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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 07:00

Le tétragramme que nous ânonnons sans comprendre, ni réfléchir ; nous est présenté comme venant des hébreux ; est-ce exact ? Nous n’avons aucune matérialisation de ce que furent à l’origine les hébreux ; ni historique, ni archéologique. En conséquence il ne nous reste que des suppositions.
Par contre il est troublant de constater les similitudes entre les hiéroglyphes égyptiennes et l’alphabet hébreu, et, la contenance significative de similitude des deux. Suit ensuite, la tentative de relier comment on est passé de l’adoration d’Aton, le soleil, symbole du Dieu unique, au Dieu hébraïque, puis au Dieu chrétien ; et, qu’espérons-nous en tirer comme enseignement en maçonnerie adogmatique ayant épousé les lumières ? Question, qui, aujourd’hui, me parait essentielle.

Le tétragramme tel que nous le connaissons : « yod, hé, vau, hé, » que l’on ne doit qu’épeler et jamais prononcer, est très difficile à circonscrire.
Quelle signification lui donnons-nous ?
A quelque chose près ce devrait être : « Grand Dieu, souffle divin, créateur de l’homme ».
La lettre Yod est représentée au début du nom d’Aton ; les noms égyptiens Aton et Amon commencent par un yod en hébreu, ou, aussi, par un aleph, ce qui semble vouloir dire : « seigneur ; Dieu ; ou soleil. »
A remarquer : le yod égyptien et le yod hébreu sont des lettres similaires ; mais, en hébreu, dans la bible, le tétragramme « Yahvé » - ou le Yod –Yod - se disent : Adonaï , car il est interdit de prononcer le nom de Dieu. C’est donc la conjonction du dieu aton et du pharaon Aï successeur de Toutankamon ; devenu Adone-Aï ( le seigneur Aï)
Donc « Adonaï » trouve sa racine dans Akhénaton ; à l’origine, Anokhi-Adonaï : « je suis dieu » signification précise du nom Akhénaton.
Le VAV ou VAU , en hiéroglyphe, la vipère, en hébreu, la fécondation, symbole de création de l’homme.
Lorsque lors de l’initiation au 13ème grade le T.F.P.M. nous intime le silence devant un nom divin ineffable, imprononçable, c’est bien une génuflexion, un acte de foi, une adhésion au concept biblique, qui nous est demandé, rien de raisonnable, de logique, ne fonde cette démarche.
Voyons la supposition du décryptage hiéroglyphique égyptien ; en passant tout le descriptif ardu ; nous en arrivons à la conclusion que la prononciation du tétragramme est :
« Yaou-hé » ce qui donne : « adoration du grand dieu hé » ; le tétragramme devenu en hébreu : Yahvé ; Jéhovah ; a comme racine Yahou : le nom du pharaon ; puis hé : le souffle divin ; il est présent dans le cartouche d’Aménophis 3 à Soleb en haute Egypte ( 1384—1346 avt J.C.)
Doit-on la perpétuation de ce tétragramme jusqu’à notre maçonnerie à cause de la philosophie d’Akhénaton décrite par Christiane Desroches-Noblecourt ?
Proclamer ce que les clercs des temples savaient depuis « les temps des Dieux » : que les hommes de toutes races étaient nés égaux et que, seule, leur « méchanceté les avait différenciés ». Unir les hommes en les rapprochant de toutes créatures et leur rappeler la parenté profonde qui reliait les éléments minéraux, végétaux, animaux et humains, supprimer les pratiques de la magie qui ne pouvait que paralyser l’évolution morale : telles étaient les idées fortes d’Aménophis 4 ; tel était aussi son programme
En tout cas nous retrouvons ce tétragramme dans le sépher yetsira , « la bible des kabbalistes » - Le sepher est formé par 2 rouleaux de la Torah où sont écrits en hébreu les 5 premiers livres de la bible : ( Pentateuque ) ; Mais, nous retrouvons ce tétragramme sous la forme d’une épée ; la description dit : « le yod est le pommeau, le vav la lame, les deux hé, les deux tranchants » ( Zohar 3-274 b )
Il faut ici aborder la grande différence donnée à la divinité au cours du temps, et ceci, au travers des midrash .
En hébreu le hé est « souffle de l’existence , forme de vie » Qu’en est-il dans le judaïsme ? Quelle signification lui donnons-nous ? Cette planche cherche à aborder le thème d’un rituel bien difficile à analyser, et, peut-être encore bien plus difficile à comprendre, et, celui des origines mal connues et des transmissions sans doute erronées.
Il y aurait donc un lien étroit entre ce que nous connaissons du tétragramme et l’Egypte antique .
Pourquoi le Zohar y introduit-il une épée ?
C’est ici que nous allons nous tourner vers Sandrick Le Maguer, et son explication fort érudite de la transcription de la bible hébraïque originale à celle de nos jours.
Il nous précise que les Chrétiens n’ont pas lu la bible en version originale , car, elle est écrite sous forme de midrash , d’allégories, de métaphores, d’analogies, de concordances, et de gématrie.

Petite explication pour revenir à notre tétragramme :
Midrash, vient de la racine hébraïque darash, qui signifie rechercher, exiger, fouiller dans l’enfouissement absolu, suivant les 13 principes de Rabbi Ishmaël . C’est un art, avec sa langue, ses sauts, ses ruptures, ses apparentes contradictions, où il n’y a ni d’avant, ni d’après.
La gématrie est quand deux mots apparemment sans rapport, ont la même valeur numérique. La bible hébraïque originale est ainsi écrite …..alors bonjour la traduction en Grec en latin etc… L’un des pionniers en la matière est Bernard Dubourg décédé en 95 .
Nous voilà avec une filiation bien compliquée, qui, sans être volontairement falsifiée est sans doute erronée , ou ; arrangée au goût du jour.
Qu’avons-nous, nous, F.M. du 21ème siècle à en penser, et, à en retirer ?
Si l’on se réfère à Fabre d’Olivet : « la langue hébraïque restituée » ; il y a continuité depuis Akhénaton jusqu’aux Hébreux ; exemple :
Israël signifie « fils de Râ et de Dieu » . Les attributs de pharaon sont identiques à ceux du Dieu de la bible appelés « séphirot » dans la kabbale ; la géographie nous parle du sin-Aï ; amen est Amon détourné par Moïse , et, qui d’ailleurs signifie : « en vérité » ; les similitudes sont foison. Historiquement, philosophiquement, et peut-être aussi théologiquement, c’est important.
Qu’en dire maçonniquement ? J’avoue que mon agnosticisme s’en trouve irrité, malgré les contorsions (comme disait Pierre Mirebeau) distribuées par le suprême conseil.
Je suppose que, ce sera là le centre de vos interventions.
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Par P\ M\ G.O. Le Havre 33ème - Publié dans : Planches
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 06:58

Avant propos ; ou prolégomènes :

L’écossisme serait le creuset initial de la F.M. dont les origines remonteraient à l’époque du « peuple des poteries cannelées orcadiennes » ( Orcades : archipel de G.B. N.E. de l’Ecosse ) et, aux temps des Egyptiens avec leurs relations à l’astronomie, notamment aux cycles Vénusiens, que l’ancien testament reprend dans ce qu’il appelle « la divine Shékinah » : la sainte lumière ; laquelle donnera le nom aux St Clair d’Ecosse.
La tradition Ecossaise vient donc de l’astronomie et de l’astrologie, toutes deux ayant comme croyance séculaire que la position des astres célestes affectent les actions des individus sur terre. L’écossisme maçonnique, est donc bien antérieur à la création le 24 juin 1717 de la Grande loge unie d’Angleterre ! Il y eut vers 1598, en Ecosse, la création « des statuts et ordonnances devant être observés par tous les maîtres maçons de ce royaume » par William Schaw sous Jacques 6 d’Ecosse, qui devint en 1603 James 1er d’Angleterre.
Cette conception maçonnique, aurait été véhiculée par les templiers, introduite en Ecosse après la mort de Jacques de Molay ; tradition Nazôréenne ( qui est la véritable histoire de J.C.) et, tradition opposée à celle de la G.L. unie d’Angleterre ; car elle prétend ( entre autre) que cette tradition spéculative a façonné des L.L. opératives de bâtisseurs ; il s’en suit l’opposition des « anciens » et des « modernes » où les « anciens sont les L.L. unies d’Angleterre, et les « modernes les L.L. Ecossaises.
Dans l’écossisme, à cause de l’héritage et de la destruction des templiers, on trouve une vive opposition à Rome, au Vatican. Opposition que l’on retrouvera pour d’autres raisons chez les Anglicans. Donc dualité des deux maçonneries ( Anglaise et Ecossaise ) que certains auteurs retrouvent dans la guerre de sécession du Nord contre le Sud en Amérique.
Deux thèses aussi confuses l’une que l’autre sont en concurrence pour l’établissement en France de l’écossisme : celle de l’implantation par le retour de Grasse-tilly et Hacquet venant des Antilles ; et, celle des Jacobites exilés à cause de la prise de pouvoir en 1714 de George de Hanovre .


Si l’on s’intéresse d’un peu près à l’histoire, il paraît évident que la maçonnerie ne date pas de 1717 ; cette date là ; la création de la G.L.U.A. ; ne serait qu’une réaction ; les « anciens » et les « modernes » est une opposition farouche de dynastie Stuarts, Hanovre, Nassau, politique, philosophico-idéologique, scientifique, républicains et traditionalistes théologiques, opposition Anglo – Ecossaise.
Ce que nous appelons aujourd’hui l’écossisme, n’a pas grand-chose à voir avec ce que l’on peut en supposer à l’étude du passé historique ; ( archéologie, histoire, bibliographie)

Pourquoi écossisme :

Une certaine forme de civilisation remonterait à l’époque « du peuple des poteries cannelées orcadiennes ». Ici référence à l’archéologie, et aux datations possibles par les techniques les plus modernes. Peuple situé en Ecosse, Irlande, d’où les recherches font ressortir que leur technologie de construction en pierre est un acte spirituel ; l’astronomie en est leur base calquée sur l’observation du soleil et de Vénus( équinoxes, solstices ) . Une scientifique actuelle soutiens la thèse que les fresques des grottes paléolithiques prouvent les connaissances astronomiques des hommes de la proto histoire.

Cette forme de civilisation est véhiculée vers le moyen orient favorisant l’évolution des Sumériens, puis, l’ensemble des autres sociétés : Egyptiennes, Hébraïques, que les templiers ont fréquentées, vécues et assimilées à leurs rituels ; et, ramenées en Europe, surtout en Ecosse où Hugues de Payns était le gendre de Jaques 6 d’Ecosse.
Le livre d’Enoch reprend les enseignements anciens où Vénus était l’astre suprême, possédait la divine lumière, ce qui a donné : « la divine Sékinah » ; laquelle, fût ensuite associée à l’astre solaire ; le tout formant un ensemble de connaissances détenu par des érudits, « prêtres » druides etc… lequel a été enseigné à des corporations opératives de bâtisseurs, lesquelles se sont organisées en fonction de leurs connaissances : apprentis, compagnons, maîtres. Les templiers ont été les gestionnaires de ces constructions, donc de ces connaissances, de leurs origines, et, plus tard, de ce qu’ils ont dénommé : « la vraie histoire de Jésus » ( de tradition Nazôréenne ) . Ils ont été les dépositaires et les transmetteurs de mythes, de symboles et de rites que ne pouvait accepter le dogme Romain. Cela associé à leur richesse matérielle provoquera la convoitise de la royauté et de la papauté, amenant leur ruine et leur destruction.
Les rescapés se sont réfugiés en Ecosse où les traditions templières étaient vivaces, les familles nobiliaires Ecossaises étant liées aux premiers templiers et à leurs traditions ; à noter que le nom de la famille St Clair, dont la présidence de la grande loge Ecossaise leur revenait de droit, vient de « saint lumière », donc, de la sékinah Hébraïque et du peuple des poteries cannelées.
Une lutte féroce était engagée entre les dynasties des Hanovre, celle des Stuarts, et celle des Nassau pour la domination du royaume : Angleterre et Ecosse. Le terme de Jacobite vient de cette époque où, leurs membres soutiennent Jacques 2 ( 1688 ) contre Guillaume de Nassau ; puis, les Stuarts contre les Hanovre.

En 1714, Georges de Hanovre devint roi de Grande Bretagne, écartant les catholiques Stuarts. Les jacobites s’exilèrent surtout en France et en Europe. Les fissures de la société se reflèteront dans la maçonnerie elle-même, amenant les pro Hanovriens à la dominer pour briser le monopole jacobite en créant en 1717 la G.L.U.A. ; laquelle, n’eut rien de plus urgent que de supprimer tous les anciens écrits, et, de proclamer en 1723 une constitution qui fût celle d’Anderson et de Désagulier que nous connaissons tous .

Les jacobites venus en France et en Europe, ont-ils crée des L.L. avec leur rituel, et, notamment une continuité de grades au-delà du 3ème ? Les membres de ces supposées L.L. étant Ecossais, ont-ils apposé leur titre où ont-ils été qualifiés d’écossais dans leur rite maçonnique ??
Ces Ecossais nobles pour la plus part se sont-ils engagés dans la guerre de sécession Nord Américaine, transportant leurs loges, leurs rites, leur maçonnerie ? Laquelle serait revenue en France avec Grasse Tilly et Hacquet ; il n’y a pas d‘études sérieuses à ce sujet ; d’où, les remarques d’André Doré dans son ouvrage : « vérités et légendes de l’histoire maçonnique ».
En tout état de cause plusieurs remarques s’imposent au sujet de la maçonnerie en général et de l’écossisme en particulier.
& La maçonnerie n’a pas été crée par la G.L.U.A.
& On doit en discuter ses origines.
& Des origines de ce qu’est l’écossisme et de son installation en France rien n’est clair ; il y a des différences entre ce que l’on peut supposer être l’écossisme et les bases de la G.L.U.A.
& Avons-nous conservé certaines de ces différences ?
& Dans le contexte de ce qu’est la maçonnerie actuelle et l’écossisme en particulier, des évolutions sont-elles possibles, nécessaires, ou impératives ?


La maçonnerie n’a pas été crée par la G.L.U.A. Quelles sont ses origines :


Dans notre héritage maçonnique, dont le syncrétisme édulcore les origines, s’il ne les falsifie pas, nous n’avons pas comme habitude de nous attarder sur les mythes celtes avec tous leurs symboles relatifs au bois, à la forêt ; notre F. Jacques Brengues a fait une étude sur le sujet dans : « la franc-maçonnerie du bois » ; ce qui n’a en rien modifié nos certitudes : n’allons pas chercher au-delà de 1717 ! ! Il existe bien un « rite forestier des modernes » ; mais, il ne semble pas que nos rituels s’en inspirent. Et …sans chercher à être iconoclaste, pourquoi ne pas se servir des matériaux et outils modernes mêlés aux anciens traditionnels pour définir une autre symbolique en rapport avec notre temps, et compréhensible par tous ?
Nous trouvons dans nos symboles de nombreuses réminiscences nous reliant à la civilisation celtique ; faut-il les méconnaître, faut-il les exalter ?
La chrétienté a été, et, est toujours, étouffante, « castatrice » , dominante, dogmatique. Le maçon doit s’en émanciper sans pour autant la renier; son identification peut être comparée à celle du chêne celtique, chêne sacré aux racines aussi touffues que son feuillage avec toute la symbolique s’y rattachant. Les regards passéistes, traditionalistes conservateurs, sont aussi nécessaires et dangereux que l’évolutionnisme débridé !
La néguentropie est la règle de toute société, si nous n’évoluons pas nous mourrons ; entropie égale sclérose et nécrose.
Reprenons nos bases, nos traditions, jusqu’au plus loin qu’il soit possible, redécouvrons la shékinah, les Celtes, les Egyptiens, et toutes les autres civilisations ; orientales, africaines, ou autres, pour en syncrétiser cet ensemble sur les bases de « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen », pour une religion laïque, fraternelle, mondiale. proclamer ce que les clercs des Temples

Il parait évident qu’à priori l’on doive définir ce que l’on entend par « Maçonnerie »
Peut-être qu’ici nous devrions parler de « prémisses maçonnique » . Si dans le vécu actuel des diverses obédiences nous rencontrons des constantes ; on peut aussi observer de grandes différences ; avons-nous un « principe originel » ? Oui ; une connaissance ésotérique transmise par initiation, destinée à un cercle fermé , cercle élitiste par excellence ! Connaissances au prime abord astronomiques, qui ont évolué vers l’astrologie, lesquelles ont servi de bases au calcul, aux mathématiques et à l’édification de monuments dévolus à diverses formes de religiosité. Cet ensemble de principes est bien antérieur à 1717 ! Trouve-t-on des documents le prouvant ? Oui ! rarissimes certes, et pourquoi ? Nous l’avons évoqué en cours de Pl.
Les thèses officielles sont que la F.M. ou, « les F.M. » découle(nt) des constitutions d’Anderson, de 1723 suite à la création de la G.L.U.A. en1717 eh bien non !! En Ecosse sous jacques 6 , son confident, et précepteur, William Schaw reçoit le titre de « surveillant général des maçons » et, crée en 1598 : « des statuts et ordonnances devant être acceptés par tous les maîtres maçons de ce royaume » ; statuts et ordonnances consultables dans les actes de la L. N° 1 de Mary’s Chapel à Edimbourg. Suivent ensuite une première « charte St Clair » en 1602, et, une seconde en 1630 qui cite les L.L. de Dundee, de Glasgow, de Ayr, et de Sirling .
Autre document : en 1658 John Mylne « maître maçon, de la L. de Scone » répond à sa majesté Jaques 6 « en tant qu’homme libre, maçon, et compagnon » Ref, « Des templiers aux F.M. » P. 149 Michael Baigent – Richard Leigh
Pourquoi un rejet de ces faits connus, surtout à l’époque ? Nous tombons toujours sur les mêmes raisons ; politiques, religieuses, certainement le sectarisme, l’intégrisme, le pouvoir absolu avec ses conséquences.
La lutte faisait rage entre les dynasties des Stuarts, des Nassau, des Hanovre, et les F.M. soutenant l’un ou l’autre clan ; elles n’étaient issues d’ailleurs que de l’un ou de l’autre clan , et, à peu près exclusivement de nobles. Donc peu après 1723 les « anciens » (Hanovriens) étant établis, détruisirent les documents faisant référence aux « modernes » (Jacobites) .

