Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:29

La réception est censée avoir lieu à Jérusalem, dans l'intérieur du temple des Chevaliers et Chevalières de la Bienfaisance, sous l'allégorie du Saint-Sépulcre de la Palestine.

Titres. Le président se nomme F\ Commandeur ; la présidente, S\ commandatrice ; les FF\ et SS\, Chevaliers et Chevalières.

Signe. Lever le bras droit et l'index, pour montrer qu'il n'y a qu'un Dieu.

Rép. Mettre la main droite sur le cœur.

Attouchement. Se donner les deux mains croisées en formant une croix; le premier qui prend la main droite de l'autre dit : Aimez le bien. On répond : Fuyez le mal, en donnant l'autre main. Le premier donne le baiser de paix et dit : Pratiquez la vertu. Réponse ; Ainsi soit-il !

Ordre. Croiser les mains sur le cœur, en signe de bon pasteur.

Jarretière des chevalières. Ruban violet, entouré d'une tresse d'or. On y brode les 3 lettres F\ E\C\(foi, espérance, charité). Elle se porte à la jambe gauche.

Bijou. Une croix en or, avec des rayons aux 4 angles, suspendue à un ruban vert, porté en sautoir.

Tablier. Taffetas violet, bordé d'un ruban de même couleur. Au milieu, une petite poche rouge, fixée avec deux rosettes vertes.

Cordon. Violet, auquel est suspendu l'insigne (le maillet, symbole du commandement).

Écharpe. Les sœurs officières portent en écharpe, de droite à gauche, un cordon noir liséré de rouge avec une rosette ponceau.

Batterie, Neuf coups.

Il y a un F\ servant et des SS\ servantes.

Questions. D. Serez-vous toujours prête, ma Sœur, à sacrifier votre vie pour mourir sous la bannière sainte de la religion catholique, apostolique et romaine ?

R. Qui, je le promets.

D. Promettez-vous de procurer la paix et la concorde, de secourir les malheureux opprimés, d'être religieuse observatrice des commandements de Dieu et de l'Église, d'être irréprochable devant lui et irrépréhensible devant votre commandeur et devant vos FF\ et SS\ de l'Ordre, soit pour paroles et effets, et de vous dévouer à la bienfaisance ?

R. Oui, je le promets.

Le commandeur dit : « Mes FF\ et mes SS\, invoquons, pour cet effet, l’Esprit saint ! »

On s'agenouille pour chanter le Veni, Creator.

La postulante prononce et signe l'obligation suivante :

Obligation. « Je promets à Dieu, à notre sauveur Jésus-Christ et à la bienheureuse Vierge Marie, d'observer religieusement, etc., etc. »

Le Commandeur la constitue, en disant : « Je vous reçois, ma chère sœur, et vous crée Chevalière de la Bienfaisance du Saint-Sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il ! »

Ce grade est religieux et catholique ; il appartient à l'ancien système jésuitique.

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:25

Décoration de la loge. Tenture rouge et verte ; éclairée de 7 lumières : 3 à l'Or\, 2 au midi et 2 à l'Occident ; un trône élevé de 7 marches ; au-dessus, une colombe en transparent. Il y a aussi une colombe vivante. Sur l'autel, couvert d'un tapis vert, sont 3 flambeaux garnis de bougies, un maillet, une branche d'olivier et une Bible.

 

Titres. Le maître se nomme Père Noé et signe ainsi. Le Grand-Inspecteur est le seul à qui Noé parle en particulier ; et il le tutoie ; il se nomme Cher Fils aîné, ainsi que le 2e surveillant. Les frères et sœurs, qui veulent parler à Noé, le tutoie ; il les appelle ses enfants, et ne répond qu'à un seul, pour tous.

 

Signe. Faire toucher les 2 pouces par les bouts, les mains ouvertes, le dedans tourné vers l'estomac, comme pour représenter deux ailes.

 

Attouchement. Se frapper mutuellement deux coups dans chaque main.

 

Mot sacré. God Malech ; il se donne à l'oreille par 3 syllabes.

 

Mot de passe. Ararat (malédiction de la crainte), montagne d'Arménie, sur laquelle s'arrêta l'arche, selon la légende.

Batterie. Sept coups, par 2 fois 3, plus un.

Exclamation. Gloria in Excelsis !

Travaux. Pour ouvrir : Les eaux sont basses, — Pour fermer ; Le temps est calme et serein.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de taffetas vert. Sur la bavette est une colombe tenant, dans son bec, une branche d'olivier. Au milieu du tablier est une montagne, baignée d'une eau verdâtre, où flottent des corps, des bras, des tètes, et, sur la montagne, l'arche de Noé.

Décors du Père Noé. Un cordon rouge et vert, porté en sautoir, auquel sont suspendus une truelle et le bijou.

Bijou. Une colombe d'argent, ayant dans son bec une branche d'olivier.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous chevalière ?

R. Je suis enchantée.

D. Pourquoi ?

R. Rien n'est plus beau que la grandeur.

D. Quelle marque m'en donnez-vous ?

R. Ma prudence.

D. En quoi consiste-t-elle ?

R. A me faire connaître.

D. Pourquoi ?

R. Parce que je ne vous connais pas.

D. Que demandez-vous pour me reconnaître ?

R. Un signe (on le fait), en disant : J'ai envoyé une colombe qui m'a apporté une branche d'olivier.

D. Que signifie la colombe ?

R. La douceur avec laquelle on doit écouter la vertu.

D. Où se trouve la vertu ?

R. Dans la Maçonnerie.

Tableau. L'arche de Noé sur la montagne ; une colombe, apportant line branche d'olivier dans son bec, vole vers l'arche. Au bas de la montagne, dans l'eau qui commence à verdir, on voit des tètes, des bras et des corps morts.

Ce grade, fait dans l'esprit de l'adoption, n'a aucun rapport avec un grade détaché intitulé : les Enfants de Noé ; il appartient à l'Ordre des Chevaliers et Chevalières de la Colombe, fondé à Versailles, en 1784.

source : www.ledifice.net

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 17:37

Décoration de la loge. Tenture jaune. Quatre lumières, une à chaque coin de la salle.

Titres. Le maître s'appelle Très-Respectable ; les deux surv\, Très-Vénérables ; les FF\ et les SS\, Vénérables.

Signe. L'index droit sur le front.

Rép. Le même doigt sur le cœur, le poing fermé.

Ordre. Comme la réponse du signe.

Attouchement. Présenter la main droite verticalement tendue; la sœur la prend de même avec ses deux mains.

Marche. Le pied gauche à la pointe occidentale du carré tracé, le droit à celle du midi, le gauche au nord, et le droit à l'Orient (4 pas, nombre des vœux du jésuite).

Batterie. Deux coups égaux.

Age d'une écossaise. L'âge de raison.

Mot sacré. Jectifle (anagramme de Félicité).

Mot de passe. Mont Ararat (Maledictio tremoriæ).

Heure. Pour ouvrir, 2 heures. — Pour fermer, 4 heures.

Cordon. Jaune, porté en sautoir.

Bijou. Une étoile en argent, pendue au cou par un ruban jaune.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de jaune. Sur la bavette, une étoile en argent, dans un carré.

Question d'ordre.

 

D. Êtes-vous parvenue à la dignité écossaise ?

R. J'ai été purifiée par les eaux du déluge.

D. Qu'avez-vous fait pour être reçue Écossaise ?

R. Mes preuves, qui sont la fidélité, le zèle qu'on a reconnu en moi pour les lois de la Maçonnerie.

Tableau. 1° L'étoile d'Orient ;

2° Le carré désignant la marche par les 4 chiffres rouges ;

3° Les 4 flambeaux qui éclairent la loge ;

4° Le mont Ararat (en Arménie) ;

5° L'arche de Noé ;

6° Noé et sa famille sortent de l'arche, conduits par l'Étoile au séjour de la félicité.

Ce grade, où domine le nombre 4, appartient au système jésuitique

 

source www.ledifice.net

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 17:29

Décoration de la Loge. Tenture blanche, trône rouge, 5 bougies, une étoile transparente à 8 pointes, le mot sacré au milieu.

Titres. Le G\-Me s'appelle Souverain-G\Me. La G\- Msse, Souveraine-Ge-Msse.

Signe. La main droite au cou du côté gauche ; on penche la tête à droite et l'on se donne un coup du tranchant de la main, comme pour se couper la tête.

Attouchement. Les bras entrelacés, s'empoigner le dessus de l'épaule gauche avec la main gauche.

Mot sacré. Hahabeth (en hébr., victima Dei), c'est le nom de la parjure qui doit être immolée.

Mot de passe. Victoire!

Rép. Silence!

Batterie. Cinq coups égaux.

Heure pour ouvrir. Le signal est donné, nous sommes prêts à exécuter vos ordres.

Heure pour fermer. Celle où nos ennemis furent vaincus et où nous commençons à jouir du fruit de nos travaux pour un temps plus heureux.

Habillement. Les Frères sont en noir, les Sœurs sont en blanc. Le Souverain et la Souveraine portent, en camail, un large ruban noir, liseré d'argent, auquel pend le bijou de l'Ordre.

Bijou. Une étoile à huit pointes, le fond en nacre, le tour et les pointes en or; au milieu est le mot sacré. Il se porte sur le cœur, attaché par une faveur noire.

Tablier. Blanc, doublé et bordé de noir; le bijou de l'Ordre est brodé au centre.

Sujet du grade. Il roule sur une sœur parjure, et condamnée à la mort. II appartient à la classe des grades vengeurs qui déshonorent l'écossisme. Il doit être rejeté du rite d'adoption où son admission est plus qu'une faute.

 source : www.ledifice.net

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 16:52

Décoration de la loge. Il faut deux appartements pour les réceptions, ou bien on dispose la tenture de manière à pouvoir en changer promptement la couleur, soit en retournant les panneaux, soit en relevant les draperies.

Pour le premier point de la réception, la tenture est verte, parsemée d'étoiles d'or, galons et franges en or.

II y a 9 lumières : 7 ensemble et 2 séparées.

Pour le second point, la tenture est, comme pour les réceptions habituelles, couleur ponceau, galons et franges en or.

Outre les lumières exigées dans les grades précédents, il y a 3 lampes, chacune de 3 lumières suspendues au plafond, deux sont à l'Asie et la troisième à l'Europe, du côté de l'Afrique.

Sur l'autel est un vase où brûle de l'esprit de vin pendant la réception.

Titres. Le Me représente le grand-prêtre Éliacim (en hébr. Êliakim, résurrection de Dieu), gouverneur de Béthulie.

Le ler surv\ représente Ozias (en hébr. Gosiah, force du Seigneur), prince de Juda.

La sœur récipiendaire représente Judith (en hébr. Jehaudith, laudans.)

