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Hauts Grades

Le Mythe de la Parole Perdue

11 Mai 2015 , Rédigé par A\ L\ Publié dans #Planches

Le Verbe, présent au cœur de l’homme, permet de saisir, comprendre et connaître toute chose de l’intérieur, par la Parole. Il devient langage et intellection spirituelle. La force de la Parole est une faculté intelligible qui repose entièrement sur le Verbe en gestation dont la finalité est la transmission de la réalité. Retrouver la Parole originelle par la langue sacrée, c’est retrouver la Parole perdue et rassembler ce qui est épars de l’homme parce que créé dans et par l’Esprit du Verbe. La parole perdue de tradition primordiale est le Verbe, le logos, l’esprit. La déité a donné la puissance initiale du Verbe au commencement de la Genèse à l’homme pour nommer les choses. Adam a reçu le souffle divin puis le pouvoir de nommer les êtres vivants mais son attitude provoqua son involution et son retour dans la matière, la Parole fut alors inaccessible. Puis le second homme fut Moïse qui aurait pu posséder également la connaissance universelle, mais il ne sut jamais prononcer correctement la Parole ; selon la Bible, il était affublé d’un défaut de prononciation. En franc-maçonnerie se référant au G\ A\ D\ L\ U\, la Bible est ouverte au Prologue de Saint Jean « Au commencement était le Verbe », le sens de la parole est alors le Verbe. Toutefois, pour suivre la chronologie biblique, le Volume de la Loi Sacrée est parfois ouvert aux Livres des Rois notamment dans les grades de perfection ou chevaleresques pour revenir au Prologue dans les grades capitulaires. Dans la quête du Saint Empire, l’initiation de tradition écossaise donne un sens pour retrouver la Parole dans une approche vers la Vérité. Selon la perception judéo-chrétienne qui nous caractérise, revenir à la parole primordiale, au temps d’avant la chute selon la Bible, équivaut à un travail méthodique accès sur la persévérance.

Pourquoi la Parole est-elle perdue ?
Qu’est-ce qu’est le mythe ?
Quelle est cette parole ?

Pourquoi la Parole est-elle perdue ?

L’homme est chair et comme tel il est sensible aux tentations. Son éducation, sa condition sociale, ses passions lui ont fait perdre des valeurs fondamentales de son existence. L’ère moderne accuse une décadence sociétale, une perte de repères sociaux et familiaux, un besoin de richesses et de pouvoirs, d’intérêts divers ou se prédominent l’égoïsme, l’orgueil, l’ambition au détriment des vertus. Les sociétés offrent des clivages, des divisions constitutives d’identité (religions) ou priment parfois les différences voire l’intolérance, le sectarisme. Seule la spiritualité regroupe les hommes, l'homme vrai cherchera alors à transcender pour aller vers l'Union. Il éprouve donc le besoin de s'améliorer, d’être humaniste, d’être en fraternité, d’être en paix et en équilibre. Or l’équilibre et la conciliation entre la matière et l’esprit sont fragiles et les passions prédominent ou ressurgissent. Il lui faudra concilier sa vie profane et ses acquis initiatiques. Les fondements de cette conciliation le rappelleront à sa condition adamique, à la pureté originelle pour l’anoblissement de son âme. Par la connaissance de soi, en retrouvant l’unité intérieure, en fuyant le vice et en pratiquant la vertu, en maitrisant ses passions, dans la Foi il retrouvera le salut, la voie de l’Orient, celle de la Lumière. Son être se métamorphosera progressivement, encore faut-il qu’il soit réceptif et qu’il le désire réellement.

Qu’est ce que Le Mythe ?

