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Samedi 22 décembre 2012 6 22 /12 /Déc /2012 09:05

Le monde ne peut être figé et la pensée spirituelle ne peut s'enfermer dans un dogme. Le dogme est l'ennemi du doute qui doit imprégner chaque maçon.
Tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments, et la matière élémentaire résulte de l'équilibre qui s'établit entre eux. Les quatre Éléments se trouvent nécessairement réunis en tout objet physique.

Les Elément sont la « TERRE » lieu de vie, l’« AIR » qui produit la volatilité, l’« Eau » qui resserre les corps, et le FEU qui les dilate.

Aux Eléments se rattachent les qualités élémentaires, qui sont le sec, l'humide, le froid et le chaud.

Dans l’initiation maçonnique, les quatre éléments signifient une purification par le feu, l’eau, l’air et la terre. L'initié doit être purifié pour entrer en maçonnerie.

Les Quatre éléments

LA TERRE

La Terre lieu de vie, est la base. DIEU a formé l’homme à partir de la poussière de la terre, quelque part le Vénérable est dieu en loge. Le premier contact avec la terre à lieu dans le cabinet de réflexion. Au chaud de la terre l’apprenti maçon entre en contact avec le premier élément.

Une mort symbolique

L'initiation commence par le passage par le Cabinet de réflexion 'durant lequel est vécue " la mort au vieil homme", puis elle se poursuit dans le Temple.

Partant du passage dans le Cabinet de réflexion mais dépassant le cadre de celui-ci, le postulant est placé au cœur de cette terre afin d’y être recrée. Rituellement cette mort symbolique est le commencement d’un long chemin dont on prend conscience très vite en tant qu’apprenti. Le chemin est long et il faut beaucoup travailler, motiver son esprit faire grandir son âme.

Le sanctuaire est- une sorte de sanctuaire ou le postulant est seul, rien ne vient nous troubler, on est seul dans ce lieu de vie et de mort.

Ce lieu, symboliquement une grotte, est équivalent aux ténèbres malgré la petite bougie qui laisse l’espoir d’un monde meilleur. En sortant à la lumière on renaît grâce à la bougie et on découvre de mystérieux symboles.

Ce lieu de gestation laisse entrevoir la beauté de l’après initiation ce qui rassure le postulant apeuré par les ténèbres. La terre est la vie mais aussi la mort.

L’espoir d’un monde nouveau et meilleur

En loge l'épreuve de la terre laisse entrevoir un nouveau monde est il beau comme on l'espère. ? Les mystères sont ils maîtrisables. Dépouillé mais bien vivant, le postulant emprunte le chemin des ténèbres ou malgré le noir il doit agir avec vigilance et persévérance et emprunter en pleine lumière, les yeux bandés, le chemin au cœur du temple, lieu de recueillement et de silence.

Le cabinet de réflexion est exactement l'inverse de ce que le postulant va trouver dans le temple Les différentes épreuves de la terre, la marche, la planche à bascule, conduit le postulant à s'interroger "ou ai je mis les pieds "qui me portent à peine.?

Ce qui peut sembler le plus naturel, la marche, devient compliqué dans le temple, cela doit rendre humble le postulant...il est dans un nouveau monde.

Un symbolisme prédominant

Le symbolisme est très important en tant que véhicule d’une voie progressive intérieure, c’est-à-dire initiatique L’équerre permet de délimiter l’espace terrestre en le divisant en quatre régions selon les quatre directions (les quatre points cardinaux). Elle est non seulement le symbole du carré, mais aussi du nombre 4 tous deux représentant la solidification et la densification du monde.

L’équerre symbolique implique l’idée de rectitude, de rigueur, de précision. Le maçon se doit « d’être à l’équerre », c'est-à-dire droit, rigoureux et ferme dans ses pensées, ses actes et ses paroles.

La Franc-maçonnerie procure les métaphores propres à éclairer les voies obscures qui relient les désirs aux idées, les émotions aux représentations du monde, le cœur et l'esprit.. Bien souvent, le discours sur les symboles et les mythes s'enlise dans l'occultisme et le dogmatisme, créant ainsi des malentendus. Ce qui est important c'est la voie intérieure, l'introspection, tout vient de l'intérieur et tout retourne a l'intérieur.

Le rite est l’acte "magique" qui a pour objet d’orienter une force occulte vers une action positive, déterminée et qui consiste en gestes, paroles ou attitudes adaptées à chaque circonstances. L’ordre y est prescrit et s’inscrit dans une tradition.

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Ce qui expliquerait le caractère plus ou moins volatil, chaud, froid, humide, ou sec de chaque matière.

L’EAU

Source de vie

Elle est à la fois source de vie, purification, régénérescence ; L'eau est la source de toute chose et de toute existence. La voie d'eau est dite longue car c’est la voie de l'éveil progressif. On est baptisé étant enfant avec l'eau et l'initié est un enfant de 3 ans. La voie de l'eau brule le périssable pour ne garder que l'essentiel, on laisse les métaux à la porte du temple. Déjà, .on ne garde que l'essentiel son esprit et son cœur. La voie d'eau est la voie de l'éveil progressif, elle est la voie de l'humilité et il y a la coupe des libations qui rappelle à l'initié ses engagements, le dynamisme et vie, la capacité de renouvellement qui est enseigné par le travail en loge. Lorsque les hommes se détourne de dieu, ils subissent le châtiment ultime, le déluge symbole de la purification du monde, le déluge est la destruction et l'instauration d'un nouvel ordre, dissolution de tous les éléments et régénération. Il est à la fois source de vie, purification, régénérescence (mort du profane et naissance de l’initié ).

L'eau contient la totalité des potentialités de création. L'initié doit être mis en contact avec cette totalité, la nature de l'eau est fluidité et mobilité. Elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement et que le sacre ne saurait se satisfaire d'immobilisme, et cette élévation permet de respirer c'est le premier et le dernier acte de la vie.

L'eau contint la totalité des potentialités de création l'une des tache d'une loge initiatique est de mettre en contact l'initié avec cette totalité. La nature de l'eau est fluidité et mobilité, elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement

L'Eau contient la vie, la transporte, la conserve et la régénère. L'eau est la médiatrice entre le ciel et la terre. L'eau est vecteur de transmission et de purification, l'eau est utilisée en loge comme l'eau du baptême, s'agissant d'une naissance d'une renaissance par l'eau. On crée un frère, la purification a lieu par le lavement des mains dans un vase. La main est reliée au cœur. Grâce à ses mains le maçon construit. La main renvoie à l'une des capacités de rendre visible ce que le cœur a perçu, la main est liée à l'intelligence du cœur avec laquelle chacun des outils présents en loge doit être utilisé pour le bien commun. L'eau permet de faire rayonner l'esprit et les sentiments et d'élever la matière vers l'esprit via le cœur. L'eau est la voie lente d'approche du sacré, elle est la voie de l'humilité.

L’AIR

L'épreuve de l'air c'est découvrir la pensée divine à l'œuvre dans la création.

Le maçon se doit d'être libre comme l'air. L'air invite a rejeter l'immobilisme. L'air ouvre sur le mystère de la vie, l'air est le souffle de vie, et permet de parcourir les chemins de l'invisible, le voyage du maçon est un voyage ascensionnel sur la route du ciel et le voyage vers l'immortalité. Voyage vers la connaissance et la grande sagesse, le maçon initie voit la lumière et l'esprit de l'air lui enseigne la fluidité et le mouvement permettant l'accès vers le merveilleux et de rejoindre l'air lumineux qui tisse l'âme de l'initié, le travail en loge permet comme l'oiseau de s'envoler vers dieu et de rêver de l'immortalité.

L'esprit c'est la respiration cosmique. Dans l'espace sacre du temple, l'air a toute sa place, l'apprenti qui a la foi a conscience qu'il est en quête du mystère de la vie et de la création.

Chaque tenue est semblable à la création originelle indissociable de la purification par l'air. La capacité de renouvellement d'une loge initiatique est garante de la vitalité de ses membres, les frères sont placés dans le temple rituellement comme au premier jour tout rappelle la naissance. Le sacre est toujours présent.

L’air, vecteur de sensations.

Le souffle et la parole ne font qu'un.
Observer et caractériser en quoi l’air est porteur de sensations : odeurs (gaz, parfums), ondes sonores et lumineuses, rythmes saisonniers, etc.

L'âme, le corps et l'esprit de l'apprenti ont besoin de l'air pour s'élever et atteindre le firmament et en la sagesse divine.

L’air est imaginaire, et symbolique

L’oiseau maître du ciel a toujours été très présent dans les croyances sous forme de divinités, de pratiques divinatoires ou de symboles. L’âme peut ressembler a un oiseau lorsqu'elle s'envole pour rejoindre dieu..

Le vent est l'exemple suprême de la force de l'air et de la purification. L'apprenti apprend a percevoir la lumière au cœur des ténèbres, l'épreuve de l'air met l'apprenti en contact avec l'invisible, l'air véhicule la vie et le souffle, reçoit la puissance d'unir le haut et le bas, l'épreuve de l'air est un acte de construction, elle participe à la naissance de l'apprenti, le vent divin, le souffle divin est le véhicule. Et l'air par sa nature mobile est insaisissable l'âme et l'esprit sont purifiés. L'apprenti a les yeux bandés et se trouve donc en relation avec l'invisible. L'apprenti perçoit puisqu'il ne voit pas. L’apprenti a perdu ses repères. L'air balaie les mauvaises pensées, les pensées profanes, il fait partie de la renaissance, avec le tumulte qui est fait, on pense à l'orage, l'épreuve de l'air marque l'ébranlement de la conscience qui surgit en l'être,.
L'air a une fonction de lien entre ciel et terre, par le don de l'air une loge initiatique reçoit la puissance d'unir le haut et le bas. l'apprenti est en bas il doit vouloir et pouvoir s'élever !
La puissance d'unir le haut et le bas l'épreuve de l'air est bien un acte de construction, l'air enseigne la capacité d'élévation et d'abstraction ; L'apprenti apprend à accorder son cœur avec celui de la loge et plus précisément avec les cœurs de ses frères,

Les phénomènes du ciel sont des manifestations de l’action des forces divines (foudre, météorites).mais l'apprenti qui croit ne doit pas avoir peur.

L'air dans la civilisation

L'air est l'un des quatre éléments et selon les récits mythiques, il est, avec le feu, un élément actif, un élément mâle alors que la terre et l'eau sont des éléments féminins. Il représente le monde subtil entre le Ciel et la Terre, entre les hommes et Dieux. C'est l'élément qui remplit les êtres, il est donc associé au souffle de vie. Symbole de la vie, invisible, universel et purificateur.

L'air est symbole de mouvements, de liberté, de subtilités, d'allègement. L'air est associé au souffle, au souffle de vie, et suivant les religions, à l'âme. Si l'air est invisible, il nous rend sensibles aux vents, aux odeurs, à la chaleur. la sagesse s'élève de la terre en l'air et de nouveau descend sur la terre acquérant la puissance du haut et du bas.

L'air remplit l'espace entre le ciel et la terre si on veut rejoindre l'esprit, le ciel, il faut utiliser l'air. L'air permet la circulation de la lumière, c’est un agent de liaison des espaces. L'air véhicule la vie en sa qualité de souffle divin. Dieu est derrière le souffle de vie, le souffle est le véhicule

LE FEU

Le feu puissance spirituelle

Si nous pouvons percevoir trois éléments par le toucher, il en est tout autrement de la chaleur du feu. Nous ressentons aussi la chaleur sans avoir de contact avec elle. Nous la percevons dans notre corps.la chaleur est intérieure, la tradition initiatique évoque le passage par le feu comme une naissance spirituelle de l'être, traditionnellement la naissance par le feu est naissance à la conscience créatrice de l'univers et ouvre sur la notion d'immortalité, le feu et la chaleur indiquent le réveil net la mise en mouvement, c'est la puissance spirituelle. Le baptême seconde naissance se réalise par le feu l'esprit est représente comme une flamme qui se transmet. On pense à l'expression baptême du feu. On parle d'illumination et de naissance de l'esprit. A l’église le feu est celui de la flamme du cierge. Le feu peut être destructeur mais également créateur. Le feu, permet l'entrée dans le sacre, traverser le feu sans être brule fait de vous un être a part, il faut passer par le feu pour cheminer sur la voie qui mène é la lumière, la franc maçonnerie fait vivre cette épreuve au novice, lui permettant d'intégrer ce nouveau corps, on ressent un souffle chaud qui vous lèche le visage et on est purifié. Cette chaleur est magique, ce feu illumine le temple et c'est merveilleux, le feu transforme la mort en vie, on touche au merveilleux. Le novice découvre le feu créateur et la chaleur qui s'en dégage participe à l'œuvre de création. Le feu dans les ténèbres apporte la lumière, Le feu met à l'épreuve.

Le serment est un moyen d’allumer le feu le feu intérieur, il embrase le destin de l'être, on alimente ce feu intérieur par le travail en loge et dans le temple.

Le feu constructeur

Les travaux et la participation aux offices,.l'énergie individuelle est offerte aux frères du temple; le feu a une double nature, il peut réchauffer ou bruler, lors de l'initiation le feu est positif de telle sorte que s'agissant du feu sacre, il a pour but de nourrir. Le but est de combattre le mauvais feu, par le feu sacré, car le feu sacre est le feu de l'âme. Il faut rejeter les feux de son ego et de ses passions, il faut maitriser le feu des passions, rejeter les feux destructeurs, feux des ignorants et faire naitre le feu positif, constructeur. Le feu est éternel et l'amour fraternel. Le feu est donné à l'initié pour qu'il soit constitué par cette force de création et donner le meilleur de soi en toute gratuité, édifié par une loge initiatique, lors de l'instant créateur, la descente de la lumière s'opère par le feu au cœur des ténèbres, et de la peur du noir brille ce feu matériel et immatériel, feu sacrificiel, la lumière de l'impétrant rayonne au delà de son corps. Intérieurement le feu est notre père, qui sait tout et voit tout, pour la tradition chrétienne le centre est le père, ou brule le feu sacré et la lumière est le fils et le saint esprit et la flamme qui les relit. Percevoir la lumière lors de chaque tenue permet le voyage. Le voyage d'une loge s’accomplit symboliquement à chaque tenue de midi à minuit heure des travaux.

Le feu serait l'élément premier à l'origine de toute matière

LA SYMBOLIQUE DU QUATRE

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Il faut rajouter quatre qualités accessoires que sont le chaud et le froid d'une part (deux qualités actives) et le sec et l'humide d'autre part, (deux qualités passives).

QUATRE QUALITES

LE CHAUD

Le chaud est d'une manière générale un principe d'énergie, d'activité et d'impulsion.

LE FROID

Par opposition, le froid est un principe de passivité et de résistance.

LE SEC

Le sec est un processus d'analyse, de séparation, d'individualisation, de contraction et de repli sur le détail ou sur soi. Il se déroule dans une atmosphère rigide et cassante, allant aux extrêmes.

L’HUMIDE

Par opposition, l’humide est un processus de synthèse, de liaison et de collectivisation, d'ouverture sur la globalité et le collectif. Il est conduit dans une atmosphère de détente et de souplesse. ous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments :

Le feu est un phénomène naturel ; dans la nature, il peut résulter de la foudre ou de la fermentation (production de gaz inflammables et de chaleur). Sa domestication par l'Homme et sa capacité à le conserver (l'entretien du foyer On distingue par exemple trois sortes de feu : la flamme brûlante, la lumière et les résidus incandescents de la flamme (braises).

L éléments conjonction d'une qualité active et d'une qualité passive agissant sur une matière première indifférenciée génère l'un ou l'autre des éléments. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches (ce sont les qualités de la cendre), le feu est sec et chaud, l'air est chaud et humide (qualités du souffle exhalé) et l'eau est froide et humide.

D'autre part, cette génération des éléments par une interaction de qualités élémentales implique une dynamique des éléments. La réalité n’est pas figée : Les éléments peuvent se transformer l'un dans l'autre. Le feu peut donc se transformer par la modification d'une de ses deux qualités soit en air, soit en terre ; la terre en feu ou en eau ; l'eau en terre ou en air ; et ce dernier en eau ou en feu.

Aristote met en correspondances les sens et les éléments.

La vue, la couleur est liée au feu, l'intermédiaire des sons est l'air, l'odorat s'exerce au moyen d'un médium qui est l'air ou même l'eau, rien ne produit une sensation de saveur sans humidité, le toucher est lié à la terre. Aristote donne toujours la suite éther, feu, air, eau, terre, et c'est l'ordre qui prévaudra, l'éther (et non le feu) étant alors considéré comme la matière des astres et l'élément où ils séjournent.

QUATRE POINTS CARDINAUX

Le cadre de vie, le lieu géographique et le climat sont également soumis au jeu des qualités. Les quatre points cardinauxcorrespondent aux éléments ainsi qu’aux complexions et aux tempéraments. Ainsi, l'Est est chaud et humide, le Sud chaud et sec, le Nord froid et sec, et l'Ouest froid et humide.

Ces considérations sur les points cardinaux ont donc suscité la construction d’une théorie explicative de la géographie et des climats. Le nord possède en effet un climat froid, et l'eau y gèle (le fait qu’elle soit solide lui ôte sa qualité humide et explique que le nord soit sec); les régions ouest sont essentiellement constituées des immensités océanes (donc humides), et les régions sud sont constituées en grande partie par le vaste désert africain du Sahara (donc sec). Quant à l'Est, c'est traditionnellement là que l'on situe le paradis terrestre, d'où prennent leur source quatre fleuves (le Nil, le Tigre, l'Euphrate et le Gange), et où règne une douce chaleur (humide à cause des fleuves). Notons au passage qu’il s’agit d’une vision du monde très centrée sur l’Europe, du fait de son origine grecque à laquelle s’est ajoutée au Moyen Âge le récit biblique du jardin d’éden.

QUATRE SAISONS

La théorie des quatre éléments, s’applique également au domaine de la structuration du temps, dans la mesure où chacune des quatre saisons correspond à l’un des éléments classiques. Le printemps est chaud et humide comme l'air, l'été chaud et sec comme le feu, l'automne froid et sec comme la terre, l'hiver froid et humide comme l'eau.

