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Hauts Grades

Les apports de la « méthode maçonnique » dans mon initiation : bilan de mes 10 années de pratique du REAA au sein de la G.L.D.F.

8 Décembre 2014 , Rédigé par NM Kalife Publié dans #Planches

Ayant compris, au cours des 10 années de mon parcours initiatique, que le phénomène initiatique est strictement personnel et propre à chacun, en s’accomplissant au plus profond de son être intérieur à travers ses diverses perceptions des symboles et des vertus à cultiver, sans mode d’emploi standard ni formatage de conduite ni dogmatisme de pensée, je suis amené à penser qu’il ne doit pas exister de méthode maçonnique à suivre. C’est pourquoi je me sens mal à l’aise devant cette question mise à l’étude des loges, concernant les avantages de la méthode maçonnique du REAA. En effet, je pense que chaque initié Franc maçon du rite écossais ancien accepté comme de tout autre rite doit pouvoir bénéficier du privilège de la liberté absolue de conscience que la Franc maçonnerie du siècle des Lumières a inaugurée dans le cadre d’une association philosophique au service du bonheur de l’humanité.

Et à partir de cette liberté absolue de pensée, l’Initié doit pouvoir entreprendre sa propre démarche dans la connaissance de soi et du monde, en arpentant son cheminement initiatique personnel et original. Je vous donne mon exemple personnel où mon cheminement initiatique a vécu ses 4 premières années dans la tourmente, dans une ardente opposition spirituelle à mon parrain allié aux autres officiers de ma loge, cette expérience illustrant bien que je n’avais eu à suivre aucune directive de méthode si ce n’est celle qui m’a été inspirée à travers mes abondantes lectures de divers ouvrages et cahiers maçonniques provenant de divers horizons, parmi lesquels, certes, je ressentais une affinité particulière avec les écrits contenus dans les cahiers de la G.L.D.F. dénommés « Points de vue Initiatiques ». C’est pourquoi, au cours de mon exposé, je vous ferai plutôt état de mes nouveaux regards sur le monde et sur moi-même, ceux que j’ai acquis sur mon cheminement initiatique en 10 années de vie maçonnique.

Et je profite de la présente Tenue pour proposer aux instances de la G.L.D.F., à travers notre V.°.M.°., que chaque membre de notre obédience ait à buriner tous les 5 ans, une planche sur le bilan de ses connaissances, comme je vais le faire devant vous ce soir à l’occasion du Xème anniversaire de mon initiation dans la R.L. « PTAH » à l’Or de Lomé. Cette pédagogie aiderait chaque membre de la G.L.D.F. à faire concrètement le point quinquennal sur sa connaissance de lui-même et du monde, rejoignant de la sorte nos questionnements théoriques suivants : « qui suis-je ? d’où je viens ? où je vais ? »

Ces nouvelles connaissances, acquises par nos propres efforts d’apprentissage et de discernement, devraient nous aider à nous accomplir par notre propre travail sur soi, et répondre alors en toute liberté de conscience à notre besoin de quête d’absolu tout en nous faisant prendre conscience de la relativité de notre existence parmi les hommes et dans l’Univers. Bien entendu, au sein de notre pratique commune du Rite Ecossais Ancien et Accepté, REAA, nos divers cheminements initiatiques personnels sont censés converger vers notre objectif commun, celui de contribuer à l’amélioration constante des conditions de vie de l’humanité, tant sur le plan moral et matériel que sur le plan spirituel et intellectuel, avec la nuance spécifique que chacun accomplisse ce devoir dans son milieu et selon ses moyens.

Sur cette base, je vais vous exposer mes acquis initiatiques de ma 1ère décennie maçonnique au sein de la G.L.D.F. où j’ai exclusivement pratiqué le rituel du REAA. D’ores et déjà, je tiens à vous préciser que ces acquis ne sont pas figés et qu’ils peuvent encore évoluer dans ma prochaine décennie, grâce à de nouvelles découvertes que j’espère pouvoir encore réaliser sur mon parcours initiatique. En effet, toute vérité est devenue, à mes yeux et grâce à ma pratique du REAA, une vérité relative, de même que ma foi dans la science, précédemment aveugle quand j’étais profane, s’est retrouvée encadrée par ma présente éthique humaniste qui subordonne le progrès scientifique au bien-être commun de l’Humanité.

