Mercredi 27 avril 2005

 

Les énigmes templières

 

 Avec sa disparition brutale , l’Ordre du Temple laisse derrière lui un ensemble ’énigmes nées d’accusations et d’aveux jamais résolus à ce jour. Certaines, cquises sous la persécution, sont à rejeter cependant, d’autres furent obtenues librement comme celles déposées devant la Commission pontificale voire devant le pape en personne.

 

Le fait que le pouvoir royal ait déformé certaines de ces accusations n’efface en rien leur réalité, au contraire elles paraissent reposer sur un fond de vérité confirmant ainsi qu’il se déroulait bien au sein du Temple des évènements singuliers et inconnus des autres ordres de l’époque.

L’aveu le plus courant est celui du reniement du Christ et de la Croix, ce rite se pratiquait la nuit en huis clos en la chapelle ou dans la salle capitulaire, l’officiant, (un chevalier ou chapelain) assisté de chevaliers et sergents entouraient le nouveau frère, la Croix qui comportait souvent l’image du crucifié était posée à terre. Au delà des hypothèses multiples plus ou moins acceptables telles que le rejet de l’Église Exotérique de Pierre l’influence islamique du « mauvais maître » alias GERARD de RIDEFORT, tout ici exprime un rite purement initiatique dont le contenu symbolique est incompris par récipiendaires et officiants, d’où le parfum d’hérésie que l’on connaît.

En fait, l’existence du rite suggère celle d’un cercle intérieur d’initiés dans l’Ordre que l’on pourrait imaginer structuré en trois niveaux donnant lieu à trois types distincts de réceptions :

·        Le premier, sans rite ni mystère, était réservé à la majorité des frères comme l’affirment les aveux de nombre d’entre eux jurant ne rien connaître de telles pratiques.

·        Le second où se pratiquait le reniement du Christ

·        Le troisième réservé aux seuls membres du Chapitre Général :

«…nous avons trois articles … » déclarait le frère GAUCERANT de MONTPEZAT, « …

que personne ne connaîtra jamais excepté Dieu… et les Maîtres…. »

 

Ainsi, on peut concevoir que c’est au deuxième niveau que le frère devenait réellement templier par l’accomplissement d’un rite de passage où mourrait le « vieil homme » encore empreint de christolâtrie pour que surgisse le « nouvel homme »

Tout cherchant ne doit-il pas d’abord se plonger dans les ténèbres pour ensuite se relever dans la lumière ici apportée par le groupe d’affiliation en l’occurrence l’Ordre ?

Cette « descente » et cette « remontée » pourraient avoir été symbolisées par le reniement du Christ, Jésus apparaissant dès lors davantage sous une figure humaine voire humanisée, que divine figure assimilée par analogie au récipiendaire que ses propres pêchés pouvaient conduire à sa « mort » à sa crucifixion symbolique à la perte de son Paradis. Ainsi, plus qu’une »…véritable abjuration.. ; » le reniement du Sauveur est davantage « …une sorte d’épreuve où l’on devait témoigner de la faculté de dépasser une forme exotérique, simplement religieuse et dévotionnelle du culte… » Autre chef d’accusation : les baisers interdits donnés aux frères par ceux qui les recevaient comme le commente HUGUES de BURE :

« …J’ai été reçu dans la Commanderie… par le frère… précepteur…,j’enlevai tous mes vêtements sauf chemise et braie et il me remit le costume et le manteau de l’Ordre, il me baisa ensuite sur les lèvres puis au nombril et à l’épine dorsale… » Là encore la réalité de ces baisers reproduit un rite initiatique antique totalement incompris, celui-ci fait référence à « l’activation des potentialités de l’Énergie ou du Verbe alimentant les centres forces diversifiés des actions humaines. C’est ce que les traditions orientales désignent sous le terme de KUNDALINI et de CHAKRAS.

Le baiser buccal symbolise toute la transmission du souffle de l’initiateur à l’initié, le souffle représentant lui-même l’Esprit et le Verbe Divin Créateur.

Le second baiser donné sur le plexus sacré avait pour fonction de transmettre la force créatrice spiritualo-temporelle émanée de la « Vénus » antique, de cette Beauté absolue créatrice des œuvres issues de l’Intelligence. Le troisième baiser appliqué sur l’ombilic liait le frère à l’Ordre qui la recevait.

L’ordre d’application de ces baisers avait une profonde importance, l’on, devait commencer par le bas, le plexus sacré où siègent les souffles de la matière brute puis continuer par le ventre lieu d’élaboration et de création pour terminer par la bouche et la tête lieu du souffle purifié et siège du Divin car « l’homme nouveau » doit partir du bas de la matière première pour parvenir en haut, à la matière purifiée.

Une telle « élévation symbolique » fut d’ailleurs jusqu’au XVIIIe siècle présente au sein de l’Église où cardinaux comme prélats baisaient successivement les pieds, genoux, et ventre du Pape, éliminant dès lors le parfum de scandale et le caractère spécifiquement templier de ce rite qu’une certaine conception de l’Histoire nous a imposée.

 

L’autre accusation sérieuse portée contre l’Ordre Templier et source de malentendus qui excitèrent l’imagination des détracteurs contemporains et ultérieurs fut celle de l’adoration du BAPHOMET et de son idolâtrie. Confondu avec l’image de la tête adorée soi-disant par les Templiers le BAPHOMET aurait désigné la tête idole en question alors qu’il existe plus que jamais deux réalités bien distinctes :

En premier lieu , le terme BAPHOMET ne fut jamais prononcé par les Templiers à l’exception d’un seul le frère sergent occitan GAUCERANT qui s’accusa à titre individuel d’avoir adoré une image Baffométique un BAPHOMET qui en langue d’Oc était une déformation populaire désignant MAHOMET.

Ignorant par ailleurs que l’Islam interdit toute représentation humaine, dans l’esprit du frère occitan, une telle image assimilée à tort à une image mahométane ne pouvait être qu’une représentation païenne.

De là, les erreurs d’interprétation affirmant l’existence d’une influence musulmane dans les croyances secrètes du Temple que l’autorité royale saura déformer à souhait et que les auteurs des siècles suivants teinteront d’occultisme.

L’accusation d’idolâtrie en revanche, porte davantage à réflexion à la lecture du Procès Verbal d’avril 1310 :

« …ils adoraient … cette idole, ils la vénéraient… comme leur Sauveur, spécialement dans leurs grands chapitres,… ils disaient que cette tête… donnait à l’Ordre toutes ses richesses, qu’elle faisait fleurir les arbres, qu’elle faisait germer. Ils entouraient cette tête de cordelettes, les lui faisaient toucher puis ils ceignaient leurs corps avec ces cordelettes… »

 

L’aspect de la tête diffère selon les témoins, masculine et féminine pour certains, hideuse et angélique pour d’autres, elle présente donc deux faces comme JANUS.

Sa matière est tout aussi variée à ce point que les témoignages contradictoires et le fait que les juges et les gens d’armes chargés de perquisitionner les commanderies n’aient jamais mis en évidence une seule de ces têtes, nous laisse à penser que celles-ci n’ont jamais matériellement existé.

Il semble qu’elles fassent appel à une expérience dramatisée de la conscience propre à chaque templier pendant sa réception, d’un choc initiatique en présence de la Lumière, celle-là même « … qui éclaire nos travaux… »

En fait nous sommes ici en présence d’une captation par l’homme d’une sagesse et d’une Connaissance, d’une Gnose au sens le plus élevé du terme qui est celle de la « Vierge Sophia » qui donne : vie éternelle, gloire et richesse au plan spirituel, cela s’entend. Le rite de la tête quant à lui, s’inscrit comme une donnée essentielle de la Tradition Primordiale, ce qui explique qu’elle soit présente universellement tant chez les grecs avec la tête de la Méduse que chez les vikings, avec celle de MIMIR qu’ODIN venait consulter, que chez les aztèques avec celle de TEZCATLIPOCA.

Ce rite qui est celui de la décollation renvoie à une double initiation, en coupant la tête d’un adversaire (initiateur), le vainqueur (néophyte) s’approprie à la fois l’énergie transcendante et la puissance spirituelle du Maître, il abandonne dès lors son corps de chair au bénéfice de l’Esprit.

Loin d’être une idole, la tête templière est définitivement la base d’un rite initiatique de type héroïco solaire, à la fois moines et guerriers, les templiers par le rite de la décollation symbolique de la tête s’appropriaient la puissance spirituelle et l’Esprit pour mieux se préparer à vaincre les ennemis visibles mais ceux aussi plus redoutables qui siègent dans les profondeurs de l’Être et qui influencent l’Âme et l’Esprit de chacun.

Quant au problème rapporté au lien entre la tête idole et la cordelette portée par les frères et qui selon les aveux était ceinte après avoir été passée autour du cou de la tête en question n’y a t il pas encore malentendu quand on sait que cette pratique est tout à fait conforme au rite chrétien de la bénédiction et de la conservation d’un objet ? La cordelette, symbole de chasteté du moine, étant ici tout simplement bénie par la mise en contact avec un objet sacré reliquaire assimilé dans le cas présent à la tête idole.