QUATRE CATEGORIES D’ÊTRES VIVANTS

De même que l'univers est divisé en quatre éléments, les êtres vivants sont classés en quatre catégories ; règnes : minéral (les pierres sont considérées comme faisant partie des êtres vivants au Moyen Âge, sinon dans l’Antiquité), végétal, animal et humain. Les animaux sont eux-mêmes répartis en quatre catégories selon leur appartenance à l'un ou l’autre des quatre éléments. Il existera dans la pensée religieuse du Moyen Âgel'idée que plus on monte vers le ciel, plus on se rapproche de Dieu, et que plus on descend, plus on se rapproche du diable et de l’enfer. puis les oiseaux ordinaires, simples volatiles voyageant dans les airs, suivis des poissons nageant dans l’eau, pour terminer en bas de l'échelle par les quadrupèdes qui vivent sur l'élément terre. À l'intérieur d'une même catégorie animale, il existe également une hiérarchisation des êtres en fonction de l’élément dont ils se rapprochent le plus : les oiseaux incapables de voler et marchant sur le sol comme la poule sont moins bien considérés que le gibier d’eau comme le canard, proche de l'élément aquatique, lui-même moins noble que les oiseaux de plein ciel comme le passereau ou l’épervier.(Au Moyen Âge la fauconnerie, chasse noble par excellence était réservée à la noblesse). De la même manière, les poissons de fond tel que le turbot sont inférieurs aux poissons de surface et d’eau vive tel que le saumon. Les végétaux sont également généralement associés à la terre, mais les épices au feu. Une telle répartition entre les divers éléments existe également pour les minéraux.

De même que le chaos règne dans l'univers lorsque les éléments sont en déséquilibre, ils conduiront au chaos sur terre en l'absence de la sagesse,

Les 4 éléments permettent à l'initié de prendre conscience qu'en s'offrant au temple et à la loge, il s'approche de la perception du mystère et que la loge ouvre le chemin vers le divin, à charge pour le maçon de savoir s'y rendre et trouver le Graal divin.

Source : www.ledifice.net

Par H\ M\ - Publié dans : Planches
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Samedi 22 décembre 2012 6 22 /12 /Déc /2012 09:03

C’est une question récurrente que se posait déjà en 1979 le chapitre « les arts réunis » de Rouen sous la signature du F. Messac , dans une forme un peu différente : « N’y a-t-il pas un cléricalisme maçonnique ? »
Ma démarche interrogative nous conduira sur des voies entrecroisées .
Peut-on dire que la maçonnerie du R.E.A.A. est une religion, quelle a ses clercs, une forme de symbolique quasi dogmatique, un langage figé, une gestuelle fixe, donc un rituel rigide à contenu orienté par ses références, sa symbolique imposée, ses mots et phrases, qui, d’une façon pavlovienne, peuvent irriter l’agnostique et l’athée, sans parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale ?
L’étymologie des mots désignant le fait de ne pas croire en dieu est toujours négative : a-thée ; in-croyant ; a-gnostique ; in-fidèle ; mé-créant ; la croyance est la norme, l’incroyance, l’exception.
Qu’en est-il au REAA alors que la moitié du monde n’a jamais connu dieu ?
Au REAA, encore plus qu’au G.O. l’art. 1er devrait imprégner la démarche des « sages » . L’attitude progressiste, tant sur le fond que dans la forme, et par là même progressive, doit être le carburant courant.
Quand on se permet de faire une incursion dans la littérature, on trouve des articles vieux de 30 ans. Mais, qu’est-ce donc au regard des 20 siècles de catéchèse primaire de l’église Romaine ? En maçonnerie, pas de tradition catéchisée, formatée, enkystée !!

Revenons à nos moutons agnostiques ou athées …
Aspect 1er : la maçonnerie peut-elle être assimilée à une forme de religion ? Réponse oui !
Au sens le plus commun religion = croyance, nous croyons en l’homme .
« Etymologiquement, ce serait ce qui relie, venant du verbe latin « religare » , ou, plus exactement, selon Cicéron, « religio », viendrait de « religere » ; qui aurait comme signification « recueillir » ou « relire » ou bien, « ce que l’on relit avec recueillement ».
La religion est donc l’amour d’une loi, d’une parole, d’un logo, c’est l’esprit de la mémoire, c’est le sacré de cette mémoire, c’est le lien mythique de communion ; une fidélité donc, une foi, la foi venant du latin « fidès » , mais cette fidélité peut se départir de tout théisme. » C.S.
La maçonnerie peut être une forme de religion basée sur le sacré d’une tradition , support d’une morale, ou d’une éthique.
La maçonnerie est philosophiquement fondée sur deux postulats : « la croyance en la perfectibilité de l’humanité et du cosmos ; et la croyance en l’efficacité de la raison et du travail comme facteurs d’une organisation architecturale du monde tendant vers un idéal de perfection. » F. Péraldi 1927
Cette définition permet d’aborder le lien, la trame, la toile de fond qui se constitue de références historiques réelles ou supposées, de symboles devant être librement interprétés, du mythe qui en constitue le support, le tout créant cette religion maçonnique et ses croyants.
Seulement voila, ses croyants sont polyculturels, de connaissances et civilisations diverses, de conceptions et de finalités de l’homme parfois opposées. Leur démarche intellectuelle, spirituelle, sociale, est plus que diversifiée.
Et, dans la situation nous intéressant ce jour, les clercs traditionalistes maçonniquement catéchisés ont quelques frictions avec les libéraux évolutifs progressistes visant le rassemblement, « l’intercommunicabilité. »

Quelles peuvent en être les raisons ?
En premier lieu, ce que les sociologues appèlent les formes de tempérament,la typologie, ensuite, et le catalogue sera loin d’être exhaustif ; le déficit de connaissances historiques, de la façon dont s’est constituée cette tradition, ce mythe, l’interprétation de ce conglomérat de connaissances ; la traduction, la mise en forme de cette ou ces interprétations. La conception dans l’évolutivité de cette tradition, et, ensuite, le terrain, la personnalité du réceptionniste, du croyant, sa façon dont il a été éduqué, formé, éveillé. Quelle que soit la forme que l’arbuste ait prise au cours de sa formation, il en sera bien difficile d’en modifier la structure à l’âge adulte malgré la plasticité neuronale découverte par les physiologistes.
Reprenons le cours de cette étude en ayant toujours à l’esprit la question posée en titre.
Donc l’histoire ; chacun sait ici que les chrétiens n’ont rien inventé, même s’ils ont mis en relief une « certaine philosophie » de l’homme. Il y a syncrétisme.
Nous remontons à Osiris pour la légende d’Hiram ; à Vichnou pour la parole perdue ; aux Egyptiens pour le tétragramme ; et, les civilisations sumériennes, et araméennes transpirent dans nos rites, nos mythes, nos symboles. Mais, la catéchèse chrétienne a tellement formaté la culture et les croyances pendant 20 siècles , que même en maçonnerie nous lui en attribuons la paternité.
En bien des circonstances nous ne faisons pas le décantage prôné par les lumières , nous concevons mal une laïcité post-chrétienne. Prenons quelques exemples de plats prêts à consommer par le croyant chrétien ; voyons « Hoschée » acclamation voulant dire « Sauveur » ; quelle devra être l’acrobatie intellectuelle de l’athée face à cet éventuel sauveur ; oui, mais quel sauveur ? Sauveur de qui, de quoi, en quel lieu ? Et nous pouvons ajouter « Emmanuel », le tétragramme, et même I.N.R.I. sans pour autant être exhaustif.
Nous reprochons aux jésuites d’être hypocrites, mais allons donc, regardons-nous à ces sujets, car, là, il faut aborder le principe du réflexe conditionné, cette fonction pavlovienne qui a inculqué un sens aux mots, aux gestes ; écoutons J.R. Ragache qui nous dit : « je me demande si le danger de l’homme n’est pas le danger de la perte de sens des mots. » pourquoi leur attribuer plusieurs sens ? Alors que « seul le doigté des F.F. , leur sens aigu de la nuance, leur éveil perpétuel, leur promptitude à ne pas confondre l’homme et son ombre, creusent un gouffre entre les trois « Hoschée » et « ainsi soit-il » Les arts Réunis N° 91-
Peut-être qu’une certaine inadéquation existe entre ce que l’on nous présente et ce que nous sommes . Se pose alors la question : la quelle des deux parties doit, évoluer, se libérer, ne pas adhérer, se désolidariser ?
Personne n’oblige l’athée à aller à l’office ; personne non plus ne l’oblige à poursuivre au R.E.A.A.
Peut-on, un instant, penser à un travail de reconstruction, de refonte, où chaque être humain pourrait s’y reconnaître et adhérer ? Sans doute pas !! La majorité actuelle ne s’y prête pas, à tord ou à raison, mais tels sont les faits !! Doit-on considérer qu’il y a , d’une part, une volonté conservatrice, ou, de colonialisme du traditionnel ; ou bien, d’autre part, une incursion par la force pour imposer une évolution particulière non souhaitée ??
Aux questions posées ; la maçonnerie du REAA est-elle une forme de religion ? La réponse est oui ; Possède-t-elle ses clercs ; c’est-à-dire y a-t-il un attachement plus important aux structures, aux apparences, qu’aux valeurs progressistes ? Là aussi la réponse est oui, car ni fond, ni forme n’évoluent.
Le discours de base, sur la philosophie, (fondement de la maçonnerie) qui, d’essence, incite à l’insolence, dont les concepts fondamentaux se trouvent sans cesse modifiés par l’évolution scientifique et culturelle, qui est une « recherche de sens » permanente, n’est pas ici programmée ; car elle ne s’inscrit pas dans une vision progressiste globale, universaliste ; mais est-ce possible ?
Même si le message diffusé est acceptable par tout un chacun, la forme, la manière, la verbalisation, la gestuelle, peuvent égratigner certains tenants d’un matérialisme et d’un athéisme clair et net ; sans bien sûr parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale.

Source : www.ledifice.com

Par P\ M\ 33ème A.M.H.G. - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 21:41

 

Présentation : La trahison est un phénomène omniprésent dans l'histoire, l'imaginaire et l'expérience sociale. Pensons simplement aux figures qui l'incarnent - de la « balance » au déserteur, du « collabo » à la « girouette ». Le concept recouvre des réalités diverses. Les actes de trahison divisent les chroniqueurs, analystes, romanciers qui ne les interprètent pas de la même manière et qui leur donnent quantité de noms différents : trahison, défection, félonie, désertion, malice, méchanceté… Les associations systématiques de termes ne sont pas rares : « traître et larron », « traître et félon », « traître déloyal ».

Je rappellerai par ailleurs cette évidence : il nous est à tous arrivé un jour d'être trahis ou de trahir à notre tour, de révéler un secret, d'être infidèles, d'être pris dans des loyautés conflictuelles ou de faire défection. Plus banale et commune qu'on ne le croit généralement, cette expérience n'en est pas moins spectaculaire et bouleversante : la trahison frappe de stupeur et met en crise aussi bien l'individu que l'ensemble social qui en est la victime.

Le dictionnaire historique de la langue française rapproche le terme de transgressum, transgredi : qui signifie à l’origine « passer de l’autre côté », « dépasser », puis, qui en est venu à signifier « enfreindre ». La trahison est l’abandon de la confiance accordée précédemment à un individu, à une institution, un groupe, l’abandon d’un engagement, d’un contrat. C’est la violation d’un pacte de fidélité, basée sur une parole (qui n’a pas toujours été prononcée). Elle soulève la question de la promesse et de l’action : le faire sans le dire ou le dire sans le faire.

L’étymologie nous ouvre encore d’autres pistes. Trahir vient du latin tradere qui a donné transdare : « livrer, transmettre », en d’autres termes, il peut s’agir de livrer quelqu’un, une information, un secret. Dans le monde médiéval, nombreux sont les traîtres qui livrent un homme à ses ennemis, les renégats, les transfuges... Quand on pense au mot trahison viennent les mots félonie, mensonge, tromperie, adultère, reniements, hérésies.

La trahison ne fait pas partie en tant que telle de la liste des commandements reçus par Moïse (le décalogue). Et pourtant, la plupart des commandements ont un rapport avec la trahison : croire à d'autres dieux c'est bien une trahison, voler c'est bien trahir son prochain, mentir c'est bien trahir son interlocuteur, etc. etc. ..

En politique, dans la société médiévale très codifiée, c’est le vassal qui rompt son serment de fidélité et refuse de servir correctement son seigneur ou pire qui ose prendre les armes et se révolter contre son seigneur. La trahison prend l’aspect du crime de lèse-majesté, et rompt l’équilibre établi, parfois de longue date, la cohésion de la société et son organisation traditionnelle.

Des exemples : pendant des siècles, la figure de Judas a été l'incarnation du traître par excellence, mais aujourd'hui encore, les interprétations quant à ses motivations profondes divergent. Je vous renvoie au livre de Paul Maskens « On a trahi JUDAS ».

Quelques cas de traitres dans l'histoire ancienne:

  • La trahison du peuple juif par rapport à Dieu
  • Jugurtha (chef de la cavalerie carthaginoise) se fait "acheter" par Rome et trahit Hannibal,
  • Alcibiade trahit Athènes et son peuple
  • Isabeau de Bavière brade la France à l'Angleterre
  • Le Grand Condé passe aux Espagnols

Et dans l'histoire récente:

  • Talleyrand trahit roi et empereur
  • Laval et Pétain deviennent collaborateurs 

Si nous quittons la politique, la trahison touche aussi la sphère domestique : c’est l’infidélité de la femme, ou de l’homme, l’hostilité des fils envers leur père, le rapt… autant de comportements qui troublent les normes sociales et familiales. C’est Brutusqui participe au complot contre César.

Mais là où ça blesse véritablement c'est la trahison amoureuse. Faire confiance, c'est déjà un grand cadeau que l'on offre à l'autre personne. La trahison est vécue par la personne trahie comme une déception à l'égard de la partie qui ne l’a pas respecté, et fait beaucoup de mal parce qu'elle porte atteinte à un sentiment que partage Dieu et l'humanité : je veux parler de l'amour. Ainsi, lorsque vous aimez quelqu'un et qu'il vous trahit c'est très difficile à vivre. Le plus grand risque est de basculer de l'amour à la haine. Dans les légendes de la table ronde, Guenièvre, épouse du roi Arthur, aime en secret Lancelot.

Enfin, la trahison peut aussi avoir une dimension religieuse. Le terme fides désigne la fidélité, mais aussi la foi. Sont renégats ceux qui rompent avec le rite et ses symboles ; ceux ne respectent pas le sacré et prêtent sur les saintes reliques des serments hypocrites. On peut citer la dure condamnation de Jan Hus, qui était théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque, et qui fut excommunié en 1411, brulé sur le bucher en 1415, duquel on a dit « de Jan Hus, il ne doit rien rester » .

Le visage et la destinée du traître : L’attitude du traître provient le plus souvent d’une mauvaise nature : ses agissements ne sont que la manifestation d’une prédisposition psychique où s’enracine la propension à trahir dans tous les domaines. Ainsi le traître est-il le plus souvent coupable de trahisons multiples. Son visage, tel qu’on le trouve dans les chroniques ou la littérature de fiction révèle quelque chose de maléfique ou de monstrueux.

Le traître est la face cachée du personnage enfin dévoilée : son autre face, nécessairement inquiétante parce qu’inconnue jusque-là. La trahison suppose une volte face du traître : c’est un retournement de soi. Dans les récits, la trahison marque les corps et les visages. La mauvaise âme devient visible et, sous la plume des auteurs du Moyen Age, la métamorphose est souvent animale (loup, chien enragé…).

Dans la légende d’HIRAM, le terme de ‘mauvais’ est retenu pour qualifier les 3 compagnons. Comment les imaginer ? Surement, ils sentent le souffre, témoin cette chanson ‘ Les mauvais compagnons ‘ par Plume Latraverse, chansonnier du début du siècle, qui commence ainsi : « les mauvais compagnons sont les amis du démon… Démasquer le traître est la hantise des sociétés qui, comme la société médiévale reposent très largement sur un code d’honneur et sur une parole donnée. L’accusation de trahison appelle le châtiment car il s’agit d’une faute grave.

Sous la révolution française, on parlait de traître à la patrie : c’était la guillotine assurée. Au 20e siècle, on parle toujours de traître, mais aussi de dissident. Le traitre démasqué y est toujours aussi souvent exécuté de manière sommaire. En Russie, il part pour le goulag ou l’hôpital psychiatrique, en Europe, pour le camp de travail ou de déportation, en Asie, pour le camp de rééducation.

Chez Dante, les traîtres sont dans le neuvième cercle de l’enfer, là où, emprisonnés dans la glace, ils sont devenus matière inerte. Ailleurs, ce sont ceux que l’on ne veut plus reconnaître, ceux dont on veut anéantir le souvenir par une damnatio memoriæ, condamnation décernée par le sénat romain, c'est-à-dire un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli. Par extension moderne à des contextes non romains, on utilise l'expression pour désigner des mesures comparables :
· l'effacement des cartouches du pharaon hérétique Akhenaton par ses successeurs ;
· l'interdiction à Éphèse de citer le nom d'Érostrate, incendiaire de l'Artémision ;
· le recouvrement du portrait du doge de Venise Marino Faliero, après son coup d'État manqué.
· l'oubli dans lequel furent rejetés, par ordre de Napoléon Bonaparte, les héros de la Révolution Française comme le général Dumas et le chevalier de Saint-Georges.

Judas est pris de remords, et se pend. Au 3e degré, on ne nous dit pas ce que deviennent les compagnons après le meurtre. Parviennent ils à s’échapper, sont ils rattrapés ? Condamnés ? Comment ? Sont-ils pris de remords ? Se suicident-ils comme Judas ? on peut tout imaginer.. Et sûrement dans la saga qui nous attend dés le 4e degré. Mais imaginons un instant que les compagnons ne soient pas coupables : les indices laissés près de la tombe sont trop évidents pour être réels.

Avançons l’hypothèse que les meurtriers ne soient pas des compagnons mais des maîtres qui voulaient prendre la place d’HIRAM. La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités. Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.

L’enjeu de la trahison : La trahison résulte d’une interprétation des comportements. C’est un jugement de valeur : l’accusation de trahison traduit un mécontentement, une jalousie, une peur ou une incompréhension face aux agissements d’un individu qui, soudainement, ne coïncident plus avec les pratiques sociales, culturelles et religieuses communément admises ou attendues. Elle peut honorer les traîtres ou les perdre. Mais toujours, elle révèle les hommes pour ce qu'ils sont vraiment et permet de révéler un pan du secret de chacun.

La trahison se produit quand il y a déjà un lien et une certaine fidélité entre les personnes concernées, basée en général sur un certain nombre d'ententes explicitement dites ou non dites entre soi et l'autre. Le trahi a le sentiment que l'autre serait toujours solidaire et fidèle. On peut sombrer dans la phobie des autres et le manque de confiance en le genre humain. Et comme dit le proverbe marocain : " celui qui a été mordu par un serpent aura peur d'une ficelle."

