Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Le symbolisme, outil de connaissance

17 Juillet 2015 , Rédigé par H\ D\ Publié dans #Planches

Il y a essentiellement deux chemins dans la vie : le premier est de suivre son Ego, son Moi, avec ses désirs changeants, ses passions, ses colères, ses haines et ses envies. Chemin ordinaire et simple, mais bien peu attrayant… L’alternative en est Notre chemin vers la Lumière. La question se pose alors : quelles sont les voies qui peuvent nous amener à cette Lumière ? Et qu’est cette « Lumière » ? Voilà comment j’ai compris et abordé mon travail de ce soir. Le titre de ce travail m’a immédiatement fait revenir dans le cabinet de réflexion : « ici tout est symbole » ! Puis lors de l’ouverture : « Mes Frères, puisque la loge est dûment couverte, et que tous les assistants sont apprentis Francs-maçons, entrons dans les voies qui nous sont tracées… » Quelles sont ces voies, et où mènent-elles ? Ne seraient-ce pas les voies du symbolisme qui amènent à la connaissance ? Il nous faut tout d’abord distinguer la connaissance du savoir : Le Savoir est donné par la démarche scientifique. D’après Platon, « Savoir, c’est mesurer ». En effet, la science, c'est l'organisation des apparences en un système de lois, lois qui s'expriment le plus souvent dans un langage mathématique, physique, chimique. Ce savoir réduit la qualité à la quantité, l'être à l'objet, et opère par démonstration rationnelle et expérimentation systématique. La connaissance, et notamment la connaissance de soi-même, est tout autre chose… Je mettrais d’un coté « savoir, raison, liberté » de Pythagore et de l’autre « connaissance, symbole, amour », de Hermès. Mais sans forcement les opposer… ! Pour se connaître soi-même, il faut commencer par défaire ce que l’on croit être, se mettre en morceaux élémentaires, se déconstruire. Puis, une fois les pièces éparses, tenter une reconstruction de soi par le rassemblement de ces pièces, mais en suivant un plan que l’on a perdu avec la mort d’Hiram, avec en sa possession seulement un plan substitué. Ce plan se substitue au plan originel, tracé par le GADLU, et qui contient la Connaissance princeps, et c’est là, toute la gageure et la difficulté de l’opération : rebâtir son propre édifice en harmonie, sans indication préalable, sans le plan de l’Architecte. Mais alors comment faire ? C’est justement à travers les symboles que l’on va progressivement s’approcher du plan, s’approcher de la Connaissance. La Franc-maçonnerie se définit comme une « Institution d'initiation spirituelle aux moyens de symboles ». Les Francs-Maçons en général, et les Francs-Maçons de la Grande Loge de France en particulier, sont attachés à l'étude et à la pratique du symbolisme. Plus particulièrement, le REAA est un rite initiatique et traditionnel. Initiatique car c’est par le travail intérieur à l’aide des symboles qui le constitue, que l’on atteint la connaissance.
Le REAA comporte 33 grades. A chaque grade correspond un degré de connaissance, car le chemin est long et labyrinthique. Dédale aurait-il pu changer de plan, s’élever vers les cieux, le centre de son cercle atteint, s’il n’avait pas parcouru l’ensemble de son labyrinthe ? S’il n’avait pas franchi les étapes de connaissance qui sont symbolisées par nos 30 premiers grades… Mais ce lent cheminement vers la connaissance utilise également le support de la tradition : René Guénon dit : « la Tradition ne fait qu’un avec la connaissance… La Tradition implique une communion des âmes qui sentent, pensent, se comportent, vivent en fonction d’un même idéal ; la Tradition est la transmission vivante ». Il s’agit bien de créer grâce au REAA un espace et un temps différent de notre vie profane pour nous permettre d’accéder à la communication symbolique avec le Divin, vers notre propre spiritualité. Coupé ainsi de l’espace et du temps profane, on va pouvoir, grâce au contenu du Rite, c’est-à-dire à tout le symbolisme qui en fait son âme, à son insu et petit-à-petit, se mettre en marche vers la voie que l’on a choisie de notre propre et libre volonté. Le rite, c’est donc bien cet outil de notre propre construction. C’est bien notre propre temple intérieur que nous devons construire, par l’accès à la connaissance de nous-mêmes. Le symbolisme est l’instrument, l’outil qui va permettre au Franc-maçon d'accéder à certains ordres de la réalité, qui permet une autre approche de l’Univers mais surtout de l'homme et de l'Etre en général. Le symbolisme répond ainsi parfaitement à l'appel ontologique. Tout symbole possède deux parties, comme le sunbolon grec, dont les deux parties forment l’unité lorsqu’elles sont jointes. Deux parties dans le symbole, deux aspects, qui se rencontrent dans le même objet : l'aspect concret, visible, perceptible ; ce compas que je vois, cette équerre que je touche, situés dans un espace et dans un temps, c’est le « signifiant » ; et l'aspect invisible, ineffable ; ce que je ne peux ni voir, ni toucher ; ce à quoi renvoient ce compas et cette équerre, c’est le « signifié », c'est-à-dire la signification ou les significations que peuvent prendre pour une conscience le compas et l'équerre, ou tout autre objet. Car la portée concrète du symbole peut renvoyer à une pluralité de significations. Le symbolisme est dans le Rite, il