Mardi 18 avril 2006

On peut dire que chaque forme traditionnelle particulière est une adaptation de la Tradition primordiale, dont toutes sont dérivées plus ou moins directement, à certaines circonstances spéciales de temps et de lieu ; aussi ce qui change de l'une à l'autre n'est-il point l'essence même de la doctrine, qui est au-delà de ces contingences, mais seulement les aspects extérieurs dont elle se revêt et à travers lesquels elle s'exprime. Il résulte de là, d'une part, que toutes ces formes sont nécessairement équivalentes en principe, et, d'autre part, qu'il y a généralement avantage, pour les êtres humains, à se rattacher, autant que possible, à celle qui est propre au milieu dans lequel ils vivent, puisque c'est celle-là  qui doit  normalement  convenir  le  mieux  à leur nature individuelle. C'est là ce que faisait remarquer à juste raison notre collaborateur J.-H. Probst-Biraben à la fin de son article sur le Dhikr1; mais l'application qu'il tirait de ces vérités incontestables nous paraît demander quelques précisions supplémentaires, afin d'éviter toute confusion entre différents domaines qui, tout en relevant également de l'ordre traditionnel, n'en sont pas moins profondément distincts.                                            

Il est facile de comprendre qu'il s'agit ici de la distinction fondamentale, sur laquelle nous avons déjà bien souvent insisté ailleurs, entre les deux domaines que l'on peut, si l'on veut, désigner respectivement comme « exotérique » et « ésotérique »,  en donnant à ces termes leur acception la plus large. Nous pouvons aussi identifier l'un au domaine religieux et l'autre au domaine initiatique; pour le second, cette assimilation est rigoureusement exacte dans tous les cas; et, quant au premier, s'il ne prend l'aspect proprement religieux que dans certaines formes traditionnelles, celles-ci sont les seules dont nous ayons à nous occuper présentement, de sorte que cette restriction ne saurait présenter aucun inconvénient pour ce que nous nous proposons. Cela dit, voici la question qu'il y a lieu d'envisager : lorsqu'une forme traditionnelle est complète, sous le double rapport exotérique et ésotérique, il est évidemment possible à tous d'y adhérer pareillement, soit qu'ils entendent se limiter au seul point de vue religieux, soit qu'ils veuillent suivre en outre la voie initiatique, puisque les deux domaines leur seront ainsi ouverts l'un et l'autre. Il doit d'ailleurs être bien entendu que, en pareil cas, l'ordre initiatique prend toujours son appui et son support dans l'ordre religieux, auquel il se superpose sans s'y opposer en aucune façon; et, par conséquent, il n'est jamais possible de laisser de côté les règles relevant de l'ordre religieux, et plus spécialement en ce qui concerne les rites, car ce sont ceux-ci qui ont la plus grande importance à ce point de vue, et qui peuvent établir effectivement le lien entre les deux ordres. Donc, quand il en est ainsi, il n'y a aucune difficulté à ce que chacun suive la tradition qui est celle de son milieu; il n'y a de réserve à faire que pour les exceptions, toujours possibles, auxquelles faisait allusion notre collaborateur, c'est-à-dire pour le cas d'un être qui se trouve accidentellement dans un milieu auquel il est véritablement étranger par sa nature, et qui, par suite, pourra trouver ailleurs une forme mieux adaptée à celle-ci. Nous ajouterons que de telles exceptions doivent, à une époque comme la nôtre, où la confusion est extrême en toutes choses, se rencontrer plus fréquemment qu'à d'autres époques où les conditions sont plus normales; mais nous n'en dirons rien de plus, puisque ce cas, en somme, peut toujours être résolu par un retour de l'être à son milieu réel, c'est-à-dire à celui auquel répondent en fait ses affinités naturelles.

Maintenant, si nous revenons au cas habituel, une difficulté se présente lorsqu'on a affaire, dans un milieu donné, à une forme traditionnelle où il n'existe plus effectivement que le seul aspect religieux. Il va de soi qu'il s'agit là d'une sorte de dégénérescence partielle, car cette forme a dû, aussi bien que les autres, être complète à son origine; mais, par suite de circonstances qu'il n'importe pas ici de préciser, il est arrivé que, à partir d'un certain moment, sa partie initiatique a disparu, et parfois même à tel point qu'il n'en reste plus aucun souvenir conscient chez ses adhérents, en dépit des traces qu'on peut en retrouver dans les écrits ou les monuments anciens. On se trouve alors, pour ce qui est du point de vue initiatique, dans un cas exactement semblable à celui d'une tradition éteinte: même en supposant qu'on puisse arriver à une reconstitution complète, celle-ci n'aurait qu'un intérêt en quelque sorte « archéologique », puisque la transmission régulière ferait toujours défaut, et que cette transmission est, comme nous l'avons exposé en d'autres occasions, la condition absolument indispensable de toute initiation. Naturellement, ceux qui bornent leurs vues au domaine religieux, et qui seront toujours les plus nombreux, n'ont aucunement à se préoccuper de cette difficulté, qui n'existe pas pour eux; mais ceux qui se proposent un but d'ordre initiatique ne sauraient, à cet égard, attendre aucun résultat de leur rattachement à la forme traditionnelle en question. 