La trahison est souvent causée par l’envie, la soif de pouvoir, l’ambition, la volonté de s’élever au dessus de sa condition, de sortir d’un état de dépendance, de s’affranchir d’une domination. Le traître viole une relation qui s’était sacralisé : il abandonne le sacré pour retomber dans le profane. Le traitre tombe du ciel pour se faire engloutir par l’enfer.

L'effet de surprise augmente la trahison et lui donne toute son ampleur : elle arrive quand on ne l'attend pas. Je dirai que le moment de trahison est comme dans un bal masqué au moment ou les masques tombent tout d’un coup. C’est par exemple l’instant qu’ont choisi les comploteurs pour passer à l’action. Elle peut être vécu de manière très violente et avec beaucoup d'amertume.

Le braconnier devient garde-chasse. Le théoricien de la liberté devient le traître qui la poignarde. Le traître, c’est celui qui après avoir provoqué l’émeute, sauve la société en danger en passant de l’autre côté de la barricade.

Mais revenons au mythe d’HIRAM : Les 3 réclamants jugent donc qu’ils en savent assez et qu’il est temps de leur donner la maîtrise. Ce à quoi HIRAM répond que le conseil des maîtres ne l’a pas décidé et se refuse à parler. Il me semble que les 2 parties en présence manquent un peu de souplesse. Pour la partie réclamante, il est temps et urgent. Pour l’autre, il faudra attendre. N’est pas le signe que les maîtres en seraient venus à confondre l’esprit avec la lettre ? Ou que la maitrise se serait laissé corrompre par un certain pouvoir ? Les 3 compagnons exigent que l’attestation de l’achèvement de leur état leur soit donnée. Il n’est pas dit que ceux-ci refusent le rite, puisqu’ils en demandent l’esprit, c'est-à-dire le signe, les mots et attouchements, par contre, ils récusent la cérémonie ou en quelque sorte la lettre. Qu'attendre sur un chantier qui serait presque terminé ? le salaire semble donc réclamé en toute justice !. On peut interpréter ainsi que les compagnons vont bientôt se retrouver remerciés et risquent de se retrouver au chômage. Les compagnons, sans être blanchis, apparaissent tout à coup à nos yeux moins noirs.

Ainsi donc, le traître est-il toujours condamnable ? De héros, certains sont devenus traîtres, honnis et bannis dans leur propre camp. D'autres, en revanche, sont devenus héros en trahissant. La trahison est une question de point de vue, et reste relative aux lieux et aux époques ; elle peut grandir ou défaire un homme, servir un pays ou le condamner, être un acte de courage ou un aveu de faiblesse.

La trahison est une notion qui dépend du contexte politique et juridique car l’interprétation des comportements change en fonction de la conjoncture et de l’évolution des institutions et du droit. Ainsi le contenu de la trahison reste-t-il parfois difficile à déterminer et les divers degrés entre haute trahison et petite traîtrise difficile à évaluer, plus ou moins louable. Clemenceau disait « Un traître est celui qui quitte son partipour s'inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre ».

Transgresser, c'est en quelque sorte franchir le Rubicon éthique ou moral, ne pas respecter une loi, ne pas se conformer à des règles considérées comme acquises, intégrées et acceptées de tous. Pourtant, la désobéissance citoyenne ne peut – elle pas se justifier dans certains cas ? En 1944, qui reprochera à Charles de Gaulle d’avoir appelé à continuer le combat en Juin 1940 ? En 2009, Le 1er ministre Fillon qui décide d'apposer une plaque de plus, sur les murs de Matignon, évoquera dans son discours le "rebelle visionnaire".

Celui qui remet en cause l’ordre établi peut passer pour un traitre, alors qu’il pense sincèrement qu’il faut évoluer ou faire évoluer. Il est facile de le taxer de traître alors qu’il pense seulement pouvoir s’émanciper. Faire dissidence, transgresser sont des termes qui sont en lisière de la trahison.

Lorsqu’un atelier a initié pour la première fois une femme, peut-on dire que la loge a trahi l’esprit maçonnique ? Une obédience mixte a-t-elle moins de légitimité aujourd’hui qu’une obédience masculine ?

Faisons une dernière hypothèse à propos du mythe d’HIRAM et imaginons que les 3 compagnons ne soient pas coupables et qu’ HIRAM soit décédé de mort naturelle : les maîtres souhaitent camoufler cette mort en assassinat. Explication : Pour ne pas démobiliser les ouvriers, des maîtres organisent le psychodrame de la légende de la mort d’HIRAM. Cette version semble plus vraisemblable car lorsque le corps est retrouvé, il est déjà en décomposition : la chaire quitte les os, tout se désunit… Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie car la disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.

Hiram m’agace un peu, parfois, car il apparaît comme un être parfait. Mais lui-même, n’a-t-il pas essayé de tuer son maître un jour ? Qu’en savons-nous ?

Le maître c’est le père spirituel. Tuer le père, dans la métapsychologie freudienne, c’est au-delà du complexe d’Oedipe, arriver enfin à être adulte à son tour. Pour Jung toutefois, en stipulant que le soi inconscient est son propre père, Jung fait pièce au meurtre originaire de Freud.

Quoi qu’il en soit, cette envie de tuer pour liquider une situation que l’on juge révolu ne serait pas choquante en soi, sauf si elle est barbare et violente. Elle s’inscrit pourtant dans le mouvement du monde naturel. Dans notre civilisation, dans telle discipline, artistique par exemple on entend dire parfois « l’élève a dépassé le Maître ». Cela sous-tend la notion de transmission initiatique. Nous sommes en plein dans notre symbolisme de franc-maçon où il est dit ‘ transmettre par l’exemple’.

CONCLUSION : Laissons en paix nos compagnons surtout s’ils ne sont coupables, ou alors laissons les à leur remords, qui est un sentiment terrible, Caïn en sait quelque chose !

Ce qu’incarnent les compagnons, ce sont nos défauts, nos vices… Il faut les combattre, il faut se combattre, mais aussi il faut savoir se pardonner et se réconcilier avec soi-même. On se juge souvent de manière très dure, sans complaisance.

La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. HIRAM perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît par l’acacia grâce à ses qualités. HIRAM sera donc resté fidèle à son engagement et n’aura pas trahi. A son image, soyons fidèles à notre engagement maçonnique (vaste sujet).

Car au fond de soi, on sait dans notre quotidien, au plus profond de soi, à quel moment on trahit. Alors avant de passer à l’acte, demandons-nous s’il n’y a pas une autre solution, une autre voie… Et si malgré tout, cela doit arriver, pouvoir expliquer, pouvoir s’expliquer avant … c’est toujours possible si l’intention est sincère, si on joue la carte de l’authenticité.

Péguy nous dit : " le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme ". On peut toujours évoluer, mais on peut le faire, le dire, de manière fraternelle.

Pour conclure, mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, je dirai que l’honneur du franc-maçon est de ne jamais trahir !

J’ai dit

source www.ledifice.net 

Commentaire : la trahison et la Maçonnerie sont des mots qui vont très bien ensemble. Enfin, on apprend à tout âge !

 

 

Par Fra\ PAR\ - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 17:49

Certains Frères comparent parfois le Franc-Maçon à une «pierre de sa Loge». Cette notion semble vide de sens. Qu’y a-t-il de commun entre une pierre à bâtir et une pierre à tailler ? Or le Franc-Maçon « taille sa pierre brute ».

La Loge, cet Atelier où le Maçon œuvre à l’édification du Temple intérieur- dont elle se veut d’ailleurs le modèle - serait-elle un conglomérat de «pierres», une bâtisse résultant de la somme des Frères qui s’y réunissent ? Et qui se réunissent pour faire quoi ?

S’ils veulent mener à bien la taille de la pierre jusqu’à en dégager sans altération le Centre, s’ils veulent effectuer ce travail sur soi, si particulier qu’il faut des mains pures (gants blancs), l’Apprenti et le Compagnon doivent apprendre à se discipliner, à agir avec tact et respect. Dès ses premiers pas en Loge. Le Franc-Maçon doit être « juste » dans ses expressions, précis dans ses affirmations et dans ses gestes.

Le tact est l’une de ses premières qualités. Il s’agit en quelque sorte du sentiment exact de ce qui convient ou ne convient pas. Par son tact, le Franc-Maçon fait preuve de véritable culture, laquelle inclut la politesse, la prudence, la connaissance de l’homme, la présence d’ esprit, la modestie, la réflexion et la maîtrise de soi. Le terme « tact » vient de « toucher » : il indique qu’on est au courant, qu’on est informé. Il y a manque de tact lorsqu’on s’exprime par curiosité, par indiscrétion ou par flatterie. Il n’est cependant pas toujours facile d’établir à partir de que moment l’intérêt se mue en curiosité, l’amabilité en indiscrétion et la courtoisie en flatterie.

Parmi les diverses formes de politesse, la salutation – cette marque d’attention qu’on accorde à autrui et à plus forte raison à un F
- est de loin la plus importante. C’est si vrai, que l’on n’attendra pas d’être salué pour salué à son tour ; au contraire on éprouvera une légitime satisfaction à saluer le premier. Signe d’estime, le salut ne peut être que cordial. Il exprime la bienvenue et doit comporter et susciter la certitude d’une amitié réciproque : regard aimable, parole bienveillant, sourire empreint de compréhension. Le salut maçonnique est un signe d’union.

L’attitude du Maçon envers le Vénérable et ses Officiers mérite également qu’on s’y arrête. Le Vénérable Maître en Chaire est bien davantage qu’un simple président : il est à vénérer au sens maçonnique, par des hommes qui dépassent l’homme, qui ne vénère aucun homme, contrairement à ce qui se passe chez les profanes. Si le Franc-Maçon qualifie le Maître en Chaire de Vénérable, c’est qu’il voit et vénère en lui « le Fils (de la Lumière) » qui est censé l’avoir absorbé et l’avoir ainsi « élevé à la maîtrise », à sa Maîtrise à lui, raison pour laquelle il est en droit de retenir l’attention des Frères de la Loge.

Le Vénérable Maître s’est chargé d’une lourde responsabilité : il doit pouvoir compter sur le respect et sur l’obéissance des FF
. Il est foncièrement indécent de le prendre à partie ou de le critiquer en Loge. Ces égards s’adressent moins à la personne qu’à la fonction, ou qu’à l’autorité profonde qu’elle représente.

Il en va naturellement de même, par extension, pour le Maître Député et pour les deux Surveillants. En effet, la vie de la Loge dépend, dans une large mesure, de l’autorité que les FF
reconnaissent au Vénérable Maître et aux premiers Officiers.

L’intérêt porté à l’acquisition des connaissances est primordial dans une Loge. Au cours des échanges et discussions, le FM évitera en toutes circonstances de blesser un Frère ;il s’agit de distinguer nettement entre le fond de la discussion et la personne qui s’y engage. Toutefois, on se gardera de tomber dans l’excès contraire en manifestant une susceptibilité qui, imitant la liberté de parole, menace la vie intellectuelle de l’Atelier et démontre une maturité maçonnique fort incomplète. En toute occasion en effet, le Maçon sacrifie tout à la Vérité, en premier lieu soi-même et sa vanité.

Il est beau et bon, voire bénéfique à tous points de vue que les Frères prennent part au bonheur ou au malheur de l’un des leurs.

Ils seront aussi serviables en toutes circonstances l’un envers l’autre, aussi bien en Loge que dans le monde profane. Le degré d’entraide ne dépendra pas de la plus ou moins grande amitié qui nous lie à un Frère ; en faite sa seule appartenance à l’Alliance maçonnique – alliance moins entre les FF
qu’entre chacun d’eux et l’œil de l’Univers – doit le transformer en Frère, en être aimé auquel nous devons assistance. La trahison, figurée par la tromperie et par désir d’exploiter, serait la chose la plus répugnante entre deux Franc-Maçon.

Et que dire du serment ? La Franc-Maçonnerie, par l’engagement qu’elle requiert serait inconcevable sans serment. On peut décrire ainsi la différence entre la conception profane et la conception maçonnique du serment : on assermente le profane afin de pouvoir compter sur lui afin qu’il ne déçoive pas la con fiance placée en lui : en revanche le Franc-Maçon prête serment pour que lui-même sache pouvoir compter sur soi, afin d’éviter de dévier dans la voie de son propre accomplissement. Le caractère social, c’est-à-dire profane du serment n’a rien à faire ici.

L’esprit de conciliation conditionne la vie maçonnique communautaire. D’autre part le Franc-Maçon aura la probité et le courage de reconnaître ses erreurs en s’en excusant et chaque Frère doit être prêt, avant même que son interlocuteur ne fasse le premier pas, à rétablir la paix et la concorde menacées.

De toute façon, il faudrait que les Frères apprennent dès leur entrée dans notre Ordre que « les usages sociaux » sont absolument désuets à nos yeux et qu’ils ne doivent en rien inspirer le FM dans son comportement en Loge, face à ses Frères. Il en va comme de notre conception du Maître et de la Maîtrise, par rapport à celle qui cours dans le monde profane, profanateur du sacré qui habite l’homme : la nôtre implique une « élévation », une vision désintéressée, et par là-même inspiré et opérante, des choses.

Le profane peut devenir a tous égards un maître : son maître, le maître de sa colère, de sa peur, de ses inhibitions face à autrui, de son envie, de sa jalousie, de sa haine ou de sa propre vie. Le Franc-Maçon, par contre, accède à une Maîtrise, à une maîtrise qui se rapporte à un Art dit royal de par sa participation à l’autorité royale du Grand Architecte de l’Univers sur l’ensemble et le détail des données constitutives de l’Univers. Il y parvient en s’ouvrant à plus grand que lui, en s’adjoignant un Guide intérieur régulièrement mieux informé que lui sur ce qui est.

Le plus bel outil requiert un ouvrier qui sache s’en servir. L’outil par excellence du Maître Maçon est ce Guide, celui-ci figurant le condition de son succès. Encore faut-il qu’il sache lui donner la parole, lui accorder dans la tourmente la place nécessaire, toute la place abandonnée par L’Ego défunt.

Source : www.ledifice.net

 

Par X - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 17:40

Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem.

D’emblée, le décor est placé. Mais comment le postulant comprendrait-il, lorsqu’il regarde, étonné, l’acronyme V.I.T.R.I.O.L. inscrit au mur obscur du cabinet de réflexion, que la “démarche” entreprise est alchimique, en quelque sorte une tentative de transmutatio individuelle accomplie au sein d’une collectivité “d’individus” poursuivant chacun pour eux-mêmes - collectivement - le même but par des voies différentes ?

Comment comprendrait-il qu’il est, solitaire, aux prises avec l’Œuvre au noir, premier acte d’une individuation qui le conduira, s’il le souhaite, à l’athanor - Œuvre au rouge - où il retrouvera la Parole perdue ? Impossible.

Tous ceux d’entre nous qui avons enquêté des profanes n’avons pu que très rarement percevoir, dans l’expression maladroite de leurs motifs, une quelconque intuition du sens de leur quête.

Ils ne sont capables que d’exprimer des banalités ; l’affirmation confuse d’une croyance en Dieu, certes, mais sans trop savoir expliquer le pourquoi et le comment, rejoignant en cela à leur insu les propos de C.G. Jung : “… à moins que quelqu’un n’en vienne à l’idée bizarre de prétendre savoir avec précision ce qu’est Dieu" ; une idée vague de la fraternité, mais aussi, souvent, le sentiment d’une frustration religieuse.

Peut-être celle de ne pas avoir perçu au sein de leur Église baptismale les discours qui sortiraient du formalisme et de la superficialité, incapables de susciter au sein de la communauté ecclésiale une participation active de leur âme (psyché). Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le dogme et la doctrine au sein des Églises ne doivent pas être considérés uniquement éléments de frustrations des libertés individuelles, mais aussi, reconnaissons-le, comme une nécessaire rampe sur laquelle s’appuie la majorité des fidèles, une structure collective destinée à ceux qui, sans quoi, trébucheraient (le dogme de la Trinité, par exemple, ne peut être raisonnablement remis en cause, au risque de renier purement et simplement le christianisme - encore conviendrait-il ici de remplacer le mot dogme par le mot mythe qui correspondrait mieux à notre vision maçonnique - cf. infra : Mythe & inconscient).

Les dogmes sont par conséquent les socles sur lesquels s’édifient les doctrines, épines dorsales des Églises. En revanche, le danger réside en une projection intégriste et exclusive d’une pratique religieuse dévoyée, en une attitude dogmatique radicale qui soustrairait à l’âme ses valeurs, car l’individu - entendons par individu le profane qui un jour de sa vie vient frapper à la porte de nos temples - souhaiterait inconsciemment pouvoir participer à son expérience spirituelle au sein de son Église, qui n’est devenue le plus souvent hélas, selon la formulation de Kierkegaard, qu’une institution de prêtres-fonctionnaires qui y font carrière, réduisant les Écritures à un prétexte à de belles envolées rhétoriques devant un public assoupi, une sorte de compagnie d’assurance pour l’au-delà ; le postulant souhaite en effet participer à la nourriture de son âme et, à cet égard, met son espérance dans la Franc-Maçonnerie, cette fraternité d’hommes dont il ne connaît rien, évidemment.

Rappelons ici la doctrine de Maître Eckhart qui met en exergue le thème de l’archétype (nous y reviendrons) en ceci que l’âme se rattache à l’essence divine par son point le plus intime, où est situé son archétype éternel, désigné par le dominicain comme point central de l’âme, la “lumière” ou “étincelle”.

Dès lors, notre postulant potentiel, responsable de la construction de son propre temple intérieur, est de facto un cherchant - il cherche la lumière -, prêt à une quête de son archétype, prêt à remplir le vide de son âme et mettre “tout Dieu dedans” et non “tout Dieu dehors”.

Cette vision repose essentiellement sur le concept de la régularité. Or, nous connaissons tous l’importance du Volume de la Loi Sacrée (VDLS), l’une des trois lumières de la Franc-Maçonnerie, témoignage écrit de la Tradition sans distinction d’appartenance religieuse.

La franc-maçonnerie étant d’essence occidentale, il se trouve ainsi que ce Volume soit la Bible.

Il pourrait en être autrement sans que la régularité en soit altérée (le Coran par exemple). Rappelons brièvement ce qu’est la régularité : “Le premier point de la régularité est la croyance au Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée (…) La révélation ainsi perçue n’appartient pas spécifiquement à une religion déterminée (…) Le pasteur Anderson l’a parfaitement formulé dans ses Constitutions en désignant le franc-maçon comme “noachite

Cette formulation peut paraître réductrice. En effet, la révélation est essentiellement un concept issu de l’arbre abrahamique et ne concerne en fait que le judaïsme, le christianisme et l’islam, toutes trois religions révélées incluant la transcendance (Moïse, le Christ, Muhammad), elle impliquerait de ce fait davantage un aspect théiste que déiste.