EST le rite ! Si le Rite c’est le plan, la méthode c’est la boite-à outils…, alors les outils eux-mêmes ne sont rien moins d’autre que les symboles qui nous environnent et qui sont partout autour de nous. Lors de notre première entrée dans le Temple, notre « initiation » (mais étions nous à ce moment-là réellement « initiés » ?), tout nous a été donné : La boite-à-outils (le Rite) et les outils eux-mêmes (les Symboles). Il nous reste à appréhender ces outils (à les prendre en main), à apprendre leur usage, ce qui nous permettra de nous « déconstruire » pour ensuite nous « reconstruire », pour espérer un jour devenir Parfait Initié. Ce qui fait la diversité et la richesse de notre Ordre et en particulier le REAA c’est la densité et l’universalisme de ses symboles et de ses enseignements qui ne mettent aucune limite à la recherche de la Lumière, ce qui en fait une voie Royale. Lorsque le maçon aura parcouru la spirale des symboles qui conduisent au centre du Labyrinthe, il atteindra la Lumière, la Connaissance ultime. Il sera alors parfait initié, il aura atteint le centre de son cercle. Nous avons, au troisième degré, un symbolisme fort, celui de la Mort. Symbolisme à la fois du passage et de l’épreuve grâce à laquelle on accède à une condition différente par l’identification au défunt Maître, modèle à transposer en soi. Nous savons aussi que les mauvais compagnons qui étaient également en nous-mêmes ont été éliminés. Enfin ! Éliminés peut-être pas. Endormis au tréfonds de nous-mêmes, tapis au plus profond de nous-mêmes. Cette mort constitue une purification et une révélation initiatique, comme on peut la retrouver dans le Mythe d’Osiris. C’est une étape majeure vers la Connaissance, vers la Rectification fondamentale. Mais alors pourquoi utiliser des symboles, plutôt que des mots ? Parce que « l’essentiel est invisible pour les yeux, et indicible par les mots ». Et nous revenons à la dualité savoir/connaissance : Le savoir est transmissible, par des mots et des formules, l’Universitaire que je suis est bien placé pour le savoir… Qu’en est-il de la connaissance ? Elle est par essence intransmissible. Mais c’est l’enseignement initiatique, au travers de l’emploi du symbolisme, des mythes et des légendes qui est transmissible. Parce que celui qui peut parvenir à en pénétrer la signification, à s’approprier ce symbolisme, peut concevoir beaucoup plus que tout ce qu’il est susceptible d’exprimer directement par des mots. Le vrai sens du secret initiatique, c’est que la connaissance est incommunicable. D’où le concept de la Parole Perdue ? La connaissance symbolique peut donc nous donner accès à l'Etre. Le symbolisme est une langue qui permet la transcendance. Et c’est cette transcendance qui permet le passage du « Moi » au « Soi ». « Connais-toi toi-même ». C’est la connaissance analytique, psychanalytique ! Mais à quoi sert-elle ? Une réponse se trouve sur le fronton du Temple de Delphes : « …et tu connaitras l’Univers et les Dieux ! » Le symbole constitue alors le moyen unique de transmission de tout ce qui est inexprimable par la raison et qui constitue le domaine propre à l’initiation. Il reste au Maçon, par un travail personnel, à actualiser cette potentialité qui constitue le véritable secret initiatique. C’est le symbolisme qui permet de passer du Chaos à l’Ordre, comme l’Univers à son origine y est passé par l’acte du Grand Architecte de l’Univers. La recherche de la Connaissance princeps, c’est la recherche de l’Harmonie initiale, des lois d’attirance des contraires, d’équilibre, d’amour qui forment le rythme cosmique. C’est la « conversion du regard ». (1) Cette Connaissance est tapie au tréfonds de nous, elle repose à l’ombre de l’acacia, elle est peut-être le seul but de notre chemin initiatique ! Le symbolisme donne sa véritable signification à l’œuvre du Grand Architecte, en devenant lui-même le symbole de la plus haute réalité et le moyen pour l’Initié de s’exhausser vers les hauteurs ultimes de l’Etre Parfait en devenir ! Rechercher ce qu’un symbole évoque dans notre âme, puis tenter de comprendre pourquoi nous ressentons ce qui a émergé : c’est le symbolisme. Engager une quête effectuée avec tous les outils que l’on possède : c’est l’ésotérisme. Bâtir en soi la sagesse, peiner vers une initiation toujours remise en cause, c’est œuvrer au chantier d’une cathédrale, d’un temple intérieur… C’est la recherche de l’Absolu, de la Connaissance. En point d’orgue, une citation attribuée à Pythagore : « Prends confiance, car divine d’origine est la race des mortels. A ceux qui savent éveiller ce qu’il y a de sacré dans leur âme, la nature montre toute chose ».

Bibliographie :

Symbolisme de la science sacrée : René Guénon
Spécificité du rite ancien et accepté : Jérôme Furfaro
Le symbolisme : Henri Tort (PIV #43, 1981)
15ème journée d’étude du sud-est « être maître pour transmettre »
De la porte basse à la porte étroite : Claude Guérillot et références incluses.

(1) Par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance par la conversion d’un regard on entend la transformation de ce dernier effectuée grâce à de nouvelles connaissances acquises, métaphysiques ou philosophiques ce qui génère l’adhésion à une nouvelle croyance.

Source : www.ledifice .net

Partager cet article

Commenter cet article