Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 07:24

Dans le courant de décembre, les Loges ont coutume de procéder à l'installation solennelle des Officiers élus pour le prochain exercice. Ce n'est parfois qu'une simple formalité rituélique, pour laquelle on croit devoir perdre le moins de temps possible.

Comme il nous a été demandé de formuler à ce sujet notre avis, nous croyons devoir répondre ici d'une manière plus étendue que ne le comporterait la rubrique : Questions et Réponses.

Avant tout, nous estimons que l'installation des Officiers ne doit être écourtée sous aucun prétexte. Ce n'est pas que nous tenions à la pompe du cérémonial, qui n'a qu'une importance très secondaire, mais il est bon, qu'une fois par an, les devoirs spéciaux des différents Officiers d'une Loge soient nettement formulés, pour la gouverne des intéressés, en même temps que pour l'instruction de tous les autres FF:.

Parmi les Maîtres, tous égaux, il en est choisi un, chaque année, pour prendre la direction des travaux et représenter la collectivité des ouvriers ou membres de l'Atelier. Afin de le distinguer des autres Maîtres, il est appelé Vénérable Maître
, ou, par abréviation, simplement Vénérable. Au XVIIIème siècle, il fut communément désigné comme Maître de la Loge et parfois comme Grand-Maître. Dans certains pays, on dit encore : Maître en chaire, par allusion à la chaire présidentielle.

Seul, il avait jadis le privilège de rester couvert pendant les travaux, pour indiquer que tous les assistants lui doivent le respect, en raison de sa fonction. – La Chambre
du Milieu étant une réunion de Vénérables Maîtres, on comprend dès lors que nul n'y soit découvert.

Rien ne doit se faire dans une Loge sans la permission expresse du premier Officier, qui doit veiller en toutes choses au maintien de l'ordre et de la bonne harmonie.
C'est lui qui donne le signal de l'ouverture et de la fermeture des travaux ; il préside aux actes rituéliques et dirige les discussions, en les empêchant de s'égarer, de se passionner ou de dégénérer en colloques. Au cours des travaux, nul visiteur ne peut être introduit sans son consentement, car il a le pouvoir d'interdire l'entrée du Temple à un F:. dont la présence troublerait l'harmonie intérieure de la Loge .
)
.
Rétablir cette harmonie
précieuse si elle a été troublée, la maintenir ensuite et la rendre de plus en plus parfaite, telle est, au fond, toute la mission du Vénérable. Il remplira tout naturellement l'ensemble de ses autres fonctions, en recherchant toujours et partout l'harmonie. Il représente, au sein de la Loge, le principe harmonisateur, qui vise à la synthèse, à la concordance de toutes les énergies.

Ce n'est pas en vain qu'il est décoré de l'équerre, en laquelle deux contraires s'associent (horizontale et verticale, passif et actif, etc.), car il est appelé à concilier tous les antagonismes par son équité. Il doit savoir calmer les impatients, tout en stimulant les engourdis : de tous, il lui appartient d'obtenir le maximum de rendement ; aussi doit-il faire travailler autrui et se réserver à lui-même un rôle de direction.

Exerçant le commandement au nom de tous, un président d'Atelier est tenu de s'inspirer
du sentiment général. Il remplirait mal sa fonction, s'il ne faisait pas abstraction de sa propre personnalité : il n'est plus lui-même, en tant que Maître de la Loge. Celle-ci est une entité morale ou psychique exerçant son influence sur chacun de ses membres, mais avec une intensité particulière sur le chef chargé de traduire la volonté collective. Pour mériter d'être obéi, ce chef doit être l'interprète de ce qui plane au-dessus de lui, c'est-à-dire de cet ensemble de hautes pensées et de nobles aspirations constitutives de l'esprit de la Loge. Il est à la fois Prêtre et Roi, comme l'entendraient les adeptes du Grand Art, autant sacerdotal que royal.

Un seul commande dans une Loge, car aucune harmonie ne serait possible sans unité de commandement ; mais trois dirigent le travail d'un Atelier. – Bien que ce principe soit très catégoriquement formulé dans les rituels, il n'en est guère tenu compte dans la pratique. Les deux Surveillants n'ont, en effet, dans nos Loges, qu'un rôle très effacé. Or, ils devraient contribuer d'une manière très effective au bon fonctionnement de l'organisme dont ils sont eux-mêmes des organes essentiels.

Le Premier Surveillant, qui a pour insigne le niveau, est dans l'Atelier une sorte de contre-maître, chargé de contrôler l'assiduité au travail. Il a pour mission de rappeler chacun à l'observation d'une discipline strictement égale pour tous. Sa place est à l'Occident, donc dans la région qui correspond à la matérialité, au positivisme, par opposition à l'Orient, domaine surélevé, d'où les choses se voient de haut, à un point de vue
avant tout idéal. Pour que le Vénérable puisse diriger du fond de l'Orient, en faisant abstraction de détails pratiques d'importance secondaire, il faut qu'il soit activement secondé par un bon Premier Surveillant, sévère aux retardataires et soucieux de s'informer des causes d'absence de FF:. manquant aux travaux sans s'être excusés.
Etre intransigeant sur la discipline et infatigable dans la stimulation constante du zèle de chacun, tel est le programme que doit s'assigner le Maître en second de la Loge. Ses remontrances, qu'il ne ménagera jamais au moindre écart contre le bon fonctionnement des travaux, seront toujours fraternelles, mais fermes, et, comme elles s'adresseront indistinctement à tous ceux qui mériteront d'être rappelés à l'ordre, nul ne pourra s'en formaliser. Tout vrai Maçon saura s'incliner devant l'autorité du Niveau .

Il appartient, du reste, au Deuxième Surveillant de faire accepter la rigueur inflexible de son collègue. Si celui-ci réprimande, il est, lui, en effet, chargé d'enseigner. Il tient la perpendiculaire ou le fil à plomb, pour faire comprendre, surtout au jeunes Apprentis, qu'ils doivent approfondir et ne pas s'arrêter aux extériorités qui ont pu les déconcerter ou même les choquer. Bien des déceptions seraient épargnées à des néophytes intelligents, si un Maître expérimenté se faisait leur professeur en Maçonnerie, en leur disant la première lettre du mot sacré, afin de les mettre à même de découvrir la seconde, et ainsi de suite, comme l'indique le rituel. Mais si aucun enseignement initiatique n'est donné individuellement, l'ignorance envahira le sanctuaire, pour porter un jour au Maître négligent le premier des trois coups auxquels il succombera, en grande partie par sa propre faute !

Ayons donc dans nos Loges des Surveillants choisis parmi les FF:. les plus zélés et les plus instruits. En remplissant scrupuleusement leur office, ils contribueront plus que personne à la grandeur et à la vraie puissance de la Franc-Maçonnerie.

L'Orateur représente au sein de la Loge l'universalité de la Franc-Maçonnerie, dont il doit connaître les usages et les lois. En rappelant la Loge à l'observation des règles communes à toutes les Loges, il personnifie la conscience de l'Atelier. Placé sous le Soleil,
il formule son avis en s'inspirant de la logique, plutôt que des textes écrits. Ceux-ci n'ont rien d'absolu et demandent à être appliqués judicieusement, dans leur esprit, et non selon les étroitesses de la lettre. La raison limpide, lumineuse et convaincante sera toujours la loi suprême de la Franc-Maçonnerie ; il appartient à l'Orateur d'une Loge de s'en faire le fidèle interprète.
Il a le devoir de s'opposer à tout ce qu'il estime contraire à cette loi ; il exerce ainsi un droit de veto, sanction du contrôle qu'il a mission d'exercer. Ceux qui dirigent doivent prendre son avis et en tenir compte pour tout ce qui s'accomplit en Loge.

Comme l'Orateur, le Secrétaire contribue à éclairer la Loge, car il en représente la mémoire. Toute décision prise doit être non seulement consignée par lui, mais rappelée en temps opportun, en vue d'exécution. Grâce à son enregistrement, rien ne sera oublié : les FF:. chargés d'un travail seront invités à le fournir dans les délais fixés, et l'Atelier lui-même ne négligera rien de ce qui lui incombe.

Le Trésorier remplit des fonctions qui n'ont rien de symbolique
. Il n'y a donc pas lieu de s'arrèter ici aux devoirs de cet Officier, les règlements maçonniques étant d'une suffisante minutie à cet égard.

On peut en dire autant de l'Hospitalier, à qui cependant il n'est peut-être pas superflu de recommander de ne jamais rien laisser sortir de sa caisse, à moins que ce ne soit pour une œuvre de bienfaisance nettement caractérisée.

Le F:. Expert
est armé du glaive qui écarte les profanes. C'est lui qui se transporte auprès des visiteurs pour les examiner. Afin d'être à même de les interroger avec fruit, il doit être soigneusement instruit de tout ce qui se rapporte aux traditions maçonniques.
Lors des initiations ou aug:. de sal:., le F:. Expert prépare les récipiendaires et s'efforce de les mettre en un état d'esprit
leur permettant de se soumettre utilement aux épreuves qu'ils sont appelés à subir. Cette préparation, trop souvent négligée, est d'une extrême importance. Sans elle, nos cérémonies tournent au grotesque. Une Loge ne saurait donc apporter trop de soin dans le choix de son F:. Expert, et celui-ci ne doit rien négliger pour se mettre à la hauteur de ses très délicates fonctions.

Le Maître des Cérémonies est chargé d'assigner à chacun sa place. C'est à lui que le F:. Expert confie les visiteurs qui ont satisfait au tuilage. Le Maître des cérémonies présente ces FF:. en Loge, en annonçant leurs noms et qualités maçonniques. Il les conduit a l'Orient, s'il y a lieu, ou leur fait prendre place sur les colonnes.
A cet Officier incombe, en outre, l'organisation des agapes
et des banquets. C'est lui alors qui reçoit les convives et fait les présentations nécessaires.

Il reste le F:.
Couvreur, qui devrait veiller extérieurenuent à la sécurité des travaux et avertir le F:. Expert de l'approche de FF:. visiteurs. Dans la pratique, un F:. Servant se charge ordinairement de cette mission, le F:. Couvreur prenant alors place à l'intérieur du Temple, auprès du Premier Surveillant. Il s'y transforme, en réalité, en Diacre, chargé de circuler dans la Loge, en portant les messages du Premier Surveillant au Vénérable ou de celui-ci aux autres Officiers de l'Atelier.
En raison de la modestie de ce poste, il devrait être entendu que nul ne peut prétendre à une autre dignité, avant de s'être consciencieusement acquitté pendant un an au moins des fonctions de F:. Couvreur
.

source : www.boutiquefs.com

Par Oswald Wirth - Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 07:17

Les Travaux seront toujours ouverts uhe heure précise après celle indiquée dans les lettres de convocation.

Le vénérable et l'ex-vénérable se placeront à l'orient.

La colonne du midi sera composée de l'orateur, de l'orateur-adjoint, du trésorier, de l'architecte, du premier expert
du maître-d'hôtel, de la moitié des maîtres, par leur rang d'ancienneté dans la loge, et des compagnons ; elle sera fermée par le.premier surveillant.

Le secrétaire, le secrétaire-adjoint, le garde-des sceaux, l'hospitalier, le garde des archives, le deuxième expert, la moitié des maîtres, et les apprentis formeront la colonne du nord ; elle sera fermée par le second surveillant.

L'orateur, le trésorier et l'architecte auront une table devant eux.

Le secrétaire, le garde des sceaux et l'hospitalier en auront aussi une.

Le maître des cérémonies sera placé devant une table entre les deux surveillants, un peu au-dessus d'eux.

Le frère couvreur se placera sur son siège auprès de la porte dans l'intérieur de la loge.

Il aura toujours le glaive
en main.

Les servants seront toujours dans la salle des pas perdus ; dont ils ne pourront s'absenter tous ensemble, sous quelque prétexte que ce soit.

Le vénérable présidera la loge ; en son absence, elle sera présidée par le premier surveillant, et à son défaut, par le second.

L'orateur, le secrétaire et le trésorier ne tiendront jamais les maillets, à moins qu'il y ait nécessité absolue.

Le premier expert r
emplacera toujours le second surveillant ; il tiendra le second maillet,quand il sera vacant, et présidera en l'absence du vénérable et des deux surveillants.

Le tableau de tous les membres de la loge sera encadré et placé du côté du nord, au-dessus du secrétaire.

Tous les frères seront revêtus des habits de l'ordre.

Tous les officiers seront décorés des bijoux de leur charge.

On n'admettra à l'ouverture aucun visiteur, quand même il serait connu.

Dès que le vénérable aura annoncé l'ouverture des travaux, le plus grand silence règnera dans l'assemblée.

Dès cet instant, on ne pourra plus parler sans en avoir demandé et obtenu la permission.

Les surveillants la demanderont, en frappant un coup de maillet.

L'orateur, le secrétaire et les frères placés à l'orient, s'adresseront au vénérable pour obtenir la permission de parler ; pour cela, ils se lèveront, se mettront à l'ordre et tendront la main.

Les frères placés sur les colonnes se lèveront, se mettront à l'ordre, et tendront la main vers le surveillant de leur colonne.

Le vénérable fera les demandes ordinaires pour l'ouverture des Travaux, et fera ensuite à plusieurs membres diverses questions relatives aux principes de l'ordre.

Lorsqu'un frère interrogé ne sera pas assez instruit pour répondre, il priera le surveillant de sa colonne de l'éclairer, et celui-ci satisfera à la demande du vénérable.

Après l'ouverture des Travaux, le secrétaire fera lecture de la rédaction de la planche tracée dans la dernière assemblée.

Pendant la lecture de la rédaction, l'orateur vérifiera si elle est conforme à l'esquisse.

La lecture finie, le vénérable demandera si l'on n'a point d'observations à faire sur la rédaction.

S'il n'y a point d'observations, on applaudira à la rédaction, et elle sera signée par le vénérable, les deux surveillants, l'orateur et le secrétaire.

Après la lecture de la planche des derniers Travaux et sa sanction en la manière usitée, le secrétaire remettra au vénérable la note des objets dont la loge devra s'occuper et les paquets de la correspondance.

Il remettra aussi au maître des cérémones une feuille de présence, pour la faire signer à tous les membres présents.

Le vénérable ordonnera au maîtres des cérémonies de se transporter dans la salle des pas perdus, pour voir s'il y a quelques visiteurs.

Il en prendra les noms, les qualités maçonniques, les titres de leurs loges et leurs certificats, s'ils en ont.

Il rentrera dans la loge, demandera la parole au premier surveillant, et après l'avoir obtenue, il rendra compte de sa mission.

Le vénérable enverra un ou deux experts reconnaître les visiteurs.

Les experts les tuileront exactement et leur demanderont s'ils ont les mots de semestre.

Les experts rentreront, demanderont la parole au premier surveillant, et après l'avoir obtenue, ils rendront compte de leur mission.

Lorsqu'un visiteur qui n'aura pas le mot de semestre, présentera un certificat, la loge, avant de l'introduire, examinera s'il a pu assister aux Travaux de la loge dont il est membre ; si c'est par sa négligence qu'il a été privé de recevoir ce mot, il ne sera point admis ; mais, s'il a été dans l'impossibilité de se présenter à sa loge, il sera introduit après qu'on aura vérifié sa signature sur celle de son certificat.

Il en sera de même d'un frère ancien membre d'une loge régulière qui ne subsistera plus. La loge s'assurera si ce frère a eu le temps de se faire agréger à une autre loge. Si le frère n'a pas eu le temps de se faire agréger, il sera introduit, pourvu qu'il ait un certificat, ou qu'il soit parfaitement connu ; mais on lui fera promettre de s'affilier incessamment à une loge régulière.

Les visiteurs seront ensuite introduits ; ceux à qui il ne sera pas dû d'honneurs, les premiers ; ceux à qui il sera dû les plus grands honneurs, les derniers.

Aucun visiteur ne sera introduit s'il n'est revêtu de l'habit de l'ordre.

Tout visiteur ou membre de la loge, lorsqu'il sera introduit, restera entre les deux surveillants, et attendra que le vénérable lui dise de prendre place.

Les visiteurs à qui il ne sera point dû d'honneurs seront conduits par le maître des cérémonies, qui les fera placer sur les colonnes au-dessous des officiers de la loge.
Des Travaux en Loge
Lorsqu'il sera dû des honneurs à un visiteur, le vénérable nommera des frères pour l'introduire et le conduire à l'orient.