Il est clair que la notion spirituelle de GADLU n’est pas la même dans les trois religions des Livres (ancien et nouveau Testament, et Coran) que dans les Upanishads ou tout autre expression livresque de doctrines orientales qu’il ne convient pas d’analyser dans le cadre de cette étude. Disons par exemple qu’il y a fort à parier que si l’Angleterre n’était pas allé coloniser l’Inde pendant un siècle, la Franc-Maçonnerie n’y existerait pas.

Névrose, motivations psychologiques du postulant et individuation

Nous pensons que le désir inconscient d’une quête spirituelle à l’origine d’une volonté d’adhésion à une organisation initiatique comme la Franc-Maçonnerie est de l’ordre de la “névrose consciente”.

Entendons-nous bien. Il convient ici de se garder de toute ratiocination hasardeuse, de modérer nos propos et d’observer prudemment les caractères apparents de la névrose - même légère -, autrement dit ne pas se limiter à une définition lapidaire de cette forme de psychopathie.

Sous forme de boutade, nous pourrions dire que le Maçon est un “névrosé qui ne s’ignore pas”, alors que la plupart des individus, femmes ou hommes, que nous rencontrons sont des “névrosés qui s’ignorent”. Rares en effet sont les êtres qui peuvent prétendre à un parfait équilibre psychique.

La névrose est un état obsessionnel inconscient. Les divers états névrotiques - même légers répétons-le - présentent des caractères et des troubles communs se traduisant par des malaises psychiques et sociaux, des manques de maturité affective (réactions inconscientes aux situations professionnelles, familiales, etc.), névroses d’angoisse ou autres dues à des facteurs endogènes psychiques (éducation, conditions de vie, circonstances extérieures, etc.).

Ils se traduisent par un besoin de rechercher une sorte de refuge où réfléchir et agir tels que C.G. Jung les définit lorsqu’il aborde la question des sociétés secrètes : “Ces identités collectives, (…) des béquilles pour les paralytiques (…) mais tout autant (…) un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus…

On doit se garder ici d’assimiler les termes de sociétés secrètes et de Franc-Maçonnerie, les unes n’ayant évidemment rien à voir avec l’autre, sinon qu’elles réunissent des groupes d’hommes menant une quête commune.

Reconnaissons ici que nos ateliers sont des cellules où chacun d’entre nous se ressource, se reconstruit, exerce pour soi-même ce processus d’individuation par lequel un être est supposé devenir un “individu” psychologique, c’est-à-dire une unité autonome, une totalité ; c’est une voie qui nous invite à devenir un être réellement individuel ; un retour à notre unicité la plus intime.

L’individuation n’exclut pas l’Univers, elle l’inclut (“Dieu tout dedans” selon Maître Eckhart) . L’individuation, considérée comme désir d’un approfondissement de la connaissance de soi, est une entreprise individuelle, difficile, longue.

Ce désir métaphysique est intrinsèquement lié à une réaction contre la déviation épistémologique de notre monde en devenir, orienté vers le matérialisme, succube de l’âme, créateur d’angoisse.

L’ère gothique, transcendantale, celle où l’âme était incluse dans la matière, l’esprit dans la pierre des cathédrales, était une symbiose entre la substantialité de l’esprit et celui de la science.

Le postulant est un nostalgique de cette époque révolue, cherchant la voie d’un retour vers l’esprit. Nous sommes en présence d’une dualité Matière-Esprit.

Rappelons à cet égard le symbolisme des diverses positions successives du compas et de l’équerre sur l’autel des serments.

L’équerre, symbole de la matière, est placée au-dessus du compas, symbole de l’esprit, au premier degré ; les deux lumières maçonniques s’entrecroisent au deuxième degré, évocation d’un début de modification dans l’ordre des valeurs, ébauche d’un retour de la suprématie de l’esprit sur la matière, réalisée au troisième degré.

La névrose est directement liée à l’angoisse. L’angoissé cherche désespérément ses repères, il cherche à donner à sa vie le sens qui lui manque.

Combien de fois n’avons-nous pas entendu : “J’ai réussi ma vie professionnelle, mais le reste est une faillite…”? L’homme souffre souvent de déséquilibres psychiques dans lesquels il s’enferme, faute de pouvoir trouver une porte de sortie vers un plan supérieur qui lui ouvrirait l’esprit, où il pourrait se développer en une personnalité plus vaste.

Kierkegaard parle de l’angoisse comme “grand privilège de l’homme” face à son pouvoir manifesté par le phénomène de la transgression et exprimé dans le mythe d’Adam, dont l’innocence se trouve face à l’immense possibilité de ce pouvoir ; l’angoisse est provoquée par l’interdiction et par la menace du châtiment ; elle devient alors le vertige de la liberté, une liberté prisonnière du désespoir.

Et le Danois d’imaginer cette formule descriptive de l’état du moi lorsque le désespoir en est entièrement extirpé : “en s’orientant vers lui-même, le moi plonge, en voulant être lui-même, à travers sa propre transparence, dans la puissance qui l’a posé” (5). Se crée alors chez l’individu le désir d’une psychologie de l’âme, volonté reposant sur le postulat d’un esprit autonome. Cette démarche et sa réalisation représentent un effort individuel persévérant.

Imago Dei et archétype

Comme nous venons de le voir plus haut, avec Maître Eckhart nous retrouvons l’Imago Dei (image de Dieu), produit de l’inconscient, laquelle, d’un point de vue psychologique, doit être comprise comme symbole du Soi, de la totalité psychique. Nos travaux sont ouverts à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, le Volume de la Sainte Loi symbolisant Sa présence dans l’espace sacré, constitué dans nos ateliers entre l’ouverture et la fermeture des travaux. Jung, toujours, s’exprime de façon claire sur ce sujet :

Ce n’est qu’au moyen de la psyché que nous pouvons constater que la divinité agit sur nous ; nous sommes cependant incapables de distinguer si ces efficacités proviennent de Dieu ou de l’inconscient, c’est-à-dire que nous ne pouvons trancher la question de savoir si la divinité et l’inconscient constituent deux grandeurs différentes. Tous deux sont des concepts limites pour des contenus transcendantaux. Mais on peut constater empiriquement qu’il existe dans l’inconscient un archétype de la totalité (…) une tendance indépendante du vouloir conscient qui vise à mettre d’autres archétypes en rapport avec ce centre”.

On comprend ici le rapport étroit entre la présence de la divinité dans la loge, symbolisée par le Livre, et l’intime perception du surconscient du sentiment de l’individu devant Mystère de Dieu.

Mystique et Initiation

Nous devons différencier ici la mystique de l’initiation, sans pour autant rejeter l’une par rapport à l’autre, - comme le fait à tort, à notre avis, Umberto Eco dans son monumental pavé : “Le Pendule de Foucault” où transparaissent à l’évidence les pensées de Julius Évola -, mystique et initiation qui, chacune, à sa manière, tendent à une perception du divin, donc du surconscient.

La mystique est une coruscation illuminée, fugitive; l’initiation une quête longue et persévérante, mais le but de la totalité psychique - est le même.

Notons au passage que le mystique païen n’a rien à envier au mystique chrétien, la mystique étant d’ordre supra-humain, à ceci près toutefois que les références du mystique sont liées aux racines religieuses et environnementales du sujet et à l’influence de celles-ci sur son surconscient.

Mythe et inconscient

Il convient en effet de réfléchir sur le rôle du mythe dans l’inconscient. Expression métaphorique connue des temps les plus reculé, le mythe est une sorte de psychodrame dont les acteurs représentent les différents aspects inconnus de nous-mêmes.

Il nous invite tout au long du déroulement de l’action à une prise de conscience progressive.

Le mythe n’est pas une fin en soi, mais un fil conducteur vers notre inconscient, la suggestion d’une méditation sur nous-mêmes sous la forme d’une voie, d’une structure d’idées qui proposerait une adaptation non plus à l’ambiance, mais au sens de la vie ; une évasion vers la sortie d’une déréliction psychique, créatrice d’angoisse, et qui nous envahit.

La pluralité des rituels a évidemment pour objet d’adapter chaque idiosyncrasie au système maçonnique dans son ensemble, mais le sens du mythe reste le même. Le postulat - nous l’avons vu plus haut - consiste à admettre que l’individu est a priori dans les ténèbres psychologiques (mythe de la chute - Ge. III 1/24)).

Toute évolution ultérieure à cette situation ne peut que le conduire hors de celle-ci. Adam symbolise l’intellect, c’est-à-dire la capacité propre à l’homme d’agir sur le monde extérieur, de l’adapter à ses besoins, différent en cela de l’esprit, capacité de s’orienter essentiellement dans le monde intérieur et face au sens de la vie. Le mythe de la chute symbolise la prise de pouvoir de la matière sur l’esprit :

- " Que venons-nous faire en loge ? - Vaincre nos passions, soumettre nos volontés et faire de nouveau progrès en franc-maçonnerie "
- " Quels sont les devoirs d’un franc-maçon ? - Fuir le vice et pratiquer la Vertu ".

Considérant la totalité de son fonctionnement psychique, l’homme est à la fois faible et fort. Il sera plus fort que faible dans la mesure où son élan évolutif le portera à devenir pleinement conscient de lui-même, à comprendre tant les intentions de la surconscience éthique que les intentions pathogènes du subconscient.

Mythe d’Hiram et Prologue

L’ensemble des structures initiatiques de la franc-maçonnerie, à l’exemple des “mystères” de l’Antiquité, ont pour but de raviver l’émotion devant le Mystère de l’harmonie universelle, à laquelle l’homme, pour son bien essentiel, doit s’incorporer par auto-harmonisation (on s’initie soi-même), d’où s’en suit le sentiment d’éthique immanente.

Il faut se garder ici de toute conceptualisation logique de la nature de Dieu, comprendre que le Grand Architecte de l’Univers (Dieu) doit être pris comme symbole innommable du Mystère absolu, non pas considéré comme Entité, Substance ou Personne, mais comme abstraction, comme vacuum.

La tradition judaïque nous enseigne que le “Nom de Dieu” (Y-H-W-H) ne doit jamais être prononcé, sous peine d’une personnification qui, l’anthropomorphisant, lui retirerait sa signification d’harmonie infinie du silence (abomination salomonienne : tu ne prononceras pas le “Nom de Dieu” en vain).

L’image même de Dieu se trouve incluse dans l’homme (Dieu tout dedans). “Seul existe le mystère immanent de l’existence : l’organisation harmonieuse de l’univers et l’émotion humaine devant cet aspect mystérieux auquel participe tout ce qui existe vraiment, être et chose” .  Dieu est le reflet de la non-existence absolue.

Dans cet esprit, revoyons le mythe d’Hiram.

C’est une fable qui met en scène une situation psychodramatique en relation avec le Prologue lu dans sa version mythique.

Paul Diel en effet nous éclaire à cet égard : selon lui, il conviendrait de se livrer à une lecture du Prologue différente de celle proposée dans la Bible, laquelle - toujours selon lui - conduit le lecteur à une interprétation dogmatique du texte. Diel propose une interpolation de l’ordre des phrases qui lui restitue son sens mythique par déplacement du verset 6 après le verset 18.

Nous faisons figurer en annexe les deux textes biblique et mythique parallèlement l’un à l’autre.

Il nous a paru intéressant de soumettre la comparaison des deux lectures du Prologue qui met en valeur son sens mythique - maçonnique - uniformément recevable par tous, sans distinction confessionnelle; elle permet en plus au non-chrétien de prendre conscience de la dimension spirituelle de ce texte biblique (et maçonnique) fondamental.

Ainsi :

- Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait…
- Au commencement était le Verbe… en lui était la lumière des hommes…

Au début de la "légende", nous sommes avant la "chute" ; l’ordre, l’harmonie et la sérénité règnent sur le chantier (hiérarchie pyramidale, division des ouvriers par classe; l’existence du monde est inséparable de son organisation).

Dans le Prologue, le Verbe et la lumière illuminent le cosmos (surconscient). Après l’assassinat d’Hiram, nous sommes plongés dans les ténèbres ; Adam a déjà croqué le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; Lucifer apparaît en filigrane, la Genèse sous-entend l’avènement de la souffrance pathologique qui apparaît avec l’être conscient (conscience du crime, de la transgression). "Le Verbe (Dieu) symbolise l’acte créateur, organisateur; au niveau humain, l’organisateur du fonctionnement psychique (…) de sa réalité psychologique” .

- Il (Hiram) a péri par le plus détestable des crimes… (la lumière est éteinte).
- Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie…

Mais l’esprit d’Hiram, mort assassiné, perdure dans les ténèbres ; il cesse d’être instinctif pour devenir directif (celui qui dirige) et surconscient. On assiste à un refoulement de l’appel de l’esprit. La "lumière qui brille dans les ténèbres" est la vérité éternelle qui ne parvient plus à s’imposer, car le subconscient, le refoulement, s’opposent à l’émergence et à l’influence du surconscient.

- Le sage roi Salomon avait conçu le pieux dessein d’élever au Grand Architecte de l’Univers un temple, où seul il recevrait l’encens des hommes…

Le roi Salomon n’est pas ici le personnage historique, contestable, de l’ancien testament, mais un symbole du Bien, personnage mythologique supra-humain, dont il est l’exécuteur.

- Hiram, savant dans tous les arts et spécialement dans l’architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon (…) pour conduire cette entreprise…
- Il y eut un homme envoyé de Dieu son nom était Jean…

Qui envoya Hiram à Salomon ? : Dieu (le Verbe). Nous retrouvons ici un sens caché commun à toutes les mythologies où leCréateur (Dieu) et le Juge (Salomon) unis en un seul symbole - le Verbe - signifiant le mystère de l’existence. Le temple devient alors le centre (la chambre du milieu), le lieu du surconscient (l’encens des hommes).

Voyons ici une annonciation de l’esprit prophétique davantage conforme à une lecture mythique du texte qui nous dit : "Soyez les prophètes de votre propre vie !" En effet, Hiram mort, nous sommes conviés à l’achèvement psychique de la construction du temple, de notre Soi, de notre archétype, à une rencontre avec le Mystère. Nous sommes conviés à nous prendre en main. Souvenons-nous ici des mots de Jung : "Auparavant, les choses m’arrivaient; maintenant c’est moi qui veut" . ou bien encore : "Tandis que celui qui nie s’avance vers le néant, celui qui obéit à l’archétype suit les traces de la vie jusqu’à la mort. Certes, l’un et l’autre sont dans l’incertitude, mais l’un va à la rencontre de son instinct tandis que l’autre marche avec lui"

- Hiram (…) maintenait encore les esprits révoltés (…) lorsque trois compagnons formèrent l’horrible projet d’arracher, de gré ou de force, les Mot Sacré des Maîtres.
- Celui qui dit être dans la lumière tout en ayant de la haine pour ses frères… Les ténèbres ont aveuglé ses yeux (première épître de Jean (II/8).

Les trois compagnons haineux : ignorance, fanatisme et ambition, représentent les pulsions inconscientes, incontrôlées. L’assassinat d’Hiram est une transgression involutive, forme négative des intentions du psychisme ; c’est le fruit défendu du jardin d’Eden, le feu de Prométhée.

À la fin de la légende d’Hiram, après que le récipiendaire a été relevé par les cinq points parfaits de la maîtrise, le V… M… annonce joyeusement le retour de la lumière:

- Le M… est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais !… C’est ainsi que tous les MM… Maç… affranchis d’une mort symbolique, viennent se réunir avec les anciens CC… de leurs travaux et que, tous ensemble, les vivants et les morts, assurent la pérennité de l’Œuvre !
- Mais à tous ceux qui l’ont reçu (le Verbe), il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.

La voie de l’harmonie intérieure est désormais tracée.

Le déroulement même de la cérémonie revêt une signification symbolique qu’il convient de ne pas ignorer : La loge est désorientée; elle est tendue de noir; un épais rideau noir isole le De’b’ir de l’Ehal; le Delta à l’orient reste allumé, mais n’est plus visible, l’Étoile Flamboyante à l’occident est faiblement éclairée; l’emplacement des trois colonnettes a changé; le V\M\ n’occupe plus la chaire du roi Salomon mais est installé à une table au pied des marches de l’orient. Cette disposition correspond à l’image du chaos psychique dans lequel se trouve celui qui recevra la lumière quelque temps plus tard.

Nous remarquons ici qu’un même personnage peut recouvrir deux significations antithétiques. Le "rôle” joué par le V…M… se situe à deux niveaux : a) la présidence de l’atelier (Salomon dans sa chaire); b) un des trois assassins d’Hiram, en fait celui qui achève l’architecte.

Nous nous apercevons enfin que les lectures analogiques du Prologue, dans son sens symbolique, et celle du mythe d’Hiram, présentent des correspondances flagrantes. Certes, aucun miracle ne s’accomplira sans la volonté auquel l’âge du grade (sept ans et plus…) donne sa valeur et sa portée. Une nouvelle lumière éclaire l’inconscient.

Siècle des Lumières et Franc-Maçonnerie.

L’humanisme se développe au début du 18° siècle principalement en Angleterre où la Royal Society joua un rôle éminent. Dans ses Lettres philosophiques, Voltaire écrivait : “Tout prouve que les Anglais sont plus philosophes et plus hardis que nous. Il faut bien du temps pour qu’une certaine raison et un certain courage franchissent le Pas-de-Calais”. Constatons le parallèle chronologique entre cette nouvelle “voie royale de l’intelligibilité”, purement anglaise, et la création (purement anglaise elle aussi) de la franc-maçonnerie spéculative de 1717.

L’historicité de la Franc-Maçonnerie est ainsi intimement liée à celle de l’humanisme du Siècle des Lumières, générateur de rationalismes postérieurs comme le positivisme d’Auguste Comte, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. En effet, l’humanisme pris au pied de la lettre est une doctrine philosophique qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs y compris celle du Mystère.

Or, le symbolisme, tel qu’il doit être compris dans la démarche mythique de la Franc-Maçonnerie, place justement l’homme devant le Mystère.

En fait, le paradoxe n’est qu’apparent. Isaac Newton, membre de la Royal Society, elle-même indirectement liée à la Franc-Maçonnerie (souvenons-nous de B. Franklin, à la fois membre de cette institution et Maçon), auteur des “Principes mathématiques de la philosophie naturelle”, introduit le concept de “Démiurge”, “l’Horloger”, expliquant le fonctionnement de l’Horloge-Monde à partir des lois immanentes et non pas transcendantes de l’univers, monde fabriqué une fois pour toutes et sans intervention ultérieure.

