Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles récents

Un des fondamentaux de la vie en Loge bleue...

28 Août 2015 , Rédigé par Ph\ N\ Publié dans #Planches

Pourquoi ne pas débuter ce travail en citant André Malraux ? « Pour tout homme, il y a quelque chose de pire que la mort, c'est de mourir sans avoir découvert les richesses qu'il portait en lui-même ». Pourquoi ne pas ajouter que la Fraternité se construit sur la révélation des richesses de chacun, celles de celui qui donne avec celles de celui qui reçoit ? Attention, si nous voulons connaître cette révélation autrement dit si nous voulons savoir ce qui nous est encore inconnu et ainsi consolider notre initiation, il nous faut mettre en œuvre une des règles fondamentales de la vie réussie en Loge... La richesse de l'homme est qu'il constitue une synthèse déchirante entre la vie et l'infini. Le maçon est aussi une synthèse constante d'animalité et de spiritualité. Il n'existe pas d'obstacle à associer la vie avec l'animalité d'une part, l'infini avec la spiritualité d'autre part. Par contre, il est souhaitable qu'un maçon travaillant au Rite Ecossais Ancien et Accepté se donne les moyens de minimiser ses instincts pour vivre et partager avec le monde une véritable spiritualité. Il est aussi souhaitable qu'un maçon ne connaisse plus les déchirements de la vie, il doit être capable et libre de vivre dans la sagesse... Cependant un constructeur ne peut réussir une œuvre harmonieuse sans une vue d'ensemble; vue d'ensemble à partir de laquelle il déterminera le style et les proportions des détails. Il trace ainsi le cadre nécessaire à toute véritable action. Loin d'entraver sa liberté de création, ce cadre en jalonne le champ d'action et marque les différentes étapes de la réalisation. De même la conscience des relations unissant l'homme, l'œuvre et le Principe créateur caractérise la démarche maçonnique dans laquelle les rituels et les symboles ne contraignent pas notre liberté mais bien au contraire nous offre les moyens de notre quête. Ce qui différencie l'animal de l'homme est l'échange. Echanger, ce n'est pas seulement parler, c'est aussi écouter. Aujourd'hui, la parole et l'écoute se perdent. Nous sommes en train de voir disparaître notre capacité d'échanger du «subjectif » entre nous. Le subjectif, c'est le sens que chacun d'entre nous attribue aux autres avec son imaginaire. Oui, le propre de l'homme, c'est de pouvoir parler, lire et écrire. C'est pourquoi les enfants doivent se construire dés leur plus jeune âge. C'est pourquoi les maçons, eux aussi, ont le devoir de se structurer dès leur initiation. Construire et structurer sont des mots qui ont la même origine latine « stuere » ; on en tire également les termes : détruire, instruire, obstruer... Tout un programme où curieusement les contraires peuvent s'obtenir en partant de la même racine. Alors pourquoi pouvons-nous parvenir à des résultats complètement opposés alors que le départ est le même ? Pourquoi certains jeunes vont-ils bien évoluer et d'autres rester plus ou moins analphabètes ? Même question en ce qui concerne les francs maçons ? L'expérience de la vie de tous les jours est-elle transposable aux loges que nous fréquentons? Que pouvons-nous observer dans notre environnement? L'individualisme ambiant, celui de notre plaisir, celui de nos intérêts, entraîne une perte d'échanges et la disparition de la solidarité. Or parler à l'autre quand «il est mal » n'est pas qu'une histoire de bons sentiments, c'est une nécessité vitale. L'homme a besoin de l'autre pour exister. Il a besoin de «dire ». Sinon, il serait bien capable d'en « venir aux mains » avec plus ou moins de violence dans le style de: « je veux, donc je vole » ou encore: « je désire, donc je viole » et parfois « je n'existe plus, donc je pars »... Cela peut commencer dés le plus jeune âge. L'insécurité où se trouvent certains enfants incapables de maîtriser le langage fait qu'ils ne s'expriment plus que par la violence. La vraie réponse à cette dérive est l'apprentissage de la parole pacifique. Il n'y a pas que cela bien sur, mais c'est essentiel. Pour en arriver là, l'enfant a besoin de ses parents. Ils sont là pour lui dire au moins une fois, ne serait-ce qu'une fois : « je ne t'ai pas compris ». L'enfant fera alors l'effort de mieux choisir ses mots, pas seulement pour faire plaisir, mais surtout pour être plus fort et s'affirmer en tant que personne à part entière, pour avoir plus de prise sur les autres, plus de prise sur le monde. Certains auront la chance de vivre cette expérience, d'autres pas. En prenant conscience de ce que parler veut dire, l'enfant passe du stade où il parle de ce qu'il voit en tendant la main vers l'objet qu'il désire au stade plus évolué où une pensée commence à vraiment s'élaborer. Seule cette capacité de penser et d'échanger du subjectif lui permettra ensuite de lire et d'écrire. Sinon, c'est le début de l'illettrisme et de la spirale infernale avec les conséquences de violence que nous observons trop souvent. Si vous le permettez, quelques mots sur ce phénomène actuel car j'en ai déjà trop dit, mais, en même temps, pas assez. Prenons l'exemple des élèves qui arrivent en classe en ne sachant parler que de ce qu'ils voient directement devant eux, ils ont un vocabulaire très faible et encore moins de structure grammaticale. Résultat : ils ne pourront pas entrer dans l'échange par la lecture et l'écriture, déjà trop subjectives pour eux... Ils resteront des petits déchiffreurs et ne comprennent pratiquement plus rien à ce qu'ils tentent de lire. Laissez ainsi ces élèves plusieurs années dans un monde scolaire dont ils ne pénètrent ni le sens, ni l'intérêt et vous obtiendrez un phénomène de rejet complet car les êtres humains, même tout jeunes, ne peuvent pas accepter l'idée de ne laisser aucune trace d'eux-mêmes. La trace la plus naturelle que l'on peut laisser, c'est d'abord par la parole qu'on le fait. Or, si on les prive de cette capacité, ils vont petit à petit rentrer dans la violence, unique moyen d'expression qui leur reste. A partir du moment où ils sont enfermés dans leur cercle étroit, ils vont développer entre eux des habitudes de paroles spécifiques au groupe. Vous savez, ces codes gestuels muets et ces charabias parfaitement incompréhensibles qui ressemblent plus à une suite d'onomatopées qu'à autre chose. Surtout ne me parlez pas de « nouvelle culture ». Une véritable culture se choisit et se travaille. Ces jeunes, eux, ne choisissent rien, ils subissent. Pour eux, l'échec devient un signe de reconnaissance, toute marque de progrès ou de réussite, devient aussitôt une forme de trahison. C'est une véritable tribalisation de l'échec ! Mais revenons au cœur du sujet et prenons un peu de recul. Le philosophe allemand Ernst CASSIRER (1874-1945) qui étudia les mythes et les religions a défini l'homme comme un animal symbolique. Je le cite : « Vivre pour l'homme, ne consiste pas à vivre de façon terre à terre, mais à vivre avec sens. Nous y parviendrons en donnant une portée symbolique à tout ce que nous entreprenons. Alors notre vie s'enrichira automatiquement » ; qui plus est quand nous sommes franc-maçon. Nous naissons à une nouvelle vie à chaque initiation. C'est une chance à ne pas gaspiller, donnons lui du sens surtout que nous disposons de trois outils d'une efficacité remarquable. Je veux parler des Règlements généraux, des rituels et du Volume de la Loi Sacrée. Oui, mes frères, inutile d'aller chercher bien loin ce qui est placé devant notre nez. Qui d'entre nous consulte régulièrement ces trois ouvrages ? Pourtant, ils sont bien l'alphabet nécessaire à tout voyage initiatique. Ils sont quelques uns des fondamentaux qui nous permettent de passer de l'animalité à la spiritualité. Les Règlements généraux devraient être parfaitement assimilés par chaque maçon. Ce ne sont pas des documents réservés à l'orateur. Ils permettent le fonctionnement fluide et cohérent de chaque tenue. Ils déterminent les «règles du jeu». Imaginez un joueur d'échecs qui ne connaitrait pas la manière de déplacer les pièces sur son échiquier. Alors que penser des tenues où tout à coup le travail maçonnique perd tout intérêt quand on se met à ergoter sur un point mal connu de nos modes de fonctionnement ? Ce sont des moments perdus, ce sont des occasions de travail et de progression gaspillées ! Les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté devraient être nos livres de chevet. Ce sont de merveilleux outils. Ils nous offrent le moyen de nous structurer. Ils sont le mode d'emploi de notre vie de maçon. J'ai eu un surveillant qui rabâchait : « Le rituel, rien que le rituel, toujours le rituel. Tout y est ». Les rituels sont là pour nous donner des références, pour nous indiquer la progression de notre travail. Nous pourrions en parler longtemps. Ce sont les cailloux blancs que le petit poucet a bien voulu placer le long du chemin maçonnique pour éviter que nous nous perdions! Le Volume de la Loi sacrée... L'une des trois grandes lumières de la franc- maçonnerie. Là aussi, il y aurait tellement à dire, pourtant nous n'en parlons que trop rarement. Certains vont jusqu'à se chamailler pour savoir si il vaut mieux utiliser la Bible ou tout autre document, voir même, dans certaines loges, un livre dont les pages seraient blanches ! Les tenants d'une telle aberration n'ont pas conscience de l'absurdité de leur démarche. En évacuant Le Volume de la Loi Sacrée, en vidant le Rite de toute dimension spirituelle, ils sont en contradiction complète avec leur démarche puisqu'ils pratiqueraient alors une recherche strictement spéculative en rompant avec la régularité de l'institution originelle. Fidèle aux principes fondamentaux de la Maçonnerie traditionnelle, le Rite Ecossais Ancien et Accepté reconnaît l'existence d'un principe créateur sous l'appellation du Grand Architecte de l'Univers et déroule ses travaux en présence des trois grandes lumières. En fait les trois grandes lumières propagent la Lumière pour qui veut bien la rechercher et la recevoir activement. Non pas une lumière indéterminée jaillissant de trois petits luminaires qui seraient :

un livre particulier à chacun, suivant ses propres aspirations religieuses ou profanes
une équerre à sa dimension, permettant de choisir ses règles personnelles de comportement
un compas sur mesure où chacun se contenterait de ses maigres objectifs.
Mais la Lumière idéale avec :
le compas qui est la mesure commune permettant de situer le sens et la portée de nos actions.
l'équerre, emblème de la loi morale, dépassant elle aussi tous les particularismes. Quel serait le sens d'une morale réduite aux aspirations de chaque homme ?
le Livre de la Loi Sacrée, symbole de la Tradition. Devrait-il faire exception à de tels principes unitaires ?

En effet, pour notre Rite Ecossais Ancien et Accepté, la bible n'est pas le livre d'une religion révélée, mais un outil symbolisant le fini et l'infini, le contingent et le permanent, le matériel et le spirituel. Même si la bible n'est pas un livre historique au sens scientifique du terme, elle est, comme tous les livres sacrés des civilisations du monde, une chronique traitant de l'histoire et du devenir de l'humanité. Elle offre la synthèse de tout ce qui existe entre les deux pôles équilibrant l'initiation, symbolisés par l'équerre et le compas. En outre, elle proclame le devoir de fraternité, d'amour et d'harmonie en rappelant que l'humanité forme une famille unique dont chaque membre est l'égal des autres. L'usage qu'en fait le Rite Ecossais Ancien et Accepté ne vise qu'un objectif symbolique figurant la voie initiatique, usage fondé sur la spiritualité. Nous ne devons voir dans ce volume qu'un outil spécifique au Rite, indépendant de toute prise de position religieuse ou politique. Si l'on prend le Volume de la Loi Sacrée dans ce sens, les frères ne peuvent éprouver la moindre réticence face à la bible, pas plus qu'ils ne peuvent en éprouver face aux rituels et face aux Règlements généraux. Les maçons se rattachent à un cadre spirituel qu'ils revendiquent et qu'ils ne cherchent pas à dissimuler ou à édulcorer. C'est le cadre de la régularité et de la Tradition. Le Volume de la Loi sacrée est notre outil spirituel, alors utilisons le pleinement et totalement! Bien entendu, le maçon est plus que tout autre attaché au sens spirituel de l'Ecriture, alors qu'il laisse à chacun le soin d'interpréter selon ses convictions le sens littéral. Ce sens spirituel se décompose traditionnellement en sens allégorique, en sens moral et en sens anagogique. Rappelons-nous que anagogie vient du grec «agôgos » signifiant : « qui conduit vers » et «ana » qui veut dire : « en haut ». C'est donc par l'interprétation des écritures que l'on s'élève du sens littéral au sens spirituel. Autrement dit nous pouvons résumer le sens spirituel du Volume de la Loi Sacrée en quatre points :

le sens littéral qui raconte les événements
l'allégorie qui indique ce qu'il faut croire
le sens moral qui donne la voie de ce qu'il faut faire
l'anagogie qui montre vers quoi il faut tendre pour s'élever.

Le Volume de la Loi Sacrée nous livre des expériences, des références qui permettront à chacun - selon sa personnalité et sa culture - de vivre sa propre spiritualité pour réfléchir, penser et agir. La finalité en sera bien sur de se structurer pour pouvoir mieux construire sa vie d'homme et sa vie de maçon dans l'action. Comme notre jeune enfant, celui que nous avons croisé au début de cette planche, il nous faut d'abord parler, puis lire et enfin écrire pour prétendre être quelqu'un. Cela nécessite un vrai travail. Les outils sont à notre disposition. Les règlements généraux nous permettent de gravir la première marche du progrès par l'acquisition de la « parole pacifique » condition indispensable à l'échange. Les rituels nous ouvrent et déploient la pensée du Grand Architecte de l'Univers, ils nous emmènent plus loin avec la possibilité de comprendre par l'expérience le voyage initiatique. C'est la «lecture » de ce que doit être le parcours de notre vie. Le Volume de la Loi Sacrée nous conduit avec la spiritualité à la création par « l'Ecriture ». Agir devient enfin simple. Il est temps de dépasser le : « Te ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu'épeler ». Celui qui est capable de s'exprimer puis d'écrire est celui qui tracera et bâtira réellement ses vies maçonnique et profane. Il ne se contentera plus de suivre le troupeau des adeptes de la pensée unique... Vivre en Loge, c'est prendre la parole, c'est rédiger des planches, c'est utiliser les outils que le REAA nous propose, c'est aller chercher chez les frères et en soi ces parcelles de Lumière qui nous permettront de construire une véritable fraternité en n'abandonnant personne sur le chemin... Fraternité indispensable pour « Mieux travailler d construire une alliance universelle d'hommes éclairés, réunis pour œuvrer en commun au perfectionnement spirituel, moral, matériel et intellectuel de l'humanité ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Ce « Gloire au travail » que l'on trouve dans le rituel du REAA n'est-il pas le parfait résumé de ce que j'ai pu dénommer « un des fondamentaux de la vie réussie en Loge » ?

Vénérable Maître et vous tous mes Frères, j'ai dit.

