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Hauts Grades

Le Rite et la liberté de conscience

21 Août 2015 , Rédigé par J\M\ N\ Publié dans #Planches

Il y a maintenant 20 ans de cela, je décidais de frapper à la porte du Temple, assoiffé de savoirs, désireux de côtoyer d’autres hommes, d’autres croyances, d’autres ressentis, d’autres spiritualités. Et le premier Frère qu’il me fût demandé alors de rencontrer me parla longuement du R\E\A\A\ et insista longuement sur la liberté de conscience qu’il avait toujours ressenti dans son vécu du Rite…..Sans doute cela m’a-t-il conforté dans ma décision de vouloir être initié. Plus tard, lors de la cérémonie de mon initiation, je me sentis pleinement rassuré lorsque l’Orateur lut la Déclaration de Principes du Convent de Lausanne de 1875 : « La Franc-maçonnerie proclame l’existence d’un Principe Créateur sous le nom de G\A\D\L\U\. Elle n’impose aucune limite à le recherche de la Vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance ». Tout au long des rituels des trois premiers degré, ainsi, bien évidemment qu’au sein du rituel de Maître Secret les éléments rituelliques, qu’ils soient symboles, légendes ou maximes évoquant cette liberté de conscience inhérente au Rite sont nombreux. Je me propose donc, dans une première partie d’en évoquer certains, certes pas de façon exhaustive, pour, dans une deuxième partie, vous parler plus librement, plus largement de la liberté de conscience et des implications que celle-ci peut avoir dans la vie, le chemin, le comportement de tout Franc-maçon. Le jour même de son initiation, le Franc-maçon se voit présenter un thésaurus de symboles et une méthode dont l’étude et la pratique sont censées lui permettre de se perfectionner, afin, dans un second temps, de pouvoir s’élever vers les sphères de la spiritualité. Dès la première épreuve, celle de la Terre, on demande au futur initié « de se détacher de toute illusion trompeuse » et d’abandonner ses métaux pour se rendre sensible à ce qui doit s’accomplir spirituellement. Nous voyons donc que dès le premier contact, c’est un processus de libération qui est proposé à l’impétrant ; plus tard, le Franc-maçon au souvenir de tous les moments intenses de cette mémorable cérémonie, pourra comprendre pleinement que cette liberté de conscience lui aura été offerte à l’instant même où il est entré dans le cabinet de réflexion. Vient ensuite le moment où, ses trois voyages étant achevés, le V\M\ demandera à l’impétrant s’il est prêt à l’ultime sacrifice, et que si tel était le cas, il devra le jurer sur les trois grandes Lumières de la Franc-maçonnerie et le V\M\ lui expliquera qu’au R\E\A\A\ le serment est prêté sur le V\L\S\, la Bible certes, mais pour le Rite avant tout le symbole de la Tradition et non le livre d’une quelconque religion révélée. Certes le futur initié n’est pas à même de saisir toute l’importance de cette symbolique, mais son étude ultérieure du rituel lui permettra de comprendre qu’il est pleinement libre de pouvoir explorer toutes les voies qui peuvent le rapprocher de la Vérité, de la Connaissance, de l’Absolu, à la seule condition de toujours œuvrer sous l’égide de l’Equerre, c'est-à-dire selon la Rectitude de l’Homme qui connaît, pratique et vit selon la Loi Morale , et du Compas qui lui signifie en permanence d’avoir à mesurer la portée des ses actes, envers lui-même, mais bien au-delà envers ses Frères en maçonnerie ou en humanité. Je vais clore ce bref chapitre sur le premier degré en évoquant le mot sacré de l’A\ le fait d’épeler ce mot, n’est-ce point là la preuve éclatante que le Rite n’impose aucun dogme ? le Rite met l’initié sur la voie – le Surv\ donne la première lettre, c’est à l’initié de trouver et prononcer la seconde ! Le second degré incite le C\ à acquérir une kyrielle de savoirs afin qu’il puisse appréhender au mieux l’univers où il vit, qu’il se ressente l’héritier de toutes les sagesses, savoirs et religions du passé sans restriction aucune. Le Rite lui affirme que seul le Travail est source de libération de l’individu en lui permettant de construire sont Temple intérieur, mais aussi le Temple de la F\M\ universelle et par la même celui de