Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 16:55

Cérémonie d'Installation du Maître Élu  Conseil de Maîtres Installés
Après l'ouverture des travaux, en suivant l'ordre du jour, le VM et la Loge reçoivent l’Officier représentant le Grand Maître pour la cérémonie d'installation du Maître Élu.
Lorsque cet Officier est conduit à l’Orient par le Directeur des Cérémonies, il est d'usage que le VM lui offre le maillet. Pour cette cérémonie particulière, il le fait en ces termes :
V.M. :
(TR, R ou TV) Frère, en votre qualité de représentant du Grand Maître, la Loge est honorée de votre présence et se place sous votre bienveillante autorité.
Je remets entre vos mains la Charte de constitution de notre Loge, qui a été octroyée par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française en …
(date de la création, du transfert ou du réveil de la Loge).
Le G.O. prend la charte et la repose sur le plateau du VM.
L’Officier Provincial remercie le VM :
Grand Officier :
Je vous remercie Vénérable Maître. Je suis parmi vous, ce soir, pour entendre les rapports d'activité de votre Loge et m'assurer que la transmission de la Charte de cette Respectable Loge à votre successeur se fait conformément aux règles, us et coutumes de l’Ordre.

Le Grand Officier refuse le maillet et prend place selon son rang, se réservant d'intervenir au moment de la remise solennelle de la charte.
Si le VM ne procède pas lui-même à l’installation de son successeur, il transmet son sautoir et le maillet à celui qui en sera chargé.

Cérémonie Secrète dite « Ésotérisme du conseil de maîtres installés »
Après avoir fait sortir les Maîtres Maçons sans saluer, et lorsque le Couvreur Installateur a refermé la porte du Temple, le Directeur des Cérémonies Installateur dispose un coussin ou un prie dieu au centre de la Loge puis va chercher le Maître Élu qu'il conduit devant le prie-Dieu et lui demande de s'agenouiller. Le Directeur des Cérémonies dispose ensuite (si ce n 'est déjà fait) les trois Grandes Lumières selon la manière appropriée, puis se place en tête de la colonne du midi où il aura préalablement disposé le tablier de Vénérable.
Il veillera de même au sautoir de PMI. Le DC aura également disposé l'Équerre et le Compas sur le VLS.
Maître Installateur :
à moi mes Frères, au signe de Maître installé.
Je déclare cette Assemblée dûment constituée en un Conseil de Maîtres Installés.
Debout, Vénérables Frères.
*.
1erS. Inst. : *.
2d. S. Inst. : *.
Maître Installateur :
Mes Frères, tournons-nous vers l’Orient.

Tons les Frères se tournent vers l’Orient et prennent l’attitude de la prière, au signe de Foi.
Le D.C. s'assure que tous les Maîtres Installés ainsi que le Maître Élu sont au signe de Foi. (Main droite sur le coeur, doigts joints et pouce caché.)

Maître Installateur :  Prions, mes Frères.
Daigne, Père Tout-Puissant, Maître Suprême de l’Univers, étendre Ta protection sur ce rite solennel et accorder au digne et respectable Frère qui est sur le point d'être admis au nombre des chefs de l’Ordre, la Sagesse pour comprendre, le jugement pour apprécier et l’habileté pour faire observer Ta Sainte Loi. Sanctifie-le de Ta Grâce, fortifie-le de Ta Puissance et enrichis son esprit de la vraie science afin qu'il soit capable d'éclairer l’esprit de ses Frères et de consacrer notre Temple à l’honneur et à la gloire de Ton Saint Nom.
Ainsi soit-il.

Tous quittent le signe de Foi et se tournent vers l'Occident. Le Directeur des Cérémonies fait lever le Maître Élu et enlève le prie dieu ou le coussin.
Maître Installateur au Maître Élu :
Vous avez déjà pris une obligation relative à vos devoirs comme Maître de cette Loge. Veuillez maintenant vous avancer et prendre une seconde obligation en ce qui concerne les secrets particuliers à la Chaire de Maître. Le Maître Élu s'avance vers la chaire. Agenouillez-vous sur les deux genoux. Le Maître Élu s'exécute. Dégantez-vous et posez vos deux mains sur le Volume de la Loi sacrée. Le Maître Élu s'exécute.
Maître Installateur:
Vénérables Frères, veuillez vous mettre au Signe de Fidélité
Main droite sur le coeur, doigts joints, pouce à l’équerre. *.
1er S. Inst. : *.
2ème S. Inst. : *.
Maître Installateur:
Dites : « Moi », puis déclinez vos prénom et nom : Le Maître Elu dit « Moi » et décline ses prénom et nom. et répétez après moi : En présence du Très Haut et devant ce Conseil de Maîtres Installés, dûment constitué et régulièrement assemblé, de mon plein gré et consentement, par ceci Le Maître Installateur touche les mains du Maître élu de sa main gauche et sur ceci, Le Maître Installateur touche le Volume de la Loi Sacrée de sa main gauche très solennellement, je promets et jure que toujours je cacherai et jamais ne divulguerai aucun des secrets ou mystères particuliers à la chaire de Maître, à personne au monde, sauf à un Maître Installé ou à un candidat dûment élu à cette charge et cela seulement avec le concours d'au moins deux Maîtres Installés, régulièrement assemblés à cet effet.
Tous ces articles, je jure solennellement de les observer sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte, sous peine, si j'en viole un seul, d'a. la m. d. t. au p. et f. sur l’é. g. afin qu'elle s'y f. et s'y d. Que le Très Haut me vienne en aide et m'empêche de jamais violer l’Obligation Solennelle que je viens de contracter comme Maître Installé.

Tous les Frères cessent le signe de Fidélité.
Maître Installateur:
Comme gage de votre fidélité et pour que vos paroles deviennent une Obligation Solennelle, scellez-les trois fois de vos lèvres sur le Volume de la Loi Sacrée. Le Maître Élu exécute.
Maître Installateur:
Permettez-moi de diriger encore une fois votre attention sur les trois Grandes Lumières, bien que Lumières symboliques, de la Franc-Maçonnerie : le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas.

Le Maître Installateur les montre pendant qu'il les énumère.

Le Volume de la Loi Sacrée, cette Grande Lumière de la Maçonnerie, vous guidera vers toute vérité, dirigera vos pas dans les sentiers du bonheur et vous indiquera tous les devoirs de l’Homme.
L’Équerre vous enseignera régler votre vie et vos actions selon la ligne et la règle maçonniques.
Le Compas vous rappellera de limiter vos désirs à tous les stades de la vie, afin que, vous élevant par le mérite a un rang éminent, vous soyez entouré de respect durant votre vie et regretté après votre mort.

Le Maître Installateur quitte sa chaire par sa gauche et vient se placer à côté du Maître Élu. De sa main droite, il enserre, entre le pouce et l'index, le poignet droit du Maître Élu puis il vient placer sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu. Enfin en pivotant légèrement sur lui-même vers la gauche et en relevant légèrement la main droite et poussant de la gauche le Maître Élu, il relève celui-ci en disant :

Relevez-vous G…. M !
Ce mouvement se poursuit jusqu'à ce que le Maître Installateur se trouve face au midi et le Maître Élu face à lui (donc face au nord). Puis le Maître Installateur se désengage et recule de deux pas.
Maître Installateur :
La tradition rapporte que, lorsque le Temple de Jérusalem fut achevé, le roi Salomon accompagné d'une suite nombreuse vint le visiter.
En entrant dans l’édifice, il aperçut Adoniram à quelque distance et il lui fit signe ainsi :

Le Maître Installateur élève son bras droit à l’horizontale en direction de l’Ouest, le regard tourné vers l’Occident, le pouce de la main droite replié sur l’annulaire et l’auriculaire tandis qu'il garde l’index et le majeur joints et tendus. Puis, par un mouvement de l’avant bras, il ramène par trois fois sa main à hauteur de l’épaule droite. Le D. C. aide alors le Maître Élu à imiter ce mouvement. Quand cela est fait :
Maître Installateur:
Adoniram, en approchant de son royal maître, allait s'agenouiller, mais le roi l’en empêcha en le prenant ainsi :
Le Maître Installateur fait signe au Maître Élu de s'agenouiller et l’en empêche en lui prenant le poignet droit entre pouce et index et en plaçant sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu en disant :

Levez-vous G… M !
La signification de ce mot est « Excellent Maçon ».

Puis le Maître Installateur se désengage et fait deux pas en arrière.
Maître Installateur:
Lorsque le roi et sa suite furent sur le point de partir, Adoniram les salua ainsi ...
Le Maître Installateur recule son pied droit d'un pas, pointe tournée vers l’Occident, et dans le même temps, il place sa main droite, les doigts dans la position du signe, à hauteur de son épaule gauche et en s'inclinant légèrement en avant, il fait décrire à sa main droite un arc de cercle pour la ramener à sa droite.

... comme marque d'humilité.
Ensuite il fait signe au Maître Élu de l’imiter.
Maître Installateur:
de là, viennent l’attouchement et le mot d'un Maître Installé, le signe et le salut d'un Maître ès-Arts et ès-Sciences.
Le Directeur des Cérémonies présente au Maître Installateur le tablier de Vénérable Maître. Le Maître Installateur ôte le tablier de MM du Maître Élu, le donne au Directeur des Cérémonies, et ceint le Maître Élu du tablier de Vénérable. Puis, ôtant le sautoir de Vénérable Maître qu'il porte, le Maître Installateur en revêt le Maître Élu en disant :
Je vous revêts maintenant de l’insigne et du joyau de votre charge qui est le plus grand honneur que la Loge ait en son pouvoir de conférer à l’un de ses membres.
Il prend dans sa main droite l’équerre du sautoir et dit :

L’Équerre étant l’instrument qui aide à façonner la pierre brute et à vérifier la justesse de la pierre cubique est employée fort à propos par les Maîtres Maçons pour enseigner les principes les plus purs de la piété et de la Vertu.
Il tache l’équerre.

Dans le sens maçonnique, elle doit être le guide de toutes vos actions.
Alors, le Maître Installateur saisit de sa main droite le poignet droit du Maître Élu, entre le pouce et l’index, puis il pose sa main gauche au-dessus du sein gauche du Maître Élu et lui indique qu'il doit faire de même avec sa main gauche. Le Maître Inst. souffle au Maître Élu de partir du pied gauche et lui-même, reculant en partant du pied droit, entraîne le Maître Elu vers le nord. À reculons, le VM Inst. entraîne le Maître Élu jusqu'au fauteuil de VM. en disant :
Avec l’attouchement marquer l’attouchement et le mot « G . . . . M » d'un Maître Installé, je vous place à ce moment-là, le Maître Élu étant entre la table et le fauteuil et le VM Inst. c'étant placé entre la table et lui, il l’assoit en le poussant fermement dans le fauteuil dans la chaire du roi Salomon et je suis persuadé que votre conduite future justifiera le choix de vos Frères.

À la fin de cette circumambulation, le Maître Installateur est à la gauche du Maître nouvellement installé qui est assis.
Le Maître Installateur va se placer devant la chaire et salue le nouveau Vénérable Maître en Maître Installé (Pied droit en arrière, main droite à l’épaule gauche, index et majeur tendus et joints) puis il décrit un arc de cercle de la main droite en s'inclinant légèrement.
II prend le maillet sur la Chaire avec la main gauche et, revenant à la gauche du nouveau Vénérable Maître, il lui tend le maillet par-dessus son avant-bras droit en disant :

Je place, entre vos mains, ce maillet, emblème du pouvoir, qui vous servira à maintenir l’ordre dans la Loge, particulièrement à l’Orient.
Dans les rites « Modernes » (RER et Français) ainsi qu'au REAA, c'est aussi le moment de remettre l’épée au nouveau Vénérable Maître. Le Maître Installateur prend de la main droite la lame de l'épée sur la Bible et tend la garde par-dessus son bras gauche au Vénérable Maître Installé en disant :

Je vous remets votre épée, symbole du Verbe et de la Lumière, qui vous sera nécessaire pour éclairer vos Frères dans les travaux de votre Loge.
Le Maître Installé repose l’épée sur le VLS, lame pointée au nord.
Le Maître Installateur:
Prêtez attention, Maître assermenté, aux passages des Saintes Écritures que je vais vous énoncer ; ils fondent et déterminent les signes qui vous feront reconnaître dans toutes les Loges de la Grande Loge Nationale Française comme M.I.
Psaume 137 v. 1 a 6.

« Sur les bords des fleuves de Babylone,
Nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants
Et nos oppresseurs de la joie. Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion ! Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel Sur une terre étrangère ? Si je t'oublie ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! "

Le Maître Installateur avec la main gauche doigts tendus et joints, donne un coup verticalement sur son poignet droit, puis comme s 'il prenait sa main droite avec sa main gauche, il porte sa main droite sur l’épaule gauche.

Que ma langue s'attache à mon palais
Maître Installateur place sa main droite, poing fermé, pouce levé, sous sa mâchoire inférieure. Le maître nouvellement installé l’imite.

Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie. »
Amos, chapitre VII, v. 7 et 8.

« Le Seigneur se tenait debout près d'un mur aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb. l’Éternel me dit : « Que vois-tu Amos ? Je dis : « Un fil à plomb. »
Le Seigneur dit : « Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël.
Maître Installateur tend son bras droit horizontalement devant lui comme s'il tenait de sa main droite, entre le pouce et l’index, la cordelette d'un fil à plomb. Le Vénérable Maître Installé l’imite.

Désormais, je ne lui pardonnerai plus sa faute. »
Le Maître Installateur poursuit :
Maître Installateur:
Vénérable Maître, veuillez maintenant investir votre « Passé Maître Immédiat ». Appellation à adapter selon le Rite pratiqué dans la Loge ; "Ancien Vénérable Maître" au REAA, "Ex Maître" au RER et "Précédent Vénérable " au Rite Français.
V.M. se lève, en tenant le sautoir de PMI, et s'adressant au PMI placé à sa gauche :
Vénérable Frère, c'est avec plaisir que je vous revêts des insignes de « Passé Maître Immédiat » à adapter selon le Rite de la Loge. Il lui passe le sautoir de PMI. Jugeant de la façon dont vous avez rempli votre charge, je suis certain que si, à quelque moment, j'avais besoin d'aide, je pourrais compter sur votre coopération.

Maître Installateur :
Mes Frères, nous allons saluer notre Vénérable F. nouvellement installé par cinq, en Maîtres Installés, en vous réglant sur moi.
Maître Installateur invite les VF. à former un arc de cercle devant la chaire du VM pour le saluer par cinq par le Grand Signe ou Signe royal. Ce Signe se fait en élevant latéralement les bras tendus au-dessus de la tête jusqu'à ce que les doigts des deux mains se touchent, puts dans le mouvement inverse, ramener les bras le long du corps. Ce salut se donne sans claquement de mains sur les cuisses.
Maître Installateur demande alors au VM de donner un coup de maillet.
VM : *.
Maître Installateur:
Je déclare ce Conseil de Maîtres Installés clos.
VM : *.
1er S. Inst. : *.
2nd. S. Inst. : *.

Le Maître Installateur peut alors demander au nouveau Vénérable Maître d'interrompre momentanément les travaux, au coup de maillet, afin de recevoir les félicitations de ses pairs.
Lorsqu'il aura reçu les compliments de chacun, le Vénérable Maître reprendra les travaux au grade correspondant à la sortie des Maîtres de la Loge.

 

Source : http://www.stichtingargus.nl/vrijmetselarij/s/venmaitre_r.html

 

Par Rituel GLNF - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 10:18

Combien n'ont pas eu de léger sourire intérieur lorsqu'on leur a demandé d'accepter d'avoir la gorge tranchée, les tripes arrachées, le corps dispersé au delà des flots ?

Notre S. C.P. qui a déjà écrit sur ce mur, notamment sur le Lewis ou encore sur les colonnes (record de fréquentation sur ce blog tous titres confondus... yesss pour elle !), nous a gratifée d'une étude pour le moins instructive au sujet des châtiments inscrits dans les anciens serments Emulation. Elle nous propose d'étudier ces "penalties" et de les aborder comme

Un exemple de débat rituélique dans la maçonnerie anglaise

Les serments rituéliques anglais comportent, pour chaque grade des châtiments physiques sévères.

Une anecdote illustre le débat sur les châtiments physiques dans le rituel anglo-saxon : une cérémonie d'initiation se déroule, le candidat, bouddhiste, ayant satisfait à toutes les conditions et procédures; tout se passe normalement, jusqu'au moment où il lui est demandé de prêter serment. Il écoute attentivement, se fait répéter le texte, et en particulier celui lié aux châtiments physiques du parjure, puis se lève et quitte le temple, laissant les membres de l'assistance stupéfaits.

La place, le rôle des châtiments physiques ou pénalties ont suscité un débat de fond véritablement passionné au sein de la GLU d'A depuis les années 1960, débat repris au milieu des années 80 dans le contexte particulier d'une forte vague d'anti-maçonnisme.

En 1984, paraît l'ouvrage de Stephen Knight, intitulé «The Brotherhood », « la fraternité ».

Pour l'anecdote, Stephen Knight est par ailleurs l'auteur de « From Hell » dans lequel il met en exergue un lien entre la franc-maçonnerie, la famille royale et Jack l'éventreur, Malheureusement pour la Grande Loge Unie d'Angleterre « The Brotherhood » devint un best-seller national.. Cet ouvrage a déclenché une vague de fond d'antimaçonnisme en Angleterre. Il y reprend de nombreuses antiennes bien connus des continentaux sur le complot maçonnique, allant parfois jusqu'à rafraichir de très vieilles théories4. Il axe ses réflexions sur les conséquences néfastes du secret d'appartenance en le répercutant sur certains scandales politico-financiers dans lesquels ont été mêlés des FM ou supposés tels - ceux-ci ayant bien entendu pu bénéficier de protections, passe-droits divers en raison de cette appartenance. Il insiste beaucoup sur la place de la FM dans la police londonienne5. Ces attaques ne sont pas demeurées localisées, mais le scandale a pris de l'ampleur et s'est répercuté dans les institutions politiques locales relayé par certaines branches du parti travailliste et par certains groupes religieux.

Cette situation peut prêter à sourire pour des FM français, habitués depuis bien longtemps à constituer l'un des marronniers de printemps ou d'automne et à faire face par le mépris ou le silence aux attaques politico-religieuses et aux débordements imaginatifs de l'anti-maçonnisme.

Mais tel n'est pas le positionnement de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Celle-ci s'est toujours beaucoup manifestée en public : processions de francs-maçons en décors pour un événement local particulier, participation des francs-maçons aux cérémonies de pose de pierres de fondation, pour des bâtiments publics ou des lieux de culte …. .

Le Craft, ou métier, appellation de la franc-maçonnerie, a longtemps constitué l'un des piliers de la société anglaise, pilier social et moral au service de la grandeur de Britannia avec dans l'ordre hiérarchique croissant, l'Eglise d'Angleterre et la Royauté. Pour comprendre cette trinité, il suffit de se rappeler que si la Reine est chef de l'Eglise Anglicane, de nombreux rois ont été grand maître (par exemple son propre père, George VI qui cumulait donc les deux fonctions). Celle-ci est occupée aujourd’hui par le duc Edward de Kent, son cousin, Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre, par ailleurs Premier Grand Principal de l’Arche Royale et c'est un autre membre de la famille royale, Michaël de Kent (frère du précédent) qui est Grand Maître de la Grande Loge de Marque.

Ainsi, toute atteinte à la franc-maçonnerie s'avère dangereuse pour l'institution royale elle-même.

C'est dans ce contexte qu'a resurgi le débat sur les châtiments physiques ou pénalties contenues dans les obligations de chaque grade du Craft.

En 1963-64, déjà, une conférence proposée aux AQC intitulée « les pénalités maçonniques » met en exergue un malaise latent sur cette question ( quelle place, quel sens donner à ces pénalties ? Comment les justifier dans un monde moderne et ouvert ? Comment peut-on les prêter sur le VLS) et abouti au vote d'une modification du rituel du serment en replaçant les mots « sous peine d'avoir » par « de conserver constamment à l'esprit l'ancienne pénalité ». Mais déjà la proposition initiale était de transférer les pénalités du serment vers une autre partie de la cérémonie. Il est à noter qu'aucun des participants éminents et des référents du débat n'a envisagé une suppression pure et simple, le rôle des pénalités étant par trop lié à la signification symbolique du signe pénal.

Le débat va donc resurgir au milieu des années 1980.

Les modifications antérieurement apportées vont apparaître insuffisantes face à l'explosion anti-maçonniques et permettre aux tenants de modifications plus poussées de rouvrir le débat. Il est vrai que parmi ces maçons favorables à de plus amples modifications se trouvaient le GM, duc de Kent, ce dernier ayant fait savoir que la présence des pénalités dans le serment constituait pour lui un « bourdon dans le chapeau ».

Le 11 juin 1986, la Grande Loge Unie d'Angleterre a voté la motion de modification du rituel, les pénalités étant ôtées du serment pour être reportées à une autre partie du rituel et devenir ainsi strictement symboliques et allégoriques.

En 1964 comme en 1986, les arguments pour ou contre les modifications étaient les mêmes.

Dans un schéma synthétique :

·         Arguments contre la suppression des pénalties du serment : les pénalités sont parties inhérente à la tradition maçonnique et au rituel et modifier le rituel c'est porter atteinte aux landmarks, c'est-à-dire aux principes fondamentaux et fondateurs du Craft, lignes fortes auxquelles nul ne doit déroger. Je précise que cette référence à la tradition est cruciale dans un pays monarchique et s'étend à la nécessaire stabilité des institutions sociales.

Si la maçonnerie cède sur ce point aux pressions des médias, alors il lui faudra céder sur d'autres points, encore et encore.

Nul ne peut imaginer dans un pays comme le Royaume Uni que ces châtiments puissent être exécutés.

Le serment perdra beaucoup de sa force d'impact si les pénalités en sont supprimées.

·         Arguments pour la suppression des pénalties du serment : les pénalités ne font pas partie des landmarks, ces bornes frontières chargées de définir les principes fondateurs du Craft, le texte des obligations n'a pas été adopté avant 1816 soit trois ans après l'Acte d'Union.

La brutalité des pénalités, a pu rebuter des candidats à l'initiation et lors de la prestation du serment sur le Volume de la Loi Sacrée, heurter certains candidats dans leurs convictions religieuses en apparaissant contraires à celles-ci. Or le Craft n'implique « rien de contraire aux devoirs civils, moraux ou religieux ».

Les pénalités sont allégoriques, et doivent figurer parmi les autres explications symboliques de la cérémonie.

Comment exiger d'un candidat qu'il prête son serment sans faux-fuyant, équivoque ou restriction mentale d'aucune sorte s'il doit dès cet instant dissocier les pénalités de l'ensemble de ce serment.?

Tous s'accordaient pour considérer que le véritable châtiment du parjure est la perte de l'honneur et de la bonne renommée telle que figurée dans le texte du serment . La sanction est alors de perdre le bonne renommée qui a permis l’admission dans la confraternité de la loge.

Les arguments utilisés faisaient surtout référence à un débat entre le rapport à la tradition , l'adaptation à la société, les conditions légales rendant éventuellement possible un tel changement, mais nettement moins de références à la signification historique ou symbolique de ces violentes pénalités physiques, comme si ce point importait peu au débat ou tout au moins importait nettement moins que la question de la place et de la valeur du serment et du rapport à la permanence de la tradition maçonnique. Appartenait-il à des francs-maçons de modifier un élément du rituel qui leur était parvenu intact?

A l'étude, il apparaît que les pénalités physiques ont été importées des lois en vigueur à l'époque médiévale, dans l’hypothèse du crime de haute trahison. La formule était « hung, drawn and quartered ». Le condamné était traîné derrière un cheval jusqu’au lieu de l’exécution, puis pendu sans que mort s’en suive, puis éventré et éviscéré (les organes / membres brûlés devant les yeux de la victime) et enfin équarri (démembré puis décapité). Les deux dernières étapes pouvaient être interverties. Il était d’usage que les restes soient exposés dans différents lieux ou différentes villes.

Par exemple, l’écossais Dafydd ab Gruffyd fut le premier noble à être ainsi exécuté après avoir trahi le Roi Edward 1er et s’être autoproclamé prince de Galles.

De même , William Wallace , plus connu sous le nom de Bravehearth connu un sort équivalent. Ses restes furent exposés dans quatre villes différentes. Guy Fawkes et ses complices furent aussi suppliciés selon cette règle.

Dans la marine, des peines équivalentes existaient, ainsi, une ordonnance en 1451 prévenait que dans l'hypothèse où était brisé un secret du Conseil du Roi alors le coupable serait maintenu à la limite des basses eaux, pour trois fois, et les mains et pieds liés, la gorge tranchée, la langue arrachée et le corps jeté à la mer.

Il ne s'agissait donc pas seulement prévenir, puis de punir en infligeant une souffrance à la mesure du crime commis et donc à la mesure de la menace de désordre sur l’ordonnancement social, mais il s’agissait bien de s'assurer qu'aucune sépulture chrétienne ne serait donnée au parjure et au traitre. Chassé de la communauté des vivants, chassé de la communauté des morts, chassé de la communauté des ressuscités.

Ces châtiments corporels correspondent à ceux incorporés dans les serments maçonniques. C'est Harry Carr qui a synthétisé l'analyse historique du rapport entre ces pénalités et la FM:

·         aux époques les plus anciennes, l'obligation était le thème central de l'admission dans le Métier, et les manuscrits de Olds Charges le confirment,

·         aux époques les plus anciennes, les obligations du Craft ressemblent fortement aux serments des guildes, c’est-à-dire qu'elles se constituaient d'un serment au Roi, au maitre et aux compagnons et aux lois du Métier ,

·         les formes les plus anciennes des obligations ne contiennent pas les pénalités. Le candidat jure « by my holidome », expression qui signifie « par ce que je tiens pour sacré »

·         à une date ultérieure, même lorsqu'il y a transmission de secrets, l'obligation ne contenait pas de pénalités,

·         le document maçonnique le plus ancien qui fasse référence à des pénalités physiques est le « Edinburgh Register House MS », daté de 1696. Les pénalités ne sont pas contenues dans l'obligation, mais étaient semble-t-il communiquées ultérieurement. A cette époque, n'étaient connus ou pratiqués que 2 degrés, et apparemment, l'apprenti entré reprenait son serment précédent lorsqu'il était fait compagnon,

·         Au 18ème siècle si l'on trouve couramment plusieurs formes de serment et de pénalités, celles-ci ne sont pas incorporées dans la plupart des obligations mais sont communiquées à un autre moment,

·         Les modalités des pénalités ne sont pas statiques mais ont évolué au début du 18ème siècle.,

·         lorsque la divulgation de Pritchard, Masonry dissected, a été publiée, en 1730, une série de pénalités physiques est déjà bien connue et implantée, mais elles sont incorporées, comme dans cette divulgation, dans le serment de l'apprenti,

·         l'allocation de pénalités spécifiques pour chaque degré constitue un développement ultérieur.

