Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:22

La présence de l'oiseau de Zeus dans le ciel des maçons n'est pas liée aux instruments du métier, mais à la prééminence de Jean sur les autres évangélistes, qui donne le sens spirituel des paroles du Christ.
La question fut posée de savoir s'il ne s'agissait pas du Baptiste, ou des deux, en rapport avec les deux fêtes solsticiales qui leur sont dédiées.
C'est à ce sens intérieur caché au profane que se réfèrent les ouvriers des loges de Saint-Jean, ainsi qu'à la tradition symbolique impériale par les grades chevaleresques qui se multiplièrent dès le XVIIIe siècle.

Les deux traditions se retrouvent dans le Discours de Ramsay* qui attribue aux chevaliers croisés en Terre sainte l'origine de l'Ordre par une articulation produite par une longue élaboration dans l'histoire occidentale, mûrie par la vogue des romans de chevalerie qui, au XVIIIe siècle, fit passer l'imaginaire chevaleresque médiéval dans la maçonnerie.

Dans un premier temps la vision du char d'Ezechiel (1, 4-9), qui décrivait (.
en son centre ,) quatre animaux combinant les ailles de l'aigle, avec la face de l'homme, les sabots du bœuf..., fut associée à celle des « quatre vivants» de l'Apocalypse de saint Jean (Ap 4), ces animaux étranges qui ressemblent aux statues des Karibu gardant les palais de Babylone.
Ensuite, les théologiens grecs et latins affirmèrent la prééminence de l'aigle dont le regard porte vers les cieux, avant de l'identifier définitivement à l'apôtre bien-aimé; ainsi saint Jérôme (347-420) ou Bède (673-735) avaient exalté celui qui peut «. contempler le soleil ».
La vénération de Jean fut au cœur de la renaissance carolingienne très vivante dans les sphères du pouvoir où Alcuin (730-804) liait au vol céleste de l'aigle la profondeur des mystères divins du visionnaire de Pathmos.
C'est par ce biais que l'iconographie de l'aigle fut liée à l'idée du pouvoir impérial lequel prétendait participer du divin conjointement au pouvoir sacerdotal.
Apres le sacre d'Othon le en 962, l'emblème, désormais fixe, marqua la supériorité du Saint-Empire sur les royautés locales et les grands féodaux.

Dante (1265-1321) glosa sur ce thème dans La Divine Comédie et De monarchia repris par de nombreux auteurs maçonniques.
Il a place notamment l'empereur romain Trajan dans l'œil de l'aigle qui parle dans le ciel de Jupiter, reprenant le début du Livre de la Sagesse sur la justice (chant XVII).
On retrouve bon nombre de ces associations dans la floraison de grades chevaleresques des 1750.
Le terme « aigle» apparaît ou disparaît selon la fantaisie des loges*: le Chevalier du Soleil* et de l'Aigle voisinant avec un Rose Croix* Chevalier de l'Aigle, Chevalier du Pélican... dont le Rituel de 1761 précise
«Il est appelé Chevalier de l'Aigle titre connu pour le plus ancien et le plus allégorique à la puissance du Grand Architecte de l'univers qui vint établir sur la terre un travail qui a racheté le genre humain et le fils de l'homme étant indépendamment: comparé à la suprême puissance du père, l'aigle est regardé comme cette puissance», Le comte de Clermont avait tente à la même époque de mettre de l'ordre dans ce foisonnement avec les statuts de la loge Saint-Jean de Jérusalem.
Le Rite Ecossais Ancien et Accepte* tel qu'il fut fixe au XIXe siècle acheva d'arrêter titres, décors et rituels: le Grand Elu Chevalier Kadosh* dit Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir (30°) comporte la justice comme premier échelon de l'échelle du Kadosh escaladant le ciel; le bijou* du grade (une croix teutonique) porte un aigle à deux têtes tenant une épée dans ses serres et l'instruction rituelle dit: .
< Pour me rappeler d'employer mon épée en tout temps sous la bannière de l'Aigle noir, pour le soutien de l'ordre.
,) Le 32°, Sublime Prince du Royal Secret, reprend, dans le décor d'un « pavillon » du « camp » où se réunissent les titulaires du grade, l'emblème de l'aigle bicéphale d'or ou d'argent; il figure également sur le cordon porte et le bijou.
Le 33° et dernier, souverain Grand Inspecteur Général a le même bijou et l'aigle ont deux têtes figure sur la « grande décoration de l'ordre «,.
D'autres rites l'utilisèrent, tel le Rite égyptien* de Misraïm (1817) ou l'aigle se retrouve aux 37°, 38° et 39° (Chevalier de l'Aigle de l'Aigle Noir et de l'Aigle Rouge) ainsi qu'au 64° (Chevalier de l'Aigle Blanc) qui précède le Kadosh.
Le Rite de Memphis (1849) ne connaît que l'Aigle Rouge, au 25°, que le rite révisé par John Yarker (1875) déplacé au 12°.

La déchristianisation des rites, le Rose Croix et le Kadosh notamment, s'appuya sur Dom Pernety, ses Fables égyptiennes (1786) et son Dictionnaire mytho hermétique (1787) fournissant une iconographie alchimique de l'aigle fort abondante.

On pourra enfin noter la présence de l'aigle dans les cahiers de dessins de l'architecte Villard de Honnecourt (milieu du XIIIe siècle) associé à l'étoile à cinq branches et assorti de l'inscription: « Ici commence la méthode du trait de portraiture ainsi que l'art de géométrie l'enseigne...»

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

Par J.-P.L. - Publié dans : symbolisme
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:13

Parmi les symboles  qu'elle soumet à la méditation de ses néophytes, la Maçonnerie anglo-saxonne attache une importance particulière au point marqué au centre d'un cercle. Deux tangentes verticales complètent la figure, à laquelle s'ajoute parfois l'inévitable Bible, que nous envisageons comme superfétatoire.

Aucune explication n'accompagnait primitivement ce tracé traditionnel, que les Freemason's Monitors modernes ont cru devoir commenter discrètement. Nous apprenons ainsi que les deux perpendiculaires latérales figurent les deux patrons chrétiens de la Maçonnerie : saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Evangéliste , auxquels s'associent les Saintes Ecritures. « En parcourant le cercle, nous est-il expliqué, nous touchons nécessairement aux deux lignes et au Livre Sacré (posé sur le bord supérieur du cercle) ; aussi, tant qu'un Maçon se maintient dans les limites de l'enseignement sacré, il est impossible qu'il se trompe matériellement. »

Nous estimons que la Bible est ici mentionnée hors de propos, dans un esprit
étroit qui n'a rien d'initiatique. Le symbole purement géométrique se passe admirablement d'un texte détournant de son approfondissement méditatif. L'Initiation est plus ancienne que toutes les écritures saintes et, sans les mépriser, elle en fait abstraction lorsqu'elle enseigne à chercher la vérité, non dans les mots qui la traduisent imparfaitement, mais dans les signes et les figures propres à faire penser. En écoutant ceux qui parlent, nous nous instruisons profanement, puisque nous recevons du dehors, sans pénétrer dans notre sanctuaire intérieur, où, seul en présence de lui-même, notre esprit s'interroge, pour s'instruire initiatiquement, dans le silence que ne trouble aucun écho extérieur. Les prédications que nous entendons et les livres que nous lisons nous sont d'un immense profit et nous aurions tort de nous fermer aux richesses de l'enseignement profane. Il nous est loisible de rester devant le temple – pro fanum – ; mais, en ce cas, ne trompons personne et ne nous posons pas en initiés.

