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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:54

Tel est l’âge symbolique du Maître Maçon.

Qu’en dire ? Sous quel angle raboter cette planche ? Evidemment, des idées me viennent mais comment les agencer ? Il me paraît incontournable de parler du symbolisme et de la signification du nombre 7 mais je ne maîtrise guère les quantités d’informations que l’on peut trouver à ce sujet : interprétations alchimique, soufie, hermétique et j’en passe. Si par extraordinaire on appréhendait la totalité d’un symbole, on aurait immédiatement connaissance du tout et être Maître, ça n’est pas tout savoir mais plutôt savoir ce qu’il nous reste à apprendre. Dois-je alors parler davantage du « et plus » et de ce qu’il m’inspire ? Je ne peux, par ailleurs faire l’impasse sur ce que nous disent les rituels (REAA ancien et nouveau et le Rite Français). Faut-il également que j’évoque mon vécu de Maître Maçon qui a, lui, et de façon non symbolique, dix ans et plus ?

Le sujet me paraît bien vaste à traiter. Pourtant, à l’instar du compagnon qui gravi l’escalier en colimaçon et s’apprête à entrer à reculons dans le temple plongé dans l’obscurité et l’affliction, je dois regarder en arrière, refaire le chemin parcouru avec, autant que possible, une certaine clarté d’esprit.

Ainsi, il me faut dans un premier temps évoquer l’âge du Maître [7] mais sans pour autant le dissocier du 9 de la batterie du grade. Dans un deuxième temps, il me paraît important de se fier à ce que me disent les rituels que j’ai pratiqués. Enfin, je terminerai par évoquer ce que signifie pour moi avoir sept ans et plus.

Commençons par évoquer la signification du 7 comme âge du Maître. Le nombre 7 a toujours représenté depuis des temps les plus reculés le degré le plus élevé de l’initiation. Il semble donc naturel qu’une école initiatique comme la Franc-Maçonnerie offre une large part dans son symbolisme à la valeur des nombres et à leur signification.

Mais pourquoi l’âge du Maître est-il symbolisé par le 7 ? Pourquoi la batterie de ce même grade est-elle de neuf coups ? Pourquoi aussi ce décrochage entre l’âge et la batterie au 3ème degré alors que dans les grades d’App.°. et de Comp.°. âges et batteries sont parfaitement associés : 3 pour les App.°. et 5 pour les Comp.°..

Sept ans, c’est l’âge de raison chez l’enfant, dit-on ; c’est aussi l’âge du raisonnement, de la connaissance. Doit-on comprendre par là que parvenus à notre symbolique « 7 ans et plus » nous possédons les clefs de la connaissance et que c’est à nous à présent de savoir en ouvrir les portes afin de la développer indéfiniment ?

Constitué de l’addition du 3, plan divin, nombre sacré ou triade chez les Pythagoriciens et du 4, plan de la création, le 7 assemble ainsi le triangle et le carré. C’est ainsi l’association de la pierre cubique, que nous avons polie au cours de nos années d’apprentissage et de compagnonnage, et de la pyramide à 4 faces, symbole de l’achèvement. Pierre cubique et pyramide forment ensemble la pierre cubique à pointe.

Si l’on reste dans le domaine arithmétique, le 7 est également le total de 3 + 3 + 1. Cela nous donne deux triangles et un point. Nous connaissons la symbolique du triangle mais ce point, que signifie-t-il ? Les Pythagoriciens y voient la Monade divine, d’aucuns l’image du Sceau de Salomon avec les deux triangles imbriqués. Pour moi, ce point, c’est le centre du cercle (comme nous le dit le rituel) où se trouve le Maître Maçon.

Le nombre 7 ne peut donc pas être considéré comme le nombre absolu de la perfection – c’est le Un – même si l’idée d’achèvement pourrait le laisser augurer. Qu’il soit 4 + 3 ou 3 + 3 + 1, le 7 est un nombre ambivalent. Il est à la fois le Bien (les 7 vertus) ou le Mal (les 7 péchés capitaux). En outre, il indique un caractère progressif. Je ne ferais pas de catalogue de toutes les significations du 7 dans toutes les traditions mais, pour l’avoir étudié en réunion de MM.°., j’évoquerais le culte mystérieux de Mithra qui présente de troublantes analogies avec notre Rite. Il y avait 7 portes, 7 autels accessibles après avoir franchi 7 marches, 7 mystères. Les adeptes de Mithra suivaient un parcours initiatique de 7 degrés.

Pour le Maçon, il symbolise donc un cycle complet, d’où l’idée déjà évoquée d’achèvement, mais dans le sens d’un changement, d’un renouvellement positif, d’un aboutissement à une plénitude. Cependant, si cycle il y a – on l’appellera cycle septenaire – cela veut dire qu’un autre est prêt à être commencé. C’est sûrement en partie cela la notion de « et plus ». A l’instar des sept notes de la gamme musicale, un autre cycle recommence mais à l’octave supérieur.

Quel curieux nombre que le 7 ! Il est aussi l’équilibre, l’harmonie. En effet, dans nos ateliers, ne dit-on pas qu’il faut 7 Maîtres pour qu’une loge soit juste et parfaite ? Notons de même que les mesures du tombeau d’Hiram correspondent à trois pieds de large, cinq de profondeur et sept pieds de longueur.

Les nombres 3, 5 et 7 forment un cycle progressif complet que l’on retrouve dans la description de l’escalier en colimaçon qui parvient à la Chambre du Milieu. Cet escalier qui s’enroule en spirale autour d’un axe vertical est divisé en trois parties ou repos : l’un de trois marches que peuvent figurer les trois ans où l’on est initié aux mystères maçonniques ; le second de cinq marches associées aux cinq ans du compagnon, aux cinq branches de l’étoile flamboyante, aux cinq sens ; enfin, le troisième de sept marches conduisant à la connaissance. Les Egyptiens connaissaient ce symbole comme en témoignent les pyramides à degrés ou bien cet escalier à sept marches que les âmes des morts devaient gravir pour comparaître devant Isis et Osiris afin d’y subir le jugement par la pesée de la conscience.

Puisque la suite 3 – 5 – 7 est un cycle, est-ce que cette suite continue ou bien redémarre-t-elle ? Jacques Trescases dans La symbolique de la mort nous dit que « si le Maître a sept ans et plus, c’est qu’il connaît le huit et surtout le neuf sur le quel son attention a été spécialement attirée : ce sont neuf maîtres sont allés à sa recherche quand il était dans son tombeau et il a entendu les neuf coups de la batterie du grade ».

Autrement dit, si le 7 symbolisait une sorte d’état « d’apesanteur » dissocié des notions d’espace et de temps, le 9 suggère par le son et le rythme perçus une notion de temps subi. 9 c’est le carré de 3. C’est le rythme de notre batterie qui mesure ainsi le temps par trois fois trois coups. On peut y voir par ailleurs une sorte de cycle signifiant le commencement, la durée et la fin des choses. Le neuf a ainsi un aspect limitatif et extérieur à nous-mêmes alors que le 7 évoque plutôt un état qui se manifeste au-dedans de nous. Ne considérons pas pour autant comme négatif ce 9 associé au 7 car la batterie, par son rythme, réalise la mise en mouvement, le cadre nécessaire à notre cheminement de Maître.

Que nous disent les rituels au sujet de ce « sept ans et plus » ?
Quand je dis les rituels, j’évoque ceux que je connais : le Rite Ecossais Ancien & Accepté (ancien et nouveau) ainsi que le Rite Français.
Le REAA « ancien », celui auquel nous travaillons dans notre atelier nous dit ceci :
-« Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire cela ?
- Le nombre 7 symbolise la Connaissance, « et plus » indique que cette connaissance doit s’accroître indéfiniment. »

Le REAA « Cerbu » varie un peu. Il dit cela :
- « Quel âge avez-vous ?
- Sept ans et plus.
- Que veut dire ceci ?
- Que le Maître parvenu à la sagesse est en mesure d’approcher la Connaissance. »

Quant au Rite Français, il propose une définition moins métaphysique et qui se réfère davantage au mythe d’Hiram mais tout aussi chargée de sens :
-« Quel est l’âge d’un Maître ?
- Sept ans et plus.
- Pourquoi dites-vous sept ans et plus ?
- C’est que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple. »

Si l’on se fie à ce que nous dit notre rituel « écossais », le Maître serait en effet à la fin d’un cycle qui lui aurait apporté la sagesse et qu’il serait « en mesure d’approcher la Connaissance ». C’est ce que nous dit « le Cerbu » qui paraît moins encourageant que notre rite actuel qui, lui, révèle que le Maître a la connaissance mais qu’il lui faut l’accroître. En tous les cas, les deux sentences montrent que le Maître est à l’orée d’un autre cycle. D’ailleurs, si l’on en revient au rituel, le Maître n’a pas terminé son parcours après avoir gravi les marches de l’escalier en spirale. Il est monté en dessinant des cercles concentriques autour d’un axe vertical. Cet axe, c’est son soi intime autour duquel il construit tout ce qui représente sa vie, ses intérêts, ses émotions. Arrivé en haut de l’escalier, que fait-il ? Se contente-t-il de contempler ce qu’il vient d’effectuer ? Comme le jugement des âmes propre aux Egyptiens, pèse-t-il à sa juste valeur les plans qu’il a tracés ? Sûrement, car c’est à reculons qu’il est introduit dans la Chambre du Milieu où règne la plus profonde obscurité et la plus grande affliction. En effet, le Maître refait une seconde fois le chemin parcouru mais, cette fois, il le vit « en esprit » pour bien marquer le changement de plan. A l’image de l’escalier spiraloïde, le Maître Maçon se tourne en lui-même, vers son fond le plus enfoui afin « d’approcher » ou « d’accroître » - selon les rituels – la Connaissance. On retrouve là la symbolique de V.I.T.R.I.O.L. Peut-être le Maçon croyait-il enfin atteindre la pleine lumière mais ce sont les ténèbres qui l’attendent ! Il doit même veiller à ce que son tablier et ses mains ne soient entachés d’aucune souillure. Il doit connaître l’épreuve de la mort avant de passer à une nouvelle étape : celle de la résurrection. Auparavant, il doit quitter le tombeau qui mesure trois coudées de large, cinq de haut et sept de long qui s’associent aux âges des trois grades. Hiram ou le Maître qui l’incarne quitte donc un univers limité à trois dimensions pour un univers au-dessus, celui de la Connaissance. Il est capable de cela grâce aux cinq points de la Maîtrise qui lui insufflent une nouvelle énergie qu’il devra utiliser à bon escient quand il voyagera de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient c’est-à-dire de la lumière vers les ténèbres et vice-versa.

Quel cycle va-t-il entamer maintenant ? Celui, je pense, de répandre la lumière.

Voilà, le Maître en mesure d’approcher la Connaissance comme nous le dit notre rituel. Mais cela s’apparente à de la petite métaphysique maçonnique. Tout cela ne prend son sens véritable que si nous pouvons nous en servir pour modifier nos conduites. Approcher la Connaissance, c’est d’abord se connaître soi-même. La devise de notre Rite n’est-elle pas ce vieil adage :

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux » ?

Si l’on fait le parallèle avec la formule « sept ans et plus », sept ans, c’est peut-être le temps nécessaire pour se connaître tandis que « et plus » serait cette perception du divin. Que représente pour moi ce « connais-toi toi-même » ou cette « approche de la Connaissance » ?

En premier lieu, c’est connaître ses réactions mentales (pulsions, émotions, instincts) et corporelles c’est-à-dire devenir maître de soi.

Mais prenons l’exemple d’une situation concrète et banale de la vie de tous les jours car on n’est pas Maître Maçon qu’un samedi soir par mois : un événement nous contrarie et déclenche chez nous une attitude colérique – je prends volontairement un exemple qui m’est connu. On se dit à ce moment qu’il faut avoir une attitude modérée, mesurée comme le ferait tout bon franc-maçon et l’on essaye tant bien que mal de ne pas laisser apparaître cette conduite, de la masquer en la refoulant. Cependant, l’état intérieur de colère n’a en rien disparu. Alors, que faire pour se dépouiller de ce métal ?

Tout le travail sur soi, autrement dit devenir maître de soi, consiste à retrouver ce centre immobile qui, lorsqu’il est confronté à une situation « sensible » restera immuable, imperturbable ou infiniment moins colérique. Comment ? Par des exercices associant le corps et l’esprit où l’on apprend à domestiquer nos réactions mentales et épidermiques, à maîtriser ses cinq sens. Les gestes, les postures que nous pratiquons en loge sont une invitation à cela. Il me semble que ces rares moments ne suffisent pas. A nous, par le sport, la relaxation, le yoga ou que sais-je encore de développer cette connaissance. Celle-ci ne doit pas en rester à un plan purement conceptuel par trop métaphysique mais s’appliquer à un plan pratique, existentiel. Même si au grade de Maître on entend souvent dire que l’esprit domine la matière, il me semble quand même que l’on doive accorder une place éminente à notre matière. Nous ne connaissons guère notre corps et sommes peu intéressés par son fonctionnement non pas au sens anatomique du terme mais au sens de l’association corps/esprit. Autrement dit, se connaître soi-même ne revient pas uniquement à connaître son mental, son esprit, son intellect, sa psyché. Les alchimistes, me semble-t-il – mais je ne maîtrise pas le sujet – ne distinguaient pas esprit et matière.

En second lieu, je dirais que se connaître revient à « rassembler ce qui est épars ». A l’instar d’Isis qui rassemble les parties du corps démembré d’Osiris, il s’agit, comme je viens de l’évoquer, de rassembler le corps et l’esprit mais également de réunir ou plutôt de réunifier ce qui au cours de notre vie et de notre parcours maçonnique a été remarquable : les bonnes choses comme les mauvaises.

Je repense à l’image de ce franc-maçon qui, après avoir gravi les sept marches, doit se retourner et contempler le chemin parcouru.

Un périple vient de s’achever ; un autre va commencer. C’est la porte ouverte sur l’Inconnu, au-dessus de la pesanteur terrestre, un voyage dans cette voûte étoilée sur laquelle s’ouvre notre temple, dans ce Cosmos infini, tellement immense que l’on pourrait s’y perdre mais qui est paradoxalement l’endroit où l’on peut se trouver.

Donc, avoir « sept ans et plus », c’est savoir que ce que nous avons appris jusqu’à présent n’est rien ou n’est qu’un commencement auprès de ce qu’il reste à apprendre. On rejoint par là ce que nous dit le rituel : « être en mesure d’approcher la Connaissance ». Cela revient à découvrir par soi-même, par l’intérieur, sous les symboles, la Vérité ou tout au moins une parcelle de Vérité.

Avoir Sept ans et plus, c’est faire son Devoir. Non pas un devoir imposé, contraignant, une action pénible mais plutôt un devoir à caractère sacré. Je m’explique. Il convient d’accepter d’abord ce qui nous incombe en tant que Maître : l’assiduité, le travail, s’instruire et instruire, le bien de la loge et des frères qui la composent, ne pas être incité à l’action par l’espoir du résultat sans pour autant se complaire dans une inertie pesante. Je dirais que c’est cela le devoir de base. Mais, il existe un Devoir plus sacré encore : c’est l’acceptation de ce qui nous échoit, de ce qui fait notre vie, notre parcours, nos épreuves. Tout cela est à considérer comme les opportunités nécessaires à notre progrès ultérieur. Autrement dit, une sorte d’alchimie qui consiste à tirer de chaque épreuve, de chaque problème, la substance qui alimentera notre parcours. Enfin, je dirais que le Devoir c’est l’obéissance volontaire à ce qui nous relie au Divin.

Un rituel compagnonnique nous dit quelque chose d’un peu semblable à propos du Devoir :
- Quel serment vous a-t-on fait faire ?
- De soutenir mon Devoir.
- Qu’entendez-vous par Devoir ?
- Il m’est impossible de vous le dire. C’est comme une prière mais je ne m’en souviens pas.

Avoir Sept ans et plus, c’est alimenter sans cesse notre flamme, répandre la lumière autour de nous.

Avoir Sept ans et plus, c’est … beaucoup de choses. Des choses qui ne peuvent se dire ou pas encore se dire car elles appartiennent au Maître intérieur.

Source : www.ledifice.net

Par G\ R\ - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:52

En Franc-maçonnerie et suivant le Rite choisi par la Loge, un Chandelier à Sept branches est posé sur le plateau du Vénérable Maître. Diverses interprétations font autorité selon qu’il s’agit d’un symbole hébraïque (la ménorah), égyptien ou plus prosaïquement maçonnique. Le Chandelier qui possède 7 branches rappelle que dans toutes les traditions ce chiffre symbolise l’union entre le Ciel et la Terre (3 le chiffre du ciel + 4 celui de la Terre et ses points cardinaux). Il est le centre et indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Au presque sommet de notre hiérarchie, les 7 échelons de l’échelle des Kadosh (30e degré de la Maçonnerie Ecossaise) indiquent le nombre d’états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la Terre au Ciel et d’atteindre la perfection du Grand Architecte de l’Univers.

