Planches

Mardi 25 décembre 2012 2 25 /12 /Déc /2012 08:55

Vénérable Maître et vous tous mes frères en vos grades et qualités, je vais vous traiter de la planche intitulée, Tintin et la franc-maçonnerie.

Les aventures de Tintin et Milou sont un fil conducteur des âmes et des esprits tendus vers l’équilibre. Elles ont la même force, la même profondeur que les contes, les légendes et les mythes. Le mot aventure a pour racine le sanscrit avantara qui peut se traduire par transformation intérieure, mues, passages.

Le décryptage des dessins d’Hergé constitue un trésor inestimable pour ceux en mal de Sagesse. Il s’agit d’une œuvre qui puise ses sources dans la mythologie, l’alchimie, la franc-maçonnerie et se termine par l’album inachevé, l’Alph-Art, étoile des philosophes.

Il serait trop long de détailler dans cette planche tous les signes qu’Hergé a installé dans ses dessins. J’espère que vous avez en mémoire quelques albums. En ce qui me concerne c’est avec un grand plaisir que je me suis replongé dans les albums de mon enfance, sentant l’odeur un peu moisie des vieux livres d’antan. Nous retiendrons que ceux qui ont un rapport avec notre sujet.

Tout d’abord pour vous convaincre qu’il ne s’agit pas seulement de bandes dessinées pour enfants sages de 7 à 77 ans, nous allons décrire succinctement les personnages essentiels d’Hergé à l’aune de l’Olympe et de ses archétypes. Signalons déjà que les nombres 7 et 77 sont tirés de la Bible et concernent Caïn et sa descendance, en qualité de constructeur de la première ville, l’ancêtre des bâtisseurs.
C’est surtout dans les quatre albums centraux que sont le secret de la licorne, le trésor de rackham le rouge, les 7 boules de cristal et le temple du soleil qu’Hergé a condensé avec humour et profondeur la quête spirituelle d’un homme dégagée de tout dogme et de toute croyance transcendantale.

Tintin c’est Athéna, la déesse au casque d’or à cimier, incarnant la Sagesse, divinité androgyne, dotée d’une éternelle jeunesse, vierge, protectrice des enfants comme Tchang, Abdallah, Zorrino. Tintin est armé dans 18 albums sur 22 comme Athéna, casquée et armée naissant du crâne de Zeus. Il est utile de rappeler que Tintin, avec sa houppe, présente un signe maçonnique évident.

Haddock c’est Dionysos, dieu des défoulements et de l’exubérance, boit-sans-soif et piètre cavalier. Haddock apparaît la première fois dans le crabe aux pinces d’or comme un marin barbu sur un navire noir comme Dionysos surnommé « Pélagios », celui de la mer.

La Castafiore est la déesse Cybèle, vierge et mère à la fois, porteuse d’un nez aquilin et d’une chevelure blonde. Elle chante Faust, opéra ésotérique, dans l’album les bijoux de la Castafiore. Hergé a sélectionné la phrase : « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir ». Et lorsqu’elle rit, elle accomplit le rite des mystères, ce fameux « rit » qui unit les F.M. Elle symbolise l’énergie enfermée dans la terre et tient dans sa main droite la fameuse clé qui donne accès aux bijoux, à cet oeuf primordial, cet oeuf d’émeraude, oeuf cosmique, germe primordial.

Tournesol c’est Hermès, dieu coiffé du pétase, chapeau mou, rond à petits bords, à barbe pointue, portant un manteau long de couleur verte. C’est le maître des lettres, des sciences et des inventions, affublées de pieds ailés (patins à réaction), qui tient le caducée à la main, bâton enroulé de serpents ou un parapluie rappel alchimique du principe humide qu’est le mercure. C’est le dieu du discours, Hermès Trismégiste, celui qui a 3 voix, qui est triphone ou « Tryphon ». C’est un dieu lunaire, toujours dans la lune sous le crayon d’Hergé. Tournesol est sourd vis à vis de ce qui ne l’intéresse pas. Les Grecs mettaient l’ouïe sous la tutelle d’Hermès qui était le messager des dieux, sourds aux paroles vulgaires. Hermès conduit les âmes vers la lune pour qu’elles s’y purifient avant de les ramener sur terre pour une nouvelle incarnation. Les aventures du savant sur la lune sont donc prévisibles. Hermès est psychopompe et est comparé à l’Anubis égyptien. Les prêtresses d’Anubis, lors des funérailles du défunt, l’accompagnaient aux cris de « à l’ouest, à l’ouest ». L’obsession du professeur Tournesol pour cette destination s’éclaire. Le pendule de Tournesol est le parfait hiéroglyphe du fil à plomb de Thot-Hermès.
Rastapopoulos est le Ka, qui correspond en Égypte à la force vitale immortelle plus ou moins pure selon le degré de sainteté atteint dans une vie. Ici
Rastapopoulos est au stade le plus bas, celui de l’être instinctif passionnel, représentant hybride de deux dieux, saturne et mars. Il est astro pop(o)ulas, celui qui détruit par la force de l’astre. Dans les cigares du pharaon, très en colère, il lève les deux bras en l’air, signe du ka. Il a le poing fermé, symbolique spécifique de saturne. Dans coke en stock il est en costume blanc, pivoine rouge à la boutonnière, fleur consacrée à Ploutos ou dieu de la terreur, connu sous le nom de Hadès.

Dupond et Dupont ce sont Castor et Pollux, jumeaux nés de l’union d’un dieu et d’une mortelle Léda, dont l’un est d’essence divine, Dupond, fils de Zeus, dios kuroï, Pollux et l’autre d’essence humaine fils de Tundaride, alias Castor. Ils ont une lance, Hergé leur donnent une canne. Ils montent sur deux chevaux, Hergé leur offre une Citroën de même cylindrée. Ce sont des dieux des marins, leur présence sur un bateau était gage de voyage heureux comme dans le trésor de Rackham le Rouge. Ce sont les dieux de l’hospitalité, ils mettaient à l’épreuve les habitants des villes où ils se rendaient en s’y présentant déguisés.

Les Dupondt sont dessinés avec trois poils sur le crâne. Ce sont des maîtres au sens maçonnique du terme, ces derniers étant appelés « trépelus » ou braves à trois poils et portent une canne à la main. Les Dupondt deviennent dans l’or noir, de beaux vénérables à la longue chevelure et à la barbe de prophètes sous l’action de comprimés de N14. Le vénérable dont le nom vient de Vénus, est le Maître qui préside les travaux à la gloire du G.A.D.L.U.

Dans Vol 714 pour Sydney, 714 selon la science kabbalistique des chiffres et des lettres est le G.A.D. L.U.
7 est la septième lettre de notre alphabet, c’est la lettre G.
1 c’est le A
4 c’est le D
L’addition :7+1+4= 12 qui correspond à la lettre L
L’addition : 7+14= 21 qui correspond à la lettre U
C’est bien le G.A.D.L.U.

La connaissance du 714 ne peut se faire qu’au prix d’une très longue initiation. Puisque nous avons que trois ans, nous ne pouvons qu’évoquer ici dans les cigares du pharaon, l’analogie entre l’épisode du tombeau égyptien, ou Tintin frôle la mort et les rites initiatiques aux mystères des prêtres de l’ancienne Egypte.

Un des grands moment du début de l’initiation maçonnique s’appelle le « dépouillement des métaux » qui vient de l’alchimie. Il faut renoncer aux biens terrestres. Ce rôle est attribué dans le secret de la licorne à André Filoselle qui dérobe le portefeuille de Tintin qui se laisse faire. Les Dupondt qui refusent de s’engager sur le chemin dans cet album ont attaché leur porte feuille avec un élastique. Toute l’évolution de l’homme l’amène à passer de l’avidité égoïste à la fraternité. Tintin a cette qualité qui fait discerner chez le profane, le futur initié : il a le « cœur pur », expression fréquente en chevalerie traduisant la pureté des intentions. En termes différents il a le bon profil, c’est-à-dire un désintérêt pour la recherche effrénée de l’argent et du pouvoir.

C’est dans l’île noire, que Tintin sera initié en Ecosse, berceau de la F.M. Il subira les quatre épreuves classiques du feu, de l’air, de l’eau et de la terre. Tintin sera sauvé de la maison en flammes du docteur Muller, qui est un faux-monnayeur. Puis en poursuivant ce dernier, Tintin survivra à un crash aérien. Dans l’île noire, il échappera à la montée de la marée dans la caverne ou il s’est réfugié et en ressortira indemne pour terrasser le « dragon » Ranko. Il s’agit d’une véritable aventure initiatique puisqu’il risque sa vie à chacune de ces étapes. Notons que Tintin se retrouve en écossais après être tombé dans les épines de l’île noire. Il est le lys au milieu des épines, surnom de la vierge. Milou victime des chardons, est initié à l’ordre de St André du Chardon, saint patron de l’Ecosse et patron de l’Ordre de la Toison d’Or.

Le choc est fréquent chez Hergé. Il a une fonction d’éveil brusque qui fait changer de plan.Le choc physique ou mental court-circuite la conscience, et nous branche directement sur l’inconscient. Bas les masques ! En F.M. le choc est essentiel pour passer du monde profane au monde sacré. Les coups de maillet sonores du Vénérable et des deux Surveillants le rappellent aux F.M.

C’est dans l’album les 7 boules de cristal, que Tintin déjà initié va jouer le rôle de parrain du capitaine Haddock dans l’initiation au grade d’apprenti. Il est vrai que la farce cache le message.

Tintin n’hésite pas à forcer l’entrée interdite (au profane) pour rendre visite au général Alcazar dans sa loge car lui seul peut franchir le barrage et conduire son filleul.

Tintin guide Haddock sur les marches d’un escalier à vis, escalier que l’impétrant doit gravir lors de son initiation. En haut de l’escalier, se trouvent un panneau en forme de X, puis une porte à croix en X et un décor en X et une troisième porte en X.

Tintin cherche, demande et frappe comme dans le rituel maçonnique. Tintin frappe quatre coups et la porte s’ouvre sur le général Alcazar, lui-même F.M. qui fait mine de ne pas le reconnaître. Il a beau le dévisager, il ne reconnaît pas son ancien aide de camp. Ce n’est que par l’attouchement spécifique que la mémoire revient à Alcazar.

Hergé va traiter l’initiation de Haddock de façon très drôle. Le capitaine va avaler deux breuvages dont le premier est le breuvage d’amertume, breuvage de l’oubli, conformément au rite. Le futur initié, la vue masquée, le cou ceint d’une corde, oublieux de la notion du temps et de l’espace, fait ses voyages, parsemés d’embûches physiques, et épreuves psychiques.

Il est aidé par un maître, Tintin, qui vérifie que les voyages sont accomplis et surmontés avec courage. Au terme des passages symboliques par la terre, l’air, l’eau, et le feu, il découvre la lumière et reçoit son salaire au pied de la colonne des apprentis.

Hergé dessine la planche à bascule et les fenêtres grillagées typiques de la loge au grade d’apprenti.
Haddock fait son entrée sur la scène du théâtre de couleur bleue, tendue de rouge. Haddock trébuche et tombe dans la timbale, recouvrant la vue, ébloui par l’étoile flamboyante, entouré de ses frères.
Un des serments d’initiation est « j’ai mangé du tambour, et bu de la cymbale et j’ai appris le secret de la religion ». Le tambour, cette grande timbale est le symbole de la cuve d’airain qui se trouvait devant le temple près de la colonne jachin.

Nous n’aborderons pas aujourd’hui en détail dans cette planche au grade d’apprenti, l’album les 7 boules de cristal puisqu’en rentrant dans la villa aux murs verts et tapis verts de M. Bergamotte, nous pénétrons dans une loge verte de Saint André, après un sévère tuilage, décor d’une loge au grade de Maître. Il va s’y dérouler une initiation au troisième degré.

De même dans le Temple du Soleil, Haddock est initié au deuxième degré. Signalons que sur la couverture de l’album les 7 boules de cristal, est dessinée la table d’émeraude qui constitue le texte fondateur de l’alchimie ou Art royal.

Cet album correspond à l’œuvre au blanc, ou petit oeuvre, le Moi se réalise hors de toute tension intérieure, dans la paix avec les autres. Le temple du soleil correspond à l’oeuvre au rouge, ou grand oeuvre, c’est l’aboutissement de l’Homme transcendant les traditions, l’intégration du Soi, l’individu est en communion avec l’Univers.

Ces deux étapes suivent l’étape initiale, l’oeuvre au noir, correspondant à la remise en cause des conditionnements sociaux de l’individu.

Il est donc possible de mettre en parallèle les étapes de l’alchimie et celles d’autres initiations comme celle de la F.M. qui a gardé l’essentiel de la doctrine spirituelle. Toute initiation est une transformation psychique.
Les quatre albums centraux montrent la voie initiatique : la réalisation de l’Homme. Haddock-Tintin-Tournesol, « trois frères unys » en un héros. Tintin est celui qui agit, c’est la main. Haddock est celui qui ressent, c’est le cœur. Tournesol est celui qui pense, invente, c’est le cerveau. Que cherche ce héros ? A s’améliorer lui-même (Haddock), à vivre une spiritualité intense (Tournesol), à agir pour Le Bien , le Vrai, le Juste (Tintin).

Ce héros en trois s’oppose aux faux frères que sont Barnabé et les frères Loiseau. La secte, les pseudos initiations sont les dangers que côtoie Tintin. Pas de pitié pour les membres de la secte Kih-Osh, singerie de l’initiation véritable, mais du respect pour les hommes habités par la quête de la sagesse comme l’inca Huasca.

Hergé établit dans ses quatre albums centraux la construction suivante, constitutive de toute initiation : énigme + voyage + trésor. Hergé nous décrit une énigme : ou est le trésor de Rackham le rouge ? Ou a disparu Tournesol dans les 7 boules de cristal ?
Pour les F.M. l’énigme correspond à l’impétrant enfermé dans le cabinet de réflexion : que va-t-il m’arriver ? Que vais-je faire ?... Il n’y a pas d’initiation sans voyage. Ceux de Tintin présent dans 22 albums sur 24 symbolisent le seul grand voyage qui est intérieur, quête de la sagesse et de l’harmonie.

Le candidat F.M. effectue ses voyages dans le Temple , les yeux bandés du plus difficile au plus calme. Au bout du voyage, le trésor revêt plusieurs formes selon les cultures. Hergé nous montre le trésor de Rackham le rouge dans le château de Moulinsart et le trésor des Incas dans le temple du soleil. Notons que le château de Moulinsart est un lieu symbolique sacré, avatar du temple intérieur, reliant Tintin, Haddock et Tournesol dans la fraternité. Dans le trésor de Rackham le rouge, la crypte du château est agencée comme le temple F.M. c’est-à-dire un carré long avec les colonnes B. et J. et la porte à double battant. Haddock avec sa longue hallebarde ressemble au Maître des cérémonies et Tintin avec son épée, au Couvreur. Tournesol déjà Maître rentre rituellement.

Dans la F.M. le trésor est épuré : Le bandeau tombe du candidat, il découvre la Lumière ! les Frères accueillent leur nouveau frère avec chaleur et attention. Ce frère n’est plus le même car il a franchi victorieusement les épreuves.

De même Haddock n’est plus un marin ivrogne mais un châtelain. Il a mis du temps à tailler sa pierre brute, juguler son ivrognerie.

Le nouvel initié est accueilli comme un enfant dans certaines traditions afin de lui signifier une seconde naissance. La F.M. a gardé ce symbole de l’enfant né à une vie nouvelle. Quand on l’interroge, le jeune apprenti répond : « je ne sais ni lire, ni écrire, je puis qu’épeler... » Hergé reprend ce balbutiement chez certains de ces personnes comme le jeune Zorrino.

Il n’y a pas de véritable initiation sans secret. Tout nouvel initié fait le serment solennel de ne jamais révéler ce qu’il a vu et entendu pendant la cérémonie. Secret et initiation sont liés indissolublement. Ce qu’a découvert l’initié, c’est un trésor. Nos trois amis, Tintin, Haddock et Tournesol prêtent serment de ne jamais révéler le trésor des Incas.
Force est de constater qu’Hergé, alias Georges Remi est un parfait connaisseur du cérémonial F.M. mais aussi de la symbolique rosicrucienne, et de l’alchimie et de C.G. Jung. Il les a manifestement étudiés à fond pour les mettre en scène de façon si déguisée.

Bien sûr nous pourrions évoquer l’hypothèse qu’il ne s’agisse en définitive que d’une oeuvre banale d’un auteur innocent, soumise à notre délire d’interprétation.

