Planches

Jeudi 29 novembre 2012 4 29 /11 /Nov /2012 07:14

Si je suis venu à l’Orient aujourd’hui, au plateau d’Orateur, ce n’est pas pour
vous faire une planche personnelle sur l’Egrégore mais plutôt pour dévoiler
l’origine du mot et compiler les définitions qui en ont été faite.

Un travail de recherche en quelque sorte avec le souci premier de fournir au
plus jeune d’entre nous, une aide à la compréhension sur un sujet devenu
aujourd’hui incontournable en FM

Vous ne pourrez en trouver aucune trace de ce mot sur les dictionnaires
traditionnels tel que le Larousse, le Robert, ni même le dictionnaire historique
de la langue française en 2 volumes ni même sur le Larousse en 5 volumes.

Vous ne pourrez pas non plus en parler avec vos Frères de rites anglo-saxons tel
qu’émulation ou le rite d’York.

En effet ce mot Egregore ne figure pas non plus dans la tradition Maçonnique, ni
dans aucun rituel.

Pourtant il est fort probable qu’il fasse partie, demain de cette tradition
Maçonnique.

En effet, depuis 141 ans, les auteurs les plus éclairés et les plus prestigieux
F\M\ s’essayent et planchent sur ce sujet magnifiquement abstrait et ésotérique
à souhait. Je veux parler de Guaita, Wirth, Lepage, Boucher et même notre
préstigieuse L\ de recherche Villard de Honnecourt.

Il faut avoir accès à un 24 volumes pour trouver le mot EGGREGOR (avec 2 G).

Les Eggregores avec sont des anges. Membres de la hiérarchie intermédiaire entre
les hommes et Dieu, cousins des Séraphins ou autres des Chérubins.

D’après Raymond DAVIS orateur de Villard de Honnecourt qui a planché en 28 pages
sur ce sujet (tome 14, de l’année 1978)

Le mot Egrégore serait né d’une succession d’erreurs d’interprétation et de
traduction d’un texte araméen traduit vers l’Hébreu puis vers le grec, puis vers
le romain exactement comme le fut la bible, d’ailleurs.
Dans le livre d’Hénoch on trouve donc trace des Eggregores sur le Mont Hermon. :

« S’étant aperçu que les femmes des hommes étaient belles ils décidèrent de
rester là et de veiller jusqu’à ce qu’ils les eussent possédées… »

Un peu coquins les angelots ! En tous cas cette petite phrase nous fait 2
révélations importantes :

Nous découvrons ici le « sexe des anges » qui est le même que le notre… !

Et beaucoup plus sérieusement nous relevons le mot « veiller ».

Une spéculation sémantico-linguistique sur l’origine latine du mot nous envoie à
la racine « Grex-Gregoris » qui donne troupeau.

A l’idée de « veille », vient donc se rajouter l’idée de rassemblement de
plusieurs entités en une seule, en l’occurrence un troupeau.

La racine Grecque « Egregoroi » nous donne veilleur et le verbe Egregoren
signifie être éveillé.

Voilà qui commence à nous donner matière sur les origines du mot mais depuis 1
siècle et demi, le concept, comme la définition à été abondamment mûrie,
méditée, envisagée, conceptualisée.

C’est tout d’abord un occultiste, magicien et kabbaliste « Alexandre St Yves
d’Alveydre » qui fait réapparaître les Egregores au milieu du 19ème siècle dans
un livre intitulé « Mission des Juifs » ouvrage qu’il écrit, je cite : « inspiré
par la puissance et les origines surhumaines des juifs. Cet être collectif
occulte, créé spontanément par le pouvoir humain et susceptible d’être doué
d’une puissance terrifiante »

Peu après ce livre, un autre auteur français : « Alphonse-Louis CONSTANT »
(Historien, Kabbaliste et F\M\) reprend le concept dans différents livres et
tente de faire le lien avec les Eggregores du livre d’Hénoch,

Il voit des génies qui ne sommeillent jamais, des géants doués de forces
colossales qui prennent toutes sortes de formes et d’objectifs.

Tantôt larves nuisibles, vampiriques ou projections malsaines, tantôt agents du
bien, rouages de la machine créatrice.

Pour lui, «Gargantua » était un Eggregore.

Et surtout il émet l’hypothèse que chaque peuple a son ange protecteur ou son
génie. Son Eggregore.

En 1897 Stanislas de GUAÏTA (le fameux), celui là même qui inspira tant Oswald
WIRTH, publie « les clefs de la magie noires » Les réflexions les plus complètes
et les plus précises sur les Egrégores occultistes.

En voici quelques extraits :

« Il doit nous suffire d’esquisser quelques combinaisons, souvent fortuites,
donnant naissance à des êtres collectifs, plus ou moins éphémères ou durables.
Sorte de synthèses vivantes, résultats du groupement de plusieurs
individualités, sous les conditions requises… »

Plus loin :

« C’est ainsi que dans l’ordre politique, social ou religieux, des millions
d’hommes, hiérarchiquement organisés, tant de siècles durant, sous le niveau
d’une règle inflexible, ont pu créer, (conscient ou non de leur œuvre dans
l’invisible) des êtres virtuels, des entités collectives, en un mot, des
dominations fastes ou néfastes, d’une puissance et d’une durée incalculable. »

Plus loin :

« La chaîne magique est un moyen sûr de créer des potentiels collectifs à qui
rien ne résiste »

Faisait-il , là, une allusion à notre chaîne d’union ?

C’est plus tard, en 1935 exactement, que Oswald Wirth va donner à la notion
d’Egregore toutes ses lettres de noblesse.

1935, c’est à dire que nous sommes très loin de la tradition primordiale dont
nous parle René Guenon.

Et pourtant cette notion d’Egregore tel que « De Guaitas ou Wirth » nous
permettent de l’envisager, comment pourrait-on s’en passer demain puisqu’elle
est belle et bien là maintenant, omniprésente, parmi nous…
Nous pouvons presque la toucher !

D’autres auteurs éclairés (ou un peu allumés pour certain), nous parlent de la
présence dans toutes nos tenues, d’un grand Maître de la Grande L\ Blanche qui
se tiendrait au nord, juste derrière les Apprentis.

Celui là ne serait pas le fruit de nos pensés collectives mais peut-être le
garant ou le surveillant de notre Egregore, un peu comme les Maîtres-chiens,
omniprésents et omnipotents sur les terrains des écoles canines…

Dans le livre des Maîtres, notre guide à tous, réédité en 1972, Oswald Wirth
nous dit que Guaita lui fit remarquer l’existence incontestable mais jusque là
non considérée, de l’Esprit collectif, issu de toutes assemblés humaines, grande
ou petite, vibrant à l’unissons.

Et que faisons-nous lorsque nous nous réclamons tous de la légende de Hiram ?

Ne créons nous pas une personnalisation d’un esprit collectif ? Hiram serait-il
devenu un Egregore ?

Je cite Oswald Wirth :

« L’initié véritable tend à concentrer sur lui les énergies diffuses d’une vaste
ambiance ; il dispose ainsi d’une manière très réelle, d’une puissance
illimitée, provenant des Dieux, au sens initiatique du mot.

Le M\ qui s’est voué de toute son intelligence et de tout son cœur à l’exécution
du plan de l’architecte suprême, peut accomplir un travail de beaucoup supérieur
à ses moyens personnels : il n’est pas seul car avec lui se solidarisent toutes
les énergies que stimule la même bonne volonté.

La Chaîne d’Union est effective pour tout adepte sincère, qui, ayant réalisé
l’équilibre reçoit dans la mesure ou il donne, en bénéficiant du courant qu’il a
su établir en transmettant. »

Après Guaita et Wirth, c’est Marius LEPAGE qui repris le concept et qui le
premier, fit entrer le mot dans des articles maçonniques qui traitent de la
Chaîne d’Union .

Puis finalement c’est Jules BOUCHER entérina le concept en lui donnant le corps
d’une définition que voici :

« On appelle EGREGORE, une entité, un être collectif issu d’une assemblée.

Toute assemblée d’individu forme un Egrégore.

Il y a un Egrégore pour chaque religion et cet Egrégore est puissant de toutes
les forces des fidèles accumulées au cours des siècles.

De même pour la FM , chaque Loge possède son Egrégore et la réunion de tous ces
Egrégores forme le grand Egregore Maçonnique. »

Certes cette définition demeure imprécise et dans l’actuelle terminologie
occultiste, le mot Egregore s’applique aux âmes de toutes collectivités, vibrant
à l’unisson, sans distinction de finalité.

Il peut probablement exister aussi un Egrégore pour la France, pour une équipe
de foot pour une association philosophique, ou un mouvement politique rouge ou
noir.

Sa couleur, sa forme et sa finalité sera seulement différente.

Il est fort probable que :

Plus les vecteurs des individus sont similaires, plus leurs buts sont identiques
et moins l’Egrégore sera diffus et informe, plus il sera déterminé et puissant.

La question est :

Existe t’il dans le monde des réunions d’hommes aussi nombreux que les F\M\(nous
sommes des millions) qui se réunissent aussi souvent et depuis si longtemps pour
pratiquer des rituels aussi précis, puisque nous sommes sans équivoque à la
virgule prêt… ?

Il y en a peu !

Si l’on accepte de croire à l’existence immatérielle de ces Egrégores, et si
l’on considère la somme des pensées de tous les maçons de tous les temps alors
nous pouvons imaginer la puissance de l’Egrégore maçonnique.

Si nous le comparons maintenant à une vague, alors nous sommes de milliard de
gouttes d’eau, se ruant toutes dans la même direction.

Je pense que nous touchons avec ce sujet, à l’idée initiale qu’avait eu notre
 VM en début d’année lorsqu’il souhaitait comme thème de l’année, que nous
intégrions notre vécu Maçonnique dans la société actuelle.

Cette vibration que nous pouvons ressentir à l’ouverture des travaux comme dans
la fameuse « Chaîne d’Union » intègre les notions de Fraternité, de tolérance,
d’Amour, de connaissance, de Lumière, de sagesse, de philanthropie, de Force, de
Beauté, de perfection…etc

Telle est la finalité de l’Egregor Maçonnique en un mot c’est la quête de la Gnose.

Et si nous somme cette goutte d’eau, infime partie de la vague immense et
déferlante, alors éclaboussons au dehors l’essence de nos êtres intimes et
toutes les vertus qui caractérisent notre Egrégore.

J’ai dit VM et vous tous mes Frères

Merci de m’avoir écouté.

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/qabalah/message/2026

Par Michel Seguy - Publié dans : Planches
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Lundi 26 novembre 2012 1 26 /11 /Nov /2012 07:38

Cette Pl. se veut utile, interrogative pour ceux qui refusent la croyance religieuse à cause de ses faiblesses ; et, cherche à donner un sens à la vie et au monde en dehors de ce phénomène social ambigu, chaotique, et, si souvent catastrophique qu’est la religion.

La maçonnerie est « une forme d’œcuménisme » qu’on appelle laïcité.
La F.M. s’identifie et s’authentifie à partir d’une référence mythique symbolisée pour s’attribuer un statut universel, une sorte d’état civil.

Y aurait-il une forme d’enseignement premier maçonnique, un mythe initial « cléricaliste » empêchant par déficit de tolérance un universalisme ; une «rigidification » des structures et des rites, donc un déficit d’ouverture vers les autres civilisations, vers toutes formes de philosophies, exception faite des totalitaires ?

Affirmation :

« La F.M. a été fondée pour être le centre de l’union. » Mais bien sûr, en refusant ceux qui ne prêtent pas serment sur la bible ; et en refusant les femmes.
« Pour le G.O. la tolérance est un article capital de notre constitution. » Eh oui, en imposant nos conceptions occidentales chrétiennes !

Ne faisons-nous pas preuve d’hypocrisie ? Par conditionnement ; par refoulement ; par réflexe Pavlovien ?
Conditionnement par le dire abusif, « Vous êtes le sel de la terre » ; « de haute valeur morale », mais tu n’es qu’un homme mon F. ; et, tu le sais bien ; aussi tu refoules, tu te fais du cinéma, ton imaginaire prend le pas sur la réalité, et, à la clochette qui sonne, Pavlov revient au galop ! Hypocrite va !
La maçonnerie est le produit de la civilisation occidentale ; civilisation dominante, colonisatrice ; mais, à l’heure actuelle confrontée à l’apport d’autres ethnies, d’autres cultures. Elle a été habituée, par tradition, ronron des habitudes, paresse d’esprit critique, à accepter le théisme subliminal, le déisme énoncé, donc, le refus de l’athée, de l’agnostique. Les changements sont à notre porte car elle va épouser la nouvelle culture, la nouvelle civilisation ; étant son produit : le brassage ethnique, multiculturel va obligatoirement modifier, société, culture, et traditions. La maçonnerie suivra, et sera enfin conforme à ses objectifs, de « réunir ce qui est épars », « d’être le centre de l’union », et, « universaliste ».

Quelques citations de bon sens : elles sont toutes du philosophe Alain B.L. Gérard
L’idée de Dieu, est ici celle des divers monothéismes

« C’est à la religion de se justifier face à l’incroyance, et non l’inverse »
« Avec l’incroyance, départ et arrivée de la connaissance sont inversés. »
« La croyance est certitude, …l’existence est aléatoire et doute. »
« La croyance n’est pas innée, elle est acquisition. » Dans le monothéisme : Révélation
« La principale raison d’incroyance n’est pas tant logique ou mécanique que morale. »
« Si dieu existe, dieu est maladroit…dieu est cruel…le monde est plein de souffrances, de gaspillages, …l’amour est en l’homme. »
« La religion rend inextricables tous les conflits. »

Les monothéismes ; leurs origines

Certains font remonter le monothéisme au pharaon Akhenaton adorateur d’Aton où,
Aton = soleil = Ré = Ra
Fabre d’Olivet dans « la langue hébraïque restituée », fait la démonstration que la langue hébraïque a ses origines en Egypte ; elle est le langage de la bible et le langage des pharaons de la bible, où l’on voit que Aton peut vouloir dire soit dieu, soit seigneur, soit soleil. La bible ; origine écrite des monothéismes, ne peut remonter que vers le 8ème siècle avt J.C. puisque l’écriture syllabique Phénicienne et proto-hébraïque n’apparaît que vers ces dates là.
Que peut-on dire de Salomon que les datations traditionnelles font remonter soit pour certains au 16ème ou 17ème Avt J.C. soit pour d’autres au 10ème ou 11éme avt. J.C. ?
Et, que peut-on retenir des diverses traductions de la bible après avoir pris connaissance des travaux de Bernard Dubourg : « l’invention de Jésus » où il défend la thèse d’un original des évangiles en Hébreu ; thèse reprise d’une part par Maurice Mergui dans « un étranger sur le toit » puis « comprendre les origines du christianisme ». Et, aussi, par Sandrick Le Maguer dans « portrait d’Israël en jeune fille, genèse de Marie ».
Ces auteurs expliquent comment le nouveau testament est un MIDRASH ; c’est-à-dire : il faut d’abord savoir qu’en Hébreu , donc dans la Torah , il n’y a pas de pensée historique : PAS DE PRESENT, PAS DE PASSE, PAS DE FUTUR, dans le midrash ; qui est une herméneutique descriptive, un récit, un exposé détaillé, construit sur des paraboles, des allégories, des métaphores, des homonymies, la gématrie ; il n’est absolument pas traduisible en Grec, puis en latin, et ensuite dans nos diverses langues. Donc là tout est SYMBOLES .
Qui plus est, lorsque l’on connaît à peu près, le temps de latence entre les faits exposés et leur relation par les évangiles, quel crédit peut-on leur attribuer ?
Le but de cette Pl. n’est pas de faire une déconstruction des divers monothéismes, simplement d’en faire toucher du doigt leur incohérence, tel que le démontre Frédéric Lenoir dans « comment Jésus est devenu Dieu ». Et aussi notre F. Jacques Rolland dans :
« Genèse de l’univers et intuition maçonnique »

Idée de l’être, ( l’homme ) et de dieu.

Avant que de tenter de définir ce que peut être, ( pour un maçon libéral ) « le sens » ; sens de la vie, de l’homme, du monde, il convient de faire un détour par ce que nous sommes ; qu’est l’homme ? Qu’est-ce « qu’être » ? Ce qui nous permettra d’entrevoir ce que d’aucuns appèlent dieu . Le principe de Protagoras est incontournable : « L’homme mesure de toute chose ». Donc doit-on inclure dans les buts à atteindre : Liberté- Egalité- Fraternité ; Dignité, et… sécurité économique ? Ensuite : conception téléologique ( définition du droit par ses buts ) « Juste mesure » ; et noétique ?
A noter que la conception de la G.L .N.F. est narcissique, individualiste, et archéo-conservatrice.
Citation :
« Il y a des gens comme nous, les classes éduquées, qui ont été dans les bonnes écoles, qui ont un bon enseignement, qui ont été endoctrinées à ne pas voir certaines choses. C’est ce que l’on peut appeler l’autorefoulement. Parfois consciemment, parfois inconsciemment ; nous filtrons ce que nous ne voulons pas voir, parce que ça nous met trop mal à l’aise. » Noam Chomsky
C’est aussi : « l’échec au réel » de J. Claude Guilbaud au sujet du néo-capitalisme ; et à transposer à l’archéo-conservatisme.

Ici, à nouveau, je vous assène une liste de citations ( toutes aussi de Alain B.L. Gérard ) qui, bien mieux que toute description, vont circonscrire la question.

« L’être est le théâtre du sens dans sa totalité, dans sa globalité. »
« Qu’est-ce que le sens ? L’absence de sens est peut-être, malgré tout, notre sens fondamental. »
« Le sens du monde que nous demandons, n’est jamais qu’un sens pour l’homme. »
« Nous sommes ce qui permet au monde de savoir qu’il est. »
« C’est-à-dire, que, ce que l’on attribue à dieu, ne se trouve qu’en soi-même. »
« La conscience crée l’être, et le sens a une donnée significative individuelle. »
Pour définir l’homme, ici, l’idée de dualité est exclue. Il n’y a donc pas « spiritualité » à proprement parler. L’homme « étant » se trouve être créateur ; ceci en opposition aux conceptions de métempsycose de Platon, des bouddhiques, ou des brahmaniques ; perpétuel retour avec élévation pour en arriver au pur esprit. Ici la conception divine est une forme de panthéisme ; dieu nature ou univers. Mais univers cyclique par contraction et expansion tel que l’enseigne le Tao. Cette conception n’a en rien imprégné la maçonnerie, exception faite de la vision séphirotique , mais où l’on ne trouve pas l’idée de cycle. Où se situe notre universalisme, même au niveau du symbole ? Nous en conservons une signification première, élémentaire qui n’ébauche en rien la philo moderne du quantique et des cordes.

Nous voilà en présence d’une complexité sans doute indéfinissable puisque, pour définir le monde, nous devons auparavant , définir ce que nous sommes ; c’est nous, notre conscience, notre être, qui définissons ce qu’est le monde et, dieu !!

Citations « globalisées » de Maître Eckart et Spinoza :

« Je suis le monde, le monde est moi, je ne suis pas séparé du monde, je suis monde dans le monde. »
« Si âme il y a …..il y a séparation ; …impossible, puisque JE SUIS, et les problèmes du monde ne cessent de se poser à moi ; il n’y a donc pas séparabilité !! »
Le substantif « l’être » désigne le fait d’avoir une réalité.
Heidegger écrivait « l’être » en le raturant, signifiant par là que « l’être » n’ « est » pas .
Quand on parle d’un être vivant, la philosophie utilise le terme « un étant ».
Ce que l’on désigne comme « être », n’est donc pas « un étant ».
Il me faut un moi pour savoir que je suis ; dieu n’existe qu’à travers moi. Donc, l’homme est seul, c’est l’homme qui crée dieu ; autrement dit : dieu sans « l’être » n’est plus dieu du tout ; dieu n’est donc plus qu’une idée !
« Le concept « d’être » ne peut s’appliquer à dieu, pour l’homme il doit rester une simple idée. » Alain B.L. Gérard
La création du moi, de l’être, de ce que je suis, de ma conscience, de la réalité, pose une sacrée question philosophique, ou d’anthropolâtrie.
« L’univers n’existe pour un individu ( et donc l’existence de dieu ) qu’au travers de ce dont il est conscient. »
Mais, paradoxalement, « l’incroyance peut parfaitement s’accommoder de la croyance en un au-delà de la mort. »
« Si, la conscience cesse avant la vie, la vie peut-elle cesser avant la conscience ? »
Peut-on aborder la thèse d’un déplacement d’existence ? Ce serait alors, un déplacement d’énergie …ou autre … plus rapide que la lumière ; tentative d’explication du paradoxe E.P.R. , de la théorie des cordes, et, d’une éventualité de translation d’une corde à une autre. ?? Enorme point d’interrogation, nous entraînant loin des préoccupations de ce jour.
Lesquelles nous incitent à penser que : « pour sa philosophie, l’incroyant n’a pas besoin du religieux. »

La vérité ; la réalité ?

