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Hauts Grades

Les dix étapes du Chevalier Rose-Croix

24 Juin 2015 Publié dans #Planches

Le titre de Chevalier Rose-Croix signifie : celui qui est prêt à travailler avec son cœur sur les traces du Christ. Ce qui ne demande pas nécessairement d’avoir atteint l’étape de Chevaliers Rose-Croix par Excellence ou encore de Sublime Prince Rose-Croix, mais plutôt d’être prêt pour marcher sur le chemin de ceux qui ont déjà ces degrés ultimes. Il y a différentes manières, de solides techniques pour approcher les situations de la vie quotidienne. C’est pour ainsi dire l’ouverture aux situations de la vie, sans conflit entre le monde physique, le monde émotionnel, le monde mental et le monde spirituel.
Quand vous vous abandonnez à cette « ouverture », entre le donneur et le receveur, il y a un espace où tout peut fonctionner de manière très souple, très doux, alors vous n’avez pas besoin d’être très concentrés d’une manière très stricte sur une seule chose, les choses arrivent avec une passion délibérée. Avant de s’entrainer sur le chemin du Chevalier Rose-Croix, nous devons d’abord être familiers avec les valeurs du Christianisme. Cela ne signifie pas que nous devions avoir un esprit dogmatique, mais que notre esprit ne doit pas être sauvage, chaotique, il a besoin d’être dompté, il a besoin de suivre une éthique, il doit être discipliné, par le développement de vertus morales, intellectuelles et spirituelles. Avec ces pratiques, nous créons un modèle de fonctionnement pour notre corps et notre esprit, un modèle de vie, à travers lequel tout fonctionne harmonieusement. C’est seulement par le développement des vertus du Christianisme que notre esprit est prêt à prendre la voie du Chevaliers Rose-Croix. Prendre la voie du Christianisme, c’est reconnaitre la confusion de notre esprit et entamer une réorganisation, cheminer sur la voie du Chevaliers Rose-Croix c’est purifier les émotions, le mental et l’esprit par l’Amour et la Connaissance.
Le Chevaliers Rose-Croix ne regarde pas les émotions et la confusion comme un fumier que nous devons jeter mais au contraire comme un fumier qu’il faut transformer, afin qu’il devienne un véritable fertilisant pour enrichir notre jardin spirituel.

La Joie

La première étape pour un Chevalier Rose-Croix consiste à atteindre une joie ultime, celle qui provient du fait de pouvoir travailler avec les émotions, les sentiments et la confusion. Elle n’est pas ordinaire, ce n’est pas la joie de se sentir bien physiquement, ni pour des raisons matérielles, c’est une paix et un bonheur ultime. Ce n’est pas non plus le fait de se réjouir de quelque chose du passé ou du présent, c’est la paix intérieure de voir les choses avec plus de recul, de plus haut, de pouvoir superviser les événements, et d’être ainsi capable de voir les choses telles qu’elles sont réellement.
C’est la Joie qui permet de pouvoir appréhender les choses plus profondément, comme jamais on le fit auparavant où l’on condamnait le mauvais, la souffrance, et où l’on chérissait le bonheur. Lorsqu’on peut voir de plus haut les événements, on les regarde et l’on découvre qu’il y a autre chose au-delà de nos souffrances et de nos plaisirs habituels.
Généralement on s’attache au plaisir que l’on recherche et on repousse ce qui nous fait souffrir, on lutte contre la souffrance, et cette lutte nous conduit vers davantage de souffrance. Cependant à cause de cette lutte, nous parvenons tout de même à expérimenter un certain bonheur temporaire, éphémère, et ce changement nous fait souffrir encore plus, et nous luttons pour sauver ce bonheur et cette lutte nous apporte encore plus de souffrance. Ainsi nous sommes poussé à essayer la philosophie, la drogue, le yoga, la méditation et tout ceci semble nous guider vers une réponse évasive, pas définitive et nous luttons toujours plus, nous voulons toujours aller plus loin – « Qu’est-ce qui peut encore m’aider ? » – Il en est ainsi parce que nous ne voyons pas les aspects dénudés de nos deux polarités, nous luttons toujours plus et nous voulons trouver une philosophie dans cette lutte. C’est heureux de voir qu’au-delà de la dureté de la vie, du sérieux de la vie que nous menons, il y a quelque chose d’autre, un sens de l’humour est là, et ceci nous donne la paix, la joie ultime c’est la première étape du Chevalier Rose-Croix. Le sens de l’humour, ce n’est pas essayer d’être joyeux tout le temps, ni de faire rire, c’est le fait d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, sans en être choqué, le plaisir vient, la souffrance vient, nous les acceptons, nous n’en sommes pas choqué, il y a un sens de l’humour dans cette approche. L’opposé de ce sens de l’humour, c’est être comme un être sans vie, un être amer bouleversé par les affres de la vie. La joie contient la richesse, celle de l’ouverture, celle d’accepter les choses de la vie telles qu’elles sont, les émotions, les sentiments, la confusion et non pas de les rejeter comme quelque chose de démoniaque, de maléfique. On est capable d’avoir une relation avec notre confusion quand on accepte notre confusion telle qu’est est, alors on est capable d’avoir une relation pacifique avec le monde extérieur.

