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Hauts Grades

La montagne et la caverne

7 Décembre 2015 , Rédigé par C\ R\ Publié dans #Planches

Dominant le monde des hommes, la montagne se trouve à la limite du ciel et de la terre, elle exprime la rencontre du temporel et du spirituel. Son caractère massif incarne la pérennité et l’éternité. Elle symbolise, pour tous les peuples, la proximité des dieux. La montagne se révèle aussi comme le lieu de la découverte de la présence divine : l’Olympe en Grèce, le Fuji-Yama au Japon, le Sinaï. Le symbolisme de la montagne exprime différentes réalités de l'imaginaire religieux. La montagne sacrée, véritable sommet du monde, constitue le point de contact entre la divinité qui descend de son séjour élevé et l'homme qui monte à sa rencontre. Sur le Sinaï, Dieu conclut une Alliance avec Moïse et le peuple élu. Les montagnes mythiques, sans existence géographique, sont généralement considérées comme le centre du monde, l’axe cosmique autour duquel tourne le ciel. Le mont Méru des hindous se dresse au milieu du monde. Au-dessus de lui, l’étoile polaire (autour de laquelle tournent les autres étoiles) jette ses feux. Au-dessous de lui se trouvent les enfers, et autour de lui se trouve le monde visible. Le symbolisme de la montagne mythique est si fort que dans certaines régions de plaines on a élevé de véritables montagnes artificielles (ziggourats, stupas, pyramides,...). Le symbole de la pyramide est exactement équivalent à celui de la montagne : symbole de la verticalité, de la communication axiale, de la relation terre-ciel. Avant de devenir des tombeaux, destinés à ensevelir les dépouilles royales, dont l’âme libérée allait rejoindre les dieux, les pyramides égyptiennes furent probablement des lieux de rituels où le Pharaon était initié aux Mystères. L'initiation consistait en une mort symbolique et en une renaissance dans un degré spirituel plus élevé; elle se déroulait dans les chambres aménagées au sein de la construction. Le glissement du tombeau symbolique vers le tombeau proprement physique a dû correspondre à une dégénérescence de l'art initiatique.
L'existence de ces chambres signifiait que la pyramide pouvait être gravie non seulement selon les degrés extérieurs, mais également depuis la chambre intérieure. Symbole de la caverne ou du monde cosmique, où séjourne tout individu, la chambre servait de creuset au voyage spirituel de l'initié, en vue d'atteindre le sommet, où l'être communique avec l'Esprit divin. Dans ce cas, l'ascension ne s'effectuait plus le long de la pente extérieure, mais selon l'axe vertical reliant l'être au point culminant de l'édifice. Cette voie directe donnait accès à ce que les Anciens appelaient les “Grands Mystères” ou à la renaissance de l'être humain en tant qu'Être spirituel. La pyramide est un symbole du développement spirituel de l'être humain. Les différents degrés de la pyramide symbolisent les divers niveaux de spiritualité à atteindre. Partant le plus souvent d'une base quadrangulaire symbolisant le monde terrestre, les arêtes et les faces de la pyramide convergent vers un point unique, le sommet. Ce point symbolise le Principe ou l'Unité primordiale, d'où rayonne la manifestation du monde qui nous entoure. Renaître au Principe dont nous sommes tous issus constitue le sens véritable de cette ascension. L'individu passera de son état humain ou sensible à un état supra sensible, du monde visible au Principe non visible, du monde terrestre au monde céleste, de la vision éparpillée à la vision unitaire. C’est le sens profond révélé par la pyramide. René Guénon nous enseigne que la pyramide et la caverne cosmique sont susceptibles d'être symbolisées par deux triangles inversés, le premier contenant le second. La pyramide (ou la montagne) représentée par le triangle pointant vers le haut évoque le monde supra-cosmique et son Principe, figuré par le sommet. La caverne cosmique est assimilée au triangle pointant vers le bas, et symbolise la manifestation du Principe terrestre ici-bas.