L'initié pénètre dans ce qui est fermé à la masse incapable de penser par elle-même ; il ne s'en tient pas à l'endoctrinement général et veut savoir par lui-même, en redécouvrant la vérité, telle qu'elle s'est révélée aux sages, qui sont descendus eux-mêmes pour l'apercevoir au fonds du puits
 symbolique où elle se cache pudiquement.

Si notre ambition est de nous initier, apprenons à penser avec indépendance, en rigoureuse autonomie, en dehors de toute suggestion verbale. Ce qui nous y aidera le mieux, ce sont les signes les plus simples et les plus élémentaires tracés géométriques ; or, rien ne dépasse, à cet égard, la simplicité du point, envisagé comme centre d'un cercle.

A strictement parler, le centre est une pure conception
de l'esprit, qu'il est impossible de figurer visiblement et même de se représenter mentalement. C'est un point mathématique sans dimensions, donc un rien que cependant, nous localisons. Nous concevons un rien pouvant être quelque part pour remplir une fonction.

Voilà de quoi méditer très sérieusement. L'idée de centre s'impose à nous : tout a un centre et un centre rigoureux ne peut être qu'un point mathématique ! Moi-même, personnalité agissante, consciente et voulante, j'ai mon centre auquel se rapporte mon moi. Tout part en moi d'un point mathématique insaisissable, d'un rien mystérieux, qui se retrouve en tout ce qui a forme. L'univers a son centre comme chaque être particulier a le sien, et tous ces centres
agissent comme tels de façon analogue ; sur eux se concentre l'universalité, qu'ils répercutent à leur façon. Des ondes vibratoires partent de chaque centre, puis reviennent sur lui, d'où le double aspect de mouvement vital.

Tout cela est suggéré par le modeste symbole
du point dans le cercle , dont les astrologues ont fait l'idéogramme du Soleil, source de la lumière qui débrouille et coordonne le chaos. Cette lumière devient créatrice au sein de la substance primordiale, en tant que radiation partant simultanément de partout, donc de tous les points-centres de l'immensité. Les Hermétistes ont rapporté à leur Soufre l'énergie expansive contenue en tout centre de vie, tout en se figurant leur Mercure comme exerçant l'action centripète universelle. Il y a simultanément dilatation procédant de tous les centres et compression exercée sur chaque centre par le rayonnement expansif de tous les autres. Autour de chaque centre se constitue ainsi une zone d'équilibre, où l'expansion individuelle est neutralisée par la réaction de l'ambiance. Cette sphère limitative prend nom de Sel .

Cette théorie n'est pas abracadabrante et ne doit pas terroriser le Maçon soucieux de s'instruire des principes de son art. Il y est conduit, pour peu qu'il réfléchisse sur le point dans le cercle.

Mais que signifient les tangentes chrétiennement sanctifiées par nos FF:. anglo-saxons ? Elles font songer aux solstices
, consacrés, eux aussi, aux deux Saint Jean. Or, les solstices délimitent la course du soleil, qui ne s'élève pas plus haut que le solstice d'été (fête de saint Jean-Baptiste), et ne descend pas plus bas que le solstice d'hiver (fête de saint Jean l'Evangéliste). A ces limites correspondent les Colonnes d'Hercule dressées aux confins du monde, colonnes que la Maçonnerie christianisée a retrouvées devant le temple de Salomon. Ce sont pour elle les extrêmes entre lesquels se développe la réalité accessible à l'esprit humain.

Ces deux colonnes ont toujours été envisagées comme les piliers de la sagesse maçonnique. Elles sont en relation avec le Soleil
et la Lune , avec Soufre et Mercure, Niveau et Perpendiculaire, Force et Beauté. Il y a là des rapports subtils qui peuvent échapper à la brutalité raisonneuse ; mais l'artiste n'est pas une brute et, si le manœuvre chargé de démolir peut laisser jouer ses muscles, l'ouvrier constructeur ne peut se dispenser de faire intervenir son cerveau.

Cela parut évident dès les temps les plus anciens, où la géométrie fut en honneur parmi les Maçons. Or, toute spéculation géométrique remonte au point sans dimensions, rien dont le mouvement engendre la ligne dépourvue de largeur, de laquelle naît la surface, génératrice à son tour de la forme à trois dimensions.

Rien de plus positif, de plus solide en ses démonstrations que la géométrie. Et pourtant – cruelle ironie – toute la science de l'espace procède d'une notion absurde : celle du point mathématique, entité fictive, qui est sans être, tout en étant. Quelle leçon d'humilité ! Le rituel a raison, lorsqu'il nous fait plier jusqu'à terre pour franchir la porte du sanctuaire où se cherche la Vérité.

souce : www.boutiquefs.fr

Par Oswald Wirth - Publié dans : symbolisme
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 17:55

Dans quelques loges, le dais, qui ombrage le trône du vénérable, est de soie cramoisie ; et alors le second surveillant occupe le centre de la colonne du midi. C'est ce qui a lieu dans les loges dites écossaises, et dans toutes les loges anglaises et américaines. Aux Etats-Unis, le vénérable (worshipful master) est coiffé d'un claque garni intérieurement de plumes noires et décoré d'une large cocardede la même couleur. Au lieu de maillet, il tient une masse assez semblable à une sonnette de table. Les surveillants (senior warden et junior warden) sont placés dans une espèce de niche ornée de draperies à franges, et ils portent, appuyé sur la cuisse, comme les hérautsd'armes, un bâton d'ébène tourné en forme de colonne.

Indépendamment du vénérable et des surveillants, qu'on appelle figurément les trois lumières, on compte dans la loge un certain nombre d'autres officiers qui, de même que les trois premiers, sont élus au scrutin, chaque année, à la Saint-Jean d'hiver
. Tels sont l'orateur, le secrétaire, le trésorier, l'hospitalier, l'expert, le maître des cérémonies, le garde des sceaux, l'archiviste, l'architecte, le maître des banquets, et le couvreur, ou garde du temple. Les loges  écossaises ont en outre un premier et un second diacres, un porte-étendard et un porte-épée.

En Angleterre et aux Etats-Unis, les loges n'ont pas un aussi grand nombre d'officiers. On y compte seulement un vénérable (worshipful master), un premier et un second surveillants (senior and junior wardens), un secrétaire (secretary), un trésorier (treasurer), un chapelain (chaplain), un premier et un second diacres (senior and junior deacons), un garde intérieur (inner guard), un garde extérieur, ou tuileur (outer guard, or tyler), et un expert (steward). Dans les loges dites misraïmites, les surveillants ont le nom d'assesseurs, les diacres celui d'acolytes,et l'hospitalier s'appelle élémosinaire.

La plupart des officiers occupent dans la loge une place déterminée. L'orateur et le secrétaire ont leur siégé à l'orient, près de la balustrade ; le premier à la gauche du vénérable ; le second à la droite. Le trésorier est à l'extrémité de la colonne du midi, au-dessous de l'orateur ; l'hospitalier, à l'extrémité de la colonne du nord, au-dessous du secrétaire. Chacun de ces fonctionnaires a devant lui un bureau. L'expert
et le maître des cérémonies sont assis sur des pliants, au bas des marches de l'orient, l'un devant l'hospitalier, l'autre devant le trésorier. Le premier diacre siège à l'orient, à la droite du vénérable ; le second diacre, à l'occident, à la droite du premier surveillant ; le couvreur, derrière le second diacre, près de la porte d'entrée. L'extérieur, qu'on nomme les pas perdus, est habituellement gardé par un frère servant, rétribué par la loge.