Le Chandelier à Sept branche dans l’iconographie juive

La Menorah est l’emblème le plus répandu de l’iconographie juive choisi pour représenter l’Etat d’Israël. Une description minutieuse de ce chandelier en or, qui ornait la face sud du Sanctuaire de la Tente du Rendez-vous et du Temple de Jérusalem, est donnée dans l’Exode. Il est manifeste que cet objet évoque un arbre, un amandier ou un palmier. En fait le modèle serait un arbuste du type sauge qui pousserait sur le mont du Temple à Jérusalem. Le mot Menorah évoquerait la lumière, mais aussi la chaleur. Prenant racine soit dans la Terre, soit dans le Ciel par ses branches, l’arbre-chandelier faciliterait une forme de communication entre le haut et le bas. Les kabbalistes voyaient un Arbre de Vie dans ce symbole cosmique. La Menorah est pour le Peuple juif le Symbole de la lutte pour son indépendance, de sa victoire contre l'oppression étrangère et un symbole de continuité entre le passé et le présent. Le mot "Ménorah" hrwnm vient de la racine « rwn » qui est une expression Chaldéenne signifie "FEU". On retrouve cette même expression dans Daniel 3:6 ... "feu ardent"... "Noura YaKideta".    
La tradition biblique du chandelier commence au mont Sinaï, après la révélation de Dieu aux Hébreux et la divulgation de la Torah. Au chapitre 25 de l'Exode, Dieu demande à Moïse de réaliser un chandelier d'or pur, d'une seule pièce, une branche centrale et trois de chaque côté. Elle devait brûler sans cesse et le nettoyage des tubulures se faisait chaque soir par les Lévites (lisez les passages Bibliques suivants : Exode 25:31 à 40 - Exode 37:17 à 24 – Nombres 8:2 à 4 et II Chroniques 13:11). La "Ménorah" était alimentée d'huile d'olive spécialement pure, vierge et provenant d'olives concassées spécialement par cet usage (Exode 27:20 à 21).
Ce chandelier devant être placé dans le Saint (ou Sanctuaire) de la Tente du Rendez-vous dans le désert, pour témoigner de la relation permanente et réciproque entre Dieu et son peuple. Le Saint des Saints de la Tente, espace contigu au Sanctuaire mais secret et interdit, abritait les tables de la loi ainsi que les chérubins entre lesquels on pensait que la Présence divine se déployait. La "Ménorah" était donc dans l'Arche au désert ainsi que dans le Temple de Jérusalem, un des symboles prophétiques des plus importants ! Elle était placée dans le "Lieu Saint" (la tente du Rendez-vous) et avant le "Lieu Très Saint" (le Sanctuaire). Sur le plan historique, la Ménorah est restée allumée pendant une période de plus de quinze siècles, à l'exception de deux interruptions, lors de son vol par Nabukhanetsar, après le destruction du premier temple, et lors de l'exil des Judéens à Babel qui a duré 48 ans et lors de la profanation du deuxième Temple par Antiochus Epiphane, pendant 11 ans. Lors de l'exil de Babel, les juifs ont adopté la Ménorah comme emblème: après avoir représenté la lumière intérieure d'un peuple constitué en nation, désormais elle représentait la nation juive disloquée et dispersée. Pour Philon d'Alexandrie, philosophe juif de l'époque romaine, le chandelier était l'image du ciel, avec le système planétaire au centre duquel brille le soleil: il pouvait donc illustrer la vie éternelle, et c'est peut-être à ce titre qu'on le trouvait sculpté sur les sépultures juives de Rome. Historien du 1er siècle, Flavius Joseph décrit le chandelier ainsi: "il y avait un chandelier d'or non pas massif, mais creux par le milieu: il était enrichi de petites boules rondes, de lys, de pommes de grenade; il était composé de sept branches, en relation avec les sept planètes"
Toujours est-il qu'après avoir détruit le deuxième Temple, l'empereur romain Titus captura le candélabre et ordonna à ses sculpteurs de le reproduire dans tous ses détails sur l'arc de triomphe célébrant sa victoire sur la Judée: il imaginait ainsi avoir éteint pour toujours la lumière d'Israël en se l'appropriant; on peut voir cette sculpture aujourd'hui sur la face intérieure de l'une des colonnes de l'arc de Titus, dans le Forum romain. Au gré des invasions, le chandelier changea de mains plusieurs fois puis disparut.
II ne faut pas confondre la Ménorah chandelier à 7 branches ordonné par l'Eternel pour le Temple avec la "HanouKiath" chandelier à 8 branches plus 1 pour l'allumage, et qui rappelle la victoire de Juda Maccabi sur Antiochus Epiphane en 165 avant Y.M. (Voir TMPI n°103 - Une lumière ... Hanoucah ou Noël). Cette Ménorah à 7 branches typifie le Messie Yéshoua qui est la lumière du Monde. En effet, elle représente les 7 flammes du Nom de Yéshoua et aussi les 7 qualités d'Esprit énumérées en Isaïe « 11:1 à 2... Un rameau sortira du tronc d'Isaïe, un "Netzer" (rejeton) naîtra de ses racines L'ESPRIT DE L'ETERNEL reposera sur lui, ESPRIT de sagesse, d'intelligence de conseil, de force, de connaissance et de crainte de Dieu (ou soumission) ». Dans l'Apocalypse (ou Révélation) iYéshoua est représenté derrière LA MÉNORAH dont les 7 lumières représentent les 7 "Kéhilots" ou "Assemblées" que les Chrétiens appellent "Eglises" : Apocal. 7:12 à 16 et v.20. Il est évident que le texte parle de 7 lampes allumées et non 7 chandeliers ! Enfin ce chandelier ou Ménorah est aujourd'hui le symbole prophétique par excellence : Une Ménorah gigantesques se dresse devant la Knesseth (parlement Israélien) et le blason du pays d'Israël est un chandelier encadré de deux branches d'oliviers (Israël et l'Eglise des gentils issus tous deux de l'olivier Biblique : lire Zach. 4:2 à 3 et Rom. 11:16 à 24.).

Le Chandelier à Sept branches dans les temples égyptiens

Dans la tradition égyptienne, les sept branches du Chandelier auraient pu représenter les différents bras du Nil ou encore le Soleil et les planètes connues à cette époque. Cependant, Le Temple, comme plus tard celui de Salomon figurait le Cosmos, et dans un grand nombre de chambres de ces temples figurait un candélabre à sept branches en or. Placé dans le Saint des Saints, du côté Sud du Tabernacle (le Naos), il représentait Saturne, le Soleil, la Lune - deux branches chacun – soit les trois périodes du développement de l’homme avant de s’incarner. La septième branche ayant une lampe alimentée par de l’huile d’olive pure, représentant la lumière spirituelle.

Le Chandelier à Sept branches dans la tradition maçonnique

Dans la tradition maçonnique, l’homme est replacé au centre de son Univers. L’Initiation qui caractérise son devenir ne lui enseigne rien, mais lui suggère quelques directions à explorer avant de s’engager dans une voie où les certitudes sont chaque jour remises en question. Dans le Chandelier à sept branches, l’homme antenne qui vibre entre les énergies cosmique et tellurique est symbolisé au centre d’une croix dont la branche verticale est enracinée sur la Terre pour s’élever vers le ciel, et une branche horizontale définissant son positionnement sur la Terre. Symboliquement, celui-ci possède un Corps, une Ame et un Esprit que l’on peut figurer par des cercles concentriques. Si comme le prétendait Hermès Trismégiste dans sa table d’Emeraude, que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, nous pouvons séparer ces deux parties et découvrir le sens de notre évolution spirituelle. Le Chandelier à sept branches symbolise donc le point de rencontre entre deux mondes (matériel et spirituel). Ce changement de plan marque ce que peut être le Midi des Maçons cherchant à s’élever en spiritualité. Avant l’ouverture des travaux, une seule étoile est allumée. Elle symbolise la présence de la lumière que nous venons partager dans le temple. C’est à partir de celle-ci que s’allumeront toutes celles qui éclaireront notre espace sacré.

Au premier degré du Rite d’ouverture de nos travaux, deux étoiles viennent s’y ajouter suggérant d’une part, que travaillant au progrès de l’humanité nous constituons « le corps matériel » de cette Grande Fraternité qu’est la Franc-maçonnerie, et que d’autre part, nous sommes censés limiter notre travail sur notre « corps ethérique et spirituel ». A ce niveau de conscience, éclairé par ces trois flammes reliant notre monde à celui d’en haut le Maçon s’engage à explorer en lui-même les arcanes du connais-toi toi-même.

Au second degré, le Compagnon s’identifie aux arts libéraux et créé des images mentales lui permettant d’agir sur son subconscient. Il est l’âme de la maçonnerie, celle qui transforme et modèle la matière en utilisant les outils symboliques qui lui sont confiés. Il est l’artisan qui réalise les projets du Maître. Dans le domaine spirituel il travaille sur son corps astral, celui-ci de son Âme. C’est pourquoi, sur le plateau du Vénérable Maître, le Chandelier à sept branches s’allume alors de cinq étoiles.

Au troisième degré, le Maître est spirituellement censé avoir acquis les deux précédents niveaux de conscience. Il a appris à maîtriser son corps subtil et, parallèlement, s’est familiarisé avec la méthode maçonnique qui l’a conduit sur la voie de sa révélation. Maître vis à vis de lui-même et non par rapport aux autres, il possède les outils qui vont lui permettre de continuer à progresser en toute liberté. Parvenu au savoir de lui-même, il a bouclé la boucle du connais-toi toi-même et il se doit de partager son expérience en aidant ses Frères sur la voie de la connaissance et du respect de la règle initiatique qui l’a guidé tout au long de son parcours. Sur le plateau du Vénérable Maître, Le Chandelier à sept branches s’allume alors de sept étoiles, l’informant que désormais il travaille sur l’esprit de l’Ordre qu’il s’est engagé à servir. Devoir de transmettre l’esprit de ses mystères sans en altérer le sens. Devoir de servir, et non de se servir.

J'ai dit

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/symbolisme-du-chandelier.html

Par Robert MINGAM - Publié dans : Planches
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Lundi 17 décembre 2012 1 17 /12 /Déc /2012 05:50

L’origine du 7 pourrait venir du sanskrit sapta Ce terme est utilisé dans les textes sacrés de l’Inde, il est synonyme de l’idée de sagesse, d’océan, de montagne ou d’île-continent.

Il pourrait venir également du latin septem.

Tarot maçonnique : le 7, c’est le chariot, car : la maîtresse est censée avoir acquis un certain degré de maîtrise d’elle-même comme Hercule après ses travaux, Ulysse après ses péripéties. La maîtresse a triomphé des tentations, des épreuves et des difficultés. Elle maîtrise les énergies.

Tarot d’après Bayard : Association du 3 et du 4. Le triangle surmontant le carré, l’âme s’associant au corps. 7 est le nombre du monde sidéral, ce domaine des astres qui a une influence paraît-il sur notre destinée.

7 somme du chiffre du ciel 3 et du chiffre de la terre 4 représente l’union entre Dieu et les hommes. 7 c’est le centre. Le monde fut, d’après la tradition chrétienne créé en 7 jours.

Le triangle 3 surmontant le carré 4 = 7 représente également la connaissance issue de la matière et la dominant.

7 indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. 7 nombre des cieux est aussi selon Dante celui des sphères planétaires auxquelles les Cathares faisaient correspondre les 7 arts libéraux.

Le nombre 4 qui représente la terre et ses points cardinaux avec le 3 du triangle qui évoque le ciel = 7 qui représenterait la totalité de l’univers.

7 est pour les égyptiens symbole de la vie éternelle. Une tradition Hindoue attribue au soleil 7 rayons, 6 correspondent aux directions de l‘espace, le 7ème au centre. Si une maîtresse maçonne était perdue, on la retrouverait entre l’équerre et le compas ou bien au centre du cercle. Les chaldéens invoquaient 7 dieux.

Au 6ème siècle il existait en Grèce un groupe formé de législateurs et de philosophes désigné sous le nom de 7 SAGES dont le plus ancien est Thalès de Milet célèbre pour son fameux théorème : toute parallèle à la base d’un triangle divise celle-ci en deux triangles semblables de côtés proportionnels.

Dans le rituel du 3ème degré, la V S 2ème surveillante vient de l’orient. Les secrets véritables de la maîtresse maçonne ont été perdus par la mort du respectable Maître Hiram.

Les travaux sont ouverts en chambre du milieu. A la clôture des travaux, à la question d’où venez-vous, la V S 2ème S répond : de l’occident où nous avons cherché les secrets véritables de la maîtresse maçonne.

Dans l’instruction au 3 ème degré, à la question de la V S 1ère S : comment êtes-vous parvenue à la chambre du milieu, la V S 2ème S répond : en montant un escalier tournant comportant 3, 5 et 7 marches séparées en deux repos.

Autre question : quelles étaient les dimensions du tombeau du R M Hiram : 3 pieds de largeur, cinq de profondeur et 7 de longueur.

Les 7 échelons de l’échelle des Kadosh de la Maçonnerie Écossaise c’est le nombre des états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la terre au ciel.

Le nombre 7, rituel au 3ème degré symbolise la connaissance qui doit s’accroître indéfiniment.

Les 7 péchés capitaux : orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère et paresse. La Franc-Maçonne doit laisser ses métaux à la porte du temple. Le rituel maçonnique nous invite à un cheminement.

Le 7 comporte une anxiété car il indique le passage du connu vers l’inconnu. Selon Saint Augustin, il mesure le temps de l’histoire, le temps du pèlerinage de l’homme.

On prête à Hippocrate cette phrase : le nombre 7 par ses vertus cachées, maintient dans l’être toutes choses ; il dispense vie et mouvement.

La maîtrise implique une transformation totale et profonde du comportement. La maîtresse est morte au monde pour renaître dans toute sa splendeur. Elle est devenue la fille de la lumière. A ce moment là, la maîtresse est un ensemble parfait comme la rose aux 7 pétales qui évoque les 7 cieux, les 7 hiérarchies angéliques, tous ensembles parfaits.

Les 7 degrés de la perfection nous permettent d’atteindre le Grand Architecte de l’Univers.

Les circumambulations de la Mecque comprennent 7 jours. Ce rite est vieux comme le monde. Je pense immédiatement aux Indiens d’Amérique déambulant les uns derrière les autres autour d’un feu central et également aux rondes enfantines et puis encore aux feux de la Saint Jean. En maçonnerie, les participants à la circumambulation évoquent les compagnons désignés par le Roi Salomon pour rechercher le corps d’Hiram.

Le travail comporte une lutte continuelle contre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition que représente les 3 compagnons. Pourquoi 3 ? On revient au début du cycle on ne sait ni lire ni écrire, on ne sait qu’épeler.

Hiram est mis à mort par des ignorants qui ont compris par la suite l’inutilité de leur crime.

La mort d’Hiram est comparable au grain de blé : si le grain de blé ne tombe en terre, s’il ne meurt il reste seul. Mais il meurt, il porte beaucoup de fruits et c’est un fruit qui demeure.

7 c’est la vie éternelle mais il faut passer par la nuit pour renaître (mort d’Hiram). Le 7 symbolise un cycle complet, une perfection dynamique.

Que faut-il pour qu’une loge soit parfaite : 3 la dirigent, 5 l’éclairent ,7 la rendent juste et parfaite.

Le 7 dans la bande dessinée : Tintin et les 7 boules de cristal (BD que l’on peut lire de 7 à 77 ans) et au-delà bien sûr…

Le héros de cette bande dessinée est averti, les épreuves qui l’attendent sont terribles, il va d’abord subir le rite de passage : il va arriver de l’état de conscience ordinaire à une position d’ouverture aux exigences profondes et mystérieuses du SOI. Le héros est sur la voie de l’harmonie et de la paix à l’intérieur de lui-même et avec les autres.

Hergé dans ses BD fait apparaître les aspects du parcours initiatique : peur et paix, souffrance et bonheur, action et méditation. Dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière. ( On pense bien sûr au pavé mosaïque et au voyage dans le labyrinthe ).

Le 7 dans les contes : Les bottes de 7 lieues. Dans le conte, les bottes sont magiques, elles permettent de parcourir sept lieues en une seule enjambée.

L’origine remonte au 17 ème siècle, les bottes étaient utilisées par les postillons entre deux relais de poste distants d’environ 7 lieues. Ces bottes assuraient une protection des jambes en cas de choc ou de morsures.

Les bottes de 7 lieues rappellent les rapides sandales de Persée, les talonnières d’Hermès, les chaussures d’or d’Athénée dans l’Odyssée.

Dans le petit Poucet, le chiffre 7 apparaît 4 fois : la fratrie est composée de 7 garçons, l’ogre à 7 filles, les bottes sont de 7 lieues et Poucet est âgé de 7 ans.

Blanche Neige et les 7 nains représenteraient les 7 péchés capitaux qui vont se transformer peu à peu en 7 vertus par l’amour que se porte mutuellement l’héroïne et les nains.

Dans les contes il est dit que 7 exprimerait les 7 états de la matière, les 7 degrés de la perfection, les 7 étapes de l’évolution.

La rose croix a deux symboles, la croix et la rose. Pour les rosicruciens qui la placent souvent au centre de la croix, la rose symbolise le sang du Christ répandu lors de la crucifixion et ses 7 cercles de 7 pétales représentent les 7 stades de l’initiation spirituelle.

Le 7 au cinéma (appelé 7ème art) : 7 mercenaires défendent gratuitement un village du Mexique contre les bandits. La trahison de quelques villageois les font capturer. Libérés, les mercenaires reviennent et continuent leur travail au péril de leur vie. (Hiram a lui aussi été trahi par ses amis compagnons).

Les 7 merveilles du monde qui d’ailleurs vont changer en 2007 rappellent la diversité des genres d’architecture : funéraire, cosmologique (pyramide), civile (phare) et religieuse (temple) statuaire et architecture de jardins.

Pour moi : le mausolée d’Halicarnasse, la pyramide de Chéops, le phare d’Alexandrie, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie et le temple d’Artémis à Ephèse.

7 c’était le chiffre d’Apollon dieu grec du soleil et d’Ishtar déesse babylonienne de la fertilité.
Les alchimistes attribuaient aux 7 métaux (argent, cuivre, « tain, fer, mercure or et plomb, une divinité et une couleur fondamentale.
Le septénaire règle en principe la vie de l’homme :
v Après 7 mois de gestation, le foetus est viable,
v À 7 mois apparition des dents de lait qui seront perdues à 7 ans,
v 7 ans c’est l’âge de raison, c’est quand même un peu jeune !

L’heptagone est une forme géométrique à 7 côtés. Au sol, les anciens géomètres utilisaient une corde à 13 noeuds équidistants qu’ils disposaient en triangle et dont-ils renouvelaient la rotation 7 fois autour d’un centre.

Les 7 pointes de la couronne portée par la statue de la liberté en rade du port de New-York représentent les 7 continents.

Le septentrion est une constellation des 7 étoiles de la petite et de la grande ourse désignées comme étant les 7 voies ou septem triones qui en langage poétique désigne le nord.

Les 7 piliers de la sagesse : en 1926, Thomas Edward Laurence publie cette autobiographie. L’auteur fait la description entre autre des vertus et des défaillances d’une race aux pulsions brutales. Mais n’importe quel être humain a ses défauts et ses qualités. Pour concevoir ni préjugés ni jugements il faut un travail de longue haleine sur soi-même. C’Est-ce que la Franc Maçonne essaie de réussir.

On raconte que Pythagore demandait à ses disciples de méditer durant 7 ans sur certaines figures géométriques fondamentales comme le cercle, le point, la croix ou le triangle.

Dans le Zohar traité ésotérique juif à la base de l’enseignement de la kabbale qui date du 12ème ou 13ème siècle, il est mentionné :
7 fautes majeures : l’orgueil, le crime, l’envie, la colère, l’impureté, la concupiscence et l’idolâtrie.

Le chandelier à 7 branches selon la tradition hébraïque symbolise la divinité et la lumière.

Abordons la religion chrétienne qui reconnaît 3 vertus théologales (la foi, l’espérance et la charité) et 4 vertus cardinales (le courage, la justice, la sagesse et la tempérance).

Au 7ème mois, le 17ème jour, l’arche de Noé s’arrêta sur les monts d’Ararat.

Le nombre 7 est caractéristique de Marie :
« Les 7 mystères du chapelet commémorant les douleurs de Marie,
« La couronne que porte Marie est au coeur de 7 roses et de 7 poignards piqués sur son coeur,
« Les 7 fêtes de Marie que sont purification, annonciation, visitation, assomption, nativité, présentation de Marie et immaculée conception.

