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Les Antédiluviens et les Modernes Louis TREBUCHET Académie Maçonnique 17 Mars

24 Février 2019 , Rédigé par Louis Trebuchet Publié dans #Conférences

   

Le thème qui m'a été proposé pour cette intervention, Anciens et Modernes, m’a semblé suffisamment imprécis pour que je le traite à ma façon. L’opposition Grande Loge de Londres et Grande Loge des Anciens a été traitée maintes fois, par plus savant que moi, et je voudrais citer en particulier le petit livre, aussi concis que précis, publié par Cécile Revauger en 1999, dans le cadre de la collection encyclopédie maçonnique, et intitulé La querelle des «anciens» et des «modernes». Je n’y reviendrais donc pas, mais je vais plutôt m’intéresser à toute la franc-maçonnerie traditionnelle qui existe avant et autour de la Grande Loge de Londres, dans laquelle elle ne se reconnait pas, et qui, nous le verrons, semble connaître un certain troisième degré avant la Grande Loge de Londres, puis le Royal Arch voire même des degrés écossais bien avant la naissance de la Grande Loge des Anciens. C’est pourquoi j’intitulerai plutôt cette planche les Antédiluviens et les Modernes, du nom dont se sont quelquefois affublés ces anciens maçons dans des publications satiriques. Leon Hyneman prend la liberté d’écrire en 1877 : « Le mouvement de 1717 ne fut pas un "renouveau", comme le dit Anderson [] Son histoire est écrite cinq ans après la Révolution et la formation de la nouvelle Grande Loge, mais pas un mot de cet évènement important, ni référence ni allusion à un simple incident, une circonstance, en relation avec elle, le sujet n’a pas de place dans sa publication. Les quatre loges qui se rencontrèrent avec "quelques anciens frères" à la Taverne du Pommier étaient-elles sans connexion ou relation avec d’autres organisations maçonniques ? Quelle est l’origine de ces quatre loges ? Leurs membres doivent bien avoir été faits maçons sous quelque autorité ? Il doit bien y avoir eu une organisation antérieure sous l’autorité de laquelle ils furent reçus et admis dans la fraternité ? Qui étaient ces "anciens frères » ? Sous quelle bannière ont-ils été faits maçons ?» C’est bien ce que nous allons rechercher maintenant. La franc-maçonnerie non-opérative avant 1717 En ce qui concerne l’une des quatre loges fondatrices, l’oie et le grill, sur la place de Saint Paul, nous disposons d’un indice : John Aubrey signale dans un mémorandum rajouté sur son manuscrit de l’Histoire naturelle du Wiltshire : «Ce jour, le 18 mai 1691, lundi qui suit les rogations, il y a une grande convention à l’église St Paul de la fraternité des maçons adoptés, où Sir Christopher Wren doit être adopté frère, avec Sir Henry Goodrie, de la Tour, et divers autres» ce qui outre l’acceptation de Sir Christopher Wren semble témoigner de l’existence dès 1691 d une loge à St Paul. D’ailleurs la loge The goose and the Gridiron, devenue la loge Antiquity a toujours revendiqué que Wren avait été un des Maîtres de la loge, et affiche encore dans ses locaux un tableau censé le représenter. La divulgation de 1730 Masonry Dissected de Prichard donnera la date de 1691 non seulement pour la création de The goose and the Gridiron, mais aussi pour le début de la franc-maçonnerie non opérative. Roger Dachez indique que la salle de la taverne l’Oie et le Grill dans laquelle se tint la Grande Loge de Londres à la St Jean d été 1717 pouvait réunir au maximum une vingtaine de personnes, mais nous trouverons en dehors de Londres, et bien avant 1717, un bien plus grand nombre de francs-maçons non-opératifs, voire symboliques, si non spéculatifs. Le 2 Juillet 1688, un certain John Jones, est le Terrae Filius, chargé de faire la harangue des étudiants pour la fête de l’université de Dublin. C’est dans son discours qu’ apparait la première mention en Irlande de franc-maçonnerie non opérative : «une société de francs-maçons, gentilshommes, opératifs, &c, qui se lieront par le serment de ne jamais révéler leur puissant non-secret, et d’aider tous les frères qu’ ils rencontreront dans la détresse, à l’exemple de la fraternité des francs-maçons de Trinity Collège» Les premières minutes d’une Grande Loge Provinciale en Irlande remontent à la St Jean d’hiver 1726 à Munster, mais la Grande Loge d’Irlande est antérieure à 1725 puisqu’ on rapporte l’élection d’un nouveau Grand Maître cette année-là. Cette franc-maçonnerie connaitra le mot et les signes des maîtres au plus tard en En effet un manuscrit de la collection Sir Thomas Molyneux du Trinity Collège, qui porte la date de 1711, indique « Serrez le maître par la colonne vertébrale, mettez votre genou entre les siens et dites