Des origines de ce qu’est l’écossisme, et de son installation en France, rien n’est clair, il y a des différences entre ce que l’on peut supposer être l’écossisme, et la G.L.U.A.

Des origines de ce qu’est l’écossisme, de son arrivée en France, rien n’est clair ; ce chapitre a été survolé au cours de la Pl. ; André Doré, et, plus tard Jean Petit s’y sont longuement penchés ; c’était la maçonnerie telle que nous la connaissons aujourd’hui qui s’implantait ; un vrai fouillis !!
Entre les origines jacobites et la G.L.U.A. nous trouvons le pouvoir catholique Nazôréen d’héritage templier d’une part ; et, Anglican Hanovrien d’autre part.
Deux conceptions du « pouvoir » ; car ce sont bien de part leur recrutement, des structures de « pouvoir » dont il s’agit. L’une basée sur une tradition qu’il convient de redécouvrir, que l’on a sans doute tenté d’éradiquer ; l’autre sur le dogme Romain classique accommodé à la sauce Anglicane. Les unit ; la croyance en une divinité créatrice et gestionnaire de l’humanité, divinité masculine dogmatique, puisque n’admettant pas que l’on puisse être sincère, honnête, moral, et digne d’intérêt, si l’on n’est pas de sexe masculin, et si le doute nous habite quant à cette forme de croyance.

Avons-nous conservé certaines de ces « différences »et, dans le contexte de ce qu’est la maçonnerie actuelle, et, l’écossisme en particulier, des évolutions sont-elles possibles, nécessaires, ou impératives ?

Source : www.ledifice.net

 

Par P\ M\ G.O. Le Havre 33ème - Publié dans : Planches
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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 21:06

J’évoquerai la relation de l’alchimie et la maîtrise maçonnique en développant trois points. Le premier portera sur l’alchimie et le nombre de la maîtresse, j’enchaînerai sur la relation de l’alchimie avec le mot de passe de la Maîtresse en terminant par les symboles alchimiques au cours de la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

L’alchimie et le nombre de la Maîtresse

Dans la théorie alchimique, les grands principes ou forces vitales qui animent le monde sont contenues tant dans les métaux que dans les planètes.

Les alchimistes travaillant sur les métaux reconnaissaient sept métaux auxquels ils attribuaient le nom et le signe des sept planètes ; Or ou Soleil, Argent ou Lune, Mercure, Plomb ou Saturne, Etain ou Jupiter, Fer ou Mars, Cuivre ou Vénus. Ils doivent tous dériver d’une même source : la matière première.

Isaac . Newton célèbre alchimiste cherchait à transmuter le plomb en or.
À cette fin il a observé les planètes et en a tiré la découverte de la gravité, cette force non pas vitale mais physique dont la découverte a ouvert le Siècle des Lumières.

Fulcanelli le plus célèbre et le plus mystérieux des alchimistes du XXème siècle nous révèle dans son ouvrage « Le mystère des cathédrales » que dans le portail de Notre-Dame de Paris par exemple, on retrouve sur une statue de la Vierge des médaillons représentant les 7 planètes associées aux 7 métaux utilisés par les alchimistes
Selon lui , les clefs de la transmutation, c'est-à-dire de l'opération alchimique consistant à transformer les métaux en or, se trouvent dans le portail, dissimulées de telle manière que seuls les initiés sauront les y découvrir.

Le processus de perfectionnement de la materia prima, pour passer des caractéristiques du fer à celles de l’or, s’opérerait en sept étapes comme suit : fer - cuivre – plomb – étain – mercure – argent - or.

Le mode opératoire alchimique est codifié mais les auteurs distinguent généralement sept étapes que l’on peut considérer comme des démarches de pensée consistant à marquer les étapes dans la transformation de la matière dont le but ultime est la réalisation du Grand Œuvre.

La première étape est la CALCINATION qui a pour rôle de décomposer la matière que l’on veut transformer, c’est à dire l’analyser.

La deuxième étape est la PUTREFACTION , elle porte l’image de la mort nécessaire au renouvellement de la vie , elle correspond à l’Œuvre au noir ou nigredo ou épreuve du vide, dont le symbole est le corbeau, elle s’inscrit dans le corps, dans l’imaginaire.. sans cette phase de putréfaction de la matière le Grand Œuvre ne pourrait arriver à son terme

Vient ensuite la troisième étape la SOLUTION qui nous pousse à dissoudre grâce au sel philosophique, c’est à dire à ordonner pour faire ressortir une forme nouvelle. C’est l’apparition de la couleur blanche, cette étape nous amène à l’Œuvre au blanc ou albedo, ou ’épreuve de l’eau, dont le symbole est la colombe, elle s’inscrit dans le symbolique.

Elle est suivie par la DISTILLATION, quatrième étape qui change la nature et la propriété des choses par chauffage dans l’athanor. Ceci permet une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

La cinquième étape ou CONJONCTION rend possible le prolongement de ce niveau d’intégration car on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble, il s’agit maintenant d’intérioriser le monde et son propre monde en se projetant vers l’avenir afin de saisir les buts à atteindre et qui vont déboucher sur les « Premières Vérité » selon l’Œuvre au rouge ou rubedo, ou épreuve du feu qui elle s’inscrit dans le réel.. C’est cette cinquième étape qui correspond à la Maîtrise Maçonnique ce que je développerais plus loin.

La suite logique est la SUBLIMATION.Cette sixième étape est une opération qui nous apprnd à faire jouer les choses et à savoir manier l’Art de la raison en se décentrant de ses préoccupations antérieures au profit d’autres toutes nouvelles

Enfin arrive la COAGULATION septième et dernière étape. Elle exprime la voie dans laquelle l’Homme s’engage quand il construit son Grand Œuvre individuel grâce à une pensée de plus en plus philosophique qu’il acquiert par sa faculté d’abstraction pour aller à l’essentiel. Ceci est l’aboutissement de toute désagrégation solvante qui génère une nouvelle entité par coagulation, c’est le SOLVE et COAGULA

L’alchimie et le mot de passe de la Maîtresse

L’alchimie qu consiste à travailler sur les métaux est également liée au mot de passe du grade de Maîtresse. Car l’Alchimie est fille de TUBALCAIN

1) Tubalcaïn signifie « Maître du Monde » .

Il est dans la Bible un descendant direct de Caïn (Caïn signifie acquérir ou obtenir ). Sa fonction était de travailler la terre.
La Loi Mosaïque n’étant pas encore née, Caïn ne fut pas tué après son crime fratricide, il se trouva symboliquement exilé de la terre sacrée. Il fut envoyé de l’Orient vers le Nord.
Après que Caïn eut bâti la première ville, nommée Henoch, il devint le premier d’une lignée de créateurs. Chaque descendant de Caïn est décrit par son activité : Jubal sera nomade et berger, Dubal sera musicien …Tubal-Caïn s’occupera des métaux et des instruments.
La postérité de Caïn fonde la civilisation, le progrès de la technique, des sciences et des arts.

Tubal-Caïn appartenait à la 7ème descendance de Caïn. 7 indique que Tubal-Caïn avait évolué par rapport à son ancêtre, qu’il avait exploré sa terre, découvert des métaux et qu’il savait les utiliser. Ainsi, le 7 indique aussi la fin d’un cycle. C’est pourquoi on peut dire « J’ai 7 ans et plus «, car il y a d’autres cycles à réaliser.

Le 7, c’est encore le 4 du carré de la terre, associé au 3 du triangle de la divinité. Tubal-Caïn est identifié par ces 2 nombres de par son activité de terrien et de par sa relation avec le divin (Adam créature, création de Dieu ).

Dans l’imagerie populaire, Tubal-Caïn est représenté comme un forgeron trapu, tassé comme une pierre.

2) Dans la mythologie, Tubal-Caïn est assimilé à Vulcain pour les Romains et à Héphaïstos pour des Grecs, forgerons officiels des dieux. Maître du Feu, Héphaïstos forgea l’armure magique d’Achille, le trident de Poséidon, le sceptre de Zeus ou bien encore la colonnade de bronze du T\ de Delphes. « Il » découvrit les secrets du feu et des métaux qui peuvent être solides, ou liquides, purs ou alliés entre eux. Il se fait créateur de formes nouvelles et il paie le prix de ses découvertes par un signe visible et permanent dans son aspect physique.
On présente souvent le forgeron soit boiteux, soit unijambiste ou nain.

En effet, Héphaïstos fils unique de Junon, reine de l’Olympe et de Zeus ne fut pas reconnu par son père qui le jeta du haut de la montagne. Cela le rapproche des fils de veuves célèbres, et de la boiterie initiatique.
Dans les mythes, le Pouvoir n’est pas tendre avec celui qui « connaît » les secrets et les divulgue aux « dominés » afin de leur permettre de se libérer. De Prométhée à Adam, les « forgerons « sont estropiés. Héphaïstos est boiteux et difforme, Varuna, Tyr, Odm, Alfado sont estropiés. La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science :ils ont subi la colère d’un dieu jaloux de ses privilèges. Ils portent les marques de la vengeance des Dieux.
Pour les grecs, Héphaïstos représente le feu intérieur de la terre, comme celui qui habite le cœur de l’Homme.
Quand le minerai était découvert et extrait, il était dirigé vers les fourneaux. Puis, le forgeron se substituait à la Terre-Mère pour accélérer et parfaire « la croissance » et la maturité du minerai. Il collaborait en quelque sorte à l’œuvre de la nature, intermédiaire entre Dieu et les Hommes. Ainsi, il fabriquait l’outillage en fer dont les cultivateurs et les chasseurs avaient besoin. Il sculptait les images des ancêtres et des génies qui servaient de support aux cultes. Intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, tantôt méprisé, tantôt respecté, il vivait à l’écart du village en compagnie de sa femme la potière.

La fusion des métaux est considérée comme une mort. Le soufre extrait représente la vertu, c’est à dire le noyau ou l’esprit de métal.
Rappelez-vous l’interdiction du métal dans les outils hébreux et des outils de métal dans la construction du T\ de Salomon
Tubalcaïn, le forgeron, travaille les métaux et s’inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite. Le forgeron fait partie des bâtisseurs et apprend à Etre par le moyen de la création. Il a la connaissance des 4 éléments :le métal est extrait de la terre, il est transfiguré par le feu, lui même attisé par l’air puis trempé par l’eau afin de devenir l’instrument utile aux laboureurs ou aux guerriers. Il forge des épées, œuvre d’initié car elles sont parfois dotées d’un pouvoir magique,qui demande de connaître et maîtriser les forces contenues dans ces éléments.
Le travail de la forge signifie la constitution de l’être à partir du non-être. La forge est l’allégorie du cœur et les soufflets représentent les poumons.

Fondre le métal et le reformer correspond au « salve et coagula » de l’alchimie hermétique, travail créateur par excellence, car créer c’est recréer.

Le forgeron maîtrise le feu et grâce à lui transforme les métaux qui viennent des profondeurs de la terre. Son pouvoir est ambivalent, il peut être aussi maléfique que bénéfique.
On peut penser que La Franc-maçonne, grâce à l’introspection, extrait des profondeurs de son inconscient, de sa mémoire les mythes qu’il utilise pour comprendre, évoluer et construire un Homme nouveau. Maîtrise des éléments qui signifie Maîtrise de soi.
Tubalcaïn, le » forgeron de l’Univers » annonce Hiram.
Hiram est avant tout un métallurgiste- c’est la Bible qui le dit (Genèse 4-2.22).
Hiram est né de Caïn, qui le premier a travaillé la terre, dont la lignée s’est réfugiée dans un monde souterrain et a secrètement survécu au déluge.
Hiram est un être sombre, éclairé par un feu intérieur et totalement voué au travail.

L’alchimie dans la cérémonie d’élévation à la Maîtrise

Revenons à la cinquième étape du mode opératoire alchimique qui est la CONJONCTION la phase où l on ne s’intéresse plus à ce qui sépare mais à ce qui rassemble

Nous allons voir que la Maîtrise Maçonnique correspond très exactement à cette étape

La Franc-Maçonne, à la fin de son temps de Compagnonne est très exactement en l'état de la Pierre qui correspond à la quatrième étape du mode opératoire alchimique. Elle a fait une démarche d’intégration qui marque un niveau dans l’approche de la connaissance.

L'Initiée, en elle a grandi, elle a travaillé à l'œuvre commune de construction. Sa morale, elle l'a construite elle-même dans son cœur. Ses croyances ne lui ont pas été apprises, elles sont le fruit d'une expérience et d'une méditation corollaire.
L'Amour n'est pas pour elle une loi morale, c'est une Connaissance et elle sait s'élever et trouver la Vérité là où elle se cache. Mais ce Temple, c'est un Temple intérieur, elle l'a construit en elle, pour elle , elle n'est pas encore capable de transformer ce qu'elle touche, de régénérer celles qui l'approchent ... elle n'est pas encore une Maîtresse.

La Maîtrise c'est la CONJONCTION et nous verrons dans un instant que son appareil funèbre évoque parfaitement ce recommencement.

La Loge a revêtu son funèbre appareil, elle est tendue de Noir. Les Maîtresses se désolent de ne pouvoir poursuivre l'œuvre féconde de la Franc-Maçonnerie, car leur Maître, Hiram est mort. Trois Compagnons ont tenté successivement de s'emparer par la force du secret de la Maîtrise : Le premier était à la porte de l'Orient ; il a exigé ce secret, devant le refus d'Hiram de le lui livrer, il a asséné à ce dernier un coup de règle à la gorge. Le coup a dérapé et lui a frappé l'épaule lui paralysant le bras droit. Le deuxième attendait à la porte du Midi : même exigence, même refus d'Hiram, même violence. Mais cette fois c'est un coup d'équerre que reçoit le Maître, droit au cœur. Enfin un autre Compagnon l'attend à la porte d'Occident. Hiram refuse encore de livrer sous la menace le secret de la Maîtrise, il reçoit un furieux coup de maillet sur le front, il s'affaisse mort. Le forfait accompli, les Compagnons enterrent Hiram sous un amas de décombres au Nord du Temple...

Tel est le drame symbolique.

La Compagnonne candidate à la Maîtrise va alors subir une épreuve : si elle se sent le cœur pur et la conscience tranquille, elle devra enjamber le cadavre d'Hiram. Elle le fait. Dès lors elle va être identifiée à Hiram et vivre personnellement ce drame.

Une mort volontaire avait permis au profane de renaître Initié, lors de sa réception au premier degré.
Il s'agissait des Opérations de Solve et de la résurrection de la Pierre au blanc.
Mais il faut une seconde mort à l'Initiée pour atteindre à l'immortalité des Maîtresses.
Ainsi donc la Compagnonne est assimilée à Hiram.

Comme lui elle sera frappé à l'épaule par la règle ( c'est-à-dire dans son corps ), au cœur par l'Equerre ( c'est-à-dire dans son Ame ), au front par le Maillet ( c'est-à-dire dans son esprit ).

Puis elle sera étendue sous le drap mortuaire, son tablier sera rabattu sur son visage et un rameau d'acacia sera posé sur le drap. C'est le rameau d'acacia qui dans l'interprétation mythique du drame permettra de retrouver le " cadavre ".

Tout comme le Grande Œuvre recommence. le drap mortuaire c'est évidemment « le corbeau » qui signifie la matière au noir dans le temps de la putréfaction l’ étape de l’œuvre au noir.