UNE THERAPIE PSYCHIQUE

Mon initiation maçonnique fut d’abord un choc bénéfique pour moi, au sens ponctuel, parce qu’elle m’avait guéri d’un début de dépression psychique où je plongeais petit à petit depuis quelques mois, n’arrivant plus à rédiger mes écrits économiques qui paraissaient régulièrement auparavant, tous les mois, dans les journaux de Lomé. Cet état mental résultait du cumul de 4 durs événements qui m’avaient ébranlé durant les 12 derniers mois : en premier lieu, je subissais un contrôle fiscal dont les accusations étaient mal fondées tandis que je rencontrais de grandes difficultés techniques à réunir les preuves de mon innocence ; en second lieu, je venais de perdre, volontairement certes mais aussi par dépit, ma fonction de conseiller économique auprès du Premier Ministre du Togo qui m’avait déçu en ne s’intéressant qu’aux intrigues politiciennes du Président de la République au lieu de mettre en œuvre les moyens de redresser l’état désastreux de l’économie nationale ; en troisième lieu, mes affaires financières privées allaient au plus mal depuis un an et demi et leur horizon était menacé d’un risque de fermeture de mon entreprise d’ébénisterie d’art employant une centaine d’ouvriers à Lomé ; enfin, mes relations sentimentales avec mon épouse étaient devenues si tendues que j’envisageais le divorce après 27 ans de mariage.

Or, voici que l’accomplissement, le 12 mai 1996, voici 10 ans, de mon initiation maçonnique dans le rite écossais ancien et accepté au sein de la R.°.L.° « PTAH » de la G.°.L.°.D.°.F.°., à l’Or.°. de Lomé, m’apportait une vraie lumière dans mes ténèbres psychiques, en me redonnant la force d’écrire, à la sortie de l’agape et après une courte sieste, un article de 8 pages portant sur les mesures d’accompagnement de la dévaluation du Franc CFA. Et, ce qui est encore plus remarquable pour moi, c’est que cette même lumière intérieure a continué à briller d’une intensité croissante sur mon chemin initiatique, que j’arpente sans relâche depuis lors, cherchant toujours à mieux comprendre, comme un « éternel apprenti », les « pourquoi » de mes questionnements sur moi-même et sur tout ce qui se manifeste autour de moi, dans mon pays comme dans le monde entier.

Aussi, cet apprentissage permanent continue t il à remodeler ma pensée qui demeure active dans son ouverture aux nouveautés, et a équilibrer ma personnalité grâce à mes travaux assidus en loge qui me rappellent constamment l’usage constructif de nos outils du REAA, de même qu’à travers mes lectures assidues des « Points de vue Initiatiques » de la GLDF qui m’enrichissent de réflexions profondes sur les symboles, sur le sens de notre quête spirituelle et sur diverses questions humanistes.

Cet apprentissage continûment renouvelé par mes recherches personnelles de plus en plus actives, a généré en moi un nouvel état d’esprit, m’apportant une certaine sérénité alors que j’étais auparavant très angoissé dans ma vie antérieure. Il m’offre une sensation de bien-être et de plénitude qui m’était inconnue jusque là. Aussi, mes amis d’enfance, vivant dans le monde profane, sont ils étonnés de constater sur moi cette transformation heureuse dans mes relations humaines, alors que mon comportement antérieur avait été marqué par l’orgueil.

C’est aussi l’une des raisons qui m’ont poussé écrire et publier mes « Réflexions d’un Maçon sur son chemin initiatique », me permettant de communiquer aux autres ce que m’apporte cette expérience initiatique si enrichissante.

UN NOUVEAU REGARD SUR LES AUTRES ET SUR MOI-MÊME

Mon vécu initiatique au sein du REAA m’a permis d’acquérir une nouvelle forme de connaissance se traduisant par la considération des autres comme des frères humains malgré leurs différences. Aussi, ai-je progressivement compris et fait mienne la célèbre phrase de Saint-Exupéry disant que: « si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ». Or, auparavant, j’avais plutôt tendance à exclure de mes sujets d’intérêt tout ce qui n’était pas de mon goût ou n’intéressait pas mes ambitions personnelles : par exemple, mes lectures sur les civilisations étaient limitées à ce qui touchait au Togo, mon pays natal, et à la France, ma patrie culturelle, alors qu’à présent, l’on me qualifie d’historien, d’érudit et de culture universelle.

