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Hauts Grades

La Porte d’Occident

12 Juin 2015 , Rédigé par M.N Publié dans #Planches

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers

Le Temple est désert et dans l’obscurité....
La porte d’Occident s’ouvre et les Apprentis entrent en silence et prennent leur place sur la Colonne du Nord, ou du Septentrion. Ensuite les Compagnons entrent à leur tour et viennent habiter la Colonne du Midi, celle du Sud. Enfin les Maîtres se placent où ils veulent, venant compléter l’occupation de l’espace. Puis c’est le tour des Officiers et, en dernier, le V.·.M.·. qui s’installent à chacun de leurs plateaux. L’Atelier se met alors à vivre, il a été créé... Cela ne vous rappelle t’il rien ? Il n’y avait rien, le monde était silencieux et vide, puis il y eut la création, qui s’est expansée, occupant tout l’espace à partir de ce big-bang initial, ou du désir de création de l’Architecte des Mondes comme nous l'appelons dans notre rituel !
N' est-ce pas ainsi, donc, que les astrophysiciens comme les partisans d’une création délibérée par une transcendance ont défini comment le monde s’est créé et comment il s’est expansé ? Dans l’hindouisme, c’est BRAHMA qui, en un jour de sa vie, représentant en réalité plusieurs milliers d’années, expire d' abord puis inspire ensuite pour créer le monde et le détruire, passant par 4 âges différents, les Yuga, et, actuellement, nous serions dans le Yuga du fer, le dernier du cycle, celui qui va voir la fin de celui-ci. Dans le Kabbalisme on retrouve également, du reste, cette idée de cycle, appelée SCHEMITTA, et il y aurait 7 SCHEMITTOTH avant la fin du monde manifesté. Ces évocations me font penser à une théorie qui m’est propre et que j’ai eu plusieurs fois l’occasion de développer et que j’ai nommé : " Que le dernier ferme la porte et éteigne la lumière en partant ... ". Je m’explique : le monde s’expanse à partir du big-bang ou de toute autre cause (dans la KABBALE c’est la théorie de la densification) et va disparaître dans le big-crash, le retour au point de départ. Et bien si l’on regarde l’histoire que nous connaissons de l’humanité, il me semble évident que nous avons connu l’époque de l’expansion, celle où les hommes, les animaux et les plantes ont cru - du verbe croître -, les civilisations se sont multipliées, les religions furent innombrables et les langues d’un foisonnement incroyable. Et puis ne sommes-nous pas, en accord avec la théorie hindouiste, dans le dernier cycle, celui dans lequel tout va se résorber ? Combien d’animaux demeurent, combien de plantes ? Vous pouvez lire partout les statistiques de disparitions quotidiennes d’animaux et de plantes ! Les civilisations se réduiront à une seule, celle que nous nommons anglo-saxonne, phénomène lié à la prédominance de la langue internationale anglaise, - d' après un linguiste du Collège de France, Claude HAGEGE, 25 langues meurent aujourd’hui par an sur notre planète, et sur les 5000 encore pratiquées la moitié auront disparu en 2100 pour n’en laisser qu’au plus une centaine, et encore…-, et la religion mondiale devient une espèce de salmigondis lié au New Age. Et puis, par la pollution et le contrôle des naissances, la population devrait stagner d' abord, puis se réduire, laissant, symboliquement, au bout de tout çà, un homme seul, dernier survivant d' une belle histoire, qui sera celui qui, comme je l' ai dit plus haut, fermera la porte du monde avant de disparaître... Mais comme je suis optimiste, je pense qu’après avoir éteint la lumière et fermé la porte, de l’autre côté s’ouvrira à lui un champ magnifique de possibilités qui seront les débuts d’une nouvelle ère... On pourrait appeler cet homme ADAM ? Alors, dès le début de cette réflexion, la porte m’apparaît comme un symbole très riche, qui ouvre - sans jeu de mots - sur des interprétations poétiques, philosophiques ou métaphysiques magnifiques. Mais revenons dans notre Temple maçonnique ! Et bien le Temple, comme le vide avant la Création, est l’image symbolisé du Cosmos, avec son carré long représentant la Terre et son ciel étoilé, et qui n’est rien tant que les FF.