La Générosité

La générosité est engendrée par la joie de travailler avec ses propres émotions et avec le monde extérieur. Ainsi, la générosité ultime est un moyen d’atteindre l’autre rive, celle qui n’est pas sur la même rive que la générosité ordinaire, que la générosité usuelle. Bien sûr, nous connaissons tous la générosité, beaucoup de gens sont généreux, mais il ne s’agit pas de la générosité ultime, celle qui est chère au Chevalier Rose-Croix. Ordinairement, quand nous voulons aider quelqu’un c’est parce que nous nous sentons dans une position supérieure à la sienne. Dans le cas de la générosité ultime il ne s’agit pas de regarder quelqu’un comme inférieur à vous. Notre approche ordinaire de la générosité sous-entend la supériorité et aussi le fait d’attendre quelque chose en retour de notre acte généreux; Par exemple, j’ai un ami qui passe huit jours à la maison, je fais tout pour lui et quand il s’en va, il ne me dit même pas merci; et j’attends qu’il me le dise. Ce n’est pas un acte de générosité ultime, c’est celui d’un être ordinaire, à l’esprit étroit, parce qu’on attend quelque chose en retour et en plus on regarde l’autre comme étant inférieur. Ceci est un obstacle à la générosité ultime. Quand nous rencontrons quelqu’un, nous disons « comment ça va ? » Et si on ne nous pose pas la même question en retour, nous sommes vexés. Ceci montre l’approche très drôle que nous avons de la vie. Nous ne faisons pas les choses du fond de notre cœur, l’esprit ouvert, nous n’apprécions pas l’autre, mais nous voulons qu’on nous apprécie. Dans le cas d’une relation entre un garçon et une fille, si on dit: « je t’aime », cela ne veut pas dire que vous l’aimez mais plutôt: « est-ce que tu m’aimes ? » et vous attendez la réponse. L’approche du Chevalier Rose-Croix ne va pas au-delà de « je t’aime » dans cet exemple. On ne va pas plus loin que le fait d’aimer. On apprécie quelqu’un et on le lui dit, c’est juste cela. On n’attend rien au-delà de ceci. C’est la vraie communication ultime. Il s’agit de ne rien attendre en retour d’un acte de générosité; de ne pas attendre que quelqu’un reconnaisse ce que l’on fait. Le Chevalier Rose-Croix n’attend rien de l’autre mais ne renonce jamais à agir. La générosité ultime, c’est aussi l’ouverture à soi-même et l’ouverture au monde extérieur, aux situations de la vie. Quand nous sommes ouverts à n’importe quelle situation de la vie, cette ouverture nous conduit spontanément à la générosité. Cela ne signifie pas qu’on essaye d’aider quelqu’un, mais plutôt qu’on est simplement ouvert à lui, près à traiter la situation telle qu’elle est, telle qu’elle le demande. Nous sommes prêts à faire ce qui doit être fait, quoi que ce soit. Les Chevaliers Rose-Croix sont ouverts à toutes les situations, quelles qu’elles soient, et c’est ça la vraie générosité. Ils n’ont pas de pensées discursives qui disent: « je dois aider celui-ci », « je dois faire cela », ce que nous faisons ordinairement.