 

Enfin, d’autres accusations persistent comme celle de la Règle Secrète ou celle de la Réception dans l’Ordre des chevaliers excommuniés.

La Règle secrète renvoie inévitablement à l’existence d’un Ordre intérieur, de nombreux aveux dont ceux du précepteur de Laon, GERVAIS de BEAUVAIS convergent dans ce sens :

« … il y avait dans l’Ordre un règlement si extraordinaire et sur lequel un tel secret devait être gardé que chacun aurait préféré se faire couper la tête que de le révéler… »

 

Jacques de Molay nia toujours l’existence des deux mais il est curieux de constater que peu avant le 13 octobre 1307, le grand Maître ait détruit un certain nombre ‘exemplaires de la Règle toutefois : de quelle règle s’agissait-il ? De la règle officielle ou de la Règle secrète ? Même s’il apparaît logique qu’un Ordre initiatique et parallèle désire que son règlement ne soit accessible qu’aux seuls frères qualifiés l’Histoire a conservé son secret.

La réception et l’inhumation en terre chrétienne des chevaliers excommuniés fut un autre des griefs portés contre le Temple, l’exemple du Comte d’Essex, Geoffroy de

MANDEVILLE mort excommunié et inhumé par les templiers d’Angleterre en 1143 est particulièrement révélateur. Il exprime une évolution de l’esprit de l’Ordre allant à l’encontre d’un dogme fondamental du Christianisme officiel et traduisant de fait une opposition à l’autorité de l’Église romaine dont les représentants sont en principe seuls maîtres du pouvoir « de lier et délier ».

Cette évolution se fait pleinement sentir dans la différence qui marque la Règle latine de l’Ordre adoptée au Concile de Troyes en 1128 de la Règle française de 1140.

La première, en effet, interdit expressément toute admission de chevaliers excommuniés alors que la seconde les accepte voire les recherche, à la condition unique qu’ils expriment un repentir sincère.

Certes, tout ceci répond avant tout à une nécessité militaire sous tendue par la vertu élémentaire de charité chrétienne, néanmoins cette volonté affichée de donner à tous l’ultime occasion de se racheter est aussi bernardine de conception. Saint Bernard, en effet, ne déclare-t-il pas se réjouir de voir l’Ordre s’ouvrir « aux impies,…aux sacrilèges car le Christ a triomphé d’eux avant de triompher par eux… »

En cela, il reste conforme au message de Saint Jean l’Évangéliste fondé sur l’Amour Universel dont nul ne saurait être exclu et fait du Temple, plus que jamais une église Johannique.

par Olivier publié dans : hauts grades
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Mercredi 27 avril 2005

LES GRANDS STATUTS ET RÈGLEMENTS

 Faits en Prusse et en France le 7 Septembre 1762. Arrêtés par les Neuf Commissaires nommés par le Grand Conseil des Sublimes Princes du Royal Secret, au Grand Orient de France. En conséquence des délibérations à la date ci-dessus pour être observés par le susdit Grand Conseil des Sublimes Princes de France et de Prusse, et par tous les Conseils particuliers et réguliers répandus, sur les deux hémisphères.

 

Article 1. Le Souverain Conseil des Sublimes Princes est composé des 6 Présidents des Conseils, particuliers et réguliers, constitués dans les villes de Berlin et de Paris ; le Souverain des Souverains, ou son Substitut-Général, ou son représentant, à leur tête.

Article 2. Le Souverain Grd Conseil des Sub\ Princes du Royal Secret aura quatre assemblées par an nommées "Grand Conseil de communication de quartier" qui seront tenues le 21 Juin, le 27 Décembre, le 21 Mars et le 7 Septembre.

Article 3. Le 25 Juin, le Souverain Grand Conseil sera composé de tous les Présidents des Conseils, particulièrement de Berlin et de Paris, ou leurs représentants, assistés, pour ce jour seulement, de leurs deux premiers Grands Officiers qui sont le Ministre d'État et le Général de l'Armée qui n'auront que le droit de proposer, sans avoir voix délibérative.

Article 4. Tous les trois ans, le 27 Décembre, 1e Souverain Grand Conseil nommera 16 Officiers, savoir 2 représentants du Substitut-Général, 2 Grands Officiers qui sont le Ministre d'Etat et le Général de l'Armée, un Garde des Sceaux et Archives, un Grd Orateur, un Grd Secrétaire Général, un Secrétaire pour Paris et Berlin, [il n'est pas question de Bordeaux] un autre Secrétaire pour la province et autres lieux, un Grd Architecte, un Grd Hospitalier et 7 Inspecteurs, qui réunis sous les ordres au Souverain des Souverains Prince Président, ou de son Substitut-Général, composent le nombre de 18, auquel demeurera irrévocablement fixé le nombre des Grands Officiers du Souverain Grand Commandeur des Surs Princes du Royal Secret, lesquels ne pourront être choisis que parmi les Présidents des Conseils, particulièrement ceux des Princes de Jérusalem régulièrement constitués à Paris et à Berlin et ceux constitués par les Grands Inspecteurs ou leurs Députés. Et, faute par le Souverain, le Sublime Grd Conseil pourra les nommer en Grd Conseil composé au moins de 10 Présidents Princes.

Article 5. Il sera délivré à chaque Prince Grd Officier ou Dignitaire du Souverain Grd Conseil une patente de la dignité à laquelle il aura été nommé, laquelle désignera la durée de son exercice et sera contresignée de tous les Grds Officiers et ceux au Souverain Grd Conseil des Subles Princes de Royal Secret, créée (sic) est dûment scellée.

Article 6. Outre les quatre assemblées de communication de quartier, une réunion sera tenue chaque mois dans les premiers dix jours par les Grds Officiers et au grade de Suble Prince, seulement un Conseil à l'effet de régler les affaires de l'Ordre, tant générales que particulières sauf appel au Grand Conseil de Communication.

Article 7. Dans l'assemblée du Conseil de Communication, et dans celles du Conseil particulier, toutes les affaires seront décidées à la pluralité des voix, le Président aura deux voix et les autres membres une. Si dans ces assemblées il était admis, par dispense, un Député ou Suble Prince (qui n'en fût pas membre) il n'aura point de voix, ni ne donnera aucun avis s'il n'en est prié par le Président.

Article 8. Toutes les affaires portées au Souverain Grand Conseil des Subles Princes seront d'abord réglées dans les réunions des Conseils et les règlements en seront exécutoires provisoirement, sauf ratification par la communication de quartier.

Article 9. Lors de la tenue du Grand Conseil de Communication de Quartier, le Grand Secrétaire Général sera tenu de rapporter tous les registres courants et de rendre compte de toutes les délibérations et règlements faits pendant le dernier quartier pour être ratifiés, et s'il se trouvé des oppositions à la ratification, il sera nommé 9 Commissaires devant lesquels les opposants donneront par écrit les causes de leur opposition pour y être répondu aussi par écrit, et sur le rapport de la susdite Commission, pour être statué au suivant Conseil de Communication, et dans l'intervalle la susdite délibération de règlements continuera d'être exécutoire par patente

Article 10. Il sera tenu par le Grand Secrétaire Général un registre pour Paris et Berlin, et un autre pour les pays étrangers, contenant les noms des Conseils particuliers, par rang d'ancienneté suivant la date de leur constitution, et un tableau des noms, grades, offices, dignités, qualités civiles et demeure des membres conformés aux renseignements qui lui seront donnés par nos Inspecteurs et leurs Députés, ainsi que le nombre des Loges de Perfection régulières, établies sous l'autorité de nos Inspecteurs ou Conseils outremer. Le titre des dites Loges, les dates de leurs constitutions avec un tableau des noms, grades, offices (9),dignités, qualités civiles et demeure des membres conformes aux Etats qui nous seront remis par nos Inspecteurs en Grand Conseil de Communication.

Article 11. Il sera en outre tenu par le Grand Secrétaire un registre, contenant toutes les délibérations et règlements faits en Grand Conseil de Communication de Quartier où seront mentionnées toutes les affaires traitées dans le susdit Conseil, et toutes les lettres reçues, les sujets de réponses arrêtés"

Article 12. Le Grand Secrétaire Général écrira en marge des requêtes, lettres ou mémoires qui seront lus en Conseil le sujet arrêté pour réponse et, après avoir rédigé les réponses, il les fera signer par le Substitut Général ou son représentant, par le Secrétaire de la Juridiction, et le Garde des Grands Sceaux les signera, timbrera et scellera. Comme ces opérations ne peuvent être faites pendant la tenue du Conseil, et qu'il serait quelquefois dangereux de retarder les susdites lettres jusqu'au Conseil suivant, il rapportera les minutes de ses réponses pour être lues dans le Grand Conseil suivant et remises avec les pièces relatives au Garde des Archives pour être fait des changements que le Souverain Grand Conseil jugera à propos.

Article 13. Le Conseil particulier de Berlin ou de Paris ou de n'importe où ailleurs ne pourra envoyer aucune lettre, constitution ou règlement sans qu'ils n'aient été sanctionnées, dûment timbrés et scellés par le Souverain Grand Conseil ou un Grand Inspecteur de l'Ordre ou son Député.