Il en ressort que les pénalties ne constituent pas des landmarks, ces fondements qui, pour un maçon anglais, ne doivent jamais être transgressés. Elles n'ont pas toujours figurée dans le texte des serments.

Les châtiments corporels n'ont pas leur place dans les Old Charges des maçons opératifs anglais.

Les plus anciennes mentions maçonniques des pénalités se trouvent dans les manuscrits écossais qui pratiquaient la maçonnerie (spéculative) du mot de maçon (Sloane, 1700; Dumfries 1710), mais pas dans les manuscrits anglais qui ne faisait pas référence à de telles pratiques.

Par contre, à partir de 1720, suite à l'importation de pratiques opératives écossaises chez les anglais spéculatifs, différentes divulgations vont mentionner les châtiments physiques.

Revenons maintenant à l'époque contemporaine : le débat sur les pénalités corporelles s'est clos pour la Grande Loge Unie d’Angleterre en juin 1986.

Mais une fois le calme revenu, il est vite apparu que ce dernier n'était qu'une impression de surface, les courants continuant d'agiter en profondeur des réflexions relative à la force du serment : quelle place pour l'engagement, pour l'obligation formalisée dans le serment ? Quelle garantie (inforcement) inclure pour s'assurer du respect de la valeur de l'obligation prise ?

Le serment constitue l'un des éléments forts de la cérémonie de réception par lequel le passage d'un état à un autre est marqué. L'obligation est constituée :

·         de la réalisation d'une affirmation formelle, ou de la déclaration d'une vérité ou de la promesse de remplir un engagement ;

·         en appelant comme référent / garant / témoin une entité ou un objet sacré

·         le manquement de l'observance entraînant des sanctions.

La formalisation de l'engagement sous la forme d'un serment donne à celui-ci la nature d'un engagement de l'individu dans sa référence au sacré, au transcendant, engageant celui-ci dans le monde des vivants comme dans le monde des morts, parce qu'il est prêté sur le VLS. Il engage totalement celui qui le prend et la force d'impact global donne toute sa puissance à une démarche maçonnique initiatique, quelque soit le cadre dans lequel elle s'exerce.

Le serment maçonnique contient donc un lien avec le numineux, sinon, il ne serait qu'une déclaration. L'ancienne expression « by my holidome » soit « par ce que je tiens pour sacré » évoquée précédemment, prend ici tout son sens. Toute réflexion sur le serment amène à considérer l'importance de la nécessité d'assurer la pleine opposabilité du serment et donc sa permanence et sa force de contrainte sur l'individu et son mental.

L'un des éléments symboliques cruciaux se retrouve dans l'idée que le serment se doit d'être durable comme la pierre, ce qui prend une signification particulière dans une culture dans laquelle certaines pierres jouent un rôle de garant, de manifestation du sacré en lien direct avec le numineux.

Nombreuses sont les cultures qui créent un espace, statue ou pierre dans laquelle s'incarne le dieu, d'où se manifeste l'énergie divine, et la pierre devient ce vers quoi l'on s'incline et la source de la Parole reliant tel un câble, une ligature, l'homme et son obligation.

Un bon exemple du rôle de la pierre garante du serment est constituée par le sacre, au Royaume uni même, des souverains sur la Pierre du Destin qui fait d'eux les rois d'Écosse et d'Angleterre.

Par ailleurs, le serment et les pénalités ont jouées un rôle important dans l'histoire des relations de la FM et de l'Église. Lorsque la FM s'est implantée en France, nombre de serments contenaient manifestement des pénalités physiques et certaines autorités s'étant émues de la violence contenues dans ce texte.

Combien devait être grand, et menaçant pour les pouvoirs en place, le secret révélé pour que sa divulgation soit protégée par de tels châtiments.

Les pénalités constituent une parfaite illustration de la perte de sens de certains éléments maçonniques lorsqu'ils ont quitté le Royaume Uni pour le continent et aussi une illustration des réinterprétations et acculturations continentales qui se sont alors opérées. Et les relations entre l'Église et la FM continentale constitue bien l'une des illustrations de ce décalage culturel où le passé et le présent fusionnent encore aujourd'hui.

S'il n'est pas le lieu et le temps d'analyser précisément l'histoire des relations entre l'Église et la FM, par contre, l'analyse de la place du serment apporte un éclairage sur ce point. Comme il a été dit précédemment, le serment créé une obligation et donc un lien de droit objet d'une sanction qui en assure l’opposabilité et la force.

Quittons ici le seul serment maçonnique stricto sensu pour nous intéresser au contexte des années 1720-1730 en Angleterre et en particulier la pensée de Désaguliers formalisée notamment dans les premiers articles des Consitutions d'Anderson.

L'une des théories explicatives des relations entre l'Église et la FM énonce que, la FM de Désaguliers, et donc post 1723, a établi une théorie juridique marquant une émancipation du droit naturel par rapport à la théologie mais aussi à la doctrine théocratique .

Pour Pierre Boutin, « le projet {de Désaguliers} visait à instaurer la souveraineté de la confraternité. (…) les (..) maçons entendaient fonder l'idée de l'exclusion des affaires de la religion du lieu de la construction juridique d'un individu libre-déterminé, créateur et sujet de droit , un individu apte à trouver sa dignité dans l'administration des affaires terrestres ».

Le serment et ses pénalités rattachent le FM à ce mouvement de création d’un monde de droit séparé.

La question posée devient donc celle de l’origine de la Parole fondatrice, fondatrice du bien et du mal, fondatrice de symboliques d’actes et de signes d’autorité transmis en son nom.

Désaguliers était presbytérien et entendait instituer un système de droit dans une société secrète, droit applicable à ses membres, éventuellement sanctionné par une justice intérieure, société elle-même inclue de la société globale. Les pénalités peuvent alors être identiques à celle de la punition du crime de lèse-majesté, la prééminence d’un système de droit sur l’autre étant en cause pour ses affaires internes et ce malgré l’affirmation du respect des règles de l'État par le franc-maçon.

Cette théorie de la séparation est très vertement combattue par Patrick Négrier. De plus, il est certain que se retrouve ici ce décalage culturel anachronique évoqué précédemment, les maçons anglais n’ayant pas plus aujourd’hui la même perception des rapports entre foi institutionnelle; franc-maçonnerie, droit interne, droit séculier, serment d’obligation.

Mais pour la part qui nous occupe, soit ici la force de l'inclusion des pénalités dans le serment, il importe peu de rentrer dans le fond de ce débat.

Il est bien plus crucial de garder à l'esprit que Pierre Boutin est français et a donc une vision continentale d’une pensée anglo-saxonne ; c’est un théologien, diplômé en droit canonique et qui se place du point de vue du droit canon de l'Église catholique romaine.

A ce titre, il fournit les éléments constitutifs de la pensée catholique notamment contemporaine sur la FM avec en filigrane le rôle historique joué par un serment contenant des châtiments physiques sévères, créateur pour ses détracteurs d’un univers de droit séparé, certains diraient d’un monde parallèle soumis à une autre parole fondatrice autre que celle de l'Église et du média de ses clercs.

Aujourd'hui, nous pratiquons un rite anglo-saxon profondément imprégné de sa culture fondatrice. Le risque est grand pour nous franc-maçons continentaux de ne pas le comprendre vraiment en nous montrant incapable de franchir le Channel culturel. Les châtiments physiques constituent un excellent sujet pour comprendre les écrits, la lettre et l'esprit de ce rituel pour éviter le piège de l'extrapolation continentale par une interprétation fondée sur une incompréhension culturelle. Le piège est tout aussi grand de la simple reproduction littérale sans compréhension. Intégrer le fonds culturel constitue donc la première étape d'une synthèse visant à s'en libérer, je ne suis pas un FM anglais, pour mieux pratiquer la synthèse qui nous est personnelle. Moi ? Je suis post-moderne, et donc schizophrène …. comme eux, même si certains préfèrent l’ignorer.

Source : http://truthlurker.over-blog.com

Par JL T. - Publié dans : histoire de la FM
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 09:25

INTRODUCTION 

 Je me suis proposé pour présenter ce balustre sur la géométrie, car étant moi même Géomètre Expert de formation, j’étais comme le disent les Anglais : the right man in the right place. 

Définir ce qu'est la Géométrie, c'est pour Kant, "la science de toutes les espèces d'espace"

Je dirais que pour moi, la géométrie est l'art de raisonner juste sur des figures simples.

S'il faut poursuivre la démonstration, je cite la géométrie analytique qui par  l'algèbre et l'arithmétique permet de résoudre des problèmes de  géométrie.

Je passerai rapidement sur la géométrie dans l'espace, qui est plus abstraite  et fait raisonner sur trois directions, ainsi que sur son corollaire la trigonométrie sphérique, qui m'a arraché quelques soupirs de désespoir quand j'étais étudiant.

Pour commencer je cite cette phrase de Pascal : Il faut que je donne une méthode encore plus éminente et plus accomplie, mais où les hommes ne sauraient jamais arriver, car ce qui passe par la Géométrie nous surpasse.

Je rappelle également cette phrase d'Aristocles, plus connu son nom de Platon, Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre.

Ce philosophe grec, après une vie de voyages et d'études, fonde dans un lieu appelé ACADEMIOS, une école sur le portique d'entrée de laquelle il fit  graver ces mots:

"médéis agéométrétos eisito"( que nul …) 

ORIGINES ANTIQUES DE LA GEOMETRIE 

La plupart des  progrès réalisés en Grèce au 4ème Siècle avant n.e l'a été par des hommes ayant étudiés dans cette Académie.

Parmi les sciences qui y étaient enseignées, on note en premier lieu: les mathématiques, qui incluaient l'arithmétique et la géométrie, puis la musique, la loi, que nous nommons aujourd'hui  le droit, et enfin la philosophie.

Pour beaucoup d'entre-nous, la géométrie est une branche des mathématiques. Généralement on nous l'enseigne comme un système d'axiomes par lesquels certains rapports entre des formes, comme des cercles et des triangles, peuvent être démontrés. Enseignée ainsi, la géométrie semble dénuée de la nature spirituelle que nous associons avec le sacré et que nous retrouvons dans les cathédrales par exemple.

Les savants grecs nommaient alors l’Univers l’Ordre des Choses, ce que nous pouvons comprendre comme étant d'une origine religieuse inventée par Dieu et non par les hommes.

Dans "Georgias", Platon rappelait que l’égalité régnait en géométrie.

Je cite:

Les savants, Calliclès, affirment que le ciel et la Terre, les dieux et les hommes sont liés ensemble par l'amitié, le respect de l'ordre, la modération et la justice et pour cette raison ils appellent l'Univers l'ordre des choses, camarade.

Non le désordre ni le dérèglement.

Tu n'y fais pas attention malgré toute ta science et tu oublies que l'égalité géométrique règne, toute-puissante parmi les dieux comme parmi les hommes. Tu penses qu'il faut s'efforcer de l'emporter sur tous les autres : parce que tu négliges la géométrie. 

Qui pour Platon ne pouvait qu'être une science du bien. Rappelons que Calliclès était un citoyen athénien influent qui prônait qu'il ne fallait pas limiter ses désirs, même si pour cela on créait une injustice.

De par cette citation, voyons justement ce que nous devons à ces savants de l'Antiquité.

En moins de quatre siècles, de Thalès de Milet à Euclide d'Alexandrie, les penseurs grecs ont  construit un Empire dont la grandeur perdure jusqu'à nous. Ils nous amènent encore, à plus de deux millénaires de distance, à travailler selon les mêmes gestes qu'eux. Cette réussite s'appelle les mathématiques et la géométrie.

Toute l'aventure commença, par ce qui allait précéder la géométrie, c'est à dire l'astronomie. Comment observait-on dans l'Antiquité ?

L'aiguille du cadran solaire ou gnomon projette des ombres sur le sol. La lumière venue d'en haut projette sur la terre un dessin dont l'allure imite et représente les formes de l'Univers, par l'intermédiaire de la pointe du bâton. 

Remonter des ombres à la lumière et des images projetées à leur modèle, voilà les leçons communes à l'astronomie grecque et à la théorie platonicienne de la connaissance. Que l'outil qui permet cette opération soit un simple bâton, voilà qui nous aide à  devenir humbles.

Et de nous poser la question: Quand un scientifique découvre une nouvelle théorie ou une nouvelle équation, que s'est il passé ?

Est-ce l'humain qui est venu à la découverte en allant vers l'inconnu, ou est ce la découverte qui vient vers l'humain ?

Parvenu au pied des pyramides, Thalès démontre la similitude des triangles formés, le premier par Chéops et son ombre, le second par un piquet planté là. Les angles sont égaux et les côtés proportionnels. Il définit ainsi l'homothétie.

Voici donc que se dévoile la grande énigme de l'origine de la géométrie qui prend sa source dans les astres et se révele par un piquet planté verticalement.

La géométrie porte le nom de sa mère, la Terre, sur laquelle ce qui tombe du ciel se mesure. Jalonnée à l'aide du gnomon, elle demeure comme un fondement, comme une fondation creusée sous la science, d'où monte le savoir. 

Voici la verticale du fil à plomb qui signifie intelligence. Mais la perpendiculaire aussi. Elle pend comme le cordeau du maçon et pèse le poids de son plomb, mais elle pense. Le verbe penser ne connaît pas d'autre origine que peser, pendre ou pente. 

Que notre langue nous ramène pour la connaissance à des images aussi simples que le fil à plomb indique seulement que le problème de la pensée date d'une époque récente. L'intelligence artificielle est plus ancienne que l'intelligence tout court, elle-même se réduisant à une possibilité de faire. Le je pense donc je suis a trois cents ans alors que le gnomon dit qu'il connaît depuis plus de trois millénaires. 

De même que la perpendiculaire, le compas et la règle permettent de construire. Ils contiennent ou impliquent une infinité de droites, cercles, points, angles droits, parallèles et figures possibles. Ils constituent vraiment la mémoire dans laquelle ils s'enveloppent et d'où l'on peut à loisir les extraire. Ils constituent les matériaux de base de la logique.

Le trait sans dimension autre que la sienne propre, s'extrait de la règle, se tire en tous sens, permettant ainsi à l'homme de développer une pensée concrète et réfléchie lui permettant à son tour, de se construire.

Survolons maintenant une autre idée géométrique que vous connaissez peut être: le Paradoxe de Zénon d'Elée. 

Parti d'un point pour accéder à un autre, le voyageur ou le mobile doit passer d'abord par le milieu du segment qui les sépare, ensuite par le milieu du segment qui reste, et ainsi infiniment.

Donc il n'arrive jamais au but.

Le monde mesurable, par approximation et même exactitude, avoisine immédiatement un autre monde infiniment lointain, sans dimension puisque la mesure s'épuise à l'atteindre.

Ce paradoxe a été longuement étudié par Pascal dans son texte : De l'Esprit Géométrique. 

LES  ARTS  LIBERAUX 

De la philosophie de Platon qui disait : Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre, nous pouvons retenir que la Connaissance est possible par les idées, les images et les formes, qui du chaos des sensations dégagent et modèlent la pensée ordonnée.

Nous apprenons à penser en groupant les choses, en les répartissant en classes d'après leurs analogies. Nous faisons ainsi appel à la réflexion intuitive qui pour moi est ici différente du raisonnement purement mathématique. Les mathématiques pures obligent à une rigueur d'interprétation, alors que la géométrie permet une souplesse d'esprit. Celle-ci par son application, a expliqué l'art de découvrir les vérités inconnues. C'est ce qu'elle appelle l'analyse.

La géométrie semble alors une philosophie qui se rapproche de  notre symbolisme et des buts des symboles. Pour compléter mon propos, je citerais H. Poincaré :" La Logique sert à prouver, l'intuition sert à créer."

La Géométrie, par la clarté d'esprit qu'elle préconise, par les trois points de son raisonnement, à savoir: hypothèse, démonstration et conclusion, par 1'Art du Trait qu'elle exerce, ne pouvait de ce fait, qu'être un des Arts majeurs de la F:. M:.

Je ne peux parler de géométrie sans faire appel aux Arts Libéraux. 

Ils trouvent leur origine dans le monde antique. Ils furent codifiés en tant que tel et devinrent la structure usuelle de la connaissance médiévale.

 Il semble possible que le terme libéral d'arts libéraux, signifie que la connaissance était le domaine des hommes libres (liber en latin signifiant libre). L'église conserva l'idée que les Arts Libéraux étaient les différentes étapes d'une hiérarchie du savoir. C'est la théologie qui prenait désormais la première place, et une orientation chrétienne était donnée à la connaissance. Le Trivium étant maintenant utilisé pour comprendre les Ecritures. Les mathématiques, donc le Quadrivium, devenant alors le moyen de comprendre comment Dieu avait organisé le monde.  

Evoqués au 2ème puis au 30ème degré sur l'Echelle Mystérieuse, les Arts Libéraux constituent la structure profonde de la maçonnerie.

La description de la loge qui s’étend de l’Orient à l’Occident, du Septentrion au Midi et du Zénith au Nadir, nous convie à une vision unitaire et globale. Cette vision n’ignore pas les détails mais ne leur accorde que leur véritable place, ce qui doit nous conduire à une nouvelle échelle des valeurs.

Le Larousse de 1875 définit le quadrivium comme suit: 

Quadrivium: Division des arts libéraux qui contenait les quatre arts mathématiques, savoir : l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie.  

Ainsi l’arithmétique, science du nombre, et la géométrie, harmonie de l’espace, nous donnent une vision de la structure du monde. Cette vision est complétée par l’astronomie auquel est ajoutée la musique.

Les  Arts Libéraux  nous permettrons ainsi de savoir que la vie maçonnique, quand elle est poursuivie dans l’amour et l’effort, confère au maçon un équilibre majeur. (Antonio Coen) 

Le mot GEOMETRIE se trouve dans les "Olds Charges", textes anciens de la F:. M:. Opérative. Le plus ancien que nous connaissons date de 1390.

Il y est écrit, je cite: (voir annexe 2) 

La géométrie qui enseigne à l'Homme à mesurer  la Terre et toutes les autres choses, laquelle science est appelée Maçonnerie. 

Et  enfin, dans ce même texte ancien, il est dit:

Remarquez je vous prie, que toutes les sciences sont contenues dans la Géométrie, parce qu'elle enseigne à répartir et à mesurer la pondération dans et sur la totalité de la Terre que vous avez à connaître. Et ni la grammaire, ni la logique, ni aucune des sciences, ne peut subsister sans la Géométrie.

On ne peut être plus clair!

Dans le document PRICHARD, de 1730, intitulé  La Maçonnerie étudiée en détail, il est dit:

Les arts libéraux sont le fondement de l'organisation originelle de la maçonnerie et plus particulièrement le cinquième, la Géométrie. C'est à la construction de la tour de Babel que l'art et le métier de la maçonnerie furent établis pour la première fois. De là, ils furent transmis par Euclide, excellent et admirable mathématicien d'Égypte, qui les communiqua à Hiram le maître maçon engagé à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem.  

Pour en terminer avec les citations, je voudrais vous lire, tiré du Régius, un petit poème anonyme dont l'auteur ne nous est pas connu, comme l'aurait dit ce brave M. de La Palisse 

Bien des années plus tard, le bon clerc Euclide
Enseigna le métier de géométrie partout autour,
Par la haute grâce du Christ au ciel,
Il fonda les sept sciences :

Grammaire est la première, je le sais,
Dialectique la seconde, je m'en félicite,
Rhétorique la troisième sans conteste,
Musique la quatrième, je vous le dis,
Astronomie est la cinquième, par ma barbe,
Arithmétique la sixième, sans aucun doute,
Géométrie la septième, clôt la liste,
Car elle est humble et courtoise,
 

Pour les anciens Maçons opératifs, c'est le système fondamental à partir duquel s'effectuent toutes les démarches intellectuelles, morales et spirituelles. C'est une démarche que l'on peut qualifier de révolutionnaire.

En effet, au Moyen Age, l'enseignement était à sens unique. Aristote dixit "Le Maître Aristote a parlé" et ce qui était dit l'était sans contradiction possible. Le bon élève était celui qui admettait sans critiques l'enseignement du maître, sans se poser de questions, avec confiance.

Seuls quelques uns s'élevaient contre cette attitude et le 12ème siècle a été témoin du développement de l’esprit critique, d’où une réaction de l’Eglise qui est devenue une puissance politique et matérielle et qui s'oppose à cette remise en cause des dogmes religieux. 

Citons Abélard dont les amours avec Eloïse lui valurent quelques déboires (qui par amour eu cette essoine, chante F. Villon), déboires qui de nos jours lui auraient permis de faire partie de la chorale des petits Chanteurs à la Croix de Bois.

Certains ont pu se poser la question de savoir si la science géométrique des batisseurs du M.A ne cachait pas quelques secrets inavouables. Ce ne sont à mon avis que des hypothèses basées sur la non compréhension du symbolisme ésotérique des figures géométriques. Je vous renvoie à l'excellent article sur les Tracés Régulateurs, paru dans le supplément d'Ordo ab Chao n° 54.

D'ailleurs, comment faudrait-il comprendre cette géométrie secrète?

Comme un monopole réservé aux hommes du métier ou comme une dimension ésotérique de la Géométrie?

L'importance accordée à la Géométrie par la F:. M:. donne également l'indice de l'existance à l'époque opérative, d'un ésotérisme fondé en grande partie sur le 5ème Art Libéral.

Remarquons que chez les C:. tailleurs de pierre, leurs tracés s'effectuent sur deux modes, le Triangulum, à base hexagonale (à rapprocher du Trivium) et le Quadratum, à base octogonale (à rapprocher du Quadrivium).

Nous connaissons les écrits anciens concernant la géométrie. En premier lieu les Carnets  de Villard de Honnecourt, basés en partie sur le Quadratum, mais également le Livret de rectitude des pinacles, de Mathias Roriczer- 1486-, Maître architecte de la cathédrale de Cologne.

De même Albretch Dürer dans ses Instructions pour la mesure à la règle et au compas. 

N'oublions pas aussi le fait que nous sommes dans un Aréopage et que lors de l'élévation au 30ème degré le futur chevalier Kadosh se trouve devant une Echelle Mystérieuse.

Il s’agit d’une échelle double reposant sur le sol, stable et autonome. Sa forme est celle d'un triangle. Comme toute échelle elle se distingue de la verticalité du fil à plomb, elle offre une voie oblique, accessible et progressive.

Le sommet atteint, que faire, sinon appliquer cette sagesse, cette justice, cette intelligence, cette compréhension dont nous sommes peut-être un peu mieux pourvus ? Sinon par un travail externe, redonner ce que l’amour et le travail sur nous même ont permis d’approcher.

Lors de la descente de cette échelle, côté du Midi, la Géométrie est le cinquième échelon. Cet échelon à son correspondant du côté septentrion. C'est Motek, la douceur.

La force n'a de valeur que si elle est sûre d'elle afin de s'exprimer d'une façon tranquille. Vient alors le temps de la douceur, qui n'est autre que la force tranquille qui convainc et s'assure une victoire définitive si elle est exercée dans le respect de l'autre. Nous pouvons certainement faire une comparaison entre cette force qui convainc par la douceur c'est-à-dire par la démonstration raisonnée permettant de vaincre les oppositions, et la géométrie qui par sa rigueur graphique et de pensée permet de justifier la justesse du raisonnement. 

Revenons quelques instants sur la silhouette de cette Echelle. Elle forme un triangle indéformable et ceci nous rappele qu'elle symbolise le G A D L U.

Par ses trois points vus precedemment, hypothèse, démonstration et conclusion, c'est une des voies d'accés à la recherche de la Vérité et ses trois sommets sont représentés par les 3 points de la franc maçonnerie. Enfin, par ces 3 points il ne peut passer qu'un plan.

Mais la forme de cette échelle nous rappelle également notre parcours maçonnique fait de constrution et de deconstruction, de montée et de descente. Descente dans les profondeurs de la terre au 1er degré, renaissance au 3ème degré, destruction du Temple au 14ème degré, également ceux du Chapitre, mais la Parole Perdue est retrouvée. Du 19ème au 30ème degré, nous avons une ascension vers le Nec plus Ultra puis une redescente en une fois, par les Arts Libéraux. Dont la Géométrie.

Ces Arts Libéraux, libres suivant leur éthymologie, qui signifient que la mission du C.K.H  est d'amener les Hommes à se libérer de ténèbres. 

LA PENSEE GEOMETRIQUE 

Nous sommes redevables à Platon que l'idée de la recherche intérieure est possible, alors que toute la philosophie du Moyen-Age chrétien peut se résumer dans cette affirmation : la Raison est la part de Dieu dans l'homme et il lui appartient de l'utiliser pour arracher la Création au désordre apparent des choses et ainsi percer les intentions du Créateur. 

Comme tout système trop rigide, une conséquence imprévue du succès des Ecoles fut de fournir les armes à une remise en question.

Saint Bernard, qui l'avait bien pressenti, n'eut de cesse de tonitruer pour que les moines restent enfermés dans les travaux des champs et les oraisons au lieu de risquer le contact avec le monde extérieur. Abélard, au grand scandale de Saint-Bernard, écrit: Mes étudiants avaient besoin d'explications intelligibles plutôt que d'affirmations.

Abélard défend l’idée que Dieu ne s’est pas incarné pour racheter un homme déchu, mais pour éclairer l’homme par sa Parole, pour lui manifester la profondeur de son amour et il affirme que c’est par son libre arbitre que l’homme peut rejoindre Dieu. 

Nous sommes ici en présence du libre arbitre face à la pensée unique, c'est-à-dire du choix après analyse.

Le gros challenge de l'humain aujourd'hui est de sortir de la pensée unique. L'humain doit fonctionner dans la globalité de son potentiel, à la fois logique et spirituel.

La géométrie, par sa démarche intellectuelle, amène à cet esprit d'analyse. Le savoir qui s'en dégage est progressif  et ne peut se faire que par un développement logique de la pensée.

