Mercredi 27 avril 2005

 

Souvent associée au Régime Féodal, la Chevalerie puise, en fait, ses racines au Néolithique où naquirent en effet : les notions de guerre et de guerrier.

Dès l’âge de Fer, de par la valorisation : de l’arme, du cheval, et d’une élite se consacrant exclusivement à l’art de la guerre, apparaît un ordre aux droits, devoirs, rites et codes d’honneur bien déterminés.

Ces principes associés à la remise des armes viriles de la coutume germanique, cérémonie au cours de laquelle l’adolescent né libre, reçoit la framée et le bouclier, complétée ultérieurement de préceptes chrétiens, seront les bases de la chevalerie médiévale.

Jusqu’au 4 ème siècle, le Christianisme rejeta catégoriquement la guerre et les guerriers, mais à défaut de pouvoir supprimer ceux-ci, l’Eglise les incorpora progressivement dans un système de valeurs(la guerre juste et injuste de Saint Augustin :354 à 430) et finit par les canaliser en faveur de ses intérêts, la guerre est alors légitimée voire sacralisée.

La légitimité augustinienne de la guerre autorise également la récupération des valeurs païennes glorifiant la Force, le culte du Héros, la mort transfiguratrice au combat, l’accent mis sur le « Dieu des Armées » et le développement du culte des saints militaires tels Saint Michel et Saint Georges, s’inscrit pleinement dans ce cadre. Ainsi au guerrier brutal, l’Eglise propose une voie l’autorisant par le métier des armes, et selon sa propre nature d’agir afin de réaliser harmonieusement sa double vocation temporelle et spirituelle.

Idéalement, l’image du chevalier accompli comme des impétrants à l’initiation chevaleresque requiert une triple disposition :

 

  • Une disposition physique : le chevalier doit être bel homme car la beauté corporelle au Moyen Age ne peut être que l’expression de la beauté de l’âme et de la beauté morale.

« …Toi, qui surpasses en beauté les enfants des hommes, ceins toi de l’épée… »

 

  • Une disposition d’âme : soulignant les valeurs héroïco-viriles d’honneur, de fidélité, de sacrifice, d’amour du combat, enrichies des apports chrétiens de pitié, de charité et de protection du faible. Cet ensemble devant participer à créer un genre d’homme aux rapports clairs et ouverts au goût marqué de la hiérarchie déjà soulignée par le lien féodo-vassalique et maintenu par la permanente angoisse de « faillir », ceci permettant de comprendre et d’apprécier tant d’actes héroïques :

« …c’est à cette loi qu’obéit Foucart, l’orphelin qui ne permet pas à son seigneur, le Comte de Flandres de monter le premier à l’échelle, à la périlleuse échelle qui doit conduire les barons chrétiens jusque sur les remparts d’Antioche, mais qui après avoir dit sans amertume ces trois simples paroles :Si je meurs, personne ne me pleurera, s’offre comme victime, rejette son blason derrière ses épaules, empoigne à deux mains l’échelle, fait une longue prière à Dieu, s’élance et ne laisse que le second rang…à des héros tels que Bohémond et Tancrède… »(Léon Gautier).

 

  • Une disposition d’esprit :Soulignons avant tout qu’au Moyen Age, le monde est perçu comme un ensemble de symboles et de signes par lesquels, se manifeste l’action divine. La disposition intéresse donc « …les diverses attitudes vis à vis du monde spirituel…mythes et …symboles comme à la diversité de l’expérience religieuse elle même… »(JuliusEvola).

Cette disposition a pour finalité : l’acquisition des valeurs de Liberté et de Vérité, celles là mêmes décrites dans l’Evangile de Saint Jean en ces termes : « …si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples et vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous libèrera… », car seules la Liberté et la Vérité participent à l’éveil divin du chevalier, ne serait-ce qu’au travers de son engagement au service des réalités transcendantes comme :

           

1.      le Roi : représentant de Dieu sur Terre.

2.      la Dame :miroir de la Beauté divine.

 

Dès lors, dans sa quête, en repoussant le mensonge, image de disharmonie et en reconnaissant pour unique loi, la Fidélité, reflet de l’esprit humain à l’essence divine, le chevalier se fait l’agent accompli des desseins de la Providence.

L’investiture chevaleresque ne s’acquiert qu’au travers d’une phase de maturation où temps, travail, discrétion et discipline demeurent les maîtres mots.

Ainsi, l’enfant à l’âge de 7 ans, damoiseau, s’il est de haute lignée, valet s’il est de plus petite naissance, reçoit les rudiments d’équitation, d’escrime, et de chasse.

Vers l’âge de 12 ans, le jeune garçon débute son apprentissage sous la direction de son père, de son oncle, voire d’un protecteur. Pendant plusieurs années, il servira ce maître en qualité de valet de table ou d’écurie et l’accompagnera à la guerre où il porte ses armes.

La majorité chevaleresque octroyée vers 15 ans au 12ème siècle, tient en fait à l’aptitude du candidat ainsi qu’au développement de sa force physique. Une fois celui-ci reconnu comme apte, l’écuyer entre en chevalerie selon un rite de passage spécifique : l’Adoubement.

Au 13 ème siècle, la christianisation complète de ce rite, fait que cet Adoubement est assimilable à une véritable ordination allant se dérouler en trois temps :

                         

-         La préparation : qui comprend elle même : le jeûne, la confession, la veillée d’armes dans la solitude d’une église par référence à la descente en la matrice dépouillant « le vieil homme », à laquelle fait suite au petit matin : le bain lustral, naissance et remontée vers la lumière du « nouvel homme », ainsi que la communion et la remise de vêtements neufs.

 

-La consécration : qui a valeur de mutation individuelle marquant l’entrée dans la voie d’un perfectionnement initiatique.

Concrètement, elle s’exprime par la bénédiction du futur chevalier, la remise de l’épée bénite, le baiser de paix ou transmission du souffle divin, la paumée : coup de poing porté sur la nuque afin que le chevalier puisse s’éveiller et veiller dans la Foi en Christ, la remise des éperons d’or et du cheval au symbolisme bien défini.

 

- Les Festivités, où repas, danse, joute, clôturent la cérémonie.

 

L’Adoubement, en fait, induit un ensemble de conséquences dans la vie du chevalier. Celui-ci, en effet, est maintenant tenu à des droits de Justice et de Protection ainsi qu’à des devoirs spirituels, temporels et personnels.

 

                        Des devoirs spirituels :en tant que chrétien, il doit se soumettre aux seuls enseignements de l’Eglise, auxquels s’ajoutent :

 

                        -La Défense de l’intégrité de la Foi, ou lutte contre toutes formes d’hérésie.

                       

                        -La Défense des biens de l’Eglise.

 

                        -La Charité envers les faibles et les démunis.

 

 

                        Des devoirs temporels :avec le respect du serment de « Foi et Hommage » envers son seigneur immédiat.

 

                        Des devoirs personnels :à travers l’observance de ses propres valeurs, le chevalier exprime la voie chevaleresque tout en restant fidèle à lui-même et aux engagements acceptés le jour de son Adoubement.

 

Devoirs spirituels, temporels, et personnels étant on ne peut mieux récapitulés par la Trinité :

« Mon âme à Dieu, ma vie au Roi, l’honneur à moi… ».

 

A côté de ces précédents purement descriptifs, la richesse première de la Chevalerie réside dans la puissance et l’omniprésence de son symbolisme exprimé au travers de la Voie Chevaleresque elle même, de l’armement propre du chevalier auquel on peut adjoindre la science héraldique sans faire abstraction quant au rôle de la Dame et de son archétype sublimé : la Vierge Marie.

Qu’en est-il de la Voie Chevaleresque ?

Celle-ci est pleinement réalisée par l’interaction entre elles de 2 assises, l’assise temporelle et l’assise spirituelle qui toutes deux, prendront leur sens entier à l’occasion des croisades.

 

L’Assise Temporelle, exotérique apporte au chevalier, un ensemble de valeurs allant lui permettre de mettre pleinement en place son vis à vis spirituel, elle s’exprime principalement au travers :

 

  • Du Port des Armes, aussi bien de fer que symboliques placées sur l’écu, contre partie  des servitudes morales dont le corps est le socle.

 

  • De l’acceptation de verser son sang, de faire don de sa vie pour expulser l’âme bestiale et libérer l’âme immortelle par une mort sereine et triomphale :

 

« …la Voie Chevaleresque est toute entière centrée…sur une vision sacrificielle de la vie…au sens…de l’acte de rendre sacré…de réunir le moi au Soi et de là…de retrouver sa semblance divine… »(Gérard de Sorval).

 

  • De la bienfaisance envers tous ceux qui permettent de mettre l’épée au service de l’Ordre Divin car l’essentiel n’est-il pas de détruire l’ignorance et le chaos, de sauver la Création et de la recentrer sur le Principe ?

 

  • De la prouesse et de la loyauté soulignant l’Honneur, pièce maîtresse de « l’homme vrai ».

 

  • De la largesse par mépris du profit.

 

  • De la courtoisie, qui définit les rapports et devoirs de « l ‘homme vrai » à la Dame.

 

 

L’Assise spirituelle de la Voie Chevaleresque, ésotérique par définition, en constitue la partie centrale par laquelle le chevalier accède à la plénitude de son état et se son être.

L’Assise ou fondement spirituel s’articule autour d’un ensemble regroupant :

 

  • La quête et l’aventure : qui autorisent toutes deux, la rencontre avec soi même par les épreuves traversées car le chevalier doit s’éprouver lui même et garder une constante vigilance.

 

  • La double conquête : condition indispensable de la rencontre avec le Divin et impliquant :

 

1.        La petite guerre sainte ou confrontation aux forces extérieures, épreuve sanglante contre l’infidèle, par exemple.

 

2.        La Grande Guerre Sainte, combat mené contre l’ennemi intérieur, il s’agit ici à l’image de Saint Michel ou de Saint Georges de « …vaincre le Dragon… », sans pour autant le détruire mais en le canalisant à l’aide de cet objet opératif que demeure : la lance, élément fécondant et solaire. En s’enfonçant dans le monstre, symbole de la matière hostile au Divin, celle-ci marque alors autant la fixation et l’orientation positive du chaos que sa spiritualisation.

 

 

  • La maîtrise de sa monture, c’est à dire de son moi pour accéder au Soi. Le chevalier est un cherchant qui se réalise dans l’action pour une cause supérieure, ce qui le conduit à spiritualiser la guerre, l’amour et la mort, qu’il doit vivre avec la même intensité afin de les accomplir intégralement.

 

  • Le culte de la Beauté, en tant qu’image de Dieu.

 

  • La soumission à la Dame, image de l’âme pure et de la perfection spirituelle.

 

 

Quid du symbolisme de l’armement du chevalier ?

Celui-ci s’ensource dans l’épître aux éphésiens de Saint Paul :

 

« …Tenez vous donc debout avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse et pour chaussures le zèle à propager l’Evangile de Paix, ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre les traits enflammés du Mauvais, enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est à dire : la Parole de Dieu… ».

 

A chaque attribut du chevalier, correspond une valeur propre, au casque : celle de l’Intelligence, à la cuirasse : la Prudence, aux gants : l’Honneur, à l’écu : la Foi, aux éperons d’or : la Tempérance, à la lance : la Sagesse, à l’épée : la Parole de Dieu qui ordonne la Création, détruit l’ignorance et maintient la Justice comme la Paix.