Ce qui est précisément le Mystère.

Il serait niais et stérile de réfuter en bloc l’héritage des Lumières. Mais force est de reconnaître que les doctrines philosophiques qui en découlèrent (positivisme, structuralisme, physicalisme, etc.) se sont évertuées à démontrer vainement l’indémontrable.

La Franc-Maçonnerie, pourquoi ?

Le développement de notre thèse nous invite à réfléchir au bien-fondé d’une démarche correctement comprise et pratiquée au sein de notre organisation. Quelle que soit l’époque, toute société a creusé sa tombe pour s’y coucher une fois morte.

Une éternelle palingénésie fait renaître le Phœnix de ses cendres jusqu’à ce que, à nouveau, il s’effondre et implose.

Sir Thomas More écrivait déjà au 16° siècle dans son Utopie :

Que faites-vous donc, je vous le demande, que de fabriquer vous-mêmes les voleurs que vous pendez ensuite ?

Nous nous fabriquons voleurs pour nous pendre ensuite, comble de l’absurde. Bateaux ivres sur l’océan de la vie, nous ne sommes souvent plus capables de trouver le bon cap.

Notre frère Jean Servier dans son “Histoire de l’Utopie” (13) soulignait avec justesse : "À quoi bon bâtir, philosopher, rêver, prier si l’homme n’est pas le but suprême de toute démarche et son bonheur sur terre mal assuré".

La question se pose alors de savoir en quoi consiste le bonheur de l’homme. La prédominance de la matérialité de notre siècle oblitère le vrai sens de la vie sans tenir compte de l’inter-influence constante entre les deux phénomènes existants : esprit et matière, et conduisant au renversement du rapport survalorisant la matière et rendant inutile l’approfondissement épistémologique (ou Théorie de la Connaissance) instituant une croyance en une Matière absolue, à la place d’un Esprit absolu, fondant ainsi de fausses bases à toute tentative d’explication.

Et cela reste l’origine même de la névrose dont nous parlions au début de cet exposé.

Dans toutes les traditions, le carré a été le symbole de la matière, le cercle, celui de l’esprit.

Dans notre tradition maçonnique, le carré est l’équerre, le compas, le cercle. Passer de l’équerre au compas pour “être relevé plus radieux que jamais” est réaliser cette transmutation de la matière à l’esprit.

La trinité maçonnique prend alors toute sa valeur symbolique. La dualité Esprit/Matière (Compas/Équerre) se fond dans le Verbe (V.D.L.S.) pour se reconstituer en un seul et unique élément : “Un le tout”.

L’homme debout (relevé) est symboliquement rétabli dans sa totalité psychique.

Vanité des vanités, tout est vanité, dit l’Ecclésiaste ; le serpent du Jardin d’Eden la symbolise. Cette vanité aveugle l’homme et l’entraîne dans un cul-de-sac, sur un chemin qui ne le mène nulle part.

Afin que sa vie ne reste pas un " grouillement d’intentions obscures ", l’être humain doit accéder à la clairvoyance de lui-même, doit procéder à un retour essentiel sur ce qu’il est : comprendre le sens même du cogito ergo sum, ne pas se limiter à dire :

"je pense donc je suis" mais se penser lui-même, réaliser que l’important n’est pas de savoir qu’il est, mais qui il est, et, d’étape en étape (les degrés successifs de l’initiation), de s’élever de façon évolutive jusqu’à l’homme, de construire l’édifice des valeurs (le Temple) aboutissant au niveau supérieur de l’esprit humain.

Le faux jugement porté inconsciemment sur soi-même conduit à une survalorisation (ou sous valorisation) de soi et au chaos. La vérité surconsciente occultée par la vanité illusoire, peut être découverte, et la satisfaction intense de soi-même n’est plus vanité, mais devient sérénité, ordre (Ordo ab Chaos).

Le surgissement de la culpabilité au regard intérieur, à l’introspection, est, elle aussi, créatrice d’angoisse ; la découverte de son fantôme (de son ombre) peut devenir traumatisante sur l’instant, mais c’est le prix de la plénitude.

Il faut être clair cependant.

L’analyse de l’aspect psychologique de la démarche maçonnique, telle que nous avons tenté de la démontrer, n’a jamais représenté en soi une forme de thérapie particulière soignant les troubles mentaux, les déséquilibres psychopathiques ou les dépressions profondes.

Mais l’espace sacré, constitué pendant la durée des travaux, est pour beaucoup une “aire de repos”, un espace clos où se confinent ceux qui poursuivent une quête semblable, une forme inconsciente de regresus ad uterum (de retour dans la matrice)… un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus (c.f. supra). Gardons-nous bien cependant d’hypostasier l’irrationnel comme beaucoup de dérives nous y invitent ! Restons les pieds sur terre !

La loge devient alors une vraie fraternité d’hommes ayant "laissé leurs métaux à la porte du temple" (l’ensemble de leurs pulsions inconscientes, de leurs angoisses, de toute forme d’inhibitions psychologiques, aussi bien de toute apparence sociale falsifiée).

À mi-chemin entre le zénith et le nadir, dans une position équidistante des quatre points cardinaux, devant les trois grandes Lumières que sont le Volume de la Sainte Loi, le Compas et l’Équerre, sous le regard muet de l’Œil inséré dans le Triangle, quinte partie de l’Étoile flamboyante, muni des outils symbolisés devenus ceux des bâtisseurs d’âmes, l’homme est invité à réfléchir.

Le Mystère est devant soi, ad vitam eternam. Aucune équation ne démontrera jamais l’existence de Dieu, ineffable sentiment au plus profond de soi-même, vision fugitive de la pierre caché annoncée dans le cabinet de réflexion.

Sans relâche, sans relâche :

Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem !

Source : http://anck131.over-blog.com/30-index.html

Par X - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 07:00

Le tétragramme que nous ânonnons sans comprendre, ni réfléchir ; nous est présenté comme venant des hébreux ; est-ce exact ? Nous n’avons aucune matérialisation de ce que furent à l’origine les hébreux ; ni historique, ni archéologique. En conséquence il ne nous reste que des suppositions.
Par contre il est troublant de constater les similitudes entre les hiéroglyphes égyptiennes et l’alphabet hébreu, et, la contenance significative de similitude des deux. Suit ensuite, la tentative de relier comment on est passé de l’adoration d’Aton, le soleil, symbole du Dieu unique, au Dieu hébraïque, puis au Dieu chrétien ; et, qu’espérons-nous en tirer comme enseignement en maçonnerie adogmatique ayant épousé les lumières ? Question, qui, aujourd’hui, me parait essentielle.

Le tétragramme tel que nous le connaissons : « yod, hé, vau, hé, » que l’on ne doit qu’épeler et jamais prononcer, est très difficile à circonscrire.
Quelle signification lui donnons-nous ?
A quelque chose près ce devrait être : « Grand Dieu, souffle divin, créateur de l’homme ».
La lettre Yod est représentée au début du nom d’Aton ; les noms égyptiens Aton et Amon commencent par un yod en hébreu, ou, aussi, par un aleph, ce qui semble vouloir dire : « seigneur ; Dieu ; ou soleil. »
A remarquer : le yod égyptien et le yod hébreu sont des lettres similaires ; mais, en hébreu, dans la bible, le tétragramme « Yahvé » - ou le Yod –Yod - se disent : Adonaï , car il est interdit de prononcer le nom de Dieu. C’est donc la conjonction du dieu aton et du pharaon Aï successeur de Toutankamon ; devenu Adone-Aï ( le seigneur Aï)
Donc « Adonaï » trouve sa racine dans Akhénaton ; à l’origine, Anokhi-Adonaï : « je suis dieu » signification précise du nom Akhénaton.
Le VAV ou VAU , en hiéroglyphe, la vipère, en hébreu, la fécondation, symbole de création de l’homme.
Lorsque lors de l’initiation au 13ème grade le T.F.P.M. nous intime le silence devant un nom divin ineffable, imprononçable, c’est bien une génuflexion, un acte de foi, une adhésion au concept biblique, qui nous est demandé, rien de raisonnable, de logique, ne fonde cette démarche.
Voyons la supposition du décryptage hiéroglyphique égyptien ; en passant tout le descriptif ardu ; nous en arrivons à la conclusion que la prononciation du tétragramme est :
« Yaou-hé » ce qui donne : « adoration du grand dieu hé » ; le tétragramme devenu en hébreu : Yahvé ; Jéhovah ; a comme racine Yahou : le nom du pharaon ; puis hé : le souffle divin ; il est présent dans le cartouche d’Aménophis 3 à Soleb en haute Egypte ( 1384—1346 avt J.C.)
Doit-on la perpétuation de ce tétragramme jusqu’à notre maçonnerie à cause de la philosophie d’Akhénaton décrite par Christiane Desroches-Noblecourt ?
Proclamer ce que les clercs des temples savaient depuis « les temps des Dieux » : que les hommes de toutes races étaient nés égaux et que, seule, leur « méchanceté les avait différenciés ». Unir les hommes en les rapprochant de toutes créatures et leur rappeler la parenté profonde qui reliait les éléments minéraux, végétaux, animaux et humains, supprimer les pratiques de la magie qui ne pouvait que paralyser l’évolution morale : telles étaient les idées fortes d’Aménophis 4 ; tel était aussi son programme
En tout cas nous retrouvons ce tétragramme dans le sépher yetsira , « la bible des kabbalistes » - Le sepher est formé par 2 rouleaux de la Torah où sont écrits en hébreu les 5 premiers livres de la bible : ( Pentateuque ) ; Mais, nous retrouvons ce tétragramme sous la forme d’une épée ; la description dit : « le yod est le pommeau, le vav la lame, les deux hé, les deux tranchants » ( Zohar 3-274 b )
Il faut ici aborder la grande différence donnée à la divinité au cours du temps, et ceci, au travers des midrash .
En hébreu le hé est « souffle de l’existence , forme de vie » Qu’en est-il dans le judaïsme ? Quelle signification lui donnons-nous ? Cette planche cherche à aborder le thème d’un rituel bien difficile à analyser, et, peut-être encore bien plus difficile à comprendre, et, celui des origines mal connues et des transmissions sans doute erronées.
Il y aurait donc un lien étroit entre ce que nous connaissons du tétragramme et l’Egypte antique .
Pourquoi le Zohar y introduit-il une épée ?
C’est ici que nous allons nous tourner vers Sandrick Le Maguer, et son explication fort érudite de la transcription de la bible hébraïque originale à celle de nos jours.
Il nous précise que les Chrétiens n’ont pas lu la bible en version originale , car, elle est écrite sous forme de midrash , d’allégories, de métaphores, d’analogies, de concordances, et de gématrie.

Petite explication pour revenir à notre tétragramme :
Midrash, vient de la racine hébraïque darash, qui signifie rechercher, exiger, fouiller dans l’enfouissement absolu, suivant les 13 principes de Rabbi Ishmaël . C’est un art, avec sa langue, ses sauts, ses ruptures, ses apparentes contradictions, où il n’y a ni d’avant, ni d’après.
La gématrie est quand deux mots apparemment sans rapport, ont la même valeur numérique. La bible hébraïque originale est ainsi écrite …..alors bonjour la traduction en Grec en latin etc… L’un des pionniers en la matière est Bernard Dubourg décédé en 95 .
Nous voilà avec une filiation bien compliquée, qui, sans être volontairement falsifiée est sans doute erronée , ou ; arrangée au goût du jour.
Qu’avons-nous, nous, F.M. du 21ème siècle à en penser, et, à en retirer ?
Si l’on se réfère à Fabre d’Olivet : « la langue hébraïque restituée » ; il y a continuité depuis Akhénaton jusqu’aux Hébreux ; exemple :
Israël signifie « fils de Râ et de Dieu » . Les attributs de pharaon sont identiques à ceux du Dieu de la bible appelés « séphirot » dans la kabbale ; la géographie nous parle du sin-Aï ; amen est Amon détourné par Moïse , et, qui d’ailleurs signifie : « en vérité » ; les similitudes sont foison. Historiquement, philosophiquement, et peut-être aussi théologiquement, c’est important.
Qu’en dire maçonniquement ? J’avoue que mon agnosticisme s’en trouve irrité, malgré les contorsions (comme disait Pierre Mirebeau) distribuées par le suprême conseil.
Je suppose que, ce sera là le centre de vos interventions.
 source :
www.ledifice.net

Par P\ M\ G.O. Le Havre 33ème - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 06:58

Avant propos ; ou prolégomènes :

L’écossisme serait le creuset initial de la F.M. dont les origines remonteraient à l’époque du « peuple des poteries cannelées orcadiennes » ( Orcades : archipel de G.B. N.E. de l’Ecosse ) et, aux temps des Egyptiens avec leurs relations à l’astronomie, notamment aux cycles Vénusiens, que l’ancien testament reprend dans ce qu’il appelle « la divine Shékinah » : la sainte lumière ; laquelle donnera le nom aux St Clair d’Ecosse.
La tradition Ecossaise vient donc de l’astronomie et de l’astrologie, toutes deux ayant comme croyance séculaire que la position des astres célestes affectent les actions des individus sur terre. L’écossisme maçonnique, est donc bien antérieur à la création le 24 juin 1717 de la Grande loge unie d’Angleterre ! Il y eut vers 1598, en Ecosse, la création « des statuts et ordonnances devant être observés par tous les maîtres maçons de ce royaume » par William Schaw sous Jacques 6 d’Ecosse, qui devint en 1603 James 1er d’Angleterre.
Cette conception maçonnique, aurait été véhiculée par les templiers, introduite en Ecosse après la mort de Jacques de Molay ; tradition Nazôréenne ( qui est la véritable histoire de J.C.) et, tradition opposée à celle de la G.L. unie d’Angleterre ; car elle prétend ( entre autre) que cette tradition spéculative a façonné des L.L. opératives de bâtisseurs ; il s’en suit l’opposition des « anciens » et des « modernes » où les « anciens sont les L.L. unies d’Angleterre, et les « modernes les L.L. Ecossaises.
Dans l’écossisme, à cause de l’héritage et de la destruction des templiers, on trouve une vive opposition à Rome, au Vatican. Opposition que l’on retrouvera pour d’autres raisons chez les Anglicans. Donc dualité des deux maçonneries ( Anglaise et Ecossaise ) que certains auteurs retrouvent dans la guerre de sécession du Nord contre le Sud en Amérique.
Deux thèses aussi confuses l’une que l’autre sont en concurrence pour l’établissement en France de l’écossisme : celle de l’implantation par le retour de Grasse-tilly et Hacquet venant des Antilles ; et, celle des Jacobites exilés à cause de la prise de pouvoir en 1714 de George de Hanovre .


Si l’on s’intéresse d’un peu près à l’histoire, il paraît évident que la maçonnerie ne date pas de 1717 ; cette date là ; la création de la G.L.U.A. ; ne serait qu’une réaction ; les « anciens » et les « modernes » est une opposition farouche de dynastie Stuarts, Hanovre, Nassau, politique, philosophico-idéologique, scientifique, républicains et traditionalistes théologiques, opposition Anglo – Ecossaise.
Ce que nous appelons aujourd’hui l’écossisme, n’a pas grand-chose à voir avec ce que l’on peut en supposer à l’étude du passé historique ; ( archéologie, histoire, bibliographie)

Pourquoi écossisme :

Une certaine forme de civilisation remonterait à l’époque « du peuple des poteries cannelées orcadiennes ». Ici référence à l’archéologie, et aux datations possibles par les techniques les plus modernes. Peuple situé en Ecosse, Irlande, d’où les recherches font ressortir que leur technologie de construction en pierre est un acte spirituel ; l’astronomie en est leur base calquée sur l’observation du soleil et de Vénus( équinoxes, solstices ) . Une scientifique actuelle soutiens la thèse que les fresques des grottes paléolithiques prouvent les connaissances astronomiques des hommes de la proto histoire.

Cette forme de civilisation est véhiculée vers le moyen orient favorisant l’évolution des Sumériens, puis, l’ensemble des autres sociétés : Egyptiennes, Hébraïques, que les templiers ont fréquentées, vécues et assimilées à leurs rituels ; et, ramenées en Europe, surtout en Ecosse où Hugues de Payns était le gendre de Jaques 6 d’Ecosse.
Le livre d’Enoch reprend les enseignements anciens où Vénus était l’astre suprême, possédait la divine lumière, ce qui a donné : « la divine Sékinah » ; laquelle, fût ensuite associée à l’astre solaire ; le tout formant un ensemble de connaissances détenu par des érudits, « prêtres » druides etc… lequel a été enseigné à des corporations opératives de bâtisseurs, lesquelles se sont organisées en fonction de leurs connaissances : apprentis, compagnons, maîtres. Les templiers ont été les gestionnaires de ces constructions, donc de ces connaissances, de leurs origines, et, plus tard, de ce qu’ils ont dénommé : « la vraie histoire de Jésus » ( de tradition Nazôréenne ) . Ils ont été les dépositaires et les transmetteurs de mythes, de symboles et de rites que ne pouvait accepter le dogme Romain. Cela associé à leur richesse matérielle provoquera la convoitise de la royauté et de la papauté, amenant leur ruine et leur destruction.
Les rescapés se sont réfugiés en Ecosse où les traditions templières étaient vivaces, les familles nobiliaires Ecossaises étant liées aux premiers templiers et à leurs traditions ; à noter que le nom de la famille St Clair, dont la présidence de la grande loge Ecossaise leur revenait de droit, vient de « saint lumière », donc, de la sékinah Hébraïque et du peuple des poteries cannelées.
Une lutte féroce était engagée entre les dynasties des Hanovre, celle des Stuarts, et celle des Nassau pour la domination du royaume : Angleterre et Ecosse. Le terme de Jacobite vient de cette époque où, leurs membres soutiennent Jacques 2 ( 1688 ) contre Guillaume de Nassau ; puis, les Stuarts contre les Hanovre.

En 1714, Georges de Hanovre devint roi de Grande Bretagne, écartant les catholiques Stuarts. Les jacobites s’exilèrent surtout en France et en Europe. Les fissures de la société se reflèteront dans la maçonnerie elle-même, amenant les pro Hanovriens à la dominer pour briser le monopole jacobite en créant en 1717 la G.L.U.A. ; laquelle, n’eut rien de plus urgent que de supprimer tous les anciens écrits, et, de proclamer en 1723 une constitution qui fût celle d’Anderson et de Désagulier que nous connaissons tous .