La montagne symbolise aussi la verticalité, chère au franc-maçon. C’est un pont entre le bas et le haut, sa fonction consiste à relier les dimensions terrestres et célestes. Comparable à un vase alchimique, la montée opère la mutation du plomb en or. Les révélations s’accomplissent sur les sommets. Selon les religions traditionnelles, la montagne intérieure, comme la montagne physique, est une invitation à s’élever au-dessus du monde d’en bas. Le pèlerin, au terme de l’ascension de sa montagne, découvre la lumière éblouissante de la révélation divine. Il est enfin arrivé au bout de son chemin. Le symbolisme de la montagne, selon moi, est tout autre. J’imagine des hommes de bonne volonté, qui, partant de lieux opposés, et empruntant des voies différentes, progressent lentement vers le même sommet. Chacun choisit son itinéraire, chacun dispose de ses propres capacités, chacun a sa conception de la manière de gravir les flancs de la montagne. Malgré leurs différences, ils sont animés du même désir de s’élever. Ils se rejoindront, tôt ou tard, pour s’apercevoir qu’ils sont encore loin du sommet. Ils découvriront qu’ils ne sont parvenus qu’à une étape de leur évolution, que la vérité n’est pas au bout du chemin, mais qu’elle est le chemin, et que chaque pas vers le sommet est une révélation, une bribe de la vérité. Nous nous rapprochons de ce but ultime, mais nous ne l’atteindrons jamais. En prenant conscience qu’il ne faut pas escalader la montagne pour s’emparer du ciel, mais pour faire descendre le ciel sur la terre, l’homme forgera enfin les outils de sa propre évolution. La représentation de la montagne comme unique lieu spirituel correspond à la période originelle et pure de l’humanité terrestre. Mais lorsque la Connaissance ne fut plus à la portée que des seuls initiés, la caverne devint un symbole spirituel et initiatique plus approprié et plus facile à appréhender. Les cavernes et les grottes étaient les lieux de culte des hommes préhistoriques. Le culte de Mithra était célébré dans des grottes. Mahomet a eu sa première révélation dans la grotte du mont Hirâ. Jésus est né dans une grotte, ainsi que Lao Tseu. La symbolique de la caverne est double : élévation de l'âme ou descente aux enfers. Elle représente à la fois la voûte du ciel et la porte du royaume des ténèbres et des esprits. Dans la caverne, le temps n'existe pas, il n'y a ni hier, ni demain car le jour et la nuit y sont semblables. Elle est le centre du Monde. Lorsque la stalactite rejoint la stalagmite, elle forme le Pilier du monde, qui relie le ciel et la terre. La caverne figure dans les mythes de renaissance et d'initiation de nombreux peuples. Elle est aussi considérée comme un gigantesque réceptacle d'énergie tellurique, et possède un pouvoir de maturation qui l'apparente à l'œuf. Certains rituels d'initiation font donc passer l'adepte par la mort symbolique dans une caverne, ou un tombeau, reproduction artificielle de la caverne, et c'est seulement après être «mort » que celui-ci peut renaître à un niveau supérieur. Le Cabinet de Réflexion est la forme moderne et adaptée à nos mœurs de l'antique caverne initiatique. Entrer dans une caverne c'est faire un retour à l'origine. La caverne est un lieu de passage de la terre vers le ciel. Le Christ est mort, a été inhumé dans un sépulcre creusé dans la roche, est descendu aux enfers, pour ressusciter enfin. Pour Platon, la caverne est un lieu d'ignorance, de souffrance et de punition. Dans une allégorie, Platon imagine des prisonniers enchaînés au fond d’une caverne. Ces prisonniers prennent pour le réel ce qui n’est que le reflet d’une image. Ils sont dans l’illusion totale. C’est pourquoi le monde visible est appelé " le monde des apparences ". Nous croyons connaître, dit Platon, le monde tel qu’il est vraiment, mais en fait, nous n’avons accès qu’à son apparence. Les habitants de la caverne, c’est nous, l’humanité. La caverne, chez Platon, signifie... notre monde, où la marche vers l'intelligence commence par la délivrance de ses liens, et l'ascension hors de la caverne. Un petit nombre y parvient parfois et ceux-ci commencent une ascension libératrice hors de cette caverne vers l'extérieur, vers le monde véritable. Platon pense à Socrate, que les habitants de la caverne (les sophistes) mirent à mort, parce qu'il dérangeait leurs représentations habituelles, en leur montrant le chemin d'une vraie vision intérieure. Platon veut démontrer que le contraste entre l'obscurité de la caverne et la lumière de l'extérieur est le même que celui qui existe entre le monde visible et le monde des idées. Après avoir quitté la caverne et contemplé le monde véritable, le philosophe pourra et devra revenir à l'intérieur pour instruire et éclairer les autres hommes. L'allégorie de la caverne est une métaphore du courage du philosophe, de la prise de conscience de sa responsabilité vis-à-vis des autres hommes, de son devoir de pédagogie. L’homme, nous dit Platon, qui se contente des apparences reste un esclave enchaîné à ses certitudes. La réalité intelligente appartient à celui qui prend le risque de la confrontation à l’autre, qui séjourne dans la Lumière, fut-elle éblouissante. Mais la contemplation béate et aveuglante du soleil est inutile si l'homme ne revient pas ensuite dans la Caverne pour répandre la Lumière à ceux qui sont perdus dans l'obscurité. La foi, l'illumination, est une responsabilité, un engagement, un combat ou alors n’a aucune raison d’être. La méthode maçonnique s’apparente, par certains points, à l’allégorie de la caverne. Le franc-maçon ne se contente pas de regarder les ombres que le monde profane projette sur les murs de sa caverne. Il ne reste pas reclus dans le temple, jaloux de son confort et de son savoir. Par des voyages incessants entre le temple et le monde profane, il apporte sa contribution à l’amélioration de l’Humanité. Visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu trouveras la pierre occulte. La mort profane permet la «descente aux enfers» qui est un voyage souterrain auquel la caverne donne accès et qui, s'il est réussi, permettra d'accéder au sommet de la montagne. Ce sommet n’est atteint que par ceux qui ont visité le centre de la terre, et en sont sortis. Cette mort profane est une seconde naissance. On ne peut sortir de la caverne où nous sommes nés qu’en se corrigeant, en rectifiant sans cesse. Et enfin libérés, nous verrons la lumière.

