Jeudi 20 mars 2014 4 20 /03 /Mars /2014 07:25

Un jeune homme alla trouver son Maître et lui dit : « Puis-je te parler ? »
Le Maître luis répondit : « Reviens demain, nous parlerons ».
Le lendemain, se présentant à nouveau à lui, le jeune homme lui dit : « Puis-je te parler ? ».
Tout comme la veille, le Maître lui répondit : « Reviens demain. Nous parlerons ».
« Hier, je suis venu, répondit déçu, le jeune homme, et je t’ai posé la même question. Refuses-tu de me parler ? »
Depuis hier nous dialoguons répondit en souriant le Maître. Est-ce notre faute si nous avons tous deux de mauvaises oreilles ?

Dans un article de Libération intitulé « La communication sans paroles » Valère Novarina écrit : La parole n’échange aucun sens mais ouvre un passage. De l’un à l’autre elle est notre passage à l’intérieur des mots : notre ouverture à l’intérieur des mots, notre voyage est la façon que nous avons de passer avec eux. Toute parole que nous échangeons transmet avec elle le secret de la parole.
Il y a un passage secret entre nous dans l’échange parlé.
La parole ne se communique pas comme une matière marchande, comme une denrée, comme de l’argent ; elle se transforme, elle passe et elle se donne. Vivante de l’un à l’autre, la parole passe entre nous et se transforme de nous avoir traversés.
C’est le don de parler qui se transmet : Le don de parler que nous avons reçu et qui doit être donné. Le don d’ouvrir par notre bouche un passage dans la matière de la mort ?

Parler est l’aventure de nous dire aux uns les autres ce qui peut être dit. Très précisément chaque mot désigne l’inconnu. Le silence le plus profond est une parole, de même l’immobilité vraie un mouvement.
C’est que le vrai mystère n’est ni ténébreux, ni voilé mais une lumière extrême jetée sur soi. Et plus loin il écrit encore : Toute notre vue est parlée.
C’est un autre monde que nous verrions si nous avions d’autres mots. Tout le visible est un renouvellement perpétuel de paroles.
L’initié sait que même la pensée est un fluide qui se répand, forme et transforme. C’est pourquoi, ici surtout, il faut purifier tes intentions et ton cœur. Que le bien seul oriente ta volition
Grillot de Givry

Art. 26 des règlements généraux du Droit Humain : Il est écrit :
L’orateur est le gardien et l’organe de la loi, et plus loin il est écrit, dans toutes les circonstances il est l’organe de l’At\ Cette insistance sur le rôle d’organe, (qu’il faut entendre comme la voix, bien sûr, puisqu’il est écrit aussi, il est chargé de porter la parole) me questionne. La voix pour quelle voie ?
La parole est une structure vivante, qui devient partie intégrante de la durée du vécu de tous, de même au cours de son élaboration en tant que texte elle est partie intégrante de la durée de l’auteur.
Si l’un de vous lisait mes planches d’accueil d’orateur, il se pourrait que le résultat fût différent, et même que l’interprétation que vous en donneriez du moment ne correspondît pas à la mienne.
J’ai donc fait entrer ma parole dans un texte, sinon dans un cadre, du moins dans un espace qui est le mien et non le vôtre. Mais celui qui parle, qui lit un texte n’est il pas aussi un orateur ?

La parole d’un orateur est créée de son souffle et cette création, pour lui, est en même temps son accomplissement et sa limite, puisqu’il ne peut se substituer à nous dans son interprétation, ni ne peut nous imposer la sienne. Mais en créant ainsi, se fait l’expérience directe, physique de l’unité du corps et de l’esprit, de leur continuelle interaction symbolique
A chaque instant d’une planche, la planche est toute entière contenue dans cet instant et la portée finale n’est pour ainsi dire que l’étalement, le repos ou l’extension d’une énergie qui ne fait que progresser à travers l’acte de dire jusqu’au moment où le « J’ai dit » l’apaise.

Souvent en lisant mes planches d’orateur j’ai une impression physique d’euphorie, de dilatation correspondante à la genèse, à la montée du sens que j’essaye de vivre moi-même et de faire sentir à travers les mots.
C’est vouloir tendre vers un accord, vers l’égrégore avec les récipiendaires, les FF\ et les SS\ présents, un accord difficile d’autant plus qu’ils se situent à plusieurs niveaux d’expérience. C’est déjà à plusieurs niveaux d’expérience que je recherche l’accord avec moi-même, et à ces niveaux s’en ajoutent d’autres, avec vous, avec le monde.
Chacun de nous est un vivant dans sa durée propre, une forme en train de se développer, de s’accomplir; et c’est dans une métamorphose continuelle en nous, autour de nous, qui fait pression sur nous et nous oblige à rechercher sans cesse la proportion juste, que j’ai puisé des thèmes tels que le symbole, le symbolisme, la Tradition, la fraternité, le secret, l’effort, la persévérance, la discipline, les voyages, les mystères pour évoquer la F\Maç\ Le symbole se contemple, la signification se dit. Le premier est de l’ordre du visible, la seconde de l’ordre de l’audible. L’homme, en réfléchissant construit le pont entre le visible et l’audible, son langage traduit et opère les passages. Nous sommes des bâtisseurs de sens ; les temps de parole qui nous sont accordés sont des participations à l’édification de corps de pensée comme des cathédrales d’esprit.

La parole, celle de l’orateur, a une force physique incontestable. Elle est essentiellement le physique de l’âme de la loge, indissociable de celle-ci. Ceux qui sont sensibles, et comment ne pas l’être dans cette caisse de résonance cosmique qu’est le temple à couvert, non pas seulement au verbe mais à son caractère incarné, reconnaissent cette incarnation dans le rythme énergétique des mots. Le vocable constitué par la voyelle et la consonne, par de la chair et de l’os, par de la dureté et de la tendresse, et par les subtiles proportions qu’elles produisent entre les sons, le vocable saisit le monde pour en prendre du sens et se prendre avec lui. Certaines formes du dire sont à la fois les plus objectives possibles et les plus profondément symboliques. L’orateur propose un système énergétique et progressif, le mouvement initiant en tant qu’ouverture d’acheminement. C’est vouloir au nom de l’At\ amorcer une montée dans une spirale de plus en plus large, de plus en plus fraternelle, dans un élément de plus en plus transparent de vérité, pour viser le delta, là où toutes les espérances sont possibles, là où règne la conscience de la lumière.
Mais l’élément essentiel de la parole de l’orateur, en tant que matière, est le silence qui se fait en elle et autour d’elle. En la parole est aussi le silence, le rythme n’existerait pas sans le silence.

La parole de l’orateur est une énergie combative, positive de la pensée qui cherche désespérément à s’incarner dans le Tout. Derrière toute recherche verbale, ce qui est enjeu de spirituel est peut-être l’abolition de cette distance intérieure, de cet ordre de la séparation qui est l’ordre apparemment réel où nous vivons et que par toutes sortes de voies, dans l’art et la connaissance, nous tentons de dépasser.
Mais je n’ai jamais oublié que cette parole, ce silence, se devaient d’être tournés vers l’autre, le récipiendaire, le F\ou la S\car c’est de l’autre que celui qui parle attend le soutien qui réalisera la parole ; la parole nous a été donnée non pour parler mais pour entendre. La parole ne nous a été donnée que pour n’entendre que ce qui est l’autre.
Le texte de l’orateur est une éducation au sens de conduire au dehors du chemin déjà tracé (ex ducere) et une libération. La parole nous offre de faire en nous l’effort de libération, d’ouverture, de création, c’est une pédagogie de la liberté que propose la prise de parole en loge car si tout ne peut être dit, ici, il me paraît évident que tout peut être entendu.
Cette expression libérée, nous en avons tous besoin. Tous, nous devons nous exprimer le moment opportun, car notre subjectivité n’a de sens qu’en osmose avec celle de l’autre dans une dynamique de significations.
Elle ne revient à nous, afin de nous nourrir et nous faire prendre conscience de nous-mêmes que dans la mesure où elle rayonne dans un milieu fraternel, milieu de relations complexes où notre présence totale est signifiée par nos gestes, notre parole, mais aussi par notre façon d’accueillir avec un certain degré d’ouverture d’esprit, de chaleur humaine, tout un ensemble de richesses qui sont en nous sans que toujours nous ne les connaissions et dont la convergence constitue l’ébauche progressive de notre forme de maçon. C’est en fait apprendre aussi à s’aimer soi-même dans une perspective de don gratuit.
Il convient de reconnaître la vertu libératrice de la parole, de cette parole symbolique, prophétique, obscure mais qui peut s’illuminer par une re-création de l’esprit de l’autre.
L’orateur est tout entier constitué par sa parole, partie intégrante à ce moment de sa chair, de sa vie, plus intérieure que tous ses organes du dedans. Il lui est donné d’être incomparablement un être libre. L’essence de la vérité est liberté dans laquelle l’autre est seulement un possible, jamais une certitude. La liberté est un contrat entre l’homme et le monde, entre l’homme et l’autre homme.

Que la parole ne domine pas, ne manipule pas, qu’elle ne méprise pas. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel font obstacle à la couleur blanche de l’idéologie. Je n’enfermerai pas l’autre dans un concept déterminant a priori, alors me sera rendue ma propre indétermination, ma propre liberté. Laissons éclore un dynamisme de significations dans cette parole parlée devenue parlante et qu’elle nous rassasie comme une manne.
Et le matin il y eut une couche de rosée autour du camp. La couche de rosée s’éleva et voici qu’à la surface du désert il y eut une mince croûte, mince comme le givre sur la terre. Les fils d’Israël le virent et se dirent l’un à l’autre Manhou? (qu’est-ce?).
La maison d’Israël l’appela du nom de manne.
La manne, le qu’est-ce est littéralement la question, le questionnement. Le ma de manne se retrouve comme attitude interrogative primordiale dans le Adam, ma qui fait de l’homme préhistorique l’homme en question.
N’est-ce pas dire aussi que le savoir absolu n’existe pas et que le maître a toujours un côté disciple ?
L’éthique d’une parole en loge est une prise en charge responsable du monde par un être présent et parlant, faisant échec à l’inhumanité de la vérité unique et posant au devant de ses F\ et S\ l’infinité des opinions possibles où se reflète le débat des hommes sur le monde.
Lorsque le Zohar dit que l’homme est un « ma », un quoi, une question permanente, qu’en elle réside la dignité de l’humain, cela signifie que la capacité de s’arracher d’un sens pré-imposé est la dimension même de la liberté. La parole se fait alors caresse.
La caresse découvre une intention, une modalité d’être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître.
La caresse n’est pas un savoir mais une expérience, une rencontre. La caresse n’est pas une connaissance de l’être mais son respect.

La caresse est un concept ou plutôt un anti-concept qu’Emmanuel Lévinas introduit en philosophie en 1947 dans « Le temps et l’autre ». Il écrit : " La caresse est un mode d’être du sujet où le sujet dans le contact d’un autre va au-delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière ".
La caresse est un relativisme, un scepticisme sans nihilisme. Pour la philosophie de la caresse, tout est interprétation. La loi, cette parole du groupe, devient alors une norme et non un dogme, une norme qui déploie un projet collectif.

La loi est mythique, symbolique, activité sociale d’échanges, source à la fois collective et individuelle qui définit un champ commun à une société et aux individus qui la composent.

Et dans ce champ qui est notre loge, se fertilisent par la parole ces questionnements qui font de chacun de nous un arbre de liberté. Je le dis.

Source : www.ledifice.net

Par Solange Sudarskis - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 mars 2014 3 19 /03 /Mars /2014 06:52

Introduction.
Les couleurs, ça semble évident : dans tous les TT\, le pavé mosaïque est noir et blanc et ici il est également gris, la voûte étoilée est bleue, la colonne J\ est rouge. Mais quand ma femme me dit : « Passe-moi le pull vert ! » et que moi je ne vois qu'un pull bleu, quand je photographie la même scène à deux heures d'intervalle et que les couleurs sont différentes, ça se complique !
Alors, je cherche une définition des couleurs. Et je trouve ce qui suit : Le soleil - ou une lampe à incandescence - produit de la lumière blanche. Si cette lumière frappe un corps qui réfléchit tout le spectre visible, ce corps apparaît blanc, si le corps absorbe tout le rayonnement, il apparaît noir.
Un objet de couleur rouge va absorber toute les couleurs contenues dans la lumière à l'exception du rouge.
La couleur est une vibration d'une certaine longueur d'onde. Infra-rouge et ultra-violet, qui font partie du rayonnement solaire, sont en dehors de notre champ de perception, ce qui ne signifie pas qu'ils sont sans effet sur nous.
Mais notre perception de la couleur dépend de la qualité de la lumière, des caractéristiques de l'objet et des capacités de l'observateur. A deux instants différents, la couleur perçue est différente ; d'autre part, deux observateurs différents ne perçoivent pas les mêmes couleurs. Mais comme nous sommes dans le domaine symbolique, nous allons considérer ces couleurs relatives comme des couleurs absolues.
Elles n'existent pas par elles-mêmes, elles émanent de la lumière, cette lumière que nous avons tous reçue et dont nous nous efforçons de percer les secrets.
Les couleurs ont un effet sur nos sens, sur notre santé, sur notre comportement. Toute une littérature de qualité très variée a d'ailleurs été publiée sur ces sujets. Et les couleurs peuvent aussi être des outils.
J'évoquerai d'abord le triptyque noir, blanc, rouge, puis dans une deuxième partie la décomposition de la lumière, et les couleurs ainsi mises en évidence : le bleu, le jaune et le vert, l'orange, l'indigo et le violet. Je terminerai, et c'est pour moi le plus important, par quelques questions.