Après leur introduction, le vénérable mettra en délibération le premier objet dont la loge devra s'occcuper et demandera l'avis des frères.

Tout frère qui voudra dire son avis en demandera la permission et sera à l'ordre tant qu'il parlera ; mais si le vénérable ou un des surveillants fait entendre son maillet,
il attendra que le vénérable lui ordonne de continuer.

On ne pourra obtenir plus de deux fois la parole, sur le même objet. Mais le vénérable pourra ordonner au frère qui aura déjà parlé de s'expliquer davantage.

Lorsque les observations seront terminées, l'orateur fera le résumé des différents avis et discutera l'affaire.

On pourra faire ensuite de nouvelles observations. Lorsqu'elles seront finies, ou si l'on n'en fait point, l'orateur donnera ses conclusions, qui seront toujours portées sur la planche : les conclusions seront simples et claires.

Lorsque les conclusions seront données, on ne pourra plus faire d'observations.

Si l'affaire est simple, on pourra voter en levant la main ; mais quelle que soit l'affaire, si un frère demande le scrutin, le vénérable ne pourra le refuser.

Pour ce, le premier expert donnera à tous les frères une boule blanche et une noire.

La boule blanche sera toujours pour l'adoption des conclusions, et la boule noire pour le rejet, quelles que soient les conclusions de l'orateur.

Le scrutin délivré, le premier expert le recueillera dans une boîte couverte de manière que l'on ne puisse voir quel est l'avis d'un frère, le scrutin devant toujours être secret.

Le second expert recueillera, dans une boîte également couverte, la boule que chaque frère aura gardée.

La boîte du scrutin sera remise au vénérable, qui l'ouvrira en présence de l'orateur, comptera les boules, et annoncera le nombre des blanches et des noires. La pluralité formera la décision.

Si les boules sont égales, le vénérable aura la voix prépondérante. La décision sera portée sur la planche.

Toutes les décisions seront définitives, quand la loge sera garnie de sept membres, ce nombre étant suffisant pour rendre une loge complète. Mais quand l'assemblée ne sera pas composée de sept membres, la décision ne sera que provisoire et ne pourra être exécutée que lorsqu'elle aura été confirmée dans une autre assemblée.

Dans chaque assemblée, il sera passé sur les deux colonnes un sac dans lequel chacun des frères mettra la main et sera libre de jeter par écrit, toute proposition qu'il jugera convenable pour le bien de la loge. Ce sac sera présenté par un expert.

Le sac des propositions sera porté sur le champ au vénérable, qui fera la lecture de tous les bulletins.

Lorsque les propositions mériteront d'être prises en considération, elles seront portées sur l'esquisse, afin que la loge puisse s'en occuper dans une autre assemblée.

Pendant tous les Travaux on ne pourra ni quitter sa place, ni marcher dans la loge sans permission.

Cependant un frère qui voudra sortir pour quelque temps, pourra aller doucement en demander la permission au surveillant de sa colonne.

Un frère qui voudra quitter les Travaux, priera le vénérable de lui permettre de se retirer.

Il ne sera jamais permis de parler bas.

On obéira avec la plus grande docilité aux ordres du vénérable.

Les règlements seront toujours suivis à la lettre.

Il ne sera jamais permis de s'occuper en loge d'objets étrangers à la maçonnerie.

Ou ne pourra jamais dénoncer en loge un maçon pour des fautes graves, ni pour des objets qui intéresseront son honneur.

Tout frère qui troublera la loge en manquant aux règlements prescrits pour sa tranquillité, sera amendé sur-le-champ.

L'amende sera mise dans le tronc des pauvres.

Les amendes étant destinées à soulager l'infortune, le vénérable ne pourra user de trop d'indulgence
, et tout frère paiera l'amende sans réclamation.

L'amende ne pourra être au-dessous de la somme de...... et passer celle de......

Dans chaque assemblée, l'hospitalier fera une quête pour les pauvres. Le tronc pour la quête sera fait de manière que l'on ne puisse voir ce qu'on y met.

La quête sera présentée au frère orateur, qui la comptera en présence du frère hospitalier et en annoncera le montant. Le secrétaire le portera sur la planche.

Lorsque le vénérable voudra fermer les Travaux, il demandera si quelque frère n'a point d'observations à faire, pour le bien de l'ordre et de la loge.

Le secrétaire fera ensuite la lecture de l'esquisse des Travaux, et le vénérable demandera encore si l'on n'a point d'observations à faire ; si l'on garde le silence on applaudira, et cette esquisse sera signée par le vénérable et l'orateur.

Après la lecture de la planche, le vénérable ordonnera de payer les ouvriers, ce qui sera fait ; mais le salaire ne sera accordé qu'à ceux qui auront signé la feuille de présence.

Les ouvriers étant payés, le vénérable expliquera les emblèmes pour l'introduction des nouveaux initiés et fermera la loge.

source : www.boutiquefs.com

Par E. F. Bazot - Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 07:15

Les Surveillants auront, après le vénérable, l'autorité maçonnique sur toute la loge.

Ils annonceront chacun à sa colonne les travaux proposés par le vénérable ; ils l'avertiront de tout ce qui se passera, soit dans l'intérieur, soit à l'extérieur de la loge ; ils veilleront particulièrement à ce que les frères de leurs colonnes observent le plus profond silence, soient à l'ordre, et travaillent avec régularité, décence et uniformité.

Lorsqu'un frère leur demandera la permission de parler, ils avertiront le vénérable, qui seul aura le droit de l'accorder ; s'il parle sans permission, ils lui imposeront silence.

Les Surveillants n'accorderont la permission de sortir de la loge, que lorsque les frères qui la leur demanderont, seront dans l'intention de rentrer avant la clôture des travaux, sinon
ils avertiront le vénérable, qui seul pourra accorder la permission de se retirer.

Toutes les fois que les Surveillants seront obligés de sortir, ils ne pourront le faire qu'après avoir demandé et obtenu la permission de se faire remplacer.

Les Surveillants en fonction ne pourront être repris que par le vénérable, aucun frère ne pourra les accuser.

Lorsqu'un Surveillant sera introduit les travaux étant ouverts, tous les frères se tiendront debout et à l'ordre, jusqu'à ce que le vénérable lui ait ordonné de prendre sa place.

Source : www.boutiquefs.com

Par E. F. Bazot - Publié dans : histoire de la FM
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 20:24

C'est un problème relativement complexe parce que nous pouvons l'envisager sous différents aspects complémentaires. D'abord celui essentiel, de la présence ou non de la Bible, ou, plus généralement, du Volume de la Loi Sacrée (vLs) dans l'Atelier, ensuite le rôle qu'elle joue ou ne joue pas dans le « lieu » maçonnique, en tant que « lumière » ou que « meuble ». S'ajoute la part de la Bible dans la trame du récit maçonnique qui présente la particularité qu'elle partage avec le compagnonnage de compléter un fond scripturaire, essentiellement vétérotestamentaire, par toute une série de légendes parabibliques qui développent le récit pour en tirer une leçon symbolique ou morale ; enfin, l'extraordinaire variété des « mots » correspondant à chaque grade, mots de passe, mots sacrés, « grandes paroles » dont bien des rites - et tout particulièrement le rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) en ses trente-trois degrés - ne sont pas avares.

Quelques remarques préliminaires tout d'abord. Nous serons sans doute incomplet, mais nous privilégierons les rites que nous connaissons bien et particulièrement ceux que nous avons pratiqués, régulièrement ou occasionnellement, car, à notre sens, la Maçonnerie, pour être vraiment comprise, doit être vécue spirituellement et affectivement, et elle n'est pas seulement synonyme de connaissance. Aussi notre commentaire sera-t-il essentiellement fondé sur les trois rites principaux pratiqués en France : le Rite français, le REAA, le Rite Ecossais Rectifié, car nous ne connaissons les rites anglais que par des textes que nous nous sommes plus ou moins régulièrement (nous en convenons volontiers !) procurés. D'autre part, à notre grand regret, nous n'avons pu, pour des raisons essentiellement linguistiques, utiliser les rituels allemands ou suédois. Quant aux rites pratiqués dans les pays latins, ils n'offrent pas grande originalité par rapport à ceux que nous connaissons déjà.

Autre observation. Il sagit de « rites » et non d'« obédiences ». Par conséquent, nous ne tenons aucun compte des « exclusives », « excommunications » ou affirmations d'irrégularité. D'ailleurs, le Rite français, tel qu'il est pratiqué au Grand-Orient ou le REAA à la Grande Loge sont-ils si différents des rites du même nom utilisés à la Grande Loge Nationale française ? Non, sans doute, car leurs sources sont communes. Nous avons même (horresco referens) fait quelques allusions à la « Maçonnerie d'Adoption » qui s'est maintenue jusqu'au milieu du XIXe siècle, la Maçonnerie féminine actuelle s'étant contentée d'aménager - fort intelligemment d'ailleurs - les textes masculins du REAA ou du Rite français.

Notons aussi que le Schibboleth de la régularité, aux yeux de la Grande Loge Unie d'Angleterre, n'est pas la Bible stricto sensu, mais le VLS, c'est-à-dire tout livre de base à caractère religieux et la croyance dans le Grand Architecte et à Sa Volonté révélée. Or, si la Maçonnerie a, depuis les Constitutions d'Anderson de 1723, la prétention, par ailleurs quelque peu justifiée, d'être le « centre de l'Union » et de regrouper « des hommes de bien et loyaux ou des hommes d'honneur » et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les « distinguer », elle n'en est pas moins le résultat d'un héritage, d'une tradition et de circonstances historiques qui lui ont donné une structure mentale et un équipement intellectuel chrétien, essentiellement réformé au départ, plus oecuménique par la suite. Il existe - et nous n'avons pas à la traiter - une Maçonnerie « sans Bible ».

Effectivement, partout où la Bible n'est pas la nourriture quotidienne des Frères, elle s'estompe ou disparaît, au profit du « livre de la Constitution » en Belgique et en France - évolution qui n'est nullement incompatible avec la croyance au Grand Architecte ainsi que le montre l'histoire du Rite français de 1787 à 1878 Où on prêtait serment devant le Grand Architecte ainsi sur le « Livre de la Loi ». En Israël, c'est évidemment la Tora, sans le Nouveau Testament, ailleurs, le Coran, l'Avesta, Confucius. Le REAA précise, en plus de la Bible, les Védas, le Thipitaka, le Koran, le Zend Avesta, le Tao Teh King et les quatre livres de Koung Fou Tsen. A la loge (anglaise) de Singapour, les Frères possèdent une douzaine de livres sacrés. Et le F. Rudyard Kipling exprime parfaitement cet oecuménisme : « Chacun de nous parlait du Dieu qu'il connaissait le mieux ». Mais où commence et finit le sacré ? Pourquoi pas les Pensées du président Maô ? On peut d'ailleurs se demander si la pratique de religions comme le confucianisme est en harmonie avec le concept de « Volonté Révélée » telle que la conçoivent les religions monothéistes de l'Europe ou du Moyen-Orient.

Enfin, nous faisons, ou nous essayons de faire un travail d'historien. Ce qui signifie que nous aurons soin de distinguer ce qui est historique, ce qui est biblique et, par rapport à la Bible et à l'histoire, ce qui est pure légende, en précisant bien que, pour aucun Maçon, la légende n'est ce qu'est la tradition dans la dogmatique catholique, c'est-à-dire quelque chose qui prend valeur doctrinale. D'autre part, il ne nous appartient pas davantage de faire l'exégèse de ce qui est d'inspiration biblique et a fortiori des textes utilisés. Encore moins, de pratiquer les méthodes allégoriques, typologiques ou anagogiques chères aux Pères de l'Eglise et aux dialecticiens du Moyen Age et dont on trouve de nombreuses traces dans les « Old Charges » (les vieux devoirs) qui réglaient la Maçonnerie opérative. Pour nous, le Temple de Salomon est un édifice construit par un Roi d'Israêl à la gloire de Yahwe et nous n'avons pas à nous demander s'il préfigure l'Eglise ou le Christ. Ce qui paraitra peut-être simpliste à quelques-uns, mais nous ne croyons pas à la vertu du mélange des genres.

Analysons d'abord notre premier point : la Bible, « instrument » en loge, sur laquelle on prête serment. Il n'est pas besoin de faire preuve de vaste érudition pour constater que la Maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs, très liée au monde clérical au moins par la construction des cathédrales, était - comme d'ailleurs l'ensemble des corps de métiers - des « guildes d'artisans », des « compagnies » diverses - d'inspiration chrétienne, catholique en Angleterre jusqu'à la Réforme, anglicane ou réformée par la suite. En France, Italie, Espagne, ils sont restés fidèles à l'Eglise romaine jusqu'à leur disparition naturelle ou leur suppression révolutionnaire. Avec parfois la doublure d'une confrérie professionnelle, le plus souvent distincte des confréries de pénitents. Es étaient placés sous l'invocation des saints protecteurs de la profession, et, pour les « gens du bâtiment », très particulièrement les « Quatre Martyrs Couronnés » (fluatuor Coronati) que l'on rencontre en Angleterre, mais aussi en Italie (Rome) et en France (Dijon). De plus, il ne semble pas qu'à l'inverse des compagnonnages, toujours suspects à l'Eglise et au pouvoir civil, ces « corps » aient, si peu que ce soit, rompu avec l'orthodoxie. Mais revenons à l'Angleterre.

Il est difficile d'affirmer que la Bible figurât dans le « matériel » des loges opératives anglaises avant la Réforme, au moins d'après ce que nous permettent de saisir les « Old Charges ». Par contre, nous savons qu'on y prêtait serment, ce qui n'a rien d'original, puisque le « métier juré » était un peu partout la règle. Le fait est que les premiers documents - le Regius (c. 1370) et le Cooke (c. 1420) - sont parfaitement silencieux. Aussi aucune hypothèse n'est à exclure : la Bible lorsqu'on pouvait s'en procurer une, ce qui, avant le développement de l'imprimerie n'était peut-étre pas si aisé, le « livre » des statuts et règlements corporatifs, des reliques comme c'est si souvent le cas en France ? De toute façon, le serment avait un caractère religieux qu'il a conservé - sauf dans la Maçonnerie « sécularisée ».

Les documents plus récents, mais aussi postérieurs à la Réforme, sont plus explicites et le serment sur la Bible est, le plus souvent, affirmé par le « Grand Loge Manuscript », n° 1 (1573), le n° 2 (1650), le « Manuscrit d'Edimbourg » (c. 1696) : « On leur fait prendre la Bible et prêter serment », le « Crawley » (c. 1700) où le postulant jure sur le livre saint par « Dieu et saint Jean », le « Sloane » de la même époque, à propos duquel le doute reste cependant permis, le « Dumfries n° 4 » (c. 1710). On peut donc admettre que, depuis la Réforme, le serment sur la Bible était devenu la règle, ce qui faisait dire à l'historien français A. Lantoine que c'était là un « landmark de contrebande huguenote », mot amusant, mais indiscutablement exagéré. Cette constatation ne doit pas nous faire perdre de vue la parfaite orthodoxie catholique d'abord, anglicane ensuite, des « Old Charges ». Sur ce plan, le texte le plus caractéristique est sans doute le « Dumfries n° 4 » (c. 1710), découvert dans les archives de la Loge de cette petite ville, située en Ecosse, mais aux confins de l'Angleterre. L'auteur donne du Temple de Jérusalem l'interprétation chrétienne et symbolique traditionnelle et sinspire à la fois de Bède le Vénérable et de John Bunyan. Les prières sont strictement « nicéennes ». Les « obligations » exigent la fidélité à Dieu, à la Sainte Eglise catholique (c'est-à-dire anglicane dans le sens du Prayers Book) en même temps qu'au Roi. Les échelons de l'Echelle de Jacob évoquent la Trinité et les douze Apôtres, la mer d'Airain est le sang du Christ, les douze bœufs, les disciples, le Temple, le fils de Dieu et l'Eglise ; La colonne jakin désigne Israël, la colonne Boaz l'Eglise avec une pointe d'anti-judaïsme chrétien. On lit avec surprise : « Qu'elle fut la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple - Dieu fut homme et un homme fut Dieu. Marie fut mère et pourtant vierge. Tout ce symbolisme traditionnel et la « typologie » chrétienne, admise jusqu'au développement de l'exégèse moderne, se retrouventdans ce rituel. Catholicisme romain, affirme Paul Naudon. Certainement pas - ou mieux, certainement plus - car on peut penser qu'il s'agit là du remaniement d'un texte plus ancien. Les citations bibliques sont empruntées à la « Version Autorisée » du roi Jacques, ce qui témoigne de l'orthodoxie anglicane du temps de la pieuse reine Anne.

