les clefs de la connaissance et sa face noire qui ramène les démons du fond des abîmes de notre imaginaire.
C'est pourquoi, les Musulmans ne voulant pas plagier Dieu ne dessinent pas de figures humaines. C'est pourquoi le mot inscrit dans le triangle, ne veut surtout pas nommer Dieu.
YHVH pourrait être interprété par : 'Je serai celui qui sera'.
Donc, ce fameux rabbin voyant que ses coreligionnaires subissaient des exactions de la part des soldats tchèques décida de créer un Golem.
Il rassembla de l'argile, lui donna forme humaine, et pour l'animer lui dessina sur le front un mot sacre.
Aussitôt le Golem se remplit de vie. Invincible, il protégea les habitants du ghetto et remplit également de menus travaux domestiques du rabbin.
Le rabbin avait transgresse la Loi puisqu'il est interdit refaire l'œuvre de Dieu. Aussi des la paix revenue, il désira faire retourner sa créature à la poussière. Le Golem s'y refusa car il avait fini par se prendre vraiment pour un homme. Le rabbin dut ruser car le Golem était bien décidé à vivre sa vie.
Le Rabbi, alors, effaça la 1ère lettre du mot sacre inscrit sur le front du Golem.
Celui-ci aussitôt s'effondra sur lui-même et il n'en resta plus qu'un peu de terre.
Le mot sacre était « EMETH », la Vérité, l'impalpable.
En enlevant la première lettre le mot devenait « METH », ce qui veut dire « mort ».
Il n'y a vraiment qu'un pas qui sépare le sommet du savoir de l'abîme et du néant.
Il faut vraiment peu de choses pour qu'un être de chair et de sang se réduise à un légume si on lui retire le souffle sacre qui l'anime.
Nous sommes tous des Golems. Nous croyons nous, plus que cela et un grain de sable détruit l'édifice provisoire que nous avions pris pour l'image de Dieu.
J'en arrive à la fin provisoire de cette planche.
Il n'y aura pas de conclusion. Bien évidemment, chacun tirera la sienne suivant sa propre trajectoire.
Quelques lignes de force perdureront à notre divagation de ce soir. Peut-être ? Et un enseignement peut émerger des textes sacres même si on n'est pas croyant.
- Le premier point, c'est qu'il est primaire de chercher dans des contradictions l'occasion de rejeter en bloc les textes sacres.
- Le deuxième point c'est que le mysticisme essaie d'apaiser l'angoisse de la mort et c'est peut-être sa finalité.
- Le troisième point, c'est que les vraies questions sont peu nombreuses. Et que les poser est plus important que d'attendre une réponse. Je finirai pourtant par deux réponses.
La 1ère a une question que vous ne me poserez peut-être pas. Non je ne crois pas plus en Dieu après avoir écrit cette planche.
La 2ème réponse, je l'ai trouvée dans le songe de Jacob. Jacob avait rêvé d'une échelle qui montait au ciel et que parcouraient des anges pour se hisser vers la lumière. L'étonnant c'était que les anges, bien qu'ailes, gravissaient les degrés un à un. Cela soit un exemple pour notre quête initiatique.
J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par G\ C\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 08:27

Le « Rituel du Rite Français » ainsi que le « Livret d'accompagnement du Rite Français et Rituels de Banquet », tout deux édités par la Grande Loge Nationale Française, précisent la liste du matériel nécessaire pour l'ouverture et la clôture des travaux aux trois grades. Parmi tous les objets de cette liste, un a particulièrement retenu mon attention, il s'agit de la veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable Maître. L'un et l'autre des deux livrets décrivent la position de chacun des objets à l'aide de descriptions et de croquis fort précis, afin de permettre aux apprentis que nous sommes, de préparer la loge en toute quiétude. Et s'ils sont d'accord sur la position de cette veilleuse, à savoir sa place sur l'autel du Vénérable à une poignée de centimètres derrière le chandelier à trois branches, il est intéressant de noter quelques légers désaccords quant au moment d'allumage de cette veilleuse !

Page 6 du Rituel du Rite Français, la veilleuse est « allumée à l'Ouverture ». Page 8, il est précisé que « Toutes les chandelles seront éteintes avant l'Ouverture des travaux, sauf la veilleuse rouge. Quelques pages plus loin, lors de « l'Illumination de la Loge », il est écrit je site : « La veilleuse est allumée. Le Vénérable frappe un coup », sous entendu que c'est sans doute le Vénérable qui allume la veilleuse à ce moment là. Dans le livret d'accompagnement maintenant, page 12, il est écrit qu'elle doit être allumée avant l'Ouverture ! Soit. Page 42, le premier point de la légende du croquis représentant l'Autel du Vénérable stipule, que « La veilleuse rouge doit être allumée avant l'entrée du cortège », et le mot avant est en gras ! De retour à la fin du livret du rituel du rite Français, dans la légende du schéma de « Disposition du matériel sur le plateau du Vénérable » (tiens on parle de plateau et non d'Autel) il est bien stipulé que « la veilleuse rouge doit être allumée avant l'entrée du cortège » comme il est dit dans le livret d'accompagnement. Ouf, après quelques hésitations, les deux livrets sont donc finalement d'accord sur le moment d'allumage de cette veilleuse, mais avouons que cela ne va pas sans lire avec attention l'intégralité de ses deux documents. Cela va peut-être vous sembler simpliste, mais c'est ce petit mot avant en gras dans le livret d'accompagnement qui m'a fait choisir ce sujet. En effet, si je considère que cette veilleuse rouge est allumée bien avant que notre entrée dans le temple, qu'elle brille durant toute la tenue, et que personne ne l'éteint en sortant, alors le symbolisme n'est pas le même, et cette petite veilleuse rouge me rappelle lorsque j'étais enfant et que j'entrais dans une église, l'émerveillement que j'avais à découvrir, perdue dans le gris sombre des veilles pierres et le silence lugubre, le petit lumignon rouge de la chapelle du Saint-Sacrement qui semblait à lui seul donner vie et religiosité à ces grand vaisseaux que sont les églises.

Partons donc sur cette voie pour commencer à parler de notre veilleuse route et regardons si des parallèles peuvent être faites avec notre ordre. Pour la religion catholique, le Tabernacle, ce petit coffre fermé dans lequel est conservé le Saint-Sacrement se trouve sur l'autel ou tout près dans une petite chapelle, une petite lampe rouge restant allumé en permanence indiquant l'emplacement de la divine présence dans l'église, comme un rappel visible de la présence inhérente du Christ dans le monde. Dans le « dictionnaire des symboles » de Jean Chevalier et d'Alain Gherrbrant, le Tabernacle est « la partie intérieure des temples, la plus réservée, la plus sacrée, qui contenait l'image du dieu en Egypte, ou l'Arche d'Alliance à Jérusalem ». Rien d'étonnant à ce que l'on signale d'une manière toute particulière cet endroit dans le temple. Il est dit aussi que « Philon d'Alexandrie, le philosophe juif, pensait déjà que le Tabernacle, s'il est une image du monde, est aussi une image de l'homme et de la condition humaine. Le croisement des verticales et des horizontales, dans la construction de ce temple miniature, le Saint des Saints, comme dans l'être humain, symbolise l'écartèlement de l'homme entre les pulsions des sens vers le monde extérieur (horizontale) et l'appel vers la concentration intérieure et contemplative (verticale) ». Le Franc-maçon ne construit-il pas son temple intérieur ? Si la signification pour notre ordre est similaire, alors la veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable indique sans aucun doute la présence permanente de l'être suprême que nous appelons Grand Architecte de l'Univers et qui est Dieu.

Des recherches sur la veilleuse rouge dans les livres consacrés à la Franc-maçonnerie, dans d'autres ouvrages et documents n'ont presque rien donné ! A ma grande surprise, rien ou presque rien sur le sujet à croire que le sujet ne mérite pas que l'on si attarde ! J'avais pourtant bon espoir de trouver dans « La Symbolique maçonnique » de Jules Boucher quelques informations sur le sujet, tant il devise avec précision tout au long de son ouvrage sur d'innombrables détails. Même s'il ne semble pas être un adepte du rite Français, nous pouvons retirer quelques choses dans la description qu'il fait des flambeaux. Pour lui, le Temple doit être symboliquement éclairé par des flammes, et en fonction du grade d'ouverture un certain nombre de cierges doivent être allumés : 3 au grade d'Apprenti, 5 au grade de Compagnon, 7 au grade de Maître. Au grade d'Apprenti, le Vénérable et les deux surveillants doivent avoir un chandelier sur leur plateau. A l'ouverture des travaux, seul le cierge du Vénérable est allumé. Au cours de l'ouverture, il « donne » la lumière aux deux surveillants, puis ils vont tout les trois allumer les cierges placés au sommet des Piliers qui leur sont attribués. On peut dès à présent constater qu'il y a une différence entre ce que décrit Jules Boucher et notre rituel Français, dans lequel il est mentionné que « Le Vénérable allume le boutefeu à la veilleuse, puis le chandelier à trois branches dans l'ordre suivant : soleil à gauche, lune à droite, Maître de la Loge au centre ». Ceci fait, « le Premier Maître des Cérémonies reçoit le boutefeu des mains du Vénérable et va allumer successivement : la chandelle du Sud-Ouest, celle du Nord-Est, celle du Sud-Est, puis celle du Premier Surveillant, et enfin celle du Second Surveillant avant d'éteindre le boutefeu et de revenir à sa place ». Des similitudes certes, notamment dans le fait de « donner la lumière », mais la flamme initiale est différente. Dans le Rite Français, la veilleuse rouge tiens une place déterminante puisqu'elle est à l'origine de l'illumination de tous, y compris du chandelier à trois branches du Vénérable. Plus loin dans ses explications, Jules Boucher dit : « La flamme du cierge est vivante et rituelle, tandis que la lumière produite par le gaz et par l'électricité a toujours quelque chose d'artificiel que sentent très nettement ceux chez qui le sens magique n'est pas complètement obnubilé ». Combien de fois me suis-je perdu à fixer longuement la flamme d'une bougie, à la regarder danser tantôt langoureusement, tantôt frénétiquement, et me dire que c'était un être vivant, et que son apparente faiblesse cachait une redoutable force. Jules Boucher précise encore que « La liturgie catholique proscrit l'éclairage moderne, que le gaz et l'électricité ne peuvent remplacer l'huile de la lampe du Saint Sacrement ni les cierges liturgiques. Des lampes peuvent être utilisées en lieu et place de cierges à condition d'utiliser de l'huile d'olives comme combustible, l'huile d'olives étant la seule préconisée pour la lampe qui doit brûler nuit et jour, sans interruption, devant le tabernacle. L'olivier à pour significations symbolique : la Paix, la Charité, l'Abondance et la Fécondité. Mais notre préférence se porte vers le cierge dont la flamme est plus claire et plus belle que celle de la lampe et aussi plus commode à employer ». Plus loin sur le sujet, lorsqu'il est question d'éteindre les Flambeaux : « ...il convient de ne jamais souffler sur la flamme ; on doit l'écraser sous le maillet. Ces prescriptions peuvent paraître étranges et pourtant elles ne sont que la continuation de la tradition concernant le culte du Feu chez les Perse. Il n'y a rien de si précieux ni de si sacré, chez les Perses, dit Mandeslo, que le feu, qu'ils gardent très soigneusement ; parce qu'il n'y a rien, à ce qu'ils disent qui représente si bien la divinité que le feu ; c'est pourquoi ils ne souffleront jamais une chandelle, ni une lampe, et n'entreprendront jamais d'employer de l'eau pour éteindre le feu, quand même la maison courrait le risque d'en être consumée ; mais ils tâchent de l'étouffer avec de la terre ». Même le « dictionnaire des symboles » de Jean Chevalier et d'Alain Gherrbrant n'apporte pas plus d'informations au sujet d'une quelconque veilleuse rouge. Par contre, un paragraphe fort intéressant sur la couleur rouge donne à réfléchir : « Le rouge est universellement considéré comme le symbole fondamental du principe de la vie, avec sa force, sa puissance et son éclat, le rouge, couleur de feu et de sang, possède toutefois la même ambivalence symbolique que ces derniers, sans doute, visuellement parlant, selon qu'il est clair au foncé. Le rouge clair, éclatant, centrifuge, est diurne, mâle, tonique, incitant à l'action, jetant comme un soleil son éclat sur toute chose avec une immense et irréductible puissance. Le rouge sombre, tout au contraire, est nocturne, femelle, secret et, à la limite, centripète ; il représente non l'expression, mais le mystère de la vie ». Sans reproduire l'intégralité de l'explication de l'auteur, concernant la veilleuse rouge, il semble que ce soit le rouge foncé qui corresponde le mieux, et son association avec le mystère de la vie. Poursuivons dans ce même « Dictionnaire des Symboles » par la définition de la lampe. Une veilleuse n'est-elle pas une petite lampe ? Dans l'explication qui est donnée, une à particulièrement retenue mon attention : « La lampe est d'un usage rituel fréquent : en Occident, comme signe de la Présence réelle de Dieu ».

