Vendredi 6 mai 2005

..C'était la quatorzième nuit que nous dérivions sur l'Adriatique ; vers minuit, les marins pressen­taient l'approche d'une terre. Jetant alors la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; à quelque distance, ils la jetèrent encore une fois et en trouvèrent quinze. Dans.la crainte que nous ne soyons peut-­être dressés sur des récifs, ils ont alors mouillé quatre ancres à l'arrière et souhaité vivement l'arrivée du jour. Mais, comme les marins, sous prétexte de s'embosser sur les ancres de l'avant, cherchaient â s'enfuir du bateau et mettaient le canot à la mer, Paul dit au centurion et aux soldats: "Si ces hommes ne restent pas à bord, vous, vous ne pouvez pas être sauvés". Les soldats ont alors coupé les filins du canot et l'ont laissé partir.

En attendant le jour, Paul engagea tout le monde â prendre de la nourriture: "C'est aujourd'hui le quatorzième jour que vous passez dans l'expectative, sans manger, et vous ne prenez rien encore. Je vous engage donc a reprendre de la nourriture, car il y va de votre salut. Encore une fois, aucun d'entre vous ne perdra un cheveu de sa tête". Sur ces mots, il prit du pain, rendit grâce à Dieu en présence de tous, le rompit et se mit à manger. Tous alors, reprenant courage, s'alimentèrent à leur tour. Au total, nous étions deux cent soixante-seize personnes à bord. Une fois rassasiés, on allégea le bateau en jetant le blé â la mer. Une fois le jour venu, les marins ne reconnaissaient pas la terre, mais ils distinguaient une baie avec une plage et ils avaient l'intention, si c' était possible, d'y échouer le bateau. Ils ont alors filé les ancres par le bout, les abandonnant à la mer, tandis qu'ils larguaient les avirons de queue; puis, hissant au vent la civadière, ils ont mis le cap sur la plage. Ils touchèrent un banc de sable et échouèrent le vaisseau; la proue, enfoncée, resta prise, tandis que la poupe était disloquée par les coups de mer.

Les soldats eurent alors l'idée de tuer les prisonniers, de peur qu'il ne s'en échappe à la nage. Mais le centurion, décidé à sauver Paul, les empêcha d'exécuter leur projet ; il ordonna à ceux qui savaient nager de sauter à l'eau les premiers et de gagner la terre. Les autres le feraient soit sur des planches soit sur des épaves du bateau. Et c'est ainsi que tous se sont retrouvés à terre, sains et saufs.

Une fois hors de danger, nous avons appris que l'île s’appelait Malte. Les autochtones nous ont témoigné une humanité peu ordinaire. Allumant en effet un grand feu, ils nous en ont tous fait approcher, car la pluie s'était mise a tomber et il faisait froid. Paul avait ramassé une brassée de bois mort et la jetait dans le feus lorsque la chaleur en fit sortir une vipère qui s' accrocha à sa main. A la vue de cet animal qui, pendait à sa main, les autochtones se disaient les uns aux autres: "Cet homme est certainement une assassin ; il a bien  échappé à la mer. mais la justice divine ne lui permet pas de vivre" Paul, en réalité secoua la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal-, Eux s'attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort ; mais, après une longue attente, ils constatèrent qu'il ne lui arrivait rien d'anormal, Changeant alors d'avis, ils répétaient: "C'est un Dieu ! ".

 

par delan publié dans : hauts grades
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Vendredi 6 mai 2005

Première partie

L’Aspirant, qui se trouve dans la salle de réception, est en habit de ville, mais découvert. Sur la tête et le visage, il porte un voile léger de couleur écarlate. Le Conducteur des Novices porte une robe noire avec un capuchon sur la tête, et après avoir saisi l’Aspirant par le bras gauche se rend près du portail qui mène du porche vers le temple sacré ; à cet instant les deux Hérauts se tiennent de chaque côté de l’entrée.

Conducteur des Novices : Je désire aller vers l’Autel de Dieu.

Le Premier Héraut, qui attend à l’entrée, dit :

Premier Héraut : Vers Dieu qui apporte la joie à nos cœurs.

L’entrée de l’Aspirant dans le temple sacré se fait selon l’ordre suivant :

                        Premier Héraut                                  Deuxième Héraut

                         Conducteur des Novices                     Aspirant

                                                             Porte-Flambeau

Cinq tours sont faits dans le temple sacré, dans le sens de la course du soleil, tandis que les fraters et les officiers sont debout et que l’hymne suivant est chanté :

Ode                                                                      

Avant que Dieu fut commença l’Univers, toute la matière reposait en un amas informe Et était envahie par un grand désordre, aucun rayon n’émanait de la lumière, Et l’obscurité régnait parmi cette confusion totale ; Puis Dieu apparut, ses éclairs déchirèrent le ciel, et il fit se dresser les éléments, Dans l’Air il accrocha en suspension le Monde et il étendit par-dessus les cieux azurés ; Des Etoiles dans le ciel assurèrent le mouvement, et au centre fut fixé le Soleil. Puis il constitua l’homme à partir de la poussière, lui donna une âme vivante, Soumit toutes choses à sa volonté, le fit maître de tout, Et pourtant l’homme se montra ingrat envers les cieux, et fut chassé de l’Eden. De là vinrent tous nos maux, et l’humanité ne put trouver la paix, Jusqu’à ce que les Rosicruciens paraissent et forment ici un nouvel Eden : Où la joie règne à jamais et l’innocence première règne à nouveau. Ici coulent des sources de cristal, ici rien de vil ne peut pénétrer, L’Arbre de la Connaissance pousse en ce lieu, nous en goûtons les fruits, ignorant le péché, Pendant qu’une douce amitié prévaut, et que les Anges gardiens nous protègent alentour. A la fin de l’ode, la procession s’arrête devant le Suffragant à l’Ouest :

Suffragant : Mon frère Conducteur des Novices, que souhaite cet Aspirant ?

Conducteur des Novices : Il désire aller de l’obscurité vers la pure lumière de la connaissance, afin d’apprendre les secrets et la Doctrine de la Nature, et apprendre à connaître les merveilleux principes par lesquels l’Univers est gouverné.

Suffragant : Mon frère, ton désir est louable, mais nous sommes des mortels comme toi ; pourquoi venir ici ?

Conducteur des Novices :  L’Aspirant considère en effet que beaucoup de grandes vertus sont pratiquées dans l’Ordre, et que les siècles ont enrichi l’héritage de vos connaissances. Il désire être admis.

Suffragant : Nous reconnaissons ta foi, mais devons te rappeler que le chemin vers la connaissance est long, et que la vie de l’homme est courte ; également, rappelle-toi bien que ce que le cœur souhaite ne s’accomplit pas toujours. Ne place pas trop d’espoir dans notre Ordre. Notre but est la vérité, notre désir d’être humble, notre étude d’être sage. Le Rose-Croix laisse au monde la richesse, les honneurs et le pouvoir, ainsi que le plaisir et la paresse à la brute. Nous nous consacrons seulement à ce qui pur et vertueux, et nous incitons chacun à chercher la sagesse. Nos objectifs sont l’entraide fraternelle et l’encouragement à résoudre le grand problème de la vie, l’a avancement des sciences, la propagation de la vérité et la diffusion de cette glorieuse affirmation « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté » (cette affirmation peut être psalmodiée). Mon frère, nous avons la preuve de ta foi, mais je demande que la preuve de ton zèle soit maintenant établie.

Conducteur des novices : L’Aspirant me demande de dire en son nom qu’il est vraiment ignorant de Dieu, de la Nature et de lui-même ; qu’il est entouré par les ténèbres et que son esprit est dans le doute ; que sa quête est juste et sincère. Il est de son désir ardent d’être admis.

Suffragant : Tu as parlé sagement. Un cœur courageux peut chercher tout ce qui est le plus pur. Le  zèle vers un but élevé est des plus louables, et grâce à cela la foi peut soulever des montagnes. Prépare-toi à subir les premières épreuves requises par notre Ordre.