En outre, mon assiduité en loge m’a permis d’adopter un nouveau comportement en me faisant prendre conscience de ma toute petite place personnelle dans le microcosme social de la loge. De ce fait, je ne me suis plus considéré comme étant le centre du monde, en reléguant mon ego arrogant et dominateur à sa portion congrue, enterrant mes vanités d’antan.

Et c’est sur ce sentier initiatique opérant un recentrage de ma personnalité, que je découvris petit à petit le sens du mot « Humilité », que j’assimilais auparavant à de la faiblesse ou de l’hypocrisie. Or, je découvris que la vertu d’humilité est une vertu majeure et basique de tout l’édifice maçonnique, parce qu’elle est indispensable pour une meilleure connaissance de soi et surtout pour tailler les aspérités de sa pierre brute.

Je me rendis compte que j’avais complètement ignoré cette vertu fondamentale à mon adolescence, à l’âge d’éclosion de ma personnalité antérieure qui se caractérisait par le vice d’orgueil propre à un « premier de classe », collectionneur de tous les premiers prix et de mentions « Très Bien », alors même que la « dolce vita » entourant ma vie coloniale à Lomé avait plutôt pour effet de saoûler de « farniente » les enfants des administrateurs coloniaux comme ceux des bourgeois « compradores » des anciennes colonies françaises.

Je découvris donc cette vertu d’humilité en loge, au cours de mes 2 premières années d’Apprenti, où j’étais tenu à cultiver le silence. Par la suite, durant mes 2 années de compagnonnage, j’ai dû encore forger cette vertu d’humilité à grands coups de ciseaux bien appliqués sur ma dure pierre brute, grâce à ma fréquentation régulière de plusieurs FF aînés, parfois beaucoup plus âgés (dans tous les sens de ce terme), lesquels m’avaient conseillé et soutenu au cours des dures épreuves que je subissais au sein de ma loge en raison de mes divergences philosophiques avec mon parrain, officier influent s’il en est au sein d’une loge. Mes bons FF aînés m’amenèrent à accepter les humiliations que l’on me faisait subir, apprenant de la sorte à ciseler les aspérités d’orgueil incluses dans ma pierre brute. Mais cela ne fut pas aisé puisque je faillis, à plusieurs reprises, rendre mon tablier de tailleur de pierre en cherchant à démissionner de la GLDF.

Et ce sont ces leçons d’humilité qui m’ont permis d’acquérir ce devoir d’exigence de soi qui caractérise l’ascèse des Francs maçons. C’est bien cette vertu d’humilité qui a fait naître en moi l’homme nouveau qui sait répondre aux questions fondamentales de l’humanisme :

Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? Que va devenir l’humanité ?

UNE CROYANCE LAÏQUE EN DIEU

Une spiritualité nouvelle allait jaillir de ma nouvelle lecture de l’Histoire de l’humanité, sans référence à la bible. Cela me fit l’absence d’amour et de miséricorde sur le sort des 2/3 de la population mondiale vivant innocemment en dessous du seuil de pauvreté, alors que les richesses de leur pays sont pillées par des réseaux d’affaires complices de leurs gouvernants qui invoquent Dieu aux yeux du peuple.

Ma nouvelle conception du G.A.D.L.U. n’eut plus rien à voir avec un Dieu religieux, entouré de mystères servant à justifier les voies impénétrables de son inaction. C’est un principe créateur, sous la forme de source d’énergie harmonieuse qui anime l’ensemble de l’univers, sans engagement dans le bien ni dans le mal existant dans les rapports humains, et dont la manifestation concrète se limite aux lois d’harmonie régissant l’univers. Et mon humanisme me fit penser que les humains, à travers leur développement historique, sont appelés à découvrir les lois de cette harmonie par leur propre travail, en ayant le choix d’orienter leur devenir vers l’amélioration de leurs conditions de vie ou vers le chaos.

Néanmoins, mes recherches historiques m’ont-ils révélé comment, au cours des étapes de développement de l’humanité, certains grands esprits, sous ses divers cieux, avaient réussi à invoquer la toute puissance d’une divinité religieuse transcendante pour unir la population autour d’un pouvoir central, ce qui était alors nécessaire pour l’organisation d’une société paisible. Cette orientation religieuse de l’humanité illustrait, à mes yeux, les premiers pas de la quête du sens de la vie par soumission idéologique des populations incultes pour mériter la vie éternelle dans l’au-delà.