Des insignes particuliers servent à distinguer les officiers des membres sans fonctions. Tous portent un large ruban bleu-ciel moiré, en forme de camail, dont la pointe leur descend sur la poitrine. A ce cordon, où sont ordinairement brodés des branches d'acacia
et d'autres emblèmesmaçonniques, est attaché un bijou symbolique dont la nature varie suivant les attributions de l'officier qui en est décoré. Ainsi, le vénérable porte une équerre ; le premier surveillant, un niveau ; le second surveillant, une ligne d'aplomb ; l'orateur, un livre ouvert ; le secrétaire, deux plumes en sautoir ; le trésorier, deux clés; le premier expert, une règle et un glaive; le second expert, ou frère terrible, une fauxet un sablier ; le garde des sceaux, un rouleau et un cachet ; l'hospitalier, une main tenant une bourse ; le maître des cérémonies, une canne et une épée croisées ; le maître des banquets, une corne d'abondance ; l'architecte, deux règles en sautoir ; le garde du temple, ou couvreur, une massue. Les diacres ont des brassards. Les experts et le couvreur portent une épée ; le maître des cérémonies, une canne ; les diacres, un long bâton blanc, et quelquefois une lance.

En Angleterre, en Hollande, aux Etats-Unis, les cordons des officiers ne sont pas uniformément bleu-ciel. Ils sont de la couleur particulière adoptée par la loge. Les frères
qui n'ont pas de fonctions y sont décorés d'un simple tablier de peau blanche.

C'est le vénérable qui convoque et préside les assemblées, qui ouvre et ferme les travaux ; qui communique aux initiés les mystères de la franc-maçonnerie ; qui met en délibération toutes les matières dont s'occupe l'atelier ; qui accorde, refuse ou retire la parole ; qui résume les avis, ferme les discussions et fait voter, et qui surveille l'administration de la loge.

Les surveillants dirigent les colonnes du midi et du nord. C'est par leur entremise que les maçons qui y siègent demandent la parole au président. Ils rappellent à l'ordre les frères qui s'en écartent.

L'orateur prononce les discours d'instruction et d'apparat. Il requiert l'observation des statuts généraux de la maçonnerie et des règlements particuliers de la loge, s'il s'aperçoit qu'on les enfreigne. Dans toutes les discussions, il donne ses conclusions, immédiatement avant le résumé du vénérable.

Les procès-verbaux des tenues, ou tracés d'architecture, les planches de convocation, et en général toutes les écritures de la loge, sont expédiés par le secrétaire. Il fait partie, de même que le vénérable, de toutes les commissions, et il en rédige les rapports.

Le trésorier est le dépositaire des finances de la loge. L'hospitalier a la garde
de tous les dons que les frères déposent dans le tronc de bienfaisance, à la fin de chaque tenue. Les Anglais et les Américains n'ont pas d'hospitalier. Chez eux, chaque maçon fait un don annuel pour le soulagement des frères indigents, lequel est adressé à la Grande-Loge, qui en fait elle-même la distribution, par l'entremise de son committee of charity, ou commission de bienfaisance.

Les francs-maçons étrangers à la loge, qui se présentent pour la visiter, sont tuilés, c'est-à-dire examinés par le frère expert. Ce soin est confié en Angleterre et en Amérique à l'outer guard, ou tuileur. C'est aussi l'expert ou son suppléant, le frère terrible, qui prépare le récipiendiaire et le guide dans le cours des épreuves auxquelles il est soumis. Dans les loges anglaises, cette fonction est remplie par le senior deacon, ou premier diacre.

Les attributions du maître des cérémonies, du garde des sceaux, de l'archiviste, du maître des banquets, sont suffisamment désignées par les titres que portent ces officiers.

L'architecte est le dépositaire du mobilier de la loge. C'est lui qui ordonne et surveille tous les travaux de construction et de décoration que l'atelier a pu délibérer.

Le couvreur a la garde des portes, qu'il n'ouvre aux frères ou aux profanes qu'après l'accomplissement des formalités voulues. C'est à lui que les frères visiteurs donnent à l'oreille le mot de semestre, lorsqu'on les introduit dans le temple.

Le premier diacre est chargé de transmettre les ordres du vénérable au premier surveillant et aux autres officiers de la loge, pendant la durée des travaux qui ne peuvent être interrompus, tels que les délibérations, les réceptions et les discours. Le second diacre est, dans les mêmes circonstances, l'intermédiaire du premier surveillant avec le second, et des deux surveillants avec les frères qui décorent les colonnes, c'est-à-dire qui garnissent les deux côtés de la loge.

C'est seulement dans les cérémonies d'apparat, dans les députations solennelles, et, en Amérique et en Ecosse, dans les processions publiques, que le porte-étendard et le porte-épée ont des fonctions à exercer. En général, le porte-étendard ouvre la marche du cortège, et le porte-épée précède immédiatement le vénérable.

Le chapelain des loges anglaises prononce les invocations et les prières dans les grandes occasions. Habituellement, c'est un ministre du culte, appartenant indifféremment à l'une ou à l'autre des communions existantes.

C'est toujours le soir que les frères se réunissent. Le temple, qui n'a point de fenêtres, est éclairé par un nombre déterminé de lumières ou d'étoiles. Ce nombre est de neuf, de douze, de vingt-un, de vingt-sept, de trente-six, de quatre-vingt-un, suivant la grandeur de la salle ou l'importance de la solennité.

source : www.boutiquefs.com

Par François-Timoléon Bègue-Clavel - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 15:53

1°- Le nombre des Officiers de la Loge demeurera fixé à quinze qui seront: Le Vénérable, le 1° Surveillant, le 2° Surveillant, l'Orateur, le Secrétaire, le Trésorier, le 1° Maitre des Cérémonies, le 2° Maitre des Cérémonies, le 1° Expert, le 2° Expert, le Garde des Sceaux, l'Architecte, l'Aumonier-Hospitalier, le Couvreur.
2°- En l'absence du Vénérable, la Loge sera présidée par l'Ex-Vénérable; en son absence, par le premier Surveillant; en son absence, par le second Surveillant.
L'Orateur, le Secrétaire et le Trésorier, ne tiendront jamais les maillets, à moins qu'il n'y ait nécessité absolue. En l'absence des trois Lumières et de l'Ex Vénérable, ils seront tenus par les Experts et les Maitres des Cérémonies.

3°- En cas de départ ou de longue absence de quelques-uns des Officiers de la Loge, la nomination des emplois vacants, pour le reste de l'année, se fera parla Loge assemblée et, par remplacement seulement pour un certain temps, par le Vénérable.

4°-Tous les Officiers de la Loge auront le droit de porter, pendant les travaux, un collier de couleur bleu céleste, auquel sera pendu le bijou de la dignité.

 

Pour le Vénérable: Une équerre;

Le Premier Surveillant: Un niveau;

Le Second Surveillant: Une perpendiculaire;

L'Orateur: Un livre ouvert;

Le Secrétaire: Deux plumes en sautoir;

Le Trésorier: Deux clefs en sautoir;

Le Garde des Sceaux: Un sceau;

Les Maîtres des Cérémonies: Un glaive;

Les Experts: Une règle;

L'Aumônier-Hospitalier: Un tronc de charité;

L'Architecte-Préparateur: Un rouleau de parchemin;

Le Couvreur: Un oeil.

 

Source : http://montaleau.over-blog.com

 

 

Par Le blog de Montaleau - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 15:18

Une curiosité !