L’étymologie grecque « mythos » signifie récit imagé qui s’oppose à « logos » : discours raisonné. Les mythes dissimulent des vérités profondes. Ce serait une transposition de l’imaginaire. Dans la pensée ésotérique, le mythe se situe dans une dimension métaphysique, intemporelle. Il est axé avec un support, une référence de travail, une pédagogie, un enseignement de l’éveil. Son étude révèle que l’homme a un inconscient. Le mythe peut être considéré comme une exhortation à une extériorisation du savoir, du secret. L’initiation invite à entrer en soi, or, le mythe est une impulsion à sortir par la pensée, le mythe et la pensée sont donc indissociables. Le mythe est surtout un récit avec un message dans lequel s’expriment symboliquement une valeur et un concept. Il est dramaturge (Hiram) et récite des tentatives, des régressions, des transgressions toujours pour progresser. Il suggère à l’initié l’infinitude du possible dans la métaphore, l’invisible, une porte ouverte vers l’imaginaire tout comme les paraboles. Ce message invite à retrouver l’essence des mots et la parole primordiale, la pureté originelle dans la foi et la transcendance. Il vise à une prise de conscience d’une réalité supérieure d’un Principe qui est aussi en chacun. L’être humain doit ouvrir sa conscience pour arriver au grand œuvre et l’élever au-delà du mental pour accéder à la force divine infinie. L’intellection de ce message va opérer une œuvre de la manifestation de l’esprit dans le corps après l’élaboration d’un Temple matériel, suggestif, en un temple lumineux. Le mythe est aussi un processus pour que les maîtres ressentent le réel et profond désir d’une recherche spirituelle en acceptant l’ascèse du devoir individuel et collectif. Il féconde les rituels. L’écossisme est axé sur la construction du Temple de Salomon jusqu’au seizième grade mais notons qu’il aurait pu être l’histoire de Noé ou une légende quelconque. Seules les richesses de son contenu et son extrapolation métaphysique et ésotérique sont importants. En effet, c’est à partir du grade de Maître que l’on reçoit un mot substitué signifiant le fils du père ou la vie nouvelle (que l’on retrouvera plus tard). Ce n’est pas la parole originelle, sa portée est tout autre. Puis d’autres mots de substitution, nom ineffable de Dieu, mot évocateur, feront leur apparition. L’éclosion de la Parole perdue semble commencer lorsque le génie parle au Grand Maître Architecte. Puis, une approche divine est sensible avec l’ouverture d’une porte dans un puits par le Chevalier de la Royale Arche. C’est en passant de Chevalier terrestre à Chevalier spirituel d’orient et d’Occident après avoir perçu la révélation (Apocalypse) que le Maître recevra la parole retrouvée I.N.R.I. qui signifie entre autre : Igne Nature Rénovatur Integra « La nature est renouvelée entièrement par le feu ». Notons qu’un autre mot lui est confié : Imanou-el qui est le mot de la manifestation divine en lui. C’est au grade de Chevalier Rose-Croix que s’incarne l’esprit, la parole perdue prend une signification, celle de l’amour et de l’émanation divine dans le monde manifesté. Le Chevalier Rose Croix, purifié et régénéré, donne un sens à la vie et à la mort et prend conscience qu’il détient en lui cette Parole. La Parole perdue semble retrouvée mais pourquoi ne peut-on toujours pas la prononcer ? Quelle est sa signification ?

Qu’est ce que La Parole perdue ?