I. Noir et blanc, rouge
Commençons par le plus simple : le noir et le blanc, réfléchir, absorber. D'ailleurs, quand je réfléchis, je suis absorbé.
Le noir et blanc est souvent opposé à la couleur - en cinéma, en photo. Il est aussi synonyme de jugement sans nuance, malgré la multitude des niveaux de gris. Pourtant - je pense ici à la photo - le noir et blanc est souvent davantage porteur de sens que la couleur qui empêche parfois de se concentrer sur le sujet.
Pour mon cas personnel, j'ai constaté une bizarrerie : je vois la première moitié du XXè siècle en noir et blanc, ainsi que ma petite enfance. J 'ai du mal à imaginer les gens - mon grand-père par exemple - habillés de couleurs autres que le noir ou le gris, je vois toutes les voitures de cette époque noires. Par contre, j'ai toujours visualisé le moyen-âge en couleurs !! Verdun en noir et blanc, mais Crécy en couleurs ! J'ai du mal à expliquer ce phénomène, qui n'est à mon avis pas seulement dû à la nature des documents disponibles.
1) Le blanc est la couleur absolue puisqu'elle les contient toutes.
C'est la couleur de la lune, l'argent des héraldistes.
Le blanc est pour moi un obstacle, un éblouissement, un mur. Le tablier blanc renvoie la lumière, il ne peut l'analyser, elle est trop forte. Les gants blancs sont aussi là pour protéger. Le blanc ne se laisse pas pénétrer. Je sais qu'il symbolise théoriquement le bien, la pureté, le côté positif des choses. Mais j'ai du mal à l'intérioriser. Pour moi, j'ai sans doute tort mais c'est ainsi que je le ressens, ce n'est pas dans le blanc qu'on trouve la lumière, puisqu'il la renvoie. C'est dans le noir qu'il faut chercher, puisqu'il l'absorbe. Caïn plutôt qu'Abel.
2) Le noir, le sable des blasons, évoque pour moi la profondeur, une certaine attirance, un gouffre. La nuit, les grottes, la matrice, le deuil qui est omniprésent au 3è degré, l'envers du décor, de nos décors, le rappel de notre précarité. C'est Satan (allié au rouge), mais aussi l'autorité (arbitre, juge, prêtre.) le luxe, la solennité. On s'habille en noir pour les grandes occasions. C'est aussi la terre nourricière. C'est la couleur des vierges noires, des déesses mères. Le noir m'attire plus que le blanc : j'absorbe plus que je ne réfléchis.
On retrouve noir et blanc, souvent associés - l'un ou l'autre ou les deux à la fois - au rouge, qui est la couleur par excellence, et ce dès les débuts de l'humanité : peintures du néolithique, peintures corporelles des aborigènes, céramiques grecques...
Les emblèmes, les blasons les plus anciens reprennent souvent ces couleurs, parfois exclusivement. Notons par exemple que le Beaucent, l'étendard de l'ordre du Temple, est à l'origine « d'argent à chef de sable », c'est à dire noir et blanc ; ce n'est qu'au milieu du XIIIè siècle qu'on lui adjoint une croix rouge.
3) Le rouge, c'est le feu, qui perce le noir de la nuit, mais qui pour moi se plaque seulement sur le blanc. C'est la couleur par excellence : pour les Romains, teindre un tissu, c'est le teindre en rouge.
C'est le sang, la naissance, la vie, la violence, le danger, la volonté, mais aussi l'autorité, le luxe. Il a longtemps été symbole royal. La planète Mars est rouge, et Mars est le dieu de la guerre.
Le rouge, c'est aussi l'interdiction (feux, panneaux), la sanction (on corrige en rouge, on donne des cartons rouges).
Le rouge est censé stimuler l'esprit et favoriser l'effort physique ou intellectuel.
Attirance-répulsion pour le rouge : je fuis la vue du sang, mais j'adore la viande crue.
Regardez une ville la nuit : qu'est-ce que vous voyez ? Du noir, beaucoup de noir, des points blancs (les lumières, l'éclairage public, les phares des voitures), des points rouges (les feux arrières des voitures, les balises lumineuses signalant les immeubles, mais aussi les feux de signalisation). Il y a aussi des feux verts, mais de loin on ne les voit pas.
Il vaut mieux éviter de voir rouge, le rouge est souvent de mauvais conseil, même s'il entraîne, s'il dynamise. Il est à manier avec précaution.
Ce système (le blanc et ses deux contraires, le rouge et le noir) régit la symbolique dans nos sociétés au moins depuis le néolithique et jusqu'au XIè siècle. Il correspond à la division de la société indo-européenne en trois classes, « les blancs » (fonction sacerdotale et juridique), « les rouges » (fonction guerrière), « les noirs » (fonction nourricière) (voir à ce sujet les travaux de Georges Dumézil). Ce système trifonctionnel (ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent) organise la société médiévale jusqu'à la révolution du XIè siècle et subsiste, de plus en plus vide de sens, jusqu'à la Révolution française dans l'organisation de la société d'ancien régime.
Ces trois couleurs sont omniprésentes dans notre imaginaire :
-"Le petit chaperon rouge" Petite fille : rouge à peau blanche – Pot de beurre: blanc - Loup : noir
-"Le Corbeau et le renard": Corbeau: noir - Fromage: blanc – Renard : Rouge
-"Blanche neige": Sorcière: noire - Pomme: rouge - Jeune fille : blanche.
C'est à partir du XIè siècle que l'on assiste à la fois à une évolution de la société qui s'urbanise et se complexifie et à une modification du système des couleurs : le rouge aussi a désormais son contraire, le bleu, et la symbolique repose dès lors sur six couleurs : les trois primitives, auxquelles s'ajoutent le vert, le jaune et le bleu.
Mais on n'a pas la même perception des couleurs qu'aujourd'hui : pour l'homme - ou la femme - du XIIè siècle, le bleu foncé est plus proche du rouge foncé que du bleu clair.
Jusqu'à la fin du moyen-âge, on ne mélange pas les couleurs : ce serait porter atteinte à l'ouvre divine. Le vert par exemple est obtenu séparément, jamais par mélange de bleu et de jaune.

II. Décomposer la lumière : l'arc en ciel.
Revenons à notre sujet, que nous n'avons peut-être pas complètement quitté.
Comment aborder la lumière, la rendre plus compréhensible, plus accessible. Newton - Isaac, pas Helmut -, celui de la pomme, un des fondateurs de la Royal Society, association que l'on considère parfois comme étant à l'origine de notre maç\ spéculative, a formalisé cette décomposition de la lumière. Notons au passage que la notion de décomposition nous ramène au mythe d'Osiris et à celui d'Hiram. Il s'agit, une fois la lumière décomposée, de retrouver, de reconnaître puis d'analyser les éléments ainsi identifiés, d'en approcher la signification, pour pouvoir ensuite reconstituer peut-être la lumière originelle.
Dans une pièce noire, Newton fait passer un rayon de lumière blanche au travers d'un prisme et ainsi apparaissent les couleurs, sept couleurs (peut-être seulement cinq mais Newton a préféré en voir sept) : le rouge, l'orange, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le violet. Sept couleurs, comme il y a sept planètes visibles à l’œil nu, sept notes dans la gamme, sept merveilles du monde, sept arts libéraux, sept trompettes de l'Apocalypse, etc.. On peut remarquer qu'il y a aussi sept chakras, chacun associé à une couleur, et qu'ici, pour reprendre un thème traité ici il y a quelque temps, les identités culturelles se rejoignent.
Modification fondamentale dans la vision que l'on a des couleurs : on exclut alors le blanc et le noir qui deviennent des non-couleurs, et le système repose donc désormais sur sept couleurs parmi lesquelles la position centrale n'est plus occupée par le rouge mais par le bleu et le vert. On produit maintenant les couleurs à partir des trois couleurs primaires : le rouge, le bleu et le jaune. Les couleurs se mélangent, s'additionnent, se soustraient ; on peut les manipuler, elles ne sont plus objets intangibles.
Ce prisme est utilisé par Newton est en verre à section triangulaire, l'angle entre les faces où passe la lumière mesure 63°12.
Pourquoi 63°12 ? La mesure n'est que de peu d'importance pour le résultat de l'expérience et un angle de 60° aurait fait l'affaire.
Allons un peu plus loin : Comment obtient-on 63° ? C'est 3x3 (la batterie au grade de maître) multiplié par 7 (l'âge symbolique du maître). En ajoutant 12', on ajoute une référence aux douze signes du zodiaque, aux douze mois de l'année, au temps cyclique ; douze, c'est aussi 3x4, l'union de l'esprit et de la matière ; enfin, 12', c'est 1/5 de degré ; un : le tout, l'univers divisé par 5, le chiffre de l'homme, mesure de toutes choses. Le maître, le temps, l'esprit, la matière, l'univers, l'Homme. Est-ce que tout ceci est un hasard, ou Newton a t’il voulu faire passer un message ?
Mais je m'égare ! Revenons au thème de la planche.
C'est donc en passant par le filtre de nos sensations, de notre entendement, que nous pouvons aborder des aspects de la lumière, mais pas tous à la fois. Deux observateurs différents ne voient pas le même arc-en-ciel : les gouttes d'eau qui réfractent la lumière ne sont pas les mêmes. Chacun d'entre nous a son prisme, l'angle entre les faces n'est pas toujours le même, nous ne voyons pas exactement les mêmes couleurs, mais nos démarches sont parallèles. Nous poursuivons tous le même but : décomposer la lumière pour mieux l'approcher, pour mieux la comprendre et en faire ensuite notre propre synthèse.
Le spectre mis ainsi en évidence, on l'appelle arc-en-ciel.
A noter que les Anciens avaient observé l'arc-en-ciel, mais n'avaient pas du tout vu les mêmes couleurs : Anaximène (VIè siècle av. JC) voit du rouge, du jaune et du violet ; Aristote voit du rouge, du jaune, du vert et du violet ; Epicure du rouge, du vert, du jaune et du violet ; l'historien romain Ammien Marcellin (v. 400 ap. JC) distingue du pourpre, du violet, du vert, de l'orangé, du jaune et du rouge. Personne jusqu'à Newton n'y a vu de bleu. Pourquoi ?
L'arc-en-ciel, arche en ciel : c'est à la fois une porte qui s'éloigne continuellement au fur et à mesure qu'on avance vers elle - on ne peut pas se placer dans le plan de l'arc, « sous » la porte, on reste devant ; on ne peut donc a fortiori la franchir.
C'est aussi un halo, une aura ; plus les couleurs de l'arc sont vives, plus l'arc est net, plus il recèle d'énergie.
Mais l'arche c'est aussi un réceptacle (arche d'alliance, de Noé).
Cette « arche en ciel » contient la lumière, la connaissance ; à nous d'en découvrir le contenu. N'oublions pas que la démarche est compliquée par le fait que cet arc comporte une partie invisible pour l’œil humain, dans l'infra rouge et dans l'ultra violet.
Ces rayonnements invisibles ont aussi une importance, une action sur nous, positive et négative (je pense à la chaleur indispensable à la vie et aux coups de soleil voire aux cancers de la peau : l'approche de la lumière n'est pas sans danger). Ils recèlent des informations inaccessibles avec nos sens mais qui ne sont certainement pas à négliger.

