Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:27

Les fonctions des officiers sont beaucoup plus codifiées par des usages transmis
de génération en génération que par des textes formels. Le seul texte de ce
type, à ma connaissance, figure dans le Code Maçonnique des Loges RER de France
approuvé au Convent de Lyon en 5778. Ce texte est reproduit, avec l’intégralité
du Code, dans l’indispensable livre de Jean Tourniac, Principes et Problèmes
spirituels du RER, aux pages 297 à 300. Tout Maçon Rectifié se doit de posséder
cet ouvrage. Ce fragment du Code, très concis, donne les lignes générales et se
trouve, au plan organique, en contradiction avec plusieurs points de l’actuel
règlement intérieur de la GLNF. Mais là n’est pas notre propos, car il convient
ici de s’intéresser au rôle et à la fonction et non aux modalités
obédientielles.

ELEMENTS GENERAUX

Chaque Officier porte le cordon de sa charge et se doit d’incarner la fonction
qu’il emblématise. Le porteur d’une fonction doit agir comme fonction et non pas
en tant qu’individu. L’individu s’efface derrière la charge, il s’y investit et
s’y fonde. Il ne s’agit nullement d’un honneur (les métaux sont laissés à la
porte du Temple) mais bien plutôt d’un engagement à faire et à être. (cf. texte
des serments prêtés lors de l’investiture).

En bref :

La fonction implique une participation totale et une « mise en prise
directe », si je peux oser une telle expression, sur le Sacré pendant le
déroulement de la tenue afin de contribuer au mieux à faire circuler l’énergie.
Comment chacun d’eux peut-il le faire ? Il doit y avoir, plus encore peut-être
que sur les colonnes, vigilance et vis à vis de soi et vis à vis de l’instant.
Le rôle implique l’acceptation d’une responsabilité, d’un engagement à
faire. Ceci est bien loin de toute distinction honorifique.
Il est dit dans le rituel : « 3 la forme, 5 la compose et 7 la rende juste et
parfaite », Cette sentence, dont nous avons eu l’occasion de parler sur nos
listes, est dans la plupart des Rites rapportée aux officiers de la Loge. Pour
ce qui est du RER, dans l’Instruction au Grands Profès, il lui est conféré une
autre signification. Mais si, comme d’aucuns le font, nous la rapportons aux
Plateaux, nous sommes face à 9 Officiers et non pas 7. Si l’on veut alors rester
cohérent, cela voudrait dire que 2 des plateaux sont différents, car à la
charnière du monde profane et plus que les autres en relation avec l’extérieur.
Mais ce n'est qu'une hypothèse gratuite.
Remarquons au passage que le nombre 9 est celui couronnement des efforts et de
l’achèvement. Nombre de l’accomplissement, il marque la fin de la première
décade et conduit au changement de plan.

(Le Christ crucifié à la 3ème heure commence son agonie à la 6ème et expire à la
9ème)

LES PLATEAUX

Maître des Cérémonies


Il faut noter que le MDC remplit au RER des fonctions dévolues à plusieurs
officiers dans d’autres Rites. Il remplacera le Tuileur, le Couvreur, l’Expert,
… Ce n’est donc pas une mince tâche, car cela implique en particulier qu’il doit
connaître les tuilages de tous les Rites.

Texte du Code de 1778 :

Le Maître des Cérémonies doit veiller au cérémonial de chaque assemblée, et
examiner avant l’heure indiquée pour le travail si tout est disposé
convenablement pour la cérémonie du jour. Il doit examiner les FF visiteurs,
leur demander leurs certificats et les mots, signes et attouchements du régime
auquel ils appartiennent. En cas de doute, il doit consulter le VM, et même
attendre l’ouverture de la Loge, et en demander les ordres avant que de les
admettre. Il doit avoir soin de placer tous les FF suivant leurs grades et
dignités dans le régime rectifié.

Rituel de 1782

Le Maître des Cérémonies, aidé par ses Adjoints, ou par des Experts nommés par
le VM à cet effet, examine les Frères sur le Régime Rectifié, sur les grades
symboliques qu’ils disent avoir reçus, soit Apprenti, Compagnon, Maître, Maître
Écossais, et vérifie leurs certificats. Il examine de même les Frères des autres
Régimes mais sur les trois premiers grades seulement, devant, pour le rang
auquel il devra les placer dans la Loge, s’en rapporter à leur simple
déclaration qu’ils ont tel ou tel grade supérieur dans un autre régime. Il
vérifie également leurs certificats et leur demande les mots de passage qui
constatent qu’ils appartiennent à une Loge d’un régime régulier.

Définitions du rituel de 1785 :

Le Maître des Cérémonies doit apporter les mêmes attentions, afin de rectifier à
propos les parties essentielles du cérémonial dont on s’écarterait, et afin de
diriger tous les Frères de la Loge, lesquels doivent avoir l’œil sur lui pour
connaître ce qu’ils doivent faire lorsque le Vénérable Maître donne quelque
ordre avec son maillet. Le Maître des Cérémonies doit agir sans bruit et avec
décence, faisant en sorte de ne pas troubler ou interrompre notoirement le
cérémonial de la réception pour vouloir en rectifier quelques parties peu
essentielles. Ainsi donc, si son office est bien rempli, l’harmonie doit en
résulter sur les colonnes lors des cérémonies de réception

Donc, le Maître des Cérémonies est tout à la fois :

Métronome, il rythme et ordonnance les mouvements et les échanges, ce
qui implique qu’il connaisse parfaitement le Rituel pour chaque grade.

Relais entre le V\ M\ et la Loge par le bas.

Sert de modèle pour les FF de la Loge.

Par sa fonction de veilleur (dans le temporel) il a un pouvoir d’intervention
immédiat :

veille à l’agencement du Temple et vérifie son installation

surveille la tenue corporelle de tout un chacun

supplée, en cas de nécessité, aux surveillants si un manquement ou un
oubli se produit

Eléémosynaire

Si chaque F a un devoir d’attention et d’écoute vis-à-vis des autres, ce devoir
est particulièrement concrétisé dans la charge de cet Officier. Dans les Loges
des XVII° et XVIII° siècle, il était assisté par le Chapelain de la Loge qui,
sans avoir rang d’Officier, était un clerc en charge de l’assistance
spirituelle.

Texte du Code de 1778

L’Eléémosynaire est chargé de recevoir l’offrande volontaire des nouveaux reçus,
de présenter le tronc des aumônes à tous les FF à chaque assemblée, de même pour
les quêtes extraordinaires, et de retirer du F Econome tout ce qu’il aura pu
réserver sur chaque banquet. Le produit de tous ces objets est exclusivement
réservé pour les aumônes et l’état de cette caisse sera présenté tous les 3 mois
à la Loge, pour y être visé et arrêté. Le tronc aura 2 clefs, dont il faudra la
réunion pour l’ouvrir ; l’une sera entre les mains du VM, et l’autre restera à
l’E., qui ne pourra en rien retirer sans le consentement du VM et même des
surveillants, si l’objet est considérable. Il sera en outre l’infirmier de la
Loge, et tenu en cette qualité de s’informer des FF malades et de les visiter,
de leur procurer les secours dont ils auraient besoin, et de leur rendre en
général tous les services que l’amitié, la fraternité et l’humanité pourront lui
dicter. Si un cas particulier l’exige, on pourra à sa réquisition lui adjoindre
quelque autre F de la Loge. C’est l’Eléémosynaire encore qui est chargé
spécialement de veiller sur la conduite des FF et de faire des informations sur
la vie et les mœurs des candidats proposés pour être reçus, et d’en rendre
compte au Comité Ecossais et même à la Loge, si la prudence le permet.
Il représente activement le cœur de la Loge
Responsable du tronc des aumônes, il transforme l’acte de don en acte de charité
active. Il a le devoir de proposer au V\M\son utilisation pour venir en aide à
un F\ dans le besoin. La décision effective d’utilisation lui appartient
conjointement avec le V\ M\

Secrétaire

La complexité croissante du système obédientiel à tendance à lui conférer un
rôle devenu fortement administratif, mais son véritable rôle ne se limite pas à
cela.

Le code de 1778 définit clairement ses fonctions classiques :

« Le secrétaire est chargé spécialement de la correspondance de la Loge. Il
signe par mandement de la Loge et expédie les lettres, tableaux et certificats ;
il porte sur le protocole de la Loge les réceptions, agrégations, délibération
et élections. Tout acte est signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. … Il
doit être circonspect à n’envoyer des lettres d’invitation à aucun visiteur,
s’il n’a le consentement du VM ou de celui auquel il s’est remis pour cette
partie. …>>

Le code précise : << On ne fera et lira dans l’assemblée même que la minute ou
le brouillon du protocole qui sera signé et paraphé par celui qui a présidé la
Loge. Le Secrétaire l’écrira chez lui au net et en fera lecture à la première
assemblée, pour être signé par le VM, les deux SS et le Secrétaire. >>

Rien n’est dit quant à la manière de rédiger ce protocole. On comprend qu’il
doit être précis et fidèle, ce qu’indique bien la signature des minutes. Sa
formulation, qui a eu tendance à se standardiser au cours du temps, ressort
d’évidence des usages propres à la Loge ; quoi qu’en disent certains.

