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Hauts Grades

Réflexion sur le 17ème grade

1 Avril 2015 , Rédigé par G-LC, UD, EN, MB et JL Publié dans #Planches

« Sur le glaive et la truelle, symbole de la mission de vigilance et de travail constructif des Chevaliers d’Orient et d’Occident, je promets d’étudier le symbolisme des grades qui viennent de m’être communiqués, d’en rechercher la signification philosophique et d’accomplir fidèlement les devoirs qui en découlent.» Le rituel est assez bref et nous apprend : Au 15ème grade, l’impétrant est ce Chevalier d’Orient qui armé d’une épée garde l’entrée d’une forteresse de sept tours. Au 16ème grade, il porte le titre de Prince de Jérusalem pour s’être distingué par sa constance et sa fermeté ; mais il n’a pu empêcher la ruine de la Maison de Dieu. Au 17ème grade, devenu Chevalier d’Orient et d’Occident, il assistera ZOROBABEL, prince de Juda, à reconstruire le temple « par la truelle » et « protégé par l’épée ». L’alternance de l’ombre et de la lumière est rappelée, pour expliciter que les civilisations sont mortelles, tout comme les hommes, et que le second Temple élevé sur le fondement de l’ancienne Loi, animée par une volonté de puissance, s’effondrera à son tour. Après la dispersion d’Israël, le troisième Temple, mystique celui-là, doit être édifié. C’est donc la construction de ce dernier qui constitue les devoirs du Chevalier d’Orient et d’Occident, sans s’être découragé par les alternances d’ombre et de lumière, de réussite et d’échec, et ce par l’étude du symbolisme et la reconstruction de cet idéal. Comme nous l’avons promis en prononçant la formule d’obligation, abordons un peu le symbolisme global de cette initiation à ces trois grades. Pour nous aider nous avons repris les légendes de ces grades, et nous intercalerons au fur et à mesure les quelques réflexions que celles-ci nous ont suggérées. Après la destruction du temple de Salomon, le premier Temple, les hébreux sont en captivité à Babylone depuis 70 ans, car à la suite d’une révolte du roi de Judée, devenue province du royaume de Babylone, le peuple juif a vu son Temple, construit par Salomon, symbole de puissance sur le monde terrestre, la croix surmontant le globe, fruit de la sagesse et de la foi, détruit, à une date qui a pu être située en 586 avant JC. par Nabuchodonosor, autrement dénommé Nebucadnetsar. Ce dernier représente les puissances du monde profane, les adorateurs d’idoles, les ennemis de la vraie foi, qui prennent le dessus lorsque justement la fidélité à nos engagements moraux est en défaut et notre vision de la Vérité faussée. L’unité spirituelle et matérielle des hébreux avait été rompue puisque le royaume de Salomon a été partagé et les guerres civiles sont devenues le quotidien ; ainsi la Judée est tombée sous la domination de l’empire babylonien, physiquement et symboliquement. « Babylone la grande, qui du vin de sa fornication, a fait boire à toutes les nations »Apocalypse 14-8. Voici la conséquence de la perte de la spiritualité, motivée par, et/ou conduisant à, la recherche de pouvoirs sur les autres hommes et, la satisfaction de nos pulsions d’appropriation. Et même, si au fond de nous-même une partie de nous, notre conscience sans nul doute, se rebelle, nous nous illusionnons sur nos capacités; semblable à ce Roi de Judée, dénommé Sédécias me semble-t-il, symbolisant cette prise de conscience, nous tentons « un coup de force », cela conduit à un échec qui aggrave encore la situation, conduisant à cette destruction du Temple. Résultat : déportation en Babylone de tout le peuple hébreu cette fois-ci, au lieu des 10.000 initiaux, et perte de toutes libertés. Grandeur et décadence, avancées et reculs dans notre parcours initiatique, voilà également la raison de ce parallèle avec les aventures réelles et légendaires de ce peuple hébreu, la Bible pouvant ainsi être comprise dans son ensemble comme l’expression, la description, d’une voie initiatique ; « que celui qui a des oreilles entende ce que le souffle dit aux communautés », au sens de l’entendement réservé à celui qui a de la sagesse, nous sommes toujours dans l’apocalypse, livre de la révélation de Jean de Pathmos. A titre d’observation générale, il ne faudrait pas conclure pour autant que la voie initiatique maçonnique s’engage dans une voie totalement « chrétienne » dans les hauts grades, ce qui pourrait choquer bien des maçons ; mais elle utilise par la voie de l’analogie notamment, l’ensemble de notre mémoire émotionnelle, et de ce fait la symbolique y rattachée, pour faire entrer en nous le vrai message initiatique de ces symboles universels dont les religions se sont servies pour leurs propres fins. Aussi n’ayant pas peur d’entrer au cœur du texte biblique pour justement utiliser ces réminiscences culturelles mais en gardant pour guide notre enseignement maçonnique. Heureusement, la légende nous rapporte que le roi CYRUS, en 536 environ, à la suite d’un songe comminatoire du Dieu des hébreux, « rends la liberté à mon peuple ou tu mourras », restitue le trésor du Temple à ZOROBABEL, prononce un édit autorisant et ordonnant sa reconstruction et donne pour ce faire, sous peine de mort à tout contrevenant, la liberté de passage dans tout le royaume « à ceux des Hébreux ayant la qualité de Maçons libres », nous précise la légende du grade. Quelques notes personnelles sur les nombres :