Matchpin. Serrez le compagnon de métier à la phalange et aux jointures et dites Jachquin. Serrez l’apprenti entré aux jointures et dites boaz, ou c est creux ». En ce qui concerne la France, il est possible que les deux premières loges soient deux loges arrivées à Saint Germain en Laye en 1689 dans les bagages, si je puis dire, des régiments de la garde de Jacques II, La Parfaite Egalité, loge du Régiment de la Garde Irlandaise du Colonel Lord William Dorrington qui débarque à Brest le 9 Octobre, et La Bonne Foi loge du Régiment écossais du Colonel Dillon, mais les éléments décisifs de preuve manquent. Le 24 Octobre 1776 la loge La Parfaite Egalité, dont le régiment est alors aux ordres du Colonel Comte de Walsh-Serrant et stationne à Bapaume, demande au Grand Orient de France une régularisation de sa constitution. Le 13 mars 1777 le Grand Orient admet que ses constitutions primitives datent du 26 mars 1688, époque où le régiment se battait pour Jacques II Stuart en Irlande, et qu’ elles ont été renouvelées par la Grande Loge de France le 9 octobre , mais nous ne sommes pas en possession des documents sur lesquels la Grande Loge de France se base en En tout cas on parle de franc-maçonnerie en France dès le tout début du XVIIIème siècle : Les freimaçons, vaudeville sur un air anglais est saisi en 1705 chez le libraire Huchet, qui a semble-t-il des liens avec les jacobites. A York, la maçonnerie opérative est ancienne et solidement établie. Le manuscrit York ms n 4, un ancien devoir, est signé en 1693 par Mark Kypling et contient le nom des cinq autres membres de la loge, dont le surveillant, Mr Isaac Brent, Lodge Ward., et des réunions des « Anciennes et honorables assemblées des Maçons libres et acceptés » sont attestées à York de 1712 à Le plus ancien parchemin de minutes de la loge d York retrace des assemblées en mars 1712, juin, août, décembre 1713, durant lesquelles furent à chaque fois reçus maçons plusieurs gentilshommes. Le président de 1711 à 1713 puis de 1720 à 1723 fut Sir Walter Hawksworth, Chevalier et Baronet, dont un portrait orne encore la loge de York. On peut lire parmi ces minutes, celle-ci, proche de la naissance de la Grande Loge de Londres : « A la loge de St Jean, à la Noël 1716, dans la maison de M. James Boreham, située à Stonegate, York, au cours de la loge générale tenue par l’Honorable Société et Compagnie des Francs-maçons de la cité de York, John Turner, Esq, prêta serment et fut admis dans ladite Honorable Société et Fraternité des Francs-maçons. Signé Charles Fairfax, Esq, Président adjoint ». Une lettre de 1778 du Grand Secrétaire de la Grande Loge de York retrace tous les Grands Maîtres de York de 1705 à Mais c’est en Ecosse que nous trouverons la franc-maçonnerie non-opérative la plus nombreuse, travaillant symboliquement, et connaissant elle aussi le mot de maître bien avant Plus de cent non-opératifs identifiés seront reçus dans les loges écossaises entre 1685, l’accession au trône de Jacques II Stuart, et Six loges écossaises de cette époque sont même constituées en majorité, voire fondées, par des non-opératifs. Dunblane est une petite loge de 13 non-opératifs, membres de la gentry et tous fervents jacobites qui seront relativement assidus, mais ne se préoccuperont guère du métier 17 jusqu’ à 1716, après l’échec de la rébellion Jacobite de 1715, date à laquelle ils laisseront la prédominance aux opératifs. A la Saint Jean d’hiver 1695, 13 maîtres «de la loge d’Hamilton s’établissent en une corporation » et s’obligent à obéir à toutes décisions ou ordonnances des maîtres de la Société pour le gouvernement et l’unité de la loge. La loge de ce tout petit bourg regroupera entre 1690 et 1715 une bonne quinzaine de non opératifs régulièrement présents. C’est la première mention d’une structure regroupant les maîtres non-opératifs au sein d’une loge. Lorsqu’un document écossais, le manuscrit Sloane 3329 révèlera l’existence vers 1700 du mot de maître, de la griffe et des cinq points de la maîtrise en Ecosse, c’est peut-être ici, à Hamilton, qu’il faudra en chercher l’origine. Les deux loges de non-opératifs des comtés des Borders, Kelso et Haughfoot, seront, elles, composées quasi exclusivement de whigs, opposés au papiste Stuart. Elles regrouperont à elles deux une vingtaine de non opératifs, et travailleront suivant le rituel en deux degrés du manuscrit des archives d’Edimbourg de La loge d’Aberdeen, dont le père du pasteur Anderson, vitrier de son état, fut secrétaire et deux fois Vénérable, recevra comme maçons 31 non-opératifs entre 1679 et 1698, pour la plupart des gentilshommes. La loge de Dumfries, petit port de la côte ouest face à l’Irlande, a ceci de