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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 07:44

LUtopie


Le point de départ de l'Utopie est la chute telle qu'elle est décrite dans la génèse car, c'est à partir de là que l'homme prend conscience de sa nudité, de son imperfection et c'est là donc que commencera sa quête incessante d'un infini, d'un paradis perdu. Cette condition fondamentale de l'homme c'est l'intuition du poète plus que le raisonnement du philosophe qui nous la dépeint « borné dans sa nature, infini dans ses vœux, l'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux ». Lamartine. Cette dichotomie naturelle chez l'homme déchiré entre deux pôles, Jean Servier, en Socio­logue, la trouve dans un examen de la société : « la cité tradition­nelle ayant été construite sur le plan mythique de l'univers, sa pureté, c'est-à-dire sa fidélité au mythe, ne peut que s'altérer dans le temps malgré la répétition des rites de consécration. La Société traditionnelle cherche à se rapprocher de la perfection des origines et à prolonger le moment primordial de sa fondation. »

* * *

Partant d'une analyse sociologique, Jean Servier, constate l'impossibilité où se trouve l'homme des civilisations tradition­nelles de penser objectivement pour rejoindre la perfection ori­ginelle — nous dirons l'utopie — tellement il confond les lois et les coutumes avec une nécessité plus puissante que les dieux mêmes selon l'expression de Platon.

Cette réflexion qui débouche sur l'utopie n'est possible qu'en temps de crise spirituelle, sociale ou économique. Chez Platon et les philosophes grecs en pareille période, c'est le désir de « restructuration » de la Cité afin d'être plus fort à l'avenir. On ne songe pas à la cité parfaite dans l'univers connu — E OIKOU­MENE — qui engloberait Grecs et Barbares, comme plus tard Saint Paul voudra abolir les barrières entre Juifs et Gentils. C'est donc le christianisme qui fait éclater le concept de la cité tradition­nelle repliée sur elle-même en unissant les hommes dans un même amour... Cette utopie — comment peut-on aimer les Perses quand on est Grec — est fondée sur la fraternité humaine, le mépris des richesses, c'est le règne nouveau que prêchent les apôtres du christianisme primitif. Jean XXIII qui reprendra cette idée d'une OIKOUMENE tolérante et fraternelle — où les Francs- Maçons ne seraient pas exclus je le rappelle — ne fait que rejoin­dre l'Utopie initiale. Cette utopie qui est présente chez l'homme d'Etat, le penseur, l'industriel, l'homme d'église, le révolution­naire, chez tous ceux qui rêvent de transformation du monde sans parfois savoir qu'ils ont un dénominateur commun. Voici comment Jean Servier décrit ce rêve utopique. «Elle est avant tout une volonté de retour aux structures immuables d'une cité traditionnelle dont ils se veulent les maîtres éclairés, une cité se dressant par delà les eaux troubles du rêve, comme une île au bout de l'océan, comme la cité de l'homme délivré de ses angoisses au bout de la nuit ».

Les premiers à nous fournir une application concrète de l'idéal utopique à la cité sont les Grecs. Hippodamos qu'Aristote décrit ainsi :« Hippodamos, fils d'Euryphon, citoyen de Milet, celui qui inventa le tracé géométrique des villes et découpa le Pirée en damier... » est au dire de Jean Servier non seulement le premier urbaniste de son époque mais aussi « le premier architecte qui ait eu l'occasion de rebâtir des villes entières et de jeter du même coup les grandes lignes d'une constitution. »

Ce qui nous intéresse chez Hippodamos de Milet c'est qu'on l'appelait OIKOUMENE c'est-à-dire le spécialiste des phénomènes célestes dont la tâche était de relier la vie citadine à l'harmonie cosmique. C'est ici qu'intervient la notion d'utopie car si le mot grec OIKOUMENE veut dire au sens propre celui qui disserte sur les corps ou les phénomènes célestes, nous savons qu'au sens figuré tel qu'on le retrouve dans le Cratyle de Platon ce mot signifie celui qui disserte à perte de vue, qui se perd dans les nuages, d'où l'Utopie.

Nous voyons apparaître chez les Milésiens qui tracent les premières cartes du monde connu, E OIKOUMENE, la terre des hommes aux lignes impeccables, le symbole de la raison et, à côté, comme en opposition, ATLANTIS, l'Atlantide, c'est-à-dire l'inconnu, le rêve.

Toutefois l'Utopie Platonicienne, elle, appelle certaines réser­ves. Pour Platon l'utopie passe par la cité emblème de la raison, la cité grecque du type milésien. L'Atlantide qui, à notre sens, symbolise mieux l'utopie est considérée comme l'antithèse de cet Idéal. Pour comprendre cela il faut examiner la conception toute personnelle qu'avait Platon de la cité idéale. Dans La République, Platon donne sa vision rationaliste de la stratification sociale : les chefs sont en or, ceux qui exécutent les ordres d'argent, les laboureurs et les autres de fer et d'airain. La famille doit être supprimée, l'instinct sexuel ne peut être satisfait que sous le contrôle de l'Etat et les citoyens reproduits (il n'y a pas d'autre terme ici) selon un eugénisme qui fait penser à l'élevage du bétail. « Que La République de Platon ait été admirée sur le plan politique par des gens respectables » a écrit Bertrand Russell « est peut-être l'exemple le plus frappant de snobisme littéraire dans l'histoire. »

Dans cette cité platonicienne, il ne saurait être question de rêve. L'Atlantide, cité du rêve est l'opposée d'Athènes, cité de la raison.

Comment les choses pourraient-elles être autrement car dans l'esprit de Platon, cette île perdue a abrité les amours du dieu et de la déesse Clito dans une union libre qui eut pour fruits deux enfants tous nés en dehors de tout contrôle étatique ! Mais l'Atlantide rappelle aussi l'Orient (de la guerre de Troie, des Perses) mais surtout l'Orient dont le principe politique est la monarchie de droit divin face à Athènes, le rempart de la démo­cratie. Au-delà de l'opposition de l'Orient et de l'Occident dont René Guenon a suffisamment démontré l'humanité, ce qu'il importe de constater ici c'est le fossé que Platon creuse entre le rêve et la réalité.

Revenons maintenant à la genèse au moment ou Libram/ Abraham reçoit la promesse de Dieu. Cette promesse n'est autre que la terre promise vers laquelle Israël s'est mis en marche pour ne jamais s'arrêter. Si cette marche est éternelle car l'homme infini dans ses voeux reste borné dans sa nature, elle passe par un mieux être social, par un bonheur terrestre dans un pays où coulent le lait et le miel. Cette utopie spirituelle sera la force d'Israël dans les combats de tous ordres que ce peuple mènera par la suite.

Cependant, cet heureux mariage de la cité terrestre et de la cité céleste dans l'ancien testament semble être un sujet de conflits dans le monde judéo-chrétien des premiers siècles. Saint Augustin les oppose de manière formelle : « Deux amours ont fait deux cités : l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste, l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre ». Mais cette opposition n'est que le reflet de la vieille opposition entre Athènes et l'Atlantide qui va se matérialiser dans le monde occidental par la cité terrestre matérialiste et jouisseuse et la cité spirituelle, celle de la frater­nité humaine et de l'amour qui — je cite encore Jean Servier — sera « le rêve de tous les révolutionnaires même lorsqu'ils croiront avoir rejeté le Christ. »

* * *

Ce rêve se manifeste en Occident déjà sous Charlemagne quand on assimile l'empire carolingien à une manifestation concrète du concept augustinien de la cité de Dieu. Ceci donnera lieu dans les siècles qui suivront à des entreprises telles que les Croisades et la colonisation : la vulgarisation mondiale en sorte de cette richesse spirituelle... Quand Urbain II prêche la croisade, son souci est d'ordre spirituel. Apparemment, « la terre que vous habitez » déclare-t-il « cette terre, fermée de tous côtés par des mers et des montagnes, tient à l'étroit votre trop nombreuse population elle est dénuée de richesses et fournit à peine la nourriture à ceux qui la cultivent. C'est pour cela que vous vous déchirez et dévorez à l'envi, que vous vous combattez, que vous vous massacrez les uns les autres. Apaisez donc vos haines et prenez la route du Saint Sépulcre » (J. Servier)..

Le souci spirituel, apparent ici, cache bien des préoccupations démographiques et politiques. L'attrait des richesses et trésors de l'Orient n'y est pas absent. Le rêve spirituel et la réalité matérielle se trouvent étroitement liés au Moyen Age. L'utopie serait plutôt l'affaire de ceux qui ont soif de justice sociale et qui se précipiteront sur les chemins de la Croisade en Guenilles,' une piétaille à l'assaut d'une utopie spirituelle qui les délivrera de leur misère spirituelle et matérielle. C'est ainsi que s'exprime R. Le Bertoune (le Contrefait) dans le conte satirique de Rutebceuf. « J'aimerais étrangler les nobles et les prêtres jusqu'au dernier. De braves travailleurs fabriquent le pain d'orge mais jamais ils ne l'ont sous la dent ; ils ne recueillent que le son, et du bon vin, ils ne boivent que la lie et de bons habits ils n'ont que les dépouilles. Tout ce qui est bon et savoureux va aux nobles et aux prêtres. »

Ce que les croisades sont pour le Moyen Age, l'ère des grandes découvertes qu'inaugure Christophe Colomb, le sera pour la Renais­sance. Jean Servier écrit : « La cruauté d'un Cortez ou d'un Pizarre ne reflète pas uniquement une vilaine âme. Leur cupidité leur est dictée par des rois exigeants et, au delà, par la volonté de l'Europe de répondre, à un volume plus important de transactions, par une masse suffisante de métaux précieux ». Cet aspect si matériel des choses revêt alors les couleurs chatoyantes du rêve utopique sous les tropiques, c'est la recherche de l'Eldorado.

Cette notion de Terre Promise adaptée aux besoins de ce monde ne se concrétisera pas au Pays de l'Eldorado, c'est-à-dire en Amérique Latine catholique mais en Amérique du Nord protes­tante, avec les premiers colons puritains de Nouvelle Angleterre un siècle plus tard. Car c'est là comme beaucoup s'accordent à le reconnaître que prend naissance le capitalisme américain par le souffle qui lui donne vie, c'est-à-dire cette conception protestante qui veut que les biens de ce monde soient une bénédiction de Dieu. Toute l'énergie que l'on reconnaît dans le capitalisme améri­cain des temps modernes a pour origine de toute évidence une utopie spirituelle.

Mais les Grands Penseurs de la Renaissance évitant le piège de la richesse inviteront les hommes à voguer sur les eaux du rêve qui reprend ses droits vers le Pays de Nulle part, ce seront T. More et F. Rabelais.

L’œuvre de F. Rabelais s'insère dans une structure socio­politique où les grandes monarchies se dressent contre l'autorité du Pape et de l'Empereur. En 1513, Nicholas Machiavel a déjà écrit Le Prince. Thomas More publiera l'Utopie trois années plus tard en 1516. Lorsque l'on se met à lire les oeuvres de Rabelais (publiées pour la première fois entre 1532 et 1534), l'Europe connaît les effets de la Réforme et de la Renaissance, c'est-à-dire de l'huma­nisme. L'Abbaye de Thélème est le rêve humaniste de la tolérance et du libéralisme dont la devise résume la philosophie : Fais ce que tu voudras. Ceci rappelle Saint Augustin, aime et fais ce que tu veux. Si la règle monastique est quelque peu bousculée à Thélème, c'est que le monachisme de la Renaissance asservis­sait plus qu'il n'édifiait et Rabelais a voulu trouver la fraternité au-delà de ces contraintes qui réduisaient l'homme plutôt qu'elles ne l'élevaient. C'est une véritable libération que propose Rabelais. Il écrit : « Parce que gens libérés, bien nés, bien instruits, conver­sant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retiré de vice lequel ils nommaient honneur... »

Nous n'avons pas de peine, je crois, à reconnaître le dynamique des gens libres conversant en honnête compagnie...

Le libéralisme foncier de F. Rabelais l'empêchera de prendre parti dans la querelle des protestants (les Papefigues) et les Catho­liques (les Papimanes), estimant sans doute que la vérité ne se trouvait pas exclusivement d'un seul côté « Notre vérité c'est de n'en point posséder ». C'est bien le sens du libéralisme humaniste rabelaisien.

Nous notons chez Rabelais la thématique du voyage : Pan­tagruel voguant sur la mer pour visiter l'oracle de la dive bouteille.

Ce thème du voyage sur l'eau est un leitmotiv de la littérature utopique : les Argonautes et la Toison d'or, la recherche de l'Eldo­rado, Robinson Crusoé, Gulliver et jusqu'à la conquête spatiale. On le retrouve également dans l'Utopie de Th. More.

Il me semble que dans toute analyse de l'Utopie de Sir Th. More, on ne peut passer sous silence deux dominantes : premièrement que c'est une oeuvre où la religion est présente car elle est écrite par quelqu'un qui mourra martyr de sa foi et dont le nom figure en martyrologie de I'Eglise Catholique et, deuxièmement, que la vision politique du Chancelier d'Angleterre y est manifeste. Si certains y ont vu la première oeuvre de polémique communiste, on comprend

pourquoi.

La première édition de l'Utopie est publiée en 1516 dans l'ori­ginal latin. Les Anglais en général la connaissent de nos jours dans une traduction de 1557. Quand l'auteur de la traduction la plus récente, Paul Turner, annonça à des amis anglais qu'il tra­duisait Th. More, beaucoup, d'un air étonné, lui ont demandé : • en quelle langue » ?

Assez curieusement, l'Europe de la Renaissance, elle, connais­sait mieux l'Utopie. Les grands noms de la Renaissance tels Pierre Gilles ou Erasme l'avaient lu. Un évêque anglais très sensible à l'actualité littéraire de l'époque n'avait-il pas entrepris de se faire nommer évêque d'utopie ?

Le livre est divisé en deux parties. La première est un dialogue entre Th. More qui s'était rendu aux Pays-Bas en mission pour le Rol Henri. VIII et Raphaël, célèbre navigateur qui avait voyagé en compagnie d'Annérico-Vespucci, et qui par conséquent donnait au voyage un aspect d'actualité. L'Amérique avait été découverte une vingtaine d'années auparavant, les lecteurs d'alors étaient tout prêts à ajouter foi à ce genre de récit.

Th. More tout en donnant un caractère vraisemblable à son livre pour sauver les apparences littéraires d'une part, tente, d'autre part, d'envelopper ses personnages comme le pays qu'il décrit d'un voile. Raphaël (Dieu a guéri) applique une thérapeutique aux maux de l'Angleterre par l'invitation au voyage utopique, mais il est aussi, d'après l'étymologie de son nom de famille, celui qui dit des bétises. Utopie, l'île, se situe nulle part. Est-ce une précau­tion dans cette Angleterre des Tudors où l'on tranchait les têtes si aisément ? On peut le croire ! Mais au-delà de la forme du récit, ce qui nous intéresse c'est le contenu.

Raphaël raconte à Th. More comment il visita l'Angleterre et engagea une discussion avec un certain homme de loi sur la peine capitale pour vol. Je pense qu'il n'est pas superflu de vous trans­mettre son argumentation qui, on a peine à le croire, date du XVIe siècle. « Sous ce rapport, vous autres anglais, comme la plupart des autres nations, me rappelez les pédagogues incompétents qui préfèrent donner des coups de canne à leurs élèves plutôt que de les enseigner. Au lieu d'impliquer ces punitions horribles, il serait plus indiqué de donner à chacun quelque moyen de subsistance de sorte que personne ne se trouve dans l'affreuse nécessité de devenir d'abord un voleur et puis un cadavre. »

Venant d'un des plus éminents personnages d'Angleterre dont les revenus étaient substantiels cela atteste d'une vision sociale et politique peu commune.

Raphaël, qui est le porte-parole de l'auteur en quelque sorte, aborde cette question terrible pour l'époque : mes moutons mangent les hommes c'est-à-dire les troupeaux de plus en plus nombreux des nobles et de certains ecclésiastiques. Ces moutons non seule­ment réduisent la superficie de terre cultivable, mais leurs proprié­taires clôturent ces vastes champs, ne laissant rien à l'agriculture, gagne-pain des petites gens. Cette question sera posée quelques siècles plus tard dans un autre contexte géographique, aux Etats- Unis, mais le problème est le même (1). Raphaël poursuit son idée et souligne les conséquences sociales désastreuses de cet exode rural : le vagabondage, l'oisiveté, la mendicité dans les villes.

En d'autres mots dit Raphaël vous créez des voleurs que vous punissez après pour vol ! Comme remède à ce mal social, Raphaël propose un système inspiré du droit romain. Il cite cette forme de servitude pénale qu'est le travail dans les mines et carrières où les prisonniers étaient logés et nourris (2). Une sorte de libérali­sation des peines judiciaires. Il semble bien que l'Angleterre de ce début du XVIe siècle ignorait ou passait sous silence cet aspect du droit romain.

L'entretien entre Raphaël et Th. More se poursuit et ils abor­dent une autre question brûlante d'alors : la propriété privée. Voici comment Raphaël voit les choses : « ...à dire vrai, mon cher More, je ne vois pas comment vous obtiendriez une vraie justice ou la prospérité aussi longtemps que la propriété privée existe et tout est évalué en terme d'argent ». L'argument de Th. More qui fait l'avocat du diable est de lui opposer l'absence de motivation qui résulterait d'un système où la propriété privée serait abolie et où chacun compterait sur son voisin pour travailler à sa place. A ceci, Raphaël ne donne pas une réponse directe car peut-être Il n'y en a pas, mais il cite l'Utopie car, dit-il, si vous m'aviez accompagné en Utopie vous auriez constaté que c'est possible 1 Cette invitation à l'utopie est une invitation au dépassement des Idées arrêtées et une ouverture de l'intelligence aux possibilités la Maçonnerie.

