Jeudi 12 mai 2005

 

    

Rite de Misraïm - Venise, 1788.  

Un groupe de Sociniens (secte protestante anti-trinitaire) demande une patente de constitution à Cagliostro, alors de passage à Trente.   

Ne souhaitant pas pratiquer la rituélie magico-kabbalistique de ce dernier, ils choisissent de travailler au Rite Templier. Cagliostro leur transmet donc la Lumière Maçonnique: les trois premiers grades de la Maçonnerie anglaise et les grades supérieurs de la Maçonnerie allemande, très marquée par la tradition Templière.   Le nom de Misraïm - en hébreu ancien : "les Egyptiens" - est donc le seul rappel de ce Rite Egyptien qui leur transmit la personnalité obédientielle.   

Misraïm va essaimer rapidement à Milan, Gênes, Naples, et sera introduit en France par Michel Bédarride, qui avait reçu en 1810, à Naples, les pouvoirs magistraux du Frère De Lassalle.De 1810 à 1813, les trois frères Bédarride développent avec succès le Rite en France, et cela quasiment sous la protection du Rite Ecossais.   

Le Rite de Misraïm compte, en effet, des noms maçonniques illustres à sa tête : le Comte Muraire, Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien Accepté, le Duc Decazes, le Duc de Saxe-Weimar, le Duc de Leicester, le Lieutenant Général Baron Teste, etc... Rapidement, sous la Terreur Blanche, c'est Misraïm qui transmet leur nécessaire maîtrise aux Carbonari.  

 

Violemment anticlérical et anti royaliste, le Rite groupe alors une cinquantaine de Loges à travers le pays.  

 

La police de la Restauration obtient sa dissolution. Clandestin pendant dix-huit années, restauré en 1838, dissous à nouveau en 1841, il sort de la clandestinité en 1848.   

Dès lors, il s'achemine vers la fusion, en 1881, avec le Rite de Memphis, sous l'impulsion de Giuseppe GARIBALDI.

 Rite de Memphis 

La plupart des membres de la mission d'Egypte qui accompagnèrent Bonaparte étaient Maçons de très anciens Rites Initiatiques : Philalètes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre le Grand Orient de France.   

C'est la découverte, au Caire d'une survivance gnostico-hermétique qui va conduire ces Frères à renoncer à la filiation reçue jadis par la Grande Loge de Londres.   

Ainsi, sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, naît a Montauban, en 1815, un nouveau courant Maçonnique ne devant rien à l'Angleterre : le Rite de Memphis.

Si, très rapidement, le Rite de Misraïm rassemble les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c'est au sein du Rite de Memphis que se regroupent les demi-soldes de l'ex-Grande Armée et les Bonapartistes demeurés fidèles a l'Aigle. Notons du reste que les deux Rites ont en 1816 le même Grand-Maitre Général, prémices de la fusion future.  

 

Mais le Grand Orient de France, alors majoritairement monarchiste, obtient la dissolution de Memphis. En 1826 cependant, le Rite reprend ses travaux sous l'Obédience du même Grand Orient.  

 

Dissous comme Misraïm en 1841, Memphis entre, lui aussi dans la clandestinité. Il ne réapparaît qu'avec la République, en 1848.  

 

Dissous de nouveau en 1850, en réveillé en 1853, Memphis est reconnu par le Grand Orient de France en 1862.  

 

Comportant alors de très nombreuses Loges à l'étranger, Il compte des personnalités telles que Louis Blanc et Garibaldi qui, dix-neuf années plus tard, sera l'artisan de l'unification de Memphis et de Misraïm.  

 

Rite de Memphis-Misraïm  

 

Jusqu'en 1881, les Rites de Memphis et Misraïm cheminent cheminent parallèlement et de concert, dans un même climat particulier.   

Or, les deux Rites commencent à rassembler sous la double appartenance des Maçons du Grand Orient de France et du Rite Ecossais Ancien et Accepté qu'intéressent l'Esoterisme de la Symbolique Maçonnique, la Gnose, la Kabbale, voire L'Hermétisme. En effet, outre leurs dépôts égyptiens, Misraïm et Memphis sont toujours les héritiers et les conservateurs des vieilles Traditions Initiatiques du XVIIIème siècle Philalètes, Philadelphes, Rite Hermétique, Rite Primitif.   

Misraïm compte 90 Grades divers, et Memphis, 95.  

 

Lorsque Garibaldi est désigné comme Grand Maître général pour chacune des Obédiences, une fusion de fait s'accomplit et rend possible l'établissement d'une échelle commune des grades.  

 

Aujourd'hui, après les trois premiers degrés de la Maçonnerie Universelle, les particularités de Memphis-misraïm s'affirment dans les Ateliers supérieurs qui pratiquent obligatoirement les  

 

4ème Degré ( Maître Secret )  

 

9ème Degré ( Maître Elu des Neufs ),  

 

13ème Degré ( Royal Arche ),  

 

14ème Degré ( Grand Elu de la Voûte Sacrée ),  

 

18ème Degré (Chevalier Rose + Croix ),  

 

20ème Degré ( Chevalier du Temple ), Le 20ème Degré transmet l'initiation de la Stricte Observance Templière et des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte de Jean-Baptiste Willermoz.  

 

28ème Degré ( Chevalier du Soleil ), 

 

30ème Degré ( Chevalier Kadosh ),  

 

32ème Degré ( Prince du Royal Secret )  

 

33ème Degré ( Souverain Grand Inspecteur Général ).   

Les 66ème, 90ème et 95ème Degrés sont conférés à des Maçons particulièrement intéressés par l'Hermétisme, suivant leur valeur et leurs connaissances, ainsi que leur fidélité au Rite.

Le 95ème Degré leur confère le droit de siéger au Erreur! Source du renvoi introuvable, en qualité de Grand Conservateur du Rite.

Les Loges de Memphis-Misraïm travaillent au Rite Egyptien et sur leurs autels elles joignent au traditionnel emplacement de l'équerre et du compas, la règle symbole du Grand Architecte de l'Univers et de la loi Divine. Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm perpétue ses traditions de fidélité aux principes démocratiques et aux Sciences Initiatiques et n'a pas oublié ses morts - le Grand Maître Constant Chevillon fut assassiné par la milice de Vichy en 1944 et le Grand Maître de Belgique Delaive exécuté par les nazis. Conscient des limites du Siècle des Lumières, le Rite, aujourd'hui, puisant dans le fonds hérité des Temples de Memphis, invite chacun à passer du Savoir rationnel, au sens strict du terme, à la Connaissance. Les spécificités de l'Ordre de Memphis-Misraïm résident dans les principes suivants: vivifier la Tradition transmise par l'Ancienne Egypte  développer la valeur de la Quête Initiatique inspirer une ouverture où, Intelligence du coeur et Savoir Esotérique s'harmonisent dans notre Temps,  pratiquer un Rite qui permette à l'Homme de trouver la voie de sa propre réalisation Intérieure.

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

 

 GRAND PRIEURE D'HELVETIE

 Au nom de l'Ordre Le Directoire du Régime Écossais Rectifié

CHARTE CONSTITUTIVE

pour l'installation de la Préfecture de Paris sous l'égide du Grand Prieuré d'Helvétie.

LETTRES PATENTES

pour le réveil du Régime Écossais Rectifié en France sous l'obédience du Grand Directoire des Gaules

Grande Chancellerie Or. de Genève 3, rue Massot

Nous, Grand Prieur d'Helvétie, Grand-Maître National, assisté du Grand Chancelier et des autres membres du Directoire, dûment autorisé à ces fins par le Grand Chapitre Helvétique, Puissance Suprême du Régime Écossais Rectifié en Suisse,

Vu la requête émanant des TT Rév FF Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte : Docteur Camille Savoire, in ordine eques a fortitudine, Docteur René Wibaux, eques ad lucem quaerendum, et Aimé Machon, eques ab indulgentia, agissant tant en leur nom personnel qu'au nom de leurs mandants, les TT Rév FF de divers Orients de France, armés Chev Bienf de la Cité Sainte au sein de la Préfecture de Genève par notre Grand Prieur,

Laquelle requête sollicite du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, en vertu des pouvoirs qu'il détient, le Réveil et l'instauration en France, sous son égide, du Régime Écossais Rectifié tel qu'il fut jadis pratiqué,

Attendu que, en vertu des droits et des prérogatives concédés au Grand Prieuré d'Helvétie par le Convent des Chapitres de Bourgogne, tenu à Bâle les 15, 16 et 17 Août 1779, le dit Grand Prieuré a acquis, en même temps que son indépendance, le pouvoir de créer dans son ressor des Préfectures et des Commanderies,

Attendu que, par acte du 2 Août 1828, le Chapitre provincial de Bourgogne, V° Province de l'Ordre, en dénonçant au Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie la cessation de ses travaux, lui conférait tous ses pouvoirs,

Attendu que, sous date du 29 Mars 1830, le Chapitre Provincial de Genève, par patente spéciale émanant de la Province d'Auvergne, III° Province de l'Ordre, entrée à son tour en sommeil, acquit le droit de constituer des établissements de son Rite, en lieu et place de la dite Province d'Auvergne,

Considérant qu'en vertu de ses droits et prérogatives, le Chapitre Provincial de Genève procéda déjà en 1839 (le 1er Octobre) à la constitution d'une Préfecture du Régime Écossais Rectifié à l'Orient de Paris, en y créant et installant des Chevaliers et des Novices,

Considérant que, plus tard, sous date du 11 Juin 1910, une Commanderie relevant de la Préfecture de Genève fut installée à l'Orient de Paris, après que les TT Ill FF 33° Docteur Édouard de Ribeaucourt (sic), in ordine eques de Raimboldi Curte, Docteur Camille Savoire, eques a fortitudine, et Docteur Gustave Bastard, eques a silentio, eurent été armés, par équivalence de grade, Chev Bienf de la Cité Sainte, et que le F Paul Pottier, Rose Croix18°, eut été élevé au grade d'Écuyer Novice, Considérant enfin qu'en dehors de ces FF requérants, quinze TTIllFF 33° ont été armés par équivalence de grade, au sein de la Préfecture de Genève, en les années 1932, 1933 et 1934,

De même aujourd'hui, faisant droit à la requête dont s'agit et voulant assurer définitivement le réveil en France du Rite Écossais Rectifié, tel qu'il y fut jadis pratiqué et tel qu'il est pratiqué actuellement en Suisse, au sein du Grand Prieuré Indép. d'Helvétie,

Avons décrété et décrétons

L'érection d'une Préfecture du Régime Écossais Rectifié à l'Orient de Paris, et, à ces fins, avons inauguré ce jour, 23 Mars 1935, la dite Préfecture, à laquelle, sur la demande des requérants, le T Rév F Professeur Ernest Rochat, in ordine eques a studio, Grand Prieur d'Helvétie, Grand Maître National, a apporté personnellement la lumière, assisté des TT Rév FF Charles J. Nicole, eques a phoenix resurgente, Grand Chancelier, Antony Roesgen, eques ab harmonia, Préfet de la Préfecture de Genève, au sein de laquelle les TT Rév FF postulants et les mandants ont été armés Chev Bienf de la Cité Sainte.

