Jeudi 28 juin 2007

Origine de l'Ordre du Temple:

Le dépôt de la Science Primitive de l'Homme, conservé dans les anciens Mystères, brillait de tout son éclat dans le Temple célèbre que le roi Salomon avait élevé, au sein de la Cité Sainte de Jérusalem à la Gloire de l'Eternel, qui daigna l'habiter; Vous voyez cette Image, tracée devant vous, avec celle de son Saint Sépulcre.

Comme plus tard l'Homme-Dieu lui-même, le Temple de Salomon fut détruit au bout de trente-trois ans. Alors les Sage se retirèrent dans le désert et y préférèrent d'abord la Vérité aux hommes du Siècle. Bientôt pourtant, sentant le besoin d'une activité utile et pénible, ils rentrèrent dans le Monde et déchirèrent leur sein tranquille pour apaiser l'infortune. Le sanctuaire du Temple redevint l'Asile de l'Eternelle et Auguste Vérité, son parvis celui du Malheur; On y consolait la Veuve, et l'Orphelin y trouvait un Père, le voyageur un défenseur, le malade un appui généreux.

Telle est l'origine secrète de l'Ordre du temple

C'est de lui que nous tirons le nôtre, aux vertus duquel vous êtes appelé à succéder!  La Science cachée, abritée auparavant en des réduits écartés où elle mettait au dessus du besoin ceux qui la professaient, fut alors consacrée au bonheur de l'Humanité. mais ce nouveau Temple s'écroula et ce furent d'abord les Maçons qui propagèrent l'existence et le secret de cet Ordre célèbre, et qui le réédifièrent, adapté à une réforme sage aux besoins de la situation actuelle de l'Europe. Il a repris en ce siècle son nom primitif de Chevaliers du Temple et du Saint-Sépulcre de Jérusalem en Palestine... Il sera donc pour le reste de votre vie une école de Bienfaisance en tous aspects, un foyer de lumière, et l'asile de la plus douce amitié.

 

 

par Ambelain publié dans : hauts grades
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Mercredi 21 mars 2007

CEREMONIES de la Réception d'apprentif de l'ordre des Elus-Coëns  

 

Tous les frères qui composent le Tribunal Souverain doivent se trouver à la réception d'un Profane, sauf des raisons légitimes. Lorsqu'ils sont entrés dans le Tribunal d'après les usages ordinaires, le Frère proposant amène le candidat au Parvis. L'avant placé dans l'angle septentrional, il vient frapper deux coups détachés à la porte du Tribunal que le Frère Garde ouvre sur le champ avec les cérémonies ordinaires. 

Le Frère Parrain répond à la question du F. Garde : 

" Avertissez le M. Conducteur en chef du Tribunal que le Récipiendaire est au Parvis ". 

Le F. Garde ferme la porte et dit, après s'être incliné : "T.V.M., je viens d'apprendre que le Récipiendaire est au Parvis." Il s'incline et reprend son poste.

Le V. M. ordonne au Frère Vicaire d'envoyer un de ses Thuileurs préparer le candidat. 

Le Frère Vicaire envoie le premier Thuileur au Parrain, qui fait entrer le proposant dans le Porche et conduit le Récipiendaire dans la chambre de retraite et à qui il dit : " Faites de sérieuses réflexions sur les démarches que vous faites. " Après ces mots, il ferme la porte à clef et y laisse un F. Garde, qui observe ce que fait le Récipiendaire par un clairvoie pratiqué en. haut de la porte. 

Le Récipiendaire reste à faire ses réflexions jusqu'à ce que toutes les cérémonies du Tribunal soient observées. 

Le premier Thuileur rentre dans le Tribunal, laisse la porte du Tribunal ouverte et place un Frère Garde à deux pas de distance d'eux dans le Parvis. Il salue le V. M. et ensuite le Frère Vicaire, à qui il dit : " F. M., le Profane est livré à ses réflexions. " 

" Asseyez-vous, mon Frère ", réplique le F. Vicaire, lequel salue le V. M. et lui dit que ses ordres sont exécutés ; ensuite il s'assied.  

 

Garniture des Circonférences 

 

Le Tribunal éclairé suivant l'usage, l'ouverture des travaux faite, on observe un moment de silence, que le Souv. M. rompt en faisant lancer un coup de foudre, après lequel tous les frères se lèvent debout, c'est-à-dire seulement depuis le R. M. jusqu'au V. M. avec leurs colonnes de droite et de gauche.  

 

Le R. M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l'orient ;  

Le V. M., sa branche de cèdre de même vers l'occident ;   

Le R.M. dit : "V. M. faites garnir les circonférences des emblèmes mystérieux de l'ordre. " Le V. M. après s'être incliné, ordonne aux Thuileurs de garnir les circonférences. 

 

Fonctions du 1er Thuileur  

 

Alors le premier Thuileur porte devant le R. M. une branche de palme, ou à son défaut une de coudrier ; et devant le V. M., une de cèdre, ou à son défaut, une de fresne ; devant le premier Surveillant du Tribunal une branche de saule ; et devant le second une branche d'olivier ; et au défaut de celle-ci une de houx.  

 

Fonctions du 2e Thuileur  

 

Le second Frère Thuileur porte devant le premier Surveillant du Tribunal une terrine pleine de feu ; et devant le Second une mer d'airain ; c'est-à-dire un vase de terre plein d'eau.  

 

Fonctions du 3e Thuileur  

 

Le Troisième Thuileur porte devant le frère Vicaire, un vase de terre dans lequel il y a de la terre paitrie.   

Tout étant prêt, le R. M. frappe un coup qui est répété successivement par tous les Surveillants et par le V. M. ; ensuite celui-ci dit : "A l'ordre, mes frères ! " ; alors tous les F.F. qui sont debouts mettent la main droite à l'ordre et restent ainsi jusqu'à ce que les officiers aient placé les choses que les Frères Thuileurs ont apportées devant eux, autour des circonférences en cette manière :   

Le R.M. pose la branche de palme au bas de la circonférence extérieure vers l'orient ; Le V.M., sa branche de cèdre de même vers l'occident ; 

Le Premier Surveillant du Tribunal pose sa branche de saule vers le midi ;   

Le Second Surveillant, sa branche d'olivier vers le septentrion ;  

Le Premier Surveillant du Tribunal place le feu élémentaire à un pied et demi de distance des circonférences, vis à vis la branche de saule ; 

Le Second Surveillant, l'eau à la même distance, vis à vis la branche d'olivier ; 

Enfin, le Frère Vicaire met la terre paitrie vis à vis la branche de cèdre.             Toutes ces choses doivent être faites promptement et ensemble.  

Le R. M. frappe un seul coup de marteau ; à l'instant tous les frères reprennent leurs places ; et les Frères servants donnent à chacun des deux Surveillants du T. et au F. Vicaire une pipe à éclairs, pour s'en servir pendant la Réception. 

Le V. M. va au Parvis 

Le Souv. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le R.M. frappe un coup de marteau, qui lui est rendu par le V. M., à qui il ordonne d'aller reconnaître le Profane actuellement livré à ses réflexions.   

Le V. M. se lève, salue l'orient et va au Parvis, suivi de tous ses officiers, qui se placent à l'ordinaire, et du Frère qui sert de Parrain. Il ne reste dans le Tribunal que les apprentifs, les Compagnons et les Maîtres. 