l’Humanité. Enfin, le C\ ayant œuvré à se mieux comprendre et à mieux connaître l’univers et les lois qui le régissent , devient capable de voir pleinement flamboyer l’Etoile où le G resplendit en son centre, prenant conscience qu’au sein de chaque être humain palpite une petite étincelle de Divin, libre à chacun de relier cette étincelles à la source de Lumière, de beauté, de vérité qu’il voudra bien choisir…..le rituel ne dit-il pas que les acceptions de la lettre G sont infinies ? Parvenu à la Maîtrise, armé, préparé, purifié par les degrés précédents, l’initié se voit confronté une nouvelle fois aux préjugés qui s’opposent au développement des connaissances humaines, préjugés qu’il se doit de combattre, brisant ainsi le joug de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. Ces trois vices ne sont bien évidemment pas les seuls que le M\M\ se doive d’éradiquer : tout ce qui l’entrave dans sa démarche de connaissance se doit d’être éliminé, et quelle plus belle affirmation de cet impératif que certaines des maximes que le T\F\P\M\ présente au futur Maître Secret à la fin de ses voyages initiatiques : « Tu ne te forgeras point d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion » « Tu décideras par toi-même de tes opinions et actions » « Ne te paie pas de mots, n’accorde à qui que ce soit une confiance aveugle mais écoute les hommes avec attention et déférence ». Voilà mes Frères un bref aperçu de ce que le Rite nous démontre en permanence, par les symboles, légendes et maximes qu’il nous offre d’étudier : le R\E\A\A\ est un rite empreint de liberté, non point cette liberté qui ne serait qu’anarchie, mais de cette liberté de connaissance qui fait de nous des hommes prouvant à chaque instant que nous sommes debout, les pieds fermement ancrés au sol, la tête dans les étoiles, les bras ouverts à tous nos Frères en humanité. Ainsi donc, mes Frères, le Rite que nous pratiquons n’est en rien comparable aux enseignements des églises, de la grande majorité des écoles de pensée ; jamais Il n’affirme détenir la vérité, jamais il ne nous impose un credo ou un dogme quelconque….Le Rite aide et incite chaque maçon à se forger ses propres convictions, lui permet de devenir …ce qu’il a toujours été…mais dont il n’avait pas pris conscience, encombré qu’il était par les scories déposées par tant d’années de vie profane. A cet instant je m’aperçois que je n’ai pas véritablement jusqu’à présent défini et explicité ce qu’est cette fameuse « liberté de conscience »…pour ma part, tout simplement oserais-je dire, je pense qu’il faut entendre par « conscience », « connaissance »qui en est le sens premier. Celle-ci est atteinte lorsque nous œuvrons à tenter de débusquer l’erreur qui masque la vérité, lorsque nous nous efforçons de nous alléger, autrement dit lorsque nous prenons conscience de ce qui est vain, contingent, afin d’aller vers l’essentiel. L’apprenti ayant dépouillé le vieil homme, le compagnon ayant ouvert les bras et les yeux pour embrasser l’Univers, et donc ayant compris qu’il est poussière d’étoiles mais aussi élément central et majeur du Un le Tout, le Maître se révèle alors en tant qu’Etre de verticalité retrouvée, réceptacle de l’esprit du R\M\ Hiram….il est désormais à même de se prendre pleinement en charge….il commence seulement et pleinement à réfléchir, se poser les questions véritables sur ce qui l’a sans doute poussé à frapper à la porte du Temple….qui est-il vraiment ? D’où vient-il ? Où va-t-il ? la vie et la mort ont-elles un sens ? Comment œuvrer pour vivre en harmonie avec soi même, avec ses frères en humanité ? Car c’est en se posant toutes ces questions, et bien d’autres, en pleine liberté de conscience, autrement dit en toute connaissance de cause, que l’initié pourra œuvrer au progrès de l’Humanité, sachant que celui-ci ne pourra être réalisé que par l’amélioration de chaque individu, que les idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ne deviendront pleinement réalisés et efficients que lorsque chaque Frère aura achevé sa quête et aidé ses Frères à parfaire leurs quêtes respectives, dans un souci de justice et d’équité. Mais, bien au-delà de cette recherche de progrès, le R\E\A\A\ ouvre à l’Initié