Ce n'est plus la mémoire qui prime, mais l'esprit de synthèse et l'intelligence. L'esprit a pour lui le fait d'être illimité, flexible et surtout intuitif. De ce fait, l'Idée, la pensée, se doit de ne pas être dogmatique mais de rester curieuse et ouverte à l'esprit, au-delà de toute idéologie sectaire.

Citons encore Platon, qui, dans le Timée, parle de la propriété des triangles et de l'aide que leur étude apporte à la capacité de raisonner. Je cite: Nous progresserons conformément à un raisonnement où la vraisemblance s’allie à la nécessité.   

A l'époque ancienne, le Compagnon qui se trouvait dans une ville ou une Loge étrangère, se faisait reconnaître en justifiant sa marque et en l'expliquant par la géométrie et par le symbolisme.

Ainsi commençait à se créer et à se transmettre, une philosophie basée sur la raison, l'intuition,    l'analyse et l'intelligence, et dont le fondement était la géométrie.

L'élève ne subissait plus le cours du maître sans réflexion, mais en appliquant l'esprit de géométrie, il avait la liberté du choix. On comprend mieux alors la phrase de Platon.

On ne peut  entrer dans son Académie si on ne possède pas l'esprit de géométrie, c'est-à-dire si on ne possède pas la liberté de choix, ce qui revient à dire, si on n'a pas de libre arbitre. 

Par cette liberté de choisir qui est une résultante de l'esprit d'analyse, on se trouve au-dessus des passions. On est alors à même de créer son propre Temple intérieur.

C'est dans cet objectif que travaille le Franc-maçon et cet objectif donne un sens à notre vie.

Nous nous attelons à un travail librement choisi qui remet en question les normes habituelles. Nous en concevons de nouvelles, plus achevées et mieux finies.  

Ce travail que nous faisions sur nous même est à l'opposé du travail profane.

Dans le monde actuel, la majorité des travailleurs subissent leur travail comme une corvée. C'est le " métro-boulot-dodo" bien connu, avec pour résultante un refus de l'initiative.

Le "je n'en ai rien à faire, c'est pas mon problème" est malheureusement trop souvent entendu autour de nous. Ce travail-corvée est inconsciemment une résultante des textes bibliques et de la Genèse qui définissent le travail comme une punition  pour la faute commise par Adam et Eve.

Des tabous ont ainsi été créés pour nous maintenir dans un état inférieur. L'idée de péché permet de rabaisser l'Homme tout en le maintenant dans une dépendance d'esprit.

En sens inverse, la démarche du franc-maçon qui se libère de cet état par un travail interne, et extrapole cette liberté par le travail externe, nous aide à réintégrer cette transcendance originelle qui est en nous et que nous devons redécouvrir.   

En loge de Compagnon, nous avons glorifié le Travail. 

En Aréopage nous avons pris conscience que tout ce que nous avions compris dans notre progression maçonnique, devait maintenant se mettre en application par un travail sur l'extérieur de la loge.

Par son travail externe et à l'aide de ses mains et de son cerveau, le F.M accomplit son destin.

L'homme est affamé d'activités au point que, par exemple, les retraités s'imposent de sévères disciplines dans le but de se divertir. Sans doute la vraie paresse est elle plus rare qu'on ne le croit, car nous aimons naturellement vaincre les difficultés et achever nos réalisations.

Chacun de nos efforts est un appel qui aimante l'invisible et fait descendre en nous des forces dont on a besoin. Chaque œuvre compte pour la conquête de la couronne Kether.

La conséquence du travail humain, si ce travail est réalisé en appliquant ce que nous avons appris dans nos Loges, ne peut qu'être immense.

Nous sommes des oeuvriers libres d'étudier et d'exécuter les plans et à chacun de nous est dévolue une petite part dans la puissance de créer de l'ordre vers la Lumière, ou du désordre vers les Ténèbres. Ainsi, plus la volonté qui inspire l'œuvre est dirigée vers le haut, plus proche est la perfection.

Ce qui nous élève ce n'est pas l'objet de notre occupation, mais la manière dont nous l'animons par notre esprit.

Et la conséquence immédiate de son travail est que le franc-maçon se crée lui-même. Ici se trouve la clef  de cette Glorification au Travail amenant au Nec plus Ultra.

Le choix de l'œuvre à accomplir est rarement laissé à l'initiative de l'Homme car elle est dictée par le compte courant que chacun de nous possède au Grand Livre de la vie. Mais développer ceci serait trop long, et cela nous entraînerait sur une étude entre déterminisme et hasard, ou, titre d'une planche que j'ai faite il y a quelques années, déterminisme et karma.

Notons que la Franc-maçonnerie est une science spéculative basée sur l'art opératif. Tous ses symboles et allégories se réfèrent à cette connexion.

Pour définir cette connexion en employant des mots anglais, nous pourrions dire que lorsqu'une Loge écoute le compte rendu du secrétaire ou discute d'une planche, qu'elle est au business, mais que lorsqu'elle initie, ouvre ou ferme les travaux, elle est at work. 

Dans la loge bleue, la lumière du Delta éclaire l'Autel des Serments sur lequel sont posés les trois Grandes Lumières: le Volume de la Loi Sacrée,  l'équerre et le compas.

Dans un Aréopage, seul demeure le Volume de la Loi Sacrée.

Je voudrais revenir quelques instants sur le compas. Etre géomètre c'est savoir utiliser les instruments de mesure et tous les outils qui en découlent et que l'on pourrait qualifier en les regroupant, d'étui mathématique.

Le compas, par la capacité de celui qui l'utilise, peut à partir d'un point fixe tracer des cercles plus ou moins grands. C'est l'esprit qui à partir d'une référence, peut s'élargir vers tous les horizons et voir tous les problèmes tout en se donnant une limite.

Le Franc-maçon doit s'élever dans sa recherche et il peut le faire grâce au compas. En partant de la surface plane qu'il a tracé, sa main et les branches de l'outil forment en tournant un volume conique, première approche de la spirale de notre élévation spirituelle. 

CONCLUSION 

Comme le dirait Pascal, après avoir finement associé l'esprit de finesse à l'esprit de géométrie, il est temps d'arriver à la conclusion. Courte ! Pour faire plaisir à certains FF:.

Ainsi la géométrie fonde la physique parce que le monde est sa condition transcendantale. Elle fonde aussi la technique puisqu'elle est une technique. Mais elle est aussi productrice d'abstraction. De la géométrie d'Euclide sortiront plus tard la Géométrie pure, née de la règle ou du compas, ainsi que des géométries plus abstraites encore.

Avoir une vision géométrique des choses c'est définir des valeurs morales dans une progression harmonique intérieure, réalisant ainsi la résonance dans le microcosme, des lois du macrocosme.

Comprendre l'harmonie du macrocosme, c'est comprendre la relation qu'il y a entre l'Univers, le T:. de l'Homme et l'Homme lui même.

C'est mettre à l'unisson le rythme de l'individu avec celui de l'Univers.

C'est percevoir l'infiniment petit et l'infiniment grand.

Nous devons avoir l'esprit de géométrie pour nous protéger contre les tentations de la facilité et des généralisations. 

Je dirais qu'être Maçon et géomètre selon Platon, c'est se libérer par l'hérésie aux normes imposées et se mettre ainsi à l'abri du dogmatisme.

Je dirais qu'appliquer la géométrie et être géomètre suivant l'esprit de Platon, c'est savoir grignoter l'inconnu.

Ceux qui me connaissent savent que je peins des portraits. Aussi terminerais je ce travail par une citation.

Pour exprimer la Nature, on la représente par le cercle, le cylindre et le cône.

(Pablo Picasso.)

Pas mal pour un peintre cubiste, non !?

J'ai dit  T E C.

Documents  annexes à la suite

Extrait du manuscrit Dumfries (1710) R.L Dumfries Kilwinning n°53

Il y a sept arts libéraux. Le premier est la théologie qui enseigne les vertus du raisonnement, le seconde est la grammaire qui, associée à la rhétorique, enseigne l'éloquence et la manière de parler en termes subtils. Le troisième est la philosophie qui est l'amour de la sagesse, par lequel on concilie les deux termes d'une contradiction et l'on rend juste ce qui est tordu, noir ce qui est blanc, par la règle des contraires, etc. Le quatrième est la musique qui enseigne le chant, à jouer de la harpe et de l'orgue et de toutes sortes de musiques vocales ou instrumentales. Il faut se souvenir que cet art n'a ni milieu ni fin. Le cinquième est la logique qui permet de découvrir la vérité en partant de ce qui est faux, et qui sert de guide au juge et à l'avocat. Le sixième est la géométrie qui enseigne à mesurer les cieux matériels et toutes leurs dimensions terrestres, et tout ce qui y est contenu. Le septième et le dernier des arts est l'astronomie qui enseigne, avec l'astrologie, à connaître la course du soleil, de la lune et des étoiles, qui tous ornent les cieux. Les sept arts sont fondés sur la géométrie par laquelle nous concluons. Cet art a le plus de valeur et il donne aide et assistance aux autres. Il n'existe personne, pratiquant un métier, qui ne travaille au moyen d'une mesure et de toute la géométrie. Elle sert à peser et à mesurer toutes sortes de choses sur terre : en particulier les laboureurs et les cultivateurs [s'en servent] pour le grain et les semences, les vins et les fleurs, les plantes et autres choses. Sans la géométrie, aucun autre art n'aide les hommes à mesurer. Comment cet art a commencé, je vais le narrer.

Avant Noé et le déluge, il y avait un homme nommé Lamech qui avait deux femmes. L'une s'appelait Adah et elle enfanta deux fils : l'aîné s'appelait Jabel, et l'autre Jubal. De l'autre femme, il eut un fils nommé Tubalcaïn et une fille appelée Naamah. Ces enfants découvrirent tous les arts et les métiers du monde. Jabel, l'aîné, découvrit la géométrie. Il gardait des troupeaux de moutons. Ceux-ci eurent des agneaux dans les champs. Pour eux, il bâtit des cabanes de pierre et de bois, comme on le découvre dans le 4° chapitre de la Genèse. Son frère Jubal découvrit l'art de la musique vocale et instrumentale. Le troisième frère découvrit le métier de la forge, du bronze, de l'acier et du fer. Leur soeur découvrit l'art du tissage et du maniement de la quenouille et du fuseau.

Ces enfants eurent conscience que Dieu voulait châtier le monde à cause de son péché, par le feu ou par l'eau. Néanmoins, ils étaient plus intéressés par le bien de leur postérité et préféraient l'art qu'ils avaient découvert plus que leurs propres vies. C'est pourquoi ils gravèrent la science qu'ils avaient découverte sur des colonnes de pierre, pour qu'on les trouve après le déluge. L'une était d'une pierre, appelée marbre et ne pouvait être détruite par le feu, l'autre monument était fait de briques et ne pouvait se dissoudre dans l'eau.

Après le déluge, le grand Hermorien, fils de Coush (Coush était le fils de Cham, second fils de Noé), fut appelé « père de la sagesse », à cause des colonnes qu'il découvrit, après le déluge, et où étaient inscrits les arts. Il les enseigna, lors la construction de la tour de Babel, où il fut appelé Nemrod ou « puissant devant le seigneur ». Nemrod professa le métier de maçonnerie, selon le désir de son cousin, le roi Neneveh. Le dit Nemrod reçut des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour qu'ils construisent toutes sortes de bâtiments à la mode à l'époque. Il leur enseigna des signes et des preuves pour qu'ils puissent se reconnaître l'un l'autre du reste des autres hommes.

Annexe 2 -   Extrait des Olds  Charges  (1390)

Celui qui se donnera la peine de chercher et de lire, trouvera dans un vieux livre l'histoire de grands seigneurs et dames qui avaient beaucoup d'enfants.

Ils tinrent conseil par amour pour leurs enfants. Ils étaient fort préoccupés par le sort de leurs descendants après leur mort. Ils envoyèrent alors chercher des clercs instruits pour leur enseigner de bons métiers. C'est ainsi que, grâce à la bonne géométrie, cet honnête métier qu'est la bonne maçonnerie fut constitué et créé, et mis au point par les clercs.

À la demande des seigneurs ils créèrent un art qu'ils nommèrent maçonnerie, en se basant sur le modèle de la géométrie, décidés à en faire le plus honnête des métiers.

Le nom du premier clerc était Euclide et sa renommée s'est répandue au loin. Il ordonna que celui qui était le plus doué devait instruire celui qui l'était moins et que le plus avancé soit appelé maître, afin qu'il soit particulièrement honoré. 

Voilà comment, grâce à la bonne science de la géométrie, naquit le métier de maçonnerie. Source : www.ledifice.net

Par A.Z - Publié dans : Planches
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:48

Les loges maçonniques du XVIIIème siècle dans le secret de leurs travaux ont su marier la tradition opérative et la chevalerie.

La recherche de la lumière semble être à l’origine de l’association des dernières voies initiatiques encore praticables en occident. La franc-maçonnerie est le grand réceptacle traditionnel d’éléments très anciens et hautement symboliques. Elle fut composée dés son ouverture spéculative par de nombreux officiers et chevaliers de noblesse. Ces derniers voulaient redonner corps à une tradition alliant action et spiritualité. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au Siècle des Lumières, la loge maçonnique devienne la crypte protégeant le trésor des anciennes initiations.

Trois courants ont présidé à la naissance de la franc-maçonnerie " spéculative " : le courant opératif - celui du métier qui repose sur les connaissances géométriques qui sont la base de l’architecture - le courant religieux ésotérique - avec son contre-versant hermétique qui libère le langage du dogme, et le courant chevaleresque qui engage enfin le maçon spéculatif dans un combat.

Les deux premiers sont bien connus. Le troisième mérite un certain nombre d’éclaircissements pour comprendre son extraordinaire adaptation inspirant la plupart des rituels des différents rites.

Il existe une symbolique et d'une mythologie commune entre chevalerie et maçonnerie. L'idéal chevaleresque est une source profonde du système écossais, et de la coutume écossaise depuis Robert de Bruce et la légende de la pierre de Scone. Cet idéal fonde le pouvoir royal plus que le pape lui-même.

La chevalerie se réclame comme la franc-maçonnerie d’une tradition immémoriale.

Les traces sont anciennes et partent de la tradition primordiale. La caste guerrière est toujours présente dans toutes les civilisations. Elle remplit une fonction indispensable à l’édifice testamentaire et se réfère à l’idéal et à un imaginaire agissant se traduisant dans l’engagement du corps jusqu’au sacrifice. C’est par le sacrifice qu’elle établit un lien supérieur avec le créateur ou le centre ontologique. Dans l’Ancien Testament, Dieu interdit à David de construire le Temple, car il appartient à cette caste guerrière et à trop de sang sur les mains. Les deux Saint-Jean dont se réclame la franc-maçonnerie sont les descendants du roi David au même titre que le Christ. À ce titre les maçons peuvent aussi se réclamer de la caste chevaleresque.

L’esprit chevaleresque connut son plein développement au moyen-âge puis s’ennoblira au point de perdre la couleur du sang et l’idée d’un centre totalisant. Sa présence au plan initiatique sera entretenue dans des cercles fermés tels la" Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante. La démarche gibeline de restauration du pouvoir impérial face au Pape sera un support puissant qui fit choisir Jérusalem plutôt que Rome dans tous les rituels maçonniques, y compris les rituels catholiques ou Stuardistes. C’est l’esprit du Temple dans sa construction, sa destruction et sa libération qui motivera les deux initiations. La première bâtit le temple la seconde le libère.

La chevalerie en franc-maçonnerie nous vient de la légendaire Écosse, du moins celle que sur le continent, le génie français put imaginer.

La Légende de Saint André évangélisant l’Écosse, l’ordre chevaleresque de Saint André du Chardon ainsi que les tombes
templaro-maçonniques d'Écosse appuyées par la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, rejoignent la légende des templiers réfugiés en Écosse et mystérieux acteurs de la victoire de Bannockburn. De cet ensemble mythique se dégage le sentiment qu’une vérité universelle fut importée en Irlande et en Écosse et que les loges opératives et les chevaliers « acceptés »en furent dépositaires.

Les ordres chevaleresques structurèrent la chevalerie occidentale : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers teutoniques. Ils vont ordonner la quête autour de cause et d’actes spécifiques.

Le sens symbolique donne mission à l'Ordre Écossais de créer un authentique Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit.

Ainsi le chevalier-maçon du XXIème Siècle, ne se considère plus comme gardiens in situe du Temple et de la Terre Sainte. Les défaites subies et la chasse dont ils furent victimes orientent les chevaliers à promouvoir leur temple intérieur, dans l’idée fraternelle de rependre la lumière autour d’eux. Cette notion fut apprise en Orient.

Le mariage de la truelle et de l’épée.

C’est ainsi que nous aurions pu intituler notre recherche. Le mariage de la truelle et de l’épée fut basé à la fois sur une nécessité et sur un consentement mutuel.

La nécessité découle de la source vétérotestamentaire qui indique que pour rebâtir le Temple détruit il faut marier la truelle et l’épée. D’autres facteurs historiques ont créé un rapprochement entre une corporation initiatique et les ordres de chevalerie dès le moyen-âge.

La présence de la chevalerie dans le système maçonnique pose un certain nombre de questions qui sont loin d’être résolues. Cependant, il est possible d’émettre un certain nombre d’hypothèses qui à défaut d’être démenties par la recherche historique ou prouvée par des documents authentiques, alimentent et densifient la mythologie maçonnique qui ne s’en lasse pas.

Notre article fait suite à celui paru dans la RDM2 page 134, et tente d’apporter quelques précisions. On retrouvera certains développements plus adaptés aux grades de chevalerie de la franc-maçonnerie du Rite Ecossais dans sa version primitive en consultant le Maître parfait Ecossais et le Chevalier de saint André aux Editions du Maçon.

La légende, tout autant que l’histoire, fonde l’imaginaire du maçon et du chevalier ouvrant ainsi de véritables et valables perspectives initiatiques pour lesquelles, il faut en convenir, une sèche rationalité ne ferait pas l’affaire. L’initiation maçonnique comme l’initiation chevaleresque nous propulsent au seuil du monde de la connaissance, qui n’est pas inconnu des Francs-Maçons. En effet, la pratique de nos ainés constitue un véritable patrimoine initiatique que nous transmettons d’initié en initié. Ce trésor se niche non pas dans les soubassements de notre conscience, mais bien au contraire dans ce que j’appellerais une supra conscience. Cette supra conscience se situe au fond de notre boîte crânienne et ne demande qu’a être réveillée par l’intuition du cœur.

Assis sur le seuil de la perception d’une totalité, nous sommes pris de vertige face aux profondeurs de l’Être et à l’infini de l’univers. Franchir ce seuil consiste à harmoniser l’être et le tout, autrement dit, faire en sorte que l’homme pentagramme devienne hexagramme. Embrasser en tant qu’homme une totalité qui nous dépasse, tel est le but et l’apport de la chevalerie.

Pour atteindre cet objectif, il faut se réapproprier les états inférieurs de l’être puis progresser au plan initiatique jusqu'à n’être non plus un corps réagissant, ni même un homme « bien pensant » et bien construit, mais un homme « esprit ». Seul l’esprit est capable d’embrasser le Tout.

À ce stade, c’est l’imaginaire qui sert de support de projection mentale pour réaliser ce dessin initiatique. L’imaginaire se nourrit de vécu et d’espoir ; il active le corps pour atteindre un état de délivrance ou de libération de l’esprit. Nous voyons poindre l’idée du sacrifice utile qui deviendrait un passage, que nous trouvons dans la légende d’Hiram comme dans la chevalerie terrestre et céleste.

Nous verrons à quel point l’imaginaire, devenu réalité efficace dans un espace cérébral appelé « imaginal », peut intervenir dans les modalités d’expression d’une pensée devenue foi conceptuelle ou idéal. Se posera le problème du contact entre Dieu et l’homme. Pour le chevalier, le contact se fait « entre Ciel et Terre », dans un monde médian.

Ainsi le penser et l’agir du franc-maçon ou du chevalier, passe par une conception consciente et modélisée par l’initiation. L'initiation est une expérience vécue par le jeu du rituel. Qu’elle soit de métier ou d’armes, l’initiation induit des comportements d’une grande cohérence logique, qui sont fondés sur les intuitions plus que des raisonnements. L’intuition et favorisée par l’acquis ancestral de schémas que les mythes nous relatent. Les mythes sont agissants comme les symboles. Nous les avons en nous dans la plénitude de leurs significations, héritage du souvenir d’un lointain passé que d'aucuns qualifient d’âge d’or de l’humanité.

C’est ainsi que nous pouvons affirmer que la franc-maçonnerie symbolique traditionnelle et spirituelle, dans ses développements modernes, a su préserver un symbolisme de tradition, né d’une intuition fondée sur des images projetées en soi.

Cette relation entre les projections personnelles et la culture traditionnelle des symboles fait apparaitre une universalité symbolique transculturelle et transfrontalière. Ce constat nous pousse à considérer le symbolisme traditionnel comme une modalité d’expression première qui échappe à la babélisation des langues.

Toutes les traditions de par le monde font une place de choix au bâtisseur et au combattant. Nous en pressentons la complémentarité, il nous faudra la démontrer.

Un bref aperçu historique peut-il nous conforter sur l’existence d’un lien entre franc-maçon et chevalerie ?

Pour y répondre, il faut constater une évidence : un chevalier est par nature un homme d’armes, un militaire qui porte l’épée. Mais il est vrai que les ordres de chevalerie ont adoubé des nobles qui n’ont pas eu de fonction militaire. C’est le décorum chevaleresque qui prit le pas sur la tradition de l’adoubement entre hommes d’armes, ceci résulte d’une dénaturation par la noblesse du sens premier de la chevalerie. Rien ne dit cependant que cet adoubement nobiliaire n’excluait les notions d’idéal et de sacrifice. Nous dirons simplement que cette évolution fit sortir des douves l’adoubement pour l’installer dans les dorures de la cour.

Notre deuxième constat porte sur l’installation d’un nombre important d’officiers et bas officiers Écossais et Irlandais sur le continent en 1688 dans le sillage des Stuarts en exil. Ils pratiquaient le Rite Ecossais en loges militaires et l’esprit chevaleresque était présent sur les colonnes. Un certain nombre de ces officiers étaient membres d’ordre chevaleresque, ou avaient déjà la qualité de maître Écossais.

Le XVIIe siècle voit l’arrivée dans l’Ordre artisanal, héritier des corporations de métiers appelé Craft en Angleterre, de l’Ordre chevaleresque, ou du moins d’hommes titrés dans la hiérarchie militaire. Parmi ces non opératifs, on peut citer deux cas reconnus. Sir Robert Moray officier au service des Stuarts fut reçu en 1641 dans une loge décentralisée d’Edinburgh. Elias Ashmole capitaine de l’Armée de Charles 1er Stuart est fait franc-maçon le 16 octobre 1646 à Warrington. Tous les deux sont officiers portant l’épée, et ont démontré des qualités chevaleresques. On notera qu’ils furent reçus dans des loges dotées de surveillant et n’ont pas de maître de loge, ce qui correspond à l’organisation des loges écossaises de l’époque. Évidemment, ce fait sera éludé dans les constitutions d’Anderson de 1717. Le pasteur Anderson défend le point de vue « whig » ainsi que Désaguliers qui est appointé par Georges 1er. Rien n’est divulgué dans les constitutions sur les sources opératives écossaises à cause de leurs implications Stuartistes.

On cite le registre de la Loge Coustos Villeroy[1][2]qui en fait état d’une pratique chevaleresque en 1737. Le registre critique une pratique imposée par la loge du Grand Maître jacobite et catholique Lord Darwentwater. Il s’agissait lors des réceptions de tenir l’épée à la main, comme il est fait en chevalerie.

En Écosse la lettre de la grande Maîtresse des franches maçonnes à Harding l’imprimeur, nous dit : la Loge du Temple de Salomon devenue « la loge de Saint Jean de Jérusalem(…) la plus ancienne et la plus pure (…) et la fameuse vieille loge écossaise de Kilwinning » ont eu des rapports avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou chevaliers de Malte de l’Ordre des hospitaliers. On notera que la plupart des loges se nommaient loge de Saint-Jean et qu’au nom de ce lien historique et mythique, vers 1745 elles se transformèrent en loge de Saint-Jean de Jérusalem dont celle du Grand Maître le conte de Clermont.

On associe le caractère immémorial de la loge Kilwinning, aux liens particuliers entretenus avec certains ordres de chevalerie durant les croisades. C’est donc dès l’origine de Kilwinning qu’un lien est évoqué avec l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem plutôt que l’ordre du Temple. Le manuscrit Stuartiste n° 3077 de la bibliothèque Calvet à Avignon en atteste en 1780 : « Pourquoi nos assemblées sont dédiées à Saint-Jean ? – C’est pour apprendre aux maçons combien ils doivent être unis puisqu’ils s’assemblent sous les auspices de celui qui ne prêcha jamais que la paix, la concorde, et l’amour de ses frères ; d’ailleurs les maçons s’étant unis aux chevaliers de Saint Jean ils en adoptèrent le patron. »

La référence à l’Ordre du Temple apparaît en Allemagne vers 1733 d’après Le Forestier. Il fit une carrière intéressante, mais écourtée en France par l’œuvre de Willermoz et le Convent de Wilhelmsbad en 1782 et par l’intention de la SOT de rétablir l’ordre du Temple ce qui ne pouvait convenir aux lois des pays.

Le lien chevaleresque préexistait, la question du lien avec la chevalerie du Temple se pose, car Jean Baptiste Willermoz lui-même reconnaissait que dans sa propre Loge dès 1752 on y faisait référence dans la transmission du 4em grade pour présider la loge. « J’apprenais mystérieusement à ceux auxquels je conférais le 4em grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Cette transmission était sans rapport direct avec les prétentions de la SOT créée en 1755 par baron du Hund (eques ab Ense) qui prévalait en Allemagne.