Les Officiers de la loge seront :
Le Vénérable.
Le premier Surveillant.
Le second Surveillant.
L'Orateur.
L'Orateur-Adjoint.
Le Secrétaire.
Le Secrétaire-Adjoint.
Le Trésorier.
Le prémier
Expert.
Le deuxième Expert.
Le troisième
Expert.
Le Maître des Cérémonies.
Le Garde des Sceaux.
Le Garde des Archives.
L'Arch:.-Vérificateur de la caisse.
L'Hospitalier-Aumônier.
Le M:.-d'Hôtel, ou des Banquets.
Le Député au G:. O:.

source : www.boutiquefs.com

Par E. F. Bazot - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:27

Les fonctions des officiers sont beaucoup plus codifiées par des usages transmis
de génération en génération que par des textes formels. Le seul texte de ce
type, à ma connaissance, figure dans le Code Maçonnique des Loges RER de France
approuvé au Convent de Lyon en 5778. Ce texte est reproduit, avec l’intégralité
du Code, dans l’indispensable livre de Jean Tourniac, Principes et Problèmes
spirituels du RER, aux pages 297 à 300. Tout Maçon Rectifié se doit de posséder
cet ouvrage. Ce fragment du Code, très concis, donne les lignes générales et se
trouve, au plan organique, en contradiction avec plusieurs points de l’actuel
règlement intérieur de la GLNF. Mais là n’est pas notre propos, car il convient
ici de s’intéresser au rôle et à la fonction et non aux modalités
obédientielles.

ELEMENTS GENERAUX

Chaque Officier porte le cordon de sa charge et se doit d’incarner la fonction
qu’il emblématise. Le porteur d’une fonction doit agir comme fonction et non pas
en tant qu’individu. L’individu s’efface derrière la charge, il s’y investit et
s’y fonde. Il ne s’agit nullement d’un honneur (les métaux sont laissés à la
porte du Temple) mais bien plutôt d’un engagement à faire et à être. (cf. texte
des serments prêtés lors de l’investiture).

En bref :

La fonction implique une participation totale et une « mise en prise
directe », si je peux oser une telle expression, sur le Sacré pendant le
déroulement de la tenue afin de contribuer au mieux à faire circuler l’énergie.
Comment chacun d’eux peut-il le faire ? Il doit y avoir, plus encore peut-être
que sur les colonnes, vigilance et vis à vis de soi et vis à vis de l’instant.
Le rôle implique l’acceptation d’une responsabilité, d’un engagement à
faire. Ceci est bien loin de toute distinction honorifique.
Il est dit dans le rituel : « 3 la forme, 5 la compose et 7 la rende juste et
parfaite », Cette sentence, dont nous avons eu l’occasion de parler sur nos
listes, est dans la plupart des Rites rapportée aux officiers de la Loge. Pour
ce qui est du RER, dans l’Instruction au Grands Profès, il lui est conféré une
autre signification. Mais si, comme d’aucuns le font, nous la rapportons aux
Plateaux, nous sommes face à 9 Officiers et non pas 7. Si l’on veut alors rester
cohérent, cela voudrait dire que 2 des plateaux sont différents, car à la
charnière du monde profane et plus que les autres en relation avec l’extérieur.
Mais ce n'est qu'une hypothèse gratuite.
Remarquons au passage que le nombre 9 est celui couronnement des efforts et de
l’achèvement. Nombre de l’accomplissement, il marque la fin de la première
décade et conduit au changement de plan.

(Le Christ crucifié à la 3ème heure commence son agonie à la 6ème et expire à la
9ème)

LES PLATEAUX

Maître des Cérémonies


Il faut noter que le MDC remplit au RER des fonctions dévolues à plusieurs
officiers dans d’autres Rites. Il remplacera le Tuileur, le Couvreur, l’Expert,
… Ce n’est donc pas une mince tâche, car cela implique en particulier qu’il doit
connaître les tuilages de tous les Rites.

Texte du Code de 1778 :

Le Maître des Cérémonies doit veiller au cérémonial de chaque assemblée, et
examiner avant l’heure indiquée pour le travail si tout est disposé
convenablement pour la cérémonie du jour. Il doit examiner les FF visiteurs,
leur demander leurs certificats et les mots, signes et attouchements du régime
auquel ils appartiennent. En cas de doute, il doit consulter le VM, et même
attendre l’ouverture de la Loge, et en demander les ordres avant que de les
admettre. Il doit avoir soin de placer tous les FF suivant leurs grades et
dignités dans le régime rectifié.

Rituel de 1782

Le Maître des Cérémonies, aidé par ses Adjoints, ou par des Experts nommés par
le VM à cet effet, examine les Frères sur le Régime Rectifié, sur les grades
symboliques qu’ils disent avoir reçus, soit Apprenti, Compagnon, Maître, Maître
Écossais, et vérifie leurs certificats. Il examine de même les Frères des autres
Régimes mais sur les trois premiers grades seulement, devant, pour le rang
auquel il devra les placer dans la Loge, s’en rapporter à leur simple
déclaration qu’ils ont tel ou tel grade supérieur dans un autre régime. Il
vérifie également leurs certificats et leur demande les mots de passage qui
constatent qu’ils appartiennent à une Loge d’un régime régulier.

Définitions du rituel de 1785 :

Le Maître des Cérémonies doit apporter les mêmes attentions, afin de rectifier à
propos les parties essentielles du cérémonial dont on s’écarterait, et afin de
diriger tous les Frères de la Loge, lesquels doivent avoir l’œil sur lui pour
connaître ce qu’ils doivent faire lorsque le Vénérable Maître donne quelque
ordre avec son maillet. Le Maître des Cérémonies doit agir sans bruit et avec
décence, faisant en sorte de ne pas troubler ou interrompre notoirement le
cérémonial de la réception pour vouloir en rectifier quelques parties peu
essentielles. Ainsi donc, si son office est bien rempli, l’harmonie doit en
résulter sur les colonnes lors des cérémonies de réception

Donc, le Maître des Cérémonies est tout à la fois :

Métronome, il rythme et ordonnance les mouvements et les échanges, ce
qui implique qu’il connaisse parfaitement le Rituel pour chaque grade.

Relais entre le V\ M\ et la Loge par le bas.

Sert de modèle pour les FF de la Loge.

Par sa fonction de veilleur (dans le temporel) il a un pouvoir d’intervention
immédiat :

veille à l’agencement du Temple et vérifie son installation

surveille la tenue corporelle de tout un chacun

supplée, en cas de nécessité, aux surveillants si un manquement ou un
oubli se produit

Eléémosynaire

Si chaque F a un devoir d’attention et d’écoute vis-à-vis des autres, ce devoir
est particulièrement concrétisé dans la charge de cet Officier. Dans les Loges
des XVII° et XVIII° siècle, il était assisté par le Chapelain de la Loge qui,
sans avoir rang d’Officier, était un clerc en charge de l’assistance
spirituelle.

Texte du Code de 1778

L’Eléémosynaire est chargé de recevoir l’offrande volontaire des nouveaux reçus,
de présenter le tronc des aumônes à tous les FF à chaque assemblée, de même pour
les quêtes extraordinaires, et de retirer du F Econome tout ce qu’il aura pu
réserver sur chaque banquet. Le produit de tous ces objets est exclusivement
réservé pour les aumônes et l’état de cette caisse sera présenté tous les 3 mois
à la Loge, pour y être visé et arrêté. Le tronc aura 2 clefs, dont il faudra la
réunion pour l’ouvrir ; l’une sera entre les mains du VM, et l’autre restera à
l’E., qui ne pourra en rien retirer sans le consentement du VM et même des
surveillants, si l’objet est considérable. Il sera en outre l’infirmier de la
Loge, et tenu en cette qualité de s’informer des FF malades et de les visiter,
de leur procurer les secours dont ils auraient besoin, et de leur rendre en
général tous les services que l’amitié, la fraternité et l’humanité pourront lui
dicter. Si un cas particulier l’exige, on pourra à sa réquisition lui adjoindre
quelque autre F de la Loge. C’est l’Eléémosynaire encore qui est chargé
spécialement de veiller sur la conduite des FF et de faire des informations sur
la vie et les mœurs des candidats proposés pour être reçus, et d’en rendre
compte au Comité Ecossais et même à la Loge, si la prudence le permet.
Il représente activement le cœur de la Loge
Responsable du tronc des aumônes, il transforme l’acte de don en acte de charité
active. Il a le devoir de proposer au V\M\son utilisation pour venir en aide à
un F\ dans le besoin. La décision effective d’utilisation lui appartient
conjointement avec le V\ M\

Secrétaire

La complexité croissante du système obédientiel à tendance à lui conférer un
rôle devenu fortement administratif, mais son véritable rôle ne se limite pas à
cela.

