Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le comportement du Franc-maçon

Publié le par PVI N° 15

Le Profane. Vous avez bien voulu m'offrir l'occasion, monsieur, de vous poser quelques questions sur la Franc-maçonnerie en général et la Grande Loge de France en particulier ; car vous connaissez mon désir de me joindre à vous, mais vous savez aussi que je suis encore un peu hésitant. Je me pose des questions auxquelles vous accepterez peut-être de répondre...

Le F\M\ Je vous connais depuis assez longtemps pour savoir que vous n'entendez nullement m'embarrasser par vos questions. J'apprécie votre honnêteté intellectuelle, votre souci d'atteindre les plus hautes valeurs morales. Discutons donc franchement, sur un pied d'égalité. Vous n'êtes pas sans connaître quels sont les problèmes que nous affrontons ; j'ai eu la preuve que vous les étudiez sans parti pris. Soyez certain que, de mon côté, j'aborde cet entretien sans aucune arrière-pensée.

Le Profane. Je vous en remercie, monsieur. Voici donc une première question : vous n'admettez pas, parmi vous, des hommes qui ne soient déjà acquis aux idéaux de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. Un candidat qui rechercherait la Liberté à son seul profit personnel, qui nierait l'égalité fondamentale des êtres humains et qui ne pratiquerait pas dans sa vie quotidienne la fraternité ne serait pas accepté dans une Loge de Franc-maçon. Que recherchez-vous, ou que demandez-vous de plus ? Donnez-vous à ces idéaux un sens plus profond ?

Le F\M\ Les temps présents sont ainsi faits qu'ils rendent difficile, à celui qui ne possède pas les loisirs nécessaires, de prendre pleinement conscience des devoirs que lui imposent la Liberté, l'Egalité et la Fraternité en tant que règles de vie, en tant que bases de son comportement. L'Atelier maçonnique est, tout d'abord, un « milieu propice à l'exercice de vertus et de qualités que la vie quotidienne la vie profane a tendance à faire apparaître comme accessoires, voire secondaires. Avant d'accepter un candidat, nous cherchons donc à nous assurer qu'il saura bénéficier effectivement des possibilités d'approfondissement que son adhésion lui offrira.

Le Profane. Puis-je vous demander de préciser votre pensée...

Le F\M\ Entre la théorie qui apporte la justification de nos principes de base et la réalité qui trop souvent les méconnaît, il y a un fossé qu'il faut apprendre à combler. Il ne suffit pas à un homme d'être, lui-même, tolérant, égalitaire et fraternel, pour qu'aussitôt, son entourage le devienne également. Nous apprenons, plus que nous n'enseignons, comment passer du principe à son application, comment vaincre les obstacles qui s'y opposent et comment doser nos efforts dans ce sens.

Le Profane. Je comprends que cela paraît réalisable à l'intérieur d'un milieu comme celui de la Loge. Mais au dehors ? là où se mélangent intolérants et tolérants ? où ces derniers prédominent incontestablement ?

Le F\M\ Nous en sommes pleinement conscients. Nous nous efforçons de comprendre ce qui se passe dans le for intérieur de ceux qui n'ont pas atteint le palier qui est le nôtre. Nous ne fermons pas les yeux sur les difficultés nées de cette situation. Il nous faut trouver une méthode qui permette de conduire l'homme moyen en dernière analyse : tout homme quel qu'il soit vers un comportement qui réponde à nos conceptions. Ces conceptions sont d'ailleurs aussi les vôtres, j'en suis sûr.

Le Profane. Si je vous comprends bien, vous estimez qu'en réunissant les efforts des hommes de bonne volonté, on fait augmenter les chances d'une vie commune plus heureuse. Votre union fait votre force, n'est-ce pas ?

Le F\M\ A titre personnel, je fais les plus expresses réserves quant à l'adage qui veut que « l'union fait la force «. Ce serait absurde d'encourager, par exemple, l'union des malfaiteurs, l'union des faibles ne transforme pas ceux-ci en grands athlètes ; l'union de ceux qui professent les mêmes idées de domination ou de puissance n'est aucunement recommandable. Il faut donc préciser. Le renforcement purement quantitatif d'un ensemble d'hommes est loin de me satisfaire. J'opte plutôt pour la diversité des efforts humains ce qui n'implique nullement leur dispersion. En fait, la Loge est un endroit propice pour confronter les diversités et pour montrer qu'elles peuvent aboutir à des ensembles harmonieux, donc féconds et efficaces.

Le Profane. Est-ce à cela que servent vos méthodes d'enseignement par les symboles ?

Le F\M\ En effet. Encore faut-il les employer avec circonspection. Imaginez que, par exemple, le Feu soit pris pour symbole : ne permet-il pas aussi bien l'immolation et la destruction que la chaleur nourricière et l'éclairage des esprits ? A partir des mêmes symboles je vous citerai le svastika comme le plus connu, dans cette optique il est possible d'aboutir aux pires des intentions criminelles comme aux plus nobles des principes transformateurs. Le Franc-maçon doit dès lors apprendre à opérer un choix conscient entre les possibilités qui s'offrent pêle-mêle à son jugement, à son tempérament et à son emprise.

Le Profane. Le symbolisme conduirait-il alors à une technique de choisir plutôt qu'à un art de mieux comprendre ?

Le F\M\ L'un et l'autre, naturellement, selon le caractère et la formation de chaque Maçon. Ni nos candidats ni les plus chevronnés d'entre nous ne sont des hommes parfaits ou susceptibles de le devenir par leur participation à nos travaux. Chacun aujourd'hui plus que jamais a son domaine limité, celui où il est réellement fort de par ses connaissances ou son potentiel d'action ; il doit donc nécessairement pouvoir compter sur le concours de ses Frères pour accomplir ce qu'il se propose d'entreprendre. Une Loge je répète : aujourd'hui plus que jamais trouve une de ses raisons d'être dans la complémentarité de ses membres, et à un échelon plus élevé, chaque Loge ne doit son succès qu'à l'ensemble des autres Loges travaillant dans une seule et même direction. Je serais tenté de dire : c'est la diversité harmonieuse qui fait la force. Cela, vous ne pouvez guère le réaliser dans la vie profane, tout simplement parce que vous ne trouvez nulle part des structures d'accueil qui s'épauleraient réciproquement jusqu'à exclure toute divergence majeure.

Le Profane. Pourtant, la Maçonnerie est elle-même divisée, non seulement administrativement en Obédiences, comme vous dites, mais aussi conceptuellement, et votre désir d'universalité rencontre des difficultés ressemblant à celles du monde profane ?

Le F\M\ Vous avez raison ; c'est regrettable mais réfléchissons. Sans idée préconçue : nos divisions ne nous incitent-elles pas à approfondir encore plus les motifs de nos comportements respectifs, avec l'espoir de les surmonter tôt ou tard ?

Le Profane. C'est la version optimiste ; mais les pessimistes, les sceptiques, ceux qui vous critiquent le plus ne diront-ils pas que cela prouve tout simplement que vous non plus, tout Maçons initiés que vous êtes, n'arrivez pas à donner, au comportement des hommes, la tournure idéale que vous revendiquez comme caractérisant votre Ordre ?

Le F\M\ Je suis persuadé que vous-même, bien que n'appartenant pas à la Franc-maçonnerie, ne partagez pas cette opinion. Car vous savez très certainement que parallèlement à l'évolution d'ensemble de la pensée humaine, les lignes de démarcation entre les Obédiences à comportement différent se déplacent également et qu'ainsi, les objets de nos divergences se trouvent ramenés à des objets de diversité. Il ne tient qu'à nous de dissiper les malentendus qui peuvent avoir cours sur ce point : le jour où nos Obédiences voudront bien se dire complémentaires les unes des autres au lieu de réclamer leur prépondérance n'est peut-être pas éloigné.

Le Profane. Je pense aussi au fameux problème de la femme et de la Maçonnerie : croyez-vous qu'il soit possible, dans un avenir prévisible, de surmonter la thèse traditionnelle que la femme n'est pas initiable » et qu'à partir d'une conception nouvelle de son rôle, vous posséderez bien des organisations distinctes mais non exclusives ?

Le F\M\ N'auriez-vous pas des raisons personnelles pour me poser cette question tel que vous le faites ?

Le Profane. Oui, je le reconnais volontiers : je ne voudrais pas appartenir à un milieu comme vous dites où je ne pourrais pas, soit retrouver ma femme si j'en ai une, soit oublier l'élément féminin si j'en éprouve le besoin.

Le F\M\ Dans notre pays, fort heureusement, la solution de ce problème est bien plus avancée qu’ailleurs ; je me réjouis, au demeurant, que notre exemple commence à être largement suivi dans d'autres pays. En ce qui nous concerne, nous Francs-maçons de la Grande Loge de France, notre attitude favorable à l'existence d'une Maçonnerie féminine indépendante et de plein droit est connue ; elle remonte au début de ce siècle. Certains trouvent que nous devrions aller encore plus loin ; or nous pensons que faire plus serait faire trop. Nous suivons l'évolution de près et faisons ce que nous pouvons pour que parmi les femmes, le Maçonnisme progresse à sa cadence propre.

Le Profane. Cela me parait raisonnable. D'ailleurs, il en découle pour moi une autre question : selon vous, les motivations féminines pour adhérer à la Maçonnerie sont-elles les mêmes que celles des hommes ? Cherchez- vous les mêmes choses, les uns et les autres ? Vous y prenez-vous de la même manière ? Les mêmes valeurs ont-elles cours ici et là ? Et quelles sont ces valeurs ?

Le F\M\ Je vous félicite : en quelques mots, vous avez su aborder le cœur même de nos préoccupations. Rien ne prouve, évidemment, que quand il s'agit de donner un sens à la vie, celui-ci serait identique d'une Obédience à l'autre, de pays à pays, de sexe masculin à sexe féminin. L'échelle des valeurs peut être différente, ou les priorités peuvent se situer différemment. Le dernier mot ne sera jamais dit, et nous ne saurions envisager ni de près ni de loin une uniformité des motivations et des comportements. Or, dire cela ne suffit pas : ce serait purement négatif. Vous me demandez, au fond, une définition positive des valeurs autour desquelles se construisent les Maçonneries du monde entier, qu'elles soient composées d'hommes ou de femmes mais vous m'interrogez plus particulièrement sur les valeurs que respecte et cultive la Grande Loge de France en particulier. C'est bien cela, n'est-ce pas ?

Le Profane. Très exactement !

Le F\M\ Seriez-vous déçu si je vous réponds d'une façon personnelle au lieu de présenter, en quelque sorte, une thèse officielle ?

Le Profane. Je crois avoir saisi que même ce qu'on appelle une « autorité maçonnique » n'a pas le droit d'exprimer une vérité » dite officielle, car elle peut ne pas être partagée par tous les membres...

Le F\M\ Bravo Je vous donnerai donc mon point de vue, dont je sais d'ailleurs qu'il n'est pas en contradiction avec ce que pensent la plupart de mes Frères. Vous me demandiez quelles sont les valeurs que nous entendons prendre pour règles de conduite : selon moi, l'homme ne serait pas cet être avide de perfectionnement et capable de le réaliser s'il trouvait en face de lui des valeurs inattaquables, définitives, rigides. Chaque jour rogne un peu sur les valeurs du passé, chaque jour apporte une graine neuve à notre patrimoine. Il nous faut donc veiller à ce que l'héritage que nous tenons de nos ancêtres soit préservé des amputations néfastes et arbitraires, et aussi à ce que les apports nouveaux soient bénéfiques et durables. Voyez-vous, dans notre monde actuel, un endroit qui soit plus propice à cet effort que la Loge maçonnique ?

Le Profane Je n'en connais pas : du moins aucun endroit qui soit ouvert à tous sans préjugés et sans parti pris, sans considération de source ou d'autorité. Mais cette attitude est-elle partagée effectivement par tous les Maçons de la Grande Loge de France ?

Le F\M\ J'ose l'espérer. Mais je sais qu'il existera toujours des êtres humains qui échappent à la règle générale ou qui ne s'y conforment pas. Il s'en trouve parmi nous or, leur présence même est un stimulant supplémentaire pour nos réflexions, ils portent témoignage des résistances que nous devons surmonter et dessinent notre chemin par leur ombre plutôt que par la lumière dispensée. Nos sentiments de fraternité à leur égard, malgré toutes les divergences, ne sont nullement incompatibles avec le jugement que nous pouvons porter sur leurs opinions. Etre le Frère de celui qui pense comme vous, c'est facile ; le rester envers les autres est la pierre de touche de la valeur de nos principes.