C'est dans la deuxième partie du livre que Th. More nous donne un aperçu de l'application pratique de ces théories. Tout d'abord, au gouvernement où aucune décision n'est adoptée le Jour où elle est proposée et Raphaël s'explique : « Autrement quelqu'un pourrait dire la première chose qui lui vient à l'esprit et puis se mettre à penser à des arguments pour justifier ce qu'il e dit au lieu de décider de ce qui convient le mieux à la commu­nauté. Une telle personne est tout à fait capable de sacrifier le public pour son propre prestige tout simplement parce que, aussi absurde que cela puisse paraître, elle a honte d'admettre que sa première idée aurait pû être fausse — ceci alors que sa première pensée aurait dû être de réfléchir avant de parler ». Nous mesurons, J'en suis persuadé, la sagesse d'une telle attitude...

Une telle sagesse politique se traduit dans le quotidien. Les enfants apprennent l'agriculture à l'école. Si un enfant désire apprendre un métier on l'adopte dans une famille qui pratique le métier qu'il veut apprendre. Mais on peut se demander comment ce pays qui connaît des journées de travail de six heures peut être si florissant. Raphaël l'explique par le fait que tout le monde travaille en Utopie et que le faisant pour le bien de la communauté eans motif de profit, la production dépasse largement la consom­mation. Il fait remarquer que dans bien des pays les femmes ne travaillent pas, c'est-à-dire que la moitié de la population est Inactive, je cite : « Et puis il y a tous les ecclésiastiques et les Membres des prétendus ordres religieux — quelle quantité de travail fournissent-ils ? Ajoutez les riches, particulièrement les propriétaires fonciers communément appelés nobles et gentils­hommes. Incluez leurs domestiques... finalement ajoutez à la liste les mendiants qui sont en parfaite santé mais qui prétendent être malades afin de faire excuser leur paresse. Quand vous les aurez comptés, vous serez étonnés de constater combien peu de gens produisent ce que le genre humain consomme ».

Chose étonnante en ce pays, ils ne contraignent jamais les gens à travailler indûment car le but principal de leur économie est de donner à chaque personne autant de temps libre de toute corvée que le permettent les besoins de la communauté de sorte qu'il puisse cultiver son esprit, ce qu'ils considèrent comme le secret d'une vie heureuse.

Nous constatons aussi que les hôpitaux se trouvent à l'extérieur des parties de la ville afin de faciliter l'isolation des malades en, cas d'épidémie. Ces hôpitaux conçus en petites unités sont bien dirigés, l'équipement médical ne manque pas, les infirmières sont consciencieuses et avenantes, les médecins nombreux et acces­sibles, le résultat est que les utopiens bien que n'y étant pas contraints préfèrent se rendre à l'hôpital plutôt que de rester chez eux quand ils sont malades. Quand on pense aux conditions épou­vantables des londoniens pendant la peste qui sévit à Londres exactement 150 ans après la publication de ce livre, on peut se demander pourquoi l'Angleterre n'a pas su faire usage des idées d'un homme politique d'une telle sagacité !

Les utopiens n'attachent pas d'importance au raffinement vestimentaire. Après tout, disent-ils, le mouton qui porta la laine de tel costume n'était autre qu'un mouton. Comme tout un peuple pense ainsi, la question du vêtement est simplifiée et le luxe dis­paraît. Ils méprisent l'or car ils considèrent que l'or n'a de valeur que parce que les gens le veulent bien. Il suffit de lui ôter sa valeur artificielle pour que le fer devienne plus utile que lui. Pour eux, tout ce qui est naturel est bon. La religion qui est faite d'un ascétisme morose n'est pas la leur, ils veulent vivre la leur dans la joie. Leur principe est que nous devons d'abord aimer Dieu qui nous a créés et à qui nous devons notre vie et notre capacité d'être heureux et ensuite que nous devons vivre aussi aisément et joyeusement que possible en aidant notre prochain à faire de même.

Les mariages ne sont conclus qu'après examen corporel mutuel. Je m'explique. Le fiancé chaperonné par une dame d'âge res­pectable examine la fiancée, la fiancée accompagnée d'un monsieur convenable fait de même pour le fiancé. Raphaël prévient les rieurs en leur soumettant l'argument suivant. Si vous achetez un cheval sur lequel vous ne misez qu'une petite somme d'argent vous l'examinez complètement. Et quand vous choisissez une compagne pour la vie, poursuit-il, pour le meilleur et pour le pire, vous vous contentez de quelques centimètres de visage. Pour bien saisir cet argument, il faut connaître le costume des Tudor, cela va de soi. En Utopie, on traite les fous avec douceur et bienveillance. Grande sagesse s'il en fut, car il suffit de penser à l'Angleterre de Ch. Dickens, trois siècles plus tard, où ces malheureux étaient enfermés et battus pour nous rendre compte de la vision sociale de More.

La franchise qui règne en Utopie fait qu'il n'existe pas de cour de justice à proprement parler. Il n'y existe aucun code de loi. Le citoyen s'adresse au juge et lui expose fraternellement son cas. Cette franchise simplifie la procédure et évite les subtilités de la justice traditionnelle. Les fonctionnaires utopiens ne peuvent être corrompus, l'argent ne leur étant d'aucune utilité. Ils ne comprennent pas que les nations aient à signer des traités. Les être humains ne sont-ils pas des alliés naturels ? Si quelqu'un Ignore ce bien fondamental accordera-t-il beaucoup d'importance à des mots qui le lient aux autres ?

Les utopiens ne signent pas de traité, ils n'en voient pas la nécessité. Cette grande ouverture sur le plan politique se traduit par le plan religieux par la tolérance, un des principes les plus anciens d'Utopie.

Cette attitude si positive envers la vie est la même envers la mort. La mort est une étape joyeuse de la vie car l'homme va rejoindre Dieu. Ici je voudrais citer un exemple, la propre mort de Th. More. Comme il montait l'escalier branlant de l'échafaud où il allait être décapité, il demanda à l'officier de l'aider : « Je vous prie, Messire Lieutenant, aidez-moi à monter je me chargerai de descendre tout seul », humour qui est le reflet d'une très grande sérénité.

En guise de conclusion, je voudrais poser une question. Celle- ci : pourquoi les hommes ont-ils été tentés à travers les siècles par ces deux philosophies : l'Utopie et la Franc-Maçonnerie. Deux visions du monde qui ne sont rien pour le profane, mais tout pour l'initié. Pourquoi ?

Source : www.ledifice.net

Par PVI - Publié dans : Planches
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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 10:01

Le secret est un silence que l’on s’engage à garder par sincère conviction, conscient des effets néfastes ou pervers que sa rupture pourrait engendrer. Le secret est une information qu’on garde en soi et pour soi; il est fermé aux autres par la clef de sa volonté.

Le secret s’oppose au bavardage innocent ou intentionnel, à la divulgation d’informations ou de renseignements tenus pour confidentiels, jusqu’au dévoilement délibéré de mystères maintenus soigneusement cachés.

Dans la tradition maçonnique, le nouvel initié promet par un serment solennel qu’il prête avant les voyages, de ne révéler à personne ce qu’il entendra et découvrira aussi par la suite en Loge. Ce champ premier du secret s’étend, selon le document manuscrit de Cooke : "à la Loge, à la maison privée et à tout lieu où se trouvent les Maçons"

En un mot, il est fait demande à l’initié de s’engager à taire tout ce qui relève de l’art maçonnique et tout prioritairement de ceux qui l’exercent.

Confier à un non-initié un secret maçonnique c’est plus que renier la parole donnée, c’est trahir l'art maçonnique tout entier.

La Franc Maçonnerie exige de ses adeptes une stricte soumission à une loi de silence, sans dérogation, le secret initiatique demande un silence absolu, mais sans cependant tout inclure.

En premier lieu parce qu’il serait vain d’interdire au FM toutes paroles concernant la Maçonnerie. Les sociétés les plus secrètes n’ont pu empêcher d’inévitables coulages suscités par naïveté, dépit ou vengeance, à l’exception notable des société à mystères comme celle des Mystères d’Elosis. De plus, il est sain que certaines pratiques, mode de pensée, études ou opinions soient livrés aux curieux. À trop cacher on risque d’attiser des peurs ou des rejets, voir naître et grandir des haines ou déformer certaines réalités. Dire n’est cependant pas synonyme de dévoiler à l’exemple des conférences ouvertes aux profanes, des sites Internet dédiés aux échanges et travaux des Loges, à la littérature disponible à tout public. Se garder néanmoins de l'excès contraire : la nudité est moins attirante que la beauté qui reste en partie cachée. Il est des mystères qu’il faut conserver.

En second lieu parce qu’un secret maçonnique restera un mystère pour celui qui n’a pas reçu la lumière, même s’il pense en avoir saisi l’essence.

La discrétion, le silence et éventuellement le secret sont au coeur de quasi toutes les sociétés initiatiques, mystiques ou philosophiques. Ils ont été requis par les prêtres de Thèbes, les moines brahmanes et bouddhistes, les Esséniens. Ces prescriptions existent dans les méditations de la philosophie Zen, chez les Taoïstes, chez les moines Trappistes, etc. Ils sont au fondement des grands courants qui ont inspiré la FM opérative puis spéculative où l’adepte est initié aux secrets de nouvelles sciences, de nouvelles manières de penser et d’oeuvrer: Pythagorisme, gnostiques et mystiques, corporations de batisseurs et confréries qui ont laissé leurs traces sur la F.M. actuelle.

Pythagore, qui vécut au VIe siècle avant notre ère, tint une école en Grande-Grèce, à Cretone dans le sud de l’Italie hellénisée, le Cortone d’aujourd’hui. Il fut profondément influencé par les mystères d’Eleusis, par ceux de Samothrace et par l’Orphisme. Les Mystères d’Eleusis, au nord-ouest d’Athènes, ont prêté aux pythagoriciens, comme à beaucoup d’autres écoles secrètes qui suivirent, leurs formes d’initiation aux différents degrés avec leurs enseignements ainsi que la fameuse formule du silence avec l’idée de la sérénité de l’homme maître de toutes ses passions.

Un secret est facile à acquérir mais difficile à garder, et réciproquement. L’engagement du Maçon au silence demande, pour le tenir, une fermeté de caractère et une conduite rigoureuse dans l’observation des règles, comme celle dictée par l’Article 4 des Constitutions d’Anderson qui précise le comportement du Maçon en présence de profanes : ”Vous serez circonspects dans vos paroles et votre maintien de façon que l’étranger le plus pénétrant ne puisse découvrir ou deviner ce qui ne convient pas de donner à entendre; et quelquefois vous détournerez la conversation et userez de prudents ménagements pour l’honneur de la vénérable confrérie”.

Les secrets maçonniques sont un partage de la Loge à l’initié. Le secret confié est un don qui ne prive pas celui qui l’offre. A celui qui le reçoit de le porter et le conserver dans son coeur ; il obtient alors une richesse précieuse à son travail et utile à éclairer son expérience. Vivre le secret empêche naturellement de le livrer aux autres car une expérience personnelle peut se raconter sans l’expliquer à l’instar de l’amour vécu dont l’intensité, la force ne peut ni se transmettre ni se faire comprendre par de simples mots.

Il y a derrière chaque secret un secret plus profond, protégé par une seconde enveloppe que seule une révélation intérieure peut déchirer. Le vrai secret est derrière le (trop) simple premier secret, lequel n’est qu’un leurre que l’on peut laisser “sécréter” puisqu’il ne fait que révéler des mystères qui en fait n’en sont pas.

De même qu’il y a de vrai et de faux secrets, il y a des secrets utiles et inutiles. Le secret utile est une frontière, une limite bienfaisante, comme les rives confinant la rivière afin de l’empêcher de dégénérer en marécage.

L’étymologie du mot secret (se = à part, cret = croître) renferme l’idée que celui-ci est un élément essentiel au développement de la personnalité. Cette idée prévaut du nourrisson, qui prend tôt conscience qu’il est distinct de sa mère, à l’adulte qui grandit dans le besoin de distanciation. Le Maçon comprend et apprend, à tous les grades, que le secret coexiste avec et est indispensable à son évolution.

Le secret partagé par les membres d’une même société les lie, entre autres, en garantissant, en protégeant leur intimité. Divulguer le secret, c’est rompre cette intimité et briser alors le désir de maintenir ces liens avec, à terme, la destruction de ce qui unissaient.

Une société bannissant le secret exigera, en retour, la transparence absolue. Comment assurerait-elle le succès d’opérations, de transactions ou des négociations, qui peuvent jusqu’à mettre en jeu la vie d’autrui (exemple de l’affaire Julia et les journalistes otages en Irak) ? Une telle société serait, au niveau personnel, ravageuse. L’individu, dès lors asservi à l’obligation de divulguer, verrait sa capacité d’agir et de penser canalisée dans l’étroit chemin de l’exposition permanente, serait pris sous la menace de l’intrusion des médias, des autorités, de l'administration, etc., avec comme conséquence le déchaînement des passions et des querelles. L'individu serait ainsi conduit à l’uniformité et privé de sa capacité à se développer.

Le secret n’est pas l’apanage des sociétés discrètes ou secrètes. Il est au cœur du système médical, il est l’obligation faite aux confesseurs ; il est reconnu légitime par les tribunaux (décision du Tribunal Fédéral sur la divulgation des listes d’adhérents).

Le secret est connaissance, donc pouvoir. Ce pouvoir peut faire peur jusqu’à amener l’opinion publique à manifester son besoin de savoir, son obsession de transparence.

A ce titre, la Maçonnerie est souvent visée sinon accusée: fonctionnaire devant déclarer son appartenance, serment exigé de non-appartenance pour accéder à certaines fonctions.

Pourtant les loges ouvrent régulièrement leurs portes aux profanes dans des séances blanches où ils côtoient des initiés. Au regret, par ailleurs, de certains Maçons qui peuvent ressentir cette mixité comme une agression, une rupture unilatérale du contrat de discrétion qu’ils avaient souscrit.

À ceux-ci on peut répondre qu’ils peuvent se fondre anonymement dans la foule des invités, sans se distinguer. Ce conseil s’applique aussi lorsqu’il s’agit des collaborateurs, des proches, ou d’un membre quelconque de sa famille. Faire confiance au profane, supposé de qualité, qui découvre l'’appartenance de l’un d’entre nous à notre Ordre, anticipant que cette connaissance ne sera non seulement pas utilisée contre celui qu’il identifierait comme Maçon, mais, au contraire, pourrait l'inciter à nous rejoindre.

Pour conclure, la Maçonnerie compte sur notre fermeté de caractère et c’est ensuite qu’Elle nous demande de nous soumettre à ses règlements et à observer la loi du SILENCE

Source : http://www.fideliteprudence.ch/theme_etude_secret.htm

 

Par Thème d'étude 2004 - Publié dans : Planches
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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 09:37

Les Secrets véritables de la légende d’Hiram au cœur du grade de maître. Les Secrets véritables de la légende de Maître Hiram mentionnés dans le rituel du 3ème degré nous amènent au cœur du grade de maître et soulèvent de nombreuses questions : de quels secrets s’agit-il ? Pourquoi sont-ils véritables ? Que recherche vraiment le MM qui est perdu ? Que représentent ces mots substitués ? Où les rechercher ? Ce mythe de Maître Hiram et de la recherche des véritables secrets nous plongent dans les quêtes que l’on retrouve dans les grandes religions ou les traditions, telle la quête du graal chez les chrétiens ou la recherche du grand œuvre chez les alchimistes.
Le mythe nous invite à la recherche et au travail pour découvrir sur quoi s’édifie notre propre quête maçonnique. Il nous invite à revenir aux questions fondamentales que se pose le MM. Si le MM peut donner l’enseignement maçonnique, à la différence du compagnon qui le reçoit, sa quête continue sur un autre plan.

De quels secrets s’agit-il ?

Revenons à la question sur la nature des secrets. Les secrets explicitement mentionnés dans le rituel sont ceux du grade du MM : les signes, l’attouchement, le mot de passe, les 5 points parfaits, le mot sacré et la marche. Les secrets perdus représentent davantage, ils relèvent du sacré. Il existe une grande proximité étymologique entre les mots « sacré » (sacratum) et « secret » (secretum) : il s'agit dans l'un et l'autre cas de ce qui est mis à part. La même proximité existe avec le mot sacrifice : sacrifier, c'est «sacrum facere», rendre sacré l'objet du sacrifice. Maître Hiram nous en donne la meilleure illustration en allant jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ce qu’il considère comme sacré. Il nous démontre que la valeur du secret ne tient essentiellement qu'à la valeur de celui qui le détient. Ces mots «secret», « sacré » et « sacrifice » s’accordent et se complètent dans leur signification respective. Le sacré sans secret, comme le sacrifice sans secret n’existent pas. Le secret sert à protéger l’accès à une connaissance, ici sacrée. Tout savoir initiatique est sacré, il doit être transmis, il ne peut être ni donné, ni inventé. Seuls les cabalistes, et peut-être le gnostiques, pensaient que les plus hauts mystères, les plus grands secrets de la création, les arcanes de la nature et de l'être se découvrent par la recherche, l'intuition et la méditation. Même avec un peu de patience et de persévérance, il manquera toujours la transmission, élément indispensable de l’initiation. Ces secrets, sacrés et issus du sacrifice, protègent une connaissance profonde, et c’est la notion de « véritable » qui en donne la nature. Pourquoi «véritables» ?
Ceci nous amène à une autre question : qu’y a-t-il de véritable dans ces secrets ? Comme si les secrets des autres grades ne l’étaient pas. L’histoire des mauvais compagnons nous montre qu’il est vain d’avoir un secret, car il faut être prêt, c.à.d. que le secret est dans l’être et non dans l’avoir, ici l’obtention du grade de MM par la simple connaissance de mots. La mort de Maître Hiram est le fruit malheureux de la confusion entre l’être et l’avoir. Le secret initiatique, inaccessible, inexprimable et incommunicable, est lié à l’initiation et comme la vie, il se vit, il ne se décrit pas. La simple communication, comme la lecture seule, ne livrera jamais l’essentiel, ni d’ailleurs la seule communication de mots, aussi sacrés soient-ils. Passer de l’avoir à l’être, c’est passer de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit, du carré au cercle ou de la terre au ciel. C’est ce qu’indique Maître Hiram aux mauvais compagnons lorsqu’il est menacé : « travaille, persévère et tu seras récompensé », il les pousse à agir pour être.