Sur les hébreux en Babylone, ZOROBABEL en réunit 42.360 parmi lesquels il choisit 7.000 d’entre les maçons pour les armer Chevaliers. Tous ne sont pas maçons et tous les maçons ne deviennent pas chevaliers. Le symbolisme des 7.000 nous parle assez facilement, soit un grand nombre (10.000) de Maîtres (7), et cela en relation au temps de captivité 70 ans, 70 fois 100. Mais 42.360 est plus difficile à approcher : pour établir un lien avec les 7.000 choisis ce serait bien 6 fois 7.000 augmenté de 360. En admettant que les 360 correspondent à l’ensemble des 12 tribus d’Israël (12X30), 36 correspondant au carré de 6, base de l’étoile de DAVID, liée à la manifestation de toute vie, triple dualité de l’espace, et le 10, exprimant un nombre complet, cela ferait 21.000 (3 fois 7, dynamique et maîtrise et 1.000 exprimant la tribu) hébreux pour chaque tribu qui repart, soit Juda et Benjamin. Donc 42.000, deux tribus complètes, augmentées symboliquement de l’ensemble360, représentant tout le peuple élu. Mais nous n’avons pas trouvé en cette première analyse, de réponse satisfaisante à cette réflexion numérique sinon qu’il s’agit d’une combinaison de 3, de 7, et peut-être de 6, ou plutôt 12. Par obsession sur le 666 on peut trouver 600 x 70 et 60 X 6, ce qui signifierait que ce 666, nombre d’homme, nombre du monde car exprimant toutes les dualités, serait au cas particulier, associé au nombre 70 (7 et 10), nombre de la complète ou parfaite maîtrise. Ce serait donc à travers ce nombre d’hommes qui prennent la route de Jérusalem pour reconstruire ce qui sera le second Temple, qu’un message nous est transmis ; les maîtres choisis doivent reconstruire le Temple pour tous les hommes, même pour ceux qui restent en Babylone. Mais ces spéculations toutes personnelles sur les nombres se sont arrêtées à cette première analyse. Donc, ce sont ces maçons libres, guidés et protégés par les Chevaliers d’Orient et de l’épée, qui se dirigent vers cette terre de leur origine, là où leur Dieu veut que lui soit reconstruit sa Maison; malgré la protection de l’édit de CYRUS, maître souverain de l’empire perse, les hébreux sont violemment attaqués pour franchir un pont. Cette liberté de passage qu’ils réclament en tant que maçons libres, ce passage « par-dessus les eaux », ils sont contraints de les conquérir par la violence, par l’épée. Là l’usage de l’épée, n’est pas que de vigilance pour garder l’entrée de la forteresse, mais bien nécessaire pour s’ouvrir le passage et faire appliquer la Loi, correspondant à l’édit de Cyrus. Même une fois arrivés cette opposition continue ; les Samaritains, bien que d’origine païenne, reconnaissaient toutefois les cinq livres de Moïse ; mais ils ne souhaitaient pas qu’un nouveau Temple, reconstruit uniquement par les hébreux, vienne redonner à la ville de Jérusalem une nouvelle puissance permettant ainsi aux hébreux d’asseoir leur pouvoir sur toute la contrée, pouvoir temporel et spirituel, ou le premier par le second, comme cela a été réalisé par Constantin, comme par bien d’autres. Devant le refus de leur proposition de construire ensemble le Temple, refus qui leur est opposé catégoriquement par ZOROBABEL et en des termes méprisants, les Samaritains agressent constamment les bâtisseurs qui finalement prennent peur. C’est pourquoi ZOROBABEL ordonna que « tous les ouvriers fussent armés, tenant la truelle d’une main et l’épée de l’autre ». Bien que nous ne soyons dans notre restitution des légendes des grades concernés qu’au 15ème degré nous nous rendons compte de tout le symbolisme de ces deux outils dans l’ensemble de ces grades. Le glaive, comme l’épée, transperce, permet de trancher les obstacles, sans toutefois résoudre le fond du problème. Il est aussi le symbole de la puissance qui peut ôter la vie ; cette puissance est aussi celle qui est porteuse de vérité et transmet, projette, fait pénétrer aussi la Lumière au cœur de l’impétrant (voir l’initiation au 1er degré). Il est porteur, concentrateur, transmetteur de l’énergie des sphères supérieures, de la force solaire, étant ainsi également fécondateur et créateur ; dans certaines iconographies c’est bien un glaive sortant de la bouche de Dieu qui représente la parole créatrice, même si ce glaive devrait avoir en ce cas la forme de l’épée flamboyante, vibration créatrice. L’épée permet aussi l’adoubement, c’est à dire faire entrer l’impétrant dans une communauté, la chevalerie. La truelle est un instrument qui apparaît dès le 5ème voyage du Comp\ ; elle permet de déposer le mortier pour bien jointoyer les pierres et permettre la réalisation d’un enduit pour faire disparaître les aspérités, réalisant de ces deux manières L’UNITE, en liant les éléments entre eux (solidité, stabilité) et en donnant à l’ouvrage sa finition évitant les disparités visuelles, sans oublier le rôle de protection de surface des matériaux face aux intempéries. C’est aussi le symbole de la tolérance et du pardon. C’est pourquoi elle est l’outil du maître maçon plein de bienveillance pour ses FF\ ayant pour seul objectif la réalisation en commun de l’ouvrage.