Le 7 revient souvent dans l’apocalypse, (40 fois exactement) c’est la clé de l’évangile de Saint Jean. La bête de l’apocalypse et l’hydre de Lerne avaient 7 têtes.

On trouve dans la religion 7 archanges, 7 chérubins ,7 séraphins, les 7 dons du Saint-Esprit, les 7 sacrements, les 7 paroles du Christ sur la croix, les 7 patriarches, 7 candélabres d’or, les 7 invocations du Pater le livre aux 7 sceaux.

Chaque plaie d’Egypte a duré 7 jours. Pharaon a rêvé de 7 vaches et de 7 épis de blé.

Le Saint temple contenait 7 portes d’entrée. Salomon construisit le temple en 7 ans.

Lors de la prise de Jéricho, 7 prêtres portant 7 trompettes doivent le 7ème jour faire 7 fois le tour de la ville.

Le naja d’Angkor a 7 têtes et Boudha a 7 emblèmes de même que Boudha a mesuré l’univers dit-on en faisant 7 pas dans chacune des 4 directions.

Les 7 chakras des hindouistes appelés roues, lotus ou centres subtiles.

Sil y a 7 sons dans la gamme, il semble que ce soit à cause du mouvement des astres.

Sous le cercle du zodiaque, il y a 7 astres errants. En ajoutant la terre, s’explique le huitième degré de l’échelle diatonique (d’après Aurélien) et Saint Ambroise d’écrire plus tard, « l’octave c’est la perfection ».

Seshat la déesse égyptienne de l’écriture, astronomie, astrologie est représentée avec une rosette à 7 branches au-dessus de la tête assimilée à une couronne.

Je peux encore citer : le jeu des 7 familles, les 7 cordes de la lyre d‘Orphée, le boeing 777, les 7 ouvertures du crâne, les faces opposées d’un dé à jouer font toujours 7., le bateau à 7 mâts.

7 sphères dans le système de Ptolémée savant grec. Il imagina et développa un système cosmologique ingénieux apte à rendre compte des mouvements astronomiques.

Et enfin, question mariage, l’idéal était-il de se marier le 7/7/2007 pour atteindre le 7ème ciel, mais avant de prononcer le oui fatidique, tourner sa langue 7 fois dans sa bouche, choisir comme véhicule une BMW série 7, partir en voyages de noces par la RN 7 et souhaiter aux mariés beaucoup de bonheur celui de dépasser les noces de laine (7 ans de mariage) pour fêter 7 décennies de vie commune entourés de 77 petits et arrière petits enfants et enfin arriver aux noces de platine le 7/7/2077.

Source : www.ledifice.net

Par A\ O\ - Publié dans : Planches
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Dimanche 16 décembre 2012 7 16 /12 /Déc /2012 09:22

Cette modeste étude comparative porte sur quatre points de convergence qui peuvent rapprocher des intellectuels musulmans des idéaux maçonniques. D’abord les structures médiévales des corporations et confréries musulmanes dont Louis Massignon, Henri Corbin, René Guénon, Faouzi Skali ont montré les ressemblances avec les organisations sœurs comme le compagnonnage en Europe. La philosophie mutazilite peu connue en Occident a été très audacieuse et revient en première ligne. Le mouvement démocratique dans le monde musulman s’est développé malgré l’autoritarisme des régimes ; le printemps arabe de 2011 en est un épigone. Enfin, la création de loges au Proche et Moyen Orient s’est effectuée au XVIIIe siècle en même temps qu’en Europe ou en Amérique lorsque les franc-maçonneries ottomane, égyptienne, arabe auront tissé des contacts très approfondis avec les loges-mères anglaise, française ou italienne. C’est que, dans cette interaction culturelle entre Proche-Orient et Europe, plusieurs mythes sont communs ; le drame d’Hiram aurait un antécédent en Egypte, vers 1500 av .J.C. lorsqu’un architecte fut assassiné dans des circonstances obscures, tel que relaté sur des ostracas, ou en Iran où le meurtre de Zoroastre sera repris dans la commémoration annuelle chiite de celui de Hussein petit fils du Prophète à Kerbela (Irak).
I- Corporations et confréries en Islam
La structure initiatique des corporations est attribuée à un héros éponyme, Salman Al Farisi, mazdéen converti à l’islam. Devenu barbier du Prophète, il serait revenu comme gouverneur à Mada’in (Ctesphon), en Irak où il aurait organisé les corporations de 51 métiers reconnus, qui existaient dans la culture mazdéenne et auxquelles il donnera des bases musulmanes. Salman établit une doctrine de l’honneur artisanal, appelée « futuwwa » dont la base reposait sur un consensus hiérarchique, un rituel initiatique et la qualité du travail bien fait. On eut ainsi un maillage presque complet de toutes les catégories professionnelles d’artisans reconnus, qui assuraient une formation professionnelle mais aussi humaniste, à l’image de celle des « Compagnons du Devoir » d’Europe. Elle s’étendait aux non-musulmans, chrétiens, juifs, mazdéens, sabéens, hindous très présents dans les métiers d’orfèvrerie, de la décoration, ou comme médecins.
. Le calife Al Nasser (1180-1224) créera à l’intention des hauts fonctionnaires une corporation d’honneur dont les membres prêtaient serment d’allégeance au calife lui-même qui leur donnait le mot secret et les associait, par un système hiérarchisé qui remontait à la tête de l’Etat, dans une assistance inter fraternelle, un échange de services, dans l’esprit de pureté morale. Le sultan ottoman Mourad 1er (1360-1389) fera de même, établissant pour la dynastie ottomane une tradition de compagnonnage adoptée par ses successeurs.
L’esprit corporatif s’étendit aux métiers susceptibles d’entacher la pureté des croyants tels les crieurs publics, les maquignons, les changeurs, les cambistes, les huissiers du tribunal, les courtiers d’esclaves, les éleveurs de pigeons, les danseurs, les baladins, les indicateurs, les femmes, les courtisanes, les pleureuses (aux enterrements), les entremetteuses. Les corporations furent toujours hiérarchisées et organisées ; à leur tête un Maître, qui représentait la profession devant les autorités locales ; puis les maîtres propriétaires d’atelier, les compagnons vêtus d’un tablier distinctif, et les apprentis. Les corporations organisaient des défilés pour célébrer la circoncision des fils du sultan, le mariage de ses filles, les victoires de ses troupes. Pendant plusieurs années consécutives, le débutant (mubtadi) ne percevait aucun salaire ; mais appartenir à un corps était en soi un privilège car cela permettait d’être reconnu capable de produire un travail de haute qualité et d’ouvrir leur propre atelier.
L’entrée dans la corporation était solennisée : le cheikh passait un châle autour du la taille de l’impétrant et le nouait par des torsions successives. Une coupe d’eau salée devait être absorbée trois fois par le récipiendaire exprimant son intention de dire vrai (charia), de voir vrai (tariqa), de devenir vrai (haqiqa). A la fin de la cérémonie d’initiation on lui remettait un pantalon bouffon, puis une cordelière, ceinture de tablier (shadd) ou un baudrier. Puis on lui enseignait les signes de reconnaissance et les mots de passe. Les apprentis devaient également « voyager » en se rendant sur les tombes des Grands Maîtres de la corporation et suivre un enseignement des symboles, relatifs aux Prophètes du Coran. Les rituels s’accompagnaient de chants allusifs au Prophète et à ses compagnons.
Thierry Zarcone a montré que les loges ouvertes dans l’empire ottoman au XVIIIe siècle avaient emprunté aux corporations, et aussi aux confréries, leur lexique particulier. Les appellations des 3 premiers degrés étaient celles des corporations : « chirak » (apprenti), « kalfa » (compagnon), « osta » (maître) ; le tablier « peshtemal » dans les ateliers opératifs ; garda ce nom dans la maçonnerie. Chez les Bektachis, on peut trouver les mêmes réponses dans les Instructions (turques) pour le degré d’apprent maçoni et le questionnaire de la confrérie. L’extinction de beaucoup de métiers manuels sont venues à bout de l’esprit corporatif qui aura duré jusque dans les années 193O. Par contre des Compagnons français du Devoir, tailleurs de pierre, s’étant rendus à Damas en 1988, découvrirent que leurs homologues syriens utilisaient des instruments oubliés en Europe, comme la « lombarde », qui servit comme signature de compagnons sur les murs des cathédrales. Le Pr. Massignon souligna l’influence que les corporations musulmanes ont pu avoir en Europe dans le développement des « villes franches ». Ainsi, à Paris, la corporation des bateliers fut assez puissante pour imposer leur symbole comme armes de la ville.
Pour les confréries, c’est à Baghdâd que le Cheikh Abdelqader El Jilani (XIIe siècle) crée la première confrérie (tariqa) qui conserve encore aujourd’hui une réelle influence. Les membres des confréries se retrouveront dans les mosquées, particulièrement le vendredi après-midi, ou dans des locaux, appelés « zaouïa » au Maghreb, « ribât » (« Rabat » au Maroc) ou « khanqa » au Proche-Orient et en Asie Centrale. La confrérie des Chaziliya sera fondée au Maroc au XIIIe siècle, celle des Mevlevis par Jalaleddine Roumi (m. 1273) à Konya, l’Ordre des Naqchbandiyya en Asie Centrale par le Cheikh Behaeddine Naqchbandi au XVe siècle, celui des Tijaniyya au Maroc (XVIIIe siècle). Au XIXe siècle, les Senousiyya en Libye, les Mirghaniyya au Soudan, les Rifaïyya en Somalie seront constitués en confréries par trois disciples d’un même cheikh marocain à la Mecque. Les « tariqas » pratiquent l’initiation progressive à 4 degrés : mourid, mouqadem, nasib et cheikh, soumis au respect du secret. L’initié modèle est le Prophète lui-même qui proclame : « Je ne sais pas lire ». L’épreuve dans une caverne de la révélation des premiers versets est comparée à une initiation soufie, car Mohamed en ressort prophète. La translation qui le conduira de Médine à Jérusalem, et de Jérusalem au 7e ciel permet d’acquérir le plus haut grade dans la hiérarchie confrérique. Le voyage est décrit dans Le Livre de l’Echelle de Mohamed ensemble de récits arabes relatant l’ascension jusqu’à Dieu. Les rituels principaux des mystiques soufis sont des litanies, des répétitions d’oraisons, de « remémorations » (dhikr) scandées pour souligner la présence de Dieu ». Comme les yogis de l’Inde, certains disciples ont appris des techniques respiratoires qui les conduisent dans des états de transe spectaculaires. Les initiés se voient remettre un chapelet de 33 grains ( Qadiris), de 66 ou 99 ( Naqchbandis), basés sur la valeur numérique du nom « Allah » qui, en lettres arabes est l’équivalent de 66. Certaines confréries utilisent la danse ; 9 disciples représentent les planètes et tournent autour du Maître-Soleil comme en Turquie, à Konya, les « derviches tourneurs ». Atatürk interdira les confréries en 1924, mais elles ont repris leurs activités et beaucoup d’hommes politiques turcs sont proches de la Confrérie Naqchbandiyya opposée aux radicaux islamistes du nouveau régime AKP.
D’un pays à l’autre, le confrérisme prend des formes très différentes selon l’histoire et l’évolution politique de chaque pays mais il assure, plus que l’islam officiel, une unité certaine des croyants.
II-La Philosophie islamique ; le Mutazilisme
La découverte de la philosophie grecque dans les manuscrits traduits en syriaque puis en arabe sous les premiers souverains abbasside conduira à la formation d’une école « mutazilite » qui essaiera d’imposer une nouvelle exégèse coranique construite à partir d’une grille de lecture philosophique .Ce mouvement qui se forme à Bassorah (Irak) puis à Bagdad est encouragé par le pouvoir abbasside qui admet la supériorité du raisonnement sur les diktats de la foi religieuse. Le philosophe Al Kindi (m.866) l’exprime en ces termes : « Nous ne devons pas avoir honte de la vérité et de la faire nôtre quelle qu’en soit la source ». C’est qu’à l’époque théologiens musulmans, chrétiens et juifs argumentent en toute liberté et les moutazilites vont ainsi s’opposer à un enseignement rigoriste et expliquant les dogmes selon une méthode rationnelle donnant ainsi à la religion musulmane une aisance susceptible de rivaliser avec d’autres idéologies. La doctrine mutazilite affirme deux thèses qui seront contestées violemment une vingtaine d’années plus tard lorsque les juristes salafistes convaincront un nouveau Calife plus faible de les interdire, la non-éternité du Coran : comme tout ce qui est extérieur à Dieu est créé, le Coran, passant par l’audition et la retranscription s’inscrit donc dans l’histoire de l’humanité ; hypothèse en contradiction avec le dogme officiel du Coran incréé puisque c’est la parole de Dieu même. La 2e thèse porte sur le libre-arbitre de l’homme créé comme être responsable et libre, alors que le dogme stipule que tous les actes de l’homme sont accomplis par Dieu…Considérés comme porteurs d’une dérive interprétative, les mutazilites durent s’enfuir en Asie Centrale ou au Yémen où cette philosophie , adoptée plus tard par des chiites, s’est perpétuée malgré les risques. Aujourd’hui le mouvement néo-mutazilite, développé en Tunisie, en Egypte, et dans les universités occidentales reprend force et vigueur et ses adeptes sont parmi les promoteurs intellectuels du Printemps arabe. La défense du libre-arbitre notamment les rapproche de la maçonnerie. Les frères lillois qui baptisèrent leur loge « Averroès » et ceux parisiens, musulmans et non musulmans qui nommèrent leur loge « Emir Abdelqader » ont voulu souligner qu’ils croyaient réellement à un substrat spiritualiste et philosophique commun.
III Les mouvements démocratiques en Islam
Depuis les indépendances, des démocrates arabes démontent le mécanisme du faux retour aux sources, idéalisant le régime islamique de la première époque, prétendant que sa réintroduction dans nos sociétés modernes pallierait les problèmes socioéconomiques contemporains. Ils nous font ainsi découvrir l’utilisation politicienne de leur religion. C’est pourquoi, le Pr. émérite Ali Mérad souhaite redonner à l’exégèse renouvelée ou « ijtihad » l’importance qu’elle avait au Xe siècle. Le Pr Mohamed Arkoun, récemment décédé, argumente de même dans sa Critique de la Raison islamique (1984). L’historien marocain Abdallah Laroui dans son Islam et Modernité montre que l’Etat islamique à l’état pur n’a jamais existé ; en fait l’Etat sultanien abbasside a soumis la Loi à son intérêt séculier, réservant l’appareil califal au domaine de l’utopie, comme l’avait fait Ibn Khaldoun (XVe siècle) : « L’expression « Etat islamique » est en fait contradictoire en elle-même ». Mohamed Charfi qui fut ministre de l’Education en Tunisie n’hésitait pas à dire publiquement : « L’islam de demain implique que la religion soit conjuguée aux temps de la liberté, de l’égalité et de la démocratie avec la révision du droit musulman que cela nécessite ». Khadija Chérif, militante tunisienne des droits de l’homme, à la même époque (1995), s’exprime ainsi dans la presse : « Pour moi, femme, nos premiers adversaires sont les intégristes. En opposant au régime de la charia une démocratie réelle, nous rendrions impossible la contamination islamique ». L’universitaire marocaine, Fatema Mernissi , avec un grand courage , se moque des salafistes : « Cet intégrisme politico-religieux tourne à l’ubuesque puisque pour les islamistes, si l’on sépare l’islam de l’Etat, plus personne ne croirait à Allah, ce qui voudrait dire que l’islam, sans la police, n’a rien à offrir ! ». Le grand poète syro-libanais Adonis regrattait (08/11/1995) que : « L’Islam se soit transformé dans l’esprit de la plupart des musulmans d’aujourd’hui en chaînes et prisons. » L’espace manque ici pour citer le combat mené dans chaque pays musulman malgré la lourde répression que l’on a enfin pu découvrir sur les écrans télévisés cette année même.
L’image de l’islam en Europe souffre des excès antidémocratiques de ses intégristes qui essaient à nouveau de prendre le pouvoir en 2011 en bafouant le « Printemps arabe ». Des universitaires français comme le Pr Mohammed Ferjani se sont mis en disponibilité pour aller soutenir le réveil démocratique de leur pays d’origine. Beaucoup de citoyens de culture musulmane en Europe souhaitent pratiquer leur religion à titre privé et soutiennent ceux des leurs qui mènent le combat de la démocratie et de la laïcité, qui ne sont pas l’apanage exclusif du Nord méditerranéen mais sont aussi puisés dans le fonds culturel arabo-musulman.
IV-Musulmans francs-maçons du XVIIIe siècle à 2011
Les débuts de l’établissement de la Franc-Maçonnerie au Proche-Orient ont bénéficié de facteurs favorables dès le début de l’Islam. La mise en place de confréries religieuses souvent liées à des corporations de métier a conduit les différents peuples de l’Empire abbasside (VIIIe au XIIIe siècle), puis ottoman (XVe au XXIe siècle) à choisir l’expérience initiatique. C’est à Smyrne , en 1738, qu’est ouverte la première loge de l’Empire ottoman puis la Grande Loge de Londres et la Mère Loge écossaise de Marseille ouvriront des loges à Istanbul, Salonique, puis dans les échelles du Levant. D’autre part, Arméniens et Grecs comme les Turcs, chrétiens comme musulmans seront à égalité dans les loges ; le Sultan qui en 1850 établira par décret l’égalité de tous les sujets sera franc-maçon. Il le paiera de sa vie ! A la fin du XIXe siècle, le Grand Vizir Riza Tevfik , dignitaire bektachi, sera également Grand-Maître du Grand-Orient ottoman. Une loge est créée à Alep en 1738 puis en 1760 ; Au Liban, la première loge émanant du personnel cosmopolite de l’Université américaine, en 1873, est présidée par le Libanais Amine Beyhoum. En Egypte, une première loge était apparue à Alexandrie en 1748 puis Bonaparte introduisit les loges militaires qui initièrent des chrétiens, des juifs et des mamelouks musulmans. Plus tard la loge alexandrine Les Pyramides procéda à l’initiation de l’Emir algérien Abdelqader, en 1864, pour remercier cet important dignitaire de la Confrérie Qadiriyya d’avoir sauvé avec 200 de ses compatriotes plusieurs milliers de chrétiens du massacre effectué à Damas en 1860 par les Turcs et la population locale. En Iran, dès le premier quart du XIXe siècle, des intellectuels, conduits par Mirza Malcom Khan créent des loges qui ne seront fermées qu’en 1979 par le régime mollahcratique. Lorsque Jamaleddine El Afghani, réformateur musulman iranien, initié dans une loge stambouliote se rendra en 1882 à Paris et à Londres, des appuis maçonniques lui feront rapidement rencontrer des universitaires, des savants et des hommes politiques .Comme en Egypte, les premières loges algériennes seront militaires ( Bugeaud, Cavaignac, Pélissier, Chanzy, Lamoricière) puis encadrées par des musulmans, le Saint-Simonien Ismaïl Urbain ou le Général Yusuf. La Tunisie plus cosmopolite aura eu, dès 1773 une loge livournaise ; en 1885, le Grand-Orient allumera les feux de la célèbre « Nouvelle Carthage » qui, depuis une quinzaine d’années, soutient un triangle tunisois.
Aujourd’hui même, les frères (et sœurs) peuvent se réunir à Beyrouth, à Amman et à Rabat. Au Caire les maçons se retrouvent discrètement sous le couvert du Rotary ; les frères algériens ou d’autres pays arabes ne peuvent assister à des tenues qu’en France ou dans le reste de l’Europe. C’est pourquoi les maçons européens libres doivent apporter toute leur aide pour soutenir leurs homologues moins favorisés et qui risquent beaucoup s’ils étaient découverts .C’est que les Saoudiens ont traduit en arabe dans les années 1970 le pamphlet anti-maçonnique de Léo Taxil et le diffusent largement dans la presse quotidienne populaire.
En Orient, longtemps, les artisans adhérèrent à des ordres soufis. Aujourd’hui, toutes les classes sociales se retrouvent dans des confréries. De même des membres de confréries adhèrent à des loges maçonniques, n’y voyant aucune contradiction.
Qu’on se rende bien compte, le citoyen du sud ou de l’est de la Méditerranée qui souhaite entrer en maçonnerie y sera poussé par sa propre culture basée sur la recherche initiatique et de ce fait sera en butte aux attaques des islamistes qui n’admettent ni le libre-arbitre ni le refus de l’endoctrinement dogmatique. Est-il si différent de son homologue du Nord qui, pendant des siècles, aura subi les mêmes contraintes ? D’ailleurs, à Annonay, en 1788, le musulman, qui rejoignit la loge locale, s’était déjà rendu compte que sa pratique du culte n’était pas incompatible avec l’adoption d’un rituel maçonnique.
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Source : http://grandorientarabe.blogspot.fr/2012/01/

Par Christian Lochon - Publié dans : Planches
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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 08:34

Au Rite Français Rétabli (RFR), nous apprenons l’existence de Tubalcaïn dans le Rituel de Réception au grade d’Apprentie : « c’est le nom du premier ouvrier en métaux » déclare la TV ;

« c’est le nom de celui qui inventa l’art de travailler les métaux » répond le nouvel initié, aux questions posées successivement par les FF\1ère et 2ème Surveillants.

