Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 06:56

 

Et ce n'est pas le petit rayon de soleil constitué par le rejet dans le courant de l'été 1936 de la demande d'initiative populaire - qui forte de 57 303 signatures avait imposé au Conseil Fédéral Helvétique une votation de révision de la Constitution Fédérale en vue d'interdire les sociétés Franc-maçonnique et associations similaires - qui pouvait masquer l'enclenchement d'une tourmente.

Comme vous le constatez je n'ai pas inclus dans cette liste l'Allemagne. Je crois qu'il faut lui réserver un chapitre à part pour nous éclairer sur les comportements qui, au lieu de rechercher l'impossible compromis avec le diable, auraient du être autant d'avertissements pour mieux faire agir les Maçons puissants des nations libres dont je citerai sans être nécessairement exhaustif pour la période 1933 - 1939 :

- Les présidents de Conseil français : Camille Chautemps, Gaston Doumergue, Fernand Bouisson.

- Les ministres : Charles Daniélou, André Marie, Henry Chéron, Ludovic-Oscar Frossard, Jean Zay, Maurice Viollette, Roger Salengro, Marc-Emile Rucart, Paul Ramadier, Théodore Steeg, Jean Aubaud, Gaston Monnerville, Pierre Mendès France.

- Les souverains anglais Edouard VIII, suédois Gustave V, danois Christian X et grec George II.

Sans oublier Francklin Delano Roosevelt, Président des Etats-Unis d'Amérique.

Mais revenons à l'Allemagne.

La défaite de 1918 et la chute de l'empire ne peuvent être le fait de l'Allemagne : il faut trouver des coupables. Dès 1920 le général Erich Ludendorff qui prit une part déterminante à la direction des opérations en 1917 et 1918 épaulé par son épouse attaquent les coupables : la franc-maçonnerie et la juiverie qui ont fomenté le conflit et formé "la conspiration mondiale des puissances supranationales" par l'association des forces de l'argent et des sociétés secrètes.

Si les publications de ces deux personnages constituent les premiers écrits de propagande antijuive et antimaçonnique de l'après guerre, les Maçons allemands ne s'en effraient pas pour autant. A peine élèvent-ils aux travers de leurs Grands-maîtres une protestation dans la presse.

Bien au contraire les obédiences allemandes se développent : en 1918 les 3 obédiences prussiennes dont les caractéristiques essentielles sont d'être chrétiennes, protestantes, monarchistes et conservatrices et les 5 obédiences à tendance humanitaire, c'est-à-dire dans l'acception du terme allemand : tolérantes, libérales et démocrates totalisent avec quelques loges sauvages 58 505 membres (Pour mémoire la France décompte alors 50 000 maçons).

Sept ans plus tard, à la Saint Jean 1925, la franc-maçonnerie allemande est passée à 82 194 membres réunis en 632 loges pour un pays de 60 millions d'habitants.

Constatons, au passage, que l'expansion de la franc-maçonnerie se produit dans le même temps que le rapide développement du mouvement populaire, le national socialisme, et que le putsch d'Hitler de 1923 se situe dans cette même période.

Cependant si la création d'une police militarisée en 1925 - la SS - peut inquiéter quelques avertis ce n'est qu'en 1931, lorsque son commandement est confié à Himmler, que la franc-maçonnerie allemande commencera à souffrir sérieusement du nazisme.

Tout d'abord par des exactions commises par les troupes paramilitaires - les SA – qui sans discipline apparente effectuent de nombreuses exactions. Des loges sont attaquées, perquisitionnées, pillées, occupées. Des Maçons font l'objet d'arrestations arbitraires avant d'être libérés. Ensuite par des délations et dénonciations qui incitent au boycott de magasins, d'affaires industrielles, de professions libérales dont les responsables sont Maçons.

En parallèle Himmler commence à tisser une toile d'araignée policière sur tout le territoire du reich. Les chefs locaux de la SS sont enjoints de répondre à un questionnaire très précis sur les activités maçonniques et sur les dirigeants et les membres y appartenant pour leur secteur.

Aussi à partir de la prise de pouvoir de Hitler le 30 janvier 1933, Himmler put très facilement mener une première campagne antimaçonnique dès l'été de la même année. Loges pillées, saccagés, occupées, mises sous scellées, bien confisqués et vendus, maçons arrêtés et jetés en prison.

L'arrestation du frère Raoul Koner, grand secrétaire de la Grande Loge Symbolique, puis celle du Grand Maître Léo Mûffelmann ainsi que du frère Fritz Bentsch, grand commandeur du Rite Ecossais et leur déportation au camp de Küstrin, près de Berlin, marquent la volonté des nazis de porter des coups sérieux à la franc-maçonnerie en frappant très haut et très vite.

A noter que les obédiences humanitaires et libérales qui n'avaient qu'aversion pour Hitler avaient, avec un grand réalisme, décidaient de se dissoudre d'elles-mêmes. Certaines se "délocalisant" comme on dirait aujourd'hui en s'exilant au Chili ou en Palestine.

Malgré cela les poursuites contre la maçonnerie en général se poursuivent et vont même s'amplifier après qu'une ordonnance du 4 janvier 1934 de Goering alors ministre et Président de Prusse est précisée que pour "la protection du peuple et de l'Etat" toutes les loges devaient se dissoudre.

Cela ressemble au glas pour les loges prussiennes mais pas tout à fait encore. En effet, ces loges au contraire des loges humanitaires n'avaient pas beaucoup apprécié la république de Weimar et voyaient dans l'avènement de Hitler et dans ses actions de rétablissement de l'ordre une étape préludant au retour de la monarchie.

Ainsi, les grandes loges prussiennes ont tenté de s'adapter au nouveau régime et même de s'en concilier les bonnes grâces. Que n'auraient-elles fait ? .N'ont-elles pas multiplié les démarches auprès des dirigeants du Reich : telle cette entrevue entre Schacht (seul membre franc-maçon du gouvernement) et Hitler à Oberselzberg dont il ressort que, si l'entrevue fût cordiale, la détermination d'Hitler à faire disparaître la franc-maçonnerie est inéluctable. Ou encore les interventions qui restent sans réponse de l'ancien ami du Führer le Grand Maître prussien Bordes qui va même dans un dernier effort pour survivre transformer la "Groβe Landesloge von Deuschland" en "Ordre Germano-Prussien du Temple" supprimant des rituels toutes références à la légende d'Hiram lui substituant celle de Baldur, Dieu germanique, éradiquant tous les termes d'origine ou de consonance hébraïque, toute référence à l'évangile, où Booz et Jakin deviendront Lumière et Peuple et le temple de Salomon, cathédrale allemande, etc .

Malgré cela le sort des derniers bastions de la maçonnerie est scellé. Une ordonnance du gouvernement de Prusse enjoint aux loges de se dissoudre au plus tard le 21 juillet 1935. Mais comme le "Prince" est bon ! Elles sont autorisées à se réunir une dernière fois en guise d'adieu en assemblée commune pour célébrer les "fêtes " de leur clôture. Cette manifestation se déroulera le vendredi 9 août 1935 en présence de la Gestapo ! Le lendemain, la presse nazi pouvait enfin titrer sur la fin de la Franc-maçonnerie allemande et se réjouir de la fermeture de l'atelier des pionniers d'une république judaïque mondiale.

Les Maçons allemands avaient-ils bien mesuré ce qui leur était arrivé, avaient-ils compris leurs erreurs, leurs faiblesses voire leurs laxismes. Avaient-ils négligé les propos tracés contre la maçonnerie dans Mein Kampf ? N'avaient-ils pas compris le sens de la déclaration d'Hitler le 1° septembre 1933 devant le parti nazi "le national socialisme est une conception du monde" ou avaient-ils fait la sourde oreille ?

A ce stade de mon propos est pour en terminer avec l'aspect allemand je me dois me semble-t-il de nous faire réfléchir sur les motivations d'Hitler à l'encontre de la franc-maçonnerie. Car au-delà du terme générique de "complot judéo maçonnique", si sa haine des juifs est tout entière sous-tendue par son obsession de la pureté de la race aryenne, il n'est en rien pour les maçons. L'explication en a été donnée par le président du Sénat de Dantzig, Hermann Rauschning qui avait conversé du sujet avec le Chancelier. Selon lui, Adolphe Hitler lui aurait dit :

"Je ne crois pas à la malignité diabolique des francs-maçons, de ces gens qui se sont embourgeoisés au cours des siècles, de cette association devenue, tous les jours plus inoffensive en Allemagne, où elle n'est plus guère qu'une société de secours. Je me suis fait renseigner exactement sur ce sujet. Les prétendues horreurs, les squelettes, les têtes de mort, les cercueils, le cérémonial mystérieux, tout cela n'est qu'un attirail de croque-mitaine. Ce qu'il y a de plus dangereux chez ces gens-là, c'est le secret de leurs sectes, et c'est, justement, ce que je leur ai emprunté ! Ils constituent une sorte d'aristocratie ecclésiastique. Ils se reconnaissent entre eux par des signes spéciaux. Ils ont développé une doctrine ésotérique, qui n'est pas formulée en termes logiques, mais en symboles qu'on révèle graduellement aux initiés. L'organisation hiérarchique et l'initiation par des symboles et par des rites, c'est-à-dire sans fatigue pour l'intelligence, mais par la fécondation de la fantaisie, par l'effets de symboles rituels : voila ce que les francs-maçons ont inventé de dangereux et de grand, et c'est l'exemple qu'ils m'ont fourni. Ne voyez vous pas que notre parti doit être constitué exactement comme leur secte ? Il doit être un ordre avec un clergé laïque et hiérarchisé. Mais il n'y a pas de place, dans le monde, pour deux ou plusieurs organisations semblables. Ou bien nous, ou bien les francs-maçons, ou bien l'Église. Mais jamais deux ensembles… Cela s'exclut et l'Église a bien compris cette situation, du moins en ce qui concerne la franc-maçonnerie. Aujourd'hui, c'est nous qui sommes les plus forts et, c'est pourquoi, nous éliminerons les deux autres l'Église et le franc-maçonnerie."

9 août 1935, que font les Maçons français, quelles sont leurs réactions ? Certes en pleine crise économique mondiale et en pleine campagne préélectorale qui devait amener au Front Populaire de 1936 les sujets ne manquaient pas, mais quand même !

Aussi pour que nous comprenions mieux la suite des évènements j'ai demandé au Vénérable Maître S:. D:. de nous lire le compte rendu du convent de 1936 qui naturellement faisait synthèse de l'exercice.

(Cf. annexe 1.
Bulletin de la Grande Loge de France n° 12 du 15 novembre 1936 pages 625 à 636)

Neuf août 1935, tenue de convent du 17 septembre 1936; Pas une seule vraie référence, Pas un mot sur les maux de nos Frères Allemands.

Mais si le pire n'est jamais sûr, l'angélisme ne peut l'arrêter. Le 3 septembre 1939 c'est la guerre. Aussi pour comprendre l'état d'esprit de la Grande Loge de France à cette date, j'ai demandé à notre Frère A:. G:. de nous lire le discours du Grand-maître de la Grande Loge de France le Très Respectable Frère Michel Dumesnil de Gramont lors de la fête de l'ordre écossais au solstice d'hiver de l'année 1939.

(Cf. annexe 2.
Bulletin de la Grande Loge de France n° 29 du 15 janvier 1940 pages 199 à 209)

Je crois que nous avons écouté deux très beaux textes. Mais n'êtes-vous pas en droit de m'interroger et de me demander : qu'à fait la Franc-maçonnerie pendant ces temps-la ? Sans ambages, je vous répondrai : des déclarations. Des déclarations du même type que celles qui viennent d'être lues.

Toutefois pour éviter qu'on ce méprenne sur mon propos j'affirme qu'en ce qui me concerne c'est très bien ainsi car si je plains le Maçon qui n'est pas engagé, je ne souhaite en aucune façon que la Maçonnerie s'engage car alors notre magnifique secret d'appartenance, hors de la honte ou de la fierté d'être maçon, aurait vite fait de disparaître. Tout simplement du fait que chacun d'entre nous aurait du mal à ne pas s'identifier ou à s'opposer aux professions de foi énoncées. Alors même que le secret garanti pour chacun la mise en commun de sa tolérance et non pas de ses idées et ne peut en aucun cas laisser croire à l'extérieur à une identité de vue entre ses membres. Nous rassemblons ce qui est épars et nous nous enrichissons de nos différences. Mais, de grâce, nous sommes du Monde.

Le scénario rodait en Allemagne depuis 1933 allait pouvoir servir pour le monde entier. Le plus souvent avec brutalités et sans ménagement comme en Autriche, quelquefois avec souplesse comme en Norvège, Finlande ou au Danemark.

C'est ainsi, que dès l'entrée des Allemands à Paris la Gestapo réquisitionne l'immeuble du Grand Orient, rue Cadet et celui de la Grande Loge, rue Puteaux pour y installer des centres de renseignements et de recherches sur les sociétés secrètes. Les archives sont saisies, les dignitaires interrogés. A noter que ce scénario est systématiquement appliqué dans toutes les régions sous autorité allemande.

Mais la France ajoutera aux malheurs du vaincu, la haine des revanchards.

La débâcle de juin 1940 se solde par l'avènement de l'Etat Français avec notamment l'attribution des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain avant dissolution des chambres le 10 juillet 1940. Là aussi, convenait-il de trouver des boucs émissaire et la propagande allemande sur le complot judéo maçonnique allait être totalement prise en compte par le nouveau pouvoir.