Arrivé à ce stade de ma recherche, je ne pense pas qu'il soit d'un grand intérêt de recopier tout ou partie du travail des auteurs qui m'ont permis de trouver un certain nombre de réponses concernant la présence et la signification de cette petite veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable. Depuis quand suis-je Maçon ? Depuis que j'ai reçu la lumière. Pourquoi me suis-je fais recevoir Maçon ? Parce que j'étais dans les ténèbres, et que j'ai désiré voir la lumière. Qu'ai-je vu lorsqu'on m'a donné la lumière ? J'ai vu le Soleil, la Lune, et le Maître de la Loge. Comme le Soleil préside au jour, et la lune à la nuit, le Maître préside à la Loge pour l'éclairer. Le temple dans lequel nous nous réunissons est un lieu sacré. Il ne s'agit plus d'une simple construction de pierre, restaurée et entretenu avec amour et dévouement. C'est maintenant bien plus que cela, le Grand Architecte de l'Univers en a fait sa maison, et cette veilleuse rouge sur l'autel du Vénérable est là pour l'attester. A chaque fois que je rentre dans le temple, une des tâches que je m'efforce de faire en priorité est d'allumer cette veilleuse rouge. En faisant cela, j'ai l'impression de combler un vide. En tant que Maçon, nous nous efforçons tous de construire notre temple intérieur. En tant que Maçon ayant reçu la lumière, et grâce à nos travaux, nous prenons conscience peu à peu des symboles qui nous entourent ici afin de meubler peu à peu ce temple intérieur. Mais qu'il soit vide ou déjà richement décoré, une petite veilleuse rouge brille déjà dans notre temple intérieur. Et si comme je le crois cette petite veilleuse rouge est le Grand Architecte de l'Univers, je suis tenté de penser qu'elle brille déjà en nous depuis bien longtemps, bien avant que l'on soit sur un quelconque parvis, peut-être même depuis notre premier jour, depuis peut-être le premier jour de l'homme. Libre à nous de toujours l'alimenter avec la meilleure huile afin qu'elle ne s'éteigne jamais et qu'elle témoigne aux yeux du monde que nous sommes vivants dans la force de Dieu, que nous existons, et que tout est possible. Je tiens, avant de terminer, à remercier chaleureusement tous les frères qui m'ont apporté leur éclairage avisé et leur documentation pour m'aider à réfléchir et à rédiger ce morceau d'architecture. Enfin, j'aimerais terminer sur une phrase prise dans le « Dictionnaire de la Franc-maçonnerie » de Daniel Ligou qui me semble bien résumer l'ensemble du sujet : « La flamme éclaire, elle est fragile et vivante, elle évoque le feu purificateur et protecteur, elle est encore le symbole du pouvoir de l'homme, qui a su apprivoiser les forces naturelles ; enfin, ou du moins surtout, elle est l'image de la vie intérieure qui fait de chaque homme le sanctuaire de Dieu, ou de l'univers ».

J'ai dit, Très Vénérable.

Source : www.ledifice.net

Par D\ L\. - Publié dans : Planches
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Lundi 27 octobre 2014 1 27 /10 /Oct /2014 06:40

Lorsqu’on entre en Maçonnerie, il ne nous viendrait jamais à l’esprit qu’un jour on puisse tenir en loge la plus haute charge. Pourtant, tous ces officiers qui nous guident et nous encadrent, il a bien fallu qu’un jour ils soient élus et qu’ils aient accepté ces postes. Il est aussi normal qu’un jour ils laissent la place « aux jeunes ».

Et puis, après avoir gravi les degrés, au hasard d’une discussion, on entend prononcer son nom, où on vous propose un poste d’officier, expert par exemple, poste où l’étude du rituel, l’importance de la tâche et le sens du devoir nous placent en bonne ligne pour aller plus loin. « Comme ça,…il faudrait songer,…le véné terminera bientôt son troisième mandat… » Petit à petit, à force de persuasion on comprend ce que l’on attend de vous, on se fait à l’idée qu’un jour il faudra. Puis c’est à Royaumont qu’on vous catapulte vous faisant miroiter : - « que ça serait bien pour toi, …pour ta formation,…etc., » Et là tout bascule et avant même d’atterrir de ce lieu magique on a déjà compris ce que l’on attend de vous, qu’on espère en vous et je dois dire qu’on y croit. Quelle que soit la démarche qui pousse les anciens à nous choisir, il faut admettre que lorsqu’on accepte un poste, on accepte tacitement d’être à la disposition de la loge. On accepte l’idée d’assurer la tâche la plus intéressante sur le plan symbolique et maçonnique, mais aussi la plus ingrate et la plus inconfortable des responsabilités sur le plan relation administrativo-humaine. C’est probablement pour cela que le fauteuil doux à nos deux hémisphères fessiers est si confortable, parce que la place ne l’est pas vraiment. Les premières tenues, on se sent seul, très seul, éloigné des autres frères avec qui nous nous tenions chaud au cœur sur les colonnes. Ici, à cette place on ressent un grand vide. La présence physique est absente, alors qu’au contraire, les regards constamment tournés vers vous, on perçoit, dans les yeux où se reflètent les lumières des colonnettes, une lueur spirituelle qui rassure. J’ai déjà assumé dans ma vie profane des présidences d’association, des responsabilités administratives, où il faut être l’élément dynamiseur et l’animateur des hommes présents, veiller à la bonne organisation, être le penseur et le décideur. Ces responsabilités donneraient une notion de « pouvoir » qui pourrait devenir dangereuse, conduisant souvent à la paranoïa dictatoriale et électorale. La différence essentielle en maçonnerie, à mon avis, réside dans le rituel. Il nous autorise à penser que l’on peut compter sur les frères, parce que chacun a sa place, à condition que chacun prenne conscience du rôle, régulièrement accepté, en plein accord avec les notions de responsabilités inhérentes à leur qualité et leur degré. C’est en toute connaissance de cause, librement accepté que la référence au rituel, à la constitution, aux règlements généraux, permet une organisation proche de l’idéal, laissant au Vénérable Maître la disponibilité d’esprit pour animer les tenues, et diriger les travaux dans la clarté. C’est une question de confiance. Si les frères, parce que maçons, se conduisent en hommes responsables, l’égrégore peut se faire. Il n’est pas question pour moi de considérer le rôle de Vénérable Maître comme gardien de jardin d’enfants, censeur ou père Fouettard. Il est dans le monde profane des réalités qu’il ne faut pas perdre de vue en maçonnerie, car tout groupe, toutes tribus, toutes réunions d’hommes, fonctionnent à peu près de la même façon et prenons garde, quand même, de penser qu’il en est autrement en maçonnerie. Les hommes sont des hommes, avec les mêmes défauts, les mêmes qualités. Voilà la réalité d’une association, mais je conçois l’aspect maçonnique de cette charge d’une toute autre manière, car la fonction de président d’association se confond avec l’aspect symbolique de la charge. Outre les responsabilités « administrativo-humano-assiociative », la prépondérance du rôle spirituel prend maintenant toute son importance.

  • « F\ 1er surveillant, où est placé le Vénérable Maître en loge ? »

À cette question il répond :

  • « Comme le soleil se lève à l’orient pour ouvrir la carrière du jour, le Vénérable Maître siège à l’orient pour ouvrir la loge et diriger les travaux ! »

Ouvrir la loge : Entre le soleil et la lune, c’est de l’orient que pointe la lumière du jour, le soleil qui va éclairer notre journée, qui va nous guider, nous réchauffer, promesse de l’œuvre à accomplir avec les joies et les peines pour y parvenir. La lune, elle, symbolise la nuit, la fin du jour, l’aspiration au repos mérité, elle est le travail accompli. Constater l’avancement des travaux pour tracer le travail du lendemain, voilà le rôle du Vénérable Maître. Il est l’architecte qui définit l’œuvre, confiant son ébauche aux Maîtres qui traceront la planche et distribueront aux compagnons et apprentis les tâches à accomplir. Il sait que les Maîtres ont acquis la connaissance, il peut donc compter sur la chambre du milieu pour résoudre les calculs et ainsi parfaire le tracé, n’intervenant que pour éventuellement décrocher la truelle et lisser les dernières imperfections. Il laisse le soin aux surveillants de parfaire l’éducation des apprentis et compagnons et d’assurer la discipline. Diriger les travaux : Cela ne veut pas dire imposer ses propres conceptions et c’est là une des plus grandes difficultés, acquérir la maîtrise de soi pour savoir être à l’écoute. D’ailleurs notre apprentissage ne nous a-t-il pas appris à écouter. Le Vénérable est censé représenter la sagesse qui surpasse son amour propre après avoir maîtrisé la force qui domine la vanité et qu’il aura, précédemment, harmonieusement dompter la beauté. Il tient compte de l’opinion de la loge faisant abstraction de ses préférences personnelles. Il est à la fois la lumière qui émet et celle qui reçoit. Plus qu’un miroir il renvoie celle-ci à chaque fois qu’il la reçoit, avec une impulsion qui l’augmente et l’accélère. C’est pourquoi les frères ne s’adressent qu’à lui, jamais de réponses directes aux autres frères, jamais de dialogues entre eux directement. En s’adressant au Vénérable Maître, les paroles émises se réfléchissent sur lui et agissant comme un accélérateur de particules, cette lumière leur parvient encore plus éblouissante. Les remarques, les interrogations, les pensées se renforcent, la loge devient alors un creuset d’où les radiations pourraient bien un jour, si l’on y prend garde, « transformer le plomb en or ». Si la loge choisit son Vénérable Maître, celui-ci ne doit pas se considérer comme supérieur, supérieur à quoi d’ailleurs ? Car il ne peut rien imposer aux hommes qui cherchent la vérité, chacun la découvrant par lui-même, chacun à son niveau. Lorsque surgissent des difficultés, il se peut qu’il y en ait, il trouvera dans le rituel, la constitution et les règlements généraux toutes les réponses, tous les cas de figures, simplement en s’y référant et en y cherchant le sens profond. Il ne peut s’en éloigner, ainsi il respectera la liberté individuelle à laquelle nous sommes tous tant attachés. La faculté de transmission de la connaissance et la possibilité de développer leur être intérieur est dans chaque maçon, pas dans le Vénérable. Seul, il ne peut rien. Il est aidé pour l’ouverture et la fermeture des travaux des surveillants, de l’expert et du maître de cérémonie à qui il demande de l’assister pour la mise en place de l’égrégore. Mais au moment de l’invocation, il ne s’adresse plus aux membres de la loge, mais au GADLU. Il devient alors le transmetteur de l’atelier. L’invocation n’est pas la demande d’une faveur à un être supérieur, mais plutôt pour affirmer la reconnaissance d’un ordre universel. C’est au nom de cet ordre que, reconnu et respecté, vont désormais se dérouler avec harmonie, les actions dans le temple. Il appartient au Vénérable Maître de clore les travaux. Il doit veiller à cacher aux yeux des profanes les secrets dans un lieu sûr et sacré, c’est pourquoi il porte sa main sur le cœur. Geste significatif de sa volonté de ne rien dévoiler de ce qui a été dit, tout ce dont le Vénérable Maître a pris connaissance, il le fait au nom de l’atelier. D’ailleurs, à mon sens, tous les membres présents devraient également faire ce geste à ce moment précis, affirmant ainsi leur volonté déclarée de ne pas trahir ou dévoiler ce qui en dehors du temple, pourrait, sortit du contexte, paraître grotesque aux yeux des non-initiés. De plus il se dit parfois des choses qui n’ont pas à être connues des profanes en particulier lorsqu’il s’agit de profane sous le maillet.
Autres tâches importantes du Vénérable Maître ce sont les initiations et augmentations de salaire. Avec l’aide de l’expert, ces cérémonies revêtent une importance capitale. C’est lui en effet qui confère la qualité de maçon aux nouveaux initiés, qui transmet les mots de passe des grades qu’ont atteints les récipiendaires. Il est pratiquement le seul à parler, à transmettre.
C’est lui le metteur en scène. De sa performance « théâtrale », de sa maîtrise du rituel, de sa capacité à le transmettre, naîtra l’ambiance, l’égrégore nécessaire à la réussite du psychodrame, faisant naître l’émotion indispensable aux néophytes pour leur faire ressentir la gravité de leur engagement, pour que leur initiation soit le fait d’une volonté conçue et exprimée par lui-même. Le Vénérable Maître n’administre pas l’initiation comme on administre le baptême pour effacer par l’ablution toute trace de péché originel et qui serait le fait d’un tiers. Non le Vénérable Maître n’est pas le grand prêtre sur qui tout repose. Il n’office pas sur l’autel des sacrifices, il ne prend pas l’âme aux enfants pas plus qu’il n’égorge les vierges. Mais c’est à travers lui que, chacun renaissant, passe symboliquement de la vie à la mort pour une autre mort, une autre vie. Il doit maîtriser ses propres passions, ses instincts, ses angoisses, préjugés et habitudes pour renaître au sacré. Pour ce faire il dispose de trois emblèmes : L’Équerre, le maillet et l’épée flamboyante. C’est par l’équerre, bijou du Vénérable Maître, qui réunit l’horizontal et la perpendiculaire, qu’il recherche la vérité. Parce que son raisonnement est la base de ces arguments, il en usera pour que chaque « pierre polie » trouve sa place, parfaitement imbriquée pour que la construction soit harmonieuse. Sinon l’édifice, peu stable, s’écroulerait rapidement. Il est à ce titre l’un des éléments des trois grandes lumières de l’autel des serments. Il représente la matière, alors que le compas représente l’esprit, inaccessible aux apprentis. Le Vénérable Maître se trouve donc entre l’équerre et le compas, entre la terre et le ciel. Rappelons qu’il forme, au moment de la déclaration d’ouverture, une équerre avec le maillet dans la main droite et l’épée flamboyante dans la main gauche. Les bras en V superposés à la canne du maître de Cérémonie et de l’épée de l’Expert, au-dessus des trois grandes lumières, c’est la représentation de l’équerre et du compas. Mais cette figure n’est visible par personne. Elle fait face à l’occident, face à la porte par ou pénètrent les néophytes. Elle est censée protéger le temple de l’obscurantisme. Les deux branches de cette équerre ne sont d’ailleurs pas de mêmes dimensions. Elles sont dans un rapport de 3 à 4, côtés du triangle pythagoricien. C’est aussi par le symbole de l’équerre que le Vénérable Maître constitue franc maçon le néophyte en le frappant successivement en trois points, qui forment avec la tête et les deux épaules un angle droit. Le maillet symbole de l’autorité et du commandement, de la volonté agissante, doit se manier avec discernement. Par exemple, au début de l’ouverture des travaux, 1 coup de maillet pour attirer l’attention. Prononcée d’une façon courtoise c’est l’invitation déclarée. - « Prenez place mes frères ! » C’est l’exhortation à entrer dans le monde sacré. Plus tard, lorsque les travaux sont ouverts, le coup de maillet peut être donné sans ménagement, d’une façon ferme : « Debout et à l’ordre ! » n’est pas autoritaire dans le sens de : « Obéissez-moi aveuglément ». Mais considérant que les frères sont dans un état différent ils peuvent à tout moment être sollicités pour une plus grande concentration dans les travaux. Ils ont atteint un degré supérieur dans le sacré et il n’est plus nécessaire, si j’ose dire, de prendre des gants. C’est aussi avec le maillet que le Vénérable Maître frappe sur l’épée flamboyante pour initier le profane. L’épée flamboyante, épée à lame ondulée, est l’emblème de la création et de la purification. C’est par elle que se transmet l’ouverture au processus initiatique. C’est elle seule qui touche le néophyte pour l’initier. Elle est le rayon transmetteur de la flamme intérieure présente au fond de notre cœur. C’est par elle que se fait l’adoubement chevaleresque des nouveaux membres admis à siéger parmi nous. Brandie toujours de la main gauche, la main qui reçoit, c’est par elle que les forces cosmiques de l’ordre universel sont transmises à l’atelier. Ainsi donc équipé, le Vénérable Maître a tous les outils, tous les symboles à sa disposition pour ouvrir et fermer les travaux, initier les profanes, il peut user de l’autorité qui lui est conférée pour diriger les travaux, faire circuler la parole. Navigant entre le profane et le sacré pour ménager l’harmonie et la susceptibilité de chaque frère. C’est aussi grâce à son propre cheminement initiatique intérieur que le Vénérable Maître peut se porter à la hauteur des degrés des surveillants, il descend d’une marche lorsqu’il transmet la lumière au premier surveillant, puis une seconde pour le deuxième surveillant. Cette mise au niveau symbolise son accessibilité à tous les degrés, mais s’il descend il ne va pas pour autant à la rencontre des frères, ceux-ci doivent faire l’effort de s’approcher auprès de lui. C’est l’incitation au travail et à la persévérance. Entre le rationnel et l’irrationnel il doit avant tout veiller à assurer sa succession, car si sa mission est de transcender la loge, celle-ci doit, grâce à lui, être capable, demain, de désigner un nouveau Vénérable Maître, assurant ainsi la pérennité de l’atelier avant qu’il ne se sclérose dans une apathie néfaste. Si le Vénérable Maître imprime à la loge un peu de lui-même, cela fait partie de la tradition, c’est l’acquis qui permet justement, soit grâce aux réactions soit grâce aux changements, de continuer à avancer dans les voies de la maçonnerie universelle. C’est parce que ce symbolisme a le pouvoir d’unir par l’abandon du langage profane, qu’il permet d’éviter les controverses qui naissent inévitablement de l’usage de mots entraînant le piège des malentendus. C’est une question d’intuition, d’image de représentation personnelle et c’est dans cette mesure que le symbole du Vénérable Maître, delta flamboyant, entre la lune et le soleil, peut constituer un langage commun et universel. Utilisons donc le symbole qui signifierait « méditons ensemble ».

