Jeudi 12 mai 2005

 

    

Rite de Misraïm - Venise, 1788.  

Un groupe de Sociniens (secte protestante anti-trinitaire) demande une patente de constitution à Cagliostro, alors de passage à Trente.   

Ne souhaitant pas pratiquer la rituélie magico-kabbalistique de ce dernier, ils choisissent de travailler au Rite Templier. Cagliostro leur transmet donc la Lumière Maçonnique: les trois premiers grades de la Maçonnerie anglaise et les grades supérieurs de la Maçonnerie allemande, très marquée par la tradition Templière.   Le nom de Misraïm - en hébreu ancien : "les Egyptiens" - est donc le seul rappel de ce Rite Egyptien qui leur transmit la personnalité obédientielle.   

Misraïm va essaimer rapidement à Milan, Gênes, Naples, et sera introduit en France par Michel Bédarride, qui avait reçu en 1810, à Naples, les pouvoirs magistraux du Frère De Lassalle.De 1810 à 1813, les trois frères Bédarride développent avec succès le Rite en France, et cela quasiment sous la protection du Rite Ecossais.   

Le Rite de Misraïm compte, en effet, des noms maçonniques illustres à sa tête : le Comte Muraire, Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien Accepté, le Duc Decazes, le Duc de Saxe-Weimar, le Duc de Leicester, le Lieutenant Général Baron Teste, etc... Rapidement, sous la Terreur Blanche, c'est Misraïm qui transmet leur nécessaire maîtrise aux Carbonari.  

 

Violemment anticlérical et anti royaliste, le Rite groupe alors une cinquantaine de Loges à travers le pays.  

 

La police de la Restauration obtient sa dissolution. Clandestin pendant dix-huit années, restauré en 1838, dissous à nouveau en 1841, il sort de la clandestinité en 1848.   

Dès lors, il s'achemine vers la fusion, en 1881, avec le Rite de Memphis, sous l'impulsion de Giuseppe GARIBALDI.

 Rite de Memphis 

La plupart des membres de la mission d'Egypte qui accompagnèrent Bonaparte étaient Maçons de très anciens Rites Initiatiques : Philalètes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre le Grand Orient de France.   

C'est la découverte, au Caire d'une survivance gnostico-hermétique qui va conduire ces Frères à renoncer à la filiation reçue jadis par la Grande Loge de Londres.   

Ainsi, sous la direction de Samuel Honis et de Marconis de Nègre, naît a Montauban, en 1815, un nouveau courant Maçonnique ne devant rien à l'Angleterre : le Rite de Memphis.

Si, très rapidement, le Rite de Misraïm rassemble les Jacobins nostalgiques de la République avec les Carbonari, c'est au sein du Rite de Memphis que se regroupent les demi-soldes de l'ex-Grande Armée et les Bonapartistes demeurés fidèles a l'Aigle. Notons du reste que les deux Rites ont en 1816 le même Grand-Maitre Général, prémices de la fusion future.  

 

Mais le Grand Orient de France, alors majoritairement monarchiste, obtient la dissolution de Memphis. En 1826 cependant, le Rite reprend ses travaux sous l'Obédience du même Grand Orient.  

 

Dissous comme Misraïm en 1841, Memphis entre, lui aussi dans la clandestinité. Il ne réapparaît qu'avec la République, en 1848.  

 

Dissous de nouveau en 1850, en réveillé en 1853, Memphis est reconnu par le Grand Orient de France en 1862.  

 

Comportant alors de très nombreuses Loges à l'étranger, Il compte des personnalités telles que Louis Blanc et Garibaldi qui, dix-neuf années plus tard, sera l'artisan de l'unification de Memphis et de Misraïm.  

 

Rite de Memphis-Misraïm  

 

Jusqu'en 1881, les Rites de Memphis et Misraïm cheminent cheminent parallèlement et de concert, dans un même climat particulier.   

Or, les deux Rites commencent à rassembler sous la double appartenance des Maçons du Grand Orient de France et du Rite Ecossais Ancien et Accepté qu'intéressent l'Esoterisme de la Symbolique Maçonnique, la Gnose, la Kabbale, voire L'Hermétisme. En effet, outre leurs dépôts égyptiens, Misraïm et Memphis sont toujours les héritiers et les conservateurs des vieilles Traditions Initiatiques du XVIIIème siècle Philalètes, Philadelphes, Rite Hermétique, Rite Primitif.   

Misraïm compte 90 Grades divers, et Memphis, 95.  

 

Lorsque Garibaldi est désigné comme Grand Maître général pour chacune des Obédiences, une fusion de fait s'accomplit et rend possible l'établissement d'une échelle commune des grades.  

 

Aujourd'hui, après les trois premiers degrés de la Maçonnerie Universelle, les particularités de Memphis-misraïm s'affirment dans les Ateliers supérieurs qui pratiquent obligatoirement les  

 

4ème Degré ( Maître Secret )  

 

9ème Degré ( Maître Elu des Neufs ),  

 

13ème Degré ( Royal Arche ),  

 

14ème Degré ( Grand Elu de la Voûte Sacrée ),  

 

18ème Degré (Chevalier Rose + Croix ),  

 

20ème Degré ( Chevalier du Temple ), Le 20ème Degré transmet l'initiation de la Stricte Observance Templière et des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte de Jean-Baptiste Willermoz.  

 

28ème Degré ( Chevalier du Soleil ), 

 

30ème Degré ( Chevalier Kadosh ),  

 

32ème Degré ( Prince du Royal Secret )  

 

33ème Degré ( Souverain Grand Inspecteur Général ).   

Les 66ème, 90ème et 95ème Degrés sont conférés à des Maçons particulièrement intéressés par l'Hermétisme, suivant leur valeur et leurs connaissances, ainsi que leur fidélité au Rite.

Le 95ème Degré leur confère le droit de siéger au Erreur! Source du renvoi introuvable, en qualité de Grand Conservateur du Rite.

Les Loges de Memphis-Misraïm travaillent au Rite Egyptien et sur leurs autels elles joignent au traditionnel emplacement de l'équerre et du compas, la règle symbole du Grand Architecte de l'Univers et de la loi Divine. Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm perpétue ses traditions de fidélité aux principes démocratiques et aux Sciences Initiatiques et n'a pas oublié ses morts - le Grand Maître Constant Chevillon fut assassiné par la milice de Vichy en 1944 et le Grand Maître de Belgique Delaive exécuté par les nazis. Conscient des limites du Siècle des Lumières, le Rite, aujourd'hui, puisant dans le fonds hérité des Temples de Memphis, invite chacun à passer du Savoir rationnel, au sens strict du terme, à la Connaissance. Les spécificités de l'Ordre de Memphis-Misraïm résident dans les principes suivants: vivifier la Tradition transmise par l'Ancienne Egypte  développer la valeur de la Quête Initiatique inspirer une ouverture où, Intelligence du coeur et Savoir Esotérique s'harmonisent dans notre Temps,  pratiquer un Rite qui permette à l'Homme de trouver la voie de sa propre réalisation Intérieure.