Et mon analyse historique de l’évolution de l’homme conclut qu’il s’agissait là d’une période de préhistoire spirituelle de l’humanité, confondant l’élévation spirituelle avec le développement religieux des divers peuples, jusqu’à l’avènement du monothéisme qui déclencha le fanatisme religieux dans les rapports humains, aboutissant aux massacres de millions de vies humaines dans les 2 derniers millénaires.

Quant à la nouvelle étape de développement humain, elle a commencé avec le siècle des Lumières, le XVIII° siècle en Europe occidentale, où les valeurs d’Etat de droit et de liberté de conscience se sont progressivement diffusées dans les mentalités grâce à l’intervention des Philosophes dans la vie politique, sans toutefois encore réussi à s’imposer au monde entier en raison de la résistance réactionnaire des forces spirituelles religieuses, soutenues par des intérêts obscurs de réseaux d’affaires internationaux qui entourent les pouvoirs d’Etat dans la plupart des pays à populations vivant avec de faibles revenus par tête, ce qui les prive des moyens de réflexion et de lutte pour leurs droits et leur dignité humaine.

Néanmoins, dans l’étape présente du développement humain, où la science et l’éducation civique peuvent ouvrir les horizons du savoir et du discernement moral, l’homme éclairé par ces nouvelles connaissances des temps dits modernes, peuvent croire en la capacité de l’homme éclairé d’agir au service du bien commun, sans avoir besoin de craindre Dieu pour mériter le paradis après sa mort. Par contre, nous constatons malheureusement que ceux qui font toujours appel à un Dieu religieux, Tout-puissant et vengeur, ont plutôt tendance à semer la haine parmi les humains de différentes confessions religieuses, et à propager la guerre entre les nations à travers le monde.

C’est pourquoi il est indispensable, dans le souci de faire progresser la dignité humaine à travers toute l’humanité, que tous les FF&SS et tous les autres défenseurs de l’Etat de droit, s’engagent à tout mettre en œuvre politiquement et sur le forum, pour diffuser l’éducation civique dans tous les pays du monde. Cette formation civique pourra accélérer l’avènement de la nouvelle ère d’épanouissement spirituel de l’humanité, dans le sens de son bien-être commun, sans distinction de race ni de religion, à travers la conciliation des contraires sur le pavé mosaïque symbolisant le « tout en un », dans le respect unanime de la dignité humaine.

Et à l’adresse de mes FF&SS croyant en un Dieu religieux, je puis les rassurer en leur disant que la foi religieuse, vécue comme une recherche de la paix intérieure et dans l’amour de son prochain, n’est pas incompatible avec mon analyse. En effet, cette foi-là apporte à ses pratiquants une source d’énergie psychique et de réconfort qui les rassure dans leur confiance dans le futur, ce qui leur rend le cheminement initiatique moins difficile à vivre que pour les non-croyants. Et je précise bien que ma définition laïque du GADLU, comme source de l’énergie primordiale et de l’harmonie de l’univers, ne contredit pas leur notion de Dieu puisqu’elle y est incluse. Néanmoins, dans ma conception laïque de Dieu, j’insiste sur ce que ma tolérance envers les croyants religieux se limite à ce qu’ils respectent toute autre croyance d’autrui et sans chercher à imposer leur jugement moral provenant du prisme de leurs dogmes religieux.

Avant de clôturer ma définition laïque de Dieu-Energie-Harmonie de l’Univers, je dois vous avouer que j’avais vécu en bon catholique pratiquant, jusqu’à l’âge de 22 ans, et que j’étais devenu athée à l’âge de 23 ans, en 1967, quand j’étais encore étudiant en Sciences Economiques à Paris. Je fus alors révolté par les spectacles télévisés du massacre des Vietcongs par la toute puissante Amérique, en même temps que je découvrais la pensée de Karl Marx sur le matérialisme dialectique et historique qui m’expliqua comment « l’existence des hommes détermine leur conscience ». La concomitance de ces deux choses m’amena alors à conclure qu’il n’existe pas d’intervention divine dans le devenir humain, après 22 années de profonde religiosité catholique.

A présent, ma croyance en un Dieu-Energie-Harmonie de la Nature, me permet de me contenter d’une quête permanente de vérité et de justice pour servir le bien commun de l’humanité, sans attendre à une récompense divine dans l’au-delà ni dans ma vie ici-bas. Je trouve ma satisfaction dans l’accomplissement de mes devoirs civiques et dans mon exigence envers moi-même en purgeant de mon ego les « idoles » (au sens de Francis Bacon dans « Novum Organum » publié en 1516) que mon éducation familiale et scolaire m’avait inculquées depuis ma plus tendre enfance. Et ce travail de discernement et dépassement de mon ego au service du bien commun, m’offre une conscience nouvelle, libre de toute oppression religieuse, me procurant désormais une sérénité de vie insoupçonnée auparavant.