·. ne sont pas entrés et ont permis qu’il se mette à vivre. Et par où la création se fait elle, c’est-à-dire où est le point initial contenant toute la potentialité de la création, la tête d’épingle des astrophysiciens, la pensée illimitée de BRAHMA des Hindous, l'AÏN SOPH AOR des Kabbalistes, le DIEU sans nom des Chrétiens ou des Musulmans ? Pour nous Francs-Maçons c’est la porte d’Occident, porte qui semble, pour un observateur situé dans le Temple, contenir toute cette force qui va venir remplir l’espace et créer la vie. Et de cette porte, banale parce qu’objet qui semble faire partie obligatoire du décor, et justement parce que faisant obligatoirement partie du décor et donc du rituel et de la symbolique du Temple, je veux vous en parler ce soir afin que dorénavant, et c’est mon ambition, vous la regardiez différemment, en partie active de la Loge, et non passive comme je la voyais moi-même avant d’avoir fini ma réflexion. Souvenez-vous d' abord de vos premiers pas ici, que vous a t’on fait faire, alors que vos yeux étaient clos par un bandeau ? D'abord frapper sur cette porte, de la façon habituelle qui était la votre avant de connaître nos mots et nos gestes, prenant, par ces coups, conscience de l’existence d’un obstacle physique à franchir, mais aussi du premier symbole attaché à cet obstacle, c’est-à-dire un point où il allait vous être demandé des comptes : que veniez-vous faire là ? Qui vous avait donné autant d’audace de vouloir frapper à la porte du Temple ? On n' entrait donc dans un Temple qu' après avoir satisfait à beaucoup d' obligations : répondre à des questionnaires nombreux, attendre, subir l' épreuve du Cabinet de réflexion - qui, beaucoup plus tard, vous serait expliqué comme étant le retour à la terre-mère, au ventre de la mère, où vous deviez connaître la désintégration de votre être afin de vous présenter nouveau à l' initiation, opération marquée par la rédaction d' un testament - , attendre à nouveau puis enfin venir frapper. L’enfant qui va naître est aussi dans le ventre de sa mère et soudain, mû par un besoin irrésistible, il demande à sortir, à être initié à la vie, et il va franchir le dernier obstacle, celui que les psychanalystes affirment laisser une trace ineffaçable dans la mémoire même si pas consciemment perçu. De la même façon la porte est aussi le dernier obstacle avant l’accouchement, celui où le bébé est coincé, serré, poussé, tiré, la porte est utérus pour la naissance de l’Initié. Pour rappeler ce symbole le profane est du reste appelé à passer la porte qui a été réduite et qui est appelée alors la porte étroite ou la porte basse. Ensuite il peut s’épanouir, se relever et commencer ses voyages. Mais la porte n’est pas seulement sexe féminin, elle peut aussi être sexe masculin, issue d’un canal par où arrivent les éléments qui vont venir féconder la Loge, lui donner vie. Avant l’arrivée des FF.·. la Loge est vide, vierge, le jaillissement des FF.·. vient lui donner la vie. Et cette porte est à l’Occident, c’est-à-dire face au soleil levant, l’Orient. Tout peuple en marche, dans l’histoire de l’Humanité, a marché vers le soleil, pensant qu’il trouverait dans cette direction le lieu magique où il fait toujours beau, toujours chaud. Et la porte de l' Occident symbolise alors la potentialité des cherchant, de ceux qui ne se contentent pas de ce qu' ils ont, mais qui veulent savoir, qui veulent connaître la Vérité sur la vie et qui sont prêts à se brûler aux feux du soleil, qui sont prêts à mettre en jeu leur vie pour découvrir l' autre face des choses, qui prennent en main le levier pour retourner leur pierre. Cette porte est donc, pour ceux