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Hauts Grades

Gloire au Travail

2 Septembre 2015 , Rédigé par G\ G\ Publié dans #Planches

Je cite : « La F\M\ est une alliance universelle d’hommes éclairés, groupés pour travailler en commun au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ». Telle est la définition donnée dans le manuel de l’Apprenti.
Cette planche, ou travail, présenté lors de nos travaux, m’a été confié par notre Frère 1er Surveillant très peu de temps après le passage effectif dans ce grade. Comme je viens de le dire dans ma planche d’impressions, l’ampleur de la tâche m’effrayait, je ne savais par où commencer. Lors de travaux récents, j’ai reçu « un coup de pied aux fesses » en entendant la planche sur « La Loge de Compagnon » de l’un de nos FF\. Je me suis senti exhorté à travailler, poussé à sortir, à découvrir tant de notions qui serviront non seulement à la construction de mon Temple mais surtout à LA construction DU Temple. Cette planche m’a révélée un changement d’état à accomplir. Puis ce sentiment s’est mué en sérénité quand j’ai vraiment commencé à me mettre au travail afin de développer « Gloire au Travail ».
Cette planche se compose de 3 parties : une introduction étymologique, un corps composé de 5 paragraphes et une conclusion.

Introduction

Etymologie de gloire :
La première définition trouvée est « béatitude céleste », en particulier dans le domaine de la religion où gloire signifie « grand rayonnement de lumière ». J’ai encore trouvé dans le Lexilogos, dictionnaire internet que Gloire = Splendeur Divine et aussi que la Gloire s’apparente aux rayons de lumière accompagnant les apparitions célestes.
En peinture artistique, une gloire est une auréole enveloppant le corps du Christ.
Par analogie, le Compagnon que je suis voit dans les rayons du Delta Lumineux une gloire.
Nous connaissons tous l’expression profane « Travailler pour la gloire » qui signifie travailler de façon désintéressée, sans profit et qui est vraiment une expression profane, car tout travail apporte. Etymologie de travail :
Du lat. médiéval. trepalium (trépieds) « instrument de torture ».
Le travail est aussi défini par la « peine qu'on prend pour faire quelque chose ».
J’ai trouvé dans la Bible, chez Job, V, 7 que, je cite : « L'homme est né pour le travail comme l'oiseau pour voler ». Mais selon les traductions, le mot travail diffère : il est parfois traduit par misère, ou oppression. Rien de bien engageant. Cette phrase suppose que chaque organisme vivant a son rôle. Le travail serait donc... le travail de l’Homme.
Dès lors, comment travailler ? Avec quoi accomplir sa tâche ? Quand Travailler ? Et qu’apporte le travail ? Et surtout, de quel travail parlons-nous ? Telles sont les questions que le Compagnon que je suis s’est posé.

Partie 1 : Comment travailler ?