L’épée est aussi le lien vertical entre le ciel et la terre par lequel communiquent le Principe et les hommes. Ainsi donc porteur de l’épée croix, le chevalier est la vivante figuration du Christ dont il prépare le retour sur Terre.

Comment dès lors, ne pas voir en cette épée un être vivant en symbiose avec son porteur et ne pas lui attribuer un nom comme Durandal ou Excalibur dont le pouvoir créateur s’exprimera à la moindre prononciation de nom en question ?

 

Quant au cheval, « …véhicule de la quête spirituelle… », dont la maîtrise n’est que le reflet de la maîtrise intérieure du cavalier, il se confond dès l’obtention de la dite maîtrise en l’image parfaite de la puissance dominée par la raison.

C’est alors Pégase, maîtrisé par Bellérophon, s’élevant vers le monde céleste.

 

Que dire de la science héraldique ?

Pour le chevalier, l’écu armorié demeure le support à l’aide duquel l’initiation va se réaliser en lui-même, ainsi le contenu symbolique de ses armes est l’ossature intime et spirituelle du cherchant, de même que sa vocation dévoilée dans le plan divin.

Le mode opératif des armes se déploie selon deux éléments :

 

  • L’écu, divisé en neuf parties, 9 étant le symbole du « nouvel homme » que demeure tout chevalier dont l’âme est régénérée par l’effusion du Saint Esprit.

 

  • Les éléments qui prennent place sur l’écu, dont la disposition et la nature expriment « le programme » que le chevalier se propose de mettre en action pour accomplir sa quête graalique.

 

 

Qu’est-ce que le Graal, néanmoins ?

Tantôt vase sacré ayant servi à Jésus pour l’Eucharistie et à Joseph d’Arimathie pour recueillir le sang du Christ, tantôt livre, tantôt pierre verte, le Graal se présente comme l’image du Centre Royal de soi-même ou Centre Primordial, qui seul conduit au Centre Suprême où réside le Principe.

Ainsi, la Quête du Graal est la seule à conduire à la restauration androgynale de « l’Age d’Or », état premier et sacré où l’homme et Dieu, vivaient en équilibre harmonieux.

 

Dernier élément de la symbolique chevaleresque et non des moindres :

La Dame, au rôle magistral de par l’obligation qu’elle impose au chevalier à maintenir sa quête dans la juste voie, lui permettant ainsi d’espérer devenir : modèle de Victoire et de Justice, à l’image du Christ.

La Dame, dès lors, renvoie à la Vierge Marie vénérée jusque sur le bûcher par Jacques de Molay, dernier maître de l’Ordre du Temple car la Vierge, image voilée de la Schekinah kabbalistique, apparaît comme le lien absolu qui relie les mondes supérieur et inférieur, comme la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.

 

Fraternité guerrière  d’hommes libres épris de Vérité et d’Absolu, la Chevalerie se démarque par ses nobles idéaux qui ont pour noms : Courage, Epée, Cheval, Graal et Dame, qu’il importe de poursuivre et de défendre car la mort dans la juste voie ne peut être que sublimée :

 

« …il est là, gisant le Comte Roland et a voulu se tourner du côté de l’Espagne, il se prit alors à se souvenir de plusieurs choses, de tous les pays qu’il a conquis, et de douce France, et des gens de sa famille, et de Charlemagne don seigneur, qui la nourri ; il ne peut s’empêcher d’en pleurer mais il ne veut pas se mettre lui-même en oubli et réclame le pardon de Dieu, il lui a tendu le gant de sa main droite et Saint Gabriel l’a reçu. Alors sa tête s’incline sur son bras et il est allé mains jointes à sa fin, Dieu lui envoya deux de ses Anges Chérubins : Saint Raphaël et Saint Michel, Saint Gabriel est venu avec eux, ils emportent l’âme du Comte au Paradis… »(Chanson de Roland)

 

                                                                                                                        O.G :

par Olivier publié dans : chevalerie
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Mercredi 27 avril 2005
 - Zohar III 5a sur 1:3 Dans le livre de Rab Hammenouna le Vieillard, on interprète ainsi les paroles du verset suivant : "Et cet homme était plus grand que tous les enfants du Levant". Il était grand parce que, comme lui même, son épouse craignait le Seigneur. De même, ici, l'Ecriture dit : Yhwh est grand quand il est uni à Élohim. C’est pour cette raison que ce cantique (Ps. 48:1) a été chanté le second jour de la semaine. Mais comme Yhwh devait un jour se séparer d’Elohim, le mot "bon" ne figure pas dans la narration de la création du second jour de la semaine, ainsi que l'Ecriture dit: "Il n'est pas bien que l'homme soit seul" (Gen. 2:18). Quand l' "Homme" est seul, le mot "bon" ne figure pas.

2 - Zohar II 34a sur 1:4 - 1:5 - 1:10 Pour Job, I'Écriture dit : " Ses fils vont et font un festin dans la maison de l'un d'eux, en ce jour. Ils envoient et invitent leurs trois sœurs à manger et boire avec eux. ". L'ange accusateur requérait contre Job pendant tous les jours que ses enfants faisaient la fête; mais il ne pouvait s'attaquer a lui, ainsi qu'il est écrit "N'est-ce pas toi-même qui l'as couvert, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui, autour ?" (1:10). Job n'offrait qu'a Dieu, et ne donnait pas sa part à la Sitra Ah’arah, ainsi qu'il est écrit : "et fait monter des montées d'après le nombre de tous". Mais pourquoi le Saint, béni soit-il, punit-il Job pour ne pas avoir offert sa part au démon ?— Parce que, si Job l'eût fait, il aurait détourné le démon de la partie sainte, qui aurait pu alors s’élever dans le monde d'en haut. Comme il n'a pas agi ainsi, le Saint, béni soit-Il, le punit. Remarquez que c'est parce que Job ne voulait pas unir le Bien et le Mal qu'il a été puni ; d'abord, il était heureux; ensuite, il devint malheureux; et, enfin. il redevint heureux. Dieu nous indique par la que l'homme doit examiner le Bien, ensuite le Mal, et enfin revenir au Bien ; c'est dans ce principe que consiste le mystère de la Foi. Remarquez que Job était un des serviteurs du Pharaon ; c'est pourquoi l'Écriture dit : "Ceux d'entre les serviteurs du Pharaon qui craignirent la parole du Seigneur..." (Exode 9:20). Remarquez en outre que le Saint, béni soit-Il, ne voulait pas déplacer Job de son pays où il protégeait le Pharaon ; ce n est qu’après que Job tomba en défaillance que Dieu se vengea du Pharaon.

3 - Zohar II 32b-33a sur 1:6 Rabbi Éleazar ouvrit une de ses conférence de la manière suivante: Il est écrit : " Et c'est le jour, les fils d'Elohim vinrent se tenir devant Yhwh Mais le Satân vint aussi avec eux ". Les mots : " Et c'est le jour " désignent le premier jour de l'an, durant lequel le Saint, béni soit-Il, juge le monde. De même, dans le verset suivant : "Le jour arriva, et Élisée vint là" (IV Rois 4:11), l’Ecriture désigne la fête du premier jour de l’an. " les fils d'Elohim " désignent les anges supérieurs qui servent de messagers en ce monde pour examiner les œuvres des hommes. L’Ecriture ajoute: "... viennent se tenir devant Yhwh (àl Yhwh), ainsi qu'il est écrit : "J'ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l’armée du ciel autour de lui a droite et a gauche" (III Rois 12:19). Mais on peut également voir, dans cette expression "al Yhwh", le grand amour que le Saint, béni soit-Il, porte à Israël. Car ces anges parcourent le monde durant toute l’année pour connaître les actions des hommes ; et, lorsqu'arrive le jour du jugement, ils se constituent leurs accusateurs. Or, remarquez que, de tous les peuples du monde, Israël est le seul dont les oeuvres soient examinées, parce que les Israélites sont les enfants du Saint, béni soit-Il. Et quand les actions des Israélites ne sont pas trouvées telles qu'elles doivent être, les anges messagers qui se constituent en ce cas les adversaires d'Israël, deviennent en même temps,—-s'il est permis de s'exprimer ainsi,—les adversaires de Dieu lui-même, attendu que quand Israël commet de mauvaises actions, il affaiblit,— s'il est permis de parler ainsi,—la force du Saint, béni soit-Il. Mais lorsque, au contraire, il commet de bonnes actions, il prête de la force et de la puissance au Saint, béni soit-Il; et c'est pourquoi l’Ecriture dit: "Donne de la force a Elohim" (Ps. 48:35). Comment donne t-on de la force a Élohim ? En faisant de bonnes œuvres. Aussi, en ce premier jour de l'an dont parle l’Ecriture, les anges accusateurs, en se levant contre Israël, s'élevèrent également contre Dieu ; et c'est pourquoi l'Ecriture dit "àl Yhwh" ; L'Ecriture ajoute: " Mais le Satân vint aussi avec eux ". Par le mot "aussi", L’Ecriture nous fait voir que les autres anges venaient également pour requérir contre Israël, [33a] auxquels venait se joindre Satan lui-même qui est le plus grand accusateur de tous.

4 - Zohar III 219a sur 1:8 Pendant qu'ils parlaient, un jeune homme arriva et dit : La génération de Job était coupable, et Satan est venu pour l'accuser. Alors le Saint, béni soit-il,lui dit : " As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable ". C'est pour sauver toute la génération que le Saint, beni soit-il, lui opposa Job. Ceci est comparable à un pasteur qui voit un loup se jeter sur son troupeau ; il lance contre lui un bouc, le plus fort du troupeau, et pendant qu'ils sont aux prises les autres sont sauvés. Le Saint, beni soit-il, fait ainsi pour chaque génération ; il met un juste aux prises avec Satan. Rabbi Siméon dit : Heureux le sort du juste qui souffre pour sa génération ! Il sera leur chef ; et Moise n'a été jugé digne de devenir le Pasteur d'Israël que parce qu'il a souffert pour eux. Il sera aussi leur Pasteur dans le monde futur; car il les a sauvés par la Loi et par les bonnes actions. Pourquoi le bras droit était-il frappé d'abord ? C'est ainsi qu'agissent aussi les médecins pour la saignée, le cote gauche étant trop près du cœur. Mais si la première saignée est insuffisante, on en pratique une seconde sur le bras gauche.