Ph\ N\

Source : www.ledifice.net

Le Prologue de Jean

26 Août 2015 Publié dans #Planches

« Au commencement… » ainsi débute l'Evangile de Jean, page à laquelle le Volume de la Loi Sacrée (quand il s'agit de la Bible) est ouvert au début des travaux. Elle est lue dans certaines loges, en amputant le texte d'une trop grande partie pour qu'il délivre la plénitude de sa portée. Dans d'autres loges, elle ne l'est pas. Mais tous nous prenons nos obligations la main posée sur cette page, qui contient un indice supplémentaire à propos de la transcendance. La lecture que nous proposons du Prologue de l'Evangile de Jean ne signifie pas que nous souscrivons à tout ce que se dit ou s'écrit sur les deux Jean dans les milieux maçonniques et qui est le plus souvent sans fondement réels. Certains considéreraient volontiers son auteur comme un initié, sans dire initié par qui et à quoi, et son écrit comme une œuvre ésotérique. D'autres prétendent que Jean-le-Baptiste et Jean l'Evangéliste ne feraient qu'un même personnage et font un rapprochement - au nom d'une similitude de prononciation - avec le dieu romain biface Janus Tout cela n'a pas une importance décisive, si ce n'est de montrer l'intérêt que les maçons portent à l'auteur supposé du quatrième Evangile. Il suffit, s'il fallait s'en convaincre, de répondre à la question du tuilage : « D'où venez-vous mon frère ?». Le caractère sacré que nous conférons aux livres de la Bible ne les fait pas échapper à l'analyse rigoureuse que l'on peut faire de toute production littéraire humaine. Ce n'est en rien sacrilège. Peut-être est-ce même une manière de les respecter davantage. Or, il faut reconnaître que les recherches les plus récentes nous rendent modestes : il nous est impossible d'identifier clairement l'auteur de l'Evangile dit « de Saint-Jean ». Tout au plus, pouvons-nous dire qu'il est issu d'une tradition, qui avait, certes, un maître spirituel mais qui n'est pas pour autant à coup sûr le rédacteur. D'autant plus que nous ne pouvons affirmer qu'il n'y eut qu'un seul rédacteur. Alain Marchadour exégète réputé, met au jour une série de problèmes : des différences de styles et des difficultés logiques (désordres chronologiques, incohérences, fausses conclusions). Il faut convenir sans doute que le texte est non seulement constitué de plusieurs sources orales mises en forme par « une personnalité puissante et autorisée » à qui, en guise d'hommage, on en aurait attribué la paternité mais qu'il aurait subi au cours d'éditions successives des modifications dues aux copistes. « L'Evangile de Jean, né dans une autre culture que la nôtre, obéit à d'autres lois. En particulier les notions d'auteur (et de propriété littéraire) étant éloignées de l'esprit des anciens, il est possible que l'écriture ait subi des influences de nombreux auteurs, ait pu se faire en plusieurs étapes. (…) Mais sur les étapes pré-évangéliques, nous ne pouvons pas savoir grand-chose et il faut nous méfier de nos exigences logiques qui ne correspondant pas nécessairement à la logique des anciens». Mais que l'Evangile de Jean soit une œuvre très humaine ne le rend pas moins sacré… Le Prologue aux apparences difficiles, contribue au caractère mystérieux du quatrième Evangile. Il est d'un genre littéraire très particulier qui donne à penser qu'il s'agit d'une hymne liturgique préexistante à l'Evangile et incorporée comme ouverture. Le Prologue constitue donc une entité littéraire spécifique et homogène qu'il vaut la peine d'étudier dans le détail. Ce poème est construit selon un procédé littéraire assez usité à l'époque de sa création, le procédé du chiasme qui dispose les éléments selon une symétrie en miroir. Il nous faut donc d'abord repérer ces éléments et décrypter comment ils se font écho les uns aux autres . Ainsi, en « réduisant » le texte à sept unités de sens, se révèle la structure du texte. Les paragraphes 1, 2 et 3 ont leur symétrique respectivement dans les paragraphes 7, 6 et 5 :
Le Logos était Dieu (§1) mais le Fils a fait connaître le Père (§7).
Jean-Baptiste apparaît (§2) puis Jean-Baptiste se retire (§6).
Le Logos était dans le monde (§3) et il devint chair pour habiter parmi nous (§5). Comme une évidence apparaît alors le cœur du texte. Il s'agit du quatrième paragraphe puisqu'il est le seul à ne pas avoir son correspondant dans le chiasme. Ce paragraphe fonctionne comme un axe. Pour faciliter la compréhension, il est possible de donner un titre aux paragraphes, titre qui doit rendre compte le mieux possible du contenu :
1. Dieu seul détient la Connaissance : « Au commencement ». Il faut comprendre en fait « Dès avant le commencement ». Cette expression est une forte allusion au premier chapitre de la Genèse : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre » puis sépara la lumière des ténèbres. Cette opposition lumière-ténèbres est le sujet du premier paragraphe du Prologue : dans un échange entre Dieu et le Logos, entre la permanence silencieuse et le verbe créateur naît la lumière. Nous pouvons traduire « lumière » par « connaissance » car ces mots font partie des manières de dire que Dieu se révèle.
2. Jean-Baptiste apparaît pour rendre témoignage
3. La Connaissance est venue dans le monde : la vraie lumière, la Connaissance, est venue dans le monde puisque elle est « par qui le monde a été fait ».
4. Ils sont nés de Dieu : à ceux qui accueillent la lumière, il est donné d'être des enfants de Dieu
5. La Connaissance est venue chez l'Homme : « Il a habité parmi nous » et nous avons pu « voir sa gloire ».
6. Jean-Baptiste se retire : il laisse passer devant lui le Logos.
7. Les Hommes ont accès à la Connaissance : tous ont eu « part à sa plénitude » et c'est le Fils « qui a conduit à connaître » Dieu. Avec la Figure 11, nous pouvons aller encore plus loin et montrer comment le Prologue de l'Evangile de Jean indique clairement la fonction de l’initiation par rapport à la quête de la Connaissance. Le premier paragraphe explique l’origine de la Connaissance et le dernier nous dit qui sont les destinataires d'une promesse : chaque homme peut connaître Dieu. Ensuite, nous pouvons remplacer l'apparition du Baptiste par la présence de Dieu dans l'histoire de l'humanité. Ce paragraphe marque une rupture avec le précédent : « Il y eut un homme… » : nous voici redescendu sur terre. Faire apparaître le tout dernier des prophètes est un procédé qui veut évoquer tous les prophètes qui l’ont précédé et donc l’histoire du peuple d’Israël en tant qu’elle représente l’histoire de l’humanité. Par conséquent, quand Jean laisse passer devant lui Jésus, c'est l'individu, dont Jésus est ici une forme d'archétype, qui prend le pas sur le peuple et la fonction prophétique n'est plus utile puisque l'homme est venu. Le Logos était dans le monde, c’est là que la lumière résidait puis le Logos s’est fait chair. Il a changé de lieu de résidence : il n’est plus dans le monde mais dans l’homme. Pourquoi le quatrième paragraphe, le seul qui soit sans jumeau, nous permet d’évoquer l’initiation ? Pour la raison qu’il s’agit d’une naissance, réservée à quelques-uns (« ceux qui… ») où les liens du sang ne sont pour rien (« ils ne sont pas nés de la chair et du sang »), et d'une naissance à la lumière (« Devenir enfants de Dieu »)). Or, à cet endroit, le texte bascule : avant, il y a une expérience inscrite dans le cours de l'histoire et du monde. Elle descend des origines vers le monde mais conduit à un échec : « Les siens ne l'ont pas reçu ». Après, elle remonte vers une réussite (« Nous avons eu part à sa plénitude »), en passant par l'homme et son histoire individuelle. Par l'initiation, on passe en quelque sorte d'une héritage collectif à une fructification personnelle, de la phylogenèse à l'ontogenèse : l'aventure humaine individuelle reproduit l'aventure collective pour la positiver, tout comme le microcosme contient le macrocosme, comme le petit d'homme retrace toute l'histoire des espèces vivantes. L'initiation nous fait héritiers de l'Alpha pour nous rendre capables d'aller à l'Oméga. Il y a de ce point de vue une grande originalité du quatrième Evangile par rapport aux trois autres. Dans ces derniers, il faut attendre l'au-delà, donc la mort, pour connaître la lumière. Chez Saint-Jean, c'est le fait d'être homme qui rend participant à la Gloire de Dieu. Le Prologue nous introduit dans un jeu puissant de relations intimes. Intimité entre Dieu et le Logos : l'un et l'autre sont dans un dialogue permanent, dont le fruit est la création. Intimité entre d'une part la création donnée à l'homme et d'autre part l'homme lui-même. Intimité entre l'homme et Dieu puisque ce dernier se donne à connaître. Au fil du texte, se réalise comme une substitution. L'homme prend, dans l'intimité de Dieu, la place du Logos. En tous cas ce qui est strictement réservé au Logos peut être partagé par tout homme. « Le Verbe fait chair est le mystère d'une rencontre : celle de la vie transcendante de Dieu et de la vie désirante de l'homme». Les spécialistes les plus réputés divergent sur la traduction du mot « Logos » : parole, verbe, … Certains proposent même de ne pas le traduire puisque le texte original du quatrième Evangile est en grec et que le mot est passé en l'état dans la langue française. Ils ne sont pas non plus d'accord sur la question de savoir qui est le Logos et si, au cours du Prologue, il s'agit bien toujours de la même personne : est-ce dès le début du texte de Jésus dont on parle ? Laissons aux spécialistes les débats de spécialistes et proposons une hypothèse qui peut nous être plus utile en tant que maçons. D'une part Dieu, qui se tient dans la permanence, dans le silence. D'autre part le Logos pour parler, pour rompre le silence mais dans une relation absolument indissociable avec Dieu. Le Logos porte Dieu comme on porte un message, il met en œuvre de manière sensible ce que Dieu est. Alors, comme nous l'avons déjà vu avec la pratique symbolique, le Logos nous apparaît être le signifiant de Dieu, toujours invisible (« Personne ne l'a jamais vu ») mais accessible par le Logos (« C'est lui qui a conduit à le connaître »). Voici en quoi le Logos est révélation de Dieu… Mais alors, puisque nous avons noté que ce qu'il en est du Logos est partagé par tout homme grâce au jeu des intimités, nous pouvons dire que tout homme est, lui aussi, révélation de Dieu. Ainsi, grâce à une lecture attentive du Prologue de l'Evangile de Jean, se découvre un aspect de la transcendance : avant l'initiation, Dieu est derrière nous puisqu'au commencement était le Logos. Après l'initiation, il est présent puisque ce sont les vivants qui parlent Dieu pour lui faire dire « Je suis ». Au moment de l'initiation, la transcendance change de temps. Elle quitte le passé pour habiter le présent. « Avec Jean, on va vers le commencement. Car il n'est pas en arrière, dans le passé. Il est en avant et déjà dans le présent. Il est là où la vie se manifeste dans sa source et sa plénitude. Il est là où apparaît un fils d'homme, la gloire de Dieu plein les yeux ».

Source : www.ledifice.net

Je suis content

24 Août 2015 , Rédigé par G\ R\ Publié dans #Planches

Lorsqu’on m’a demandé de choisir une planche en vue de mon augmentation de salaire, j’avais pensé traiter de la main qui est incontestablement le plus beau des outils qu’un maçon peut avoir à sa disposition. Mais je me suis vite rendu comte que le sujet avait été traité, retraité voire maltraité tellement de fois, que la place qui restait à l’originalité me paraissait des plus mince. Je fis part de mes réflexions au 1er surveillant qui sur le ton de la plaisanterie me proposa si je voulais faire preuve d’originalité, de tracer une planche sur le thème de « Je suis content ». Vous l’avez peut être remarqué mais depuis ce jour chaque fois que je le rencontre il ne manque pas de me demander si je suis content ? Pendant un court moment je me suis demandé si je devais être content c'est-à-dire comblé par ce choix. Pour moi être content était une chose simple sans détour, nous allons fêter la Saint Jean à Reims et ne résiste pas au plaisir de vous citer BARRES qui résume assez bien l’expression du contentement du compagnon que je suis en loge. Voyez le sourire énigmatique des anges de Reims. Ils sont contents d'eux-mêmes, heureux de plaire, pareils d'abord à des enfants sages et empressés auprès de leurs parents.
Barrès, Mes cahiers

JE SUIS CONTENT :

C’est vrai que chaque premier lundi du mois, je suis content de vous retrouver, mais le contentement du franc maçon ne se limite pas à cette quasi béatitude. Tout n’est pas aussi simple dans notre rituel et nous amène très vite à se poser la question : qu’est ce qu’être content en franc-maçonnerie ? Pour un compagnon ? Content de quoi ou de qui ? Si on revient aux définitions que j’ai pu lire, être content, c’est l’état de celui :
· Qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur, de calme plénitude causée par la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou d'une aspiration.
· Qui a le cœur et l'esprit satisfaits, dont les désirs sont comblés, qui ne souhaite plus rien. » Depuis que je suis compagnon j’ai entendu à deux reprises l’expression de ce contentement et ce constat est venu modifier la portée de cette définition. J’ai entendu l’adjectif « content » :
· Dans notre rituel de 1802, à l’occasion de chaque tenue lorsque le vénérable maître clôture la cérémonie et dit :
Frère 2éme Surveillant, où se tient le 1er Surveillant ?
A l'Occident Vénérable Maître, pour aider le Maître dans ses Travaux, payer les Ouvriers et les renvoyer contents et satisfaits.
· Dans le cadre de l’instruction donnée en loge de compagnon à l’occasion du dialogue qui se noue entre le premier surveillant qui fait les demandes et le deuxième surveillant qui donne les réponses du compagnon et que je rappelle :
D : Avez-vous reçu votre salaire
R : « Je suis content »
D : Où l’avez-vous reçu ?
R : A la colonne J.

J’imaginais avant de réfléchir sur ce sujet que contentement et satisfaction étaient synonymes. Dans mon esprit être « content et satisfait » signifiait que le terme satisfait venait uniquement renforcer le sentiment de contentement des ouvriers au regard du salaire qu’ils venaient de percevoir. En fait il existe une nuance entre contentement et satisfaction et je compléterai la définition en disant que le contentement est l’état de celui qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur résultant de la satisfaction d'un besoin, d'un désir ou d'une aspiration fugace ou momentanée. Alors que la satisfaction est un sentiment de plaisir que ressent quelqu’un dont les désirs sont comblés, qui ne souhaite plus rien. Napoléon au soir de la bataille d’Austerlitz n’a pas dit à ses troupes rassemblées je suis satisfait de vous mais « Soldats je suis content de vous ». Il était heureux de l’issue de la bataille mais la guerre n’était pas terminée, il ne pouvait être que content. Le contentement serait passager ou momentané alors que la satisfaction à un caractère plus définitif et pour résumer cette distinction je livrerai deux exemples tirés de mes lectures. Le contentement pourrait être exprimé dans ce vieux quatrain d'un égoïste que j’ai trouvé au hasard de mes recherches :

Quand j'ai fait mes quatre repas
Et que j'ai dormi d'un bon somme,
Il ne m'importe guère comme
Chacun de moi pense ici-bas.

Cet homme là qui ne constitue pas un exemple pourra vivre heureux et content chaque jour; mais celui qui s’est fixé un objectif ambitieux, qui sait qu'il a, quelque part, une mission à remplir sur cette terre, sera content a chaque étape de sa démarche celui-là ne sera satisfait que s'il a personnellement conscience d’avoir atteint le but suprême auquel il aspirait. Il est incontestable que dans la FM le contentement seul n’est qu’une phase de transition. Pour résumer la description contentement du compagnon. je citerai l’exemple du sculpteur grec Callimaque, Corinthien à qui on attribue l’invention du chapiteau corinthien (à feuilles d’acanthe). Vitruve disait de lui « qu’il taillait le marbre avec une délicatesse admirable, était content des observations et des compliments qu'on faisait de ses ouvrages, tandis que lui-même n'en était jamais satisfait ». Pour revenir à notre rituel de 1802, je vous rappelle qu’à la clôture de la tenue le vénérable maitre renvoie tous les ouvriers payés contents et satisfaits, alors que dans le cadre d e l’instruction le compagnon se limite à être content du salaire qui lui a été versé. Je pense que c'est ainsi qu'on peut plus facilement saisir les nuances du sentiment de contentement d'avec celui de satisfaction, le compagnon est satisfait du salaire qui lui a été versé en contrepartie de son travail. mais n’est pas satisfait de son ouvrage car celui-ci est perfectible la pierre qu’on lui a donné a polir n’est pas parfaite, dans le mesure ou il n’a pas atteint la plénitude de son art. Les frères en loge sont contents et satisfaits car le travail en commun et l’égrégore qui en a résulté leur à apporté ce sentiment de plaisir que procure le sentiment d’avoir atteint son but. Nous nous limiterons au compagnon et reviendrons au motif de son contentement.

LE SALAIRE DU COMPAGNON :

Le motif de contentement des ouvriers compagnons confondus est d’avoir été payé ou d’avoir perçu leur salaire. Le salaire est traditionnellement la récompense qui échoit à quelqu'un en contrepartie de ses actes ou travaux. Mais au REAA la réponse est énoncée très clairement dans l’instruction au premier de gré lorsqu’on demande à l’apprenti :
Qu'appelle-t-on «Salaire » en FM ?
C'est la récompense du Travail produit par l'Ouvrier.
Par quoi se traduit le « Salaire » des Francs-Maçons ?
Par un perfectionnement graduel de soi-même. Le contentement du compagnon s’exprime au regard de la récompense du travail produit et par le constat du perfectionnement graduel de soi. Le travail produit est apprécié par les frères de la loge et le 1er ou le deuxième surveillant dans le cadre de la démarche de formation qui est proposée. L’apprenti et plus tard le compagnon dégrossi la pierre qui est en lui sous l’œil bienveillant de ses frères qui lui apportent conseil et soutien dans le cadre de sa démarche qui reste fondamentalement personnelle. La démarche du compagnon vers cette conscience éclairée qui est son objectif s’effectue dans le cadre collectif de partage des aspirations des frères composant la loge. Pour progresser le compagnon a besoin de ses frères et surtout « Qu’ils le reconnaissent comme tels ». Cette marque de considération constituera le salaire du compagnon et justifiera la cause de son contentement pendant sa progression jusqu’à la consécration suprême que constituera in fine l’augmentation de salaire.

Le perfectionnement graduel de soi

C’est le travail que le FM effectuera sûr lui même avec comme support cet arbre de potentialité que constitue le Rituel et comme racines la Franc Maçonnerie, alliance d'hommes libres de toutes confessions et de tous horizons sociaux. C’est par un enseignement progressif d’étape en étape, de degré en degré, que s’effectue cette démarche. Pour cela le FM commence par mettre de l’ordre dans son « chaos intérieur ». par un inventaire exhaustif de ses imperfections, en se contraignant à les regarder en face et à renoncer aux fausses excuses dont il avait coutume d’user jusqu’alors. Il lui faut donc créer une rupture, une prise de conscience et acquérir de nouveaux schémas de pensée, et qu’il: « Tue le vieil homme qui est en lui » La première étape a été Le Cabinet de Réflexion, lieu d’introspection qui lui a permis d’entrevoir sa réalité, de découvrir cette pierre informe, noirâtre, recouverte d’aspérités et faiblement éclairée par une lumière incertaine. Puis avec lucidité et détermination il a entrepris, avec application ,de débarrasser la pierre qui est en lui de ses multiples imperfections afin qu’apparaisse qu’apparaisse ce qui est parfait en elle. Ainsi dans le cadre de cette volonté active de progression, les points sur lesquels le FM travaillera sont ces fausses valeurs qui font que l'on a une attitude de repli sur soi plutôt que d'ouverture à l'autre.et qui sont sans que cette liste soit exhaustive :
· Les métaux. Qui nous rendent pesant.
· Nos préjugés. Qui nous ferment aux autres.
· Notre fanatisme. Qui nous rend aveugle à la connaissance. Ce perfectionnement graduel est très bien décrit par Jules BOUCHER qui écrit : Le récipiendaire sort d’abord de la terre, il est ensuite purifié par l’air, puis par l’eau et par le feu. Il s’affranchit par paliers de la vie matérielle, de la philosophie et de la religion et parvient enfin à l’initiation pure, réunissant ainsi les quatre éléments.
Avec le feu, c’est l’esprit, l’initiation.
Avec l’eau, c’est l’âme, la spiritualité, la connaissance, la lumière, la vie.
Avec l’air, c’est le mental, la philosophie, l’intelligence.
Et La terre, représentant le corps, la vie matérielle, la résistance, la forme.
Cette transmutation symbolique par une prise de conscience de soi, de l’Etre intérieur, confère à l’adepte une meilleure connaissance de lui-même. Cette connaissance de soi qui permet de faire des choix réfléchis dans la vie et de travailler ainsi à son propre perfectionnement. Qui peuvent être psychologique : quelles sont mes motivations ? Quels sont mes désirs ? Comment les intégrer dans ma personne ?
Philosophique: qu’est-ce que l’Homme ? Quel sens donner à l’existence ? Spirituel: de quel «tout » fais-je partie ? (Nature, Univers, Dieu ) Comment le ressentir ? Comment s’y intégrer ? Le plan philosophique est tracé, le chemin est indiqué, la voie est ouverte, il ne reste qu’à travailler, réfléchir, comprendre. Avec comme pierre angulaire le rituel. merveilleux outil qui nous permet au fur et à mesure de notre progression de baliser notre chemin.
Cependant, il ne faut pas se contenter d’écouter ce dernier comme une pièce de théâtre, mais au contraire devenir acteur en la matière, c'est en effet la seule façon de se l'approprier, et l'erreur serait d’avoir en ce qui concerne le rituel, tendance à Vénérer l'outil plutôt qu'à lui donner un Sens. Donc pour réussir ce perfectionnement progressif, il est impératif d’acquérir et d’assimiler les connaissances symboliques d’un degré pour espérer passer au degré suivant.
Tout comme l’on ne peut courir si l’on n’a pas appris à marcher, on ne peut envisager l’université si l’on n’est pas passé par les classes secondaires. C’est pourquoi Le Rite Ecossais ancien et Accepté propose comme technique de construction une méthode en 33 étapes ou degrés, pour libérer l’homme et en faire un initié, c'est-à-dire un homme achevé dans sa construction, conscient de lui-même, des autres, de l’humanité entière et de tout son destin dans l’univers.
La doctrine des pythagoriciens établissait déjà ce lien. «se purifier, s’instruire et se perfectionner, passer par degrés de la connaissance de soi à la connaissance de l’univers, de la connaissance de l’univers à celle de l’Etre des Etres ». La sagesse que nous recherchons n'est pas une école de vérité mais une école de l'interrogation, ce n'est pas non plus l'initiation à une vérité révélée mais un cheminement vers soi-même. Sans oublier que notre engagement maçonnique ne se limite pas à un usage répété de l’examen de conscience en vue de notre «perfectionnement graduel ». Les textes maçonniques évoquent aussi le devoir «d’être utiles à nos semblables », par notre participation à la recherche constante et sans limite de la vérité et de la justice dans le respect d'autrui. Comme il est évoqué au point quatre de la Règle en douze point, nous nous devons de contribuer «au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité »
En conclusion, mes Frères, ce perfectionnement graduel de soi-même qui correspond à notre Salaire de Maçon, ne se fera pas toujours dans la facilité, il sera même parfois difficile. Et si nous voulons parvenir à la Maîtrise de nos actes, à la réalisation de l’homme vraie et accompli, à l’harmonie de l’esprit et de la matière, et réussir nôtre chef d’œuvre “le Grand Œuvre” pour les Alchimistes. C’est à dire notre élévation vers la lumière, et notre approche de la sagesse dîvine. Il nous faudra, essayer, progresser, recommencer, partager nos idées, comprendre les autres et pratiquer la Fraternité. Le chemin sera long, sinueux, pavé d’embuches, Mais à celui qui saura, non seulement écouter mais aussi entendre, très vite, apparaîtra les premières satisfactions, les premiers salaires, juste rétribution d’une opiniâtreté sans faille. La nature ayant horreur du vide, l’espace libéré par l’élimination des copeaux s’éclairera peu à peu, au fur et à mesure que le doute fera place à des certitudes, si ténues soient-elles. Certes tout ceci s’opérera graduellement, imperceptiblement et souvent même sans que nous en ayons conscience. Ne nous impatientons pas devant la lenteur des résultats obtenus, des progrès accomplis. L’apprentissage est avant tout une question de résolution et de persévérance. La vie aussi.