Et, après que les requérants eurent pris, tant en leur nom qu'au nom de leurs mandants, l'engagement solennel de pratiquer le Rite Écossais Rectifié en conformité des statuts de l'Ordre tel qu'il est encore en usage en Suisse, et notamment de maintenir dans leur intégralité les décisions arrêtées aux divers Convents de Kohlo, en 1772, de Wilhelmsbad, en 1782, et des Gaules, en 1778, tendant à assurer au Rite Rectifié son uniformité, le Grand Prieur d'Helvétie procéda à l'installation de son premier Préfet, le T Rév F Docteur René Wibaux, in ordine eques a lucem quaerendum, en main duquel les TRév FF présents prêtèrent le serment d'obédience….

 

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

L'un des points notables est de délivrer l'enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d'une échelle de 33 grades :

 

4. Maître Discret

5. Maître Sublime-Maître des Angles

6. Chevalier de l'Arche Sacrée

7. Chevalier de la Voûte Secrète

8. Chevalier de l'Epée

9. Chevalier de Jérusalem

10. Chevalier d'Orient

11. Chevalier Rose-Croix

12. Chevalier de l'Aigle Rouge

13. Chevalier du Temple

14. Chevalier du Tabernacle

15. Chevalier du Serpent

16. Sage de la Vérité

17. Chevalier Kadosh

 18. Chevalier du Royale Mystère

19. Grand Inspecteur

20. Philosophe Hermétique

21. Patriarche Grand Installateur

22. Patriarche Grand Consécrateur

23. Patriarche Grand Eulogiste

24. Patriarche de la Vérité

25. Patriarche des Planisphères

26. Patriarche des Védas Sacrés

27. Maître Egyptien Patriarche d'Isis

28. Patriarche de Memphis

29. Patriarche de la Cité Mystique

 30. Sublime Maître du Grand Oeuvre

31. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine

32. Prince de Memphis

33. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l'Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d'Isis et dans l'Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l'objet d'une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques.

Sans dévoiler ce qui ne doit pas l'être ici, on peut néanmoins donner quelques éléments sur les principales étapes que nous venons de mentionner et qui vont structurer le chemin des Frères au sein des Hauts-Grades Hermétistes. Il est en effet important de souligner le caractère progressif et cohérent des grades pratiqués, qui de la même manière que les initiations anciennes ont pour objectif de chercher à se parfaire tout en dépassant par leurs rites la dimension strictement philosophique, pour approcher de l’intérieur la question fondamentale du sens de l’existence. Ce sont ces principes antiques qui furent repris dans les rituels des Grades, dans la forme d’origine proprement « égyptienne » définie par Yarker.

L’initié franc-maçon poursuit ici ce que Platon appelait son ascension, par l’apprentissage ordonné et cohérent des différents systèmes qui ont composés la tradition occidentale.

Cette progression s’effectue donc dans une perspective à la fois historique et hermétiste. Les initiations qui vont marquer le cheminement des Frères les conduisent de la Kabbale judéo-chrétienne (XV°-XVIII° siècle), au renouveau de l’Hermétisme de la renaissance, et son profond enracinement dans les mystères grecs et romains à l’Esotérisme de l’Egypte. La quatrième initiation parachève ces moments. Ce parcours véritablement initiatique est toujours celui d’un libre penseur, ayant déjà développé son esprit critique et sa bonté, celui d’un être qui construit et non qui détruit, celui s’ouvre à l’autre au lieu de chercher à le dominer.   

Chevalier de l'Aigle Rouge Le grade de Philosophe Inconnu, Chevalier Rose-Croix de L'Aigle Noir, Blanc et Rouge dit Chevalier de l'Aigle Rouge est peut être le plus surprenant par sa profondeur. Ce vieux grade hermétique - qui par là plonge ses racines bien au delà du XVIII° siècle - est attesté dans les années 1760. Il fut pratiqué notamment à Metz, par le Baron de Tsoudy, à Paris et à Marseille. On le retrouve dans les années 1780 comme grade de fin de système du Rite Ecossais Philosophique. Il aurait disparu s'il n'avait été intégré à l'échelle de grade de Misraïm puis de Memphis. Par sa nature à la fois chevaleresque, kabbalistique et hermétique, il s'inscrit dans le prolongement de la Kabbale judéo-chrétienne, structurant son rite et sa philosophie sur les ouvrages fondateurs et les grands principes de ce courant. Il est un bon exemple de cet équilibre entre les traditions hermétiques les plus authentiques et un souci d’humanisme et de vertu morale qui s’y associe d’une manière très étroite. Nous n’allons évidemment pas donner le texte en annexe, mais cela ne nous empêche pas pour ce premier grade de donner une idée de son contenu. Quant à la structure de son rituel, précisons simplement qu’il repose entre autre sur l’arbre séphirotique, le livre du Sépher Yetzirah et implique l’initié dans la totalité de son être. La dimension intérieure qui est requise et cultivée, se révèle assez bien dans le texte d’accueil du récipiendaire dont nous citons ici un extrait :

« Mon frère Vénérable Maître, le désir de te parfaire t’a conduit jusqu’ici et nous sommes heureux de voir que notre tradition maçonnique compte encore parmi elle des frères sincères et cherchant avant tout à cultiver les vertus et la connaissance.

Si ce que tu viens chercher ici correspond aux deux termes que je viens de prononcer, Vertu et Connaissance alors tu es le bienvenu et nous pouvons poursuivre ton initiation. Si au contraire, ce sont des honneurs supplémentaires ou des secrets menant au pouvoir sur les autres que tu cherches, alors ta place n’est pas ici… »

Philosophe Hermétique La deuxième grande étape est le grade de Philosophe Hermétique. Il s’enracine dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Hermétisme de la renaissance. La redécouverte par l’école néoplatonicienne de Florence des corpus philosophiques préchrétiens et des premiers siècles, ainsi que des initiations de l’antiquité ont donnés naissance à une riche interprétation symboliste et rituelle du monde et de notre parcours initiatique. Les traces exotériques sont nombreuses, tant chez les artistes ayant été en contact avec ce mouvement, que chez les écrivains tels que Dante, Campanella, Giordano Bruno, etc. Sur le plan ésotérique, un grade tel que celui de Philosophe Hermétique s’inscrit sans nul doute dans cette « filiation » qui semble bien l’héritière lointaine des initiations antiques qu’elles soient d’origine pythagoricienne, éleusiaque ou même mythraïque. Elles prirent bien des voiles dans la franc-maçonnerie tel par exemple celui de Chevalier du Soleil, 51° de l’échelle de 1816 de Misraïm ou encore le Sublime Sage d’Eleusis, 62° de l’échelle de Memphis-Misraïm. Ces aspects sont mis à l’étude du grade, tant sur le plan symbolique, qu’opératif.  ien, Sage des Pyramides, ami du désert ou Patriarche d'Isis résume, prolonge et conserve la quête et l'enseignement des petits rites égyptiens qui prospérèrent en France à la fin du XVIII° siècle et au début du XIX°. Ses formes rituelles actuelles furent fixées pour partie par Marconis de Nègre au milieu du XIX° siècle. L'Egypte dont il est question est d'abord un symbole, ce berceau des initiations qui hante l'ésotérisme occidental depuis la Renaissance. Mais le texte de Marconis n’est pas le seul document concernant ce grade et ceux qui ont été transmis et le complètent. C’est pour cette raison que nous pouvons dire que les textes rituels de l’initiation utilisée dans le GOE, « réactivent » ici de manière incontestablement authentique et complète, ce que furent les « Mystères » ou « Initiations » d’Isis et d’Osiris dans leur formulation ptolémaïque. Tout lecteur qui se penchera sur ce Mythe pourra découvrir quelque éclairage sur le contenu de ce grade. 

Sublime Maître du Grand Oeuvre Le Sublime Maître du Grand Œuvre, parachève la progression en rapprochant symboliquement et rituellement l’initié du « Premier Principe des choses » dont il est émané, le Noûs Pater dont parlaient les hermétistes grecs, l’Atoum-Rê des égyptiens. Pour les mêmes raisons que le grade précédent, le rite permet de conduire l’initié à travers les principales étapes du Grand Œuvre vers la régénération de son être, lui permettant ainsi de révéler toutes les potentialités et les qualités de sa double nature humaine et spirituelle. 

Patriarche Grand Conservateur  Quant au 33° degré et aux trois composantes des Arcana Arcanorum qui y sont enchâssées et non superposées, nous pouvons préciser que ces « Arcanes » sont réellement pratiqués dans leurs trois dimensions, philosophiques, initiatiques et rituelles selon les textes dont le Grand Ordre Egyptien est le dépositaire. La question de ce que beaucoup ont présentés comme les « Grades terminaux », étant fort complexe, nous nous limiterons à n’en donner que quelques brèves indications. En ce domaine comme en d’autres ici, il n’est pas utile de chercher à prouver, ou à polémiquer. Seul le travail et ses fruits peuvent sans doute faire la preuve de ce qui est réellement mis à l’œuvre.

Arcana Arcanorum  Commençons par quelques éléments historiques, tout en gardant présent à l’esprit que les recherches historiques sur ce domaine sont pour l’instant fort réduites et que le volonté de ces écrits est de s’en tenir à l’essentiel, pour percevoir l’esprit de ce rite. Sur le plan historique, le terme Arcana Arcanorum se rencontre dans la littérature rosicrucienne au cours du XVIII° siècle par exemple dans les Symboles Secrets d’Altona (1785-1788). Cette expression est assez nouvelle, bien que des équivalents soient utilisés, par exemple chez Michael Maïer (Arcana Arcanissima) ou encore chez Cagliostro (Secreto Secretorum). Se dernier se rendit à Naples en 1783 et entra vraisemblablement en contact avec les milieux maçonniques et l’Accademia dei Segreti qui existait depuis 1560. Il est en effet tout à fait vraisemblable que ce qui se divisa plus tard sous trois aspects prit naissance en Italie dans le mouvements des Académies. La première à avoir été ainsi recensée fut l’Accademia platonica de Marsile Ficin et Pic de la Mirandole, fondée à Florence en 1462 sous le règne de Laurent le Magnifique. Nous vous renvoyons pour compléter notre propos aux chapitres précédents dans lesquels nous avons évoqués cette école. Nous ne remonterons pas plus loin dans le temps, mais souvenons nous simplement que les fondateurs de ce groupe, ces Frères en Platon, se considéraient comme faisant partie de la chaîne d’or des initiés, remontant symboliquement à Hermès à travers les dirigeants de l’Académie platonicienne d’Athènes. Ces académies se développèrent selon le modèle d’une culture à la fois encyclopédique et humaniste, se distinguant très nettement de la scolastique de cette époque. Ce courant sera fort important puisque nous compterons environ 500 académies vers 1530. Parmi celles-ci, quelques unes continueront à transmettre un enseignement proche de l’esprit d’Athènes ou de Florence. Notons plus particulièrement pour le sujet qui nous intéresse, l’Accademia dei Segreti de Naples et l’Accademia degli Uranici de Venise créée en 1587 sous l’impulsion de Fabio Paolini professeur de grec et continuateur de l’œuvre de Marsilio Ficino. Il sera également l’un des neuf fondateurs de la Seconda Accademia Veneziana qui prit la suite en 1593 de celle dont nous venons de parler. Sans revenir de nouveau sur la démarche de l’hermétisme de la renaissance, rappelons simplement qu’il ne s’agissait pas pour ces « Maîtres de l’Art » d’une pure démarche spéculative et intellectuelle, mais de ce que l’on a appelé la Religio Mentis, une expression philosophique impliquant l’art, la philosophie et la spiritualité.