 

Présentation du Candidat au V. M. 

Le V. M. fait ouvrir la porte de la chambre de retraite par le Frère Garde, à qui il ordonne de faire venir le profane et le placer devant lui ; ce qui étant exécuté, il lui dit :   

" Avez-vous mûrement réfléchi, à ce que vous vous proposez de faire, persistez vous toujours ? " (.....) 

" Connaissez vous bien celui qui vous a proposé ? " (...... ) 

Il s'adresse au F. proposant : 

" Et vous Frère N..., êtes vous bien assuré des bonne vie et moeurs de cet homme que vous me présentez ? " (...... )  

"Souvenez vous que vous devenez, dès ce moment responsable à l'ordre, de la conduite qu'il tiendra désormais, s'il est assez heureux pour V être aggregé.  

(au Récipiendaire)   

"L'examen que vous avez subi a dû vous convaincre que l'ordre que vous vous proposez d'embrasser ne tend qu'à la vertu ; qu'il est l'ennemi des vanités de ce monde périssable. Si vous ne vous sentez pas assez de courage pour exécuter fidèlement ce que vous nous avez promis, et pour devenir tel que l'ordre l'exige, vous pouvez vous retirer, vous êtes libre ; jamais nous ne répéterons ce qui se passe ici aujourd'hui : voyez, que rien de vous retienne. L'engagement que vous serez dans le cas de contracter avec nous, doit être un acte libre. 

Persistez vous fortement dans vos desseins ? " (......) 

" Votre attente sera remplie ". 

(aux Thuileurs )   

" Disposez cet homme à retracer aux Veux des Frères qui sont dans le Tribunal, ce qui s'est passé au commencement des temps au centre de l'univers ". 

Préparation du Candidat  

Les Thuileurs font entrer le candidat dans la chambre de retraite ; ils le dénuent de tous métaux et ils le déshabillent de façon qu'il n'a que sa chemise et une culotte de laine blanche appartenant au Tribunal. Ensuite ils le couchent sur les trois tapis noir, rouge et blanc : d'abord, le blanc ; ensuite, le rouge et le noir, le dernier, c'est-à-dire, couvrant le tout, lorsque le candidat y sera enveloppé. Ils l'enveloppent donc soigneusement dans tous ces draps et ils le portent au centre des circonférences, sur le dos, avant la tête à l'occident, les pieds à l'orient, les deux genous en l'air et les deux poings sur les yeux. Ils lui donnent une pierre triangulaire pour soutenir sa tête. Les Chefs-colonnes du Tribual rentrent dans le Tribunal immédiatement après le Récipiendaire ; ils y reprennent leurs places. Le Frère Parrain en fait autant, et tout le monde observe le plus profond silence. Le Candidat étant dans la position prescrite, on met tout de suite à côté de sa tête le feu élémentaire ; vers la partie du coeur, la terre paîtrie ; et du côté opposé, la mer d'airain. Les Surveillants du Tribunal vont se placer sur la droite des officiers qui ont des à éclairs. On s'éloigne le plus qu'il est possible des circonférences pour qu'elles soient libres. 

 

Avertissement aux R. et V. M.M.

Lorsque le Candidat est resté un certain espace de temps dans ce silence, le Souverain M. fait lancer, par intervalles, quatre coups de foudre ; après lesquels les R. et V. M.M. vont tous les deux aux pieds des circonférences. Y étant arrivés, ils s'inclinent respectivement ; et ils commencent le premier tour des six qu'ils doivent faire au tour du candidat : le R. M. va de l'orient à l'occident, tournant par le midi ; le V. M. va de l'accident à l'orient, tournant par le septentrion. 

 

 Le V.M. arrivé à l'orient, lève les mains en l'air, formant de la main droite une équerre qui regarde vers orient ; et de la main gauche, une autre équerre qui regarde vers midi ; ensuite la main droite descend en équerre sur le coeur ; et la gauche de champ sur la terre ; s'incline devant le P. M. qui le bénit de la bénédiction d'lsraël, à voix basse. 

S'il n'est pas dans le cas de recevoir cette bénédiction, le Souv. M. tend seulement ses mains sur lui. Après cette cérémonie, il continue son tour.   

Le R. M., revenu à l'orient, fait la même chose et reçoit la même bénédiction. Il continue seul les six tours, le V. M. s'étant retiré à un pas de distance du candidat. Chaque fois que le R. M. passe devant ceux qui ont les pipes à éclairs, il reçoit un éclair après chacun desquels la foudre gronde.  

 

Les six tours avec les attitudes  

 

Le R. M., en faisant les six tours commence le premier vers le midi ; le second vers le septentrion ; le troisième vers le midi ; ainsi des autres. Au premier tour, il tient le bras droit tendu, la main formant une équerre ouverte sur le candidat, sur lequel il jette les yeux ; la main gauche prend la position de la droite, et la droite de la gauche : ainsi de suite en alternant à chaque tour il prononce + à basse voix. 

 

Avant de commencer les six tours, un Frère Thuileur va prendre l'encensoir des mains du Réau + de la droite du Souv. M. qui y a mis les parfums nécessaires et encense les circonférences à mesure que les tours se font : pour cet effet le R. M. a soin d'observer une petite pause après chaque tour. Les six tours finis, les R. et V. M. vont reprendre leurs places, tandis que le Frère Thuileur encense toutes les circonférences : ce qui étant fini, le Souv. M. fait lancer deux coups de foudre précipités et un détaché, tous les trois précédés d'un éclair.     Les R. et V. M.M. approchent immédiatement après le candidat.  

 

Ordination  

 

Le R. M. prend une baguette de bois de houx avec laquelle il touche les genoux du candidat qui allonge ses jambes, en faisant cette cérémonie le R. M. prononce + qui contient la matière. Le V. M. prend la baguette de frêne avec laquelle il touche, en prononçant + la partie du coeur du candidat et lui fait allonger le bras gauche : Ensuite il touche de la même baguette en prononçant + + le côté droit, et lui fait allonger le bras droit. Le R. M. touche, pour la seconde fois les genoux du candidat que le V. M. découvre tout de suite du Tapis noir ; le R. M. en fait autant des deux autres parties, que le V. M. a touchées de sa baguette ; ainsi le candidat se trouve découvert de tout le tapis noir. On observe de lancer des éclairs et un coup de foudre à chaque partie que l'on découvre. Le R. M. touche, pour la troisième fois de sa baguette tout le corps du candidat, que le V. M. développe alors de tout le Tapis rouge : Par ce moyen le candidat se trouve seulement couvert du tapis blanc et allongé de tous ses membres. Le V. M. va se placer aux pieds, et le R. M. l'enjambe jusque près la tête : Là, il fait à haute voix la prière qui suit :  

 

Prière

" Grand Architecte de l'Univers, Tu as bien voulu faire l'homme à ton image et à ta ressemblance, pour lui assujettir le grand Monde dont il sera la victime, si tu ne le combles de tes grâces ; ne permets pas que l'ouvrage de tes mains périsse ; fait au contraire que ses ennemis rougissent de honte des victoires qu'ils remporteront sur Lui ; rends plutôt leurs efforts inutiles, cependant que ta sainte volonté soit faite 1" Le V. M. répond : " Amen ".   