particulier qu’elle est créée à l’arrivée dans le bourg d’un bourgmestre catholique, nommé par Jacques II Stuart, et revendique de faire des maçons «en raison de leurs bonnes qualifications de chrétienté », maçons parmi lesquels on notera Francis Maxwell of Tinwald, membre de la «gentry papiste et jacobite» qui manifestera en faveur du prétendant Jacques III Stuart le 29 mai 1714 à Lochmaben. Les diverses minutes de ces loges montrent qu’elles ne fonctionnent pas du tout comme des loges opératives. L’usage y est d’opérer le même jour la réception comme apprenti entré et le passage à compagnon de métier, ce qui est totalement contraire aux usages des loges opératives. Au cours d’une tenue de Dunblane quatre gentilshommes furent reçus apprentis puis passés compagnons après avoir été interrogés entretemps sur des connaissances qui, dans ces conditions, ne peuvent être techniques, mais bien symboliques. Dumfries n 4, manuscrit découvert dans les archives de la loge de Dumfries, qui date des environs de 1700 et semble avoir été beaucoup utilisé, est un des deux anciens devoirs à s’adresser non plus au vrai maçon, mais au franc-maçon, mot qu’il utilisera plusieurs fois. Plusieurs nouveautés importantes s’y trouvent. C’est la première fois que l’assemblée des maçons est prévue à la Saint Jean d’été au lieu de la Saint Jean d’Hiver. C’est la première fois qu’on parle délibérément à celui qui « entre dans l’association pour agrandir ou satisfaire sa curiosité », c’est la première fois qu’on cite des éléments de rituel tels que l’entrée la corde au cou, ou le genou droit dénudé en terre pour le serment. On y parle du Mot, mais aussi de la symbolique : « d’abord qu’il apprenne ses questions par cœur, puis ses symboles, et ensuite on fera comme la loge le juge convenable » Et en effet il semble que « les trois piliers » que sont l’équerre, le compas et la Bible y soient déjà vécus symboliquement : la maçonnerie est « un travail d’équerre » et le maçon doit user de « l’ordre du compas ». Le manuscrit Sloane , proche du Dumfries et daté de la même époque, vers 1700, révèle déjà le signe pénal du premier degré et la batterie du premier degré en trois coups par deux et un, la marche de l’apprenti, et surtout la poignée de main du compagnon ainsi que la griffe du maître qui se révèlent être exactement celles que nous connaissons ajour hui. Il décrit « le mot des maîtres, et c’est Mahabyn qui est toujours divisé en deux mots, et se tenant debout, rapprochés, poitrine contre poitrine, l’intérieur de leurs chevilles droites joints, la griffe des maîtres de leurs mains droites et le bout des doigts de leurs mains gauches tenant serré le creux de la colonne vertébrale de l’autre, et ils se tiennent dans cette posture pendant qu’ils se murmurent à l’oreille l un Maha, l’autre Byn». Nous sommes aux alentours de 1700 et le troisième degré ne sera réellement en usage dans toutes les loges des Modernes que cinquante ans plus tard. La réalité de 1717 Nous constatons donc ici, à tout le moins en Ecosse, en Irlande et en Angleterre, l’existence d’une franc-maçonnerie traditionnelle non-opérative, peut-être pas encore spéculative mais déjà symbolique, plusieurs décennies avant Et pourtant le pasteur Anderson n’en parle jamais, même pas dans ses constitutions de 1738 qui décrivent avec complaisance les évènements de Pourquoi ? C’est que notre pasteur n’est pas aussi neutre qu’on le présente, bien au contraire ! L’étude de deux sermons du Révérend Anderson, de 1712 et 1715, est révélatrice. Nous découvrons dans le sermon d’un pasteur très engagé, aussi bien en religion qu’en politique, qui n’hésite pas à invoquer la destruction de Jérusalem par les armées de Nabuchodonosor dans sa lutte acharnée contre les Papistes et les Jacobites, et pour la future succession de la Reine Anne par le très protestant George de Hanovre. Et son sermon de renvoie au passé la question « qui assassina le roi Charles 1 er Stuart ?», mort qu’il justifierait presque par ses « nombreuses et haineuses provocations commises envers le Peuple de Grande Bretagne », pour la remplacer par la question nouvelle « quel Parti est le plus Loyal au ROI GEORGE ?» Jean Théophile Désaguliers, l’animateur des premières années de la Grande Loge de Londres, Grand Maître en 1719, orateur lors de l’installation du duc de Montagu en 1721, député Grand Maître en 1722 et, n’est pas d’une opinion différente et en outre il est bien placé à la cour du nouveau roi, George de Hanovre. Appointé en 1714 comme chapelain de l’église St Laurent à Little Stanmore par le futur duc de Chandos, payeur-général des armées, il obtient aussi une rente du Lord High Chancelier, William Cooper. Le