5 - Zohar II 33a sur 1:7 - 1:8 - 1:9 Le Saint, béni soit-Il, ayant vu que tous les anges messagers se préparaient de porter des accusations, dit immédiatement a Satan : "D'où viens-tu ? " Le Saint, béni soit-Il, ne savait-il donc pas d'où Satan venait ?—Mais il voulait, par cette demande, amener Satan a parler du sujet qu'il voulait. L'Ecriture dit: "Le Seigneur dit a Satan : D'où viens-tu ? Et Satan lui répondit: J'ai fait le tour de la terre et je l'ai parcourue tout entière". Nous inférons de ces paroles que la direction de la terre est confiée a des chefs célestes, excepté celle de la Terre sainte. Comme Satan disait : ""De naviguer sur terre et d'y cheminer ", le Saint, béni soit-Il, prévit qu'il voulait requérir contre Israël ; et c'est pourquoi l’Ecriture ajoute immédiatement après : "As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable à lui ?" C'était le moment de donner sa part a Satan, afin de l'occuper ainsi et de détacher sa pensée d'Israël, ainsi que cela a été déjà dit. Ce cas est comparable à celui d'un pasteur qui veut faire passer un fleuve a son troupeau, etc. Aussi Satan se jeta- t-il immédiatement sur sa victime et ne requit plus contre Israël. L'Ecriture ajoute: " Le Satân répondit à Yhwh et dit : "Est-ce gratuitement que Yove frémit d'Elohim ?" Est-ce étonnant, disait Satan, qu'un serviteur craigne son maître qui lui accorde tous ses désirs ! Prive-le de ta providence, et tu verras alors s'il te craint réellement ou non. Remarquez que, lorsqu'Israël est en détresse, il se libère des accusations de Satan en lui jetant sa part. De là vient le sacrifice du bouc qu'on doit offrir le premier jour de chaque mois, ainsi que le jour du grand pardon ; Satan étant occupé de sa part néglige de requérir contre Israël. Dans le cas de Job, il était nécessaire d'accorder a Satan une victime issue d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Apres cela, on vint dire à Abraham que son frère Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Oust son aîné', etc‘ (Gen. 22:20). Remarquez en outre qu'au moment ou Satan dit a Dieu : " De naviguer sur terre et d'y cheminer ", il se proposait de requérir contre Israël, et cela en raison de la faute commise par Abraham en ne blessant pas Isaac après que celui-ci eut été lié sur l'autel : car Abraham n'avait point le droit de changer un sacrifice déjà placé sur l’autel contre un autre, ainsi qu'il est écrit : "Et le sacrifice ne pourra être changé, etc" (Lév. 27:10). Or, Isaac avait été déjà placé sur l'autel ; et cependant Abraham le changea contre un bélier, sans avoir blesse son fils auparavant. De même que contre Abraham, Satan requerrait également contre Joseph, et cela pendant plusieurs générations. Dans toutes ses requêtes, Satan se basait sur la justice. Aussi, a partir du moment ou Isaac fut changé contre un autre sacrifice, le Saint, béni soit-Il, se chargea de procurer à Satan une victime issue de la race d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Outs son aîné, etc‘ (Gen. 22:20). Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est base sur la justice et l’équité ; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intime du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas.

6 - Zohar I 224a-b sur 1:21 Un mystère de la tradition explique ainsi les paroles de l'Ecriture : "Et ils savaient qu'ils étaient nus" (Gen. 3:7). Cela veut dire: ils savaient réellement qu'il leur manquait cet habit précieux qui est forme des jours sans péché ; et ailleurs il est écrit : "Tes yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe; et tous sont écrits dans ton livre; les jours sont créés, et il n'en reste pas un seul" (Ps. 134:16). En effet, a Adam il n'est plus reste un seul jour; et aussi n'avait-il aucun habit pour se couvrir. Lorsqu'il a fait pénitence, le Saint, béni soit-Il, le reçut et le revêtit d'autres habits, mais non plus de ceux formés des jours, ainsi qu'il est écrit : "Le Seigneur Dieu fit a Adam et a sa femme des habits de peaux dont il les revêtit" (Gen. 3:21). Remarquez que l’Ecriture dit d'Abraham : "Il est venu avec les jours (ba bayamim)" (Gen. 14:1), parce qu'il était digne. Aussi, en quittant ce monde, trouva-t-il en haut tous les jours, de sorte qu'aucun des habits précieux qu'ils forment ne lui manquait. De Job, l’Ecriture dit : ""Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai là", parce qu'il ne lui restait plus aucun habit pour s'en revêtir. Heureux le sort des justes dont tous les jours sont bien remplis. En quittant ce monde, ils s'unissent ensemble et forment [224 b] les habits précieux dont le juste est revêtu et a l'aide desquels il arrive à jouir des délices du monde futur et a ressusciter au moment de la résurrection ; car tous ceux dont les âmes sont revêtues des habits formes des jours ressusciteront, ainsi qu'il est écrit : "Et ils se lèveront debout comme les vêtements" (Job 38:14). Malheur aux coupables de ce monde a qui les jours pendant lesquels ils ont commis des péchés manqueront dans le monde futur où ils ne trouveront de quoi se vêtir.

7 - Zohar II 32b sur 2:3 - 2:5 Et ailleurs il est écrit : "Le Seigneur te garde de tout mal" (Ps. 121:7). Il résulte donc de ces versets que le Saint, béni soit-Il, voit toutes les œuvres que l'homme accomplit dans ce monde, les bonnes autant que les mauvaises, ainsi qu'il est écrit : "L'homme peut-il se cacher devant moi, de sorte que je ne le voie, dit le Seigneur" (Jér. 23:24). Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, c'est ainsi ; mais, remarquez que l’Ecriture dit : " envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Et un peu plus haut il est écrit : " Mais tu m'incites contre lui à l'engloutir gratuitement ". Ces paroles nous démontrent que Satan a l'autorisation de requérir contre les hommes qui ne méritent point de tomber entre ses mains. Quant a la raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il, donne pareille autorisation a Satan, c'est un mystère ; et l'homme est indigne d'approfondir les mystères des lois divines ; il n'est pas permis aux hommes de s'appliquer a pénétrer les raisons des lois divines et les mystères de la Loi, si ce n'est aux justes, amis de la vérité, qui connaissent les mystères et qui marchent dans la voie de la Sagesse.

8 - Zohar II 33a sur 2:5 - 2:6 Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est basé sur la justice et l’équité; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intimes du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime-les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas. Alors le Saint, béni soit-Il, lui dit: Je jure par ta vie qu'il t'arrivera la même chose que tu as conseillée au Pharaon, ainsi qu'il est écrit : ", envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Ainsi, il a été jugé comme il avait jugé les autres. Bien qu'en toute autre occasion Job craignit le Seigneur, il avait péché contre Dieu en donnant ce mauvais conseil au Pharaon. Remarquez que l’Ecriture ajoute : "... mais préserve son Néfesh ". Ainsi, Dieu autorisa Satan a exercer son pouvoir sur la chair de Job, en raison du mystère renfermé dans les paroles suivantes : "La fin de toute chair est venue devant moi" , ainsi que cela a été déjà expliqué .L'Ecriture dit : "La fin de toute chair...",et non pas : "La fin de toute vie..." Car la "Fin" émane du coté des ténèbres, ainsi qu'il est écrit : "Il a mis une fin aux ténèbres, etc.." (Gen. 6:13). Car il y a une autre "Fin" qui émane du côté droit, et que l'Ecriture désigne sous le nom de "Fin du côte droit". C'est pourquoi Dieu n'autorisa la "Fin du côté gauche", qui émane des ténèbres, a s'attaquer qu‘aux os et a la chair de Job "nais non pas à sa vie".

9 - Zohar III 43a sur 3:3 Remarquez qu'au moment où l'homme se sanctifie pour s'unir conjugalement à son épouse, un esprit sacré réveille un autre esprit saint composé de mâle et femelle ; et le Saint, béni soit-Il, fait signe à un messager céleste prépose à la grossesse et lui confie ce dernier esprit en lui indiquant l'endroit où il doit le déposer, ainsi qu'il est écrit : "Et la nuit dit : ÇUn mâle est conçu". La nuit dit a ce chef céleste mentionne: Un homme est conçu d'un tel. Le Saint, béni soit-Il, donne a l'esprit destiné a descendre ici-bas des conseils et lui fait des exhortations, ainsi que cela a été dit. L'esprit descend alors accompagné d'une image ; cette image accompagnait déjà l’esprit t en haut au moment de la conception, et c'est avec la même image que l'esprit descend en ce monde. Tant que cette image se tient près de l'homme, celui-ci peut subsister sur la terre. C’est pourquoi le roi Salomon exhorte les hommes en disant : "... Jusqu’à ce que le jour se lève et que les ombres disparaissent" (Cant. 2:17). Il parle de deux ombres.

10 - Zohar III 43a sur 3:3 C'est donc a cause de la lumière de la lune que le mot "Meoroth" est écrit de façon incomplète (dans Gen. 1 :16 : Dieu dit : "Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années) ; car, outre que sa lumière est cause d'une maladie enfant, sa lumière est inférieure a toutes les autres, et parfois même elle est obscurcie et ne reçoit plus sa nourriture du soleil. L’Ecriture ajoute: "...Dans le firmament du ciel". C'est le firmament qui renferme toutes les lumières. Rabbi Isaac, au contraire, dit : C'est le firmament inférieur qui n'a aucune lumière de lui-même ; nous l'appelons "Malkouth", "ciel", "terre d’Israël" et "terre de vie". Ainsi, en disant "dans le firmament du ciel", I'Ecriture entend le firmament qu'on désigne sous le nom de "ciel". C’est pour ces raisons que le mot "Meoroth" est écrit sans la lettre Vav. Pourquoi plutôt cette lettre qu'une autre ? Parce que, sans le Vav, qui est le symbole de l'Esprit saint, c'est la mort qui règne dans le monde. Par les mot « iehi meoroth (que les lumières soient faites) mots écrits de façon incomplète, l’Ecriture fait allusion à la femelle des démons appelée "Lilith", qui a reçu l'autorisation de résider dans le monde. C'est également a elle que font allusion les paroles de l’Ecriture: " Petits et grands sont là, et le serviteur libre de son maître ", et ailleurs : "Le Seigneur fera voir sa magnificence en ce lieu-là ..; les vaisseaux à rames ne prendront point leur route par là et la grande galère n'y passera point" (Isa. 33:21). C'est pourquoi également l'Ecriture ajoute : "C'est là où "Lilith" se retire ; cest là où elle trouve son repos" (Isa. 34:14). Rabbi Eleazar dit : Le mot "Meoroth" (lumières) est écrit de façon incomplète parce que les lumières dont nous jouissons ici-bas ne sont que le reflet des lumières supérieures, tel un fer-blanc réfléchissant la clarté d'une chandelle.

12 - Zohar I 179b sur 3:26 Rabbi Siméon a en outre commencé à parler de la manière suivante: Il est écrit : " Je ne m'apaise pas, je ne me calme pas, je ne me repose pas: l’exaspération est venue ". Remarquez combien nombreuses sont les peines des justes en ce bas monde; ils sont accablés de maux sur maux, de souffrances sur souffrances, pour devenir dignes du monde suprême. Combien Jacob n'a-t-il pas souffert! Le verset cite s'applique à lui: "Je n'ai pas conservé de repos", dans la maison de Laban, dont je ne pus me séparer de bon gré. Le terme "de tranquillité" désigne la douleur que Jacob éprouva lorsqu'il se vit persécuté par Esau et son ange tutélaire Le terme "et de sérénité" désigne la peine que Jacob éprouva lors de la séduction de Dina. La phrase: "Et la colère est tombée sur moi" désigne la douleur que Jacob éprouva à la suite de la vente de Joseph par ses frères, douleur d'autant plus grande que Jacob aimait ce fils plus que tous les autres, parce qu'il était l’image du mystère de l'Alliance. Mais, après tant de souffrances endurées, Dieu récompensa Jacob par l'objet même qui causait sa douleur...