Il faut rappeler qu’Hergé a écrit le secret de la licorne pendant la seconde guerre mondiale au moment où des F.M. se faisaient déportés sur dénonciation pour leur appartenance à la F.M. Dans cet album Les Dupondt recherchent la teinturie ou Aristide Filoselle a fait laver sa redingote dans la rue, sous l’enseigne Acacia. Être sous l’acacia c’est être F.M. en exercice dans une loge. Il faut un sacré courage pour signer cet album dans ce contexte.

Je préfère donc l’hypothèse suivante : Hergé est en réalité un Maître, qui déclarait d’ailleurs lors d’une émission de Jacques Chancel : j’ai réalisé l’individuation.

Nous n’avons fait ici qu’effleurer grâce aux auteurs Bertrand Portevin et Jacques Fontaine, l’œuvre secrète d’Hergé tant elle est riche en symboles. Cette oeuvre secrète permet d’éviter de donner des perles aux pourceaux, tout en transmettant de façon inaltérée le message divin. Enfin elle permet d’ensemencer le terreau de la jeunesse pour y faire croître le projet du G.A.D.L.U.

Désormais je ne pourrai plus lire un album d’Hergé sans me demander ce qu’il a bien voulu nous transmettre. Si l’on conserve cet état d’esprit, il peut nous permettre d’aborder notre propre vie, un peu comme un album d’Hergé à la recherche d’événements signifiants, porteurs de sens symbolique et qui nourrissent notre âme.

J’ai dit Vénérable Maître.

Source : www.ledifice.net

Par M\ H\ - Publié dans : Planches
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Dimanche 23 décembre 2012 7 23 /12 /Déc /2012 08:05

Depuis une cinquantaine d’années et dans le sillage de l’historiographie maçonnique anglaise, l’histoire de la franc-maçonnerie française comme institution est assez bien connue. Pour preuve, les travaux de Pierre Chevalier, Histoire de la franc-maçonnerie française, 1974, ceux d’André Combes et consorts, le tout finalisé dans le Que Sais-Je ? de Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, 2003.

Mais à côté de cette histoire évènementielle, l’histoire culturelle de l’Ordre, l’histoire des rituels, bref l’histoire de la tradition maçonnique a encore de beaux jours devant elle. Dans ce domaine, on doit signaler évidemment les travaux novateurs –il y a déjà près de 50 ans !- de René Désaguliers, Les Pierres de la Franc-maçonnerie, Les deux grandes colonnes de la Franc-maçonnerie et Les Trois grands piliers de la franc-maçonnerie (3ème édition, 2011), 3 ouvrages fondamentaux à conseiller à tous plutôt que les innombrables et laborieux livres de symbolique maçonnique. A signaler également cette intéressante collection « Que Sais-je ? » consacrée aux rites maçonniques. A signaler enfin des travaux parus dans diverses revues comme l’étude de Pierre Mollier sur le grade de Chevalier du Soleil publiée, il y aura bientôt 20 ans dans Renaissance Traditionnelle. Et justement, dans son dernier numéro cette revue publie une remarque étude de Bernard Dat sur Le Parfait Maçon.

Le Parfait Maçon est une divulgation des usages et rites maçonniques parue en 1744 dans ce qu’on appelle le « train de divulgations » qui court en France de 1737 à 1751. Mais, avec une autre divulgation parue la même année, La franc-maçonne ou La franche-maçonne, cette divulgation est considérée comme atypique en ce qu’elle diffère notablement de toutes les autres publiées à cette époque.

En quoi ? D’abord par les thèmes symboliques qui servent de trame aux grades d’Apprenti, Compagnon et Maître mais surtout dans le fait qu’elle est la première à dévoiler un embryon de rituel d’un 4ème grade dit Ecossais. C’est ainsi que Bernard Dat sous-titre son travail : « une source méconnue des hauts grades ».

L’étude de Bernard Dat est de bonne méthode et il est bon de rappeler ces évidences.

1. Notre auteur dresse d’abord l’état de la bibliographie sur le sujet.

2. Il décrit ensuite les 4 grades du Parfait Maçon.

3. Il recherche les sources de ces grades.

a) D’abord les sources livresques : Il en découvre principalement 2 : L’Histoire des Juifs de Flavius Josèphe et L’Histoire des Francs-maçons de La Tierce (1742), adaptation des Constitutions de 1723. Que l’oeuvre de Flavius Josèphe ait joué un si grand rôle dans l’élaboration de ces grades, ceci est cohérent avec ce que nous savons de la diffusion de cet ouvrage à cette époque. Dans son étude sur Les bibliothèques privées à Paris au milieu du XVIIIe siècle, Michel Marion note que l’ouvrage le plus fréquemment cité est bien sûr la Bible bientôt suivi des œuvres de Josèphe.

[Paris, Bibliothèque nationale, 1978. Sur les 100 ouvrages le plus fréquemment cités dans les inventaires, la Bible apparaît en premier et L’Histoire des Juifs en 14ème position, pp. 159-161.] Nombre d'auteurs de rituels maçonniques, on le sait, concevaient un grade comme un commentaire et une déambultation dans l'histoire biblique

b) Ensuite les sources iconographiques qui relèvent des mêmes ouvrages, édition de 1738 pour L’Histoire des Juifs avec ses gravures.

4. Bernard Dat étudie ensuite « quelques expressions et mots essentiels » de ces rituels comme « obéir, travailler et se taire », les mots de reconnaissance, étude qui « donne des clés majeures pour la compréhension du (…) rituel, sa nature (…) et son objectif spirituel ». Sa conclusion est simple : nous sommes en présence d’« un rituel profondément chrétien ». Faut-il s’en étonner dans un pays où le catholicisme gallican est religion d’Etat ?

5. Bernard Dat conclut son étude sur le fait que Le Parfait Maçon est une « source de hauts grades » et en montre sa descendance dans les grades de « Maître Ecossais », « L’Ecossais Napolitain », « Le Maître Parfait Ecossais », le « Grand Architecte » et le « Chevalier de l’Etoile d’Orient de Jérusalem », ainsi que les rituels écossais du Danemark.

6. En annexe sont publiés Le Parfait Maçon et les 3 grades des chevaliers de l’Etoile d’Orient de Jérusalem. La publication de tels textes est d’utilité maçonnique car il donne accès, pour les frères intéressés, aux sources mêmes de la tradition maçonnique. Se confronter à ces textes, c’est l’essence même de la méthode maçonnique.

*

Dans l’introduction du Parfait Maçon, l’auteur explique les raisons de la publication de ce texte. Celui-ci aurait été découvert fortuitement de la manière suivante : un homme visite son frère de sang qui est Maçon et il lui demande de lui expliquer ce que c’est que la Franc-maçonnerie. Et d’abord, quel est son but ? C’est celui d’unir les hommes dans l’harmonie lui répond-il. N’est-elle pas le « centre de l’union » comme le stipule le titre 1er des Constitutions de 1723 ? Il ajoute que la Maçonnerie est une bonne chose pour le pays dans lequel elle se trouve –en l’occurrence la France- et qu’à tout le moins, si on ne l’apprécie pas, on doit la considérer alors comme un passe-temps tolérable, sans grande importance ni danger. Or, peu de temps après cette conversation, le Franc-maçon meurt et l’auteur du texte hérite de ses effets. Il entre ainsi en possession de livres et de matériel de loges. Que dit-il avoir trouvé ?

- 4 tableaux roulés avec des dessins et des éléments d’architecture qui correspondent à 4 grades.

- une réserve de 22 tabliers et 5 rubans bleus. Ces habillements restaient donc dans la Loge ainsi que le montre les procès-verbaux de police de l’époque.

- un ange, etc.

En 1744, il y a déjà eu la publication de plusieurs divulgations. Contrairement à elles Le Parfait Maçon se présente comme la révélation des véritables secrets des maçons, jugeant que les autres ne sont que des tromperies. Le fait est que même s’il a un caractère atypique, ce texte a tout de même une forme très vraisemblable.

Quant au fait que la FM est un « sans (…) danger », c’est peut-être une manière de faire écho aux deux vagues de tracasseries de la Maçonnerie par la police, la première en 1737/8 et la seconde justement en 1744/5. Certains ont même pensé que le comte de Clermont lui-même, Grand Maître depuis 1743, ne serait pas étranger à cette deuxième vague dans la mesure où il aurait voulu régénérer l’Ordre en se débarrassant d’éléments dévoyés.

Les grades :

1. le grade d’apprenti.

La 1ère loge s’est tenue au paradis terrestre où Dieu a donné à Adam les premières leçons d’architecture avant la chute afin qu’il puisse –si besoin en serait- se préparer à s’en servir pour une « remontée », une « réintégration ». Adam a ensuite rédigé le 1er livre de Maçonnerie. Sur tout cela, on peut relire le début des Constitutions de 1723. On explique ensuite les règles de constitutions d’une loge, le nombre de frères qui convient –au moins 9 mais ce nombre varie selon les textes- l’illumination de la Loge. On nous dit ensuite que le Vénérable Maître est décoré d’une équerre et d’une truelle d’or (comme on peut le voir sur la célèbre gravure de 1735) et on décrit les conditions de réception d’un candidat.

Il y a des voyages.

L’obligation, et c’est intéressant, est une simple promesse et non un serment. Rappelons qu’en 1738 avait été fulminée la 1ère bulle d’excommunication papale reposant, entre autre, sur la condamnation du serment maçonnique, et que l’antimaçonnisme en général s’était déjà emparé de cette question. Bernard Dat y voit un signe que ce texte est plus spécialement destiné à des frères catholiques et qu’il dévoilerait ainsi une maçonnerie de type stuartiste. Plus généralement, il fallait s’attendre à ce que, dans un pays catholique, la franc-maçonnerie d’origine anglaise protestante, plutôt fondée sur l’Ancien testament, se « christianise » en France au cours du XVIIIème siècle. Cette « christianisation » culminera dans le grade de Rose-Croix.

Le Vénérable Maître applique alors la truelle –sceau de la discrétion- sur la bouche du nouveau reçu. Ce geste se retrouve dans la Maçonnerie d’adoption. On donne enfin au candidat un tablier, deux paires de gants, les signes et les mots avant de lui lire le catéchisme.

2. Le tableau de loge du 2ème grade, comme celui du 1er, fait référence aux Anciens Devoirs. Il représente l’arche de Noé et la tour de Babel.

3. Pour la réception au grade de Maître, il y a 2 tableaux. Le premier représente le Tabernacle au désert et le second le Temple de Salomon. Le récit fait au candidat porte sur le Temple de Salomon : Salomon, Hiram et Adonhiram –ses deux collaborateurs- se réunissent pour conférer dans le Temple. Il y a ici l’idée d’une spéculation sur l’architecture intérieure du Temple, les salles qui s’y trouvent et leur emploi.

4. Au grade de Maître Écossais, on révèle le secret des Maîtres Maçons. On trouve l’expression « Maître ordinaire » pour désigner les frères du 3ème grade. Les Écossais ont la volonté de reconstruire le Temple de Salomon et pas seulement de rester dans ses ruines d’où l’apparition des personnages de Zorobabel, Cyrus et Darius. Dans le catéchisme, il est précisé que les Écossais portent l’épée et la truelle.

La divulgation du Parfait Maçon est rédigée d’une manière relativement correcte par rapport aux divulgations connues à cette époque. Il semble qu’on veuille insister sur le fait que la Maçonnerie n’est pas ce qu’on dit d’elle, autrement dit que les divulgations précédentes sont plus dangereuses et néfastes pour l’Ordre qu’utiles. Il y a donc une intention de défendre la Maçonnerie et ce, d’un double façon : en la protégeant des attaquent venant de l’extérieur et en la régénérant de l’intérieur.

1. A usage externe, ces textes veulent jeter le trouble dans l’esprit du public relativement à la vague de publications faites de 1737 à 1744.

2. A usage interne, on veut adresser aux Maçons le message suivant :

a) la Maçonnerie est dégénérée, le recrutement est trop laxiste et les frères trop ignorants ;

b) heureusement, les Frères Écossais sont les conservateurs de la pureté de la Franc-Maçonnerie et ils peuvent la régénérer sous la direction du nouveau Grand Maître, le comte de Clermont.

Par ailleurs, Le Parfait maçon et la Franc-maçonne ont servi de base à l’élaboration, vers 1760, de la Maçonnerie d’adoption. 2 gravures donnent les thèmes de cette Maçonnerie.

Enfin, la truelle qui décore le Vénérable Maître est une référence directe à la Maçonnerie anglaise et irlandaise. Elle figure dans le sceau de la Grande Loge d’Irlande avec la devise : « Cemented with love ». Elle a rapidement été dévaluée dans la Maçonnerie française et ne figure pas dans les autres divulgations disponibles à cette époque. Cela indique donc que ces divulgations atypiques s’inspirent d’autres sources et nous renseignent sur une autre maçonnerie de ce temps-là.

Et surtout, ce texte donne une description succincte d’un grade « écossais » encore à peine évoqué à cette époque. Il développe le thème de la reconstruction du Temple, thème que l’on retrouvera dès 1748, dans le grade de Chevalier d’Orient.

L. D. C. Gimel. Etude de Bernard Dat RT N°161

 Source : http://liberlatomorum.jimdo.com

Par L. D. C. Gimel. - Publié dans : Planches
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Dimanche 23 décembre 2012 7 23 /12 /Déc /2012 08:02

La méthode maçonnique nous confronte, à chaque degré, à une représentation symbolique et mythique dont nous devons chercher la signification intérieure qui nous est propre. Dans cette recherche nous sommes aidés par nos frères pendant les Tenues, ce qui nous permet d’enrichir, de développer et d’assurer nos interprétations personnelles. Ce soir mes frères, je vous propose d’échanger des idées sur mes interprétations concernant un des symboles du troisième degré : les 5 Points Parfaits de la Maîtrise.

Maître Hiram, notre modèle de conduite, a été abattu en affrontant les trois plus grands ennemis de la Franc-maçonnerie. Notre héros mythique gît sous l’Acacia, symbole de régénération, ce qui nous indique que nous sommes prêts pour une nouvelle transformation. Symboliquement nous sommes au fond de nous-mêmes au centre d’une mort dynamique et une nouvelle forme de vie nous attend… Mais nous ne pouvons pas nous mettre sur la voie par nous-mêmes. La chair a quittée les os, tout se désuni, et le squelette ne peut pas se relever tout seul.

Le V\ M\, aidé par deux frères, relève le cadavre par les 5 points parfaits de la maîtrise. La posture finale scelle une alliance entre deux êtres qui n’en font plus qu’UN : le V\ M\ et le frère qui représente Hiram. Le nouveau Maître est encore faible. Seule la vie végétative est présente en lui. L’esprit est encore engourdi et pour le réveiller des paroles de Vie sont prononcées.

Le Mémento du Maître nous dit : « Question : Quelles sont les véritables marques (les traits distinctifs) d’un Maître ? » « Réponse : La Parole et les cinq points parfaits de la maîtrise ». Je crois que ceci permet d’affirmer que les Cinq Points Parfaits et la communication du mot substitué forment un tout : le Relèvement ! D’autre part si nous considérons que le nouveau Maître ne reste pas dans la mort, le Rituel semble nous indiquer que la légende d’Hiram est composée par deux phases indissociables : la Mort et le Relèvement. Notre rituel nous dit : « …Hiram renaît ainsi dans ses disciples et, en particulier, dans le Maître nouvellement initié… » Le nouveau Maître est debout maintenant et un homme debout est symbolisé par le nombre UN.

Le Nombre UN est un symbole unificateur : il tend à unifier les contraires et à réaliser une synthèse des opposés. Le nouveau Maître régénéré est alors censé être capable d’accomplir en lui l’harmonie, l’équilibre et la cohabitation des contraires. Il peut se placer, donc, au Centre de l’Union, et travailler à réunir ce qui est épars. Pour moi mes frères, à ce moment là, le nouveau Maître se trouve dans le point qui constitue le centre du cercle. Le point où se rejoignent tous les processus de retour et de convergence de recherche l’unité. Quand on parle d’unité je pense ce soir aux deux aspects de la dynamique qui est au centre de nous-mêmes en tant que Francs-Maçons la Mort Initiatique et la Vie Initiatique. Je vois, aussi, notre jeune Maître au centre d’une croix, dont chaque branche a deux dimensions : A la verticale : une dimension intellectuelle et une dimension spirituelle. A l’horizontale une dimension philosophique et une dimension social.

