Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:48

Les loges maçonniques du XVIIIème siècle dans le secret de leurs travaux ont su marier la tradition opérative et la chevalerie.

La recherche de la lumière semble être à l’origine de l’association des dernières voies initiatiques encore praticables en occident. La franc-maçonnerie est le grand réceptacle traditionnel d’éléments très anciens et hautement symboliques. Elle fut composée dés son ouverture spéculative par de nombreux officiers et chevaliers de noblesse. Ces derniers voulaient redonner corps à une tradition alliant action et spiritualité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au Siècle des Lumières, la loge maçonnique devienne la crypte protégeant le trésor des anciennes initiations.

Trois courants ont présidé à la naissance de la franc-maçonnerie " spéculative " : le courant opératif - celui du métier qui repose sur les connaissances géométriques qui sont la base de l’architecture - le courant religieux ésotérique - avec son contre-versant hermétique qui libère le langage du dogme, et le courant chevaleresque qui engage enfin le maçon spéculatif dans un combat.

Les deux premiers sont bien connus. Le troisième mérite un certain nombre d’éclaircissements pour comprendre son extraordinaire adaptation inspirant la plupart des rituels des différents rites.

Il existe une symbolique et d'une mythologie commune entre chevalerie et maçonnerie. L'idéal chevaleresque est une source profonde du système écossais, et de la coutume écossaise depuis Robert de Bruce et la légende de la pierre de Scone. Cet idéal fonde le pouvoir royal plus que le pape lui-même.

La chevalerie se réclame comme la franc-maçonnerie d’une tradition immémoriale.

Les traces sont anciennes et partent de la tradition primordiale. La caste guerrière est toujours présente dans toutes les civilisations. Elle remplit une fonction indispensable à l’édifice testamentaire et se réfère à l’idéal et à un imaginaire agissant se traduisant dans l’engagement du corps jusqu’au sacrifice. C’est par le sacrifice qu’elle établit un lien supérieur avec le créateur ou le centre ontologique. Dans l’Ancien Testament, Dieu interdit à David de construire le Temple, car il appartient à cette caste guerrière et à trop de sang sur les mains. Les deux Saint-Jean dont se réclame la franc-maçonnerie sont les descendants du roi David au même titre que le Christ. À ce titre les maçons peuvent aussi se réclamer de la caste chevaleresque.

L’esprit chevaleresque connut son plein développement au moyen-âge puis s’ennoblira au point de perdre la couleur du sang et l’idée d’un centre totalisant. Sa présence au plan initiatique sera entretenue dans des cercles fermés tels la" Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante. La démarche gibeline de restauration du pouvoir impérial face au Pape sera un support puissant qui fit choisir Jérusalem plutôt que Rome dans tous les rituels maçonniques, y compris les rituels catholiques ou Stuardistes. C’est l’esprit du Temple dans sa construction, sa destruction et sa libération qui motivera les deux initiations. La première bâtit le temple la seconde le libère.

La chevalerie en franc-maçonnerie nous vient de la légendaire Écosse, du moins celle que sur le continent, le génie français put imaginer.

La Légende de Saint André évangélisant l’Écosse, l’ordre chevaleresque de Saint André du Chardon ainsi que les tombes
templaro-maçonniques d'Écosse appuyées par la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, rejoignent la légende des templiers réfugiés en Écosse et mystérieux acteurs de la victoire de Bannockburn. De cet ensemble mythique se dégage le sentiment qu’une vérité universelle fut importée en Irlande et en Écosse et que les loges opératives et les chevaliers « acceptés »en furent dépositaires.

Les ordres chevaleresques structurèrent la chevalerie occidentale : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers teutoniques. Ils vont ordonner la quête autour de cause et d’actes spécifiques.

Le sens symbolique donne mission à l'Ordre Écossais de créer un authentique Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit.

Ainsi le chevalier-maçon du XXIème Siècle, ne se considère plus comme gardiens in situe du Temple et de la Terre Sainte. Les défaites subies et la chasse dont ils furent victimes orientent les chevaliers à promouvoir leur temple intérieur, dans l’idée fraternelle de rependre la lumière autour d’eux. Cette notion fut apprise en Orient.

Le mariage de la truelle et de l’épée.

C’est ainsi que nous aurions pu intituler notre recherche. Le mariage de la truelle et de l’épée fut basé à la fois sur une nécessité et sur un consentement mutuel.

La nécessité découle de la source vétérotestamentaire qui indique que pour rebâtir le Temple détruit il faut marier la truelle et l’épée. D’autres facteurs historiques ont créé un rapprochement entre une corporation initiatique et les ordres de chevalerie dès le moyen-âge.

La présence de la chevalerie dans le système maçonnique pose un certain nombre de questions qui sont loin d’être résolues. Cependant, il est possible d’émettre un certain nombre d’hypothèses qui à défaut d’être démenties par la recherche historique ou prouvée par des documents authentiques, alimentent et densifient la mythologie maçonnique qui ne s’en lasse pas.

Notre article fait suite à celui paru dans la RDM2 page 134, et tente d’apporter quelques précisions. On retrouvera certains développements plus adaptés aux grades de chevalerie de la franc-maçonnerie du Rite Ecossais dans sa version primitive en consultant le Maître parfait Ecossais et le Chevalier de saint André aux Editions du Maçon.

La légende, tout autant que l’histoire, fonde l’imaginaire du maçon et du chevalier ouvrant ainsi de véritables et valables perspectives initiatiques pour lesquelles, il faut en convenir, une sèche rationalité ne ferait pas l’affaire. L’initiation maçonnique comme l’initiation chevaleresque nous propulsent au seuil du monde de la connaissance, qui n’est pas inconnu des Francs-Maçons. En effet, la pratique de nos ainés constitue un véritable patrimoine initiatique que nous transmettons d’initié en initié. Ce trésor se niche non pas dans les soubassements de notre conscience, mais bien au contraire dans ce que j’appellerais une supra conscience. Cette supra conscience se situe au fond de notre boîte crânienne et ne demande qu’a être réveillée par l’intuition du cœur.

Assis sur le seuil de la perception d’une totalité, nous sommes pris de vertige face aux profondeurs de l’Être et à l’infini de l’univers. Franchir ce seuil consiste à harmoniser l’être et le tout, autrement dit, faire en sorte que l’homme pentagramme devienne hexagramme. Embrasser en tant qu’homme une totalité qui nous dépasse, tel est le but et l’apport de la chevalerie.

Pour atteindre cet objectif, il faut se réapproprier les états inférieurs de l’être puis progresser au plan initiatique jusqu'à n’être non plus un corps réagissant, ni même un homme « bien pensant » et bien construit, mais un homme « esprit ». Seul l’esprit est capable d’embrasser le Tout.

À ce stade, c’est l’imaginaire qui sert de support de projection mentale pour réaliser ce dessin initiatique. L’imaginaire se nourrit de vécu et d’espoir ; il active le corps pour atteindre un état de délivrance ou de libération de l’esprit. Nous voyons poindre l’idée du sacrifice utile qui deviendrait un passage, que nous trouvons dans la légende d’Hiram comme dans la chevalerie terrestre et céleste.

Nous verrons à quel point l’imaginaire, devenu réalité efficace dans un espace cérébral appelé « imaginal », peut intervenir dans les modalités d’expression d’une pensée devenue foi conceptuelle ou idéal. Se posera le problème du contact entre Dieu et l’homme. Pour le chevalier, le contact se fait « entre Ciel et Terre », dans un monde médian.

Ainsi le penser et l’agir du franc-maçon ou du chevalier, passe par une conception consciente et modélisée par l’initiation. L'initiation est une expérience vécue par le jeu du rituel. Qu’elle soit de métier ou d’armes, l’initiation induit des comportements d’une grande cohérence logique, qui sont fondés sur les intuitions plus que des raisonnements. L’intuition et favorisée par l’acquis ancestral de schémas que les mythes nous relatent. Les mythes sont agissants comme les symboles. Nous les avons en nous dans la plénitude de leurs significations, héritage du souvenir d’un lointain passé que d'aucuns qualifient d’âge d’or de l’humanité.

C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la franc-maçonnerie symbolique traditionnelle et spirituelle, dans ses développements modernes, a su préserver un symbolisme de tradition, né d’une intuition fondée sur des images projetées en soi.

Cette relation entre les projections personnelles et la culture traditionnelle des symboles fait apparaitre une universalité symbolique transculturelle et transfrontalière. Ce constat nous pousse à considérer le symbolisme traditionnel comme une modalité d’expression première qui échappe à la babélisation des langues.

Toutes les traditions de par le monde font une place de choix au bâtisseur et au combattant. Nous en pressentons la complémentarité, il nous faudra la démontrer.

Un bref aperçu historique peut-il nous conforter sur l’existence d’un lien entre franc-maçon et chevalerie ?

Pour y répondre, il faut constater une évidence : un chevalier est par nature un homme d’armes, un militaire qui porte l’épée. Mais il est vrai que les ordres de chevalerie ont adoubé des nobles qui n’ont pas eu de fonction militaire. C’est le décorum chevaleresque qui prit le pas sur la tradition de l’adoubement entre hommes d’armes, ceci résulte d’une dénaturation par la noblesse du sens premier de la chevalerie. Rien ne dit cependant que cet adoubement nobiliaire n’excluait les notions d’idéal et de sacrifice. Nous dirons simplement que cette évolution fit sortir des douves l’adoubement pour l’installer dans les dorures de la cour.

Notre deuxième constat porte sur l’installation d’un nombre important d’officiers et bas officiers Écossais et Irlandais sur le continent en 1688 dans le sillage des Stuarts en exil. Ils pratiquaient le Rite Ecossais en loges militaires et l’esprit chevaleresque était présent sur les colonnes. Un certain nombre de ces officiers étaient membres d’ordre chevaleresque, ou avaient déjà la qualité de maître Écossais.

Le XVIIe siècle voit l’arrivée dans l’Ordre artisanal, héritier des corporations de métiers appelé Craft en Angleterre, de l’Ordre chevaleresque, ou du moins d’hommes titrés dans la hiérarchie militaire. Parmi ces non opératifs, on peut citer deux cas reconnus. Sir Robert Moray officier au service des Stuarts fut reçu en 1641 dans une loge décentralisée d’Edinburgh. Elias Ashmole capitaine de l’Armée de Charles 1er Stuart est fait franc-maçon le 16 octobre 1646 à Warrington. Tous les deux sont officiers portant l’épée, et ont démontré des qualités chevaleresques. On notera qu’ils furent reçus dans des loges dotées de surveillant et n’ont pas de maître de loge, ce qui correspond à l’organisation des loges écossaises de l’époque. Évidemment, ce fait sera éludé dans les constitutions d’Anderson de 1717. Le pasteur Anderson défend le point de vue « whig » ainsi que Désaguliers qui est appointé par Georges 1er. Rien n’est divulgué dans les constitutions sur les sources opératives écossaises à cause de leurs implications Stuartistes.

On cite le registre de la Loge Coustos Villeroy[1][2]qui en fait état d’une pratique chevaleresque en 1737. Le registre critique une pratique imposée par la loge du Grand Maître jacobite et catholique Lord Darwentwater. Il s’agissait lors des réceptions de tenir l’épée à la main, comme il est fait en chevalerie.

En Écosse la lettre de la grande Maîtresse des franches maçonnes à Harding l’imprimeur, nous dit : la Loge du Temple de Salomon devenue « la loge de Saint Jean de Jérusalem(…) la plus ancienne et la plus pure (…) et la fameuse vieille loge écossaise de Kilwinning » ont eu des rapports avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte de l’Ordre des hospitaliers. On notera que la plupart des loges se nommaient loge de Saint-Jean et qu’au nom de ce lien historique et mythique, vers 1745 elles se transformèrent en loge de Saint-Jean de Jérusalem dont celle du Grand Maître le conte de Clermont.

On associe le caractère immémorial de la loge Kilwinning, aux liens particuliers entretenus avec certains ordres de chevalerie durant les croisades. C’est donc dès l’origine de Kilwinning qu’un lien est évoqué avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem plutôt que l’ordre du Temple. Le manuscrit Stuartiste n° 3077 de la bibliothèque Calvet à Avignon en atteste en 1780 : « Pourquoi nos assemblées sont dédiées à Saint-Jean ? – C’est pour apprendre aux maçons combien ils doivent être unis puisqu’ils s’assemblent sous les auspices de celui qui ne prêcha jamais que la paix, la concorde, et l’amour de ses frères ; d’ailleurs les maçons s’étant unis aux chevaliers de Saint Jean ils en adoptèrent le patron. »

La référence à l’Ordre du Temple apparaît en Allemagne vers 1733 d’après Le Forestier. Il fit une carrière intéressante, mais écourtée en France par l’œuvre de Willermoz et le Convent de Wilhelmsbad en 1782 et par l’intention de la SOT de rétablir l’ordre du Temple ce qui ne pouvait convenir aux lois des pays.

Le lien chevaleresque préexistait, la question du lien avec la chevalerie du Temple se pose, car Jean Baptiste Willermoz lui-même reconnaissait que dans sa propre Loge dès 1752 on y faisait référence dans la transmission du 4em grade pour présider la loge. « J’apprenais mystérieusement à ceux auxquels je conférais le 4em grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Cette transmission était sans rapport direct avec les prétentions de la SOT créée en 1755 par baron du Hund (eques ab Ense) qui prévalait en Allemagne.

La question du lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie du Temple avec les deux grades consacrés à cet effet à savoir l’Écuyer Novice et le Chevalier du Temple fut sévèrement critiqué par Robert Ambelain par un article paru en 1974 : « Si on discute encore sur les origines des emprunts à la tradition chevaleresque dans la confection des échelles de grades maçonniques, sur la part de Ramsay, sur les initiatives allemandes, sur la valeur de la tradition de Kilwinning, personne ne conteste que la référence à l’institution de la chevalerie est entrée telle quelle dans la tradition maçonnique, sinon comme un corps étranger au moins avec le destin d’un greffon. »

On notera que cette assertion est à replacer dans la filiation directe avec la chevalerie du temple, mais ne remet pas en cause le lien initiatique du bâtisseur et du chevalier. Robert Ambelain semble privilégier le lien par les trois composantes qui sont l’apport de Ramsay, la tradition kilwinnienne, et une certaine interprétation allemande. Le greffon ne fut pas le fait du hasard et trouve sa justification moins dans le désir de chevalerie que dans une connexité historique et légendaire propre à l’Écosse. C’est ce que tenterons de démontrer.

Peut-on faire remonter à une date plus antérieure le mariage de la truelle à l’épée ?

En Écosse la légende historique attachée au grade de saint André du Chardon fait une référence expresse à l’aide apportée par des templiers en exil de France incorporés aux loges de maçons opératifs et qui firent la victoire de Robert Bruce à la bataille de Bannockburn en 1314. Ici commence l’histoire ou la légende fondatrice des grades de chevalerie écossaise du Chardon d’Écosse qui nourrit le Maître Ecossais-Chevalier de Saint-André au Rite Ecossais Primitif. L’Ancienne Alliance entre L’Écosse et la France fut aussi vecteur de transmission de légende et traditions qui par mimétisme et du fait de l’exil de 1688 se transfèrent de l’Écosse à la France.

Nous pensons au surplus qu’un rapprochement est à faire entre le destin des Stuarts dans la perte et la tentative de reconquête du trône d’Angleterre par Jacques II et la légende d’Hiram. Au demeurant le mythe Hiramique de la parole perdue s’inspire à notre sens, de la perte de la pierre de Scone par les dynasties Écossaise au profit des Anglais. Depuis 847, elle fut en effet la pierre du sacre des rois Ecossais, sur laquelle ils se tenaient debout pour recevoir l’onction.

La pierre taillée ou gravée est l’œuvre du maçon antique. Symboliquement c’est le maçon qui fait les fondations du pouvoir royal. Importée des lointaines contrées de l’Orient en Irlande, elle fut transportée en Écosse. Selon la tradition, le royaume appartiendrait aux Écossais tant que la pierre resterait dans leur pays. Confisquée en 1296, la pierre fut prise par Édouard Ier comme butin de guerre et emportée à l'abbaye de Westminster où elle fut placée sous la King Edward's Chair 

Les rois Anglais s’en servirent pour leur sacre dans la position assise comme en signe de domination du symbole. La pierre du destin perdue il fallut en trouver une de substitution et donc il y a assimilations entre la parole perdue et la pierre du sacre perdue .Retrouver la pierre de Scone c’est retrouver la plénitude des pouvoirs des souverains écossais, et la voix au chapitre .Cette pierre du sacre est par sa nature symbolique pierre venue du ciel ou en rapport avec le divin. Elle est une clef de voûte et une porte sur le céleste. C’est un deuxième point qui vient alimenter l’origine écossaise du mythe d’Hiram où finalement le chevalier combattant pour la reconquête est acteur de l’histoire.

L’ensemble des points légendaires sortis des brumes des Highlands vont faire conjuguer la Quête chevaleresque et l’art de bâtir des maçons. Chacun dans son ordre va raconter la même histoire et tendre vers la même lumière par des chemins différents.

En filigrane la question qui se pose sera le lien entre la pierre du sacre et la chevalerie de la reconquête.

Nous pensons que l’Écosse et ses légendes sont une source sérieuse et parfois négligée qui permet d’expliquer une des formes primitives de la franc-maçonnerie chevaleresque, soit une maçonnerie de la reconquête. Nous en tiendrons compte dans cette étude sur la franc-maçonnerie et la chevalerie.

Sommes-nous certains que ce qui lie la franc-maçonnerie à la chevalerie ne soit rien d’autre qu’un gout immodéré des maçons du XVIIIe siècle pour les titres et le port de l’épée ?

Nous voyons trop de commentaires dévalorisants sur ce point, et nous souhaitons en savoir plus. Je ne pense pas que des générations de francs-maçons soient tombées sous les coups de leur égo, au point d’embrasser des titres ronflants, creux, et sans portée aristocratique réelle. Déjà Maitre, l’âge aidant, ils développent une sagesse qui les éloigne d’un titre qu’ils ne peuvent pas faire valoir. Le goût pour les titres et les honneurs n’ont pas fondé la relation initiatique entre le franc-maçon et le chevalier.

L’attraction pour la chevalerie semble liée par l’essence de la chevalerie authentique dont le Temple et les Hospitaliers ne sont que des surgeons aux ordres et dans un idéal particulier impliquant le service de l’Église et du Nouveau Testament. Ainsi, nous plaçons la relation entre la franc-maçonnerie et la chevalerie à un niveau supérieur à toutes les branches contingentes de l’ordre chevaleresque.

Nous pensons que l’association des deux branches initiatique s’est faite parle haut, c'est-à-dire par l’essence même de l’art de bâtir et de combattre.

Dans le cadre d’une première réponse à ce mariage du maçon et du chevalier, nous avons une réponse que nous avions déjà étudiée au premier degré dans l’étude sur la symbolique des outils : L’idée dirige la force et la force réalise l’idée. Cette expression signifiait dans un étonnant aller-retour, la complémentarité indispensable et équilibrée entre la matière et l’esprit, et plus précisément entre le ciseau et le maillet. Désormais nous élevons, comme il se doit, notre réflexion à un niveau supérieur : l’idée est l’idéal du chevalier, la force est la technicité réalisatrice et opérative du maçon et enfin l’épée axiale qui est l’expression de la volonté divine.

Une deuxième question se pose, pourquoi le chevalier intervient en franc-maçonnerie après l'émergence de celle-ci ?

On pourrait être tenté de faire une hiérarchie entre le détenteur de l’idée inscrite dans le ciel et son exécuteur terrestre. Cette réponse biaisera l’intérêt des deux voies traditionnelles qui sont complètes et autonomes par leur nature propre. Il ne peut donc y avoir de subordination. On peut simplement répondre à cet ordonnancement qu’un chevalier dûment adoubé peut s’intégrer au rite initiatique de la franc-maçonnerie et c’est ce que firent les templiers réfugiés en Écosse en 1314. Ceci fait partie intégrante de l’histoire réelle et mythique du REP notamment. De même le RER indique que trois chevaliers du temple fuient en Écosse dans des cavernes prés d’Heredom. Ils rejoignent les chevaliers de Saint André du Chardon d’Écosse. En 1340 ils fondèrent l’ordre maçonnique, ordre préparatoire à l’admission dans l’ordre équestre. Le RER explique ainsi la complémentarité de l’ordre maçonnique et de l’ordre équestre, le premier servant de vivier au second. Ceci ne suppose pas une hiérarchie qui minore l’ordre maçonnique.

L’erreur d’une interprétation simpliste serait d’installer la dépendance d’une tradition au profit exclusif de l’autre. Elle suppose une hiérarchie ce qui en matière de voie initiatique ne peut être admis. Chacune des deux voies se suffit à elle-même. Il faut trouver une autre explication.

Il est un fait incontestable qu’il a toujours existé une perméabilité entre les voies initiatiques. Elles sont composées d’éléments comparables dans leur progression et finissent comme nous le savons par se réunir au sommet. Pourtant dans cette suite logique mettant le travail de la matière par la sueur avant le sacrifice par le sang, nous avons dans le jeu d’échec un début de réponse. Le cheval ou cavalier se déplace sur l’échiquier d’une manière particulière. Il commence sa course comme les pas d’un apprenti, puis emprunte ceux du compagnon et pour finir comme un maître. Donc le cavalier connait déjà les pas et la progression du maçon. Le cycle chevaleresque se caractérise par la maîtrise de l’animalité du cheval à l’égal du maçon qui maîtrise sa propre animalité. Le chevalier se situe plus haut en intermédiation sur son cheval avec le ciel, alors que le maçon a les pieds sur terre et sous terre en creusant les fondations. Dernier point, si le cavalier démarre sur une case noire il finit sur une case blanche et le cavalier est la seule pièce qui peut sauter les obstacles.

Nous en déduisons qu’aucune subordination entre les deux voies n’est acceptable. Cependant la classification subterrestre et terrestre de l’une a pour complément la classification terrestre et céleste de l’autre. On établit une superposition. Le chevalier doit récapituler l’initiation maçonnique dans sa progression spirituelle. Il n’y a donc pas de subordination, mais une superposition correspondante à la nature des trois voies initiatique.

Le lien est-il matériel ou spirituel ?

Ce qui est transmis au plan initiatique, ne peut concerner une cause réduite au plan matériel, quelque soit d’ailleurs, la noblesse de l’objet social. Il est bien entendu qu’en matière initiatique ni la cause territoriale ni la cause religieuse ne peuvent dominer la cause spirituelle. Il faut admettre qu’aucune reconstruction du temple de Salomon ne peut perdurer au plan matériel. Seule la reconstruction au plan spirituel est possible. En conséquence, le mélange des causes matérielles et spirituelles porte à confusion.

Il faut voir dans le message initiatique de ces chevaliers un trésor qui n’est ni sonnant ni trébuchant. Il en est de même en alchimie, on ne peut confondre l’aspect spirituel, et la pratique du souffleur qui chercherait la richesse matérielle.

Le lien existait bien au plan de l’enseignement alchimique, spirituel et céleste, avec une chevalerie éclairée. Le maître maçon et le chevalier se purifiaient à la même fontaine située au pied du mont Scion ou était construit le Temple. À cette fontaine appelée SHIloha, ils pratiquaient la purification rituelle notamment des mains et des yeux, avant de se mirer dans l’eau, puis se rendaient au Temple…

Rappelons que l’armement de chevalier est effectif au REP et au RER et qu’il n’implique pas une appartenance à l’Ordre du Temple trop contingent en regard de sa nature. L’arment produit donc des effets liés à l’éveil de l’esprit, et la notion d’imaginaire commun.