Les jacobites venus en France et en Europe, ont-ils crée des L.L. avec leur rituel, et, notamment une continuité de grades au-delà du 3ème ? Les membres de ces supposées L.L. étant Ecossais, ont-ils apposé leur titre où ont-ils été qualifiés d’écossais dans leur rite maçonnique ??
Ces Ecossais nobles pour la plus part se sont-ils engagés dans la guerre de sécession Nord Américaine, transportant leurs loges, leurs rites, leur maçonnerie ? Laquelle serait revenue en France avec Grasse Tilly et Hacquet ; il n’y a pas d‘études sérieuses à ce sujet ; d’où, les remarques d’André Doré dans son ouvrage : « vérités et légendes de l’histoire maçonnique ».
En tout état de cause plusieurs remarques s’imposent au sujet de la maçonnerie en général et de l’écossisme en particulier.
& La maçonnerie n’a pas été crée par la G.L.U.A.
& On doit en discuter ses origines.
& Des origines de ce qu’est l’écossisme et de son installation en France rien n’est clair ; il y a des différences entre ce que l’on peut supposer être l’écossisme et les bases de la G.L.U.A.
& Avons-nous conservé certaines de ces différences ?
& Dans le contexte de ce qu’est la maçonnerie actuelle et l’écossisme en particulier, des évolutions sont-elles possibles, nécessaires, ou impératives ?


La maçonnerie n’a pas été crée par la G.L.U.A. Quelles sont ses origines :


Dans notre héritage maçonnique, dont le syncrétisme édulcore les origines, s’il ne les falsifie pas, nous n’avons pas comme habitude de nous attarder sur les mythes celtes avec tous leurs symboles relatifs au bois, à la forêt ; notre F. Jacques Brengues a fait une étude sur le sujet dans : « la franc-maçonnerie du bois » ; ce qui n’a en rien modifié nos certitudes : n’allons pas chercher au-delà de 1717 ! ! Il existe bien un « rite forestier des modernes » ; mais, il ne semble pas que nos rituels s’en inspirent. Et …sans chercher à être iconoclaste, pourquoi ne pas se servir des matériaux et outils modernes mêlés aux anciens traditionnels pour définir une autre symbolique en rapport avec notre temps, et compréhensible par tous ?
Nous trouvons dans nos symboles de nombreuses réminiscences nous reliant à la civilisation celtique ; faut-il les méconnaître, faut-il les exalter ?
La chrétienté a été, et, est toujours, étouffante, « castatrice » , dominante, dogmatique. Le maçon doit s’en émanciper sans pour autant la renier; son identification peut être comparée à celle du chêne celtique, chêne sacré aux racines aussi touffues que son feuillage avec toute la symbolique s’y rattachant. Les regards passéistes, traditionalistes conservateurs, sont aussi nécessaires et dangereux que l’évolutionnisme débridé !
La néguentropie est la règle de toute société, si nous n’évoluons pas nous mourrons ; entropie égale sclérose et nécrose.
Reprenons nos bases, nos traditions, jusqu’au plus loin qu’il soit possible, redécouvrons la shékinah, les Celtes, les Egyptiens, et toutes les autres civilisations ; orientales, africaines, ou autres, pour en syncrétiser cet ensemble sur les bases de « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen », pour une religion laïque, fraternelle, mondiale. proclamer ce que les clercs des Temples

Il parait évident qu’à priori l’on doive définir ce que l’on entend par « Maçonnerie »
Peut-être qu’ici nous devrions parler de « prémisses maçonnique » . Si dans le vécu actuel des diverses obédiences nous rencontrons des constantes ; on peut aussi observer de grandes différences ; avons-nous un « principe originel » ? Oui ; une connaissance ésotérique transmise par initiation, destinée à un cercle fermé , cercle élitiste par excellence ! Connaissances au prime abord astronomiques, qui ont évolué vers l’astrologie, lesquelles ont servi de bases au calcul, aux mathématiques et à l’édification de monuments dévolus à diverses formes de religiosité. Cet ensemble de principes est bien antérieur à 1717 ! Trouve-t-on des documents le prouvant ? Oui ! rarissimes certes, et pourquoi ? Nous l’avons évoqué en cours de Pl.
Les thèses officielles sont que la F.M. ou, « les F.M. » découle(nt) des constitutions d’Anderson, de 1723 suite à la création de la G.L.U.A. en1717 eh bien non !! En Ecosse sous jacques 6 , son confident, et précepteur, William Schaw reçoit le titre de « surveillant général des maçons » et, crée en 1598 : « des statuts et ordonnances devant être acceptés par tous les maîtres maçons de ce royaume » ; statuts et ordonnances consultables dans les actes de la L. N° 1 de Mary’s Chapel à Edimbourg. Suivent ensuite une première « charte St Clair » en 1602, et, une seconde en 1630 qui cite les L.L. de Dundee, de Glasgow, de Ayr, et de Sirling .
Autre document : en 1658 John Mylne « maître maçon, de la L. de Scone » répond à sa majesté Jaques 6 « en tant qu’homme libre, maçon, et compagnon » Ref, « Des templiers aux F.M. » P. 149 Michael Baigent – Richard Leigh
Pourquoi un rejet de ces faits connus, surtout à l’époque ? Nous tombons toujours sur les mêmes raisons ; politiques, religieuses, certainement le sectarisme, l’intégrisme, le pouvoir absolu avec ses conséquences.
La lutte faisait rage entre les dynasties des Stuarts, des Nassau, des Hanovre, et les F.M. soutenant l’un ou l’autre clan ; elles n’étaient issues d’ailleurs que de l’un ou de l’autre clan , et, à peu près exclusivement de nobles. Donc peu après 1723 les « anciens » (Hanovriens) étant établis, détruisirent les documents faisant référence aux « modernes » (Jacobites) .

Des origines de ce qu’est l’écossisme, et de son installation en France, rien n’est clair, il y a des différences entre ce que l’on peut supposer être l’écossisme, et la G.L.U.A.

Des origines de ce qu’est l’écossisme, de son arrivée en France, rien n’est clair ; ce chapitre a été survolé au cours de la Pl. ; André Doré, et, plus tard Jean Petit s’y sont longuement penchés ; c’était la maçonnerie telle que nous la connaissons aujourd’hui qui s’implantait ; un vrai fouillis !!
Entre les origines jacobites et la G.L.U.A. nous trouvons le pouvoir catholique Nazôréen d’héritage templier d’une part ; et, Anglican Hanovrien d’autre part.
Deux conceptions du « pouvoir » ; car ce sont bien de part leur recrutement, des structures de « pouvoir » dont il s’agit. L’une basée sur une tradition qu’il convient de redécouvrir, que l’on a sans doute tenté d’éradiquer ; l’autre sur le dogme Romain classique accommodé à la sauce Anglicane. Les unit ; la croyance en une divinité créatrice et gestionnaire de l’humanité, divinité masculine dogmatique, puisque n’admettant pas que l’on puisse être sincère, honnête, moral, et digne d’intérêt, si l’on n’est pas de sexe masculin, et si le doute nous habite quant à cette forme de croyance.

Avons-nous conservé certaines de ces « différences »et, dans le contexte de ce qu’est la maçonnerie actuelle, et, l’écossisme en particulier, des évolutions sont-elles possibles, nécessaires, ou impératives ?

Source : www.ledifice.net

 

Par P\ M\ G.O. Le Havre 33ème - Publié dans : Planches
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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 21:06

J’évoquerai la relation de l’alchimie et la maîtrise maçonnique en développant trois points. Le premier portera sur l’alchimie et le nombre de la maîtresse, j’enchaînerai sur la relation de l’alchimie avec le mot de passe de la Maîtresse en terminant par les symboles alchimiques au cours de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

L’alchimie et le nombre de la Maîtresse

Dans la théorie alchimique, les grands principes ou forces vitales qui animent le monde sont contenues tant dans les métaux que dans les planètes.

Les alchimistes travaillant sur les métaux reconnaissaient sept métaux auxquels ils attribuaient le nom et le signe des sept planètes ; Or ou Soleil, Argent ou Lune, Mercure, Plomb ou Saturne, Etain ou Jupiter, Fer ou Mars, Cuivre ou Vénus. Ils doivent tous dériver d’une même source : la matière première.

Isaac . Newton célèbre alchimiste cherchait à transmuter le plomb en or.
À cette fin il a observé les planètes et en a tiré la découverte de la gravité, cette force non pas vitale mais physique dont la découverte a ouvert le Siècle des Lumières.

Fulcanelli le plus célèbre et le plus mystérieux des alchimistes du XXème siècle nous révèle dans son ouvrage « Le mystère des cathédrales » que dans le portail de Notre-Dame de Paris par exemple, on retrouve sur une statue de la Vierge des médaillons représentant les 7 planètes associées aux 7 métaux utilisés par les alchimistes
Selon lui , les clefs de la transmutation, c'est-à-dire de l'opération alchimique consistant à transformer les métaux en or, se trouvent dans le portail, dissimulées de telle manière que seuls les initiés sauront les y découvrir.

Le processus de perfectionnement de la materia prima, pour passer des caractéristiques du fer à celles de l’or, s’opérerait en sept étapes comme suit : fer - cuivre – plomb – étain – mercure – argent - or.

Le mode opératoire alchimique est codifié mais les auteurs distinguent généralement sept étapes que l’on peut considérer comme des démarches de pensée consistant à marquer les étapes dans la transformation de la matière dont le but ultime est la réalisation du Grand Œuvre.

La première étape est la CALCINATION qui a pour rôle de décomposer la matière que l’on veut transformer, c’est à dire l’analyser.

La deuxième étape est la PUTREFACTION , elle porte l’image de la mort nécessaire au renouvellement de la vie , elle correspond à l’Œuvre au noir ou nigredo ou épreuve du vide, dont le symbole est le corbeau, elle s’inscrit dans le corps, dans l’imaginaire.. sans cette phase de putréfaction de la matière le Grand Œuvre ne pourrait arriver à son terme

Vient ensuite la troisième étape la SOLUTION qui nous pousse à dissoudre grâce au sel philosophique, c’est à dire à ordonner pour faire ressortir une forme nouvelle. C’est l’apparition de la couleur blanche, cette étape nous amène à l’Œuvre au blanc ou albedo, ou ’épreuve de l’eau, dont le symbole est la colombe, elle s’inscrit dans le symbolique.

Elle est suivie par la DISTILLATION, quatrième étape qui change la nature et la propriété des choses par chauffage dans l’athanor. Ceci permet une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

La cinquième étape ou CONJONCTION rend possible le prolongement de ce niveau d’intégration car on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble, il s’agit maintenant d’intérioriser le monde et son propre monde en se projetant vers l’avenir afin de saisir les buts à atteindre et qui vont déboucher sur les « Premières Vérité » selon l’Œuvre au rouge ou rubedo, ou épreuve du feu qui elle s’inscrit dans le réel.. C’est cette cinquième étape qui correspond à la Maîtrise Maçonnique ce que je développerais plus loin.

La suite logique est la SUBLIMATION.Cette sixième étape est une opération qui nous apprnd à faire jouer les choses et à savoir manier l’Art de la raison en se décentrant de ses préoccupations antérieures au profit d’autres toutes nouvelles

Enfin arrive la COAGULATION septième et dernière étape. Elle exprime la voie dans laquelle l’Homme s’engage quand il construit son Grand Œuvre individuel grâce à une pensée de plus en plus philosophique qu’il acquiert par sa faculté d’abstraction pour aller à l’essentiel. Ceci est l’aboutissement de toute désagrégation solvante qui génère une nouvelle entité par coagulation, c’est le SOLVE et COAGULA

L’alchimie et le mot de passe de la Maîtresse

L’alchimie qu consiste à travailler sur les métaux est également liée au mot de passe du grade de Maîtresse. Car l’Alchimie est fille de TUBALCAIN

1) Tubalcaïn signifie « Maître du Monde » .

Il est dans la Bible un descendant direct de Caïn (Caïn signifie acquérir ou obtenir ). Sa fonction était de travailler la terre.
La Loi Mosaïque n’étant pas encore née, Caïn ne fut pas tué après son crime fratricide, il se trouva symboliquement exilé de la terre sacrée. Il fut envoyé de l’Orient vers le Nord.
Après que Caïn eut bâti la première ville, nommée Henoch, il devint le premier d’une lignée de créateurs. Chaque descendant de Caïn est décrit par son activité : Jubal sera nomade et berger, Dubal sera musicien …Tubal-Caïn s’occupera des métaux et des instruments.
La postérité de Caïn fonde la civilisation, le progrès de la technique, des sciences et des arts.

Tubal-Caïn appartenait à la 7ème descendance de Caïn. 7 indique que Tubal-Caïn avait évolué par rapport à son ancêtre, qu’il avait exploré sa terre, découvert des métaux et qu’il savait les utiliser. Ainsi, le 7 indique aussi la fin d’un cycle. C’est pourquoi on peut dire « J’ai 7 ans et plus «, car il y a d’autres cycles à réaliser.

Le 7, c’est encore le 4 du carré de la terre, associé au 3 du triangle de la divinité. Tubal-Caïn est identifié par ces 2 nombres de par son activité de terrien et de par sa relation avec le divin (Adam créature, création de Dieu ).

Dans l’imagerie populaire, Tubal-Caïn est représenté comme un forgeron trapu, tassé comme une pierre.

2) Dans la mythologie, Tubal-Caïn est assimilé à Vulcain pour les Romains et à Héphaïstos pour des Grecs, forgerons officiels des dieux. Maître du Feu, Héphaïstos forgea l’armure magique d’Achille, le trident de Poséidon, le sceptre de Zeus ou bien encore la colonnade de bronze du T\ de Delphes. « Il » découvrit les secrets du feu et des métaux qui peuvent être solides, ou liquides, purs ou alliés entre eux. Il se fait créateur de formes nouvelles et il paie le prix de ses découvertes par un signe visible et permanent dans son aspect physique.
On présente souvent le forgeron soit boiteux, soit unijambiste ou nain.

En effet, Héphaïstos fils unique de Junon, reine de l’Olympe et de Zeus ne fut pas reconnu par son père qui le jeta du haut de la montagne. Cela le rapproche des fils de veuves célèbres, et de la boiterie initiatique.
Dans les mythes, le Pouvoir n’est pas tendre avec celui qui « connaît » les secrets et les divulgue aux « dominés » afin de leur permettre de se libérer. De Prométhée à Adam, les « forgerons « sont estropiés. Héphaïstos est boiteux et difforme, Varuna, Tyr, Odm, Alfado sont estropiés. La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science :ils ont subi la colère d’un dieu jaloux de ses privilèges. Ils portent les marques de la vengeance des Dieux.
Pour les grecs, Héphaïstos représente le feu intérieur de la terre, comme celui qui habite le cœur de l’Homme.
Quand le minerai était découvert et extrait, il était dirigé vers les fourneaux. Puis, le forgeron se substituait à la Terre-Mère pour accélérer et parfaire « la croissance » et la maturité du minerai. Il collaborait en quelque sorte à l’œuvre de la nature, intermédiaire entre Dieu et les Hommes. Ainsi, il fabriquait l’outillage en fer dont les cultivateurs et les chasseurs avaient besoin. Il sculptait les images des ancêtres et des génies qui servaient de support aux cultes. Intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, tantôt méprisé, tantôt respecté, il vivait à l’écart du village en compagnie de sa femme la potière.

La fusion des métaux est considérée comme une mort. Le soufre extrait représente la vertu, c’est à dire le noyau ou l’esprit de métal.
Rappelez-vous l’interdiction du métal dans les outils hébreux et des outils de métal dans la construction du T\ de Salomon
Tubalcaïn, le forgeron, travaille les métaux et s’inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite. Le forgeron fait partie des bâtisseurs et apprend à Etre par le moyen de la création. Il a la connaissance des 4 éléments :le métal est extrait de la terre, il est transfiguré par le feu, lui même attisé par l’air puis trempé par l’eau afin de devenir l’instrument utile aux laboureurs ou aux guerriers. Il forge des épées, œuvre d’initié car elles sont parfois dotées d’un pouvoir magique,qui demande de connaître et maîtriser les forces contenues dans ces éléments.
Le travail de la forge signifie la constitution de l’être à partir du non-être. La forge est l’allégorie du cœur et les soufflets représentent les poumons.

Fondre le métal et le reformer correspond au « salve et coagula » de l’alchimie hermétique, travail créateur par excellence, car créer c’est recréer.

Le forgeron maîtrise le feu et grâce à lui transforme les métaux qui viennent des profondeurs de la terre. Son pouvoir est ambivalent, il peut être aussi maléfique que bénéfique.
On peut penser que La Franc-maçonne, grâce à l’introspection, extrait des profondeurs de son inconscient, de sa mémoire les mythes qu’il utilise pour comprendre, évoluer et construire un Homme nouveau. Maîtrise des éléments qui signifie Maîtrise de soi.
Tubalcaïn, le » forgeron de l’Univers » annonce Hiram.
Hiram est avant tout un métallurgiste- c’est la Bible qui le dit (Genèse 4-2.22).
Hiram est né de Caïn, qui le premier a travaillé la terre, dont la lignée s’est réfugiée dans un monde souterrain et a secrètement survécu au déluge.
Hiram est un être sombre, éclairé par un feu intérieur et totalement voué au travail.

L’alchimie dans la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

Revenons à la cinquième étape du mode opératoire alchimique qui est la CONJONCTION la phase où l on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble

Nous allons voir que la Maîtrise Maçonnique correspond très exactement à cette étape

La Franc-Maçonne, à la fin de son temps de Compagnonne est très exactement en l'état de la Pierre qui correspond à la quatrième étape du mode opératoire alchimique. Elle a fait une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

L'Initiée, en elle a grandi, elle a travaillé à l'œuvre commune de construction. Sa morale, elle l'a construite elle-même dans son cœur. Ses croyances ne lui ont pas été apprises, elles sont le fruit d'une expérience et d'une méditation corollaire.
L'Amour n'est pas pour elle une loi morale, c'est une Connaissance et elle sait s'élever et trouver la Vérité là où elle se cache. Mais ce Temple, c'est un Temple intérieur, elle l'a construit en elle, pour elle , elle n'est pas encore capable de transformer ce qu'elle touche, de régénérer celles qui l'approchent ... elle n'est pas encore une Maîtresse.

La Maîtrise c'est la CONJONCTION et nous verrons dans un instant que son appareil funèbre évoque parfaitement ce recommencement.