ton du récit de 1717 par James Anderson dans ses constitutions de 1738 est assez clair. Il commence ainsi : «Le roi George 1 er entra à Londres de la manière la plus magnifique le 20 septembre Après que la rébellion fut réprimée en 1716, les quelques loges de Londres » Le premier Grand Maître noble de la Grande Loge de Londres, en 1721, James 2 -ème duc de Montagu, sera un whig convaincu qui lèvera spécialement un régiment de cavalerie pour s’opposer à la tentative du prince Charles Edward Stuart en Tout cela ressemble fort à la reprise en main par le pouvoir whig d’une fraternité où les whigs sont minoritaires, à une époque où la récente accession au trône de George de Hanovre, trois ans plus tôt, ne fait pas l’unanimité, où l’on dit que 5 écossais sur 6 sont Jacobites. Parmi la centaine de francs-maçons écossais non-opératifs vivant encore en 1717, que j’ai étudiée, je dirais qu’un tiers est jacobite ou quaker, et un quart whig. Qua un gouvernement totalement whig, après avoir porté sur le trône George de Hanovre à la place de Jacques III Stuart en 1714, après avoir maté le soulèvement militaire Jacobite à Sheriffmuir en 1715, après avoir assuré sa prédominance au parlement par le Septennal Acta en, ait la volonté en 1717 de contrôler la société civile et donc la franc-maçonnerie n’a rien d’étonnant. On ne s’étonnera donc pas que quelques jours avant la St Jean d été 1722, la Grande Loge de Londres, inclinée à maintenir le Grand Maître Montagu en fonction, se rende en délégation auprès de Lord Townshend, pour « l assurer de son zèle envers la personne de sa majesté et son gouvernement », ce à quoi le secrétaire d’état répond « qu’ils ne craignent aucune molestation de la part du gouvernement, aussi longtemps qu’ils ne s’occuperont que des anciens secrets de la [maçonnerie] ». La réaction jacobite ne se fera pas attendre. Dans les semaines qui suivent, le duc de Wharton, de retour d’Europe où il s’est converti à la cause jacobite 38, prend la Grande Maîtrise en 1722 par un mini coup de force. Il la perdra l’année suivante, mais la lutte d’influence, perdue à Londres par les jacobites, se poursuivra sur le sol français. Jacobites et modernes en France de 1725 à 1737 La première loge française attestée est fondée en 1725 par Charles Radcliffe of Derwentwater, James-Hector Clean of Duart et Dominique O Heguerty, ainsi que l’indique l’article Franc-Maçonnerie rédigé pour le supplément de l’Encyclopédie par le Frère Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande. Cet article fut un temps mis en cause, mais il semble que les meilleurs historiens jugent maintenant raisonnable d’y accorder un certain crédit. Ce que ne dit pas notre savant astronome, et néanmoins Vénérable de la loge Les Neufs Sœurs, c’est que les fondateurs de 1725 ne doivent rien à la Grande Loge de Londres de 1717 et sont tous trois fervents jacobites, très actifs à la cour de Saint Germain. Les deux frères James et Charles Radcliffe of Derwentwater sont petits-fils de Charles II Stuart. James, le frère ainé, a été décapité à la Tour de Londres le 24 Février 1716, et Charles le sera à son tour le 8 Décembre Une question se pose : où et comment nos trois fondateurs ont-ils, selon l’expression écossaise, « reçu le mot de maçon » ? Gustave Bord avance que Charles Radcliffe of Derwentwater aurait pu connaître la franc-maçonnerie par le Chevalier de Ramsay, encore faudrait-il que celui-ci ait été maçon à l’époque. Or Ramsay n’a été initié qu’en mars 1730 à la loge The Horn de Londres. James Fairbairn Smith imagine que Derwent water aurait été reçu maçon à Dilston Castle lors de rencontres avec son frère James et les barons écossais. André Kervella suppose que Dominique O Heguerty, aurait pu connaître la maçonnerie par son frère Patrick, capitaine du régiment d’infanterie de Dillon. Gustave Bord relève effectivement Patrice Heguerty comme membre de la loge la Bonne Foi, mais sans citer ni ses sources ni la date. Une seule chose est sûre, c’est la relation entre Allan Cameron of Lochiel, gentilhomme de la chambre du prince Edouard et membre de la loge écossaise de Dunblane, et James Hector MacLeane, qui remplit en même temps que lui le rôle d’agent de liaison des jacobites avec les clans des Highlands. On sait qu’ils se connaissent et se sont rencontrés. Bien que le plus jeune, ce serait peut-être lui le véritable fondateur de la loge, ce qui expliquerait qu’ il ait été pendant plusieurs années «Grand Maître des loges du Royaume de France», avant de passer la main au Comte de Derwentwater à la Saint Jean d’Hiver Car si la concurrence whig s est transportée sur le sol français avec la loge Au Louis d’argent le 3 avril et la