La question ainsi posée est malheureusement bien loin de n'avoir qu'un intérêt purement théorique, car, en fait, il y a lieu de l'envisager précisément en ce qui concerne les  formes traditionnelles qui existent dans  le  monde occidental: dans l'état présent des choses, s'y trouve-t-il encore des organisations assurant une transmission initiatique, ou, au contraire, tout n'y est-il pas irrémédiablement limité au seul domaine religieux . Disons tout d'abord qu'il faudrait bien se garder de se laisser illusionner par la présence de choses telles que le « mysticisme », à propos duquel se produisent trop souvent, et actuellement plus que jamais, les plus étranges confusions. Nous ne pouvons songer à  répéter ici tout ce que nous avons eu déjà l'occasion de dire ailleurs à ce sujet; nous rappellerons seulement que le mysticisme n'a absolument rien d'initiatique, qu'il appartient tout entier à l'ordre religieux, dont il ne dépasse en aucune façon les limitations spéciales, et que même beaucoup de ses caractères sont exactement opposés à ceux de l'initiation. L'erreur serait plus excusable, du moins chez ceux qui n'ont pas une notion nette de la distinction des deux domaines, s'ils considéraient, dans la religion, ce qui présente un caractère non point  mystique, mais « ascétique », parce que, là du moins, il y a une méthode de réalisation active comme dans l'initiation, tandis que le mysticisme implique toujours la passivité et, par suite, l'absence de méthode, aussi bien d'ailleurs que  d'une transmission quelconque. On pourrait même parler à la fois d'une « ascèse » religieuse et d'une « ascèse » initiatique, si ce rapprochement ne devait suggérer rien de plus que cette idée d'une méthode qui constitue en effet une similitude réelle; mais, bien entendu, l'intention et le but ne sont nullement les mêmes dans les deux cas. Si maintenant nous posons la question d'une façon précise pour les formes traditionnelles de l'Occident, nous serons amené à envisager les cas que mentionnait notre collaborateur dans les dernières lignes de son article, c'est-à-dire celui du Judaïsme et celui du Christianisme ; mais c'est ici que nous serons obligé de formuler quelques réserves au sujet du résultat qu'on peut obtenir de certaines pratiques. Pour le Judaïsme, les choses, en tout cas, se présentent plus simplement que pour le Christianisme : il possède en effet une doctrine ésotérique et initiatique, qui est la Qabbale, et celle-ci se transmet toujours de façon régulière, quoique sans doute plus rarement et plus difficilement qu'autrefois, ce qui, d'ailleurs, ne représente certes pas un fait unique en ce genre, et ce qui se justifie assez par les caractères particuliers de notre époque. Seulement, pour ce qui est du « Hassidisme », s'il semble bien que des influences qabbalistiques se soient exercées réellement à ses origines, il n'en est pas moins vrai qu'il ne constitue proprement qu'un groupement religieux, et même à tendances mystiques ; c'est du reste probablement le seul exemple de mysticisme qu'on puisse trouver dans le Judaïsme ; et, à part cette exception, le mysticisme est surtout quelque chose de spécifiquement chrétien.

Quant au Christianisme, un ésotérisme comme celui qui existait très certainement au moyen âge, avec les organisations nécessaires à sa transmission, y est-il encore vivant de nos jours . Pour l'Eglise orthodoxe, nous ne pouvons nous prononcer d'une façon certaine, faute d'avoir des indications suffisamment nettes, et nous serions même heureux si cette question pouvait provoquer quelques éclaircissements à cet égard1 ; mais, même s'il y subsiste réellement une initiation quelconque, ce ne peut être en tout cas qu'à l'intérieur des monastères exclusivement, de sorte que, en dehors de ceux-ci, il n'y a                     

aucune possibilité d'y accéder. D'autre part, pour le Catholicisme, tout semble indiquer qu'il ne s'y trouve plus rien de cet ordre ; et d'ailleurs, puisque ses représentants les plus autorisés le nient expressément, nous devons les en croire, tout au moins tant que nous n'avons pas de preuves du contraire, il est inutile de parler du Protestantisme, puisqu'il n'est qu'une déviation produite par l'esprit antitraditionnel des temps modernes, ce qui exclut qu'il ait jamais pu renfermer le moindre ésotérisme et servir de base à quelque initiation que ce soit. Quoi qu'il en soit, même en réservant la possibilité de la survivance de quelque organisation initiatique très cachée3, ce que nous pouvons dire en toute certitude, c'est que les pratiques religieuses du Christianisme, pas plus que celles d'autres formes traditionnelles d'ailleurs, ne peuvent être substituées à des pratiques initiatiques et produire des effets du même ordre que celles-ci, puisque ce n'est pas là ce à quoi elles sont destinées. Cela est strictement vrai même lorsqu'il y a, entre les unes et les autres, quelque similitude extérieure : ainsi, le rosaire chrétien rappelle manifestement le wird des turuq islamiques, et il se peut même qu'il y ait là quelque parenté historique ; mais, en fait, il n'est utilisé que pour des fins uniquement religieuses, et il serait vain d'en attendre un bénéfice d'un autre ordre, puisqu'aucune influence spirituelle agissant dans le domaine initiatique n'y est attachée, contrairement à ce qui a lieu pour le wird. ..

par R GUENON publié dans : spiritualité
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Lundi 17 avril 2006

Enfouies dans les profondeurs de la solitude, éloignées de la vue et du bruit de l’agitation humaine, faites à la fois de blocs taillés et de pierres brutes, le tout précisément et soigneusement ajusté, se trouvaient ainsi trois Salles proches et communicantes, pourtant d’égale dimension ; si habilement et sérieusement faites, et inertes dans leur structure et leurs abords, que le monde extérieur ne pouvait connaître leur existence ; seul le roulement du tonnerre, ou les cris des Myriades pouvaient trouver un écho en ces lieux souterrains.