La patience

La troisième étape c’est la patience. Elle vient de la générosité ultime qui est d’accepter les situations de la vie telles qu’elles sont. Ordinairement nous manquons de patience, nous pouvons être patients une fois, deux fois, mais la troisième fois, nous nous énervons. Dans notre travail, si nous sommes patients, alors le travail devient un plaisir. Mais en général peu importe le travail que nous devons faire, soit que nous le regardons d’une manière frénétique, alors ce travail prend toute la place dans nos vies et il nous épuise ou bien nous le regardons comme quelque chose qui nous révolte et nous devenons paresseux. La patience peut changer complètement notre approche de la vie. Elle peut prendre place n’importe où et dans toutes les sphères de notre quotidien.

L’énergie ou la tradition

Petit à petit, la patience ultime donne naissance à la quatrième étape dans la voie du Chevalier Rose-Croix qui est l’énergie ou la tradition. Nous naissons tous au milieu d’une culture, d’une idéologie particulière. C’est dans cet environnement que nous grandissons et que nous sommes entrainés à nous adapter aux traditions familiales. Suivre une tradition semble être une exigence difficile auquel nous sommes tous confrontés. Cependant, quoique nous fassions aujourd’hui ou demain, sera emprunté à cette tradition. Nous sommes programmés par notre tradition sociale ou familiale. Nous sommes tous réglés par notre culture, cette idéologie dans laquelle nous avons été élevés, il est alors très douloureux et très difficile d’aller au-delà. Et si nous ne sommes pas capables de casser, de rompre avec cette base culturelle que nous appelons « tradition », alors nous ne serons pas capables de marcher dans le chemin des Chevaliers Rose-Croix. Ceci parce qu’un Chevalier Rose-Croix n’essaie pas de s’adapter à une tradition particulière mais tout ce qu’il fait devient tradition. C’est une situation très ouverte. Ce qu’il fait devient sa tradition. La tradition des Chevaliers Rose-Croix, c’est de transformer ses émotions; colère, patience, haine et transformer ses paradigmes mentaux afin d’aller au-delà de ses traditions sociales et familiales c’est la source d’une riche tradition. Il y a un parfait exemple pour illustrer cette tradition, elle est reliée à l’énergie qui permet aux Chevaliers Rose-Croix de travailler avec tous les aspects émotionnels, intellectuels et spirituels de la vie. Cette énergie n’est pas celle que nous connaissons à un niveau ordinaire, car celle-ci est infatigable, l’énergie des Chevaliers Rose-Croix est infatigable. Maintenant, nous arrivons à l’étape suivante, « rester dans la conscience ». Cette conscience n’est pas celle que nous atteignons aux derniers stades du chemin (appelé conscience de la sagesse sans observateur), cependant c’est une conscience ultime ou il y a encore quelqu’un qui observe. Le Chevalier Rose-Croix est conscient des situations, de tout le développement des événements, au delà des notions dualistes, mais il y a toujours quelqu’un qui soutient cette conscience. Il y a toujours « quelqu’un » en nous qui regarde, qui observe. Quelqu’un qui est conscient de cette conscience ultime. Il faut un maintien de la conscience pareil à un diamant pour couper, trancher cet observateur et cela se fera dans les dernières étapes du Chevaliers Rose-Croix; cette faible conception d’observateur et de quelque chose à observer, sera tranché par le maintien de la conscience. Ces choses dont on parle maintenant ne doivent pas rester quelque chose de théorique, cela doit être expérimenté par chacun à sa propre manière et alors on comprend vraiment de quoi il s’agit. Ainsi nous arrivons à la sixième étape, c’est la Gnose, la connaissance ultime. La Gnose c’est la connaissance ultime qui sert à trancher. Il y a la patience, la discipline, la générosité, l’énergie, la conscience mais nous avons besoin de la connaissance ultime pour trancher (couper au travers) sinon l’action est incomplète. Son utilité, c’est de vous représenter clairement les situations telles qu’elles sont réellement. La connaissance ultime, la Gnose, transperce (tranche) l’observateur. Le Chevalier Rose-Croix jusqu’ici, travaille avec les émotions, l’intellect, le spirituel, les