Pour moi la philosophie est bien plus qu’un discours théorique. Comme dans la Grèce classique je crois que la philosophie a un aspect vital, existentiel et que c’est un mode de vie. Ainsi sur le plan du Niveau le Franc-maçon a un rôle en société. Dans ce rôle il est censé être animé par la Lumière qui éclaire le Temple. Dans cette dimension horizontale je distingue aussi deux cercles. Un premier constitué par la famille, les amis et la Franc-maçonnerie. Le deuxième formé par l’activité au niveau professionnel, associatif et politique. Chaque frère choisi librement s’il agit dans les deux cercles ou s’il préfère le plus restreint. Celui de la cité n’attire pas forcement tous les Francs-Maçons.

Le travail à la Perpendiculaire, d’autre part, implique une activité en vue de notre transformation. Les rituels du premier et du deuxième degré nous indiquent l’ensemble d’exercices moraux et intellectuels à suivre en vue de notre perfectionnement en tant qu’Initiés Francs-Maçons. Lors de l’Initiation au premier degré les épreuves nous indiquent que les préjuges profanes doivent cesser d’animer notre intellect et que nous sommes censés acquérir des nouvelles habitudes morales, des nouvelles connaissances et renforcer notre volonté. Puis, en tant que Compagnon cette dimension intellectuelle est approfondie par les sujets de méditation des 5 voyages et par le renforcement de notre capacité à : donner à notre raisonnement une limite, à ramener les faits à leurs proportions réelles, à donner aux mots leurs sens propre, à donner aux rapports entre les choses une mesure et enfin à considérer toutes les choses en leur relativité. (Plantagenêt) Dans le troisième degré nous rencontrons les 5 points parfaits de la maîtrise. Le nombre 5 évoque l’homme accompli, ainsi les cinq points sont « parfaits » parce qu’ils unissent la nature humaine et la nature spirituelle du nouveau Maître. Les cinq points peuvent symboliser aussi ce qui permet, aux Maîtres Francs-Maçons, l’articulation à la force qui anime l’Univers et qui nous transcende.

Ce qui nous transcende et la spiritualité dont je vous parle, mes frères, est à faire en dehors de tout contexte ecclésiastique. Religion vient du latin unir, relier. Le sentiment d’union vient du cœur de l’Homme. L’être humain cherche à comprendre et à connaître ce qui le relie à toutes les espèces vivantes et à la création, car il a comprit que tout ce qui l’entoure vit et meure comme lui. Dans nos Rituels dans le travail à la Perpendiculaire, la spiritualité est présente au premier degré avec la Mort symbolique au monde profane et au deuxième degré avec le symbolisme de la lettre G. Pour moi, « la spiritualité » est la mise en action de la partie immatérielle de l’être humain. C’est l’activité de l’ensemble de nos facultés psychiques et intellectuelles. Par conséquent, je considère que la spiritualité d’un Franc-maçon ne peut pas être circonscrite seulement à ce qui est de l’ordre de l’âme en tant que principe immortel subsistant après la mort. Je laisse cela aux théologiens.

La spiritualité d’un Franc-maçon peut être considérée comme humaniste, car nous sommes engagés dans la recherche de la vérité et de la moralité par l'intermédiaire des moyens humains et en solidarité avec l'humanité. La spiritualité maçonnique soutient une morale universelle fondée sur la communauté de la condition humaine. Enfin, elle nous suggère aussi que les solutions aux problèmes sociaux et culturels sont de caractère humain et ne doivent pas être égoïstes. Pour moi un Maître Franc-maçon doit chercher à se dépasser et je trouve, là, le lien avec la transcendance. « La transcendance », est quelque chose de plus qu’un simple phénomène de notre conscience. Elle est ce qui dépasse le subjectif dans notre Conscience. Elle est l’objet vers lequel la Conscience entreprend l’action de faire mieux qu’à l’ordinaire. La transcendance est dans le Vivant et elle est, donc, accessible à l’Homme. Pour moi c’est l’Etoile Flamboyante que nous sommes censés guetter et trouver dans notre propre vie. Et, en tant que Maîtres au centre du cercle. D’autre part, je pense que l’immanence est aussi une dimension humaine et donc liée à la transcendance dans l’Homme. C’est pourquoi je crois que la voie initiatique de la Franc-maçonneries nous permet de trouver le chemin vers la Connaissance qui est immanente en nous. Je crois, aussi, trouver là un des buts de la pratique des nos rituels : la découverte, en nous-mêmes, de ces deux dimensions, sans que cela implique nécessairement l'adhésion à un corpus de croyances religieuses-ecclésiastiques. Par conséquent, je crois que nous pouvons considérer la spiritualité maçonnique comme transcendante et humaniste : sans dogmes ni cultes mais uniquement des règles morales. Nous sommes des laïques ayant pris leur spiritualité en main.

Quand le Compagnon frappe à la porte de la Chambre du Milieu il entre dans un lieu de tristesse et il trouble les Maîtres dans leur deuil. Après le Relèvement la Lumière revient, la douleur des Maîtres s’estompe et le Temple devient resplendissant. Hiram est régénéré dans le nouveau Maître. Pour moi ceci symbolise le travail spirituel à mettre en route au centre de nous même. Et nous trouvons le 1er des 5 points parfaits : le pied droit avancé, symbole de la marche vers un but unique. Je pense qu’à partir du 3ème degré la voie spirituelle est inévitable pour le Maître Franc-maçon qui veut continuer à développer cette dimension de sa Conscience.

La Conscience en tant que force qui permet l’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence de l’être humain. En développant notre Conscience nous pouvons harmoniser non seulement le corps et l’esprit mais aussi les différentes facultés de l’esprit et par conséquent l’immanence et la transcendance présentes dans l’être humain. Sans Loge il n’y a pas de Travail maçonnique, le nouveau chemin qui se présente au nouveau Maître est favorisé par la réflexion collective en Loge en alliance avec nos frères. Nous rencontrons, maintenant, deux autres points parfaits : Le 3ème point parfait : Les mains droites entrelacées, symbole de l’union nos efforts qui tendent vers le même but. Et, le 5ème point : La main gauche sur l’épaule droite qui symbolise l’entraide dans la recherche de la Vérité. Ce chemin ne reste pas moins une voie personnelle, intérieure, silencieuse et nous voilà toujours en plein dans le Secret maçonnique.

Cette voie secrète n’est constituée que par l’éphémère empreint de notre navigation dans l’océan de notre Conscience. Mais à force de persévérance le sens spirituel de la Tradition progressivement finira peut-être par se dévoiler au Maître Franc-maçon. Et, le 2ème point nous apparaît: Le genou droit plié symbole du culte du travail. Mais il s’agit de l’hommage au travail initiatique c'est-à-dire sans la moindre intention d’obtenir une récompense. Cette voie où nous partons à la recherche des choses derrière les formes et au-delà des apparences je crois qu’elle s’accompli dans l’action et la morale et c’est la recherche de la raison d’être de notre Existence.

Enfin, le symbole du 4ème point parfait de la maîtrise se présente à nous : Nos poitrines se touchent et nous partageons nos sentiments à travers nos cœurs spirituels. Ainsi, avec le renforcement de la spiritualité, structure de notre Conscience, animée par des valeurs personnelles et maçonniques ; avec la solidité et la force minérale de la pierre cubique ; placés au centre de nous-mêmes et au centre de l’Union nous pourrons, en tant que Maîtres Francs-Maçons, donner un dynamisme « autre » à notre comportement en Loge à notre agir à l’extérieur du Temple et à notre modeste contribution personnelle «…au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité ».

J’ai dit, V\ M\

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Par D\ A\R\ - Publié dans : Planches
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Samedi 22 décembre 2012 6 22 /12 /Déc /2012 09:08

Vénérable Maître et vous mes très chers Frères en vos grades et qualités, je vais vous parler des trois voyages et des quatre éléments.

Il est a peu près certains que durant l’antiquité, l’Egypte pharaonique ait connu une science ésotérique comportant une initiation aux mystère avec des voyages et des épreuves !

Malheureusement, même si la filiation est incontestable, faute de document probant, aucun rapprochement précis n’est possible entre l’initiation maçonnique et l’initiation aux mystères antiques.

Néanmoins, on peut constater une certaine analogie entre les deux. Ainsi, les plus anciens rituels maçonniques font état de la purification par les quatre éléments.

Ces quatre éléments, réels à l’origine, sont devenus dans la maçonnerie moderne purement symboliques et représentent le développement de la vie à travers les entités élémentaires primordiales. Il s’agit la terre, de l’air, de l’eau et du feu.

De la même manière, les trois voyages symbolisent ceux que faisaient les philosophes antiques pour acquérir leurs connaissances. S’ils sont au nombre de trois c’est parce qu’ils représentent les contrées où la science fut développée aux origines. Ces contrées étaient la Perse, la Phénicie et l’Egypte.

Selon les auteurs, le premier voyage symbolise de la vie humaine. Il représente les passions, les conflits d’intérêts, la difficulté d’entreprendre, les obstacles du chemin parcouru vers la lumière.

Pour surmonter ces épreuves, le voyage de l’eau est nécessaire, puisqu’elle est source de purification du corps et une sorte de baptême philosophique qui lave l’âme de ses souillures.

Enfin, le voyage du feu est une épreuve qui doit amener chacun à la démonstration de la vérité qui se cache en soi en se confrontant aux flammes de ses passions.

Les quatre éléments ont une symbolique encore plus riche, puisqu’on les fait correspondre, notamment, aux quatre périodes de la vie (enfance, adolescence, âge mûr et vieillesse), aux quatre saisons (printemps, été, automne, hivers), aux quatre points cardinaux (est, sud, nord, ouest), aux quatre âges du Monde (âge d’or, d’argent, d’airain et de fer), aux quatre animaux idéalisés de la création (le lion, le taureau, l’homme et l’aigle représentés par le Tétramorphe), ou encore aux quatre parties de l’Homme (Spiritus, Animus, Mens et Corpus).

Or, à ces quatre parties du corps correspond son pendant symbolique :

Feu Spiritus (esprit) Initiation
Eau Animus (âme) Religion
Air Mens (Mental) Philosophie
Terre Corpus (corps) Vie matérielle

Cette symbolique est à rapprocher de celle de l’astrologie traditionnelle : à l’élément Feu correspond l’ardeur et l’enthousiasme ; à l’élément Eau, la sensibilité et l’émotivité ; à l’élément Air, l’intellectualité ; à l’élément Terre, la matérialité.

D’ailleurs, au-delà de cela, il existe une réelle correspondance des signes zodiacale avec les quatre éléments :

Feu : Bélier, Lion, Sagittaire
Eau : Cancer, Scorpion, Poisson
Air : Gémeaux, Balance, Verseau
Terre : Taureau, Vierge, Capricorne

Dans l’initiation maçonnique, le récipiendaire sort d’abord de la terre. Il est ensuite successivement, purifié par l’air, par l’eau et par le feu. Il s’affranchit par paliers de la vie matérielle, de la philosophie et de la religion, afin de parvenir à l’initiation pure.

Le rite français fait subir au récipiendaire une triple purification par l’eau, une double purification par l’air, et une seule purification par le feu ; en donnant implicitement le nombre quatre à l’élément terre et réaliser la « TETRACTYS » Pythagoricienne.

La Tétractys, qu’il ne faut pas confondre avec le nombre quatre, est la série des quatre premiers nombres dont la sommes est égale à dix.

. Feu
.. Air
Eau
…. Terre

Selon les pythagoricien la Tétractys est sacrée et résume les enseignements relatifs au Monde créé :

Esprit créateur
Matière
Union de l’esprit et de la matière
Forme créée.

Vous l’aurez compris, en réalité le récipiendaire ne fait pas trois voyages mais bien quatre. Le premier est celui qui part du Cabinet de Réflexion et qui va jusqu’à la porte du Temple. En effet, arrivé devant la porte du Temple, celui-ci est virtuellement deux fois né. Enfin, en sortant du Temple, il est en principe en possession de sa nouvelle naissance symbolique, à condition, qu’il le veuille vraiment et fasse sienne la devise du Sphinx tétramorphe des initiations antiques, puis des alchimistes, et aujourd’hui du parfait maçon :

SAVOIR, VOULOIR, OSER, SE TAIRE


J’ai dit.

S\ N\

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Samedi 22 décembre 2012 6 22 /12 /Déc /2012 09:05

Le monde ne peut être figé et la pensée spirituelle ne peut s'enfermer dans un dogme. Le dogme est l'ennemi du doute qui doit imprégner chaque maçon.
Tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments, et la matière élémentaire résulte de l'équilibre qui s'établit entre eux. Les quatre Éléments se trouvent nécessairement réunis en tout objet physique.

Les Elément sont la « TERRE » lieu de vie, l’« AIR » qui produit la volatilité, l’« Eau » qui resserre les corps, et le FEU qui les dilate.

Aux Eléments se rattachent les qualités élémentaires, qui sont le sec, l'humide, le froid et le chaud.

Dans l’initiation maçonnique, les quatre éléments signifient une purification par le feu, l’eau, l’air et la terre. L'initié doit être purifié pour entrer en maçonnerie.

Les Quatre éléments

LA TERRE

La Terre lieu de vie, est la base. DIEU a formé l’homme à partir de la poussière de la terre, quelque part le Vénérable est dieu en loge. Le premier contact avec la terre à lieu dans le cabinet de réflexion. Au chaud de la terre l’apprenti maçon entre en contact avec le premier élément.

Une mort symbolique

L'initiation commence par le passage par le Cabinet de réflexion 'durant lequel est vécue " la mort au vieil homme", puis elle se poursuit dans le Temple.

Partant du passage dans le Cabinet de réflexion mais dépassant le cadre de celui-ci, le postulant est placé au cœur de cette terre afin d’y être recrée. Rituellement cette mort symbolique est le commencement d’un long chemin dont on prend conscience très vite en tant qu’apprenti. Le chemin est long et il faut beaucoup travailler, motiver son esprit faire grandir son âme.

Le sanctuaire est- une sorte de sanctuaire ou le postulant est seul, rien ne vient nous troubler, on est seul dans ce lieu de vie et de mort.

Ce lieu, symboliquement une grotte, est équivalent aux ténèbres malgré la petite bougie qui laisse l’espoir d’un monde meilleur. En sortant à la lumière on renaît grâce à la bougie et on découvre de mystérieux symboles.

Ce lieu de gestation laisse entrevoir la beauté de l’après initiation ce qui rassure le postulant apeuré par les ténèbres. La terre est la vie mais aussi la mort.

L’espoir d’un monde nouveau et meilleur

En loge l'épreuve de la terre laisse entrevoir un nouveau monde est il beau comme on l'espère. ? Les mystères sont ils maîtrisables. Dépouillé mais bien vivant, le postulant emprunte le chemin des ténèbres ou malgré le noir il doit agir avec vigilance et persévérance et emprunter en pleine lumière, les yeux bandés, le chemin au cœur du temple, lieu de recueillement et de silence.

Le cabinet de réflexion est exactement l'inverse de ce que le postulant va trouver dans le temple Les différentes épreuves de la terre, la marche, la planche à bascule, conduit le postulant à s'interroger "ou ai je mis les pieds "qui me portent à peine.?

Ce qui peut sembler le plus naturel, la marche, devient compliqué dans le temple, cela doit rendre humble le postulant...il est dans un nouveau monde.

Un symbolisme prédominant

Le symbolisme est très important en tant que véhicule d’une voie progressive intérieure, c’est-à-dire initiatique L’équerre permet de délimiter l’espace terrestre en le divisant en quatre régions selon les quatre directions (les quatre points cardinaux). Elle est non seulement le symbole du carré, mais aussi du nombre 4 tous deux représentant la solidification et la densification du monde.

L’équerre symbolique implique l’idée de rectitude, de rigueur, de précision. Le maçon se doit « d’être à l’équerre », c'est-à-dire droit, rigoureux et ferme dans ses pensées, ses actes et ses paroles.

La Franc-maçonnerie procure les métaphores propres à éclairer les voies obscures qui relient les désirs aux idées, les émotions aux représentations du monde, le cœur et l'esprit.. Bien souvent, le discours sur les symboles et les mythes s'enlise dans l'occultisme et le dogmatisme, créant ainsi des malentendus. Ce qui est important c'est la voie intérieure, l'introspection, tout vient de l'intérieur et tout retourne a l'intérieur.

Le rite est l’acte "magique" qui a pour objet d’orienter une force occulte vers une action positive, déterminée et qui consiste en gestes, paroles ou attitudes adaptées à chaque circonstances. L’ordre y est prescrit et s’inscrit dans une tradition.

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Ce qui expliquerait le caractère plus ou moins volatil, chaud, froid, humide, ou sec de chaque matière.