Aussi, j'espère vivement que les parlementaires francs-maçons (40 députés sur 51, et 25 sénateurs sur 34) qui en votant accordèrent les pleins pouvoirs au chef de l'état français étaient animés strictement par les circonstances et qu'ils ne présumaient pas que le Maréchal aller faire preuve d'une rare diligence dans la promulgation des lois sur les sociétés secrètes.

Plus sage mais aussi vaine fut la lettre adressée le 7 août 1940 par le Sérénissime Grand Maître du Grand Orient de France Arthur Groussier qui, pétri d'humanisme, crut opportun d'adresser au Maréchal un courrier qui l'avisait qu'en raison des circonstances l'Obédience entière, les loges et les adhérents cessaient leur fonctionnement.

Ce courrier ne reçu aucune réponse et semble-t-il pour cause car le maréchal Pétain semble bien n'avoir jamais varié dans son sentiment d'antipathie à l'égard de la Maçonnerie. N'avait-il pas refusait en 1904 de saisir la main que lui tendait le général André alors ministre de la Guerre lors de "l'affaire des fiches" ? Par ce geste, il avait manifesté dans le silence mais sans hésitation qu'il n'avait aucune inclination pour les enfants de la Veuve. Tout dans une carrière aussi longue compte, et il est quasiment certain que le Maréchal pensait que "ces gens là – les francs-maçons - lui avaient barré la route" à lui, catholique pratiquant. Je ne m'attarderai pas sur les nombreuses déclarations que Pétain fit de 1940 à 1944 dans lesquelles transparaît sa haine de la Maçonnerie. Pour clore ce chapitre je vous rappellerai seulement la phrase rapportée par ses collaborateurs lorsque le Maréchal déclarait que la maçonnerie était perfide et mensongère et que plus que tout autre il fallait la combattre car disait-il " Un juif n'est jamais responsable de ses origines, un franc-maçon l'est toujours de son choix."

Il n'est donc pas étonnant qu'une de ses premières décisions soit de dissoudre toutes les obédiences. Cela sera fait par la loi du 13 août 1940 avec les signatures du Garde des Sceaux Raphaël Alibert et d'Adrien Marquet, ministre de l'Intérieur, le maréchal Pétain, chef de l'Etat français, interdit toutes les sociétés secrètes et saisit la totalité de leurs biens. Faut-il ajouter à cela que le zélé ministre d'état à l'intérieur qui eu en charge l'application de la loi dès le 28 septembre 1940 était un ex-frère de la Loge "L'action" du Grand Orient de France, Marcel Peyrouton.

Plus tard une loi du 11 août 1941 prescrivait la publication au "Journal Officiel" des noms des anciens dignitaires (hauts gradés mais également simples "officiers" des Loges) avec démission d'office des fonctionnaires ainsi identifiés et interdiction d'accès aux offices et fonctions publics. 18 000 noms furent ainsi livrés.


Rien n'arrêtait la haine de la Maçonnerie, l'orphelinat maçonnique qui fonctionnait à Paris 19, rue de Crimée, et à Jazermes en Charente-Maritime fut dissous, son fonctionnement interrompu, ses locaux mis à sac, ses dirigeants poursuivis.

Encore fallait-il sensibiliser le pays et plaire à l'occupant.

Une Exposition antimaçonnique organisé au Petit Palais à Paris pour prouver le caractère néfaste de l"Ordre reçu plus d'un million de visiteurs.

Un film "Forces Occultes" d'après le scénario de l'ancien maçon Jean Marquès-Rivière sera projeté le 9 mars 1943 en première sur les Champs-Élysées avant sa diffusion sur tout le territoire. Il attirera de nombreux curieux. Notons que le réalisateur Paul Roche n'était que le pseudonyme du Frère Jean Mamy encore Vénérable Maître de la Loge Ernest Renan en 1940 ! Ce qui lui voudra à la libération d'être cité lors du convent de 1945 par l'appellation de "le premier traître de chez nous".

A noter que malgré les efforts la population ne suivait pas la propagande, surtout lorsqu'elle constatait que ces maçons qu'on affublaient de tous les maux n'étaient pas tous juifs, députés, banquiers mais des citoyens des classes moyennes, souvent des fonctionnaires de proximité directeurs d'école, postiers ou autres avec lesquels elle entretenait d'excellente relation et envers qui elle avait du respect.

Seuls les revanchards, les ambitieux et jaloux succombaient aux délices de la dénonciation et de la délation.

Néanmoins 6 000 frères sur les 50 000 que comptaient toutes les obédiences réunies furent inquiétés. 989 furent déportés. 545 furent fusillés ou moururent en déportation.

Encore que de ces chiffres il faudrait faire la part de ceux qui sont morts ou qui ont été déportés au seul titre qu'ils étaient Maçons de ceux qui le furent pour Résistance car l'engagement des Frères fut très important. Il est bien évidemment impossible de savoir si le Frère primait sur le Patriote ou inversement.

En revanche, déjà signalés et repérés à l'occupant ou aux suppôts de la collaboration, les tracas et dénonciations eurent un effet aggravant sur la dangerosité des actions que les Frères n'avaient pas manqué d'engager sitôt la défaite de 1940 digérée.

C'est ainsi que le 7 janvier 1941, six frères Eychenne, Péloquin, Rucart, Soubret, Bonnard, Kirchmayer, fondent un "Grand Conseil provisoire de la maçonnerie". Appellation vite abandonnée au profit de "Comité d'action maçonnique" qui se fixe pour but la restauration de la République après le départ des nazis mais aussi l'unification de la franc-maçonnerie en une seule obédience.

Fin 1943, ce sont 211 triangles répartis sur 60 départements qui, par le regroupement d'une poignée de Frères sans rattachement à une Obédience, constituent la forme active du Comité d'action Maçonnique connu du Comité National de la Résistance sous le vocable de "Patriam recuperare" ; et qui commencent au travers de liaisons avec Londres et Alger à reprendre espoir par le renouveau de l'idéal maçonnique dans les territoires d'outre-mer libérés.

Je ne citerai pas les nombreuses actions de résistance qui sont à mettre aux crédits de nos Frères, que ce soit le premier parachutage, la libération de Paris ou la participation de nombreux francs-maçons aux instances dirigeantes du Conseil National de la Résistance.

J'évoquerai seulement pour terminer les espoirs de certains Frères dans le renouveau maçonnique qu'ils espéraient voir renaître sitôt le nazisme vaincu. Ainsi dès octobre 1943 un Comité d'initiative composé de 4 frères du Grand Orient les Frères Soubret, Virmaud, Baylot et Corneloup et 4 Frères de la Grande Loge de France les Frères Cauwel, Riandey, Busson et Marsaudon tentèrent d'établir un document qui permettrait de refonder dans l'unification la Maçonnerie Française dès la Libération.

Il me faudrait faire une autre planche pour expliquer et commenter les motivations des uns et des autres qui dès ces instants ne purent s'entendre sur un texte commun dont l'efficacité irait au-delà d'une déclaration de principes. Pour résumer je ne citerai que le début d'une lettre que Charles Riandey, dignitaire de la Grande Loge, futur Commandeur du Suprême Conseil de France écrivait le 25 septembre 1943 - juste avant sa déportation au camp de Buchenwald - à Joannis Corneloup membre du Grand Collège des Rites du Grand Orient de France dont il deviendra Grand Commandeur d'honneur "ad vitam" : "Tant que l'on parle d'épuration tout le monde et d'accord. Dès qu'on aborde les voies et moyens chacun a son système dont il ne veut pas démordre".

Il me faudrait également une autre planche et beaucoup de recherches complémentaires pour tenter d'expliquer les motivations de quelques frères qui crurent bon de tendre une oreille délicate aux sirènes de l'Ordre et qui au prix d'un rapprochement avec une certaine hiérarchie catholique au travers du Révérend Père Jésuite Berteloot ont pu imaginer que les discussions entreprises avec le gouvernement Laval en octobre / novembre 1943 aient eu quelques chances ou plutôt malchances d'aboutir ! Mais le Maréchal veillait au grain et une note intitulée "La France contre la Maçonnerie" inspirée par le Cabinet de Pétain publiée le 24 décembre 1943 dans la presse parisienne apportait un désaveu total à ce mouvement naissant.

Heureusement pendant ce temps les évènements s'accéléraient. Le 15 décembre 1943, le Général de Gaulle, chef de la France libre, décrète une ordonnance annulant les lois de Vichy relatives à la suppression des sociétés secrètes.

A partir du 6 juin 1944, des portions de plus en plus grandes du territoire sont libérés partout dans des conditions souvent difficiles aux plans matériel et moral les Maçons tentent de rallumer les étoiles du Temple.

Le 22 août 1944, tous les frères parisiens du Grand-Orient et de la Grande Loge peuvent reconquérir leurs locaux, rue Cadet et rue Puteaux.

La libération du territoire étant en marche, la première partie du plan d'action du Comité d'action Maçonnique était réalisée. Il convenait donc de mettre en œuvre la seconde, c'est-à-dire l'unification de la Maçonnerie française.

Ainsi à partir des embryons clandestins qui devaient servir pour la réorganisation à intervenir après la libération s'engagent des pourparlers entre une délégation du Grand Orient de France conduite par son Grand-maître Francis Viaud et celle de la Grande Loge conduite par le Grand-maître Dumesnil de Gramont pour réaliser l'unité organique souhaitée dans la clandestinité. Mais les conversations ne purent déboucher sur aucun compromis.

Deux obstacles majeurs ont eu raison des idéalisations formulées pendant la clandestinité :

- l'une de fond, par la double opposition entre deux conceptions de la maçonnerie :

- La conception agnostique andersonnienne et le gnosticisme écossais.
- L'esprit démocratique de la Franc-maçonnerie bleue et la conception aristocratique des Hauts-Grades.

- l'autre de pouvoir : il eût fallu fondre 66 personnages en 33 et c'est là pire qu'un crime de lèse majesté ! Ah ! Cordonnite quand tu nous tiens !

Je ne jugerai point, je ne blâmerai point, je constate.

Je demande seulement pardon aux 545 morts fusillés ou en déportation d'avoir cru à la victoire de la Pensée sur la médiocrité des actions ordinaires.

Que Brassens n'était-il venu pour leur chanter : "Mourir pour des Idées d'accord, mais de mort lente. D'accord, mais de mort lente.

A tous les lecteurs Maçons, j'ai dit.

 source : http://www.stella-maris-gldf.com/

A tous les lecteurs Maçons, salut !

Que ceux qui espèrent ou craignent que je ne me livre qu'à un récit strictement historique soient rassurés : je ne possède aucune technique de recherches ou d'analyses historiques : je suis pas historien mais je m'intéresse à l'Histoire.
Que ceux qui pensent trouver ici une œuvre originale soient déçus, il est d'évidence que né en août 1944 je ne peux que compiler des lectures.
Que ceux, enfin, qui auront plus de doutes que de certitudes à la fin de mon propos soient rassurés : la grandeur de la Maçonnerie est d'être du Monde et celle des Maçons est d'être dans le monde.

La tourmente 1939 -1945 n'est pas le fruit d'une quelconque génération spontanée. Si nous nous référons seulement à la partie historique de l'existence de notre Ordre -c'est-à-dire depuis le 24 juin 1717 - nous pouvons, sans être exhaustif, rappeler que dès 1767 la Franc-Maçonnerie est dissoute par la police ; que la Terreur instaurée par Robespierre adressa à la guillotine du Frère Guillotin bon nombre de Frères ; que Louis XVIII - dont certain affirme qu'il était initié - ramène avec lui en 1815 nombre d'émigrés qui reprochent à la Maçonnerie d'avoir été le bras droit de l'Empereur et qui, ivres d'une rancœur, se réjouirons de voir les Frères obligés d'adopter un profil plus que bas car très surveillés. Je n'oublierai pas non plus la crise violente de 1877 entre l'Eglise et la Franc-Maçonnerie, paroxysme des multiples condamnations de l'Ordre par le Vatican. Mais il faut bien considérer que c'est au milieu du XX° siècle que la Maçonnerie a été le plus en péril par l'alliance d'une volonté de détruire sa Pensée et d'actions de nature à inquiéter ses membres.

Volontairement axé sur la période 1939 – 1945 je ne mentionnerai que pour mémoire les interdictions et poursuites des dictatures naissantes :

- Celles du communisme soviétique assorties en 1922 de l'interdiction faîte à ses membres par le parti communiste français de se faire initier en franc-maçonnerie.

- Celles du fascisme de Mussolini qui dès 1925 faisaient condamner à une peine de 30 ans de réclusion le Général CAPELLO, Grand-Maître-Adjoint du Grand-Orient d'Italie au motif d'avoir financé un prétendu attentat contre le Duce.

- Celles du régime autoritaire mis en place en 1932 par le Portugais Salazar.

- Et naturellement, celles qui découlèrent de la guerre civile espagnole débutée en juillet 1936.