Source : www.ledifice.net

Le Rite et la liberté de conscience

21 Août 2015 , Rédigé par J\M\ N\ Publié dans #Planches

Il y a maintenant 20 ans de cela, je décidais de frapper à la porte du Temple, assoiffé de savoirs, désireux de côtoyer d’autres hommes, d’autres croyances, d’autres ressentis, d’autres spiritualités. Et le premier Frère qu’il me fût demandé alors de rencontrer me parla longuement du R\E\A\A\ et insista longuement sur la liberté de conscience qu’il avait toujours ressenti dans son vécu du Rite…..Sans doute cela m’a-t-il conforté dans ma décision de vouloir être initié. Plus tard, lors de la cérémonie de mon initiation, je me sentis pleinement rassuré lorsque l’Orateur lut la Déclaration de Principes du Convent de Lausanne de 1875 : « La Franc-maçonnerie proclame l’existence d’un Principe Créateur sous le nom de G\A\D\L\U\. Elle n’impose aucune limite à le recherche de la Vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance ». Tout au long des rituels des trois premiers degré, ainsi, bien évidemment qu’au sein du rituel de Maître Secret les éléments rituelliques, qu’ils soient symboles, légendes ou maximes évoquant cette liberté de conscience inhérente au Rite sont nombreux. Je me propose donc, dans une première partie d’en évoquer certains, certes pas de façon exhaustive, pour, dans une deuxième partie, vous parler plus librement, plus largement de la liberté de conscience et des implications que celle-ci peut avoir dans la vie, le chemin, le comportement de tout Franc-maçon. Le jour même de son initiation, le Franc-maçon se voit présenter un thésaurus de symboles et une méthode dont l’étude et la pratique sont censées lui permettre de se perfectionner, afin, dans un second temps, de pouvoir s’élever vers les sphères de la spiritualité. Dès la première épreuve, celle de la Terre, on demande au futur initié « de se détacher de toute illusion trompeuse » et d’abandonner ses métaux pour se rendre sensible à ce qui doit s’accomplir spirituellement. Nous voyons donc que dès le premier contact, c’est un processus de libération qui est proposé à l’impétrant ; plus tard, le Franc-maçon au souvenir de tous les moments intenses de cette mémorable cérémonie, pourra comprendre pleinement que cette liberté de conscience lui aura été offerte à l’instant même où il est entré dans le cabinet de réflexion. Vient ensuite le moment où, ses trois voyages étant achevés, le V\M\ demandera à l’impétrant s’il est prêt à l’ultime sacrifice, et que si tel était le cas, il devra le jurer sur les trois grandes Lumières de la Franc-maçonnerie et le V\M\ lui expliquera qu’au R\E\A\A\ le serment est prêté sur le V\L\S\, la Bible certes, mais pour le Rite avant tout le symbole de la Tradition et non le livre d’une quelconque religion révélée. Certes le futur initié n’est pas à même de saisir toute l’importance de cette symbolique, mais son étude ultérieure du rituel lui permettra de comprendre qu’il est pleinement libre de pouvoir explorer toutes les voies qui peuvent le rapprocher de la Vérité, de la Connaissance, de l’Absolu, à la seule condition de toujours œuvrer sous l’égide de l’Equerre, c'est-à-dire selon la Rectitude de l’Homme qui connaît, pratique et vit selon la Loi Morale , et du Compas qui lui signifie en permanence d’avoir à mesurer la portée des ses actes, envers lui-même, mais bien au-delà envers ses Frères en maçonnerie ou en humanité. Je vais clore ce bref chapitre sur le premier degré en évoquant le mot sacré de l’A\ le fait d’épeler ce mot, n’est-ce point là la preuve éclatante que le Rite n’impose aucun dogme ? le Rite met l’initié sur la voie – le Surv\ donne la première lettre, c’est à l’initié de trouver et prononcer la seconde ! Le second degré incite le C\ à acquérir une kyrielle de savoirs afin qu’il puisse appréhender au mieux l’univers où il vit, qu’il se ressente l’héritier de toutes les sagesses, savoirs et religions du passé sans restriction aucune. Le Rite lui affirme que seul le Travail est source de libération de l’individu en lui permettant de construire sont Temple intérieur, mais aussi le Temple de la F\M\ universelle et par la même celui de l’Humanité. Enfin, le C\ ayant œuvré à se mieux comprendre et à mieux connaître l’univers et les lois qui le régissent , devient capable de voir pleinement flamboyer l’Etoile où le G resplendit en son centre, prenant conscience qu’au sein de chaque être humain palpite une petite étincelle de Divin, libre à chacun de relier cette étincelles à la source de Lumière, de beauté, de vérité qu’il voudra bien choisir…..le rituel ne dit-il pas que les acceptions de la lettre G sont infinies ? Parvenu à la Maîtrise, armé, préparé, purifié par les degrés précédents, l’initié se voit confronté une nouvelle fois aux préjugés qui s’opposent au développement des connaissances humaines, préjugés qu’il se doit de combattre, brisant ainsi le joug de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. Ces trois vices ne sont bien évidemment pas les seuls que le M\M\ se doive d’éradiquer : tout ce qui l’entrave dans sa démarche de connaissance se doit d’être éliminé, et quelle plus belle affirmation de cet impératif que certaines des maximes que le T\F\P\M\ présente au futur Maître Secret à la fin de ses voyages initiatiques : « Tu ne te forgeras point d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion » « Tu décideras par toi-même de tes opinions et actions » « Ne te paie pas de mots, n’accorde à qui que ce soit une confiance aveugle mais écoute les hommes avec attention et déférence ». Voilà mes Frères un bref aperçu de ce que le Rite nous démontre en permanence, par les symboles, légendes et maximes qu’il nous offre d’étudier : le R\E\A\A\ est un rite empreint de liberté, non point cette liberté qui ne serait qu’anarchie, mais de cette liberté de connaissance qui fait de nous des hommes prouvant à chaque instant que nous sommes debout, les pieds fermement ancrés au sol, la tête dans les étoiles, les bras ouverts à tous nos Frères en humanité. Ainsi donc, mes Frères, le Rite que nous pratiquons n’est en rien comparable aux enseignements des églises, de la grande majorité des écoles de pensée ; jamais Il n’affirme détenir la vérité, jamais il ne nous impose un credo ou un dogme quelconque….Le Rite aide et incite chaque maçon à se forger ses propres convictions, lui permet de devenir …ce qu’il a toujours été…mais dont il n’avait pas pris conscience, encombré qu’il était par les scories déposées par tant d’années de vie profane. A cet instant je m’aperçois que je n’ai pas véritablement jusqu’à présent défini et explicité ce qu’est cette fameuse « liberté de conscience »…pour ma part, tout simplement oserais-je dire, je pense qu’il faut entendre par « conscience », « connaissance »qui en est le sens premier. Celle-ci est atteinte lorsque nous œuvrons à tenter de débusquer l’erreur qui masque la vérité, lorsque nous nous efforçons de nous alléger, autrement dit lorsque nous prenons conscience de ce qui est vain, contingent, afin d’aller vers l’essentiel. L’apprenti ayant dépouillé le vieil homme, le compagnon ayant ouvert les bras et les yeux pour embrasser l’Univers, et donc ayant compris qu’il est poussière d’étoiles mais aussi élément central et majeur du Un le Tout, le Maître se révèle alors en tant qu’Etre de verticalité retrouvée, réceptacle de l’esprit du R\M\ Hiram….il est désormais à même de se prendre pleinement en charge….il commence seulement et pleinement à réfléchir, se poser les questions véritables sur ce qui l’a sans doute poussé à frapper à la porte du Temple….qui est-il vraiment ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? la vie et la mort ont-elles un sens ? Comment œuvrer pour vivre en harmonie avec soi même, avec ses frères en humanité ? Car c’est en se posant toutes ces questions, et bien d’autres, en pleine liberté de conscience, autrement dit en toute connaissance de cause, que l’initié pourra œuvrer au progrès de l’Humanité, sachant que celui-ci ne pourra être réalisé que par l’amélioration de chaque individu, que les idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ne deviendront pleinement réalisés et efficients que lorsque chaque Frère aura achevé sa quête et aidé ses Frères à parfaire leurs quêtes respectives, dans un souci de justice et d’équité. Mais, bien au-delà de cette recherche de progrès, le R\E\A\A\ ouvre à l’Initié les portes d’un monde empli de mystères et de doutes, d’élévation et de paix, le monde de la spiritualité. Car, ainsi que j’ai pu le dire auparavant, le Rite affirme avant tout autre chose la réalité d’un absolu inaccessible, inaccessible tout du moins à la seule raison cartésienne, l’existence d’une « inaccessible Etoile » a pu dire notre Frère jacques Brel. Ainsi donc s’il est une pratique que le M\M\ se doive de maîtriser, c’est bien celle du doute. Non pas le doute qui angoisse et annihile toute volonté, mais le doute opératif, le doute qui entrouvre les portes de la métaphysique. Par la même, soucieux de s’élever au dessus de sa condition humaine, désireux non pas d’oublier la matérialité, mais de pouvoir accéder aux régions élevés où règne l’Esprit, à « l’Empyrée du divin » chanté par Paul Claudel, le M\M. porte au feu du questionnement et du doute le fer de son jugement….et ainsi forge-t-il sa Foi de Franc-maçon cette foi qu’il sait être partagée par ses Frères en recherche, cette foi qui relie tous les Francs-maçons entre eux et qui, n’ayons pas peur des mots est le fondement même de la Religion Universelle. Cette Religion qui nous accueille tous en son sein si nous ne trahissons pas nos divers serments, ce qui fait de nous des Hommes loyaux envers l’Ordre, loyaux envers la Loi Morale que nous nous devons d’observer et qui est le fondement de notre démarche….et c’est en cela que nous autres Francs-maçons ne pouvons être des « athées stupides ni des libertins irréligieux » ainsi qu’a pu le dire le Pasteur Anderson. Nous sommes à même, de par la liberté totale que nous offre le Rite, d’explorer toutes les voies qui conduisent à l’universel, et bien entendu en tout premier lieu le chemin qui nous permet de descendre au plus profond de nous pour que notre esprit et notre âme se réchauffent et s’illuminent au contact de l’escarbille de sacré qui palpite en nous. L’initiation, la pratique du Rite, ne font pas naître ce feu intérieur, elles nous dessillent les yeux, et c’est en cela qu’un F\ illustre a pu dire que l’Initiation n’était pas la découverte de mondes nouveaux, mais bien la vision du monde avec des yeux neufs. Bien que n’étant pas moi-même pratiquant d’une Religion révélée, ou du moins ne l’étant plus, et après des années de réflexion, il me semble possible pour tout Franc-maçon qui a pris pleinement conscience de la liberté que procure le R\E\A\A\, de vivre en harmonie sa foi de Franc-maçon et toute expérience spirituelle portée par une religion révélée, qu’elle soit Chrétienne, Hébraïque, Musulmane voire Hindouiste….ou par une Sagesse comme le Bouddhisme. De plus, si ces Frères pratiquent la méthode maçonnique avec force, sincérité et la soif de Vérité qui nous assaille tous, autrement dit s’ils ne tiennent rien pour vrai ou faux à priori, alors sans doute vivront ils leur parcours maçonnique et leur vie de croyant en parfaite harmonie…ils ne recevront plus la parole des Evangélistes, du Prophète, des prophètes comme autant de vérités assenées, mais seront aptes à en tirer la quintessence ésotérique, celle qui fera d’eux des Hommes de Lumière et de progrès. Si donc le Rite permet à tous les Frères de concilier liberté religieuse et art royal, alors la liberté de conscience qui préside à l’essence même du Rite a pour corollaire la Tolérance sans laquelle la Franc-maçonnerie adogmatique ne pourrait se revendiquer en tant que Centre de l’Union. J’avoue que le terme de Tolérance a pu me choquer par le passé, empreint qu’il est de ressentis souvent négatifs : « je tolère l’autre alors que je pourrais le mépriser...Je suis indulgent quant aux erreurs de l’autre……je condescends à reconnaître que tu puisses penser différemment de moi….etc. »…..Toute formes de relation à autrui bien évidemment inacceptable pour un initié. Pour ma part je lui ai toujours préféré le terme de Respect qui a une connotation toujours positive, toujours active : Je respecte l’autre, sa manière de penser et ses actions, même si elles entrent en conflit avec ma propre démarche. C’est la liberté de conscience que me permet le Rite qui me rend capable d’accepter tous mes frères en Humanité, car je sais que c’est de la confrontation que risquent d’apparaître quelque étincelle de vérité……n’est-ce point le Rituel d’installation du V\M\ qui affirme que son rôle est de « concilier les oppositions nécessaires et fécondes » ? N’est-ce point là le rôle même du symbolisme que de nous faire comprendre que chacun de nous ne possède qu’un seul fragment du « sumbolon » ? Si la vérité resplendit de mille feux, chacun de nous ne peut en recevoir qu’une faible partie… « La Vérité ni le soleil ne peuvent se regarder de face »…oui, mes Frères, nous sommes confrontés en permanence à notre propre ignorance et il faudrait faire preuve d’encore plus d’ignorance et de fanatisme pour rejeter les idées, conceptions ou croyances de l’autre. C’est à son contact seulement que nous pourrons nous enrichir…et l’enrichir. Un vieux Frère arlésien me disait qu’une de ses plus grandes fiertés était que jamais le sang n’avait coulé au nom de la Franc-maçonnerie sans doute parce que la Franc-maçonnerie et plus particulièrement le R\E\A\A\ se veulent parmi les derniers garants de la Tradition, autrement dit ont puisé au sein de toutes les sagesses, toutes les religions, les éléments qui leur ont permis de se constituer en un système initiatique à vocation universelle. Certes, les fondements même de notre Rite sont plus particulièrement judéo-chrétiens, dans l’affirmation et l’exaltation de l’Unité, ainsi que dans l’évocation à l’Amour qui doit régner parmi les hommes. Mais comment ne pas voir d’évidents liens de parenté entre notre quête et la recherche de la Voie du Milieu de Confucius, entre les valeurs de charité que nous prônons et la charité qui est l’essence même du Bouddhisme ? Oui, tout cela tend à prouver que notre Rite, héritier de tant de traditions, ne peut être que spirituel et bien évidemment ésotérique, et que la Tolérance lui est consubstantielle de par la liberté de conscience qu’il offre à chacun de nous. Vient pour moi le moment de parler d’une chose qui m’est chère : le respect de la Règle et du rituel. La fréquentation de certaines Loges et, avouons le d’autres obédiences m’ont amenés à constater que, malheureusement, certains Frères pensaient que la Tolérance leur permettait de prendre certaines libertés avec le rituel qu’ils ne pratiquaient plus avec la rigueur souhaitée. Voire même que certains Frères, d’autres obédiences il est vrai, pensaient que les rituels étaient, je cite, « des singeries d’une autre époque » !! En toute honnêteté, je ne sais si j’éprouve aussi peu de sentiments fraternels envers ceux-ci qui dénaturent le Rite et risquent de le mener à sa perte, qu’envers ces Frères entrés en Franc-maçonnerie par copinage et intérêt et confondent Maçonnerie et réseau d’influence : deviendrai-je intolérant ? tout humour mis à part, et en toute honnêteté, je ne le pense pas car j’ai toujours clamé qu’il ne fallait jamais confondre liberté de conscience et d’action avec le mépris de la Règle, le mépris du rituel, autrement dit la licence la plus totale, celle qui fait de nous, non pas des hommes libres, mais des libertins. Et j’ai souvent pu constater que ces Frères étaient les mêmes qui vivaient dans l’indifférence à l’autre, soucieux qu’ils sont de leur petite personne, des avantages, faveurs ou honneurs qui pourraient faire d’eux une caste de privilégiés. Alors que le véritable initié, en empathie avec l’humanité entière, se doit de s’intéresser à tout ce qui touche à l’humain, solidaire de toutes les souffrances et injustices, désireux de poursuivre sincèrement au dehors l’œuvre commencée dans le Temple ….autrement dit, le M\M\, grâce au travail effectué sur lui-même, grâce à ses capacités à côtoyer ses semblables est devenu un citoyen éclairé, apte à s’impliquer dans les affaires de la Cité, non pour satisfaire une ambition personnelle, non pour imposer son seul point de vue, mais bien pour apporter un peu des lumières qu’il a mises au jour lors de sa quête, afin de défendre nos idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Certes, mes Frères, je me montre là bien optimiste, utopiste diront certains, emphatique penseront la plupart. Mais affirmer le contraire serait sans doute oublier que, si nous travaillons à la gloire du G\A\D\L\U\, nous avons juré d’œuvrer au progrès de l’Humanité. Oui donc, toute notre quête initiatique nous incite à tendre la main à tous les êtres humains pour former une vaste chaîne de fraternité, car nous sommes censés avoir compris que celle-ci nous relie tous, même celui que nous considérions comme notre ennemi avant le jour de notre initiation ; ne l’avons-nous pas juré lors de notre toute première Chaîne d’Union ? Poursuivons sur cette voie : Le tablier que nous portons, blanc bordé de noir, ne symbolise-t-il pas la lutte immémoriale entre le bien et le mal ? Nous, Maître Secret, nous devons de nous conformer en permanence à la Loi Morale, et ceci est bien évidemment synonyme de toujours avancer fermement, avec persévérance, vers le bien. Certes, toutes les voies de recherche nous sont ouvertes, mais seules celles qui inlassablement nous ramènent vers le Bien sont vivifiantes, car vivre selon la Loi Morale c’est vivre toujours plus libre, c’est acquérir toujours plus de Paix intérieure, c’est adopter ce que je qualifierai d’attitude d’Amour. L’amour que nous nous devons de nous porter à nous même, car comment travailler sur soi si l’on ne s’aime pas, l’amour que nous portons à autrui, la Paix qui naît en nous lorsque nous nous sentons en harmonie avec nous même et avec l’Autre, la joie ressenti lors du devoir accompli, tout cela ne nous rappelle-t-il pas les trois invocations qui résonnent lors de la clôture des travaux au premier degré du Rite ? Peut être le but ultime du chemin est-il de faire abstraction de soi, de ne tendre qu’au don de soi ? Toutes les voies ne se rejoignent-elles pas pour n’en former qu’une seule, celle qui, inlassablement nous mène et ramène à l’Autre, dans un élan que le Christianisme a pu nommer Charité, cet altruisme total que nous invoquons déjà le jour de notre initiation lorsque tous les Frères jurent de donner leur vie pour la défense des tous les maçons en dangers, pour la défense de l’Ordre maçonnique. Et si, tout simplement oserai-je dire, la pratique de cette Charité qui nous rend autrui sacré serait une, si ce n’est La voie qui mène à l’illumination , celle qui nous fait comprendre que l’autre est une parcelle du G\A\D\L\U\, une des ses émanations….cette Charité qui nous fait comprendre que le sacré et l’humain sont intimement mêlés…que la « Lumière que nous avons demandé lors de notre première entrée dans le Temple » nous éclairera véritablement lorsque nous nous serons totalement donné à l’Autre. Voilà venu le moment de conclure une Planche que vous avez sans doute trouvée pour certains trop longue, pour d’autre bien trop exaltée et parfois par la même confuse. Je me remémore les longues discussions avec un vieux Frère du G\O\D\F\ pratiquant notre Rite et qui m’était très proche, discussions âpres mais fraternelles portant sur nos prestations de serment respectives, moi sur le V\L\S\, lui sur les Constitutions de son obédience. Ce Frère, passé à l’Or \Et\ estimait que devoir prêter serment sur la Bible et invoquer le G\A\D\L\U\ aurait été pour lui une entrave à sa libre pensée, une négation totale de sa liberté de conscience. Jamais je n’ai pu lui faire accepter que nous maçons de Rite Ecossais de la G\L\D\F\ et du S\C\D\F\ possédions une totale liberté de conscience pour peu que nous ayons compris que cette Bible, pour laquelle il éprouvait tant d’aversion, était le symbole de la Tradition. Jamais je n’ai pu lui faire admettre que seul un serment prêté sur les Trois Grandes Lumières pouvait établir la base la plus stable qui soit de notre fidélité au Rite, à l’Ordre, et que cette fidélité n’était en aucune façon synonyme de perte de liberté. Les serments que nous avons tous prêtés, loin de nous aliéner, restent à jamais les garants de notre liberté de conscience, celle qui fait de nous des Hommes libres, celle qui seule nous permet d’œuvrer sur nous même à notre amélioration, celle qui seule nous fait accéder in fine à cet altruisme ultime : le don de soi totalement désintéressé, celui que l’on réalise non pas par Devoir, mais par un élan naturel de tout notre Etre.