III. Le bleu, le jaune et le vert, l'orange, l'indigo et le violet.
Venons-en aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Nous avons déjà évoqué le rouge, je m'arrêterai d'abord sur le bleu très présent ici - cette Loge n'est-elle pas bleue ? - auquel je suis très sensible.
1) Le bleu :
Je conseille à tous la lecture de l'ouvrage consacré à cette couleur par Michel Pastoureau, ouvrage riche, complet, et ce qui ne gâte rien, magnifiquement illustré, et qui ne déparerait pas notre bibliothèque.
L'histoire de cette couleur est intéressante : le bleu a été pendant très longtemps une couleur de peu d'importance : il se confondait avec le gris pour les Romains. C'était un bleu très pâle, réservé aux couches inférieures de la population, et qui n'avait pas grande valeur symbolique. Tacite note seulement que les barbares se teignaient le corps en bleu pour effrayer leurs ennemis. Il était associé à la mort.
Avant le XIIè siècle, en dehors du blanc et du noir, on voit sur les tableaux surtout du rouge - positif ou négatif selon qu'il représente un roi ou le diable - du vert - négatif souvent, de l'or et de l'argent. Le bleu, un bleu pâle proche du gris, n'est qu'une couleur de fond, un support d'écriture.
Le bleu explose à partir du XIIè siècle sous deux influences : la montée en puissance des Capétiens qui en font leur emblème, et le développement du culte marial initié surtout par l'abbé Suger qui emploie du bleu dans les vitraux de St-Denis, et par Bernard de Clairvaux, le fondateur de l'ordre cistercien, qui a contribué par ailleurs à la création de l'ordre du Temple. Le bleu est employé pour la robe de la vierge et aussi pour les manteaux des rois Capétiens.
Il devient attribut royal, terrestre ou divin (c'est d'ailleurs la couleur du blason d'Arthur). Dans les blasons, le bleu, quasi inexistant au XIIè siècle, est majoritaire à la fin du XVè.
Conséquence économique : le développement de la culture de la guède et des importations d'indigo.
La Réforme protestante va elle aussi promouvoir le bleu dans le vêtement, cette couleur présentant pour Calvin en particulier plusieurs avantages : c'est une couleur modeste, non ostentatoire; ce n'est pas une couleur liturgique contrairement au jaune, au rouge, au violet et au vert et elle s'oppose au rouge qui symbolise l'autorité de Rome.
Le XVIIIè siècle fait du bleu la couleur des Lumières, la couleur des loges (notons qu'Anderson et Désaguliers étaient calvinistes), c'est la couleur de la révolution américaine puis celle de la Révolution française.
C'est aussi la couleur des « Livres bleus », opuscules à bon marché largement diffusés à partir de la fin du XVIIè siècle à l'initiative de l'imprimeur troyen Oudot.
L'uniforme des soldats français devient bleu dès 1793, même si la décision n'est pas immédiatement suivie d'effet en raison du manque d'indigo.
Le bleu devient donc la couleur de la République française par opposition au blanc des royalistes et il le reste aujourd'hui (voir les maillots des équipes de France), avec le blanc et le rouge comme rouge et blanc sont liés à l'Angleterre, à la Suisse ou au Japon, noir, rouge et blanc à l'Allemagne, même si celle-ci a mis depuis 1949 du jaune dans ses couleurs, ou jaune et rouge à l'Espagne. A noter qu'un grand nombre de drapeaux nationaux (46) reprennent le bleu, le blanc et le rouge. 136 sur 193 contiennent du rouge soit plus de 70%, 68 % contiennent du blanc et 45% du bleu.
Le bleu, c'est aussi le ciel par beau temps, un ciel profond, une certaine idée de la mer, dont nous sommes tous issus ; il évoque la durée, l'immensité, la paix (c'est la couleur de l'Organisation des Nations Unies).
Le bleu favorise paraît-il la méditation et l'intuition.
Le bleu est de loin la couleur préférée des occidentaux (Européens et nord-Américains), mais ce n'est pas le cas ailleurs dans le monde où le rouge reste prédominant. Les Japonais préfèrent dans l'ordre le blanc, le rouge et le noir. En Amérique du sud, on préfère le jaune.
Dans la langue courante, bleu est un substitut de dieu dans les jurons comme morbleu (mortdieu), sacrebleu (sacredieu), ou palessambleu (par le sang de Dieu) : on pouvait ainsi jurer en évitant le péché - hypocrisie catholique.
Pour moi, le bleu c'est l'étendue, le calme, la réflexion, la distance, la sérénité, une façon détendue de voir les choses. Même si je risque de n'y voir que du bleu, j'essaie de faire passer les informations à travers un prisme de cette couleur.
Pour éviter d'être trop long, j'évoquerai rapidement le vert, le jaune, l'orange, l'indigo et le violet avant de poser quelques questions auxquelles vous m'aiderez j'espère à répondre.
2) Le vert.
Dans le rituel du 3è degré, si le noir est omniprésent, si le rouge est fortement suggéré (le sang d'Hiram), le vert, est discret, mais essentiel. En effet, qu'adviendrait-il sans la découverte de la branche d'acacia ? Les compagnons seraient condamnés à errer éternellement à la recherche du Maître disparu, sans aucune certitude sur son sort. C'est cette petite branche verte qui rend le deuil possible, qui rend la suite possible. Le vert est nécessaire, indispensable au développement de la maç\ symbolique.
C'est la couleur du renouveau de la nature au printemps, en son absence nous sommes condamnés au gris. D'autre part, sans lui, pas de chlorophylle, pas d'oxygène, pas de vie.
Le vert calme et régénère. Quand on est stressé, mieux vaut se mettre au vert que se mettre au rouge !
Dans la vision nocturne de la ville que j'évoquais tout à l'heure, le vert n'est pas visible de loin, il faut s'approcher pour distinguer les feux verts, mais sans eux, la ville est paralysée, toute circulation s'arrête, figée par les feux rouges.
Mais le vert c'est aussi la couleur de l'émeraude, du Graal et du trône divin au moment du jugement dernier. Au moyen-âge, les personnages symbolisant le mal sont souvent habillés de vert. Sur les vitraux de Chartres, le diable et la croix du Christ sont verts. A St-Savin, les personnages négatifs sont vêtus de vert. Les fous étaient habillés de vert et de jaune. Est-ce pour cela que je regarde ces couleurs avec une certaine méfiance ?
3) Le jaune, c'est la clarté, la lucidité, le discernement, la conscience. Il stimulerait l'intellect.
Le jaune évoque le soleil, donc la lumière. C'est la couleur des sages dans certaines religions. C'est aussi la couleur de la fleur de l'acacia, celle qui refleurit sur la tombe (mais l'acacia a t’il le temps de refleurir, la plante résiste t’elle à l'exhumation ?) ; c'est la couleur des canaris, même si ceux-ci ont tendance aujourd'hui à virer à l'orange.
Mais le jaune reste la couleur la moins aimée en Occident. Goethe a dit du jaune que c'est une couleur gaie, joyeuse et douce, mais qui devient vite désagréable et qui, mélangée, devient sale et laide. Est-ce à dire que les décors jaunes ne doivent pas être portés trop longtemps ?
J'avoue ne pas avoir d'attirance particulière pour cette couleur.
4) L'orange est une couleur secondaire, elle est le produit du rouge et du jaune. Pour les Hébreux et les Arabes, c'est la pomme d'or.
Elle a les qualités atténuées du rouge et du jaune, c'est la couleur des moines bouddhistes. Peut prisée en héraldique, elle signifie hypocrisie et dissimulation.
L'orange est tonifiant.
C'est la couleur du bien-être et de la bonne humeur. L'orange est fortement associé au fruit du même nom, ce fruit précieux qu'on offrait autrefois aux enfants au moment du solstice d'hiver pour leur rappeler que la lumière revient toujours.
5) L'indigo et le violet.
Le violet, union du rouge et du bleu, est la couleur du deuil et des cardinaux. Il est symbole d'union, de spiritualité. Le violet est un calmant, il a quelque chose de mélancolique. Il est lié à Mercure.
Le pourpre contient davantage de rouge que le violet, il symbolisait à Rome le pouvoir suprême.
Devant une situation nouvelle, devant une difficulté, je m'efforce d'éviter le filtre rouge, qui est celui qui s'impose à moi de prime abord, j'essaie d'utiliser un filtre vert pour me détendre (j'ai souvent du mal), pour remettre en perspective et je m'efforce d'aborder la situation à travers un filtre bleu, qui me donne la distance nécessaire à une analyse raisonnable.
Mais ce n'est pas toujours facile, le rouge mange facilement les autres couleurs.
Grâce à Newton, nous avons ainsi pu aborder à travers les couleurs quelques aspects de cette lumière qui nous intéresse tant. Mais cela est-il suffisant pour reconstituer l'information originelle, pour appréhender l'objet dans sa totalité ? Peut-on retrouver ainsi la lumière perdue ?
Quelques questions pour finir :
1) Pourquoi nos LL\ sont-elles bleues ?
2) Chaque être voit les couleurs différemment en fonction de ses possibilités physiques (le peintre voit beaucoup plus de nuances que moi), de son éducation, de sa culture, de son environnement. Les couleurs agissent-elles sur nous même si nous ne les distinguons pas ?
3) Comment aurais-je articulé cette pl\ si nous étions tous daltoniens ?
4) Je m'en suis tenu au rouge du sang, au noir du cercueil, au vert de l'acacia, au jaune de la fleur, au bleu du ciel et de la mer ; et les autres couleurs ? Elles ne sont pas seulement 7, leurs possibilités de combinaisons sont infinies : un ordinateur en affiche déjà 32 millions. Alors, y a-t-il 32 millions de façons d'aborder la lumière ?
5) Et si les couleurs n'étaient qu'illusion ? Si Goethe avait raison lorsqu'il écrit qu'une couleur qu'on ne regarde pas n'existe pas ?
En conclusion, je voudrais dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler sur cette pl\ : ça change de la paperasse administrative.
Quand je suis entré en maç\, je ne savais pas bien pourquoi. J'y vois maintenant un peu plus clair, et deux phrases me guident : « Connais-toi toi-même » et « Deviens ce que tu es ». Je crois que grâce au travail fait ici, grâce à vos plpl\, grâce à tout ce que j'entends ici et dans d'autres LL\, grâce aussi un peu à mes plpl\ et au travail qu'elles m'amènent à faire, je me connais un peu mieux et j'espère avoir avancé un peu sur le chemin qui mène vers moi, même si ce chemin n'existe peut-être pas, même si ce chemin je le crée au fur et à mesure que j'avance. Reste à répandre tout cela à l'extérieur pour aider à améliorer l'homme et l'humanité, et ça c'est une autre histoire.

J'ai dit, T\R\

Source : www.ledifice.net

Par J\L\ A\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 18 mars 2014 2 18 /03 /Mars /2014 06:32

Vénérable Maître, mes Biens Aimés Frères et Sœurs en vos grades et qualités, j’ai donc souhaité, pour ma première planche à ce plateau, me pencher un peu sur cet office que j’occupe depuis peu, celui de Second Surveillant.

J’occupe ce poste, je suis assis derrière ce plateau mais en suis-je pour autant le digne représentant que cette respectable Loge attend de plein droit.

En effet, je pense qu’il ne suffit pas d’être nommé à un poste d’Officier pour pouvoir prétendre honorer ce poste, il ne suffit pas de porter le cordon de sa charge, encore faut-il incarner au plus juste la fonction qui est la nôtre au sein de la Loge et de ce fait agir comme fonction et non comme individu car l’individu s’efface derrière sa charge, il doit s’y investir et s’y fondre en n’oubliant pas qu’elle n’est pas un honneur (les métaux sont laissés à la porte du Temple) mais une promesse d’engagement car si tous les Frères de cette Loge sont égaux en droits, ils ne le sont certainement pas en Devoirs. C’est ainsi que le Second Surveillant est un Officier parmi les autres Officiers et que tous les Officiers sont des Frères parmi les Frères mais chacun investi de tâches et de responsabilités plus ou moins importantes et nombreuses. En examinant toute la valeur symbolique de cette charge qui est la mienne, je me dis que je ne me trouve peut être pas derrière ce Plateau par hasard et qu’il me reste à profiter au mieux de cette chance unique de pouvoir un jour me satisfaire du travail accompli.

Alors, qui est donc le Second Surveillant d’une Loge et quels sont les Devoirs qui sont les siens au regard de ses Frères.

Il est tout d’abord l’un des trois Officiers qui dirigent la Loge et plusieurs rites le qualifient de troisième Lumière de la Loge. L’outil qui lui est attribué, un marteau en bois, lui fait donner également le nom de Troisième Maillet. En l’absence du Vénérable Maître et du Premier Surveillant, il peut présider la Loge.

Si tous les Maîtres ont un devoir de transmission, ce devoir devient exemplaire pour les Surveillants. Le Second Surveillant a en effet pour mission principale de transmettre aux Apprentis les connaissances du premier Degré. Pour cela, il accueille les Apprentis et travaille avec eux en réunions d’instruction. A la fois Veilleur et Eveilleur, il ne doit jamais sous-estimer l’immense responsabilité qui est la sienne car les futurs comportements de Compagnon puis de Maître du jeune Apprenti, nouveau-né à la Franc-Maçonnerie, dépendront en majeure partie de l’instruction qu’il aura reçue au premier Degré.

De part cette mission, le Second Surveillant est donc en grande partie responsable des fondations et du bon devenir de la Loge.

L’existence des Surveillants de Loge est certainement un héritage de la maçonnerie opérative de jadis car sur les chantiers des constructions des cathédrales, il y avait des Maîtres dont la charge était de superviser et de diriger le travail des ouvriers apprentis et compagnons. Ces maîtres devaient apporter aux apprentis et compagnons la « connaissance » du métier tout comme le Second Surveillant se doit de transmettre aux Apprentis les « Connaissances » du premier Degré évoquées plus haut qui composent ce que l’on nomme le « Thésaurus » maçonnique, c'est-à-dire ce « trésor précieux et rare de symboles, de mythes et de rites initiatiques que l’Officier devra exposer progressivement et sans parti pris aux nouveaux Frères de l’Atelier »(Le Second Surveillant occupe une place bien précise au Débhir.

Il est placé en tête de la colonne du Nord où siègent les Apprentis, tout comme les autres Officiers qui eux aussi ont une place fixe entre ces mêmes murs du Nord, du Sud et de l’Occident ou à l’Orient pour certains.

De prime abord, on pourrait considérer cette fixité des places pour chacun des Officiers issue d’une volonté pratique et fonctionnelle. En effet, durant les travaux, le VM a besoin d’être proche du Secrétaire et de l’Orateur. Il a également besoin d’être en contact visuel avec les Surveillants et même le Maître de Cérémonie ou le Frère Expert.

Cependant, ne peut-on pas également, en Cherchants que nous sommes, tourner nos regards vers une représentation plus symbolique de l’emplacement des Officiers.

Certains auteurs tels Oswald Wirth et Jules Boucher proposent une signification à ces emplacements des Officiers en Loge issue de l’Arbre des Séfirots hébreux, c'est-à-dire de l’Arbre de Vie de la Cabale.

D’autres auteurs voient dans le positionnement des Officiers en Loge une justification zodiacale. On peut également remarquer que la Loge est orientée selon les quatre points cardinaux, et qu’à chacun de ces points cardinaux correspond un Officier. Le Vénérable Maître à l’Orient, le Couvreur à l’Occident, le Premier Surveillant au Midi et le Second Surveillant au Nord. On peut donc dire que le Second Surveillant est un des quatre Officiers qui « orientent » la Loge. Avec les trois autres, il contribue à définir l’Espace Sacré du Temple maçonnique, Sacré car en son sein se déroulent toutes les cérémonies initiatiques maçonniques.