Ce que nous appelons vérité repose entièrement sur l’analyse des sensations ; donc, la vérité dépend du sujet pensant, donc de la conscience. Conscience et réalité forment un couple inséparable . Nos sensations sont quelque chose d’inexplicable. Cela revient à dire qu’est-ce « qu’être » ? Peut-on parler de « niveaux de réalité » comme de « niveaux de conscience » ? Que devient la conscience après la mort ? Est-elle matière ou esprit ? Et au regard du quantique, qu’est-ce que la matière et l’esprit, qu’est-ce qui les différencie ?

Maçonnerie et … « révélation » :

Tentons d’aborder la maçonnerie à partir de ces constatations :
Point n’est besoin de citer une « foultitude » d’auteurs ayant relaté les relations directes du judéo-christianisme avec nos rituels .
Nous allons tenter de les aborder , en prenant bien soin d’avoir toujours en mémoire : « qu’ici tout est symbole » . Donc essentiellement transposable . Avec tout de même cette remarque : l’on trouve toujours des personnes ( ici des FF. ) qui prennent les symboles à la lettre, sans aucune possibilité de les interpréter !! Je les appelle « les traditionalistes conservateurs ».
Concernant la tradition :la fidélité à la tradition, n’implique pas d’arrêter l’histoire, mais bien au contraire, de trouver dans l’intelligence du passé les moyens de comprendre le présent et de se projeter dans l’avenir. Imiter le passé, et faire du passé table rase, est un même et unique défaut ; c’est un enfouissement normatif du sens, et ( ou ) une résurgence stricto sensus de cette forme de sens.
La tradition est à la maçonnerie ce que portes et fenêtres sont à l’architecture ; elle doit à la fois protéger et s’ouvrir sur l’extérieur. Ouvertures aux autres civilisations, et conservatisme, dans un cadre un peu différent, des mythes pouvant s’y inclure. Une nouvelle génération d’utopistes est nécessaire, qui allient avant-gardisme et tradition ; règles à ne pas transgresser, et buts à atteindre.
Si nous avons un peu de raison, et, quelques connaissances, nous nous rendons bien compte de ce qu’est la bible, et de ce que sont les racines des divers monothéismes ayant engendré notre civilisation occidentale. Et …donc ce que sont les racines de nos rituels.
Vous trouverez dans les références bibliographiques toutes les informations relatives à ces constats .

Je tiens à insister sur l’analyse suivante

Nous savons tous qu’en maçonnerie TOUT est symbole, comme déjà dit ; mais nous oublions bien souvent que la symbolique est libre d’interprétation, et, que pour quelques-uns d’entre nous la tendance est à la signification primaire et même totalitaire du symbole ; oubliant, ou ignorant, que la définition même maçonnique est la tolérance, la recherche du centre de l’union, l’union de ce qui est épars, et, même allant plus loin, l’oubli de la prescription chrétienne de mettre un couvert en bout de table pour le passager, le visiteur, quel qu’il soit !
Ma réflexion sera même plus intransigeante en avançant que, compte tenu de ce qui a été dit de la bible, elle ne peut être considérée que comme un message SYMBOLIQUE, donc vouloir la signifier, conduit à un rejet de l’autre, à une césure, à une forme de communautarisme. J’invite la maçonnerie à se pencher sur ce sujet.
Le problème qui va automatiquement se poser à nous est le suivant :
Est-ce que dans nos rituels nous ne rencontrons pas, à cause de leurs références originelles, une signification primaire de la symbolique utilisée ? (oui si l’on se réfère à la gnose au 2ème degré)
En un mot comme en cent : est-ce toujours à l’incroyant à faire la transposition, de faire la démarche intérieure intellectuelle vers une signification large du symbole énoncé ?
L’inverse ne comporte-t-il pas une part d’hypocrisie conservatrice ?
N’oublions jamais, surtout en maçonnerie, que l’incroyance est un état d’interrogation de base qui sous-tend et précède toute croyance ; c’est donc au croyant pétri de certitude, de se justifier, et non l’inverse ; il en est de même dans la rédaction de nos rituels.
Quant à aborder l’évolution de la tradition, est, pour la majeure partie des F.F. un sujet de « péché mortel ». Tenter de dire que notre vie, tant sociale , culturelle, philosophique, instrumentale, relationnelle, et, par voie de conséquence, maçonnique, n’est en rien ce qu’elle était il y a 300 ans, est pour certains choquant, destabilisant. Nous vivons ici comme ailleurs une époque de transition, de mutations, prétendre que la maçonnerie en est exclue est un contresens. Sommes-nous prêts à faire face ( comme l’ont fait nos aînés) à ces défis en apportant des idées et des structures nouvelles en rapport avec nos valeurs ? Tous les hommes sont égaux et ont les mêmes droits quels qu’ils soient.

De là à vouloir tout modifier, il y a un grand pas ; mais, les croyants n’ont aucun droit à vouloir imposer leurs conceptions à ceux qui ne les partagent pas.
Or dans le cas qui nous intéresse, il faut être aveugle pour ne pas remarquer l’orientation systématique et même inconditionnelle de la transposition, à tel point que la question d’ostracisme ou de rejet en vers l’incroyant n’est-elle pas « subliminalement » une triste réalité ? En référence à : « l’athée stupide »
Il convient de ne pas oublier que la religion ( et donc les religieux ) cherche à maintenir son emprise sociale et culturelle ( ici face aux incroyants ). Elle a donc crée des conventions sociales et même des rites qui lui sont propres, et sont devenus facteurs d’ostracisme et même de communautarisme ou de colonialisme.
Cette remarque peut être utilisée à l’identique dans le domaine maçonnique.
Faut-il regimber contre la culture du religieux dans le domaine maçonnique ? Peut-être pas ; car, telles sont les choses depuis nos origines, et, personne ne contraint l’impétrant à signer son engagement, mais à mon sens il y a fausse donne, car le contenu est fort différent du contenant ; je veux dire par là que les textes des rituels ( rituels de A à Z que tout un chacun peut se procurer en librairie ) ; quoi qu’on en dise, sont à connotation religieuse, alors que les 7 premiers articles de la constitution du G.O. laissent entendre qu’il n’en est rien. Et que dire de la lettre G avec référence à la Gnose au 2ème degré ?
Ne nous impose-t-on pas une conception déiste ou panenthéiste de la maçonnerie ? Je dis bien déiste et non théiste, donc un G.A.D.L.U. ; cette façon de vivre n’est-elle pas une croyance, telle que la définit Caroline Fourest , et, non pas seulement une conviction ; car « la croyance est une fin de non recevoir de l’autre, tandis que la conviction peut se débattre. » Cette Gnose imposée au 2ème degré fait du maçon un croyant et non un convaincu !
En deux mots qu’est-ce que la Gnose ? « De façon très générale, la Gnose ( du latin Gnôsis : connaissance) désigne un concept philosophico-religieux dans lequel le salut de l’âme ( où sa libération du monde matériel) passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi. » Wikipédia . La Kabbale peut être considérée comme une forme de Gnose malgré une définition mal aisée du point de vue historique. Mais, « la Gnose semble fondée sur l’obtention du salut par la connaissance » Henri-Charles Puech . Je laisse aux F.F. le soin de trouver dans leurs divers rituels toutes les autres marques du déisme imposé. D’où l’intitulé de cette Pl.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 08:45

Cet article n'est ni une présentation, ni une critique des ouvrages d'Henri Tort-Nouguès, ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France. Nous inspirant des idées fortes denses de cet auteur, exposées dans les deux livres cités plus loin, nous proposons à nos lecteurs une réflexion originale. Elle symbolise un premier pas contribuant à déterminer pourquoi la Franc-Maçonnerie reste ce qu'elle est et comment elle remplit sa tâche au sein du monde bousculé d'aujourd'hui.

La Franc-Maçonnerie ne forme pas une branche séparée de l'Histoire générale; comme bien d'autres chercheurs nous en sommes convaincus. En conséquence, les études que proposent de nombreux auteurs Francs-Maçons, de même que les livres d'histoire maçonniques publiés dans notre monde occidental, pour une large part ne doivent être considérés que comme des monographies, qui ne mettent en jeu et ne confrontent qu'une part fragmentaire de l'humanité.

Il est vrai que bien des Francs-Maçons prétendent que la Franc-Maçonnerie représente néanmoins une branche séparée, dont la pensée s'est toujours située en nette marge de celle que nous déclarons profane. Ces Francs-Maçons refusent d'admettre que l'Histoire, avec un grand H, est la résultante de l'action ou de la pensée des groupes humains les plus divergents ou les plus antagonistes et que c'est précisément cette interactivité qui permet aux événements de surgir avec assez de force pour imprégner le temps de leur marque.

Dans les pays de langue française, nous ne sommes pas habitués à pareil langage, pourtant logique et évident. Les auteurs anglais Knoop et Jones l'utilisaient cependant il y a plus de cinquante ans et la plupart des chercheurs d'outre-manche s'y adonnent à l'envi.

Naissance de l'idée maçonnique
Philosophe, Henri Tort-Nouguès avait, dès 1991, su montrer comment la Franc-Maçonnerie moderne fut le résultat d'une évolution qui eut pour le moins trois sources:

- les conflits d'idées, dès l'apparition de la Renaissance,
- l'évolution de la pensée des plus grands philosophes,
- enfin la préexistence de ce que nous nommons aujourd'hui la Franc-Maçonnerie opérative.

Les auteurs attribuèrent un peu facilement à l'existence des corporations et des confréries du Moyen-âge la paternité de l'idée maçonnique moderne. On sait aujourd'hui que cette filiation, exposée telle quelle, du moins en Europe continentale, est un leurre, même s'il s'avère exact que le support opératif fut déterminant, grâce à d'imprécis détours, pour concrétiser une idée et une méthode qui allaient connaître tant de résonances.

Tort-Nouguès pose dans ses livres un regard neuf sur la toile d'araignée que représentèrent les influences directes ou indirectes qui permirent cette concrétisation. Il n'est dans l'intention de personne d'oublier, comme prémisses, l'existence de manuscrits aussi célèbres que le REGIUS (1390) ou le (COOKE (1410). Ni de nier l'existence d'une Franc-Maçonnerie avant 1700. Au début du 18e siècle, elle n'existait plus sur le continent; en Grande Bretagne, elle était plutôt à bout de souffle.

Le contexte historique général

Tort-Nouguès situe au 16e siècle le point de départ à ce qu'il nomme sur un plan général "le schisme européen". Deux siècles avant Anderson. En clair, il se réfère aux personnages et faits suivants:

Luther, qui fut excommunié en 1520,
Calvin, qui publie l'" institution de la religion chrétienne " en 1529,
le Concile de Trente (1545-63), " point de départ de l'Église catholique romaine moderne ".

Dès cette époque, les chrétiens sont en état de "rupture totale", annonçant de tragiques turbulences. En France, l'édit de Nantes, qui admettait les protestants en France, permettait un certain calme, sera brisé par Louis XIV par la célèbre révocation de 1685. Pendant ce temps, en Allemagne émergent "divisions politiques" et "clivages religieux". Quant à l'Angleterre, rappelons que Marius Lepage en décrit ainsi l'atmosphère délétère: "Catholiques, protestants, presbytériens et puritains se sont haïs, expropriés, massacrés selon l'humeur et la religion des dirigeants du jour."

L'état de schisme suscite des ruptures, des fractures non seulement entre religions, mais au sein des religions elles-mêmes, faisant surgir d'innombrables doctrines n'ayant en commun que la fin de leur appellation en "isme". (On peut comparer avec la situation actuelle où les doctrines en "isme" créent sans doute le marasme actuel et où la prolifération des sectes de toutes sortes dans tous les domaines n'est certainement pas étrangère à la gabegie). Une fixation, voire une cristallisation des positions, était inévitable.

Ce fut en particulier Bossuet (1627-1704), en tant que garant de l'autorité à la fois catholique et politique. Il imbriqua si parfaitement ces deux autorités l'une dans l'autre, qu'il créa les conditions très idéales de l'absolutisme le plus intransigeant. Un autre théoricien renforcera cette idée du poids de tout son pouvoir de philosophe: Hobbes (1588-1679). On sait l'influence que ces deux hommes eurent sur nombre de penseurs et de gouvernants.

Dans le même temps d'autres, dont Leibniz (1646-1716) prendront le contre-pied en cherchant à unifier les Églises et à pacifier les esprits. Ce qui provoqua une nouvelle riposte de Bossuet. Se déclarant, en 1671, ouvert aux idées pacificatrices et d'union, il étale bien vite au grand jour son sectarisme. Car il affirme du même coup que l'union ne sera possible qu'au moment où les protestants auront abjuré leurs "erreurs". Parmi celles-ci figure en particulier "le droit de libre examen" à l'égard de ce qu'il appelle l'" Église-mère ". C'est l'impasse.

Une totale intolérance

Toute idée de tolérance (ce poison, disait Bossuet) est si éloignée des esprits que, tant du côté catholique que protestant, on ira jusqu'à dénier à l'État la possibilité d'accepter la pratique en parallèle d'autres cultes que celui reconnu par lui. Bien davantage, on ira des deux côtés jusqu'à revendiquer le droit de persécuter l'autre partie.

Ce n'est pas par hasard si le champion de la tolérance, Spinoza (1632-1677), publie son fameux Tractatus en Hollande, pays où les haines religieuses sont modérées. Dans ce traité, il prône la liberté de pensée et de conscience, établissant de façon péremptoire qu'elle n'empêche en aucune façon une foi sincère. Pierre Bayle (1647-1706) lui emboîte le pas. Commentant les évangiles, il y découvrira les fondements de "l'esprit de libre examen", affirmant au surplus nettement que "la vérité n'est plus désormais la vérité de tel homme ou de telle Église mais se réduit à la recherche de la vérité" (Tort-Nouguès, L'Idée maçonnique, p. 37). Ce sera Bayle aussi qui demandera de soumettre toutes les lois morales à l'idée naturelle d'équité. C'est-à-dire à ce qu'Anderson appellera plus tard "la loi morale".

Un climat propice

C'est dans ce climat que surgit, puis se fige peu à peu l'idée maçonnique. Elle ne sortait pas toute faite du néant, tel un deus ex machina, mais bien de l'évolution des idées générales. Remercions nos prédécesseurs; ils surent la découvrir d'abord, puis lui donner sa forme, enfin la propager de telle manière qu'elle devienne une idée-force permanente.

On a beaucoup glosé sur cette cristallisation et aujourd'hui encore, de nombreux FF. se demandent ce qu'ont voulu signifier les premiers maçons, tant dans leurs constitutions ou dans leurs légendes que dans leurs pratiques en Loges. Il est vraisemblable que tout, chez eux, ne démontre que cette constante de l'histoire: il y eut toujours des hommes pour chercher la vérité, il y eut toujours des penseurs d'avant-garde pour chercher à unir peuples et religions. En dépit des tyrans. Malgré ce que Denis de Rougemont appelait "l'ambition naïve d'imposer à la Terre entière une certaine idée unitaire". Ce rôle pacificateur, les Francs-Maçons de l'époque se disaient encore prêts à l'assumer.

C'est sans doute de tels principes qui firent que c'est en Angleterre que naquit la Franc-Maçonnerie spéculative. Ici la situation est différente de celle de la France. L'intolérance n'est pas religieuse, mais avant tout économique. Si les Anglais sont pour la modération et le compromis, c'est par intérêt matériel. Afin de pouvoir développer les affaires. Ce qui les amène "jusqu'à envisager la possibilité de faire coexister des hommes qui appartiennent à des confessions différentes en vue du bien commun". Et Tort-Nouguès de se demander s'il n'y a pas déjà là l'idée de centre de l'Union, qui sera le fondement direct de l'idée maçonnique.

Locke (1632-1704) façonnera et cimentera le développement de telles attitudes dans deux livres qui auront un grand retentissement: L'essai sur la tolérance, puis La lettre sur la tolérance. Pourtant Locke, il est nécessaire de le préciser, ne défendra l'idée de tolérance et de liberté de conscience qu'à l'intérieur de la foi chrétienne, considérant qu'on ne saurait tolérer les athées.

La grande nouveauté

Les années 1717 à 1723 marquent, pour les Francs-Maçons, une très nette coupure avec toutes les idées et tous les comportements précédents, même si certains auteurs y trouvent les traces de la tradition et de la continuité.

La lecture du Livre des Constitutions permet les deux attitudes. En relatant dans ce même Livre l'histoire légendaire des Francs-Maçons, Anderson voulait probablement signifier que de tout temps il y eut des hommes pour rechercher la vérité, quelles que fussent l'idée qu'ils s'en faisaient. En affirmant avoir tenu compte des Anciens Devoirs, ils voulaient signifier la coupure avec les pratiques et la pensée antérieure, constituant ainsi un commencement ou un renouveau. De toute façon, ce qui semble sûr, c'est que la nouvelle approche des rapports sociaux ne rejetait pas la tradition, ni aucun des hommes libres et de bonnes mœurs qui les avaient précédés. Les nouveaux maçons se disaient leurs successeurs.

Une telle ouverture d'esprit, cette attitude franchement neuve succédant à près de deux siècles d'intolérance et de haine, à deux siècles de persécutions et de tourments, ne pouvait pas naître de rien, ni dans un climat hostile. Et c'est ici que nous rejoignons notre idée de départ: l'avènement de la Franc-Maçonnerie moderne en Grande Bretagne au début du 18e siècle ne peut s'expliquer que dans un contexte historique général. C'est celui-ci qui permit son éclosion.

Qu'apportait de réellement neuf l'avènement de la maçonnerie spéculative ? La création de la première Grande Loge, certes. Il s'agissait pourtant ici d'une création structurelle et il n'est pas sûr qu'à elle seule elle pouvait provoquer l'extension rapide qu'elle connut.

Il nous paraît- mais est-ce un leurre ?- que la première OBLIGATION fut une locomotive autrement plus puissante. Elle correspondait au désir et aux souhaits de beaucoup d'hommes, qui en avaient assez des dissensions et de l'instabilité et qui semblaient heureux de découvrir enfin le dérivatif qu'ils attendaient.

La première obligation

Rappelons-en la substance:

"Un maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à la Loi morale; et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais athée stupide, ni libertin antireligieux. Mais, quoique dans les temps anciens, les maçons fussent tenus dans chaque pays, d'être de la religion, quelle qu'elle fût, de ce Pays ou de cette Nation, néanmoins, il est maintenant considéré plus expédient de seulement les astreindre à cette Religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses propres opinions; c'est-à-dire être hommes de bien et loyaux, ou hommes d'honneur et de probité, quelle; que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer; par suite de quoi la Maçonnerie devient leCentre de l'Union"... (Trad. M. Paillard).

L'Obligation première constitua un renversement complet du système de pensée. Les commentateurs n'ont pas assez insisté sur le changement de direction que représentait son contenu. Reconnaissons d'ailleurs franchement que la quasi totalité des commentaires dévia le sens profond de cette obligation et que beaucoup des auteurs y lurent ce qu'ils désiraient y lire eu égard à leur propre pensée, sans vouloir comprendre le sens réel. Aujourd'hui encore, les obédiences concurrentes y lisent que ce qu'elles-mêmes prônent, estimant qu'autrement elles ne retrouveraient pas leurs racines. Même Anderson, en 1738, la transforma pour y introduire un théisme précis.

En quoi consistait le changement de cap de 1717 ? Jusqu'alors il était impossible de fonder la loi morale autrement que sur les données religieuses. Toutes les religions trouvaient la justification de la loi morale dans la croyance à un au-delà, à une autre vie dans cet au-delà, ainsi qu'à une vie éternelle. Certaines assuraient que les corps ressusciteraient. Maniant la carotte et le bâton, les religions affirmaient que les hommes trouveraient la récompense ou le châtiment de leurs actions, proportionnellement à la qualité de leur observation ou de leur refus de la loi morale. Ils disaient cette loi morale contenue dans les dix commandements de la Bible. Et donc: "loi de Dieu".

Régner par la peur, soit. Mais dans l'ombre, certains hommes se référaient déjà à des philosophes qui, tel Socrate, affirmaient que le devoir, c'est-à-dire l'obéissance à une loi morale, doit être évident par soi-même, et donc inviolable, quelle que soit la finalité de la vie. C'est ce que défendaient les premiers Francs-Maçons spéculatifs.