Article 14. Le Grand Garde des Sceaux et Timbres ne pourra timbrer ni sceller aucune lettre qu'elle ne soit signée du Secrétaire Général et de deux secrétaires de juridictions différentes, ni ne pourra timbrer ni sceller aucun règlement qu'il ne soit signé du Substitut Général ou son représentant et des susdits 3 Grands Secrétaires. Ni ne pourra timbrer ni sceller aucune Constitution qu'elle ne soit de même, mûrie, signée des trois Grands Officiers ci-dessus et autres Princes, au nombre de sept au moins, membres du Souverain Grand Conseil des Princes.

Article 15. Le Grand Trésorier, qui doit être connu pour jouir ou posséder une fortune qui le rende indépendant ; sera chargé de tous les fonds qui seront levés pour les usages du Souverain Grand Conseil et donnés en charité ; et il tiendra un registre très exact par recette et dépenses, et distinguera clairement et distinctement comment et de quelle manière l'argent a été dépensé, tant à l'usage du Grand Conseil, qu'à celui du Fonds de Charité. Il. donnera de chaque somme un reçu spécifiant les folios de son registre et il ne paiera que sur les ordres par écrit du Président et des deux Grands Officiers du Souverain Grand Conseil.

Article 16. A la première assemblée du Grand Conseil le 27 Décembre, le Grand Trésorier rendra ses comptes.

Article 17. Aucun ordre de caisse sur le Grand Trésorier ne sera valable que ceux délivrés lors d'une assemblée plénière du Grand Conseil, et aucune sonne ne remboursera aucun frais d'aucune réunion de Conseil ordinaire mais ils seront payés par les membres respectifs sur leur propre bourse.

Article 18. S'il est porté devant le Souverain Grand Conseil quelques mémoires, requêtes ou plaintes d'un Conseil dont le Président soit membre du Grand Conseil ledit Président, bien que membre du Grand Conseil., ne pourra donner sa voix dans le débat sur cette plainte du Conseil, ni même son avis dans ledit débat, ladite plainte devant être présentée par écrit, à moins que le Président du Sublime Grand Conseil ne demande et requière quelque éclaircissement dudit membre président.

Article 19. Le Substitut Général et les Grands Officiers ne pourront être déposés que par le Grand Conseil de Communication de Quartier pour plaintes légitimes faites et rapportées dans la délibération, et alors leur abdication se fera en séance plénière du Grand Conseil. Le Substitut Général ne pourra être remplacé que sur la nomination seule du Souverain des Souverains et Très Puissant Chef et les deux premiers Grands Officiers en Communication de Quartier à la pluralité des voix.

Article 20. Le Grand Conseil fera visiter les conseils particuliers par des Députés qui visiteront aussi les Loges de Perfection, examineront les travaux, les registres, les Constitutions, les tableaux et listes desdits Conseils et Loges de Perfection. L'Inspecteur dressera procès-verbal de ses opérations qui sera signé par les officiers dignitaires desdits Conseils et Loges, et le Rapporteur les enverra au prochain Souverain Grand Conseil, adressé au Secrétaire Général. Les susdits Inspecteurs ou observateurs devront toujours présider les Conseils et Loges qu'ils visitent, et leurs visites seront aussi fréquentes qu'ils le voudront sans qu'aucun des officiers ou membres desdits Conseils et Loges quoiqu'ils soient ne puisse s'y opposer, sous peine de désobéissance et d'interdiction, car tel est notre bon plaisir.

Article 21. Lors de l'assemblée du Souverain Grd Conseil de Communication de Quartier régulièrement convoqué, lorsqu' il se trouvera 7 membres, ils ouvriront les travaux à l'heure dite ; et les règlements qui seront entre eux passés à la pluralité des voix auront force de loi comme si les autres membres avaient été présents.

Article 22. Lors de l'assemblée du Souverain Grand Conseil, si un membre se présente en état indécent, par intempérance ou autrement, ou s'il commet quelque faute capable de nuire à l'harnonie qui doit régner dans ces respectables assemblés, il sera admonesté pour la première fois ; pour la 2e, il sera condamné à une amende, payable sur le champ ; et pour la .3e offense, il sera privé, de sa dignité et, si à une majorité de voix le Grand Conseil décide son exclusion, il en demeurera exclu.

Article 23. Si un Président des autres Conseils, membre du Souverain Grand Conseil de Communication de Quartier, tombe dans les fautes mentionnées en l'Article ci-dessus, il sera pour la première fois condamné à une amende payable sur le champ ; pour la seconde faute, il sera exclu pendant un an des assemblées générales et on même temps privé de sa dignité ; et pour la troisième offense, il sera exclu immédiatement à perpétuité et perdre son office, par le Souverain des Souverains qui nommera immédiatement un nouveau Président pour le dit Conseil à sa place.

Article 24. Le Souverain Grand Conseil ne reconnaîtra pour Conseil régulier et Loge de Perfection que ceux pourvus de Constitutions à eux délivrées par un Grand Inspecteur ou son Député Il en sera de même vis-à-vis des Chevaliers Maçons Princes et Gd. E.. & P. Ms qui pourraient avoir été constitués abusivement par quiconque n'aurait pas été régulièrement autorisé à le faire.

Article 25. Toutes requêtes présentées au Souverain Grd Conseil, afin d'obtenir des lettres de Constitution soit pour ériger soit pour régulariser un Conseil ou une Loge seront remises à savoir pour le pays aux Inspecteurs. Cette juridiction choisira quatre commissaires pour prendre toutes les informations nécessaires qui seront envoyées au Grand Inspecteur de la juridiction avec un tableau exact des membres qui demanderont l'érection d'un Conseil ou d'une Loge de Perfection pour, sur le rapport les commissaires et du Grand Inspecteur, être statué par le Grand Conseil sur la demande des susdits membres. Et, pour un pays étranger le Grand Inspecteur ou son Député sera habilité et aura pouvoir d'ériger, constituer, interdire, abroger ou exclure selon sa sagesse ; ils établiront par écrit un procès verbal de leur action et afin d'être par eux informés de tout lorsqu'ils trouveront une occasion favorable. Le susdit Inspecteur ou son Député se conformera aux Lois du Souverain Grand Conseil et aux coutumes de notre Constitution secrète. Ils auront la liberté de choisir des Députés à envoyer et les mandateront par des lettres patentes, qui auront pouvoir et validité.

Article 26. Il ne sera accordé par le Souverain Grand Conseil de lettre de Constitution pour l'établissement d'une Loge Royale de Perfection, que le frère ne soit au moins Prince de Jérusalem, et pour l'établissement d'un Conseil de Chevaliers d'Orient, qu'à un frère qui soit ou moins Chevalier d'Orient et d'Occident. Mis pour l'établissement d'un Grand Conseil de Princes de Jérusalem, le frère doit obligatoirement être revêtu du grade le Chevalier et Prince du Soleil, et justifier par des titres autorisés qu'il a été légalement et régulièrement reçu, et qu'il a toujours joui d'un état libre et d'une vie décente et qu'il est à l'abri de tout reproche par une conduite probe et honnête en tous temps, et qu'il s'engage a se soumettre aux décrets et mandats omis par ce Conseil de Princes dont il désire être le chef.

Article 27. Il ne sera accordé par le Souverain Grand Conseil des Sublimes Princes aucune lettre patente ou Constitutions qu'au prix de 10 £ sterling pour le dédommagement de la personne employée. Les Grands Inspecteurs de l'Orient s'y conformeront eux-mêmes en pareil cas, en outre ils n'octroieront aucun diplôme ni patente à aucun prince pour les pays étrangers, la soumission devant être signée par le Frère, à l'Inspecteur ou à son Député, comme il est nécessaire .

Article 28. Lorsque les Inspecteurs ou Députés jugeront à propos de visiter où que ce soit sur les deux Hémisphères, soit des Grands Conseils de Princes de Jérusalem, des Conseils de Chevaliers d'Orient ou des Loges le Perfection ou toute autre Loge et lorsqu'ils auront été reconnus et pourvus de titres authentiques et décorés des ornements de leur dignité, soit à la porte du Grand Conseil des Chevaliers d'Orient ou à celle des Loges de Perfection, ils seront reçus avec tous les honneurs qui leur sont dus et jouiront partout le leurs privilèges et prérogatives ; et lorsque, les Inspecteurs aussi bien que les Chev. Princes Maçons visiteront une Loge Royale de Perfection ou n'importe quelle autre Loge, le T.F.P. (20) Grand Maître ou les Grands Surveillants de ces Loges enverront 5 Officiers ou députés dignitaires pour introduire les Princes Insprs, avec tous les honneurs qui lui sont dus en toute Loge cour comme il va être dit en détail ci-après.

Article 29.

 1ER. Les Princes le Jérusalem qui sont les Sublimes Princes valeureux et les Chefs de la Maçonnerie Rénovée ne doivent honneur qu'aux Sublimes Noachites, aux Chevaliers du Soleil, Kadosh et Sublimes Princes du Royal Secret, nos Illustres Chefs.