13 - Zohar III 215a sur 4:7 Phinéès, fils d'Eléazar, fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël" (NOMB. 25:11). Rabbi Yehouda commença a parler ainsi : " Souviens-toi donc ! Quel innocent a péri ? Ou bien des équitables ont-ils été exterminés ?... Une tradition nous apprend que celui qui voit l'arc-en-ciel avec ses diverses couleurs doit prononcer la parole suivante: "Béni soit Celui qui se souvient de l'alliance". Car l'arc-en-ciel est l’emblème de l'Alliance sacrée que le Saint, béni soit-Il, a faite [215a] avec la terre, pour ne plus la ravager par un déluge. Et quand le nombre des coupables est grand en ce monde, le Saint, béni soit-Il, rappelle a la terre que, s il n'y avait pas le serment qu'il a prêté, il l'exterminerait. Car Dieu a juré de ne plus ravager la terre, puisqu'il a répété deux fois la négation: "Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre... Je ne frapperai plus tout ce qui est vivant et animé" (Gen. 8:21). Cette répétition équivaut a un serment, ainsi qu'il est écrit: "Comme ° j'ai juré a Noé de ne plus répandre sur la terre les eaux du déluge... " (Isaïe 54:9).

14 - Zohar I 8b (annexes) sur 4:9 Rabbi Hisda dit ; Le saint, béni soit-Il, ne fait jamais servir la rigueur contre les coupables, sans avoir préalablement consulté les âmes des justes, ainsi qu’il est écrit : " ils périssent; par le souffle (nishmath) de sa narine ".

14 - Zohar I 244a sur 6:15 Il est écrit : "Gad combattra tout arme a la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes" (Gen. 49:19). Rabbi Yessa dit: C‘est du nom de Gad que nous inférons que des armées feront la guerre à la fin des temps car le nom de Gad est composé des deux lettres Ghimel et Daleth dont l'une donne et l'autre reçoit. Remarquez que le fleuve dont les eaux ne tarissent jamais est symbolisé par le Ghimel ; car c'est lui qui nourrit tous les mondes. Gad était l'image de ce fleuve. Rabbi Isaac dit : Si Gad n'avait pas été le fils d'une des servantes de Jacob, il serait arrive à un degré supérieur, ainsi qu'il est écrit : "A la bonne heure (bagad) !" (Gen. 30:11). Le mot "bagad" est écrit sans Aleph, parce que Gad était le fils d'une servante, en raison de quoi l'Aleph lui a été ôté, ainsi qu'il est écrit : " Mes frères passent devant moi (bagdou) comme un torrent" Ce verset fait allusion au fleuve céleste qui s’était retiré de Gad, à la suite de quoi l'Aleph lui a été ôté. C’est également pour la même raison que Gad n'a pas eu de part dans la Terre sainte.

15 - Zohar II 142b sur 7:2 Un chef céleste du nom de "Idoumiàm", qui porte le sceau gravé et servant à rendre authentiques les arrêts du tribunal céleste descend pendant cette nuit, accompagné de nombreux millions d'autres anges, chargées d’ôter l'ombre à tous ceux qui doivent mourir dans le courant de l'année ; ils portent ensuite ces ombres en haut. Quand "Nephesh" voit les ombres qu'on enlève, il retourne dans la tombe et crie aux autres morts : Un tel va venir nous rejoindre. Si l’homme en question est digne, les morts se réjouissent de sa venue prochaine; sinon, tous crient: Hélas ! Les ombres remontées en haut sont remises à ce serviteur fidèle qui porte le nom de Métatron. Celui-ci s’empare de l'ombre et la place a l'endroit qui lui est assignée, ainsi qu'il est écrit: "Comme un esclave soupire après l'ombre..." A partir de ce moment, on assigne une place a la ’Neschama’, au ’Rouah’ et au ’Nephesh’ de l'homme qui doit bientôt arriver. Car tout "Nephesch" ne demeure pas près du corps; il y en a qui ne trouvent jamais de repos. Ceux qui se séparent du corps dès le moment de la mort ne trouvent pas de repos ; et c'est d'eux que l’Ecriture dit: "Et l'âme (Nephesh) de vos ennemis sera agitée et jetée bien loin comme une pierre lancée par une fronde avec grand effort" (1 Rois 25:29). Un tel "Nephesch" erre constamment dans le monde et ne trouve de repos ni jour ni nuit; c'est le châtiment le plus terrible de tous.

16 - Zohar I 77b sur 7:9 Lorsque le corps est souillé, l’âme qui en sort plane dans l'air pur des régions supérieures ; elle monte et descend; et les portes célestes ne s'ouvrent pas devant elle ; elle est constamment secouée comme la pierre de la fronde. Malheur à ces hommes ; car ils ne jouiront pas des délices qui sont la récompense des Justes en cet endroit. Leurs âmes seront confiées à l'ange Douma; elles descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais; c'est d'elle que l’Ecriture dit: "La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Au moment où la voix céleste fait retentir ces paroles, une flamme sortant du côte nord se répand dans toutes les quatre directions; elle descend également en bas et pénètre entre les ailes du coq; et c'est ce qui le fait chanter à minuit Personne ne se lève, excepté les bienheureux qui aiment la vérité; ceux-ci se lèvent et se consacrent a l'étude de la doctrine ésotérique. Alors le Saint, béni soit-Il, et tous les justes qui sont avec lui dans le Jardin de l’Eden, écoutent la voix de ces bienheureux, ainsi qu'il est écrit : "O toi, qui habites dans les Jardins, les collègues sont attentifs à écouter ta voix fais-la moi donc entendre" (Cant. 8:13).

Zohar I 160b sur 7:9 Les portes du ciel sont appelées aussi "fleuves et "rivières" ; car ceux-ci se répandent dans les six directions du monde céleste. Et il y a aussi des portes de la mort et de enfer. La mort et l'enfer ne font qu'un ; or, la mort représente le principe femelle du mauvais côte, et l enfer le principe male. C'est pourquoi le Saint, beni soit-il, dit à Job : " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas ". Mais, en même temps, le Saint, beni soit-il, dit a Job : Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes ? Et as-tu vu les portes de l'enfer ?" Cela veut dire: je les supprimerai pour toujours de ce monde, ainsi qu'il est écrit : "Il précipitera la mort pour jamais" (Is. 25:8).

Zohar II 150b sur 7:9 Aussi, heureux le sort de celui qui se propose toujours de faire pénitence ; car, alors même qu'il ne pourrait jamais y parvenir, le Saint, béni soit-Il, lui en tiendrait compte. en assimilant l'intention a l'acte. Cette assimilation n'a lieu que pour le "bon coté" ; la mauvaise intention, au contraire, n'est pas assimilée a l'action, excepte l'intention d'adorer les idoles, ainsi que les collègues l'ont dit. Mais ceux ; qui n'ont jamais eu l'intention même de faire pénitence descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais en toute éternité; c'est d'eux que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Et ailleurs : "C'est le Seigneur qui ôte et qui donne la vie, qui conduit au Schéol et qui en retire" (I rois 2:6). Rabbi Yehouda dit: Nous avons appris que les coupable si dans l'enfer, sont châtiés par un feu brûlant jour et nuit, afin que le châtiment corresponde a la faute qui consistait dans le feu de la passion. Toutes les fois que l'homme se laisse entraîner par la chaleur de la passion que lui communique l'esprit tentateur, il attire le feu de l'enfer.

Zohar III 286a sur 7:9 La tradition nous apprend que les damnés dans l'enfer séjournent dans des compartiments divers, suivant le degré de leur culpabilité. Le plus profond de tous est le compartiment "Abadon" (perte), et la tradition nous dit que les damnés jetés dans "Abadon", [286a] appelé également "compartiment inférieur", n'en remontent jamais. L'homme qui y est jeté est perdu pour toute l’éternité et pour tous les mondes; car ce compartiment n'a pas de porte; c'est de ce compartiment que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Cependant l'Ecriture dit ailleurs : "Il fait descendre dans le Scheol, et il en fait remonter" (1 Rois 2:6). Dans un verset, il est question du Sclléol, et dans l'autre verset, il est question du Schéol inférieur qui n'a point d'issue. Ceux qui ne répondent pas "amen" par mepris pour la prière sont jetés dans ce compartiment.

Zohar I 217b sur 8:9 Rabbi Yéhouda lui dit : Comment sais-tu que tu vas mourir ? Rabbi Isaac lui répondit : D’abord, parce que mon âme me quitte chaque nuit et ne me montre plus de songes comme auparavant ; en outre, j’ai l’habitude , chaque fois que, dans ma, priere, j'arrive a la benédiction: "Sois beni, Sei~rneur, qui entends les prieres", de contempler sur le mur vers lequel j'ai le visage tourné la silhouette formée par mon ombre or, cette fois-ci, je ne vois plus ma silbouette, et j'en conclus que la proclamation de ma mort a éte déja faite en haut, puisque mon image est effacée, ainsi qu'il est ecrit : « L'homme ne passe qu'avec l'image » (Ps. 34), ce qui veut dire qu'aussi longtemps que l'image de l’homme n'est effacée, l'homme reste attaché a son âme et qu'il la gardera encore longtemps; mais aussitot que l'image est effacée au point de ne plus etre reproduite par l'ombre, l'homme va disparaître de ce monde. Rabbi Yehouda lui répliqua : Ce que tu dis resulte égale ment du verset suivant: " l'ombre de nos jours sur terre".

Zohar III 43b sur 8:9 L'image sainte se tient toujours au-dessus d'elle, jusqu'à ce qu'elle vienne en ce monde. [43 b] Dès qu'elle arrive en ce monde, l'image s'associe à elle et croit avec elle, ainsi qu'il est ecrit : "L'homme passe avec l'image" (Ps. 34:7). Les jours de l'homme dépendent de cette image, ainsi qu'il est écrit : " ... Oui, nous sommes d'hier; nous ne connaissons pas l'ombre de nos jours sur terre". En effet, c'est de l'ombre (image) que dépendent nos jours.

Zohar I 188b sur 9:7 Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences de la manière suivante : Il est écrit : "Il le dit au soleil: il ne brille plus, quant aux étoiles, il les scelle" Remarquez que le Saint, béni soit-Il, a créé sept étoiles principales sous ce firmament; et sous chaque firmament il y a d autres corps célestes qui, tous, sont sous les ordres des chefs célestes, créés pour chanter la gloire du Saint, béni soit-Il . Certains chefs des corps célestes sont charges de faire les messages de leur Maître et de surveiller les actes des hommes; d'autres, n'ont pour mission que de chanter la gloire de leur Maître; ces derniers sont également charges d'accueillir les louanges que les hommes adressent a Dieu.