La compagnonne a été traitée comme la Materia Prima (le profane) et atteinte dans sa triple constitution.
Elle gît morte.

Les trois compagnons qui tuèrent Hiram sont les trois corps alchimiques : sel, soufre et mercure. Ils blessent et font saigner Hiram et le tuent

Cela marque la phase de la mort ou le sceau d’hermès de couleur rouge sang surnage la matière noire en putréfaction. Le message de cette légende est des plus significatifs quant à l’art royal.
En effet, il est impossible de réaliser le Grand Œuvre si l’on ignore le secret de l’acacia, car la substance obtenue à partir de ce végétal va permettre d’élaborer le sel alchimique qui seul, , va permette à la matière de saigner et de prendre la couleur noire.

L’acacia était connu des alchimistes

La Compagnonne a vécu la mort symboliquement tel le néophyte des antiques Mystères. En elle Hiram ressuscite et ainsi lui-même est-il ressuscité. Telle est l'ultime degré de la Maçonnerie symbolique : La Maîtrise

La Compagnonne était souillée par des impuretés, elle doit repasser par l'épreuve de la mort et de la pourriture.

"
Car nul ne peut blanchir s'il n'a auparavant noirci...(L’œuvre au blanc après l’œuvre au noir)
Nul ne peut s'élever s'il ne s'est humilié... et nul ne peut atteindre la Vie éternelle s'il n'a connu la mort.
"

Le Grand Œuvre Alchimique est un éternel recommencement :

La Pierre peut être à nouveau soumise à une nouvelle mort, à une nouvelle résurrection, pour atteindre à plus de pouvoir rédempteur.
Et puis encore ... jusqu'aux limites du possible qui sont les limites mêmes du présent cycle d'évolution minérale.
Il reste toujours à la Pierre quelques parcelles d'impuretés, quelque infime souillure... Ce sont les restes de son ancienne nature de "minerai profane".
Ainsi la Maîtresse Maçonne sait qu'elle n'est jamais au terme de la Maîtrise, car il lui reste toujours à détruire quelques parcelles de son " Moi " : de ce trompeur écran de la personnalité qui déforme le Nombre au point de n'en faire qu'un chiffre.

Et, du reste si elle avait d'aventure conscience d'être parvenue à l'ultime point de quelque chose, une ligne infime, insaisissable, comme celle qui marque le Solstice, séparerait ce point final du commencement d'autre chose et tout serait à recommencer plus loin, plus haut selon ce processus invariable : SOLVE et COAGULA qui est la loi de l'Alchimie :

J’ai dit

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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 07:44

LUtopie


Le point de départ de l'Utopie est la chute telle qu'elle est décrite dans la génèse car, c'est à partir de là que l'homme prend conscience de sa nudité, de son imperfection et c'est là donc que commencera sa quête incessante d'un infini, d'un paradis perdu. Cette condition fondamentale de l'homme c'est l'intuition du poète plus que le raisonnement du philosophe qui nous la dépeint « borné dans sa nature, infini dans ses vœux, l'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux ». Lamartine. Cette dichotomie naturelle chez l'homme déchiré entre deux pôles, Jean Servier, en Socio­logue, la trouve dans un examen de la société : « la cité tradition­nelle ayant été construite sur le plan mythique de l'univers, sa pureté, c'est-à-dire sa fidélité au mythe, ne peut que s'altérer dans le temps malgré la répétition des rites de consécration. La Société traditionnelle cherche à se rapprocher de la perfection des origines et à prolonger le moment primordial de sa fondation. »

* * *

Partant d'une analyse sociologique, Jean Servier, constate l'impossibilité où se trouve l'homme des civilisations tradition­nelles de penser objectivement pour rejoindre la perfection ori­ginelle — nous dirons l'utopie — tellement il confond les lois et les coutumes avec une nécessité plus puissante que les dieux mêmes selon l'expression de Platon.

Cette réflexion qui débouche sur l'utopie n'est possible qu'en temps de crise spirituelle, sociale ou économique. Chez Platon et les philosophes grecs en pareille période, c'est le désir de « restructuration » de la Cité afin d'être plus fort à l'avenir. On ne songe pas à la cité parfaite dans l'univers connu — E OIKOU­MENE — qui engloberait Grecs et Barbares, comme plus tard Saint Paul voudra abolir les barrières entre Juifs et Gentils. C'est donc le christianisme qui fait éclater le concept de la cité tradition­nelle repliée sur elle-même en unissant les hommes dans un même amour... Cette utopie — comment peut-on aimer les Perses quand on est Grec — est fondée sur la fraternité humaine, le mépris des richesses, c'est le règne nouveau que prêchent les apôtres du christianisme primitif. Jean XXIII qui reprendra cette idée d'une OIKOUMENE tolérante et fraternelle — où les Francs- Maçons ne seraient pas exclus je le rappelle — ne fait que rejoin­dre l'Utopie initiale. Cette utopie qui est présente chez l'homme d'Etat, le penseur, l'industriel, l'homme d'église, le révolution­naire, chez tous ceux qui rêvent de transformation du monde sans parfois savoir qu'ils ont un dénominateur commun. Voici comment Jean Servier décrit ce rêve utopique. «Elle est avant tout une volonté de retour aux structures immuables d'une cité traditionnelle dont ils se veulent les maîtres éclairés, une cité se dressant par delà les eaux troubles du rêve, comme une île au bout de l'océan, comme la cité de l'homme délivré de ses angoisses au bout de la nuit ».

Les premiers à nous fournir une application concrète de l'idéal utopique à la cité sont les Grecs. Hippodamos qu'Aristote décrit ainsi :« Hippodamos, fils d'Euryphon, citoyen de Milet, celui qui inventa le tracé géométrique des villes et découpa le Pirée en damier... » est au dire de Jean Servier non seulement le premier urbaniste de son époque mais aussi « le premier architecte qui ait eu l'occasion de rebâtir des villes entières et de jeter du même coup les grandes lignes d'une constitution. »

Ce qui nous intéresse chez Hippodamos de Milet c'est qu'on l'appelait OIKOUMENE c'est-à-dire le spécialiste des phénomènes célestes dont la tâche était de relier la vie citadine à l'harmonie cosmique. C'est ici qu'intervient la notion d'utopie car si le mot grec OIKOUMENE veut dire au sens propre celui qui disserte sur les corps ou les phénomènes célestes, nous savons qu'au sens figuré tel qu'on le retrouve dans le Cratyle de Platon ce mot signifie celui qui disserte à perte de vue, qui se perd dans les nuages, d'où l'Utopie.

Nous voyons apparaître chez les Milésiens qui tracent les premières cartes du monde connu, E OIKOUMENE, la terre des hommes aux lignes impeccables, le symbole de la raison et, à côté, comme en opposition, ATLANTIS, l'Atlantide, c'est-à-dire l'inconnu, le rêve.

Toutefois l'Utopie Platonicienne, elle, appelle certaines réser­ves. Pour Platon l'utopie passe par la cité emblème de la raison, la cité grecque du type milésien. L'Atlantide qui, à notre sens, symbolise mieux l'utopie est considérée comme l'antithèse de cet Idéal. Pour comprendre cela il faut examiner la conception toute personnelle qu'avait Platon de la cité idéale. Dans La République, Platon donne sa vision rationaliste de la stratification sociale : les chefs sont en or, ceux qui exécutent les ordres d'argent, les laboureurs et les autres de fer et d'airain. La famille doit être supprimée, l'instinct sexuel ne peut être satisfait que sous le contrôle de l'Etat et les citoyens reproduits (il n'y a pas d'autre terme ici) selon un eugénisme qui fait penser à l'élevage du bétail. « Que La République de Platon ait été admirée sur le plan politique par des gens respectables » a écrit Bertrand Russell « est peut-être l'exemple le plus frappant de snobisme littéraire dans l'histoire. »

Dans cette cité platonicienne, il ne saurait être question de rêve. L'Atlantide, cité du rêve est l'opposée d'Athènes, cité de la raison.

Comment les choses pourraient-elles être autrement car dans l'esprit de Platon, cette île perdue a abrité les amours du dieu et de la déesse Clito dans une union libre qui eut pour fruits deux enfants tous nés en dehors de tout contrôle étatique ! Mais l'Atlantide rappelle aussi l'Orient (de la guerre de Troie, des Perses) mais surtout l'Orient dont le principe politique est la monarchie de droit divin face à Athènes, le rempart de la démo­cratie. Au-delà de l'opposition de l'Orient et de l'Occident dont René Guenon a suffisamment démontré l'humanité, ce qu'il importe de constater ici c'est le fossé que Platon creuse entre le rêve et la réalité.

Revenons maintenant à la genèse au moment ou Libram/ Abraham reçoit la promesse de Dieu. Cette promesse n'est autre que la terre promise vers laquelle Israël s'est mis en marche pour ne jamais s'arrêter. Si cette marche est éternelle car l'homme infini dans ses voeux reste borné dans sa nature, elle passe par un mieux être social, par un bonheur terrestre dans un pays où coulent le lait et le miel. Cette utopie spirituelle sera la force d'Israël dans les combats de tous ordres que ce peuple mènera par la suite.

Cependant, cet heureux mariage de la cité terrestre et de la cité céleste dans l'ancien testament semble être un sujet de conflits dans le monde judéo-chrétien des premiers siècles. Saint Augustin les oppose de manière formelle : « Deux amours ont fait deux cités : l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste, l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre ». Mais cette opposition n'est que le reflet de la vieille opposition entre Athènes et l'Atlantide qui va se matérialiser dans le monde occidental par la cité terrestre matérialiste et jouisseuse et la cité spirituelle, celle de la frater­nité humaine et de l'amour qui — je cite encore Jean Servier — sera « le rêve de tous les révolutionnaires même lorsqu'ils croiront avoir rejeté le Christ. »

* * *

Ce rêve se manifeste en Occident déjà sous Charlemagne quand on assimile l'empire carolingien à une manifestation concrète du concept augustinien de la cité de Dieu. Ceci donnera lieu dans les siècles qui suivront à des entreprises telles que les Croisades et la colonisation : la vulgarisation mondiale en sorte de cette richesse spirituelle... Quand Urbain II prêche la croisade, son souci est d'ordre spirituel. Apparemment, « la terre que vous habitez » déclare-t-il « cette terre, fermée de tous côtés par des mers et des montagnes, tient à l'étroit votre trop nombreuse population elle est dénuée de richesses et fournit à peine la nourriture à ceux qui la cultivent. C'est pour cela que vous vous déchirez et dévorez à l'envi, que vous vous combattez, que vous vous massacrez les uns les autres. Apaisez donc vos haines et prenez la route du Saint Sépulcre » (J. Servier)..

Le souci spirituel, apparent ici, cache bien des préoccupations démographiques et politiques. L'attrait des richesses et trésors de l'Orient n'y est pas absent. Le rêve spirituel et la réalité matérielle se trouvent étroitement liés au Moyen Age. L'utopie serait plutôt l'affaire de ceux qui ont soif de justice sociale et qui se précipiteront sur les chemins de la Croisade en Guenilles,' une piétaille à l'assaut d'une utopie spirituelle qui les délivrera de leur misère spirituelle et matérielle. C'est ainsi que s'exprime R. Le Bertoune (le Contrefait) dans le conte satirique de Rutebceuf. « J'aimerais étrangler les nobles et les prêtres jusqu'au dernier. De braves travailleurs fabriquent le pain d'orge mais jamais ils ne l'ont sous la dent ; ils ne recueillent que le son, et du bon vin, ils ne boivent que la lie et de bons habits ils n'ont que les dépouilles. Tout ce qui est bon et savoureux va aux nobles et aux prêtres. »

Ce que les croisades sont pour le Moyen Age, l'ère des grandes découvertes qu'inaugure Christophe Colomb, le sera pour la Renais­sance. Jean Servier écrit : « La cruauté d'un Cortez ou d'un Pizarre ne reflète pas uniquement une vilaine âme. Leur cupidité leur est dictée par des rois exigeants et, au delà, par la volonté de l'Europe de répondre, à un volume plus important de transactions, par une masse suffisante de métaux précieux ». Cet aspect si matériel des choses revêt alors les couleurs chatoyantes du rêve utopique sous les tropiques, c'est la recherche de l'Eldorado.

Cette notion de Terre Promise adaptée aux besoins de ce monde ne se concrétisera pas au Pays de l'Eldorado, c'est-à-dire en Amérique Latine catholique mais en Amérique du Nord protes­tante, avec les premiers colons puritains de Nouvelle Angleterre un siècle plus tard. Car c'est là comme beaucoup s'accordent à le reconnaître que prend naissance le capitalisme américain par le souffle qui lui donne vie, c'est-à-dire cette conception protestante qui veut que les biens de ce monde soient une bénédiction de Dieu. Toute l'énergie que l'on reconnaît dans le capitalisme améri­cain des temps modernes a pour origine de toute évidence une utopie spirituelle.

Mais les Grands Penseurs de la Renaissance évitant le piège de la richesse inviteront les hommes à voguer sur les eaux du rêve qui reprend ses droits vers le Pays de Nulle part, ce seront T. More et F. Rabelais.

L’œuvre de F. Rabelais s'insère dans une structure socio­politique où les grandes monarchies se dressent contre l'autorité du Pape et de l'Empereur. En 1513, Nicholas Machiavel a déjà écrit Le Prince. Thomas More publiera l'Utopie trois années plus tard en 1516. Lorsque l'on se met à lire les oeuvres de Rabelais (publiées pour la première fois entre 1532 et 1534), l'Europe connaît les effets de la Réforme et de la Renaissance, c'est-à-dire de l'huma­nisme. L'Abbaye de Thélème est le rêve humaniste de la tolérance et du libéralisme dont la devise résume la philosophie : Fais ce que tu voudras. Ceci rappelle Saint Augustin, aime et fais ce que tu veux. Si la règle monastique est quelque peu bousculée à Thélème, c'est que le monachisme de la Renaissance asservis­sait plus qu'il n'édifiait et Rabelais a voulu trouver la fraternité au-delà de ces contraintes qui réduisaient l'homme plutôt qu'elles ne l'élevaient. C'est une véritable libération que propose Rabelais. Il écrit : « Parce que gens libérés, bien nés, bien instruits, conver­sant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retiré de vice lequel ils nommaient honneur... »

Nous n'avons pas de peine, je crois, à reconnaître le dynamique des gens libres conversant en honnête compagnie...

Le libéralisme foncier de F. Rabelais l'empêchera de prendre parti dans la querelle des protestants (les Papefigues) et les Catho­liques (les Papimanes), estimant sans doute que la vérité ne se trouvait pas exclusivement d'un seul côté « Notre vérité c'est de n'en point posséder ». C'est bien le sens du libéralisme humaniste rabelaisien.

Nous notons chez Rabelais la thématique du voyage : Pan­tagruel voguant sur la mer pour visiter l'oracle de la dive bouteille.

Ce thème du voyage sur l'eau est un leitmotiv de la littérature utopique : les Argonautes et la Toison d'or, la recherche de l'Eldo­rado, Robinson Crusoé, Gulliver et jusqu'à la conquête spatiale. On le retrouve également dans l'Utopie de Th. More.

Il me semble que dans toute analyse de l'Utopie de Sir Th. More, on ne peut passer sous silence deux dominantes : premièrement que c'est une oeuvre où la religion est présente car elle est écrite par quelqu'un qui mourra martyr de sa foi et dont le nom figure en martyrologie de I'Eglise Catholique et, deuxièmement, que la vision politique du Chancelier d'Angleterre y est manifeste. Si certains y ont vu la première oeuvre de polémique communiste, on comprend

pourquoi.

La première édition de l'Utopie est publiée en 1516 dans l'ori­ginal latin. Les Anglais en général la connaissent de nos jours dans une traduction de 1557. Quand l'auteur de la traduction la plus récente, Paul Turner, annonça à des amis anglais qu'il tra­duisait Th. More, beaucoup, d'un air étonné, lui ont demandé : • en quelle langue » ?

Assez curieusement, l'Europe de la Renaissance, elle, connais­sait mieux l'Utopie. Les grands noms de la Renaissance tels Pierre Gilles ou Erasme l'avaient lu. Un évêque anglais très sensible à l'actualité littéraire de l'époque n'avait-il pas entrepris de se faire nommer évêque d'utopie ?

Le livre est divisé en deux parties. La première est un dialogue entre Th. More qui s'était rendu aux Pays-Bas en mission pour le Rol Henri. VIII et Raphaël, célèbre navigateur qui avait voyagé en compagnie d'Annérico-Vespucci, et qui par conséquent donnait au voyage un aspect d'actualité. L'Amérique avait été découverte une vingtaine d'années auparavant, les lecteurs d'alors étaient tout prêts à ajouter foi à ce genre de récit.