Si la Maçonnerie était restée fidèle à cette orthodoxie, elle n'eût pu avoir de prétentions à l'Universalisme. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est régulièrement produit chaque fois que l'on a voulu rattacher plus strictement le rituel maçonnique à une confession. Le Rite suédois, d'essence luthérienne, n'a pas débordé de son pays d'origine. Le Rite Ecossais Rectifié, de tonalité nettement chrétienne, a vu son expansion limitée.

Par contre, le REAA, les rites agnostiques, les rites anglo-saxons « déconfessionnalisés » sont susceptibles d'un développement infini. C'est donc le grand mérite d'Anderson et des créateurs de la Grande Loge de Londres d'avoir parfaitement compris le problème. Les Constitutions de 1723 ont permis cet élargissement, bien dans la ligne d'une Angleterre déjà orientée vers les flots.

Donc, en pays chrétien, la Bible était et est restée le VLS, les témoignages du XVIIIe siècle sont à peu près unanimes et les choses n'ont guère changé. En pays anglo-saxon, elle est la première « lumière symbolique », l'Equerre et le Compas étant les deux autres. Au rite Emulation actuel, la Bible doit être ouverte sur le plateau du Vénérable, orientée en tel sens que le dignitaire puisse la lire et recouverte par l'équerre et le compas. La page à laquelle le livre n'est pas ouvert n'est pas indiquée, mais il est de tradition - et de bon ton - de l'ouvrir à l'Ancien Testament lorsque l'on initie un israélite. Aux Etats-Unis, la Bible est généralement déposée sur un autel particulier au milieu du Temple.

Au REAA, la Bible est présente, ouverte pendant les travaux et placée sur l'« autel des serments » installé au pied des marches conduisant à l'Orient et qui est recouvert d'une étoffe bleue bordée de rouge (les couleurs de l'Ordre). Il peut être ouvert à tout endroit ; on l'ouvre de préférence à Il Chroniques 2.5 et à I Rois 6.7 Où il est question de la construction du « Temple de Salomon ».

En France, la Bible a connu des sorts différents. Les documents les plus anciens que nous possédions témoignent d'une grande religiosité, d'orientation quelque peu janséniste, et nous savons, par les textes d'origine policière, que la Bible était ouverte au premier chapitre de l'Evangile de Jean. Tradition qui s'est parfaitement conservée au Rite Rectifié, d'inspiration nettement plus chrétienne. Mais, en pays catholique, la Bible n'est pas, comme en Angleterre, la nourriture spirituelle de la majorité des citoyens, d'autant mieux que le concile de Trente en avait limité les possibilités de lecture pour les simples fidèles. Aussi, tout en conservant une expression religieuse sous la forme du Grand Architecte, qui ne sera remise en question qu'en 1877, la Maçonnerie française, dans son expression majoritaire, la Grande Loge, puis le Grand-Orient, vit disparaître lentement le livre de l'« outillage des Loges » dès le milieu du siècle. Lorsque, dans les textes d'unification du Rite français de 1785 - 1786, le « Livre des Constitutions » prit place, à côté de l'équerre et du compas, sur le plateau du Vénérable, il n'y eut aucune protestation et meme les Anglais ne s'en formalisèrent pas.

Sauf dans les rites totalement sécularisés - comme l'actuel Rite français - les serments qui accompagnent l'initiation et les « augmentations de salaire » sont prêtés sur le VLS. Ce qui, en 1738, irritait fort le pape Clément XII qui, dans la célèbre bulle d'excommunication In Eminenti, parle du « serment strict prêté sur la Sainte Bible ». Il est bien évident que, pour le monde anglo-saxon, un serment n'a de valeur que tout autant qu'il a une portée religieuse, attitude que l'on retrouve dansles tribunaux ou lors de l'« inauguration » d'un Président américain.

Il n'y a pas eu de gros changements en trois siècles : le « Colne Manuscript n° 1 » précise la forme du serment : « L'un des plus anciens, prenant la Bible, la tiendra présentée, de telle sorte que celui ou ceux qui doivent être faits maçons puissent poser et laisser étendue leur main droite sur elle. La formule du serment sera ensuite lue. » Au Rite Emulation actuel, le candidat est agenouillé et place sa main droite sur le Volume de la Loi Sacrée, tandis que sa main gauche tient un compas dont une des pointes est dirigée contre le sein gauche mis à nu. Lors du prononcé de l'obligation, le Vénérable, de sa main gauche, tiendra le Volume en précisant que la promesse est faite « sur ceci ». Au Rite Ecossais Rectifié - qui a conservé quelque chose de la tradition chevaleresque de la Maçonnerie française des Lumières, parfaitement absente en pays anglo-saxon - le candidat pose sa main sur l'épée nue du Vénérable posée sur la Bible ouverte au premier chapitre de saint Jean. La promesse est faite sur « le Saint Evangile ». Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, le postulant place sa main droite sur les « trois grandes lumières » qui sont sur « l'Autel des Serments, Volume de la Loi Sacrée, Equerre et Compas », tandis que le Grand Expert met une pointe de compas sur son coeur et, « sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers », le postulant « jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie ».

En France, dans les années 1745, d'après le Secret des Francs-Maçons de l'abbé Pérau, le postulant s'agenouillait, le genou droit découvert, la gorge mise à nu, un compas sur la mamelle gauche et la main droite sur l'Evangile, « en présence du Dieu tout-puissant et de cette société ». A noter que le Rite français de 1785 prescrit le serment « sur les statuts généraux de l'Ordre, sur ce glaive symbole de l'honneur et devant le Grand Architecte de l'Univers (qui est Dieu) ».

Comment la Bible est-elle utilisée en maçonnerie ?

On la trouve d'abord dans l'histoire ou dans la pseudo-histoire de l'ordre - ou du métier de constructeur - qui s'est transmise, en s'affirmant, du XIIIe siècle (et même sans doute auparavant) à nos jours. Ensuite par l'existence de “ légendes ” rattachées à la trame historique biblique, enfin par les “ mots ”. Mais le “ biblisme ” n'est pas seul en cause. Au XVIIIe siècle, il interfère avec la Kabbale que l'on connaissait assez bien depuis la Renaissance, l'alchimie la plus traditionnelle, une tradition d'ésotérisme chrétien qui pouvait remonter au Moyen Age, les légendes chevaleresques imaginées par Ramsay et templières introduites par Hund, la théosophie de Mertinès de Pasquallis et de Claude de Saint-Martin.

Au Moyen Age

Le récit légendaire - c'est-à-dire les “ antiquités ” de l'Ordre - s'est développé à travers les “ Old Charges ” jusqu'à Anderson qui lui a donné sa forme définitive. Le manuscrit “ Regius ” se contente d'Euclide (ce qui prouve qu'il a été rédigé par un clerc) et du roi saxon Athelstan. Le “ Cooke ” est plus complet, fait intervenir l'Ancien Testament, et lui seul, à grands coups d'expressions empruntées à Isidore de Séville ou à Bède le Vénérable et évoque une succession Adam, Enoch, Tubal Caïn, le Déluge, Noé, La Tour de Babel, Abraham (qui apprit la géométrie à Euclide !), David, Salomon. Puis, on passe en France avec Charles II (Charles Martel ou Charles le Chauve) et en Angleterre avec Athelstan.

Bien entendu, le récit fourmille d'anachronismes, mais l'essentiel y est : l'existence du “ métier ” depuis la création du monde, la lignée des Patriarches, leur liaison avec la science profane (ici Euclide), les rois bâtisseurs d'Israël. Après quoi, on passe assez brutalement à la France carolingienne et à l'Angleterre par un saut de plus de 1500 ans ! Or, ce récit du manuscrit Cooke, quelle que soit son incohérence, est le texte de base des “ Old Charges ”. Celles-ci se transmettront jusqu'à Anderson : Adam et sa descendance directe, Noé, la Tour de Babel, Abraham, Salomon sur le plan biblique, Euclide, Charles de France et Athelstan d'Angleterre sur le plan profane. Mais le récit se complétera par l'interférence de l'Arche d'Alliance, des deux colonnes antédiluviennes, du Temple de Zorobabel, et, sur le plan profane, de Pythagore, d'un obscur Naemus Graecus ou Grenatus et des Phéniciens (appelés parfois vénitiens !) qui font la liaison entre Zorobabel et le grand-père de Charlemagne.

Anderson et l'Ancien Testament

Tout ce matériel, dans l'ensemble homogène, devait être mis en oeuvre de façon rationnelle, au moment où la maçonnerie cessait d'être affaire de gens de métier pour devenir affaire de gentlemen qui connaissaient leur Bible et avaient quelque teinture d'humanisme. C'est Anderson qui se chargea de la tâche. Il savait des Ecritures - ce qui est la moindre des choses satisfaisante. Aussi, le révérend a-t-il réalisé un récit cohérent, strictement scripturaire, ne laissant aucune place aux légendes, en harmonie, et avec la “ chronologie ” adoptée par les Eglises anglaises à l'aube du XVIIIe siècle, mais aussi avec ce que l'on savait de l'Orient ancien. Les anachronismes disparaissent, grâce à un cadre de dates précis et relativement exact - au moins depuis la “ vocation ” d'Abraham - et le récit est conduit selon les schémas bibliques d'Adam à Zorobabel. L'“ histoire sainte ” s'arrête au deuxième temple et c'est là une constante des “ Old Charges ” qui font passer le relais de Jérusalem aux Carolingiens comme elles peuvent et d'une manière parfois saugrenue.

Au contraire, le pasteur voit nettement le flambeau passer à l'histoire biblique au monde mésopotamien et grec dont les architectes sont issus en droite ligne de l' “ école de Jérusalem ”, c'est-à-dire des élèves de “ Maître Hiram ” et dont les techniques passèrent ensuite à Rome et à l'Occident. Ezéchiel, le Temple d'Hérode, le Nouveau Testament sont totalement occultés. Le Christ est cependant mentionné comme “ Grand Architecte de l'Eglise ”.

Le Nouveau Testament

La trame de l'histoire légendaire de l'ordre est donc vétéro-testamentaire et le restera. Cependant, le XVIIIe siècle verra s'introduire le Nouveau Testament, essentiellement sous la forme de la Rose-Croix, où, sur les données scripturaires, viennent interférer des éléments de mysticisme luthérien, du Rite écossais rectifié qui s'affirme ouvertement “ maçonnerie chrétienne ”, de quelques hauts grades de la maçonnerie anglo-saxonne ou dans le “ Templarisme ”.

Il est permis de se demander pourquoi le Nouveau Testament est si parfaitement absent dans la légende historique ancienne et très réduit encore de nos jours. Peut-être faut-il faire intervenir le fait que le Nouveau Testament ne compte guère de “ bâtisseurs ” ni de textes permettant la naissance d'une tradition, d'une légende ou d'un rite. Le teknon de Nazareth, Joseph, est bien passif, aucun des apôtres n'était du “ bâtiment ”. La pierre dans le texte est envisagée négativement - Jésus annonce la destruction (Matth., 24, 2 ; Mc 13, 2 ; Lc 21, 6) du temple - ou symboliquement comme corps du Christ (Jn 2, 21) ou comme chrétiens (I Cor. 3, 16, 17 ; II Cor. 6, 16 ; Apoc. 3, 12, etc), sauf lorsque apparait Apoc 21, 1-27) la Jérusalem céleste, d'ailleurs modestement.

Rien en tout cas de comparable avec l'Arche de Noé, le Tabernacle de Moïse et surtout les Temples de Salomon et de Zorobabel. Cette explication nous parâit un peu “ simpliste ”. peut-être pourrions nous faire intervenir je ne sais quelle influence cléricale, plus respectueuse du Nouveau Testament que l'Ancien relayée par le protestantisme, ennemi né de la thèse “ par laquelle les papistes tâchent de maintenir que Dieu a donné puissance à l'Eglise de forger nouveaux articles de foy ” (Calvin). La question mérite, en tout cas, d'être posée.

Les légendes bibliques

Arrivons-en aux “ légendes ”. C'est un des caractères les plus originaux du Craft, caractère qu'il partage avec le compagnonnage, d'insérer, dans la trame même du récit plus ou moins historique, tel qu'il est énoncé par les clercs, de l'anonyme du “ Regius ” au Révérend Anderson, des “ légendes ” para - ou pseudo - bibliques.

Le principe et le développement en sont simples : on prend un personnage mentionné dans la Bible (ou les “ Old Charges ”) et on lui attribue toute une série d'aventures. Mutatis mutandis, ce sont les légendes épiques du Moyen Age : La Chanson de Roland en face d'Eginhard. Bien entendu, aucun frère n'a jamais vraiment cru que l'architecte Hiram avait été tué par les trois mauvais compagnons à qui il avait refusé la maîtrise, ou que Phaleg, l'architecte de la Tour de Babel, saisi de remords, s'était retiré dans les brumes du Brandebourg.

Anderson sait distinguer : il suit la trame de l'histoire biblique et profane, mais ne mentionne nulle part ces légendes dont certaines sont très anciennes mais qui, jugeait sans doute Anderson, n'avaient rien à faire dans un récit sérieux. A peine mentionne-t-il - mais en pouvant s'appuyer sur le prêtre babylonien Bérose et l'historien juif Josèphe - et seulement on note, la légende des “ deux piliers ” édifiés par “ le pieux Enoch ”. Il ne saurait être question dans ces quelques pages de disserter doctement et longuement sur l'origine de ces légendes. Certaines paraissent dater du mitan du siècle, d'autres, issues du monde profane, se sont insérées dans la trame de la progression des grades maçonniques, d'autres, venues du fond des âges, se sont plus ou moins adaptées à ce nouveau milieu, enfin un certain nombre témoignent d'interférences et sont, par conséquent, susceptibles d'interprétations diverses selon l'optique de l'intéressé.

Bien entendu, nous laisserons à l'écart tout ce qui est “ para-maçonnique ”, c'est-à-dire n'a pas cherché à rentrer, ou n'a pas pu rentrer dans l'organisation classique de l'Ordre, par exemple les légendes compagnonniques, celles de la maçonnerie “ du bois ” chère à notre collègue Brengues ou, plus banalement, les peu connus “ Abelites ” voués à l'exaltation du malheureux fils d'Adam.

 

Source : http://oratoiredulouvre.fr/evangile-et-liberte/La-Bible-des-francs-macons.html

Par Daniel Ligou - Publié dans : fondements bibliques de la FM
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 19:59

..puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. 2 et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. 3 et j'entendis du trône une forte voix qui disait: voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. 4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. 5 et celui qui était assis sur le trône dit: voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Ecris; car ces paroles sont certaines et véritables. 6 et il me dit: c'est fait! je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. 7 celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. 8 Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. 9 puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m'adressa la parole, en disant: viens, je te montrerai l'épouse, la femme de l'agneau. 10 et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu,

11 ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. 12 elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël: 13 à l'orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes, et à l'occident trois portes. 14 La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'agneau. 15 celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. 16 La ville avait la forme d'un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. 17 Il mesura la muraille, et trouva cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, qui était celle de l'ange. 18 La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre pur. 19 Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de pierres précieuses de toute espèce: le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, 20 le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste. 21 Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent.

22 je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple, ainsi que l'agneau. 23 La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'agneau est son flambeau. 24 Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. 25 Ses portes ne se fermeront point le jour, car là il n'y aura point de nuit. 26 on y apportera la gloire et l'honneur des nations. 27 Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination et au mensonge; il n'entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l'agneau.

1 et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau. 2 Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. 3 Il n'y aura plus d'anathème. Le trône de Dieu et de l'agneau sera dans la ville; ses serviteurs le serviront 4 et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. 5 Il n'y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.