 2ND. Les Princes de Jérusalem ont le Droit et le Privilège d'annuler et d'abroger tout ce qui pourrait avoir été fait de contraire aux ordres et aux lois, dans un Conseil de Chevaliers d'Orient, mais aussi dans une Loge Royale de Perfection et dans toute autre Loge quelqu'elle soit, à condition néanmoins, que ne soit présent quelque Sublime Prince d'un grade supérieur

 3ME. Quand un Prince de Jérusalem sera annoncé â la porte d'une Loge Royale &c. comme le prouveront ses titres et ses décors, le T.F.P. de cette Loge enverra quatre frères officiers, députés dignitaires, pour l'introduire et l'accompagner. Lorsqu'il entre couvert, l'épée nue à la main droite ; au signe de Bataille, son bouclier au bras gauche et portant la cuirasse sil le juge bon, quand il arrive entre les Surveillants à l'ouest accompagné des quatre Députés, il salue d'abord de son Épée le T.F.P. Maître, puis le Nord et le Sud et ensuite les surveillants, après quoi le Prince visiteur fera le signe de la Loge qui est ouverte, qui sera rendu par le Maître et tous et tous les frères, après quoi le Maître dira, A l'ordre, et frappera un coup, tous les Frères du nord et du sud formeront la voûte sous laquelle il passera avec un visage grave jusqu'à ce qu'il arrive au Trône, à ce moment le Maître lui offrira sa chaire, qu'il peut accepter et il dirigera les travaux.
Le Maître doit ensuite lui rendre compte de tout ce qui concerne l'Ordre &c. et alors s'il le juge bon, il rendra la chaire au Maître afin de continuer les travaux commencés. Si le Prince Visiteur préfère se retirer avant la clôture de la Loge, après en avoir informé le Maître, il sera remercié de sa Visite, invité à revenir souvent et on l'assurera de toute l'aide au pouvoir de ladite Loge. Après ce compliment, le Maître frappera un grand coup et dira, A l'Ordre mes Frères, ce qui est répété à l'Ouest, et tous les Frères au Nord et au Sud, formeront la voûte comme précédemment, sous laquelle le Prince visiteur se retire qu'à ce qu'il arrive entre les Surveillants, à cet endroit il se tourne vers l'Est et salue le Maître, le Nord, le Sud et les Surveillants, et puis reprend sa marche vers la porte qui est ouverte à deux battants (ce qui doit être aussi fait lorsqu'il entre) et quand il a été, conduit à l'extérieur par les 4 Députés ceux-ci reviennent en Loge et continuent les Travaux.

 4 ME. Les Prince Jérusalem ne peuvent jouir de ces privilèges si se trouve présent un Chev. d'un grade supérieur, tels que Noachites, chevaliers du Soleil, ou des Aigles blanc et noir, ou un Sublime Prince du Royal Secret, mas ils peuvent faire leur entrée avec tous les honneurs qui leur sont dûs, si le Sublime Prince présent y consent.

 5 ME. On s'adressera à un Prince de Jérusalem comme valeureux prince, à un chevalier du Soleil comme Souverain Prince, et à un Sublime Prince du Royal Secret comme Illustre Souverain des Souverains. Un chevr. d'Orient, Excellent ; celui-ci a droit, lorsqu'aucun Prince de Jérusalem &c n'est présent, d'Inspection sur la Constitution le toute Loge Royale ; et pour réconcilier les Frères s'il y a quelque conflit persistant, d'exclure l'opiniâtre, et ceux qui ne se soumettront pas à ces Statuts et règlements.

 6 ME. Les très valeureux Princes de Jérusalem qui ont le droit de même que les chevaliers d'Orient et d'Occident, le siéger couverts durant les travaux les Loges Royales de Perfection. Les chevaliers d'Orient ou de l'Épée ont aussi ce droit, néanmoins, ils ne peuvent jouir le ces privilèges que s'ils sont reconnus comme tels et se présenteront convenablement décorés des attributs le leurs dignités &c.

 7 ME. Cinq Valeureux Princes de Jérusalem ont le pouvoir de former un Conseil de Chevaliers d'Orient partout où il n'en existe pas et ils seront Juges, mais ils doivent tenir au courant de leurs démarches les Souverains grds Conseils ou informer par écrit l'Inspecteur le plus proche ou son Député. Ce qui les autorise à agir ainsi est le pouvoir que le Peuple de Jérusalem a remis à leurs Illustres prédécesseurs au retour d'une très glorieuse Ambassade &c. &c.

Article 30. Pour établir régulièrement tous les Conseils Particuliers et avoir entre tous les Vrais Chevaliers, et Princes Maçons une correspondance régulière, chaque conseil particulier devra envoyer tous les ans au Grand Conseil un tableau particulier de tous les conseils particuliers, réguliers et autorisés avec les noms de leurs officiers. Ils devront aussi, dans le cours de l'année, donner avis de tous les changements intéressants qui pourraient survenir dans ledit tableau.

Article 31. Pour vaquer plus entièrement au maintien du bon ordre et de la discipline, les Souverains Grands Conseils des Sublimes Princes du Royal Secret ne se réuniront qu'une fois par an pour des travaux maçonniques pour n'admettre au Sublime et dernier grade de le Maçonnerie que les 3 plus anciens chevaliers du Soleil, qui seront proclamés dans les différents conseils et les Grdes Loges de perfection.

Article 32. Jours saints que devront observer les Chevaliers de Princes Maçons.
Les Princes de Jérusalem célèbreront en ce qui les concerne à savoir :

 1 ER. Le Saint jour du 20 mars, jour mémorable où leurs ancêtres firent leur entrée à Jérusalem.

 2ND. Ils célèbreront le 23 septembre pour remercier le Seigneur pour la reconstruction du Temple.

 Les Chevaliers d'Orient ne fêteront que le seul jour de le Réédification du Temple du Dieu Vivant, le 22 mars et le 22 septembre, jours Equinoxiaux du renouvellement des jours Longs et Courts pour rappeler que le Temple a été, construit deux fois. Tous les princes Maçons sont obligés d'assister au Conseil des Chevaliers d'Orient et les travaux ne seront ouverts qu'avec les Cérémonies Nécessaires.

 Le Grand Elu Parft et Sublime fêtera le 24 juin et le 26 septembre, la Dédicace du premier Temple le jour du mois où les chevaliers et les parfaits Maçons seront revêtus de leurs décors. Ces Statuts doivent être observés par tous nos Inspecteurs et Députés, qui les feront lire et reconnaîtra dans tous les Chapitres Privés, ainsi que dans le Grand Conseil quelqu'il soit.

Au Grand Orient, sous le Dais Céleste &c. le jour et an susdits.

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Mercredi 27 avril 2005

Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et que Didyme Jude Thomas a écrites.

1Et il a dit : «Celui qui trouvera les interprétations de ces paroles ne goûtera jamais la mort.»

2Jésus a dit : «Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et, quand il aura trouvé, il sera troublé ; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il règnera sur le Tout.»

3Jésus a dit : «Si ceux qui vous guident vous disent : ‘Voici, le Royaume est dans le ciel’, alors les oiseaux du ciel vous précéderont ; s’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous précéderont. Mais le Royaume est à l’intérieur de vous, et il est à l’extérieur de vous. Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra ; et vous saurez que c’est vous les fils du Père vivant. Si au contraire vous ne vous connaissez pas, alors vous êtes dans la pauvreté, et c’est vous la pauvreté. »

4Jésus a dit : «L’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas à interroger un petit enfant de sept jours à propos du lieu de la vie, et il vivra. Car beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un seul.»

5Jésus a dit : « Reconnais ce qui est devant ta face, et ce qui t’est caché te sera dévoilé. Car il n’y a rien de caché qui ne sera manifesté.»

6Ses disciples l’interrogèrent et lui dirent : «Veux-tu que nous jeûnions ? Et comment prierons-nous ? Donnerons-nous l’aumône ? Et pour ce qui concerne la nourriture, quelles normes observerons-nous ?» Jésus dit : «Ne dites pas de mensonges, et ne faites pas ce que vous haïssez, puisque tout est dévoilé devant le ciel. Car il n’y a rien de caché qui ne sera manifesté et rien de couvert qui restera sans être dévoilé.»

7Jésus a dit : «Heureux le lion que l’homme mangera, et le lion deviendra homme ; et maudit est l’homme que le lion mangera, et le lion deviendra l’homme.»

8Et il a dit : «L’homme est semblable à un pêcheur avisé, qui jeta son filet à la mer et l’en retira plein de petits poissons ; parmi eux, le pêcheur avisé trouva un gros et beau poisson ; il rejeta tous les petits à la mer, et choisit le gros sans difficulté. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !»

9Jésus a dit : «Voilà, le semeur sortit, la main pleine de semences, et les lança. Quelques-unes tombèrent sur le chemin ; les oiseaux arrivèrent, et les ramassèrent ; d’autres tombèrent sur la pierre et ne prirent pas racine en profondeur ni ne firent monter d’épis vers le ciel ; d’autres tombèrent dans les épines : celles-ci étouffèrent la semence, et le ver dévora les grains ; d’autres tombèrent dans la bonne terre, et celle-ci fit monter du bon fruit vers le ciel : elle produisit soixante mesures pour une et cent vingt pour une.»

10Jésus a dit : «J’ai jeté un feu sur le monde, et voici, je le garde jusqu’à ce que le monde brûle.»