Source : www.ledifice.net

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Un passant 06/02/2016 18:45

L'auteur Sandrine Desse, dans son roman, L'histoire proscrite, propose une théorie assez intéressante à ce sujet:
"...Ebloui, Cyril caressa respectueusement la pierre du
Sphinx. Tout à son bonheur, il en oublia les hommes
armés qui les escortaient. Alexis le couvait d’un regard
souriant. Dominique, en sueur, peinait à les suivre. Son âge
et son poids ne s’accommodaient pas à cette torride
chaleur.
« – Je suis en train de crever d’avoir fait trois pas et tu
voudrais me faire croire que ce sont des humains qui ont
construit ça ? Si c’était le cas, il y aurait plus de squelettes
que de grains de sable, ici ! Alexis lui tapota doucement le
ventre du bout de son index.
– Cher ami, je pense que le principal secret réside dans
une nourriture moins riche…
– Ils étaient sensés porter bien plus sur leur dos que
moi sur le ventre… Bon Dieu, je suis en train de cuire !
Cyril lui lança un regard incrédule, puis son visage
s’illumina.
– Si ça a l’air impossible, c’est qu’ils ne l’ont pas fait.
L’explication la plus logique est toujours la plus proche de
la vérité. Les théories les plus folles circulent pour
expliquer le mode de construction de ces monuments. Une
des théories qui fâchent le plus les égyptologues est celle de
la pierre réagglomérée à partir de calcaire désagrégé émise
par Joseph Davidovits en 1978. Et pourtant, les dernières
recherches scientifiques tendent à lui donner raison,
d’autant plus que le calcaire argileux est naturellement
présent sur les lieux de la construction. Sa théorie visait à
trouver une réponse pratique aux difficultés liées au
transport, au levage ou à l’ajustement très serré des blocs,
ainsi qu’à d’autres questions réputées insolubles comme la
fabrication des statues et des vases de pierre dure aux
formes fines et à l’aspect de surface soigné qui semblent
impossibles à réaliser par des méthodes de taille, surtout à
une époque où l’outillage était essentiellement de pierre et
de cuivre. Joël Bertho va dans ce sens en affirmant que
d’importants blocs de pierres concaves et convexes
s’assemblent parfaitement au millimètre près ce qui est
impossible à faire en taillant les pierres. Avec une
extraordinaire mauvaise foi, Jean-Claude Golvin a retoqué
ces théories en répondant que la provenance de toutes les
sortes de pierres constituant les pyramides est parfaitement
connue, les pierres des assises étant en calcaire silicieux
provenant de Gizeh même où les carrières sont encore
visibles, le parement venant de Tourah et le granite des
chambres funéraires étant issu des carrières d’Assouan. Il
ajoute en conclusion qu’il ne voit pas pourquoi les
Egyptiens se seraient compliqué la tâche en fabriquant de
la pierre alors qu’ils en avaient à revendre. On pourrait lui
répondre en lui disant qu’ils l’ont fait pour les mêmes
raisons que nous préférons utiliser aujourd’hui le béton
pour nos constructions. Ça facilite la manutention, et ça
améliore l’étanchéité et la solidité de la structure. Mais si je
crois que Davidovits a raison sur le principe, je crois qu’il
se trompe sur la méthode. Il est compliqué de trouver de
l’eau dans le désert, or c’est un élément essentiel pour
agglomérer la poudre de calcaire et un liant quelconque.
Par contre, le soleil est généreux… Avez-vous entendu
parler du four solaire d’Odeillo ? Grâce à lui, on peut