Ces secrets véritables sont des secrets intérieurs qui ne s’acquièrent que par la transmission et le travail sur soi. C’est en ce sens qu’ils sont véritables, car c’est en développant son être que l’on s’approche de sa vérité intérieure, celle qui nous conduit vers l’état d’Homme Véritable.

Les mots substitués

A défaut d’avoir trouvé les mots véritables qui ont été perdus, les maîtres apportent les mots substitués. Cette perte et cette substitution sont des éléments importants du cheminement initiatique et sont présentes dans pratiquement toutes les traditions. René Guénon y voit « la perte de l’état primordial, et par conséquence directe, celle de la tradition correspondante ». Ainsi la perte fait appel à la substitution pour perpétuer la Connaissance. Par analogie, c’est le rôle des symboles qui donnent une signification d’une autre dimension que le support, ou encore la substitution des mots sacrés qui n’étaient jamais prononcés, à l’instar du nom divin dans le judaïsme. Les mots substitués ont pour fonction d’assurer la nécessaire gradation des connaissances dans le cheminement initiatique. Il peut être dangereux de donner des outils à quelqu'un n'ayant pas les bases pour s'en servir, comme il serait irresponsable de donner des allumettes à un enfant ne connaissant pas les dangers du feu. Il s'agit là d'une réserve pédagogique et d'une élémentaire prudence. Le secret et les mots substitués ont donc pour fonction de mener à maturation les processus intérieurs qu'une révélation hâtive perturberait. C'est en se taisant sur ce qui de toute façon n'est guère communicable, que le cheminement intérieur est mieux mené à terme. Ces secrets ne peuvent qu’être transmis progressivement : en Apprenti nous épelons, puis au grade de Compagnon nous donnons un mot de passe au risque de mal le prononcer. Enfin au 3ème degré nous utilisons un mot de passe et un mot de Maître jusqu’à ce que les mots véritables puissent être retrouvés.

La recherche de ce qui est perdu : d’est en ouest, au centre du cercle

Cela soulève une autre question : où et comment chercher ces secrets véritables qui ont été perdus ? Dans les différentes traditions, la perte de quelque chose est associée à sa recherche, à la quête. Telle la quête du Graal de l’initiation chevaleresque du moyen-âge.Le rituel nous indique de rechercher d’est en ouest, car éclairé par la lumière qui brille depuis l’est le MM peut initier sa quête et répandre la lumière à son tour. Il est aussi dit que le MM peut les retrouver au centre du cercle car placé ainsi, il ne peut pas s’égarer. La figure circulaire est le symbole de la divinité, de l’Etre Suprême, le symbole parfait de la totalité. La forme du cercle exprime la plénitude et l’harmonie. Des philosophes ont utilisé le cercle pour définir Dieu, ainsi Blaise Pascal disait : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». Etre au centre du cercle n’est-il pas notre nostalgie ou espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection et de divinité ? C’est retourner au centre de nous-mêmes, revenir à l’essentiel, revenir à l’alpha. Le centre est le pôle où tout débute, d’où tout émane et vers lequel tout revient, c’est le centre du monde dans un espace sacré, lorsque l’on est en parfaite harmonie avec sa personnalité profonde. La question éternelle et fondamentale, qui donne une autre dimension à notre existence, est de savoir retrouver notre centre, et comment y accéder. L’inscription gravée au fronton du temple d'Apollon à Delphes « connais-toi toi-même » que Socrate aurait choisie pour devise en y ajoutant « et tu connaîtras l’univers et les dieux » nous apporte un premier élément de réponse en nous indiquant de d’abord travailler sur nous-mêmes.

Conclusion : construire le temple

La mort de Maître Hiram représente la mort initiatique, qui avec la renaissance à un autre niveau de conscience permet de continuer la quête vers la vérité et la liberté. Le mythe de Maître Hiram est donc l’histoire d’une quête pour poursuivre l’objectif du Maître qui est la construction du temple de Salomon. L’assassinat de Maître Hiram conduit donc à la question de la finition du Temple. Qui pourra le terminer car le savoir faire du Maître est perdu ? Le mythe pose ainsi la question de la construction de notre temple intérieur. Le mythe est le moyen d’avancer dans notre quête personnelle, car le mythe pour le mythe, aussi intéressant soit-il, n’a qu’un intérêt limité. Il faut aller au-delà des symboles et des mythes, qui ne sont que des supports qui par analogie sont des déclencheurs de conscience, des moyens, c.à.d. des outils indispensables pour avancer. Au niveau individuel, le mythe nous guide dans la quête du MM dans sa démarche maçonnique. Cette quête n’est pas la recherche d’un résultat, mais la progression vers plus de connaissance, vers plus de conscience. Nous ne pouvons avancer sur ce chemin de la connaissance et de la conscience que par l’expérimentation, par l’action, car tout ce qui est en dehors de l’expérimentation n’est que possibilité. Si nous avons tenté d’apporter des réponses à quelques questions du mythe, il en reste de nombreuses qui restent encore ouvertes : pourquoi a-t-on perdu ces secrets car d’autres maîtres devaient le posséder ? Qui va terminer le temple ? Que sont devenus les mauvais compagnons ? Où est la sépulture de Maître Hiram ? Etc. La recherche des réponses à ces questions en s’appuyant sur la transmission et l’expérience permettra de progresser dans la recherche personnelle. Changer la pierre brute en pierre taillée, l’amener à recevoir et à diffuser la lumière n’est-il pas le travail que nous devons entreprendre sur nous avec nos Frères : seul et ensemble en même temps ? Car on ne peut prétendre améliorer le monde si l’on n’est pas soi-même construit et réalisé, c’est-à dire un Homme Véritable, qui a retrouvé les secrets véritables.

Très Vénérable Maître, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 18 décembre 2012 2 18 /12 /Déc /2012 08:50

 

Etant en mal d’inspiration pour choisir le sujet de la planche que je vais vous présenter ce soir, notre Vénérable Maître, que je remercie tant j’ai pris de plaisir à réaliser ce travail, m’a donné le « coup de pouce » nécessaire en me le suggérant par le biais du programme de ce 1er trimestre de l’année maçonnique 6006 :

La Franc-maçonnerie : pensée sans doctrine ?

J’avoue volontiers l’avoir trouvé, dans un premier temps, un peu effrayant tant il était éloigné des sujets symboliques que je m’étais jusqu’alors essayé à vous présenter.
Je suis donc resté « muet » durant de longues semaines avant de me jeter sur mon dictionnaire afin de « dépiauter » la question… et je commencerai donc par quelques définitions :

Doctrine : L’ensemble des dogmes, soit religieux, soit philosophique, qui dirigent un Homme dans l’interprétation des faits et dans la direction de sa conduite.

Dogme : Point de doctrine, établi comme fondamental, incontesté, certain… qu’il faut croire.

Pensée : ce que l’esprit imagine ou combine.

Après avoir tourné la question dans tous les sens, il m’est apparu intéressant d’y répondre selon les trois approches suivantes :

La première de manière factuelle en m’appuyant tout simplement sur les principes de la Grande Loge de France

La seconde en cherchant toute trace de dogmes dans la démarche maçonnique

Et enfin la troisième en m’interrogeant sur la signification du Grand Architecte de l’Univers

Partie n°1

Permettez moi de rappeler quelques-uns de nos principes :

La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité
Elle constitue une alliance d’hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances
La franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’Humanité
Dans la recherche constante de la vérité et de la justice les Francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite.
Ils respectent la pensée d’autrui et sa libre expression
Ils recherchent la conciliation des contraintes et veulent unir les hommes dans la pratique d’une morale universelle et dans le respect de la personnalité de chacun….
Ces quelques principes et beaucoup d’autres constituent, de façon synthétique, une réponse aux trois questions majeures qui permettent de caractériser chaque chose : Qui ? Comment ? Pourquoi ?
Ils définissent le périmètre, non fini, de notre champ d’activité en précisant clairement les objectifs du groupe, ils rappellent en quelque sorte les valeurs morales que nous portons très haut, enfin ils énoncent les règles de notre Art.
Aucune trace de dogmes dans tout cela, pas de vérité révélée non plus, juste la définition d’un contexte, d’un environnement, d’un milieu dans lequel des futurs Frères, encore profane, pourront choisir librement, sans contrainte, d’évoluer et de travailler.
Enfin le souci de rester loin des doctrines est proclamé de manière générale, que les obédiences soient ou non restées d’inspiration et de filiation chrétiennes, l’absence de tout dogme, de tout prosélytisme religieux est en lui-même un principe essentiel de la franc-maçonnerie.
Entrer en Franc-maçonnerie, c’est adopter une démarche volontaire, démarrer un processus « actif » et bijectif : le Franc-maçon reçoit à la mesure de ce qu’il donne… il ne vient pas recevoir un quelconque enseignement.

Partie n°2

Après avoir évoqué ces principes, entrons un peu plus avant dans l’examen de la démarche…
Une loge maçonnique évoque un chantier. On y vit un apprentissage, un compagnonnage et une maîtrise, on y découvre des outils que l’on apprend à manier, un langage symbolique que l’on apprend à parler, un plan de construction auquel on participe progressivement et toute la démarche initiatique est organisée en fonction de la vie harmonieuse du chantier et du travail qu’il faut y accomplir.
Le chemin initiatique emprunté par le profane et ponctué par les étapes que constituent les grades, est basé sur les réponses à ces 3 questions : D’où je viens, Qui suis-je et enfin Où vais-je ?
Il semble bien en effet que toute philosophie, comme toute religion, vise à résoudre ce triple problème et c’est sur sa solution que se basent les sociétés humaines. Notre manière d’agir et notre conduite en tout, cherchent toujours à s’expliquer logiquement, se basant sur notre opinion concernant la raison de notre existence et notre place au sein de l’ensemble des choses.
La démarche maçonnique semble bien s’articuler autour de l’étude de soi…et la mention V.I.T.R.I.O.L. que l’on découvre dans le cabinet de réflexion nous le confirme évoquant le retour en soi, l’ego étant symbolisé par la Terre : par un travail sur soi, il est possible de modifier son Être, de dégrossir sa pierre et de la rendre ainsi assez parfaite pour prendre sa place dans l’édifice en gestation permanente.
Après ces quelques propos généralistes, je vais essayer de parler de la démarche maçonnique à travers mon propre cheminement…
Depuis mon initiation, je chemine avec le concept du connaît toi toi-même, exercice ardu qui à mon sens ne s’achèvera qu’à la fin de ma vie ou bien encore marquera la fin de ma démarche. En devenant Franc-maçon, j’ai accepté de secouer le joug de mon ego pour vivre le plus harmonieusement possible avec moi-même et donc les autres, pour communier avec sincérité de cœur à cœur ! D’hésitations en doutes, je pense avoir admis que ma progression spirituelle ne se ferait qu’au prix de l’abandon de toute auto préservation : l’orgueil et la peur m’interdisant à soulever le voile cachant l’Être qui réside au centre de moi-même, prisonnier de mes angoisses. Et ainsi je fis mes premiers pas vers le symbolisme, comprenant que le geste de m’ôter le bandeau de devant les yeux pendant la cérémonie d’initiation était vraiment symbolique, ma cécité étant certainement appelée à persister longtemps. J’ai ainsi appris à manier le ciseau et le maillet pour permettre à ma volonté d’agir et de persévérer au service de mon discernement. En me proposant de méditer sur le fil à plomb, j’ai été poussé à descendre en moi-même pour me confronter à mes peurs traduisant mon manque de confiance en moi.
A l’étude des différents symboles, j’ai accepté de modifier ma conformité intérieure, de réaliser un ré-agencement de ma personnalité : m’éveiller pour changer, pour aimer, pour tolérer… cela demande de laisser le paraître pour l’être, d’abandonner la carapace dont on se protège parfois dans le monde profane. Les moyens mis à notre disposition dans le Temple sont heureusement nombreux : outils, décors et objets ainsi que le comportement des Frères qui nous entourent.
Votre présence, votre regard, votre parole enfin, car il ne peut y avoir à mon sens d’apprentissage et de progression sans le regard et la parole de l’autre, comme en autarcie.
Sans cet effet miroir, sans le modèle bienveillant que vous me renvoyez, il me serait difficile, avec les seuls outils, de cheminer sur les sentiers de la fraternité.
Là encore, la notion de symbole est apparaît comme importante : les anciens sont notre modèle et ils sont Maîtres, maîtres d’eux-mêmes mais certainement pas de nous.
Ils ne détiennent pas la Vérité ou plutôt Si chacun détient Sa vérité ; leur comportement n’est pas stéréotypé, sauf peut-être dans la pratique du rituel en tenue, et chacun nous apporte un élément qui participe à notre construction.
Toute cette démarche, cette construction, je l’effectue libre de mes pensées et de mes actes, utilisant mon libre arbitre, garant de mon indépendance morale et protégeant mon identité.
Ce respect des spécificités de chacun est primordial : alors qu’au travers d’un enseignement dogmatique, les pierres polies seraient toutes identiques, celles résultant de la démarche maçonnique gardent leur personnalité ; de leur assemblage résultera un édifice cohérent mais riche de cette diversité.
Comme on vient de le voir le Franc-maçon travaille essentiellement sur l’humain ; sur ce qu’il y a de plus noble en l’homme, ce qui appartient au spirituel. Ainsi le profane, lorsqu’il frappe à la porte du Temple, en tant que futur initié, recherche une qualité d’être qui passe par la découverte ou redécouverte de la dimension spirituelle grâce à son engagement et à l’accueil que lui offre le groupe déjà constitué. La franc-maçonnerie propose à ses initiés une méthodologie pour l’apprentissage et la mise en forme, et un processus de croissance pour le développement personnel. Elle s’appuie sur la réflexion intellectuelle et la dimension groupale.
Un autre fondement de la démarche maçonnique, c’est le processus de croissance ou de maturation : une démarche basée sur la connaissance de soi.
En parlant ainsi de la pensée maçonnique et de la méthode de travail au sein du groupe, on devine le rôle prépondérant du langage symbolique…L’initié doit penser par lui-même, de ce fait lors des instructions ou dans le rituel, les réponses à ces questions ne lui seront fournies que par l’intermédiaire de symboles. Le langage des mots, est direct, bien identifié et de ce fait les idées exprimées peuvent prendre les traits de vérités affirmées ; en revanche, le langage des symboles, est un langage que je qualifierai d’ouvert, en ce sens où il laisse une large place à l’interprétation. Il constitue un appel à la réflexion, et à force de travail, chacun peut se l’approprier pour suivre son propre chemin vers sa vérité.
Pour en revenir à notre interrogation de ce soir, je pense que vous en conviendrez mes Frères, la Franc-maçonnerie n’apparaît donc pas être une pensée doctrinale… Ma franc-maçonnerie, c’est plutôt une pensée libre et créatrice qui exclut tout dogmatisme, une école de foi, de foi en l’avenir, de foi en l’autre et surtout de foi en soi et en sa destinée ; une école d’humanité où se conjuguent lucidité et foi : et c’est sans doute dans le fait que le franc-maçon est capable de regarder les hommes comme imparfaits qu’il trouve une vocation sacrée pour les rendre meilleurs.