La Loge a revêtu son funèbre appareil, elle est tendue de Noir. Les Maîtresses se désolent de ne pouvoir poursuivre l'œuvre féconde de la Franc-Maçonnerie, car leur Maître, Hiram est mort. Trois Compagnons ont tenté successivement de s'emparer par la force du secret de la Maîtrise : Le premier était à la porte de l'Orient ; il a exigé ce secret, devant le refus d'Hiram de le lui livrer, il a asséné à ce dernier un coup de règle à la gorge. Le coup a dérapé et lui a frappé l'épaule lui paralysant le bras droit. Le deuxième attendait à la porte du Midi : même exigence, même refus d'Hiram, même violence. Mais cette fois c'est un coup d'équerre que reçoit le Maître, droit au cœur. Enfin un autre Compagnon l'attend à la porte d'Occident. Hiram refuse encore de livrer sous la menace le secret de la Maîtrise, il reçoit un furieux coup de maillet sur le front, il s'affaisse mort. Le forfait accompli, les Compagnons enterrent Hiram sous un amas de décombres au Nord du Temple...

Tel est le drame symbolique.

La Compagnonne candidate à la Maîtrise va alors subir une épreuve : si elle se sent le cœur pur et la conscience tranquille, elle devra enjamber le cadavre d'Hiram. Elle le fait. Dès lors elle va être identifiée à Hiram et vivre personnellement ce drame.

Une mort volontaire avait permis au profane de renaître Initié, lors de sa réception au premier degré.
Il s'agissait des Opérations de Solve et de la résurrection de la Pierre au blanc.
Mais il faut une seconde mort à l'Initiée pour atteindre à l'immortalité des Maîtresses.
Ainsi donc la Compagnonne est assimilée à Hiram.

Comme lui elle sera frappé à l'épaule par la règle ( c'est-à-dire dans son corps ), au cœur par l'Equerre ( c'est-à-dire dans son Ame ), au front par le Maillet ( c'est-à-dire dans son esprit ).

Puis elle sera étendue sous le drap mortuaire, son tablier sera rabattu sur son visage et un rameau d'acacia sera posé sur le drap. C'est le rameau d'acacia qui dans l'interprétation mythique du drame permettra de retrouver le " cadavre ".

Tout comme le Grande Œuvre recommence. le drap mortuaire c'est évidemment « le corbeau » qui signifie la matière au noir dans le temps de la putréfaction l’ étape de l’œuvre au noir.

La compagnonne a été traitée comme la Materia Prima (le profane) et atteinte dans sa triple constitution.
Elle gît morte.

Les trois compagnons qui tuèrent Hiram sont les trois corps alchimiques : sel, soufre et mercure. Ils blessent et font saigner Hiram et le tuent

Cela marque la phase de la mort ou le sceau d’hermès de couleur rouge sang surnage la matière noire en putréfaction. Le message de cette légende est des plus significatifs quant à l’art royal.
En effet, il est impossible de réaliser le Grand Œuvre si l’on ignore le secret de l’acacia, car la substance obtenue à partir de ce végétal va permettre d’élaborer le sel alchimique qui seul, , va permette à la matière de saigner et de prendre la couleur noire.

L’acacia était connu des alchimistes

La Compagnonne a vécu la mort symboliquement tel le néophyte des antiques Mystères. En elle Hiram ressuscite et ainsi lui-même est-il ressuscité. Telle est l'ultime degré de la Maçonnerie symbolique : La Maîtrise

La Compagnonne était souillée par des impuretés, elle doit repasser par l'épreuve de la mort et de la pourriture.

"
Car nul ne peut blanchir s'il n'a auparavant noirci...(L’œuvre au blanc après l’œuvre au noir)
Nul ne peut s'élever s'il ne s'est humilié... et nul ne peut atteindre la Vie éternelle s'il n'a connu la mort.
"

Le Grand Œuvre Alchimique est un éternel recommencement :

La Pierre peut être à nouveau soumise à une nouvelle mort, à une nouvelle résurrection, pour atteindre à plus de pouvoir rédempteur.
Et puis encore ... jusqu'aux limites du possible qui sont les limites mêmes du présent cycle d'évolution minérale.
Il reste toujours à la Pierre quelques parcelles d'impuretés, quelque infime souillure... Ce sont les restes de son ancienne nature de "minerai profane".
Ainsi la Maîtresse Maçonne sait qu'elle n'est jamais au terme de la Maîtrise, car il lui reste toujours à détruire quelques parcelles de son " Moi " : de ce trompeur écran de la personnalité qui déforme le Nombre au point de n'en faire qu'un chiffre.

Et, du reste si elle avait d'aventure conscience d'être parvenue à l'ultime point de quelque chose, une ligne infime, insaisissable, comme celle qui marque le Solstice, séparerait ce point final du commencement d'autre chose et tout serait à recommencer plus loin, plus haut selon ce processus invariable : SOLVE et COAGULA qui est la loi de l'Alchimie :

J’ai dit

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Par M\ M\ - Publié dans : Planches
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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 07:44

LUtopie


Le point de départ de l'Utopie est la chute telle qu'elle est décrite dans la génèse car, c'est à partir de là que l'homme prend conscience de sa nudité, de son imperfection et c'est là donc que commencera sa quête incessante d'un infini, d'un paradis perdu. Cette condition fondamentale de l'homme c'est l'intuition du poète plus que le raisonnement du philosophe qui nous la dépeint « borné dans sa nature, infini dans ses vœux, l'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux ». Lamartine. Cette dichotomie naturelle chez l'homme déchiré entre deux pôles, Jean Servier, en Socio­logue, la trouve dans un examen de la société : « la cité tradition­nelle ayant été construite sur le plan mythique de l'univers, sa pureté, c'est-à-dire sa fidélité au mythe, ne peut que s'altérer dans le temps malgré la répétition des rites de consécration. La Société traditionnelle cherche à se rapprocher de la perfection des origines et à prolonger le moment primordial de sa fondation. »

* * *

Partant d'une analyse sociologique, Jean Servier, constate l'impossibilité où se trouve l'homme des civilisations tradition­nelles de penser objectivement pour rejoindre la perfection ori­ginelle — nous dirons l'utopie — tellement il confond les lois et les coutumes avec une nécessité plus puissante que les dieux mêmes selon l'expression de Platon.

Cette réflexion qui débouche sur l'utopie n'est possible qu'en temps de crise spirituelle, sociale ou économique. Chez Platon et les philosophes grecs en pareille période, c'est le désir de « restructuration » de la Cité afin d'être plus fort à l'avenir. On ne songe pas à la cité parfaite dans l'univers connu — E OIKOU­MENE — qui engloberait Grecs et Barbares, comme plus tard Saint Paul voudra abolir les barrières entre Juifs et Gentils. C'est donc le christianisme qui fait éclater le concept de la cité tradition­nelle repliée sur elle-même en unissant les hommes dans un même amour... Cette utopie — comment peut-on aimer les Perses quand on est Grec — est fondée sur la fraternité humaine, le mépris des richesses, c'est le règne nouveau que prêchent les apôtres du christianisme primitif. Jean XXIII qui reprendra cette idée d'une OIKOUMENE tolérante et fraternelle — où les Francs- Maçons ne seraient pas exclus je le rappelle — ne fait que rejoin­dre l'Utopie initiale. Cette utopie qui est présente chez l'homme d'Etat, le penseur, l'industriel, l'homme d'église, le révolution­naire, chez tous ceux qui rêvent de transformation du monde sans parfois savoir qu'ils ont un dénominateur commun. Voici comment Jean Servier décrit ce rêve utopique. «Elle est avant tout une volonté de retour aux structures immuables d'une cité traditionnelle dont ils se veulent les maîtres éclairés, une cité se dressant par delà les eaux troubles du rêve, comme une île au bout de l'océan, comme la cité de l'homme délivré de ses angoisses au bout de la nuit ».

Les premiers à nous fournir une application concrète de l'idéal utopique à la cité sont les Grecs. Hippodamos qu'Aristote décrit ainsi :« Hippodamos, fils d'Euryphon, citoyen de Milet, celui qui inventa le tracé géométrique des villes et découpa le Pirée en damier... » est au dire de Jean Servier non seulement le premier urbaniste de son époque mais aussi « le premier architecte qui ait eu l'occasion de rebâtir des villes entières et de jeter du même coup les grandes lignes d'une constitution. »

Ce qui nous intéresse chez Hippodamos de Milet c'est qu'on l'appelait OIKOUMENE c'est-à-dire le spécialiste des phénomènes célestes dont la tâche était de relier la vie citadine à l'harmonie cosmique. C'est ici qu'intervient la notion d'utopie car si le mot grec OIKOUMENE veut dire au sens propre celui qui disserte sur les corps ou les phénomènes célestes, nous savons qu'au sens figuré tel qu'on le retrouve dans le Cratyle de Platon ce mot signifie celui qui disserte à perte de vue, qui se perd dans les nuages, d'où l'Utopie.

Nous voyons apparaître chez les Milésiens qui tracent les premières cartes du monde connu, E OIKOUMENE, la terre des hommes aux lignes impeccables, le symbole de la raison et, à côté, comme en opposition, ATLANTIS, l'Atlantide, c'est-à-dire l'inconnu, le rêve.

Toutefois l'Utopie Platonicienne, elle, appelle certaines réser­ves. Pour Platon l'utopie passe par la cité emblème de la raison, la cité grecque du type milésien. L'Atlantide qui, à notre sens, symbolise mieux l'utopie est considérée comme l'antithèse de cet Idéal. Pour comprendre cela il faut examiner la conception toute personnelle qu'avait Platon de la cité idéale. Dans La République, Platon donne sa vision rationaliste de la stratification sociale : les chefs sont en or, ceux qui exécutent les ordres d'argent, les laboureurs et les autres de fer et d'airain. La famille doit être supprimée, l'instinct sexuel ne peut être satisfait que sous le contrôle de l'Etat et les citoyens reproduits (il n'y a pas d'autre terme ici) selon un eugénisme qui fait penser à l'élevage du bétail. « Que La République de Platon ait été admirée sur le plan politique par des gens respectables » a écrit Bertrand Russell « est peut-être l'exemple le plus frappant de snobisme littéraire dans l'histoire. »

Dans cette cité platonicienne, il ne saurait être question de rêve. L'Atlantide, cité du rêve est l'opposée d'Athènes, cité de la raison.

Comment les choses pourraient-elles être autrement car dans l'esprit de Platon, cette île perdue a abrité les amours du dieu et de la déesse Clito dans une union libre qui eut pour fruits deux enfants tous nés en dehors de tout contrôle étatique ! Mais l'Atlantide rappelle aussi l'Orient (de la guerre de Troie, des Perses) mais surtout l'Orient dont le principe politique est la monarchie de droit divin face à Athènes, le rempart de la démo­cratie. Au-delà de l'opposition de l'Orient et de l'Occident dont René Guenon a suffisamment démontré l'humanité, ce qu'il importe de constater ici c'est le fossé que Platon creuse entre le rêve et la réalité.

Revenons maintenant à la genèse au moment ou Libram/ Abraham reçoit la promesse de Dieu. Cette promesse n'est autre que la terre promise vers laquelle Israël s'est mis en marche pour ne jamais s'arrêter. Si cette marche est éternelle car l'homme infini dans ses voeux reste borné dans sa nature, elle passe par un mieux être social, par un bonheur terrestre dans un pays où coulent le lait et le miel. Cette utopie spirituelle sera la force d'Israël dans les combats de tous ordres que ce peuple mènera par la suite.

Cependant, cet heureux mariage de la cité terrestre et de la cité céleste dans l'ancien testament semble être un sujet de conflits dans le monde judéo-chrétien des premiers siècles. Saint Augustin les oppose de manière formelle : « Deux amours ont fait deux cités : l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste, l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre ». Mais cette opposition n'est que le reflet de la vieille opposition entre Athènes et l'Atlantide qui va se matérialiser dans le monde occidental par la cité terrestre matérialiste et jouisseuse et la cité spirituelle, celle de la frater­nité humaine et de l'amour qui — je cite encore Jean Servier — sera « le rêve de tous les révolutionnaires même lorsqu'ils croiront avoir rejeté le Christ. »

* * *

Ce rêve se manifeste en Occident déjà sous Charlemagne quand on assimile l'empire carolingien à une manifestation concrète du concept augustinien de la cité de Dieu. Ceci donnera lieu dans les siècles qui suivront à des entreprises telles que les Croisades et la colonisation : la vulgarisation mondiale en sorte de cette richesse spirituelle... Quand Urbain II prêche la croisade, son souci est d'ordre spirituel. Apparemment, « la terre que vous habitez » déclare-t-il « cette terre, fermée de tous côtés par des mers et des montagnes, tient à l'étroit votre trop nombreuse population elle est dénuée de richesses et fournit à peine la nourriture à ceux qui la cultivent. C'est pour cela que vous vous déchirez et dévorez à l'envi, que vous vous combattez, que vous vous massacrez les uns les autres. Apaisez donc vos haines et prenez la route du Saint Sépulcre » (J. Servier)..

Le souci spirituel, apparent ici, cache bien des préoccupations démographiques et politiques. L'attrait des richesses et trésors de l'Orient n'y est pas absent. Le rêve spirituel et la réalité matérielle se trouvent étroitement liés au Moyen Age. L'utopie serait plutôt l'affaire de ceux qui ont soif de justice sociale et qui se précipiteront sur les chemins de la Croisade en Guenilles,' une piétaille à l'assaut d'une utopie spirituelle qui les délivrera de leur misère spirituelle et matérielle. C'est ainsi que s'exprime R. Le Bertoune (le Contrefait) dans le conte satirique de Rutebceuf. « J'aimerais étrangler les nobles et les prêtres jusqu'au dernier. De braves travailleurs fabriquent le pain d'orge mais jamais ils ne l'ont sous la dent ; ils ne recueillent que le son, et du bon vin, ils ne boivent que la lie et de bons habits ils n'ont que les dépouilles. Tout ce qui est bon et savoureux va aux nobles et aux prêtres. »

Ce que les croisades sont pour le Moyen Age, l'ère des grandes découvertes qu'inaugure Christophe Colomb, le sera pour la Renais­sance. Jean Servier écrit : « La cruauté d'un Cortez ou d'un Pizarre ne reflète pas uniquement une vilaine âme. Leur cupidité leur est dictée par des rois exigeants et, au delà, par la volonté de l'Europe de répondre, à un volume plus important de transactions, par une masse suffisante de métaux précieux ». Cet aspect si matériel des choses revêt alors les couleurs chatoyantes du rêve utopique sous les tropiques, c'est la recherche de l'Eldorado.

Cette notion de Terre Promise adaptée aux besoins de ce monde ne se concrétisera pas au Pays de l'Eldorado, c'est-à-dire en Amérique Latine catholique mais en Amérique du Nord protes­tante, avec les premiers colons puritains de Nouvelle Angleterre un siècle plus tard. Car c'est là comme beaucoup s'accordent à le reconnaître que prend naissance le capitalisme américain par le souffle qui lui donne vie, c'est-à-dire cette conception protestante qui veut que les biens de ce monde soient une bénédiction de Dieu. Toute l'énergie que l'on reconnaît dans le capitalisme améri­cain des temps modernes a pour origine de toute évidence une utopie spirituelle.

Mais les Grands Penseurs de la Renaissance évitant le piège de la richesse inviteront les hommes à voguer sur les eaux du rêve qui reprend ses droits vers le Pays de Nulle part, ce seront T. More et F. Rabelais.

L’œuvre de F. Rabelais s'insère dans une structure socio­politique où les grandes monarchies se dressent contre l'autorité du Pape et de l'Empereur. En 1513, Nicholas Machiavel a déjà écrit Le Prince. Thomas More publiera l'Utopie trois années plus tard en 1516. Lorsque l'on se met à lire les oeuvres de Rabelais (publiées pour la première fois entre 1532 et 1534), l'Europe connaît les effets de la Réforme et de la Renaissance, c'est-à-dire de l'huma­nisme. L'Abbaye de Thélème est le rêve humaniste de la tolérance et du libéralisme dont la devise résume la philosophie : Fais ce que tu voudras. Ceci rappelle Saint Augustin, aime et fais ce que tu veux. Si la règle monastique est quelque peu bousculée à Thélème, c'est que le monachisme de la Renaissance asservis­sait plus qu'il n'édifiait et Rabelais a voulu trouver la fraternité au-delà de ces contraintes qui réduisaient l'homme plutôt qu'elles ne l'élevaient. C'est une véritable libération que propose Rabelais. Il écrit : « Parce que gens libérés, bien nés, bien instruits, conver­sant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retiré de vice lequel ils nommaient honneur... »

Nous n'avons pas de peine, je crois, à reconnaître le dynamique des gens libres conversant en honnête compagnie...

Le libéralisme foncier de F. Rabelais l'empêchera de prendre parti dans la querelle des protestants (les Papefigues) et les Catho­liques (les Papimanes), estimant sans doute que la vérité ne se trouvait pas exclusivement d'un seul côté « Notre vérité c'est de n'en point posséder ». C'est bien le sens du libéralisme humaniste rabelaisien.

Nous notons chez Rabelais la thématique du voyage : Pan­tagruel voguant sur la mer pour visiter l'oracle de la dive bouteille.

Ce thème du voyage sur l'eau est un leitmotiv de la littérature utopique : les Argonautes et la Toison d'or, la recherche de l'Eldo­rado, Robinson Crusoé, Gulliver et jusqu'à la conquête spatiale. On le retrouve également dans l'Utopie de Th. More.

Il me semble que dans toute analyse de l'Utopie de Sir Th. More, on ne peut passer sous silence deux dominantes : premièrement que c'est une oeuvre où la religion est présente car elle est écrite par quelqu'un qui mourra martyr de sa foi et dont le nom figure en martyrologie de I'Eglise Catholique et, deuxièmement, que la vision politique du Chancelier d'Angleterre y est manifeste. Si certains y ont vu la première oeuvre de polémique communiste, on comprend

pourquoi.

La première édition de l'Utopie est publiée en 1516 dans l'ori­ginal latin. Les Anglais en général la connaissent de nos jours dans une traduction de 1557. Quand l'auteur de la traduction la plus récente, Paul Turner, annonça à des amis anglais qu'il tra­duisait Th. More, beaucoup, d'un air étonné, lui ont demandé : • en quelle langue » ?

Assez curieusement, l'Europe de la Renaissance, elle, connais­sait mieux l'Utopie. Les grands noms de la Renaissance tels Pierre Gilles ou Erasme l'avaient lu. Un évêque anglais très sensible à l'actualité littéraire de l'époque n'avait-il pas entrepris de se faire nommer évêque d'utopie ?