J'ai dit !

Source : www.ledifice.net

Par S\ J\ - Publié dans : Planches
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Samedi 25 octobre 2014 6 25 /10 /Oct /2014 07:47

Quand je suis entre en FM, comme beaucoup d'entre nous, je n'ai pas choisi mon obédience ni ma loge, ni le rite, c'est mon parrain qui m'a conduit sur le chemin.

Dès le lendemain de mon initiation, je lisais le rituel que l'on m'avait remis, ainsi qu'un livret qui expliquait que j'avais le privilège d'avoir été reçu dans l'obédience reconnue par le monde entier et que j'étais un régulier.

Parallèlement je découvrais que les 130 000 autres maçonnes et maçons (qui se reconnaissaient comme tels) étaient des usurpateurs.

Dans un premier temps, j'en tirai quelque fierté, alors que je n'y étais pour rien, mais finalement, le GADLU avait fait son travail et mon bon choix. C'était sans compter sur ma curiosité, et très vite, je suis allé voir de près ces irréguliers.

Des que j ai été compagnon, ne comprenant pas cet ostracisme, j'ai créé ma première table d hôtes dans un restaurant rennais, ouvert évidemment à toutes les obédiences. Le succès a été tel que des les premiers déjeuners, nous étions 10,20,30... et plus à nous retrouver chaque semaine. Et j ai constaté que tous partageaient la même quête philosophique, spirituelle, les mêmes valeurs de liberté, de tolérance et de fraternité avec quelques nuances dans les approches, mais les bases étaient semblables. Certains étaient athées, d'autres agnostiques, déistes ou théistes ; il n'y avait jamais de polémique tranchée sur les sujets de croyance mais des respects réciproques, nous enrichissant mutuellement de nos différences. Les controverses étaient, déjà à l’époque, bien plus violentes à l'intérieur de mon obédience quand on s'opposait à une affirmation théiste de certains, face aux arguments déistes, laïcs ou orientaux.

Apres l'explosion de notre ancienne obédience, je croyais que tous les FM du monde allaient de nouveau se donner l'accolade, et redevenir sœurs et frères. Hélas, c'est encore pire qu'avant, nous assistons à un triste spectacle de décomposition du paysage maçonnique français, dû essentiellement à la recherche de reconnaissance anglaise, américaine, européenne, de grandes loges, juste pour permettre à moins de 1% de petits chefs de voyager gratuitement dans le monde entier. Je suis persuadé que les schismes, actuels et à venir, sont dus essentiellement à ces besoins vaniteux de pouvoir artificiel. Car enfin si nous revenons aux sources de la maçonnerie moderne, dite spéculative, il nous suffit de reprendre les constitutions d'Anderson, et notamment, l'article 1er, pour vivre cette fraternité universelle dont chacun se réclame, et ce, sans ambiguïté : je cite :

"Dans les temps anciens, les maçons étaient obligés, dans chaque pays de professer la religion de leur patrie ou nation quelle qu'elle fut ; aujourd’hui, laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus à propos de les obliger seulement à suivre la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères, modestes et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué. D'où il s'ensuit que la Maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de conclure une sincère amitié parmi des personnes qui n auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ".

Alors pourquoi ces ostracismes qui perdurent et sont entretenus, sinon par besoin de compenser un manque de positionnement social !?

Alors qu'à la question présente dans tous les rituels : êtes-vous maçon? la réponse universelle est bien : mes frères me reconnaissent pour tel! Alors pourquoi, surtout avec ceux avec qui nous avons partagé tant de tenues remplies d'émotion et de vibrations, existe-t-il aujourd’hui un tel fossé d indifférence, mêlé de ressentiment voire de haine ?

Et pourtant, pour beaucoup d'entre nous, il a été difficile de couper le cordon avec notre obédience mère, et a fortiori de notre loge mère. 

Quel que soit le nombre d'années passées au sein de cette structure qui nous a donné la lumière, la nostalgie existe et personne ne peut le nier. Car c'était une belle machine, organisée, avec une solennité qui nous a tous marqués. Et puis nous étions 45000, répartis sur 1800 ateliers, nous nous connaissions, nous étions une grande famille de frères ; même si exceptionnellement nous allions discrètement visiter des irréguliers, nous revenions chez nous avec ce sentiment qu'on était bien à la maison et que la rigueur et la chaleur de notre fraternité faisait que nous n'avions pas besoin d aller voir ailleurs. Et ça n'avait rien à voir avec la régularité ou la reconnaissance, ou les serments, ou l'ordre... Nous avions chez nous le bonheur et la spiritualité que nous étions venus chercher.

Nous ne nous posions pas de questions, nous payions, nous votions les budgets sans chercher à comprendre, nous faisions des entrées maillets battants, nous n aimions pourtant pas les vaniteux aux tabliers bleus, nous les critiquions mais les tolérions, et puis on acceptait ce tablier quand on nous le proposait car ça faisait partie du jeu et de l'avancée dans la carrière maçonnique, nous disait-on.

Et puis certains ont commencé à ouvrir les yeux sur les dérives financières et autoritaristes que l'on ne voulait pas voir. Certains en ont trop fait, les dépenses n'étaient pas plus outrancières qu'avant mais la révolte était en marche. La politique politicienne a pris le pas sur la maçonnerie et les frères ont commencé à devenir des frères ennemis. Chacun a pris position d'une manière passionnelle et les frères se sont déchirés, se sont mis à se haïr, à ne plus se parler et à s'insulter.

L intolérance a remplacé notre égrégore et notre fraternité.

La haine a supplanté l'amour.

Nous avions pourtant un bel idéal de paix d'amour et de fraternité.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Le divorce était inéluctable, et ce qui devait se produire eut lieu : les 2 tiers des membres de notre ancienne structure l'ont quittée et se sont éparpillés; des loges libres et souveraines se sont reconstituées, des regroupements se sont faits, au sein de nouvelles organisations qui curieusement, pour la plupart, ont reproduit le même modèle que celui que nous avions fui. Alors que nous avons tous fait les mêmes constats : les cotisations élevées versées à une obédience n'amènent pas une valeur ajoutée ; la structure hiérarchique verticale est un contresens maçonnique ; l'isolement et la régularité ou la reconnaissance ne mènent qu'à des dérives sectaires.

A la Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle (GLEFU), nous avons repris les fondations de la maçonnerie, celles que nous avons toujours souhaitées, que nous croyions vivre mais qui n'étaient alors qu'illusion.

Nous reprenons à notre compte les constitutions d'Anderson : rassembler ce qui est épars ; mais je crois que nous avons à ce jour un objectif encore plus ambitieux : rassembler ce qui est devenu épars. Nous n'avons pas de problème avec les obédiences dites irrégulières ; notre dernière tenue de l’Hermine a salué des visiteurs de GLDF, GO, DH, GLTSO, OITAR, GLAMF, GLTF et des errants de loges de St Jean. 

Par contre je déplore que des frères (notamment ceux qui se soumettent si servilement à cet article 164, sans un soupçon de révolte!? dans lequel le vénérable qui le voudrait n'a pas le droit de recevoir un étranger sans l'accord du GM!), je regrette donc que des FM qui se disent réguliers ou qui cherchent la pseudo reconnaissance GLUA, continuent de nous considérer comme des pestiférés, quand il y a encore 3 ans, nous étions si proches. Mais il est vrai, j'ai tendance à l'oublier, tant le contraire nous est devenu archaïque, que nous recevons des sœurs (ultime sacrilège).

Nonobstant cette tristesse que des soi disant frères ne nous considèrent plus comme tels, au nom d'une obéissance aveugle à un pouvoir autocratique, et reniant toute liberté de jugement, je tends la main, mes bras, mon cœur vers tous ceux avec qui j'ai partagé tellement de bonheur maçonnique où l'égrégore était à son apothéose. Je n ai pas de haine, je n ai pas de ressentiment, y compris envers ceux qui nous tournent le dos, parce qu'ils ont des ordres, je leur dis : venez partager nos travaux, venez partager le pain et le vin à nos agapes, étrennons-nous par l'accolade fraternelle et recommençons à nous aimer les uns les autres, sans arrière pensée mais dans l'esprit de fraternité qui n'aurait jamais dû nous quitter.

Je suis sans doute naïf, mais pourtant j'y crois encore à cette chaîne d'union que je vous propose de reconstituer, mes sœurs et mes frères en guise de conclusion à ce message d'espérance et d’ amour.

 

J’ai dit. 

C. G., avril 2014 

Commentaire : j’ai décidé d’ouvrir ce blog à des Sœurs et à des Frères qui souhaiteraient s’exprimer avec respect et fraternité dans une nouvelle rubrique « Tribune libre ». C'est un essai. S'il n'est pas concluant et si ce blog devient un champ de bataille, je supprimerais cette rubrique.