Zohar I 189a sur 9:7 L’Ecriture dit: " Il le dit au soleil: il ne brille plus ". D’après Rabbi Siméon, ces paroles désignent Joseph. Et les paroles suivantes: ".. quant aux étoiles, il les scelle " désignent les frères de Joseph, ainsi qu'il est écrit "Et le soleil et la lune et onze étoiles m’adoraient" D'après une autre interprétation, les mots: " Il le dit au soleil" désignent Jacob au moment où ses fils lui tendirent la chemise de Joseph pour la reconnaître. Les mots: "... il ne brille plus" désignent Jacob durant l'époque où la Schekhina s’était retirée de lui. Les mots: " ... quant aux étoiles, il les scelle " signifient que Jacob avait été privé de toutes les lumières durant le temps qu'il restait séparé de Joseph son fils. Remarquez en outre que, depuis le jour ou Joseph fut séparé de Jacob, celui-ci s'abstint de relations conjugales; et il porta le deuil jusqu'au jour où la bonne nouvelle de Joseph lui fut annoncée. 8 Déployeur des ciels, lui seul ,marche sur les flots de la mer ;

Zohar II 35b sur 9:8 Le serpent qui entoure le monde, se tenant constamment roulé autour de la terre et qui y porte les malédictions. Il ne se réveille qu'une fois en cinquante ans ; et, s'il veut se dresser debout, [35 b] Dieu en brise la force. Le Saint, béni soit-Il, le foule constamment aux pieds, pour l’empêcher de se redresser, ainsi qu'il est écrit : "... Qui marche sur les flots de la mer". Et quand le serpent se redressera, alors s'accompliront les paroles de l’Ecriture : "En ce temps-la le Seigneur viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invincible, pour punir Leviathan, ce serpent immense, Leviathan, ce serpent a divers plis et replis, et il fera, mourir la baleine qui est dans la mer" (Isaïe 27:2). Remarquez que le serpent vit sur la terre, alors que le poisson vit dans l'eau. La force du démon vivant dans l'eau n'est pas si grande que celle de celui vivant sur la terre ferme; et c'est pourquoi le mot "meoroth" est écrit sans Vav. Bien qu'a la fin des temps il doive y avoir rencontre entre le démon de la mer et celui de la terre ferme, ce ne sera pas ce dernier qui combattra le premier; ce sera le Saint, béni soit-Il, lui-même, qui tirera le démon de l'eau, à cause de son orgueil, ainsi qu'il est écrit : "Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Je viens a toi, Pharaon, roi d'Egypte, grand dragon qui te couches au milieu de tes neuves, etc." (Ezech. 29:3).

Zohar II 76a sur 10:11 De la création de l'homme l’Ecriture dit : " Tu m'as vêtu de peau, de chair; d'os et de nerfs, tu m'as couvert". Certes, la peau, la chair, les os et les nerfs ne constituent pas l'homme, attendu que l'âme seule constitue l’individualité de l'homme. La peau, la chair, les os et les nerfs forment seulement l'enveloppe de l'homme: ils constituent son habit, mais ne sont nullement l'homme, attendu que, quand l'homme meurt, il est dépouillé de toutes ces enveloppes. Cependant, bien que le corps de l’homme ne constitue que l'accessoire, sa forme cache un mystère suprême, ainsi que notre maître avait explique les paroles du verset suivant : "Toi qui es revêtu de la lumière comme d'un vêtement, et qui étends le ciel comme une tente..." (Ps. 104:2). De même que Dieu forme le point intérieur, et que toutes les légions célestes et tous les cieux ; ne forment que le vêtement, de même l’homme c'est l’âme intérieure, alors que toutes les parties du corps n'en sont que le vêtement. Voilà pourquoi l'Ecriture dit : "Et Elohim créa l'homme à son image" (Gen. 1:27). Dans ce verset, figure deux fois le mot "Elohim" pour correspondre au Principe mâle et au principe femelle.

Zohar III 199b sur 12:20 Mais le Saint, béni soit-Il, " Il retire le flux des orateurs, et confisque le goût des vieillards" Les mots: " retire le flux des orateurs" désignent la génération de la Tour de Babel. Les mots: " ... confisque le goût des vieillards" se rapportent a Balaam et a Balac. Tous leurs actes étaient accomplis dans une mauvaise intention ; tous deux avaient prépare des autels; mais Balaam s'attribua a lui seul le mérite, et il dit à Dieu: "J'ai prépare sept autels". Dieu lui répond : Impie, je sais tout; retourne auprès de Balac et tu lui parleras ainsi. D’après une autre explication, les mots: " ... confisque le goût des vieillards" s'appliquent aux anciens de Madian et de Moab qui sont allés consulter Balaam en emportant avec eus des objets de sorcellerie. [200a] "Balaam leur répondit : Demeurez ici cette nuit et je vous dirai tout ce que le Seigneur m'aura déclaré" (Nom. 22:8) La nuit est propice aux magiciens, et c'est pourquoi il leur demandait de passer chez lui la nuit, pour qu'il eût le temps de consulter les mauvais esprits. 21 Il répand le mépris sur les notables, et détache la ceinture des agresseurs. 22 Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort.

Zohar I 30b sur 12:22 Aussitôt que les lettres furent gravées sur le sceau de Dieu, le grand serpent et ses légions disparurent de la surface du monde et furent relégués sous les ouvertures de la terre conduisant a l’abîme, a une profondeur de mille cinq cents aunes. Mais le profond abîme rendit, plus tard, les démons a la surface de la terre qui fut, la la suite, entièrement voilée de ténèbres, jusqu'au jour ou la lumière céleste, dissipant les ténèbres, vint éclairer le monde, ainsi qu'il est écrit : "Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort". Les eaux ont été pesées sur une balance.

Zohar I 32a sur 12:22 Ce n'est que par la comparaison des ténèbres avec cette lumière qui se répandra dans le monde a la fin des temps, que les ténèbres seront reconnues ce qu'elles sont en réalité. C’est pourquoi, après avoir dit : " Et Elohim appela la lumière jour", l’Ecriture ajoute : "...Et il appela les ténèbres nuit". attendu que ce n'est que par la comparaison avec la lumière que les ténèbres paraissent ce qu'elles sont en réalité. C'est pourquoi nous savons par une tradition que le verset : " Il découvre les profondeurs de la ténèbre" doit être interprété de façon analogue. Que signifient les mots "découvre dans les ténèbres" ? Est-ce a dire qu'il découvre les choses cachées dans les profondeurs ? Pourtant nous savons que l'Ecriture fait allusion aux couronnes célestes qui sont les plus cachées. Pourquoi donc l’Ecriture parle-t-elle de "profondeurs", alors que les couronnes célestes sont dans les régions supérieures. Rabbi Yosse dit: Le sens de l'Ecriture est celui-ci: Il fait découvrir les Mystères suprêmes dans les ténèbres symbolisées par la nuit, c'est-à-dire qu'on ne saurait apprécier la lumière qu'en la comparant avec les ténèbres. Lorsque l'homme est arrivé à ce degré d'entendement, il voit la lumière dans les ténèbres mêmes; tel est le sens des paroles de l'Ecriture : "Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil" (Isaïe 30:26).

Zohar I 145a sur 13:24 De même on trouve dans Job : " Me comptes-tu pour ton ennemi (oëb)". Ainsi le "iyob", c’est-à-dire Job, a été transformé en le mot "oïeb", ainsi que cela a été expliqué. Zohar I 6b sur 14:11 Depuis que l'essence divine appelée "Je" est dans l'exil, les eaux de ce fleuve ont tari et ne répandent plus de lumières comme précédemment. C’est à ce fleuve que font allusion les paroles de l’Ecriture : "le fleuve tarit, il est sec". Les deux expressions "tarir" et "sécher" désignent le premier et le second temples de Jérusalem.

Zohar I 186b sur 14:11 Les eaux d'en haut tarissent également ainsi qu'il est écrit : "11 Les eaux de la mer s'épuisent; le fleuve tarit, il est sec". Comme l'homme est formé ici-bas sur le modèle d'en haut. il s'ensuit que l'homme qui laisse tarir sa source et qui ne produit pas de fruits ici-bas, soit qu'il ne veuille pas prendre femme, soit qu’il prenne une femme incapable d'avoir des enfants, soit enfin qu'il cohabite avec sa femme de façon contre nature, commet un crime irréparable ; et c'est a lui que s'appliquent les paroles de l'Ecriture : "La faute ne peut jamais plus être réparée" (Eccl. 1:15).

Zohar III 219a sur 14:20 &15:2 Le Pasteur Fidèle dit: Que signifient les paroles : "Un vent passa ('abra) par lui » (15:2) ? "'Abra" veut dire colère, "'ebra"? un des chefs des mauvais esprits. Pour dépister le mauvais esprit, il faut changer de résidence, de nom et de conduite. Abraham a agi de la sorte ; il a quitte ,son pays ; il a changé son nom , et il a changé de conduite. Quand Dieu chassa Adam du Jardin d'Eden, il transforma sa physionomie, ainsi qu'il est écrit : " tu (flétries) changes ses faces et le renvoies". Quand un mauvais esprit passe et que l'homme a changé de nom, il voit "qu' il n’est plus", et il ne reconnaît plus sa place. C'est pourquoi les maisons impures sont reblanchies et dans d'autres cas détruites. Un arbre qui ne produit pas, on le greffe; de même un homme qui réside dans une ville habitée par des impies, où il ne peut se conformer aux préceptes de la Loi, doit changer de résidence et aller vivre au milieu de gens pieux et ou se trouvent des maîtres de la Loi. La Loi est appelée "arbre", et les commandements sont ses "fruits". La Loi sans les pratiques est appelée "stérile".

Zohar I 219a sur 14:22 Rabbi Yehouda dit: Pendant les premiers sept jours qui suivent la mort, l’âme va et vient entre la maison ou habitait le mort et le tombeau où repose le corps, car elle porte le deuil [219a] du corps, ainsi qu'il est écrit: " Mais sa chair contre lui s'endolorit; son être contre lui s'endeuille". L'âme revient ensuite a la maison et y voit tous ceux qui sont tristes et pleurent le mort. Une tradition nous apprend en outre que, pendant les sept jours qui suivent la mort, le corps reste ce qu'il était, alors que l'âme se promène ; tantôt elle va voir la place qui lui est réservée, tantôt elle rentre dans la "caverne double", ou les patriarches sont ensevelis; elle voit ce qui lui est donné a voir, et elle va partout où il lui est permis d'aller. Enfin, elle arrive a la porte du Jardin de l’Eden où elle rencontre les Kérouvim et où elle aperçoit l’épée étincelante du Jardin de l’Eden d'ici-bas.
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Mercredi 27 avril 2005

Pour devenir chevalier de Malte il fallait prouver que ses bisaïeuls paternels et maternels étaient des gentilshommes de noms et d'armes et que leur descendance était aussi de nom et d'armes. On entendait par gentilhomme de nom et d'armes une personne née avec nom et armes nobles, par conséquent il fallait que les bisaïeux soient nés de pères nobles, et ainsi prouver la noblesse des trisaïeux. La descendance des trisaïeux ne devait pas avoir dérogé, avoir toujours vécu noblement et joui de tous les privilèges de la noblesse. Si pour un des trisaïeux on ne faisait pas preuve par titres honorifiques des 116 ans de noblesse, il fallait remonter jusqu'au quadrisaïeul et trouver pour lui une preuve de noblesse claire et authentique. En ce qui concerne la noblesse, au moyen-âge, toutes les attestations de noblesse du présenté se résumaient à faire mention des noms de son père et de sa mère, qu'on supposait être issu de gentilshommes de nom et d'armes. Mais au fil des temps, les familles nobles durent se résoudre à épouser des roturières pour des raisons d'argent. La réaction de l'Ordre ne se fit pas attendre, il dut mettre au point un règlement des preuves de noblesse, par lequel il fut ordonné qu'il soit dressé un procès-verbal, soutenu par des titres écrits, afin d'établir la légitimation et l'ascendance, et la noblesse de nom et d'armes du présenté.

Ne pouvait être reçu chevalier aucune personne née hors légitime mariage, excepté les enfants des rois et des princes souverains, à l'exception de tous autres fils illégitimes mêmes des ducs et pairs de France et des Grands d'Espagne. De plus, ne pouvait devenir chevalier de Malte aucun descendant de Juifs et de Musulmans, et le fait de professer la religion catholique était une obligation.