 

Par Evangile selon St Jean - Publié dans : spiritualité
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 09:14

Cette planche a été tracée le 2 Mars 1988 devant la R. L Écossaise Rudolph Saltzmann N°7,à l'Orient de Strasbourg.


Mes Bien Aimés Frères,
Nous avions pris l'engagement lors de l'une de nos précédentes tenues d'aborder le thème de la JERUSALEM CELESTE, par l'un des aspects qui nous touche le plus individuellement. Pour ma part, je vous propose de porter un regard sur la Cité Céleste par l'APOCALYPSE de Saint Jean, et comme par conséquence sur notre propre Rite, au quatrième grade, sachant que les symboles ici s'interpénètrent et véhiculent la même source de connaissance.

Portant notre regard vers le sommet de l'édifice initiatique du Rite Écossais Rectifié, nous sommes d'autant plus proches de la pensée de ceux qui l'ont structuré, que c'est précisément par les derniers grades que J. B. Willermoz et ses amis se sont attachés à rectifier notre Maçonnerie.
[108] Nous verrons plus loin à quel point est extraordinaire la puissance du dépôt initiatique que ces hommes nous ont légué. Puissance qui, j'en suis convaincu, les dépassait infiniment, et nous connaissons tous, pour l'avoir expérimenté, ce genre d'événement spirituel où l'homme, s'abandonnant, devient l'instrument de la Volonté divine.

Revenons à l'Apocalypse, dont le texte est lui-même sujet de querelle de dates: antérieur ou postérieur à l'an 70, c'est-à-dire avant ou après la destruction du Temple de Jérusalem. Quoi qu’il en soit, la Jérusalem nouvelle représente à la fois l'Église, épouse du Christ, mais aussi la NOUVELLE HUMANITE, et c'est centré sur cette ouverture que s'articule soudainement notre quatrième grade.
Au sortir des trois premiers grades, le maçon rectifié est promis à une nouvelle humanité. Transporté progressivement de la pierre brute (chute originelle) à la Résurrection (Hiram), le maçon est invité à recevoir la Révélation, qui est d'ailleurs le vrai sens du mot Apocalypse, en grec Apocatypsis. Révélation, car le voile qui cachait certaines vérités à connaître va être levé. Il nous faut remarquer :
1. que l'Apocalypse est donnée par le Christ lui-même ;
2. qu'elle se transmet par un intermédiaire.
Ici, il s'agit d'un Ange, créature divine que nous retrouvons sur un de nos tableaux de Loge.
Dans le cadre traditionnel où nous œuvrons, c'est l'autorité adéquate qui assure la transmission, mais bien sûr au service du G.A.D.L.U. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que cette révélation n'est pas seulement un discours; bien plus, elle se fait par signes : "Il l'a manifesté par des signes" (AP. I/1). Chacun comprendra que nous sommes, par notre filiation opérative, totalement conformes à cette Tradition. On n'insistera jamais assez sur la profondeur de l'attachement qui relie la Maçonnerie authentique à saint Jean.

Après les états de cherchant, persévérant, et souffrant ; après la mort physique, puis la sortie du tombeau; alors, se dévoile devant nous le plus grand des mystères : celui de la proposition d'accéder à une nouvelle humanité. Le passage d'un plan inférieur, plus subtil, en phase de réintégration, à l'état [109] primordial. Ceci est symbolisé par l'AGNEAU (Agnus Dei) au sommet de la montagne. C'est le fondement de la Révélation apocalyptique : la vision de l'Un par la conscience réunifiée et symbolisée par la Jérusalem Céleste.

Ne perdons pas de vue que la Cité Céleste, la Salem, descend sur la terre. Elle nous rappelle que c'est ici et maintenant que doivent s'accomplir les temps nouveaux, il ne s'agit pas d'attendre d'autres temps ou d'autres états de l'être, mais bien de procéder à cette transformation glorieuse immédiatement. Celle-ci s'inscrit dans un mouvement. (La Tradition est un mouvement perpétuel, toujours en cours d'actualisation. Il est curieux de voir comment les hommes en perte de valeurs traditionnelles s'épuisent à vouloir peindre aux couleurs du temps quelque chose qui est déjà prêt pour les générations futures). L'acquisition d'une humanité régénérée, conforme à l'authenticité primordiale, est semblable à un mouvement ascendant. Mais il convient de noter que tout mouvement spirituel de l'homme vers Dieu se vérifie par une descente, et, seulement après, par une montée. Nous approchons du Divin par une descente dans le centre cardiaque, puis une montée ver s l'Esprit. Jean le Baptiste résumera cette donnée - voie initiatique et d'ascèse à part entière - par cette phrase toute simple : «Il faut qu'il s'élève et que je diminue» (notre rituel d'installation du Vénérable Maître répond comme en écho : «Celui qui s'abaisse sera élevé"). La descente de la Jérusalem Céleste sur la terre correspond, encore une fois, à ce mouvement ; mais le processus ne s'interrompt pas, puisque, semblables au Char de Feu de la vision du Prophète Ézéchiel, transformés, nous devons entreprendre notre ascension vers le G.A.D.LU. ; marcher d'un pas nouveau vers notre restauration et la royauté retrouvée.

C'est peut-être une des choses les plus difficiles à faire entendre en ce siècle, où l'homme est descendu (dans le mauvais sens du terme !) dans un état de solidification jamais égalé. Il reste que c'est bien pour réaliser ce grand dessein, qu'individuellement nous avons fait le choix d'une pratique initiatique et spirituelle (dans la spécificité de notre Rit, l'initiatique cédant progressivement la place au spirituel, et ceci au fil de l'évolution des grades). Si cet objectif n'est pas perçu clairement, alors nous manquons «la cible» et pratiquons de l'ésotérisme sans but. Imagine-t-on les Chevaliers de la Table Ronde partir en quête sans savoir que c'est le Saint Graal qu'il fallait trouver ? Si l'Apocalypse est complètement structurée par le nombre 7 : sept sceaux, sept trompettes, sept vignes et phénomènes, sept coupes, etc.. les deux [110] derniers chapitres (21 et 22) décrivent l'âge d'or du nouveau cycle, qui succède immédiatement à la destruction du monde présent et sous la forme de la JERUSALEM NOUVELLE. Le texte passe alors, sans transition, du nombre 7 au nombre 12, qui est le moule archétype de la Jérusalem Nouvelle.

A ce stade de la Révélation, il advient ce qui se produit à l'avènement de tout cycle nouveau : ce qui était caché et perdu devient soudain visible et retrouvé.
Je veux maintenant me recaler sur notre rituel d'exaltation du quatrième grade, dans les derniers instants qui précèdent la découverte de la Jérusalem Céleste. Toute la cérémonie mériterait pareille analyse, mais nous n'allons nous attacher qu'à quelques symboles et découvrir l'amplitude des actes auxquels nous sommes associés, et ceci dans un espace où, le temps étant célestiel, nous participons dès lors avec la communauté de nos Pères, par-delà tous les siècles et toutes les générations. Quelle autre définition donner à la chaîne d'union dans l'espace sacré ?
Vous le savez, la quête initiatique s'inscrit toujours autour de la recherche de LA PAROLE PERDUE ; la recherche du MOT SACRE. Le NOM imprononçable qui, retrouvé, a la vertu de faire de l'homme un dieu auprès de Dieu.
Tout d'abord, le candidat avec son épée et la truelle (instruments opératifs) découvre les quatre côtés du tapis. Il commence à lever le VOILE. Celui-ci est semblable au voile du Saint des Saints dans le Temple de Salomon. Ces voiles portent le nom de PhRKTh (Paroketh) dont la valeur numérique est : 80+200 +20+400=700. Ce nombre est le multiple de 70 qui désigne à la fois le SECRET SVD (Sôd) et la lettre Ayin qui veut dire ŒIL, puis SOURCE.

Il faut noter que le mot REVELATION contient le mot VOILE, car révélation veut dire «remettre de nouveau un voile». Le voile en tant que tel joue un rôle important car, sans lui, tout n'est que ténèbres extérieures. Derrière celui-ci se tient Hochmah, la Sagesse. On se souviendra que le voile s'est déchiré en deux au moment de la mort du Christ. Ce voile s'appelle MSK (Masak) et sa valeur numérique est 120. La moitié 60, multiple de 6, nous suggère le Vendredi Saint qui est le sixième jour véritable, le jour du NOUVEL ADAM, le pain parfait.
La mort devient la fin du périssable pour que se révèle la vraie nature de [111] l'Homme nouveau. Le Corps Glorieux, Jérusalem Céleste. La mort engendre une vie nouvelle et l'expression «ombre de la mort» doit nous arrêter, car ombre et voile sont le double sens du mot Révélation. L'Archange de l'Annonciation dira : «Le Saint Esprit viendra sur toi et ta vertu du Très-Haut te prendra sous son ombre» (Luc. I/35).

Ensuite, nous voyons se rétablir la place destinée à recevoir l'autel des parfums. Le symbolisme de la fumée des sacrifices suggère une ascension. Cette fumée qui s'accompagne d'une odeur se transforme en parfum et l'Esprit-Saint est également source de parfum, respiration, odeur divine. Nous établissons cet autel pour que l'Esprit divin s'unisse à notre offrande, formant ainsi une odeur unique. Cette union en la Beauté (Tiphereth) est Repos, consolation et joie. Ce rituel est purement sacrificiel et prépare notre nature à appréhender le choc de la transcendance.
Ce parfum est contenu dans une coupe et la coupe repose sur un autel. Dans le Temple, c'est le Saint des Saints qui est le cœur, et ce Saint des Saints correspond dans la perspective chrétienne à l'Autel. Le CŒUR de l'Autel correspond à la COUPE. Jean l'évangéliste a appuyé sa tête sur le Cœur du Christ, ensuite son signe distinctif, dans l'iconographie, est devenu le Calice.
Par cette trinité des symboles : Autel, Coupe et Parfum, nous sommes devant toute la profondeur de l'immolation du mortel, la réconciliation du Ciel et de la Terre, l'accomplissement de la Gloire qui réside en Tiphereth, la Beauté. En cet instant, l'homme est prêt à aborder la dernière marche qui va le conduire à redécouvrir ce qui était perdu.
Le candidat achève de découvrir avec sa truelle le tapis, et trouve au milieu la lame d'or. Puis il prononce, à haute voix, le NOM qui est gravé sur celle-ci. Nous trouvons dans nos rituels JEHOVA, prononciation fort discutable et à laquelle serait préférable JESHUA.
Le mot OR est Tzeheb (TzHB) dont la valeur numérique est 14. Ce nombre s'attache traditionnellement au nom de David. La Parole de Dieu : «car tu es poussière et tu retourneras vers la poussière», introduit la Rigueur et le Jugement, mais contient aussi le MYSTERE DE L'AMOUR (Ahavah), qui est le MYSTERE DE L'UNITE (Echad) les deux ayant pour valeur 13.
[112] Dieu a façonné l'homme de la poussière tirée de la terre, puis il lui insuffla la vie. Il faut bien comprendre que l'Homme primordial était composé de poussière d'OR. Le Corps Glorieux du Christ est poussière lumineuse et le secret du retour à l'origine passe par cet état retrouvé de l'OR, les alchimistes considérant comme une étape ultime cette transmutation. Ce n'est que parce passage que nous pouvons alors aborder l'insondable mystère : celui de la révélation de la PAROLE PERDUE.
Les dimensions de la lame triangulaire sont : 3 pour le petit côté, 4 pour le côté long et 5 pour l'hypoténuse. 3, 4, 5 est le nombre du SCHADDAI, manifestation de Dieu dans sa Toute-Puissance. Le Schaddalet l'Agneau ne forment qu'un et le SCHADDAI EST LE CHRIST PANTOKRATOR DE L'APOCALYPSE. Alors, se présente à notre entendement l'un des Noms de Dieu, le Tétragramme IHVH, Nom sacré . A ce moment l'homme a intégré son Principe et il s'unit à celui-ci.
Les épousailles mystiques se sont produites, Dieu a posé ses lèvres sur celles de l'homme et la Cité céleste peut s'accomplir (la pensée bernardienne fondera le christianisme du XIIe siècle sur ce concept des épousailles).

Dans notre cérémonie se présente le dernier tableau, celui de la Jérusalem Céleste, portant mention du Tétragramme dans le triangle déjà cité (symbole trinitaire), avec en son centre l'Agneau au sommet de la montagne.
Pour saint Jean, l'Agneau est intimement lié à l'Apocalypse comme fin du monde présent. Il identifie l'Agneau et la Jérusalem Céleste. L'Agneau a pour valeur numérique 80 + 60+8 = 148 PSch (Pesach). Or 148 x 3=444, qui est le nombre de Mikdasch et signifie SANCTUAIRE. L'Agneau et la Jérusalem Céleste ne font qu'un, c'est le CORPS GLORIEUX DE LA RESURRECTION, c'est ce que nous sommes appelés à devenir.
II nous reste alors à pénétrer le dernier des symboles qui aura sans doute retenu votre attention. Au Rite Écossais Rectifié, ce qui caractérise la puissance célestielle s'attache à la forme circulaire, représentée dans notre Rit (Rit : rôder, tourner en rond) par le compas. D'ailleurs, lorsque nous nous déplaçons autour du pavé mosaïque, dans tous les grades, nous le faisons d'une manière circulaire, symbole de la Jérusalem Céleste, en opposition au déplacement en [113] carré qui lui s'attache au Temple terrestre. Or la Jérusalem de la vision apocalyptique est carré. Faut-il voir là une erreur dans nos rituels ? La réponse est négative. La forme circulaire est bien le modèle le plus évolué de l'architecture, contenant toutes les autres figures géométriques ; mais le cercle n'est pas «la» figure définitivement achevée. En effet, dans le cercle vient s'inscrire un carré parfait et passer de l'un à l'autre est tout simplement ce que nous pouvons appeler la quadrature du cercle.

Permettez moi de citer, dans le texte, ce remarquable auteur initiatique qu'a été Nicolas Boon et dont la démonstration mérite à elle seule le nom d'Apocalypse :«La lettre MEM signifie la Mère. Le mot (MI à l'envers) doit s'écrire avec un MEM final = . A ce moment là, le YOD ( ) signifie le PRINCIPE ou bien la Sagesse (Hochmah) qui féconde la Mère. Dès cet instant le MEM s'ouvre pour engendrer le NUN qui est le FILS (...) Remarquons que la valeur numérique du MEM est 40, le YOD est 10, le Principe et la Mère réunis produisent le NUN dont la valeur numérique est 50 (...) qui signifie le retour (Theshubah) en ses origines, ou le retour dans le sein maternel. Le NUN après le retour correspond au centre du carré; ce carré figure le MEM fermé ( final) (...).Le MEM final, en raison de sa valeur numérique, correspond au sixième jour de la création de l'homme dont le nombre est 6 ( VAU) (...). L'accomplissement de toutes choses signifie la réintégration du FILS dans la MERE qui est le MEM final. Au centre de ce MEM final se trouve caché le YOD. Quand nous plaçons le NUN final dans le MEM final, nous avons exactement la représentation de la lettre dans sa forme originelle, avec cette différence que le cercle qui fait partie de la lettre antique de , est devenu CARRE dans le MEM final. Ce passage du cercle au carré est précisément LE SIGNE DE LA REALISATION DE TOUTE CHOSE. C'est le passage du Paradis Terrestre que l'on représente toujours en forme de cercle, (...) qui est projection de la sphère, symbole de la possibilité universelle. La réalisation de ces possibilités est symbolisée par le CARRE ou le CUBE. C'est ainsi que la Jérusalem, la Cité Céleste de l'Apocalypse, est pour la réalisation de toutes les possibilités incluses dans le Paradis Terrestre. La forme de la Cité Céleste correspond au NEM final fermé».

Par Christian DEGNY Eques ab Igne - Publié dans : Planches
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 08:36

Le Portugal est le lieu où le respectable Ordre a été le plus dignement conservé. Le roi Denis, surnommé le Libéral, qui régnait alors dans cette contrée, fut le seul souverain qui se refusa à la persécution contre les Templiers, il les protégea, leur conserva leurs biens et perpétua l'Ordre sous le nom de Chevaliers du Christ. Si dans le temps de votre admission au noviciat, vous n'avez pas obtenu l'entière connaissance de ce qui a rapport à la destruction des Templiers, prêtez-moi aujourd'hui votre attention ; vous découvrirez, non-seulement comment cet Ordre illustre a été détruit, mais encore comment il se trouve que les intérêts des maçons sont si étroitement liés aux leurs ; vous verrez que tous les maçons, en effet, sont templiers, ce dont il ne nous est pas permis et dont il ne serait peut-être pas sage de les instruire.