L’EAU

Source de vie

Elle est à la fois source de vie, purification, régénérescence ; L'eau est la source de toute chose et de toute existence. La voie d'eau est dite longue car c’est la voie de l'éveil progressif. On est baptisé étant enfant avec l'eau et l'initié est un enfant de 3 ans. La voie de l'eau brule le périssable pour ne garder que l'essentiel, on laisse les métaux à la porte du temple. Déjà, .on ne garde que l'essentiel son esprit et son cœur. La voie d'eau est la voie de l'éveil progressif, elle est la voie de l'humilité et il y a la coupe des libations qui rappelle à l'initié ses engagements, le dynamisme et vie, la capacité de renouvellement qui est enseigné par le travail en loge. Lorsque les hommes se détourne de dieu, ils subissent le châtiment ultime, le déluge symbole de la purification du monde, le déluge est la destruction et l'instauration d'un nouvel ordre, dissolution de tous les éléments et régénération. Il est à la fois source de vie, purification, régénérescence (mort du profane et naissance de l’initié ).

L'eau contient la totalité des potentialités de création. L'initié doit être mis en contact avec cette totalité, la nature de l'eau est fluidité et mobilité. Elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement et que le sacre ne saurait se satisfaire d'immobilisme, et cette élévation permet de respirer c'est le premier et le dernier acte de la vie.

L'eau contint la totalité des potentialités de création l'une des tache d'une loge initiatique est de mettre en contact l'initié avec cette totalité. La nature de l'eau est fluidité et mobilité, elle enseigne que la vie dont elle est porteuse est mouvement

L'Eau contient la vie, la transporte, la conserve et la régénère. L'eau est la médiatrice entre le ciel et la terre. L'eau est vecteur de transmission et de purification, l'eau est utilisée en loge comme l'eau du baptême, s'agissant d'une naissance d'une renaissance par l'eau. On crée un frère, la purification a lieu par le lavement des mains dans un vase. La main est reliée au cœur. Grâce à ses mains le maçon construit. La main renvoie à l'une des capacités de rendre visible ce que le cœur a perçu, la main est liée à l'intelligence du cœur avec laquelle chacun des outils présents en loge doit être utilisé pour le bien commun. L'eau permet de faire rayonner l'esprit et les sentiments et d'élever la matière vers l'esprit via le cœur. L'eau est la voie lente d'approche du sacré, elle est la voie de l'humilité.

L’AIR

L'épreuve de l'air c'est découvrir la pensée divine à l'œuvre dans la création.

Le maçon se doit d'être libre comme l'air. L'air invite a rejeter l'immobilisme. L'air ouvre sur le mystère de la vie, l'air est le souffle de vie, et permet de parcourir les chemins de l'invisible, le voyage du maçon est un voyage ascensionnel sur la route du ciel et le voyage vers l'immortalité. Voyage vers la connaissance et la grande sagesse, le maçon initie voit la lumière et l'esprit de l'air lui enseigne la fluidité et le mouvement permettant l'accès vers le merveilleux et de rejoindre l'air lumineux qui tisse l'âme de l'initié, le travail en loge permet comme l'oiseau de s'envoler vers dieu et de rêver de l'immortalité.

L'esprit c'est la respiration cosmique. Dans l'espace sacre du temple, l'air a toute sa place, l'apprenti qui a la foi a conscience qu'il est en quête du mystère de la vie et de la création.

Chaque tenue est semblable à la création originelle indissociable de la purification par l'air. La capacité de renouvellement d'une loge initiatique est garante de la vitalité de ses membres, les frères sont placés dans le temple rituellement comme au premier jour tout rappelle la naissance. Le sacre est toujours présent.

L’air, vecteur de sensations.

Le souffle et la parole ne font qu'un.
Observer et caractériser en quoi l’air est porteur de sensations : odeurs (gaz, parfums), ondes sonores et lumineuses, rythmes saisonniers, etc.

L'âme, le corps et l'esprit de l'apprenti ont besoin de l'air pour s'élever et atteindre le firmament et en la sagesse divine.

L’air est imaginaire, et symbolique

L’oiseau maître du ciel a toujours été très présent dans les croyances sous forme de divinités, de pratiques divinatoires ou de symboles. L’âme peut ressembler a un oiseau lorsqu'elle s'envole pour rejoindre dieu..

Le vent est l'exemple suprême de la force de l'air et de la purification. L'apprenti apprend a percevoir la lumière au cœur des ténèbres, l'épreuve de l'air met l'apprenti en contact avec l'invisible, l'air véhicule la vie et le souffle, reçoit la puissance d'unir le haut et le bas, l'épreuve de l'air est un acte de construction, elle participe à la naissance de l'apprenti, le vent divin, le souffle divin est le véhicule. Et l'air par sa nature mobile est insaisissable l'âme et l'esprit sont purifiés. L'apprenti a les yeux bandés et se trouve donc en relation avec l'invisible. L'apprenti perçoit puisqu'il ne voit pas. L’apprenti a perdu ses repères. L'air balaie les mauvaises pensées, les pensées profanes, il fait partie de la renaissance, avec le tumulte qui est fait, on pense à l'orage, l'épreuve de l'air marque l'ébranlement de la conscience qui surgit en l'être,.
L'air a une fonction de lien entre ciel et terre, par le don de l'air une loge initiatique reçoit la puissance d'unir le haut et le bas. l'apprenti est en bas il doit vouloir et pouvoir s'élever !
La puissance d'unir le haut et le bas l'épreuve de l'air est bien un acte de construction, l'air enseigne la capacité d'élévation et d'abstraction ; L'apprenti apprend à accorder son cœur avec celui de la loge et plus précisément avec les cœurs de ses frères,

Les phénomènes du ciel sont des manifestations de l’action des forces divines (foudre, météorites).mais l'apprenti qui croit ne doit pas avoir peur.

L'air dans la civilisation

L'air est l'un des quatre éléments et selon les récits mythiques, il est, avec le feu, un élément actif, un élément mâle alors que la terre et l'eau sont des éléments féminins. Il représente le monde subtil entre le Ciel et la Terre, entre les hommes et Dieux. C'est l'élément qui remplit les êtres, il est donc associé au souffle de vie. Symbole de la vie, invisible, universel et purificateur.

L'air est symbole de mouvements, de liberté, de subtilités, d'allègement. L'air est associé au souffle, au souffle de vie, et suivant les religions, à l'âme. Si l'air est invisible, il nous rend sensibles aux vents, aux odeurs, à la chaleur. la sagesse s'élève de la terre en l'air et de nouveau descend sur la terre acquérant la puissance du haut et du bas.

L'air remplit l'espace entre le ciel et la terre si on veut rejoindre l'esprit, le ciel, il faut utiliser l'air. L'air permet la circulation de la lumière, c’est un agent de liaison des espaces. L'air véhicule la vie en sa qualité de souffle divin. Dieu est derrière le souffle de vie, le souffle est le véhicule

LE FEU

Le feu puissance spirituelle

Si nous pouvons percevoir trois éléments par le toucher, il en est tout autrement de la chaleur du feu. Nous ressentons aussi la chaleur sans avoir de contact avec elle. Nous la percevons dans notre corps.la chaleur est intérieure, la tradition initiatique évoque le passage par le feu comme une naissance spirituelle de l'être, traditionnellement la naissance par le feu est naissance à la conscience créatrice de l'univers et ouvre sur la notion d'immortalité, le feu et la chaleur indiquent le réveil net la mise en mouvement, c'est la puissance spirituelle. Le baptême seconde naissance se réalise par le feu l'esprit est représente comme une flamme qui se transmet. On pense à l'expression baptême du feu. On parle d'illumination et de naissance de l'esprit. A l’église le feu est celui de la flamme du cierge. Le feu peut être destructeur mais également créateur. Le feu, permet l'entrée dans le sacre, traverser le feu sans être brule fait de vous un être a part, il faut passer par le feu pour cheminer sur la voie qui mène é la lumière, la franc maçonnerie fait vivre cette épreuve au novice, lui permettant d'intégrer ce nouveau corps, on ressent un souffle chaud qui vous lèche le visage et on est purifié. Cette chaleur est magique, ce feu illumine le temple et c'est merveilleux, le feu transforme la mort en vie, on touche au merveilleux. Le novice découvre le feu créateur et la chaleur qui s'en dégage participe à l'œuvre de création. Le feu dans les ténèbres apporte la lumière, Le feu met à l'épreuve.

Le serment est un moyen d’allumer le feu le feu intérieur, il embrase le destin de l'être, on alimente ce feu intérieur par le travail en loge et dans le temple.

Le feu constructeur

Les travaux et la participation aux offices,.l'énergie individuelle est offerte aux frères du temple; le feu a une double nature, il peut réchauffer ou bruler, lors de l'initiation le feu est positif de telle sorte que s'agissant du feu sacre, il a pour but de nourrir. Le but est de combattre le mauvais feu, par le feu sacré, car le feu sacre est le feu de l'âme. Il faut rejeter les feux de son ego et de ses passions, il faut maitriser le feu des passions, rejeter les feux destructeurs, feux des ignorants et faire naitre le feu positif, constructeur. Le feu est éternel et l'amour fraternel. Le feu est donné à l'initié pour qu'il soit constitué par cette force de création et donner le meilleur de soi en toute gratuité, édifié par une loge initiatique, lors de l'instant créateur, la descente de la lumière s'opère par le feu au cœur des ténèbres, et de la peur du noir brille ce feu matériel et immatériel, feu sacrificiel, la lumière de l'impétrant rayonne au delà de son corps. Intérieurement le feu est notre père, qui sait tout et voit tout, pour la tradition chrétienne le centre est le père, ou brule le feu sacré et la lumière est le fils et le saint esprit et la flamme qui les relit. Percevoir la lumière lors de chaque tenue permet le voyage. Le voyage d'une loge s’accomplit symboliquement à chaque tenue de midi à minuit heure des travaux.

Le feu serait l'élément premier à l'origine de toute matière

LA SYMBOLIQUE DU QUATRE

Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. Il faut rajouter quatre qualités accessoires que sont le chaud et le froid d'une part (deux qualités actives) et le sec et l'humide d'autre part, (deux qualités passives).

QUATRE QUALITES

LE CHAUD

Le chaud est d'une manière générale un principe d'énergie, d'activité et d'impulsion.

LE FROID

Par opposition, le froid est un principe de passivité et de résistance.

LE SEC

Le sec est un processus d'analyse, de séparation, d'individualisation, de contraction et de repli sur le détail ou sur soi. Il se déroule dans une atmosphère rigide et cassante, allant aux extrêmes.

L’HUMIDE

Par opposition, l’humide est un processus de synthèse, de liaison et de collectivisation, d'ouverture sur la globalité et le collectif. Il est conduit dans une atmosphère de détente et de souplesse. ous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments :

Le feu est un phénomène naturel ; dans la nature, il peut résulter de la foudre ou de la fermentation (production de gaz inflammables et de chaleur). Sa domestication par l'Homme et sa capacité à le conserver (l'entretien du foyer On distingue par exemple trois sortes de feu : la flamme brûlante, la lumière et les résidus incandescents de la flamme (braises).

L éléments conjonction d'une qualité active et d'une qualité passive agissant sur une matière première indifférenciée génère l'un ou l'autre des éléments. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches (ce sont les qualités de la cendre), le feu est sec et chaud, l'air est chaud et humide (qualités du souffle exhalé) et l'eau est froide et humide.

D'autre part, cette génération des éléments par une interaction de qualités élémentales implique une dynamique des éléments. La réalité n’est pas figée : Les éléments peuvent se transformer l'un dans l'autre. Le feu peut donc se transformer par la modification d'une de ses deux qualités soit en air, soit en terre ; la terre en feu ou en eau ; l'eau en terre ou en air ; et ce dernier en eau ou en feu.

Aristote met en correspondances les sens et les éléments.

La vue, la couleur est liée au feu, l'intermédiaire des sons est l'air, l'odorat s'exerce au moyen d'un médium qui est l'air ou même l'eau, rien ne produit une sensation de saveur sans humidité, le toucher est lié à la terre. Aristote donne toujours la suite éther, feu, air, eau, terre, et c'est l'ordre qui prévaudra, l'éther (et non le feu) étant alors considéré comme la matière des astres et l'élément où ils séjournent.

QUATRE POINTS CARDINAUX

Le cadre de vie, le lieu géographique et le climat sont également soumis au jeu des qualités. Les quatre points cardinauxcorrespondent aux éléments ainsi qu’aux complexions et aux tempéraments. Ainsi, l'Est est chaud et humide, le Sud chaud et sec, le Nord froid et sec, et l'Ouest froid et humide.

Ces considérations sur les points cardinaux ont donc suscité la construction d’une théorie explicative de la géographie et des climats. Le nord possède en effet un climat froid, et l'eau y gèle (le fait qu’elle soit solide lui ôte sa qualité humide et explique que le nord soit sec); les régions ouest sont essentiellement constituées des immensités océanes (donc humides), et les régions sud sont constituées en grande partie par le vaste désert africain du Sahara (donc sec). Quant à l'Est, c'est traditionnellement là que l'on situe le paradis terrestre, d'où prennent leur source quatre fleuves (le Nil, le Tigre, l'Euphrate et le Gange), et où règne une douce chaleur (humide à cause des fleuves). Notons au passage qu’il s’agit d’une vision du monde très centrée sur l’Europe, du fait de son origine grecque à laquelle s’est ajoutée au Moyen Âge le récit biblique du jardin d’éden.

QUATRE SAISONS

La théorie des quatre éléments, s’applique également au domaine de la structuration du temps, dans la mesure où chacune des quatre saisons correspond à l’un des éléments classiques. Le printemps est chaud et humide comme l'air, l'été chaud et sec comme le feu, l'automne froid et sec comme la terre, l'hiver froid et humide comme l'eau.

QUATRE CATEGORIES D’ÊTRES VIVANTS

De même que l'univers est divisé en quatre éléments, les êtres vivants sont classés en quatre catégories ; règnes : minéral (les pierres sont considérées comme faisant partie des êtres vivants au Moyen Âge, sinon dans l’Antiquité), végétal, animal et humain. Les animaux sont eux-mêmes répartis en quatre catégories selon leur appartenance à l'un ou l’autre des quatre éléments. Il existera dans la pensée religieuse du Moyen Âgel'idée que plus on monte vers le ciel, plus on se rapproche de Dieu, et que plus on descend, plus on se rapproche du diable et de l’enfer. puis les oiseaux ordinaires, simples volatiles voyageant dans les airs, suivis des poissons nageant dans l’eau, pour terminer en bas de l'échelle par les quadrupèdes qui vivent sur l'élément terre. À l'intérieur d'une même catégorie animale, il existe également une hiérarchisation des êtres en fonction de l’élément dont ils se rapprochent le plus : les oiseaux incapables de voler et marchant sur le sol comme la poule sont moins bien considérés que le gibier d’eau comme le canard, proche de l'élément aquatique, lui-même moins noble que les oiseaux de plein ciel comme le passereau ou l’épervier.(Au Moyen Âge la fauconnerie, chasse noble par excellence était réservée à la noblesse). De la même manière, les poissons de fond tel que le turbot sont inférieurs aux poissons de surface et d’eau vive tel que le saumon. Les végétaux sont également généralement associés à la terre, mais les épices au feu. Une telle répartition entre les divers éléments existe également pour les minéraux.

De même que le chaos règne dans l'univers lorsque les éléments sont en déséquilibre, ils conduiront au chaos sur terre en l'absence de la sagesse,

Les 4 éléments permettent à l'initié de prendre conscience qu'en s'offrant au temple et à la loge, il s'approche de la perception du mystère et que la loge ouvre le chemin vers le divin, à charge pour le maçon de savoir s'y rendre et trouver le Graal divin.

Source : www.ledifice.net

Par H\ M\ - Publié dans : Planches
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Samedi 22 décembre 2012 6 22 /12 /Déc /2012 09:03

C’est une question récurrente que se posait déjà en 1979 le chapitre « les arts réunis » de Rouen sous la signature du F. Messac , dans une forme un peu différente : « N’y a-t-il pas un cléricalisme maçonnique ? »
Ma démarche interrogative nous conduira sur des voies entrecroisées .
Peut-on dire que la maçonnerie du R.E.A.A. est une religion, quelle a ses clercs, une forme de symbolique quasi dogmatique, un langage figé, une gestuelle fixe, donc un rituel rigide à contenu orienté par ses références, sa symbolique imposée, ses mots et phrases, qui, d’une façon pavlovienne, peuvent irriter l’agnostique et l’athée, sans parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale ?
L’étymologie des mots désignant le fait de ne pas croire en dieu est toujours négative : a-thée ; in-croyant ; a-gnostique ; in-fidèle ; mé-créant ; la croyance est la norme, l’incroyance, l’exception.
Qu’en est-il au REAA alors que la moitié du monde n’a jamais connu dieu ?
Au REAA, encore plus qu’au G.O. l’art. 1er devrait imprégner la démarche des « sages » . L’attitude progressiste, tant sur le fond que dans la forme, et par là même progressive, doit être le carburant courant.
Quand on se permet de faire une incursion dans la littérature, on trouve des articles vieux de 30 ans. Mais, qu’est-ce donc au regard des 20 siècles de catéchèse primaire de l’église Romaine ? En maçonnerie, pas de tradition catéchisée, formatée, enkystée !!