Et il fallait suivre la procédure suivante :

L'impétrant devait se présenter en personne au Chapitre ou l'assemblée provinciale du Grand-Prieuré, dans l'étendue duquel il était né, en cas de demande d'admission de majorité, ou bien en cas d'admission de minorité ou comme page il était représenté par son père ou sa mère en cas de veuvage. Il devait être porteur de son acte de baptême, du mémorial de ses preuves littérales contenant les extraits des titres qui justifiaient sa noblesse et celle des quatre familles du côté paternel et maternel, c'est à dire jusqu'au bisaïeux, et ce uniquement lorsque la noblesse du nom paternel et maternel n'avait pas encore été prouvée à Malte, car alors il fallait avant de demander des commissaires au chapitre et avoir envoyé à Malte et à la vénérable langue un inventaire des titres dont prétendait se servir le présenté. Ce mémorial généalogique coûtait fort cher aux familles. Même quand le prétendant avait eu un ou plusieurs oncles reçus chevalier de Malte, leurs preuves ne lui suffisaient pas pour sa propre réception. Par contre il arrivait souvent que par grâce spéciale l'on reçoive un prétendant sur les preuves de son frère, en prouvant qu'il était frère légitime de père et de mère et qu'il était né dans les limites du Grand prieuré où il désirait être reçu. Pour cela il fallait tout de même que le prétendant présente son acte de baptême et un certificat de deux chevaliers profès certifiant le lien de parenté, et qu'il ait payé le droit de passage.

Les preuves littérales étaient tirées de titres écrits, tels les contrats de mariage et testaments que le présenté produisait. Mais ces titres ne suffisaient pas à prouver la noblesse, car les qualifications des personnes dans les actes notariés n'étaient pas vérifiées par le notaire, dont ce n'était pas le métier. Il fallait avoir recours aux partages de terres nobles, aux actes de tutelle, lettres de garde-noble, aux actes de foi et hommage, aux aveux et dénombrements, aux brevets et provisions de charges portant titre de noblesse, aux convocations aux bans et arrière-bans, les lettres de noblesse dûment vérifiées et enfin aux inscriptions funéraires. Certains impétrants afin de mieux appuyer leurs preuves de noblesses officielles, faisaient appel aux confréries nobles du royaume, dont celle de Saint-Georges en Franche-Comté, que j'ai étudié, et qui avait les mêmes exigences en matières de noblesse que l'Ordre de Malte. Voici un certificat délivré par cette confrérie pour Charles-Antoine de POLIGNY :

" Nous chevaliers de l'Ordre de Saint-Georges au comté de Bourgogne, scavoir faisons et certifions à tous que les maisons de Poligny et Montrichard-Fertans sont très nobles et très anciennes de noms et d'armes et qu'en cette qualité, elles ont été jurées et reçues audit Ordre tant de leur chef que par alliance à diverses fois et à divers temps nommément en la personne de Messire Claude de Poligny, l'an mil six cent vingt cinq, de messire Philibert de Poligny, l'an 1648, de messire Jean-Claude de Poligny, l'an 1654 ; …. . Personne n'étant admis et reçu audit Ordre que par la preuve de 16 ascendants nobles et non anoblis de leur chef et que nous avons ainsi déclaré et certifié pour bien de justice à la requête de Dame Dame Claude-Etiennette Jacques de Nans… (ADR, 48 H 93)

Ces preuves si elles étaient approuvées devaient être envoyées cachetées au chapitre, et ensuite remis au commissaire in partibus, lesquels ne pouvaient ni ne devaient pas travailler aux preuves qu'on ne leur avait remis un tel dossier approuvé, a moins d'avoir établi clairement que les noms du père et de la mère avaient déjà été prouvés à Malte. En effet si un des noms avait déjà été prouvé à Malte, il ne fallait faire que l'inventaire des preuves de la famille non prouvée. Le but de ce dossier était de prouver la filiation légitime et noble jusqu'à tous les trisaïeux paternels ou maternels, depuis 116 ans au moins comme il était d'usage dans la Langue d'Auvergne. Outre ces pièces, le candidat était tenu de fournir son arbre généalogique d'ascendance armorié en couleurs dressé à partir des preuves, sur 4 ou 5 générations. Il est bon de signaler que tous les candidats pouvaient solliciter une dispense que ce soit d'âge ou de preuves de noblesse auprès du pape par un bref ou auprès du chapitre général de l'Ordre, entérinés par le Sacré Conseil.

Puis des commissaires étaient désignés parmi les commandeurs et chevaliers qui devaient avoir au moins 10 ans d'ancienneté dans l'Ordre et cinq ans de résidence à Malte. Ils avaient un mois pour accomplir leur mission à partir de la date de leur nomination. Ils ne devaient pas être de la même région que le présenté ni être un de ses parents ou alliés. Ils étaient chargés de faire des enquêtes sur d'autres preuves. Toutes les preuves devaient se faire non seulement dans le lieu de la naissance du présenté, mais même dans les lieux de l'origine des diverses familles du père, de la mère et des aïeux, sinon elles étaient rejetées et devaient être refaites, et aux dépens des commissaires qui avaient commis l'erreur. Si une des familles se trouvait être trop lointaines à l'intérieur de la langue d'Auvergne pour que les témoins désignés les connaissent, il fallait se rendre dans la province d'origine de cette famille. Si une des familles se trouvait hors de la langue d'Auvergne, il fallait demander au chapitre une lettre rogatoire pour le prieuré d'où était originaire la famille, afin qu'il désigne des commissaires pour faire les preuves et ensuite en envoyer le procès-verbal au chapitre où se faisait recevoir le présenté, pour y être examiné. Les commissaires ne devaient pas loger et manger dans la maison du prétendant ou d'un parent de celui-ci lors de leurs enquêtes. Ces enquêtes se faisaient au frais du prétendant, ainsi que les voyages des commissaires et de leur secrétaire.

Preuves testimoniales :

Ces preuves résultaient du témoignage de quatre témoins nobles, qui devaient être gentilshommes de nom et d'armes. Les commissaires, qui étaient ordinairement des anciens commandeurs, leur faisaient prêter un serment solennel de dire la vérité, et ils interrogeaient les témoins séparément. Le problème avec ce genre de preuve en France était que les témoins étaient choisis par les présentés ou ses parents. Ces témoins étaient interrogés séparément les uns des autres à partir des questions du formulaire établi par la langue d'Auvergne. les questions étaient les suivantes :

1 - Quel nom a ledit présenté ?
2 - De qui il est le fils ?
3 - Quel âge il a ?
4 - Où il est né et baptisé, & en quel évêché
5 - Et s'il est né dans les limites du Grand Prieuré d'Auvergne ?
6 - S'il est né en légitime mariage ?
7 - Et de parents aussi légitimes ?
8 - S'il est de la religion Catholique, Apostolique et Romaine
9 - Si ses père & mère, ancêtres en sont et en ont été ?
10 - Si lui ni ses parents ne descendent pas de race des Juifs, Mahométans, ou Sarrasins ?
11 - S'il vit vertueusement et chrétiennement ?
12 - S'il n'a point commis quelque crime ou été repris de justice ?
13 - Si lui ou ses parents ne retiennent aucuns biens ou droit de notre Ordre ?
14 - S'il n'est point débiteur de sommes considérables qu'il ne puisse payer ?
15 - S'il est sain, fort et robuste pour rendre service à notre Religion ?
16 - S'il n'a point fait vœu en quelque religion, contracté ou consommé mariage ?
17 - S'il est gentilhomme de nom et 'armes, et issu de père et mère, aïeux & aïeules, bisaïeux et bisaïeules, tant paternels que maternels, nobles et vivant noblement, gentilshommes de nom et d'armes, tels tenus & réputés au pays & jouissant des privilèges de noblesse du moins depuis cent seize ans ?
18 - Si ses parents ont toujours été appelés aux bans et arrière bans & autres assemblées de gentilshommes ?
19 - S'ils ont eu des charges et dignités qui ne se donnent qu'aux nobles ?
20 - S'ils n'ont point dérogé à leur noblesse par quelques marchandises, trafic, ou tenant banque, & ayant compagnie ou société avec des marchands ?
21 - Et s'ils sont sujets à aucuns impôts & subsides des rois et princes qui n'ont été & ne sont payés que par les roturiers.
22 - Enfin s'il est tel que pour être chevalier de notre Ordre, les statuts & ordonnances le veulent et requièrent.

On leur relisait la déposition afin de savoir s'ils persistaient, ils signaient et mettaient leur cachet.

Preuves secrètes :

Ces preuves se faisaient après les preuves testimoniales et à l'insu du présenté, et faisaient appel à quatre témoins choisis par les commissaires et qui n'avaient pas à être nobles, mais faire preuve de leur probité, ne pas être domestique, ni parents, ni alliés, ni même débiteurs du présenté et avoir un certain âge. Le but de ces preuves était de déterminer la filiation légitime et la noblesse du prétendant, mais aussi de corroborer les affirmations des preuves testimoniales.

Preuves Locales :

Ces preuves étaient destinées à la vérification des armes, des qualités des ancêtres du présenté par les monuments publics, épitaphes, documents anciens, livres d'Histoire, Armoriaux, etc. Mais il est bon de signaler qu'elles étaient considérées comme accessoires et non indispensables, les commissaires s'en dispensaient généralement.

A l'issue de ces enquêtes, les commissaires en dressaient procès-verbal qui était porté au chapitre du prieuré ; puis dans les mains de deux autres commissaires qui examinaient si toutes les règles prescrites par le Statut avaient été observées. Dans ce procès-verbal les commissaires exprimaient leur avis sur les preuves, s'ils les admettaient comme suffisantes, ou s'ils les rejetaient, voire s'ils avaient des doutes. En effet, s'il y avait un quartier dont la filiation légitime ne leur paraissait pas suffisamment prouvée, mais sans qu'il y ait soupçon de roture ou de dérogeance, ils pouvaient demander des preuves plus convaincantes. Chacun des commissaires pouvait émettre son propre avis. Puis, le chapitre de la langue examinait le dossier, entendait les commissaires, et se prononçait sur l'acceptation des preuves comme " bonnes et valables ", et pouvait décider d'un complément d'enquête ou refuser les preuves, sur les recommandations des commissaires. Après cet examen et avis, un exemplaire du procès verbal accompagné de l'arbre généalogique armorié était envoyé à Malte, et un autre était gardé dans les archives de la langue, les familles pouvaient aussi en demander un exemplaire. Après cinq ans passés dans l'Ordre, on ne pouvait plus faire de procès à un chevalier sur son état, sa réception ou son ancienneté.

Toutes ces démarches n'étaient pas gratuites, loin s'en faut. En effet, les frais de réception des chevaliers de majorité étaient à la fin de l'Ancien Régime de 3155 livres, dont 2325 pour le droit de passage, 30 de quittance et 800 pour le généalogiste de l'ordre et les commissaires aux preuves. Pour ce qui était des pages, ces frais se montaient à 3185 livres, dont 2325 de droit de passage, 30 pour la quittance, 30 pour les lettres de page et 800 pour le généalogiste et les commissaires. Enfin pour les chevaliers de minorité, ils étaient de 7374 livres, dont 6200 de droit de passage, 74 de quittance et accessoires, 300 pour le bref de minorité, 400 pour le généalogiste et 800 pour les commissaires.