Nous pouvons donc affirmer que le seul élément humain et matériel ne peut suffire à établir un lien. Le liant s’exprime dans la quintessence de ses propres valeurs dans les deux ordres. Ils aboutissent tous les deux au sacrifice, d’Hiram d’un coté et de Saint-André de l’autre. On voit bien que le premier appartient à l’univers de l’Ancien Testament, et que le second est sur le chemin du Nouveau sans renier l’Ancien. Les deux suppliciés partagent une renaissance pour ne pas dire une ressuscitation en esprit.

Ce qui est transmis lors de l’initiation ou de l’adoubement ce sont des éléments hautement symboliques. La transmission d’une cause matérielle ne peut s’inscrire dans le plan divin. La matérialité est par définition une dégénérescence de l’esprit au sens métaphysique. La cause reste dans tous les cas spirituelle, elle permet la réalisation de l’homme sur le plan matériel. Bien tailler sa pierre ou défendre une cause juste ne peut se faire qu’en fonction d’une Loi venue d’en haut. Ladite Loi organise un retour au divin, libérant l’esprit contenu dans la matière.

Voici donc la nature d’un lien spirituel qui est commun aux deux ordres. L’épée céleste vient en aide à la truelle terrestre pour la construction du Temple de Jérusalem.

Cette association dans le même corps situe ce dernier en tant que médiateur entre terre et ciel. Une épée viendra désormais défendre le temple contre la perte du sens du divin. L’homme dans sa faible nature cède régulièrement à son animalité symbolisée par retour de l’adoration des idoles.

Le lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie se situe dans une cause commune aux deux traditions qui est cette exigence de connaissance spirituelle et sacrée, faisant participer l’homme au grand dessin de la création.

Cet aspect chevaleresque en franc-maçonnerie trouvera sa confirmation dans les écrits de Ramsay.

Le chevalier Ramsay, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare dans ses deux célèbres discours dont celui de 1738 associa la chevalerie à la franc-maçonnerie. Sur les origines de la franc-maçonnerie, il évoque les Ordres de Chevalerie et cite « nos ancêtres les croisés » dont le langage secret « rappelle le souvenir, ou de quelque partie de notre Science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la Foi. »

Il y aurait donc un « mystère » à découvrir, certainement de nature initiatique, soit un enseignement ou un éveil qui lierait la Franc- maçonnerie et la Chevalerie dans une même finalité. Cette finalité se distingue du lien spirituel que nous avons vu précédemment. Elle se fonde sur un souvenir commun d’un épisode guerrier remontant aux destructions successives du Temple à Jérusalem, à la reconquête des lieux Saints par les croisades, puis à la destruction de l’Ordre du Temple en 1314. Ainsi se perpétue le cycle de la construction destruction à travers les âges. C’est le grand souvenir et le grand rendez-vous aux pieds de la muraille entre Occident et Orient. L’affrontement est fondateur et se reproduit inéluctablement en divers mondes et époques. C’est au moment des croisades que nous sommes rentrés dans la période d’une redécouverte spirituelle et intellectuelle de l’Orient. Cette redécouverte peut se décrire comme un élargissement de l’esprit . L’élargissement donne accès au sacré au-delà du dogme religieux. C’est particulièrement vrai dans l’échange intellectuel et technique apporté par l’occupation musulmane sur la péninsule ibérique.

L’affrontement fusionnel Orient-Occident, ensemença les deux civilisations pour les ressemblances et les racines qu’elles avaient en partage. Si le fait fonde l’histoire, le souvenir teinté d’idéaux alimente le mythe qui se charge d’expliquer l’origine. La quête du Graal ou de la Lumière est un dérivatif de ce souvenir commun.

Cette finalité originelle apparaît clairement dans la construction et la défense du Temple de Salomon, l’épée dans la main droite et la truelle dans la gauche.

Que faut-il bâtir, que faut-il défendre ?

Un centre point ce contact entre la création et Dieu, qui porte en lui, dans son architecture même le plan divin qui n’est rien d’autre que l’expression d’une loi universelle.

De tout cela l’homme n’est qu’un témoin devenu acteur par son initiation à ce secret, un médiateur entre la Terre et le Ciel. Il n’est plus un démiurge, car il a bien compris les limites de l’exercice, il veut retrouver et défendre la maison des origines, qui n’est autre que le retour au centre primordial.

C’est ce que nous appellerons le secret du chevalier écossais de Ramsay. Recouverte d’un voile d’une bienséance diplomatique, une vérité se laisse entrevoir dans ses deux discours.

Nous devons d’abord rechercher ce qui est véritablement initiatique dans la chevalerie, en recherchant les éléments rituéliques et symboliques qui autorisent un véritable "commencement".

(…) suite à paraître.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/

Par E.°.R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:31

L’évolution française de la Franc-maçonnerie fut l’occasion de lier deux voies initiatiques : la voie matérielle représentée par l’art royal et la voie guerrière représentée par la chevalerie. Il ne s’agit pas pour nous de confirmer l’historicité des allégations reliant la franc-maçonnerie aux tailleurs de pierre ou aux templiers. La part légendaire et mythique fait partie intégrante de l’effet initiatique recherché dans la société des francs-maçons.

Dans les deux cas, nous assistons à la transformation de l’individu soit par le travail de la matière et l’identification de « l’œuvrier » à son objet, soit par l’art de la guerre et l’esprit de sacrifice dans un désintéressement total. Par analogie, l’une ou l’autre voie initiatique, fait éclore la dimension spirituelle et divine de l’être. Ainsi, travailler la matière consiste à en libérer ou délivrer cette parcelle divine qui y réside ; en parallèle, la solitude du chevalier dans une quête d’un Grall aussi hypothétique qu’intérieure soutient l’image de l’amour d’un Dieu, moins anthropomorphique que johannique, qui transcende la destinée de son propre corps. Cette double démarche ne pouvait que remporter un vif succès, tant il est vrai que l’aspiration au sublime dépasse les aspects religieux et schismatiques. Ce goût du sacrifice et de la mission à accomplir complète admirablement la base maçonnique des trois degrés.

Le premier a apporter la richesse chevaleresque et Templiere en complément de l’art royal, fut le Chevalier André-Michel Ramsay. Ce dernier fut qualifié de« Universae religionis vindex et martyr » soit « Défenseur et martyr de la religion universelle ».

C’est de spiritualité dont il s’agit, car toute cette hiérarchie codifiée et traditionnelle n’était là que pour servir la tradition et donc protéger la Terre Sainte. À ce titre, elle noue de contacts avec l’Orient au cours des nombreuses croisades et favorisa l’enrichissement des gens de mestier, dans l’art de bâtir notamment. La truelle et l’épée vont se retrouver dans les mêmes lieux, pour les mêmes causes, dans une communion de sacrifice, ce qui cimentera leur destinée.

Témoin et acteur du génie français, cinquante ans après l’implantation des premières loges en France, cet homme aux multiples facettes, a su poser la pierre d’angle du système français qui, loin de renier son grand frère anglais, va apporter une source mythique nouvelle à la franc-maçonnerie continentale. Il est, avec Charles Radclyffe, l’un des fervents propagateurs de la franc-maçonnerie à la française. Tirant les leçons de la constitution (sous la protection royale de Georges 1er) de la Grande Loge de Londres, on peut imaginer qu’il souhaite ne pas soumettre l’ordre à la férule du pouvoir royal.

Le promoteur de L'Écossisme est de nos jours considéré comme une grande figure de la franc-maçonnerie spéculative. L’Homère de la franc-maçonnerie est initié à la "Horn Lodge" de Londres en mars 1730, où fut aussi initié Montesquieu, le Chevalier de Ramsay fut l'orateur bien connu de la Loge "Le Louis d'Argent", à l'Or. de Paris.

Sa vie ne fut pas qu’un tissu de réussites. On notera qu’il fut traité de plagiaire par Voltaire,  pour avoir repris dans ses différents écrits des fractions d’auteurs antérieurs sans les citer. Le voyage de Cyrus en fut l’exemple. Montesquieu lui aussi franc maçon dira de lui « C’était un homme fade ».

Son système à l’instar de celui d’Anderson et Désaguliers repose sur un œcuménisme maçonnique visant à réunir ce qui, d’une certaine façon, est devenu épars, en dominant les oppositions latentes des différentes religions. Les temps difficiles ont provoqué guerres et dissensions entre les hommes des mêmes peuples : « Au delà des peuples et des frontières nous réunirons des hommes épris de symbolisme et de traditions antiques immémoriales, antédiluviennes et noachites, mus par l’idée que la connaissance combat les antagonismes engendrés de l’ignorance et que l’origine des savoirs et des croyances naît d’une seule source, la religion universelle. »

Les similitudes avec Anderson sont telles qu’on parlera de l’Anderson français qui minorant la filiation des bâtisseurs maçon, prétend à une filiation plus noble, vers la chevalerie des croisades, sans pour autant que le terme templier soit prononcé. Depuis John Locke la tolérance est de mise, les guerres de religion et les tentatives de coups d’État qui perdurent durant plusieurs décennies font avancer l’idée à la suite de la Royale Society, que l’art de vivre ensemble repose sur la tolérance et l’universalisme.

André-Michel de Ramsay est né à Ayr, en Écosse, en 1686. Il est d'origine noble. Son père était calviniste ; sa mère anglicane. Studieux, renfermé, écartelé par des parents de confessions différentes qui manifestement ne partageaient pas la même vérité religieuse. Ce fut là sa première épreuve reposant sur un antagonisme familial dont le traumatisme conduit le jeune Ramsay à élaborer de manière plus ou moins consciente une technique de ré-appropriation, en épousant lui-même vingt ans plus tard, une troisième voie catholique. Terminant brillamment ses études en théologie à Glasgow et à Édimbourg, nous le retrouvons bientôt aux Pays-Bas, havre de liberté religieuse. Hanté par les problèmes spirituels qui avaient marqué ses jeunes années, il fréquente le milieu " rosicrucien " qui tenait Jacob Böhme en haute estime. Le cordonnier Jacob fut l’inspirateur d’un dimensionnement ésotérique qui n’était déjà plus enseigné dans les différentes confessions. Maîtrisant parfaitement le français, il devient en 1709 le familier de Fénelon, l’archevêque, dont il subit l’influence et se convertit au catholicisme. 

L’inquiétude de son âme l’incite à une tolérance partisane. Il devient franc-maçon et écrit de nombreuses lettres à Salignac avec l’intitulé, « Mon Très Cher Frère... ». Ramsay devient précepteur des grands. Il est aussi écrivain et agent diplomatique des Stuarts chassés de Grande-Bretagne. En 1723, le Régent le crée Chevalier de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, soit le plus ancien ordre hospitalier, fondé à l’origine en 1120 pour porter assistance aux pèlerins en route pour les lieux Saints. Cette appartenance ne sera pas sans conséquences sur la théorie Templiere et chevaleresque des origines maçonniques. En 1724, il réside à Rome pendant dix mois auprès de Jacques III, en qualité de précepteur de son fils Charles-Edouard. Dans la même année, Ramsay est à Paris, coresponsable du Club de l'Entresol. C’est l’époque des clubs dans l’imitation des clubs anglais, qui réunissent des bourgeois, des nobles et intellectuels, dont Montesquieu, pour examiner les grands problèmes de société. La police du Régent considère cette société comme contraire aux intérêts du pouvoir et le Club de l'Entresol est fermé. En 1727, Ramsay publie son Voyage de Cyrus, qui fit l’objet d’un grand tirage. Il est déjà franc maçon, ayant était reçu d’après P.Chevalier dans la Loge Saint Thomas n°1 de Lord Derwenwater.

Le voyage de Cyrus, est une imitation dans le goût de Télémaque écrit par son mentor Fénelon. Au cours de ses voyages, le jeune Cyrus est instruit par des Sages de l'Antiquité et plusieurs chapitres contiennent de claires allusions maçonniques. Pour être succincts, nous remarquons la présence de Pythagore, l’éloge du silence via Harpocrate. L’initiation maçonnique est illustrée par la captivité et la libération d’Aménophis. Il s’agit d’après nous d’une transposition du rituel de Maître, car on y voit défiler la scénographie Hiramique dans la plupart de ses détails. Dans un courrier adressé au Marquis de Caumont en Avignon le 25 novembre 1729, il écrit : « j’ai développé plusieurs dogmes de l’antiquité et plusieurs points de la théologie et de la mythologie des anciens qui ont un rapport avec nos sacrés mystères » plus loin « je confirme de plus en plus que toutes les traditions anciennes…sont des rayons et des écoulements de la religion primitive de Noé » 

La date de 1727 semble correspondre à l’arrivée du troisièmegrade de la Franc-maçonnerie spéculative. Ramsay se trouve à nouveau à un carrefour historique. En 1728, nous retrouvons le Stuartiste catholique Michel de Ramsay en Angleterre, où il obtient quelques soutiens, ce qui reste étrange dans le contexte politique. En effet, il est admis dans deux compagnies scientifiques de la plus haute renommée : The Gentlemen's Society et la Royal Society. Cette dernière ayant été fondée au précédent siècle par Elias Ashmole et quelques autres rose-croix. Pendant ce séjour à Londres, Ramsay fut aussi l'ami d'Anderson, fondateur de la Mother Lodge de 1717. Certains ont pu affirmer que le chevalier avait joué un double jeu, voir même qu’il avait trahi la cause Stuartiste. Ensuite, il retourne sur le continent et joue un rôle prépondérant dans les loges françaises Stuardistes qui avaient précédé le phénomène Orangiste Anglais. Il devient, par sa double culture maçonnique anglaise et écossaise stuartiste, le promoteur de l’adaptation française, inaugurant l’écossisme qui fera florès. Il est potentiellement le trait d’union pacificateur des deux maçonneries. Même si les loges anglaises et écossaises se fréquentent, elles furent dans la période précédente, des lieux de conspiration. Il ne faut pas perdre de vue que les Stuarts ne désespèrent pas de reconquérir le pouvoir détenu par les Hanovriens, jusqu’aux environs de 1750.
Est-ce pour mener à bien la mission secrète dont il est chargé par les Stuarts que Ramsay, en 1730, accepte de devenir précepteur dans l'illustre famille de Bouillon ? Le duc régnant comptait parmi ses ancêtres Godefroy de Bouillon et Turenne, famille dont il rédigera les mémoires. Ladite famille avait fait partie de la fronde et se retrouvait mise à l’index par le pouvoir absolu du roi. Les grandes familles du Royaume avaient supporté impatiemment le joug pesant de Versailles. La régence et donc l’affaiblissement relatif du pouvoir royal favorisent la renaissance de l’esprit de la Fronde. La famille de Bouillon qui régnait sur une principauté indépendante dans les Ardennes, était un acteur important du mouvement, fier de son sang, allié des Stuarts, avec lesquels le duc partageait une tradition ésotérique très ancienne. Sa généalogie rivalisait avec celle des Bourbons. Le duc régnant était grand-maître de l'Orient de Bouillon, maçonnerie à tendances spiritualistes et même magiques, qui groupait des personnalités de premier rang et fédérait un grand nombre de loges militaires. Ainsi, l'armée du roi de France portait en son sein une maçonnerie non française par ses origines. Les loges militaires reprenaient les usages des loges régimentaires Écossaises et Irlandaises. Ramsay, précepteur du prince de Turenne, fonde une loge à Château-Thierry, fief de son maître. Certains considèrent qu’il fut à l’origine de la création du rite de Bouillon ou du rite de Ramsay.
Cette affirmation est reprise aujourd’hui par un certain nombre de Loges qui s’en réclament. En 1735, âgé de quarante-six ans, il épouse Marie de Nairne, vingt-quatre ans, fille d'un noble Écossais de haut lignage, le baron David de Nairne, héraut d'armes de l'Ordre du Chardon, ordre chevaleresque des Stuarts. (Ceci accrédite la connexion Templière dans l’établissement et la pratique d’un éventuel rituel de Ramsay). Cet ordre avait été créé en 1314 par le roi d'Écosse Robert Bruce, après sa victoire de Bannockburn, afin de récompenser les Templiers qui, réfugiés dans ses États après l'inique procès, avaient largement contribué à la défaite des Anglais.

Dès 1735 commence de circuler, sous le manteau, ce fameux Discours de Ramsay qui est, en quelque sorte, la charte de la Maçonnerie moderne. Les idées ici développées sont innovantes voir gênantes pour l’institution ... D'abord, Ramsay signale l'universalisme de l'Ordre. Le franc-maçon y apparaît pour la première fois comme un citoyen du monde. Avec une certaine audace en cette première moitié du XVIIIe siècle, il blâme l'esprit de conquête et le patriotisme guerrier. L’origine chevaleresque et croisée de l’ordre est mise en avant, réfutant la thèse opérative de son ami Anderson. Par extension on parlera d’origine Templière. Il s’appuie sur l’encyclopédie des savoirs et connaissances donnant à la démarche maçonnique son esprit et sa fonction universelle.
Ainsi Ramsay, tout en sollicitant la protection des princes
lance un appel à tous les francs-maçons par delà les frontières. Il s’agit de ménager le pouvoir en place, sans lui être inféodé.

Cet élan est emprunté à Fénelon son mentor religieux, dont il est utile de rappeler deux citations : « Je préfère ma famille à moi-même, ma patrie à ma famille, et le genre humain à ma patrie ». Dans Télémaque on relève : « Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont frères et doivent s’aimer comme tels. »

Nous pensons que le chevalier Ramsay n’avait ni l’envergure ni le talent pour fonder un système de sa propre volonté. C’est d’autres frères, en quête d’une filiation autre que l’Anglaise issue du système des « moderns », qui s’emparèrent d’un discours qui ne fut probablement pas lu par son auteur, le cardinal Fleury , ministre du Roi, l’en ayant dissuadé.

Michel de Ramsay meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 7 mai 1743. L'acte de décès est signé du Comte de Derwenwater venu enterrer son Grand Orateur et du comte d'Engletown, tous deux " frères " d’une des premières loges spéculatives de France.

La première version du discours avait vocation à être lue devant les Loges Jacobites parisiennes réunies le 26 décembre 1736 dans la Loges Saint Thomas 1er, la veille de l’élection de Charles Radclyff, Lord Derwenwater son ami, au poste de Grand Maître des loges Jacobites.

Cette version cristallise les fondamentaux de l’écossisme ramsayen dont nous produisons ici quelques extraits :

«Le goût suprême de l'Ordre et de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le grand Géomètre architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modelles du vray Beau»

«Noé doit être regardé comme l'auteur et l'inventeur de l'architecture navale aussi bien que le grand maître de notre ordre»

Tout comme Anderson, il s’appuie sur le mythe fondateur connu des francs-maçons. Il prend le contre-pied d'Anderson pour qui la Franc-maçonnerie se développe en Angleterre jusqu’aux constitutions de 1723, Ramsay la fait passer de Grande-Bretagne en France qui va devenir le centre de l'Ordre.

«... Noé, Abraham, les patriarches, Moyse, Salomon, Cyrus avaient été les premiers grands Maîtres. Voilà, Messieurs, nos anciennes traditions ; voici maintenant notre véritable histoire. Du temps des guerres saintes dans la Palestine, plusieurs princes, seigneurs et artistes entrèrent en société, firent vœu de rétablir les temples des chrétiens dans la terre sainte »,

« Rappelèrent tous les signes anciens et les paroles mystérieuses de Salomon, pour se distinguer des Infidèles et se reconnaître mutuellement... dès lors nos loges portèrent le nom de loges de Saint-Jean »… .

« Cette union se fit en imitation des Israëlites lorsqu'ils rebâtirent le second temple ; pendant que les uns maniaient la truelle et le compas, les autres les défendaient avec l'épée et le bouclier» …

«Depuis ce temps, la Grande-Bretagne devint le siège de la Science arcane, la Conservatrice de nos dogmes et la dépositaire de tous nos secrets. Des Iles Britanniques «L'antique science» commence à passer dans la France, la nation la plus spirituelle de l'Europe va devenir le centre de l'Ordre et répandra sur nos statuts, les grâces, la délicatesse et le bon goût, qualités essentielles dans un ordre dont la base est la Sagesse, la Force et la Beauté du génie. »…

Nous donnons dans l’article suivant la deuxième version. Celle-ci devait être soumise au Cardinal de Fleury qui la désapprouve et ne fut publié qu’après sa mort. Nous sommes toujours dans la période de régence. C’est le Cardinal de Fleury qui dirige le royaume compte tenu de l’âge de Louis XV. Celui-ci est hostile à l’ouverture d’un front anti- Hanovrien cristallisé dans la franc-maçonnerie Stuartiste. L’ambiance générale est assez hostile à la franc-maçonnerie, des descentes de police sont organisées dans les loges, de nombreux nobles en font partie et déjà la Hollande et la Suède prennent des mesures d’interdiction. Suite à une enquête de quatre mois, le Cardinal de Fleury interdit la Franc-maçonnerie le 2 août 1737. Le Vatican emboîte le pas avec la publication de la bulle papale « in eminenti apostolatus specula » le 24 avril 1738, qui interdit à tous les francs-maçons d’appartenir à une loge, sous peine d’excommunication. Cette hostilité du Pape fut contre productrice. La bulle affaiblit les loges Stuartistes catholiques au profit des loges orangistes favorable au pouvoir en place à Londres. Le soutien recherché auprès des autorités par Ramsay fut un échec. Le Cardinal de Fleury avait fait savoir son désaccord. Cependant, les deux discours vont rester la plate-forme intellectuelle de l’ensemble d’une Franc-maçonnerie en France et à l’étranger, qui ne se retrouve pas dans le dictat de Londres.

Note de synthèse N°1- préalable à l'etude de la chevalerie maçonnique-( E.°. R.°. RL ecossais de saint jean)

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org

              

 

Par E.°. R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 07:21

La devise des Kadosh , que l’on dirait sortie directement et toute armée du blason d’un Chevalier du Roman de la Rose, se prête à interrogations multiples.

Car si l’objectif est affirmé sans réserve : « fais ce que dois », les moyens sont passés sous silence, comme s’ils pouvaient être d’avance justifiés par la fin assignée, et les résultats relativement dénués d’importance au regard des intentions : « advienne que pourra ».

Que signifie cette formule : que dois faire le CKS, de quels moyens dispose t’il, est il dégagé d’une obligation de résultats, se désintéresse t’il des conséquences de la mise en œuvre de son Devoir , l’éthique de l’intention prime t’elle la morale des moyens et le résultat de l’action ?