Par Jacques R - Publié dans : histoire de la FM
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 06:46

L’ouvrage commence par une chronologie. Le 3 septembre 1939, l’Alsace ayant été en partie évacuée, les loges de Strasbourg ferment leurs portes. Le 14 juin 1940, peu après leur arrivée dans la capitale française, les Allemands prennent possession des locaux du Grand Orient, rue Cadet, et y installent le siège du service de contre espionnage dirigé par le lieutenant Moritz. Le 22 juin 1940, la Feldpolizei a pu saisir un matériel très important appartenant aux loges maçonniques en France. Le 7 août 1940, lettre d’Arthur Groussier, président du Conseil de l’ordre du Grand Orient adressée aux maréchal Pétain pour signaler la cessation d’activité du Grand Orient. Le 13 août 1940 : loi portant interdiction des associations secrètes et obligeant les fonctionnaires et agents de l’Etat à souscrire une déclaration à leur sujet. Le 19 août 1940 : décret constatant la nullité des associations « La Grande loge de France » et« Le Grand Orient de France ». 24 septembre 1940 : Première réunion clandestine de la loge « l’atelier de la Bastille », sous la présidence du Gauthier, ancien vice-président du conseil de l’ordre du GODF et organisée par Albert Kirchmeyer à son domicile à Paris. 4 octobre 1940 : publication dans la Bibliographie de la France, numéro du 28 juin-4 octobre 1940, de la liste Otto ». Ouvrages retirés de la vente par les éditeurs français ou interdits par les autorités allemandes parmi lesquels « Mein Kampf » et « Manuel d’histoire de la franc-maçonnerie » écrit par G. Martin. 28 octobre 1940, l’Orphelinat maçonnique fondé à Paris en 1862 est perquisitionné par les autorités d’occupation puis occupé par l’administration pénitentiaire qui y établit une maison de redressement. Octobre-novembre 1940 : Exposition au Petit Palais, à Paris, « La Franc-maçonnerie dévoilée ». 31 octobre : note allemande : les otages parmi les francs-maçons de haut grade serviront à d’éventuels représailles pour le cas où le baron de Lesdain, organisateur de l’exposition anti-maçonnique serait abattu. 12 novembre, une décision du chef de l’Etat charge M. Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, de centraliser et d’inventorier les archives maçonniques. 27 novembre : circulaire du garde des sceaux, relative à la mise sous séquestre des sociétés civiles se rattachant aux associations secrètes et aux loges maçonniques. 28 novembre : Alfred Rosenberg, dans une allocation prononcée à Paris, donne un aperçu historique de la franc-maçonnerie, de son rôle dans la R2volution de 1789 et des« crimes » qui en découlaient, y compris celui de sa culpabilité pour la guerre de 1914-1918. 7 janvier 1941 : six francs-maçons se constituent en « Grand Conseil Provisoire de la Maçonnerie française » à l’effet d’aider à la libération du territoire, de restaurer les institutions républicaines, de reconstruire, sans distinction d’obédience, la franc-maçonnerie française. 31 janvier : l’opposition de la franc-maçonnerie est jugée naturelle par les Allemands tout comme celle des Juifs et de la haute finance. 27 février 1941, décret constatant la nullité de la « Grande Loge Nationale Indépendante », de la Fédération française du Droit Humain et de la la Société Théosophique de France. 11 mars, loi complétant celle du 13 août 1940. Cette loi ordonne la transmissions à la BN des documents et objets de caractère maçonnique. 30 avril, circulaire de la vice-présidence du conseil relative à la vérification des déclarations sur les sociétés secrètes et l’insertion des déclarations ou dossier personnel des intéressés. 1er mai 1941, lettre de Goering stipulant que la lutte conte les Juifs, francs-maçons et leurs alliés constitue l’une des tâches principales pendant la guerre. Il se déclare d’accord avec la nomination de Rosenberg comme chef de l’action anti-juive et antimaçonnique sur le plan culturel. Mai : le cabinet civil de Vichy fait appel au capitaine de frégate Labat pour constituer, avec Bernard Faÿ, un service des sociétés secrètes et un réseau de renseignement en zone sud. A Paris, il existe cinq services antimaçonniques : celui de Bernard Faÿ, 16 rue Cadet, celui de J. Marquès-Rivière, installé rue Greffuhle, le service du commissaire français Moerschel, 4 square Rapp (ancien siège de la société théosophique) responsable de la région parisienne dépendant de la préfecture de police, le centre d’action et de documentation de Henry Coston, 8 rue de Puteaux, ancien siège de la Grande Loge de France. Et enfin le service allemand du docteur Pfannstiel, situé 72 avenue Foch dans les locaux de l’ambassade du Canada.

11 août 1941 : loi sur les sociétés secrètes, ordonnant la publication au Journal officiel des noms des anciens dignitaires et leurs interdisant l’accès et l’exercice des fonctions et mandats énumérés à l’article 2 de la loi du 2/6/1941 portant sur le statut des Juifs. 12 août : décret portant dérogation sur la rupture de M. Peyrouton avec la franc-maçonnerie dès 1934 (Peyrouton a été ministre de l’Intérieur du 5 septembre 1940 au 25 février 1941). Discours de Pétain annonçant qu’il « faut détruire le complot maçonnique ». 17 septembre, décret chargeant B. Faÿ de rechercher, réunir, conserver et éditer tous les documents maçonniques en vue de l’application de la loi du 11 août 1941. 27 septembre, circulaire du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relative à la création d’un « Service des sociétés secrètes ». 15 octobre, les Documents maçonniques, parution du 1er numéro. Revue mensuelle dirigée par Bernard Faÿ (dernier numéro 15 juin 1944). 29 octobre : numéro 1 du Bulletin d’information antimaçonnique publié par le Centre d’Action et documentation, hebdomadaire dirigé par Coston. 15 décembre : Arrêté du ministre, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, relatif à la création et à l’organisation d’un service de « Police des sociétés secrètes ». 21 juin 1942 : Loi plaçant dans les attributions du chef du gouvernement toutes les questions relatives aux sociétés secrètes. Arrêté portant délégation à un secrétaire d’Etat des pouvoirs du chef du gouvernement en matière de sociétés secrètes. Le délégué nommé est le vice-amrial Platon. 30 août : discours de Pétain à Clermont-Ferrand : « ... une secte bafouant les sentiments les plus nobles poursuit sous le couvert du patriotisme son oeuvre de trahison et de révolte... » 3 octobre, décret constituant le « Service des sociétés secrètes qui remplace tous les organismes existants. Le lieutenant-colonel d’aviation J. de Verchère assume la coordination de ce service. 15 janvier 1943, Pétain déclare à Bernard Faÿ : « Vous ne devez pas hésiter. La franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs; c’est elle qui a menti aux Français et qui leur a donné l’habitude du mensonge. Or c’est le mensonge et l’habitude du mensonge qui nous a amenés où nous sommes ». 28 fevrier 1943 : Exposition à Marseille : « Juifs et Maçons ». 9 mars : première projection du film « Forces occultes ». 4 juillet : ordonnance du « Comité français de la Libération nationale » concernant la réintégration des magistrats fonctionnaires et agents civils et militaires révoqués, mis à la retraite d’office, licenciés ou rétrogradés, modifiée par ordonnances du 5 août 1943 et du 27 janvier 1944. 10 août, Laval aurait, de sources allemandes, permis à nouveau l’ouverture des loges maçonniques en zone sud occupée, après le débarquement en Afrique du Nord. Il voudrait ainsi se dédouaner auprès des Américains.

2 septembre : ordonnance du « Comité français de Libération nationale » portant abrogation des actes dits « loi du 15 octobre 1940 » et « loi du 14 septembre 1941 ». Les groupements dissouts... sont réputés n’avoir pas cessé d’exister et sont remis en possession des biens dont ils ont été dessaisis. 22 octobre Ordonnance du « Comité Français de Libération nationale » relative aux conditions de réintégration des agents et employés des services concédés ou subventionnés, évincés en raison de leur qualité de Juif, de leur appartenance aux sociétés secrètes. 15 décembre ordonnance du« Comité français de Libération nationale » portant annulation de la loi du 13 août 1940 et des dispositions subséquentes relatives aux associations dites secrètes. 26 mars 1944 mort de Constant Chevillon, Grand Maître de l’Ordre Hermétique du Rite Memphis-Misraïm entre les mains de la police de Vichy. 9 août 1944 ordonnance rétablissant l’activité de la franc-maçonnerie. 19 août Arrestation de B. Faÿ dans son bureau de la BN. 14 septembre le GODF fait don à la BN de ses archives antérieures au 15 décembre 1851. La BN restitue aux loges le reste des archives que Vichy avait confisqué. 18 octobre adresse envoyée au chef du gouvernement provisoire de la République française, assurant le général de Gaulle de l’attachement de la « Maçonnerie de France » à la République. Signée par le GODF et la Grande Loge, cette adresse est demeurée sans réponse. 3 septembre 1945, B. Faÿ placé sous mandat de Dépôt à la prison de Fresnes. 25 novembre 1946, ouverture au Palais de Justice de Paris du procès du« Service des sociétés secrètes ». 5 décembre 1946 Faÿ est condamné aux travaux forcés à perpétuité, à la confiscation de ses biens et à la dégradation nationale, de même pour Robert Labat. René Coty gracie Faÿ en 1958.

Service des sociétés secrètes : bilan approximatif : 170 000 fiches de « suspects »établis, 60 000 fiches de francs-maçons, 6 000 francs-maçons inquiétés, 989 francs-maçons déportés, 540 fusillés ou morts en déportation.

source : http://humanisme.canalblog.com/

Par Dominique Rossignol - Publié dans : histoire de la FM
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 17:43

Le monde végétal est bien représenté dans notre rituel ou nous retrouvons tour à tour : la rose lors de notre initiation, puis l’acacia, le laurier et l’olivier contrairement au monde animal relativement discret.

Au grade de maitre secret nous retrouvons une clef d’ivoire, puis un chien nous accompagne au grade de maitre élu des neuf jusqu’a l’entrée d’une caverne.

Des chameaux accompagnés de mages font leur apparition au grade de chevalier du royal arche dans leur périple vers Babylone. Puis nous trouvons l’agneau qui nous escorte tout le long de notre réception au17ème Degré. Agneau vers lequel nous devons tendre.

Nous le retrouvons également des le premier jour de notre parcours Ecossais sous la forme d’un tablier blanc qui nous est remis avec déjà et nous y reviendrons une notion de sacrifice.

Ce même agneau nous le retrouvons une fois l’an comme met principal le jeudi précédent pâques lors de notre agape pascale. Nous le consommons lors de l’exécution d’un rituel bien précis après l’avoir sacrifié.

Les écrits ainsi que l’iconographie sur la symbolique de l’agneau sont abondants et nous permettent de mieux comprendre et d’appréhender les voies de la transformation que nous propose nôtre rituel de chevalier d’orient et d’occident.

A tous les étages de la civilisation méditerranéenne l’agneau premier-né, celui que l’on appelle l’agneau de la saint jean apparait dans sa blancheur immaculée et glorieuse comme une cratophanie printanière.

Il incarne le triomphe du renouveau, la victoire de la vie sur la mort, l’innocence. C’est cette même fonction qui fait de lui par excellence une victime propiatoire qu’il faut sacrifier pour assurer son propre salut. Dans certains rituels il symbolise l’espérance

Ce que l’on peut constater c’est que l’agneau de lait des juifs aux chrétiens puis de ceux-ci aux musulmans est la victime sacrificielle en toutes occasion et surtout du renouveau ou se succède pâques juives, pâques chrétienne (mort et résurrection du christ agneau de dieu) et sacrifice du ramadan.

L’étude détaillée de ces trois rituels nous dit le dictionnaire des symboles fait apparaître la continuité de leur signification symbolique jusque dans les moindres détails. Ainsi l’effusion du sang rédempteur du Christ sur la croix n’est pas sans rapport avec ce sang salvateur dont les juifs enduisent les montants et les linteaux de leurs portes pour écarter les forces du mal.

Cet agneau nous le retrouvons dans l’apocalypse de Jean support de notre rituel du 17éme degré. Il est sur la montagne de Sion au milieu de la Jérusalem céleste.
-René Guénon nous propose un rapprochement :
Se fondant sur une description presque identique du Brahmâ-pura et de laJérusalem céleste il suggère un rapprochement phonétique entre l’agneau et l’agnivédique.Il nous dit ceci :
« Nous ne prétendons pas qu’il y ait entre les mots agni et ignis (équivalent du latin d’Agni) autre chose qu’une de ses similitudes phonétiques qui ne sont pas pour autant accidentelles. »

La similitude ne saurait être fortuite car outre le caractère sacrificiel d’Agni l’un et l’autre apparaissent comme la lumière au centre de l’être que l’on atteint dans la quête de la connaissance suprême.

Ce rapprochement avec le Dieu védique du feu manifeste l’aspect solaire, viril et lumineux de l’agneau. C’est la face léonine de l’agneau que l’on trouve également signalés dans l’apocalypse de Jean qui emploie vingt-huit fois le mot agneau pour désigner le Christ.
Ignis signifie feu en latin. Un certain symbolisme du feu qui dans diverses formes se lient assez étroitement avec l’amour. L’agneau se trouve associé à la fois aux représentations du paradis terrestre et de la Jérusalem céleste.
L’Agni parmi la divinité védique est le dieu du feu et de la liaison entre le monde terrestre et le monde divin. L’Agni védique est le symbole de l’agneau.

L’iconographie de l’agneau est elle aussi abondante. On peut citer « l’agneau mystique » des frères Van Eych qui est un polyptique de l’adoration visible à la cathédrale de Gand.

De tous les êtres vivants, Nous dit Louis Charbonneau-lassay dans son bestiaire du Christ, qui on eu l’honneur de représenter le Christ l’agneau est celui qui a connu la plus grande vague.

Et celle-ci repose sur des bases bien établies par les écritures sacrées et par ce que les liturgies chrétiennes on de plus auguste et de plus immuables. Dans tous les cultes à sacrifice l’agneau fut par excellence la victime virginale, sa blancheur, sa grâce, son âge le désignant a ce rôle. Victime expiatoire et propiatoire substitué à l’humanité coupable, il a pris à ce titre le premier rang parmi les symboles et les emblèmes du christ.

Son iconographie présente une progression. Les plus anciennes images le représentent
En victime et il est en position couchée, plus tard nous le retrouverons en position debout comme la victime triomphante du ciel.