Bien évidemment la formule des académies évolua très vite. Certaines substituèrent à l’encyclopédisme humaniste du début, des spécificités telles que le théâtre, la musique, les langues classiques, la théologie, la médecine, etc.), tandis que d’autres s’institutionnalisait. Cela n’empêcha pas la spiritualité humaniste et hermétiste de poursuivre son chemin. La « filiation » anglaise prit entre autre naissance à partir des voyages et de l’enseignement de Giordano Bruno et des contacts entre Paris, Oxford et Cambridge qui firent suite à la venue en France de Campanella. Les cercles platoniciens présents dans les différentes universités manifestèrent cette permanence de l’hermétisme et des pratiques qui y étaient liées depuis la Renaissance. Jusqu’au 17° siècle, divers groupes informels travaillèrent selon cette tradition, jusqu’à ce qu’elle soit conservée par des maçons comme un dépôt rituel et initiatique, formalisé peu à peu sous la forme de trois (ou quatre) grades. Ce courant perpétuant ces arcanes grâce à quelques maçons anglo-saxons sensibles à cette philosophie, a souvent été désigné par ceux qui la transmettaient sous le nom traditionnel de Aurea Catena ou Arcana Arcanorum.

Sur le plan de la transmission italienne, ce n’est qu’en 1816 que les frères Joly rapportèrent les Arcana Arcanorum d’Italie. Ils furent remis la même année au Grand Orient de France vraisemblablement sous la forme d’un abrégé des quatre derniers grades du rite de Misraïm. Plusieurs groupes spirituels ou occultes revendiquèrent à partir de cette époque la possession ou la pratique de ces degrés « cachés ».

Il convient cependant de remarquer que les Arcana Arcanorum semblent s’être transmis sous trois formes tout à fait complémentaires, aujourd’hui réunies. Il s’agit des formes symbolique, philosophique et rituelle. Bien qu’ayant suivies, des directions historiques parfois différentes, la cohérence des ses trois aspects étudiés et pratiqués montre bien leur origine commune.  La mise en œuvre rituelle incarne le symbole dans la psyché du récipiendaire, lui donnant vie par cette vertu sympathique, cette relation harmonique et dynamique qui ordonne l’univers. La tradition initiatique enseignée par les néoplatoniciens, inspirée des mythes classiques d’Orphée, ainsi que d’Isis et d’Osiris pour ne citer que ceux-ci, trouvent dans l’aboutissement de la voie maçonnique leur plein épanouissement sur tous les plans composant la personnalité. Il s’agit en outre d’une véritable initiation à la pratique rituelle, d’une ouverture intérieure dans laquelle la simplicité et l’esthétique, tiennent une place fondamentale.

Nous ne devons pas alors considérer les Arcana Arcanorum comme une connaissance qu’il serait possible de faire passer de l’un à l’autre comme par magie. Comme le dit Socrate, « Ce serait parfait si la sagesse était telle que nous puissions la faire couler, à leur seul contact d’un esprit très plein dans une âme très vide, comme nous faisons passer, à travers un peu de laine, l’eau d’un vase très plein dans un autre très vide… » (Banquet 175c) De même dans la République, « Ils prétendent  que dans une âme au-dedans de laquelle n’est pas le savoir, eux l’y déposent, comme si en des yeux aveugles, ils déposaient la vision. Or au-dedans de son âme chacun possède la puissance du savoir, ainsi que l’organe au moyen duquel chacun acquiert l’instruction ; et que, pareil à un regard supposé incapable, autrement qu’avec le corps tout entier, d’évoluer de ce qui est obscur vers ce qui est lumineux, de même c’est avec l’âme toute entière que doit s’opérer, à partir de ce qui devient, la conversion de cet organe, jusqu’au moment où il sera enfin capable, dirigé vers le réel, de soutenir la contemplation de qu’il y a dans le réel de plus lumineux, et c’est cela que nous déclarerons le Bien. » (République, Livre VII-518c)

Car si l’on peut parler de technique, de rituel, d’initiations, ceux-ci seraient vide de sens si les outils qu’ils demeurent étaient considérés comme des fins en eux-mêmes. Bien au contraire, nous pouvons les comprendre comme trois étapes d’approfondissement du 33° grade, menant à travers un dépouillement de soi de plus en plus important, à l’objet même de cette forme de la tradition occidentale décrite ainsi par Jamblique, dans son ouvrage sur Les mystères d’Egypte : « Quand au don hiératique du bonheur, il s’appelle porte (d’accès) au dieu démiurge de l’univers, lieu ou cour du bien ; et il apporte, comme première qualité, une pureté de l’âme bien plus parfaite que la pureté du corps, ensuite à un entraînement de la pensée à la participation et à la contemplation du bien, l’affranchissement de tout ce qui est opposé, et là-dessus l’union aux dieux dispensateurs des biens. » (X-5)

Socrate en des mots quelque peu différents, parlera du même aboutissement en disant : « Ainsi arrivé à une vue plus étendue de la beauté, il ne s’attachera plus à la beauté d’un seul objet et il cessera d’aimer avec les sentiments étroits et mesquins d’un esclave, un enfant, un homme, une action. Tourné désormais vers l’Océan de la Beauté et contemplant ses multiples aspects, il enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours et les pensées jailliront en abondance de son amour de la sagesse, jusqu’à ce qu’enfin son esprit fortifié et agrandi aperçoive une science unique, qui est celle du Beau. […] Car la vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage de soi-même ou qu’on s’y laisse conduire, c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelons d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science qui n’est autre chose que la science de la beauté absolue et pour connaître enfin le Beau tel qu’il est en soi. Si la vie vaut jamais la peine d’être vécue, […], c’est à ce moment où l’homme contemple la beauté en soi. » (Banquet 211b)

Cet extrait nous permet de réaliser que sans exclure la dimension rituelle et initiatique, c’est sur l’Amour ou l’Amitié, l’Agapé, que repose cette progression vers le Beau. Tous les aspects de l’être sont pris en compte dans une perspective globale qui n’est en rien une négation ou dissolution de la personnalité. Il s’agit plutôt du moment où l’Ordre s’établit dans notre Chaos intérieur, l’instant où ce sentiment de Beauté nous fait découvrir et sentir l’intensité et la richesse de notre humanité, tant dans la relation à autrui, que dans la relation au monde dont nous dépendons. En conlusion, le travail initiatique auquel vous invite les Hauts-Grades Hermétistes de la Franc-Maçonnerie tente de réunir dans l’harmonie, l’exigence philosophique et humaniste ainsi que la véritable quête spirituelle. Deux aspects qui sont, nous semblent-ils, inséparables de notre tradition maçonnique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

L’idée qu’une étroite et intime relation puisse exister entre la Franc- Maçonnerie et l’Ordre Chevaleresque chemine de longue date dans le monde profane comme dans son homologue maçonnique.

C’est d’ailleurs tout le sens du propos de nôtre Grand Maître Provincial quand celui-ci affirmait en Tenue de Grande Loge il y a quelques années « …le maçon du siècle qui va s’ouvrir se doit d’être chevalier et bâtisseur… ».

 

Le Rite Ecossais Rectifié conserve cette particularité de souligner d’entrée cette même relation par ailleurs profondément marquée par le Christianisme et le Nouveau Testament.

Le simple fait d’exiger du nouvel initié à demeurer fidèle à la Sainte Religion Chrétienne nous renvoie plus que jamais aux devoirs spirituels induits par cette ordination que demeure : l’Adoubement.  

Pourquoi dés lors ne pas confondre éthiques : maçonnique et chevaleresque en considérant  le maçon comme un chevalier défenseur de la Morale ?  

Pourquoi ne pas s’inspirer des références de cette « société d’hommes »sacralisée, de cet « Ordre » auquel était reconnue une dignité tant  spirituelle que sociale ?

 

Rappelons nous, en effet,  que vivre en chevalier impliquait une ascèse librement consentie, une discipline  génératrice de forces indispensables à toute évolution, en nous inscrivant dans l’intemporalité, il nous est possible aujourd’hui de faire , nôtre, ce Décalogue qui régissait autrefois la vie des chevaliers du Moyen Age.

 

-Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Eglise et observeras tous ses commandements

L’essentiel demeure ici de ne pas se tromper d’Eglise et de comprendre qu’un chevalier trouve la Lumière dans toutes les religions, « …aux yeux de l’homme, Dieu a beaucoup de visages et chacun jure que celui qu’il voit est le vrai Dieu, cependant ils ont tous tort parce qu’ils ont tous raison… »

 

-Tu protégeras l’Eglise

Pour nous maçons,  au mot « Eglise »  nous pourrions substituer celui de Fraternité et accepter le fait que s’il ne faut jamais fermer les portes du Temple, encore faut-il en défendre l’entrée aux profanateurs, ignorants et autres sectaires qui n’aspirent à y pénétrer que pour mieux le détruire.

 

-Tu auras le respect de toutes les faiblesses, et t’en constitueras le défenseur

On ne voit généralement que les faiblesses d’autrui, pour les siennes on a que trop souvent grande complaisance, acceptons donc pleinement toute la Générosité et la Tolérance que véhicule cette maxime et percevons que les « faibles » sont aussi ceux démunis d’espérance et de joie de vivre.

 

-Tu aimeras le pays où tu es né

Le pays où l’on est né n’est pas à confondre avec la patrie des nationalistes mais davantage avec la Terre Sainte des Templiers, ce lieu où se produit nôtre réalisation suprême.