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

L'un des points notables est de délivrer l'enseignement hermétiste dans son expression maçonnique dans le cadre d'une échelle de 33 grades :

 

4. Maître Discret

5. Maître Sublime-Maître des Angles

6. Chevalier de l'Arche Sacrée

7. Chevalier de la Voûte Secrète

8. Chevalier de l'Epée

9. Chevalier de Jérusalem

10. Chevalier d'Orient

11. Chevalier Rose-Croix

12. Chevalier de l'Aigle Rouge

13. Chevalier du Temple

14. Chevalier du Tabernacle

15. Chevalier du Serpent

16. Sage de la Vérité

17. Chevalier Kadosh

 18. Chevalier du Royale Mystère

19. Grand Inspecteur

20. Philosophe Hermétique

21. Patriarche Grand Installateur

22. Patriarche Grand Consécrateur

23. Patriarche Grand Eulogiste

24. Patriarche de la Vérité

25. Patriarche des Planisphères

26. Patriarche des Védas Sacrés

27. Maître Egyptien Patriarche d'Isis

28. Patriarche de Memphis

29. Patriarche de la Cité Mystique

 30. Sublime Maître du Grand Oeuvre

31. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine

32. Prince de Memphis

33. Patriarche Grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Les Collèges Egyptiens administrent les grades du 4° au 30°. Les Académies Egyptiennes rassemblent les grades du 28° au 32°. Le Conseil réunit les Frères du 33° grade.

Dans cette échelle, les grades pratiqués rituellement qui servent d’axe à la progression sont : dans le cadre des Collèges Egyptiens, le 12° Chevalier de l'Aigle Rouge, 17° Philosophe Hermétique, 27° Maître Egyptien Patriarche d'Isis et dans l'Académie celui de 30° Sublime Maître du Grand Œuvre. Contrairement à beaucoup de systèmes de Hauts-Grades, le 33° grade de Patriarche Grand Conservateur fait l'objet d'une cérémonie rituelle en pleine et due forme et ne peut être conféré que dans le cadre du Conseil. Les grades intermédiaires sont en général conférés par communication (avec des cahiers d’études) mais font aussi dans certains cas l’objet de rituels spécifiques.

Sans dévoiler ce qui ne doit pas l'être ici, on peut néanmoins donner quelques éléments sur les principales étapes que nous venons de mentionner et qui vont structurer le chemin des Frères au sein des Hauts-Grades Hermétistes. Il est en effet important de souligner le caractère progressif et cohérent des grades pratiqués, qui de la même manière que les initiations anciennes ont pour objectif de chercher à se parfaire tout en dépassant par leurs rites la dimension strictement philosophique, pour approcher de l’intérieur la question fondamentale du sens de l’existence. Ce sont ces principes antiques qui furent repris dans les rituels des Grades, dans la forme d’origine proprement « égyptienne » définie par Yarker.

L’initié franc-maçon poursuit ici ce que Platon appelait son ascension, par l’apprentissage ordonné et cohérent des différents systèmes qui ont composés la tradition occidentale.

Cette progression s’effectue donc dans une perspective à la fois historique et hermétiste. Les initiations qui vont marquer le cheminement des Frères les conduisent de la Kabbale judéo-chrétienne (XV°-XVIII° siècle), au renouveau de l’Hermétisme de la renaissance, et son profond enracinement dans les mystères grecs et romains à l’Esotérisme de l’Egypte. La quatrième initiation parachève ces moments. Ce parcours véritablement initiatique est toujours celui d’un libre penseur, ayant déjà développé son esprit critique et sa bonté, celui d’un être qui construit et non qui détruit, celui s’ouvre à l’autre au lieu de chercher à le dominer.   

Chevalier de l'Aigle Rouge Le grade de Philosophe Inconnu, Chevalier Rose-Croix de L'Aigle Noir, Blanc et Rouge dit Chevalier de l'Aigle Rouge est peut être le plus surprenant par sa profondeur. Ce vieux grade hermétique - qui par là plonge ses racines bien au delà du XVIII° siècle - est attesté dans les années 1760. Il fut pratiqué notamment à Metz, par le Baron de Tsoudy, à Paris et à Marseille. On le retrouve dans les années 1780 comme grade de fin de système du Rite Ecossais Philosophique. Il aurait disparu s'il n'avait été intégré à l'échelle de grade de Misraïm puis de Memphis. Par sa nature à la fois chevaleresque, kabbalistique et hermétique, il s'inscrit dans le prolongement de la Kabbale judéo-chrétienne, structurant son rite et sa philosophie sur les ouvrages fondateurs et les grands principes de ce courant. Il est un bon exemple de cet équilibre entre les traditions hermétiques les plus authentiques et un souci d’humanisme et de vertu morale qui s’y associe d’une manière très étroite. Nous n’allons évidemment pas donner le texte en annexe, mais cela ne nous empêche pas pour ce premier grade de donner une idée de son contenu. Quant à la structure de son rituel, précisons simplement qu’il repose entre autre sur l’arbre séphirotique, le livre du Sépher Yetzirah et implique l’initié dans la totalité de son être. La dimension intérieure qui est requise et cultivée, se révèle assez bien dans le texte d’accueil du récipiendaire dont nous citons ici un extrait :

« Mon frère Vénérable Maître, le désir de te parfaire t’a conduit jusqu’ici et nous sommes heureux de voir que notre tradition maçonnique compte encore parmi elle des frères sincères et cherchant avant tout à cultiver les vertus et la connaissance.

Si ce que tu viens chercher ici correspond aux deux termes que je viens de prononcer, Vertu et Connaissance alors tu es le bienvenu et nous pouvons poursuivre ton initiation. Si au contraire, ce sont des honneurs supplémentaires ou des secrets menant au pouvoir sur les autres que tu cherches, alors ta place n’est pas ici… »

Philosophe Hermétique La deuxième grande étape est le grade de Philosophe Hermétique. Il s’enracine dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Hermétisme de la renaissance. La redécouverte par l’école néoplatonicienne de Florence des corpus philosophiques préchrétiens et des premiers siècles, ainsi que des initiations de l’antiquité ont donnés naissance à une riche interprétation symboliste et rituelle du monde et de notre parcours initiatique. Les traces exotériques sont nombreuses, tant chez les artistes ayant été en contact avec ce mouvement, que chez les écrivains tels que Dante, Campanella, Giordano Bruno, etc. Sur le plan ésotérique, un grade tel que celui de Philosophe Hermétique s’inscrit sans nul doute dans cette « filiation » qui semble bien l’héritière lointaine des initiations antiques qu’elles soient d’origine pythagoricienne, éleusiaque ou même mythraïque. Elles prirent bien des voiles dans la franc-maçonnerie tel par exemple celui de Chevalier du Soleil, 51° de l’échelle de 1816 de Misraïm ou encore le Sublime Sage d’Eleusis, 62° de l’échelle de Memphis-Misraïm. Ces aspects sont mis à l’étude du grade, tant sur le plan symbolique, qu’opératif.  ien, Sage des Pyramides, ami du désert ou Patriarche d'Isis résume, prolonge et conserve la quête et l'enseignement des petits rites égyptiens qui prospérèrent en France à la fin du XVIII° siècle et au début du XIX°. Ses formes rituelles actuelles furent fixées pour partie par Marconis de Nègre au milieu du XIX° siècle. L'Egypte dont il est question est d'abord un symbole, ce berceau des initiations qui hante l'ésotérisme occidental depuis la Renaissance. Mais le texte de Marconis n’est pas le seul document concernant ce grade et ceux qui ont été transmis et le complètent. C’est pour cette raison que nous pouvons dire que les textes rituels de l’initiation utilisée dans le GOE, « réactivent » ici de manière incontestablement authentique et complète, ce que furent les « Mystères » ou « Initiations » d’Isis et d’Osiris dans leur formulation ptolémaïque. Tout lecteur qui se penchera sur ce Mythe pourra découvrir quelque éclairage sur le contenu de ce grade. 