Signe. Saisir ses cheveux de la main gauche et faire de la droite le simulacre de se couper le cou.

Attouchement. S'entrelacer mutuellement le petit doigt de la main droite.

Mot de passe. Vazao (interior vel intimus), nom d'un des eunuques d'Holopherne, celui qui introduisit Judith dans la tente {Judith, ch. 12, v. 1).

Mot de reconnaissance. La vallée de Béthulie m'est connue.

Maitresses paroles. Sigé et Alethé, qu'on interprète ainsi : silence, vérité.

Marche. Sept pas, qui représentent les 7 vertus : amitié, union, soumission, discrétion, fidélité, prudence, tempérance, auxquelles sont opposés les 7 vices : haîne, discorde, orgueil, indiscrétion, perfidie, étourderie, médisance.

Batterie. Deux coups égaux.

Acclamation. Judith, répété 2 fois

Age. Je passe cinq lustres

Temps du travail. De l'entrée de la nuit à l'apparition du jour.

Habillement. Le président porte une longue robe blanche. Une large ceinture verte et ponceau fait deux fois le tour du corps, les bouts retombent jusqu'à terre du côté gauche, et sont rejetés sur l'épaule gauche pendant le cours des travaux. Sur la poitrine est une plaque d'or où sont gravées les lettres D\ V\ qui signifient, discrétion, vérité. Cette plaque est fixée par 4 chaînes qui passent sur le cou et sous les bras. Il est coiffé d'une tiare blanche en lin ; il a sur le front un bandeau jaune, sur lequel sont peints ou brodés les mots Kadosch Adonaï (consacré au Seigneur).

Cordon. Les sœurs portent le cordon écossais, ponceau moiré en écharpe, passant de droite à gauche ; au bas est suspendu un glaive attaché avec une rosette verte ; sur le devant sont brodées en argent 5 étoiles à 5 pointes ; il est fixé sur l'épaule avec une rosette blanche.

Bijoux. Outre le glaive suspendu au cordon, les sœurs portent une truelle en or qui s'attache sur la poitrine au côté gauche avec une faveur bleue. Du côté droit, sont attachés, avec une faveur couleur ponceau, un ciseau, un marteau et un anneau d'or ou alliance.

Tablier blanc, doublure ponceau, bordure verte ou bien doublure bleue, bordure ponceau, la bavette verte. On peut y broder divers attributs de l'adoption. Le maillet et le ciseau désignent la maîtrise ; le globe marque l'écossisme, et le sabre, la lance ; la tète de mort et le sac dénotent, dit le rituel, la sublime écossaise (le meurtre de Judith).

Tarleau. Béthulie et son grand-prêtre, avec ses habitants ; Judith, allant au camp, avec sa servante, qui porte un sac ; Judith coupant la tête d'Holoferne (capitaine Fort), dans sa tente.

Chambre de préparation. Sur une table est le tableau et un livre de prières ; de plus, une cuve pleine d'eau.

Une sœur fait à la récipiendaire les questions suivantes, tirées des grades précédents :

D. Pourquoi nos signes s'appliquent-ils presque uniquement sur les sens ?

R. C'est pour nous apprendre à n'en faire qu'un bon usage.

D. Expliquez-moi cet usage ?

R. L'odorat. Les parfums les plus exquis sont comptés pour rien en loge, puisqu'on ne s'y met en bonne odeur que par la pratique des vertus.

2° L'ouïe. Tout bon maçon et bonne maçonne doivent fermer l'oreille à la calomnie, à la médisance, et à tous propos qui peuvent alarmer la prudence et la chasteté.

3° Le Gout. Quand les maçons et les maçonnes prennent des repas en loge, c'est comme les premiers fidèles, pour réparer leurs forces, rester ensemble, et s'exciter à la vertu, sans s'arrêter à la délicatesse des mets.

4° La Vue. Lorsqu'un maçon considère la beauté de ses sœurs, il ne doit être touché d'un si bel assemblage que pour les vertus de l'ame, et doit respecter en elles l'ouvrage accompli d'un créateur.

5° Le Toucher. Chaque fois que nous nous prenons la main, nous nous renouvelons tacitement le traité que nous avons fait de secourir mutuellement dans les dangers et dans le besoin.

Ouverture de la Loge. Le grand-prêtre frappe deux coups qui sont répétés par les surv\ et dit :

D. Quel doit être le soin des maçons et maçonnes ?

R. C'est de voir si l'on est en sûreté.

D. Quel est le devoir des bons maçons et maçonnes ?

R. Travailler, obéir et se taire.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le point du jour.

« Puisqu'il est le point du jour et l'heure où tout bon maçon et maçonne doivent se mettre à l'ouvrage, avertissez les frères et sœurs que la loge de Sublime-Écossaise est ouverte. A l'exemple de Judith, veillons, travaillons et prions : Veillons, afin que nos ennemis ne nous surprennent pas et que nous soyons toujours prêts à les repousser. Travaillons pour réparer lès brèches faites à notre âme et nous éviter l'oisiveté d'où découlent tous les vices. Prions, afin que le Grand-Archiprêtre de l'Univers nous affermisse de plus en plus dans l'union, la concorde et la paix. »

— La récipiendaire, la tête couverte d'un drap noir saupoudré de cendre, arrive à la porte du temple. Elle est arrêtée par un garde qui en avertit le 2e surv\. Celui-ci va vers elle et lui dit :

D. Que voulez-vous ?

R. Je veux parler au grand-prêtre et aux principaux du peuple.

D. Qui êtes-vous ?

R. Judith.

D. De quelle nation ?

R. Femme juive de la tribu de Siméon.

Il l'introduit entre les deux colonnes.

Les frères et les sœurs restent assis, ayant la main droite sur le cœur, la gauche sur le front et la tête baissée pour simuler la douloureuse consternation qu'on éprouvait en Béthulie avant la sortie de Judith.

Le grand-prêtre dit à la récipiendaire :

D. Que demandez-vous ?

R. Que vous me fassiez ouvrir les portes de la ville pendant cette nuit, et que tout le peuple prie pour moi pendant cinq jours. Alors je vous apporterai des nouvelles sûres de la Béthulie. Je vous conjure de ne point rendre la ville avant ce temps.

Le grand-prêtre : « Allez en paix et que le Seigneur soit avec vous ! »

Elle sort et rentre dans la salle de préparation. Elle quitte son drap noir, se lave et revêt ses ornements. Elle prend de la main droite un sabre, de la gauche une tète de mort peinte, qui avaient été déposés pendant qu'elle était en loge.

(C'est alors qu'il faut changer la tenture verte en rouge.)

A son retour en loge, elle crie à la porte : Victoire ! victoire ! Le garde en avertit le second surveillant qui le dit au premier; celui-ci informe le grand-prêtre qu'on a crié deux fois Victoire ! à la porte de la loge.

Le grand-prêtre : Faites voir qui a crié ainsi.

R. C'est Judith.

Le grand-prêtre : Faites-la entrer ; mes frères et nus sœurs, soyons debout.

Judith est introduite. « Loué soit le Grand-Archiprétre de l'Univers, qui n'a point abandonné ceux qui espèrent en lai, qui a accompli par sa servante la miséricorde qu'il a promise à la nation d'Israël, et qui a tué cette nuit, par ma main, l'ennemi de son peuple (Elle montre la tête de mort). »

Le grand-prêtre : « Faites-la avancer par les sept pas, au pied de l'autel, pour prêter son obligation.

Elle donne la tête de mort au maître des cérémonies, qui la met au bout d'une lance placée contre l'autel. »

Obligation. Je promets, sous les mêmes obligations des grades précédents, de garder un secret inviolable sur celui qu'on me confère. Je promets d'aimer, protéger et secourir mes frères et sœurs dans toutes les occasions, même au péril de ma vie. Je promets toutes ces choses sur ma parole d'honneur, et je consens, si j'étais capable d'y manquer, d'encourir le mépris, la honte et l'infamie réservés aux parjures. Que Dieu me soit en aide !

Le grand-prêtre décore la récipiendaire du grand cordon vert, en disant : « Je vous décore de cet ornement ; sa couleur, symbole de l'espérance, doit vous attacher de plus en plus à nos préceptes. »

Il lui donne les gants et lui attache le tablier, ajoutant : « Ma vénérable sœur, la couleur de ces ornements vous désigne, par sa blancheur, l'innocence et la pureté des bons maçons et maçonnes. »

Enfin, il lui donne les signes, attouchement, paroles, mot de passe, et dit :

« Vous voilà, ma vénérable sœur, parvenue au dernier grade de la maçonnerie d'adoption. Tous les membres de cette resp\loge ont concouru à ce qu'il vous fût accordé, parce qu'ils ont été édifiés de votre zèle à remplir vos devoirs dans les grades précédents. Celui-ci, par sa supériorité, vous oblige à de nouveaux efforts. Ne vous ralentissez pas, et que l'on puisse dire de vous, chère sœur, si elle possède tous les grades de la maçonnerie, c'est qu'elle est douée de toutes les vertus. »

Il la fait asseoir à côté de lui, et donne la parole à l'orateur qui développe le principe du grade.

Historique. Nabuchodonosor, roi des Assyriens, ayant vaincu Arphaxad, roi des Mèdes, conçut le dessein d'asservir tous les peuples de la terre. Il envoya d'abord des ambassadeurs dans tous les pays voisins de son empire, pour les engager à se soumettre de bonne volonté. Mais tous refusèrent et même chassèrent avec mépris les ambassadeurs. Il résolut de s'en venger et de les réduire par la force.

Holopherne, général de ses armées, fut chargé de la conduite de cette grande entreprise. Ce capitaine se mit aussitôt en marche avec une armée de 120,000 hommes de pied et de 120,000 archers. Tout se soumit par la frayeur qu'il inspirait.

Les enfants d'Israël, apprenant ce qu'il faisait souffrir aux peuples et aux villes qui avaient subi le joug, tremblaient de peur qu'il en fît autant à Jérusalem et au temple du Seigneur. Ils se hâtèrent de mettre les villes et bourgades en état de défense, et s'étant emparé des montagnes par où Ton pouvait passer pour aller à Jérusalem, ils en gardèrent soigneusement tous les défilés.

Holopherne apprit avec étonnement que les enfants d'Israël se préparaient à lui résister. Il demanda à ceux de sa suite ce que c'était que ce peuple qui refusait de suivre l'exemple de toutes autres. Achior, roi des Ammanites, fit un excellent discours sur la grandeur du roi des Juifs et sur les merveilles par les quelles il avait fait paraître sa puissance dans tous les temps.

Il l'assura que tant que ce peuple servait fidèlement son Dieu, il était toujours invincible, et qu'à moins qu'ils l'eussent irrité, il tenterait inutilement de les forcer.