Contrairement à certains usages encore en vigueur, on ne peut qualifier de chevalier de Malte qu'une personne dont les preuves ont été trouvées bonnes et valables par le chapitre de la langue concernée, en effet le paiement du droit de passage, ou un bref de minorité ne suffisaient pas pour être qualifié de chevalier de Malte. (...)

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Mercredi 27 avril 2005

PROLOGUE

A Hugues, soldat du Christ, et maître de la milice, Bernard simple abbé de Clairvaux

combattre le bon combat.

Ce n’est pas une, mais deux, mais trois fois, si je ne me trompe, mon cher Hugues, que vous m’avez prié de vous écrire, à vous et à vos compagnons d’armes, quelques paroles d’encouragement, et de tourner ma plume, à défaut de lance, contre notre tyrannique ennemi, en m’assurant que je vous rendrais un grand service si j’excitais par mes paroles ceux que je ne puis exciter les armes à la main. Si j’ai tardé quelque temps à me rendre à vos désirs, ce n’est pas que je crusse qu’on ne devait en tenir aucun compte, mais je craignais qu’on ne pût me reprocher de m’y être légèrement et trop vite rendu et d’avoir, malgré mon inhabileté, osé entreprendre quelque chose qu’un autre plus capable que moi aurait pu mener à meilleure fin, et d’avoir empêché peut-être ainsi que tout le bien possible se fît. Mais en voyant que ma longue attente ne m’a servi à rien, je me suis enfin décidé à faire ce que j’ai pu, le lecteur jugera si j’ai réussi, afin de vous prouver que ma résistance ne venait point de mauvais vouloir de ma part, mais du sentiment de mon incapacité. Mais après tout, comme ce n’est que pour vous plaire que j’ai fait tout ce dont je suis capable, je me mets fort peu en peine que mon livre ne plaise que médiocrement ou même paraisse insuffisant à ceux qui le liront.
 
 

CHAPITRE I.

Louange de la nouvelle milice.

1. Un nouveau genre de milice est né, dit-on, sur la terre, dans le pays même que le Soleil levant est venu visiter du haut des cieux, en sorte que là même où il a dispersé, de son bras puissant, les princes des ténèbres, l’épée de cette brave milice en exterminera bientôt les satellites, je veux dire les enfants de l’infidélité. Elle rachètera de nouveau le peuple de Dieu et fera repousser à nos yeux la corne du salut, dans la maison de David son fils (Luc I, passim). Oui, c’est une milice d’un nouveau genre, inconnue aux siècles passés, destinée à combattre sans relâche un double (1) combat contre la chair et le sang, et contre les esprits de malice répandus dans les airs. Il n’est pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seules forces de l’âme, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidemment rare, c’est de voir les deux choses réunies, un même homme pendre avec courage sa double épée à son côté et ceindre noblement ses flancs de son double baudrier à la fois. Le soldat qui revêt en même temps son âme de la cuirasse de la foi et son corps d’une cuirasse de fer, ne peut point ne pas être intrépide et en sécurité parfaite ; car, sous sa double armure, il ne craint ni homme ni diable. Loin de redouter la mort, il la désire. Que peut-il craindre, en effet, soit qu’il vive, soit qu’il meure, puisque Jésus-Christ seul est sa vie et que, pour lui, la mort est un gain ? Sa vie, il la vit avec confiance et de bon cœur pour le Christ, mais ce qu’il préférerait, c’est d’être dégagé des liens du corps et d’être avec le Christ ; voilà ce qui lui semble meilleur. Marchez donc au combat, en pleine sécurité, et chargez les ennemis de la croix de Jésus-Christ avec courage et intrépidité, puisque vous savez bien que ni la mort, ni la vie ne pourront vous séparer de l’amour de Dieu qui est fondé sur les complaisances qu’il prend en Jésus-Christ, et rappelez-vous ces paroles de l’Apôtre, au milieu des périls : " Soit que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur " (Rm XIV, 8). Quelle gloire pour ceux qui reviennent victorieux du combat, mais quel bonheur pour ceux qui y trouvent le martyre ! Réjouissez-vous, généreux athlètes, si vous survivez à votre victoire dans le Seigneur, mais que votre joie et votre allégresse soient doubles si la mort vous unit à lui : sans doute votre vie est utile et votre victoire glorieuse ; mais c’est avec raison qu’on leur préfère une sainte mort ; car s’il est vrai que ceux qui meurent dans le Seigneur sont bienheureux, combien plus heureux encore sont ceux qui meurent pour le Seigneur ?

2. Il est bien certain que la mort des saints dans leur lit ou sur un champ de bataille est précieuse aux yeux de Dieu, mais je la trouve d’autant plus précieuse sur un champ de bataille qu’elle est en même temps plus glorieuse. Quelle sécurité dans la vie qu’une conscience pure ! Oui, quelle vie exempte de trouble que celle d’un homme qui attend la mort sans crainte, qui l’appelle comme un bien, et la reçoit avec piété. Combien votre milice est sainte et sûre, et combien exempte du double péril auquel sont exposés ceux qui ne combattent pas pour Jésus-Christ ! En effet, toutes les fois que vous marchez à l’ennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice séculière, vous avez à craindre de tuer votre âme du même coup dont vous donnez la mort à votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l’âme en même temps. Ce n’est point par les résultats mais par les sentiments du cœur qu’un chrétien juge du péril qu’il a couru dans une guerre ou de la victoire qu’il y a remportée, car si la cause qu’il défend est bonne, l’issue de la guerre, quelle qu’elle soit, ne saurait être mauvaise, de même que, en fin de compte, la victoire ne saurait être bonne quand la cause de la guerre ne l’est point et que l’intention de ceux qui la font n’est pas droite. Si vous avez l’intention de donner la mort, et qu’il arrive que ce soit vous qui la receviez, vous n’en êtes pas moins un homicide, même en mourant ; si, au contraire, vous échappez à la mort, après avoir tué un ennemi que vous attaquiez avec la pensée ou de le subjuguer ou de tirer quelque vengeance de lui, vous survivez sans doute, mais vous êtes un homicide : or il n’est pas bon d’être homicide, qu’on soit vainqueur ou vaincu, mort ou vif, c’est toujours une triste victoire que celle où on ne triomphe de son semblable qu’en étant vaincu par le péché, et c’est en vain qu’on se glorifie de la victoire qu’on a remportée sur un ennemi, si on en a laissé remporter une aussi sur soi à la colère ou à l’orgueil. Il y a des personnes qui ne tuent ni dans un esprit de vengeance ni pour se donner le vain orgueil de la victoire, mais uniquement pour échapper eux-mêmes à la mort : eh bien ! je ne puis dire que cette victoire soit bonne, attendu que la mort du corps est moins terrible que celle de l’âme (2) ; en effet celle-ci ne meurt point du même coup qui tue le corps, mais elle est frappée à mort dès qu’elle est coupable de péché.
 
 

CHAPITRE II.

De la milice séculière.

3. Quels seront donc le fruit et l’issue, je ne dis pas de la milice, mais de la malice, séculière, si celui qui tue pèche mortellement et celui qui est tué périt éternellement ? Car, pour me servir des propres paroles de l’Apôtre : " Celui qui laboure la terre doit labourer dans l’espérance d’en tirer du fruit, et celui qui bat le grain doit espérer d’en avoir sa part " (1 Co IX, 10). Combien étrange n’est donc point votre erreur, ou plutôt quelle n’est pas votre insupportable fureur, ô soldats du siècle, de faire la guerre avec tant de peine et de frais, pour n’en être payés que par la mort ou par le péché ? Vous chargez vos chevaux de housses de soie, vous recouvrez vos cuirasses de je ne sais combien de morceaux d’étoffe qui retombent de tous côtés (3) ; vous peignez vos haches, vos boucliers et vos selles ; vous prodiguez l’or, l’argent et les pierreries sur vos mors et vos éperons, et vous volez à la mort, dans ce pompeux appareil, avec une impudente et honteuse fureur. Sont-ce là les insignes de l’état militaire ? Ne sont-ce pas plutôt des ornements qui conviennent à des femmes ? Est-ce que, par hasard, le glaive de l’ennemi respecte l’or ? Epargne-t-il les pierreries ? Ne saurait-il percer la soie ? Mais ne savons-nous pas, par une expérience de tous les jours, que le soldat qui marche au combat n’a besoin que de trois choses, d’être vif, exercé et habile à parer les coups, alerte à la poursuite et prompt à frapper ? Or on vous voit au contraire nourrir, comme des femmes, une masse de cheveux qui vous offusquent la vue, vous envelopper dans de longues chemises qui vous descendent jusqu’aux pieds et ensevelir vos mains délicates et tendres sous des manches aussi larges que tombantes. Ajoutez à tout cela quelque chose qui est bien fait pour effrayer la conscience du soldat, je veux dire, le motif léger et frivole pour lequel on a l’imprudence de s’engager dans une milice d’ailleurs si pleine de dangers ; car il est bien certain que vos différends et vos guerres ne naissent que de quelques mouvements irréfléchis de colère, d’un vain amour de la gloire, ou du désir de quelque conquête terrestre. Or on ne peut certainement pas tuer son semblable en sûreté de conscience pour de semblables raisons.
 
 

CHAPITRE III.

Des soldats du Christ.

4. Mais les soldats du Christ combattent en pleine sécurité (4) les combats de leur Seigneur, car ils n’ont point à craindre d’offenser Dieu en tuant un ennemi et ils ne courent aucun danger, s’ils sont tués eux-mêmes, puisque c’est pour Jésus-Christ qu’ils donnent ou reçoivent le coup de la mort, et que, non seulement ils n’offensent point Dieu, mais encore, ils s’acquièrent une grande gloire : en effet, s’ils tuent, c’est pour le Seigneur, et s’ils sont tués, le Seigneur est pour eux ; mais si la mort de l’ennemi le venge et lui est agréable, il lui est bien plus agréable encore de se donner à son soldat pour le consoler. Ainsi le chevalier du Christ donne la mort en pleine sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore. Ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée ; il est le ministre de Dieu, et il l’a reçue pour exécuter ses vengeances, en punissant ceux qui font de mauvaises actions et en récompensant ceux qui en font de bonnes. Lors donc qu’il tue un malfaiteur, il n’est point homicide mais malicide, si je puis m’exprimer ainsi ; il exécute à la lettre les vengeances du Christ sur ceux qui font le mal, et s’acquiert le titre de défenseur des chrétiens. Vient-il à succomber lui-même, on ne peut dire qu’il a péri, au contraire, il s’est sauvé. La mort qu’il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu’il reçoit, le sien propre. Le chrétien se fait gloire de la mort d’un païen, parce que le Christ lui-même en est glorifié, mais dans la mort d’un chrétien la libéralité du Roi du ciel se montre à découvert, puisqu’il ne tire son soldat de la mêlée que pour le récompenser. Quand le premier succombe, le juste se réjouit de voir la vengeance qui en a été tirée ; mais lorsque c’est le second qui périt " tout le monde s’écrie : Le juste sera-t-il récompensé ? Il le sera, sans doute, puisqu’il y a un Dieu qui juge les hommes sur la terre " (Ps LVII, 11). Il ne faudrait pourtant pas tuer les païens mêmes, si on pouvait les empêcher, par quelque autre moyen que la mort, d’insulter les fidèles ou de les opprimer. Mais pour le moment, il vaut mieux les mettre à mort que de les laisser vivre pour qu’ils portent les mains sur les justes, de peur que les justes, à leur tour, ne se livrent à l’iniquité.