Aussi, n’ai-je plus ce besoin mystique de croire en un Dieu d’amour et de miséricorde, ayant créé les hommes pour le glorifier, et qui a dû se révéler à eux par ses prophètes qu’il aurait envoyés sur Terre pour guider les hommes dans leur existence errante. Je ne puis y croire d’autant plus qu’il permet que des millions de croyants en ce même Dieu ont été déjà massacrés en son nom et continuent encore à se faire tuer en son nom.

Par contre, je me sens gêné à chaque tenue du REAA de devoir glorifier le G.°.A.°.D.°.L.°.U.°., et je prie notre V.°.M.°. ici présent, d’en faire état aux instances dirigeantes de la GLDF. En effet, je trouve que cette glorification du GADLU au cours des travaux en loge, laisse supposer la permanence de l’héritage biblique qui a toujours exigé cet hommage à la gloire d’un Dieu à visage humain, sensible aux flatteries des hommes. Et je trouve qu’il s’agit là d’un GADLU orgueilleux du fait qu’il faille l’encenser par la glorification de sa grandeur. Aussi, n’ai-je jamais pu comprendre pourquoi faut il le glorifier au cours de nos tenues au REAA.

GLORIFICATION DU TRAVAIL DU BÂTISSEUR

Ma liberté de conscience m’a amené, à l’âge de 52 ans, voici donc 10 ans, à concevoir le G.A.D.L.U. comme la source créatrice de toute l’énergie qui anime l’univers dans une parfaite intelligence de son harmonie naturelle. Ce Dieu n’a pas de visage humain. C’est un Etre suprême au sens des Philosophes du XVIII° siècle, demeurant indifférent et moralement neutre au regard de tout ce qui se passe parmi les humains.

Dans ces conditions, j’estime que c’est aux humains de savoir réaliser l’équilibre indispensable à la survie heureuse de leur espèce, en apprenant à vivre ensemble, grâce à des outils de travail dont ils ont l’usage et qu’ils doivent savoir combiner de façon harmonieuse à l’image de l’énergie divine que le GADLU a instauré harmonieusement à travers l’Univers. Et c’est là que j’estime l’utilité de glorifier le travail humain, comme cela est fait dans le rituel du REAA, de façon à encourager les bâtisseurs que nous sommes à utiliser notre force avec sagesse en vue de réaliser la beauté dans toutes nos oeuvres, au-dedans comme au dehors, en évitant ainsi d’orienter l’énergie humaine vers le chaos destructeur de l’humanité.

C’est ce travail de bâtisseur, à l’énergie harmonieuse, réunissant Sagesse, Force et Beauté, que nous devons toujours apprendre à appliquer, en tant que Francs maçons ayant pour devoir permanent de construire aussi bien notre temple intérieur que le temple de l’humanité où nous devons pouvoir insérer notre propre pierre en la rendant cubique. Et c’est ce travail de bâtisseur d’harmonie que notre rituel du REAA proclame en glorifiant le travail.

L’EGREGORE

Une particularité m’a marqué au cours de mon parcours maçonnique au sein des loges pratiquant le REAA, c’est l’égrégore qu’il m’arrive parfois de ressentir au cours de ces travaux, lorsque les membres présents se sentent en symbiose de réflexion constructive. Ce phénomène survient généralement dans le cadre d’un bon suivi du rituel par les divers officiers de la loge, accompagné d’une bonne colonne d’harmonie et le tout couronné d’une belle planche d’architecture qui réussit à entraîner une participation active de tous, avec les enrichissements interactifs des uns et des autres.

De ces tenues, que je qualifie de « parfaites », il me reste toujours un goût nostalgique que je recherche à répétition en orientant de préférence mes visites vers certaines loges où je puis espérer un tel résultat, celui d’atteindre l’égrégore. Il s’agit d’un état spirituel de communion avec les autres membres de la loge, dans un espace-temps qui nous éloigne de tous les soucis matériels, en nous unissant dans une certaine sérénité de l’esprit pur. Et c’est d’ailleurs ce qui motive mes visites si fréquentes dans votre loge « Jean Théophile Desaguliers », à l’Or.°. de Boulogne-Billancourt.