PVI N° 15 : 1974

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

Debout mes Frères, face à l’Orient

Publié le par P.M

Avant d’aborder le sujet de ma planche, j’ai souhaité apporter quelques mots qui éclaireront peut-être la perception intime que j’ai de la présentation d’une planche en loge.
Pour moi, lire une planche en loge est un honneur, un privilège qu’il devrait être rare de recevoir. Une planche est un outil nouveau, un élévateur de conscience, un levier pour progresser. Si je ne fais pas de planche, si je ne travaille pas au grade où je suis, et ou j’étais, je régresse, je ne puis plus me situer. Une planche est un travail personnel, une attestation de ses progrès. Ni une leçon, ni un enseignement, ni une transmission de savoir. Elle ne vaut que par celui qui la présente et qui attend de ses frères le témoignage qu’elle leur a permis, à eux aussi, de progresser. Je fais ma planche, d’abord pour moi, et je l’offre en partage à mes frères. Seul mon parcours doit me préoccuper, humblement et sans orgueil. Je ne dois pas désirer briller parce que la parole m’a été donnée, bien au contraire. Seul compte le chemin parcouru, qui témoigne du travail accompli. Et pour moi, ce soir, mon travail a pour titre : Debout mes Frères, face à l’Orient.
Debout ? Se mettre debout, c’est assumer sa nature humaine, car seul l’homme peut se lever et se mouvoir ainsi. Lorsque l’homme se réveille, il se met debout. Debout, c’est l’attitude du courage, de la persévérance, de la volonté. Ne dit-on pas rester debout pour dire : digne, fier, honnête, vertueux, libre ! On doit rester debout dans la tempête, contre vents et marées. Et le VM nous ordonne: Debout mes Frères, face à l’orient ! » Avant de commencer les travaux, il faut que nous soyons tous prêts. Nous sommes tous FM, bien sûr. Mais surtout FM prêts à travailler ensemble, travailler de concert à écouter le la que le premier violon lance à l’orchestre afin que tous soient dans le même ton. Mes F, il faut que tous soient prêts, tous prêts à s’insérer dans l’égrégore à venir, égrégore qui nous porte plus haut et nous rend plus forts. L’égrégore pour être unis. Il s’agit de construire le temple, celui où se déroule la tenue, le vôtre, la nôtre. Combien d’attitudes, de positions différentes ! Les bras collés, croisés ; les jambes jointes ou écartées, les pieds parallèles ou en équerre. Sommes-nous prêts pour entrer dans le temple ? Se faire reconnaître, ce sera aussi prendre la position du FM, pieds joints et en équerre, la tête redressée, le bras à l’horizontale, le regard droit. La main sous la gorge. Lorsque les surveillants passent devant moi, je fais le geste qui réveille le F endormi. Je suis prêt, nous sommes tous prêts à entrer, à essayer de devenir de bons FM en participant à cette tenue, puis à toutes les autres, autant que nous pourrons, comme nous nous y sommes engagés par serment. Mes FF, debout, l’action est possible. Si le VM demande que les assistants, pas encore des FM attentifs, que les assistants donc soient debout, ce n’est certes pas un hasard. Que ferions-nous assis, ou même couchés ? Nous sommes maintenant debout face à l’orient pour avancer, rechercher, comme le rituel nous le propose un peu plus avant, rechercher les voies qui nous sont tracées. Ce n’est pas en spectateur qu’il nous sera possible d’aller vers le sacré et d’avancer vers le divin. Être debout, c’est joindre la terre au ciel, les pieds sur terre, la tête plus près des étoiles. Alors, Mes FF, mon F, debout, face à l’orient, la main sous la gorge, nous pensons, pour les oublier, aux métaux laissés à la porte du temple, tous ces tracas et les soucis qui ne doivent pas venir troubler notre marche vers plus de sérénité, plus de conscience, plus de grandeur. Se lever à cet instant, c’est commencer notre travail dans le temple. Ce travail ne peut se faire que si nous sommes réellement attentifs. Nous sommes ou nous nous efforçons maintenant d’être « en nous » au contraire d’ « être hors de soi » ou de « n’être pas nous même ». Petit à petit, nous prenons conscience de la nécessité de nous réunir, d’être dedans comme nous souhaitons être dehors, n’être plus plusieurs mais un, de rassembler en nous et dans le temple, ce qui est épars. On ne pourra plus dire, plus tard, de moi, de toi, de nous « cela ne lui ressemble pas » ou « ce n’était pas lui ». Et pourtant… Le geste est simple : lever la main droite à hauteur de la gorge, le bras à l’horizontale. A l’ordre. Le signe d’ordre, ordre personnel, signe fort, surtout à ce moment là. Il faut maintenir la position fermement car nos passions ne reculent pas si facilement. Nous essayons ainsi d’entrer dans le sacré avec le moins possible de passions. Passions au pluriel ! Nous sommes ici pour apprendre, pour aller au devant de nous-mêmes et comprendre notre nature. Nous ne sommes pas ici pour préparer une action, mais toutes les actions ; pas pour apprendre un mouvement mais connaître le mouvement ; pas pour un être mais l’Être. Nous ne sommes pas là pour être mais pour devenir. Pas là pour devenir Dieu ou des dieux mais pour savoir enfin comment il est advenu en nous car nous ne sommes pas des libertins irréligieux. Lorsque nous somme entrés dans le temple, nos esprits étaient encore très occupés, voire encombrés des intérêts profanes. Et pour peu que nous soyons distraits, quelques bavardages subsistent encore et souvent parmi ceux qui croient tout savoir du rituel et désireraient le subir ad minimum. Alors le V.·. M.·. nous transmet cet ordre solennel ponctué d’un coup de maillet.
« debout ! »
Nous nous levons tous, le silence entre en nous et dans le temple. C’est le premier mouvement homogène d’un groupe hétérogène. Le coup de maillet va propulser les 2 surveillants au centre de la loge, autour du pavé mosaïque, comme pour signifier que l’action commence ; qu’il faut maintenant avancer. Lorsque les assistants sont debout face à l’orient, ce sont les surveillants qui vont, par leur cheminement, signifier chacun leur rôle auprès des apprentis, apprentis que nous sommes tous. Les FF présents sur les colonnes sont, et le tuilage est là pour cela, des FM. Il ne s’agit donc pas de se faire littéralement reconnaître par les surveillants. Il s’agit bien sûr de se reconnaître soi-même, d’être conscient qu’il faut maintenant entrer dans le sacré, que le rituel nous y invite. A ce moment de l’ouverture de la loge, les FF présents sur les colonnes sont en route vers le sacré, ils ne sont pas encore dans le temple, dans leur temple. Ce temple que nous construisons individuellement mais ensembles. Solidaires et individuels, nous sommes les pierres à tailler et polir pour créer une construction harmonieuse. Lorsque le postulant que nous étions a frappé à la porte du temple, il a demandé qu’on lui fasse confiance. Il a demandé la lumière car un voile très épais lui couvrait les yeux. La maçonnerie n’a pas fait d’un homme ordinaire un FM. Elle a simplement estimé que cet homme pouvait devenir par son travail et son courage, un véritable FM. Ceux ici présents ne sont peut-être pas des sages, mais ils œuvrent dans cette direction et il est important pour cela de se faire reconnaître à sa place d’apprenti. Mes FF, il n’y a donc aucune ambiguïté : un maçon n’est pas celui qui appartient à une loge et paie ses capitations – même si cela est indispensable - mais celui qui se conduit et agit en FM, celui qui agit en frère dedans et hors du temple. Il trouve sa voie, celle qui lui est tracée et vers laquelle il tente de se diriger, avec l’aide de la loge et du VM qui lui dit :
« face à l’orient. »
Car c’est lorsque nous nous sommes orientés pour marcher vers la lumière en tous temps et en tous lieux que nous sommes devenus F.·.M.·. En se tournant face à l’orient, le FM doit se poser cette question : suis-je vraiment ce que je devrais être, suis-je un frère pour mes frères, un frère pour tous ? Ais-je bien respecté mes serments ? Tous mes serments ?
Le VM frappe un coup de maillet avant de dire « debout mes frères » pour nous dire « réveillez-vous, soyez attentifs, c’est le moment d’agir, de vous concentrer, de réaliser votre maçonnerie ». Le rituel nous appelle à une activité sacrée, révélatrice de la nature de l’homme. Cette connaissance a cheminé d’homme en homme, de siècle en siècle, comme elle chemine à l’intérieur de notre temple, à l’extérieur et à l’intérieur de chacun d’entre nous. Pas à pas, le rituel nous conduit au devoir de connaissance. La liberté est inconditionnelle de la connaissance. Aussi, dans sa rigueur, le rituel nous apporte cette liberté de penser, de s’élever, de comprendre. L’ordre dans le désordre. Ordo ab chao. Le cosmos s’invite à notre tenue, parmi nous, avec nous, à travers le rituel. Au contraire du langage qui mue, évolue et se transforme, le rituel reste immuable et nous permet de nous adapter. (adopter, une seule lettre différente, à méditer). Regarde mon F.·., écoute et regarde ce rituel, il est Toi, il est la vie, il est ton temple, Observes et retiens-le. Il t’aide à te construire, il t’aide à te comprendre, il t’aide à vivre, Comprends-le, toujours mieux, toujours plus, toujours différent comme toi tu changes. Sans jamais le dépasser, il sera ton guide. Pour cela, tu dois le vivre, le ressentir, le faire tien. Il est et sera comme ton sang, indispensable à la vie. Le rituel est un dialogue qui ouvre la voie vers la connaissance, un dialogue muet comme un livre réécrit à chaque instant. Le rituel maçonnique apporte à l’A.·. des moments justes qui lui ouvrent des portes nouvelles vers la découverte de son Être et vers la Connaissance. Nous comprenons ainsi le lien qui existe entre le corps physique et le corps spirituel. Le rituel nous aide à créer le lien entre notre corps et notre esprit.
Le vieil homme ne meurt pas, il s’efface au fur et à mesure que grandit l’être spirituel. C’est parce que le FM s’implique dans l’action du rituel qu’il se reconnaît comme maçon à part entière. Le surveillant peut alors informer le VM que tous les assistants ont rassemblé ce qui était épars, qu’ils se sont réunis, et qu’ils sont maintenant à leur place et à leur office. … et, fort justement, après avoir fait face à l’orient puis vécu le rituel d’ouverture, le VM nous dit « et que nos regards se tournent vers la lumière ». Regard des yeux, symbole du regard du cœur et de l’esprit. Voir la lumière ne saurait se résumer à fixer des yeux une quelconque ampoule même longue durée. Vivons la comme un symbole, traversons ses messages pour aller toujours plus haut, plus loin, en connaissance et en amour. L’orient est la source de la lumière. Debout face à l’orient, c’est regarder vers la lumière, vers le Delta rayonnant, le delta lumineux. C’est évidemment tourner le dos à l’occident. L'Occident correspond à l'automne, à la nuée, à l'eau dormante, au marais, à l’ombre naissante. Selon une légende bouddhiste, le bouddha Amitabha siège à l'ouest et il accueille l’âme des défunts, à l'ouest, après leur mort. Beaucoup de cérémonies se déroulent à ces dates, fin de l'hiver, fin de l'été, vers le 18 mars et vers le 20 septembre, quand le soleil se couche le plus à l'ouest. Orient-Occident : c'est la dualité de la vie et de la mort, de la contemplation et de l'action. Toutes les religions expriment une croyance envers l’orient et l’occident, source de vie et chemin vers la mort. Certains lieux de cultes s’ouvrent à l’orient, d’autres à l’occident, idéalisation possible de la croyance ou non à une vie éternelle, à une renaissance des corps ou de l’âme. Les rosaces de nos cathédrales s’illuminent au soleil couchant. Les pharaons se couchaient à l’occident, leur mort, pour se lever à l’orient, la vie. Il y a d'autres raisons à cette dualité, mais la première est que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Les voyages en Orient sont des quêtes de la lumière. Dans le Soufisme, l'Occident est relatif au corps et l'Orient à l'âme universelle ; l'Occident à l'exotérisme, à la littéralité, l'Orient à l'ésotérisme, à la science spirituelle; l'Occident à la matière, l'Orient à la forme.
Mes FF.·., rien ne peut exister sans son contraire dans le monde profane. Nous devons exister avec cette réalité et, dans le monde sacré, la dépasser, aller au-delà des apparences, du vécu, pour, à l’aide de notre démarche maçonnique, entrer dans les voies qui nous sont tracées. Elles ne sont ni blanches, ni noires, elles n’appartiennent pas à ce monde de rationalité profane. Toute chose existe avec son opposé et ne peut exister qu’avec lui, et l’homme n’échappe pas à cette fatalité. Il se trouve qu’il possède à la fois le bon et son contraire, que trop souvent le mal l’emporte, que le bien ne saurait rester seul, et qu’ainsi l’homme se trouve condamné à rechercher l’équilibre au-delà du mal. Le bien et le mal, contraires nécessaires l’un à l’autre, présents en loge en blanc et noir. Je dis l’homme, être humain homme ou femme. Car il ne faut pas opposer les sexes mais au contraire les vivre comme complémentaires, unis et différents, capables de créer un monde où les différences ne sont que richesse. Si l'Orient est souvent opposé à l'occident comme la spiritualité au matérialisme, la sagesse à l'agitation, la vie contemplative à la vie active, la métaphysique à la psychologie — ou à la logique — c'est en raison de tendances profondes très réelles, mais nullement exclusives. En faisant face à l’orient, l’assistant candidat FM, regarde le soleil et la lune, les deux opposés et complémentaires. Le soleil positif et agissant, la lune intuitive et féminine. Il tourne son regard vers le delta rayonnant, se positionne ainsi en recherche, en questions sur le monde et l’univers comme envers lui-même. Il se positionne ainsi face à son devenir et sa fin certaine. L’homme ne peut fuir sa destinée, il sait qu’il aura une fin et cette fin l’interroge. Debout, face à l’orient mes frères ! Vous ferez face, quoi que vous espériez, et devrez affronter l’insupportable. Le Delta devrait fournir au Maçon les moyens de remporter cette victoire sur lui-même. Encore lui faudra-t-il avancer dans le dédale des interprétations multiples auxquelles se prête ce symbole avec une extrême prudence, un discernement sûr, une logique impitoyable. Le concret se marie ici à l'abstrait... La moindre défaillance et nous nous égarons dans cet inconnu que nous frôlons à chaque instant de notre vie. Cet inconnu dont le mystère nous tente, mais dans lequel il ne nous est pas possible de nous aventurer sans nous exposer à perdre le contrôle de nous-mêmes et à prendre de décevants mirages pour la révélation de la Vérité ou tout simplement d’une vérité. Comme le papillon se brûle à la lampe qui l’attire. Traditionnellement, le Delta sacré est un symbole composé se présentant sous la forme d'un triangle au centre duquel apparaît un œil. Cette figure irradie des rayons comparables à ceux du soleil, qui s'étendent jusqu'au cercle de nuages qui entoure l'emblème de sa couronne. Le delta rayonnant m’interpelle comme le symbole de la FM, symbole de son universalité et qui, pour répondre à son rôle, ne doit pas ressembler un aréopage d’exégètes ou un symposium d’intellectuels et encore moins une rencontre de joyeux copains. Le voile qui me couvrait les yeux commence à s’estomper, tout comme celui qui couvrait votre regard. Nous pouvons mieux nous apercevoir que le symbolisme du temple n’est pas éloigné du monde profane, et qu’ainsi il sert à mettre en lumière l’activité humaine, à précipiter notre faculté de discernement de la nature humaine. Activité et nature humaines telles que nous les vivons. Le delta lumineux nous apparaît à cet instant comme le symbole d’un monde nouveau auquel nous voulons adhérer, ici et maintenant. Nous sommes alors dans le présent, et donc dans l’éternité que n’entame jamais le temps qui passe. Seul le présent est éternel, le passé n’est plus et le futur n’est pas, pas encore. Vivons ici et maintenant notre éternité humaine. Lorsque nous vivons une seconde d’intense émotion, un moment de bonheur ou d’extase extraordinaires, nous vivons cet instant comme éternel. Vivre ce moment sous la voute étoilée, c’est contempler l’infini de l’univers en un instant, c’est vivre en soi l’éternité au présent. Le Second surveillant : VM, tous les assistants de la colonne du septentrion sont AFM à leur place et à leur office, Le Premier surveillant : VM, tous les assistants qui décorent les colonnes du septentrion et du midi sont AFM à leur place et à leur office.
Le VM : il en est de même à l’orient. Nous sommes maintenant prêts car nous sommes entrés dans notre temple, chacun dans son rôle, officiers, maîtres, compagnons et apprentis, tous frères unis dans le même espoir, la même attention. Un F ne peut être que debout pour agir et faire face. J’arrive bientôt au terme de cette planche. C’est ma première planche de maître, avec les défauts qui vont avec. Elle ne manque ni de sincérité, ni de volonté, ni de travail. Je souhaite qu’elle vous fasse partager mon amour pour vous et pour ma loge, qu’elle vous ait fait part des doutes qui sont toujours les miens. Qu’importent les buts atteints et les étapes franchies. Seul compte, maintenant, le chemin à parcourir. Loin des désirs profanes, je veux devenir FM, être ce que je suis et poursuivre mon chemin. J’espère de mes Frères l’attention de l’Amour. Parler d’amour n’est pas chose aisée pour qui s’en défie depuis si longtemps. Alors, je fais le maximum pour y parvenir mais surtout, ayons les gestes plutôt que les intentions. Mais aussi, vous souvenez-vous, VM, de cette tenue d’installation à Bandol au début du mois d’octobre ? Beaucoup d’émotion et une harmonie ressentie par tous. Le VM nous a dit comme vous ce soir « debout mes FF, face à l’orient » alors que lui, assis dans sa chaise roulante eut été bien incapable de se lever. Mais nous avons tous ressenti combien debout il est, toujours, et F de toute de son âme. VM, Mes FF, je le sais, au moins ce soir, tous les assistants qui décorent les colonnes du midi et du septentrion, de même que ceux qui siègent à l’orient, sont apprentis FM, à leur place et à leur office, debout et face à l’orient. Et l’Orient est Éternel,
VM, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

Les dix étapes du Chevalier Rose-Croix

Publié le

Le titre de Chevalier Rose-Croix signifie : celui qui est prêt à travailler avec son cœur sur les traces du Christ. Ce qui ne demande pas nécessairement d’avoir atteint l’étape de Chevaliers Rose-Croix par Excellence ou encore de Sublime Prince Rose-Croix, mais plutôt d’être prêt pour marcher sur le chemin de ceux qui ont déjà ces degrés ultimes. Il y a différentes manières, de solides techniques pour approcher les situations de la vie quotidienne. C’est pour ainsi dire l’ouverture aux situations de la vie, sans conflit entre le monde physique, le monde émotionnel, le monde mental et le monde spirituel.
Quand vous vous abandonnez à cette « ouverture », entre le donneur et le receveur, il y a un espace où tout peut fonctionner de manière très souple, très doux, alors vous n’avez pas besoin d’être très concentrés d’une manière très stricte sur une seule chose, les choses arrivent avec une passion délibérée. Avant de s’entrainer sur le chemin du Chevalier Rose-Croix, nous devons d’abord être familiers avec les valeurs du Christianisme. Cela ne signifie pas que nous devions avoir un esprit dogmatique, mais que notre esprit ne doit pas être sauvage, chaotique, il a besoin d’être dompté, il a besoin de suivre une éthique, il doit être discipliné, par le développement de vertus morales, intellectuelles et spirituelles. Avec ces pratiques, nous créons un modèle de fonctionnement pour notre corps et notre esprit, un modèle de vie, à travers lequel tout fonctionne harmonieusement. C’est seulement par le développement des vertus du Christianisme que notre esprit est prêt à prendre la voie du Chevaliers Rose-Croix. Prendre la voie du Christianisme, c’est reconnaitre la confusion de notre esprit et entamer une réorganisation, cheminer sur la voie du Chevaliers Rose-Croix c’est purifier les émotions, le mental et l’esprit par l’Amour et la Connaissance.
Le Chevaliers Rose-Croix ne regarde pas les émotions et la confusion comme un fumier que nous devons jeter mais au contraire comme un fumier qu’il faut transformer, afin qu’il devienne un véritable fertilisant pour enrichir notre jardin spirituel.

La Joie

La première étape pour un Chevalier Rose-Croix consiste à atteindre une joie ultime, celle qui provient du fait de pouvoir travailler avec les émotions, les sentiments et la confusion. Elle n’est pas ordinaire, ce n’est pas la joie de se sentir bien physiquement, ni pour des raisons matérielles, c’est une paix et un bonheur ultime. Ce n’est pas non plus le fait de se réjouir de quelque chose du passé ou du présent, c’est la paix intérieure de voir les choses avec plus de recul, de plus haut, de pouvoir superviser les événements, et d’être ainsi capable de voir les choses telles qu’elles sont réellement.
C’est la Joie qui permet de pouvoir appréhender les choses plus profondément, comme jamais on le fit auparavant où l’on condamnait le mauvais, la souffrance, et où l’on chérissait le bonheur. Lorsqu’on peut voir de plus haut les événements, on les regarde et l’on découvre qu’il y a autre chose au-delà de nos souffrances et de nos plaisirs habituels.
Généralement on s’attache au plaisir que l’on recherche et on repousse ce qui nous fait souffrir, on lutte contre la souffrance, et cette lutte nous conduit vers davantage de souffrance. Cependant à cause de cette lutte, nous parvenons tout de même à expérimenter un certain bonheur temporaire, éphémère, et ce changement nous fait souffrir encore plus, et nous luttons pour sauver ce bonheur et cette lutte nous apporte encore plus de souffrance. Ainsi nous sommes poussé à essayer la philosophie, la drogue, le yoga, la méditation et tout ceci semble nous guider vers une réponse évasive, pas définitive et nous luttons toujours plus, nous voulons toujours aller plus loin – « Qu’est-ce qui peut encore m’aider ? » – Il en est ainsi parce que nous ne voyons pas les aspects dénudés de nos deux polarités, nous luttons toujours plus et nous voulons trouver une philosophie dans cette lutte. C’est heureux de voir qu’au-delà de la dureté de la vie, du sérieux de la vie que nous menons, il y a quelque chose d’autre, un sens de l’humour est là, et ceci nous donne la paix, la joie ultime c’est la première étape du Chevalier Rose-Croix. Le sens de l’humour, ce n’est pas essayer d’être joyeux tout le temps, ni de faire rire, c’est le fait d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, sans en être choqué, le plaisir vient, la souffrance vient, nous les acceptons, nous n’en sommes pas choqué, il y a un sens de l’humour dans cette approche. L’opposé de ce sens de l’humour, c’est être comme un être sans vie, un être amer bouleversé par les affres de la vie. La joie contient la richesse, celle de l’ouverture, celle d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, les émotions, les sentiments, la confusion et non pas de les rejeter comme quelque chose de démoniaque, de maléfique. On est capable d’avoir une relation avec notre confusion quand on accepte notre confusion telle qu’est est, alors on est capable d’avoir une relation pacifique avec le monde extérieur.

La Générosité

La générosité est engendrée par la joie de travailler avec ses propres émotions et avec le monde extérieur. Ainsi, la générosité ultime est un moyen d’atteindre l’autre rive, celle qui n’est pas sur la même rive que la générosité ordinaire, que la générosité usuelle. Bien sûr, nous connaissons tous la générosité, beaucoup de gens sont généreux, mais il ne s’agit pas de la générosité ultime, celle qui est chère au Chevalier Rose-Croix. Ordinairement, quand nous voulons aider quelqu’un c’est parce que nous nous sentons dans une position supérieure à la sienne. Dans le cas de la générosité ultime il ne s’agit pas de regarder quelqu’un comme inférieur à vous. Notre approche ordinaire de la générosité sous-entend la supériorité et aussi le fait d’attendre quelque chose en retour de notre acte généreux; Par exemple, j’ai un ami qui passe huit jours à la maison, je fais tout pour lui et quand il s’en va, il ne me dit même pas merci; et j’attends qu’il me le dise. Ce n’est pas un acte de générosité ultime, c’est celui d’un être ordinaire, à l’esprit étroit, parce qu’on attend quelque chose en retour et en plus on regarde l’autre comme étant inférieur. Ceci est un obstacle à la générosité ultime. Quand nous rencontrons quelqu’un, nous disons « comment ça va ? » Et si on ne nous pose pas la même question en retour, nous sommes vexés. Ceci montre l’approche très drôle que nous avons de la vie. Nous ne faisons pas les choses du fond de notre cœur, l’esprit ouvert, nous n’apprécions pas l’autre, mais nous voulons qu’on nous apprécie. Dans le cas d’une relation entre un garçon et une fille, si on dit: « je t’aime », cela ne veut pas dire que vous l’aimez mais plutôt: « est-ce que tu m’aimes ? » et vous attendez la réponse. L’approche du Chevalier Rose-Croix ne va pas au-delà de « je t’aime » dans cet exemple. On ne va pas plus loin que le fait d’aimer. On apprécie quelqu’un et on le lui dit, c’est juste cela. On n’attend rien au-delà de ceci. C’est la vraie communication ultime. Il s’agit de ne rien attendre en retour d’un acte de générosité; de ne pas attendre que quelqu’un reconnaisse ce que l’on fait. Le Chevalier Rose-Croix n’attend rien de l’autre mais ne renonce jamais à agir. La générosité ultime, c’est aussi l’ouverture à soi-même et l’ouverture au monde extérieur, aux situations de la vie. Quand nous sommes ouverts à n’importe quelle situation de la vie, cette ouverture nous conduit spontanément à la générosité. Cela ne signifie pas qu’on essaye d’aider quelqu’un, mais plutôt qu’on est simplement ouvert à lui, près à traiter la situation telle qu’elle est, telle qu’elle le demande. Nous sommes prêts à faire ce qui doit être fait, quoi que ce soit. Les Chevaliers Rose-Croix sont ouverts à toutes les situations, quelles qu’elles soient, et c’est ça la vraie générosité. Ils n’ont pas de pensées discursives qui disent: « je dois aider celui-ci », « je dois faire cela », ce que nous faisons ordinairement.