Dès lors les aspects religieux, qui avaient toujours tenu le premier plan, passaient au second et la loi morale prenait la première place. L'Obligation N°1 exige seulement, quoi qu'on en pense, que les hommes soient bons et loyaux, quelles que soient leurs opinions particulières à propos de Dieu et de la religion, quelles que soient les dénominations ou les croyances qui les distinguent. En faire une obligation religieuse, c'est ignorer les maçons de 1723 et se jeter dans les bras des commentateurs intéressés par d'autres principes. C'est aussi négliger l'obligation que la maçonnerie devienne le Centre de l'Union, en réunissant ce qui est épars.

La seconde partie de l'Obligation N°1 est un corollaire indispensable du début. Elle fonde la fraternité sociale universelle. Elle rejoint l'esprit des anciennes corporations, au sein desquelles la fraternité formait le ciment de l'entente et la clé de voûte de l'amour fraternel. Complément de la première partie de l'obligation, présentant l'amour entre frères fondé sur la bonté et la loyauté comme le seul commandement valable, elle façonnait le lien avec les préceptes évangéliques de St Jean. Ces préceptes, Spinoza les avait relevés dans son rappel des principes fondamentaux de la foi chrétienne, qui tous aboutissent à l'amour et fixent clairement que celui qui n'aime pas son frère ne peut pas aimer Dieu.

C'est dans ce sens d'ailleurs que les Francs-Maçons préfèrent, au terme "dieu", substituer celui de Grand architecte de l'Univers, notion plus large où chacun peut se reconnaître. Les religions ont faussé le sens du mot Dieu, en faisant de cette entité immatérielle un super-homme qui récompense et punit, qui se met en colère, qui impose sa volonté ambitieuse et son orgueil, qui se venge et guerroie, qui anéantit jusqu'à sa propre déité. Le Grand architecte, quand à lui, construit le monde et donne à l'homme sa liberté.
Se fondant sur cette liberté, le Franc-Maçon, conscient de sa responsabilité terrestre, cherche la vérité en dehors des religions établies, en ayant constamment devant l'esprit la recherche de cette seule religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord: être des hommes bons et loyaux, quelles que soient les croyances qui les séparent.

L'Ordre maçonnique

L'Ordre a une valeur universelle; il englobe la totalité des Francs-Maçons, quels que soient les obédiences ou les rites auxquels ils appartiennent, pour autant que leur filiation corresponde à la tradition maçonnique. Marius Lepage l'a fort bien démontré.

L'Ordre maçonnique se divise en obédiences et en rites. Certaines obédiences et certains rites se reconnaissent entre eux par la communauté de leur pensée. Les uns et les autres se subdivisent eux-mêmes en Loges, Chapitres, Aréopages, etc.

Pour être à même de remplir sa "mission", l'Ordre maçonnique doit donc disposer d'une règle commune à tous et de structures où les différentes sensibilités puissent s'exprimer.

La structure de base est la Loge. "S'il existe, dit Tort-Nouguès, une véritable universalité maçonnique... c'est dans cette instance qu'elle se reconnaît". Pas d'obédience, pas de Franc-Maçon, pas de rite sans Loge. Que la Loge soit constituée d'emblée au sein d'une structure plus large - l'obédience - ou qu'elle apparaisse spontanément par la volonté d'hommes cherchant à se regrouper (dans ce cas on la dit sauvage), la Loge est indispensable pour qu'il y ait Franc-Maçonnerie. Nul ne peut être Franc-Maçon dans le silence de son sanctum privé, comme d'autres organisations l'admettent pour leurs membres.

Le second élément structurel capital consiste à pratiquer un rituel. Qu'il y ait des rites différents importe peu: le rituel seul donne son sens au travail qui s'exécute en loge. Le Rituel est un "esprit", commun aux Francs-Maçons qui le pratiquent.

La Loge contient des objets (symboles) et le Rituel des séquences irremplaçables pour que l'initiation puisse être vécue.

Un groupe de loges travaillant selon les mêmes principes forme une obédience. L'obédience permet des contacts avec d'autres obédiences et donc le maintien de l'esprit maçonnique.

L'Ordre maçonnique est fondé sur trois degrés: Apprenti Compagnon Maître.

La Loge, comme l'Obédience, comme le Rite, comme l'Ordre maçonnique, tous, chacun à son niveau, cherche, selon la première obligation, à créer le Centre de l'Union.

Certaines loges, oubliant cet objectif essentiel, ont parfois laissé des Francs-Maçons dévier de leur chemin, les fourvoyant sur les voies d'un faux ésotérisme. L'Ordre maçonnique, certains l'oublient trop aisément, est complet par lui-même et son enseignement n'oblige à aucune recherche, sinon documentaire, en dehors de lui. Les Francs-Maçons n'ont ainsi aucune obligation de quémander ailleurs une nourriture spirituelle différente. Si tous les Francs-Maçons de la terre prenaient pleine conscience de ceci, ils constitueraient une force colossale.

Tort-Nouguès résume superbement la chose: "Le projet maçonnique est toujours de réunir ce qui est épars, de rassembler les hommes de bonne volonté au-dessus de tous les clivages partisans, de tous les fanatismes, dans le respect de leur liberté, dans l'affirmation de leurs droits, mais aussi du Devoir, dans l'obéissance à la Loi morale: enfin, dans la recherche de la Vérité, et dans la Tradition qui lui est propre, c'est-à-dire dans la transmission d'une culture, d'une éducation, 1' " éducation du genre humain. "

Actuellement, l'Ordre maçonnique vit dans les marasmes causés par le désordre et la confusion du monde.

Crise de la culture, déclin du monde occidental, désarroi des peuples, fin de la civilisation, un monde sans cap, sont des expressions courantes que les gens atteints de sinistrose chronique ont tendance à accentuer en évoquant la grande peur de l'an 2000, qu'ils fondent sur des prophéties abracadabrantes dont le ridicule n'a d'égal que la superficialité qui les anime.

Dans le monde profane, on assiste à des effondrements de systèmes politiques ou économiques spectaculaires. Les vieux démons réapparaissent. Des clivages se reforment. Entre les pays, mais aussi au sein de pays qui semblaient éternellement promis à une culture commune ou à une progression parallèle éternelle.

Dans les pays dits les plus avancés, on oublie les valeurs culturelles traditionnelles. Dans le Monde diplomatique d'octobre 1995, il est décrit comment les occidentaux remplacent actuellement les Tables de la Loi. Il n'est plus de mise, aujourd'hui, de mettre sa foi dans ce que nos pères appelaient traditionnellement la loi morale, on met aujourd'hui sa foi dans les mécanismes du marché et de l'information. (Voir le rapport du groupe Bangemann au Conseil européen, Bruxelles, mai 1994). A l'alliance avec la divinité formée par les dix commandements mosaiques, qui fondent la Loi morale d'une grande partie de l'Humanité - et qui en outre met en exergue le sens du pardon, on substitue une nouvelle alliance, mais entre le marché ou la technologie, dit le Prof. Riccardo Pelleta de l'Université de Louvain, et l'ensemble de l'humanité.

Dans cette alliance, la seule liberté qui reste à l'homme est celle de se soumettre. A défaut, il périra, sans possibilité de pardon. Les valeurs clés de la nouvelle Loi morale sont désormais fondées sur l'exaltation de l'esprit de compétitivité, entre les hommes, entre les groupes sociaux, entre toutes les communautés territoriales. On oublie totalement l'idée d'Union ou de fraternité.

Les grandes conquêtes technologiques deviennent, dans ce cadre, des fins en soi. La technique n'est plus au service de l'Homme, mais elle se développe par rapport à elle-même. Les hommes, les cités, les pays qui ne peuvent s'adapter, sont abandonnés sans délai à leur impuissance.

Le besoin d'humanisme nouveau

Un nouvel ordre mondial est donc indispensable. Un nouvel humanisme doit surgir. Ceux qui y travaillent sont encore faibles, fragiles, minoritaires. Mais c'est à eux que l'avenir appartient, car ils sont férus d'espoir et de créativité. Les Francs-Maçons ont indéniablement leur place parmi eux.

Il ne s'agit pas de vouloir ralentir, ni anéantir les progrès évidents de la technique, de la communication, de l'évolution matérielle. Bien au contraire. Mais il faut empêcher que cette évolution soit la fin vers laquelle tend l'Homme, il faut au contraire que ces techniques soient au service de l'homme et qu'elles lui permettent de développer toujours plus les valeurs universelles que représentent les vertus que les maçons défendent depuis toujours: la sagesse, la force, la beauté... la fraternité.

Par-dessus tout, l'AMOUR

L'amour qui peut tout, qui crée tout, qui relie tous les hommes, qui permet de savoir que l'homme n'a que peu d'années à vivre et que ce peu d'ans n'a aucune valeur s'il ne repose pas sur l'esprit d'amour et de fraternité humaine. " Toute la Loi est remplie par cette seule parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même" disent en chœur tous les évangélistes.

Au début du 18e siècle, alors que l'humanité semblait inextricablement perdue dans un système dépassé et qui s'essoufflait, des hommes, les Francs-Maçons, apportèrent à ce monde ce que depuis toujours ils pratiquaient entre eux. L'esprit d'union fraternelle se développa et se répandit comme une trainée de poudre dans l'ensemble des terres civilisées. Cet esprit n'était pas nouveau, mais il avait besoin de nouvelles structures pour se manifester. Les Francs-Maçons les lui donnèrent.

Au cours des siècles, les hommes épris d'union universelle ont toujours su s'adapter à l'époque. Au Moyen-âge, ils cultivaient l'amour fraternel au sein de corporations, de confréries, de loges. Au début du 18e siècle, ils créèrent des grandes loges, ils codifièrent leurs principes, ils définirent leurs rites et leurs rituels. En quelques dizaines d'années, ils devinrent une des forces spirituelles les plus stables et les plus efficaces.

En cette fin du 20e siècle, alors que le monde occidental ne peut pas éviter de se restructurer et de se fondre dans la mondialisation, il ne s'agit pas pour nous d'abandonner nos valeurs traditionnelles et universelles, il faut nous donner les moyens de les exercer sans les altérer. Il faut continuer à pratiquer l'humanisme vrai: être le Centre de l'Union en réunissant ce qui est épars.

L'humanisme vrai ne consiste pas à abandonner les idées traditionnelles ou à les modifier au gré de l'évolution circonstancielle; l'humanisme vrai, selon le mot d'Alain, consiste à chercher dans le passé "ce qui est assez solide pour être actuel". Ce n'est rien d'autre que firent les maçons au cours des siècles et c'est encore ce que nous devons faire. Il faut se souvenir, conclut Tort-Nouguès, que la "tâche n'est jamais achevée et jamais accomplie" et que "toute œuvre humaine est toujours en chantier".

Paul Valéry a écrit que "la tradition dans les grandes choses consiste à retrouver l'esprit qui les a faites". Les Francs-Maçons doivent conserver l'esprit universel qui fonde leurs valeurs. Pour rendre efficace la pratique de ces valeurs, les Francs-Maçons de toutes les obédiences, de tous les rites et de toutes les Loges doivent devenir le moyeu qui permet à la roue de tourner dans l'harmonie et la paix. Ainsi, selon le vœu du poète, le soleil luira même la nuit.

Source : http://www.masonica-gra.ch/6_idee_macon_ordre_mac.html

Par Joseph Villat - Publié dans : Planches
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Jeudi 22 novembre 2012 4 22 /11 /Nov /2012 07:35

Le chevalier de Ramsay a-t-il contribué à la naissance de l'Ecossisme ? La réponse est non.

Le chevalier de Ramsay a-t-il donné une définition à l'Ecos­sisme, en a-t-il précisé les principes, a-t-il jeté les bases de son organisation ? C'est indiscutable.

Nous savons qu'il avait rédigé son célèbre Discours pour l'assemblée annuelle du 25 mars 1737 de la Grande Loge Provin­ciale de France — dont il était le Grand Orateur. En réalité, il est établi aujourd'hui que ce discours, dont nous connaissons actuel­lement huit rédactions successives et quelque peu différentes, ne fut jamais prononcé. Le cardinal Fleury, Premier ministre, avait en effet donné trois jours plus tôt au lieutenant de police l'ordre d'interdire toutes les assemblées maçonniques.

Le Discours du chevalier de Ramsay n'ayant pas été prononcé le 24 mars 1737, il n'eut d'influence réelle qu'à partir de 1742, c'est-à-dire après sa publication par La Tierce dans un ouvrage intitulé « Histoire, Obligations et Statuts de la très-vénérable Confrérie des Francs-Maçons ».

Pour quelles raisons le système maçonnique, qui devait s'or­ganiser en Rite Ecossais Ancien et Accepté, a-t-il affiché une référence écossaise ?

Ceux d'entre vous qui, à la Bibliothèque de la Grande Loge de France, auront la curiosité de relire toutes les planches présen­tées en Loge par les dignitaires les plus respectés de notre Ordre et traitant de cette question, trouveront cent explications pour une. On a fait souvent référence à la très vieille Loge de Kilwinning. On a fait référence aux Stuarts. On a fait de la tradition écossaise l'héritière du vieil Ordre écossais du Chardon. J'ai même lu que l'Ecossisme était né dans un château de la Haute-Marche, le château d'Ecosse, et qu'il se rattachait ainsi à la tradition de la Maçonnerie forestière.

Plus sérieuse à coup sûr est l'explication donnée par notre Frère Jean Baylot — qui fut Grand Maître adjoint du Grand Orient de France avant de devenir Grand Surveillant de la Grande Loge Nationale Française. Il rattache, en effet, la tradition écossaise à l'introduction de l'épée dans le rituel des cérémonies maçon­niques.

« Les rituels anglais », a-t-il écrit, « ne l'emploieront que pour la garde symbolique des temples. Au contraire, elle sera d'un emploi très général dans les rituels français, chacun des membres en disposant dans certains cas. La chose est importante. Il faut y voir, dès les débuts, l'évolution de la Franc-Maçonnerie en France vers des caractères chevaleresques. Au contraire, les rites anglais demeureront corporatifs. Là est l'origine première des systèmes de hauts grades, dits écossais. »

Il devait ajouter cependant :

« Ecossais, peut-être parce que, comme le remarque M. Chevalier, ces innovations ont été conçues, ou expérimentées, dans la Loge du Grand Maître Derwentwater. »

« Il semble admis, en effet, que la Loge Saint-Thomas de Derwentwater fut la première à pratiquer un rite aux références chevaleresques. Il est fort possible que ce soit pour combattre cette influence pré-écossaise que la Grande Loge de Londres a créé en 1732, en territoire français, la Loge du bijoutier Coustos qui s'en tient avec rigueur aux pratiques des Loges anglaises. »

Le procès-verbal de la tenue du 12 mars 1737 de la Loge Coustos-Villeroi enregistre les protestations contre certaines innovations pratiquées dans la Loge du Grand Maître Derwentwater
comme de tenir l'épée à la main dans les réceptions ». Cette Loge, fidèle aux traditions anglaises, proclame alors

« L'Ordre n'est pas un Ordre de chevalerie mais de société, où tout homme de probité peut être admis sans porter l'épée, bien que plusieurs seigneurs et principes se fassent un plaisir d'en être. »

L'historien Daniel Ligou, haut dignitaire du Grand Collège des Rites, devait écrire en 1970 dans la revue « Humanisme », éditée par le Grand Orient de France

« Il est malaisé de connaître les finalités de l'Ecossisme : désir de sélection sociale, intellectuelle, spirituelle ? Recherche du « secret » qui paraît sans cesse à portée de la main et qui est toujours inaccessible ? Interférence — à peu près certaine — de l'ésotérisme traditionnel, et peut-être surtout de l'alchimie ? Désir aussi de compléter le mythe d'Hiram ? Incompréhension, déjà visible dans le Discours de Ramsay, d'un opératisme traditionnel que l'on comprend mal parce qu'en France, à l'inverse de l'Angleterre, la Maçonnerie ne s'est pas directement souchée sur les corpora­tions ? »

Il n'est plus possible, aujourd'hui, compte tenu des découvertes historiques, de nier que l'Ecossisme a été adopté par un courant maçonnique qui fut introduit en France dès 1726. Ce courant se voulait gallican, catholique, royaliste et indépendant de la Grande Loge de Londres. Il fut contesté à partir de 1732 par les Loges fondées par l'Obédience anglaise en territoire français.

C'est le courant gallican qui a voulu constituer une Grande Loge de France. Cette Grande Loge a exprimé très vite le désir d'imposer son autorité aux nouveaux grades nés de l'Ecossisme.

Le courant écossais est donc né indiscutablement avant le Discours du chevalier de Ramsay.

La première Loge écossaise, la Loge Saint-Thomas, avait été créée en 1726 par un stuardiste, Lord Derwentwater. L'une des Loges où se précisa le courant gallican, la Loge d'Aubigny, avait été installée le 12 août 1735 dans le château de Louise de Kéroualle, duchesse de Portsmouth.

Ce sont les premières Loges écossaises qui ont désigné le chevalier Maclean, baronnet d'Ecosse, comme Grand Maître en 1735, et Charles Radcliffe, Lord Derwenwater, en 1736.

L'Ecossisme n'est pas né en 1726 par la volonté de quelques Francs-Maçons français épris de modernisme. En fait, ils ne faisaient rien d'autre que de réveiller une tradition chevaleresque qui, en France, était à coup sûr antérieure à la Franc-Maçonnerie d'inspi­ration anglaise.

Entre 1726 et 1735, pour affirmer un courant français indépen­dant de la Franc-Maçonnerie anglaise, il y a eu seulement divulgation du rite ancien dans le but de réformer le système importé d'Angle­terre.

C'est à cette volonté que va répondre le Discours de Ramsay. René Guénon ne s'y trompait pas lorsqu'il écrivait que « la première raison d'être de l',Ecossisme fut précisément de s'opposer aux tendances protestantes et « orangistes n représentées par cette dernière depuis la fondation de la Grande Loge d'Angleterre ».

Jusqu'en 1738, c'est-à-dire jusqu'au moment où Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin, prince du sang, fut désigné comme Grand Maître de la Franc-Maçonnerie en France, il se développa dans le pays deux courants maçonniques bien distincts : celui des Loges anglicanes et celui des Loges gallicanes.

L'historien Paul Naudon marque bien la différence qui existe dès cette époque entre les Loges anglaises, dépendant de la Grande Loge de Londres, et les Loges écossaises, constituées la plupart du temps par des stuardistes qui auraient vécu et essaimé suivant les rites traditionnels. Il admet cependant que l'opposition entre ces deux Maçonneries doit être envisagée avec beaucoup de nuances, les divergences originelles n'ayant pas exclu, selon les circonstances, des rencontres et des conciliations.

En fait, la création de la Grande Loge de Londres en 1717 n'avait été déjà qu'une réponse des orangistes et des hanovriens à la déviation stuardiste des Loges écossaises. Dès ce moment, l'Ecos­sisme s'implante dans le royaume de France.

Il n'est pas impossible que la démarche du chevalier de Ramsay, en 1737, ait caché des mobiles politiques. Pour faire accepter la Franc-Maçonnerie en France par le pouvoir royal, pour favoriser sa pénétration à la Cour, il fallait à coup sûr présenter un système français échappant à l'influence anglaise.

Le grand mérite de Ramsay fut alors de définir un système maçonnique original, différent du système anglais, le système qu'attendaient les Loges gallicanes pour affirmer leur indépendance.

A la tradition opérative, maintenue dans le rite par la Grande Loge de Londres, il ajoute une tradition chevaleresque, fondée sur la légende templière.

Il conte comment l'Ordre Maçonnique s'était uni en Terre Sainte aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; comment les rois, les princes et les seigneurs, à leur retour de Palestine, avaient fondé des Loges en Allemagne, en Italie, en Espagne, en France et en Ecosse.

Ici, la légende symbolique interprète l'Histoire mais elle ne la trahit pas, car il est vrai qu'avant et après les Croisades des liens étroits avaient existé entre les Templiers et les confréries de Bâtis­seurs.

Ramsay n'invente pas la tradition chevaleresque. Il se contente de la ressusciter. Il emprunte même à une tradition maçonnique authentique qui survit alors en Angleterre en dehors de la Grande Loge de Londres. C'est ainsi que le grade de Maître Ecossais est apparu à Londres en 1733. Il sera introduit en France vers 1742. Ramsay rattache confusément la Franc-maçonnerie aux mystères de l'Antiquité, ceux de Cérès à Eleusis, d'Isis en Egypte, de Minerve à Athènes, d'Uranie chez les Phéniciens, de Diane en Scythie, et, par eux, à l'ancienne religion de Noé et des Patriarches.

Il ne prétend à aucun moment réformer le ritualisme. Il ne propose aucun grade supplémentaire. Il suggère cependant de façon très nette l'adjonction de la tradition chevaleresque à la tradition opérative.