Th. More tout en donnant un caractère vraisemblable à son livre pour sauver les apparences littéraires d'une part, tente, d'autre part, d'envelopper ses personnages comme le pays qu'il décrit d'un voile. Raphaël (Dieu a guéri) applique une thérapeutique aux maux de l'Angleterre par l'invitation au voyage utopique, mais il est aussi, d'après l'étymologie de son nom de famille, celui qui dit des bétises. Utopie, l'île, se situe nulle part. Est-ce une précau­tion dans cette Angleterre des Tudors où l'on tranchait les têtes si aisément ? On peut le croire ! Mais au-delà de la forme du récit, ce qui nous intéresse c'est le contenu.

Raphaël raconte à Th. More comment il visita l'Angleterre et engagea une discussion avec un certain homme de loi sur la peine capitale pour vol. Je pense qu'il n'est pas superflu de vous trans­mettre son argumentation qui, on a peine à le croire, date du XVIe siècle. « Sous ce rapport, vous autres anglais, comme la plupart des autres nations, me rappelez les pédagogues incompétents qui préfèrent donner des coups de canne à leurs élèves plutôt que de les enseigner. Au lieu d'impliquer ces punitions horribles, il serait plus indiqué de donner à chacun quelque moyen de subsistance de sorte que personne ne se trouve dans l'affreuse nécessité de devenir d'abord un voleur et puis un cadavre. »

Venant d'un des plus éminents personnages d'Angleterre dont les revenus étaient substantiels cela atteste d'une vision sociale et politique peu commune.

Raphaël, qui est le porte-parole de l'auteur en quelque sorte, aborde cette question terrible pour l'époque : mes moutons mangent les hommes c'est-à-dire les troupeaux de plus en plus nombreux des nobles et de certains ecclésiastiques. Ces moutons non seule­ment réduisent la superficie de terre cultivable, mais leurs proprié­taires clôturent ces vastes champs, ne laissant rien à l'agriculture, gagne-pain des petites gens. Cette question sera posée quelques siècles plus tard dans un autre contexte géographique, aux Etats- Unis, mais le problème est le même (1). Raphaël poursuit son idée et souligne les conséquences sociales désastreuses de cet exode rural : le vagabondage, l'oisiveté, la mendicité dans les villes.

En d'autres mots dit Raphaël vous créez des voleurs que vous punissez après pour vol ! Comme remède à ce mal social, Raphaël propose un système inspiré du droit romain. Il cite cette forme de servitude pénale qu'est le travail dans les mines et carrières où les prisonniers étaient logés et nourris (2). Une sorte de libérali­sation des peines judiciaires. Il semble bien que l'Angleterre de ce début du XVIe siècle ignorait ou passait sous silence cet aspect du droit romain.

L'entretien entre Raphaël et Th. More se poursuit et ils abor­dent une autre question brûlante d'alors : la propriété privée. Voici comment Raphaël voit les choses : « ...à dire vrai, mon cher More, je ne vois pas comment vous obtiendriez une vraie justice ou la prospérité aussi longtemps que la propriété privée existe et tout est évalué en terme d'argent ». L'argument de Th. More qui fait l'avocat du diable est de lui opposer l'absence de motivation qui résulterait d'un système où la propriété privée serait abolie et où chacun compterait sur son voisin pour travailler à sa place. A ceci, Raphaël ne donne pas une réponse directe car peut-être Il n'y en a pas, mais il cite l'Utopie car, dit-il, si vous m'aviez accompagné en Utopie vous auriez constaté que c'est possible 1 Cette invitation à l'utopie est une invitation au dépassement des Idées arrêtées et une ouverture de l'intelligence aux possibilités la Maçonnerie.

C'est dans la deuxième partie du livre que Th. More nous donne un aperçu de l'application pratique de ces théories. Tout d'abord, au gouvernement où aucune décision n'est adoptée le Jour où elle est proposée et Raphaël s'explique : « Autrement quelqu'un pourrait dire la première chose qui lui vient à l'esprit et puis se mettre à penser à des arguments pour justifier ce qu'il e dit au lieu de décider de ce qui convient le mieux à la commu­nauté. Une telle personne est tout à fait capable de sacrifier le public pour son propre prestige tout simplement parce que, aussi absurde que cela puisse paraître, elle a honte d'admettre que sa première idée aurait pû être fausse — ceci alors que sa première pensée aurait dû être de réfléchir avant de parler ». Nous mesurons, J'en suis persuadé, la sagesse d'une telle attitude...

Une telle sagesse politique se traduit dans le quotidien. Les enfants apprennent l'agriculture à l'école. Si un enfant désire apprendre un métier on l'adopte dans une famille qui pratique le métier qu'il veut apprendre. Mais on peut se demander comment ce pays qui connaît des journées de travail de six heures peut être si florissant. Raphaël l'explique par le fait que tout le monde travaille en Utopie et que le faisant pour le bien de la communauté eans motif de profit, la production dépasse largement la consom­mation. Il fait remarquer que dans bien des pays les femmes ne travaillent pas, c'est-à-dire que la moitié de la population est Inactive, je cite : « Et puis il y a tous les ecclésiastiques et les Membres des prétendus ordres religieux — quelle quantité de travail fournissent-ils ? Ajoutez les riches, particulièrement les propriétaires fonciers communément appelés nobles et gentils­hommes. Incluez leurs domestiques... finalement ajoutez à la liste les mendiants qui sont en parfaite santé mais qui prétendent être malades afin de faire excuser leur paresse. Quand vous les aurez comptés, vous serez étonnés de constater combien peu de gens produisent ce que le genre humain consomme ».

Chose étonnante en ce pays, ils ne contraignent jamais les gens à travailler indûment car le but principal de leur économie est de donner à chaque personne autant de temps libre de toute corvée que le permettent les besoins de la communauté de sorte qu'il puisse cultiver son esprit, ce qu'ils considèrent comme le secret d'une vie heureuse.

Nous constatons aussi que les hôpitaux se trouvent à l'extérieur des parties de la ville afin de faciliter l'isolation des malades en, cas d'épidémie. Ces hôpitaux conçus en petites unités sont bien dirigés, l'équipement médical ne manque pas, les infirmières sont consciencieuses et avenantes, les médecins nombreux et acces­sibles, le résultat est que les utopiens bien que n'y étant pas contraints préfèrent se rendre à l'hôpital plutôt que de rester chez eux quand ils sont malades. Quand on pense aux conditions épou­vantables des londoniens pendant la peste qui sévit à Londres exactement 150 ans après la publication de ce livre, on peut se demander pourquoi l'Angleterre n'a pas su faire usage des idées d'un homme politique d'une telle sagacité !

Les utopiens n'attachent pas d'importance au raffinement vestimentaire. Après tout, disent-ils, le mouton qui porta la laine de tel costume n'était autre qu'un mouton. Comme tout un peuple pense ainsi, la question du vêtement est simplifiée et le luxe dis­paraît. Ils méprisent l'or car ils considèrent que l'or n'a de valeur que parce que les gens le veulent bien. Il suffit de lui ôter sa valeur artificielle pour que le fer devienne plus utile que lui. Pour eux, tout ce qui est naturel est bon. La religion qui est faite d'un ascétisme morose n'est pas la leur, ils veulent vivre la leur dans la joie. Leur principe est que nous devons d'abord aimer Dieu qui nous a créés et à qui nous devons notre vie et notre capacité d'être heureux et ensuite que nous devons vivre aussi aisément et joyeusement que possible en aidant notre prochain à faire de même.

Les mariages ne sont conclus qu'après examen corporel mutuel. Je m'explique. Le fiancé chaperonné par une dame d'âge res­pectable examine la fiancée, la fiancée accompagnée d'un monsieur convenable fait de même pour le fiancé. Raphaël prévient les rieurs en leur soumettant l'argument suivant. Si vous achetez un cheval sur lequel vous ne misez qu'une petite somme d'argent vous l'examinez complètement. Et quand vous choisissez une compagne pour la vie, poursuit-il, pour le meilleur et pour le pire, vous vous contentez de quelques centimètres de visage. Pour bien saisir cet argument, il faut connaître le costume des Tudor, cela va de soi. En Utopie, on traite les fous avec douceur et bienveillance. Grande sagesse s'il en fut, car il suffit de penser à l'Angleterre de Ch. Dickens, trois siècles plus tard, où ces malheureux étaient enfermés et battus pour nous rendre compte de la vision sociale de More.

La franchise qui règne en Utopie fait qu'il n'existe pas de cour de justice à proprement parler. Il n'y existe aucun code de loi. Le citoyen s'adresse au juge et lui expose fraternellement son cas. Cette franchise simplifie la procédure et évite les subtilités de la justice traditionnelle. Les fonctionnaires utopiens ne peuvent être corrompus, l'argent ne leur étant d'aucune utilité. Ils ne comprennent pas que les nations aient à signer des traités. Les être humains ne sont-ils pas des alliés naturels ? Si quelqu'un Ignore ce bien fondamental accordera-t-il beaucoup d'importance à des mots qui le lient aux autres ?

Les utopiens ne signent pas de traité, ils n'en voient pas la nécessité. Cette grande ouverture sur le plan politique se traduit par le plan religieux par la tolérance, un des principes les plus anciens d'Utopie.

Cette attitude si positive envers la vie est la même envers la mort. La mort est une étape joyeuse de la vie car l'homme va rejoindre Dieu. Ici je voudrais citer un exemple, la propre mort de Th. More. Comme il montait l'escalier branlant de l'échafaud où il allait être décapité, il demanda à l'officier de l'aider : « Je vous prie, Messire Lieutenant, aidez-moi à monter je me chargerai de descendre tout seul », humour qui est le reflet d'une très grande sérénité.

En guise de conclusion, je voudrais poser une question. Celle- ci : pourquoi les hommes ont-ils été tentés à travers les siècles par ces deux philosophies : l'Utopie et la Franc-Maçonnerie. Deux visions du monde qui ne sont rien pour le profane, mais tout pour l'initié. Pourquoi ?

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Par PVI - Publié dans : Planches
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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 10:01

Le secret est un silence que l’on s’engage à garder par sincère conviction, conscient des effets néfastes ou pervers que sa rupture pourrait engendrer. Le secret est une information qu’on garde en soi et pour soi; il est fermé aux autres par la clef de sa volonté.

Le secret s’oppose au bavardage innocent ou intentionnel, à la divulgation d’informations ou de renseignements tenus pour confidentiels, jusqu’au dévoilement délibéré de mystères maintenus soigneusement cachés.

Dans la tradition maçonnique, le nouvel initié promet par un serment solennel qu’il prête avant les voyages, de ne révéler à personne ce qu’il entendra et découvrira aussi par la suite en Loge. Ce champ premier du secret s’étend, selon le document manuscrit de Cooke : "à la Loge, à la maison privée et à tout lieu où se trouvent les Maçons"

En un mot, il est fait demande à l’initié de s’engager à taire tout ce qui relève de l’art maçonnique et tout prioritairement de ceux qui l’exercent.

Confier à un non-initié un secret maçonnique c’est plus que renier la parole donnée, c’est trahir l'art maçonnique tout entier.

La Franc Maçonnerie exige de ses adeptes une stricte soumission à une loi de silence, sans dérogation, le secret initiatique demande un silence absolu, mais sans cependant tout inclure.

En premier lieu parce qu’il serait vain d’interdire au FM toutes paroles concernant la Maçonnerie. Les sociétés les plus secrètes n’ont pu empêcher d’inévitables coulages suscités par naïveté, dépit ou vengeance, à l’exception notable des société à mystères comme celle des Mystères d’Elosis. De plus, il est sain que certaines pratiques, mode de pensée, études ou opinions soient livrés aux curieux. À trop cacher on risque d’attiser des peurs ou des rejets, voir naître et grandir des haines ou déformer certaines réalités. Dire n’est cependant pas synonyme de dévoiler à l’exemple des conférences ouvertes aux profanes, des sites Internet dédiés aux échanges et travaux des Loges, à la littérature disponible à tout public. Se garder néanmoins de l'excès contraire : la nudité est moins attirante que la beauté qui reste en partie cachée. Il est des mystères qu’il faut conserver.

En second lieu parce qu’un secret maçonnique restera un mystère pour celui qui n’a pas reçu la lumière, même s’il pense en avoir saisi l’essence.

La discrétion, le silence et éventuellement le secret sont au coeur de quasi toutes les sociétés initiatiques, mystiques ou philosophiques. Ils ont été requis par les prêtres de Thèbes, les moines brahmanes et bouddhistes, les Esséniens. Ces prescriptions existent dans les méditations de la philosophie Zen, chez les Taoïstes, chez les moines Trappistes, etc. Ils sont au fondement des grands courants qui ont inspiré la FM opérative puis spéculative où l’adepte est initié aux secrets de nouvelles sciences, de nouvelles manières de penser et d’oeuvrer: Pythagorisme, gnostiques et mystiques, corporations de batisseurs et confréries qui ont laissé leurs traces sur la F.M. actuelle.

Pythagore, qui vécut au VIe siècle avant notre ère, tint une école en Grande-Grèce, à Cretone dans le sud de l’Italie hellénisée, le Cortone d’aujourd’hui. Il fut profondément influencé par les mystères d’Eleusis, par ceux de Samothrace et par l’Orphisme. Les Mystères d’Eleusis, au nord-ouest d’Athènes, ont prêté aux pythagoriciens, comme à beaucoup d’autres écoles secrètes qui suivirent, leurs formes d’initiation aux différents degrés avec leurs enseignements ainsi que la fameuse formule du silence avec l’idée de la sérénité de l’homme maître de toutes ses passions.

Un secret est facile à acquérir mais difficile à garder, et réciproquement. L’engagement du Maçon au silence demande, pour le tenir, une fermeté de caractère et une conduite rigoureuse dans l’observation des règles, comme celle dictée par l’Article 4 des Constitutions d’Anderson qui précise le comportement du Maçon en présence de profanes : ”Vous serez circonspects dans vos paroles et votre maintien de façon que l’étranger le plus pénétrant ne puisse découvrir ou deviner ce qui ne convient pas de donner à entendre; et quelquefois vous détournerez la conversation et userez de prudents ménagements pour l’honneur de la vénérable confrérie”.

Les secrets maçonniques sont un partage de la Loge à l’initié. Le secret confié est un don qui ne prive pas celui qui l’offre. A celui qui le reçoit de le porter et le conserver dans son coeur ; il obtient alors une richesse précieuse à son travail et utile à éclairer son expérience. Vivre le secret empêche naturellement de le livrer aux autres car une expérience personnelle peut se raconter sans l’expliquer à l’instar de l’amour vécu dont l’intensité, la force ne peut ni se transmettre ni se faire comprendre par de simples mots.

Il y a derrière chaque secret un secret plus profond, protégé par une seconde enveloppe que seule une révélation intérieure peut déchirer. Le vrai secret est derrière le (trop) simple premier secret, lequel n’est qu’un leurre que l’on peut laisser “sécréter” puisqu’il ne fait que révéler des mystères qui en fait n’en sont pas.

De même qu’il y a de vrai et de faux secrets, il y a des secrets utiles et inutiles. Le secret utile est une frontière, une limite bienfaisante, comme les rives confinant la rivière afin de l’empêcher de dégénérer en marécage.

L’étymologie du mot secret (se = à part, cret = croître) renferme l’idée que celui-ci est un élément essentiel au développement de la personnalité. Cette idée prévaut du nourrisson, qui prend tôt conscience qu’il est distinct de sa mère, à l’adulte qui grandit dans le besoin de distanciation. Le Maçon comprend et apprend, à tous les grades, que le secret coexiste avec et est indispensable à son évolution.

Le secret partagé par les membres d’une même société les lie, entre autres, en garantissant, en protégeant leur intimité. Divulguer le secret, c’est rompre cette intimité et briser alors le désir de maintenir ces liens avec, à terme, la destruction de ce qui unissaient.

Une société bannissant le secret exigera, en retour, la transparence absolue. Comment assurerait-elle le succès d’opérations, de transactions ou des négociations, qui peuvent jusqu’à mettre en jeu la vie d’autrui (exemple de l’affaire Julia et les journalistes otages en Irak) ? Une telle société serait, au niveau personnel, ravageuse. L’individu, dès lors asservi à l’obligation de divulguer, verrait sa capacité d’agir et de penser canalisée dans l’étroit chemin de l’exposition permanente, serait pris sous la menace de l’intrusion des médias, des autorités, de l'administration, etc., avec comme conséquence le déchaînement des passions et des querelles. L'individu serait ainsi conduit à l’uniformité et privé de sa capacité à se développer.

Le secret n’est pas l’apanage des sociétés discrètes ou secrètes. Il est au cœur du système médical, il est l’obligation faite aux confesseurs ; il est reconnu légitime par les tribunaux (décision du Tribunal Fédéral sur la divulgation des listes d’adhérents).