tenue à Paris en 1734 d’une loge où la Grande Loge de Londres était représentée par le duc de Richmond et Jean Théophile Désaguliers, en présence de l’ambassadeur d’Angleterre, Lord Waldegrave, membre de la loge londonienne l’oie et le grill, la Grande Maîtrise française est encore jacobite en Mais le gouvernement anglais interviendra politiquement auprès du Cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV par l’intermédiaire notre Lord Waldegrave. L’abbé de la Garde indique dans son gazetin du 19 Septembre 1737 « Les freys-massons politiques disent que cette défense de s assembler a été sollicitée par l ambassadeur d’Angleterre, de l’ordre de son maître qui appréhende que Mylord Derwenhouater grand maître de cet ordre et jacobite outré, ne se serve de toutes ses associations en faveur du Prétendant et contre son gouvernement ». L’intervention sera efficace puisqu’ à partir du 24 juin 1738 le Grand maître ad-vitam sera un pair de France, le duc d Antin, initié dès avant Septembre, peut-être à Aubigny par le duc de Richmond. Le rameau Jacobite aura alors perdu le pouvoir de direction de la Franc-maçonnerie Française, au profit du rameau Andersonien, mais il aura eu le temps de transmettre les premiers degrés écossais. En France, le 25 Novembre 1737, Charles Radclyffe of Derwentwater, Grand Maître de la très ancienne et très illustre société des francs-maçons dans le royaume de France, remet au Baron Carl Fredrik Scheffer un pouvoir pour la Suède de « faire des maîtres-maçons et de nommer les maîtres et les surveillants des loges qu’il constituera ». Ce digne Baron, ambassadeur de Suède, pays dont l’appui logistique était très sollicité par les Jacobites, avait été reçu maçon dans la loge du Grand Maître, où il avait aussi reçu « les deux autres grades de Saint Jean ainsi que deux grades écossais » Antédiluviens et modernes en Angleterre de 1723 à 1737 En Angleterre cette fois, un certain nombre de documents attestent que toute la franc-maçonnerie n’avançait pas à la vitesse de la Grande Loge de Londres. Les Constitutions d’Anderson de 1723 ne connaissent pas le troisième degré. Les Obligations d’un franc-maçon qu’elles incluent citent toujours les compagnons au pluriel et le maître au singulier, réservant cette appellation pour le maître de 9 loges. La troisième partie des Constitutions, les règlements généraux dus à George Payne, continuent de même, jusqu’ à la description des réunions trimestrielles de la Grande Loge dans laquelle ils stipulent « les apprentis ne doivent être reçus maîtres et compagnons qu’à cette occasion, sauf dispense  » Ces deux appellations étaient donc confondues pour la Grande Loge de Londres. Et pourtant nous trouvons un texte anonyme, publié dans une gazette londonienne, The Flying-Post, en Avril 1723 soit quelques mois avant la publication des premières Constitutions d’Anderson, qui contient des éléments troublants sur le troisième degré dans ces quelques vers : «Un maçon entré j’ai été, Boaz et Jachin j’ai vu ; En compagnon j’ai juré, c’est plus rare, Et je connais la pierre taillée, le diamant, et l’équerre : Je sais très bien la part du maître, Comme un honnête Maughbin vous le dira.» Alors le Maître dit : « Si un maître-maçon tu veux être observe bien la règle des trois ; et ce qu’en maçonnerie tu voudras Ta marque et Maughbin t en rendront libre » Un autre document anglais, vraisemblablement de la fin du premier quart de siècle, apporte-lui aussi un éclairage sur la coexistence de deux sortes de maçons. Dans un manuscrit comprenant deux autres catéchismes datés respectivement de 1724 et 1725, se trouve un texte intitulé Un dialogue entre Simon, un maçon de la ville, et Philip, un maçon passant. Les analystes s’accordent tous pour estimer que son contenu est bien similaire aux plus anciens catéchismes d avant Il présente la particularité d’ajouter des notes aux questions et réponses. La note (a) est intéressante : « Tous les compagnons et frères me reconnaissent comme tel : C’est la manière dont les anciens maçons répondent à cette question. Mais les nouveaux maçons sous le règlement de J. T. Désaguliers répondent seulement Je le suis ». Il semble bien que «les nouveaux maçons sous le règlement de J. T. Desaguliers» soient ceux de la Grande Loge de 1717, que Le dialogue entre Simon et Philippe date de la même époque que les deux autres textes du même manuscrit, 1725 environ, et que cette note ne fasse que confirmer la persistance, en parallèle avec la Grande Loge de Londres, de cette tradition plus ancienne de la maçonnerie que nous avons rencontrée avec les rituels manuscrits antérieurs à Le Nota Bene de la note (h) prend alors tout son intérêt. Le candidat