 

-Tu ne reculeras pas devant l’ennemi

L’ennemi est tout ce qui nous empêche d’évoluer, il est cette petite voix intérieure qui nous encourage à la paresse de l’Esprit , qui prône le confort contre l’aventure, le conformisme contre l’audace de la pensée.  L’ennemi suggère que le Dragon n’existe que dans les légendes et qu’il est ainsi absurde et inutile de chercher chaque jour à affronter le Gardien du Seuil.

 

-Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu

Accomplir son devoir permet à l’homme de remplir son rôle , de retrouver son centre. Loin d’être une contrainte, il s ‘avère alors la ligne directrice conduisant à la paix de l’esprit voire de l’âme. Comprenons que de la réalisation des devoirs qui nous incombent, dépend la réalité de nôtre ascension spirituelle car le Devoir libère de l’arbitraire et délie la pensée de l’homme. Dans le monde initiatique, plus de Devoir engendre plus de liberté, n’est-il pas écrit, en effet, que « …c’est par l’accomplissement de son devoir dans l’obéissance à la Loi Morale, que l’homme atteint la certitude de sa grandeur, de sa dimension métaphysique… » ?

 

-Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée

Le mensonge favorise l’irruption du Chaos dans l’Ordre de l’Univers, c’est l’inverse  de ce principe métaphysique qui est la norme et l’équilibre  engendrant l’Harmonie.

Quant à la fidélité et à la parole donnée, elles n’expriment que le respect de soi comme des autres, nous renvoyant à la notion de Devoir qui veut que la plus élémentaire des honnêtetés consiste à respecter ses engagements.

 

-Tu feras aux infidèles une guerre sans trêve et sans merci

Qu’est- ce qu’un infidèle sinon celui qui ne respecte pas  sa parole donnée ? L’infidèle est le tiède des Evangiles, l’inconséquent qui promet tout et n’importe quoi. Il est plus aisé de le fuir que de le combattre car il n’existe pas d’ennemi plus déroutant et insaisissable. Préparons nous dès lors à mener un long, redoutable mais juste combat .

 

-Tu seras libéral et feras largesse à tous

Un homme généreux est par définition ouvert à tous les perfectionnements, il voit le monde avec les yeux d’un ange et est « …large de cœur… » or le cœur n’est-il pas avant tout le siège de la compréhension et  de la Connaissance ?

Dans le mot libéral , percevons aussi l’image d’une liberté de conscience et  d’esprit , de ces libertés qui consistent à s’investir dans la pratique des sept arts libéraux  afin de mieux « …faire largesse à tous… ».

 Souvenons nous aussi que seules la Liberté et la Vérité  participent à l’éveil divin du chevalier comme du maçon , ne serait ce :

qu ‘au travers de leurs engagements respectifs  au service de réalités transcendantes.

Chez le chevalier médiéval, ces dernières se confondaient en les personnes :

Du Roi, représentant de Dieu sur Terre et

De la Dame, miroir de la Beauté divine .

Il ne tient alors qu’à nous, maçons,  de s’enrichir de ces apports et d’identifier nôtre Roi et nôtre Dame, la liste est loin d’être exhaustive même si deux noms s’inscrivent en force :

Melchisedeq : le Roi du monde  et Marie :la Mère du Sauveur.

 

Enfin, que dire du dixième article du Code de la Chevalerie sinon qu’il se suffit à lui-même et reste une référence à nos méditations d’hier, d’aujourd’hui et de demain :

 

-Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l’injustice et le mal

 

A ces règles d’Honneur et de Vie,  conservons aussi en nous l’enseignement propre au symbolisme de l’armement du chevalier, pour autoriser chacun selon sa propre mesure  à bâtir son perfectionnement spirituel et  harmoniser ainsi sa « … mortelle individualit酠». 

Remémorons nous ces précieux conseils tels que rapportés dans l’épître aux éphésiens de Saint Paul  :

« …Tenez vous donc debout avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse et pour chaussures le Zèle à propager l’Evangile de Paix, ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre les traits enflammés du Mauvais, enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est à dire la Parole de Dieu… ».

Nos cœurs et esprits ainsi régulés et armés, nous pourrons   dès lors envisager mener avec Espérance nôtre propre quête du Graal qui seule rétablira « Adhuc Stat », « l’âge d’or », cet état premier et sacré où l’homme et Dieu vivaient en équilibre harmonieux.

 

Ainsi  Chevalerie et Maçonnerie se rejoignent d’autant plus sur le plan de l’éthique qu’elles véhiculent toutes deux une même Connaissance du  Sacré et du Divin. Jean Baptiste Willermoz en avait d’ailleurs perçu tout  le caractère méta-historique quand il déclarait : « …la Science que nous dénommons aujourd’hui maçonnique a dû être professée en différents temps sous diverses dénominations, si elle a été donnée à l’homme, elle doit être aussi ancienne que son existence temporelle et prendre son origine dans la source même des choses temporelles… ».

 

Cette Connaissance, en effet, demeure celle de la Tradition Primordiale et Universelle  dont l’ histoire remonte à l’aube de l’Humanité.

Aussi il n’y a rien de mystérieux dans le fait de constater que l’Ordre maçonnique et l’Ordre chevaleresque soient si semblables, tous deux ne sont ils pas, en effet, les rameaux d’un Ordre Secret, gardien permanent de l’Initiation Primitive ? 

En fait ,si éthiques : maçonnique et chevaleresque semblent si compatibles,  c’est parce qu’ initialement c’est à la Chevalerie Spirituelle que la Maçonnerie est unie et c’est pourquoi qu’en tant que maçons la prière de Dante ne peut que fleurir dans nos cœurs :

« …Chevalerie du Ciel que je contemple , fais oraison pour ceux qui sont sur terre… ».

  

Par olivier - Publié dans : hauts grades
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Jeudi 12 mai 2005

Vous avez reconnu, dans tous vos grades précédents, que la Franc‑Maçonnerie symbolique a pour base fondamentale le Temple célèbre qui, sous l'ancienne Loi donnée par Dieu même à Moïse, fut élevé à Jérusalem par le roi Salomon, fils de David, roi prophète qui en avait reçu les plans de Dieu même. Vous avez dû juger par là de la pureté d'origine et de l'antiquité des vrais principes maçonniques. Où trouver des titres plus légitimes à votre confiance ?   

 

Vous reconnaîtrez peut‑être, avec le temps, que le choix de ce type fondamental ne fut point arbitraire, et que ce Temple mémorable fut et sera toujours, tant par lui‑même que par les grandes et étonnantes révolutions qu'il a éprouvées, le type général de l'histoire de l'homme et de l'univers.  

 

L'homme a été créé libre ; c'est‑à‑dire avec la faculté d'agir selon sa pure et sainte volonté qui l'unissait à son Créateur.  

 

L'abus qu'il fit de sa liberté la lui fit perdre, car aussitôt il devint l'esclave de ses désirs déréglés, de ses pen­chants désordonnés, de ses passions, et de tous les vices qu'elles engendrent.  

 

L'orgueil fut son crime, et il le transmit avec sa seconde vie, périssable, à toute sa postérité.  

 

Ce vice originel est devenu le plus grand fléau du genre humain, la première cause des querelles particulières et générales et de tous les désordres qui, dans tous les temps, ont agité et dévasté la terre.  

 

Vice honteux, que l'homme déteste et couvre de mépris dans son semblable ; qui provoque toute son indignation quand il en voit et surtout s'il en ressent les moindres explosions.  

 

Et cependant il a la folie, la bassesse de le caresser dans lui‑même, presque toujours de s'efforcer de le justifier, et quelquefois même d'oser s'en glorifier ! Mais la Souveraine Justice le poursuit et tôt ou tard l'humilie.  

 

C'est cette dégradation de l'homme, ce sont l'abus de sa 1iberté, le châtiment qu'il en a reçu, l'esclavage dans lequel il est tombé et les suites funestes de son orgueil qui vous ont été représentés aujourd'hui dans le premier tableau, par le saccage­ment et la destruction du premier Temple de Jérusalem : image sensible de l'humiliante métamorphose qu'ils occasionnèrent dans la première forme corporelle de l'homme.  

 

Vous avez été introduit dans la Loge Ecossaise enchaîné et comme esclave de vos ennemis. Mais le renoncement que, sur l'interpellation du Maître, vous avez fait à vos passions, à vos vices, dont ces chaînes étaient l'emblème, la promesse que vous avez faite de travailler désor­mais courageusement avec vos Frères à la réédification du Temple démoli, les ont fait tomber de vos mains et vous ont rendu à la liberté.  

 

Employez donc, à l'exemple des Israélites convertis, toutes vos forces pour les déraciner de plus en plus en vous et pour vous soustraire à leurs dangereuses atteintes : c'est le plus sûr moyen de recouvrer votre liberté primitive, et alors tous vos pas vous rapprocheront d'elle.  

 

L'homme primitif, poursuivi par la Justice, mais repentant et gémissant de ses égarements, confessa son crime et, par un aveu sincère, il obtint de la clémence divine de puissants secours pour lui‑même, qu'il transmit à ses descendants.  

 

Il fit de nouvelles promesses, et il reçut à son tour de son Créateur celle des récompenses qui deviendraient le prix de sa fidélité.  

 

L'histoire du peuple hébreu, vraie dans toutes ses parties, n'est que la répétition à grands traits de celle de l'homme primitif et général ; et celle‑ci est à son tour le grand type de tous les grands événements passés et à venir. 

 

Ne perdez jamais de vue, mon cher Frère, ce trait de lumière qui vient de vous frapper ici. Si vous savez le conserver, il agrandira souvent vos idées.  

 

De même les Israélites, réduits à une dure captivité, en punition de l'abandon qu'ils avaient fait de la Loi divine, de leur idolâtrie et de tous leurs crimes, se livrant enfin à un sincère repentir, obtinrent de la bonté divine leur pardon et leur retour à Jérusalem.  

 

Ils furent néanmoins pendant longtemps inquiétés et arrêtés dans leurs travaux par leurs faux frères, devenus leurs ennemis. 

 

Mais Cyrus fut l'agent choisi et prédit, qui leur fournit le moyen de rebâtir le Saint Temple sur ses anciens fondements. La parole et le feu sacrés retrouvés, et l'embrasement miraculeux de l'holocauste sur l’autel, furent les signes visibles de leur réconciliation et de l'accomplissement des promesses accordées à leur repentir.  

 

Ce sont ces choses que vous venez de nous retracer dans la seconde partie de votre réception, et qui vous ont été figurées dans le second tableau. 

 

Mais c’est à votre intelligence à faire les rapprochements qui doivent résulter naturellement de ces faits. C'est à vous à démêler, par votre propre travail, leurs rapports avec l'homme général et avec vous-même. Nous devons nous borner ici à vous les indiquer.  

 

Le troisième tableau vous a présenté de nouveaux objets qui sont la suite des précédents et tendent toujours au même but, car c’est toujours de l'homme général qu'il s'agit.  