T\F\P\M\ et vous tous Maître Secret mes Frères, j’ai dit.

Source ; www.ledifice.net

Mes Impressions Maçonniques...

19 Août 2015 , Rédigé par N\ F\ S\ Publié dans #Planches

Vénérable Maître,
Vous, Dignitaires qui décorez l’Orient,
Mes très Chers Frères, en tous vos Grades et Qualités,
Ces impressions maçonniques vont être divisées en trois parties, savoir, une introduction, les impressions proprement dites et une conclusion. En guise d’introduction, je suppose que vous devez vous dire, pour ceux de mes Frères qui on lu le Curriculum vitae remis en annexe de ma lettre de candidature, que je suis habitué à rédiger des textes comme celui-ci, non seulement en raison de ma profession (…) et de mes études littéraires qui on précédé mon passage à l’Université, mais aussi parce que j’ai œuvré quelques années dans le journalisme.
Eh bien pas du tout !
Cette planche m’a conduit à bien plus de difficultés que je ne le pensais, pour le motif que c’est l’une des premières fois où je devais écrire pour moi-même et non pas pour les autres.
J’en viens maintenant à mes impressions maçonniques proprement dites. Qu’est-ce qui m’a passé dans la tête, lorsqu’au début de l’année 2005, j’ai fait le premier pas et ai envoyé un courriel à la Grande Loge Suisse Alpina qui l’a répercuté sur notre Loge de la Bonne Harmonie à l’Orient de Neuchâtel. Qu’est ce qui a bien pu me prendre pour que je fasse ce premier pas qui m’a donné d’être reçu très rapidement par le Vénérable Maître de l’époque. C’est dans le cadre de ma préparation à l’initiation, pendant cette dernière et surtout en rédigeant ma première planche que je me suis posé cette question. Même si cette dernière débouche sur d’autres questions plutôt que sur des réponses j’en suis arrivé à la conclusion, qu’à l’époque, même si j’étais sincère, je ne savais pas vraiment ce que je voulais, parce qu’ignorant totalement ce qu’était la Franc-maçonnerie. Je savais toutefois que cette dernière était une association à caractère initiatique et qu’elle pouvait m’apporter un prolongement, certes différent parce que sur au autre registre, à ce que j’avais vécu successivement dans deux société d’étudiants, associations également à caractère initiatique. Lors de ce premier contact, j’ai reçu le petit ouvrage de notre Frère Michel C. intitulé « Qui se cache derrière la Franc-maçonnerie » et là, cela a été le premier véritable déclic. J’ai en effet trouvé à travers les lignes de notre Frère, une description de la Franc-maçonnerie qui me convenait. A ce moment, je me trouvais au carrefour de la quarantaine et avais besoin de réorienter ma vie, après m’être accompli professionnellement, familialement et politiquement, quand bien même on n’est jamais véritablement accompli, ce que je devais découvrir plus tard. Si ce que je viens de vous dire peut s’apparenter à un discours profane, c’est bien parce qu’à l’époque, j’étais encore profane et que je tente de vous montrer ce que j’ai vécu comme je l’ai ressenti, en m’abstenant de le traduire maçonniquement de façon rétroactive. Cela dit, le second véritable déclic est apparu suite à une réaction de mon épouse à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Elle a en effet non seulement voulu lire le petit ouvrage précité, mais m’a encore encouragé par la suite à entrer en maçonnerie. Dans la mesure où il n’était pas question que je fasse le second pas, avant d’être certain de ce que je voulais et pouvais trouver en Loge, j’ai réfléchi pendant presque une année avant d’envoyer ma lettre de candidature et les annexes requises. Dans la mesure où ce geste était pour moi d’une importance sans précédent, peut-être par défaut professionnel, mais surtout pour qu’elle ne tombe pas en de mauvaises mains, j’ai expédié ma lettre sous pli recommandé ce qui n’a pas manqué d’étonner le Vénérable maître de l’époque. S’en est suivi la procédure habituelle avec la visite de trois Frères à mon domicile. J’ai eu à cette occasion la possibilité de rencontrer trois personnalités toutes différentes entre elles et de moi-même, sans doute éclairées par un idéal identique qu’elles vivaient sans doute chacune à leur manière, mais que je n’arrivais pas à percer, comme si ce monde maçonnique existait derrière un miroir que je n’avais pas encore traversé. La principale crainte que j’avais à l’esprit à ce moment tenait au fait que ma candidature pouvait être rejetée, pour non affinité avec la maçonnerie. J’ai ensuite été convoqué devant la Commission d’admission et c’est là que j’ai compris que mes craintes étaient non avenues et que j’allais sans doute être initié, après un dernier et troisième scrutin. J’en ai eu la quasi certitude quand le Vénérable Maître m’a téléphoné pour fixer la date fatidique. J’en ai eu la conviction quand celui qui allait devenir mon Parrain m’a également téléphoné. !
A partir de cet instant, je me suis mis à espérer que cette date soit le plus proche possible, non sans connaître quelques craintes dues sans doute à la peur et à l’attrait de l’inconnu. !
Parce que, même si j’avais déjà vécu des rites d’initiation en société d’étudiants, je ne savais pas du tout où j’allais, cela d’autant plus que j’avais suivi le conseil des ma maçons préalablement rencontrés qui m’avaient déconseillé de déflorer l’initiation par des lectures ou autres, sous peine de perdre l’effet de surprise, si important lors d’un rite de passage.
Est venu enfin le jour je j’appréhendais tout autant que je l’attendais. Je me suis rendu par cet après-midi étouffant et orageux du 17 juin 2006 à la Loge, entamant ainsi le troisième et dernier pas qui allait me conduire à un troisième déclic, celui de mon initiation. !
A mon départ, je savais que j’avais mis la main bien volontairement dans un processus et que je n’allais pas reculer. Comme il me l’avait dit, mon Parrain m’attendait devant la porte pour m’accueillir et me mettre ce bandeau en prévision du rituel qui allait suivre.
Arrivé au cabinet de réflexion, j’ai eu l’occasion de méditer sur les sentences accrochées au mur et surtout sur le fait que mon Parrain m’avait dit qu’il s’était porté garant de moi devant ses Frères et qu’il ne souhaitait pas être déçu.
Cette réflexion m’a conduit par tous les états d’âme, mais jamais je n’ai pensé ou envisagé de reculer persuadé dans mes fibres les plus intimes que j’étais sincère dans mes démarches.
Partant, je me suis tombé dans une forme de léthargie destinée m’extraire de ce temps qui s’écoulait diantrement lentement dans ce cabinet de réflexion.
Même si les visites du Frère préparateur qui m’a posé des questions rituelles et m’a demandé de me dessaisir de mes métaux ont jalonné ce passage obligé, il est arrivé un moment où je ne savais plus quoi penser et où je me suis retrouvé hors du temps, me surprenant à retourner un sablier, alors que j’ignorais quelle unité il représentait et depuis combien de temps j’étais là. J’ai alors médité sur cette phrase de ce que j’ai su après être une partie du rituel selon laquelle mon pire ennemi était moi-même. Est ensuite venu le moment tant attendu où l’on est venu me chercher et où j’ai vu pour la première fois le Frère Introducteur, lequel m’a remis le bandeau et m’a conduit à l’entrée du temple. Je ne vous referai pas tout le rituel d’initiation auquel vous avez assisté, contrairement à ce qui précède. Je vous dirai seulement qu’à l’intérieur de moi-même, j’ai ressenti ce rituel et l’ai vu. Comme l’a dit St-Exupery dans le Petit prince : « L’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le cœur » et c’est de cette manière que j’ai vu mon initiation.
Comme je n’avais jamais vu le Temple auparavant, je me le suis imaginé plus haut, moins large en essayant de me le représenter d’après les sons qui le parcouraient. Les voyages initiatiques m’ont entraîné dans une sorte d’état second, je dirais même plus d’euphorie, puisqu’une nouvelle dimension s’y était intégrée, la musique !
Après avoir prêté serment, j’ai alors vu la lumière en entrant dans la chaîne. C’est alors que j’ai traversé le miroir et que j’ai compris que j’étais enfin devenu maçon, cela d’autant plus après avoir reçu mon tablier, mes gants et ceux que je devais remettre à mon épouse.
Ces premiers pas de vie maçonnique peuvent s’apparenter aux premiers souffles d’un nouveau-né. Toutefois, cette renaissance a été précédée d’une période de gestation, laquelle a elle-même suivi le moment où une graine maçonnique a commencé à germer en moi. Je ne sais pas quand et par qui cette graine a été semée. Je pense que c’est peut-être moi-même qui en suis à l’origine. À moins qu’elle n’ait toujours été en moi, parce qu’il était écrit dans mon destin que je deviendrais Franc-maçon. En tous les cas, je suis aujourd’hui là devant vous, Mes Frères, et c’est cela le plus important. Après avoir traversé le miroir et vu la lumière, je me suis senti immédiatement accepté par mes Frères. Je dirais même que les regards et les sourires bienveillants de ceux que je n’avais jamais vus pour la plupart d’entre eux et le fait de recevoir une rose rouge de la Saint-Jean m’a fait comprendre que ce lien, ce fait d’être un maillon d’une chaîne universelle ressortait à une forme d’amour, celle de l’amour fraternel. Le fait d’être ensuite si entouré s’est ajouté à l’émotion et à la décompensation, au point que je me souviens de trois moments clé dans la soirée.
Le premier tient au fait que mon Parrain a tout de suite dit qu’en lisant sur mon visage on pouvait penser que je me trouvais au bon endroit. Le second tient au fait que j’ai reçu un petit livre bleu censé m’apprendre ce qu’était la Franc-maçonnerie et qui s’est avéré être vierge. Le troisième tient au magnifique arrangement fleuri que j’ai reçu pour mon épouse.
Lorsque j’ai quitté la Loge, l’esprit plein d’images, de questions et d’émotions, un frère m’a accompagné à ma voiture et il m’a dit avoir aussi reçu un petit livre bleu dans lequel il avait inscrit ses impressions. Aussitôt après mon retour chez moi, j’ai écrit ceci :
Bilan de cette journée :
Je suis fier et heureux, j’ai compris que l’on m’aimait, même sans me connaître, j’ai envie de rendre honneur à ce sentiment. Je vois aussi que certaines choses m’apparaissent et que ces symboles doivent être approfondis. Ceci pour vous dire que même si je ne m’imaginais pas encore l’ampleur du travail à déployer pour tailler ma pierre, j’y pensais déjà le soir de mon initiation. Par la suite, je suis entré dans les tâches « hebdomadaires » de ma vie maçonnique, craignant au début être totalement perdu dans ce nouveau monde.
Les lectures qui m’ont été confiées, les instructions qui m’ont été données, mes activités maçonniques et déplacements accompagnés dans d’autres Ateliers, et surtout, les échanges avec mon parrain et mes autres frères ont contribué à m’aider à me mettre sur ma voie.
J’ai peut-être ressenti avec difficulté la période estivale qui a suivi, avec le plaisir de pouvoir néanmoins passer une soirée blanche diapos à la Loge et une soirée à Crémine où, pendant le voyage de retour, j’ai eu l’honneur de me voir confiées les préoccupations d’un Frère qui a maintenant quitté notre monde pour l’Orient éternel.
A partir de septembre 2006, je suis entré dans le programme de la Loge et me suis efforcé à l’assiduité. J’ai pu découvrir que le silence de l’apprenti pendant les travaux était très enrichissant et que contrairement à mes craintes, il ne pesait pas au bavard (…) que j’étais.
A noter, pour ceux qui l’auraient remarqué que je ne suis silencieux que pendant les travaux et qu’un peu plus de retenue ne me ferait sans doute pas de mal à d’autres occasions.
En effet, étant un hypersensible, parfois nourri de clichés, pour reprendre Nathalie Sarraute dans Portrait d’un Inconnu, je me suis rendu compte que dans cet endroit qu’est la loge, je me sentais moi-même et pouvais me laisser aller à être moi-même. Au fil du temps, le rendez-vous du mercredi est devenu une goulée d’air dans mon quotidien surchargé, sans pour autant être une addiction. Je me suis immédiatement senti bien à ma place et on me l’a fait sentir, tout en me rappelant à l’ordre quant il se devait. Par ailleurs, lorsque je passe la porte de la Loge, je laisse derrière moi tous mes soucis quotidiens et cela me fait un réel bien. J’ai aussi eu le plaisir de vivre plusieurs tenues et ai été très touché par l’installation de mon Parrain en qualité de Vénérable Maître et par des Tenues dans d’autres Loges, à Yverdon et à Bienne, de même que par une sortie du Giron au Val-de-Travers.
J’ai ensuite traversé une période noir et ai été très touché par la mort de l’un de nos frères, laquelle a été suivie par celle de ma mère. Sur un plan maçonnique j’ai ressenti quelque chose de très fort au travers du soutien de ma Loge et de mes Frères en particulier.
Ces choses là sont indicibles et elles se ressentent. Je ne m’y attarderai pas, par crainte de raviver des douleurs qui sont encore présentes. Je vous dirai seulement que m’a mère a quitté ce monde sans que demeure un différend avec le fils que je suis.
J’avais pu lui faire part du fait que je m’étais engagé dans la maçonnerie et, à l’instar de toute ma famille, elle avait totalement approuvé ce choix, me disant même qu’elle serait prête à me suivre à une conférence blanche. Cela étant, ce qui, par la suite, a le plus marqué l’Apprenti que je suis a, hormis le programme habituel, été l’initiation du nouveau maillon de notre Loge. J’ai enfin pu voir que ce que je m’étais imaginé sous le bandeau, ne correspondait absolument pas à la réalité visuelle, même si, au fond, cela n’a pas grande importance. Ce rituel m’a permis de saisir, comme spectateur cette fois, différents éléments de l’initiation qui m’avaient sans doute échappé au moment de la mienne, complétant ainsi ma perception du rituel et de ses incidences. Au début de ma vie maçonnique, j’ai eu peur de ne rien comprendre à rien. Je me suis aperçu par la suite que chaque petit élément, comme telle ou telle conférence, comme cette initiation, comme ce conseil de mon Parrain ou d’un Surveillant, comme telle ou telle tenue, comme telle ou telle visite, étaient tous une brique que je pouvais inclure dans le mur que je suis en train de construire. J’ai aussi pris conscience que je peux l’élever librement, en respect des règles de l’art et que si je prenais une fausse direction, mes frères m’en feraient part. J’ai aussi ressenti un plaisir intense à rencontrer les Apprentis d’autres Loges lors du tracé de la loge d’Apprenti à la ferme (…), activité qui m’a permis de voir se concrétiser certaines notions que je ne me représentais que dans l’abstrait. Voilà en bref ce que j’ai ressenti jusqu’à présent. J’en viens maintenant à conclure pour vous dire que même si dans la vie, il existe un chemin que chacun le parcourt à son rythme, j’ai eu le sentiment d’évoluer lentement dans ma vie maçonnique et ai craint parfois de ne pas être à la hauteur. Etant un esprit terre-à-terre destiné à se perfectionner, j’ai craint de décrocher en écoutant des planches à caractère hautement philosophique. C’est en me retournant que j’ai vu combien de chemin j’avais parcouru, presque à mon insu. Je pense donc aujourd’hui qu’il faut prendre le temps de prendre son temps car du lièvre et de la tortue, c’est cette dernière qui est arrivée en premier. Je ne tenterai donc pas de brûler les étapes. Conscient de l’importance du travail qui m’attend, je terminerai en citant Victor Hugo (un maçon sans tablier) qui a écrit : « Vivre c’est aimer, Apprends que, dans l’ombre où nos cœurs rêvent, j’ai vu eux yeux bleus si grands que tous les astres s’y lèvent ».
Vénérable Maître, J’ai dit

Source : www.ledifice.net

N\ F\ S\

L’Engagement maçonnique, le vôtre a-t-il évolué ?

16 Août 2015 , Rédigé par J\ P\ Publié dans #Planches

Il fut un temps où je me cherchais et c’est alors que je devins franc-maçon. Le sens et les nuances du mot sont multiples, quand on parle d’engagement. Je ne m’engagerai pas dans une discussion de mots. Je dirai que l’engagement maçonnique est différent des autres. Il représente la volonté de suivre un chemin, faire un voyage au centre de soi, dont le but est de faire de vous quelqu’un d’autre, initié à des valeurs transmises par d’autres et qu’il fait siennes. Cet engagement est de l’ordre philosophique et spirituel à la recherche de vérités, et (qui sait ?) vers la découverte d’une vérité. C’est une attente, un espoir, une promesse. S’il est admis, c’est sur sa conscience, son honneur, sa droiture, dont l’équerre est l’emblème et le livre de la Constitution la loi, mais aussi devant ceux qui seront ses Frères qu’un profane s'engage en maçonnerie pour le reste de son existence. Il faut de la persévérance Certes il s’engage d’abord à garder inviolés les secrets qu’on lui a confiés, mais la profondeur de son engagement va plus loin. Il va entrer dans ce qui est plus important que lui, il deviendra initié et franc-maçon. Dans le respect de la parole donnée à ceux qui l’ont accueilli dans la dignité, et la solennité, et par son serment envers lui-même plus contraignant qu’une prison, il est admis dans un Atelier. Je suis donc entré librement, dans ce qui va réunir des hommes libres égaux entre eux et fraternels, mais les dépasse tous Après le questionnement ce fut mon initiation. Préalablement le cabinet de réflexion me fit comprendre que la franc-maçonnerie était une école de l’être, de recherche de ce qu’il y avait en moi. Ma promesse a été faite en connaissance de cause. Ce fut un engagement moral. J’ai pris l’engagement de travailler à l'œuvre de la Franc-maçonnerie, d’aider au progrès humain, d'aimer mes Frères, de mettre en pratique la solidarité, l'assistance envers les faibles, la justice envers tous, le dévouement envers ma famille, ma patrie et envers l'humanité, la dignité envers moi-même, d’agir selon des principes de raison, de tolérance, de me conformer à la Constitution et au Règlement du Grand Orient. Puis j’ai promis de travailler à dégrossir ma pierre, à devenir quelqu’un d’autre en construisant un temple intérieur. J’entrai dans là un domaine ésotérique (au sens d’intériorité) ce qui me convenait aussi car j’avais le désir d’emprunter des chemins de pensée justes, d’avoir des actions pertinentes, une pratique de la solidarité, et de partager une longue histoire des hommes, dans le mystère d’un temple, avec le souci d’œuvrer pour un avenir que je voulais plus juste et chercher une lumière qui éclairerait mon chemin. J’ai consenti, si je manquais à cet engagement, à des sanctions prévues par le Règlement. Et grâce à cette promesse, après les épreuves de purification, je fus consacré Apprenti, un peu dépassé par ce que je venais de vivre. J’avais déjà le sentiment que cette initiation durerait toute ma vie. Il en fut ainsi bien que je sois passé par des étapes et parfois des crises. Une promesse pour certains n’engage que ceux qui l’écoutent. Nous avons tous connu ceux qui se sont engagés, et ont rebroussé chemin. La franc-maçonnerie étant une société humaine, la quitter est parfois une tentation. On est attristé mais on peut l’admettre. Chacun est libre de mettre un pied dans la mer et de le retirer parce que l’eau est froide, et qu’il a peur ou croit perdre son temps. Mais on est heureux que d’autres poursuivent leur chemin. Pour ma part j’avais l’espoir de découvrir quelque chose d’important. Je n’ai pas été déçu, ni jamais renié ma promesse initiale, dont la petite lumière grandissante m’a toujours suivi.