les portes d’un monde empli de mystères et de doutes, d’élévation et de paix, le monde de la spiritualité. Car, ainsi que j’ai pu le dire auparavant, le Rite affirme avant tout autre chose la réalité d’un absolu inaccessible, inaccessible tout du moins à la seule raison cartésienne, l’existence d’une « inaccessible Etoile » a pu dire notre Frère jacques Brel. Ainsi donc s’il est une pratique que le M\M\ se doive de maîtriser, c’est bien celle du doute. Non pas le doute qui angoisse et annihile toute volonté, mais le doute opératif, le doute qui entrouvre les portes de la métaphysique. Par la même, soucieux de s’élever au dessus de sa condition humaine, désireux non pas d’oublier la matérialité, mais de pouvoir accéder aux régions élevés où règne l’Esprit, à « l’Empyrée du divin » chanté par Paul Claudel, le M\M. porte au feu du questionnement et du doute le fer de son jugement….et ainsi forge-t-il sa Foi de Franc-maçon cette foi qu’il sait être partagée par ses Frères en recherche, cette foi qui relie tous les Francs-maçons entre eux et qui, n’ayons pas peur des mots est le fondement même de la Religion Universelle. Cette Religion qui nous accueille tous en son sein si nous ne trahissons pas nos divers serments, ce qui fait de nous des Hommes loyaux envers l’Ordre, loyaux envers la Loi Morale que nous nous devons d’observer et qui est le fondement de notre démarche….et c’est en cela que nous autres Francs-maçons ne pouvons être des « athées stupides ni des libertins irréligieux » ainsi qu’a pu le dire le Pasteur Anderson. Nous sommes à même, de par la liberté totale que nous offre le Rite, d’explorer toutes les voies qui conduisent à l’universel, et bien entendu en tout premier lieu le chemin qui nous permet de descendre au plus profond de nous pour que notre esprit et notre âme se réchauffent et s’illuminent au contact de l’escarbille de sacré qui palpite en nous. L’initiation, la pratique du Rite, ne font pas naître ce feu intérieur, elles nous dessillent les yeux, et c’est en cela qu’un F\ illustre a pu dire que l’Initiation n’était pas la découverte de mondes nouveaux, mais bien la vision du monde avec des yeux neufs. Bien que n’étant pas moi-même pratiquant d’une Religion révélée, ou du moins ne l’étant plus, et après des années de réflexion, il me semble possible pour tout Franc-maçon qui a pris pleinement conscience de la liberté que procure le R\E\A\A\, de vivre en harmonie sa foi de Franc-maçon et toute expérience spirituelle portée par une religion révélée, qu’elle soit Chrétienne, Hébraïque, Musulmane voire Hindouiste….ou par une Sagesse comme le Bouddhisme. De plus, si ces Frères pratiquent la méthode maçonnique avec force, sincérité et la soif de Vérité qui nous assaille tous, autrement dit s’ils ne tiennent rien pour vrai ou faux à priori, alors sans doute vivront ils leur parcours maçonnique et leur vie de croyant en parfaite harmonie…ils ne recevront plus la parole des Evangélistes, du Prophète, des prophètes comme autant de vérités assenées, mais seront aptes à en tirer la quintessence ésotérique, celle qui fera d’eux des Hommes de Lumière et de progrès. Si donc le Rite permet à tous les Frères de concilier liberté religieuse et art royal, alors la liberté de conscience qui préside à l’essence même du Rite a pour corollaire la Tolérance sans laquelle la Franc-maçonnerie adogmatique ne pourrait se revendiquer en tant que Centre de l’Union. J’avoue que le terme de Tolérance a pu me choquer par le passé, empreint qu’il est de ressentis souvent négatifs : « je tolère l’autre alors que je pourrais le mépriser...Je suis indulgent quant aux erreurs de l’autre……je condescends à reconnaître que tu puisses penser différemment de moi….etc. »…..Toute formes de relation à autrui bien évidemment inacceptable pour un initié. Pour ma part je lui ai toujours préféré le terme de Respect qui a une connotation toujours positive, toujours active : Je respecte l’autre, sa manière de penser et ses actions, même si elles entrent en conflit avec ma propre démarche. C’est la liberté de conscience que me permet le Rite qui me rend capable d’accepter tous mes frères en Humanité, car je sais que c’est de la confrontation que