Le secret est connaissance, donc pouvoir. Ce pouvoir peut faire peur jusqu’à amener l’opinion publique à manifester son besoin de savoir, son obsession de transparence.

A ce titre, la Maçonnerie est souvent visée sinon accusée: fonctionnaire devant déclarer son appartenance, serment exigé de non-appartenance pour accéder à certaines fonctions.

Pourtant les loges ouvrent régulièrement leurs portes aux profanes dans des séances blanches où ils côtoient des initiés. Au regret, par ailleurs, de certains Maçons qui peuvent ressentir cette mixité comme une agression, une rupture unilatérale du contrat de discrétion qu’ils avaient souscrit.

À ceux-ci on peut répondre qu’ils peuvent se fondre anonymement dans la foule des invités, sans se distinguer. Ce conseil s’applique aussi lorsqu’il s’agit des collaborateurs, des proches, ou d’un membre quelconque de sa famille. Faire confiance au profane, supposé de qualité, qui découvre l'’appartenance de l’un d’entre nous à notre Ordre, anticipant que cette connaissance ne sera non seulement pas utilisée contre celui qu’il identifierait comme Maçon, mais, au contraire, pourrait l'inciter à nous rejoindre.

Pour conclure, la Maçonnerie compte sur notre fermeté de caractère et c’est ensuite qu’Elle nous demande de nous soumettre à ses règlements et à observer la loi du SILENCE

Source : http://www.fideliteprudence.ch/theme_etude_secret.htm

 

Par Thème d'étude 2004 - Publié dans : Planches
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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 09:37

Les Secrets véritables de la légende d’Hiram au cœur du grade de maître. Les Secrets véritables de la légende de Maître Hiram mentionnés dans le rituel du 3ème degré nous amènent au cœur du grade de maître et soulèvent de nombreuses questions : de quels secrets s’agit-il ? Pourquoi sont-ils véritables ? Que recherche vraiment le MM qui est perdu ? Que représentent ces mots substitués ? Où les rechercher ? Ce mythe de Maître Hiram et de la recherche des véritables secrets nous plongent dans les quêtes que l’on retrouve dans les grandes religions ou les traditions, telle la quête du graal chez les chrétiens ou la recherche du grand œuvre chez les alchimistes.
Le mythe nous invite à la recherche et au travail pour découvrir sur quoi s’édifie notre propre quête maçonnique. Il nous invite à revenir aux questions fondamentales que se pose le MM. Si le MM peut donner l’enseignement maçonnique, à la différence du compagnon qui le reçoit, sa quête continue sur un autre plan.

De quels secrets s’agit-il ?

Revenons à la question sur la nature des secrets. Les secrets explicitement mentionnés dans le rituel sont ceux du grade du MM : les signes, l’attouchement, le mot de passe, les 5 points parfaits, le mot sacré et la marche. Les secrets perdus représentent davantage, ils relèvent du sacré. Il existe une grande proximité étymologique entre les mots « sacré » (sacratum) et « secret » (secretum) : il s'agit dans l'un et l'autre cas de ce qui est mis à part. La même proximité existe avec le mot sacrifice : sacrifier, c'est «sacrum facere», rendre sacré l'objet du sacrifice. Maître Hiram nous en donne la meilleure illustration en allant jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ce qu’il considère comme sacré. Il nous démontre que la valeur du secret ne tient essentiellement qu'à la valeur de celui qui le détient. Ces mots «secret», « sacré » et « sacrifice » s’accordent et se complètent dans leur signification respective. Le sacré sans secret, comme le sacrifice sans secret n’existent pas. Le secret sert à protéger l’accès à une connaissance, ici sacrée. Tout savoir initiatique est sacré, il doit être transmis, il ne peut être ni donné, ni inventé. Seuls les cabalistes, et peut-être le gnostiques, pensaient que les plus hauts mystères, les plus grands secrets de la création, les arcanes de la nature et de l'être se découvrent par la recherche, l'intuition et la méditation. Même avec un peu de patience et de persévérance, il manquera toujours la transmission, élément indispensable de l’initiation. Ces secrets, sacrés et issus du sacrifice, protègent une connaissance profonde, et c’est la notion de « véritable » qui en donne la nature. Pourquoi «véritables» ?
Ceci nous amène à une autre question : qu’y a-t-il de véritable dans ces secrets ? Comme si les secrets des autres grades ne l’étaient pas. L’histoire des mauvais compagnons nous montre qu’il est vain d’avoir un secret, car il faut être prêt, c.à.d. que le secret est dans l’être et non dans l’avoir, ici l’obtention du grade de MM par la simple connaissance de mots. La mort de Maître Hiram est le fruit malheureux de la confusion entre l’être et l’avoir. Le secret initiatique, inaccessible, inexprimable et incommunicable, est lié à l’initiation et comme la vie, il se vit, il ne se décrit pas. La simple communication, comme la lecture seule, ne livrera jamais l’essentiel, ni d’ailleurs la seule communication de mots, aussi sacrés soient-ils. Passer de l’avoir à l’être, c’est passer de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit, du carré au cercle ou de la terre au ciel. C’est ce qu’indique Maître Hiram aux mauvais compagnons lorsqu’il est menacé : « travaille, persévère et tu seras récompensé », il les pousse à agir pour être.

Ces secrets véritables sont des secrets intérieurs qui ne s’acquièrent que par la transmission et le travail sur soi. C’est en ce sens qu’ils sont véritables, car c’est en développant son être que l’on s’approche de sa vérité intérieure, celle qui nous conduit vers l’état d’Homme Véritable.

Les mots substitués

A défaut d’avoir trouvé les mots véritables qui ont été perdus, les maîtres apportent les mots substitués. Cette perte et cette substitution sont des éléments importants du cheminement initiatique et sont présentes dans pratiquement toutes les traditions. René Guénon y voit « la perte de l’état primordial, et par conséquence directe, celle de la tradition correspondante ». Ainsi la perte fait appel à la substitution pour perpétuer la Connaissance. Par analogie, c’est le rôle des symboles qui donnent une signification d’une autre dimension que le support, ou encore la substitution des mots sacrés qui n’étaient jamais prononcés, à l’instar du nom divin dans le judaïsme. Les mots substitués ont pour fonction d’assurer la nécessaire gradation des connaissances dans le cheminement initiatique. Il peut être dangereux de donner des outils à quelqu'un n'ayant pas les bases pour s'en servir, comme il serait irresponsable de donner des allumettes à un enfant ne connaissant pas les dangers du feu. Il s'agit là d'une réserve pédagogique et d'une élémentaire prudence. Le secret et les mots substitués ont donc pour fonction de mener à maturation les processus intérieurs qu'une révélation hâtive perturberait. C'est en se taisant sur ce qui de toute façon n'est guère communicable, que le cheminement intérieur est mieux mené à terme. Ces secrets ne peuvent qu’être transmis progressivement : en Apprenti nous épelons, puis au grade de Compagnon nous donnons un mot de passe au risque de mal le prononcer. Enfin au 3ème degré nous utilisons un mot de passe et un mot de Maître jusqu’à ce que les mots véritables puissent être retrouvés.

La recherche de ce qui est perdu : d’est en ouest, au centre du cercle

Cela soulève une autre question : où et comment chercher ces secrets véritables qui ont été perdus ? Dans les différentes traditions, la perte de quelque chose est associée à sa recherche, à la quête. Telle la quête du Graal de l’initiation chevaleresque du moyen-âge.Le rituel nous indique de rechercher d’est en ouest, car éclairé par la lumière qui brille depuis l’est le MM peut initier sa quête et répandre la lumière à son tour. Il est aussi dit que le MM peut les retrouver au centre du cercle car placé ainsi, il ne peut pas s’égarer. La figure circulaire est le symbole de la divinité, de l’Etre Suprême, le symbole parfait de la totalité. La forme du cercle exprime la plénitude et l’harmonie. Des philosophes ont utilisé le cercle pour définir Dieu, ainsi Blaise Pascal disait : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». Etre au centre du cercle n’est-il pas notre nostalgie ou espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection et de divinité ? C’est retourner au centre de nous-mêmes, revenir à l’essentiel, revenir à l’alpha. Le centre est le pôle où tout débute, d’où tout émane et vers lequel tout revient, c’est le centre du monde dans un espace sacré, lorsque l’on est en parfaite harmonie avec sa personnalité profonde. La question éternelle et fondamentale, qui donne une autre dimension à notre existence, est de savoir retrouver notre centre, et comment y accéder. L’inscription gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes « connais-toi toi-même » que Socrate aurait choisie pour devise en y ajoutant « et tu connaîtras l’univers et les dieux » nous apporte un premier élément de réponse en nous indiquant de d’abord travailler sur nous-mêmes.

Conclusion : construire le temple

La mort de Maître Hiram représente la mort initiatique, qui avec la renaissance à un autre niveau de conscience permet de continuer la quête vers la vérité et la liberté. Le mythe de Maître Hiram est donc l’histoire d’une quête pour poursuivre l’objectif du Maître qui est la construction du temple de Salomon. L’assassinat de Maître Hiram conduit donc à la question de la finition du Temple. Qui pourra le terminer car le savoir faire du Maître est perdu ? Le mythe pose ainsi la question de la construction de notre temple intérieur. Le mythe est le moyen d’avancer dans notre quête personnelle, car le mythe pour le mythe, aussi intéressant soit-il, n’a qu’un intérêt limité. Il faut aller au-delà des symboles et des mythes, qui ne sont que des supports qui par analogie sont des déclencheurs de conscience, des moyens, c.à.d. des outils indispensables pour avancer. Au niveau individuel, le mythe nous guide dans la quête du MM dans sa démarche maçonnique. Cette quête n’est pas la recherche d’un résultat, mais la progression vers plus de connaissance, vers plus de conscience. Nous ne pouvons avancer sur ce chemin de la connaissance et de la conscience que par l’expérimentation, par l’action, car tout ce qui est en dehors de l’expérimentation n’est que possibilité. Si nous avons tenté d’apporter des réponses à quelques questions du mythe, il en reste de nombreuses qui restent encore ouvertes : pourquoi a-t-on perdu ces secrets car d’autres maîtres devaient le posséder ? Qui va terminer le temple ? Que sont devenus les mauvais compagnons ? Où est la sépulture de Maître Hiram ? Etc. La recherche des réponses à ces questions en s’appuyant sur la transmission et l’expérience permettra de progresser dans la recherche personnelle. Changer la pierre brute en pierre taillée, l’amener à recevoir et à diffuser la lumière n’est-il pas le travail que nous devons entreprendre sur nous avec nos Frères : seul et ensemble en même temps ? Car on ne peut prétendre améliorer le monde si l’on n’est pas soi-même construit et réalisé, c’est-à dire un Homme Véritable, qui a retrouvé les secrets véritables.

Très Vénérable Maître, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 18 décembre 2012 2 18 /12 /Déc /2012 08:50

 

Etant en mal d’inspiration pour choisir le sujet de la planche que je vais vous présenter ce soir, notre Vénérable Maître, que je remercie tant j’ai pris de plaisir à réaliser ce travail, m’a donné le « coup de pouce » nécessaire en me le suggérant par le biais du programme de ce 1er trimestre de l’année maçonnique 6006 :

La Franc-maçonnerie : pensée sans doctrine ?

J’avoue volontiers l’avoir trouvé, dans un premier temps, un peu effrayant tant il était éloigné des sujets symboliques que je m’étais jusqu’alors essayé à vous présenter.
Je suis donc resté « muet » durant de longues semaines avant de me jeter sur mon dictionnaire afin de « dépiauter » la question… et je commencerai donc par quelques définitions :

Doctrine : L’ensemble des dogmes, soit religieux, soit philosophique, qui dirigent un Homme dans l’interprétation des faits et dans la direction de sa conduite.

Dogme : Point de doctrine, établi comme fondamental, incontesté, certain… qu’il faut croire.

Pensée : ce que l’esprit imagine ou combine.

Après avoir tourné la question dans tous les sens, il m’est apparu intéressant d’y répondre selon les trois approches suivantes :

La première de manière factuelle en m’appuyant tout simplement sur les principes de la Grande Loge de France

La seconde en cherchant toute trace de dogmes dans la démarche maçonnique

Et enfin la troisième en m’interrogeant sur la signification du Grand Architecte de l’Univers

Partie n°1

Permettez moi de rappeler quelques-uns de nos principes :

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité
Elle constitue une alliance d’hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances
La franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’Humanité
Dans la recherche constante de la vérité et de la justice les Francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite.
Ils respectent la pensée d’autrui et sa libre expression
Ils recherchent la conciliation des contraintes et veulent unir les hommes dans la pratique d’une morale universelle et dans le respect de la personnalité de chacun….
Ces quelques principes et beaucoup d’autres constituent, de façon synthétique, une réponse aux trois questions majeures qui permettent de caractériser chaque chose : Qui ? Comment ? Pourquoi ?
Ils définissent le périmètre, non fini, de notre champ d’activité en précisant clairement les objectifs du groupe, ils rappellent en quelque sorte les valeurs morales que nous portons très haut, enfin ils énoncent les règles de notre Art.
Aucune trace de dogmes dans tout cela, pas de vérité révélée non plus, juste la définition d’un contexte, d’un environnement, d’un milieu dans lequel des futurs Frères, encore profane, pourront choisir librement, sans contrainte, d’évoluer et de travailler.
Enfin le souci de rester loin des doctrines est proclamé de manière générale, que les obédiences soient ou non restées d’inspiration et de filiation chrétiennes, l’absence de tout dogme, de tout prosélytisme religieux est en lui-même un principe essentiel de la franc-maçonnerie.
Entrer en Franc-maçonnerie, c’est adopter une démarche volontaire, démarrer un processus « actif » et bijectif : le Franc-maçon reçoit à la mesure de ce qu’il donne… il ne vient pas recevoir un quelconque enseignement.