La nouvelle de la persécution des chevaliers du Temple était parvenue en Chypre où l'Ordre avait son principal établissement. En l'absence du grand-maître, détenu en France, ils avaient été vaincus par les Turcs, qui leur prirent Saint-Jean-d'Acre et plusieurs autres places fortes. Une partie des biens des chevaliers du Temple furent donnés par Clément V aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, le 22 mai 1312, à l'époque de la clôture du concile de Vienne, qui avait été ouvert le 16 octobre 1311. Ces chevaliers sont encore aujourd'hui en possession de ces biens ainsi spoliés, et c'est là le motif de la juste haine des chevaliers de l’Aigle noir et blanc, juges philosophes inconnus, contre l’Ordre de Malte, sentiments que l'on nous fait encore promettre aujourd'hui dans notre obligation. Or, comme le nombre des Templiers échappés au glaive meurtrier de la persécution était très petit, et que, pour se venger du forfait inouï dont ils étaient les victimes, ils avaient besoin de réparer leurs pertes, ils admirent, dans leur Ordre, des gens d'un mérite reconnu, qu'ils cherchèrent et qu'ils trouvèrent parmi les maçons. Connaissant toutes les vertus que cette classe d'hommes distingués faisait profession de pratiquer, ils pensèrent qu'ils ne pouvaient mieux faire que de se les attacher, en leur offrant l'initiation dans l'Ordre, ce qui fut accepté avec empressement, et, en échange, on admit les Templiers à l'initiation dans les mystères maçonniques.

Les chevaliers du Temple instruisirent leurs nouveaux frères des atrocités barbares qu'ils avaient eues à supporter, ainsi que des premières causes de l'affreuse persécution qui avait été dirigée contre eux. Ils leur déclarèrent la résolution qu'ils avaient prise secrètement de réparer la perte de leurs frères par de nouvelles admissions, afin de rétablir l'Ordre et de rentrer en possession de leurs biens ; ils invoquèrent l'assistance de leurs nouveaux frères pour parvenir au but qu'ils se proposaient. Les, maçons applaudirent à ce dessein généreux et acceptèrent avec enthousiasme l'offre qui leur était faite. Ils convinrent qu'au lieu de la croix, dont les chevaliers se décoraient, ils adopteraient un aigle à deux têtes, portant une couronne, et que, pour se mettre à l'abri des recherches et de la perfidie, il était très important de cacher le secret de leur Ordre à tous ceux qui ne seraient pas suffisamment éprouvés, et desquels ils ne seraient pas sûrs comme d'eux-mêmes, après les avoir étudiés pendant qu'ils parcouraient les divers grades de la Maçonnerie. Ils arrêtèrent encore que, pour éviter toute surprise, il fallait mettre en usage des signes et des mots qui auraient quelque analogie avec leur histoire.

Lorsque vous avez reçu le grade de maître maçon, vous avez versé des larmes sur le tombeau du maitre Hiram-Abi ; vous avez été indigné de la manière la plus vive contre Abiram, son meurtrier. N'est-ce pas le tableau de la conduite de Philippe-le-Bel et celle des deux scélérats qui se joignirent à lui pour amener la destruction des Templiers ? Ne furent-ils pas les meurtriers de notre respectable maître ! Ces trois infâmes compagnons n'appellent-ils pas, dans votre cœur, le désir de la vengeance, comme on vous apprend qu'elle fut exercée sur les trois meurtriers d'Hiram ? Les grades par lesquels vous avez passé pour apprendre à connaître les faits historiques de la Bible (116) ne vous portent-ils pas à faire une juste application de la mort d'Hiram à la fin tragique et funeste de Jacques Molay, juge philosophe, grand-commandeur de l'Ordre ! Votre cœur ne s'est-il pas préparé à la vengeance, et ne ressentez-vous pas l'implacable haine que nous avons jurée aux trois traîtres sur lesquels nous devons venger la mort de Jacques Molay ? Voilà, mon frère, la vraie Maçonnerie, telle qu'elle nous a été transmise. Sachez vous asseoir au milieu d'hommes dont la bravoure et les bonnes mœurs font toute la doctrine. Cette doctrine est la règle que vous devez vous imposer, c'est celle que nous impose notre constitution.

Vous voilà, maintenant, placé au niveau des zélés maçons qui se dévouèrent à nous pour la vengeance commune. Vous aurez à redouter l'envie et la persécution ; vous ne pourrez y échapper qu'en observant soigneusement vos obligations et en cachant au vulgaire la haute destinée qui vous est réservée. Puisque vous avez atteint le dernier degré de lumière, et que vous l'avez mérité à juste titre, par vos qualités et vos mœurs, j'ose espérer que vous justifierez la confiance que j'ai mise en vous, et que jamais l'Ordre n'aura à me reprocher l'admission d'un membre inutile ou nuisible. Je n'ai point hésité à vous éclairer sur les vrais motifs de notre conduite envers vous et sur ce qui intéresse l'Ordre en général, non plus que sur les avantages précieux que vous pouvez en retirer. J'aime à croire, mon frère, qu'en vous unissant à nous par les liens sacrés de l'amitié la plus sincère, vous acquerrez, par votre soumission à nos institutions, la perfection que mérite votre zèle et qui fait la base du sublime grade de juge philosophe grand-commandeur inconnu.

Vous êtes, maintenant, au rang des élus appelés pour accomplir le grand œuvre. Votre nom est, dès aujourd'hui, dépose dans l'urne des élections et vos actions vous conduiront, je l'espère, au bonheur qui fait votre espoir et auquel nous aspirons tous... Amen !

Le juge-président donne l'accolade au nouveau juge et lui communique les vrais mots, etc. (117).

Dialogue pour se reconnaître

D. ¾ Etes-vous grand-commandeur juge philosophé inconnu !

R. — Mon frère, je connais seulement Abatos, Mendes et le Crocodile.

D. — A qui fûtes-vous présenté pour être admis à ces connaissances !

R. — Au trône de la Toute-Puissance, sur lequel était assise la justice.

D. — Que vîtes-vous hors des ténèbres ?

R. — La superstition, l'usurpation, la tyrannie, l'hypocrisie, la barbarie ; cinq furies prêtes à sacrifier l'innocence.

D. — A quoi vous étes-vous décidé à cette vue !

R. — J'ai promis, sur le symbole de l'honneur, au risque de mes biens et de ma vie, de venger l'innocence.

D. — Qu'a-t-on exigé de vous avant de vous créer adepte !

R. — Un serment contenant cette condition, dont j'ai promis l'entier effet, et je vais la réitérer avec vous.

D. — Qui peut vous garantir contre vos ennemis ?

R. — La fermeté de mon caractère, la promptitude de mon travail et le pouvoir de mon bijou, contre lequel rien ne résisterait.

D. — Où portez-vous ce bijou précieux ? —R. — Sur le cœur.

Alphabet philosophique et hermétique





Les Poissons, A. 1. Abatos, nom d'un rocher séparé de l'île de Philé, dans le Nil, qui servit autrefois aux juges inconnus.

Le Capricorne, B. 22. Bacchis, allégorie qui sera appliquée ci-après.

Le Verseau, C. 14. Crocodile, image des tyrans et des persécuteurs des Templiers.

Le Triangle, D. 21. DANAÉ, nom d'une monnaie, image du plus grand moyen de séduction employé par les persécuteurs des Templiers.

Le Compas, E. 5. Echidna, nom d'une des furies. Il nous rappelle les instigations des maux qu'ont soufferts les Templiers et les usurpateurs de leurs biens et de leurs droits.

La Croix, F. 7. Feu, image de l'envie de la plus juste des vengeances, l'amour de la gloire, l'espoir du triomphe et de la victoire.

Le Taureau, G. 6. Gnosia, le pentagone, indiquant la partie où doivent commencer nos exploits.

Le Sagittaire, H. 12. Harpe, poignard.

L'Étoile polaire, I. J. Janus, figure qui nous indique que 2. 13. rien ne peut nous manquer sous la conduite de la sagesse et du temps.

Saturne, K. 15. Krodo ou Codrus, première divinité des Saxons. En Saxe et dans le Brabant, sont beaucoup de nos frères ; il y en eut trois à Moscou, au Kremlin, dont l'initiale est K.

La Balance, L. 4. Lune, symbole de l'ignorance. C'est aussi l'initiale de laurier, dont le suc, pris modérément, enivre, et, à forte dose, tue.

Le Scorpion, M. 19. Mendès, dieu de l'Orient, où était le plus grand pouvoir des Templiers ; initiale du nom de notre G.-M. Molay, assassiné et brûlé inhumainement, et dont nous serons les inexorables vengeurs.

Le Soleil, N. 10. Naphté, nom de poissons, hiéroglyphe exprimant l'amour de l'ordre et de la paix.

La Lune, O. 23. Orthus, chien, emblème de la fidélité ; activité dans les entreprises et dans l'accomplissement de nos devoirs.

Le Bélier, P. 8. Putéal, piédestal sacré qui renferme les cendres des innocentes victimes, et sur lequel doivent être immolés les tyrans.

Le Carré, Q. 20. Quadriformis, signifie prendre toutes les figures, employer tous les moyens pour réussir. Il signifie aussi l'extirpation de nos ennemis répandus dans les quatre parties du monde.

La Ligne droite, R. 11. Roue, il faut veiller sur la course des années. Il vous sera facile d'arrêter celle du temps qui doit nous rendre les lauriers flétris par la tyrannie. Evitez le délateur ; craignez-le par-dessus tout.

La Ligne oblique, S. 9. Serpent, animal souple qui se plie et se replie sous le gazon ; qui, au soleil, change de couleur, comme le caméléon. Il trompe le berger qui le poursuit, il se relève, il s'élance, et se perd sous le feuillage. C'est ainsi que doivent être les juges philosophe. inconnus.

Les Gémeaux, T. 18. Titan, soleil, le seul Dieu, auteur du bien et du mal. Le juge inconnu est le soleil, le Dieu qui doit tout gouverner, qui doit régler le monde, et faire le bonheur du genre humain.

La croix renversée, U. V. Urne ; Tabernacle qui renferme la destinée des hommes; c'est l'emblème de notre cœur qui renferme le secret qui doit rendre ressort à l'Univers. Wodan, emblème du commerce. La promptitude dans l'exécution assure presque toujours le succès dans une entreprise.

X LaCroix de St-André, X. 3. Xanthus, neuve qui s'opposa avec le Scamandre, et le Simoïs à la descente des Grecs, par le débordement de leurs eaux. C'est ainsi que les trois colonnes de l’Ordre s'opposent de toutes leurs forces à la puissance de la tyrannie.

Jupiter, Z. 16. Zancle, ou la Faulx du Temps, emblème de la mort ; c'est le temps qui coupe les ailes à la victoire ; c'est le juge inconnu, qui, dans son juste courroux ou dans l'étendue de sa reconnaissance, sait toujours trouver le moment de punir ou de récompenser.

(Cet alphabet diffère un peu de celui publié par Tacxsi (118).

On remarque, dans ce rituel, beaucoup de passages qui indiquent le travail hermétique et prouvent que l'occupation des adeptes était l'étude des opérations de la nature, sous le nom de science secrète. Nous parlerons de cette science et des sciences occultes dans les chapitres qui vont suivre, comme ayant formé en Egypte la haute initiation ou les grands mystères. Nous ne pensons pas qu'un maçon studieux puisse raisonnablement se dispenser d'en prendre connaissance, pour s'en former une idée et être à même de comprendre les hiéroglyphes anciens.

On doit aussi remarquer l'appui que donne l'opinion des juges inconnus à tout ce que nous avons écrit, dans cet ouvrage, sur les hauts grades et particulièrement sur l’écossisme. Mais l'écossisme est jésuitique et templier, et cependant les juges inconnus, qui avaient le secret de ce régime, qu'ils pratiquaient, disent, page 387 ci-dessus :

« On n'a jamais reconnu que cinq degrés de connaissances ; le nombre de vingt-cinq ou de trentre-trois degrés, qui forment le cadre de l’écossisme, est un effet de l'amour des innovations, ou le produit de quelques amours-propres ; car il est constant que, sur les trente-trois censés pratiques aujourd’hui, il en est VINGT-HUIT D'APOCRYPHES ET QUI NE MÉRITENT AUCUNE CONFIANCE. »

source : www.ledifice.net

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 08:07

Deuxième point

Grade de juge-commandeur

 

Préambule. Le novice ayant été éprouvé pendant trois années de postulance, et étant jugé digne d'être élu à la dignité de Juge-commandeur, en est averti par son commandeur-initiant. Pour s'assurer de ses dispositions, il fait en sorte de savoir de lui l'opinion qu'il a prise de l'Ordre. Il lui demandera par écrit ses réflexions sur tout ce qu'il a pu voir, sur tout ce qui lui a été enseigné des sacrés mystères, et la promesse de se soumettre à tout ce qui lui sera prescrit dans le nouveau degré qu'il va obtenir. Il lui posera aussi quelques questions philosophiques sur lesquelles il lui demandera, aussi par écrit, ses réponses ; enfin, il emploiera tous les moyens qui peuvent mettre à même de juger des moyens, de la tournure d'esprit et des opinions du novice. Toutes ses réponses seront remises au chapitre, et par lui transmises à la Puissance suprême, qui jugera s'il est à propos de l'admettre. Dans le cas où les dispositions du novice ne conviendraient pas à l'attente de l'Ordre, on se borne à lui communiquer la deuxième partie de l'histoire des Templiers, à partir du point où on l'a laissé au 1er degré, et telle qu'elle se trouve ci-après, et on lui dit qu'il n'y a point d'autre secret que celui qui vient de lui être révélé. Si, au contraire, il montre des dispositions convenables, on procède à son admission comme on va le voir. Le novice est prévenu qu'il doit se pourvoir d'une robe noire, nécessaire pour assister dans le chapitre ; il la confie à son commandeur-initiant, qui la dépose sur la table du président. Il est amené dans le chapitre avec les mêmes précautions qu'au 1er degré de la réception.

Réception. Le novice étant introduit, le président lui dit :

« Mon respectable frère, vous avez vu, depuis votre admission dans l'Ordre des Juges philosophes inconnus, combien il est nécessaire de s'appliquer à connaître les hommes, et combien la philosophie est une étude indispensable dans nos laboratoires. Depuis votre initiation, trois années se sont écoulées ; en cela vous avez été assimilé aux disciples de Pythagore, qui étaient tenus, pendant un pareil laps de temps, de garder le plus profond silence ; d'observer la nature dans ses effets, afin de remonter plus aisément à la cause primitive de ce qui s'offrait à leurs regards. Vous avez dû, pendant le temps de votre noviciat, vous rendre familiers tous les devoirs que notre Ordre impose et dont la partie de ses règlements vous a instruit. Vous avez été mis à portée de juger des vues de l'Ordre et de sa destination, vous devez savoir maintenant à quoi vous en tenir. Un tabernacle d'or se présente à vos yeux ; il est entouré de vingt-six colonnes décorées de riches chapiteaux ; tout ce que l'architecture possède de plus majestueux et de plus somptueux en ornements sert à en rehausser l'éclat et la magnificence. Ces vingt-six colonnes vous présentent un nombre égal de tribus, qui veillent et entourent le Saint des saints, dans lequel les oracles de la nature sont déposés. En vain, on s'est efforcé depuis longtemps d'élever un temple consacré à l'étude de la sainte philosophie, ce but ne peut être atteint que par nous, que par la solide institution de notre Ordre. Chacune des tribus connaît ses enfants ; elle veille à leur éducation philosophique ; c'est par ses soins qu'ils parviendront à quelque perfection dans l'art si difficile de la vraie sagesse. Vous allez entrer aujourd'hui, mon frère, dans la deuxième tribu, et vous devez y travailler à vous perfectionner dans l'art que professent les ouvriers inconnus, et dont les moyens sont puisés dans la saine philosophie. Dans la nouvelle carrière qui s'ouvre devant vous, vous allez être chargé d'instruire et de guider les voyageurs solitaires qui cherchent la vraie science. Si vous remarquez chez eux de la tiédeur et peu de désir de s'instruire, abandonnez-les à leur triste état ; l'étude de nos sciences demande de l'élévation dans l'âme et quelque enthousiasme pour les beautés de la nature : les esprits faibles en sont incapables. Avant de m'étendre davantage sur ce sujet, il est indispensable, mon frère, que vous prêtiez entre mes mains une nouvelle obligation qui puisse m'assurer de votre discrétion. Ce serment doit vous rendre plus cher à nos cœurs que vous ne l'avez été jusqu'à ce jour. Comptez-vous donner ce nouveau gage de votre fidélité envers l'Ordre et de votre attachement pour vos frères ? » (On attend sa réponse ; s'il consent, il s'agenouille avec les mêmes circonstances du novice qui va prêter son obligation.)