Le code de 1778 définit clairement ses fonctions classiques :

« Le secrétaire est chargé spécialement de la correspondance de la Loge. Il
signe par mandement de la Loge et expédie les lettres, tableaux et certificats ;
il porte sur le protocole de la Loge les réceptions, agrégations, délibération
et élections. Tout acte est signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. … Il
doit être circonspect à n’envoyer des lettres d’invitation à aucun visiteur,
s’il n’a le consentement du VM ou de celui auquel il s’est remis pour cette
partie. …>>

Le code précise : << On ne fera et lira dans l’assemblée même que la minute ou
le brouillon du protocole qui sera signé et paraphé par celui qui a présidé la
Loge. Le Secrétaire l’écrira chez lui au net et en fera lecture à la première
assemblée, pour être signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. >>

Rien n’est dit quant à la manière de rédiger ce protocole. On comprend qu’il
doit être précis et fidèle, ce qu’indique bien la signature des minutes. Sa
formulation, qui a eu tendance à se standardiser au cours du temps, ressort
d’évidence des usages propres à la Loge ; quoi qu’en disent certains.

Ce même Code lui donne un second rôle :

<< Le Secrétaire est en même temps garde des archives, pour lesquelles il
prêtera une obligation particulière. Comme il pourrait se trouver des papiers de
la loge souvent entre ses mains, il les tiendra dans un portefeuille ou une
caisse fermant à clef, portant l’adresse du VM ou du Député Maître, et en cas
d’accident ou de maladie, l’Eléémosynaire est chargé spécialement de prendre les
mesures nécessaires pour la retirer. >>

Aujourd’hui, ses tâches étant de plus en plus lourdes, il est de plus en plus
fréquent qu’un F\archiviste soit nommé par le V\M\, F\qui travaillera en liaison
avec le Secrétaire.

Donc, pratiquement, outre son rôle administratif, il est la Mémoire écrite de la
Loge, il est le miroir reflétant les Travaux. Il est à l’écoute.

Par les deux lectures qu’il effectue, il fait, après l’ouverture, pénétrer dans
un Temps continu assurant le lien d’une Tenue à l’autre (la voix et le rythme de
sa parole sont importants).

Il doit pouvoir fournir à tout F\ le demandant les références à un événement du
passé.

Econome

Souvent considérée comme accessoire, cette charge est très importante pour la
vie d’une Loge si elle est remplie avec attention. Il ne semble pas qu’il y ait
de différences entre les Rites pour cette fonction, si ce n’est qu’au RER
l’Econome, comme il est stipulé dans le Rituel de Banquet, est chargé de
récupérer la part consacrée aux œuvres de bienfaisance.

Le Code de 5778 indique clairement que l’Econome est l’un des deux Officiers en
relation avec le monde extérieur. Il assure la vie matérielle de la Loge et doit
veiller à ce que rien ne manque qui soit nécessaire au bon déroulement des
travaux.
Il garde, entretien, perfectionne le matériel nécessaire aux travaux aux divers
grades.
En l’absence d’un Maître des banquets nommément désigné, il en assure la
fonction. Cette coutume de nommer un Maître des banquets est relativement
récente et provient d’autres Rites. Elle ne s’oppose toutefois pas au Code
d’origine, si l’on considère cette fonction comme celle d’un adjoint de
l’Econome. Il est en effet loisible de nommer autant d’adjoints qu’on le juge
nécessaire. Ces adjoints n’ont pas le rang d’Officiers.

Extraits du Code de 5778 :

L’Econome est chargé des décorations et meubles de la Loge, du soin de les
entretenir et de les faire réparer ; de faire tendre et détendre la Loge
convenablement à la cérémonie indiquée à chaque assemblée, de
l’approvisionnement des bougies et de toutes autres choses à l’usage de la Loge
qui sont confiées à sa garde. Toutes les dépenses qu’il fait, avouées par la
Loge, doivent être constatées par des comptes en règle, lesquels tant visés par
le VM lui sont remboursés par le Frère Trésorier sur son récépissé. Il est
chargé de commander les banquets pour le nombre de FF dont le Secrétaire lui
aura donné la liste… Il doit en faire la recette suivant l’usage, même auprès
des FF absents sur lesquels il aurait compté et dénoncer à la Loge ceux qui ne
satisferont pas à ce devoir à la première réquisition de sa part. Il doit
observer pour les banquets la frugalité prescrite par les Rites de l’Ordre et ne
jamais excéder le prix qui aura été fixé.

Trésorier

Le Code de 5778 ne consacre qu’un paragraphe à la fonction de Trésorier qui est
fort classique dans sa description. Il était tenu de présenter à la Loge un état
trimestriel des comptes devant être visé par le VM et par le Député Maître puis
communiqué à la Loge. En dehors de quelques livres de compte particulier, il
n’avait à tenir qu’un journal des recettes et dépenses, donc une très faible
charge administrative que lui envierait n’importe quel Trésorier d’aujourd’hui !

De façon synthétique :

Il est le lien entre la Loge et les contingences profanes.

Il tient les comptes et gère la trésorerie.

Il reçoit les budgets des Officiers et propose celui de la Loge.

Il est chargé du recouvrement des capitations et cotisations diverses.

Il peut émettre toute suggestion qu’il jugera utile au V\M\ et au F\ E\ s’il
s’aperçoit, dans l’exercice de sa fonction qu’un F\ se trouve face à des
difficultés pécuniaires.

Orateur

Le rôle de l’orateur a quelque peu évolué dans nos Loges au cours du temps, ce
qui est somme toutes assez normal et ne constitue nullement une dérive.
N’oublions pas ce que dit St Paul en 2Cor 3,6 : « la lettre tue, l’esprit
vivifie »
Voyons tout d’abord ce que disent les anciens documents :

Dictionnaire de l’Académie française, 1794

Orateur. s. m. Celui qui compose, qui prononce des harangues, des discours
d'éloquence.

Code de 5778 :

« L’Orateur porte la parole dans toutes les circonstances solennelles au nom de
la Loge ; il doit à la réquisition du VM instruire les FF de leurs devoirs et
des choses de l’Ordre à leur portée. Dans les Loges de réceptions, l’explication
et les instructions des grades peuvent tenir lieu de discours. La prudence exige
que tous les discours de l’orateur soient préalablement communiqués au VM, avant
que d’être prononcés en Loge. »

Comme on peut le voir, le Code est très succinct quant au rôle de l’Orateur. Des
informations complémentaires seront données par les différentes versions des
rituels. Il faut toutefois souligner que le Code met l’Orateur sous la stricte
dépendance du VM de la Loge contrairement à ce que d’aucuns imaginent.