Ce même Code lui donne un second rôle :

<< Le Secrétaire est en même temps garde des archives, pour lesquelles il
prêtera une obligation particulière. Comme il pourrait se trouver des papiers de
la loge souvent entre ses mains, il les tiendra dans un portefeuille ou une
caisse fermant à clef, portant l’adresse du VM ou du Député Maître, et en cas
d’accident ou de maladie, l’Eléémosynaire est chargé spécialement de prendre les
mesures nécessaires pour la retirer. >>

Aujourd’hui, ses tâches étant de plus en plus lourdes, il est de plus en plus
fréquent qu’un F\archiviste soit nommé par le V\M\, F\qui travaillera en liaison
avec le Secrétaire.

Donc, pratiquement, outre son rôle administratif, il est la Mémoire écrite de la
Loge, il est le miroir reflétant les Travaux. Il est à l’écoute.

Par les deux lectures qu’il effectue, il fait, après l’ouverture, pénétrer dans
un Temps continu assurant le lien d’une Tenue à l’autre (la voix et le rythme de
sa parole sont importants).

Il doit pouvoir fournir à tout F\ le demandant les références à un événement du
passé.

Econome

Souvent considérée comme accessoire, cette charge est très importante pour la
vie d’une Loge si elle est remplie avec attention. Il ne semble pas qu’il y ait
de différences entre les Rites pour cette fonction, si ce n’est qu’au RER
l’Econome, comme il est stipulé dans le Rituel de Banquet, est chargé de
récupérer la part consacrée aux œuvres de bienfaisance.

Le Code de 5778 indique clairement que l’Econome est l’un des deux Officiers en
relation avec le monde extérieur. Il assure la vie matérielle de la Loge et doit
veiller à ce que rien ne manque qui soit nécessaire au bon déroulement des
travaux.
Il garde, entretien, perfectionne le matériel nécessaire aux travaux aux divers
grades.
En l’absence d’un Maître des banquets nommément désigné, il en assure la
fonction. Cette coutume de nommer un Maître des banquets est relativement
récente et provient d’autres Rites. Elle ne s’oppose toutefois pas au Code
d’origine, si l’on considère cette fonction comme celle d’un adjoint de
l’Econome. Il est en effet loisible de nommer autant d’adjoints qu’on le juge
nécessaire. Ces adjoints n’ont pas le rang d’Officiers.

Extraits du Code de 5778 :

L’Econome est chargé des décorations et meubles de la Loge, du soin de les
entretenir et de les faire réparer ; de faire tendre et détendre la Loge
convenablement à la cérémonie indiquée à chaque assemblée, de
l’approvisionnement des bougies et de toutes autres choses à l’usage de la Loge
qui sont confiées à sa garde. Toutes les dépenses qu’il fait, avouées par la
Loge, doivent être constatées par des comptes en règle, lesquels tant visés par
le VM lui sont remboursés par le Frère Trésorier sur son récépissé. Il est
chargé de commander les banquets pour le nombre de FF dont le Secrétaire lui
aura donné la liste… Il doit en faire la recette suivant l’usage, même auprès
des FF absents sur lesquels il aurait compté et dénoncer à la Loge ceux qui ne
satisferont pas à ce devoir à la première réquisition de sa part. Il doit
observer pour les banquets la frugalité prescrite par les Rites de l’Ordre et ne
jamais excéder le prix qui aura été fixé.

Trésorier

Le Code de 5778 ne consacre qu’un paragraphe à la fonction de Trésorier qui est
fort classique dans sa description. Il était tenu de présenter à la Loge un état
trimestriel des comptes devant être visé par le VM et par le Député Maître puis
communiqué à la Loge. En dehors de quelques livres de compte particulier, il
n’avait à tenir qu’un journal des recettes et dépenses, donc une très faible
charge administrative que lui envierait n’importe quel Trésorier d’aujourd’hui !

De façon synthétique :

Il est le lien entre la Loge et les contingences profanes.

Il tient les comptes et gère la trésorerie.

Il reçoit les budgets des Officiers et propose celui de la Loge.

Il est chargé du recouvrement des capitations et cotisations diverses.

Il peut émettre toute suggestion qu’il jugera utile au V\M\ et au F\ E\ s’il
s’aperçoit, dans l’exercice de sa fonction qu’un F\ se trouve face à des
difficultés pécuniaires.

Orateur

Le rôle de l’orateur a quelque peu évolué dans nos Loges au cours du temps, ce
qui est somme toutes assez normal et ne constitue nullement une dérive.
N’oublions pas ce que dit St Paul en 2Cor 3,6 : « la lettre tue, l’esprit
vivifie »
Voyons tout d’abord ce que disent les anciens documents :

Dictionnaire de l’Académie française, 1794

Orateur. s. m. Celui qui compose, qui prononce des harangues, des discours
d'éloquence.

Code de 5778 :

« L’Orateur porte la parole dans toutes les circonstances solennelles au nom de
la Loge ; il doit à la réquisition du VM instruire les FF de leurs devoirs et
des choses de l’Ordre à leur portée. Dans les Loges de réceptions, l’explication
et les instructions des grades peuvent tenir lieu de discours. La prudence exige
que tous les discours de l’orateur soient préalablement communiqués au VM, avant
que d’être prononcés en Loge. »

Comme on peut le voir, le Code est très succinct quant au rôle de l’Orateur. Des
informations complémentaires seront données par les différentes versions des
rituels. Il faut toutefois souligner que le Code met l’Orateur sous la stricte
dépendance du VM de la Loge contrairement à ce que d’aucuns imaginent.

Rituel d’A. de 5782 :

Lors d’une initiation :

« L’orateur, dans ses discours, doit se diriger par les mêmes vues et principes
; il doit être prudent et circonspect et ne point anticiper dans ce grade sur
des objets qui ne conviennent qu’aux grades supérieurs. L’instruction morale des
grades, la règle maçonnique et les principales circonstances des cérémonies de
la réception, doivent former la base de ses discours, dans lesquels il ne doit
rien se permettre d’arbitraire, ni d’étranger à l’Ordre. Les Loges étant des
écoles de la plus saine morale, et surtout de la pratique des vertus qui en
résultent, il doit y employer le ton, le langage et les formes qui conviennent à
de tels objets, et éviter avec le même soin celles qui sont consacrées à la
chaire évangélique, ainsi que celles qui sont en usage dans les assemblées
littéraires. Quelques jours avant de prononcer un nouveau discours, il doit le
soumettre à l’examen du VM et des principaux officiers de la Loge, et se
conformer aux avis de ce Comité. Les jours de réception, excepté les cas
extraordinaires, l’instruction morale du grade et la règle maçonnique doit
suffire et suppléer à tout autre discours. »

En bref, aujourd’hui :

Le livre ouvert constituant le bijou de l’Orateur rend parfaitement
compte de sa fonction essentielle.

Il est, pour la Loge, le Gardien de la Loi Maçonnique telle que codifiée
dans les textes fondateurs du Régime, et son Conseil en cette matière. Cela
suppose de sa part une connaissance profonde du rituel, des usages et des règles
de l’Ordre.

Pour toute intervention d’importance concernant la Loge, il doit au
préalable en avoir référé au VM.

Il est fréquent que le VM lui confie la charge de l’allocution de
bienvenue adressée au nouvel initié, voire au nouveau C\ou au nouveau M\Il
s’agit là d’un usage de Loge.

L’usage veut que nul ne puisse prendre la parole après lui, lorsqu’il
s’exprime es qualité.

Il ne s’exprime en aucune façon au nom de la Loge ni en son nom propre
lorsqu’il prend la parole en tant que Fonction. Il s’exprime alors au nom de la
Règle du Régime.
Il a par contre la possibilité de demander la parole comme tout F\ de la Loge,
mais il s’exprime alors à titre individuel.

L’usage, qui s’est établi peu à peu, veut qu’il propose une brève
synthèse des travaux. Elle devra s’efforcer de mettre en évidence les points
forts devant nourrir l’esprit des FF\et, dans la mesure du possible, évoquer les
éventuels prolongements du travail du jour.

Les Surveillants

Si tous les Maîtres ont un devoir de transmission, ce devoir devient exemplaire
pour les deux SS de la Loge. Ils se trouvent, si on me permet cette
transposition de l’Evangile dans la voie initiatique, dans la situation décrite
par la parabole de Mt. 13,52 : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du
Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du
neuf et de l’ancien » Cette transposition n’est pas “outrancière” si nous
conservons en mémoire le but de l’initiation au RER “Remonter du Porche au
Sanctuaire” et que nous considérions que notre trésor est constitué de nos
symboles, de nos rituels et de notre expérience vécue.