Une Salle abritait un Laboratoire général avec une section à part pour les fonctions domestiques, muni d’un ingénieux système semblable à celui des hottes filtrantes pour masquer l’évacuation des fumées et des gaz vers le monde extérieur. Ce Logement était longiligne et de grande taille ; tandis que le Second, également de forme rectangulaire, était séparé du reste, ne contenant que des couches dures, ainsi que de simples tables pour de frugaux repas. A l’opposé, de l’autre côté du Laboratoire Principal et s’ouvrant sur lui, mais avec des marches vers le bas, se trouvait la troisième Salle la plus grande, avec un toit de structure brute s’élevant en pointe, utilisé comme cellule de retraite et comme Chapelle. Au centre se trouvaient, à intervalles réguliers, 4 tables de forme cubique utilisées pour le travail, avec des sièges en pierre, et très haut au centre du toit était suspendue une lampe merveilleuse dont la flamme radieuse était pareille à la lumière rosée d’un coucher de soleil estival, intensément dorée, illuminant tout l’espace, ne nécessitant aucun entretien et inépuisable. Bien au-dessus, dans les arêtes de la voûte, se trouvait une Croix noire et blanche, mais massive, adroitement sculptée dans le marbre. En ces lieux silencieux et sacrés, personne n’était autorisé à entrer si ce n’est les Adeptes, le Magister Templi et le Magus, uniquement lors de la prière quotidienne du matin et du soir, au moment du rassemblement pour l’adoration silencieuse, ou bien à l’occasion de la réception des Aspirants, ou pendant l’Assemblée Annuelle. Ces Salles isolées constituaient la résidence des 36 de la Fraternité Rosicrucienne – ni plus, ni moins – qui seuls pouvaient occuper ces Salles construites dans le rocher ; tous les autres étaient astreints à suivre l’enseignement et devaient s’occuper du service. Une fois le bref séjour de ceux-ci terminé, le Magus choisissait à nouveau parmi ce nombre ceux qui allaient partir servir l’humanité, et les 36 qui resteraient. Ainsi s’écoulaient les années dans ces mystérieuses Cavernes avec le pilon, le mortier, l’alambic, le creuset et la forge ; le nitre, la résine, la roselite et divers sulfates d’étrange composition ; des instruments et des tables astronomiques. Tout cela en vue de l’étude abstruse d’analyses et de synthèses servant à permettre la conquête de tout ce qui est possible ; la réduction ou l’annihilation de la souffrance et des manquements dans l’organisme ; la régénération de l’homme, et l’obtention du solvant universel, ou Menstrum Universale, servant à enlever toute trace de maladie dans l’organisme humain, renouvelant ainsi la vie, la transmutation des métaux basiques en métaux supérieurs, ou l’élévation du Divin en l’Homme.

Deux fois la cloche au battant en fer avait retenti à travers les rochers, enlevant les moines à leurs songes et leurs devoirs, proclamant la trouvaille de quelque secret potentiel. Une fois cela concernait la résolution du Mystère de la transmutation de métaux de base ou d’alliages en Argent, et puis ensuite en Or précieux, mais sans qu’il soit possible que ceux-ci soit utilisés pour le confort et le luxe.

Cependant le plus grand secret restait caché, la prolongation, la régénération de la vie animale. La mort attendait celui qui sonnerait le tocsin, à l’exception de celui dont l’habileté avait permis de résoudre un des quatre problèmes : Premièrement, la régénération de la lampe éternelle ; Deuxièmement, la transmutation en Argent ; Troisièmement, la transmutation en Or ; et Quatrièmemnt, la découverte de l’Elixir Vitae. Concernant ce dernier, le Signor Gualdi, un Magister Templi, avait longuement recherché chaque jour la solution finale ; il ne doutait pas qu’il y arriverait bientôt, et son assurance avait pénétré l’esprit de ses compagnons. Il aspirait à faire retentir la cloche et faire tressaillir son âme. En lettres de feu, il avait écrit cet aphorisme, Igne Nitrum Roris Invenitur, « par le Feu le Nitre de la Rosée est extrait »  et cela devait être sa solution. Toute la nature dormait, les moines fatigués – à l’exception d’un seul – étaient partis se reposer, même les feux de la forge sommeillaient, lorsqu’à l’heure fatidique, l’entreprenant Gualdi quitta son siège de pierre dans la chapelle brillante du rocher, et en criant Eureka, fit résonner la cloche d’un son non-terrestre, dont l’écho traversa la roche. Cela cessa soudainement dès lors qu’un moine puis l’autre se rendirent vers la Pièce Sacrée sans voir ni rien rencontrer, si ce n’est l’écho de la cloche qui continuait encore de se perpétuer.