La question du lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie du Temple avec les deux grades consacrés à cet effet à savoir l’Écuyer Novice et le Chevalier du Temple fut sévèrement critiqué par Robert Ambelain par un article paru en 1974 : « Si on discute encore sur les origines des emprunts à la tradition chevaleresque dans la confection des échelles de grades maçonniques, sur la part de Ramsay, sur les initiatives allemandes, sur la valeur de la tradition de Kilwinning, personne ne conteste que la référence à l’institution de la chevalerie est entrée telle quelle dans la tradition maçonnique, sinon comme un corps étranger au moins avec le destin d’un greffon. »

On notera que cette assertion est à replacer dans la filiation directe avec la chevalerie du temple, mais ne remet pas en cause le lien initiatique du bâtisseur et du chevalier. Robert Ambelain semble privilégier le lien par les trois composantes qui sont l’apport de Ramsay, la tradition kilwinnienne, et une certaine interprétation allemande. Le greffon ne fut pas le fait du hasard et trouve sa justification moins dans le désir de chevalerie que dans une connexité historique et légendaire propre à l’Écosse. C’est ce que tenterons de démontrer.

Peut-on faire remonter à une date plus antérieure le mariage de la truelle à l’épée ?

En Écosse la légende historique attachée au grade de saint André du Chardon fait une référence expresse à l’aide apportée par des templiers en exil de France incorporés aux loges de maçons opératifs et qui firent la victoire de Robert Bruce à la bataille de Bannockburn en 1314. Ici commence l’histoire ou la légende fondatrice des grades de chevalerie écossaise du Chardon d’Écosse qui nourrit le Maître Ecossais-Chevalier de Saint-André au Rite Ecossais Primitif. L’Ancienne Alliance entre L’Écosse et la France fut aussi vecteur de transmission de légende et traditions qui par mimétisme et du fait de l’exil de 1688 se transfèrent de l’Écosse à la France.

Nous pensons au surplus qu’un rapprochement est à faire entre le destin des Stuarts dans la perte et la tentative de reconquête du trône d’Angleterre par Jacques II et la légende d’Hiram. Au demeurant le mythe Hiramique de la parole perdue s’inspire à notre sens, de la perte de la pierre de Scone par les dynasties Écossaise au profit des Anglais. Depuis 847, elle fut en effet la pierre du sacre des rois Ecossais, sur laquelle ils se tenaient debout pour recevoir l’onction.

La pierre taillée ou gravée est l’œuvre du maçon antique. Symboliquement c’est le maçon qui fait les fondations du pouvoir royal. Importée des lointaines contrées de l’Orient en Irlande, elle fut transportée en Écosse. Selon la tradition, le royaume appartiendrait aux Écossais tant que la pierre resterait dans leur pays. Confisquée en 1296, la pierre fut prise par Édouard Ier comme butin de guerre et emportée à l'abbaye de Westminster où elle fut placée sous la King Edward's Chair 

Les rois Anglais s’en servirent pour leur sacre dans la position assise comme en signe de domination du symbole. La pierre du destin perdue il fallut en trouver une de substitution et donc il y a assimilations entre la parole perdue et la pierre du sacre perdue .Retrouver la pierre de Scone c’est retrouver la plénitude des pouvoirs des souverains écossais, et la voix au chapitre .Cette pierre du sacre est par sa nature symbolique pierre venue du ciel ou en rapport avec le divin. Elle est une clef de voûte et une porte sur le céleste. C’est un deuxième point qui vient alimenter l’origine écossaise du mythe d’Hiram où finalement le chevalier combattant pour la reconquête est acteur de l’histoire.

L’ensemble des points légendaires sortis des brumes des Highlands vont faire conjuguer la Quête chevaleresque et l’art de bâtir des maçons. Chacun dans son ordre va raconter la même histoire et tendre vers la même lumière par des chemins différents.

En filigrane la question qui se pose sera le lien entre la pierre du sacre et la chevalerie de la reconquête.

Nous pensons que l’Écosse et ses légendes sont une source sérieuse et parfois négligée qui permet d’expliquer une des formes primitives de la franc-maçonnerie chevaleresque, soit une maçonnerie de la reconquête. Nous en tiendrons compte dans cette étude sur la franc-maçonnerie et la chevalerie.

Sommes-nous certains que ce qui lie la franc-maçonnerie à la chevalerie ne soit rien d’autre qu’un gout immodéré des maçons du XVIIIe siècle pour les titres et le port de l’épée ?

Nous voyons trop de commentaires dévalorisants sur ce point, et nous souhaitons en savoir plus. Je ne pense pas que des générations de francs-maçons soient tombées sous les coups de leur égo, au point d’embrasser des titres ronflants, creux, et sans portée aristocratique réelle. Déjà Maitre, l’âge aidant, ils développent une sagesse qui les éloigne d’un titre qu’ils ne peuvent pas faire valoir. Le goût pour les titres et les honneurs n’ont pas fondé la relation initiatique entre le franc-maçon et le chevalier.

L’attraction pour la chevalerie semble liée par l’essence de la chevalerie authentique dont le Temple et les Hospitaliers ne sont que des surgeons aux ordres et dans un idéal particulier impliquant le service de l’Église et du Nouveau Testament. Ainsi, nous plaçons la relation entre la franc-maçonnerie et la chevalerie à un niveau supérieur à toutes les branches contingentes de l’ordre chevaleresque.

Nous pensons que l’association des deux branches initiatique s’est faite parle haut, c'est-à-dire par l’essence même de l’art de bâtir et de combattre.

Dans le cadre d’une première réponse à ce mariage du maçon et du chevalier, nous avons une réponse que nous avions déjà étudiée au premier degré dans l’étude sur la symbolique des outils : L’idée dirige la force et la force réalise l’idée. Cette expression signifiait dans un étonnant aller-retour, la complémentarité indispensable et équilibrée entre la matière et l’esprit, et plus précisément entre le ciseau et le maillet. Désormais nous élevons, comme il se doit, notre réflexion à un niveau supérieur : l’idée est l’idéal du chevalier, la force est la technicité réalisatrice et opérative du maçon et enfin l’épée axiale qui est l’expression de la volonté divine.

Une deuxième question se pose, pourquoi le chevalier intervient en franc-maçonnerie après l'émergence de celle-ci ?

On pourrait être tenté de faire une hiérarchie entre le détenteur de l’idée inscrite dans le ciel et son exécuteur terrestre. Cette réponse biaisera l’intérêt des deux voies traditionnelles qui sont complètes et autonomes par leur nature propre. Il ne peut donc y avoir de subordination. On peut simplement répondre à cet ordonnancement qu’un chevalier dûment adoubé peut s’intégrer au rite initiatique de la franc-maçonnerie et c’est ce que firent les templiers réfugiés en Écosse en 1314. Ceci fait partie intégrante de l’histoire réelle et mythique du REP notamment. De même le RER indique que trois chevaliers du temple fuient en Écosse dans des cavernes prés d’Heredom. Ils rejoignent les chevaliers de Saint André du Chardon d’Écosse. En 1340 ils fondèrent l’ordre maçonnique, ordre préparatoire à l’admission dans l’ordre équestre. Le RER explique ainsi la complémentarité de l’ordre maçonnique et de l’ordre équestre, le premier servant de vivier au second. Ceci ne suppose pas une hiérarchie qui minore l’ordre maçonnique.

L’erreur d’une interprétation simpliste serait d’installer la dépendance d’une tradition au profit exclusif de l’autre. Elle suppose une hiérarchie ce qui en matière de voie initiatique ne peut être admis. Chacune des deux voies se suffit à elle-même. Il faut trouver une autre explication.

Il est un fait incontestable qu’il a toujours existé une perméabilité entre les voies initiatiques. Elles sont composées d’éléments comparables dans leur progression et finissent comme nous le savons par se réunir au sommet. Pourtant dans cette suite logique mettant le travail de la matière par la sueur avant le sacrifice par le sang, nous avons dans le jeu d’échec un début de réponse. Le cheval ou cavalier se déplace sur l’échiquier d’une manière particulière. Il commence sa course comme les pas d’un apprenti, puis emprunte ceux du compagnon et pour finir comme un maître. Donc le cavalier connait déjà les pas et la progression du maçon. Le cycle chevaleresque se caractérise par la maîtrise de l’animalité du cheval à l’égal du maçon qui maîtrise sa propre animalité. Le chevalier se situe plus haut en intermédiation sur son cheval avec le ciel, alors que le maçon a les pieds sur terre et sous terre en creusant les fondations. Dernier point, si le cavalier démarre sur une case noire il finit sur une case blanche et le cavalier est la seule pièce qui peut sauter les obstacles.

Nous en déduisons qu’aucune subordination entre les deux voies n’est acceptable. Cependant la classification subterrestre et terrestre de l’une a pour complément la classification terrestre et céleste de l’autre. On établit une superposition. Le chevalier doit récapituler l’initiation maçonnique dans sa progression spirituelle. Il n’y a donc pas de subordination, mais une superposition correspondante à la nature des trois voies initiatique.

Le lien est-il matériel ou spirituel ?

Ce qui est transmis au plan initiatique, ne peut concerner une cause réduite au plan matériel, quelque soit d’ailleurs, la noblesse de l’objet social. Il est bien entendu qu’en matière initiatique ni la cause territoriale ni la cause religieuse ne peuvent dominer la cause spirituelle. Il faut admettre qu’aucune reconstruction du temple de Salomon ne peut perdurer au plan matériel. Seule la reconstruction au plan spirituel est possible. En conséquence, le mélange des causes matérielles et spirituelles porte à confusion.

Il faut voir dans le message initiatique de ces chevaliers un trésor qui n’est ni sonnant ni trébuchant. Il en est de même en alchimie, on ne peut confondre l’aspect spirituel, et la pratique du souffleur qui chercherait la richesse matérielle.

Le lien existait bien au plan de l’enseignement alchimique, spirituel et céleste, avec une chevalerie éclairée. Le maître maçon et le chevalier se purifiaient à la même fontaine située au pied du mont Scion ou était construit le Temple. À cette fontaine appelée SHIloha, ils pratiquaient la purification rituelle notamment des mains et des yeux, avant de se mirer dans l’eau, puis se rendaient au Temple…

Rappelons que l’armement de chevalier est effectif au REP et au RER et qu’il n’implique pas une appartenance à l’Ordre du Temple trop contingent en regard de sa nature. L’arment produit donc des effets liés à l’éveil de l’esprit, et la notion d’imaginaire commun.

Nous pouvons donc affirmer que le seul élément humain et matériel ne peut suffire à établir un lien. Le liant s’exprime dans la quintessence de ses propres valeurs dans les deux ordres. Ils aboutissent tous les deux au sacrifice, d’Hiram d’un coté et de Saint-André de l’autre. On voit bien que le premier appartient à l’univers de l’Ancien Testament, et que le second est sur le chemin du Nouveau sans renier l’Ancien. Les deux suppliciés partagent une renaissance pour ne pas dire une ressuscitation en esprit.

Ce qui est transmis lors de l’initiation ou de l’adoubement ce sont des éléments hautement symboliques. La transmission d’une cause matérielle ne peut s’inscrire dans le plan divin. La matérialité est par définition une dégénérescence de l’esprit au sens métaphysique. La cause reste dans tous les cas spirituelle, elle permet la réalisation de l’homme sur le plan matériel. Bien tailler sa pierre ou défendre une cause juste ne peut se faire qu’en fonction d’une Loi venue d’en haut. Ladite Loi organise un retour au divin, libérant l’esprit contenu dans la matière.

Voici donc la nature d’un lien spirituel qui est commun aux deux ordres. L’épée céleste vient en aide à la truelle terrestre pour la construction du Temple de Jérusalem.

Cette association dans le même corps situe ce dernier en tant que médiateur entre terre et ciel. Une épée viendra désormais défendre le temple contre la perte du sens du divin. L’homme dans sa faible nature cède régulièrement à son animalité symbolisée par retour de l’adoration des idoles.

Le lien entre la franc-maçonnerie et la chevalerie se situe dans une cause commune aux deux traditions qui est cette exigence de connaissance spirituelle et sacrée, faisant participer l’homme au grand dessin de la création.

Cet aspect chevaleresque en franc-maçonnerie trouvera sa confirmation dans les écrits de Ramsay.

Le chevalier Ramsay, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare dans ses deux célèbres discours dont celui de 1738 associa la chevalerie à la franc-maçonnerie. Sur les origines de la franc-maçonnerie, il évoque les Ordres de Chevalerie et cite « nos ancêtres les croisés » dont le langage secret « rappelle le souvenir, ou de quelque partie de notre Science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque mystère de la Foi. »

Il y aurait donc un « mystère » à découvrir, certainement de nature initiatique, soit un enseignement ou un éveil qui lierait la Franc- maçonnerie et la Chevalerie dans une même finalité. Cette finalité se distingue du lien spirituel que nous avons vu précédemment. Elle se fonde sur un souvenir commun d’un épisode guerrier remontant aux destructions successives du Temple à Jérusalem, à la reconquête des lieux Saints par les croisades, puis à la destruction de l’Ordre du Temple en 1314. Ainsi se perpétue le cycle de la construction destruction à travers les âges. C’est le grand souvenir et le grand rendez-vous aux pieds de la muraille entre Occident et Orient. L’affrontement est fondateur et se reproduit inéluctablement en divers mondes et époques. C’est au moment des croisades que nous sommes rentrés dans la période d’une redécouverte spirituelle et intellectuelle de l’Orient. Cette redécouverte peut se décrire comme un élargissement de l’esprit . L’élargissement donne accès au sacré au-delà du dogme religieux. C’est particulièrement vrai dans l’échange intellectuel et technique apporté par l’occupation musulmane sur la péninsule ibérique.

L’affrontement fusionnel Orient-Occident, ensemença les deux civilisations pour les ressemblances et les racines qu’elles avaient en partage. Si le fait fonde l’histoire, le souvenir teinté d’idéaux alimente le mythe qui se charge d’expliquer l’origine. La quête du Graal ou de la Lumière est un dérivatif de ce souvenir commun.

Cette finalité originelle apparaît clairement dans la construction et la défense du Temple de Salomon, l’épée dans la main droite et la truelle dans la gauche.

Que faut-il bâtir, que faut-il défendre ?

Un centre point ce contact entre la création et Dieu, qui porte en lui, dans son architecture même le plan divin qui n’est rien d’autre que l’expression d’une loi universelle.

De tout cela l’homme n’est qu’un témoin devenu acteur par son initiation à ce secret, un médiateur entre la Terre et le Ciel. Il n’est plus un démiurge, car il a bien compris les limites de l’exercice, il veut retrouver et défendre la maison des origines, qui n’est autre que le retour au centre primordial.

C’est ce que nous appellerons le secret du chevalier écossais de Ramsay. Recouverte d’un voile d’une bienséance diplomatique, une vérité se laisse entrevoir dans ses deux discours.

Nous devons d’abord rechercher ce qui est véritablement initiatique dans la chevalerie, en recherchant les éléments rituéliques et symboliques qui autorisent un véritable "commencement".

(…) suite à paraître.

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org/

Par E.°.R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 08:31

L’évolution française de la Franc-maçonnerie fut l’occasion de lier deux voies initiatiques : la voie matérielle représentée par l’art royal et la voie guerrière représentée par la chevalerie. Il ne s’agit pas pour nous de confirmer l’historicité des allégations reliant la franc-maçonnerie aux tailleurs de pierre ou aux templiers. La part légendaire et mythique fait partie intégrante de l’effet initiatique recherché dans la société des francs-maçons.

Dans les deux cas, nous assistons à la transformation de l’individu soit par le travail de la matière et l’identification de « l’œuvrier » à son objet, soit par l’art de la guerre et l’esprit de sacrifice dans un désintéressement total. Par analogie, l’une ou l’autre voie initiatique, fait éclore la dimension spirituelle et divine de l’être. Ainsi, travailler la matière consiste à en libérer ou délivrer cette parcelle divine qui y réside ; en parallèle, la solitude du chevalier dans une quête d’un Grall aussi hypothétique qu’intérieure soutient l’image de l’amour d’un Dieu, moins anthropomorphique que johannique, qui transcende la destinée de son propre corps. Cette double démarche ne pouvait que remporter un vif succès, tant il est vrai que l’aspiration au sublime dépasse les aspects religieux et schismatiques. Ce goût du sacrifice et de la mission à accomplir complète admirablement la base maçonnique des trois degrés.

Le premier a apporter la richesse chevaleresque et Templiere en complément de l’art royal, fut le Chevalier André-Michel Ramsay. Ce dernier fut qualifié de« Universae religionis vindex et martyr » soit « Défenseur et martyr de la religion universelle ».

C’est de spiritualité dont il s’agit, car toute cette hiérarchie codifiée et traditionnelle n’était là que pour servir la tradition et donc protéger la Terre Sainte. À ce titre, elle noue de contacts avec l’Orient au cours des nombreuses croisades et favorisa l’enrichissement des gens de mestier, dans l’art de bâtir notamment. La truelle et l’épée vont se retrouver dans les mêmes lieux, pour les mêmes causes, dans une communion de sacrifice, ce qui cimentera leur destinée.

Témoin et acteur du génie français, cinquante ans après l’implantation des premières loges en France, cet homme aux multiples facettes, a su poser la pierre d’angle du système français qui, loin de renier son grand frère anglais, va apporter une source mythique nouvelle à la franc-maçonnerie continentale. Il est, avec Charles Radclyffe, l’un des fervents propagateurs de la franc-maçonnerie à la française. Tirant les leçons de la constitution (sous la protection royale de Georges 1er) de la Grande Loge de Londres, on peut imaginer qu’il souhaite ne pas soumettre l’ordre à la férule du pouvoir royal.

Le promoteur de L'Écossisme est de nos jours considéré comme une grande figure de la franc-maçonnerie spéculative. L’Homère de la franc-maçonnerie est initié à la "Horn Lodge" de Londres en mars 1730, où fut aussi initié Montesquieu, le Chevalier de Ramsay fut l'orateur bien connu de la Loge "Le Louis d'Argent", à l'Or. de Paris.

Sa vie ne fut pas qu’un tissu de réussites. On notera qu’il fut traité de plagiaire par Voltaire,  pour avoir repris dans ses différents écrits des fractions d’auteurs antérieurs sans les citer. Le voyage de Cyrus en fut l’exemple. Montesquieu lui aussi franc maçon dira de lui « C’était un homme fade ».

Son système à l’instar de celui d’Anderson et Désaguliers repose sur un œcuménisme maçonnique visant à réunir ce qui, d’une certaine façon, est devenu épars, en dominant les oppositions latentes des différentes religions. Les temps difficiles ont provoqué guerres et dissensions entre les hommes des mêmes peuples : « Au delà des peuples et des frontières nous réunirons des hommes épris de symbolisme et de traditions antiques immémoriales, antédiluviennes et noachites, mus par l’idée que la connaissance combat les antagonismes engendrés de l’ignorance et que l’origine des savoirs et des croyances naît d’une seule source, la religion universelle. »

Les similitudes avec Anderson sont telles qu’on parlera de l’Anderson français qui minorant la filiation des bâtisseurs maçon, prétend à une filiation plus noble, vers la chevalerie des croisades, sans pour autant que le terme templier soit prononcé. Depuis John Locke la tolérance est de mise, les guerres de religion et les tentatives de coups d’État qui perdurent durant plusieurs décennies font avancer l’idée à la suite de la Royale Society, que l’art de vivre ensemble repose sur la tolérance et l’universalisme.

André-Michel de Ramsay est né à Ayr, en Écosse, en 1686. Il est d'origine noble. Son père était calviniste ; sa mère anglicane. Studieux, renfermé, écartelé par des parents de confessions différentes qui manifestement ne partageaient pas la même vérité religieuse. Ce fut là sa première épreuve reposant sur un antagonisme familial dont le traumatisme conduit le jeune Ramsay à élaborer de manière plus ou moins consciente une technique de ré-appropriation, en épousant lui-même vingt ans plus tard, une troisième voie catholique. Terminant brillamment ses études en théologie à Glasgow et à Édimbourg, nous le retrouvons bientôt aux Pays-Bas, havre de liberté religieuse. Hanté par les problèmes spirituels qui avaient marqué ses jeunes années, il fréquente le milieu " rosicrucien " qui tenait Jacob Böhme en haute estime. Le cordonnier Jacob fut l’inspirateur d’un dimensionnement ésotérique qui n’était déjà plus enseigné dans les différentes confessions. Maîtrisant parfaitement le français, il devient en 1709 le familier de Fénelon, l’archevêque, dont il subit l’influence et se convertit au catholicisme. 

L’inquiétude de son âme l’incite à une tolérance partisane. Il devient franc-maçon et écrit de nombreuses lettres à Salignac avec l’intitulé, « Mon Très Cher Frère... ». Ramsay devient précepteur des grands. Il est aussi écrivain et agent diplomatique des Stuarts chassés de Grande-Bretagne. En 1723, le Régent le crée Chevalier de l’ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, soit le plus ancien ordre hospitalier, fondé à l’origine en 1120 pour porter assistance aux pèlerins en route pour les lieux Saints. Cette appartenance ne sera pas sans conséquences sur la théorie Templiere et chevaleresque des origines maçonniques. En 1724, il réside à Rome pendant dix mois auprès de Jacques III, en qualité de précepteur de son fils Charles-Edouard. Dans la même année, Ramsay est à Paris, coresponsable du Club de l'Entresol. C’est l’époque des clubs dans l’imitation des clubs anglais, qui réunissent des bourgeois, des nobles et intellectuels, dont Montesquieu, pour examiner les grands problèmes de société. La police du Régent considère cette société comme contraire aux intérêts du pouvoir et le Club de l'Entresol est fermé. En 1727, Ramsay publie son Voyage de Cyrus, qui fit l’objet d’un grand tirage. Il est déjà franc maçon, ayant était reçu d’après P.Chevalier dans la Loge Saint Thomas n°1 de Lord Derwenwater.

Le voyage de Cyrus, est une imitation dans le goût de Télémaque écrit par son mentor Fénelon. Au cours de ses voyages, le jeune Cyrus est instruit par des Sages de l'Antiquité et plusieurs chapitres contiennent de claires allusions maçonniques. Pour être succincts, nous remarquons la présence de Pythagore, l’éloge du silence via Harpocrate. L’initiation maçonnique est illustrée par la captivité et la libération d’Aménophis. Il s’agit d’après nous d’une transposition du rituel de Maître, car on y voit défiler la scénographie Hiramique dans la plupart de ses détails. Dans un courrier adressé au Marquis de Caumont en Avignon le 25 novembre 1729, il écrit : « j’ai développé plusieurs dogmes de l’antiquité et plusieurs points de la théologie et de la mythologie des anciens qui ont un rapport avec nos sacrés mystères » plus loin « je confirme de plus en plus que toutes les traditions anciennes…sont des rayons et des écoulements de la religion primitive de Noé » 

La date de 1727 semble correspondre à l’arrivée du troisièmegrade de la Franc-maçonnerie spéculative. Ramsay se trouve à nouveau à un carrefour historique. En 1728, nous retrouvons le Stuartiste catholique Michel de Ramsay en Angleterre, où il obtient quelques soutiens, ce qui reste étrange dans le contexte politique. En effet, il est admis dans deux compagnies scientifiques de la plus haute renommée : The Gentlemen's Society et la Royal Society. Cette dernière ayant été fondée au précédent siècle par Elias Ashmole et quelques autres rose-croix. Pendant ce séjour à Londres, Ramsay fut aussi l'ami d'Anderson, fondateur de la Mother Lodge de 1717. Certains ont pu affirmer que le chevalier avait joué un double jeu, voir même qu’il avait trahi la cause Stuartiste. Ensuite, il retourne sur le continent et joue un rôle prépondérant dans les loges françaises Stuardistes qui avaient précédé le phénomène Orangiste Anglais. Il devient, par sa double culture maçonnique anglaise et écossaise stuartiste, le promoteur de l’adaptation française, inaugurant l’écossisme qui fera florès. Il est potentiellement le trait d’union pacificateur des deux maçonneries. Même si les loges anglaises et écossaises se fréquentent, elles furent dans la période précédente, des lieux de conspiration. Il ne faut pas perdre de vue que les Stuarts ne désespèrent pas de reconquérir le pouvoir détenu par les Hanovriens, jusqu’aux environs de 1750.
Est-ce pour mener à bien la mission secrète dont il est chargé par les Stuarts que Ramsay, en 1730, accepte de devenir précepteur dans l'illustre famille de Bouillon ? Le duc régnant comptait parmi ses ancêtres Godefroy de Bouillon et Turenne, famille dont il rédigera les mémoires. Ladite famille avait fait partie de la fronde et se retrouvait mise à l’index par le pouvoir absolu du roi. Les grandes familles du Royaume avaient supporté impatiemment le joug pesant de Versailles. La régence et donc l’affaiblissement relatif du pouvoir royal favorisent la renaissance de l’esprit de la Fronde. La famille de Bouillon qui régnait sur une principauté indépendante dans les Ardennes, était un acteur important du mouvement, fier de son sang, allié des Stuarts, avec lesquels le duc partageait une tradition ésotérique très ancienne. Sa généalogie rivalisait avec celle des Bourbons. Le duc régnant était grand-maître de l'Orient de Bouillon, maçonnerie à tendances spiritualistes et même magiques, qui groupait des personnalités de premier rang et fédérait un grand nombre de loges militaires. Ainsi, l'armée du roi de France portait en son sein une maçonnerie non française par ses origines. Les loges militaires reprenaient les usages des loges régimentaires Écossaises et Irlandaises. Ramsay, précepteur du prince de Turenne, fonde une loge à Château-Thierry, fief de son maître. Certains considèrent qu’il fut à l’origine de la création du rite de Bouillon ou du rite de Ramsay.
Cette affirmation est reprise aujourd’hui par un certain nombre de Loges qui s’en réclament. En 1735, âgé de quarante-six ans, il épouse Marie de Nairne, vingt-quatre ans, fille d'un noble Écossais de haut lignage, le baron David de Nairne, héraut d'armes de l'Ordre du Chardon, ordre chevaleresque des Stuarts. (Ceci accrédite la connexion Templière dans l’établissement et la pratique d’un éventuel rituel de Ramsay). Cet ordre avait été créé en 1314 par le roi d'Écosse Robert Bruce, après sa victoire de Bannockburn, afin de récompenser les Templiers qui, réfugiés dans ses États après l'inique procès, avaient largement contribué à la défaite des Anglais.