Le R. M., en faisant cette prière, a la main droite en équerre en l'air ; la gauche aussi en équerre tendue horizontalement contre terre : il dépasse ensuite la candidat, s'incline devant l'Orient où il ferait face et, se tournant du côté de l'occident qu'il salue, il développe le candidat du tapis blanc à l'instant les éclairs et la foudre vont leur train, et tous les F.F. trépignent des pieds jusqu'à ce que le R. M. ait pris sa place et qu'il ait frappé un coup de marteau, pour faire faire silence. Alors tout le monde reprend sa place, excepté le V. M. qui reste seul aux pieds du candidat pour le relever.

Le P. M. fait lancer un coup de foudre, après lequel le V. M. prend le candidat par les mains, savoir : de la droite, la droite ; et de la gauche, la gauche, pour former le Réceptacle de la Nature extérieure ; ensuite il appuie ses pieds contre ses pieds, et il le relève debout. Il le conduit alors au R. M. qui appuie sur son front le pouce, l'index et le doigt majeur de sa main droite, ce qui forme un triangle, les autres doigts étant repliés sur la main. En appuyant ce triangle sur le front du candidat, le R. M. prononce + à basse voix. Il porte ensuite le même triangle sur la partie du coeur, où il prononce encore +. Il en fait autant sur le côté droit et au dessus de la tête, en prononçant de même sur chaque partie +. Tous les mots sont différents. La cérémonie d'ordination ainsi faite, le V. M. conduit le candidat au centre des circonférences, par le pas d'app. ; Là il lui donne le mot + et il lui fait faire les sept signes d'apprentif. Cela fait, il lui montre les quatre branches mystérieuses, en lui disant : "Ces quatre branches qui s'offrent à tes yeux, te seront d'une grande utilité, si tu observes les commandements de celui qui t'a donné l'être ; mais tu mourras, si tu les transgresses. Tu peux jouir de tout ce que tu vois ; tout t'es soumis et tout doit contribuer à ta satisfaction ; mais garde toi de toucher à ces quatre branches (il lui montre la Branche de palme avec sa baguette) voilà le symbole de la puissance universelle du Dieu vivifiant ; (il lui montre la branche de cèdre) voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu vivant ; (il lui montre la branche d'olivier ) voilà l'emblème de la puissance universelle du Dieu de vie ; (il lui montre la branche de saule) voilà enfin, le symbole de la mort éternelle, (Ensuite il lui fait jeter les yeux sur la terre paîtrie, sur l'eau et sur le feu ) Vois, homme, lui dit-il, ce que tu es ; je t'ai tiré de là ; si tu ne veux pas rentrer dans les abvmes de la terre d'Egypte, observe fidèlement les défenses qui t'ont été faites et n'oublie jamais les engagements que tu contracteras avec l'ordre. 

 

 

Le V. M. se retire à son poste, et laisse le candidat seul au centre de la circonférence. Tous les frères observent alors le plus profond silence. Quelques instants après le R. M. députe tel Frère qu'il juge à propos pour aller tenter le candidat.  

 

Le R. M. frappe un coup de marteau ; alors le Frère Tentateur, qui tient à la main une baguette de coudrier ou de frêne, s'avance près du candidat avec un air doux et riant et, après avoir jeté les Veux à droite et à gauche, il lui dit : " Homme que fais tu là. Tu n'oses pas sortir du sein de ta circonférence. Tu crains de connaître les secrets que ces branches renferment ? (il les lui montre avec sa baguette) Si tu connaissais et si tu savais desseler ces hiéroglyphes que tu vois (il les lui montre de même) tu serais bien plus puissant que tu n'es, celui qui t'a défendu de toucher à l'arbre vivant et à l'arbre vivifiant, à craint qu'en apprenant la science du bien et du mal qu'ils renferment, tu ne devinsses plus fort et plus puissant que lui ; suis les conseils que je vais te donner, ta félicité en dépend absolument ; agis donc en ta qualité d'homme, fais sur cette terre les mêmes caractères que tu vois, tu sauras que tout ce qui est dans l'Univers t'appartient, puisqu'il dérive de toi ; attache toi surtout à connaître particulièrement ce que renferme l'arbre vivifiant (il le lui montre) parce qu'en lui est toute science et puissance, tu soumettras tout à ton empire et tu commanderas à tous les animaux tant visibles qu'invisibles ; prends cette baguette et ce crayon, va commencer à tracer devant l'olivier.

 Le Frère Tentateur présente sa baguette et un crayon noir au candidat qui les prend ; et il le conduit devant la branche d'olivier, où il lui fait tracer la lettre A ; ensuite devant la branche de cèdre la lettre E ; devant celle de palme, la lettre I, et devant le saule, la lettre O. Après cela il le mène tracer la lettre H à côté de l'A ; la lettre B à côté de l'E ; la lettre V à côté de l'I ; et la lettre M à côté de l'O ; ensuite, il le fait rentrer dans le centre des circonférences, et il va se placer vers la branche de saule, il lui fait cependant tracer au milieu des circonférences les cinq lettres suivantes qu'il dispose ainsi :  

 

A E

D

C B

Après que tout est fini de tracer, le F. Tentateur engage le candidat à toucher de sa baguette les lettres HA, qu'il prononce ; il en fait de même à l'égard des autres lettres et, à chaque fois qu'il les prononce, on lance des éclairs et on fait gronder le tonnerre. II prononce alternativement toutes les lettres pendant trois fois, et on a soin, à la troisième fois, d'enlever la branche et d'effacer les lettres qu'il a tracées devant, aussitôt qu'il les a touchées de sa baguette et prononcées ; ce qu'il faut faire subtilement et sans qu'il s'en apperçoive, lorsqu'il a tourné le dos pour aller à la branche suivante, de cette manière, on efface tous les caractères, excepté les cinq qui sont au centre ; et on ne laisse exactement que la branche de saule, que l'on renverse par terre, et à côté de laquelle on met la terre paîtrie, l'eau et le feu ; ces trois objets sont placés en triangle. 

Alors le Frère Tentateur disparaît et le candidat reste seul livré à lui même. Tous les frères observent le plus profond silence.   Quelques instants après le V. M. se lève et s'approche à pas libres du candidat à qui il dit :  

 

"Qu'as tu fait, malheureux ? Tu as oublié les commandements du M., vois d'où tu es sorti ; (il lui montre la terre paîtrie, l'eau et le feu ) tu n'es que poussière et tu retourneras en poussière ".

 Le candidat se prosterne, la face en terre. 

Le V. M. le couvre de la branche de saule et il continue : 

" Tu vas être livré entre les mains de tes ennemis, qui te feront souffrir les peines de l'âme, du corps et de l'esprit ; sors de ma présence et vas t'en recevoir le prix de tes forfaits ". A l'instant, les trois Thuileurs saisissent brusquement le candidat qu'ils entraînent au Parvis ; là, ils le lient avec des cordes et des chaînes, et ils lui font faire neuf tours chargé d'un fardeau. Tandis qu'il fait ces neuf tours on jette sur lui de l'eau, de la terre et des éclairs, sans cependant le blesser, ni le mouiller beaucoup.  

Tandis que le candidat souffre ces peines dans le Parvis, on change les décorations dans le Tribunal. On y figure un Escalier à vis, supposé que le T. n'en ait pas un en nature, sur lequel on met les nombres 3 - 5 - 7 ; et on enlève tout ce qui a servi aux premières cérémonies.  

