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Hauts Grades

L’escalier qui ne mène nul part !

14 Novembre 2014 , Rédigé par P\ L\

Conte à dormir debout

Dans cette belle région du Limousin, il y a de nombreuses forêts de châtaigniers ; et comme d’en toute région les forêts et les bois ont généré au fils du temps des légendes, des peurs, et des croyances.

Le bois de la Drouille existe donc et n’échappe pas à la règle, j’apporte une précision pour dire que le nom original est le bois de la Trouille, nom qui fut déformé par le patois occitan, car il n’y a pas si longtemps, il y avait encore des loups. Ce qui distingue ce bois et qui vaut la peine d’en parler, ce sont les ruines d’une commanderie templière, au milieu de ces ruines, bien plantée dans la terre, il y a une tour octogonale encore en bon état. Dans cette tour assez haute pour dépasser la cime des arbres, un escalier en colimaçon monte jusqu’au sommet de la tour, mais débouche sur un mur, qui lui donne sur le vide.

Vous pensez bien que les habitants des alentours, ont depuis longtemps utilisé les pierres des ruines pour bâtir, granges et maisons, mais comme ils sont curieux, ils n’ont jamais touché à la tour octogonale. Les plus téméraires s’ont même montés jusqu’en haut, forcément butant sur le mur. Connaissant le talent des Templiers dans l’art de bâtir, ne comprenons pas cette particularité, de là est nait une légende, certains disant compte tenu de la mauvaise réputation des Templiers, que c’est l’œuvre du Diable et que c’est la porte des enfers, renforçant ainsi la légende par la crainte ; toujours est il que la prudence fut de mise. Les anciens avaient beau, le soir aux veillées, enrichir la légende en parlant de mystères interdits aux Hommes, cela ne suffisait pas à tiédir l’ardeur des jeunes plus téméraires, bien au contraire , la curiosité grandissait et il fallait pour les jeunes garçons, briller aux yeux des filles.

Ils furent plusieurs à tenter l’aventure. De nuit, individuellement, ils prenaient le chemin sinueux de la tour, et plus ils s’approchaient des ruines, plus l’imagination s’enflammait, avec les bruits de la nuit. Certains renonçaient, car la peur, paralysait leur jambes, et faisaient demi tour, d’autres les moins nombreux ou les plus fous, ou encore les plus curieux, gravissaient l’escalier en spirale, et au sommet se retrouvaient nez à nez avec le mur. Dans un premier temps, il ne se passait rien en apparence, en redescendant l’escalier, et suivant le caractère des uns et des autres, ils ressentaient une lassitude grandissante, et revenant au village, ils sombraient dans une profonde mélancolie. Bien entendu cela redonnait matière à la légende. Le temps passa et le nombre de curieux voulant tenter l’aventure, se raréfia, jusqu’à devenir inexistant. La tour et son escalier à vis, retombait dans le silence. Du village, la légende gagna les villages voisins, puis ceux du canton, et du département, à chaque fois s’enrichissant de plus en plus de faits issues de l’imagination populaire. Chacun apportant sa pierre !

Le temps passa, tout retomba dans l’oubli, la nature gagnait de plus en plus sur les ruines sauf sur la tour et à l’intérieur, l’escalier paraissait avoir été construit la veille, les marches elles même semblaient intactes de toutes traces de pas.
Vint un jour au village, un trimardeur, avec sa canne et son baluchon, il s’installa pour déjeuner à l’unique auberge du village, et entendit parler de la fameuse tour et de son escalier. Notre trimardeur étant disponible, après son repas, partit l’après midi à la recherche des ruines templières, préférant aborder le jour une région inconnue pour lui.

Après quelques heures de marche, il arriva aux dites ruines, inspectant les lieux, ne vit rien qui aurait pu devenir un danger pour lui, il s’engagea dans la tour, montant quatre à quatre l’escalier. En arrivant en haut de la tour, il ressenti un curieux malaise, depuis le début de son ascension, il se sentait de plus en plus léger, maintenant qu’il était face au mur, il avait l’impression de flotter dans l’air. Le moment de stupeur passé, voulant voir si le mur était creux, il toqua trois fois la pierre ; rien qui sonne le creux ; mais quelques instants après , il cru rêver en voyant la pierre changer , passant du noir des ans au plus clair de l’eau la plus pure comme un miroir de cristal, un peu hésitant, il tendit la main et constata, que sa main passait à travers le mur , disparaissant de sa vue. Bigre se dit-il ! Il n’était pas plus téméraire que vous et moi.

Finalement, voulant d’abord récupérer sa main, il trouva l’énergie pour entrer franchement dans ce rideau de pierre, en apparence seulement. Ce qu’il vit de l’autre côté, le laissa sans voix, mais aussi sans crainte, il était confiant, apaisé.

Ce qu’il vit, rien de ce qui ressemble à ce l’on peut voir sur Terre ; tout d’abord une Lumière douce, mais énergique, des formes vagues, n’étant ni des objets, ni des personnes, un vaste panorama de couleurs, en constant mouvement, il n’y avait pas de sol, mais néanmoins, notre trimardeur, semblait marcher comme sur la Terre. Dans son cerveau, c’était une ébullition permanente, son intellect ne pouvant rien expliquer et encore moins le rassurer, seul son cœur lui donnait le courage de ne pas faire demi tour. Il s’avança encore, et finit par distinguer dans ce qui semblait être un arc en ciel, une vague forme de ville, dans le lointain mais aussi, paradoxalement, très près. Bien inspiré par le souffle de l’Esprit, il sut que c’était la fameuse Jérusalem céleste, dès lors son cerveau trouva les réponses à toutes les questions qu’il se posait de puis des années.

Le temps étant sans importance, il ne savait plus depuis combien de temps, il avait quitté l’escalier en spirale, il reçu l’ordre de faire demi tour, tout comme il reçu le conseil de fouiller les ruines de la commanderie, car il trouverait le Nom Sacré et la Parole Perdue.

De retour sur le palier de l’escalier, il redescendit pour exécuter, ce que l’Esprit lui avait ordonné. Ecartant la végétation, déplaçant les pierres, peinant et suant, il finit par remarquer, un tumulus de pierre, arrangé en cercle, encore une fois, il dégagea les pierres anodines et trouva la Pierre d’achoppement, la clef de voûte, avec sa main il enleva la terre et les gravois, et ce qu’il vit, ma foi, c’était mieux qu’un trésor, mieux que le Graal, mieux que l’immortalité, il vit ce que beaucoup recherchent, le Saint Nom du Créateur !

Le lendemain, le trimardeur repris son chemin mais cette fois il savait où aller… vers la réalisation du Plan Divin !

Source : www.ledifice.net

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