est introduit par un apprenti entré qui frappe trois grands coups à la porte et le rédacteur du manuscrit note : « La raison de ces trois coups n’est pas connue des apprentis mais du Maître. Cela vient d Hiram le Grand Maître dans le temple de Salomon, assassiné par trois apprentis et achevé par le troisième coup que le dernier apprenti lui donna » Il n’est pas question ici de compagnons, mais d’apprentis. Est-ce une forme primitive du mythe ? Les minutes de la société Philo musicae et architecturae Apollini confirment aussi la progression maçonnique en trois degrés du frère Charles Cotton. Plusieurs fondateurs de l’association « avaient été faits maçons le 22 décembre 1724 par sa Grâce le Duc de Richmond Grand maître, qui alors constitua la loge, immédiatement après quoi Charles Cotton, esq, fut fait maçon par le dit Grand Maître [] Et avant que nous fondions cette société, une loge fut tenue, composée d’un nombre de maître suffisant dans ce but, afin de faire passer Charles Cotton, esq, M. Papillon Ball et M. Thomas Marshall Compagnons de métier ». Enfin « le 12 mai 1725 nos bien aimés frères et directeurs de cette très vénérable Société dont les noms suivent, frère Charles Cotton, esq, Frère Papillon Ball furent régulièrement passés maîtres, le frère F X Geminiani fut régulièrement passé Compagnon de métier et maître ». Enfin une coupure de presse datée de 1726, retrouvée dans un ensemble de coupures similaires dans les archives de la Grande Loge de Londres s’avère être une charge contre les innovations du Dr. Désaguliers présentée comme une convocation adressée « à tous les maçons qui ont été faits à la manière Antédiluvienne ». Sa date n’est pas tout à fait certaine, mais l’ensemble des éléments et références extérieures à la maçonnerie qu’ elle contient sont cohérents avec Elle annonce «plusieurs conférences sur l’Ancienne Maçonnerie, particulièrement sur la signification de la lettre G. et comment et de quelle manière les Maçons Antédiluviens formaient leurs loges, montrant quelles innovations ont récemment été introduites par le Docteur et quelque autre des Modernes» Plus intéressant encore, elle confirme la connaissance par ces maçons «antédiluviens» de la légende du meurtre d Hiram : «avec toute l’histoire du fils de la veuve tué d’un coup de masse, trouvé ensuite trois pieds Est, trois pieds Ouest, et trois pieds perpendiculaires, ainsi que la nécessité qu’ il y a pour un maître de bien comprendre la règle des trois.» Francis Drake, un célèbre historien de l’époque, reçu maçon dans une loge à York le 6 Septembre 1725, élu Second Grand Surveillant de la Grande Loge d York le 27 décembre de la même année, dans son «discours donné à la Vénérable et Ancienne Société des Maçons Libres et Acceptés lors de la Grande Loge tenue à Merchant s Hall, dans la cité de York, pour la St Jean le 27 Décembre », fait lui-aussi allusion aux trois degrés, dans le style grandiloquent et ampoulé de l’époque : «Le temple de Belus, ou les remparts de Babylone mille ans avant la construction du Temple de Salomon, sont des témoignages suffisants, ou au moins donnent de bonnes raison de penser, que les trois quarts de la terre devaient alors être divisés en Apprentis Entrés, Compagnons de Métier, et Maîtres Maçons» Outre la division en trois degrés reconnue ici sans problème à York dès 1726, on notera aussi qu’ il n y est pas encore question de la Grande Loge de Toute l’Angleterre dont parlera William Preston dans les éditions tardives de Illustrations of Masonry. Emergence du Royal Arch, du Royal Order of Scotland, et des degrés écossais Ces évolutions parallèles à la Grande Loge de Londres, qui montrent dans certains cas une progression rapide vers le troisième degré alors que certaines loges des Modernes, mais aussi de l’Ecosse traditionnelles, ne le connaîtront pas avant la  seconde moitié du siècle, s’accompagnent d’une émergence de degrés ultérieurs, Royal Arch, Royal Order of Scotland, ou degrés Ecossais, qui seront attesté bien avant la création de la Grande Loge des Anciens en Alain Bernheim s’est penché dès 1997 sur les premières apparitions en Grande-Bretagne de degrés écossais 68. La plus ancienne mention connue d écossais n’est pas française mais anglaise. Une Loge des maçons écossais se réunissant à la Taverne du Diable, Temple Bar, à Londres, apparait sous le n 115 dans la liste manuscrite de Rawlinson en 1733, ainsi que dans la liste gravée de Pine en Mais rien n’indique qu’il s’agisse du degré de Maître Ecossais ; ce pourrait être une loge de maçons originaires d’Ecosse. L’affaire se précise avec une minute de la loge de Bath, petite ville du Somerset : « Le 28 octobre 1735 la loge se réunit