A travers ce survol restrictif de la symbolique et de l’iconographie de l’agneau découle entre autres deux notions celle de sacrifice et de bouc-émissaire.
Le sacrifice est présent dans toutes les traditions du monde et y aurait-il une humanité sans sacrifices ? Il existe toujours des rites de passage, des sacrifices souvent expiatoires c’est à dire des sacrifices de victimes qui protègent l’homme de sa violence.

Dans le premier livre de l’ancien testament on lit comment l’offrande d’Abel (les premiers-nés de son troupeau) fut acceptée et celle de Caïn qui avait offert les fruits de son travail fut refusée. Plus loin c’est Abraham prêt à sacrifier son fils. Dieu retint son bras scarificateur.

Selon R.Girard dans le processus culturel les sacrifices d’animaux permettent de détourner la violence individuelle vers des objets de substitution je cite « on choisit les animaux les plus précieux pour leur utilité, les plus doux, les plus innocents, les plus en rapport avec l’homme par leur instinct, par leur habitudes. On choisissait dans l’espace animale les victimes les plus humaines si l’on peut s’exprimer ainsi.
Selon R. Girard si Abel ne tue pas son semblable c’est parce qu’il tue lui-même des animaux qui les lui rappelle et il décharge ainsi sa violence sur les animaux sacrifiés. Alors que Caïn ne bénéficiant pas de tels expédients sacrifie son frère.

La violence du sacrifice permet de canaliser notre propre violence, d’exorciser le mal en lui donnant une forme propre dont on peu se débarrasser à l’occasion du sacrifice et permettre à la société de survivre de façon satisfaisante. L’objet du sacrifice répond ainsi à la fonction de bouc-émissaire .Mais ajoute t-il « c’est quelque chose qui nous gène on ne veut pas savoir que l’humanité entière est fondée sur l’escamotage mythique de sa propre violence projetée vers de nouvelles victimes. ».

Il s’oppose à la vision sacrificielle des évangiles et nous en propose une lecture non-sacrificielle. Selon lui jésus apporte un message d’amour et de non-violence. Il serait victime de ce mécanisme et aurait été pris comme bouc-émissaire. En le sacrifiant le peuple juif s’est bien sauvé car il a préservé le secret du mécanisme sacrificiel. Globalement on peu retenir que le sacrifice d’un point de vue religieux permet grâce a une substitution le sauvetage des âmes et sociologiquement le sauvetage d’une société.

Le grade de chevalier d’orient et d’occident peut-être considérer comme une introduction au chapitre rose-croix pour certains même la première partie du temple noir.

L’expérience du 17éme degré nous introduit dans une démarche sacrificielle, le plus humble de tous étant le modèle vers lequel nous devons tendre. Cette démarche n’est pas qu’un abandon de la personnalité égotique elle est aussi une relativisation de notre existence.

Ce degré marque une rupture avec le précédent. Nous avons quitté l’exil de Babylone, passé le pont de Gandhara en laissant nos biens matériels derrière nous et nous avons entrepris de reconstruire l’épée dans une main et la truelle dans l’autre. Et voila que comme d’habitude au REAA le décor change.

Nous sommes maintenant en référence à l’apocalypse de Jean et à la Jérusalem céleste. Ce degré marque le lien entre l’ancienne et la nouvelle loi. C’est à ce degré de chevalier d’orient et d'occident (synthèse de deux mondes en opposition et de toute forme de dualité) que s’opère nous dit I. Mainguy, le passage entre la tradition judaïque développé par l’ancien testament à la tradition chrétienne néotestamentaire qui va se référer à l’apocalypse.
L’apocalypse qui nous occupe au 17éme degré en est une vision partielle. Le support en est l’évangile de jean. Vison partielle car ce sont des extraits de textes qui nous sont lus et ces extraits ne concernent que les onze premiers chants de l’ouvrage. Les extraits choisis proposent un sens qui va soutenir l’aspect alchimique dans le déroulement de la cérémonie.

Les messages sont simples mais codés ils s’achèvent par deux phrases :
- La loi est unique. La dualité repose dans la loi.
- Le nombre sept règles le ballet des mondes infinis.
Ces deux phrases vont guider l’impétrant pour être admis parmi les chevaliers d’orient et d’occident. C’est le trait d’union entre l’ancienne et la nouvelle alliance.

Au début de sa réception le récipiendaire est revêtu d’une haire blanche en signe d’humilité et de simplicité. Les épreuves qu’il va subir consiste en des rites de purification progressive. Ces épreuves sont comme une dissolution successives, progressive d’écorces nous dit I. Mainguy.

Ces écorces correspondent au sept sceaux, qui scellent le livre de la vie et que seul pourras briser celui qui seras à l’image de l’agneau prêt à s’offrir totalement en sacrifice pour les autres.
On demande clairement au récipiendaire de se substituer au christ-agneau libérateur dont l’action permet d’accéder à de nouveaux dévoilements par là même à de nouveaux états de construire. Pour être digne de porter cette haire la cérémonie se termine par l’effusion de sang.
Pourquoi par le sang ? Tout bon maçon ne doit pas craindre de répandre son sang pour la maçonnerie et la défense de ses frères apparaît à nouveau la notion de sacrifice. L’eau et l’effusion de sang rappelle le passage du pont de Gandhara du chevalier de l’orient et de l’épée. Ce que l’on demande ici au récipiendaire c’est de mourir à lui-même et de donner la dernière goutte de son sang pour pouvoir ouvrir le livre des sept sceaux.
Au moment où il doit être sacrifié on lui dit que la maçonnerie n’a nul besoin de son sacrifice et que le courage dont il a fait preuve le rend digne d’ouvrir les sceaux car il est devenu semblable à l’agneau immolé.
Nous devenons des soldats œuvrant dans une fraternité. .Après ces purifications le récipiendaire devenu innocent comme l’agneau ouvre les sceaux, il devient ce mystérieux agneau qui va prendre possession du dessein divin. L’agneau évoque la figure du serviteur souffrant conduit comme un agneau à l’abattoir ainsi que le décrit Isaïe. Dans l’apocalypse de Jean c’est le Christ exécuté sur la croix. L’agneau c’est le verbe triomphant et il va pouvoir transmettre au monde ce message. Quand on représente le livre des sept sceaux surmonté de l’agneau tenant l’étendard on signifie que le Johanisme (dont l’agneau à l’étendard est le sceau) conduit à la connaissance représenté par ce livre. Le fait que ce livre soit scellé représente la connaissance secrète. Voilà à mon sens une des possibilités d’interprétation de l’agneau a ce grade.

Nous nous sommes réunis il ya quelque temps le jeudi précédent Pâques pour procéder à l’agape pascale rituelle. Les fêtes pascales sont liées dans l’ancien testament à l’histoire du passage des Hébreux qui cherchent à quitter l’Egypte à travers les barrières édifiées par pharaon leur oppresseur.

Notre agape pascale se déroule autour de trois éléments clés :
- L’extinction des lumières.
- La réanimation des lumières.
- Le sacrifice de l’agneau.

Dans le 18éme degré après Abel et Abraham nous sacrifions l’agneau. C’est également la victime du seder (repas rituélique des pâques juive, des rituel chrétiens du jeudi saint (avec le fait que c’est le christ agneau de dieu qui s’offre lui-même en sacrifice.) et musulman de l’Aïd el Kabîr.
- Nous partageons lors de l’agape pascale les espèces et l’esprit qui nous fondent chevalier rose-croix. Dans l’agape pascale nous manifestons cette offrande de soi, cet amour de l’humanité de Dieu, des chevaliers entre eux, selon la tradition inaugurée par le Christ mais fondement actuel du lien universel de tout les chevaliers Rose croix du monde. Au 3éme degré avec le drame hiramique nous avons perdu la parole. Nous l’avons vainement recherché à partir du 4éme degré, ou nous étions « les serviteurs d’un Dieu caché ». Cette quête nous a conduit au 18éme degré ou nous sommes devenu « les amis d’un Dieu révélé. » tenant à la fois du clerc et du laïque, ou chevalier Rose –croix, lorsqu’on nous à dévoilé I.N.R.I., le feu transmutatoire.
- On sait que le langage des « cours d’amour » n’était accessible qu’aux seuls initiés pour qui l’âme est la seule réalité qui puisse permettre d’atteindre le Divin. Dans ces condition cette désignation « d’agape Pascale » se justifie doublement. Agapè en grec c’est l’amour partagé, l’amour altruiste, la caritas des latins, dévoyée en charité. Ce n’est pas l’éros passionnel, possessif et foncièrement égoïste. C’est le repas pris en commun par « les Amis de Dieu ». Il illustre l’Amour universel que nous nous portons les uns aux autres, et surtout cet amour qui est un dépassement de soi, au service de tous les hommes à travers le sacrifice de Jésus dans sa dimension symbolique.

La qualification de cette agape dite « Pascale », signifie le début d’un processus alchimique qui commence au début du printemps en mars, sous le signe du bélier et lorsque la lune est à son plein.

Nous allons partager le Pain, le Vin et sacrifier l’agneau sous le signe de la croix.
Cette croix c’est la table autour de laquelle nous avons pris place. C’est celle qui indique celui qui est l’objet et le sujet de l’œuvre, lorsque nous nous mettons au signe d’ordre du « bon pasteur », la croix de Saint André, ou lorsque nous exécutons des libations avec notre calice.

C’est celle sous la forme de laquelle l’agneau est rôti lorsque nous passons la branche montante de cette croix de la tète à l’extrémité postérieure et la branche transversale à la hauteur des épaules pour y attacher les pattes postérieures. Cette croix c’est le hiéroglyphe alchimique du creuset. Elle est dans la tète ou se trouve le cerveau, la pierre encéphale dont nous devons extraire la « pierre non-pierre », par le vitriolum.C’est pourquoi il est dit que le Christ à vécu sa passion sur le Golgotha qui veut dire lieu du crane. Le contenu de la boite crânienne étant la demeure de la partie divine de l’homme. Michel-Ange qui le savait inscrivit une coupe sagittale du cerveau dans la fresque du plafond de la Chapelle Sixtine.
- Le vin est lié à la faculté créatrice et représente le premier acte fondateur d’une nouvelle terre et d’un nouveau ciel. C’est l’incarnation de l’âme universelle dans la totalité des êtres vivants. Le symbole de la vigne et du vin est synonyme de l’esprit. « Que ce vin symbole de l’esprit élève notre intelligence. » Le pain est le reflet du vin dans le monde manifesté et il en devient la nourriture essentielle. Les 12 pains de proposition exposés dans le temple en sont la meilleure représentation.
- Nous sacrifions l’agneau. L’agneau de Dieu, par lui nous absorbons une nourriture organique en même temps que spirituelle. L’agneau puise sa lointaine origine culturelle dans le temps ou Yahvé frappait les premiers-nés des Egyptiens. La tradition chrétienne verra dans l’agneau pascal l’image du christ immolé et dont le sang est répandu sur la croix pour le salut des hommes dans la nouvelle alliance. Le chevalier Rose-croix en mangeant l’agneau incorpore cette tradition est devient signe lui-même. La loi prescrivant de faire rôtir cet agneau de façon à le figurer sur la croix latine nous pouvons dire qu’il est soumis à l’action du feu dans le creuset transmutatoire.
Placé sous le patronage de Saint jean l’évangéliste, il faut savoir que la clé de l’art réside dans l’utilisation du Feu, celui d’I.N.R.I., appelé Mercure, unique agent dont on ait besoin et que les auteurs ont décrit sous de nombreux noms. Ce feu n’est « ni celui des charbons ardents, ni celui du bois enflammé ». Ce feu doit être applique trois fois, pour obtenir un SOLVE et COAGULA c'est-à-dire une mort et une résurrection, l 'Oeuvre au noir et l’œuvre au blanc comme l’indique les trois clous qui fixèrent le crucifié.
En répétant sept fois ce Solve et Coagula , on obtient la pierre philosophale, de même nature que celle du Vitriolum, mais dont la puissance et la rapidité d’action ont décuplé : l’œuvre au rouge. Ceci nous amène à l’extinction et à la réanimation des lumières : Mort et résurection.

L’extinction des sept lumières , l’une après l’autre conduit au « tout est consommé » pour dire tout est « consumé » calcifié, mortifié. Le corps est comme mort , ce n’est pas « un dernier sommeil » car il reste un Feu divin inextinguible parole de vie. L’âme réalise une ascension au travers du monde imaginal, comparé par Nicolas Flamel à une procession, à un cortège coloré chaque couleur représentant une étape, sept en tout, l’une conditionne l’apparition de l’autre

La réanimation des sept lumières consiste à les allumer une à une, pour passer de l’Un au multiple grâce au feu inextinguible, parole de vie, reflet de la lumière, qui éclaire l’intelligence de la matière en même temps que celle de l’opérateur, et les maintient dans un état d’éveil sans lequel aucune transmutation n’est possible.

Cette réanimation des lumières est une résurrection, « la Parole à vaincu la mort » Lumière et influence spirituelle (la première est porteuse de la seconde) sont créatrices, transformatrices et évolutives dans cette optique rien n’est impossible, nous sommes dans l’axe alchimique de la transmutation du plomb en or. Nous comprenons l’importance du, 18éme degré dans la hiérarchie des autres degrés initiatiques. Il est le degré de la transmission, de la transformation et du don d’amour.
La transmission : Le chevalier rose-croix est un intercesseur entre le ciel et la terre et en vertu de la loi d’hermès il reçoit l’influence céleste et la dirige vers le monde terrestre ou elle se répand sous la forme des trois vertus théologales.