La patience

La troisième étape c’est la patience. Elle vient de la générosité ultime qui est d’accepter les situations de la vie telles qu’elles sont. Ordinairement nous manquons de patience, nous pouvons être patients une fois, deux fois, mais la troisième fois, nous nous énervons. Dans notre travail, si nous sommes patients, alors le travail devient un plaisir. Mais en général peu importe le travail que nous devons faire, soit que nous le regardons d’une manière frénétique, alors ce travail prend toute la place dans nos vies et il nous épuise ou bien nous le regardons comme quelque chose qui nous révolte et nous devenons paresseux. La patience peut changer complètement notre approche de la vie. Elle peut prendre place n’importe où et dans toutes les sphères de notre quotidien.

L’énergie ou la tradition

Petit à petit, la patience ultime donne naissance à la quatrième étape dans la voie du Chevalier Rose-Croix qui est l’énergie ou la tradition. Nous naissons tous au milieu d’une culture, d’une idéologie particulière. C’est dans cet environnement que nous grandissons et que nous sommes entrainés à nous adapter aux traditions familiales. Suivre une tradition semble être une exigence difficile auquel nous sommes tous confrontés. Cependant, quoique nous fassions aujourd’hui ou demain, sera emprunté à cette tradition. Nous sommes programmés par notre tradition sociale ou familiale. Nous sommes tous réglés par notre culture, cette idéologie dans laquelle nous avons été élevés, il est alors très douloureux et très difficile d’aller au-delà. Et si nous ne sommes pas capables de casser, de rompre avec cette base culturelle que nous appelons « tradition », alors nous ne serons pas capables de marcher dans le chemin des Chevaliers Rose-Croix. Ceci parce qu’un Chevalier Rose-Croix n’essaie pas de s’adapter à une tradition particulière mais tout ce qu’il fait devient tradition. C’est une situation très ouverte. Ce qu’il fait devient sa tradition. La tradition des Chevaliers Rose-Croix, c’est de transformer ses émotions; colère, patience, haine et transformer ses paradigmes mentaux afin d’aller au-delà de ses traditions sociales et familiales c’est la source d’une riche tradition. Il y a un parfait exemple pour illustrer cette tradition, elle est reliée à l’énergie qui permet aux Chevaliers Rose-Croix de travailler avec tous les aspects émotionnels, intellectuels et spirituels de la vie. Cette énergie n’est pas celle que nous connaissons à un niveau ordinaire, car celle-ci est infatigable, l’énergie des Chevaliers Rose-Croix est infatigable. Maintenant, nous arrivons à l’étape suivante, « rester dans la conscience ». Cette conscience n’est pas celle que nous atteignons aux derniers stades du chemin (appelé conscience de la sagesse sans observateur), cependant c’est une conscience ultime ou il y a encore quelqu’un qui observe. Le Chevalier Rose-Croix est conscient des situations, de tout le développement des événements, au delà des notions dualistes, mais il y a toujours quelqu’un qui soutient cette conscience. Il y a toujours « quelqu’un » en nous qui regarde, qui observe. Quelqu’un qui est conscient de cette conscience ultime. Il faut un maintien de la conscience pareil à un diamant pour couper, trancher cet observateur et cela se fera dans les dernières étapes du Chevaliers Rose-Croix; cette faible conception d’observateur et de quelque chose à observer, sera tranché par le maintien de la conscience. Ces choses dont on parle maintenant ne doivent pas rester quelque chose de théorique, cela doit être expérimenté par chacun à sa propre manière et alors on comprend vraiment de quoi il s’agit. Ainsi nous arrivons à la sixième étape, c’est la Gnose, la connaissance ultime. La Gnose c’est la connaissance ultime qui sert à trancher. Il y a la patience, la discipline, la générosité, l’énergie, la conscience mais nous avons besoin de la connaissance ultime pour trancher (couper au travers) sinon l’action est incomplète. Son utilité, c’est de vous représenter clairement les situations telles qu’elles sont réellement. La connaissance ultime, la Gnose, transperce (tranche) l’observateur. Le Chevalier Rose-Croix jusqu’ici, travaille avec les émotions, l’intellect, le spirituel, les gens, les situations, avec lui-même mais il a toujours un certain « égo », celui qui fait ceci ou cela. Avec la Gnose il devient celui qui regarde « l’observateur », la conscience ultime tranche cet égo très subtil. Suivre un chemin spirituel, ce n’est pas quelque chose de simple ni de facile, on ne doit pas « sauter dedans », avec légèreté, naïvement, et cela demande un processus constant de « démasquage ». Le problème est le suivant : nous attendons toujours quelque chose de notre approche spirituelle ou pratique, même à un niveau spirituel. Nous voulons avoir une réponse pour tous nos problèmes. Cependant, il me semble plutôt que cela ne les résolve pas du tout et qu’au contraire, nous devions nous y engager davantage, nous plonger dedans. Alors nous sommes choqués, très choqués et nous devons bien convenir que ce n’est pas réellement ce que nous attendions: Un merveilleux « pouvoir mystique » qui pourrait résoudre tous nos problèmes. Nous disons souvent cela: « J’ai grand espoir dans cet enseignement » ou bien « j’avais un grand espoir de cet enseignement!… de ce maitre et pourtant il ne peut m’aider. »
Toutes les religions parlent d’amour, de mysticisme, de charité, de chants mystiques. Chez les Chevaliers Rose-Croix on parle aussi beaucoup du mal, le mal intérieur, la souffrance et ceci ne plait généralement à personne. Nous ne voulons pas le voir, nous ne voulons pas en entendre parler et nous voulons plutôt y échapper. Nous voulons trouver un nouveau chemin, loin de ce mal, afin de nous donner une « pause » loin de tous nos ennuis. Il existe une technique qui nous permette de nous débarrasser de ce mal. Mais ces attentes et ces fascinations semblent nous conduire vers davantage de luttes. Et nous aimerions bien faire de grandes célébrations avec de belles musiques, beaucoup de disciples, de la joie partout et des feux d’artifices, c’est ce que nous souhaitons de notre spiritualité.
Tous ce que nous recherchons c’est l’attitude mystique des Saints ou l’accomplissement des Bouddhas. C’est quelque chose que nous regardons comme un pouvoir mystique, magique. Nous développons une attitude très romantique vis à vis de cela. C’est tout à fait romantique d’imaginer devenir un Chevalier Rose-Croix. Mais c’est très désappointant de réaliser tout à coup, que c’est nous-mêmes qui devons le faire, en fait, que personne ne le fera pour nous à notre place. Désappointant parce que les choses n’arrivent pas ou ne sont pas comme nous le voudrions et en fait la vie est comme ça, nous devons la bâtir, nous y engager complètement, travailler avec ces choses là qui ne sont pas comme nous le voulons. Nous voulons toujours éviter la réalité des choses, les voir telles qu’elles sont, nous voulons ignorer le « matériel » que nous avons besoin de cultiver. Il y a quelque chose qui manque tout le temps, qui n’est pas juste, et ceci en dépit de notre important développement technologique, en dépit de notre solide base psychologique, à l’intérieur de nous-mêmes, il y a toujours un manque, une insatisfaction. Mais, même si nous nous trouvons dans de tristes situations, nous essayons toujours de l’ignorer, nous ne sommes pas encore prêts pour faire face à ce « quelque chose qui manque », pas prêts pour étudier la question à fond ou de très près, parce que c’est très douloureux. C’est quelque chose dont nous ne voulons pas parler, cela semble très sensible, très secret, et nous ne voulons pas l’exposer, le montrer. Il y a une sorte de compréhension universelle ou quelque chose doit être gardé secret, alors nous essayons toujours de le couvrir, en utilisant beaucoup de techniques, drogues, yoga, méditations, etc. En fait, nous avons peur de perdre ce secret, nous essayons toujours de le cacher. Nous avons peur d’être exposés, et nous avons peur de l’espace, de sa qualité spéciale, alors nous sommes toujours en train de couvrir ce fait. C’est comme si, nous avions peur de perdre notre identité, si nous devons nous montrer, nous dévoiler, nous exposer, nous deviendrions « personne ». On en revient toujours au même avec cette approche des choses; quoique nous fassions pour trouver une réponse et en cachant toujours le vrai problème, en étant très défensif, même si nous essayons de le résoudre de mille manières, nous en arrivons toujours au même point, devant la même énigme, la même question. Ceci parce que nous avons peur de l’ouverture, de nous ouvrir nous-mêmes aux enseignements, et aux situations de la vie, quelque soit l’école que nous rencontrions, l’enseignement que nous écoutions, nous l’interprétons toujours suivant notre propre version. Nous pouvons approcher la voie du Chevaliers Rose-Croix, mais avant que nous ayons vraiment établi une réelle relation avec elle, avant cela, nous avons déjà construit une préconception de cette approche
- « j’aimerais que cette voie soit de cette façon. »
- « je voudrais avoir ces réponses »
Alors si la voie est comme nous l’avons souhaité, si ce qu’elle enseigne correspond avec ce que nous attendons, ce que nous pensons, alors nous sommes heureux :
- « Oh ! La voie des Chevaliers Rose-Croix est bonne ! Je veux en faire partie ! Elle parle mon langage. » Donc nous l’avons pré-rencontré suivant notre propre version de ce que doit être une bonne école. En fait, nous n’avons pas de communication sincère, véritable, mais suivant notre propre version. C’est un grand problème, cela induit en erreur et égare beaucoup de disciples, ils se dirigent mal. Généralement, nous cherchions une tradition, une école ou un maitre très célèbre, par exemple un maître qui est très érudit ou a une école de grande renommée, avec un grand nombre d’adepte, et nous voulons en faire partie. Nous ne nous attachons pas à regarder l’essence mais les conditions de vie. C’est un très grand réconfort de prendre conscience, de savoir en fait, ou de se dire « je suis un disciple d’une grande école ou d’un maitre si célèbre ». D’une certaine manière, c’est une auto déception.
Une vraie communication n’est pas ainsi, ni non plus comme si vous alliez dans une église, ou dans un monastère, et que vous voyez une statue de Jésus ou une statue de Bouddha et vous la regardez comme quelque chose de très profond, de très haut, de très précieux… et puis c’est tout. Pas d’autre communication. Vous regardez la statue, vous êtes devant elle, sans plus, c’est tout. Il n’y a pas de réelle communication.
Nous mettons quelques fleurs, allumons quelques bougies et nous prions. Mais est-ce que cela résout vraiment notre problème ? Nous pouvons visiter milles églises, mille monastères mais chaque fois que nous y allons nous y trouvons toujours de problèmes. La solution, c’est que nous devons être ouverts. Ce n’est pas une question de célébrité de la voie mais celle de la possibilité d’ouverture que nous avons avec elle, combien de temps nous pouvons rester ouverts à elle ? Jusqu’à quel point intime de notre psychologie ? Et dans ce cas : si nous sommes ouverts, la voie s’ouvre à nous et l’enseignement est ouvert. C’est alors nous pouvons parler de réelle communication, de rencontre des esprits, nécessaire au cheminement du Chevaliers Rose-Croix. Habituellement, nous nous présentons toujours comme un étudiant ou un disciple de grande valeur. En fait, nous nous présentons d’une manière différente de ce que nous sommes réellement. Ce sont des choses qui arrivent à la plupart d’entre nous qui veulent suivre un chemin spirituel. Nous ne le faisons pas intentionnellement, bien sur, mais ce sont des pièges dans lesquels nous tombons malgré notre sentiment de vouloir faire de notre mieux. En fait, nous devons être désappointés, de plus en plus, jusqu’à ce que nous ayons perdu toute attente. Et ce désappointement doit nous conduire vers un lâcher prise totale. Nous devons nous voir tel que nous sommes et non pas tel que nous voudrions être. De la même façon, si nous voyons qui nous sommes, alors nous voyons les autres comme ils sont, comment ils sont exactement, alors l’humilité commence vraiment et peut se développer. Alors, nous commençons aussi à apprécier les qualités du Christ, exemple de celui qui s’est sacrifié pour nous, puis ses instructions, ses enseignements, puis nous aspirons à l’imiter. Graduellement, nous nous intégrons dans la voie du Chevaliers Rose-Croix en marchant sur les traces du Christ, celui qui est l’exemple de la transfiguration et dans ses enseignements à suivre, qui nous montre la voie.
Il est important dans la voie ultime du Chevalier Rose-Croix de poursuivre la quête seule, en solitaire. Il nous faut accepter d’être seuls, de travailler comme tel, comme des réfugiés, nous devons nous défaire de l’environnement familier que cultive notre égo.
Nous sommes de toute façon seuls, du moment où nous naissons jusqu’à celui de notre mort, nous sommes solitaires et la solitude est notre constante compagne. Nous sommes prêts à accepter toutes les difficultés, les plaisirs et les peines etc. Nous voulons y faire face nous-mêmes, nous ne voulons pas dépendre de la communauté des compagnons sur le chemin. Nous ne les suivrons pas, nous marcherons avec eux. Fondamentalement, nous sommes des êtres très seuls, très seuls et cette solitude nous accompagne tout le temps et au fur et à mesure, elle devient indépendance, ou individualité, unicité, sans dépendre de personne. La solitude doit être notre partenaire spirituelle; et cette solitude « de qualité » se développe et se transforme, elle devient le bouclier du Chevalier Rose-Croix, son blason, c’est l’esprit chevaleresque, l’esprit d’un guerrier. Nous devenons comme un prince solitaire et guerrier, courageux, sans peur. Nous risquons de devenir très romantiques avec cette idée, mais ce n’est pas nécessaire. Cette qualité du Chevalier solitaire nous rend capable de connaitre les émotions, de les affronter; les sentiments, la joie, la peine ou quoi que ce soit, nous n’en avons plus peur et nous pouvons y faire face et c’est là une des grandes qualités que doit développer le Chevalier Rose-Croix. En fait une définition de celui-ci peut-être; celui qui est suffisamment brave pour marcher sur le chemin du Christ, le chemin « de Renoncement et du Sacrifice ». Le chemin du Chevaliers Rose-Croix est décrit suivant différentes étapes, la suivante est reliée à la perfection des « moyens habiles ». Un environnement confus, un travail confus, une voie confuse sont opposés à la voie habile. Bien qu’un Chevalier Rose-Croix ait déjà développé la voie habile dès la première étape, on ne peut pas dire qu’à partir de la septième étape, elle devienne différente, mais depuis cette première étape, le Chevalier Rose-Croix était toujours « accompagné » d’un « surveillant », « celui qui regarde ». Cela signifie que le Chevalier Rose-Croix se sentait toujours satisfait de lui-même pour avoir accompli ceci ou cela, il y avait toujours dans ses actions une forme de matérialisme spirituel. Et à partir de la septième étape « les moyens habiles » sont complètement « les moyens habiles », tout à fait dépourvu de matérialisme spirituel.
Auparavant, il y avait toujours une forme de reconnaissance par le Chevalier Rose-Croix de ce qu’il faisait. Bien qu’il ait déjà les moyens habiles dans sa façon d’agir, dans sa façon d’approcher les situations de la vie, il y avait en même temps la reconnaissance de ses actions, une façon très subtile de prendre conscience que c’était lui qui agissait.
Mais cette voie habile, ces moyens habiles sont aussi là pour trancher ce matérialisme spirituel et ceci conduit à la compréhension de la huitième étape du chemin du Chevalier Rose-Croix. Celle-ci est reliée à la perfection appelée « prière » ou « prière de souhait » ou encore « pensée qui souhaite ». Puisqu’à ce stade là, le Chevalier Rose-Croix est déjà sur la voie de la « transfiguration » parce qu’il a tranché le matérialisme spirituel, puisqu’il pense aux êtres sensibles aussi bien qu’à lui-même, c’est à dire en ne faisant qu’un avec eux, cette prière de souhaits est une prière universelle. Nous disons toujours que la prière d’un Chevalier Rose-Croix est efficace, puissante, magnificente. Il ne prie pas pour lui-même parce qu’il est un avec les autres, il est avec tous les êtres sensibles, quand il prie, tous les êtres sensibles prient, c’est pourquoi la prière est universelle. Normalement, nous prions pour avoir un bon travail, une famille heureuse… nous avons une forme de prière très limitée. Nous souhaitons par exemple : « Puissè-je avoir ce même travail le plus longtemps possible ». Mais quand un Chevalier Rose-Croix prie, ce n’est pas d’une façon égocentrique et étroite, c’est universel, avec tous les êtres. Parce que la situation présente contient en potentiel les situations futures. Maintenant, nous arrivons à la neuvième étape « le pouvoir ». Ici « le pouvoir » n’est pas celui d’avoir des relations, une bonne place dans la société, dans l’administration, ce n’est pas d’avoir beaucoup d’influences pour obtenir ce qu’on désire. Le « pouvoir », c’est de n’avoir plus d’endroit ou aller, il ne reste rien à accomplir, à améliorer, c’est la libération, c’est le pouvoir. Il n’y a rien à conquérir, plus personne à conquérir, c’est comme « être en sécurité ». On est dans la sécurité plutôt qu’être en sécurité. Donc c’est le sens ultime de la liberté, la libération, le sens ultime du pouvoir, parce qu’on est en harmonie, en harmonie parfaite avec la situation qui nous entoure. Il n’y a aucun effort à fournir, aucun besoin de chercher la sécurité ou le confort pour soi-même, aucun effort, non plus, à faire pour aider les êtres. L’action elle-même est devenue « pouvoir ». Puisqu’il n’y a plus aucun objet de lutte mais seulement la sagesse, c’est la dixième et ultime étape du Chevalier Rose-Croix. La sagesse est de ne plus lutter, la non identification avec le Maitre, l’enseignement, le chemin, les résultats, etc.… Tout ne fait plus qu’un le Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix lui-même, est le chemin. Il n’y a plus pour lui de chemin en tant que chose excellente : tout ce qui se présente à lui est le chemin. Le Chevalier Rose-Croix est devenu le chemin, l’un et l’autre ne forment plus deux entités séparées ou différentes. Donc son action devient « l’action pure », elle devient ‘action de sacrifice du Christ », sa parole devient l’enseignement, le chemin, l’information. Donc, le Christ et le Chevalier Rose-Croix ne forment plus qu’une seule unité : lui-même. À partir de ce point précis démarre l’activité du Christ, on ne peut pas dire que l’action du Chevalier Rose-Croix s’arrête là mais plutôt que l’activité du Christ prend place ici. Et là, il se passe quelque chose d’étrange et d’intéressant, le Chevalier Rose-Croix était devenu jusque là, extraordinairement puissant et cependant, à partir de là, il perd son pouvoir parce qu’il est d’ores et déjà programmé dans l’imitation du Christ, en harmonie avec elle. Alors ces mouvements sont précis, solides, définis, tout ce qu’il dit est l’enseignement, chaque mot a un sens, une signification, un but, c’est une parole juste. C’est pourquoi certaines personnes disent que même après avoir atteint la transfiguration, les Chevaliers Rose-Croix doivent avoir un certain égo pour pouvoir enseigner. Mais comme je l’ai dit, le Chevalier Rose-Croix est devenu complètement un avec le Maitre, l’enseignement, le chemin etc.… Le Sublime Prince Rose-Croix n’a plus besoin de regarder à travers le filtre de l’égo, puisqu’il a été enlevé, alors il peut voir le monde, connaitre les situations parfaitement, de manière directe, nue, par conséquent la communication est nue, directe, de la même façon, et aux êtres ordinaires elle semble magique, mystique, puissante. Le Chevalier Rose-Croix est donc programmé pour devenir un Sublime Prince Rose-Croix, pas dans un sens conventionnel, mais ultime. Ainsi se termine le chemin du Chevalier Rose-Croix en dix étapes. Traditionnellement, pour commencer ce chemin on reçoit l’initiation de Chevalier Rose-Croix, on fait notre serment devant tous les autres Chevalier Rose-Croix, agenouillé derrière un autel sur lequel se trouve une bible ouverte à l’évangile de Saint-Jean. Ceci est fait devant des témoins qui se portent garants de notre engagement. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre ce serment du Chevalier Rose-Croix devant d’autres Chevaliers Rose-Croix. Mais cette initiation n’est qu’un germe déposé dans le cœur et dans l’esprit du Candidat, c’est l’initiation conventionnelle. S’il veut un jour porter le titre glorieux de Chevalier Rose-Croix ou encore de Sublime Prince Rose-Croix cette initiation doit devenir le moteur d’une Quête incessante d’ouverture à soi et aux autres, une quête d’Amour et de Connaissance.