Il est donc faux de prétendre, comme on l'a souvent fait, qu'il a été le créateur des hauts grades, mais il est vrai qu'il les a en quelque sorte légitimés.

Le Frère Lindsay, qui fut Secrétaire Général du Suprême Conseil d'Ecosse, affirme dans un de ses ouvrages qu'il existait avant 1717 en Angleterre des hauts grades associés à la Maçonnerie bleue :

Ces grades, précise-t-il, étaient chrétiens et comportaient, une cérémonie connue sous la désignation de « Passage du Pont ».

Il demeure que ce fut surtout à partir du Discours de Ramsay que l'on vit naître en France des systèmes de hauts grades écossais. Ce fut d'abord le Chapitre de Clermont, constitué par le chevalier de Bonneville. Ce fut ensuite la Loge Saint-Jean de Jérusalem. Ce fut en 1758 le Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident. Dans les années qui suivirent, de nombreuses Loges de Perfection furent installées dans différentes provinces.

Le premier de ces grades chevaleresques, celui du Chevalier d'Orient ou de l'Epée, apparut vers 1748 à Paris et à Bordeaux. A partir de Ramsay, l'Ecossisme a eu pour mérite essentiel de diffuser dans l'Ordre maçonnique la doctrine de fraternité. Fondé sur l'amour de l'Humanité, il a cherché à créer une sorte de religion universelle. Il enseigne et démontre que les principes de liberté et d'égalité ne peuvent entrer en application qu'avec une hiérarchie fondée sur l'autorité et sur l'intelligence.

Ramsay s'inspire des idées de son maître Fénelon. C'est de lui qu'il tient ses principes sur la solidarité du genre humain auxquels il se réfère pour présenter la Franc-Maçonnerie comme la promesse d'une République universelle, d'une grande nation spirituelle.

Il est en fait le premier à attribuer à la Franc-Maçonnerie universelle un idéal suprême.

Il ne contredit à aucun moment les Constitutions d'Anderson. Il se contente d'en élever l'esprit jusqu'à faire de la Franc-Maçon­nerie une théologie du coeur.

Dès lors, pour nous, il ne fait aucun doute que, contrairement à une idée très répandue, ce n'est pas la création en 1717 de la Grande Loge de Londres qui a assuré le passage historique de la Franc-Maçonnerie opérative à la Franc-Maçonnerie spéculative. C'est la naissance et le développement en France de l'Ecossisme et cette naissance fut considérée comme un schisme par les dignitaires de la Franc-Maçonnerie anglaise.

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Par J.A. FAUCHER PVI - Publié dans : Planches
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Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 07:37

Le tétragramme (ou tétragrammaton)1 YHWH (יהוה) est un nom hébraïque se composant des quatre lettres yō(י), hē (ה), wāw (ו), hē (ה), de valeur gématrique 26 : 10 (yō) + 5 (hē) + 6 (wāw) + 5 (hē) = 26.

Souvent présenté comme le « nom propre » de Dieu, ce mot est alors désigné comme « le Tétragramme ». Il s’agit d’une forme issue de la racine trilittérale היה (HYH) du verbe « être »2.

Le Tanakh (la Bible hébraïque) rapporte que cette expression fut entendue par Moïse au sommet du mont Horeb dans le désert du Sinaï3.

Pour les juifs, ce nom - dont la vocalisation, si elle a jamais existé, n'est pas connue - ne doit pas être prononcé, en vertu du Troisième Commandement, traduit par : « Tu ne prononceras pas le nom de YHWH en vain... ». En revanche, les chrétiens (comme le chanoine Crampon) l’ont parfois transcrit dans les traductions par « Yahvé », « Yahweh » ou « Jehovah », en le prononçant.

Cependant, depuis le début du XXIe siècle, l’Église catholique préconise de remplacer "YHWH" par l’appellation « le Seigneur »4,5.

Étymologie et origine

Le tétragramme YHWH serait, de l’avis général des grammairiens juifs du Moyen Âge, conforté par celui de Baruch Spinoza, une flexion verbale artificielle de la racine trilittère היה, HYH (« être, devenir, arriver »).

Louis Segond traduit par Je suis celui qui suis, ou par la locution l’Éternel. André Chouraqui transcrit IHVH plutôt que YHWH.

Dans les milieux de langue allemande on écrit JHWH.

D’autre part, Henri Meschonnic indique que le Tétragramme aurait en partie à voir avec le nom d’une divinité sémitique plus ancienne, Yah6.

L’explication du Tétragramme par la Bible elle-même se trouve en Ex 3. 13-14 (épisode du Buisson ardent). Moïse dit à Elohim : « Voici, je vais trouver les Israélites et je leur dis : "Elohim de vos pères m’a envoyé vers vous." Mais s’ils me disent : "Quel est son nom ?", que leur dirai-je ? Elohim dit à Moïse : "Je suis ce que je suis" (Ehyéh Acher Ehyéh אֶֽהְיֶ֖ה אֲשֶׁ֣ר אֶֽהְיֶ֑ה) Et il dit : "Voici ce que tu diras aux Israélites : [mot à mot] "Je serai qui je serai" ou, plus métriquement, "que je sois qui je serai" (Ehyéh) m’a envoyé vers vous." » — traduction de la Bible de Jérusalem.

L’expression est rendue par « Je suis celui qui suis » dans la traduction due à Louis Segond et par « Je suis qui je serai » dans la TOB7. La Bible du Rabbinat traduit par « Être invariable8 », ce que regrette Meschonnic9, disant qu’il s’agit d’une contamination du Theos grec de la Septante.

La plus ancienne mention épigraphique connue du tétragramme YHWH est un nom théophore daté de -820 sur la stèle de Tel Dan ; une autre inscription, explicite celle-là, datée de -810 a été trouvée sur la stèle de Mesha10.

Prononciation

Interdit de prononciation directe et noms substitués dans le judaïsme, les Juifs s’imposent une interdiction de prononcer le Tétragramme, fondée sur le troisième commandement : « Tu n’invoqueras pas le Nom de YHWH ton Dieu en vain » (Ex 20:7).

Le grand-rabbin Lazare Wogue, traducteur de la Torah, précise : « Quant au saint Tétragramme, on sait que le judaïsme, de temps immémorial et dans toutes ses sectes sans exception, s’est abstenu de le prononcer selon sa forme véritable : les rabbanites ou pharisiens disaient Adônaï, les Samaritains Schimâ11. »

Quand le lecteur rencontre le Tétragramme dans les Écritures hébraïques, d’autres expressions doivent lui être substituées à l’oral, le plus souvent Adonaï (אדני, « Mon Seigneur »), de temps en temps Elohim (« Puissances »)12.

Cette substitution se nomme le Qéré permanent et explique les points-voyelles utilisés dans les transcriptions modernes du Pentateuque : e-o-a quand il faut lire Adonaï, e-o-i quand il faut lire Elohim. Dans la conversation on utilise de préférence haChem (« le Nom » - cf. Lévitique 24:11).

À l’école, on utilise aussi « Eloqim »13. Pour ces deux raisons la prononciation exacte du Tétragramme, à supposer qu’elle soit possible, demeure incertaine.

-L’incertitude ne porte pas sur les consonnes, mais évidemment sur la place et le type des voyelles.

-L’incertitude porte également sur l’existence de cette prononciation. Joel M. Hoffman, par exemple, dans In the Beginning, soutient que le Tétragramme n’a jamais eu de prononciation.

Mais la plupart des hébraïsants sont d’un avis contraire. Ils s’appuient entre autres sur les noms théophores14, comme Juda (Yehouda), et les chapitres du Pentateuque contenant le Tétragramme. En particulier un passage couramment appelé Le songe d’Isaïe, dont la prosodie et les assonances en « O » et « OU » suggèrent une prononciation usitée à l’époque de la rédaction du texte, c’est-à-dire avant l’interdiction comme le signalent nombre de nom théophores composés avec le tétragramme15.

Dans l’hébreu biblique on n’inscrivait pas les voyelles ; le lecteur devait reconstituer ou ajouter de mémoire (s’il était savant) les voyelles appropriées au contexte de la lecture. Ce furent les Massorètes qui créèrent au milieu du premier millénaire le système de notation actuellement utilisé pour transcrire les sons vocaliques.

Prononciations dans le christianisme

L’interdiction de prononcer le nom propre de Dieu ne concerne pas seulement les anciens Juifs, mais aussi les premiers chrétiens qui peut-être n’ont jamais connu sa prononciation16.

Dès le Moyen Âge17, « certains chrétiens qui lisaient la Bible dans sa version originale ont lu YHWH en lui appliquant la vocalisation du terme Adonaï, c’est-à-dire en intercalant ses trois voyelles « a », « o » et « a », et obtenu ainsi le nomJéhovah18 ».

Ce nom, d’apparence scientifique et archéologique, est très contestable historiquement et théologiquement19.

Longtemps tombée dans l’oubli, la transcription Jehovah a été popularisée au XIXe siècle par la traduction de la Bible de John Nelson Darby, par les Témoins de Jéhovah (XXe siècle) et dans la littérature française par exemple: Victor Hugo (Les Misérables, L'Homme qui rit, le poème Jéhovah), Alphonse de Lamartine (poème Jéhovah), Théophile Gautier (Le Roman de la momie), Anatole France (Thaïs, Les dieux ont soif, La Révolte des anges, La Rôtisserie de la reine Pédauque, Monsieur Bergeret à Paris) et beaucoup d'oeuvres d'autres auteurs20.

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Par A.Y - Publié dans : Planches
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Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 07:21

Le tétragramme que nous ânonnons sans comprendre, ni réfléchir ; nous est présenté comme venant des hébreux ; est-ce exact ? Nous n’avons aucune matérialisation de ce que furent à l’origine les hébreux ; ni historique, ni archéologique. En conséquence il ne nous reste que des suppositions.
Par contre il est troublant de constater les similitudes entre les hiéroglyphes égyptiennes et l’alphabet hébreu, et, la contenance significative de similitude des deux. Suit ensuite, la tentative de relier comment on est passé de l’adoration d’Aton, le soleil, symbole du Dieu unique, au Dieu hébraïque, puis au Dieu chrétien ; et, qu’espérons-nous en tirer comme enseignement en maçonnerie adogmatique ayant épousé les lumières ? Question, qui, aujourd’hui, me parait essentielle.
Le tétragramme tel que nous le connaissons : « yod, hé, vau, hé, » que l’on ne doit qu’épeler et jamais prononcer, est très difficile à circonscrire.
Quelle signification lui donnons-nous ?
A quelque chose près ce devrait être : « Grand Dieu, souffle divin, créateur de l’homme ».
La lettre Yod est représentée au début du nom d’Aton ; les noms égyptiens Aton et Amon commencent par un yod en hébreu, ou, aussi, par un aleph, ce qui semble vouloir dire : « seigneur ; Dieu ; ou soleil. »
A remarquer : le yod égyptien et le yod hébreu sont des lettres similaires ; mais, en hébreu, dans la bible, le tétragramme « Yahvé » - ou le Yod –Yod - se disent : Adonaï , car il est interdit de prononcer le nom de Dieu. C’est donc la conjonction du dieu aton et du pharaon Aï successeur de Toutankamon ; devenu Adone-Aï ( le seigneur Aï)
Donc « Adonaï » trouve sa racine dans Akhénaton ; à l’origine, Anokhi-Adonaï : « je suis dieu » signification précise du nom Akhénaton.
Le VAV ou VAU , en hiéroglyphe, la vipère, en hébreu, la fécondation, symbole de création de l’homme.
Lorsque lors de l’initiation au 13ème grade le T.F.P.M. nous intime le silence devant un nom divin ineffable, imprononçable, c’est bien une génuflexion, un acte de foi, une adhésion au concept biblique, qui nous est demandé, rien de raisonnable, de logique, ne fonde cette démarche.
Voyons la supposition du décryptage hiéroglyphique égyptien ; en passant tout le descriptif ardu ; nous en arrivons à la conclusion que la prononciation du tétragramme est :
« Yaou-hé » ce qui donne : « adoration du grand dieu hé » ; le tétragramme devenu en hébreu : Yahvé ; Jéhovah ; a comme racine Yahou : le nom du pharaon ; puis hé : le souffle divin ; il est présent dans le cartouche d’Aménophis 3 à Soleb en haute Egypte ( 1384—1346 avt J.C.)
Doit-on la perpétuation de ce tétragramme jusqu’à notre maçonnerie à cause de la philosophie d’Akhénaton décrite par Christiane Desroches-Noblecourt ?
Proclamer ce que les clercs des temples savaient depuis « les temps des Dieux » : que les hommes de toutes races étaient nés égaux et que, seule, leur « méchanceté les avait différenciés ». Unir les hommes en les rapprochant de toutes créatures et leur rappeler la parenté profonde qui reliait les éléments minéraux, végétaux, animaux et humains, supprimer les pratiques de la magie qui ne pouvait que paralyser l’évolution morale : telles étaient les idées fortes d’Aménophis 4 ; tel était aussi son programme
En tout cas nous retrouvons ce tétragramme dans le sépher yetsira , « la bible des kabbalistes » - Le sepher est formé par 2 rouleaux de la Torah où sont écrits en hébreu les 5 premiers livres de la bible : ( Pentateuque ) ; Mais, nous retrouvons ce tétragramme sous la forme d’une épée ; la description dit : « le yod est le pommeau, le vav la lame, les deux hé, les deux tranchants » ( Zohar 3-274 b )
Il faut ici aborder la grande différence donnée à la divinité au cours du temps, et ceci, au travers des midrash .
En hébreu le hé est « souffle de l’existence , forme de vie » Qu’en est-il dans le judaïsme ? Quelle signification lui donnons-nous ? Cette planche cherche à aborder le thème d’un rituel bien difficile à analyser, et, peut-être encore bien plus difficile à comprendre, et, celui des origines mal connues et des transmissions sans doute erronées.
Il y aurait donc un lien étroit entre ce que nous connaissons du tétragramme et l’Egypte antique .
Pourquoi le Zohar y introduit-il une épée ?
C’est ici que nous allons nous tourner vers Sandrick Le Maguer, et son explication fort érudite de la transcription de la bible hébraïque originale à celle de nos jours.
Il nous précise que les Chrétiens n’ont pas lu la bible en version originale , car, elle est écrite sous forme de midrash , d’allégories, de métaphores, d’analogies, de concordances, et de gématrie.
Petite explication pour revenir à notre tétragramme :
Midrash, vient de la racine hébraïque darash, qui signifie rechercher, exiger, fouiller dans l’enfouissement absolu, suivant les 13 principes de Rabbi Ishmaël . C’est un art, avec sa langue, ses sauts, ses ruptures, ses apparentes contradictions, où il n’y a ni d’avant, ni d’après.
La gématrie est quand deux mots apparemment sans rapport, ont la même valeur numérique. La bible hébraïque originale est ainsi écrite …..alors bonjour la traduction en Grec en latin etc… L’un des pionniers en la matière est Bernard Dubourg décédé en 95 .
Nous voilà avec une filiation bien compliquée, qui, sans être volontairement falsifiée est sans doute erronée , ou ; arrangée au goût du jour.
Qu’avons-nous, nous, F.M. du 21ème siècle à en penser, et, à en retirer ?
Si l’on se réfère à Fabre d’Olivet : « la langue hébraïque restituée » ; il y a continuité depuis Akhénaton jusqu’aux Hébreux ; exemple :
Israël signifie « fils de Râ et de Dieu » . Les attributs de pharaon sont identiques à ceux du Dieu de la bible appelés « séphirot » dans la kabbale ; la géographie nous parle du sin-Aï ; amen est Amon détourné par Moïse , et, qui d’ailleurs signifie : « en vérité » ; les similitudes sont foison. Historiquement, philosophiquement, et peut-être aussi théologiquement, c’est important.
Qu’en dire maçonniquement ? J’avoue que mon agnosticisme s’en trouve irrité, malgré les contorsions (comme disait Pierre Mirebeau) distribuées par le suprême conseil.
Je suppose que, ce sera là le centre de vos interventions.

L’agnostique et l’athée ont-ils une place au REAA ?

C’est une question récurrente que se posait déjà en 1979 le chapitre « les arts réunis » de Rouen sous la signature du F. Messac , dans une forme un peu différente : « N’y a-t-il pas un cléricalisme maçonnique ? »
Ma démarche interrogative nous conduira sur des voies entrecroisées .
Peut-on dire que la maçonnerie du R.E.A.A. est une religion, quelle a ses clercs, une forme de symbolique quasi dogmatique, un langage figé, une gestuelle fixe, donc un rituel rigide à contenu orienté par ses références, sa symbolique imposée, ses mots et phrases, qui, d’une façon pavlovienne, peuvent irriter l’agnostique et l’athée, sans parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale ?
L’étymologie des mots désignant le fait de ne pas croire en dieu est toujours négative : a-thée ; in-croyant ; a-gnostique ; in-fidèle ; mé-créant ; la croyance est la norme, l’incroyance, l’exception.
Qu’en est-il au REAA alors que la moitié du monde n’a jamais connu dieu ?
Au REAA, encore plus qu’au G.O. l’art. 1er devrait imprégner la démarche des « sages » . L’attitude progressiste, tant sur le fond que dans la forme, et par là même progressive, doit être le carburant courant.
Quand on se permet de faire une incursion dans la littérature, on trouve des articles vieux de 30 ans. Mais, qu’est-ce donc au regard des 20 siècles de catéchèse primaire de l’église Romaine ? En maçonnerie, pas de tradition catéchisée, formatée, enkystée !!
Revenons à nos moutons agnostiques ou athées …
Aspect 1er : la maçonnerie peut-elle être assimilée à une forme de religion ? Réponse oui !
Au sens le plus commun religion = croyance, nous croyons en l’homme .
« Etymologiquement, ce serait ce qui relie, venant du verbe latin « religare » , ou, plus exactement, selon Cicéron, « religio », viendrait de « religere » ; qui aurait comme signification « recueillir » ou « relire » ou bien, « ce que l’on relit avec recueillement ».
La religion est donc l’amour d’une loi, d’une parole, d’un logo, c’est l’esprit de la mémoire, c’est le sacré de cette mémoire, c’est le lien mythique de communion ; une fidélité donc, une foi, la foi venant du latin « fidès » , mais cette fidélité peut se départir de tout théisme. » C.S.
La maçonnerie peut être une forme de religion basée sur le sacré d’une tradition , support d’une morale, ou d’une éthique.
La maçonnerie est philosophiquement fondée sur deux postulats : « la croyance en la perfectibilité de l’humanité et du cosmos ; et la croyance en l’efficacité de la raison et du travail comme facteurs d’une organisation architecturale du monde tendant vers un idéal de perfection. » F. Péraldi 1927
Cette définition permet d’aborder le lien, la trame, la toile de fond qui se constitue de références historiques réelles ou supposées, de symboles devant être librement interprétés, du mythe qui en constitue le support, le tout créant cette religion maçonnique et ses croyants.
Seulement voila, ses croyants sont polyculturels, de connaissances et civilisations diverses, de conceptions et de finalités de l’homme parfois opposées. Leur démarche intellectuelle, spirituelle, sociale, est plus que diversifiée.
Et, dans la situation nous intéressant ce jour, les clercs traditionalistes maçonniquement catéchisés ont quelques frictions avec les libéraux évolutifs progressistes visant le rassemblement, « l’intercommunicabilité. »
Quelles peuvent en être les raisons ?
En premier lieu, ce que les sociologues appèlent les formes de tempérament,la typologie, ensuite, et le catalogue sera loin d’être exhaustif ; le déficit de connaissances historiques, de la façon dont s’est constituée cette tradition, ce mythe, l’interprétation de ce conglomérat de connaissances ; la traduction, la mise en forme de cette ou ces interprétations. La conception dans l’évolutivité de cette tradition, et, ensuite, le terrain, la personnalité du réceptionniste, du croyant, sa façon dont il a été éduqué, formé, éveillé. Quelle que soit la forme que l’arbuste ait prise au cours de sa formation, il en sera bien difficile d’en modifier la structure à l’âge adulte malgré la plasticité neuronale découverte par les physiologistes.
Reprenons le cours de cette étude en ayant toujours à l’esprit la question posée en titre.
Donc l’histoire ; chacun sait ici que les chrétiens n’ont rien inventé, même s’ils ont mis en relief une « certaine philosophie » de l’homme. Il y a syncrétisme.
Nous remontons à Osiris pour la légende d’Hiram ; à Vichnou pour la parole perdue ; aux Egyptiens pour le tétragramme ; et, les civilisations sumériennes, et araméennes transpirent dans nos rites, nos mythes, nos symboles. Mais, la catéchèse chrétienne a tellement formaté la culture et les croyances pendant 20 siècles , que même en maçonnerie nous lui en attribuons la paternité.
En bien des circonstances nous ne faisons pas le décantage prôné par les lumières , nous concevons mal une laïcité post-chrétienne. Prenons quelques exemples de plats prêts à consommer par le croyant chrétien ; voyons « Hoschée » acclamation voulant dire « Sauveur » ; quelle devra être l’acrobatie intellectuelle de l’athée face à cet éventuel sauveur ; oui, mais quel sauveur ? Sauveur de qui, de quoi, en quel lieu ? Et nous pouvons ajouter « Emmanuel », le tétragramme, et même I.N.R.I. sans pour autant être exhaustif.
Nous reprochons aux jésuites d’être hypocrites, mais allons donc, regardons-nous à ces sujets, car, là, il faut aborder le principe du réflexe conditionné, cette fonction pavlovienne qui a inculqué un sens aux mots, aux gestes ; écoutons J.R. Ragache qui nous dit : « je me demande si le danger de l’homme n’est pas le danger de la perte de sens des mots. » pourquoi leur attribuer plusieurs sens ? Alors que « seul le doigté des F.F. , leur sens aigu de la nuance, leur éveil perpétuel, leur promptitude à ne pas confondre l’homme et son ombre, creusent un gouffre entre les trois « Hoschée » et « ainsi soit-il » Les arts Réunis N° 91-
Peut-être qu’une certaine inadéquation existe entre ce que l’on nous présente et ce que nous sommes . Se pose alors la question : la quelle des deux parties doit, évoluer, se libérer, ne pas adhérer, se désolidariser ?
Personne n’oblige l’athée à aller à l’office ; personne non plus ne l’oblige à poursuivre au R.E.A.A.
Peut-on, un instant, penser à un travail de reconstruction, de refonte, où chaque être humain pourrait s’y reconnaître et adhérer ? Sans doute pas !! La majorité actuelle ne s’y prête pas, à tord ou à raison, mais tels sont les faits !! Doit-on considérer qu’il y a , d’une part, une volonté conservatrice, ou, de colonialisme du traditionnel ; ou bien, d’autre part, une incursion par la force pour imposer une évolution particulière non souhaitée ??
Aux questions posées ; la maçonnerie du REAA est-elle une forme de religion ? La réponse est oui ; Possède-t-elle ses clercs ; c’est-à-dire y a-t-il un attachement plus important aux structures, aux apparences, qu’aux valeurs progressistes ? Là aussi la réponse est oui, car ni fond, ni forme n’évoluent.
Le discours de base, sur la philosophie, (fondement de la maçonnerie) qui, d’essence, incite à l’insolence, dont les concepts fondamentaux se trouvent sans cesse modifiés par l’évolution scientifique et culturelle, qui est une « recherche de sens » permanente, n’est pas ici programmée ; car elle ne s’inscrit pas dans une vision progressiste globale, universaliste ; mais est-ce possible ?
Même si le message diffusé est acceptable par tout un chacun, la forme, la manière, la verbalisation, la gestuelle, peuvent égratigner certains tenants d’un matérialisme et d’un athéisme clair et net ; sans bien sûr parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale.

