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Hauts Grades

Le Maître des Banquets

5 Mars 2016 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches


On ne peut pas dire que cet office soit issu du rituel initiatique, à proprement parler, mais je dirais qu’il nous vient des profondeurs de l’humanité ou partager un repas était et est encore un signe de convivialité, de respect et d’hospitalité. Sans entrer dans la psychanalyse, je dirais que partager les fruits de la Terre, marque et soude l’intégration et l’existence d’un groupe humain et même animal. Dans les sociétés animales structurées comme celles des Loups ou des chiens, on ne mange pas n’importe comment, il y existe une hiérarchie et un ordonnancement que l’on retrouve pendant les Agapes maçonniques.
Mais revenons à notre Maître des Banquets, qui bien souvent, pour des raisons d’opportunité est un apprenti ou un compagnon, ce qui à mon avis ne devrait pas être. Au-delà des apparences son office est plus complexe que de nous faire un repas bon et pas cher. Pour définir cet Office je vais regarder du côté de la Messe catholique et dans le déroulement de cet office, vous pourrez faire les rapprochements utiles avec la Maçonnerie. Dans la Messe, il y a donc l’entrée, la mise en place du rituel puis en allant un peu vite l’enseignement proprement christique ensuite le sermon, et à la fin la communion par les Espèces. Sans faire un gros effort, la Tenue maçonnique se déroule à peu près de la même façon, et sans dire que le Maître des Banquets s’apparente au Prêtre, il faut bien convenir qu’il procède de la même manière. Je rajoute aussi pour celles ou ceux qui vont continuer leur démarche maçonnique, que les agapes sont une préparation pour plus tard, mais ceci est une autre histoire… !
Après les travaux de Loge, le Maître des Banquets prend le relais du Vénérable, pour distribuer et donner des forces matérielles aux Frères, afin qu’ils puissent répandre à l’extérieur les Vérités acquises pendant la Tenue.
Le maître des Banquets continue sur le plan matériel, le travail initiatique commencé dans la Tenue. Il est l’alter ego du maître des cérémonies, car pendant les travaux de table, on ne mange pas, on ne boit pas goulûment, on doit avoir de la Tenue, et il y a même pour les grandes occasions un rituel stricte et précis, et aussi suivant certains rites maçonniques, la lecture d’une planche et sans faire un rapprochement exagéré, il y a une ressemblance avec les repas servis dans les monastères.
Mais si l’on comprend bien, le maître des banquets est la jonction entre le monde des Idées et celui de la Matière, il est le pont nécessaire pour nous ramener à la réalité des choses, tout comme il nous prépare à revenir dans le monde profane. Son rôle n’est pas si anodin que cela, et lui aussi s’inscrit non pas dans une structure administrative mais bel et bien dans un processus initiatique, car le maître des Banquets, ferme les parenthèses du travail maçonnique. Je dirais qu’il cumule d’autre office, comme celui d’hospitalier, en permettant éventuellement à une Sœur ou à un Frère dans le besoin de partager quand même le repas, il est aussi trésorier pour récupérer le triangle dû.
Dans une loge mixte de ma connaissance il y a une pratique qui est très intéressante : au cours du repas, le maître de cérémonies demande le silence et il interroge les Sœurs et les Frères sur les problèmes éventuels que ces derniers peuvent rencontrer dans leur vie de tous les jours. Cela permet de donner du sens aux agapes et je trouve cela très fraternelle.
Mais pour avoir été Maître des Banquets et pour avoir consulté des Sœurs et des Frères qui sont et qui ont été en charge de cet office, la réalité n’est pas idéale. Il faut savoir que la préparation des repas, demande en moyenne, une journée à deux journées de travail par repas, et comme une majorité de Loges a deux tenues par mois, il est facile d’imaginer la contrainte que cela impose aux maçons titulaires. Et après il y a la vaisselle à faire et à ranger ! Le casse tête des Maîtres des banquets, c’est le nombre de convives, et je dois dire que l’unanimité de mes correspondants déplore le manque de respect des sœurs comme des frères. On prévoit pour vingt et il n’y a que dix participants, on s’organise pour dix et c’est vingt qui se met à la table des agapes, alors dans ces conditions, difficile de prévoir non seulement le nombre de convives, mais aussi d’établir un budget stable, et dernier grief, le non respect de la nourriture, car trop souvent on jette le surplus, ce qui attriste mes Sœurs et mes Frères, de voir le peu de cas que certains font des aliments.
Je pense que cet office mérite un peu plus de respect de la part des membres d’une Loge, et que la Sœur ou le Frère, n’est pas comme dans le passé un Frère Servant, avec la connotation de l’époque, un demi-Maçon. Sans oublier que dans l’histoire de la Maçonnerie spéculative, les Loges ont pris leur essor dans des auberges et au cours de repas elles se sont construites dans la forme comme dans le fond. C’est notre alchimiste à nous, car non seulement, il nous nourrit mais il nous donne la Fraternité nécessaire à notre vie de tous les jours et nous sommes redevables, envers le maître des banquets du même respect que l’on peut avoir pour n’importe quel office, car le fonctionnement de la Loge demande et a besoin du travail de tous pour obtenir la cohésion et l’harmonie utile justement au travail initiatique. Le Maître des banquets de part son travail donne la possibilité aux apprentis de parler et de poser les questions qui les taraudent, ave lui nous sommes bien dans un espace temps différent et complémentaire.
Pour clore ce petit travail remplissons nos coupes et portons une santé en l’honneur de tous les Maîtres des Banquets qui se décarcassent à chaque Tenue, buvons ! (Avec modération !)

P\ L\

Source : www.ledifice.net

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