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Hauts Grades

La Porte du Temple

8 Juin 2015 , Rédigé par C\ B\ Publié dans #Planches

Si j’ai choisi ce sujet de travail, c’est qu’un jour sur la route de ma vie profane, alors que je traversais un moment très difficile, une porte s’est profilée devant moi, la porte du Temple de la Franc Maçonnique et ce fut comme une révélation je devais aller frapper à ses battants, intuitivement je savais que des possibilités de perfectionnement et de bonheur m’y attendaient. « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira » La porte, et les éléments qui s’y rattachent : le seuil, l'huis, l'entrée, renforcent l'idée de franchissement.la clef et la maison, donnent l’image de la protection. La porte est investie d’une mission car elle traduit le sens, le projet de ses bâtisseurs En architecture les portes sont l’objet d’attention particulière. Elles annoncent la nature, la fonction voir même le statut social des occupants de cet édifice. Elles peuvent être monumentales ou fortifiées ou étroites, voir dérobées. Dans tous les cas le fonctionnement de la porte est double :

• une porte peut être largement ouverte et laisser pénétrer les hommes, les idées, les valeurs, spirituelles ou matérielles.

• une porte peut être fermée ou refermée, dans une attitude prudente, protectrice, voir peureuse.

La porte indique en effet la notion de passage. La porte se situe entre le dedans et le dehors, l'intérieur et l'extérieur, et dans la littérature fantastique, la connexion possible entre le monde ordinaire et celui du mystère. Le mot porte est doublement important car s’il désigne ici l’entrée du temple , il symbolise de même la transition entre le monde profane et le monde sacré, entre la lumière reçue lors de l’initiation et les ténèbres de l’ignorance , entre la richesse de la vérité et la nudité d’une vie stérile , entre la naissance de l’initiée et sa mort à la vie profane . C’est l’expression de la rupture. La porte marque une limite, physique c’est à dire, elle est la frontière entre deux lieux mais aussi le lien entre soi et le reste du monde, en Maçonnerie entre la nouvelle initiée et les sœurs de l’atelier, entre la protection d’un monde familier et le risque de l’inconnu. Car tourner la clef pour entrer ne suffit pas, il faut faire preuve d’audace pour en franchir le seuil. La porte est liée à la maison, et symboliquement à l’utérus maternel qui accueille et protège C’est la porte de l’amour, c’est l’hymen déchiré qui permet à l’être d'accéder à la vie, c’est la porte du premier temple de l’Homme, le ventre de la femme. En franchissant la porte du col de l’utérus, cette nouvelle vie permettra d’établir une prolongation entre toutes les portes entrouvertes par les parents. Il faut donc voir à travers les symboles de la porte, non seulement le passage mais aussi la continuité. Ce passage ne s’effectue pas instantanément lors de l’initiation mais il se continue tout au long de la vie maçonnique. La première porte qui s’est ouverte devant moi fut celle du cabinet de réflexion. Porte qui s’est rapidement refermée sur un monde de solitude, de silence, d’obscurité et d’immobilité. Univers inconnu, hors du temps, qui m’a permis de connaitre ma première introspection. Un peu plus tard, je fus amenée devant une nouvelle porte où trois grands coups furent frappés Il m’a semblé que cette porte s’entre baillait et je fus surprise d’entendre ces mots « qui va là »Ils me parurent durs et inhospitaliers alors que j’étais confiante et prête à être reçue en fraternité Aujourd’hui ils me font penser à une des maximes que j’ai lu dans le cabinet de réflexion « Si la curiosité seule t’a conduite ici va-t-en » Pour pouvoir franchir cette porte, la récipiendaire doit être née libre .c'est-à-dire avoir l’entière liberté de ses choix, et être de bonnes mœurs. Quand j’ai franchi la porte du temple lors de mon initiation, j’avais les yeux bandés, j’entrais dans l’inconnu, j’ignorais tout des rites et des symboles. La porte ne représentait qu’une barrière interdisant l’accès aux non initiés On m’a demandé de me baisser pour passer une porte étroite et basse Ainsi, la porte basse, celle qui nous fait plier les genoux, baisser la tête et resserrer le corps pour passer de l’autre côté de son battant, symbolise la difficulté du passage d’un monde dans un autre, comme le bébé a de la peine à naître., elle nous oblige à nous courber donc à faire preuve d’humilité. Cette position incommode traduit les difficultés que la profane rencontrera lors de son passage du monde profane au monde initiatique.. Comme toute naissance, ce passage ne s’effectue qu’une seule fois, sans possibilité de retour. Cette gêne à passer, aveuglées, courbées, pieds nus, mains enchainées, d’un monde à l’autre, symbolise cette difficulté que l’être éprouve à changer d’état Toutes nous sommes placées dans la même situation de simplicité quelque soit notre milieu social familial ou culturel L’initiation est une renaissance, la porte ouverte à une nouvelle vie. La porte comme le sablier dans le cabinet de réflexion nous invite à méditer sur la fuite du temps, sur l’éphémère : nous ne faisons que passer dans l’infini du temps. L’initiation telle une porte est l’épreuve qui introduit dans une autre phase de la vie, un nouveau commencement. La porte est bien ce lieu binaire à la fois d’arrivée et de départ. La porte a le pouvoir d’ouverture ou de fermeture, d’échange ou de rupture. Une infinité de sens et de dualités s’en dégage. Ceux-ci sont représentés dans la plupart des civilisations. Dans la mythologie grecque la porte de corne symbolisait la sortie des songes véridiques et la porte d’ivoire les songes menteurs. Janus, divinité latine était le Dieu des portes Avec l’aide des heures, il gardait les portes du ciel et du domaine des Dieux. Au seuil de l’ouverture et des opportunités, Janus se montrait toujours avec deux visages : l’un tourné vers la droite, le passé, le recommencement et l’autre tourné vers la gauche, vers l’avenir vers le futur, sans espoir de retour en arrière; Janus se présentait comme l’image du passage d’un monde à l’autre, d’un temps à l’autre. Ses sanctuaires étaient tout logiquement érigés aux portes des villes. A Rome, son temple avait la particularité d’avoir les portes ouvertes en temps de guerre, pour signifier que le Dieu était parti au combat, et fermées en temps de paix car Janus regagnait alors son lieu de culte pour y veiller sur la ville. Etant le dieu des portes il était donc tout logiquement le dieu des départs et des retours et par extension le dieu des ports il prenait dans ce cas là le nom de Portunus. Janus était également le dieu des commencements Janus ou Januarius peut se traduire par janvier ou mois de Janus, le premier mois de notre calendrier, mois arrivant après le solstice d’hiver. La porte du temple est à l’occident, c’est à son seuil que le soleil se couche, c’est-à-dire que la lumière s’éteint Au dehors règnent les ténèbres par conséquent le monde profane. La porte d’Occident nous protège à l’intérieur du temple, des intrusions extérieures malveillantes Tout comme Janus, au double visage, surveille le dehors et l’intérieur du logis ; .la gardienne de la porte, la couvreuse, dans le Temple, remplie cet office. Avant chaque Tenue, sur le parvis j’aime l’instant de recueillement en attendant , que la Maitresse des cérémonies, comme une maîtresse de maison nous ouvre les portes du Temple Mais pour en franchir les battants il nous faut , à l’image de la clef de notre demeure , donner à l’Experte les mots de semestre. Apprenties nous entrons les premières et je me sens petite face à la grandeur du Temple. La porte du Temple maçonnique s’ouvre sur les deux colonnes qui, selon la bible, marquaient l’endroit où devaient fusionner l’homme et le divin. la Loge est orientée selon l'axe est ouest, à l'instar des églises du Moyen Âge Les deux colonnes sont respectivement placées au sud-ouest et au nord-ouest. Comme dans le Temple du Roi Salomon, la colonne J, celle de notre 2° surveillante, peut être assimilée au solstice d'hiver et la colonne B au solstice d'été.