Bibliographie :
L’esprit de l’athéisme André Comte-Sponville
Traité d’athéologie Michel Onfray
Le christ philosophe Frédéric Lenoir
La clé d’hiram Christopher Knight Robert Lomas
N° de nétoricol 26 - 91 – 118

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Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 07:15

A L G D G A D L U, Ordo ab chao, Deus meumque jus, au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs généraux du 33e et dernier degré du REAA pour la France, TFPM et vous tous mes FF Maîtres Secrets.
Il est surprenant de constater que ce n'est qu'au degré de Maître Secret que le mot Dieu apparaît dans un rituel courant. Je m'explique : dans les degrés symboliques le mot Dieu n'est prononcé qu'une seule fois : au moment de l'initiation d'un profane. En effet, au début de ladite cérémonie, le VM demande à l'impétrant en qui il met sa confiance. L'impétrant répond alors - quitte à ce qu'on lui ait soufflé la réponse, ce qui est souvent le cas - qu'il met sa confiance en Dieu. Le VM le rassure quant au bien fondé de cette croyance, mais le VM lui-même ne prononce pas le mot Dieu, ce vocable est l'acabit du profane.

Mais ni les rituels d'ouverture ni de fermeture des degrés symboliques - les plus couramment mis en œuvre - n'emploient ce mot Dieu auquel est substitué le vocable GADLU. On ne peut que s'étonner de cette réserve du REAA envers le mot Dieu. La Franc-Maçonnerie est certes la voie substituée mais cela implique-t-il de remplacer les noms ?

Cette absence de mention du mot " Dieu " est pourtant récente. Dans les premières versions des grades symboliques du REAA, la Loge est ouverte " au nom et à la gloire de Dieu, GADLU ". Dieu disparaît au profit du seul GADLU entre la fin du XIX° siècle et le début du XX°, sous l'influence des Oswald Wirth et consort sans doute...

Mais revenons au XXIe siècle. Lors de la clôture des travaux au 4e degré du REAA, le F inspecteur invoque l'accomplissement de la volonté divine : " que la volonté de Dieu soit faite ". Cette phrase n'est pas une pure invention du REAA. Elle figure en effet au début de la prière la plus courante et la plus connue de la religion catholique : le " Notre-père ". La phrase exacte étant " Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel "

Il y a sans doute une explication à ces placements respectifs de l'invocation dans le rituel de clôture de la Loge de perfection et dans le Notre-père.

Dans le " Notre-père " - là où l'invocation est en début de prière - l'individu se place d'emblée en position de passivité. Il demande à Dieu de lui donner un morceau de pain et de lui accorder- d'avance - le pardon, il l'implore de ne pas le soumettre à la tentation et de le délivrer du mal. Mais, ce, sans avoir au préalable fourni le moindre effort.

Au sein d'une Loge de perfection le Franc-maçon se place à l'inverse en situation active. Une maxime - lapidaire - dit " aide toi, le ciel t'aidera " et c'est exactement - à mon sens - la démarche maçonnique en général et la démarche de perfectionnement en particulier. Le Franc-maçon travaille à son perfectionnement personnel et, une fois le travail accompli seulement, il demande au GADLU le coup de pouce qu'il espère avoir mérité. D'où le placement de l'invocation " que la volonté de Dieu soit faite " en fin de rituel de fermeture, et non au début du rituel d'ouverture par exemple.

Moins prosaïquement, mais dans la même optique, ce placement de l'invocation à Dieu en fin de rituel d'ouverture n'est pas sans rappeler la démarche des anciens alchimistes.

Pour les alchimistes l'important n'est pas, malgré les apparences, de transformer le métal vil en or pur, ni de transformer les métaux en général, encore moins de s'enrichir. Sauf pour Boettger mais c'est une autre histoire.

L'alchimiste opératif aspire à insuffler de l'esprit dans la matière et, par-là, récréer in vitro la création. L'alchimiste qui y réussi n'est pas tant celui qui a réussi la transformation de la matière que celui qui a obtenu " l'acquiescement de Dieu " .

Dans le cas de Boettger, il a simplement trouvé, par hasard pendant son incarcération, le procédé de fabrication de la porcelaine avant de mourir à 37 ans, d'extrême fatigue.

Le placement de l'appel à la fin du rituel de fermeture traduit à mon sens cette espérance : obtenir l'agrément divin après un travail parfaitement calibré. Il est d'ailleurs symptomatique que cette la phrase " Que la volonté de Dieu soit faîte ", soit placé après le rappel des 3 devoirs : garder le secret, être obéissant et rester fidèle.

On pourrait aussi voir dans cet appel et dans son placement à la fin du rituel une analogie avec une devise templière encore usité dans sa seconde partie : " Fait ce que doit, advienne que pourra ". Un hypothèse qui n'aurait pas déplu au chevalier Ramsay.

Dans le même ordre d'idée, je ne peux éluder le texte d'une prière maçonnique américaine du XIXe siècle dont je vous livre ici le contenu :

" Très Saint et Glorieux Seigneur Dieu,
Grand Architecte de l'Univers,
Dispensateur de tous dons et de toutes grâces,
Toi qui a promis que là où deux ou trois seraient assemblés en Ton nom,
Tu serais au milieu d'eux et Tu les bénirais.
C'est en Ton nom que nous sommes assemblés
Et c'est en Ton nom que nous désirons accomplir tous nos actes.
Fais que les principes sublimes de la Franc-Maçonnerie
Puissent vaincre en nous toute discorde et toute passion,
Qu'ils mettent l'harmonie dans nos coeurs
Qu'ils les enrichissent de Ton amour et de Ta bonté,
Et que cette Loge puisse, en ce moment,
Refléter humblement l'ordre et la beauté
Qui règnent à jamais devant Ton trône.
Amen "

" là où deux ou trois seraient assemblés en Ton nom,
Tu serais au milieu d'eux et Tu les bénirais "

S'il y a dans une Loge de perfection le TFPM, l'inspecteur, et ne serait-ce qu'un seul Maître secret, le quorum est atteint et cette " apparition " divine peut avoir lieu. Si on considère en plus que l'ouverture d'une loge de perfection est soumise au même quorum que l'ouverture d'une Loge symbolique REAA, la bénédiction divine semble alors inévitable.

Cette prière, usitée dans un autre rite, n'est pas sans rappeler une évidence : Le FM, de part son travail en Loge, aspire simplement à la bénédiction divine. Une bénédiction divine d'ailleurs évidente si on en croit le texte de la prière.

" Toi qui a promis (…) Tu serais au milieu d'eux et Tu les bénirais "

Il ne s'agit donc pas dans cette prière d'invoquer la bénédiction divine mais de l'évoquer, c'est à dire, à en croire le dictionnaire, de rappeler à la mémoire. On postulera en effet que le créateur ne serait manquer à sa parole. Que la parole de l'homme - par nature si mauvais - soit peu fiable et sujette à caution, même si elle est donnée la main sur le VSL, personne n'en doute. Mais nier l'infaillibilité de la parole divine c'est nier le " fiat lux " créateur. Autrement dit, c'est nier la création et commettre une sorte d'apostasie.

Nous nous retrouvons donc, à l'issue de mon raisonnement, avec deux aspects de la formule : " Que la volonté de Dieu soit faîte ".

-Un aspect invocatoire, il y invocation de l'acquiescement divin.
-Un aspect évocatoire, il y a rappel de la promesse divine telle que décrite par
exemple dans la genèse : " Faisons l'homme à notre image, donnons lui le pouvoir
sur les choses de ce monde, etc.. " . Un coup de pied pour l'écologie…

Laissons nous aller à un peu d'étymologie. " Evoquer " vient du latin " evocare " et " invoquer " vient du latin " invocare " . Dans les deux termes, on retrouve la racine " vocare " qui renvoi à " vox " : la voix.

Ce n'est donc pas tant la volonté de Dieu qui serait alors requise lors du rituel de clôture que sa voix. Cette voix qui prononça le " Fiat Lux " créateur.

La sentence : " Que la volonté de Dieu soit faite " placée à la fin du rituel de clôture serait-elle donc un appel à un nouveau " Fiat lux " promis dés l'origine ? à la garantie d'un nouveau " Bereshit " ? à la réception en nous même d'une autre " grosse parcelle de divin " ? Selon mon raisonnement rien n'interdit de le penser.

J'ai dit, TFPM

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/

 

Par Jérôme COLIN - Publié dans : Planches
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Lundi 19 novembre 2012 1 19 /11 /Nov /2012 07:30

Mes Frères, dans un premier temps, je vous présenterai l'apparition du vocable puis son évolution, avant de relever la position des diverses obédiences maçonniques en ce qui le concerne. Nous verrons, à cette occasion, en quoi il constitue un motif de discorde relevant plus du politique que du symbolique.
Ceci posé, je m'efforcerai de vous communiquer mon ressenti, ma conviction sur ce concept de Grand Architecte. Pour cela, je le situerai aussi bien philosophiquement, spirituellement, que par rapport aux diverses acceptions de la valence symbolique.
Pour aborder la première partie du développement, je note que les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté ouvrent et ferment les Travaux des ateliers de notre obédience, la Grande Loge de France, à la gloire du Grand Architecte de l'Univers. De même, au début de la cérémonie d'Initiation, le rituel fait dire à l'Orateur : La Franc-Maçonnerie proclame, comme elle a proclamé dès son origine, l'existence d'un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Plus loin, le Vénérable Maître crée, constitue et reçoit le néophyte, de nouveau, à la gloire du Grand Architecte de l'Univers et sous les auspices de la Grande Loge de France. Enfin, au cours de l'instruction au premier degré, suite à la question : Que représente le Delta rayonnant ? Il est répondu : Le Grand Architecte de l'Univers.
Deux points importants sont, à ce stade, énoncés. Une date de naissance : l'origine de la Franc-Maçonnerie et un qualificatif : celui de principe créateur. Voyons ce qu'il en est.
En ce qui concerne l'apparition du terme, il faut savoir qu'il n'a jamais fait partie de la tradition opérative. Ceux-ci se référaient soit à l'un des noms sublimes du Créateur, soit à Dieu tout simplement. Bien sûr, au cours des temps, aussi bien en religion qu'en philosophie on trouve des expressions telles que : " Dieu artisan de l'ordre du monde ", " le divin artisan du monde ", le " grand horloger " de Voltaire ou même dans la Bible : " ... la cité aux fondements éternels dont Dieu est l'Architecte et le Maçon. " Hébreux Ch. II versets 9 et 10. Mais quoi de plus normal que les religions monothéistes paraphrasent leur Dieu en l'assimilant à l'horloger, l'architecte ou l'artisan.
J'ai relevé la première occurrence maçonnique dans le manuscrit référencé Dumfries n°4 et daté de 1710, avec la phrase suivante : " ... adorer le grand architecte du ciel et de la terre, fontaine et source de toutes les bontés... " C'est ensuite, avec les Constitutions du Pasteur Anderson, contre-signées par Désaguliers Grand-Maître adjoint de la Grande Loge d'Angleterre, en leur version de 1723, que l'on relève au premier chapitre : " Adam, notre premier parent, créé à l'image de Dieu, le Grand Architecte de l'Univers... " Le terme est même acquis par les " Anciens ", partisans du recours à la rigueur opérative. On le trouve par exemple, sous la forme : " Le Grand Architecte de l'Univers est notre Maître Suprême ", dans le document à tendance opérative intitulé " Ahiman Rezon " de 1756.
Dans tous les cas, avec ces textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie Anglaise, il n'y a aucune ambiguité : Le Grand Architecte de l'Univers représente le Dieu monothéiste des Pasteurs et croyants Anglo-Saxons. La version des Constitutions d'Anderson, reprise et modifiée en 1813, précise : " Un maçon doit comprendre que Dieu ne voit pas comme les hommes...Quelle que soit sa religion ou son culte, pourvu qu'il croie au glorieux architecte du ciel et de la terre... "
Sur le continent, le discours fondateur de Ramsay, dans sa première version de 1736, présentée par lui-même devant la loge Saint Thomas N°1, fondée à Paris par une dizaine d'Anglo-Saxons et quelques Français minoritaires, fait référence. Je cite : Le goût suprême de l'ordre de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le Grand Géomètre, architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modèles du " vrai beau ". Vrai beau, en référence à une pensée platonicienne qui désigne ici, les principes ontologiques symbolisés par le Grand Géomètre, Architecte de l'Univers.
Un an plus tard, en 1737, Ramsay propose une deuxième version de son discours en tant que Grand Orateur de l'Ordre. Il la prononce, dit-on, devant des Frères majoritairement français et peu au fait de la pensée de Francis Bacon et de la tradition maçonnique des anciens devoirs. Dans cette version il ne fait pas allusion au Grand Architecte de l'Univers. Faut-il en tirer une conclusion ? Je ne le pense pas. Cependant, la Franc-Maçonnerie française va, peu à peu, au fil du temps, s'éloigner du concept britannique de la déité omniprésente dans le domaine initiatique, pour s'imprégner de la philosophie des Lumières et plus tard encore de la tendance révolutionnaire puis républicaine laïque. Cet écart se creusera encore, en 1813, lorsque les tenants des " anciens " et des " modernes " de la Maçonnerie britannique feront l'unité en créant la Grande Loge d'Angleterre, sur la base des conceptions ultra croyantes des " anciens " et en désaveu avec la version la plus tolérante des constitutions d'Anderson.
Après de multiples péripéties, une résolution sera prise par la Franc-Maçonnerie française, lors du Convent de 1877. Il s'agissait de supprimer à l'article 1er des Constitutions, les deux termes : " existence de Dieu " et " immortalité de l'âme ". Cet amendement fut voté en adoptant un texte très proche de celui actuellement en vigueur. Pour éviter l'exclusion d'un certain nombre de Frères, il fut adjoint la mention suivante : " ...la Maçonnerie n'exclut personne pour ses croyances ".
L'après Convent de 1877 conduisit à des retouches encore plus hardies. En 1879, le Grand Collège des Rites, mandaté par les instances du Grand Orient, fit disparaître des rituels les formules trop ouvertement religieuses comme, en particulier, la référence au Grand Architecte de l'Univers. Il n'y eut rien d'obligatoire, mais suppression de l'obligation de référence.
Après ce bref survol historique, j'en viens à la situation actuelle, que je vais encore devoir schématiser. Sont pratiqués, dans la Maçonnerie française, des rites qui ne reconnaissent pas le Grand Architecte et d'autres qui travaillent à sa gloire. Mais, le plus important, sans doute, réside dans l'acception qui entoure la notion de Grand Architecte. Là, les positions sont tranchées. Il y a la conception " Anglaise " qui, soit au rite Ecossais Rectifié ou au rite Français traditionnel, pour ne citer que les plus répandus, affiche la proclamation de la foi de leurs Initiés en Dieu, Grand Architecte de l'Univers. Il y a, d'autre part, l'autre conception plus libérale, pour laquelle cette expression désigne la Vérité, la connaissance spirituelle ultime vers laquelle tend tout Franc-Maçon. Chacun est alors, libre d'interpréter l'expression Grand Architecte de l'Univers comme il le veut, pour autant qu'il n'impose pas son interprétation aux autres et qu'il se rende bien compte que toute recherche initiatique implique de façon évidente la croyance dans une vie spirituelle.
Le décor est ainsi campé. Il provoque la non reconnaissance mutuelle des deux partis et se concrétise par l'interdiction rigoureuse, assortie de la peine de radiation, pour les Frères des Loges dites " anglaises " qui visiteraient des Ateliers non " réguliers "..
Notre obédience qui ne travaille qu'à un seul rite est incluse dans cette interdiction car :
1 - Les Loges de la Grande Loge de France entretiennent des relations "concordataires" donc coupables avec le Grand Orient, qui représente le " grand Satan " pour les " Anglais ".
2 - La Grande Loge de France, bien qu'elle travaille avec Les Trois Grandes Lumières dont l'une est la Bible (depuis le Convent de 1953), ne requiert pas de ses membres la proclamation de leur foi en Dieu, Grand Architecte de l'Univers.
Il en va de telle manière, que le rite dit : Ecossais Ancien et Accepté est conjugué en trois versions, seulement pour la Maçonnerie masculine. Donc, trois Suprêmes Conseils administrant chacun une version :
* Le Suprême Conseil de France qui est souché sur la Grande Loge de France.
* Le Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté ou Grand Collège des Rites, souché sur le Grand Orient de France.
* Et le Suprême Conseil pour la France qui, depuis 1965, administre le Rite Ecossais Ancien et Accepté des Frères de la Grande Loge de France qui ont quitté notre obédience, pour s'affilier à la Grande Loge Nationale de France. Ces Frères schismatiques, avec leur nouveau rattachement, ont dû être Initiés, à nouveau, dans tous les grades précédemment acquis. C'est de cette époque, récente, que date l'exercice du Rite Ecossais Ancien et Accepté à la Grande Loge Nationale de France. Remarquons enfin, que les deux Suprêmes Conseils souchés, l'un sur la Grande Loge de France et l'autre sur le Grand Orient de France, ont une date commune de naissance : 1804. Ces juridictions revendiquent toutes deux la pureté des rituels par rapport aux écrits provenant des Amériques, et donc les prérogatives de la perpétuation du rite.