exceptionnellement et notre digne frère le Dr. Kinneir fut admis et fait maçon [] Nos dignes frères Henry Balfour, esq, William Nisbett, esq, and le Dr Theobald furent passés maîtres. A la même date la loge des maîtres se réunit exceptionnellement et les dignes frères suivants furent faits et admis Maîtres Maçons Ecossais Jacob Skinner Maître, Johnson Robinson Premier Surveillant, Thomas Bragg Second Surveillant, John Morris, Richard Ford, James Vaughan, Wm. Nisbett esq., Henry Balfour esq., Docteur Troy, Edward Pembridge. Etaient présents Hugh Kennedy Maître Ecossais, David Threipland Premier Surveillant Ecossais, David Dappe Second Surveillant Ecossais  » On constate ici que le maître et les surveillants écossais sont venus d’une autre loge pour apporter le degré de Maître Ecossais, y compris au maître et aux deux surveillants de la loge de Bath. Dans son interrogatoire par l’inquisition de Lisbonne, le 1er Août 1738, le Colonel Hugo O Kelly, maître de la loge irlandaise de Lisbonne, utilise les appellations utilisées au degré de Royal Arch : «et il y a deux classes supplémentaires qu’ ils appellent Excellents Maçons, et Grand Maçon, qui sont au-dessus de tous les autres, et supérieurs à ce que lui, le témoin, pratiquait 71» De même que la loge de Bath, d’autres loges firent des maîtres maçons écossais en cette période très précoce. En 1740 c’est la loge de Bristol, voisine de quelques miles de celle de Bath. Cette même année c’est aussi la loge Antiquity (ancienne loge de St Paul), ce qui est tout à fait significatif compte tenu de son ancienneté, et de sa place de doyenne de la Grande Loge de Londres. Mais il faut cependant que ce soit un frère de la loge n 17, The Mourning Bush qui vienne d Aldersgate pour présider la tenue et apporter le nouveau degré de Maître Ecossais. En mars 1743, John Coustos, fondateur en 1736 à Paris de la loge A la ville de Tonnerre  plus connue sous le nom de Coustos-Villeroy, puis Vénérable Maître d’une loge à Lisbonne, est interrogé sous la torture par l’inquisition portugaise. Son récit de la légende du meurtre d Hiram ne présente que de minimes variantes par rapport à Masonry dissected, cependant il ajoute une phrase significative : «quand le fameux Temple de Salomon fut détruit, on trouva sous la première pierre une tablette de bronze sur laquelle était gravée le nom suivant, Jehova, qui signifie Dieu », phrase qui évoque clairement le Royal Arch. C’est d’ailleurs à peu près à la même époque qu’ apparait en Ecosse la première mention du Royal Arch Britannique, dans une minute du 30 Juillet 1743 de la loge de Stirling : «Mungo Nicol, cordonnier, et le Frère James McEwan, étudiant en Théologie à Stirling, ont été trouvés qualifiés, et furent admis Maçons de Royal Arche de cette loge » de même qu’ en Irlande, à la loge de Youghall, la procession de la Saint Jean d’Hiver 1743 incluait «Quatrièmement le Royal Arch porté par deux Excellents Maçons ». Enfin le 23 Novembre 1743 apparait dans un journal de Londres la première mention du Royal Order of Scotland, dans une convocation : «Les frères du H-d-m Ecossais, ou l’Ordre ancien et honorable de K-n-g, sont invités à rencontrer le Grand Maître du dit Ordre, et le reste des Grands Officiers  En 1744 le Dr. Fifield D’Assigny fait paraître à Dublin un Enquête sérieuse et impartiale sur les causes de la décadence actuelle de la franc-maçonnerie. Il y déclare, parlant de la cité d York : « Je suis informé que dans cette cité se tient une assemblée de Maîtres Maçons sous le titre de Maçons du Royal Arch » et raconte le conflit entre deux frères, l’un ayant été fait Maçon du Royal Arch à York, et l’autre, Maçon du Royal Arch de Londres, qualifiant le précédent d imposteur. La même année, 1744, on peut lire à Bruxelles dans La Franc-maçonne « L’ignorance est si générale, que la plupart des maîtres et des surveillants ne savent pas encore que la maçonnerie soit composée de sept grades, et la loge générale même a décidé à l’aveugle, le 11 décembre 1743, qu’elle ne regarderait les maçons du quatrième, c’est-à-dire, les maîtres écossais, que comme de simples apprentis et compagnons. » En effet, le 11 Décembre 1743, quelques jours après la mort du Duc d’Antin et la veille de l’élection à la grande maîtrise du comte de Clermont, le marquis de La Cour de Balleroy, député du Duc d’Antin, signe  des Règlements généraux extraits des anciens registres des loges à l’usage de celles de France. Ces règlements, dont les 19 premiers articles sont empruntés aux constitutions d’Anderson, condamnent dans leur article 20 les prétentions et les exigences de Maîtres Ecossais et détermine qu’ils «ne seront considérés par les frères que comme