 

Vous aviez vu, dans le troisième grade, le père et le modèle des Maçons, le Maître Hiram, ce célèbre et incomparable architecte des travaux du Temple, doué d'intelligence et de savoir, directeur général de toutes les classes des ouvriers, favori et ami intime du Roi Salomon qui se dirigeait en tout par ses conseils et par ses lumières ; vous l'aviez vu attaqué, poursuivi, assassiné par des scélérats jaloux et vindicatifs qui avaient voulu lui arracher le mot distinctif des Maîtres pour en usurper le salaire ; vous l'aviez vu résister à leurs menaces et préférer une mort certaine mais glorieuse à la lâcheté dont ces scélérats l'avaient présumé capable ; vous aviez vu enfin la mort du Juste persécuté qui fait le sacrifice de sa vie plutôt que de trahir son devoir et sa destination.  

 

Mais vous aviez pu aussi présumer sans effort qu'il s'agissait dans cette attaque de lui arracher des choses bien plus impor­tantes que de simples mots conventionnels qu'il aurait pu si facilement remplacer, aussitôt après, pour tromper l'espérance de ses assassins.  

 

Vous le voyez maintenant sortant de son tombeau et ressuscitant glorieusement, entouré des vertus qu'il a si héroïquement pratiquées et qui le conduisent à l'heureuse immortalité.  

 

C'est ici l'accomplissement des promesses faites à l'homme de bien qui a remporté la victoire sur ses penchants désordonnés et triomphé de lui‑même. C'est le dernier terme de sa glorieuse destination.  

 

Dans le même grade, vous aviez vu, comme nous vous l'avons fait déjà remarquer, l'homme corrompu, plongé dans le tombeau du vice et retiré de cet état par les efforts du Maître qui l'a rendu à la vertu, restant cependant encore exposé à de dangereux combats.  

 

Mais ici vous voyez le Juste victorieux, ressuscitant avec son cortège pour l'Eternité. Nous laissons encore ici à votre intelligence le soin de faire des rapprochements qui vous seront d'autant plus utiles qu'ils deviendront le fruit de votre propre travail.  

 

Il nous reste, mon cher Frère, à vous expliquer le quatrième et dernier tableau qui devient, en ce moment, le plus important de tous par les objets nouveaux et infiniment essentiels qu'il a mis sous vos yeux.  

 

Ici la scène change entièrement. Les symboles cessent, comme on vous l'avait annoncé, et vous laissent dans le portique d'un nouveau Temple où vous aurez à commencer une nouvelle carrière.  

 

L'Ordre vous montre aujourd'hui sans mystère, quoique encore sous le voile léger d'une allégorie qui s'explique bien facilement, le but et le terme général de ses travaux. Tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans nos Loges a eu pour base unique l'Ancien Testament, et pour type général le Temple célèbre de Salomon à Jérusalem qui fut et sera toujours un emblème universel.  

 

Mais ici vous voyez une enceinte de murailles, percée de douze portes, telle que l'enceinte de la nouvelle Jérusalem est décrite par Saint Jean l'Evangéliste.  

 

Vous voyez au milieu de cette enceinte la montagne de la nouvelle Sion, et sur son sommet l'Agneau de Dieu triomphant, avec l'étendard de la toute-puissance qu'il a acquise par son immolation volontaire et réparatrice.  

 

Ce tableau allégorique, dont l'explication est si facile, figure pour les Maçons le passage de l'Ancienne Loi qui a cessé, à la Nouvelle Loi apportée aux hommes par le Christ et qu'il a volon­tairement scellée de son sang, pour la rendre à jamais ineffa­çable et universelle.  

 

La croix de Saint André que vous voyez au bas du même tableau figure aussi le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau Testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean Baptiste, né et prêchant sous l'Ancienne Loi pour préparer les cœurs à la Nouvelle, abandonna son premier Maître pour suivre sans partage Jésus‑Christ et scella ensuite de son sang son amour et sa foi pour son vrai Maître.  

 

C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint André.  

 

C'est pourquoi, depuis bien des siècles, depuis l'époque incertaine où les descendants des anciens initiés du Temple de Jérusalem, ayant été éclairés par la lumière de l'Evangile, purent, avec son secours, perfectionner leurs connaissances et leurs travaux, tous les engagements maçonniques, dans toutes les parties du monde où l'institution s'est successivement répandue, sont contractés sur l'Evangile et spécialement sur le premier chapitre de celui de Saint Jean, dans lequel ce disciple bien aimé, éclairé par une divine lumière, a établi avec tant de sublimité la divinité du Verbe incarné. C'est sur ce livre saint que depuis votre premier pas dans l'Ordre vous avez contracté tous les vôtres.  

 

On a voulu par là vous apprendre que la doctrine, la morale, et toutes les vérités voilées sous les symboles maçonniques, sont de tous les temps, de tous les âges, de tous les lieux, et aussi anciennes que le monde, dont l'ère de sa création est si fidèlement conservée dans nos actes ; mais qu'elles ont été propagées et perfectionnées par la Nouvelle Loi de grâce et de vraie lumière sous laquelle nous vivons. Ce que l'instruction du grade d'apprenti vous avait déjà enseigné.  

 

                           Malgré tous ces rapports de l'institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressément dans les Loges toutes discussions sur les matières de religion, de politique, et de toutes sciences profanes.  

 

Cette règle est infiniment sage et doit être bien conservée, car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l'on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et ne sont point des écoles de théologie, de politique, ni d’autres objets profanes.  

 

D'un autre côté, vu la diversité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont dû interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l'union et la concorde fraternelle.  

 

En supposant même que le terme final de l'institution maçonnique pût donner à ceux qui l'atteignent des lumières suffisantes pour résoudre précisément les questions et discussions religieuses qui auraient pu s'élever entre les Frères s'il leur était permis de s'y livrer, où serait, dans les Loges symboliques, le tribunal assez éclairé pour apprécier leurs décisions et les faire respecter ? 

 

Ainsi donc, nous le répétons, les lois qui interdisent expressément toutes discussions sur ces matières sont infiniment sages et doivent être rigoureusement observées.  

 

Cependant, malgré ces sages réserves, l'Ordre n'a jamais voulu vous laisser penser qu'il fût indifférent en matière de religion.  

 

Il vous a souvent prouvé le contraire car, lorsque vous vous êtes présenté pour y être admis, par la première des trois questions préparatoires qui vous furent proposées, il vous fit demander ce que vous pensiez de la religion chrétienne, dont vous aviez déclaré faire profession.  

 

L'Ordre, mon cher Frère, est essentiellement tolérant et ne veut que des déclarations libres. Il considère comme frères tous les Maçons qui portent le nom de chrétien et qui ne le déshonorent pas, à quelque communion chrétienne qu'ils appartiennent.  

 

Mais dès lors on vous annonça que cette question importante, ainsi que les deux autres qui y étaient jointes, vous seraient souvent présentées. Elles l'ont été en effet. Mais chaque fois on vous a laissé l'entière liberté de dire franchement votre pensée sur ce sujet. Vous n'avez jamais été contesté. On s'est toujours borné à vous applaudir, à vous encourager, quand on a trouvé dans vos réponses une croyance conforme à celle de l'Ordre, ou à vous donner des conseils fraternels, si on a reconnu que vous en eussiez encore besoin. On a constamment suivi cette marche avec vous, parce que toute opinion contrainte, ou complaisamment adoptée, n'est jamais solide ni profitable et son instabilité se décèle tôt ou tard.  

 

Mais en même temps vous avez été prévenu qu'il viendrait un moment où vous seriez tenu de vous expliquer nettement, précisé­ment, et de faire connaître sans détour, sans ambiguïté, vos véritables opinions religieuses, et on ne vous a pas dissimulé que vos progrès ultérieurs dépendraient toujours de leur conformité avec celles de l'Ordre.  

 

Tout vous indique aujourd'hui que le moment qui vous a été annoncé est proche, et que vous devez vous préparer sans délai, au cas que vous n'y soyez pas déjà tout prêt, à édifier sur ce point vos Frères par une déclaration qui remplisse leur attente, si vous voulez que la porte du nouveau Temple s'ouvre un jour devant vous.  

 

Les tableaux mis sous vos yeux, les explications que vous en avez faites, et les instructions que vous recevez depuis long­temps, vous font assez connaître pourquoi [les juifs, les mahométans, et tousceux qui ne professent pas la religion chrétienne, ne sont point admissibles dans nos Loges.  

 

Car il est évident que l'admission d'hommes, tant recommandables soient‑ils d'ailleurs, mais qui ne peuvent donner pour la validité de leurs engagements dans l'Ordre la seule garantie qu'il exige partout depuis un temps immémorial, serait une contradiction inconcevable dans ses principes et sa doctrine ; ils vous expliquent assez pourquoi elles rejettent pareillement de leur sein ceux qui se mentent habituellement à eux‑mêmes et à leurs Frères, en déclarant ici qu'ils professent une religion à laquelle ils se glorifient ailleurs de ne pas croire. Si un usage contraire s'est introduit dans quelques Loges, c'est un abus, c'est une sorte de scandale, qui ne peuvent être attribués qu'à l'ignorance absolue des principes fondamentaux de l'institution maçonnique.  

 

Ceux de nos Frères qui ont été chargés de votre préparation pour chacun des grades précédents, vous ont toujours dit que de votre croyance religieuse, considérée comme le premier garant des vertus maçonniques, dépendraient vos progrès ultérieurs dans l'Ordre. Ce qu'ils vous ont dit alors privément, nous vous le disons aujourd'hui tout haut et sans mystère, parce que le moment est venu de le dire. Oui, l'Ordre est chrétien ; il doit l'être, et il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi, à profiter des conseils fraternels par lesquels il peut les conduire à ce terme. 

Mais que le fanatisme, qui gâte et corrompt tout ce qu'il touche, ni d'injustes préventions qui surprennent et égarent souvent l'homme le plus équitable, n'influent jamais sur vos déterminations, et que la charité fraternelle soit toujours le principe de celles que vous prendrez.  

 

Soyez donc indulgent pour celui qui est encore dans l'erreur, mais qui aime la vérité et la cherche de bonne foi. Les conseils, les maximes de l'Ordre, les emblèmes, les symboles même, et plus encore les bons exemples des Frères, seront pour lui un langage éloquent qui les lui rendra profitables.  

 

Vous goûterez alors le plaisir pur de lui avoir rendu le plus important service.  

 

Mais que celui qui est subjugué par l'esprit d'indépendance et par les penchants déréglés de son cœur, qui, par ton, par habitude, par imitation, par légèreté, fronde les vérités religieuses, ou n’en parle qu'avec indifférence ou mépris, ne souille jamais par sa présence le Temple que les Maçons élèvent à la vertu et à la vérité.  

 

Et n'ayez jamais à vous reprocher d'avoir consenti à cette profanation.

