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Hauts Grades

La porte du temple

10 Juin 2015 , Rédigé par Bru.°. Pel.°. Publié dans #Planches

La Porte

La porte délimite deux espaces, l'un d'où l'on vient, que l'on a vu et celui où l'on va donc extérieur et l'autre intérieur, ou vice versa. Dans l'espace de vie créé dans le monde profane, il ne peut pas ne pas y avoir de portes, pour délimiter les différents espaces, et lieux de vie, ou de travail, ou de loisirs. Il y une multitude de portes, de différentes tailles et de différents acabits, et leur franchissement est ressentit différemment à chaque fois, car lieux et causes différents. Sans porte tout ne serait que murs infranchissables et rien ne serait possible, le cloisonnement, comme un château fort imprenable, mais qui aurait son pont levis, sans accès, sur un plan existentiel tel que nous en avons reçu le concept, cela reste chose impossible, car même chez les indiens vivant dehors, le dedans est nécessaire, il y a une possibilité de refuge dans un lieu clos par une tente avec une entrée ouverte ou fermée, au visiteur cherchant chaleur et écoute. Même un sans-abri ne peut survivre sans un abri de fortune,(cartons, bâches, bois)et une délimitation même très mince d'un lieu individuel ou la sensation de replis sur soi pour un bien être, même illusoire puisse être vécu, avoir son chez soi trouve là même dans la misère une signification justifiée pour trouver le repos dans la tourmente de la vie. Ou bien imaginons un monde sans murs ou il ne pourrait y avoir de bâtisses. Tout serait donc ballotté par les éléments extérieurs, mus par les forces de la nature et que cela soit les meubles, les objets, et les outils. Tout y serait corrodé et ne résisteraient pas longtemps aux intempéries, et nous aurions nous aussi du mal à vivre sans être malade et mal à l'aise ainsi, sans être à l'abri, et chercherions même sous des cartons ce "un peu de chez soi" si nécessaire à un sommeil réparateur, et ne pourrions pas avoir l'espérance de vie donnée par les médias pour monsieur tout le monde...Le règne animal lui-même ne vit pas sans refuge. Concernant le va-et-vient de la porte, maître Eckhart fait de la porte le symbole de l'homme extérieur et du gond celui de l'homme intérieur non atteint par le mouvement du dehors. Dans les traditions juives et chrétiennes, la porte donne accès à la révélation. Christ est, pour les chrétiens, la porte par laquelle on accède au royaume des cieux. La porte évoque une idée de transcendance accessible ou interdite selon qu'elle est ouverte ou fermée, franchie ou regardée. Selon Dom Pernety, pour les alchimistes elle signifie la même chose que clef, entrée, ou moyens d'opérer dans tout le cours de l'œuvre. Elle est la communication de l'outil caché, de l'instrument secret. Elle permet de passer d'un stade à un autre, de changer l'état de la matière dans le domaine philosophique, le moi ne se connaît pas et nous nous devons de nous connaître nous même c'est l'œuvre de toute une vie. Elle signifie séparation ou relation, c'est indéniable selon si elle s'ouvre, au visiteur inconnu du locataire qui doit faire preuve de confiance pour l'ouvrir, ou reste fermée par une volonté de ne pas être dérangé par un importun, car il se trouve peut être que le visiteur tombe à un moment mal choisi, pour rendre visite. Une porte c'est la découverte, faire de nouvelles connaissances, amitiés, fraternités, adhésions, c'est l'ouverture vers un lieu qui nous était inconnu, on peut dire que l'on passe du stade d'ignorant de ce qui est derrière la porte à connaissant, et pour connaître un milieu tel qu'il soit, du domaine professionnel, associatif ou initiatique, seul le temps permet une imprégnation. Petite citation de Françoise Leclercq que j'ai bien aimé : « Quand je marche dans une ville, je regarde les portes. Derrière elles, il y a des gens qui vivent, qui s’aiment, qui se disputent, qui sont tristes ou joyeux ; il y a des meubles et des objets, des bruits de voix, des odeurs de soupe…, tout un univers clos et mystérieux pour celui qui passe ou qui attend sur le seuil après avoir frappé ou poussé sur le bouton de sonnette. » Le seuil, la porte, le passage sont si liés entre eux qu’il est difficile de les séparer comme on démonterait un objet en ses différentes pièces. Ce que l’on pourrait dire du seuil peut se répéter pour la porte : elle se présente aussi comme une limite, une frontière. Mais elle est plus que cela. Évidemment, la porte délimite un dehors et un dedans, sépare le sacré du profane, comme le seuil qui la précède, mais aussi induit d’autres significations : Il y en des portes...Des automatiques pour faciliter l'entrée dans des halls de marchands, et des blindées pour accéder aux coffres de banques, des vitrées pour laisser au visiteur même boutique fermée le libre choix de pouvoir voir ce qui lui plairait à acheter ultérieurement. Elles correspondent par leurs anatomies à différentes utilisations préétablies par leurs concepteurs, et sont le fruit de différentes volontés, elles