Dans le Régulateur du Maçon, datant de 1801, le VM dit : « nous avons un mot de passe qui sert parmi nous pour nous assurer encore plus particulièrement que celui qui se présente est maçon ».

Ce mot de passe fait partie des secrets qui vont être confiés à la nouvelle initiée pour avoir accès aux mystères de la F\M\.

D’après la Bible :

Tubalcaïn est le fils de Lamech et un descendant de Caïn et comme tel, il appartient à la septième (et dernière) génération maudite depuis le meurtre d’Abel.

Tubalcaïn (ou Toubal-Caïn) inventa l’Art de travailler le métaux.

Au nom primitif Toubal ou Touval (nom de la tribu d’où il venait) l’élément Caïn aurait été ajouté car dans plusieurs langues sémitiques il signifie « forgeron ».

Dans la mythologie, Tubalcaïn est assimilé à Vulcain pour les romains, et à Héphaistos pour les grecs. Mêmes personnages symboliques et mêmes activités.

A partir de Prométhée, qui déroba le feu aux Dieux pour le donner aux hommes, et, ainsi, améliorer leurs conditions de vie, les forgerons sont estropiés.

La perte de leur intégrité physique est le prix de leur science, ils ont subi la colère d’un Dieu jaloux de leurs privilèges.

Dans les mythes le pouvoir n’est pas tendre avec celui qui connaît les secrets et les divulgue aux dominés ou aux dissidents afin de leur permettre de se libérer.

C’est ainsi que les forgerons sont souvent représentés boiteux, bossus, unijambistes ou nains. Ils furent souvent des parias dans leur communauté car, disait-on, ils devaient pactiser avec le diable pour transformer le minerai dans leur forge, assimilée elle-même à l’enfer.

Ce mot de passe de l’apprenti est différent du mot sacré du 1er degré que le nouvel initié, qui « ne sait encore ni lire ni écrire, ne peut qu’épeler », il fait partie de ce qu’on appelle les « transmissions », c'est-à-dire les gestes ou les mots de reconnaissance. Ce mot de passe a pour but de vérifier si le grade possédé correspond bien à celui des travaux du jour en loge.

Tubalcaïn est « Le Passeur » d’une vie à une autre vie, « l’Initiateur » qui accompagne l’apprentie puis la compagnonne vers le dépouillement, et la transformation vers la re-naissance.

Il fait passer de la grotte / chambre de réflexion, symboles de la mort et de la vie, de la descente en soi, à l’espace sacré qu’est le Tem\.

C’est donc dans l’ombre de la chambre de réflexion que nous nous dirigeons vers la lumière du feu de la forge : symbole de notre Temple, creuset d’initiation et de transmutation.

Pour cette transformation, cette métamorphose, le forgeron débarrasse le métal de ses scories pour lui donner une nouvelle identité, il est l’Alchimiste qui maîtrise l’art de la transmutation et en ce sens il est celui qui permet le passage d’un état à un autre, une nouvelle création.

De même, Ptah, dieu funéraire égyptien, est celui qui, après la pesée de l’âme du défunt, s’occupe de la renaissance de son âme dans la vie d’après la mort.

Le forgeron est un personnage craint et respecté ; craint parce qu’il a le pouvoir de transformer la matière et de maîtriser le feu, et respecté car les instruments créés rendent son activité nécessaire à tous.

Mais ce passeur, ce forgeron qui brise les métaux et les jette au feu en transpirant, en peinant parfois pour les unifier à nouveau, n’est-il pas finalement aussi une représentation de nous même, de notre propre cheminement et de notre conscience tendue vers un idéal qui nous transcende?

Le travail de purification peut s’avérer éprouvant.

Notre imperfection, notre infirmité même de profane boiteuse, nous avons pu la mesurer lors de l’initiation.

Lors de la cérémonie de réception, la néophyte effectue ses voyages en titubant, elle est elle-même « boiteuse », car elle a un pied nu.

Tubalcaïn ne serait-il pas alors le condensé symbolique de notre démarche maçonnique nous donnant à la fois ce vers quoi tendre et les outils pour y parvenir.

Tubalcaïn est un des premiers à transformer la matière en respectant les lois de la nature et non par un quelconque dogme ou par la magie des Dieux. C’est par son propre travail et sa propre création, c’est son intelligence qui le guide.

Les métaux sont extraits de la terre, ils passent d’un état brut à un état purifié, et leur forme est renouvelée en passant par la souffrance, la mort, la transformation et la renaissance en outil, bijou, arme, ou autre matériel.

Travail de force difficile pour faire d’une matière brute un outil très utile dans la vie quotidienne, ou un objet d’Art, les forgerons étaient indispensables dans les villages.

Ce travail de métallurgiste tel qu’il est compris dans Tubalcaïn, nécessite l’emploi du feu afin de parvenir à la fusion qui permet de séparer le métal pur de tous les autres matériaux, chacun ayant un point de fusion différent, et d’écarter ainsi toutes les scories qui l’entourent.

La fusion est le passage d’un corps solide à l’état liquide.

Séparer, purifier, puis, réunir ce qui est épars pour obtenir un nouveau produit, (Ou un nouvel Etre)

Ce travail de métallurgiste est à rapprocher du travail que doit faire l’APP\.

Ainsi on retrouve dans l’initiation les différents éléments :

Le forgeron extrait de la Terre, la matière première,

Il utilise le marteau (ou maillet) pour dominer la matière,

Le feu permet de chauffer les minerais pour diriger la fusion.

L’air active la puissance du feu pour modeler le métal.

L’eau, élément passif permet à la matière transformée, de conserver sa forme en refroidissant la pièce.

Le forgeron domine les feux de l’enfer dans sa forge.

L’initié doit dominer les feux de la passion pour éviter sa destruction, tout est dans la mesure.

C’est ainsi que le travail va progresser pour devenir son œuvre.

L’œuvre au noir : du métal brut, de la mort apparente de la matière.

L’œuvre au rouge : action du feu sur les métaux, symbole de l’embrasement des passions humaines.

L’œuvre au blanc : Métal purifié, unifié, transmué en sa forme nouvelle.

En F\M\, l’Art de travailler les métaux crée la Beauté, intérieure et extérieure, et lorsque nous nous assimilons à Tubalcaïn, c’est de notre œuvre personnelle qu’il s’agit.

Les métauxont aussi leur symbolique.

Tubalcaïn, nous dit la Genèse, travaillait l’airain et le fer. Souvenons-nous que les colonnes du Temple de Salomon étaient en airain.                                                                                                    

- L’airain (alliance de différents métaux dont le cuivre forme la base) est le symbole du jugement divin, d’un jugement capable de percevoir et de définir le Mal.

- Le fer est le symbole de la servitude, de l’attachement à la matérialité, et de l’immanence c'est-à-dire : le non Etre : état de celui qui n’existe que par identification à un autre.

Tubalcaïn n’a pas accès aux métaux nobles comme l’argent ou l’or. Il travaille à partir du réel de sa vie profane avec ses aspects positifs et négatifs. Comme nous il est capable du pire comme du meilleur.

- L’argent est le symbole de la grâce, de la rectification, de la rédemption.                   

- L’or représente ce qui est divin, il est symbole d’immortalité et de transcendance (contraire de l’Immanence).

En maçonnerie les métaux représentent les préoccupations matérielles, le monde profane.

La« confusion » de Tubalcaïn est donc bien son « imperfection ».

Cependant, le travail qu’il conduit est un préalable à tout accès à la Connaissance.

Nous-mêmes sommes souvent engluées dans la confusion de notre être, nous essayons de sortir de nous, de nous comprendre, de faire le tri de l’intime, de l’authentique et de ce qui relève du comportement social, de l’apparence. Il nous est bien difficile d’accéder à notre Etre profond.

Le travail de l’airain, le travail sur le jugement ouvre les portes de la justice.

Le travail du fer, le combat contre l’Immanence renvoie à la recherche de la Vérité.

La recherche de la Vérité et de la Justice sont des composantes essentielles de l’état de conscience qui siège au cœur de l’homme.

Nous ne sommes pas des dieux. Sans renier nos aspirations à nous élever, il faut «raison garder », rester humble, apprendre à connaître nos limites et à trouver le juste équilibre entre les choses.

On comprend mieux alors pourquoi le nom de Tubalcaïn signifie « possession du monde », mais de quel monde si ce n’est notre monde intérieur qui permet ensuite avec force d’affirmer notre identité et nos convictions pour construire un monde de beauté.

La manière dont Tub\domine le feu est la confirmation de cette hypothèse.

Les métaux que nous laissons à la porte du Tem\, ce n’est pas notre passé entier, mais tout ce qui alourdit notre liberté de penser, notre capacité à ressentir, à vivre notre réception, physiquement et moralement.

Les métaux que l’on nous restitue, parce que les voyages ont eu lieu, ont été transmués, puisqu’ils servent à faire le bien, ce qui est notre but.

EN FM on est reçu et on nous donne les moyens de nous initier.

L’Apprenti est le forgeron de son devenir :

au premier grade, il doit utiliser les quatre éléments pour travailler sur ses métaux

Puis compagnon :

au deuxième grade il perfectionnera son travail avec sagesse, force et beauté

Enfin, Maitre :

au troisième grade il rencontrera Hiram et ses mauvais compagnons et devra poursuivre son œuvre.

Tubalcaïn,désigné comme le premier forgeron, le premier de la lignée des fondeurs dans laquelle s’inscrira Hiram, le transformateur des minerais et des métaux, travaillant dans les profondeurs de la terre, accède au rang de maître du feu, celui qui exploite l’énergie primitive libérée, la chaleur et la puissance de l’action. Le Rite Mac\

Source : http://anck131.over-blog.com/article-tubalcain-1-2-113024439.html

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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 08:30

Genèse IV 22 : « Sella enfanta aussi Tubalcaïn, qui eut l’art de travailler avec le marteau ; et qui fut habile en toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer... »
Tubal-Caïn (Touval-Qayin) est le fils de Lamech, descendant de Caïn et comme tel, il appartient à la dernière génération réprouvée depuis le meurtre fratricide d’Abel.
Genèse IV 24 : « On vengera sept fois la mort de Caïn ... »

Les enfants de Lamech constituent la septième génération, auquel l’age du maître fait référence : « 7 ans et plus » (7 jours de la création sous la forme 6+1).
Il est un rapport entre le meurtre d’Abel par Caïn et celui d’Hiram par les trois mauvais compagnons, car le nom Hiram est la forme apocopée de Ahiram signifiant en hébreu « mon frère est élevé », une référence a la mort primaire considérée comme une exaltation.
La Parole est perdue, mais la Connaissance d’Hiram Abi se retrouve en grande proportion chez Tubalcaïn, cette Connaissance fondamentale est celle de la forge, le travail des métaux, connaissance des réactions chimiques par la chaleur ou par l’exposition aux rayonnements lumineux.

La parole ne chante plus des louanges à la gloire du Très Haut car elle sert un pouvoir éphémère. C’est l'inspiration caractérisant Hiram Abi qui n'est plus, la Déconstruction nécessaire à la résolution de la complexité de la régénération devient Destruction « futile » et apparaît irrémédiable.
La 7ème génération doit cependant clôturer le cycle de la malédiction et pour ce faire elle doit se fondre dans un corps de substitution.

Tubalcaïn, le forgeron
Touval-Qayin étymologiquement « Touval (ou tevel) vient à la fois de yaval (« rivière ») et de balal (« confondre ») ; Quant à Qayin, il signifie « forgeron » et « chanteur ». Touval-Qayin se traduit donc par « confusion du forgeron » et par « confusion du chanteur »
Les lettres MB évoque le forgeron, car le mot sacré prend également la forme de Mak Bena (en syriaque), originellement le marteau, référence au prolongement du bras de Tubalcaïn, qui a la particularité de présenter simultanément une potentialité autant édificatrice « oedificantis percussio » que destructrice, meurtrière « interfectio ».

C’est la connaissance du travail des métaux, qui permet la génération des briques élémentaires nécessaire à l’apparition de la Vie. Car à l’origine de la vie, ces briques chimiques élémentaires ont été obtenues par des très hautes températures (+3000°) appliquées sur des métaux ou formées par photo oxydation du fer ferreux.

La connaissance des métaux (héraldique), par l’attribution de valeurs symboliques suivant leur nature, symbolise la Connaissance Universelle :
Airain : Symbole de jugement Divin, de détermination du Mal, de perception. Argent : Symbole de grâce, de rédemption, de rectification.
Fer : Symbole de servitude, de l’attachement à la matérialité et de l’immanence.
Or : Symbole de ce qui est Divin, de la panacée et de l’immortalité, de la transcendance
Tubalcaïn produit toutes sortes d’objet d’Airain et de Fer, l’Argent et l’Or ne lui sont pas accessibles, là est, sa confusion, qu’il faut traduire par son imperfection.
Cependant la compétence de Tubalcaïn est un pré-requis à toute démarche d’objectivation de la Connaissance.

Le travail de l’Airain, synonyme de Jugement, est intimement en rapport avec la Justice, quant à celui du Fer, synonyme de l’Immanence, il conduit vers la Vérité.
Dans la Tradition ésotérique, Justice et Vérité sont les composantes de la Conscience, qui siège dans le cœur de l’Homme et que le compagnon Maçon cherche à sonder.
La substitution de l’Être parfait
Pour la recomposition de la perfection originelle, le rachat de la 7ème génération, équivaut à l’alliance Tubalcaïn (Touval Qayin) avec ses deux demi-frères issue de l’ombre (leur mère est Ada) Jabel (Yaval) et Jabel (Youval) et sa sœur Noëma (Naamah).
Genèse IV 20 « Ada enfanta Jabel, qui fut père de ceux qui demeurent dans des tentes, et des pasteurs » 21 « Son frère s’appelait Jubal : et il fut le père de ceux qui jouent de la harpe et de l’orgue »

L’Être, assimilable à la perfection, est reconstitué par trois réalités corporelles, Corps physique, Ame et Esprit.

Jabel (Yaval) parce qu’il évoque le fluctuant par la rivière, la mobilité des nomades vivant sous les tentes, est le Corps Physique qui passe, Corps Éthérique. Jubal (Youval) évoque la sensibilité par la musique, l'orgue par son souffle, la harpe par sa résonance sont associés à la musique religieuse, est l’Âme liée aux sentiments, le Corps Animique, Corps Astral.
Tubalcaïn (Touval Qayin) détenteur de la puissance créatrice, est l’Esprit, Corps Mental.
L’isolation de la composante créatrice spirituelle, par le meurtre, par l’action du Mal, est un signe de la proximité de l’Esprit au 3ème Degré du REAA, en même temps qu’elle crée un manque qui justifie la substitution future.
La reconstitution triadique est une constante de la Tradition ésotérique universelle, ont la retrouve par exemple au travers de la divine triade hindoue TRIMURTI.
Là où tout est rupture, conflit et distorsion, la réunion possible et constructive de trois dimensions, la destruction, la conservation et la création est un heureux présage.

Les premiers pas vers la substitution prend la forme d’une conscience des dualités, qu’il faut dépasser, transcender, par une mise en évidence de l’Esprit, puissance créatrice unificatrice, en un mot « Tubalcaïn ».
Tubalcaïn est la Conscience que le Maître Maçon doit acquérir, cette mise en évidence, cette conscientisation, par laquelle nous pouvons avancer dans la construction d’un temple que nous percevons sensible et de moins en moins corporel.

J’ai dit

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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 08:27

Au seuil du 3ème degré, lorsque le TRM prend les deux mains du récipiendaire pour l’attirer à lui, aidé en cela par les deux surveillants, il lui communique à voix basse un mot de passe symbolique : TUBALCAIN. D’après la légende, c’est le premier qui découvrit l’art de forger les métaux. Tubalcain signifie « Maître du monde ». S’écrit Tubal-Caïn ou Tubalcain. Il correspond à Héphaïstos, chez les Grecs : dieu grec du feu et de la forge ; à Vulcain chez les Romains, à Tvashtri en Inde, PTAH en Egypte, Le Grand Yu en CHINE, OGUN chez les Youbas d’Afrique, Brahmanaspati en Inde.