Le passage au 16ème degré

fait, à nouveau, état de cette opposition des Samaritains qui réussissent à faire suspendre les travaux par une demande adressée au Roi Artaxerxés, en lui rappelant que le peuple juif avait « dès les jours anciens » été un peuple rebelle, refusant de payer tribut, impôt et péage, et qu’ils étaient toujours source de sédition ; par rescrit, les juristes apprécieront la précision du terme biblique, le roi ordonna l’arrêt des travaux, et par la force si besoin était. Il fallut, après quelques années, qu’une délégation de cinq hébreux, qui s’étaient distingués dans leur zèle à construire le Temple et à défendre les bâtisseurs, se rendît chez le roi DARIUS, en sa deuxième année de règne, à Babylone pour que celui-ci remette en vigueur l’édit de CYRUS par un nouvel édit le confirmant. Les cinq ambassadeurs furent accueillis avec tous les honneurs et furent élever au rang de Prince de Jérusalem, et les travaux purent être conduits à bonne fin. Le Temple fut achevé 70 ans après la destruction du premier temple, soit en 515 avant JC environ. Ainsi ces Princes, dénommés parfois Gouverneurs, de Jérusalem, reçoivent pour fonction de rendre la justice, certaines légendes précisant qu’ils jouissent de grands privilèges dans les Loges mac\, et notamment en y intervenant dans un but de bonne administration de celles-ci. En résumé l’enseignement de ce grade, en relation avec le texte de l’obligation à commenter, montre combien il faut transposer l’usage des outils ; l’épée devient ainsi l’instrument de la justice rigoureuse et la truelle celle de la clémence ; et cela à deux niveaux : - Celui de Darius qui accède à la demande des ambassadeurs de réexaminer la situation (truelle) et fait justice (glaive) à leur demande d’application de l’édit de Cyrus qui ordonnait la construction de ce Temple ; - Celui des ambassadeurs devenus Princes de Jérusalem, qui devait rendre la justice mais toujours avec bonté et discernement.