Revenons à nos moutons agnostiques ou athées …
Aspect 1er : la maçonnerie peut-elle être assimilée à une forme de religion ? Réponse oui !
Au sens le plus commun religion = croyance, nous croyons en l’homme .
« Etymologiquement, ce serait ce qui relie, venant du verbe latin « religare » , ou, plus exactement, selon Cicéron, « religio », viendrait de « religere » ; qui aurait comme signification « recueillir » ou « relire » ou bien, « ce que l’on relit avec recueillement ».
La religion est donc l’amour d’une loi, d’une parole, d’un logo, c’est l’esprit de la mémoire, c’est le sacré de cette mémoire, c’est le lien mythique de communion ; une fidélité donc, une foi, la foi venant du latin « fidès » , mais cette fidélité peut se départir de tout théisme. » C.S.
La maçonnerie peut être une forme de religion basée sur le sacré d’une tradition , support d’une morale, ou d’une éthique.
La maçonnerie est philosophiquement fondée sur deux postulats : « la croyance en la perfectibilité de l’humanité et du cosmos ; et la croyance en l’efficacité de la raison et du travail comme facteurs d’une organisation architecturale du monde tendant vers un idéal de perfection. » F. Péraldi 1927
Cette définition permet d’aborder le lien, la trame, la toile de fond qui se constitue de références historiques réelles ou supposées, de symboles devant être librement interprétés, du mythe qui en constitue le support, le tout créant cette religion maçonnique et ses croyants.
Seulement voila, ses croyants sont polyculturels, de connaissances et civilisations diverses, de conceptions et de finalités de l’homme parfois opposées. Leur démarche intellectuelle, spirituelle, sociale, est plus que diversifiée.
Et, dans la situation nous intéressant ce jour, les clercs traditionalistes maçonniquement catéchisés ont quelques frictions avec les libéraux évolutifs progressistes visant le rassemblement, « l’intercommunicabilité. »

Quelles peuvent en être les raisons ?
En premier lieu, ce que les sociologues appèlent les formes de tempérament,la typologie, ensuite, et le catalogue sera loin d’être exhaustif ; le déficit de connaissances historiques, de la façon dont s’est constituée cette tradition, ce mythe, l’interprétation de ce conglomérat de connaissances ; la traduction, la mise en forme de cette ou ces interprétations. La conception dans l’évolutivité de cette tradition, et, ensuite, le terrain, la personnalité du réceptionniste, du croyant, sa façon dont il a été éduqué, formé, éveillé. Quelle que soit la forme que l’arbuste ait prise au cours de sa formation, il en sera bien difficile d’en modifier la structure à l’âge adulte malgré la plasticité neuronale découverte par les physiologistes.
Reprenons le cours de cette étude en ayant toujours à l’esprit la question posée en titre.
Donc l’histoire ; chacun sait ici que les chrétiens n’ont rien inventé, même s’ils ont mis en relief une « certaine philosophie » de l’homme. Il y a syncrétisme.
Nous remontons à Osiris pour la légende d’Hiram ; à Vichnou pour la parole perdue ; aux Egyptiens pour le tétragramme ; et, les civilisations sumériennes, et araméennes transpirent dans nos rites, nos mythes, nos symboles. Mais, la catéchèse chrétienne a tellement formaté la culture et les croyances pendant 20 siècles , que même en maçonnerie nous lui en attribuons la paternité.
En bien des circonstances nous ne faisons pas le décantage prôné par les lumières , nous concevons mal une laïcité post-chrétienne. Prenons quelques exemples de plats prêts à consommer par le croyant chrétien ; voyons « Hoschée » acclamation voulant dire « Sauveur » ; quelle devra être l’acrobatie intellectuelle de l’athée face à cet éventuel sauveur ; oui, mais quel sauveur ? Sauveur de qui, de quoi, en quel lieu ? Et nous pouvons ajouter « Emmanuel », le tétragramme, et même I.N.R.I. sans pour autant être exhaustif.
Nous reprochons aux jésuites d’être hypocrites, mais allons donc, regardons-nous à ces sujets, car, là, il faut aborder le principe du réflexe conditionné, cette fonction pavlovienne qui a inculqué un sens aux mots, aux gestes ; écoutons J.R. Ragache qui nous dit : « je me demande si le danger de l’homme n’est pas le danger de la perte de sens des mots. » pourquoi leur attribuer plusieurs sens ? Alors que « seul le doigté des F.F. , leur sens aigu de la nuance, leur éveil perpétuel, leur promptitude à ne pas confondre l’homme et son ombre, creusent un gouffre entre les trois « Hoschée » et « ainsi soit-il » Les arts Réunis N° 91-
Peut-être qu’une certaine inadéquation existe entre ce que l’on nous présente et ce que nous sommes . Se pose alors la question : la quelle des deux parties doit, évoluer, se libérer, ne pas adhérer, se désolidariser ?
Personne n’oblige l’athée à aller à l’office ; personne non plus ne l’oblige à poursuivre au R.E.A.A.
Peut-on, un instant, penser à un travail de reconstruction, de refonte, où chaque être humain pourrait s’y reconnaître et adhérer ? Sans doute pas !! La majorité actuelle ne s’y prête pas, à tord ou à raison, mais tels sont les faits !! Doit-on considérer qu’il y a , d’une part, une volonté conservatrice, ou, de colonialisme du traditionnel ; ou bien, d’autre part, une incursion par la force pour imposer une évolution particulière non souhaitée ??
Aux questions posées ; la maçonnerie du REAA est-elle une forme de religion ? La réponse est oui ; Possède-t-elle ses clercs ; c’est-à-dire y a-t-il un attachement plus important aux structures, aux apparences, qu’aux valeurs progressistes ? Là aussi la réponse est oui, car ni fond, ni forme n’évoluent.
Le discours de base, sur la philosophie, (fondement de la maçonnerie) qui, d’essence, incite à l’insolence, dont les concepts fondamentaux se trouvent sans cesse modifiés par l’évolution scientifique et culturelle, qui est une « recherche de sens » permanente, n’est pas ici programmée ; car elle ne s’inscrit pas dans une vision progressiste globale, universaliste ; mais est-ce possible ?
Même si le message diffusé est acceptable par tout un chacun, la forme, la manière, la verbalisation, la gestuelle, peuvent égratigner certains tenants d’un matérialisme et d’un athéisme clair et net ; sans bien sûr parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale.

Source : www.ledifice.com

Par P\ M\ 33ème A.M.H.G. - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 21:41

 

Présentation : La trahison est un phénomène omniprésent dans l'histoire, l'imaginaire et l'expérience sociale. Pensons simplement aux figures qui l'incarnent - de la « balance » au déserteur, du « collabo » à la « girouette ». Le concept recouvre des réalités diverses. Les actes de trahison divisent les chroniqueurs, analystes, romanciers qui ne les interprètent pas de la même manière et qui leur donnent quantité de noms différents : trahison, défection, félonie, désertion, malice, méchanceté… Les associations systématiques de termes ne sont pas rares : « traître et larron », « traître et félon », « traître déloyal ».

Je rappellerai par ailleurs cette évidence : il nous est à tous arrivé un jour d'être trahis ou de trahir à notre tour, de révéler un secret, d'être infidèles, d'être pris dans des loyautés conflictuelles ou de faire défection. Plus banale et commune qu'on ne le croit généralement, cette expérience n'en est pas moins spectaculaire et bouleversante : la trahison frappe de stupeur et met en crise aussi bien l'individu que l'ensemble social qui en est la victime.

Le dictionnaire historique de la langue française rapproche le terme de transgressum, transgredi : qui signifie à l’origine « passer de l’autre côté », « dépasser », puis, qui en est venu à signifier « enfreindre ». La trahison est l’abandon de la confiance accordée précédemment à un individu, à une institution, un groupe, l’abandon d’un engagement, d’un contrat. C’est la violation d’un pacte de fidélité, basée sur une parole (qui n’a pas toujours été prononcée). Elle soulève la question de la promesse et de l’action : le faire sans le dire ou le dire sans le faire.

L’étymologie nous ouvre encore d’autres pistes. Trahir vient du latin tradere qui a donné transdare : « livrer, transmettre », en d’autres termes, il peut s’agir de livrer quelqu’un, une information, un secret. Dans le monde médiéval, nombreux sont les traîtres qui livrent un homme à ses ennemis, les renégats, les transfuges... Quand on pense au mot trahison viennent les mots félonie, mensonge, tromperie, adultère, reniements, hérésies.

La trahison ne fait pas partie en tant que telle de la liste des commandements reçus par Moïse (le décalogue). Et pourtant, la plupart des commandements ont un rapport avec la trahison : croire à d'autres dieux c'est bien une trahison, voler c'est bien trahir son prochain, mentir c'est bien trahir son interlocuteur, etc. etc. ..

En politique, dans la société médiévale très codifiée, c’est le vassal qui rompt son serment de fidélité et refuse de servir correctement son seigneur ou pire qui ose prendre les armes et se révolter contre son seigneur. La trahison prend l’aspect du crime de lèse-majesté, et rompt l’équilibre établi, parfois de longue date, la cohésion de la société et son organisation traditionnelle.

Des exemples : pendant des siècles, la figure de Judas a été l'incarnation du traître par excellence, mais aujourd'hui encore, les interprétations quant à ses motivations profondes divergent. Je vous renvoie au livre de Paul Maskens « On a trahi JUDAS ».

Quelques cas de traitres dans l'histoire ancienne:

  • La trahison du peuple juif par rapport à Dieu
  • Jugurtha (chef de la cavalerie carthaginoise) se fait "acheter" par Rome et trahit Hannibal,
  • Alcibiade trahit Athènes et son peuple
  • Isabeau de Bavière brade la France à l'Angleterre
  • Le Grand Condé passe aux Espagnols

Et dans l'histoire récente:

  • Talleyrand trahit roi et empereur
  • Laval et Pétain deviennent collaborateurs 

Si nous quittons la politique, la trahison touche aussi la sphère domestique : c’est l’infidélité de la femme, ou de l’homme, l’hostilité des fils envers leur père, le rapt… autant de comportements qui troublent les normes sociales et familiales. C’est Brutusqui participe au complot contre César.

Mais là où ça blesse véritablement c'est la trahison amoureuse. Faire confiance, c'est déjà un grand cadeau que l'on offre à l'autre personne. La trahison est vécue par la personne trahie comme une déception à l'égard de la partie qui ne l’a pas respecté, et fait beaucoup de mal parce qu'elle porte atteinte à un sentiment que partage Dieu et l'humanité : je veux parler de l'amour. Ainsi, lorsque vous aimez quelqu'un et qu'il vous trahit c'est très difficile à vivre. Le plus grand risque est de basculer de l'amour à la haine. Dans les légendes de la table ronde, Guenièvre, épouse du roi Arthur, aime en secret Lancelot.

Enfin, la trahison peut aussi avoir une dimension religieuse. Le terme fides désigne la fidélité, mais aussi la foi. Sont renégats ceux qui rompent avec le rite et ses symboles ; ceux ne respectent pas le sacré et prêtent sur les saintes reliques des serments hypocrites. On peut citer la dure condamnation de Jan Hus, qui était théologien, universitaire et réformateur religieux tchèque, et qui fut excommunié en 1411, brulé sur le bucher en 1415, duquel on a dit « de Jan Hus, il ne doit rien rester » .

Le visage et la destinée du traître : L’attitude du traître provient le plus souvent d’une mauvaise nature : ses agissements ne sont que la manifestation d’une prédisposition psychique où s’enracine la propension à trahir dans tous les domaines. Ainsi le traître est-il le plus souvent coupable de trahisons multiples. Son visage, tel qu’on le trouve dans les chroniques ou la littérature de fiction révèle quelque chose de maléfique ou de monstrueux.

Le traître est la face cachée du personnage enfin dévoilée : son autre face, nécessairement inquiétante parce qu’inconnue jusque-là. La trahison suppose une volte face du traître : c’est un retournement de soi. Dans les récits, la trahison marque les corps et les visages. La mauvaise âme devient visible et, sous la plume des auteurs du Moyen Age, la métamorphose est souvent animale (loup, chien enragé…).

Dans la légende d’HIRAM, le terme de ‘mauvais’ est retenu pour qualifier les 3 compagnons. Comment les imaginer ? Surement, ils sentent le souffre, témoin cette chanson ‘ Les mauvais compagnons ‘ par Plume Latraverse, chansonnier du début du siècle, qui commence ainsi : « les mauvais compagnons sont les amis du démon… Démasquer le traître est la hantise des sociétés qui, comme la société médiévale reposent très largement sur un code d’honneur et sur une parole donnée. L’accusation de trahison appelle le châtiment car il s’agit d’une faute grave.

Sous la révolution française, on parlait de traître à la patrie : c’était la guillotine assurée. Au 20e siècle, on parle toujours de traître, mais aussi de dissident. Le traitre démasqué y est toujours aussi souvent exécuté de manière sommaire. En Russie, il part pour le goulag ou l’hôpital psychiatrique, en Europe, pour le camp de travail ou de déportation, en Asie, pour le camp de rééducation.

Chez Dante, les traîtres sont dans le neuvième cercle de l’enfer, là où, emprisonnés dans la glace, ils sont devenus matière inerte. Ailleurs, ce sont ceux que l’on ne veut plus reconnaître, ceux dont on veut anéantir le souvenir par une damnatio memoriæ, condamnation décernée par le sénat romain, c'est-à-dire un ensemble de condamnations post mortem à l'oubli. Par extension moderne à des contextes non romains, on utilise l'expression pour désigner des mesures comparables :
· l'effacement des cartouches du pharaon hérétique Akhenaton par ses successeurs ;
· l'interdiction à Éphèse de citer le nom d'Érostrate, incendiaire de l'Artémision ;
· le recouvrement du portrait du doge de Venise Marino Faliero, après son coup d'État manqué.
· l'oubli dans lequel furent rejetés, par ordre de Napoléon Bonaparte, les héros de la Révolution Française comme le général Dumas et le chevalier de Saint-Georges.

Judas est pris de remords, et se pend. Au 3e degré, on ne nous dit pas ce que deviennent les compagnons après le meurtre. Parviennent ils à s’échapper, sont ils rattrapés ? Condamnés ? Comment ? Sont-ils pris de remords ? Se suicident-ils comme Judas ? on peut tout imaginer.. Et sûrement dans la saga qui nous attend dés le 4e degré. Mais imaginons un instant que les compagnons ne soient pas coupables : les indices laissés près de la tombe sont trop évidents pour être réels.

Avançons l’hypothèse que les meurtriers ne soient pas des compagnons mais des maîtres qui voulaient prendre la place d’HIRAM. La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités. Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.

L’enjeu de la trahison : La trahison résulte d’une interprétation des comportements. C’est un jugement de valeur : l’accusation de trahison traduit un mécontentement, une jalousie, une peur ou une incompréhension face aux agissements d’un individu qui, soudainement, ne coïncident plus avec les pratiques sociales, culturelles et religieuses communément admises ou attendues. Elle peut honorer les traîtres ou les perdre. Mais toujours, elle révèle les hommes pour ce qu'ils sont vraiment et permet de révéler un pan du secret de chacun.

La trahison se produit quand il y a déjà un lien et une certaine fidélité entre les personnes concernées, basée en général sur un certain nombre d'ententes explicitement dites ou non dites entre soi et l'autre. Le trahi a le sentiment que l'autre serait toujours solidaire et fidèle. On peut sombrer dans la phobie des autres et le manque de confiance en le genre humain. Et comme dit le proverbe marocain : " celui qui a été mordu par un serpent aura peur d'une ficelle."

La trahison est souvent causée par l’envie, la soif de pouvoir, l’ambition, la volonté de s’élever au dessus de sa condition, de sortir d’un état de dépendance, de s’affranchir d’une domination. Le traître viole une relation qui s’était sacralisé : il abandonne le sacré pour retomber dans le profane. Le traitre tombe du ciel pour se faire engloutir par l’enfer.