 

 

Par delan - Publié dans : hauts grades
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Jeudi 12 mai 2005

Le Temple de Jérusalem est le grand type général de la Franc‑Maçonnerie qui s’est renouvelée sous divers nom, sous diverses formes et à différentes époques. Les Francs‑Maçons tirent leur origine de ce Temple même. Les révolutions qui lui sont survenues vous retracent celles qui se rapportent à l'homme même et celles qu'a éprouvées, en différents temps, l’Ordre des Maçons, le plus ancien et le plus respectable qui fut jamais. C’est sous ce dernier rapport historique et le plus moderne, que nous allons poursuivre en ce moment votre instruction.

 Pour peu que vous ayez réfléchi sur les causes morales qui ont occasionné les révolutions du type même, vous aurez aussi connu celles qui ont dû en produire dans l'Ordre Maçonnique et qui pourraient encore en causer la ruine.

 Nous distinguerons donc ici son origine antique et fondamentale, dont les développements sont réservés à d'autres temps, des époques plus modernes, quoique très anciennes, où, sous la dénomination conventionnelle de Franc‑Maçonnerie et sous le voile des emblèmes et des allégories, il a été beaucoup plus propagé et s'est trouvé par là exposé à de plus grandes et à de plus fréquentes révolutions.

La Franc‑Maçonnerie, instituée par les chefs des ouvriers du Temple élevé par Salomon, détruit par les Assyriens et reconstruit par Zorobabel, ne présente que des principes solides, des règles sures et une morale épurée, qui tendent tous à rendre l'homme meilleur et plus utile à ses semblables, à lui faire connaître tous ses devoirs et à l'élever jusqu'à l'Auteur de son existence.

 Tant qu'elle fut pratiquée sur cette base, l'Ordre dut être, et fut, florissant, et tous ses membres furent honorés.

Tel fut son premier état, figuré par le Temple de Jérusalem, qui fut, sous Salomon, dans sa plus grande splendeur et fit la gloire de toute la nation.

Mais, dès que le relâchement fut introduit dans l'Ordre Maçonnique, dès qu'on se permit d'y admettre des sujets peu disposés à suivre ses principes fondamentaux, ses règles, sa morale, ses pratiques, on négligea les vertus qu'il prescrit, et on y introduisit les vices qui avaient été jusque là relégués dans les sociétés profanes.

Dès lors, on y vit un mélange d'hommes respectables par leur savoir, par leur piété, par leur bienfaisance, confondus avec d'autres qui, n'ayant que l'apparence de la vertu, avec la folle arrogance du vice, portèrent une atteinte mortelle à la réputation dont avait joui jusque là cet Ordre respectable.

En cet état, l'envie, la cupidité, la calomnie, lui suscitèrent de puissants ennemis ; ses cérémonies et ses pratiques mystérieuses devinrent suspectes et servirent de prétextes aux imputations les plus graves, à des injustices et à des persécutions qu'il a souvent éprouvées.

 L'unité des principes qui l'avaient fait respecter jusqu'alors avait disparu.

Faut il s'étonner qu'il cessât d'être respecté lui‑même, lorsqu'il fut déchiré par ses propres membres ? L'orgueil, si naturel à l'homme qui a perdu de vue tout ce qui pourrait l'humilier, l'orgueil, disons‑nous, d'appartenir à un corps qui avait excité pendant longtemps l'admiration des peuples qui le connaissaient, fut la cause de tous ses maux.

Les vices qui naissent de ce premier rejaillirent sur l'Ordre entier ; il fut persécuté et perdit tout son éclat.

C'est là le second état de l'Ordre, encore trop souvent renouvelé par l'indigne conduite des intrus qui le déshonorent, état qui vous est aujourd'hui représenté par le bouleversement et le saccagement du Temple de Jérusalem.

Mais, comme dans cette douloureuse révolution du Temple ses fondements furent encore conservés, de même aussi les vrais Maçons qui ont conservé, comme Esdras, le Livre saint de la Loi, pour la méditer avec fruit, qui ont su que le Feu Sacré n'était pas éteint et pouvait se ranimer encore, cédant pour un temps au torrent des circonstances, ont gardé soigneusement le dépôt précieux qui leur était transmis.

Lorsqu'ils ont vu les Maçons égarés se repentir, à l'exemple des Israélites, de leurs fautes, et gémir sous les abus qui s'étaient introduits presque partout, alors ils ont fait reparaître dans tout leur éclat ces règles primitives, conservées dans leur pureté fondamentale.

Mais avant de les publier et pour ne point les exposer à de nouvelles profanations, nouveaux Esdras, ils ont fait sentir au peuple Maçon la nécessité de se réformer, de purger les Loges et leurs travaux des innovations que le second état de l'Ordre avait introduites, des abus et des systèmes nuls, faux ou dangereux, qui ne tendaient qu'à défigurer de plus en plus le saint but fondamental de l'institution.

Alors, le Temple a été réédifié ; le Mot Sacré a été retrouvé et la Franc‑Maçonnerie a repris un nouveau lustre qu'elle conservera tant que les Maçons ne perdront pas de vue les principes invariables sur lesquels elle est fondée.

C'est cet état actuel de l'Ordre dans la Franc‑Maçonnerie Rectifiée qui vous a été représenté par la troisième époque du Temple de Jérusalem, rebâti par Zorababel ; c’est aussi cette classe d'ouvriers désabusés et réformés, dont vous avez demandé d'augmenter le nombre. Après nous être assurés, autant qu'il dépendait de nous, de vos vraies dispositions, nous nous sommes empressés de satisfaire vos désirs ; mais n'oubliez jamais, mon cher Frère, à quelles conditions vous l'avez obtenu.

Il nous reste à vous faire connaître aussi les rapports particuliers du Maître Hiram avec l'Ordre Maçonnique.

Le Maître Hiram, cet ouvrier sublime, doué, selon les Saintes Ecritures, d'intelligence et d'un rare savoir, surnommé Abif, qui, selon les interprètes, signifie ‘‘envoyé de Dieu’’ ; cet homme, révéré par Hiram, Roi de Tyr, comme son père, estimé, chéri, honoré par Salomon, qui se guida en tout par ses conseils, fut le conducteur en chef de tous les ouvriers, dont il coordonna les classes, et présida à la dédicace du Temple comme il avait présidé à sa construction.

Il est tout à la fois le père et le modèle des vrais Maçons, et en même temps le type particulier de l'Ordre Maçonnique et des trois états dont nous venons de vous présenter l'image.

L'histoire de sa mort et de son assassinat par trois compagnons est une fiction ingénieuse, que favorise à cet égard le silence des Saintes Ecritures.

Elle voile cependant de grandes vérités pour le Maçon qui veut s'instruire.

Chaque circonstance de sa vie et du funeste événement que les Maçons célèbrent dans leurs travaux, font connaître les vertus qu'ils doivent pratiquer.

Sa sortie glorieuse du tombeau, que l'on retrace devant vous en ce moment, vous en fait connaître la récompense.

Hiram vivant, respecté, chéri et dirigeant cette grande entreprise par ses talents et ses lumières, représente l'Ordre dans son état primitif, lorsqu'il n'était encore connu que par ses bienfaits et par la juste admiration qu'il excitait.

Hiram allant assidûment au Temple pour y faire sa prière, après la retraite des ouvriers, enseigne aux Maçons qu'en cette qualité, ils doivent encore plus que les autres un pur hommage à l'Etre Suprême.

Hiram assassiné par trois Compagnons, qui veulent lui arracher le Mot de Maître pour en usurper la paie, nous fait connaître le danger des passions violentes, qui peuvent nous porter aux plus grands désordres, si on ne les réprime d'abord, et en même temps l'injustice de ceux qui, sans prendre la peine de faire sur eux-mêmes le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits. Le refus d'Hiram nous apprend que la justice et la discrétion doivent être les vertus favorites des Maçons. Enfin, sa mort tragique vous indique le second état de l'Ordre, succombant par la mauvaise conduite de ses membres, désignés par trois compagnons sous les traits de l'envie, de la cupidité et de la calomnie .le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits.

 

 

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Mercredi 11 mai 2005

Instruction de l’Elu : 4ème DEGRÉ

 

      D : Etes-vous élu secret ?
      R: Une caverne m'est connue, une lampe m'a éclairé, une source m'a désaltéré.

      D. : Qu'avez-vous fait en cette qualité ?
      R. : J'ai été chargé d'une commission importante dont j'ai reçu le prix. (On montre son cordon.)

      D. : Quel était votre projet ?
      R. : De punir le crime.

      D. : Quelle vengeance était permise aux MM:. ?
      R. : La juste punition des assassins d'H:., de l'exprès commandement du roi.

      D. : Où le projet de vengeance s'est-il formé ?
      R. : En un conseil secret.

      D. : A quelle heure ?
      R. : Dans l'obscurité de la nuit.

      D. : Quand êtes-vous parti ?
      R. : Avant le jour.

      D. : Qui vous éclairait ?
      R. : L'étoile du matin.

      D. : Par où avez-vous débuté ?
      R. : Par la destruction de deux coupables.

      D. : Où les avez-vous découverts ?
      R. : Fuyant à travers des rochers escarpés.

      D. : Avez-vous été plus loin ?
      R. : J'ai pénétré dans l'intérieur d'une caverne effroyable.

      D. : Qu'y avez-vous trouvé ?
      R. : Le traître, venant de rentrer, se disposant à chercher du repos.

      D. : Qu'est-il arrivé ?
      R. : Saisi de frayeur à l'aspect d'un Me:., il s'est fait justice lui-même.

      D. : Que vous restait-il à faire ?
      R. : Rien, puisque la vengeance était accomplie.

      D. : Quelle heure était-il alors ?
      R. : Le soleil venait de se cacher.

      D. : Quel âge avez-vous ?
      R. : Neuf semaines sur sept ans, à cause des neuf semaines qui se passèrent           avant la punition du délit.

      D. : Que signifie la formule de votre réception ?
      R. : Ce qui s'est passé pour la formation et l'exécution du projet.

      D. : D'où viennent les huit L:. et une plus grande séparée du reste ?
      R. : Elles représentent les neuf élus ; la plus grande indique leur chef.

      D. : Que marquent les six autres L:. ?
      R. : Les six Mes:. qui leur furent joints à titre d'Elus après leur retour.

      D. : Que signifient les couleurs de la Chambre du Cons:. ?
      R. : Le noir signifie la noirceur de l'action ; les flammes expriment notre ardeur à en tirer vengeance, et le rouge dénote qu'elle ne peut être éteinte que par le sang des coupables.

      D. : Que signifient les inscriptions qu'on voit sur les poteaux où les têtes sont plantées ?
      R. : Que le ciel, qui juge les actions des hommes, en est le vengeur certain, et ne laisse jamais le crime impuni.