• La porte des dieux, en relation avec le solstice d'hiver, période ou le soleil reprend sa course ascendante est associée à Jean l’Evangéliste.
• La porte des hommes, solstice d'été, moment où le soleil descend, est associée à Jean Le Baptiste.

Ces deux colonnes, ces deux portes, comme les deux visages de Janus sont indissociables Les deux solstices sont des moments importants du calendrier maçonniques, car ils relient le passé et l’avenir. La maçonne doit donc regarder en arrière et en avant, mais aussi savoir s’arrêter entre les deux battants de la porte, pour vivre et apprécier le moment présent. Ici l’initiée après avoir été reçue en loge par trois grands coups, meurt à la vie profane pour renaître Les colonnes sont placées à cet endroit pour que tout être, qui entre dans le Temple, réintègre en lui ou en elle leur orientation : la verticalité mais surtout le questionnement. Le temple est le lieu où l’Homme doit être debout, c'est-à-dire parlant et questionnant. Lieu ou l’initiée ouvre les portes de son Temple intérieur. C’est pourquoi encore, la maçonne avant de franchir la porte du Temple doit se débarrasser de ses métaux, faire taire ses passions et oublier jusqu’à ses intérêts personnels, s’imprégner d’humilité. Le corps, le cœur et l’esprit sont les trois portes que la maçonne doit apprendre à franchir pour obtenir le discernement ,accéder à un nouveau degré de compréhension du monde, et pour atteindre un meilleur perfectionnement personnel et permettre une transposition de celui-ci, dans le monde profane. Il est important enfin de penser aux portes qui s’ouvriront le jour de notre mort, La mort, le trépas sont un passage, une porte qui s’ouvre, pour certaines sur un autre monde, pour d’autres sur le néant, pour nous francs maçonnes, en quête de la sagesse ultime, c’est le passage à l’Orient Eternel. Aujourd’hui, pour moi, la porte représente aussi le symbole de la transformation de l’esprit, la première et non la dernière des étapes d’une longue quête personnelle. . La porte est bien ce lieu à la fois d’arrivée et de départ pour un recommencement ; elle est un accès possible à autre chose.

J’ai dit Vénérable Maîtresse

C\ B\

Source : www.ledifice.net

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