Par C.G - Publié dans : Tribune libre
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Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 07:34

Face au sujet qui m'est proposé, c'est le mot Passage qui m'interpelle spontanément ; il représente une action dynamique, la traversée d'un voyageur, un changement d'état, il peut être aussi culmination d'un astre au méridien d'un lieu. Ce mot est aussi employé en Loge pour signifier augmentation de salaire où il devient quelquefois examen de passage, plongeant l'impétrant dans quelques gouffres de perplexité.
Mais, c'est la notion de porte ouverte, d'espace libre, un instant dévoilé qui à retenu mon regard à la première lecture du sujet. Viennent ensuite l'Equerre et le Compas. Ce sont des outils très anciens et leur usage symbolique l'est tout autant puisque le philosophe confucianiste Mencius (Chine, IV° siècle av. J. C.) disait déjà que les hommes doivent les appliquer figurativement à leur vie pour marcher dans les voies de la Sagesse. Posés sur le volume de la Loi Sacrée, ils sont les témoins de tous nos serments. Ce ne sont que des instruments de géométrie et d'architecture, mais la place éminente qu'ils occupent atteste bien que les Francs-Maçons du XVIII siècle veulent d'abord témoigner de leur attachement à la tradition des francs-maçons opératifs, bâtisseurs de cathédrales. Mais au-delà de leur utilité et de leur fonction géométrique et architecturale, ils ont pour eux une autre signification, celle-ci symbolique. Avant de dégager celle-ci, il faut déterminer quelle est leur nature et leur fonction pratique. L'Equerre, de ex quadrare, est un instrument de bois(ou de métal) composé de jambes fixes, ajustées perpendiculairement l'une à l'extrémité de l'autre et qui sert à tracer des angles droits ou à tirer des perpendiculaires (définition de Bescherelle). Selon Littré, c'est un instrument de mathématique servant à tracer des angles doits. Passons maintenant au-delà de la fonction pratique, de l'ustensibilité de l'objet. L'Equerre est fixe et sert à tracer le carré ; elle permet de passer de la pierre brute à la pierre cubique et par là de pouvoir construire un édifice solide et harmonieux. « Dirigit obliqua », elle rend droit ce qui est oblique. Il faut se souvenir que dans les anciennes cosmogonies la terre est considérée comme carrée. Ici l'Equerre renvoie à la terre, à l'espace terrestre ; et dans le même temps qu'elle le mesure, elle l'ordonne. Et si nous passons de l'espace terrestre, à l'homme lui-même considéré dans sa nature brute l'Equerre va remplir la même fonction. Elle va permettre à l'homme de passer de cette matière brute, de cette nature désordonnée, de cet homme soumis au désordre des passions à l'homme soumis à l'ordre de la raison et de la volonté.
L'Equerre devient ici symbole de rectitude, de rigueur vis à vis des autres, symbole d'Equité et de Justice, et c'est pour cette raison qu'elle est l'insigne du Maître de la Loge. On remarquera que l'Equerre n'est pas utilisée directement pour donner à la matière la forme appropriée (c'est là le rôle du maillet et du ciseau). Mais d'une part elle est le modèle que l'ouvrier doit suivre pour cela, et d'autre part elle est l'instrument au moyen duquel il vérifie que le produit de son travail est conforme à ce modèle. Elle est aussi le symbole de la Loi Morale qui n'agit pas par elle-même sur le Maçon, mais qui remplit par rapport au travail qu'il effectue sur lui-même, cette double fonction de modèle et de moyen de contrôle.
Il est donc naturel qu'elle soit associée au Volume de la Loi Sacrée ; puisque c'est dans celui-ci que le Maçon trouve la révélation de cette Loi Morale. On voit par là que la Loi dont l'Equerre est le symbole, est un modèle, non seulement pour le maçon individuel, mais pour toute la Loge, car le travail que chaque maçon fait sur lui-même n'est pas un travail solitaire, il s'intègre dans une œuvre commune. Rappelons d'ailleurs que c'est à la fois la rectitude des pierres prises une par une et celle de l'édifice entier qui se vérifie par l'Equerre. Cela justifie bien que l'Equerre soit le Bijou caractéristique du Vénérable, qui est le garant de la régularité et de la perfection des travaux.
Cette importance de l'Equerre pour la Loge est bien marquée dans les Anciens Catéchismes Anglais où l'on trouve certaines questions et réponses comme celles-ci :

  1. « Qui est Maître de toutes le loges ? »
  2. « Dieu et l'Equerre » (The Whole Institution of Masonry, 1724).
  3. « Combien font une loge ? »
  4. « Dieu et l'Equerre, avec sept ou cinq droits et parfaits maçons… » (Institution of Free-Masons, 1725).

Le Compas nous dit Bescherelle, de « Cum Passus », est un instrument formé de deux branches jointes en haut par une charnière et qui permet de les ouvrir ou de les resserrer pour mesurer les longueurs ou tracer des cercles. Et Littré : « Instrument de métal composé de deux parties et qui s'ouvrent et se replient l'une sur l'autre pour tracer des cercles et reprendre des mesures ». Le Compas lui est mobile. Il l'est et en ce sens on a voulu voir dans le Compas le signe ou le symbole de l'esprit créateur lui-même. Il sert à tracer des cercles. Aussi, il renvoie au ciel, à la sphère. Là encore, il faut se souvenir que la sphère, le cercle, dans les anciennes cosmogonies est l'emblème de la divinité.
« Le Cercle fut d'abord la forme la plus simple et la plus parfaite qui peut correspondre à la non-figuration de Dieu » écrit Jean Starobinski. Et Gérard Poulet a montré comment l'image du cercle est passée de la vision cosmologique à la vision théologique : « Dieu est une sphère dont le Centre est partout et la circonférence nulle part » (Manuscrit hermétiste du XII siècle). Le Compas renvoie à l'esprit ; aussi est-il l'outil par excellence du Grand Architecte de L'Univers (voir la représentation dans l'iconographie du XIV siècle du Christ au Compas mesurant l'univers). Son usage opératif est donc de marquer les limites de l'édifice et de chacune de ses parties, et d'en fixer les proportions. L'idée de limite a une importance particulière dans l'enseignement moral que la Maçonnerie tire du symbole du Compas ; il est dit, par exemple qu'il nous rappelle la justice infaillible et impartiale qui, ayant défini pour notre instruction, les limites du Bien et du Mal, nous récompensera ou nous punira selon que nous aurons observé ou méprisé ses divins commandements. Le Compas symbolise aussi les limites que le Maçon doit s'imposer à lui-même dans ses désirs et sa conduite. En tant qu'il sert à fixer les proportions des diverses parties de l'édifice, le Compas présente une signification symbolique apparentée à celle de l'Equerre, mais différente et complémentaire. Comme elle, il détermine le modèle sur lequel le Maçon doit régler son travail, mais à un niveau plus élevé. Alors que l'Equerre informe chaque partie de l'édifice prise séparément, et vérifie qu'elle est propre à s'intégrer dans l'ensemble, le Compas trace le plan sur lequel cet ensemble apparaît d'un seul coup d'œil dans son unité globale. Du même coup, le compas apparaît comme plus détaché de la matière et l'Equerre comme plus engagée dans celle-ci.
L'Equerre a, par rapport à l'Œuvre, un caractère d'immanence, et le Compas un caractère de transcendance. Telles pourraient être, sommairement évoquées, les significations que l'on attribue le plus souvent à l'Equerre et au Compas. Mais à les considérer isolément, ne risque-t-on pas de se méprendre ou de mal percevoir la signification que le franc-maçon entend leur donner ? Car sur l'autel des serments l'Equerre et le Compas sont toujours associés, comme s'ils étaient unis dans une sorte de rapport nécessaire, complémentaire, dialectique. Si la notion abstraite de lumière exclut la notion abstraite d'obscurité, la lumière réelle, loin d'exclure l'obscurité, la suppose. Car il n'y a point de lumière sans ténèbres qui la rendent visible sous forme de couleur et il n'y a point de ténèbres sans une lumière qui permet de les distinguer. « Mais rendre la lumière suppose d'ombre une morne moitié » dira Paul Valéry dans le Cimetière Marin. Quand au fameux passage que constitue l'élévation à la maîtrise, nous retrouvons le thème de la Mort proposé à la méditation du futur maçon lors de l'initiation, dans le cabinet de réflexion. Le candidat n'est pas seulement invité, dans un cas comme dans l'autre à réfléchir abstraitement sur la mort, mais à passer par la mort, d'une manière, qui pour être figurative, ne l'en marque pas moins profondément aux niveaux psychologique et spirituel.
Or, le niveau moral et spirituel n’est pas toujours facile à séparer. Une signification plus proprement spirituelle de l'élévation est la nécessité de mourir pour accéder à la vie véritable. C'est qu'en effet réside là la signification initiatique et ésotérique de la cérémonie. L'instruction morale du Rite Ecossais Rectifié contient le passage suivant : « Vous avez fait trois pas sur le tombeau, entre l'Equerre et le Compas, pour aller à l’Orient. Naître, mourir et renaître pour l'éternité où sera le vrai Orient, c'est là notre sort actuel et notre destination ; ce ne sera que notre troisième pas qui décidera si notre voyage était pour la vie ou pour la mort ». Toutefois, l'emploi du verbe renaître plutôt que ressusciter, la notion aussi du vrai Orient invitent à penser que ce voyage en trois pas désigne le processus initiatique qui à la naissance corporelle fait succéder la mort initiatique et une nouvelle naissance, spirituelle celle-là.
C'est de ce processus que parle l'Evangile de Jean dans de nombreux passages : « si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12.24). « Si quelqu'un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume » (Jn 3.3).
La nouvelle vie dont il est question dans ces textes n'est pas celle qui doit être donnée à l'homme après sa mort physique et sa résurrection à la fin des temps. Certes, l'Evangile de Jean n'ignore pas celle-ci, mais à présent, il est question d'une nouvelle vie que l'homme peut acquérir dès aujourd'hui, par la renaissance spirituelle qui présuppose la mort initiatique. Et cette mort initiatique c 'est la mort à soi-même ; elle n'est pas autre chose, au fond, que ce renoncement aux vices et aux passions dont nous a déjà parlé l'enseignement moral de l'élévation, mais vu dans une perspective nouvelle et supérieure. Ce sacrifice, par delà le décompte des affections et des passions particulières est celui du Moi, et c'est pourquoi, pris à ce niveau, il est vécu comme une mort.
Mais cette mort au Moi est le passage nécessaire pour devenir capable d'accueillir l'autre, c'est à dire en premier lieu l'Autre Absolu, et par lui, et en lui les autres, c'est à dire nos frères. Aussi la vie nouvelle à laquelle elle nous permet de renaître est-elle celle de l'Amour, comme nous le dit la première épître de Saint jean : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à le vie, parce que nous aimons nos frères » (1 Jn 3.14). Les deux interprétations spirituelles de l'élévation, celle qui vise la résurrection après la mort physique, à la fin des temps, et celle qui vise la renaissance spirituelle après la mort initiatique ne s'opposent pas, conformément au principe qu'exotérisme et ésotérisme ne s'opposent jamais. J'aimerais ajouter, ici, une remarque linguistique : Le verbe « élever »dans son acception maçonnique, traduit l'anglais « to raise ». Or, dans la traduction anglaise de la Bible, le verbe grec « hypsoo », parfaitement rendu en français par « élever » est traduit par « to lift ».
La cérémonie du troisième grade est bien une participation dynamique : participation à la mort d'Hiram, participation à son élévation du tombeau. Mais je laisserai ici, chaque maçon méditer, selon ses opinions religieuses sur les rapports entre la figure d'Hiram et celle du Christ. Cette cérémonie est aussi le passage de l'Equerre au Compas comme cela est clairement figuré sur le Tableau de Loge au grade de Maître : on y voit l'Equerre à l'Occident, à la tête de la tombe, et à l'Orient, aux pieds de celle-ci un Compas. Le récipiendaire passe littéralement de l'Equerre au Compas lorsqu'il fait ses trois pas par-dessus le cadavre d'Hiram, dont il va prendre la place et vivre pour que vive l'Esprit Maçonnique et que se poursuive l'Œuvre. C'est ce que soulignent les instructions par demandes et réponses dans les rituels :

- « Comment avez vous été reçu ? »
- « En passant de l'Equerre au Compas »
Chez Prichard on retrouve déjà ces phrases :
- « Comment avez vous été passé Maître ? »
- « De l'Equerre au Compas ».

Comme il a été dit précédemment dans les deux aspects de leur symbolisme, on peut distinguer l'aspect cosmique et l'aspect proprement maçonnique : - du point de vue cosmique, l'Equerre se rapporte à la terre et le Compas au ciel. Le passage de l'Equerre au Compas est donc le passage de la terre au ciel, ou du moins de la dimension horizontale de l'univers à sa dimension verticale. Ajoutons à cela que l'occident est traditionnellement la région de la mort, alors que l'orient est celle de la lumière naissante. Ainsi le symbolisme cosmique de l'Equerre et du Compas s'accorde parfaitement avec celui des points cardinaux et avec la signification spirituelle de l'élévation : - du point de vue maçonnique, l'Equerre, marquée d'un caractère d'immanence est l'instrument du Maître de Loge, tandis que le Compas, marqué d'un caractère de transcendance, est celui du Grand Architecte de l'Univers lui-même.
Le passage de l'Equerre au Compas signifie donc le passage d'une étape à une autre de l'initiation maçonnique, et l'on pressent que l'articulation entre ces deux étapes est vraiment essentielle. De fait, l'Equerre symbolise la réalisation parfaite d'un certain stade de l'initiation, totalisant le contenu des deux premiers grades, elle réunit en elle l'horizontalité du Niveau et la verticalité de la Perpendiculaire, qui sont respectivement les instruments du Premier et du Second Surveillant. Elle est pour le récipiendaire au grade de Maître un point de départ que le passage au Compas fait accéder à un autre stade, différent et supérieur. Cependant le Maître ne doit jamais abandonner l'Equerre au profit du Compas seul mais il doit se situer dans une position centrale (« Au Centre ») où il opère en lui même la réunion des deux. Comme le disent certains rituels :

- « Si un Maître était perdu, où le trouveriez-vous ? »
- « Entre l'Equerre et le Compas ».