Partie n°3

A ce moment de mon travail et sûr de la réponse à la question première, j’ai été troublé par l’image du Grand Architecte de l’Univers. Cette référence, bien présente dans le rituel, à l’existence d’un « Grand Architecte de l’Univers» peut paraître insolite et déroutante… en effet, ce principe ne s’apparenterait-t-il pas à un dogme, à une vérité révélée?
Le « Grand Architecte de l’Univers » des Francs-maçons dits « spéculatifs » est apparu dans les textes en 1723 avec les Constitutions d’Anderson où il est également dit « Un maçon est obligé de par son engagement d’obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». Ce symbole semble être issu de la survivance des loges opératives qui, traditionnellement, n’ont jamais été athées, ni même déistes, mais plutôt théistes. A cette époque, quand à l’ouverture et à la fermeture des travaux, on évoque un Être Suprême, il est clairement assimilé à Dieu, et plus particulièrement dans nos contrées à un Dieu chrétien bien sûr en ce temps où l’Eglise et l’Etat ne font qu’un.
En ce qui concerne la franc-maçonnerie d’inspiration «continentale », par opposition à la Grande Loge Unie d’Angleterre, elle déclare lors du Convent de Lausanne, en 1875 : « comme elle l’a proclamé depuis son origine, l’existence d’un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers ». Enfin en novembre 1894, est créée la Grande Loge de France, héritière des loges écossaises placées au XVIIIè siècle sous l’autorité du Suprême Conseil de France ; la Grande Loge de France déclare travailler à la Gloire du Grand Architecte de L’Univers en présence des trois grandes lumières : L’équerre, le compas et le volume de la loi sacrée.
Cependant, on trouve la trace du concept de Grand Architecte de l’Univers, dans l’esprit comme dans la forme, depuis bien plus longtemps, en occident comme en orient… depuis presque la nuit des temps.
Si l’on considère que la Franc-maçonnerie a été opérative avant d’être spéculative et que les premiers francs-maçons ont construit des cathédrales, il est important de préciser ce qu’est un architecte. Sur le plan étymologique, le mot « architecte » provient d’un terme grec qui se compose de deux termes, arki et tekton. Arki implique les idées de « commander, diriger » et tekton signifie « ouvrier travaillant le bois ». Ainsi l’architecte était celui qui dirigeait un travail, mais aussi un spécialiste de la construction navale. Les artisans initiés sont alors considérés comme l’équipage présent à bord d’un bateau dont le maître d’œuvre devient le capitaine. L’association à la symbolique du bateau paraît importante, car il constitue peut-être le symbole le plus accompli de l’œuvre communautaire et de ceux qui la créent sur ce bateau, qui à l’image de la barque solaire semble permettre à la confrérie artisanale de traverser le temps et l’espace pour atteindre le paradis céleste.
On le retrouve dans le même rôle du charpentier dans l’Egypte ancienne ; il construit la barque capable de traverser l’univers. Lorsque les éléments de la barque sont rassemblés sur le chantier naval, lieu d’initiation, Osiris revit.
Ce bateau communautaire, on le retrouve encore dans les cathédrales qui comprennent une nef ; la toiture des édifices médiévaux est un bateau inversé qui emmène vers le ciel la communauté des fidèles.
Dans la mythologie Nordique aussi, comme en Inde, c’est à partir du bois que le charpentier divin, sous des dénominations différentes et variées, crée le monde. . Le Grand Architecte de l’Univers remplit alors une fonction de charpentier céleste ; il assemble de manière harmonieuse les différentes pièces qui composent le cosmos, tels les morceaux de bois qui forment une charpente.
Dans l’Egypte ancienne encore, le Grand Architecte de l’Univers prend aussi les traits du dieu à tête de bélier, Khnoum, potier divin qui modèle le monde comme un vase contenant la connaissance et qui crée tous les êtres sur son tour. Il est celui qui relie, celui qui unit, celui qui donne la cohérence. Et c’est à partir du matériau le plus simple, le plus répandu et apparemment le moins précieux, que travaille le potier.
Après s’être brièvement interrogé sur les origines du Grand Architecte de l’Univers, on peut se demander quelle signification revêt de nos jours cette dénomination… Un dieu architecte ? Un principe ordonnateur ? Un simple symbole destiné à aider l’homme à se passer de Dieu ? Partons encore de la tradition opérative, l’architecte est celui qui dirige les artisans, qu’ils soient apprentis, compagnons ou maître, celui qui imagine et réalise les plans de l’édifice et en surveille la construction.
Dans cette optique, l’invocation faite par le Vénérable Maître au Grand Architecte de l’Univers peut se comprendre comme une manière d’établir un lien entre le temple maçonnique et le cosmos.
Lors de l’ouverture rituelle des travaux d’une loge, plusieurs autres invocations sont prononcées : « Que la Sagesse préside à la construction de notre édifice », « Que la Force le soutienne » et enfin « Que la Beauté l’orne ». Ainsi, comme l’architecte, le franc-maçon conçoit d’abord, puis réalise et enfin embellit l’édifice. Affirmer et glorifier le Grand Architecte de l’Univers participe donc au processus d’élévation, de perfectionnement du franc-maçon au travers de la construction sans cesse renouvelée et toujours inachevée de son temple intérieur.
Durant les tenues, sa présence est symbolisée, sur l’autel des serments, par les trois grandes lumières. Il est invoqué à deux moments clés d’une tenue, l’ouverture puis la fermeture des travaux. Appel au rassemblement des forces, exhortation au travail, elle invite le franc-maçon au dépassement de soi, lui rappelle le but fixé individuellement et collectivement. De plus, elle fixe le passage du profane au sacré, l’abandon des métaux, resserre le lien entre les maçons, redonne vigueur à l’aspiration qu’à chacun d’eux de se situer par rapport à lui-même et par rapport aux autres.
La Franc-maçonnerie qui se proclame étrangère aux dogmes et doctrines peut-elle se passer d’un Être supérieur… en ce qui concerne la Franc-maçonnerie certainement mais en est-il de même pour les Hommes qui la composent ?
Pour répondre à ses interrogations les plus essentielles, l’Homme a ressenti le besoin de concevoir un principe universel qui agit dans la Nature et à l’intérieur : Un Grand Architecte.
Travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers est un acte initiatique majeur, bien antérieur à la Franc-maçonnerie comme j’ai essayé de le montrer précédemment. Mais encore faut-il l’envisager dans son authenticité de pensée symbolique, vécue sur le chemin de l’initiation, hors de tout dogme, de toute croyance et de toute restriction temporelle. Si nous ne l’érigeons pas en un objet de croyance et que nous y voyons plutôt un symbole, un symbole à étudier au même titre que les autres qui nous sont proposés tout au long de notre démarche, afin de construire, chacun pour soi, le sanctuaire de nos convictions personnelles, nous pourrons alors l’envisager dans toute sa dimension.
Je me permets de citer notre Grand Maître A .Pozarnik : « …le symbole du Grand Architecte de l’Univers parle à chaque Frère en fonction de sa sensibilité. Ce Grand Architecte de l’Univers n’est pas un dogme mais un langage qui s’adresse au cœur. »
Le Grand Architecte de l’Univers ne peut être reconnu par tous que dans l’acceptation de son usage en tant que symbole d’interprétation philosophique libre. Ce divin organisateur du cosmos n’appartient en propre à aucune définition confessionnelle ou théologique et s’avère donc de ce fait compatible avec tous… et en ce sens, il est surtout un formidable symbole de la tolérance
Mais cette référence au Grand Architecte de l’Univers n’est pas exclusivement divine, elle laisse sa place à l’homme qui, par sa démarche initiatique de franc-maçon, essaie, en polissant sans cesse sa pierre brute, d’accéder à sa vérité et à la perfection.
Le Grand Architecte de l’Univers permet à chacun de se retrouver autour d’un principe fédérateur. Si pour certains il représente Dieu, pour d’autres il personnifie la Raison, l’Esprit qui illumine l’Homme. En fait cela importe peu, à chacun sa conviction ou ses illusions sur le sujet. Le plus important est que loin d’être une vérité révélée, c’est un symbole qui réuni des « hommes libres et de bonnes mœurs » autour d’une réflexion permanente sur l’Humanité.

Conclusion générale

Alors à la question initiale et pour conclure, je répondrais que la Franc-maçonnerie n’est pas une pensée enseignée à coup de dogmes ; Voltaire lui-même nous le dit bien : « Tout dogme est ridicule ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde. »
Les Francs-maçons reçoivent des clefs pour ouvrir des portes et des outils pour construire leur Temple intérieur.
Vénérable Maître et Vous Tous Mes Frères, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

 

Par X - Publié dans : Planches
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Mardi 18 décembre 2012 2 18 /12 /Déc /2012 08:44

Un certain 26 avril 2002 , je naissais sans vraiment encore le savoir à travers le symbolisme… Pour être totalement transparent avec vous mes frères, jusqu’à ce moment précis le symbole ne représentait pas grand-chose dans ma vie. Du moins quelque chose de difficile à cerner, à appréhender. Depuis je travaille dessus, ou du moins devrais je dire avec ou encore à travers… Lors de mon initiation, une phrase a particulièrement retenu mon attention :

  • "Ici tout est symbole"

Dans le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : "Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe". Ce jour là, je n’ai pas réussi à la comprendre ni même à lui donner un sens. Dès lors, j’ai voulu déterminer précisément ce que pouvait être le symbole. Voici des définitions données dans le dictionnaire :

  • Ce qui représente autre chose en vertu d’une correspondance analogique.

Ou encore

  • Objet ou fait naturel de caractère imagé qui évoque par sa forme ou sa nature, une association d’idées spontanée avec quelque chose d’abstrait ou d’absent.

Je me pose alors une question, est il si facile est si évident de définir le ou les symboles ? Est ce que les mots suffisent à eux seuls à décrire, à exprimer, à définir le contenu pour d’un symbole? Certains disent que définir le symbole, c’est le limiter. Lui donner une signification particulière, c’est le détruire. Le symbole constitue un processus de connaissance. Chaque symbole n’a de sens qu’en fonction de la personne qui le conçoit. Bachelard disait, je cite :

  • Quand un symbole puise ses forces dans le cœur même, combien grandissent les visions !

Je me rends compte aujourd’hui que le symbole est présent dans le langage, les gestes, les rêves… Ils constituent un mode d’expression millénaire. Il serait vain de penser que, dans son évolution, l’humanité a passé par le stade du symbole pour atteindre ensuite un stade ultérieur qui serait celui du langage. Nous ignorons comment les choses se sont passées dans le temps et nous ne disposons d’aucun moyen pour en comprendre le mécanisme. Ils sont présents depuis toujours, depuis que l’homme habite cette terre. Mais le symbole n’est sans doute pas si simple! Faut il encore réussir à se l’approprier. Savoir qu’un signe ou qu’un symbole se prête à de multiples interprétations ne suffit pas toujours. Il faut là encore savoir leurs donner un sens, savoir les faire vivrent en nous. Il s’agit là d’une véritable démarche personnelle. Car chacun traduit avec ses mots, sa sensibilité, son cœur ce que peuvent représenter images ou symboles. Le langage fait choix d’un certain nombre de signes qu’il associe par quelques règles simples, afin de permettre à chacun de parler, d’échanger des pensées avec d’autres. Il s’agit de faciliter des échanges à propos de choses apprises, comprises, connues, de choses qui existent déjà. Par contre le symbole est lié à la création, à l’invention, à la découverte. C’est peut-être dans ce sens qu’il précède le langage. Si un symbole peut avoir plusieurs significations, il peut alors arriver qu’elles paraissent incompatibles et même contradictoires. En fait c’est une question. Aujourd’hui je suis persuadé que le symbole peut s’entrevoir, s’imaginer en trois étapes :

  • Découvrir
  • Comprendre
  • Créer

Le symbole est donc l’outil qui facilite la découverte du monde de l’inconscient et qui de ce fait ouvre la voie vers l’épanouissement de la personnalité et offre l’agrandissement du moi et le passage au soi. Lorsqu’il est perçu, le symbole agit comme un voile que l’on lève. Les symboles donnent un visage à nos désirs, ils peuvent aussi paraît-il nous révéler à nous même... Ils nous incitent à l’action, ils modèlent notre comportement, ils amorcent nos succès comme nos insuccès.Je retiendrai cette expression :

  • Le symbole est un lien entre ce qui ne signifie rien pour nous et ce qui peut signifier quelque chose.

La perception d’un symbole est donc personnelle autant que l’interprétation d’un rêve d’ailleurs. Cela ne signifie pas que le symbole porte un sens variable d’individu à individu, mais bien que seule l’expérience vécue par la personne ouvre l’accès au sens du symbole. Le cheminement doit avant toute chose être personnelle. Je crois qu’il ne suffit pas de mettre en œuvre l’intelligence, la mémoire, le raisonnement l’imagination. C’est un véritable travail sur soi même qui débute alors. Ce travail ne s’harmonise qu’autour d’une certaine sensibilité, une certaine perception sans nul doute, mais aussi à pressentir et à deviner. Bref, c’est donc bien la totalité de la personne qui doit être engagée. Le sens du symbole est perçu par des approches successives. On le trouve dans des textes, des images, des rituels, des monuments, des poèmes, des épopées, des mythes, des œuvres d’art, et même dans de simples flaques d’eau... Encore convient-il pour y parvenir de disposer de quelques fils conducteurs. Une première règle peut s’énoncer sous la forme : « Aucun emblème n’enseigne rien. » Le symbole n’est rien par lui-même. Les signes ne sont porteurs de sens que si nous les avons chargés de sens nous même. Apprenti, je me suis trouvé face à deux symboles : l’équerre et le compas. Symboles qui m’ont demandé un temps, d’observation et de réflexion. Puis il m’a fallu comprendre, saisir le rôle du symbolisme. J’ai alors découvert son caractère traditionnel en Franc-Maçonnerie. Caractère traditionnel qui permet la transmission à travers l’utilisation d’un « matériel » symbolique déterminé constitué d’objets, de paroles, de gestes et d’actes. J’ai ensuite découvert les différentes fonctions du symbole. Fonctions au nombre de cinq. Fonction anti-dogmatique, qui se caractérise par la diversité des interprétations possible du symbolisme. Fonction représentative, image représentative de l’idéal moral de la franc-Maçonnerie, unit par le beau et le bien. Fonction projective, la signification seconde de chaque symbole, offre la possibilité à chacun de faire appel à son inconscient et donc ouvre un passage à l’introspection. Fonction éducative, à travers un rituel le symbolisme propose à chacun l’échange serein d’idées, aide et accompagne le développement bénéfique de son comportement. Fonction égalitaire, instrument de culture, le symbolisme permet à chacun et ce quelque soit son niveau d’accéder aux différents domaines de la connaissance. Cette partie ma sans doute énormément aidé dans ma démarche. Puis est venu mon passage au grade de compagnon. Alors que les symboles du premier degré, ne m’avaient livré qu’une infime partie d’eux... voici que je vivais maintenant à travers cinq voyages une fois encore un moment émouvant, intimidant, et suscitant en moi une multitude de questions... Cette fois je me trouvais face à cinq nouveaux symboles... maillet et ciseau... équerre et compas... règle et levier... niveau... truelle... Et leur sens...

  • Symbole de l’amélioration pour le premier voyage
  • Symbole de la recherche de la Justice et de la Vérité pour le 2è
  • Symbole de l’étude de la Nature pour le 3 è
  • Symbole de l’égalité pour le 4 è
  • Et enfin Symbole de la glorification du travail pour le 5 è et dernier voyage

A la différence de mon initiation, les cinq voyages d’initiation du grade de compagnon n’avaient plus le caractère d’épreuves, mais de figure représentant les étapes de connaissance. Je découvrais aussi l’étoile flamboyante... ou le pentagramme. Elle est notre étoile polaire, l’astre de la pensée libre. Elle est le symbole essentiel de notre grade. Elle nous indique à nous Compagnon que nous devons devenir à notre tour source de chaleur, de lumière, de compréhension. L’étoile flamboyante a cinq pointes, ainsi elle figure les quatre membres de l’homme et la tête qui la gouverne. Représentant ou plutôt symbolisant l’homme se tenant debout. Ce symbole correspondrait-il à un certain moment dans la vie d’un homme ? L’étoile flamboyante symbole des facultés intellectuelles les plus nobles, elle est l’emblème du pouvoir et de la Volonté. Placée entre le Soleil et la Lune, elle forme avec eux le triangle en unissant leurs lumières combinées. C’est le symbole même de la réunion de toutes les vérités conciliées par la Lumière, en même temps que la clarté personnelle de la voie intérieure. Ainsi chacun crée son Etoile flamboyante par ses pensées, ses sentiments, sa conscience et ses actes. L’Etoile flamboyante est le résultat du travail matériel et du travail intellectuel, elle indique alors que le grade de Compagnon est celui du travail. En parcourrant mon livret de compagnon, un passage a retenu mon attention, je vous le lis :

  • « Il faut donc insister sur la dimension sociale et fraternelle du grade de Compagnon. Le travail sur soi et avec les autres est au centre de l’aventure de ce grade. »

Le travail est en soi l’effort constant de l’homme pour se délivrer progressivement des fatalités qui pourraient le diminuer. Il est donc le moyen de la liberté. Presque tout, en réalité dépend donc de notre courage, et nous sommes les artisans de notre destin. L’Etoile flamboyante est composée de la lettre G en son centre. Lettre G que nous pouvons décomposer en cinq mots :

  • Gravitation
  • Géométrie
  • Génération
  • Génie
  • Gnose

Gravitation : Pour la force qui régie le mouvement et l’équilibre de la matière. Cette loi qui régit le domaine physique devient symboliquement l'image de la cohésion entre les opinions de personnes qui possèdent des aspirations communes. Celle qui rapproche les cœurs et assure la solidarité de l’édifice maçonnique par l’union de la Fraternité. Géométrie : Pour le maçon la géométrie c'est en tout premier lieu cultiver l'esprit de géométrie. C'est travailler sur les symboles, les outils (l'équerre et le compas) afin de former des hommes libres. Pythagore avait inscrit au dessus de la porte de son temple : « Que nul n’entre ici s’il ne connaît la géométrie... que nul n’entre s’il n’est que géomètre ». Génération : Je vous crée, reçois et constitue Apprenti Franc-Maçon. Considérée comme force vitale dont le but est de perpétuer la série des individus. Génie : Le génie évoque l'effort que le compagnon devra sans cesse fournir. Pour cela le compagnon travaille à l'obtention d'une pierre parfaitement cubique. Il doit se servir de la perpendiculaire représentant la profondeur dans l'observation, du niveau représentant la sérénité dans l'application, de l'équerre représentant la rectitude dans l'action. Le génie suppose la continuité dans l'action et la persévérance dans l'effort, il doit être solidaire du travail et Buffon la définit comme une longue patience. Il doit éclairer l'Humanité et se mettre au service des nobles causes. Gnose : La connaissance de soi et le travail intérieur afin de parvenir à l’éveil de la conscience. La gnose maçonnique n'est ni religieuse, ni antireligieuse, elle possède sa propre conviction, la foi en l'Homme. Pour la maçonnerie il n'existe pas de donnée révélée mais un cheminement symbolique vers ce qui pourrait être appelé Vérité. La maçonnerie considère que le profane chemine longuement, parvient devant un seuil, bute contre une porte qu'il franchit, en recevant de ceux qui l'ont franchie avant lui, la clé nécessaire. Tous ces symboles représentent le chemin, lignes géométriques qui servent au Franc-Maçon pour donner à sa pensée la cohérence d'une forme équilibrée laquelle sert à son tour d'armature à l'oeuvre maçonnique afin qu'elle soit harmonieuse solide et indestructible. Mon chemin à travers les symboles est encore long, difficile, avec un questionnement permanent. Je ne cherche vraisemblablement pas à mettre une réponse en face de chaque point d’interrogation. Ma démarche est véritablement tournée vers une réflexion de fond. Réflexion qui je le reconnais me bouscule assez. Alors, c’est avec une certaine patiente et les yeux grands ouverts que je poursuis mon chemin, mon aventure dans le monde des symboles.