Holopherne et tous ses officiers, indignés du discours d'Achior, lui firent lier les mains et l'attachèrent à un arbre au pied de la montagne de Béthulie.

Les Israélites l'ayant aperçu, descendirent de la montagne, le délièrent, l'amenèrent dans la ville, où il raconta le sujet des mauvais traitements qu'il avait reçus.

Après qu'il eut fini de parler, tous les Béthusiens se prosternèrent le visage contre terre, en s'écriant : « Seigneur tout puissant, Dieu du ciel et de la terre, considérez l'orgueil de nos ennemis, et voyez l'obéissance, la misère et l'état où sont réduits ceux qui vous sont consacrés. Faites voir que vous n'abandonnez point ceux qui attendent tout de votre miséricorde, et qu'au contraire ceux qui présument trop d'eux-mêmes et qui se glorifient de leurs propres forces, succombent. »

Or, il y avait, en ce temps-là, une veuve, nommée Judith, fort riche et parfaitement belle, qui, depuis son veuvage, vivait retirée, soumise au jeûne et au cilice ; s'étant depuis longtemps fortifiée par de saints exercices, elle se sentit, dans cette extrémité, poussée d'un désir qui ne pouvait venir que de Dieu.

Elle se présenta au grand-prêtre et à tout le peuple assemblé ; elle leur reprocha amèrement le peu de confiance qu'ils avaient en Dieu, en voulant rendre leur ville dans cinq jours, s'il ne venait point de secours. Elle leur déclara qu'elle avait un dessein, mais qu'elle ne pouvait le révéler, et leur demanda seulement de prier Dieu pour elle pendant quelle serait hors de la ville.

Elle rentra chez elle, se mit en prières, le corps vêtu d'un cilice couvert de cendres ; puis, elle se leva, prit ses plus beaux vêtements et se parfuma de parfums exquis. Comme aucun mauvais principe n'était dans son cœur, il semblait que Dieu répandait de nouveaux charmes sur son visage, pour la rendre plus belle.

Vers le point du jour, Judith, suivie d'une de ses femmes, se fit ouvrir les portes de la ville, descendit la montagne et fut menée à Holopherne. Ce général fut si charmé de sa beauté, qu'il ordonna qu'on la conduisit dans la tente, où étaient ses tréors, et qu'on lui donnât tout ce qu'elle désirerait.

Le quatrième jour, Holopherne fit un grand festin. Il y invita Judith pour laquelle il avait conçu une vive passion. Il fut si transporté de joie en la revoyant, qu'il but à l'excès et s'enivra. Tous ses officiers le voyant endormi se retirèrent.

Alors Judith ne pensa plus qu'à mettre son dessein à exécution. Elle s'approcha doucement du lit d'Holopherne, se saisit d'un sabre attaché à l'une des colonnes, et prenant Holopherne par les cheveux, elle dit : Seigneur, mon Dieu, fortifiez-moi dans ce moment ! Aussitôt elle le frappa de deux coups, et lui trancha la tète qu'elle donna à sa servante pour la mettre dans un sac.

Toutes deux sortirent du camp et revinrent à la porte de Béthulie, où Judith ayant été reconnue par les gardes, on la reçut aux flambeaux.

Elle fit son entrée tenant par les cheveux la tète sanglante d'Holopherne, et criant victoire ! Tout le peuple jeta de grands cris de joie, pour bénir Dieu d'une délivrance si inattendue, et pour relever la gloire de celle qui s'était si sensiblement exposée pour leur salut. (Livre de Judith, ch. 16.)

« Tout ce que vous avez vu et fait, vénérable sœur, dans votre réception, est précisément tout ce qui fut exécuté par Judith et dont je viens de vous faire le récit.

Veuillez, maintenant, prêter toute votre attention à l'instruction du grade. »

INSTRUCTION.

D. Êtes-vous Sublime-Écossaise ?

R. Oui, je le suis.

D. A quoi le connaitrai-je ?

R. Aux signe, attouchement et paroles.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Dans la ville de Béthulie (18).

D. Quel motif vous engagea à vous faire recevoir ?

R. La liberté de tous mes frères et sœurs.

D. Quel était leur tyran ?

R. Holopherne, général des armées de Nabuchodonosor.

D. Comment êtes-vous venue à bout de votre entreprise ?

R. En veillant, espérant et priant.

D. Qu'ont produit ces moyens ?

R. En veillant, j'ai cherché le moment favorable ; en espérant, je l'ai attendu avec confiance; en priant, j'ai obtenu du G\Archiprêtre de l'U\ le courage et la force qui m'étaient nécessaires.

D. Quelle était- votre intention ?

R. De faire périr Holopherne, lorsque j'en trouverais l'occasion.

D. Quand se présenta cette occasion ?

R. Au moment où Holopherne, livré au vin et au sommeil, fut abandonné par ses gardes. Alors je pris son sabre et lui tranchai la tête.

D. Que signifient les sept pas pour arriver à l’autel ?

R. Les 7 qualités inséparables de tous maçons et maçonnes, savoir :

L'Amitié, sentiment que nous devons avoir pour tous nos frères et sœurs ;

L'Union, la pierre fondamentale de notre société ;

La Soumission, nécessaire pour recevoir, sans murmurer, les arrêts de la loge ;

La Discrétion, pour éviter les supercheries des profanes et garder nos secrets ;

La Fidélité, indispensable pour observer nos obligations ;

La Prudence, pour régler nos actions, afin que les envieux de nos plaisirs ne trouvent aucun moyen de blâmer notre conduite.

Et la Tempérance, pour éviter tout excès également nuisible au corps et à l'esprit.

D. Quels sont les 7 défauts opposés à ces qualités ?

R. La Haine que nous ne devons porter à aucun de nos FF\et SS\, quelque insulte que nous ayons reçue ;

La Discorde, trop contraire à notre institution pour ne pas l'éviter ;

L'Orgueil, qui doit être banni de nos cœurs comme funeste à l'humanité :

L'Indiscrétion, qui doit être inconnue dans notre ordre où tout est mystère et secret.

La Perfidie, vice trop odieux pour ne pas nous être en horreur.

L'Étourderie, comme cause de querelles sans nombre.

Et la Médisance, qui est un vice si bas qu'il n'est point étonnant que les maçons et maçonnes, dont tout le soin est de tendre à la perfection, la fuient comme une peste sociale.

D. Expliquez-moi le tableau ?

R. Béthulie est la figure du vrai bonheur qu'on ne peut conserver qu'avec des soins et du travail. Le grand-prêtre est l'image de l'âme ; Judith et sa servante, celle de ses facultés. Les principaux du peuple et le peuple assemblé représentent le corps et ses membres. L'armée d'Holopherne représente les passions qui nous environnent et les charmes de Judith les illusions qui nous séduisent (19).

D. Que signifient la conduite et le mauvais traitement d'Achias ?

R. Que tout maçon et maçonne doivent plutôt s'exposer à souffrir la persécution que de s'écarter de la vérité, quand on les oblige à parler; qu'ils doivent, par des discours prudents, tâcher de ramener ceux qui sont dans l'erreur ; sa délivrance par les Israélites, c'est la charité que nous devons avoir tant pour nos ennemis que pour nos amis.

D. Donnez-moi la parole et l'application que vous en faites ?

R. Sigé, qui veut dire Silence, parce que nous devons écouter en silence et avec attention les leçons du grand-prêtre et que nous ne devons pas même les révéler aux FF\ et aux SS\ absents.

D. Dites-moi le mot de passe et son application ?

R. Alethé, qui signifie vérité et que tous les rapports que nous nous croyons obligées de faire au grand-pràre, des fautes et négligences de nos FF\ et SS\, pour qu'ils y remédient, doivent être dans la plus stricte vérité. (Discipline des Jésuites.)

D. Comment vous nommez-vous et d'où êtes-vous ?

R. Judith, femme de la tribu de Siméon.

Clôture. Même cérémonial que pour l'ouverture.

Loge de Table. Elle est éclairée par 7 lumières ou lustres. Les verres se nomment Coupes. On vide la coupe en la prenant de la main gauche; de la droite, on prend le sabre qu'on passe, en deux temps, sur les bords de la coupe comme pour raser son contenu. Puis, on laisse tomber le sabre, et, de la main droite, on vide la coupe que l'on pose sur la table en deux temps ; et l'on frappe 2 fois des mains, en criant : Victoire, victoire!

Modèle d'un certificat. L. D. M. (Loge de Maçonnes.)

Du jardin d'Éden, côté de l'Orient, d'où sort la première lumière de la Loge des Dames, sous le titre distinctif de par les nombres mystérieux connus des seuls éclairés ;

Nous, chefs terrestres, dirigeant la sublime et respectable Loge des Dames, ayant connu le zèle et l'empressement, pour parvenir au suprême degré de lumière maçonn\, de la vénérable S\..., âgée de..., native de..., professant la religion....

Après avoir jugé de sa capacité, vie et mœurs, avec un scrupuleux examen de sa conduite tant en loge que dans le monde, et sachant qu'elle a satisfait à tous les devoirs exigibles en sa qualité de maçonne ;

Faisons savoir que nous l'avons admise aux grades d'apprentie, compagnonne, maîtresse, maîtresse parfaite et sublime écossaise. Mandons à tous nos FF\ et SS\maçons et maçonnes de la reconnaître comme telle et d'ajouter foi au présent certificat que nous lui délivrons pour servir et valoir ce que de raison ; lequel nous avons signé de notre main, fait décorer du sceau de notre respectable loge et contre-signer par notre secrétaire.

Donné au jardin d'Éden, du côté de l'Orient, le...jour de la...semaine du...mois de l'année maçonnique cinq mille huit cent...et du calcul vulgaire le...mil huit cent...

N..., président. — N..., S\ grande-maîtresse. — N..., grand-inspecteur. — N..., S\ grande-inspectrice. Scellé par nous garde des sceaux et archives, N... — Par mandement de la R\ L\, N..., secrétaire. — Ne varietur. — N…

Le Rite d'adoption, celui qui comprend dix degrés, compose ainsi le chapitre :

Maîtresse parfaite, 4e degré, ci-dessus.

Élue, 5e degré.

Écossaise, 6e degré.

Sublime Écossaise, 7e  degré ci-dessus.

Chevalière de la Colombe, 8e degré.

Rose-Croix, chevalière de la Bienfaisance, 9e degré.

Et Princesse de la Couronne, 10e et dernier degré.

Pour la satisfaction des FF\ et des SS\, nous allons donner un extrait des cinq autres grades.

source : www.ledifice.net

Par ThJM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 15:24

Décoration de la loge. Tenture en drap cramoisi; le trône, le dais, le siège, sont de même étoffe, avec galons et franges en or.