Rituel d’A. de 5782 :

Lors d’une initiation :

« L’orateur, dans ses discours, doit se diriger par les mêmes vues et principes
; il doit être prudent et circonspect et ne point anticiper dans ce grade sur
des objets qui ne conviennent qu’aux grades supérieurs. L’instruction morale des
grades, la règle maçonnique et les principales circonstances des cérémonies de
la réception, doivent former la base de ses discours, dans lesquels il ne doit
rien se permettre d’arbitraire, ni d’étranger à l’Ordre. Les Loges étant des
écoles de la plus saine morale, et surtout de la pratique des vertus qui en
résultent, il doit y employer le ton, le langage et les formes qui conviennent à
de tels objets, et éviter avec le même soin celles qui sont consacrées à la
chaire évangélique, ainsi que celles qui sont en usage dans les assemblées
littéraires. Quelques jours avant de prononcer un nouveau discours, il doit le
soumettre à l’examen du VM et des principaux officiers de la Loge, et se
conformer aux avis de ce Comité. Les jours de réception, excepté les cas
extraordinaires, l’instruction morale du grade et la règle maçonnique doit
suffire et suppléer à tout autre discours. »

En bref, aujourd’hui :

Le livre ouvert constituant le bijou de l’Orateur rend parfaitement
compte de sa fonction essentielle.

Il est, pour la Loge, le Gardien de la Loi Maçonnique telle que codifiée
dans les textes fondateurs du Régime, et son Conseil en cette matière. Cela
suppose de sa part une connaissance profonde du rituel, des usages et des règles
de l’Ordre.

Pour toute intervention d’importance concernant la Loge, il doit au
préalable en avoir référé au VM.

Il est fréquent que le VM lui confie la charge de l’allocution de
bienvenue adressée au nouvel initié, voire au nouveau C\ou au nouveau M\Il
s’agit là d’un usage de Loge.

L’usage veut que nul ne puisse prendre la parole après lui, lorsqu’il
s’exprime es qualité.

Il ne s’exprime en aucune façon au nom de la Loge ni en son nom propre
lorsqu’il prend la parole en tant que Fonction. Il s’exprime alors au nom de la
Règle du Régime.
Il a par contre la possibilité de demander la parole comme tout F\ de la Loge,
mais il s’exprime alors à titre individuel.

L’usage, qui s’est établi peu à peu, veut qu’il propose une brève
synthèse des travaux. Elle devra s’efforcer de mettre en évidence les points
forts devant nourrir l’esprit des FF\et, dans la mesure du possible, évoquer les
éventuels prolongements du travail du jour.

Les Surveillants

Si tous les Maîtres ont un devoir de transmission, ce devoir devient exemplaire
pour les deux SS de la Loge. Ils se trouvent, si on me permet cette
transposition de l’Evangile dans la voie initiatique, dans la situation décrite
par la parabole de Mt. 13,52 : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du
Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du
neuf et de l’ancien » Cette transposition n’est pas “outrancière” si nous
conservons en mémoire le but de l’initiation au RER “Remonter du Porche au
Sanctuaire” et que nous considérions que notre trésor est constitué de nos
symboles, de nos rituels et de notre expérience vécue.

Rituel de 5782

<< On ne nomme jamais d’Adjoint au Vénérable Maître. En cas d’absence, il est
remplacé par le dernier des ex Maîtres de la Loge présents et, à défaut, par le
Premier Surveillant.

Le VM et les Surveillants doivent avoir indispensablement le Rituel du grade
sous les yeux, pour pouvoir s’assurer, à tout instant, qu’eux-mêmes, et tous les
Frères qui ont des fonctions à remplir, n’y changent, augmentent ou suppriment
rien ; mais, s’ils ne peuvent en apprendre le contenu par mémoire, ils doivent
du moins se le rendre assez familier, surtout lorsque l’usage prochain en est
prévu, pour ne jamais hésiter, ni dans l’exercice des cérémonies, ni dans la
lecture de ce qu’ils auront à prononcer, en sorte qu’on ne puisse s’apercevoir
qu’ils aient besoin d’étudier le Rituel au moment même qu’ils doivent agir. Ils
doivent surtout, et indispensablement, apprendre par mémoire tout ce qui doit
être fait et dit pendant que les lumières de la Loge sont voilées. >>

Il faut ici remarquer qu’en plusieurs endroits les textes du XVIII° siècle
précisent que les rituels sont repris après la clôture des travaux et que les FF
n’en possèdent pas en propre. Ils ne les avaient qu’en communication pour des
besoins spécifiques.

Code de 5778 :

… Les Surveillants sont après le VM et l’Ex-Maître les principaux Officiers de
la Loge. Ils doivent l’aider en tout dans sa gestion et veiller à ce que tous
les autres Officiers remplissent leurs fonctions avec zèle et exactitude. En cas
d’absence du VM et de l’ex-Maître, s’il y en a, ils président la loge.

En bref, aujourd’hui :

Second surveillant

Il accueille les AA. °. et travaille avec eux en séminaires.

Il doit être « le veilleur et l’éveilleur » et leur permettre d’éclaircir les
motivations de leur entrée dans l’Ordre, puis de percevoir intimement sa
finalité. Il doit leur fournir les moyens de passer « du Nord au Sud »

Il est responsable des fondations et du devenir de la Loge : « Que la Force les
achève »

Il répercute, pendant et hors des Travaux, les orientations définies par le
Vénérable Maître.

Il contribue à la circulation des énergies.

Premier Surveillant

 

Responsable des Compagnons, il poursuit avec eux le travail du Second
Surveillant en assurant leur formation maçonnique.

Responsable de la colonne du Midi, il contribue au travail des MM\ et doit
servir d’exemple. « Que la Beauté les orne »

A la demande du VM, il doit être à même d’organiser des séminaires de Maître.

Relais entre le V\ M\ et le Second Surveillant, il assure la circulation des
Energies.

Vénérable Maître

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire, pour chacune des charges des
Officiers d’une Loge Régulière, ce ne sont pas les individus qui comptent mais
les fonctions qu’ils ont librement acceptées et derrière lesquelles ils doivent
s’effacer. De cette façon seulement peut se perpétuer une transmission
traditionnelle.

Le VM doit être investit d’une double légitimité. D’une part il est l’élu de la
Loge, il est plus exactement choisi par les MM pour recevoir une charge qu’ils
l’estiment virtuellement capable d’accomplir ; d’autre part il reçoit de l’Ordre
une investiture et il devra, de toute nécessité, être reconnu comme tel par ses
pairs ; exactement de la même façon que la qualité d’un maçon ne devient
manifeste que si ses frères le reconnaissent pour tel, comme le dit si justement
l’instruction par demandes et réponses du grade d’A. Ceci est un impératif
absolu de la continuité d’une transmission initiatique véritable. Il le
rappellera à chaque ouverture des Travaux : « Au nom de l’Ordre et par le
pouvoir que j’en ai reçu... », ce qui réaffirme à tous qu’il n’est qu’un simple
maillon d’une chaîne sans commencement réel ni fin.

Cette double investiture implique deux natures de devoirs :

En tant qu’élu de la Loge il doit s’efforcer de la diriger et de l’animer, d’en
rassembler les organes composites pour leur imprimer unité, direction et
mouvement. Mais cela non pas en fonction de lui-même, mais en fonction de ce que
l’on pourrait appeler les tracés régulateurs de l’Atelier, de ce qui émane des
FF de la Loge et de sa finalité dans le cadre du Rite, pour nous du Régime
Rectifié. Ceci constitue ce que j’appellerai l’axe horizontal de ses devoirs.