Serment. 1° « Vous jurez et promettez, sur ce que vous avez de plus sacré au monde, de pratiquer la miséricorde, et de ne jamais révéler le nom de la personne qui vous a reçu, ni le lieu, ni le mode de votre réception. » (A chaque interpellation, l'aspirant répond :) Oui, je le jure et le promets.

2° Vous jurez de même, et vous me promettez d'être modeste dans vos actions ; de ne jamais initier à ce grade aucun frère, à moins qu'il ne soit votre intime ami, et sans le consentement de votre chapitre, ou au moins celui de deux de nos frères si vous êtes trop éloigné d'un chapitre, ou sans un pouvoir spécial émané de la Puissance suprême !...

3° Vous jurez et promettez d'avoir, en tout temps, un caractère doux ; d'assister vos frères et plus particulièrement les juges philosophes, dans l'Ordre desquels vous allez acquérir un degré de plus ; de les aider dans leurs besoins, de les soigner en maladie et de ne jamais vous armer contre eux sous aucun prétexte !...

4° Vous jurez et promettez de prendre toujours la vérité pour base de vos discours ; de garder respectueusement le secret de cet Ordre, et de ne conférer qu'avec la plus grande circonspection le grade de juge philosophe élu grand-commandeur inconnu ?

5° Vous jurez et promettez de travailler à la propagation de l'Ordre autant qu'à sa sûreté et à sa conservation ; de faire, de dire et d'écrire en tous temps, en tous lieux et à toute heure, ce qui vous sera prescrit par moi ou par vos supérieurs, bien certain que vous êtes de n'être pas trompé, et que les ordres qui vous seront transmis émaneront d'une puissance légitime, à laquelle vous jurez obéissance, quoiqu'elle vous soit jusqu'à présent inconnue et qu'elle puisse l'être encore pour longtemps. Vous jurez que vous respecterez en moi l'organe du chef suprême de l'Ordre, juge philosophe, premier ouvrier du grand laboratoire !...

6° Vous me jurez et me promettez d'être patient dans l'adversité et de n'admettre à ce grade que des hommes libres de leurs actions et de leur volonté !

7° Enfin, vous jurez et promettez de garder inviolablement les secrets que je vais vous confier ; de ne jamais pardonner aux traîtres et de leur faire subir le sort que l'Ordre leur réserve ; d'avoir la plus grande considération pour les maçons revêtus des hauts grades, faisant attention que notre Ordre ne peut et ne doit être conféré qu'à un maçon du 30e degré, auquel ce sublime grade aura été conféré selon les formes voulues par les statuts de la Maçonnerie. Vous jurez et vous promettez de vous garder de l'excès du vin, de la table et des femmes, causes les plus ordinaires d'indiscrétion et de faiblesse. Vous jurez et vous promettez de considérer les chevaliers de Malte comme nos plus cruels ennemis, comme les usurpateurs de nos droits, les spoliateurs des biens, titrée et dignités des chevaliers philosophes conimandeurs templiers, nos ancêtres et nos prédécesseurs et dont nous sommes les héritiers légitimes. Le jurez-vous, très cher frère ! Réponse: Oui, je le jure et je le promets.

Répétez avec moi: Sagesse, Prudence, Justice, Bonté…

(Le récipiendaire relève seulement le genou gauche. Le commandeur-président lui dit :)

« Aux sept conditions que je viens de vous imposer au nom de l’Ordre, en vertu des pouvoirs qui me sont délégués et que j'ai mérités par mes longs voyages, par ma discrétion, par mon zèle et par ma constance, je vous reçois très régulièrement au nombre des juges philosophes grands-inspecteurs généraux, grands-commandeurs inconnus. Puissiez-vous ne jamais oublier ce titre glorieux ! »

 

Explication de l'échelle. « Vous n'avez sans doute point oublié, mon frère, le premier point moral de l'hiéroglyphe de l'échelle, dont une explication vous a été donnée le jour de votre initiation. J'ajouterai à ce que vous savez, que le vulgaire des maçons est encore, à cet égard, dans la plus grande erreur. Cette échelle nous appartient particulièrement ; elle est le type mystique de notre Ordre : elle est composée de deux montants qui nous rappellent l'union qui eut lieu entre Philippe-le-Bel et le pape Clément V et la force que cette union leur donna contre nos infortunés prédécesseurs. L'assemblage de ces deux montants par les sept degrés dont elle est composée donne une juste idée des sept conditions que Philippe imposa à Bertrand de Goth, pour l'asseoir sur la chaire de saint Pierre. Ces sept degrés représentent aussi les sept points de l'obligation que vous avez contractée entre mes mains, de la même manière dont le roi de France en agit avec l'archevêque pour le forcer à participer à l'anéantissement des chevaliers templiers. Comme vous-même venez de vous engager et de jurer une haine implacable aux ennemis de cet Ordre, vous êtes tenu de réunir tous vos efforts pour leur ruine totale, afin de rentrer dans la possession de nos droits qu'ils ont usurpés.

Morale. Après tant de soins, mon frère, vous avez mérité une plus grande récompense que toutes celles qui vous ont été accordées jusqu'à, ce jour ; c'est la révélation du secret de tous les emblèmes de la Maçonnerie. Reportez vos souvenirs aux premiers grades que vous y avez reçus : vous apercevrez que l'aspirant au grade de compagnon doit tenir la truelle d'une main, et si cette formalité n'est pas remplie dans toutes les loges, il ne faut l'attribuer qu'à la profonde ignorance dans laquelle la plupart des vénérables vivent, et avec laquelle ils pratiquent l'art royal. Considérez le grade d'élu, vous verrez le maçon armé d'un poignard, et d'un glaive dans le grade de chevmlier d’Orient. Faites attention à la réponse faite, dans ce dernier grade, au souverain maître pour l'interprétation du songe qui l’a inquiété : « C'est la voix du grand Architecte qui, depuis longtemps vous a appelé à gouverner l'Orient et qui vous ordonne de rendre la liberté aux captifs... « Voyez le lion qui est prêt à vous dévorer, c'est l'image du sort qui vous est réservé si vous demeurez sourd à la voix qui vous a parlé. »

Les instructions que vous avez reçues sont les moyens propres à vous aider à déchirer le bandeau de l'erreur et à connaître la vérité dans toute son étendue ; ce qui est le but unique de notre Ordre. Par la fin de ce songe, vous apprenez le sort qui est réservé à ceux qui seraient assez malheureux pour être infidèles à leurs engagements envers nous et seraient sourds aux ordres émanés de la puissance suprême. Vous pouvez maintenant, mon frère, vous éclairer par vos propres recherches ; un vaste champ est ouvert à votre étude, vous avez la clef de la science ; le voile s'est déchiré pour vous dès le premier jour de votre initiation dans nos mystères. Reportez vos pensées sur ce que vous avez vu depuis ce moment ; réfléchissez sur le cérémonial que vous nous avez vus pratiquer ; méditez bien la morale qui vous a été enseignée, et, sans doute, vous acquerrez bientôt toute la science que je puis posséder ; vous vous convaincrez, par vous-même, du but de la Maçonnerie.

Revenons au grade de chevalier d'Orient : d'une main, il est armé du glaive et, de l'autre, il tient la truelle. Sous cet emblème, vous devez voir les maçons après la persécution. Avant elle, ils agissaient sans mystère ; mais lorsqu'elle fut arrivée, qu'ils furent poursuivis de toutes parts, le glaive devint nécessaire pour leur juste défense, et ils le portaient pour s'en servir à la première attaque ; c'est ce qui est allégoriquement représenté dans cette action.

Mais si vous examinez la forme de la truelle et celle de la croix, qui sert d'ornement à toute la haute chevalerie, vous y reconnaîtrez le poignard, nécessaire pour se défendre contre une attaque 

inopinée ; si vous faites également attention aux demandes et aux réponses du grade, ainsi qu'à la couleur vert d'eau affectée à ce degré, vous ne pourrez méconnaître la classe d'hommes que notre Ordre demande (115). Bientôt vous concevrez, avec nous, l'espoir de voir arriver la grande régénération, de voir les juges philosophes réintégrés dans tous leurs droits ; ce qui ne peut néanmoins avoir lieu sans la force, le courage, la constance et la fermeté inébranlables que nous exigeons de tous ceux que nous admettons à partager nos sublimes travaux.

« Par cet aperçu, vous sentez combien nous devons porter de soin dans le choix que nous avons à faire de nos nouveaux frères, et vous devez voir que faute de terrain pour construire matériellement nos temples, nous devons les élever dans nos cœurs. Vous devez donc, mon très cher frère, reconnaître que nous vous trouvons toutes les qualités que nous recherchons, puisque noua voua avons admis parmi nous. Nous espérons que ce sera pour votre bonheur et la prospérité de l'Ordre. »

 

Source : www.ledifice.net

 



Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 08:01

Sujet des études

 

Des novices juges philosophes inconnus

 

 

Comme le but de l'Ordre est la perfection de la société, son premier soin se porte sur le choix de ses membres. Tous les initiés sont employés à la recherche et à l'étude de ceux des maçons qui sont dignes d'être admis parmi les philosophes inconnus. Ils doivent donc avoir constamment les yeux ouverts autour d'eux, suivre les hommes depuis et même avant leur entrée dans la Maçonnerie, qui est la filière d'épreuve. Ils ne doivent pas négliger non plus observer la conduite et les démarches de ceux de ses frères initiés au sublime grade de juges philosophes, qui lui sont connus, et d'en rendre compte à son commandeur initiant avec lequel il doit conserver ses rapports d obéissance et de soumission qu'il lui a promis, ainsi qu'à l'Ordre, dans son obligation.

  

« Le juge philosophe inconnu doit se faire une étude particulière de l'art de connaître et de juger les inclinations des hommes par leur air extérieur, leurs goûts, leurs manières d'être, leurs affections et même leurs vêtements. Qu'il lise Lavater et les ouvrages du docteur Gall ; qu'il se familiarise dans l'art de la physiognomonie. »

  

Nous allons donner ici quelques-unes des inductions que l'on peut tirer du choix des couleurs dans les vêtements, en supposant, toutefois, que le choix n'en est pas obligé par l'état, la condition ou la mode. Il y a d'abord les couleurs primitives, qui annoncent, en général, dans leur choix, plus de franchise dans le caractère qu'il indique, quelque chose ds plus prononcé. Les couleurs fausses ou provenant de mélanges sont des signes d'indifférence, de frivolité ou ds légèreté, qui, souvent, proviennent autant de l'éducation que du fond du caractère. Ces impressions sont susceptibles de varier souvent et pour peu de chose ; on peut espérer cependant nefixer ces caractères.

  

Des couleurs primitives

 

1° Jaune doré. — Couleur dédiée au soleil (en hébreu, schemesch, sol ou Hhamah, chaleur) ; elle est l'indice de la grandeur d'âme, de la pénétration.

 

2° Bleu. —Couleur consacrée à Jupiter (Tsedek) ; c'est l'indice général de la magnanimité, de la promptitude, de l'émulation pour tout ce qui est bon et juste.

 

3° Blanc.— Couleur consacrée à la lune (jareâh, ou lebanah, à cause de sa blancheur) ; elle est un indice de pudeur, de timidité. Si un homme porte un habit bleu sur des vêtements blancs, on dira qu'il recherche la vérité : si l'habit est de toute autre couleur, on pourra penser qu'il est d'un caractère ombrageux, ambitieux, avare.

 

4° Rouge.— Couleur dédiée à Mars (Maadim, à cause de sa couleur rougeâtre). Un habit bleu et dessous de couleur rouge est un indice d'ambition démesurée, d'esprit de révolution, d'inclination à la cruauté, d'insensibilité.

 

5° Vert.—- Couleur consacrée à Vénus (nogah, scintillante). C'est l'indice d'un caractère difficile à satisfaire, d'un esprit impatient, plein d'amour-propre, facile à trahir un parti, s'il n'en obtient pas ce qu'il désire.

 

6° Pourpre. — Couleur dédiée à Mercure (chochab [kokab], vite à la course ). Indice d'adresse, d'intelligence, de souplesse, mais sans délicatesse ; d'ambition illégitime et de convoitise.

 

7° Noir, —Consacré à Saturne (schabethaï, qui se repose). Indice de taciturnité, de réflexions profondes, de curiosité et de bavardage.

 

 Des couleurs combinées

  

Pourpre et bleu. — Grand libéral, envieux.

 

Pourpre et rouge incarnat. — Gourmand, cruel, emporté, fier, sujet au désespoir.

 

Lie de vin. — Tardif, sourd, mauvais politique.

 

Chair. —Libertin.

 

Rose. —Inconstant, d'une prodigalité ambitieuse, dédaigneux (110).

 

Lilas. —Ignorant et avare.

 

Roux terne. — Sanguinaire.

 

Aurore. —Ami de l'homme.

 

Capucin. —Véritable hypocrite.

 

Puce. —Capricieux.

 

Brun-jaune.— Mauvais sujet.

 

Violet. —Malin, chicaneur.

 

Olive. —Facile à émouvoir, à verser des larmes, baissant les yeux à la demande d'un service.

 

Aurore-souci.— Prompt, colérique.

 

Jaune clair. — Fripon.

 

Jaune pale. — Méfiant.

 

Chamois. —Bon cœur, compatissant, généreux.

 

Ventre-de-biche.— A exclure de l'Ordre.

 

Vert pisseux. — Incapable de grandes entreprises.

 

Gris-perle.— Prodigue, manquant d'ordre, impatient.

 

Gris noisette. — Fin, subtil.

 

Gris-blanc.— Mauvais coeur, méchant, imbécile, machine propre à beaucoup de choses.

 

Vert d'eau. — Actif et franc.

 

Gorge-de–pigeon. — Inconstant.

 

Chamarré.— Ignorant, arrogant, brutal.

 

Blanc azuré. — Esprit élevé, génie porté vers les hautes sciences.

 

On ne peut disconvenir que, en général, la couleur indiquée par le goût prédominant ne soit un indice très grand des inclinations des individus. Cependant, cette règle n'est pas infaillible, et il faut qu'elle soit confirmée par d'autres observations.

  

Un homme, qui ne porte qu'une simple marque de son vrai goût, annonce de la sincérité et de la propension à la vertu. Point de choix est l'indice d'un caractère faux ou incertain. Se laisser imposer le goût des autres annonce faiblesse et inclination à faire d'amères réflexions. Comme on vient de le dire, les couleurs du choix d'un individu ne suffisent pas toujours pour avoir une idée juste de son caractère ; il faut encore l'étudier dans ses manières habituelles ; bien saisir les traits de son visage. L'homme est devant vous, examinez-le : est-il brun ? Est-il roux ? Est-il pâle, jaunâtre ou blanchâtre ! A-t-il l'œil fixe ou hagard, vif ou languissant ? Son regard est-il langoureux, superbe, ardent ou abattu ? Regarde-t-il en face, hardiment ou de côté ? Peut-il supporter un regard avec fermeté ? A-t-il l'air enjoué ? Regarde-t-il en haut ou en bas ? Son front est-il ridé et dans quel sens, horizontalement ou verticalement ? Sa contenance est-elle noble ou commune, aisée ou maniérée ? Comment porte-t-il la tête, droite ou penchée ? Son langage est-il régulier, désordonné ou entrecoupé ? En parlant, agite-t-il les mains, le corps ou la tête avec vivacité ? S'approche-t-il de ceux à qui il parle, les prend-il par le bras, par l'habit ? Est-il grand parleur ou taciturne ? Comment marche-t-il, vivement ou posément ? A qui doit-il son éducation ? A-t-il toujours été sous les yeux de ses parents ? Quelle a été son éducation ? A-t-il voyagé ? En quel pays ? Est-il constant et ferme dans ses résolutions ? Les obstacles sont-ils quelque chose pour lui ? Comment pourrait-on le gagner ? Est-ce par des louanges ou par des bassesses, par les femmes, par l'argent, par des amis ? Aime-t-il la satire ? Sur quoi s'exerce-t-il plus volontiers ? Aime-t-il la bonne chère ? Est-il sobre, gourmand, sensuel ? Est-il discret ou disert dans le vin? Quel est le caractère qui domine dans son ivresse ? Est-il tendre ou furieux ? Est-il gai ou sombre ?