Source : http://reveil.anicien.free.fr

Par X - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:54

Tel est l’âge symbolique du Maître Maçon.

Qu’en dire ? Sous quel angle raboter cette planche ? Evidemment, des idées me viennent mais comment les agencer ? Il me paraît incontournable de parler du symbolisme et de la signification du nombre 7 mais je ne maîtrise guère les quantités d’informations que l’on peut trouver à ce sujet : interprétations alchimique, soufie, hermétique et j’en passe. Si par extraordinaire on appréhendait la totalité d’un symbole, on aurait immédiatement connaissance du tout et être Maître, ça n’est pas tout savoir mais plutôt savoir ce qu’il nous reste à apprendre. Dois-je alors parler davantage du « et plus » et de ce qu’il m’inspire ? Je ne peux, par ailleurs faire l’impasse sur ce que nous disent les rituels (REAA ancien et nouveau et le Rite Français). Faut-il également que j’évoque mon vécu de Maître Maçon qui a, lui, et de façon non symbolique, dix ans et plus ?

Le sujet me paraît bien vaste à traiter. Pourtant, à l’instar du compagnon qui gravi l’escalier en colimaçon et s’apprête à entrer à reculons dans le temple plongé dans l’obscurité et l’affliction, je dois regarder en arrière, refaire le chemin parcouru avec, autant que possible, une certaine clarté d’esprit.

Ainsi, il me faut dans un premier temps évoquer l’âge du Maître [7] mais sans pour autant le dissocier du 9 de la batterie du grade. Dans un deuxième temps, il me paraît important de se fier à ce que me disent les rituels que j’ai pratiqués. Enfin, je terminerai par évoquer ce que signifie pour moi avoir sept ans et plus.

Commençons par évoquer la signification du 7 comme âge du Maître. Le nombre 7 a toujours représenté depuis des temps les plus reculés le degré le plus élevé de l’initiation. Il semble donc naturel qu’une école initiatique comme la Franc-Maçonnerie offre une large part dans son symbolisme à la valeur des nombres et à leur signification.

Mais pourquoi l’âge du Maître est-il symbolisé par le 7 ? Pourquoi la batterie de ce même grade est-elle de neuf coups ? Pourquoi aussi ce décrochage entre l’âge et la batterie au 3ème degré alors que dans les grades d’App.°. et de Comp.°. âges et batteries sont parfaitement associés : 3 pour les App.°. et 5 pour les Comp.°..

Sept ans, c’est l’âge de raison chez l’enfant, dit-on ; c’est aussi l’âge du raisonnement, de la connaissance. Doit-on comprendre par là que parvenus à notre symbolique « 7 ans et plus » nous possédons les clefs de la connaissance et que c’est à nous à présent de savoir en ouvrir les portes afin de la développer indéfiniment ?

Constitué de l’addition du 3, plan divin, nombre sacré ou triade chez les Pythagoriciens et du 4, plan de la création, le 7 assemble ainsi le triangle et le carré. C’est ainsi l’association de la pierre cubique, que nous avons polie au cours de nos années d’apprentissage et de compagnonnage, et de la pyramide à 4 faces, symbole de l’achèvement. Pierre cubique et pyramide forment ensemble la pierre cubique à pointe.

Si l’on reste dans le domaine arithmétique, le 7 est également le total de 3 + 3 + 1. Cela nous donne deux triangles et un point. Nous connaissons la symbolique du triangle mais ce point, que signifie-t-il ? Les Pythagoriciens y voient la Monade divine, d’aucuns l’image du Sceau de Salomon avec les deux triangles imbriqués. Pour moi, ce point, c’est le centre du cercle (comme nous le dit le rituel) où se trouve le Maître Maçon.

Le nombre 7 ne peut donc pas être considéré comme le nombre absolu de la perfection – c’est le Un – même si l’idée d’achèvement pourrait le laisser augurer. Qu’il soit 4 + 3 ou 3 + 3 + 1, le 7 est un nombre ambivalent. Il est à la fois le Bien (les 7 vertus) ou le Mal (les 7 péchés capitaux). En outre, il indique un caractère progressif. Je ne ferais pas de catalogue de toutes les significations du 7 dans toutes les traditions mais, pour l’avoir étudié en réunion de MM.°., j’évoquerais le culte mystérieux de Mithra qui présente de troublantes analogies avec notre Rite. Il y avait 7 portes, 7 autels accessibles après avoir franchi 7 marches, 7 mystères. Les adeptes de Mithra suivaient un parcours initiatique de 7 degrés.

Pour le Maçon, il symbolise donc un cycle complet, d’où l’idée déjà évoquée d’achèvement, mais dans le sens d’un changement, d’un renouvellement positif, d’un aboutissement à une plénitude. Cependant, si cycle il y a – on l’appellera cycle septenaire – cela veut dire qu’un autre est prêt à être commencé. C’est sûrement en partie cela la notion de « et plus ». A l’instar des sept notes de la gamme musicale, un autre cycle recommence mais à l’octave supérieur.

Quel curieux nombre que le 7 ! Il est aussi l’équilibre, l’harmonie. En effet, dans nos ateliers, ne dit-on pas qu’il faut 7 Maîtres pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Notons de même que les mesures du tombeau d’Hiram correspondent à trois pieds de large, cinq de profondeur et sept pieds de longueur.

Les nombres 3, 5 et 7 forment un cycle progressif complet que l’on retrouve dans la description de l’escalier en colimaçon qui parvient à la Chambre du Milieu. Cet escalier qui s’enroule en spirale autour d’un axe vertical est divisé en trois parties ou repos : l’un de trois marches que peuvent figurer les trois ans où l’on est initié aux mystères maçonniques ; le second de cinq marches associées aux cinq ans du compagnon, aux cinq branches de l’étoile flamboyante, aux cinq sens ; enfin, le troisième de sept marches conduisant à la connaissance. Les Egyptiens connaissaient ce symbole comme en témoignent les pyramides à degrés ou bien cet escalier à sept marches que les âmes des morts devaient gravir pour comparaître devant Isis et Osiris afin d’y subir le jugement par la pesée de la conscience.

Puisque la suite 3 – 5 – 7 est un cycle, est-ce que cette suite continue ou bien redémarre-t-elle ? Jacques Trescases dans La symbolique de la mort nous dit que « si le Maître a sept ans et plus, c’est qu’il connaît le huit et surtout le neuf sur le quel son attention a été spécialement attirée : ce sont neuf maîtres sont allés à sa recherche quand il était dans son tombeau et il a entendu les neuf coups de la batterie du grade ».

Autrement dit, si le 7 symbolisait une sorte d’état « d’apesanteur » dissocié des notions d’espace et de temps, le 9 suggère par le son et le rythme perçus une notion de temps subi. 9 c’est le carré de 3. C’est le rythme de notre batterie qui mesure ainsi le temps par trois fois trois coups. On peut y voir par ailleurs une sorte de cycle signifiant le commencement, la durée et la fin des choses. Le neuf a ainsi un aspect limitatif et extérieur à nous-mêmes alors que le 7 évoque plutôt un état qui se manifeste au-dedans de nous. Ne considérons pas pour autant comme négatif ce 9 associé au 7 car la batterie, par son rythme, réalise la mise en mouvement, le cadre nécessaire à notre cheminement de Maître.

Que nous disent les rituels au sujet de ce « sept ans et plus » ?
Quand je dis les rituels, j’évoque ceux que je connais : le Rite Ecossais Ancien & Accepté (ancien et nouveau) ainsi que le Rite Français.
Le REAA « ancien », celui auquel nous travaillons dans notre atelier nous dit ceci :
-« Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire cela ?
- Le nombre 7 symbolise la Connaissance, « et plus » indique que cette connaissance doit s’accroître indéfiniment. »

Le REAA « Cerbu » varie un peu. Il dit cela :
- « Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire ceci ?
- Que le Maître parvenu à la sagesse est en mesure d’approcher la Connaissance. »

Quant au Rite Français, il propose une définition moins métaphysique et qui se réfère davantage au mythe d’Hiram mais tout aussi chargée de sens :
-« Quel est l’âge d’un Maître ?
- Sept ans et plus.
- Pourquoi dites-vous sept ans et plus ?
- C’est que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple. »

Si l’on se fie à ce que nous dit notre rituel « écossais », le Maître serait en effet à la fin d’un cycle qui lui aurait apporté la sagesse et qu’il serait « en mesure d’approcher la Connaissance ». C’est ce que nous dit « le Cerbu » qui paraît moins encourageant que notre rite actuel qui, lui, révèle que le Maître a la connaissance mais qu’il lui faut l’accroître. En tous les cas, les deux sentences montrent que le Maître est à l’orée d’un autre cycle. D’ailleurs, si l’on en revient au rituel, le Maître n’a pas terminé son parcours après avoir gravi les marches de l’escalier en spirale. Il est monté en dessinant des cercles concentriques autour d’un axe vertical. Cet axe, c’est son soi intime autour duquel il construit tout ce qui représente sa vie, ses intérêts, ses émotions. Arrivé en haut de l’escalier, que fait-il ? Se contente-t-il de contempler ce qu’il vient d’effectuer ? Comme le jugement des âmes propre aux Egyptiens, pèse-t-il à sa juste valeur les plans qu’il a tracés ? Sûrement, car c’est à reculons qu’il est introduit dans la Chambre du Milieu où règne la plus profonde obscurité et la plus grande affliction. En effet, le Maître refait une seconde fois le chemin parcouru mais, cette fois, il le vit « en esprit » pour bien marquer le changement de plan. A l’image de l’escalier spiraloïde, le Maître Maçon se tourne en lui-même, vers son fond le plus enfoui afin « d’approcher » ou « d’accroître » - selon les rituels – la Connaissance. On retrouve là la symbolique de V.I.T.R.I.O.L. Peut-être le Maçon croyait-il enfin atteindre la pleine lumière mais ce sont les ténèbres qui l’attendent ! Il doit même veiller à ce que son tablier et ses mains ne soient entachés d’aucune souillure. Il doit connaître l’épreuve de la mort avant de passer à une nouvelle étape : celle de la résurrection. Auparavant, il doit quitter le tombeau qui mesure trois coudées de large, cinq de haut et sept de long qui s’associent aux âges des trois grades. Hiram ou le Maître qui l’incarne quitte donc un univers limité à trois dimensions pour un univers au-dessus, celui de la Connaissance. Il est capable de cela grâce aux cinq points de la Maîtrise qui lui insufflent une nouvelle énergie qu’il devra utiliser à bon escient quand il voyagera de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient c’est-à-dire de la lumière vers les ténèbres et vice-versa.

Quel cycle va-t-il entamer maintenant ? Celui, je pense, de répandre la lumière.

Voilà, le Maître en mesure d’approcher la Connaissance comme nous le dit notre rituel. Mais cela s’apparente à de la petite métaphysique maçonnique. Tout cela ne prend son sens véritable que si nous pouvons nous en servir pour modifier nos conduites. Approcher la Connaissance, c’est d’abord se connaître soi-même. La devise de notre Rite n’est-elle pas ce vieil adage :

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux » ?

Si l’on fait le parallèle avec la formule « sept ans et plus », sept ans, c’est peut-être le temps nécessaire pour se connaître tandis que « et plus » serait cette perception du divin. Que représente pour moi ce « connais-toi toi-même » ou cette « approche de la Connaissance » ?

En premier lieu, c’est connaître ses réactions mentales (pulsions, émotions, instincts) et corporelles c’est-à-dire devenir maître de soi.

Mais prenons l’exemple d’une situation concrète et banale de la vie de tous les jours car on n’est pas Maître Maçon qu’un samedi soir par mois : un événement nous contrarie et déclenche chez nous une attitude colérique – je prends volontairement un exemple qui m’est connu. On se dit à ce moment qu’il faut avoir une attitude modérée, mesurée comme le ferait tout bon franc-maçon et l’on essaye tant bien que mal de ne pas laisser apparaître cette conduite, de la masquer en la refoulant. Cependant, l’état intérieur de colère n’a en rien disparu. Alors, que faire pour se dépouiller de ce métal ?

Tout le travail sur soi, autrement dit devenir maître de soi, consiste à retrouver ce centre immobile qui, lorsqu’il est confronté à une situation « sensible » restera immuable, imperturbable ou infiniment moins colérique. Comment ? Par des exercices associant le corps et l’esprit où l’on apprend à domestiquer nos réactions mentales et épidermiques, à maîtriser ses cinq sens. Les gestes, les postures que nous pratiquons en loge sont une invitation à cela. Il me semble que ces rares moments ne suffisent pas. A nous, par le sport, la relaxation, le yoga ou que sais-je encore de développer cette connaissance. Celle-ci ne doit pas en rester à un plan purement conceptuel par trop métaphysique mais s’appliquer à un plan pratique, existentiel. Même si au grade de Maître on entend souvent dire que l’esprit domine la matière, il me semble quand même que l’on doive accorder une place éminente à notre matière. Nous ne connaissons guère notre corps et sommes peu intéressés par son fonctionnement non pas au sens anatomique du terme mais au sens de l’association corps/esprit. Autrement dit, se connaître soi-même ne revient pas uniquement à connaître son mental, son esprit, son intellect, sa psyché. Les alchimistes, me semble-t-il – mais je ne maîtrise pas le sujet – ne distinguaient pas esprit et matière.

En second lieu, je dirais que se connaître revient à « rassembler ce qui est épars ». A l’instar d’Isis qui rassemble les parties du corps démembré d’Osiris, il s’agit, comme je viens de l’évoquer, de rassembler le corps et l’esprit mais également de réunir ou plutôt de réunifier ce qui au cours de notre vie et de notre parcours maçonnique a été remarquable : les bonnes choses comme les mauvaises.

Je repense à l’image de ce franc-maçon qui, après avoir gravi les sept marches, doit se retourner et contempler le chemin parcouru.

Un périple vient de s’achever ; un autre va commencer. C’est la porte ouverte sur l’Inconnu, au-dessus de la pesanteur terrestre, un voyage dans cette voûte étoilée sur laquelle s’ouvre notre temple, dans ce Cosmos infini, tellement immense que l’on pourrait s’y perdre mais qui est paradoxalement l’endroit où l’on peut se trouver.

Donc, avoir « sept ans et plus », c’est savoir que ce que nous avons appris jusqu’à présent n’est rien ou n’est qu’un commencement auprès de ce qu’il reste à apprendre. On rejoint par là ce que nous dit le rituel : « être en mesure d’approcher la Connaissance ». Cela revient à découvrir par soi-même, par l’intérieur, sous les symboles, la Vérité ou tout au moins une parcelle de Vérité.

Avoir Sept ans et plus, c’est faire son Devoir. Non pas un devoir imposé, contraignant, une action pénible mais plutôt un devoir à caractère sacré. Je m’explique. Il convient d’accepter d’abord ce qui nous incombe en tant que Maître : l’assiduité, le travail, s’instruire et instruire, le bien de la loge et des frères qui la composent, ne pas être incité à l’action par l’espoir du résultat sans pour autant se complaire dans une inertie pesante. Je dirais que c’est cela le devoir de base. Mais, il existe un Devoir plus sacré encore : c’est l’acceptation de ce qui nous échoit, de ce qui fait notre vie, notre parcours, nos épreuves. Tout cela est à considérer comme les opportunités nécessaires à notre progrès ultérieur. Autrement dit, une sorte d’alchimie qui consiste à tirer de chaque épreuve, de chaque problème, la substance qui alimentera notre parcours. Enfin, je dirais que le Devoir c’est l’obéissance volontaire à ce qui nous relie au Divin.

Un rituel compagnonnique nous dit quelque chose d’un peu semblable à propos du Devoir :
- Quel serment vous a-t-on fait faire ?
- De soutenir mon Devoir.
- Qu’entendez-vous par Devoir ?
- Il m’est impossible de vous le dire. C’est comme une prière mais je ne m’en souviens pas.

Avoir Sept ans et plus, c’est alimenter sans cesse notre flamme, répandre la lumière autour de nous.