Le candidat ayant fait ses neuf voyages, le Frère premier Thuileur frappe la batterie d'apprentif à la porte du T. ; le F. Garde rend la batterie et ouvre la porte, il s'assure du Frère qui a frappé et l'introduit dans le Tribunal.  

Lorsqu'il est entré, il se met à l'ordre, présentant bien la partie gauche à l'orient qu'il salue et il s'adresse au R. M..., en lui disant :  

"Je viens implorer grâce et miséricorde pour l'homme votre créature, qui a eu le malheur de se laisser séduire et de transgresser vos ordres ; pardonnez lui son crime, il en est repentant ; j'ai été témoin de ses gémissements et de ses remords, vous l'avez été et vous l'êtes de même, puisque rien ne vous échappe ; daignez lui faire grâce ! "  

"Allez, répond le R. M., que l'homme soit présenté devant moi." 

 

Le Frère premier Thuileur s'incline et retourne au Parvis, suivi du Maître des cérémonies, qui prend le candidat par la main, en disant aux Thuileurs : " Laissez cet homme en paix ; retirez vous et que désormais aucun de vous ne l'environne ; le P. M. lui a fait grâce ; retirez vous chacun dans votre région i obéissez à celui qui vous commande au nom du Maître. "  

Les Thuileurs lachent le candidat en feignant de la difficulté ; l'un d'eux dit à haute voix ; "Ce n'est pas pour longtemps que tu nous quittes," Le Maître des cérémonies répond, d'un ton brusque : " Paix ! "  

Dès ce moment tous les Frères vont reprendre leurs places dans le Tribunal, la porte qui communique du T. au Parvis étant ouverte, le Maître des cérémonies et le Frère Vicaire restent seuls au Parvis avec le candidat à qui ils tiennent ce langage :  

"Il est bien triste pour toi de t'être laissé séduire par ton plus cruel ennemi, qui t'a perdu en te faisant transgresser les commandements du Maître ! Réfléchis sur le danger où tu t'es précipité, afin de ne plus retomber dans la désobéissance ; car, à mon intervention, le M. vient de te pardonner ta faute ; mais tu seras à l'avenir délaissé ; et souviens toi que tu seras seul à te tirer des abîmes où tu te plongerais ; crains que les forces te manquent et que ton ennemi, qui ne cesse de roder autour de toi, ne te présente des dangers et des obstacles insurmontables ; veille donc et ne t'occupes dans cette vallée de larmes, qu'à te maintenir au sein de la circonférence. Amen".  

Ce discours fini, le maître des cérémonies et le Frère Vicaire prennent le candidat par ses liens, le font entrer dans le Tribunal et le placent entre les deux colonnes du T. Le Maître des cérémonies se met sur sa droite, et le Frère Vicaire sur sa gauche. Tous les deux sont debouts et tous les trois font face à l'orient.  

Lorsque le R :, M,.. se lève, le candidat se met à genoux et baisse la tête. Le R :, M ;, lui dit ;  

" Te voila donc rentré dans la terre d'Egypte ? Comment as tu pu oublier mes défenses ? Ton crime t'a rendu l'esclave de la mort qui exercera son empire sur toi et sur toute ta postérité au lieu de jouir éternellement des délices qui étaient réservés pour toi et qui te sont maintenant prohibés. Lève toi, homme, ta faute t'est remise. C'est à toi maintenant à travailler pour gagner la vie éternelle. Va t'en au V.M. d'occident qui te fera monter l'Escalier à vis, afin que tu puisses rentrer dans le sein de ta circonférence. " 

Le candidat fait une inclination, de concert avec ses accolites, qui le conduisent au V. M.. Celui-ci lui ôte ses liens ; ensuite il le prend par la main,. et il le conduit à la porte de l'Escalier à vis, qu'il lui montre, en lui disant :  

" Voici, homme, le redoutable escalier qu'il faut que tu montes ; tu ne t'en serviras pas aussi facilement que tu l'aurais fait avant ton crime, ta prévarication l'a rendu, pour ainsi dire, inaccessible pour toi, puisque pour parvenir au dernier palier, que tu vois si élevé, tu courras des dangers que je ne saurais te dépeindre ; arme toi d'un courage invincible, mets ta confiance en celui qui t'a donné l'être, présente toi hardiment à cet escalier, qui se monte par trois, cinq, sept : ces trois différents nombres te préviennent des trois peines que tu souffriras dans la réintégration de ta personne avec son principe : ces peines sont celles du corps, de l'âme et de l'esprit ; couvres toi du bouclier de la foi ; celui qui est chargé de par l'Eternel de te conduire ne t'abandonnera pas. A l'ordre, mes Frères !"  

A l'instant, tous les Frères du T. donnent les sept signes d'apprentif, ils ont tous les Veux sur le V. M. pour les donner ensemble. Cela fait, le Maître des cérémonies prend le candidat de la main gauche et lui met un poignard sur la gorge. A l'instant, les trois Thuileurs lancent tous ensemble un éclair sur le candidat et vont se placer chacun sur un des trois nombres qui sont sur l'escalier à vis. Lorsqu'ils y sont rendus, le Maître des cérémonies, sans changer d'attitude, fait monter l'escalier au candidat le dos tourné. Arrivés au palier où est le nombre trois, il fait mettre le genou droit en terre au candidat ; le premier Thuileur lance sur lui un éclair après lequel le Maître des cérémonies dit au candidat, lui tenant toujours la pointe du poignard sur la gorge : "Répétez avec moi un tiers de votre obligation. " 

 

Obligation, 1er tiers

" Je N......, promets, sur ma parole d'honneur, de garder fidèlement toute ma vie les mistères de la franche maçonnerie des Elus-coêns que l'on me confiera ; de ne jamais les écrire, faire écrire, tracer, faire tracer, peindre, faire peindre ; graver, faire graver ; imprimer ou faire imprimer sur quelque matière que ce soit, ni en quelque lieu que ce puisse être visible à l'homme, pas même sur les sables mouvants de la mer ;et de ne jamais les lire ou faire lire. Je promets aussi de ne jamais perdre de vue les premiers engagements que j'ai pris lors de la préparation à mon admission. "  

La Maître des cérémonies dit : " Amen. " .....

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 2 mars 2007

 

Un Frère possederait-il une version numérisée en Français du livre de Dermott AHIMAN REZON?

Merci

Patrick

pod1@wanadoo.fr

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Mardi 20 février 2007

Mes BAF's, je recherche les rituels du Rite Ecossais Philosophique et du Rite Moderne, du Rite Suédois et du Rite de Schroeder

A ceux qui me demandent des rituels, je précise qu'il s'agit d'un échange, basé sur la confiance réciproque et nom un don unilatéral, venant de mes documents.

A ce jour, je possède  plusieurs centaines de rituels ; mon but est de les étudier pour approfondir la spiritualité de notre association.