gens, les situations, avec lui-même mais il a toujours un certain « égo », celui qui fait ceci ou cela. Avec la Gnose il devient celui qui regarde « l’observateur », la conscience ultime tranche cet égo très subtil. Suivre un chemin spirituel, ce n’est pas quelque chose de simple ni de facile, on ne doit pas « sauter dedans », avec légèreté, naïvement, et cela demande un processus constant de « démasquage ». Le problème est le suivant : nous attendons toujours quelque chose de notre approche spirituelle ou pratique, même à un niveau spirituel. Nous voulons avoir une réponse pour tous nos problèmes. Cependant, il me semble plutôt que cela ne les résolve pas du tout et qu’au contraire, nous devions nous y engager davantage, nous plonger dedans. Alors nous sommes choqués, très choqués et nous devons bien convenir que ce n’est pas réellement ce que nous attendions: Un merveilleux « pouvoir mystique » qui pourrait résoudre tous nos problèmes. Nous disons souvent cela: « J’ai grand espoir dans cet enseignement » ou bien « j’avais un grand espoir de cet enseignement!… de ce maitre et pourtant il ne peut m’aider. »
Toutes les religions parlent d’amour, de mysticisme, de charité, de chants mystiques. Chez les Chevaliers Rose-Croix on parle aussi beaucoup du mal, le mal intérieur, la souffrance et ceci ne plait généralement à personne. Nous ne voulons pas le voir, nous ne voulons pas en entendre parler et nous voulons plutôt y échapper. Nous voulons trouver un nouveau chemin, loin de ce mal, afin de nous donner une « pause » loin de tous nos ennuis. Il existe une technique qui nous permette de nous débarrasser de ce mal. Mais ces attentes et ces fascinations semblent nous conduire vers davantage de luttes. Et nous aimerions bien faire de grandes célébrations avec de belles musiques, beaucoup de disciples, de la joie partout et des feux d’artifices, c’est ce que nous souhaitons de notre spiritualité.
Tous ce que nous recherchons c’est l’attitude mystique des Saints ou l’accomplissement des Bouddhas. C’est quelque chose que nous regardons comme un pouvoir mystique, magique. Nous développons une attitude très romantique vis à vis de cela. C’est tout à fait romantique d’imaginer devenir un Chevalier Rose-Croix. Mais c’est très désappointant de réaliser tout à coup, que c’est nous-mêmes qui devons le faire, en fait, que personne ne le fera pour nous à notre place. Désappointant parce que les choses n’arrivent pas ou ne sont pas comme nous le voudrions et en fait la vie est comme ça, nous devons la bâtir, nous y engager complètement, travailler avec ces choses là qui ne sont pas comme nous le voulons. Nous voulons toujours éviter la réalité des choses, les voir telles qu’elles sont, nous voulons ignorer le « matériel » que nous avons besoin de cultiver. Il y a quelque chose qui manque tout le temps, qui n’est pas juste, et ceci en dépit de notre important développement technologique, en dépit de notre solide base psychologique, à l’intérieur de nous-mêmes, il y a toujours un manque, une insatisfaction. Mais, même si nous nous trouvons dans de tristes situations, nous essayons toujours de l’ignorer, nous ne sommes pas encore prêts pour faire face à ce « quelque chose qui manque », pas prêts pour étudier la question à fond ou de très près, parce que c’est très douloureux. C’est quelque chose dont nous ne voulons pas parler, cela semble très sensible, très secret, et nous ne voulons pas l’exposer, le montrer. Il y a une sorte de compréhension universelle ou quelque chose doit être gardé secret, alors nous essayons toujours de le couvrir, en utilisant beaucoup de techniques, drogues, yoga, méditations, etc. En fait, nous avons peur de perdre ce secret, nous essayons toujours de le cacher. Nous avons peur d’être exposés, et nous avons peur de l’espace, de sa qualité spéciale, alors nous sommes toujours en train de couvrir ce fait. C’est comme si, nous avions peur de perdre notre identité, si nous devons nous montrer, nous dévoiler, nous exposer, nous deviendrions « personne ». On en revient toujours au même avec cette approche des choses; quoique nous fassions pour trouver une réponse et en cachant toujours le vrai problème, en étant très défensif, même si nous essayons de le résoudre de mille manières, nous en arrivons toujours au même point, devant la même énigme, la même question. Ceci parce que nous avons peur de l’ouverture, de nous ouvrir nous-mêmes aux enseignements, et aux situations de la vie, quelque soit l’école que nous rencontrions, l’enseignement que nous écoutions, nous l’interprétons toujours suivant notre propre version. Nous pouvons approcher la voie du Chevaliers Rose-Croix, mais avant que nous ayons vraiment établi une réelle relation avec elle, avant cela, nous avons déjà construit une préconception de cette approche