La transformation : la puissance des trois vertus transforme l’âme de l’homme, l’obscurité devient lumière, le plomb devient Or, par le degré de chevalier rose-croix, nous passons des petits mystères aux grands mystères, la parole enseigne l’âme, sur le sens de la vie, de la création, sur la réalité de l’âme, sur l’immortalité. Le vieil homme rend son âme mortelle et l’homme libéré de ses chaines arrive au pied de l’échelle de Jacob.

Don d’amour : l’homme de cet état devient le don, il reçoit et donne en permanence, il reçoit et donne le pain de vie et le vin de l’esprit. L’Amour est la clef qui ouvre le Don. L’Amour est l’éclair qui ouvre la voie du cœur.
Pour cet homme l’espérance, la foi et la charité s’effacent il ne reste que le feu de l’amour et la lumière de la connaissance.

J’ai dit T.S.A.

Source : www.ledifice.net

Par A M - Publié dans : symbolisme
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 17:39

prière du postulant

Souverain Être soyez mon juge, secondez moi et éprouvez

moi. J'ai haï l'assemblée des méchants et je n'ai point pris place

parmi les impies; je laverai mes mains et j'embrasserai vos autels,

afin de célébrer vos louanges et d'annoncer votre grandeur.

*N°6 le grand commandeur reprend et dit*

le juste est votre ouvrage Seigneur, qu'il vienne au milieu de votre

temple célébrer votre grandeur infinie, vous êtes son appui et

son soutien, exaucez-le, Seigneur du haut de votre sanctuaire

Encensement

(Les frères se prosternent, le pontife passant au milieu deux encense

de nouveau)

le grand commandeur dit : levez-vous et habitez au milieu

de nous

prière de sacrifice que le grand commandeur prononce

Purifie, Souverain créateur du monde, nos coeurs et nos esprits,

brûle-les de ton amour, consume de ton feu divin tout ce qui

te déplaît en nous . que le juste qui entrera pour la première fois

dans ton sanctuaire, te sois agréable, et que pénétré de ta justice

et de ton amour, il marche toute sa vie en ta présence comme

ton serviteur David. (ici il lève la main avec tout le chapitre)

daigne agréer son offrande, que l'immolation de la victime

soit l'expiation de ses fautes et que le sang pur qui coule et son

intention sur les autels, lave pour jamais les souillures de son

âme . amen

prière du pontife après la consommation des victimes*

Souverain architecte de l'univers tes dons sont
faits pour tous les

hommes, que l'usage que nous venons d'en faire en commun soit un

hommage à sa magnificence et un symbole de son accord qui

règne entre nous; que le coeur de ceux qui cherchent le Seigneur

soit dans la joie, cherchez le seigneur et la force qui vient de lui .

Amen.

Puis le pontife dit au postulant

le sacrifice est fait, vous y avez participé mon frère, mais

l'holocauste n'est pas totalement consommé, il reste encore une

victime à offrir; c'est votre volonté et votre obéissance, voyez si vous

êtes résolu de consacrer l'un et l'autre dans ce temple auguste et

entre les mains de celui qui en représente le + fondateur + généreux.

Premier voeu

je promets sur ma foi et ma parole d'honneur de suivre en tout

point fidèlement et toute ma vie les rits, lois, usages des chevaliers

de la Palestine, sans jamais m'en écarter sous les peines dues aux

traitres, je promets d'être chaste, sobre, ferme, discret et vertueux

je promets de ne jamais révéler ce que j'ai vu et ce que je vais

apprendre et de ne jamais le confier ni aucun monument

quelconque qui puisse en hasarder le secret; je promets fidélité

à Dieu, au roi, à ma patrie, obéissance à mes chefs, amour à

mes frères : je prends le ciel à témoin de mes engagements et je désire

que les entrailles de la terre enfouissent mon crime si j'y manque

Second Voeu

puisque j'ai le bonheur d'être admis au nombre des chevaliers

qui composent ce chapitre et que je suis dévoué par état à la garde

du temple dont l'entrée m'a été permise, je renouvelle de tout mon

coeur ma précédente obligation : et pleinement convaincu que je

suis, de la vérité et de la sainteté de la religion, je promets d'être
fidèle

à Dieu, au prince, à ma patrie, à mes amis et je dévoue mon sang

et ma vie à la défense des uns et des autres.

Troisième Vœu…..

Source : MCyvard

Par Rituel de Chevalier de la Palestine - Publié dans : hauts grades
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 09:04

Historique du grand Commandeur de la Palestine
Le grade de commandeur est la perfection, et le complément de celui
de chevalier. Tous deux sont aussi anciens, aussi fondés sur les livres
ainsi qu'on peut le voir dans les annales de l'ordre, ou dans le second
livre des rois chapitre 23. D'après la tradition, la dignité de com-
mandeur exigeait autrefois de fortes épreuves et l'écriture fait
mention de celles des 3 premiers commandeurs institués par Salomon.
Sous les rois du peuple juif, ces épreuves consistaient d'ordinaire en
quelques actions utiles à l'état, à la religion et au prince, maintenant
les circonstances ne permettent plus de ces actes héroïques, la vie privée
des chevaliers ne le comporte point. L'esprit et le coeur sont les seuls que
l'on puisse éprouver; il n'est plus question de vaincre les ennemis de la
patrie mais celui de notre cause, les passions : et cette victoire de la
part des plus grands personnages a toujours été mise à l'égal des
plus brillantes conquêtes.

épreuves
La première consiste dans la production d'un mémoire que le candidat
doit déjà avoir remis au souverain pontife 3 fois 24 heures avant
le jour indiqué. De douze à l'avance pour le grand commandeur pour
l'admission et présentation du dit mémoire, au dit jour le chapitre
s'assemble en habit de cérémonie au lieu quelconque, supposé être
la chambre du Liban, là après les formules ordinaires, le pontife
donne lecture en présence du candidat de son mémoire, lequel
contient 1° son nom, surnom, nom de religion, ses qualités civiles
son âge, son état, les principales actions de sa vie par date et
époque 2° la généalogie de 3 degrés au moins, en remontant par
son père, son aïeul, son bisaïeul, leur fonction, état et dignité
autant qu'il est possible 3° les grades du récipiendaire dans la
maçonnerie, les emplois qu'il a occupé dans les loges, enfin son état
dans l'ordre de la Palestine.
Le chapitre alors apprécie la valeur des preuves contenues au
mémoire et juge si l'admission du récipiendaire est possible aux
termes des règlements, c'est-à-dire, en supposant que depuis 3 géné-
rations il ne soit échue dans la famille aucun acte de dérogeance
ou aucune tâche de roture. Cette épreuve est forte parce qu'elle touche
l'amour propre, la partie la plus délicate de l'humanité.
Si l'admission est accordée, le grand commandeur annonce au
candidat le jour fixé de son initiation et lui donne la note des
présents qu'il lui faut fournir et qu'il doit faire déposer en nature
à la chambre du Liban et sans aucune modification, ni remise
3 jours avant l'initiation.
2° épreuve
Elle tombe sur le désintéressement et l'esprit de
communauté, qui est le germe du bon accord en toute société
D'ailleurs acte d'obéissance nécessaire et modifiée au surplus de
façon à ne pouvoir gêner personne ni déranger les facultés.
Ces épreuves consistent Savoir :
Jeûne la veille
origine des présents
les présents tirent leur origine des dons, dont les princes des 12
tribus firent au tabernacle du seigneur, ainsi qu'on peut le voir au
chapitre 7 des Nombres et à cet égard ils sont indispensables, il en
résulte d'ailleurs divers sens allégoriques et moraux, ils sont
placés ici comme devant servir de nourriture commune des
chevaliers et ont même principe que ceux de la première réception

3° épreuve
la troisième épreuve est celle des tables, elle touche aux appétits sensuels et
ce n'est pas la moins difficile, elle se fait après que les candidats sur la
demande du grand commandeur après la seconde prière, ont
consenti à subir toutes les épreuves. Alors le grand commandeur lui-
même prend le candidat par la main et les fait entrer dans une salle
où on a préparé une table délicieusement servi et où on a assemblé
tout ce qui peut flatter leur goût, on les y enferme pendant une demie
heure et le chapitre rentre dans la chambre du Liban. Si le récipien-
daire touche à quelque chose, non initiation est remise au gré du
chapitre au temps qu'il plaira de préfiger

4e épreuve
La quatrième épreuve regarde l'esprit, au bout d'une demie heure ou trois
quart d'heure, suivant la prudence du grand commandeur, on fait
appeler le récipiendaire par le chevalier servant pendant qu'il est
dans la chambre du Liban, le pontife va examiner les viandes avec
un chevalier et vient rendre compte sur quoi alors le grand commandeur
propose à haute voix au candidat une question captieuse ou
problématique sur un point de morale, de doctrine ou d'affection
personnelle et pendant le temps que l'on lui laisse pour la solution
le grand commandeur va lui-même faire la vérification des viandes
revient prendre la réponse, laquelle reçue en aidant un peu
à la lettre, l'initiation commence.

Nota : que les chevaliers simples ne doivent rien savoir de la 3e et
4e épreuve, et à l'instant qu'elles vont commencer, le grand commandeur
les envoie au temple préparer toutes choses et attendre le chapitre
qui les rejoint après les épreuves faites.

source : mcyvard

Par Rituel de Chevalier de la Palestine - Publié dans : hauts grades
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:28

Arbitre puissant de toutes choses il n'y a point de dieu semblable

à vous, ni dans le ciel ni sur la terre, vous conserver l'alliance

et la promesse que vous avez faites à vos serviteurs qui marchent

devant vous de toute leur âme, vous avez rempli la parole

que vous aviez donnée à David, ainsi que nous le voyons

aujourd'hui, nous vous bénissons dans votre temple Seigneur

qui avez continuellement les yeux ouverts sur cette maison,

vous écoutez nos voeux et vos recevez nos offrandes, ne

permettez pas que nous oublions nos promesses et nos devoirs,

et que détournés de votre sentier par nos ennemis, nous

succombions comme les méchants couverts d'iniquités .AMEN

Le pontife dit :

Le point du jour paraît, l'heure est venue de donner un enfant

à Salomon, un défenseur au temple, un protecteur à la vertu.

les lévites mettent une couronne de fleurs sur la tête du postulant

le chapitre se retire en psalmodiant ce qui suit.

Béni soit d'Israël le Dieu Saint et terrible

dont la toute puissance et le bras invincible

a visité son peuple au fort de ses malheurs

et dont le coeur tendre et sensible

brisa les fers, sécha ses pleurs.

En suscitant pour nous un Sauveur plein de Zèle,

Issu de la maison du serviteur fidèle;

l'Éternel, que nos torts n'ont point encore lassé

accomplit ainsi les miracles

qu'avaient annoncé les oracles

des prophètes au temps passé.

D'un Dieu plein de bonté, bénissons la clémence.

Il n'a point oublié le sceau de l'alliance

Que Abraham, notre père, avait reçu de lui

de l'ennemi qui nous opprime,

nous allions être la victime

sans son secours et son appui.

mais tandis qu'échappés au sort qui nous menace

de tous nos ennemis délivrés par sa grâce

nous voulons mériter cette haute faveur

marchons toujours en sa présence,

conduits avec persévérance

par l'amour, non par la terreur.

Seigneur nous te louons de ta miséricorde,

parmi tous les bienfaits que ta main nous accorde

le plus cher à nos yeux c'est le brillant soleil

qui se levant du trône de justice

pour nous sauver toujours propice

dissipe de la nuit par son éclat vermeil

les ombres tristes et funèbres

et t'annonce à nôtre réveil

amen . amen . amen   

 

source : mcyvard

Par Rituel de Chevalier de la Palestine - Publié dans : hauts grades
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:07

Voici deux règles morales qui sont entrées en conflit :

L'une montre à l'homme des peines et des récompenses dans l'Au-delà. Elle lui dit : si tu fais le mal, tu subiras les peines de l'Enfer
; si tu fais le bien, tu gagneras, au contraire, une part de béatitude éternelle. Vois ! et choisis la route que tu suivras, avec la grâce de Dieu pour te rendre semblable à lui.

Et la faiblesse humaine, plus docile aux séductions des récompenses et à la crainte des châtiments qu'au désir souverain d'imiter la perfection divine, a pris les sanctions pour des buts, et ravalé la morale à une arithmétique
d'Outre-tombe !

L'autre lui a clamé : Fais à autrui ce que tu désires qu'il te soit fait ! Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fissent ! Prends ton parti et règle ta conduite sur le principe de la réciprocité. Plus tard on lui a dit : sur celui de la solidarité : et l'on a même invoqué l'intérêt général.

Mais l'égoïsme humain est fécond en replis ! Il en a tiré une autre arithmétique, terrestre, celle-là, qui ramenant la justice à une stricte liquidation des intérêts, suivant les lois, ramène aussi la morale à une spéculation sur les services que l'on rendra uniquement pour en tirer une contre-partie, sans se rendre compte qu'à ce prix la vertu devient un marchandage.

En dehors d'une élévation d'esprit
qui ne peut se manifester que chez une élite hautaine, qu'est-ce donc qui pourra neutraliser dans la masse et chez l'homme moyen la tendance au desséchant et banal calcul d'un compte de profits et pertes dans ce monde ou dans l'autre ? Un acte n'est véritablement moral que s'il est accompli sans recherche du profit qu'on peut en tirer. Qui y conduira l'homme dans ses relations avec son prochain ? et cet homme, fût-il même parmi les plus nobles dans l'élite de l'intelligence, qu'est-ce qui fera de sa conduite quelque chose de vraiment humain, de vraiment vivant, quelque chose qui ne soit pas l'automatique exécution des décrets d'une raison glaciale ?