Source : http://chevaliersrc.unblog.fr/category/reflexions/

Publié dans Planches

Partager cet article

La Cène

Publié le par P\ A\

Très Sage A……, et vous tous mes FF\ Chevalier Rose+Croix, pour ma première intervention à notre grade, Notre Très Sage, m'a proposé de faire une planche avec pour thème: « La Cène ». Quel défi pour un frère élevé dans la plus pure tradition judéo-chrétienne par sa famille et avec l’aide appuyée des Frères des Écoles Chrétiennes et ensuite des Jésuites et pour qui la Foi reste une valeur spirituelle essentielle dans sa vie, que de traiter dans cet illustre chapitre d’un symbole aussi « chrétien » que la Cène. Mais il est des chemins comme des hommes, souvent plein de paradoxe et de contradictions qui permettent, du moins je l’espère, de faire progresser les uns par la connaissance et le partage avec les autres, le tout dans l’Amour fraternel, car tel est notre loi. Tous les Chevaliers Rose-Croix au Rite Écossais Ancien et Accepté, connaissent la cérémonie de la cène qui se pratique ou devrait se pratiquer à la fin de chaque tenue. Tous les premiers rituels connus, dès le début des années 1760, en font déjà mention et la décrivent, pratiquement telle que nous la connaissons aujourd’hui.
La Cène :
Dans le manuscrit de la « Maçonnerie Adhonhiramite » de 1787, on trouve précisé que le 3eme point du Rose Croix est la Cène et se déroule toujours après un chapitre.
Lors de la réception d’un nouveau chevalier, le rituel de la cène, ou troisième point de sa réception, marque l’intégration d’un nouveau chevalier dans le cercle des anciens. Il est le plus souvent décrit ainsi : « Tous les chevaliers se rangent autour de la Table. Le TS fait face à l’Occident, les surveillants, ayant encadré le candidat entre eux, se placent en face du TS Quand le cercle est formé, le TS rompt le pain, en prend un morceau et le mange. Il passe ensuite le plateau à l’Orateur qui est à sa droite et dit : « Prenez et mangez ; donnez à ceux qui ont faim ». Le plateau passe successivement aux mains de tous les Chevaliers qui en prennent chacun un morceau. Quand le plateau revient au TS, il le pose sur la table. Il verse ensuite du vin dans le verre et en boit et le présente à l’Orateur en disant : » Prenez et buvez ; donnez à boire à ceux qui ont soif ». Le verre passe successivement aux mains de tous les chevaliers et lorsqu’il revient au TS, celui-ci le verse dans le réchaud le reste du vin. »
Irène Mainguy pense que « la pratique de la Cène » en chapitre tire son origine d’un enseignement caritatif tel que celui qui apparaît dans les proverbes 25 :21-22 et dans l’Épitre aux romains 12 :20 « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger, s’il a soif, donne lui à boire »
Notre rituel maçonnique a une autre traduction de la Cène :

Comme souvent, le rituel est la source de l'enseignement du Franc-maçon et à notre grade, celui du Chevalier Rose Croix. Les phrases prononcées par le Très Sage au moment de la Cène et le décor ont leur importance. Je vais tenter d'en capter le sens. Le Très Sage explique la suspension des travaux et la mission du Chevalier R+C est fixée : « répandre hors de notre Temple, notre message d'Amour de la Vérité et d'Amour de l'Humanité ». Les grandes lignes de notre Grade sont données. Notre mission : parler d'Amour, non pas d'amour charnel, mais d'Amour de la Vérité, qui est notre mission première en maçonnerie et aussi Amour de l'Humanité. Nous sommes ceux dont le travail est de répandre ces Amours. La Vérité, nous la cherchons en permanence, comme l'amélioration de l'humanité. Mais le mot Amour est mis en avant, ce qui démontre la passion, la sincérité, la profondeur avec laquelle nous devons travailler et je ne peux que constater que notre chapitre le démontre à chaque tenue….. Le Très Sage nous parle ensuite de la canne, baguette qui nous a été remise à chacun de nous pour la Cène. Il s'agit la d'un autre rappel de notre rôle dans la Franc-maçonnerie « elle doit servir dans vos voyages. Emblème de la vigilance, elle aussi le signe du commandement et du droit de l'exercer ». Si jusqu'à maintenant, nous devions répandre les vérités que nous avons acquises désormais, le Très sage nous explique que nous devons être vigilant : la définition de ce mot est intéressante « Qui veille avec beaucoup de soins ou de dévouement sur quelqu'un ou quelque chose. » et « Qui est exercé avec grand soin, avec une attention soutenue ». La vigilance, notre grade nous en parle pour la première fois. Cette canne est donc le symbole de celui qui a pour mission de voyager et de surveiller, d'être attentif à ce qui se passe. Et cela sous entendu en permanence. Le Très Sage explique aussi que nous avons tout pouvoir, que nous sommes ceux qui commandent. Nous ne commandons surement pas d'autres FF.°. au sens de hiérarchie, mais je crois, surtout, que nous détenons une certaine autorité morale avec les obligations qui vont avec, et que cela doit s'appliquer à chacun de nous. Notre chemin initiatique nous autorise à avoir une perception plus fine de ce qu'est la Franc-maçonnerie, et surtout, nous avons l'obligation de voyager et cette baguette, qui rappelle le bâton du Compagnon, pourrait nous donner du pouvoir, car symbole d'une fonction, mais aussi un moyen pratique de se faire reconnaître. « Mes FF.°. me reconnaissent comme tel » finalement, cette reconnaissance doit exister : à notre comportement, nos FF.°. doivent percevoir notre expérience, notre cheminement maçonnique. Le bâton du Chevalier R+C est surtout celui du pouvoir moral, plutôt celui du Sage qui peut répondre aux questions, celui qui est prêt à aider.. Quand nous voyageons aujourd'hui, et j'entends par voyage, voyage dans le monde maçonnique, autant que dans le monde profane, nous n'avons pas ce bâton. Mais ce symbole, comme les autres symboles, nous le détenons en nous, nous l'avons intégré, nous finissons par faire comme si nous l'avions en permanence. Le regard que nous devons porter sur notre mission est d'être vigilant. Pourquoi? Mais parce que tel est notre devoir à ce stade de notre chemin initiatique. Nous avons appris, nous avons plus ou moins assimilé. Le décantage de notre apprentissage nous permet d'avoir une vue plus élevée de ce que doit être le travail maçonnique. Notre situation actuelle de Chevalier R+C est de ne plus être en bas, de ne pas être encore en haut, mais d'être entre deux étages, si je peux dire. A la fois au dessus mais largement en dessous. Le signe et le contre signe, qui montre l'infiniment grand et l'infiniment petit, me semble confirmer notre position.

Mais continuons le rituel :

« Nous allons échanger nos accolades fraternelles et faire circuler le message de paix grâce au pain et au vin. Ainsi nous renforcerons d'avantage les liens qui nous unissent et notre amour fraternel en sera fortifié ». Le pain et le vin et nos accolades sont donc le ciment de notre action. Le rituel nous donne donc la force qui nous portera en dehors du temple : il s'agit, comme toute construction et comme nous l'avons appris depuis notre initiation, d'avoir des bases solides : ces bases sont celles des liens qui nous unissent, liens qui sont tout le cheminement que nous avons fait, pas forcément ensemble, mais dans nos temples et dans nos loges, à des dates différentes, mais toujours sur le même chemin initiatique. Nos liens sont prioritaires. Cela veut dire aussi, que sans cela, nous serions inefficaces. Sans nos bases, c'est à dire, sans tout ce que nous avons appris en loge, nous ne sommes rien, nous devons, nous avons l'obligation en plus être unis. L'Amour fraternel est une obligation et un vrai travail, c'est comme cela que je le ressens aujourd'hui.
Poursuivons le rituel :

« Prenez et manger et donnez à manger à ceux qui ont faim »
« Prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif »
Ces 2 phrases sont claires et sont pleine d'amour : elles rappellent la Cène d'origine, mais la, le message n'est pas de se souvenir du Christ, il donne et définit une de nos missions : donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif. Cette tache est vaste.
L'un des symboles du grade Chevalier Rose Croix est le pélican. Son choix a été de s'ouvrir le flan pour donner à ses petits son sang. Jésus, en offrant le vin qui symbolisait son sang et le pain qui symbolisait son corps, a-t-il la même volonté? Dans le rituel de la Cène, nous, chevalier R+C, nous ne le disons pas, mais ce message est sous entendu : nous sommes prêts à aller jusqu'au don de soi pour donner à manger et donner à boire à ceux qui sont dans le besoin. Ceci signifie que sommeille en nous un pélican et qu'il est prêt à s'éveiller à tout moment. Prêt au sacrifice de soi après avoir cherché l'Amour en suivant la trilogie de notre grade, Foi, Espérance et Charité. Mais lors de cette Cène, avant ces 2 phrases, un message est transmis à chacun des F.°. à charge qu'il revienne sans faute : il s'agit du mot de passe du grade : E….. et sa réponse P… P…. Pourquoi, dans la Cène, le mot de passe et sa réponse doivent-ils circuler? La Cène raconte l'histoire de Jésus et de son dernier repas. E….., en hébreu, signifie Dieu est avec nous. Nous francs- Maçons, en tant que Chevalier R+C, nous avons atteint la conscience de ce que nous sommes et que nous considérons avoir retrouvé la parole perdue. E……. est aussi le premier nom donné à Jésus par les bergers de Bethléem, car dans la prophétie d'Isaïe, il était annoncé que la mère enceinte donnerait ce prénom à son fils. P….P…… ou La Paix avec Vous ou en Vous, cette réponse, semble contenir ce que doit être le chevalier R+C : par le sens Dieu est avec nous, nous, Francs-Maçons, nous pouvons penser autre chose, comme Grand Architecte de L'Univers ou aussi comme Force Cosmique, ou Puissance au dessus de tout ou tout autre appellation qui indiquerait quelque chose de supérieur. Supérieur parce qu'à une autre échelle, celle de l'Univers. Le fait d'être conscient de ce que nous sommes et de ce que représentons à l'échelle de l'infiniment grand, est le signe du bon cheminement et de l'évolution nécessaire que tout homme, après avoir été initié et suivi le cheminement dans son temple intérieur, peut affirmer que l'univers, l'immensément grand est aussi dans l'infiniment petit. Et réciproquement. La conséquence : une forme de sérénité. Une vision du monde plus claire, vue d'un niveau un peu plus élevé que l'homme ordinaire. Un sens du devoir.

Continuons à lire le rituel :

Après le retour du mot de passe que le Gardien de la Tour a bien reçu venant des 2 côtés, le Très Sage dit « Que ce pain nous maintienne en force et santé! Que ce vin nous élève ! ». Le Très Sage émet alors ce qui ressemble à un vœux : que le pain nous maintienne en force et santé : la nourriture terrestre – ce qui représente, dans la Cène, le corps de Jésus, et cela afin de nous maintenir en force et en santé pour poursuivre notre mission. Le pain représente la matière. Le vin nous élève, le vin représente alors l'esprit. Dans la Cène, elle représente le sang du Christ. Cet esprit que nous récupérons en buvant ce vin, nous élève. Élévation spirituelle nécessaire aussi pour continuer notre mission. Nous retrouvons ici, à un autre niveau, l'équerre et le compas. La domination de l'esprit sur la matière. Mais jamais l'un sans l'autre. Une grande précision : c'est ce pain et ce vin là, ici pendant la Cène, à cette occasion, le pain et le vin que nous prenons ensemble. N'importe qui peut manger du pain et boire du vin chez lui. Nous Chevalier R+C, nous mangeons et buvons ensemble. Ceci contribue à nous unir et à maintenir entre nous le lien fort. Le symbole d'un acte commun et collectif de pensée et de deux actions, boire et manger, représente l'importance donnée à un travail maçonnique de chacun mais tous ensembles. « Et maintenant mes FF\, prenez et mangez et donnez à manger à ceux qui ont faim, prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif » Dans cette phrase, le Très Sage redit ce qu'il a déjà dit avant la circulation du mot de passe. S'agit-il d'une manière de commencer et de finir, ce qui veut dire que ce qui est important est ce qu'il y a entre les deux phrases ? Je remarque tout simplement que la demande du très Sage est de prendre et de manger d'abord et de donner à manger après et de prendre et de boire avant de donner à boire... Cela me rappelle qu'il faut d'abord travailler sur soi-même et la pierre brute avant de pouvoir prétendre transmettre quelques choses à d'autres. Les bases de notre temple intérieur doivent être solidement implantées. Faisons attention aux dernières paroles du Très Sage après avoir frappé les 7 coups avec sa canne : « Tout est consommé... Mes FF\, retirons-nous en Paix et souvenons nous que nous avons juré de propager toutes les vertus qui naissent de la Fraternité. » Tout est consommé.... : une phrase étonnante : à première écoute, j'ai envie de dire ben oui, nous avions faim en cette fin de matinée et il ne reste plus rien ! Mais le sens n'est pas celui-là. Jésus, sur la croix, l'aurait dit cette phrase et pour lui, cela annonçait la fin de sa mission sur terre. En allant sur la croix, il a terminé la dernière étape de sa mission, qui l'amène ou le ramène auprès de Dieu. Mais si tout est consommé, cela veut dire que ce que nous avons en nous, après cette Cène, après avoir rompu le pain , l'avoir mangé et bu le vin, que tout ce qui est en nous, constitue une intégration importante de la fin d'un événement. Ces 2 éléments forment ensemble le corps et l'esprit et, en nous rassasiant d'abord, indique que, si notre travail commence par nous-mêmes, nous sommes prêts, par la suite à aider les autres. Un peu de Aides toi et le ciel t'aidera? Non, notre travail a un sens, même si on comprend un but, mais je dirais un sens de fonctionnement. Depuis l'apprentissage jusqu'au grade de Chevalier Rose+Croix, le travail est fait sur nous-mêmes pour mieux le faire sur les autres. Un parallèle avec Jésus, qui a fait tout un cheminement pour partir de sa naissance jusqu'à sa mort, mais en laissant un message très fort et très riche. La Cène se termine par un rappel à notre serment de Chevalier R+C, toujours avec cette insistance sur la Fraternité qui est notre force et toutes les conséquences de cette Fraternité. En guise de conclusion de cette planche imparfaite, je dirais que la Cène est un symbole fondamental qui remonte à la plus ancienne antiquité, elle n’est certes pas l’apanage de la tradition chrétienne, le partage du pain et du vin se retrouve dans l’Agapé antique. Il faut voir dans la pratique de la Cène, un pacte d’union entre les frères Chevaliers Rose Croix et un encouragement à pratiquer une charité fraternelle active. Également, nous pouvons assimiler cette pratique à une chaine d’union beaucoup plus intense que celles des loges bleues, puisqu’il y a partage réel du pain et du vin. En fait cette pratique devrait être étendue à tout être humain, maçon ou non, ce qui permettrait d’entendre au dehors les nobles valeurs et l’ethnique maçonnique. Mais ne rêvons pas, il nous faut d’abord appliquer à nous-mêmes ces principes pour pouvoir être capables de les porter au dehors de nos temples. A la fin de la Cène, Jésus ne dit-il pas « A ceci, tous vous reconnaitront pour mes disciples, a cet amour que vous aurez les uns pour les autres (Jean 13 :35)
Alors notre chemin est encore long…