Le livre est divisé en deux parties. La première est un dialogue entre Th. More qui s'était rendu aux Pays-Bas en mission pour le Rol Henri. VIII et Raphaël, célèbre navigateur qui avait voyagé en compagnie d'Annérico-Vespucci, et qui par conséquent donnait au voyage un aspect d'actualité. L'Amérique avait été découverte une vingtaine d'années auparavant, les lecteurs d'alors étaient tout prêts à ajouter foi à ce genre de récit.

Th. More tout en donnant un caractère vraisemblable à son livre pour sauver les apparences littéraires d'une part, tente, d'autre part, d'envelopper ses personnages comme le pays qu'il décrit d'un voile. Raphaël (Dieu a guéri) applique une thérapeutique aux maux de l'Angleterre par l'invitation au voyage utopique, mais il est aussi, d'après l'étymologie de son nom de famille, celui qui dit des bétises. Utopie, l'île, se situe nulle part. Est-ce une précau­tion dans cette Angleterre des Tudors où l'on tranchait les têtes si aisément ? On peut le croire ! Mais au-delà de la forme du récit, ce qui nous intéresse c'est le contenu.

Raphaël raconte à Th. More comment il visita l'Angleterre et engagea une discussion avec un certain homme de loi sur la peine capitale pour vol. Je pense qu'il n'est pas superflu de vous trans­mettre son argumentation qui, on a peine à le croire, date du XVIe siècle. « Sous ce rapport, vous autres anglais, comme la plupart des autres nations, me rappelez les pédagogues incompétents qui préfèrent donner des coups de canne à leurs élèves plutôt que de les enseigner. Au lieu d'impliquer ces punitions horribles, il serait plus indiqué de donner à chacun quelque moyen de subsistance de sorte que personne ne se trouve dans l'affreuse nécessité de devenir d'abord un voleur et puis un cadavre. »

Venant d'un des plus éminents personnages d'Angleterre dont les revenus étaient substantiels cela atteste d'une vision sociale et politique peu commune.

Raphaël, qui est le porte-parole de l'auteur en quelque sorte, aborde cette question terrible pour l'époque : mes moutons mangent les hommes c'est-à-dire les troupeaux de plus en plus nombreux des nobles et de certains ecclésiastiques. Ces moutons non seule­ment réduisent la superficie de terre cultivable, mais leurs proprié­taires clôturent ces vastes champs, ne laissant rien à l'agriculture, gagne-pain des petites gens. Cette question sera posée quelques siècles plus tard dans un autre contexte géographique, aux Etats- Unis, mais le problème est le même (1). Raphaël poursuit son idée et souligne les conséquences sociales désastreuses de cet exode rural : le vagabondage, l'oisiveté, la mendicité dans les villes.

En d'autres mots dit Raphaël vous créez des voleurs que vous punissez après pour vol ! Comme remède à ce mal social, Raphaël propose un système inspiré du droit romain. Il cite cette forme de servitude pénale qu'est le travail dans les mines et carrières où les prisonniers étaient logés et nourris (2). Une sorte de libérali­sation des peines judiciaires. Il semble bien que l'Angleterre de ce début du XVIe siècle ignorait ou passait sous silence cet aspect du droit romain.

L'entretien entre Raphaël et Th. More se poursuit et ils abor­dent une autre question brûlante d'alors : la propriété privée. Voici comment Raphaël voit les choses : « ...à dire vrai, mon cher More, je ne vois pas comment vous obtiendriez une vraie justice ou la prospérité aussi longtemps que la propriété privée existe et tout est évalué en terme d'argent ». L'argument de Th. More qui fait l'avocat du diable est de lui opposer l'absence de motivation qui résulterait d'un système où la propriété privée serait abolie et où chacun compterait sur son voisin pour travailler à sa place. A ceci, Raphaël ne donne pas une réponse directe car peut-être Il n'y en a pas, mais il cite l'Utopie car, dit-il, si vous m'aviez accompagné en Utopie vous auriez constaté que c'est possible 1 Cette invitation à l'utopie est une invitation au dépassement des Idées arrêtées et une ouverture de l'intelligence aux possibilités la Maçonnerie.

C'est dans la deuxième partie du livre que Th. More nous donne un aperçu de l'application pratique de ces théories. Tout d'abord, au gouvernement où aucune décision n'est adoptée le Jour où elle est proposée et Raphaël s'explique : « Autrement quelqu'un pourrait dire la première chose qui lui vient à l'esprit et puis se mettre à penser à des arguments pour justifier ce qu'il e dit au lieu de décider de ce qui convient le mieux à la commu­nauté. Une telle personne est tout à fait capable de sacrifier le public pour son propre prestige tout simplement parce que, aussi absurde que cela puisse paraître, elle a honte d'admettre que sa première idée aurait pû être fausse — ceci alors que sa première pensée aurait dû être de réfléchir avant de parler ». Nous mesurons, J'en suis persuadé, la sagesse d'une telle attitude...

Une telle sagesse politique se traduit dans le quotidien. Les enfants apprennent l'agriculture à l'école. Si un enfant désire apprendre un métier on l'adopte dans une famille qui pratique le métier qu'il veut apprendre. Mais on peut se demander comment ce pays qui connaît des journées de travail de six heures peut être si florissant. Raphaël l'explique par le fait que tout le monde travaille en Utopie et que le faisant pour le bien de la communauté eans motif de profit, la production dépasse largement la consom­mation. Il fait remarquer que dans bien des pays les femmes ne travaillent pas, c'est-à-dire que la moitié de la population est Inactive, je cite : « Et puis il y a tous les ecclésiastiques et les Membres des prétendus ordres religieux — quelle quantité de travail fournissent-ils ? Ajoutez les riches, particulièrement les propriétaires fonciers communément appelés nobles et gentils­hommes. Incluez leurs domestiques... finalement ajoutez à la liste les mendiants qui sont en parfaite santé mais qui prétendent être malades afin de faire excuser leur paresse. Quand vous les aurez comptés, vous serez étonnés de constater combien peu de gens produisent ce que le genre humain consomme ».

Chose étonnante en ce pays, ils ne contraignent jamais les gens à travailler indûment car le but principal de leur économie est de donner à chaque personne autant de temps libre de toute corvée que le permettent les besoins de la communauté de sorte qu'il puisse cultiver son esprit, ce qu'ils considèrent comme le secret d'une vie heureuse.

Nous constatons aussi que les hôpitaux se trouvent à l'extérieur des parties de la ville afin de faciliter l'isolation des malades en, cas d'épidémie. Ces hôpitaux conçus en petites unités sont bien dirigés, l'équipement médical ne manque pas, les infirmières sont consciencieuses et avenantes, les médecins nombreux et acces­sibles, le résultat est que les utopiens bien que n'y étant pas contraints préfèrent se rendre à l'hôpital plutôt que de rester chez eux quand ils sont malades. Quand on pense aux conditions épou­vantables des londoniens pendant la peste qui sévit à Londres exactement 150 ans après la publication de ce livre, on peut se demander pourquoi l'Angleterre n'a pas su faire usage des idées d'un homme politique d'une telle sagacité !

Les utopiens n'attachent pas d'importance au raffinement vestimentaire. Après tout, disent-ils, le mouton qui porta la laine de tel costume n'était autre qu'un mouton. Comme tout un peuple pense ainsi, la question du vêtement est simplifiée et le luxe dis­paraît. Ils méprisent l'or car ils considèrent que l'or n'a de valeur que parce que les gens le veulent bien. Il suffit de lui ôter sa valeur artificielle pour que le fer devienne plus utile que lui. Pour eux, tout ce qui est naturel est bon. La religion qui est faite d'un ascétisme morose n'est pas la leur, ils veulent vivre la leur dans la joie. Leur principe est que nous devons d'abord aimer Dieu qui nous a créés et à qui nous devons notre vie et notre capacité d'être heureux et ensuite que nous devons vivre aussi aisément et joyeusement que possible en aidant notre prochain à faire de même.

Les mariages ne sont conclus qu'après examen corporel mutuel. Je m'explique. Le fiancé chaperonné par une dame d'âge res­pectable examine la fiancée, la fiancée accompagnée d'un monsieur convenable fait de même pour le fiancé. Raphaël prévient les rieurs en leur soumettant l'argument suivant. Si vous achetez un cheval sur lequel vous ne misez qu'une petite somme d'argent vous l'examinez complètement. Et quand vous choisissez une compagne pour la vie, poursuit-il, pour le meilleur et pour le pire, vous vous contentez de quelques centimètres de visage. Pour bien saisir cet argument, il faut connaître le costume des Tudor, cela va de soi. En Utopie, on traite les fous avec douceur et bienveillance. Grande sagesse s'il en fut, car il suffit de penser à l'Angleterre de Ch. Dickens, trois siècles plus tard, où ces malheureux étaient enfermés et battus pour nous rendre compte de la vision sociale de More.

La franchise qui règne en Utopie fait qu'il n'existe pas de cour de justice à proprement parler. Il n'y existe aucun code de loi. Le citoyen s'adresse au juge et lui expose fraternellement son cas. Cette franchise simplifie la procédure et évite les subtilités de la justice traditionnelle. Les fonctionnaires utopiens ne peuvent être corrompus, l'argent ne leur étant d'aucune utilité. Ils ne comprennent pas que les nations aient à signer des traités. Les être humains ne sont-ils pas des alliés naturels ? Si quelqu'un Ignore ce bien fondamental accordera-t-il beaucoup d'importance à des mots qui le lient aux autres ?

Les utopiens ne signent pas de traité, ils n'en voient pas la nécessité. Cette grande ouverture sur le plan politique se traduit par le plan religieux par la tolérance, un des principes les plus anciens d'Utopie.

Cette attitude si positive envers la vie est la même envers la mort. La mort est une étape joyeuse de la vie car l'homme va rejoindre Dieu. Ici je voudrais citer un exemple, la propre mort de Th. More. Comme il montait l'escalier branlant de l'échafaud où il allait être décapité, il demanda à l'officier de l'aider : « Je vous prie, Messire Lieutenant, aidez-moi à monter je me chargerai de descendre tout seul », humour qui est le reflet d'une très grande sérénité.

En guise de conclusion, je voudrais poser une question. Celle- ci : pourquoi les hommes ont-ils été tentés à travers les siècles par ces deux philosophies : l'Utopie et la Franc-Maçonnerie. Deux visions du monde qui ne sont rien pour le profane, mais tout pour l'initié. Pourquoi ?

Source : www.ledifice.net

Par PVI - Publié dans : Planches
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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 10:01

Le secret est un silence que l’on s’engage à garder par sincère conviction, conscient des effets néfastes ou pervers que sa rupture pourrait engendrer. Le secret est une information qu’on garde en soi et pour soi; il est fermé aux autres par la clef de sa volonté.

Le secret s’oppose au bavardage innocent ou intentionnel, à la divulgation d’informations ou de renseignements tenus pour confidentiels, jusqu’au dévoilement délibéré de mystères maintenus soigneusement cachés.

Dans la tradition maçonnique, le nouvel initié promet par un serment solennel qu’il prête avant les voyages, de ne révéler à personne ce qu’il entendra et découvrira aussi par la suite en Loge. Ce champ premier du secret s’étend, selon le document manuscrit de Cooke : "à la Loge, à la maison privée et à tout lieu où se trouvent les Maçons"

En un mot, il est fait demande à l’initié de s’engager à taire tout ce qui relève de l’art maçonnique et tout prioritairement de ceux qui l’exercent.

Confier à un non-initié un secret maçonnique c’est plus que renier la parole donnée, c’est trahir l'art maçonnique tout entier.

La Franc Maçonnerie exige de ses adeptes une stricte soumission à une loi de silence, sans dérogation, le secret initiatique demande un silence absolu, mais sans cependant tout inclure.

En premier lieu parce qu’il serait vain d’interdire au FM toutes paroles concernant la Maçonnerie. Les sociétés les plus secrètes n’ont pu empêcher d’inévitables coulages suscités par naïveté, dépit ou vengeance, à l’exception notable des société à mystères comme celle des Mystères d’Elosis. De plus, il est sain que certaines pratiques, mode de pensée, études ou opinions soient livrés aux curieux. À trop cacher on risque d’attiser des peurs ou des rejets, voir naître et grandir des haines ou déformer certaines réalités. Dire n’est cependant pas synonyme de dévoiler à l’exemple des conférences ouvertes aux profanes, des sites Internet dédiés aux échanges et travaux des Loges, à la littérature disponible à tout public. Se garder néanmoins de l'excès contraire : la nudité est moins attirante que la beauté qui reste en partie cachée. Il est des mystères qu’il faut conserver.

En second lieu parce qu’un secret maçonnique restera un mystère pour celui qui n’a pas reçu la lumière, même s’il pense en avoir saisi l’essence.

La discrétion, le silence et éventuellement le secret sont au coeur de quasi toutes les sociétés initiatiques, mystiques ou philosophiques. Ils ont été requis par les prêtres de Thèbes, les moines brahmanes et bouddhistes, les Esséniens. Ces prescriptions existent dans les méditations de la philosophie Zen, chez les Taoïstes, chez les moines Trappistes, etc. Ils sont au fondement des grands courants qui ont inspiré la FM opérative puis spéculative où l’adepte est initié aux secrets de nouvelles sciences, de nouvelles manières de penser et d’oeuvrer: Pythagorisme, gnostiques et mystiques, corporations de batisseurs et confréries qui ont laissé leurs traces sur la F.M. actuelle.

Pythagore, qui vécut au VIe siècle avant notre ère, tint une école en Grande-Grèce, à Cretone dans le sud de l’Italie hellénisée, le Cortone d’aujourd’hui. Il fut profondément influencé par les mystères d’Eleusis, par ceux de Samothrace et par l’Orphisme. Les Mystères d’Eleusis, au nord-ouest d’Athènes, ont prêté aux pythagoriciens, comme à beaucoup d’autres écoles secrètes qui suivirent, leurs formes d’initiation aux différents degrés avec leurs enseignements ainsi que la fameuse formule du silence avec l’idée de la sérénité de l’homme maître de toutes ses passions.

Un secret est facile à acquérir mais difficile à garder, et réciproquement. L’engagement du Maçon au silence demande, pour le tenir, une fermeté de caractère et une conduite rigoureuse dans l’observation des règles, comme celle dictée par l’Article 4 des Constitutions d’Anderson qui précise le comportement du Maçon en présence de profanes : ”Vous serez circonspects dans vos paroles et votre maintien de façon que l’étranger le plus pénétrant ne puisse découvrir ou deviner ce qui ne convient pas de donner à entendre; et quelquefois vous détournerez la conversation et userez de prudents ménagements pour l’honneur de la vénérable confrérie”.

Les secrets maçonniques sont un partage de la Loge à l’initié. Le secret confié est un don qui ne prive pas celui qui l’offre. A celui qui le reçoit de le porter et le conserver dans son coeur ; il obtient alors une richesse précieuse à son travail et utile à éclairer son expérience. Vivre le secret empêche naturellement de le livrer aux autres car une expérience personnelle peut se raconter sans l’expliquer à l’instar de l’amour vécu dont l’intensité, la force ne peut ni se transmettre ni se faire comprendre par de simples mots.

Il y a derrière chaque secret un secret plus profond, protégé par une seconde enveloppe que seule une révélation intérieure peut déchirer. Le vrai secret est derrière le (trop) simple premier secret, lequel n’est qu’un leurre que l’on peut laisser “sécréter” puisqu’il ne fait que révéler des mystères qui en fait n’en sont pas.

De même qu’il y a de vrai et de faux secrets, il y a des secrets utiles et inutiles. Le secret utile est une frontière, une limite bienfaisante, comme les rives confinant la rivière afin de l’empêcher de dégénérer en marécage.

L’étymologie du mot secret (se = à part, cret = croître) renferme l’idée que celui-ci est un élément essentiel au développement de la personnalité. Cette idée prévaut du nourrisson, qui prend tôt conscience qu’il est distinct de sa mère, à l’adulte qui grandit dans le besoin de distanciation. Le Maçon comprend et apprend, à tous les grades, que le secret coexiste avec et est indispensable à son évolution.

Le secret partagé par les membres d’une même société les lie, entre autres, en garantissant, en protégeant leur intimité. Divulguer le secret, c’est rompre cette intimité et briser alors le désir de maintenir ces liens avec, à terme, la destruction de ce qui unissaient.

Une société bannissant le secret exigera, en retour, la transparence absolue. Comment assurerait-elle le succès d’opérations, de transactions ou des négociations, qui peuvent jusqu’à mettre en jeu la vie d’autrui (exemple de l’affaire Julia et les journalistes otages en Irak) ? Une telle société serait, au niveau personnel, ravageuse. L’individu, dès lors asservi à l’obligation de divulguer, verrait sa capacité d’agir et de penser canalisée dans l’étroit chemin de l’exposition permanente, serait pris sous la menace de l’intrusion des médias, des autorités, de l'administration, etc., avec comme conséquence le déchaînement des passions et des querelles. L'individu serait ainsi conduit à l’uniformité et privé de sa capacité à se développer.

Le secret n’est pas l’apanage des sociétés discrètes ou secrètes. Il est au cœur du système médical, il est l’obligation faite aux confesseurs ; il est reconnu légitime par les tribunaux (décision du Tribunal Fédéral sur la divulgation des listes d’adhérents).

Le secret est connaissance, donc pouvoir. Ce pouvoir peut faire peur jusqu’à amener l’opinion publique à manifester son besoin de savoir, son obsession de transparence.

A ce titre, la Maçonnerie est souvent visée sinon accusée: fonctionnaire devant déclarer son appartenance, serment exigé de non-appartenance pour accéder à certaines fonctions.

Pourtant les loges ouvrent régulièrement leurs portes aux profanes dans des séances blanches où ils côtoient des initiés. Au regret, par ailleurs, de certains Maçons qui peuvent ressentir cette mixité comme une agression, une rupture unilatérale du contrat de discrétion qu’ils avaient souscrit.

À ceux-ci on peut répondre qu’ils peuvent se fondre anonymement dans la foule des invités, sans se distinguer. Ce conseil s’applique aussi lorsqu’il s’agit des collaborateurs, des proches, ou d’un membre quelconque de sa famille. Faire confiance au profane, supposé de qualité, qui découvre l'’appartenance de l’un d’entre nous à notre Ordre, anticipant que cette connaissance ne sera non seulement pas utilisée contre celui qu’il identifierait comme Maçon, mais, au contraire, pourrait l'inciter à nous rejoindre.

Pour conclure, la Maçonnerie compte sur notre fermeté de caractère et c’est ensuite qu’Elle nous demande de nous soumettre à ses règlements et à observer la loi du SILENCE

Source : http://www.fideliteprudence.ch/theme_etude_secret.htm

 

Par Thème d'étude 2004 - Publié dans : Planches
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