les autres apprentis et compagnons, dont ils doivent porter l’habillement sans aucune marque de distinction quelconque » A l’évidence, les rédacteurs de ces règlements ne reconnaissent comme légitimes que les degrés d’apprenti et de compagnon. Il apparait donc clairement qu’à cette époque, des deux courants concurrents de la franc-maçonnerie en France, l’un, autour du duc d’Antin, suit le lent cheminement de la franc-maçonnerie anglaise d’Anderson vers le troisième degré, alors que l’autre, initié par Derwentwater et MacLean, l’a précédé dans le troisième degré et progresse déjà dans l Ecossisme. Le 14 juin 1745, paraissent les Statuts dressés par la R L St jean de Jérusalem gouvernée par N T C F Louis de Bourbon Grand Maitre de toutes les L régulières de France  précisant le rôle des maîtres écossais et confirmant l’existence de degrés supérieurs à celui-ci : «Les maîtres ordinaires s assembleront avec Les maîtres Les parfaits et Irlandais trois mois après la St jean, Les maîtres Elus six mois après, Les Ecossais neuf mois après, et Ceux pourvus de grade supérieurs quand ils le jugeront à propos.» Il s’agit ici de la filière de l’Ecossais des trois JJJ, appelé aussi Ecossais de Paris ou Ecossais de Clermont, pratiquée par les loges filles de Clermont, telle que Saint Ferréol à Marseille, Saint Jean des parfaits amis à Metz, ou La Vertu à Mayence. Une autre filière, celle du Grand Ecossais est personnifiée par un homme, le frère Charles de Valois, qui en sera Secrétaire et Archivaire, ou Garde des sceaux, à tous les degrés de à Maître parfait, Parfait illustre Irlandais juge des ouvriers, Maître Anglais, Grand Ecossais ou Ecossais grand architecte, Chevalier de l’Orient, Prince de Jérusalem et Chevalier du Soleil, tous ces degrés sont attestés entre 1747 et Notons comme un indice de l’origine de cette filière que le bijou de ce maître écossais est bien particulier, un compas porté par un triangle pointe en bas. Ce même bijou se trouve en exergue d’une patente de 1747 signée du frère de Valois Grand Secrétaire, encore lui, et délivrée par le «Grand Maître de la seule et véritable Loge Ecossaise saint Edouard fondée à Paris sous les auspices du Très Excellent Maître Derventwater » Or ce bijou n’est autre que celui du degré de Heredom of Kilwinning, premier degré du Royal Order of Scotland que nous avons vu apparaitre en Angleterre en Est-ce une coïncidence si Heredom, heirdom, veut dire héritage, si Edouard est le prénom commun aux deux prétendants jacobites, le père et le fils, et si Charles de Derwentwater vient de mourir pour leur cause? Le Royal Order of Scotland donnera le 22 Juillet 1750 une patente de Grand Maître Provincial à William Mitchell avec pouvoir de constituer en Europe des Chapitres de Heredom of Kilwinning et de Knights of the Rosy-Cross. Un autre série de degrés peuvent aussi semble-t-il être rattachés aux Jacobites, ce sont les degrés de vengeances, y compris le Chevalier Kadosch, dont l’origine se trouve dans les rituels de 1750 de l’Ordre Sublime des Chevaliers Elus qu’ André Kervella et Philippe L’Estienne ont découverts à Quimper et à Poitiers De multiples indices rattachent cet ordre aux Stuart, ne serait-ce que la fin délibérée de l’ordre en 1752, ultime fin des espérances Jacobites Enfin l’origine de la filière des Elus Parfaits Grands Ecossais de Bordeaux, est bien connue. Etienne Morin reçoit ce grade du Capitaine-Général William Matthews, Gouverneur Général des Iles anglaises sous-le-vent, Grand Maître provincial de la Grande Loge de Londres 96, lors de son séjour forcé à Antigua en Ce même Morin reçoit le 26 juin de la Respectable Mère Loge de Londres une patente l’autorisant à établir des Loges de Perfection, et fonde alors une Parfaite Loge d’Ecosse à Bordeaux Les Elus parfaits 98. Nous pouvons donc constater qu’en 1750, à la veille de la création de la Grande Loge des Anciens à Londres, notre franc-maçonnerie écossaise est déjà quasiment constituée, et pour une grande part en provenance des îles Britanniques d’ailleurs. Nous ne descendons donc pas plus de la Grande Loge des Anciens que de la Grande loge des Modernes. En réalité la Grande Loge des Anciens comme la Franc-maçonnerie écossaise, descendent toutes les deux de cette tradition maçonnique non-opérative qui a précédé la Grande Loge de Londres d’un demi-siècle. Ce n’est qu’en 1804 que la Grande Loge Générale Ecossaise réunira les loges écossaises de France sous un rituel traduit des anciens, mais ceci est une autre histoire.

Source : https://docplayer.fr/21175299-Les-antediluviens-et-les-modernes-louis-trebuchet-academie-maconnique-17-mars-2012.html

 

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