Pour avoir entendu ici ou ailleurs, certaines de ces interrogations depuis mon élévation au grade, ce qui tendrait à prouver que les travaux proposés au Grand Conseil d’Automne 1991, n’avaient pas apporté de réponses véritablement satisfaisantes, ainsi que le reconnaissait d’ailleurs le T\I\F\ KAROUBI, rapporteur de cette question

On pourrait résumer de cette manière les 3 parties de la synthèse de la question de 1991 qui portait sur la responsabilité (ou non) des conséquences de l’action: - Fais ce que dois : c’est un impératif catégorique dont le rapport évoque le contenu en termes plutôt généraux ( le combat du bien contre le mal) mais la description des armes du grade aide à cerner le Devoir du CKS… Je suis assez d’accord avec cette première partie- Advienne que pourra : le rapport fait sien l’analyse d’un seul Conseil qui ventile les significations possibles en 4 catégories sans pour autant choisir son camp: égocentrique (après moi le déluge), mystique (le destin du monde m’échappe et n’en suis pas responsable) psychanalytique ( irrépressible besoin d’agir sans souci du reste) , pénale (je suis innocent et n’ai fait qu’obéir aux ordres). Il y a je crois matière à approfondir ce qui n’est que le contraire d’une synthèse, mais seulement la réponse d’un seul aréopage…- Insouciance des conséquences : après avoir évoqué le choc éventuel de valeurs antagonistes dans cette dernière partie moins étoffée que les autres, il développe 3 versions possibles : a :le résultat ne peut être que bon puisque l’action a ordonné le chaos, même de façon imparfaite, b :l’engagement absolu du CKS peut l’amener au sacrifice, c :à moins qu’il faille limiter ses actions aux seules dont les conséquences sont attendues favorables, bref réfléchir avant d’agir …

En résumé, et selon une lecture forcément subjective, ce rapport plus clinique que philosophique, et plus descriptif que causal, s’il décrit minutieusement la phase 1 « fais ce que dois », glisse de façon plus rapide, à l’image des aréopages qui l’ont traitée, sur la phase 3 concernant les conséquences de la devise, et propose pour la phase 2 « advienne que pourra » une multiplicité de versions sans choisir ni fonder ou approfondir le lien, que je crois nécessaire et complémentaire entre d’une part, les deux propositions de la devise et d’autre part l’interrogation sur les résultats qu’elle suscite.

En outre je crois que l’analyse ne peut être déconnectée des moyens utilisés et pourtant passés sous silence par la formule, qui expliquent pourtant, à mon sens, la sérénité de l’acteur face à la réalité de l’accomplissement de son devoir.

On remarque en effet que la formule utilisée « advienne que pourra » intègre l’incertitude dans la réalisation et semble entraîner la résignation quant aux conséquences qu’elle ne maîtrise pas, ce que ne retiendrait pas le verbe « sera » (ainsi en sera t’il ou « ainsi soit il » au présent…

Remarquons au passage, oh étonnement, que le présent « fais » précède le futur « pourra », mais qu’au delà de la tautologie et du nécessaire délai d’exécution entre l’ordre et la réalisation, il y a place pour une lecture temporelle de la devise, entre l’immédiateté de l’action et le devenir de l’humanité, entre présent individuel et futur collectif, en quelque sorte entre action et cosmogenèse en espérance…J’y reviendrais.

Mais pourquoi une obligation de cette sorte est elle demandée avec autant de force, sans échappatoire ni discussion, alors même qu’elle semble admettre des hypothèses de réalisation dommageables ?

Il m’est donc apparu indispensable de cerner la portée de notre devise, d’examiner le contenu de ce Devoir tout en le replaçant dans son contexte symbolique historique puis actuel, de recenser les moyens à la disposition du Chevalier Kadosh et d’expliquer, ou de tenter de le faire, l’apparent désintérêt des conséquences de l’action .

J’en propose donc une lecture personnelle, au risque de me perdre, au risque de vous égarer. « Je fais ce que je dois sans peur et sans reproche, avec des armes pures et advienne que pourra de cette balustre sur vos consciences»

C’est ainsi que je la subdiviserai en 3 parties : « Fais ce que dois », « Advienne que pourra », et « Sans peur et sans reproche avec des armes pures », trois formules contenues en 3 lignes successives de notre rituel, sachant que cette dernière partie précède immédiatement la devise et que cette place particulière peut permettre de l’éclairer.

1-FAIS CE QUE DOIS

Que est le contenu de cette règle, son objectif et de quels moyens dispose le CKS ?

1-1 De quelle règle s’agit il ?

Même si le maçon obéit à la loi civile, s’il comprend bien l’art, il sait qu’elle n’est que l’expression d’une résultante de forces contradictoires, entre circonstances historiques, droit du plus fort, évolution des mœurs et exigence sociale.

Il sait également que son champ d’application, vaste et indéfini, se soucie peu de la justice individuelle au nom de la primauté de l’intérêt général, non plus que de l’équité dont on chercherait vainement la présence dans les codes, et qui toujours, cède la place à la volonté structurante des lois. L’obligation du grade ne concerne donc pas la loi civile ou politique.

Ce n’est plus seulement le Devoir du Maître Secret, « envers soi même, envers la lumière qui réside au fond de tout être, (…) ce devoir primordial qui entraîne tous les autres devoirs et qui concerne le monde dans ses multiples aspects »A ce stade « Fais ce que dois » suffirait car le MS, ne maîtrise pas la totalité de la démarche, et il doit encore obéir.

Le Chevalier R+C connaît cette règle morale qu’il a contribué à ériger tout au long de son parcours maçonnique antérieur et qui trouve sa forme actuellement la plus aboutie dans l’accomplissement du grade…Il agit déjà en Initié et son engagement ne se limite pas à son étude, il s’est fait prosélyte.

On distingue traditionnellement en droit 3 catégories d’ obligations distinctes: d’action (ou d’inaction), de résultat ou de moyen. Ici, la Règle, l’obligation, au double sens de devoir (fais ce que dois) et de serment, relève de la première catégorie : le Rose Croix est devenu Kadosh, il est passé de l’Amour en quelque sorte, modélisé, exemplarisé, apostolique, à la défense pratique des conditions de son implantation et de sa survie. Le soldat succède au missionnaire.

La formule vient en conclusion aux phrases qui la précèdent : « Montrons nous fidèles à nos préceptes d’Amour de la Vérité et d’Amour de l’Humanité. Dans les combats que nous avons à livrer, nous apporterons un cœur pur et nous n’userons que d’armes pures. Nous serons sans peur et sans reproche, conformément à notre devise » C’est aussi d’une obligation de moyen.

L’obligation du Kadosh « Fais ce que dois » répond directement à l’obligation prêtée lors de son élévation au grade, engagement qui complète les étapes antérieures et couronne le parcours intérieur en lui offrant le réel en champ d’action.

Car, outre la poursuite de « l’acquisition de la connaissance qui mène à la sagesse éclairée par la science sanctifiée par la conscience », il promet de refuser toute dictature, de résister à tout asservissement, de répudier toute volonté de domination et de contribuer à réparer les maux causés par les excès de pouvoir en réglant ses actes sur l’Amour de la Vérité et de l’Humanité. Il s’agit donc également d’une triple obligation d’action, de moyen et de résultat.

1-2 L’objectif de la règle

1-2-1 Une lecture causale et philosophique:

Il n’est pas interdit de se souvenir que le CKS affirme une filiation avec l’Ordre du Temple qui honnissait les 3 « abominables » et irréductibles ennemis dont il fallait se venger, Philippe le Bel, Clément V et l’Ordre de Malte.

Le super grade de vengeance n’avait pas encore fait place à celui du défenseur de la Vérité et de l’Humanité et cela pourrait éventuellement expliquer la seconde partie de la maxime, mais ce serait là une bien pauvre finalité, aux antipodes des aspirations du Franc Maçon.. Alors quid ?

Si le respect de la Règle peut être un objectif pour le soldat ou les grades inférieurs, il ne s’agit pas de respecter la règle pour elle même, comme une sorte de nouvelle divinité substituée, à l’image des scientistes pour qui hors de la science il n’y a pas de salut, oubliant que la soumission à la raison est le début de la démission de la raison…

Il ne s’agit pas de respecter la règle au profit des donneurs d’ordres qui auraient des droits sur le Kadosh et qui auraient le privilège de savoir en leurs lieu et place ce qui est bon pour eux , il ne s’agit pas de se plier aux règles des 3 couronnés…Rien n’est au dessus du CKS

Il s’agit, bien au contraire de décider soi même, après une longue réflexion où interviennent aspirations morales et devoir social, il s’agit d’intervenir sur le cours des choses, de quitter le monde philosophique pour intervenir dans le monde réel en ajoutant l’action du militant au verbe de l’apôtre .

Il s’agit de mettre en œuvre l’enseignement de ces « saints séparés » au bénéfice de l’évolution morale de l’humanité. La fin en soi vise donc à construire sur Terre, cette Jérusalem céleste ébauchée par le Maçon depuis le grade d’Apprenti. La réparation constructive succède à la Vengeance destructive.

1-2-2 Une lecture causale et cosmogonique

Pour autant doit on limiter l’analyse de la devise à un rapport de causalité immédiate entre action et résultat incertain ?

Une devise n’est pas un théorème vérifiable à chaque expérience, c’est une approche du monde, une vision condensée et mythique de ce qui doit être ; il n’y a pas corrélation immédiate entre action et devenir, mais nécessairement décalage dans le temps entre prise de résolution , voire réalisation pratique et survenance de l’objectif…

Par ailleurs, elle présuppose sa propre universalité pour atteindre l’efficacité…une devise qui ne serait mise en œuvre que par une seule personne, n’est qu’une règle de conduite particulière, sans incidence réelle sur le devenir collectif.

Enfin elle participe obligatoirement de l’utopie en ce sens qu’elle révèle la vision cosmogonique de son auteur ; elle contient dés lors une part importante d’incertitude et d’acceptation d’un décalage entre souhait (fais) et réalité (advienne que pourra).

1-3 Les moyens d’action du Kadosh : ses armes ou/et sa vertu ?

Devant l’éternel dilemme de la qualité des moyens et des fins, où la pureté des intentions ne dispense pas de s’assurer de la valeur des outils, le Chevalier dispose à la fois des valeurs du missionnaire et des armes du soldat

Malgré l’épée et le poignard, qui correspondent à la mission historique du Kadosh, bras vengeur de son Ordre, il use aussi d’armes bien plus efficaces et subtiles pour s’opposer aux forts, intercéder pour les faibles ou réparer les maux sans attendre de récompense ou de gratitude.

Durandal, Joyeuse ou Excalibur, ne peuvent être utilisées que pour le service du Bien et se retourneraient contre leur possesseur dans le cas contraire, elles sont polarisées comme une boussole et ne peuvent s’opposer qu’au Mal.

Le rituel stipule qu’il n’est pas doté du poignard du sicaire, du couperet du bourreau ou du stylet du calomniateur. Son épée n’est pas celle du duelliste, mais le glaive de St Michel, la lame de St Georges, le Caducée de Mercure…

Le Kadosh met en jeu toutes ses facultés intellectuelles et morales :..

Car au delà des armes, la Vertu du Kadosh lui permet d’engager l’action en évitant les effets destructeurs de la force brute.. Si la Force est en lui, elle est d’abord morale et vertueuse.

Il dispose d’armes morales tout en étant doté d’armes traditionnelles mais les unes comme les autres sont pures parce qu’ activées par la seule vertu chevaleresque.

C’est un Galaad de la Table Ronde, obéissant à la Règle de la Chevalerie, mettant sans réserve, son devoir et son épée au service de son Roi, de sa Dame et des faibles. Un seul souci le guide : ne pas faillir.

Mais il n’est pas le robot au service d’une idéologie, il n’est en rien un fidèle obéissant aveuglément , pas plus un missionnaire intégriste qu’un mécréant protestataire : Il pense et il agit…

Il pense en homme d’action, mu par l’Amour de la Vérité et, ayant perçu les errements du Monde, il développe l’intuition, imagine la progression tant individuelle que collective de l’espèce humaine, fait appel à sa raison, sans oublier la nécessité de la beauté que l’art ajoute, confronte ses ambitions aux possibilités reconnues par les sciences et érige le résultat en modèle philosophique.

Puis, il agit en homme de réflexion, mu par le souci de la perfection, armé de la patience nécessaire quand il s’agit de l’Homme, fort de la persévérance que requiert toute action d’importance, plein de courage et respectueux de l’équité, il avance avec prudence en Homme sage investi de l’Amour de l’Humanité…

C’est un Sage en prise avec le réel, ni Bouddha , ni César, seulement une Conscience en action.

Pour autant l’exécution du devoir n’exonère en rien des conséquences de l’action :

2-ADVIENNE QUE POURRA

On remarque que le choix de « pourra » et non « sera ou devra » permet d’approcher sa signification, éliminer les lectures scientifiques ou religieuses de la devise pour se concentrer sur la vocation du CKS et la destinée humaine.

« Devra ou sera » impliquent davantage une relation de causalité à caractère inéluctable ; César dirait « Alea jacta est » , « Inch Allah ou Mektoub » soufflerait le musulman, « Ainsi soit il » approuverait le chrétien.

Le premier constate son impuissance relative face aux conséquences imprévisibles de ses choix, il en accepte les dégâts collatéraux, voire l’échec.

Le second dégage sa responsabilité dans une situation où il n’est que le messager ou l’instrument divin « c’est écrit » .

Le chrétien quant à lui, respecte toutes les conséquences d’un geste réputé dicté par Dieu.

Tous trois admettent qu’ils ne détiennent que peu de pouvoir sur le sort du monde, et qu’à tout le moins le résultat de l’action sur la matière humaine n’est en rien de leur ressort.

« Advienne que pourra » paraît donc introduire la relativité du résultat (et se rapprocher de César) sans véritablement désigner de responsable, (Inch Allah) tout en semblant en exonérer l’acteur (c’était écrit). Nous verrons ces trois possibilités au regard des mythes et de l’histoire.

Mais on peut auparavant se demander la raison de ce second membre de phrase, le premier se suffisant à lui même. « Fais ce que dois » sans complément balaye toute interrogation sur les conséquences de l’action. Fais ce que dois, point final, circulez y’a rien à voir !

Ne pas compléter la devise implique que l’obligation s’impose comme un ordre excluant tout état d’âme, que rien d’autre ne doit avoir d’importance pour l’exécutant et que les conséquences échappent à la responsabilité de l’auteur. Au contraire, la compléter n’est en rien superfétatoire et atténue le caractère irréfragable de l’ordre en prenant en compte la conscience de l’auteur, et lui conférant dés lors un droit à jugement sur l’obligation tout en l’incitant à dépasser ses réticences…

Voyons ces différentes acceptions :

2-1 Les facteurs historiques et mythiques

On admettra que la formule, issue d’un recueil de vêpres, puisse être d’origine religieuse.

Ainsi, la version religieuse en sanctifiant l’obéissance à la Règle, subordonne toute légitimité de l’action humaine à l’accomplissement d’actes au profit de la plus grande gloire de Dieu . Ce dernier est ordonnateur de toutes choses et tout est fait en son nom par des fidèles qui n’ont donc à se soucier des conséquences du respect de la Règle, les résultats et autres effets collatéraux étant tout autant légitimés que voulus par le Créateur: « Dieu le veut » le fidèle doit se conformer et obéir passivement…

Quant à la Chevalerie on se rappelle qu’elle établissait des liens de dépendance et d’obligations réciproques, très forts, entre suzerains (entre autres un Roi de droit divin) et vassaux (lesquels étaient les hommes lige des premiers). On ajoute la noblesse d’action au Devoir, la pureté des intentions à la justesse des actions.

Dans la version Chevaleresque,: le croisé doit agir et non plus simplement obéir et le champ clos où la bataille a lieu ne peut que voir la défaite de l’offenseur (à Dieu, au Roi ou à la Règle). Dés lors peu importait les conséquences, le sort de l’ennemi était là aussi voulu, décidé, programmé, et le Chevalier, forcément vainqueur en raison de son bon droit, se présentait sans peur et sans reproche au jugement de Dieu

Le Chevalier mettant en œuvre cette maxime se trouve néanmoins, in fine, dans la même position de dépendance et d’obligation: il est redevable devant Dieu et son Roi, lesquels avaient pouvoir de décider en ses lieu et place de ce qui était bon pour les fidèles ou le royaume. Dés lors le respect de la règle édictée par autrui, exonérait l’acteur des conséquences d’une action dont il n’était, la aussi, que le fidèle et preux exécutant…

La féodalité induisait une forme d’irresponsabilité du Chevalier qui agit sur ordre de Dieu, de son Roi, lesquels ne pouvaient se tromper, et les conséquences de son action, même dommageables pour tel ou tel, étaient réputées voulues par le donneur d’ordre qui seul, avait la bonne compréhension du Bien commun et de son devenir.

Le Chevalier n’a pas à porter jugement sur les conséquences de ses actions pour autant qu’il respecte la Règle, cette Règle qui pour son suzerain, (Dieu ou Roi) constitue un moyen d’atteindre ses objectifs et d’asseoir son autorité, mais qui pour le vassal, constitue une véritable fin en soi. Qu’importe donc la suite !

Cette conception semble conforme à la philosophie religieuse initiale de la maxime: faire son devoir par devoir car les voies du Seigneur sont impénétrables et il faut s’y soumettre quoiqu’il en coûte. .

2-2 L’influence de la filiation supposée : La version templière

On a toujours présent à l’esprit que les Templiers connurent un contentieux pour le moins important avec la tiare et la couronne.

Même si le Templier est un chevalier chrétien, et un donc un double vassal, de Dieu et du Roi, et que par conséquent la reprise de la devise participe au moins pour partie de la conception précédente, on pourrait soutenir que le traumatisme subi par l’Ordre lors de l’élimination des membres du Temple, ait pu conduire ses survivants, dans ce grade initialement de vengeance à tout subordonner à cet objectif : Venge l’Ordre avant toute chose… qu’importe le reste !

En d’autres termes, l’objectif serait en quelque sorte la vengeance et rien d’autre, quel qu’en soit le prix, laver l’offense à la hauteur de l’affront ..

N’oublions pas que ce grade fut condamné comme « fanatique et détestable, contraire aux principes de la FM » par le conseil des Chevaliers d’Orient et que le GODF lui même élimina ce degré des 7 grades de rite français et qu’il ne fit sa rentrée en France au REAA dans une version plus modérée que 25 ans plus tard

Cependant, la formule semble venir de la fin du 15è siècle, (la Véprie) soit deux siècles après la tragédie templière du début 14è et autant avant la naissance du grade de Kadosh au milieu du 18è. Elle est surtout reprise de façon quasi concomitante à la Révolution Française qui rééquilibre l’ordre social au profit du Tiers Etat et au détriment des 3 couronnés…

On pourrait donc considérer que dans la revendication d’une filiation templière, les fondateurs du grade aient détourné un concept ancien et probablement religieux en l’orientant vers un but plus conforme à la philosophie ambiante des Lumières : il existe un Devoir d’une essence plus élevée que le principe d’obéissance aux 3 couronnés…celui d’assumer sa Liberté et d’exiger Justice envers et contre tous…

2-3 La devise et la Franc Maçonnerie moderne

Cette Justice et cette Liberté, le Chevalier Kadosh, les revendiquent en résistant à tout asservissement de la pensée ou de l’esprit, refusant toute dictature, en Ami de la Vérité. Le but assigné « Fais ce que dois », libère le Monde des préjugés et fausses vérités, réveille les consciences…les moyens sont connus, ce sont « les armes pures » de la morale et de l’action, et les résultats directs sont attendus… sinon il n’aurait servi à rien de décider d’une action …purement gratuite.

Reste que la devise retient toujours l’antienne sur le peu d’importance supposée des conséquences de la consigne reçue et acceptée …Alors que signifie aujourd’hui cette formule ambiguë dont il n’est pas concevable qu’elle ait été reprise par inadvertance ?

Dans sa version moderne, se peut il encore que le Kadosh ne se soucie du résultat, se désintéresse des autres ou accepte sans broncher le sacrifice du soldat ? ce serait une conception bien étrange pour qui partage une vision idéalisée du Monde, considère ses Frères comme ses alter ego et accorde à la vie une valeur sacrée.. Voyons les contre sens possibles sachant que l’objectif reste de l’ordre de l’Utopie créatrice

2-3-1 Un premier contre sens : peu importe le résultat (Advienne que pourra …de l’issue)

A ceux qui soutiendrait que la toute puissance de Dieu a pour corollaire l’irresponsabilité du servant, qui ne maîtrisant aucunement les conséquences d’actes dictés par son Maître ne peut qu’être exclu du débat sur la responsabilité des conséquences de l’action, on rétorquerait que le Maçon se situe dans un problématique exclusivement humaine et n’a de responsabilité qu’à l’égard de lui même et de ses semblables

Loin de vouloir déconnecter l’obligation d’agir de l’évaluation des résultats, la formule oblige en fait à la réussite, car rien en sert d’entreprendre si ce n’est pour espérer atteindre le but assigné…. Le Chevalier Kadosh n’ayant pas vocation à faire des ronds dans l’eau, ce n’est pas de l’absence (ou non) des résultats dont il ne se soucie guère, mais des conséquences du succès dont il semble se désintéresser …

Car il ne faut pas oublier que la logique du grade est celle de l’action et que s’il y a forcement prise de risque, le plus grand danger réside dans l’inaction coupable. Le résultat programmé, attendu, voulu dans la première partie de l’aphorisme, ne peut être nié sans contradiction interne avec la seconde partie.

2-3-2 Une seconde méprise : le désintérêt des autres (Advienne que pourra… des autres)

Parce qu’il a lui même souffert de l’injustice des 3 couronnés, le FM en général et le Chevalier Kadosh en particulier, ne peut se désintéresser des conséquences de ses actes ou des dégâts collatéraux qu’ils impliquent. Une obligation morale maçonnique déconnectée des incidences de son exécution n’a aucun sens.:

Il faut chercher ailleurs le sens de la maxime…l’objectif visé étant, outre le perfectionnement des uns et des autres, la réparation des atteintes, la résistance à l’oppression, l’instauration d’une Cité Idéale.

2-3-3 Une troisième confusion : l’acceptation du sacrifice (Advienne que pourra… de moi)

L’axiome ne signifie aucunement l’acceptation par avance du sacrifice du Kadosh. Tel un impératif kantien, le Chevalier ne peut accepter le principe de sa disparition ou de celle de ses Frères en raison de l’échec de leurs actions : La norme première reste la préservation de l’existence afin de pouvoir rééditer le voyage, la recherche, la tentative, l’action. On rappelle qu’il fallut 3 voyages pour retrouver le corps d’Hiram et que le sacrifice est d’entrée, définitif.

Si la Chevalerie imposait le respect de la Règle au prix de sacrifice de soi , il faut, à mon sens, davantage comprendre ce précepte comme une métaphore destinée à souligner l’importance du principe soutenant l’action du Chevalier et la primauté du but désigné sur tout autre ambition.

2-3-4 L’approche utopique

On a vu que le principe d’une devise impliquait à la fois l’universalité de son principe d’action ainsi qu’un a priori : celui d’une vision cosmogonique supposée partagée par autrui…

On acceptera également de considérer qu’une devise ne vaut que dans le temps, la durée, sinon elle se réduit à une proposition temporaire sans accéder au niveau de la Règle. On dira « ne le tue pas » en vivant dans l’instant, mais « tu ne tueras point » pour signifier la permanence du commandement.

Une devise est donc la traduction d’un système de valeurs morales, applicable à soi, mais dont on souhaite, sinon la réalisation concrète (par définition inaccessible, ce serait dans le cas contraire, un simple projet matériel), dont on souhaite l’applicabilité au groupe, voire à l’humanité toute entière. Faute de relever de la matière inerte et de la pure logique, pour s’appliquer à l’humain, elle intègre évidemment sa part d’impondérable.

Son affirmation, vaut tant par son caractère d’évidence que par sa vocation à rejeter le découragement : « Advienne que pourra » : le résultat n’est pas garanti, mais ce n’est pas une raison pour se dispenser de faire si l’on veut approcher .. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ! »

Le résultat est d’autant moins garanti que la réalisation de l’utopie dépasse largement une unité de vie humaine ; c’est une succession interrompue et prolongée d’observance du Devoir qui permet d’approcher la Cité idéale, la Jérusalem Céleste . On se situe dans l’espace-temps de l’utopie et non pas dans un plan de carrière ou un objectif marchand…

3- SANS PEUR ET SANS REPROCHE… AVEC DES ARMES PURES

On voit donc la complémentarité nécessaire et l’absence de contradiction entre les deux parties de la devise, mais je pense de plus que la formule complète n’a de sens qu’à la lumière de ce qui la précède.