Au grade de compagnon, mon engagement a été récompensé par une découverte, celle d’une lumière. Le Vénérable m’a rendu la parole. Sur le niveau égalitaire et la truelle du travail parfait, j’ai promis pour la 2ème fois de me conformer aux enseignements donnés, et de ne révéler à personne les secrets du grade. Mais l’engagement était sensiblement le même ; il m’a fait franchir un pas supplémentaire dans la même direction. La parole donnée à soi-même et aux autres ne doit pas être une parole égarée. Promesse et engagement ont pris le même sens, celui de serment. Promesse serment, engagement, ces mots se répondent. Ils sont lourds de sens, et ont la même valeur. Sans entrer encore dans une pensée ésotérique je comprenais déjà qu’il fallait gratter l’écorce pour aller au noyau. En ce qui me concerne, par mon gout des voyages, je suis resté un compagnon par le cœur et dans l’esprit, depuis le jour, où le Vénérable m’a demandé ce que j’avais vu après les cinq voyages. J’ai répondu « j’ai vu l’Etoile Flamboyante ». L’Etoile a été cette découverte. Elle m’a apporté cette lumière qui scellait mon engagement. Je travaillais alors au rite écossais, et muni du bâton de pèlerin et d’un baluchon, le Vénérable a fait ouvrir grandes les portes du temple et m’a dit « Pars tu reviendras, l’Etoile sera ton guide ». Elle le fut et me guide encore. Elle me permettait de voyager librement, d’autant qu’inaccessible, elle augurait d’un long chemin. Quand le nouveau compagnon dit « j’ai vu l’Etoile » il dit ce qu’il doit dire, mais en a t’il compris la signification ? Si elle n’est qu’allégorie d’une route à suivre comme celle des rois mages, elle reste un panneau indicateur. Il y a un autre chemin derrière cette mystérieuse étoile. Une Lumière, Voyageur, pour cela il faut regarder en toi-même. Se souvenir du cabinet de réflexion « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée ». Voyager en soi, tandis que le fil à plomb me servait de guide. Chercher le feu intérieur, qui est le but du voyage, donner un sens à ma vie. L’Etoile devint mon guide vers peut-être une lumière plus grande à découvrir, mais déjà de faire flamboyer celle-là, et rayonner un jour au dehors, pour continuer l’œuvre commencé dans le Temple. Je n’ai, par voie de conséquence, pas cessé d’être un pèlerin qui cherche son chemin vers le savoir, la vérité (si elle existe) et finalement vers mon perfectionnement intérieur. Mais pourquoi, nous dit-on, l’Etoile n’a-t-elle que 5 branches ? 5 est certes le nombre du compagnon, mais pour moi il y avait (il y a toujours) davantage de branches quand elle scintille. Mon étoile a des milliers de branches, sans limites à sa lumière, si elle ne rencontre pas d’obstacle. Et que fait la lettre G au centre ? Cette énigme que j’interprète autrement. Pourquoi pas le Graal ? La quête de ce Graal est un mouvement, un voyage, qui permettra la transmutation du Plomb en Or. C’est pourquoi je suis resté avec en moi cette Etoile lumière dans mes ténèbres. Mais ne suis-je resté qu’un compagnon. Peut-être même un mauvais comme je l’ai compris le jour de mon élévation ?

Au 3ème degré j’ai fait, pour la 3ème fois, une promesse devenue réellement un serment. Le drame de la mort d’Hiram se joue devant le compagnon et futur maitre. Opératif jusque-là avec ses outils, la mort d’Hiram en fait un maçon spéculatif. Hiram grand Architecte, homme scrupuleux, fait sa ronde avant de dormir pour vérifier que tout va bien. 3 mauvais compagnons rencontrés ce soir-là, qui connaissaient ses habitudes, veulent lui arracher les mots de Maître sous menace de le tuer. Le 1er tient une règle, Hiram refuse il frappe. Le 2ème tient une équerre, fait de même. Hiram s’enfuit. Un 3ème, le maillet à la main, a la même exigence. Hiram cruellement blessé dit : « Plutôt la mort que de violer le secret qui m’a été confié ». D’un coup du maillet sur la tête il le tue... Hiram meurt mais n’a rien dit. Hiram est un exemple, il a un curriculum parfait. Il incarne la vertu, tandis que ces trois Compagnons sont des voyous qui figurent trois vices, l’ignorance, le fanatisme, et l’hypocrisie, c’était l’enseignement par l’exemple d’une morale élevée au-dessus de la morale profane. On nous suggère que tout compagnon est un Hiram en puissance. Mon engagement a donc été dans cette cérémonie de devenir un autre homme, un autre Hiram. Pourtant le mythe fondateur bien que millénaire, avait sans doute des significations par moi incomprises. Hiram a-t-il saisi le danger de faire une ronde de nuit ? Est-ce un bon patron ? Les mauvais compagnons sont-ils si mauvais ? Peut-être des esclaves ? J’étais apprenti depuis plusieurs mois, et je sentais d’autres explications dans ce récit, l’essentiel était cependant qu’il me fallait promettre de changer de peau. Je promis donc en me disant que la beauté du mythe cachait une puissance spirituelle en elle, qui nécessitait du temps pour l’approfondir. Ce n’est plus 3 le chiffre de l’Apprenti, ni 5 nombre du compagnon, c’est 7 le nombre du maitre, mais 7 décompose la lumière. 7 glaives ont percé le prisme des couleurs. Divise la lumière et tu auras des couleurs. Les couleurs sont faibles, la lumière est forte. Or c’est la lumière totale et crue que je cherche depuis le cabinet de réflexion, face à la mort. La vie dans le temple et la mentalité maçonnique au dehors sont (ou doivent être) différentes de la vie profane. Au temple la vie se déroule selon le rituel précis de la Tenue, où on réfléchit sur symboles, et sujets de société, et on rappelle à chaque fois la raison d’exister et l’action de la Franc-maçonnerie. Mon engagement a-t-il évolué entre l’initiation et la maitrise ? Il ne me semble pas qu’il y ait eu d’évolution au sens de croissance, ni de montée en puissance. Mon évolution a donc été davantage un progrès dans le sens d’approfondissement, de progrès accomplis en profondeur, d’humilité, de confiance, et du désir de chercher le savoir, la vérité, si elle existe, en un mot le Graal de mon Etoile. En évoluant je peux changer, en progressant je m’améliore. L’évolution implique souvent un changement radical, mais changer d’opinion n’est pas progresser (sauf si ce changement est apprécié à l’aune d’un gradient moral) tandis que la progression garde le même point de départ, avec parfois des pistes inattendues et différentes symboliques de la recherche, de l’exploration. D’abord l’initiation, dont l’image est pour moi le fil à plomb, puis une progression comme compagnon avec l’image de l’Etoile, et devenu Maître avec un troisième niveau le drame de la mort d’Hiram. Il faut toujours gratter l’écorce pour trouver le noyau. Enfin, curieusement, j’ai progressé dans l’idée que j’avais du rôle de la maçonnerie, lors de l’ajournement d’un profane, dont les réponses avaient été probablement mal interprétées. Grace au sermon d’un Frère devenu une planche, j’ai compris que l’atelier est un lieu de travail où d’une pierre brute on peut faire une pierre polie, et même une pierre précieuse. Admis à la maitrise, j’ai appris des symboles qui m’ont éclairé, élargi ma réflexion, interpelé, apporté une lumière supplémentaire. J’ai dans le même temps exploré la profondeur du mythe d’Hiram, dont je n’ai pas atteint les limites. Si les symboles ont libéré ma pensée, le mythe d’Hiram m’a tracé des chemins et affranchi de préjugés. En me référant au rituel, et grâce à l’indulgence fraternelle, les Planches lues en loge, et la parole qui circule, mon engagement s’est enrichi de sens. La réflexion symbolique n’a pas d’autres limites, que celles de l’infini du ciel et de la profondeur de la mer, à condition d’y être sensible et d’en faire des outils. Les symboles ont l’universalité des choses infinies. Derrière le sens des mots il y en a mille autres qui s’éveillent et atteignent un ordre qu’on ne saurait deviner immédiatement, et qu’on ne peut nommer car il n’y a plus de mots pour le dire. J’aime entrer dans un temple riche en symboles, dans cet univers intemporel qui apaise, rend claire la pensée, plus sobre la parole, ouvre à un monde secret. Paradoxalement je pense que les symboles sont la nature réelle des choses, car il faut aussi retrouver la symbolique de la nature visible qui parle à celui qui l’écoute. La nuit, la forêt, la lune, les étoiles, la mer, les pierres, le silence du désert, les espaces du ciel. En vérité les humains perçoivent la nature avec les sens, mais ne l’interprètent que par des symboles. « La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. L’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers » écrivait Baudelaire. A propos des symboles il poursuivait encore « Comme de longs échos qui de loin se confondent dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Comment imaginer un mot pour dire cette rencontre entre les parfums, les couleurs et les sons ? Et pourtant on voit, on sent, on entend, et on comprend. Le symbolisme c’est tout cela, il a sa place dans la nature des choses. Inutile de dire quels progrès, ces idées simples m’ont fait faire, et quelles avancées dans mon engagement. Les symboles me font entrevoir une Egrégore universelle, où ce n’est pas moi qui observe les symboles ce sont eux qui me sollicitent et me regardent. L’Etoile et la lumière sont libres. C’est presque de la poésie. Ma conscience et ma parole sont libres. Mon regard est libre. Ce monde m’intéresse et me plait, et il en est ainsi des temples visités. La vie et la réflexion maçonniques sont scindées en deux parties qui forment un tout, la réflexion spéculative et la vie opérative. La première est personnelle et intérieure, collective dans les tenues au temple, selon le rituel et la forme accoutumés. La seconde à laquelle je me suis également engagé fait de moi un Franc-maçon opératif dans le monde profane, c’est-à-dire un compagnon voyageur, mais un humble apprenti (et non le Maître qui sait tout) qui répandra au dehors les vérités acquises dans le temple. En ce qui me concerne, médecin de formation, j’ai prêté un autre serment celui d’Hippocrate, et voué ma vie au service des autres, à la chirurgie. J’ai aussi entrepris nombre d’actions humanitaires en Russie et en Ukraine, qui m’ont fait apparaitre davantage que les hommes sont égaux, mais les inégalités sont grandes, et que la pauvreté gangrène le monde. Venir en aide aux orphelins du fond de l’Ukraine, acheminer des médicaments en Russie est parfois difficile d’un pays à l’autre. Eluard avait écrit que « le mot frontière est un mot borgne, et que l’homme a deux yeux pour voir le monde ». Il en faudrait davantage que deux pour comprendre certaines misères. Mais souvent il ne faut pas aller très loin pour en découvrir. Le monde et l’humanité ont encore des progrès à faire Les lacs d’amour ont leurs nœuds, obstacles que le regard doit savoir dénouer pour venir en aide à son semblable, parfois proche de chez vous. Ainsi je n’ai pas eu de grandes difficultés à transposer dans la vie profane les engagements pris au temple. L’engagement maçonnique est un événement grave dans la vie. Il prend de la liberté, mais je l’ai voulu, et cela ne regardait que mes idées ma conscience, et l’accord de ma femme. L’engagement trois fois prononcé reste le même. Un serment est un sommet, qui ne monte pas plus haut. Il ne peut qu’être, et on lui reste fidèle, ou s’effacer, et on le renie, c’est de l’ordre d’un parjure. Au cours de l’initiation la scène du parjure à la pointe des épées, a pesé sur moi de façon significative car je suis un homme d’action mais aussi de parole. Mes engagements sont de long terme. Si mon parcours maçonnique a été coupé en deux, mon engagement est resté identique, mais (je crois) en grand progrès sur mes débuts d’Apprenti, en participant à la vie de mon atelier, et en occupant plusieurs plateaux d’officiers. Je n’ai été membre que d’une seule Obédience et de deux ateliers. La loge dont je fais partie aujourd’hui est riche de son ouverture, de sa diversité, de son respect des principes et du rituel, ainsi que d’un niveau intellectuel qui lui fait honneur. En ce sens ma tête qui était pleine est devenue mieux faite. Mais la loge n’est pas un laboratoire d’idées ou l’on vient s’instruire. C’est un présent vécu et un avenir construit ensemble, auquel on s’est engagé avec l’Obédience. Je ne me soustrais jamais à l’assiduité en tenue elle fait partie de mon engagement. La Tenue me donne du travail toujours sur moi-même, mais j’ai aussi en vue les progrès des autres. Mon engagement maçonnique enrichit ma vie, avec des conséquences bénéfiques, même si parfois ce fut l’inverse. Je me sens franc-maçon et fier de l’être.

Pour terminer je dirai que chaque engagement est personnel, avec ses motivations, et diffère d’un autre. Il faut respecter les motivations, les comportements et les actes, s’ils sont sincères, car ils contribuent à l'enrichissement des uns et des autres. La diversité consentie enrichit les hommes. Saint-Exupéry écrivait : « Si tu es diffèrent de moi mon Frère, loin de me léser tu m’enrichis ». Le véritable franc-maçon, cherche ou poursuit toujours quelque chose, mais parfois il est seul, et son chemin difficile, parfois trop haut, trop long, trop court. Mais il ne doit pas se décourager. C’est une leçon apprise de la Franc-maçonnerie de ne jamais me décourager, ni renoncer, ce qui est un formidable acquis de mon engagement. Ma conscience m’éclaire, plus exigeante que le plus rigoureux des juges, mon étoile me guide, et c’est ainsi que convaincu des nombreux progrès qu’il me faut faire encore dans mon engagement, aidé par les conseils avisés de frères bienveillants, je frappe à la porte de votre Atelier de perfectionnement au 4ème degré de Maitre, comme si j’étais l’Apprenti, désireux de recevoir davantage de lumière.