Partie n°2

Après avoir évoqué ces principes, entrons un peu plus avant dans l’examen de la démarche…
Une loge maçonnique évoque un chantier. On y vit un apprentissage, un compagnonnage et une maîtrise, on y découvre des outils que l’on apprend à manier, un langage symbolique que l’on apprend à parler, un plan de construction auquel on participe progressivement et toute la démarche initiatique est organisée en fonction de la vie harmonieuse du chantier et du travail qu’il faut y accomplir.
Le chemin initiatique emprunté par le profane et ponctué par les étapes que constituent les grades, est basé sur les réponses à ces 3 questions : D’où je viens, Qui suis-je et enfin Où vais-je ?
Il semble bien en effet que toute philosophie, comme toute religion, vise à résoudre ce triple problème et c’est sur sa solution que se basent les sociétés humaines. Notre manière d’agir et notre conduite en tout, cherchent toujours à s’expliquer logiquement, se basant sur notre opinion concernant la raison de notre existence et notre place au sein de l’ensemble des choses.
La démarche maçonnique semble bien s’articuler autour de l’étude de soi…et la mention V.I.T.R.I.O.L. que l’on découvre dans le cabinet de réflexion nous le confirme évoquant le retour en soi, l’ego étant symbolisé par la Terre : par un travail sur soi, il est possible de modifier son Être, de dégrossir sa pierre et de la rendre ainsi assez parfaite pour prendre sa place dans l’édifice en gestation permanente.
Après ces quelques propos généralistes, je vais essayer de parler de la démarche maçonnique à travers mon propre cheminement…
Depuis mon initiation, je chemine avec le concept du connaît toi toi-même, exercice ardu qui à mon sens ne s’achèvera qu’à la fin de ma vie ou bien encore marquera la fin de ma démarche. En devenant Franc-maçon, j’ai accepté de secouer le joug de mon ego pour vivre le plus harmonieusement possible avec moi-même et donc les autres, pour communier avec sincérité de cœur à cœur ! D’hésitations en doutes, je pense avoir admis que ma progression spirituelle ne se ferait qu’au prix de l’abandon de toute auto préservation : l’orgueil et la peur m’interdisant à soulever le voile cachant l’Être qui réside au centre de moi-même, prisonnier de mes angoisses. Et ainsi je fis mes premiers pas vers le symbolisme, comprenant que le geste de m’ôter le bandeau de devant les yeux pendant la cérémonie d’initiation était vraiment symbolique, ma cécité étant certainement appelée à persister longtemps. J’ai ainsi appris à manier le ciseau et le maillet pour permettre à ma volonté d’agir et de persévérer au service de mon discernement. En me proposant de méditer sur le fil à plomb, j’ai été poussé à descendre en moi-même pour me confronter à mes peurs traduisant mon manque de confiance en moi.
A l’étude des différents symboles, j’ai accepté de modifier ma conformité intérieure, de réaliser un ré-agencement de ma personnalité : m’éveiller pour changer, pour aimer, pour tolérer… cela demande de laisser le paraître pour l’être, d’abandonner la carapace dont on se protège parfois dans le monde profane. Les moyens mis à notre disposition dans le Temple sont heureusement nombreux : outils, décors et objets ainsi que le comportement des Frères qui nous entourent.
Votre présence, votre regard, votre parole enfin, car il ne peut y avoir à mon sens d’apprentissage et de progression sans le regard et la parole de l’autre, comme en autarcie.
Sans cet effet miroir, sans le modèle bienveillant que vous me renvoyez, il me serait difficile, avec les seuls outils, de cheminer sur les sentiers de la fraternité.
Là encore, la notion de symbole est apparaît comme importante : les anciens sont notre modèle et ils sont Maîtres, maîtres d’eux-mêmes mais certainement pas de nous.
Ils ne détiennent pas la Vérité ou plutôt Si chacun détient Sa vérité ; leur comportement n’est pas stéréotypé, sauf peut-être dans la pratique du rituel en tenue, et chacun nous apporte un élément qui participe à notre construction.
Toute cette démarche, cette construction, je l’effectue libre de mes pensées et de mes actes, utilisant mon libre arbitre, garant de mon indépendance morale et protégeant mon identité.
Ce respect des spécificités de chacun est primordial : alors qu’au travers d’un enseignement dogmatique, les pierres polies seraient toutes identiques, celles résultant de la démarche maçonnique gardent leur personnalité ; de leur assemblage résultera un édifice cohérent mais riche de cette diversité.
Comme on vient de le voir le Franc-maçon travaille essentiellement sur l’humain ; sur ce qu’il y a de plus noble en l’homme, ce qui appartient au spirituel. Ainsi le profane, lorsqu’il frappe à la porte du Temple, en tant que futur initié, recherche une qualité d’être qui passe par la découverte ou redécouverte de la dimension spirituelle grâce à son engagement et à l’accueil que lui offre le groupe déjà constitué. La franc-maçonnerie propose à ses initiés une méthodologie pour l’apprentissage et la mise en forme, et un processus de croissance pour le développement personnel. Elle s’appuie sur la réflexion intellectuelle et la dimension groupale.
Un autre fondement de la démarche maçonnique, c’est le processus de croissance ou de maturation : une démarche basée sur la connaissance de soi.
En parlant ainsi de la pensée maçonnique et de la méthode de travail au sein du groupe, on devine le rôle prépondérant du langage symbolique…L’initié doit penser par lui-même, de ce fait lors des instructions ou dans le rituel, les réponses à ces questions ne lui seront fournies que par l’intermédiaire de symboles. Le langage des mots, est direct, bien identifié et de ce fait les idées exprimées peuvent prendre les traits de vérités affirmées ; en revanche, le langage des symboles, est un langage que je qualifierai d’ouvert, en ce sens où il laisse une large place à l’interprétation. Il constitue un appel à la réflexion, et à force de travail, chacun peut se l’approprier pour suivre son propre chemin vers sa vérité.
Pour en revenir à notre interrogation de ce soir, je pense que vous en conviendrez mes Frères, la Franc-maçonnerie n’apparaît donc pas être une pensée doctrinale… Ma franc-maçonnerie, c’est plutôt une pensée libre et créatrice qui exclut tout dogmatisme, une école de foi, de foi en l’avenir, de foi en l’autre et surtout de foi en soi et en sa destinée ; une école d’humanité où se conjuguent lucidité et foi : et c’est sans doute dans le fait que le franc-maçon est capable de regarder les hommes comme imparfaits qu’il trouve une vocation sacrée pour les rendre meilleurs.

Partie n°3

A ce moment de mon travail et sûr de la réponse à la question première, j’ai été troublé par l’image du Grand Architecte de l’Univers. Cette référence, bien présente dans le rituel, à l’existence d’un « Grand Architecte de l’Univers» peut paraître insolite et déroutante… en effet, ce principe ne s’apparenterait-t-il pas à un dogme, à une vérité révélée?
Le « Grand Architecte de l’Univers » des Francs-maçons dits « spéculatifs » est apparu dans les textes en 1723 avec les Constitutions d’Anderson où il est également dit « Un maçon est obligé de par son engagement d’obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». Ce symbole semble être issu de la survivance des loges opératives qui, traditionnellement, n’ont jamais été athées, ni même déistes, mais plutôt théistes. A cette époque, quand à l’ouverture et à la fermeture des travaux, on évoque un Être Suprême, il est clairement assimilé à Dieu, et plus particulièrement dans nos contrées à un Dieu chrétien bien sûr en ce temps où l’Eglise et l’Etat ne font qu’un.
En ce qui concerne la franc-maçonnerie d’inspiration «continentale », par opposition à la Grande Loge Unie d’Angleterre, elle déclare lors du Convent de Lausanne, en 1875 : « comme elle l’a proclamé depuis son origine, l’existence d’un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers ». Enfin en novembre 1894, est créée la Grande Loge de France, héritière des loges écossaises placées au XVIIIè siècle sous l’autorité du Suprême Conseil de France ; la Grande Loge de France déclare travailler à la Gloire du Grand Architecte de L’Univers en présence des trois grandes lumières : L’équerre, le compas et le volume de la loi sacrée.
Cependant, on trouve la trace du concept de Grand Architecte de l’Univers, dans l’esprit comme dans la forme, depuis bien plus longtemps, en occident comme en orient… depuis presque la nuit des temps.
Si l’on considère que la Franc-maçonnerie a été opérative avant d’être spéculative et que les premiers francs-maçons ont construit des cathédrales, il est important de préciser ce qu’est un architecte. Sur le plan étymologique, le mot « architecte » provient d’un terme grec qui se compose de deux termes, arki et tekton. Arki implique les idées de « commander, diriger » et tekton signifie « ouvrier travaillant le bois ». Ainsi l’architecte était celui qui dirigeait un travail, mais aussi un spécialiste de la construction navale. Les artisans initiés sont alors considérés comme l’équipage présent à bord d’un bateau dont le maître d’œuvre devient le capitaine. L’association à la symbolique du bateau paraît importante, car il constitue peut-être le symbole le plus accompli de l’œuvre communautaire et de ceux qui la créent sur ce bateau, qui à l’image de la barque solaire semble permettre à la confrérie artisanale de traverser le temps et l’espace pour atteindre le paradis céleste.
On le retrouve dans le même rôle du charpentier dans l’Egypte ancienne ; il construit la barque capable de traverser l’univers. Lorsque les éléments de la barque sont rassemblés sur le chantier naval, lieu d’initiation, Osiris revit.
Ce bateau communautaire, on le retrouve encore dans les cathédrales qui comprennent une nef ; la toiture des édifices médiévaux est un bateau inversé qui emmène vers le ciel la communauté des fidèles.
Dans la mythologie Nordique aussi, comme en Inde, c’est à partir du bois que le charpentier divin, sous des dénominations différentes et variées, crée le monde. . Le Grand Architecte de l’Univers remplit alors une fonction de charpentier céleste ; il assemble de manière harmonieuse les différentes pièces qui composent le cosmos, tels les morceaux de bois qui forment une charpente.
Dans l’Egypte ancienne encore, le Grand Architecte de l’Univers prend aussi les traits du dieu à tête de bélier, Khnoum, potier divin qui modèle le monde comme un vase contenant la connaissance et qui crée tous les êtres sur son tour. Il est celui qui relie, celui qui unit, celui qui donne la cohérence. Et c’est à partir du matériau le plus simple, le plus répandu et apparemment le moins précieux, que travaille le potier.
Après s’être brièvement interrogé sur les origines du Grand Architecte de l’Univers, on peut se demander quelle signification revêt de nos jours cette dénomination… Un dieu architecte ? Un principe ordonnateur ? Un simple symbole destiné à aider l’homme à se passer de Dieu ? Partons encore de la tradition opérative, l’architecte est celui qui dirige les artisans, qu’ils soient apprentis, compagnons ou maître, celui qui imagine et réalise les plans de l’édifice et en surveille la construction.
Dans cette optique, l’invocation faite par le Vénérable Maître au Grand Architecte de l’Univers peut se comprendre comme une manière d’établir un lien entre le temple maçonnique et le cosmos.
Lors de l’ouverture rituelle des travaux d’une loge, plusieurs autres invocations sont prononcées : « Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice », « Que la Force le soutienne » et enfin « Que la Beauté l’orne ». Ainsi, comme l’architecte, le franc-maçon conçoit d’abord, puis réalise et enfin embellit l’édifice. Affirmer et glorifier le Grand Architecte de l’Univers participe donc au processus d’élévation, de perfectionnement du franc-maçon au travers de la construction sans cesse renouvelée et toujours inachevée de son temple intérieur.
Durant les tenues, sa présence est symbolisée, sur l’autel des serments, par les trois grandes lumières. Il est invoqué à deux moments clés d’une tenue, l’ouverture puis la fermeture des travaux. Appel au rassemblement des forces, exhortation au travail, elle invite le franc-maçon au dépassement de soi, lui rappelle le but fixé individuellement et collectivement. De plus, elle fixe le passage du profane au sacré, l’abandon des métaux, resserre le lien entre les maçons, redonne vigueur à l’aspiration qu’à chacun d’eux de se situer par rapport à lui-même et par rapport aux autres.
La Franc-maçonnerie qui se proclame étrangère aux dogmes et doctrines peut-elle se passer d’un Être supérieur… en ce qui concerne la Franc-maçonnerie certainement mais en est-il de même pour les Hommes qui la composent ?
Pour répondre à ses interrogations les plus essentielles, l’Homme a ressenti le besoin de concevoir un principe universel qui agit dans la Nature et à l’intérieur : Un Grand Architecte.
Travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers est un acte initiatique majeur, bien antérieur à la Franc-maçonnerie comme j’ai essayé de le montrer précédemment. Mais encore faut-il l’envisager dans son authenticité de pensée symbolique, vécue sur le chemin de l’initiation, hors de tout dogme, de toute croyance et de toute restriction temporelle. Si nous ne l’érigeons pas en un objet de croyance et que nous y voyons plutôt un symbole, un symbole à étudier au même titre que les autres qui nous sont proposés tout au long de notre démarche, afin de construire, chacun pour soi, le sanctuaire de nos convictions personnelles, nous pourrons alors l’envisager dans toute sa dimension.
Je me permets de citer notre Grand Maître A .Pozarnik : « …le symbole du Grand Architecte de l’Univers parle à chaque Frère en fonction de sa sensibilité. Ce Grand Architecte de l’Univers n’est pas un dogme mais un langage qui s’adresse au cœur. »
Le Grand Architecte de l’Univers ne peut être reconnu par tous que dans l’acceptation de son usage en tant que symbole d’interprétation philosophique libre. Ce divin organisateur du cosmos n’appartient en propre à aucune définition confessionnelle ou théologique et s’avère donc de ce fait compatible avec tous… et en ce sens, il est surtout un formidable symbole de la tolérance
Mais cette référence au Grand Architecte de l’Univers n’est pas exclusivement divine, elle laisse sa place à l’homme qui, par sa démarche initiatique de franc-maçon, essaie, en polissant sans cesse sa pierre brute, d’accéder à sa vérité et à la perfection.
Le Grand Architecte de l’Univers permet à chacun de se retrouver autour d’un principe fédérateur. Si pour certains il représente Dieu, pour d’autres il personnifie la Raison, l’Esprit qui illumine l’Homme. En fait cela importe peu, à chacun sa conviction ou ses illusions sur le sujet. Le plus important est que loin d’être une vérité révélée, c’est un symbole qui réuni des « hommes libres et de bonnes mœurs » autour d’une réflexion permanente sur l’Humanité.

Conclusion générale

Alors à la question initiale et pour conclure, je répondrais que la Franc-maçonnerie n’est pas une pensée enseignée à coup de dogmes ; Voltaire lui-même nous le dit bien : « Tout dogme est ridicule ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde. »
Les Francs-maçons reçoivent des clefs pour ouvrir des portes et des outils pour construire leur Temple intérieur.
Vénérable Maître et Vous Tous Mes Frères, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

 

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Mardi 18 décembre 2012 2 18 /12 /Déc /2012 08:44

Un certain 26 avril 2002 , je naissais sans vraiment encore le savoir à travers le symbolisme… Pour être totalement transparent avec vous mes frères, jusqu’à ce moment précis le symbole ne représentait pas grand-chose dans ma vie. Du moins quelque chose de difficile à cerner, à appréhender. Depuis je travaille dessus, ou du moins devrais je dire avec ou encore à travers… Lors de mon initiation, une phrase a particulièrement retenu mon attention :

  • "Ici tout est symbole"

Dans le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : "Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe". Ce jour là, je n’ai pas réussi à la comprendre ni même à lui donner un sens. Dès lors, j’ai voulu déterminer précisément ce que pouvait être le symbole. Voici des définitions données dans le dictionnaire :

  • Ce qui représente autre chose en vertu d’une correspondance analogique.

Ou encore

  • Objet ou fait naturel de caractère imagé qui évoque par sa forme ou sa nature, une association d’idées spontanée avec quelque chose d’abstrait ou d’absent.

Je me pose alors une question, est il si facile est si évident de définir le ou les symboles ? Est ce que les mots suffisent à eux seuls à décrire, à exprimer, à définir le contenu pour d’un symbole? Certains disent que définir le symbole, c’est le limiter. Lui donner une signification particulière, c’est le détruire. Le symbole constitue un processus de connaissance. Chaque symbole n’a de sens qu’en fonction de la personne qui le conçoit. Bachelard disait, je cite :

  • Quand un symbole puise ses forces dans le cœur même, combien grandissent les visions !

Je me rends compte aujourd’hui que le symbole est présent dans le langage, les gestes, les rêves… Ils constituent un mode d’expression millénaire. Il serait vain de penser que, dans son évolution, l’humanité a passé par le stade du symbole pour atteindre ensuite un stade ultérieur qui serait celui du langage. Nous ignorons comment les choses se sont passées dans le temps et nous ne disposons d’aucun moyen pour en comprendre le mécanisme. Ils sont présents depuis toujours, depuis que l’homme habite cette terre. Mais le symbole n’est sans doute pas si simple! Faut il encore réussir à se l’approprier. Savoir qu’un signe ou qu’un symbole se prête à de multiples interprétations ne suffit pas toujours. Il faut là encore savoir leurs donner un sens, savoir les faire vivrent en nous. Il s’agit là d’une véritable démarche personnelle. Car chacun traduit avec ses mots, sa sensibilité, son cœur ce que peuvent représenter images ou symboles. Le langage fait choix d’un certain nombre de signes qu’il associe par quelques règles simples, afin de permettre à chacun de parler, d’échanger des pensées avec d’autres. Il s’agit de faciliter des échanges à propos de choses apprises, comprises, connues, de choses qui existent déjà. Par contre le symbole est lié à la création, à l’invention, à la découverte. C’est peut-être dans ce sens qu’il précède le langage. Si un symbole peut avoir plusieurs significations, il peut alors arriver qu’elles paraissent incompatibles et même contradictoires. En fait c’est une question. Aujourd’hui je suis persuadé que le symbole peut s’entrevoir, s’imaginer en trois étapes :

  • Découvrir
  • Comprendre
  • Créer

Le symbole est donc l’outil qui facilite la découverte du monde de l’inconscient et qui de ce fait ouvre la voie vers l’épanouissement de la personnalité et offre l’agrandissement du moi et le passage au soi. Lorsqu’il est perçu, le symbole agit comme un voile que l’on lève. Les symboles donnent un visage à nos désirs, ils peuvent aussi paraît-il nous révéler à nous même... Ils nous incitent à l’action, ils modèlent notre comportement, ils amorcent nos succès comme nos insuccès.Je retiendrai cette expression :

  • Le symbole est un lien entre ce qui ne signifie rien pour nous et ce qui peut signifier quelque chose.