  Notre obédience, la Grande Loge de France propose un point d'équilibre entre deux positions extrêmes. Avec la première, le principe du Grand Architecte de l'Univers, pour la Grande Loge Nationale de France, n'appelle aucun questionnement puisque la réponse imposée, exclut toutes les autres. Quant à la seconde, ce même principe, pour bon nombre de Frères du Grand Orient de France, n'a aucun sens puisqu'il est ignoré... Eh bien ! Pour ma part, je dirai que c'est bien dommage pour eux ! Dommage pour l'immense majorité des Initiés, de part le monde, qui se réfèrent à Dieu en Loge et qui, de fait, donnent un sens exotérique à une démarche proprement initiatique et donc ésotérique. Dommage également, pour une grande majorité de Francs-Maçons français qui ont tendance à confondre pratique maçonnique avec engagement syndical ou politique.   Ainsi, pour nous, Francs-Maçons de la Grande Loge de France, le champ de réflexion est ouvert, il peut s'adapter à de multiples interprétations, envers les Initiés qui se posent des questions existentielles. En fait, même si j'étais pratiquant convaincu d'une religion, je crois que je préfèrerais encore notre alternative qui n'exclut rien, ni personne quelle que soit sa confession religieuse ou philosophique.  A bien observer, je constate que les points de vue extrêmes ne sont pas irréductibles. Je relève en effet, sous la plume de Bruno Etienne, Franc-Maçon du Grand Orient de France, chercheur et universitaire bien connu dans notre région, la remarque suivante : je cite " Nous ne pouvons pas échapper à une réflexion approfondie sur la reprise et la réintroduction du Grand Architecte de l'Univers dans les rituels du Grand Orient de France, non point comme capitulation à l'égard de la Grande Loge d'Angleterre qui a ses propres problèmes et contradictions, mais comme restitution d'un capital spécifiquement maçonnique dont l'abandon a appauvri notre patrimoine. Il ne s'agit ni d'un symbole ni d'une hypothèse mais de l'affirmation que nous adhérons à un principe qui soutient, que tout n'est pas mathématiquement réductible à la matière. Là, est le nœud de la spiritualité maçonnique et ensuite seulement, chacun peut crier si cela l'enchante, le slogan de son choix y compris " Liberté, égalité, Fraternité " ! C'est en effet en tant que centre spirituel que nous pouvons répondre à l'attente de nos contemporains et non en tant que club politique car sur ce plan, il y a plutôt saturation et méfiance en France et a fortiori beaucoup de réticences à l'égard de la Franc-Maçonnerie qui donne quelques verges pour se faire battre... "  A bien observer encore, mais cette fois-ci dans l'autre camp, j'en viens à penser que l'intransigeance de la Grande Loge Nationale Française et des " Anglais " n'est pas dépourvue d'une bonne dose d'hypocrisie. Je connais suffisamment dans leur intimité, quelques Frères de cette obédience, pour attester que le dogme du Dieu révélé et la croyance imposée en Dieu, Grand Architecte de l'Univers et en sa volonté Divine, n'a guère de sens pour eux. " Circulez, il n'y a rien à voir ! "
Alors, dans ce contexte, qu'est pour nous, le Grand Architecte de l'Univers ? Mais, tout d'abord, que représente pour moi le Grand Architecte de l'Univers ? Ainsi je peux répondre à l'attente que m'avait exprimé notre Vénérable Maître. A savoir : Le Grand Architecte de l'Univers principe créateur ou fondement de la loi morale et universelle ? Mais, mon cher Président, je pense qu'il représente les deux ou plus. Précisément, il est ce que chacun de nous privilégie comme valence symbolique. A la Grande Loge de France, nous n'érigeons pas le Grand Architecte de l'Univers en un objet de croyance mais nous le considérons symbole comme tout ce qui est dans l'enceinte du Temple. Symbole majeur puisque nous l'assimilons au Delta rayonnant qui est au plus haut de l'Orient et que nous travaillons à sa gloire.  Tout Frère, en cette enceinte est partagé, me semble-t-il par deux fondements de son être. Le premier réside dans sa position (actuelle) vis-à-vis de la déité et le deuxième, indépendant du précédent, dans ce qu'il privilégie comme valeur qui constitue sa vérité symbolique et qui la fonde. Explorons, sommairement je vous rassure, ces deux alternatives.
Pour ce qui est de notre conviction face à la déité, question majeure s'il en est, les philosophes, orfèvres en réflexion sur les savoirs disponibles, s'y sont penchés ! Voyons cela.     
- Considérons le Théisme d'abord, évolution ou aboutissement de l'animisme, du panthéisme ou du polythéisme, en une croyance unitaire, en un monisme. C'est une option personnelle qui prône l'existence d'un Dieu unique comme cause transcendante du monde ; extérieur, mais qui agit sur lui. Il est généralement décrit comme animé d'une volonté propre, qui aime, récompense ou punit. En ce qui concerne nos civilisations du livre, les trois monothéismes s'expriment de manière théiste par leur croyance en un Dieu révélé et leur foi inébranlable en cette croyance, les différences entre ces trois options provenant des prophètes ou de leur absence. - Descendant l'échelle des certitudes, les philosophes ont défini le Déisme représentant la croyance en un dieu unique, suprême, créateur de l'univers, mais qui, contrairement au théisme, n'interagit pas avec le monde et n'intervient pas dans la destinée des hommes. C'est une philosophie sans dogme, ni religion qui rejette toute révélation. - Un barreau plus bas, se situe l'Agnosticisme. Les tenants, ni ne croient, ni ne croient pas : ils doutent, s'interrogent, hésitent ou bien ils refusent de choisir en cochant la case " sans opinion " du grand sondage métaphysique : " Croyez-vous en Dieu ? "
- Au pied de l'échelle - ne voyez en ces termes, aucune notion de valeur entre le haut et le bas. Soyez persuadés de ma conviction que : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Au pied de l'échelle donc, est situé l'Athéisme. L'athée lui, sait que Dieu n'existe pas et nous retrouvons là un dogme, une forme de conviction comme au plus haut de notre échelle. Les philosophes cependant y voient une forme d'humilité. Comte-Sponville nous dit que : C'est se prendre pour un animal, comme nous sommes en effet, et nous laisser la charge de devenir humains. En fait, l'athéisme, s'il est un dogme, reconnaît et respecte le droit de chacun à croire, si cela peut l'aider à mieux vivre sa courte existence humaine.       Ainsi mes Frères, se dresse l'échelle des valeurs exotériques qui animent l'homme en général. Pour leur exercice, dans notre pays et dans quelques autres de la vieille Europe, des hommes et des femmes se sont combattus jusqu'à la mort. Aujourd'hui encore, dans bien des continents, ne pas croire en une version quelconque de Dieu est proprement impensable. L'athée y est regardé avec une certaine répugnance, comme une espèce de monstruosité, d'ébauche humaine, à qui il manque une faculté essentielle. Certes, il n'est pas aisé d'accepter des opinions divergentes, quand on croit soi-même posséder, non seulement la Vérité, mais encore la manière de s'en servir sous forme de règles morales intangibles. A cela, nous Francs-Maçons, connaissons la réponse : l'esprit de tolérance. L'esprit de tolérance qui se nourrit de doute mais qui, dans le fond, respecte infiniment l'intimité de l'autre.  En référence au titre que j'avais donné, initialement à ce travail : " Mon Grand Architecte de l'Univers " et pour clore ce chapitre, je vous dirai que ma conviction, actuelle, en ce domaine, n'a strictement aucun intérêt. N'étant ni prophète, ni missionnaire, ni prosélyte, je n'ai pas vocation à m'étendre sur le sujet, d'autant que, la Franc-Maçonnerie m'a appris les valeurs du doute. Si ! Quand même une idée force ! Quelle que soit ma conviction, en aucun cas je ne désirerai la lier, par la voie du Grand Architecte, à mon intimité maçonnique que j'entends préserver de toute discorde stérile. Après l'exploration des convictions religieuses qui ont été, malencontreusement, associées au concept qui nous occupe, j'en viens à ce qui caractérise la grande sagesse de notre Obédience qui, attribuant une valeur symbolique au Grand Architecte, respecte ainsi la croyance de chacun.   Valeur symbolique certes, mais symbole bien singulier puisqu'il échappe à toute matérialisation. Ainsi chaque Franc-Maçon peut créer pour lui-même une représentation qui lui soit propre. C'est celle, me concernant, que je vais vous communiquer, en espérant ensuite, un débat riche de vos propres sentiments. Au début de mon apprentissage maçonnique, j'ai été tenté de penser que c'était réduire le concept, que de l'assimiler à un symbole mais j'ai ressenti ensuite que, bien au contraire, le symbole était la base même de la méthode maçonnique, la " matière première " sur laquelle travaillent sans cesse les Initiés, comme ceux qui les ont précédés et ceux qui les suivront.   Par la suite, j'en suis venu à accorder une attention toute particulière à l'harmonie universelle qui règne dans la nature et bien au delà, dans le cosmos. Pénétré de l'importance du symbole du Grand Architecte, j'ai eu tendance à penser qu'il représentait ce miracle de l'existence. En écrivant cela, je pense à la constatation de Stephen Hawking qui écrit : " Il semble clair qu'il y ait relativement peu de variations de valeur pour les nombres qui auraient permis le développement de toute forme de vie intelligente... Le fait remarquable est que la valeur des nombres semble avoir été finement ajustée pour rendre possible le développement de la vie. " Ensuite, j'ai lu beaucoup de choses, personnelles mais convenues et participant d'un catéchisme maçonnique qui nous est propre et que je n'apprécie guère - le Charpentier céleste, le Potier divin, le Forgeron mythique, le Géomètre, que sais-je encore ? Enfin persuadé, au fil du temps que pour moi, le Grand Architecte devait représenter un régulateur de l'évolution de l'humanité, j'en suis venu à penser qu'il pouvait symboliser l'esprit de l'homme, ce qui le hausse par rapport à son animalité, sa matière et son corps. Ne pensez pas, mes Frères, qu'en cela, j'oppose l'esprit à la matière. J'incline plutôt pour l'idée, que si tout doit tendre vers l'esprit, se résoudre en esprit, il y a une gradation sans discontinuité entre la matière ou le physique et l'esprit. Dans cette optique, si les perceptions demeurent uniquement d'ordre sensoriel et si elles s'acheminent vers l'esprit alors, elles ne sont ni à fuir, ni à réprimer. Elles me paraissent haïssables que si l'on s'y borne. Ce que j'entends par le mot " esprit " n'est donc pas quelque chose d'immatériel, s'opposant à ce qui est matériel, ni en lutte avec lui, comme l'idée est assez répandue. Cependant, j'ai lu quelque part, et j'adhère à l'idée, que plus une forme de vie est évoluée, plus elle est éloignée de la matière et rapprochée de l'esprit. La lecture de Teilhard de Chardin, m'a fait penser, que l'évolution ne se fait que dans un sens... Puisqu'il faut conclure, c'est avec joie et humilité que je ferai appel à notre glorieux aîné, Henri Tort-Nouguès qui a écrit ceci dans Point de Vue Initiatique : Le Grand Architecte de l'Univers apparaît bien comme le Principe initiatique fondamental. Ainsi, en travaillant à sa gloire, les Francs-Maçons affirment la valeur d'un Idéal, d'une Idée, d'un Principe et la valeur d'une conscience humaine libre... à même de justifier leur engagement et de nourrir leur espérance.

Source : http://www.stella-maris-gldf.com/gldf/

Par Paul Q - Publié dans : Planches
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Lundi 19 novembre 2012 1 19 /11 /Nov /2012 07:11

Dans les loges bleues il est de tradition que, derrière le Vénérable Maître, soit visible un triangle dans lequel se trouve un œil.

Il n'en a pas toujours été ainsi et si on reprend les différents rituels du R E A A, celui de 1802 indique bien un œil dans le triangle, alors que le rituel de 1820 indique que dans ce triangle est inscrit le nom de Dieu, tel qu'il est écrit en caractères hébraïques. Sous cette forme, il prend le nom de Tétragramme.

De nos jours on retrouve ce Tétragramme pour la première fois au 13èmedegré, lorsqu'il est placé sur l'autel des serments, et au 14èmedegré au dessus et derrière le Trois Fois Puissant Grand Maître.

C'est un symbole et fort justement, il ne peut être considéré comme autre chose qu'un symbole parmi tant d'autres.

En français, le nom de Dieu est écrit sous différentes formes telles que Jéhovah ou Yahvé. Toutefois avant d'aller plus loin il sera intéressant de nous pencher sur l'origine grecque du mot Tétragramme.

Le mot grec tétra signifie quatre et le mot gramma à signifie écrit ou lettre.

Le terme Tétragramme lui-même n'est pas un mot qui se trouve dans la Bible, mais c'est un mot utile pour décrire les quatre caractères hébreux employés dans le nom de Dieu. 

Là encore la traduction nous donne les informations suivantes, Jéhovah, ou Yahvé en hébreu, YHWH, le nom personnel de Dieu, est un verbe. C'est le verbe hébreu hawah, à l'imparfait.  

Le Tétragramme est peut-être le plus ancien symbole qui soit à la base de discussion religieuse chez les Israélites, depuis le temps des Patriarches.

Le nom de Dieu que nous, au hasard, prononçons Yahvésans toutefois savoir si c'est, ou pas, la bonne prononciation, celle-ci ne pouvant être impérativement établie, a toujours été retenu par les hébreux dans une très profonde vénération

Ce nom et cette prononciation furent communiqués à Moïse près du Buisson Ardent lorsque Dieu lui dit

Va dire aux enfants d'Israël, je suis Yahvé, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et de Jacob. C'est mon nom pour toujours et il restera dans vos mémoires.

Et plus loin, Il déclare encore, concernant son Nom: Je suis Yahvé. Je suis apparu à Abraham, Isaac et Jacob avec le nom de El Shaddaï, mais mon nom, Yahvé, je ne leur ai pas fait connaître.  

Retenons ce nom hébreu El Shaddaï, le Tout Puissant. C'était le nom sous lequel il avait été jusqu'alors connu par les précédents patriarches. Il est analogue à Elohim (Dieu) qui est décrit dans le premier chapitre de la Genèse comme le créateur du monde. Mais c'est sous le nom de Yahvé qu'il est maintenant pour la première fois communiqué au peuple.

Dans le chapitre 2 de la Genèse, il ne s'agit plus de Dieu Elohim, mais de l'Eternel-Dieu (Yahvé Elohim), indiquant ici un changement dans la manière de désigner Dieu, car dans ce chapitre apparaît pour la première fois, l'Homme.  

Cette annonce de son nom faite par Dieu à Moïse, avec toute une solennité et une présentation religieuse, devient et reste pour les israélites, le sujet d'une profonde vénération et crainte.

Mais les Juifs commencèrent à ressentir des scrupules de prononcer le nom sacré. C'est pourquoi l'on se mit à substituer le titre Adonaï (Seigneur) à Yahvé lors de la lecture à haute voix. Pour signaler cette substitution, les Massorètesplacèrent sous les consonnes du tétragramme YHWH, les voyelles d'un autre nom divin, Adonaï (Seigneur), à savoir e, o, a. Ils indiquaient par là que le lecteur devait prononcer Adonaï et non pas Yahvé lorsqu'il voyait le tétragramme. Mais plus tard certains ont cru devoir lire les consonnes de YHWH avec les voyelles d'Adonaï,YeHoWaH et ont pensé ainsi que Jéhovah était le véritable nom divin, alors qu'il n'avait jamais été prononcé de cette manière.

Une prononciation bi syllabique du Tétragramme telle que "Yahvé" ne permet pas le son vocalique o dans le nom de Dieu.

Pourtant, dans les dizaines de noms bibliques qui contiennent le nom divin, cette voyelle centrale apparaît, tant dans les formes premières que dans les formes raccourcies, comme dans Yonathàn.

C'est pourquoi un linguiste, le professeur Buchanan, dit au sujet du nom divin: En aucun cas la voyelle o n'est omise. Le mot était parfois abrégé en ya, mais jamais en Ya-vé. Quand le Tétragramme était prononcé en une seule syllabe, c'était Yah ou Yo. Quand il était prononcé en trois syllabes, ce devait être Yahowah ou Yahouwah.  Si tant est qu'il n'ait jamais été abrégé en deux syllabes, ce devait être Yaho.

Certains biblistes modernes sont contre l'utilisation de la forme Jéhovah, lui préférant Yahvé, ou encore la forme non vocalisée du tétragramme, comme c'est le cas aujourd'hui parmi les Juifs orthodoxes. L'argument des premiers consiste à montrer que Jéhovah n'était certainement pas la prononciation originale, et qu'il s'agit d'un terme utilisé par le moine espagnol Raymundo Martini dans son livre Pugeo Fidei en 1270. 

Le Dictionnaire de La Bible de Vigouroux définit ainsi la différence qui existe entre les termes Dieu et Jéhovah: Les diverses langues sémitiques avaient simultanément ou séparément deux noms communs pour désigner Dieu: El et Elohim. Les Hébreux ont fait usage de l'un et de l'autre, soit en parlant du vrai Dieu, soit en parlant des dieux des polythéistes. Ils avaient de plus un nom propre pour nommer le Dieu véritable, Jéhovah ou Jahvé, et c'est celui dont ils se servaient le plus souvent.  

Yahvé ou Yehovah est le Nom personnel de Dieu, lorsqu'il est en relation avec l'homme et spécialement avec son peuple. C'est le nom par lequel il s'est fait connaître comme le Dieu de l'alliance avec Israël. Dans un sens général, on dira que Elohim (Dieu) aurait suffi, mais l'addition de Yahvé, (l'Eternel) introduit une qualité de relation particulière.

Eternel est donc une tentative de rendre un sens probable au tétragramme. Même si la solution n'est pas parfaite, elle est plus satisfaisante. Elle vaut en tous les cas mieux que Jéhovah, d'autant que le nom Eternel est passé dans la langue courante en français. Qui n'a jamais dit par exemple, d'un ami ou d'un parent, qu'il était un grand voyageur devant l'Eternel!  

Yahvé Elohim (l'Eternel Dieu) a mis l'homme à l'épreuve. Cette combinaison exprime le mieux l'identification du Créateur avec la chose créée.

C'est pourquoi dans la description de la Genèse, Dieu (Elohim) est la seule désignation convenable pour celui qui donne l'existence à toutes choses mais c'est Yahvé Elohim qui apparaît quand il établit des relations morales ici-bas.

L'homme n'est plus seulement vu comme une créature mais il est mis en contact avec le créateur lui-même. Ainsi s'explique le nom donné par Dieu à Abraham, je suis El Shaddaï, le Dieu Tout-Puissant.   Le nom de Yahvé n'est jamais prononcé par les croyants juifs qui ne mettent jamais ce mot dans leur écriture, le considérant comme tabou, et lui substituant le mot Adonaï où Le Nom. (Ha Shem).

Ainsi, tandis que les juifs se refusaient à prononcer le nom divin, l'Eglise a réussi à l'éliminer complètement des manuscrits grecs et des traductions des deux parties de la Bible.

Aujourd'hui, lorsqu'un juif rencontre le Tétragramme, il lit Adonaï, Seigneur ou Ha Shem, le Nom, et non pas Yahvé comme le rend de façon très hypothétique la Bible de Jérusalem

Dans la Bible de Chouraqui, 1985, on trouve ceci : le Tétragramme Y. H. V. H. est représenté sous deux formes Y. H. V. H. Adonaï et Y. H. V. H Elohim, qui correspondent aux prononciations traditionnelle du nom divin en hébreu.

Une pratique qui a été suivie par les traducteurs de la Bible.  

Le sens exact de YHWH est controversé. On le rattache ordinairement à la racine HWH, devenue HYH, racine du verbe être, que l'on retrouve dans le célèbre récit de la révélation de Dieu à Moïse, en Exode III-13:14: Je suis celui qui suis.

Mon nom est A H Y H, et je serais continuellement avec vous et pour toujours.

C'est confirmé par la suite du même  verset:

Et il ajouta: Voici ce que tu répondras aux Israélites: AHYH m'envoie vers vous.  אהיה  

Nous pouvons lire dans la Bible que Dieu (Créateur des Univers et Protecteur du Peuple Spirituel) s'appelle Yod- He- Vav- He  (Yahvé, Jéhovah)

Le Nom est composé de 4 lettres hébraïques: le Yod, le Hé, le Vav et un deuxième Hé. En plus de la signification de chaque lettre à l'intérieur de l'Alphabet Sacré, elles représentent, chacune, une énergie active dans une période déterminée, autant en ce qui concerne la création des Univers qu'en ce qui concerne notre vie et nos problèmes personnels.

Le YOD י   représente la semence, la graine, la potentialité que doit posséder tout ce qui est porteur de quelque chose. Le Yod représente le masculin, le Père, le germe de toute chose, l'impulsion fondamentale, la Volonté.

Le HE ה   représente la Terre dans laquelle le Yod doit se matérialiser; c'est la période de formation interne, de gestation. Le Hé représente le féminin, la Mère, le moyen matériel où l'œuvre peut être réalisée; la fécondité. Ces deux lettres s'unissent pour composer le mot être, et forment le premier son prononcé par Dieu dans cet impératif célèbre de la Genèse : Soit la lumière ! C’est donc à la fois l’affirmation la plus radicale de l’Etre et l’invocation du Son Primordial.