Sur la table-autel au centre étaient ouverts les livres de Gualdi, avec à côté un vaisseau contenant le nitre et un creuset partiellement rempli d’or en solution. Un peu plus loin on découvrit un Gualdi transi sur le sol, tenant encore le battant de la cloche.

Dirige-toi maintenant vers l’Officiant. L’Aspirant est conduit vers l’Officiant par le Nord.

Officiant : Ici, à présent, il faut nous reposer, mais nous ne pouvons quitter ce sujet sans que tu aies la possibilité d’enlever de ton esprit de fausses notions éventuelles quant aux Rosicruciens.

La Société ou Fraternité Rosicrucienne a souvent été mal représentée et beaucoup d’étudiants en ont subi le préjudice. L’intelligence devrait toujours prévaloir, mais l’ignorance pernicieuse s’est perpétuée sans qu’aucun ne recherche vraiment la vérité. L’ignorance, les préjugés, l’envie et la vanité se sont emparés de l’esprit des critiques et des historiens ; pourtant les doctrines uniques et attractives sur la Rose ont intéressé dès le XVIIe siècle, même si la Société avait déjà vu le jour à la fin du XVe siècle. La vie des Rosicruciens eut souvent un caractère fort dramatique. La branche pratique de la Société était en charge des Alchimistes et des Hermétistes, qui tout en affirmant avec raison leur capacité à transmuer les métaux en Or et en Argent s’intéressaient également aux pouvoirs de l’âme et de l’esprit, et non pas aux richesses, comme cela est le but de tous les vrais philosophes. Le vrai philosophe ne recherche pas la pompe, l’éclat, la splendeur ou le luxe, car il a été éduqué dans une sphère plus élevée et il est conscient de la nature transitoire des choses. Il considère les biens, l’honneur, la situation et l’argent comme insignifiants ; il pousse son âme en quête du Surnaturel à travailler dans une lumière aimante et à propager de saintes pensées en tant que biens célestes les plus précieux. La grandeur du monde s’effondre devant l’élévation de l’intelligence ; le monde physique perd de l’importance et le vrai philosophe se sent plus proche des hôtes angéliques. Il s’intéresse aux royaumes invisibles et à ce qu’il a pu entrevoir des gloires immortelles lors de ses rêves magiques. Il vit dans une atmosphère de musique céleste, son âme demeurant en harmonie avec les désirs de son esprit. Le souhait le plus cher des Rosicruciens était de traverser ce monde sans être remarqué ni contesté, mais ils ont toujours été prêts à agir au mieux quand ils le pouvaient le faire, sans révéler leur identité.

Maintenant, frater Zelator, que tu as passé les cérémonies prescrites par notre Cérémonial, et après que tu te sois agenouillé devant l’Autel de Lumière, il est permis de te joindre aux travaux mystiques de ce degré.

Ce privilège n’est conféré qu’à ceux qui sont suffisamment discrets et dignes pour recevoir en toute confiance les révélations de la Théosophie et de la Science Hermétique. Lors de notre cérémonie, il est possible que tu aies remarqué une similitude avec un certain rite pratiqué lors des Anciens Mystères. C’est ainsi que nous espérons mener l’Aspirant sincère vers les royaumes élevés de la Vérité intellectuelle et à la connaissance de l’Eternité. L’origine de notre philosophie remonte au plus lointain passé, elle a été soutenue par des Sages et des Mages en une grande procession spirituelle d’instructeurs venus éclairer le chemin vers la Sagesse. Ces hommes dignes et sages furent les hérauts de nos principes, ils allumèrent leurs lampes à ce même Feu Sacré qui nous réjouit aujourd'hui. Ne sois pas effrayé parce que le chemin semble long et si l’âme se fatigue, mais travaille pour avancer vers les plus hauts plans de Sagesse. La vie elle-même est représentée dans cette cérémonie d’ouverture, et le serpent dans sa course, en vérité divinement dirigée, est celle des Hommes Sages en quête de Vérité. Des difficultés et des dangers peuvent troubler la vision mentale, et même si des obstacles se présentent dans les affaires de ce monde, rappelons-nous toujours, cependant, que la Connaissance est Pouvoir et que la source de toute Sagesse nous guidera dans nos pas peu assurés au cours de ce voyage qui mène à la Vie Eternelle.

par Rituel SRIA publié dans : hauts grades
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Lundi 17 avril 2006

 

 MATERIEL NECESSAIRE: 

- Feu Sacré {Les trois flambeaux classiques} 

- Une craie pour tracer le Mandala

- Un Suaire

- L'Eau Lustrale

- L'Huile Consacrée

- Une nappe blanche

- Un chandelier 1 trois branches

Création du MANDALA magique et animation de celui-ci par les forces Supérieures. L'Initiateur se trouve avec son assistant dans le Temple

- L'initiateur allume un à un les trois flambeaux rituels qu'il dispose en triangle au centre de l'atelier. Il donne ensuite TROIS COUPS de maillet sur l'Autel des Serments. Puis il dit : - "A la gloire du Souverain Architecte des Mondes, au nom des Anciens du Temple réunis et présents parmi nous, au nom du Grand Hyérophante, Je déclare ouverts les Travaux de ce respectable Sénat dans le visible et l'invisible" Il fait le tour du triangle, impose les mains aux trois flammes, élève les bras puis les abaisse vers le MANDALA et ajoute : - "Que les forces Suprêmes qui régissent les destins des hommes daignent, en cet instant, descendre en ce Centre rayonnant de désir spirituel et le rende ainsi animé, lumineux et incorruptible".