- « j’aimerais que cette voie soit de cette façon. »
- « je voudrais avoir ces réponses »
Alors si la voie est comme nous l’avons souhaité, si ce qu’elle enseigne correspond avec ce que nous attendons, ce que nous pensons, alors nous sommes heureux :
- « Oh ! La voie des Chevaliers Rose-Croix est bonne ! Je veux en faire partie ! Elle parle mon langage. » Donc nous l’avons pré-rencontré suivant notre propre version de ce que doit être une bonne école. En fait, nous n’avons pas de communication sincère, véritable, mais suivant notre propre version. C’est un grand problème, cela induit en erreur et égare beaucoup de disciples, ils se dirigent mal. Généralement, nous cherchions une tradition, une école ou un maitre très célèbre, par exemple un maître qui est très érudit ou a une école de grande renommée, avec un grand nombre d’adepte, et nous voulons en faire partie. Nous ne nous attachons pas à regarder l’essence mais les conditions de vie. C’est un très grand réconfort de prendre conscience, de savoir en fait, ou de se dire « je suis un disciple d’une grande école ou d’un maitre si célèbre ». D’une certaine manière, c’est une auto déception.
Une vraie communication n’est pas ainsi, ni non plus comme si vous alliez dans une église, ou dans un monastère, et que vous voyez une statue de Jésus ou une statue de Bouddha et vous la regardez comme quelque chose de très profond, de très haut, de très précieux… et puis c’est tout. Pas d’autre communication. Vous regardez la statue, vous êtes devant elle, sans plus, c’est tout. Il n’y a pas de réelle communication.
Nous mettons quelques fleurs, allumons quelques bougies et nous prions. Mais est-ce que cela résout vraiment notre problème ? Nous pouvons visiter milles églises, mille monastères mais chaque fois que nous y allons nous y trouvons toujours de problèmes. La solution, c’est que nous devons être ouverts. Ce n’est pas une question de célébrité de la voie mais celle de la possibilité d’ouverture que nous avons avec elle, combien de temps nous pouvons rester ouverts à elle ? Jusqu’à quel point intime de notre psychologie ? Et dans ce cas : si nous sommes ouverts, la voie s’ouvre à nous et l’enseignement est ouvert. C’est alors nous pouvons parler de réelle communication, de rencontre des esprits, nécessaire au cheminement du Chevaliers Rose-Croix. Habituellement, nous nous présentons toujours comme un étudiant ou un disciple de grande valeur. En fait, nous nous présentons d’une manière différente de ce que nous sommes réellement. Ce sont des choses qui arrivent à la plupart d’entre nous qui veulent suivre un chemin spirituel. Nous ne le faisons pas intentionnellement, bien sur, mais ce sont des pièges dans lesquels nous tombons malgré notre sentiment de vouloir faire de notre mieux. En fait, nous devons être désappointés, de plus en plus, jusqu’à ce que nous ayons perdu toute attente. Et ce désappointement doit nous conduire vers un lâcher prise totale. Nous devons nous voir tel que nous sommes et non pas tel que nous voudrions être. De la même façon, si nous voyons qui nous sommes, alors nous voyons les autres comme ils sont, comment ils sont exactement, alors l’humilité commence vraiment et peut se développer. Alors, nous commençons aussi à apprécier les qualités du Christ, exemple de celui qui s’est sacrifié pour nous, puis ses instructions, ses enseignements, puis nous aspirons à l’imiter. Graduellement, nous nous intégrons dans la voie du Chevaliers Rose-Croix en marchant sur les traces du Christ, celui qui est l’exemple de la transfiguration et dans ses enseignements à suivre, qui nous montre la voie.