Selon que l’on se place d’un point de vue Opératif (manuel) ou Spéculatif (Intellectuel) on pourrait trouver des différences dans le Travail.
Le travail opératif nécessite de manipuler des outils qui ont une véritable utilité pratique pour charrier de la terre, tailler une pierre avec un maillet et un ciseaux, vérifier que le mur est vertical avec un fil à plomb, vérifier que deux murs porteurs sont d’équerre, déplacer un rocher avec le levier afin qu’il ne gêne pas la planéité du sol, vérifier les dimensions avec la règle. Le travail opératif est un travail d’action, de sueur physique, et dont le résultat est directement visible. Ce travail peut s’opérer sur un chantier, ou dans un atelier s’il s’agit de mécanique de précision par exemple. Le travail spéculatif est plus intellectuel. Il nécessite l’action de la pensée et la mobilisation de l’Être tout entier. Le penseur de Rodin travaille-t-il à l’élaboration d’un monde meilleur ? Il n’est pas en action et pourtant il travaille sûrement.
En tant que F\M\ de R\E\A\A\, pour travailler nous avons besoin de notre Rituel. Celui-ci est entièrement basé sur la notion de Travail. On parle d’ouverture et de fermeture des « Travaux », les travaux sont « dirigés » par notre V\M\ en chair tel un chef de chantier, les horaires sont indiqués, le vocabulaire est clair et explicite : nous travaillons à « la Construction de notre Edifice », nous sommes des « Ouvriers », nous touchons un « Salaire », nos tenues sont des «Travaux », les matériaux sortent de la « Carrière »... Notez aussi que tous ces mots commencent par une majuscule où qu’ils soient placés dans une phrase.
Les liens qui nous unissent aux Bâtisseurs de Pyramides ou de Cathédrales sont plus ou moins directs ou fantasmagoriques selon les historiens, mais ce qui est sûr, c’est que notre Rituel n’est pas là par hasard et qu’il est certainement bâti de manière logique. Le Compagnon que je suis a encore du Travail avant d’en percer tous les mystères.
Le travail peut être individuel et/ou collectif. Je souris avec amour et sans moquerie quand j’entends quelqu’un qui dit : « moi, je me suis fait tout seul » ou encore, « ça, c’est moi qui l’ai fait, tout seul ». C’est vrai d’un certain point de vue : le 1er est bien sorti du ventre de sa mère, qui a œuvrée 9 mois, après qu’elle ait travaillé quelques minutes éternelles avec le père ! Elle a été aidée par un obstétricien, qui l’a emmené dans une salle de travail car ...le travail commençait ! Le petit a appris à lire à l’aide d’un professeur, son père lui a montré comment faire du vélo... ! Le 2nd a probablement bâti sa maison seul ! Oui, mais qui a fabriqué les moellons ? Qui a abattu les arbres nécessaires à la charpente, qui a fait les plans ? Le Travail n’est riche que partagé. Chacun apporte sa pierre. Chaque pierre doit, je cite être, « rapprochée d’une forme en rapport avec sa destination ». L’individu est nécessaire et incontournable, mais seul il ne peut rien, ou si peu. Le collectif, le groupe, les collègues, les Compagnons de chantier ou de Loge, tous travaillent dans une même direction.
Travail opératif et spéculatif ne vont pas l’un ne va pas sans l’autre. Avant d’agir il est nécessaire de penser. Et dans l’action, il ne faut pas oublier de penser pour ne pas s’égarer.
A la fermeture des travaux, quand les FF\ sont unis en Fraternité, le V\M\ nous rappelle, je cite, que « bien au delà des soucis de la vie matérielle, s’ouvre pour le F\M\ le vaste
domaine de la pensée et de l’action ». Les 2 sont indissociables.
Avant, les hommes bâtissaient, ou bêchaient des champs de pomme de terre, aujourd’hui la société glisse vers le tertiaire et les services. Nous continuons cependant de travailler.
Le stress a simplement remplacé la sueur, du moins en occident. Le F\M\ travaille à la fois dans le monde profane (opératif) et en Loge (spéculatif).

Partie 2 : Avec quoi accomplir sa tâche ?