Qui ?

Le cœur, l'amour
r, non pas le sentiment ou l'attachement particulier d'une personne pour une autre, par sélection individuelle, épouse, ami, ou par génération, parents, enfants! mais l'amour de l'homme pour ses semblables, parce que semblables, parce que dotés des mêmes besoins et des mêmes facultés comme issus de la même humanité, de la même vie universelle, animés de la même lueur de pensée, de la même étincelle de valeur.

Cette impulsion de sympathie entre êtres de la même origine, renforcée par la tendance à l'entr'aide, et doublée de la pitié pour la souffrance, est une vertu qui a son germe
dans l'état primitif du genre humain, mais qui doit être d'autant plus cultivée et développée chez tous qu'elle peut seule donner à la civilisation, non seulement son charme, mais une fécondité inépuisable, en rendant joyeux et spontané l'accomplissement des devoirs entre les hommes, soit dans la vie privée, soit dans le service de la société.

Amour, fraternité, altruisme, ou « Charité » à la façon évangélique?

Qu'on ne vienne pas me dire que la Charité est une conception
de l'Eglise et que par conséquent, le mot, comme la chose, doivent rester étrangers à notre langage. C'est que cette hostilité simpliste prend ce mot dans le sens minime et restreint auquel, une fois de plus, le langage vulgaire ramène bien des conceptions et des expressions. Et nous voyons même un de nos textes rituéliques condamner la charité parce qu'elle humilierait celui qui reçoit et rendrait orgueilleux celui qui donne. C'est bien peu connaître le sens du mot que de le ramener à l'aumône méprisante et distante ! Les théologiens n'appelleraient pas eux-mêmes cela de la charité, parce qu'il n'y aurait aucune effusion de cœur. Et la solidarité morale et agissante que nous préconisons ne serait que l'ombre d'elle-même si elle n'était qu'une formule juridiqueou une mesure utilitaire, et si elle ne recevait pas la sève ardente de la fraternité !

La justice donne à chacun ce qui lui est dû, elle s'exerce entre individus et par la société, comme si ces individus étaient insensibles et devaient le rester. La justice est nécessaire, la justice est sacrée et le sentiment d'amour, pris exclusivement comme règle, ne respecterait pas le droit et risquerait de tomber dans l'arbitraire.

D'ailleurs, vertu cardinale
de la sagesse antique, cette justice n'est que la moitié d'elle-même si, respectée dans les actes, elle n'embrase pas les consciences de son idéal. Mais la justice a sa balance et elle ne donne qu'après avoir pesé ! La Charité y ajoute, elle fait bonne mesure, elle donne bienveillamment plus que ce que l'on doit, et souvent devant la souffrance et la misère, elle pousse l'homme à faire de plein gré ce qu'il serait légalement « astreint à faire, faute de l'avoir fait spontanément », elle le conduit à faire ce qu'il n'est pas obligé de faire, à donner plus que ce qu'il doit : et c'est par amour du prochain.

Le chrétien « vrai », aimant
Dieu comme un bien suprême, et à travers lui, doit aimer tous les autres fils d'un même père, comme à travers l'amour pour chaque individu, il aime finalement Dieului-même dans ses créatures. Il serait inexact de prétendre que le Judaïsme n'a connu que la justice, et aurait ignoré l'amour fraternel, ou l'aurait restreint aux juifs entre eux. Bien des textes bibliques prouvent le contraire ! La vérité, c'est que cet esprit d'amour, si étranger au paganisme, semble par l'Evangile avoir pris le pas sur la justice, qui avant lui était placée au même rang.

Mais derrière les conceptions
judéo-chrétiennes, derrières celles de l'Egypte et de la Perse, nous voyons s'élever et planer celles de l'Orient lointain : là-bas, l'anthropomorphisme divin peut se manifester dans les nombreuses divinités que l'on donne à la foule, mais pour l'élite, il n'est qu'un symbole de vulgarisation ; ce n'est pas à travers Dieu que l'homme est exhorté à aimer ses semblables, c'est à travers « l'atman », principe primordial et essence spirituelle de tous les êtres et de toutes les choses, antérieur et supérieur à Brahma lui-même ! Voyez les Upanishads, ces commentaires des antiques Védas. Là, cet amour universel est enseigné comme conséquence, non plus de la fraternité entre des êtres séparés, mais comme affirmation par le cœur de l'identité et de l'unité de tous les êtres vivants, individualisations transitoires du principe unique. Moïse, puis Jésus, ont dit – après d'autres ! – aime ton prochain ! et ils ont ajouté : comme toi-même ! marquant une étape dans la voie de la spiritualité oubliée.

Mais l'Orient lointain va plus loin ! Il dit : en aimant ton prochain tu t'aimes toi-même, car vous ne faites qu'un... dans la réalité... car l'apparence des myriades d'êtres n'est inscrite que sur le voile de Maïa ! Et cet amour embrasse jusqu'aux animaux
et aux plantes, tout ce qui vit n'étant qu'une même vie.

Aussi dans le Bouddhisme, la Charité n'est plus seulement « une » vertu, c'est la « Vertu » par excellence, sans laquelle le sage le plus saint ne pourrait parvenir à l'état de Bouddha. Et cette vertu, qui n'est rien sans le cœur, ne vaut rien sans l'action. Aussi les images symboliques
qui sont pour la foule le Dieu de la Charité, mais dont les gens éclairés connaissent le vrai sens, sont-elles au nombre de vingt et une, avec des têtes et des bras multiples, jusqu'à mille ! et chaque main porte un œil sur sa paume, signifiant ainsi que l'homme de bien doit regarder et agir partout où le besoin s'en fait sentir, pour rendre service et donner du bonheur !

Me direz-vous que vous n'êtes ni chrétiens, ni juifs, ni brahmanistes, ni bouddhistes ?

Quoi ! Cela change-t-il quelque chose d'être étranger à toute Eglise, à toute religion « professée », à tout dogme, à tout credo ?

Vous êtes maçons, et votre Art ne peut vivre que par la fraternité, par l'amour de toutes les
pierresde construction les unes pour les autres – seul véritable ciment qui défie l'effet destructif des siècles, par l'amour des grains de la grenade nourris du même suc nourricier, par l'amour des, maillons de la Chaîne d'Union... Cela ! ou plus de chantier, plus de loi d'Hiram! et plus de Temple. Car dans l'amour de l'Art qui fait aimer son œuvre, et à travers le Plan aimer tous ceux qui y collaborent, comme à travers tous et à travers chacun aimer le Plan et l'Edifice, je rejoins par la tradition ouvrière les deux formules d'amour que j'ai déjà rapportées.

Vous n'êtes pas maçons ? Vous êtes libres-penseurs, laïques
 que sais-je ?

Eh bien ! vous osez me dire qu'une société, qu'une civilisation, qu'une cité, peuvent atteindre leur plénitude de vigueur, d'excellence, d'épanouissement, de perfection, si tous les hommes qui la composent ne s'aiment pas les uns les autres à travers leur amour de l'Humanité, et n'aiment pas le genre humain à travers tous leurs semblables ! Osez me jeter à la face qu'une société meilleure que celle, hélas ! que nous connaissons, puisse vivre et fleurir seulement par des décrets, des règlements, des contraintes et des polices, puisse vivre en beauté et en joie, en
force, en sagesse et en durée, sans l'amour des hommes les uns pour les autres, Caritas, amour du Genre Humain, levain sublime, qui peut seul rendre la loi souriante et génératrice de sacrifices consentis gaiement pour le bien de tous !

source : www.boutiquefs.com

Par 'Armand Bédarride (novembre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:59

Que pour le chrétien l'espérance repose sur la foi avec laquelle il attend de Dieu,avec confiance, sa grâce en ce monde et la gloire éternelle dans un autre, je le sais, et trouve une telle attente logique de sa part.

Mais je sais aussi que c'est là seulement une application dans le domaine de l'Eglise
d'un fait psychologique normal, naturel, et d'une pratique tellement large qu'on peut dire que l'espérance est un des ressorts fondamentaux de l'existence, en même temps qu'un solide point d'appui de l'action, pour le laïque comme pour le clerc, pour le philosophe comme pour le croyant ; elle se justifie pour nous quel que soit l'objet humain ou céleste auquel on peut l'attacher, et comme la foi, elle doit rester pour nous une vertu.

Cette disposition
de la conscience, qui la fait compter sur la réalisation de ce qu'elle souhaite, est d'une telle puissance morale que la sagesse des nations a pu dire que l'espoir fait vivre ! et dans les vicissitudes ou les épreuves de chaque jour, l'homme puise dans l'aspiration confiante vers des jours plus doux un réconfort et un encouragement : il ne pense pas que l'orage puisse toujours gronder ; il se réjouit d'avance du rayon de soleil qui ramènera sans doute bientôt la nature à la lumière et à la joie.

L'espérance a lui dans le ciel
avant la légendaire tragédie du Golghota ! La mythologie grecque interprète de la mentalité de son époque, en avait fait déjà une divinité, sœur du Sommeil, qui suspend nos peines, et de la Mort, qui les finit. Mais cette parenté, plutôt pessimiste, n'enlevait pas à la déesse son heureuse influence pour la consolation des humains et l'entretien de leur force d'âme ! On la représentait sous les traits d'une jeune nymphe au visage serein et souriant, couronnée de fleurs naissantes et tenant un bouquet à la main.

Rappelez-vous la touchante légende de la boîte de Pandore
: quand la curiosité coupable l'ouvre, les malheurs, les fléaux, les catastrophes, les maladies, les guerres, les crimes, sortent pour se répandre sur le monde. Mais Epiméthée, dans ce vide, va pourtant voir surgir l'Espérance : elle a des ailes et peut s'enfuir ! mais combien son envol est beau dans l'azur !

Des ailes ! plus tard, on la représenta tenant un lys dans sa main, ailleurs, des pavots et des épis, ailleurs tenant sous sa garde une ruche laborieuse : un sculpteur moderne, – était-il des nôtres ? je l'ignore ! – lui a confié une grenade
entrouverte. Mais le plus souvent, elle s'appuie sur une ancre symbolique  qui exprime la stabilité qu'elle donne à nos desseins, et le point d'appui solide qu'elle peut offrir à notre conduite.

Quoi de plus maçonnique d'ailleurs ?

Quand vient à se rompre un maillon de notre chaîne d'union, notre Tradition ne fait-elle pas retentir dans l'Atelier le fatidique appel : gémissons, gémissons, espérons ! Il reste légitime que ceux d'entre nous qui sont disciples du spiritualisme classique aient le droit d'y enclore des pensées sur l'Au-delà ! Je veux conserver le troisième terme, ne dût-on l'appliquer qu'à la vie terrestre, parce que dans cette mesure même il est nécessaire comme source de courage et présage l'avenir.

Et ici je veux revenir à notre Maître Hiram
 car son mythe, s'il nous propose une « foi », nous fortifie aussi d'une « espérance ». Le chant funèbre du drame et de la découverte du tombeau se transforme en hymne de confiance et de joie quand la victime des méchants ressuscite dans la personne de son successeur, et que la Chambre du Milieu s'éclaire.

Ô homme ! tu es frappé et tu souffres, tu tombes ! Mais c'est avec l'espérance que ton effort ne sera pas perdu. Tu t'arrêtes en route, mais tu auras des continuateurs, auxquels tu transmets le flambeau de la Vie, de l'Idée et de l'Action. Si humble que tu puisses être, tu espères que ton grain de sable, s'ajoutant à ceux de tes devanciers, permettra aux générations
 futures de disposer de plus de matériaux pour accomplir leur tâche constructive !

Mais dans une mesure plus modeste, l'ouvrier aurait-il le goût et la force de commencer un travail, s'il n'avait pas l'espérance de le mener à bonne fin ? Etendrait-il seulement la main pour saisir un outil, s'il n'espérait pas l'atteindre et commencer son ouvrage ? Partirait-il en voyage, s'il n'espérait pas arriver à son but ? Fonderait-il un foyer, s'il n'espérait pas y trouver le bonheur ? Créerait-il une entreprise, s'il n'espérait pas réussir ?

Ah ! je sais bien : tel homme peut n'avoir pas besoin d'espérer pour entreprendre. ni de réussir pour persévérer ! Mais tout le monde ne s'appelle pas Guillaume le Taciturne, tout le monde n'est pas un stoïcien
que les ruines frapperaient sans l'émouvoir. Pour la plupart des hommes, même au-dessus de la moyenne, l'espérance est un besoin, l'espérance est une vertu, et cette espérance est tellement foncière et tenace que le grand homme méconnu, l'artiste incompris, l'inventeur mourant de misère, en appelleront à la postérité, cette suprême espérance !

Vertu, certes, d'une importance capitale, et qu'il faut cultiver et maintenir en soi, si on la possède, qu'il faut faire naître, coûte que coûte, si on ne la possède pas spontanément. Sombre héros du pessimisme, celui qui meurt sans espérance, ne fût-ce que celle de revivre dans son œuvre, dans son exemple, dans le résultat de sa pensée et de son action : ou dans ses enfants
. Il faut faire l'éducation de l'espérance chez tous, petits ou grands, sous n'importe quelle forme, pour que chacun sache bien que, sous un aspect quelconque, il peut entrevoir un résultat bienfaisant de ce qu'il fait. Si non, que reste-t-il à faire : s'étendre sur la terre comme une bête malade, et attendre dans le morne et douloureux ennui que donne l'inutilité certaine, le moment où sonnera la dernière heure...