Il s'incline et dit : - "Faites entrer les membres de ce respectable Sénat". Chacun entre et se recueille devant le MANDALA et prend place. l'Initiateur: - 

FAITES ENTRER LE NEOPHITE Il entre et on le fait s'agenouiller front contre terre devant le Feu Sacré allumé sur l'Autel. On le recouvre d'un suaire. L'Initiateur, les bras étendus dit : - "Que ce feu Sacré nous éclaire, nous ambrasse et nous purifie. Qu'il détruise en nous tout ce que nous avons d'imparfait et que, devenus meilleurs et dignes de Lui, nous soyons admis au Mystère ineffable.

(Il donne alors neuf coups de maillet comme suit : 0000 00 000 ) puis il ajoute:

- « Relevez-vous, mon Frère. Je vais vous donner la PURIFICATION MENTALE. Nous monterons à l'Autel de la Vérité. Nous répandrons pour elle notre jeunesse. Purifions nos coeurs et nos âmes pour être admis sur le Plan de l'E1évation. Purifions d'abord notre pensée. (moment de silence) Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION PHYSIQUE. Nous avons déjà à porter le poids de nos fautes antérieures  Ayons-en le regret et la plus vive douleur et demandons à la Divine Nature de nous pardonner nos faiblesses passées Scrutons notre conscience... Pesons nos actes avec sévérité. Le Juge nous scrute du centre du Triangle de Flamme et pèse nos actes présents et passés. Soyons Purs...Purs...Purs... Lavons nos fautes dans les regrets et que l'Eau Consacrée en efface les traces. 

L'Initiateur prend la vasque d'Eau Lustrale et en asperge les mains... le front... et la tête du Néophite. Puis il prend le Feu Sacré qui brûle à l'Autel, fait le tour du Néophite afin de l’entourer d’une JARRIERE ASTRALE en disant : - « Mon Frère, je vous donne la PURIFICATION ASTRALE, en purifiant maintenant notre astralité par le Feu Sacré. Que ce Feu Sacré mette autour de vous une protection, une barrière ineffable. Et maintenant que nous avons effacé nos fautes et consumé nos dernières imperfections, montons, le coeur joyeux, à l'Autel de la Vérité. A l'Orient, une nappe blanche est posée sur l'Autel, l'Initiateur reprend sa place derrière l'Autel et le candidat est conduit à l'Orient où il s'agenouille devant l'Autel. L'Initiateur lui dit: 

- "Mon frère, je vous investis des ORDRES MINEURS. Il impose les mains sur la tête en disant : - Recevez, mon Très Cher Frère le pouvoir de faire entendre partout la VERITE, de propager la LUMIERE, d'écarter les puissances mauvaises

Mon Frère, je vous investis des ORDRES MAJEURS L'Initiateur descend les mains jusqu'aux épaules prend la burette d'HUILE CONSACREE, en verse dans sa main droite et oint la main droite du néophite, en disant : - Recevez, Mon Frère, la puissance de commander et de rayonner la plénitude de ce qui est BIEN. L'Initiateur met dans la main droite du néophite le Chandelier à Trois Branches en disant : -"Recevez, Mon Frère la puissance d'éclairer autrui sur les trois Plans. 

Mon Frère, je vous consacre au SACERDOCE INTEGRAL L'Initiateur impose les mains sur la tête en disant: "Recevez Mon Frère, le pouvoir de réunir le Visible à l'Invisible par les Mystères Ineffables connus des seuls Enfants de la LUMIERE."L'Initiateur Oint alors les doigts de chaque main du néophite à qui on a repris le flambeau. "Daignez, Puissance Suprême qui régissez les destins des hommes, consacrer et sanctifier par cette onction sacrée, les mains de notre Très Illustre Frère, afin que : tout ce qu'elles bénissent soit béni, heureux et vivifié au nom du Sublîme Architecte des Mondes. Recevez aussi, mon Frère, le pouvoir de pardonner, de consoler, de guérir les maux du corps et de l'âme, car vos pouvoirs sont dorénavant ineffables: TU ES SACERDOTES lN AETERNUM et toutes vos imperfections ont été consumées par le Feu de l’Amour Divin. Recevez enfin, mon très cher Frère, Pouvoir de CONSACRER... L'Initiateur oint alors le front du néophite en forme de triple TAU (c'est-à-dire trois T