Si l’on rentre dans des considérations plus ésotériques comme il nous est familier de le faire au rite de Memphis Misraïm, les quatre Officiers délimitant cet Espace Sacré dans lequel l’Initié évolue, représentent les quatre éléments fondamentaux de notre Nature terrestre : La Terre, l’Eau, l’Air et le Feu. La Loi des Correspondances attribue au Second Surveillant l’Elément Terre propre au signe zodiacal du Capricorne dominé par la planète Saturne. A ce signe zodiacal qui est l’un des quatre signes cardinaux se rattache l’une des quatre Vertus cardinales : le Prudence.

Situé à l’un des points cardinaux du Temple, on lui attribue une Vertu cardinale et un signe zodiacal cardinal, cardinal venant du mot latin cardo qui correspond au gond de la Porte, les charnières, il va de soi que le Second Surveillant constitue l’un des gonds de la Porte initiatique et que prendre à la légère son rôle au sein de la Loge entacherait à jamais le sens profond de l’Initiation.

L’outil de travail du Second Surveillant en Loge est le Maillet.

De là lui vient le nom de troisième maillet qu’on lui donne parfois mais ce maillet de Surveillant, de même d’ailleurs que celui du VM n’a pas la valeur symbolique de celui qui, associé au Ciseau, sert à dégrossir la Pierre Brute. Il n’est donc pas un symbole maçonnique mais est plutôt comparable au marteau du commissaire-priseur lors d’une vente aux enchères. Il est donc l’attribut d’une autorité reconnue, il est utilisé pour frapper les instants décisifs du Rituel, les coups de maillet sont un peu la ponctuation sonore de ce dernier, mais il se doit d’être utilisé avec pondération et fraternité.

Les coups de maillet des Surveillants participent à l’Harmonie du Rituel, que ce soit à l’ouverture et à la fermeture des travaux par des triples coups ou lors du déroulement des travaux pour maintenir le silence sur les colonnes au Nadir, pour transmettre ou refuser la Parole aux FF qui la demandent, pour demander la Parole pour lui-même ou pour rappeler quelques points de règlement.

C’est un outil que le Second Surveillant devra utiliser avec beaucoup de discernement car frappés trop fort ou intempestifs, les coups de maillet perturberont la Tenue, trop faibles ou trop rares, ils l’affadiront.

En tenue, comme tous les autres officiers actifs, le Second Surveillant porte sur sa poitrine un Sautoir au bout duquel est fixé l’insigne de sa charge. Cet insigne et appelé Bijou mobile de part sa précieuse valeur initiatique et du fait qu’il passe d’un Officier à son successeur au gré des changements de postes.

Le Symbole maçonnique représenté sur le Bijou mobile du Second Surveillant est le Fil à Plomb souvent assimilé à la Perpendiculaire.

La Perpendiculaire n’étant pas un outil manuel mais une figure géométrique et considérant que les insignes du VM et du Premier Surveillant sont respectivement l’Equerre et le Niveau, c'est-à-dire deux outils de Constructeurs, nous admettrons le Fil à Plomb comme véritable attribut du Second Surveillant.

Perpendiculaire, Fil à Plomb, le Symbole est de toute manière cette Verticale qui relie le Haut et le Bas et qui nous invite à rechercher la Vérité au plus profond de notre Être ainsi que dans les hauteurs des Etats de Conscience les plus subtils.

Cet axe vertical doit devenir, pour le Franc-Maçon qui travaille sa Pierre, l’axe de la Connaissance de Soi et le Chemin vers les vérités de l’Univers, vers la Lumière initiatique.

L’insigne du Second Surveillant montre donc à l’Apprenti et rappelle sans cesse à tout Maçon attentif la signification de la célèbre maxime « V.I.T.R.I.O.L » qui nous invite à visiter les tréfonds de notre Être, les profondeurs de notre Âme afin d’en déceler les imperfections et de rectifier ces dernières au mieux. Il nous indique également ce chemin ascendant que nous devons emprunter pour espérer frôler de notre Être les Etats de Conscience les plus élevés.

Ce déplacement vertical autour de cet Axe, à la fois vers le haut et vers le bas, est le cheminement de notre conscience qui doit nous mener à l’épuration de cette Conscience ainsi qu’à l’accroissement de sa Luminosité.

Il va s’en dire que ce « Chemin de Vie », qu’il soit ascendant ou descendant, n’est pas toujours d’une verticalité parfaite et comme le fildefériste sur son câble, le Maçon doit sans cesse rétablir cet équilibre pendulaire qui est également le propre du Fil à Plomb et qui devient ici Symbole de la Pondération du Maçon en toute chose.

Au sein de la Loge et en dehors de celle-ci, certaines activités incombent au Second Surveillants.

1. Il participe tout d’abord aux « activités ordinaires » de la Loge sous la direction éclairée du VM.

Ces activités s’exercent dans le Temple et en Tenue lors des Rituels d’ouverture et de fermeture des travaux ainsi que pendant les Travaux.

L’exécution du Rituel d’ouverture et de fermeture est verbale et gestuelle. Les annonces du VM et des Surveillants résonnent de l’Orient à l’Occident et vice versa. Elles sont ponctuées de coups de maillets et se doivent de canaliser, de concentrer l’attention des FF et des SS présents afin de les fermer progressivement au monde profane et de les projeter dans le Monde Maçonnique lors du Rituel d’ouverture. La fermeture des travaux aura l’effet inverse.

Pour ce faire, le Rituel doit être efficace et doit effectivement influer sur le mental de chacun.

La prononciation du Second Surveillant, et bien sûr celle du VM et du Premier Surveillant, doit être d’une clarté exemplaire, dépourvue du moindre bafouillage. Le Discours doit s’empreindre de la plus grande conviction.

L’exécution des gestes rituels comme l’inspection des colonnes, l’allumage ou l’extinction des Etoiles doit également être d’une qualité exemplaire.

A ces seules conditions, le Rituel pourra devenir générateur d’un tel « climat » maçonnique qu’il créera l’Egrégore tant espéré, cette Entité particulière mêlant ce sentiment d’Union absolue et d’Eveil ultime à la Lumière initiatique.

De la même manière mais à l’inverse, le Rituel de fermeture diluera l’Egrégore.

Durant les Travaux, le Second Surveillant, derrière son Plateau, est à la tête de la Colonne du Nord, il doit y faire régner la discipline et assure donc la « Surveillance » de cette Colonne.

Une autre de ses tâches principales en Loge est également de « distribuer » la Parole sur sa Colonne selon, la plupart du temps, un parcours triangulaire qui passe immuablement par l’Orient. Il pourra ainsi « obtenir » la Parole pour tout F ou S Maître de sa Colonne. Il pourra également être amené à refuser cette Parole ou à la retirer à un F ou une selon qu’elle lui aura été refusée par le VM ou qu’il l’aura déjà obtenu deux ou trois fois selon les Loges sur un même sujet et dans une même discussion. Il retirera impérativement la Parole à un F qui entrerait en dialogue direct avec un F Compagnon ou M de la Colonne du Midi. Les communications de Colonne à Colonne devant toujours transiter par l’Orient.

Le Second Surveillant, pour ce qui est de sa Colonne, doit impérativement maintenir la Sérénité de la Tenue en appelant s’il le faut à la Pondération de toute prise de Parole en Loge.

Il intervient également de différentes manières lors des cérémonies d’initiation, de Réception au Compagnonnage, d’exaltation à la Maîtrise.

Il participe activement aux Rituels de Banquet d’Ordre, de Tenue funèbre ou encore de Reconnaissance conjugale et j’en passe. Hors du Temple, il participe aux travaux du Collège des Officiers, il fait partie de différentes commissions, comités ou conseil, il peut être appelé à accompagner à sa dernière demeure terrestre un F passé à l’Orient éternel.

Autant de « fonctions » ordinaires qui montrent le degré de Disponibilité dont doit faire preuve le Second Surveillant.

2. Il peut également assurer l’ « accompagnement des Apprentis » aux manifestations de la Vie maçonnique ou aux Tenues de premier Degré dans d’autres Loges. Cette démarche d’accompagnement des Apprentis n’est pas une exclusivité du Second Surveillant puisqu’un Apprenti peut se faire accompagner par son Parrain ou tout autre Maître de la Loge.

3. Enfin, et il s’agit là certainement de la tâche la plus importante du Second Surveillant, il se doit d’assurer la promotion des Apprentis au Compagnonnage.

Pour ce faire, il est chargé de l’instruction des Apprentis, une instruction qu’il donne par la transmission orale des éléments de base du Thésaurus maçonnique afin d’élever l’Apprenti Franc-maçon au degré immédiatement supérieur au sien, celui de Compagnon.

Cette transmission garantit la Vie immuable de la Tradition maçonnique, elle fait partie de la charge du Second Surveillant mais on peut ajouter qu’en Maçonnerie, celui qui a reçu une instruction maçonnique se doit de ne pas la garder pour lui sauf si elle relève d’un degré non encore atteint par les autres FF ou SS.

Lorsqu’il transmet le contenu de ce trésor qu’est le thésaurus maçonnique : les Mythes, les Symboles, les Rites, les Vertus morales de la Maçonnerie, le Second Surveillant doit préserver au maximum la Pureté de ce dernier car il nous vient en droite ligne des Maçons du Passé, il est notre héritage et ne pas le respecter comme tel, aurait pour conséquence un appauvrissement progressif mais certain qui aboutirait sans doute à sa disparition. Ce Thésaurus est de l’Or qui nous est offert, et le Second Surveillant ne doit pas pratiquer avec ses FF Apprentis cette alchimie à rebours qui transformerait petit à petit l’Or en Plomb.

Cette réflexion sur la Transmission qui est une part des plus importantes de ma tâche, me fait soudain voyager vers mon propre passé, je me revois jeune Apprenti et me souvient de mes attentes, de mes questionnements, de mes regrets, de mes Bonheurs aussi. Puissent ces souvenirs m’aider à accomplir le travail qui est le mien aujourd’hui.

Ce poste de Second Surveillant est l’occasion de remettre l’ouvrage sur le métier, il me met face à moi-même, face à mes capacités, à mes compétences, à ma responsabilité envers mes FF Apprentis, envers cette Loge qui est la mienne. A n’en point douter, le travail entrepris, que ce soit dans quelques mois ou dans quelques années, portera ses fruits. Seront-ils bons ou mauvais ? A l’évidence, il serait mieux qu’ils soient bons …

Transmettre, transmettre les connaissances maçonniques. Le Second Surveillant doit d’abord faire un sérieux inventaire de ses propres connaissances et les compléter si besoin est. Et grand est ce besoin car les Vérités sont toujours et encore plus loin sur le chemin.

Ces Connaissances ne doivent pas empiéter sur les Degrés suivants.

Je pense pour ma part qu’on ne peut toutefois interdire à l’Apprenti de s’intéresser à un symbole ou un Mythe qu’il est supposé devoir ignorer. En effet, lorsqu’on marche sur un chemin, on avance tout de même mieux en regardant loin devant soi, en tout cas au-delà de ses pieds et cela n’empêche en aucune manière de faire un pas après l’autre.

Le Second Surveillant doit également s’interroger sur cette mosaïque composée par le groupe d’Apprentis et tenir compte de ses disparités. Un peu comme un jardinier serait amené à faire pousser des plantes naissantes de diverses natures, le Second Surveillant devra tenir compte du particularisme de chacun. Il devra tenir compte des différences intellectuelles et sociales en gardant à l’esprit qu’à l’intérieur de chacun existe un potentiel qui ne demande qu’à s’épanouir. A lui de le découvrir.

Ni pédagogue professionnel, ni Maître spirituel, on peut mesurer la difficulté de l’exercice qui est en quelque sorte d’apprendre à apprendre à s’initier à chacun des FF Apprentis, de lui donner l’élan nécessaire pour qu’il puisse continuer le chemin par ses propres moyens. La tâche promet d’être ardue, assurément…

Assurément, écrit un jour un grand initié, Goethe, dans son œuvre « Les souffrances du jeune Werther », « assurément, si la montagne ne se trouvait pas là, le chemin serait plus commode et plus court, mais elle y est, et il faut la gravir ».

D’ailleurs, cette montagne n’est certainement pas à appréhender uniquement comme un difficile obstacle à franchir mais aussi comme une représentation de cette Verticalité ascendante présente dans le fil à Plomb, qui symbolise la quête infinie vers les plans les plus éclairés de la Lumière initiatique.

Le Second Surveillant doit parler le langage du cœur et l’insuffler aux Apprentis, il doit les encourager à vivre la maçonnerie au quotidien et ceci dés à présent car comme le disait l’Abbé Pierre : « Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien ».

Le Second Surveillant se doit de répondre avec bienveillance à toutes les questions et quand il ne sait pas, il est sans doute préférable de répondre « je ne sais pas » plutôt que de tricher. En Loge, chacun amène sa petite Lumière, même modeste, pour éclairer le Temple, il n’y a pas deux Castes, celle des Apprentis qui ne savent rien et celle des Maîtres qui savent tout. Socrate, qui nous trace le Chemin avec le bien connu : « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’Univers des Dieux » aurait également dit : « La seule chose que je suis sûr de savoir, c’est que je ne sais rien ». Le Second Surveillant doit sans doute également savoir reconnaître son ignorance quand une question dépasse ses connaissances.