qui sont en Loge, le symbole de la richesse potentielle de l’avenir : sans porte et sans ceux qui attendent derrière et qui vont venir y frapper, l’Atelier est un monde fini, déclinant, comme ces Sociétés anciennes - ou modernes - qui ont refusé ou refusent aujourd’hui d’accepter les étrangers. Elle ne doit pas être barrière infranchissable, elle doit, au contraire être l’étoile qui brille dans l’obscurité et qui permet à ceux qui cherchent de trouver le chemin. Dans les Temples anciens la porte, par exemple celui de SALOMON à JÉRUSALEM était entourée de 2 colonnes, à l’extérieur, ces colonnes que nous avons mis à l’intérieur par erreur, surmontée par un chapiteau, orné du delta et de l' oeil divin. Tout spectateur extérieur savait que derrière commençait une autre dimension et que rien ne lui interdisait d’y aller voir. Il fallait toutefois y mettre le prix ! Cette porte était le point de passage entre les parvis, le OULAM, et la première salle du temple, le HEKAL. Passer de l’un à l’autre signifiait, comme cela l’est aussi chez nous, passer des ténèbres à la lumière. Mais cela est plus : c’est passer du noir au blanc, donc, en Alchimie, commencer le phénomène de recomposition après la phase de décomposition. Les parvis, le OULAM, le Cabinet de réflexion, sont le lieu de l’Œuvre au noir, et la matière en décomposition, l’homme qui s’y trouve, va devoir ensuite passer dans le Temple, où va pouvoir se réaliser l'Œuvre au blanc. Ce passage mystérieux, ce moment magique où les choses basculent, c’est la porte qui va le symboliser. Il y a un avant et un après la porte, mais la porte n’apporte rien dans le processus, sinon qu’elle retient le phénomène de l’œuvre au noir tant qu’il n’est pas réalisé, et pour nos esprits qui ont encore besoin de repères objectifs, elle signifie la transition entre les deux moments. Les Alchimistes assimilent, par ailleurs, la porte et la clé, entrées, dit DOM PERNETY, ou moyens d’opérer dans tout le cours de l’Œuvre. Mais cette porte unique de notre Temple n’est pas universelle, au sens où ce n’est pas la règle unique dans tous les temples du monde. Au Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS - MISRAÏM, à un Rite très voisin du votre, il doit y avoir aussi une porte à l’Orient, derrière le Vénérable Maître. L’existence de celle-ci ouvre bien sûr sur plusieurs spéculations, la mienne étant que notre Loge est un maillon d’une chaîne ininterrompue de Loges qui parcourent le Monde et que derrière une porte à l'Orient s' ouvre une autre Loge dont cette porte constitue celle de l’Occident, et ainsi de suite. Et cette symbolique me ramène à une planche gravée il y a déjà quelque temps et qui traitait de l’office de Couvreur. Dans beaucoup de rituels cette fonction, dévolue au Passé Vénérable Maître, est définie comme modeste et symbolisant la vanité des honneurs. Or j' y avais vu, bien au contraire, un poste marquant une progression dans la démarche maçonnique puisque celui qui le tenait, après avoir franchi toutes les étapes qui depuis l' initiation, l' avaient vu vieillir, passer d' abord sur la Colonne du Midi, puis devenir Maître, avant d' occuper divers plateaux pour enfin prendre en charge la direction de l' Atelier, celui-là donc suivre le soleil qui s' en va vers l' Occident, et pouvoir porter, à l' extérieur du Temple comme dans d' autres Orients, les Vérités qu' il a acquises au sein de sa respectable Loge. Cette fonction ne pouvait être confiée qu’à un Maître accompli et la porte d’Occident symbolise alors, non plus la barrière qui nous sépare du monde profane ignorant de nos Mystères, mais, au contraire, notre avenir, le monde dans lequel nous allons avoir à travailler, après s’être formé sur notre chantier. Je m’oppose, en cela, à un auteur souvent cité dans nos Temples, PLANTAGENET, qui lui, au contraire, voit dans la porte d’Occident l’endroit où le soleil se couche, c’est-à-dire