D'autres Frères au SACERDOCE sur les trois Plans et de leur conférer valablement les pouvoirs réels, qui en sont le privilège. L'Initiateur frappe alors les épaules du néophite avec le maillet, impose les mains et souffle sur lui en disant: "Participez à présent au souffle Divin qui entraîne, anime et vivifie tout ce qui existe dans l'Univers." l'Initiateur étend les mains et dit: O Puissance Souveraine que l'on invoque sous des Noms divers et qui régit seule le destin des hommes et des choses, reçois en ce moment notre hommage, notre cœur et notre joie. Fais en sorte, que ce nouveau guide des hommes soit pénétré de Ta Lumière, transporté par Ta Force, dévoré de Ton Zèle et brillé de Ta Bonté qui consume. Fais en sorte qu'il reste toujours Digne de Toi et qu’il passe dignement aussi le flambeau Sacré qui lui a été confié aujourd’hui à celui de ses disciples qu’il estimera le meilleur, le plus pur, le plus éclairé, le plus digne de cette de cette suprême faveur. Sois bénie par les Enfants de la Veuve et célèbre dans l'Eternité par toutes les harmonies des Sphères et les rayonnements des mondes.  Adonaï Adonaï Adonaï Relevez-vous, mon Frère, car vous allez vous revétir de la robe de pureté, du manteau de charité, du chapeau de la persévérance et du bâton de Pasteur. 

L'Initiateur le revêt des habits de ses fonctions, puis il ajoute: "J'ai maintenant le droit et le plaisir de vous communiquer les secrets du 66ème grade. ....

On conduit alors le Nouveau Patriarche Grand Consécrateur à l'Orient et l'Initiateur frappe un coup de maillet en disant: "le Frêre............debout à ma droite vient d'être initié par moi GRAND CONSECRATEUR et je vous prie de le considérer dorénavant comme tel. L'Initiateur termine par un mot de félicitation et la marche vers la sortie termine la cérémonie après que le nouvel initié ait donné sa première bénédiction Urbi et Orbi.

par Rituel de Memphis Misraim publié dans : hauts grades
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Lundi 17 avril 2006

Les meurtriers étaient punis, les travaux étaient à leur fin, il ne restait plus au grand Roi qu'à consigner dans un lieu sûr et secret le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers, dont les caractères avaient été connus longtemps avant, lors de son apparition au mont Horeb sur un triangle radieux.

Sa prononciation était ignorée du peuple. Elle se transmettait par tradition une fois l'année; le Grand Prêtre prononçait le nom en l'épelant, entouré de tous ceux qui avaient droit de l'entendre. Pendant cette cérémonie, on ordonnait au peuple de faire beaucoup de bruit de peur que le nom ne vînt frapper les oreilles de quelqu'un. Salomon crut devoir le déposer dans un souterrain du Temple, comme un type immuable. I1 avait fait pratiquer sous la partie la plus mystérieuse du Temple une voûte secrète, au milieu de laquelle il plaça un piédestal triangulaire qu'il nomma le piédestal de la science. On y descendait par un escalier de vingt quatre marches divisées en repos par trois, cinq, sept, neuf. Cette voûte n'était connue que de Salomon et des Maîtres qui y avaient travaillé en secret.

Hiram grava la parole sur un triangle du plus pur métal, mais dans l'inquiétude où il était de la perdre, il la portait toujours au cou, la gravure du côté de la poitrine, le revers en dehors, et n’offrant qu'une surface unie et du plus parfait poli. Lors de son assassinat, il fut assez heureux pour se dépouiller de ce Delta précieux, et le jeta dans un puits, lequel était au coin de l'orient et du midi. Salomon témoigna sa crainte que ce précieux triangle ne tombât en des mains profanes, et en ordonna la recherche.  

 

Trois Maîtres eurent le bonheur d'en faire la découverte. Passant près du puits vers l'heure de midi, ils aperçurent dans le fond quelque chose de brillant. L'un d'eux, aidé de ses camarades, descendit dans le puits, et trouva réellement l'objet de leur recherche. Au comble de leur joie, ils se présentèrent à Salomon. A la vue du Delta, Salomon fit un pas en arrière, levant les bras au ciel en signe d'admiration, et s'écria: El Hanan, à Dieu grâce. I1 manda aussitôt les quinze Elus et les neuf Maîtres qui avaient travaillé à la construction de la voûte; accompagné d'eux et des trois qui avaient fait la découverte, il descendit dans la voûte secrète, fit incruster le Delta au milieu du piédestal, et le couvrit d'une pierre d'agate taillée en forme quadrangulaire, sur laquelle il fit graver à la face supérieure le mot substitué, à la face inférieure tous les mots secrets de la Maçonnerie, et aux quatre latérales les combinaisons cubiques de ses nombres, ce qui la fit dénommer pierre cubique. 

                                                                        

 

Au devant, Salomon fit placer trois lampes portant chacune neuf lumignons qui brûlaient d'un feu perpétuel. Il leur rappela l'ancienne loi qui défendait de prononcer le nom du Grand Architecte, et après avoir reçu d'eux le serment inviolable de ne jamais révéler ce qui venait de se passer, il lui donna le nom de Voûte Sacrée, et en fit sceller l'entrée, dont le secret n'en demeura qu'aux vingt-sept Grands Elus, auxquels il donna le nom d'Architectes, et à leurs successeurs. Ils se jurèrent une éternelle alliance et pour preuve de cette alliance, Salomon leur donna un anneau du plus pur métal. Remontés dans le Temple, ils admirèrent la beauté de l'ouvrage, et rendirent grâces au Grand Architecte de l’Univers. Salomon étant mort, ils se gouvernèrent par eux-mêmes suivant leurs lois, toujours dévoués à la conservation de l'ouvrage.