La loge représente l'intérieur du tabernacle, dressé par Moïse dans le désert.

Au bas et un peu en avant du trône, sont deux colonnes torses : celle du côté de l'Afrique représente la colonne de feu qui dirigeait, pendant la nuit, les Israélites dans le désert. Elle est creuse et transparente pour pouvoir être rendue lumineuse.

La colonne du côté de l'Amérique représente la nue qui les protégeait pendant le jour, elle semble se perdre en ondes légères dans le plafond, image du ciel.

Ces deux colonnes sont réunies à leur sommet par un cintre représentant l’arc-en-ciel.

Dans un angle, est l'autel du Feu ou de la Vérité, sur lequel sont plusieurs vases antiques, au milieu est une cassolette où brûlent des parfums ; devant, est un plat pour recevoir les offrandes.

A côté, sur une table, sont un maillet et une boite, comme dans la maîtrise, mais au lieu d'un cœur, on trouve, tracés sur des tablettes, ces mots hébreux : Emeneth (15), hur, cana, signifiant vérité, liberté, zèle, et le mot grec enbulos, prudence.

Sur le pavé, est le tableau du grade représentant : le songe de Pharaon, lorsqu'il vit 7 épis pleins et 7 vides ; Joseph se réconciliant avec ses frères; plusieurs hommes avec des tabliers et tenant une truelle qu'ils emploient à pétrir la terre pour faire des briques ; Moïse exposé dans une corbeille sur les eaux du Nil ; et la fille de Pharaon qui, en venant pour se baigner, le fait retirer (16) ; sur le devant, Moïse et Aaron à la tète des Israélites, au moment de la submersion de l'armée d'Egypte dans les flots de la mer Rouge.

Titres. Le G\Me représente Moïse et la G\Msse, sa femme Séphora (en hébreu Tsephorah, avis vel passer, fille de Raguel ou Jéthro, prêtre des Madianites. Exod., ch. 2, v. 21 ; ch. 4, v. 25, et ch. 18, v. 2).

Le F\ déposit\est nommé Aaron (en hébreu Aharon, monssive montanus, (fils d'Amron, fils de Cahath, fils de Lévi, frère de Moïse. Exod., ch. 6, v. 20).

Ordre. Les FF\ tiennent l'épée nue de la main droite, la pointe haute ; les Sœurs tiennent également la baguette élevée, appuyée contre l'épaule droite.

Signe. Mettre la main gauche dans son sein (les sœurs sur la poitrine) ; la retirer, regarder le dessus, avec l'air de l'étonnement ; mettre la main sous le tablier, et l'ayant retirée, la regarder en dedans avec un signe de joie. Ce mouvement rappelle ce que fit Moïse sur le mont Horeb, où il vit sa main couverte de lèpre et guérie sur-le-champ.

Attouchement. 1° Présenter le dessus delà main gauche, en faisant le signe. On répond en faisant de même.

2° Mettre la main sous le tablier, la retirer et montrer le dedans. Réponse par le même signe.

3° Passer la main sur celle du tuileur, et la ramener, en glissant, jusqu'au bout des doigts.

 Mot de passe. Beth-gabara ou abara (en hébr. Beth-Heber, maison de passage ou alethé, vérité).

 Mot sacré. Achitob (hébr. Ahhitoub, frère de bonté) ou Sigé, silence. Des rituels disent Achirab, c'est une faute.

 Batterie. 7 coups, par 6 + 1.

 Acclamation. Eva !

 Cordon. Bleu moiré, porté en sautoir, auquel pend une étoile à 5 pointes avec les lettres : D. C. U. P. L., qui signifient : discrètes, constamment unies par l’estime.

 Bijou. Un maillet d'or. Chaque sœur, à son admission, reçoit une alliance d'or, sur laquelle est gravé le mot sacré, et une paire de jarretières en taffetas ou satin blanc ; sur chacune est brodé en or un cœur, avec cette devise sur l'une, la vertu nous unit, et sur l'autre, le ciel nous récompense.

Habillement. Le G\ Me et le F\déposit\ sont revêtus de l'habit de gr\ prêtre. Les FF\ et les Sœurs, comme dans le grade précédent. Les SS\ ont, de plus, une baguette à la main.

Questions d'ordre. D. Êtes-vous parfaite ?

R. Guidée par l'Éternel, je suis sortie de l'esclavage.

D. Qu'entendez-vous par cet esclavage ?

R. La captivité où nous languissons dans le siècle, figurée par celle des Israélites, en Egypte. Le vrai maçon se regarde, dans le monde, comme dans une terre étrangère, il gémit dans sa captivité, il n'aspire qu'après sa véritable patrie. (Cette morale est d'un cafard et non d'une Maçonne.)

D. Assujettie à ce corps fragile, comment pouvez-vous dire que vous êtes libre ?

R. L'initiation à nos mystères a dessillé mes yeux. J'ai secoué le joug des passions; la raison m'éclaire, et son flambeau perçant le voile dont la volupté masque le vice, m'en découvre toute l'horreur.

Observation. Un tel grade, portant la dénomination de parfaite, et dans lequel figure l'autel de la vérité, devait être un cadre heureux pour développer la vraie morale, celle qui doit servir de guide à la néophyte, et lui ouvrir la voie du progrès et de la perfectibilité. Au lieu de cela, qu'y trouve-t-on ? Un obscurantisme jésuitique, une niaiserie abrutissante qui nous dispense de rien rapporter de plus des dix-huit autres questions du rituel .

Les travaux s'ouvrent et se ferment comme dans la maîtrise.

Loge de table. Le maître s'appelle Respectable, les deux officiers Vénérables, et tous les autres : Mon cher frère, ma chère sœur.

Les verres se nomment des Étoiles.

Le vin et l'eau, des tonnes de déluge rouge, blanc. (Est-ce assez absurde ?) Le pain, du bois de l'arche.

On dit vider les étoiles avec les dignités écossaises par 4. (Nombre des vœux des jésuites, et c'est en l'honneur de ces vœux que les maçonnes doivent vider des étoiles !!)

Exercice. On porte l'étoile en 2 temps à la bouche, on la vide en deux temps, et on la pose sur la table en deux autres temps. On frappe 4 fois dans les mains, et l'on dit 2 fois : qu'il vive !

Il faut convenir que pour un grade de Parfaite, ces transformations de noms, loin d'être heureuses, sont par trop ridicules.

Source www.ledifice.com

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 07:47

Dès 1730, les loges françaises conçurent le dessein d'admettre les dames et les parentes de leurs frères à un ordre spécial de travaux maçonniques, et l'Adoption fut créée ; elle se généralisa et eut des imitations d'un genre analogue, mais moins sérieux ; aussi ces dernières ont disparu, et la Maçonnerie adoptive subsiste. Les documente pour les travaux des premières années nous manquent. Les résultats da ces travaux n'étaient pas sans importance, puisqu'ils ont inspiré aux dames de la cour le désir d'avoir de telles fêtes, de là l'institution de la célèbre loge, la Candeur.

1774. Une des premières loges d'adoption remarquables eut lieu à Nimègue, sous la présidence de la princesse d'Orange et de Nassau. Le prince de Waldech en fut le maître dirigeant. Cette loge, composée de ff\et de ss\ de la plus haute distinction, fonda un hospice de bienfaisance. — Depuis, d'autres réunions androgynes ont eu lieu dans les loges de Frédéric-Royal à Rotterdam ; de la Fidélité-Frisenne, à Dewarde ; de la Bien-Aimée, à Amsterdam ; de l’Étoile du Nord, à Alemaer, etc.

1775, 4 mars. Fête splendide et bal magnifique donné par la loge Française-Elne-Écossaise, à Bordeaux, pour célébrer, avec une pompe inaccoutumée, le retour désiré des membres du parlement, rappelés de l'exil.

 1775, 1èr septembre. Des maçons, réunis à Naples en loge d'adoption, initient une jeune dame qui éprouva, le lendemain, les symptômes d'une maladie grave à laquelle elle succomba en peu de jours. Cette circonstance attribuée, par le public, aux épreuves de sa réception, servît de prétexte pour défendre, par un édit royal du 12 septembre, les réunions maçonniques, sous des peines capitales.

1776 et 77. Des fêtes délicieuses sont célébrées à Auteuil chez la s\ Helvétius. Toute l'élite de la maçonnerie d'adoption concourait à en augmenter le charme.

1775, 25 mars. La loge la Candeur donne sa première splendide fête d'adoption. (V. ci-dessus la notice, p. 1).

1777, 13 mars. La loge la Candeur avait recueilli, avec enthousiasme, Tune des victimes de la proscription des Maçons de Naples. Le f\Lioy, avocat, et apprenant, dans la tenue d'adoption de ce jour, la nouvelle de la fin de la persécution, les Sœurs écrivent une lettre respectueuse à la reine Caroline, à Naples, pour remercier cette souveraine au nom de toutes les Sœurs de l'Ordre.

1777,14 septembre. Dans une fête brillante, donnée au Wauxhall par la Mère-Loge du rite écossais philosophique, à l’occasion de la convalescence du duc de Chartres, G\-Me, on tient une loge d’adoption, présidée parla princesse de Lamballe. Trois filles pauvres sont mariées et trois enfants de maçons malheureux sont mis en apprentissage.

1778, 1er février. La loge la Candeur, présidée par M. le duc et Mme la duchesse de Chartres, qui sont complimentés par le comte de Gouy, orateur, initie la comtesse Jules de Rochechouart. Un magnifique banquet succède à la cérémonie. Ensuite les FF\ et SS\donnent une représentation de l’Ami de la Maison, opéra-comique, interprété par les comtesses de Brienne et Dessalles ; le marquis de Caumartin, le comte Maxime de Puységur et le vicomte de Gand. La fête est terminée par un bal brillant dont le duc et la duchesse de Chartres font la clôture.

1778, 29 mars. Grande fête d'adoption dans la loge l’Indissoluble, à La Haye ; elle est présidée par le G\-Me national le Baron de Beetzclaur.

1778.  La loge des Neuf-Sœurs donne, à Passy, chez la S\ Helvétius, une de ses fêtes féeriques, en l'honneur du célèbre F\ Benjamin Franklin.