Avoir Sept ans et plus, c’est … beaucoup de choses. Des choses qui ne peuvent se dire ou pas encore se dire car elles appartiennent au Maître intérieur.

Source : www.ledifice.net

Par G\ R\ - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:52

En Franc-maçonnerie et suivant le Rite choisi par la Loge, un Chandelier à Sept branches est posé sur le plateau du Vénérable Maître. Diverses interprétations font autorité selon qu’il s’agit d’un symbole hébraïque (la ménorah), égyptien ou plus prosaïquement maçonnique. Le Chandelier qui possède 7 branches rappelle que dans toutes les traditions ce chiffre symbolise l’union entre le Ciel et la Terre (3 le chiffre du ciel + 4 celui de la Terre et ses points cardinaux). Il est le centre et indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Au presque sommet de notre hiérarchie, les 7 échelons de l’échelle des Kadosh (30e degré de la Maçonnerie Ecossaise) indiquent le nombre d’états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la Terre au Ciel et d’atteindre la perfection du Grand Architecte de l’Univers.

Le Chandelier à Sept branche dans l’iconographie juive

La Menorah est l’emblème le plus répandu de l’iconographie juive choisi pour représenter l’Etat d’Israël. Une description minutieuse de ce chandelier en or, qui ornait la face sud du Sanctuaire de la Tente du Rendez-vous et du Temple de Jérusalem, est donnée dans l’Exode. Il est manifeste que cet objet évoque un arbre, un amandier ou un palmier. En fait le modèle serait un arbuste du type sauge qui pousserait sur le mont du Temple à Jérusalem. Le mot Menorah évoquerait la lumière, mais aussi la chaleur. Prenant racine soit dans la Terre, soit dans le Ciel par ses branches, l’arbre-chandelier faciliterait une forme de communication entre le haut et le bas. Les kabbalistes voyaient un Arbre de Vie dans ce symbole cosmique. La Menorah est pour le Peuple juif le Symbole de la lutte pour son indépendance, de sa victoire contre l'oppression étrangère et un symbole de continuité entre le passé et le présent. Le mot "Ménorah" hrwnm vient de la racine « rwn » qui est une expression Chaldéenne signifie "FEU". On retrouve cette même expression dans Daniel 3:6 ... "feu ardent"... "Noura YaKideta".    
La tradition biblique du chandelier commence au mont Sinaï, après la révélation de Dieu aux Hébreux et la divulgation de la Torah. Au chapitre 25 de l'Exode, Dieu demande à Moïse de réaliser un chandelier d'or pur, d'une seule pièce, une branche centrale et trois de chaque côté. Elle devait brûler sans cesse et le nettoyage des tubulures se faisait chaque soir par les Lévites (lisez les passages Bibliques suivants : Exode 25:31 à 40 - Exode 37:17 à 24 – Nombres 8:2 à 4 et II Chroniques 13:11). La "Ménorah" était alimentée d'huile d'olive spécialement pure, vierge et provenant d'olives concassées spécialement par cet usage (Exode 27:20 à 21).
Ce chandelier devant être placé dans le Saint (ou Sanctuaire) de la Tente du Rendez-vous dans le désert, pour témoigner de la relation permanente et réciproque entre Dieu et son peuple. Le Saint des Saints de la Tente, espace contigu au Sanctuaire mais secret et interdit, abritait les tables de la loi ainsi que les chérubins entre lesquels on pensait que la Présence divine se déployait. La "Ménorah" était donc dans l'Arche au désert ainsi que dans le Temple de Jérusalem, un des symboles prophétiques des plus importants ! Elle était placée dans le "Lieu Saint" (la tente du Rendez-vous) et avant le "Lieu Très Saint" (le Sanctuaire). Sur le plan historique, la Ménorah est restée allumée pendant une période de plus de quinze siècles, à l'exception de deux interruptions, lors de son vol par Nabukhanetsar, après le destruction du premier temple, et lors de l'exil des Judéens à Babel qui a duré 48 ans et lors de la profanation du deuxième Temple par Antiochus Epiphane, pendant 11 ans. Lors de l'exil de Babel, les juifs ont adopté la Ménorah comme emblème: après avoir représenté la lumière intérieure d'un peuple constitué en nation, désormais elle représentait la nation juive disloquée et dispersée. Pour Philon d'Alexandrie, philosophe juif de l'époque romaine, le chandelier était l'image du ciel, avec le système planétaire au centre duquel brille le soleil: il pouvait donc illustrer la vie éternelle, et c'est peut-être à ce titre qu'on le trouvait sculpté sur les sépultures juives de Rome. Historien du 1er siècle, Flavius Joseph décrit le chandelier ainsi: "il y avait un chandelier d'or non pas massif, mais creux par le milieu: il était enrichi de petites boules rondes, de lys, de pommes de grenade; il était composé de sept branches, en relation avec les sept planètes"
Toujours est-il qu'après avoir détruit le deuxième Temple, l'empereur romain Titus captura le candélabre et ordonna à ses sculpteurs de le reproduire dans tous ses détails sur l'arc de triomphe célébrant sa victoire sur la Judée: il imaginait ainsi avoir éteint pour toujours la lumière d'Israël en se l'appropriant; on peut voir cette sculpture aujourd'hui sur la face intérieure de l'une des colonnes de l'arc de Titus, dans le Forum romain. Au gré des invasions, le chandelier changea de mains plusieurs fois puis disparut.
II ne faut pas confondre la Ménorah chandelier à 7 branches ordonné par l'Eternel pour le Temple avec la "HanouKiath" chandelier à 8 branches plus 1 pour l'allumage, et qui rappelle la victoire de Juda Maccabi sur Antiochus Epiphane en 165 avant Y.M. (Voir TMPI n°103 - Une lumière ... Hanoucah ou Noël). Cette Ménorah à 7 branches typifie le Messie Yéshoua qui est la lumière du Monde. En effet, elle représente les 7 flammes du Nom de Yéshoua et aussi les 7 qualités d'Esprit énumérées en Isaïe « 11:1 à 2... Un rameau sortira du tronc d'Isaïe, un "Netzer" (rejeton) naîtra de ses racines L'ESPRIT DE L'ETERNEL reposera sur lui, ESPRIT de sagesse, d'intelligence de conseil, de force, de connaissance et de crainte de Dieu (ou soumission) ». Dans l'Apocalypse (ou Révélation) iYéshoua est représenté derrière LA MÉNORAH dont les 7 lumières représentent les 7 "Kéhilots" ou "Assemblées" que les Chrétiens appellent "Eglises" : Apocal. 7:12 à 16 et v.20. Il est évident que le texte parle de 7 lampes allumées et non 7 chandeliers ! Enfin ce chandelier ou Ménorah est aujourd'hui le symbole prophétique par excellence : Une Ménorah gigantesques se dresse devant la Knesseth (parlement Israélien) et le blason du pays d'Israël est un chandelier encadré de deux branches d'oliviers (Israël et l'Eglise des gentils issus tous deux de l'olivier Biblique : lire Zach. 4:2 à 3 et Rom. 11:16 à 24.).

Le Chandelier à Sept branches dans les temples égyptiens

Dans la tradition égyptienne, les sept branches du Chandelier auraient pu représenter les différents bras du Nil ou encore le Soleil et les planètes connues à cette époque. Cependant, Le Temple, comme plus tard celui de Salomon figurait le Cosmos, et dans un grand nombre de chambres de ces temples figurait un candélabre à sept branches en or. Placé dans le Saint des Saints, du côté Sud du Tabernacle (le Naos), il représentait Saturne, le Soleil, la Lune - deux branches chacun – soit les trois périodes du développement de l’homme avant de s’incarner. La septième branche ayant une lampe alimentée par de l’huile d’olive pure, représentant la lumière spirituelle.

Le Chandelier à Sept branches dans la tradition maçonnique

Dans la tradition maçonnique, l’homme est replacé au centre de son Univers. L’Initiation qui caractérise son devenir ne lui enseigne rien, mais lui suggère quelques directions à explorer avant de s’engager dans une voie où les certitudes sont chaque jour remises en question. Dans le Chandelier à sept branches, l’homme antenne qui vibre entre les énergies cosmique et tellurique est symbolisé au centre d’une croix dont la branche verticale est enracinée sur la Terre pour s’élever vers le ciel, et une branche horizontale définissant son positionnement sur la Terre. Symboliquement, celui-ci possède un Corps, une Ame et un Esprit que l’on peut figurer par des cercles concentriques. Si comme le prétendait Hermès Trismégiste dans sa table d’Emeraude, que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, nous pouvons séparer ces deux parties et découvrir le sens de notre évolution spirituelle. Le Chandelier à sept branches symbolise donc le point de rencontre entre deux mondes (matériel et spirituel). Ce changement de plan marque ce que peut être le Midi des Maçons cherchant à s’élever en spiritualité. Avant l’ouverture des travaux, une seule étoile est allumée. Elle symbolise la présence de la lumière que nous venons partager dans le temple. C’est à partir de celle-ci que s’allumeront toutes celles qui éclaireront notre espace sacré.

Au premier degré du Rite d’ouverture de nos travaux, deux étoiles viennent s’y ajouter suggérant d’une part, que travaillant au progrès de l’humanité nous constituons « le corps matériel » de cette Grande Fraternité qu’est la Franc-maçonnerie, et que d’autre part, nous sommes censés limiter notre travail sur notre « corps ethérique et spirituel ». A ce niveau de conscience, éclairé par ces trois flammes reliant notre monde à celui d’en haut le Maçon s’engage à explorer en lui-même les arcanes du connais-toi toi-même.

Au second degré, le Compagnon s’identifie aux arts libéraux et créé des images mentales lui permettant d’agir sur son subconscient. Il est l’âme de la maçonnerie, celle qui transforme et modèle la matière en utilisant les outils symboliques qui lui sont confiés. Il est l’artisan qui réalise les projets du Maître. Dans le domaine spirituel il travaille sur son corps astral, celui-ci de son Âme. C’est pourquoi, sur le plateau du Vénérable Maître, le Chandelier à sept branches s’allume alors de cinq étoiles.

Au troisième degré, le Maître est spirituellement censé avoir acquis les deux précédents niveaux de conscience. Il a appris à maîtriser son corps subtil et, parallèlement, s’est familiarisé avec la méthode maçonnique qui l’a conduit sur la voie de sa révélation. Maître vis à vis de lui-même et non par rapport aux autres, il possède les outils qui vont lui permettre de continuer à progresser en toute liberté. Parvenu au savoir de lui-même, il a bouclé la boucle du connais-toi toi-même et il se doit de partager son expérience en aidant ses Frères sur la voie de la connaissance et du respect de la règle initiatique qui l’a guidé tout au long de son parcours. Sur le plateau du Vénérable Maître, Le Chandelier à sept branches s’allume alors de sept étoiles, l’informant que désormais il travaille sur l’esprit de l’Ordre qu’il s’est engagé à servir. Devoir de transmettre l’esprit de ses mystères sans en altérer le sens. Devoir de servir, et non de se servir.

J'ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/symbolisme-du-chandelier.html

Par Robert MINGAM - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:50

L’origine du 7 pourrait venir du sanskrit sapta Ce terme est utilisé dans les textes sacrés de l’Inde, il est synonyme de l’idée de sagesse, d’océan, de montagne ou d’île-continent.

Il pourrait venir également du latin septem.

Tarot maçonnique : le 7, c’est le chariot, car : la maîtresse est censée avoir acquis un certain degré de maîtrise d’elle-même comme Hercule après ses travaux, Ulysse après ses péripéties. La maîtresse a triomphé des tentations, des épreuves et des difficultés. Elle maîtrise les énergies.

Tarot d’après Bayard : Association du 3 et du 4. Le triangle surmontant le carré, l’âme s’associant au corps. 7 est le nombre du monde sidéral, ce domaine des astres qui a une influence paraît-il sur notre destinée.

7 somme du chiffre du ciel 3 et du chiffre de la terre 4 représente l’union entre Dieu et les hommes. 7 c’est le centre. Le monde fut, d’après la tradition chrétienne créé en 7 jours.

Le triangle 3 surmontant le carré 4 = 7 représente également la connaissance issue de la matière et la dominant.

7 indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. 7 nombre des cieux est aussi selon Dante celui des sphères planétaires auxquelles les Cathares faisaient correspondre les 7 arts libéraux.

Le nombre 4 qui représente la terre et ses points cardinaux avec le 3 du triangle qui évoque le ciel = 7 qui représenterait la totalité de l’univers.

7 est pour les égyptiens symbole de la vie éternelle. Une tradition Hindoue attribue au soleil 7 rayons, 6 correspondent aux directions de l‘espace, le 7ème au centre. Si une maîtresse maçonne était perdue, on la retrouverait entre l’équerre et le compas ou bien au centre du cercle. Les chaldéens invoquaient 7 dieux.

Au 6ème siècle il existait en Grèce un groupe formé de législateurs et de philosophes désigné sous le nom de 7 SAGES dont le plus ancien est Thalès de Milet célèbre pour son fameux théorème : toute parallèle à la base d’un triangle divise celle-ci en deux triangles semblables de côtés proportionnels.

Dans le rituel du 3ème degré, la V S 2ème surveillante vient de l’orient. Les secrets véritables de la maîtresse maçonne ont été perdus par la mort du respectable Maître Hiram.

Les travaux sont ouverts en chambre du milieu. A la clôture des travaux, à la question d’où venez-vous, la V S 2ème S répond : de l’occident où nous avons cherché les secrets véritables de la maîtresse maçonne.

Dans l’instruction au 3 ème degré, à la question de la V S 1ère S : comment êtes-vous parvenue à la chambre du milieu, la V S 2ème S répond : en montant un escalier tournant comportant 3, 5 et 7 marches séparées en deux repos.

Autre question : quelles étaient les dimensions du tombeau du R M Hiram : 3 pieds de largeur, cinq de profondeur et 7 de longueur.

Les 7 échelons de l’échelle des Kadosh de la Maçonnerie Écossaise c’est le nombre des états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la terre au ciel.

Le nombre 7, rituel au 3ème degré symbolise la connaissance qui doit s’accroître indéfiniment.

Les 7 péchés capitaux : orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère et paresse. La Franc-Maçonne doit laisser ses métaux à la porte du temple. Le rituel maçonnique nous invite à un cheminement.

Le 7 comporte une anxiété car il indique le passage du connu vers l’inconnu. Selon Saint Augustin, il mesure le temps de l’histoire, le temps du pèlerinage de l’homme.

On prête à Hippocrate cette phrase : le nombre 7 par ses vertus cachées, maintient dans l’être toutes choses ; il dispense vie et mouvement.

La maîtrise implique une transformation totale et profonde du comportement. La maîtresse est morte au monde pour renaître dans toute sa splendeur. Elle est devenue la fille de la lumière. A ce moment là, la maîtresse est un ensemble parfait comme la rose aux 7 pétales qui évoque les 7 cieux, les 7 hiérarchies angéliques, tous ensembles parfaits.

Les 7 degrés de la perfection nous permettent d’atteindre le Grand Architecte de l’Univers.

Les circumambulations de la Mecque comprennent 7 jours. Ce rite est vieux comme le monde. Je pense immédiatement aux Indiens d’Amérique déambulant les uns derrière les autres autour d’un feu central et également aux rondes enfantines et puis encore aux feux de la Saint Jean. En maçonnerie, les participants à la circumambulation évoquent les compagnons désignés par le Roi Salomon pour rechercher le corps d’Hiram.

Le travail comporte une lutte continuelle contre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition que représente les 3 compagnons. Pourquoi 3 ? On revient au début du cycle on ne sait ni lire ni écrire, on ne sait qu’épeler.

Hiram est mis à mort par des ignorants qui ont compris par la suite l’inutilité de leur crime.

La mort d’Hiram est comparable au grain de blé : si le grain de blé ne tombe en terre, s’il ne meurt il reste seul. Mais il meurt, il porte beaucoup de fruits et c’est un fruit qui demeure.

7 c’est la vie éternelle mais il faut passer par la nuit pour renaître (mort d’Hiram). Le 7 symbolise un cycle complet, une perfection dynamique.

Que faut-il pour qu’une loge soit parfaite : 3 la dirigent, 5 l’éclairent ,7 la rendent juste et parfaite.

Le 7 dans la bande dessinée : Tintin et les 7 boules de cristal (BD que l’on peut lire de 7 à 77 ans) et au-delà bien sûr…

Le héros de cette bande dessinée est averti, les épreuves qui l’attendent sont terribles, il va d’abord subir le rite de passage : il va arriver de l’état de conscience ordinaire à une position d’ouverture aux exigences profondes et mystérieuses du SOI. Le héros est sur la voie de l’harmonie et de la paix à l’intérieur de lui-même et avec les autres.

Hergé dans ses BD fait apparaître les aspects du parcours initiatique : peur et paix, souffrance et bonheur, action et méditation. Dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière. ( On pense bien sûr au pavé mosaïque et au voyage dans le labyrinthe ).

Le 7 dans les contes : Les bottes de 7 lieues. Dans le conte, les bottes sont magiques, elles permettent de parcourir sept lieues en une seule enjambée.

L’origine remonte au 17 ème siècle, les bottes étaient utilisées par les postillons entre deux relais de poste distants d’environ 7 lieues. Ces bottes assuraient une protection des jambes en cas de choc ou de morsures.

Les bottes de 7 lieues rappellent les rapides sandales de Persée, les talonnières d’Hermès, les chaussures d’or d’Athénée dans l’Odyssée.