  

Il faut aussi chercher à savoir si le sujet que vous avez en vue dort peu ou beaucoup ; s'il est rêveur, somnambule, s'il parle en dormant ; s'il est difficile à éveiller ; quelle espèce d'impression fait sur lui un réveil subit. Toutes ces observations doivent être notées avec soin par le juge philosophe inconnu, afin de pouvoir rendre un compte exact d'un sujet par lui proposé.

  

Après cette esquisse des objets d'étude, le commandeur initiant reprend en ces termes :

 

« Parmi toutes les connaissances que vous venez d'acquérir, vous trouverez, je pense, la plus haute sagesse. Il en reste encore beaucoup d'autres que je ne puis vous donner en ce jour, mais que vous obtiendrez après l'expiration des trois années de fotre noviciat, qui pourront être abrégées en considération et récompense des bons offices que vous aurez pu rendre à l'Ordre en général et à quelques-uns de nos frères en particulier.

 

 « Il me reste à vous donner l'origine de l’Echelle symbolique, dont il vous sera fait une explication plus étendue, quand le temps en sera venu.

 

 

Origine de l’échelle symbolique

« Les maçons instruits n'ignorent pas que notre Ordre fut le premier du monde, et que la religion qui en est sortie est l'essence de toutes les associations civiles, ainsi que les principes moraux qui ont épuré tous les cultes ; que c'est du sanctuaire de la Maçonnerie que sont jaillis les rayons de lumière qui éclairent l'univers. Ces maçons ne peuvent non plus disconvenir que, dans les premiers temps, on n'a jamais reconnu que cinq degrés de connaissances ; que le nombre de vingt-cinq ou de trente-trois degrés, qui forment le cadre de l’écossisme, est un effet de l'amour des innovations, ou le produit de quelques amours-propres ; car il est constant que, sur les trente-trois censés pratiqués aujourd'hui, il en est vingt-huit d'apocryphes et qui ne méritent aucune confiance.

« Les jésuites, qui s'approprièrent le système hiérarchique de la Maçonnerie, augmentèrent l'échelle de deux degrés et la portèrent à sept. Ces habiles maîtres n'eurent pas beaucoup de peine à foire adopter leurs innovations par les maçons adonhiramites, qui, sans plus d’examen, la regardèrent comme le vrai symbole de la science mystique. Voici l’échelle :

  

1er échelon J akim, J nitiatio,

 

2e — T ubalcain, T emporalis,

 

3e — B ooz, B eneplacitus,

 

4e — S chibboleth, }Les Jésuites interprètent les initiales } S cholasticus,

 

5e — M acbenac, de ces mots comme représentant les M agister,

 

6e — G homel, sept grades de leur Ordre, savoir : G eneralis,

 

7e — N ekam. N oster.

  

« Si vous êtes zélé, mon frère, comme je me plais à le croire, vous lirez l'histoire d’Ignace de Logola (111) et de l’institution des jésuites et vous y reconnaîtrez, non-seulement l'échelle symbolique, mais encore la réception de nos maçons adonhiramites ; comme eux, le novice fait trois voyages ; il n'est ni nu ni vêtu ; il a le sein gauche découvert, le genou droit nu, le soulier gauche en pantoufle, etc. Dans quelles vues les jésuites ont-ils calqué le système de leur organisation sur l'échelle maçonnique ? N'est-ce pas parce qu'ils en avaient reconnu l'excellence, et que cette gradation était très propre à former des hommes, comme ils voulaient les avoir, et à parvenir à cette unité d'action que nous cherchons dans notre Ordre sublime !

  

« Les maçons seront-ils moins constants que ces hommes, dont on est forcé de reconnaître la supériorité qu'ils s'étaient acquise et au moyen de laquelle ils auraient pu faire le bonheur de la société, s'ils n'avaient pas tourné toutes leurs vues vers sa domination ! Les maçons, ayant un but plus épuré, auront-ils moins de succès, s'ils veulent y mettre tout le zèle dont ils sont susceptibles, s'ils veulent faire usage de toutes les lumières que le siècle leur a départies ? Nous ne le pensons pas, et c'est ce qui nous encourage, c'est ce qui nous excite dans les efforts que nous faisons pour éclairer les hommes sur leurs véritables intérêts, en leur recommandant la pratique de toutes les vertus sociales. Vous êtes appelé, mon frère, à concourir à cetteœuvre vraiment divine. C'est là la véritable pierre philosophale avec laquelle tous les métaux sont changés en or ; c'est par la réunion de toutes les connaissances que fournit l'art royal que nous saurons tourner au profit de la société jusqu'aux passions des hommes, en les dirigeant et en les employant, chacun selon ses moyens et ses facultés.

  

Telles sont les leçons que nous avons reçues de nos ancêtres et de nos prédécesseurs, les trop malheureux chevaliers du Temple, de qui nous tenons nos institutions. Si l'Europe s'est éclairée, si les temps de la barbare ignorance et de la superstition sont disparus pour jamais, c'est à eux qu'est dû ce bienfait, et nous ne pouvons en avoir trop de reconnaissance. Aussi, tenons-nous à honneur de leur succéder et nous ne voulons pas les priver de la gloire qui leur en revient. Et comme vous êtes entré, ainsi que nous, dans leur Ordre, je ne pense pas qu'il soit hors de propos de vous donner un abrégé de la funeste catastrophe qui les a frappés de la manière la plus inique et la moins méritée. »

 

Histoire abrégée de la destruction des chevaliers du temple

Après la mort de Benoît XI, arrivée le 31 juillet 1304, les cardinaux se réunirent pour élire un nouveau pape, et se formèrent en deux factions, l'une française, l'autre italienne.

Philippe-le-Bel, roi de France, avait des projets qu'il ne pouvait accomplir sans l'assistance du pape qui serait élu. Son parti fomentait des divisions dans le conclave pour favoriser ses desseins. Il envoya chercher Bertrand de Goth, alors archevêque de Bordeaux et, dans la conférence qu'il eut avec lui, il l'informa de ses desseins et du pouvoir qu'il avait de le faire élire pape, et qu'il le serait, s'il jurait d'exécuter sept propositions, qu'il lui ferait connaître, excepté la septième, qu'il réservait jusqu'au moment de son exécution, ce qui fut accepté par l'ambitieux prélat. En conséquence, Philippe lui exposa les six conditions étrangères à notre histoire, et, après avoir exigé et reçu son serment pour l'exécution de la septième, il prit pour ôtages les frères et le neveu de Bertrand, qui fut élu pape sous le nom de Clément V.

Il établit son siège à Lyon, où il exécuta les six premières conditions ; quand le moment favorable pour l'exécution de la septième fut arrivé, Philippe lui déclara que c'était de se joindre à lui pour exterminer totalement les chevaliers du Temple dans toute l'étendue de la chrétienté.

« Le motif de ce cruel projet fut que, quelque temps avant la mort de Benoît XI, il arriva une sédition à Paris, occasionnée par l'altération de la monnaie, que Philippe avait fait fabriquer de bas aloi. Le peuple mutiné pilla et démolit la maison d'Etienne Barbet, maître de la monnaie ; ensuite, il se porta au palais du roi, où il commit beaucoup d'excès.

Les chevaliers, contre lesquels l'envie avait élevé de puissants ennemis, furent suspectés d'avoir excité ces désordres. Dès lors, leur perte fut résolue et jurée par Philippe ; il ne lui manquait plus qu'un prétexte. Comme avec l'autorité et la force tout devient aisé, il en trouva facilement, il en fit naître. A cet effet, il choisit deux aventuriers, nommés Gérard Habé et Benoît Mahuc (un rituel dit Monluc ou Montluc), auxquels il proposa, sous l'espoir de grandes récompenses, de se flaire admettre parmi les chevaliers templiers, pour les accuser ensuite des plus grands crimes.

En effet, ces deux misérables, ayant un extérieur honnête, des titres et des qualités apparentes, furent admis. Peu de temps après, ils accusèrent tout l'Ordre des plus grandes abominations, et demandèrent à en être séparés ; c'était là ce que l'on attendait.

Comme les méchants emploient la trahison, cependant ils craignent les traîtres. Le roi Philippe fit périr les deux dénonciateurs dans les plus cruels tourments ; et, sous le prétexte qu'ils lui avaient fourni, il fit arrêter, dans un même jour, dans toute la France, tous les chevaliers templiers qui s'y trouvaient. Cet ordre fut exécuté le 13 octobre 1307, deux ans après l'accusation portée par les deux traîtres. Leurs papiers, leurs titres, leurs trésors et leurs biens furent saisis ; le roi Charles d'Anjou en fit de même en Provence. Les chevaliers arrêtés en France furent enfermés au château de Melun pour être jugés. Le pape envoya des commissaires pour juger Jacques Molay, G.-M., qu'il avait attiré en France avec seize chevaliers, parmi lesquels se trouvaient Guy, frère du Dauphin de Viennois, Hugues Péralde et Théod.-Basile de Menoncourt. Le G.-M. et ses compagnons furent arrêtés et les plus cruels tourments furent exercés sur eux, pour les forcer à confesser les crimes dont ils étaient accusés et dont ils étaient innocents. Leurs épreuves terminées sans succès, cinquante-sept furent brûlés vifs dans un jour et cinquante-neuf le jour suivant, et l'on continua jusqu'à l'entière destruction de l'Ordre.

Jacques Molay et les trois chevaliers Guy, Péralde et Menoncourt ne furent point compris dans ces premières exécutions, le pape s'en étant réservé le jugement. Tous les chevaliers furent arrêtés, mais tous ne furent pas mis à mort. Jacques Molay et ses trois compagnons, après avoir gémi pendant sept ans dans les fers, furent brûlés vifs le 11 mars 1314. Ils attirèrent la pitié et les larmes des spectateurs par leur fermeté et leur constance héroïques, protestant de leur innocence, qui fut ensuite démontrée par un événement mémorable. Le G.-M., prêt à mourir, dit, en s'adressant à Dieu : Permets-nous de réfléchir sur les tourments que l'injustice et la cruauté nous font endurer ; pardonne, ô mon Dieu, les fausses accusations qui ont causé rentière destruction de l'Ordre, dont ta providence m'avait établi le chef, et permets qu'un jour le monde détrompé connaisse mieux ceux qui s'efforçaient de vivre pour toi. Nous espérons de ta bonté la récompense des tourments et de la mort que nous souffrons, pour jouir de ta divine présence dans le séjour du bonheur. Puis, s'adressant au peuple, il dit : « Vous qui nous voyez prêts à périr dans les flammes, vous jugerez de notre innocence ; car je somme le pape Clément V, dans quarante jours, et Philippe-le-Bel, dans un an, à comparaître devant le légitime et terrible trône de Dieu, pour rendre compte du sang qu'ils ont injustement et méchamment versé ! » — Ils furent précipitamment entraînés à l'échafaud, dans la crainte des mouvements du peuple. La prophétie de Jacques Molay fut accomplie : Clément V mourut vers le 20 avril suivant (1314), et Philjppe-le-Bel, le 29 novembre 1314, à Fontainebleau, à 46 ans (112).

Très illustre frère, pour ce qui regarde cette prophétie et tous les événements remarquables de cette affreuse persécution, vous pouvez lire l'histoire du temps ; vous y trouverez des détails plus circonstanciés. Il me resterait maintenant à vous apprendre comment les maçons doivent prendre tant d'intérêt à cette illustre société, et pourquoi nous regarderons les chevaliers templiers comme nos prédécesseurs et nos instituteurs ; mais il ne m'est pas permis de porter jusque-là mes révélations : je vous dirai cependant, et j'y suis autorisé, qu'après votre noviciat terminé, tout vous sera révélé.

Source : www.ledifice.net

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 07:46

Ordre des Philosophes inconnus, en deux points

 

Premier point

Grade de novice

Introduction

Le genre humain jouissait en paix du bonheur de la vie. Dirigé par les simples lois de la nature, il coulait des jours sereins. Dans ces temps heureux, régnait l’innocence, et tout conservait, sans vouloir en sortir, l'équilibre que le Créateur lui avait donné. La félicité était générale et parfaite, rien ne pouvait y ajouter, comme aussi aucun souci n'avait encore fait verser aucuns pleurs. L'âge d’or, enfin, florissait, et Pandore n'avait pas encore apporté la boîte fatale. Ce calme ne dura pas assez ; bientôt de l’ambition, mère impure, naquit le monstre qui devait être la mère de tant d'autres monstres et donner la mort à l'humanité. L'infernale tyrannie, digne fruit d'une telle mère, fixa son séjour sur cette terre jadis si heureuse, et y établit son règne ; elle mit tout en œuvre pour tout asservir et n'y réussit que trop. Cachant ses abominables desseins sous l'apparence de la protection et de la bienveillance, elle séduisit facilement les hommes simples et droits ; ses succès furent au-delà de son attente ; elle fut elle-même étonnée des progrès que faisait sa domination et de leur rapidité ; rien ne l'arrêta plus et elle se surpassa elle-même. Par des récompenses distribuées avec art, et qu'elle savait bien reprendre, elle sut augmenter le nombre de ses adulateurs ; ce nombre devint prodigieux ; elle sut si bien en imposer à tous, elle sut si bien les enchaîner dans ses liens qu'elle n'hésita bientôt plus à lever le masque et à se montrer à découvert.

Ce fut alors que l'on s'aperçut de l'artifice ; mais il était déjà trop tard ; les chaînes étaient rivées ; le bonheur était disparu et jusqu'à l'espérance de le voir renaître ; le siècle de fer, en un mot, avait pris la place du premier, le vice dominait la vertu, et, jusqu'à nos jours, tous les efforts ont été impuissants pour rappeler la félicité du premier âge, de cet âge heureux bien digne de nos regrets, de cet âge que les poètes nous enseignent comme le plus heureux des temps et dans lequel les arts florissaient et où l’art destructeur de Bellone était encore ignoré.

Cependant, tout espoir n'était pas perdu ; au milieu de l’esclavage général, quelques sages échappèrent au pouvoir du despotisme et surent se conserver libres. Ces intrépides philosophes conservèrent fidèlement le dépôt précieux confié à leur garde, et, âge en âge, ils le transmirent jusqu'à nous. Puissent les mânes se ces illustres ancêtres voir de leur céleste retraite et applaudir aux efforts que notre Ordre renouvelle sans cesse pour accomplir le grand œuvre dont ils nous ont laissé les éléments.

C'est dans la vue de rappeler ces temps heureux, c'est dans la vue d’en perpétuer à jamais l'histoire, ainsi que des événements funestes qui les ont fait évanouir, que la triple puissance a entrepris d'élever un tabernacle soutenu par 26 colonnes de fer, portant chacune le nom d'une des lettres de l'alphabet des philosophes. Ces colonnes sont destinées à recevoir les anneaux d'or que doivent fournir les adeptes au jour de leur initiation, de telle sorte que la première colonne appelée Abraxas recevra tous les anneaux envoyés par les frères, dont les noms commenceront par A, et ainsi de suite.

Par l'exactitude de cette correspondance, le monde maçon verra arriver le jour où, par le nombre infini de ses ouvriers, il aura contribué à l'édification d'un autel, dont les colonnes seront du métal le plus pur, quoiqu'elles aient été de fer dans leur origine, ce qui alors symbolisera la grande époque de la régénération.

 A cette époque fortunée, l'Ordre distribuera des récompenses aux frères dont les noms se trouveront dans le Saint des saints, et qui seront connus par les hiéroglyphes insérés dans leurs anneaux, après avoir servi à la construction d'un temple éternel, qui sera dévoilé aux chapitres jouissant de neuf années d'installation.