En tant qu’investit par l’Ordre, les capacités virtuelles et potentielles
l’ayant fait choisir par ses FF doivent devenir réelles ; elles doivent être
activées. Cette investiture, qui lui est communiquée selon le mode de
transmission propre aux influences et énergies spirituelles, en fait un chef de
l’Ordre et lui confère qualité et pouvoir pour agir dans toute l’étendue du
domaine qui est le sien. Dépositaire de l’autorité spirituelle il doit l’exercer
et la vivifier en fonction de l’Ordre. Comme me l’écrivait notre TVF Pierre
Warcollier, éminent maçon Rectifié, à la veille de ma 1ère installation : « Le
VM doit passer du yin d’initié au yang d’initiateur ». C’est cela qui typifie
l’axe vertical.

C’est parce que le VM occupe, au plan de la Loge, ce point unique à la croisée
de l’axe horizontal et de l’axe vertical, ce point central où il lui est donné
d’entrer en communication avec l’énergie inhérente à l’autorité spirituelle,
autorité dont il se trouve dépositaire par une transmission régulière
ininterrompue par delà le temps et l’espace, qu’il reçoit la possibilité et le
pouvoir d’initier ; qu’il a le devoir de devenir le moteur de la Loge, moteur
qui doit lui-même être mû par le Moteur Immobile qui est au-delà de tout état,
de toute dualité, de toute différenciation.

Assis dans la Chaire du roi Salomon, symbole de la Justice, placé à la charnière
de l’axe vertical et de l’axe horizontal, le VM doit, quels que soient les
risques de défaillances humaines, maintenir une double fidélité : à l’Ordre tel
qu’en lui-même et à Loge telle qu’en elle-même. Et ceci il ne le peut qu’avec
l’assistance et l’aide permanente de l’ensemble des FF de la Loge.

Code de 5778 :

Les développements étant particulièrement longs, je ne reprends ici que des
extraits.

<< Le VM est le Chef et l’organe de la Loge, dont il convoque et préside les
assemblées ; il la gouverne pendant trois ans conjointement avec ses officiers…

Cette charge étant une des plus importantes de l’Ordre maçonnique ne doit être
confiée qu’à des FF d’un mérite reconnu, d’un zèle bien éprouvé, et qui joignent
à un esprit ferme et éclairé toute la douceur de caractère, nécessaire à des
fonctions aussi essentielles.

… Le VM est spécialement chargé de veiller au maintien des lois de l’Ordre, et à
l’exécution des règlements ; il doit gouverner la Loge avec douceur, prudence et
fermeté, y maintenir la subordination, y faire respecter l’Ordre et ses Chefs,
et veiller surtout à la frugalité et à la décence dans les banquets en se
rappelant qu’il est responsable envers l’Ordre des écarts ou abus qu’il
tolérerait. …

Dans les délibérations, le VM peut voter le premier ou le dernier à son choix ;
en cas d’égalité de suffrage, il remettra la délibération à la prochaine
assemblée, si l’affaire est de nature à pouvoir être différée. Si alors les
suffrages sont encore égaux, le VM jouit de la voix prépondérante.

Donc, de façon très synthétique :

Il est de manière effective un Chef de l’Ordre et doit assumer des
responsabilités fonctionnelles et spirituelles.

Porteur du Feu et de la Lumière il a seul le pouvoir d’Initier, de Passer
et d’Elever. (« Que la Sagesse... »)

Aucune décision impliquant la Loge ne peut être prise sans avoir reçu son
aval.

Il assure la vie de la Loge, il coordonne et anime.

Il est responsable de l’orientation, de la rectitude et du centrage des
Travaux.

Il est responsable de l’harmonie.

Pour tout problème qu’il jugera important, il a la faculté de réunir un
comité de Loge ou une Chambre du milieu. En cas de partage des voix, la sienne
est prépondérante.

Par Roland Bermann - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:15

Le Couvreur, par principe est l’ancien Vénérable Maître, qui par son expérience sera un excellent Tuileur avec l’Expert. Le participe adjectif " couvert" ou "à couvert" ou encore "clos et couvert" s'emploie pour préciser que les profanes sont éloignés et que l'on peut vaquer en sécurité aux Travaux Maçonniques. A l'inverse, on dit "il pleut" ou "il neige" pour signifier que l'endroit n'est pas couvert. Le verbe "Couvrir le Temple" signifie "sortir du Temple". L'officier chargé de s'assurer de la sécurité du Temple se nomme donc le "Frère Couvreur". Le couvreur est identifié parfois avec le Tuileur. Au rite Écossais Ancien Accepté, il n'existe que le couvreur intérieur. Le Couvreur s'installe à l’occident, à côté du Second Surveillant. Il s'assure que le Temple est bien couvert, en informe le Second Surveillant qui informe le premier, lequel informe le Vénérable. Le couvreur informe également de la présence, dans les parvis, de visiteurs. Le bijou du couvreur est un glaive vertical, poignée en bas, ou bien une épée "flamboyante" comme celles dont il est question dans la Bible, au chapitre de la Genèse qui raconte comment l'Eternel fait garder l'Arbre de l'immortalité par des chérubins armés ainsi. Dans l'arbre Séphirothique, le Couvreur est "Malkhuth", le Royaume. La fonction de Couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil. En effet, le couvreur surveille le passage entre l'extérieur (profane),,..et l'intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l'arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l'intérieur. Le seuil, frontière du sacré, participe de la transcendance du centre et ses connotations symboliques sont semblables à celles de la porte.

 

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

 

Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:13

Le Maître des Cérémonies. Dans tous les rites, "il conduit la marche". Il introduit les membres de la Loge et les visiteurs. Pendant les Tenues, il conduit les frères qui doivent se déplacer. A la fin de la tenue, il fait circuler le "sac aux propositions" en même temps que l'Hospitalier fait circuler le Tronc de la Veuve. L'insigne de sa fonction est une canne. Le bijou de son sautoir porte deux glaives entrecroisés et une canne. Sa place est à la tête de la Colonne du Nord, face à l'Expert et à côté de l'Hospitalier. Sur l'arbre Séphirothique, il incarne Tiphereth, la beauté et selon le symbolisme cosmique, il est Mercure, le messager. Mercure, c'est Hermès dont le principe est le mouvement. C'est le Dieu qui divise et unit ; il pose des bornes et aide à les franchir. Il conduit les voyageurs, les mène là où ils veulent ou bien les égare... Il préside à la circulation des choses, des êtres et des idées. La fonction du mouvement donne la vie au corps que constitue la Loge et le Maître des Cérémonies permet le mouvement. Par ailleurs, le symbolisme du mercure, selon l’alchimie. est stimulant. Il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or. Il est symbole de délivrance et associé à l'immortalité. La "science du mercure" est l'expression d'une science de la régénération intérieure. La Loge, Athanor d'une alchimie spirituelle, parvient à son but qui est, symboliquement, la transmutation du vil métal en or pur, grâce au principe incarné par le maître des Cérémonies.

 

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:10

L'Hospitalier. Cette fonction existe dans tous les rites et à tous les degrés, l’Hospitalier est nommé parfois "aumônier" ou "élémosynaire". Il est chargé de recueillir et de distribuer les "aumônes", d'aller visiter les frères malades, de soutenir ceux qui sont dans la détresse, de s'assurer de la situation des veuves et des orphelins des frères, de s'informer des raisons d'absences non motivées, car elles peuvent avoir une signification qui relève de sa compétence. Il est le "cœur" de la Loge. L'existence de cet officier remonte à la vielle maçonnerie opérative. Il existe encore actuellement dans le compagnonnage. Comme le Trésorier, l'Hospitalier n'est pas l'un des sept officiers nécessaires pour que la Loge soit juste et parfaite" L'Hospitalier siège généralement au pied de l'Orient, près du Secrétaire et sur la colonne du nord. Au plan symbolique, il est "Chesed", la grâce, dans l'arbre des séphiroth et la terre "nourricière" dans le système cosmique. Le bijou de l'Hospitalier est une "aumônière portant un cœur au centre" ou bien une simple bourse. L’Hospitalier administre une caisse autonome que l'on nomme : le tronc de la Veuve. Les Francs-Maçons, par référence à Hiram l'architecte sont les "enfants de la veuve". Hiram naquit d'une veuve, comme il est indiqué dans les "Rois" et aussi dans les "chroniques" de l'Ancien Testament. Horus naquit aussi d'une veuve, Isis, selon la légende égyptienne d'Osiris. Il est intéressant d'analyser ces mythes dont les héros grandissent sans avoir à être confrontés avec l'image du père...