      D. : Que signifie le chien ?
      R. : Que le moindre indice sert souvent à découler le coupable ?

      D. : Que signifie la caverne ?
      R. : Qu'il n'est lieu si obscur et si caché qui puisse mettre les pervers à l'abri du supplice ou du remords.

      D. : Que signifie le bras tenant un poignard ?
      R. : Que les nôtres doivent être toujours prêts à frapper sur ce qui blesse et offense la vertu.

      D. : Que signifie l'étoile du matin et les huit autres ?
      R. : L'heure du départ et le nombre des Elus ; cela signifie en même temps que l'on ne saurait s'y prendre de trop bonne heure lorsqu'il s'agit de faire une bonne action.

      D. : Que signifie l'escalier difficile, taillé dans le roc ?
      R. : Qu'il faut franchir les pas les plus scabreux pour parvenir à la destruction du vice.

      D. : Que signifie la lampe ?
      R. : Que nous recevons une L:. imprévue dans les démarches dictées par le G:. A:.

      D. : Que signifie la source trouvée inopinément ?
      R. : Que la Providence n'abandonne jamais dans les besoins pressants.

  

Instruction de L'ÉCOSSAIS : 5ème  DEGRÉ

      D : Qui vous conduit ici, mon F:.?
      R : L'amour de mon devoir et le désir d'atteindre à la haute science.

      D. : Qu'apportez-vous pour vous en rendre digne ?
      R. : Un cœur pur, zélé partisan de la vertu et de la vérité.

      D. : Où avez-vous travaillé ?
      R. : Dans une voûte souterraine.

      D. : Où était-elle placée ?
      R. : Elle fut construite secrètement sous la partie la plus mystérieuse du T:.

      D. : A quoi servait-elle ?
      R. : A renfermer un dépôt précieux.

      D. : Dans quelle place était-il ?
      R. : Le Delta précieux sur lequel étaient gravés les vrais caractères de la P:.  innommable, fut incrusté sur un piédestal de marbre, placé au milieu de la voûte, et recouvert avec la pierre cubique.

      D. : Quelle était la pierre cubique ?
      R. : Une pierre d'agathe taillée en forme quadrangulaire, contenant les M:. secrets de l'art royal.

      D. : Comment déchiffre-t-on les lettres qui y sont incrustées ?
      R. : En les lisant suivant l'art.

      D. : Comment avez-vous été introduit ?
      R. : Par 3, 5, 7 et 9.

      D. : Que vous est-il arrivé ?
      R. : J'ai été éprouvé rigoureusement.

      D. : A quelle épreuve vous a-t-on soumis ?
      R. : La pointe sur le cœur et le fer sur le cou, j'ai fait volontairement le sacrifice des passions.

      D. : Cela a-t-il suffi pour être admis ?
      R. : Après m'avoir purifié, on m'a envoyé faire une recherche pour mériter mon entière admission.

      D. : Avez-vous réussi dans votre recherche ?
      R. : Par une Fav:. particulière et une L:. imprévue, j'ai fait la découverte du dépôt précieux ; je suis rentré le tenant à la main, et dans l'état où j'étais en faisant la découverte.

      D. : Quel est l'objet de votre recherche ?
      R. : La connaissance de l'art de perfectionner ce qui est imparfait et d'arriver au trésor de la vraie morale.

      D. : Quelle a été votre récompense ?
      R. : Le lien des vices a été brisé sur moi : l'on m'a passé sur le front, sur les lèvres et sur le cœur, la truelle empreinte d'une mixtion préparée ; j'ai participé au banquet des G:. élus ; j'ai reçu le gage d'une nouvelle alliance ; et enfin, j'ai été admis dans un lieu de L:. et de gloire où j'ai terminé mes travaux.

      D. : De quoi était faite cette mixtion ?
      R. : De lait, d'huile, de vin et de farine.

      D. : Que signifient ces choses ?
      R. : Douceur, Sagesse, Force et Beauté, qualités essentielles aux G:. élus.

      D. : Comment se nomment les LL:. des G:. E:. écossais ?
      R. : LL:. des hautes sciences, et leurs travaux sublimes.

      D. : Comment y pénètre-t-on ?
      R. : La fermeté dans le cœur et sur le front, caractère des hommes irréprochables.

      D. : Quel est leur premier devoir ?
      R. : Observer avec respect les lois de la M:. ; pratiquer la plus saine morale, et secourir ses FF:.

      D. : Combien avez-vous de L:. ?
      R. : Trois fois neuf.

      D. : Que représentent-elles ?
      R. : Les lampes inextinguibles déposées dans la voûte secrète.

      D. : Pourquoi le nom de voûte secrète, à l'ouverture, est-il changé en celui de voûte sacrée à la fermeture ?
      R. : C'est que le dépôt une fois placé, elle ne fut plus connue que sous ce dernier titre.

      D. : Où voyagent les G:. élus ?
      R. : Dans toutes les parties du monde pour y répandre la vraie science.

      D. : Quel âge avez-vous ?
      R. : Neuf ans.

      D. : Pourquoi le nombre 81 est-il en honneur parmi nous ?
      R. : Parce que c'est celui qui contient le plus de combinaisons maçon:., et qu'en termes de l'art, il est le triple du cube ou le plus grand carré.

 

Instruction du CHEVALIER d'Orient : 6ème  DEGRÉ

      D : Etes-vous Chevalier ?
      R : J'en ai reçu le caractère.

      D. : Faites-vous mieux connaître.
      R. : Commencez, et je finirai.

     
D. : J:.
      R. : B:.

     
D. : Comment êtes-vous parvenu à ce grade ?
      R. : Par l'humilité et la patience.

      D. : A qui vous êtes-vous adressé ?
      R. : A celui de qui dépendait notre délivrance.

      D. : Vous a-t-il accordé votre demande ?
      R. : Après m'avoir éprouvé, il m'a rendu la liberté et à tous les FF:., et m'a honoré du titre de Chevalier d'Orient

      D. : Qu'avez-vous fait après avoir obtenu votre liberté ?
      R. : Je me suis rendu dans ma patrie pour y joindre le reste de mes FF:.

      D. : Où vous ont-ils reçu ?
      R. : Dans un conseil assemblé sur les débris du T:.

      D. : Comment le conseil était-il éclairé ?
      R. : Par dix groupes de sept LL:.

      D. : Que signifiaient-ils ?
      R. : Le temps de la captivité.

      D. : Quel était votre ouvrage ?
      R. : Travailler à réédifier le T:. du G:. A:.

      D. : Comment y avez-vous travaillé ?
      R. : Le glaive d'une main, et la truelle de l'autre.

      D. : Sur quel plan fut reconstruit le T:. ?
      R. : Sur le plan du T:. détruit.

      D. : Où furent pris les matériaux ?
      R. : Les pierres furent tirées des carrières de Tyr, et les bois des forêts du Liban, parce qu'il fallait qu'il fût  en tout semblable au premier.

      D. : Quelle application doit-on faire de ceci ?
      R. : Que la M:. doit être une et ne peut souffrir de changements sans altération.

      D. : Quelle forme avaient les chaînes des captifs ?
      R. : Elles étaient triangulaires.

      D. : Pourquoi ?
      R. : Les vainqueurs connaissant le respect qu'ils avaient pour le Delta, en donnèrent la forme aux chaînes
      pour les mortifier davantage.

      D. : Que signifient les mots de reconnaissance ?
      R. : Le nom de la classe de ceux qui travaillent à la réédification.

      D. : Pourquoi avons-nous adopté la couleur vert d'eau ?
      R. : En mémoire de l'événement, par reconnaissance, et dans l'espoir du rétablissement.

      D. : Dans quel état avez-vous trouvé les MM:. en arrivant sur les débris du T:. ?
      R. : Dans le deuil et l'abattement, état de toute L:. livrée à la confusion et au désordre.

      D. : Que signifient les colonnes renversées, les instruments et les meubles déplacés ?
      R. : Que toute L:. composée de FF:. indiscrets et vicieux perd l'harmonie qui en fait le principal ornement et ne peut tarder de se détruire.

      D. : Que signifient les obstacles rencontrés au passage du P:. ?
      R. : Le désir ardent que tout bon M:. doit avoir de s'instruire, et les difficultés qu'il doit s'efforcer de vaincre  pour parvenir à la découverte de la vérité.

      D. : Que signifie la résistance que firent les nouveaux constructeurs contre leurs ennemis pendant le temps de la réédification ?
      R. : Les soins avec lesquels tout M:. doit s'opposer à l'introduction des vices et des abus.

      D. : Quel art professez-vous ?
      R. : La M:.

      D. : Quels édifices bâtissez-vous ?
      R. : Des T:. et des Tab:.

      D. : Où les construisez-vous ?
      R. : Faute de terrain, nous les construisons dans le cœur.

      D. : Quel âge avez-vous ?
      R. : Dix semaines d'années.

 

 

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Mercredi 11 mai 2005

..Les hauts-grades qu’offre ce Rite sont tous antérieurs à l’apparition des grades bleus puisque ils furent élaborés entre 1740 et 1760 pour les premiers, entre 1770 et 1801 pour les deux derniers.

 Mais ces hauts-grades eux-mêmes ne forment pas un ensemble véritablement cohérent. hétérogènes et de facture variée, ils furent organisés en strates successives que ne lie, parfois, qu’une numérotation arbitraire :

 

les grades hiramiques ou « ineffables », du 4ème au 14ème 

les grades dits « de l’exil » fondés sur la construction du second temple, 15ème et 16ème 

les grades chrétiens, johanniques et apocalyptiques à la fois, du 17ème au 19ème 

les grades templiers (30ème et 32ème) et … les autres, plus difficilement classables car d’inspiration hétéroclite.

 

A vrai dire, la question d’une éventuelle cohérence avec les grades bleus ne se pose qu’entre le grade de maître et les grades hiramiques qui achèvent le thème de la construction du premier temple puisque ce sont les seuls où l’on retrouve les questions que laissait en suspens la mort d’Hiram : l’achèvement du temple (thème des grade du 4ème au 8ème ), le châtiment des assassins (9ème au 11ème grade) et la découverte du mot perdu du maître (thème des 12ème, 13ème et 14ème degrés). En clair, le rituel de la maîtrise, s’il se veut dans la ligne droite du Rite vu dans son ensemble, doit poser ces trois questions sans équivoque et s’abstenir de toute ébauche de réponse. Dans cette optique, aucune des trois versions décrites plus haut n’est entièrement satisfaisante.