Sublime Maître du Grand Oeuvre Le Sublime Maître du Grand Œuvre, parachève la progression en rapprochant symboliquement et rituellement l’initié du « Premier Principe des choses » dont il est émané, le Noûs Pater dont parlaient les hermétistes grecs, l’Atoum-Rê des égyptiens. Pour les mêmes raisons que le grade précédent, le rite permet de conduire l’initié à travers les principales étapes du Grand Œuvre vers la régénération de son être, lui permettant ainsi de révéler toutes les potentialités et les qualités de sa double nature humaine et spirituelle. 

Patriarche Grand Conservateur  Quant au 33° degré et aux trois composantes des Arcana Arcanorum qui y sont enchâssées et non superposées, nous pouvons préciser que ces « Arcanes » sont réellement pratiqués dans leurs trois dimensions, philosophiques, initiatiques et rituelles selon les textes dont le Grand Ordre Egyptien est le dépositaire. La question de ce que beaucoup ont présentés comme les « Grades terminaux », étant fort complexe, nous nous limiterons à n’en donner que quelques brèves indications. En ce domaine comme en d’autres ici, il n’est pas utile de chercher à prouver, ou à polémiquer. Seul le travail et ses fruits peuvent sans doute faire la preuve de ce qui est réellement mis à l’œuvre.

Arcana Arcanorum  Commençons par quelques éléments historiques, tout en gardant présent à l’esprit que les recherches historiques sur ce domaine sont pour l’instant fort réduites et que le volonté de ces écrits est de s’en tenir à l’essentiel, pour percevoir l’esprit de ce rite. Sur le plan historique, le terme Arcana Arcanorum se rencontre dans la littérature rosicrucienne au cours du XVIII° siècle par exemple dans les Symboles Secrets d’Altona (1785-1788). Cette expression est assez nouvelle, bien que des équivalents soient utilisés, par exemple chez Michael Maïer (Arcana Arcanissima) ou encore chez Cagliostro (Secreto Secretorum). Se dernier se rendit à Naples en 1783 et entra vraisemblablement en contact avec les milieux maçonniques et l’Accademia dei Segreti qui existait depuis 1560. Il est en effet tout à fait vraisemblable que ce qui se divisa plus tard sous trois aspects prit naissance en Italie dans le mouvements des Académies. La première à avoir été ainsi recensée fut l’Accademia platonica de Marsile Ficin et Pic de la Mirandole, fondée à Florence en 1462 sous le règne de Laurent le Magnifique. Nous vous renvoyons pour compléter notre propos aux chapitres précédents dans lesquels nous avons évoqués cette école. Nous ne remonterons pas plus loin dans le temps, mais souvenons nous simplement que les fondateurs de ce groupe, ces Frères en Platon, se considéraient comme faisant partie de la chaîne d’or des initiés, remontant symboliquement à Hermès à travers les dirigeants de l’Académie platonicienne d’Athènes. Ces académies se développèrent selon le modèle d’une culture à la fois encyclopédique et humaniste, se distinguant très nettement de la scolastique de cette époque. Ce courant sera fort important puisque nous compterons environ 500 académies vers 1530. Parmi celles-ci, quelques unes continueront à transmettre un enseignement proche de l’esprit d’Athènes ou de Florence. Notons plus particulièrement pour le sujet qui nous intéresse, l’Accademia dei Segreti de Naples et l’Accademia degli Uranici de Venise créée en 1587 sous l’impulsion de Fabio Paolini professeur de grec et continuateur de l’œuvre de Marsilio Ficino. Il sera également l’un des neuf fondateurs de la Seconda Accademia Veneziana qui prit la suite en 1593 de celle dont nous venons de parler. Sans revenir de nouveau sur la démarche de l’hermétisme de la renaissance, rappelons simplement qu’il ne s’agissait pas pour ces « Maîtres de l’Art » d’une pure démarche spéculative et intellectuelle, mais de ce que l’on a appelé la Religio Mentis, une expression philosophique impliquant l’art, la philosophie et la spiritualité.

Bien évidemment la formule des académies évolua très vite. Certaines substituèrent à l’encyclopédisme humaniste du début, des spécificités telles que le théâtre, la musique, les langues classiques, la théologie, la médecine, etc.), tandis que d’autres s’institutionnalisait. Cela n’empêcha pas la spiritualité humaniste et hermétiste de poursuivre son chemin. La « filiation » anglaise prit entre autre naissance à partir des voyages et de l’enseignement de Giordano Bruno et des contacts entre Paris, Oxford et Cambridge qui firent suite à la venue en France de Campanella. Les cercles platoniciens présents dans les différentes universités manifestèrent cette permanence de l’hermétisme et des pratiques qui y étaient liées depuis la Renaissance. Jusqu’au 17° siècle, divers groupes informels travaillèrent selon cette tradition, jusqu’à ce qu’elle soit conservée par des maçons comme un dépôt rituel et initiatique, formalisé peu à peu sous la forme de trois (ou quatre) grades. Ce courant perpétuant ces arcanes grâce à quelques maçons anglo-saxons sensibles à cette philosophie, a souvent été désigné par ceux qui la transmettaient sous le nom traditionnel de Aurea Catena ou Arcana Arcanorum.

Sur le plan de la transmission italienne, ce n’est qu’en 1816 que les frères Joly rapportèrent les Arcana Arcanorum d’Italie. Ils furent remis la même année au Grand Orient de France vraisemblablement sous la forme d’un abrégé des quatre derniers grades du rite de Misraïm. Plusieurs groupes spirituels ou occultes revendiquèrent à partir de cette époque la possession ou la pratique de ces degrés « cachés ».

Il convient cependant de remarquer que les Arcana Arcanorum semblent s’être transmis sous trois formes tout à fait complémentaires, aujourd’hui réunies. Il s’agit des formes symbolique, philosophique et rituelle. Bien qu’ayant suivies, des directions historiques parfois différentes, la cohérence des ses trois aspects étudiés et pratiqués montre bien leur origine commune.  La mise en œuvre rituelle incarne le symbole dans la psyché du récipiendaire, lui donnant vie par cette vertu sympathique, cette relation harmonique et dynamique qui ordonne l’univers. La tradition initiatique enseignée par les néoplatoniciens, inspirée des mythes classiques d’Orphée, ainsi que d’Isis et d’Osiris pour ne citer que ceux-ci, trouvent dans l’aboutissement de la voie maçonnique leur plein épanouissement sur tous les plans composant la personnalité. Il s’agit en outre d’une véritable initiation à la pratique rituelle, d’une ouverture intérieure dans laquelle la simplicité et l’esthétique, tiennent une place fondamentale.