J’ai dit très R\ M\

J\ P\

Source : www.ledifice.net

Puisqu’il est l’heure…

26 Juillet 2015 , Rédigé par G\ O\ Publié dans #Planches

Une fois que les F\ F\ ont été reconnus comme apprentis Franc-maçon par les deux surveillants lors de leurs passage sur les deux colonnes, que la lumière jaillit dans le Temple, par l'illumination des 3 piliers, le 2ème Surv\ placé au Midi pour observer le soleil et appeler les F\ F\ au Travail et le 1er Surv\ placé à l'Occident est appelé à observer le coucher du soleil pour aider le V\ M\ à fermer les travaux vont avoir des rôles différents. A l'ouverture comme à la fermeture, les surveillants n'ont pas le même rôle. Je m'explique : A l'ouverture = le 2ème répond aux questions posées par le V\ M\, il donne donc d'abord son âge, 3 ans, puis dans les minutes qui suivent, donnera l'heure du début des travaux, midi, le 1er lui, donne seulement, son acceptation à la justesse des annonces sans jouer à l'ouverture le rôle d'horloge, mais fixera en revanche l'heure de fermeture, Minuit... Comme je viens de vous le dire, à la fermeture des Trav\, il en n’est pas de même = c'est le premier Surv\ qui va attester que tous les ouvriers sont contents et satisfaits puisque silencieux et ensuite indiquera par deux fois que l'heure de fermeture est arrivée, donc MINUIT alors que le deuxième surv. a informé au préalable de l'endroit où les apprentis gagnent leur salaire c'est en lisant avec attention que j'ai constaté le rôle de ces deux officiers. Dans cet ordre = 2e surveillant Ouverture = âge + heure / Fermeture = heure pour le 1er... A partir de ce moment on constate que les valeurs temps du monde profane vont prendre une envergure totalement différente. Tous les assistants ont 3 ans et quelque soit l'heure du temps réel inscrit sur nos montres, à un instant donné il est midi, soit la 12ème heure et à partir de là, 2 éléments sont essentiels qui nous annoncent que le Temps a changé. Puisque nous avons l'âge, que tout est conforme au rite et qu'il est l'heure, dit le V\ M\. Phrase qui est récitée seulement au début des Travaux alors qu'à la fermeture donnée par le 1er Surv le V\ M\ nous renvoie pour travailler ailleurs sans préciser qu'il est temps de fermer. Pour faire simple, je commencerai par l'HEURE pour ouvrir une Loge selon la conformité du rite (alors que l'on peut entendre dans des obédiences travaillant au REAA, par des mystères accoutumés), deux mots répétés suivant une répercussion triangulaire. Nous ne sommes plus dans le monde, nous sommes dans un temps particulier, spécifique qui déconcerte mystérieux puisque l'explication fournie par notre mémento sur la réponse relative à l'AGE, c’est qu'il est initié aux mystères des 3 premiers nombres). Je commencerai par cette nouvelle heure sachant que l’HEURE est l'espace de temps égal à la vingt-quatrième partie d'un jour Pourquoi Midi ? N'est il pas l’Âge de la pleine maturité. Le midi de la vie ? Le soleil à midi est à son point culminant. Les spécialistes disent que les rayons sont les plus longs quand le soleil est le plus éloigné de la Terre. Cependant comme excès de soleil brûle et assèche, il faut que sa chaleur s’atténue pour qu'elle soit bienfaisante. J'ai lu qu’à midi, le soleil commence à décliner, brillant sans brûler. Dans la phase initiale du rituel du Ier degré, le Vénérable Maître, lors d’une série de « triangulations » avec les deux Surveillants, annonce que « Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge [(...) il est temps d’ouvrir les Travaux] ». L’heure d’ouverture des Travaux correspond - comme on le sait - à « midi plein », c’est-à-dire au moment de la journée où la lumière est à son maximum et le soleil au zénith. Par là on observe immédiatement que les Travaux de Loge, du fait de leur caractère rituel, se déroulent symboliquement en conformité harmonique avec les cycles naturels et notamment avec le parcours journalier du soleil. Par contre, la fermeture doit être effectuée à « minuit plein », quand l’obscurité est à son maximum et le soleil au nadir. Est-ce à dire que nous ne travaillerons que sur cette voie ? Par le Contenu de nos travaux, Nous ne sommes pas coupés de la vie profane, nous sommes entre terre et ciel. Nous avons deux vies, deux voies qui s'influencent bien sûr, qui s'interfèrent, mais le Maçon qui vient en Loge retournera dans la vie profane riche de l'influence de la Tenue, comme il n'oubliera pas, à «l’ intérieur du Temple », qu'il fait partie de l'humanité. Midi minuit, vie et travail Maçonnique, minuit midi, vie et travail profanes : alternance, rythme, harmonie de nos deux voies parallèles. Alors que le temps profane du travail s’étend ordinairement du lever au coucher du soleil, le temps imparti aux travaux du Maçon est délimité par le passage du soleil aux deux demi-méridiens. Soleil, ténèbres et lune, voici trois pistes que le rituel appelle d’abord à explorer cette interprétation classique du symbolisme de l'heure, au niveau de l'Apprenti, va permettre d'aller plus loin avec les outils et connaissances de la recherche : science des nombres, arithmétique, géométrie, astronomie, rythme de la musique. Je m'explique : en travaillant ce sujet, j'ai rencontré des analyses qui sont au delà du 1er degré, cette phrase est prononcée est un signal d'alerte. Il nous faut quitter le temps profane, historique, linéaire, et s'engager sur une voie symbolique qui exprime, semble-t-il, le profond désir d'arrêter le flux du temps. Il exprime aussi et surtout le souci de se « désaliéner », c'est-à-dire d'éviter que son existence ne soit totalement absorbée par la temporalité pure, irréversible. C'est peut-être là un des sens profond de l'initiation. Cette réactivation, cette réactualisation, cette régénération nous libère de nos liens antérieurs pour nous faire participer à la connaissance secrète de ce qui est « hors du temps » (la vie spirituelle, la vie symbolique). On dispose symboliquement pour cela de douze heures : de midi à minuit. D'abord parce que le douze est une figure du temps : les douze signes zodiacaux, les douze heures du jour et les douze heures de la nuit qui s'effritent dans les douze mois de l'année. Midi, milieu du jour, c'est aussi et surtout 12. Ce nombre nécessiterait à lui seul une planche. Je ne ferai donc qu'en effleurer l'importance. 12 a donc, comme tous les nombres, un contenu métaphysique : 12 est important en lui-même : il constitue une entité et il est intéressant par ses composants. 12 c'est le produit de 4 par 3 : les 4 points cardinaux, les 4 coins du monde multipliés par 3, nombre de la spiritualité. C'est également parce que ce nombre est associé au cercle compte-tenu du tracé des aiguilles, 12 appartient au monde céleste. 12 est un nombre cyclique : 1 année compte 12 lunaisons ou mois et 4 saisons de 3 mois. Jour et nuit sont également divisés en 12. Ce nombre est d'une très grande richesse dans la symbolique chrétienne comme dans toutes les symboliques : l'énumération n'en finirait pas et en serait fastidieuse... Pourquoi « midi » et pourquoi « minuit » ? Tous les maçons en Loge Bleue à notre Rite E\ A\ et A\ travaillent de midi à minuit. En lisant en effet, mon mémento d'apprenti (édition 1973), il donne à l'âge, 3 ans une fonction de reconnaissance et les heures conventionnelles qui nous sont retenues par Le REAA fixent à l'homme sa pleine utilité au midi de sa vie jusqu'à sa dernière heure, le minuit de son existence. Cette réponse explique que l'action ne doit venir qu'au moment propice. C'est à dire, que l'homme doit avoir atteint le midi de sa vie avant d'être utile. Cela revient à dire que la recherche que nous commençons alors, ne peut être entreprise auparavant car elle demande maturité et liberté, et une certaine plénitude, elle ne peut donc débuter avant le midi plein de notre vie, moment où nous sommes en possession de toutes nos facultés, mais elle doit continuer jusqu'à la fin de notre vie, pour se consacrer sans relâche au bonheur commun, une quête sans fin, sans aboutissement. Elle terminera, pour chacun d'entre nous, à minuit plein, terme de notre existence. Nous avons donc choisi une voie parallèle. De « midi à minuit », c'est aussi la somme d'un demi-jour et d'une demi-nuit. C'est évidemment un concept solaire mais lunaire aussi et on peut apporter à ces heures un certain nombre d'explications qui selon la sensibilité de chacun sera différente. Le langage symbolique a l'avantage de son universalité et chacun y trouve ce qu'il ressent au + profond de lui. Pourquoi attendre midi pour commencer à travailler ? Il y a bien longtemps que le profane est à l'ouvrage à cette heure-ci. Si les maçons travaillent de midi à minuit pour chercher la lumière, c'est parce que la lumière est double, composée de clarté et d'obscurité car sans le contraste, la lumière ne se dégage pas. La lumière du jour n'est qu'une demi-vérité. Là où il y a du soleil, il y aura aussi de l'ombre. C'est une vérité de La Palice. Mais pour chercher la lumière, il faut savoir déceler l'ombre... Nous ne devons jamais oublier que l'initiation a pour but de nous faire accéder à de nouveaux états de conscience. Or, sur le plan de la conscience, de midi à minuit peut signifier de l'extérieur vers l'intérieur. On va ainsi du « soleil » vers « l'ombre », de midi à minuit. Et je dirai en passant que si nos apprentis sont placés au Nord, c'est aussi pour les préserver du feu brulant du soleil de midi. Pourquoi terminer à minuit ? A minuit le commun des mortels dort depuis longtemps, satisfait du travail accompli. Dans l'ésotérisme chrétien, minuit est un point de départ : le Christ est né à minuit. Pourquoi la Franc-maçonnerie spéculative, héritière de la Franc-maçonnerie opérative, ne respecte-t-elle la tradition des corporations qui interdisaient le travail après le couvre-feu ? Comme chaque fois que l'on traverse le prisme des symboles, la réponse est multiple. Quand le soleil se couche, la lune se lève. Si le soleil est apparenté aux forces masculines et la lune aux forces féminines, le temps de travail de midi à minuit inclut les deux, car l'homme qui est un bipède est soumis à la loi du binaire, avec son côté lumière et son côté ombre. Lorsqu'un Profane arrive chez nous, donc pour vivre une nouvelle existence, il est dans son Monde, avec des repères horaires qui sont les siens. Ce n'est que lorsqu'il prend conscience de la « Lumière » qu'il la « voit » qu'il va tenter d’amener ses forces au niveau de sa conscience, et midi c'est l'heure qui nous est fixée pour les organiser selon un autre ordre. On entre en franc-maçonnerie au « midi de sa vie », c'est-à-dire, lorsqu'on a la faculté de connaître et de distinguer, donc la capacité d'organiser. Apprendre à distinguer, c'est apprendre à séparer, et cette fonction séparatrice permettra de trouver la « Lumière » même dans l'obscurité, lumière spirituelle, bien entendu. Midi, c'est l'heure où l'on « fait le point », comme le marin qui détermine le lieu où se trouve son bâtiment et le marque sur sa carte. Mais c'est aussi l'heure où l'on doit être, en principe, pleinement éveillé. Et, il s'agit précisément d'être éveillé. L'initié est celui qui a reçu la Lumière, qui a été par là même « transformé ». C'est par les symboles, par les signes, que l'homme est « éveillé », c'est-à-dire rendu « conscient ». Faire le point c'est essentiel. C'est chaque fois une nouvelle étape qui recommence, avec des forces vitales différentes, dans un désir intense sinon de perfection mais d'y voir clair, opération qui peut être indéfiniment renouvelée, qui ouvre chaque fois la porte à de nouvelles potentialités. C'est toujours le temple, notre temple intérieur, que l'on continue à construire. Quant à l'âge invoqué par le 2ème Surv\, ce qui n'est pas gratuit puisque c'est lui qui est en charge de l'instruction, je l'ai vécu avec difficulté à mon 1er soir = 3 ans c'était impensable dans ma logique perturbée et ignorante. Je l'ai rattaché à un état de celle de l'enfant qui, pour la première fois, va quitter l'intimité et la quiétude familiale j'avais deux jumeaux et devant un monde inconnu et mystérieux, je me suis senti comme celui qui se trouve derrière le portail de l'école maternelle. Mon 1er V\ M\ était un commissaire divisionnaire de la Sureté Nationale. Une assistance inconnue me regardait, tel un enfant, décalé, « qui ne parle pas » et qui se contente de répéter ce qu'on lui dit. C'était tous les mardis Tablier bavette bien relevée et gants bien proprets, j'ai vite compris quel allait être la vie de mon âge = faire silence dans la « classe », écouter ses « maîtres », j'ai vite assimilé que le bavardage que, jusqu'alors, l'apprenti-élève prenait pour de la parole était fortement déconseillé, prenant conscience, progressivement, d'une des illusions les plus ordinaires du monde profane (parler, c'est savoir), et que l'exemplarité du comportement de mes Frères devait m’apprendre l'usage opportun et tolérant de la parole. Apprendre à se taire, c'est aussi apprendre à mieux appréhender l'autre. Trois ans, c'est l'âge du développement de l'ego-égoïsme, comme disent les pédopsychiatres parce que, disent-ils, c'est l'âge où l'on doit commencer à se défendre et se construire une personnalité distincte, mais au prix de la négation d'autrui. L'arme de la parole, à la fois défensive et agressive, une fois annihilée, il ne reste plus à l'enfant qu'à utiliser ses autres sens, grâce auxquels la perception et la compréhension de son environnement lui seront facilités. A lui d'écouter, donc, mais aussi d'aussi d'observer, et, si je peux dire, de goûter, toucher, sentir, selon ses capacités, sa sensibilité... Comme vous, j'ai vite compris que lorsque retentit le signal, tous, en rang, on est invité à s'asseoir à une place, selon un ordre préétabli et rigoureux, qui se déroule selon une organisation que tous, des plus jeunes aux « vétérans », respectent - presque - scrupuleusement... Et là on se demande quel âge peuvent avoir les assistants qui ont un tablier différent. Notre curiosité ce1er soir n'aura pas cette réponse...à 3 ans après quelques tenues, on constate que divers éléments, constituent comme des échos de cette tension ternaire : le triple battement du maillet, la triple batterie, la marche d'entrée avec les 3 pas, les 3 épreuves, les trois voyages. Ce n'est qu'avec le temps si on est perceptif que l'on saisit pourquoi la Maçonnerie affectionne particulièrement ce nombre 3, tellement chargé de sens. On le retrouve partout, dans le rituel, 3 est justement le nombre offert aux Apprentis pour être médité pendant l'âge de leur grade. C'est donc tout particulièrement le nombre lié au premier degré. En associant les trois termes-clés de son lexique, sagesse, force, beauté, sa curiosité l'amènera à s'interroger sur les valeurs propres qui ont pu déterminer le choix de ce nombre. Figure dominante dont les récurrences intriguent, c'est le triangle qu'il faut essayer d'interpréter en premier. Il est d'abord rappel de la permanence originelle de la maçonnerie comme artisanat opératif, comme chantier de construction face à vous Vénérable-Secrétaire-Orateur. Ce chiffre restera marquant et dans les deux cas, le nombre trois traduit ici, un équilibre, mais cette fois dans la répartition des fonctions de pouvoir je ne vais pas ce soir vous faire un tableau exhaustif de notre expérience de cet age qui cadence toutes nos tenues au 1er degré. Il va être bientôt minuit. Le temps va changer dans un petit moment après l'extinction des 3 piliers. Le passage de la vie Maç\ va laisser place à la vie humaine à ce temps qui pour certains grignotent notre vie plus ou moins vite et en conclusion je dirai que l'on avance inexorablement sur un chemin et le temps qui passe, c'est une boite de pandore...tous les jours, à chaque heure on plonge les doigts dedans, c'est soit du miel soit du cambouis. On n'y échappe pas. Si on n'avance pas c'est qu'on est mort...je dirai aux apprentis qu'ils n'auront pas toujours trois ans et c'est tant mieux. C’est qu'ils auront progressé. Entre le midi de notre existence et son minuit c'est Vivre à chaque moment, avec la surprise de ce que l'on va découvrir à l'instant d'après. C'est comme une petite voix qui vient nous offrir le futur et qui nous dit : « voulez vous aller plus loin ? » Si on veut avancer dans la vie, on est obligés de répondre : éprouvez-moi ! La maçonnerie c'est comme la vie profane et vice-versa... Quoique l'on fasse dans notre existence, quelque soit notre situation, on sera éprouvé par les voyages de notre destin.

J'ai dit,

G\ O\

Source : www.ledifice.net

Le symbolisme, outil de connaissance

17 Juillet 2015 , Rédigé par H\ D\ Publié dans #Planches

Il y a essentiellement deux chemins dans la vie : le premier est de suivre son Ego, son Moi, avec ses désirs changeants, ses passions, ses colères, ses haines et ses envies. Chemin ordinaire et simple, mais bien peu attrayant… L’alternative en est Notre chemin vers la Lumière. La question se pose alors : quelles sont les voies qui peuvent nous amener à cette Lumière ? Et qu’est cette « Lumière » ? Voilà comment j’ai compris et abordé mon travail de ce soir. Le titre de ce travail m’a immédiatement fait revenir dans le cabinet de réflexion : « ici tout est symbole » ! Puis lors de l’ouverture : « Mes Frères, puisque la loge est dûment couverte, et que tous les assistants sont apprentis Francs-maçons, entrons dans les voies qui nous sont tracées… » Quelles sont ces voies, et où mènent-elles ? Ne seraient-ce pas les voies du symbolisme qui amènent à la connaissance ? Il nous faut tout d’abord distinguer la connaissance du savoir : Le Savoir est donné par la démarche scientifique. D’après Platon, « Savoir, c’est mesurer ». En effet, la science, c'est l'organisation des apparences en un système de lois, lois qui s'expriment le plus souvent dans un langage mathématique, physique, chimique. Ce savoir réduit la qualité à la quantité, l'être à l'objet, et opère par démonstration rationnelle et expérimentation systématique. La connaissance, et notamment la connaissance de soi-même, est tout autre chose… Je mettrais d’un coté « savoir, raison, liberté » de Pythagore et de l’autre « connaissance, symbole, amour », de Hermès. Mais sans forcement les opposer… ! Pour se connaître soi-même, il faut commencer par défaire ce que l’on croit être, se mettre en morceaux élémentaires, se déconstruire. Puis, une fois les pièces éparses, tenter une reconstruction de soi par le rassemblement de ces pièces, mais en suivant un plan que l’on a perdu avec la mort d’Hiram, avec en sa possession seulement un plan substitué. Ce plan se substitue au plan originel, tracé par le GADLU, et qui contient la Connaissance princeps, et c’est là, toute la gageure et la difficulté de l’opération : rebâtir son propre édifice en harmonie, sans indication préalable, sans le plan de l’Architecte. Mais alors comment faire ? C’est justement à travers les symboles que l’on va progressivement s’approcher du plan, s’approcher de la Connaissance. La Franc-maçonnerie se définit comme une « Institution d'initiation spirituelle aux moyens de symboles ». Les Francs-Maçons en général, et les Francs-Maçons de la Grande Loge de France en particulier, sont attachés à l'étude et à la pratique du symbolisme. Plus particulièrement, le REAA est un rite initiatique et traditionnel. Initiatique car c’est par le travail intérieur à l’aide des symboles qui le constitue, que l’on atteint la connaissance.
Le REAA comporte 33 grades. A chaque grade correspond un degré de connaissance, car le chemin est long et labyrinthique. Dédale aurait-il pu changer de plan, s’élever vers les cieux, le centre de son cercle atteint, s’il n’avait pas parcouru l’ensemble de son labyrinthe ? S’il n’avait pas franchi les étapes de connaissance qui sont symbolisées par nos 30 premiers grades… Mais ce lent cheminement vers la connaissance utilise également le support de la tradition : René Guénon dit : « la Tradition ne fait qu’un avec la connaissance… La Tradition implique une communion des âmes qui sentent, pensent, se comportent, vivent en fonction d’un même idéal ; la Tradition est la transmission vivante ». Il s’agit bien de créer grâce au REAA un espace et un temps différent de notre vie profane pour nous permettre d’accéder à la communication symbolique avec le Divin, vers notre propre spiritualité. Coupé ainsi de l’espace et du temps profane, on va pouvoir, grâce au contenu du Rite, c’est-à-dire à tout le symbolisme qui en fait son âme, à son insu et petit-à-petit, se mettre en marche vers la voie que l’on a choisie de notre propre et libre volonté. Le rite, c’est donc bien cet outil de notre propre construction. C’est bien notre propre temple intérieur que nous devons construire, par l’accès à la connaissance de nous-mêmes. Le symbolisme est l’instrument, l’outil qui va permettre au Franc-maçon d'accéder à certains ordres de la réalité, qui permet une autre approche de l’Univers mais surtout de l'homme et de l'Etre en général. Le symbolisme répond ainsi parfaitement à l'appel ontologique. Tout symbole possède deux parties, comme le sunbolon grec, dont les deux parties forment l’unité lorsqu’elles sont jointes. Deux parties dans le symbole, deux aspects, qui se rencontrent dans le même objet : l'aspect concret, visible, perceptible ; ce compas que je vois, cette équerre que je touche, situés dans un espace et dans un temps, c’est le « signifiant » ; et l'aspect invisible, ineffable ; ce que je ne peux ni voir, ni toucher ; ce à quoi renvoient ce compas et cette équerre, c’est le « signifié », c'est-à-dire la signification ou les significations que peuvent prendre pour une conscience le compas et l'équerre, ou tout autre objet. Car la portée concrète du symbole peut renvoyer à une pluralité de significations. Le symbolisme est dans le Rite, il EST le rite ! Si le Rite c’est le plan, la méthode c’est la boite-à outils…, alors les outils eux-mêmes ne sont rien moins d’autre que les symboles qui nous environnent et qui sont partout autour de nous. Lors de notre première entrée dans le Temple, notre « initiation » (mais étions nous à ce moment-là réellement « initiés » ?), tout nous a été donné : La boite-à-outils (le Rite) et les outils eux-mêmes (les Symboles). Il nous reste à appréhender ces outils (à les prendre en main), à apprendre leur usage, ce qui nous permettra de nous « déconstruire » pour ensuite nous « reconstruire », pour espérer un jour devenir Parfait Initié. Ce qui fait la diversité et la richesse de notre Ordre et en particulier le REAA c’est la densité et l’universalisme de ses symboles et de ses enseignements qui ne mettent aucune limite à la recherche de la Lumière, ce qui en fait une voie Royale. Lorsque le maçon aura parcouru la spirale des symboles qui conduisent au centre du Labyrinthe, il atteindra la Lumière, la Connaissance ultime. Il sera alors parfait initié, il aura atteint le centre de son cercle. Nous avons, au troisième degré, un symbolisme fort, celui de la Mort. Symbolisme à la fois du passage et de l’épreuve grâce à laquelle on accède à une condition différente par l’identification au défunt Maître, modèle à transposer en soi. Nous savons aussi que les mauvais compagnons qui étaient également en nous-mêmes ont été éliminés. Enfin ! Éliminés peut-être pas. Endormis au tréfonds de nous-mêmes, tapis au plus profond de nous-mêmes. Cette mort constitue une purification et une révélation initiatique, comme on peut la retrouver dans le Mythe d’Osiris. C’est une étape majeure vers la Connaissance, vers la Rectification fondamentale. Mais alors pourquoi utiliser des symboles, plutôt que des mots ? Parce que « l’essentiel est invisible pour les yeux, et indicible par les mots ». Et nous revenons à la dualité savoir/connaissance : Le savoir est transmissible, par des mots et des formules, l’Universitaire que je suis est bien placé pour le savoir… Qu’en est-il de la connaissance ? Elle est par essence intransmissible. Mais c’est l’enseignement initiatique, au travers de l’emploi du symbolisme, des mythes et des légendes qui est transmissible. Parce que celui qui peut parvenir à en pénétrer la signification, à s’approprier ce symbolisme, peut concevoir beaucoup plus que tout ce qu’il est susceptible d’exprimer directement par des mots. Le vrai sens du secret initiatique, c’est que la connaissance est incommunicable. D’où le concept de la Parole Perdue ? La connaissance symbolique peut donc nous donner accès à l'Etre. Le symbolisme est une langue qui permet la transcendance. Et c’est cette transcendance qui permet le passage du « Moi » au « Soi ». « Connais-toi toi-même ». C’est la connaissance analytique, psychanalytique ! Mais à quoi sert-elle ? Une réponse se trouve sur le fronton du Temple de Delphes : « …et tu connaitras l’Univers et les Dieux ! » Le symbole constitue alors le moyen unique de transmission de tout ce qui est inexprimable par la raison et qui constitue le domaine propre à l’initiation. Il reste au Maçon, par un travail personnel, à actualiser cette potentialité qui constitue le véritable secret initiatique. C’est le symbolisme qui permet de passer du Chaos à l’Ordre, comme l’Univers à son origine y est passé par l’acte du Grand Architecte de l’Univers. La recherche de la Connaissance princeps, c’est la recherche de l’Harmonie initiale, des lois d’attirance des contraires, d’équilibre, d’amour qui forment le rythme cosmique. C’est la « conversion du regard ». (1) Cette Connaissance est tapie au tréfonds de nous, elle repose à l’ombre de l’acacia, elle est peut-être le seul but de notre chemin initiatique ! Le symbolisme donne sa véritable signification à l’œuvre du Grand Architecte, en devenant lui-même le symbole de la plus haute réalité et le moyen pour l’Initié de s’exhausser vers les hauteurs ultimes de l’Etre Parfait en devenir ! Rechercher ce qu’un symbole évoque dans notre âme, puis tenter de comprendre pourquoi nous ressentons ce qui a émergé : c’est le symbolisme. Engager une quête effectuée avec tous les outils que l’on possède : c’est l’ésotérisme. Bâtir en soi la sagesse, peiner vers une initiation toujours remise en cause, c’est œuvrer au chantier d’une cathédrale, d’un temple intérieur… C’est la recherche de l’Absolu, de la Connaissance. En point d’orgue, une citation attribuée à Pythagore : « Prends confiance, car divine d’origine est la race des mortels. A ceux qui savent éveiller ce qu’il y a de sacré dans leur âme, la nature montre toute chose ».