11Jésus a dit : «Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera ; ceux qui sont morts ne vivent pas, et ceux qui vivent ne mourront pas. Les jours où vous mangiez ce qui est mort, vous en faisiez quelque chose de vivant ; lorsque vous serez dans la lumière, que ferez-vous ? Le jour où vous étiez un, vous êtes devenus deux ; mais quand vous serez devenus deux, que ferez-vous ?»

12Les disciples dirent à Jésus : «Nous savons que tu nous quitteras. Qui deviendra la plus grand parmi nous ?» Jésus leur dit : «Où que vous soyez allés, vous irez vers Jacques le Juste, pour qui ont été faits le ciel et la terre.»

13Jésus a dit à ses disciples : «Faites une comparaison et dites-moi à qui je ressemble.» Simon Pierre lui dit : «Tu es semblable à un ange juste.» Matthieu lui dit : «Tu es semblable à un philosophe intelligent.» Thomas lui dit : «Maître, ma bouche est tout à fait incapable de dire à qui tu es semblable.» Jésus répondit : «Je ne suis pas ton maître ; puisque tu as bu, tu t’es enivré à la source bouillonnante que j’ai fait jaillir.» Et il le prit à part et lui dit trois paroles. Quand Thomas revint auprès de ses compagnons, ils lui demandèrent : «Que t’a dit Jésus ?» Thomas leur répondit : «Si je vous dis une seule des paroles qu’il m’a dites, vous prendrez des pierres et vous les lancerez contre moi ; et alors un feu sortira des pierres et vous brûlera.»

14Jésus leur a dit : «Si vous jeûnez, vous vous attribuerez un péché ; si vous priez, vous serez condamnés ; si vous donnez l’aumône, vous nuirez à votre esprit. Et lorsque vous allez dans n’importe quel pays et que vous marchez dans les villages, si on vous reçoit, mangez ce qu’on mettra devant vous, et soignez les habitants qui sont malades ; car ce qui entre dans votre bouche ne vous souillera pas, mais ce qui sort de votre bouche, c’est cela qui vous souillera.»

15Jésus a dit : «Quand vous verrez celui qui n’a pas été engendré par une femme, alors prosternez-vous, la face contre terre, et adorez-le : c’est lui votre Père.»

16Jésus a dit : «Peut-être les hommes pensent-ils que je suis venu jeter la paix sur le monde ; ils ne savent pas que je suis venu jeter les divisions sur la terre : feu, épée et guerre. Car il y en aura cinq dans une maison : trois contre deux et deux contre trois, le père contre le fils et le fils contre le père ; et ils se tiendront debout, en étant un seul.»

17Jésus a dit : «Je vous donnerai ce qu’aucun œil n’a vu et ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qu’aucune main n’a touché et ce qui n’est jamais monté au cœur de l’homme.»

18Les disciples demandèrent à Jésus : «Dis-nous comment sera notre fin.» Jésus dit : «Avez-vous donc découvert le commencement pour que vous cherchiez la fin ? Car, là où est le commencement, là sera la fin. Heureux celui qui se tiendra debout dans le commencement ; il connaîtra la fin et ne goûtera pas la mort.»

19Jésus a dit : Heureux celui qui était avant d’être ! Si vous devenez mes disciples et que vous écoutez mes paroles, ces pierres vous serviront. Car vous avez dans le paradis cinq arbres, qui ne changent ni en été ni en hiver et dont les feuilles ne tombent pas. Quiconque les connaîtra ne goûtera pas la mort.»

20Les disciples dirent à Jésus : «Dis-nous à quoi est semblable le Royaume des cieux.» Il leur répondit : «Il est semblable à un grain de sénevé, la plus petite de toutes les semences. Mais lorsqu’il tombe sur une terre travaillée, il produit une grande branche et devient un abri pour les oiseaux du ciel.»

21Marie dit à Jésus : «À qui ressemblent tes disciples ?» Il répondit : «Ils ressemblent à des enfants qui se sont installés dans un champ qui ne leur appartient pas. Quand les maîtres du champ viendront, les enfants diront : ‘Laissez-nous notre champ.’ Ils se mettent tous nus en face d’eux, si bien que les maîtres le leur cèdent, et les enfants leur donnent leur champ. C’est pourquoi je dis : ‘Si le maître d’une maison sait que le voleur va venir, il veillera avant qu’il n’arrive, et il ne permettra pas qu’il entre par la force dans la maison royale et qu’il en emporte les biens. Quant à vous, soyez vigilants en face du monde, ceignez vos reins avec grande force, de peur que les voleurs ne trouvent un passage pour arriver jusqu’à vous ; car le profit que vous attendez, ils le trouveront. Qu’il y ait parmi vous un homme d’expérience ! Quand le fuit est mûr, il vient tout de suite, la faucille à la main, et le cueille. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !’»

22Jésus vit des petits qui suçaient le lait. Il dit à ses disciples : «Ces petits qui sucent le lait sont semblables à ceux qui entrent dans le Royaume.» Ils lui dirent : «Alors en devenant petits, nous entrerons dans le Royaume ?» Jésus leur répondit : «Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon à ce que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle ; lorsque vous ferez des yeux au lieu d’un œil, une main au lieu d’une main, un pied au lieu d’un pied, une image au lieu d’une image, c’est alors que vous entrerez dans le Royaume.»

23Jésus a dit : «Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille, et ils se tiendront debout, en étant un seul.»

24Ses disciples lui dirent : «Montre-nous le lieu où tu es, parce qu’il est nécessaire pour nous de le chercher.» Il leur répondit : «Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! Il y a de lumière dans un homme de lumière, et il illumine le monde entier ; s’il n’illumine pas, c’est l’obscurité.»

25Jésus a dit : «Aime ton frère comme ton âme ; veille sur lui comme sur la pupille de ton œil.»

26Jésus a dit : «La paille qui est dans l’œil de ton frère, tu la vois, mais la poutre qui est dans le tien, tu ne la vois pas. Quand tu auras enlevé la poutre qui est dans ton œil, alors tu verras assez bien pour enlever la paille de celui de ton frère.»

27<Jésus a dit : > «Si vous ne jeûnez pas par rapport au monde, vous ne trouverez pas le Royaume. Si vous ne faites pas du sabbat un sabbat, vous ne verrez pas le Père.»

28Jésus a dit : «Je me suis tenu debout au milieu du monde, et je me suis manifesté à eux dans la chair ; je les ai trouvés tous ivres ; je n’en ai trouvé aucun d’entre eux qui eût soif. Et mon âme s’est affligée pour les fils des hommes, parce qu’ils sont aveugles dans leur cœur, et n’arrivent pas à voir ; puisqu’ils sont venus dans le monde vides, et c’est vides aussi qu’ils cherchent à en sortir ; mais en ce moment ils sont ivres. Quand ils auront rejeté leur vin, alors ils se convertiront.»

29Jésus a dit : «Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause du corps, c’est une merveille des merveilles. Mais moi, je m’émerveille de ceci : comment cette grande richesse a-t-elle habité dans cette pauvreté ?»

30Jésus a dit : «Là où il y a trois dieux, il y a des dieux ; là où il y en a deux ou un, je suis avec lui.»

31Jésus a dit : «Un prophète n’est pas accepté dans son propre village ; un médecin ne soigne pas ceux qui le connaissent.»

32Jésus a dit : «Une ville édifiée sur une haute montagne et fortifiée ne peut tomber ni rester cachée.»

33Jésus a dit : «Ce que tu entendras dans ton oreille, proclame-le sur les toits à l’oreille d’autrui. Car personne n’allume une lampe pour la mettre sous le boisseau, ni dans un endroit caché ; mais au contraire, il la place sur un lampadaire, de façon à ce que quiconque entre et sort puisse voir sa lumière.»

34Jésus a dit : «Si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous les deux dans une fosse.»

35Jésus a dit : «Il n’est pas possible que quelqu’un entre dans la maison d’un homme puissant et la prenne par la force, à moins qu’il ne lui ait lié les mains ; alors seulement il pourra piller sa maison.»

36Jésus a dit : «Ne vous inquiétez pas du matin au soir ni du soir au matin au sujet de ce que vous vêtirez.»

37Ses disciples dirent : «Quand est-ce que tu te manifesteras à nous et quand pourrons-nous te voir ?» Jésus répondit : «Lorsque, pareils à de petits enfants, vous vous déshabillerez sans avoir honte et que vous prendrez vos vêtements et les piétinerez, c’est alors que vous verrez le fils du Vivant ; et vous n’aurez pas peur.»

38Jésus a dit : «Bien des fois vous avez désiré entendre ces paroles que je vous dis, sans avoir nul autre de qui les entendre. Il y aura des jours où vous me chercherez, mais vous ne me trouverez pas.»

39Jésus a dit : «Les pharisiens et les scribes ont reçu les clés de la gnose et ils les ont cachées. Eux, ils ne sont pas entrés, et à ceux qui voulaient entrer ils ne l’ont pas permis. Quant à vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes.»

40Jésus a dit : «Un cep de vigne a été planté en dehors du Père et, n’étant pas solide, il sera arraché jusqu’à sa racine et détruit.»