où la Lumière s’éteint. Cette vision limitée, pessimiste, ne devrait pas être la notre, et, en tous cas, n’est pas la mienne. Nous savons évidemment que, d' une part le Soleil ne disparaît pas mais qu’il continue son voyage, de façon inlassable, et, d' autre part, qu’il va aller éclairer d’autres Orients. Le Maçon ne s’arrête pas à la porte de son Atelier, face intérieure, mais il doit aller au-delà. A ce moment je parle de face intérieure, mais, bien sûr, et j’enfonce là une porte ouverte si je peux me permettre cette légère plaisanterie, la porte a bien sûr 2 faces - physiques - mais la face qui nous intéresse, celle que l'on voit depuis l' intérieur , a également aussi 2 visages. C’est une sorte de pavé mosaïque, unissant des contraires, sas incontournable avec la vie qui nous entoure. J’y vois également un symbole de l’enfermement, si l’on peut dire puisqu' ils restent à l’extérieur, des métaux que nous y avons laissés. Chaque fois qu’un F.·. a le sentiment qu' il est en train de réintégrer ses métaux à l' intérieur du temple, il devrait, comme d' autres tournent 7 fois leur langue dans leur bouche, regarder la porte, se souvenir que ses métaux de subjectivité, de certitude, d' ambition, d' amour-propre, ont été déposés en entrant de l' autre côté et que, non, décidément non, il est hors de question de les avoir à sa disposition pour intervenir dans les débats en cours... Cette porte, que jusqu' à la gravure de cette planche, moi-même je ne voyais pas vraiment, commence ainsi à prendre une place importante dans la Loge ! Et à partir du moment où j’ai choisi de réfléchir sur elle j’ai découvert encore de nombreuses richesses de symbolisme : J’ai ainsi lu que, au-delà de son état évident de passage entre 2 mondes, 2 états, elle avait aussi une valeur dynamique, psychologique : elle invite celui qui est devant à la franchir, à aller vers un ailleurs inconnu ! Elle s’adresse donc toujours à des cherchant, à des insatisfaits qui veulent savoir ce qu’il y a de l’autre côté du miroir, ou de la porte. Et ceci quelque soit le côté où on se trouve. Dans beaucoup de Traditions ou dans d’autres civilisations, la porte d’entrée d’un Temple est souvent gardée par des gardiens féroces, monstres, animaux ou hommes. Chez nous c’est encore le Couvreur qui occupe cette fonction, même s’il est rarement féroce ou monstrueux ! Quoique....Mais il devrait être intransigeant et tuiler régulièrement tous les prétendants au franchissement de la porte, connus ou inconnus, ce qui, par ailleurs, permet de vérifier les connaissances maçonniques de tous, et ce n'est pas toujours inutile. On peut alors ajouter à notre porte un rôle pédagogique. Maître ECKHART distingue la porte elle-même de ses gonds. L’une, mobile par son va et vient, symbolise l’homme apparent, cherchant sa voie, les autres, immobiles par définition, symbolisent l’homme intérieur, bien établi dans sa verticalité autour de son axe. Cet exemple ouvre sur toutes les portes du monde, très diverses bien entendu : par exemple les torii japonais - simples porches ouverts, sans battant, placés dans la Nature, hors du temple lui-même en tant que construction fermée - ou les gopuras hindous - le portail principal du Temple surmonté d’une tour, toujours ouvert à l’Orient et cette orientation opposée à la notre peut s’expliquer par le besoin de voir le soleil se lever, c’est-à-dire la lumière se révéler. L’orientation de la porte est diverse, et, dans beaucoup de temples, les portes sont multiples, souvent au nombre de 4, présentes à chacun des points cardinaux. Dans le temple de JÉRUSALEM lui-même, au temps de sa construction, si l’on en croit une certaine légende, il y aurait eu 3 portes, par lesquelles le Maître a tenté de sortir, une nuit de malheur... Si l’on revient sur le temple hindou, la porte, aussi appelée TORANA figure la gueule d’un monstre, symbolisant, d' une part le passage de la