Le Kadosch se soucie donc en effet du résultat de la mise en œuvre de son devoir, des conséquences de son action pour autrui et sur lui même … mais pourtant continue d’affirmer « advienne que pourra »…comme s’il témoignait sa sérénité sur ce sujet

Comment peut il être serein ? car enfin la formule « advienne que pourra » n’est pas là par hasard, et si elle correspond à une époque maçonnique aujourd’hui dépassée (imprégnation religieuse ou crise templière) pourquoi la conserver alors qu’elle fait problème ? Mais on ne touche pas aux monuments comme notre Marseillaise et son «sang impur »

La Tradition est certes un puissant moteur mais qui doit, sauf se condamner à disparaître, évoluer en agrégeant l’éphémère à l’éternité, et pourtant lors des ré écritures des rituels Kadosh abandonnant la vengeance au profit de la réparation, la devise est restée immuable.

A moins que sa signification, historisée mais revisitée, puisse reprendre force et vigueur dans un cadre philosophique moderne où la morale maçonnique correspond à l’éthique humaniste d’une action trouvant ses racines dans le mythe. Le rituel évoquant Bayard ainsi que les armes morales suggère une réponse. On rappelle que les CKS ont une triple obligation, obligation individuelle de faire et de moyen et obligation collective de résultat.

Bayard le pur, ce Chevalier blanc, ne connaît ni la peur ni les reproches par qu’il sait distinguer le Bien du Mal et qu’il a choisi l’oriflamme du premier sur ses champs de bataille.

Mais il ne s’agit pas de la pureté de l’innocence, de celui qui ne sait pas, ou de l’irresponsable, mais de celle des saints, qui s’étant dépouillés des biens matériels ou des espoirs de prébendes ou bénéfices personnels, n’agissent que dans le souci altruiste du bien des autres.

C’est en toute connaissance des causes, des buts assignés et des effets induits que s’engage le Kadosch, il est pur parce que fondamentalement altruiste, parce qu’il n’est pas le bras armé d’autrui, il est seul et ne rend compte qu’à son honneur, sa clairvoyance, sa propre humanité et au delà aux destinataires de son engagement.

Investi, au sens de totalement acquis, à la force des 3 vertus pratiqués par le Rose Croix qu’il fut et qu’il demeure, ayant gravit les échelons, guidé par le culte de la Vérité des faits et des personnes, il est redescendu plein d’attention pour l’Humanité, pour mettre en œuvre son devoir, sans peur et sans reproche, …

Sans peur, car de la même manière que le jugement de Dieu donne toujours raison et victoire à celui dont l’âme et la cause sont pures, celui de sa Conscience le fortifie dans son jugement…Que pourrait il craindre dans ces conditions, assuré qu’il est du bon droit qu’il défend et de sa validation morale par la Règle …

Sans reproche, car Chevalier du Bien combattant le Mal, son action tend à ordonner le chaos. Il se trouve du côté de la Lumière et ne peut être confondu avec un quelconque Dark Vador, ce Chevalier incarnant le côté sombre de la Force ; il avance, assuré de l’invincibilité de ses principes, de la justesse de sa cause et du résultat de son engagement.

Entièrement investi de la notion du Bien commun, au service de la Vérité et de l’Humanité, il sait ne pouvoir être véritablement contesté dans ses buts ou ses actions. Il fait ce qu’il doit !

Parce que le Chevalier Kadosh n’est pas un Dieu, parce que l’erreur fait partie de sa nature humaine, sauf à ne rien entreprendre et à engager cette autre responsabilité, sa réflexion, son analyse, son jugement le confortent dans la nécessité d’action tout en affirmant en une sorte de conclusion pré opérationnelle, qu’il en a justement pesé les conséquences …

Il n’agit pas de façon immature, s’opposant sans raison ou pour des motifs déraisonnables; il ne s’engage pas de façon velléitaire ou superficielle, il n’est pas béatement optimiste ; il n’agit pas comme un despote qui impose sa vision du Monde, mais, faisant en sorte d’acquérir la « connaissance qui mène à la Sagesse, éclairée par la Science, sanctifiée par la Conscience »…il sait que de cette manière on atteint le nec plus ultra de la mission humaine.

Le pari de Pascal vient de la Foi religieuse et de l’espérance a priori heureuse, des conséquences de ce pari ; le Kadosh, lui, après un long parcours de maturation depuis l’initiation, a acquis certes la conviction qu’il doit s’investir dans l’action, mais perçoit également que sa responsabilité est engagée lors du plongeon dans le réel. Il est responsable de ses actions mais aussi comptable de son inaction et il dispose d’armes moralement validées par l’éthique humaniste du grade. Cœur buts et moyens sont purs et nobles.

Comment dés lors pourrait il se tromper si la science comme sa conscience le confortent dans son analyse et l’amènent à la sagesse dans l’action ?

Il fait donc ce qu’il doit, sans peur de se tromper ou de tromper les autres, et sans craindre de reproches, peut légitimement estimer que ce qui doit advenir, adviendra, PEU ou PROU, grâce à la mise en œuvre des armes pures que constituent la volonté bonne et l’intention parfaite, entre amour de la raison et celui de l’humanité. Essayer c’est réussir !

La devise Kadosh retient de sa filiation chevaleresque le « fais », traduction du Devoir en action, garde de son inspiration religieuse la nécessaire transcendance du « dois », ce Devoir, qui dépasse l’individu dans une vision ontologique de l’Humanité, conserve de sa source templière l’indépendance du chevalier qui décide lui même de ce qu’il doit , et agrège l’éthique maçonnique qui demande une intention pure au profit des Hommes, nos Frères. « Advienne que pourra » est en réalité la traduction d’un souhait ardent d’une cosmogenèse « en création » conforme PEU ou PROU aux espérances parce que juste dans sa finalité et son exécution . « Advienne que pourra » porte en fait sur le degré de réalisation et non la possibilité de l’échec.

Ce faisant, l’inspiration initiale de la formule, religieuse, au sens de transcendance et dépassement de soi, chevaleresque, qui théorise le principe d’action en pureté de sa finalité templière, dans sa connotation laïcisée et indépendante des 3 couronnes…rejoint la modernité de l’exigence maçonnique actuelle du Chevalier Kadosh qui doit savoir manier de concert la Rose, l’Epée et le Caducée…l’Amour, la Force et la Sagesse …pour entreprendre et réussir ! Ai je raison, ai je tort ? Seul j’ai décidé, collectivement vous me jugerez .

Source : http://esmp.free.fr/

Par Jean-Pierre DARRY - Publié dans : Planches
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 07:03

Le Commandeur

Vénérable Maître des Cérémonies, rendez-vous dans les parvis et amenez à la porte de l'Aréopage les Chevaliers du Soleil qui sollicitent l'admission au 30°.

Auparavant, vous aurez ouvert le V.L.S., qui doit demeurer ainsi au 29°.Le Maître des Cérémonies, après avoir ouvert le livre, amène les récipiendaires à la porte et frappe en Chevalier du Soleil. Il faut au moins deux récipiendaires.

Vaillant Capitaine des Gardes, voyez si ceux qui frappent ainsi sont bien ceux que nous attendons.

Le Capitaine des Gardes

(Après avoir vérifié)

Très Eminent Commandeur, c'est bien le Vénérable Maître des Cérémonies accompagnant les Chevaliers du Soleil qui sont admis à recevoir la consécration comme Chevaliers Kadosch.

Le Commandeur

Donnez leur l'entrée de l'Aréopage. Ils entrent sous la conduite du Maître des Cérémonies, qui les fait placer entre les deux Grands Juges.

Chevaliers du Soleil, je dois d'abord vous demander de promettre sur votre honneur d'homme et de maçon de ne révéler à aucun profane, ni même à aucun adepte d'un grade inférieur à celui-ci, quoi que ce soit que vous aurez vu ou entendu au cours de cette cérémonie, même si vous n'étiez pas reçu Chevalier Kadosch ou si vous jugiez à propos de vous retirer avant votre investiture.

Prenez-vous cet engagement solennel ? Les néophytes répondent.

Nous enregistrons votre parole, Chevaliers.

En accédant, il y a quelques instants, au 25° degré, vous avez atteint le plus haut stade d'évolution philosophique et initiatique que dispense l'Ordre Ecossais.

L'enseignement de ce grade a fait de vous des hommes susceptibles de coopérer effectivement à l'œuvre que poursuit notre Ordre.

Un degré vous reste encore à franchir, le 29°, intitulé Grand Ecossais de St André.

GRAND ECOSSAIS DE SAINT ANDRE

Ce grade, tout de transition, annonce l'achèvement du Cycle de l'Aréopage. La croix de saint André met en relation la Jérusalem céleste avec la Jérusalem terrestre qui figure sur le tableau de loge.

Le symbolisme se réfère à l'Apocalypse, comme celui du 19°. Mais il s'agit maintenant de revenir dans le monde pour livrer combat. (debout, le glaive dressé dans la main gauche et le maillet dans la main droite, tenu sur le cœur)

Je vous confère le grade de Grand Ecossais de Saint André avec le titre de Patriarche. (il se rassied )

L'excellent orateur

C'est à ce moment, mes FF. que nous avions coutume d'appeler à venger les templiers tourmentés par deux abominables, Philippe le Bel et Bertrand de Goth.

On leur attribuait de grandes connaissances ésotériques, et l'on prétendait qu'une série ininterrompue de grands maîtres reliait le Temple à notre Ordre.

Aucune de ces allégations n'a reçu le moindre commencement de preuve et il ne nous appartient pas de respecter comme une vérité ce qui n'est sans doute qu'une légende.

Le 2ème Grand Juge

Je comprends cette réserve. Mais ne risquons-nous pas de laisser échapper une leçon spirituelle par un excès de scrupules ?

Le 1er Grand Juge

Nous n'avons pas à résoudre les énigmes de l'histoire. Mais l'iniquité de la procédure est attestée.

Le Commandeur

Oui, mes FF. Le C.K.H. est l'ennemi acharné de toutes les injustices et doit poursuivre sans relâche la vengeance du droit. C'est pourquoi, de même qu'en Loge de Perfection vous avez déjà été appelés à une vengeance qui n'exige pas de sévices matériels ou corporels, mais demande le rétablissement des valeurs bafouées. Nous vous appelons à vous associer à nous pour professer encore une fois la haine du mal et l'amour. du bien.

Y consentez-vous ?

Impétrants

Nous y consentons.

Le Commandeur

Dans ce cas, mes FF., en vous guidant sur le Vénérable Maître des Cérémonies, tendez le poing droit et proclamez avec nous : Nekam Adonaï (les anciens C.K.H. se lèvent et s'unissent aux initiants. Puis tous se rasseyent à l'exception des impétrants et des deux poursuivants qui prennent place en silence ) Ces mots signifient : "Vengeance, Mon Dieu". Ils forment le mot de passe du Chevalier Kadosch.

Pause

Le Commandeur

Nous devons maintenant vous soumettre à une épreuve terrible,

Vous entraîner dans les ténèbres extérieures, Vous livrer au chaos qui régnait avant la Création, alors que tout était encore informe et vide. Là vous aurez à subir la tentation majeure. Nous vous assurons cependant, que rien de ce que vous verrez ou entendrez, correctement interprété, n'est contraire à une religion quelconque. Vous pouvez encore nous quitter; tout le monde alors ignorera votre démarche interrompue. Ensuite vous ne le pourrez plus. Persistez-vous ? Les impétrants répondent.

Le Commandeur

Nous allons vous retirer le guide qui vous a accompagnés depuis votre entrée en Maçonnerie. Il serait absurde que la Parole de Lumière figurât dans les ténèbres, que l'ordre créé pénétrât au cœur du tohu-bohu.

Excellent Orateur, fermez le Volume de la Loi Sacrée. (L'orateur s'exécute) (Le Maître des Cérémonies divise les récipiendaires en 2 groupes et conduit l'un de ces groupes d'un côté de l'échelle, l'autre de l'autre côté.)

LE POURSUIVANT NOIR

Pourquoi restez-vous hésitants devant cette nouvelle conquête à accomplir ? Quel respect préconçu vous retient ? La violence vous conférerait ce nouveau pouvoir. Si vous voulez savoir : osez. (Coup violent sur le gong)

LE POURSUIVANT BLANC

Prenez-garde, Chevaliers. La violence est l'arme des faibles. Devant une connaissance à acquérir, seule l'humilité est de mise. Ne piétinez rien car toute chose est sacrée. Ne foulez pas un sol inconnu. Placez-y doucement vos pieds. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Vous êtes une force qui méprise les fétiches. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Vous êtes une arme qui vénère les symboles. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Toute chose est matière et votre volonté vous en rend maître. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Toute chose est esprit et votre esprit l'incorpore avec piété. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

N'ayez crainte de détruire. Ne savez-vous pas que vous ne pouvez édifier que sur place nette ? (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Ne détruisez pas inconsidérément. La plupart des matériaux dont vous aurez besoin pour édifier, vous les trouverez dans les constructions anciennes. Il vous suffira de les disposer selon vos conceptions. Ne brisez rien. Déposez soigneusement. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Avancez et vous vaincrez le monde. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC Patience, le monde a été vaincu. (Coup léger)

L'ORATEUR

Vos premiers pas dans l'angle d'un carré long, vous les avez faits avec précaution, l'un après l'autre, de façon mesurée. La maîtrise, vous ne l'avez atteinte, qu'en fuyant les mauvais compagnons, et en pénétrant avec amour l'esprit du Maître. Vous n'avez évité l'ouragan destructif de la neuvième voûte qu'en raison de la patience avec laquelle vous avez attendu de connaître le mot sacré qui ouvre normalement la porte.

Pasteur rosicrucien, vous n'avez amené définitivement à vous que ceux sur qui votre charité s'est exercée. Vous voilà parvenus devant le dernier seuil à franchir. Une fois encore, vous éprouvez une limite. L'ultime initiation vous a placé sûr le plan de la dualité symbolisée partout en cet Aréopage, Votre esprit anxieux pressent néanmoins que tout ne s'arrête pas là. Hélas, Chevaliers, tout s'arrête là en ce monde. C'est sur ce plan, de toute nécessité, que vous devrez agir. Vous ne pouvez acquérir que la notion d'un plan supérieur qui est celui de l'absolu, où la dualité se résout en unité. Mais vous ne pouvez pas vivre sur ce plan supérieur. Il vous faut redescendre sur celui de l'humanité, et vous y affermir pour agir efficacement. Votre action ne pourra que s'inspirer de la notion d'unité et elle constituera alors, pour vous comme pour ceux sur qui elle s'exercera, une préparation à une ascension qui excède les limites de votre vie. Nous ne pouvons que vous indiquer les voies et les méthodes. Soyez attentifs à l'enseignement qui va vous être donné.

LE COMMANDEUR

L'expérience humaine se réalise sous les deux modes différents et, sous bien des aspects, incompatibles entre eux. Les voici représentés par les deux montants de cette échelle mystique. D'un côté, les disciplines de l'intelligence, sciences et techniques qui supposent et affirment le déterminisme. Vénérable Maître des Cérémonies, faites les parcourir symboliquement par deux de nos récipiendaires.(Le Maître des Cérémonies fait lire aux récipiendaires, échelon par échelon, les noms des sciences qui y sont inscrits : grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie)

Nous avons eu recours, pour symboliser la connaissance, à une forme qui peut sembler archaïque mais qui a l'avantage, une fois située historiquement, d'être soustraite aux discussions susceptibles de toucher une expression plus récente. Ce n'est qu'un aspect de l'Univers. De l'autre côté vous voyez représentées la moralité, c'est à dire les vertus et les valeurs. La moralité suppose la liberté. (Le Maître des Cérémonies fait lire aux récipiendaires de l'autre groupe, échelon après échelon : prudence, justice, sagesse, courage, foi, espérance, charité)

Telles sont les vertus qui ont animé votre cœur. Elles vous ont fait pénétrer l'Univers vivant en identifiant votre propre existence à celle des êtres qui le peuplent. Vous faites maintenant partie intégrante de cet univers dont vous êtes devenu l'un des éléments conscients. Prenez la main du Chevalier qui se tient à vos cotés et qui est parvenu à la même intégration que vous par l'autre chemin. A vous deux, désormais, vous représentez deux aspects du cosmos, intimement combinés. Ainsi réunis, indissolublement liés, vous allez réaliser le troisième aspect : l'action, Mais l'action, c'est en ce monde que vous l'accomplirez. Vous savez où elle doit conduire. Vous avez entrevu le but à atteindre. Nous n'avons plus d'autre enseignement à vous donner. Vénérables Maître des Cérémonies, amenez les récipiendaires au pied de l'autel. (Quand ils y sont, et s'adressant à eux) :

A genoux, Chevaliers, (Et, s'adressant à tous les Chevaliers dans les camps)

      Debout et à l'ordre, Chevaliers, glaive en main.(Le Commandeur glaive en main, vient au bord de l'autel et s'adressant aux récipiendaires):

Avant de procéder à votre consécration, je dois requérir de vous les serments qui définissent vos nouvelles obligations.

Excellent Orateur, veuillez formuler, l'un après l'autre, les serments par lesquels les nouveaux Kadosch vont s'engager. (Et s'adressant aux récipiendaires)

Après l'énoncé de chacun des serments, chacun de vous étendra la main droite sur le glaive que je lui présenterai, placera la main gauche sur le cœur et dira : "Je le jure"(Le porte-étendard incline l'étendard ail-dessus des récipiendaires)

L'ORATEUR

Premier serment

Je jure fidélité, jusqu'à la mort, aux lois et règlements de l'Ordre Ecossais.

Je jure obéissance à mes supérieurs dans 1"Ordre en tout ce qu'ils me commanderont de non contraire à l'honneur.

Deuxième serment

Je jure de faire mon devoir uniquement parce qu'il est mon devoir, sans souci de mes intérêts, de ma renommée ou de mon orgueil. Je jure de consacrer mon intelligence, mes discours, mes actions, mes forces et ma vie à l'accomplissement des buts qui sont ceux de l'ordre; de travailler à la réalisation de l'unité de l'espèce humaine par le moyen de son élévation spirituelle ; au succès de ce qui rapproche les hommes et à l'échec de ce qui les divise; au triomphe du bien sur le mal, de l'ordre sur l'anarchie, de la raison sur les préjugés et les croyances aveugles, de la sagesse sur les passions, de la liberté de conscience, de parole et d'écrits sur toutes les oppressions quelles qu'elles soient.

Troisième serment

Je jure de ne jamais causer de tort à aucun Chevalier Kadosch, de ne médire d'aucun ni d'en calomnier aucun; de me porter, au contraire, au secours moral et matériel de celui que je verrais en péril ou en détresse ou qui ferait appel à moi. Je jure de coordonner mon action avec celle des autres Chevaliers Kadosch et de leur prêter assistance dans leurs entreprises en faveur de l'Ordre et de ses buts.

(Quand les trois serments ont été prêtés individuellement par les récipiendaires : )

LE COMMANDEUR

Acte est pris de vos serments. (Il étend son glaive au-dessus des têtes des récipiendaires : )

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France du Rite Ecossais Ancien et Accepté, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous sacre Grand Elu Chevalier Kadosch ; je vous investis des devoirs, charges et dignités afférentes à cette qualité et vous confère la faculté de jouir de tous les droits et prérogatives attachés à ce grade. (Il frappe successivement de la lame de son glaive l'épaule droite puis l'épaule gauche de chaque nouveau Chevalier) Chevaliers, relevez-vous et recevez de moi, au nom de tous les Chevaliers Kadosch, l'accolade fraternelle. (Le porte-étendard remet l'étendard à sa place et le Maître des Cérémonies décore les nouveaux Chevaliers des attributs de leur grade. Il remet à chacun d'eux un glaive. (Le Commandeur reprend sa place à son trône puis, s'adressant aux nouveaux Chevaliers :)

Chevaliers, vous êtes armés maintenant pour votre combat. Votre arme n'est point le poignard du sicaire, ni le couperet du bourreau, ni le stylet du calomniateur, car les moyens de votre action se situent sur un plan supérieur. Votre arme est le glaive flamboyant de Saint-Michel, la lance inflexible de Saint-Georges, le Caducée de Mercure. Ce que vous toucherez de sa pointe doit se trouver par la-même ennobli et se ranger à vos côtés au service de la cause pour laquelle vous combattez.

Allez dans le monde, seul, univers complet, responsable devant votre conscience faite de connaissance et d'amour. Nous n'avons pas de mot d'ordre à vous donner. Tant que vous agirez en conformité avec nos principes, vous ne pouvez pas vous tromper. Ce n'est pas tant de notre Ordre que, sur votre vie, vous devenez le défenseur, mais de ce que notre Ordre représente et de ce qu'il sert. A travers lui, et par l'investiture qu'en son nom je viens de vous conférer, vous êtes désormais le soldat de l'universel et de l'éternel. Vous réfléchirez avant d'agir, de parler ou d'écrire afin de vous assurer, en ayant toujours présent à l'esprit l'enseignement de notre sublime doctrine, que vous agissez, parler ou écrivez dans le sens qui vous a été ainsi prescrit.

Vous animerez les énergies autour de vous, aussi bien dans le monde profane que dans les ateliers des degrés inférieurs à celui-ci. Nous vous commandons d'y stimuler les ardeurs, de les rassembler, de les coordonner et de les faire converger vers le but assigné.

Pause

Vénérable Maître des Cérémonies, veuillez reconduire les nouveaux Chevaliers entre les deux camps. (Quand ils y sont) :

Il me reste maintenant, à vous faire connaître et à vous expliquer les mots, signes, attouchements, du grade qui vient de vous être conféré. (Au fur et à mesure des explications dit Commandeur, le Maître des cérémonies fait aux nouveaux Chevaliers les démonstrations nécessaires et s'assure, pratiquement que l'enseignement a été retenu. )

Le grade de Kadosch ne comporte pas de tablier. A quoi pourrait servir un tablier, puisque vous avez maintenant achevé le travail qui doit s'accomplir à l'intérieur du Temple.

Le cordon que vous portez de gauche à droite, indique que votre raison et votre cœur vont désormais commander votre main ; il soutient comme bijou un poignard, symbole d'action et de combat. La couleur noire de ce cordon vous rappellera que l'homme qui se régénère, c'est à dire qui se spiritualise, dépouille, pour ainsi dire, l'homme de chair et franchit les portes de la mort pour entrer dans le cycle de la vie éternelle.

Vous vous mettez à l'ordre en tenant le glaive de la main gauche, la main droite sur le cœur, les doigts écartés.

Vous ferez le signe en laissant retomber la main droite sur la cuisse droite et en fléchissant le genou droit.

Dans l'ordre du tuilage, le signe est la demande muette du mot de passe.

Le premier mot de passe est NEKAM ADONAI

Puis le tuileur vous dira : BEGOHAL - KOL : Je proclame le principe.

Vous répondrez : BARAH ETH . KOL : Tout procède de Lui.

Le mot de passe est la demande de l'attouchement ni qui se fait de la façon suivante :

La pointe du pied droit contre la pointe du pied droit du Tuileur, genou contre genou, vous lui présenterez le poing droit fermé, le pouce seul levé. Le tuileur vous saisira rapidement le pouce de la main droite et vous reculerez tous les deux d'un pas. 