1779,  9 mars. La loge des Neuf-Sœurs célèbre, par une fête des plus brillantes, l'heureux accouchement de la reine Marie-Antoinette. Beau-
coup de grands seigneurs et de dames de la cour assistaient à cette nombreuse réunion, où l’on devait entendre, pendant le concert, la voix de
M
11e Rolly, cantatrice renommée, qui avait été présentée, par une dame de distinction, à l'ordonnateur de la fête, le fr
\ abbé Cordier de Saint-Firmin. La récipiendaire était Mlle Rolly, nièce du fermier-général de ce nom, qui n'avait pas été prévenu. Quelle surprise pour M. et Mme Rolly, de voir leur nièce au milieu des Francmaçons ! Ils veulent l'en arracher, porter plainte en justice, mais leur indignation se calma. La loge fut interdite momentanément. Thory (Acta Latamorum, p. 139), tourne cet incident en indécences commises par un abbé envers une jeune personne, destinée à l’initiation (21). Comment un historien de la Maçonnerie peut-il se permettre de dénaturer cet incident d'une manière aussi fausse qu'insultante pour une loge composée des plus grandes célébrités du temps et qui avait eu pour témoin une assistance nombreuse formée de ce que la cour et la ville présentaient de plus honorable ?

1779. Des objets sérieux occupèrent souvent les SS\de la Candeur. Elles proposent un prix d'une médaille d'or de 300 fr. pour le meilleur mémoire sur cette question : Quelle est la manière la plus économique, la plus saine et la plus utile à la société d'élever les enfants-trouvés, depuis leur naissance jusqu'à l’âge de sept ans ?

1779. La G.-L. de Hambourg fonde une loge d'adoption qui, dans sa courte existence, se signale par l'érection d'un hôpital devant servir d'asile aux pauvres femmes malades.

 

1779.  La Candeur était la loge de la cour. La politique en disperse les membres {Esquisse des travaux d'adoption dirigés par les officiers de la loge la Candeur, etc., Paris 1779, in-4°).

1780,  12 janvier. La loge du Contrat social donne, au Wauxhall de la foire Saint-Germain, une magnifique fête pour célébrer la convalescence du G.-Me, le duc de Chartres. L'assemblée est présidée par la princesse de Lamballe et le f\ Bertholio. On y reçoit la comtesse de Mailly et les vicomtesses d'Àfry de Narbonne et d'autres dames de ce rang. Plusieurs réunions semblables eurent encore lieu dans cette loge ; mais des circonstances particulières les firent cesser.

1787. La loge la Vérité et l’Union, aux 3 Piliers couronnés, à Prague, essaie d'introduire, dans les loges allemandes, la maçonnerie d'adoption. Les FF\ composèrent un rituel particulier et une 1re séance eut lieu. Lorsqu'on eut porté la santé de la S\présidente, elle y répondit d'un ton moitié sérieux, moitié railleur, qui parut à la gravité germanique de mauvais augure pour la vitalité de cette innovation. Les tentatives faites sur d'autres points ont également échouées. Cela tient au caractère des FF\ qui manquent d'entrain. Mettez, dans une ville d'Allemagne, une garnison française, une loge d'adoption y fera fureur.

1798, 29 décembre. La Logo l’Océan français, à Paris, présidée par le F\ de Fondeviollc, célèbre, la première, depuis la reprise de la maçonnerie (en sommeil pendant la révolution), une fêle brillante où les dames sont admises.

1801, 29 mai. Les loges l’Union, le Centre des Amis et la Vraie Réunion, à Paris, donnent en commun, une très-brillante fête d'adoption, en réjouissance du rétablissement de la paix.

1805,15 septembre. La loge des Francs Chevaliers, à Paris, va tenir, à Strasbourg, une loge d'adoption présidée parla baronne Dietrick et le chevalier de Challan. L'impératrice Joséphine assista à l'initiation d'une de ses dames d'honneur, madame de Ceinizey. Ce fut la première fois que la Maçonnerie française fut honorée de la présence d'une souveraine.

1806. La loge les Militaires réunis, à Versailles, donne de brillantes fêtes d'adoption où la littérature, la poésie, la musique, la danse et la bienfaisance font tout le charme.

1807, 19 avril. Belle fête d'adoption célébrée par la loge Sainte-Thérèse des Amis de la Constance, à Paris, au profit des indigents.

Les loges de Thénis, de l’Age d'Or, delà Parfaite Réunion, d’Anacréon, de Saint-Joseph et plusieurs autres, à Paris, donnent, chaque hiver, des fêtes remarquables par leur excellente tenue et le choix scrupuleux des personnes admises.

1807, 4 mars. La loge Sainte-Caroline, à Paris, donne une fête splendide que préside madame de Vaudemont. Le prince Cambacérès y vint accompagné du comte Regnault de Saint-Jean-d'Angely et de plusieurs personnes de distinction. Le bal, qui suivit le banquet, s'est fait remarquer par sa brillante composition. Celte loge lient une fois, chaque année, ses travaux d'adoption, où l'on trouve l'étiquette de la cour jointe à l'élégance et à la politesse française la plus exquise.

1811, 20 février. Les Dames du Mont-Thabor sont adoptées par la loge les Commandants du Mont-Thabor qui leur donne une fête.

1812. La loge les Militaires Réunis, à Versailles, donne une fête qui, comme sa dernière de 1811, a offert un grand intérêt sous le rapport de la réunion de la meilleure compagnie, des morceaux de littérature, de poésie et des secours abondants pour l'infortune. (V. L\ Ecoss\   du rite philos\, des Militaires Réunis, etc., premiers travaux d'adoption, Versailles, 1811, in-8°, 14 pages.)

1816. La loge les Sept Écossais, à Paris, donne une brillante fête, remarquable surtout par la présence de nombreux personnages étrangers de distinction et de leurs dames. La musique du concert, sous la direction du f\ Henri Hertz, qui débute dans la Maçonnerie, est délicieuse ; le banquet est splendide et animé ; l'entrain charmant et prolongé du bal a pour véhicule irrésistible l'excellent orchestre de la cour. Le f\Ragon, vénérable des Trinosophes, avait élé nommé ordonnateur de celte belle fête qui se prolongea jusqu'au jour.

1818, 5 décembre. La loge des Chevaliers de la Palestine, à Paris, célèbre à la fois, par une très-brillante fête d'adoption, l'installation de ses
officiers, la libération du territoire de la patrie et la fête de l'Ordre. Le comte d’Orfeuille, vénérable de la loge, dirige les travaux.

1819. 29 janvier. Fêle splendide donnée aux dames par les ff\ du rite de Misraïm, présidée par l'ill\ f\ comte Muraire (22). Après une éloquente allocution adressée aux députés des loges et aux ff\ visiteurs, ce vénérable frère dit aux dames :

« T\ ill\et cc\ SS\, s'il m'était permis de n'être ici qu'homme du monde, je n'aurais qu'à vous exprimer le plaisir que nous ressentons bien vivement de vous recevoir parmi nous, et, sans autre courtoisie, je dirais que vous êtes la portion de la création la plus exquise et la plus parfaite ; que le bien le plus précieux de la vie émane de vous ; que c'est à vous que nous devons les soins de l'enfance, les chastes délices d'un amour pur, les douceurs du mariage, les bienfaits de la paternité, le phénomène de la reproduction, la consolation de la vieillesse et encore le calme de nos derniers instants. Je dirais que c'est de vous que viennent toutes les jouissances du cœur, toutes les espérances et toutes les réalités du bonheur, tous les allégements des peines et des maux inséparables de l'humanité, toutes les compensations et toutes les récompenses des travaux pénibles auxquels l'homme est condamné ici-bas ; je dirais enfin que c'est par vous que nous sommes meilleurs et plus heureux ! Mais en tenant ce langage, quoique je ne dise que la vérité, cette vérité ne vous la dirais-je pas toute entière ? et l'austérité maçonnique pourrait-elle consentir à ne vous la présenter que sous un rapport de flatterie et presque de séduction. Non, mes cc\ SS\, vous êtes dignes d'un hommage plus complet et plus sincère, et pour vous rendre cet hommage tel que vous le méritez, qu'il soit permis à ma franchise d'ajouter un mot à ce tableau que je viens de tracer de la magnifique dotation que l'Eternel vous a faite. Ce mol, vos cœurs sont faits pour l'entendre ; c'est que, si, à tant d'attraits et de charmes, si, à tant de dons et de qualités, ne se mêle par quelque enthousiasme pour la vertu, toute idée de perfection s'évanouit, et il ne reste plus de votre belle destinée sor la terre, qu'une vaine et fugitive illusion. La vertu ! Eh ! mes cc\ SS\, voilà la fleur qui, cultivée par vos mains, ne se fanera jamais ! Voilà la beauté qui ne périt pas ! Voilà le secret, le véritable secret de votre puissance et l'immuable base de votre empire. La vertu ! c'est pour nous attacher à elle que vous êtes créées, pour la rendre plus aimable à nos yeux, par vos exemples plus persuasifs sur nos cœurs ; par vos inspirations, pour nous en rendre la pratique plus douce par le désir de vous plaire et les sacrifices que quelquefois elle commande, plus facile par le noble espoir d'obtenir le prix des mains de la beauté ; voudriez-vous, pourriez-vous vous départir jamais d'une si belle, d'une si auguste mission ? Non, en entrant dans ce temple qui lui est consacré, vous y apportez des sentiments dignes d'elle, agréez, en échange, l'expression maçonnique des sentiments dont nous sommes pénétrés pour vous. »

« …Mais je m'arrête, j'entends s'élever, autour de moi, un murmure d'impatience de vous voir occuper ce trône où tous les cœurs vous appellent. Venez, nouvelle Esther, venez vous y asseoir et mettez le peuple Maçon sous la puissante égide de la sagesse et de la beauté. »

1819, 9 février. Installation, par le Sup\ Cons\ du 33e degré dans l'hôtel-de-ville, rue de Vaugirard. Si, de la loge d'adoption Belle et Bonne, unie à la loge des Amis des Lettres et des Arts, à Paris. Inauguration du buste de Voltaire. Grande Msse d'honneur, la marquise de Villette (Belle et Bonne). Vénérable d'honneur, le comte de Lacépède.

Cette fête à laquelle assistaient le prince Paul de Wurtemberg, lady Morgan et autres personnes étrangères de distinction, ne laissa rien à désirer ; la marquise de Villette en fit somptueusement les honneurs, et s'y montra, en toutes choses, digne d'elle-même et de sa célébrité.

1825, 8 février. Belle fête dans la loge la Bonne Foi, à Saint-Germain-en-Laye. Elle disposa les dames, qui étaient un peu hostiles à l'Ordre, à venir seconder les travaux maçonniques.

1821, 15 mars. La loge la Clémente Amitié donne une fête brillante, présidée parla comtesse de Livays. Le discours aux dames, par le f\ Juge, est remarquable.

1829, 22 août. Brillante fête donnée par la loge les Amis Fidèles, à Paris.

1838, 22 décembre. La loge la Clémente Amitié, à Paris, donne une magnifique fête d'adoption.

1841, 9 juillet. Très-belle fête donnée par la loge Jacques Molai, à Paris.

