Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

L’Ordre des CBCS et sa finalité spirituelle véritable

19 Février 2015 Publié dans #Planches

L’Ordre des Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, tel qu’il surgira de l’intention de son fondateur Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), aura pour but d’incarner une « société » devant représenter une possibilité, pour « l’âme de désir », de s’agréger à un pieux regroupement, une organisation hiérarchisée et structurée, habitée par la juste connaissance des nécessités du temps et la parfaite conscience de l’indispensable travail de « réconciliation » qui est à réaliser pendant la courte vie qui nous a été donnée.
De ce fait, le frère qui en acceptera les règles d’obéissance, prononcera, au moment de son armement, un serment de fidélité à l’Ordre, et se liera définitivement à lui par des engagements formels, posant à cet instant sacré sa main, en gage de sincérité, sur les Saintes Ecritures. Il appartiendra, dès lors, à un corps organique, solide et unifié, à une communauté spirituelle possédant une authentique foi lui conférant une rare et remarquable verticalité. Progressant ensuite dans le respect de ses devoirs, des impératifs que lui imposent son état, se revêtant de l’obéissance et se laissant lentement travailler par la « Parole » révélée, le Chevalier, communiant intérieurement au « sang du Christ », acceptera, et consentira avec joie, à sa transformation rédemptrice par le « lavage de régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint, richement répandu sur nous par Jésus Christ, Notre Sauveur, afin que, ayant été justifiés par sa grâce nous devinssions héritiers selon l’espérance de la vie éternelle. » (Tite 3, 5-6). Ces promesses de l’espérance de la vie éternelle participent d’ailleurs directement de l’aspiration propre du frère du Régime, de chaque Chevaliers devenu capable de les appréhender comme une certitude qui accompagne toutes ses actions et ses moindres pensées, puisqu’ayant posé ses deux genoux à terre, sur le sol poussiéreux de cette vallée de larmes pour pouvoir y prier le Christ en Croix qui nous purifia du péché de prévarication, et dont le Chevalier porte l’image sur son manteau, en un feu permanent transperçant l’immaculée blancheur du vêtement qui l’enveloppe et le protège.

I. Placés sous la Croix du Christ
La Croix du Christ est, à ce titre, l’unique levier de la « réintégration », elle en représente la perspective et l’accomplissement, le modèle et le Principe. C’est dans son « mystère » que se cache l’ensemble de la doctrine, mais aussi l’intégralité de la Toute Puissance du Verbe de Dieu. Elle réincorpore, à la fois l’origine primitive et la destination, le premier Adam et le second, dans un quaternaire symbolique, une unité retrouvée, achevant et dissolvant définitivement, par l’effet de sa force salvatrice, les fers de la manifestation qui nous tenaient enchaînés dans cet univers dégradé, fers qui sont d’ailleurs amenées à disparaître lorsque la fin des temps surviendra, puisqu’ils ne possèdent aucune véritable réalité, aucune consistance ontologique propre : « L’univers créé, lorsque le temps prescrit pour sa durée apparente sera accompli, tous les principes de vie, tant générale que particulière, en seront retirés pour se réintégrer dans leur source d’émanation. (…) L’univers entier s’effacera aussi subitement que la volonté du Créateur se fera entendre ; de manière qu’il n’en restera pas plus de vestige, que s’il n’eut jamais existé. » (Instruction secrète).
La Croix annonce déjà ce moment, elle en est le vivant rappel, la constante mémoire, l’heureuse certitude ; elle est l’essence substantielle de la consécration du Chevalier, son viatique, le lieu de sa renaissance à l’exemple du « Phénix » qui surgit, resplendissant et rayonnant d’une vie nouvelle, du bois de son bûcher, là où il devait normalement être sacrifié.

II. L’héritage spirituel primitif
La constitution d’un Ordre, porteur et héritier d’une longue tradition, s’imposait donc pour Jean-Baptiste Willermoz, afin que soit offert aux hommes, possédant une vraie noblesse de coeur mais cependant désorientés au sein d’une période incrédule et corrompue, de participer à l’œuvre salutaire de réarmement spirituel et religieux, à la reconstruction des fondations du vrai Temple qui n’est point fait de mains d’homme, et accomplir, par là-même, l’impérieux devoir imposé à ceux qui ne peuvent accepter, ou qui souffrent, de croupir dans le marasme existentiel sans chercher à s’extraire de la ténébreuse geôle dans laquelle ils furent enfermés en venant en ce monde ; lieu terrible et trompeur dominé par celui qui en est le prince, et qui, surtout, détient sur ces domaines périlleux la gloire et l’autorité (Luc 4, 6).
Il y a donc quelque exagération, et une certaine erreur à parler purement et simplement de la « constitution » de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, dans le sens où Jean-Baptiste Willermoz donna simplement ce nom à une forme traditionnelle de transmission qu’il considérait comme extrêmement ancienne, bien plus antique encore que l’Ordre du Temple lui-même, qui en fut cependant le détenteur à une certaine période de l’Histoire, et dont le Régime Rectifié conserve aujourd’hui l’héritage.
Cet Ordre, très ancien, qui se dissimula un temps sous le voile de la Franc-maçonnerie, et qui resta et demeure caché au plus grand nombre, Willermoz le désigne sous le titre mystérieux de « Haut et Saint Ordre » ; Ordre primitif qui, « à défaut de pouvoir être nommé, ne peut être appelé que le Haut et Saint Ordre », à la base de la véritable initiation, et ne doit absolument pas être confondu avec les formes contingentes qu’empruntent, pour un temps limité, les institutions se consacrant à l’étude des « sciences sacrées » et à la perfection des hommes.