Mais pourquoi l'homme se laisserait-il entraîner vers une vision aussi pessimiste de l'existence, quand il peut savoir d'une science certaine que nulle de ses actions, si minime soit-elle, nulle de ses pensées, si simpliste soit-elle, ne reste sans effet dans l'éternelle et infinie interdépendance des êtres et des choses ? Tout ce que nous faisons, en bien ou en mal, reste inscrit sur le grand Livre de l'espace et du temps, par ses conséquences ineffaçables.

Loi terrible, loi salutaire : car si elle nous annonce que nous contribuons à créer un enfer
sur la terre quand nous somme vicieux et méchants, elle nous montre que nous sommes des bienfaiteurs de nos semblables, que nous collaborons à faire naître un paradis ici-bas, en étant bons et en faisant le bien ! Quelle conscience serait assez inerte, quel cœur serait assez sec pour rester insensibles à cette vision d'effroi : le mal que je fais me fait être le bourreau des générations à venir, car je leur transmettrai à jamais les conséquences de mes méfaits, de mes tares, de mes vices...

Au contraire, quelle joie ineffable
et quelle sublime espérance, si je peux envisager qu'en me faisant bon, bienfaisant, sain, fort, vertueux, en accomplissant le bien, en cultivant mon esprit et mon cœur, en me rendant chaque jour meilleur en pensée, en sentiment et en action, non seulement j'acquiers la plus pure et la plus superbe des satisfactions personnelles : l'augmentation de valeur, mais encore je me fais le bienfaiteur de tous ceux qui viendront après moi, en accroissant le patrimoine solidaire du bien, du vrai, et du beau en ce monde ! Le plus humble des pâtres ou des pêcheurs, des ouvriers de la machine ou du bureau, pouvant devenir, comme les plus représentatifs personnages de l'élite, le bienfaiteur du genre humain par sa vie, son exemple et ses actions ! Quelle auréole d'espérance !

Cette divine vision d'avenir, la Bible d'abord, l'Evangile ensuite, l'ont traduite à leur manière, et le Christianisme, sous sa forme théologique et dogmatique, a affirmé cette solidarité dans le bien et dans le mal. sur la Terre
et au Ciel, écho affaibli de la gigantesque pensée de l'Inde.

Et cette perspective merveilleuse, qui nous fait tous les artisans du mieux, faudrait-il que l'humanité se la ferme, qu'elle enlève à l'Espérance la qualité de « vertu », maintenant que la Raison et la Science ont accru les instruments de travail que possédait déjà la Sagesse traditionnelle ?

source : www.boutiquefs.com

Par d'Armand Bédarride (novembre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:46

 Les polémiques inévitables qui se sont produites depuis longtemps entre les dogmes d'Eglise et le progrès des lumières, ont amené bien des Maçons et des Libres-Penseurs profanes à méconnaître la valeur psychologique et morale de certaines hautes et vastes conceptions que le clergé a laissé déformer par l'usage qu'il en a fait, que la routine a rapetissées à sa mesure, et que le public ne comprend plus guère, en bien ou en mal, que dans l'acceptation restreinte que leur donne le langage vulgaire.

Parmi ces conceptions, je veux examiner pour le moment les trois vertus que le Christianisme a faites siennes, en les qualifiant de « théologales » et que le Laïcisme
aurait tort de sous-évaluer parce qu'elles sont profondément et intégralement « humaines » quand on les envisage au point de vue de la philosophie et de l'éthique : car on en met alors en lumière la portée permanente pour la conscience et la conduite de la vie. L'humanisme ne peut donc pas s'en désintéresser, parce qu'il repose sur l'intégration synthétique de toutes les formes de la pensée à travers les âges, dans la mesure où elles sont assimilables les unes aux autres.

Les sages de la Grèce donnaient à quatre vertus le nom de « cardinales
» pour en montrer l'importance de premier plan parmi toutes les autres. C'étaient : la Justice, la Prudence, la Tempérance et la Force d'âme, courage moral, énergie personnelle, fortitudo. Je rappelle que la prudence et la tempérance avaient alors un sens beaucoup plus élevé et plus large que de nos jours.
Le Christianisme fit entrer en ligne
dans son diapason, la Foi, l'Espérance et la Charité – caritas, amour.
Que par la suite le dogmatisme de l'Eglise et la faiblesse humaine en aient réduit les dimensions
déales et altéré la pureté, c'est possible. La foule, des clercs et des laïques les a ramenées à sa taille, mais il convient de les voir dans leur véritable stature, et c'est ce que nous allons essayer de faire.

La « foi » n'a pas toujours été l'acceptation aveugle de formules dogmatiques imposées à la raison. Ce n'en serait d'ailleurs qu'une interprétation particulière. Mais l'idée fondamentale en est plus large : on la trouve explicitement indiquée par certains pères de la primitive Eglise
, qui regardaient les questions sous un jour beaucoup plus compréhensif que celui de leurs successeurs, et même des théologiens modernes.

La « foi » fides, c'est, disaient-ils, la confiance dans quelque chose qu'on ne voit pas, ou qui n'est pas démontré, et que l'on tient quand même pour certain. Cette certitude d'une réalité ou d'une vérité, prise psychologiquement, ne se limite donc pas au « credo » ou au « catéchisme » : c'est une démarche de la conscience qui, dans bien des cas, s'impose à tous les hommes, croyants ou libres-penseurs, sous peine de tomber dans le scepticisme et dans l'inaction.

Les uns peuvent croire à la Sainte Trinité, à l'Immaculée Conception
ou aux miracles de la Légende Dorée : c'est la « foi » qui les attachera à leur croyance que leur état d'esprit les prédispose à admettre à priori... mais voici les autres qui n'y croient pas parce que la raison et les sciences les conduisent à une disposition d'esprit contraire. Mais prétendez-vous qu'ils n'admettent absolument « certain » et « vrai » que ce qu'ils ont matériellement constaté ou ce qui a fait l'objet d'une démonstration en bonne forme ?

Que non ! ils « croient » aussi à quelque chose, mais ce quelque chose n'a pas le même contenu. Pourtant le mécanisme de l'opération met en jeu la même force.

Ils croient au progrès, à la liberté, à la justice, je veux dire à leur victoire finale ; ils croient que l'accroissement des « lumières » et de la « culture » conduira le genre humain à un perfectionnement indéfini, ils croient au triomphe final de la pensée, de la paix, de la fraternité, de la sagesse, et c'est là une notion essentiellement maçonnique. Qui leur en fournit la preuve palpable et péremptoire ? Qu'est-ce qui leur démontre de science certaine que l'homme préférera toujours les solutions susceptibles de le rendre indéfiniment supérieur à la bête ? Qu'ils parviendront à réaliser l'idéal ? Qu'est-ce qui les assure que la puissance évolutive de l'Humanité ne s'épuisera pas un jour
et à un point donné comme un ressort qui s'est complètement détendu, comme la chaleurd'un corps qui rayonne dans l'espace, un foyer qui s'éteint, un être qui meurt ? Qu'est-ce qui leur garantit qu'il n'y aura pas un arrêt, une décadence, une régression ? Qui ? Quoi ? Une cornue, une balance, un microscope, un calcul mathématique, un raisonnement abstrait ?

Non ! L'homme se dit : nos ancêtres ont dépouillé la barbarie et la grossièreté primitives ; ils sont sortis des cavernes, ils ont fondé des cités ; leur pensée et leur activité ont créé les arts, les sciences, la littérature, la morale, les lois... chaque siècle, ici ou là, a fait un pas en avant ; et si tel empire ou telle république, telle civilisation, telle philosophie, telle religion, ont fait naufrage en route, d'autres les ont remplacées, et l'humanité, à travers mille vicissitudes, a repris sur un autre point du monde sa marche vers le mieux ! J'agis en conséquence, je fais ce que je crois être le bien, même si j'en subis un inconvénient ou une souffrance : j'ai confiance dans la fécondité de la pensée et de l'action, dussé-je en mourir ! Les sceptiques ou les gens prétendus « pratiques » me railleront ou me traiteront de naïf, car l'intérêt personnel, comme la malice vulgaire, mettent Sancho Pansa au-dessus de Don Quichotte ?

Mais qu'importe ! je suis le chemin que me trace l'idéal, fils de la conscience, et les grandes figures que j'aperçois à l'horizon
n'ont pas le maigre visage du chevalier errant : Voici Socrate , refusant de s'enfuir, quand il en est temps encore, et préférant prendre la ciguë que d'enfreindre les lois de sa Cité, dont il ne désespère pas, même quand elle est injuste envers lui ; et jusqu'à ses dernier moments, il va faire entendre les leçons de la sagesse sereine, à laquelle il reste attaché, quoi qu'il advienne. Cet autre, c'est Condorcet ; le grand encyclopédiste a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire ; d'abord, il est resté introuvable, caché dans une maison amie ; mais pour ne pas compromettre un homme généreux, il part, et on l'arrête. Il n'échappe à la guillotine que par le suicide. Mais dans son cachot, en attendant le jour fatal, il écrit son œuvre mémorable : l'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Et sous le baiser glacé de la mort, il lègue ainsi à la postérité un merveilleux témoignage de foi dans l'avenir.

Ceux-là sont morts, mais bien plus vivants encore que d'autres qui leur ont survécu. Et nous devons les saluer avec respect, nous dont le mythique maître Hiram
dans sa foi stoïque en la loi du Chantier, a préféré mourir que de pactiser commodément avec les incapables, les intrigants et les improbes. Mort légendaire, imaginaire peut-être, mais leçon éternelle de certitude et de confiance dans le devoir.

Mais aux exemples glorieux et éclatants, n'oublions pas de joindre
des exemples moins célèbres, fussent-ils même obscurs et anonymes, donnés quotidiennement par des hommes dont la force d'âme n'aura peut-être été connue que de leur modeste entourage. Ce sont tous les hommes de bien que les mauvais exemples ou les tentations n'entraînent pas hors de la bonne route, que l'adversité ne décourage pas, que les épreuves de l'existence ne rendent ni méchants, ni aigris ; que la médiocrité subie avec honneur séduit plus que la réussite et la richesse obtenue par des moyens vils ; qui font leur travail avec dignité, qui élèvent leurs enfants dans le culte de la droiture, et non dans celui du succès à tout prix ; qui servent la chose publique et ne s'en servent pas ; qui aiment assez leurs semblables pour leur donner, quand il le faut, un peu de leur pain et de leur cœur sans espoir de retour, et qui parfois, si l'heure sonne, exposent leur vie pour sauver celle d'autrui.

Et l'artiste, le savant, l'inventeur, l'explorateur, l'homme qui joue d'une manière quelconque, son effortsur un noble risque, ne sont-ils pas tous animés de cette noble foi, que leur œuvre ne sera pas perdue, que leur tentative ne sera pas vaine, même si elle échoue ou est méconnue du public ? et le soldat qui tombe n'espère-t-il pas le salut de la Patrie ?

Ô Maçons, mes frères,
vous qui savez que le salaire n'est pas le but de l'ouvrier, mais la rémunération de sa tâche, et qui mettez la perfection de l'œuvre au-dessus de la récompense ; vous qui savez aussi n'est pas en vue du salaire qu'il faut travailler pour la construction du Temple – une « foi » encore, le « Plan » que nous devons suivre, fait de sagesse, de force, de beauté, de fraternité et de lumière ! – vous pouvez deviner un secret auguste avant qu'il vous soit rituéliquement dévoilé : c'est l'austère et radieuse maxime : « Fais ce que dois, advienne que pourra ! » devise des « chevaleries » réelles ou allégoriques, de tous les temps et de tous les pays, par-dessus les croyances et les opinions, comme au-dessus des langages et des costumes.

Cultiver sa personne en vue
du bien général, apporter sa pierre cubique à l'édifice, servir l'idéal de l'Humanité : grand dessein des consciences droites et des cœurs purs, admis comme « certain » et « vrai » sans preuve dialectique ou expérimentale, réalisation même de ce qu'il y a de plus « divin »:, même chez ceux qui ne croient pas à la personne de Dieu,Esprit de vérité et de justice, affirmation du dynamisme constructif universel selon des « lois » ; tu n'as plus besoin d'Eglise, car partout où tes fidèles se réunissent surgit un Temple symbolique image de l'Univers ; tu n'as pas besoin de sacerdoce, car tout homme de bien y est son propre prêtre ; et ceux qu'anime ta foi, que réchauffe ta flammen'ont pas, besoin de « dogmes » ; car ils portent un Dieu vivant en eux-mêmes.

source www.boutiquefs.com

Par d'Armand Bédarride (octobre 1934) - Publié dans : spiritualité
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 02:15

En 1723, lorsque la Grande-Loge de Londres, âgée de sept ans promulgua le Livre des Constitutions, la Franc-Maçonnerie moderne fut présentée au monde comme une institution une dans son universalité. Ce devait être une confraternité morale unissant les hommes de bien de tous les pays, de toutes les langues, de toutes les races et de toutes les positions sociales, en dépit des opinions politiques ou religieuses qui les divisent.. Il s'agissait de réaliser le rapprochement de tous les hommes de bonne volonté, en une alliance constructive d'une société humaine plus harmonique. Un Temple devait être bâti : celui de la Paix basée sur l'estime et la compréhension réciproque.

Nouvelle en son esprit
, l'organisation naissante se rattachait à un lointain passé. Elle prétendait révéler des mystères traditionnels en se conformant à des usages d'une vénérable antiquité. Ce fut là pour la Franc-Maçonnerie un notable élément de succès, car la curiosité lui valut au dix-huitième siècle le plus grand nombre de ses adeptes.
Ceux-ci furent généralement déçus par les révélations qui leur étaient faites, sous la garantie d'un serment solennel les liant au secret le plus absolu. Ils avaient subi des épreuves déconcertantes que les esprits forts jugèrent puériles, alors qu'elles laissaient une impression indéfinissable au plus grand nombre des néophytes. Le cérémonial, accompagné de paroles énigmatiques se rapportant à des symboles
, n'était plus de notre époque : il troublait en évoquant un passé prestigieux, devant lequel s'inclinait l'incompréhension des initiés d'apparat.