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

Les Colonnes J & B

Publié le par P\ P\

Je vais vous rendre compte, dans ma planche, de mes modestes recherches sur les 2 Colonnes ornant le Tapis de Loge au grade d'AA\ en particulier et décorant l’entrée du Temple Maçonnique en général. Tout d'abord pourquoi avoir choisi ces Colonnes plutôt qu'un autre élément du Tapis de Loge?
1 - parce qu’elles sont le premier symbole que nous rencontrons en pénétrant dans le
Temple ;
2 - parce qu'elles représentent la dualité régissant l’homme et le monde ;
3 - parce qu'elles nous préparent à la découverte du nombre 3.
Je vous propose le cheminement suivant:
1 - rappel et commentaires de la description biblique
2 - les Colonnes et la bipolarité
3 - les Colonnes et la Mer de bronze
4 - Colonnes et hindouisme
5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\
1 – Rappel et commentaires de la description biblique
Les Colonnes J\ & B\ sont mentionnées dans la Bible au 1er livre des Rois, chapitre 7, versets 13 à 22: « Verset 13 : Le roi Salomon avait fait venir de Tyr Hiram, ouvrier en airain, fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et d’un père tyrien ». Hiram est phénicien et est en contact avec la triade divine phénicienne Melqart, Astarté et Baal. Hiram connaît donc les magnifiques temples que son homonyme, le roi Hiram, a fait ériger en l’honneur de Melqart, Astarté et Baal. Melqart est la puissance tutélaire de la cité de Tyr et deux piliers ornent l’entrée du temple qui lui est consacré. « Verset 14 : Il était rempli de sagesse, d’intelligence et d’habileté pour faire toute espèce d’ouvrages en airain. Il se rendit donc auprès du roi Salomon et il exécuta tout le travail.» Hiram est un expert dans son domaine, c’est un « architecte ». « Verset 15 : Il fabriqua 2 colonnes d’airain ; la première avait 18 coudées de hauteur, et un cordon de 12 coudées mesurait la circonférence de la seconde. » Qu’est-ce qu’une colonne ? Le mot vient du latin columna et du grec columen, c’est ce qui s’élève, un soutien, un pilier. Les colonnes se retrouvent dans le totem des indiens d’Amérique et dans l’arbre de vie égyptien. Elles relient le haut et le bas. Elles sont un pont entre ciel et terre. L’airain est une appellation ancienne du bronze, un alliage de cuivre et d’étain ou d’argent. Si l’argent est communément associé à la Lune, la mythologie grecque associe l’étain à Jupiter, le roi des dieux et le cuivre à Vénus, déesse de l’amour. L’airain unit donc symboliquement des éléments complémentaires, la chaleur de Jupiter et le froid de la Lune, la vie extérieure et la vie intérieure, les mouvements ascendants et descendants, le principe Bois et le principe Eau de la tradition chinoise. Il est symbole d’incorruptibilité, d’immortalité et d’inflexible justice. « Verset 16 : Il fondit 2 chapiteaux d’airain pour les placer sur le sommet des colonnes : la hauteur d’un chapiteau était de 5 coudées, et la hauteur de l’autre était également de 5 coudées. » Une hauteur totale de 23 coudées pour chaque colonne et son chapiteau. 2 plus trois font 5, le chiffre de l’homme. 23 multipliés par 2 font 46. La valeur des lettres hébraïques composant le nom d’Adam donne aussi 46. L’inverse de 46, c’est 64 comme le nombre de cases du pavé mosaïque, comme la valeur des lettres hébraïques du mot Eden. « Verset 17 : Des treillis en forme de réseaux, des festons en forme de chaînettes décoraient les chapiteaux placés au sommet des colonnes ; il y avait 7 festons pour chacun des 2 chapiteaux. » 7 est le nombre parfait et symbole de l'abondance divine, il est aussi selon la Bible le nombre du châtiment, de la purification et de la pénitence. Il est aussi attribué à Satan qui s'efforce de copier Dieu, se faisant le singe de Dieu. Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (chapitre 13, verset 1) a sept têtes. 7 est également le symbole de vie éternelle chez les Égyptiens: il représente un cycle complet, une perfection dynamique. Pour nous, 7 MM :. Rendent la Loge juste et parfaite… « Verset 18 : Hiram fit passer autour de ces treillis deux rangées de grenades pour orner chacun des chapiteaux qui surmontaient les colonnes. » Pour Oswald Wirth, les grenades sont les signes de l’amitié parce que le rangement symétrique des graines fait songer à la famille maçonnique dont tous les membres sont harmonieusement reliés par l’esprit d’ordre et de fraternité. Dans la mythologie grecque, Perséphone mange le pépin de grenade comme Eve croque la pomme, c’est donc aussi le fruit défendu. « Verset 19 : Les chapiteaux qui surmontaient les colonnes, dans le portique, figuraient des lis de 4 coudées de hauteur. » Le lis est synonyme de blancheur, de pureté, d’innocence mais aurait aussi des vertus aphrodisiaques. Pour Angelo de Gubernatis, l’odeur du lis est un mélange de miel et de poivre. Dualité quand tu nous tiens… La forme toutefois rappelle le nombre 3. « Verset 20 : Les chapiteaux placés sur les 2 colonnes s’élevaient immédiatement au-dessus d’un renflement qui précédait les treillis ; 200 grenades disposées sur 2 rangs entouraient les 2 chapiteaux. » 200 correspond à la lettre hébraïque "resch", elle-même associée au 20ème arcane du Tarot: le Jugement, c'est-à-dire le bouleversement et l'antagonisme. « Verset 21 : Hiram dressa les colonnes dans le portique du temple. Il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. » On peut se poser la question de savoir par rapport à quel axe la Bible situe la droite et la gauche. D’est en ouest ou d’ouest en est ? La question ne semble pas avoir de réponse clairement tranchée, cela se traduit aujourd’hui par des emplacements des colonnes différents selon les rites. Ce qui semble sûr, par-contre, c’est que les colonnes soient placées à l’extérieur du temple de Salomon. Les dimensions du Temple mentionnées dans la chronique d’Ezéchiel – chapitre 41 combinées à deux rectangles solsticiaux et à un peu de trigonométrie permettent de calculer que les deux colonnes se trouvent à 1.4 coudée du mur frontal. Jakin vient de Jah Iachin, Jéhovah et signifie qu’il établisse, qu’il affermisse. La Colonne J :. symbolise le soufre, l’énergie expansive ; elle est masculine, rouge. Boaz signifie avec force, dans la force, en lui la force. La Colonne B :., c’est le mercure, la réceptivité, l’assimilation et la gestation ; elle est féminine, blanche ou noire. « Verset 22. Au sommet des colonnes était un ouvrage en forme de lis. Ainsi fut achevé le travail des colonnes »
2- les Colonnes et la bipolarité
La Colonne J\ s’identifie avec le soufre des alchimistes, elle symbolise le foyer générateur, l’énergie expansive qui, de l’intérieur, exerce son influence sur l’extérieur. Elle est donc masculine, elle éveille l’idée de lutte, d’action stabilisatrice. Le nom qu’elle porte signifie stabilité – fermeté ou encore « il établit, il fonde ». Mais, de même que le mercure s’oppose au soufre et le calme à l’impétuosité, la Colonne J\ se complète par la Colonne B\. Celle-ci signifie initiatiquement « en lui la force » ; force n’est pas ici synonyme de violence, elle évoque au contraire l’irrésistible puissance du travail persévérant que nul obstacle ne rebute, le travail sage et pondéré, qui est le seul que puissent apprécier et poursuivre avec fruit les maçons. La correspondance alchimique de B :. Est le mercure qui marque l’influence de l’extérieur sur l’intérieur. B\ est le symbole de la réceptivité passive, de l’assimilation, de la rectification et de la gestation, phénomènes qui précèdent la naissance de la Lumière et qui sont caractéristiques de la féminité. Celle-ci conserve et perpétue ce que la masculinité sème, établit ou fonde. J\ et B\ sont le complément l’une de l’autre et sont indissociablement liées ; elles font du terme « deux », du binaire, le principe fondamental, essentiel de l’existence du monde sensible et de la vie du genre humain. Elles correspondent aux antithèses suivantes : sujet-objet, agent-patient, actif-passif, positif-négatif, mâle-femelle, père-mère, donner-recevoir, agir-sentir, esprit-matière, soleil-lune, abstrait-concret. Les colonnes symboliques rappellent les obélisques couverts d’hiéroglyphes qui se dressaient devant les temples égyptiens. On les retrouve dans les deux tours du portail des cathédrales gothiques. Ce sont les colonnes d’Hercule qui marquent les limites entre lesquelles se déplacent l’esprit de l’homme. Le domaine de ce qui nous est connu a pour image le voile d’Isis, tendu entre les deux colonnes. Ce rideau nous dérobe la vue de la Réalité vraie, qui se renferme dans le mystère de l’Unité. Nous sommes là le jouet de Maya, la déesse de l’Illusion ; la Vérité soulève le voile de Maya dans la carte de tarot intitulée « le monde ». Pour se défaire de son influence, l’homme aspirant à la liberté ne doit accorder qu’une valeur relative aux entités antagonistes que nous imaginons. Le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal, le Beau et le Laid se rapportent à des extrêmes qui n’existent que dans notre esprit. Ce sont les bornes factices du monde qui nous est connu, nous sommes séduits par les reflets chatoyants du voile d’Isis. Ce voile suspendu entre les colonnes du Temple en masque l’entrée et doit être soulevé par le penseur qui veut y pénétrer. L’Initié, après avoir subi les épreuves et reçu la lumière, laisse ce voile derrière lui. Il se tient alors entre les deux colonnes, debout sur le pavé mosaïque, une autre représentation du binaire. Deux est le nombre de l’esprit, du discernement, qui procède par analyse en établissant des distinctions incessantes, sur lesquelles rien ne saurait se baser. L’esprit qui s’obstine à poursuivre dans cette direction se condamne à la stérilité du doute systématique, à l’opposition impuissante, à la contestation perpétuelle. Ce Binaire est celui de Méphistophélès, le contradicteur qui toujours nie. Le maçon sait conjurer le démon après l’avoir évoqué car l’Unité radicale ne se dédouble à ses yeux que pour se reconstituer trinitairement. Deux révèle Trois et le Ternaire n’est qu’un aspect plus intelligible de l’Unité.
3 – les Colonnes et la Mer de bronze
On considère souvent que J\ et B\ se suffisent à elle-même, qu’elles sont seules. En fait, elles sont complétées par un troisième élément à l’extérieur du temple.
Hiram réalise également la Mer de bronze, vasque contenant 40.000 litres d’eau pour les ablutions des prêtres. Il est intéressant de voir que cette vasque est soutenue par 12 bœufs, répartis en 4 groupes de 3, orientés vers les 4 points cardinaux. 12 est le nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait. Dans les civilisations judaïques et orientales antiques, il correspond à la plénitude, à l'achèvement et à l'intégralité d'une chose. Pour le psychanalyste René Allendy, il exprime l'idée que l'Univers forme un tout associé à l'idée de différenciation – c’est 10 + 2. 12 représente la manifestation de la Trinité aux quatre coins de l'horizon - 3 x 4, comme les 3 groupes de 4 bœufs. Mais est-ce que les bœufs de la Mer de bronze sont bien des bœufs ? Est-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’une résurgence du culte du Taureau, proscrit par Yahvé ? Salomon bâtit un temple à la gloire de l’Eternel, celui-là même qui a défendu à Moïse d’adorer des dieux de métal fondu (Exode 34, verset 17) et il fait reposer l’instrument de purification des prêtres sur le dieu Taureau ! Si la mer de bronze sert à purifier, à laver le corps, les Colonnes J\ et B\ ne servent-elles pas à purifier l’âme ? Ou bien ont-elles pour fonction de dissiper les perturbations cosmiques ? Quel est l’effet de leur bipolarité sur notre esprit, sur notre âme ?
Voilà quelques pistes que je me propose de suivre lors d’un prochain travail de dégrossissage de ma pierre brute.

4 – Colonnes et hindouisme
Le Temple de Salomon est divisé en 3 lieux essentiels en relation aussi bien avec le macrocosme ou monde cosmique qu’avec le microcosme ou monde individuel :
- Le Vestibule (Oulam), relié à la Terre et au corps humain, est inondé par la lumière du jour.
- Le Saint Lieu (Hikal), associé à l’Atmosphère et l’âme humaine, reçoit la lumière du jour réfléchie.
- Le Saint des Saints (Debir), représentant le Ciel ou l’Esprit, est plongé dans l’obscurité.
Sur les 2 côtés du Vestibule se tiennent les Colonnes J\ et B\, disposées le long d’un axe « vertical » qui a son équivalent tant dans le macrocosme que dans le microcosme.
L’axe du microcosme : il symbolise la voie spirituelle suivie par celui qui entend s’élever et atteindre la pleine réalisation. Cette direction, appelée sushumnâ, s’étend depuis la base de la colonne vertébrale à la couronne de la tête et se prolonge au-delà. Le long de sushumnâ se trouvent les chakras, centres subtils de l’individu. Leur éveil successif correspond aux différentes étapes vers la pleine réalisation. Le passage d’un état à un autre consiste toujours en une mort au cycle précédent et une naissance au cycle suivant. Ce processus d’initiation a symboliquement lieu dans la caverne cosmique. Les principales étapes sont : - -- la naissance physique
- la deuxième naissance au domaine des possibilités subtiles de l’individualité humaine. C’est une régénération psychique produisant un être humain centré. Elle correspond à l’initiation aux petits mystères, accessibles par la porte des hommes.
- la troisième naissance est d’ordre spirituel. Elle donne accès au domaine des possibilités supra-individuelles à travers la porte des dieux. C’est l’initiation aux grands mystères.
En franchissant la porte des hommes, l’être humain pourra accéder à l’état d’être primordial, intermédiaire entre l’homme ordinaire et l’Etre spirituel. A moins d’avoir atteint la régénération psychique complète, il repassera la porte des hommes et se retrouvera dans un nouveau cycle du monde manifesté. Pour passer du monde individuel au monde spirituel, il empruntera la porte des dieux et quittera définitivement la caverne cosmique, c’est le but ultime de l’initiation. L’axe du macrocosme : la sphère céleste et l’horizon sont des représentations des mondes céleste et terrestre. Ils sont reliés par un axe vertical dénommé axe du monde. Le point associé au soleil levant se déplace le long de l’horizon en direction du nord terrestre quand le soleil de midi s’élève vers le nord céleste. Inversement, quand le soleil de midi descend vers le sud céleste, le point du soleil levant glisse le long de l’horizon en direction du sud terrestre. La phase ascendante est associée à la voie des dieux (dêva-yâna) et la descendante à la voie des ancêtres (pitri-yâna). La phase ascendante, allant du solstice d’hiver au solstice d’été en direction du Nord céleste, correspond à la voie de la clarté ; la phase descendante, menant du solstice d’été au solstice d’hiver en direction du sud céleste, s’apparente à la voie obscure. La Bhagavad-Gitâ dit bien : « feu, lumière, jour, lune croissante, semestre ascendant du soleil vers le nord sont les signes lumineux qui mènent à Brahma ; fumée, nuit, lune décroissante, semestre descendant du soleil vers le sud sont les sombres signes de la voie du retour au monde manifesté ». La porte des hommes est associée au solstice d’été et la porte des dieux au solstice d’hiver. L’angle formé par les deux directions associées au lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été dépend de la latitude du lieu de l’observateur. En prenant la valeur de cet angle pour Jérusalem (56°) et en la combinant avec les dimensions du Temple, on peut montrer que les deux colonnes indiquent exactement la position du lever du soleil aux solstices d’hiver et d’été.
La Colonne J\ serait ainsi associée à la porte des dieux et la Colonne B\ à la porte des hommes.
5 - les Colonnes et le parcours de l’AA\.
Lorsque vous m’avez reçu parmi vous, vous m’avez soumis, après le cabinet de réflexion, à 3 épreuves dans le Temple : l’air, l’eau et le feu. Ces voyages débutent et se terminent à l’Occident, et, je me l’imagine, peut-être même entre les Colonnes J :. & B :.. Elles représentent la première porte à franchir sur le chemin de la découverte de soi-même ; elles sont le premier symbole que nous rencontrons lorsque nous nous mettons à l’ordre, lorsque nous nous préparons au travail. Elles marquent symboliquement la transition entre le monde profane et l’univers des initiés, induisant la transformation de celui qui franchit cette limite.
Le symbolisme de la Porte est de tout temps présent dans la tradition des civilisations. Du toril, précédent l’entrée des temples shintoïstes au portique grec, des Portes de pierre égyptiennes, dans les mastabas, improprement appelées “fausses portes” alors qu’elles sont des portes de Vérité, au jubé des cathédrales, chacune de ces représentations est une invite à tenter un passage. Car c’est bien une incitation à changer de nature que propose le symbole. A savoir : oser franchir et passer dans une nature inconnue, oser affronter un monde invisible non exempt de dangers. En F :. M :., celui que l’on est appelé à découvrir derrière la porte n’est rien d’autre que soi-même, c’est-à-dire l’être vrai, dépouillé de tout artifice social, qui est en chacun de nous. Il arrive aussi, parfois, que l’on ne sache ou ne veuille reconnaître cet être, autrement dit naître effectivement de nouveau avec lui. Pourtant l’une des plus belles significations de la Porte est peut-être l’homme lui-même. Car si l’homme est porteur de sa densité charnelle bien concrète, avec tous les aléas que cela peut comporter, il est également fait d’une abstraction nommée âme qui peut lui permettre de se transcender. En d’autres termes, de franchir en lui-même des Portes successives de réalité et de conscience. Les Colonnes J\ & B\ me rappellent constamment que le binaire n’est qu’apparence, que le monde, que la vie, que l’homme ne sont pas uniquement blancs ou noirs, pas uniquement vrais ou faux, pas uniquement bons ou mauvais. Les Colonnes me permettent de progresser car elles m’indiquent la voie du ternaire stabilisateur, la voie du delta lumineux. Père et mère deviennent enfant ; force et matière deviennent mouvement ; raison et imagination deviennent intelligence. Je vous remercie fraternellement mes TT\ CC\ FF\ de m’avoir aidé à franchir les Colonnes J :. & B :. et de m’avoir ainsi donné la possibilité d’ouvrir la porte de la première étape d’un voyage que je ressens à la fois difficile et passionnant. Je vous remercie de m’avoir permis de redécouvrir la joie d’apprendre, la difficulté de l’effort et le plaisir à surmonter l’obstacle. En tant qu ’A :. et pour autant que vous me donniez à nouveau la parole, je serai heureux de vous faire part et de vous rendre compte de la poursuite des mes travaux sur la symbolique de la Porte. Ils porteront sur l’emplacement, le sens des Colonnes placées dans notre Temple et sur leur présence dans le monde contemporain : N’a-t-on pas affirmé dans les colonnes de la revue Alpina que les tours du World Trade Center étaient les Colonnes J\ & B\ de l’Amérique ?
Vén\ M\ en Ch\, mes TT\ CC\ FF\, je vous remercie de votre bienveillance. J'espère aujourd'hui avoir fait un premier dégrossissage de ce sujet et je me réjouirais de vos apports et compléments.
J’ai dit, Vén\ M\