Vous direz : HABORACH (je loue).

Le tuileur répondra : ETH - ADONAI (l'Eternel ).

Vous donnerez ensuite le mot sacré : MI KAMOHA - BA ELIM ADONAI 

Qui d'entre les Forts, est semblable à toi, Adonaï ? 

Puis vous direz votre âge symbolique : "un siècle ou plus" ou " je ne compte plus", car le 30° degré ne comportant plus aucun enseignement didactique, aucun nombre ne peut symboliser le point d'évolution où est parvenu l'Initié à ce grade, puisque cette évolution est désormais complète.

Après avoir satisfait de cette façon au Tuilage, vous frapperez à la porte du Temple par sept coups ainsi cadencés :

l l     l l     l l     l 

Puis vous entrerez par trois pas ordinaires précipités, en plaçant, croisées sur votre tête, les mains entrelacées, les paumes en dedans. Après les trois pas, vous vous arrêterez, vous vous mettrez à l'ordre, vous saluerez le Très Eminent Commandeur par le signe et vous porterez horizontalement le bras droit en avant, le -poing vertical, le pouce levé, comme si vous présentiez une épée en la tenant par la lame, la garde en haut. Vous prendrez place ensuite dans l'un ou l'autre camp.

Cette instruction pratique est maintenant terminée.

Vénérable Maître des Cérémonies, conduisez les nouveaux élus aux deux Eminents Grands Juges pour qu'ils leur donnent les mots, signes et attouchements qui viennent d'être indiqués. (Quand cette formalité est accomplie )

Le 1er Grand Juge

Très Eminent Commandeur, les mots, signes et attouchements sont justes et parfaits.

Le Commandeur

 Debout et à l'ordre. Chevaliers, glaive en main.

Eminents 1er et 2ème Grands Juges, je proclame les Chevaliers que vous voyez présents entre vos deux camps, Grands Elus Chevaliers Kadosch. Veuillez inviter les Chevaliers présents dans vos camps à les reconnaître en cette qualité.

Le 1er Grand Juge

Chevaliers du Camp du Midi, je vous invite à reconnaître désormais pour Grands Elus Chevaliers Kadosch, les Chevaliers présents entre les deux camps.

Le 2ème Grand Juge

Chevaliers du Camp Nord, je vous invite à reconnaître désormais Grands Elus Chevaliers Kadosch, les Chevaliers présents entre les deux camps.

Le Commandeur

Chevaliers de l'un ou l'autre camp, je vous invite à vous joindre à moi pour célébrer par une chaleureuse batterie nos heureuses acquisitions.

A moi par le signe et la batterie. Prenez place, Chevaliers.

Je donne la parole à l'excellent Orateur.

(Après le discours de l'Orateur les travaux sont clos en la forme rituelle)

Par Rituel REAA - Publié dans : hauts grades
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 06:58

« On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille aux premiers mots ».

C’est avec cette citation de René CHAR que j’ai pris la plume pour tourner ce balustre et tenter de définir ma conception du CKS.˙. dans ce siècle que nous ne verrons pas finir.

Notre chance, ma chance, fut de voir s’achever un siècle et participer au commencement d’une nouvelle épopée en citoyen F.˙.M.˙.

Suis-je devenu meilleur depuis que je porte ce titre de « Chevalier de l’Aigle Blanc et noir, Grand Elu et parfait Initié » ?
Le rituel m’aide dans la réponse à apporter à cette question qui, depuis le début de mon parcours maçonnique, m’interpelle et souvent m’irrite. Ne pas se la poser est signe de faiblesse, répondre avec sincérité est difficile, puis je me faire juge de mes actes et quelle valeur donner à ce miroir déformant ?

Si le « Connais toi toi-même » raisonne dans ma tête, je n’ose dire que je connais l’ univers, et encore moins les dieux.

Mais c’est avec le symbole du Noir et du Blanc que je tente de répondre puisque j’accepte de ne pas être totalement blanc, car le noir de mes imperfections me recouvre souvent. Pourtant je m’efforce d’être ce Champion du Bien, conciliant les deux couleurs, non pour devenir gris, mais pour maintenir ce cap commencé il y a 34 ans quand, devenu avocat dans le monde profane, je me suis identifié à ces champions du moyen âge qui portaient les couleurs de leur camp pour faire triompher leur seigneur, comme l’avocat porte la cause de son client dans l’arène judiciaire.

J’ignorais en 1971 qu’un jour, je retrouverais cette allégorie et participerais activement à poursuivre ce chemin sans faiblesse, et même avec une certaine exaltation.

Il est écrit que le grade de CKS.˙. est l’aboutissement, le « NEC PLUS ULTRA » du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Nous avons tutoyé, avec le haut de l’échelle mystérieuse, la « Philosophie », gage de la liberté de notre esprit, pour puiser aux sources de la Raison et ainsi mesurer nos limites puisque nous sommes redescendus, armés des 7 vertus indispensables, pour exercer l’Action, une fois acquises « Connaissance et Sagesse ».

Mais quelle action pour le CKS.˙. en ce début de siècle ?

Comment bien comprendre le message porté par ce grade et comment assimiler notre devise «Fais ce que dois, Advienne que pourra » ?

Comment agir au-delà des incantations si puissantes soient elles ?

Pour essayer de répondre et être ainsi apte au travail utile et profitable , je me suis plongé d’abord dans l’histoire, remontant dans le temps, parcourant à l’envers le chemin de nos aînés, non pour réécrire l’histoire de notre rite, cela a été fait de façon remarquable par l’Aréopage SOURCES, mais pour y retrouver les racines premières qui éclairent la symbolique écossaise.

1.Entre Tradition hébraïque et tradition maçonnique, la force des symboles.

Je me suis interrogé dans un premier temps sur l’ampleur des emprunts à l’hébreu et à la Kabbale dans l’écriture des rituels des hauts grades et même de ceux de nos loges bleues.

J’ai trouvé une première réponse dans un ouvrage de l’un de nos FF.˙., Pierre Marie SAVAIGNAC, « Kabbale et Maçonnerie ».

Celui ci nous renvoie à un livre de Jean REYOR : « Sur la route des Maîtres Maçons »

« Nous avons vu que la Bible est le livre sacré des Maçons ; la conservation des mots hébreux dans le rituel de tous les grades, depuis celui d’apprenti jusqu’au plus élevé des hauts grades, indique suffisamment que l’hébreu est la langue sacrée des Maçons et que, par suite, c’est surtout le texte hébreu de l’Ancien Testament qui doit faire l’objet de leur étude. »

Le décor est là.. Incontournable mais nécessaire, car, justement, il crée le lien entre tradition et modernité, et permet de renforcer l’ aspect immémorial de la Franc-maçonnerie.

Il suffit de se reporter aux mots sacrés et aux mots de passe pour constater que l’ hébreu est la langue de la maçonnerie.

L’ hébreu est la référence, mais ce n’est que l’une des composantes.

Pour comprendre la Franc-maçonnerie, la référence à la Kabbale s’impose car de là s’explique le rôle et l’influence des nombres mystérieux tirés des mots et expressions utilisées. Les corrélations entre un thème donné et une certaine valeur numérique donnent du sens à l’emploi des mots. Les réciter sans en comprendre le sens, me paraît s’inscrire dans une démarche idolâtre, ce que nous condamnons pourtant.

Quelles significations donner à ces nombres qui rythment notre parcours initiatique, sans se référer à leurs origines, bibliques pour la plupart d’entre eux ?

Comment les F.˙.M.˙. acceptent t’ils de les prononcer en voulant gommer leur référence originelle….. ?

Pierre Marie SAVAIGNAC traite de la guémâtrie sinaïtique pour interpréter la Torah et le Cantique des Cantiques et, plus particulièrement, tenter d’élucider un des mystères les plus cachés de la Franc-maçonnerie écossaise, à savoir l’origine des divers âges maçonniques auxquels nous parvenons en tant que maçon tout au long de notre progression dans les hauts grades du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Pour lui, le R.˙.E.˙.A.˙.A.˙. peut être relié à la Mystique Cosmologique juive et à la Divine Comédie. IL suffit de constater la ressemblance entre l’échelle de Jacob et l’échelle que nous, les CKS.˙., devons franchir lors de notre initiation à la rencontre de la terre et du Ciel.

La Kabbale (qu’il écrit sans K et avec un seul b), est la doctrine de la tradition hébraïque qui a pour objet de dégager le sens secret des écritures afin de permettre à l’homme d’acquérir une compréhension totale de la manifestation et par là de faire émerger la divinité qui est en lui.

« Connaissance totale du monde : de l’homme aussi bien que de la nature, en vue d’agir favorablement sur eux.. »

Cette injonction s’identifie à celle que la tradition maçonnique développe et j’ai été interpellé par la correspondance entre l’arbre séfirotique de la Kabbale et « l’arbre » des différents degrés de perfection, chevaleresques, philosophiques et administratifs…Enfer et Terre, Purgatoire et Paradis…..

L’étude de ces correspondances nécessiterait des heures d’explication mais ce qui m’a frappé, c’est cette correspondance avec les âges maçonniques, nos âges, ceux que l’on apprend….3, 5 7 ans et, plus encore, les âges des « hauts grades ».

Je ne vais volontairement citer que deux grades, le premier 25° degré du REAA, « Chevalier du Serpent d’Airain » qui nous fut conféré lors de notre cérémonie de consécration au 30° CKS.˙.

Il faut suivre l’auteur lorsqu’il note l’égalité guématrique entre Naha sh, le serpent, et Machiah, le messie, l’âge du grade, 89 ans, et sa valeur guématrique de 89 !!!

Enfin notre grade de CKS.˙. notre age « 100 ans au moins » , nous savons que la signification de ce mot est saint sacré, séparé…

Nous sommes arrivés près de l’extrême limite de la manifestation, presque au niveau de l’ « éther primordial », Avir Qadmon, qui égale 100. Le CKS.˙. a pu apprécier la « mesure de la hauteur » (shih’our qomah) et utiliser la clé d’ivoire (mafteah mi shénav). Là encore, la correspondance est 100…..

Ces correspondances sont étranges, dérangeantes pour le CKS.˙. que je suis aujourd’hui, membre du GODF, athée au-delà des limites possibles.

Alors comment justifier l’utilisation de ces rituels, de ces nombres, de ces symboles rarement expliqués et ânonnés à chacune de nos tenues ?

Comment expliquer que l’âge du Prince de Jérusalem (16°) soit de 92 ans, si l’on ne découvre pas que cette valeur résulte en fait de l’addition du mot de passe « Tiveth », dixième mois de l’année qui correspond à la rentrée des Anciens à Jérusalem et du mot sacré « Adar » qui désigne le douzième mois de l’année , correspondant à l’action de grâce : l’addition des deux expressions 50 et 42 donne 92….. ?

Je vous l’avoue, j’ai été subjugué par cet ouvrage particulièrement dense qui m’a permis d’approcher les « mystères » (je dis bien les mystères) qui nous sont communiqués si vite que sans travail personnel, nous pouvons très vite nous égarer et perdre le sens de ce chemin initiatique tracé par nos aînés.

Est-ce un détour du balustre pour déboucher sur le rôle du CKS.˙. aujourd’hui dans ce siècle. Je ne le pense pas……Car avant de se lancer dans l’Action, le CKS.˙. doit savoir d’où il vient pour éviter de s’égarer, simple porteur d’un décor supplémentaire…..

Ce fut un travail de lecture passionnante pour commencer à écrire à partir de cette incantation de l’un des anciens rituels…

2. « Soldat de l’univers et de l’éternel » ….. Quel rôle, quelle mission, utopie absolue ou début d’un nouveau parcours ?

Parfait initié, je ne sais, je m’efforce avec vous de mériter ce titre et j’ai donc lu beaucoup, au-delà de cet ouvrage surprenant mais au combien éclairant….Les mystères demeurent mais je crois que j’approche.

Cependant comme le souligne Pierre Marie SAVAIGNAC, le rite écossais est semblable à un fleuve alimenté par nombres d’affluents importants.

Je me suis attardé sur la tradition hébraïque et kabbalistique, mais s’ajoutent la tradition pythagoricienne, le christianisme johannite, la gnose, l’hermétisme et surtout, à notre grade, la chevalerie templière.

L’intérêt de cette étude préalable est de mieux appréhender notre tradition maçonnique, de la comprendre et de tenter de l’assimiler pour en définitive s’en dégager et poursuivre son parcours sans remords et surtout sans honte.

Car n’en déplaise, il suffit de se reporter loin dans l’histoire de l’humanité pour constater qu’ont existé des hommes qui portaient des valeurs universelles bien avant les religions du LIVRE et que notre héritage est antérieur à la tradition judéo chrétienne…même s’ il fut difficile aux maçons du XVIII° siècle de s’en défaire…

La « légende » a commencé avec un premier livre :

« La DIDACHE » petit livre qui fut écrit en langue grecque, sans doute en SYRIE, vers la fin du premier siècle ou au début du deuxième siècle de notre ère, ( entre 70 et 150), découvert par le patriarche de Nicomédie vers 1873 dans la bibliothèque du Saint Sépulcre…..

Ce document a été de bonne heure l’objet d’une grande vénération et pendant longtemps la DIDACHE était lue avec les épîtres, lors des cultes de la primitive Eglise.

En grec DIDACHE ou DIDAKHE, signifie enseignement ou doctrine. Elle est composée de seize « chapitres » qui furent repris dans les livres qui composent le Nouveau Testament dont elle est contemporaine.

Premier document extra canonique du christianisme primitif, tous les enseignements sont déjà écrits !!!!

Je ne retiens que l’un des « commandements » :

….. « Réunissez vous fréquemment, cherchant ce qui convient à vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira à rien si au dernier moment vous n’êtes pas devenus parfaits ».

Sans vouloir faire de comparaison avec les phrases de notre rituel, il est signifiant de remarquer que le CKS.˙. suit cet enseignement, l’âme étant traduite du mot psyché : la vie, l’âme, le cœur , le centre sentimental.

Une adaptation libre, peu éloignée de la phrase prononcée par le T.˙.P.˙.G.˙.M.˙. lorsque le Chev.˙.Gr.˙.Serv.˙. d’Armes montre l’étendard au nouveau CKS.˙. :

« Si vous sentiez votre foi faiblir, si votre dignité risquait de s’abaisser, ressaisissez vous en vous souvenant qu’en un jour solennel, celui-ci, vous avez promis de lutter avec l’arme de lumière et de justice, que vous brandirez contre les forces de la nuit qui ne pourront rien contre elle »

Après ce détour à la recherche du temps passé, nous voilà désormais dans l’action .

3. LE CKS dans l’action en ce XXI° siècle : sa mission, utopie ou début d’une ébauche d’un état de citoyen engagé et responsable ?

Comment concilier la mission du grade illustrée par la devise « Fais ce que dois » au quotidien.

Peut-on adopter l’enseignement traditionnel récité le plus souvent lors des tenues d’initiation comme nous venons le souligner ?

Que reste-il de l’éthique chevaleresque (le bien dans le désintéressement, le beau dans le détachement, la noblesse de pensée dans la noblesse du cœur) ?

Le rappel du combat du chevalier dans l’enceinte sacrée pour faire triompher le bien sur le mal, n’est pas la seule piste de réflexion.

Certes il convient de privilégier l’action d’extériorité (action opérative) au cœur de la Cité, mais là nous pouvons mesurer la difficulté à maintenir les anciennes devises de la tradition maçonnique. D’autant que, si certaines activités profanes permettent de s’en approcher, d’autres peuvent s’en éloigner sans pour autant démériter a priori.

Devant cette difficulté, il est possible de décliner l’action intérieure du CKS.˙., qui poursuit sa quête personnelle par la réflexion, l’écriture, la parole portée au sein du temple pour aboutir à une réflexion collective développée au sein de notre communauté maçonnique, plus particulièrement à ce grade qui est conçu comme un aboutissement renforcé par notre devise « Nec plus ultra ».

Parfait initié, le CKS.˙., homme libre par excellence, se doit d’être exemplaire.

C’est là que la transmission des symboles hérités de nos aînés prend son sens.

Guides de l’action du CKS.˙. dans le monde d’aujourd’hui, vecteurs d’idées forces illustrées par les trois symboles du grade : l’échelle mystérieuse, les trois couronnes, le thème templier sont au cœur de la réflexion du CKS.˙.

Sans développer chacun de ces symboles qui à eux seuls méritent un balustre, il m’est apparu nécessaire d’y revenir en quelques lignes car ils sont la « Référence ».

Nous savons que l’échelle mystérieuse est au cœur de notre cérémonie initiatique.

La déclinaison des vertus, le franchissement virtuel des échelons, vécu dans l’émotion est un élément essentiel à la compréhension du grade.

La montée et la descente symboliques que nous effectuons lors de notre initiation a pour but de nous rappeler qu’il faut conjuguer toujours sentiment et raison, science et conscience.

Ce message est fort car il permet d’éviter l’écueil de la passion et de la haine qui conduit à la désunion, source des conflits qui agitent le monde profane où la force et l’intérêt sont devenus les piliers de cette mondialisation génératrice d’un déséquilibre croissant de toute l’humanité.

La tradition templière prend ici tout son sens ; le Chevalier du Soleil, grand Ecossais de saint André d’Ecosse entend le Grand Maître décliner la devise du CKS.˙. : « Fais ce que dois Advienne que pourra ».

Sans attendre de récompense ou de gratitude de la communauté profane, « armé » de la seule morale qu’ il s’est forgé tout au long de son parcours maçonnique, il va s’engager dans le combat le plus difficile qui l’attend désormais.

Ce thème templier, nos armes virtuelles, l’épée et sa sœur la dague ou « main gauche » sont un rappel des combats menés à l’époque de la chevalerie pour faire triompher les causes justes.

J’ai déjà souligné que ces combats en champ clos m’étaient familiers comme les « juges » du Camp. Entre l’arène judiciaire et celle recréée dans notre Aréopage, le but poursuivi est le même. Je reste ce combattant de l’idéal face aux forces obscures qui mènent la lutte contre l’équité et la justice sociale.

La démesure sécuritaire que nous vivons aujourd’hui illustre le troisième symbole, celui des trois couronnes. Lorsque nous les découvrons à l’ouverture du coffret, nous vivons un moment essentiel de la philosophie du grade.

Pour ma part, il est en définitive, le plus signifiant, toujours d’actualité, avec le décalage entre la volonté du peuple et la surdité de nos politiques pour qui démagogie et langue de bois constituent la seule réponse via des médias dépendants, un pouvoir religieux renforcé, dictant la politique des moeurs dans toute l’Europe, et un pouvoir militaire aux ordres, toujours prêt à soutenir les dérives génocidaires à l’appel du marché soucieux, non des hommes, mais de la protection des richesses naturelles à son seul profit.

Le monde dans lequel nous vivons met en évidence l’association criante des effets dévastateurs de l’alliance perpétuelle de la religion et des armées qui tiennent la main du politique pour tirer l’humanité vers les bas fonds où le XX° siècle s’est vautré avec une complaisance maléfique.

4. Comment dés lors pour le CKS.˙. restaurer la liberté et la justice en ce début du XXI° siècle ?

C’est à la source de ces symboles que le CKS.˙. doit forger sa conviction pour agir en poursuivant dans la Cité l’action contre l’injustice sociale et contribuer ainsi à respecter la promesse faite lors de son initiation.

Si la dictature s’est effacée, l’asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit est bien présent au quotidien.

Or, nous avons promis de résister, obligation majeure que nous avons souscrite. Cet engagement est à mon sens primordial, car de son respect se déduisent les autres promesses que nous avons faites.

Et cette action hors du temple doit être accomplie avec constance car elle est le lien fondamental qui nous conduit tous vers cet « Empire sans frontières » que nous pourrions illustrer par cette Europe sociale que nous attendons de voir se réaliser pour éclairer enfin l’humanité sur toute notre planète.

C’est là que notre esprit critique constitue la meilleure des armes, mais non la pratique du refus systématique, mais bien au contraire une gouvernance de comportement rassemblant toutes les valeurs portées par la F.˙.M.˙. pour vivre en harmonie dans le respect des droits et devoirs de chacun.

Désormais la mission du CKS.˙. est tracée : « Fais ce que dois advienne que pourras ».

Fais ce que dois dans le respect des autres mais avec justement cet esprit critique de l’homme libre, agnostique, pour éviter d’être rattrapé par la pensée unique, le politiquement correct, paravents de l’oppression religieuse et économique qui connaît à nouveau un essor considérable au prétexte de lutter contre le bonheur terrestre.

Non, ce n’est pas archaïque que de vouloir le bonheur ici et maintenant. Ce n’est pas succomber à l’ultra modernité.

Assez de sacrifices pour un prétendu « paradis » dans l’au-delà, ou d’un nouveau salut terrestre version LCR.

Edgar MORIN a souligné cette « Évangile de la perdition ».

Nous avons désormais à choisir une autre voie.

Hier avec l’avènement des Lumières, nos aînés ont accepté leurs statuts de mortels, et le pouvoir de l’Eglise a reculé.

Une religion d’un troisième type s’est créée, une religion de « salut terrestre », comme l’analyse Edgar MORIN, qui ne sait pas qu’elle est une religion et qui s’est pleinement épanouie à partir du message marxiste socialiste promettant le bonheur et l’égalité sur terre.

Cette religion s’est fondée sur une promesse absolue, MARX l’a dotée d’un Messie, le prolétariat industriel et d’une Apocalypse, la révolution.

Nous savons ce qu’il est advenu de cette religion du salut terrestre….Les religions anciennes en profitent et reviennent en force car, si le communisme n’a pas permis de tenir sa promesse de paradis terrestre, la promesse du paradis au Ciel est invérifiable….

Comme Edgar MORIN le précise, et c’est aussi le sens du combat du CKS.˙., la difficulté est celle du sens à donner à sa vie. Il nous faut accepter le fait que nous n’avons pas besoin de salut pour nous forger un sens proprement humain, à partir des idées de fraternité ou de solidarité.

C’est là notre devoir, certes avant tout personnel, mais la démarche isolée ne pourrait que rester vaine si justement elle n’était pas à un moment rassemblée.

C’est le temps fort de l’Aréopage, où nous nous ressourçons pour quelques heures dans cette réflexion collective avant de nous retrouver seul à tenter d’agir, guidé par ces valeurs intemporelles qui tracent les causes justes et qui, parce qu’elles on été bafouées depuis toujours , ont abouti aux martyrs templiers, à l’Inquisition, la Shoah, à la Kolyma, et aujourd’hui à la guerre en Irak et en Palestine, au génocide du RWUNDA, au travail forcé des enfants dans le tiers monde, à l’asservissement des femmes dans les pays musulmans, au déséquilibre Nord Sud……

Le chantier est immense, mais il nous faut l’accomplir chacun à sa mesure mais avec une volonté permanente.

Tel est notre engagement, entre morale de conviction et morale de responsabilité,c’est à ce croisement que le CKS.˙. doit trouver le juste équilibre pour rester ce « soldat de l’éternel et de l’universel ».

Source : http://emsomipy.free.fr

Par Gérard SABATER - Publié dans : Planches
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:34

INSTRUCTION RITUELIQUE

Le CHEVALIER D'ELOQUENCE pourra souligner utilement le haut ésotérisme gnostique du Grade, en insérant dans son discours de réception un commentaire sur le symbolisme de la Tiare et de la Couronne, et ce que ces Objets matérialisent, même pour un Maçon chrétien. Il pourra ainsi rappeler que : La Tiare a été introduite fort tardivement dans les ornements pontificaux, sous sa forme de Triple Couronne d'or, exprimant la prétention pontificale à régner sur le Ciel, la Terre et les Enfers. L'empereur Constantin avait décidé que le pape Sylvestre, et tous ses successeurs, porteraient sur la tête, à la louange de Dieu et en l'honneur du bienheureux Pierre, un diadème en or pur, orné de pierres précieuses.