Nous ne devons pas alors considérer les Arcana Arcanorum comme une connaissance qu’il serait possible de faire passer de l’un à l’autre comme par magie. Comme le dit Socrate, « Ce serait parfait si la sagesse était telle que nous puissions la faire couler, à leur seul contact d’un esprit très plein dans une âme très vide, comme nous faisons passer, à travers un peu de laine, l’eau d’un vase très plein dans un autre très vide… » (Banquet 175c) De même dans la République, « Ils prétendent  que dans une âme au-dedans de laquelle n’est pas le savoir, eux l’y déposent, comme si en des yeux aveugles, ils déposaient la vision. Or au-dedans de son âme chacun possède la puissance du savoir, ainsi que l’organe au moyen duquel chacun acquiert l’instruction ; et que, pareil à un regard supposé incapable, autrement qu’avec le corps tout entier, d’évoluer de ce qui est obscur vers ce qui est lumineux, de même c’est avec l’âme toute entière que doit s’opérer, à partir de ce qui devient, la conversion de cet organe, jusqu’au moment où il sera enfin capable, dirigé vers le réel, de soutenir la contemplation de qu’il y a dans le réel de plus lumineux, et c’est cela que nous déclarerons le Bien. » (République, Livre VII-518c)

Car si l’on peut parler de technique, de rituel, d’initiations, ceux-ci seraient vide de sens si les outils qu’ils demeurent étaient considérés comme des fins en eux-mêmes. Bien au contraire, nous pouvons les comprendre comme trois étapes d’approfondissement du 33° grade, menant à travers un dépouillement de soi de plus en plus important, à l’objet même de cette forme de la tradition occidentale décrite ainsi par Jamblique, dans son ouvrage sur Les mystères d’Egypte : « Quand au don hiératique du bonheur, il s’appelle porte (d’accès) au dieu démiurge de l’univers, lieu ou cour du bien ; et il apporte, comme première qualité, une pureté de l’âme bien plus parfaite que la pureté du corps, ensuite à un entraînement de la pensée à la participation et à la contemplation du bien, l’affranchissement de tout ce qui est opposé, et là-dessus l’union aux dieux dispensateurs des biens. » (X-5)

Socrate en des mots quelque peu différents, parlera du même aboutissement en disant : « Ainsi arrivé à une vue plus étendue de la beauté, il ne s’attachera plus à la beauté d’un seul objet et il cessera d’aimer avec les sentiments étroits et mesquins d’un esclave, un enfant, un homme, une action. Tourné désormais vers l’Océan de la Beauté et contemplant ses multiples aspects, il enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours et les pensées jailliront en abondance de son amour de la sagesse, jusqu’à ce qu’enfin son esprit fortifié et agrandi aperçoive une science unique, qui est celle du Beau. […] Car la vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage de soi-même ou qu’on s’y laisse conduire, c’est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelons d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science qui n’est autre chose que la science de la beauté absolue et pour connaître enfin le Beau tel qu’il est en soi. Si la vie vaut jamais la peine d’être vécue, […], c’est à ce moment où l’homme contemple la beauté en soi. » (Banquet 211b)

Cet extrait nous permet de réaliser que sans exclure la dimension rituelle et initiatique, c’est sur l’Amour ou l’Amitié, l’Agapé, que repose cette progression vers le Beau. Tous les aspects de l’être sont pris en compte dans une perspective globale qui n’est en rien une négation ou dissolution de la personnalité. Il s’agit plutôt du moment où l’Ordre s’établit dans notre Chaos intérieur, l’instant où ce sentiment de Beauté nous fait découvrir et sentir l’intensité et la richesse de notre humanité, tant dans la relation à autrui, que dans la relation au monde dont nous dépendons. En conlusion, le travail initiatique auquel vous invite les Hauts-Grades Hermétistes de la Franc-Maçonnerie tente de réunir dans l’harmonie, l’exigence philosophique et humaniste ainsi que la véritable quête spirituelle. Deux aspects qui sont, nous semblent-ils, inséparables de notre tradition maçonnique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

L’idée qu’une étroite et intime relation puisse exister entre la Franc- Maçonnerie et l’Ordre Chevaleresque chemine de longue date dans le monde profane comme dans son homologue maçonnique.

C’est d’ailleurs tout le sens du propos de nôtre Grand Maître Provincial quand celui-ci affirmait en Tenue de Grande Loge il y a quelques années « …le maçon du siècle qui va s’ouvrir se doit d’être chevalier et bâtisseur… ».

 

Le Rite Ecossais Rectifié conserve cette particularité de souligner d’entrée cette même relation par ailleurs profondément marquée par le Christianisme et le Nouveau Testament.

Le simple fait d’exiger du nouvel initié à demeurer fidèle à la Sainte Religion Chrétienne nous renvoie plus que jamais aux devoirs spirituels induits par cette ordination que demeure : l’Adoubement.  

Pourquoi dés lors ne pas confondre éthiques : maçonnique et chevaleresque en considérant  le maçon comme un chevalier défenseur de la Morale ?  

Pourquoi ne pas s’inspirer des références de cette « société d’hommes »sacralisée, de cet « Ordre » auquel était reconnue une dignité tant  spirituelle que sociale ?

 

Rappelons nous, en effet,  que vivre en chevalier impliquait une ascèse librement consentie, une discipline  génératrice de forces indispensables à toute évolution, en nous inscrivant dans l’intemporalité, il nous est possible aujourd’hui de faire , nôtre, ce Décalogue qui régissait autrefois la vie des chevaliers du Moyen Age.

 

-Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Eglise et observeras tous ses commandements

L’essentiel demeure ici de ne pas se tromper d’Eglise et de comprendre qu’un chevalier trouve la Lumière dans toutes les religions, « …aux yeux de l’homme, Dieu a beaucoup de visages et chacun jure que celui qu’il voit est le vrai Dieu, cependant ils ont tous tort parce qu’ils ont tous raison… »

 

-Tu protégeras l’Eglise

Pour nous maçons,  au mot « Eglise »  nous pourrions substituer celui de Fraternité et accepter le fait que s’il ne faut jamais fermer les portes du Temple, encore faut-il en défendre l’entrée aux profanateurs, ignorants et autres sectaires qui n’aspirent à y pénétrer que pour mieux le détruire.

 

-Tu auras le respect de toutes les faiblesses, et t’en constitueras le défenseur

On ne voit généralement que les faiblesses d’autrui, pour les siennes on a que trop souvent grande complaisance, acceptons donc pleinement toute la Générosité et la Tolérance que véhicule cette maxime et percevons que les « faibles » sont aussi ceux démunis d’espérance et de joie de vivre.

 

-Tu aimeras le pays où tu es né

Le pays où l’on est né n’est pas à confondre avec la patrie des nationalistes mais davantage avec la Terre Sainte des Templiers, ce lieu où se produit nôtre réalisation suprême.

 

-Tu ne reculeras pas devant l’ennemi

L’ennemi est tout ce qui nous empêche d’évoluer, il est cette petite voix intérieure qui nous encourage à la paresse de l’Esprit , qui prône le confort contre l’aventure, le conformisme contre l’audace de la pensée.  L’ennemi suggère que le Dragon n’existe que dans les légendes et qu’il est ainsi absurde et inutile de chercher chaque jour à affronter le Gardien du Seuil.

 

-Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu

Accomplir son devoir permet à l’homme de remplir son rôle , de retrouver son centre. Loin d’être une contrainte, il s ‘avère alors la ligne directrice conduisant à la paix de l’esprit voire de l’âme. Comprenons que de la réalisation des devoirs qui nous incombent, dépend la réalité de nôtre ascension spirituelle car le Devoir libère de l’arbitraire et délie la pensée de l’homme. Dans le monde initiatique, plus de Devoir engendre plus de liberté, n’est-il pas écrit, en effet, que « …c’est par l’accomplissement de son devoir dans l’obéissance à la Loi Morale, que l’homme atteint la certitude de sa grandeur, de sa dimension métaphysique… » ?

 

-Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée

Le mensonge favorise l’irruption du Chaos dans l’Ordre de l’Univers, c’est l’inverse  de ce principe métaphysique qui est la norme et l’équilibre  engendrant l’Harmonie.

Quant à la fidélité et à la parole donnée, elles n’expriment que le respect de soi comme des autres, nous renvoyant à la notion de Devoir qui veut que la plus élémentaire des honnêtetés consiste à respecter ses engagements.

 

-Tu feras aux infidèles une guerre sans trêve et sans merci

Qu’est- ce qu’un infidèle sinon celui qui ne respecte pas  sa parole donnée ? L’infidèle est le tiède des Evangiles, l’inconséquent qui promet tout et n’importe quoi. Il est plus aisé de le fuir que de le combattre car il n’existe pas d’ennemi plus déroutant et insaisissable. Préparons nous dès lors à mener un long, redoutable mais juste combat .

 

-Tu seras libéral et feras largesse à tous

Un homme généreux est par définition ouvert à tous les perfectionnements, il voit le monde avec les yeux d’un ange et est « …large de cœur… » or le cœur n’est-il pas avant tout le siège de la compréhension et  de la Connaissance ?

Dans le mot libéral , percevons aussi l’image d’une liberté de conscience et  d’esprit , de ces libertés qui consistent à s’investir dans la pratique des sept arts libéraux  afin de mieux « …faire largesse à tous… ».

 Souvenons nous aussi que seules la Liberté et la Vérité  participent à l’éveil divin du chevalier comme du maçon , ne serait ce :

qu ‘au travers de leurs engagements respectifs  au service de réalités transcendantes.

Chez le chevalier médiéval, ces dernières se confondaient en les personnes :

Du Roi, représentant de Dieu sur Terre et

De la Dame, miroir de la Beauté divine .

Il ne tient alors qu’à nous, maçons,  de s’enrichir de ces apports et d’identifier nôtre Roi et nôtre Dame, la liste est loin d’être exhaustive même si deux noms s’inscrivent en force :

Melchisedeq : le Roi du monde  et Marie :la Mère du Sauveur.

 

Enfin, que dire du dixième article du Code de la Chevalerie sinon qu’il se suffit à lui-même et reste une référence à nos méditations d’hier, d’aujourd’hui et de demain :

 

-Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l’injustice et le mal

 

A ces règles d’Honneur et de Vie,  conservons aussi en nous l’enseignement propre au symbolisme de l’armement du chevalier, pour autoriser chacun selon sa propre mesure  à bâtir son perfectionnement spirituel et  harmoniser ainsi sa « … mortelle individualit酠». 

Remémorons nous ces précieux conseils tels que rapportés dans l’épître aux éphésiens de Saint Paul  :

« …Tenez vous donc debout avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse et pour chaussures le Zèle à propager l’Evangile de Paix, ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre les traits enflammés du Mauvais, enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est à dire la Parole de Dieu… ».

Nos cœurs et esprits ainsi régulés et armés, nous pourrons   dès lors envisager mener avec Espérance nôtre propre quête du Graal qui seule rétablira « Adhuc Stat », « l’âge d’or », cet état premier et sacré où l’homme et Dieu vivaient en équilibre harmonieux.

 

Ainsi  Chevalerie et Maçonnerie se rejoignent d’autant plus sur le plan de l’éthique qu’elles véhiculent toutes deux une même Connaissance du  Sacré et du Divin. Jean Baptiste Willermoz en avait d’ailleurs perçu tout  le caractère méta-historique quand il déclarait : « …la Science que nous dénommons aujourd’hui maçonnique a dû être professée en différents temps sous diverses dénominations, si elle a été donnée à l’homme, elle doit être aussi ancienne que son existence temporelle et prendre son origine dans la source même des choses temporelles… ».

 

Cette Connaissance, en effet, demeure celle de la Tradition Primordiale et Universelle  dont l’ histoire remonte à l’aube de l’Humanité.

Aussi il n’y a rien de mystérieux dans le fait de constater que l’Ordre maçonnique et l’Ordre chevaleresque soient si semblables, tous deux ne sont ils pas, en effet, les rameaux d’un Ordre Secret, gardien permanent de l’Initiation Primitive ? 

En fait ,si éthiques : maçonnique et chevaleresque semblent si compatibles,  c’est parce qu’ initialement c’est à la Chevalerie Spirituelle que la Maçonnerie est unie et c’est pourquoi qu’en tant que maçons la prière de Dante ne peut que fleurir dans nos cœurs :

« …Chevalerie du Ciel que je contemple , fais oraison pour ceux qui sont sur terre… ».

  

par olivier publié dans : hauts grades
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Jeudi 12 mai 2005

Le Temple de Jérusalem est le grand type général de la Franc‑Maçonnerie qui s’est renouvelée sous divers nom, sous diverses formes et à différentes époques. Les Francs‑Maçons tirent leur origine de ce Temple même. Les révolutions qui lui sont survenues vous retracent celles qui se rapportent à l'homme même et celles qu'a éprouvées, en différents temps, l’Ordre des Maçons, le plus ancien et le plus respectable qui fut jamais. C’est sous ce dernier rapport historique et le plus moderne, que nous allons poursuivre en ce moment votre instruction.

 Pour peu que vous ayez réfléchi sur les causes morales qui ont occasionné les révolutions du type même, vous aurez aussi connu celles qui ont dû en produire dans l'Ordre Maçonnique et qui pourraient encore en causer la ruine.

 Nous distinguerons donc ici son origine antique et fondamentale, dont les développements sont réservés à d'autres temps, des époques plus modernes, quoique très anciennes, où, sous la dénomination conventionnelle de Franc‑Maçonnerie et sous le voile des emblèmes et des allégories, il a été beaucoup plus propagé et s'est trouvé par là exposé à de plus grandes et à de plus fréquentes révolutions.

La Franc‑Maçonnerie, instituée par les chefs des ouvriers du Temple élevé par Salomon, détruit par les Assyriens et reconstruit par Zorobabel, ne présente que des principes solides, des règles sures et une morale épurée, qui tendent tous à rendre l'homme meilleur et plus utile à ses semblables, à lui faire connaître tous ses devoirs et à l'élever jusqu'à l'Auteur de son existence.

 Tant qu'elle fut pratiquée sur cette base, l'Ordre dut être, et fut, florissant, et tous ses membres furent honorés.

Tel fut son premier état, figuré par le Temple de Jérusalem, qui fut, sous Salomon, dans sa plus grande splendeur et fit la gloire de toute la nation.

Mais, dès que le relâchement fut introduit dans l'Ordre Maçonnique, dès qu'on se permit d'y admettre des sujets peu disposés à suivre ses principes fondamentaux, ses règles, sa morale, ses pratiques, on négligea les vertus qu'il prescrit, et on y introduisit les vices qui avaient été jusque là relégués dans les sociétés profanes.

Dès lors, on y vit un mélange d'hommes respectables par leur savoir, par leur piété, par leur bienfaisance, confondus avec d'autres qui, n'ayant que l'apparence de la vertu, avec la folle arrogance du vice, portèrent une atteinte mortelle à la réputation dont avait joui jusque là cet Ordre respectable.

En cet état, l'envie, la cupidité, la calomnie, lui suscitèrent de puissants ennemis ; ses cérémonies et ses pratiques mystérieuses devinrent suspectes et servirent de prétextes aux imputations les plus graves, à des injustices et à des persécutions qu'il a souvent éprouvées.

 L'unité des principes qui l'avaient fait respecter jusqu'alors avait disparu.

Faut il s'étonner qu'il cessât d'être respecté lui‑même, lorsqu'il fut déchiré par ses propres membres ? L'orgueil, si naturel à l'homme qui a perdu de vue tout ce qui pourrait l'humilier, l'orgueil, disons‑nous, d'appartenir à un corps qui avait excité pendant longtemps l'admiration des peuples qui le connaissaient, fut la cause de tous ses maux.

Les vices qui naissent de ce premier rejaillirent sur l'Ordre entier ; il fut persécuté et perdit tout son éclat.

C'est là le second état de l'Ordre, encore trop souvent renouvelé par l'indigne conduite des intrus qui le déshonorent, état qui vous est aujourd'hui représenté par le bouleversement et le saccagement du Temple de Jérusalem.

Mais, comme dans cette douloureuse révolution du Temple ses fondements furent encore conservés, de même aussi les vrais Maçons qui ont conservé, comme Esdras, le Livre saint de la Loi, pour la méditer avec fruit, qui ont su que le Feu Sacré n'était pas éteint et pouvait se ranimer encore, cédant pour un temps au torrent des circonstances, ont gardé soigneusement le dépôt précieux qui leur était transmis.

Lorsqu'ils ont vu les Maçons égarés se repentir, à l'exemple des Israélites, de leurs fautes, et gémir sous les abus qui s'étaient introduits presque partout, alors ils ont fait reparaître dans tout leur éclat ces règles primitives, conservées dans leur pureté fondamentale.

Mais avant de les publier et pour ne point les exposer à de nouvelles profanations, nouveaux Esdras, ils ont fait sentir au peuple Maçon la nécessité de se réformer, de purger les Loges et leurs travaux des innovations que le second état de l'Ordre avait introduites, des abus et des systèmes nuls, faux ou dangereux, qui ne tendaient qu'à défigurer de plus en plus le saint but fondamental de l'institution.

Alors, le Temple a été réédifié ; le Mot Sacré a été retrouvé et la Franc‑Maçonnerie a repris un nouveau lustre qu'elle conservera tant que les Maçons ne perdront pas de vue les principes invariables sur lesquels elle est fondée.

C'est cet état actuel de l'Ordre dans la Franc‑Maçonnerie Rectifiée qui vous a été représenté par la troisième époque du Temple de Jérusalem, rebâti par Zorababel ; c’est aussi cette classe d'ouvriers désabusés et réformés, dont vous avez demandé d'augmenter le nombre. Après nous être assurés, autant qu'il dépendait de nous, de vos vraies dispositions, nous nous sommes empressés de satisfaire vos désirs ; mais n'oubliez jamais, mon cher Frère, à quelles conditions vous l'avez obtenu.

Il nous reste à vous faire connaître aussi les rapports particuliers du Maître Hiram avec l'Ordre Maçonnique.

Le Maître Hiram, cet ouvrier sublime, doué, selon les Saintes Ecritures, d'intelligence et d'un rare savoir, surnommé Abif, qui, selon les interprètes, signifie ‘‘envoyé de Dieu’’ ; cet homme, révéré par Hiram, Roi de Tyr, comme son père, estimé, chéri, honoré par Salomon, qui se guida en tout par ses conseils, fut le conducteur en chef de tous les ouvriers, dont il coordonna les classes, et présida à la dédicace du Temple comme il avait présidé à sa construction.

Il est tout à la fois le père et le modèle des vrais Maçons, et en même temps le type particulier de l'Ordre Maçonnique et des trois états dont nous venons de vous présenter l'image.

L'histoire de sa mort et de son assassinat par trois compagnons est une fiction ingénieuse, que favorise à cet égard le silence des Saintes Ecritures.

Elle voile cependant de grandes vérités pour le Maçon qui veut s'instruire.

Chaque circonstance de sa vie et du funeste événement que les Maçons célèbrent dans leurs travaux, font connaître les vertus qu'ils doivent pratiquer.

Sa sortie glorieuse du tombeau, que l'on retrace devant vous en ce moment, vous en fait connaître la récompense.

Hiram vivant, respecté, chéri et dirigeant cette grande entreprise par ses talents et ses lumières, représente l'Ordre dans son état primitif, lorsqu'il n'était encore connu que par ses bienfaits et par la juste admiration qu'il excitait.

Hiram allant assidûment au Temple pour y faire sa prière, après la retraite des ouvriers, enseigne aux Maçons qu'en cette qualité, ils doivent encore plus que les autres un pur hommage à l'Etre Suprême.

Hiram assassiné par trois Compagnons, qui veulent lui arracher le Mot de Maître pour en usurper la paie, nous fait connaître le danger des passions violentes, qui peuvent nous porter aux plus grands désordres, si on ne les réprime d'abord, et en même temps l'injustice de ceux qui, sans prendre la peine de faire sur eux-mêmes le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits. Le refus d'Hiram nous apprend que la justice et la discrétion doivent être les vertus favorites des Maçons. Enfin, sa mort tragique vous indique le second état de l'Ordre, succombant par la mauvaise conduite de ses membres, désignés par trois compagnons sous les traits de l'envie, de la cupidité et de la calomnie .le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits.

 

 

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Jeudi 12 mai 2005

Nous pouvons dire qu’aucun mouvement maçonnique n’a exercé plus d’influence sur la France du XVIIIe siècle que celui lancé par Martinez de Pasqualy, plus généralement connu sous le nom de Martinisme.

Le nom complet de Martinez était Jacques de Livron Joachim de la Tour de la Casa Martinez de Pasqualy. Il naquit à Grenoble, France, probablement en 1727. Son père était né à Alicante, en Espagne, et avait reçu une patente signée par Charles Stuart, «Roi d’Ecosse, d’Irlande et d‘Angleterre», datée du 20 mai 1738, lui conférant, en tant que Député Grand-Maître, le pouvoir d’ «ériger des temples à la gloire du Grand Architecte». Cette patente et les pouvoirs qu’elle conférait étant transmissibles à sa mort, à son fils, celui-ci devint donc le «Puissant Maître Joachim Don Martinez Pasqualis, âgé de 28 ans». Nous voyons dès lors qu‘à l’age de 28 ans Martinez était Maître Maçon.

Tout au long de sa vie, Martinez travailla à la création d’un grand mouvement spirituel dans les rangs de la Franc-Maçonnerie. Lorsqu’il érigea ce mouvement en Ordre, non pas maçonnique à proprement parler, mais composé exclusivement de Maçons, il lui donna le nom d‘ «Ordre des Chevaliers Maçons Élus Cohen de L’Univers». La mission spirituelle de Martinez débuta probablement aux alentours de 1758, mais il n’y a aucun doute qu’avant cette période il avait déjà activement travaillé à la promotion de l’Ordre Maçonnique en tant que tel. C’est à cette époque que furent introduits dans la Franc-Maçonnerie ce qu’on appelle les Hauts Degrés, en complément des trois degrés de base de la Maçonnerie Symbolique composée des Loges dites «Bleues». Ces trois degrés étaient et sont:

 

1er Degré - Apprenti

 

2e Degré - Compagnon

 

3e Degré – Maître

 

L’introduction de ces Hauts Degrés fut souvent désapprouvée et réprouvée par les autorités maçonniques contrôlant les Degrés Symboliques. Martinez lui-même avait certes activement travaillé à la création de Degrés maçonniques en tant que tels, mais il avait décidé de créer une sorte d’organisation «annexe» à caractère plus spirituel que la maçonnerie elle-même. Cependant, il n’admettrait dans cette organisation que des Maîtres-Maçons ayant atteint le degré d‘ «Elu» . En 1754, il avait fondé à Montpellier, en France, le Chapitre maçonnique "Les Juges Ecossais". Entre 1755 et 1760, nous voyons que Martinez voyage intensivement dans toute la France, recrutant des adeptes pour son propre système. En 1760, il se trouve à Toulouse, où il est reçu dans les Loges de St. Jean Réunies. Plus tard, dans le courant de la même année il est reçu dans la "Loge Josué" de Foix, en France, où il initie plusieurs Maçons et crée une chapelle appelée "Le Temple Cohen". En 1761 Martinez est à Bordeaux où, grâce à sa Patente Stuart et à la recommandation du Comte de Maillial d‘Alzac, du Marquis de Lescourt et des frères d’Auberton, il est reçu dans la Loge "La Française". C’est ici qu’il ouvre son "Temple Particulier", nommé «La Perfection Élue Écossaise». Les membres fondateurs en sont le Comte M. d’alzac, le Marquis de Lescourt, les deux frères d’Auberton, de Oasen, de Bobié, Jules Tafar, Morris et Lecembard. Le 26 mai 1763, Martinez envoie sa Patente Stuart à la Grande Loge de France et informe celle-ci qu’il a «érigé à Bordeaux, à la Gloire du Grand Architecte, un Temple abritant cinq Degrés de Perfection, dont je suis le gardien, sous la Constitution de Charles Stuart, Roi d’Ecosse, d’Angleterre et d‘Irlande, Grand Maître des Loges disséminées sur toute la surface de la Terre». Le nom de la Loge est alors changé en «La Française Élus Écossais». Le 1er février 1765, La Grande Loge de France approuve et officialise cette Loge. La même année, en 1765, Martinez se rend à Paris, où il est hébergé par les Frères Augustiniens au Quai de la Seine. Il y rencontre Bacon de la Chevalerie, de Lusignan, de Loos, de Grainville, J.B. Willermoz, Fauger d’Igéacourt, etc., à qui il donne ses premières instructions. Avec eux, il fonde, le 21 mars 1767 (Equinoxe Vernale), le «Souverain Tribunal des Élus Cohen», avec Bacon de la Chevalerie pour Deputé-Maître. Pour 1770, le Rite des Élus Cohen possède des Temples dans de nombreuses villes: Bordeaux, Montpellier, Avignon, Foix, La Rochelle, Versailles, Paris et Metz. Un Temple est ouvert à Lyon et, grâce à l’enthousiasme de Jean-Baptiste Willermoz, cette ville deviendra la capitale spirituelle de l’Ordre pendant de nombreuses années.

 

Entretemps, à Bordeaux, en mars 1776, la Loge "La Française Elus Ecossais" ferme. Notons que jusqu’à cette date, le secrétaire de Martinez était le Père Bullet, aumônier du Régiment de Foix. Le Fr. Bullet avait le titre de "S.I."parmi les Élus Cohen. L’Histoire ne dit pas dans quelles circonstances un catholique romain, qui a uniquement recours au titre ecclésiastique de «Père/Padre», est devenu membre de l’Ordre créé par Martinez, alors qu’il était interdit à tout catholique romain de faire partie de la franc-maçonnerie sous peine d’excommunication (bien que cette sanction ait récemment été commuée en «état de péché mortel»). En mai 1772, Martinez s’embarque pour Saint Domingue, sur le "Duc de Duras", après avoir demandé et obtenu un «certificat de catholicisme». Comment lui, franc-maçon et Grand Maître de son propre Rite du Haut Degré a pu obtenir un tel certificat, c’est ce qui reste encore un mystère. Il avait entrepris ce voyage aux fins de recueillir un héritage; mais le mardi 20 septembre 1774, Martinez meurt à Port-au-Prince, en Haiti. Il laisse un fils, qui fréquentait à ce moment le Collège Lescar, près de Pau. Ce fils disparaîtra pendant la Révolution française, 20 ans plus tard. Il fut baptisé le 24 juin 1768. Selon les documents dont on dispose, l’Ordre des Élus Cohen semble avoir neuf, dix ou onze degrés. Il est probable que certains développements dans l’existence de l’Ordre firent que les degrés furent modifiés au fil du temps, et des ajouts autorisés par Martinez à mesure que les membres progressaient. Voici la constitution la plus probable: L’Ordre était divisé en trois classes principales, suivies d’un degré secret. La première classe comprenait les trois premiers degrés de la Maçonnerie symbolique, plus un degré de Grand Elu ou Maître particulier.

 

La deuxième classe comprenait les Degrés du Seuil: Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen et Maître-Cohen. Ceci était typiquement maçonnique, mais contenait des allusions à une doctrine secrète sous-jacente.

 

La troisième classe comprenait les Degrés du Temple: Grand Maître Élus Cohen, Chevalier de l’Orient, et Commandeur de l’Orient.

Sous les apparences de la Maçonnerie, le cathéchisme était basé sur la Doctrine Générale de Martinez. Cette doctrine est exposée dans le seul livre que Martinez ait écrit «La Réintégration des Etres», pseudo-commentaire du Pentateuque. Diète purificatrice, semblable à celle des Lévites de l’Ancien Testament, et rituels d’exorcisme étaient employés contre le mal individuel et collectif dans le monde.

Les grades secrets de l’Ordre comprenaient le degré de Réau-Croix, à ne pas confondre avec Rose-Croix, terme également usité dans les cercles maçonniques et rosicruciens de l’époque. Dans le Degré du Réau-Croix, L’initié est mis en contact avec les plans spirituels au-delà du plan physique, par les invocations magiques ou la théurgie. Il attire les puissances célestes dans sa propre aura et dans celle de la Terre. Des manifestations auditives et visuelles, appelées «signes», permettent au Réau-Croix d’évaluer sa propre évolution et celle d‘autres «opérateurs», et de déterminer de ce fait si lui-même ou les autres ont été réintégrés dans leur puissance originelle.

Le grand objectif de l’Ordre était d’obtenir la Vision Béatifique du Rédempteur, Jésus Christ, en réponse aux invocations magiques. Martinez conféra le titre de «Juges Souverains» et «Supérieurs Inconnus» de l’Ordre à Bacon de la Chevalerie, Jean-Baptiste Willermoz, de Serre, du Roy, d’Hauterive et de Lusignan. Martinez avait désigné pour successeur son cousin Armand Cagnet de Lestère, Secrétaire-Général de la Marine à Port-au-Prince, en Haiti. Comme celui-ci avait peu de temps à consacrer à l’Ordre, il se limita à la direction des temples des Elus-Cohen de Port-au-Prince et de Léogane en Haiti. Puis il y eut des divisions au sein des temples en Europe. A. C. De Lestère mourut en 1778, après avoir transmis ses pouvoirs au «Très Puissant Maître» Sebastián de las Casas. Le nouveau Grand-Maître n’essaya pas de réconcilier les différentes branches des Elus Cohen, ni d’unifier le Rite. Peu de temps après, les temples des Élus Cohen furent mis en sommeil. La doctrine continua à être transmise de personne à personne, au sein d’un aréopage kabbalistique composé de neuf membres. En 1806, des opérations théurgiques concertées étaient encore accomplies aux importantes dates des équinoxes; les rituels en étaient un important travail de purification par les Réau-Croix. Un des derniers représentants directs connus des Élus Cohen fut Destigny, qui mourut en 1868....

 

par Mike Restivo publié dans : hauts grades
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Jeudi 12 mai 2005

 

 GRAND PRIEURE D'HELVETIE

 Au nom de l'Ordre Le Directoire du Régime Écossais Rectifié

CHARTE CONSTITUTIVE

pour l'installation de la Préfecture de Paris sous l'égide du Grand Prieuré d'Helvétie.

LETTRES PATENTES

pour le réveil du Régime Écossais Rectifié en France sous l'obédience du Grand Directoire des Gaules

Grande Chancellerie Or. de Genève 3, rue Massot

Nous, Grand Prieur d'Helvétie, Grand-Maître National, assisté du Grand Chancelier et des autres membres du Directoire, dûment autorisé à ces fins par le Grand Chapitre Helvétique, Puissance Suprême du Régime Écossais Rectifié en Suisse,

Vu la requête émanant des TT Rév FF Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte : Docteur Camille Savoire, in ordine eques a fortitudine, Docteur René Wibaux, eques ad lucem quaerendum, et Aimé Machon, eques ab indulgentia, agissant tant en leur nom personnel qu'au nom de leurs mandants, les TT Rév FF de divers Orients de France, armés Chev Bienf de la Cité Sainte au sein de la Préfecture de Genève par notre Grand Prieur,

Laquelle requête sollicite du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, en vertu des pouvoirs qu'il détient, le Réveil et l'instauration en France, sous son égide, du Régime Écossais Rectifié tel qu'il fut jadis pratiqué,

Attendu que, en vertu des droits et des prérogatives concédés au Grand Prieuré d'Helvétie par le Convent des Chapitres de Bourgogne, tenu à Bâle les 15, 16 et 17 Août 1779, le dit Grand Prieuré a acquis, en même temps que son indépendance, le pouvoir de créer dans son ressor des Préfectures et des Commanderies,

Attendu que, par acte du 2 Août 1828, le Chapitre provincial de Bourgogne, V° Province de l'Ordre, en dénonçant au Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie la cessation de ses travaux, lui conférait tous ses pouvoirs,

Attendu que, sous date du 29 Mars 1830, le Chapitre Provincial de Genève, par patente spéciale émanant de la Province d'Auvergne, III° Province de l'Ordre, entrée à son tour en sommeil, acquit le droit de constituer des établissements de son Rite, en lieu et place de la dite Province d'Auvergne,

Considérant qu'en vertu de ses droits et prérogatives, le Chapitre Provincial de Genève procéda déjà en 1839 (le 1er Octobre) à la constitution d'une Préfecture du Régime Écossais Rectifié à l'Orient de Paris, en y créant et installant des Chevaliers et des Novices,

Considérant que, plus tard, sous date du 11 Juin 1910, une Commanderie relevant de la Préfecture de Genève fut installée à l'Orient de Paris, après que les TT Ill FF 33° Docteur Édouard de Ribeaucourt (sic), in ordine eques de Raimboldi Curte, Docteur Camille Savoire, eques a fortitudine, et Docteur Gustave Bastard, eques a silentio, eurent été armés, par équivalence de grade, Chev Bienf de la Cité Sainte, et que le F Paul Pottier, Rose Croix18°, eut été élevé au grade d'Écuyer Novice, Considérant enfin qu'en dehors de ces FF requérants, quinze TTIllFF 33° ont été armés par équivalence de grade, au sein de la Préfecture de Genève, en les années 1932, 1933 et 1934,

De même aujourd'hui, faisant droit à la requête dont s'agit et voulant assurer définitivement le réveil en France du Rite Écossais Rectifié, tel qu'il y fut jadis pratiqué et tel qu'il est pratiqué actuellement en Suisse, au sein du Grand Prieuré Indép. d'Helvétie,

Avons décrété et décrétons

L'érection d'une Préfecture du Régime Écossais Rectifié à l'Orient de Paris, et, à ces fins, avons inauguré ce jour, 23 Mars 1935, la dite Préfecture, à laquelle, sur la demande des requérants, le T Rév F Professeur Ernest Rochat, in ordine eques a studio, Grand Prieur d'Helvétie, Grand Maître National, a apporté personnellement la lumière, assisté des TT Rév FF Charles J. Nicole, eques a phoenix resurgente, Grand Chancelier, Antony Roesgen, eques ab harmonia, Préfet de la Préfecture de Genève, au sein de laquelle les TT Rév FF postulants et les mandants ont été armés Chev Bienf de