 

1842, 3 septembre. Fête brillante célébrée par la Clémente Amitié, à Paris. La S\ Lambert, maîtresse de pension, à Saint-Mandé, se charge gratuitement de l'éducation d'une fille de maçon.

1844, février. La loge de Saint-Baldred, à Berth-Herwick, en Ecosse, donne un bal maçonnique, auquel assistent plus de 200 ladies et gentlemen.

1844, 18 février. Bal maçonnique donné, salle Clarence, à l'hôtel impérial, par les Maçons de Cork, en Irlande, en faveur de l'institution des jeunes orphelines. Il a produit net 2,500 fr., plus de 400 personnes y assistaient. Une fête pareille est souscrite pour l'année prochaine.

1844,  20 février. Les loges de Limerick, en Irlande, donnent un grand bal maçonnique au profit de l'hospice de Barrington et de l'infirmerie de
la ville. Cette fête, à laquelle prennent part plus de 500 personnes, est d'une magnificence remarquable.

1841, décembre. Bal maçonnique au profit de la Maison de secours, dans la loge Jérusalem Écossaise, à Paris.

1845,  22 janvier. Grand bal maçonn\ donné à Londres au profit de l'asile des Maçons âgés et infirmes.

1845, 22 février. Le comité de la caisse centrale de secours des loges de Rouen donne une fête suivie d'un bal au profit de cette institution ; elle fut brillante et productive : 700 fr. ont été versés à celte caisse.

1846,25 août. L'usage des fêtes d'adoption prendrait-il en Allemagne ? Une des plus brillantes solennités de ce genre a lieu à Chemnitz, dans la loge l’Harmonie, sous la présidence de son vénérable, le f\Eger, en présence de 150 ff\ et ss\. Discours, chants, musique, banquet, danses, rien n'y manque et les pauvres ne sont point oubliés.

 

1850, 19 janvier. Splendide fête d'adoption donnée à la barrière du Maine, à Paris, Par les loges : les Amis bienfaisants et imitateurs d'Omis, la Rose étoilée régénérée (de Paris), les Zélés philanthropes, de Vaugirard ; et les Amis de l'Humanité, de Montrouge. Le tronc des pauvres a circulé deux fois.

1852, 15 mars. Les loges réunies de Marseille célèbrent la fondation d'une Caisse centrale de Secours et, après la cérémonie d'un baptême maçonnique, elles donnent un bal d'adoption.

1852,  10 juillet. Magnifique fête donnée au Château-Rouge par la loge la Fraternité des Peuples, à Paris, à la suite d'un baptême maçonnique
fait avec solennité.

En 1852, la loge les Amis de la Paix, à Paris, voulant célébrer une fête d'adoption, en demanda l'autorisation au G\ O\, l'Orat\titulaire de la chambre symbolique, réclama l’Ordre du jour : la Maçonnerie d'adoption n'étant pas de la Maçonnerie, n'ayant jamais été admise par le G\ O\. Cette hérésie d'un orateur qui ignore l'histoire du corps au nom duquel il parle, fut relevée comme elle devait l'être par des membres plus instruits, jaloux de l'honneur de l'Ordre, ils prouvèrent que celte fille adoptive du G\ O\, d'où vient son nom, avait, depuis 76 années, rendu d'éminents services a l'institution maçonnique, en propageant d'une manière efficace ses principes civilisateurs. La chambre symbolique, suffisamment éclairée, accorda l'autorisation et nomma, pour représenter à cette fête le G\ O\, les FF\Hubert, Tremblay et Voury, qui avaient si victorieusement combattu l'ordre du jour.

1853, 29 octobre. Grande et belle fête d'adoption donnée à Paris, rue Saint-Honoré, n° 35, par les Maçons Misraïmites, sous la présidence de la S\ Plocq de Bertier, grande-maîtresse.

1858. 11 avril, la loge Saint-Vincent de Paul, à Constantine (Algérie), après la consécration de neuf louvetons, donne une brillante fête d'adoption.

source : www.ledifice.net

Par JM Ragon - Publié dans : histoire de la FM
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 07:35

Au hasard d'une recherche effectuée dans l'Initiation, revue occultiste fondée par Papus en octobre 1888, nous retrouvons sous notre signature, un article que nous croyons bon de transcrire en ses grandes lignes :

Les Loges françaises viennent d'être saisies (en 1890) d'une question de la plus haute importance : il ne s'agit rien moins que de l'admission de la femme dans la Franc-Maçonnerie.


Ce n'est point là, il est vrai, une question aussi nouvelle qu'on pourrait. le croire, car elle fut agitée en France dès 1730, cinq  ans
à peine après l'introduction de la Maçonnerie moderne en notre pays. L'idée ne devait cependant prendre corps, d'une façon définitive, qu'en 1774, époque où le patronage officiel du Grand Orient de France, donna naissance à la Maçonnerie des Dames dite Maçonnerie d'Adoption.
Parmi les Loges féminines alors créées, la Loge La Candeur fut la plus brillante. Les duchesses
 de Chartres et de Bourbon participèrent, en mars 1776, avec la princesse de Lamballe, à la fondation de cet aristocratique atelier. Mise à la mode en haut lieu, la Maçonnerie d'adoption eut la vogue éphémère des frivolités mondaines. En 1805, l'Impératrice Joséphine eut beau s'y intéresser, la futilité n'a qu'un temps et les dames ne songèrent plus, au cours du XIXème siècle, à se livrer aux jeux  innocents de la Maçonnerie.

Les Maçons actuels comprennent qu'ils ont le devoir de ne pas abandonner la femme à l'obscurantisme et que l'émancipation maçonnique ne doit. pas se borner au seul sexe fort. Allais comment faire participer la femme à l'œuvre humanitaire de la Franc-Maçonnerie ?

Convier la femme aux pompes de la Maçonnerie ne remplirait pas le but sérieux que se proposent les novateurs. Sous ce rapport, l'Eglise
déploie des séductions qui défient toute concurrence. Il ne s'agit plus de distraire aimablement ces dames en les appelant à jouer, comme jadis, à la Maçonnerie, car le jeu n'est plus de saison. La construction d'une humanité meilleure ne saurait s'effectuer sous forme de divertissement. Si la femme veut apprendre à travailler maçonniquement, elle doit se résigner à un très austère apprentissage.

Suffit-il pour cela de la soumettre aux rites
masculins ? Quand nous lui aurons  montré la vraie lumière sous ce symbole d'une flamme de Lycopode, sera-t-elle plus avancée que les FF:., qui ne savent y voir que du feu? Nous n'en sommes, hélas, nous mâles, qu'au balbutiement de nos mots sacrés. N'est-il point présomptueux de notre part de nous risquer à initier la femme ?

Nous allons
lui montrer des symboles dont nous ne saisissons pas la portée et nous la soumettrons à des rites qui ne sont pas ceux de l'Initiation féminine. Il en résultera que la femme pratiquera nos symboles  avec toute notre puérile incompréhension et qu'elle se croira Maçonne comme le baptisé se croit chrétien. Il y a cependant loin du signe à la réalité, mais cette distinction est trop subtile pour les adeptes  uniquement formels de la Maçonnerie.

Comment résoudront-ils la question qui se pose devant eux ? Il est probable qu'une expérience sera tentée. Puisse-t-elle nous acheminer vers l'Initiation réelle des deux sexes ! Nos tâtonnements mettront une femme de génie sur la voie du pur féminisme initiatique. Alors, c'est nous, mâles peu sagaces, qui serons initiés par la femme.

source : www.boutiquefs.com

Par O Wirth - Publié dans : histoire de la FM
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 07:18

Vers 1730, fut instituée la franc-maçonnerie des femmes. On ignore quel en fut l'inventeur ; mais elle fit sa première apparition en France, et c'est bien évidemment un produit de l'espritfrançais. Les formes de cette maçonnerie n'ont toutefois étéfixées définitivement qu'après 1760, et elle ne fut reconnue et sanctionnée par le corps administratif de la maçonnerie qu'en l'année 1774. Elle affecta d'abord divers noms et divers rituels, qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous. En 1743, elle avait des emblèmes et un vocabulaire nautiques ; et les sœurs faisaient le voyage fictif de l'île de la Félicité sous la voile des frères et pilotées par eux. C'était alors l'ordre des Félicitaires, qui comprenait les grades de mousse, de patron, de chef-d'escadre et de vice-amiral et avait pour amiral, c'est-à-dire pour grand-maître, le frère de Chambonnet, qui en était l'auteur. On faisait jurer au récipiendaire de garder le secret sur le cérémonial qui accompagnait l'initiation. Si c'était un homme, il faisait serment « de ne jamais entreprendre le mouillage dans aucun port où déjà se trouverait à l'ancre un des vaisseaux de l'ordre. » Si c'était une femme, elle promettait « de ne point recevoir de vaisseau étranger dans son port, tant qu'un vaisseau de l'ordre y serait à l'ancre . » Elle prêtait serment assise à la place du chef-d'escadre, ou président, qui, durant cette formalité, se mettait à ses genoux. Une scission de cet ordre donna naissance, en 1745, à l'ordre des chevaliers et des chevalières de l'Ancre, qui n'était qu'une épuration du premier et qui en avait conservé les formules. Deux ans plus tard, en 1747, le chevalier Beauchaine, le plus fameux et le plus zélé des vénérables inamovibles de Paris,le même qui avait établi sa loge dans un cabaret de la rue Saint-Victor, à l'enseigne du Soleil d'or, qui y couchait et y donnait pour six francs, dans une seule séance, tous les grades de la maçonnerie, institua l'ordre des Fendeurs, dont les cérémonies étaient calquées sur celles de la coterie des charbonniers, une des nombreuses branches des compagnons du devoir. La loge avait le nom de chantier ; elle était censée représenter une forêt. Le président s'appelait père-maître ; les frères et les sœurs prenaient le titre de cousins et de cousines, et le récipiendaire était qualifié de briquet. Ces réunions eurent une vogue extraordinaire. Elles avaient lieu dans un vaste jardin situé dans le quartier de la Nouvelle-France, hors de Paris. Les gens de cour, hommes et femmes, s'y rendaient en foule, bras dessus, bras dessous, vêtus de blouses ou de jupons de bureles pieds chaussés de lourds sabots, et s'y livraient à tous les éclats et à tout le sans-façon de la gaieté populaire . D'autres sociétés androgynes succédèrent à celle-là : tels furent les ordres de la Coignée, de la Centaine, de la Fidélité dont les formes se rapprochaient davantage de celles de la  franc-maçonnerie ordinaire.