Frat

Patrick

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Mercredi 7 février 2007

  

 Je suis celui qui suis, Je suis ce que je suis ,Je suis

 Sorties de leur contexte, ces trois affirmations en forme de charade de rébus ou de parabole semblent répondre à une question , la seule question importante qui se pose à chacun d’entre nous : qui suis-je et dans quel état erre-je ? Et force est de constater qu’à première lecture, la réponse telle qu’elle nous est livrée, dans notre rituel, ne semble pas faire avancer considérablement le Schmilblick. Pour corser notre affaire, nous ne disposons pas de beaucoup de renseignements sur celui qui a tenu ces propos, ou inscrit ces mots dans un contexte d’apparence labyrhintique et archéologique, mais qui pourrait être  séphirotique.

 Il  n'a échappé à personne que ces trois affirmations commençent par " je ", et avant toute disgression arrêtons nous un instant à celà.

 Seule , à ma connaissance, le langue française permet de jouer avec le Je, comme si une légèreté naturelle de notre langue, donc de notre civilisation, autorisait à prendre le  MOI comme un JEU, à créer l 'ambiguité qui sied à ceux qui pratiquent la subtilité du double langage c'est à dire à ceux qui ont conscience que le MOI est aussi un Je voire un double Je en SOI . ( danke schön Sigmund )

Notons aussi que le JE, suffit à lui même pour mettre en évidence l'existence de celui qui le prononce. Il est le plus petit commun dénominateur de l’expression de l'être, ou parfois de la conscience d'être. Nous verrons plus tard que la conscience de notre existence n’est pas la conscience de notre essence. Cette conscience d’être ne vient sans doute que tardivement et progressivement, raison pour laquelle l’enfant utilise en premier lieu son prénom pour se désigner lui-même, puis il dit MOI, et enfin plus tard JE.

Ceci suggère déjà toute la complexité de la relation de l’individu avec lui même, relation qui ne cesse de se construire, ce qui nous ramène, une fois encore, au fameux « connais toi, toi même ».

  " je suis "  constitue une forme de redondance, une double affirmation gratuite qui tient de l’évidence puisqu’on existe tant qu’on peut exprimer  par soi même : je . D’ailleurs pour choquante qu’elle soit, en apparence, j’adhère à la thèse qui affirme que la parole précède la pensée. Ainsi pourrait-on dire, « je parle donc je suis »  Ce n’est pas très novateur puisque Descartes le suggérait aussi dans ses méditations métaphysiques : « Je suis, j’existe est nécessairement vrai toutes les fois que je le prononce ou que je le conçois dans mon esprit » écrivait-il.

Prenant cette direction dans la réflexion, il apparaît clairement que nous n’avons pas engagé le pari d’analyser le texte proposé dans l’optique du verbe suivre. Cette piste mérite pourtant, même sommairement d’être empruntée.

Suivez-moi bien... En effet si nos trois affirmations avaient du être analysées dans le sens du verbe suivre, notre explication eut été la suivante :

-je suis celui qui suis, serait la définition de la progression à la queue leuleu émise par celui qui ferme la marche pour éviter les surprises désagréables ; en quelque sorte un cri de victoire autant que de libération...

A un autre degré d’analyse, celà signifie aussi que L’homme conscient de ses limites et de sa finitude, participe dans un élan d’aspiration , à l’oeuvre commune. Il a conscience d’appartenir à un groupe dans la suite de la longue lignée de ses ancêtres qui le précédaient hier, et de n’être qu’un maillon de la chaîne.   Dernier maillon de cette chaîne, the last but not the least, il suit celui qui suit, et refuse qu’on ferme le cercle, qu’il soit ou non vicieux, considérant qu’il faut en toute chose un début et une fin, ce que le cercle ne permet pas .  Cette affirmation ,  met aussi en évidence  que le cercle demeure une construction intellectuelle, abstraite et symbolique en forme d’ idéal . En tant que telle, cette figure rappelle par ailleurs, que la perfection, si elle existe, n’est pas de ce monde.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 -Toujours dans l’optique du verbe suivre, je suis ce que je suis, signifierait : circulez il n’y a rien à voir et si vous voulez en savoir davantage, allez en tête de train, quelqu’un sait peut-être où nous allons.  

Au second degré, ou au quatorzième si vous voulez, celà veut dire aussi que l’homme s’identifie à l’action qui le transcende et donne ainsi un sens à son existence. Ce serait aussi reprendre le thème d’un vieux proverbe asiatique qui affirme que l’important n’est pas   le but que l’on s’est fixé, mais le chemin parcouru pour y parvenir. On perçoit dès lors, combien ce proverbe encourage à progresser, et pour nous, plus spécialement  dans la voie initiatique.   

-enfin , je suis, annoncerait, un principe doublé d’un mécanisme bien connu dans le monde animal, surtout chez les chenilles processionnaires, et qui chez les êtres humains a trouvé son incarnation littéraire, grâce à Panurge et ses moutons qui se suivaient de prés salés, puisqu’à cette époque on ne suivait pas encore le boeuf.   

En d’autres termes, et par nature, l’homme, même apparamment isolé suit ou poursuit toujours quelqu’un ou quelquechose, il se projette, il tend vers l’avenir, ce qui le différencie une fois encore de l’animal. Les plus déterministes auront conscience de suivre au plus près   leur destin  , les autres chercheront toutes les voies qui permettent d'y échapper, et tous penseront qu’ils sont dans la bonne voie. Dans une seconde acception du verbe suivre, celle de comprendre, je vous suis bien, je vous comprends bien, je suis, veut dire aussi j’aime. En effet cum prendere en latin,  qui a donné comprendre, signifie littéralement prendre avec  et prendre avec, c’est aimer. Vous me suivez j’espère... 

 

Même sommaire, cette lecture moins orthodoxe que de coutume de notre texte se devait d’être faite. Elle pouvait donner lieu   à bien d’autres développements. Il était enfin possible, par exemple,  d’opérer un mixage entre le verbe être et le verbe suivre. Je n’ai pas poursuivi dans cette voie, malgré tout l’agrément   qu’elle laissait entrevoir.

Revenons plus sérieusement à nos trois affirmations  .

Il convient avant tout de planter le décor qui justifie qu’un grand vizir ait «  suggéré » une recherche sur ce thème.   

Ces trois affirmations sont prononcées au début de l'initiation au 14° grade par le Gd Mtre des Cér ( en lieu et place de Guibulum Chev de Royal Arche), un des trois mages mis en scène au cours de l'initiation au 13° degré. La légende de l’arche royale connait quelques variantes selon les rites et à l’intérieur d’un même rite selon les obédiences. J’ai compulsé pour la circonstance, plusieurs versions du REAA,  le rite d’York et le RER avec celui de maître de St André, et autres rituels collectés au rythme des rencontres.  Si leur nom peut varier, le nombre de personnages mis en scène, l’endroit et la topologie du lieu où ils évoluent et enfin la découverte d’un nom sacré quelqu’en soit le support, restent constants.  