La Franc-maçonnerie a des règles et des principes, il en va certainement de la continuité de l’Ordre et si l’Initié reste un Homme libre, le Second Surveillant devra rappeler à l’Apprenti que par son serment, il a accepté de se soumettre aux règles maçonniques en ce qui concerne en particulier l’assiduité, la manière de se comporter en Loge et la tenue vestimentaire. On ne peut tout tolérer et laisser faire par complaisance d’où certainement l’importance de ne pas recruter à tout prix et à tout vent car l’instruction a sans doute ses limites.

C’est le Second Surveillant qui est certainement le mieux placé pour décider si après douze mois d’apprentissage, le jeune F est apte à monter en grade. Un avancement accéléré d’un F Apprenti n’apporterait somme toute aucun profit à ce F, encore moins à la Loge et à l’Ordre.

Bien qu’instructeur, le Second Surveillant doit par ailleurs rester un éternel Cherchant pour sans cesse approfondir ses connaissances. Surveillant en Loge, c'est-à-dire Veilleur, il doit devenir un éveilleur lors des séances d’instruction en donnant autant que faire se peut ce goût d’apprendre aux Apprentis afin de leur permettre de gravir les marches par eux-mêmes, de l’escalier qui mène à la véritable Maîtrise, c'est-à-dire la Maîtrise de Soi. Il doit leur insuffler les expressions « Réunir ce qui est épars » et « Aller plus loin » afin qu’à leur tour ils deviennent un jour des Officiers travaillant pour la Maçonnerie et ses valeurs ancestrales.

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités,

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par F\ J\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 17 mars 2014 1 17 /03 /Mars /2014 20:24

1912080_700547929966291_843539632_n.jpg

Par X - Publié dans : Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 17 mars 2014 1 17 /03 /Mars /2014 06:18

"Beaucoup ont essayé d'écrire des Evangiles, mais tous n'ont pas été acceptés. Et si vous ignorez qu'on n'a pas écrit seulement quatre Evangiles, mais un plus grand nombre, parmi lesquels ceux que nous possédons ont été choisis et remis aux Eglises, que le prologue de Luc, dont voici le texte, vous l'apprenne : Parce que beaucoup ont essayé de composer un récit (Lc 1, 1). Ces mots "ont essayé" contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint-Esprit, se sont lancés dans la rédaction des Evangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas "essayé" d'écrire, mais, remplis du Saint-Esprit, ils ont écrit les Evangiles.
Comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le début, témoins oculaires, sont devenus ensuite serviteurs de la Parole (Lc 1, 2). Les Apôtres ont contemplé la Parole, non parce qu'ils avaient regardé le corps du Sauveur, mais parce qu'ils avaient vu le Verbe. Si, en effet, avoir vu Jésus selon la chair, c'est avoir vu la parole de Dieu, dans ce cas, Pilate, qui condamna Jésus, a vu la Parole, ainsi que le traître Judas et tous ceux qui vociféraient : Crucifie-le, enlève-le de la terre ! (Jn 19, 15) ont vu la Parole. Loin de moi cette pensée que n'importe quel incroyant puisse voir la parole de Dieu. Voir la parole de Dieu se comprend dans le sens ou le Sauveur a dit lui-même : Celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé (Jn 14, 9).
(Origène : Homélies sur St Luc, I, 1-4, SC 87).

"Tente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Ecritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Eglise, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle. [Jn 4, 14]" (Origène : Homélie sur la Genèse, XII, 5).

"Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme pendant la prière. Nous disons qu’il faut agir de la sorte, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou à prier couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure."(La prière, III, 31, "Les Pères dans la foi", p. 120).

"Lorsque quelqu'un nous donne un objet matériel, on ne peut pas dire qu'il nous donne l'ombre de cet objet (car il n'a pas l'intention de donner deux choses séparées, l'objet et son ombre mais l'ombre suit nécessairement l'objet donné), de même si nous considérons avec une certaine hauteur les grâces importantes que Dieu nous fait, nous pouvons dire que les biens matériels ne sont que l'ombre qui accompagne pour les saints les grâces spirituelles, immenses et célestes, pour leur profit et selon la disposition de Dieu. Le Seigneur agit toujours avec sagesse, même si nous ne connaissons pas le mobile de chacun de ses dons." (Origène, La prière, I, 5, 16, "Les Pères dans la foi", pp. 59-60).

"A l'homme qui recherche de belles perles (Mt 13,45), il faut appliquer les paroles suivantes : Cherchez et vous trouverez, et : Celui qui cherche, trouve (Mt 7,7-8). En effet, à quoi peuvent bien se rapporter "cherchez et celui qui cherche, trouve"? Disons-le sans hésiter : aux perles, et particulièrement à la perle acquise par l'homme qui a tout donné et tout perdu. A cause de cette perle, Paul dit : J'ai accepté de tout perdre afin de gagner le Christ (Ph 3,8). Par le mot tout il entend les belles perles, et par gagner le Christ l'unique perle de grand prix. (Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 9-10).

"Voici une comparaison pour inviter les hommes à prier et les empêcher de négliger la prière. Un homme ne peut pas avoir d'enfant sans s'unir à une femme. De même, pour obtenir ce qu'on désire, il faut prier avec de bonnes dispositions, avec foi, et se conduire dignement avant la prière. Il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles. Il ne faut pas non plus demander des choses sans importance, ni réclamer les biens de la terre, ni venir prier quand on est en colère ou troublé intérieurement. Pour comprendre ce que la prière exige, il faut avoir le coeur pur. De même, nous n'obtiendrons pas le pardon de nos péchés sans avoir pardonné du fond du coeur au frère qui nous demande pardon pour la peine qu'il nous a faite." (La prière, 8).

"Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de "vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands" (Le 12,18). Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme"." (Homélies sur les Nombres XXVII, 7).

"Si un homme a quelque jour brûlé du fidèle amour du Verbe de Dieu; si, pour parler comme le prophète, un homme, un jour, a reçu de la "flèche de choix" la douce blessure, la douce plaie; si quelqu'un, un jour, a été percé du trait amoureux, au point, ensuite, jour et nuit, de soupirer après lui de désir, et de ne plus pouvoir rien dire d'autre, et de ne plus vouloir rien entendre d'autre, et de ne plus rien savoir d'autre, et de n'avoir plus goût à rien désirer d'autre, rien envier d'autre, ni rien espérer hors de lui, celui-là alors, à juste titre, pourra dire: je suis blessé d'amour." (Homélies sur le Cantique des Cantiques, 1).

Source : http://peresdeleglise.free.fr/extraits2.htm#origene

Par T.D - Publié dans : spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 15 mars 2014 6 15 /03 /Mars /2014 08:35

1891084_534830236634591_1912250842_n.jpg

Par X - Publié dans : Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 mars 2014 5 14 /03 /Mars /2014 07:19

Dans certains rituels cette phrase est prononcée par le V\ M\ lors de la cérémonie de réception d'un apprenti, alors que le profane est à genoux devant l'autel des serments avant d'être soumis au serment prêté sur la coupe des libations et ensuite aux épreuves d'initiation. La phrase exacte est : « Profane ! Levez vous. Remettez-vous en la main qui vous guide. Puisse-t-elle vous préserver de tout danger ».

La signification première est claire. Après avoir fait passer le profane d'un état de soumission, position à genoux, à la position debout on lui demande de se confier à son guide. Le profane qui n'a encore prêté aucun serment est libre de ses actes. Si le terme remettez-vous peut sembler un ordre, il est plus exactement une demande. Il sous entend que celui auquel elle s'adresse l'exécute de son propre chef, de sa propre volonté. Cette phrase est à comparer avec celle prononcée par le V\ M\ après le serment sur la coupe des libations : « Frère Expert, emparez-vous du profane et faites-lui faire son premier voyage au cours duquel il subira « l'épreuve de l'air » ». Où, là, le profane qui a prêté son premier serment est contraint par le frère expert qui « s'empare » de lui.

« Remettez-vous en la main qui vous guide » : le profane qui est toujours sous le bandeau doit s'abandonner à son guide. Il lui est demandé, et c'est le cas de le dire, une confiance aveugle. Cette confiance passe par le seul moyen de connaissance qu'il a de son guide : la main.

Si la signification du mot « guide » est évidente et ne demande pas de développement, il en va tout autrement du mot main et de ses significations symboliques. Significations que je me garderais bien de développer ici de façon générale, mais le fait de se remettre en la main d'un guide fait penser à l'hommage féodal et à sa partie l'immixtio mannum. Le vassal, agenouillé, tête nue et sans armes, place ses mains dans celles de son suzerain, qui referme les siennes sur celles de son partenaire. Il y a par ce rite de l'hommage une radiation de soi même par le vassal et une acceptation par le seigneur. Les obligations qui en résultent sont réciproques. Ici le profane privé de sa vue se confie totalement au frère expert et il est demandé à ce dernier de veiller sur lui : « Puisse-t-elle vous préserver de tout danger ». On retrouve les principes d'abandon de soi et de réciprocité cités précédemment.

Rappelons nous par ailleurs de la scène exacte et de la façon de se donner la main. L’expert, de sa main gauche, saisit la main droite du profane doigt croisés et bloque l'avant bras avec le sien. Comment ne pas penser à ce moment au symbolisme Celtique de la main qui rejoint celui du bras qu'il est impossible de séparer totalement. Le mot Irlandais lam (main) servant d'ailleurs suivant le contexte à signifier le bras.

Le profane se confie au frère Expert par la main droite. Si l'on se réfère au Tao-te King Chinois la main droite correspond à l'action et la main gauche à la non action, à la sagesse. On retrouve bien le symbole du profane qui fait l'action de se confier, via sa main, au frère expert. Ce dernier représentant la sagesse de celui à qui l'on fait confiance pour que tout danger soit écarté.

Maintenant suivons les principes de la table d'émeraude et continuant notre travail de maçon essayons de nous élever sur la spirale. Et suivant la table d'émeraude n'oublions pas que les développements précédents vont toujours être applicables bien qu'à un autre niveau.

« Remettez vous en la main qui vous guide » Le mot guide nous amène tout de suite à l'idée du guide suprême. La main de Dieu un des symboles fort dans la tradition biblique : la main symbole de la puissance et de la suprématie de Dieu. Être saisi par la main de Dieu c'est recevoir la manifestation de son esprit. Cette phrase nous rappelle donc que nous avons un guide spirituel, nous qui sommes comme le profane sous le bandeau privés de nos sens principaux en ce qui concerne la compréhension de l'esprit nous avons une aide pour trouver la voie. Comme Moshè (Moïse) dans l'exode a été guidé par IHVH (Adonnaï) depuis le départ de Misraîm (Égypte) jusqu'à la terre sainte d'Israël via l'errance dans le désert.

L'existence de cette main, aide divine proposée à tout être, est représentée par exemple dans la religion catholique par l'ange gardien.

Une autre approche de l'existence de cette aide du principe peut se trouver dans la philosophie Kantienne où dans « Critique de la raison pure » où chapitre VII (édition 2) on peut lire : « Car la raison est le pouvoir qui fournit les principes de la connaissance à priori » l'instrument de cette donation à priori est constitué par l'intuition pure. Intuition pure née de rien et donc à mes yeux preuve de l'aide du G\ A\ D\ L\ U\.

Mais elle nous signifie aussi que nous avons une certaine liberté. Cette liberté dont Spinoza dira ; « C'est une solide réalité qu'obtient notre entendement par son union immédiate avec Dieu pour produire en lui-même des effets qui s'accordent avec sa nature, sans que ces effets soient soumis à aucune cause extérieure par laquelle ils puisent être altérés ou transformés ».Or comment définir la liberté face à Dieu. Bien faire c'est suivre la voie de Dieu, la liberté serait donc de pouvoir dévier de cette voie, volontairement ou par incompréhension. La position neutre de ne rien faire n'est-elle pas d'ailleurs de déjà faire le mal ? Et ce sans rentrer dans les querelles entre le théisme, qui engage la responsabilité personnelle (morale) de Dieu dans la production ou la permission des différentes espèces de maux, et le déisme qui exonère Dieu de responsabilités personnelles. Dixit Paul Clavier in Les Théodicées Salix n° 37.

La connaissance de l'existence de cette liberté doit donc nous inciter à rechercher cette main qui nous guide. Mais cette main est plus difficile à trouver que celle de l'expert et n'est-ce pas le premier travail du maçon de rechercher cette main de façon à être guidé dans notre démarche, et ne pas dévier de la voie ? Notre frère Jean Luc Fauque a écrit dans « La spiritualité du rite écossais ancien et accepté »: Les traditions nous rapportent que la nature aime à se cacher. La nature, Dieu, c'est le principe, et l'homme le cherche avec son intellect et sa sensibilité. Dieu devient l'Interlocuteur suprême infini et indéterminé. Il ne peut pas être le Dieu des religions. Il s'identifie, par voie apophatique (1), à quelque chose de perdu. Non au sens de détruit, mais dans celui de l'inaccessible, de caché, pour lequel le développement de l'esprit agit comme l'exposant qui fait tendre une fonction mathématique vers son asymptote. Ce cheminement est désigné par les maçons sous le terme de « quête de la parole perdue ». Parole perdue qui s'identifie avec le G\ A\ D\ L\ U\, dans la propagation du sens, indépendamment de toute notion de temps et d'espace.

Pour nous remettre en cette main il convient donc de la rechercher car c'est elle qui peut nous préserver de tous les dangers, tous les dangers qui nous guettent si nous nous éloignons de la voie. Il est bien connu que dans l'expression « faire son devoir » la difficulté est de définir ce devoir. Toutefois la recherche de ce guide doit se faire simultanément avec la connaissance de soi. Il existe d'ailleurs une interaction entre la recherche du guide et la recherche sur la connaissance de soi. Si cette dernière peut en effet nous faire connaitre nos tendances, nos options possibles c'est le G\ A\ D\ L\ U\ qui va nous nous aider à faire le choix.