risquent d’apparaître quelque étincelle de vérité……n’est-ce point le Rituel d’installation du V\M\ qui affirme que son rôle est de « concilier les oppositions nécessaires et fécondes » ? N’est-ce point là le rôle même du symbolisme que de nous faire comprendre que chacun de nous ne possède qu’un seul fragment du « sumbolon » ? Si la vérité resplendit de mille feux, chacun de nous ne peut en recevoir qu’une faible partie… « La Vérité ni le soleil ne peuvent se regarder de face »…oui, mes Frères, nous sommes confrontés en permanence à notre propre ignorance et il faudrait faire preuve d’encore plus d’ignorance et de fanatisme pour rejeter les idées, conceptions ou croyances de l’autre. C’est à son contact seulement que nous pourrons nous enrichir…et l’enrichir. Un vieux Frère arlésien me disait qu’une de ses plus grandes fiertés était que jamais le sang n’avait coulé au nom de la Franc-maçonnerie sans doute parce que la Franc-maçonnerie et plus particulièrement le R\E\A\A\ se veulent parmi les derniers garants de la Tradition, autrement dit ont puisé au sein de toutes les sagesses, toutes les religions, les éléments qui leur ont permis de se constituer en un système initiatique à vocation universelle. Certes, les fondements même de notre Rite sont plus particulièrement judéo-chrétiens, dans l’affirmation et l’exaltation de l’Unité, ainsi que dans l’évocation à l’Amour qui doit régner parmi les hommes. Mais comment ne pas voir d’évidents liens de parenté entre notre quête et la recherche de la Voie du Milieu de Confucius, entre les valeurs de charité que nous prônons et la charité qui est l’essence même du Bouddhisme ? Oui, tout cela tend à prouver que notre Rite, héritier de tant de traditions, ne peut être que spirituel et bien évidemment ésotérique, et que la Tolérance lui est consubstantielle de par la liberté de conscience qu’il offre à chacun de nous. Vient pour moi le moment de parler d’une chose qui m’est chère : le respect de la Règle et du rituel. La fréquentation de certaines Loges et, avouons le d’autres obédiences m’ont amenés à constater que, malheureusement, certains Frères pensaient que la Tolérance leur permettait de prendre certaines libertés avec le rituel qu’ils ne pratiquaient plus avec la rigueur souhaitée. Voire même que certains Frères, d’autres obédiences il est vrai, pensaient que les rituels étaient, je cite, « des singeries d’une autre époque » !! En toute honnêteté, je ne sais si j’éprouve aussi peu de sentiments fraternels envers ceux-ci qui dénaturent le Rite et risquent de le mener à sa perte, qu’envers ces Frères entrés en Franc-maçonnerie par copinage et intérêt et confondent Maçonnerie et réseau d’influence : deviendrai-je intolérant ? tout humour mis à part, et en toute honnêteté, je ne le pense pas car j’ai toujours clamé qu’il ne fallait jamais confondre liberté de conscience et d’action avec le mépris de la Règle, le mépris du rituel, autrement dit la licence la plus totale, celle qui fait de nous, non pas des hommes libres, mais des libertins. Et j’ai souvent pu constater que ces Frères étaient les mêmes qui vivaient dans l’indifférence à l’autre, soucieux qu’ils sont de leur petite personne, des avantages, faveurs ou honneurs qui pourraient faire d’eux une caste de privilégiés. Alors que le véritable initié, en empathie avec l’humanité entière, se doit de s’intéresser à tout ce qui touche à l’humain, solidaire de toutes les souffrances et injustices, désireux de poursuivre sincèrement au dehors l’œuvre commencée dans le Temple ….autrement dit, le M\M\, grâce au travail effectué sur lui-même, grâce à ses capacités à côtoyer ses semblables est devenu un citoyen éclairé, apte à s’impliquer dans les affaires de la Cité, non pour satisfaire une ambition personnelle, non pour imposer son seul point de vue, mais bien pour apporter un peu des lumières qu’il a mises au jour lors de sa quête, afin de défendre nos idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Certes, mes Frères, je me montre là bien optimiste, utopiste diront certains, emphatique penseront la plupart. Mais affirmer le contraire serait sans doute oublier que, si nous travaillons à la gloire du G\A\D\L\U\, nous avons juré d’œuvrer au progrès de l’Humanité. Oui donc, toute notre quête initiatique nous incite à tendre la main à tous les êtres humains pour former une vaste chaîne de fraternité, car nous sommes censés avoir compris que celle-ci nous relie tous, même celui que nous considérions comme notre ennemi avant le jour de notre initiation ; ne l’avons-nous pas juré lors de notre toute première Chaîne d’Union ? Poursuivons sur cette voie : Le tablier que nous portons, blanc bordé de noir, ne symbolise-t-il pas la lutte immémoriale entre le bien et le mal ? Nous, Maître Secret, nous devons de nous conformer en permanence à la Loi Morale, et ceci est bien évidemment synonyme de toujours avancer fermement, avec persévérance, vers le bien. Certes, toutes les voies de recherche nous sont ouvertes, mais seules celles qui inlassablement nous ramènent vers le Bien sont vivifiantes, car vivre selon la Loi Morale c’est vivre toujours plus libre, c’est acquérir toujours plus de Paix intérieure, c’est adopter ce que je qualifierai d’attitude d’Amour. L’amour que nous nous devons de nous porter à nous même, car comment travailler sur soi si l’on ne s’aime pas, l’amour que nous portons à autrui, la Paix qui naît en nous lorsque nous nous sentons en harmonie avec nous même et avec l’Autre, la joie ressenti lors du devoir accompli, tout cela ne nous rappelle-t-il pas les trois invocations qui résonnent lors de la clôture des travaux au premier degré du Rite ? Peut être le but ultime du chemin est-il de faire abstraction de soi, de ne tendre qu’au don de soi ? Toutes les voies ne se rejoignent-elles pas pour n’en former qu’une seule, celle qui, inlassablement nous mène et ramène à l’Autre, dans un élan que le Christianisme a pu nommer Charité, cet altruisme total que nous invoquons déjà le jour de notre initiation lorsque tous les Frères jurent de donner leur vie pour la défense des tous les maçons en dangers, pour la défense de l’Ordre maçonnique. Et si, tout simplement oserai-je dire, la pratique de cette Charité qui nous rend autrui sacré serait une, si ce n’est La voie qui mène à l’illumination , celle qui nous fait comprendre que l’autre est une parcelle du G\A\D\L\U\, une des ses émanations….cette Charité qui nous fait comprendre que le sacré et l’humain sont intimement mêlés…que la « Lumière que nous avons demandé lors de notre première entrée dans le Temple » nous éclairera véritablement lorsque nous nous serons totalement donné à l’Autre. Voilà venu le moment de conclure une Planche que vous avez sans doute trouvée pour certains trop longue, pour d’autre bien trop exaltée et parfois par la même confuse. Je me remémore les longues discussions avec un vieux Frère du G\O\D\F\ pratiquant notre Rite et qui m’était très proche, discussions âpres mais fraternelles portant sur nos prestations de serment respectives, moi sur le V\L\S\, lui sur les Constitutions de son obédience. Ce Frère, passé à l’Or \Et\ estimait que devoir prêter serment sur la Bible et invoquer le G\A\D\L\U\ aurait été pour lui une entrave à sa libre pensée, une négation totale de sa liberté de conscience. Jamais je n’ai pu lui faire accepter que nous maçons de Rite Ecossais de la G\L\D\F\ et du S\C\D\F\ possédions une totale liberté de conscience pour peu que nous ayons compris que cette Bible, pour laquelle il éprouvait tant d’aversion, était le symbole de la Tradition. Jamais je n’ai pu lui faire admettre que seul un serment prêté sur les Trois Grandes Lumières pouvait établir la base la plus stable qui soit de notre fidélité au Rite, à l’Ordre, et que cette fidélité n’était en aucune façon synonyme de perte de liberté. Les serments que nous avons tous prêtés, loin de nous aliéner, restent à jamais les garants de notre liberté de conscience, celle qui fait de nous des Hommes libres, celle qui seule nous permet d’œuvrer sur nous même à notre amélioration, celle qui seule nous fait accéder in fine à cet altruisme ultime : le don de soi totalement désintéressé, celui que l’on réalise non pas par Devoir, mais par un élan naturel de tout notre Etre.

T\F\P\M\ et vous tous Maître Secret mes Frères, j’ai dit.

Source ; www.ledifice.net

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