CONCILIATION DES CONTRAIRES ET REUNION DE CE QUI EST EPARS

Ayant découvert à mon grand soulagement, (dans mon pays, le Togo, où régnait une certaine forme de dictature et de pensée unique excluant les esprits critiques de toute participation aux leviers de réflexion sur le devenir de la nation), que la loge est un centre de réflexion libre et garanti d’impunité grâce au serment du silence qui clôture nos tenues du REAA, je m’y suis aussitôt senti en confiance, à l’abri des trahisons et des délations qui sont pratiques courantes dans tout régime despotique.

J’ai aussi découvert en loge une nouvelle forme de langage, spécifiquement fraternel, et qui m’était jusque là insoupçonné, alliant l’amour d’apprendre à la générosité de communiquer la connaissance, cette connaissance ne se limitant point à la culture livresque ni à la science mais s’ouvrant spécialement à la connaissance de soi et à la découverte de l’autre dans sa différence qui vient nous enrichir au lieu de nous diviser. Et ce langage fraternel est orchestré par le V.°.M.°. qui soigne la sérénité des débats en veillant à la discipline de parole sous son autorité incontestée. Tout cela me fut une révélation extraordinaire, malgré mon expérience des conférences universitaires et publiques. Je découvris comment le V.M. nous sert de modèle d’apprentissage à réunir ce qui est épars et à concilier les contraires.

De plus, fait remarquable des débats en loge, le but de ces échanges n’est pas de donner raison à l’un ou à l’autre mais de contribuer à trouver la vérité que nous cherchons tous ensemble, en nous enrichissant mutuellement des arguments avancés par les uns et des différences exprimées par les autres, le tout s’entremêlant dans un processus de remise en question permanente, avant d’aboutir à une synthèse interactive, formant « le Tout en UN », dans le dépassement de soi fondu dans l’union de tous.

L’ECOUTE DE L’AUTRE : VERTUS DU SILENCE ET DE L’HUMILITE

Dès mon apprentissage, mes travaux en loge m’ont fait découvrir la discipline d’écoute de l’autre, vertu enrichissante que j’ignorais auparavant. Cette faculté d’écoute, jointe au respect mutuel des idées de chaque intervenant en loge, m’a aussi aidé à mieux comprendre le sens de la vertu d’humilité, spécialement au cours de mes 2 années d’apprentissage où j’étais réduit au silence réglementaire imposé par le rituel du REAA. Ce silence rituel, durant 2 ans, me fit prendre conscience de mon vice d’orgueil, et il me prédisposa à mieux comprendre la vertu d’humilité. Il faut aussi préciser que mes lectures assidues des « Points de vue Initiatiques » dès ce stade d’apprenti, m’ont offert de développer ma spiritualité en repoussant mes vanités.

Aussi, dois-je vous faire part de mon regret de ne pas voir le développement des 2 vertus d’humilité et du silence dans nos catéchismes des 3 premiers degrés du REAA. Or, ces 2 vertus aident à pouvoir changer beaucoup de choses pacifiquement. Et leur apprentissage s’est révélé pour moi comme l’outil de travail le plus performant pour mon perfectionnement moral et ma discipline civique.

C’est grâce à la pratique de ces 2 vertus, le silence et l’humilité, que je réussis à faire mienne cette expression si belle : « rien de ce qui est humain ne m’est plus indifférent ». Et je vous avoue que c’est bien là mon plus grand acquis spirituel au sein de la G.°.L.°D.°.F.°. .

L’ACTION AU DEHORS

A force d’écouter des planches traitant de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que de tolérance, de justice, de dignité humaine et de laïcité, et à force d’y participer de façon interactive, et ce, tout en suivant avec attention l’ensemble du rituel énoncé par les 3 lumières de la loge, il s’est progressivement opéré en moi une foi indéfectible en l’Homme, càd dans ses capacités propres à transformer la société où il vit, dans un esprit de tolérance, en y apportant sans limite les lumières de la vérité et en luttant sans relâche pour une meilleure justice sociale. C’est ce que le V.M. déclare à la clôture des travaux, en nous invitant à poursuivre au dehors l’œuvre accomplie dans le Temple. C’est bien ce qui m’encourage dans mon action au dehors, en contribuant à ma transformation personnelle et courageuse, étant réconforté par le soutien de mes FF&SS présents sur le forum.