1. Tubalcain signifie « Maître du Monde »
Dans la Bible, il est un descendant direct de Caïn. La Loi Mosaïque n’étant pas encore née, Caïn ne fut pas tué après son crime fratricide ; il se trouva symboliquement exilé de la terre sacrée et fut renvoyé de l’Orient vers le Nord. Après que Caïn eut bâti la première ville, nommée Henoch, il devint le premier d’une ligne de créateurs. Chaque descendant de Caïn est décrit par son activité : Jubal sera nomade et berger. Dubal sera musicien… Tubalcain s’occupera des métaux et des instruments. La postérité de Caïn fonde la civilisation, le progrès de la technique, des sciences et des arts. Tubalcain appartenait à la 7ème descendance de Caïn . le chiffre 7 ne se trouve pas là par hasard. Le 7 indique une évolution de Tubalcain par rapport à son ancêtre , qu’il avait exploré sa terre, découvert ses métaux et qu’il était passé maître dans l’art et la manière de les utiliser. Le 7 indique également une perfection dynamique et la fin d’un cycle. C’est pourquoi l’on peut dire en maçonnerie : « j’ai 7ans et plus » car il y a d’autres cycles à réaliser. Le 7, c’est encore le 4 du carré de la terre, associé au 3 du triangle, de l’esprit qui descend dans la matière, et qui, lui donnant vie, l’anime.

2. Dans la mythologie

Tubalcain est assimilé à Vulcain pour les Romains et à Héphaïstos pour les Grecs. Homme puissant, installé dans les profondeurs de la terre, il en extrait les substances nécessaires aux plus hauts plans d’évolution. Maître du feu, il forgea l’armure magique d’Achille, qui permit à celui-ci de sortir vainqueur de tous les combats. Il façonna également le trident de Poséidon, dieu des éléments liquides, ainsi que le sceptre de Zeus, symbole de souveraineté complète. Il découvrit dans l’Olympe les secrets du feu et des métaux qui peuvent être solides ou liquides, purs ou alliés entre eux, transformés en armes ou en socs de charrue. Détenteur du secret des transmutations, il paya le prix de sa découverte par un signe visible et permanent sur le plan physique : le forgeron, dans toutes les mythologies, boite, claudique, c’est un être imparfait disent certains ; ou bien cette marque visible est-elle un signe de sa pureté et de son don de clairvoyance ? Avoir saisi le sens de la vie et de l’univers ne laisse-t-il pas une marque indélébile ? De nombreux forgerons sont infirmes : Héphaistos est boiteux et difforme ; Varuna, Tyr, Odm ont tous quelques disgrâces comme si la perte de leur intégrité physique était le prix à payer pour accéder à la Connaissance. Celui qui sait ne peut être heureux, celui qui construit et aime attire forcément la foudre des hommes et des dieux. Ainsi en va-t-il de tous les héros, mais aussi de tous les Créateurs et Etres de Lumière. Gandhi, M.L. King, et bien avant eux les prophètes, les philosophes, Socrate, tous les êtres qui prônent la liberté, la force d’amour, le courage, ceux qui osent être ce qu’ils sont et qui ils sont et déplaisent au vulgaire.

3. Les métaux sont extraits de la terre

La symbolique des métaux comporte un double aspect opposé et complémentaire. Les métaux passent d’un état brut à un autre état purifié. Dans les mythes et traditions primitives, le minerai était régi et protégé au fond de la terre par des dieux puissants et redoutables. Seul un chaman ou un forgeron sorcier était habilité à apaiser les Dieux gardiens du minerai, lui seul pouvait décider du moment opportun pour commencer à forer le sol ; cette « ouverture des travaux » s’effectuait par des rituels bien précis, des rites de purification personnelle, des prières et des méditations. Investi d’une véritable mission à l’égard des Dieux, et aussi des hommes de sa tribu, le forgeron sorcier, s’engageait tout entier dans son œuvre.
Quand le minerai était découvert et extrait, il était dirigé vers les fourneaux. Puis, le forgeron se substituait à la Terre-Mère pour accélérer et parfaire « la croissance » et la maturité du minerai. Il collaborait en quelque sorte à l’ouvre de la nature, intermédiaire entre Dieu et les Hommes. Ainsi, il fabriquait l’outillage en fer dont les cultivateurs et les chasseurs avaient besoin. Il sculptait les images des ancêtres et des génies qui servaient de support aux cultes. Intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, tantôt méprisé, tantôt respecté, il vivait à l’écart du village en compagnie de sa femme la potière.

Tubalcain, le forgeron, travaille les métaux et s’inscrit spirituellement comme continuateur de la lignée caïnite. Le forgeron fait partie des bâtisseurs et apprend à être par le moyen de la création. Il a la connaissance des 4 éléments : le métal est extrait de la terre ; il est transfiguré par le feu, lui-même attisé par l’air puis trempé par l’eau afin de devenir l’instrument utile aux laboureurs ou aux guerriers. Il forge des épées, œuvre d’initié, car elles sont parfois dotées d’un pouvoir magique qui demande de connaitre et de maitriser les forces contenues dans ces éléments. Le travail de la forge signifie la constitution de l’être à partir du non-être ; la forge est l’allégorie du cœur et les soufflets représentent les poumons. Fondre le métal et le reformer correspond au « salve et coagula » de l’alchimie hermétique, travail créateur par excellence, car créer c’est recréer. Le forgeron maîtrise le feu et grâce à lui transforme les métaux qui viennent des profondeurs de la terre. Son pouvoir est ambivalent : il peut être aussi maléfique que bénéfique. On peut penser que le franc-maçon grâce à l’introspection, extrait des profondeurs de son inconscient, de sa mémoire les mythes qu’il utilise pour comprendre, évoluer et construire un Homme nouveau. Maîtrise des éléments qui signifie Maîtrise de soi. Travailler sur la nature des métaux ou d’autres matières n’est pas seulement une science, mais tout un Art. C’est l’intelligence qui permet d’exercer cet Art avec un maximum d’ingéniosité pour un meilleur résultat. L’intelligence déployée dans l’œuvre, c’est le grand secret du forgeron, du maître d’œuvre ou de l’initié. Secret parce qu’on peut transmettre la science, la méthode de travail, en fonction des outils, la signification des symboles, mais non l’intelligence ou la Sagesse. C’est un secret intime, aérien, sans formes visibles, et rigoureusement intransmissible. Cependant, sans application éclaircie de ce secret, aucune construction, aucun alliage, aucune œuvre ne serait assez solide pour résister aux épreuves du temps. C’est pourquoi l’intelligence vient compléter les 3 phrases du rituel : Que la Sagesse préside à la construction de nos travaux, que la Force l’achève et que la Beauté l’orne. Tubalcain fut associé aux chantiers des dieux pour la construction du monde parce qu’il avait la connaissance, l’intelligence et la sagesse. C’était un maître d’œuvre. Hiram était lui aussi un maître d’œuvre.

4. Hiram proclame Tubalcain, Maître de l’univers

D’après la Bible (Genèse), Hiram est avant tout un métallurgiste. Il exécuta les travaux du temple de Salomon, à savoir les 2 colonnes et leurs ornements dont les grenades, la mer d’airain et les taureaux de sa base. Hiram est né de Caïn, qui le premier a travaillé la terre, dont la lignée s’est réfugiée dans un monde souterrain et a secrètement survécu au déluge. Hiram est un être sombre, éclairé par un feu intérieur et totalement voué au travail. Nous savons tous qu’Hiram ét ait surtout maître de lui, sa manière de vivre et surtout les circonstances de sa mort indiquent bien sa fidélité, son sens du devoir et la pleine conscience de ses responsabilités. Il mourut en quelque sorte « victime du devoir » emportant avec lui ce fameux secret des bâtisseurs, secret qui ne doit pas être mis à disposition de la violence, de l’ignorance, de l’envie, ou du fanatisme symbolisés par les trois compagnons d’HIRAM, le danger de céder à l’orgueil, à l’ambition et au goût du pouvoir étant toujours possible. L’usage que les trois compagnons voulaient faire du secret d’Hiram, n’était pas conforme à l’esprit de l’œuvre des bâtisseurs.

S’ils avaient réussi, les conséquences auraient été aussi désastreuses que celles survenues au Roi Salomon, qui, malgré sa sagesse proverbiale, ne fut pas totalement maître de ses passions. En effet, son penchant pour les femmes l’amena à honorer d’autres dieux que le sien, ce qui entraîna la division de son royaume en deux parties puis la séparation des 12 tribus d’Israël. Cet exemple à ne pas suivre est tout à fait opposé à l’attitude d’Hiram qui resta fidèle « jusqu’à la mort », sachant que cette mort ne serait que la fin d’un état, celui de la forme, ou de la matière apparente. Cette matière après avoir traversé un processus de putréfaction qui aura dissous les éléments, revivra en substance dans d’autres corps qui évolueront à leur tour. C’est le mythe éternel de la mort quant à la chair, et de la résurrection quant à l’esprit. Car dans l’évolution du monde, tout est transformation perpétuelle. On peut comparer cette transmutation du corps humain, à celle des métaux transmutés au centre de l’athanor en 3 étapes distinctes en alchimie :

C’est d’abord l’œuvre au noir du métal brut, comparable à la mort apparente de la matière.
Puis, l’œuvre au rouge, résultant de l’action du feu sur les métaux, comparable à la combustion des passions humaines. Celle-ci engage la responsabilité du forgeron car il utilise des pouvoirs dangereux qu’il doit savoir maîtriser.
Enfin, l’œuvre au blanc du métal purifié, transmué en sa forme nouvelle ; c’est le passage au plan spirituel de la porte des dieux, et le passage d’un degré dans l’évolution de chacun. Pour que l’esprit de l’œuvre soit respecté, on ne doit progresser que dans le sens de la nature, en respectant les lois et dans l’intérêt de tous : c’est l’équerre symbolique.

5 . TUBALCAIN

TUBALCAIN, nous guide vers un manuscrit de la maçonnerie opérative, le manuscrit Cooke, daté de 1400 environ, qui nous fait entrevoir en filigrane derrière les colonnes du Temple de Salomon, deux autres colonnes bien plus anciennes qui, elles aussi, symbolisent la transmission de la connaissance.

Ces deux colonnes ont été fabriquées par Tubalcaïn, ses frères Jabal et Jubal, et sa soeur Naama pour transmettre « les sciences qu’ils avaient toutes inventées » à travers le déluge. Retrouvées l’une par Hermès et l’autre par Pythagore, ces deux colonnes symbolisent en fait deux courants de pensée dont le REAA est l’héritier :
Hermès, l’hermétisme des mystères initiatiques, d’une pensée ésotérique et symbolique familière aux rives orientales de la Méditerranée, et Pythagore, la géométrie à la fois science et mode de perception de l’univers, une des références antiques de la philosophie grecque. Ce sont ces deux courants au confluent desquels se trouve notre Rite, qui lui ont permis de construire, par leur équilibre, une spiritualité spécifique parce que libre.

A la déclaration du Convent du Rite Ecossais Ancien et Accepté, réuni à Lausanne en 1875, rédigée par Adolphe CREMIEUX lui-même : « La
franc-maçonnerie proclame, comme elle l’a proclamé dès son origine, l’existence d’un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose aucune limite à la recherche de la vérité, et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance », viennent s’ajouter deux éléments significatifs pour ce qui nous préoccupe : d’une part la présence sur nos autels du Volume de la Loi Sacrée, et d’autre part la mise à la disposition du nouvel initié de « l’outillage rationnel » qui lui permettra d’avancer sur le chemin initiatique. La référence à un principe de l’architecture de l’univers, et à un Volume de la Loi Sacrée, qui pourrait être le Coran, la Bible, ou la TORA
nous rattachera à l’un de ces deux courants de pensée, et le refus du dogmatisme, l’absence de limite à la recherche de la vérité, au détriment de toute forme de dogme ou de révélation, ainsi que l’outillage rationnel, nous rattachera à l’autre.
Bien que, comme toujours dans la vie et dans l’histoire, ces deux courants puissent s’entremêler quelquefois, globalement l’un trouvera sa floraison dans le siècle des lumières en Europe, et l’autre s’enracine dans un mode de pensée et de perception symbolique, lié à la construction même des langues sémitiques, qui progressera au fil des siècles sur les rives sud et est de la Méditerranée. Savoirs, raison et liberté d’un côté, Connaissance, symbole et amour de l’autre.

Il nous suffit simplement, dans la grande liberté du symbole, de nous référer au Principe de la Grande Architecture de l’Univers. Car notre quête de Vérité et de Parole perdue me semble appartenir à l’héritage de ces hommes, éloignés les uns des autres par les siècles, la langue, ou la religion, mais souvent rapprochés géographiquement par les rives sud de la Méditerranée, et par leur pensée, participant de la Gnose sans être gnostique, proches par leur soif quasi mystique de cette Connaissance, et proches peut-être aussi par les démêlés qu’ils ont eus avec les intégristes de leurs églises respectives.

D’un côté la colonne d’Hermès, « Connaissance, symbole et amour »qui nous guide dans notre quête ésotérique de la Transcendance, et de l’autre la colonne de Pythagore « Science, raison et liberté ; refus d’abdiquer de notre cohérence intérieure » qui nous conduit à « douter des choses qu’on ne peut démontrer et qui ne sont connues que sous le nom de mystères ».

Ainsi sous l’égide de TUBALCAÏN, on peut percevoir le confluent sur lequel est fondée la spiritualité du Rite Ecossais Ancien et Accepté : une quête symbolique et ésotérique de la Transcendance appuyée sur la Tradition, s’alliant au refus « d’accepter toute idée que l’on ne comprenne et que l’on ne juge vraie », et donc bien entendu au refus d’imposer quelque dogmatique que ce soit.

6. CONCLUSION

Les forgerons sorciers de l’Antiquité étaient aussi appelés Vénérables ou Respectables, selon leur âge et leur expérience. Ils étaient itinérants sur les territoires, toujours à la recherche de nouvelles mines, de nouveaux métaux, de nouvelles pierres brutes à travailler : c’est le compas symbolique. Ils étaient fondeurs et créateurs de formes nouvelles, tout comme le Vénérable Maître « Crée, Reçoit et Constitue » le nouvel élément qui viendra enrichir la loge de ses qualités personnelles, pierre parmi les pierres. Le Très respectable Maître doit veiller à la maturation des métaux afin que chaque maître renaisse en Hiram et continue son travail, comme les ouvriers se lèvent et se remplacent dans la loge. Je suis consciente que, maître maçon du REAA, Tubalcain m’a légué un héritage de spiritualité libre que j’ai la charge de transmettre.

Et mon cheminement dans tout cela ? Troublé par le poids des métaux de ce monde capitaliste ; fortement rythmé par le doute, perturbé par les interrogations, les hésitations, mon cheminement me semble en pointillé avec des pauses toutes suivies de redémarrage et ce n’est que maintenant après l’avoir étudié que je réalise que Tubalcain a toujours été ma bouée, mon point d’encrage ; il est mon veilleur de forge et il n’a de cesse de m’amener envers et contre tout vers la sérénité.

En définitive, Je suis mon propre forgeron. Seuls le temps, la patience et la réflexion peuvent me faire connaître une mutation qui va m’élever vers la vie de l’esprit.

J’ai dit TRM.

source :
www.ledifice.net

Par C\ M\ - Publié dans : Planches
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Samedi 15 décembre 2012 6 15 /12 /Déc /2012 08:25

« Ce livre révèle les secrets des Demeures mystérieuses du Duat (1)» ; il sert de guide d'initiation aux Mystères du Monde Inférieur ; il te permettra de passer à travers des montagnes et de pénétrer dans les vallées mystérieuses où n'aboutit aucun chemin connu ; il monte la garde auprès de l'Esprit Sanctifié, élargit ses enjambées, lorsqu'il marche ; élimine sa surdité et lui permet d'entrer en contact avec les Dieux. [ ... ] Ce livre t'enseignera les Métamorphoses par lesquelles passe l'Âme sous l'effet de la Lumière. En vérité, ce Livre est un Mystère très grand et très profond. Ne le laisse jamais entre les mains du premier venu ou d'un ignorant.
Extrait du Livre de L'au-delà de la Vie,
Chapitre CXC
Traduction de Grégoire Kolpaktchy.

 

Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère. Tu es celui qui est entré par la porte basse, et pas n'importe laquelle ; ce jour là, par-dessus la puissante stature de l'archonte qui semblait t'en interdire l'accès, et malgré le bandeau qui obscurcissait ta vue, tu eus comme moi le temps de lire sur le fronton de cette porte l'acronyme mystérieux de Memphis et de Misraïm. Tu vois bien mon Frè­re Égyptien que je te connais!...
puisque depuis tu n'as de cesse de te poser la même question: Suis-je sur le vrai chemin?... Cette question sous-entend bien entendu qu'après la porte “basse”, existent plusieurs chemins! ... (2)
Ce doute revient souvent hanter ta conscience et tu constates dès lors combien il est dur de s'éloigner du fleuve tranquille de la masse “moutonnante” et de ceux qui pré­tendent chercher la vérité plutôt que d'emprunter le boyau étroit des vrais adeptes de l'Art Royal (3). Il faut
que tu saches, mon Frère, que dé­sormais tu portes un sceau inalté­rable; celui des Caïnites transmis par le feu et que le redressement, s'il doit s'opérer de ton vivant, ne pourra se traduire que par “l'allumage” simultané de tes sept cen­tres de compréhension (4). Il est vraisemblable que si tu étais resté parmi les marchands du temple, tout cela t'aurait paru plus simple, par d'espèces sonnantes, de titres ronflants, d'autoproclamations et de reconnaissances métalliques qui éclairent le chemin des illu­sions. Mais au lieu de cela, tu as choisi un autre chemin !...

Celui du serpent (5) !... Ce chemin, ou plutôt ce sentier, n'est pas jalonné de candélabres d'or, il est même très obscur et escarpé, et tu te de­mandes parfois pourquoi les autres (francs-maçons) ne l'ont-ils pas vu avant toi ?... Je te rassure, ils l'ont bel et bien vu, mais celui-ci leur demandait trop d'efforts pour l'emprunter. Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère, car moi aussi j'ai osé écarter les bran­chages d'acacias qui cachaient ce chemin à la masse. J'ai vu comme toi les précipices sans fins qui le bordaient, les falaises abruptes où plongeaient des cascades écumantes et qu'il fallait contourner et escalader pour accéder au point de vue suivant (6). Comme toi, je me suis consumé dans le feu de l'orgueil, de l'ambition, de l'ignorance (7), et je suis mort sur ce che­min, pour me relever quelque temps plus tard par une sorte “d'aspire”, et me suis retrouvé de l'autre coté de la porte d'ivoire sans serrure. Tu as tressailli comme moi lorsque la nuit t'a enveloppé de ces larmes d'argent, et dans un silence profond que tu apparentais à la solitude, tu doutais une fois de plus.