41Jésus a dit : «À celui qui a quelque chose dans la main, il sera donné, et à celui qui n’a rien sera enlevé même le peu qu’il a.»

42Jésus a dit : «Devenez passant.»

43Ses disciples lui dirent : «Qui es-tu pour nous dire ces choses ?» <Jésus leur répondit : > «Vous n’avez pas compris qui je suis à partir de ce que je vous dis, mais vous êtes devenus comme les Juifs : en effet, ils aiment l’arbre et ils haïssent son fruit, ou bien ils aiment le fruit et haïssent l’arbre.»

44Jésus a dit : «Celui qui a blasphémé contre le Père, on lui pardonnera, et celui qui a blasphémé contre le Fils, on lui pardonnera ; mais celui qui a blasphémé contre l’Esprit saint, on ne lui pardonnera point, ni sur la terre ni au ciel.»

45Jésus a dit : «On ne récolte pas des raisins parmi les épines, et l’on ne cueille pas des figues dans les buissons, car ils ne donnent pas de fruit. Un homme bon produit du bien de son trésor ; un homme méchant produit des choses pernicieuses du mauvais trésor qui est dans son cœur, et il dit des choses pernicieuses, car de l’abondance du cœur il produit des choses pernicieuses.»

46Jésus a dit : «Parmi ceux qui sont nés de femmes, depuis Adam jusqu’à Jean-Baptiste, il n’y a personne qui soit plus grand que Jean-Baptiste, si bien que tous doivent baisser les yeux devant lui. Mais j’ai dit que quiconque d’entre vous deviendra petit connaîtra le Royaume et deviendra plus grand que Jean.»

47Jésus a dit : «Il est impossible à un homme de monter en même temps deux chevaux ou de bander deux arcs ; et il est impossible pour un serviteur de servir deux maîtres, autrement il honorera l’un des deux et il offensera l’autre. Personne ne boit du vin vieux et n’a aussitôt envie de boire du vin nouveau. Et on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, de peur qu’elles n’éclatent ; et le vin vieux, on ne le verse pas dans une outre neuve, de peur qu’elle ne le gâte. On ne coud pas une vieille pièce sur un vêtement neuf, parce qu’il se produirait une déchirure.»

48Jésus a dit : «Si deux font la paix entre eux dans cette même maison, ils diront à la montagne : ‘Déplace-toi’, et elle se déplacera.»

49Jésus a dit : «Heureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume. En effet, vous êtes issus de lui, et vous y retournerez.»

50Jésus a dit : «S’ils vous disent : ‘D’où êtes-vous issus ?’, répondez-leur : ‘Nous sommes venus de la lumière, du lieu où la lumière est issue d’elle-même ; elle s’est dressée et elle s’est manifestée dans l’image des hommes.’ S’ils vous disent : ‘Est-ce vous ?’, répondez : ‘Nous sommes ses fils et les élus du Père vivant.’ S’ils vous demandent : ‘Quel est le signe de votre Père en vous ?’, répondez-leur : ‘C’est un mouvement et un repos.’»

51Ses disciples lui demandèrent : «Quand le repos des morts arrivera-t-il, et quand le monde nouveau viendra-t-il ?» Il leur répondit : «Ce repos que vous attendez est déjà venu, mais vous ne le reconnaissez pas.»

52Ses disciples lui dirent : «Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël, et ils ont tous parlé par ton intermédiaire.» Il leur répondit : «Vous avez oublié le Vivant qui est devant vous, et vous avez parlé seulement des morts.»

53Ses disciples lui demandèrent : «La circoncision est-elle utile ou pas ?» Il leur répondit : «Si elle était utile, leur père les engendrerait déjà circoncis de leur mère. C’est au contraire la vraie circoncision, celle en esprit, qui est devenue vraiment utile.»

54Jésus a dit : «Heureux vous, les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous.»

55Jésus a dit : «Quiconque ne hait pas son père et sa mère ne pourra pas devenir mon disciple. Et quiconque ne hait pas ses frères et sœurs et ne porte pas sa croix comme moi ne sera pas digne de moi.»

56Jésus a dit : «Celui qui a connu le monde a trouvé un cadavre, et celui qui a trouvé un cadavre, le monde n’est pas digne de lui.»

57Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un homme qui avait une bonne semence. Son ennemi vint la nuit, et il sema de l’ivraie parmi la bonne semence. L’homme ne permit pas qu’on arrache l’ivraie, et il leur dit : ‘De peur que vous n’alliez arracher l’ivraie et que vous n’arrachiez le blé avec elle.’ Car le jour de la moisson, l’ivraie apparaîtra, et elle sera arrachée et brûlée.»

58Jésus a dit : «Heureux l’homme qui a souffert ; il a trouvé la vie.»

59Jésus a dit : «Regardez le Vivant pendant que vous êtes en vie, de peur que vous ne mouriez, et que vous cherchiez à le voir, sans y réussir.»

60<Ils virent> un Samaritain qui partait un agneau en faisant route vers la Judée. Jésus dit à ses disciples : «Celui-là, que veut-il faire de son agneau ?» Ils lui répondirent : «Le tuer et le manger.» Il leur dit : «Tant qu’il est vivant, il ne le mangera pas, mais seulement quand il l’aura tué et qu’il sera devenu un cadavre.» Ils lui répondirent : «Il ne pourra pas faire autrement.» Il leur dit : «Vous aussi, cherchez-vous une place dans le repos, de peur que vous ne deveniez un cadavre et que l’on ne vous mange.»

61Jésus a dit : «Il y en aura deux qui se reposeront sur un lit : l’un mourra et l’autre vivra.» Salomé dit : «Qui es-tu, homme, fils de qui ?» Tu es monté sur mon lit et tu as mangé à ma table.» Jésus lui répondit : «Je suis celui qui est issu de celui qui demeure égal à lui-même. Il m’a été donné de ce qui est à mon Père.» <Salomé dit : > «Je suis ta disciple.» <Jésus lui dit : > «C’est pourquoi je dis : ‘Quand il sera réduit à l’unité, il sera rempli de lumière ; mais, tant qu’il sera divisé, il sera rempli de ténèbres.’»

62Jésus a dit : «C’est à ceux qui sont dignes de mes mystères que je dis mes mystères. Ce que ta main droite fera, que ta main gauche ne sache pas ce qu’elle fait.»

63Jésus a dit : «Il y avait un homme riche, qui possédait beaucoup d’argent. Il dit : ‘J’utiliserai mon argent pour semer, moissonner, planter et remplir mes magasins de fruits, de façon à ce que je ne manque de rien.’ Voilà ce qu’il pensait dans son cœur ; et cette même nuit, il mourut. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !»

64Jésus a dit : «Un homme avait des invités ; lorsqu’il eut préparé le dîner, il envoya ses serviteurs pour les convier au repas. Il s’en alla chez le premier et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci répondit : ‘J’ai de l’argent à réclamer auprès de certains marchands ; ils vont venir chez moi ce soir ; je dois y aller et leur donner des instructions. Je m’excuse pour le dîner.’ Il s’en alla chez un autre et lui dit : ‘Mon maître t’a invité.’ Celui-ci lui répondit : ‘Je viens d’acheter une maison, et on me demande pour toute la journée ; je ne serai pas libre.’ Il s’en vint chez un autre et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci lui répondit : ‘Mon ami va se marier, et c’est moi qui ferai le dîner. Je ne pourrai pas venir ; je m’excuse pour le dîner.’ Il s’en alla chez un autre, et lui dit : ‘Mon maître t’invite.’ Celui-ci lui répondit : ‘Je viens d’acheter un domaine, et je m’en vais recevoir les redevances. Je ne pourrai pas venir, je m’excuse.’ Le serviteur retourna et dit à son maître : ‘Ceux que tu as invités au dîner se sont excusés.’ Le maître dit à son serviteur : ‘Va-t-en par les routes, et ceux que tu rencontreras, amène-les à dîner.’ Les acheteurs et les marchands n’entreront pas dans les lieux de mon Père.»

65Il a dit : «Un homme honnête avait une vigne. Il la donna à des vignerons pour qu’ils la cultivent et qu’il puisse en recevoir le fruit de leurs mains. Il envoya son serviteur pour que les vignerons lui donnent le fruit de la vigne. Ils saisirent son serviteur, le rouèrent de coups et peu s’en fallait qu’ils ne le tuent. Le serviteur retourna et raconta à son maître ce qui s’était passé. Le maître dit : ‘Peut-être ne l’ont-ils pas reconnu.’ Il envoya alors un autre serviteur. Les vignerons le rouèrent à son tour de coups. Alors le maître envoya son fils, et dit : ‘Peut-être montreront-ils du respect pour mon fils.’ Quand ces vignerons surent qu’il était l’héritier de la vigne, ils le saisirent et le tuèrent. Celui qui a des oreilles, qu’il entende.»

66Jésus a dit : «Montrez-moi la pierre que les bâtisseurs ont rejetée : c’est elle, la pierre d’angle.»

67Jésus a dit : «Si celui qui connaît le Tout est privé de soi-même, il est privé du lieu tout entier.»