Bibliographie :

Symbolisme de la science sacrée : René Guénon
Spécificité du rite ancien et accepté : Jérôme Furfaro
Le symbolisme : Henri Tort (PIV #43, 1981)
15ème journée d’étude du sud-est « être maître pour transmettre »
De la porte basse à la porte étroite : Claude Guérillot et références incluses.

(1) Par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance.

Source : www.ledifice .net

Que cette lumière nous éclaire

15 Juillet 2015 , Rédigé par F\ K\ Publié dans #Planches

« Que cette lumière nous éclaire ». Tel est le thème de notre réflexion de ce jour. Cette phrase nous l’avons entendu il y a à peine un quart d’heure. Mieux encore nous en sommes familiers puisque nous l’écoutons à toutes nos tenues et en prélude à chaque ouverture des travaux. C’est la phrase qui précède l’allumage des étoiles des trois piliers : Sagesse Force et Beauté, pour présider, soutenir et orner la construction de notre édifice. Dans cette invocation, l’adjectif démonstratif « cette » confirme que la lumière demandée lors de notre première entrée dans le Temple est bien définie. Elle est supposée être connue de nous tous ici présents pour l’avoir déjà reçue. La connaissons-nous réellement ? De toutes les façons nous en sommes les bénéficiaires comme l’indique le pronom personnel de la première personne du pluriel des deux genres « nous ». Quel autre sens donner à ce nous ? Toutes ces interrogations et bien d’autres que cette formule magique très usitée, continue de susciter en nous requièrent pour construire notre réflexion commune, la charpente suivante : Première partie : La nature de la lumière invoquée et les bénéficiaires. Deuxième partie : La raison d’être de cette lumière. Avant d’aborder ces deux axes, nous allons d’abord replacer la citation dans son contexte.

LA CITATION DANS SON CONTEXTE

Après s’être assuré que la Loge est dument couverte, que tous les assistants sont apprentis franc-maçon et juste avant que l’horloge cosmique ne sonne les douze coups du midi pour entrer dans les voies tracées, le Vénérable Maître s’adresse au Premier Surveillant : - «Frère Premier Surveillant, Qu’avons-nous demandez lors de notre première entrée dans le Temple ? » - Réponse : « la lumière Vénérable Maître » ; et le Vénérable Maître de poursuivre : « Que cette lumière nous éclaire ». C’est à partir de cette invocation que de la pénombre, le Temple s’illumine graduellement de l’Orient à l’Occident en passant par le Midi. La lumière, de plus en plus abondante, nous enveloppe progressivement au fur et à mesure que se conjuguent, s’activent et s’additionnent toutes les sources lumineuses, qu’elles soient d’ordre symbolique ou d’ordre matériel. Ainsi, les étoiles des trois piliers (les petites lumières), sont successivement rallumées par le Maître des Cérémonie, à partir de la flamme du Flambeau du Vénérable Maître (lumière éternelle) et sur instructions des trois qui dirigent la Loge. L’Orient, le Midi et l’Occident s’illuminent l’un après l’autre. A l’Orient le Soleil rayonne pour tout rendre visible. La lune plus apaisante éclaire de son côté. Est-ce faire l’amalgame que d’établir la similitude avec la création dans la Genèse : « Que la lumière soit et la lumière fut » ? De toutes les façons, l’illumination une fois complète, le Vénérable Maître consacre l’ouverture des travaux en ces termes : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple, Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière ». Quelle est donc cette lumière ? La question prend l’allure d’une charade lorsqu’à la clôture des travaux, le Vénérable Maître dit,: « Que la lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans ce Temple, mais qu’elle ne reste pas exposée aux regards des profanes ». Cette nouvelle invocation assortie de mise en garde nous amène à conclure que «la lumière » en question n’est pas destinée à tout le monde. Elle exclut les profanes et s’adresse seulement aux initiés qui avaient déjà juré par serment, de garder le secret. Par conséquent, lumière et secret sont ici indissociables ; ce qui justifie à notre égard, toutes les précautions de discrétion prises par le Vénérable Maître avant l’ouverture des travaux. Tous ces éléments qui s’enchaînent, aiguisent notre curiosité et nous poussent à en savoir plus sur la nature de la lumière en question et la qualité de ses bénéficiaires.

Première partie : NATURE DE LA LUMIERE INVOQUEE ET LES BENEFICIAIRES

Qu’entendons-nous par lumière ?

1.1. La Lumière

La lumière, Lux le point lumineux et Lumen le rayonnement qui en provient, est d’abord ce qui éclaire et qui rend les choses visibles. C‘est elle qui permet de voir clair, de lire et de savoir où on met les pieds. De plus, elle force à l’éveil et à la réflexion. Certains distinguent la lumière naturelle (la raison et l’expérience) de la lumière surnaturelle qui elle, relève des révélations. La première semble être subordonnée à la seconde. On peut donc passer du virtuel au réel. Ainsi, la lumière permet de déceler les nombreuses causes cachées ou tenues hors de la compréhension de l’homme ordinaire. Saint-Jean dans son prologue « Au commencement était la parole » nous révèle que l’espace autour de nous n’est pas vide et qu’il est peuplé d’entités lumineuses situées au-delà du monde sensible puisque « la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point perçue ». De son côté, Paul NAUDON souligne que dans la Genèse, il y a une distinction entre la Lumière créée par Dieu au premier jour et l’astre solaire crée seulement le quatrième jour. Il affirme que la lumière qui était au commencement, ne nous quitte jamais mais qu’elle a seulement besoin d’être activée et entretenue. La lumière se retrouve dans toutes les cultures et dans toutes les religions. Dans la tradition judéo-chrétienne, « Dieu est Lumière » et en lui point de ténèbres. De plus, « La vie était la lumière des hommes » rappelle l’Evangile pour qu’on en prenne conscience. DESCARTES dans sa formule : « Je pense donc je suis » estime que l’homme ne peut comprendre les choses que par la pensée, par la maturation mentale qui oriente son action ou son jugement. Dans ces conditions, c’est la lumière ou mieux le logos qui pense, qui parle, qui chante et qui crée. Qu’en est-il réellement en Franc-maçonnerie ?

1.2. Les lumières en Franc-maçonnerie

L’apprenti franc-maçon « ne sais ni lire ni écrire ». Aussi a-t-il besoin de lumière, pour apprendre à lire dans le vaste domaine de la pensée et à écrire par le biais de l’action qu’il pose. Dans cette perspective, la lumière devient un concept, un symbole, un objectif, un secret, la connaissance et le principe créateur. En FM\, il existe de nombreuses sources lumineuses dont l’inventaire est assez impressionnant au terme de l’ouverture des travaux. En effet, il y a les cinq lumières de la Loge (le VM, les deux Surveillants, l’Orateur et le Secrétaire), l’étoile sur le plateau du VM et les deux étoiles des deux surveillants, les lumières des trois piliers (Sagesse Force et Beauté), les trois grandes lumières (le Volume de la Loi sacrée, le Compas et l’Equerre), le chandelier à trois branches, la voûte étoilée, le soleil et la lune, le Delta lumineux, etc. Ces différentes lumières que l’apprenti reconnaît avoir vues lors de son initiation, sont toutes importantes, mais toutes ne se valent pas. Chacune des sources recèle d’éléments enrichissants à qui veut et peut les discerner. Ce qui nous fait dire que lors de l’initiation, les lumières matérielles (symbole, rythme, rite, légendes et proverbes) ouvrent les yeux du néophyte aux mystères.

1.3. La lumière de la science initiatique

« Cette » lumière est unique et assez spécifique. C’est elle qui fait du profane un initié et qui lui permet d’affronter victorieusement ses propres ténèbres. Elle est supposée transformer notre regard pour plus de lucidité, plus d’espérance et plus d’Amour, cette loi sacrée qui éveille et alimente en nous tous les germes divins. Pour la communiquer au Néophyte, le VM\ a requis de tous les frères une forte concentration. La lumière symbolique de l’initiation fait donc des autres sources lumineuses, des leitmotivs, des accessoires ou des contributions nécessaires. Elle permet de lier ce qui est sensible à ce qui est intuitif. Elle est sans doute la conjugaison ou la somme des différentes lumières évoquées plus haut car, « tout ce qui monte converge ». On peut ainsi l’assimiler à la sagesse, à l’intelligence, à connaissance, à la conscience, à la foi dans la liberté et le progrès. « Cette lumière est le principe unificateur de toute dualité ». Elle nous permet de nous réconcilier avec nous-mêmes et de fondre notre raison avec la raison universelle. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, On peut toujours continuer à s’interroger sur la nature matérielle de la lumière. Ce qui importe dans ces conditions, c’est de savoir pour qui cette lumière est utile. Naturellement, c’est pour notre « moi » intérieur, la part la plus authentique de notre être qui « ose penser seul » pour démêler le vrai du faux, aidé en cela par les symboles en sa présence et par la parole qui éclaire le monde. Dans cette perspective, la lumière c’est la capacité de voir clair, c’est le regard sincère sur les choses. Comment donc bâtir cette capacité ? Cette question nous permet de revenir aux bénéficiaires.

1.4. Les bénéficiaires
Le « nous » collectif du Vénérable Maître, désigne la loge et ses composants que sont surtout les initiés, tous assimilés aux fils de la lumière car chacun est une lumière en soi. Ce « nous », rappelle que naturellement il n’ya pas d’apprenti sans Loge. Aussi, tous les frères venant d’horizons divers, portent-ils en eux des génies, des particules de lumière qui sont fructueuses pour les uns et pour les autres en termes de différences positives. Chacun représente donc une source lumineuse à laquelle pourrait s’abreuver l’autre dans une ambiance rayonnante et de fraternité où la vie spirituelle sera pleine et riche. Voilà comment le constructeur éclairé devient éclairant. Dans le rituel des travaux de table, la lumière apparaît aux apprentis ; elle éclaire les compagnons et elle illumine les maîtres. C’est pourquoi lorsqu’un Maître vous instruit, il vous éclaire car selon Oswald WIRTH, « l’homme pleinement éclairé, qui a réussi à se saturer de lumière, devient à son tour un foyer lumineux. Il rayonne et il éclaire les autres ». Il peut donc les influencer par ses pensées et ses sentiments et ses actes. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, Voir la lumière est une chose. Savoir d’où elle vient en est une autre et comprendre en quoi elle est essentielle est encore autre chose. Nous allons donc aborder la deuxième partie de notre exposé.

Deuxième partie LA RAISON D’ÊTRE DE CETTE LUMIERE

Il nous souviendra qu’à la question : - Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir FM ? L’apprenti répond : - Parce que je suis dans l’obscurité et que j’ai désiré la lumière. Nous avons tous désiré la lumière à cause de l’obscurité qui nous environne. En effet, nous sommes tous à des degrés divers, dominés par nos passions et livrés à l’égoïsme étant tous des hommes de pouvoir, de domination et de passion. Nous avons souvent tendance à nous offrir au désordre qui caractérise notre société profane que nous qualifions de non civilisée. Il faut reconnaître que l’Être humain est limité dans ses perceptions tout comme dans ses raisonnements. Ces limites l’amènent souvent à nier l’évidence plus précisément ce qu’il ne voit pas de ses yeux. Saint Thomas en est l’exemple patent. Seule la lumière peut l’aider à sortir de son ignorance. Une fois reçu apprenti, il nous faut en cette qualité, retrouver notre lucidité, devenir plus conscients des causes de nos motivations afin d’apporter les changements bénéfiques qui s’imposent donc sortir de notre sommeil et de l’inconscience pour devenir éveillés. Tout dépend de notre état de conscience. Il faut alors ouvrir tout grands les yeux, se regarder dans le miroir, faire tomber son propre masque et donc les rideaux d’occultation pour se dégager ainsi de toute illusion. Pour ce faire, il ya lieu de sortir de tous les conditionnements extérieurs pour s’introduire dans sa propre source lumineuse. Comment y parvenir ? Par le travail et rien d’autre que par le travail sur soi-même. Travailler avec volonté et force que préfigure le maillet, avec droiture en s’inspirant de l’équerre symbole de la Loi morale (signe d’équité et de rectitude) et avec mesure comme le rappelle la règle. Maintenant que nous avons librement reçu cette lumière tant convoitée, il n’est plus question de s’en départir mais plutôt d’y recourir permanemment car, « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ». C’est ce qui donne tout son sens à l’invocation soumise à notre réflexion ce jour.

2.1. La connaissance de soi

« Se construire dans la relation à l’autre, percevoir la plénitude de la beauté, penser et agir pour construire » justifie la raison d’être du Franc-maçon\ constamment éclairé. C’est en recevant la lumière que l’Apprenti commence à se découvrir, à ne plus se cacher la vérité et à chercher l’ennemie en lui-même face au miroir, plutôt que de continuer à rejeter tous les torts sur les autres. Son orgueil et sa fierté s’en trouvent quelque peu ébranlés et il commence à cultiver les vertus de la mesure. Il se fraie ainsi le chemin vers l’Amour, la beauté et la fraternité. La lumière qui est désormais au centre de notre démarche initiatique, véhicule une dimension de la spiritualité. La Loge Ecossaise est en quête de la lumière et de la vérité. C’est pour cette raison que le « fils de la lumière » doit recourir à cette précieuse conquête liée à son initiation et créer les conditions requises pour en bénéficier pleinement. Le manuel d’instruction au premier degré nous enseigne que « La lumière n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Tant que l’illusion et les préjugés nous aveuglent, l’obscurité règne en nous et nous rend insensibles à la splendeur du vrai ». La lumière est donc nécessaire mais pas suffisante et se mérite par un dur et constant labeur. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades, degrés et qualités, Il n’y a pas d’initiation sans connaissance et sans méthode de transmission. La connaissance est le fondement même de l’éthique car c’est quand on\ sait que l’on devient moral. Seule une analyse responsable en toute liberté peut y conduire. En termes de méthode, l’initiation se fait par des rites. Ici, tout est symbole et la voie initiatique est basée sur l’étude des symboles. Elle s’exprime par des symboles et s’identifie à un moyen spirituel dont le support est la technique opérative et spéculative. La méthode symbolique devient alors l’outil de connaissance de soi si bien que l’ensemble des symboles contenus dans le rituel de la F\M\, constitue un tout dont il faut explorer les richesses. De par sa nature, chaque symbole sensible se révèle un langage particulièrement riche et toute attitude à son égard requiert de la lucidité, de la clairvoyance pour une analyse plus objective et plus sereine. En présence des deux principes du bien et du mal, il faut constamment mettre de l’ordre dans ses pensées et dans ses sentiments pour ne réagir qu’en projetant de la lumière. Si tu veux savoir, écoute et médite conseille-t-on à l’apprenti. Mais, pour écouter il faut d’abord se taire. L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement alors que celui qui médite vit dans l’obscurité et a seulement besoin de la lumière. La méthode symbolique procède par la méditation, l’imagination, la pérégrination et l’amplification. Ceci requiert l’observation, le raisonnement en un mot le savoir. C’est d’un travail de compréhension du rituel et d’interprétation des symboles qu’il s’agit. Un engagement volontaire qui est devenu un devoir. Ce parcours et cette progression individuelle bénéficient de l’apport du Groupe qui favorise en son sein, l’échange qui est source de progrès. C’est pourquoi si la méthode symbolique peut se pratiquer en solitaire, elle est naturellement plus efficace si on y introduit le dialogue. Pour preuve, l’Apprenti ne sait ni lire ni écrire. Il a besoin de son frère pour l’éclairer. Ce dernier lui donne la première lettre pour l’aiguiller et l’amener à donner la seconde ainsi de suite. C’est donc la lumière à travers l’esprit qui pense, qui parle, qui échange, qui chante et qui crée. En conclusion, la lumière est requise aussi bien pour chaque frère que pour la Loge toute entière, car comment chacun pourrait-il être initié sans une LOGE, sans un RITUEL, sans d’autres frères donc sans un idéal en l’occurrence la FRATERNITE sans cesse à parfaire et que tout les FM ont à privilégier dans ce centre d’Union qui les anime. La lumière symbolise aussi la durée de la vertu et la persistance de l’intelligence. Pour des êtres de raison que nous sommes, cette illumination est nécessaire dans l’explication philosophique du monde, de la vie, de son moi, de ses actions et de son éthique face aux valeurs maçonniques. Saint-Jean, dans son prologue, nous apprend que le verbe était la lumière des hommes. C’est donc pour cause que le mot lumière revient constamment dans les différents textes issus du rituel et ce, du début jusqu’à la fin de nos travaux. Notre rite affirme que la lumière est. Il s’agit « d’une lumière » différente « des lumières », de connaissances à la fois objectives et subjectives avec son aspect spirituel, qui viennent de nous à partir de notre mental. C’est le point de départ. Si le voyage est le principe de l’initiation, la lumière est son fondement. Il n’est donc pas étonnant que des frères prennent en charge et guident des frères vers la lumière. A chaque tenue nous devons avoir la force de descendre en nous-mêmes (VITRIOL) et l’humilité de nous remettre en question pour réussir à faire mourir en nous le vieil homme afin de renaître à une vie nouvelle. Ce sera le point d’arrivée. Pour réussir, il faut être en condition de recevoir la lumière en de dépouillant de tout ce qui lui est réfractaire en l’occurrence les métaux à laisser à la porte du Temple. C’est à cette condition que nous irons en homme libre, à la rencontre de la lumière qui nous permettra de percer les mystères de la vie. Cette lumière qui nous éclaire de l’intérieur, n’est-ce pas finalement l’étincelle divine que chacun de nous porte en lui mais qu’il ne perçoit que confusément et que l’initiation aide à ranimer ? De toutes les façons, cette lumière permet le passage du monde profane au monde sacré. Elle est au dessus du savoir car c’est elle qui apporte le savoir. Elle appartient à un domaine séparé, à un lieu sûr et sacré donc inviolable. Cependant l’être éclairé devient un exemple par sa droiture, sa rectitude et sa singularité. La lumière n’est donc pas la vérité mais le chemin vers la vérité. QUE CETTE LUMIERE NOUS ECLAIRE. Vénérable Maître, Très Respectables Frères et vous tous mes Frères en vos grades et qualités, Elevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la lumière.