Rituel de 5782

<< On ne nomme jamais d’Adjoint au Vénérable Maître. En cas d’absence, il est
remplacé par le dernier des ex Maîtres de la Loge présents et, à défaut, par le
Premier Surveillant.

Le VM et les Surveillants doivent avoir indispensablement le Rituel du grade
sous les yeux, pour pouvoir s’assurer, à tout instant, qu’eux-mêmes, et tous les
Frères qui ont des fonctions à remplir, n’y changent, augmentent ou suppriment
rien ; mais, s’ils ne peuvent en apprendre le contenu par mémoire, ils doivent
du moins se le rendre assez familier, surtout lorsque l’usage prochain en est
prévu, pour ne jamais hésiter, ni dans l’exercice des cérémonies, ni dans la
lecture de ce qu’ils auront à prononcer, en sorte qu’on ne puisse s’apercevoir
qu’ils aient besoin d’étudier le Rituel au moment même qu’ils doivent agir. Ils
doivent surtout, et indispensablement, apprendre par mémoire tout ce qui doit
être fait et dit pendant que les lumières de la Loge sont voilées. >>

Il faut ici remarquer qu’en plusieurs endroits les textes du XVIII° siècle
précisent que les rituels sont repris après la clôture des travaux et que les FF
n’en possèdent pas en propre. Ils ne les avaient qu’en communication pour des
besoins spécifiques.

Code de 5778 :

… Les Surveillants sont après le VM et l’Ex-Maître les principaux Officiers de
la Loge. Ils doivent l’aider en tout dans sa gestion et veiller à ce que tous
les autres Officiers remplissent leurs fonctions avec zèle et exactitude. En cas
d’absence du VM et de l’ex-Maître, s’il y en a, ils président la loge.

En bref, aujourd’hui :

Second surveillant

Il accueille les AA. °. et travaille avec eux en séminaires.

Il doit être « le veilleur et l’éveilleur » et leur permettre d’éclaircir les
motivations de leur entrée dans l’Ordre, puis de percevoir intimement sa
finalité. Il doit leur fournir les moyens de passer « du Nord au Sud »

Il est responsable des fondations et du devenir de la Loge : « Que la Force les
achève »

Il répercute, pendant et hors des Travaux, les orientations définies par le
Vénérable Maître.

Il contribue à la circulation des énergies.

Premier Surveillant

 

Responsable des Compagnons, il poursuit avec eux le travail du Second
Surveillant en assurant leur formation maçonnique.

Responsable de la colonne du Midi, il contribue au travail des MM\ et doit
servir d’exemple. « Que la Beauté les orne »

A la demande du VM, il doit être à même d’organiser des séminaires de Maître.

Relais entre le V\ M\ et le Second Surveillant, il assure la circulation des
Energies.

Vénérable Maître

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire, pour chacune des charges des
Officiers d’une Loge Régulière, ce ne sont pas les individus qui comptent mais
les fonctions qu’ils ont librement acceptées et derrière lesquelles ils doivent
s’effacer. De cette façon seulement peut se perpétuer une transmission
traditionnelle.

Le VM doit être investit d’une double légitimité. D’une part il est l’élu de la
Loge, il est plus exactement choisi par les MM pour recevoir une charge qu’ils
l’estiment virtuellement capable d’accomplir ; d’autre part il reçoit de l’Ordre
une investiture et il devra, de toute nécessité, être reconnu comme tel par ses
pairs ; exactement de la même façon que la qualité d’un maçon ne devient
manifeste que si ses frères le reconnaissent pour tel, comme le dit si justement
l’instruction par demandes et réponses du grade d’A. Ceci est un impératif
absolu de la continuité d’une transmission initiatique véritable. Il le
rappellera à chaque ouverture des Travaux : « Au nom de l’Ordre et par le
pouvoir que j’en ai reçu... », ce qui réaffirme à tous qu’il n’est qu’un simple
maillon d’une chaîne sans commencement réel ni fin.

Cette double investiture implique deux natures de devoirs :

En tant qu’élu de la Loge il doit s’efforcer de la diriger et de l’animer, d’en
rassembler les organes composites pour leur imprimer unité, direction et
mouvement. Mais cela non pas en fonction de lui-même, mais en fonction de ce que
l’on pourrait appeler les tracés régulateurs de l’Atelier, de ce qui émane des
FF de la Loge et de sa finalité dans le cadre du Rite, pour nous du Régime
Rectifié. Ceci constitue ce que j’appellerai l’axe horizontal de ses devoirs.

En tant qu’investit par l’Ordre, les capacités virtuelles et potentielles
l’ayant fait choisir par ses FF doivent devenir réelles ; elles doivent être
activées. Cette investiture, qui lui est communiquée selon le mode de
transmission propre aux influences et énergies spirituelles, en fait un chef de
l’Ordre et lui confère qualité et pouvoir pour agir dans toute l’étendue du
domaine qui est le sien. Dépositaire de l’autorité spirituelle il doit l’exercer
et la vivifier en fonction de l’Ordre. Comme me l’écrivait notre TVF Pierre
Warcollier, éminent maçon Rectifié, à la veille de ma 1ère installation : « Le
VM doit passer du yin d’initié au yang d’initiateur ». C’est cela qui typifie
l’axe vertical.

C’est parce que le VM occupe, au plan de la Loge, ce point unique à la croisée
de l’axe horizontal et de l’axe vertical, ce point central où il lui est donné
d’entrer en communication avec l’énergie inhérente à l’autorité spirituelle,
autorité dont il se trouve dépositaire par une transmission régulière
ininterrompue par delà le temps et l’espace, qu’il reçoit la possibilité et le
pouvoir d’initier ; qu’il a le devoir de devenir le moteur de la Loge, moteur
qui doit lui-même être mû par le Moteur Immobile qui est au-delà de tout état,
de toute dualité, de toute différenciation.

Assis dans la Chaire du roi Salomon, symbole de la Justice, placé à la charnière
de l’axe vertical et de l’axe horizontal, le VM doit, quels que soient les
risques de défaillances humaines, maintenir une double fidélité : à l’Ordre tel
qu’en lui-même et à Loge telle qu’en elle-même. Et ceci il ne le peut qu’avec
l’assistance et l’aide permanente de l’ensemble des FF de la Loge.

Code de 5778 :

Les développements étant particulièrement longs, je ne reprends ici que des
extraits.

<< Le VM est le Chef et l’organe de la Loge, dont il convoque et préside les
assemblées ; il la gouverne pendant trois ans conjointement avec ses officiers…

Cette charge étant une des plus importantes de l’Ordre maçonnique ne doit être
confiée qu’à des FF d’un mérite reconnu, d’un zèle bien éprouvé, et qui joignent
à un esprit ferme et éclairé toute la douceur de caractère, nécessaire à des
fonctions aussi essentielles.

… Le VM est spécialement chargé de veiller au maintien des lois de l’Ordre, et à
l’exécution des règlements ; il doit gouverner la Loge avec douceur, prudence et
fermeté, y maintenir la subordination, y faire respecter l’Ordre et ses Chefs,
et veiller surtout à la frugalité et à la décence dans les banquets en se
rappelant qu’il est responsable envers l’Ordre des écarts ou abus qu’il
tolérerait. …

Dans les délibérations, le VM peut voter le premier ou le dernier à son choix ;
en cas d’égalité de suffrage, il remettra la délibération à la prochaine
assemblée, si l’affaire est de nature à pouvoir être différée. Si alors les
suffrages sont encore égaux, le VM jouit de la voix prépondérante.

Donc, de façon très synthétique :

Il est de manière effective un Chef de l’Ordre et doit assumer des
responsabilités fonctionnelles et spirituelles.

Porteur du Feu et de la Lumière il a seul le pouvoir d’Initier, de Passer
et d’Elever. (« Que la Sagesse... »)

Aucune décision impliquant la Loge ne peut être prise sans avoir reçu son
aval.

Il assure la vie de la Loge, il coordonne et anime.

Il est responsable de l’orientation, de la rectitude et du centrage des
Travaux.

Il est responsable de l’harmonie.

Pour tout problème qu’il jugera important, il a la faculté de réunir un
comité de Loge ou une Chambre du milieu. En cas de partage des voix, la sienne
est prépondérante.