L'initiation de ces confrères de la truelle
restait superficielle. Ils participaient à des rites dont ils ignoraient la portée, exécutaient des gestes par imitation et prononçaient des paroles inintelligibles. La tradition le voulait ainsi ; cela leur suffisait. Ils étaient Maçons comme on est Chrétien, Juif ou Musulman, en se conformant aux usages de sa confession. Tel est le cas de nos jours de quatre millions de Francs-Maçons qui peuplent l'immense ensemble des Loges régulières. Ils forment une EEglise unitaire en dépit des rivalités qui opposent les gouvernements maçonniques les uns aux autres. Si l'on considère les choses de haut, il est permis de faire abstraction des chapelles qui s'excommunient à propos de landmarks. C'est là le côté grotesque de la Franc-Maçonnerie, dont rougissent les Maçons éclairés, non moins que le candide adepte qu'animede purs sentiments maçonniques. En réalité, la Maçonnerie est une dans le cœur des Maçons, qui souffrent des restrictions à la fraternité qu'imposent cerlaint's oUdiences imbues d'esprit profane.

Ce sentiment d'unité vient de donner naissance en 1929, à la Ligue internationale des Francs-Maçons, qui donne corps
au besoin d'union que contrarient les Grandes-Loges, jalouses de la discipline qu'elles imposent. Sans se faire illusion sur le résultat de l'activité de cette ligue, sa fondation est un précieux symptôme. Elle manifeste un état d'âme caractéristique d'une évolution dans la mentalité des Francs-Maçons, qui sont las d'être gouvernés par des pontifes inconsciemment traîtres à l'esprit de la Franc-Maçonnerie.

L'union poursuivie se borne
à faire appel aux bons sentiments. Nous voulons être frères parce que nous nous estimons et nous nous aimons en dépit de nos divergences d'opinion. Que chacun pense librement selon les lumières qu'il possède ; nous n'avons à juger ni des croyances, ni des incroyances, mais de la sentimentalité qui se traduit par des actes. Qui agit bien et désire le bien général mérite d'être des nôtres.

Ainsi la Franc-Maçonnerie s'ouvre, non au premier venu stimulé par la curiosité, la vanité ou l'appât d'avantages matériels, mais à tout honnête idéaliste, soucieux de se perfectionner en compagnie de sages modestes aspirant à travailler à l'amélioration du sort commun des hommes.

A ce point de vue,
la Franc-Maçonnerie peut devenir une très vaste association, surtout si elle se spiritualise en répandant ses principes, sans exiger que ceux qui les acceptent viennent participer aux mystères des Loges. Les Maçons sans tablier sont souvent les meilleurs. Pourquoi ne pas favoriser leur auto-formation ? Cessons d'être esclaves de nos organisations administratives. Elles ont leur utilité, mais elles ne représententent que le corps de la Maçonnerie dont l'âme ne doit pas être perdue de vue. Cette mère a toujours compté des enfants spirituels qu'en son sein elle n'a point portés. Pourquoi seraient-ils exclus de la grande fraternisation des réels adeptes?

Ici se pose la question du dédoublement de la Franc-Maçonnerie. En l'institution une, ne convient-il pas de distinguer le corps
et l'âme, en concevant une Maçonnerie spirituelle répondant à un idéal supérieur irréalisable par les Loges, contraintes de s'adapter aux nécessités pratiques de temps et de lieu ?

Si, selon la formule anglaise, la Maçonnerie se ramenait purement et simplement à un enseignement moral basé sur des symboles, il n'y aurait pas à chercher mieux que ce qui se fait depuis deux siècles. Les mystères traditionnels resteraient mystérieux et se justifieraient par des interprétations morales élémentaires, assimilables par toutes les intelligences. Cette simplification de la Maçonnerie se prête à son succès numérique ; elle facilite le recrutement des Loges qui aiment à se sentir fortes en effectif et en matière financière, car elles ont des charges en raison du local qu'elles occupent et des contributions que leur impose leur gouvernement maçonnique. Il y a là un lourd côté matériel rappelant des hauteurs
d'une trop sublime idéalité. La sagesse veut que nous en prenions notre parti, en prenant l'organisation maçonnique, telle qu'elle s'offre à nous et en nous efforçant d'en tirer le meilleur rendement initiatique possible.

A quoi pouvons-nous initier la masse des braves gens qu'attire le prestige de la Franc-Maçonnerie ? Au côté enfantin de l'Initiation, aux rites qui frappent les sens, aux symboles
envisagés comme sacrés et aux règles de bonne conduite de l'Initié. Les Loges se sont tenues jusqu'ici à ce programme qu'elles estiment raisonnable à très juste titre.

Tous les Maçons ne se contentent cependant pas de pratiquer la Maçonnerie avec dévotion, sans s'expliquer la raison d'être de ses allures mystérieuses. Pour prêcher la morale de la fraternité universelle, la mise en scène rituélique est superflue, de même que l'affectation de mystère et de secret. Cette argumentation ne manque pas de logique et sa force
détermina quantité de Loges à renoncer aux simagrées archaïques. Ces ateliers eurent alors la surprise de constater, qu'en renonçant au formalisme traditionnel, ils se dépouillaient de tout caractère maçonnique. Sans symbolisme, plus de Maçonnerie !

Puisque les symboles s'imposent à ceux qui veulent rester Maçons, il faut, ou les accepter aveuglément, par piété envers la tradition, ou les étudier, afin de découvrir ce qu'ils signifient. C'est en faveur de l'étude que nous nous sommes décidés en France.

Il en résulte que la Maçonnerie s'est révélée à nous sous un jour nouveau. Ses mystères sont réels, mais ils ne s'adressent pas au premier venu, fût-il animé des plus respectables sentiments. Pour comprendre ce que signifie le rituel maçonnique, il faut faire preuve de qualités intellectuelles particulières, qu'on ne saurait exiger de quatre millions de citoyens « nés libres et de bonnes
mœurs ».

Il faut s'attendre à la constitution d'une nouvelle Maçonnerie qui ne sera plus celle du grand nombre. Se donnera-t-elle une organisation ? Ce n'est pas indispensable, puisque la Maçonnerie déjà organisée répond aux besoins d'association et de travail en commun des Initiés. Ce qui est essentiellement d'ordre intellectuel répugne à trop de corporisation. Pour qui sait comprendre, l'expression passe au second plan, l''ésotérisme
 primant la forme par laquelle il se traduit. Le symbole conserve sa valeur, mais uniquement par rapport au symbolisé ; il est le contenant nécessaire d'un contenu seul vraiment précieux.

Dans ces conditions, la Maçonnerie cérémonielle demeure utile et même indispensable. Il est bon que les
rites soient fidèlement accomplis, fût-ce par des acteurs qui n'en saisissent pas l'esprit – ce qui est regrettable, car, pénétrés de la signification de leurs gestes, ils rempliraient mieux leur rôle ; mais le pieux ignorant respecte les formes qu'il répète sans les altérer, afin de les transmettre intactes à ceux qui sauront comprendre. Soyons reconnaissant aux Maçons qui, sans y entendre malice, ont eu la piété du rituel.

De nos jours,
le cérémonial initiatique est connu à la suite d'innombrables divulgations imprimées. Les profanes ont pu s'esclaffer du ridicule des « mystères » maçonniques. C'est leur droit ; mais s'ils s'imaginent avoir surpris le secret de. la Maçonnerie, ils se font de candides illusions. Une outre grotesque peut renfermer un vin délicieux : tant pis pour qui s'en tient à l'aspect du contenant.

Mais le spirituel n'est pas accessible au vulgaire et ne saurait être mis à sa portée cérémoniellement.

Aux appelés qui subissent les épreuves symboliques
 ne correspond qu'un petit nombre d'élus, qui devinent le sens de la représentation à laquelle ils ont participé. Ce sont ces élus de l'intelligence qui deviennent les adeptes d'une Maçonnerie spirituelle indépendante de l'organisation administrative des Loges.

Ces adeptes du Maçonnisme pur se rencontrent partout, car l'Esprit souffle où il veut, sans tenir compte des sacrements initiatiques, si bien que les porteurs d'insignes maçonniques sont parfois moins qualifiés pour s'en parer que les Maçons sans tablier, restés étrangers à la pratique des Loges. Ces Maçons de l'esprit s'ignorent comme tels et n'ont pas conscience de former une communauté spirituelle. Il convient de les appeler, non pas à faire corps, mais à se sentir unis animiquement par l'identité des aspirations sentimentales et en la poursuite d'un même idéal de compréhension constructive. Car pour être Maçon, il faut vouloir bâtir spirituellement et non se contenter de parader avec les outils de la Maçonnerie ; il faut être résolu à travailler effectivement, après avoir joué en imitant les ouvriers.

A l'école enfantine préparatoire de la Maçonnerie symbolique, il est temps de superposer les classes plus sérieuses d'une Maçonnerie réellement initiatique. Les fondateurs des hauts-grades y avaient songé, mais ils ont manqué de spiritualité. En créant de nouvelles distinctions ostensibles, ils ont attiré des vaniteux, tout aussi incapables de comprendre la Maçonnerie que les Maçons demeurés « symboliques
 », en ce sens qu'ils s'en tiennent aux symboles de la Maçonnerie, sans s'attacher à découvrir ce qu'ils signifient. Des grades dits « philosophiques » semblaient promettre une étude approfondie dusymbolisme, mais au lieu de s'attacher à ce qui est traditionnel, ils engageaient l'esprit sur la fausse piste d'allégories fantastiques, dépourvues de valeur initiatique.

Ainsi les hauts-grades n'aboutirent qu'à faire échanger les rubans bleus contre des cordons successivement rouges, noirs et blancs. Ils eurent cependant l'avantage de grouper des Maçons zélés et d'aboutir à la seule organisation internationale de la Franc-Maçonnerie. Leur avenir ne saurait être assuré que par leur retour à la pure tradition initiatique. Sans se laisser distraire par les inventions du dix-huitième siècle, leurs titulaires doivent s'attacher à l'ésotérisme des trois degrés fondamentaux de l'Art Royal. Instruits de ce que devraient savoir les Apprentis, les Compagnons
et les Maîtres, ils iront porter la lumière dans les Loges et travailleront ainsi à la régénération initiatique de la Franc-Maçonnerie.

Tous les Maçons n'étant pas réellement initiables, il est à prévoir que la Maçonnerie bleue
conservera, dans son ensemble, un caractère primaire, les hauts-grades assumant l'enseignement secondaire et supérieur du Maçonnisme. Souhaitons qu'il en soit ainsi.

Il y aurait de la sorte dédoublement déjà au sein du corps de la Maçonnerie, sans préjudice d'un autre dédoublement qui nous semble être dans la nature des choses. Il y aura des Maçons selon la lettre et d'autres selon l'esprit. Normalement, la lettre doit conduire à l'esprit ; mais la lettre suffit à ceux qui manquent de pneumatisme et, d'un autre côté, les pneumatiques arrivent à la lettre par l'esprit.

Gardons-nous donc de dédaigner le support de l'esprit, son véhicule objectif et formel. Le subtil ne nous devient accessible que par condensation. L'air
transparent est invisible, mais le brouillard tombe sous nos sens et devient révélateur pour qui ne s'en tient pas à l'aspect superficiel de ce que l'observation lui montre. Des images sont d'ailleurs à la base de tout enseignement. Nous débutons par elles dans la formation de nos idées, puis revenons à elles pour retenir et fixer nos conceptions les plus élevées. C'est dire qu'il n'y a pas de spiritualité qui veuille rester éthérée. La légende nous dit que les esprits célestes devinrent amoureux des filles d'Adam et s'unirent à elles. C'est là l'expression poétique d'une vérité de tous les jours : la pensée pure tend à s'appliquer en se mariant avec l'objectivité de la vie.

Mais revenons à la Maçonnerie de l'esprit. Elle aussi semble attirée par les intelligences terrestres, comme si son idéalisme se proposait d'engendrer une future race de géants,
Prise au sérieux, comprise, approfondie et mise en œuvre dans la vie pratique, l'Initiation formera de réels Initiés. Puisse la Maçonnerie contemporaine, dite symbolique, se prêter au dédoublement qui la rendra initiatique en plus de ce qu'elle a été jusqu'ici. Un travail méthodique doit se poursuivre en ce sens au sein des Loges, plus spécialement grâce aux FF:. revêtus de grades supérieurs. Il importe d'initier les initiables, déjà Francs-Maçons, sans oublier les autres, les « gentils » qui ont droit, eux aussi, à la bonne nouvelle initiatique. Envisageons donc un dédoublement opérant à la fois à l'intérieur de la Franc-Maçonnerie et dans le monde profane, celui qui distinguera les Maçons spéculatifs attachés à la lettre de ceux, moins nombreux, qu'illuminera l'esprit.

Le culte des formes traditionnelles est à maintenir, car il est respectable et utile en sa puérilité ; mais il doit conduire à la découverte de la Vraie Lumière et à la transfiguration
du vieux formalisme. L'image incomprise a régné jusqu'ici en Maçonnerie ; après deux siècles d'enfance, il est temps que vienne un âge de saine compréhension. Sachons ce que signifient nos symboles et affirmons-nous Maçons de l'esprit.

source : www.boutiquefs.com

Par O Wirth - Publié dans : symbolisme
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