L'Hospitalier effectue l'essentiel de son travail en dehors des réunions. Il faut donc qu'il soit très disponible. En outre, ses qualités essentielles sont l'amour et le dévouement. A ce propos, il convient d'insister sur des mots. Trop souvent, l'hospitalier se borne à gérer le tronc qui lui est confié en faisant des dons et des prêts, avec l'accord du Vénérable, à des associations, à des frères, à des veuves, cela est bien mais n'est pas suffisant. En outre, l'hospitalier se soucie des absences, excusées ou non, et prend contact avec les frères absents afin de savoir exactement ce qui se passe. Cela est bien et nécessaire, mais pas encore suffisant. La solidarité est un devoir et un droit pour chacun, mais pas seulement cela. Si on approche cette notion en termes de droit ou de devoir seulement, on ignore le cœur et on la vit d'une manière exclusivement cérébrale. Dans cette perspective, la solidarité s'organise comme un "service", au sens administratif du terme et se pratique dans un contexte de formalités réglementaires. La solidarité, sous l'éclairage d'une communauté initiatique, n'apparaît pas seulement sous l'aspect d'un droit et d'un devoir : elle apparaît comme toute naturelle. Cela veut dire que son essence est l’Amour, tout simplement. Dans cette perspective, l'administration et ses règles permettent une bonne gestion sans constituer un carcan. Autrement dit, la fonction de solidarité s’accomplit selon des règles nécessaires mais ne rejette pas un problème si celui-ci n'est pas prévu par le règlement. La solidarité, envisagée comme naturelle, prend en compte, de ce fait, le spirituel et le matériel : lorsque l'on reçoit du pain de la main d'un ami, on reçoit beaucoup plus que de la nourriture. Ce pain n'est pas seulement du pain. Il est également la manifestation d'une présence amie et il réchauffe le cœur autant qu'il sustente l'estomac.

Le Franc-Maçon, familier de la pensée symbolique, sait bien cela et connaît les correspondances entre le "soma" et le "psyché". Ainsi, il est nécessaire de conférer à la fonction hospitalière une épaisseur d'ordre spirituel que les usages et les règlements tendent à diminuer. En écrivant ces lignes, je pense à certain malheur qui aurait pu être évité : il était une fois une Loge comme beaucoup d'autres, un frère de cette Loge ne venait plus et ne s'excusait pas. Après un certain nombre d'absences, la Chambre des Maîtres expédia à ce Frère une lettre recommandée lui enjoignant de se mettre à jour avec le trésor et d’assister régulièrement aux tenues, sous peine d'exclusion. Personne, avant d'envoyer cette lettre, n'avait été voir ce frère. Le Vénérable s'était contenté de demander en Loge si quelqu'un avait des nouvelles et, sur la réponse négative de tous, la lettre recommandée avait été envoyée, or ce frère était dépressif. A cause de nombreuses contrariétés de toute nature, il avait, selon une formule à la mode, "craqué" et il s'était recroquevillé dans sa coquille. Son absence était un appel de détresse et cela, personne ne l'avait compris. Son comportement était normal du point de vue psychologique, mais déviant et condamnable du point de vue réglementaire. Après la réception de cette lettre recommandée, ce frère se donna la mort. Il eut droit à une chaîne d'union autour de sa tombe, selon les usages. L'Hospitalier doit être en relation permanente avec le trésorier. Ce dernier doit informer l'hospitalier de ses problèmes de recouvrement. Dans une communauté d'êtres humains normaux, la rigueur des sanctions doit être réservée aux membres dont la mauvaise foi et l'indifférence ne font aucun doute pour personne. Dans une communauté qui se veut "initiatique" et fraternelle, où chacun se sent chargé du devoir de recevoir et de transmettre un enseignement dont le but est d'éveiller et de stimuler la conscience et d'améliorer l'espèce humaine, il faut aller aussi loin que possible et, en tous cas, plus loin qu'on ne le fait dans le monde profane, dans la voie de l'amour et de la compréhension. Aussi, il en est de l'hospitalier comme de chacun des officiers de la Loge : chacun est le plus important... Si l'on vit profondément cette affirmation aussi raisonnable qu'illogique, on a une chance de réussir le projet initiatique.

 Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:08

Le Trésorier. Le Trésor d'une Loge est l'ensemble de ses ressources financières, en dehors du revenu du "Tronc de la Veuve" et des œuvres de solidarité. Il est le gestionnaire de cette somme. Il est chargé du recouvrement des cotisations, de la garde du Trésor et de l'acquittement des dépenses sur visa du Vénérable. Il tient une comptabilité dont il rend compte à la Loge, une fois l'an. Il appartient, dans une certaine mesure, au domaine du "profane" puisque ses fonctions, indispensables certes, n'ont rien d'initiatique. Il échappe donc au classement, effectué par Wirth, des relations entre Officiers et symbolisme cosmique, ainsi qu'à toute place sur le pentagramme ou l'hexagramme. En effet, une Loge peut travailler rituellement sans trésorier. Le trésorier ne prend pas place parmi les sept officiers indispensables au fonctionnement d'une Loge. Néanmoins, on l'associe à la séphira cabalistiques Geburah, la rigueur. Son bijou est deux clés croisées. Sa place est en tête de la colonne du Midi, au pied de l'Orient, à côté de l'Orateur. Son travail est ingrat. Il lui faut doser avec art, fermeté et compréhension, quand il s'agit de faire rentrer les cotisations des retardataires. Il doit posséder cette précieuse intelligence du cœur grâce à laquelle il accordera des délais dans la plus parfaite discrétion et, au besoin, alertera l'hospitalier.

Comme il doit aussi acquitter les dépenses, son rôle est difficile quand les recettes sont insuffisantes, ce qui arrive parfois. Dans ce cas, il trouvera une solution, soit en faisant l'avance sur ses propres fonds s'il en a les moyens, ou en empruntant auprès d'un frère. Par contre, il doit s'abstenir de solliciter une avance de la part du Tronc de la Veuve. Il arrive que le Trésor soit pauvre et que le Tronc de la Veuve soit riche. En aucun cas, ces deux caisses ne doivent être confondues et en aucun cas, le Tronc de la Veuve ne doit soutenir le Trésor directement. La finalité du Tronc de la Veuve est l'entraide. Par conséquent, si le trésor est pauvre parce que des frères ne peuvent régler leurs cotisations, il appartient au Tronc de la Veuve d'aider ces frères, afin qu'ils puissent s'acquitter et non de compenser directement le "trou" du trésor. L'harmonie des fonctions est, de la sorte, protégée. Les problèmes du Trésor, de même que les problèmes du Tronc de la Veuve, reflètent les problèmes de la fraternité. Là où il est beaucoup question du Trésor, même pendant les Tenues, l'amour fraternel est faible et corollairement, la qualité des travaux aussi.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

Publié dans : histoire de la FM
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