L'effet de surprise augmente la trahison et lui donne toute son ampleur : elle arrive quand on ne l'attend pas. Je dirai que le moment de trahison est comme dans un bal masqué au moment ou les masques tombent tout d’un coup. C’est par exemple l’instant qu’ont choisi les comploteurs pour passer à l’action. Elle peut être vécu de manière très violente et avec beaucoup d'amertume.

Le braconnier devient garde-chasse. Le théoricien de la liberté devient le traître qui la poignarde. Le traître, c’est celui qui après avoir provoqué l’émeute, sauve la société en danger en passant de l’autre côté de la barricade.

Mais revenons au mythe d’HIRAM : Les 3 réclamants jugent donc qu’ils en savent assez et qu’il est temps de leur donner la maîtrise. Ce à quoi HIRAM répond que le conseil des maîtres ne l’a pas décidé et se refuse à parler. Il me semble que les 2 parties en présence manquent un peu de souplesse. Pour la partie réclamante, il est temps et urgent. Pour l’autre, il faudra attendre. N’est pas le signe que les maîtres en seraient venus à confondre l’esprit avec la lettre ? Ou que la maitrise se serait laissé corrompre par un certain pouvoir ? Les 3 compagnons exigent que l’attestation de l’achèvement de leur état leur soit donnée. Il n’est pas dit que ceux-ci refusent le rite, puisqu’ils en demandent l’esprit, c'est-à-dire le signe, les mots et attouchements, par contre, ils récusent la cérémonie ou en quelque sorte la lettre. Qu'attendre sur un chantier qui serait presque terminé ? le salaire semble donc réclamé en toute justice !. On peut interpréter ainsi que les compagnons vont bientôt se retrouver remerciés et risquent de se retrouver au chômage. Les compagnons, sans être blanchis, apparaissent tout à coup à nos yeux moins noirs.

Ainsi donc, le traître est-il toujours condamnable ? De héros, certains sont devenus traîtres, honnis et bannis dans leur propre camp. D'autres, en revanche, sont devenus héros en trahissant. La trahison est une question de point de vue, et reste relative aux lieux et aux époques ; elle peut grandir ou défaire un homme, servir un pays ou le condamner, être un acte de courage ou un aveu de faiblesse.

La trahison est une notion qui dépend du contexte politique et juridique car l’interprétation des comportements change en fonction de la conjoncture et de l’évolution des institutions et du droit. Ainsi le contenu de la trahison reste-t-il parfois difficile à déterminer et les divers degrés entre haute trahison et petite traîtrise difficile à évaluer, plus ou moins louable. Clemenceau disait « Un traître est celui qui quitte son partipour s'inscrire à un autre ; et un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre ».

Transgresser, c'est en quelque sorte franchir le Rubicon éthique ou moral, ne pas respecter une loi, ne pas se conformer à des règles considérées comme acquises, intégrées et acceptées de tous. Pourtant, la désobéissance citoyenne ne peut – elle pas se justifier dans certains cas ? En 1944, qui reprochera à Charles de Gaulle d’avoir appelé à continuer le combat en Juin 1940 ? En 2009, Le 1er ministre Fillon qui décide d'apposer une plaque de plus, sur les murs de Matignon, évoquera dans son discours le "rebelle visionnaire".

Celui qui remet en cause l’ordre établi peut passer pour un traitre, alors qu’il pense sincèrement qu’il faut évoluer ou faire évoluer. Il est facile de le taxer de traître alors qu’il pense seulement pouvoir s’émanciper. Faire dissidence, transgresser sont des termes qui sont en lisière de la trahison.

Lorsqu’un atelier a initié pour la première fois une femme, peut-on dire que la loge a trahi l’esprit maçonnique ? Une obédience mixte a-t-elle moins de légitimité aujourd’hui qu’une obédience masculine ?

Faisons une dernière hypothèse à propos du mythe d’HIRAM et imaginons que les 3 compagnons ne soient pas coupables et qu’ HIRAM soit décédé de mort naturelle : les maîtres souhaitent camoufler cette mort en assassinat. Explication : Pour ne pas démobiliser les ouvriers, des maîtres organisent le psychodrame de la légende de la mort d’HIRAM. Cette version semble plus vraisemblable car lorsque le corps est retrouvé, il est déjà en décomposition : la chaire quitte les os, tout se désunit… Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie car la disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.

Hiram m’agace un peu, parfois, car il apparaît comme un être parfait. Mais lui-même, n’a-t-il pas essayé de tuer son maître un jour ? Qu’en savons-nous ?

Le maître c’est le père spirituel. Tuer le père, dans la métapsychologie freudienne, c’est au-delà du complexe d’Oedipe, arriver enfin à être adulte à son tour. Pour Jung toutefois, en stipulant que le soi inconscient est son propre père, Jung fait pièce au meurtre originaire de Freud.

Quoi qu’il en soit, cette envie de tuer pour liquider une situation que l’on juge révolu ne serait pas choquante en soi, sauf si elle est barbare et violente. Elle s’inscrit pourtant dans le mouvement du monde naturel. Dans notre civilisation, dans telle discipline, artistique par exemple on entend dire parfois « l’élève a dépassé le Maître ». Cela sous-tend la notion de transmission initiatique. Nous sommes en plein dans notre symbolisme de franc-maçon où il est dit ‘ transmettre par l’exemple’.

CONCLUSION : Laissons en paix nos compagnons surtout s’ils ne sont coupables, ou alors laissons les à leur remords, qui est un sentiment terrible, Caïn en sait quelque chose !

Ce qu’incarnent les compagnons, ce sont nos défauts, nos vices… Il faut les combattre, il faut se combattre, mais aussi il faut savoir se pardonner et se réconcilier avec soi-même. On se juge souvent de manière très dure, sans complaisance.

La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambition. HIRAM perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît par l’acacia grâce à ses qualités. HIRAM sera donc resté fidèle à son engagement et n’aura pas trahi. A son image, soyons fidèles à notre engagement maçonnique (vaste sujet).

Car au fond de soi, on sait dans notre quotidien, au plus profond de soi, à quel moment on trahit. Alors avant de passer à l’acte, demandons-nous s’il n’y a pas une autre solution, une autre voie… Et si malgré tout, cela doit arriver, pouvoir expliquer, pouvoir s’expliquer avant … c’est toujours possible si l’intention est sincère, si on joue la carte de l’authenticité.

Péguy nous dit : " le véritable traître est celui qui vend sa foi, qui vend son âme ". On peut toujours évoluer, mais on peut le faire, le dire, de manière fraternelle.

Pour conclure, mes biens chères sœurs, mes biens chers frères, je dirai que l’honneur du franc-maçon est de ne jamais trahir !

J’ai dit

source www.ledifice.net 

Commentaire : la trahison et la Maçonnerie sont des mots qui vont très bien ensemble. Enfin, on apprend à tout âge !

 

 

Par Fra\ PAR\ - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 17:49

Certains Frères comparent parfois le Franc-Maçon à une «pierre de sa Loge». Cette notion semble vide de sens. Qu’y a-t-il de commun entre une pierre à bâtir et une pierre à tailler ? Or le Franc-Maçon « taille sa pierre brute ».

La Loge, cet Atelier où le Maçon œuvre à l’édification du Temple intérieur- dont elle se veut d’ailleurs le modèle - serait-elle un conglomérat de «pierres», une bâtisse résultant de la somme des Frères qui s’y réunissent ? Et qui se réunissent pour faire quoi ?

S’ils veulent mener à bien la taille de la pierre jusqu’à en dégager sans altération le Centre, s’ils veulent effectuer ce travail sur soi, si particulier qu’il faut des mains pures (gants blancs), l’Apprenti et le Compagnon doivent apprendre à se discipliner, à agir avec tact et respect. Dès ses premiers pas en Loge. Le Franc-Maçon doit être « juste » dans ses expressions, précis dans ses affirmations et dans ses gestes.

Le tact est l’une de ses premières qualités. Il s’agit en quelque sorte du sentiment exact de ce qui convient ou ne convient pas. Par son tact, le Franc-Maçon fait preuve de véritable culture, laquelle inclut la politesse, la prudence, la connaissance de l’homme, la présence d’ esprit, la modestie, la réflexion et la maîtrise de soi. Le terme « tact » vient de « toucher » : il indique qu’on est au courant, qu’on est informé. Il y a manque de tact lorsqu’on s’exprime par curiosité, par indiscrétion ou par flatterie. Il n’est cependant pas toujours facile d’établir à partir de que moment l’intérêt se mue en curiosité, l’amabilité en indiscrétion et la courtoisie en flatterie.

Parmi les diverses formes de politesse, la salutation – cette marque d’attention qu’on accorde à autrui et à plus forte raison à un F
- est de loin la plus importante. C’est si vrai, que l’on n’attendra pas d’être salué pour salué à son tour ; au contraire on éprouvera une légitime satisfaction à saluer le premier. Signe d’estime, le salut ne peut être que cordial. Il exprime la bienvenue et doit comporter et susciter la certitude d’une amitié réciproque : regard aimable, parole bienveillant, sourire empreint de compréhension. Le salut maçonnique est un signe d’union.

L’attitude du Maçon envers le Vénérable et ses Officiers mérite également qu’on s’y arrête. Le Vénérable Maître en Chaire est bien davantage qu’un simple président : il est à vénérer au sens maçonnique, par des hommes qui dépassent l’homme, qui ne vénère aucun homme, contrairement à ce qui se passe chez les profanes. Si le Franc-Maçon qualifie le Maître en Chaire de Vénérable, c’est qu’il voit et vénère en lui « le Fils (de la Lumière) » qui est censé l’avoir absorbé et l’avoir ainsi « élevé à la maîtrise », à sa Maîtrise à lui, raison pour laquelle il est en droit de retenir l’attention des Frères de la Loge.

Le Vénérable Maître s’est chargé d’une lourde responsabilité : il doit pouvoir compter sur le respect et sur l’obéissance des FF
. Il est foncièrement indécent de le prendre à partie ou de le critiquer en Loge. Ces égards s’adressent moins à la personne qu’à la fonction, ou qu’à l’autorité profonde qu’elle représente.

Il en va naturellement de même, par extension, pour le Maître Député et pour les deux Surveillants. En effet, la vie de la Loge dépend, dans une large mesure, de l’autorité que les FF
reconnaissent au Vénérable Maître et aux premiers Officiers.

L’intérêt porté à l’acquisition des connaissances est primordial dans une Loge. Au cours des échanges et discussions, le FM évitera en toutes circonstances de blesser un Frère ;il s’agit de distinguer nettement entre le fond de la discussion et la personne qui s’y engage. Toutefois, on se gardera de tomber dans l’excès contraire en manifestant une susceptibilité qui, imitant la liberté de parole, menace la vie intellectuelle de l’Atelier et démontre une maturité maçonnique fort incomplète. En toute occasion en effet, le Maçon sacrifie tout à la Vérité, en premier lieu soi-même et sa vanité.

Il est beau et bon, voire bénéfique à tous points de vue que les Frères prennent part au bonheur ou au malheur de l’un des leurs.

Ils seront aussi serviables en toutes circonstances l’un envers l’autre, aussi bien en Loge que dans le monde profane. Le degré d’entraide ne dépendra pas de la plus ou moins grande amitié qui nous lie à un Frère ; en faite sa seule appartenance à l’Alliance maçonnique – alliance moins entre les FF
qu’entre chacun d’eux et l’œil de l’Univers – doit le transformer en Frère, en être aimé auquel nous devons assistance. La trahison, figurée par la tromperie et par désir d’exploiter, serait la chose la plus répugnante entre deux Franc-Maçon.

Et que dire du serment ? La Franc-Maçonnerie, par l’engagement qu’elle requiert serait inconcevable sans serment. On peut décrire ainsi la différence entre la conception profane et la conception maçonnique du serment : on assermente le profane afin de pouvoir compter sur lui afin qu’il ne déçoive pas la con fiance placée en lui : en revanche le Franc-Maçon prête serment pour que lui-même sache pouvoir compter sur soi, afin d’éviter de dévier dans la voie de son propre accomplissement. Le caractère social, c’est-à-dire profane du serment n’a rien à faire ici.

L’esprit de conciliation conditionne la vie maçonnique communautaire. D’autre part le Franc-Maçon aura la probité et le courage de reconnaître ses erreurs en s’en excusant et chaque Frère doit être prêt, avant même que son interlocuteur ne fasse le premier pas, à rétablir la paix et la concorde menacées.

De toute façon, il faudrait que les Frères apprennent dès leur entrée dans notre Ordre que « les usages sociaux » sont absolument désuets à nos yeux et qu’ils ne doivent en rien inspirer le FM dans son comportement en Loge, face à ses Frères. Il en va comme de notre conception du Maître et de la Maîtrise, par rapport à celle qui cours dans le monde profane, profanateur du sacré qui habite l’homme : la nôtre implique une « élévation », une vision désintéressée, et par là-même inspiré et opérante, des choses.

Le profane peut devenir a tous égards un maître : son maître, le maître de sa colère, de sa peur, de ses inhibitions face à autrui, de son envie, de sa jalousie, de sa haine ou de sa propre vie. Le Franc-Maçon, par contre, accède à une Maîtrise, à une maîtrise qui se rapporte à un Art dit royal de par sa participation à l’autorité royale du Grand Architecte de l’Univers sur l’ensemble et le détail des données constitutives de l’Univers. Il y parvient en s’ouvrant à plus grand que lui, en s’adjoignant un Guide intérieur régulièrement mieux informé que lui sur ce qui est.

Le plus bel outil requiert un ouvrier qui sache s’en servir. L’outil par excellence du Maître Maçon est ce Guide, celui-ci figurant le condition de son succès. Encore faut-il qu’il sache lui donner la parole, lui accorder dans la tourmente la place nécessaire, toute la place abandonnée par L’Ego défunt.

Source : www.ledifice.net

 

Par X - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 17:40

Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem.

D’emblée, le décor est placé. Mais comment le postulant comprendrait-il, lorsqu’il regarde, étonné, l’acronyme V.I.T.R.I.O.L. inscrit au mur obscur du cabinet de réflexion, que la “démarche” entreprise est alchimique, en quelque sorte une tentative de transmutatio individuelle accomplie au sein d’une collectivité “d’individus” poursuivant chacun pour eux-mêmes - collectivement - le même but par des voies différentes ?

Comment comprendrait-il qu’il est, solitaire, aux prises avec l’Œuvre au noir, premier acte d’une individuation qui le conduira, s’il le souhaite, à l’athanor - Œuvre au rouge - où il retrouvera la Parole perdue ? Impossible.

Tous ceux d’entre nous qui avons enquêté des profanes n’avons pu que très rarement percevoir, dans l’expression maladroite de leurs motifs, une quelconque intuition du sens de leur quête.

Ils ne sont capables que d’exprimer des banalités ; l’affirmation confuse d’une croyance en Dieu, certes, mais sans trop savoir expliquer le pourquoi et le comment, rejoignant en cela à leur insu les propos de C.G. Jung : “… à moins que quelqu’un n’en vienne à l’idée bizarre de prétendre savoir avec précision ce qu’est Dieu" ; une idée vague de la fraternité, mais aussi, souvent, le sentiment d’une frustration religieuse.

Peut-être celle de ne pas avoir perçu au sein de leur Église baptismale les discours qui sortiraient du formalisme et de la superficialité, incapables de susciter au sein de la communauté ecclésiale une participation active de leur âme (psyché). Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le dogme et la doctrine au sein des Églises ne doivent pas être considérés uniquement éléments de frustrations des libertés individuelles, mais aussi, reconnaissons-le, comme une nécessaire rampe sur laquelle s’appuie la majorité des fidèles, une structure collective destinée à ceux qui, sans quoi, trébucheraient (le dogme de la Trinité, par exemple, ne peut être raisonnablement remis en cause, au risque de renier purement et simplement le christianisme - encore conviendrait-il ici de remplacer le mot dogme par le mot mythe qui correspondrait mieux à notre vision maçonnique - cf. infra : Mythe & inconscient).