Dans le petit Poucet, le chiffre 7 apparaît 4 fois : la fratrie est composée de 7 garçons, l’ogre à 7 filles, les bottes sont de 7 lieues et Poucet est âgé de 7 ans.

Blanche Neige et les 7 nains représenteraient les 7 péchés capitaux qui vont se transformer peu à peu en 7 vertus par l’amour que se porte mutuellement l’héroïne et les nains.

Dans les contes il est dit que 7 exprimerait les 7 états de la matière, les 7 degrés de la perfection, les 7 étapes de l’évolution.

La rose croix a deux symboles, la croix et la rose. Pour les rosicruciens qui la placent souvent au centre de la croix, la rose symbolise le sang du Christ répandu lors de la crucifixion et ses 7 cercles de 7 pétales représentent les 7 stades de l’initiation spirituelle.

Le 7 au cinéma (appelé 7ème art) : 7 mercenaires défendent gratuitement un village du Mexique contre les bandits. La trahison de quelques villageois les font capturer. Libérés, les mercenaires reviennent et continuent leur travail au péril de leur vie. (Hiram a lui aussi été trahi par ses amis compagnons).

Les 7 merveilles du monde qui d’ailleurs vont changer en 2007 rappellent la diversité des genres d’architecture : funéraire, cosmologique (pyramide), civile (phare) et religieuse (temple) statuaire et architecture de jardins.

Pour moi : le mausolée d’Halicarnasse, la pyramide de Chéops, le phare d’Alexandrie, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie et le temple d’Artémis à Ephèse.

7 c’était le chiffre d’Apollon dieu grec du soleil et d’Ishtar déesse babylonienne de la fertilité.
Les alchimistes attribuaient aux 7 métaux (argent, cuivre, « tain, fer, mercure or et plomb, une divinité et une couleur fondamentale.
Le septénaire règle en principe la vie de l’homme :
v Après 7 mois de gestation, le foetus est viable,
v À 7 mois apparition des dents de lait qui seront perdues à 7 ans,
v 7 ans c’est l’âge de raison, c’est quand même un peu jeune !

L’heptagone est une forme géométrique à 7 côtés. Au sol, les anciens géomètres utilisaient une corde à 13 noeuds équidistants qu’ils disposaient en triangle et dont-ils renouvelaient la rotation 7 fois autour d’un centre.

Les 7 pointes de la couronne portée par la statue de la liberté en rade du port de New-York représentent les 7 continents.

Le septentrion est une constellation des 7 étoiles de la petite et de la grande ourse désignées comme étant les 7 voies ou septem triones qui en langage poétique désigne le nord.

Les 7 piliers de la sagesse : en 1926, Thomas Edward Laurence publie cette autobiographie. L’auteur fait la description entre autre des vertus et des défaillances d’une race aux pulsions brutales. Mais n’importe quel être humain a ses défauts et ses qualités. Pour concevoir ni préjugés ni jugements il faut un travail de longue haleine sur soi-même. C’Est-ce que la Franc Maçonne essaie de réussir.

On raconte que Pythagore demandait à ses disciples de méditer durant 7 ans sur certaines figures géométriques fondamentales comme le cercle, le point, la croix ou le triangle.

Dans le Zohar traité ésotérique juif à la base de l’enseignement de la kabbale qui date du 12ème ou 13ème siècle, il est mentionné :
7 fautes majeures : l’orgueil, le crime, l’envie, la colère, l’impureté, la concupiscence et l’idolâtrie.

Le chandelier à 7 branches selon la tradition hébraïque symbolise la divinité et la lumière.

Abordons la religion chrétienne qui reconnaît 3 vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) et 4 vertus cardinales (le courage, la justice, la sagesse et la tempérance).

Au 7ème mois, le 17ème jour, l’arche de Noé s’arrêta sur les monts d’Ararat.

Le nombre 7 est caractéristique de Marie :
« Les 7 mystères du chapelet commémorant les douleurs de Marie,
« La couronne que porte Marie est au coeur de 7 roses et de 7 poignards piqués sur son coeur,
« Les 7 fêtes de Marie que sont purification, annonciation, visitation, assomption, nativité, présentation de Marie et immaculée conception.

Le 7 revient souvent dans l’apocalypse, (40 fois exactement) c’est la clé de l’évangile de Saint Jean. La bête de l’apocalypse et l’hydre de Lerne avaient 7 têtes.

On trouve dans la religion 7 archanges, 7 chérubins ,7 séraphins, les 7 dons du Saint-Esprit, les 7 sacrements, les 7 paroles du Christ sur la croix, les 7 patriarches, 7 candélabres d’or, les 7 invocations du Pater le livre aux 7 sceaux.

Chaque plaie d’Egypte a duré 7 jours. Pharaon a rêvé de 7 vaches et de 7 épis de blé.

Le Saint temple contenait 7 portes d’entrée. Salomon construisit le temple en 7 ans.

Lors de la prise de Jéricho, 7 prêtres portant 7 trompettes doivent le 7ème jour faire 7 fois le tour de la ville.

Le naja d’Angkor a 7 têtes et Boudha a 7 emblèmes de même que Boudha a mesuré l’univers dit-on en faisant 7 pas dans chacune des 4 directions.

Les 7 chakras des hindouistes appelés roues, lotus ou centres subtiles.

Sil y a 7 sons dans la gamme, il semble que ce soit à cause du mouvement des astres.

Sous le cercle du zodiaque, il y a 7 astres errants. En ajoutant la terre, s’explique le huitième degré de l’échelle diatonique (d’après Aurélien) et Saint Ambroise d’écrire plus tard, « l’octave c’est la perfection ».

Seshat la déesse égyptienne de l’écriture, astronomie, astrologie est représentée avec une rosette à 7 branches au-dessus de la tête assimilée à une couronne.

Je peux encore citer : le jeu des 7 familles, les 7 cordes de la lyre d‘Orphée, le boeing 777, les 7 ouvertures du crâne, les faces opposées d’un dé à jouer font toujours 7., le bateau à 7 mâts.

7 sphères dans le système de Ptolémée savant grec. Il imagina et développa un système cosmologique ingénieux apte à rendre compte des mouvements astronomiques.

Et enfin, question mariage, l’idéal était-il de se marier le 7/7/2007 pour atteindre le 7ème ciel, mais avant de prononcer le oui fatidique, tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, choisir comme véhicule une BMW série 7, partir en voyages de noces par la RN 7 et souhaiter aux mariés beaucoup de bonheur celui de dépasser les noces de laine (7 ans de mariage) pour fêter 7 décennies de vie commune entourés de 77 petits et arrière petits enfants et enfin arriver aux noces de platine le 7/7/2077.

Source : www.ledifice.net

Par A\ O\ - Publié dans : Planches
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Dimanche 16 décembre 2012 7 16 /12 /Déc /2012 09:22

Cette modeste étude comparative porte sur quatre points de convergence qui peuvent rapprocher des intellectuels musulmans des idéaux maçonniques. D’abord les structures médiévales des corporations et confréries musulmanes dont Louis Massignon, Henri Corbin, René Guénon, Faouzi Skali ont montré les ressemblances avec les organisations sœurs comme le compagnonnage en Europe. La philosophie mutazilite peu connue en Occident a été très audacieuse et revient en première ligne. Le mouvement démocratique dans le monde musulman s’est développé malgré l’autoritarisme des régimes ; le printemps arabe de 2011 en est un épigone. Enfin, la création de loges au Proche et Moyen Orient s’est effectuée au XVIIIe siècle en même temps qu’en Europe ou en Amérique lorsque les franc-maçonneries ottomane, égyptienne, arabe auront tissé des contacts très approfondis avec les loges-mères anglaise, française ou italienne. C’est que, dans cette interaction culturelle entre Proche-Orient et Europe, plusieurs mythes sont communs ; le drame d’Hiram aurait un antécédent en Egypte, vers 1500 av .J.C. lorsqu’un architecte fut assassiné dans des circonstances obscures, tel que relaté sur des ostracas, ou en Iran où le meurtre de Zoroastre sera repris dans la commémoration annuelle chiite de celui de Hussein petit fils du Prophète à Kerbela (Irak).
I- Corporations et confréries en Islam
La structure initiatique des corporations est attribuée à un héros éponyme, Salman Al Farisi, mazdéen converti à l’islam. Devenu barbier du Prophète, il serait revenu comme gouverneur à Mada’in (Ctesphon), en Irak où il aurait organisé les corporations de 51 métiers reconnus, qui existaient dans la culture mazdéenne et auxquelles il donnera des bases musulmanes. Salman établit une doctrine de l’honneur artisanal, appelée « futuwwa » dont la base reposait sur un consensus hiérarchique, un rituel initiatique et la qualité du travail bien fait. On eut ainsi un maillage presque complet de toutes les catégories professionnelles d’artisans reconnus, qui assuraient une formation professionnelle mais aussi humaniste, à l’image de celle des « Compagnons du Devoir » d’Europe. Elle s’étendait aux non-musulmans, chrétiens, juifs, mazdéens, sabéens, hindous très présents dans les métiers d’orfèvrerie, de la décoration, ou comme médecins.
. Le calife Al Nasser (1180-1224) créera à l’intention des hauts fonctionnaires une corporation d’honneur dont les membres prêtaient serment d’allégeance au calife lui-même qui leur donnait le mot secret et les associait, par un système hiérarchisé qui remontait à la tête de l’Etat, dans une assistance inter fraternelle, un échange de services, dans l’esprit de pureté morale. Le sultan ottoman Mourad 1er (1360-1389) fera de même, établissant pour la dynastie ottomane une tradition de compagnonnage adoptée par ses successeurs.
L’esprit corporatif s’étendit aux métiers susceptibles d’entacher la pureté des croyants tels les crieurs publics, les maquignons, les changeurs, les cambistes, les huissiers du tribunal, les courtiers d’esclaves, les éleveurs de pigeons, les danseurs, les baladins, les indicateurs, les femmes, les courtisanes, les pleureuses (aux enterrements), les entremetteuses. Les corporations furent toujours hiérarchisées et organisées ; à leur tête un Maître, qui représentait la profession devant les autorités locales ; puis les maîtres propriétaires d’atelier, les compagnons vêtus d’un tablier distinctif, et les apprentis. Les corporations organisaient des défilés pour célébrer la circoncision des fils du sultan, le mariage de ses filles, les victoires de ses troupes. Pendant plusieurs années consécutives, le débutant (mubtadi) ne percevait aucun salaire ; mais appartenir à un corps était en soi un privilège car cela permettait d’être reconnu capable de produire un travail de haute qualité et d’ouvrir leur propre atelier.
L’entrée dans la corporation était solennisée : le cheikh passait un châle autour du la taille de l’impétrant et le nouait par des torsions successives. Une coupe d’eau salée devait être absorbée trois fois par le récipiendaire exprimant son intention de dire vrai (charia), de voir vrai (tariqa), de devenir vrai (haqiqa). A la fin de la cérémonie d’initiation on lui remettait un pantalon bouffon, puis une cordelière, ceinture de tablier (shadd) ou un baudrier. Puis on lui enseignait les signes de reconnaissance et les mots de passe. Les apprentis devaient également « voyager » en se rendant sur les tombes des Grands Maîtres de la corporation et suivre un enseignement des symboles, relatifs aux Prophètes du Coran. Les rituels s’accompagnaient de chants allusifs au Prophète et à ses compagnons.
Thierry Zarcone a montré que les loges ouvertes dans l’empire ottoman au XVIIIe siècle avaient emprunté aux corporations, et aussi aux confréries, leur lexique particulier. Les appellations des 3 premiers degrés étaient celles des corporations : « chirak » (apprenti), « kalfa » (compagnon), « osta » (maître) ; le tablier « peshtemal » dans les ateliers opératifs ; garda ce nom dans la maçonnerie. Chez les Bektachis, on peut trouver les mêmes réponses dans les Instructions (turques) pour le degré d’apprent maçoni et le questionnaire de la confrérie. L’extinction de beaucoup de métiers manuels sont venues à bout de l’esprit corporatif qui aura duré jusque dans les années 193O. Par contre des Compagnons français du Devoir, tailleurs de pierre, s’étant rendus à Damas en 1988, découvrirent que leurs homologues syriens utilisaient des instruments oubliés en Europe, comme la « lombarde », qui servit comme signature de compagnons sur les murs des cathédrales. Le Pr. Massignon souligna l’influence que les corporations musulmanes ont pu avoir en Europe dans le développement des « villes franches ». Ainsi, à Paris, la corporation des bateliers fut assez puissante pour imposer leur symbole comme armes de la ville.
Pour les confréries, c’est à Baghdâd que le Cheikh Abdelqader El Jilani (XIIe siècle) crée la première confrérie (tariqa) qui conserve encore aujourd’hui une réelle influence. Les membres des confréries se retrouveront dans les mosquées, particulièrement le vendredi après-midi, ou dans des locaux, appelés « zaouïa » au Maghreb, « ribât » (« Rabat » au Maroc) ou « khanqa » au Proche-Orient et en Asie Centrale. La confrérie des Chaziliya sera fondée au Maroc au XIIIe siècle, celle des Mevlevis par Jalaleddine Roumi (m. 1273) à Konya, l’Ordre des Naqchbandiyya en Asie Centrale par le Cheikh Behaeddine Naqchbandi au XVe siècle, celui des Tijaniyya au Maroc (XVIIIe siècle). Au XIXe siècle, les Senousiyya en Libye, les Mirghaniyya au Soudan, les Rifaïyya en Somalie seront constitués en confréries par trois disciples d’un même cheikh marocain à la Mecque. Les « tariqas » pratiquent l’initiation progressive à 4 degrés : mourid, mouqadem, nasib et cheikh, soumis au respect du secret. L’initié modèle est le Prophète lui-même qui proclame : « Je ne sais pas lire ». L’épreuve dans une caverne de la révélation des premiers versets est comparée à une initiation soufie, car Mohamed en ressort prophète. La translation qui le conduira de Médine à Jérusalem, et de Jérusalem au 7e ciel permet d’acquérir le plus haut grade dans la hiérarchie confrérique. Le voyage est décrit dans Le Livre de l’Echelle de Mohamed ensemble de récits arabes relatant l’ascension jusqu’à Dieu. Les rituels principaux des mystiques soufis sont des litanies, des répétitions d’oraisons, de « remémorations » (dhikr) scandées pour souligner la présence de Dieu ». Comme les yogis de l’Inde, certains disciples ont appris des techniques respiratoires qui les conduisent dans des états de transe spectaculaires. Les initiés se voient remettre un chapelet de 33 grains ( Qadiris), de 66 ou 99 ( Naqchbandis), basés sur la valeur numérique du nom « Allah » qui, en lettres arabes est l’équivalent de 66. Certaines confréries utilisent la danse ; 9 disciples représentent les planètes et tournent autour du Maître-Soleil comme en Turquie, à Konya, les « derviches tourneurs ». Atatürk interdira les confréries en 1924, mais elles ont repris leurs activités et beaucoup d’hommes politiques turcs sont proches de la Confrérie Naqchbandiyya opposée aux radicaux islamistes du nouveau régime AKP.
D’un pays à l’autre, le confrérisme prend des formes très différentes selon l’histoire et l’évolution politique de chaque pays mais il assure, plus que l’islam officiel, une unité certaine des croyants.
II-La Philosophie islamique ; le Mutazilisme
La découverte de la philosophie grecque dans les manuscrits traduits en syriaque puis en arabe sous les premiers souverains abbasside conduira à la formation d’une école « mutazilite » qui essaiera d’imposer une nouvelle exégèse coranique construite à partir d’une grille de lecture philosophique .Ce mouvement qui se forme à Bassorah (Irak) puis à Bagdad est encouragé par le pouvoir abbasside qui admet la supériorité du raisonnement sur les diktats de la foi religieuse. Le philosophe Al Kindi (m.866) l’exprime en ces termes : « Nous ne devons pas avoir honte de la vérité et de la faire nôtre quelle qu’en soit la source ». C’est qu’à l’époque théologiens musulmans, chrétiens et juifs argumentent en toute liberté et les moutazilites vont ainsi s’opposer à un enseignement rigoriste et expliquant les dogmes selon une méthode rationnelle donnant ainsi à la religion musulmane une aisance susceptible de rivaliser avec d’autres idéologies. La doctrine mutazilite affirme deux thèses qui seront contestées violemment une vingtaine d’années plus tard lorsque les juristes salafistes convaincront un nouveau Calife plus faible de les interdire, la non-éternité du Coran : comme tout ce qui est extérieur à Dieu est créé, le Coran, passant par l’audition et la retranscription s’inscrit donc dans l’histoire de l’humanité ; hypothèse en contradiction avec le dogme officiel du Coran incréé puisque c’est la parole de Dieu même. La 2e thèse porte sur le libre-arbitre de l’homme créé comme être responsable et libre, alors que le dogme stipule que tous les actes de l’homme sont accomplis par Dieu…Considérés comme porteurs d’une dérive interprétative, les mutazilites durent s’enfuir en Asie Centrale ou au Yémen où cette philosophie , adoptée plus tard par des chiites, s’est perpétuée malgré les risques. Aujourd’hui le mouvement néo-mutazilite, développé en Tunisie, en Egypte, et dans les universités occidentales reprend force et vigueur et ses adeptes sont parmi les promoteurs intellectuels du Printemps arabe. La défense du libre-arbitre notamment les rapproche de la maçonnerie. Les frères lillois qui baptisèrent leur loge « Averroès » et ceux parisiens, musulmans et non musulmans qui nommèrent leur loge « Emir Abdelqader » ont voulu souligner qu’ils croyaient réellement à un substrat spiritualiste et philosophique commun.
III Les mouvements démocratiques en Islam
Depuis les indépendances, des démocrates arabes démontent le mécanisme du faux retour aux sources, idéalisant le régime islamique de la première époque, prétendant que sa réintroduction dans nos sociétés modernes pallierait les problèmes socioéconomiques contemporains. Ils nous font ainsi découvrir l’utilisation politicienne de leur religion. C’est pourquoi, le Pr. émérite Ali Mérad souhaite redonner à l’exégèse renouvelée ou « ijtihad » l’importance qu’elle avait au Xe siècle. Le Pr Mohamed Arkoun, récemment décédé, argumente de même dans sa Critique de la Raison islamique (1984). L’historien marocain Abdallah Laroui dans son Islam et Modernité montre que l’Etat islamique à l’état pur n’a jamais existé ; en fait l’Etat sultanien abbasside a soumis la Loi à son intérêt séculier, réservant l’appareil califal au domaine de l’utopie, comme l’avait fait Ibn Khaldoun (XVe siècle) : « L’expression « Etat islamique » est en fait contradictoire en elle-même ». Mohamed Charfi qui fut ministre de l’Education en Tunisie n’hésitait pas à dire publiquement : « L’islam de demain implique que la religion soit conjuguée aux temps de la liberté, de l’égalité et de la démocratie avec la révision du droit musulman que cela nécessite ». Khadija Chérif, militante tunisienne des droits de l’homme, à la même époque (1995), s’exprime ainsi dans la presse : « Pour moi, femme, nos premiers adversaires sont les intégristes. En opposant au régime de la charia une démocratie réelle, nous rendrions impossible la contamination islamique ». L’universitaire marocaine, Fatema Mernissi , avec un grand courage , se moque des salafistes : « Cet intégrisme politico-religieux tourne à l’ubuesque puisque pour les islamistes, si l’on sépare l’islam de l’Etat, plus personne ne croirait à Allah, ce qui voudrait dire que l’islam, sans la police, n’a rien à offrir ! ». Le grand poète syro-libanais Adonis regrattait (08/11/1995) que : « L’Islam se soit transformé dans l’esprit de la plupart des musulmans d’aujourd’hui en chaînes et prisons. » L’espace manque ici pour citer le combat mené dans chaque pays musulman malgré la lourde répression que l’on a enfin pu découvrir sur les écrans télévisés cette année même.
L’image de l’islam en Europe souffre des excès antidémocratiques de ses intégristes qui essaient à nouveau de prendre le pouvoir en 2011 en bafouant le « Printemps arabe ». Des universitaires français comme le Pr Mohammed Ferjani se sont mis en disponibilité pour aller soutenir le réveil démocratique de leur pays d’origine. Beaucoup de citoyens de culture musulmane en Europe souhaitent pratiquer leur religion à titre privé et soutiennent ceux des leurs qui mènent le combat de la démocratie et de la laïcité, qui ne sont pas l’apanage exclusif du Nord méditerranéen mais sont aussi puisés dans le fonds culturel arabo-musulman.
IV-Musulmans francs-maçons du XVIIIe siècle à 2011
Les débuts de l’établissement de la Franc-Maçonnerie au Proche-Orient ont bénéficié de facteurs favorables dès le début de l’Islam. La mise en place de confréries religieuses souvent liées à des corporations de métier a conduit les différents peuples de l’Empire abbasside (VIIIe au XIIIe siècle), puis ottoman (XVe au XXIe siècle) à choisir l’expérience initiatique. C’est à Smyrne , en 1738, qu’est ouverte la première loge de l’Empire ottoman puis la Grande Loge de Londres et la Mère Loge écossaise de Marseille ouvriront des loges à Istanbul, Salonique, puis dans les échelles du Levant. D’autre part, Arméniens et Grecs comme les Turcs, chrétiens comme musulmans seront à égalité dans les loges ; le Sultan qui en 1850 établira par décret l’égalité de tous les sujets sera franc-maçon. Il le paiera de sa vie ! A la fin du XIXe siècle, le Grand Vizir Riza Tevfik , dignitaire bektachi, sera également Grand-Maître du Grand-Orient ottoman. Une loge est créée à Alep en 1738 puis en 1760 ; Au Liban, la première loge émanant du personnel cosmopolite de l’Université américaine, en 1873, est présidée par le Libanais Amine Beyhoum. En Egypte, une première loge était apparue à Alexandrie en 1748 puis Bonaparte introduisit les loges militaires qui initièrent des chrétiens, des juifs et des mamelouks musulmans. Plus tard la loge alexandrine Les Pyramides procéda à l’initiation de l’Emir algérien Abdelqader, en 1864, pour remercier cet important dignitaire de la Confrérie Qadiriyya d’avoir sauvé avec 200 de ses compatriotes plusieurs milliers de chrétiens du massacre effectué à Damas en 1860 par les Turcs et la population locale. En Iran, dès le premier quart du XIXe siècle, des intellectuels, conduits par Mirza Malcom Khan créent des loges qui ne seront fermées qu’en 1979 par le régime mollahcratique. Lorsque Jamaleddine El Afghani, réformateur musulman iranien, initié dans une loge stambouliote se rendra en 1882 à Paris et à Londres, des appuis maçonniques lui feront rapidement rencontrer des universitaires, des savants et des hommes politiques .Comme en Egypte, les premières loges algériennes seront militaires ( Bugeaud, Cavaignac, Pélissier, Chanzy, Lamoricière) puis encadrées par des musulmans, le Saint-Simonien Ismaïl Urbain ou le Général Yusuf. La Tunisie plus cosmopolite aura eu, dès 1773 une loge livournaise ; en 1885, le Grand-Orient allumera les feux de la célèbre « Nouvelle Carthage » qui, depuis une quinzaine d’années, soutient un triangle tunisois.
Aujourd’hui même, les frères (et sœurs) peuvent se réunir à Beyrouth, à Amman et à Rabat. Au Caire les maçons se retrouvent discrètement sous le couvert du Rotary ; les frères algériens ou d’autres pays arabes ne peuvent assister à des tenues qu’en France ou dans le reste de l’Europe. C’est pourquoi les maçons européens libres doivent apporter toute leur aide pour soutenir leurs homologues moins favorisés et qui risquent beaucoup s’ils étaient découverts .C’est que les Saoudiens ont traduit en arabe dans les années 1970 le pamphlet anti-maçonnique de Léo Taxil et le diffusent largement dans la presse quotidienne populaire.
En Orient, longtemps, les artisans adhérèrent à des ordres soufis. Aujourd’hui, toutes les classes sociales se retrouvent dans des confréries. De même des membres de confréries adhèrent à des loges maçonniques, n’y voyant aucune contradiction.
Qu’on se rende bien compte, le citoyen du sud ou de l’est de la Méditerranée qui souhaite entrer en maçonnerie y sera poussé par sa propre culture basée sur la recherche initiatique et de ce fait sera en butte aux attaques des islamistes qui n’admettent ni le libre-arbitre ni le refus de l’endoctrinement dogmatique. Est-il si différent de son homologue du Nord qui, pendant des siècles, aura subi les mêmes contraintes ? D’ailleurs, à Annonay, en 1788, le musulman, qui rejoignit la loge locale, s’était déjà rendu compte que sa pratique du culte n’était pas incompatible avec l’adoption d’un rituel maçonnique.
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Source : http://grandorientarabe.blogspot.fr/2012/01/