obtenir en quelques secondes des températures supérieures
à 3500°C. Pour en construire un, il suffit de savoir
fabriquer des miroirs. Or, on en a régulièrement retrouvé
dans les sépultures. Et le calcaire entre en fusion à 840°C
seulement. Ce sont bien des pierres moulées. Fondues et
moulées. Ces hommes ne se sont pas inutilement épuisés à
transporter ces pierres monumentales. Ils ont tout
simplement transporté des sacs de poudre calcaire jusqu’au
four solaire et les ont fondus puis moulés directement sur
place, un peu comme nous le faisons avec une
bétonnière…
– Enfin, Cyril, on ne peut pas faire fondre une roche…
Objecta doucement Dominique.
– Ah, c’est nouveau, ça ! Et le magma, c’est quoi, à
votre avis ? De la roche fondue ! Ils n’étaient pas plus bêtes
que nous, nos anciens… Il n’y a aucune raison qu’ils
n’aient pas compris ce phénomène naturel. J’en veux pour
preuve qu’une étude paléomagnétique des deux grandes
pyramides d’Egypte a été récemment menée. Elle est basée
sur l’hypothèse que si les blocs ont été fabriqués in situ par
agglomération leurs moments magnétiques auraient été
tous parallèles, orientés à peu près dans la direction nordsud.
Toutefois, si les pyramides ont été construites à partir
de blocs naturels, extraits et transportés depuis les carrières
voisines, ayant subi une rotation aléatoire au cours du
transport et de la construction, alors les directions de leurs
moments magnétiques seraient orientées au hasard.
L’étude conclut que les paléodirections des trois
échantillons présentent l’orientation commune nord-sud,
ce qui permet de penser qu’ils ont été effectivement
produits in situ.
– Je veux bien, Cyril, mais si le revêtement des
pyramides est effectivement en calcaire, si on le soumet à
une décharge électromagnétique, elles tombent en
poussière. Remarqua Alexis.
– Le docteur Philip Callahan a mesuré le calcaire qui
couvre la grande pyramide. Il est diamagnétique. Le granit
rose utilisé à l’intérieur du bâtiment est en revanche l’une
des substances les plus paramagnétiques qui existent. C’est
un sarcophage efficace contre le magnétisme et qui permet
de protéger les matériaux du monument. Il n’est d’ailleurs
pas exclu que des grains de silice aient été volontairement
ou accidentellement mélangés en quantité infinitésimale
au calcaire en fusion, l’émaillant de petits morceaux de
verre qui est un bon isolant si je ne m’abuse.
– Vous avez raison, mais je ne vois pas de traces de
verre autour de nous. Un four d’une puissance telle qu’il
permet la fusion du calcaire aurait transformé le sable qui
l’entourait en verre et nous en aurions des traces visibles !
– Et le verre lybique ! Il y en a 6500 km carrés… Que
vous faut-il de plus ?
– Le désert lybique… Ce n’est pas à côté ! Ça ne plaide
pas en faveur de la fusion et du moulage in situ…
– Je vous le répète : ne les prenez pas pour des idiots,
ces Egyptiens ! Ce verre lybique n’est pour moi que la
preuve qu’ils ont testé leur méthode et leur matériel avant
de passer aux choses sérieuses. On n’a pas construit la
première bétonnière sur le chantier de l’Empire State
Building, nous !
– Alors pourquoi n’y a-t-il pas de verre autour des
pyramides ?
– Parce que le four n’était pas au sol, tout simplement.
Puisqu’il est communément admis qu’ils maîtrisaient l’art
des échafaudages… Je ne vois pas ce qu’il y a d’impossible
à cela…
– CQFD ! Conclut Dominique en lui donnant une
grande bourrade dans l’épaule...."