Dès 1735 commence de circuler, sous le manteau, ce fameux Discours de Ramsay qui est, en quelque sorte, la charte de la Maçonnerie moderne. Les idées ici développées sont innovantes voir gênantes pour l’institution ... D'abord, Ramsay signale l'universalisme de l'Ordre. Le franc-maçon y apparaît pour la première fois comme un citoyen du monde. Avec une certaine audace en cette première moitié du XVIIIe siècle, il blâme l'esprit de conquête et le patriotisme guerrier. L’origine chevaleresque et croisée de l’ordre est mise en avant, réfutant la thèse opérative de son ami Anderson. Par extension on parlera d’origine Templière. Il s’appuie sur l’encyclopédie des savoirs et connaissances donnant à la démarche maçonnique son esprit et sa fonction universelle.
Ainsi Ramsay, tout en sollicitant la protection des princes
lance un appel à tous les francs-maçons par delà les frontières. Il s’agit de ménager le pouvoir en place, sans lui être inféodé.

Cet élan est emprunté à Fénelon son mentor religieux, dont il est utile de rappeler deux citations : « Je préfère ma famille à moi-même, ma patrie à ma famille, et le genre humain à ma patrie ». Dans Télémaque on relève : « Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont frères et doivent s’aimer comme tels. »

Nous pensons que le chevalier Ramsay n’avait ni l’envergure ni le talent pour fonder un système de sa propre volonté. C’est d’autres frères, en quête d’une filiation autre que l’Anglaise issue du système des « moderns », qui s’emparèrent d’un discours qui ne fut probablement pas lu par son auteur, le cardinal Fleury , ministre du Roi, l’en ayant dissuadé.

Michel de Ramsay meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 7 mai 1743. L'acte de décès est signé du Comte de Derwenwater venu enterrer son Grand Orateur et du comte d'Engletown, tous deux " frères " d’une des premières loges spéculatives de France.

La première version du discours avait vocation à être lue devant les Loges Jacobites parisiennes réunies le 26 décembre 1736 dans la Loges Saint Thomas 1er, la veille de l’élection de Charles Radclyff, Lord Derwenwater son ami, au poste de Grand Maître des loges Jacobites.

Cette version cristallise les fondamentaux de l’écossisme ramsayen dont nous produisons ici quelques extraits :

«Le goût suprême de l'Ordre et de la symétrie et de la projection ne peut être inspiré que par le grand Géomètre architecte de l'Univers dont les idées éternelles sont les modelles du vray Beau»

«Noé doit être regardé comme l'auteur et l'inventeur de l'architecture navale aussi bien que le grand maître de notre ordre»

Tout comme Anderson, il s’appuie sur le mythe fondateur connu des francs-maçons. Il prend le contre-pied d'Anderson pour qui la Franc-maçonnerie se développe en Angleterre jusqu’aux constitutions de 1723, Ramsay la fait passer de Grande-Bretagne en France qui va devenir le centre de l'Ordre.

«... Noé, Abraham, les patriarches, Moyse, Salomon, Cyrus avaient été les premiers grands Maîtres. Voilà, Messieurs, nos anciennes traditions ; voici maintenant notre véritable histoire. Du temps des guerres saintes dans la Palestine, plusieurs princes, seigneurs et artistes entrèrent en société, firent vœu de rétablir les temples des chrétiens dans la terre sainte »,

« Rappelèrent tous les signes anciens et les paroles mystérieuses de Salomon, pour se distinguer des Infidèles et se reconnaître mutuellement... dès lors nos loges portèrent le nom de loges de Saint-Jean »… .

« Cette union se fit en imitation des Israëlites lorsqu'ils rebâtirent le second temple ; pendant que les uns maniaient la truelle et le compas, les autres les défendaient avec l'épée et le bouclier» …

«Depuis ce temps, la Grande-Bretagne devint le siège de la Science arcane, la Conservatrice de nos dogmes et la dépositaire de tous nos secrets. Des Iles Britanniques «L'antique science» commence à passer dans la France, la nation la plus spirituelle de l'Europe va devenir le centre de l'Ordre et répandra sur nos statuts, les grâces, la délicatesse et le bon goût, qualités essentielles dans un ordre dont la base est la Sagesse, la Force et la Beauté du génie. »…

Nous donnons dans l’article suivant la deuxième version. Celle-ci devait être soumise au Cardinal de Fleury qui la désapprouve et ne fut publié qu’après sa mort. Nous sommes toujours dans la période de régence. C’est le Cardinal de Fleury qui dirige le royaume compte tenu de l’âge de Louis XV. Celui-ci est hostile à l’ouverture d’un front anti- Hanovrien cristallisé dans la franc-maçonnerie Stuartiste. L’ambiance générale est assez hostile à la franc-maçonnerie, des descentes de police sont organisées dans les loges, de nombreux nobles en font partie et déjà la Hollande et la Suède prennent des mesures d’interdiction. Suite à une enquête de quatre mois, le Cardinal de Fleury interdit la Franc-maçonnerie le 2 août 1737. Le Vatican emboîte le pas avec la publication de la bulle papale « in eminenti apostolatus specula » le 24 avril 1738, qui interdit à tous les francs-maçons d’appartenir à une loge, sous peine d’excommunication. Cette hostilité du Pape fut contre productrice. La bulle affaiblit les loges Stuartistes catholiques au profit des loges orangistes favorable au pouvoir en place à Londres. Le soutien recherché auprès des autorités par Ramsay fut un échec. Le Cardinal de Fleury avait fait savoir son désaccord. Cependant, les deux discours vont rester la plate-forme intellectuelle de l’ensemble d’une Franc-maçonnerie en France et à l’étranger, qui ne se retrouve pas dans le dictat de Londres.

Note de synthèse N°1- préalable à l'etude de la chevalerie maçonnique-( E.°. R.°. RL ecossais de saint jean)

Source : http://www.ecossaisdesaintjean.org

              

 

Par E.°. R.°. - Publié dans : Chevalerie
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 07:21

La devise des Kadosh , que l’on dirait sortie directement et toute armée du blason d’un Chevalier du Roman de la Rose, se prête à interrogations multiples.

Car si l’objectif est affirmé sans réserve : « fais ce que dois », les moyens sont passés sous silence, comme s’ils pouvaient être d’avance justifiés par la fin assignée, et les résultats relativement dénués d’importance au regard des intentions : « advienne que pourra ».

Que signifie cette formule : que dois faire le CKS, de quels moyens dispose t’il, est il dégagé d’une obligation de résultats, se désintéresse t’il des conséquences de la mise en œuvre de son Devoir , l’éthique de l’intention prime t’elle la morale des moyens et le résultat de l’action ?

Pour avoir entendu ici ou ailleurs, certaines de ces interrogations depuis mon élévation au grade, ce qui tendrait à prouver que les travaux proposés au Grand Conseil d’Automne 1991, n’avaient pas apporté de réponses véritablement satisfaisantes, ainsi que le reconnaissait d’ailleurs le T\I\F\ KAROUBI, rapporteur de cette question

On pourrait résumer de cette manière les 3 parties de la synthèse de la question de 1991 qui portait sur la responsabilité (ou non) des conséquences de l’action: - Fais ce que dois : c’est un impératif catégorique dont le rapport évoque le contenu en termes plutôt généraux ( le combat du bien contre le mal) mais la description des armes du grade aide à cerner le Devoir du CKS… Je suis assez d’accord avec cette première partie- Advienne que pourra : le rapport fait sien l’analyse d’un seul Conseil qui ventile les significations possibles en 4 catégories sans pour autant choisir son camp: égocentrique (après moi le déluge), mystique (le destin du monde m’échappe et n’en suis pas responsable) psychanalytique ( irrépressible besoin d’agir sans souci du reste) , pénale (je suis innocent et n’ai fait qu’obéir aux ordres). Il y a je crois matière à approfondir ce qui n’est que le contraire d’une synthèse, mais seulement la réponse d’un seul aréopage…- Insouciance des conséquences : après avoir évoqué le choc éventuel de valeurs antagonistes dans cette dernière partie moins étoffée que les autres, il développe 3 versions possibles : a :le résultat ne peut être que bon puisque l’action a ordonné le chaos, même de façon imparfaite, b :l’engagement absolu du CKS peut l’amener au sacrifice, c :à moins qu’il faille limiter ses actions aux seules dont les conséquences sont attendues favorables, bref réfléchir avant d’agir …

En résumé, et selon une lecture forcément subjective, ce rapport plus clinique que philosophique, et plus descriptif que causal, s’il décrit minutieusement la phase 1 « fais ce que dois », glisse de façon plus rapide, à l’image des aréopages qui l’ont traitée, sur la phase 3 concernant les conséquences de la devise, et propose pour la phase 2 « advienne que pourra » une multiplicité de versions sans choisir ni fonder ou approfondir le lien, que je crois nécessaire et complémentaire entre d’une part, les deux propositions de la devise et d’autre part l’interrogation sur les résultats qu’elle suscite.

En outre je crois que l’analyse ne peut être déconnectée des moyens utilisés et pourtant passés sous silence par la formule, qui expliquent pourtant, à mon sens, la sérénité de l’acteur face à la réalité de l’accomplissement de son devoir.

On remarque en effet que la formule utilisée « advienne que pourra » intègre l’incertitude dans la réalisation et semble entraîner la résignation quant aux conséquences qu’elle ne maîtrise pas, ce que ne retiendrait pas le verbe « sera » (ainsi en sera t’il ou « ainsi soit il » au présent…

Remarquons au passage, oh étonnement, que le présent « fais » précède le futur « pourra », mais qu’au delà de la tautologie et du nécessaire délai d’exécution entre l’ordre et la réalisation, il y a place pour une lecture temporelle de la devise, entre l’immédiateté de l’action et le devenir de l’humanité, entre présent individuel et futur collectif, en quelque sorte entre action et cosmogenèse en espérance…J’y reviendrais.

Mais pourquoi une obligation de cette sorte est elle demandée avec autant de force, sans échappatoire ni discussion, alors même qu’elle semble admettre des hypothèses de réalisation dommageables ?

Il m’est donc apparu indispensable de cerner la portée de notre devise, d’examiner le contenu de ce Devoir tout en le replaçant dans son contexte symbolique historique puis actuel, de recenser les moyens à la disposition du Chevalier Kadosh et d’expliquer, ou de tenter de le faire, l’apparent désintérêt des conséquences de l’action .

J’en propose donc une lecture personnelle, au risque de me perdre, au risque de vous égarer. « Je fais ce que je dois sans peur et sans reproche, avec des armes pures et advienne que pourra de cette balustre sur vos consciences»

C’est ainsi que je la subdiviserai en 3 parties : « Fais ce que dois », « Advienne que pourra », et « Sans peur et sans reproche avec des armes pures », trois formules contenues en 3 lignes successives de notre rituel, sachant que cette dernière partie précède immédiatement la devise et que cette place particulière peut permettre de l’éclairer.

1-FAIS CE QUE DOIS

Que est le contenu de cette règle, son objectif et de quels moyens dispose le CKS ?

1-1 De quelle règle s’agit il ?

Même si le maçon obéit à la loi civile, s’il comprend bien l’art, il sait qu’elle n’est que l’expression d’une résultante de forces contradictoires, entre circonstances historiques, droit du plus fort, évolution des mœurs et exigence sociale.

Il sait également que son champ d’application, vaste et indéfini, se soucie peu de la justice individuelle au nom de la primauté de l’intérêt général, non plus que de l’équité dont on chercherait vainement la présence dans les codes, et qui toujours, cède la place à la volonté structurante des lois. L’obligation du grade ne concerne donc pas la loi civile ou politique.

Ce n’est plus seulement le Devoir du Maître Secret, « envers soi même, envers la lumière qui réside au fond de tout être, (…) ce devoir primordial qui entraîne tous les autres devoirs et qui concerne le monde dans ses multiples aspects »A ce stade « Fais ce que dois » suffirait car le MS, ne maîtrise pas la totalité de la démarche, et il doit encore obéir.

Le Chevalier R+C connaît cette règle morale qu’il a contribué à ériger tout au long de son parcours maçonnique antérieur et qui trouve sa forme actuellement la plus aboutie dans l’accomplissement du grade…Il agit déjà en Initié et son engagement ne se limite pas à son étude, il s’est fait prosélyte.

On distingue traditionnellement en droit 3 catégories d’ obligations distinctes: d’action (ou d’inaction), de résultat ou de moyen. Ici, la Règle, l’obligation, au double sens de devoir (fais ce que dois) et de serment, relève de la première catégorie : le Rose Croix est devenu Kadosh, il est passé de l’Amour en quelque sorte, modélisé, exemplarisé, apostolique, à la défense pratique des conditions de son implantation et de sa survie. Le soldat succède au missionnaire.

La formule vient en conclusion aux phrases qui la précèdent : « Montrons nous fidèles à nos préceptes d’Amour de la Vérité et d’Amour de l’Humanité. Dans les combats que nous avons à livrer, nous apporterons un cœur pur et nous n’userons que d’armes pures. Nous serons sans peur et sans reproche, conformément à notre devise » C’est aussi d’une obligation de moyen.

L’obligation du Kadosh « Fais ce que dois » répond directement à l’obligation prêtée lors de son élévation au grade, engagement qui complète les étapes antérieures et couronne le parcours intérieur en lui offrant le réel en champ d’action.

Car, outre la poursuite de « l’acquisition de la connaissance qui mène à la sagesse éclairée par la science sanctifiée par la conscience », il promet de refuser toute dictature, de résister à tout asservissement, de répudier toute volonté de domination et de contribuer à réparer les maux causés par les excès de pouvoir en réglant ses actes sur l’Amour de la Vérité et de l’Humanité. Il s’agit donc également d’une triple obligation d’action, de moyen et de résultat.

1-2 L’objectif de la règle

1-2-1 Une lecture causale et philosophique:

Il n’est pas interdit de se souvenir que le CKS affirme une filiation avec l’Ordre du Temple qui honnissait les 3 « abominables » et irréductibles ennemis dont il fallait se venger, Philippe le Bel, Clément V et l’Ordre de Malte.

Le super grade de vengeance n’avait pas encore fait place à celui du défenseur de la Vérité et de l’Humanité et cela pourrait éventuellement expliquer la seconde partie de la maxime, mais ce serait là une bien pauvre finalité, aux antipodes des aspirations du Franc Maçon.. Alors quid ?

Si le respect de la Règle peut être un objectif pour le soldat ou les grades inférieurs, il ne s’agit pas de respecter la règle pour elle même, comme une sorte de nouvelle divinité substituée, à l’image des scientistes pour qui hors de la science il n’y a pas de salut, oubliant que la soumission à la raison est le début de la démission de la raison…

Il ne s’agit pas de respecter la règle au profit des donneurs d’ordres qui auraient des droits sur le Kadosh et qui auraient le privilège de savoir en leurs lieu et place ce qui est bon pour eux , il ne s’agit pas de se plier aux règles des 3 couronnés…Rien n’est au dessus du CKS

Il s’agit, bien au contraire de décider soi même, après une longue réflexion où interviennent aspirations morales et devoir social, il s’agit d’intervenir sur le cours des choses, de quitter le monde philosophique pour intervenir dans le monde réel en ajoutant l’action du militant au verbe de l’apôtre .

Il s’agit de mettre en œuvre l’enseignement de ces « saints séparés » au bénéfice de l’évolution morale de l’humanité. La fin en soi vise donc à construire sur Terre, cette Jérusalem céleste ébauchée par le Maçon depuis le grade d’Apprenti. La réparation constructive succède à la Vengeance destructive.

1-2-2 Une lecture causale et cosmogonique

Pour autant doit on limiter l’analyse de la devise à un rapport de causalité immédiate entre action et résultat incertain ?

Une devise n’est pas un théorème vérifiable à chaque expérience, c’est une approche du monde, une vision condensée et mythique de ce qui doit être ; il n’y a pas corrélation immédiate entre action et devenir, mais nécessairement décalage dans le temps entre prise de résolution , voire réalisation pratique et survenance de l’objectif…

Par ailleurs, elle présuppose sa propre universalité pour atteindre l’efficacité…une devise qui ne serait mise en œuvre que par une seule personne, n’est qu’une règle de conduite particulière, sans incidence réelle sur le devenir collectif.

Enfin elle participe obligatoirement de l’utopie en ce sens qu’elle révèle la vision cosmogonique de son auteur ; elle contient dés lors une part importante d’incertitude et d’acceptation d’un décalage entre souhait (fais) et réalité (advienne que pourra).

1-3 Les moyens d’action du Kadosh : ses armes ou/et sa vertu ?

Devant l’éternel dilemme de la qualité des moyens et des fins, où la pureté des intentions ne dispense pas de s’assurer de la valeur des outils, le Chevalier dispose à la fois des valeurs du missionnaire et des armes du soldat

Malgré l’épée et le poignard, qui correspondent à la mission historique du Kadosh, bras vengeur de son Ordre, il use aussi d’armes bien plus efficaces et subtiles pour s’opposer aux forts, intercéder pour les faibles ou réparer les maux sans attendre de récompense ou de gratitude.

Durandal, Joyeuse ou Excalibur, ne peuvent être utilisées que pour le service du Bien et se retourneraient contre leur possesseur dans le cas contraire, elles sont polarisées comme une boussole et ne peuvent s’opposer qu’au Mal.

Le rituel stipule qu’il n’est pas doté du poignard du sicaire, du couperet du bourreau ou du stylet du calomniateur. Son épée n’est pas celle du duelliste, mais le glaive de St Michel, la lame de St Georges, le Caducée de Mercure…

Le Kadosh met en jeu toutes ses facultés intellectuelles et morales :..

Car au delà des armes, la Vertu du Kadosh lui permet d’engager l’action en évitant les effets destructeurs de la force brute.. Si la Force est en lui, elle est d’abord morale et vertueuse.

Il dispose d’armes morales tout en étant doté d’armes traditionnelles mais les unes comme les autres sont pures parce qu’ activées par la seule vertu chevaleresque.

C’est un Galaad de la Table Ronde, obéissant à la Règle de la Chevalerie, mettant sans réserve, son devoir et son épée au service de son Roi, de sa Dame et des faibles. Un seul souci le guide : ne pas faillir.

Mais il n’est pas le robot au service d’une idéologie, il n’est en rien un fidèle obéissant aveuglément , pas plus un missionnaire intégriste qu’un mécréant protestataire : Il pense et il agit…

Il pense en homme d’action, mu par l’Amour de la Vérité et, ayant perçu les errements du Monde, il développe l’intuition, imagine la progression tant individuelle que collective de l’espèce humaine, fait appel à sa raison, sans oublier la nécessité de la beauté que l’art ajoute, confronte ses ambitions aux possibilités reconnues par les sciences et érige le résultat en modèle philosophique.

Puis, il agit en homme de réflexion, mu par le souci de la perfection, armé de la patience nécessaire quand il s’agit de l’Homme, fort de la persévérance que requiert toute action d’importance, plein de courage et respectueux de l’équité, il avance avec prudence en Homme sage investi de l’Amour de l’Humanité…

C’est un Sage en prise avec le réel, ni Bouddha , ni César, seulement une Conscience en action.

Pour autant l’exécution du devoir n’exonère en rien des conséquences de l’action :

2-ADVIENNE QUE POURRA

On remarque que le choix de « pourra » et non « sera ou devra » permet d’approcher sa signification, éliminer les lectures scientifiques ou religieuses de la devise pour se concentrer sur la vocation du CKS et la destinée humaine.

« Devra ou sera » impliquent davantage une relation de causalité à caractère inéluctable ; César dirait « Alea jacta est » , « Inch Allah ou Mektoub » soufflerait le musulman, « Ainsi soit il » approuverait le chrétien.

Le premier constate son impuissance relative face aux conséquences imprévisibles de ses choix, il en accepte les dégâts collatéraux, voire l’échec.

Le second dégage sa responsabilité dans une situation où il n’est que le messager ou l’instrument divin « c’est écrit » .

Le chrétien quant à lui, respecte toutes les conséquences d’un geste réputé dicté par Dieu.

Tous trois admettent qu’ils ne détiennent que peu de pouvoir sur le sort du monde, et qu’à tout le moins le résultat de l’action sur la matière humaine n’est en rien de leur ressort.

« Advienne que pourra » paraît donc introduire la relativité du résultat (et se rapprocher de César) sans véritablement désigner de responsable, (Inch Allah) tout en semblant en exonérer l’acteur (c’était écrit). Nous verrons ces trois possibilités au regard des mythes et de l’histoire.

Mais on peut auparavant se demander la raison de ce second membre de phrase, le premier se suffisant à lui même. « Fais ce que dois » sans complément balaye toute interrogation sur les conséquences de l’action. Fais ce que dois, point final, circulez y’a rien à voir !

Ne pas compléter la devise implique que l’obligation s’impose comme un ordre excluant tout état d’âme, que rien d’autre ne doit avoir d’importance pour l’exécutant et que les conséquences échappent à la responsabilité de l’auteur. Au contraire, la compléter n’est en rien superfétatoire et atténue le caractère irréfragable de l’ordre en prenant en compte la conscience de l’auteur, et lui conférant dés lors un droit à jugement sur l’obligation tout en l’incitant à dépasser ses réticences…

Voyons ces différentes acceptions :

2-1 Les facteurs historiques et mythiques

On admettra que la formule, issue d’un recueil de vêpres, puisse être d’origine religieuse.

Ainsi, la version religieuse en sanctifiant l’obéissance à la Règle, subordonne toute légitimité de l’action humaine à l’accomplissement d’actes au profit de la plus grande gloire de Dieu . Ce dernier est ordonnateur de toutes choses et tout est fait en son nom par des fidèles qui n’ont donc à se soucier des conséquences du respect de la Règle, les résultats et autres effets collatéraux étant tout autant légitimés que voulus par le Créateur: « Dieu le veut » le fidèle doit se conformer et obéir passivement…

Quant à la Chevalerie on se rappelle qu’elle établissait des liens de dépendance et d’obligations réciproques, très forts, entre suzerains (entre autres un Roi de droit divin) et vassaux (lesquels étaient les hommes lige des premiers). On ajoute la noblesse d’action au Devoir, la pureté des intentions à la justesse des actions.

Dans la version Chevaleresque,: le croisé doit agir et non plus simplement obéir et le champ clos où la bataille a lieu ne peut que voir la défaite de l’offenseur (à Dieu, au Roi ou à la Règle). Dés lors peu importait les conséquences, le sort de l’ennemi était là aussi voulu, décidé, programmé, et le Chevalier, forcément vainqueur en raison de son bon droit, se présentait sans peur et sans reproche au jugement de Dieu

Le Chevalier mettant en œuvre cette maxime se trouve néanmoins, in fine, dans la même position de dépendance et d’obligation: il est redevable devant Dieu et son Roi, lesquels avaient pouvoir de décider en ses lieu et place de ce qui était bon pour les fidèles ou le royaume. Dés lors le respect de la règle édictée par autrui, exonérait l’acteur des conséquences d’une action dont il n’était, la aussi, que le fidèle et preux exécutant…

La féodalité induisait une forme d’irresponsabilité du Chevalier qui agit sur ordre de Dieu, de son Roi, lesquels ne pouvaient se tromper, et les conséquences de son action, même dommageables pour tel ou tel, étaient réputées voulues par le donneur d’ordre qui seul, avait la bonne compréhension du Bien commun et de son devenir.

Le Chevalier n’a pas à porter jugement sur les conséquences de ses actions pour autant qu’il respecte la Règle, cette Règle qui pour son suzerain, (Dieu ou Roi) constitue un moyen d’atteindre ses objectifs et d’asseoir son autorité, mais qui pour le vassal, constitue une véritable fin en soi. Qu’importe donc la suite !

Cette conception semble conforme à la philosophie religieuse initiale de la maxime: faire son devoir par devoir car les voies du Seigneur sont impénétrables et il faut s’y soumettre quoiqu’il en coûte. .

2-2 L’influence de la filiation supposée : La version templière

On a toujours présent à l’esprit que les Templiers connurent un contentieux pour le moins important avec la tiare et la couronne.

Même si le Templier est un chevalier chrétien, et un donc un double vassal, de Dieu et du Roi, et que par conséquent la reprise de la devise participe au moins pour partie de la conception précédente, on pourrait soutenir que le traumatisme subi par l’Ordre lors de l’élimination des membres du Temple, ait pu conduire ses survivants, dans ce grade initialement de vengeance à tout subordonner à cet objectif : Venge l’Ordre avant toute chose… qu’importe le reste !

En d’autres termes, l’objectif serait en quelque sorte la vengeance et rien d’autre, quel qu’en soit le prix, laver l’offense à la hauteur de l’affront ..

N’oublions pas que ce grade fut condamné comme « fanatique et détestable, contraire aux principes de la FM » par le conseil des Chevaliers d’Orient et que le GODF lui même élimina ce degré des 7 grades de rite français et qu’il ne fit sa rentrée en France au REAA dans une version plus modérée que 25 ans plus tard

Cependant, la formule semble venir de la fin du 15è siècle, (la Véprie) soit deux siècles après la tragédie templière du début 14è et autant avant la naissance du grade de Kadosh au milieu du 18è. Elle est surtout reprise de façon quasi concomitante à la Révolution Française qui rééquilibre l’ordre social au profit du Tiers Etat et au détriment des 3 couronnés…

On pourrait donc considérer que dans la revendication d’une filiation templière, les fondateurs du grade aient détourné un concept ancien et probablement religieux en l’orientant vers un but plus conforme à la philosophie ambiante des Lumières : il existe un Devoir d’une essence plus élevée que le principe d’obéissance aux 3 couronnés…celui d’assumer sa Liberté et d’exiger Justice envers et contre tous…

2-3 La devise et la Franc Maçonnerie moderne

Cette Justice et cette Liberté, le Chevalier Kadosh, les revendiquent en résistant à tout asservissement de la pensée ou de l’esprit, refusant toute dictature, en Ami de la Vérité. Le but assigné « Fais ce que dois », libère le Monde des préjugés et fausses vérités, réveille les consciences…les moyens sont connus, ce sont « les armes pures » de la morale et de l’action, et les résultats directs sont attendus… sinon il n’aurait servi à rien de décider d’une action …purement gratuite.

Reste que la devise retient toujours l’antienne sur le peu d’importance supposée des conséquences de la consigne reçue et acceptée …Alors que signifie aujourd’hui cette formule ambiguë dont il n’est pas concevable qu’elle ait été reprise par inadvertance ?