Quand le Temple fut détruit par les Assyriens, les Architectes demeurèrent. Ils restèrent inconnus, mais toujours unis dans l'espérance que la divine Providence permettrait un jour que le Temple fût rebâti. Et quand, en effet, un nouveau Temple s'éleva, c'est eux qui en furent chargés. 

 

Ce second édifice périt sous Titus. Les Architectes se perpétuèrent à travers les vicissitudes des civilisations, aussi vertueux dans la paix que vaillants dans la guerre. Ils étaient le soutien de l'innocence, les vengeurs du crime, les colonnes des Empires, le fléau des méchants et les barrières de l'impiété. Enfin, les malheurs des temps les obligèrent à s'établir en Occident, et tout particulièrement en Ecosse. De là, ils passèrent en France, où on leur donna le nom d’Ecossais que nous, leurs successeurs, portons désormais.

 

par Rituel de Gd Elu Ecossais publié dans : hauts grades
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Dimanche 16 avril 2006

Ces philosophes croient que ce que l'Ecriture Sainte rapporte est allégorique et que toute la loi a une similitude avec l'homme animal, parce que les préceptes ont du rapport avec le Corps, mais que le sens caché sous le voile de la lettre a du rapport avec l'âme.  

 

Que dans ce sens l'âme raisonnable se contemple elle-même d'une manière élevée comme dans un miroir, apercevant sous cette même lettre la beauté admirable du sens qu'ils expliquent par le voile des allégories, et mettant au jour le sens caché, seulement pour ceux qui, enseignés occasionnellement, savent expliquer ce qui est obscur par ce qui est clair. Ils observent particulièrement les nombres, et révèrent non seulement le nombre simple de 7, mais aussi sa force multipliée. Le nombre de 50 est un nombre très saint parmi eux et très agréable à la nature. Ils le regardent comme résultant de la force d'un triangle rectangle qui, selon eux, est le principe de la génération de toutes les choses. Enfin, à quelques unes de leurs assemblées aux cérémonies en usage dans cette secte, à un signe caractéristique qui leur est propre, il semble que nous ne pouvons nous refuser de les reconnaître pour nos Frères.                                      

En effet, lorsqu'ils se réunissent, ils sont placés dans une position décente, tenant leurs mains sous le manteau, la droite entre la poitrine et la barbe, et la gauche posée au côté, ce qui forme exactement le signe d'apprenti, et prouve son ancienneté A l'égard des Esséens que des Maçons instruits ont associés avec les Chevaliers Temple et qu'ils ont reconnus par là comme liés à la Maçonnerie essentielle, ils méritent sans doute d'être distingués des sectes juives.

On ne voit pas dans l'Evangile que Jésus Christ en ait parlé, ni qu'il ait prêché parmi eux. Voués à la vertu, ils joignaient la philosophie morale à la philosophie naturelle, et initiaient d'autres personnes aux mêmes mystères. Ils apprennent, nous disent ceux qui ont parlé des Esséens, à connaître le vrai bien, le vrai mal, et ce qui est indifférent ; ce qu'il faut chercher, ce qu'il faut fuir, et examinent leurs actions d'après ces trois règles, l'amour de Dieu, de la vertu et des hommes. Ils servent Dieu avec la plus grande piété, non pas en immolant des victimes, mais en conformant leurs mœurs aux règles de la sainteté. Ce qui achève, Mon Bien Aimé Frère, de les rendre recommandables aux Maçons, c'est qu'on pense communément que Saint Jean Baptiste si justement vénéré par les Franc-Maçons a vécu parmi les Esséens jusqu'au temps où il commença à baptiser et à prêcher la pénitence. Il est constant qu'ils initiaient d'autres personnes à leurs mystères ; cette initiation doit être pure, puisque Saint Jean Baptiste est présumé l'avoir reçue. Ils recevaient les étrangers qui avaient les mêmes instituts ; les neuf premiers Chevaliers Templiers ont donc pu et du fraterniser avec eux, car leur institut paraît avoir les plus grands rapports, et l'initiation à leurs mystères est plus que probable ; Cherchez avec nous à vous rendre digne d'en acquérir la certitude.

Vous voyez, Mon Bien Aimé Frère, comment les neuf fondateurs de l'Ordre du Temple qui furent distingués, et méritèrent de l'être par la pureté de leurs mœurs, les grandes vertus et leur zèle pour la religion chrétienne, vous voyez comment ils ont été instruits, et les moyens qu'ils eurent pour faire des progrès dans les sciences. Soit que le Haut et Saint Ordre les ait instruits directement, soit que les Esséens aient été les intermédiaires dont le Saint Ordre s'est servi, ou qu'après s'être communiqués sur quelques objets, il ait permis aux Esséens de les initier à leurs mystères, on est convaincu assez généralement que les Templiers furent choisis pour devenir dépositaires de quelques connaissances dont la propagation importait au bonheur des hommes. Aujourd'hui on ne doute plus que ces connaissances n'aient des rapports essentiels avec la Franc-Maçonnerie et que par son secours on ne parvienne à les recouvrer, surtout depuis qu'on s'est confirmé dans l'opinion que les Templiers ont connu l'initiation Maçonnique et n'en sont pas les instituteurs.