Par Christian Lochon - Publié dans : Planches
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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 08:34

Au Rite Français Rétabli (RFR), nous apprenons l’existence de Tubalcaïn dans le Rituel de Réception au grade d’Apprentie : « c’est le nom du premier ouvrier en métaux » déclare la TV ;

« c’est le nom de celui qui inventa l’art de travailler les métaux » répond le nouvel initié, aux questions posées successivement par les FF\1ère et 2ème Surveillants.

Dans le Régulateur du Maçon, datant de 1801, le VM dit : « nous avons un mot de passe qui sert parmi nous pour nous assurer encore plus particulièrement que celui qui se présente est maçon ».

Ce mot de passe fait partie des secrets qui vont être confiés à la nouvelle initiée pour avoir accès aux mystères de la F\M\.

D’après la Bible :

Tubalcaïn est le fils de Lamech et un descendant de Caïn et comme tel, il appartient à la septième (et dernière) génération maudite depuis le meurtre d’Abel.

Tubalcaïn (ou Toubal-Caïn) inventa l’Art de travailler le métaux.

Au nom primitif Toubal ou Touval (nom de la tribu d’où il venait) l’élément Caïn aurait été ajouté car dans plusieurs langues sémitiques il signifie « forgeron ».

Dans la mythologie, Tubalcaïn est assimilé à Vulcain pour les romains, et à Héphaistos pour les grecs. Mêmes personnages symboliques et mêmes activités.

A partir de Prométhée, qui déroba le feu aux Dieux pour le donner aux hommes, et, ainsi, améliorer leurs conditions de vie, les forgerons sont estropiés.

La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science, ils ont subi la colère d’un Dieu jaloux de leurs privilèges.

Dans les mythes le pouvoir n’est pas tendre avec celui qui connaît les secrets et les divulgue aux dominés ou aux dissidents afin de leur permettre de se libérer.

C’est ainsi que les forgerons sont souvent représentés boiteux, bossus, unijambistes ou nains. Ils furent souvent des parias dans leur communauté car, disait-on, ils devaient pactiser avec le diable pour transformer le minerai dans leur forge, assimilée elle-même à l’enfer.

Ce mot de passe de l’apprenti est différent du mot sacré du 1er degré que le nouvel initié, qui « ne sait encore ni lire ni écrire, ne peut qu’épeler », il fait partie de ce qu’on appelle les « transmissions », c'est-à-dire les gestes ou les mots de reconnaissance. Ce mot de passe a pour but de vérifier si le grade possédé correspond bien à celui des travaux du jour en loge.

Tubalcaïn est « Le Passeur » d’une vie à une autre vie, « l’Initiateur » qui accompagne l’apprentie puis la compagnonne vers le dépouillement, et la transformation vers la re-naissance.

Il fait passer de la grotte / chambre de réflexion, symboles de la mort et de la vie, de la descente en soi, à l’espace sacré qu’est le Tem\.

C’est donc dans l’ombre de la chambre de réflexion que nous nous dirigeons vers la lumière du feu de la forge : symbole de notre Temple, creuset d’initiation et de transmutation.

Pour cette transformation, cette métamorphose, le forgeron débarrasse le métal de ses scories pour lui donner une nouvelle identité, il est l’Alchimiste qui maîtrise l’art de la transmutation et en ce sens il est celui qui permet le passage d’un état à un autre, une nouvelle création.

De même, Ptah, dieu funéraire égyptien, est celui qui, après la pesée de l’âme du défunt, s’occupe de la renaissance de son âme dans la vie d’après la mort.

Le forgeron est un personnage craint et respecté ; craint parce qu’il a le pouvoir de transformer la matière et de maîtriser le feu, et respecté car les instruments créés rendent son activité nécessaire à tous.

Mais ce passeur, ce forgeron qui brise les métaux et les jette au feu en transpirant, en peinant parfois pour les unifier à nouveau, n’est-il pas finalement aussi une représentation de nous même, de notre propre cheminement et de notre conscience tendue vers un idéal qui nous transcende?

Le travail de purification peut s’avérer éprouvant.

Notre imperfection, notre infirmité même de profane boiteuse, nous avons pu la mesurer lors de l’initiation.

Lors de la cérémonie de réception, la néophyte effectue ses voyages en titubant, elle est elle-même « boiteuse », car elle a un pied nu.

Tubalcaïn ne serait-il pas alors le condensé symbolique de notre démarche maçonnique nous donnant à la fois ce vers quoi tendre et les outils pour y parvenir.

Tubalcaïn est un des premiers à transformer la matière en respectant les lois de la nature et non par un quelconque dogme ou par la magie des Dieux. C’est par son propre travail et sa propre création, c’est son intelligence qui le guide.

Les métaux sont extraits de la terre, ils passent d’un état brut à un état purifié, et leur forme est renouvelée en passant par la souffrance, la mort, la transformation et la renaissance en outil, bijou, arme, ou autre matériel.

Travail de force difficile pour faire d’une matière brute un outil très utile dans la vie quotidienne, ou un objet d’Art, les forgerons étaient indispensables dans les villages.

Ce travail de métallurgiste tel qu’il est compris dans Tubalcaïn, nécessite l’emploi du feu afin de parvenir à la fusion qui permet de séparer le métal pur de tous les autres matériaux, chacun ayant un point de fusion différent, et d’écarter ainsi toutes les scories qui l’entourent.

La fusion est le passage d’un corps solide à l’état liquide.

Séparer, purifier, puis, réunir ce qui est épars pour obtenir un nouveau produit, (Ou un nouvel Etre)

Ce travail de métallurgiste est à rapprocher du travail que doit faire l’APP\.

Ainsi on retrouve dans l’initiation les différents éléments :

Le forgeron extrait de la Terre, la matière première,

Il utilise le marteau (ou maillet) pour dominer la matière,

Le feu permet de chauffer les minerais pour diriger la fusion.

L’air active la puissance du feu pour modeler le métal.

L’eau, élément passif permet à la matière transformée, de conserver sa forme en refroidissant la pièce.

Le forgeron domine les feux de l’enfer dans sa forge.

L’initié doit dominer les feux de la passion pour éviter sa destruction, tout est dans la mesure.

C’est ainsi que le travail va progresser pour devenir son œuvre.

L’œuvre au noir : du métal brut, de la mort apparente de la matière.

L’œuvre au rouge : action du feu sur les métaux, symbole de l’embrasement des passions humaines.

L’œuvre au blanc : Métal purifié, unifié, transmué en sa forme nouvelle.

En F\M\, l’Art de travailler les métaux crée la Beauté, intérieure et extérieure, et lorsque nous nous assimilons à Tubalcaïn, c’est de notre œuvre personnelle qu’il s’agit.

Les métauxont aussi leur symbolique.

Tubalcaïn, nous dit la Genèse, travaillait l’airain et le fer. Souvenons-nous que les colonnes du Temple de Salomon étaient en airain.                                                                                                    

- L’airain (alliance de différents métaux dont le cuivre forme la base) est le symbole du jugement divin, d’un jugement capable de percevoir et de définir le Mal.

- Le fer est le symbole de la servitude, de l’attachement à la matérialité, et de l’immanence c'est-à-dire : le non Etre : état de celui qui n’existe que par identification à un autre.

Tubalcaïn n’a pas accès aux métaux nobles comme l’argent ou l’or. Il travaille à partir du réel de sa vie profane avec ses aspects positifs et négatifs. Comme nous il est capable du pire comme du meilleur.

- L’argent est le symbole de la grâce, de la rectification, de la rédemption.                   

- L’or représente ce qui est divin, il est symbole d’immortalité et de transcendance (contraire de l’Immanence).

En maçonnerie les métaux représentent les préoccupations matérielles, le monde profane.

La« confusion » de Tubalcaïn est donc bien son « imperfection ».

Cependant, le travail qu’il conduit est un préalable à tout accès à la Connaissance.

Nous-mêmes sommes souvent engluées dans la confusion de notre être, nous essayons de sortir de nous, de nous comprendre, de faire le tri de l’intime, de l’authentique et de ce qui relève du comportement social, de l’apparence. Il nous est bien difficile d’accéder à notre Etre profond.

Le travail de l’airain, le travail sur le jugement ouvre les portes de la justice.

Le travail du fer, le combat contre l’Immanence renvoie à la recherche de la Vérité.

La recherche de la Vérité et de la Justice sont des composantes essentielles de l’état de conscience qui siège au cœur de l’homme.

Nous ne sommes pas des dieux. Sans renier nos aspirations à nous élever, il faut «raison garder », rester humble, apprendre à connaître nos limites et à trouver le juste équilibre entre les choses.

On comprend mieux alors pourquoi le nom de Tubalcaïn signifie « possession du monde », mais de quel monde si ce n’est notre monde intérieur qui permet ensuite avec force d’affirmer notre identité et nos convictions pour construire un monde de beauté.

La manière dont Tub\domine le feu est la confirmation de cette hypothèse.

Les métaux que nous laissons à la porte du Tem\, ce n’est pas notre passé entier, mais tout ce qui alourdit notre liberté de penser, notre capacité à ressentir, à vivre notre réception, physiquement et moralement.

Les métaux que l’on nous restitue, parce que les voyages ont eu lieu, ont été transmués, puisqu’ils servent à faire le bien, ce qui est notre but.

EN FM on est reçu et on nous donne les moyens de nous initier.

L’Apprenti est le forgeron de son devenir :

au premier grade, il doit utiliser les quatre éléments pour travailler sur ses métaux

Puis compagnon :

au deuxième grade il perfectionnera son travail avec sagesse, force et beauté

Enfin, Maitre :

au troisième grade il rencontrera Hiram et ses mauvais compagnons et devra poursuivre son œuvre.

Tubalcaïn,désigné comme le premier forgeron, le premier de la lignée des fondeurs dans laquelle s’inscrira Hiram, le transformateur des minerais et des métaux, travaillant dans les profondeurs de la terre, accède au rang de maître du feu, celui qui exploite l’énergie primitive libérée, la chaleur et la puissance de l’action. Le Rite Mac\

Source : http://anck131.over-blog.com/article-tubalcain-1-2-113024439.html

Par X - Publié dans : Planches
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