La maçonnerie d'adoption proprement dite se forma la dernière. A ce que nous en avons rapporté dans notre introduction, nous ajouterons qu'elle se compose de quatre grades, appelés l'apprentissage, le compagnonnage, la maîtrise, la maîtrise parfaite, et que les emblèmes de ces grades sont puisés dans la Bible, et commémorent successivement le péché originel, le déluge
, la confusion de la tour de Babel, etc.

Une fois arrêtés définitivement, les rites
d'adoption se répandirent de la France dans la plupart des autres pays de l'Europe et jusqu'en Amérique. Les maçons les accueillirent partout avec empressement, comme un moyen honnête de faire participer leurs femmes et leurs filles aux plaisirs qu'ils goûtaient dans leurs fêtes mystérieuses. Les banquets et les bals qui accompagnaient ces réunions étaient toujours l'occasion de nombreux actes de charité. Ils devinrent le rendez-vous de la plus haute société. Plusieurs de ces assemblées furent entourées d'un éclat qui leur mérite une place dans l'histoire.

Tout ce que Paris
comptait de notabilités dans les lettres, dans les arts et dans la noblesse, se portait en foule, en 1760, à la loge d'adoption qu'avait fondée le comte de Bernouville à la Nouvelle-France, et à celles que plusieurs autres seigneurs tenaient, vers la même époque, dans leurs hôtels.

Il y eut à Nimègue, dans l'hiver
de 1774, une réunion de ce genre, présidée par la princesse d'Orange et par le prince de Waldeck. L'élite de la noblesse hollandaise assistait à la fête. Du produit d'une souscription qui y fut ouverte, on fonda un hospice en faveur des malheureux.

En 1775, la loge de Saint-Antoine, à Paris, établit une loge d'adoption dont la présidence fut déférée à la duchesse
de Bourbon. Au mois de mai, la grande-maîtresse fut installée avec une pompe extraordinaire. Le duc de Chartres, depuis duc d'Orléans, alors grand-maître de la maçonnerie française, tenait les travaux. On remarquait, parmi les assistants, les duchesses de Luynes et de Brancas, la comtesse de Caylus, la vicomtesse de Tavannes, et beaucoup d'autres sœurs du plus haut rang. La quête fut abondante, et servit principalement à tirer de prison de pauvresfamilles qui y étaient détenues pour mois de nourrice. La duchesse de Bourbon présida encore, en 1777, une fête donnée par la loge de la Candeur, et à laquelle assistaient la duchesse de Chartres, la princesse de Lamballe, les duchesses de Choiseul-Gouffier, de Rochechouart, de Loménie, de Nicolaï, la comtesse de Brienne ; les marquises de Rochambeau, de Béthizy et de Genlis.. A une loge d'adoption, tenue en 1779, sous la présidence de la même sœur, on fit une quête extraordinaire en faveur d'une famille indigente de province, qui, dans sa naïve confiance, avait jeté à la poste une demande de secours avec cette simple suscription : « A Messieurs les francs-maçons de Paris. » Dans la même année, la loge d'adoption de la Candeur s'intéressa particulièrement à l'infortune d'un frère titré, qui, victime d'une haine de famille, se trouvait réduit à la plus affreuse misère. A la sollicitation de cette loge, Louis XVI accorda à son protégé une gratification de mille livres, huit cents francs de pension et une lieutenance dans un régiment. Les loges des Neuf Sœurs, sous la présidence de Mme Helvétius ; du Contrat social, présidée par la princesse de Lamballe, célébrèrent aussi des fêtes brillantes, dans lesquelles les joies du festin et du bal ne firent pas oublier l'infortune.

Sous l'empire, les fêtes d'adoption ne jetèrent pas un moindre éclat. En 1805, la loge des Francs-Chevaliers, de Paris, se transporta à Strasbourg pour y tenir une loge d'adoption. La  baronne
Diétrick y remplit les fonctions de grande-maîtresse, et l'impératrice Joséphine voulut bien y assister. Une fête non moins remarquable eut lieu à Paris, en 1807, dans la Loge de Sainte-Caroline, sous la présidence de la duchesse de Vaudemont. L'assemblée était des plus nombreuses. On y remarquait le prince Cambacérès, le comte Régnault de Saint-Jean d'Angély, la princesse de Carignan, les comtesses de Girardin, de Roncherolles, de Croix-Mard, de Montchenu, de Laborde, de Narbonnede La Ferté-Mun, d'Ambrugeac, de Bondy, etc.

De toutes les fêtes d'adoption qui furent célébrées à Paris sous la restauration et au nombre desquelles il faut citer celles que donnèrent, en 1820, les loges
 du rite de Misraïm, sous la présidence du comte Muraire et de la marquise de Fouchécour, et, en 1826, la Clémente Amitié, présidée par le duc de Choiseul et la comtesse de Curnieu, la plus remarquable, sans contredit, est celle qui eut lieu le 09 février1819, dans l'hôtel de Villette, rue du faubourg Saint-Honoré, 30. La loge avait pour titre : Belle et Bonne ; elle était tenue par le comte de Lacépède et par la marquise de Villette, nièce de Voltaire. Belle et Bonne était le surnom affectueux que la marquise avait reçu de ce grand homme. Lorsqu'en 1778, à son initiation dans la maçonnerie, le vénérable Lalande lui avait remis les gants de femme qu'il est d'usage de donner au néophyte, Voltaire les avait pris, et se tournant vers le marquis de Villette, il les lui avait remis, en disant : « Puisque ces gants sont destinés à une personne pour laquelle on me suppose un attachement honnête, tendre et mérité, je vous prie de les présenter à Belle et Bonne. » Tout ce que la France comptait alors de notabilités dans le parlement, les sciences et les arts, dans la carrière militaire et administrative, d'illustres étrangers, le prince royal de Wurtemberg et l'ambassadeur de Perse, entre autres, assistaient à la séance de la loge de Belle et Bonne. Outre l'élite des sœurs françaises, la duchesse de la Rochefoucault, notamment, on y voyait aussi lady Morgan et plusieurs autres sœurs étrangères, distinguées par leur naissance ou par leurs talents. Le buste de Voltaire y fut solennement inauguré. La sœur Duchesnois lut, en l'honneur de l'illustre écrivain, une ode que Marmontel avait composée et à laquelle le frère de Jouy avait ajouté deux strophes adaptées à la fête du jour; elle déposa sur le buste de Voltaire la même couronnedont son front avait été ceint au Théâtre-Français, en 1778, par la célèbre tragédienne Clairon ; puis, avec le concours du frère Talma, elle récita la belle et terrible scène de la double confidence dans Œdipe. Beaucoup d'autres artistes se firent pareillement entendre, et une abondante collecte termina dignement la séance. A la suite, il y eut un bal qui se prolongea une partie de la nuit .
Peu de temps après l'établissement du rite d'adoption, il se forma à Versailles une nouvelle société, qui prétendait à une antique origine. Celle-ci, dont le formulaire mystérieux s'est perdu, s'appelait l'ordre des chevaliers et des dames
de la Persévérance. Elle avait pour fondateurs la comtesse de Potoska, quelques autres dames de la cour, le comte de Brotowski et le marquis de Seignelay, et ne remontait pas, en réalité, au delà de 1769. Les inventeurs racontaient le plus sérieusement du monde et avec une bonhomie parfaite que l'ordre avait étéinstitué dans le royaume de Pologne, à une époque très reculée ; qu'il y avait existé sans interruption dans le plus profond secret ; et qu'il avait été introduit récemment en France par des Polonais de distinction. La comtesse de Potoska, qui avait imaginé cette fable,sollicita son parent, Stanislas, roi de Pologne, alors réfugié en France, de se prêter à la supercherie. Le monarque y consentit de bonne grâce et poussa même la plaisanterie jusqu'à tracer, dans une lettre de sa propre main, l'histoire circonstanciée de l'ordre, depuis ses premiers temps supposés, affirmant qu'il était encore en grand honneur en Pologne. Le moyen de nier l'ancienneté de cet ordre, lorsqu'elle était attestée par un si haut personnage ! Aussi tous les doutes qu'elle avait d'abord inspirés s'évanouirent-ils à partir de ce moment. Rulhières, à qui l'on doit une histoire de la Pologne, et qui se targuait de posséder mieux que personne les annales de ce pays, était au nombre des plus crédules. Il eut la malheureuse vanité de faire parade de son érudition gasconne au sujet de l'ordre de la Persévérance, un jour qu'il rencontra dans le Palais-Royal la comtesse de Caylus, une des dames qui avaient contribué à l'établissement de cette société. Il lui dit qu'il avait découvert une foule de particularités curieuses de l'histoire de l'ordre ; qu'il était certain, par exemple, que le comte de Palouski l'avait restauré en Pologne au milieu du XVème siècle, et que, dans la suite, Henri III en avait été nommé grand-maître, lorsqu'il fut appelé au trône de Pologne, etc. « Vraiment ! repartit la comtesse. Et où, bon Dieu ! avez-vous trouvé toutes ces belles choses ? – Dans de vieilles chroniques polonaises qui m'ont été communiquées par des bénédictins.– Qui les ont fabriquées ? – Non pas ! Ce sont des frères de leur ordre qui les leur ont envoyées de Varsovie tout exprès pour moi, sachant que je suis très curieux de tout ce qui touche à l'histoire de ce pays. – Eh bien ! chevalier, dit en riant la comtesse, ils auront à faire pénitence pour un si gros mensonge. Je puis vous le dire à vous, qui sûrement n'irez pas le répéter, car, après tout, le secret que je garde depuis si longtemps finirait par m'étouffer : sachez donc que l'histoire de l'ordre de la Persévérance n'est qu'une fable, et que vous voyez devant vous une des personnes qui l'ont imaginée. » Elle donna alors à Rulhières les détails que nous avons rapportés plus haut. Le chevalier, un peu confus, n'eut garde de se vanter de l'aventure ; la comtesse ne fut pas si discrète. Quoiqu'il eût à se reprocher cette petite fraude historique, l'ordre de la Persévérance n'en accomplissait pas moins une tâche louable : il répandait d'abondantes aumônes, et s'attachait particulièrement à secourir les pauvres femmes en couches.