Il semble bien que cette légende ait pour origine les écrits de l’historien grec Philostorge ( IV° V° siècle) . L’empereur Julien (entre 355 et 363) aurait entrepris la reconstruction du temple de Jérusalem. Alors qu’on préparait les fondations, une pierre se détache et laisse entrevoir une grotte très sombre dans laquelle on fait descendre un ouvrier qui y découvre un document très ancien, mais intact. Les premiers mots inscrits sur ce rouleau, tels que décrits dans le texte de l’auteur précité, étaient :  

 

       « au commencement était le verbe et le verbe était Dieu.. »  

La légende de notre rituel met en scène trois mages dans les ruines du temple de Salomon. Alors qu’ils sont parvenus à la neuvième arche, comme d’autres plus symboliquement, auraient atteint, de Malkouth vers Kether  la neuvième sephira, le premier d’entre les mages dans sa quête d’un absolu, et dans son ultime progression vers l’infini... découvre, sous une lumière éblouissante, un bijou en agate, pierre qui est parfois assimilée à Saint-Jean, sur lequel apparaissent en lettres d’or : IOD  HE VAU HE

Ces quatre lettres introduisent notre sujet qui est   Je suis, comme il sera montré plus tard. Notre rituel donne la signification de ces trois affirmations, est-ce pour éviter une mauvaise interprétation ?   Elles signifient dit le rituel qu’une part de ma conscience participe à la conscience universelle et se fond dans le flot de toutes les consciences. Il précise ensuite, pour ceux très rares en ce lieu qui ne s’en souviendraient pas :   

-je suis celui qui suis  signifie une part de moi même se sépare du tout et affirme mon ego ; -je suis ce que je suis : mais j’aspire à l’ultime initiation qui me permettrait d’aller au delà de cette dualité ; Enfin pour -je suis, le texte du rituel dit : en attendant ( sans doute cette ultime initiation), j’ai un nom et un titre.  

 

Comme disait Coluche, un humoriste du siècle dernier : nous étions au bord du goufre et nous avons fait un grand pas en avant.  Mais profitons de l'occasion qui est donnée, avec une parcimonieuse générosité de temps de parole, pour esquisser une analyse plus personnelle pour laquelle votre plus grande tolérance est requise. Dailleurs il n’est pas absurde de penser que, puisque le rituel nous donne une signification de ces 3 affirmations, c’est certainement qu’elle en cache quelques autres. Il y a du jeu de piste dans la maçonnerie... Ces trois affirmations ont un point commun. Il s'agit de l'être dans la complexité de son essence et de son existence. S'agissant de l'homme, il vient immédiatement à l'esprit la trop célèbre phrase de Descartes " je pense donc je suis " mais aussi sur un registre plus biblique celui là, le ECCE HOMO. Les initiations successives qui mènent du 4° au 14° et dont la cohérence de l’enchaînement échappe à ma piètre sagacité, sont truffées de noms hébraïques. Il sera donc probablement opportun d’effectuer quelques fouilles dans ce domaine...  

A survoler les deux premières affirmations, on perçoit rapidement deux aspects complémentaires voire antinomiques qui se caractérisent par " celui qui suis et ce que je suis " Individuation et objectivation semblent s'opposer mais peuvent se compléter, comme esprit et matière, mouvement et pause, film et photo. La première affirmation, celui qui suis, pourrait faire référence à l'être conscient, sans que nécessairement cette conscience englobe la totalité de l'être. En effet la conscience d'être n'implique pas de facto la conscience de tout son être dans sa globalité. Je ne suis que ce que j’ai conscience d’être. La conscience de soi présuppose en ce sens la connaissance de soi et inversement. Je suis parce que je me pense comme sujet, comme substance pensante dirait Descartes. La pensée sert alors d'identification de l'être à lui-même . Elle prend conscience de son essence qui devient action constructive d'intériotité mais aussi qui transcende les formes étroites, au moins en apparence, du JE. C'est peut-être cette transcandantalité qui permet l'existence de l'idée abstraite de l'être , et de l'idée d'être. 

Mais " je suis celui qui suis " tient aussi probablement de l'intuition de soi même. Cette intuition pourrait naître du fait qu'on se construit soi-même, mais aussi sur un plan externe, de l'obligation, dans laquelle nous nous trouvons de nous situer dans le temps comme dans l'espace et confronté à autrui. Je suis celui qui suis exprimerait donc , par ce biais aussi, la conscience d'être et l'idée d'être. Cette idée d'être devrait se présenter à notre conscience comme étant concrète, puisqu’il s’agit d’une expérience vécue, et universelle, car elle est commune à l’humanité. Mais elle n'en reste pas moins confuse. En effet l'idée d'être pour concrète et innée qu'elle soit n'en demeure pas moins un concept. A l'opposé de la constatation expérimentale, l'idée d'être , pourrait être ce que certains auteurs appellent " l'expérience ou la superactualité du moi profond dans l'exercice même de notre moi ". Nous touchons à la question de l'essence de notre existence... et à la perception que nous pouvons en avoir aussi fugace soit-elle, voire trompeuse et illusoire si on en croit notre ami Freud.  

 

Expérience pure, elle, ne peut être constatée ; elle ne peut être saisie que par et dans l'action qui la constitue. Or être et agir ne sont pas la même chose, sauf à considérer que les constituants essentiels de l'être sont l'intelligence et la volonté. En effet par l'intelligence l'être se constitue présent à soi, se révèle à soi, devient objet pour la conscience.  La volonté, elle, se présente comme une puissance de décision infinie, même si son efficacité reste souvent à démontrer. Volonté et velléité flirtent ensemble de façon constante. La volonté oriente l'être vers le réel, le potentiellement réalisable. Intelligence et volonté deviennent ainsi co-existentielles pour ne pas dire co-essentielles de l'être ou à l’être . 

Reste une question essentielle : Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis ?

Hume et Kant finissent par en douter et par admettre que rien ne peut permettre d’être sûr que nous sommes comme nous avons conscience d’être.

Freud renforcera plus tard   ce doute et démontrera que la conscience reste émimamment trompeuse, et que, celui que je suis est définitivement inaccessible ou presque.

Sartre, enfin, ira un peu dans le même sens. Pour lui la conscience de soi peut être conscience de l’illusion sur soi. Je peux mieux me connaître en prenant conscience que je ne suis pas ce que j’ai conscience d’être . Nous l’avons déjà évoqué, la première affirmation semble s’opposer à la seconde qui est : Je suis ce que je suis   

Après Qui suis-je vient la deuxième interrogation : Que suis-je ? Ce que je suis se réfère à quelque   chose et non plus à quelqu’un. Le sujet devient objet même si cet objet est notre sujet. Quelle est cette chose ? Une  convention, un être humain comme l’homo sapiens, un animal social mais pas comme le termite, un cousin du singe mais pas n’importe lequel et très évolué de préférence, un peu de chimie avec beaucoup d’eau comme dans le pastis, une architecture complexe d’atomes qui peut se regarder dans la glace, une machine qu’on graisse à l’huile de coude, et puisqu’on parle de la machina, pourquoi pas un deus...qui s’ignore pour les plus humbles ou qui feint de s’ignorer pour les autres...  

 

Etre de chair et de sang, l’homme est constitué de matière, d'un nombre très important de cellules reliées entre elles et qui donnent forme et vigueur à un corps. En effet on ne peut pas dire, comme le démontre bien Spinoza : « j’ai un corps » mais « je suis mon corps » Les sciences ne cessent de découvrir les constituants et les processus internes de notre être, machine prodigieuse dont la complexité de fonctionnement et les dérèglements alimenteront ad vitam, les recherches de toutes natures. Ce que je suis c'est mon corps qui donne forme humaine à mon apparence. C'est aussi tout ce qui compose notre être, tant sur le plan physique, génétique que par les apports culturels, sociologiques, psychologiques et psychanalitiques, c'est à dire le cumul de l'inné et de l'acquis même si ces deux termes sont très réducteurs. Il n’est pas plus aisé d’en définir les contours, ni même d’en percer les secrets, tant l’apparente clarté peut cacher une multiplicité de facettes constitutives du même être qui a par ailleurs parfaitement le droit d’être en accord avec ses propres contradictions.  