La perception d’un symbole est donc personnelle autant que l’interprétation d’un rêve d’ailleurs. Cela ne signifie pas que le symbole porte un sens variable d’individu à individu, mais bien que seule l’expérience vécue par la personne ouvre l’accès au sens du symbole. Le cheminement doit avant toute chose être personnelle. Je crois qu’il ne suffit pas de mettre en œuvre l’intelligence, la mémoire, le raisonnement l’imagination. C’est un véritable travail sur soi même qui débute alors. Ce travail ne s’harmonise qu’autour d’une certaine sensibilité, une certaine perception sans nul doute, mais aussi à pressentir et à deviner. Bref, c’est donc bien la totalité de la personne qui doit être engagée. Le sens du symbole est perçu par des approches successives. On le trouve dans des textes, des images, des rituels, des monuments, des poèmes, des épopées, des mythes, des œuvres d’art, et même dans de simples flaques d’eau... Encore convient-il pour y parvenir de disposer de quelques fils conducteurs. Une première règle peut s’énoncer sous la forme : « Aucun emblème n’enseigne rien. » Le symbole n’est rien par lui-même. Les signes ne sont porteurs de sens que si nous les avons chargés de sens nous même. Apprenti, je me suis trouvé face à deux symboles : l’équerre et le compas. Symboles qui m’ont demandé un temps, d’observation et de réflexion. Puis il m’a fallu comprendre, saisir le rôle du symbolisme. J’ai alors découvert son caractère traditionnel en Franc-Maçonnerie. Caractère traditionnel qui permet la transmission à travers l’utilisation d’un « matériel » symbolique déterminé constitué d’objets, de paroles, de gestes et d’actes. J’ai ensuite découvert les différentes fonctions du symbole. Fonctions au nombre de cinq. Fonction anti-dogmatique, qui se caractérise par la diversité des interprétations possible du symbolisme. Fonction représentative, image représentative de l’idéal moral de la franc-Maçonnerie, unit par le beau et le bien. Fonction projective, la signification seconde de chaque symbole, offre la possibilité à chacun de faire appel à son inconscient et donc ouvre un passage à l’introspection. Fonction éducative, à travers un rituel le symbolisme propose à chacun l’échange serein d’idées, aide et accompagne le développement bénéfique de son comportement. Fonction égalitaire, instrument de culture, le symbolisme permet à chacun et ce quelque soit son niveau d’accéder aux différents domaines de la connaissance. Cette partie ma sans doute énormément aidé dans ma démarche. Puis est venu mon passage au grade de compagnon. Alors que les symboles du premier degré, ne m’avaient livré qu’une infime partie d’eux... voici que je vivais maintenant à travers cinq voyages une fois encore un moment émouvant, intimidant, et suscitant en moi une multitude de questions... Cette fois je me trouvais face à cinq nouveaux symboles... maillet et ciseau... équerre et compas... règle et levier... niveau... truelle... Et leur sens...

  • Symbole de l’amélioration pour le premier voyage
  • Symbole de la recherche de la Justice et de la Vérité pour le 2è
  • Symbole de l’étude de la Nature pour le 3 è
  • Symbole de l’égalité pour le 4 è
  • Et enfin Symbole de la glorification du travail pour le 5 è et dernier voyage

A la différence de mon initiation, les cinq voyages d’initiation du grade de compagnon n’avaient plus le caractère d’épreuves, mais de figure représentant les étapes de connaissance. Je découvrais aussi l’étoile flamboyante... ou le pentagramme. Elle est notre étoile polaire, l’astre de la pensée libre. Elle est le symbole essentiel de notre grade. Elle nous indique à nous Compagnon que nous devons devenir à notre tour source de chaleur, de lumière, de compréhension. L’étoile flamboyante a cinq pointes, ainsi elle figure les quatre membres de l’homme et la tête qui la gouverne. Représentant ou plutôt symbolisant l’homme se tenant debout. Ce symbole correspondrait-il à un certain moment dans la vie d’un homme ? L’étoile flamboyante symbole des facultés intellectuelles les plus nobles, elle est l’emblème du pouvoir et de la Volonté. Placée entre le Soleil et la Lune, elle forme avec eux le triangle en unissant leurs lumières combinées. C’est le symbole même de la réunion de toutes les vérités conciliées par la Lumière, en même temps que la clarté personnelle de la voie intérieure. Ainsi chacun crée son Etoile flamboyante par ses pensées, ses sentiments, sa conscience et ses actes. L’Etoile flamboyante est le résultat du travail matériel et du travail intellectuel, elle indique alors que le grade de Compagnon est celui du travail. En parcourrant mon livret de compagnon, un passage a retenu mon attention, je vous le lis :

  • « Il faut donc insister sur la dimension sociale et fraternelle du grade de Compagnon. Le travail sur soi et avec les autres est au centre de l’aventure de ce grade. »

Le travail est en soi l’effort constant de l’homme pour se délivrer progressivement des fatalités qui pourraient le diminuer. Il est donc le moyen de la liberté. Presque tout, en réalité dépend donc de notre courage, et nous sommes les artisans de notre destin. L’Etoile flamboyante est composée de la lettre G en son centre. Lettre G que nous pouvons décomposer en cinq mots :

  • Gravitation
  • Géométrie
  • Génération
  • Génie
  • Gnose

Gravitation : Pour la force qui régie le mouvement et l’équilibre de la matière. Cette loi qui régit le domaine physique devient symboliquement l'image de la cohésion entre les opinions de personnes qui possèdent des aspirations communes. Celle qui rapproche les cœurs et assure la solidarité de l’édifice maçonnique par l’union de la Fraternité. Géométrie : Pour le maçon la géométrie c'est en tout premier lieu cultiver l'esprit de géométrie. C'est travailler sur les symboles, les outils (l'équerre et le compas) afin de former des hommes libres. Pythagore avait inscrit au dessus de la porte de son temple : « Que nul n’entre ici s’il ne connaît la géométrie... que nul n’entre s’il n’est que géomètre ». Génération : Je vous crée, reçois et constitue Apprenti Franc-Maçon. Considérée comme force vitale dont le but est de perpétuer la série des individus. Génie : Le génie évoque l'effort que le compagnon devra sans cesse fournir. Pour cela le compagnon travaille à l'obtention d'une pierre parfaitement cubique. Il doit se servir de la perpendiculaire représentant la profondeur dans l'observation, du niveau représentant la sérénité dans l'application, de l'équerre représentant la rectitude dans l'action. Le génie suppose la continuité dans l'action et la persévérance dans l'effort, il doit être solidaire du travail et Buffon la définit comme une longue patience. Il doit éclairer l'Humanité et se mettre au service des nobles causes. Gnose : La connaissance de soi et le travail intérieur afin de parvenir à l’éveil de la conscience. La gnose maçonnique n'est ni religieuse, ni antireligieuse, elle possède sa propre conviction, la foi en l'Homme. Pour la maçonnerie il n'existe pas de donnée révélée mais un cheminement symbolique vers ce qui pourrait être appelé Vérité. La maçonnerie considère que le profane chemine longuement, parvient devant un seuil, bute contre une porte qu'il franchit, en recevant de ceux qui l'ont franchie avant lui, la clé nécessaire. Tous ces symboles représentent le chemin, lignes géométriques qui servent au Franc-Maçon pour donner à sa pensée la cohérence d'une forme équilibrée laquelle sert à son tour d'armature à l'oeuvre maçonnique afin qu'elle soit harmonieuse solide et indestructible. Mon chemin à travers les symboles est encore long, difficile, avec un questionnement permanent. Je ne cherche vraisemblablement pas à mettre une réponse en face de chaque point d’interrogation. Ma démarche est véritablement tournée vers une réflexion de fond. Réflexion qui je le reconnais me bouscule assez. Alors, c’est avec une certaine patiente et les yeux grands ouverts que je poursuis mon chemin, mon aventure dans le monde des symboles.

Source : http://reveil.anicien.free.fr

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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:54

Tel est l’âge symbolique du Maître Maçon.

Qu’en dire ? Sous quel angle raboter cette planche ? Evidemment, des idées me viennent mais comment les agencer ? Il me paraît incontournable de parler du symbolisme et de la signification du nombre 7 mais je ne maîtrise guère les quantités d’informations que l’on peut trouver à ce sujet : interprétations alchimique, soufie, hermétique et j’en passe. Si par extraordinaire on appréhendait la totalité d’un symbole, on aurait immédiatement connaissance du tout et être Maître, ça n’est pas tout savoir mais plutôt savoir ce qu’il nous reste à apprendre. Dois-je alors parler davantage du « et plus » et de ce qu’il m’inspire ? Je ne peux, par ailleurs faire l’impasse sur ce que nous disent les rituels (REAA ancien et nouveau et le Rite Français). Faut-il également que j’évoque mon vécu de Maître Maçon qui a, lui, et de façon non symbolique, dix ans et plus ?

Le sujet me paraît bien vaste à traiter. Pourtant, à l’instar du compagnon qui gravi l’escalier en colimaçon et s’apprête à entrer à reculons dans le temple plongé dans l’obscurité et l’affliction, je dois regarder en arrière, refaire le chemin parcouru avec, autant que possible, une certaine clarté d’esprit.

Ainsi, il me faut dans un premier temps évoquer l’âge du Maître [7] mais sans pour autant le dissocier du 9 de la batterie du grade. Dans un deuxième temps, il me paraît important de se fier à ce que me disent les rituels que j’ai pratiqués. Enfin, je terminerai par évoquer ce que signifie pour moi avoir sept ans et plus.

Commençons par évoquer la signification du 7 comme âge du Maître. Le nombre 7 a toujours représenté depuis des temps les plus reculés le degré le plus élevé de l’initiation. Il semble donc naturel qu’une école initiatique comme la Franc-Maçonnerie offre une large part dans son symbolisme à la valeur des nombres et à leur signification.

Mais pourquoi l’âge du Maître est-il symbolisé par le 7 ? Pourquoi la batterie de ce même grade est-elle de neuf coups ? Pourquoi aussi ce décrochage entre l’âge et la batterie au 3ème degré alors que dans les grades d’App.°. et de Comp.°. âges et batteries sont parfaitement associés : 3 pour les App.°. et 5 pour les Comp.°..

Sept ans, c’est l’âge de raison chez l’enfant, dit-on ; c’est aussi l’âge du raisonnement, de la connaissance. Doit-on comprendre par là que parvenus à notre symbolique « 7 ans et plus » nous possédons les clefs de la connaissance et que c’est à nous à présent de savoir en ouvrir les portes afin de la développer indéfiniment ?

Constitué de l’addition du 3, plan divin, nombre sacré ou triade chez les Pythagoriciens et du 4, plan de la création, le 7 assemble ainsi le triangle et le carré. C’est ainsi l’association de la pierre cubique, que nous avons polie au cours de nos années d’apprentissage et de compagnonnage, et de la pyramide à 4 faces, symbole de l’achèvement. Pierre cubique et pyramide forment ensemble la pierre cubique à pointe.

Si l’on reste dans le domaine arithmétique, le 7 est également le total de 3 + 3 + 1. Cela nous donne deux triangles et un point. Nous connaissons la symbolique du triangle mais ce point, que signifie-t-il ? Les Pythagoriciens y voient la Monade divine, d’aucuns l’image du Sceau de Salomon avec les deux triangles imbriqués. Pour moi, ce point, c’est le centre du cercle (comme nous le dit le rituel) où se trouve le Maître Maçon.

Le nombre 7 ne peut donc pas être considéré comme le nombre absolu de la perfection – c’est le Un – même si l’idée d’achèvement pourrait le laisser augurer. Qu’il soit 4 + 3 ou 3 + 3 + 1, le 7 est un nombre ambivalent. Il est à la fois le Bien (les 7 vertus) ou le Mal (les 7 péchés capitaux). En outre, il indique un caractère progressif. Je ne ferais pas de catalogue de toutes les significations du 7 dans toutes les traditions mais, pour l’avoir étudié en réunion de MM.°., j’évoquerais le culte mystérieux de Mithra qui présente de troublantes analogies avec notre Rite. Il y avait 7 portes, 7 autels accessibles après avoir franchi 7 marches, 7 mystères. Les adeptes de Mithra suivaient un parcours initiatique de 7 degrés.

Pour le Maçon, il symbolise donc un cycle complet, d’où l’idée déjà évoquée d’achèvement, mais dans le sens d’un changement, d’un renouvellement positif, d’un aboutissement à une plénitude. Cependant, si cycle il y a – on l’appellera cycle septenaire – cela veut dire qu’un autre est prêt à être commencé. C’est sûrement en partie cela la notion de « et plus ». A l’instar des sept notes de la gamme musicale, un autre cycle recommence mais à l’octave supérieur.

Quel curieux nombre que le 7 ! Il est aussi l’équilibre, l’harmonie. En effet, dans nos ateliers, ne dit-on pas qu’il faut 7 Maîtres pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Notons de même que les mesures du tombeau d’Hiram correspondent à trois pieds de large, cinq de profondeur et sept pieds de longueur.

Les nombres 3, 5 et 7 forment un cycle progressif complet que l’on retrouve dans la description de l’escalier en colimaçon qui parvient à la Chambre du Milieu. Cet escalier qui s’enroule en spirale autour d’un axe vertical est divisé en trois parties ou repos : l’un de trois marches que peuvent figurer les trois ans où l’on est initié aux mystères maçonniques ; le second de cinq marches associées aux cinq ans du compagnon, aux cinq branches de l’étoile flamboyante, aux cinq sens ; enfin, le troisième de sept marches conduisant à la connaissance. Les Egyptiens connaissaient ce symbole comme en témoignent les pyramides à degrés ou bien cet escalier à sept marches que les âmes des morts devaient gravir pour comparaître devant Isis et Osiris afin d’y subir le jugement par la pesée de la conscience.

Puisque la suite 3 – 5 – 7 est un cycle, est-ce que cette suite continue ou bien redémarre-t-elle ? Jacques Trescases dans La symbolique de la mort nous dit que « si le Maître a sept ans et plus, c’est qu’il connaît le huit et surtout le neuf sur le quel son attention a été spécialement attirée : ce sont neuf maîtres sont allés à sa recherche quand il était dans son tombeau et il a entendu les neuf coups de la batterie du grade ».

Autrement dit, si le 7 symbolisait une sorte d’état « d’apesanteur » dissocié des notions d’espace et de temps, le 9 suggère par le son et le rythme perçus une notion de temps subi. 9 c’est le carré de 3. C’est le rythme de notre batterie qui mesure ainsi le temps par trois fois trois coups. On peut y voir par ailleurs une sorte de cycle signifiant le commencement, la durée et la fin des choses. Le neuf a ainsi un aspect limitatif et extérieur à nous-mêmes alors que le 7 évoque plutôt un état qui se manifeste au-dedans de nous. Ne considérons pas pour autant comme négatif ce 9 associé au 7 car la batterie, par son rythme, réalise la mise en mouvement, le cadre nécessaire à notre cheminement de Maître.

Que nous disent les rituels au sujet de ce « sept ans et plus » ?
Quand je dis les rituels, j’évoque ceux que je connais : le Rite Ecossais Ancien & Accepté (ancien et nouveau) ainsi que le Rite Français.
Le REAA « ancien », celui auquel nous travaillons dans notre atelier nous dit ceci :
-« Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire cela ?
- Le nombre 7 symbolise la Connaissance, « et plus » indique que cette connaissance doit s’accroître indéfiniment. »

Le REAA « Cerbu » varie un peu. Il dit cela :
- « Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire ceci ?
- Que le Maître parvenu à la sagesse est en mesure d’approcher la Connaissance. »

Quant au Rite Français, il propose une définition moins métaphysique et qui se réfère davantage au mythe d’Hiram mais tout aussi chargée de sens :
-« Quel est l’âge d’un Maître ?
- Sept ans et plus.
- Pourquoi dites-vous sept ans et plus ?
- C’est que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple. »

Si l’on se fie à ce que nous dit notre rituel « écossais », le Maître serait en effet à la fin d’un cycle qui lui aurait apporté la sagesse et qu’il serait « en mesure d’approcher la Connaissance ». C’est ce que nous dit « le Cerbu » qui paraît moins encourageant que notre rite actuel qui, lui, révèle que le Maître a la connaissance mais qu’il lui faut l’accroître. En tous les cas, les deux sentences montrent que le Maître est à l’orée d’un autre cycle. D’ailleurs, si l’on en revient au rituel, le Maître n’a pas terminé son parcours après avoir gravi les marches de l’escalier en spirale. Il est monté en dessinant des cercles concentriques autour d’un axe vertical. Cet axe, c’est son soi intime autour duquel il construit tout ce qui représente sa vie, ses intérêts, ses émotions. Arrivé en haut de l’escalier, que fait-il ? Se contente-t-il de contempler ce qu’il vient d’effectuer ? Comme le jugement des âmes propre aux Egyptiens, pèse-t-il à sa juste valeur les plans qu’il a tracés ? Sûrement, car c’est à reculons qu’il est introduit dans la Chambre du Milieu où règne la plus profonde obscurité et la plus grande affliction. En effet, le Maître refait une seconde fois le chemin parcouru mais, cette fois, il le vit « en esprit » pour bien marquer le changement de plan. A l’image de l’escalier spiraloïde, le Maître Maçon se tourne en lui-même, vers son fond le plus enfoui afin « d’approcher » ou « d’accroître » - selon les rituels – la Connaissance. On retrouve là la symbolique de V.I.T.R.I.O.L. Peut-être le Maçon croyait-il enfin atteindre la pleine lumière mais ce sont les ténèbres qui l’attendent ! Il doit même veiller à ce que son tablier et ses mains ne soient entachés d’aucune souillure. Il doit connaître l’épreuve de la mort avant de passer à une nouvelle étape : celle de la résurrection. Auparavant, il doit quitter le tombeau qui mesure trois coudées de large, cinq de haut et sept de long qui s’associent aux âges des trois grades. Hiram ou le Maître qui l’incarne quitte donc un univers limité à trois dimensions pour un univers au-dessus, celui de la Connaissance. Il est capable de cela grâce aux cinq points de la Maîtrise qui lui insufflent une nouvelle énergie qu’il devra utiliser à bon escient quand il voyagera de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient c’est-à-dire de la lumière vers les ténèbres et vice-versa.