III. Sens authentique de la « Bienfaisance » et finalité véritable de l’Ordre
D’ailleurs, dans la réponse polémique qu’il fit à l’Eques a Fascia, dans l’opposition, la contestation et la mauvaise querelle qui lui étaient opposées, Willermoz ne dissimula point que l’intitulé de « Chevaliers Bienfaisants » qui avait été retenue pour dénommer les frères de l’Ordre Intérieur du Régime Rectifié, était en fait une élégante manière de désigner une société d’hommes se consacrant à un but non uniquement tourné, de façon exclusive et prioritaire, sur l’exercice de la charité publique, car quel aurait été le besoin pour cela de se réunir secrètement et tenir fermées et closes, loin des yeux indiscrets, des réunions ayant pour « objet » de secourir les pauvres, ou soulager les malades et les nécessiteux, mais qu’il y avait, dans cette organisation, une finalité de nature purement initiatique : « Il est donc vrai que la bienfaisance, telle qu’on l’entend, écrit le Fondateur de l’Ordre de la Cité Sainte, n’est qu’un but accessoire, et ses allégories, ses emblèmes, sont les instructions bienfaisantes que l’Institution donne à ceux qu’elle reçoit en son sein ! S’ils étaient des signes muets, ou n’étaient susceptibles que d’une interprétation relative à l’Ordre du Temple, je demanderais pourquoi recommander avec tant de soin, au Maçon, de les méditer ? Une Société qui ne veut que soulager l’Humanité devrait-elle, pour atteindre ce but, se réunir dans un temple qui ne renferme que des emblèmes ? Pour faire du bien aux hommes, est-il besoin de mettre en usage des marques de cette nature ? Quand on ne veut que rassembler des secours pour les verser sur l’indigent, on forme un bureau de charité et on ne s’occupe que de cet objet…» (Réponse aux assertions contenues dans l’ouvrage du R. F. L, Eques a Fascia, Prae + Loth, et Vis. Prus. Ausiae, ayant pour titre: De Conventu Generali Latomorum apud Aquas Wilhelminas, Imprimé à Lyon sur la minute déposée aux Archives, 1784.). On prendra donc soin, en observant une particulière attention sur ce point clé, expliquant et sous-tendant toute l’entreprise willermozienne, de se souvenir que l’intention qui présida à l’action du disciple lyonnais de Martinès de Pasqually, lors de la tenue des Convents constitutifs du Régime Ecossais Rectifié, fut de préserver et conserver un héritage fondamental, de nature doctrinal et opératif, et que c’est cet héritage qui constitue le cœur du Régime, mais également le vénérable et inestimable dépôt primitif détenu, précisément, par le « Haut et Saint Ordre ».

Conclusion
Il est bien évident que la plus grande discrétion s’impose en ces matières, mais on nous autorisera toutefois, pour la juste compréhension de cette question délicate entre toutes, une très courte citation de l’Instruction pour la réception des frères Ecuyers Novices de l’Ordre Bienfaisant des Chevaliers Maçons de la Cité Sainte, qui ne laisse planer aucun doute sur l’effectivité de cette origine : « L’institution maçonnique ne peut ni ne doit être confondue avec l’Ordre primitif et fondamental qui lui a donné naissance ; ce sont en effet deux choses distinctes. L’Ordre primitif doit être secret, parce qu’il a un but essentiel qui est très élevé, que peu d’hommes sont dignes de connaître ; son origine est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre ; c’est sous ce point de vue, mon B.A.F., qu’il faut considérer la franc-maçonnerie en général, et le Régime particulier auquel vous êtes attaché, si vous voulez en avoir une juste idée, et en retirer quelque fruit. »

Source : https://willermoz.wordpress.com

Partager cet article

Commenter cet article