Le VAV ז   représente le Fils, le résultat de l'action du Yod sur le Hé; c'est l'élément actif, celui qui recueille la potentialité du Yod et la transforme en actes.

Le deuxième HE ה   est le résultat final de ce cycle d'activités. C'est le fruit que donne le Fils, dont l'activité modifie les conditions dans lesquelles se trouvaient les choses dans le stade Yod Cedeuxième Hé devient donc, automatiquement, le Yod d'un nouveau cycle de créations.  Lequel se développera au niveau inférieur. De la même façon que les fruits contiennent les graines d'un arbre futur, le deuxième Hé contient les graines de nouvelles réalisations.  

La compréhension du Nom de Dieu est fondamentale pour comprendre les mécanismes de la Vie, c'est-à-dire les Lois Cosmiques. Yod- He- Vav- He constitue alors la Clef de la Cabale et le Nom correspond ainsi à tous les niveaux de l'action et peut être appliqué à toutes les situations possibles. 

Si dans les faits, la dénomination par les Hébreux du nom de Dieu sous une forme masculine représente le principe actif, les deux premières lettres du tétragramme sont un rappel aux anciennes déités, généralement hermaphrodites ou bisexuelles, reprenant dans leur essence le généreux et prolifique pouvoir de la nature. C'était une doctrine universellement reconnue dans les anciennes religions. Je pense que la franc maçonnerie a pu symboliser cette idée sous la forme du point dans un cercle.  

La prononciation du mot ayant été abandonnée, elle fut définitivement perdue à cause de la particularité de la construction du langage hébraïque qui ne comporte pas de voyelles. Les lettres étant toutes des consonnes ne peuvent donner d'indication possible. De par cette composition de l'alphabet hébreu, les sons voyelles sont insérés oralement et n'étaient jamais indiqués par écrit jusqu'à ce qu'apparaisse les points voyelles, comme ils étaient appelés, qui furent inventées par les Massorètes.  

Comme les sons voyelles ont été à l'origine insérés par le lecteur pendant sa lecture, provenant d'une connaissance orale antérieurement acquise sur la bonne prononciation du mot, il lui était impossible de vocaliser un mot qui n'avait jamais été prononcé en sa présence.

De même que nous lisons Dr que nous prononçons Docteur ou M. prononcé Monsieur, parce que nous avons aussi cette combinaison particulière de lettres, nous ne prononçons pas les lettres elles-mêmes mais les sons qu'elle suggèrent.

Les Hébreux ignorants la façon de vocaliser les 4 lettres du tétragramme, étaient incapables de prononcer ce mot et sa vraie prononciation fut finalement perdue par la majorité du peuple.  

Il n'y avait qu'une personne qui puisse dire correctement ce nom. Le Grand Prêtre, qui l'avait lui-même reçu de ses prédécesseurs et qui le prononçait chaque année le jour de l'Expiation, (Yom Kippour) et à trois reprises, quand il entrait dans le Saint des Saints.

Les traditions maçonniques ont respecté cette idée selon lesquelles les rois pouvaient avoir également ce privilège. Il est dit que Salomon avait été en possession du mot et qu'il l'avait communiqué à ses deux collègues pendant la construction du Temple.

C'est ce mot, qui par le nombre de ses quatre lettres appelées Tétragramme, devint Ineffable et Inaltérables.

Les Cabalistes et les Talmudistes l'ont enveloppé dans un faisceau de superstitions mystiques,   mais tous lui ont montré une grande vénération.

Selon les Talmudistes, si l'on connaît la bonne prononciation du mot, nous pourrons tous comprendre le chant des oiseaux, le langage des bêtes, celui des anges et des démons, l'unité du cœur. Ils disent ce que celui qui est en possession de ce mot a des pouvoirs sans limites et qu'il peut mélanger le Ciel et la Terre.

Les rabbins l'appellent Shem amphorash, ce qui veut dire Le nom qui est déclaré, et disent que David le trouva gravé sur une pierre un jour qu'il bêchait la terre. Notre 13ème degré a un symbolisme analogue, puisque le Nom est gravé et caché au fond de la terre.  

De par le caractère sacré avec lequel ce nom était vénéré, il n'était jamais ou rarement écrit en entier et par conséquence, de nombreux symboles étaient inventés pour l'exprimer. Un de ceux-ci fut la lettre י   ou Yod, équivalent à notre lettre I, J ou Y. qui était l'initiale du mot et souvent inscrite dans un triangle équilatéral. Ce triangle devenant lui-même un symbole de déité.

Ce symbole triangulaire du nom de Dieu mérite notre attention particulière, non seulement parce que le triangle a été présent dans de nombreuses religions anciennes, mais la totalité du symbole a, par lui-même, été indubitablement à l'origine de sa présence dans la franc-maçonnerie où les interprétations du symbolisme respectent la lettre et la forme. 

Du Nom Ineffable lui-même, il est dit qu'il a été préservé dans sa vraie prononciation par les Esséniens qui au cours de leurs rites secrets, se le communiquait de l'un à l'autre en chuchotant.

Auparavant, les Égyptiens, dont les rapports avec les hébreux étaient plus immédiats que tous les autres peuples, avaient une grande similitude de rites, et leur Nom Sacré était utilisé comme un passeport pour l'admission dans leurs Mystères.

Dans les mystères brahmaniques de l'hindouisme, la cérémonie d'initiation se terminait par l'instruction de l'aspirant sur le nom sacré AUM. Les trois lettres avec lesquelles on symbolisait la création, la préservation et la destruction, principes de la Suprême Déité  personnifiée dans les trois manifestations de Brahmâ, Siva, et Vishnou.

Ce sont ces mystères brahmaniques qui présentent le plus de rapport avec notre tétragramme. En effet, le sceau du Brahmatma, l'équivalent du pape pour la religion hindouiste, est composé d'un triangle isocèle, dans lequel est inclus le mot consacré dont, jusqu'à ce jour, aucune traduction n'a pu être trouvée. Ce mot sacré résumait à lui seul toute la connaissance humaine et rendait celui qui le connaissait, égal à Brahmâ. Ce mot était gravé dans un triangle d'or.

Dans les rites perses, le Nom Ineffable était également communiqué au candidat après son initiation. Mithra, la principale divinité de ces rites pris la place du Jéhovah hébreu et représentait le soleil. 

Dans les mystères introduits par Pythagore en Grèce nous trouvons également le Nom Ineffable des hébreux, obtenu sans doute par le sage durant sa visite à Babylone. On dit que Pythagore fut lui-même initié à ces mystères lorsqu'il était dans cette ville.

Le symbole qu'il adopta pour exprimer cette idée fut toutefois différent. Il est effet de 10 points distribués sous forme d'un triangle, chaque côté contenant quatre points.

Le sommet du triangle était un simple point, suivi par deux autres, puis par trois et enfin la base constituée de quatre points. Ces points, par le nombre de chaque rang, étaient en accord avec le systèmes Pythagoricien pour démontrer respectivement la Monade, ou principe actif de la nature, la Dualité ou principe passif, la Triade ou émanation terrestre de leur union, et le Quaternaire ou science intellectuelle. La totalité du nombre était 10, symbole de la perfection. Cette figure fut appelée par Pythagore la Tétractys. Un mot équivalent en signification à tétragramme, et qui fut rendu si sacré que ses fidèles le communiqua aux aspirants dans les rites Pythagoriciens.  

Voyons maintenant la construction du mot connu par ses 4 lettres, Yod, Hé, Vav, Hé.

Ce mot en accord avec le génie de la langue hébraïque, se lit et s'écrit de droite à gauche. L'écriture se fait donc sous la forme moderne  יהזה

Si nous devions le lire suivant notre écriture, nous aurions Hé, Vav Hé, Yod.  

Les écritures hébraïques ont été originalement écrites sans point voyelle. Après que ceux ci aient été ajoutés, le nom de Dieu s'écrivait H.W.H.Y.  L'équivalent phonétique français est devenu YeHVaH.

La prononciation exacte de n'importe quel mot des Ecritures hébraïques est incertaine dans tous les cas. Comme il l'a été déjà mentionné, cette écriture était dépourvue d'indication de voyelles. Lorsque des voyelles ont été ajoutées, la prononciation convenable des noms était sujette à une grande incertitude.

C'est la raison pour laquelle nous ne connaissons pas la prononciation précise du mot divin à l'époque de Moïse. De même nous ne pouvons pas être certains de la prononciation des voyelles parce qu'aucune information écrite n'a été préservée. En tant que mot écrit, le nom divin sans point voyelle est la forme qui nous intéresse dans ce travail.

Selon toute vraisemblance, la combinaison des caractères du tétragramme et de Adonaï devient YaHoVaH. Si la reproduction phonétique appropriée du nom divin tel que prononcé au temps de Moïse est vraiment YHVH, Yahovah, le mot anglais Jéhovah reproduit plus exactement les anciens caractères hébreux, que ne le fait le mot Yahvé.  

Le plus énigmatique reste la prononciation du tétragramme.

Les caractères hébreux sont fidèles et précis mais ils sont sans signification pour nous ou presque, sauf pour des rabbins érudits. C'est la tentative d'amener des consonnes à se transformer en un mot ou un nom imprononçable qui rend le sujet difficile, et il n'est pas dans mon intention de m'y essayer.

Les hébraïsants estimant  généralement que la prononciation Yahvé est la plus vraisemblable.  

La solution la plus économique serait de retranscrire simplement YHWH ou Yahvé, mais c'est prendre le risque de choquer les Juifs dans leur sensibilité. Remplacer Yahvé par Adonaï, ou Seigneur, comme le font bien des versions françaises, c'est d'une certaine façon appauvrir le texte et cela pose problème dans les expressions jumelées Adonaï Yahvé (Deutéronome 9:26). Le nommer Adonaï, c'est-à-dire Seigneur, ce n'est pas remplir et satisfaire à la signification et majesté du mot. Car Adonaï est communicable, étant aux hommes comme à Dieu. Mais Yahvé est incommunicable, ne se pouvant approprier et attribuer, sinon qu'à Dieu seul selon son essence.  

Nous savons, par les recherches archéologiques, que dans les anciens documents égyptiens écrits en démotique, les noms des dieux étaient invariablement représentés par des symboles. La franc-maçonnerie a adopté cette même disposition d'écriture, et le Grand Architecte de l'Univers est habituellement écrit par ses initiales G.A.D.L.U.

L'oeil qui voit tout, l'oeil dans le triangle est également un symbole représentant la déité, mais celle ci, pour un Maçon, est remplacée par le mot Connaissance. Cette représentation étant celle qui figure dans les loges bleues.

L'oeil ouvert a été sélectionné comme symbole de la vigilance et pour un croyant, il peut symboliser une vigilance divine prenant soin de l'univers. Les yeux de Dieu sont au-dessus de tout et ses oreilles sont ouvertes à vos larmes (Psaumes 34-15).

Sur le même principe, les Égyptiens représentaient Osiris par le symbole d'un oeil ouvert et plaçaient ce hiéroglyphe dans tous leurs temples. Son nom symbolique était représenté par cet oeil. Depuis la plus haute antiquité il était adopté comme symbole de l'activité créatrice. Pour les Égyptiens c'était la plus parfaite des figures représentant les trois éléments de la création, l'animal, le végétal et le minéral.

Cette représentation picturale de la déité sous la forme d'un triangle, fut perdue au Moyen Âge chrétien. La description de Dieu, le Père, se fit sous les traits d'un homme âgé, dès le 12ème siècle.

Mais après la période de la Renaissance les artistes revinrent à l'ancienne représentation et redéfinirent l'Etre Suprême par un triangle, le tétragramme dans lequel ces lettres, Yod, He, Vav, He, faute de pouvoir représenter Dieu, tentent de montrer ce qu'il est : l'Etre au-delà de tout être (le Nom que l'on ne prononce pas), la Trinité (le triangle), la Lumière (les rayons). Le siècle des Lumières, amateur de spéculations philosophiques, a souvent utilisé le tétragramme tel que je viens de le décrire, et personnellement je l'ai vu au fronton d'une église du Nord de la France, prés de Valenciennes.  

Pour les francs-maçons, le triangle est le delta, allusion à la quatrième lettre de l'alphabet grec. Le delta où triangle mystique, est généralement entouré d'un cercle de rayon appelé gloire. Les rayons émanant du centre du triangle symbolisent la Lumière. Elle symbolise l'éternelle lumière de la Connaissance émanant du Grand Architecte de l'Univers.  

Le franc maçon étant par principe un homme désireux de s'ouvrir à toutes les cultures, j'espère que cette étude sur le tétragramme et les différents symboles concernant le nom de Dieu, aura pu, comme elle l'a faite pour moi, vous faire progresser sur les voies de la Connaissance.  

 

J'ai dit T.F.P.G.M

 

 

ADDITIF  POUR  LE  30ème  DEGRÉ  

 

Au 27èmedegré, le bijou est un triangle d'or au centre duquel est gravé le Nom Ineffable en caractères hébraïques. Y.H.V.H.

Et toujours à ce degré, le mot sacré est I. N. R. I.

Selon le rituel actuel du 30ème degré, à l'orient est placé un triangle équilatéral, pointe en haut, dans lequel est inscrit en lettres hébraïques le nom divin Y. H. V. H.

Celui-ci devrait donc être écrit יהוה   mais si on examine les lettres inscrites dans le triangle, on trouve אדני   qui correspondent aux lettres Y N R A, écrites suivant la forme latine, c'est-à-dire de gauche à droite, et non suivant l'écriture hébraïque, c'est-à-dire ינדא

 

Or Y N R A ou I N R A est très proche du I N R I du 27ème degré qui sont aussi les initiales des noms hébreux des quatre éléments. Iam, l'eau – Nour, le feu – Ruach, l'air et Iabeshah, la terre.

 

Pourquoi cette lettre A, א   ? Et pourquoi ce changement de caractères entre ce qui est inscrit dans le livret d'instruction du grade et sa représentation graphique? Ou cette lettre A est elle un rappel à ce que Dieu dit à Moïse, en Exode III-13:14: Je suis celui qui suis (ou qui est.

Mon nom est A H Y H, et je serais continuellement avec vous et pour toujours.

C'est confirmé par la suite du même  verset:

Et il ajouta: Voici ce que tu répondras aux Israélites: AHYH m'envoie vers vous. אהיה

Dans ce cas, au 30ème degré, le triangle ne devrait-il pas avoir ces lettres AHYH inscrites, et  comme il est dit AHYH m'envoie vers vous, il serait logique que ce triangle soit pointe en bas, tel qu'il est dans les Aigles du S:.C:.D:.F:.

 

Source : www.ledifice.net



 

 

 

  

Par A.Z - Publié dans : Planches
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Samedi 17 novembre 2012 6 17 /11 /Nov /2012 22:00

Histoire, technique et survivance

Ce qui est fascinant quand on s'approche de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée c'est de voir combien cette structure si brève-de 1887 à 1903 : à peine seize ans ! - A osé toucher à tous les domaines de l'occultisme aussi bien occidental qu'oriental, a effectué une gigantesque synthèse d'enseignements contradictoires ou inusités, et a influencé toutes les écoles du XX siècle dans tout le monde anglophone - et francophone.

Des audaces forgées par les chercheurs de la Golden Dawn sont considérées comme paroles d'Evangile par nombre de groupes ésotériques, soit issus directement de la Golden Dawn parce que fondés par un ancien membre, soit indirectement par la découverte de leurs travaux et l'adaptation desdits travaux à leur recherche propre.

Nous allons voir tout d'abord quels sont les chercheurs dont la GD a utilisé les découvertes ou les affirmations ; puis nous verrons l'histoire de l'Ordre proprement dit, et enfin les continuateurs de la GD et son influence actuelle.

Les maîtres-passes de la Golden Dawn

Nous pourrons voir d'abord un théoricien de la magie cérémonielle, Cornelius Agrippa, dont les travaux furent centrés sur les analogies entre les objets, les éléments, l'homme, et le cosmos. Agissant sur l'un suivant certaines règles, on pouvait agir sur l'autre par voie de sympathie et par l'union de tout en tout. Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, (1486-1535) est un homme qui occupe tour à tour de multiples fonctions officielles, comme théologien, philosophe, linguiste, juriste et astrologue, zigzaguant avec les chasseurs de l'Inquisition qui veulent la tête de cet homme libre de toute école. Ses livres sont une référence classique sur les talismans et autres rituels de magie. Si le nom de Paracelse (1493-1541) n'est pas inconnu de la GD, c'est Agrippa qui est la base « incontournable ». Une autre base importante, bien que beaucoup plus obscure, sera le système angélique mis au point par John Dee, (1527-1608), savant gallois, à la suite de révélations vues dans du cristal de roche par le médium Kelly, visions que Dee prenait en notes. Il explique trois magies : naturelle (par sympathie), agissant sur l'élémentaire ; mathématique (nombres et figures) pour le monde céleste ; et religieuse, agissant sur le monde supra-céleste grâce à un système kabbalistique basé sur les anges. Ce système comporte une véritable langue nouvelle, avec grammaire, syntaxe, symbolisme, seule adaptée aux anges qui peuvent venir appelés par leurs vrais noms. Cela entraîne des implications aussi énormes qu'illisibles, que Dee appela « l'énochien », en référence à Enoch qui fut enlevé au ciel sans mourir.

La magie énochienne est l'un des piliers de l'enseignement secret de la GD. De bons livres (en anglais) lui ont été consacrés, et un jeu divinatoire a même été élaboré il y a peu de temps afin de faciliter le travail évocatoire de l'adepte. Bien entendu, les grands classiques de l'alchimie (Corpus Hermeticus, la Fama Fraternitatis, la Confessio Fraternitatis) et des grimoires (surtout les Clavicules de Salomon et le Livre d'Abramelin le sage) sont également utilisés, disséqués, remaniés et réorganisés. La vogue suscitée par « Le Mage » de Francis Barrett (1801) s'amplifie sans cesse, malgré les bourdes dont il est truffé, au point que Barrett fonde une association de magie, dont Montagne Summers (1880-1948) et Frédérick Hockley furent membres. Mais la France aura une grande part à l'élaboration des rituels du futur Ordre : en effet, l'une des références avouées de la GD est Papus, conjointement avec Eliphas Lévi et Court de Gébelin.

L'Ordre Hermétique de l’aube dorée

Les références

Papus (1865-1916) commence à écrire en 1884, à 19 ans et son oeuvre écrite - comme son oeuvre occulte de fondateur et de réunificateur de traditions diverses - est suivie avec passion outre-manche.

Eliphas Lévi (1810-1875) est considéré comme le Grand Kabbaliste du siècle, et ses livres sont épluchés, décortiqués, commentés avec fièvre. Il fait connaître Antoine Court de Gébelin qui avait révélé les secrets du Monde primitif en 1775 et qui avait redonné au jeu de tarots colporté dans les campagnes ses lettres de noblesse.

Les efforts des rosicruciens parisiens (Stanislas de Guaita, Joséphin Péladan) ressuscitent le vieux rêve de faire renaître tous ces héritages oubliés spécifiquement occidentaux, face à l'orientophilie grandissante due à la Théosophie de Mme Blavatski : les Templiers et leurs rites, les Rose+Croix et leur alchimie, les druides et leurs secrets celtiques, les dieux égyptiens et la force de leurs symboles, les mystères énochiens révélés à John Dee et encore inexploités, la divination et la communication avec l'Invisible comme sources de connaissance ésotérique...

Encore davantage activés à Londres par les progrès foudroyants de la Société Théosophique, révélant un monde invisible avec qui converser, et les démonstrations du spirite Douglas-Home, le projet devient de plus en plus « dans l'air du temps ».

Les fondateurs

Il devait prendre naissance dans l'esprit de trois amis francs-maçons qui étaient également membres de la « Societas Rosicruciana In Anglia » (SRIA) : le docteur William Wynn Westcott, (ami de Mme Blavatski, lecteur de John Dee, et Grand-Maître de la Societas dès 1878) ; Samuel Liddel Mathers, qui se fera plus tard appeler MacGregor Mathers, revendiquant une filiation avec le clan écossais MacGregor ; et William Robert Woodman leur ami.

On notera dans la même Societas Kenneth Mackenzie, admirateur de Eliphas Lévi qu'il était allé rencontrer à Paris, et le docteur Felkin. Tous ces noms vont vous devenir familiers, car c'est autour d'eux, et d'une dizaine à peine d'autres noms, que tout va s'édifier.