Ainsi, le franc-maçon ne saurait considérer, penser le Compas indépendant de l'Equerre et réciproquement, encore moins en termes antagoniques, mais seulement en termes complémentaires et dialectiques. La matière est une réalité, elle est essentiellement une force obscure, inconnue, qui nous résiste et elle n'a sens que pour une intelligence qui la pense et une volonté qui la maîtrise. L'Equerre, symbole de la matière, renvoie au Compas symbole de l'esprit. C'est le Compas, l'intelligence, qui ordonne la matière et lui donne une sens. Mais par ailleurs, l'esprit lui-même ne peut, ne saurait se saisir dans le vide absolu. Il ne peut se saisir et se penser qu'à partir de la matière elle-même. Alain écrivait : « En vérité nous avons grand besoin du monde, qui a du moins cette vertu d'être ce qu'il est et de ne point changer par nos raisonnements et nos passions ». Le Maître Maçon , situé entre l'Equerre et le Compas est toujours situé entre la « Terre » et le « Ciel » , entre la « Matière » et « l'Esprit », entre « Dieu » et « le Monde » , entre la Réalité et la Valeur, s'efforçant de connaître la terre, la matière et l'histoire et de les maîtriser avec ses outils, son intelligence et sa volonté ; l'esprit du franc-maçon étant lui-même ordonné à l'Esprit, c'est à dire ce Compas mesurant et traçant en fonction de la Loi Morale dont la Bible sur l'Autel des serments est le signe. Ayant occupé, ces trois dernières années, le poste d'Orateur dans mon Atelier, j'ai bénéficié d'un triple privilège :
- le premier est d'avoir dû apprendre à séparer mes passions de la Loi, tâche ardue où le mélange des genres est ressenti comme un cuisant échec personnel.
- le second est de jouir d'une position physique élevée permettant, à la fois de sentir converger vers l'Orient ce que je nommerais imparfaitement l'ambiance de l'Atelier à chaque tenue et d'avoir, directement sous les yeux l'autel des serments et les Trois Grandes Lumières.
C'est avec une grande concentration que j'ai pu suivre le Frère Expert positionnant L'Equerre et le Compas lors des rituels d'ouverture et de fermeture des travaux ; mon esprit se concentrant également sur l'autel des serments pendant la chaîne d'union prenant peu à peu conscience que c'est là que se joue le cœur de mon engagement. - le troisième est d'avoir dû travailler sans relâche, même lorsque ma paresse naturelle m'incitait à remettre à demain la tâche à peine ébauchée. Pour conclure, et faisant référence au couple Compas-Equerre, qui renvoie au masculin et au féminin, j'ai eu la tentation d'établir un parallèle entre les enlacements de ces outils et ceux plus charnels d'un homme et d'une femme dont l'érotisme sous-tendu par l'Amour conduit parfois à la plénitude du sacré. Mais ceci est une autre histoire.
Je citerai Malebranche qui écrivait dans ses Entretiens sur la métaphysique et la religion :
« Non, je ne vous conduirai point dans une terre étrangère, mais je vous apprendrai peut-être que vous êtes étranger vous-même, dans votre propre pays ».

J'ai dit !

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Jeudi 23 octobre 2014 4 23 /10 /Oct /2014 06:47

Je dois reconnaître qu’à priori je n’aurais pas choisi ce sujet comme morceau d’architecture car c’est le cartouche qui avait le moins de résonnance en moi. Ainsi, le mot « Gloire » est d’une part un mot que je n’utilise quasi jamais et d’autre part le mot « travail » ouvre un vaste champ des possibles. L’une des difficultés que j’ai rencontrées a été justement ce travail consistant à présenter les nombreuses notions attachées à ce mot tout en restant concis et pluriel. Cela m’a demandé beaucoup d’efforts de lecture, d’appropriation des choses, avant tout pour bien en sérier les dimensions importantes. Ce travail s’articulera autour des aspects suivants :

Gloire
Travail
Travail maçonnique
Le travail comme une transcendance
Résonnances

Gloire :

Vient du latin : gloria « renom, réputation, désir de gloire... » En symbolique ou iconographie chrétienne : le Christ en gloire est auréolé de lumière. Auréole lumineuse qui entoure le corps des personnes divines, rapprochement par analogie avec le compagnon qui voit lui avec les rayons du Delta et le rayonnement de l’étoile flamboyante. On peut y voir une forme de « béatitude céleste », de splendeur divine...  Glorifier le travail c’est faire vivre le beau et maintenir la lumière vive dans le cœur des hommes libres et laborieux. Glorification : j’entends par ce mot, faire éloge, honorer dans la joie, et la joie est pour ceux qui la désirent... Honorer le travail de quelqu’un, c’est en proclamer sa gloire. Travailler à la gloire du Grand Architecte de L’Univers, c’est sûrement aussi travailler en sa présence, le texte de la bible extrait du texte : Rois VI – 12 n’énonce-t-il pas : « Cette maison que tu bâtis, si tu marches selon mes préceptes...j’y résiderai... »

Notion du travail :

Au VIème siècle : Travail – (Tripàlùs) vient du latin Tripalium « instrument de torture à trois poutres » – (Trabis-poutre). Structure formée de trois pieux, sorte de chevalet pour ferrer les chevaux. Ce vocable a donné naissance au mot travail, lui conférant un caractère pénible, de contrainte, d’assujettissement. Confirmée au XIème siècle, cette notion évoque le tourment, la souffrance, la torture d’un condamné. Notion reprise par le christianisme : en tant que souffrance, résultante du péché, punition, peine... Au Moyen âge, la notion de travail évolue car associée au métier, qui, à l’origine, désigne la machine (ex : le métier à tisser), étant alors assimilée à effort, labeur. A partir du XIXème siècle, le travail peut être perçu de 2 façons antagoniques : à la fois comme support d’une liberté créatrice, d’un génie libérateur, et en ce sens : composante « essentielle » de l’humanité (idéologie et courant intellectuel libéral), mais dans le même temps, perçu comme moyen d’asservissement des classes dominantes bourgeoises sur les classes dominées du prolétariat (idéologie et courant marxisant). Autre notion : « la femme en travail », celle qui enfante. Si le levain travaille, il fermente ; quand le bois travaille, il se fend. Le travail déforme la matière, l’abîme, la dégrade, la décompose, l’altère, au sens où il la rend autre. Ainsi le travail devient synonyme de production associée à une naissance, à un renouveau, à un nouvel état humain triomphant du chaos naturel et de sa magie. Gloire à l’enfantement, au « travail » de la femme, à la vie nouvellement donnée. Pour les animaux, le travail n’existe pas en soi, ces premiers agissent et évoluent par instinct de survie et par nécessité d’adaptation permanente au milieu environnant. L’homme, en conscience, agit sur son milieu pour l’adapter à ses besoins, à ses aspirations : c’est son œuvre que de développer des capacités de penser, de créer, de produire à cet effet. Epoque de la seconde guerre mondiale : régime de VICHY ou idéologie nazie glorifiant le travail (« Travail – Famille – Patrie ») promeuvent un projet commun par la négation du progrès individuel. Années des 30 glorieuses : déplacement de la notion Travail, comme projet de développement économique mais dans lequel l’individu reprend sa place. Les notions de productivité et de rentabilité constituent de nouveaux objectifs, de nouvelles contraintes, induisant en parallèle l’intellectualisation du travail. Au final, le travail peut être vécu d’au moins deux façons : - Comme source de revenus et de possible épanouissement dans un monde profane dominé par la société de consommation, où il devient un enjeu, une lutte ;
- Comme joie profonde – accomplissement – grandissement – cheminement en Franc Maçonnerie.

Travail Maçonnique :

Celui-ci se structure et passe par :

 - La présence et la répétition du rite (REAA) qui organisent ce travail.
- L’accès aux symboles qui le structurent.
- Un accomplissement introspectif pour s’éclairer soi même et pour éclairer les autres.
- Le travail extérieur du temple par une conduite exemplaire, empathique, bienfaisante et tolérante en milieu profane.

Le travail en Franc Maçonnerie est une méthode, un moyen de perfectionnement, un instrument pour la recherche de la vérité, de la lumière à travers une démarche ordonnée utilisant un ensemble de moyens raisonnés. Néanmoins, celui-ci ne se terminera jamais car c’est un chemin de progression constante permettant d’être dans le questionnement et le doute, en particulier sur la perfection de son œuvre... « Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse... », De L'Art poétique (1674), Chant I, Boileau. L’objectif du travail maçonnique réel ou symbolique est de se donner corps et âme pour sceller une fraternité qui unit chacun des frères dans la difficulté et la recherche. Comprendre et transmettre les valeurs acquises, n’est-ce pas là la vraie mission des francs maçons ? Chaque effort ne doit-il pas concourir à la réalisation de l’œuvre selon le plan du Grand Architecte De L’Univers ? L’intérêt que l’on retire d’un travail et l’image de soi-même qui s’y dessine, viennent de la façon de l’exercer. En cela réside le devoir sacré de l’homme libre selon les compagnons du devoir du Tour de France, auprès desquels j’ai été initié dans ma jeunesse. Je me reconnais pleinement dans cette analyse qui est primordiale au sein de cette grande famille. Le travail opératif et spéculatif va de pair et précède l’action; il est nécessaire de penser pour ne pas s’égarer et employer les outils adaptés à notre grade et à notre connaissance pour toujours travailler dans la joie et la ferveur. Le travail maçonnique nous anoblit en participant à la construction de l’édifice collectif mais aussi à l’élévation de son propre temple intérieur. De plus la règle à 24 divisions nous rappelle qu’à chaque tenue, à chaque instant nous devons travailler sans relâche à notre propre élévation. Le rituel du REAA utilise abondamment et fait largement référence au vocabulaire du monde du travail : nous travaillons à la construction de « notre édifice », nous sommes des « ouvriers », nous touchons « un salaire », nos tenues sont « des travaux », les matériaux sortent de « la carrière ». Le travail en loge est le moteur du cheminement initiatique, avant de débuter celui-ci il faut faire le tour de soi, geste symbolique de ceindre son tablier qui nous fait relier les deux extrémités de soi. Tout ce vocabulaire ne nous rapproche-t-il pas des Bâtisseurs de Pyramides ou de Cathédrales ? Ces liens restent encore pour moi un grand mystère. René GUENON souligne dans un article nommé « Glorification du travail » : « Au point de vu traditionnel, il n’y a aucune distinction entre art et métier, entre artiste et artisan. Tout ce qui se produit conformément à l’ordre doit être regardé comme œuvre d’art s’intégrant parfaitement dans l’harmonie du Comos ». Déjà en 1751, Diderot et d’Alembert n’intitulent-ils pas leur Encyclopédie (la 1ère du genre) : « Dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers ». Au regard du texte de René GUENON, on peut penser que cette production sacrée répond à la nécessité de transcendance.

