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Hauts Grades

Saint André, archétype du Maçon Ecossais Primitif

28 Avril 2015 , Rédigé par GLFREP Publié dans #Planches

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Voila bien une figure biblique qui illustre à merveille la vocation du Maçon. Et cela sous bien des aspects d'ailleurs, mais il m’a toutefois été demandé d'être bref (une seule et malheureuse page). Me voilà donc contraint au périlleux exercice de synthétiser en quelques lignes ce qu'évoque pour moi, à titre principal, l'apôtre « premier appelé ». Je dirais d'abord que saint André est un personnage d'ouverture, de passage et de transition. Il est le cherchant, le persévérant et le souffrant. Sa quête de la vérité avait d'abord conduit ses pas dans ceux de saint Jean-le-Baptiste, l’autre Jean dit le ‘‘Précurseur’’, « vox clamantis in deserto ». Lorsque André entendit ce dernier s'exclamer « voici l'Agneau de Dieu » et voyant s'approcher Jésus, il le suivit. Sans hésitation. Il marche vers la Lumière. Parce que sa FOI était forte. Ce faisant, il marque le passage entre la tradition vétéro testamentaire et l'épopée néo testamentaire. Il jette des ponts entre le passé et l'avenir, entre une tradition de loi de vengeance et de punition et une loi d'amour universel, de compassion, de fraternité entre les hommes. N'est-ce pas ce que l'on attend d'un Maçon ? André est également porteur d'un trésor incroyable : l'ESPERANCE. En effet, lorsque Jésus lui dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nul ne va au Père sans passer par moi » et plus tard : « Dieu a tant aimé les hommes qu'il a donné son Fils afin que celui qui croit en lui ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle », ces paroles confortent André dans ses convictions en un avenir meilleur. Il est enfin celui qui symbolise la CHARITE (nous userions, en cette époque matérialiste, de vocables plus ‘‘politiquement corrects’’, tels que bienfaisance ou solidarité). C'est toujours André qui, amenant au Christ le garçon porteur de quelques pains et de quelques poissons, fait en sorte que dans la multiplication des pains et des poissons soit nourrie la multitude par le partage et qu'il en reste encore pour ceux qui viendraient à se présenter. Foi, Espérance et Charité, les trois vertus théologales réunies en un seul homme. Un modèle dont tout Maçon peut s'inspirer afin de se comporter en « homme libre et de bonne mœurs », en Homme digne de ce nom. Saint André, dont notre Ordre porte le nom, est également un personnage que l'on qualifierait aujourd'hui d'homme d'ouverture et de dialogue. Il tient le rôle d'intermédiaire, d'intercesseur. Il met les hommes en relation entre eux, il jette des ponts et trace des voies de communication. En effet, c'est encore lui qui, d'après Jean l’Évangéliste, présente son frère Simon (Pierre) au Christ. De la même manière, c'est André qui conduit ce garçon, dont nous avons parlé plus haut avec pour toute richesse quelques pains et quelques poissons, à Jésus afin qu'il les multiplie. Un « public relations » avant l’heure, en quelque sorte, mais d'abord et avant tout un homme attentif aux autres, à leur détresse, à leurs espérances ; un homme qui comprend, ne juge pas mais aide dans la discrétion et dans le respect de sa conscience. André se tient à l’écart de la société d’alors dans une grand effacement et fait montre d’une certaine humilité, selon les évangélistes qui ne le mettent pas en avant comme son frère Simon-Pierre. André ne cherche pas à se mettre en évidence mais il sert, dans la discrétion et le silence. L’apôtre vivra sa mort sur un symbole fort : une croix en forme de X. Superposée à la rose des vents, chaque extrémité de la croix nous désigne des directions auxquelles nous ne sommes pas habitués lorsque nous sommes en Loge. Nous ne connaissons que l'Orient, le Midi, l'Occident et le Septentrion. Et voici que nous découvrons qu'il existe d'autres destinations : Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Est et Sud-Ouest… et d'autres encore : NNE, NNO, SSE, … une infinité d'endroits, de lieux à pénétrer, d'hommes à rencontrer, de rivages à explorer. Avec ce symbole, nous repoussons nos limites jusqu'à l'infini… Nous nous rendons compte que ce que nous prenions pour espace clos et bien délimité, et que nous pensions bien connaître, est en fait un espace sans borne, un univers en perpétuelle expansion. Nous découvrons alors l'étendue de notre méconnaissance et nous réalisons que tout ce que nous pensions savoir n'est rien en comparaison de tout ce que nous ne savons pas encore… Quelle leçon d'humilité, n'est-ce pas ? Enfin, un de ses hagiographes, Jacques de Voragine, nous enseigne que, suivant la tradition, André fut supplicié par crucifixion sur cette croix en X, mais qu'il survécut au moins deux jours à son supplice, continuant à enseigner et à prêcher, à la grande stupeur de son auditoire, qui demanda à son tortionnaire de le libérer. Mais il semble qu'il eut été impossible de le descendre de sa croix et qu'il rendit l'âme « dans une grande Lumière »… Que de symboles, que de leçons, dans cette fin qui fait figure de martyr. Voici un homme attaché à une croix (selon des procédés que nous ignorons mais que la cruauté des temps nous laisse imaginer) qui surmonte les douleurs de la chair pour continuer à délivrer un message d'amour universel, de pardon, de solidarité et de bienveillance… Et rien ne semble possible pour le faire taire, pour arrêter ce messager, pour l'empêcher de propager son discours d’amour. Ceux qui l'entendent et ceux qui l'ont mis au supplice se rendent compte de leur erreur et veulent réparer leur geste. Mais André rend l'âme « dans une grande Lumière ». Quel beau sujet de méditation pour le Maçon. Lorsqu'il est arrivé au bout de son chemin terrestre, l'homme passe vers la Lumière, vers une autre dimension, vers un pays que seul l'Initié peut découvrir et peut connaître, avec humilité et, on s'en doute, dans une certaine appréhension. Mais André, lui marche vers ce pays avec confiance… Vraiment, André ne mérite-t-il pas d'être un archétype du Maçon Écossais Primitif ? En quelque sorte une personnalité singulière et hors norme ? Interrogation à ne pas prendre de façon littérale ou dogmatique (à l'instar de « l'imitation de Jésus-Christ »), mais bien en conscience, en ne prenant rien pour définitivement acquis mais au contraire en remettant sans cesse en doute ce que l'on prenait la veille pour certitude. Comme Cyrano, on pourrait dire « ma foi, bien d'autres choses en somme ». Mais le temps de ma réflexion m’est ici compté et je m'aperçois avec un certain effroi que j'ai « explosé mon forfait » et allègrement dépassé les limites rédactionnelles qui m'avaient été concédées. Je m'arrêterai donc là, à regret, conscient de n'avoir rien dit ou presque de ce que m'inspire ce personnage hors du commun et de tous les enseignements que je peux tirer à titre personnel des symboles qui parsèment son cheminement. Un personnage de dimension exceptionnelle, que la tradition populaire attribue comme saint patron à tant de pays, dont celui de l’Écosse. Une mine inépuisable de réflexion, en tout cas… Bon sang, que de travail à faire encore sur ma Pierre…

J’ai dit, Vénérable.

Source : http://www.glfriteecossaisprimitif.org

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