Tel est le but de ce sublime grade. Que les nouveaux initiés se pénètrent bien des principes qu'il renferme; les grandes et sublimes vérités qu'il contient ne contribueront pas peu à les consoler dans l'adversité et à faire luire dans leur âme quelque rayon d'espoir d'un meilleur avenir.

Instruction préliminaire

Quand on s'est bien assuré des qualités morales du frère que l'on veut initier, on recherche ses capacités…etc… Il faut qu'il soit au moins rose-croix, qu'il soit déjà instruit dans l'art royal, et qu'il ait montré des dispositions à recevoir les impressions qui vont lui être données.

Comme il doit ignorer l'existence de notre sublime grade, il n'a pu désirer d'y être admis que par ce que lui en aura pu laisser entrevoir notre frère et son ami ; il faut éviter d'aller au-devant de ses désirs ; il faut lui laisser souhaiter, pendant quelque temps, d'être plus instruit… Son admission décidée, son ami lui dit que sa mission est finie et lui montre une marque dont sera porteur celui (un inconnu) qui viendra le prendre et qu'il devra suivre.

Réception

La salle de réception est un souterrain dans lequel on descend par une trappe qui en ferme la voûte, et au moyen d'une échelle que l'on enlève et qui se replace après la réception. Le souterrain n'est éclairé que par une seule lampe ; sur les murs peints en noir, sont les hiéroglyphes suivants :

Côté du Midi

A. 1. Un rocher.

B. 2. Une tête de taureau.

C. 3. Un crocodile.

D. 4. Une médaille ; au centre, le soleil ; autour, les six planètes et la légende Sol solus in medio.

E. 5. Une harpie, moitié femme, moitié serpent, tenant deux flambeaux allumés.

F. 6. Une étoile rayonnante à cinq pointes.

Côté du Nord

G. 1. Une truelle dans un cercle rayonnant.

H. 2. Un sabre ou harpé phrygien, poignée en or, on y lit Adonaï, en lettres d’or.

J. 3. Une main droite fermée, l'index levé indiquant le ciel.

K. 4. Le buste de Janus sur un hôtel carré.

L. 5. La lune dans son plein.

Côté de l'Orient

M. 1. La tête rayonnante d'un bouc.

N. 2. Un vase d'où sort un liquide blanchâtre.

O. 3. Une tête de chien.

P. 4. Un piédestal carré imitant le marbre.

Q. 5. Une tête de Janus quadrifons.

R. 6. Une roue surmontée d'un mauvais génie et un amour qui arrête sa course.

Côté de l’Occident

 

S 1. Un serpent formant plusieurs replis.

T. 2. Un soleil avec neuf rayons très lumineux.

U. 3. Une arme en agathe.

V. 4. Un caducée.

X. 5. La figure de Xantus, le front ceint d'un diadème, placée au-dessus d'une porte peinte.

Y. 6. La tête d’Argus.

Z. 7. Une faulx.

Chacune de ces figures est précédée de la lettre qui, dans l'écriture du grade, correspond au numéro hiéroglyphique indiqué dans ce tableau :

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18,

a,  i, x,  l, e,  g, f,  p, s,   n,   r,    h,   j,    c,    k,   z,   v,    t,

19, 20, 21, 22, 23, 24, 25.

m,  q,   d,    b,    o,   y,    r.

Les membres du chapitre sont vêtus d'une robe noire avec un capuchon qui peut voiler la figure.

Le récipiendaire étant introduit par l'échelle dans le souterrain, on lui rend la vue libre, pour qu'il considère les objets qui l'entourent et puisse faire des réflexions.

Le président rompt le silence, le questionne sur tous ses grades et lui dit :

« Mon très cher frère, la multitude des grades, quelquefois incohérents, par lesquels vous avez été obligé de passer pour arriver dans ce lieu, sont, nous pouvons vous le dire avec franchise, autant de hochets que les chefs suprêmes de notre initiation laissent aux grands enfants condamnés par eux à végéter sur les banquettes dorées d'une Maçonnerie qui ne l'est que de nom. Si vous avez quelquefois réfléchi sur la divergence qui règne dans la foule des degrés inférieurs, vous aurez remarqué, sans doute, que le but général de l'Ordre est de faire prendre le change à la multitude ignorante, et de purifier, pour ainsi dire, au creuset de la coupelle, les véritables maçons, et de les préparer à ce que le secret essentiel de l'association puisse tour être confié sans danger, et même à leur donner la garde de ce dépôt sacré, qui doit se transmettre d'âge en âge, jusqu'au moment où la divine Trinité ordonnera l'accomplissement du grand œuvre.

Le grade que vous allez recevoir, très digne frère, est le premier échelon de la véritable échelle des philosophes ; vous en ignoriez l'existence, et c'est par la conviction intime que nous avons acquise de vos éminentes vertus, que, d'un consentement unanime, nous vous avons appelé à nous. En déchirant le voile dont vos yeux étaient couverts, nous vous offrons la connaissance de l'art sublime qui conduit à la découverte de la vraie pierre philosophale, vainement cherchée par les maçons vulgaires. Ces hommes, dans leur profonde erreur, et dans le délire de la plus vile cupidité, prenant à la lettre le langage mystique des sages, veulent obtenir un métal, digne objet de leurs désirs, et ils consomment leur fortune et leur vie dans des recherches infructueuses. Loin de nous ceux qu'une si vile passion, la soif de l'or, eu qu'une curiosité indiscrète attache à la poursuite de nos secrets ! Nous ne choisissons nos adeptes que parmi les ennemis d'un fol orgueil, d'une vaine cupidité et d'une coupable ambition. Si, dans les loges symboliques, nous faisons usage de costumes extraordinaires; si nous employons un langage parfois bizarre, ce n'est que pour distinguer plus facilement, dans ces pépinières, les mauvaises plantes, et éviter de les choisir pour l'élection. Vous êtes, depuis longtemps, l'objet de nos observations et de notre étude ; vous avez mérité notre sollicitude et les difficultés seront aplanies sous vos pas. Vous devez être d'autant plus flatté de vous voir porté, tout d'un coup, au faite des connaissances de l'art sublime, que les adeptes sont en très petit nombre. Mais, avant d'aller plus loin, nous devons vous donner un aperçu de nos obligations. Il n'y a plue rien de symbolique parmi nous ; le bandeau des illusions ne voile plus les yeux, c'est la vérité seule qui va dicter mes paroles. Dès que vous aurez prononcé votre obligation nouvelle, vous cesserez de vous appartenir, votre vie même sera devenue la propriété de l’Ordre. L’obéissance la plus absolue, l’entière abnégation de vos volontés, l’exécution prompte et sans réflexion des ordresqui vous seront transmis de la part de la puissance suprême, tels seront vos principaux devoirs. Les châtiments les plus terribles sont réservés aux parjures…et qu’est-ce qu’un parjure aux yeux de l’Ordre ! Celui qui, dans les choses, même les plus légères, enfreint les ordres qu’il a reçus de son chef, ou refuse de les exécuter ; car rien n'est indifférent dans notre Ordre sublime. Je dois cependant mesurer, sur un point, votre conscience, c'est que jamais les ordres que vous recevrez ne seront contraires à vos devoirs envers la société. Loin de là, notre association ne tendant qu'à améliorer les hommes, évite avec soin tout ce qui peut blesser leurs-droits. Dans peu, mon frère, vous en saurez davantage sur notre Ordre sublime et vous acquerrez la conviction que la majeure partie des maçons élevés, à ce qu'ils pensent, aux plus hautes découvertes de l'art maçonnique, trompés par une vaine science, sont encore bien loin de la vérité, тиlti vocati, pauci vero electi.

« Avec notre secours, vous allez franchir une barrière que, seul, nul mortel ne peut ouvrir. Le rituel de votre réception déroulera devant vous le grand livre de la vie. Cette contemplation, en vous consolant de béatitude et en nous rendant chers à votre cœur, nous garantira l'assurance de votre sincère reconnaissance.

Sachez lire dans notre code sacré, et, bientôt, unissant vos efforts à ceux de vos frères, vous hâterez l'instant de la félicité générale, seule récompense que nous attendions de nos pénibles travaux. (Une pause.)

 « Etes-vous bien persuadé, mon frère, que l’Ordre maçonnique professant le rite écossais soit en possession du souverain principe de l’art royal, et qu'il connaît, seul, le plus grand secret de la Maçonnerie ? » (On répond ; il continue.) « Le grade que vous allez recevoir est le nec plus ultra de la Maçonnerie, et c'est ici que l'Ordre est absolument à découvert ; ici, que les hiéroglyphes qui se seront présentés à votre vue, dans les différents grades, sont expliquée et entièrement dévoilés. Il n'y a plus de déclamations, plus de machines pour vous en imposer, la vérité seule sera employée pour vous séduire. Votre emploi, à l'avenir, sera de former les hommes et de récompenser les vertus que vous leur reconnaîtrez. Vous devez apprendre ici comment on peut lier les pieds et les mains aux usurpateurs des droits de l'homme ; vous apprendrez à gouverner les humains et à les dominer, non par la crainte, mais par la vertu. Il faut, en un mot, que vous vous consacriez en entier à un Ordre qui a entrepris de rétablir l'homme dans sa dignité primitive ; c'est la domination de la vertu. Il faut que son gouvernement secret, mais non moins puissant, conduise les autres gouvernements, vers ce noble but, sans néanmoins se laisser apercevoir, autrement que par l'opinion et l'assentiment universel de la société.

Il existe un nombre considérable de nos frères ; nous sommes répandus dans les pays les plus reculés, tous conduits par une force invisible. Nous travaillons, de concert, à la grande régénération, et, réunis de corps et d'âme, rien ne peut empêcher l'exécution du plan d'architecture qui nous a été tracé par la divine Trinité. C'est par une assiduité constante et dans le plus profond secret que nous avons déjà ébauché de nombreux travaux ; nous devons les achever pour le bonheur de l’humanité.

Fixez, mon cher frère, vos regards sur le vaste champ que nous ouvrons à votre activité ; devenez notre digne collaborateur, et secondez nos efforts de tous vos moyens ; il n'est point, avec nous, de travaux sans récompense. En nous, vous voyez une partie des légions inconnues unies par des liens indissolubles pour combattre en faveur de la vertu opprimée. Nous ne devons les sublimes connaissances que nous enseignons qu'à la bienveillance de nos chefs, qui ont bien voulu nous les accorder pour exciter notre émulation et nous engager à de nouvelles recherches. Imitez-nous, très cher frère, et méritez l'estime des illustres inconnus qui nous gouvernent. » (Une pause.)

« Etes-vous bien décidé, mon frère, à vous rendre digne de veiller, avec vos frères, pour la défense des droits de la nature et de notre Ordre ? » (On répond.) « Le pas que vous faites aujourd'hui est le plus important de votre vie. En vous recevant dans notre Ordre, j'attends de vous deux exploits nobles, grands et dignes de vous et du titre glorieux de juge-grand-inquisiteur inconnu. Si vous êtes bon, honnête et fidèle, vous répondrez à nos vœux et à notre esprit ; mais si vous ne deviez être qu'un parjure et un faux frère, ne vous engagez pas parmi nous, vous seriez maudit et malheureux ! Notre vengeance vous atteindrait partout. Réfléchissez, il en est temps encore, je vais vous rendre vos métaux, retirez-vous, si vous sentez de la répugnance à entrer parmi nous. Je vous avertis que ceci n'est point une vaine épreuve et que je vous parle très sérieusement. Je vous le répète, réfléchissez-y bien, j'attends votre dernière volonté... » (S'il hésite, on lui couvre les yeux, et on le conduit hors de la portée du local, qu'il ne doit pas connaître : s'il persiste, il met un genou aux pieds du souverain commandeur-initiant, la poitrine découverte et maintenant de la main gauche la pointe d'un poignard sur son cœur, puis sa main droite dans la main gauche du président, il prononce son obligation.)

Obligation. « Moi…je promets obéissance à la très parfaite et sainte Trinité, au grand-commandeur premier président juge suprême du Tribunal inconnu, souverain grand-prince en ce dernier grade, et, autant qu'il dépendra de moi, de n'admettre aucun frère indigne de ce saint grade ; je promets de travailler pour le triomphe de notre Ordre ; de le défendre contre tous les faux systèmes qu'on pourrait essayer d'y introduire. Je m'engage particulièrement à assister mes frères juges philosophes, à protéger leur innocence, ainsi que celle de tout autre homme injustement accusé ; je jure de ne jamais défendre la cause d'un tyran et de renoncer à la faveur des grands. Je promets de combattre courageusement pour la régénération de la société, pour la vertu et pour la liberté de tous les frères ; d'aider à détruire la superstition et à l'anéantissement des usurpateurs du droit des hommes, qui jouissent aujourd'hui en paix des biens qu'ils nous ont envahis ; de ne jamais préférer mon intérêt particulier au bien général ; et de suivre en tout les préceptes de l'Ordre. Je m'oblige en outre, et je promets solennellement de faire part à mon grand-commandeur-initiant de toutes mes découvertes et de lui tenir mon cœur ouvert, à dater de ce jour ; de considérer tous mes frères, élevés à ce sublime grade, comme mes plus sincères amis et dignes du plus grand respect, au-dessus des vulgaires maçons ; enfin, d'être porté de la meilleure volonté en leur faveur et sans préoccupation étrangère. Je m'engage à tenir pour saints tous mes devoirs domestiques, sociaux et civils. Que Dieu me soit en aide, pour le bonheur de ma vie et le repos de mon âme !!!

L'initiant fait sentir la pointe du poignard qui cause une piqure légère et reprend ainsi :

« Vous voici, mon digne frère, bien avancé dans la carrière des hommes illustres. Vouz venez de faire fe premier pas présenté tous ceux qui eut le vrai désir d'atteindre six hautes connaissances de la Maçonnerie écossaise (jésuitique). Vous êtes, dés ce moment, postulant dans la carrière des juges philosophes inconnus. Dès ce jour, gardez-vous de fiéchir le genou aux pieds de votre égal, et bien moins encore de ceux qui prétendent vous être supérieurs. Pensez mûrement, et souvenez-vous que vous appartenez actuellement au grand établissement qui travaille pour le bonheur de l'humanité. » (Plus, tenant dans ses deux mains celles du candidat, il ajoute :)

« En vertu des pouvoirs qui me sont transmis et que j'ai mérités par mes longs voyages, par ma discrétion et par mon zèle et ma constance, je vous reçois et constitue très régulièrement novice juge philosophe inconnu, grand-inspecteur général ; puissiez-vous être toujours digne de cette haute faveur. (Il fait relever l'aspirant et reprend ainsi :)

Tout ce que vous avez entendu, très digne frère, n'est point pour attirer ceux qui, comme vous, ont aspiré au grade que j'ai le droit de conférer, ni pour leur inspirer une ardeur indiscrète ; ils doivent attendre le jour de la lumière en silence. La confiance est la marque la plus authentique d’une sincère amitié; nous devons augmenter le nombre de nos frères, mais avec discrétion ; nous devons éviter de rendre ce grade trop vulgaire, en initiant trop facilement une personne que nous aurons crue notre ami ; il faut qu'il soit éprouvé auparavant et que nous soyons bien assurés de la discrétion de celui que nous admettons : Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

« L'obligation que vous venez de contracter vous instruit des premières notions de ce grade, qui est le dernier de la Maçonnerie. Si, dans ce que j'ai dit, ou dans ce que vous avez prononcé avec moi, vous avez eu sujet de faire quelque remarque, parlez, mon frère, je vous en conjure par ce que vous avez de plus sacré, ouvrez-vous à moi ; il est de mon devoir et de l'intérêt de l'Ordre de lever tous vos doutes et tous vos scrupules. » (S'il y a des objections, l'initiant les combat et les détruit ; si elles sont graves, on en réfère à la puissance suprême et la réception est suspendue ; s'il n'y en a pas, on communique au récipiendaire les mots, signes, etc. (109), et on l'invite à se préparer pour l’étude qu'il doit faire pendant les trois années de son noviciat.).

 source : www.ledifice.net

 

Par JM Ragon - Publié dans : Rites et rituels
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