5. Mais, dira-t-on, s’il est absolument défendu à un chrétien de frapper de l’épée, d’où vient que le héraut du Sauveur disait aux militaires de se contenter de leur solde, et ne leur enjoignait pas plutôt de renoncer à leur profession (Lc III, 13) ? Si au contraire cela est permis, comme ce l’est en effet, à tous ceux qui ont été établis de Dieu dans ce but, et ne sont point engagés dans un état plus parfait, à qui, je vous le demande, le sera-t-il plus qu’à ceux dont le bras et le courage nous conservent la forte cité de Sion, comme un rempart protecteur derrière lequel le peuple saint, gardien de la vérité, peut venir s’abriter en toute sécurité, depuis que les violateurs de la loi divine en sont tenus éloignés ? Repoussez donc sans crainte ces nations qui ne respirent que la guerre, taillez en pièces ceux qui jettent la terreur parmi nous, massacrez loin des murs de la cité du Seigneur, tous ces hommes qui commettent l’iniquité et qui brûlent du désir de s’emparer des inestimables trésors du peuple chrétien qui reposent dans les murs de Jérusalem, de profaner nos saints mystères et de se rendre maîtres du sanctuaire de Dieu. Que la doublé (5) épée des chrétiens soit tirée sur la tête de nos ennemis, pour détruire tout ce qui s’élève contre la science de Dieu, c’est-à-dire contre la foi des chrétiens, afin que les infidèles ne puissent dire un jour : Où donc est leur Dieu ?

6. Quand ils seront chassés, il reviendra prendre possession de son héritage et de sa maison dont il a dit lui-même, dans sa colère : " Le temps s’approche où votre demeure sera déserte " (Mt XXIII, 38), et dont le Prophète a dit en gémissant : " J’ai quitté ma propre maison, j’ai abandonné mon héritage " (Jr XII, 7) ; et il accomplira cette autre parole prophétique : " Le Seigneur a racheté son peuple et l’a délivré ; aussi le verra-t-on plein d’allégresse, sur la montagne de Sion, se réjouir des bienfaits du Seigneur ". Livre-toi donc aux transports de la joie, ô Jérusalem, et reconnais que voici les jours où Dieu te visite. Réjouissez-vous aussi et louez Dieu avec elle, déserts de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté la Cité sainte et il a levé son bras saint aux yeux de toutes les nations. Vierge d’Israël, tu étais tombée à terre, et personne ne se trouvait qui te tendît une main secourable ; lève-toi maintenant, secoue la poussière de tes vêtements, ô vierge, ô fille captive, ô Sion, lève-toi, dis-je, et même élève-toi bien haut et vois au loin les torrents de joie que ton Dieu fait couler vers toi. On ne t’appellera plus l’abandonnée, et la terre où tu t’élèves ne sera plus une terre désolée, parce que le Seigneur a mis en toi toutes ses complaisances et tes champs vont se repeupler. Jette tes yeux tout autour de toi et regarde ; tous ces hommes se sont réunis pour venir à toi ; voilà le secours qui t’est envoyé d’en haut. Ce sont ceux qui vont accomplir cette antique promesse : " Je t’établirai dans une gloire qui durera des siècles et ta joie se continuera de génération en génération : tu suceras le lait des nations et tu seras nourrie aux mamelles qu’ont sucées les rois " (Is LX, 15). Et cette autre encore : " De même qu’une mère caresse son petit enfant, ainsi je vous consolerai et vous trouverez votre paix dans Jérusalem " (Is LXVI, 13). Voyez-vous quels nombreux témoignages reçut, dès les temps anciens, la milice nouvelle et, comme sous nos yeux s’accomplissent les oracles sacrés, dans la cité du Seigneur des vertus ? Pourvu que maintenant le sens littéral ne nuise point au spirituel, que la manière dont nous entendons, dans le temps, les paroles des prophètes, ne nous empêche pas d’espérer dans l’éternité, que les choses visibles ne nous fassent point perdre de vue celles de la foi, que le dénuement actuel ne porte aucune atteinte à l’abondance de nos espérances et que la certitude du présent ne nous fasse point oublier l’avenir. D’ailleurs la gloire temporelle de la cité de la terre, au lieu de nuire aux biens célestes ne peut que les assurer davantage, si toutefois nous croyons fermement que la cité d’ici-bas est une fidèle image de celle des cieux qui est notre mère.
 
 

CHAPITRE IV.

Vie des soldats du Christ.

7. Mais pour l’exemple, ou plutôt, à la confusion de nos soldats qui servent le diable bien plus que Dieu, disons, en quelques mots, les mœurs et la vie des chevaliers du Christ ; faisons connaître ce qu’ils sont en temps de paix et en temps de guerre, et on verra clairement quelle différence il y a entre la milice de Dieu et celle du monde. Et d’abord, parmi eux, la discipline et l’obéissance sont en honneur ; ils savent, selon les paroles de la sainte Ecriture, " que le fils indiscipliné est destiné à périr " (Si XXII, 3), et que " c’est une espèce de magie de ne vouloir pas se soumettre, et une sorte d’idolâtrie de refuser d’obéir " (1 R XV, 23). Ils vont et viennent au commandement de leur chef ; c’est de lui qu’ils reçoivent leur vêtement et, soit dans les habits, soit dans la nourriture, ils évitent toute superfluité et se bornent au strict nécessaire. Ils vivent rigoureusement en commun dans une douce mais modeste et frugale société, sans épouses et sans enfants ; bien plus, suivant les conseils de la perfection évangélique, ils habitent sous un même toit, ne possèdent rien en propre et ne sont préoccupés que de la pensée de conserver entre eux l’union et la paix. Aussi, dirait-on qu’ils ne font tous qu’un cœur et qu’une âme, tant ils s’étudient, non seulement à ne suivre en rien leur propre volonté, mais encore à se soumettre en tout à celle de leur chef. Jamais on ne les voit rester oisifs ou se répandre çà et là poussés par la curiosité ; mais quand ils ne vont point à la guerre, ce qui est rare, ne voulant point manger leur pain à ne rien faire, ils emploient leurs loisirs à réparer, raccommoder et remettre en état leurs armes et leurs vêtements, que le temps et l’usage ont endommagés et mis en pièces ou en désordre ; ils font tout ce qui leur est commandé par leur supérieur, et ce que réclame le bien de la communauté. Ils ne font, entre eux, acception de personne, et sans égard pour le rang et la noblesse, ils ne rendent honneur qu’au mérite. Pleins de déférence les uns pour les autres, on les voit porter les fardeaux les uns des autres, et accomplir ainsi la loi du Christ. On n’entend, parmi eux, ni parole arrogante, ni éclats de rire, ni le plus léger bruit, encore moins des murmures, et on n’y voit aucune action inutile ; d’ailleurs aucune de ces fautes ne demeurerait impunie. Ils ont les dés et les échecs (6) en horreur ; ils ne se livrent ni au plaisir de la chasse ni même à celui généralement si goûté de la fauconnerie (7) ; ils détestent et fuient les bateleurs, les magiciens et les conteurs de fables, ainsi que les chansons bouffonnes et les spectacles, qu’ils regardent comme autant de vanités et d’objets pleins d’extravagance et de tromperie. Ils se coupent les cheveux (8), car ils trouvent avec l’Apôtre que c’est une honte pour un homme de soigner sa chevelure. Négligés dans leur personne et se baignant rarement, on les voit avec une barbe inculte et hérissée et des membres couverts de poussière, noircis par le frottement de la cuirasse et brûlés par les rayons (9) du soleil.

8. Mais à l’approche du combat, ils s’arment de foi au-dedans et de fer, au lieu d’or, au-dehors, afin d’inspirer à l’ennemi plus de crainte que d’avides espérances. Ce qu’ils recherchent dans leurs chevaux, c’est la force et la rapidité, non point la beauté de la robe ou la richesse des harnais, car ils ne songent qu’à vaincre, non à briller, à frapper l’ennemi de terreur, non point d’admiration. Point de turbulence, point d’entraînement inconsidéré, rien de cette ardeur qui sent la précipitation de la légèreté. Quand ils se rangent en bataille, c’est avec toute la prudence et toute la circonspection possibles qu’ils s’avancent au combat tels qu’on représente les anciens. Ce sont de vrais Israélites qui vont livrer bataille ; mais en portant la paix au fond de l’âme. A peine le signal d’en venir aux mains est-il donné qu’oubliant tout à coup leur douceur naturelle, ils semblent s’écrier avec le Psalmiste : " Seigneur, n’ai-je pas haï ceux qui te haïssaient, et n’ai-je pas séché de douleur à la vue de tes ennemiS ? " (Ps CXXXVIII, 21), puis s’élancent sur leurs adversaires comme sur un troupeau de timides brebis, sans se mettre en peine, malgré leur petit nombre, ni de la cruauté, ni de la multitude infinie de leurs barbares ennemis ; car ils mettent toute leur confiance, non dans leurs propres forces, mais dans le bras du Dieu des armées à qui ils savent, comme les Maccabées, qu’il est bien facile de faire tomber une multitude de guerriers dans les mains d’une poignée d’hommes, et qu’il n’en coûte pas plus de faire échapper les siens à un grand qu’à un petit nombre d’ennemis, attendu que la victoire ne dépend pas du nombre et que la force vient d’en-haut. Ils en ont souvent fait l’expérience, et bien des fois il leur est arrivé de mettre l’ennemi en fuite presque dans la proportion d’un contre mille et de deux contre dix mille. Il est aussi singulier qu’étonnant de voir comment ils savent se montrer en même temps, plus doux que des agneaux et plus terribles que des lions, au point qu’on ne sait s’il faut les appeler des religieux ou des soldats, ou plutôt qu’on ne trouve pas d’autres noms qui leur conviennent mieux que ces deux-là, puisqu’ils savent allier ensemble la douceur des uns à la valeur des autres. Comment à la vue de ces merveilles ne point s’écrier : " Tout cela est l’œuvre de Dieu ; c’est lui qui a fait ce que nos yeux ne cessent d’admirer " ? Voilà les hommes valeureux que le Seigneur a choisis d’un bout du monde à l’autre parmi les plus braves d’Israël pour en faire ses ministres et leur confier la garde du lit du vrai Salomon, c’est-à-dire la garde du Saint-Sépulcre, comme à des sentinelles fidèles et vigilantes, armées du glaive et habiles au métier des armes.
 
 

CHAPITRE V.

Le temple.

9. Il y a à Jérusalem un temple où ils habitent en commun ; s’il est bien loin d’égaler par son architecture l’ancien et fameux temple de Salomon, du moins il ne lui est pas inférieur en gloire. En effet toute la magnificence du premier consistait dans la richesse des matériaux corruptibles d’or et d’argent et dans l’assemblage des pierres et des bois de toutes sortes qui entrèrent dans sa construction ; le second, au contraire, doit toute sa beauté, ses ornements les plus riches et les plus agréables, à la piété, à la religion de ses habitants et à leur vie parfaitement réglée ; l’un charmait les regards par ses peintures ; mais l’autre commande le respect par le spectacle varié des vertus qui s’y pratiquent et des actes de sainteté qui s’y accomplissent. La sainteté doit être l’ornement