LA TOLERANCE

Quant à la vertu de tolérance, je l’ai aussi acquise à travers mon assiduité en loge, où notre fraternité s’illustre par l’acceptation et notre enrichissement de la différence des uns et des autres dans l’esprit de vivre ensemble. Ce fut pour moi la découverte d’une vertu nouvelle, au cours de mes travaux en loge, où je fus entraîné à l’écoute constructive des autres, enrichissant mon esprit de leurs différences, dans un bain d’échanges fraternels. Cette discipline morale d’écoute aimante à travers la vertu de tolérance, propre au REAA, m’a aussi offert de mieux comprendre le sens profond de toutes les autres valeurs humanistes, jusqu’à les intégrer dans mes réflexes.

A travers cette vertu de tolérance, accompagnant une écoute interactive, j’ai appris à réunir ce qui est épars et à concilier les contraires, tout en discernant le blanc et le noir du pavé mosaïque par l’association de l’équerre et du compas dans l’action et la réaction des relations humaines.

Il s’agit là d’un apprentissage éternel de la maîtrise de soi grâce à la meilleure connaissance d’autrui à travers son écoute fraternelle, ce qui aide à l’accomplissement de son être sur le chemin initiatique de chacun.

L’EGALITE

En fréquentant assidûment les loges de la GLDF travaillant au REAA, j’ai découvert un modèle de société parfaite où règne une véritable égalité entre tous ses membres, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, et sans aucune autre discrimination d’ordre hiérarchique ou diplômante. Cette égalité de traitement s’est d’abord manifestée dans la façon où tous les FF sont reçus la 1ère fois dans le Temple, entrant par la même porte basse, les yeux bandés, pour ensuite subir dans une grande émotion les trois autres épreuves de l’air, de l’eau et du feu, symbolisant les difficultés de la vie, pour ensuite partager en commun la même agape à la sortie des travaux.

En loge, nous portons tous un tablier de tailleur de pierre et consacrons nos efforts en commun pour défendre la liberté, l’égalité et la fraternité que nous acclamons à plusieurs reprises dans notre rituel du REAA. Cet idéal commun d’égalité entre tous les humains, nous unit dans l’espérance du monde idyllique d’une société parfaite, à l’image de qu’avait décrit Thomas More dans son ouvrage « UTOPIE » publié en 1516. Certes, mon analyse de l’histoire de l’humanité me fait-elle penser que le chemin est encore long pour atteindre cette utopie, mais ma foi en l’homme me fait espérer que l’Humanité y parviendra bien un jour, à force d’espérance et d’action au dehors des « gens de bien et loyaux », animés de l’esprit civique nécessaire pour faire de cette « utopie » une réalité à venir. Et c’est justement le challenge de tout Franc maçon initié dans le rituel du REAA.

UNE ETHIQUE NOUVELLE BAIGNANT DANS UNE FRATERNITE UNIVERSELLE

Grâce à mon nouvel esprit animé de tolérance et d’égalité, je veille à éviter de perdre mon temps en futilités, vivant désormais mon existence comme mon propre metteur en scène plutôt qu’en simple spectateur ou en mouton de Panurge. Ma vie a désormais le sens que je lui donne, sans être une victime de l’ignorance de l’évolution sociale. Aussi, ne me suis-je jamais senti aussi heureux que depuis que je pratique ce nouvel art de vivre sur mon chemin initiatique, alors même que ma situation matérielle s’est gravement dégradée, sans toutefois tomber dans la misère.

Mon chemin de vie a désormais un sens dont j’ai pleinement conscience. Aussi, me vois-je agir en pleine exigence de moi-même, dans le sens civique et pour le bien de l’humanité qui m’environne, à la mesure de mes moyens, en satisfaisant mes aspirations morales, intellectuelles et spirituelles. Parallèlement et de façon paradoxale, je constate en moi-même que je n’ai plus éprouvé le besoin d’enrichissement matériel. Cela me fait penser que je pratique une certaine ascèse morale, propre à tout parcours initiatique sérieusement engagé, ce qui me réconforte. En effet, je vis une nouvelle éthique qui guide mon comportement au quotidien, dans la sérénité.