vie à la mort, mais ensuite, de la mort à la délivrance. Ici encore on rencontre la double face de la porte. Mais JANUS n’était il pas le gardien d’une porte, celle du solstice, soit le passage entre une phase de renaissance du soleil et une de déclin ? En CHINE, 2 idéogrammes sont utilisés pour la porte : l' un - K' OUEN, principe passif, définit la porte fermée et est associé à la Terre, l’autre - K' IEN - principe actif, associé au Ciel, définit la porte qui s'ouvre. Le passage de l’un à l’autre exprime le rythme de l’Univers, l’alternance du YIN et du YANG. On y associe également le rythme respiratoire, homologue microcosmique de la Manifestation. Dans le Judaïsme comme dans le Christianisme, la porte est omniprésente. Une invocation adressée à DIEU par un mystique chrétien, Guillaume de SAINT THIERRY pourra ainsi dire : O vous qui avez dit : " JE suis la porte ", montrez nous avec évidence de quelle demeure vous êtes la porte, à quel moment et quels sont ceux auxquels vous l’ouvrirez ! Marc écrit, évoquant le retour du Christ : " Le Fils de l’Homme est à la porte ... " et dans le Cantique des Cantiques, il est dit : " Voici, JE me tiens à la porte et frappe. Si quelqu' un entend ma voix et ouvre la porte, J’entrerai et JE prendrai la Cène avec lui et lui avec moi " Même la Vierge Marie est appelée PORTE CLOSE d’ÉZÉCHIEL, PORTE de l’ORIENT ou PORTE du CIEL. Ailleurs, et je rapporte ici ce que j’ai lu pour préparer cette planche, dans une société africaine, les SENOUFI, la porte sculptée équivaut à un enseignement en images. L’image doit être comprise non pour ce qu’elle représente, mais pour l’évocation symbolique qu’elle permet. Elle est le symbole d’une cosmogonie. Et puis, pour finir ce trop rapide et bien sûr trop incomplet tour du monde, revenons à la Tradition dont notre Rite se dit l’héritier, la Tradition égyptienne : Dans le processus de momification, dans le rituel, il était dit : " Celui qui est chargé d’ouvrir les deux battants de la porte du Ciel, il t’entrouvre la bouche durant la nuit divine " définissant ainsi la bouche de l’homme comme une porte qui permet à l’âme de sortir et de rejoindre son Créateur. Ensuite, dans toute le voyage de l’âme, décrit dans ce que nous avons traduit: Le LIVRE des MORTS Égyptien, à chaque étape on rencontre des portes, souvent qualifiées de redoutables parce que chargées, à travers des épreuves, d'orienter le mort vers des chemins plus ou moins agréables. A un moment elle arrive dans la crypte divine et y pénètre par la porte de l’Ouest pour en ressortir par celle de l’Est (n’est-ce pas là quelque chose de connu ?) Du reste dans les rares rituels d’initiation qui nous sont parvenus - notamment par le papyrus dit de Leiden, l’entrée dans le Temple se fait également par ce même Occident. A la porte, si l’on en croit la traduction de ce texte, le postulant est interpellé et on lui demande son dessein : ainsi donc il ose vouloir entrer dans le Saint des Saints ! Et le postulant répond : " Qu’on m’ouvre la porte ! Je n’ai pas pu répéter ce que je ne sais encore pas, mais je suis quelqu' un qui sait conserver un secret ! " Étrange proximité avec nos propres paroles... Et ensuite, ce postulant, subi une très longue initiation qui passe, entre autres étapes, par le lavage dans le bassin de la renaissance, pour arriver au moment suprême, celui où il lui est dit : " Pour toi s'ouvrent les portes de l'horizon de l'autre monde " mais malheureusement personne - ou cela reste inconnu - n’a pu définir ce que cachait cet horizon de l’autre monde ! Mais les portes sont bien la, objets indispensables de l’initiation, toujours présentes, souvent ignorées parce que, on l’a vu plus haut, semblant naturellement placées où elles sont. Ici, je voudrais rappeler ce rituel qui nous est cher, pour la cérémonie d’Initiation, à la première entrée dans le Temple du Postulant. Il lui est dit : " quittant