Ce n’est que par l’éveil de la conscience que la Parole perdue sera perçue mais toujours pressentie et appréhendée. Elle renferme d’immenses pouvoirs, une puissance pour aller jusqu’à l’essence des choses. C’est surtout un langage principiel immanent, c’est la Connaissance mystique. Connaissance c’est « naître avec » c'est-à-dire que l’on nait en elle, c’est le devenir de l’homme spirituel, l’essence divine, dans la substance. Elle vient de la pensée créatrice, de la manifestation divine donc de la communication. Penser et parler se réfèrent aux activités d’un même esprit. La pensée sans langage est seulement une connaissance, une collection d’expériences liées à la mémoire. La pensée est parfois une activité mentale spéculative liée à l’implication de l’esprit. Ce lien entre Dieu et l’homme, la pensée et le langage, se concrétise par la Parole qui renvoie à un sens ultime et absolu : la manifestation divine, le message. Elle ressort du sacré et du secret de chacun qui espère vivre sa révélation en résonance avec le G\ A\ D\ L\ U\. La quête de l’initié est axée sur le besoin de retrouver un état antérieur ainsi que la plénitude du sens de la Parole. Or, si la parole est la manifestation de l’intelligence, organe de la transmission phonique, elle ressort également du domaine métaphysique. Dans la maçonnerie écossaise, la parole est immanente, c’est l’expression du G\ A\ D\ L\ U\, elle émane de l’Absolu, de l’indéfinissable. La perte de la parole et sa quête de recherche sont des symboles mythiques pour accéder à la Connaissance. Un constat : la Parole perdue est composée de lettres ce qui laisse à penser qu’elle ressort bien de l’incommunicable puisque acquise par le vécu de chacun et que la quête vers l’Absolu n’est pas terminée. Si le nom de Dieu est parfois sanctifié notamment chez les chrétiens par le nom de Père (Notre Père), il n’en demeure pas moins qu’il est imprononçable et pour cause, Dieu étant le tout, le nommer serait lui donner une incarnation. En réalité, la présence du GADLU prend sa signification dans l’étincelle divine de chaque être. Toutefois, si cette parole reste incommunicable, par sa forme de transmission correcte et appliquée elle autorise une Tradition immuable perpétuée par le Rite. La recherche de la parole perdue est en réalité la recherche d’une richesse, d’un trésor que chacun possède dans son for intérieur, c’est l’intelligence du cœur. Elle est enfouie, oubliée voire déformée. La rechercher équivaut à retrouver la paix, le bonheur, le discernement dans la Sagesse, l’amour dans la Force et la volonté, la Beauté dans l’âme et le cœur. L’homme possède la présence divine ce qui lui confère un caractère immanent, il se devait de retrouver la parole perdue au fond de son être pour transcender. La parole dans son sens profond et sa globalité est donc identique pour tous, toutefois les chemins pour y parvenir sont différents, les perceptions et les intensités sont aussi différentes, et, chacun atteint son propre niveau de perfection, de pureté, il s’inscrit dans une spirale ascendante. La Parole perdue est donc définie. En réalité, c’est un état d’être, un comportement. Faut-il s’en contenter ? Certes non ! En effet, ce n’est qu’une approche de la Perfection or la Perfection c’est le G\ A\ D\ L\ U\. L’homme ne peut qu’améliorer son état d’être pour son rayonnement, il va sans dire que le travail sera incessant, rien n’est acquis.

Conclusion

Suggestions, analogies, allégories, symbolismes, rites et mythes… Tout est accès vers la recherche de Vérité. Mais, chaque fois que l’homme tentera de rivaliser ou d’égaler le Divin, il sera confronté à lui-même, à la matière (Adam, le mythe de la Tour de Babel, le Temple de Salomon…). Cette confrontation est le problème de l’équilibre des facultés et de la prépondérance de l’esprit sur la matière. La dynamique qui engendre tous les mots substitués est axée vers la parole originelle non accessible mais seulement devinée. Le processus de l’art royal est concrétisé par de nombreux voyages avec souvent un regard en arrière ou dans le miroir, des pertes et des retrouvailles, des rechutes, des transgressions et des sacrifices, des mots substitués en mots substitués, des lettres en lettres épelées. Je terminerai mon exposé sur mon propre ressenti. Le mythe engendre nos rituels, or, ces rituels ne sont que des suggestions, des bases de réflexions, des supports. J’assume de toute mon énergie le Devoir et mes serments en synergie avec tous les frères ; je me dois de ne jamais jeter mes outils ou de sortir du chemin lumineux, de découvrir le vrai sens des choses et d’accepter mes responsabilités et mes erreurs pour y remédier et être dans la paix intérieure. Je suis face à l’infinité de l’ultime connaissance et je sais que rien n’est et ne sera acquit mais je me situe toujours dans l’espérance car la Jérusalem céleste est annoncée par l’Apocalypse de Jean.

A\ L\

Source : www.ledifice.net

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