 

Ce que je suis est une personne, non pas un individu seulement, même si l’individualité recouvre, mais de façon parcellaire, la personnalité. Personna, désignait le masque des tragédiens de l’antiquité ; caricature, elle projette à l’extérieur une image infiniement réductrice de ce qu’est   réellement une personne, mais il la rend lisible pour le spectateur. Ainsi, Ce que je suis, bien en deça de la réalité, est ce que l’autre peut ou veut identifier ou ce qui lui est laissé en pâture pour satisfaire son éventuelle curiosité mais aussi la petite partie émergée de l’iceberg. Ainsi, L’enfer, ce peut être les autres. De l’enfer au paradis il n’y a qu’un pas, et celui-ci nous ramène à JE SUIS. On ne peut faire plus court pour se désigner soi même, ni plus élyptique, voire plus prétentieux. En effet, sauf si ce verbe se faisait chair , on hésite à l’interprèter comme une recherche d’anonymat ou au contraire de notoriété. Il peut en effet tomber dans l’oubli et la banalité ou bien au contraire rester dans l’histoire si une seule personne se désigne comme telle. C’est probablement l’interrogation qui s’est imposée à Moïse dans un premier temps . Il n’est pas dans une grotte souterraine, comme Gibulum, mais comme il est écrit dans le livre de l’exode, il s’est retiré dans le désert où l’objet brillant de notre rituel est remplacé par un buisson ardent mais qui ne se consume pas : une lumière en somme. Curieuse similitude ! Dieu s’adresse à Moïse et lui dit : « je suis celui qui suis » et en réponse à Moïse qui lui demande légitimement des précisions, il ajoute « c’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : celui qui s’appelle JE SUIS m’a envoyé vers vous ». Re-similitude ! ! C’est du copié-collé. ..et d’une clarté biblique...  

 

Bien sûr nous retrouvons là le thème de l’innommable qui a certainement agacé Moïse, lequel attendait avec une impatience contenue, le nom de son interlocuteur, le nom de Dieu . Non seulement il ne voit qu’un buisson, ardent et bavard, mais de plus celui qui parle à Moïse n’a pas de véritable  nom. Pourtant, Dire qu’il est l’ineffable n’est ce pas déjà le nommer ? A  l’innomable s’ajoute l’invisible, l’impalpable donc l’impossibilité de décrire et de représenter comme il est recommandé dans quantité de traditions religieuses ou païennes. Il reste une lumière et un nom , mais quel nom... on dirait dans le langage d’aujourd’hui un pseudo : Je suis. Et un abîme de perplexité... dans lequel Moïse ne semble pas tomber... mais il est bien le seul.  

 

JE SUIS contient en soi une notion d’infinitude et de permanence. J’étais , je suis , je serai, ou je serai toujours. Ce terme recouvre et concentre en lui, à la fois le passé le présent et l’avenir à moins qu’il ne se situe hors du temps. Il n’a pas de début et ne semble pas avoir de fin. Nous pourrions dire qu’il est permanence quand d’autres affirmeraient qu’il est permanence immanente. Il est donc tout naturel que ce dieu   ait été appelé l’Eternel dans la suite du même texte de l’exode comme Hénoch l’inité initiant qui ne mourut point.  

 

Il est probablement utile de remonter aux sources hébraïques pour mieux comprendre ce que cache cette affirmation toute simple. Je vous, remercie de noter, mais ce sera très vite une évidence, que celui qui s’exprime devant vous n’est ni un kabbaliste, ni un spécialiste de la langue hébraïque, et il le regrette. 

 

JE SUIS en hébreu se dit EHYEH, c’est la première personne du verbe Etre. Donc si nous voulons parler d’une personne qui se nomme : JE SUIS, nous qui sommes extérieurs à lui, nous devons dire « il est ».  En hébreu, il est, se dit YAHAVEH qu’on représente aussi sous la forme d’un tétragramme YHVH  quatre consonnes sur lesquelles furent placées des voyelles, consonnes qui se trouvaient gravées sur l’agate découverte par Guibulum. 

 

Le verbe être se dit HAVAH qui signifie aussi vivre ou faire exister en un mot ce verbe désigne l’activité exercée par le créateur, le grand architecte...et pourquoi pas l’initié initiant et pour d’autres tout simplement  Dieu. Et la boucle est bouclée...

Je ne reviendrai pas sur Pythagore dont je vous avais longuement abreuvés, mais, Permettez moi une petite disgression supplémentaire sur le tétragramme. Les recherches en génétique ont permis de séquencer, c’est à dire recenser trois milliards d’unités chimiques dans le grand livre de l’hérédité humaine. Ce séquençage  définit un « code génétique »  que certains appellent « le verbe de vie » et celui ci est constitué de quatre lettres qui sont A,T,G,C, qui se combinent à l’infini. C’est ce qui a amené un auteur contemporain, docteur en pharmacie et en philosophie, Grégory Bénichou, dans son excellent livre : »le chiffre de la vie », à parler de « Mystique de  l’ADN » Pour cet auteur, Genèse et Génétique qui sont tirés du même flanc étymologique , symbolisent deux faces d’une même réalité. L’une, exlique-t-il, renvoie au livre des Ecritures, l’autre au livre de la Nature qui « s’entre-glosent ».   De même il fallait Quatre lettres pour donner vie au Golem, é m e t, qui signifie vérité, en hébreu, et il suffisait d’éffacer la première lettre, pour créer un autre mot, m e t, qui signifie « mort » et oter ainsi la vie au Golem.

Revenons à notre texte initial.   

Le rituel écossais pratiqué par d’autres obédiences, diffère quelque peu du nôtre et laisse moins de place à l’imagination : il précise en effet : « aucun de nous ne peut dire : je suis, puisque nous n’apparaissons que pour disparaître. Considerez simplement que le mot sacré qui ne doit pas être prononcé se compose de 4 lettres Jod, He, Vau, He » Le même texte du rite écossais ancien et accepté  précise plus tard que 

 

- « Le Jod initial est la cause agissante, le sujet pensant, personnifié    dans l’artiste, l’ouvrier , le créateur. 

 

-         Le He traduit le souffle qui sort de l’ intérieur pour se répandre à l’extérieur : la lumière de gloire, la splendeur d’en haut ; c’est l’activité exercée par le principe actif ( Jod) sans laquelle il ne serait pas actif. 

 

-         Le Vau figure le rapport qui relie la cause à l’effet. C’est la raison en Dieu, sa pensée agissante. 

 

-          Enfin le second He manifeste le résultat de l’action. C’est la lumière créee, la lumière de Dieu dans son royaume. » Sic.

Tel n’est pas le texte de notre rituel, celà ne vous a pas tout à fait échappé, mais il m’a semblé intéressant de le mentionner car il ne peut pas ne pas y avoir de filiation, même par un improbable cousinage, reconnu ou non, entre ces différents textes qui relatent par ailleurs les mêmes événements. Il est vrai que traduction et trahison ont la même étymologie mais pouvons nous toujours éviter de traduire... ? De là est née une contreverse qui semble ne pas devoir prendre fin et qui pour des raisons qui ne sont pas uniquement et strictement linguistiques opposent la pensée sémitique, la pensée gréco-romaine et la lecture chrétienne du texte sur lequel nous réfléchissons aujourd’hui. Les premiers mots prononcés par Dieu, dans la lecture hébraïque disent « je serai qui serai » ,( Ehiè ashèr èhiè, ) avant même que ne soit prononcé le tétragramme, ce qui introduit une notion d’inaccompli, laquelle ne recouvre pas du tout l’idée plus chrétienne cumulant le présent et le futur, mais exprime un résultat qui n’est pas encore là. Luther emprunte la vision hébraïque pour la circonstance avec « ich werde sein » qui figure dans sa traduction. Cet inaccompli disparaît complètement chez les grecs qui traduisent de leur coté « egô eimi ho ôn » donc « je suis celui qui est » tandis que la version latine « sum qui sum, je suis qui/celui qui (je) suis » confirme mais avec des nuances, notre texte. Ces différentes traductions opèrent un glissement considérable du sens qui selon Ouaknin, notamment dans Concerto pour quatre consonnes sans voyelles ( Payot) et peuvent aboutir à un contresens absolu.   

La seule constante de ce débat reste qu’il porte sur un nom, lequel est un verbe et comme l’écrit astucieusement un spécialiste de cette question, c’est lui, le verbe qui a le pouvoir.  

 

Il reste dans tout celà bien des interrogations pour le pauvre bédouin qui s’exprime devant vous ! L’explication donnée dans notre rituel des 3 affirmations proposées pour cette étude, bien que cohérente, n’est pas très convaincante, surtout dans le contexte kabbalistique dans lequel il est noyé. Mais peut-être y a-t-il avant le 33° des compléments d’informations susceptibles d’éclairer ma petite lanterne en sus d’un travail personnel qui s’avère de plus en plus indispensable. Ne gémissons pas puisque la maçonnerie ne me semble pas faite pour donner des solutions mais plutôt des moyens de les chercher et accessoirement de les trouver, donc espérons...  

 

par AJT publié dans : hauts grades
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Vendredi 5 janvier 2007

 Que doit comprendre le Grand Elu de la Voûte Sacrée à propos de cette voie sacrée qui n’est pas l’apanage des seules religions ?  

 

Il n’a échappé à personne que la question, extraite du serment d’obligation, s’adresse aux grands élus de la voûte dite SACREE, ce qui tendrait à prouver, si besoin était, que la réponse figure déjà implicitement dans la question. Cependant, il est apparu souhaitable, dans un premier temps, de définir les termes retenus comme essentiels à savoir : voie et sacrée.  

 

Il est peut-être opportun au préalable de dire quelques mots sur le terme : religion. Ce terme récent, puisqu’il nous vient du latin, est parfaitement inadapté à ce qu’il veut définir selon les écrits récents de Régis Debray. D’ailleurs explique-t-il, ce mot n’a pas d’équivalent en grec qui est la langue du nouveau testament, pas davantage dans les autres langues indo-européennes, ni en arabe classique, en chinois ou en japonais.  

 

Notre F :. Bruno Etienne anthropologue et directeur de l’observatoire du religieux, partage partiellement l’analyse de Régis Debray. Pour lui, le mot religion signifie étymologiquement relier. Personne ne le contestera. Les constitutions d’Anderson disent bien que la maçonnerie relie entre eux des hommes qui autrement ne se seraient jamais rencontrés. Seulement expose-t-il, en France et en Europe, on confond souvent religion et église catholique, alors qu’il s’agit de savoir quelle est la conception qu’un groupe donné a de la place de l’ homme dans le cosmos. Dès lors on parlera plus volontiers de cosmogonie et on pourra mettre dans le champ du religieux de nombreuses activités humaines, productrices de sens pour le groupe qui y adhère, et qui ne sont pas liées à une divinité ou à une église. La Maçonnerie avec ses rites et ses symboles entre, dit-il, parfaitement dans cette définition. Une telle analyse déplace le coeur de notre sujet, et apporte une réponse à la question posée par extension du contenu sémantique du mot religion au delà de l'existence de toute divinité ou église institutionnalisée. Le débat reste ouvert, et l’exposé pourrait s’arrêter là, mais pour l’heure, nous garderons   le sens commun de ce mot : religion.  

 

L’apanage, lui, nous vient du latin apanare, donner du pain, nourrir ; Par extension, être l’apanage signifie appartenir en propre, car l’apanage désignait la portion du domaine royal donnée en héritage, portion qui permettait à l’héritier de se nourrir. Nous gardons aujourd’hui ce sens de propriété exclusive pour le mot apanage de sorte que notre sujet eût pu être libellé : cette voie sacrée qui est la propriété exclusive, ou le domaine réservé, des seules religions…  

 

La voie, le chemin, est la direction vers laquelle on s’oriente, c’est aller quelque part, progresser, et pas seulement dans l’espace ou dans le temps. Comme chacun le sait, on sort du droit chemin en se dévoyant ou en se fourvoyant, termes qui proviennent de la même racine latine. La question se posera de savoir quel but est recherché en empruntant cette voie, puisque, a priori, il ne s’agit pas d’errance. Ce terme ne saurait avoir de connotation religieuse.  

 

Mais quelle définition, s’il en est, en dehors du champ religieux, pris dans le sens vulgaire, donner au mot : sacré ? Telle est la question centrale qui nous est implicitement posée. De prime abord il pourrait sembler que les religions aient confisqué tout un arsenal sémantique et lexical dont le sacré ferait partie. C’est dailleurs en ce sens que le même Régis Debray écrit :  

 

« notre religion dans l’océan du sacré : un îlot qui s’est annexé des continents ».  

 

Par ailleurs notre vocabulaire et nos rituels tant à travers leurs formes que dans leur contenu, flirtent, voire copulent bibliquement bien sûr, mais constamment, avec les textes et mythes des religions révélées, obligeant le maçon laïque,  mais par nature curieux, à un exercice schizophrénique qui, pour être peu naturel,  n’en est pas moins enrichissant. Mais, puisque le vocabulaire n’appartient qu’à ceux qui en font usage, nombreux sont ceux qui considèrent le sacré comme une communion avec la nature ou comme une sorte d’état de grâce, terme qui, lui,  a été désacralisé, si on peut dire, dans les années 80. D’autres y voient les effets d’une forme d’harmonie avec la nature ou avec l’homme en général.  

 

Et pour rester dans la généralité, mais aussi dans le consensus, force est de reconnaître que ce qui par-dessus tout peut être considéré comme sacré, c’est la vie. Nous la limitons, dans nos civilisations, à la seule  vie humaine, à l’exclusion des animaux et aussi des plantes. Ce n’est pas le cas dans toutes les civilisations, évidemment. Bien sûr cette sacralisation de la vie donne lieu à bien des débats notamment sur le point de savoir quand commence la vie, est-ce à l’émergence de la conscience ou dès l’embryon, et à l’opposé quand s’arrête la vie précisément. Médecins, juristes, penseurs, ou hommes de religions n’apporteront pas les mêmes réponses à ces questions, limitant ou étendant ainsi le domaine de la vie donc celui du sacré. Cette sacralisation de la vie ramène inévitablement à la question de l’origine de la vie et donc d