Les dogmes sont par conséquent les socles sur lesquels s’édifient les doctrines, épines dorsales des Églises. En revanche, le danger réside en une projection intégriste et exclusive d’une pratique religieuse dévoyée, en une attitude dogmatique radicale qui soustrairait à l’âme ses valeurs, car l’individu - entendons par individu le profane qui un jour de sa vie vient frapper à la porte de nos temples - souhaiterait inconsciemment pouvoir participer à son expérience spirituelle au sein de son Église, qui n’est devenue le plus souvent hélas, selon la formulation de Kierkegaard, qu’une institution de prêtres-fonctionnaires qui y font carrière, réduisant les Écritures à un prétexte à de belles envolées rhétoriques devant un public assoupi, une sorte de compagnie d’assurance pour l’au-delà ; le postulant souhaite en effet participer à la nourriture de son âme et, à cet égard, met son espérance dans la Franc-Maçonnerie, cette fraternité d’hommes dont il ne connaît rien, évidemment.

Rappelons ici la doctrine de Maître Eckhart qui met en exergue le thème de l’archétype (nous y reviendrons) en ceci que l’âme se rattache à l’essence divine par son point le plus intime, où est situé son archétype éternel, désigné par le dominicain comme point central de l’âme, la “lumière” ou “étincelle”.

Dès lors, notre postulant potentiel, responsable de la construction de son propre temple intérieur, est de facto un cherchant - il cherche la lumière -, prêt à une quête de son archétype, prêt à remplir le vide de son âme et mettre “tout Dieu dedans” et non “tout Dieu dehors”.

Cette vision repose essentiellement sur le concept de la régularité. Or, nous connaissons tous l’importance du Volume de la Loi Sacrée (VDLS), l’une des trois lumières de la Franc-Maçonnerie, témoignage écrit de la Tradition sans distinction d’appartenance religieuse.

La franc-maçonnerie étant d’essence occidentale, il se trouve ainsi que ce Volume soit la Bible.

Il pourrait en être autrement sans que la régularité en soit altérée (le Coran par exemple). Rappelons brièvement ce qu’est la régularité : “Le premier point de la régularité est la croyance au Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée (…) La révélation ainsi perçue n’appartient pas spécifiquement à une religion déterminée (…) Le pasteur Anderson l’a parfaitement formulé dans ses Constitutions en désignant le franc-maçon comme “noachite

Cette formulation peut paraître réductrice. En effet, la révélation est essentiellement un concept issu de l’arbre abrahamique et ne concerne en fait que le judaïsme, le christianisme et l’islam, toutes trois religions révélées incluant la transcendance (Moïse, le Christ, Muhammad), elle impliquerait de ce fait davantage un aspect théiste que déiste.

Il est clair que la notion spirituelle de GADLU n’est pas la même dans les trois religions des Livres (ancien et nouveau Testament, et Coran) que dans les Upanishads ou tout autre expression livresque de doctrines orientales qu’il ne convient pas d’analyser dans le cadre de cette étude. Disons par exemple qu’il y a fort à parier que si l’Angleterre n’était pas allé coloniser l’Inde pendant un siècle, la Franc-Maçonnerie n’y existerait pas.

Névrose, motivations psychologiques du postulant et individuation

Nous pensons que le désir inconscient d’une quête spirituelle à l’origine d’une volonté d’adhésion à une organisation initiatique comme la Franc-Maçonnerie est de l’ordre de la “névrose consciente”.

Entendons-nous bien. Il convient ici de se garder de toute ratiocination hasardeuse, de modérer nos propos et d’observer prudemment les caractères apparents de la névrose - même légère -, autrement dit ne pas se limiter à une définition lapidaire de cette forme de psychopathie.

Sous forme de boutade, nous pourrions dire que le Maçon est un “névrosé qui ne s’ignore pas”, alors que la plupart des individus, femmes ou hommes, que nous rencontrons sont des “névrosés qui s’ignorent”. Rares en effet sont les êtres qui peuvent prétendre à un parfait équilibre psychique.

La névrose est un état obsessionnel inconscient. Les divers états névrotiques - même légers répétons-le - présentent des caractères et des troubles communs se traduisant par des malaises psychiques et sociaux, des manques de maturité affective (réactions inconscientes aux situations professionnelles, familiales, etc.), névroses d’angoisse ou autres dues à des facteurs endogènes psychiques (éducation, conditions de vie, circonstances extérieures, etc.).

Ils se traduisent par un besoin de rechercher une sorte de refuge où réfléchir et agir tels que C.G. Jung les définit lorsqu’il aborde la question des sociétés secrètes : “Ces identités collectives, (…) des béquilles pour les paralytiques (…) mais tout autant (…) un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus…

On doit se garder ici d’assimiler les termes de sociétés secrètes et de Franc-Maçonnerie, les unes n’ayant évidemment rien à voir avec l’autre, sinon qu’elles réunissent des groupes d’hommes menant une quête commune.

Reconnaissons ici que nos ateliers sont des cellules où chacun d’entre nous se ressource, se reconstruit, exerce pour soi-même ce processus d’individuation par lequel un être est supposé devenir un “individu” psychologique, c’est-à-dire une unité autonome, une totalité ; c’est une voie qui nous invite à devenir un être réellement individuel ; un retour à notre unicité la plus intime.

L’individuation n’exclut pas l’Univers, elle l’inclut (“Dieu tout dedans” selon Maître Eckhart) . L’individuation, considérée comme désir d’un approfondissement de la connaissance de soi, est une entreprise individuelle, difficile, longue.

Ce désir métaphysique est intrinsèquement lié à une réaction contre la déviation épistémologique de notre monde en devenir, orienté vers le matérialisme, succube de l’âme, créateur d’angoisse.

L’ère gothique, transcendantale, celle où l’âme était incluse dans la matière, l’esprit dans la pierre des cathédrales, était une symbiose entre la substantialité de l’esprit et celui de la science.

Le postulant est un nostalgique de cette époque révolue, cherchant la voie d’un retour vers l’esprit. Nous sommes en présence d’une dualité Matière-Esprit.

Rappelons à cet égard le symbolisme des diverses positions successives du compas et de l’équerre sur l’autel des serments.

L’équerre, symbole de la matière, est placée au-dessus du compas, symbole de l’esprit, au premier degré ; les deux lumières maçonniques s’entrecroisent au deuxième degré, évocation d’un début de modification dans l’ordre des valeurs, ébauche d’un retour de la suprématie de l’esprit sur la matière, réalisée au troisième degré.

La névrose est directement liée à l’angoisse. L’angoissé cherche désespérément ses repères, il cherche à donner à sa vie le sens qui lui manque.

Combien de fois n’avons-nous pas entendu : “J’ai réussi ma vie professionnelle, mais le reste est une faillite…”? L’homme souffre souvent de déséquilibres psychiques dans lesquels il s’enferme, faute de pouvoir trouver une porte de sortie vers un plan supérieur qui lui ouvrirait l’esprit, où il pourrait se développer en une personnalité plus vaste.

Kierkegaard parle de l’angoisse comme “grand privilège de l’homme” face à son pouvoir manifesté par le phénomène de la transgression et exprimé dans le mythe d’Adam, dont l’innocence se trouve face à l’immense possibilité de ce pouvoir ; l’angoisse est provoquée par l’interdiction et par la menace du châtiment ; elle devient alors le vertige de la liberté, une liberté prisonnière du désespoir.

Et le Danois d’imaginer cette formule descriptive de l’état du moi lorsque le désespoir en est entièrement extirpé : “en s’orientant vers lui-même, le moi plonge, en voulant être lui-même, à travers sa propre transparence, dans la puissance qui l’a posé” (5). Se crée alors chez l’individu le désir d’une psychologie de l’âme, volonté reposant sur le postulat d’un esprit autonome. Cette démarche et sa réalisation représentent un effort individuel persévérant.

Imago Dei et archétype

Comme nous venons de le voir plus haut, avec Maître Eckhart nous retrouvons l’Imago Dei (image de Dieu), produit de l’inconscient, laquelle, d’un point de vue psychologique, doit être comprise comme symbole du Soi, de la totalité psychique. Nos travaux sont ouverts à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, le Volume de la Sainte Loi symbolisant Sa présence dans l’espace sacré, constitué dans nos ateliers entre l’ouverture et la fermeture des travaux. Jung, toujours, s’exprime de façon claire sur ce sujet :

Ce n’est qu’au moyen de la psyché que nous pouvons constater que la divinité agit sur nous ; nous sommes cependant incapables de distinguer si ces efficacités proviennent de Dieu ou de l’inconscient, c’est-à-dire que nous ne pouvons trancher la question de savoir si la divinité et l’inconscient constituent deux grandeurs différentes. Tous deux sont des concepts limites pour des contenus transcendantaux. Mais on peut constater empiriquement qu’il existe dans l’inconscient un archétype de la totalité (…) une tendance indépendante du vouloir conscient qui vise à mettre d’autres archétypes en rapport avec ce centre”.

On comprend ici le rapport étroit entre la présence de la divinité dans la loge, symbolisée par le Livre, et l’intime perception du surconscient du sentiment de l’individu devant Mystère de Dieu.

Mystique et Initiation

Nous devons différencier ici la mystique de l’initiation, sans pour autant rejeter l’une par rapport à l’autre, - comme le fait à tort, à notre avis, Umberto Eco dans son monumental pavé : “Le Pendule de Foucault” où transparaissent à l’évidence les pensées de Julius Évola -, mystique et initiation qui, chacune, à sa manière, tendent à une perception du divin, donc du surconscient.

La mystique est une coruscation illuminée, fugitive; l’initiation une quête longue et persévérante, mais le but de la totalité psychique - est le même.

Notons au passage que le mystique païen n’a rien à envier au mystique chrétien, la mystique étant d’ordre supra-humain, à ceci près toutefois que les références du mystique sont liées aux racines religieuses et environnementales du sujet et à l’influence de celles-ci sur son surconscient.

Mythe et inconscient

Il convient en effet de réfléchir sur le rôle du mythe dans l’inconscient. Expression métaphorique connue des temps les plus reculé, le mythe est une sorte de psychodrame dont les acteurs représentent les différents aspects inconnus de nous-mêmes.

Il nous invite tout au long du déroulement de l’action à une prise de conscience progressive.

Le mythe n’est pas une fin en soi, mais un fil conducteur vers notre inconscient, la suggestion d’une méditation sur nous-mêmes sous la forme d’une voie, d’une structure d’idées qui proposerait une adaptation non plus à l’ambiance, mais au sens de la vie ; une évasion vers la sortie d’une déréliction psychique, créatrice d’angoisse, et qui nous envahit.

La pluralité des rituels a évidemment pour objet d’adapter chaque idiosyncrasie au système maçonnique dans son ensemble, mais le sens du mythe reste le même. Le postulat - nous l’avons vu plus haut - consiste à admettre que l’individu est a priori dans les ténèbres psychologiques (mythe de la chute - Ge. III 1/24)).

Toute évolution ultérieure à cette situation ne peut que le conduire hors de celle-ci. Adam symbolise l’intellect, c’est-à-dire la capacité propre à l’homme d’agir sur le monde extérieur, de l’adapter à ses besoins, différent en cela de l’esprit, capacité de s’orienter essentiellement dans le monde intérieur et face au sens de la vie. Le mythe de la chute symbolise la prise de pouvoir de la matière sur l’esprit :

- " Que venons-nous faire en loge ? - Vaincre nos passions, soumettre nos volontés et faire de nouveau progrès en franc-maçonnerie "
- " Quels sont les devoirs d’un franc-maçon ? - Fuir le vice et pratiquer la Vertu ".

Considérant la totalité de son fonctionnement psychique, l’homme est à la fois faible et fort. Il sera plus fort que faible dans la mesure où son élan évolutif le portera à devenir pleinement conscient de lui-même, à comprendre tant les intentions de la surconscience éthique que les intentions pathogènes du subconscient.

Mythe d’Hiram et Prologue

L’ensemble des structures initiatiques de la franc-maçonnerie, à l’exemple des “mystères” de l’Antiquité, ont pour but de raviver l’émotion devant le Mystère de l’harmonie universelle, à laquelle l’homme, pour son bien essentiel, doit s’incorporer par auto-harmonisation (on s’initie soi-même), d’où s’en suit le sentiment d’éthique immanente.

Il faut se garder ici de toute conceptualisation logique de la nature de Dieu, comprendre que le Grand Architecte de l’Univers (Dieu) doit être pris comme symbole innommable du Mystère absolu, non pas considéré comme Entité, Substance ou Personne, mais comme abstraction, comme vacuum.

La tradition judaïque nous enseigne que le “Nom de Dieu” (Y-H-W-H) ne doit jamais être prononcé, sous peine d’une personnification qui, l’anthropomorphisant, lui retirerait sa signification d’harmonie infinie du silence (abomination salomonienne : tu ne prononceras pas le “Nom de Dieu” en vain).

L’image même de Dieu se trouve incluse dans l’homme (Dieu tout dedans). “Seul existe le mystère immanent de l’existence : l’organisation harmonieuse de l’univers et l’émotion humaine devant cet aspect mystérieux auquel participe tout ce qui existe vraiment, être et chose” .  Dieu est le reflet de la non-existence absolue.

Dans cet esprit, revoyons le mythe d’Hiram.

C’est une fable qui met en scène une situation psychodramatique en relation avec le Prologue lu dans sa version mythique.

Paul Diel en effet nous éclaire à cet égard : selon lui, il conviendrait de se livrer à une lecture du Prologue différente de celle proposée dans la Bible, laquelle - toujours selon lui - conduit le lecteur à une interprétation dogmatique du texte. Diel propose une interpolation de l’ordre des phrases qui lui restitue son sens mythique par déplacement du verset 6 après le verset 18.

Nous faisons figurer en annexe les deux textes biblique et mythique parallèlement l’un à l’autre.

Il nous a paru intéressant de soumettre la comparaison des deux lectures du Prologue qui met en valeur son sens mythique - maçonnique - uniformément recevable par tous, sans distinction confessionnelle; elle permet en plus au non-chrétien de prendre conscience de la dimension spirituelle de ce texte biblique (et maçonnique) fondamental.

Ainsi :

- Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait…
- Au commencement était le Verbe… en lui était la lumière des hommes…

Au début de la "légende", nous sommes avant la "chute" ; l’ordre, l’harmonie et la sérénité règnent sur le chantier (hiérarchie pyramidale, division des ouvriers par classe; l’existence du monde est inséparable de son organisation).

Dans le Prologue, le Verbe et la lumière illuminent le cosmos (surconscient). Après l’assassinat d’Hiram, nous sommes plongés dans les ténèbres ; Adam a déjà croqué le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; Lucifer apparaît en filigrane, la Genèse sous-entend l’avènement de la souffrance pathologique qui apparaît avec l’être conscient (conscience du crime, de la transgression). "Le Verbe (Dieu) symbolise l’acte créateur, organisateur; au niveau humain, l’organisateur du fonctionnement psychique (…) de sa réalité psychologique” .

- Il (Hiram) a péri par le plus détestable des crimes… (la lumière est éteinte).
- Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie…

Mais l’esprit d’Hiram, mort assassiné, perdure dans les ténèbres ; il cesse d’être instinctif pour devenir directif (celui qui dirige) et surconscient. On assiste à un refoulement de l’appel de l’esprit. La "lumière qui brille dans les ténèbres" est la vérité éternelle qui ne parvient plus à s’imposer, car le subconscient, le refoulement, s’opposent à l’émergence et à l’influence du surconscient.

- Le sage roi Salomon avait conçu le pieux dessein d’élever au Grand Architecte de l’Univers un temple, où seul il recevrait l’encens des hommes…

Le roi Salomon n’est pas ici le personnage historique, contestable, de l’ancien testament, mais un symbole du Bien, personnage mythologique supra-humain, dont il est l’exécuteur.

- Hiram, savant dans tous les arts et spécialement dans l’architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon (…) pour conduire cette entreprise…
- Il y eut un homme envoyé de Dieu son nom était Jean…

Qui envoya Hiram à Salomon ? : Dieu (le Verbe). Nous retrouvons ici un sens caché commun à toutes les mythologies où leCréateur (Dieu) et le Juge (Salomon) unis en un seul symbole - le Verbe - signifiant le mystère de l’existence. Le temple devient alors le centre (la chambre du milieu), le lieu du surconscient (l’encens des hommes).

Voyons ici une annonciation de l’esprit prophétique davantage conforme à une lecture mythique du texte qui nous dit : "Soyez les prophètes de votre propre vie !" En effet, Hiram mort, nous sommes conviés à l’achèvement psychique de la construction du temple, de notre Soi, de notre archétype, à une rencontre avec le Mystère. Nous sommes conviés à nous prendre en main. Souvenons-nous ici des mots de Jung : "Auparavant, les choses m’arrivaient; maintenant c’est moi qui veut" . ou bien encore : "Tandis que celui qui nie s’avance vers le néant, celui qui obéit à l’archétype suit les traces de la vie jusqu’à la mort. Certes, l’un et l’autre sont dans l’incertitude, mais l’un va à la rencontre de son instinct tandis que l’autre marche avec lui"

- Hiram (…) maintenait encore les esprits révoltés (…) lorsque trois compagnons formèrent l’horrible projet d’arracher, de gré ou de force, les Mot Sacré des Maîtres.
- Celui qui dit être dans la lumière tout en ayant de la haine pour ses frères… Les ténèbres ont aveuglé ses yeux (première épître de Jean (II/8).