68Jésus a dit : «Bienheureux serez-vous quand on vous haïra et quand on vous persécutera ; et on n’atteindra pas le lieu là où on vous a persécutés.»

69Jésus a dit : «Bienheureux sont ceux qui ont été persécutés dans leur cœur. Ce sont eux qui ont véritablement connu le Père. Bienheureux, les affamés, car le ventre de celui qui désire sera rempli.»

70Jésus a dit : «Lorsque vous produirez ceci en vous-mêmes, ce que vous avez vous sauvera. Si vous n’avez pas ceci en vous, ce que vous n’avez pas en vous vous tuera.»

71Jésus a dit : «Je détruirai cette maison et personne ne pourra la reconstruire.»

72Un homme lui dit : «Dis à mes frères de partager avec moi les biens de mon père.» Il lui répondit : «Ô homme, qui a fait de moi un partageur ?» Il se tourna vers ses disciples et leur dit : «Suis-je donc un partageur ?»

73Jésus a dit : «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Seigneur pour qu’il envoie des ouvriers pour la moisson.»

74Il a dit : «Seigneur, il y en a beaucoup autour du puits, mais il n’y a personne dans le puits.»

75Jésus a dit : «Il y en a beaucoup qui se tiennent près de la porte, mais ce sont les solitaires qui entreront dans la chambre nuptiale.»

76Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un marchand qui avait un ballot et qui trouva une perle. Ce marchand était avisé. Il vendit le ballot et s’acheta la perle seule. Vous aussi cherchez le trésor incorruptible et durable, où la mite ne vient pas manger et où le ver ne détruit pas.»

77Jésus a dit : «C’est moi la lumière qui est au-dessus d’eux tous ; c’est moi le Tout. Le Tout est issu de moi, et c’est à moi que le Tout est parvenu. Fendez du bois, et je suis là ; soulevez une pierre, et c’est là que vous me trouverez.»

78Jésus a dit : «Pourquoi êtes-vous allés à la campagne ? Pour voir un roseau agité par le vent, et pour voir un homme revêtu d’habits raffinés, comme vos rois et vos magnats ? Ce sont eux qui portent des habits raffinés, mais ils ne pourront pas connaître la vérité.»

79Une femme dans la foule lui dit : «Heureux le ventre qui t’a porté et les seins qui t’ont nourri !» Il lui dit : «Heureux ceux qui ont entendu la parole du Père et l’ont gardée en vérité ! Car des jours viendront où vous direz : ‘Heureux le ventre qui n’a pas conçu, et les seins qui n’ont pas allaité !’»

80Jésus a dit : «Celui qui a connu le monde a trouvé le corps, mais celui qui a trouvé le corps, le monde n’est pas digne de lui.»

81Jésus a dit : «Celui qui est devenu riche, qu’il devienne roi, et celui qui a de la puissance, qu’il y renonce !»

82Jésus a dit : «Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume.»

83Jésus a dit : «Les images sont manifestées à l’homme ; mais la lumière qui est en elles reste cachée dans l’image de la lumière du Père. Il se révélera, mais son image reste cachée par sa lumière.»

84Jésus a dit : «Quand vous voyez votre ressemblance, vous vous réjouissez ; mais lorsque vous verrez vos images, qui sont nées avant vous et ne meurent ni ne se manifestent, combien vous aurez à supporter !»

85Jésus a dit : «Adam est né d’une grande puissance et d’une grande richesse, mais il n’est pas devenu digne de vous ; car, s’il avait été digne, il n’aurait pas goûté la mort.»

86Jésus a dit : «Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux ont leurs nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas de place où poser sa tête et se reposer.»

87Jésus a dit : «Misérable est le corps qui dépend d’un corps, et misérable est l’âme qui dépend de ces deux corps.»

88Jésus a dit : «Les messagers et les prophètes viendront à vous, et ils vous donneront ce qui vous revient. Et vous aussi, donnez-leur ce que vous avez dans les mains, et dites-vous : ‘Quel jour viendront-ils recevoir ce qui est à eux ?’»

89Jésus a dit : «Pourquoi lavez-vous l’extérieur de la coupe ? Ne comprenez-vous pas que celui qui a fait l’intérieur de la coupe est le même que celui qui a fait l’extérieur ?»

90Jésus a dit : «Venez à moi car mon joug est bon et ma seigneurie douce, et vous trouverez le repos pour vous.»

91Ils lui dirent : «Dis-nous qui tu es, pour que nous croyions en toi.» Il leur répondit : «Vous éprouvez la face du ciel et de la terre, mais vous n’avez pas reconnu celui qui est devant vous et vous ne savez pas éprouver le moment présent.»

92Jésus a dit : «Cherchez, et vous trouverez ; mais ce que vous m’aviez demandé jadis et que je ne vous avais pas dit en ces jours-là, maintenant il me plaît de le dire, mais vous ne le cherchez pas.»

93<Jésus a dit : > «Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, de peur qu’ils ne le jettent au fumier ; ne jetez pas les perles aux porcs, de peur qu’ils n’en fassent [...]»

94Jésus a dit : «Celui qui cherche trouvera, et à celui qui frappe, on ouvrira.»

95Jésus a dit : «Si vous avez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez [...] à celui de qui vous ne le recevrez plus.»

96Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à une femme. Elle prit un peu de levain, le cacha dans de la pâte et en fit de grands pains. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !»

97Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à une femme, qui portait une cruche pleine de farine. Pendant qu’elle marchait sur un chemin éloigné, l’anse de la cruche se brisa et la farine se répandit derrière elle sur le chemin. Elle ne s’en aperçut pas ; elle n’avait pas su peiner. Lorsqu’elle entra dans sa maison, elle posa sa cruche à terre et la trouva vide.»

98Jésus a dit : «Le Royaume du Père est semblable à un homme qui voulait tuer un grand personnage ; il dégaina l’épée dans sa maison et perça le mur, pour voir si sa main serait ferme ; alors il tua le grand personnage.»

99Les disciples lui dirent : «Tes frères et ta mère se tiennent dehors.» Il leur répondit : «Ceux que voici, qui font la volonté de mon Père, ceux-là sont mes frères et ma mère. Ce sont eux qui entreront dans le Royaume de mon Père.»

100Ils montrèrent à Jésus une pièce d’or et lui dirent : «Les hommes de César réclament de nous les impôts.» Il leur répondit : «Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et donnez-moi ce qui est à moi.»

101<Jésus a dit : > «Celui qui ne haïra pas son père et sa mère comme moi, ne pourra pas devenir mon disciple. Et celui qui n’aimera pas son père et sa mère comme moi ne pourra pas devenir mon disciple. Car ma mère [...], tandis que ma mère véritable m’a donné la vie.»

102Jésus a dit : «Malheur aux pharisiens car ils ressemblent à un chien couché sur la mangeoire des bœufs : il ne mange ni ne laisse les bœufs manger.»

103Jésus a dit : «Heureux l’homme qui sait en quelle partie de la nuit les voleurs viendront, de telle manière qu’il se lèvera, il inspectera son domaine et se ceindra les reins avant qu’ils n’entrent.»

104Ils dirent à Jésus : «Viens, prions aujourd’hui et jeûnons.» Jésus répondit : «Quel est donc le péché que j’ai commis, ou en quoi ai-je été vaincu ? Mais quand l’époux sera sorti de la chambre nuptiale, alors qu’ils jeûnent et prient !»

105Jésus a dit : «Celui qui connaît son père et sa mère, on l’appellera fils d’une prostituée.»

106Jésus a dit : «Lorsque vous ferez des deux un, vous deviendrez des Fils de l’Homme ; et si vous dites : ‘Montagne, déplace-toi’, elle se déplacera.»

107Jésus a dit : «Le Royaume est semblable à un berger qui avait cent brebis ; l’une d’entre elles, la plus grosse, s’égara ; alors, il quitta les quatre-vingt-dix-neuf et chercha celle-là seule jusqu’à ce qu’il l’eût trouvée. Après qu’il eut peiné ainsi, il dit à la brebis : ‘Je t’aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres.’»

108Jésus a dit : «Celui qui s’abreuvera à ma bouche deviendra comme moi. Moi-même, je deviendrai lui et ce qui est caché lui sera révélé.»

109Jésus a dit : «Le Royaume est semblable à un homme qui avait un trésor caché dans son champ, mais ne le savait pas. Après sa mort, il le laissa à son fils. Le fils ne savait rien du trésor ; il hérita le champ et le vendit. Celui qui l’avait acheté vint labourer et trouva le trésor. Il se mit à prêter de l’argent à intérêt à qui il voulut.»

110Jésus a dit : «Celui qui a trouvé le monde et est devenu riche, qu’il renonce au monde !»

111Jésus a dit : «Le ciel et la terre se retireront devant vous, et le Vivant issu du Vivant ne verra pas la mort. Jésus ne dit-il pas que celui qui se trouvera soi-même, le monde ne sera pas digne de lui ?»

112Jésus a dit : «Malheur à la chair qui dépend de l’âme ; malheur à l’âme qui dépend de la chair.»