Transcendance par le travail maçonnique :

Le travail nous permet d’avancer toujours plus dans la compréhension du symbolisme, pour que s’opère une vraie alchimie spirituelle. Du travail découle un changement de forme, de finalité, de motivation, de plan, c’est lui qui nous permet de progresser mentalement, processus de développement vers la quintessence (élévation dans l’échelle des êtres). J’ai tout de même conscience d’être entièrement prisonnier de la matière, or, passer de la matière à la spiritualité réclame avant tout une pratique efficace que l’on peut acquérir par une assiduité dans les tenues et par un travail collectif qui nous amènera sur le chemin de la lumière pour rentrer en contact avec soi-même. Lente mais indéniable transformation de l’Homme que nous sommes, la chaîne d’union symbolise cette transmission perpétuelle en associant aussi les frères passés à l’orient éternel. Graduellement le franc maçon pratique « le solve » et « la coagula » des alchimistes. Il s’agit dans un premier temps de dissoudre les imperfections de son être, bâtir son temple intérieur en alliant matière/équerre et esprit/compas pour réaliser une certaine harmonie, pour trouver la lumière qui transforme l’objet révélé par le regard de celui qui le découvre. Pour ma part, l’accès à cet objet révélé suppose l’étude, la prière, la méditation, la contemplation et la poursuite du travail sur soi pour se perfectionner. Le travail n’implique-t-il pas la mise en œuvre des vertus cardinales sans se départir de la Gnose ? Pour finir, il semble logique que le cartouche « Gloire au travail » soit découvert au cinquième voyage et avec les mains libres ; en tant que compagnon, je participe à la construction de mon propre temple, j’en suis à la fois la Pierre, le Pilier, la Colonne et l’Edifice lui-même. Toutes les visites faites en d’autres loges m’ont permis de tailler ma pierre aussi finement polie que possible en la frottant à celles des autres frères et sœurs. Les voyages m’ont conduit sur des chantiers de tout horizon, ils m’ont enrichi en découvrant d’autres pratiques et rites. Résonnances : Au delà d’un risque objectif d’aliénation par le travail, je me suis efforcé avec une profonde conviction à faire de ma profession un outil de réalisation, une création quotidienne, ancrée dans le réel, la société. En confrontation directe avec le chômage et les difficultés sociales, je perçois professionnellement et humainement le drame de l’exclusion et de la paupérisation d’une partie de nos concitoyens. Pour autant, ce travail est un exercice de liberté, de vie, de perfectionnement, souffle concourant à la réalisation de soi et, par là, à l’épanouissement des autres. La Franc Maçonnerie m’a permis d’accéder à cette dimension spirituelle et essentielle du travail. La quête de la spiritualité en toute chose a nourri cette recherche du moi à laquelle nous invite la Franc Maçonnerie. La faim de cette quête crée une appétence aux tenues, à l’écoute, l’observation, l’étude, la lecture et donc au travail. Les quatre années de mon parcours maçonnique ont transformé ma perception des choses, mes relations humaines et professionnelles, ont modifié mes sensations (ce que j’appelle « la métamorphose des sens »), mon être par l’installation du doute, compensé par une soif de travail sur moi, celui de la construction du temple intérieur. Ce réveil marque le début de mon cheminement que je poursuis avec un intense plaisir en direction du Grand Architecte De L’Univers pour atteindre en toute quiétude l’Orient Eternel. Sans doute cette planche reste-elle incomplète voire balbutiante et « peu glorieuse » mais je puis vous assurer qu’elle a été réalisée avec bonheur et désir de vous apporter à vous tous mes frères une pierre nouvelle, si modeste soit-elle. Reconnaissons avec Job que : « L’homme est né pour le travail comme l’oiseau pour voler » !

Vénérable Maître et vous tous mes frères

J’ai dit.

Bibliographie :

René GUENON Approche d’un homme complexe de Jean URSIN.
Construire le temple aujourd’hui de Julien BEHAEGHEL, Bruno ETIENNE, François.
FIGEAC, Jacques FONTAINE & Irène MAINGUY.
Abd el-Kader et la franc-maçonnerie de Bruno ETIENNE.
Vie et enseignement de Tierno Bokar d’Amadou Hampaté BÂ.
Quelques planches du site « EDIFICE ».

Source : www.ledifice.net

Par D\ B\ - Publié dans : Planches
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Mercredi 22 octobre 2014 3 22 /10 /Oct /2014 06:32

Je suis une planche. 

Vous savez, cet exposé écrit lu en loge par un frère ou une sœur, que l’on appelle aussi « morceau d’architecture » en référence symbolique aux pièces  de construction. 

Nos lointains cousins, bâtisseurs de cathédrales, ne se doutaient pas, en portant  les pierres contre leurs cœurs, au risque de leur vie, sur la planche étroite de l’échafaudage, que celle-ci comportait plusieurs sens ! Confiants en ma solidité, préoccupation majeure,  ils ignoraient que je leur indiquais aussi une direction à suivre. Et par métaphore, une transformation de leur progression pas à pas, en  actes positifs dans la cité. 

De matériau de chantier élevant l’homme vers le ciel, je suis ainsi devenue de la « matière à penser » horizontale pour lui permettre de mieux avancer vers les autres ! De support des corps, me voici métamorphosée en support de réflexion. Et même en tremplin pour permettre aux maçons de l’esprit de bondir dans le vaste domaine de l’imaginaire ! D’une planche, l’autre. A écrire et à lire, pour être écoutée, réfléchie, augmentée, reproduite. Copiée, traduisent outrés les « étroits penseurs ». Transmise, rectifient souriants, les « larges d’idées ». Car tel est bien là, le credo même des francs-maçons : la transmission ! Sous toutes ses formes. Pourvu que,  planche de mon état, j’enrichisse quelqu’un. Rédacteur, auditeur, lecteur. Et même l’emprunteur occasionnel,  passeur à sa façon, à qui je transmets, qui sait,  du désir. A savoir, le modèle même pour écrire un jour une planche, à son tour. Au fil du temps, l’homme ne doit-il sa survie à l’imitation qui engendre elle-même la création ?! Dès lors, trêve de morale culpabilisante : il n’y a pas de maçons plagiaires, il n’y a que des frères à instruire ! 

En loge, il est dit rituellement au moment du débat «  Que la parole circule ! ». Alors que la mission acceptée de l’initié (e) est de transmettre généreusement ses acquis, des milliers de planches sont écrites chaque jour dans le monde, exprimées et commentées une seule fois en loge, le plus souvent devant un auditoire restreint !  Puis,  enfouies dans un tiroir, à la maison revenue ! Des heures d’écriture pour une heure d’existence ! Pourquoi me condamner ainsi aux ténèbres, quand j’ai vocation à la lumière ! 

Enterrer une planche, c’est aussi enterrer la pensée ! Or, par définition même, plancher c’est, par l’écrit et la parole,  transmettre « du vivant », à des vivants ! La planche que je suis est faite pour rayonner, donc, tout au contraire de la rétention,  atteindre le plus grand nombre. 

Il est de bon ton de brocarder les  prodigieux outils de la technologie moderne, qui sont utilisés chaque jour…par leurs détracteurs eux-mêmes. Entre autres,  l’Internet -  cette bibliothèque virtuelle tentaculaire et tentatrice - est accusée de bien des maux ! Accoutumance, ingérence,  permissivité, suppression de l’effort intellectuel, etc. C’est ainsi,  le meilleur des médicaments a des effets secondaires, réels ou fabriqués ! 

La franc-maçonnerie et les francs-maçons ne peuvent évidemment pas faire aujourd’hui l’économie de cet Internet. N’en sont-ils pas   d’ailleurs de très grands consommateurs ?! De la sorte,  sortie du Temple pour accomplir sa destinée, la parole maçonnique circule aussi avec bonheur sur les ondes informatiques ! Elle bénéficie largement des avantages de l’outil : facilité d’accès, instantanéité, diffusion élargie à la planète. Autrement dit, présentation au grand jour de l’Institution, si longtemps étouffée par le secret, lequel, nécessaire en une dramatique période, n’est plus guère de mise à l’heure de ladite mondialisation ! Partant, comment pourrait-on reprocher aux fidèles servants de l’Art Royal -  lequel veut améliorer ses membres et parfaire l’humanité - d’informatiser leurs réflexions correspondantes ?! Il est tout à fait pensable que dans un avenir proche, les obédiences mettent nombre de  travaux numérisés  à la  disposition du Grand Public. L’appétence d’un lectorat, donc le recrutement possible,  passe aussi par ce média ! Le succès des différents sites,  diffuseurs de documents et travaux maçonniques, n’est pas seulement dû, loin de là,  à quelques frères  saisis de paresse passagère ou en panne d’idée momentanée! Au delà de ces clichés faciles, il correspond à une réelle curiosité, c’est à dire à une faim d’information qu’il convient  de rassasier !  

Les planches sont parties intégrantes de ces travaux. Telle une eau de source, la planche que j’ai le plaisir d’être, est faite pour jaillir et alimenter les ruisseaux et fleuves du savoir ! Je mérite  souvent un prolongement après ma prestation en loge ! Parce que, au delà du support de réflexion,  je peux constituer un moyen de recherche,  de perfectionnement, bref,  de créativité. N’oublions pas ce que la France doit à cette créativité maçonnique. Au début du XXème siècle, à l’ère industrielle naissante, faites de grandes avancées  mais aussi de graves inconvénients, les planches contenant des propositions humanistes étaient transmises aux députés. C’est ainsi que furent traités à l’Assemblée Nationale, des sujets aussi importants que les retraites de vieillesse, la dénatalité, la réglementation du travail pour les hommes, mais aussi pour les femmes et les enfants, la criminalité, la liberté d’association en 1901, la laïcité de l’enseignement en 1905, le premier système d’assurances sociales pour l’industrie et le commerce en 1930. Les maçons ont eu une ultime satisfaction en 1936, avec l’instauration des congés payés, qu’ils avaient suggéré avant la seconde guerre mondiale.

Autant de planches, autant d’étoiles dans le ciel maçonnique, autant de petites lumières brillantes d’idées pour  le progrès humain. Autant de réflexions à mener pour demain.

Il reste du pain sur la planche. La prochaine est toujours à écrire. Avec  ardeur, avec amour. Avec humeur, avec humour. Au fil des mots et de leurs jeux, moi, la planche, j’aime faire sourire aussi : Pour que l’écrit  dure, il faut que le stylo  graphe !

Par G.G - Publié dans : Planches
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Mardi 21 octobre 2014 2 21 /10 /Oct /2014 07:02

Lorsqu’on m’a demandé de choisir une planche en vue de mon augmentation de salaire, j’avais pensé traiter de la main qui est incontestablement le plus beau des outils qu’un maçon peut avoir à sa disposition.

Mais je me suis vite rendu comte que le sujet avait été traité, retraité voire maltraité tellement de fois, que la place qui restait à l’originalité me paraissait des plus mince.

Je fis part de mes réflexions au 1er surveillant qui sur le ton de la plaisanterie me proposa si je voulais faire preuve d’originalité, de tracer une planche sur le thème de « Je suis content ».

Vous l’avez peut être remarqué mais depuis ce jour chaque fois que je le rencontre il ne manque pas de me demander si je suis content ?

Pendant un court moment je me suis demandé si je devais être content c'est-à-dire comblé par ce choix. Pour moi être content était une chose simple sans détour, nous allons fêter la Saint Jean à Reims et ne résiste pas au plaisir de vous citer BARRES qui résume assez bien l’expression du contentement du compagnon que je suis en loge. « Voyez le sourire énigmatique des anges de Reims. Ils sont contents d'eux-mêmes, heureux de plaire, pareils d'abord à des enfants sages et empressés auprès de leurs parents. »
Barrès, Mes cahiers

 

Je suis content:

 

C’est vrai que chaque premier lundi du mois, je suis content de vous retrouver, mais le contentement du franc maçon ne se limite pas à cette quasi béatitude.

Tout n’est pas aussi simple dans notre rituel et nous amène très vite à se poser la question : qu’est ce qu’être content en franc-maçonnerie ? Pour un compagnon ? Content de quoi ou de qui ?

Si on revient aux définitions que j’ai pu lire, être content, c’est l’état de celui :
· Qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur, de calme plénitude causée par la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou d'une aspiration.
· Qui a le cœur et l'esprit satisfaits, dont les désirs sont comblés, qui ne souhaite plus rien. »

 

Depuis que je suis compagnon j’ai entendu à deux reprises l’expression de ce contentement et ce constat est venu modifier la portée de cette définition.

J’ai entendu l’adjectif « content » :
· Dans notre rituel de 1802, à l’occasion de chaque tenue lorsque le vénérable maître clôture la cérémonie et dit :
Frère 2éme Surveillant, où se tient le 1er Surveillant ?
A l'Occident Vénérable Maître, pour aider le Maître dans ses Travaux, payer les Ouvriers et les renvoyer contents et satisfaits.
· Dans le cadre de l’instruction donnée en loge de compagnon à l’occasion du dialogue qui se noue entre le premier surveillant qui fait les demandes et le deuxième surveillant qui donne les réponses du compagnon et que je rappelle :
D : Avez-vous reçu votre salaire
R : « Je suis content »
D : Où l’avez-vous reçu ?
R : A la colonne J.

J’imaginais avant de réfléchir sur ce sujet que contentement et satisfaction étaient synonymes. Dans mon esprit être « content et satisfait » signifiait que le terme satisfait venait uniquement renforcer le sentiment de contentement des ouvriers au regard du salaire qu’ils venaient de percevoir. En fait il existe une nuance entre contentement et satisfaction et je compléterai la définition en disant que le contentement est l’état de celui qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur résultant de la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou d'une aspiration fugace ou momentanée alors que la satisfaction est un sentiment de plaisir que ressent quelqu’un dont les désirs sont comblés, qui ne souhaite plus rien. Napoléon au soir de la bataille d’Austerlitz n’a pas dit à ses troupes rassemblées je suis satisfait de vous mais « Soldats je suis content de vous ». Il était heureux de l’issue de la bataille mais la guerre n’était pas terminée, il ne pouvait être que content. Le contentement serait passager ou momentané alors que la satisfaction à un caractère plus définitif et pour résumer cette distinction je livrerai deux exemples tirés de mes lectures. Le contentement pourrait être exprimé dans ce vieux quatrain d'un égoïste que j’ai trouvé au hasard de mes recherches : « Quand j'ai fait mes quatre repas Et que j'ai dormi d'un bon somme, Il ne m'importe guère comme Chacun de moi pense ici-bas. Cet homme là qui ne constitue pas un exemple pourra vivre heureux et content chaque jour; mais celui qui s’est fixé un objectif ambitieux, qui sait qu'il a, quelque part, une mission à remplir sur cette terre, sera content a chaque étape de sa démarche celui-là ne sera satisfait que s'il a personnellement conscience d’avoir atteint le but suprême auquel il aspirait. Il est incontestable que dans la FM le contentement seul n’est qu’une phase de transition. Pour résumer la description contentement du compagnon. je citerai l’exemple du sculpteur grec Callimaque, Corinthien à qui on attribue l’invention du chapiteau corinthien (à feuilles d’acanthe). Vitruve disait de lui « qu’il taillait le marbre avec une délicatesse admirable, était content des observations et des compliments qu'on faisait de ses ouvrages, tandis que lui-même n'en était jamais satisfait ».Pour revenir à notre rituel de 1802, je vous rappelle qu’à la clôture de la tenue le vénérable maitre renvoie tous les ouvriers payés contents et satisfaits, alors que dans le cadre d e l’instruction le compagnon se limite à être content du salaire qui lui a été versé. Je pense que c'est ainsi qu'on peut plus facilement saisir les nuances du sentiment de contentement d'avec celui de satisfaction,le compagnon est satisfait du salaire qui lui a été versé en contrepartie de son travail mais n’est pas satisfait de son ouvrage car celui-ci est perfectible la pierre qu’on lui a donné a polir n’est pas parfaite, dans le mesure ou il n’a pas atteint la plénitude de son art. Les frères en loge sont contents et satisfaits car le travail en commun et l’égrégore qui en a résulté leur à apporté ce sentiment de plaisir que procure le sentiment d’avoir atteint son but. Nous nous limiterons au compagnon et reviendrons au motif de son contentement.