J'ai dit.

Nota :

(1) Apophatique. La théologie négative est une approche de la théologie qui consiste à insister plus sur ce que Dieu n’est pas que sur ce que Dieu est. L'apophatisme est une démarche intellectuelle par laquelle toute idée que l'on se fait de la divinité se voit démasquée dans son inadéquation à délimiter ce qui est sans limite.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 mars 2014 4 13 /03 /Mars /2014 06:57

Sensation furtive et profane de celui qui a l’impression de ne pas avoir tout compris ce qui lui arrivait. C’est l’impression que j’ai de mon passage dans le degré de compagnon. Difficile affirmation que de dire « je n’ai pas tout compris » et pourtant, je dois bien avouer qu’à ce jour, ce degré d’une grande richesse m’est sinon étranger, pour le moins encore étrange. L’idée de passer à une autre étape avant d’en avoir faire le tour m’intrigue.
Mais est-ce bien là le but ? Achever une tâche pour en commencer une autre ? Encore une erreur de débutant, mais il peut être est nécessaire de la faire pour relativiser l’angoisse générée par cette étape dans la vie du maçon. Et puis les sourires que provoquent cette réflexion chez les expérimentés qui m‘entourent me fait au moins comprendre que l’important est dans le cheminement.
Sous les colonnes du Septentrion, j’ai écouté mon surveillant, appris à comprendre les symboles, entendu et mémorisé la parole de mes frères maîtres, qui m’enrichissent.
Ma réflexion d’apprenti d’alors était « vivement que je puisse m’exprimer ! » « A mon tour de donner, d’affirmer, de rendre la monnaie ! »
Force est de constater aujourd’hui que l’apprenti bouillonnant à l’idée de prendre la parole et d’en placer une, et bien cet apprenti devenu compagnon, compagnon muet, non par manque d’idée, mais plutôt par la prise de conscience, que son arrivée à ce grade n’est qu’une étape intermédiaire, comme une moitié d’initiation, et que face à ses maîtres, il a quelque chose à dire, mais quand la parole est donnée, un maître a la capacité de le formuler mieux que lui, ou plus vite que lui, alors silence.
Intérieurement, je sais que quelque soit la forme, la couleur et les parements de mon tablier, il va falloir attendre encore avant de prendre la parole dans l’intérêt de la loge.
Dans sa symbolique, les 5 pas de la marche du compagnon sont composés par les 3 pas de la marche de l’apprenti. Le côté pénible, de ces trois premiers pas m’a d’abord appris la ponctualité…Normal, c’est le retardataire qui doit le pratiquer. Ces pas, tout juste arrachés à l’attraction terrestre, allant à l’encontre de la volonté et de l’esprit expriment bien ces métaux qui doivent rester à la porte du temple.
Les pas suivant, ceux du compagnon symbolisent l’éloignement de la route tracée, événement qui ne peut être décidé que de manière autonome, fruit de la liberté gagné par la confiance, un premier voyage en quelque sorte avec l’impression d’être le pilote à bord, libre de découvrir le monde, en abandonnant la ligne pour la surface. Puis vient le retour au tracé d’origine, symbolisant le souvenir des leçons et conseils reçus, la main sur le cœur, amour et fraternité en tête.
Le compagnon est d’abord un apprenti, un homme avec des vertus morales qui a reçu la lumière, qui a intégré des connaissances maçonniques, des symboles, et qui a passé une autre étape, celle de l’autonomie dans la prise de parole, dans la recherche de la compréhension du monde.
Et cette soudaine autonomie dans la construction de son édifice, de l’édifice crée une peur, une sensation de vide qui peut parfois lui faire croire qu’il n’a pas tout compris. Comme le parachutiste face à son premier vrai saut, le compagnon a peur, mais cette peur est constructive, car il est entouré par ses frères qui, même en silence, lui font comprendre, que eux aussi, ils on douté, et sont là, souriant, avec amour.
Le premier voyage et ces cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat) matérialise les outils à sa disposition pour percevoir le monde extérieur, évaluer et ainsi se comparer avec l’autre et trouver sa place. L’humilité est de mise car sans sagesse ces perceptions peuvent nous tromper.
Il est temps pour le compagnon d’aller visiter d’autres loges, d’autres rites et de se rendre compte, de la richesse des différences. C’est d’abord le timbre des voix qui va ponctuer le rituel, la colonne d’harmonie, puis la richesse des interventions qui vont lui permettre de comprendre sa loge, et se comprendre comme dans « connais-toi toi-même ». Cet exercice est un échauffement à la compréhension de sa position d’homme, d’humain, vivant sur une planète, en société organisée, entouré d’une nature végétale, animale, minérale, et lui-même composante d’un tout, pour un temps donné.
Le compagnon a compris à travers des ouvrages maçonniques la portée des symboles.
Dorénavant, sa curiosité va pouvoir s’élargir au monde : La science, l’étude des autres sociétés, cultures, religions, croyances. Cette étape, c’est d’abord la lecture :
Albert Jacquard : après avoir entendu cet homme à Noël 2000 à la radio parler d’avenir, d’amour, et d’une future civilisation globale, dans un ouvrage très illustrée « la légende du futur », ou il imagine une civilisation mélangeant toute nos cultures, une occasion de nous rendre compte que nos différences sont bien minimes, autant dans le chromosome que dans le lien social, et cela qu’on soit un occidental urbain, ou un agriculteur bantou. C’est l’éveil du doutant que je suis.
Puis, ce fut André Comte Sponville, qui explique qu’il est difficile de vivre sans dogme, mais qu’une philosophie athée permet de renoncer à la notion de divinité et donc de redevenir humain intégré à la nature, donc conscient de n’être que des mourants en puissance.
Jacques Ellul dans « le bluff technologique », Jean-Claude Guillebaud dans « le principe d’humanité », entre autres m’apportent les réflexions permettant de construire une vision puis l’application dans le monde profane de tout ce qui est vu en loge.
La compréhension de la notion de hasard dans la constitution de l’humanité va ainsi petit à petit prendre place dans mon esprit, me faire perdre toute illusion profane, pour enfin me concentrer sur l’essentiel, la construction de l’édifice, un monde d’entente, d’amour et de raison, ici et maintenant.
Enrichissons nous de nos différences, cette magnifique phrase prend ici tout son sens.
Dans son deuxième voyage d’initiation, il est rappelé au futur compagnon que sa construction se fait avec le temps, et dans l’harmonie, que sa force réside dans le respect de la loi morale, et dans sa volonté de grandir. Une nouvelle dimension s’offre à lui, exprimée par les colonnes tout d’abord, la verticalité, qui permet une vision du lointain, de la perspective, et une capacité à réceptionner les messages extérieurs plus forte, comme une antenne, un totem. On pourrait comparer cette image, à celle, très belle, extraite du film « l’odyssée de l’espèce », retraçant l’évolution de l’espèce humaine ou est symbolisé l’arrivée de l’Homo Erectus, par ce primate, cet homme traversant les hautes herbes de la savane, qui s’élève et aperçoit enfin l’horizon.
Le compagnon ne peut pas avancer tout seul sans douter, et la progression ne peut se faire sans l’aide apportée par son surveillant, mais aussi par ses frères. Mes plus beaux moments de fraternité et d’amour resteront ceux qui suivent ces instants de désespoir, de doute, et d’incompréhension, quand à l’appel des mes jumeaux, puis de mes frères aînés, je reçois ces quelques conseils, qui rassurent, véritable message d’amour, de fraternité, qui créent la complicité, et qui solidifient les liens intérieurs qui font notre loge.
Troisième voyage : ici sont réunis, les arts libéraux mais aussi le Niveau. Les trois arts de la parole, mais aussi le symbole de l’égalité et de la modestie.
Réunir la parole et la modestie, voila ce qui expliquerait mon silence de compagnon.
Quatrième voyage, les grands initiés nous sont présentés, alors qu’ils ne sont pas maçons, d’horizons et d’époques différentes, ils se sont chacun sacrifié pour une philosophie : Moïse « tu ne tueras point », Socrate « Connais-toi toi-même » Phytagore par l’initiation par le silence, Jésus « aimez vous les uns les autres », et Confucius par la perpétuelle recherche du juste milieu.
La recherche du juste milieu, voila une phrase qui mérite réflexion, et montre l’ouverture et l’humilité nécessaire pour s’ouvrir au monde. Cette recherche est aussi enrichissante dans ce qu’elle m’apporte d’analyses, de réflexions, de compréhension du vaste et merveilleux système dont nous sommes une composante, mais aussi, dans le travail intérieur qu’il m’oblige à faire, quant face à cela, une occasion m’est offerte d’inverser le sens de ma quête et de me regarder dans le miroir, d’essayer de me comprendre en prenant le monde en compte. Dérouler la spirale dans l’autre sens pour amorcer une meilleure connaissance de moi-même, est l’autre face de cette recherche. Etonnante allusion à cette figure que je ne peux tracer. Au-delà de l’apprentissage et de la découverte, il y a la compréhension et la diffusion du « compris », sans être un de ces grands initiés, nous pouvons chacun rayonner à la hauteur de notre connaissance et de l’amour transmis. L’équerre, accompagne ce voyage, symbole de rectitude, éprouvé par l’équerre, le compagnon doit marcher, pour découvrir le monde et les lois qui le composent. Cet acte volontaire constitue les premiers pas du maçon.
Gloire au travail, cette phrase me serait restée incompréhensible sans la présence de l’étoile flamboyante.
Cette étoile à cinq branches, comme l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Représentation de l’éternité, parfois couronne, lumière mais exprimant le monde nocturne, origine ou destin du monde réunissant le terrestre et le céleste, Bourgeonnement, scintillement, c’est la croissance infinie ou son inverse, D’une lumière explosive, elle montre sa fin alors qu’elle exprime l’intemporel. Expliquer ou tenter d’expliquer la lettre G m’incommode, car la diversité des explications en dilue la force et le sens, je préfère la ressentir que l’expliquer.
C’est à travers l’étoile flamboyante, expression du minérale, mais aussi de l’humain, forme existante dans des constructions végétales, que je ressens la notion de labeur nécessaire et perpétuel, d’abord parce que seul un labeur continuel permet de ne pas ressentir une sensation de vide, par la régularité d’une recherche ordonnée, qui cherche la vérité avec la parfaite conscience de ne jamais la trouver.
C’est par ce même travail qui a fait l’homme se différencier de la nature, devenir sujet, que je me sais cheminer en liberté, de faire, sans pouvoir éviter les erreurs, mais là est peut être le chemin pour approcher l’harmonie et la paix intérieure qui semble régner chez mes aînés.

V\M\ et vous tous mes FF\, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 07:30

Dans les hauts grades on doit donner le développement de la science maçonnique, dont les principes sont indiqués dans les trois grades symboliques : Mais cette première école ne s'expliquant pas suffisamment, nous allons entrer dans les plus grands détails, en parcourant les différents tracés qui sont sur la pierre, appelée cubique ; cette pierre angulaire est une des bases essentielles de l'art royal ; elle n'est qu'ébauchée dans le 2eme grade de la Maçonnerie bleue. Il aurait fallu que cette pierre ait été tracée en caractères hiéroglyphiques, selon la rigueur des lois maçonniques ; alors le G\ Or\ de France, aurait senti la nécessité de donner la clef de nos caractères, selon l'exemple qui est tracé dans le chapiteau du côté gauche.

Dans le bas qui forme un carré, est une division de 100 cases ; 26 contiennent les hiéroglyphes, 26 autres, les lettres italiques, 4 en hiéroglyphes composés, et 4 aussi en lettres composées ; 12 en ponctuations hiéroglyphiques ; 19 en caractères vulgaires et 16 remplies avec les chiffres depuis 1 jusqu'à 70.

Tel est le contenu du côté gauche de cette pierre que le G\ Or\ n'a pas songé à remplir. Il était donc essentiel pour l'art royal, qu'un ouvrier zélé voulut s'en occuper pour l'instruction de ses FF\ et pour leur apprendra à connaître les lettres, afin de pouvoir lire les mots mystérieux de notre art.

Les deux niveaux que vous voyez dans le haut du chapiteau vous annoncent que les connaissances rendent les hommes égaux ; et que les talents élèvent l'homme d'une classe ordinaire au niveau des grands de la terre.

Maintenant que nous connaissons les caractères, nous allons loin apprendre à connaître la face de cette pierre : cette face est un chef-d'œuvre du G\ Or\ de France, puisqu'elle renferme dans sa composition une division de 81 cases qui forment le carré de 9, où tous les mots mystérieux se trouvent renfermés, depuis le premier grade jusqu'à celui-ci, en y ajoutant les 16 du chapiteau, qui contiennent un seul mot sacré composé de trois paroles.

Pour lire ce que contient ce carre, on commence par le T, qui est au bas sur la première ligne à gauche, ensuite la lettre U, au dessus du T, dans la 1re case de la 2me ligne ; ce qui forme la première syllabe du mot de passe d'Apprentif ; puis vous prenez le B, de la 2me case de la 1re ligne, après un A, dans la première case de la 3me ligne en montant, vous descendrez en biais jusqu'à la lettre L., qui forme la 2me syllabe du mot précité ; ainsi du reste des mots que vous lirez en biaisant de gauche & droite, en descendant jusqu'à la dernière case en haut à droite, dans laquelle vous trouverez deux lettres TH, en opposition avec la lettre T, par laquelle vous avez commencé.