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

La Porte d’Occident

Publié le par M.N

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers

Le Temple est désert et dans l’obscurité....
La porte d’Occident s’ouvre et les Apprentis entrent en silence et prennent leur place sur la Colonne du Nord, ou du Septentrion. Ensuite les Compagnons entrent à leur tour et viennent habiter la Colonne du Midi, celle du Sud. Enfin les Maîtres se placent où ils veulent, venant compléter l’occupation de l’espace. Puis c’est le tour des Officiers et, en dernier, le V.·.M.·. qui s’installent à chacun de leurs plateaux. L’Atelier se met alors à vivre, il a été créé... Cela ne vous rappelle t’il rien ? Il n’y avait rien, le monde était silencieux et vide, puis il y eut la création, qui s’est expansée, occupant tout l’espace à partir de ce big-bang initial, ou du désir de création de l’Architecte des Mondes comme nous l'appelons dans notre rituel !
N' est-ce pas ainsi, donc, que les astrophysiciens comme les partisans d’une création délibérée par une transcendance ont défini comment le monde s’est créé et comment il s’est expansé ? Dans l’hindouisme, c’est BRAHMA qui, en un jour de sa vie, représentant en réalité plusieurs milliers d’années, expire d' abord puis inspire ensuite pour créer le monde et le détruire, passant par 4 âges différents, les Yuga, et, actuellement, nous serions dans le Yuga du fer, le dernier du cycle, celui qui va voir la fin de celui-ci. Dans le Kabbalisme on retrouve également, du reste, cette idée de cycle, appelée SCHEMITTA, et il y aurait 7 SCHEMITTOTH avant la fin du monde manifesté. Ces évocations me font penser à une théorie qui m’est propre et que j’ai eu plusieurs fois l’occasion de développer et que j’ai nommé : " Que le dernier ferme la porte et éteigne la lumière en partant ... ". Je m’explique : le monde s’expanse à partir du big-bang ou de toute autre cause (dans la KABBALE c’est la théorie de la densification) et va disparaître dans le big-crash, le retour au point de départ. Et bien si l’on regarde l’histoire que nous connaissons de l’humanité, il me semble évident que nous avons connu l’époque de l’expansion, celle où les hommes, les animaux et les plantes ont cru - du verbe croître -, les civilisations se sont multipliées, les religions furent innombrables et les langues d’un foisonnement incroyable. Et puis ne sommes-nous pas, en accord avec la théorie hindouiste, dans le dernier cycle, celui dans lequel tout va se résorber ? Combien d’animaux demeurent, combien de plantes ? Vous pouvez lire partout les statistiques de disparitions quotidiennes d’animaux et de plantes ! Les civilisations se réduiront à une seule, celle que nous nommons anglo-saxonne, phénomène lié à la prédominance de la langue internationale anglaise, - d' après un linguiste du Collège de France, Claude HAGEGE, 25 langues meurent aujourd’hui par an sur notre planète, et sur les 5000 encore pratiquées la moitié auront disparu en 2100 pour n’en laisser qu’au plus une centaine, et encore…-, et la religion mondiale devient une espèce de salmigondis lié au New Age. Et puis, par la pollution et le contrôle des naissances, la population devrait stagner d' abord, puis se réduire, laissant, symboliquement, au bout de tout çà, un homme seul, dernier survivant d' une belle histoire, qui sera celui qui, comme je l' ai dit plus haut, fermera la porte du monde avant de disparaître... Mais comme je suis optimiste, je pense qu’après avoir éteint la lumière et fermé la porte, de l’autre côté s’ouvrira à lui un champ magnifique de possibilités qui seront les débuts d’une nouvelle ère... On pourrait appeler cet homme ADAM ? Alors, dès le début de cette réflexion, la porte m’apparaît comme un symbole très riche, qui ouvre - sans jeu de mots - sur des interprétations poétiques, philosophiques ou métaphysiques magnifiques. Mais revenons dans notre Temple maçonnique ! Et bien le Temple, comme le vide avant la Création, est l’image symbolisé du Cosmos, avec son carré long représentant la Terre et son ciel étoilé, et qui n’est rien tant que les FF.·. ne sont pas entrés et ont permis qu’il se mette à vivre. Et par où la création se fait elle, c’est-à-dire où est le point initial contenant toute la potentialité de la création, la tête d’épingle des astrophysiciens, la pensée illimitée de BRAHMA des Hindous, l'AÏN SOPH AOR des Kabbalistes, le DIEU sans nom des Chrétiens ou des Musulmans ? Pour nous Francs-Maçons c’est la porte d’Occident, porte qui semble, pour un observateur situé dans le Temple, contenir toute cette force qui va venir remplir l’espace et créer la vie. Et de cette porte, banale parce qu’objet qui semble faire partie obligatoire du décor, et justement parce que faisant obligatoirement partie du décor et donc du rituel et de la symbolique du Temple, je veux vous en parler ce soir afin que dorénavant, et c’est mon ambition, vous la regardiez différemment, en partie active de la Loge, et non passive comme je la voyais moi-même avant d’avoir fini ma réflexion. Souvenez-vous d' abord de vos premiers pas ici, que vous a t’on fait faire, alors que vos yeux étaient clos par un bandeau ? D'abord frapper sur cette porte, de la façon habituelle qui était la votre avant de connaître nos mots et nos gestes, prenant, par ces coups, conscience de l’existence d’un obstacle physique à franchir, mais aussi du premier symbole attaché à cet obstacle, c’est-à-dire un point où il allait vous être demandé des comptes : que veniez-vous faire là ? Qui vous avait donné autant d’audace de vouloir frapper à la porte du Temple ? On n' entrait donc dans un Temple qu' après avoir satisfait à beaucoup d' obligations : répondre à des questionnaires nombreux, attendre, subir l' épreuve du Cabinet de réflexion - qui, beaucoup plus tard, vous serait expliqué comme étant le retour à la terre-mère, au ventre de la mère, où vous deviez connaître la désintégration de votre être afin de vous présenter nouveau à l' initiation, opération marquée par la rédaction d' un testament - , attendre à nouveau puis enfin venir frapper. L’enfant qui va naître est aussi dans le ventre de sa mère et soudain, mû par un besoin irrésistible, il demande à sortir, à être initié à la vie, et il va franchir le dernier obstacle, celui que les psychanalystes affirment laisser une trace ineffaçable dans la mémoire même si pas consciemment perçu. De la même façon la porte est aussi le dernier obstacle avant l’accouchement, celui où le bébé est coincé, serré, poussé, tiré, la porte est utérus pour la naissance de l’Initié. Pour rappeler ce symbole le profane est du reste appelé à passer la porte qui a été réduite et qui est appelée alors la porte étroite ou la porte basse. Ensuite il peut s’épanouir, se relever et commencer ses voyages. Mais la porte n’est pas seulement sexe féminin, elle peut aussi être sexe masculin, issue d’un canal par où arrivent les éléments qui vont venir féconder la Loge, lui donner vie. Avant l’arrivée des FF.·. la Loge est vide, vierge, le jaillissement des FF.·. vient lui donner la vie. Et cette porte est à l’Occident, c’est-à-dire face au soleil levant, l’Orient. Tout peuple en marche, dans l’histoire de l’Humanité, a marché vers le soleil, pensant qu’il trouverait dans cette direction le lieu magique où il fait toujours beau, toujours chaud. Et la porte de l' Occident symbolise alors la potentialité des cherchant, de ceux qui ne se contentent pas de ce qu' ils ont, mais qui veulent savoir, qui veulent connaître la Vérité sur la vie et qui sont prêts à se brûler aux feux du soleil, qui sont prêts à mettre en jeu leur vie pour découvrir l' autre face des choses, qui prennent en main le levier pour retourner leur pierre. Cette porte est donc, pour ceux qui sont en Loge, le symbole de la richesse potentielle de l’avenir : sans porte et sans ceux qui attendent derrière et qui vont venir y frapper, l’Atelier est un monde fini, déclinant, comme ces Sociétés anciennes - ou modernes - qui ont refusé ou refusent aujourd’hui d’accepter les étrangers. Elle ne doit pas être barrière infranchissable, elle doit, au contraire être l’étoile qui brille dans l’obscurité et qui permet à ceux qui cherchent de trouver le chemin. Dans les Temples anciens la porte, par exemple celui de SALOMON à JÉRUSALEM était entourée de 2 colonnes, à l’extérieur, ces colonnes que nous avons mis à l’intérieur par erreur, surmontée par un chapiteau, orné du delta et de l' oeil divin. Tout spectateur extérieur savait que derrière commençait une autre dimension et que rien ne lui interdisait d’y aller voir. Il fallait toutefois y mettre le prix ! Cette porte était le point de passage entre les parvis, le OULAM, et la première salle du temple, le HEKAL. Passer de l’un à l’autre signifiait, comme cela l’est aussi chez nous, passer des ténèbres à la lumière. Mais cela est plus : c’est passer du noir au blanc, donc, en Alchimie, commencer le phénomène de recomposition après la phase de décomposition. Les parvis, le OULAM, le Cabinet de réflexion, sont le lieu de l’Œuvre au noir, et la matière en décomposition, l’homme qui s’y trouve, va devoir ensuite passer dans le Temple, où va pouvoir se réaliser l'Œuvre au blanc. Ce passage mystérieux, ce moment magique où les choses basculent, c’est la porte qui va le symboliser. Il y a un avant et un après la porte, mais la porte n’apporte rien dans le processus, sinon qu’elle retient le phénomène de l’œuvre au noir tant qu’il n’est pas réalisé, et pour nos esprits qui ont encore besoin de repères objectifs, elle signifie la transition entre les deux moments. Les Alchimistes assimilent, par ailleurs, la porte et la clé, entrées, dit DOM PERNETY, ou moyens d’opérer dans tout le cours de l’Œuvre. Mais cette porte unique de notre Temple n’est pas universelle, au sens où ce n’est pas la règle unique dans tous les temples du monde. Au Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS - MISRAÏM, à un Rite très voisin du votre, il doit y avoir aussi une porte à l’Orient, derrière le Vénérable Maître. L’existence de celle-ci ouvre bien sûr sur plusieurs spéculations, la mienne étant que notre Loge est un maillon d’une chaîne ininterrompue de Loges qui parcourent le Monde et que derrière une porte à l'Orient s' ouvre une autre Loge dont cette porte constitue celle de l’Occident, et ainsi de suite. Et cette symbolique me ramène à une planche gravée il y a déjà quelque temps et qui traitait de l’office de Couvreur. Dans beaucoup de rituels cette fonction, dévolue au Passé Vénérable Maître, est définie comme modeste et symbolisant la vanité des honneurs. Or j' y avais vu, bien au contraire, un poste marquant une progression dans la démarche maçonnique puisque celui qui le tenait, après avoir franchi toutes les étapes qui depuis l' initiation, l' avaient vu vieillir, passer d' abord sur la Colonne du Midi, puis devenir Maître, avant d' occuper divers plateaux pour enfin prendre en charge la direction de l' Atelier, celui-là donc suivre le soleil qui s' en va vers l' Occident, et pouvoir porter, à l' extérieur du Temple comme dans d' autres Orients, les Vérités qu' il a acquises au sein de sa respectable Loge. Cette fonction ne pouvait être confiée qu’à un Maître accompli et la porte d’Occident symbolise alors, non plus la barrière qui nous sépare du monde profane ignorant de nos Mystères, mais, au contraire, notre avenir, le monde dans lequel nous allons avoir à travailler, après s’être formé sur notre chantier. Je m’oppose, en cela, à un auteur souvent cité dans nos Temples, PLANTAGENET, qui lui, au contraire, voit dans la porte d’Occident l’endroit où le soleil se couche, c’est-à-dire où la Lumière s’éteint. Cette vision limitée, pessimiste, ne devrait pas être la notre, et, en tous cas, n’est pas la mienne. Nous savons évidemment que, d' une part le Soleil ne disparaît pas mais qu’il continue son voyage, de façon inlassable, et, d' autre part, qu’il va aller éclairer d’autres Orients. Le Maçon ne s’arrête pas à la porte de son Atelier, face intérieure, mais il doit aller au-delà. A ce moment je parle de face intérieure, mais, bien sûr, et j’enfonce là une porte ouverte si je peux me permettre cette légère plaisanterie, la porte a bien sûr 2 faces - physiques - mais la face qui nous intéresse, celle que l'on voit depuis l' intérieur , a également aussi 2 visages. C’est une sorte de pavé mosaïque, unissant des contraires, sas incontournable avec la vie qui nous entoure. J’y vois également un symbole de l’enfermement, si l’on peut dire puisqu' ils restent à l’extérieur, des métaux que nous y avons laissés. Chaque fois qu’un F.·. a le sentiment qu' il est en train de réintégrer ses métaux à l' intérieur du temple, il devrait, comme d' autres tournent 7 fois leur langue dans leur bouche, regarder la porte, se souvenir que ses métaux de subjectivité, de certitude, d' ambition, d' amour-propre, ont été déposés en entrant de l' autre côté et que, non, décidément non, il est hors de question de les avoir à sa disposition pour intervenir dans les débats en cours... Cette porte, que jusqu' à la gravure de cette planche, moi-même je ne voyais pas vraiment, commence ainsi à prendre une place importante dans la Loge ! Et à partir du moment où j’ai choisi de réfléchir sur elle j’ai découvert encore de nombreuses richesses de symbolisme : J’ai ainsi lu que, au-delà de son état évident de passage entre 2 mondes, 2 états, elle avait aussi une valeur dynamique, psychologique : elle invite celui qui est devant à la franchir, à aller vers un ailleurs inconnu ! Elle s’adresse donc toujours à des cherchant, à des insatisfaits qui veulent savoir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir, ou de la porte. Et ceci quelque soit le côté où on se trouve. Dans beaucoup de Traditions ou dans d’autres civilisations, la porte d’entrée d’un Temple est souvent gardée par des gardiens féroces, monstres, animaux ou hommes. Chez nous c’est encore le Couvreur qui occupe cette fonction, même s’il est rarement féroce ou monstrueux ! Quoique....Mais il devrait être intransigeant et tuiler régulièrement tous les prétendants au franchissement de la porte, connus ou inconnus, ce qui, par ailleurs, permet de vérifier les connaissances maçonniques de tous, et ce n'est pas toujours inutile. On peut alors ajouter à notre porte un rôle pédagogique. Maître ECKHART distingue la porte elle-même de ses gonds. L’une, mobile par son va et vient, symbolise l’homme apparent, cherchant sa voie, les autres, immobiles par définition, symbolisent l’homme intérieur, bien établi dans sa verticalité autour de son axe. Cet exemple ouvre sur toutes les portes du monde, très diverses bien entendu : par exemple les torii japonais - simples porches ouverts, sans battant, placés dans la Nature, hors du temple lui-même en tant que construction fermée - ou les gopuras hindous - le portail principal du Temple surmonté d’une tour, toujours ouvert à l’Orient et cette orientation opposée à la notre peut s’expliquer par le besoin de voir le soleil se lever, c’est-à-dire la lumière se révéler. L’orientation de la porte est diverse, et, dans beaucoup de temples, les portes sont multiples, souvent au nombre de 4, présentes à chacun des points cardinaux. Dans le temple de JÉRUSALEM lui-même, au temps de sa construction, si l’on en croit une certaine légende, il y aurait eu 3 portes, par lesquelles le Maître a tenté de sortir, une nuit de malheur... Si l’on revient sur le temple hindou, la porte, aussi appelée TORANA figure la gueule d’un monstre, symbolisant, d' une part le passage de la vie à la mort, mais ensuite, de la mort à la délivrance. Ici encore on rencontre la double face de la porte. Mais JANUS n’était il pas le gardien d’une porte, celle du solstice, soit le passage entre une phase de renaissance du soleil et une de déclin ? En CHINE, 2 idéogrammes sont utilisés pour la porte : l' un - K' OUEN, principe passif, définit la porte fermée et est associé à la Terre, l’autre - K' IEN - principe actif, associé au Ciel, définit la porte qui s'ouvre. Le passage de l’un à l’autre exprime le rythme de l’Univers, l’alternance du YIN et du YANG. On y associe également le rythme respiratoire, homologue microcosmique de la Manifestation. Dans le Judaïsme comme dans le Christianisme, la porte est omniprésente. Une invocation adressée à DIEU par un mystique chrétien, Guillaume de SAINT THIERRY pourra ainsi dire : O vous qui avez dit : " JE suis la porte ", montrez nous avec évidence de quelle demeure vous êtes la porte, à quel moment et quels sont ceux auxquels vous l’ouvrirez ! Marc écrit, évoquant le retour du Christ : " Le Fils de l’Homme est à la porte ... " et dans le Cantique des Cantiques, il est dit : " Voici, JE me tiens à la porte et frappe. Si quelqu' un entend ma voix et ouvre la porte, J’entrerai et JE prendrai la Cène avec lui et lui avec moi " Même la Vierge Marie est appelée PORTE CLOSE d’ÉZÉCHIEL, PORTE de l’ORIENT ou PORTE du CIEL. Ailleurs, et je rapporte ici ce que j’ai lu pour préparer cette planche, dans une société africaine, les SENOUFI, la porte sculptée équivaut à un enseignement en images. L’image doit être comprise non pour ce qu’elle représente, mais pour l’évocation symbolique qu’elle permet. Elle est le symbole d’une cosmogonie. Et puis, pour finir ce trop rapide et bien sûr trop incomplet tour du monde, revenons à la Tradition dont notre Rite se dit l’héritier, la Tradition égyptienne : Dans le processus de momification, dans le rituel, il était dit : " Celui qui est chargé d’ouvrir les deux battants de la porte du Ciel, il t’entrouvre la bouche durant la nuit divine " définissant ainsi la bouche de l’homme comme une porte qui permet à l’âme de sortir et de rejoindre son Créateur. Ensuite, dans toute le voyage de l’âme, décrit dans ce que nous avons traduit: Le LIVRE des MORTS Égyptien, à chaque étape on rencontre des portes, souvent qualifiées de redoutables parce que chargées, à travers des épreuves, d'orienter le mort vers des chemins plus ou moins agréables. A un moment elle arrive dans la crypte divine et y pénètre par la porte de l’Ouest pour en ressortir par celle de l’Est (n’est-ce pas là quelque chose de connu ?) Du reste dans les rares rituels d’initiation qui nous sont parvenus - notamment par le papyrus dit de Leiden, l’entrée dans le Temple se fait également par ce même Occident. A la porte, si l’on en croit la traduction de ce texte, le postulant est interpellé et on lui demande son dessein : ainsi donc il ose vouloir entrer dans le Saint des Saints ! Et le postulant répond : " Qu’on m’ouvre la porte ! Je n’ai pas pu répéter ce que je ne sais encore pas, mais je suis quelqu' un qui sait conserver un secret ! " Étrange proximité avec nos propres paroles... Et ensuite, ce postulant, subi une très longue initiation qui passe, entre autres étapes, par le lavage dans le bassin de la renaissance, pour arriver au moment suprême, celui où il lui est dit : " Pour toi s'ouvrent les portes de l'horizon de l'autre monde " mais malheureusement personne - ou cela reste inconnu - n’a pu définir ce que cachait cet horizon de l’autre monde ! Mais les portes sont bien la, objets indispensables de l’initiation, toujours présentes, souvent ignorées parce que, on l’a vu plus haut, semblant naturellement placées où elles sont. Ici, je voudrais rappeler ce rituel qui nous est cher, pour la cérémonie d’Initiation, à la première entrée dans le Temple du Postulant. Il lui est dit : " quittant la chambre de réflexion et son appareil funèbre, vous traversez ainsi qu’en un mauvais rêve, le sombre Amenti, l’Illadès, le Royaume des Morts. Guidé par l’Hermès souterrain, conducteur des âmes dans l’Au-delà, vous vous dirigez en aveugle vers la Lumière ineffable, et ce, sous sa seule conduite. Que ceci vous fasse pénétrer l’ésotérique enseignement de notre Rituèlie : sans nulle intervention providentielle, sans quelque occulte et mystérieuses prédestination, il y a peu de chance pour que l'âme humaine, enténébrée, retrouve le chemin de sa Liberté première. Tel est l’enseignement de la Gnose... " La porte d’occident, à laquelle le Profane va frapper, est donc bien encore une fois un passage mystérieux vers lequel il a été mystérieusement guidé. Avant de terminer ce travail, je ne voudrais pas manquer d’évoquer la lettre hébraïque d -DALETH - la 4ème lettre de l’alphabet hébraïque et dont la signification est justement porte. Aucun de vous n’ignore toute la symbolique qui est attachée à chacune des 22 lettres de cet alphabet si étonnant. Et bien le 4 est un symbole d’arrêt, d’épreuve, de prison même, et pourtant, DALETH nous dit qu’elle est une porte, et donc une ouverture, une libération. Un Kabbaliste peut donc affirmer que DALETH est à la fois une épreuve qui se révèle ensuite être une matrice, car, dans la profondeur, ce qui est apparemment sans issue est une porte pour qui sait voir... Et l’échelle de JACOB, dans sa vision globale est, elle-même, une porte. Et chaque échelon parcouru par les anges est, en soi, lui aussi, une porte. C’est par le passage par toutes ces portes, ces matrices, que nous nous souviendrons de ce que nous sommes. Souvenir et non apprendre, car, derrière la première porte, il y a le Créateur. Et ces portes seront de plus en plus étroites, c’est-à-dire que nous devrons nous dépouiller progressivement, nous dépouiller de nos certitudes, de nos métaux. Et cette même lettre d - DALETH - est au centre d’un nom que j’ai évoqué au début de mon cheminement méditatif, ADAM, ADAM qui s’écrit, en hébreu, avec 3 lettres: a - ALEPH - la première lettre de l'alphabet - l' - énergie qui fut à l' origine de la Création - d DALETH donc en son centre, et m -MEM à qui sont liées les idées d’eau et de matrice, donc d’eau primordiale. Et puisque nous sommes aux frontières de la Kabbale qu' il me soit aussi permis d' évoquer les SEPHIROTH KETHER et MALKUTH, toutes 2 sortes de portes, l' une qui a permis au non-nommable, AÏN SOPH AOR, de commencer son émanation et donc sa création, et l' autre, MALKUTH, qui ferme le cycle, mais aussi, cache l' existence des QUILIPPOTH, ces sphères du mal qui existent malgré tout.
Je ne voudrais pas terminer cette réflexion sans revenir sur le temple de SALOMON que j’ai eu l’occasion de citer à plusieurs reprises. Bien que nous affirmions toujours que notre Temple soit la reproduction du Temple de SALOMON à JÉRUSALEM, il faut connaître une différence majeure : le Temple de JÉRUSALEM était orienté à l'inverse, c'est-à-dire que l'on y entrait par la porte d’Orient et que le ROI s’y tenait à l’Occident, afin, est-il dit, de pouvoir se lever le soleil. La porte d’Occident prend alors, une toute autre valeur, c’est la porte par laquelle va apparaître le Roi, celle d' où va venir la Sagesse. Encore une fois l’ambivalence de cette porte... Et donc, à l’interruption de ce travail, je voudrais répéter combien j’ai été surpris de la richesse symbolique et initiatique de cette porte. Je n’en ai évidemment pas fait le tour et j’attends de vous maintenant, mes FF.·., les compléments qui viendront orner cette planche, comme les dorures et les clous viennent orner la porte en bois. Planche, porte, objets voisins ? oui, mais j' arrête... car il faut qu' une planche soit inachevée ou terminée, comme une porte soit ouverte ou fermée...
j' ai dit

M.N

Publié dans Planches

Partager cet article

La porte du temple

Publié le par Bru.°. Pel.°.

La Porte

La porte délimite deux espaces, l'un d'où l'on vient, que l'on a vu et celui où l'on va donc extérieur et l'autre intérieur, ou vice versa. Dans l'espace de vie créé dans le monde profane, il ne peut pas ne pas y avoir de portes, pour délimiter les différents espaces, et lieux de vie, ou de travail, ou de loisirs. Il y une multitude de portes, de différentes tailles et de différents acabits, et leur franchissement est ressentit différemment à chaque fois, car lieux et causes différents. Sans porte tout ne serait que murs infranchissables et rien ne serait possible, le cloisonnement, comme un château fort imprenable, mais qui aurait son pont levis, sans accès, sur un plan existentiel tel que nous en avons reçu le concept, cela reste chose impossible, car même chez les indiens vivant dehors, le dedans est nécessaire, il y a une possibilité de refuge dans un lieu clos par une tente avec une entrée ouverte ou fermée, au visiteur cherchant chaleur et écoute. Même un sans-abri ne peut survivre sans un abri de fortune,(cartons, bâches, bois)et une délimitation même très mince d'un lieu individuel ou la sensation de replis sur soi pour un bien être, même illusoire puisse être vécu, avoir son chez soi trouve là même dans la misère une signification justifiée pour trouver le repos dans la tourmente de la vie. Ou bien imaginons un monde sans murs ou il ne pourrait y avoir de bâtisses. Tout serait donc ballotté par les éléments extérieurs, mus par les forces de la nature et que cela soit les meubles, les objets, et les outils. Tout y serait corrodé et ne résisteraient pas longtemps aux intempéries, et nous aurions nous aussi du mal à vivre sans être malade et mal à l'aise ainsi, sans être à l'abri, et chercherions même sous des cartons ce "un peu de chez soi" si nécessaire à un sommeil réparateur, et ne pourrions pas avoir l'espérance de vie donnée par les médias pour monsieur tout le monde...Le règne animal lui-même ne vit pas sans refuge. Concernant le va-et-vient de la porte, maître Eckhart fait de la porte le symbole de l'homme extérieur et du gond celui de l'homme intérieur non atteint par le mouvement du dehors. Dans les traditions juives et chrétiennes, la porte donne accès à la révélation. Christ est, pour les chrétiens, la porte par laquelle on accède au royaume des cieux. La porte évoque une idée de transcendance accessible ou interdite selon qu'elle est ouverte ou fermée, franchie ou regardée. Selon Dom Pernety, pour les alchimistes elle signifie la même chose que clef, entrée, ou moyens d'opérer dans tout le cours de l'œuvre. Elle est la communication de l'outil caché, de l'instrument secret. Elle permet de passer d'un stade à un autre, de changer l'état de la matière dans le domaine philosophique, le moi ne se connaît pas et nous nous devons de nous connaître nous même c'est l'œuvre de toute une vie. Elle signifie séparation ou relation, c'est indéniable selon si elle s'ouvre, au visiteur inconnu du locataire qui doit faire preuve de confiance pour l'ouvrir, ou reste fermée par une volonté de ne pas être dérangé par un importun, car il se trouve peut être que le visiteur tombe à un moment mal choisi, pour rendre visite. Une porte c'est la découverte, faire de nouvelles connaissances, amitiés, fraternités, adhésions, c'est l'ouverture vers un lieu qui nous était inconnu, on peut dire que l'on passe du stade d'ignorant de ce qui est derrière la porte à connaissant, et pour connaître un milieu tel qu'il soit, du domaine professionnel, associatif ou initiatique, seul le temps permet une imprégnation. Petite citation de Françoise Leclercq que j'ai bien aimé : « Quand je marche dans une ville, je regarde les portes. Derrière elles, il y a des gens qui vivent, qui s’aiment, qui se disputent, qui sont tristes ou joyeux ; il y a des meubles et des objets, des bruits de voix, des odeurs de soupe…, tout un univers clos et mystérieux pour celui qui passe ou qui attend sur le seuil après avoir frappé ou poussé sur le bouton de sonnette. » Le seuil, la porte, le passage sont si liés entre eux qu’il est difficile de les séparer comme on démonterait un objet en ses différentes pièces. Ce que l’on pourrait dire du seuil peut se répéter pour la porte : elle se présente aussi comme une limite, une frontière. Mais elle est plus que cela. Évidemment, la porte délimite un dehors et un dedans, sépare le sacré du profane, comme le seuil qui la précède, mais aussi induit d’autres significations : Il y en des portes...Des automatiques pour faciliter l'entrée dans des halls de marchands, et des blindées pour accéder aux coffres de banques, des vitrées pour laisser au visiteur même boutique fermée le libre choix de pouvoir voir ce qui lui plairait à acheter ultérieurement. Elles correspondent par leurs anatomies à différentes utilisations préétablies par leurs concepteurs, et sont le fruit de différentes volontés, elles sont donc toutes sans exception produites par une action de pensée créatrice. Les portes sont donc de différentes compositions, et de formes et de taille. Dans la vie courante, la porte est souvent synonyme de renouveau, un nouvel emploi, nouvel appartement, nouvelle rencontre, nouvelle phase de notre vie, et cætera... Ou d'enfermement si une porte est fermée et ne permet pas de sortir, le paroxysme de la porte fermée est la porte de prison ou seule une fin de peine permet l'ouverture vers une liberté regagnée par le temps passé. Pour l'entrée d'une église ou d'un temple, on rentre déjà dans le symbolisme dont le seuil délimité par une ligne imaginaire, mais pourtant si réelle reste invisible séparant le visiteur du monde extérieur d'où il provient à celui de l'intérieur ou se trouve sous forme créée un message, encodé des bâtisseurs. Franchir le seuil d'un lieu sacré c'est et cela doit être un acte de soumission et de respect des anciens et de leurs legs,( ne se baisse t'on pas pour entrer en loge?) On ressent tous un sentiment d'intrusion dans un espace donné lors d'une visite dans un lieu sacré, on sent que l'on accède à un quelque chose d'invisible, mais d'omniprésent, même en étant encore un profane, ce quelque chose nous attire et attire une multitude de visiteurs, comme dans la cathédrale de Notre Dame, haut lieu symbolique, ou se croisent des visiteurs venus du monde entier, attirés comme des millions d'abeilles vers une ruche symbole personnifié remplie de miel. Le seuil et le parvis de Notre Dame est chargé. Elle, est la personnification du symbolisme que cela soit dans son concept, son architecture, sa situation géographique, ses sculptures et ses peintures. Sa porte est une quintessence créative, que cela soit dans ses battants ou ses linteaux. À l'initiation après que le vieil homme symbolique soit mort et que nous ayons rendu notre testament philosophique, on ne peut nous faire sortir de la cellule de réflexion qu'en frappant à la porte, c'est un pas à franchir pour aller vers l'inconnu, et franchir un seuil sombre dont on sort pour aller par un parcours initiatique vers un autre seuil, qui lui est rempli de lumière. La sensation en portant le bandeau lors des trois voyages qui sont faits de vent, d'eau et de feu, permets un travail opérant un changement d'état de la matière primordiale se rapportant à l'élément terre, le glébeux que nous sommes pour devenir actif sur soi et non plus passif. Le seuil du portique a été franchi, l'opération a commencé, et le serment prononcé. L'initié passe de l'ombre à la lumière, du profane à l'éclairé. Il appréhendera le symbolisme d'un œil neuf et se doit d'acquérir une ouverture d'esprit progressive le menant à la métanoïa puis à l'individuation, une libération de soi, menant à des changements d'état de conscience, dont on ne peut en dire plus au premier degré. La porte peut être comparée à une progression, une suite de pièces où l'opérant, fera petit à petit, par le nombre de ses vertèbres, monter son flux vital pour tendre vers la couronne, la porte d'or à franchir pour rejoindre l'astral. Pour une porte fermée, il faut une clé pour l'ouvrir ou bien il y a un gardien pour lequel il faut un mot de passe, donc une clé symbolique à fournir, sinon le franchissement vers ce qui paraît à découvrir reste impossible. C'est pour cela que même les diffusions par caméra cachée dans des loges ne peuvent en aucun cas altérer ce qui s'y passe, car ce n'est qu'un film fait de platitude, le secret est ailleurs, mais encore faut-il pour le comprendre avoir du cœur. Ce qui est perçu par un œil profane n'est pas la réalité elle n'est que suggestive engoncée dans des stéréotypes trompeurs, on peut représenter le profane comme un non-voyant en quelque sorte, d'où le port du bandeau d'un point de vue symbolique. Alors malgré le tapage médiatique aucune inquiétude de voir disparaître la force initiatique les curieux peu enclins à défendre la cause, sortiront comme ils sont rentrés, c'est-à-dire sans rien voir, entendre ni comprendre.

La porte :

Ne dit-on pas passer le pas de la porte ?

Dans l'autre dimension en quelque sorte.

Tout en enjambant cette ligne imaginaire,

Que l'on ne voit, mais on imagine par terre.

Séparant le monde profane de l'initiatique,

Passer par les deux colonnes c'est magique.

On ne peut y entrer sans y être autorisé,

Car il faut frapper pour Y être enfin invité.

Il faut être "saint d'esprit", avoir le coeur pur,

Prêt à mourir à soi-même et c'est très dur.

Rien ne se perdra, car tout se transforme

Passer d'un état d'esprit à une autre forme.

Plancher enfin sur une vie nouvelle créatrice,

Sortir des statuts quo sortir de cette matrice.

Devenir complet avec ce que cela engendre,

Vivre ce que d'autres ne peuvent comprendre.

Heureux sommes-nous d'avoir pu donc un jour,

Devenir légers comme l'air que de rester lourds.

Bru.°. Pel.°.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-la-porte-du-temple-115621724.html

Publié dans Planches

Partager cet article

La Porte du Temple

Publié le par C\ B\

Si j’ai choisi ce sujet de travail, c’est qu’un jour sur la route de ma vie profane, alors que je traversais un moment très difficile, une porte s’est profilée devant moi, la porte du Temple de la Franc Maçonnique et ce fut comme une révélation je devais aller frapper à ses battants, intuitivement je savais que des possibilités de perfectionnement et de bonheur m’y attendaient. « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira » La porte, et les éléments qui s’y rattachent : le seuil, l'huis, l'entrée, renforcent l'idée de franchissement.la clef et la maison, donnent l’image de la protection. La porte est investie d’une mission car elle traduit le sens, le projet de ses bâtisseurs En architecture les portes sont l’objet d’attention particulière. Elles annoncent la nature, la fonction voir même le statut social des occupants de cet édifice. Elles peuvent être monumentales ou fortifiées ou étroites, voir dérobées. Dans tous les cas le fonctionnement de la porte est double :

• une porte peut être largement ouverte et laisser pénétrer les hommes, les idées, les valeurs, spirituelles ou matérielles.

• une porte peut être fermée ou refermée, dans une attitude prudente, protectrice, voir peureuse.

La porte indique en effet la notion de passage. La porte se situe entre le dedans et le dehors, l'intérieur et l'extérieur, et dans la littérature fantastique, la connexion possible entre le monde ordinaire et celui du mystère. Le mot porte est doublement important car s’il désigne ici l’entrée du temple , il symbolise de même la transition entre le monde profane et le monde sacré, entre la lumière reçue lors de l’initiation et les ténèbres de l’ignorance , entre la richesse de la vérité et la nudité d’une vie stérile , entre la naissance de l’initiée et sa mort à la vie profane . C’est l’expression de la rupture. La porte marque une limite, physique c’est à dire, elle est la frontière entre deux lieux mais aussi le lien entre soi et le reste du monde, en Maçonnerie entre la nouvelle initiée et les sœurs de l’atelier, entre la protection d’un monde familier et le risque de l’inconnu. Car tourner la clef pour entrer ne suffit pas, il faut faire preuve d’audace pour en franchir le seuil. La porte est liée à la maison, et symboliquement à l’utérus maternel qui accueille et protège C’est la porte de l’amour, c’est l’hymen déchiré qui permet à l’être d'accéder à la vie, c’est la porte du premier temple de l’Homme, le ventre de la femme. En franchissant la porte du col de l’utérus, cette nouvelle vie permettra d’établir une prolongation entre toutes les portes entrouvertes par les parents. Il faut donc voir à travers les symboles de la porte, non seulement le passage mais aussi la continuité. Ce passage ne s’effectue pas instantanément lors de l’initiation mais il se continue tout au long de la vie maçonnique. La première porte qui s’est ouverte devant moi fut celle du cabinet de réflexion. Porte qui s’est rapidement refermée sur un monde de solitude, de silence, d’obscurité et d’immobilité. Univers inconnu, hors du temps, qui m’a permis de connaitre ma première introspection. Un peu plus tard, je fus amenée devant une nouvelle porte où trois grands coups furent frappés Il m’a semblé que cette porte s’entre baillait et je fus surprise d’entendre ces mots « qui va là »Ils me parurent durs et inhospitaliers alors que j’étais confiante et prête à être reçue en fraternité Aujourd’hui ils me font penser à une des maximes que j’ai lu dans le cabinet de réflexion « Si la curiosité seule t’a conduite ici va-t-en » Pour pouvoir franchir cette porte, la récipiendaire doit être née libre .c'est-à-dire avoir l’entière liberté de ses choix, et être de bonnes mœurs. Quand j’ai franchi la porte du temple lors de mon initiation, j’avais les yeux bandés, j’entrais dans l’inconnu, j’ignorais tout des rites et des symboles. La porte ne représentait qu’une barrière interdisant l’accès aux non initiés On m’a demandé de me baisser pour passer une porte étroite et basse Ainsi, la porte basse, celle qui nous fait plier les genoux, baisser la tête et resserrer le corps pour passer de l’autre côté de son battant, symbolise la difficulté du passage d’un monde dans un autre, comme le bébé a de la peine à naître., elle nous oblige à nous courber donc à faire preuve d’humilité. Cette position incommode traduit les difficultés que la profane rencontrera lors de son passage du monde profane au monde initiatique.. Comme toute naissance, ce passage ne s’effectue qu’une seule fois, sans possibilité de retour. Cette gêne à passer, aveuglées, courbées, pieds nus, mains enchainées, d’un monde à l’autre, symbolise cette difficulté que l’être éprouve à changer d’état Toutes nous sommes placées dans la même situation de simplicité quelque soit notre milieu social familial ou culturel L’initiation est une renaissance, la porte ouverte à une nouvelle vie. La porte comme le sablier dans le cabinet de réflexion nous invite à méditer sur la fuite du temps, sur l’éphémère : nous ne faisons que passer dans l’infini du temps. L’initiation telle une porte est l’épreuve qui introduit dans une autre phase de la vie, un nouveau commencement. La porte est bien ce lieu binaire à la fois d’arrivée et de départ. La porte a le pouvoir d’ouverture ou de fermeture, d’échange ou de rupture. Une infinité de sens et de dualités s’en dégage. Ceux-ci sont représentés dans la plupart des civilisations. Dans la mythologie grecque la porte de corne symbolisait la sortie des songes véridiques et la porte d’ivoire les songes menteurs. Janus, divinité latine était le Dieu des portes Avec l’aide des heures, il gardait les portes du ciel et du domaine des Dieux. Au seuil de l’ouverture et des opportunités, Janus se montrait toujours avec deux visages : l’un tourné vers la droite, le passé, le recommencement et l’autre tourné vers la gauche, vers l’avenir vers le futur, sans espoir de retour en arrière; Janus se présentait comme l’image du passage d’un monde à l’autre, d’un temps à l’autre. Ses sanctuaires étaient tout logiquement érigés aux portes des villes. A Rome, son temple avait la particularité d’avoir les portes ouvertes en temps de guerre, pour signifier que le Dieu était parti au combat, et fermées en temps de paix car Janus regagnait alors son lieu de culte pour y veiller sur la ville. Etant le dieu des portes il était donc tout logiquement le dieu des départs et des retours et par extension le dieu des ports il prenait dans ce cas là le nom de Portunus. Janus était également le dieu des commencements Janus ou Januarius peut se traduire par janvier ou mois de Janus, le premier mois de notre calendrier, mois arrivant après le solstice d’hiver. La porte du temple est à l’occident, c’est à son seuil que le soleil se couche, c’est-à-dire que la lumière s’éteint Au dehors règnent les ténèbres par conséquent le monde profane. La porte d’Occident nous protège à l’intérieur du temple, des intrusions extérieures malveillantes Tout comme Janus, au double visage, surveille le dehors et l’intérieur du logis ; .la gardienne de la porte, la couvreuse, dans le Temple, remplie cet office. Avant chaque Tenue, sur le parvis j’aime l’instant de recueillement en attendant , que la Maitresse des cérémonies, comme une maîtresse de maison nous ouvre les portes du Temple Mais pour en franchir les battants il nous faut , à l’image de la clef de notre demeure , donner à l’Experte les mots de semestre. Apprenties nous entrons les premières et je me sens petite face à la grandeur du Temple. La porte du Temple maçonnique s’ouvre sur les deux colonnes qui, selon la bible, marquaient l’endroit où devaient fusionner l’homme et le divin. la Loge est orientée selon l'axe est ouest, à l'instar des églises du Moyen Âge Les deux colonnes sont respectivement placées au sud-ouest et au nord-ouest. Comme dans le Temple du Roi Salomon, la colonne J, celle de notre 2° surveillante, peut être assimilée au solstice d'hiver et la colonne B au solstice d'été.