Que l’Aspirant soit conduit vers le Portail de la Vie pour y subir les premières épreuves relatives aux secrets fondamentaux de la Nature et de la Vérité.

L’Aspirant, avec les assistants, se dirige vers le Nord, puis en direction du Sud vers le Premier Ancien, qui place une petite quantité de terre propre sur ses lèvres.

Premier Ancien : Et la voix du Premier Ancien se fit entendre qui disait « Ecoute bien, Aspirant. La Mort est le Portail de la Vie, n’aie pas peur de le franchir, car dans la poussière se trouve la semence d’Immortalité. »

Je te révèle le mot de passe, Immortalité.

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite sur son cœur. celui-ci est ensuite conduit vers le Sud, puis à nouveau par le Nord en face du Deuxième Ancien, qui agite deux ou trois fois un éventail afin que l’Aspirant puisse sentir le mouvement de l’air.

Deuxième Ancien : Et la voix du Deuxième Ancien se fit entendre qui disait « Regarde, l’Air que nous respirons est rempli de mystères ; mais l’amour de Dieu surpasse toutes choses, visibles ou invisibles, tandis que l’Espoir constitue l’héritage de l’homme sur la Terre. »

Je te révèle le mot de passe, Espoir.

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et, en tournant, vers le Sud devant le Troisième Ancien, qui l’asperge d’eau pure.

Troisième Ancien : Et la voix du Troisième Ancien se fit entendre qui disait « Approchons de la Maison de la sanctification avec des mains propres et un cœur pur, car notre Force réside dans la Toute-puissante Divinité. »

Je te révèle le mot de passe, Force.

Il est demandé à l’Aspirant de placer la main droite comme précédemment. Celui-ci est ensuite conduit vers le Nord et en tournant, vers le Sud, devant le Quatrième Ancien, qui fait ressentir à l’Aspirant la chaleur d’une flamme.

Quatrième Ancien : Et la voix du Quatrième Ancien se fit entendre qui disait « Entrons dans le Temple de la Perfection et ne reculons pas devant l’épreuve du Feu, car la colère de Celui qui est Saint ne consume que l’impie et l’impénitent. »

Je te révèle le mot de passe, Vertu.

Ces quatre mots de passe des Anciens forment l’aphorisme L’Immortel Espoir Force la Vertu, les initiales étant I :.E :.F :.V :.

L’Aspirant place la main sur son cœur lorsqu ’est prononcé le mot Vertu ; il s’incline quand il entend l’aphorisme I :.E :.F :.V :., qu’il est prié de répéter.

L’Aspirant continue vers le Nord avec ses compagnons, et toujours en tournant vers le Sud jusqu’à ce qu’il se trouve face à l’Officiant, mais du côté 0uest de l’autel.

Officiant : Mon frère, les épreuves par lesquelles tu es passé avec succès sont les premières, mais en elles se trouvent beaucoup de secrets, qui te seront transmis par la suite. Dans les temps anciens, la connaissance des choses les plus élevées n’était révélée qu’après une préparation spécifique de l’Aspirant, consistant en la purification par la Terre, l’Air, l’Eau et le Feu, et après que l’Aspirant ait montré des signes évidents de moralité, de vertu, prudence et zèle. Ayant progressé au mieux jusqu’ici, es-tu prêt à nous assurer de ta bonne foi par un

Serment de FidélitE

puisque des vœux ne sont pas exigés des membres de ce Degré.

Aspirant : Je suis prêt.

Officiant : Place ta main sur ton cœur. Affirmes-tu sur l’honneur que tu ne révéleras jamais le cérémonial Secret de notre Cercle Mystique à moins que le Mage Suprême ne t’y autorise, et même dans ce cas seulement en stricte conformité avec nos Règles et Ordonnances ?

Aspirant : Je l’affirme.

Officiant : Affirmes-tu sur l’honneur ne jamais t’intéresser ou entrer en relation avec un autre Collège Rosicrucien, si ce n’est celui dans lequel tu es maintenant admis, sans obtenir au préalable l’accord du Mage Suprême ?

Aspirant : Je l’affirme.

Officiant : Affirmes-tu sur l’honneur vouer spontanément obéissance à tes Officiers supérieurs en ce qui concerne les affaires en relation avec l’Ordre, et être prêt à assister et défendre tes frères de la Rose-Croix lorsque cela s’avérera nécessaire ?

Aspirant : Je l’affirme.

Officiant : Mes frères, acceptez-vous que l’Aspirant continue ?

Les frères croisent les bras sur la poitrine en signe d’approbation.

Officiant : Que l’Aspirant s’agenouille devant l’Autel. Mes frères, en tant que véritables rosicruciens, veuillez vous agenouiller devant Celui qui nous a donné naissance. Agenouillons-nous pour cette

PriEre

Nous implorons Ta bénédiction et Tes gracieux conseils, O Seigneur Dieu, Père Tout-Puissant, Créateur de la Lumière et de la Vérité, au nom de Ton serviteur, qui aspire à mieux Te connaître, ainsi que Tes œuvres merveilleuses, afin que Ta Gloire puisse être magnifiée. Promet de l’illuminer de la Lumière de Ta Sagesse ; purifie-le et sanctifie-le afin que, rendu digne de ce lieu où nous nous efforçons de Te comprendre et Te glorifier, il puisse être capable de partager un véritable Espoir, de justes conseils et profiter de Ta Sainte Doctrine. Amen.

Les frères forment maintenant, sans bruit, le Cercle Mystique autour de l’Autel et de l’Aspirant, qui est toujours agenouillé, pendant que le Suffragant lit ce qui suit :

Suffragant : « Au commencement était le Monde, et le Monde était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Il en était ainsi au commencement avec Dieu.

Toutes choses furent faites par Lui ; et sans Lui rien n’aurait été fait de ce qui fut fait.

En lui résidait la Vie, et la Vie constituait la Lumière pour les hommes.

Et la Lumière brillait dans l’obscurité et l’obscurité ne le comprenait pas. »

Le rideau à l’Est est tiré, dévoilant l’Adepte Principal devant une table couverte de blanc, sur laquelle brûlent 33 bougies ; devant se trouve un Autel (petit) avec de l’encens qui brûle ; et par-dessus est suspendue une Etoile à 5 branches (avec une pointe en haut). L’Aspirant est prié de se lever devant l’Autel sur lequel se trouve une Rose-Croix, avec les lettres I.N.R.I. au-dessus de la Rose, au moment où l’Officiant le lui indique, comme suit :

Officiant : Lève-toi, mon frère, et reçois la Lumière de notre Cercle Mystique.

Le Conducteur enlève le voile recouvrant l’Aspirant, tandis que les frères tapent trois fois des bras sur leur poitrine.

Adepte Principal : Que la Lumière du Seigneur soit avec toi !

Officiant : Et avec ton Esprit.

Vénéré frère, ayant retrouvé une vue plus parfaite, tu découvres devant toi l’Autel sur lequel se trouve la Rose posée sur la Croix, qui nous rappelle la vie sans tâches de Celui qui fut, comme nous le pensons, la Gloire Manifestée de Dieu. Regarde les initiales du Nom et du Titre Sacrés qui furent tracés en lettres de feu sur la Croix du Rédempteur. Conserve précieusement dans ton cœur le souvenir du Mot I.N.R.I., Jesus Nazarenus Rex Judaeorum. N’oublie pas que pendant 33 années il a travaillé sur terre dans la docilité et l’humilité, une période qui est représentée par les 33 luminaires à l’Est. La Rose, mon frère, se rapporte à la beauté et à la grandeur de Sa Résurrection des morts, et représente la gloire éternelle de la Rose de Sharon, Ego sum Rosae Sharonus, et Lilium Convallium. L’Etoile à 5 branches au-dessus de l’Est, symbolisée par les 5 périples que tu viens de faire autour de ce Lieu Secret, nous rappelle les 5 points de félicité qui sont : (1) accompagner nos frères, (2) intercéder pour eux, (3) les aimer, (4) les assister, et (5) prier  pour eux, de telle façon à leur être unis par le cœur et l’esprit. L’Encens, qui s’élève en volutes vers l’Etoile lumineuse, est un symbole de la prière qui conduit vers le Trône de Dieu. Ton passage devant les 4 Anciens lors d’une course serpentine comporte une allusion mystique, car tu étais à la recherche de la Sagesse. Puisses-tu être aussi sage qu’un Serpent. Dans ton apprentissage de la Sagesse, cherche à obéir à la Loi, car tous ses chemins apportent la paix.