Nous arrivons enfin au 17ème grade.

Conformément à la parole du Christ devant les bâtiments du Temple, « il ne sera point laissé ici pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas », ce second Temple fut détruit par les romains en l’an 70 après JC cette fois-ci, et actuellement sur le site est construit une mosquée. Grandeur et décadence…Mais que devinrent les Princes de Jérusalem ? La légende nous dit : « certains israélites quittèrent la Judée pour rechercher une contrée où la pratique de leur culte serait respectée. Ils s’unirent aux thérapeutes et aux johannites, disciples de Jean de Pathmos. C’étaient ces Chevaliers d’Orient, qui maintinrent en secret la pureté du culte du Grand Architecte de l’Univers ». Et c’est lors de la venue des croisés qu’en 1118, qu’ils s’unirent avec eux afin de créer un ordre nouveau sous la protection de Garimond, patriarche légendaire de Jérusalem, afin d’assurer la sécurité des pèlerins qui visitaient la Terre sainte. Voici l’histoire légendaire des chevaliers d’Orient et d’Occident, que nous sommes devenus à ce stade de l’initiation, et au titre de laquelle nous devons conserver le glaive dans une main et la truelle dans l’autre, outils sacrés, consacrés, sur lesquels nous avons prêté notre obligation. 1118 ! Date précise à laquelle débarquèrent à Jérusalem, les neufs chevaliers, laïques ayant prêté serment de vivre comme s’ils étaient moines, vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, conduits par Hugues de Payen, dans le cadre d’un ordre non encore officiel, dénommé « Pauvres soldats du Christ et du Temple de Jérusalem », et qui furent ultérieurement appelés les Templiers. Eux aussi s’autoproclament gardiens des routes du désert de Judée et des voies menant d’Europe à Jérusalem. De là, il ne semble pas que l’on puisse déduire autre chose que ce qui suit : Ce 17ème grade se réfère expressément à une origine templière, mythique ou réelle ; on peut imaginer qu’une partie a bien été réelle de cette fusion de deux « ordres », les chevaliers d’Orient et les chevaliers d’Occident. Le sceau des Templiers représentait deux chevaliers sur la même monture, alors que justement une règle de l’Ordre interdisait de monter à deux sur la même monture ; rappelons que les phantasmes de leurs tortionnaires auraient voulu nous faire croire à une déclaration publique d’homosexualité ! Cela a été interprété plutôt comme un symbole de leurs vœux de pauvreté et d’humilité ; C’est pratique de se battre en étant deux sur le même cheval, avec armure et lance… Toutefois il convient de conserver en mémoire cette relation symbolique de l’homme et du cheval, de cette conquête sur l’animalité propre à notre vieil homme ; c’est pourquoi être chevalier c’est bien être celui qui gouverne sa monture intérieure ; enfin n’oublions le jeu de mots cher à nos vrais philosophes, les alchimistes, chevaucher la cabbale ou la cavale… Mais la conclusion qui s’imposerait logiquement et ce quelques soient les autres analogies possibles, est la suivante : Chaque Templier représentait les deux ordres de Chevalerie qui avaient fusionné, celui d’Orient et celui d’Occident ; cette hypothèse est séduisante n’est-ce pas ? Sous la torture de l’inquisition les templiers ont avoué avoir conclu une alliance avec « les sarrasins » et la trame des réflexions et indices sur ce sujet, montre bien que ceux-ci sont entrés et restés en contacts étroits avec des groupes instruits et cultivés d’Orient (soufis) ou y ayant leurs origines (réfugiés de Palestine en Grèce). Il semble bien que les mouvements gnostiques du Moyen-Orient ont ainsi échangé leurs connaissances avec différents ordres d’Occident. Cela aurait constitué un pont entre l’orient et l’occident, ce qui déjà à l’époque aurait permis à certains groupes comme les Templiers, d’envisager une organisation « transnationale », bien que cette notion ne pouvait pas encore porté ce nom à cette époque. Mais les intérêts des états naissants (Philippe Le Bel), ceux