F\ K\

Source : www.ledifice.net

J’ai dit

5 Juillet 2015 , Rédigé par W\ L\ Publié dans #Planches

Le hasard mais au fait existe-t-il vraiment (cela pourrait être un très bon sujet de planche). Donc ce hasard a voulu que lors de notre tenu du 21 mars (tenue quelque peu mouvementé) notre frère Gérald qui avait en charge de présenter les 5 minutes de symbolisme traditionnel de la loge est choisit comme sujet « j’ai dit ». Quelle ne fus pas ma surprise de constater que j’avais choisit le même sujet comme thème de ma planche que j’avais prévu de vous lire pour le troisième trimestre. Les grands esprits se rencontrent à ta coutume de dire. Gérald vous a servit les amuse gueule et moi je vous livre le plat de résistance. Mon frère 2ème surveillant et moi avons eu les mêmes lectures et références ce qui expliquera quelques répétitions. En effet n’ayant pas fait un grand parcourt scolaire, j’ai parfois besoins d’avoir un peu d’aide et de matière pour mettre dans un écris compréhensible toutes les idées qui m’agite. J’y peu y puiser une source d’inspiration mais certainement pas une planche dans l’intégralité. On peut y prendre quelques idées par ci par là ou quelques formulations, mais c’est tout. Le vrai travail vient du cœur et c’est le seul qui a de la valeur. Le travail que je vais vous lire donc ce soir à pour thème une formulation que nous employons tous s’en vraiment nous rendre compte de sa signification et de son implication. C’est souvent ces toutes petites choses qui font toute la différence et qui donnent un sens à ce que nous faisons ou nous disons. Et cette formulation est « j’ai dit ». Oui, « J’ai dit », et je pourrais des à présent m’arrêter la dans lecture de ma planche. Ce « j’ai dit » affirmatif et péremptoire ne supporte aucune autre circonvolution dialectique. En Asie du sud est je ne me souviens plus quelle peuplade. A pour habitude à chaque fois que quelqu’un prend la parole de ponctuer son discourt de claquement de mains comme pour donner plus de poids à sont discourt et pour être sur de garder l’attention de l’assemblé. Nous autres en Loge n’en sommes pas là, mais il existe une certaine similitude quant au résultat. Ces trois petits mots que nous employons tous pour finir une planche ou une intervention et cela quelque soit notre grade ou fonction au sein d’une Loge, ne sont pourtant pas si anodins. Ce « j’ai dit » est le miroir de notre personnalité, de nos attentes et aspirations. Il est une émanation de notre être. Comme des petites pierres blanches que nous semons derrière nous comme le petit Poucet. Sans lui nos planches seraient comme des coquilles vides et sans âmes, impersonnel et froides. Ce j’ai dit c’est la vie, c’est l’étincelle de lumière dans les ténèbres « et les ténèbres ne l’on point saisit ». Que nous soyons Maître avec toutes nos années et notre expérience maçonnique derrière nous et qui peuvent donc fort de cela nous conférer une certaine légitimité qu’en nous affirmons ce « j’ai dit » ou alors tous simplement être un jeune initié qui du haut de sa jeune vie maçonnique peut lui aussi employer cette affirmation, nous fait nous retrouver tous égaux avec et par ces simples mots. Nous sommes un peu comme les indiens peaux rouges d’Amérique qui terminaient leurs phrases d’un « Hugh ». Ce « J’ai dit » marque une action accomplie dont elle est la ponctuation finale et elle lui donne par le fait une forme à caractère solennel. Ce JE donc MOI, Ai Dit, au passé composé du verbe dire. Donc c’est déjà du passé. Et il est composé de toutes mes émotions et mes pensées. C’est plus que du passé simple, je dirai même que c’est du passé recomposé. Je l’ai Dit, impossible de faire machine arrière, je l’ai dit et cela a été entendu. Ma responsabilité a donc bien été engagée. Le fait de s’exprimer à la première personne du singulier en disant JE c’est s’impliquer directement, c’est affirmer que l’on est responsable de ces propos. Ce n’est ni le ON ou le NOUS bien commode et qui n’impliquent pas directement la personne et qui lui permet de s’abriter derrière un anonymat de façade. Notre frère Gérald l’a dit, le passé composé utilisé qui en plus d’exprimer une action révolu et irréversible induit aussi une volonté de progression, de perfectibilité par le temps employé et on c’est tous que le temps peut améliorer les choses et nous aider à prendre du recul et à analyser les évènements. Il veut dire aussi que « dans le passé je me suis exprimé ainsi, mais je continue à réfléchir, à méditer pour poursuivre mon travail ». Le « J'ai dit » tourne une page pour en commencer une nouvelle ou rien n’est définitivement formalisé, mais demeure en perpétuelle élaboration et en constant devenir à l’image de l’esprit qui nous anime dans notre démarche en Franc-maçonnerie. Quand je me suis engagée sur ce chemin initiatique qu’est la Franc-maçonnerie, j’ai découvert les composantes d’un rite, le R\ E\ A\ A\ et avec lui les symboles, les gestes, les attitudes et…LES MOTS. Et notre travail maçonnique passe en premier lieu par des mots. Mais avons-nous toujours conscience du poids des mots ? Le Franc-maçon est depuis toujours homme de discourt, et la Loge, le lieu d’expression et de conservation de l’art de la rhétorique. Et la parole et le Verbe sont des outils que nous apprenons à maitriser. Comme le dit si bien le prologue de st Jean que nous récite le Frère Orateur en début de tenu. Mais si la parole est facile à maitriser le Verbe lui est difficile. Mais ceci est un autre propos qui pourrait être le sujet d’une autre planche. Pour en revenir à notre thème de ce soir. Lors de notre initiation, notre engagement est scellé par les mots que nous disons en réponse au serment formulé : « oui, je m’y engage » ou « oui, je le jure ». Par ces mots, j’ai pris de ma libre volonté la responsabilité de donner à ma vie un nouveau départ, de chercher par moi-même et en moi-même au travers des outils qui me sont donnés les axes de réflexion qui me permettent de mieux me comprendre, de mieux comprendre les individualités qui m’entourent, de voir ce qui ne se voit pas et ainsi d’œuvrer au perfectionnement du moi profond et dont le rayonnement tend vers l’humanité tel que le rappelle notre rituel par la phrase « pour que nous poursuivions au dehors l’œuvre commencée dans le Temple ». Par la suite, mon engagement se traduit par ma présence aux tenues, ma participation au travers de mes planches ou par mes prises de paroles à l’issue des travaux présentés par les autres Sœurs et Frères de l’atelier. Le « J’ai dit » comme je le disais plus haut, tourne une page pour en ouvrir une nouvelle où rien n’est définitivement scellé, mais demeure en construction et cela chaque fois qu’une sœur ou un frère demandent la parole pour apporter leur point de vue, leur expérience…en bref, leur pierre à l’édifice de la pensée en permanente évolution car dans le domaine de la pensée et de son expression, rien n’est figé contrairement à l’écrit. Dans ce temps d’expression et d’intervention, nous nous exprimons en utilisant nos capacités optimales en condensant et synthétisant notre pensée, en nous efforçant toujours d’aller à l’essentiel. Cette fin de l’intervention orale ponctuée du « j’ai dit » est accompagnée du signe pénal du degré et pour ce qui nous intéresse ce soir celui du 1er degré. Ce signe d’ordre nous rappel qu’il nous faut maitriser nos passions pour pouvoir traduire nos idées avec des mots qui ont un sens et qu’il est important de respecter afin que tous dans l’assemblée comprennent ce que nous disons. Or, la Franc-maçonnerie nous enseigne les techniques de la mise en œuvre des moyens d’expression de la pensée. Comment ? D’abord, par le silence au grade d’apprentie, symbole de germination et d’introspection. Un silence constructif qui nous oblige à l’observation, aux premiers questionnements et à la réflexion. Puis, compagnon et ensuite maître, la mise en œuvre de l’expression de la pensée passe par la prise de parole demandée et autorisée qui nous incite à bien poser notre idée pour l’exprimer. Car la parole est ambivalente : elle peut soit blesser, soit soulager. Cela me ramène au ciseau et au maillet qui, mal utilisés, peuvent abîmer l’œuvre en construction et mettre en péril l’édifice ainsi fragilisé. Grâce à cela je vais donc parler en faisant l’effort de me mettre à la portée de tous et toutes en n’ayant garde d’oublier que si un Apprenti n’est pas un Maître, un Maître reste un apprenti éternel. Et que l’un comme l’autre doivent toujours pouvoir se remettre en question de même que si la rigueur est de mise, l’indulgence envers les autres l’est aussi. Mais à peine ais-je dis que c’est déjà passé et que l’on est à présent dans le nouvel instant. J’ai dit et j’ai terminé mon discours. Mais, au fait l’a-t-on bien entendu et compris, car ne perdons pas de vue qu’il y a au moins 9 possibilités de s’entendre :

1° - Par ce que je pense.
2° - Ce que je veux dire.
3° - Ce que je crois dire.
4° - Ce que je dis réellement.
Ces quatre premiers points étant du ressort de ma responsabilité. Mais il y a aussi vous tous et :
5° - Ce que vous voulez entendre.
6° - Ce que vous entendez.
7° - Ce que vous croyez comprendre.
8° - Et ce que vous voulez comprendre.

Et il reste cette neuvième possibilité qui résume et englobe à elle seule toutes ces possibilités émises successivement : « Ce que vous comprenez » - ceci étant bien sûr du ressort de votre responsabilité.
Mais au fait, pourquoi ais-je parlé ? Pour faire comme les autres ? Pour attirer l’attention des Sœurs et Frères sur ma précieuse personne ? Pour faire étalage de mon érudition, de mon savoir et de mes connaissances ? Je sais mes Sœurs et Frères que cette façon de procéder n’est pas de mise dans notre atelier. J’ai dit tout simplement parce que la contribution que je vais apporter dans la discussion et les débats qui s’instaurent me semble avoir du sens. J’ai dit parce que je n’ai pas tout à fait compris l’intervention d’une Sœur ou d’un Frère et que je souhaiterai des précisions complémentaires ou j’ai dit pour apporter par exemple une référence livresque sur le sujet présenté car il est toujours intéressant de donner le maximum de précisions afin que ceux et celles qui désirent aller plus dans leur réflexion puisse consulter l’ouvrage cité s’ils le désirent. Et c’est à ce moment là, dans la quiétude de notre temple, entourés de toutes parts de Sœurs et de Frères fraternels, tolérants et ouverts que le débat et l’échange d’idées, d’arguments et de vues contradictoires sans aucune altercation, ni mésentente, polémique et ni critique s’échange et se développe harmonieusement au sein de notre loge. Chacun apportant sa pierre et chacun d’entre nous les triant et les sélectionnant pour se les approprier et en faire sa synthèse personnelle. Notre travail maçonnique est la déclinaison de notre recherche sur nous-mêmes. Pour moi, c’est là que se situe l’un des secrets de la Franc-maçonnerie. En effet comment expliquer ce qui est une recherche intérieure personnelle ? Notre quête perpétuelle vers cette étincelle que nous avons en nous. Cette lumière revient comme source d'éclairage, de rayonnement et comme un indicateur du chemin à suivre par l'initié pour rester sur la « voie juste » du franc-maçon. Ainsi, quand la lumière apparaît à l'initié que nous sommes, après notre passage de la nuit à la vie, ou de l'obscurité à la lumière du temple, c'est pour éclairer notre « voie » d'apprentissage, après notre naissance à la vie maçonnique. Il ne s'agit pas ici de la lumière que nous observons dans la vie profane, mais de celle que nous avons découverte après notre initiation, et qui nous permettra un travail véritable sur notre pierre et notre temple intérieure, pour nous maintenir dans la « voie juste » du bon maçon. La lumière n'éclaire l'esprit humain que lorsque plus rien ne s'oppose à son rayonnement. C'est tout le travail que nous devons effectuer chaque jour, de midi à minuit. Cependant, à l’aide des outils et du rituel, le devoir de l’initiée est de transmettre ce qu’elle a reçu de l’enseignement maçonnique et qui l’a conduite un peu plus en avant sur la voie de la Vérité et de la Connaissance. C’est un partage continu entre les Sœurs et les Frères symbolisé d’une façon physique par la Chaine d’Union. Comme je le disais au début de cette planche, « J’ai dit » peut symboliser l’alpha et l’oméga de ma pensée, de ma réflexion qui est suivie d’une ouverture vers un échange avec les Sœurs et Frères de la Loge. « J’ai dit » c’est en quelque sorte le couperet qui tombe à l’image de notre signe pénal quand la main retombe le long du corps après avoir tranché la gorge, canal du souffle et de la voix. Mais ce signe pénal nous permet aussi de réunir à nouveau le corps et l’esprit. Nous les avons séparé le temps de notre lecture mais il est temps après de les réunir à nouveau pour mettre en application nos paroles et nos actions. Ne serrais se que pour écrire car nous ne sommes pas encore des êtres de pures énergie qui ne communiquent que par la pensée. Chaque Sœurs et Frères de la Loge est invitée à apporter sa pierre, sa contribution à l’édifice en construction. Ainsi, de la somme des tous les « j’ai dit » émerge finalement un « nous avons dit » qui permettons d’élaborer un ensemble collectif, une œuvre commune où tous les « j’ai dit » trouverons leur point de convergence dans des lignes directrices cohérentes, résumées par les conclusions de notre Frères Orateur. Ce « j’ai dit » que nous employons est une affirmation de soi. Une réalité qui fait de nous des êtres vivant et que existe. Il n’y a qu’au sein de nos Loges que nous pouvons prendre conscience que nous sommes quelqu’un, que nous avons le pouvoir d’exprimer nos idées et nos opinions et tout cela avec l’écoute inconditionnel et bienveillante de nos Sœurs et de nos Frères. La Franc-maçonnerie à cela de magique de pouvoir permettre à quelqu’un de s’exprimer en tant que JE. Dans le monde profane, à moins d’être extravertie et sur de soi et de ses qualités d’Homme avec un H majuscule, le « j’ai dit » se transforme plutôt pour les autres qui sont plus introverties et réservé en timide « je pense » ou « je crois ». Nous sommes prisonniers dans ce monde profane du regard et du non écoute des autres. Car bien souvent on ne prend pas le temps d’écouter ce que la personne a à nous dire. Nous sommes des les premiers mots formulé, dans l’interprétation et la formulation de la réponse que nous voulons donner. Ce qui fait que nous arrêtons notre écoute et donc notre compréhension. Oui, grâce à ce j’ai dit que nous formulons en loge, nous allons au delà de nos limites et préjugés. Nous nous extériorisons. Et ce sentiment d’exister vraiment n’a pas de prix. Il nous grandit en faisant de nous un élément d’un tout et non plus une pièce isolé et perdu dans la multitude. J’ai dit et j’existe, je ne suis pas seul car ce j’ai dit est adressé à d’autre qui me reconnaisse comme interlocuteur. Pour moi ce j’ai dit est primordial, il me donne la sensation et l’impression de maitriser pour une fois quelque chose. Je ne subis plus, je suis acteur. Je ne suis plus le pantin désarticulé et manipulé par les fils de la vie. J’ai coupé mes liens, je me suis émancipé et libéré. Même si ce « j’ai dit » ne dure que le temps d’une planche ou d’une intervention, il a le mérite d’exister et d’être là. Il peut à force de le dire en Loge me permettre de le vivre aussi à l’extérieur du Temple. Ne plus être spectateur impuissant et inutile. Cela va plus loin que le traditionnel « Je pense donc je suis » et qui ne s’adresse qu’à soi. Le j’ai dit est lancé à la face du monde comme un crie, une supplique qui à cessé d’être muette. Ce j’ai dit me permet d’être encore vivant en ne sentant écouté et peut être compris. Il me fait me sentir moins seul, moins perdu et peut être me permettra t’il même d’espérée en un lendemain moins terne. Et peut être que avec beaucoup de temps et de travail, ce « j’ai dit » se transformera en « je dis » et même plu tard en « je dirais ». Pourquoi ce j’ai dit si fort et si définitif de nos Loge ne pourrait il pas l’être tout le temps dans notre vie profane.

J’ai dit que je ne veux plus douter.
J’ai dit que je ne veux plus avoir peur de perdre trop tôt ceux que j’aime.
J’ai dit que la vie est plus forte que la mort.
J’ai dit que l’amour vaincra de tout.
J’ai dit vouloir briser le sablier de ma vie pour que le vent de l’oublie disperse le sable du temps et me fondre dans le néant.

Mais voila ce j’ai dit n’est pas un sésame qui nous délivre de tous nos tourments. Ce j’ai dit nous aide pourtant à nous redresser et nous tenir droit face à l’adversité et au tumulte de la vie. Même si parfois nous plions et fléchissons sous ses coups de boutoir. Ce j’ai dit enraciné comme un roseau plie mais ne se rompt pas. Je suis tombé dans le piège du j’ai dit, cette affirmation de soi qui en même temps de me faire prendre conscience de ce que j’écrivais pour cette planche me faisais prendre conscience en même temps aussi de tout le reste et de mon ras le bol. Est-ce le hasard qui m’a fait choisir ce sujet de planche ou est ce prémédité par une force supérieur. Je ne serais y répondre, mais le fait est là. Cette planche je l’ai écrite en deux temps. Il y a un avant et un après, ce qui explique comme vous vous êtes certainement rendu compte de la différence de tournure de ce travail qui à pris un sens plus personnel. Un avant et un après une décision lourde de conséquence et idiotes, stupide et égoïste mais qui sur le moment présent semblait être la seule issue tellement j’étais noyé dans mes errances. Ce j’ai dit qui met l’accent sur le « JE » et donc sur le « Soi même » a mis en avant un moment d’égoïsme ou je n’ai pensé cas moi. J’ai oublié tous ceux que j’aime et qui m’aime. Je vous ais oublié, vous tous mes amis. Je vous ai abandonné sur le bord du chemin sans même me retourner pour vous dire au revoir. C’était idiot de ma part, je n’ai pas le monopole des problèmes et je ne suis pas le seul à trembler au risque de la perte trop prématuré d’un proche. Cette planche est aussi un exutoire dont vous êtes les spectateurs muets et attentifs. Je vous prends à témoins malgré vous et je le regrette. Mais si je le fais quand même c’est que vous n’êtes pas n’importe qui pour moi, vous êtes mes FRERES. Je sais que cela n’est pas une solution, mais pendant un moment, même si petit qu’il soi. Quand la décision est prise et que l’on franchie la limite, que l’on n’a plus peur, plus d’angoisse que plus rien ne peut vous atteindre, on est comme libéré de ses entraves. On ce réapproprie sa vie, on en redevient le maitre. Je l’ai dit, je l’ai fait, je suis libéré. Et Pour finir sur une note plus légère. Ce « j’ai dit » qui correspond donc bien à « un nous avons dit » s’apparente dans ce contexte spécifique bien précis à un « c’est ce que je suis » et donc « c’est ce que nous sommes ». Et je terminerai en citant une phrase d’un célèbre humoriste Franc-maçon dans son recueil « Les Pensées ». Je le cite : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir ».

J’ai dit.

Par W\ L\ GMLMI

Source : www.ledifice.net

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>