Par Roland Bermann - Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:15

Le Couvreur, par principe est l’ancien Vénérable Maître, qui par son expérience sera un excellent Tuileur avec l’Expert. Le participe adjectif " couvert" ou "à couvert" ou encore "clos et couvert" s'emploie pour préciser que les profanes sont éloignés et que l'on peut vaquer en sécurité aux Travaux Maçonniques. A l'inverse, on dit "il pleut" ou "il neige" pour signifier que l'endroit n'est pas couvert. Le verbe "Couvrir le Temple" signifie "sortir du Temple". L'officier chargé de s'assurer de la sécurité du Temple se nomme donc le "Frère Couvreur". Le couvreur est identifié parfois avec le Tuileur. Au rite Écossais Ancien Accepté, il n'existe que le couvreur intérieur. Le Couvreur s'installe à l’occident, à côté du Second Surveillant. Il s'assure que le Temple est bien couvert, en informe le Second Surveillant qui informe le premier, lequel informe le Vénérable. Le couvreur informe également de la présence, dans les parvis, de visiteurs. Le bijou du couvreur est un glaive vertical, poignée en bas, ou bien une épée "flamboyante" comme celles dont il est question dans la Bible, au chapitre de la Genèse qui raconte comment l'Eternel fait garder l'Arbre de l'immortalité par des chérubins armés ainsi. Dans l'arbre Séphirothique, le Couvreur est "Malkhuth", le Royaume. La fonction de Couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil. En effet, le couvreur surveille le passage entre l'extérieur (profane),,..et l'intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l'arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l'intérieur. Le seuil, frontière du sacré, participe de la transcendance du centre et ses connotations symboliques sont semblables à celles de la porte.

 

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

 

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:13

Le Maître des Cérémonies. Dans tous les rites, "il conduit la marche". Il introduit les membres de la Loge et les visiteurs. Pendant les Tenues, il conduit les frères qui doivent se déplacer. A la fin de la tenue, il fait circuler le "sac aux propositions" en même temps que l'Hospitalier fait circuler le Tronc de la Veuve. L'insigne de sa fonction est une canne. Le bijou de son sautoir porte deux glaives entrecroisés et une canne. Sa place est à la tête de la Colonne du Nord, face à l'Expert et à côté de l'Hospitalier. Sur l'arbre Séphirothique, il incarne Tiphereth, la beauté et selon le symbolisme cosmique, il est Mercure, le messager. Mercure, c'est Hermès dont le principe est le mouvement. C'est le Dieu qui divise et unit ; il pose des bornes et aide à les franchir. Il conduit les voyageurs, les mène là où ils veulent ou bien les égare... Il préside à la circulation des choses, des êtres et des idées. La fonction du mouvement donne la vie au corps que constitue la Loge et le Maître des Cérémonies permet le mouvement. Par ailleurs, le symbolisme du mercure, selon l’alchimie. est stimulant. Il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or. Il est symbole de délivrance et associé à l'immortalité. La "science du mercure" est l'expression d'une science de la régénération intérieure. La Loge, Athanor d'une alchimie spirituelle, parvient à son but qui est, symboliquement, la transmutation du vil métal en or pur, grâce au principe incarné par le maître des Cérémonies.

 

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

Publié dans : histoire de la FM
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:10

L'Hospitalier. Cette fonction existe dans tous les rites et à tous les degrés, l’Hospitalier est nommé parfois "aumônier" ou "élémosynaire". Il est chargé de recueillir et de distribuer les "aumônes", d'aller visiter les frères malades, de soutenir ceux qui sont dans la détresse, de s'assurer de la situation des veuves et des orphelins des frères, de s'informer des raisons d'absences non motivées, car elles peuvent avoir une signification qui relève de sa compétence. Il est le "cœur" de la Loge. L'existence de cet officier remonte à la vielle maçonnerie opérative. Il existe encore actuellement dans le compagnonnage. Comme le Trésorier, l'Hospitalier n'est pas l'un des sept officiers nécessaires pour que la Loge soit juste et parfaite" L'Hospitalier siège généralement au pied de l'Orient, près du Secrétaire et sur la colonne du nord. Au plan symbolique, il est "Chesed", la grâce, dans l'arbre des séphiroth et la terre "nourricière" dans le système cosmique. Le bijou de l'Hospitalier est une "aumônière portant un cœur au centre" ou bien une simple bourse. L’Hospitalier administre une caisse autonome que l'on nomme : le tronc de la Veuve. Les Francs-Maçons, par référence à Hiram l'architecte sont les "enfants de la veuve". Hiram naquit d'une veuve, comme il est indiqué dans les "Rois" et aussi dans les "chroniques" de l'Ancien Testament. Horus naquit aussi d'une veuve, Isis, selon la légende égyptienne d'Osiris. Il est intéressant d'analyser ces mythes dont les héros grandissent sans avoir à être confrontés avec l'image du père...

L'Hospitalier effectue l'essentiel de son travail en dehors des réunions. Il faut donc qu'il soit très disponible. En outre, ses qualités essentielles sont l'amour et le dévouement. A ce propos, il convient d'insister sur des mots. Trop souvent, l'hospitalier se borne à gérer le tronc qui lui est confié en faisant des dons et des prêts, avec l'accord du Vénérable, à des associations, à des frères, à des veuves, cela est bien mais n'est pas suffisant. En outre, l'hospitalier se soucie des absences, excusées ou non, et prend contact avec les frères absents afin de savoir exactement ce qui se passe. Cela est bien et nécessaire, mais pas encore suffisant. La solidarité est un devoir et un droit pour chacun, mais pas seulement cela. Si on approche cette notion en termes de droit ou de devoir seulement, on ignore le cœur et on la vit d'une manière exclusivement cérébrale. Dans cette perspective, la solidarité s'organise comme un "service", au sens administratif du terme et se pratique dans un contexte de formalités réglementaires. La solidarité, sous l'éclairage d'une communauté initiatique, n'apparaît pas seulement sous l'aspect d'un droit et d'un devoir : elle apparaît comme toute naturelle. Cela veut dire que son essence est l’Amour, tout simplement. Dans cette perspective, l'administration et ses règles permettent une bonne gestion sans constituer un carcan. Autrement dit, la fonction de solidarité s’accomplit selon des règles nécessaires mais ne rejette pas un problème si celui-ci n'est pas prévu par le règlement. La solidarité, envisagée comme naturelle, prend en compte, de ce fait, le spirituel et le matériel : lorsque l'on reçoit du pain de la main d'un ami, on reçoit beaucoup plus que de la nourriture. Ce pain n'est pas seulement du pain. Il est également la manifestation d'une présence amie et il réchauffe le cœur autant qu'il sustente l'estomac.

Le Franc-Maçon, familier de la pensée symbolique, sait bien cela et connaît les correspondances entre le "soma" et le "psyché". Ainsi, il est nécessaire de conférer à la fonction hospitalière une épaisseur d'ordre spirituel que les usages et les règlements tendent à diminuer. En écrivant ces lignes, je pense à certain malheur qui aurait pu être évité : il était une fois une Loge comme beaucoup d'autres, un frère de cette Loge ne venait plus et ne s'excusait pas. Après un certain nombre d'absences, la Chambre des Maîtres expédia à ce Frère une lettre recommandée lui enjoignant de se mettre à jour avec le trésor et d’assister régulièrement aux tenues, sous peine d'exclusion. Personne, avant d'envoyer cette lettre, n'avait été voir ce frère. Le Vénérable s'était contenté de demander en Loge si quelqu'un avait des nouvelles et, sur la réponse négative de tous, la lettre recommandée avait été envoyée, or ce frère était dépressif. A cause de nombreuses contrariétés de toute nature, il avait, selon une formule à la mode, "craqué" et il s'était recroquevillé dans sa coquille. Son absence était un appel de détresse et cela, personne ne l'avait compris. Son comportement était normal du point de vue psychologique, mais déviant et condamnable du point de vue réglementaire. Après la réception de cette lettre recommandée, ce frère se donna la mort. Il eut droit à une chaîne d'union autour de sa tombe, selon les usages. L'Hospitalier doit être en relation permanente avec le trésorier. Ce dernier doit informer l'hospitalier de ses problèmes de recouvrement. Dans une communauté d'êtres humains normaux, la rigueur des sanctions doit être réservée aux membres dont la mauvaise foi et l'indifférence ne font aucun doute pour personne. Dans une communauté qui se veut "initiatique" et fraternelle, où chacun se sent chargé du devoir de recevoir et de transmettre un enseignement dont le but est d'éveiller et de stimuler la conscience et d'améliorer l'espèce humaine, il faut aller aussi loin que possible et, en tous cas, plus loin qu'on ne le fait dans le monde profane, dans la voie de l'amour et de la compréhension. Aussi, il en est de l'hospitalier comme de chacun des officiers de la Loge : chacun est le plus important... Si l'on vit profondément cette affirmation aussi raisonnable qu'illogique, on a une chance de réussir le projet initiatique.

 Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:08

Le Trésorier. Le Trésor d'une Loge est l'ensemble de ses ressources financières, en dehors du revenu du "Tronc de la Veuve" et des œuvres de solidarité. Il est le gestionnaire de cette somme. Il est chargé du recouvrement des cotisations, de la garde du Trésor et de l'acquittement des dépenses sur visa du Vénérable. Il tient une comptabilité dont il rend compte à la Loge, une fois l'an. Il appartient, dans une certaine mesure, au domaine du "profane" puisque ses fonctions, indispensables certes, n'ont rien d'initiatique. Il échappe donc au classement, effectué par Wirth, des relations entre Officiers et symbolisme cosmique, ainsi qu'à toute place sur le pentagramme ou l'hexagramme. En effet, une Loge peut travailler rituellement sans trésorier. Le trésorier ne prend pas place parmi les sept officiers indispensables au fonctionnement d'une Loge. Néanmoins, on l'associe à la séphira cabalistiques Geburah, la rigueur. Son bijou est deux clés croisées. Sa place est en tête de la colonne du Midi, au pied de l'Orient, à côté de l'Orateur. Son travail est ingrat. Il lui faut doser avec art, fermeté et compréhension, quand il s'agit de faire rentrer les cotisations des retardataires. Il doit posséder cette précieuse intelligence du cœur grâce à laquelle il accordera des délais dans la plus parfaite discrétion et, au besoin, alertera l'hospitalier.