Mais le pape Sylvestre ayant refusé de porter cette tiare, l'empereur posa lui-même sur sa tête un bonnet phrygien blanc, signifiant alors le passage de l'état d'esclave à celui d'homme libre, et par extension, grâce à la Résurrection du Christ, la libération de l'Homme hors des liens démoniaques. Le pape Sylvestre accepta alors ce symbole, plus chrétien et plus riche de modestie que la couronne d'or. Par la suite, ce fut au dixième siècle que la couronne remplaça le bonnet phrygien, au fur et à mesure que le pontife romain accroissait son autorité temporelle et devenait un souverain politique comme tant d'autres. La transformation de cette couronne d'or en tiare a donné lieu, dans les travaux des historiens d'Eglise, à des explications contradictoires. L'opinion la plus commune et la plus vraisemblable est que la couronne simple en or, (qui avait succédé au Bonnet Phrygien), fit place à la triple couronne, c'est à dire à la Tiare, au début du quatorzième siècle, au temps de Boniface VIII. D'après d’autres sources plus précises encore, ce serait le pape Clément V, (ex-Bernard de Goth), fait pape par Philippe IV le Bel, et couronné à Lyon en I305, qui aurait fait ajouter la troisième couronne, conférant ainsi à la tiare la forme qu'elle possède actuellement.

On observera que les Papes Jean XXIII et Paul VI se sont refusés au port de cet emblème, image de l'orgueil de leurs devanciers, et que le second l'a définitivement abandonné.

Lors de l'apparition des chiffres arabes, et surtout du zéro, clé des calculs mathématiques, l'Eglise romaine excommunia quiconque les emploierait. Seuls, les « Chiffres romains » devaient être utilisés. Ce qui excluait ainsi tous travaux mathématiques.

Par ailleurs, on sait qu'il n'y a que sept lettres qui ont rang de « chiffres romains » :

I, valant 1;

V, valant 5;

X, valant 10;

L, valant 50;

C, valant 100;

D, valant 500;

M, valant 1000.

Les papes s’affirment :

VI C A R I V S   F I L I I    DEI

6 100               49 2      500 1

Soit par réduction 6 et 5 puis 6 et encore 6, la clé 5 est fournie.

Ceux qui arborent sur leur tiare cette phrase ne seraient-ils pas sacrilèges ?

Le Chevalier d'Eloquence n'aura pas de peine à faire comprendre au Maçon chrétien devenant Chevalier Kadosch qu'il s'agit de tout autre chose que d'une offense au Christ.

Il en est de même pour la Couronne en tant qu'image du pouvoir temporel. Symbolisant la victoire du Chrétien sur le monde et ses pièges, le triomphe des élus, la Couronne est un symbole faste. Image du pouvoir terrestre des rois, elle n'est plus dans l'écriture que celle de l'orgueil : « Malheur à la couronne des superbes... » Isaïe, (XXIII, 1).

« Les rois de la terre, qui se sont livrés à l'impudicité et qui ont vécu dans les délices avec la Bête, pleureront sur elle et se lamenteront... », nous dit encore Jean en son Apocalypse (XVIII, 9). Selon l'Ecriture, Dieu seul est le roi de toute la terre (Psaumes : XLVII, 8), et les potentats terrestres lui sont une offense par leur seule présence. De nombreux passages de la bible condamnent les royautés terrestres.

Quoiqu'il en soit, l'exécration rituelle, prononcée par le Chevalier Kadosch sur la couronne de Philippe IV le Bel et sur celle de Clément V, entend frapper le despotisme et la tyrannie, odieusement présentés comme l’expression du pouvoir légitime et chrétien, et non pas une religion particulière ou quelconque.

Nous pouvons nous interroger sur l’anéantissement du projet d'unification d’une Europe médiévale !

MÉMENTO DU GRADE.

ORDRE.

Glaive haut en main gauche, main droite sur le coeur, les doigts écartés.

SIGNE.

Porter la main droite sur le coeur, les doigts écartés, la laisser retomber sur la cuisse droite en fléchissant le genou droit. (Le signe est la demande muette, lors du tuilage).

ATTOUCHEMENT.

La pointe du pied droit contre celle du Frère, genou contre genou, l'un présente le pouce droit levé, doigts joints (comme aux grades d'Elu des Neuf et des Quinze), l'autre Frère le saisit rapidement, et tous deux reculent d'un pas. Le premier dit : HABORKAH, le second répond ETH - ADONAI.

MOTS DE PASSE.

Demande : BEGOHAL. Réponse : PARAS -KOL

MOTS SACRES.

ADONAI BEALIM MIKAMOKA

MARCHE.

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

BATTERIE.

00 - 00 - 00 - 0

AGE.

« Un siècle et plus » ou encore « Je ne compte plus »

INSIGNES.

Cordon noir ou Sautoir noir. Si l'on porte le Cordon, il porte en pointe un petit Poignard ou une Croix teutonique rouge. On ajoute alors un petit cordon noir brodé d'argent, porté en sautoir autour du col, avec pour bijou un aigle noir à deux têtes tenant en ses serres un Poignard. Si l'on porte le Sautoir il comporte pour bijou l’Aigle noir bicéphale tenant dans ses serres un poignard.

NOTA.

En réalité « MIKAMOKA BEALIM ADONAI », soit « qui est semblable à Toi parmi les Forts, Ô Seigneur ?... »

On observera que le « Tuileur des XXXIII Grades » donne, à la place, les mots suivants :

Mot Sacré : MABAMAH

Mot de Passe : ELIEL

Mot d'Attouchement : KYRIE

INSTRUCTION

D - Mon Frère, êtes-vous Maçon ?

R - Mes Frères me reconnaissent comme tel.

D - Etes-vous Maître ?

R - L'Acacia m'est connu

D - Etes-vous Maître Elu des Neuf ?

R - La Caverne m'est connue.

D - Etes-vous Illustre Elu des Quinze ?

R - Je le dois à mon zèle.

D - Etes-vous Sublime Chevalier-Elu ?

R - Mon nom vous le prouvera.

D - Etes-vous Chevalier Prussien ?

R - Dites-moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis.

D - Etes-vous Chevalier Kadosch ?

R - Je le suis. Son nom fut autre et le même pourtant.

D - Quel âge avez-vous ?

R - Un siècle ou plus. Je ne compte plus.

D - Que signifie le mot Kadosch ?

R - En hébreu, il signifie saint, séparé, parfait, nec plus ultra.

D - Quels buts poursuivent les Kadosch ?

R - Combattre sans trêve et à outrance toute injustice, toute oppression, d'où qu'elles viennent.

D - Quel nom porte le lieu où se réunissent les Kadosch ?

R - Un Aréopage.

D -Où se situe un Aréopage ?

R - Dans un Camp.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils dans un Camp ?

R - Pour signifier qu'ils sont toujours prêts à combattre.

D - Donnez-moi le Mot de Passe ?

R - (celui qui interroge fait le Signe et dit « B... -K... », soit « tout évolue en soi-même ». L'interrogé répond « P... K... », soit « tout est expliqué »).

D - Que signifie le signe qui accompagne la "marche" du Grade ?

R - Il rappelle le « vol » héraldique ornant le cimier des casques des Chevaliers Teutoniques, et les trois pas précipités du trot de leurs chevaux.

D - Quelle est la mise à l'Ordre du Grade ?

R - Glaive droit le long du flanc, tenu en main gauche. La main droite est sur le coeur, doigts écartés.

D - Que signifie ce Signe ?

R - La main droite représente l'Etoile du Matin se levant en notre coeur.

D - Pourquoi, mon Frère ?

R - Parce que la Main est l'Image de l'Etoile à cinq Branches.

D - Comment se fait le Signe ?

R - Etant à l'Ordre, laisser tomber la main droite sur la cuisse droite, en fléchissant le genou.

D - Que signifie ce Signe ?

R - Le combat où Jacob fut vainqueur de l'Ange, bien que celle-ci l'ait meurtri à la hanche.

D - Donnez-moi le Mot Sacré ?

R - M... B... A... .

D - Quelle est la signification de ces trois mots hébreux ?

R - Qui, d'entre les forts, est semblable à Toi, Seigneur ? Cette phrase figurait sur les étendards de Juda Macchabées, luttant contre la tyrannie d'Antiochos.

D - Donnez-moi l'Attouchement ?

R - On le donne.

D - Qu'avez-vous observé en entrant dans le Conseil

R - Une Echelle double, dont j'ai gravi la première partie et descendu la seconde.

D - Que signifie cette Echelle ? Et ces Mots emblématiques

R - Que les principaux Travaux des Kadosch doivent être la recherche de la Vérité, de la Bonté, de la Douceur et aussi de la Prudence qui mènent à la Sagesse

D - Quelle est la caractéristique de ce Grade ?

R - L'Amour de la Vérité et de l'Humanité.

D - Pourquoi est-il placé au trentième degré du Rite ?

R - trente, selon la Kabbale, représente le nombre du Sacrifice.

D - Quelle est la signification ésotérique de l'Aigle Noir

R - L'Aigle était dans le monde antique et dans l'Orient ancien le symbole du Juge des Ames, du Protecteur des Tombeaux, .en un mot du Monde des Morts. Noir d'un côté, il signifie l'Au-delà immédiat, Blanc, il évoque l'Orient Eternel de la Maçonnerie. Il était encore l'image de l'Ange de la Mort, que l'on nommait le Rétributeur, pour son inflexibilité.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils également dans une Vallée ?

R - Le mot hébreu géhenne signifie vallée. Le Kadoch est censé avoir franchi les Portes de la Mort. Les textes judéo-chrétiens parlent d'ailleurs de la Vallée de la Mort, pour désigner l'autre monde.

D - Quel est l'emblème de ce Grade ?

R - Le Kadosch qui a, par son initiation, franchi les Portes de la Mort, et est revenu dans le Sanctuaire de la Vie, se doit de combattre toutes les Tyrannies, tous les Abus, toutes les Ignorances. Il est le milite, toujours debout, de la pensée libre, de la justice et du droit, de la vérité

D - Que signifie la couleur noire du Sautoir ou du Cordon ?

R - Elle signifie, selon la symbolique ancienne : foi, savoir caché, secret, inflexibilité, sacrifice, deuil.

D - Pourquoi est-elle liserée de blanc ?

R - Pour souligner que les Kadosch portent le deuil de tous les Martyrs de l'Intolérance et de la Tyrannie, également pour montrer le lien mystérieux reliant ce grade, et son initiation, au monde mystérieux des Morts.

D - Que signifient les trois lettres K\ A\ E\ S\, qui sont parfois brodées sur les Cordons ?

R - Kadosch Adonaï Elohim Sabaoth, soit en hébreu « Saint est le Seigneur, le Dieu des Armées du Ciel ».Les Hermétistes donnaient le nom d'Al Kaest au dissolvant universel utilisé en Alchimie. Et l'action des Kadoch peut se comparer à celle de ce Kaest, sans lequel le Grand Oeuvre est impossible à réaliser.

D - Que signifie l'Attouchement ?

R - La transmission initiatique, par la remise du Poignard; image de la Sainte-Vehme

D - Que signifie la Croix Teutonique rouge ?

R - La naissance de cet Ordre de Chevalerie, à Saint-Jean d'Acre, en 1112, sous sa forme militaire, et les liens de cet Ordre avec le trentième Grade.

D - Pourquoi est-elle rouge ?

R - Comme la croix des Croisés était rouge, la Croix du Kadosch l'est également, puisque le Grand Elu est de fait enrôlé dans une croisade, illimitée en durée comme en lieu.

D - Pourquoi l'étendard des Kadosch est-il parti blanc et noir ?

R - Il est l'exacte réplique de la bannière des Templiers.

D - Pourquoi y a-t-il un temple noir, un temple blanc, un temple bleu et un temple rouge ?

R - Pour rappeler que le Grade est le très réel refuge de la Maçonnerie toute entière, la bleu, la rouge, la noire et la blanche. C'était également les quatre couleurs de la Charbonnerie, au 19e siècle.

D - Que rappellent les Croix rouges pattées et alésées des diverses tentures ?

R - La Croix rouge pattée et alésée des Templiers.

D - Que rappelle la Croix verte de Saint André ?

R - L'Ordre du Chardon de Saint-André, constitué à la Saint-Jean d'Eté 1314, par Robert Bruce, roi d'Ecosse, pour y abriter les Templiers écossais.

D - Que s'était-il passé ?

R - Les Templiers d'Ecosse avaient aidé les troupes de Robert Bruce à gagner la bataille de Bannockburn, et à y vaincre les troupes d'Edouard II d'Angleterre, beau-fils de Philippe le Bel.

D - Que rappelle le Mausolée du Quatrième Appartement et les flammes qui l'entourent ?

R - Il rappelle le bûcher de l'Ile aux Juifs où Jacques de Molay et Guy d'Auvergne furent brûlés vifs en mars 1314, sur l'ordre de Philippe le Bel.

SERMENT PRELIMINAIRE

CHEVALIER KADOSH

Moi - - en présence du Grand Architecte de l’Univers, avant de franchir les Portes de la Mort et de pénétrer dans le sanctuaire de la Vie, sur mon honneur d’homme libre, je promets et je jure de combattre toutes les tyrannies, tous les abus, toutes les ignorances, qu’elles soient matérielles ou spirituelles. A partir de cet instant, à jamais et sans trêve, je serai le milite et le veilleur vigilant de la spiritualité libre, de la justice et du droit. Je répandrai les enseignements que j’ai reçus, afin qu’une pleine lumière éclaire la route des hommes, mes frères, et cela sans distinction de classe, de race, de couleur ou de croyance. Je donnerai l’exemple de toutes les vertus, non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer le désir de les acquérir. Je pratiquerai la fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serai le soutien du faible, l’adversaire implacable de l’injustice, l’apôtre du perfectionnement de l’Humanité, en tous les modes et en tous les plans. Je défendrai la liberté, je combattrai la tyrannie. Je me ferai, sous toutes leurs formes, le défenseur de la liberté de conscience, de la liberté de parole, de celle de l’écriture. Je combattrai l’intolérance, l’hypocrisie, l’arrogance et l’usurpation cléricales, sous toutes leurs formes. Je combattrai l’imposture et le charlatanisme aussi bien que les superstitions, la sorcellerie et la magie noire. Je respecterai et considérerai le travail comme l’ennoblissement de la nature humaine qu’il soit manuel, intellectuel ou spirituel. Je combattrai tous les privilèges, qu’ils procèdent de la richesse ou de la naissance, et ce jusqu'à leur totale disparition. Désormais, ma devise sera celle de mes frères CHEVALIERS KADOSH GRANDS ELUS, CHEVALIERS DE L’AIGLE BLANC ET NOIR : combattre le mal, fidélité au Bien, Amour aux hommes et à tous les Etres. Conscient du très haut symbolisme ésotérique de ce degré de la Franc-maçonnerie, je promets et je jure de mettre en pratique à chaque instant de ma vie les significations traditionnelles de la couleur noire du Baudrier des Grands Elus Kadoch : la foi, le savoir caché, le secret, l’inflexibilité, le sacrifice. En foi de quoi, je date et je signe, et que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.

Par Rituel RAPMM - Publié dans : hauts grades
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:31

On observera que les Initiations ont lieu dans le Conseil (2e Appartement), et le Sénat (4e Appartement).

Les Affiliations et les Réceptions (Dignitaires) dans le seul Sénat (4e Appartement).

Le Candidat aura été préalablement isolé dans une réplique du « Cabinet de Réflexion » de la Maçonnerie Bleue, décoré de ses Décors de Chevalier Rose-croix, dit « Premier Appartement » (Conseil)

Le Grand Servant d'Armes (Grand Expert), assisté de deux Chevaliers Kadosch, se rend auprès de lui et lui fait prêter le Serment préliminaire, qu'il signe ensuite sur le texte même.

Le Grand Servant d'Armes rapporte cette pièce au Grand Commandeur.

LE GRAND COMMANDEUR.

Chevaliers, mes Frères, le Frère - - candidat au grade de Chevalier Kadosch, vient de prêter son Serment préliminaire entre les mains et en présence de notre Illustre Grand Servant d'Armes, assistés des Tenants habituels, les Illustres Frères - - et - -- Nous allons procéder à un dernier Scrutin...- Que ceux de nos Frères qui sont opposés à cette Réception veuillent bien lever la main droite ! -La cause est entendue, le Frère est accepté comme Candidat.

Frère Grand Introducteur, veuillez prendre la tête de la théorie des Grands Officiers de cet Aréopage, qui, avec nous même, vont se transporter dans le premier Appartement.

Le Grand Introducteur (Maître des Cérémonies) précède le Grand Commandeur, les Deux Grands Juges, le Chevalier d'Eloquence, le Grand Secrétaire, le Grand Trésorier, le Grand Elémosynaire, le Grand Servant d'Armes, Tous se rendent dans le Premier Appartement. Le Grand Garde du Camp demeure en place. Les Frères Officiers se placent debout de part et d'autre de l'Orient.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon frère, veuillez vous lever.

Le Candidat se lève.

Le Grade que vous allez recevoir, un des plus occultes et des plus profonds de la Maçonnerie des Hauts Grades, fit partie du Rite dit de Perfection, dés la première partie du dix-huitième siècle. Il est éminemment gnostique, car il est l'image vivante de l'évolution de l'esprit humain, en son constant essor vers la Lumière, aux prises avec des forces artificielles et ténébreuses, s'efforçant de l'en détourner. Le mot Kadoch signifie « consacré », « purifié », « séparé ». Les Chevaliers KADOSCH, « ELUS » par excellence de la Franc-maçonnerie, doivent avant tout se purifier de tout fanatisme, de toute intolérance, de tout préjugé, de tout égoïsme. Etre tolérant, ce n'est pas moins être maçon. C'est-à-dire combattre l'intolérance, car il ne saurait y avoir de liberté pour ceux qui veulent étouffer cette même liberté. L'influence occulte du KADOSCH doit donc se manifester, avant tout, dans les Loges Symboliques, et n'y laisser pénétrer que des esprits hautement évolués, libérés de toute superstition, de toute ingérence à des intérêts bassement matériels, affranchis de toute servilité à des puissances rétrogrades. Elle doit se manifester ensuite dans les Chapitres, afin que l'oeuvre hautement humaine, charitable, altruiste de notre Ordre, conserve sa spiritualité libre, son intellectualité non asservie, sa charité sans frontières, qu'elles soient de races ou de nations. Elle doit se manifester enfin dans les Conseils, afin que les adversaires permanents de la liberté civique ne parviennent pas à diviser entre eux les apôtres de la Grande Morale Universelle, à les duper en s'en faisant des complices, même inconscients, à les disperser en minant peu à peu nos Traditions et nos Usages séculaires.

Le KADOSCH, mon Frère, est un VEILLEUR, une sentinelle, un gardien. Et comme ces TEMPLIERS, dont nous nous réclamons, veillaient sur les chemins menant à Jérusalem, les CHEVALIERS KADOSCH doivent servir de protecteurs et de veilleurs à l'Humanité en route vers un meilleur avenir.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller.

Il prend le Glaive en main droite, 1’étend sur la tête du Candidat, et...A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle, et du Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS-MISRAIM, au nom de son Souverain Sanctuaire, je vous crée et Constitue :

grand pontife, sublime écossais de la Jérusalem céleste - 19e degré.

vénérable grand maître de toutes les loges, maître ad vitam - 20e degré.

noachite, chevalier prussien - 21e degré.

chevalier de royale hache, prince du Liban - 22e degré.

chevalier du tabernacle - 23e degré.

prince du tabernacle - 24e degré.

chevalier du serpent d'airain - 25e degré.

écossais trinitaire, prince de merci - 26e degré.

grand commandeur du temple, souverain commandeur du temple de Jérusalem - 27e degré.

chevalier du soleil - 28e degré.

grand écossais de saint André d'écosse - 29eDegré de notre rite.

Quant à ce dernier Grade, veuillez lever la main droite et répéter après moi son engagement solennel.

ENGAGEMENT SOLENNEL DU CANDIDAT

AU 29e DEGRÉ DE NOTRE RITE.

 

Je jure de défendre jusqu'à la mort tout poste qui me sera confié, tant à mon honneur qu’à ma garde, et de lutter sans trêve ni quartier contre toute usurpation de pouvoir, d’où qu’elle vienne, qu’elle soit civile, militaire ou religieuse, me refusant par avance à admettre, subir ou légitimer par dol et violence, contre la liberté et le droit.

Le Candidat répète cet engagement.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, s'il est, dans un autre plan, celui des Idées Pures, des archétypes éternels d'où sont issues, ici-bas, toutes les modalités et du Bien et du Mal, il est alors certain que la Tyrannie, l'Imposture, le Mensonge, l'Intolérance, ont leurs véhicules et leurs hypostases ici-bas. Tous ces principes, sur l'existence desquels les premiers Grades d'ELUS avaient attiré votre attention, tous ces principes sont matérialisés dans la société humaine, par des SYMBOLES qui en sont les très réelles images, et c'est d'abord et en premier sur eux que vous allez exercer l'action de votre verbe. Mais auparavant, il convient de vous purifier. Mon Frère, sacrifiez-vous en votre âme et conscience, ici même et en cet instant, votre amour-propre, votre orgueil, votre vanité, votre résistance à soumettre votre opinion à celle de vos supérieurs, et vos erreurs passées ?

PREMIÈRE RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même, et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour propre, mon orgueil, ma vanité, ma résistance à soumettre mes opinions passées à celle de mes supérieurs, en tant qu'exprimant la Tradition séculaire de notre Ordre Vénérable, dont je déclare avoir pleine et entière connaissance.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous votre amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.…

DEUXIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous vos ambitions et vos désirs d'honneurs profanes pour mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il vous sera possible ou prescrit de le faire ?…

TROISIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mes ambitions et mes désirs d'honneurs profanes, afin de mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il me sera possible ou prescrit de le faire.

LE GRAND COMMANDEUR.

Il vous revient maintenant, mon cher Frère, de prononcer le triple et solennel Serment des KADOSCH, dont notre Frère Grand Servant d'Armes va vous remettre le texte séculaire.

Le Grand Servant d'Armes remet les trois serments au Candidat, qui lit le premier la main droite étendue sur le Crâne couronné de Lauriers.

PREMIER SERMENT.

Moi, ... ... ..., Grand Ecossais de Saint-André, en présence de ce Crâne couronné de Lauriers, symbole des nobles et infortunées victimes du Pouvoir arbitraire et tyrannique, de l'intolérance et du Fanatisme, je jure d'accepter, les Lois et Règlements traditionnels et séculaires de l'ordre Maçonnique, d'exécuter, sans hésitation ni murmure tout ce qui me sera ordonné à ces fins, et qui ne sera pas contraire aux exigences du devoir et d l'honneur aussi bien qu'à la fraternité maçonnique. Je jure obéissance à mes supérieurs légitimes agissant pour le bien de l'ordre, en conséquence de leurs fonctions, je promets et je jure d'être fidèle et loyal, jusqu'à la mort, à l'ordre Maçonnique et à tous mes Frères, et de conserver inviolablement les secrets des Chevaliers Kadoch. Je jure enfin que jamais, même pour conserver la vie sauve, je ne me soumettrai et ne me ferai l'auxiliaire d'un absolutisme politique ou religieux, usurpant le gouvernement d'un état, et qui en abuserait pour opprimer et asservir les hommes.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment.