Les trois compagnons haineux : ignorance, fanatisme et ambition, représentent les pulsions inconscientes, incontrôlées. L’assassinat d’Hiram est une transgression involutive, forme négative des intentions du psychisme ; c’est le fruit défendu du jardin d’Eden, le feu de Prométhée.

À la fin de la légende d’Hiram, après que le récipiendaire a été relevé par les cinq points parfaits de la maîtrise, le V… M… annonce joyeusement le retour de la lumière:

- Le M… est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais !… C’est ainsi que tous les MM… Maç… affranchis d’une mort symbolique, viennent se réunir avec les anciens CC… de leurs travaux et que, tous ensemble, les vivants et les morts, assurent la pérennité de l’Œuvre !
- Mais à tous ceux qui l’ont reçu (le Verbe), il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.

La voie de l’harmonie intérieure est désormais tracée.

Le déroulement même de la cérémonie revêt une signification symbolique qu’il convient de ne pas ignorer : La loge est désorientée; elle est tendue de noir; un épais rideau noir isole le De’b’ir de l’Ehal; le Delta à l’orient reste allumé, mais n’est plus visible, l’Étoile Flamboyante à l’occident est faiblement éclairée; l’emplacement des trois colonnettes a changé; le V\M\ n’occupe plus la chaire du roi Salomon mais est installé à une table au pied des marches de l’orient. Cette disposition correspond à l’image du chaos psychique dans lequel se trouve celui qui recevra la lumière quelque temps plus tard.

Nous remarquons ici qu’un même personnage peut recouvrir deux significations antithétiques. Le "rôle” joué par le V…M… se situe à deux niveaux : a) la présidence de l’atelier (Salomon dans sa chaire); b) un des trois assassins d’Hiram, en fait celui qui achève l’architecte.

Nous nous apercevons enfin que les lectures analogiques du Prologue, dans son sens symbolique, et celle du mythe d’Hiram, présentent des correspondances flagrantes. Certes, aucun miracle ne s’accomplira sans la volonté auquel l’âge du grade (sept ans et plus…) donne sa valeur et sa portée. Une nouvelle lumière éclaire l’inconscient.

Siècle des Lumières et Franc-Maçonnerie.

L’humanisme se développe au début du 18° siècle principalement en Angleterre où la Royal Society joua un rôle éminent. Dans ses Lettres philosophiques, Voltaire écrivait : “Tout prouve que les Anglais sont plus philosophes et plus hardis que nous. Il faut bien du temps pour qu’une certaine raison et un certain courage franchissent le Pas-de-Calais”. Constatons le parallèle chronologique entre cette nouvelle “voie royale de l’intelligibilité”, purement anglaise, et la création (purement anglaise elle aussi) de la franc-maçonnerie spéculative de 1717.

L’historicité de la Franc-Maçonnerie est ainsi intimement liée à celle de l’humanisme du Siècle des Lumières, générateur de rationalismes postérieurs comme le positivisme d’Auguste Comte, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. En effet, l’humanisme pris au pied de la lettre est une doctrine philosophique qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs y compris celle du Mystère.

Or, le symbolisme, tel qu’il doit être compris dans la démarche mythique de la Franc-Maçonnerie, place justement l’homme devant le Mystère.

En fait, le paradoxe n’est qu’apparent. Isaac Newton, membre de la Royal Society, elle-même indirectement liée à la Franc-Maçonnerie (souvenons-nous de B. Franklin, à la fois membre de cette institution et Maçon), auteur des “Principes mathématiques de la philosophie naturelle”, introduit le concept de “Démiurge”, “l’Horloger”, expliquant le fonctionnement de l’Horloge-Monde à partir des lois immanentes et non pas transcendantes de l’univers, monde fabriqué une fois pour toutes et sans intervention ultérieure.

Ce qui est précisément le Mystère.

Il serait niais et stérile de réfuter en bloc l’héritage des Lumières. Mais force est de reconnaître que les doctrines philosophiques qui en découlèrent (positivisme, structuralisme, physicalisme, etc.) se sont évertuées à démontrer vainement l’indémontrable.

La Franc-Maçonnerie, pourquoi ?

Le développement de notre thèse nous invite à réfléchir au bien-fondé d’une démarche correctement comprise et pratiquée au sein de notre organisation. Quelle que soit l’époque, toute société a creusé sa tombe pour s’y coucher une fois morte.

Une éternelle palingénésie fait renaître le Phœnix de ses cendres jusqu’à ce que, à nouveau, il s’effondre et implose.

Sir Thomas More écrivait déjà au 16° siècle dans son Utopie :

Que faites-vous donc, je vous le demande, que de fabriquer vous-mêmes les voleurs que vous pendez ensuite ?

Nous nous fabriquons voleurs pour nous pendre ensuite, comble de l’absurde. Bateaux ivres sur l’océan de la vie, nous ne sommes souvent plus capables de trouver le bon cap.

Notre frère Jean Servier dans son “Histoire de l’Utopie” (13) soulignait avec justesse : "À quoi bon bâtir, philosopher, rêver, prier si l’homme n’est pas le but suprême de toute démarche et son bonheur sur terre mal assuré".

La question se pose alors de savoir en quoi consiste le bonheur de l’homme. La prédominance de la matérialité de notre siècle oblitère le vrai sens de la vie sans tenir compte de l’inter-influence constante entre les deux phénomènes existants : esprit et matière, et conduisant au renversement du rapport survalorisant la matière et rendant inutile l’approfondissement épistémologique (ou Théorie de la Connaissance) instituant une croyance en une Matière absolue, à la place d’un Esprit absolu, fondant ainsi de fausses bases à toute tentative d’explication.

Et cela reste l’origine même de la névrose dont nous parlions au début de cet exposé.

Dans toutes les traditions, le carré a été le symbole de la matière, le cercle, celui de l’esprit.

Dans notre tradition maçonnique, le carré est l’équerre, le compas, le cercle. Passer de l’équerre au compas pour “être relevé plus radieux que jamais” est réaliser cette transmutation de la matière à l’esprit.

La trinité maçonnique prend alors toute sa valeur symbolique. La dualité Esprit/Matière (Compas/Équerre) se fond dans le Verbe (V.D.L.S.) pour se reconstituer en un seul et unique élément : “Un le tout”.

L’homme debout (relevé) est symboliquement rétabli dans sa totalité psychique.

Vanité des vanités, tout est vanité, dit l’Ecclésiaste ; le serpent du Jardin d’Eden la symbolise. Cette vanité aveugle l’homme et l’entraîne dans un cul-de-sac, sur un chemin qui ne le mène nulle part.

Afin que sa vie ne reste pas un " grouillement d’intentions obscures ", l’être humain doit accéder à la clairvoyance de lui-même, doit procéder à un retour essentiel sur ce qu’il est : comprendre le sens même du cogito ergo sum, ne pas se limiter à dire :

"je pense donc je suis" mais se penser lui-même, réaliser que l’important n’est pas de savoir qu’il est, mais qui il est, et, d’étape en étape (les degrés successifs de l’initiation), de s’élever de façon évolutive jusqu’à l’homme, de construire l’édifice des valeurs (le Temple) aboutissant au niveau supérieur de l’esprit humain.

Le faux jugement porté inconsciemment sur soi-même conduit à une survalorisation (ou sous valorisation) de soi et au chaos. La vérité surconsciente occultée par la vanité illusoire, peut être découverte, et la satisfaction intense de soi-même n’est plus vanité, mais devient sérénité, ordre (Ordo ab Chaos).

Le surgissement de la culpabilité au regard intérieur, à l’introspection, est, elle aussi, créatrice d’angoisse ; la découverte de son fantôme (de son ombre) peut devenir traumatisante sur l’instant, mais c’est le prix de la plénitude.

Il faut être clair cependant.

L’analyse de l’aspect psychologique de la démarche maçonnique, telle que nous avons tenté de la démontrer, n’a jamais représenté en soi une forme de thérapie particulière soignant les troubles mentaux, les déséquilibres psychopathiques ou les dépressions profondes.

Mais l’espace sacré, constitué pendant la durée des travaux, est pour beaucoup une “aire de repos”, un espace clos où se confinent ceux qui poursuivent une quête semblable, une forme inconsciente de regresus ad uterum (de retour dans la matrice)… un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus (c.f. supra). Gardons-nous bien cependant d’hypostasier l’irrationnel comme beaucoup de dérives nous y invitent ! Restons les pieds sur terre !

La loge devient alors une vraie fraternité d’hommes ayant "laissé leurs métaux à la porte du temple" (l’ensemble de leurs pulsions inconscientes, de leurs angoisses, de toute forme d’inhibitions psychologiques, aussi bien de toute apparence sociale falsifiée).

À mi-chemin entre le zénith et le nadir, dans une position équidistante des quatre points cardinaux, devant les trois grandes Lumières que sont le Volume de la Sainte Loi, le Compas et l’Équerre, sous le regard muet de l’Œil inséré dans le Triangle, quinte partie de l’Étoile flamboyante, muni des outils symbolisés devenus ceux des bâtisseurs d’âmes, l’homme est invité à réfléchir.

Le Mystère est devant soi, ad vitam eternam. Aucune équation ne démontrera jamais l’existence de Dieu, ineffable sentiment au plus profond de soi-même, vision fugitive de la pierre caché annoncée dans le cabinet de réflexion.

Sans relâche, sans relâche :

Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem !

Source : http://anck131.over-blog.com/30-index.html

Par X - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 07:00

Le tétragramme que nous ânonnons sans comprendre, ni réfléchir ; nous est présenté comme venant des hébreux ; est-ce exact ? Nous n’avons aucune matérialisation de ce que furent à l’origine les hébreux ; ni historique, ni archéologique. En conséquence il ne nous reste que des suppositions.
Par contre il est troublant de constater les similitudes entre les hiéroglyphes égyptiennes et l’alphabet hébreu, et, la contenance significative de similitude des deux. Suit ensuite, la tentative de relier comment on est passé de l’adoration d’Aton, le soleil, symbole du Dieu unique, au Dieu hébraïque, puis au Dieu chrétien ; et, qu’espérons-nous en tirer comme enseignement en maçonnerie adogmatique ayant épousé les lumières ? Question, qui, aujourd’hui, me parait essentielle.

Le tétragramme tel que nous le connaissons : « yod, hé, vau, hé, » que l’on ne doit qu’épeler et jamais prononcer, est très difficile à circonscrire.
Quelle signification lui donnons-nous ?
A quelque chose près ce devrait être : « Grand Dieu, souffle divin, créateur de l’homme ».
La lettre Yod est représentée au début du nom d’Aton ; les noms égyptiens Aton et Amon commencent par un yod en hébreu, ou, aussi, par un aleph, ce qui semble vouloir dire : « seigneur ; Dieu ; ou soleil. »
A remarquer : le yod égyptien et le yod hébreu sont des lettres similaires ; mais, en hébreu, dans la bible, le tétragramme « Yahvé » - ou le Yod –Yod - se disent : Adonaï , car il est interdit de prononcer le nom de Dieu. C’est donc la conjonction du dieu aton et du pharaon Aï successeur de Toutankamon ; devenu Adone-Aï ( le seigneur Aï)
Donc « Adonaï » trouve sa racine dans Akhénaton ; à l’origine, Anokhi-Adonaï : « je suis dieu » signification précise du nom Akhénaton.
Le VAV ou VAU , en hiéroglyphe, la vipère, en hébreu, la fécondation, symbole de création de l’homme.
Lorsque lors de l’initiation au 13ème grade le T.F.P.M. nous intime le silence devant un nom divin ineffable, imprononçable, c’est bien une génuflexion, un acte de foi, une adhésion au concept biblique, qui nous est demandé, rien de raisonnable, de logique, ne fonde cette démarche.
Voyons la supposition du décryptage hiéroglyphique égyptien ; en passant tout le descriptif ardu ; nous en arrivons à la conclusion que la prononciation du tétragramme est :
« Yaou-hé » ce qui donne : « adoration du grand dieu hé » ; le tétragramme devenu en hébreu : Yahvé ; Jéhovah ; a comme racine Yahou : le nom du pharaon ; puis hé : le souffle divin ; il est présent dans le cartouche d’Aménophis 3 à Soleb en haute Egypte ( 1384—1346 avt J.C.)
Doit-on la perpétuation de ce tétragramme jusqu’à notre maçonnerie à cause de la philosophie d’Akhénaton décrite par Christiane Desroches-Noblecourt ?
Proclamer ce que les clercs des temples savaient depuis « les temps des Dieux » : que les hommes de toutes races étaient nés égaux et que, seule, leur « méchanceté les avait différenciés ». Unir les hommes en les rapprochant de toutes créatures et leur rappeler la parenté profonde qui reliait les éléments minéraux, végétaux, animaux et humains, supprimer les pratiques de la magie qui ne pouvait que paralyser l’évolution morale : telles étaient les idées fortes d’Aménophis 4 ; tel était aussi son programme
En tout cas nous retrouvons ce tétragramme dans le sépher yetsira , « la bible des kabbalistes » - Le sepher est formé par 2 rouleaux de la Torah où sont écrits en hébreu les 5 premiers livres de la bible : ( Pentateuque ) ; Mais, nous retrouvons ce tétragramme sous la forme d’une épée ; la description dit : « le yod est le pommeau, le vav la lame, les deux hé, les deux tranchants » ( Zohar 3-274 b )
Il faut ici aborder la grande différence donnée à la divinité au cours du temps, et ceci, au travers des midrash .
En hébreu le hé est « souffle de l’existence , forme de vie » Qu’en est-il dans le judaïsme ? Quelle signification lui donnons-nous ? Cette planche cherche à aborder le thème d’un rituel bien difficile à analyser, et, peut-être encore bien plus difficile à comprendre, et, celui des origines mal connues et des transmissions sans doute erronées.
Il y aurait donc un lien étroit entre ce que nous connaissons du tétragramme et l’Egypte antique .
Pourquoi le Zohar y introduit-il une épée ?
C’est ici que nous allons nous tourner vers Sandrick Le Maguer, et son explication fort érudite de la transcription de la bible hébraïque originale à celle de nos jours.
Il nous précise que les Chrétiens n’ont pas lu la bible en version originale , car, elle est écrite sous forme de midrash , d’allégories, de métaphores, d’analogies, de concordances, et de gématrie.

Petite explication pour revenir à notre tétragramme :
Midrash, vient de la racine hébraïque darash, qui signifie rechercher, exiger, fouiller dans l’enfouissement absolu, suivant les 13 principes de Rabbi Ishmaël . C’est un art, avec sa langue, ses sauts, ses ruptures, ses apparentes contradictions, où il n’y a ni d’avant, ni d’après.
La gématrie est quand deux mots apparemment sans rapport, ont la même valeur numérique. La bible hébraïque originale est ainsi écrite …..alors bonjour la traduction en Grec en latin etc… L’un des pionniers en la matière est Bernard Dubourg décédé en 95 .
Nous voilà avec une filiation bien compliquée, qui, sans être volontairement falsifiée est sans doute erronée , ou ; arrangée au goût du jour.
Qu’avons-nous, nous, F.M. du 21ème siècle à en penser, et, à en retirer ?
Si l’on se réfère à Fabre d’Olivet : « la langue hébraïque restituée » ; il y a continuité depuis Akhénaton jusqu’aux Hébreux ; exemple :
Israël signifie « fils de Râ et de Dieu » . Les attributs de pharaon sont identiques à ceux du Dieu de la bible appelés « séphirot » dans la kabbale ; la géographie nous parle du sin-Aï ; amen est Amon détourné par Moïse , et, qui d’ailleurs signifie : « en vérité » ; les similitudes sont foison. Historiquement, philosophiquement, et peut-être aussi théologiquement, c’est important.
Qu’en dire maçonniquement ? J’avoue que mon agnosticisme s’en trouve irrité, malgré les contorsions (comme disait Pierre Mirebeau) distribuées par le suprême conseil.
Je suppose que, ce sera là le centre de vos interventions.
 source :
www.ledifice.net

Par P\ M\ G.O. Le Havre 33ème - Publié dans : Planches
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