Et pourtant !... Et pourtant, si tu ouvres bien tes oreilles, et sur­tout ton entendement aux choses supérieures, tu entendras certai­nement à coté de toi un doux bruissement d'ailes (8) qui t'arrachera et t'élèvera au-dessus du plan par­fait ou tu pourras contempler l'éten­due du chemin qu'il reste à accomplir pour accéder à la cita­delle des Bienheureux. Je te connais mieux que tu ne me connais mon Frère. Au point du jour, Te voici arrivé enfin sur un “style” de pro­montoire où tu peux observer au loin l'agitation des égarés puisque la route qu'ils ont choisie se termine par un précipice obscur et sans fond où ces âmes perdues dans le “cône sublunaire” tombent avec d'effroyables cris de tour­mentes. Ne vois-tu pas s'agglutiner ces âmes qui attendent vainement le Soleil et qui recomposent à l'infini cet Adam-Kadmon ?... Que de temps perdu sur le chemin de l'ignorance.

Pourtant c'est par la même porte du Temple que nous sommes passés!... – Ainsi, tour­nant le dos à cette désolation, tu distingues au-dessus du firmament l'Étoile du matin (9), qui dans sa course éternelle t'indique invariablement le chemin de la citadelle, et dans la clarté lunaire, tu perçois au pied de la croix, un pélican nourrissant de ses entrailles des petits. Devant cette vision, comme toi, je fus assailli par une sorte de compassion indé­finissable et prégnante (10). Tu te consumes et tu renais entre l'envie de continuer le chemin et celle de retourner sur tes pas pour aider les égarés à retrouver le chemin. Mais tu te sens bien seul pour prendre une telle décision, et pour­tant, en respectant un profond silence et humant à pleins pou­mons, tu pourras sentir le parfum de “Sainteté” de ceux qui t'ont précédés (11). Et si tu regardes avec un peu plus d'attention, tu verras le
long du chemin de petits lampions que les “veilleurs” ont laissés à ton intention.

Va, cours dans cette direc­tion mon petit Frère – Le corps d'OSIRIS n'est pas loin!... L'aigle bicolore t'aidera de sa vue perçante à retrouver derrière les idées tous les morceaux de ta vraie Nature. Tu vois bien dans le fond, mon Frère, que tu me connais. Car comme toi, au début, mon pas a hésité, par peur du vide, par peur de l'inconnu. Mais dans le fond, est-ce plus effrayant que les horreurs qui jalonnent et croisent notre vie courante ?... Est-ce si dif­ficile de comprendre que la GNOSE appartient dans toute sa simplicité à celui qui la cherche ?... Et somme toute, n'est-ce pas plus simple de pressentir qu'enfin arrivés sur l'esplanade du Temple de l'Éternelle.

Sagesse, magnifique et resplendissant au zénith de la Vérité. Les cœurs des sept anges réunis avec nous, s'unissent dans un concert immense, où mêlant enfin le travail à l'ardente prière, nous pourrons, toi et moi, dorer au feu divin notre argile grossière ?...

Voici la Clé, mon Frère. Je te la transmets, tel qu'on me l'a transmise.
Cherche l'Adepte sur les vallées Égyptiennes et transmet à ton tour.
C'est à ce prix-là que l'Égypte ne sera plus veuve d'Hommes et de DIEU.

1. Douat : Terme égyptien désignant l'autre monde où l'initié doit se rendre après la mort.
2. Il existe en fait deux principaux Rites tous deux issus de l'Égypte au travers de l'école pythagoricienne. Le rite Écossais et celui de la Maçonnerie Égyptienne issu, pour sa part, de l'Italie à travers divers courants ésotériques et Gnostiques. Les autres Rites ne sont que des traductions et interprétations plus ou moins fidèles aux origines.
Voir l'excellent ouvrage de Gérard Galltier, La Maçonnerie égyptienne, Rose Croix et néo­chevalerie.
3. Il suffit de lire les quotidiens où s'affichent assez souvent des francs-maçons où leurs propos nous rappellent que la Véritable Initiation n'est plus dispensée dans ces structures. C'est ainsi que nous pouvons lire dans LE POINT du 22 janvier 2009, une interview du Bibliothécaire d'une Grande
Obédience Française qui nous dit “[ ... ] la Franc-maçonnerie est l'unique façon de se faire des amis d'enfance à 40 ans”.
4. Comprendre que le serpent Cabalistique n'est que le chemin qui doit passer par les sept chakras fondamentaux. Dont les cinq points de la maîtrise ne sont qu'une figura­tion simplifiée du relèvement de l'Adam Kadmon qui représente en fait les cinq niveaux de l'arbre de vie doublé sur un autre plan en Syzygies. Les Séphirothes sont au nombre de 10 – l'une étant le miroir de l'autre.
5. Ici le serpent est défini comme étant l'initiateur “initié”. Une légende Cabalistique nous explique que si nous prenons le serpent par la queue, celui-ci nous entraînera inexorablement sur le vrai chemin qui passera par toutes les Séphirothes, et cela jusqu'à Kether. Ce n'est pas sans raison, que le serpent se mordant la queue est un symbole primordiale de notre Rite.
6. Les différents degrés jalonnant le chemin initiatique ne sont que des “haltes” permet­tant à chacun de prendre un certain recul, d'évaluer, de comprendre et de cristalliser les degrés précédents, ainsi que leurs liai­sons ésotériques. Suivant notre expérience, on comprend aisément que l'on ne devient réellement Apprenti que lorsque l'on accède au grade Compagnon, de Compagnon au grade Maitre, etc., etc. etc.
7. “Voici les vrais Noms des meurtriers d'Hiram”, nous scandait un Frère (Réflexion en mémoire de notre regretté Frère Georges BENYAMIN).
8. Lire ou écouter l'excellent texte de notre Frère Raymond Devos, L'ange qui passe.
9. Cette étoile est appelée VÉNUS – On l'appelle aussi l'“étoile du berger”, car elle peut être visible dans le ciel du matin, avant le lever du Soleil, ou dans le ciel du soir.
Moins fréquemment, on parle de la “planète ardente” à cause de la température élevée qui règne à sa surface. Vénus est associée à vendredi parmi les jours de la semaine. Nous noterons aussi, pour les spécialistes d'astrologie ésotérique, que Venus, en tant qu'étoile du matin, est associée à Lucifer (le porteur de Lumière) et a sa contrepartie, l'ange Mikaël.
10. Le Chevalier Rose-Croix, celui qui porte la croix et la rose en son centre, est un être altruiste doté d'un courage incroyable. Les Chevaliers Rose-Croix ont la capacité de se libérer de la souffrance, mais ils préfèrent assumer en premier la tâche d'en libérer les autres. La compassion de tels êtres est sans bornes et transcende toute pensée de division. Le Chevalier Rose-Croix est l'ami, le serviteur et le parent spirituel de tous sans distinction.
11. Ce sont ceux qui ont contribué à préserver de l'ignorance notre Rite, et qui nous ont transmis les filiations dont nous nous récla­mons. Certains nous sont connus: Bricaud, Chevillon, et bien d'autres sont Anonymes.
Certains ont même tellement “travaillés” pour le Rite que la grandeur de leurs Âmes s'apparente à de la Sainteté. D'après vous, qui entretient la Lumière Éternelle présente sur les Naos de notre Rite ?...

Émile Di Mattéo,
Très Puissant Souverain Grand Commandeur,
Membre du Souverain Sanctuaire Mixte pour la France et les pays associés

Publié dans le Khalam - Bulletin N° 29 - Octobre 2009

Source : www.ledifice.net

Par Émile Di Mattéo, - Publié dans : Planches
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Lundi 10 décembre 2012 1 10 /12 /Déc /2012 05:56

Le 19ème Siècle, entre autres événements, a été une période importante dans l'histoire de notre pays. Il fut marqué par le Premier Empire, les conquêtes coloniales en Afrique et en Asie, le retour de la République, la révolution industrielle. Les grands hommes qui ont écrit l'Histoire de cette époque se sont réalisés en prenant un engagement, en ayant un idéal pour lequel ils vont aller jusqu'au bout d'eux-mêmes afin de réaliser le but auquel ils se sont consacrés.
Un de ces hommes, Franc-maçon très jeune puisque ses biographes pensent qu'il a été initié alors qu'il était encore étudiant a concilié jusqu'à la fin de sa vie son idéal de liberté, d'égalité et de fraternité.
Sa longue existence, de 1804 à 1893, le fait apparaître comme un témoin important d'un siècle soumis à bien des bouleversements.
C'est un curieux personnage que ce Victor Schoelcher, né dans un milieu bourgeois et qui consacrera sa vie à l'émancipation des esclaves, alors que rien à l'origine ne pouvait laisser supposer ce destin.
Chaque année, dans nos trois départements d’Outre-mer, Guadeloupe, Guyane, Martinique, des hommages sont rendus à celui dont la mémoire est évoquée à travers des statues, des noms de rues, des écoles.
Personnage dont le nom en Métropole n'est pas complètement oublié, mais dont la vie et l’œuvre politique et écrite est méconnue de nos jours. C'est pour rappeler celui qu'aucune action sociale ne laissait indifférent et dont le poète Aimé Césaire a dit " c'est un homme dont chaque mot est une balle explosive ", que ces quelques lignes sont tracées aujourd'hui.

SA VIE JUSQU'A L'ABOLITION.

Victor Schoelcher nait le 22 juillet 1804 à Paris, rue du Faubourg Saint Denis, de parents d'origine alsacienne. Il est le deuxième des trois garçons qu'eurent ses parents. Son père est un artisan en faïences et porcelaines, qui par la suite créera une fabrique (aujourd'hui on dirait, une P M E) assez prospère.
  On n'a que peu de renseignements sur la scolarité que l'on suppose normale et sans problèmes, du jeune Victor, qu'il passe en partie au Lycée Louis le Grand.
Assez jeune, il est associé aux affaires de son père jusqu'au décès de ce dernier en 1834.
Après le décès de sa mère, survenu en 1839, i1 va se trouver à la tête d'un important capital qui va faire de lui un rentier n'ayant plus le souci de devoir travailler pour subvenir à ses besoins. Ses revenus lui permettent de favoriser ses goûts d'esthète et ainsi de se consacrer à la création de collections de livres, d'objets, et de financer ses propres publications.
Il ne s'est jamais marié et est toujours resté très discret sur ses quelques aventures féminines.
Il fréquente de manière assidue les salons de la bourgeoisie parisienne et s'y fait quelques amis. Ernest Legouvé, professeur à l'Ecole Normale de Sèvres et futur Inspecteur Général de l'Instruction Publique qui sera son ami sa vie durant. Il rencontrera également dans ces salons, Berlioz, Georges Sand, Chopin, Litz avec qui il se lie d'une amitié profonde.
Ces Salons sont des lieux de rencontre d'intellectuels. Des Clubs avant la lettre au sens actuel du mot, faisant suite aux Salons littéraires des Précieuses du 17° S, si brocardées par Molière.
Au cours de toutes ces années il va beaucoup voyager : Mexique et Cuba, qui sont encore des colonies espagnoles, les Caraïbes, l'Europe entre 1831 et 1840,et de nouveau les Caraïbes en 1840-1841,1'Orient en 1844 et 1845,1'Afrique en 1847 et 1848.
C'est au cours de ses premiers voyages au Mexique et à Cuba, ainsi qu'à celui effectué aux Caraïbes en 1829-1830 pour le compte de la Fabrique Schoelcher, qu'il va découvrir et être confronté pour la première fois à l'esclavage et au système colonial. Il va être psychologiquement marqué par ce qu'il a vu et qui l'a profondément indigné.
Dés cet instant il devient un abolitionniste des plus fervents.
Il va publier des comptes rendus de ses voyages dans "la Revue de Paris" et rédige son premier ouvrage :"L’esclavage des Noirs et la législation coloniale", ainsi qu'en annexe, une "charte coloniale", publiée en 1833. Cette dernière, composée de 30 articles, ne préconise pas l'abolition immédiate de l'esclavage, mais amène une suite de recommandations devant permettre d’accéder doucement à l'émancipation des esclaves. Cette charte permet de plus, d'humaniser la relation maitre-esclave.
Sans reproduire tous ses articles, citons entre autres :
- les enfants ne peuvent etre séparés par vente, de leurs parents.
- remise en vigueur du Code Noir établi sous Colbert, et qui oblige les propriétaires à certaines obligations envers leurs esclaves.
- création au profit des esclaves d'une caisse de prévoyance en cas d'incapacité de travailler.
- possibilité à l'esclave de racheter sa liberté.
- liberté de la presse dans les Colonies.( Celle ci est en effet aux mains des colons qui censurent tout ce qui ne va pas dans le sens de la ligne des possédants.)
C'est le second voyage de Schoelcher aux Antilles, en 1840-1841, qui est socialement et politiquement le plus intéressant.
Avant son départ, il a fait parvenir à la Société des Amis des Noirs, un manuscrit Intitulé :
" Examen critique du préjugé contre la couleur des Africains et des Sangs Mêlés ".
Ce document ne reçoit qu'un intérêt assez mitigé des sociétaires qui n'y trouvent pas les solutions permettant de parvenir à une émancipation des esclaves.
Cette Société avait été créée en 1788 par Brissot de Warville, un homme qualifié de radical et d'activiste, qui avait été inspiré par William Pitt et le pasteur anglican Clarkson. Autour de lui il avait réuni l'abbé Grégoire, La Fayette, Talleyrand, Condorcet, Madame Roland, Mirabeau, pour ne citer que les plus connus. Il mourut sur l'échafaud en 1793.
Schoelcher va donc au cours de ce second séjour aux Antilles, rechercher des solutions permettant de résoudre le problème.
Ce voyage va se dérouler entre la Jamaïque, Cuba, la Dominique, (la seule île des Antilles où vivent encore de nos jours, des Indiens Caraïbes) la Guadeloupe et la Martinique, Saint Thomas encore Danoise à cette époque, et Haïti.
A propos des Indiens Caraïbes, je recommande vivement la lecture du livre du Père Jésuite Bartolomé de las Cases :"Très brève relation de la destruction des Indes" qui dénonce les atrocités faites par les Espagnols. Tout en sachant que c'est ce même Las Cases qui recommandait que les esclaves soient pris en Afrique, leur couleur noire prouvant que ce sont des créatures du diable.
Quoique ne recevant qu'un accueil plutôt réservé de la part des colons, Schoelcher va entreprendre une vaste enquête à travers les domaines agricoles insulaires.
Particulièrement en Haïti où l'esclavage a été aboli de manière immédiate dés l’indépendance de l’île obtenue en 1802 grâce à l'action menée par Toussaint Louverture
Cette enquête dans les différentes plantations visitées, va le faire changer d'opinion sur ses premières conclusions.
Au début de son engagement pour la cause abolitionniste, il avait analysé et étudié les systèmes coloniaux. Ce qui l'avait déterminé pour une émancipation progressive avec période d'adaptation. Mais après avoir vu les durs traitements subis par les esclaves, les abus auxquels se livrent les propriétaires, il va être un farouche partisan de l'émancipation immédiate.
Dés son retour de voyage, il écrit son livre "Des colonies françaises : Abolition Immédiate de l'esclavage ". Il y relate les souffrances des esclaves, leurs révoltes, leurs fuites dans les montagnes (marronage), et leur suicide parfois.
Non seulement il y dénonce les méfaits de l'esclavage au point de vue humain, mais également la traite des Noirs entre l'Afrique et l'Amérique. Pour les propriétaires, les esclaves sont un bétail, un instrument de travail. Hommes et femmes accomplissent les mêmes tâches épuisantes. Ils sont abrutis par la fatigue, le manque de nourriture et de soins, écrasés par les coups de fouets des régisseurs.
Il préconise le versement d'un salaire aux anciens esclaves, seul moyen selon lui de maintenir sur place les travailleurs devenus libres et dont le premier geste de liberté aurait été de quitter la plantation. Il faut, dit-il, utiliser d'abord les anciens esclaves et ne recourir à l'immigration de main d’œuvre nouvelle, que si elle vient d'Europe. Bon nombre des idées émises dans cet ouvrage seront reprises plus tard par la Commission d'abolition de l'esclavage.
Il est bien évident que Schoelcher, de par son engagement, subissait des attaques de la part des anti abolitionnistes qui l'accusaient de ne pas s'occuper des ouvriers blancs en France, dont le sort social était peu enviable. Il leur répondait que "s'occuper des nègres n’empêche pas de s'occuper des blancs."
Victor Hugo et Charles Dickens ont admirablement décrit la vie de ces ouvriers du 19ème S. dont la misère fut grande.
Entre 1840 et la fin officielle de l'esclavage en 1848 dans les Colonies françaises, Victor Schoelcher ne va pas cesser de réclamer l'émancipation immédiate, de dénoncer les trafics d'esclaves, de chercher des solutions économiques et de réorganisation sociale d'une économie coloniale. Le 18 juillet 1845 parait une Loi dite "Loi Mackau", du nom de son auteur, destinée à améliorer le sort des esclaves.

C'est un progrès, mais encore trop faible car faisant encore la part belle aux colons.
Schoelcher, dans une nouvelle publication "Histoire de l'esclavage dans les deux dernières années ", va reprendre ses arguments.
En 1845 Il entreprend un voyage en Egypte, en Grece et en Turquie.Au milieu de l'année 1847 il part pour l'Afrique, plus exactement pour le Sénégal, afin de faire une étude aux sources du problème de l'esclavage, et de démontrer que les Noirs " ont été doués de facultés semblables aux notres ".
Ce voyage a également pour but de dénoncer les thèses émises par Cuvier, Virey et d'autres encore, qui tendaient à démontrer la prétendue infériorité de la race noire par rapport à la race blanche.
A son retour, Schoelcher va trouver un nouveau gouvernement dirigeant la France. En effet, la Monarchie de Juillet a été renversée en février.
A sa demande il rencontre François Arago, le nouveau Ministre ayant en charge les Colonies, et le principe d'une abolition de l'esclavage est adopté le 4 mars 1848, de par le fait que "Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves ".
Le 5 mars il est investi de fonctions gouvernementales en tant que Sous Secrétaire d'Etat aux Colonies. Il gardera ce poste jusqu'au 17 Mai.
Il est également nommé Président de la Commission d'Abolition de l'Esclavage.
Cette Commission va pratiquement siéger sans arrêt jusqu'à la mi-avril. Ses travaux donneront lieu à des décrets qui seront adoptés par le gouvernement le 27 avril 1848.
Le premier d'entre eux étant que l'esclavage sera totalement aboli deux mois après la promulgation du décret.
Avec le décalage d'un mois dû au transport, les décrets ne seront connus que fin mai aux Antilles.
Mais devant les manifestations spontanées et les émeutes, le gouverneur de la Martinique décide d'anticiper et l'esclavage est officiellement aboli le 23 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe. Il ne le sera que le 10 août en Guyane. Schoelcher a gagné ! Il a enfin réalisé le but qu'il s'était fixé.