Dans sa version moderne, se peut il encore que le Kadosh ne se soucie du résultat, se désintéresse des autres ou accepte sans broncher le sacrifice du soldat ? ce serait une conception bien étrange pour qui partage une vision idéalisée du Monde, considère ses Frères comme ses alter ego et accorde à la vie une valeur sacrée.. Voyons les contre sens possibles sachant que l’objectif reste de l’ordre de l’Utopie créatrice

2-3-1 Un premier contre sens : peu importe le résultat (Advienne que pourra …de l’issue)

A ceux qui soutiendrait que la toute puissance de Dieu a pour corollaire l’irresponsabilité du servant, qui ne maîtrisant aucunement les conséquences d’actes dictés par son Maître ne peut qu’être exclu du débat sur la responsabilité des conséquences de l’action, on rétorquerait que le Maçon se situe dans un problématique exclusivement humaine et n’a de responsabilité qu’à l’égard de lui même et de ses semblables

Loin de vouloir déconnecter l’obligation d’agir de l’évaluation des résultats, la formule oblige en fait à la réussite, car rien en sert d’entreprendre si ce n’est pour espérer atteindre le but assigné…. Le Chevalier Kadosh n’ayant pas vocation à faire des ronds dans l’eau, ce n’est pas de l’absence (ou non) des résultats dont il ne se soucie guère, mais des conséquences du succès dont il semble se désintéresser …

Car il ne faut pas oublier que la logique du grade est celle de l’action et que s’il y a forcement prise de risque, le plus grand danger réside dans l’inaction coupable. Le résultat programmé, attendu, voulu dans la première partie de l’aphorisme, ne peut être nié sans contradiction interne avec la seconde partie.

2-3-2 Une seconde méprise : le désintérêt des autres (Advienne que pourra… des autres)

Parce qu’il a lui même souffert de l’injustice des 3 couronnés, le FM en général et le Chevalier Kadosh en particulier, ne peut se désintéresser des conséquences de ses actes ou des dégâts collatéraux qu’ils impliquent. Une obligation morale maçonnique déconnectée des incidences de son exécution n’a aucun sens.:

Il faut chercher ailleurs le sens de la maxime…l’objectif visé étant, outre le perfectionnement des uns et des autres, la réparation des atteintes, la résistance à l’oppression, l’instauration d’une Cité Idéale.

2-3-3 Une troisième confusion : l’acceptation du sacrifice (Advienne que pourra… de moi)

L’axiome ne signifie aucunement l’acceptation par avance du sacrifice du Kadosh. Tel un impératif kantien, le Chevalier ne peut accepter le principe de sa disparition ou de celle de ses Frères en raison de l’échec de leurs actions : La norme première reste la préservation de l’existence afin de pouvoir rééditer le voyage, la recherche, la tentative, l’action. On rappelle qu’il fallut 3 voyages pour retrouver le corps d’Hiram et que le sacrifice est d’entrée, définitif.

Si la Chevalerie imposait le respect de la Règle au prix de sacrifice de soi , il faut, à mon sens, davantage comprendre ce précepte comme une métaphore destinée à souligner l’importance du principe soutenant l’action du Chevalier et la primauté du but désigné sur tout autre ambition.

2-3-4 L’approche utopique

On a vu que le principe d’une devise impliquait à la fois l’universalité de son principe d’action ainsi qu’un a priori : celui d’une vision cosmogonique supposée partagée par autrui…

On acceptera également de considérer qu’une devise ne vaut que dans le temps, la durée, sinon elle se réduit à une proposition temporaire sans accéder au niveau de la Règle. On dira « ne le tue pas » en vivant dans l’instant, mais « tu ne tueras point » pour signifier la permanence du commandement.

Une devise est donc la traduction d’un système de valeurs morales, applicable à soi, mais dont on souhaite, sinon la réalisation concrète (par définition inaccessible, ce serait dans le cas contraire, un simple projet matériel), dont on souhaite l’applicabilité au groupe, voire à l’humanité toute entière. Faute de relever de la matière inerte et de la pure logique, pour s’appliquer à l’humain, elle intègre évidemment sa part d’impondérable.

Son affirmation, vaut tant par son caractère d’évidence que par sa vocation à rejeter le découragement : « Advienne que pourra » : le résultat n’est pas garanti, mais ce n’est pas une raison pour se dispenser de faire si l’on veut approcher .. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ! »

Le résultat est d’autant moins garanti que la réalisation de l’utopie dépasse largement une unité de vie humaine ; c’est une succession interrompue et prolongée d’observance du Devoir qui permet d’approcher la Cité idéale, la Jérusalem Céleste . On se situe dans l’espace-temps de l’utopie et non pas dans un plan de carrière ou un objectif marchand…

3- SANS PEUR ET SANS REPROCHE… AVEC DES ARMES PURES

On voit donc la complémentarité nécessaire et l’absence de contradiction entre les deux parties de la devise, mais je pense de plus que la formule complète n’a de sens qu’à la lumière de ce qui la précède.

Le Kadosch se soucie donc en effet du résultat de la mise en œuvre de son devoir, des conséquences de son action pour autrui et sur lui même … mais pourtant continue d’affirmer « advienne que pourra »…comme s’il témoignait sa sérénité sur ce sujet

Comment peut il être serein ? car enfin la formule « advienne que pourra » n’est pas là par hasard, et si elle correspond à une époque maçonnique aujourd’hui dépassée (imprégnation religieuse ou crise templière) pourquoi la conserver alors qu’elle fait problème ? Mais on ne touche pas aux monuments comme notre Marseillaise et son «sang impur »

La Tradition est certes un puissant moteur mais qui doit, sauf se condamner à disparaître, évoluer en agrégeant l’éphémère à l’éternité, et pourtant lors des ré écritures des rituels Kadosh abandonnant la vengeance au profit de la réparation, la devise est restée immuable.

A moins que sa signification, historisée mais revisitée, puisse reprendre force et vigueur dans un cadre philosophique moderne où la morale maçonnique correspond à l’éthique humaniste d’une action trouvant ses racines dans le mythe. Le rituel évoquant Bayard ainsi que les armes morales suggère une réponse. On rappelle que les CKS ont une triple obligation, obligation individuelle de faire et de moyen et obligation collective de résultat.

Bayard le pur, ce Chevalier blanc, ne connaît ni la peur ni les reproches par qu’il sait distinguer le Bien du Mal et qu’il a choisi l’oriflamme du premier sur ses champs de bataille.

Mais il ne s’agit pas de la pureté de l’innocence, de celui qui ne sait pas, ou de l’irresponsable, mais de celle des saints, qui s’étant dépouillés des biens matériels ou des espoirs de prébendes ou bénéfices personnels, n’agissent que dans le souci altruiste du bien des autres.

C’est en toute connaissance des causes, des buts assignés et des effets induits que s’engage le Kadosch, il est pur parce que fondamentalement altruiste, parce qu’il n’est pas le bras armé d’autrui, il est seul et ne rend compte qu’à son honneur, sa clairvoyance, sa propre humanité et au delà aux destinataires de son engagement.

Investi, au sens de totalement acquis, à la force des 3 vertus pratiqués par le Rose Croix qu’il fut et qu’il demeure, ayant gravit les échelons, guidé par le culte de la Vérité des faits et des personnes, il est redescendu plein d’attention pour l’Humanité, pour mettre en œuvre son devoir, sans peur et sans reproche, …

Sans peur, car de la même manière que le jugement de Dieu donne toujours raison et victoire à celui dont l’âme et la cause sont pures, celui de sa Conscience le fortifie dans son jugement…Que pourrait il craindre dans ces conditions, assuré qu’il est du bon droit qu’il défend et de sa validation morale par la Règle …

Sans reproche, car Chevalier du Bien combattant le Mal, son action tend à ordonner le chaos. Il se trouve du côté de la Lumière et ne peut être confondu avec un quelconque Dark Vador, ce Chevalier incarnant le côté sombre de la Force ; il avance, assuré de l’invincibilité de ses principes, de la justesse de sa cause et du résultat de son engagement.

Entièrement investi de la notion du Bien commun, au service de la Vérité et de l’Humanité, il sait ne pouvoir être véritablement contesté dans ses buts ou ses actions. Il fait ce qu’il doit !

Parce que le Chevalier Kadosh n’est pas un Dieu, parce que l’erreur fait partie de sa nature humaine, sauf à ne rien entreprendre et à engager cette autre responsabilité, sa réflexion, son analyse, son jugement le confortent dans la nécessité d’action tout en affirmant en une sorte de conclusion pré opérationnelle, qu’il en a justement pesé les conséquences …

Il n’agit pas de façon immature, s’opposant sans raison ou pour des motifs déraisonnables; il ne s’engage pas de façon velléitaire ou superficielle, il n’est pas béatement optimiste ; il n’agit pas comme un despote qui impose sa vision du Monde, mais, faisant en sorte d’acquérir la « connaissance qui mène à la Sagesse, éclairée par la Science, sanctifiée par la Conscience »…il sait que de cette manière on atteint le nec plus ultra de la mission humaine.

Le pari de Pascal vient de la Foi religieuse et de l’espérance a priori heureuse, des conséquences de ce pari ; le Kadosh, lui, après un long parcours de maturation depuis l’initiation, a acquis certes la conviction qu’il doit s’investir dans l’action, mais perçoit également que sa responsabilité est engagée lors du plongeon dans le réel. Il est responsable de ses actions mais aussi comptable de son inaction et il dispose d’armes moralement validées par l’éthique humaniste du grade. Cœur buts et moyens sont purs et nobles.

Comment dés lors pourrait il se tromper si la science comme sa conscience le confortent dans son analyse et l’amènent à la sagesse dans l’action ?

Il fait donc ce qu’il doit, sans peur de se tromper ou de tromper les autres, et sans craindre de reproches, peut légitimement estimer que ce qui doit advenir, adviendra, PEU ou PROU, grâce à la mise en œuvre des armes pures que constituent la volonté bonne et l’intention parfaite, entre amour de la raison et celui de l’humanité. Essayer c’est réussir !

La devise Kadosh retient de sa filiation chevaleresque le « fais », traduction du Devoir en action, garde de son inspiration religieuse la nécessaire transcendance du « dois », ce Devoir, qui dépasse l’individu dans une vision ontologique de l’Humanité, conserve de sa source templière l’indépendance du chevalier qui décide lui même de ce qu’il doit , et agrège l’éthique maçonnique qui demande une intention pure au profit des Hommes, nos Frères. « Advienne que pourra » est en réalité la traduction d’un souhait ardent d’une cosmogenèse « en création » conforme PEU ou PROU aux espérances parce que juste dans sa finalité et son exécution . « Advienne que pourra » porte en fait sur le degré de réalisation et non la possibilité de l’échec.

Ce faisant, l’inspiration initiale de la formule, religieuse, au sens de transcendance et dépassement de soi, chevaleresque, qui théorise le principe d’action en pureté de sa finalité templière, dans sa connotation laïcisée et indépendante des 3 couronnes…rejoint la modernité de l’exigence maçonnique actuelle du Chevalier Kadosh qui doit savoir manier de concert la Rose, l’Epée et le Caducée…l’Amour, la Force et la Sagesse …pour entreprendre et réussir ! Ai je raison, ai je tort ? Seul j’ai décidé, collectivement vous me jugerez .

Source : http://esmp.free.fr/

Par Jean-Pierre DARRY - Publié dans : Planches
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 07:03

Le Commandeur

Vénérable Maître des Cérémonies, rendez-vous dans les parvis et amenez à la porte de l'Aréopage les Chevaliers du Soleil qui sollicitent l'admission au 30°.

Auparavant, vous aurez ouvert le V.L.S., qui doit demeurer ainsi au 29°.Le Maître des Cérémonies, après avoir ouvert le livre, amène les récipiendaires à la porte et frappe en Chevalier du Soleil. Il faut au moins deux récipiendaires.

Vaillant Capitaine des Gardes, voyez si ceux qui frappent ainsi sont bien ceux que nous attendons.

Le Capitaine des Gardes

(Après avoir vérifié)

Très Eminent Commandeur, c'est bien le Vénérable Maître des Cérémonies accompagnant les Chevaliers du Soleil qui sont admis à recevoir la consécration comme Chevaliers Kadosch.

Le Commandeur

Donnez leur l'entrée de l'Aréopage. Ils entrent sous la conduite du Maître des Cérémonies, qui les fait placer entre les deux Grands Juges.

Chevaliers du Soleil, je dois d'abord vous demander de promettre sur votre honneur d'homme et de maçon de ne révéler à aucun profane, ni même à aucun adepte d'un grade inférieur à celui-ci, quoi que ce soit que vous aurez vu ou entendu au cours de cette cérémonie, même si vous n'étiez pas reçu Chevalier Kadosch ou si vous jugiez à propos de vous retirer avant votre investiture.

Prenez-vous cet engagement solennel ? Les néophytes répondent.

Nous enregistrons votre parole, Chevaliers.

En accédant, il y a quelques instants, au 25° degré, vous avez atteint le plus haut stade d'évolution philosophique et initiatique que dispense l'Ordre Ecossais.

L'enseignement de ce grade a fait de vous des hommes susceptibles de coopérer effectivement à l'œuvre que poursuit notre Ordre.

Un degré vous reste encore à franchir, le 29°, intitulé Grand Ecossais de St André.

GRAND ECOSSAIS DE SAINT ANDRE

Ce grade, tout de transition, annonce l'achèvement du Cycle de l'Aréopage. La croix de saint André met en relation la Jérusalem céleste avec la Jérusalem terrestre qui figure sur le tableau de loge.

Le symbolisme se réfère à l'Apocalypse, comme celui du 19°. Mais il s'agit maintenant de revenir dans le monde pour livrer combat. (debout, le glaive dressé dans la main gauche et le maillet dans la main droite, tenu sur le cœur)

Je vous confère le grade de Grand Ecossais de Saint André avec le titre de Patriarche. (il se rassied )

L'excellent orateur

C'est à ce moment, mes FF. que nous avions coutume d'appeler à venger les templiers tourmentés par deux abominables, Philippe le Bel et Bertrand de Goth.

On leur attribuait de grandes connaissances ésotériques, et l'on prétendait qu'une série ininterrompue de grands maîtres reliait le Temple à notre Ordre.

Aucune de ces allégations n'a reçu le moindre commencement de preuve et il ne nous appartient pas de respecter comme une vérité ce qui n'est sans doute qu'une légende.

Le 2ème Grand Juge

Je comprends cette réserve. Mais ne risquons-nous pas de laisser échapper une leçon spirituelle par un excès de scrupules ?

Le 1er Grand Juge

Nous n'avons pas à résoudre les énigmes de l'histoire. Mais l'iniquité de la procédure est attestée.

Le Commandeur

Oui, mes FF. Le C.K.H. est l'ennemi acharné de toutes les injustices et doit poursuivre sans relâche la vengeance du droit. C'est pourquoi, de même qu'en Loge de Perfection vous avez déjà été appelés à une vengeance qui n'exige pas de sévices matériels ou corporels, mais demande le rétablissement des valeurs bafouées. Nous vous appelons à vous associer à nous pour professer encore une fois la haine du mal et l'amour. du bien.

Y consentez-vous ?

Impétrants

Nous y consentons.

Le Commandeur

Dans ce cas, mes FF., en vous guidant sur le Vénérable Maître des Cérémonies, tendez le poing droit et proclamez avec nous : Nekam Adonaï (les anciens C.K.H. se lèvent et s'unissent aux initiants. Puis tous se rasseyent à l'exception des impétrants et des deux poursuivants qui prennent place en silence ) Ces mots signifient : "Vengeance, Mon Dieu". Ils forment le mot de passe du Chevalier Kadosch.

Pause

Le Commandeur

Nous devons maintenant vous soumettre à une épreuve terrible,

Vous entraîner dans les ténèbres extérieures, Vous livrer au chaos qui régnait avant la Création, alors que tout était encore informe et vide. Là vous aurez à subir la tentation majeure. Nous vous assurons cependant, que rien de ce que vous verrez ou entendrez, correctement interprété, n'est contraire à une religion quelconque. Vous pouvez encore nous quitter; tout le monde alors ignorera votre démarche interrompue. Ensuite vous ne le pourrez plus. Persistez-vous ? Les impétrants répondent.

Le Commandeur

Nous allons vous retirer le guide qui vous a accompagnés depuis votre entrée en Maçonnerie. Il serait absurde que la Parole de Lumière figurât dans les ténèbres, que l'ordre créé pénétrât au cœur du tohu-bohu.

Excellent Orateur, fermez le Volume de la Loi Sacrée. (L'orateur s'exécute) (Le Maître des Cérémonies divise les récipiendaires en 2 groupes et conduit l'un de ces groupes d'un côté de l'échelle, l'autre de l'autre côté.)

LE POURSUIVANT NOIR

Pourquoi restez-vous hésitants devant cette nouvelle conquête à accomplir ? Quel respect préconçu vous retient ? La violence vous conférerait ce nouveau pouvoir. Si vous voulez savoir : osez. (Coup violent sur le gong)

LE POURSUIVANT BLANC

Prenez-garde, Chevaliers. La violence est l'arme des faibles. Devant une connaissance à acquérir, seule l'humilité est de mise. Ne piétinez rien car toute chose est sacrée. Ne foulez pas un sol inconnu. Placez-y doucement vos pieds. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Vous êtes une force qui méprise les fétiches. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Vous êtes une arme qui vénère les symboles. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Toute chose est matière et votre volonté vous en rend maître. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Toute chose est esprit et votre esprit l'incorpore avec piété. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

N'ayez crainte de détruire. Ne savez-vous pas que vous ne pouvez édifier que sur place nette ? (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC

Ne détruisez pas inconsidérément. La plupart des matériaux dont vous aurez besoin pour édifier, vous les trouverez dans les constructions anciennes. Il vous suffira de les disposer selon vos conceptions. Ne brisez rien. Déposez soigneusement. (Coup léger)

LE POURSUIVANT NOIR

Avancez et vous vaincrez le monde. (Coup violent)

LE POURSUIVANT BLANC Patience, le monde a été vaincu. (Coup léger)

L'ORATEUR

Vos premiers pas dans l'angle d'un carré long, vous les avez faits avec précaution, l'un après l'autre, de façon mesurée. La maîtrise, vous ne l'avez atteinte, qu'en fuyant les mauvais compagnons, et en pénétrant avec amour l'esprit du Maître. Vous n'avez évité l'ouragan destructif de la neuvième voûte qu'en raison de la patience avec laquelle vous avez attendu de connaître le mot sacré qui ouvre normalement la porte.

Pasteur rosicrucien, vous n'avez amené définitivement à vous que ceux sur qui votre charité s'est exercée. Vous voilà parvenus devant le dernier seuil à franchir. Une fois encore, vous éprouvez une limite. L'ultime initiation vous a placé sûr le plan de la dualité symbolisée partout en cet Aréopage, Votre esprit anxieux pressent néanmoins que tout ne s'arrête pas là. Hélas, Chevaliers, tout s'arrête là en ce monde. C'est sur ce plan, de toute nécessité, que vous devrez agir. Vous ne pouvez acquérir que la notion d'un plan supérieur qui est celui de l'absolu, où la dualité se résout en unité. Mais vous ne pouvez pas vivre sur ce plan supérieur. Il vous faut redescendre sur celui de l'humanité, et vous y affermir pour agir efficacement. Votre action ne pourra que s'inspirer de la notion d'unité et elle constituera alors, pour vous comme pour ceux sur qui elle s'exercera, une préparation à une ascension qui excède les limites de votre vie. Nous ne pouvons que vous indiquer les voies et les méthodes. Soyez attentifs à l'enseignement qui va vous être donné.

LE COMMANDEUR

L'expérience humaine se réalise sous les deux modes différents et, sous bien des aspects, incompatibles entre eux. Les voici représentés par les deux montants de cette échelle mystique. D'un côté, les disciplines de l'intelligence, sciences et techniques qui supposent et affirment le déterminisme. Vénérable Maître des Cérémonies, faites les parcourir symboliquement par deux de nos récipiendaires.(Le Maître des Cérémonies fait lire aux récipiendaires, échelon par échelon, les noms des sciences qui y sont inscrits : grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie)

Nous avons eu recours, pour symboliser la connaissance, à une forme qui peut sembler archaïque mais qui a l'avantage, une fois située historiquement, d'être soustraite aux discussions susceptibles de toucher une expression plus récente. Ce n'est qu'un aspect de l'Univers. De l'autre côté vous voyez représentées la moralité, c'est à dire les vertus et les valeurs. La moralité suppose la liberté. (Le Maître des Cérémonies fait lire aux récipiendaires de l'autre groupe, échelon après échelon : prudence, justice, sagesse, courage, foi, espérance, charité)

Telles sont les vertus qui ont animé votre cœur. Elles vous ont fait pénétrer l'Univers vivant en identifiant votre propre existence à celle des êtres qui le peuplent. Vous faites maintenant partie intégrante de cet univers dont vous êtes devenu l'un des éléments conscients. Prenez la main du Chevalier qui se tient à vos cotés et qui est parvenu à la même intégration que vous par l'autre chemin. A vous deux, désormais, vous représentez deux aspects du cosmos, intimement combinés. Ainsi réunis, indissolublement liés, vous allez réaliser le troisième aspect : l'action, Mais l'action, c'est en ce monde que vous l'accomplirez. Vous savez où elle doit conduire. Vous avez entrevu le but à atteindre. Nous n'avons plus d'autre enseignement à vous donner. Vénérables Maître des Cérémonies, amenez les récipiendaires au pied de l'autel. (Quand ils y sont, et s'adressant à eux) :

A genoux, Chevaliers, (Et, s'adressant à tous les Chevaliers dans les camps)

      Debout et à l'ordre, Chevaliers, glaive en main.(Le Commandeur glaive en main, vient au bord de l'autel et s'adressant aux récipiendaires):

Avant de procéder à votre consécration, je dois requérir de vous les serments qui définissent vos nouvelles obligations.

Excellent Orateur, veuillez formuler, l'un après l'autre, les serments par lesquels les nouveaux Kadosch vont s'engager. (Et s'adressant aux récipiendaires)

Après l'énoncé de chacun des serments, chacun de vous étendra la main droite sur le glaive que je lui présenterai, placera la main gauche sur le cœur et dira : "Je le jure"(Le porte-étendard incline l'étendard ail-dessus des récipiendaires)

L'ORATEUR

Premier serment

Je jure fidélité, jusqu'à la mort, aux lois et règlements de l'Ordre Ecossais.

Je jure obéissance à mes supérieurs dans 1"Ordre en tout ce qu'ils me commanderont de non contraire à l'honneur.

Deuxième serment

Je jure de faire mon devoir uniquement parce qu'il est mon devoir, sans souci de mes intérêts, de ma renommée ou de mon orgueil. Je jure de consacrer mon intelligence, mes discours, mes actions, mes forces et ma vie à l'accomplissement des buts qui sont ceux de l'ordre; de travailler à la réalisation de l'unité de l'espèce humaine par le moyen de son élévation spirituelle ; au succès de ce qui rapproche les hommes et à l'échec de ce qui les divise; au triomphe du bien sur le mal, de l'ordre sur l'anarchie, de la raison sur les préjugés et les croyances aveugles, de la sagesse sur les passions, de la liberté de conscience, de parole et d'écrits sur toutes les oppressions quelles qu'elles soient.

Troisième serment

Je jure de ne jamais causer de tort à aucun Chevalier Kadosch, de ne médire d'aucun ni d'en calomnier aucun; de me porter, au contraire, au secours moral et matériel de celui que je verrais en péril ou en détresse ou qui ferait appel à moi. Je jure de coordonner mon action avec celle des autres Chevaliers Kadosch et de leur prêter assistance dans leurs entreprises en faveur de l'Ordre et de ses buts.

(Quand les trois serments ont été prêtés individuellement par les récipiendaires : )

LE COMMANDEUR

Acte est pris de vos serments. (Il étend son glaive au-dessus des têtes des récipiendaires : )

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France du Rite Ecossais Ancien et Accepté, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous sacre Grand Elu Chevalier Kadosch ; je vous investis des devoirs, charges et dignités afférentes à cette qualité et vous confère la faculté de jouir de tous les droits et prérogatives attachés à ce grade. (Il frappe successivement de la lame de son glaive l'épaule droite puis l'épaule gauche de chaque nouveau Chevalier) Chevaliers, relevez-vous et recevez de moi, au nom de tous les Chevaliers Kadosch, l'accolade fraternelle. (Le porte-étendard remet l'étendard à sa place et le Maître des Cérémonies décore les nouveaux Chevaliers des attributs de leur grade. Il remet à chacun d'eux un glaive. (Le Commandeur reprend sa place à son trône puis, s'adressant aux nouveaux Chevaliers :)

Chevaliers, vous êtes armés maintenant pour votre combat. Votre arme n'est point le poignard du sicaire, ni le couperet du bourreau, ni le stylet du calomniateur, car les moyens de votre action se situent sur un plan supérieur. Votre arme est le glaive flamboyant de Saint-Michel, la lance inflexible de Saint-Georges, le Caducée de Mercure. Ce que vous toucherez de sa pointe doit se trouver par la-même ennobli et se ranger à vos côtés au service de la cause pour laquelle vous combattez.

Allez dans le monde, seul, univers complet, responsable devant votre conscience faite de connaissance et d'amour. Nous n'avons pas de mot d'ordre à vous donner. Tant que vous agirez en conformité avec nos principes, vous ne pouvez pas vous tromper. Ce n'est pas tant de notre Ordre que, sur votre vie, vous devenez le défenseur, mais de ce que notre Ordre représente et de ce qu'il sert. A travers lui, et par l'investiture qu'en son nom je viens de vous conférer, vous êtes désormais le soldat de l'universel et de l'éternel. Vous réfléchirez avant d'agir, de parler ou d'écrire afin de vous assurer, en ayant toujours présent à l'esprit l'enseignement de notre sublime doctrine, que vous agissez, parler ou écrivez dans le sens qui vous a été ainsi prescrit.

Vous animerez les énergies autour de vous, aussi bien dans le monde profane que dans les ateliers des degrés inférieurs à celui-ci. Nous vous commandons d'y stimuler les ardeurs, de les rassembler, de les coordonner et de les faire converger vers le but assigné.

Pause

Vénérable Maître des Cérémonies, veuillez reconduire les nouveaux Chevaliers entre les deux camps. (Quand ils y sont) :

Il me reste maintenant, à vous faire connaître et à vous expliquer les mots, signes, attouchements, du grade qui vient de vous être conféré. (Au fur et à mesure des explications dit Commandeur, le Maître des cérémonies fait aux nouveaux Chevaliers les démonstrations nécessaires et s'assure, pratiquement que l'enseignement a été retenu. )

Le grade de Kadosch ne comporte pas de tablier. A quoi pourrait servir un tablier, puisque vous avez maintenant achevé le travail qui doit s'accomplir à l'intérieur du Temple.