SECOND SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de consacrer désormais ma vie entière à l'accomplissement du but des Chevaliers Kadoch, de protéger l'innocence, d’en revendiquer les droits, de combattre les oppresseurs de l'Humanité, de faire respecter les Droits de l'Homme. Je jure de consacrer à cet objectif ma parole, mes ressources, mon influence, mon intelligence, ma vie. Je jure d'être, jusqu'à la mort, l'apôtre dévoué et zélé de la vérité et de la justice, et de ne jamais causer un dommage quelconque à un autre Chevalier Kadoch.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de ce second Serment.

TROISIEME SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de contribuer par tous les moyens qui seront à ma portée, à la diffusion et à la réalisation des principes séculaires de la Franc-maçonnerie. Je jure d'assister et protéger, par tous les moyens et même au péril de ma vie, tout Frère qui serait poursuivi et persécuté pour ses croyances religieuses ou ses opinions philosophiques, pour sa fidélité à la cause de la Liberté, pour ses opinions politiques, ou du fait même de son rang dans la hiérarchie maçonnique. Voici donc que je laisse au sol la Couronne Royale, non pas tant comme symbole d'une forme particulière de gouvernement, mais comme l'emblème de la Tyrannie, quels que soient son nom, sa forme, sa manifestation, et comme l'image des régimes révolus où la liberté et les biens de l'homme pauvre, son honneur d'époux ou de père, sa dignité d'homme, étaient, du fait même de tels régimes politiques, des mots vains et sans signification En conséquence, je combattrai le Despotisme sous toutes ses formes, je combattrai tout mouvement tendant à l'établir ou le rétablir n'admettant en un tel domaine que la souveraineté du peuple et l'intérêt de la nation. Voici encore que je laisse au sol la Tiare Pontificale, non point comme symbole d'une foi, d'une croyance, que je me fais loi de respecter, mais comme la négation même de cette haute morale que le grade de Chevalier Rose-croix m'avait révélée, et que Jésus de Nazareth scella de son sang. Je l’abandonne comme symbole d'une ambition et d'une tyrannie reposant sur l'imposture et l'orgueil et qui autorisèrent, aidèrent et protégèrent tous les excès des tyrans du temps passé aux dépens des humbles. En conséquence, je combattrai partout et sans trêve l'intolérance et le despotisme spirituels, et je travaillerai de toutes mes forces à l'affranchissement de la conscience humaine, par l'enseignement des sciences et les manifestations de la raison.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment. Nous allons quitter ce Sépulcre, et nous rendre en un autre monde. Chevalier Grand Servant d'Armes, veuillez voiler le Récipiendaire.

Le Grand Servant d'Armes couvre la tête du Récipiendaire d'un double et très épais voile noir, tombant à la hauteur des genoux. Ce voile est pailleté de points dorés.

Avant le départ pour le Second Appartement, on entend les voix successives des Neuf Grands Officiers, qui prononcent les neuf maximes :

PREMIERE MAXIME.

Fais pour tous les Hommes ce que tu voudrais qu'ils fassent pour toi...

SECONDE MAXIME.

Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait...

TROISIEME MAXIME.

Adore l'Etre Suprême, mets ta confiance en Lui, et rejette les prétentions des faux dieux...

QUATRIEME MAXIME.

Aime ton prochain comme toi-même...

CINQUIEME MAXIME.

Soulage les êtres malheureux, cela dans tous les règnes, et conserve à la Nature son harmonie...

SIXIÈME MAXIME.

Sois toujours véridique, et fuis le Mensonge...

SEPTIEME MAXIME.

Sois patient, et supporte les défauts des Frères...

HUITIÈME MAXIME.

Sois fidèle à tes engagements, et souviens-toi qu'une des principales vertus des philosophes est la Discrétion...

NEUVIEME MAXIME.

Supporte l'Adversité avec résignation...

On pénètre dans le Second Appartement (Conseil).

Les Grands Officiers prennent place à l'Orient, sauf le Grand Servant d'Armes qui demeure auprès du Récipiendaire, et le dévoile.

LE GRAND COMMANDEUR.

Prend son Glaive et l'étend au-dessus de la tête du Récipiendaire.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller, bras croisés au Signe de Rose-Croix.

Il en est ainsi fait.

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle et du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, au nom de son Souverain Sanctuaire, en vertu des Pouvoirs qui nous ont été conférés, je vous crée, vous Frère et vous constitue : CHEVALIER DE L'AIGLE BLANC ET NOIR GRAND ÉLU CHEVALIER KADOCH Trentième Degré, et Membre de l'Aréopage régulièrement établi sous le Titre distinctif de Conseil Philosophique de la Vallée - - souchée sur le Chapitre - - et la Respectable Loge - -

Le Grand Servant d'Armes fait alors déposer par le Récipiendaire, sur les braises de l'Urne, une large poignée d'Encens.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, recevez ce Cordon noir liseré de Blanc Argent, aux couleurs de notre Grade, et à celles de tous les Grades d'Elus. Ce sont là des couleurs de deuil. Nous vous laissons le soin de rechercher, selon votre degré initiatique personnel, le pourquoi de cet usage, mais sachez bien que nous portons effectivement le deuil d'un de nos Maîtres. En outre, dans la symbolique traditionnelle, le noir est la couleur de la foi inébranlable, du savoir caché, du secret, de l'inflexibilité, du sacrifice. Divers Bijoux, que vous serez amené à voir sur nos décors, doivent également être étudiés longuement. Leur ésotérisme est d'une profondeur sans égale. C'est ainsi que L'Aigle Noir et L'Aigle Noir et Blanc, expriment des enseignements différents, dont l'origine se perd dans la nuit des âges, et qui ont trait à ce que les profanes appellent l'Autre Monde. La Croix Teutonique évoque notre lointaine origine chevaleresque, liée aux Croisades. Et le Poignard rappelle cette Sainte-Vehme si redoutée jadis des féodaux sans foi ni loi, et qui fit trembler tant de princes sur leur trône, lorsqu'ils avaient mauvaise conscience.

Le Grand Servant d'Armes revoile le Récipiendaire et le conduit vers le Quatrième Appartement.

Les Grands Officiers suivent dans l'ordre, et prennent place à l'Orient.

On dévoile alors le Récipiendaire, face à l'Echelle Mystérieuse.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, veuillez contempler l'Echelle Symbolique. Elle indique les sources de la méthode que vous devrez toujours utiliser pour faire triompher la Vérité, ainsi que les principe sacrés dont vous êtes devenu le Chevalier.

Elle se compose de deux montants et de sept échelons.

Le montant de gauche est consacré aux sciences requises pour assurer le triomphe des doctrines gnostiques, rappelées sur le montant de droite. Ce dernier est en fait un rappel et un résumé des enseignements de la Kabbale. Ainsi donc, vous pouvez lire :

 

MONTANT GAUCHE                                       MONTANT DROIT

Grammaire                                                       TSEDAKAH - Justice

Rhétorique                                                        SCHOR-LABAN - Bonté

Logique                                                             MATHOK - Douceur

Arithmétique                                                   EMOUNAH - Vérité

Géométrie                                                       HAMAL-SAGGHI – Grand Oeuvre

Musique                                                            SABBAL - Fardeau

Astronomie                                                      GHEMOUL BINAH THEBOUNAH

 

La Prudence mène à la Sagesse

Sachez, en outre, mon Frère, que l'étude attentive de toute notre Rituélie vous donnera la clé occulte de ces Grades d'ELUS que vous avez déjà parcourus avant d'entrer parmi nous. Elle vous explicitera bien des aspects mystérieux de la Franc-maçonnerie. Et c'est en ce grade que vous découvrirez, si vous en êtes digne, la Sublimité du Royal Secret...

Le Grand Servant d'Armes conduit le nouveau KADOSCH devant le Commandeur afin d'en recevoir les Mots, Signes et Attouchements

Le Chevalier d'Eloquence prend ensuite la parole pour souhaiter la bienvenue au nouveau Chevalier et commenter l'ésotérisme de cette Réception. Il peut également s'inspirer de l'Instruction qui suit.

Par Rituel RAPMM - Publié dans : hauts grades
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:28

Mes Frères, désolé, mais cet article ne pouvait être court. Bonne lecture

Un peu d’histoire pour instruire nos Frères

30ème degré ou grade : le sommet est atteint. Pourtant chaque Maçon devrait savoir que le sommet n’existe pas.

Il n’existe aucun Himalaya ou K...2 maçonnique.

La quête me rappelle cet homme qui passe de couloir en couloir de porte en porte et se retrouve nu dans la rue.

Quoi que nous fassions, nous sommes toujours nus, de la naissance à la mort.

C’est pour cela qu’il faut prendre avec beaucoup d’humilité et surtout une grande lucidité et réserve, l’échelle que gravissent les FF de tous les Rites en général et du REAA en particulier.

Si l’on peut comprendre la démarche du REAA, il faut savoir faire une distinction avec l’écossisme, clamé par les « purs et durs » comme la vérité, et qui entrent en écossisme comme d’autres en religion cloîtrée ou, comme certains Ayatollahs, en guerre sainte.

Ils devraient savoir que la burqa n’a jamais fait le soufi.

« on ne se bat vraiment pour la paix et la liberté qu'en renonçant à la vengeance, qu'en agissant avec prudence, indulgence, amour, et qu'en essayant de ne contribuer ni aux conflits, ni aux oppressions, ni aux folies glorieuses. »

Alors, que dire de tous ces FF qui parlent de secrets et les partagent, se chuchotent à l’oreille quelques mots ou noms obscurs tirés de la Bible pour faire plus vrai, authentique, « genuine », font quelques gestes abscons des pieds et des mains ?

Le seul secret à connaître en Maçonnerie est de savoir et comprendre qu’il n’y en a pas.

Que dire de ces frères qui prodiguent année après année un pseudo enseignement maçonnique et lancent leur Vérité « ex cathedra, et urbi et orbi » comme la Lumière divine, coupent, tranchent, parlent de haut et quasiment au Nom du Très Haut et se comportent dans la vie d’une façon étrange en voulant imposer aux autres leurs diktats déclarés comme spirituels?

Alors, quid du grade de vengeance du Kadosh ?

Quelle Lumière demande-t-on au Kadosh ? Celle de la Liberté.

C’est cette Liberté qui est notre Lumière intérieure. Mais peut-on jamais être libre ?

Et cette fameuse échelle que Jacob voit dans son rêve ? Le Maçon peut avoir la tête dans les étoiles, mais, qu’il le veuille ou non, il vit les pieds sur terre parmi les siens, ses Frères.

Le Maçon est et reste toujours humain, et avec l’homme, va le cortège qui l’accompagne toute sa vie : orgueil, vanité, cruauté, désir inextinguible du pouvoir, etc. et nous en revenons au début, au point de départ, au bas de l’échelle : ce combat contre lui-même, que l’homme a d’immenses difficultés à mener.

J’en reviens à l’utilité toute relative de la multiplication des grades, lumière qui attire les papillons de minuit, qui y brûlent, à défaut de leurs ailes, quelques centaines d’euro annuels.

Ainsi, l’on peut avoir tout gravi, mais l’on doit se rendre à l’évidence qui est la base de la Sagesse : ce qui est en haut est le reflet de ce qui est en bas et vice-versa.

Là où certains passent des décennies pour chercher à savoir in fine qu’il n’y a quasiment rien à apprendre intellectuellement, d’autres « simples en esprit » le comprennent et le connaissent en très peu de temps. D’aucuns diraient que c’est « injustice ».

Et quand ces FF bien intentionnés, modèles de sagesse et de perfection, viennent à rencontrer un de ces olibrius injustement éclairés, qui mettent en péril leurs certitudes bâties sur des petits livres de papier fragiles, nommés rituels des Hauts-Grades, que font-ils ?

Assis sur le trône de leur suffisance et de leur condescendance, de leurs médailles et tabliers brodés, ils lui disent: « tu n’a rien compris, tu n’a pas encore tué le vieil homme, tu es dans l’illusion. »

Chacun de vous a déjà entendu ces sentences ultimes, proférées par les hauts-gradés, dont les regards illuminés se perdent dans la lettre G de l’étoile flamboyante et dans la flamme divine et purificatrice de la Grande Lumière.

J’ai parfois honte d’avoir cautionné ce système pyramidal et d’avoir cru y avoir trouvé mon salaire.

Les sages de tous temps, en tous lieux, l’ont dit, redit et écrit : il faut essayer de vivre avec les autres en les respectant, ne pas chercher à les dominer ou les asservir et ne pas prétendre détenir les clefs de « La Vérité ».

Alors, mes Frères, faut-il trente trois degrés ou grades (voire plus) pour comprendre cela ou est-ce que trois suffisent amplement pour mettre en place la dramaturgie de la faiblesse humaine ?

L’homme, si petit au regard de l’Indicible, doit faire face à sa vie, donc à sa mort.

C’est là son seul problème et c’est de ces (ses) chaînes, de ses peurs, qu’il doit essayer de se libérer. Et c’est pour les oublier, pour se griser et se tromper lui-même, qu’il est en guerre permanente contre les autres, alors qu’il ne devrait se battre que contre lui-même.

L’homme n’est jamais libre; pourtant, il doit se battre pour croire qu’il peut l’être.

C’est son plus beau combat et sans doute sa plus belle illusion.

Venons-en aux « traditionnels » secrets et rebondissements du 30ième acte de cette longue pièce du théâtre de « l’écossisme ».

Je vais donner ici deux différentes versions qui ont été et sont utilisées aujourd’hui, chose que je n’ai pas faite pour les grades administratifs du 31ième au 33ième.

L’imposture du 30ième grade est la même pour ceux du 31 au 33.

Chacun choisit sa version, l'arrange et la manipule, violant ainsi la Tradition sans vergogne.

Le fait qu’il y ait des versions largement différentes depuis les 18 et 19ième siècle rajoute au ridicule de ceux qui évoquent la Tradition et s’en prétendent aujourd'hui les détenteurs : ils ne sont que des imposteurs.

Nous savons tous l’imperfection et la difficulté de la transmission de la Tradition. Alors, transmettons ce que nous pensons être juste et vrai, sans dire que nous sommes les détenteurs du Graal.

Mes FF, lisez, comparez. Je ne suis pas ici pour vous demander de tout renier, mais mon devoir est de vous faire comprendre que la Maçonnerie de Tradition n’est pas celle que l’on veut vous faire croire.

Signe :

Version 19ième :

Placer la main droite les doigts écartés sur le cœur et la laisser retomber sur le genou droit que l’on empoigne en fléchissant. Puis, saisir le poignard suspendu au cordon, le lever comme pour frapper et dire « Nekam, Adonaï » (vengeance, Seigneur)

Version SCPLF 2012 :

La main droite étant sur le coeur, la laisser tomber sur la cuisse droite en fléchissant le genou droit, comme pour prêter un serment.

Signe d’ordre :

19ième : Glaive dans la main gauche, placer la main droite étendue sur le cœur.

SCPLF 2012 : Ordre: La main droite sur le coeur, les doigts écartés, le glaive levé dans la main gauche (ou en l'absence. d'épée: poing gauche tendu et pouce levé.)

Ndlr : au 19ième siècle, il ne pouvait être envisagé que des FF arrivassent dans l’Atelier sans glaive…

Attouchement :

19ième : On se touche réciproquement par la pointe du pied droit et le genou et en se présentant le poing fermé de la main droite.

Le pouce étant levé le prendre alternativement, le laisser glisser en reculant d’un pas et en levant le bras comme pour frapper d’un poignard. (ndlr : ce qui est capital)

L’on dit, le premier : Nekham (Nekhama) Belaïm (vengeance des traitres) le second répond Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012: La pointe du pied droit contre celle du frère, genou contre genou; l'un présente le pouce droit levé, l'autre le saisit rapidement et tous deux reculent d'un pas.

Le premier dit: '' HABORACH'' qui signifie: Je louerai Le second dit: '' ETH ADONAI'' qui signifie: Seigneur tout puissant

Ndlr : on voit très bien ici que la Tradition a été bafouée par les rédacteurs actuels du Rituel du SCPLF. Les mots actuels, leur signification et même la gestuelle trahissent la Tradition d’une façon incontestable.

Batterie

Trois fois 2 et 1 : 11-11-11-1

Elle est la même dans les deux versions

Marche : trois pas précipités les mains croisées sur la tête

Elle est la même dans les deux versions

Âge : un siècle et plus

Ndlr : Dans la version SCPLF 2012 il est rajouté : « je ne compte plus » Les FF qui connaissent le système savent très bien que ceux qui dirigent le SCPLF comptent plus souvent qu’à leur tour et que c’est aujourd’hui une de leur principale préoccupation.

Insignes et décors : un peu long à décrire, sans grand intérêt

Mots de passe :

version19ième

pour entrer : Nekam (vengeance) réponse Menahhem (consolateur)

pour sortir Phangal-chol (tout est accompli) réponse Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012

Demande: BEGOHAL kol (tout évolue en soi-même) Réponse: BARAH ETH KOL ( tout est expliqué)

Ndlr : là aussi, on voit très bien ici que la Tradition a été bafouée par les rédacteurs du SCPLF. Les mots actuels trahissent la Tradition et son sens d’une façon indigne.

Mots sacrés :

version19ième

Nekam Adonaï (vengeance) réponse Pharasch-chol (tout est expliqué)

Version SCPLF 2012

''MI KAMOHA BA ELIM ADONAI'' (Qui d'entre les forts est semblable à Toi Seigneur)

Je vais arrêter ici la comparaison :

L’échelle mystique ou mystérieuse (chacun peut la définir à son gré) est composée de deux montants ayant chacun sept échelons :

Le premier montant à droite se nomme : Oheb Eloah (amour de Dieu)

Le second montant à gauche se nomme Oheb Kerobo (amour du prochain)

Echelons du premier montant :

1er) Tzedakah, Justice

2ème) Schor-Laban (pureté)

3ème) Matok (douceur)

4ème) Emounah (force)

5ème) Amal-Sagghi, travail

6ème) Sabbal, fardeau

7ème) Ghemoulnah Thebounah, prudence

Echelons du deuxième montant à gauche : les 7 arts libéraux

Finalement, que peut-on dire après avoir obtenu ce nouveau grade ?

Je vous fais part ci-dessous de courts extraits de la planche d’un Frère CKH :

« Chevaliers, vous voici armés pour le combat. »

« Oheb Eloah et Oheb Kerobo, respectivement traduits par Amour de Dieu et Amour du Prochain, sont les deux montants de l’échelle.

Amour de Dieu, c’est-à-dire à la fois l’amour que Dieu a pour nous et l’amour que nous lui portons. (…)

Oheb Kerobo, amour du prochain, du prochain immédiat bien entendu mais aussi de l’ensemble des hommes qui peuplent l’univers.

En effet, parvenu au stade ultime de sa réalisation métaphysique, le Chevalier Kadosch a compris que si, lorsque qu’il gravissait l’échelle, la finalité était Aime ton Dieu, une deuxième finalité en découlait automatiquement et était le Droit de Dieu, à savoir aime pour Moi ; cet Amour pour Dieu sous-entend de respecter le droit de Dieu en chacun des êtres de l’univers et implique une descente, un retour parmi les hommes.

(…) Chevaliers, vous voici armés pour le combat ; cette fois-ci , on y est ; action et combat, voilà nos attributions. « Quel combat doit mener le Chevalier Kadosch ? » : celui de défendre la cause de la justice et les droits de l’homme contre toute autorité usurpée ou abusive, quelle soit politique, militaire ou religieuse », dit le rituel. [ cette affirmation est à rapprocher des Grandes Constitutions de 1786 où l’on peut lire les pouvoirs ridicules que, 33 èmes, nous avons et qui ne sont « qu’autorité abusive » ]

Lors de l’ouverture des travaux au 30ième degré : « Eminent Premier Grand Juge, cherchez vous autre chose ? Justice ».

Le concept de la Justice a été de tout temps adossé à celui de vengeance et en Franc-maçonnerie les grades d’Elus sont dits grades de Vengeance ; c’est particulièrement vrai pour le 30ième degré. (…)

Au plus profond de son Etre, le Chevalier Kadosch comprendra que ce glaive ne peut être pour lui que le glaive de l’Esprit, cette force qui va lui permettre de séparer le Bien du Mal, la Justice de l’injustice et de faire en sorte que la Lumière de la Vérité guide toutes ses actions. [souligné par Frédéric]

Il s’agit de cette force unificatrice, de cet UN qui nous est consubstantiel et qu’enfin nous arrivons à faire resplendir. Seul, univers complet, responsable devant notre conscience et riche de connaissance et d’amour, nous allons pouvoir agir et exercer notre rôle de soldat de l’universel et de l’Eternel.

Très Eminent Commandeur et vous mes Frères Chevaliers Kadosch, j’ai dit. »

Notre Frère, qui à l’évidence écrit avec talent, vit toujours dans un monde binaire. Être 30ième et plus devrait au minimum permettre d’atteindre une certaine connaissance et perception intuitive du Principe, à savoir que le bien et le mal n’existent pas. On ne peut arriver « au sommet du REAA » et être toujours perdu dans ces redites éternelles, cent fois écrites.

On ne peut arriver au sommet de l’écossisme et écrire dans la nébulosité extrême des mots faciles et des formules creuses.

Chacun sait que l’histoire des hauts-grades est de penser encore et encore « carrière, pouvoir et médailles ».

C’est là le cancer de la Maçonnerie dite des Hauts-Grades.

Je ne peux arrêter cet article en éludant la phase du mot « Amour », avec un « grand A », cette tarte à la crème qui nous est maintes et maintes fois servie en point d’orgue lors de planches ou de l’Agape, « Agapè ».

Il faut éviter d’abuser du mot « Amour » et cesser de le mettre à toutes les sauces.

D’aucuns le citent comme l’alpha et l’omega maçonniques dans leur fameux: « mes FF, je vous aime ».

Lorsque l’on connaît les guerres intestines permanentes pour savoir qui doit être le premier dans les diverses organisations maçonniques…. Il faudrait parfois tourner 7 fois sa langue dans la bouche avant de prononcer le mot « Amour ».

L’Amour dont il est question en Maçonnerie, n’a rien de personnel.

Il est même anti-personnel. Il n’a rien d’individuel. Il s’oppose à l’individu, à la personne nommée. Tout au plus pourrait-il être rapproché du mot harmonie sur la table du même nom ou dans les sphères céléstes.

L’Amour dont il est question en Maçonnerie est un état vécu hors du corps physique et mental, (tiens, voilà un exemple de formule creuse type) de la pensée, comme s’il était possible de sortir de son enveloppe charnelle pour devenir simple poussière d’étoile parmi les étoiles.

Alors, mes Frères, puisque je critique et assassine l’écossisme, qu’ai-je à proposer de mieux ou à sa place?

Je vous propose le retour à la Tradition.

Essayons simplement d’être des Maîtres Maçons situés au Centre, entre Enfer et Paradis, les pieds posés sur le pavé mosaïque de la vie quotidienne, et dans nos coeurs, tournons sans fin, bras en croix, la tête dans les étoiles, dans l’axe du fil à plomb que tient pour nous le G\A\D\L\U\.

Commençons par cela, mes Frères et nous aurons fait une bonne partie du chemin.