Une association d'un tout autre genre fut établie, vers la même époque, sous le titre d'ordre des chevaliers et des nymphes de la Rose.
Le but qu'elle se proposait était la bienfaisance prise dans un sens fort restreint, et l'amourdu prochain y était circonscrit dans les limites les plus étroites. C'était tout simplement une réunion de plaisir qui s'était trompée de date, et qui appartenait, par ses tendances et par sa compositionaux beaux jours de la Régence. M. de Chaumont,secrétaire particulier du duc de Chartres pour ce qui concernait la franc-maçonnerie, était l'inventeur de cet ordre, qu'il avait imaginé pour complaire aux désirs du prince. La société avait son siège principal à Paris, rue de Montreuil, à la Folie-Titon, petite maison de Son Altesse ; elle avait aussi des succursales dans les hôtels de plusieurs seigneurs. La salle où se faisaient les réceptions s'appelait le Temple de l'Amour. Les murs, ornés de guirlandes de fleurs étaient chargés d'écussons où étaient tracés des emblèmes et des devises érotiques. L'assemblée était présidée par deux officiers de sexe différent, dont l'un avait le titre d'hiérophante  et l'autre celui de grande-prêtresse. Le premier recevait les hommes ; les femmes étaient initiées par la seconde. Un chevalier, nommé Sentiment, une nymphe nommée Discrétion, deux introducteurs, homme et femme aidaient l'hiérophante et la grande-prêtresse dans l'accomplissement,des réceptions. Les assistants se qualifiaient de frères et de sœurs. Les hommes avaient une couronne de myrte ; les femmes, une couronne de roses. L'hiérophante et la grande-prêtresse portaient, en outre, un large ruban rose sur lequel étaient brodées deux colombes au centre d'une couronne de myrte. Au moment où les réceptions avaient lieu, la salle n'était éclairée que par une lanterne sourde que tenait à la main la sœur Discrétion ; les réceptions achevées, le temple étincelait de la clartéde mille bougies.

Voici de quelle manière s'opéraient ces réceptions, d'après le rituel de l'ordre, que nous copions textuellement :

« L'introductrice (si l'on admet une nymphe), et l'introducteur (si c'est un chevalier) les dépouillent
de leurs armes, bijoux ou diamants; leur couvrent les yeux ; les chargent de chaînes, et les conduisent à la porte du Temple de l'Amour, à laquelle on frappe deux coups. Le frère Sentiment introduit les néophytes, par l'ordre de l'hiérophante ou de la grande-prêtresse. On leur demande leur nom, leur patrie, leur état, enfin ce qu'ils cherchent. Ils doivent répondre à cette dernière question : Le bonheur.

D. Quel âge avez-vous? – R. (Si c'est un chevalier :) L'âge d'aimer. (Si c'est une nymphe :) L'âge de plaire et d'aimer.

Les candidats sont ensuite interrogés sur leurs sentiments particuliers, leurs préjugés, leur conduite en matière de galanterie, etc. Après les réponses, on ordonne que les chaînes dont ils sont chargés soient brisées, et remplacées par celles de l'Amour. Alors des chaînes de fleurs succèdent aux premières. Dans cet état, on commande le premier voyage. Le frère Sentiment leur fait parcourir un chemin tracé par des nœuds d'amour, qui part du trône de la grande-prêtresse et vient aboutir, à l'autre extrémité de la salle, à la place occupée par le frère Sentiment. Le second voyage est ordonné, et la même route est suivie en sens contraire. Si c'est une nymphe qui doit être admise, elle est conduite par la sœur Discrétion, qui la couvre de son voile. Ces deux voyages terminés, les candidats s'approchent de l'autel
de l'Amour, et s'engagent par le serment suivant :

« Je jure et je promets, au nom du maître de l'univers, dont le pouvoir se renouvelle sans cesse par le plaisir, son plus doux
ouvrage, de ne jamais révéler les secrets de l'ordre de la Rose. Si je manque à mes serments, que le mystère n'ajoute rien à mes plaisirs ! qu'au lieu des roses du bonheur, je ne trouve jamais que les épines du repentir !

Ce serment prononcé, on ordonne que les néophytes soient conduits dans les bosquets mystérieux, voisins du Temple de l'Amour. On donne aux chevaliers une couronne de myrte, aux nymphes une simple rose. Pendant ce voyage, un orchestre nombreux exécute une marche tendre, avec des sourdines. On les conduit à l'autel du Mystère, placé au pied du trône de l'hiérophante ; là, des parfums sont offerts à Vénus
et à son fils. Si l'on reçoit un chevalier, il échange sa couronne avec la rose de la dernière sœur admise. Si c'est une nymphe qu'on reçoit, elle échange sa rose avec la couronne du frère Sentiment. L'hiérophante lit des vers en l'honneur du dieu du Mystère, après quoi il fait ôter le bandeau qui a couvert les yeux des candidats pendant toute la cérémonie. Une musique mélodieuse se fait entendre et vientajouter au charme du spectacle qu'offrent aux initiés une réunion brillante et un lieu enchanteur. Pendant qu'on exécute cette musique, l'hiérophante ou la grande-prêtresse donne aux néophytes les signes de reconnaissance, qui se rapportent tous à l'amour et au mystère. »

D'autres mystères suivaient, dont le rituel ne fait pas mention, mais qu'on a pu lire dans la chronique de l'époque.

Cette société de la Rose, qui date de 1778, n'a eu qu'une briève existence. On n'en trouve aucune trace postérieurement à 1782.

Une autre société, qui n'a d'analogie avec celle-ci que par le nom : l'ordre des Philochoréites, ou Amants du plaisir, fut instituée en 1808 au camp français, devant Orense, en Galice. De jeunes officiers en furent les inventeurs. Il avait pour objet de charmer les courts intervalles des combats par des réunions choisies de personnes des deux sexes, qu'embellissaient des divertissements et des fêtes. C'était une sorte de maçonnerie d'adoption, qui avait ses initiations et ses mystères. Les loges prenaient le titre de cercles.
Chaque chevalier portait un nom particulier : ainsi, M. Gustave de Damas s'appelait le chevalier du Défi-d'Amour ; M. de Noirefontaine, le chevalier des Nœds. Les formules de la réception, dont le secret paraît avoir été religieusement gardé, tenaient aux usages des cours d'amour et aux cérémonies de la chevalerie. De l'armée d'Espagne, la société s'étendit aux armées françaises employées sur les autres points de l'Europe, et à quelques garnisons de l'intérieur. Elle n'eut point d'établissement à Paris. En 1814, elle avait tout à fait cessé d'exister.

Enfin, une dernière association, l'Ordre des dames écossaises de l'hospice du Mont-Thabor, qui avait beaucoup de ressemblance avec la maçonnerie d'adoption ordinaire, fut fondée à Paris, en 1810, par M. de Mangourit, qui s'en constitua le grand-maître. Elle avait pour grande-maîtresse Mme de Carondelet. Les instructions que recevaient les néophytes, dans les divers grades dont se composait le système tendaient spécialement à les ramener vers les occupations auxquelles les institutions sociales ont particulièrement destiné les femmes, et à les prémunir contre l'oisiveté et la séduction qu'elle traîne à sa suite. « Donner du pain et du travail aux personnes de bonne conduite du sexe féminin qui en manquent ; les aider d'abord, les consoler ensuite, et les préserver, par des bienfaits et par l'espérance, de l'abandon des principes et du supplice du désespoir, » tel était le but de cette société, qui a fait beaucoup de bien, et qui s'est dissoute vers la fin de la restauration. Nous aurons
occasion de revenir sur les réunions de femmes à propos de la maçonnerie de Cagliostro.

source :www.boutiquefs.com

Par François-Timoléon Bègue-Clavel - Publié dans : histoire de la FM
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 18:42

Rite de Schroeder (1766)

 

Schroeder, surnomé le Cagtiostro de l’Allemagne, parce que c’est à son école que Cagliostro prit des leçons de théosophie, d'évocations et de sciences secrètes dites occultes, établit à Marbourg (Hesse-Cassel), en 1766, un chapitre de vrais et anciens maçons rose-croix, et en 1779, il ouvrit, dans une loge de Sarrebourg, son école de magie, de théosophie et d'alchimie, en sept grades (3+4). Ce rite, que l’on nomme aussi Rose-Croix rectifié, est composé de la Maçonnerie symbolique et de quatre hauts grades, qui ont pour base les trois sciences que nous venons de citer. II ne fut guère pratiqué que dans deux loges de la constitution de la Grande-Loge de Hambourg.

 

Rite de Schroepffer (1768)

 

Schroepffer était fils d'un limonadier. Il réforma l'Ordre des franc-maçons à Dresde : c'est lui qui, le premier, illumina les princes d'Allemagne, par le moyen de la fantasmagorie ou l'apparition des spectres. Il jeta l'épouvante dans Berlin et dans toute la Prusse, en faisant prédire, par des fantômes, la mort prochaine de quelques grands personnages, mort qui se réalisait toujours. Il avait tellement frappé les esprits, que le savant Gleditsch n'allait point à l'académie de Berlin sans s'imaginer qu'il voyait l'ombre du défunt président siéger à sa place.

 

La reine de Prusse lui fit défendre de faire ses évocations.

 

Nous lisons dans une notice qu'il vint s'établir limonadier à Leipsick (Saxe), et qu'il fit l'ouverture de son café le 29 octobre 1768.Il institua son système, basé sur la magie, les évocations, etc., dans une loge de la ville. Il eut peu de partisans. Plus tard, il fut persécuté et se tua d'un coup de pistolet le 8 octobre 1774, dans le Rosenthal, près Leipsick, à l'âge de 35 ans. Son système disparut avec lui. Ses œuvres sont à Berlin.

 

 Maçonnerie des 72

 

On ne peut désigner que sous ce nom une association dite maçonnique, dont on ignore la dénomination spéciale, ou qui peut-être n'en avait pas.

 

On pourrait hardiment, dit-on, échanger, contre son grade d'apprenti, tous les autres grades de tous les systèmes ; c'était donc plutôt un haut grade, divisé en trois classes, que celui d'une secte maçonnique, dont l'origine, que l'on suppose allemande, n'est pas indiquée.

 

Elle se livrait à l'étude des sciences occultes et prétendait, sans doute pour dérouter les curieux, que son grand-maître habitait l'Espagne et portait, dans l'Ordre, le nom de Tajo.

 

 Le nombre deses membres ne pouvait jamais excéder 72, dont 24 apprentis, 24 compagnons et 24 maîtres.

 

Les plus jeunes étaient chargés de distribuer les aumônes, de faire des recherches et de s'assurer si, dans les loges, il y avait des frères qui fussent dignes d'être, un jour, reçus parmi eux. Ils devaient faire sur ces frères des rapports détaillés.

 

Si un maître mourait, il était remplacé par le compagnon le plus ancien ; celui-ci l'était par le plus ancien apprenti, et ce dernier par l'un des franc-maçons enregistrés d'après les rapports.

 

On n'était pas reçu avant l'âge de maturité dans cet ordre mystérieux, dont le rituel nous est inconnu.

 

Cette notice figure dans quelques collections sous le titre de Une Branche maçonnique ou Société anonyme.

 

Son nombre 72 pourrait lui faire supposer quelque rapport avec l'ordre suivant, dont il serait, peut-être, là dernière expression.

Source : www.ledifice.net

 


Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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