SA VIE DE 1848 JUSQU'A SA MORT

L'abolition a pour conséquence de faire des affranchis, des citoyens français à part entière qui de ce fait, peuvent participer à la vie politique.
Sur la base du suffrage universel, des élections ont lieu en août 1848 et Schoelcher est élu représentant à l'Assemblée Constituante, en Guadeloupe et en Martinique. Il optera pour la représentation de la Martinique.
En juin 1849 il sera élu à l'Assemblée Législative pour représenter la Guadeloupe.
Ces élections vont être caractérisées par une opposition très violente entre Schoelcher et Bissette (l’ancien condamné au bagne en 1824). Ce dernier, partisan d'une réconciliation avec les colons blancs, n'hésitera pas à provoquer de graves incidents en Guadeloupe, incidents qui seront attribués aux partisans de Schoelcher et qui auront pour conséquence de faire invalider les élections. En janvier 1850, de nouvelles élections législatives en Guadeloupe donneront 80 % de voix à Schoelcher.
La presse, qui jusqu'alors était soit officielle, soit faite par les colons, va s'enrichir de nouveaux titres : le Progrès, la Liberté.
Cette presse, mettant en avant le courant idéologique de Schoelcher et de ses partisans, est qualifiée de " rouge " par ses adversaires.
Au lendemain de l'émancipation, un problème important se posait, celui du travail dans les exploitations agricoles.
Un nouveau mode d'exploitation va exister pendant quelques mois, celui de l'association. Le propriétaire apporte la terre, les outils, les bâtiments, tout en conservant son droit de propriétaire. L'ouvrier agricole apporte sa force physique.
La production est partagée au tiers ou au quart. Ce tiers ou ce quart étant attribué collectivement à un groupe de travailleurs, à charge pour eux de se le répartir.
Cette formule contribuera dans les premiers mois de liberté à un maintien sur l'exploitation des anciens esclaves, mais elle fera place rapidement, au salariat.
Le 2 décembre 1851 a lieu le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte qui établira quelques mois plus tard, le Second Empire. Les conséquences politiques en seront que les Assemblées, les représentations des Colonies, le suffrage universel, sont supprimées. Les maires et conseillers ne sont plus élus mais désignés.
L'abolition de l'esclavage se trouve toutefois confirmé, mais par un décret du 13 février 1852, se met en place un système répressif obligeant les travailleurs ruraux (qu’ils soient de Métropole ou des Colonies) d'avoir un engagement d'un an minimum ou d’être porteur d'un livret, sous peine d'amende ou d'emprisonnement.
Ce qui va obliger les ouvriers agricoles à accepter de travailler pour un salaire de misère.
Au lendemain du 2 décembre, Victor Schoelcher fait partie d'un mouvement de résistance au coup d'état, au coté de Victor Hugo, afin d'inciter la population à s'opposer à Louis Napoléon.
A la suite d'une fusillade dans le Faubourg saint Antoine, Schoelcher, traqué par la police, entre en clandestinité et quitte Paris fin décembre pour la Suisse, habillé en prêtre (lui qui était si profondément athée) Le 30 décembre il est à Bruxelles.
Le 9 janvier un décret d'expulsion parait, interdisant le territoire national ainsi que celui des colonies, à un certain nombre de personnes parmi lesquelles ont peut citer entre autres Schoelcher, Victor Hugo, Louis Blanc, Arago, Edgard Quinet, etc...
De Bruxelles il passe à Londres où il séjourne quelques mois, avant de se fixer définitivement à Chelsea.
L'amnistie étant offerte aux proscrits par Napoléon III, il la refuse ne voulant revenir en France que lorsque la République serait rétablie.
Durant les 18 années que va durer son exil, il occupera son temps à entretenir des relations avec les autres proscrits, à rédiger des publications sur le thème central de l ‘esclavage, sur la dénonciation du coup d'état, sur la politique coloniale de la France.
Il publiera également une " Vie de Haendel ".
Son séjour en Angleterre sera entrecoupé de voyages en Hollande, ainsi qu'à Jersey pour y rencontrer son ami Victor Hugo. Ce dernier utilisera d'ailleurs ses services pour faire parvenir du courrier ou des manuscrits vers la Belgique ou la Suisse, lorsqu'il ne pouvait se déplacer lui-même.

De son coté, Schoelcher informait régulièrement Hugo des faits et gestes des autres exilés qu'il ne pouvait recevoir à Jersey ou plus tard, à Guernesey.
En 1870 il quitte Londres pour Paris. Il y fait figure de vieille gloire du passé mais ses partisans se retrouvent vite autour de lui, utilisant pour l'aider, le support des Loges.
Dés son retour il accepte dans le Gouvernement de Défense Nationale, un poste de colonel de la Garde Nationale, fonction qu'il gardera jusqu'à l'armistice de 1871.
En tant qu'Alsacien d'origine, il soutiendra les résistants alsaciens et votera contre l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse.
En février 1871, i1 est élu député de la Seine, en même temps que Victor Hugo, Gambetta, Edgard Quinet, Garibaldi, etc. ...
En avril de la même année, il est de nouveau élu député de la Martinique, sans toutefois y retourner, maintenant un contact étroit par courrier avec les journaux locaux et les Loges maçonniques.
En 1875, i1 est élu sénateur inamovible.
En 1882 il fonde avec le Guadeloupéen Gerville-Réache, de la R-L "les Vrais Frères Unis et Philanthropes Réunis", à l'Orient de Paris, le journal politique "le Moniteur des Colonies " dont les correspondants se retrouvent également dans les colonies françaises d'Afrique, d'Océanie et d'Asie.
Durant les années qui vont suivre, il rédigera de nombreuses publications sur la famille, sur l'immigration aux colonies, une étude sur Toussaint Louverture et même une vie de St Paul.
Les dernières années de sa vie se passeront à Houilles, prés de Paris. C'est là qu'il s'éteindra le 25 décembre 1893.
Dés le lendemain de son inhumation au cimetière du Père-Lachaise à Paris à laquelle assistait une foule immense composée de personnalités du monde politique, d'Associations, de journalistes, ainsi que des nombreux anonymes, une souscription était lancée pour l'édification d'un monument, à Saint Pierre, en Martinique.
Ce monument sera malheureusement détruit lors de l'éruption de la Montagne Pelée en 1902.
De nombreux autres comités se créèrent pour rendre hommage à la mémoire de celui qui, appliquant dans sa vie les principes de Liberté, d'Egalité, de Fraternité, développés en Loges, avait rendu sa dignité à l'homme Noir, afin qu'il ne vive plus jamais courbé, mais droit et libre.
Le 20 mal 1949, Victor Schoelcher entrait au Panthéon.
Cet homme dont nous connaissons mieux maintenant le but de sa vie, qui était il vraiment ?

SCHOELCHER TEL QU'EN LUI MEME

L'homme. Le Franc-Maçon
Victor Schoelcher est décrit comme un homme de grande taille, légèrement voûté, mince, au visage orné d'un collier de barbe. Quoique différent, on pourrait presque le comparer physiquement à Abraham Lincoln.
C'était un grand bourgeois, collectionneur averti
musicologue, militant des droits de l'Homme Il se définissait lui-même comme d’extrême gauche et anticlérical.
Il fut très jeune attiré par les idées républicaines, et écrivit des articles dans plusieurs journaux républicains :"La Revue Républicaine", dont il était actionnaire, la "Revue du Progrès Social", "la Réforme", dont le créateur était Ledru-Rollin.
Il rencontra également des hommes tels que Louis Blanc, Bakounine, Karl Marx, et bien d'autres.
Cette influence d'un idéal républicain lui vient des principes de la Révolution de 1789, et sa théorie coloniale est directement inspirée par les idées de la Révolution. D'autres courants d'influence le guideront.
Des écrits et documentations britanniques sur l'esclavage, mais surtout un homme et un livre très critique envers le système colonial, écrit en 1772 : "Histoire politique et philosophique du commerce des européens dans les 2 Indes."
L’auteur, l'Abbé Grégoire.
Ce livre dénonce le système d'exploitation de l'homme par l'homme, et il servira de référence aux débats anti-esclavagistes du 18ème siècle.
Les écrits de l'Abbé Grégoire étaient bien entendus connus de Schoelcher. Citons " Mémoire en faveur des gens de Couleur " où Grégoire reproche à la République d'avoir réservé la Déclaration des Droits de l'Homme aux seuls Blancs.
L'Abbé Grégoire, cher aux F:. M:. puisqu'une Loge porte son nom, est un petit prêtre de Lorraine qui va devenir une figure marquante de l'Assemblée Constituante. En 1789 il a 39 ans et s'est déjà fait remarquer pour avoir pris la défense des Juifs. Il sera un des premiers à rejoindre le Tiers Etat. La découverte du problème de l'esclavage le bouleverse et il se mettra au service de la cause des hommes de couleur. Moins radical que Brissot, il ne parle pas d'abolition, mais de citoyenneté pour tous les hommes libres de couleur.
N'oublions pas mes F:. pour comprendre le climat de cette époque, que des membres de cette Assemblée Constituante qui avait créé notre devise "liberté, égalité, fraternité," écrivaient également en 1791 : - La Déclaration des Droits de l'Homme, c'est le contrat social de la Nation, dont les gens de couleur n'ont jamais fait partie... l'esclavage est une condition nécessaire à l'existence de nos colonies... le préjugé de la couleur est la sauvegarde du système.
On ne peut citer ici toutes les œuvres de l'Abbé, mais signalons que d'autres hommes ont aussi influencé Schoelcher : Simon Bolivar et le géographe Humbolt entre autres. Mais c'est à partir de 1848 que ses différentes fonctions politiques lui permettront de mettre en œuvre ses conceptions républicaines.
Il était profondément anticlérical, déplorant que le clergé français soit à l'opposé du clergé anglican dont il avait apprécié les réalisations dans les colonies anglaises en 1841.
Malgré cela, c'est aux prêtres de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel, Congrégation fondée par Lamennais, qu'il confiera la mission d'éduquer les esclaves affranchis après 1848. (Avant la Loi de J. Ferry)
A son retour d'exil, il partipe activement à des réunions anticléricales, et préconise l'école laïque.
Victor Schoelcher fut très tôt Franc-Maçon.
Dés 1831, soit à l’âge de 27 ans, il est inscrit sur le tableau de la Loge "les Amis de la Vérité" puis en 1844, il figure sur celui de "la Clémente Amitié". Il y figure sous la profession d'homme de lettres. Il restera affilié à cette Loge jusqu'en 1846.
Durant son exil, il sera membre de la Loge, "les Philadelphes", à l'Orient de Londres. Loge animée par Louis Blanc.
A son retour d'exil, il fréquente régulièrement la Loge "Renaissance par les Emules d'Hiram" et assistera aux Convents du Grand Orient.
Lors de ses voyages, Schoelcher rencontra de nombreux Maçons, notamment en Haïti où, dit-il : "Il n'est pas de petite ville qui ne possède sa Loge". Parlant d'Haïti, il trouvait que le développement de la Franc-Maçonnerie y était tout à la fois exagéré et inefficace
Tout en étant membre de la Loge "I'Union", à l'Orient de Saint Pierre, en Martinique, c'est parmi les Francs-Maçons des Loges de Guadeloupe que se recrutaient ses plus fervents et plus actifs partisans.
Et en tout premier lieu, la Loge "les Disciples d'Hiram", première Loge à être composée d'hommes de couleur, créée en 1836. Les autres Loges, telles que "la Paix" ou "Saint Jean d'Ecosse" étant plus des Loges de colons ou pour les administrateurs de passage. Les très rares hommes de couleur qui y étaient initiés servaient surtout de domestiques lors des agapes.
Chacune de ces Loges avait des correspondants à Paris.
On a peu de renseignements sur les travaux de ces Loges, leurs archives ayant souvent été détruites.
On sait toutefois que lors de la création du premier journal républicain de la Guadeloupe, "le Progrès", créé en 1849, tous ses rédacteurs étaient membres de la Loge "les Disciples d'Hiram".
Victor Schoelcher a toujours mis ses idées en conformité avec son engagement de Franc-Maçon. Sauf dans les toutes dernières années de sa vie, quand l’âge fut devenu un handicap, il s'est toujours efforcé d’être un membre actif des différentes Loges qu'il fréquentait.

L'ESCLAVAGE A L'EPOQUE DE SCHOELCHER

Sous la Restauration (1814 - 1830), l’esclavage, qui avait été aboli par la Révolution (décret du 16 Pluviose An II) et rétabli par l'Empire (n'oublions pas que Joséphine de Beauharnais est née en Martinique), n’est pas remis en cause et la traite des Noirs se pratique comme au 18ème siècle. Au bénéfice de la Restauration, il faut signaler dés 1815, l’interdiction de la Traite des Noirs, qui aboutira en 1831 à un traité Franco-Anglais déclarant illégal cette sorte de commerce et l'assimilant à un crime. Malgré cela, Nantes reste toujours le point de départ de la traite. Le gouvernement se contentant simplement de recommander un traitement plus humain envers les esclaves.
Ce qui n'empêchera pas de leur part un certain nombre de révoltes se traduisant de part et d'autre par des morts. Citons celle d’août 1791, en pleine guerre civile entre blancs royalistes et républicains, qui fut la première grande révolte, et jetant dans la bataille, prés de 15.000 esclaves.
Dans les colonies le fondement de la société est l'esclavage.
Trois classes distinctes existent et se côtoient : les Blancs, les Libres de couleur, et les esclaves.
En 1781 à Saint Domingue (maintenant Haïti) il y avait 40.000 Blancs pour 20.000 affranchis et 500.000 nègres. Ce terme de nègres voulant dire esclaves, et n’ayant pas le sens péjoratif que certains lui donnent maintenant.
Les esclaves étaient principalement originaires du Dahomey, du Niger ou des Iles du Cap Vert. Ils furent importés vers les Antilles vers 1635 par les Hollandais qui furent ainsi les premiers à inaugurer la traite.
C’est prés de 30.000 Noirs qui chaque année allaient grossir le nombre des esclaves dans les seules colonies françaises.
Les conditions de travail étaient très dures dans les plantations.
Lever à 4 heures, journées de travail se prolongeant bien après la nuit tombée, surtout en période de récolte. Seuls ceux qui servaient directement le maître dans sa maison avaient un sort moins pénible.
La mortalité était d’environ 50%. Un tiers des Noirs importés mourrait dans les 3 ans, notamment ceux qui travaillaient dans la culture du café. Celle ci se faisant sur les pentes des mornes donc dans des conditions climatiques extrêmes pour un Africain.
Lorsqu’il trouve les conditions trop dures ou lorsqu’il est privé de nourritures, l’esclave s’enfuit dans les bois. Il devient marron.
Le marronage trouve un terrain particulièrement propice en Guadeloupe où les mornes
[5]offrent des repaires sûrs.
L’évadé ne peut vivre en ville où il serait vite repris. La montagne est le seul lieu où la survie est possible. On estime entre 1200 et 1500 le nombre d’esclaves réfugiés ainsi sur les hauteurs et organisés en camps.
Le seul jour de repos est le dimanche. L’esclave en profite pour nettoyer sa case et cultiver le tout petit jardin qu’il possède. Car au lieu de leur fournir la nourriture, le maître préfère bien souvent leur donner un bout de terrain, charge à l’esclave d’assurer sa propre subsistance.
Très souvent les esclaves préfèrent cette solution.
Quand ils en ont le loisir et la force, ils chantent et dansent. Au moment des fêtes religieuses, ils dansent devant une foule de spectateurs. Le nom en est resté : la bamboula.
Afin de créer une sorte de résistance aux colons et particulièrement aux régisseurs, les esclaves se regroupent dés 1793 en sociétés secrètes, par nations d’origine, qui prennent le nom de "convois." On connaît ainsi les convois de l’Espérance, des Oeillets, des Roses. Rien qu’à Saint Pierre, on comptait 17 convois en 1830.
Les membres profitent des cérémonies, des événements, pour se transmettre des consignes, faire parvenir des messages.
Nombre de leurs membres usaient du poison pour nuire aux colons. Soit directement contre les membres de leur famille, soit indirectement sur le bétail.
Mais ce qui préoccupe surtout les autorités de cette époque, est le sort des libres de couleur dont le nombre est plus important que celui des Blancs, et qui commencent à réaliser que cette catégorie sociale est une puissance montante.
Pour des raisons faciles à comprendre, la majorité de ceux ci sont des sang-mêlé. Mais la liaison avec un Blanc n'était pas le seul critère d'affranchissement.
Parmi eux il y avait également des Noirs libres, qui l'étaient devenus grâce à leur talent, ou des esclaves affranchis lors de guerres.
Ces libres de couleur, appelés dés le 18ème siècle Mulâtres, libres de fait ou affranchis officiellement, sont traité de façon humiliante. Il leur est interdit par exemple, d’être appelés Monsieur ou Madame dans les actes officiels. A la moindre occasion, ils sont lourdement condamnés juridiquement, et généralement aux travaux forcés à Brest. (Procès Bissette en 1824).
Ce n'est que grâce à un décret de 1790 qu'ils ont pu accéder au rang de personne humaine.
Malgré les pétitions sans cesse renouvelées faites par les libres qui réclament l'égalité des droits avec les Blancs, le gouvernement de la Restauration favorise l'hégémonie des colons blancs et particulièrement celle des grands planteurs sucriers.
Sous la Monarchie de juillet (1830 - 1848), le régime se montre un peu plus libéral. En avril 1833 une loi accorde l'égalité de droit entre les libres de couleur et les Blancs. Toutefois ils sont écartés des Conseils Généraux créés en 1827, très largement dominés par les colons.
A la même période, par ordonnance, les libres de fait peuvent régulariser leur situation et être officiellement affranchis.

Dés 1834 est créée une Société Française pour l'abolition de l'esclavage Cette même année est créée la " Revue des Colonies " animée par Bissette qui a été libéré en 1827. (Il porte gravé dans sa chair au fer rouge les 3 lettres G.A.L : galérien, de sa condamnation en 1824).
Cette revue, et cela se comprend, est violemment anti-esclavagiste.
En janvier 1840, une ordonnance royale permet aux juges et procureurs de vérifier sur place, c’est à dire dans les plantations, du bon respect des règlements relatifs aux esclaves.
En 1842 parait l'ouvrage de Schoelcher :" Des colonies françaises ", dont nous avons déjà parlé.
L'esclavage a aussi ses partisans, et il faut citer le colon Chabert de la Charrière en Guadeloupe, ou Granier de Cassagnac qui s'en prend à ces faux philanthropes et dresse de l'esclavage un tableau plus proche de "Paul et Virginie", que de la réalité.
Par ces avancées au coup par coup (exemple : loi Mackau en 1845), la Monarchie de juillet va aller vers une abolition de l’esclavage, mais ce sera la Seconde République de février 1848, qui officialisera cette abolition et ce, quelques mois après son arrivée au pouvoir.
Lorsque Louis-Napoléon fera son coup d'état en décembre 1851 et que le Second Empire verra le jour, l'abolition de l'esclavage sera confirmée.