Le Conducteur du Novice fait revêtir à l’Aspirant une robe cramoisie, pendant que l’Officiant dit :

Officiant : Reçois et revêt cette robe cramoisie en témoignage de ton courage, de ton zèle et du dévouement que tu as promis à l’Ordre Rosicrucien. Que l’Aspirant soit placé dans le Cercle Mystique et se joigne à nous pour répéter les initiales du Mot Mystique I.N.R.I.

Le Cercle Mystique est formé, auquel se joint l’Aspirant.

Officiant : Chers frères et fraters, je déclare le Cercle Mystique parfait et la Chaine d’Union terminée.

Les frères croisent les bras en se battant la poitrine. L’Aspirant est conduit à l’intérieur du Cercle et s’agenouille, tandis que l’Officiant, le Suffragant et les 4 Anciens posent leurs mains sur la tête de Aspirant ; l’Adepte Principal dit alors :

Adepte Principal : Nous t’acceptons, mon frère, en tant que Zélateur et un des « huit ». Tu peux te retirer du Porche de Réflexion, et quand tu souhaiteras y revenir, il te faudra placer ton nom sur un morceau de papier blanc sous forme de triangle, en y ajoutant les Initiales Mystiques qui se trouvent sur l’Autel, et le produire à l’Acolyte qui se tient à l’entrée.

L’Aspirant est mené vers l’entrée, et tous retournent à leur station sauf le Conducteur des Novices. Le Conducteur, dans la Chambre de préparation, indique à l’Aspirant que le fait, pour lui, de préparer le papier qui lui a été demandé, démontre une réflexion suffisante de sa part, et son désir véritable de recevoir une plus grande lumière.

Deuxième partie

Le temple est arrangé comme précédemment, sauf que 3 luminaires sont allumés sur la table à l’Est, et que la Rose-Croix a été déplacée de l’autel vers le centre de cette table. Le Conducteur est en noir, le Zelator en cramoisi. L’Aspirant et le Conducteur s’approchent de l’Acolyte près du porche, et montrent le papier triangulaire, d’où suit une batterie de 4 coups. Le Gardien des Cavernes ouvre la porte en vue de recevoir le papier et, se tournant vers le Suffragant, dit :

Gardien : Très Vénérable Suffragant, l’Elu désire être admis à nouveau dans le Cercle Mystique.

Suffragant : Demande-lui d’avancer selon la forme prescrite et de montrer le Signe Mystique.

 

Gardien : Avance vers moi selon la forme prescrite et montre le Geste Mystique d’admission.

L’Aspirant, comme cela lui a été prescrit à l’avance par le Conducteur, avance de 4 pas, mettant à chaque fois la main sur le cœur, et se courbe au dernier pas ; puis il remet au Gardien le document mystique. La porte est fermée et le Gardien poursuit :

Gardien : Très Vénérable Suffragant, j’ai reçu l’Aspirant selon le signe. Il a médité sur les préceptes préliminaires de notre Ordre, et implore humblement d’être réadmis.

Suffragant : Que désire-t-il ?

Gardien : Etre instruit.

Suffragant : Il l’a déjà été ; que cherche-t-il encore ?

Gardien : Une plus grande connaissance.

Suffragant : Fais-le entrer jusqu’au centre de ce Temple Sacré selon les 4 pas de Sagesse.

L’Aspirant fait les 4 pas lorsqu’il est près du centre du temple, plaçant à chaque fois la main sur le cœur et finalement en s’inclinant

Officiant : Mon frère, d’où viens-tu ?

Conducteur : D’une terre de pénombre, où les bénédictions de la connaissance pénètrent rarement.

Officiant : Où te tiens-tu en ce moment ?

Conducteur : Dans les profondeurs de la Terre, les bras étendus vers le Nord et vers le Sud.

L’Aspirant se tient tel un crucifié, ainsi qu’il lui a été demandé.

Et mon désir est d’approcher l’Est radieux et de me réjouir dans la Lumière parfaite.

Officiant : Tu as reçu une bonne inspiration, mon frère. J’approuve ton zèle et t’en félicite, mais ton progrès vers le but de la Vérité doit être lent et progressif car les mystères de la Nature ne peuvent être dévoilés à tous ceux qui recherchent son Sanctuaire, mais uniquement à ceux qui ont une véritable foi et aux humbles, bien que zélés en esprit.

Je vais maintenant te révéler les modes de reconnaissance concernant ce degré de Zelator.

Signe

L’Ancien signe du Rosicrucien consiste de la façon suivante : main D :. sur le cœur, et main G :. sur celle-ci se croisant à hauteur des poignets. Le signe de Croix correspond au mot LVX (lux) car il reproduit en même temps les 3 lettres dont LVX est composé.

Geste et mot de Passe

Bras D :. sur la poitrine. L’antagoniste forme une croix avec son bras G :. Le mot LVX (qui signifie « Lumière ») n’est pas murmuré, mais tracé avec les doigts.

Mot Sacré I :.N :.R :.I :. représente le Soleil Eternel, la véritable Lumière du Monde, et la Gloire du Père.

Batterie Cinq (·-·-·-·-·)

Tu vas maintenant te rendre vers le Suffragant à l’Ouest, et écouter attentivement le récit historique de notre Ordre. Puis tu reviendras vers moi pour l’instruction finale.

L’Aspirant est mené vers le Suffragant qui le fait asseoir.

Suffragant : En t’instruisant dans notre présent système d’Ethique et de Métaphysique générale, nous adhérons pleinement aux anciens Mythes et Légendes concernant la Société Rosicrucienne, et par conséquent nous t’introduisons aux règles, usages et façons de vivre de ces Philosophes, ainsi qu’à la disposition de leur Lieu de Vie, car ceci est essentiel en ce moment pour que tu puisses pleinement apprécier ce dont il s’agit. Ecoute !

Récit historique

Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains. Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et Quatrièmemnt, la découverte de l’Elixir Vitae.

Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution.

Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche.

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant.

L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle.

La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux.

La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit.

Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité. Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré. Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

Batterie de trois, afin que tous se lèvent.

Sois prêt à dire, comme les martyrs d’autrefois, Ab Ben veRouah haCodesh, « Père, Fils, Saint-Esprit » - A Toi toute la Gloire.

Le Porte-Flambeau se dirige vers l’Aspirant et, après avoir placé une bougie allumée dans sa main, lui demande de l’éteindre dans un récipient de sel (près de l’Est), en disant :

Porte-Flambeau : Comme la lumière de cette bougie, ainsi ta flamme viendra à s’éteindre si tu venais à manquer au serment que tu as fait envers nous.  En disant cela, il place le papier triangulaire mystique avec le nom de l’Aspirant et les Initiales Sacrées dans les flammes du Luminaire central à l’Est, puis conduit l’Aspirant vers l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par delan publié dans : hauts grades
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Vendredi 6 mai 2005

I. - ORIGINES.

1. - L'écossisme.