Ce privilège résulte de la reconstruction de ma personnalité à partir de la nouvelle fraternité qui m’entoure depuis 10 ans, et dont l’esprit solidaire de tout ce qui est humain, nourrit ma force intérieure de réflexion. En effet, cette fraternité, spécifique à notre pratique du REAA au service du même idéal humaniste, réunit ce qui est épars, que nous soyions vieux ou jeunes, riches ou pauvres, docteurs d’Etat ou bacheliers, P.D.G. ou simples employés, les plus petits dans le monde profane donnant des conseils aux plus grands en raison de leur plus grande expérience dans l’art royal. Cette fraternité-là m’a permis de comprendre pourquoi l’on exerce un office en loge en le considérant comme un devoir et non point comme un honneur flatteur ou de pouvoir. Cela est illustré par le V.°.M.°. descendant de charge qui doit aussitôt remplir l’office de couvreur, considéré comme la fonction la plus humble, cette obligation rappelant à chacun d’entre nous de veiller à demeurer humbles, cette humilité étant reine des vertus maçonniques.

UNE SPIRITUALITE LAÏQUE

A partir de cette nouvelle réflexion globale sur l’Homme, j’ai abouti à une nouvelle définition de la spiritualité, la détachant de son empreinte religieuse ou mystique. En effet, j’ai découvert au cours de mes travaux en loge que le simple fait d’être à l’écoute attentive des autres, en laissant mes métaux à la porte du Temple, constitue objectivement un acte de spiritualité.

Un soir, à la sortie d’une tenue, je discutai avec le V.M. d’une loge de notre obédience, versé dans la spiritualité christique, et qui réduisait la spiritualité à son expression religieuse. Je lui confiais que j’avais, dans le passé, pratiqué le mysticisme chrétien jusqu’à atteindre souvent l’état d’extase, mais, qu’à présent, je ne me sens pas moins versé dans la spiritualité du fait que j’ai perdu ma foi religieuse et que j’identifie le GADLU à la source d’énergie qui anime l’univers sans autre forme de révélation ni de transcendance métaphysique. Et je lui confiai alors que, depuis mon assiduité aux travaux en loge au rituel du REAA, j’ai découvert qu’il me suffisait de réussir à laisser mes métaux à la porte du Temple (ce qui n’est pas toujours évident en raison de certains soucis matériels pesants ou d’une mauvaise exécution du travail des officiers en tenue) et de m’unir aux FF présents, pour m’élever aussitôt en spiritualité, concentrant mes pensées sur nos travaux en loge, le tout baignant parfois dans une atmosphère spirituelle dénommée « égrégore », forme suprême de spiritualité conviviale et fraternelle. Il ne sut rien répondre à cette définition qui le surprit avec intérêt.

Ma réflexion alla plus loin par la suite, en schématisant ce concept sans le déformer. Et j’ai abouti à une nouvelle définition de la spiritualité à partir de l’élévation de la réflexion au dessus de soi, en dépassant son propre ego pour la porter sur l’homme, ce qui se traduit en loge par notre concentration sur les sujets qui intéressent notre microcosme humain : ce peut être aussi bien un sujet à caractère religieux ou laïque. De la sorte, notre silence en loge peut très bien devenir spirituel s’il nous aide à nous perfectionner ou à réfléchir sur l’amélioration des conditions de vie humaine. De même, la parole qui circule en loge peut servir la spiritualité pour peu qu’elle enrichit l’esprit et la connaissance des uns et des autres. De la sorte, nos travaux en loge doivent apporter une forme laïque de spiritualité. ET j’estime que cette forme de spiritualité est plus difficile à atteindre que la spiritualité religieuse, parce qu’elle se détache de l’ego, au service du bien commun et de la dignité humaine.

Je dis donc merci au REAA pratiqué à la G.°.L.°.D.°.F.°., où j’ai découvert une nouvelle source d’énergie harmonieuse qui anime toute mon action, tant au dehors qu’en moi-même. J’ai dit.

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HEC.CLAUDE 08/12/2014 10:19

Je pense que cet article de par son contenu représente vraiment , cette vérité profonde que chacun recherche mais dont beaucoup ne se donne même pas la peine de trouver . l'auteur lui par contre est allé la chercher dans le fin fonds de ses abimes .....avec une t'elle vérité que l'on se surprendrai a allé le saluer . Dommage que le temps de mes voyages sur l'Afrique ( Gabon Benin Togo ) est terminé . car nos chemins se seraient non seulement croisés mais retrouvés .......C'est bien la 1ere fois que je sent le désire de laisser un commentaire .....Et je te dirai simplement Bonne route Mon BAF ....