la chambre de réflexion et son appareil funèbre, vous traversez ainsi qu’en un mauvais rêve, le sombre Amenti, l’Illadès, le Royaume des Morts. Guidé par l’Hermès souterrain, conducteur des âmes dans l’Au-delà, vous vous dirigez en aveugle vers la Lumière ineffable, et ce, sous sa seule conduite. Que ceci vous fasse pénétrer l’ésotérique enseignement de notre Rituèlie : sans nulle intervention providentielle, sans quelque occulte et mystérieuses prédestination, il y a peu de chance pour que l'âme humaine, enténébrée, retrouve le chemin de sa Liberté première. Tel est l’enseignement de la Gnose... " La porte d’occident, à laquelle le Profane va frapper, est donc bien encore une fois un passage mystérieux vers lequel il a été mystérieusement guidé. Avant de terminer ce travail, je ne voudrais pas manquer d’évoquer la lettre hébraïque d -DALETH - la 4ème lettre de l’alphabet hébraïque et dont la signification est justement porte. Aucun de vous n’ignore toute la symbolique qui est attachée à chacune des 22 lettres de cet alphabet si étonnant. Et bien le 4 est un symbole d’arrêt, d’épreuve, de prison même, et pourtant, DALETH nous dit qu’elle est une porte, et donc une ouverture, une libération. Un Kabbaliste peut donc affirmer que DALETH est à la fois une épreuve qui se révèle ensuite être une matrice, car, dans la profondeur, ce qui est apparemment sans issue est une porte pour qui sait voir... Et l’échelle de JACOB, dans sa vision globale est, elle-même, une porte. Et chaque échelon parcouru par les anges est, en soi, lui aussi, une porte. C’est par le passage par toutes ces portes, ces matrices, que nous nous souviendrons de ce que nous sommes. Souvenir et non apprendre, car, derrière la première porte, il y a le Créateur. Et ces portes seront de plus en plus étroites, c’est-à-dire que nous devrons nous dépouiller progressivement, nous dépouiller de nos certitudes, de nos métaux. Et cette même lettre d - DALETH - est au centre d’un nom que j’ai évoqué au début de mon cheminement méditatif, ADAM, ADAM qui s’écrit, en hébreu, avec 3 lettres: a - ALEPH - la première lettre de l'alphabet - l' - énergie qui fut à l' origine de la Création - d DALETH donc en son centre, et m -MEM à qui sont liées les idées d’eau et de matrice, donc d’eau primordiale. Et puisque nous sommes aux frontières de la Kabbale qu' il me soit aussi permis d' évoquer les SEPHIROTH KETHER et MALKUTH, toutes 2 sortes de portes, l' une qui a permis au non-nommable, AÏN SOPH AOR, de commencer son émanation et donc sa création, et l' autre, MALKUTH, qui ferme le cycle, mais aussi, cache l' existence des QUILIPPOTH, ces sphères du mal qui existent malgré tout.
Je ne voudrais pas terminer cette réflexion sans revenir sur le temple de SALOMON que j’ai eu l’occasion de citer à plusieurs reprises. Bien que nous affirmions toujours que notre Temple soit la reproduction du Temple de SALOMON à JÉRUSALEM, il faut connaître une différence majeure : le Temple de JÉRUSALEM était orienté à l'inverse, c'est-à-dire que l'on y entrait par la porte d’Orient et que le ROI s’y tenait à l’Occident, afin, est-il dit, de pouvoir se lever le soleil. La porte d’Occident prend alors, une toute autre valeur, c’est la porte par laquelle va apparaître le Roi, celle d' où va venir la Sagesse. Encore une fois l’ambivalence de cette porte... Et donc, à l’interruption de ce travail, je voudrais répéter combien j’ai été surpris de la richesse symbolique et initiatique de cette porte. Je n’en ai évidemment pas fait le tour et j’attends de vous maintenant, mes FF.·., les compléments qui viendront orner cette planche, comme les dorures et les clous viennent orner la porte en bois. Planche, porte, objets voisins ? oui, mais j' arrête... car il faut qu' une planche soit inachevée ou terminée, comme une porte soit ouverte ou fermée...
j' ai dit

M.N

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