A l’attention de ceux pour lesquels les mots qui précèdent sont obscurs, je conseille d’entrer dans les Hauts-Grades. Ils y trouveront ce qu’ils sont venus chercher entre amis de ripaille et d'affaires.

J’ai dit

PS: naturellement, je ne veux pas fustiger, vous l'aurez bien compris les nombreux Frères qui sont entrés au SCPLF, espérant y trouver des clefs supplémentaires dans leur quête sincère. Je ne m'intéresse qu'à ceux qui utilisent un système pervers (auquel je participe encore aujourd'hui), détiennent les clefs d'un pouvoir sur les hommes crédules et qui en abusent pour assouvir leur ego et intérêts personnels d'argent ou de gloire.

Source : http://deusmeumquejus.over-blog.com/

Par Frédéric de Prusse - Publié dans : hauts grades
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:14

On connaît, hors de l'Ecossisme, plusieurs ordres, sous le titre de Chevaliers Kadosch (héb. שדק   ou שודק   kadosch ou kodesch, sanctus, consecratus, purificatus ).

Celui-ci, désigné sous le titre particulier de Chevalier de l'Aigle blanc et noir, est même très varié dans ses rituels.

C'est, dans tous, une commémoration de l'évènement tragique qui a marqué la fin d'un ordre illustre par ses vertus et par ses malheurs.

Le chevalier Kadosch, dont nous allons donner le tuileur, est le seul admis en France; il est purement .philosophique, et n'a d'autres rapports avec les autres ordres du même nom, que les mots, signes et attouchements qui sont communs à tous.  

Décoration de la Loge.

Il y a, pour les réceptions, dans ce grade, quatre appartements obligés.  

Le premier est tendu en noir, il est éclairé par une seule lampe de forme triangulaire, suspendue; au plafond. Cet appartement communique à un cabinet, espèce de caveau, ou l'on entre en descendant quelques marches. il n'y a, dans ce cabinet, d'autre lumière que celle que l'on y porte en conduisant le récipiendaire. C'est le lieu des réflexions. On y voit un cercueil couvert d'un voile noir, et d'autres images de la destruction.  

Le second appartement est tendu en blanc; vers le milieu de la salle sont deux autels; sur l'un desquels est une urne remplie d'esprit de vin allumé, qui éclaire l'appartement; sur l'autre autel, est un réchaud avec du feu, et de l'encens à côté. Il ne parait, dans cette pièce, que le F\ sacrificateur.  

Le troisième appartement est tendu en bleu ; la voûte est étoilée; il n'est éclairé que par trois bougies jaunes. C'est l'Aéropage.  

Le quatrième appartement est tendu en rouge. A l'est, est un trône, au dessus duquel est un double aigle couronné, ayant les ailes déployées, tenant un poignard dans les serres. Au cou de l'aigle est passé un ruban noir, auquel pend la croix de l'ordre. Sur sa poitrine est un triangle équilatéral, au milieu duquel on lit le nom de Dieu ינדא   Adonaï, et autour, cette légende : Nec proditor, nec proditur, innocens  feret.

La draperie du dais est en velours noir et blanc, parsemé de croix teutoniques en étoffe rouge. Derrière le trône, sont les étendards de l'ordre : l'un, fond blanc, avec deux bandes croisées vertes, et la légende : Dieu le veut ; l'autre, fond vert, ayant d'un côté une croix teutonique rouge, et de l'autre un aigle noir à deux têtes, tenant dans ses serres un poignard, avec la devise : Vaincre ou mourir, brodée en argent. L'aigle a les becs et les ongles en or.  

Neuf bougies jaunes éclairent cette salle; au milieu de la salle est une échelle à deux mon- tans.

Il y a des loges où le quatrième appartement est tendu en noir, et la tenture parsemée de flammes rouges, et n'est éclairé que de cinq bougies jaunes. Une épaisse fumée, produite par l'encens qui brûle dans des cassolettes, laisse à peine apercevoir les objets.

Dans d'autres, la tenture est rouge, avec des colonnes blanches, des flammes blanches; il y a sept bougies, et quelquefois quatre-vingt- une.

Enfin, le nombre, la distribution et la décoration des appartements, varient suivant les ordres, et même dans, chaque loge d'un même ordre.

La première décoration que nous avons décrite, est celle adoptée pour l'Ecossisme en France.  

TITRES

Nous avons déjà dit que la loge prend r dans le troisième appartement, le titre d'Aéréopage. Les deux premiers appartements n'étant que des lieux de préparation, pour le cas où il y a réception, la loge ne se forme que dans la salle de l'Aréopage, où elle est présidée par le premier surveillant, assisté de deux Juges. il porte sur la poitrine une image allégorique de la Vérité, brodée en or.

Dans le quatrième appartement, la loge prend le titre de Sénat. Lé chef se nomme Grand-maître ou Grand-Commandeur, ou Grand-Souverain ; il est qualifié de Trois fois puissant, et représente Frédéric Il, roi de Prusse. Les frères ont le titre de Chevaliers. L'on se tutoie dans le Sénat.  

SIGNES

De Kadosch  - Porter la main droite sur le cœur, les doigts écartés ; laisser ensuite retomber la main sur le genou droit, que l'on empoigne, en fléchissant. Après ce mouvement, saisir le poignard qui est suspendu au cordon, l'élever à la hauteur de l'épaule, comme pour en frapper, en disant Nekam Adonaï! ( béb . ינדא םקנ    vengance, Seigneur ! )

Il y a des loges où, ayant la main droite sûr le cœur, on fait une génuflexion, en étendant le bras droit, la main ouverte, comme en prêtant un serment. Nous ferons remarquer que le premier signe est le véritable.

Signe d'ordre - Le glaive étant passé dans la main gauche, avoir la main droite étendue sur le coeur.

Dans quelques loges, le signe d'ordre se fait ainsi : le glaive dans la main gauche, le poignet appuyé sur la hanche, étendre le bras droit, la main allongée, les doigts rapprochés, le police écarté, comme pour prêter le serment.  

ATTOUCHEMENT

En se touchant réciproquement par la pointe des pieds et par les genoux, présenter le poing fermé de la main droite, le pouce levé; se saisir alternativement le pouce, le laisser glisser en reculant d'un pas' et en levant le bras comme pour frapper d'un poignard. En faisant ce  mouvement, le premier dit : Nekamah-bealim ( héb.ןלאב-המקנ    ultio proditorum !) le second répond c Pharasch-chol (héb. לכ-שרפ    explicatum est omne (1).

Dans quelques rituels, on trouve, à la place de cet attouchement et des paroles, l'attouchement et les mots de l'Elu des neuf.

Selon d'autres, pour l'attouchement, on porte la main droite au front, en disant : êtes- vous Kadosch? la réponse est : oui, je le suis ; et l'on présente le poing fermé et le pouce levé comme nous l'avons dit ; on fait trois fois alternativement le mouvement de saisir le poignard, qui est figuré par le pouce, et à la troisième fois, on s'embrasse.

(1) C'est à tort que selon quelques cahiers on a fais dire Pharas-chol, qui n'a aucun sens.  

BATTERIE

Il y a plusieurs batteries ; celle adoptée par l'Ecossisme en France, est de sept coups, par trois fois deux et un: !

Les batteries en usage dans quelques autres Aréopages, sont :

Un coup : !

Trois coups : !

Cinq coups : !

Ou neuf coups : - - - !  

MARCHE

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.  

HEURES DE L'ASSEMBLÉE

On se réunit à l'entrée de la nuit, et l'on ferme l'Aréopage au point du jour.

Selon quelques rituels, on ouvre l'Aréopage à neuf heures du soir, et on le ferme au point du jour.  

AGE

Les chevaliers Kadosch ne comptent point leur âge; ils ont un siècle et plus.  

HABILLEMENT.

Tunique blanche, ouverte sur le côté, en forme de dalmatique, bordée en noir; par-des= sus, est une écharpe noire, portée en ceinture, avec franges en argent. Un poignard à manche d'ivoire et d'ébène est passé dans la ceinture.

Chapeau rabattu ; sur le devant de la coiffe, est un soleil à fond d'argent, rayons en or. Au centre du soleil est peint un oeil ; le soleil est placé entre les lettres N\ A\ .

En habit de ville, les Chevaliers doivent être en noir ; ils portent ( outre la ceinture, qui, alors est rouge) un cordon noir en écharpe, passant de gauche à droite, au bas duquel est attaché un poignard. Sur le devant du cordon, sont brodées en rouge, deux croix teutoniques; il y a. aussi un aigle à deux têtes, avec les lettres C\ K\ H\ brodées en argent.

On peut porter le cordon en sautoir; il est noir, avec une croix teutonique, brodée en rouge, sur chacun des côtés. Point de tablier.

il y a des Aréopages où les Chevaliers portent l'ancien costume des chevaliers du temple; ils sont bottés, cuirassés et casqués ; ce sont ceux de l'antique et stricte observance.

Le bijou est une croix teutonique, émaillée en rouge, suspendue au camail, ou attachée à la boutonnière sur le côté gauche.

On peut porter, en place de ce bijou, une croix émaillée qui a été faite pour cet ordre; elle porte au centre un médaillon en nacre de perle ; sur un des côtés on voit les lettres J\ M\ et sur l'autre, une tête de mort, traversée d'un poignard.

Quelques Aréopages ont adopté, pour bijou, un aigle noir à deux têtes, portant une couronne, ayant un. poignard dans les serres. (Voir ci-après Planche XXII, fig 1 et 2.)

Lorsqu'un chevalier Kadosch assiste dans les loges inférieures, il peut se dispenser du costume que nous venons de décrire, ne conserver que le cordon, et prendre un tablier blanc, doublé et bordé en rouge ou en noir; sous la bavette, est brodée en rouge une croix teutonique; au milieu du tablier est un aigle noir à deux têtes, couronné, tenant un poignard dans les serres.

Il y a quelques chevaliers qui font broder sur le tablier l'échelle à deux montants, posée sur un serpent à trois têtes. Cela est contraire à l'ordre de l'Ecossisme, adopté en France.

MOTS DE PASSE.

Pour entrer - NEKAM. La réponse est :

MENAHHEM (héb. םהנמ    , consolator).

Pour sortir - PHAGAL-CHOL ou PHA AL-CHOL (héb. לכ-לעפ    operatum est omne). La réponse est : PHARASCH-CHOL.  

MOTS SACRES

NEKAMAH-BEALIM; à quoi l'on répond :

PHARASCH-CHOL.

Mais plus généralement on dit :

NEKAM ADONAÏ. —

Réponse : PHARASCH-CHOL.

Selon quelques rituels, la réponse au mot sacré est :

BEGOAL-CHOL, mot tiré de l'Elu des neuf.  

Description de l'Échelle mystérieuse.

Elle est composée de deux montants, ayant chacun sept échelons (Voir ci-dessus Pl. XXII fig. 3 ). Le premier montant, à droite, se nomme OHEB ELOAH ( héb. הולא בהא     Deum amans ).

Le second montant, à gauche, se nomme OHEB HEROBO ( héb. וברק בהא     propinquum ei amans).  

Noms des échelons du premier montant.

1er     TSEDAKAH,         הקדע             Justitia, eleemosina

2éme    SCHOR-LABAN       ןבל  רוש          Bos albus

3éme  MATHOC             קותמ             Dulcis

4éme    EMOUNAH               הנומא            Fides, firmitas

5éme    AMAL SAGGHI. .      איגש  למע      (Gamal sagghi ) Labor magnus

6éme    SABBAL                    לבס           Onus

7éme    GHEMOUL BINAH

TREBOUNAH     הנובת הניב לומנ      Retributio, intelligentia, prudentia (1).

(I) Tous ces noms sont singulièrement altérés dans un grand nombre de cahiers; nous pouvons assurer qu'ils sont rétablis ici avec la plus grande exactitude.  

Les échelons du montant à gauche sont nommés comme suit :

1er ASTRONOMIE.

2éme MUSIQUE.

3 éme GÉOMÉTRIE.

4 éme ARITHMÉTIQUE.

5 éme LOGIQUE.

6 éme RHÉTORIQUE.

7 éme GRAMMAIRE.  

N O T E

Dans le chevalier Kadosch ancien, ou le Templier, la réception se fait en deux points. Dans le premier, on donne les mots qui suivent :  

PAROLE

HABBAMAH (héb. המבה    fanum excelsum.).

Il y a des aréopages où l'on fait dire Jabamiah ; ce mot est insignifiant.  

MOT DE PASSE.

ELIEL (héb. לאילא   Dei fortitudo ); ou bien AZENAHHEM. La réponse est :

MENAHHEM ( héb. היהנ   nehem'iah, solatio Dei; ou bien :

NIKAM-MACCHAH ( héb. הכמ  םקנ   ultio percussionis).  

MOT DE L'ATTOUCHEMENT.

KYRIE ( grec χυρις, Dominus). Dans quelques rituels, on lit kiriés: c'est une faute.

PAROLES DES CROISÉS.

EVARECHAH ETH ADONAÏ BECHOL-GETH THAMID THEHILLATHO VEPHI.

( Heb. יפב  ותלהת  דימת  תע-לכב   הלהי-תא  הכרבא   Benedicam Dominum in omni tempore, semper laus ejus in ore meo (PsaI. 34; v. I, suivant les héb.).

On lit dans un grand nombre de cahiers : Avreca adonaï recolgetho thamith rephi. On reconnaît aisément que ce sont des fautes de copistes. C'est mots sont absolument insignifiants  

AUTRES PAROLES.

BAHABAH AHHALLEK IM HEANI (héb. הבהאב  ינעה   םע   קלהא   bahabah ahhallek gim hegani. In dilectione dividam cum paupero).

On trouve aussi : Banahamel jon hamey, mots tous fautifs et insignifiants.  

AUTRE PAROLE.

Si l'on demande à un Kadosch-Templier, quels sont ses droits, il répond: MISCUTAR (héb. רטשמ   ministerium).  

DES BANQUETS.

Les banquets des chevaliers Kadosch se nomment agapes; ils suivent, au surplus, le rituel des élus, que l'on trouvera ci-après, au rite français.

Lorsque l'on plonge le poignard dans l'urne, on dit : Deus sanctus ou sacratus, NOKEM ( héb. םקנ   Ultor ).

Quelques-uns disent : Machem, c'est une faute.

Les banquets fraternels, ou faits en commun, sous le nom d'agapes, sont de la plus haute antiquité. Leur nom fait assez connaître que leur but était de resserrer, le plus possible, les liens de l'amour fraternel des initiés.  ( Grec.Aγαπη, signifie dilectio, du verbe αγαπω, diligo, j'aime.)

 

Source : Tuileur de Vuillaume

Par Vuillaume - Publié dans : hauts grades
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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 17:51

Les mid-term elections viennent d'avoir lieu la nuit dernière aux Etats-Unis. Elles ont vu la victoire des Républicains à la Chambre des représentants (435 sièges: 239 pour les républicains, 183 pour les démocrates, 3 pour les indépendants) alors que les Démocrates ont bien résistés en conservant la majorité au Sénat (100 sièges: 49 pour les démocrates, 46 pour les républicains, 2 pour les indépendants, 3 inconnus). Barack Obama est désavoué et devra composer avec les républicains tout en préparant la reconquète pour 2012.

Particularité cette fois-ci, l'apparition sur la scène électorale du mouvement dit du "Tea Party", mouvement ultra-conservateur et populiste apparu sur la scène politique américaine il y a environ 18 mois. Les leaders du Tea Party ont d'ailleurs connus des faveurs diverses lors de ces élections. Leur principale inspiratrice, Sarah Palin n'était pas candidat cette fois mais Marc Rubio s'est fait élire sénateur en Floride et Rand Paul dans le Kentucky. Nikki Halley est devenu gouverneur de Caroline du Sud.

Les démocrates ont eu à subir de nombreuses défaites symboliques: notamment en perdant dans l'Illinois le poste de sénateur occupé il y a encore deux ans par Barack Obama lui-même; par la perte du siège de Pennsylvanie ou par la défaite de Russ Feingold dans le Wisconsin par exemple.

Mais tout n'a pas réussi pour le Tea Party : Christine O'Donnel dans le Delaware et surtout Sharon Angle dans le Nevada (donnée gagnante dans tous les sondages contre Harry Reid) ont été battues.

Beaucoup se demandent en France à quoi correspond cette référence au Tea Party.

Cela fait référence explicitement à la Boston Tea Party qui est considérée aux USA comme l'épisode fondateur de la Guerre d'Indépendance américaine, le premier acte, explicite, de désobéissance civile.

Le 16 décembre 1773, soixante Bostoniens qui protestent contre les taxes imposées par la monarchie britannique sur les exportations de thé destinées aux colonies d'Amérique du Nord (Tea Act), déguisés en indiens Mohawks, prennent d'assaut trois navires marchands britanniques (le Dartmouth, le Eleanor et le Beaver), jetant par-dessus bord leurs cargaisons.

L'idée que veulent faire passer les turiféraires du Tea Party d'aujourd'hui c'est qu'en 1773 l'ennemi était la Couronne britannique et qu'aujourd'hui l'ennemi c'est l'administration, les élites (en France Le Pen dirait "les élites cosmopolites", incarnées aux USA par Obama)… L'ennemi est le même : l'autorité centrale. Et la réaction similaire : un geste de protestation politique fort, spontané ou presque. C'est ce que le Tea Party veut, en premier lieu, souligner.

Après la Boston Tea Party il y aura la déclaration d'Indépendance de 1776, la guerre d'Indépendance (1775-1783), la signature du Traité de Paris en 1783 et la Constitution de 1787.

Le seul homme signataire des trois documents fondamentaux (déclaration d'indépendance, traité de Paris, Constitution) est un franc-maçon célèbre, peut-être le franc-maçon le plus célèbre avec George Washington, je veux parler de Benjamin Franklin.

Car la Franc-Maçonnerie joua un rôle important dans la genèse du futur état américain. Durant la Guerre d'Indépendance bien sûr: Washington et presque tous les généraux américains étaient francs-maçons (35 généraux sur 75 sont francs-maçons et un doute raisonnable sur 'appartenance maçonnique de 15 autres plane).. Mais aussi les soldats français qui leur vinrent en aide: La Fayette, le vieux Rochambauld, La Rouerie (tous ceux qui furent surnommés "les américains" à leur retour en France).

Le Parti américain en France, organisé par Franklin autour de la loge des Neufs Soeurs du Grand Orient de France avait comme principaux défenseurs des frères prestigieux : Philippe d'Orléans, le Grand Maître en personne, mais aussi des écrivains fameux comme Beaumarchais ou des liaisons plus dangereuses comme Choderlos de Laclos l'homme lige de Philippe d'Orléans au Palais Royal.

Mais ce que l'on sait moins d'ordinaire, c'est que le rôle des frères fut important dès la Boston Tea Party de 1773.

Paul Revere, héros de la première bataille de la Guerre d'Indépendance (Lexington & Concord du 19 avril 1775) et dont un poème épique raconte la chevauchée était un éminent franc-maçon bostonien qui devint même par la suite Grand-Maître de la Grande Loge du Massachusetts. Il a bien entendu été l'un des orgnaisateur de la Boston Tea Party.

Car ce coup de main a été organisé par une association à demie secrète qui s'appelait Les Fils de la Liberté (Sons of Liberty). Et il est maintenant avéré qu'une bonne partie des membres de cette association étaient également membres de la Franc-Maçonnerie.

D'ailleurs, sur les 60 acteurs de la Boston tea Party il est certain que 10 des participants étaient francs-maçons. Un grand nombre de participants n'ayant pu être identifiés (ils étaient déguisés en Indiens) il est certain qu'un nombre bien plus importants de frères de la loge bostonienne étaient présents mais cela n'a pu être prouvé de façon définitive.

Il faut savoir que la Franc-Maçonnerie (née en Angleterre en 1717) fut importée aux Etats-Unis dans les bagages des colons britanniques autour de 1730. Elle touche en premier les nobles et les élites. Le premier acte connu est l'inauguration du Masonic Hall de Philidelphie en 1735 avec tout ce que la ville compte de personnalités importanets dont ... Benjamin Franklin lui-même (Franklin était frère depuis 1731!).

Mais à partir de 1751 se créer une Grande Loge selon les Anciennes Institutions (appelée Grande Loge des Anciens) par des immigrés irlandais ruinés ne trouvant pas la solidarité escomptée dans la plus chic Grande Loge dite des Modernes (pourtant créée en 1717).

En 1757 une loge est établie à Philadelphie sous l'obédience des Anciens et en 1760 la première Grande Loge des Anciens américaine est créée à Philadelphie.

Alors que les Francs-Maçons issus de la Grande Loge des Modernes seront plutôt favorables aux britanniques (plusieurs Grand Maître devront fuir précipitament...) c'est bien autour de la maçonnerie des Anciens que vont s'organiser les Patriots amércains. Le recrutement auprès des boutiquiers, des employés et plus généralement des classes dites "inférieures" de la société américaine effectué par les Anciens, favorisait incontestablement la cause des Insurgents.

D'ailleurs en 1800 la Franc-Maçonnerie des Anciens était très largement majoritaire aux Etats-Unis.

Les deux maçonneries, des Anciens et des Modernes, fusionneront en 1813 (fondation de la Grande Loge Unie d'Angleterre).

En France on connut à peu près le même phénomène: Le Grand Orient de France, issu des Mordernes, regroupait les nobles et les élites (le Conseil de l'Ordre du GODF est l'armorial de France). Les trublions trouveront refuge auprès des loges dites "écossaises" qui se regrouperont plus tard autour du Suprême Conseil de France.

Le Grand Orient de France gardera toujours cette tradition de "maçonnerie officielle" : Monarchiste sous la Royauté, Impérial sous l'Empire, Républicain dès la IIIème...

Mais revenons à nos américains de 1773 : à Boston ces "middle class" patriotes se regroupaient au sein de la Loge Saint Andrew (Grande Loge des Anciens).

Cette loge maçonnique se réunissait depuis 1752 dans une taverne, la Taverne du Dragon Vert (Green Dragon). Or, les Fils de la Liberté se réunissaient également dans cette taverne.

De plus il est prouvé que le 16 décembre 1773 les frères de la loge Saint Andrew devaient se retrouver pour leur réunion habituelle (appelée "tenue"). Or cette tenue fut annulée au dernier moment ... Pourquoi ...? Mais tout simplement pour permettre sinon d'organiser, du moins de participer à l'opération qui sera surnommée plus tard la Boston Tea Party.

Comment d'ailleurs aurait-il pu en être autrement lorsqu'on sait que ces Enfants de la Liberté étaient présidés par Joseph Warren, par ailleurs Vénérable Maître de la Loge Saint Andrew.

Et que, outre Paul Revere dont j'ai parlé plus haut, de nombreux frères comme Joseph Webb, colonel du régiment de Boston, étaient membres à la fois de la Loge Saint Andrew et des Fils de la Liberté.

Joseph Warren, lui, mourra à la bataille de Bunker Hill en 1775.

Alors ne confondons pas le Tea Party d'hier et le tea party d'aujourd'hui qui tente d'usurper la mémoire de héros hauts en couleur qui surent se battre pour la Liberté et l'Indépendance.

Souvenons nous de cela car Joseph Warren n'est pas Sarah Palin et les ultra conservateurs sous de slogans éculés tentent de nous faire passer des vessies pour des lanternes...

Ce qui fut grand hier ne l'est plus forcément aujourd'hui malgré des tentatives adroites de manipulations pour le faire accroire...

Source : http://www.jlturbet.net/

Par Jean-Laurent Turbet - Publié dans : histoire de la FM
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