Il est important dans la voie ultime du Chevalier Rose-Croix de poursuivre la quête seule, en solitaire. Il nous faut accepter d’être seuls, de travailler comme tel, comme des réfugiés, nous devons nous défaire de l’environnement familier que cultive notre égo.
Nous sommes de toute façon seuls, du moment où nous naissons jusqu’à celui de notre mort, nous sommes solitaires et la solitude est notre constante compagne. Nous sommes prêts à accepter toutes les difficultés, les plaisirs et les peines etc. Nous voulons y faire face nous-mêmes, nous ne voulons pas dépendre de la communauté des compagnons sur le chemin. Nous ne les suivrons pas, nous marcherons avec eux. Fondamentalement, nous sommes des êtres très seuls, très seuls et cette solitude nous accompagne tout le temps et au fur et à mesure, elle devient indépendance, ou individualité, unicité, sans dépendre de personne. La solitude doit être notre partenaire spirituelle; et cette solitude « de qualité » se développe et se transforme, elle devient le bouclier du Chevalier Rose-Croix, son blason, c’est l’esprit chevaleresque, l’esprit d’un guerrier. Nous devenons comme un prince solitaire et guerrier, courageux, sans peur. Nous risquons de devenir très romantiques avec cette idée, mais ce n’est pas nécessaire. Cette qualité du Chevalier solitaire nous rend capable de connaitre les émotions, de les affronter; les sentiments, la joie, la peine ou quoi que ce soit, nous n’en avons plus peur et nous pouvons y faire face et c’est là une des grandes qualités que doit développer le Chevalier Rose-Croix. En fait une définition de celui-ci peut-être; celui qui est suffisamment brave pour marcher sur le chemin du Christ, le chemin « de Renoncement et du Sacrifice ». Le chemin du Chevaliers Rose-Croix est décrit suivant différentes étapes, la suivante est reliée à la perfection des « moyens habiles ». Un environnement confus, un travail confus, une voie confuse sont opposés à la voie habile. Bien qu’un Chevalier Rose-Croix ait déjà développé la voie habile dès la première étape, on ne peut pas dire qu’à partir de la septième étape, elle devienne différente, mais depuis cette première étape, le Chevalier Rose-Croix était toujours « accompagné » d’un « surveillant », « celui qui regarde ». Cela signifie que le Chevalier Rose-Croix se sentait toujours satisfait de lui-même pour avoir accompli ceci ou cela, il y avait toujours dans ses actions une forme de matérialisme spirituel. Et à partir de la septième étape « les moyens habiles » sont complètement « les moyens habiles », tout à fait dépourvu de matérialisme spirituel.
Auparavant, il y avait toujours une forme de reconnaissance par le Chevalier Rose-Croix de ce qu’il faisait. Bien qu’il ait déjà les moyens habiles dans sa façon d’agir, dans sa façon d’approcher les situations de la vie, il y avait en même temps la reconnaissance de ses actions, une façon très subtile de prendre conscience que c’était lui qui agissait.
Mais cette voie habile, ces moyens habiles sont aussi là pour trancher ce matérialisme spirituel et ceci conduit à la compréhension de la huitième étape du chemin du Chevalier Rose-Croix. Celle-ci est reliée à la perfection appelée « prière » ou « prière de souhait » ou encore « pensée qui souhaite ». Puisqu’à ce stade là, le Chevalier Rose-Croix est déjà sur la voie de la « transfiguration » parce qu’il a tranché le matérialisme spirituel, puisqu’il pense aux êtres sensibles aussi bien qu’à lui-même, c’est à dire en ne faisant qu’un avec eux, cette prière de souhaits est une prière universelle. Nous disons toujours que la prière d’un Chevalier Rose-Croix est efficace, puissante, magnificente. Il ne prie pas pour lui-même parce qu’il est un avec les autres, il est avec tous les êtres sensibles, quand il prie, tous les êtres sensibles prient, c’est pourquoi la prière est universelle. Normalement, nous prions pour avoir un bon travail, une famille heureuse… nous avons une forme de prière très limitée. Nous souhaitons par exemple : « Puissè-je avoir ce même travail le plus longtemps possible ». Mais quand un Chevalier Rose-Croix prie, ce n’est pas d’une façon égocentrique et étroite, c’est universel, avec tous les êtres. Parce que la situation présente contient en potentiel les situations