• La porte des dieux, en relation avec le solstice d'hiver, période ou le soleil reprend sa course ascendante est associée à Jean l’Evangéliste.
• La porte des hommes, solstice d'été, moment où le soleil descend, est associée à Jean Le Baptiste.

Ces deux colonnes, ces deux portes, comme les deux visages de Janus sont indissociables Les deux solstices sont des moments importants du calendrier maçonniques, car ils relient le passé et l’avenir. La maçonne doit donc regarder en arrière et en avant, mais aussi savoir s’arrêter entre les deux battants de la porte, pour vivre et apprécier le moment présent. Ici l’initiée après avoir été reçue en loge par trois grands coups, meurt à la vie profane pour renaître Les colonnes sont placées à cet endroit pour que tout être, qui entre dans le Temple, réintègre en lui ou en elle leur orientation : la verticalité mais surtout le questionnement. Le temple est le lieu où l’Homme doit être debout, c'est-à-dire parlant et questionnant. Lieu ou l’initiée ouvre les portes de son Temple intérieur. C’est pourquoi encore, la maçonne avant de franchir la porte du Temple doit se débarrasser de ses métaux, faire taire ses passions et oublier jusqu’à ses intérêts personnels, s’imprégner d’humilité. Le corps, le cœur et l’esprit sont les trois portes que la maçonne doit apprendre à franchir pour obtenir le discernement ,accéder à un nouveau degré de compréhension du monde, et pour atteindre un meilleur perfectionnement personnel et permettre une transposition de celui-ci, dans le monde profane. Il est important enfin de penser aux portes qui s’ouvriront le jour de notre mort, La mort, le trépas sont un passage, une porte qui s’ouvre, pour certaines sur un autre monde, pour d’autres sur le néant, pour nous francs maçonnes, en quête de la sagesse ultime, c’est le passage à l’Orient Eternel. Aujourd’hui, pour moi, la porte représente aussi le symbole de la transformation de l’esprit, la première et non la dernière des étapes d’une longue quête personnelle. . La porte est bien ce lieu à la fois d’arrivée et de départ pour un recommencement ; elle est un accès possible à autre chose.

J’ai dit Vénérable Maîtresse

C\ B\

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

Etre le gardien du temple

Publié le par Solange Sudarskis

Tout voyage demeure, au final, un détour ; et le plus important n’est peut-être pas de partir mais de revenir. Mais Qui revient après un long détour ? Qui deviens-tu, F S. après les 3 voyages de l’initiation ? Il semblerait que tu aies déjà choisi, dans le monde profane une voie, que je dirai être celle d’un chevalier. La voie du guerrier, c’est l’esprit du Samouraï en Orient, la chevalerie des épopées mystique de la Perse Islamique pour le croyant, tandis qu’en Europe, la quête du Graal et l’épopée templière incarneront cet idéal. Le mythe chevaleresque allait de part et d’autre exalter les hommes au théâtre de la guerre. C'est ainsi que l'esprit chevaleresque a fini par fusionner avec la quête du Temple achevé grâce aux efforts des bâtisseurs. Il y a bien eu des tentatives de restauration de la chevalerie notamment au travers de la constitution d’une épopée chevaleresque au sein des grades maçonniques mais, comme l’avait signalé Karl Marx, on ne répète pas l’histoire sauf en faire une vaste mascarade tragi-comique ! Dans le Roi Pêcheur, la pièce de Julien Gracq, le Graal jouit, conformément à la tradition littéraire, d’un intérêt exceptionnel de la part des personnages qui peuplent l’univers mythique. Le Graal est considéré comme un objet aux propriétés miraculeuses; voilà pourquoi c’est vers lui que convergent les désirs de tous les acteurs du mythe. Le récipient précieux est protégé avec un soin exceptionnel dans l’espace du royaume du Roi Pêcheur, Amfortas, frappé d’une double souffrance, corporelle et spirituelle. Plusieurs indices permettent de supposer que le Graal constitue le centre d’une carte imaginaire inscrite dans un cercle. Enfermé dans un «tabernacle», le Graal est caché dans une salle particulière du château de Montsalvage, «la salle du Graal». L’accès au château est conditionné par le passage à travers la forêt, parce que c’est justement la forêt qui est sans cesse surveillée par les chevaliers du Graal afin d’empêcher les intrus d’entrer dans le royaume ensorcelé. Le trésor de la franc-maçonnerie ne s’apparente-t-il pas pour toi à un graal ? Poursuivons l’histoire. Si Perceval parvient sans grande difficulté jusqu’à la frontière de la forêt ensorcelée, l’ayant franchie, il doit affronter la dernière étape de sa quête pavée d’épreuves, cette fois non plus d’ordre physique, mais d’ordre spirituel, en direction du Graal. Cependant, si l’existence du Graal n’est pas mise en doute par les protagonistes du drame, l’estime qui lui est réservée dépend des pouvoirs que ces derniers lui attribuent. Pour Perceval, sa quête y est considérée comme un comble des aventures terrestres, ce qui réduit la coupe précieuse à un trophée désignant le meilleur chevalier du monde. Aux yeux des compagnons le récipient mystérieux se matérialise dans l’objet oscillant entre un talisman féerique et une sainte relique qui permet, grâce à ses propriétés miraculeuses supposées, de parvenir, ici-bas, à «la terre promise», à «un paradis sur terre». C’est Perceval, chevalier de la Table Ronde, qui récite la somme des caractéristiques, traçant des contours du Graal arthurien: «Il est dans le monde un trésor captif dans un château enchanté, un objet de grande merveille, le Graal. Pour qui le voit, ses yeux s’ouvrent et ses oreilles entendent, il comprend le chœur des mondes et le langage des oiseaux. Le Graal est suffisance, extase et vie meilleure. Il est soif et étanchement, dépouillement et plénitude, possession et ravissement ». C’est pour se voir décerner ce prix du meilleur chevalier que Perceval entre sur le terrain interdit du royaume du Graal, espérant, dans la bataille suprême de sa vie, une fameuse victoire de sa force virile. Pour le royaume du roi pêcheur, il s’agit d’un Graal différent, un Graal aux pouvoirs mystérieux, éteints toutefois par la faute du roi indigne. Le pays entier agonise avec son souverain, il pourrit, lentement mais inexorablement, comme la blessure d’Amfortas. L’existence déplorable du royaume d’Amfortas se pose ainsi comme une antithèse d’un âge d’or perdu, mais qui a la chance d’être retrouvé. L’heure de la délivrance doit venir avec l’arrivée d’un nouvel Élu, d’un nouveau Pur, qui rallumera le feu salutaire du Graal et deviendra le nouveau roi du Graal. Une image évangélique du Graal est esquissée par le jeune chevalier qui dit : « A un seul il est donné de conquérir le Graal, s’il est assez pur et assez sage, et si parvenu après de longues aventures en sa présence, il sait poser la seule question qui délivre. Je veux être celui là ! ». L’exclamation passionnée du jeune chevalier met le vieux roi en colère: «La gloire du Christ n’est pas remise entre tes mains, qui que tu sois, Perceval. Il commande que chacun fasse son salut, humblement, à la place où le sort l’a mis. Le christ a pris le sort de tous en charge dans ses bras ouverts sur la croix. Ce n’est pas pour que le premier aventurier venu cède aux imaginations de sa cervelle vide, et se croie personnellement chargé de faire lever le soleil sur l’humanité. Tous sont appelés, Perceval, et non point toi singulièrement ». Le Graal demeurera éteint, Perceval n’ayant pas osé prononcer la question magique, par manque de simplicité. Perceval quitte à la fin du dernier acte le château de Montsalvage, frappé par les révélations brutales d’Amfortas, mais non écrasé. Quittant le château, en hâte et discrètement, il laisse derrière lui la bataille la plus rude de sa vie. Cette fuite du jeune chevalier, peut-elle être interprétée comme un échec, comme un nouveau naufrage, provoqué par les charmes du Graal? Il paraît être son contraire, un triomphe sur le Graal, pourtant discret et sans pathos, qui provoque l’éruption des passions incontrôlables, retirées sous le seuil de la conscience maîtrisée. Perceval vit devant nos yeux sa maturation difficile et, en acceptant ses limites, sa condition, il découvre en lui, non plus un dieu, mais rien moins qu’un homme. L’enfant est mort pour revivre en homme. Voilà, jeune chevalier S., il en est de même ici. Les épreuves proposées ne semblent des victoires ou des défaites que dans un temps et un espace mythique où tout est symbole, et la voie que tu as choisie n’a pas, cependant, aboutit dans un royaume fermé. La quête initiatique est une façon d'habiter le monde. C'est admettre et vouloir s'orienter, c'est vouloir sortir du chaos ; c'est faire un pari existentiel sur le sens contre l'absurde et c'est au cœur d'une telle démarche que se construit aussi la fraternité. L'initiation fonde la fraternité. En effet, c'est par la réalisation de la construction d'un temple que se fait la fraternité des compagnons et le compagnon lui-même. C'est en travaillant sur lui-même et par ses actes que le FM construit une fraternité opérative qui le relie à ses F et S et qu'il peut, à partir de là, poursuivre la construction de la fraternité des hommes, où chaque homme est un vecteur de la vérité universelle. Les hommes sont irréductibles dans leur singularité et là il y a une égalité absolue en dignité. C'est en affirmant cela que la FM affirme en même temps que la personne est porteuse d'universalité. Le FM est celui qui est capable de reconnaître l'universalité en tout autre. Pour un FM la différence n'est pas revendiquée pour elle-même (cela porterait en soi le risque d'une barbarie sauvage) mais la différence est, pour lui, les aspects différenciés de l'universalité. Ici, une loi nous est donnée, pour renouveler en ce sens notre liberté : c’est la constitution de l’Ordre qui nous propose des catégories de pensées pour nous organiser en groupe, œuvrant aux progrès de l'humanité. Nous venons de te reconnaître comme FM, mon bien aimé FN., mais c’est dans le monde profane, que tu seras un homme, un frère en humanité avec tous les hommes, là où tu rencontreras tous les autres dont l’humanité a besoin pour que se lève l’aurore de la lumière que tu appelles l’espoir.

Solange Sudarskis

Source : http://solange-sudarskis.over-blog.com

Publié dans Planches

Partager cet article

Vous avez la Parole Mon Frère !

Publié le par Y\ D\

Le choix de ce sujet n’est pas du au hasard ! La Prise de Parole en Loge !
Ce choix me rappelle un de nos Frères qui avait l’habitude de dire : « Assis sur les Colonnes j’ai toujours la tête pleine d’idées, mais une fois debout, mes idées ne m’ont pas suivis, elles sont restées sur la chaise et je suis là à ne pas savoir quoi dire ! » Quand à moi, j’avais un rapport avec la parole sinon douloureux au moins problématique parfois. Il suffirait d’interroger quelques Frères présent sur les colonnes, et qui sourient déjà, pour en être convaincus, et c’est pour cette raison que j’ai choisi ce sujet. J’ai simplement voulu approfondir l’étude de cet outil afin que nous essayions tous de comprendre que la prise de parole en Loge n’est pas une chose simple et pour rappeler que nous sommes ici pour essayer de progresser sur le chemin de la connaissance grâce aux interventions de chaque frère. Ici l’égrégore prend tout son sens. Par ce travail j’ai simplement voulu approfondir l’étude de cet outil afin qu’il puisse nous être utile à tous et par voie de conséquence d’améliorer notre rapport aux hommes et au monde ! Je souhaite faire un retour en arrière pour vous rapporter le conseil qui m’avait été donné par un vieux Frère :
« Apprenti : il reste au fond de ta besace un outil précieux. Tu ne l’a pas encore vu, il y a ton mouchoir dessus : c’est la Parole, elle te sera rendue après ton passage au second degré. Sois persuadé que c’est un outil. Apprends à t’en servir comme tel. N’ai pas de crainte, profite que tu es en âge où on pardonne les maladresses pour t’entraîner, car c’est un outil dangereux. Il peut à tout moment ce retourner contre toi. Et surtout lorsqu’elle te sera redonnée, ne la perd pas, ça ferait toute une histoire ! » Quelle importance et qu’elle gravité surtout à propos de cet outil.nul doute que cela est justifié, seul un réel apprentissage permet une vigilance de tous les instant quand à son bon usage. Voyant le Silence avant la prise de Parole par l’Apprenti un proverbe dit : « La parole est d’argent, et le silence est d’or ! » L’Apprenti siège au septentrion, dans une position de retrait qui lui a été imposé. Il observe et écoute dans la faible Lumière lunaire. Il opère silencieusement ses pérégrinations intérieures. Il apprend d’abord, dans une 1ère phase primordiale, à entrer en communication avec lui-même, c’est ka descente le long du fil à plomb, afin de pouvoir utiliser, le moment venu, la Parole juste avec les autres. Il écoute et réfléchit, pense à tout ce qu’il devrait dire ou ne pas dire, à tout ce qu’il dira plus tard et quelqu’un le dira, sans doute, à un moment ou à autre, à sa place…Il analyse tout ce qu’il entend, engrange ce qu’il ne comprend pas forcement, pour mieux le méditer par la suite, trouve ceci ou cela utile, redondant, déplacé ou parfois émouvant, il va a la rencontre de l’autre par l’écoute et sans le silence, il se sent peut-être perturbé, angoissé ou révolté à certains moments, mais il s’épanouit à d’autres, dans la quiétude et la tranquillité du retrait. Il faut dire tout de même, que le silence a de réelles vertus indispensables, vitales même, que chacun peut apprécier, au moment du repos par exemple ou d’un temps de loisir ! Il peut aussi être assorti d’une forme de solitude délibérément choisie, ou confortablement acceptée.
Cette situation est de toute façon toujours nécessaire. L’Apprenti le découvrira bientôt s’il ne l’a déjà fait ! On pourrait penser que je dévie de mon sujet, mais il est difficile de parler de la Parole sans faire allusion au silence, qui est un peu, en quelque sorte, son complément, son articulation ! Le silence est aussi un temps d’arrêt, ou le travail intérieur prépare l’action, un peu comme un compositeur écrit sa partition avant de la jouer ! « La Parole est d’argent, et le Silence est d’or ! »

Si je comprends bien le terme de ce proverbe, j’en déduis que la Parole a de la Valeur, mais que le Silence a plus de valeur encore.
Autrement dit, qu’il vaut mieux savoir se taire que de parler pour ne rien dire. C’est probablement vrai, car d’abord en se taisant, on ne dit pas de mises et on ne fait pas d’erreur, ensuite parce qu’on ne prend pas le risque de blesser quelqu’un ou déplaire, mais il y a une contrepartie non négligeable. Le silence est un refuge et entraîne parfois, dans ce cas une attitude passive, de caution, de lâcheté même, que l’on retrouve dans un autre proverbe : « Qui dit mot, consent ! »Reprenons le thème de ma Planche : « Vous avez la Parole Mon Frère ! »Il est impressionnant de dresser la liste des qualificatifs que l’on peut lui attribuer. J’en citerai quelques uns :
La Parole peut-être sensé, absurde, vaine, directe, naïve, simple, équivoque, a double sens, hypocrite, menteuse, caressante, touchante, douce, mère, de conciliation ou de réconciliation, de paix, diffamatoire, blasphématoire, acerbe, mordante, irréparable, injurieuse, grossière, obscènes, blessante ou tout simplement bonne ! La Parole, nous dit le Robert, est l’ensemble de sons articulés, exprimant la pensée, sous forme de mots, expressions, discours, propos. Nous pouvons dire que la Parole est le propre de l’homme ! Indéfiniment différente du cri instinctif de la bête ! « Intellectuelle », structurée par l’usage de la langue, la parole humaine donne sens à nos activités. Chacun peut y loger sa passion, ou toute valeur foncière humaine. C’est la parole existentielle ou poétique, tournée vers l’intérieur, vers une trame prise au sens spirituelle dynamisée par des réalités intérieures qui projette notre humain à l’extérieur de lui-même, en opposition à la parole technique ou scientifique ! Le singe, malgré un apprentissage minutieux, ne sait pas employer le langage, ni même utiliser des signes. Les mécanismes d’apprentissage de la parole sont encore inconnus. On sait juste que tous les bébés sont programmés pour apprendre n’importe quel langage, que celui-ci part d’une relation privilégiée avec autrui, et lui permet, au détriment de la perte de la communication préverbale, d’établir un lien avec une autre personne avec qui rentrera en relation ! Les petits aiment jouer et le langage est un support privilégié : gazouillis, baillage, puis comptines à l’âge de la maternelle. C’est cette dernière forme du langage qui aboutira au langage existentiel. Nous pouvons également voir que le bébé communique d’abord avec lui-même, avant de communiquer avec les autres.

La comparaison avec l’Apprenti parait facile ! La parole humaine est mixte, c’est son originalité ! Nous venons de voir qu’elle vient du dedans de l’âme, mais qu’elle s’exprime aussi hors de l’homme pour énoncer les choses ou les sentiments que les êtres humains ressentent, échangent. Elle exprime une réalité vivante. Elle est médiatrice, elle circule et fait communiquer chacun avec soi-même et avec les autres. Le Franc-maçon est depuis toujours homme de discourt, et la Loge, le lieu d’expression et de conservation de l’art de la rhétorique. A l’opposé du griot africain, garant de la pérennité d’une tradition d’une manière strictement orale, le Franc-maçon perpétue la tradition en utilisant la parole pour lire les écrits. Le Travail en Loge passe systématiquement par des prises de paroles réglementées (émanant d’écrits historiques ou rituels) ou des prises de paroles improvisées lors d’intervention individuelles, et qui seront conservées par écrit. Cette réglementation est à considérer aussi comme une préparation et un garde fou. En Loge, un Frère s’annonce au Surveillant de sa Colonne comme désirant prendre la parole. Celui-ci transmet sa demande au Vénérable qui permet au Surveillant de la lui donner. A ce moment seulement, le Surveillant donne la parole au Frère. Elle évite à la fois le caractère impulsif de la prise de parole, et empêche une répartie trop épidermique à une intervention. Elle pourrait s’illustrer de ce conseil que tout le monde connaît : « Il faut tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler ! » La communication entre les êtres est toujours délicate ! Des professionnels y sont formés. Fréquemment, des situations font que les participants sont dans un rapport de force où chacun cherche à persuader l’autre qu’il a raison. En conclusion, Vénérable Maître et vous tous Mes Frères je suis persuadé que la bonne mise en œuvre de l’Apprentissage devrait éviter les mésententes, car un conflit est toujours un échec de la Parole !

J’ai dit !

Y\ D\

Source : www.ledifice.net

Publié dans Planches

Partager cet article

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>