Le cordon que vous portez de gauche à droite, indique que votre raison et votre cœur vont désormais commander votre main ; il soutient comme bijou un poignard, symbole d'action et de combat. La couleur noire de ce cordon vous rappellera que l'homme qui se régénère, c'est à dire qui se spiritualise, dépouille, pour ainsi dire, l'homme de chair et franchit les portes de la mort pour entrer dans le cycle de la vie éternelle.

Vous vous mettez à l'ordre en tenant le glaive de la main gauche, la main droite sur le cœur, les doigts écartés.

Vous ferez le signe en laissant retomber la main droite sur la cuisse droite et en fléchissant le genou droit.

Dans l'ordre du tuilage, le signe est la demande muette du mot de passe.

Le premier mot de passe est NEKAM ADONAI

Puis le tuileur vous dira : BEGOHAL - KOL : Je proclame le principe.

Vous répondrez : BARAH ETH . KOL : Tout procède de Lui.

Le mot de passe est la demande de l'attouchement ni qui se fait de la façon suivante :

La pointe du pied droit contre la pointe du pied droit du Tuileur, genou contre genou, vous lui présenterez le poing droit fermé, le pouce seul levé. Le tuileur vous saisira rapidement le pouce de la main droite et vous reculerez tous les deux d'un pas. 

Vous direz : HABORACH (je loue).

Le tuileur répondra : ETH - ADONAI (l'Eternel ).

Vous donnerez ensuite le mot sacré : MI KAMOHA - BA ELIM ADONAI 

Qui d'entre les Forts, est semblable à toi, Adonaï ? 

Puis vous direz votre âge symbolique : "un siècle ou plus" ou " je ne compte plus", car le 30° degré ne comportant plus aucun enseignement didactique, aucun nombre ne peut symboliser le point d'évolution où est parvenu l'Initié à ce grade, puisque cette évolution est désormais complète.

Après avoir satisfait de cette façon au Tuilage, vous frapperez à la porte du Temple par sept coups ainsi cadencés :

l l     l l     l l     l 

Puis vous entrerez par trois pas ordinaires précipités, en plaçant, croisées sur votre tête, les mains entrelacées, les paumes en dedans. Après les trois pas, vous vous arrêterez, vous vous mettrez à l'ordre, vous saluerez le Très Eminent Commandeur par le signe et vous porterez horizontalement le bras droit en avant, le -poing vertical, le pouce levé, comme si vous présentiez une épée en la tenant par la lame, la garde en haut. Vous prendrez place ensuite dans l'un ou l'autre camp.

Cette instruction pratique est maintenant terminée.

Vénérable Maître des Cérémonies, conduisez les nouveaux élus aux deux Eminents Grands Juges pour qu'ils leur donnent les mots, signes et attouchements qui viennent d'être indiqués. (Quand cette formalité est accomplie )

Le 1er Grand Juge

Très Eminent Commandeur, les mots, signes et attouchements sont justes et parfaits.

Le Commandeur

 Debout et à l'ordre. Chevaliers, glaive en main.

Eminents 1er et 2ème Grands Juges, je proclame les Chevaliers que vous voyez présents entre vos deux camps, Grands Elus Chevaliers Kadosch. Veuillez inviter les Chevaliers présents dans vos camps à les reconnaître en cette qualité.

Le 1er Grand Juge

Chevaliers du Camp du Midi, je vous invite à reconnaître désormais pour Grands Elus Chevaliers Kadosch, les Chevaliers présents entre les deux camps.

Le 2ème Grand Juge

Chevaliers du Camp Nord, je vous invite à reconnaître désormais Grands Elus Chevaliers Kadosch, les Chevaliers présents entre les deux camps.

Le Commandeur

Chevaliers de l'un ou l'autre camp, je vous invite à vous joindre à moi pour célébrer par une chaleureuse batterie nos heureuses acquisitions.

A moi par le signe et la batterie. Prenez place, Chevaliers.

Je donne la parole à l'excellent Orateur.

(Après le discours de l'Orateur les travaux sont clos en la forme rituelle)

Par Rituel REAA - Publié dans : hauts grades
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Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 06:58

« On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille aux premiers mots ».

C’est avec cette citation de René CHAR que j’ai pris la plume pour tourner ce balustre et tenter de définir ma conception du CKS.˙. dans ce siècle que nous ne verrons pas finir.

Notre chance, ma chance, fut de voir s’achever un siècle et participer au commencement d’une nouvelle épopée en citoyen F.˙.M.˙.

Suis-je devenu meilleur depuis que je porte ce titre de « Chevalier de l’Aigle Blanc et noir, Grand Elu et parfait Initié » ?
Le rituel m’aide dans la réponse à apporter à cette question qui, depuis le début de mon parcours maçonnique, m’interpelle et souvent m’irrite. Ne pas se la poser est signe de faiblesse, répondre avec sincérité est difficile, puis je me faire juge de mes actes et quelle valeur donner à ce miroir déformant ?

Si le « Connais toi toi-même » raisonne dans ma tête, je n’ose dire que je connais l’ univers, et encore moins les dieux.

Mais c’est avec le symbole du Noir et du Blanc que je tente de répondre puisque j’accepte de ne pas être totalement blanc, car le noir de mes imperfections me recouvre souvent. Pourtant je m’efforce d’être ce Champion du Bien, conciliant les deux couleurs, non pour devenir gris, mais pour maintenir ce cap commencé il y a 34 ans quand, devenu avocat dans le monde profane, je me suis identifié à ces champions du moyen âge qui portaient les couleurs de leur camp pour faire triompher leur seigneur, comme l’avocat porte la cause de son client dans l’arène judiciaire.

J’ignorais en 1971 qu’un jour, je retrouverais cette allégorie et participerais activement à poursuivre ce chemin sans faiblesse, et même avec une certaine exaltation.

Il est écrit que le grade de CKS.˙. est l’aboutissement, le « NEC PLUS ULTRA » du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Nous avons tutoyé, avec le haut de l’échelle mystérieuse, la « Philosophie », gage de la liberté de notre esprit, pour puiser aux sources de la Raison et ainsi mesurer nos limites puisque nous sommes redescendus, armés des 7 vertus indispensables, pour exercer l’Action, une fois acquises « Connaissance et Sagesse ».

Mais quelle action pour le CKS.˙. en ce début de siècle ?

Comment bien comprendre le message porté par ce grade et comment assimiler notre devise «Fais ce que dois, Advienne que pourra » ?

Comment agir au-delà des incantations si puissantes soient elles ?

Pour essayer de répondre et être ainsi apte au travail utile et profitable , je me suis plongé d’abord dans l’histoire, remontant dans le temps, parcourant à l’envers le chemin de nos aînés, non pour réécrire l’histoire de notre rite, cela a été fait de façon remarquable par l’Aréopage SOURCES, mais pour y retrouver les racines premières qui éclairent la symbolique écossaise.

1.Entre Tradition hébraïque et tradition maçonnique, la force des symboles.

Je me suis interrogé dans un premier temps sur l’ampleur des emprunts à l’hébreu et à la Kabbale dans l’écriture des rituels des hauts grades et même de ceux de nos loges bleues.

J’ai trouvé une première réponse dans un ouvrage de l’un de nos FF.˙., Pierre Marie SAVAIGNAC, « Kabbale et Maçonnerie ».

Celui ci nous renvoie à un livre de Jean REYOR : « Sur la route des Maîtres Maçons »

« Nous avons vu que la Bible est le livre sacré des Maçons ; la conservation des mots hébreux dans le rituel de tous les grades, depuis celui d’apprenti jusqu’au plus élevé des hauts grades, indique suffisamment que l’hébreu est la langue sacrée des Maçons et que, par suite, c’est surtout le texte hébreu de l’Ancien Testament qui doit faire l’objet de leur étude. »

Le décor est là.. Incontournable mais nécessaire, car, justement, il crée le lien entre tradition et modernité, et permet de renforcer l’ aspect immémorial de la Franc-maçonnerie.

Il suffit de se reporter aux mots sacrés et aux mots de passe pour constater que l’ hébreu est la langue de la maçonnerie.

L’ hébreu est la référence, mais ce n’est que l’une des composantes.

Pour comprendre la Franc-maçonnerie, la référence à la Kabbale s’impose car de là s’explique le rôle et l’influence des nombres mystérieux tirés des mots et expressions utilisées. Les corrélations entre un thème donné et une certaine valeur numérique donnent du sens à l’emploi des mots. Les réciter sans en comprendre le sens, me paraît s’inscrire dans une démarche idolâtre, ce que nous condamnons pourtant.

Quelles significations donner à ces nombres qui rythment notre parcours initiatique, sans se référer à leurs origines, bibliques pour la plupart d’entre eux ?

Comment les F.˙.M.˙. acceptent t’ils de les prononcer en voulant gommer leur référence originelle….. ?

Pierre Marie SAVAIGNAC traite de la guémâtrie sinaïtique pour interpréter la Torah et le Cantique des Cantiques et, plus particulièrement, tenter d’élucider un des mystères les plus cachés de la Franc-maçonnerie écossaise, à savoir l’origine des divers âges maçonniques auxquels nous parvenons en tant que maçon tout au long de notre progression dans les hauts grades du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Pour lui, le R.˙.E.˙.A.˙.A.˙. peut être relié à la Mystique Cosmologique juive et à la Divine Comédie. IL suffit de constater la ressemblance entre l’échelle de Jacob et l’échelle que nous, les CKS.˙., devons franchir lors de notre initiation à la rencontre de la terre et du Ciel.

La Kabbale (qu’il écrit sans K et avec un seul b), est la doctrine de la tradition hébraïque qui a pour objet de dégager le sens secret des écritures afin de permettre à l’homme d’acquérir une compréhension totale de la manifestation et par là de faire émerger la divinité qui est en lui.

« Connaissance totale du monde : de l’homme aussi bien que de la nature, en vue d’agir favorablement sur eux.. »

Cette injonction s’identifie à celle que la tradition maçonnique développe et j’ai été interpellé par la correspondance entre l’arbre séfirotique de la Kabbale et « l’arbre » des différents degrés de perfection, chevaleresques, philosophiques et administratifs…Enfer et Terre, Purgatoire et Paradis…..

L’étude de ces correspondances nécessiterait des heures d’explication mais ce qui m’a frappé, c’est cette correspondance avec les âges maçonniques, nos âges, ceux que l’on apprend….3, 5 7 ans et, plus encore, les âges des « hauts grades ».

Je ne vais volontairement citer que deux grades, le premier 25° degré du REAA, « Chevalier du Serpent d’Airain » qui nous fut conféré lors de notre cérémonie de consécration au 30° CKS.˙.

Il faut suivre l’auteur lorsqu’il note l’égalité guématrique entre Naha sh, le serpent, et Machiah, le messie, l’âge du grade, 89 ans, et sa valeur guématrique de 89 !!!

Enfin notre grade de CKS.˙. notre age « 100 ans au moins » , nous savons que la signification de ce mot est saint sacré, séparé…

Nous sommes arrivés près de l’extrême limite de la manifestation, presque au niveau de l’ « éther primordial », Avir Qadmon, qui égale 100. Le CKS.˙. a pu apprécier la « mesure de la hauteur » (shih’our qomah) et utiliser la clé d’ivoire (mafteah mi shénav). Là encore, la correspondance est 100…..

Ces correspondances sont étranges, dérangeantes pour le CKS.˙. que je suis aujourd’hui, membre du GODF, athée au-delà des limites possibles.

Alors comment justifier l’utilisation de ces rituels, de ces nombres, de ces symboles rarement expliqués et ânonnés à chacune de nos tenues ?

Comment expliquer que l’âge du Prince de Jérusalem (16°) soit de 92 ans, si l’on ne découvre pas que cette valeur résulte en fait de l’addition du mot de passe « Tiveth », dixième mois de l’année qui correspond à la rentrée des Anciens à Jérusalem et du mot sacré « Adar » qui désigne le douzième mois de l’année , correspondant à l’action de grâce : l’addition des deux expressions 50 et 42 donne 92….. ?

Je vous l’avoue, j’ai été subjugué par cet ouvrage particulièrement dense qui m’a permis d’approcher les « mystères » (je dis bien les mystères) qui nous sont communiqués si vite que sans travail personnel, nous pouvons très vite nous égarer et perdre le sens de ce chemin initiatique tracé par nos aînés.

Est-ce un détour du balustre pour déboucher sur le rôle du CKS.˙. aujourd’hui dans ce siècle. Je ne le pense pas……Car avant de se lancer dans l’Action, le CKS.˙. doit savoir d’où il vient pour éviter de s’égarer, simple porteur d’un décor supplémentaire…..

Ce fut un travail de lecture passionnante pour commencer à écrire à partir de cette incantation de l’un des anciens rituels…

2. « Soldat de l’univers et de l’éternel » ….. Quel rôle, quelle mission, utopie absolue ou début d’un nouveau parcours ?

Parfait initié, je ne sais, je m’efforce avec vous de mériter ce titre et j’ai donc lu beaucoup, au-delà de cet ouvrage surprenant mais au combien éclairant….Les mystères demeurent mais je crois que j’approche.

Cependant comme le souligne Pierre Marie SAVAIGNAC, le rite écossais est semblable à un fleuve alimenté par nombres d’affluents importants.

Je me suis attardé sur la tradition hébraïque et kabbalistique, mais s’ajoutent la tradition pythagoricienne, le christianisme johannite, la gnose, l’hermétisme et surtout, à notre grade, la chevalerie templière.

L’intérêt de cette étude préalable est de mieux appréhender notre tradition maçonnique, de la comprendre et de tenter de l’assimiler pour en définitive s’en dégager et poursuivre son parcours sans remords et surtout sans honte.

Car n’en déplaise, il suffit de se reporter loin dans l’histoire de l’humanité pour constater qu’ont existé des hommes qui portaient des valeurs universelles bien avant les religions du LIVRE et que notre héritage est antérieur à la tradition judéo chrétienne…même s’ il fut difficile aux maçons du XVIII° siècle de s’en défaire…

La « légende » a commencé avec un premier livre :

« La DIDACHE » petit livre qui fut écrit en langue grecque, sans doute en SYRIE, vers la fin du premier siècle ou au début du deuxième siècle de notre ère, ( entre 70 et 150), découvert par le patriarche de Nicomédie vers 1873 dans la bibliothèque du Saint Sépulcre…..

Ce document a été de bonne heure l’objet d’une grande vénération et pendant longtemps la DIDACHE était lue avec les épîtres, lors des cultes de la primitive Eglise.

En grec DIDACHE ou DIDAKHE, signifie enseignement ou doctrine. Elle est composée de seize « chapitres » qui furent repris dans les livres qui composent le Nouveau Testament dont elle est contemporaine.

Premier document extra canonique du christianisme primitif, tous les enseignements sont déjà écrits !!!!

Je ne retiens que l’un des « commandements » :

….. « Réunissez vous fréquemment, cherchant ce qui convient à vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira à rien si au dernier moment vous n’êtes pas devenus parfaits ».

Sans vouloir faire de comparaison avec les phrases de notre rituel, il est signifiant de remarquer que le CKS.˙. suit cet enseignement, l’âme étant traduite du mot psyché : la vie, l’âme, le cœur , le centre sentimental.

Une adaptation libre, peu éloignée de la phrase prononcée par le T.˙.P.˙.G.˙.M.˙. lorsque le Chev.˙.Gr.˙.Serv.˙. d’Armes montre l’étendard au nouveau CKS.˙. :

« Si vous sentiez votre foi faiblir, si votre dignité risquait de s’abaisser, ressaisissez vous en vous souvenant qu’en un jour solennel, celui-ci, vous avez promis de lutter avec l’arme de lumière et de justice, que vous brandirez contre les forces de la nuit qui ne pourront rien contre elle »

Après ce détour à la recherche du temps passé, nous voilà désormais dans l’action .

3. LE CKS dans l’action en ce XXI° siècle : sa mission, utopie ou début d’une ébauche d’un état de citoyen engagé et responsable ?

Comment concilier la mission du grade illustrée par la devise « Fais ce que dois » au quotidien.

Peut-on adopter l’enseignement traditionnel récité le plus souvent lors des tenues d’initiation comme nous venons le souligner ?

Que reste-il de l’éthique chevaleresque (le bien dans le désintéressement, le beau dans le détachement, la noblesse de pensée dans la noblesse du cœur) ?

Le rappel du combat du chevalier dans l’enceinte sacrée pour faire triompher le bien sur le mal, n’est pas la seule piste de réflexion.

Certes il convient de privilégier l’action d’extériorité (action opérative) au cœur de la Cité, mais là nous pouvons mesurer la difficulté à maintenir les anciennes devises de la tradition maçonnique. D’autant que, si certaines activités profanes permettent de s’en approcher, d’autres peuvent s’en éloigner sans pour autant démériter a priori.

Devant cette difficulté, il est possible de décliner l’action intérieure du CKS.˙., qui poursuit sa quête personnelle par la réflexion, l’écriture, la parole portée au sein du temple pour aboutir à une réflexion collective développée au sein de notre communauté maçonnique, plus particulièrement à ce grade qui est conçu comme un aboutissement renforcé par notre devise « Nec plus ultra ».

Parfait initié, le CKS.˙., homme libre par excellence, se doit d’être exemplaire.

C’est là que la transmission des symboles hérités de nos aînés prend son sens.

Guides de l’action du CKS.˙. dans le monde d’aujourd’hui, vecteurs d’idées forces illustrées par les trois symboles du grade : l’échelle mystérieuse, les trois couronnes, le thème templier sont au cœur de la réflexion du CKS.˙.

Sans développer chacun de ces symboles qui à eux seuls méritent un balustre, il m’est apparu nécessaire d’y revenir en quelques lignes car ils sont la « Référence ».

Nous savons que l’échelle mystérieuse est au cœur de notre cérémonie initiatique.

La déclinaison des vertus, le franchissement virtuel des échelons, vécu dans l’émotion est un élément essentiel à la compréhension du grade.

La montée et la descente symboliques que nous effectuons lors de notre initiation a pour but de nous rappeler qu’il faut conjuguer toujours sentiment et raison, science et conscience.

Ce message est fort car il permet d’éviter l’écueil de la passion et de la haine qui conduit à la désunion, source des conflits qui agitent le monde profane où la force et l’intérêt sont devenus les piliers de cette mondialisation génératrice d’un déséquilibre croissant de toute l’humanité.

La tradition templière prend ici tout son sens ; le Chevalier du Soleil, grand Ecossais de saint André d’Ecosse entend le Grand Maître décliner la devise du CKS.˙. : « Fais ce que dois Advienne que pourra ».

Sans attendre de récompense ou de gratitude de la communauté profane, « armé » de la seule morale qu’ il s’est forgé tout au long de son parcours maçonnique, il va s’engager dans le combat le plus difficile qui l’attend désormais.

Ce thème templier, nos armes virtuelles, l’épée et sa sœur la dague ou « main gauche » sont un rappel des combats menés à l’époque de la chevalerie pour faire triompher les causes justes.

J’ai déjà souligné que ces combats en champ clos m’étaient familiers comme les « juges » du Camp. Entre l’arène judiciaire et celle recréée dans notre Aréopage, le but poursuivi est le même. Je reste ce combattant de l’idéal face aux forces obscures qui mènent la lutte contre l’équité et la justice sociale.

La démesure sécuritaire que nous vivons aujourd’hui illustre le troisième symbole, celui des trois couronnes. Lorsque nous les découvrons à l’ouverture du coffret, nous vivons un moment essentiel de la philosophie du grade.

Pour ma part, il est en définitive, le plus signifiant, toujours d’actualité, avec le décalage entre la volonté du peuple et la surdité de nos politiques pour qui démagogie et langue de bois constituent la seule réponse via des médias dépendants, un pouvoir religieux renforcé, dictant la politique des moeurs dans toute l’Europe, et un pouvoir militaire aux ordres, toujours prêt à soutenir les dérives génocidaires à l’appel du marché soucieux, non des hommes, mais de la protection des richesses naturelles à son seul profit.

Le monde dans lequel nous vivons met en évidence l’association criante des effets dévastateurs de l’alliance perpétuelle de la religion et des armées qui tiennent la main du politique pour tirer l’humanité vers les bas fonds où le XX° siècle s’est vautré avec une complaisance maléfique.

4. Comment dés lors pour le CKS.˙. restaurer la liberté et la justice en ce début du XXI° siècle ?

C’est à la source de ces symboles que le CKS.˙. doit forger sa conviction pour agir en poursuivant dans la Cité l’action contre l’injustice sociale et contribuer ainsi à respecter la promesse faite lors de son initiation.

Si la dictature s’est effacée, l’asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit est bien présent au quotidien.

Or, nous avons promis de résister, obligation majeure que nous avons souscrite. Cet engagement est à mon sens primordial, car de son respect se déduisent les autres promesses que nous avons faites.

Et cette action hors du temple doit être accomplie avec constance car elle est le lien fondamental qui nous conduit tous vers cet « Empire sans frontières » que nous pourrions illustrer par cette Europe sociale que nous attendons de voir se réaliser pour éclairer enfin l’humanité sur toute notre planète.

C’est là que notre esprit critique constitue la meilleure des armes, mais non la pratique du refus systématique, mais bien au contraire une gouvernance de comportement rassemblant toutes les valeurs portées par la F.˙.M.˙. pour vivre en harmonie dans le respect des droits et devoirs de chacun.

Désormais la mission du CKS.˙. est tracée : « Fais ce que dois advienne que pourras ».

Fais ce que dois dans le respect des autres mais avec justement cet esprit critique de l’homme libre, agnostique, pour éviter d’être rattrapé par la pensée unique, le politiquement correct, paravents de l’oppression religieuse et économique qui connaît à nouveau un essor considérable au prétexte de lutter contre le bonheur terrestre.

Non, ce n’est pas archaïque que de vouloir le bonheur ici et maintenant. Ce n’est pas succomber à l’ultra modernité.

Assez de sacrifices pour un prétendu « paradis » dans l’au-delà, ou d’un nouveau salut terrestre version LCR.

Edgar MORIN a souligné cette « Évangile de la perdition ».

Nous avons désormais à choisir une autre voie.

Hier avec l’avènement des Lumières, nos aînés ont accepté leurs statuts de mortels, et le pouvoir de l’Eglise a reculé.

Une religion d’un troisième type s’est créée, une religion de « salut terrestre », comme l’analyse Edgar MORIN, qui ne sait pas qu’elle est une religion et qui s’est pleinement épanouie à partir du message marxiste socialiste promettant le bonheur et l’égalité sur terre.

Cette religion s’est fondée sur une promesse absolue, MARX l’a dotée d’un Messie, le prolétariat industriel et d’une Apocalypse, la révolution.

Nous savons ce qu’il est advenu de cette religion du salut terrestre….Les religions anciennes en profitent et reviennent en force car, si le communisme n’a pas permis de tenir sa promesse de paradis terrestre, la promesse du paradis au Ciel est invérifiable….

Comme Edgar MORIN le précise, et c’est aussi le sens du combat du CKS.˙., la difficulté est celle du sens à donner à sa vie. Il nous faut accepter le fait que nous n’avons pas besoin de salut pour nous forger un sens proprement humain, à partir des idées de fraternité ou de solidarité.

C’est là notre devoir, certes avant tout personnel, mais la démarche isolée ne pourrait que rester vaine si justement elle n’était pas à un moment rassemblée.

C’est le temps fort de l’Aréopage, où nous nous ressourçons pour quelques heures dans cette réflexion collective avant de nous retrouver seul à tenter d’agir, guidé par ces valeurs intemporelles qui tracent les causes justes et qui, parce qu’elles on été bafouées depuis toujours , ont abouti aux martyrs templiers, à l’Inquisition, la Shoah, à la Kolyma, et aujourd’hui à la guerre en Irak et en Palestine, au génocide du RWUNDA, au travail forcé des enfants dans le tiers monde, à l’asservissement des femmes dans les pays musulmans, au déséquilibre Nord Sud……

Le chantier est immense, mais il nous faut l’accomplir chacun à sa mesure mais avec une volonté permanente.

Tel est notre engagement, entre morale de conviction et morale de responsabilité,c’est à ce croisement que le CKS.˙. doit trouver le juste équilibre pour rester ce « soldat de l’éternel et de l’universel ».

Source : http://emsomipy.free.fr

Par Gérard SABATER - Publié dans : Planches
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:34

INSTRUCTION RITUELIQUE

Le CHEVALIER D'ELOQUENCE pourra souligner utilement le haut ésotérisme gnostique du Grade, en insérant dans son discours de réception un commentaire sur le symbolisme de la Tiare et de la Couronne, et ce que ces Objets matérialisent, même pour un Maçon chrétien. Il pourra ainsi rappeler que : La Tiare a été introduite fort tardivement dans les ornements pontificaux, sous sa forme de Triple Couronne d'or, exprimant la prétention pontificale à régner sur le Ciel, la Terre et les Enfers. L'empereur Constantin avait décidé que le pape Sylvestre, et tous ses successeurs, porteraient sur la tête, à la louange de Dieu et en l'honneur du bienheureux Pierre, un diadème en or pur, orné de pierres précieuses.

Mais le pape Sylvestre ayant refusé de porter cette tiare, l'empereur posa lui-même sur sa tête un bonnet phrygien blanc, signifiant alors le passage de l'état d'esclave à celui d'homme libre, et par extension, grâce à la Résurrection du Christ, la libération de l'Homme hors des liens démoniaques. Le pape Sylvestre accepta alors ce symbole, plus chrétien et plus riche de modestie que la couronne d'or. Par la suite, ce fut au dixième siècle que la couronne remplaça le bonnet phrygien, au fur et à mesure que le pontife romain accroissait son autorité temporelle et devenait un souverain politique comme tant d'autres. La transformation de cette couronne d'or en tiare a donné lieu, dans les travaux des historiens d'Eglise, à des explications contradictoires. L'opinion la plus commune et la plus vraisemblable est que la couronne simple en or, (qui avait succédé au Bonnet Phrygien), fit place à la triple couronne, c'est à dire à la Tiare, au début du quatorzième siècle, au temps de Boniface VIII. D'après d’autres sources plus précises encore, ce serait le pape Clément V, (ex-Bernard de Goth), fait pape par Philippe IV le Bel, et couronné à Lyon en I305, qui aurait fait ajouter la troisième couronne, conférant ainsi à la tiare la forme qu'elle possède actuellement.