sont donc toutes sans exception produites par une action de pensée créatrice. Les portes sont donc de différentes compositions, et de formes et de taille. Dans la vie courante, la porte est souvent synonyme de renouveau, un nouvel emploi, nouvel appartement, nouvelle rencontre, nouvelle phase de notre vie, et cætera... Ou d'enfermement si une porte est fermée et ne permet pas de sortir, le paroxysme de la porte fermée est la porte de prison ou seule une fin de peine permet l'ouverture vers une liberté regagnée par le temps passé. Pour l'entrée d'une église ou d'un temple, on rentre déjà dans le symbolisme dont le seuil délimité par une ligne imaginaire, mais pourtant si réelle reste invisible séparant le visiteur du monde extérieur d'où il provient à celui de l'intérieur ou se trouve sous forme créée un message, encodé des bâtisseurs. Franchir le seuil d'un lieu sacré c'est et cela doit être un acte de soumission et de respect des anciens et de leurs legs,( ne se baisse t'on pas pour entrer en loge?) On ressent tous un sentiment d'intrusion dans un espace donné lors d'une visite dans un lieu sacré, on sent que l'on accède à un quelque chose d'invisible, mais d'omniprésent, même en étant encore un profane, ce quelque chose nous attire et attire une multitude de visiteurs, comme dans la cathédrale de Notre Dame, haut lieu symbolique, ou se croisent des visiteurs venus du monde entier, attirés comme des millions d'abeilles vers une ruche symbole personnifié remplie de miel. Le seuil et le parvis de Notre Dame est chargé. Elle, est la personnification du symbolisme que cela soit dans son concept, son architecture, sa situation géographique, ses sculptures et ses peintures. Sa porte est une quintessence créative, que cela soit dans ses battants ou ses linteaux. À l'initiation après que le vieil homme symbolique soit mort et que nous ayons rendu notre testament philosophique, on ne peut nous faire sortir de la cellule de réflexion qu'en frappant à la porte, c'est un pas à franchir pour aller vers l'inconnu, et franchir un seuil sombre dont on sort pour aller par un parcours initiatique vers un autre seuil, qui lui est rempli de lumière. La sensation en portant le bandeau lors des trois voyages qui sont faits de vent, d'eau et de feu, permets un travail opérant un changement d'état de la matière primordiale se rapportant à l'élément terre, le glébeux que nous sommes pour devenir actif sur soi et non plus passif. Le seuil du portique a été franchi, l'opération a commencé, et le serment prononcé. L'initié passe de l'ombre à la lumière, du profane à l'éclairé. Il appréhendera le symbolisme d'un œil neuf et se doit d'acquérir une ouverture d'esprit progressive le menant à la métanoïa puis à l'individuation, une libération de soi, menant à des changements d'état de conscience, dont on ne peut en dire plus au premier degré. La porte peut être comparée à une progression, une suite de pièces où l'opérant, fera petit à petit, par le nombre de ses vertèbres, monter son flux vital pour tendre vers la couronne, la porte d'or à franchir pour rejoindre l'astral. Pour une porte fermée, il faut une clé pour l'ouvrir ou bien il y a un gardien pour lequel il faut un mot de passe, donc une clé symbolique à fournir, sinon le franchissement vers ce qui paraît à découvrir reste impossible. C'est pour cela que même les diffusions par caméra cachée dans des loges ne peuvent en aucun cas altérer ce qui s'y passe, car ce n'est qu'un film fait de platitude, le secret est ailleurs, mais encore faut-il pour le comprendre avoir du cœur. Ce qui est perçu par un œil profane n'est pas la réalité elle n'est que suggestive engoncée dans des stéréotypes trompeurs, on peut représenter le profane comme un non-voyant en quelque sorte, d'où le port du bandeau d'un point de vue symbolique. Alors malgré le tapage médiatique aucune inquiétude de voir disparaître la force initiatique les curieux peu enclins à défendre la cause, sortiront comme ils sont rentrés, c'est-à-dire sans rien voir, entendre ni comprendre.

La porte :

Ne dit-on pas passer le pas de la porte ?

Dans l'autre dimension en quelque sorte.

Tout en enjambant cette ligne imaginaire,

Que l'on ne voit, mais on imagine par terre.

Séparant le monde profane de l'initiatique,

Passer par les deux colonnes c'est magique.

On ne peut y entrer sans y être autorisé,

Car il faut frapper pour Y être enfin invité.

Il faut être "saint d'esprit", avoir le coeur pur,

Prêt à mourir à soi-même et c'est très dur.

Rien ne se perdra, car tout se transforme

Passer d'un état d'esprit à une autre forme.

Plancher enfin sur une vie nouvelle créatrice,

Sortir des statuts quo sortir de cette matrice.

Devenir complet avec ce que cela engendre,

Vivre ce que d'autres ne peuvent comprendre.

Heureux sommes-nous d'avoir pu donc un jour,

Devenir légers comme l'air que de rester lourds.

Bru.°. Pel.°.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/article-la-porte-du-temple-115621724.html

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