a ) Le grade de Maître Ecossais de Saint-André ( Rite Ecossais Rectifié ), sous ce nom et sous ceux d' Ecossais et de Maître Ecossais >) qui le désignent aussi, ainsi que le grade de Mâître Parfait de Saint-André qui le dédouble parfois et celui d'Ecossais Vert auquel il a succédé, appartiennent à la famille des grades dits écossais. Famille immense et turbulente, où les avortons, les mort-nés et les stériles abondent, mais dont plusieurs dizaines de membres ont survécu, avec des fortunes diverses, certains s'illustrant; tous issus, sur le continent. du Scotch Mason attesté à Londres en 1733 ( où il engendrera le Royal Arch ) et débarqué en France à la fin de 1743. ( Leur floraison anarchique ne commencera pas avant 1760. )

b ) La documentation se trouve principalement à la bibliothèque municipale de Lyon ( fonds Willermoz ); parmi les nombreux compléments qui nous sont parvenus, citons ceux que conserve la bibliothèque du Grand Orient à La Haye. Très généralement, Cf les bibliographies du Rite Ecossais Rectifié établies par Robert Amadou ( Bibliographie du Rite Ecossais Rectifié , hors commerce ) et Jean Saunier ( Eléments de bibliographie , Le Symbolisme, octobre-décembre 1968, pp. 56-68 ) et surtout la bibliographie à paraître que ces deux auteurs ont compilée er. collaboration. Dès maintenant, il faut signaler, d'un intérêt exceptionnel, par Jean Saunier, Introduction à l'hude du grade de Mâître Ecossais de SaintAndré )) ( J. Saunier et B. Guillermain, Rite Ecossais Rectifié..., [ Paris ]. Chancellerie de l'Ordre ~ 1971 ], pp. 9-55 ). La fervente étude de Charles Montchal, Loge de Saint-André... Origine, histoire, rituels, symboles, Genève, imp. d'Albert Kundig, 1913, tirée à 100 ex. h.c., procure maint renseignement et surtout mainte réflexion utile, mais la critique historique doit s y appliquer.

c ) Le thème général, commun à la plupart de ces grades et où des thèmes adventices furent rattachés avec plus ou moins d'adresse, est celui de la destruction du premier Temple et de sa reconstruction, de l'exil à Babylone et du retour sous Cyrus.

d ) Dans le labyrinthe signalons une fausse piste: I'Ecossais de Saint-André d'Ecosse composé par le baron de Tschoudy en 1765 appartient à la famille écossaise, mais il ne possède pas de rappon direct avec le grade en question.

e ) Autre erreur à dénoncer: les liens déclarés de l'Ecossais Vert et du Maître Ecossais de Saint-André avec l'Ordre de Saint-André du Chardon, où Robert Bruce, en Ecosse géographique cette fois, aurait admis des Templiers réfugiés et, particulièrement, avec la résurgence stuardiste de cet Ordre, peuvent revêtir un fort beau symbolisme, mais ils manquent de fondement historique.

2. - La Stricte Observance Templiere.

La Stricte Observance Templière possédait au moins deux grades écossais. L'un d'eux, I'Ecossais Vert, constituait le quatrième grade et ouvrait le deuxième degré des grades du système; il appartenait donc à l'Ordre intérieur, tandis que les trois premiers grades, constituant le premier degré , étaient les grades symboliques qu'on dirait anglais ~>. ( Un rituel de ce grade a été publié par Ostabat, Le Symbolisme , juillet-octobre 1971, pp. 226-244. )

La présence de grades écossais dans la Stricte Observance Templière répondrait, selon Alice Joly, à un compromis entre les usages des loges allemandes tels que les avait modifiés l'admission dans l'Ordre des Chevaliers Templiers de Starck et Raven, et ceux des Frères de Strasbourg, attachés à cultiver les Hauts Grades français .

3. - La réforme lyonnaise.

a ) En tout état de cause, la présence de l'Ecossais Vert, guère templariste en effet, étonna les Frères Iyonnais.
En août 1774, ils demandèrent à Weiler, qui venait les rectifer en leur apportant la Stricte Observance Templière, si l'Ecossais Vert relevait bien de l'Ordre intérieur. La réponse fut confirmative.

b ) Au mois de mars 1777, Lut7elbourg proposait que le grade fût ôté de l'Ordre intérieur pour venir couronner le premier degré . Le 28 mars 1777, le Chapitre de Lyon y fit droit; il pratiquera désormais quatre grades symboliques: Apprenti, Compagnon, Mâître et Ecossais Vert.
Le 25 avril de la même année, le Grand Directoire d'Auvergne déférant aux intentions du Sérénissime Frère Grand Supérieur de l'Ordre, notifiées par le Très Révérend Frère de l'Arc, Commissaire Général, le 4 avril et à l'invitation du Très Révérend ~rand Chapitre Provincial de Bourgogne d'adhérer à sa délibération du 18 mars dernier, et vue la cessation des motifs qui ont empêché jusqu'à présent les provinces de France de s'assimiler à celles d'Allemagne et autres de l'Ordre concernant le grade d'Ecossais Vert, a confirmé unanimement ses délibérations précédentes faites en Directoire Ecossais et notamment celle du 28 mars à ce sujet.

En conséquence, il a arrêté qu'à compter de ce jour le grade d'Ecossais Vert serait rendu ostensible dans toutes les loges réunies du district sous la simple dénomination d'Ecossais ainsi que le tablier, ruban et bijou affectés à ce grade; qu'il serait joint aux trois premiers grades et ferait le complément de la maçonnerie symbolique; que néanmoins il ne serait jamais conféré que par le Directoire ou avec sa permission par écrit aux Frères de son district, ou a~ec la permission par écrit de celui auquel ils appartiendront, en se corformant à la délibération et aux règlements qui y sont joints, détaillés dans le protocole de ce jour aux registres du Directoire Ecossais séant à Lyon, dont copie sera envoyée au T.R.F. de l'Arc ainsi que du tableau ostensible des membres du Directoire qui suit ladite délibération . ( Registre des délibérations du Grand Directoire, B.M. Lyon mss 5 481, p. 8 ).

c ) Lors de la 8e séance du Convent des Gaules, le 5 décembre 1778, Willermoz ayant fait savoir combien le grade d'Ecossais Vert, moitié symbolique, moitié appartenant à l'Ordre intérieur, avait été juqu'ici peu satisfaisant, le Convent, en le détachant des Hauts Grades, le déclara quatrième grade symbolique et a approuvé le plan de réforme proposé par ce Frère, qui a été exhorté à le rédiger sur cet aperçu, et à présenter son travail, lors de la rectification des grades symboliques.

En conséquence de quoi, I'Ecossais ( Vert ) fut rebaptisé et, déplacé, son rituel fut modifié et le Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées de France, de 1778, édicta au Chapitre X: La maçonnerie rectifiée ne reconnait que quatre grades, savoir: ceux d'Apprenti, de Compagnon, de Maître et de Maître Ecossais. Tous les autres grades, sous quelque dénomination qu'ils soient connus, principalement toute espèce d'élu, de chevalier KS [ sc. Kadosch ] et des grades qui leur ressemblent, sont expressément défendus dans toutes les loges réunies, sous les peines les plus graves, comme dangereux et contraires au but et à l'esprit de la FrancMaçonnerie.

4. - A Wilhelmsbad.

Ce point, comme tant d'autres, fut entériné au niveau du Régime par le Convent de Wilhelmsbad en 1782, dont le recès porte, chapitre IV: Et comme dans presque tous les Régimes, il se trouve une classe écossaise, dont les rituels contiennent le complément des symboles maçonniques, nous avons jugé utile [sur son exemplaire imprimé, conservé à la B.M. de Lyon, Willermoz a porté ici la correction manuscrite: ou nécessaire ] d'en conserver une dans la nôtre, intermédiaire entre l'Ordre symbolique et intérieur; avons approuvé les matériaux fournis par le comité des rituels et chargé le R $ F $ ab Eremo ( Willermoz ) . [ W. a d'abord ajouté après ce dernier mot: aîné, puis il a biffé son titre, son nom d'Ordre et son patronyme et écrit en place: I'un de ses membres ] d'en faire rédaction. ( Ex. imprimé, annoté à la main par Willermoz, B.M. Lyon, mss 5 458, pièce 2bis, p. 5 ).

Willermoz ne faillit point à la tâche.

II. - ORGANISATION.

1. - Ainsi le Maître Ecossais de Saint-André, qui s'appela d'abord Maître Ecossais sans autre, est, dans le Rite Ecossais Rectifié, et n'importe ses origines et ses apparentements historiques, un grade symbolique ( puisqu'il est maçonnique stricto sensu ); mais un grade vert et non pas bleu . Il complète, parfait le grade de Maître Maçon ( à l'instar du Royal Arch sur une branche collatérale du Scotch Mason ancestral ).