de la primauté pontificale romaine, et les jalousies d’autres ordres religieux, ont conduit à la chute de ces projets et donc de l’ordre du Temple. Alors, que voulons-nous, que devons-nous, défendre aujourd’hui avec notre épée et construire avec notre truelle ? La construction d’un nouveau Temple, celui qui sera au centre de la Jérusalem céleste, selon les visions de Jean de Pathmos ? En dehors de l’aspect global ci-après invoqué il convient de maintenir l’enseignement pour chaque maçon individuellement : élaguer les mauvais côtés, certitudes préjugés, du vieil homme et cela à la pointe de l’épée, puis avec la truelle rassembler toutes nos vertus personnelles et celles de tous les maçons pour créer cette société parfaite de laquelle nous rêvons. Symboliquement nous sommes tous d’accord, mais au sein des FF\ présents lors de la réunion, des approches fort différentes sont apparues. L’un de nous considère que l’approche développée par ces grades aboutissant à celui de Chevalier Rose+Croix accuse au plan des idées leur âge ; la philosophie sous-tendant ces grades se serait arrêtée, selon lui au 18ème siècle elle aussi, date à laquelle d’ailleurs ce grade aurait été le plus élevé du R\E\A\A\. Il déplore que cette vision du temple intérieur ne soit que mystique, située dans un plan de pure spéculation, elle-même reliée à des visions non scientifiques, donc dépassées ; il craint qu’ainsi notre quête ne soit stérile car ne conduisant pas à une véritable réalisation de l’homme. Il rappelle que, pour lui, comme pour tous les FF\MM\ du G\O\D\F\, la F\M\ a pour objectif l’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’humanité, et que les conceptions métaphysiques sont du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres. Et il considère que cette vision, même symbolique de la Jérusalem céleste est « trop exclusivement métaphysique », et tournée vers le seul développement de notre temple intérieur. Le matérialisme dialectique et historique qui conduit à considérer que les systèmes de pensée sont le reflet des rapports sociaux eux-mêmes conséquence des systèmes économiques de production, aurait démontré en se fondant sur l’analyse historique, que l’épanouissement de l’homme ne peut se faire que collectivement. Par ailleurs, la science actuelle, qui ne peut et ne doit prendre en compte, selon cette approche philosophique, que les faits objectifs, considère que le tissu du monde dont nous faisons partie n’est que de la matière, même si celle-ci n’est que la trace, dans l’espace de vibrations, créant ainsi le volume dans lequel elles s’inscrivent. Alors, précise-t-il, soyons concrets et considérons que ce Temple que nous devons construire passe d’abord par une société plus juste dans laquelle seront créées les conditions de notre épanouissement individuel. Dans ce cas notre glaive sera tourné avec vigilance vers tous les prédateurs de ce monde, ceux qui veulent nous empêcher de retrouver notre patrie, nos bases matérielles, puis en direction de ces samaritains, qui sous couvert de participer, ne désirent que s’approprier une meilleure part du gâteau et du pouvoir, et notre truelle devra assembler tous les défavorisés de la planète pour construire avec leur chair, avec leurs cœurs, avec leur travail, avec leur sueur, une humanité réellement plus humaine. En réponse à cette approche, les autres membres de cette réunion lui ont précisé qu’ils n’étaient pas désireux d’entrer dans un débat ; cela conduirait à mettre en avant, le fait que la fameuse « méthode scientifique » est devenue trop souvent un quasi-dogme, ou, en tous cas, « un monisme méthodologique », de plus bien difficile à définir car en constante évolution, avec des frontières bien floues avec d’autres modes d’acquisition de la connaissance, comme l’intuition notamment. Tout d’abord il a été fait remarquer que la transformation individuelle a un effet « feed back » sur celle de la société qui à son tour à un effet retour sur l’individu ; n’oublions