La fondation

L'une des légendes veut que le voyant Frédérick Hockley, élève de Francis Barrett et professeur de Mackenzie, meure en 1885, laissant derrière lui une vaste bibliothèque, comportant notamment des manuscrits chiffrés avec sans doute un code de la « Polygraphie » de l'abbé Trithème, initiateur de Cornelius Agrippa.Woodford, ami de Mackenzie, reçoit de lui ces documents. Il n'est pas Maçon, mais connaît le goût de Westcott pour les grimoires. Il lui passe les textes, que Westcott refile à Mathers pour décodage. Dans ces manuscrits, qui se révèlent être des notes kabbalistiques en abrégé, Westcott trouve l'adresse d'une rosicrucienne rattachée à la plus ancienne et la plus sûre branche de la vraie Rose +Croix d'origine, Die Goldenne Dammerung (L'Aurore Dorée) : Anna Sprengel, à Nuremberg.

Il la contacte aussitôt et obtient le droit d'implanter une branche anglaise de l'Ordre de la Rose+Croix sous le nom de The Hermetic Order de la Golden Dawn, ce qui sera fait en 1887. Mathers est nommé Imperator. Le premier Temple (équivalent d'une Loge maçonnique) est ouvert en 1888 sous le nom d'Isis-Uranie. Le recrutement est rapide parmi les Frères de la Societas, mais l'Ordre est ouvert aussi aux non-Maçons, et aux femmes. En 1891, Mathers annonce la mort d'Anna Sprengel et la décision de continuer à travailler en dehors du « troisième Ordre », la Rose+Croix allemande. La GD comportait alors un ordre extérieur, et depuis 1892 deux Ordres intérieurs, où se prenaient toutes les décisions concernant les rituels et les axes de travail. C'est en 1891 que meurt Woodman. Westcott et Mathers restent seuls dirigeants de l'Ordre.

Les noms secrets et les grades

La coutume des « nomen » en latin, langue sacrée des rosicruciens, est établie : au grade de Néophyte on choisissait un nomen. Les textes de l'Ordre envoyés aux adeptes portaient comme signature les initiales du nomen de l'auteur. Pour exemple, notons celui de Mathers : Frater Deo Duce et Comite Ferro (DDCF), celui de Westcott : Frater Sapere Aude (SA), celui d'Anna Sprengel : Soror Sapiens Dominabitur Astris (SDA).

On sera frappé par la ressemblance avec les coutumes de la Stricte Observance Templière d'Allemagne, transformée en rite maçonnique dit « Régime Ecossais Rectifié » par l'occultiste lyonnais Jean-Baptiste Willermoz en 1785.

La décoration des temples et nombres d'accessoires ou costumes étaient lourdement inspirés de l'Egypte ancienne, mis à part les créations symboliques propres à la GD. Voici les noms des grades de l'Ordre extérieur (Golden Dawn) : Néophyte, Zélator, Theoricus, Practicus, Philosophus. Dans l'Ordre intérieur (Ordo Rosae Rubae et Aurae Crucis) ( La Rose Rouge et la Croix d'Or), neuf mois après la cérémonie du Portail ou du Voile du Temple, on recevait le degré d'Adeptus Minor qui était subdivisé en Zelator Adeptus et Theoricus Adeptus ; puis venaient les grades d'Adeptus Major, et enfin d'Adeptus Exemptus. Les chefs portaient, dans le Troisième Ordre, les titres de Magister Templi, de Magus et enfin d'Ipsissimus.

Le contenu de l'enseignement

Voyons maintenant le panorama de ce que doit connaître, ou expérimenter, ou approfondir, l'adepte de la Golden Dawn, aidé en cela par des rituels stricts et des calendriers astrologiques tatillons :

1) Au grade de Néophyte était donnée une vue partielle de toutes les activités de l'Ordre, et des rituels déjà importants comme le Signe de Croix Qabalistique et le Rituel Mineur du Pentagramme.

2) Les autres degrés correspondent à l'Arbre des Sephiroth, clef omniprésente dans la Golden Dawn à tous les niveaux ; le Zelator correspond à Malkuth, le Theoricus à Yesod, etc.

Dans le premier Ordre les travaux magiques ne sont guère développés ; on insiste plutôt sur la connaissance de soi par des exercices comme « le Pilier du Milieu » basé sur la kundalini et l'arbre Séphirotique, l'introspection, les visions dans des dessins appelés Tattvas suivant une technique hindoue, la pratique de la Géomancie, du Tarot, et l'apprentissage des bases théoriques de la Qabal, de l'astrologie, etc. Les premiers principes de l'imagination toute-puissante sont expliqués et mis en action, principes qui seront à l'origine de toutes les théories et méthodes de visualisation créatrice dont le Nouvel Age est friand.

3) Dans le Second Ordre, la magie cérémonielle prend une place prépondérante, le Tarot est utilisé d'une autre manière, et l'Adepte est censé maîtriser de nombreux rituels, savoir fabriquer et consacrer divers objets, Bâton de Lotus, Rose+croix personnelle et pantacles, savoir étudier le pourquoi et le comment des rituels qu'il a subis autrefois dans le premier Ordre, et entrer dans le monde énochien.

4) Le Troisième Ordre était uniquement en contact avec les deux fondateurs ; il était surnommé « la Grande Loge Blanche des Adeptes » et recevait ses directives de « mahatmas » que Mathers contactait, dans le plus pur style théosophique, par clairvoyance, projection astrale, rendez-vous mystérieux, ou interrogation « par l'anneau et le disque » c'est-à-dire un pendule au-dessus d'un alphabet circulaire. Le nom de « Troisième Ordre » était aussi donné, par extension, aux Rose+Croix allemands qui, en théorie, étaient leurs supérieurs...ô combien inconnus !

La plupart des textes théoriques ont été publiés en anglais. Le recueil d'Israël Regardie, membre de l'Ordre, ne donne que les textes, peu commentés ; la version française est bien expliquée par des membres actifs de l'Ordre ; les publications de Waite ou de Crowley portent la marque des remodelages dus à leurs auteurs ; et de nombreux continuateurs, membres ou non, tels Gareth Knight, Robert Wang, Gerald Schueler, Dion Fortune, Moryason...se servent des techniques en les adaptant parfois.

Le chercheur qui voudrait opérer concrètement devrait faire une rigoureuse synthèse de ces différentes sources... A moins de recevoir directement d'un vrai Adepte les enseignements oraux qui accompagnent les textes.

Et, bien sûr, chaque continuateur se dit « seul détenteur de LA VRAIE Golden Dawn » ! Mais n'anticipons pas. Réfléchissons seulement sur des techniques aussi diverses que divergentes, basées souvent sur des phénomènes parapsychologiques subjectifs et des traditions clairement affirmées, réunies ensemble pour la première fois, le lien étant établi par des constantes comme le Tarot, la Qabal, les arcanes énochiennes...

Une telle conflagration de pensées diverses et passionnées ne pouvait qu'exploser, tant pour des raisons humaines dues au développement de l'orgueil inhérent à toute magie, que pour des raisons purement eggrégoriques, dues au remaniement de rituels et de structures au fur et à mesure que les expérimentations de l'Ordre Intérieur (RR and AC) se répercutaient sur l'Ordre extérieur (GD).

La faille

La faille se révèle au grand jour avec le départ du Docteur Westcott en 1897. La Golden Dawn était ouverte depuis dix ans. Le motif officiel du départ est le suivant : ayant oublié dans un « cab » des documents officiels de l'Ordre le mettant en cause, Westcott fut sommé par les autorités anglaises de choisir entre son poste de coroner (médecin légiste) et son appartenance à l'Ordre.

Des rumeurs sur de la magie autour des cadavres ne permettaient pas un exercice serein de ce métier à un adepte... On peut légitimement supposer que le caractère autocratique de Mathers fut pour beaucoup dans le choix final de Westcott, fondateur de la première heure.

Dégagé de tout modérateur, MacGregor Mathers s'en donna à cœur joie, régentant et décidant de tout. Qui pourra juger si, sur le plan ésotérique, les décisions de Mathers furent bonnes ou non ? Quoi qu'il en soit, les pleins pouvoirs de l'Imperator commencèrent à énerver les esprits - les esprits incarnés de ses co-adeptes.

Avec le départ de Westcott commence le déclin de l'Ordre en tant que tel. Un des points qui soulevèrent la colère des « rebelles » fut l'initiation dans l'Ordre en 1898 d'un jeune magicien, Aleister Crowley, qui, contre l'opposition des Frères et Sœurs, fut élevé au degré d'Adeptus Minor (le plus haut grade concrètement pratiqué dans l'Ordre Intérieur) par Mathers lui-même au Temple « Ahathoor » de Paris le 16 janvier 1900.

On a dit tant de mal de Crowley qu'il ne peut pas être aussi noir que cela. Si sa vie personnelle fut une succession de débauches sexuelles et de démesure, son oeuvre écrite initiatique est passionnante, lucide et équilibrée. Mais dans l'Angleterre victorienne, même dans une société secrète où se promènent anges, démons et entités, Crowley faisait figure de réincarnation de Satan lui-même, légende qu'il entretenait avec ce sourire moqueur qu'on lui voit sur certaines photos, tirant sur sa pipe et aimant à faire frissonner d'effroi les dames en chapeau à plumes...

La révélation de Mathers

Mais enfin une légende satanique se paie, et une actrice célèbre, Florence Farr, la dirigeante du Temple Isis-Uranie de Londres depuis avril 1897 donne sa démission de son poste à Mathers. Et là, va se passer une chose incroyable, un coup de tonnerre dans un ciel serein : Mathers croit voir dans cette démission une action souterraine de Westcott, et il répond à Florence Farr une lettre, datée du 16 février 1900 depuis Paris, que je traduis ici : « ...je ne peux vous laisser monter une combinaison pour créer un schisme avec l'idée de travailler secrètement ou ouvertement sous les ordres de Sapere Aude (=Westcott) sous l'impression fausse qu'il a reçu un pouvoir sur le travail du Second Ordre par Soror Dominabitur Astris (=Anne Sprengel). Tout cela donc me force à vous dire complètement (et comprenez-moi bien, je peux prouver jusqu'à la garde chaque mot que je dis ici, et plus encore...) et si je suis confronté à SA je dirais la même chose, ne serait-ce que pour l'amour de l'Ordre, et dans ces circonstances qui voudraient un coup vraiment mortel à la réputation de SA, je vous supplie de garder le secret vis-à-vis de l'Ordre pour l'instant, bien qu'au fond vous êtes parfaitement libre de lui montrer ceci, si vous le jugez convenable après mûre réflexion ».

« (Wescott) n'a JAMAIS été en communication, à aucun moment, ni personnellement ni par écrit, avec les Chefs Secrets du (Troisième) Ordre, il avait lui-même contrefait - ou fait contrefaire - la prétendue correspondance entre lui et eux, et ma langue ayant été toutes ces années liée par un Serment du Secret prévu à cet effet, prêté à lui, demandé par lui, à moi, avant de me montrer ce qu'il avait fait, ou fait faire, ou les deux. Vous devez comprendre que j'en dise peu à ce sujet, vu l'extrême gravité de la chose, et à nouveau je vous demande, aussi bien pour son amour que celui de l'Ordre, de ne pas m'obliger à aller plus avant sur ce sujet ».

Mathers ne va pas jusqu'à nier l'existence d'Anna Sprengel - qu'il confondit un temps avec une aventurière, Loleta Jackson, alias madame Horos, alias Swami Viva Ananda - mais le mot était lâché : toute la caution rosicrucienne allemande était un bluff, un énorme bluff, comme l'était d'ailleurs la fantaisiste « Histoire de l'Ordre » du même Westcott.

La chute de l'Imperator

Florence attend quelques jours, demande des explications à Westcott qui nie calmement, regrettant que les témoins de la première heure soient morts. Florence alors divulgue la lettre de Mathers à tous les Adeptes de Londres, qui élisent le 3 mars un Comité des Sept chargé de demander des comptes à Mathers. Mathers refuse fièrement de montrer quelque preuve que ce soit, ne reconnaît aucune autorité au-dessus de lui si ce n'est les dirigeants du Troisième Ordre.

Le 23 mars, il démet Florence Farr de ses fonctions ; le 29 mars, le Second Ordre réuni en assemblée plénière destitue Mathers et le chasse de la Golden Dawn, tous ordres confondus. Mathers les menace de tous les châtiments karmiques possibles, affirme qu'on ne peut le destituer sans son accord à cause de liens magiques.

Crowley le rejoint à Paris, se heurte à la sécession du temple Ahatoor, et organise avec Mathers un véritable « duel de sorcellerie » entre eux et les « rebelles ». Il est dramatique de voir un esprit aussi vaste que celui de Mathers sombrer dans cette guerre des chefs pour un pouvoir qui s'effrite de toute façon.

Chaque Temple se pense seul détenteur des « vrais » rituels, puisque leurs expériences personnelles ont été positives (et elles étaient logiquement positives, vu le magnifique travail des fondateurs sur les rituels). En plus, chaque Frater ou Soror ayant une expérience différente - de par la visualisation des Tattvas entre autres - se sent investi du devoir de « sauver la véritable Golden Dawn ».

Ce phénomène d'éclatement fut précipité par l'existence de groupes de travail secrets au sein même de l'Ordre, existence voulue par Mathers dès 1897 aux fins d'approfondissement des connaissances acquises.

Florence Farr avait ainsi fondé un groupe nommé « La Sphère ». Entre alors en scène William Butler Yeats, (1865-1939) Irlandais, futur prix Nobel de littérature en 1923. Après avoir été dirigeant d’Isis-Uranie, il quitte l'Ordre en 1901, la même année que le procès de Théo Horos et de sa femme pour escroquerie et délits sexuels, procès où le nom et les pratiques de la Golden Dawn furent mis en cause avec l'amplification déformante que vous devinez, et surtout la publication de morceaux de Rituel du Néophyte où le serment prononcé par le récipiendaire fut considéré comme un blasphème.

L'effet démoralisant sur les adeptes de l'Ordre extérieur accentua les ravages de la guerre des chefs... En 1902, le Second Ordre se donna un triumvirat pour le diriger : PW Bullock, vite remplacé par le docteur RW Felkin ; MW Blackden, égyptologue, et JW Brodie-Inner.

L'éclatement de la Golden Dawn

Ils eurent à lutter dès le départ contre Arthur Edward Waite, qui, à la tête d'un groupe d'adeptes, veut modifier le système de direction, pour des raisons qu'il expose en 1903 : être calife à la place du calife, puis faire abandonner toute magie à L'Ordre, réviser tous les rituels, et tout cela pour une bonne raison : Waite affirme que le Troisième Ordre n'existe pas.

Waite et Blackden fondèrent alors leur propre Ordre, avec un temple qu'ils appelèrent Isis-Uranie comme le premier temple de la Golden Dawn. Brodie-Inner rend son temple d'Edimbourg indépendant.

Felkin réagit par un acte magique : il abolit le nom de « Golden Dawn » et lui donne le nom de « Stella Matutina ». C'est cette branche qui est le successeur légal (et spirituel ?) de l'Ordre Hermétique de la Golden Dawn. C'est sous ce nom que Dion Fortune ou Israël Regardie connaîtront l'Ordre. Nous sommes en 1903. L'histoire de l'Ordre est finie : commence celle de ses héritiers.

Les continuateurs

La Golden Dawn eut quasi autant de successeurs que l'ordre Martiniste de Papus, tout en ayant la branche d'origine qui survit parallèlement à ses imitateurs.

Crowley

L'un des plus célèbres continuateurs de l'esprit de la GD est bien sût Crowley. Après avoir fondé son Ordre, Astrum Argentinum, il reçoit les patentes de l'Ordo Templis Orientiis lors d'un de ses nombreux voyages orientaux - d'où il rapporte aussi des yogas.

L'un des dessins fondamentaux de l'OTO représente un ovale contenant en haut un oeil à l'égyptienne, au milieu une colombe bec en bas, et en bas une Coupe enflammée frappée de la croix templière. Il eut de fréquents contacts avec Rudolf Steiner, qui se trouva imprégné de Golden Dawn pour nombre de ses théories sur l'au-delà.

Aleister Crowley mériterait un article à lui tout seul. Disons pour abréger qu'il reformula suivant ses propres calculs le corpus de la Golden Dawn, et que ses opérations sont plus historiques qu'imitables. Il meurt en 1947.

Les successeurs de Crowley quant à l'esprit se révèlent lors de la publication en 1969 de son Tarot peint sur ses ordres par lady Frieda Harris. Un dessin résolument hypermoderne, où le génie de Crowley se lance sans frein. Ses Mineures sont quasi-abstraites, mais sont accompagné d'un mot-clef explicatif. On peut alors suivre à la trace l'influence de Crowley de jeu en jeu, ou d'école en école - comme dans L'Ecole des Serviteurs de la Lumière, pour qui Anthony Clark et sa femme Elisabeth Jo Gill firent un tarot en commun, puis firent chacun un jeu entier.

Dion Fortune

Violet Mary Firth, (Soror Deo non Fortuna, d'où vient son pseudo de plume) entra à Stella Matutina en 1919, au Temple Alpha-Oméga. En 1924 elle fonde la Fraternity of the Inner Light, qu'elle dirige jusqu'à sa mort en 1946. Son oeuvre écrite est vaste et passionnante. En France elle est surtout connue pour « La Cabale Mystique » (Londres 1935 ; Adyar, éditions de la S.T. à Paris, 1937). Gareth Knight en fit partie, et ses deux livres sur la Qabal (éd. Ediru) portent la marque de l'enseignement reçu.

Le Tarot

Suivre la Golden Dawn à la piste du Tarot est bien plus facile en effet :

Waite en 1910 donne sa version dessinée des arcanes décrits dans « le livre T » de la Golden Dawn, le « Rider tarot », et l'accompagne d'un livre où il en dit trop ou pas assez. La particularité de ce jeu c'est que, contrairement au livre T, les Mineures sont des petites scènes illustrant le principe qui leur est attaché.

Mais pas de mot-clef, pas d'alchimie visible ni de Qabal partout : le mysticisme de Waite se dégage de toute magie. A partir du livre et du jeu, puis à partir du Livre T quand il commença à être diffusé sous le manteau, de nombreuses créations s'épanouirent, jusqu'aux auteurs récents comme le jeu de Hanson-Roberts, de Salvador Dali ou de la Rose sacrée…tandis que celui de Crowley inspirait Barbara Walker, spécialiste de la magie féminine, l'allemand Haindl, Gill, Clark, ou l'italien Mario…dans son « Tarot des Ages »…

Des tentatives à partir du livre T lui-même donnèrent naissance au jeu de Robert Wang, supervisé par Israël Regardie, au jeu de Gareth Knight, au jeu de Geoffroy Dowson, au jeu très fidèle de Sandra Tabatha Cicero...

Paul Foster Case, membre de l'Ordre, fonde le BOTA (Builders of Adytum), où chacun doit peindre son jeu lui-même, d'après le livre de Case ; le dessin diffère légèrement de Waite, et a les Mineures abstraites.

Le Bilan

Que dire aujourd'hui de cette comète fulgurante qui traversa la fin du siècle avec tant de lumière et de force avant de disparaître consumée par ses propres flammes ? Son influence, officielle ou cachée, revendiquée ou inconsciente, est énorme. Tous les livres de Kabbale ésotérique viennent d'elle. Sa propre vision de la Qabal, retravaillée par-dessus les distorsions de Eliphas Lévi et de Papus, diffère parfois de l'orthodoxie du Sepher Yetsira, du Bahir et du Zohar, mais elle s'impose aux non-juifs par sa clarté et son aspect pratique.

Tous les livres de magie ont pillé ses rites et ses correspondances, qu'ils l'avouent ou non. Toute étoile à cinq branches puise son sens actuel dans la Golden Dawn, et tout emploi de son tracé est basé sur ses rituels.

Tous les rituels non maçonniques s'inspirent de l'élégante simplicité de ses cérémonies, où la visualisation est reine. Nombre de techniques de bien-être ou de connaissance de soi ou de « yoga des énergies » ou de science des cristaux viennent de ses expériences et de ses exercices. C'est par elle que la Géomancie n'est pas tombée dans l'oubli, et que le Tarot, surtout à partir de la version de Waite publiée en 1910, est redevenu le LIBER MUTUS cent fois redessiné, cent fois recréé, et qui ouvre toutes les portes…

Remonter aux sources de Piobb, de Corneille Agrippa, de Le Nain ou des papyrus des musées oblige, au passage, à « jeter un coup d'œil sur ce qu'en ont fait les types de Londres ». Le rêve fou des trois amis reste dans l'aventure de la pensée comme une des plus fantastiques explorations qui ait jamais été réalisée. Qu'ils soient pour nous un modèle dans leur audace et leur beauté, et que nous ne retenions que cela.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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