2. - Entre la Maîtrise et la réception du quatrième grade, un délai d'un an est requis. Le Maître Maçon qui souhaite, toutes conditions étant remplies d'ailleurs, accéder au dit grade, en fera la demande au Député-Maître de la Loge Ecossaise.

3. - Les marques distinctives des Maîtres Ecossais sont: ler un Tablier de peau blanche, coupé en carré, long en travers, ainsi que la bavette, qui sera doublée de taffetas vert, la bavette rebordée couleur de feu; 2è un cordon vert à gros grains moiré de la largeur de deux pouces et demi, avec une rebordure de trois lignes en couleur de feu, sur le bord extérieur seulement, avec une petite rosette aussi couleur de feu au bas; 3è le bijou du grade en vermeil, qui sera suspendu sur la poitrine par le cordon passé au col en sautoir, et qui y sera attaché par un petit ruban couleur de feu. Ce bijou sera une étoile flamboyante à six pointes, formant un double Triangle avec le lettre H au milieu entre le Compas et l'Equerre sur un fond en couleur de feu. Cette étoile sera entourée d'un cercle surmonté d'une couronne. ( Code ... de 1778, Article X. Sur son exemplaire imprimé, Willermoz avait note en marge: Ce bijou sera changé dans le nouveau rituel du quatrième grade. B.M. Lyon mss 5 458, pièce 2 ).


4. - La Loge Saint-André n'est point permanente ni délibérante; elle n'a point de caisse propre à elle, elle n'existe que temporairement et seulement pour des cas de réception, de scrutin et d'instruction de nouveaux reçus. Elle est placée sous la dépendance d'une Préfecture ( c'està-dire de l'Ordre intérieur ) ou d'une Commanderie désignée par le Directoire, ou sous la dépendance immédiate de celui-ci ( c'est-à-dire, d'une façon ou d'une autre, sous la dépendance de l'Ordre intérieur ).
Le Député-Mâître est un dignitaire inamovible de l'Ordre nommé par la Grande Loge Ecossaise dont il reçoit ses provisions et instructions.

5. - Au Rite Ecossais Rectifié, le conseil d'administration de la loge n'est pas constitué par le Collège des Officiers mais par le Comité Ecossais, c'est-à-dire l'ensemble des Maitres Ecossais de la loge, qu'ils en soient ou n'en soient pas officiers, siégeant sous la présidence du Vénérable Mâître, lequel doit obligatoirement être Maître Ecossais.


III. - RlTUELS.


1. - Au Convent des Gaules.

a ) En 1778, affirmera Willermoz, trois ans plus tard, ( lettre à Charles de Hesse-Cassel, du 12 octobre 1781 ), on jugea qu'il conviendrait de conserver dans le quatrieme grade les principaux traits caractéristiques des divers écossismes de la Maçonnerie française pour servir un jour de point de rapprochement avec elle. Et il est vrai que le thème commun aux grades écossais sous son aspect particulier d' exploration des ruines du Temple par les Croisés Ecossais portant l'épée d'une main et la truelle de l'autre ( Le Forestier ), ce thème ainsi particularisé s'y retrouve. La juxtaposition de la truelle et de l'épée correspond parfaitement à un grade qui annonce le passage de la Maçonnerie symbolique ( par définition ) à l'Ordre intérieur, à l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte proprement dit ( quoique la Maçonnerie symbolique, à quatre grades, et les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte constituent ensemble le Rite Ecossais Rectifié, la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée au sens large ).
Le mot sacré et le mot de passe restèrent ceux de l'Ecossais Vert. Ils le sont encore.

b ) - Le Convent des Gaules dans sa 17è séance, le 9 décembre 1778, approuva le rituel et les instructions des grades symboliques de Compagnon, de Maître et de Maître Ecossais, dont Willermoz avait fait lecture.

2. - Au Convent de Wilhelmsbad.

Au Convent de Wilhelmsbad, Willermoz présenta l'esquisse d'une autre version qui fut adoptée, le 26 août 1782, en même temps que le texte des trois premiers grades.

3. - Après Wilbelmsbad.

a ) Le reste de l'histoire a été racontée par Willermoz lui-même dans sa lettre du 10 septembre 1810 au prince Charles de Hesse-Cassel. L'affaire a été si embrouillée et elle importe tant, que mieux vaut en citer tout du long les fragments pertinents. ( Cette lettre a été publiée in extenso ap. Steel-Maret, ps. Bouchet et Boccard, Archives secrètes de la Franc-Maçonnerie. Collège métropolitain de France à Lyon. IIè province dite d'Auvergne 1765-1852, Lyon, Librairie de la Préfecture, 1893, pp. 3-15; rééd. augmentée, par Amadou et Saunier, à paraitre ).

A Wilhelmsbad, les bases du 4è grade furent aussi arrêtées, et Votre Altesse me confia personnellement les instructions et l'esquisse du tableau figurant la nouvelle Jérusalem et la Montagne de Sion surmontée de l'Agneau triomphant, le tout écrit de sa propre main et adopté par le Convent pour me diriger dans cette partie du travail. Les rituels français de Novices et de Chevaliers furent aussi pris pour base de la révision de cette classe.
Cette Commission [ sc. Ia Commission spéciale pour la rédaction des rituels prise dans le sein de l'Assemblée parmi les Frères d'Auvergne et de Bourgogne ] divisée en deux sections à cent lieues de distance l'une de l'autre, reconnut dès la première année de 1783 que les communications par correspondance de chaque parcelle du travail prolongeraient son ensemble pour bien des années, on chercha donc les moyens de parer à cet inconvénient. Les Frères de Bourgogne pleins de confiance envers ceux d'Auvergne, qui offraient à Lyon un plus grand nombre d'hommes capables qu'à Strasbourg, engagèrent ceux-ci à se charger de l'ensemble de l'ouvrage; sauf la communication à leur donner de chaque partie avant qu'elle Mt définitivement arrêtée; c'est sur ce plan que tout le travail fut exécuté [...]
Quoi qu'il en soit, après la révision des trois premiers grades symboliques il paraissait convenable de faire du 4è, ce qui aurait complété cette classe et en aurait accéléré la publication.
Mais la Commission se rappelant que le Convent avait considéré ce 4è comme intermédiaire entre le symbolique et l'intérieur, comme le complément du premier et préparatoire au second, enfin comme le point de liaison des deux classes, crut devoir en suspendre la révision, et faire auparavent celles des deux rituels de noviciat et de chevalerie; ces derniers n'exigeant point un travail ni long, ni difficile et n'ayant plus besoin que d'être perfectionnés. Ceux-ci étant finis, la commission entreprit le travail du 4è dans les vues qui avaient été apportées de Wilhelmsbad, elle s'en occupa longtemps avec une grande attention, sentant toute l'importance du travail qui lui était confié. Il était très avancé et presque fini lorsque les états généraux de France furent convoqués. Plusieurs membres de cette commission jouissant d'une réputation distinguée, et appartenant aux trois Ordres politiques, furent élus pour se rendre à cette assemblée; leur départ faisant un grand vide dans la commission, fit suspendre le travail jusqu'à un temps plus favorable pour le reprendre et ce temps n'est plus revenu. Elle remit entre mes mains tout ce qu'elle avait fait ainsi que tous les renseignements, instructions et tableaux qui avaient été fournis par le Convent et par Votre Altesse, et j'en suis resté constamment dépositaire jusqu'à ce jour.
Les provinces informées que l'ouvrage était très avancé et qu'il laissait une grande lacune dans la rectification générale qui avait été annoncée, ne cessèrent de réclamer la confection et l'envoi de ce 4è, mais il ne fut pas possible de les satisfaire; car la divergence des opinions politiques ne tarda pas bien longtemps à diviser partout les esprits. Celui de discorde vint bientôt souffler son poison dans les loges comme partout ailleurs; celles du régime rectifié, plus fermes dans les principes, résistèrent plus longtemps que les autres, mais furent ensuite entrâînées par le torrent. Les Frères Grands Profès disséminés çà et là réunirent leurs forces, soutinrent courageusement les chocs et firent tête à l'orage le plus longtemps qu'il fut possible; mais à leur tour, ils furent accablés.[...]
J'ai annoncé plus haut à Votre Altesse que le travail de rédaction presque fini au 4è grade de Mâître Ecossais, avait été forcément suspendu en 1789; que la Commission qui en avait été chargée avait remis alors entre mes mains, en se séparant, tout ce qui était nécessaire pour l'achever, et que cette lacune dans la totalité de la révision générale avait donné lieu à beaucoup d'instances faites de tous côtés, que je n'avais pu satisfaire, n'osant prendre sur moi seul de compléter ce travail. Vingt années se sont écoulées en cet état; mais l'année dernière après la grande maladie que j'essuyai, me voyant rester seul de tous ceux qui avaient participé à cet ouvrage, effrayé du danger que je venais de courir et sentant vivement toutes les conséquences fâcheuses qui en résulteraient si cette lacune dans le Régime Rectifié n'était pas remplie avant ma mort, j'osai entreprendre de le faire. Il ne restait qu'à lier les différentes parties du rituel et à mettre la dernière main aux explications des tableaux et aux instructions de ce grade. Ce rituel a été publié dans les loges réunies de France vers la fin de 1809; et il a été accueilli partout avec la plus grande satisfaction; je regrette seulement que le défaut de copistes ne m'ait pas permis de le communiquer encore à tous les établissements maçonniques qui le demandent.

b ) En outre, des versions provisoires furent mises en circulation, dès après le Convent de Wilhelmsbad et ainsi se rencontre un rituel de 1784-1785, dit de 1785.

c ) La liste des principaux rituels connus du Mâître Ecossais de Saint-André s'établit donc comme suit:

- Rituel du Convent des Gaules ( 1778 ); grade de Mâître Ecossais, trois tableaux seulement ( Saint-André est absent du titre comme du rituel où, postérieurement, il figurera sur un quatrième tableau ).

- Rituels postérieurs à Wilhelmsbad: I'un de 1785, I'autre, version révisée de celui-ci, de 1809-1810, tous deux ne comportant qu'un grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André ( je souligne ) et quatre tableaux ( Saint-André apparaît et apporte le baptême, la confirmation et l'homélie...).

- Rituel du Grand Orient de France ( 1911 ): encore un seul grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André; le quatrième tableau devient un tapis d'Ordre et après la christianisation, c'est la déchristianisation.

- Rituel de Genève ( 1893-1894 ): le 29 novembre 1893, il dédouble le grade de Mâître Ecossais de Saint-André et Mâître Parfait de Saint-André; quatre tableaux; le texte de l'instruction est altéré. Les deux grades se donnent en deux parties. Celles-ci constituèrent de 1894 à 1899 deux cérémonies distinctes. Depuis 1899, elles se succèdent au cours d'une seule cérémonie.

- Rituel de Zurich: comme les rituels d'Allemagne, il n'a qu'un seul grade, celui de Maître Ecossais de Saint-André, avec les quatres tableaux: c'est le rituel de Wilhelmsbad.


- Rituel du Grand Prieuré des Gaules, préparé sous la direction de Camille Savoire en 1935; comprend deux grades: Maître Ecossais et Maître de Saint-André, qui sont conférés au cours d'une seule cérémonie.

A quoi l'on joindra, pour mémoire, des rédactions intermédiaires.
On doit considérer comme définitif, ce semble, le rituel de 1809-1810 et de le désigner ainsi que "le rituel de Wilhelmsbad" ( un exemplaire en est conservé à la B.M. de Lyon, ms. 5 922.

IV. - DOCTRINE.

Le sens rituel est clair, il signifie le passage de l'ancienne loi à la nouvelle loi, de l'Ancien Testament au Nouveau, il prépare au passage des symboles à la réalité, de la Maçonnerie ( symbolique ) à l'Ordre intérieur qui est un Ordre équestre. Il est écossais et prétemplier, je veux dire précurseur du templarisme de l'Ecuyer Novice ( certain côté de l'écossisme coïncidant avec ce deuxième caractère ).
Aussi, pour commencer, le candidat, dans la chambre de préparation, est placé en face d'une Bible ouverte aux chaptires 40 et 41 d'Ezéchiel et des neuf maximes qui lui ont été données, trois par trois, lorsqu'il fut reçu aux grades d'Apprenti, de Compagnon et de Maûtre. Voici ces maximes:

1. L'homme est l'image immortelle de Dieu, mais qui pourra reconnaître la beauté de cette image, si l'homme la défigure lui-même ?

2. Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses Frères, est indigne de l'estime et de l'amitié des Maçons.

3. Le Maçon dont le coeur ne s'ouvre pas aux besoins et aux malheurs des autres est un monstre dans la société de ses Frères.

4. L'amour de l'argent, lorsqu'il s'empare de l'homme, dessèche son coeur et fait tarir en lui la source des plus nobles aspirations. La satisfaction de nos besoins et de nos appétits matériels serait-elle l'unique but de notre travail ici-bas ? L'insensé voyage toute sa vie sans savoir où il va et d'où il vient, ni ce qu'il doit faire. Mais le sage se rend compte de tous ses pas parce qu'il en connaît l'importance et le but.

5. L'homme est naturellement bon, juste et compatissant. Pourquoi est-il souvent en contradiction avec lui-même ? Cherchez sérieusement la cause. Elle est importante à discerner.

6. L'égoïsme est comme la rouille, elle détruit ce qu'il y a de plus beau et de plus pur dans le coeur de l'homme.

7. Celui qui voyage en terre étrangère n'est jamais plus près de s'égarer que lorsqu'il renvoie son guide, croyant savoir son chemin.

8. Heureux celui qui, s'étant bien étudié lui-meme,a pu connâître ses défauts, apercevoir son ignorance et sentir qu'il a besoin de secours, car il a déjà fait son premier pas vers la lumière.

9. Chercher avec un coeur droit, demander avec résignation et discernement, frapper avec confiance et persévérance, c'est la science du sage.

L'on avertit le condidat que le grade qu'il va recevoir lui apprendra, mais encore caché sous des symboles, le vrai but de l'Ordre.
Le rituel de la réception même retrace et met en action toutes les grandes époques survenues au Temple de Salomon, après qu'il eut été construit. Le personnage d'Hiram n'est jamais perdu de vue. Ces objets sont figurés par quatre tableaux dont le dernier, qui n'existait pas en 1778, représente le passage mentionné plus haut de la loi ancienne à la loi nouvelle; le grade a été christianisé afin de correspondre à sa situation et de s'accorder à la vocation du Rite Ecossais Rectifié tout entier.

L'ancienne instruction du grade ne laisse place à aucune ambiguïté:

 »L'Ordre vous montre aujourd'hui, sans mystère, quoiqu'encore sous le voile léger d'une allégorie, qui s'explique bien facilement, le but et le terme général des ses travaux. Tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans nos loges, a eu pour base unique l'Ancien Testament et pour type général le Temple célèbre de Salomon, à Jérusalem, qui fut et sera toujours un emblème universel. Mais, ici, vous voyez une enceinte de muraille percée de douze portes, telle que l'enceinte de la Nouvelle Jérusalem est décrite par saint Jean l'Evangéliste. Vous voyez au milieu de cette enceinte la montagne de la Nouvelle Sion et sur le sommet l'Agneau de Dieu triompha, avec l'étendard de la Toute-Puissance, qu'il a acquise par son immolation volontaire et réparatrice, Ce tableau figure pour les Maçons le passage de l'Ancienne Loi, qui a cessé, à la Nouvelle Loi, apportée aux hommes par le Christ et qu'il a volontairement scellée de Son Sang, pour la rendre à jamais ineffaçable et universelle.

La Croix de Saint-André, que vous voyez au bas du même tableau, figure aussi le passage maçonnique de l'Ancien au Nouveau Testament, confirmé par l'Apôtre Saint André qui, d'abord disciple de Saint Jean-Baptiste, né et prêchant sous l'ancienne Loi, pour préparer les coeurs à la Nouvelle, abandonna son premier mâître, pour suivre, sans partage, Jésus Christ, et scella ensuite de son sang son Amour et sa Foi pour son Vrai Mâître. C'est cette circonstance particulière qui a fait adopter, pour ce grade, dans l'intérieur de nos Loges, la dénomination de Maître Ecossais de Saint-André.

C'est pourquoi, depuis bien des siècles, depuis l'époque incertaine où les anciens initiés du Temple de Jérusalem, ayant été éclairés par la lumière de l'Evangile, purent avec son secours perfectionner leurs connaissances et leurs travaux, tous les engagements maçonniques~ dans toutes les parties du monde où l'Institution s'est successivement répandue, sont contractés sur l'Evangile et spécialement sur le premier chapitre de celui de Saint Jean, dans lequel le disciple bien-aimé a établi, avec tant de sublimité, la Divinié du Verbe Incarné. C'est sur ce Livre Saint que, depuis votre premier pas dans l'Ordre, vous avez contracté tous les vôtres. » 

( Ap. Jean Saunier, ~< Le caractère chrétien de la Ma$onnerie Ecossaise Rectifiée au XVIIIè siècle )), Le Symbolisme, octobre-décembre 1968, pp. 27-28 ).

Le bijou du grade récapitule cette leçon.

La devise, sur quoi la cérémonie s'achève à peu près, confirme que bientôt, c'est-à-dire dans l'Ordre intérieur, se lèvera le voile des symboles; Meliora praesumo, ( Ce qui, en 1778, signifiait certainement aussi, dans l'esprit de Willermoz qu'il y avait mieux à trouver dans le Rite Ecossais Rectifié que le projet insensé de restaurer l'Ordre du Temple. )

V. - PROBLEMES.

1. - Le caractère chrétien.

Le caractère chrétien du grade, et de la Maçonnerie Rectifié en général, n'a pas été sans soulever des difficultés. On s'est interrogé sur la manière de concilier cette exigence avec la tolérance andersonienne.

a ) Le rituel de 1785 déclare: Oui, mon Frère, I'Ordre est chrétien; il est le point de ralliement de toutes les confessions chrétiennes; ses instructions découlent de celles du Christ, et il conduit à la foi en ce divin Maître.
1809 prend quelques précautions: Oui, I'Ordre est chrétien; il doit l'être, et il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des hommes bien disposés à le devenir de bonne foi, à profiter des conseils fraternels par lesquels il peut les conduire à ce terme.
Genève marque un retrait ( ou un progrès ? ) plus accusé: Oui, mon Frère, I'Ordre est chrétien, mais dans le sens le plus large et le plus élevé. Il regarde comme tels et cherche à rallier à ses travaux tous ceux, quelles que soient leur confession et leur croyance, qui travaillent sans arrière-pensée à la réalisation de la formule chrétienne: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes.
Une autre version parle encore du plus pur esprit du christianisme primitif . C'est ambigu et moderne.
L'interprétation du caractère chrétien de l'Ordre templier ( selon une désignation officieuse du Rite Ecossais Rectifié ) va, comme on voit, de ce que j'oserais appeler la Stricte Observance ( Cf l'article de Jean Saunier, Le caractère chrétien de la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée au XVIIIe siècle , art. cit. ), à une late >) Observance.

b ) Une déclaration solonnelle de 1970 sera citée ici car elle est exemplaire:

Le Grand Chapitre du Grand Prieuré des Gaules dit à nouveau sa fidélité aux traditions conjointes de l'Ordre maçonnique et aux principes propres au Rite Rectifié.
Considère que ce dernier possède dans son patrimoine un appel à la tradition chrétienne et à l'exploration de son ésotérisme qu'expriment entre autres le texte des prières et la prestation de serment sur l'Evangile de Saint Jean.
Déclare ces formes intangibles.
Dit que tous ceux qui, libres et de bonnes moeurs , voudraient appartenir au Rite doivent s'y soumettre. Nécessaires, elles sont suffisantes à constater les engagements. Les justifications d'un autre Ordre ayant trait à l'état civil ou à l'apport confessionnel ne sauraient leur être substituées.

c ) Mais il est absurde d'avoir en certains rituels corrigé le texte de la deuxième maxime au grade de Compagnon, reprise à celui de Mâître Ecossais de Saint-André: Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses Frères... en Celui qui rougit de la vertu de ses Frères... !
( Le problème soulevé par l'affirmation du caractère chrétien du R.E.R. se pose de même au niveau des trois premiers grades symboliques, dits bleus - le quatrième est un grade symbolique, dit vert. Cf. Jean Granger, "Le Rite Ecossais Rectifié", ap. La Formation des maçons, Cahier N 1, Grande Loge Nationale Française, province de Rouvray, avril 1976, pp. 1-20.)

 


2. - Administration.

Un problème d'Ordre administratif et non plus doctrinal, mais également lié à la nature particulière et, corollairement, à la structure particulière du Rite Ecossais Rectifié, tient à l'administration des Loges de Saint-André.

a ) D'une part le Régime Ecossais Rectifié en tant que tel n'existe plus. La structure très cohérente de l'Ordre a été brisée, à commencer par l'abolition de la Grande Maîtrise générale qui garantissait le caractère international de l'Ordre.

D'autre part, la Maçonnerie Rectifiée a refusé l'isolement, fut-il splendide. Des nécessités sociales non moins que la volonté de respecter ce Landmark de la Maçonnerie universelle, selon lequel les Loges symboliques doivent être autonomes et non point être soumises au gouvernement d'une institution maçonnique différente et réputée supérieure, mais aussi le désir de conserver au quatrième grade son originalité essentielle ont fait avancer plusieurs solutions propres à assurer l'organisation et la direction des Loges Ecossaises. Leur principe commun résulte d'un compromis: les loges écossaises ne relèvent pas de l'Ordre intérieur, mais elles ne dépendent pas non plus de la Grande Loge ( où les Loges bleues du Rite Ecossais Rectifie se sont groupées afin de suivre le même Landmark ).

b ) D'où un Grand Collège Ecossais Rectifié, à la Grande Loge Nationale Française-Opéra, un Directoire des Loges Ecossaises autonomes des Gaules à la Loge Nationale Française, etc.
A la Grande Loge Nationale française et à la Grande Loge suisse Alpina aussi des solutions ont dû être ménagées que Jean Baylot parvient à résumer en ce peu de lignes: La Loge de Saint-André est, en droit règlementaire, la Loge de Saint-Jean siégeant en Maître de Saint-André. Pour des raisons touchant aux relations internationales, nous avons à nouveau inclus dans notre organisation priorale ces Loges de Saint-André qui furent pour un temps, plus directement rattachées à la Maçonnerie bleue, sous la conduite d'un Directoire specialisé. Une évolution séculaire, commandée par la recherche de l'unité des grades symboliques dans la Grande Loge Alpina et par les exigences de la vie en commun avec le Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté, avait conduit nos Frères suisses à l'intégration des Loges de Saint-André dans leur Prieuré. Nos relations sont plus aisées avec des structures comparables.

Voilà pourquoi, en 1965, par un nouveau traité daté du 21 octobre, conclu avec la Grande Loge Nationale Française, nous avons repris la direction complète des Loges de Saint-André. L'histoire et la tradition s'assurent parfois des revanches. Il s'est dessiné l'an dernier, dans la Préfecture de Neustrie, une tendance de certaines loges travaillant au Rite Rectifié à former une Loge de Saint-André sous le titre de la Loge de Saint-Jean, travaillant et recrutant dans cette dernière, suivant les dispositions du Code de Lyon de 1778. Il n'y avait aucune contradiction à souscrire à leur voeu d'où il sortit l'installation de trois nouvelles Loges de SaintAndré dans la Préfecture de Neustrie. Cette formule combine les avantages des deux conceptions. ( J. Baylot et J. Granger, Le Rite Ecossais Rectifié..., Neuilly, Chancellerie de l'Ordre, [ 1968 ], pp. 18-19 ).

Que les loges du quatrième grade soient régies par une instance propre, et donc indépendantes de la Grande Loge comme de l'Ordre intérieur, ou bien que ce dernier les administre "les deux traits fondamentaux de la structure de 1778 [ maintenus, ajouterai-je, en 1782], la continuité et l'ambiguité sont aujourd'hui impossibles, dans la lettre maçonnique. Que celleci demeure donc anglo-saxonne. Mais il reste l'esprit [ ... ] " ( Eques a Latomia universa. "La double structure administrative et hiérarchique du Régime Ecossais Rectifié en 1778", Renaissance traditionnelle, juillet 1977, N 31, pp. 188-196; Cf. p. 195.)

La Franc-Maçonnerie rectifiée s'est codifiée tout net comme composée de quatre grades. La Maçonnerie Universelle, reprenant la formule anglaise de l'acte d'union, en 1813, affirme ne consister qu'en "trois degrés et pas davantage". Mais c'est à savoir, poursuit le texte, "à savoir ceux d'Apprenti, de Compagnon et de Maître, y compris l'Ordre suprême de la Sainte Arche royale". La contradiction entre les deux formules ne pourrait-elle être réduite, de même que la Grande Loge unie d'Angleterre a prévenu la contradiction dont menaçait la reconnaissance de l'Arche royale ?

3. - Equivalences.

Troisieme problème du quatrième grade, lié à la nature particulière du Rite Ecossais Rectifié; les rapports avec les autres rites.

a ) Le Code de 1778, à l'article XIX, prévoyait: Le grade de Maître Ecossais est exclusivement affecté au Régime Rectifié. C'est pour cette raison que lorsqu'on le confère ou qu'on tient loge d'instruction de ce grade on n'ose y faire assister aucun visiteur d'un autre régime, quelque grade qu'il ait. )>

Et l'on sait que la réception et l'instruction sont, avec le scrutin, les seules occasions où la Loge Ecossaise se réunit.

b ) Mais, afin de faciliter ses relations avec d'autres rites, et notamment avec le Rite Ecossais Ancien Accepté, des équivalences de grades ont éte calculées: Maître Ecossais de Saint-André et 18è degré du Rite Ecossais Ancien Accepté; Ecuyer Novice et Chevalerie Kadosch; Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte et 33è degré du Rite Ecossais Ancien Accepté. Ce système fut adopté en 1896 par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie pour le Rite Ecossais Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse pour le Rite Ecossais Ancien Accepté, et c'est en vertu de cet accord que trois Maçons français titulaires du plus haut grade Ecossais Ancien Accepté ( Ribaucourt, Savoire et Bastard ) furent, en 1910, armés Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte à Genève. Le réveil du Rite Ecossais Rectifié en France allait s'ensuivre.

c ) La question d'une équivalence entre le quatrième grade du R.E.R. et l'Arche royale du Rite Emulation est, de même, inéluctable.

 

par R AMADOU publié dans : hauts grades
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Jeudi 5 mai 2005

Proverbes 2

2.1
Mon fils, si tu reçois mes paroles, Et si tu gardes avec toi mes préceptes,
2.2
Si tu rends ton oreille attentive à la sagesse, Et si tu inclines ton coeur à l'intelligence;
2.3
Oui, si tu appelles la sagesse, Et si tu élèves ta voix vers l'intelligence,
2.4
Si tu la cherches comme l'argent, Si tu la poursuis comme un trésor,
2.5
Alors tu comprendras la crainte de l'Éternel, Et tu trouveras la connaissance de Dieu.
2.6
Car l'Éternel donne la sagesse; De sa bouche sortent la connaissance et l'intelligence;
2.7
Il tient en réserve le salut pour les hommes droits, Un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité,
2.8
En protégeant les sentiers de la justice Et en gardant la voie de ses fidèles.
2.9
Alors tu comprendras la justice, l'équité, La droiture, toutes les routes qui mènent au bien.
2.10
Car la sagesse viendra dans ton coeur, Et la connaissance fera les délices de ton âme;
2.11
La réflexion veillera sur toi, L'intelligence te gardera,
2.12
Pour te délivrer de la voie du mal, De l'homme qui tient des discours pervers,
2.13
De ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture Afin de marcher dans des chemins ténébreux,
2.14
Qui trouvent de la jouissance à faire le mal, Qui mettent leur plaisir dans la perversité,
2.15
Qui suivent des sentiers détournés, Et qui prennent des routes tortueuses;
2.16
Pour te délivrer de la femme étrangère, De l'étrangère qui emploie des paroles doucereuses,
2.17
Qui abandonne l'ami de sa jeunesse, Et qui oublie l'alliance de son Dieu;
2.18
Car sa maison penche vers la mort, Et sa route mène chez les morts:
2.19
Aucun de ceux qui vont à elle ne revient, Et ne retrouve les sentiers de la vie.
2.20
Tu marcheras ainsi dans la voie des gens de bien, Tu garderas les sentiers des justes.
2.21
Car les hommes droits habiteront le pays, Les hommes intègres y resteront;
2.22
Mais les méchants seront retranchés du pays, Les infidèles en seront arrachés.

Proverbes 3

3.1
Mon fils, n'oublie pas mes enseignements, Et que ton coeur garde mes préceptes;
3.2
Car ils prolongeront les jours et les années de ta vie, Et ils augmenteront ta paix.
3.3
Que la bonté et la fidélité ne t'abandonnent pas; Lie-les à ton cou, écris-les sur la table de ton coeur.
3.4
Tu acquerras ainsi de la grâce et une raison saine, Aux yeux de Dieu et des hommes.
3.5
Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, Et ne t'appuie pas sur ta sagesse;
3.6
Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.
3.7
Ne sois point sage à tes propres yeux, Crains l'Éternel, et détourne-toi du mal:
3.8
Ce sera la santé pour tes muscles, Et un rafraîchissement pour tes os.
3.9
Honore l'Éternel avec tes biens, Et avec les prémices de tout ton revenu:
3.10
Alors tes greniers seront remplis d'abondance, Et tes cuves regorgeront de moût.
3.11
Mon fils, ne méprise pas la correction de l'Éternel, Et ne t'effraie point de ses châtiments;
3.12
Car l'Éternel châtie celui qu'il aime, Comme un père l'enfant qu'il chérit.
3.13
Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, Et l'homme qui possède l'intelligence!
3.14
Car le gain qu'elle procure est préférable à celui de l'argent, Et le profit qu'on en tire vaut mieux que l'or;
3.15
Elle est plus précieuse que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix.
3.16
Dans sa droite est une longue vie; Dans sa gauche, la richesse et la gloire.
3.17
Ses voies sont des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles.
3.18
Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, Et ceux qui la possèdent sont heureux.
3.19
C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, C'est par l'intelligence qu'il a affermi les cieux;
3.20
C'est par sa science que les abîmes se sont ouverts, Et que les nuages distillent la rosée.
3.21
Mon fils, que ces enseignements ne s'éloignent pas de tes yeux, Garde la sagesse et la réflexion:
3.22
Elles seront la vie de ton âme, Et l'ornement de ton cou.
3.23
Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, Et ton pied ne heurtera pas.
3.24
Si tu te couches, tu seras sans crainte; Et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux.
3.25
Ne redoute ni une terreur soudaine, Ni une attaque de la part des méchants;
3.26
Car l'Éternel sera ton assurance, Et il préservera ton pied de toute embûche.
3.27
Ne refuse pas un bienfait à celui qui y a droit, Quand tu as le pouvoir de l'accorder.
3.28
Ne dis pas à ton prochain: Va et reviens, Demain je donnerai! quand tu as de quoi donner.
3.29
Ne médite pas le mal contre ton prochain, Lorsqu'il demeure tranquillement près de toi.
3.30<