 

La version du Guide, pour faire court, s’articule assez bien avec les grades d’achèvement, très mal avec les grades de vengeance devenus redondants, mieux avec les grades centrés sur la découverte du mot perdu. L’adoption des particularités du Rite ancien (disposition des colonnes d’orient, déplacement des surveillants, répartition des secrets) n’apporte ni n’enlève quoi que ce soit à l’économie du système, bien qu’ils ne correspondent pas aux prescrits des hauts-grades. Ceux-ci, ne l’oublions pas, furent imaginés par des maçons de tradition et de formation « Française » qui ignoraient tout du Rite Ancien d’Angleterre. Rien d’étonnant donc si les hauts-grades paraissent souvent plus « modernes » qu’ « anciens » . Ainsi les surveillants lorsqu’il y en a deux[1], sont toujours disposés à l’occident, selon l’usage « moderne », les mots de passe sont communiqués durant la cérémonie et non avant, les colonnes sont placées suivant la règle moderne …

 

L’adaptation romantique du REAA n’est guère plus satisfaisante car la version naturaliste de la légende d’Hiram enlève toute pertinence à la perte du mot dans la mesure où Hiram « ressuscitant» ne peut l’emmener dans la tombe. Les grades clefs du REAA (13ème et 14ème) en deviennent incongrus. Par contre, l’omission du châtiment des coupables rend leur raison d’être aux grades de vengeance.

 

Quant aux versions contemporaines, elles tentent, maladroitement selon nous, de marier la lecture naturaliste à l’héritage ancien mais ce mariage introduit dans le grade lui-même une confusion regrettable (on ne sait finalement si le mot est perdu ou non ?).

Ces difficultés internes aux rituels eux-mêmes entraîne une conséquence inattendue aux yeux de certains thuriféraires du REAA : qui ne verra que l’articulation entre les hauts-grades du REAA et les grades bleus homonymes ne présente rien de spécifique et que les grades symboliques des autres Rites, Français, Moderne (belge), Ecossais philosophique et autres, peuvent tout aussi aisément servir d’introduction aux hauts-grades en question puisqu’ils posent les mêmes questions?

 

Qu’en conclure sinon qu’il a manqué au Rite un Willermoz pour établir une cohérence sans faille aux étapes successives de l’ensemble. Dans l’état actuel, aucune des variantes des grades symboliques du REAA ne justifie l’affirmation que les 33 degrés du REAA constitue un ensemble unique et obligé. Est-il hérétique de penser que les grades bleus de tout Rite prépare également à l’enseignement des hauts-grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté ?

 

 

 

 

Par Pierre Noël - Publié dans : hauts grades
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Mercredi 11 mai 2005

 

                        Chevalier, vous voyez premièrement

   Un bûcher allumé

   Un bras armé d’un coutelas

   Un ange dans un nuage

 

Ces trois figures représentent le sacrifice d’Abraham. Sa soumission aux ordres de l’Eternel mérita à ce patriarche la protection du Seigneur. Ces trois figures sont le type de la première Alliance de Dieu avec l’homme dont le signe fut la circoncision.

 

                         Chevalier, vois voyez deuxièmement

    L’arche d’alliance

   Les tables de la Loi

    Un encensoir

 

Ces trois figures rappellent la manifestation du Seigneur à Moïse qui lui ordonna de construire l’Arche d’Alliance. Les tables de la Loi contiennent le précieux décalogue qui est le principe de la religion et l’encensoir indique le culte du Vrai Dieu. Ces trois figures sont les gages de la seconde Alliance que l’Eternel fit avec son peuple.

 

                         Chevalier, vous voyez troisièmement

   Une grande croix

   Une lance

   Une couronne d’épines

 

Ces trois instruments de la passion de Jésus-Christ doivent nous rappeler sans cesse la troisième Alliance de Dieu avec son peuple. Ce sacrifice est l’emblème d’un cœur généreux qui donne son sang pour sauver ses enfants. Il est représenté dans le grade de Rose Croix par le pélican.

 

                        Chevalier, vous voyez quatrièmement

 Une figure de Mercure

 Un réchaud surmonté d’on creuset

 Un lingot d’or

 

Ces trois figures représentent le principe, l’agent et le produit du Grand Œuvre. Mercure représente le mercure des philosophes ; le réchaud et le creuset servent à décomposer et à recomposer les éléments qui entrent dans la composition du Grand Œuvre. Le lingot d’or est l’objet du Grand Œuvre.

 

                        Chevalier, vous voyez enfin

 Un flambeau ardent

Un globe tournant sur son axe

 Un triangle équilatéral d’or

 

Ces trois figures sont l’emblème du feu central qui anime tout ce qui existe, du mouvement imprimé à l’univers et dont résulte l’Harmonie Eternelle, et enfin du Créateur de toutes choses.

Le flambeau de l’esprit, feu central, doit éclairer tous nos travaux.

Le globe qui n’a ni commencement ni fin est à l’image de l’univers sensible.

Le triangle équilatéral nous rappelle cette antique conception hermétiste qu’il existe trois sortes d’or : l’or astral, substance ignée qui a son centre dans le soleil ; l’or élémentaire qui est la plus pure et la plus fixe portion de tous les Etres des trois Règnes ; l’or vulgaire enfin qui est le plus beau métal que la nature puisse produire.

Mais ce triangle, emblème de notre Ordre, est aussi une figure qui, de tous temps, a évoqué l’Essence divine et sa manifestation. Par là, il résume tous les symboles que vous présentent ce tableau…

 

 

 

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Mercredi 11 mai 2005

Les Israélites ayant mérité la punition du Ciel par leurs crimes, Dieu les frappa de la peste dans le désert, et il en périt un nombre considérable cependant Moyse se rendit sur le mont SinaÏ où Dieu lui était apparu ; il invoqua sa Toute-Puissance ; pour faire cesser les maux affreux répandus sur son peuple. A peine sa prière était-elle finie , qu’il aperçoit un grand serpent qui se glissait entre les broussailles ; il le suivit doucement et fut témoin d’une chose extraordinaire.

Arrivé sur un large quartier de roc le serpent s’était arrêté ; Moyse vit près de lui un autre serpent qui ayant reçu plusieurs blessures d’où le sang sortait avec abondance, était sur le point d’expirer. Moyse fut dans un grand étonnement, quand il vit le premier serpent qui s’était offert à ses yeux, frotter à plusieurs reprises le corps de celui qui était malade ; avec une herbe dont il ignorait le nom, et ce dernier revenir à lui, agir comme s’il était entièrement guéri, et s’enfuir avec son bienfaiteur, en poussant un sifflement de joie. Moyse s’empressa de ramasser l’herbe précieuse que le serpent avait laissé sur l’herbe, la renferme dans son sein, et se rendit dans son cap auprès des Israélites.

Ce sage observateur voulant faire l’essai de l’herbe des serpents, alla trouver un vieillard malade, qui était sur le point de succomber à sa douleur. Il passa légèrement l’herbe miraculeuse sur les ulcères enflammées qui couvraient le corps de l’Israélite, et à sa grande satisfaction, Moyse le vit se lever de lui-même et montrer tous les signes de la santé.

Moyse ayant obtenu un si grand succès, remercia le Seigneur qui avait exaucé sa prière ; il divisa le brin d’herbe en deux parties, en donna une au vieillard ; et après avoir fait tous deux la même opération sur tous les Israélites, ils se convainquirent que le mal contagieux avait entièrement cessé.

En effet, au bout de trios jours, il ne restait plus aucune trace du fléau dévastateur qui avait frappé le peuple de Dieu.

Moyse ordonna aux Israélites de rendre des Actions de grâce au Tout Puissant, et en mémoire de la guérison qu’il en avait obtenüe, il fit faire un grand serpent d’airain qu’on promena dans le camps après l’avoir fait fixer autour d’une longue perche en forme de croix ; c’est ce qu i a fait dire que la vue du serpent d’airain avait provoqué la guérison des Israélites. Le trésor fut longtemps conservé dans les trésors d’Israël.

Ce fut quelques temps après cet événement que Moyse s'attacha quelques amis fidèles et entr’autres le vieillard dont nous avons parlé, afin de les initier dans les sciences qu’il possédait. Il leur expliqua comment il avait trouvé l’herbe salutaire dont le serpent d’airain n’état que l’emblème et il les conduisit sur le mont Sinaï, pour aller à la recherche de cette herbe. Telle est la tradition qui fut transmise d’âge en âge jusqu’à l’époque de la première croisade, à laquelle remonte l’origine des chevaliers du serpent d’airain.

Quelques temps après la prise de Jérusalem, les croisés ayant été chassés de la terre sainte, plusieurs d’entre eux se retirèrent dans le vaste désert qui sépare l’Egypte de la Judée. Durant ce voyage, ils parvinrent à délivrer un grand nombre de leurs compagnons d’armes, qui étaient tombés au pouvoir des infidèles. L’histoire rapporte que le combat le plus sanglant et le plus glorieux qu’ils livrèrent aux barbares, dura depuis une heure jusqu’à l’heure du soir ; aussi ces valeureux guerriers conservèrent-ils toujours dans l’institution qu’ils formèrent le souvenir de ces heures mémorables.

Quand ils eurent vaincu leurs ennemis, les Croisés marchant vers les sources de Moyse et y arrivèrent ensemble au nombre de trois cents. Ils se dirigèrent ensuite vers le mont Sinaï, sur lequel ils construisirent un couvent qui existe encore de nos jours.

Ces pieux chevaliers animés par la foi et remplis d’un noble courage, se dévouèrent entièrement à l’étude des sciences et au culte du Vrai Dieu, et à la délivrance des captifs. Ils choisirent, pour les commander, le seigneur Jean de Ralp qui, par sa valeur et ses vertus digne de leur confiance (sic).

Connaissant la tradition dont il a été parlé, et se trouvant sur la même montagne où Moyse avait trouvé l’herbe des serpents, ils instituèrent le sublime grade que nous possédons. Jean de Ralps, leur Grand Maître, leur donna des règlements ; il fixa les Obligations que chacun aurait à remplir ; il exigea d’eux un serment terrible. Cent chevaliers du serpent d’airain devaient durant six mois se porter sur les confins de la Palestine, afin de protéger les pélerins et d’arracher à l’esclavage ceux que les Infidèles auraient réduits en captivité. Les six mois expirés, ils revenaient au Mont Liban, et étaient remplacés par cent autres. Cent chevaliers s’occupaient de la recherche des simples et autres herbes précieuses, propres à confectionner des remèdes spécifiques ; le reste des chevaliers se livraient à des exercices de piété et à l’étude des sciences.

Tous les ans, ils députaient quatre missionnaires, chargés d’aller prêcher la morale de la religion chrétienne, dans les quatre parties du monde. Ces missionnaires revenaient au temps limité, au bout duquel ils devaient revenir au Mont Sinaï, pour remplacer les missionnaires qui succombaient sous le fer des ennemis, en admettant à l’initiation des Chrétiens délivrés par les chevaliers qui, par leurs vertus, étaient jugés dignes de cette faveur. ...

Par delan - Publié dans : hauts grades
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