Pour travailler il faut des outils. Le mémento du Compagnon les liste et les associe dans des
couples actif/passif ou pensée/action. Ainsi, le Maillet et le Ciseau, symbolisent l’un la volonté, le coté actif et l’autre le discernement, le coté passif qui vient parfaire l’œuvre.
Le Levier (2e Voyage) symbolise la volonté (coté actif) et la Règle la Loi Morale (coté passif). La volonté, ça se travaille. Le levier permet de déplacer des montagnes, à condition de prendre appui sur un support et de garder à l’esprit les règles qui dictent notre conduite. Ce support, c’est justement la Loi Morale. Vouloir absolument, c’est bien, mais la fin ne doit jamais justifier les moyens. La Perpendiculaire (3e Voyage) symbolise la liaison entre le Haut et le Bas, je cite, « suggère l’axe vertical qui relie entre eux les différents plans de la Connaissance ». Cet outil est primordial pour l’Apprenti qui doit s’en servir pour rentrer en lui. Le Compagnon ne doit pas l’abandonner pour ne pas oublier d’où il vient et doit l’associer au Niveau qui, je cite « incite à la recherche d’égalité sur la plan horizontal et nous inspire que nos recherches et nos progrès dans la Connaissance doivent être destinés au Bien de tous ». Le Compagnon doit aller vers les autres. La Marche le lui autorise, les voyages le lui permettent. Les Compagnons opératifs n’accomplissent-ils pas un tour de France pour parfaire leurs techniques et savoirs relatifs à leur métier ? Parfaire son travail c’est s’enrichir du travail de l’autre et inversement.
L’Equerre (4e Voyage) est également un outil important car elle symbolise « la justesse rigoureuse que l’on doit appliquer aussi bien dans le raisonnement que dans le comportement ». Ici aussi le passif et l’actif sont présents. L’Equerre, c’est la droiture, c’est l’expression physique que je travaille ici et maintenant, les pieds dans mes souliers bien ancrés au sol, et la colonne vertébrale qui me soutient me permettent de voir avec discernement. Le dernier outil c’est l’Homme lui-même avec ses 5 sens (1er voyage) qui lui ont permis de découvrir le monde. Après avoir étudié et s’être servis des outils, le Compagnon en est désormais dépourvu et accomplit son 5e Voyage les « mains libres ». Le Compagnon doit alors, je cite « se préoccuper de son propre perfectionnement » afin d’être acteur de la construction de son Temple et du temple Collectif, que l’on peut appeler Humanité. Le Compagnon que je suis a découvert qu’il était le levier indispensable à son propre travail et aussi que le travail doit être mis au profit de la Loge.

Partie 3 : Quand Travailler ?

La réponse à cette question se trouve dans le rituel lorsque le V\M\ demande au F\ 1er S\ « à quelle heure les Compagnons F\M\ ont-ils coutume d’ouvrir leurs Travaux ? »
Réponse : « à Midi V\M\ ». Cette réponse se complète dans le livre de l’Apprenti qui dit que l’homme ne peut être utile à ses semblables que lorsqu’il a atteint le midi de sa vie et surtout, je cite « dès cet instant et jusqu’à sa dernière heure, il doit travailler sans relâche au bonheur commun ». La durée de travail se poursuit jusqu’au minuit de la vie.
Le Compagnon travaille ainsi avant l’Ouverture des Travaux quand il se prépare à la Tenue, pendant la tenue lors de ses prises de Parole et participe alors activement aux Travaux. Après la tenue, le travail se poursuit dans le monde profane, et tel qu’il est dit dans la clôture des travaux en loge d’Apprenti et de Compagnon quand le V\M\ nous renvoie, en nous incitant, je cite, à « continuer à travailler dans la liberté, la ferveur et la joie ». De plus grâce à La Règle à 24 divisions il nous est clairement dit d’employer chaque heure utilement.
Le cadre est posé, la durée n’est limitée que par le passage à L’Orient Eternel, et peut être qu’à ce moment là, nous découvrirons encore que le travail ne fait que commencer ?

Partie 4 : De quel travail parlons-nous et qu’apporte-t-il ?