Le salaire du compagnon :

Le motif de contentement des ouvriers compagnons confondus est d’avoir été payé ou d’avoir perçu leur salaire. Le salaire est traditionnellement la récompense qui échoit à quelqu'un en contrepartie de ses actes ou travaux. Mais au REAA la réponse est énoncée très clairement dans l’instruction au premier de gré lorsqu’on demande à l’apprenti :
Qu'appelle-t-on «Salaire » en FM ? C'est la récompense du Travail produit par l'Ouvrier. Par quoi se traduit le « Salaire » des Francs-Maçons ? Par un perfectionnement graduel de soi-même. Le contentement du compagnon s’exprime au regard de la récompense du travail produit et par le constat du perfectionnement graduel de soi. Le travail produit est apprécié par les frères de la loge et le 1er ou le deuxième surveillant dans le cadre de la démarche de formation qui est proposée. L’apprenti et plus tard le compagnon, dégrossi la pierre qui est en lui sous l’œil bienveillant de ses frères qui lui apportent conseil et soutien dans le cadre de sa démarche qui reste fondamentalement personnelle. La démarche du compagnon vers cette conscience éclairée qui est son objectif s’effectue dans le cadre collectif de partage des aspirations des frères composant la loge. Pour progresser le compagnon a besoin de ses frères et surtout « Qu’ils le reconnaissent comme tels ». Cette marque de considération constituera le salaire du compagnon et justifiera la cause de son contentement pendant sa progression jusqu’à la consécration suprême que constituera in fine l’augmentation de salaire.

Le perfectionnement graduel de soi

C’est le travail que le FM effectuera sûr lui même avec comme support cet arbre de potentialité que constitue le Rituel et comme racines la Franc Maçonnerie, alliance d'hommes libres de toutes confessions et de tous horizons sociaux. C’est par un enseignement progressif d’étape en étape, de degré en degré, que s’effectue cette démarche. Pour cela le FM commence par mettre de l’ordre dans son « chaos intérieur ». par un inventaire exhaustif de ses imperfections, en se contraignant à les regarder en face et à renoncer aux fausses excuses dont il avait coutume d’user jusqu’alors.
Il lui faut donc créer une rupture, une prise de conscience et acquérir de nouveaux schémas de pensée, et qu’il: « Tue le vieil homme qui est en lui ». La première étape a été Le Cabinet de Réflexion, lieu d’introspection qui lui a permis d’entrevoir sa réalité, de découvrir cette pierre informe, noirâtre, recouverte d’aspérités et faiblement éclairée par une lumière incertaine. Puis avec lucidité et détermination il a entrepris, avec application ,de débarrasser la pierre qui est en lui de ses multiples imperfections afin qu’apparaisse ce qui est parfait en elle. Ainsi dans le cadre de cette volonté active de progression, les points sur lesquels le FM travaillera sont ces fausses valeurs qui font que l'on a une attitude de repli sur soi plutôt que d'ouverture à l'autre.et qui sont sans que cette liste soit exhaustive :
· Les métaux. Qui nous rendent pesant.
· Nos préjugés. Qui nous ferment aux autres.
· Notre fanatisme. Qui nous rend aveugle à la connaissance.

Ce perfectionnement graduel est très bien décrit par Jules BOUCHER qui écrit : « Le récipiendaire sort d’abord de la terre, il est ensuite purifié par l’air, puis par l’eau et par le feu. Il s’affranchit par paliers de la vie matérielle, de la philosophie et de la religion et parvient enfin à l’initiation pure, réunissant ainsi les quatre éléments.
Avec le feu, c’est l’esprit, l’initiation.
Avec l’eau, c’est l’âme, la spiritualité, la connaissance, la lumière, la vie.
Avec l’air, c’est le mental, la philosophie, l’intelligence.
Et La terre, représentant le corps, la vie matérielle, la résistance, la forme « 
Cette transmutation symbolique par une prise de conscience de soi, de l’Etre intérieur, confère à l’adepte une meilleure connaissance de lui-même. Cette connaissance de soi qui permet de faire des choix réfléchis dans la vie et de travailler ainsi à son propre perfectionnement.
Qui peuvent être psychologique : quelles sont mes motivations ? Quels sont mes désirs ? Comment les intégrer dans ma personne ?
Philosophique: qu’est-ce que l’Homme ? Quel sens donner à l’existence ?
Spirituel: de quel «tout » fais-je partie ? (Nature, Univers, Dieu ) Comment le ressentir ? Comment s’y intégrer ?
Le plan philosophique est tracé, le chemin est indiqué, la voie est ouverte, il ne reste qu’à travailler, réfléchir, comprendre.
Avec comme pierre angulaire le rituel. merveilleux outil qui nous permet au fur et à mesure de notre progression de baliser notre chemin.
Cependant, il ne faut pas se contenter d’écouter ce dernier comme une pièce de théâtre, mais au contraire devenir acteur en la matière, c'est en effet la seule façon de se l'approprier, et l'erreur serait d’avoir en ce qui concerne le rituel, tendance à Vénérer l'outil plutôt qu'à lui donner un Sens.
Donc pour réussir ce perfectionnement progressif, il est impératif d’acquérir et d’assimiler les connaissances symboliques d’un degré pour espérer passer au degré suivant.
Tout comme l’on ne peut courir si l’on n’a pas appris à marcher, on ne peut envisager l’université si l’on n’est pas passé par les classes secondaires.
C’est pourquoi Le Rite Ecossais ancien et Accepté propose comme technique de construction une méthode en 33 étapes ou degrés, pour libérer l’homme et en faire un initié, c'est-à-dire un homme achevé dans sa construction, conscient de lui-même, des autres, de l’humanité entière et de tout son destin dans l’univers.
La doctrine des pythagoriciens établissait déjà ce lien
«se purifier, s’instruire et se perfectionner, passer par degrés de la connaissance de soi à la connaissance de l’univers, de la connaissance de l’univers à celle de l’Etre des Etres ».
La sagesse que nous recherchons n'est pas une école de vérité mais une école de l'interrogation, ce n'est pas non plus l'initiation à une vérité révélée mais un cheminement vers soi-même.
Sans oublier que notre engagement maçonnique ne se limite pas à un usage répété de l’examen de conscience en vue de notre «perfectionnement graduel ».
Les textes maçonniques évoquent aussi le devoir «d’être utiles à nos semblables », par notre participation à la recherche constante et sans limite de la vérité et de la justice dans le respect d'autrui.
Comme il est évoqué au point quatre de la Règle en douze point, nous nous devons de contribuer «au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité »

En conclusion, mes Frères, ce perfectionnement graduel de soi-mêmequi correspond à notre Salaire de Maçon, ne se fera pas toujours dans la facilité, il sera même parfois difficile. Et si nous voulons parvenir à la Maîtrise de nos actes, à la réalisation de l’homme vraie et accompli, à l’harmonie de l’esprit et de la matière, et réussir nôtre chef d’œuvre “le Grand Œuvre” pour les Alchimistes.
C’est à dire notre élévation vers la lumière, et notre approche de la sagesse divine.
Il nous faudra, essayer, progresser, recommencer, partager nos idées, comprendre les autres et pratiquer la Fraternité.
Le chemin sera long, sinueux, pavé d’embuches, Mais à celui qui saura, non seulement écouter mais aussi entendre, très vite, apparaîtra les premières satisfactions, les premiers salaires, juste rétribution d’une opiniâtreté sans faille. La nature ayant horreur du vide, l’espace libéré par l’élimination des copeaux s’éclairera peu à peu, au fur et à mesure que le doute fera place à des certitudes, si ténues soient-elles.
Certes tout ceci s’opérera graduellement, imperceptiblement et souvent même sans que nous en ayons conscience.
Ne nous impatientons pas devant la lenteur des résultats obtenus, des progrès accomplis. L’apprentissage est avant tout une question de résolution et de persévérance.
La vie aussi.

Source : www.ledifice.net

Par G\ R\ - Publié dans : Planches
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Lundi 20 octobre 2014 1 20 /10 /Oct /2014 07:02

INTRODUCTION
A la GLDF, nous pratiquons les trois premiers degrés du REAA, et nous sommes tous solidaires de l’Ordre Maçonnique.
Cette dernière affirmation nous indique que notre engagement va au delà de
l’Obédience, au delà du Rite, qu’elle nous rattache à la FM:. Traditionnelle et Initiatique.
Cet Ordre Universel, d’essence indéfinissable, ne peut être abordé qu’avec “notre cœur et notre intuition”.
Il nous appartient donc de connaître le contenu initiatique et traditionnel du Rite, de nous imprégner de ses permanences et principes fondamentaux, et ce afin d’assurer la pérennité de l’Ordre.
C’est pourquoi, avant d’aborder le troisième degré et voir si la maîtrise est un aboutissement, un palier, un passage ou une ouverture sur la voie de la Connaissance, permettez-moi un préalable. Ce préalable doit nous permettre de vérifier si nous sommes d’accord sur la réalité de notre démarche et sur notre engagement initiatique.

INITIATION
Pour moi, l’initiation doit être comprise comme une démarche individuelle, comme une dynamique de vie. Elle ne peut être réduite à des instants ou à des actes privilégiés.
Elle ne peut être réduite à un instant, fut-il initial! Elle est avant tout une construction, ou plutôt une reconstruction de l’individu dans toutes ses composantes, suivant un projet individuel de perfectionnement et de spiritualisation.
La démarche initiatique est donc reconstruction du Moi, comme reconstruction du Soi! L’initiation est plus encore; elle est écoute, elle est ouverture, elle est disponibilité, mais aussi réactions à soi, à l’autre, au monde, à la nature, au cosmos, à l’Univers, au GADLU.
L’initiation n’est pas non plus et seulement la mise en place de cette dynamique de reconstruction, elle est permanence et à ce titre, une démarche, une voie!
L’initiation devient ainsi une sorte d’énergie, sublimée par le désir de connaissance qui amène l’homme vers sa transcendance.
Pourtant si la démarche initiatique semble être une voie privilégiée, celui qui l’emprunte doit se rappeler cette parole du sage: “quand on estime avoir tout fait, il reste encore une chose à faire: se refaire”
Chacun d’entre nous doit prendre conscience de notre capacité d’évolution et de perfectionnement. Et cette démarche ne peut qu’être profondément vécue, à la fois dans l’épreuve et le dépassement, dans le doute et la certitude, dans la déconstruction et la reconstruction, mais toujours dans la foi et l’espérance.
Par contre cette initiation ne peut s’effectuer qu’au sein d’un collectif! L’acte
initiatique ne peut avoir lieu que dans un espace-temps sacré, crée par un engagement collectif.
C’est la raison d’être et le but des rituels initiatiques que de permettre à un groupe de créer cet espace-temps sacré, que de créer un égrégore.
Les rituels sont de véritables outils, ils permettent de rassembler les forces spirituelles qui sensibiliseront l’impétrant à lui-même, à son environnement, aux autres; il sera également sensibilisé au Principe Créateur qui lui fera prendre conscience de la montée dans les degrés de l’initiation.
L’initiation doit s’inscrire enfin dans un projet collectif de perfectionnement du collectif. C’est par le perfectionnement de l’homme que se fera le perfectionnement de l’humanité!
C’est en ce sens, me semble-t-il, que le projet initiatique est un projet humaniste.
Au REAA, l’initiation peut nous conduire encore plus loin: travailler à la gloire du GADLU, c’est combattre pour le triomphe de l’esprit, pour le triomphe d’une spiritualité issue de la Connaissance!
Ce préalable posé, voyons si le contenu initiatique de ce troisième degré peut constituer un aboutissement, annoncer le commencement d’un nouveau cycle, et quelles sont les réponses qu’il apporte, les questions qu’il suscite.