Mes F\, vous venez d'entendre ce travail sur notre F\ Schoelcher et au cours de celui ci, plusieurs noms vous ont été cités.
Pour mieux comprendre cette partie de l'Histoire de nos Départements d'Outre Mers, permettez-moi de dire brièvement quelques mots sur les hommes qui ont fait cette Histoire et dont pour beaucoup, le but de leur vie se résumait à un seul mot : Liberté.

TOUSSAINT LOUVERTURE

C'est le père fondateur de la nation haïtienne.
En 1789 il a 45 ans. C’est un esclave affranchi qui sait lire et écrire, ayant été élevé par un bon maître (il y en avait) à qui il sera reconnaissant jusqu'à la fin de sa vie.
A la suite d'une révolution d'esclaves, il en devient très rapidement le chef et ses qualités politiques et militaires sont vite reconnues par la Révolution qui en fera un Général de la République.
Pendant 10 ans le destin de l’île, qui évolue vers l'indépendance, se confond avec le sien.
En 1802 il est fait prisonnier par les troupes napoléoniennes venues rétablir l'esclavage et sera déporté dans le Jura, où il mourra de froid en 1803, dans la solitude et le mépris de ses geôliers.

Le Colonel DELGRES

C'est un libre de couleur qui a obtenu ses galons de colonel en combattant aux frontières avec les soldats de l'an II de la République. Revenu en Guadeloupe, l’armée coloniale se révolte en 1802, suite au rétablissement de l’esclavage et il combat les troupes napoléoniennes. Cerné et vaincu par les troupes de la métropole, il se suicidera et près de 500 personnes suivront son exemple plutôt que de perdre la liberté.

Cap'tain VINCENT

C'est un ancien esclave dont l'une des gloires est d’être mort (et cela est vérifié) à l’âge de 120 ans, en 1780.
Il a obtenu ses galons de capitaine ainsi que sa liberté, à 37 ans, au siège de Carthagène en 1697, où l'avait entraîné son maître.
Présenté à Louis XIV, il sera par la suite Capitaine Général de toutes les milices de couleur.

Aimé CESAIRE

Le maire communiste de Fort de France.
Un très grand poète mondialement reconnu et dont l'influence littéraire est équivalente de celle de Léopold Senghor.

APPENDICE

Le sort des esclaves jusqu'à l'émancipation
" L'esclavage à la Barbade :
Le nombre des esclaves nègres qui sont dans cette île est considérable. On me dit qu'il est de plus de 60.000, ce qui est un nombre exorbitant pour une île comme la Barbade, qui n'a que 25 à 28 lieues de circuit.
Les Anglais ménagent très peu leurs nègres. Ils les nourrissent très mal, ils les poussent à outrance, les battent pour la moindre faute et semblent se soucier moins de la vie d'un nègre que de celle d'un cheval "
(Nouveau voyage aux Iles d’Amériques - R.P. Labat)
Le Code Noir - mars 1685 -(extraits)
Art 9 les hommes libres qui auront un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, seront condamnés à une amende de 2000 livres de sucre, et s'ils sont les maîtres de l’esclave, outre l'amende, qu'ils soient privés de l'esclave et des enfants...
S'il n'est point marié et qu'il épouse dans les formes de l'église la dite esclave, celle ci sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.
Art 12 : les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront au maître des femmes esclaves...
Art 16 : défendons aux esclaves appartenant à plusieurs maîtres, de s'attrouper de jour comme de nuit,... à peine de punition du fouet et de la fleur de lys...
Art 29 : déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leur maître... sans que les enfants des esclaves y puissent prétendre par succession.
Art 33 : l'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de celle ci, sera puni de mort.
Art 38 : l'esclave fugitif qui aura été en fuite un mois, aura les oreilles coupées et sera marqué de la fleur de lys sur une épaule. S'il récidive il aura le jarret coupé... la troisième fois il sera puni de mort...
Note : Le Code Noir, dont il faut se souvenir que sa rédaction date de 1685, comporte 60 articles qui sont tous de la même veine. C'étaient des dizaines d'autres interdictions dépouillant l'individu des attributs élémentaires de la personne humaine, en faisant un objet livré pieds et poings liés à la seule discrétion des maîtres. En 150 ans le sort des esclaves ne s'était guère amélioré malgré l'apparition d'une catégorie d'ouvriers, de domestiques et même d'affranchis.
Il reflète le profond mépris dont on tenait des hommes, simplement différents parce que d'une autre race et d'une autre couleur de peau.
Il faut de nos jours continuer à veiller afin que des idées similaires ne puissent de nouveau apparaître.
Décret du 27 avril 1848 (extraits)
Au nom du Peuple Français, le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine. Qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ;
Qu'il est une violation flagrante au dogme républicain Liberté - Egalité - Fraternité
Article 1 : L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles- A la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres seront interdites.
Article 6 : les colonies purifiées de la servitude et les possessions de l'Inde, seront représentées à l'Assemblée Nationale.
Article 7 Le principe " que le sol de France affranchit l'esclave qui le touche" est appliqué aux colonies et possessions de la République.
Article 8 A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, vendre ou acheter des esclaves, et de participer soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînerait la perte de la qualité de citoyen français.
Fait à Paris, en conseil de gouvernement le 27 avril 1848.
Travail présenté devant la Commission d'Histoire de la GLDF
Guadeloupe : À mon arrière arrière grand-mère paternelle, Vénus Fanély, affranchie en 1833
Bruxelles : A mon arrière grand-oncle maternel, ami de Victor Hugo et de Schoelcher.

Source : www.ledifice.net

Par A\ Z\ - Publié dans : Planches
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Lundi 10 décembre 2012 1 10 /12 /Déc /2012 05:54

A la fin du 18ème siècle apparaît à Narbonne un rite maçonnique connu sous le nom de « Rite Primitif » : le Rite des Philadelphes de Narbonne, ou encore le Rite de Narbonne.

Le Rite de Narbonne est d’abord une affaire de famille. Le père et ses six fils en sont les membres fondateurs. Parmi eux, figurent six officiers et un prêtre. Les tenues se déroulent tout simplement à la maison. Les Frères contractent le devoir de « sauver leurs fils, leurs neveux, leurs parents ».

Le Rit a pour adage : « je suis Homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger », qui tend à faire de tous les Hommes un peuple de Frères, ce qui constitue précisément une prétention à l’universalité. Toute une philosophie est contenue dans cette idée : il faut réhabiliter l’Homme, c’est à dire le remettre à la place qu’il a perdue. C’est un fondement du christianisme avec le symbolisme de la chute et, bien avant le christianisme, le but de plusieurs religions et philosophies, tel le platonisme, exprimé dans la phrase : « l’homme est un ange déchu qui se souvient des cieux ».

En 1790 la Loge des Philadelphes fit imprimer une brochure intitulée « Notion générale sur le caractère et l’objet du Rit primitif », et l’on y trouve des renseignements précieux. Le Rit est un mélange de thèmes mystiques empruntés à Martinès de Pasqually, en particulier à la Réintégration de l’Homme spirituel dans son essence originelle. L’initié doit aspirer à se dire de nouveau.

Le Rite Primitif fut pratiqué jusqu’en 1790-91. Dans la nuit du 5 au 6 août 1792, des effractions causèrent la perte des titres, registres et cartons. Les Frères décidèrent alors de supprimer les Tenues, de suspendre les admissions, de ne se réunir que par petits groupes et surtout de ne plus tenir de registres. En avril 1805, ils sollicitent du Grand Orient des lettres d’agrégation. Des difficultés surgirent quand il fallut produire les actes constitutifs du Rit, mais ces documents furent « miraculeusement retrouvés par un profane » et l’affiliation fut accordée le 27 septembre 1806.

Mais le Rite ne tarda pas à s’éteindre…

Le fondateur du Rite de Narbonne fut le marquis François-Marie de Chefdebien, né à Narbonne le 15 avril 1753, sous le règne de Louis XV. Sa famille était installée dans le Midi depuis le treizième siècle. Son arrière-grand-père repose près de l’autel de l’église d’Armissan. Son père, officier du régiment de Piémont-Infanterie fut fait prisonnier au cours de la guerre de Sept Ans et devint franc-maçon au cours de sa captivité, dans un pays en pleine effervescence rosicrucienne, un pays pour lequel son fils éprouva toujours une forte attirance : l’Allemagne.

Nous connaissons peu la jeunesse du marquis. Au hasard d’une lettre de son père nous apprenons « qu’il n’était que lieutenant en 1776 ». Deux ans plus tard son père sollicite pour lui une bourse pour l’Ecole Militaire. Mais cette même année, surprise, le jeune marquis prend la parole au Convent des Gaules qui s’est tenu à Lyon du 25 au 28 décembre 1778, à l’initiative des maçons français affiliés à la Stricte Observance, mais désireux d’acquérir leur autonomie par rapport à cet ordre. Cette prise de parole montre que François-Marie était alors un maçon d’une certaine envergure. Avait-il été initié dans son régiment, qui servait en Corse ? On peut le supposer. Le 29 février de l’année 1778, il fait état de lettres patentes accordées à trois de ses amis pour l’ouverture d’une loge des Hauts Grades, qui devint bientôt le « Chapitre de l’Amitié à l’Epreuve ». Dans ces lettres, il se désigne comme « Grand Inspecteur, Inquisiteur Général des Travaux du Premier, Second et Troisième Temple de Jérusalem ». Mais de quel rite ? Mystère.

Le Convent des Gaules parvint à rompre avec la tradition templière dont se prévalait la Stricte Observance ; Chefdebien, cependant, resta fidèle à l’Ordre du Temple, ce qui était compréhensible dans une famille de militaires. Toute sa vie, il chérira le titre de « Chevalier à la Tête Casquée » conféré au 6ème grade de la Stricte Observance, selon le rituel d’adoubement des chevaliers du Moyen Age.

De cette empreinte maçonnique procède naturellement l’esprit qui préside à la création du Rite Primitif, sous le signe des Philadelphes, par le marquis de Chefdebien, alors âgé de 26 ans, en décembre 1779.

Renseignements collectés sur une planche présentée par un F\

Origine et Histoire

L'origine des rites maçonniques dits « égyptiens » remonte à plus de 200 ans. Ces rites ont revendiqué une première filiation, venant d'un Rite Primitif qui aurait été pratiqué à Paris en 1721, mais dont l'existence n'a jamais été historiquement démontrée. Ils se réclament aussi du Rite Primitif des Philadelphes à Narbonne en 1779.

Cependant leur histoire est plus complexe. Ceci est dû principalement à une triple particularité :

- la légitimité maçonnique y est réputée provenir principalement de la transmission de pouvoirs de dirigeant à dirigeant, via des documents appelés « chartes ».

- leurs dirigeants étaient, jusqu'à la scission de 1998, tous nommés à vie.

- leur pratique ayant toujours été extrêmement minoritaire dans la maçonnerie mondiale, la littérature les concernant est moins fournie et moins facilement accessible que pour d'autres rites.

Explications :

Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, respectant par-dessus tout les principes traditionnels de la Franc-maçonnerie qu’il a maintenus et veut maintenir intacts, tient à déclarer qu’il respecte l’indépendance des autres Rites, et comme il ne s’immisce en rien dans les actes émanant de leur autorité, il entend que les autres Rites agissent à son égard de la même manière.

Le Rite de Memphis-Misraïm est l’héritier des traditions maçonniques du XVIIIe siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline. H tire son origine de la Maçonnerie Occulte des Philalètes de Paris, des Frères Architectes Africains de Bordeaux, de l’Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety d’Avignon, et surtout du Rite Primitif des Philadelphes de Narbonne.

C’est à ce Rite primitif des Philadelphes, établi vers 1779 à Narbonne par le Marquis de Chefdebien, que le Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm fait remonter l’origine de ses principes et la forme de son organisation. Le régime était divisé en trois classes de maçons qui recevaient dix degrés d’instruction. Ces classes ou degrés n’étaient pas la désignation de tels ou tels grades, mais des dénominations de collections pouvant être étendues en un nombre infini de grades. La troisième classe formée de quatre chapitres de Rose-Croix s’occupait de la maçonnerie au point de vue ésotérique et étudiait particulièrement les sciences occultes.

Le Rite primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient en 1806. Mais, en avril 1815, il y eut, à Montauban, une sorte de renaissance du Rite.

Le Rite primitif de Narbonne avait, en 1798, été importé en Égypte par des officiers de l’armée de Bona parte, qui avaient installé une Loge au Caire. C’est dans cette Loge que fut initié Samuel Honis, lequel, venu en France en 1814, rétablit à Montauban, en 1815, une grande Loge sous le nom Les Disciples de Memphis, avec l’assis tance de Gabriel Marconis de Nègre, du baron Dumas, du marquis de la Roque, de J. Petit et Hippolyte Labrunie, anciens frères du Rite. Le Grand Maître était le F\ Marconis de Nègre.

À la suite d’intrigues, cette grande Loge fut mise en sommeil le 7 mars 1816. Les travaux furent repris en 1826 par une partie de ses membres, mais sous l’obédience du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, plusieurs frères, parmi lesquels Étienne Marconis de Nègre, fils du Grand Maître des Disciples de Memphis et haut gradé du Rite de Misraïm, eurent l’idée de réunir les degrés des divers Rites pratiqués jusqu’alors et de les consolider sur les principes adoptés à Montauban.

Ils examinèrent les degrés des divers Rites, les révisèrent et les encadrèrent d’un certain nombre de degrés rassemblant et expliquant les dogmes religieux des anciens Hiérophantes et des Initiations anciennes, puis ils donnèrent à cette organisation le titre de Rite ancien et primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries et sept classes, qui sont bien moins des rangées de degrés que des Écoles, où, comme dans le Rite primitif de Narbonne, sont enseignées les sciences maçonniques.

La première série enseigne la partie morale, reposant sur la connaissance de soi-même. Elle offre l’explication des symboles, des emblèmes et des allégories ; elle dispose les initiés à l’étude de la philosophie maçonnique.

La deuxième série comprend l’étude de l’histoire et des Rites maçonniques les plus universellement répandus, ainsi que des mythes poétiques de l’antiquité et des initiations anciennes.

La troisième série renferme le complément de la partie historique de la philosophie, elle étudie le mythe religieux dans les différents âges, de même que toutes les branches de la science appelée occulte ou secrète ; enfin, relativement à la Maçonnerie, elle en fait connaître la partie mystique et transcendante, composée d’ésotérisme et de grands mystères, et admet les études occultes les plus avancées. Non seulement chacune de ces trois séries est formée de plusieurs divisions dans lesquelles sont conférés tous les degrés maçonniques modernes, mais encore, tout en conduisant progressivement à travers les anciens mystères où se révèle la raison d’existence de ces degrés, la dernière série révèle l’ésotérisme de la Maçonnerie, la Gnose, cette science qui s’est perpétuée de siècle en siècle jusqu’à nous et illumine aujourd’hui notre institution. Telle est l’origine et la constitution du Rite ancien et primitif de Memphis, auquel est venu s’adjoindre, par la suite, le Rite de Misraïm.

D’après ce qui vient d’être dit, on comprendra facile ment que le Rite de Memphis-Misraïm ne peut convenir qu’à un nombre très restreint d’individus, lis se recrutent principalement parmi les étudiants de l’Occultisme et de l’Hermétisme, lesquels, du fait de leurs études, sont plus aptes que les autres à comprendre les secrets maçonniques réels, ainsi que parmi les Maçons studieux qui ne se contentent pas de savoir faire certains signes ou d’apprendre la prononciation de certains mots dont ils ignorent le sens, mais sont désireux de remonter jusqu’à la source réelle de nos institutions et d’étudier la partie occulte et transcendante de la Maçonnerie.

Renseignements trouvés sur internet

Les origines de Memphis

Son origine la plus ancienne est probablement, (au-delà des légendes développées par Marconis de Negre qui font remonter son origine aux Templiers qui auraient eux-mêmes reçu une filiation remontant jusqu’à un sage d’Egypte converti par Saint Marc), la Loge Isis, fondée au Caire en 1798, qui comptait parmi ses membres des savants et des officiers français ainsi que des notables égyptiens initiés aux mystères des Pyramides. Plusieurs auteurs pensent que Napoléon Bonaparte s’est fait initier par Kléber dans cette loge, d’autres qu’il fut l’un des fondateurs. Une autre thèse veut qu’il a été initié à Valette à Malte, et encore une autre, au Caire, au Rite primitif de Narbonne, importé en Egypte. Les soldats appartenant aux divers courants ésotériques dont le Rite des Philadelphes entrent en contact avec les FF\ de la Grande Loge d’Egypte, descendants des R+C de la période constantinienne. Ainsi enrichis les FF\ de retour en France n’allaient certainement pas rester les bras croisés.

Selon d’autres maçons également égyptiens mais français, il aurait existé dès 1720 dans le midi de la France un Rite dit Primitif de Narbonne, issu des sources égyptiennes ou des Rose-Croix.

Ce Rite avait à peu près disparu lorsqu’en 1779 il fut restauré dans sa vigueur primitive par le Marquis de Chefdebien sur le modèle du Rite des Philalèthes et il prit le nom de Rite Primitif des Philalèthes ou Rite Primitif de Narbonne.

En 1798, des officiers de l’armée de Bonaparte, tous membres du Grand Orient de France et disciples du Rite de Narbonne, en mission en Egypte, sont en contact avec des initiés du Soufisme et des Collèges initiatiques Druzes du Liban.

Ils décident de renoncer à la filiation de la Grande Loge d’Angleterre et de créer un nouveau Rite. Ainsi naquit la Loge « Les Disciples de Memphis », au Caire, suivant la tradition du Rite de Narbonne.

A Memphis :
Par ailleurs, le Rite Primitif de Narbonne fut agrégé au grand Orient de France en 1806. Il avait été en 1798 importé de l’Egypte par des officiers de l’armée de Bonaparte. (Il a même été dit que Napoléon y aurait reçu la Lumière selon une circulaire interne du G\ O\ D\ F\) qui avaient installé une loge au caire. Pour notre part nous pensons que le futur Empereur a plutôt reçu une Initiation relevant des Grands Mystères en étant élevé probablement au Grade de Minerval sous les auspices des Illuminés de Bavière ou d’une de leur survivance occulte comme le suggère d’ailleurs une gravure de l’époque.

Source : www.ledifice.net

Par M\ B\ - Publié dans : Planches
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