En effet, il a été constaté, à l'époque du Convent de 1782, qu'ils ont pratiqué et professé la Maçonnerie dans ses principaux et plus anciens emblèmes. Ce n'est point une assertion hasardée, un Maçon très zélé dans les recherches qui pouvaient confirmer ce point de notre tradition, dirigé par un ancien manuscrit relatif à cet Ordre, a découvert en fouillant dans le Tyrol dans un terrain qui avait appartenu aux Templiers, des médailles anciennes très expressives, sur lesquelles sont gravés les principaux emblèmes et Symboles de la Franc-Maçonnerie. Le vulgaire sait seulement que les Templiers avaient une Règle secrète à laquelle les seuls Chevaliers ayant droit d'entrée dans les Chapitres généraux étaient admis, et qu'ils étaient peu nombreux. On a tiré des conséquences fausses contre ce qui se passait dans le secret. Les Maçons savent que ces grades successifs qui ne se conféraient qu'avec les plus grandes précautions, en y employant tout l'appareil du mystère, n'étaient autre chose que l'initiation Maçonnique par laquelle on les conduisait à quelques connaissances relatives qui ont été, et sont encore tenues très secrètes.

Ce qui a dû nécessairement échapper à la pénétration des écrivains, a été saisi par les Maçons instruits, qui savent apercevoir la cause de ce mystère dont les Templiers Maçons se sont enveloppés aux yeux du public, et même de la multitude de leurs Frères. Vous connaissez, Mon Bien Aimé Frère, le subit accroissement de cet ordre dont la plupart des membres, fiers de leur grand nombre, et de leurs richesses, oubliant l'esprit de leur règle, s'abandonnèrent aux vices, et attirèrent par là sur l'ordre même les maux qui en ont opéré la destruction. Ainsi, d'un côté l'orgueil qui accompagne trop souvent le pouvoir et l'opulence, et qui corrompt tout ce qu'il touche, de l'autre, leurs richesses qui excitèrent l'envie, la jalousie et la cupidité préparèrent leur ruine.

Philippe le Bel jura la perte de l'ordre, et il en exigeât le sacrifice de Clément V, pour prix de son exaltation dont il lui était redevable. Nous passons sous silence les détails révoltants des crimes absurdes dont l'ordre était accusé, et les supplices qui terminèrent les jours d'une multitude de Templiers Vous savez que Jacques de Molay, dernier Grand Maître et Guy, dauphin d'Auvergne, aimèrent mieux partager le sort de leurs frères, et subir la plus horrible mort, plutôt que d'entrer dans les vues de Philippe le Bel, qui, pour justifier ses cruautés, voulait les forcer d'avouer leur infamie, et ils terminèrent leur glorieuse vie avec l'héroïsme de l'innocence. Vous n'ignorez pas sans doute que le concile de Vienne se refusa de prononcer leur ex-tinction, et que le pape Clément V y suppléa par la plénitude de la puissance apostolique ; qu'en Angleterre les Templiers arrêtés ayant protesté de leur innocence furent relâchés, qu'en Espagne, en Allemagne, et en Italie ils furent absous, et déclarés innocents. Telles furent les révolutions et la fin d'un ordre illustre et malheureux, sorti, comme tous les autres, de l'ordre général de l'ancienne Chevalerie, distingué par les connaissances qu'il a possédé, connaissances précieuses cultivées secrètement qu'il tenait du Haut et Saint Ordre, et peut-être aussi par l'initiation des Esséens, par leur communication avec les Thérapeutes, ainsi qu'avec quelques uns de ceux qui avaient été admis chez les sages de l'orient aux connaissances qu'ils ont professées.

C'est, comme nous l'avons déjà dit, uniquement en vue de la Maçonnerie et dans l'intention de nous rapprocher du Haut et Saint Ordre que nous conservons des rapports de filiation avec l'ordre du Temple, voilà sur quoi elle est fondée. Par une tradition ancienne, secrète et accréditée parmi les Maçons on sait que Jacques de Molay, dernier Grand Maître, qui gémissait dans les fers, fut visité dans sa prison par le Comte de Beaujeu, son neveu qui en obtint la permission du Roi, parce qu'il ignorait qu'il fut Templier secret, c'est-à-dire qu'il fut initié aux connaissances secrètes de l'Ordre. L'infortuné Molay voyant approcher la fin cruelle de sa vie, songea au dépôt des choses précieuses de l'ordre dont il avait le secret, et qui, transportées de l'orient avaient été cachées dans les souterrains du Temple à Paris.

 Quoiqu'il fut connu de quelqu'autre, il ne pouvait être indifférent à Molay de le transmettre, il en était comptable envers le Haut et Saint Ordre de qui il le tenait. Beaujeu, après avoir reçu de lui les instructions convenables sur le dépôt, ainsi que sur les moyens de s'en saisir, rendit secrè