Qu’avons-nous demandé lors de notre 1ère entrée dans le T\ ? Je cite : « La Lumière ». Rechercher la Vérité, par soi même et grâce aux travaux des F\ F\, tel est notre travail. La tâche est immense, le départ du chemin peut sembler flou, le sommet inaccessible.
Les occasions de s’égarer nombreuses. Oui mais tous les FF\ sont là pour s’entraider, le Compagnon est là pour explorer et découvrir de nouvelles façons de travailler. Les Symboles et leur étude sont des repères qui évitent de partir dans tous les sens. La connaissance et l’application du Rituel rythment et recentrent la recherche. Le Compagnon que je suis ne voit pas la F\M\ en tant qu’école, mais plutôt comme certains FF\ me l’ont déjà suggéré, comme une méthode. Pas une école car cela la réduit et car on n’y enseigne rien magistralement, on n’y impose rien. Une méthode car le Silence, l’écoute, l’observation, l’échange apprennent plus que des heures de bachotage qui annihilent l’Esprit et engluent la Pensée. Les 5 voyages de l’élévation au grade de Compagnon sont très riches en notions nouvelles et variées. Les sujets de travaux nombreux. Une seule vie ne suffira sûrement pas ! En loge de Compagnon la signification du 5e voyage est particulièrement importante. Ce voyage, je cite « est destiné à la Glorification du Travail. Qu’il soit opératif ou spéculatif, le travail est un Devoir Sacré pour l’homme libre car sans lui, rien ne saurait être édifié en vue du Bonheur de l’Humanité ». Cette notion de Devoir Sacrée est primordiale et nous est probablement parvenue des Compagnons du Devoir qui existent encore. Le Travail dont il s’agit est pour le Frère son travail en loge, qui se manifeste par son assiduité, ses prises de parole et aussi dans l’étude des rituels. Il est évident que la transposition de cette notion dans la vie profane ne peut que changer notre rapport au travail et faciliter celui-ci.

Partie 5 : Qu’apporte alors le travail ?

Que ce soit dans le monde profane ou en F\M\, le travail produit de la richesse. Dans le 1er cas cette richesse est transformée en or, qui est la base du système monétaire mondial.
Dans le 2e cas, cette richesse est interne et propre à chaque Frère.
Le travail apporte un salaire. Ce mot est régulièrement présent dans notre rituel. Ainsi, à la page 19 du livre de l’Apprenti, il est dit, je cite, que le « salaire est la Récompense du Travail produit par l’Ouvrier ». Dans le Rituel de fermeture au 1er degré, le V\M\ demande au F\ 2nd Surv\, je cite « où les Apprenti F\M\ reçoivent-ils leur salaire ? ». Réponse : je cite : « à la Colonne B\ ». Le travail apporte de la satisfaction et de la joie. Ici encore le rituel demande, je cite, « si les ouvriers sont contents et satisfaits ? ». De même que nos prédécesseurs opératifs, qui voyaient directement le fruit de leur travail sous le maillet et le ciseau lors de la sculpture d’un chapiteau de cathédrale, nous sommes amenés à voir le fruit de notre travail. Ce fruit est une lente transformation de l’Homme que nous sommes tous et qui s’opère tenue après tenue. Cette évolution s’amplifie et se nourrit des travaux de tous les FF\ de l’Atelier. Le travail nécessite de la concentration sur sa tâche, de la précision et du discernement afin d’accomplir les gestes ou pensées appropriées. Ainsi, le Salaire du F\M\ est le Travail lui-même.

Conclusion

Le travail ne s’arrête jamais. La Chaîne d’Union qui symbolise l’unité, la transmission et la continuité est aussi le symbole que notre travail en Loge ne s’arrête jamais. Que l’un de nos FF\ passe à l’Orient Eternel, qu’un nouveau Frère entre parmi nous... et le travail continue.
Le Travail que nous accomplissons est sans doute, un travail de recherche de la Lumière. Cette Lumière qui nous sera nécessaire lors de notre travail ultime : le passage à l’Orient Eternel. Travaillons sans cesse à cette recherche, et lorsqu’un rayon nous touche, tâchons de le refléter afin qu’il éclaire nos FF\ et SS\ profanes qui en ont autant besoin que nous, tel que cela nous est dit dans notre rituel : « Que La Lumière qui a éclairé nos Travaux continue de briller en nous pour que nous achevions au dehors l’œuvre commencée dans ce Temple, mais qu’elle ne reste pas exposée au regard des profanes ». Le Compagnon\ F\M\ qui vient de terminer ses travaux le manifeste en disant : « Je suis content ».
V\M\ et vous tous mes FF\, Je suis content.
Gloire au Travail !

J’ai dit V\M\.

Source : www.ledifice.net

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