Quel cycle va-t-il entamer maintenant ? Celui, je pense, de répandre la lumière.

Voilà, le Maître en mesure d’approcher la Connaissance comme nous le dit notre rituel. Mais cela s’apparente à de la petite métaphysique maçonnique. Tout cela ne prend son sens véritable que si nous pouvons nous en servir pour modifier nos conduites. Approcher la Connaissance, c’est d’abord se connaître soi-même. La devise de notre Rite n’est-elle pas ce vieil adage :

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux » ?

Si l’on fait le parallèle avec la formule « sept ans et plus », sept ans, c’est peut-être le temps nécessaire pour se connaître tandis que « et plus » serait cette perception du divin. Que représente pour moi ce « connais-toi toi-même » ou cette « approche de la Connaissance » ?

En premier lieu, c’est connaître ses réactions mentales (pulsions, émotions, instincts) et corporelles c’est-à-dire devenir maître de soi.

Mais prenons l’exemple d’une situation concrète et banale de la vie de tous les jours car on n’est pas Maître Maçon qu’un samedi soir par mois : un événement nous contrarie et déclenche chez nous une attitude colérique – je prends volontairement un exemple qui m’est connu. On se dit à ce moment qu’il faut avoir une attitude modérée, mesurée comme le ferait tout bon franc-maçon et l’on essaye tant bien que mal de ne pas laisser apparaître cette conduite, de la masquer en la refoulant. Cependant, l’état intérieur de colère n’a en rien disparu. Alors, que faire pour se dépouiller de ce métal ?

Tout le travail sur soi, autrement dit devenir maître de soi, consiste à retrouver ce centre immobile qui, lorsqu’il est confronté à une situation « sensible » restera immuable, imperturbable ou infiniment moins colérique. Comment ? Par des exercices associant le corps et l’esprit où l’on apprend à domestiquer nos réactions mentales et épidermiques, à maîtriser ses cinq sens. Les gestes, les postures que nous pratiquons en loge sont une invitation à cela. Il me semble que ces rares moments ne suffisent pas. A nous, par le sport, la relaxation, le yoga ou que sais-je encore de développer cette connaissance. Celle-ci ne doit pas en rester à un plan purement conceptuel par trop métaphysique mais s’appliquer à un plan pratique, existentiel. Même si au grade de Maître on entend souvent dire que l’esprit domine la matière, il me semble quand même que l’on doive accorder une place éminente à notre matière. Nous ne connaissons guère notre corps et sommes peu intéressés par son fonctionnement non pas au sens anatomique du terme mais au sens de l’association corps/esprit. Autrement dit, se connaître soi-même ne revient pas uniquement à connaître son mental, son esprit, son intellect, sa psyché. Les alchimistes, me semble-t-il – mais je ne maîtrise pas le sujet – ne distinguaient pas esprit et matière.

En second lieu, je dirais que se connaître revient à « rassembler ce qui est épars ». A l’instar d’Isis qui rassemble les parties du corps démembré d’Osiris, il s’agit, comme je viens de l’évoquer, de rassembler le corps et l’esprit mais également de réunir ou plutôt de réunifier ce qui au cours de notre vie et de notre parcours maçonnique a été remarquable : les bonnes choses comme les mauvaises.

Je repense à l’image de ce franc-maçon qui, après avoir gravi les sept marches, doit se retourner et contempler le chemin parcouru.

Un périple vient de s’achever ; un autre va commencer. C’est la porte ouverte sur l’Inconnu, au-dessus de la pesanteur terrestre, un voyage dans cette voûte étoilée sur laquelle s’ouvre notre temple, dans ce Cosmos infini, tellement immense que l’on pourrait s’y perdre mais qui est paradoxalement l’endroit où l’on peut se trouver.

Donc, avoir « sept ans et plus », c’est savoir que ce que nous avons appris jusqu’à présent n’est rien ou n’est qu’un commencement auprès de ce qu’il reste à apprendre. On rejoint par là ce que nous dit le rituel : « être en mesure d’approcher la Connaissance ». Cela revient à découvrir par soi-même, par l’intérieur, sous les symboles, la Vérité ou tout au moins une parcelle de Vérité.

Avoir Sept ans et plus, c’est faire son Devoir. Non pas un devoir imposé, contraignant, une action pénible mais plutôt un devoir à caractère sacré. Je m’explique. Il convient d’accepter d’abord ce qui nous incombe en tant que Maître : l’assiduité, le travail, s’instruire et instruire, le bien de la loge et des frères qui la composent, ne pas être incité à l’action par l’espoir du résultat sans pour autant se complaire dans une inertie pesante. Je dirais que c’est cela le devoir de base. Mais, il existe un Devoir plus sacré encore : c’est l’acceptation de ce qui nous échoit, de ce qui fait notre vie, notre parcours, nos épreuves. Tout cela est à considérer comme les opportunités nécessaires à notre progrès ultérieur. Autrement dit, une sorte d’alchimie qui consiste à tirer de chaque épreuve, de chaque problème, la substance qui alimentera notre parcours. Enfin, je dirais que le Devoir c’est l’obéissance volontaire à ce qui nous relie au Divin.

Un rituel compagnonnique nous dit quelque chose d’un peu semblable à propos du Devoir :
- Quel serment vous a-t-on fait faire ?
- De soutenir mon Devoir.
- Qu’entendez-vous par Devoir ?
- Il m’est impossible de vous le dire. C’est comme une prière mais je ne m’en souviens pas.

Avoir Sept ans et plus, c’est alimenter sans cesse notre flamme, répandre la lumière autour de nous.

Avoir Sept ans et plus, c’est … beaucoup de choses. Des choses qui ne peuvent se dire ou pas encore se dire car elles appartiennent au Maître intérieur.

Source : www.ledifice.net

Par G\ R\ - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:52

En Franc-maçonnerie et suivant le Rite choisi par la Loge, un Chandelier à Sept branches est posé sur le plateau du Vénérable Maître. Diverses interprétations font autorité selon qu’il s’agit d’un symbole hébraïque (la ménorah), égyptien ou plus prosaïquement maçonnique. Le Chandelier qui possède 7 branches rappelle que dans toutes les traditions ce chiffre symbolise l’union entre le Ciel et la Terre (3 le chiffre du ciel + 4 celui de la Terre et ses points cardinaux). Il est le centre et indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Au presque sommet de notre hiérarchie, les 7 échelons de l’échelle des Kadosh (30e degré de la Maçonnerie Ecossaise) indiquent le nombre d’états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la Terre au Ciel et d’atteindre la perfection du Grand Architecte de l’Univers.

Le Chandelier à Sept branche dans l’iconographie juive

La Menorah est l’emblème le plus répandu de l’iconographie juive choisi pour représenter l’Etat d’Israël. Une description minutieuse de ce chandelier en or, qui ornait la face sud du Sanctuaire de la Tente du Rendez-vous et du Temple de Jérusalem, est donnée dans l’Exode. Il est manifeste que cet objet évoque un arbre, un amandier ou un palmier. En fait le modèle serait un arbuste du type sauge qui pousserait sur le mont du Temple à Jérusalem. Le mot Menorah évoquerait la lumière, mais aussi la chaleur. Prenant racine soit dans la Terre, soit dans le Ciel par ses branches, l’arbre-chandelier faciliterait une forme de communication entre le haut et le bas. Les kabbalistes voyaient un Arbre de Vie dans ce symbole cosmique. La Menorah est pour le Peuple juif le Symbole de la lutte pour son indépendance, de sa victoire contre l'oppression étrangère et un symbole de continuité entre le passé et le présent. Le mot "Ménorah" hrwnm vient de la racine « rwn » qui est une expression Chaldéenne signifie "FEU". On retrouve cette même expression dans Daniel 3:6 ... "feu ardent"... "Noura YaKideta".    
La tradition biblique du chandelier commence au mont Sinaï, après la révélation de Dieu aux Hébreux et la divulgation de la Torah. Au chapitre 25 de l'Exode, Dieu demande à Moïse de réaliser un chandelier d'or pur, d'une seule pièce, une branche centrale et trois de chaque côté. Elle devait brûler sans cesse et le nettoyage des tubulures se faisait chaque soir par les Lévites (lisez les passages Bibliques suivants : Exode 25:31 à 40 - Exode 37:17 à 24 – Nombres 8:2 à 4 et II Chroniques 13:11). La "Ménorah" était alimentée d'huile d'olive spécialement pure, vierge et provenant d'olives concassées spécialement par cet usage (Exode 27:20 à 21).
Ce chandelier devant être placé dans le Saint (ou Sanctuaire) de la Tente du Rendez-vous dans le désert, pour témoigner de la relation permanente et réciproque entre Dieu et son peuple. Le Saint des Saints de la Tente, espace contigu au Sanctuaire mais secret et interdit, abritait les tables de la loi ainsi que les chérubins entre lesquels on pensait que la Présence divine se déployait. La "Ménorah" était donc dans l'Arche au désert ainsi que dans le Temple de Jérusalem, un des symboles prophétiques des plus importants ! Elle était placée dans le "Lieu Saint" (la tente du Rendez-vous) et avant le "Lieu Très Saint" (le Sanctuaire). Sur le plan historique, la Ménorah est restée allumée pendant une période de plus de quinze siècles, à l'exception de deux interruptions, lors de son vol par Nabukhanetsar, après le destruction du premier temple, et lors de l'exil des Judéens à Babel qui a duré 48 ans et lors de la profanation du deuxième Temple par Antiochus Epiphane, pendant 11 ans. Lors de l'exil de Babel, les juifs ont adopté la Ménorah comme emblème: après avoir représenté la lumière intérieure d'un peuple constitué en nation, désormais elle représentait la nation juive disloquée et dispersée. Pour Philon d'Alexandrie, philosophe juif de l'époque romaine, le chandelier était l'image du ciel, avec le système planétaire au centre duquel brille le soleil: il pouvait donc illustrer la vie éternelle, et c'est peut-être à ce titre qu'on le trouvait sculpté sur les sépultures juives de Rome. Historien du 1er siècle, Flavius Joseph décrit le chandelier ainsi: "il y avait un chandelier d'or non pas massif, mais creux par le milieu: il était enrichi de petites boules rondes, de lys, de pommes de grenade; il était composé de sept branches, en relation avec les sept planètes"
Toujours est-il qu'après avoir détruit le deuxième Temple, l'empereur romain Titus captura le candélabre et ordonna à ses sculpteurs de le reproduire dans tous ses détails sur l'arc de triomphe célébrant sa victoire sur la Judée: il imaginait ainsi avoir éteint pour toujours la lumière d'Israël en se l'appropriant; on peut voir cette sculpture aujourd'hui sur la face intérieure de l'une des colonnes de l'arc de Titus, dans le Forum romain. Au gré des invasions, le chandelier changea de mains plusieurs fois puis disparut.
II ne faut pas confondre la Ménorah chandelier à 7 branches ordonné par l'Eternel pour le Temple avec la "HanouKiath" chandelier à 8 branches plus 1 pour l'allumage, et qui rappelle la victoire de Juda Maccabi sur Antiochus Epiphane en 165 avant Y.M. (Voir TMPI n°103 - Une lumière ... Hanoucah ou Noël). Cette Ménorah à 7 branches typifie le Messie Yéshoua qui est la lumière du Monde. En effet, elle représente les 7 flammes du Nom de Yéshoua et aussi les 7 qualités d'Esprit énumérées en Isaïe « 11:1 à 2... Un rameau sortira du tronc d'Isaïe, un "Netzer" (rejeton) naîtra de ses racines L'ESPRIT DE L'ETERNEL reposera sur lui, ESPRIT de sagesse, d'intelligence de conseil, de force, de connaissance et de crainte de Dieu (ou soumission) ». Dans l'Apocalypse (ou Révélation) iYéshoua est représenté derrière LA MÉNORAH dont les 7 lumières représentent les 7 "Kéhilots" ou "Assemblées" que les Chrétiens appellent "Eglises" : Apocal. 7:12 à 16 et v.20. Il est évident que le texte parle de 7 lampes allumées et non 7 chandeliers ! Enfin ce chandelier ou Ménorah est aujourd'hui le symbole prophétique par excellence : Une Ménorah gigantesques se dresse devant la Knesseth (parlement Israélien) et le blason du pays d'Israël est un chandelier encadré de deux branches d'oliviers (Israël et l'Eglise des gentils issus tous deux de l'olivier Biblique : lire Zach. 4:2 à 3 et Rom. 11:16 à 24.).

Le Chandelier à Sept branches dans les temples égyptiens

Dans la tradition égyptienne, les sept branches du Chandelier auraient pu représenter les différents bras du Nil ou encore le Soleil et les planètes connues à cette époque. Cependant, Le Temple, comme plus tard celui de Salomon figurait le Cosmos, et dans un grand nombre de chambres de ces temples figurait un candélabre à sept branches en or. Placé dans le Saint des Saints, du côté Sud du Tabernacle (le Naos), il représentait Saturne, le Soleil, la Lune - deux branches chacun – soit les trois périodes du développement de l’homme avant de s’incarner. La septième branche ayant une lampe alimentée par de l’huile d’olive pure, représentant la lumière spirituelle.

Le Chandelier à Sept branches dans la tradition maçonnique

Dans la tradition maçonnique, l’homme est replacé au centre de son Univers. L’Initiation qui caractérise son devenir ne lui enseigne rien, mais lui suggère quelques directions à explorer avant de s’engager dans une voie où les certitudes sont chaque jour remises en question. Dans le Chandelier à sept branches, l’homme antenne qui vibre entre les énergies cosmique et tellurique est symbolisé au centre d’une croix dont la branche verticale est enracinée sur la Terre pour s’élever vers le ciel, et une branche horizontale définissant son positionnement sur la Terre. Symboliquement, celui-ci possède un Corps, une Ame et un Esprit que l’on peut figurer par des cercles concentriques. Si comme le prétendait Hermès Trismégiste dans sa table d’Emeraude, que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, nous pouvons séparer ces deux parties et découvrir le sens de notre évolution spirituelle. Le Chandelier à sept branches symbolise donc le point de rencontre entre deux mondes (matériel et spirituel). Ce changement de plan marque ce que peut être le Midi des Maçons cherchant à s’élever en spiritualité. Avant l’ouverture des travaux, une seule étoile est allumée. Elle symbolise la présence de la lumière que nous venons partager dans le temple. C’est à partir de celle-ci que s’allumeront toutes celles qui éclaireront notre espace sacré.

Au premier degré du Rite d’ouverture de nos travaux, deux étoiles viennent s’y ajouter suggérant d’une part, que travaillant au progrès de l’humanité nous constituons « le corps matériel » de cette Grande Fraternité qu’est la Franc-maçonnerie, et que d’autre part, nous sommes censés limiter notre travail sur notre « corps ethérique et spirituel ». A ce niveau de conscience, éclairé par ces trois flammes reliant notre monde à celui d’en haut le Maçon s’engage à explorer en lui-même les arcanes du connais-toi toi-même.

Au second degré, le Compagnon s’identifie aux arts libéraux et créé des images mentales lui permettant d’agir sur son subconscient. Il est l’âme de la maçonnerie, celle qui transforme et modèle la matière en utilisant les outils symboliques qui lui sont confiés. Il est l’artisan qui réalise les projets du Maître. Dans le domaine spirituel il travaille sur son corps astral, celui-ci de son Âme. C’est pourquoi, sur le plateau du Vénérable Maître, le Chandelier à sept branches s’allume alors de cinq étoiles.

Au troisième degré, le Maître est spirituellement censé avoir acquis les deux précédents niveaux de conscience. Il a appris à maîtriser son corps subtil et, parallèlement, s’est familiarisé avec la méthode maçonnique qui l’a conduit sur la voie de sa révélation. Maître vis à vis de lui-même et non par rapport aux autres, il possède les outils qui vont lui permettre de continuer à progresser en toute liberté. Parvenu au savoir de lui-même, il a bouclé la boucle du connais-toi toi-même et il se doit de partager son expérience en aidant ses Frères sur la voie de la connaissance et du respect de la règle initiatique qui l’a guidé tout au long de son parcours. Sur le plateau du Vénérable Maître, Le Chandelier à sept branches s’allume alors de sept étoiles, l’informant que désormais il travaille sur l’esprit de l’Ordre qu’il s’est engagé à servir. Devoir de transmettre l’esprit de ses mystères sans en altérer le sens. Devoir de servir, et non de se servir.

J'ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/symbolisme-du-chandelier.html

Par Robert MINGAM - Publié dans : Planches
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