113Ses disciples lui demandèrent : «Quand le Royaume viendra-t-il ?» <Jésus répondit : > «Il ne viendra pas parce qu’on l’attend ; on ne dira pas : ‘Voici qu’il est ici’ ou ‘Voici qu’il est là.’ Plutôt, le Royaume du Père est répandu sur la terre, et les hommes ne le voient pas.»

114Simon-Pierre leur dit : «Que Marie nous quitte, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie.» Jésus dit : «Voici que moi je l’attirerai pour la rendre mâle, de façon à ce qu’elle aussi devienne un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume des cieux.»

 

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Mercredi 27 avril 2005

 L'histoire de la franc-maçonnerie suédoise est mal connue hors de la Scandinavie. Lorsqu'il écrivit son "History of Freemasonry" (1886), R.F.Gould ne put que constater l'absence de toute documentation originale et se vit contraint d'utiliser les "Acta Latomorum " du français Thory et l'"Histoire de la franc-maçonnerie" de l'allemand Findel :

 "The two best attempts at a history with which I am acquainted - Allgemeines Handbuch, s.v. Schweden; and Findel, Gesch. Der Freim., 4th edit., pp. 596-608- are merely reproductions, as regard early facts, of Thory's "Acta Latomorum" (Gould, 1886, vol. III, p.198).

Findel, soit, je n'ai pu contrôler, mais Thory ? Les "Acta latomorum" (1815) comportent 10 entrées consacrées à la Suède. Il n'y est question que de futilités: frappe de médailles, fondation d'orphelinat, fêtes et banquets. Eckleff n'est jamais cité, Charles de Sudermanie ne l'est qu'une fois (pour une fête d'anniversaire) ! Le deuxième volume contient l'Ordonnance du 9 mars 1805 du roi de Suède, Gustave IV, contre les réunions secrètes (pp. 89-90) et les statuts de l'ordre civil institué par Charles XIII en faveur des francs-maçons le 27 mai 1811 (pp. 61-67). L'"Histoire de la fondation du Grand Orient de France" du même auteur (1812) cite la Suède une seule fois, en une note succincte, page 2, qui relate la création de l'ordre de Charles XIII.

Le grand homme de l'histoire maçonnique anglaise avait-il lu Thory ? 

Que la Suède occupe une place très particulière et originale dans le concert maçonnique est pourtant l'évidence et l'historien anglais, dont on connaît l'aversion pour les innovations continentales, n'hésita pas à écrire :

"The Swedes appear to have fallen away from the simple teachings of the Craft as easily and early as the other nationalities of Europe, but with this difference, that instead of flitting from one Rite to another, constantly seeking variety, they have remained steadfast to their first heresy, and still work the same ceremonies that originally riveted their attention about 1760" (1886, vol. III, p.195).

Ce qui suit est basé sur l' "History of Freemasonry" de Gould, sur Feddersen (op.cit., 1982) et quelques autres documents accessibles, dont une publication officielle de la Grande Loge de Suède, "Facts on the Swedish Order of Freemasons. Grand Lodge of Sweden", (1997). Alain Bernheim me fit l'amitié de bien vouloir corriger mon manuscrit, relevant les erreurs et coquilles que j'avais innocemment recopiées.

La franc-maçonnerie fut introduite en Suède par le comte Axel Ericson Wrede-Sparre, un officier de cavalerie qui avait été initié "à Paris", d'après sa propre inscription faite le 11 avril 1753 lorsqu'il devint membre de St Jean Auxiliaire à Stockholm. Il fut fait compagnon le 16 novembre 1731 et maître le 6 mai 1733 . La première réunion à Stockholm de la loge Wrede-Sparre eut lieu au Palais Stenbockn chez le baron Johann Gabriel Sack (1697-1751) le 17 mars 1735. Le comte Charles Gustave Tessin (1695-1770) fut reçu apprenti et compagnon (ce fut la première initiation sur sol suédois), avant de recevoir la maîtrise le 25 avril suivant et la "maîtrise Ecossaise" en 1744 à Berlin.

L'initiative semble avoir fait long feu, un décret royal de Frédéric I, daté du 21 octobre 1738, ayant interdit les réunions maçonniques "sous peine de mort" (il sera annulé la même année).

 Le 13 janvier 1752, le comte Knut Carlsson Posse fonda la loge "Saint Jean Auxiliaire" (le Baptiste) qui utilisait les rituels de Wrede-Sparre et s'affirma "Mère-Loge de Suède", à ce titre autorisée à distribuer des lettres de constitution dans le pays. Elle utilisait un système en six grades : les trois grades de Saint-Jean, deux de Saint-André, un "Frère Confident de Saint-Jean" et un "Frère très Elu".

En 1753, le baron, plus tard comte, Charles-Frédéric Scheffer (1715-1786), qui avait été initié le 14 mai 1737 dans la loge Coustos-Villeroy à Paris, fut élu Grand Maître National . Il avait reçu du "comte de Darwentwater" (sic) un document daté du 25 novembre 1737 qui est conservé dans les archives de la Svenska Frimurare Orden à Stockholm. Son premier article paraphrase l'article 1 des Constitutions anglaises de 1723 mais, à l'inverse de celles-ci, met l'accent sur le caractère exclusivement chrétien des obligations du maçon :

" Expédition des Regles generales de la Maçonnerie pour La Loge constituee à Stockholm par notre Cher et digne Frere Mr. Le Baron de Scheffer &c. ayant été pour cet effet muni d'un pouvoir en forme du Tres Venerable Grand Maître du Royaume de France l'an 1737.

Un Franc-Maçon est Obligé par son Etat de se conformer à la Morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un Athé, ny un Libertin sans Religion. Dans les siecles passés les Francs-Maçons étoient obligés de professer la Religion Catholique, mais depuis quelque tems on n'examine pas sur cela leurs sentimens particuliers, pourvu toutefois qu'ils soient Chrétiens, fideles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité, de quelque maniere; par ce moyen la Maçonnerie devient le centre et l'union d'une vraye amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seroient pour toujours Eloignés et separés les uns des autres quoi qu'ils puissent être distingués d'ailleurs". 

En 1756, les rituels français utilisés jusque-là furent revus par une commission présidée par le comte Posse, afin de leur donner "sérieux et hauteur". Le 3 septembre de la même année, la Mère-Loge "régularisa" Charles Frédéric Eckleff (1723-1786), un employé au ministère des Affaires Etrangères, lequel fonda le 30 novembre une loge de Saint-André, intitulée "L'Innocente", dont le premier vénérable fut le conseiller aulique von Haren. Lors de la fondation de la Grande Loge de Suède (probablement le 27 décembre 1761), Eckleff devint Assistant Grand Maître, le baron Scheffer assumant la Grande Maîtrise.

Eckleff, fort d'une patente étrangère dont on ignore tout, avait fondé, le 25 décembre 1759, le "Chapitre Illuminé de Stockholm". Devenu Ordens+Meister , il le présida jusqu'à ce que lui succède, le 14 mai 1774, le duc Charles de Sudermanie (1748-1818), "Eques a Sole vivificante" dans la Stricte Observance, plus tard roi de Suède (1809) sous le nom de Charles XIII, le même qui devint, le 30 novembre 1774, Grand Maître National, en remplacement de Scheffer. Il cumulait ainsi toutes les fonctions, ce qui lui permit de mener à bien l'œuvre de sa vie, l'organisation définitive du "Rite Suédois".

Mais Charles ne fit qu'achever le travail d'Eckleff qui avait jeté les bases du système dans les années 1760. L'origine des "Actes" d'Eckleff reste une énigme. Qu'il les ait obtenus lors de voyages à l'étranger, en France et en Allemagne, ou d'un tiers inconnu est possible. Il n'en reste pas moins qu'ils portent la marque de son imagination, sinon de son génie. Ils contiennent une procuration, les instructions, les règlements, les cérémonies et rituels des différents grades, le tout exprimé en un langage chiffré mais rédigé en français. La procuration n'est pas datée mais porte la déclaration finale "publié, dicté, felicité et registré (sic) Frederic Aescher, Secrétaire" .

Les grades pratiqués en 1766 étaient, d'après Gould 1, au nombre de neuf : les trois grades de St Jean ; l'apprenti-compagnon Ecossais ; le chevalier d'Orient et de Jérusalem ; le chevalier d'Occident ; le chevalier du Midi, maître du temple (qui voyait l'introduction de la légende templière) ; le vicaire de Salomon. En 1777 fut fondé le Grand Chapitre, le roi régnant, Gustave III, assumant le titre de vicaire de Salomon dont on ne sait s'il existait déjà avant cette date.

Le Rite Suédois est imprégné de préoccupations rosicruciennes, kabbalistiques et théosophiques, peut-être inspirées par les écrits de Swedenborg. D'après Eugen Lennhoff , le but de l'Ordre est la connaissance de Dieu par la reconnaissance de l'esprit divin présent dans chaque être humain et l'appréhension intime de la dimension trinitaire par la foi en Jésus-Christ. Les grades supérieurs, le IX° notamment, ne prennent leur sens que si l'on y voit une expérience mystique. Dans cette optique, le titre "Vicaire de Salomon", distinct de la fonction plus administrative de Grand Maître et attribué au seul vrai supérieur de l'Ordre, prenait une dimension véritablement "pontificale", au sens étymo