Les 16 cases triangulaires du chapiteau, forment ensemble un grand triangle, on Delta, emblème de la Divinité selon les Égyptiens. C'est dans ces cases qu'est placé le mot sacré du présent grade, le Tetra-grammaton, la parole inominale du grand Jehova qui était toujours tracée dans un Delta.

Vous remarquer que le G\ O\ de Franc dans sa sagesse, a cru devoir placer dans ce chapiteau triangulaire le grand mot de ce sublime grade.

Les chérubins qui sont placés sur ce chapiteau, et qui accompagnent ce triangle, vous annoncent que tout est divin dans les cérémonies de ce grade ; qu'il est l'annonce de la doctrine des Maçons ; ils adorent un Dieu unique, et ne le perdent jamais de vue dans toutes leurs actions.

Maintenant que nous avons épuisé les deux faces de cette pierre nous allons entrer dans d'autres détails, qui tiennent aux sciences dont on vous a parlé dans les gradés symboliques, et surtout à la géométrie, laquelle vous conduit naturellement aux connaissances les plus abstraites ; tels sont les systèmes du monde etc. etc.

Les anciens initiés aux mystères du Sacerdoce nous ont transmis la science des calculs. Cette science conduit naturellement à la géométrie ; dans le compagnonnage on en parle souvent ; cette science commence par la connaissance des chiffres, dont la clef nous vient des égyptiens. Elle est tracée dans le côté droit de la pierre.

Cette clef se compose d'un carré parfait coupé en 4 parties égales, par une ligne perpendiculaire et une horizontale, ensuite par deux autres lignes diagonales, d'angle en angle, qui divisent ce carré en 8 parties triangulaires ; c'est dans ce tracé que vous trouverez les figures des 10 chiffres depuis 1 jusqu'à zéro.

Le 1 est une ligne perpendiculaire, |.

Le 2 est pris dans un carré et forme un zed, Z.

Le 3 se prend par la moitié du grand carré duquel vous lirez une ligne jusqu'au coin, ensuite une autre jusqu'au centre, puis en reculant jusqu'au coin d'en bas, et une horizontale jusqu'à la ligne perpendiculaire du milieu, M.

Le 4 se trace par une perpendiculaire à droite. On prend le milieu de cette ligne, on en tire une horizontale jusqu'au centre du grand carré, et on remonte par une diagonale, jusqu'à l'angle d'en haut à droite, ce qui forme un 4 parfait 4.

Le 5 se fait en une ligne qui part de l'angle d'en haut à droite, eu descendant par une diagonale jusqu'au centre ; ensuite vous tirez: une ligne horizontale, à droite jusqu'à moitié de cette perpendiculaire du côté droit ; après, vous descendez jusqu'au bas, et retournez en arrière jusqu'à la perpendiculaire du milieu ….

Le 6 se fait en traçant une ligne diagonale, de l’angle droit d’en haut, à l'angle gauche d'en bas ; de là une horizontale en bas, jusqu'à celle du milieu que vous tracez en remontant jusqu'au point du centre, ….

Le 7 se prend depuis la ligne du milieu d'en haut en traçant une ligne horizontale jusqu'à l'angle à droite, puis vous descendez une diagonale jusqu'au coin opposé du grand carré a gauche en bas, 7.

Le 8 se fait en traçant une croix de St. André, c’est-à-dire deux lignes croisées, fermées par une ligne horizontale en haut et en bas, …

Le 9 se fait en partant du centre, еn remontant la ligne perpendiculaire, puis une horizontale jusqu'à l'angle à droite, et descendant par une diagonale jusqu'à l'angle à gauche, …
-Le о est le carré, ð.
Vous voyez que les anciens chiffres étaient tous angulaires. A mesure que les peuples se policèrent, ils donnèrent a leurs caractères des formes plus agréables, arrondirent les lignes de leurs premiers chiffres, qui sont ceux que nous avons actuellement, et qu'improprement nous nommons chiffres arabes.

La connaissance de la géométrie, conduisit nos ancêtres à l'étude du monde habité, et bientôt ils surent approfondir ce dédale de l'immensité, et percer la voûte azurée.

L'homme se livra à l'étude des mathématiques, science sublime, seulement connue des initiés dans les mystères du 2me ordre ; cette science les conduisit à développer à peu près l'organisation de toute la nature, en observant le cours du soleil et celui de la lune, ainsi que l'ordre périodique des saisons.

Le carré du côté droit de la pierre nous représente cet ancien système.

Les 4 cercles sont les 4 régions présumées autour de la terre, on découvrit par le cours du soleil les quatre points cardinaux, orient, occident, midi et nord ; les quatre carrés servirent d'angles de division pour les saisons, en donnant le quart de l’année solaire de 91 jours environ, ce qui procurait pour l’année entière 364 jours, auxquels on ajoutait une ou deux journées de plus à la fin d'une période déterminée.

Les Mages considérèrent avec attention la nature entière. L'étude les porta à vouloir en connaître l'essence dans sa composition ; l'immensité du fluide aérien rempli de ces feux, qu'ils prirent pour au tant de petits soleils, qui furent par la suite nommés étoiles ; la puissance de l'air sur toutes les substances, et l'unité d'accord des lois organiques ; ce qui les porta à l'admiration des merveilles de la nature, et aiguillonna leur curiosité pour faire de plus grandes recherches, et pour parvenir à connaître le principe vivifiant, enfin l'âme de l'univers. Ils reconnurent par leur travail, la divinité seul principe de la conservation, et de l'organisation universelle ; ils adorèrent l'être suprême dans toutes les productions de la terre, comme étant son ouvrage ; ils cachèrent aux peuples les vérités qu'ils avaient découvertes, en donnant un sens différent aux emblèmes qu'ils exposaient aux regards du public.

Ils décomposèrent l'air et la matière. Le sel, le souffre et le mercure leur parurent en être les principes constituants : de ces trois parties, ils formèrent un triangle, qui devint avec plus de raison encore un principe de culte, comme étant l'emblème du grand moteur des êtres animés qui fut nommé Dieu. Les hébreux le nommèrent Jehova, ou la véritable âme de la nature ; ils placèrent ce triangle au centre de divers cercles et carrés, pour indiquer le principe vivifiant qui étendait ses ramifications sur toutes choses.

Dans la dernière partie de la pierre nous nommerons ce triangle le grand tout.

Les instrument qui décorent ce chapiteau, sont ceux que l'on emploie dans l'élude des mathématiques.

Par suite de plusieurs siècles, l'homme savant fit d'autres découvertes intéressantes dont les principales se trouvent indiquées dans la quatrième partie de cette pierre cubique.

Cette face nous représente un grand cercle divisé en 360 degrés, que le soleil parcourt périodiquement dans les vingt-quatre heures.

Dans ce cercle vous distinguez trois triangles, qui forment 27 cases dans lesquelles est tracé l'ordre invariable de tous les principes connus.

Pour bien concevoir ce coté, il faut commencer par le triangle du centre, nommé le grand tout qui nous représente la divinité ou l’âme de la nature.

C'est de ce point central, que nom admirerons les merveilles qui nous entourent, et nous verrons l'homme placé sur ce vaste univers, admirer avec étonnement l'espace infini de la voûte azurée, ce qui porta sa curiosité à vouloir étudier la nature dans toutes ses parties, et connaître le mouvement des corps célestes.

Il décomposa la lumière, il y trouva trois couleurs principales, le rouge, le jaune el le bleu. Les couleurs intermédiaires ne sont que des nuances formées par le mélange de deux couleurs réunies ; par exemple, le rouge et le jaune donnent la couleur orange ; jaune et bleu composent le vert ; bleu et rouge procurent le violet ; le blanc n'est pas une couleur c'est la lumière, comme le noir en est la négation.

Il fit d'autres découvertes qui lui procurèrent la connaissance des trois règnes, l'animal, le végétal, le minéral.

Il crut remarquer que le globe était composé d'une matière appelée terre, mélangée d'eau et de sel.

Ses recherches s'étendirent davantage, et il découvrit l'infinité de la nature, dans son renouvellement continuel, et la toute-puissance de la divinité dont le soleil a été longtemps un symbole, par l'influence qu’il a sur la végétation en général ; les premiers peuples lui rendirent des hommages comme a un Dieu éternellement bienfaisant.

L'homme agrandissant le cercle de ses connaissances voulut mesurer une superficie, il s’ареrçut de la nécessité de poser le point du départ, qui le menant à un autre, lui donna la ligne, ce qui procura des angles, et il parvint a avoir exactement la surface, et le cube des différents corps.

Il eut la témérité de vouloir mesurer le temps, et il parvint à en faire la division. Il admira la perfection dans certains corps, et la difformité dans les autres, et il conçut l'idée de la proportion. Il vit que la matière était ou tendre ou dure, et dès lors il se fit une idée de la solidité de l'une, et de la faiblesse de l'autre pour la construction.

Le besoin de se substanter porta l'homme à cultiver la terre, et l'agriculture s'établit ; la nécessité de s'abriter des injures du temps, et de se soustraire à la voracité des animaux féroces, l'obligea à se bâtir des cabanes, et nous procura par la suite l'architecture, que la vanité perfectionna.

La vue des corps célestes aiguillonna sa curiosité, qui le conduisit à étudier l'astronomie ; cette science mise en pratique par les mages, qui prédisaient l'arrivée des éclipses et des comètes, ajouta beaucoup aux mystères de la religion, et donna naissance à la métaphysique. Le vent, la grêle, le tonnerre, la foudre, le chaud, et le froid, portèrent l'homme à vouloir connaître la substance de l'air, ce qui le conduisit naturellement à la physique expérimentale, et lui prouva que le feu existait dans toutes les matières qui composent le globe.

Pénétré de ces vérités, il étudia la matière en général, il prit les végétaux et les minéraux, et chercha à en connaître les propriétés, il trouva moyen de les dédécomposer, et parvint à la chimie, qui servit à établir la médecine, dans laquelle il fallut admettre l'addition des doses bienfaisantes, et la soustraction de celles qui pouvaient être contraires. La superstition introduisit le rapport des nombres, combinés avec les mélanges, le quel était censé produire en grand bien, pour la guérison des maladies. Les mages pratiquaient la science d'Esculape, et acquéraient par ce moyen encore une plus grande vénération de la part du peuple, qui les prenait souvent pour des demi-Dieux, el leur rendait des hommages.

Aux quatre coins sont indiqués les arts, dont le principe est puisé dans la nature ; la voix el le son sont nés avec l'homme, ainsi que dans les animaux ; le chant des oiseaux, fournit à l'homme l'harmonie, que l'on nomma la musique, qui lut le premier des arts ; il devint la base de l'harmonie qu'on mit dans les paroles, et l'éloquence se fit entendre par les poètes, qui remployèrent à chauler la gloire des Dieux et des Héros.

L'homme trouva parmi les pierre» que la nature avait formé des ressemblances avec les êtres animés ; il en fit ses Dieux pénates ; par la suite il imita ces objets avec de la terre et du bois, en cherchant à perfectionner ce que la nature et le hasard avaient laissé d'imparfait selon son idée ; et la sculpture commença à paraître, ce qui conduisit naturellement à tracer des traits sur la pierre ou sur le bois pour en perfectionner les formes, et par la suite le dessin se forma, ce qui donna l'idée de colorer ces objets avec des terres différentes mêlées avec du charbon, et la peinture parut et flatta l'œil ; cet art arriva le dernier et séduisit par son illusion ; il fut ainsi que les autres arts, porté un très-haut degré de perfection.

Les 7 planètes qui décorent le chapiteau vous annoncent l'antiquité des grands personnages qui gouvernaient la terre, lesquels furent par la suite placés dans le ciel par ceux qui les avaient admirés.

Le soleil représente Apollon, le Dieu de la lumière, des sciences et des arts ; il indique au moral la première lueur de la lumière céleste.

La lune représente la déçue Diane, soeur d'Apollon ; elle était la lumière nocturne et ténébreuse de l'intelligence, ou lumière du 2e ordre.

Mars, dieu de la guerre et des combats présidait aux batailles.

Mercure est l'interprète de la lumière divine, son caducée celui de l'éloquence, et de la vérité.

Jupiter le maître des Dieux, emblème de l'intelligence et de la puissance divine ; il semble nous annoncer qu'il a été un des plus grands gouvernants de la terre.

Vénus, le dieu du charme, mère de l'Amour qui conduit à la fécondité.

Saturne, le dieu du temps qui se détruit et se renouvelle chaque jour ; les anciens nous le représentaient dévorant ses enfants (les jours qui fuient derrière nous.)

Les attributs qui ornent le chapiteau vous annoncent les sacrifices et les obligations qui se pratiquaient dans les cultes de l'antiquité, et desquels nous conservons encore quelques usages.

Au dessin du carré, sont tracés dent demi - cercles, dans lesquels sont indiqués deux principes ; la divinité et la nature ; pour le véritable Maçon, l'une et l'autre sont synonymes. Toul dans la nature étant soumis à une organisation, et a une marche périodique, nous annonce qu'il doit y avoir un grand moteur, qui attire à lui notre vénération, et nous oblige à penser que rien ne peut être au-dessus de lui. L'étoile flamboyante en est un symbole. Il est indique dans les trois premiers grades. Nous l'avons tracé sur cette pierre, dont le sommet nous annonce le ciel, séjour éternel de la divine providence, adorée par les maçons sous le titre du Grand Architecte de l'Univers.

HOUZA, HOUZA, HOUZA.