futures. Maintenant, nous arrivons à la neuvième étape « le pouvoir ». Ici « le pouvoir » n’est pas celui d’avoir des relations, une bonne place dans la société, dans l’administration, ce n’est pas d’avoir beaucoup d’influences pour obtenir ce qu’on désire. Le « pouvoir », c’est de n’avoir plus d’endroit ou aller, il ne reste rien à accomplir, à améliorer, c’est la libération, c’est le pouvoir. Il n’y a rien à conquérir, plus personne à conquérir, c’est comme « être en sécurité ». On est dans la sécurité plutôt qu’être en sécurité. Donc c’est le sens ultime de la liberté, la libération, le sens ultime du pouvoir, parce qu’on est en harmonie, en harmonie parfaite avec la situation qui nous entoure. Il n’y a aucun effort à fournir, aucun besoin de chercher la sécurité ou le confort pour soi-même, aucun effort, non plus, à faire pour aider les êtres. L’action elle-même est devenue « pouvoir ». Puisqu’il n’y a plus aucun objet de lutte mais seulement la sagesse, c’est la dixième et ultime étape du Chevalier Rose-Croix. La sagesse est de ne plus lutter, la non identification avec le Maitre, l’enseignement, le chemin, les résultats, etc.… Tout ne fait plus qu’un le Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix devient le chemin lui-même. Le chemin du Chevalier Rose-Croix lui-même, est le chemin. Il n’y a plus pour lui de chemin en tant que chose excellente : tout ce qui se présente à lui est le chemin. Le Chevalier Rose-Croix est devenu le chemin, l’un et l’autre ne forment plus deux entités séparées ou différentes. Donc son action devient « l’action pure », elle devient ‘action de sacrifice du Christ », sa parole devient l’enseignement, le chemin, l’information. Donc, le Christ et le Chevalier Rose-Croix ne forment plus qu’une seule unité : lui-même. À partir de ce point précis démarre l’activité du Christ, on ne peut pas dire que l’action du Chevalier Rose-Croix s’arrête là mais plutôt que l’activité du Christ prend place ici. Et là, il se passe quelque chose d’étrange et d’intéressant, le Chevalier Rose-Croix était devenu jusque là, extraordinairement puissant et cependant, à partir de là, il perd son pouvoir parce qu’il est d’ores et déjà programmé dans l’imitation du Christ, en harmonie avec elle. Alors ces mouvements sont précis, solides, définis, tout ce qu’il dit est l’enseignement, chaque mot a un sens, une signification, un but, c’est une parole juste. C’est pourquoi certaines personnes disent que même après avoir atteint la transfiguration, les Chevaliers Rose-Croix doivent avoir un certain égo pour pouvoir enseigner. Mais comme je l’ai dit, le Chevalier Rose-Croix est devenu complètement un avec le Maitre, l’enseignement, le chemin etc.… Le Sublime Prince Rose-Croix n’a plus besoin de regarder à travers le filtre de l’égo, puisqu’il a été enlevé, alors il peut voir le monde, connaitre les situations parfaitement, de manière directe, nue, par conséquent la communication est nue, directe, de la même façon, et aux êtres ordinaires elle semble magique, mystique, puissante. Le Chevalier Rose-Croix est donc programmé pour devenir un Sublime Prince Rose-Croix, pas dans un sens conventionnel, mais ultime. Ainsi se termine le chemin du Chevalier Rose-Croix en dix étapes. Traditionnellement, pour commencer ce chemin on reçoit l’initiation de Chevalier Rose-Croix, on fait notre serment devant tous les autres Chevalier Rose-Croix, agenouillé derrière un autel sur lequel se trouve une bible ouverte à l’évangile de Saint-Jean. Ceci est fait devant des témoins qui se portent garants de notre engagement. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre ce serment du Chevalier Rose-Croix devant d’autres Chevaliers Rose-Croix. Mais cette initiation n’est qu’un germe déposé dans le cœur et dans l’esprit du Candidat, c’est l’initiation conventionnelle. S’il veut un jour porter le titre glorieux de Chevalier Rose-Croix ou encore de Sublime Prince Rose-Croix cette initiation doit devenir le moteur d’une Quête incessante d’ouverture à soi et aux autres, une quête d’Amour et de Connaissance.

Source : http://chevaliersrc.unblog.fr/category/reflexions/

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Laude 24/06/2015 11:52

Beau travail, très claire