PERSPECTIVES DU CONTENU INITIATIQUE
La démarche de l’initié, jusqu’à son élévation à la maîtrise, a été de retrouver en lui l’homme spirituel, harmonisé, ayant surmonté ses contradictions intérieures pour s’accorder à son environnement extérieur.
La première mort a consisté pour lui à se dépouiller de ses enveloppes les plus grossières.
La seconde mort est plus profonde: l’initié meurt à lui-même, à sa propre personnalité. Savoir mourir est ainsi la démarche clef de l’initié en quête de Vérité, car en mourant, il se dégage de ce qui est inférieur pour s’élever.
L’Initié tombe sous les coups des trois mauvais compagnons, allégories de l’Ignorance, (incapables de saisir l’esprit), du Fanatisme (réducteur du temple), de l’Ambition (tour de Babel ne menant nulle part)!
Nos véritables ennemis sont en nous et résultent de l’usage inapproprié de nos facultés, de l’usage déformé de nos propres vertus.
Ces trois compagnons, c’est peut-être nous, qui, par le maniement incorrect de nos outils, ensevelissent à jamais le Maître qui est en nous; et nous sommes incapables alors de retrouver l’endroit où fleurit l’acacia!
Face aux apparences de l’homme banal, qui ne sont faites que d’écorce morte, il faut donc mourir, car seule la mort sépare le subtil de l’épais, dégage l’esprit de la matière.
La légende d’Hiram, que mime l’initié, est la consécration de la démarche initiatique: le compagnon est reconnu apte à la Maîtrise et va s’élever à cette Maîtrise.
Son ascension a été transcendante: vers l’Esprit, vers le Maître qui se trouve en lui et qui déterminera ses actes.
Sa mort lui fera désormais prendre conscience que la cause de l’Homme est en lui, tout comme la cause de l’Univers est intérieure à l’Univers lui-même.
La mort initiatique, c’est notre propre capacité à tuer la vie à laquelle nous sommes promis et de renaître à la vie de l’esprit, qui est la seule à pouvoir apporter la paix et la joie.
Hiram est mort, il faut retrouver la tombe où fleurit l’Acacia, cette tombe qui est en nous; nous recherchons la parole perdue par la réintégration finale de nous-mêmes, dans notre essence propre, par l’intellect, le cœur, le rythme de la lumière et de l’harmonie.
Ce souvenir et cette espérance demeurent au plus profond de nous: c’est peut-être la parole retrouvée.... j’en doute, mais c’est déjà la renaissance!
La renaissance d’Hiram, c’est la renaissance du Maître qui est en nous, rappel de la chute originelle de l’homme perdu dans ses contradictions insurmontables, car il a enfoui son Esprit dans le tumulte et l’opacité d’une vie sans lumière!
Notre mort initiatique, notre résurrection dans notre être physique et dans notre esprit, c’est notre conscience perdue et retrouvée, parcelle du GADLU.
Si la mort initiatique s’est poursuivie depuis l’entrée dans le temple jusqu’à l’élévation à la Maîtrise, la mort d’Hiram n’apparait pas comme le reflet de la mort de l’initié: Hiram n’a plus à mourir au monde puisqu’il a atteint l’absolu de l’initiation.
Sa mort n’est qu’apparence puisque rien ne peut tuer l’Esprit, la Conscience!
L’initiation a eu pour effet d’harmoniser ce qu’il y a en nous: l’envers et l’endroit, la raison et la déraison, le désespoir et l’espoir, les deux colonnes J et B appelées à se transformer, à se fondre en une colonne centrale qui figure l’être absolu, l’être idéal, ou si l’on veut la pensée et la vie, la fusion de la matière et de l’esprit, la beauté pure!
Oui, le mythe d’Hiram, proposé par le Rite, est bien la synthèse de l’ascension vers la Lumière.
Par l’approche de l’éternel retour, parce que sa mort lui a procuré la force de rattacher le commencement et la fin, l’initié libère son esprit de l’absolu des choses.
La mort et la résurrection qui consacrent l’unité de l’être temporel et de l’être intemporel, assurent la pérennité de l’œuvre.
Cette mort initiatique nous rappelle que nous sommes mortels en tant que simples existants et immortels là ou nous apparaissons dans le Temps, comme ce qui est éternel.
Mais c’est bien l’Amour qui doit soutenir la démarche initiatique jusqu’à la mort; l’initié sort de sa torpeur grâce à l’appui des Maîtres en qui revît l’Esprit d’Hiram. Les Maîtres mettent en commun leur intelligence, car la pensée demeure fragmentaire lorsqu’elle est dissociée de la multiplicité des individus et des temps.
A ce stade j’accepte l’idée, qui est celle sans doute de bon nombre de frères et certainement des plus anciens, que le mythe d’Hiram est le mythe fondateur du REAA!
Ce que je peux dire plus sûrement, c’est que le troisième degré est la clef de voûte de l’édifice rituel et initiatique de l’Ordre Écossais.
En même temps, tous les grades qui se mettent en place laissent à penser que bien au delà de la recherche de la Parole perdue, la Maçonnerie Traditionnelle cherche à pénétrer les secrets des anciennes initiations dont elle est héritière.
Ainsi donc, lorsqu’une volonté d’organisation de tous ces grades va se manifester, le mythe d’Hiram servira naturellement de fil d’Ariane.

MYTHE D’HIRAM ET PAROLE PERDUE
A ce troisième degré du Rite, les secrets de la construction sont perdus et le nouveau Maître qui ne dispose que des “Mots Substitués” doit rechercher par le monde les secrets véritables du Maître Maçon! Il sera ainsi amené à la rencontre de sa véritable nature spirituelle, comme nous l’avons vu.
Le Maître est devenu respectueux de l’ordre découvert, c’est à dire de son ordre intérieur, de lui-même.
Il est passé d’une conscience éclatée au premier degré, réorganisée au deuxième degré, à une conscience harmonisée en accédant à la Chambre du Milieu!
Les outils opératifs sont devenus une clef d’accession aux Mystères du Rite, et une ouverture spirituelle l’invite à prolonger l’action humaine et terrestre des trois premiers degrés symboliques.
Les mots substitués deviennent la Parole Perdue.
A première vue, le terme Parole semble indiquer un message, donc un savoir essentiel à l’initié en quête de Lumière initiatique, savoir que l’humanité aurait possédé aux origines. Son sens serait occulté parce que l’homme, en raison d’une involution, aurait perdu le pouvoir de comprendre.
De ce message antique devenu illisible, il ne nous resterait qu’un univers de langues symboliques émiettées, véhiculées par notre tradition maçonnique, par de multiples traditions initiatiques et l’immense patrimoine humain des mythes!
Et cette Parole Perdue qui revêt des formes variées et déroutantes, ne permet pas de savoir la nature exacte de cette Parole dont nous avons à quêter les sens.
Où faut-il la chercher, sous quelle apparence symbolique?
S’agit-il du secret Véritable des Maîtres Maçons, perdu par la mort d’Hiram? Est-ce le Nom inconnu du Grand Architecte? Est-ce la somme des messages ésotériques que renferme le Volume de la Loi Sacrée? Est-ce l’ensemble des grands mythes de l’humanité?
Il nous faut opérer une véritable fouille archéologique de toutes les traditions pour retrouver les morceaux de la Parole, que nous sentons à la fois vivante et remplie de mystères.
Peut-être n’y a-t-il pas de plus beau symbole de cette quête que la recherche, au cours de l’initiation au troisième degré, du corps d’Hiram assassiné dans ces ténèbres profondes!
L’Architecte du Temple de Salomon est tué et l’œuvre reste inachevée; lui seul devait en posséder le plan et savoir que le Temple devait figurer la face visible et invisible du Cosmos.
Le Secret des Maîtres Maçons c’est probablement le sens ésotérique de l’architecture du temple de Jérusalem, modèle de tous les temples.
Une question peut cependant se poser à propos du mot de Maître qu’Hiram refusa de
livrer.
S’agissait-il du Nom inconnu du Grand Architecte? On sait que dans de nombreuses traditions initiatiques et religieuses, le Nom Divin fait l’objet d’un interdit absolu, conformément à l’idée du Sacré.
Alors pourquoi ce Nom doit-il rester le secret des secrets? Pour quelles raisons doit-il rester ineffable? Est-ce que sa possession serait une voie de communication et de rencontre avec l’Etre Absolu?
Le désir de connaître le Nom est une expression éternelle de l’orgueil humain, de son désir d’identification au divin et de son insatiable volonté de puissance.
Personne ne peut même dire, si, aux origines, le Nom du Grand Architecte a pu être
connu!
Ce qui est certain, c’est que l’interdit qui le frappe permet de le considérer comme une figure de la Parole inaccessible, sinon perdue, symbolisant la distance impossible à franchir entre l’humain et le divin.
Selon la Tradition, la Parole Perdue est associée à l’idée d’une “Connaissance Primordiale des Mystères” située aux origines de l’humanité et dont elle serait aujourd’hui privée!
Toute démarche initiatique ne serait qu’un travail inlassable pour tenter de la retrouver.
Par conséquent nous pouvons penser que cette connaissance n’est pas irrémédiablement perdue, puisque nous essayons de la recomposer à partir des mythes, des rites, des constructions symboliques.
Mais notre œuvre de recomposition est hasardeuse, car notre recherche ne porte que sur les substituts de la Parole, sur des traductions humaines de ce qui fut révélé à nos ancêtres!
Dans cette recherche d’une connaissance perdue, il existe un recueil qui nous a toujours servi de référence pour l’élaboration de nos rites, de notre symbolique et de notre pensée: c’est la Bible que nous appelons VLS\ par opposition au livre sacré des deux religions.
La Bible nous explique pourquoi la Parole a été perdue, comment elle a été rétablie par l’offre divine de l’Alliance, pour obtenir de lui la soumission à l’autorité du Sacré.
C’est ce qui peut rendre crédible l’idée que le Livre véhicule des éléments de la Connaissance Primordiale.
C’est pourquoi la FM\ Traditionnelle a fait de la Bible la référence centrale de ses rites, de sa pensée initiatique, de son éthique de la fraternité.
S’il m’est permis de hasarder une opinion sur le sens de la parole Perdue, je peux dire qu’il y a une recherche de retour à l’état primordial de notre être!
État de communication, voire de communion avec la source originelle de la Lumière qui projette dans l’aventure initiatique les pèlerins de l’Etoile.
Cette communion des origines du Verbe et la compréhension du sens ésotérique de la Parole forment la double substance du Secret Maçonnique, qu’il appartient au Maître de découvrir en d’autres lieux.
Car cette Parole a éclaté en mots substitués, en symboles épars, que nous travaillons à rassembler chacun pour notre compte et en commun, à travers nos échanges fraternels.
Nous sommes là dans le champ de la construction du Temple inachevé de la Connaissance qui se confond avec la reconstruction de la Parole Perdue!
Nous voyons bien que ce thème porte en lui la raison première d’une progression initiatique sur la voie du Rite, au delà du troisième degré.
Et bien sûr de nouvelles questions qui appellent des réponses, n’en doutons pas, à des niveaux différents de connaissance initiatique! Aurons-nous la capacité à inscrire notre œuvre et nous mêmes dans l’espace et le temps, à nous élever en même temps que notre œuvre?
Il faut bien admettre que le Maître Maçon est encore en suspens entre l’équerre et le compas, entre ciel et terre certes, mais avec la face toujours tournée vers la terre.
Après l’avoir fouillée, il lui faut maintenant scruter le ciel, passer de l’équerre au compas pour rechercher la Vérité dans son subconscient et l’amener à la conscience.
Cette démarche le délivrera et dirigera son regard vers le ciel, vers les hautes régions de la Connaissance Spirituelle.
Mais ce parcours exige volonté et persévérance et la libération espérée suppose une tension de l’être tout entier, une mobilisation totale des facultés de l’intelligence et du cœur. Pierre à pierre, le chantier s’organise et se précise jour après jour.
Tout en sachant que nous sommes notre propre artisan, nous avons trop conscience de notre imperfection pour refuser d’être soutenu et dirigé.

CONCLUSION
Mes TCF\ qui êtes venus ici pour travailler, pour progresser et pour comprendre, peut-être trouvez vous que je ne vous dit pas grand chose et vous avez sûrement raison!
Mais je ne suis comme vous qu’un cherchant de Lumière et comme vous je m’interroge!
Si nous ne portions pas en nous une émanation de cette “Couronne Lumineuse” aurions nous le désir de gravir les marches, d’élever des colonnes et des Temples pour remonter vers la Source?
Serions-nous tourmentés par le sentiment de nos limites et de nos imperfections, désirant les dépasser et nous tourner vers les hautes régions de la Connaissance Spirituelle si un point ne vibrait pas dans la nuit de l’inconscient?
C’est bien parce que nous portons en nous quelque chose du Verbe que nous nous sentons privés de la Présence de la Parole et que nous ressentons comme un devoir, un besoin essentiel, la quête de sa redécouverte.
“Je ne te chercherai pas si je ne t’avais déjà trouvé” C’est bien ce qui nous sépare d’une conception purement matérialiste de l’être humain.
L’Arbre de Vie et l’Arbre de la Science ont poussé dans chaque être humain une racine, faible ou puissante, mais l’Arbre de Vie et l’Arbre de la Science appartiennent l’un et l’autre au Jardin de l’Eternel !

J’ai dit VM\

Source : www.ledifice.net

Par T\ S\A\ - Publié dans : Planches
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Samedi 18 octobre 2014 6 18 /10 /Oct /2014 08:23

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Par Paulo Coelho - Publié dans : Facebook
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