Source : www.ledifice.net

Par F\ C\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 11 mars 2014 2 11 /03 /Mars /2014 06:03

Etes‑vous Compagnon ?
- Je le suis
Comment justifiez vous cette affirmation ?
- En passant Compagnon j'ai pris conscience de moi-même. Je sais donc ce que je suis et je puis me prononcer avec assurance sur le Grade initiatique auquel je suis parvenu.
Que vous a‑t‑on enseigné au cours de vos voyages de Compagnon ?
- A me servir de mes outils qui servent à transformer la PIERRE BRUTE en PIERRE CUBIQUE, taillée selon les exigences de l'art ...
Je sais donc ce que je suis et je puis me prononcer
Se servir de ses outils, lesquels ? Comment ? Pourquoi ?
La réponse à ces premières questions nous la trouvons dans la longue observation du Compagnon mesurant l'importance d'outils matériels pour son travail de dégrossissement, mais découvrant, à chaque voyage la présence d'outils spirituels devenant alors nécessaires à son évolution, à son intégration dans un monde lui apparaissant soudain ouvert sur l'immensité de la réflexion.
Après avoir déblayé le sol de tout ce qui peut l'affecter dans sa rectitude et sa planitude, l'accomplissement des Cinq voyages du profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.
Le Premier voyage se présente alors. Intervient la nécessité de mettre à profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.
Le Ciseau et le Maillet ...: (peut ‑être les premiers outils de l'homme sur Terre lorsque celui ci sortait des ténèbres du temps qui s'écoulait, entraînant cette créature vers un très long parcours : l'histoire de l'humanité et de la place de l'Homme dans un Univers ouvert pour recevoir sa longue et interminable marche en avant.)
Deux outils, sélectionnés par le Franc-maçon, pour faire disparaître toutes les aspérités d'une Pierre Brute. Taillée de façon à ce qu'elle tienne exactement sa place dans un édifice débutant le jour... d'une première initiation, se prolongeant ... tout au long d'un parcours et se terminant ...le jour du Jugement Dernier de l'initié .

Le Ciseau tenu de la main gauche commande la résolution de notre esprit par un contact entre l'intellectuel et le physique, comme une espèce de fil conducteur émetteur donnant corps à l'Homme Matière dégrossi et dégarni de toutes ses aspérités. découvrant par la réflexion les bienfaits du discernement indispensable à sa progression, à son équilibre.
Le Maillet, brandi de la main droite, se voit attribuer la mission de communiquer toute l'énergie nécessaire et la détermination morale au long travail du Ciseau d'acier. Rien ne saurait s'accomplir sans l'action conjointe de ces deux outils. Une Pierre Brute serait condamnée à nulle progression sans l'aide de ces outils d'application et de perfectionnement.
L'intellectuel, armé uniquement du Ciseau, face à une problématique, apportera la réponse, sera en mesure de lister tous les moyens nécessaires à la résolution de cette problématique, mais, privé de l'énergie indispensable et du courage d'affronter cette problématique laissera en l'état son problème prouvant une fois de plus que nul perfectionnement ne trouve sa solution sans la volonté de mise en conformité.
L'état de projet permanent épuise plus que la réalisation de ces projets.
Egalement, utiliser à lui seul le Maillet, traducteur de la force morale, n'est qu'émetteur de bruit. L'Ouvrier habile doit travailler et se servir de ses deux mains, la droite communique la Force à la gauche qui perfectionne, habile dosage tirant profit des aptitudes de chacune. L'une et l'autre se complètent mais en aucun cas l'une ou l'autre se substitue à l'Ouvrier, à l'analyse et à la volonté.
Au delà de cet apport matériel renforcé par les Cinq sens : Vue Ouïe Toucher Gout Odorat, le précepte gravé en lettre d'or sur le fronton du Temple de DELPHES (cité de l'ancienne Grèce, aujourd'hui Castri , d'où Apollon ,par la bouche de la Prêtresse Pythie, rendait ses oracles répondant ainsi aux incessantes questions posées).
" CONNAIS‑TOI TOI‑MÊME " prend toute sa dimension interne, spirituelle; conduite par la signification et la destinée symbolique du Ciseau et du Maillet. C'est avec ses cinq sens que le Compagnon évaluera, débusquera toutes les aspérités visibles et palpables.
Le chemin sera long, jour après jour perfectionnant ses gestes pour faire disparaître le maximum de points d'ancrage, corrigeant également des aprioris mis à découvert par cette observation, des idées toutes faites, des jugements hâtifs. Lourd apprentissage destiné à une intégration dans une réflexion collective dont les initiés sont à la fois Constructeurs et Matériaux d'un Temple dont les contours lui apparaissent progressivement.
Transformation lente mais nécessaire car l'ajustement d'une Pierre à un édifice n'est possible qu'à la condition expresse que cette Pierre soit parfaitement taillée pour contribuer à la réalisation harmonieuse de cette construction .
Travail constant de perfectionnement, parcours fait d'observation, d'humilité et de gestes prémédités, découverte de toute la signification de la citation.
La beauté ( l'étoile du 2° Surveillant) ne se réalise qu'en unissant la sagesse (l'étoile du Vénérable Maître) qui conçoit à la force ( l'étoile du 1 ° Surveillant) qui exécute.
D'autres étapes vont entraîner le Compagnon vers d'autres découvertes nécessaires à son travail d’assemblage.
Le deuxième voyage, dotéde la Règle et du Levier, le Compagnon complète sa lente mais nécessaire progression. Marchant toujours droit devant lui, avec résolution, franchise et loyauté. Triomphant, par la rectitude inscrite dans sa conscience. Multipliant ses forces grâce à la confiance de ses Frères. C'est ainsi, et avec cela, que son trajet se déroule loin de toutes tentations dévastatrices et stériles pour une construction par un assemblage parfait exempt d'espace vide et inutile.
Méditation profonde plongeant l'esprit vers la diversité des ordres d'Architecture depuis les colonnes harmonieuses dressées à l'entrée du Temple de Salomon
‑ Le premier et le plus simple d'entre eux, l'ordre DORIQUE, se caractérise par une colonne cannelée reposant sur un stylobate, traduisant l'ordre, la grandeur et la rectitude ‑ Le deuxième , l'ordre IONIQUE, avec humilité, offre son chapiteau orné de 2 volutes latérales ‑ Le troisième, l'ordre CORINTHIEN, offre généreusement un chapiteau orné de 2 rangs de feuilles d'acanthe entre lesquelles s'élèvent des volutes, le tout dans une harmonie associant l'agressivité à la modération.
D'autres ordres d'Architecture interpellent notre conscience et mixent des origines ou des styles
‑ Le quatrième , l'ordre TOSCAN, voit son origine chez les Etrusques et mis en valeur par l'Empire Romain, s'inspirant de la forme Dorique ‑ Le cinquième, l'ordre COMPOSITE, rassemblera plusieurs styles, réunissant les feuilles d'acanthe du Corinthien et les volutes de l'Ionique, prouvant en cela que le polissage de toutes aspérités peut également se faire en mettant en présence deux unités complètement opposées mais acceptant de cohabiter dans le temps.
La représentation symbolique est présente dans nos Ateliers et sur les tableaux de nos Loges.­‑ Les deux Colonnes, les trois Piliers, les Instruments d'Architecture et bien sûr le Pavé Mosaïque.
En superposant les ordres d'Architecture, le Franc Maçon devient alors une Colonne vivante, s'élevant vers les hauteurs.
Déjà muni du Fil à Plomb (à son 3° voyage), le Compagnon, recherchera la vérité dans les approches verticales de son être, aidé en cela par le Niveau, rappel permanent d'humilité dans sa progression initiatique. Découverte soudaine d'un parcours déjà initié par le 2° Surveillant identifié par la Perpendiculaire et d'un voyage avec le 1 ° Surveillant portant en bijou l'Equerre Juste, symbolisant le Niveau. Pour la réussite d'une construction collective la Pierre Cubique ne doit en aucun cas être le bloc rigoureusement égal en tous sens, se suffisant à lui seul, en parfait équilibre de vie reposant sur un égo auto satisfait perfectionniste, n'éprouvant nul besoin d'être associé à d'autres, très engagé dans des affirmations à sens unique, sous estimant, parce qu'aveuglé, les détours et contours de parcours souvent plein de surprises désagréables et parfois très difficiles à surmonter ‑ SEUL.
Le perfectionnement pour être utile doit veiller au rapprochement des uns et des autres en veillant à l'absence de freins ou d'écueils et pour rendre possible l'élévation de l'Homme vers la connaissance parfaite, le Compagnon doit emprunter Sept Arts Libéraux échelonnés en 5 Ordres:
‑ le " TRIVIUM " des Anciens rassemblant
GRAMMAIRE‑RHETORIQUE‑LOGIQUE concernant les arts de la parole que l'on retrouve en Franc Maçonnerie par des symboles : mots de passe‑ mots sacrés langage convenu alphabet secret usage des initiales. C'est le véhicule ordonné de la pensée, du témoignage secret à transmettre. ‑ le " QUADRIVIUM regroupant ARITHMETIQUE‑GEOMETRIE reste lié à la science des nombres, usage constant dans nos travaux, 3, puis 5 pour le Compagnon, fournissant à notre ORDRE la plus grande partie de ses symboles Verticale‑Horizontale‑Triangle‑Equerre‑Carré long‑Pierre Cubique‑Sphère ‑ la MUSIQUE, Art à lui seul inspiré par la sensibilité, par l'immatériel, sons harmonieusement couplés inspirant l'humilité et entrainant vers la sagesse du silence et du recueillement. ‑ l'ASTRONOMIE encadre la vie du Franc‑Maçon par l'utilisation rituelle des points cardinaux, des heures " II est Minuit ..." des Solstices, du Soleil, de la Lune de la Voute Etoilée
Ce voyage entraîne alors l'esprit vers une dimension que le Compagnon ne pouvait soupçonner.
La position de l'Equerre et du Compas ( pointe découverte) placés sur le Volume de la Loi Sacré, témoigne d'une réalité, d'un progrès mais replonge le Compagnon vers l'immensité d'une mission que de grands Initiés ont abordé, bien avant lui.
MOÎSE, représenté dans tous les manuels avec sa barbe blanche rassurante, doit sa notoriété à une longue et incessante énergie de pensée et de travail. Guide et Législateur du Peuple Juif ne s'improvise pas. Ne s'autoproclame pas !
" Tu ne tueras point " sort l'humanité d'alors d'un paganisme obscur et d'une confusion polytheÏque la guidant vers la reconnaissance d'un DIEU unique. Mais MOÎSE, comme plus tard PYTHAGORE, tiraient leur enseignement des secrets des Temples d'Egypte, le second introduisant, pour nous Francs‑Maçons, l'initiation progressive sous la règle du silence. Le voyage dans le temps à la rencontre des grands Initiés se poursuit avec SOCRATE osant évoquer l'Unité du Principe Créateur dans un pays, la Grèce, peuplé à l'époque de Dieux multiples, introduisant également la notion d'immortalité de l'Ame.
" Connais-toi toi-même" interpelle et plonge le Franc‑Maçon vers une introspection. " Tu ne tueras point" " le Grand Architecte " " Connais-toi toi‑même" jettent les bases du fondement de notre édifices, travail collectif rendu possible par la réalité fraternelle annoncée par JESUS.
" Aimez vous les uns les autres" Voyage de découverte de maillons immortels d'une Chaine d'Union dont l'origine remonte à l'arrivée de l'homme sur Terre. Les maillons démontrent à l'évidence, que leur existence n'était pas concentrée sur un même Pays, une même race. En Chine, en 500 avant notre ère, KOUNG‑FOU‑TSEU (CONFICIUS ) taillait les premières Pierres de la Franc‑Maçonnerie actuelle.
L'approche exotérique et publique de ses grands hommes, n'avait pour seul but que d'amener, ceux qui s'estimaient être sur la voie de futurs Initiés, à découvrir l'ésotérisme de leur enseignement. Mais tous, depuis toujours, analysant l'homme ses faiblesses et tentations vers l'oisiveté " mère de tous les vices ", ont démontré que sans Travail et obstination le risque de retour vers le monde animal, d'où il est originaire ( d'après certains ! ).
Ce soir, 5 Décembre 6001, je vous livre, mes Frères, une Pierre Brute qui a vu le jour il y a quelques temps déjà, et qui patiemment, humblement, par des contacts fréquents du Ciseau commandé par le Maillet se transforma en Pierre Cubique.
Cette Pierre Cubique, aux couleurs de veine incertaine, qui demande ce soir rejoindre les autres Pierres Cubiques de notre Edifice, reconnait humblement ne pas être du même granit que d'autres, mais elle pense, avec modestie, que dans une construction un mur de granit gris est solide mais triste et froid. Elle vous confirme ce soir que nulle arête et aspérité dans sa coupe viendra gêner sa place, souhaitée discrète, vous rassurant sur un polissage atténuant quelques petites insuffisances pigmentaires.

J’ai dit Vénérable Maître

Source : www.ledifice.net

Par Compagnon J\A\ S\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • Hauts Grades Maçonniques
  • : Hauts Grades Maçonniques
  • : Blog de recherche sur la Franc-Maçonnerie, la Spiritualité et l'Esotérisme dédié à mon ancêtre James O'Kelly, Franc-Maçon catholique. Erin Go Bragh !
  • Contact

liens

Compteurs

   un compteur pour votre site
        1628 ABONNES A LA NEWSLETTER    
2723 ARTICLES PUBLIES 

Le blog de la RL L.Dermott

            Loge Dermott

http://logedermott.over-blog.com

 

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés