Rites et rituels

Jeudi 18 octobre 2012 4 18 /10 /Oct /2012 18:19

Le Rite français, également appelé parfois Rite moderne, est un rite maçonnique pratiqué sous différentes formes et par plusieurs obédiences françaises.

Histoire

Le Rite français est intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie en général et en France en particulier. Les exilés britanniques apportent le rite des Modernes qui sera traduit, progressivement, en français. Mais si cette forme hybride ne connaît encore le nom de Rite Français, c'est bien pour se distinguer des systèmes dits écossais que celui-ci se forme. Afin d'assurer une franc-maçonnerie à dimension nationale, le Grand Orient de France organise l'uniformisation des rites « modernes » hexagonaux dès 1782. En 1785, le modèle est fixé pour les trois premiers degrés en « loge bleue » qui connaissent une forte influence anglaise en distinction toujours des rites écossais. En 1801, un imprimeur peu scrupuleux diffuse le rite sous le titre : Le Régulateur du Maçon, qui contient d'ailleurs de nombreux rajouts et rectifications par rapport aux cahiers officiels du G.O.D.F, qui eux étaient délivrés contre argent sonnant et trébuchant, et uniquement aux Loges de l'obédience qui en faisaient la demande par écrit. Plusieurs réformes du rite vont être entreprises. En 1858 s'impose le Rite français dit « Murat», qui revient aux fondements des Constitutions d'Anderson sans pour autant transformer durablement le rite, car le texte n'est guère différent de celui du Régulateur. Après la rupture de 1877, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France décide d'une nouvelle réforme. Celle-ci aura lieu en 1879 où sont évincés du Rite français les formules à connotations religieuses dont, par exemple, la référence au Grand Architecte de l'Univers et les devoirs envers Dieu. La commission dirigée par Louis Amiable en 1866 conclura la forme adogmatique du rite en lui donnant une teinte positiviste. On parlera après cette date du Rite français dit « Amiable ». Ce dernier connaîtra quelques rectifications de moindre importance en 1907 pour rester ensuite tel quel jusqu'en 1938. 1938 voit l'initiative du Grand Maître Arthur Groussier du Grand Orient de France pour une nouvelle réforme du rite. Il s'agit d'une tentative d'un retour aux sources après la somme des rajouts et des suppressions qui rendirent le Rite français quelque peu illisible ,et surtout dénué de son âme. La version définitive du Rite français dit « Groussier » sera achevée en 1955 sous l'autorité de Paul Chevalier. Dans les années 1960-70, plusieurs maçons - dont René Guilly - en quête de la lettre originelle du rite opéreront une nouvelle tentative afin de réanimer le caractère initiatique et symbolique de celui-ci. La volonté de pratiquer ces rituels sans aucun « ajout » ultérieur, sans modification ni influences externes, a fait la spécificité de ce rite. Comme disait Roger Girard: « la spécificité du rite français, c'est justement de ne pas en avoir ». Il est ainsi indiscutable que ce rite est sans doute le plus conforme à celui qui était pratiqué en Angleterre dès le premier quart du xviiiesiècle et, en France, dans la 2e moitié du xviiie siècle. René Guilly sera à l'origine de la création d'un chapitre de Rite Français Traditionnel, chapitre toujours existant aujourd'hui au sein de la Loge nationale française. En 1974, naitra un autre chapitre à Paris, sous l'impulsion d'un membre de la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra. Ce dernier conduira à la création du Souverain Collège du Rite Français Traditionnel, à vocation pluri-obédientielle. Les recherches d'autres maçons les conduisent au Brésil, où le Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil leur accordera une patente, afin d'établir le Grand Chapitre Français (GCF) en 1989. Au sein du GODF c'est avec la refondation du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, en 1999, détenteur des patentes des ordres de sagesse, qui débute le renouveau du Rite français en 3 grades et quatre ordres + 1, tels que codifiés dès 1784. Le Cinquième Ordre a été reconstruit officiellement le 24 Septembre 1999 par Jean-Pierre Duhal, président de la chambre d'Administration du Grand Chapitre Général du GODF, et Gérard Pourpour, Président de la Chambre du Rite.

Pratique du rite au  sein des obédiences

Le Rite Français est pratiqué au sein de nombreuses obédiences maçonniques, dont le Grand Orient de France, où il est majoritaire à 80 % dans les trois premiers grades (Apprenti-Compagnon-Maître). En 1973, le GODF a remis la patente du Rite Français à la Grande Loge féminine de France.L'obédience féminine a donc développé une version du rite français dans plusieurs styles. En 1999, le GODF a remis la patente des Ordres de Sagesse et en 2001 a été créé le Grand Chapitre Général Féminin de France. Précisons en outre que le rite Français (travaillant selon le Régulateur du Maçon de 1801) est également présent à la Grande Loge nationale française depuis 1979. Les Frères Maîtres « réguliers » au Rite Français peuvent intégrer les Ordres de Sagesse du Grand Chapitre français. On le trouve sous ses diverses dénominations et réformes au sein de ces obédiences dont le Rite Moderne Français rétabli ou Traditionnel, Groussier, etc. Hors de France, le Rite français est diffusé en Belgique, au Luxembourg, au Brésil, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Bulgarie, en Italie et Irlande. Il existe de manière plus minoritaire dans d'autres pays, surtout ceux dans lesquels le Grand Orient de France a implanté des loges.

Le système du Rite français est un régime en trois grades et quatre Ordres:

En  loge bleue  : 1 Apprenti 2 Compagnon 3 Maître

Quatre ordres : Premier Ordre : Élu secret Deuxième Ordre : Grand Élu écossais Troisième Ordre : Chevalier d'Orient Quatrième Ordre : Souverain Prince Rose-croix, Parfait Maçon libre, Grand commandeur du Temple (au GODF) et Quatrième Ordre : Chevalier de l'Aigle, Parfait Maçon Libre sous le nom de Rose-Croix (au Grand Chapitre Français)

Il existe un cinquième Ordre, prévu dès l'origine du Rite. Ce cinquième Ordre est mentionné dans la première version du Régulateur de 1801. Il est pratiqué au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, au Grand Chapitre de France, au Grand Chapitre Français, au Grand Chapitre Général Féminin de France et au Sublime Conseil du Rite Moderne pour la France. Son rituel ultime (sur les 81 rituels qui sont soumis à l'étude des Maçons de cet Ordre) au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France est celui de "Sublime Philosophe Inconnu", au Grand Chapitre Français celui de "Chevalier de l'Aigle Blanc" et au Sublime Conseil du Rite Moderne pour la France celui de "Chevalier de la Sagesse".

Spiritualité

Le Rite français, dans sa version pratiquée au Grand Orient de France, est souvent considéré comme le rite maçonnique le plus « laïc ». Le Rite Français est en fait le plus fidèle à celui de la Grande Loge de Londres, rite fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative. Il perpétue notamment quelques fondamentaux, dont la position des colonnes J et B, la disposition des chandeliers autour du tapis de loge, les batteries en 2 coups brefs et un plus long, l'entame du pied droit, etc..., toutes choses que la Grande Loge des "Anciens", changea, par la suite.

Rite français rétabli

Le Rite français rétabli (ou Rite français traditionnel) est une variante de la famille des rites français. Il repose sur l'idée de restaurer un Rite français le plus proche possible des anciens rituels de la Grande loge des Modernes. Il s'inspire en particulier des premiers rituels « français » publiés par le GODF en 1786 et du Régulateur du Maçon de 1801.Il cherche donc à dégager le Rite français des évolutions qu'il a connues au cours des XIXe et XXe siècle, en particulier au sein du Grand Orient de France.Son caractère composite fait qu'il en existe de nombreuses versions suivant les obédiences voire les loges.

Grand Masonic Orient of Ireland

Source : http://www.gmoirl.com/fr/rituals.html

Par Grand Masonic Orient of Ireland - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 07:27

Le Cinquième Ordre est avant tout une étape, l’ultime étape de l’initiation maçonnique, celle qui conduit vers la Connaissance suprême par une étude approfondie des symboles qui fondent les plus hauts grades en vigueur dans tous les rites.

Cette quête de la connaissance ne permet pas de limiter le Cinquième Ordre au périmètre initiatique d’un grade : c’est pourquoi il est un Ordre dans lequel sont rassemblés, étudiés, pratiqués autant que faire se peut, les degrés les plus élevés et les plus illustres collationnés par ces rites.

Le Cinquième Ordre est réservé aux Frères qui ont retrouvé la parole perdue, et qui cherchent à découvrir au-delà du miroir leur miroir - quel monde peuple la république des ombres.

Le Cinquième Ordre n’étant pas un grade mais un niveau de capacité d’étude et de compréhension de tous les grades existants, il n’a pas d’appellation particulière.

Par voie de conséquence, ses membres ne portent pas de titre distinctif ce qui est la marque de la plus grande humilité. Néanmoins, et pour des raisons de convenance, ils sont reconnus sous la dénomination de « Très Illustres et Parfaits Maîtres ».

Tous réunis, ils représentent l’Assemblée Universelle du Cinquième Ordre.

En assemblée tenante, ils constituent également un laboratoire de la pensée où sont abordés librement, par une approche philosophique appropriée, les préoccupations de l’homme dans sa recherche du bonheur au sein d’une société qu’il souhaite meilleure et plus fraternelle.

Mais cette grande richesse de grades, cette grande diversité de rites (…tous les systèmes…),pose aussi un problème : celui d’en appréhender tout leur contenu. C’est-ce qui a amené les refondateurs du Grand Chapitre Général de France à faire évoluer le parcours à l’accession à ce Cinquième Ordre, en décidant que tout Frère nouvellement admis dans cet Ordre, doit préalablement s’investir au sein de la CHAMBRE des GRADES dans la recherche et la connaissance la plus large possible des 81 grades qui constituent le patrimoine du Rite, avant d’être admis par la suite à la CHAMBRE des RITES, pour y parfaire, in fine, ses connaissances maçonniques universelles, en participant à des séminaires d’étude et d’approfondissement des autres rites, en premier lieu les rites les plus couramment en usage dans la Franc-maçonnerie moderne.

Le Cinquième Ordre comprend au maximum 81 titulaires parmi lesquels sont élus les Grands Officiers d’Honneur, et les Grands Officiers Généraux qui composent le Bureau du Grand Directoire du Grand Chapitre Général de France.

Le Cinquième Ordre est dirigé par un Conseil des Sages (9membres) assistés par trois Grands Officiers d’Honneur. Il est présidé par le Grand Chancelier, Grand Conservateur du Rite.

Le Cinquième Ordre n’a pas de frontière territoriale ni obédientielle. Sa vocation universelle le conduit à recevoir les plus hauts dignitaires et les plus hauts responsables des juridictions de hauts grades activant d’autres rites que le Rite Moderne, pour travailler et réfléchir ensemble sur des sujets de leur choix et, peut-être, penser la Maçonnerie de demain, au moment où beaucoup de Frères se noient dans des océans d’ennui dans le cadre de leurs structures maçonniques habituelles devenues, dans bien des cas, des continents d’inertie.

Source : http://grandchapitregeneraldefrance.org/Vordre.html

Par GCGF - Publié dans : Rites et rituels
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Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 07:13

Le texte qui suit est un extrait de la présentation Power Point donnée le 12 juin 2011 par le Souverain Grand Inspecteur Général du Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil le T.I.F. José Maria Bonachi Batalla, lors du Convent de Barcelone.

En 1793, des loges travaillaient au Portugal, sous une influence très forte des loges de Paris.

Il y en avait à Porto et à Coimbra, dont faisaient partie des étudiants des provinces d’Outre Mer, dont le Brésil.

En 1797 se créa la première loge brésilienne. Une frégate française, à l’ancre dans la baie de Bahia, fonde la loge Les Chevaliers de la Lumière, à Salvador de Bahia.

En 1801, la première loge régulière du Brésil fut La Réunion, fondée à Rio de Janeiro. Puis la loge Ile de France, dans l’océan indien, sous l’égide du Grand Orient de l’île Maurice, qui pr om ouvait un idéal politico social.

En 1802 se crée le Grand Orient du Portugal, avec son premier Grand Maître[26]. En 1807, le 30 novembre, le général français Junot, membre de l’armée de Napoléon Bonaparte, envahit le Portugal, entre dans Lisbonne et supprime la Régence.

En 1815, fondation au Brésil de la loge Le C om merce et les Arts, sous l’égide du Grand Orient du Portugal. Elle travaille au Rite Moderne, selon la Constitution de 1806 de cette obédience.

En juin 1822, la loge Le C om merce et les Arts crée deux loges : l’Union et la Tranquillité, et l’Espérance de Niteroi. Elles travaillent au Rite Moderne.

Ces trois loges métropolitaines fondent alors le Grand Orient du Brésil (GOB) et continuent de travailler au Rite Moderne. Le GOB reçoit une lettre de Constitution du Grand Orient du Portugal.

Dès le 12 juillet 1822, le Grand Orient du Brésil, lors de sa cinquième session, se réfère à un système en 7 grades et

procède à l’élévation de plusieurs frères au 4e grade, soit le 1er Ordre d’Elu Secret des grades philosophiques du Rite Moderne.

Ce rite moderne était le rite officiel du Grand Orient de France, du Portugal et du Brésil.

Le 23 juillet 1822, le Grand Orient du Brésil, lors de sa septième session, donne à nouveau le grade d’Elu Secret, 1er Ordre du Rite Moderne, à plusieurs frères.

Lors de la même session est conféré le grade 7, Chevalier Rose Croix, IVe Ordre du Rite Moderne, au Grand Maître José Bonifacio de Andrade e Silva.

En 1822, l’indépendance du Brésil est intimement liée à la fondation du Grand Orient du Brésil.

Cette même année, le prince régent D. Pedro I est initié en la loge Le C om merce et les Arts, le 2 août 1822. Il adopte le n om de Guatimozim, le dernier empereur aztèque mort en 1522.

En septembre 1822, D. Pedro I proclame l’indépendance du Brésil. Il devient Grand Maître du Grand Orient du Brésil.

D. Pedro I, devient alors Rose Croix, grade 7, IVe Ordre des grades philosophiques du Rite Moderne. Ce rite est resté celui du GOB pour tous les travaux des autres corps maçonniques, des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

En résumé :

Transmission historique et légitime du Rite Moderne au Grand Orient du Brésil

Le Grand Orient du Brésil est né en 1822 au Rite Moderne. Il fut constitué par la loge « C om ercio e Artes », qui elle-même fut constituée par le Grand Orient Lusitanien, mieux connu de 1815 à 1822 c om me « Grand Orient du Portugal, du Brésil et Algarves », ce dernier ayant été constitué en 1804 par lettre patente du Grand Orient de France (appendix 1).

Le Grand Orient du Brésil fut reconnu entre 1822 et 1832 par le Grand Orient de France, la Grande Loge Unie d’Angleterre, et les Etats-Unis d’Amérique.

La patente que possédait alors de Grand Orient Lusitanien avait été transmise au Brésil à la loge « C om ercio e Artes » qui elle-même l’a ensuite transmise par scissiparité aux autres loges, futures fondatrices de l’obédience.

Hauts Grades : le procès-verbal de la séance du Grand Orient du Brésil du 12 juillet 1822 confirme explicitement l’adoption par l’obédience de la franc-maçonnerie en Sept Grades, ce qui figure déjà dans le procès-verbal du 15 mai 1822 de la loge « C om ercio e Artes », qui pratique les Hauts Grades dans son chapitre associé, selon la coutume générale de l’époque (Chapitre 3, article 1 et Chapitre 13, articles 1 et 2).

Les pouvoirs, concédés par lettre patente par le Grand Orient du Portugal, du Brésil et Algarves, appartenaient donc par filiation à l’obédience Grand Orient du Brésil, qui s’est créée par scissiparité de la précédente, ce qui impliquait le transfert de la totalité de ses devoirs et de ses droits légitimes, dont celui, traditionnel et imprescriptible, de les concéder à son tour.

Le Grand Orient du Brésil pratique aujourd’hui six rites officiels :

Le rite adonhiramite

Le rite brésilien

Le rite écossais ancien et accepté

Le rite moderne

Le rite Schröder

Le rite d’York

Le Rite Moderne se structure c om me suit :

jusqu’en 1999, 7 grades dont 3 symboliques et 4 philosophiques.

les grades 4 à 7 (Ordres I à IV) : l’Elu, l’Elu Ecossais, le Chevalier d’Orient et de l’Epée, le Chevalier Rose Croix, réunis en des chapitres régionaux.

Depuis 1999, ont été activés les grades 8 et 9 du Ve Ordre, soit :

Le 8e grade, Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir, Inspecteur du Rite ;

Le 9e grade, Chevalier de la Sagesse, Grand Inspecteur du Rite.

Le 8e grade du Ve Ordre se pratique en un Grand Conseil Kadosch philosophique.

Le 9e grade du Ve Ordre se pratique au sein du Suprême Conseil du Rite Moderne, juridiction nationale dirigeant tous les grades philosophiques.

Correspondance des Grades et des degrés.

Grade 9 33e degré du REAA

Grade 8 30e degré du REAA

Grade 7 Rose Croix 18e degré du REAA

Grade 6 Chevalier d’Orient 15e degré du REAA

Grade 5 Elu Ecossais 14e degré du REAA

Grade 4 Elu Secret 9e degré du REAA

En 1972, le Grand Orient du Brésil a signé un traité d’alliance et d’amitié avec le Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil.

En 1992 a été célébré le 150e anniversaire de la fondation du Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil.  

 

En 1999, c’est de ses mains que le Grand Chapitre Français a reçu des patentes pour les Ordres I, II, III, IV du Rite français.Tout ceci remonte, in fine, au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, né à Paris en 1784, ce que personne au monde ne conteste.

Mais le Suprême Conseil du Rite Moderne du Brésil est resté le seul et unique chef d’ordre du Rite Moderne ayant eu une activité ininterr om pue dans la maçonnerie universelle de Rite Moderne à travers tout le XIXe et le XXe siècles, l’autorisant à se dénommer le Suprême Conseil du Rite Moderne ou Français. Source : http://montaleau.over-blog.com/

Par Jean van Win, Ve Ordre, Gr 9 - Publié dans : Rites et rituels
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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 06:51

Le f. Introducteur arrive à la porte du Temple ou de la Chambre du milieu, frappe en Compagnon; le T. R. ordonne de suite au Vénérable second Surveillant d'aller à la porte et de voir qui frappe en Compagnon ; le second Surveillant s'étant acquitté de cette commission, vient dire au T. R. que le f. Introducteur présente un Compagnon qui demande à passer de l'Equerre au Compas. Le T. R. ordonne de lui demander s'il a fait son temps et si ses Maitres sont contents de lui, s'il n'a jamais varié dans ses principes, et s'il a toujours le même zèle pour la maçonnerie ; enfin s'il désire de voir le tombeau; à chacune de ces questions que le second Surveillant va lui faire, il doit en venir rendre compte au T. R.; quand il va faire la dernière question, si le Récipiendaire répond, Oui, le T. R. ajoute : Ne l'épargnez pas, faites le entrer dans ce lieu pour qu'il découvre le spectacle qui se présentera à ses yeux.

Le second Surveillant lui arrache son Tablier, tire avec précipitation son épée, lui en présente la pointe de la main gauche ; le Récipiendaire la prend de la main droite et la tient sur son cœur. Il est introduit de cette sorte, on lui fait faire, par ordre du T. R. neuf fois le tour de la chambre du milieu, de l'Orient à l'Occident par le midi. On réduit ces Neuf voyages à trois seulement.

Au premier voyage, le Récipiendaire parvenu à l'Orient salue le T. R. qui lui dit :

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes frères et Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. Donnez-moi le mot sacré d'Apprenti ?

R. Je ne l'ai pas reçu de même, donnez moi la première lettre je vous donnerai la seconde.

Il le donne à la manière accoutumée. Au second voyage le Récipiendaire parvenu devant le T. R. le salue, le T.R. lui dit :

D. Donnez moi le mot sacré de Compagnon ?

R. Je ne l'ai pas reçu de même, donnez moi In première lettre je vous donnerai la seconde.

il le donne à la manière accoutumée.

Au troisième voyage, le Récipiendaire de nouveau parvenu devant le T. R. le salue, et celui-ci lui dit :

D. Donnez-moi le mot de passe d'App. et celui de Comp. .

R . Il les donne.

Après chaque demande que fait le T. R. au Récipiendaire, il ordonne de continuer le voyage par le Nord. Au dernier voyage parvenu à l'Occident, le Récipiendaire reste entre les deux Surveillants. Le T. R. dit au Vénérable 1er Surveillant :

D. Vénérable 1er Surveillant, qui me présentez vous 7

R. Un Compagnon qui demande à passer de l'Equerre au Compas.

D. A-t-il fait son temps ?

R. Il a travaillé et ses Maîtres sont contents de lui.

D. Est-il digne d'être reçu Maître ?

R. Il le mérite par son application et son zèle.

D. Répondez-vous de lui ?

R. J’en réponds.

D. A-t-il vu le Tombeau ?

R. Non, mais il désire le voir.

Le T. R., s'il le juge à propos fait quelques questions au Récipiendaire sur les grades d'App. et de Compagnon. Il faut observer que depuis le moment que le Récipiendaire est entré dans la Loge, jusqu'à ce moment ci, tous les Maîtres ont l’épée à la main, la pointe baissée sur le cercueil.

Le T. R. ordonne au Vénérable premier Surveillant de faire placer le Récipiendaire les pieds en Equerre, et de le faire passer de l'Equerre au Compas en lui faisant traverser le tombeau d'Hiram, par trois pas de Maître, ensuite de le faire approcher de l'autel, où étant arrivé, il met un genou à terre. Le T. R. vis à vis duquel il se trouve, tient son maillet levé, et le Récipiendaire la main droite sur la Bible.

Le T. R. lui dit : Promettez vous, sous les mêmes obligations que vous avez contracté précédemment de garder le secret des Maîtres envers les Apprentis et Comp. et envers les profanes ?

Oui, T. R., répond le Récipiendaire.

Promettez-vous d'être un zélé membre de notre Loge et de vous intéresser à son élévation ?

Oui, T.R., répond le Récipiendaire.

Promettez-vous de ne jamais faire valoir le motif de nos assemblées quoi qu'elles ne fassent pas partie de nos secrets ?

Oui, Très respectable.

Le T.R. fait relever le Récipiendaire et lui dit : Après ce que vous venez de promettre, vous devez sentir ce que peut mériter un parjure, qui serait assez malheureux que de violer son obligation, en révélant nos mystères aux profanes, on ne saurait lui réserver qu'un châtiment proportionné à son crime, il tomberait à mes pieds expirant sous mes coups, et comblerait ce tombeau de son propre cadavre. C'est à des réflexions justes et sages que je vous abandonne, après que vous aurez prêté une oreille attentive au récit que je vais vous faire.

 

Histoire

 

Après la mort de David, Salomon étant monté sur le Trône, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hyram roi de Tyr, qui adorait, comme lui, le Roi d'Israël, et lui envoya des Ambassadeurs pour faire alliance avec lui ; il lui demanda les bois propres pour la construction du Temple. Hyram répondit à Salomon, et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans la forêt du Liban et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. Salomon employait à cet ouvrage trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois, par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers et leur entretien étaient payés par Salomon, en bois et en huile. Hyram, roi de Tyr, jaloux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet immortel édifice, envoya à Salomon un ouvrier fameux à travailler toutes sortes de métaux et très instruit dans l'architecture ; il s'appelait Hiram - Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé U.s.I et sa mère, qui était alors veuve, était sortie de la tribu de Nephtali. Salomon le fit son grand architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le chargea de la conduite du grand Edifice qu'il élevait à Dieu, et le nomma de plus Inspecteur général de tous les ouvriers du Temple. Hiram les divisa en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons, et celle des Maîtres. Il donna à chaque classe un Signe, un attouchement et un mot, pour pouvoir reconnaître les ouvriers, et les payer selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les endroits où ils devaient passer en revue et recevoir leur payement à la fin de la sixième journée. Les Apprenti s qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J. Les Compagnon s qui étaient au nombre de quatre vingt mille étaient payés à la Colonne B. Ces deux colonnes, comme vous le savez, étaient placées à l'entrée du Temple. La Colonne J au Nord, et la Colonne B au Midi.

Les Maîtres au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur appointement dans la Chambre du milieu.

Tels étaient les arrangements que ce grand homme avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Surveillants, le premier était proposé pour payer les Compagnons, et le second les Apprentis.

Ils avaient aussi l'inspection sur les ouvriers qui étaient chargés de la police, comme aussi d'accommoder les différends qui naissaient parmi eux. Trois compagnon s mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram, le Signe, le mot, l'attouchement de Maître et se proposèrent de l'avoir de gré ou de force, Ce grand homme était en usage à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages. Les trois scélérats attendirent que les ouvriers fussent sortis. Ils furent se poster, un à la porte de l'Orient, l'autre à la porte du midi, et le troisième à la porte de l'Occident. Hiram ayant fait sa ronde et voulant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, le compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, le mot et l'attouchement de Maître ; Hiram s'y refusa mais lui promit de les lui donner lorsqu'il aurait mérité le grade ; le compagnon persistait toujours à les lui demander, et voyant qu'il ne pouvait les obtenir, lui donna un coup de règle qui l'étourdit.

Ici, le T. R. donne un coup de maillet sur le front du Récipiendaire.

Hiram revenu à lui tâcha de s'échapper par la porte du Midi, il y trouva le second de ces scélérats qui lui fit les mêmes demandes, il les refusa également, ce compagnon voyant qu'il ne pouvait rien obtenir par la douceur, employa de fortes menaces, elles ne produisirent pas plus d'effet ; transporté de colère des refus qu'il essuyait, il lui donna un coup de marteau sur la tête qui le blessa dangereusement.

Ici le T. R. donne un second coup de maillet sur la tête du Récipiendaire.

// s'enfuit par la porte de l'Orient où il eut bien de peine d'arriver ; il y trouva le troisième de ses assassins qui le menaça de le faire mourir, s'il lui refusait les Signe, le mot et l'attouchement de Maître. Hiram lui représenta qu'il ne pouvait pas les lui donner et que ce n'était pas de cette façon qu'il pouvait les recevoir, que son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors il les lui donnerait volontiers. Ce misérable mécontent de cette réponse, insista à vouloir lui arracher les secrets de Maître par la force ; mais Hiram continue à les lui refuser avec la plus grande fermeté, ce scélérat le terrasse d'un coup de levier qu'il lui donne sur la tête.

A ces derniers mots le T. R. lui donne un coup de maillet sur la tête, comme s'il voulait l'assommer.

Les Surveillants qui sont derrière lui le placent dans le cercueil, le couvrent de suite d'un drap noir, et le visage d'un linge blanc où l'on a répandu quelques gouttes de sang.

Le T. R. ayant gardé pendant tout ce temps le silence, continue : C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de donner le Secret du Maître à des Compagnons indignes de le recevoir.

Comme il était encore jour, les scélérats qui venaient de l'assassiner, n'osaient le sortir du Temple, ils le cachèrent sous quelques pierres, et quand la nuit fut venue ils le transportèrent sur le mont Hebron où ils l'enterrèrent à peu de distance d'un acacia. Sept jours s'étant écoulés, et Salomon ne voyant point paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches pour savoir ce qu'il était devenu ; mais n'en pouvant avoir des nouvelles, il rendit un Edit, par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé qu'Hiram n'eut été retrouvé mort ou vif. Il ordonne à neuf Maîtres de s'emparer des portes du Temple pour s'informer de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis, s'ils n'auraient quel qu'indice sur l'absence d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon leur avait prescrit en faisant des questions à quelques Compagnons; ils soupçonnèrent ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le mot de Maître ; mais ce qui les confirma davantage dans leurs soupçons ce fut, qu'ayant visité toutes les loges où les maçons demeuraient par nombre séparé, ils reconnurent que trois Compagnons avaient disparus. Salomon de concert avec les neuf Maîtres décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait dans la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et attouchement seraient en même temps changés. Les neuf Maîtres après avoir fouillé très exactement dans tous les recoins du Temple se divisèrent en trois branches.

Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois par celle du midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram ; ils eurent l'attention en faisant leur perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché inutilement pendant huit jours, ils arrivèrent le neuvième sur le mont Hébron l'un d'eux harassé de fatigue se reposa, mais sentant que la terre s'éboulait sous ses pieds, il s'aperçut qu'elle avait été nouvellement remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit et les environs étaient incultes graveteux et stériles ; il appela les autres Maîtres, et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans passer plus avant, ils résolurent d'en instruire Salomon, mais pour retrouver l'endroit à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui était à une petite distance ; ils la plantèrent sur le terrain où ils se proposaient de faire une fouille. Ayant rendu compte à Salomon de cette découverte, ce Prince les engagea d'y retourner et d'y creuser dans l'endroit désigné.

Ici le T. R. quitte sa place, après avoir frappé trois coups de maillet sur l'autel et dit: Mes frères, entourez le cercueil.

Tous les frères placés, ils en font trois fois le tour ; le T. R. marchant le premier. Après le dernier tour, le T. R. s'arrête à l'Orient et tous les frères entourent de nouveau le cercueil. On fait la chaîne. Le T. R. fait passer en silence trois paroles :

La 1ère Le Maître est mort.

La 2° Trois Compagnons l'ont tué.

et La 3° Jéhovah . (ancien mot de Maître).

Après quoi le T. R. continue l'histoire, en disant :

Les neuf Maîtres retournèrent sur le Mont Hébron, ils commencent à fouiller la terre, et reconnurent que c'était effectivement le Corps d'Hiram qui y était caché, ils portèrent tous la main sur la poitrine, en témoignage de douleur et tenant la main gauche tendue en signe d'étonnement et d'horreur, comme si on voulait éloigner un objet odieux. Ensuite, un d'eux le prit par le premier doigt et prononça le mot Jakin , le second le prit par le second doigt, et prononça Booz ; le doigt lui resta à la main, un troisième le prit par le poignet et sentant qu'il se séparait du bras, prononça et dit Makbenak , qui signifie : la chair se sépare des os.

Ici le T. R. ayant relevé le Récipiendaire après lui avoir pris le premier doigt, ensuite le second, ensuite le poignet, il lui dit que c'est là le mot, le Signe et l'attouchement des Maîtres, et que ce signe doit se faire en mettant pied contre pied, genoux contre genoux, poitrine contre poitrine, joue contre joue, et en passant le bras gauche par dessus l'épaule prononçant le mot Makbenak . Enfin, étant convenu que ce mot serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram, pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple de Salomon, où il lui fit dresser un tombeau sur lequel il fit poser un médaillon en Or, fait en triangle, où était gravé M. B. Tous les Maîtres assisteront à la cérémonie en tablier et en gants de peau blanche, pour marquer qu'aucun d'eux n'avait souillé leurs mains du sang de leur Chef.

Vous venez de voir dans cette histoire que notre R. M. Hiram a préféré la mort, plutôt que de trahir ses serments. Ainsi doivent être les maçons, ils doivent avoir sans cesse devant les yeux le courage héroïque de ce grand homme et imiter sa discrétion et ses vertus.

Le T. R. après avoir achevé le récit de l'histoire d'Hiram, donne le mot de passe au Récipiendaire, qui est Giblimm ; et lui dit d'aller donner le Signe, l'attouchement, le mot sacré et le mot de passe, aux Vénérables frères premier et second Surveillants, et généralement a tous les frères. Dès que le Récipiendaire a pris sa place, le T. R. aidé des Surveillants commence l'Instruction.

Instruction

D . Etes-vous Maître ?

R . Examinez moi, éprouvez moi, l'Acacia m'est connu.

D . Où avez-vous été reçu Maître ?

R . Dans la chambre du milieu.

D . Comment y êtes-vous parvenu ?

R . Par un escalier dérobé, fait en forme de vis, qui se monte par Trois, Cinq et Sept.

D . Que signifie ces nombres ?

R . Qu'il faut Trois ans pour faire un apprenti, Cinq pour un Compagnon et Sept pour un Maître ?

D . Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. En passant, de l'Equerre au Compas, et traversant le tronc de notre Respectable Maître Adon-Hiram.

D . Sans doute que vous avez été reçu Apprenti et Compagnon

R . J et B me sont connus, et j'ai à ma disposition la Clef de toutes les loges.

D . Qui s'est opposé à votre entrée dans la Chambre du milieu ?

R . Un Vénérable Surveillant.

D . Qu'a-t-il exigé de vous ?

R . Un Signe, un mot, un attouchement.

D . Donnez moi le Signe ?

R . Pour réponse : on le donne.

D . Donnez moi le mot ?

R . Vous savez mieux que moi T.R. que je ne puis le donner qu'en Loge.

D . Nous y sommes.

R. Donnez moi la première partie, je vous donnerai la seconde.

D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la Chambre du milieu ?

R . Tristesse, gémissement et lumière.

D. Comment voyagent les Apprentis et les Compagnons ?

R . De l'Occident à l'Orient.

D . Pourquoi ?

R . Pour aller chercher la lumière.

D . Comment voyagent les Maîtres ?

R . De l'Orient à l'Occident.

D . Pourquoi ?

R . Pour aller répandre la lumière.

 

D . Si un de vos frères était perdu, où iriez vous le trouver ?

R. Entre l'Equerre et le Compas.

D . Pourquoi ?

R . Parce qu'un bon maçon ne saurait s'écarter du chemin de la vertu et de la probité.

D. Combien y-a-t'il de portes à votre Loge ?

R . Trois.

D - Comment sont-elles placées ?

R . Une à l'Orient, une au Midi, et l'autre à l'Occident.

D . Comment le savez vous ?

R . On me la dit en m'apprenant la façon dont fut massacré notre T. R. Maître, par trois Compagnons scélérats qui voulurent lui arracher la parole de Maître ou la vie.

D. Comment sait-on que c'était des Compagnons qui avaient commis ce crime ?

R. Par l'appel général qu'on fit des ouvriers auquel trois Compagnons ne se trouvèrent point.

D. La parole ayant été perdue, comment a-t-on pu la retrouver ?

R. Les Maîtres soupçonnant l'assassinat d'Hiram et craignant que la force des tourments ne lui eut arraché la parole de Maître, convinrent entre eux que le premier mot qui serait proféré, en le retrouvant, leur servirait à l'avenir pour se reconnaître, il en fut de même du Signe et de l'attouchement.

D. Combien envoya-t-on de Maîtres à la recherche d'Hiram ?

R. Neuf, désignés par les neuf lumières qui éclairent la Chambre du milieu.

D. Où trouva-t-on le corps de notre Respectable 'Maître ?

R. Dans un tas de décombres d'environ neuf pieds cubes, sur lequel on avait planté une branche d'acacia.

D. A quoi devait servir cette branche ?

R. Aux Maîtres qui furent envoyés à la recherche du corps d'Hiram, pour reconnaître l'endroit où ils soupçonnaient qu'il avait été enterré.

D. Combien avez-vous vu de grandes lumières ?

R. Trois.

D. Nommez les moi.

Le Soleil, la Lune et l'Etoile flamboyante.

D. Pourquoi trois lumières ?

R. Parce qu'une bonne Loge ne saurait être trop éclairée.

D. Où avez vous passé pour parvenir au Grade de Maître ?

R. Entre deux colonnes et un portique.

D. Quelle était la largeur et la hauteur de ce portique ?

R. D'une telle proportion qu'aucun profane ne pouvait passer.

D. Où avez vous reçu des gages en qualité de Maître ?

R. A la Chambre du milieu.

D. Avez-vous été payé ?

R. Je suis content.

D. Qu'avez vous vu de plus dans la Chambre du milieu ?

R. Une grande lumière plus éclatante que le soleil, au milieu de laquelle j'ai aperçu la lettre G.

D . Que signifie la lettre G. ?

R . Elle est l'initiale du mot Got, qui en anglais, signifie Dieu.

D . Que venez vous faire ici ?

R . Chercher ce qui était perdu, et qu'avec votre secours, j'espère recouvrer.

D . Qu'est-ce qui était perdu ?

R . La parole de Maître.

D . Comment fut-elle perdue?

R . Par trois grands coups et par la mort d'Hiram.

D. Où fut-elle retrouvée ?

R . Dans son Tombeau.

D. Quelle forme avait ce Tombeau ?

R . Trois pieds de largeur, Cinq de profondeur et Sept de longueur.

D. Quelles sont enfin les marques distinctives des Maîtres?

R . Un Signe, un attouchement, deux paroles, et les cinq points parfaits de la Maîtrise.

D . Quel est le mot de passe de Maître?

R . Four réponse on le donne.

D . Comment vous nommez vous?

R. Acacia est mon nom.

D. Lorsqu'un Maçon est en danger, que doit-il faire pour appeler

les frères à son secours?

R . Il doit faire le Signe de Secours et dire

D Que signifient ces mots ?

R. Que les maçons se regardent comme les descendants d'Hiram et se disent Enfants de la Veuve.

D . Quel âge avez-vous en qualité de Maître ?

R . Sept ans.

D. Que signifie cet âge ?

R . Le temps que Salomon employa à construire le Temple.

D. Où se tient le T. R. Maître ?

R. A l'Orient.

D. Pourquoi ?

R . A l'exemple du soleil qui commence et ouvre la carrière du jour du côté de l'Orient, de même le T. R. Maître s'y tient pour ouvrir et éclairer la Loge, et mettre les ouvriers en œuvre.

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillants ?

R . A l'Occident.

D . Pourquoi ?

R . A l'exemple du soleil qui termine la carrière du jour vers cette partie du monde, de même les Vénérables Surveillants s'y tiennent pour payer et congédier les ouvriers, et fermer la Chambre du milieu.

D . Sur quoi travaillent les Maîtres ?

R . Sur la planche à tracer.

D . A quoi sert-elle ?

R . A tracer les plans qui doivent servir de règle aux Compagnons.

D . Quelles doivent être les qualités d'un Maître 7

R . Sagesse, force et beauté.

D . Comment peut il réunir ces qualités si rares ?

R. La sagesse, dans ses mœurs, la force, dans l'union avec ses frères ; et la beauté dans son caractère. Pour fermer les Travaux dans la Chambre du milieu .

 

D . Vble 1er Surv. quel âge avez-vous en qualité de Maître ?

R . Sept ans.

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillants ?

R . A l'Occident.

D . Pourquoi ?

R. A l'exemple du soleil qui termine sa carrière à l'Occident, les Surv. s'y tiennent pour aider le T. R. à fermer les Travaux de la Chambre du milieu.

D . Quelle heure est-il ?

R . Il est minuit.

Il est donc temps de fermer les Travaux dans la Chambre du milieu.

Le T. R. frappe 3 fois 3 coups. Les V. Surv. les répètent. Tous les frères frappent ensuite ensemble 3 fois 3 coups dans leurs mains et disent trois fois......

Ensuite le T.R. dit aux V. Surv. :

Avertissez les frères que les travaux sont fermés dans la Chambre du milieu. Et chacun se retire.

Source : http://legende-hiram.blogspot.be/

Par Rituel Mère Loge Ecossaise - Publié dans : Rites et rituels
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Lundi 1 octobre 2012 1 01 /10 /Oct /2012 07:34

Très Sage,

Mes Très Chers Frères Chevaliers Rose-Croix,

Rappelons qu’à son commencement, le signe et le contre signe du grade montre distinctement la voie du Ciel et de la Terre. Il définit ainsi magistralement les objectifs à atteindre qui sont de relier tout ce qui est en bas avec tout ce qui est haut sans obligation dogmatique quant à la définition de ce parcours puisque la qualification de ce dernier appartient à celui qui fait réellement le signe. D’autre part, le parcours ne peut être vécu seul puisqu’il faut être deux pour réaliser l’entier du signe et du contre-signe. En somme, nous voyons apparaître le GADLU dans une dimension représentative puisque c’est le chevalier qui l’interpelle dans ce remarquable dialogue à deux.

Le GADLU est bien en haut mais il est aussi en moi puisque je l’appelle par l’autre qui me montre la réalité de moi-même sur cette terre. En résumé nous sommes irrémédiablement seul face au mystère de Dieu mais conjointement ensemble, en l’occurrence à deux, dans la vie ici bas. Le rituel du signe et du contre signe montre l’émergence de l’altérité, force indispensable dans toute réalisation humaine mais aussi de sa nécessaire organisation. Dans cette dimension nous retrouvons à la fois la définition même du christianisme qui établit un Dieu relationnel qui aime le contact avec sa création et son amour pour tout ce qu’il crée mais sans la chute, je veux dire sans la culpabilité vis à vis des actions terrestres et sans recherche obsessionnelle à travers les évangiles du pourquoi et comment de la reconquête vers la Lumière. Aujourd’hui nous sommes en tant que Chevaliers Rose-Croix, les dispensateurs des lumières de l’Amour et de la Vérité afin que puisse se poursuivre l’aventure humaine dans une dimension sociale respectueuse de toutes les diversités et sans trahir la complexité propre à l’organisation naissante de notre civilisation moderne. La tyrannie et l’égoïsme doivent être combattues chaque jour sous peine d’engendrer le monstre qui sommeille en nous et qui est toujours prêt à se substituer à l’Amour et à la Vérité. C’est de ce combat permanent et terrible que pourra jaillir avec bonheur la force qui contient les fruits de la substance maçonnique chevaleresque qui permettra à chaque chevalier de réaliser sa mission sur terre.

Dans le premier appartement du rituel alchimique, que nous pratiquons par ailleurs dans le Chapitre La Prudence sans abattre les colonnes du Temple, le chemin est balisé par la Foi, l’Espérance et la Charité. Dans les mondes infernaux il n’y a que la lumière tenue de l’Espérance qui peut nourrir la conscience puisque celles de la Foi et de la Charité se sont éteintes. Dans ce drame terrible où la perte des valeurs inutiles amène l’impétrant nu et exsangue vers la lucidité nécessaire pour la conquête de la Vérité, le signe et le contre signe reste cet espoir tenu mais certain contre l’immuabilité de la mort symbolique. La couleur noire du premier appartement est la représentation symbolique du caveau vide du Christ. Métaphoriquement parlant, nous pouvons dire que lorsque la lumière est absente et que les ténèbres parlent nous pouvons abandonner en toute conscience, et sans l’aide d’artifice égotique ce qui nuit à la clarté de la lumière. Nous sommes en ce moment-là comme Jésus déterminé à l’abandon de l’ego parce que la résurrection, c'est-à-dire la vie épurée de toutes les scorie inutiles unie à sa partie la plus noble qui pourrait être la surconscience ou l’esprit du GADLU est la suite logique d’une descente dans les mondes inférieures. La renaissance vers la lumière, vers les mondes supérieurs passera logiquement par la porte de la Raison et de l’Intelligence puisque le chevalier illuminé (dans le sens de rayonnant de lumière) sera l’espérance d’un monde nouveau revivifié par la Foi et la Charité. Redevenu trinitaire, je veux dire qu’ayant retrouvé l’esprit du GADLU, sa volonté d’agir s’inspirera naturellement des valeurs issues de la Foi, de La Charité et de l’Espérance.

Mon Frère Chevalier Donne- moi le signe : Emmanuel ; Le contre-signe : Pax Vobis. Inspiré d’en haut mais vivant en bas nous sommes comme Hermès trismégiste face à sa table d’Emeraude les porteurs de l’harmonie dans une construction perpétuellement inachevée qui doit s’adapter sous peine de se corrompre. Ainsi vont les Chevaliers Rose-Croix sur les chemins de la vie en se rappelant, comme le disait si bien Jean Mourgues , je cite « il n’y a jamais de dernier mot , l’espèce continue et la nécessité de s’adapter à chaque circonstance nouvelle, c’est la vie »

Le mot sacré I.N.R.I. qui est la parole perdue et retrouvée, représente l’entrée dans la Loi nouvelle, passant de la loi juive à la mission évangélique. Le rituel de Rose-Croix d’origine chrétienne disait : Jesus Nazaremus Rex Judeorum et dans sa version alchimique Igne Natura Renovatur Integra mais tout les deux font référence au Maçon errant qui cherche en vain la parole perdue dans les profondes ténèbres pendant le temps de trois jours. A ce propos il me semble que la formulation alchimique est mieux adaptée à l’initiation du chevalier qui voyage dans le royaume des morts. En effet, la plupart des Traditions disent qu’il doit descendre dans les régions infernales et obscures du monde inférieur afin d’abandonner toutes les passions inutiles. La dimension initiatique de la démarche est conforme aux antiques coutumes qui par ailleurs disent que c’est aussi après un temps de 3 jours qu’il pourra retrouver la parole perdue, en l’occurrence la Rédemption dans le cas du rituel d’inspiration chrétienne et les chemins de la Science et de la Vérité pour celui d’inspiration alchimique. Notons ici l’extrême différentiation entre les deux rituels en effet, celui d’inspiration chrétienne est statique puisqu’il informe sur la rédemption et le mystère de la résurrection tout en interpellant le chevalier dans sa relation avec Dieu tandis que le rituel alchimique est dynamique puisqu’il suggère au chevalier un chemin dont l’origine et la finalité font partie du mystère de la création et de la vie dont il doit définir lui-même la direction. L’association du mystère des origines et de l’aventure métaphysique du chevalier détermine en quelque sorte la fonction symbolique des trois colonnes que sont la Foi, l’Espérance et la Charité. Dans le rituel chrétien, elles sont constituées « au nom de la très sainte et très indivisible Trinité » ce qui n’est pas du tout le cas dans la version alchimique. Rappelons que les trois colonnes surmontées des mots Foi, Charité et Espérance permettent d’entreprendre le voyage de 3 jours (alchimiquement le travail des 3 ordres, c'est-à-dire l’obtention du souffre alchimique ou médecine du premier ordre jusqu’à l’obtention de la médecine du 3ème ordre ou pierre mystique). Cette distanciation du dogme trinitaire dans la version alchimique est importante sur le plan maçonnique et parfaitement en cohérence avec l’esprit du R.E.A.A. En effet, celui-ci prônant qu’il n’y a aucune limite à la recherche de la Connaissance, quelques chevaliers s’arrêteront en chemin mais ce qui est essentiel c’est que tous les autres continuerons à voyager, travailler et espérer. Il s’ensuit que si les voyages sont réalisés selon les arcanes alchimiques, la maçonnerie ne puisera jamais son énergie dans les dogmes formateurs de toutes les tyrannies, mais s’abreuvera à la source de la Vérité, qui jaillissante de la montagne sacrée étanchera la soif de connaissance et revigorera l’ardeur au combat du Chevaliers RC. En contrepartie pour celui qui ne veut plus voyager selon la proposition alchimique, les trois mots Foi, Espérance et Charité ne seront compris que dans le sens social et au niveau externe. Il ne possédera alors qu’une partie des clés de sa responsabilité dans ses rapports avec lui-même et les autres.

A ce stade de la réflexion nous voyons bien que le symbolisme chrétien dans le rituel du 18ème grade est si évident qu’il est faux d’affirmer qu’il est purement maçonnique. En fait, ce grade rappelle l’essence chrétienne, évangélique et pour tout les maçons qui cherchent vraiment à comprendre l’écossisme, il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’un symbolisme hermétique, alchimique, maçonnique allié au plus profond ésotérisme du christianisme.

Le rituel du 18ème grade du Chapitre La Prudence est un exemple probant de cette ésotérisme chrétien profondément alchimique et rénové par rapport au rituel chrétien. Prenons le cas de la Rose sur la croix, le rituel dit, je cite « La croix qui forme le bijou est aussi un enseignement. La ligne verticale est le symbole de la vie, la ligne horizontale qui la traverse est le symbole de la mort, c'est-à-dire qu’on arrive à la vie immortelle qu’après avoir franchi les barrières de la mort. La Rose est le symbole du Secret, donc la Rose et la Croix signifient le Secret et l’immortalité. »

Nous devons être reconnaissant aux concepteurs de ce rituel d’avoir évacué la symbolique du Christ souffrant en croix qui n’inspire en fait qu’une image morbide d’un homme crucifié par ses semblables. La croix en elle-même est un bijou c'est-à-dire qu’elle est précieuse par son enseignement ésotérique. La vie et la mort indissolublement liés au point de rencontre des deux lignes sont recouvertes par la rose symbolisant le secret. Les valeurs initiatiques sont donc respectées puisqu’il faut mourir pour renaître transformé, plus lucide dans le mystère de la création. Ne sommes-nous pas mes TCF Chevalier interpellé par le premier verset du prologue de Jean qui dit : « Au commencement était le verbe et le verbe était auprès de Dieu et le verbe était Dieu » Nous ressentons bien que cette transformation par les vertus de l’initiation ne puisse être conçue comme un effet sans cause, ni comme l’effet d’une cause connaissable. Le secret dans l’évolution est la clé de tout, c’est donc le mystère qui nous habite et non la création en elle-même. Le sens du premier verset du prologue de Jean est finalement la pierre angulaire de toute démarche initiatique. Quant il est dit que le verbe était auprès de Dieu et il était Dieu, ne signifie-t-il pas que le monde est organisé mais qu’il est mystérieusement organisé car il est l’effet d’une cause inconnaissable.

Il y a donc deux mystères : l’aspect mystérieux de l’organisation et la cause inconnaissable de la création.

Sur la Croix alchimique du 18ème grade se rencontre la plus pure essence de l’ésotérisme chrétien. Nous sommes mes TCF Chevalier RC ici dans la dimension métaphysique de l’initiation symbolique du Chevalier Rose-croix. Mais rappelons-nous aussi avec pertinence que nous ne sommes pas dans le domaine du religieux et de la croyance.

La couleur rouge du second appartement et du cordon, c’est la couleur du soleil ou de la lumière à son foyer. C’est aussi le symbole de l’amour, dit le rituel du 18ème grade du Chapitre La Prudence. Par cette coloration rouge nous sommes dans une dimension alchimique associée à l’ésotérisme christique. Aucune vie n’existerait sans le soleil qui est notre grand dispensateur d’énergie. Il est aussi métaphoriquement parlant le géniteur de toute vie puisqu’il ensemence toutes les réactions qui entretiennent la complexité de la vie organique. Pour que ce remarquable édifice de vie biologique puisse perdurer, il est absolument nécessaire de développer l’altruisme. Où se trouve la conscience d’être ensemble dans l’amour de sa famille, si ce n’est dans la lumière à son foyer solaire. Ce retour à la source de l’essence même de la survie des espèces et en l’occurrence du genre humain ne pourra pas se faire sans l’amour du prochain. « Aimez-vous les uns les autres » a dit Jésus. Cette belle et consolante parole est le sésame qui ouvre toutes les portes qui mènent à l’amour vrai, à l’union du cœur et de l’esprit mais aussi à la survie de l’espèce puisque sans stratégie altruiste l’homme ne pourra jamais dominer la complexité de sa création. Mais elle représente avant tout symboliquement le baiser mystique, je veux dire cette humilité de la raison devant la grandeur du mariage du cœur et de l’âme dans le foyer de la lumière solaire. Ainsi armé d’une conscience nouvelle, le Chevalier RC devient universel et rejoint l’élite chevaleresque qui combat partout où règne l’injustice.

Comment gérer la complexité de la multi culturalité de la vie sociale, les inévitables aléas de l’organisation de l’évolution Darwinienne, les incroyables dominances politiques dévastatrices, sans amour, sans compassion, sans rédemption sur la finalité de toute chose et sans adogmatisme de la raison. La dimension héroïque du Chevalier Rose-croix est peut-être la réponse. En tout cas elle est proposée à la fin de la tenue chapitrale lorsque le chevalier le plus humble parmi les plus humbles, éclairé parce qu’il sait que toute science vient d’en haut part chez les hommes combattre l’orgueil, l’égoïsme et l’ambition pour faire régner à leur place le dévouement, la charité et la vérité.

Enfin, n’oublions jamais que le symbolisme de l’Aigle rappelle la puissance de l’homme divin héritée de celle du Père ou du Fils dans le symbolisme chrétien et que l’Aigle de Jean, c’est ce qui donne les pouvoirs ou la clairvoyance, la lucidité ou l’ésotérisme.

Très Sage , j’ai dit

Source : http://www.fideliteprudence.ch/am_reaa_forum_01.htm

 

 

   

Par André M. - Publié dans : Rites et rituels
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Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 18:48

"Le Grand Mot est Emmanuel"

Par Rituel de KT - Publié dans : Rites et rituels
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Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 09:07

La première de ces facultés est de se rendre libre de toutes concupiscences et de n’avoir que des désirs modérés. Cela conduit à se détacher de ses dépendances . Vous ne pouvez pas ignorer, vous Chevaliers Rose-Croix, que les personnes qui sont dépendantes de la renommée et de l’argent finissent par ne rechercher qu’à assouvir leurs besoins incessants et de ce fait, elles souffrent. Par contre, celles qui ont peu de désirs n’éprouvent pas de souffrance et accumulent plus d’avantages et de qualités. Celles qui ont des besoins simples et qui ne sont pas envieuses du sort d’autrui ne se laissent pas submerger par trop de plaisirs sensuels. Ainsi elles ne connaissent pas le tourment de la frustration, elles vivent paisiblement et parviennent assurément à la paix de l’esprit.

La deuxième de ces facultés est d’être conscient que l’on puisse être comblé avec ce que l’on a. Si vous souhaitez être délivrés de la souffrance, vous devriez, vous Chevaliers Rose-Croix, prendre conscience de l’importance de la satisfaction sur la pacification de l’esprit et de la joie de vivre. Une personne qui éprouverait une joie de vivre certaine, ne serait pas affligée de devoir dormir à même le sol, mais celle qui en serait dépourvue, même une vie de château ne lui conviendrait pas. Bien qu’elle puisse être riche, finalement cette dernière est en réalité pauvre, ce qui n’est pas le cas de la précédente. Les personnes ne connaissant pas la joie que procure la satisfaction de ce que l’on a, sont constamment mécontentes et sont la proie facile de dépendances. Vous qui connaissez cette joie de vivre, vous devriez éprouvez de la compassion pour elles. Telle est le fait d’être comblé avec ce que l’on a.

La troisième de ces facultés est de préférer la quiétude et la discrétion en gardant une certaine distance à l’encontre de l’agitation du monde. Chevaliers Rose-Croix! Ceux qui s’écarteront des agitations du monde connaîtront la paix et la joie. Sachez qu’une personne discrète est respectée à la fois par les Rois et les êtres célestes. Vous devriez vous libérer de ce que vous pouvez représenter à vos propres yeux et à ceux du monde, ainsi vous trancherez les racines de la souffrance. Les personnes qui prennent plaisir dans la mondanité finiront par plier sous le poids excessif des sollicitations, comme un arbre, même grand, peut dépérir si trop d’oiseaux viennent s’y percher. Une personne ferrée par les plaisirs que lui procure une vie de mondanité finira par être immergée dans une multitude de déconvenues et ne saura pas se défaire des souffrances induites, comme un vieux cheval enlisé dans la vase ne peut en sortir par ses propres moyens — ils finiront tous deux par périr. Tel est le fait de préférer la quiétude et la discrétion en gardant une certaine distance à l’encontre de l’agitation du monde.

La quatrième de ces facultés est de s’appliquer à accomplir convenablement ce qui doit l’être sans feindre le dévouement et la constance. Si vous vous appliquez à la pratique de la Voie, vous ne rencontrerez pas de complications pour parvenir à cette compréhension éclairée de soi. C’est pour cette raison que vous devez, vous Chevaliers Rose-Croix, vous appliquer avec grande constance à l’image d’un simple filet d’eau qui coule toujours au même endroit et qui finit par éroder même un roc. Le frottement par intermittence de deux morceaux de bois n’a jamais produit de feu et de même, une pratique en dilettante ne vous conduira jamais à la compréhension éclairée. Le souhait de vouloir du feu n’a jamais produit de feu. Telle est la raison de s’appliquer à accomplir ce qui doit l’être.

La cinquième de ces facultés est de préserver l’esprit du Dharma authentique tout en permettant à juste titre qu’il se réactualise. Les personnes qui sont à la recherche du Maître pouvant les mener sur la Voie véritable, comme vous Chevaliers Rose-Croix, doivent préserver l’esprit authentique de l’imitation du Christ pour ne pas sombrer dans l’illusion. Faites toujours en sorte qu’il en soit ainsi, afin que vous puissiez sauvegarder ses vertus. Le fait de préserver avec conviction l’esprit du Christ vous protégera de dépendances. Vous serez protégés comme ces guerriers pourvus d’invincibles armures. Telle est la raison de préserver l’esprit authentique de l’imitation du Christ.

La sixième de ces facultés est de résider dans l’imitation du Christ avec un esprit tranquille par la pratique de la concentration. Chevaliers Rose-Croix! Le contrôle de votre esprit vous permettra d’entrer dans une grande concentration et de comprendre le sens de la vie et de la mort. Par ailleurs, dans votre pratique, appliquez-vous à toutes formes de concentration. Ainsi, vous vous rendrez compte en faisant l’expérience que la concentration procure la paix de l’esprit. Comme une digue empêche l’écoulement de l’eau, d’une façon analogue la concentration empêche toute fuite de sagesse. Telle est la raison de pratiquer la concentration.

La septième de ces facultés est de pratiquer la grande sagesse qui se produit par l’expérience de la pratique de la Voie de celui qui a entendu et fait sien l’enseignement dispensé. Sachez, Chevaliers Rose-Croix, que celui qui connaît la sagesse n’est plus attaché à la convoitise. Par l’observation et l’étude de soi vous éviterez le manque de sagesse et cela vous mènera à cette compréhension éclairée. Si vous omettez d’agir ainsi, c’est que vous n’êtes pas des Chevaliers Rose-Croix. Un Frère ou une Soeur possédant la vraie sagesse est semblable à un robuste navire voguant sur les océans des âges, de la maladie et de la mort. Cette sagesse est comparable à une forte lumière qui éclaire les ténèbres de l’ignorance, une bonne médication et une hache affûtée pour couper les illusions. La sagesse qui proviendrait de ce qui a été entendu, du fait que l’on ait fait sien et que l’on ait pratiqué ce qui a été enseigné, produit d’innombrables qualités nous permettant d’avancer sur la Voie. S’il vient à une personne de posséder une lueur de sagesse, elle sera à même de voir la vérité telle qu’elle est. Telle est la raison de pratiquer la grande sagesse.

La huitième de ces facultés est de ne pas s’engager dans de vains bavardages et se lancer dans des controverses. Évitez les jugements pour les paroles utiles, celles qui accompagnent la recherche de la véritable nature des phénomènes. Chevaliers Rose-Croix! Si vous vous adonnez à des discussions futiles, votre esprit en sera troublé et bien que vous soyez des Chevaliers Rose-Croix, cela contrariera votre quête. C’est pour cette raison qu’il est primordial pour vous d’y mettre un terme. Seuls ceux qui agiront ainsi connaîtront les joies du degré de Sublime Prince Rose-Croix. Telle est la raison de ne pas s’engager dans de vains bavardages.

Source : http://chevaliersrc.unblog.fr/category/textes/

Par X - Publié dans : Rites et rituels
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Samedi 29 septembre 2012 6 29 /09 /Sep /2012 20:36

Le mot du grade est EM-MA-NU-EL. Il se prononce en quatre syllabes. Celui qui est interrogé prononce la première ; l'interrogateur la seconde et ainsi de suite. Lorsque le mot est complété, les deux Chevaliers s'embrassent sur les deux joues. Celui qui a interrogé donne le mot entier, l'autre répond : AMEN.

Par RER CBCS - Publié dans : Rites et rituels
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Mercredi 26 septembre 2012 3 26 /09 /Sep /2012 07:31

PREMIERE PARTIE TENEBRE

 

Lorsque le Temple est prêt ...

TRES SAGE

J' invite le Chevalier Grand Expert à faire débuter la cérémonie de réception.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Se rend dans les Parvis auprès des Chevaliers d' Orient et de l'Épée,

il fait entrer le Chevalier de garde sans cérémonie.

Puis les amène à la porte du Temple et les fait frapper en Chevalier d'Orient et de l'Épée.

PREMIER GRAND GARDIEN

Très Sage, on frappe à la porte du Temple en Chevalier d'Orient et de l'Épée.

TRES SAGE

Chevalier Second Grand Gardien, voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND GARDIEN

Va entrouvrir la porte du Temple regarde et regagne sa place. Très Sage, ce sont des Chevaliers d' Orient et de l'Épée qui se sont égarés dans les ténèbres et qui demandent un guide pour les remettre dans leur chemin.

TRES SAGE

Ont-ils été examinés et reconnus?

SECOND GRAND GARDIEN

Le Chevalier Grand Expert les accompagne, ils les a reconnus, examinés et jugés dignes d'être présentés, laissant à votre sagesse le soin de pénétrer leurs intentions.

TRES SAGE

Que l'entrée de notre Temple en ruine leur soit donnée.

SECOND GRAND GARDIEN

Va ouvrir la porte à deux battants, et la referme après l'entrée des Chevaliers.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Fait entrer les Chevalier par le pas d'Orient et de l' Épée. Il les place à

l'Occident entre les Vallées.

TRES SAGE

Que désirez vous voir et entendre?

Que souhaitez vous apprendre et connaître?

Vous nous trouvez dans l'affliction, dans l'accablement et dans le désespoir. De profondes ténèbres enveloppent la terre, elles y ont semé le désordre et le deuil. La force règne partout en souveraine maîtresse. La parole autrefois puissante, ne peut plus convaincre les Hommes. Ceux-ci sont devenus rebelles à la raison, à la justice et à la vérité; ils n'écoutent plus que la voix de leurs passions et leurs appétits. Dans ce fatal cataclysme de l' esprit, nos travaux ont été troublés, la lumière qui nous éclairait s' est éteinte, la Parole est perdue.

Que pouvez-vous attendre de nous?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Ne nous est - il   pas enseigné que l' Homme ne peut rien sans le recours des autres?

Nous vous demandons un guide pour nous conduire.

TRES SAGE

Où voulez-vous allez?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Nous fuyons des contrées misérables où l'erreur a détruit la vérité, où toutes les notions du juste sont éteintes, où l'Homme dépérit sous le souffle de l'égoïsme et de l'ambition. Nous cherchons une Patrie favorisée pour accomplir notre destinée Terrestre, le mal ne peut régner partout.

TRES SAGE

Tant de zèle vous attire notre confiance, prenez votre chemin. Chevalier Grand Expert veuillez les accompagner dans leurs voyages.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Part avec les Récipiendaires. Ils font le tour du Temple.

Parvenus à la colonnette (Sagesse) il fait prononcer le mot FOI inscrit sur la colonne.

Au deuxième tour, il les fait arrêter devant la colonnette (Force) et leur fait prononcer le mot

CHARITÉ.

Au troisième tour, il les fait arrêter devant la colonnette (Beauté) et leur fait prononcer le mot ESPÉRANCE.

Ensuite, il les reconduit à l'Ouest.

PREMIER GRAND GARDIEN

Très Sage les voyages sont terminés.

TRES SAGE

Mes Frères qu'avez-vous appris dans ces voyages?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Nous avons vu trois colonnes sur lesquelles brillaient les mots:

FOI, CHARITÉ, ESPÉRANCE. Nous savons que ces trois mots désignent les trois vertus théologales. Trois vertus pour nous guider. Apprenez-nous s'il y a d'autres interprétations?

TRES SAGE

Mes Frères ces inscriptions portent les principes qui nous meuvent.

Que l'Espérance nous guide et nous soutienne, que la Foi nous anime, que la Charité nous unisse. Sous l'inspiration de la Foi, de la Charité, de l'Espérance consentez-vous à faire avec nous de nouveaux voyages?

RECIPIENDAIRES

Oui

TRES SAGE

Dans ce cas, approchez-vous et venez prendre avec nous l'engagement de ne jamais vous écarter de cette loi nouvelle. Debout et à l'Ordre, Très Respectables Chevaliers.

CHEVALIER DE CEREMONIES

Accompagne les Récipiendaires jusqu' à l'Autel.

SEPT CHEVALIERS

Désignés d'avance,

l'épée dans la main droite forment la voûte d'acier au dessus de la tête des Récipiendaires.

TRES SAGE

Remet à l'un des récipiendaires le serment écrit et ...

Mes Frères, voici le serment que vous devez prononcer, l'un de vous le lira à haute voix.

UN RECIPIENDAIRE

Je jure sur le glaive, symbole du courage, et en présence de tous les Chevaliers qui m'entourent, de garder en mon coeur tous les secrets qui pourront m' être confiés par les Chevaliers Rose+Croix.

Je promets d'habituer, mon esprit à instruire mes Frères, et mon bras à les défendre.

Je prends tous les Chevaliers à témoin de ma sincérité.

TOUS LES RECIPIENDAIRES

Je le jure.

TRES SAGE

Acte est pris du serment.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Reconduit les Récipiendaires entre les Vallées.

TRES SAGE

Frappe du pommeau de son épée: 0 0 0 0 0 0 - 0

Tout est consommé ...

Très Excellent Premier Grand Gardien, quel motif nous rassemble?

PREMIER GRAND GARDIEN

Consoler les affligés, montrer le chemin aux voyageurs égarés et chercher la Parole perdue.

TRES SAGE

Comment parviendrons nous à la retrouver?

PREMIER GRAND GARDIEN

Trois colonnes nous guiderons.

TRES SAGE

Où sont-elles?

PREMIER GRAND GARDIEN

Je l'ignore, mais nous les retrouverons, car on les reconnaît même dans l' obscurité la plus profonde.

TRES SAGE

N'a-t-il pas été dit: Cherchez et vous trouverez?

Voyageons donc et ne perdons pas de vue les sentiments qui nous guident!

Le Très Sage se met en marche, suivi de tous les Chevaliers qui siègent à l'est.

Au premier tour, le Très Sage dit en voyant la colonnette (Sagesse):

FOI

La lumière éclairant l'inscription est alors éteinte.

Hélas! la Foi s'est éteinte!

Au deuxième tour, le Très Sage dit en voyant la colonnette (Force): CHARITÉ.

La lumière éclairant l'inscription est alors éteinte.

Hélas! la Charité s'est éteinte!

Au troisième tour, le Très Sage dit en voyant la colonnette (Beauté): ESPÉRANCE.

Mais l'Espérance nous éclaire toujours!

Avec elle nous rallumerons la FOI et la CHARITÉ

A la fin de ce troisième tour,

le Très Sage et les Chevaliers qui l'accompagnent sortent du Temple

et attendent dans les Parvis en grand silence.

La porte du Temple est ouverte.

PREMIER GRAND GARDIEN

Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du Temple en prononçant à chaque fois ...

ESPÉRANCE !

... et va rejoindre le Très Sage.

SECOND GRAND GARDIEN

Aussitôt se porte à la tête de sa Vallée, tous les Chevaliers le suivent, fait trois fois le tour du Temple en prononçant à chaque fois ...

ESPÉRANCE !

... et va rejoindre le Très Sage.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Reste avec les Chevaliers d' Orient et de l'Épée, éclairé par l'Espérance.

Lorsque tous les Chevaliers Rose+Croix sont sortis il leur couvre la tête d'un voile noir.

Puis les conduit dans les Parvis. Tous les Chevaliers Rose+Croix entrent dans le Temple, en grand silence, et aident pour la préparation du Temple en rouge. La porte du Temple est fermée.

 

RÉCEPTION TEMPLE ROUGE

 

Tous les Chevaliers et Officiers du Chapitre sont à leur place.

TRES SAGE

Bientôt les Chevaliers d' Orient et de l'épée vont nous être présentés; ils achèvent leurs voyages et méditent sur la FOI, sur la CHARITÉ et sur l'ESPÉRANCE dont nous leur avons montré la lumière; à l'aide de cette lumière nouvelle, ils triompheront des obstacles et des écueils dont leur chemin est semé!

CHEVALIER GRAND EXPERT

Frappe à la porte du Temple.

TRES SAGE

Voyez qui frappe ainsi.

SECOND GRAND EXPERT

C'est le Chevalier Grand expert, conduisant des Chevaliers d' Orient et de l' Épée qui ont cherché la Parole et qui croient l' avoir retrouvée.

TRES SAGE

Que les portes leur soient ouvertes!

SECOND GRAND EXPERT

Va ouvrir les portes du Temple. Il les referme après l'entrée des Chevaliers.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Fait entrer les Récipiendaires d'un pas lent et mesuré.

Chacun d'eux a la tête couverte d'un voile noir.

Il les retient à l'Ouest, au signe de Chevalier d' Orient et de l'Épée.

(Main droite sur l' épaule gauche).

TRES SAGE

Mes Frères d' où venez-vous?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Nous avons parcouru l'Orient et l'Occident, le Septentrion et le Midi, à la recherche de la Parole perdue. Malgré les ténèbres qui nous enveloppaient et les entraves que l'erreur et l' ignorance ont semé sur nos pas, nous croyons l' avoir trouvée ...                                         

TRES SAGE

Par quels moyens?

CHEVALIER GRAND EXPERT

En parcourant les trois régions du monde dans lesquelles ont été déposés les trésors de la connaissance.

TRES SAGE

Quelles sont ces régions?

CHEVALIER GRAND EXPERT

L'Antique Égypte, l'Inde secrète et la Palestine Mystique.

TRES SAGE

Qui vous a le mieux guidé?

CHEVALIER GRAND EXPERT

La connaissance des Vertus de Foi et d' Espérance et la pratique constante de la Charité.

TRES SAGE

Qu'ont-elles produit en vous?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Notre régénération.

TRES SAGE

Et qu'avez-vous eu à combattre?

CHEVALIER GRAND EXPERT

L'Ignorance.

TRES SAGE

Dans cette constante recherche dont vous nous apportez le résultat, avez-vous rencontré quelque vérité relative à nos mystères ou à l'objet de nos recherches?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Conscient d'une vérité que nous croyons avoir découverte, nous l'avons gravé sur le métal le plus pur en caractères ineffaçables. Nous en avons obtenu la révélation lors d'un séjour près des pyramides d'Égypte: une voix nous dicta alors ces quatre lettres, une voix extérieure et qui pourtant nous parut intérieure ... Nous avons déposé la plaque sur laquelle est désormais fixée cette pensée, dans ce coffret, et nous vous l'apportons, afin que vous nous en assuriez la signification.

TRES SAGE

Pouvez-vous nous dire le sens de cette pensée incluse en quatre lettres?

CHEVALIER GRAND EXPERT

Nous croyons avoir compris qu' elle fait allusion à une régénération intégrale de la Nature par le Feu. Voici ce coffret.

Il porte le coffret au Très Sage.

TRES SAGE

Il en fait sauter le cachet de cire rouge,

dénoue le ruban en croix et l'ouvre.

Chevaliers, c'est la Parole!

Chevalier Grand Expert, ôtez les voiles qui couvrent les récipiendaires.

Mes Frères, rassemblez les quatre lettres de la phrase que vous avez prononcé tout à l'heure.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Par le Feu, la Nature se Régénère Intégralement ...

TRES SAGE

Sans le savoir, vous avez trouvé la Parole Perdue!

Réjouissons nous, Chevaliers,

Il détache les quatre lettres.

I.N.R.I.

Si la Parole Perdue fut ainsi qu'on vous l'a enseigné dans le grade de Maître Maçon, l'effet de la Nature rendue muette par l'automne, la Parole Retrouvée symbolise le Printemps; c' est l' ère nouvelle à laquelle, les Chevaliers Rose+Croix, parfaitement libres en coeur et en esprit travaillent avec la Foi la plus pure, dans l' Espérance constante de sa réalisation intégrale et par la pratique de la Charité et de l' Amour fraternel le plus désintéressé.

Dans le symbolisme particulier des religions profanes, les quatre lettres font allusion à celles, qui en un temps précis et en un certain lieu, stigmatisèrent un acte que l'univers entier réprouvera toujours. Pour nous, elles symbolisent cette grande vérité:

IGNÉ NATURA RENOVATUR INTÉGRA.

Les nombreux sens qui peuvent être donnés à ces quatre lettres, s'ils suffisent au profane, ne sauraient désormais nous contenter. A ceux à qui l'on doit communiquer les mystères sublimes, à ceux là, nous donnons la clé traditionnelle: toute la Nature est renouvelée par le Feu, ou: La nature est renouvelée intégralement par le Feu.

Et ce Feu est l'élément principe, c'est ce Feu vivifiant qui embrase toute la Nature spirituelle de l'être humain. C'est cet élément sans lequel tous les autres resteraient froids et inertes, car il communique à l'air sa pureté, à l'eau sa fluidité, à la terre son inépuisable fécondité.

Que dit le Verbe? " De même que l'Or est purifié dans la fournaise, ainsi les Juste sera purifié en passant par le Feu", ce principe de vie qui anime tous le êtres.

C'est au rayonnement de ce Feu Saint qui se manifeste dans le cosmos par le Verbe et dans l'Homme par la Parole, que l'homme a reconquis tous les droits de sa primitive origine.

Considérez donc dans ce monogramme un symbole dont le sens doit vous guider désormais sur le sentier de la Sagesse.

Nous ne vous demanderons pas de prêter un serment. En est-il besoin de la part de celui que l'Espérance éclaire et que la Foi et la Charité animent?

Chevalier Grand Expert, conduisez les Chevaliers à l'Orient.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Conduit les Récipiendaires à l'Orient, au bas des marches, en ligne.

SEPT CHEVALIERS

Viennent se placer derrière eux, debout, l'épée dans la main droite,

et forment la voûte d'acier au-dessus de leurs têtes.

TRES SAGE

Debout et à l'Ordre, Très Respectables Chevaliers.

S'adressant aux Récipiendaires, l'épée en main droite ...

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de notre Rite, en vertu des pouvoirs qui m'ont été conférés, ...

... Je vous crée et constitue Chevaliers Rose+Croix, dix-huitième degré du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, et membres actifs du Souverain Chapitre, sous le titre distinctif de ... en la Vallée de ... .

Il descend de l'Orient et se place devant le premier Récipiendaire ...

Genou droit en terre mon Frère!

Puis appuyant légèrement l'épée sur l'épaule gauche du Récipiendaire ...

Que l'Esprit vous éclaire!

L'appuyant sur l' épaule droite ...

Que le feu du courage enflamme votre coeur!

Enfin l'appuyant sur la tête ..

Que la Foi, l'Espérance et la Charité vous fassent bénir des Hommes.

Debout Chevaliers Rose+Croix!

Il passe ensuite devant le deuxième Récipiendaire ... ainsi de suite ... puis remonte à l'Orient.

Prenez place, Très Respectables Chevaliers.

Venez Très Respectables Nouveaux Chevaliers, recevoir     l'accolade fraternelle que je vous donne au nom de tous les membres de ce Souverain Chapitre.

Il en est ainsi fait.

Puis les décore du Sautoir et du Tablier, aidé par le

 Chevalier de Cérémonies.

Tous étant décorés ...

La couleur rouge de ce sautoir est la couleur du soleil ou de la lumière de son foyer. C' est aussi le symbole de l' Amour.

Maintenant, Chevaliers, allez entre les Grands gardiens recevoir du Chevalier Grand Expert l'instruction de votre grade.

CHEVALIER DE CEREMONIES

Conduit les Chevaliers entre les Vallées, et regagne sa place.

CHEVALIER GRAND EXPERT

Se place devant les nouveaux Chevaliers.

Le Signe d' Ordre, dit du Bon Pasteur - Tenir les bras croisés devant la poitrine, les doigts joints et la main étendue, les paumes vers le haut.

Le Signe - Lever la main droite et montrer le ciel avec l'index, les autres doigts fermés pour montrer qu'il y a une puissance supérieure et que l' esprit domine la matière.

Le Contre Signe - Descendre la main et montrer la terre avec l'index, pour rappeler que l'Homme est né de la terre et que, après le dégagement de l' esprit, son corps retournera à la terre.

Attouchement - Étant au signe du Bon Pasteur, se placer   l' un en face de l' autre; se saluer en s' inclinant, ensuite se poser réciproquement les deux mains sur la poitrine en les croisant alternativement. Dans cette position se donner le mot de passe et le baiser fraternel.

Mot de passe: EMMANUEL - auquel on répond: PAIX PROFONDE

 Mot Sacré: I.N.R.I. . En le prononçant lettre par lettre.

Batterie: sept coups   0  0  0  0  0  0  -  0

Age: Trente trois ans.

Acclamation: Hoschée! (Trois fois) - d' Hoscheah, Salvator, Sauveur.

Très Sage L'instruction du grade est terminée.

TRES SAGE

Debout et à l'Ordre, Très Respectables Chevaliers!

Je vous invite à reconnaître dès cet instant, comme membres actifs de notre Souverain Chapitre, en la Vallée de ... Les Chevaliers, ... , ..., ... . A les considérer comme tels et à les traiter avec les égards dus à ce grade.

A moi Chevaliers, par le signe; le contre signe, la batterie et l'acclamation.

Il en est ainsi fait.

Chevaliers de Cérémonies, conduisez les nouveaux Très Respectables Chevaliers en tête de la Vallée du Midi. Prenons place, Chevaliers.

Le Très Sage fait ensuite procéder aux travaux qui sont à l' ordre du jour

Par GOE - Publié dans : Rites et rituels
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Mercredi 26 septembre 2012 3 26 /09 /Sep /2012 07:27

Le grade de Maître n’étant pas considéré comme un haut grade, puisqu’il relève des loges bleues et non de la juridiction des Suprêmes Conseils, nous pouvons légitimement nous interroger sur l’utilité d’en parler.

En fait, il s’agit de savoir si l’on doit considérer que le grade de Maître est le premier des hauts grades. La réponse permettra de tirer telles ou telles conséquences.

Bien vite, on s'aperçoit que dans les anciennes divulgations des trois grades bleus, notamment dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Prichard de 1730, on rencontre de nombreux éléments explicatifs des grades de perfection ; et dans le Manuscrit Graham de 1726 des éléments du Chapitre Rose-croix.

Ceci semble démontrer que ces grades sont le complément et le prolongement naturels du grade de Maître et que tout est transmis en germe dès la maçonnerie bleue, on dirait que dès l’origine, le grade de Maître a été conçu pour être la source des Hauts grades.

Si on étudie les nombreux rituels des grades pratiqués après la maîtrise dans le système de perfection, une hypothèse s'impose : elle amène à envisager que les grades de compagnon et de maître auraient pu être vidés très tôt de l'essentiel de leur contenu initiatique pour justifier l'apparition d'une échelle de hauts grades. Ainsi, un certain nombre d'éléments épars peuvent laisser penser que le grade de Maître Parfait pourrait correspondre initialement (avant 1750) à la version complète du grade de Maître. On constate, par exemple, qu'un Manuscrit de la Bibliothèque Municipale de Bordeaux, MS 2098, appelé Ancien Maître propose un croquis du tableau de loge qui correspond en tous points au thème de la quadrature du cercle du Maître Parfait, semblant confirmer cette
possibilité.

Dès l'origine, le grade de Maître semble donc être considéré comme le premier des " hauts " grades, achevant un cursus qui va de l'apprentissage au compagnonnage du métier. En effet, le récit de la mort d'Hiram reste incomplet (Que sont devenus ses meurtriers ? Comment l'enterrer selon la dignité de sa fonction ? Par qui remplacer l'architecte disparu ? Quand et comment le temple pourra-t-il être achevé ?, etc.). Ces nombreuses interrogations restées en suspens suscitent dès les années 1745 le développement d'échelles de grades qui vont avoir pour fonction de répondre à ces questions. C'est ainsi que sont apparus, dans les années qui suivent, une multitude de systèmes de hauts grades.

Ces hauts grades émergent progressivement à partir de 1730, année même de l’apparition du grade de Maître, autour d’une hiérarchie souple. Ils se fixent dans une série de 25 grades autour de 1760 et, après un détour complexe aux Etats-Unis, ils reviennent en France réorganisés en 33 grades, huit nouveaux grades ayant été ajoutés aux vingt-cinq du Rite de perfection.

Après avoir approfondi une maçonnerie reposant sur des symboles constructifs, le compagnon en étant élevé à la maîtrise aborde un autre domaine qui repose sur un récit mythique à caractère méta-historique. Au grade de Maître, l’initié franchit un seuil et se trouve au coeur d’une dramaturgie à épisodes dont la suite n’est accessible qu’en accédant au cycle des grades de perfection, dont les éléments philosophiques et symboliques s’emboîtent les uns dans les autres, tels des poupées gigognes, en apportant une succession d’ éclairages complémentaires sur le grade de Maître.


Il devient alors légitime de se demander :

A- t’- on de nouvelles révélations du 4e au 18e ? Abordons-nous vraiment un autre domaine initiatique, avec des éléments nouveaux ou bien confortons-nous la construction de base, reposant sur le ternaire apprenti – compagnon – Maître. En fait, nous pouvons constater que les clefs données à partir du grade de Maître Secret sont des moyens , des enseignements supplémentaires fournis pour approfondir davantage les éléments initialement reçus, plus particulièrement aux grades de compagnon et Maître.

Le Maître Maçon continue à cheminer. Il cherche à acquérir les éléments qui manquent à la plénitude de sa maîtrise. C'est pourquoi ces grades, en quelque sorte démultipliés, sont indispensables pour devenir Maître, «autrement », et accéder à une autre dimension d'intériorité et d'affinement de la conscience.

Les grades, dits de perfection, de Maître Secret à Grand Élu, du 4e au 14e, développent le thème de la mort d’Hiram. Après l’avoir pleuré, il faut lui faire des funérailles, puis comme personne n’est irremplaçable, il faut songer à lui trouver un successeur qui poursuivra les travaux interrompus, mais c’est impossible tant que l’on n’a pas retrouvé et condamné ses trois assassins. Enfin on arrive au grade de Grand Maître Architecte où le Maître Maçon devenu concepteur, peut achever la construction du temple. C’est à partir de cette étape que commence à s’esquisser la question essentielle : et s’il s’agissait non plus de construire un temple de pierre qui peut s’écrouler comme un château de cartes sous les pressions redoutables de nouveaux prédateurs, mais bien plutôt d’ériger un temple spirituel, de bâtir pour chaque Maître Maçon son temple intérieur ?

Il s’agit bien d’un cheminement initiatique qui appelle à une marche en avant, un mouvement, une action qui rejette tout statisme. Le cheminement est balisé dans la succession des grades maçonniques qui marquent des étapes, des seuils à franchir, où des clefs sont données… mais ces clefs ne peuvent servir que si l’on se donne la peine d’en ouvrir les accès et d’en franchir le seuil.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté dont l’origine historique continue à garder bien des zones de mystères, comme cela a été précédemment exposé, dont la plupart sont loin d’être toutes élucidées, nous fait découvrir et approfondir un monde peuplé de personnages mythiques ou historiques, de légendes bibliques souvent revues et corrigées à la sauce écossaise de France, de mises en scènes théâtrales, avec des mots hébreux déformés au point qu’un bon hébraïsant en perd son latin, etc..

Néanmoins, ce monde étrange et quelque peu déroutant dans lequel pénètrent les maçons dès le 1er degré, est porteur d’une cohérence subtile qui ouvre une voie et balise une quête jalonnée d’ énigmes et de scènes ou séquences à plusieurs niveaux de lecture, où apparaissent par exemple un Maître Élu des Neuf ou un Chevalier de Royale Arche. Il suggère, propose ou peut prodiguer un enseignement philosophique entendu au sens large, lequel interpelle chacun et chacune de nous sur la nécessité de tirer vengeance ou de rendre justice, d’exercer sa curiosité à bon escient, de dépasser ses limites en allant parfois jusqu’à transgresser la règle établie, de lutter pour s’affranchir de toute forme d’esclavage qui entrave la liberté et de tout système tyrannique d’oppression. Cette philosophie charitablement injonctive exhorte tout maçon à considérer son F. humain comme semblable à lui-même par la mise en pratique des principales vertus. Porteur d’un message d’amour, le Chevalier Rose-croix doit trouver les moyens de rayonner à l’extérieur, les valeurs prônées en loge et véhiculées par l’ensemble de ces rituels.

Il ne s’agit plus ici d’un univers uniquement mythique dans lequel les maçons s’enfermeraient grâce à de belles histoires pour échapper à la réalité de leur destinée, mais de s’appuyer sur des scénarios à caractère théâtral qui permettent de réfléchir et de se positionner sur des questions philosophiques et éthiques essentielles auxquelles chacun est confronté dans la vie.


Chaque grade de perfection et grade capitulaire développe un aspect particulier de la recherche de la Vérité, posant de nombreuses questions philosophiques, spirituelles voire métaphysiques complexes. Ces étapes du voyage initiatique enrichissent et développent ce qui était contenu en germe dans les trois premiers degrés et donnent les moyens à tout Maître Maçon d’acquérir les éléments qui manquent à la plénitude de sa maîtrise.

La Maçonnerie peut être définie comme un conservatoire, étant héritière de nombreuses traditions perdues, comme le pythagorisme, la chevalerie, le mouvement de la Rose-croix, des courants hermétiques et de bien d’autres.

Ainsi, dès le XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie apparaît comme un facteur de synthèse de tous ces courants de pensées en voie de disparition. Il est difficile de percevoir leur lecture pluridimensionnelle si l’on n’approfondit pas ses sources d’inspiration. Celles-ci sont multiples et sont d’abord puisées dans l’Ancien et le Nouveau Testament, largement revus et réécrits. De même on retrouve des
éléments épars des sagesses disparues ainsi que des mythes familiers, comme le mythe d’Osiris, des éléments de fables et contes de l’Antiquité. Ainsi le grade de Chevalier de Royale Arche tire son inspiration du Myriobiblion qui rassemble plus de deux cent soixante dix textes résumant des pages importantes de la prose grecque sous la plume de Photius1 ( Deux fois patriarche de Constantinople et
considéré comme l’un des principaux acteurs de la « renaissance byzantine).

Il s’agit d’un grand réservoir de choses connues, sur lequel on a construit tout un système à tiroirs ou degrés qui, en dépit de ses éléments disparates, multiples et variés, propose néanmoins une construction cohérente et porteuse de sens, dont nous pouvons tirer une application pratique.

Dans le déroulement des degrés du 4e au 18e,comme dans les grades suivants, on est confronté à un enchaînement apparemment arbitraire du temps et de l’espace, mais en fait, cet enchaînement demande à chacun d’accéder à une autre dimension qui l’oblige à laisser de côté ses repères spatio-temporels habituels. Par exemple, à chaque grade, on reçoit des âges qui sont emblématiques amenant à jouer au yo-yo entre un âge très avancé et un âge juvénile. On peut avoir 27 ans juste après en avoir eu 81 ou 63, toutefois là encore, il existe une cohérence dans cette arithmétique déroutante, car elle est le plus souvent basée sur les multiples du nombre 3. On peut considérer que chacun des degrés initiatiques, indépendamment de leur ordre, correspond à un plan d’existence, à un état et une qualité d’être différents.

Du Maître Secret au Chevalier Rose-croix, il est donné à chaque Maître Maçon la possibilité d’approfondir le contenu initiatique des loges bleues par une exploration des valeurs initialement proposées. Dès le grade d’apprenti il est fait appel au sens du devoir et à l’importance de l’engagement contracté, alors que l’on semble accueillir cela comme une révélation au grade de Maître Secret.

De même il est dit à l’apprenti, et a fortiori au Maître, que tout Maçon est un homme vertueux ami du riche et du pauvre, alors qu’au 14e degré on semble découvrir l’importance des Vertus et de l’Amour de la Vertu. Celle-ci est renforcée dans l’action du Chevalier Rose-croix qui repose sur la pratique des vertus théologales.

Enfin, le moteur de cette quête initiatique semble reposer tout simplement sur une question initiale, qui après bien des années de réflexion, prend une résonance de plus en plus profonde.

Revenons à ce qui nous est demandé dès le degré d’apprenti :


D – Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir maçon ?

R – Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la
Lumière.

De quelle nature est cette lumière ?

Visible et perceptible dès le cabinet de réflexion, elle est tour à tour perdue, puis regagnée chaque fois avec plus d’éclat, de force et d’intensité. De la chambre noire au temple noir, de la lumière voilée à la lumière resplendissante, au cours de laquelle la Parole, la manifestation du Verbe, est perdue, substituée, recherchée, retrouvée sous une autre forme, voire identifiée et personnalisée selon le prologue de Jean dans le Nouveau Testament... De la mort physique du récipiendaire au grade d’apprenti, à la mort animique du Maître, le Chevalier Rose-croix passe par la troisième mort, celle de l’esprit qui lui permet par la mort de vaincre toutes les morts en renaissant dans la pérennité de l’esprit.

La Lumière qui est en chacun se dévoile progressivement par paliers d’ouverture de la conscience. Le maître agit sur lui avant d’agir sur le monde et de répandre au dehors les valeurs intérieures cherchées dans le temple.

Cela est toujours réel pour le vrai cherchant bien qu’aujourd’hui il y ait un réel danger que cette recherche de valeurs ne soit plus assez forte, au point que des pseudo-valeurs extérieures finissent par rentrer dans nos temples et être cautionnées, pouvant aller jusqu’à se substituer aux valeurs initiatiques.

Maître de lui avant toute chose, le Maître Maçon a une vocation de constructeur. On ne lui demande plus de construire des cathédrales ou des temples, mais de faire oeuvre de bâtisseur d’abord en se construisant lui-même, après quoi, en rassemblant ce qui est épars, dans la recherche du Beau, du Bien, du Vrai et de la Vérité, c’est alors qu’il pourra commencer à transmettre des repères et des valeurs à un monde et à une société qui en ont perdus beaucoup.

Dans le parcours idéal de celui qui gravit l’échelle de la perfection de Maître Secret jusqu’au Chapitre, on observe que le Maître Maçon fait preuve d’une double aptitude. Ses deux aspects sont particulièrement marqués au 15e dans le degré de « Chevalier d’Orient ou de l’Épée » où il est décrit tenant la truelle d’une main, affirmant ainsi son aptitude de bâtisseur et son art de concilier les oppositions nécessaires et fécondes, et l’épée de l’autre main. Cette représentation allégorique veut donner une représentation forte de la volonté de construire, tout en demeurant vigilant sur la défensive pour sauvegarder la réalisation en cours.

Les trois premiers grades capitulaires s’affirment comme grades chevaleresques, ils sont fondés sur le thème du retour de Babylone à Jérusalem ou plutôt sur le symbole central de Jérusalem avec la reconstruction du Temple visible. On a laissé les trois mages venus en pèlerinage à Jérusalem retourner à Babylone. Jérusalem fait figure une fois de plus de terre promise vers laquelle il faut retourner . Les Princes de Jérusalem vont étendre réciproquement leur sphère d’action entre Babylone et Jérusalem. Pour la première fois il y a deux
présidents qui dirigent la loge chacun dans sa sphère de pouvoir, Darius sur Babylone, Zorobabel sur Jérusalem. Au 17e grade de manière très anachronique vient s’intercaler l’Apocalypse.

Ces grades capitulaires reposant sur les lois d’analogie entre l’individuel et l’universel proposent d’oeuvrer au rétablissement du règne de la justice selon l’Esprit de Vérité. Au 17e les symboles utilisés appartiennent à l’Apocalypse de Jean, témoignant de la victoire de la Lumière sur les ténèbres.

Cette loi d’analogie, permet de transposer tous les faits historiques des grades capitulaires, tels que la reconstruction du second Temple, en passant de l’Ancien Testament sous ses aspects de rigueur, au Nouveau Testament prônant son complément nécessaire, la miséricorde.

Dans ce déroulement continu des grades le Maçon revêt plusieurs habits, d’abord celui de tailleur de pierre qui a l’ambition de participer à la construction d’un temple, puis celui d’architecte concepteur de son oeuvre avant de revêtir l’armure et le charisme d’un chevalier et d’un noble, puisqu’il est appelé aussi Prince, tout en étant également pasteur et pèlerin. Dans le grade de Chevalier d’Orient et de l’Épée qui a pour attribut l’épée dans une main et la truelle dans l’autre la truelle du maçon côtoie l’épée du chevalier. Le Maçon sort de l’état d’artisan pour devenir Chevalier et aussi Prince, passant ainsi de la truelle à l’épée. Il synthétise en lui toutes les principales castes artisanales, guerrières et sacerdotales. C’est bien au 18e grade que s’opère ce passage du temple matériel au temple spirituel et que la réalisation individuelle intérieure s’intègre au plan universel. Mais le chevalier doit se préparer à toute forme de sacrifice. La voie est aride et la liberté de passer se conquiert par des luttes sanglantes. Il s’agit de s’affranchir de tous les jougs de l’esclavage. Les applications de cette libération s’appuient sur des références contemporaines qui hélas abondent. Les combats que nous avons chacun à mener dans notre sphère spécifique aujourd’hui sont nombreux.

C’est au grade de Chevalier d’Orient et d’Occident (synthèse des deux mondes en opposition et de toute forme de dualité) que s’opère le passage de la tradition judaïque développée par l’Ancien Testament à la tradition chrétienne néo-testamentaire. Celle-ci plus particulièrement se réfère à l’Apocalypse, avant d’entrer de plein pied dans le Nouveau Testament dont le Rose-croix a réutilisé
de nombreux symboles. Il se dégage une interprétation ouverte sur la Foi l’Espérance et la Charité ainsi que sur l’amour du prochain qui trouve sa consécration dans le partage en commun du pain et du vin dans une chaîne d’union substantielle et essentielle qui relie chacun à l’Universel.

Par le signe de reconnaissance, le Chevalier Rose-croix atteste sa position d’intermédiaire entre la terre et le ciel, ce qui correspond au Maître Maçon situé entre l’équerre et le compas au centre du cercle. Dès le grade de Maître, la notion de sacrifice est clairement exprimée par le personnage d’Hiram. Au chapitre Rose croix on retrouve la valeur initiatique du sacrifice par le don de soi. Si au grade de maître, le sacrifice génère la mort, à l’inverse au Chapitre, il génère la vie.

Au Chapitre, le Maître Maçon est gratifié de plusieurs qualificatifs qui peuvent paraître à première vue contradictoires. Le Chevalier Rose-croix est à la fois reconnu comme Prince, Chevalier, Pèlerin et Pasteur.

La qualité de Prince pourra être reconnue par la noblesse du comportement de chacun et celle de Chevalier par la détermination dans
l’action, au service de causes justes, au service des pauvres et des affligés que l’on désigne allégoriquement le plus souvent par les termes de défense de la veuve et de l’orphelin.

Certes si en ce XXIe siècle, pour être Chevalier Rose-croix, il n’est plus indispensable de savoir monter à cheval ou manier l’épée, il n’en demeure pas moins indispensable d’en incarner les vertus.

Chacun comprendra ici que les luttes et combats d’aujourd’hui, s’ils apparaissent moins sanglants et spectaculaires qu’autrefois, ils n’en demeurent pas moins générateurs de morts, d’aliénation et de misère à l’échelle de la planète.

De même, se pose la question de savoir comment être pasteur et pèlerin ? Peut-être, pouvons-nous considérer que tout Chevalier Rose-croix devient pasteur des plus jeunes maîtres maçons par la transmission, de même il peut être considéré que nous sommes de perpétuels pèlerins, voyageurs infatigables en quête d’une vérité qui nous dépasse.

En réalité, le Chapitre véhicule des valeurs traditionnelles restant d’actualité puisqu’il s’agit d’acquérir les vertus chevaleresques et de les mettre en pratique, comme il est rappelé dans une instruction de Chevalier d’Occident de la fin XVIIIe Les qualité que doivent acquérir tout chevalier sont comparées à sept étoiles2 :

D – Que signifient les sept étoiles?

R – Elles représentent les sept qualités qui doivent guider les maçons.

D – Quelles sont-elles ?

R – l’amitié, l’union, la soumission, la discrétion, la fidélité, la
prudence, la tempérance.

D – Pourquoi ces qualités doivent-elles guider tout bon maçon ?

R – L’amitié est un sentiment qu’on doit avoir pour tout ses frères, l’union est la pierre fondamentale de toute société, la soumission est nécessaire pour recevoir sans murmurer les arrêts de la loge, la discrétion est pour éviter toute supercherie des profanes et faux frères, la fidélité pour observer nos obligations sacrée, la prudence doit être le propre d’un maçon afin qu’il règle ses actions de façon que les profanes toujours curieux de nos plaisirs ne trouvent point à blâmer sa conduite. Enfin la tempérance doit être le partage de tous bon maçon, afin d’éviter de tomber dans des excès nuisibles au Corps et à l’Esprit.

Sur la valeur initiatique du 18e grade, on peut souscrire à la vision de René Guénon lorsqu’il dit : la qualité de Rose-croix représentait historiquement un niveau de qualification initiatique, un état spirituel intérieur, et ceci indépendamment de toute appartenance formelle à une structure quelconque.

En conclusion, on peut dire que le grade de Maître ne doit être considéré ni comme un achèvement, ni comme un point final, mais au contraire comme le commencement d’un nouveau cycle. La symbolique des grades d’apprenti et compagnon, basée principalement sur les outils et la construction est homogène. La progression d’apprenti à compagnon est évidente. Le travail intérieur prend une dimension extérieure en passant de la perpendiculaire au niveau. Mais, dès lors qu’apparaît le mythe d’Hiram où tout est annoncé, esquissé…une suite s’impose, et elle demande l’engagement d’une vie pour se réaliser… Pour ce faire il est demandé aux Maîtres Maçons d’avoir eu raison de leurs mauvais compagnons, et cela est davantage réalisable par l’approfondissement pratique des compléments de la maîtrise accessibles dans l’enseignement des degrés de perfection et des Chapitres.

Dès lors, ces hauts grades, bien souvent considérés comme étant l’apanage d’une élite, puisque dans la plupart des obédiences, 15 à 20% seulement des Maîtres Maçons y ont accès devraient bien au contraire devenir la solution pour continuer à approfondir le grade de Maître, et être destinés pratiquement à l’ensemble de ceux-ci s’ils ont un minimum d’années de maîtrise, d’assiduité et de travail. C’est à dire que cette proportion devrait s’inverser pour atteindre de 80 à 85 %, ce qui rehausserait le niveau de transmission des Maîtres en loges bleues et l’intérêt général des travaux.

En ce début du XXIe siècle on ne peut que souhaiter qu’une ouverture se fasse dans ce sens, ce qui amènerait à passer d’un élitisme restreint à une démocratisation des hauts grades pour en diffuser l’éthique et les valeurs au plus grand nombre possible.

 

1 Mainguy Irène, Symbolique des grades de perfection et des Ordres de Sagesse, Dervy 2003 p.331.

2 Bibliothèque Municipale de Lyon, manuscrit 5927.

par Irène Mainguy

 

Vice-présidente de la Société Française d’Études et de Recherches sur l’Écossisme (SFERE)

 

 Source : http://sog1.free.fr/ColloqueLyon.htm

 

Par Irène Mainguy - Publié dans : Rites et rituels
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