les dernières réflexions scientifiques (Gnose de Princeton .......). Même l’introspection peut être plus proche de la méthode scientifique que l’on ne peut le penser, et notamment lorsque celle-ci est fondée sur des méthodes comme le symbolisme tel que nous le pratiquons, car s’il utilise la voie de l’analogique, de la suggestion, c’est en objectivant des éléments internes et externes à notre esprit, navettes entre le conscient et l’inconscient. Je voudrais citer à ce propos la phrase d’un philosophe anglais, Bertrand Russel, dans un texte paru en 1992, : Les philosophes « admettent volontiers que l’intellect humain est incapable de trouver des réponses définitives à de nombreuses questions fort importantes pour l’humanité, mais ils refusent de croire qu’il existe une « plus haute » façon de connaître, grâce à laquelle nous pouvons découvrir des vérités cachées à la science et à l’intellect ». Ainsi nous avouons la limite de nos moyens de connaître mais rejetons ceux que nous ne connaissons pas ; Beau paradoxe ! Les autres membres ont donc rappelé que ce travail collectif a pour objet de réfléchir sur la formule d’obligation du 17ème grade ; selon eux ce désir profond, impératif pour les Chevaliers d’Orient et d’Occident, concrétisé par cette promesse, ce devoir accepté parce qu’il répond à l’aspiration du F\M\ à ce stade de son parcours initiatique, la reconstruction du troisième Temple, symbolisé par celui situé au cœur de la Jérusalem céleste, intègre cette volonté d’agir dans le concret y compris social. En effet cette approche symbolique, qualifiée par lui à tort d’uniquement métaphysique, est une approche totale, intégrant nécessairement la partie qualifiée de matériel. En effet plus on s’approche de la Lumière en travaillant sur le chemin initiatique, plus on prend de la hauteur, plus on est conscient que tous les aspects qui nous semblent différents et souvent opposés, ne sont que des facettes d’une seule et même chose : Sans ressenti, je n’existerai pas, ou plus exactement, je ne saurai savoir que j’existe, car la pensée sans circulation d’informations n’existe pas. Alors je dois accepter que ce ne soit que dans le rapport aux tiers, dans l’échange d’informations, que je puis construire mon être, et comme cette conscience de mon être, contient l’extérieur comme l’intérieur de toutes choses, cette construction de mon Temple intérieur sera par nécessité un acte social, un acte collectif ; car seul je ne peux même pas avancer sur le chemin puisque je ne saurai ni où je suis, ni vers quelle direction aller, en absence de références. Les deux premiers temples étaient fondés sur la volonté et la foi d’un peuple d’honorer son Dieu tout en manifestant sa puissance dans le monde matériel, y compris avec l’aide et la protection des puissants de ce monde ; le troisième doit justement être celui qui intègre le ciel et la terre, le dedans et le dehors, et manifeste la conscience de l’Unité en l’homme. Et dans ce cas mon glaive et ma truelle seront bien utile au Chevalier d’Orient et d’Occident que je deviens par ce travail sur les symboles de ces grades : je cherche la vérité à la pointe de mon glaive, et avec ma truelle je construis patiemment le premier homme de l’humanité future ; celui qui sera passé, de l’individualisation, qui conduit trop souvent à l’égoïsme s’opposant aux intérêts collectifs, à l’individuation dans la non-dualité de l’amour. Plus nombreux nous serons à ce stade, plus vite sera atteinte la masse critique qui permettra à la société de changer profondément et créer ainsi les conditions permettant d’étendre à tous un véritable humanisme. Alors INRI pourra se réaliser et la terre, en tous ses composants, (matière, âme et esprit) sera entièrement rénovée par ce feu, qui est celui de l’amour. Le Chevalier R+C ne serait-il pas l’accomplissement du Chevalier d’Orient et d’Occident ?

G-LC, UD, EN, MB et JL

Source : http://emsomipy.free.fr/

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