Comme il doit aussi acquitter les dépenses, son rôle est difficile quand les recettes sont insuffisantes, ce qui arrive parfois. Dans ce cas, il trouvera une solution, soit en faisant l'avance sur ses propres fonds s'il en a les moyens, ou en empruntant auprès d'un frère. Par contre, il doit s'abstenir de solliciter une avance de la part du Tronc de la Veuve. Il arrive que le Trésor soit pauvre et que le Tronc de la Veuve soit riche. En aucun cas, ces deux caisses ne doivent être confondues et en aucun cas, le Tronc de la Veuve ne doit soutenir le Trésor directement. La finalité du Tronc de la Veuve est l'entraide. Par conséquent, si le trésor est pauvre parce que des frères ne peuvent régler leurs cotisations, il appartient au Tronc de la Veuve d'aider ces frères, afin qu'ils puissent s'acquitter et non de compenser directement le "trou" du trésor. L'harmonie des fonctions est, de la sorte, protégée. Les problèmes du Trésor, de même que les problèmes du Tronc de la Veuve, reflètent les problèmes de la fraternité. Là où il est beaucoup question du Trésor, même pendant les Tenues, l'amour fraternel est faible et corollairement, la qualité des travaux aussi.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 20:09

Le Secrétaire, au Rite Écossais Ancien Accepté, siège à l'Orient, à la droite du Vénérable et face à l'orateur. Sa fonction tient entièrement dans cette formule : Il est la Mémoire de la Loge. Pendant les réunions, il prend l'esquisse des travaux et à partir de cette esquisse (brouillon), il dresse la planche dont il donne lecture à l'Atelier à la tenue suivante. Le procès-verbal est adopté par la Loge après avis de l'Orateur et est signé par le Vénérable, l'Orateur et le Secrétaire. Le Registre de ces délibérations donne le "Livre d'Architecture". Le Secrétaire tient également un registre matricule des membres de la Loge par ordre d'admission. Il est chargé également de la correspondance administrative avec l'obédience et de la distribution des convocations masculin et la lune, le principe féminin. Cela est faux par ce que ce commentaire est suscité par une coïncidence linguistique qui n'est pas universelle.

Si, dans les langues latines, le soleil est masculin et la lune féminine, c'est le contraire qui est vrai en langue allemande et dans les langues germaniques. En hébreu et en égyptien ancien, les deux sont masculins. Par ailleurs, justifier une "idéologie" patriarcale avec un tel commentaire est malhonnête, car, d'une part, l'association des genres masculin et féminin aux choses n'est pas universelle et d'autre part, l'idéologie patriarcale est, elle aussi, contingente et ne repose sur aucune "valeur" fondamentale dont on pourrait dire qu'elle est éternelle et universelle. Par contre, ce qui est universel dans le symbolisme de la lune, c'est qu'elle est associée aux rythmes biologiques et au temps vivant qui passe. Nous ne nous sommes pas étendus sur le symbolisme du soleil, car celui-ci est beaucoup plus évident.

Tous les hommes l'associent d'instinct à la chaleur, à la lumière, au rayonnement, à la fécondité. Pour ce qui concerne la lune, il faut chercher un peu plus et il se trouve qu'en cherchant, on découvre ce que doit être, du même coup, le rôle du secrétaire dans la Loge. La lune est l'astre qui croît, décroît, disparaît et réapparaît, chaque jour différemment. Son éternel retour à ses formes initiales, au cours d'une métamorphose incessante, en fait l'astre des rythmes de la vie. Mircea Eliade, dans son "Traité d'histoire des religions" constate que "les synthèses mentales rendues possibles par la révélation du rythme lunaire mettent en correspondance et unifient les réalités hétérogènes leurs symétries de structures et de leurs analogies de fonctionnement n'auraient pu être découvertes si l'homme primitif n'avait intuitivement perçu la loi de variation périodique. Par ailleurs, de nombreuses mythologies font de la lune le séjour réservé, après la mort, à des privilégiés : souverains, héros, magiciens, initiés. La lune est l'astre de la nuit.. Elle évoque la lumière dans les ténèbres et, de là, la connaissance indirecte. Elle est la transformation et évoque la croissance.

De même les "tracés" du secrétaire sont inégaux en grosseur et en densité, selon la nature et le contenu des réunions. Ils sont à chaque fois différents et reviennent toujours à des formes initiales. Ils marquent le rythme et découpent le temps. Ils sont consultés en dehors des réunions, figurent dans des archives et dans des bibliothèques. Ils sont destinés à laisser des traces des travaux dans le monde profane et à ce titre, ils sont, comme la lune, la connaissance indirecte et la lumière dans les ténèbres. Le maître expérimenté qui remplit la fonction de secrétaire doit tenir compte du fait que ses tracés serviront aux historiens futurs et constituent par conséquent des documents. Lorsque nous voulons étudier la vie des Loges dans le passé, les "tracés" sont des documents précieux, voire les seuls. Selon le style, nous savons déjà si les Loges respectaient le rituel et étaient intéressées par les symboles ou non. Les premières phrases rituelles du tracé nous éclairent sur ce point. Puis viennent les compte - rendus des travaux : Là se pose le problème du résumé : La reproduction in extenso de la planche n'est pas une bonne chose parce que sa lecture alourdit trop la tenue suivante, au cours de laquelle le tracé doit être lu. Il appartient au Secrétaire de résumer les idées forces de la planche, en dix ou quinze lignes. Il est bon aussi, pour ceux qui liront plus tard, de noter scrupuleusement les interventions et les noms des intervenants, en les résumant en quelques mots. Ainsi, l'histoire de la Loge est vivante. Certains tracés, après le résumé d'une planche, indiquent : "Après, de nombreuses (ou après plusieurs) interventions, l'orateur conclut...

Cela est mauvais car, en négligeant les interventions, non seulement on mutile l'histoire vivante, mais on déresponsabilise les intervenants. Les Frères réfléchissent plus et mieux lorsque, en demandant la parole, ils savent que ce qu'ils vont dire sera tracé et lu à la prochaine tenue. Bien sûr, il convient de mentionner aussi les vœux et salutations des visiteurs, mais sans citer in extenso, puis enfin, les conclusions de l'Orateur. La lecture du dernier tracé prend, selon les cas, de cinq à six minutes à un quart d'heure. Il est mauvais qu’il soit trop court et il est mauvais qu'il atteigne le quart d'heure. Le moment de la lecture du tracé des derniers travaux est utile : il permet le retour sur soi-même et participe, autant que le rituel, à une " mise en condition " profitable à la qualité de ce qui se passe ensuite. Par conséquent, le secrétaire ne doit pas effectuer un travail servile de consignation. Il doit être créatif, imaginatif, intelligent. Il a le sens de la synthèse. Il trouve le mot qui résume une pensée sans dénaturer celle-ci. Il pèse, il jauge, il mesure. Il est doué de l’Esprit de géométrie.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 17:58

L'Expert est chargé particulièrement de tout l'aspect rituel des travaux. Il est le gardien du rituel et dirige les cérémonies. L'Expert, nommé parfois "Grand Expert", lorsqu'il est assisté par un deuxième expert, est l'héritier du "Frère Terrible" des Loges françaises d'autrefois. Il remplace le deuxième surveillant, le premier surveillant et même le Vénérable en leur absence. Il s'assure de la qualité maçonnique des visiteurs, les tuile et donne son avis au Vénérable sur leur introduction. Il fait préparer et dirige les épreuves. Il introduit et accompagne les initiés dans leurs voyages. Il recueille les boules et les bulletins de vote et assiste à leur dépouillement. C'est lui qui enseigne aux nouveaux initiés les signes et les attouchements. Ce rôle d'initiateur, il le joue pour les trois degrés. Sa place est sur la colonne du Midi, à proximité du Trésorier et de l'orateur. Le bijou de la fonction d'Expert est mal fixé. Le Rite Écossais Ancien Accepté à adopté un glaive croisé avec une règle et un œil, insignes de sa vigilance. L’Expert prépare et dirige les cérémonies. Non seulement, il est familier du rituel, mais il est capable de juger et d'expliquer la qualité, au plan de l'Enseignement, de chacun de ses éléments. Il veille à la conservation des outils, à leur remplacement et à leur acquisition. Pendant les cérémonies, il est le centre de la Loge. Les autres officiers le suivent ; c'est lui qui donne le ton et le mouvement.

 À cause de ses responsabilités qui l'obligent à avoir I' œil à tout, il n'est pas tenu, lorsqu'il circule dans le Temple, de respecter la circulation. Il se déplace comme il l'entend. Le symbolisme planétaire lui convient, comme nous l'avons vu précédemment pour ce qui concerne le secrétaire. Saturne, dans la pensée hermétique, c'est la couleur noire, celle de la matière dissoute et putréfiée, ou encore le cuivre commun, le premier des métaux. Toutes ces images indiquent une fonction séparatrice, à la fois une fin et un commencement, l'arrêt d'un cycle et le début d'un nouveau cycle.

De même, l'Expert préside au changement. Il est le maître des phases transitoires qui font du profane un apprenti, de l'apprenti un compagnon et du compagnon, un maître actuel, le rite de Salomon a substitué Uranus à Saturne, c'est parce que cette planète, comme symbole du changement, est encore plus évidente. Si dans sa rédaction Or, n'ayant été découverte par William Herschel que le 13 Mars 1781, on n'en trouve évidemment aucune mention dans les anciens textes. Le symbolisme astrologique voit en Uranus la force cosmique qui provoque des changements et des bouleversements, des inventions et des créations originales. Selon cette perspective, le principe d'Uranus est le progrès. Son domicile est le Verseau, qu'il partage d'ailleurs avec Saturne. Si la planète a été découverte récemment. elle a été nommée Uranus parce que ce nom, dans la mythologie Gréco-latine, est associé à l'élévation. Or, que signifie ce terme, extrait du "Royaume des Mères" ? Le processus uranien de l'élévation se situe comme un moment de la colère, du chaos : c'est l'éveil du feu primordial. Face au dieu des océans (Poséidon Neptune). il y a le dieu du ciel (Ourson) dont l'ambition est de se dégager de l'indifférencié, de l'océanique et, par la suite, de monter, de s'élever, de se tendre en hauteur,- comme pour s'individualiser au maximum. Tout ce qui détache l'homme de la terre et l'élève dans le ciel qui est son empire mythologique, tout ce qui tend à la verticalité, se passe sous ses auspices. Ainsi l'Expert est celui qui. pendant les phases du changement, porte vers le haut le néophyte. Son bijou qui, aujourd'hui encore n'est pas définitivement fixé, pourrait être une verticale ou un triangle ascendant dont la base serait dans l'Océan et le sommet parmi les étoiles de la voûte céleste.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 17:49

L'Orateur. Au Rite Écossais Ancien Accepté , l'Orateur est le quatrième officier de la Loge. Il siège à l'Orient, à la gauche du Vénérable, face au Secrétaire. Les fonctions sont doubles : il est le gardien de la Loi et d'autre part il prononce des discours à l'occasion des cérémonies et tire les conclusions des travaux, à la fin de chaque tenue. Les discours à prononcer lors des cérémonies, à l'occasion des "passages", font partie intégrante du rituel et l'Orateur ne fait que lire. Il lui est suivant les cas permis d'improviser, sa fonction de Gardien de la Loi lui donne de très grands pouvoirs. Il peut s'opposer à toute délibération qui serait contraire aux Constitutions ou au règlement général. Il est le seul officier qui peut faire des observations, pendant la, réunion, au Vénérable. Dans une discussion, il peut intervenir 'sans demander la parole, si cette intervention est "dans l'intérêt de la Loi". Après chaque discussion et avant de passer au vote, le Vénérable demande' les conclusions de l'Orateur et celui-ci les donne, sans avoir à les motiver. La Loge ne peut voter que sur les conclusions de l'Orateur. Le bijou d'Orateur comporte parfois un livre sur lequel est écrit "Loi", ou bien les tables de la loi. Selon le symbolisme Séphirothique, il est "Chochmah" la Sagesse. Au plan cosmique, il correspond au Soleil.

Dans l’Étoile à six branches (le sceau de Salomon), il forme un des deux sommets du triangle " descendant "qui organise la Loge. Si l'on représente la Loge par un homme, il est, avec l'Hospitalier, le bras gauche. En sa qualité de Gardien de la Loi, l'Orateur doit connaître parfaitement les Constitutions et les Règlements de l'Obédience. Cela pose problème, dans la perspective de l'Enseignement initiatique. La Loge est la seule structure conforme à cet Enseignement. L'Obédience, elle, ne l'est pas. L'Obédience est une fédération de Loges et sa vocation est d'ordre administratif : gérer les locaux, gérer la circulation des informations nécessaires aux Loges, mettre à la disposition de celles-ci les services dont elle a besoin. Des Loges, fédérées ou non, sont toujours des Loges. Lorsqu'elles décident de se constituer en Obédiences, elles constituent des assemblées formées par des Maîtres désignés par elles et chargent ces assemblées de gérer les problèmes communs à toutes les Loges. Par ailleurs, le Rite est géré par un Conseil, indépendant de l'Obédience. Ces assemblées rédigent des Règlements soumis à l'approbation des Loges et qui, après vote favorable des délégués des Loges, ont force de loi. Il est utile de disposer de règlements de manière à assurer le bon fonctionnement des Loges et de manière à éviter tout désordre qui pourrait survenir si l'on ne disposait pas de références solides quant aux règles du Métier. On ne peut se passer de règles écrites et on doit codifier les usages qui ont fait leurs preuves.

Néanmoins, il arrive que des règlements émanant de l'obédience soient en contradiction avec les règles du Métier lorsqu'ils restreignent la liberté de la Loge, pour ce qui concerne la nature de ses travaux, le choix des minables, aux trois degrés, la durée des mandats des officiers et d'autres choses de la sorte. Une Loge maçonnique est libre et souveraine. Elle détient une patente pour la pratique d'un Rite mais, en dehors de cela, n'a pas besoin d'autorisation pour se réunir et pour travailler comme elle l'entend. Elle peut accepter les visiteurs qui lui plaisent et refuser ceux qui lui déplaisent, en toute liberté. Elle peut initier qui lui convient et transmettre les trois premiers degrés comme elle l'entend. Malheureusement, depuis le XVIIe siècle, les Obédiences, d'abord simples émanations des Loges, sont devenues des "puissances", au sens profane du terme, qui confisquent à leur profit l'autorité et le pouvoir dans les domaines qui concernent l'esprit, les idées, l'enseignement lui-même.

A mesure que les Obédiences pontifient en matière d'enseignement, les Loges se réduisent à la fonction de "cellules de base", ce qui n'est pas du tout conforme aux usages du Métier. La décadence, en matière de Franc-Maçonnerie, se mesure à la puissance de l'obédience qui est inversement proportionnelle à la qualité du travail en Loge. Que penser de la qualité de l'Enseignement d'une Loge dont le Vénérable demande aux "instances supérieures" de l'Obédience des autorisations à tout propos, remet servilement son maillet aux "Dignitaires" qui lui font l'honneur d'une visite, dont l'Orateur n'est que I' œil de l'obédience et le garant de la conformité de la pratique avec les règlements imposés, dont les visiteurs, au lieu d'être tuilés selon les règles du Métier, sont admis sur simple présentation d'une carte munie du tampon obligatoire ? Comment peut travailler une telle Loge : Si elle n'a pas confiance dans les outils dont elle dispose ? Si Elle a le fil à plomb et elle a besoin d'une autorité "supérieure" pour poser une verticale ? Si Elle a le niveau et elle n'est pas capable toute seule d'établir l'horizontale ? Si Elle a l'équerre et le compas et a besoin d'un concours extérieur pour tracer le triangle et l'étoile ? Si Elle dispose du livre de la Loi Sacrée et n'est pas capable de le lire et de l'interpréter elle-même ? Si Elle a tout ce qu'il faut pour progresser dans l'Art, pour construire, pour enseigner, pour juger et que cela ne lui suffit pas ? Heureusement, la tendance, de nos jours, s'inverse et les Loges apprennent à se servir des outils. Les Francs-Maçons sont de plus en plus exigeants à l'égard des anciens et à l'égard d’eux-mêmes.

L'Obédience, peu à peu, redevient ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, un organisme administratif au service des Loges, rien de plus et rien de moins. Aussi, l'Orateur, s'il est à la hauteur de sa fonction, se perçoit comme Gardien de la Loi et ne se laisse pas réduire au rôle de serviteur inconditionnel d'un règlement. La Loi, c'est d'abord l'esprit et non la lettre. Un Maître pose le compas sur l'équerre, donc il "connaît" la primauté de l'esprit et il vit cette connaissance jusque dans ses profondeurs. L'Orateur est un Maître expérimenté. qui connaît l'Art, l'histoire du Métier, l'histoire de la Franc-Maçonnerie, la nature et la portée de l'initiation. Il sait juger un texte, le situer dans un contexte, il connaît les règles et les usages, bref, il est, comme le lui montre le symbolisme, la sagesse et le soleil. Pourquoi se réunit-on en Loge si ce n'est pour mettre en œuvre une pédagogie qui favorise l'émergence d'un niveau de conscience supérieur ? L'Orateur participe à ce travail. Il lui faut donc être, comme les autres Officiers et les autres Frères, un créateur, un incitateur. Le soleil rayonne, de lui viennent chaleur et lumière. Personne ne peut se 'prétendre qualifié pour tenir ce poste, mais chaque Maître doit accepter cet office s'il y est porté par ses frères et le seul fait de le tenir l'aide à progresser et à acquérir les qualités nécessaires ... s'il le désire vraiment.

Source : Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 17:48

Les Surveillants, dans la Loge, sont les deuxième et troisième Lumières de l'Atelier, immédiatement après le Vénérable en chaire. Cela signifie que dans le cas d'une absence du Vénérable, c'est le premier Surveillant qui le remplace, ou le second, si le premier est indisponible. L'origine des surveillants est opérative et très ancienne. Les "Trois Grandes Lumières de l'Atelier", dans plusieurs "Vieux Devoirs" bien antérieurs aux constitutions d'Anderson, sont : le Maître de Loge et des deux surveillants. La définition des trois grandes lumières comme étant la Bible, l'équerre et le compas ne semble pas être antérieure au XVIIe siècle. Les surveillants sont associés étroitement aux colonnes chacun d'entre eux siège "sur des colonnes du Temple et contrôle une des colonnes de l'Atelier. Le premier Surveillant ou Surveillant Ancien surveille la colonne des Compagnons et le Second Surveillant ou Surveillant Nouveau surveille la colonne des Apprentis. Là se pose le problème de la place exacte des surveillants en Loge. Le premier Surveillant siège à gauche, à côté de la colonne "B" et le second est à droite, à côté de la colonne "J ".

La place des Surveillants est aussi en relation avec le symbolisme cosmique du Temple. Sur l'arbre Séphirothique, les surveillants correspondent à "Hod", la victoire et à "Netzah", la gloire. Le Premier Surveillant est "Mars" dont la rigueur et la force doivent être inflexibles et le Second est "Vénus". Mars et Vénus sont opposés et se complètent : le premier est la force masculine et le second la grâce féminine. Les deux Surveillants forment les deux angles de la base du triangle ascendant qui "dirige" la Loge. Si l'on figure l'homme couché dans le Temple, les Surveillants représentent les jambes. Au plan du symbolisme des métaux, le Premier Surveillant représente l'Acier et le Second le cuivre. Les bijoux des Surveillants sont le niveau pour le Premier et la perpendiculaire pour le Second. Le Vénérable ouvre et ferme les travaux avec l'aide des Surveillants. Ceux-ci, comme le Vénérable, tiennent le Maillet, outil de "commandement" en ce sens qu'il "marque" le temps et ponctue la durée au moyen de la percussion. Au Rite Écossais Ancien Accepté, ils passent le long des colonnes, armés de leur maillet, pour vérifier si tous les Frères présents sont Maçons réguliers, en les faisant se mettre à l'Ordre. Pendant les travaux, c'est aux Surveillants que les frères des colonnes demandent la parole. Les Surveillants. transmettent ces demandes au Vénérable qui accorde ou non la parole. Les frères ne prennent la parole que lorsque le Surveillant de leur colonne leur a fait part de la décision du Vénérable. Mais un Surveillant peut ne pas tenir compte d'une demande de prise de parole, s'il juge que cela est bien ainsi.

Les Surveillants prennent en charge la formation des nouveaux adeptes. Le second surveillant forme les apprentis et le premier surveillant forme les compagnons. Les surveillants sont des initiateurs. Là réside l'essentiel de leur fonction. Le second surveillant prépare les apprentis au compagnonnage et le premier surveillant prépare les compagnons à la maîtrise. Dans une communauté fraternelle, le désir de progresser doit être nourri par les encouragements, les incitations et les enseignements procurés par des guides. Les "Initiateurs" que sont les Surveillants ne doivent pas se borner à donner une formation exclusivement rituelle et formelle : comment on se tient, comment on prend la parole, etc. Il leur appartient de faire comprendre aux apprentis et aux compagnons pourquoi et comment l'approfondissement des symboles élargit l'esprit, favorise l'introspection, libère des préjugés et des dogmes, permet de faire de l'ordre à l'intérieur de soi-même, construit la liberté intérieure et, de ce fait, permet et assure l'usage de la liberté. Il leur appartient de montrer toute la richesse du "Meurs et deviens". Ils pétrissent l'avenir de la Loge et de la Franc-Maçonnerie. S'ils ne sont pas à la hauteur de leur fonction, la Loge n'aura de maçonnique que le nom et ne ressemblera à rien d'autre qu'à un club et à une espèce de patronage pour adultes. Bien sûr, la Loge est un corps vivant et, tel un corps vivant, si certaines de ses facultés sont défaillantes, d'autres peuvent compenser en devenant plus aiguës. L’ouïe et l'odorat se développent lorsque les yeux s'éteignent. Des Officiers peuvent être défaillants et la Loge peut, quand même, fonctionner bien si d'autres officiers compensent. Pour ce qui concerne les Surveillants, il n'est souvent pas inutile que le Vénérable se mêle de près à la formation des apprentis et des compagnons. La structure traditionnelle de la Loge prévoit que tout doit être supervisé par le Vénérable. Néanmoins, si l'un des officiers ne fait pas convenablement son travail, la Loge est mutilée et cette mutilation est grave si les officiers défaillants sont les surveillants. Le second surveillant est le plus responsable car il préside aux premiers pas des néophytes dans l'Art Royal. Le Maître de la colonne du nord facilite ou, au contraire, rend difficile l'expansion de la lumière dans le Temple. Il est nécessaire qu'il ait de nombreux contacts avec les apprentis, en dehors des réunions d'obligation.

Ces contacts ne seront pas toujours des séances de travail. Ce peut être des sorties ensemble, des soirées de détente, meublées de conversations informelles qui ne seront pas toujours axées sur la Franc-Maçonnerie, mais qui seront toujours maçonniques quant à l'esprit. Le second surveillant doit entretenir et favoriser les relations amicales et fraternelles avec les apprentis et entre les apprentis. Il doit être disponible, si les apprentis éprouvent l'envie de le consulter souvent, de le voir, de le questionner, de bavarder avec lui et même, tout simplement, de jouir de sa compagnie, alors cela est très bien et annonce, pour la Loge, un avenir merveilleux ! Les apprentis travaillent sur les symboles de leur degré et sur les symboles à leur degré, mais s'ils veulent fouiller au-delà, le second surveillant ne doit pas les empêcher. Dans de nombreuses Loges, on interdit à l'apprenti de développer un sujet s'il effleure un symbole ou un mythe qu'il est supposé devoir ignorer. Or, ce n'est pas en restreignant par des tabous le travail des néophytes que l'on pratique une véritable pédagogie de l'Eveil.

Tous les profanes cultivés connaissent la légende d'Hiram. La Franc-Maçonnerie, son symbolisme et sa mythologie constituent une part du patrimoine culturel de tous et non un compartiment isolé, réservé et tabou. Il est ridicule de ne pouvoir en parler à l'intérieur d'un Temple maçonnique et après y avoir été admis, parce qu'on l'aime et qu'on en attend beaucoup, avec la même liberté que dans un cénacle profane. D'ailleurs, il y a, au niveau de la cérémonie d'initiation, au premier degré, un passage pendant lequel on soulève le bandeau et on permet au candidat de contempler une petite lumière, avant qu'il soit procédé aux voyages initiatiques. Cela veut dire que si l'on veut faire des progrès, dans n'importe quel domaine que ce soit, il est nécessaire d'avoir une idée de ce qui est au-delà de son niveau. On avance mieux sur une route en regardant au delà de ses pieds... Cela ne dispense nullement de faire un pas après l'autre bien au contraire, cela aide. Par ailleurs, la perception intellectuelle d'un symbolisme associé à un degré que l'on ne possède pas ne déflore nullement la qualité de l'émotion ressentie lors du passage. Le vécu demeure une expérience intransmissible par la parole. On peut parler longtemps et savamment d'un fruit, mais son goût ne se raconte pas. Par contre., il n'est pas inutile d'avoir de nombreuses notions sur le fruit que l'on se prépare à goûter. L'apprenti doit travailler sur les symboles de son degré, les outils, la pierre brute, etc. sur les outils des constructeurs et sur l'intérêt de ce symbolisme, sur l'identité : FAIRE = SE FAIRE et sur l'intérêt de cette identité, etc. Le second Surveillant doit le guider en lui montrant l'intérêt de cette démarche. Il doit lui fournir une documentation, lui procurer une bibliographie large, avec des auteurs et des points de vue différents. L'apprenti Franc-Maçon est un adulte généralement cultivé qui doit être orienté dans ses recherches par des conseils, des incitations et des suggestions et non par des ordres et des interdictions. Le second Surveillant fournit et commente la documentation aussi librement que l'apprenti l'explore.

Tout commence par la compilation. Il faut savoir, lorsqu'on aborde un sujet, ce que d'autres en ont dit. Aussi, condamner la compilation est absurde. Par contre, le second Surveillant doit inviter l'apprenti à ne pas s'en contenter. Il faut que l'apprenti s'investisse personnellement dans son travail. Si des volumes ont été écrits sur la pierre brute, il y a toujours autre chose à en dire, autre chose et autrement. Avec les sept notes blanches de notre gamme et à l'intérieur d'une seule octave, on peut toujours composer de nouveaux airs, après avoir écouté les compositeurs plus anciens. La vie ne surgit pas "ex nihilo" et aucun être humain ne ressemble exactement à un autre. La compilation servile et l'imagination délirante sont les deux excès à éviter pour que le néophyte puisse avancer dans l'Art. Notre voie ne se nomme-t-elle pas aussi, la Voie du Milieu ? Le second Surveillant, de même que tout Maître digne de son tablier, doit répondre avec bienveillance à toutes les questions, oui, toutes les questions que lui posent les apprentis. Il doit encourager les apprentis à poser des questions. Et si ces questions sont embarrassantes et qu'il ne connaît pas la réponse, il doit répondre tout simplement : "je ne sais pas ". Personne ne se diminue en avouant son ignorance. Le plus éminent savant, celui qui possède une culture aussi vaste que l'on puisse imaginer, n'a jamais plus que des lacunes au sein d'une ignorance encyclopédique. Socrate, que nous honorons dans nos Temples pour ses paroles qui montrent la voie : "Connais toi toi même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux" aurait prononcé également ces paroles : " La seule chose que je suis sûr de savoir, c'est que je ne sais rien ". Aussi, le Maître qui a peur d'avouer son ignorance à un apprenti n'a rien compris et l'apprenti qui est déçu du Maître, à cause de son ignorance sur un point ou un autre, n'a rien compris non plus. Dans la Loge, nous nous aidons, en nous appuyant sur nos références particulières et en nous servant de nos outils, pour avancer vers la lumière. Chacun porte un peu de lumière au milieu de son obscurité. Ces lumières, toutes modestes, doivent se réunir pour que le Temple soit éclairé. Mais il n'y a pas deux castes : celle des néophytes qui ne savent rien et celle des Maîtres qui savent tout. Le second surveillant doit encourager la curiosité et la recherche, doit susciter les questions, doit y répondre s’il le peut et doit le dire quand il ne le peut. En aucun cas, il ne doit tricher. Or, il n'y a pas de plus lamentable tricherie que de dire à un jeune Maçon qui pose une question : "Cela n'est pas de ton âge, attends, tu sauras plus tard": Un Maître qui tient un tel langage mériterait de se voir arracher son tablier sur-le-champ. Il disqualifie la maîtrise. Il n'est qu'un profane en tablier, c'est à cause de tels Maîtres que des Loges Maçonniques croupissent dans la médiocrité.

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

Publié dans : histoire de la FM
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 17:44

Le Vénérable Maître, ou Vénérable Maître en Chaire, est le président de là Loge, il est installé sur la Chaire du Roi Salomon. Les constitutions d'Anderson qui ne connaissent que deux degrés : Apprenti et Compagnon, parlent du "Maître" ou "Maître de Loge". Avec le développement du degré de Maître, la confusion devenant possible, l'usage s’est établi de distinguer le "Maître", titulaire des trois degrés et le "Maître de Loge", président de l'Atelier. Il appartient au Vénérable Maître en Chaire de convoquer la Loge, d'ouvrir les travaux, de procéder aux initiations et de conférer les grades,( à un niveau inférieur à son grade, au dessus seul le Conseil de l'Ordre peut les décerner, ) d'assurer le bon déroulement et l'ordre des tenues, au besoin en retirant la parole et en faisant couvrir le Temple à tout frère contrevenant à l'ordre des travaux ou des principes maçonniques. Il ne peut être repris en cours de séance par aucun assistant, sauf par l’Orateur , Il peut, si l'ordre est troublé et son autorité méconnue, suspendre et même lever la séance sans formalité, celle-ci ne pouvant être reprise sous la direction d'un autre membre de la Loge. Il dirige l’administration de la Loge et, à ce titre, contrôle le travail des autres officiers, signe les tracés, reçoit et règle la correspondance, ordonnance toutes les dépenses autorisées par la Loge.

Il est de droit président de toute commission et chef de toute délégation de la Loge qu'il représente dans les cérémonies et pour les relations extérieures. Il signe les "planches officielles." Les pouvoirs du Vénérable sont aujourd'hui encore définis en ces termes. Ils sont analogues à celui du prince dans les sociétés profanes archaïques. Avec l'évolution des mentalités et le progrès de la conscience, ces pouvoirs ont été progressivement limités dans la durée. Il est aujourd’hui inconcevable que l'on puisse être Vénérable en Chaire ad vitam. Les pouvoirs du Vénérable sont limités aussi par l'Orateur, gardien de la Loi, qui peut et doit intervenir si la "Loi" est transgressée. Il est à l'Orient et fait face à l'Occident. Cette position, cosmique" signifie qu'il est symboliquement identifié au soleil levant. Il "conduit" la lumière en direction des régions obscures. Il éclaire de même, au plan du temps, il incarne le matin, le commencement, le renouveau. Dans tous les rites, le bijou du Vénérable est l'équerre. Notons que cette équerre forme avec le sautoir une "Croix de Saint André" qui marque le rayonnement qui doit caractériser cet officier.

Le Vénérable doit représenter l'égrégore de la Loge. L'autorité dont il a été investi est tempérée par la bienveillance qui doit marquer tous ses actes. Aussi, son rôle est-il à la fois actif et passif, Il doit équilibrer. Il stimule, entraîne, génère l'énergie du groupe et l'entretient ; en même temps, il calme, adoucit, freine les élans d'un zèle pour qu'il ne soit pas maladroit. L'outil associé à cette fonction est la truelle. C'est l'outil qui intervient lorsque le gros œuvre" de l'édifice est terminé. Il sert à jeter et à étaler le mortier afin de couvrir les aspérités des pierres et les traces de leur séparation. Le Vénérable, grâce à son rayonnement, à son expérience et à sa bienveillance, couvre d'amour et de connaissance tout ce qui sépare les frères de la Loge et tout ce qui est inharmonique à l'intérieur de chacun d'eux. Il est l'alchimiste qui transmute les passions et les aspérités des âmes en amour fraternel. Cet amour ainsi généré stimule l'esprit et constitue l'atmosphère nécessaire à l'épanouissement de la connaissance. C'est pourquoi cette fonction est confié à un Maître expérimenté qui a pratiqué plusieurs offices, dont celui de Premier Surveillant.

Néanmoins, aucun Maître ne peut prétendre être réellement à la hauteur de cette fonction. Il lui faudrait pour cela être un initié parfait ! Néanmoins, il n'est possible ni sage d'attendre de mériter ce rôle éminent pour le jouer. Ce n'est pas possible parce que, si l'on attendait un initié véritable pour occuper la Chaire du roi Salomon, il ne pourrait exister aucune Loge. Il n'est pas sage non plus d'attendre, car le Maître qui accepte cette fonction est appelé, grâce à elle, à faire des progrès dans l'Art. C'est en pratiquant des fonctions qui le dépassent que le Maître acquiert, peu à peu, la maîtrise. Aussi il ne faut pas se dérober à cette tâche, lorsque l'on est invité par ses frères à l'accomplir. Elle fait partie des épreuves à vaincre. Le Vénéralat, comme toutes les autres responsabilités, sont des étapes sur la voie Royale. Un Maître maçon attend cette fonction avec crainte et l'assume avec joie. Il l'assume avec joie et, après son temps laisse la place avec soulagement !...Ainsi se passent les choses, dans une Loge maçonnique. Tous les Maîtres qui ont accompli la fonction de Vénérable se sentent transformés et enrichis par cette expérience difficile et exaltante. Selon une tradition d'origine opérative, le Vénérable reçoit une transmission ésotérique particulière, au cours d'une cérémonie secrète dite d'installation". Les Vénérables et anciens Vénérables ayant vécu la cérémonie ésotérique de l'installation peuvent se réunir en "Conseils de Maîtres Installés" librement et en dehors de toute structure obédientielle. Ce rite se pratique systématiquement dans la maçonnerie anglaise. En France, il est demeuré longtemps en désuétude, mais il tend aujourd'hui à se généraliser. Le Rite Écossais Ancien Accepté le pratiquent systématiquement. Ces rites, en effet, se veulent traditionnels et "symbolistes" et de ce fait, sont sensibles à la "qualification" du Vénérable et à la nécessité d'un Enseignement réservé à cette fonction. En 1834, le terme de "Vénérable Maître d’honneur" est considéré comme une nouveauté, mais ne requiert aucun élément traditionnel. De nombreuses Loges françaises pratiquent cette solution qui est réglementaire mais non initiatique

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/

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