On observera que les Papes Jean XXIII et Paul VI se sont refusés au port de cet emblème, image de l'orgueil de leurs devanciers, et que le second l'a définitivement abandonné.

Lors de l'apparition des chiffres arabes, et surtout du zéro, clé des calculs mathématiques, l'Eglise romaine excommunia quiconque les emploierait. Seuls, les « Chiffres romains » devaient être utilisés. Ce qui excluait ainsi tous travaux mathématiques.

Par ailleurs, on sait qu'il n'y a que sept lettres qui ont rang de « chiffres romains » :

I, valant 1;

V, valant 5;

X, valant 10;

L, valant 50;

C, valant 100;

D, valant 500;

M, valant 1000.

Les papes s’affirment :

VI C A R I V S   F I L I I    DEI

6 100               49 2      500 1

Soit par réduction 6 et 5 puis 6 et encore 6, la clé 5 est fournie.

Ceux qui arborent sur leur tiare cette phrase ne seraient-ils pas sacrilèges ?

Le Chevalier d'Eloquence n'aura pas de peine à faire comprendre au Maçon chrétien devenant Chevalier Kadosch qu'il s'agit de tout autre chose que d'une offense au Christ.

Il en est de même pour la Couronne en tant qu'image du pouvoir temporel. Symbolisant la victoire du Chrétien sur le monde et ses pièges, le triomphe des élus, la Couronne est un symbole faste. Image du pouvoir terrestre des rois, elle n'est plus dans l'écriture que celle de l'orgueil : « Malheur à la couronne des superbes... » Isaïe, (XXIII, 1).

« Les rois de la terre, qui se sont livrés à l'impudicité et qui ont vécu dans les délices avec la Bête, pleureront sur elle et se lamenteront... », nous dit encore Jean en son Apocalypse (XVIII, 9). Selon l'Ecriture, Dieu seul est le roi de toute la terre (Psaumes : XLVII, 8), et les potentats terrestres lui sont une offense par leur seule présence. De nombreux passages de la bible condamnent les royautés terrestres.

Quoiqu'il en soit, l'exécration rituelle, prononcée par le Chevalier Kadosch sur la couronne de Philippe IV le Bel et sur celle de Clément V, entend frapper le despotisme et la tyrannie, odieusement présentés comme l’expression du pouvoir légitime et chrétien, et non pas une religion particulière ou quelconque.

Nous pouvons nous interroger sur l’anéantissement du projet d'unification d’une Europe médiévale !

MÉMENTO DU GRADE.

ORDRE.

Glaive haut en main gauche, main droite sur le coeur, les doigts écartés.

SIGNE.

Porter la main droite sur le coeur, les doigts écartés, la laisser retomber sur la cuisse droite en fléchissant le genou droit. (Le signe est la demande muette, lors du tuilage).

ATTOUCHEMENT.

La pointe du pied droit contre celle du Frère, genou contre genou, l'un présente le pouce droit levé, doigts joints (comme aux grades d'Elu des Neuf et des Quinze), l'autre Frère le saisit rapidement, et tous deux reculent d'un pas. Le premier dit : HABORKAH, le second répond ETH - ADONAI.

MOTS DE PASSE.

Demande : BEGOHAL. Réponse : PARAS -KOL

MOTS SACRES.

ADONAI BEALIM MIKAMOKA

MARCHE.

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

BATTERIE.

00 - 00 - 00 - 0

AGE.

« Un siècle et plus » ou encore « Je ne compte plus »

INSIGNES.

Cordon noir ou Sautoir noir. Si l'on porte le Cordon, il porte en pointe un petit Poignard ou une Croix teutonique rouge. On ajoute alors un petit cordon noir brodé d'argent, porté en sautoir autour du col, avec pour bijou un aigle noir à deux têtes tenant en ses serres un Poignard. Si l'on porte le Sautoir il comporte pour bijou l’Aigle noir bicéphale tenant dans ses serres un poignard.

NOTA.

En réalité « MIKAMOKA BEALIM ADONAI », soit « qui est semblable à Toi parmi les Forts, Ô Seigneur ?... »

On observera que le « Tuileur des XXXIII Grades » donne, à la place, les mots suivants :

Mot Sacré : MABAMAH

Mot de Passe : ELIEL

Mot d'Attouchement : KYRIE

INSTRUCTION

D - Mon Frère, êtes-vous Maçon ?

R - Mes Frères me reconnaissent comme tel.

D - Etes-vous Maître ?

R - L'Acacia m'est connu

D - Etes-vous Maître Elu des Neuf ?

R - La Caverne m'est connue.

D - Etes-vous Illustre Elu des Quinze ?

R - Je le dois à mon zèle.

D - Etes-vous Sublime Chevalier-Elu ?

R - Mon nom vous le prouvera.

D - Etes-vous Chevalier Prussien ?

R - Dites-moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis.

D - Etes-vous Chevalier Kadosch ?

R - Je le suis. Son nom fut autre et le même pourtant.

D - Quel âge avez-vous ?

R - Un siècle ou plus. Je ne compte plus.

D - Que signifie le mot Kadosch ?

R - En hébreu, il signifie saint, séparé, parfait, nec plus ultra.

D - Quels buts poursuivent les Kadosch ?

R - Combattre sans trêve et à outrance toute injustice, toute oppression, d'où qu'elles viennent.

D - Quel nom porte le lieu où se réunissent les Kadosch ?

R - Un Aréopage.

D -Où se situe un Aréopage ?

R - Dans un Camp.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils dans un Camp ?

R - Pour signifier qu'ils sont toujours prêts à combattre.

D - Donnez-moi le Mot de Passe ?

R - (celui qui interroge fait le Signe et dit « B... -K... », soit « tout évolue en soi-même ». L'interrogé répond « P... K... », soit « tout est expliqué »).

D - Que signifie le signe qui accompagne la "marche" du Grade ?

R - Il rappelle le « vol » héraldique ornant le cimier des casques des Chevaliers Teutoniques, et les trois pas précipités du trot de leurs chevaux.

D - Quelle est la mise à l'Ordre du Grade ?

R - Glaive droit le long du flanc, tenu en main gauche. La main droite est sur le coeur, doigts écartés.

D - Que signifie ce Signe ?

R - La main droite représente l'Etoile du Matin se levant en notre coeur.

D - Pourquoi, mon Frère ?

R - Parce que la Main est l'Image de l'Etoile à cinq Branches.

D - Comment se fait le Signe ?

R - Etant à l'Ordre, laisser tomber la main droite sur la cuisse droite, en fléchissant le genou.

D - Que signifie ce Signe ?

R - Le combat où Jacob fut vainqueur de l'Ange, bien que celle-ci l'ait meurtri à la hanche.

D - Donnez-moi le Mot Sacré ?

R - M... B... A... .

D - Quelle est la signification de ces trois mots hébreux ?

R - Qui, d'entre les forts, est semblable à Toi, Seigneur ? Cette phrase figurait sur les étendards de Juda Macchabées, luttant contre la tyrannie d'Antiochos.

D - Donnez-moi l'Attouchement ?

R - On le donne.

D - Qu'avez-vous observé en entrant dans le Conseil

R - Une Echelle double, dont j'ai gravi la première partie et descendu la seconde.

D - Que signifie cette Echelle ? Et ces Mots emblématiques

R - Que les principaux Travaux des Kadosch doivent être la recherche de la Vérité, de la Bonté, de la Douceur et aussi de la Prudence qui mènent à la Sagesse

D - Quelle est la caractéristique de ce Grade ?

R - L'Amour de la Vérité et de l'Humanité.

D - Pourquoi est-il placé au trentième degré du Rite ?

R - trente, selon la Kabbale, représente le nombre du Sacrifice.

D - Quelle est la signification ésotérique de l'Aigle Noir

R - L'Aigle était dans le monde antique et dans l'Orient ancien le symbole du Juge des Ames, du Protecteur des Tombeaux, .en un mot du Monde des Morts. Noir d'un côté, il signifie l'Au-delà immédiat, Blanc, il évoque l'Orient Eternel de la Maçonnerie. Il était encore l'image de l'Ange de la Mort, que l'on nommait le Rétributeur, pour son inflexibilité.

D - Pourquoi les Kadosch se réunissent-ils également dans une Vallée ?

R - Le mot hébreu géhenne signifie vallée. Le Kadoch est censé avoir franchi les Portes de la Mort. Les textes judéo-chrétiens parlent d'ailleurs de la Vallée de la Mort, pour désigner l'autre monde.

D - Quel est l'emblème de ce Grade ?

R - Le Kadosch qui a, par son initiation, franchi les Portes de la Mort, et est revenu dans le Sanctuaire de la Vie, se doit de combattre toutes les Tyrannies, tous les Abus, toutes les Ignorances. Il est le milite, toujours debout, de la pensée libre, de la justice et du droit, de la vérité

D - Que signifie la couleur noire du Sautoir ou du Cordon ?

R - Elle signifie, selon la symbolique ancienne : foi, savoir caché, secret, inflexibilité, sacrifice, deuil.

D - Pourquoi est-elle liserée de blanc ?

R - Pour souligner que les Kadosch portent le deuil de tous les Martyrs de l'Intolérance et de la Tyrannie, également pour montrer le lien mystérieux reliant ce grade, et son initiation, au monde mystérieux des Morts.

D - Que signifient les trois lettres K\ A\ E\ S\, qui sont parfois brodées sur les Cordons ?

R - Kadosch Adonaï Elohim Sabaoth, soit en hébreu « Saint est le Seigneur, le Dieu des Armées du Ciel ».Les Hermétistes donnaient le nom d'Al Kaest au dissolvant universel utilisé en Alchimie. Et l'action des Kadoch peut se comparer à celle de ce Kaest, sans lequel le Grand Oeuvre est impossible à réaliser.

D - Que signifie l'Attouchement ?

R - La transmission initiatique, par la remise du Poignard; image de la Sainte-Vehme

D - Que signifie la Croix Teutonique rouge ?

R - La naissance de cet Ordre de Chevalerie, à Saint-Jean d'Acre, en 1112, sous sa forme militaire, et les liens de cet Ordre avec le trentième Grade.

D - Pourquoi est-elle rouge ?

R - Comme la croix des Croisés était rouge, la Croix du Kadosch l'est également, puisque le Grand Elu est de fait enrôlé dans une croisade, illimitée en durée comme en lieu.

D - Pourquoi l'étendard des Kadosch est-il parti blanc et noir ?

R - Il est l'exacte réplique de la bannière des Templiers.

D - Pourquoi y a-t-il un temple noir, un temple blanc, un temple bleu et un temple rouge ?

R - Pour rappeler que le Grade est le très réel refuge de la Maçonnerie toute entière, la bleu, la rouge, la noire et la blanche. C'était également les quatre couleurs de la Charbonnerie, au 19e siècle.

D - Que rappellent les Croix rouges pattées et alésées des diverses tentures ?

R - La Croix rouge pattée et alésée des Templiers.

D - Que rappelle la Croix verte de Saint André ?

R - L'Ordre du Chardon de Saint-André, constitué à la Saint-Jean d'Eté 1314, par Robert Bruce, roi d'Ecosse, pour y abriter les Templiers écossais.

D - Que s'était-il passé ?

R - Les Templiers d'Ecosse avaient aidé les troupes de Robert Bruce à gagner la bataille de Bannockburn, et à y vaincre les troupes d'Edouard II d'Angleterre, beau-fils de Philippe le Bel.

D - Que rappelle le Mausolée du Quatrième Appartement et les flammes qui l'entourent ?

R - Il rappelle le bûcher de l'Ile aux Juifs où Jacques de Molay et Guy d'Auvergne furent brûlés vifs en mars 1314, sur l'ordre de Philippe le Bel.

SERMENT PRELIMINAIRE

CHEVALIER KADOSH

Moi - - en présence du Grand Architecte de l’Univers, avant de franchir les Portes de la Mort et de pénétrer dans le sanctuaire de la Vie, sur mon honneur d’homme libre, je promets et je jure de combattre toutes les tyrannies, tous les abus, toutes les ignorances, qu’elles soient matérielles ou spirituelles. A partir de cet instant, à jamais et sans trêve, je serai le milite et le veilleur vigilant de la spiritualité libre, de la justice et du droit. Je répandrai les enseignements que j’ai reçus, afin qu’une pleine lumière éclaire la route des hommes, mes frères, et cela sans distinction de classe, de race, de couleur ou de croyance. Je donnerai l’exemple de toutes les vertus, non par orgueil stérile, mais dans le seul but d’inspirer le désir de les acquérir. Je pratiquerai la fraternité humaine en toute son amplitude pour en démontrer les bienfaits. Je serai le soutien du faible, l’adversaire implacable de l’injustice, l’apôtre du perfectionnement de l’Humanité, en tous les modes et en tous les plans. Je défendrai la liberté, je combattrai la tyrannie. Je me ferai, sous toutes leurs formes, le défenseur de la liberté de conscience, de la liberté de parole, de celle de l’écriture. Je combattrai l’intolérance, l’hypocrisie, l’arrogance et l’usurpation cléricales, sous toutes leurs formes. Je combattrai l’imposture et le charlatanisme aussi bien que les superstitions, la sorcellerie et la magie noire. Je respecterai et considérerai le travail comme l’ennoblissement de la nature humaine qu’il soit manuel, intellectuel ou spirituel. Je combattrai tous les privilèges, qu’ils procèdent de la richesse ou de la naissance, et ce jusqu'à leur totale disparition. Désormais, ma devise sera celle de mes frères CHEVALIERS KADOSH GRANDS ELUS, CHEVALIERS DE L’AIGLE BLANC ET NOIR : combattre le mal, fidélité au Bien, Amour aux hommes et à tous les Etres. Conscient du très haut symbolisme ésotérique de ce degré de la Franc-maçonnerie, je promets et je jure de mettre en pratique à chaque instant de ma vie les significations traditionnelles de la couleur noire du Baudrier des Grands Elus Kadoch : la foi, le savoir caché, le secret, l’inflexibilité, le sacrifice. En foi de quoi, je date et je signe, et que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.

Par Rituel RAPMM - Publié dans : hauts grades
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 07:31

On observera que les Initiations ont lieu dans le Conseil (2e Appartement), et le Sénat (4e Appartement).

Les Affiliations et les Réceptions (Dignitaires) dans le seul Sénat (4e Appartement).

Le Candidat aura été préalablement isolé dans une réplique du « Cabinet de Réflexion » de la Maçonnerie Bleue, décoré de ses Décors de Chevalier Rose-croix, dit « Premier Appartement » (Conseil)

Le Grand Servant d'Armes (Grand Expert), assisté de deux Chevaliers Kadosch, se rend auprès de lui et lui fait prêter le Serment préliminaire, qu'il signe ensuite sur le texte même.

Le Grand Servant d'Armes rapporte cette pièce au Grand Commandeur.

LE GRAND COMMANDEUR.

Chevaliers, mes Frères, le Frère - - candidat au grade de Chevalier Kadosch, vient de prêter son Serment préliminaire entre les mains et en présence de notre Illustre Grand Servant d'Armes, assistés des Tenants habituels, les Illustres Frères - - et - -- Nous allons procéder à un dernier Scrutin...- Que ceux de nos Frères qui sont opposés à cette Réception veuillent bien lever la main droite ! -La cause est entendue, le Frère est accepté comme Candidat.

Frère Grand Introducteur, veuillez prendre la tête de la théorie des Grands Officiers de cet Aréopage, qui, avec nous même, vont se transporter dans le premier Appartement.

Le Grand Introducteur (Maître des Cérémonies) précède le Grand Commandeur, les Deux Grands Juges, le Chevalier d'Eloquence, le Grand Secrétaire, le Grand Trésorier, le Grand Elémosynaire, le Grand Servant d'Armes, Tous se rendent dans le Premier Appartement. Le Grand Garde du Camp demeure en place. Les Frères Officiers se placent debout de part et d'autre de l'Orient.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon frère, veuillez vous lever.

Le Candidat se lève.

Le Grade que vous allez recevoir, un des plus occultes et des plus profonds de la Maçonnerie des Hauts Grades, fit partie du Rite dit de Perfection, dés la première partie du dix-huitième siècle. Il est éminemment gnostique, car il est l'image vivante de l'évolution de l'esprit humain, en son constant essor vers la Lumière, aux prises avec des forces artificielles et ténébreuses, s'efforçant de l'en détourner. Le mot Kadoch signifie « consacré », « purifié », « séparé ». Les Chevaliers KADOSCH, « ELUS » par excellence de la Franc-maçonnerie, doivent avant tout se purifier de tout fanatisme, de toute intolérance, de tout préjugé, de tout égoïsme. Etre tolérant, ce n'est pas moins être maçon. C'est-à-dire combattre l'intolérance, car il ne saurait y avoir de liberté pour ceux qui veulent étouffer cette même liberté. L'influence occulte du KADOSCH doit donc se manifester, avant tout, dans les Loges Symboliques, et n'y laisser pénétrer que des esprits hautement évolués, libérés de toute superstition, de toute ingérence à des intérêts bassement matériels, affranchis de toute servilité à des puissances rétrogrades. Elle doit se manifester ensuite dans les Chapitres, afin que l'oeuvre hautement humaine, charitable, altruiste de notre Ordre, conserve sa spiritualité libre, son intellectualité non asservie, sa charité sans frontières, qu'elles soient de races ou de nations. Elle doit se manifester enfin dans les Conseils, afin que les adversaires permanents de la liberté civique ne parviennent pas à diviser entre eux les apôtres de la Grande Morale Universelle, à les duper en s'en faisant des complices, même inconscients, à les disperser en minant peu à peu nos Traditions et nos Usages séculaires.

Le KADOSCH, mon Frère, est un VEILLEUR, une sentinelle, un gardien. Et comme ces TEMPLIERS, dont nous nous réclamons, veillaient sur les chemins menant à Jérusalem, les CHEVALIERS KADOSCH doivent servir de protecteurs et de veilleurs à l'Humanité en route vers un meilleur avenir.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller.

Il prend le Glaive en main droite, 1’étend sur la tête du Candidat, et...A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle, et du Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS-MISRAIM, au nom de son Souverain Sanctuaire, je vous crée et Constitue :

grand pontife, sublime écossais de la Jérusalem céleste - 19e degré.

vénérable grand maître de toutes les loges, maître ad vitam - 20e degré.

noachite, chevalier prussien - 21e degré.

chevalier de royale hache, prince du Liban - 22e degré.

chevalier du tabernacle - 23e degré.

prince du tabernacle - 24e degré.

chevalier du serpent d'airain - 25e degré.

écossais trinitaire, prince de merci - 26e degré.

grand commandeur du temple, souverain commandeur du temple de Jérusalem - 27e degré.

chevalier du soleil - 28e degré.

grand écossais de saint André d'écosse - 29eDegré de notre rite.

Quant à ce dernier Grade, veuillez lever la main droite et répéter après moi son engagement solennel.

ENGAGEMENT SOLENNEL DU CANDIDAT

AU 29e DEGRÉ DE NOTRE RITE.

 

Je jure de défendre jusqu'à la mort tout poste qui me sera confié, tant à mon honneur qu’à ma garde, et de lutter sans trêve ni quartier contre toute usurpation de pouvoir, d’où qu’elle vienne, qu’elle soit civile, militaire ou religieuse, me refusant par avance à admettre, subir ou légitimer par dol et violence, contre la liberté et le droit.

Le Candidat répète cet engagement.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, s'il est, dans un autre plan, celui des Idées Pures, des archétypes éternels d'où sont issues, ici-bas, toutes les modalités et du Bien et du Mal, il est alors certain que la Tyrannie, l'Imposture, le Mensonge, l'Intolérance, ont leurs véhicules et leurs hypostases ici-bas. Tous ces principes, sur l'existence desquels les premiers Grades d'ELUS avaient attiré votre attention, tous ces principes sont matérialisés dans la société humaine, par des SYMBOLES qui en sont les très réelles images, et c'est d'abord et en premier sur eux que vous allez exercer l'action de votre verbe. Mais auparavant, il convient de vous purifier. Mon Frère, sacrifiez-vous en votre âme et conscience, ici même et en cet instant, votre amour-propre, votre orgueil, votre vanité, votre résistance à soumettre votre opinion à celle de vos supérieurs, et vos erreurs passées ?

PREMIÈRE RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même, et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour propre, mon orgueil, ma vanité, ma résistance à soumettre mes opinions passées à celle de mes supérieurs, en tant qu'exprimant la Tradition séculaire de notre Ordre Vénérable, dont je déclare avoir pleine et entière connaissance.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous votre amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.…

DEUXIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mon amour de l'or, des richesses, des honneurs profanes, en tant que contraire aux idéaux et aux intérêts de l'ordre Maçonnique tout entier.

LE GRAND COMMANDEUR.

Sacrifiez-vous vos ambitions et vos désirs d'honneurs profanes pour mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il vous sera possible ou prescrit de le faire ?…

TROISIÈME RÉPONSE DU CANDIDAT.

Ici même et en cet instant, moi - - je déclare solennellement sacrifier définitivement mes ambitions et mes désirs d'honneurs profanes, afin de mieux servir l'ordre Maçonnique partout où il me sera possible ou prescrit de le faire.

LE GRAND COMMANDEUR.

Il vous revient maintenant, mon cher Frère, de prononcer le triple et solennel Serment des KADOSCH, dont notre Frère Grand Servant d'Armes va vous remettre le texte séculaire.

Le Grand Servant d'Armes remet les trois serments au Candidat, qui lit le premier la main droite étendue sur le Crâne couronné de Lauriers.

PREMIER SERMENT.

Moi, ... ... ..., Grand Ecossais de Saint-André, en présence de ce Crâne couronné de Lauriers, symbole des nobles et infortunées victimes du Pouvoir arbitraire et tyrannique, de l'intolérance et du Fanatisme, je jure d'accepter, les Lois et Règlements traditionnels et séculaires de l'ordre Maçonnique, d'exécuter, sans hésitation ni murmure tout ce qui me sera ordonné à ces fins, et qui ne sera pas contraire aux exigences du devoir et d l'honneur aussi bien qu'à la fraternité maçonnique. Je jure obéissance à mes supérieurs légitimes agissant pour le bien de l'ordre, en conséquence de leurs fonctions, je promets et je jure d'être fidèle et loyal, jusqu'à la mort, à l'ordre Maçonnique et à tous mes Frères, et de conserver inviolablement les secrets des Chevaliers Kadoch. Je jure enfin que jamais, même pour conserver la vie sauve, je ne me soumettrai et ne me ferai l'auxiliaire d'un absolutisme politique ou religieux, usurpant le gouvernement d'un état, et qui en abuserait pour opprimer et asservir les hommes.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment.

SECOND SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de consacrer désormais ma vie entière à l'accomplissement du but des Chevaliers Kadoch, de protéger l'innocence, d’en revendiquer les droits, de combattre les oppresseurs de l'Humanité, de faire respecter les Droits de l'Homme. Je jure de consacrer à cet objectif ma parole, mes ressources, mon influence, mon intelligence, ma vie. Je jure d'être, jusqu'à la mort, l'apôtre dévoué et zélé de la vérité et de la justice, et de ne jamais causer un dommage quelconque à un autre Chevalier Kadoch.

LE GRAND COMMANDEUR. Mon Frère, nous prenons acte de ce second Serment.

TROISIEME SERMENT

Moi, - - Grand Ecossais de Saint-André, je jure de contribuer par tous les moyens qui seront à ma portée, à la diffusion et à la réalisation des principes séculaires de la Franc-maçonnerie. Je jure d'assister et protéger, par tous les moyens et même au péril de ma vie, tout Frère qui serait poursuivi et persécuté pour ses croyances religieuses ou ses opinions philosophiques, pour sa fidélité à la cause de la Liberté, pour ses opinions politiques, ou du fait même de son rang dans la hiérarchie maçonnique. Voici donc que je laisse au sol la Couronne Royale, non pas tant comme symbole d'une forme particulière de gouvernement, mais comme l'emblème de la Tyrannie, quels que soient son nom, sa forme, sa manifestation, et comme l'image des régimes révolus où la liberté et les biens de l'homme pauvre, son honneur d'époux ou de père, sa dignité d'homme, étaient, du fait même de tels régimes politiques, des mots vains et sans signification En conséquence, je combattrai le Despotisme sous toutes ses formes, je combattrai tout mouvement tendant à l'établir ou le rétablir n'admettant en un tel domaine que la souveraineté du peuple et l'intérêt de la nation. Voici encore que je laisse au sol la Tiare Pontificale, non point comme symbole d'une foi, d'une croyance, que je me fais loi de respecter, mais comme la négation même de cette haute morale que le grade de Chevalier Rose-croix m'avait révélée, et que Jésus de Nazareth scella de son sang. Je l’abandonne comme symbole d'une ambition et d'une tyrannie reposant sur l'imposture et l'orgueil et qui autorisèrent, aidèrent et protégèrent tous les excès des tyrans du temps passé aux dépens des humbles. En conséquence, je combattrai partout et sans trêve l'intolérance et le despotisme spirituels, et je travaillerai de toutes mes forces à l'affranchissement de la conscience humaine, par l'enseignement des sciences et les manifestations de la raison.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, nous prenons acte de votre Serment. Nous allons quitter ce Sépulcre, et nous rendre en un autre monde. Chevalier Grand Servant d'Armes, veuillez voiler le Récipiendaire.

Le Grand Servant d'Armes couvre la tête du Récipiendaire d'un double et très épais voile noir, tombant à la hauteur des genoux. Ce voile est pailleté de points dorés.

Avant le départ pour le Second Appartement, on entend les voix successives des Neuf Grands Officiers, qui prononcent les neuf maximes :

PREMIERE MAXIME.

Fais pour tous les Hommes ce que tu voudrais qu'ils fassent pour toi...

SECONDE MAXIME.

Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait...

TROISIEME MAXIME.

Adore l'Etre Suprême, mets ta confiance en Lui, et rejette les prétentions des faux dieux...

QUATRIEME MAXIME.

Aime ton prochain comme toi-même...

CINQUIEME MAXIME.

Soulage les êtres malheureux, cela dans tous les règnes, et conserve à la Nature son harmonie...

SIXIÈME MAXIME.

Sois toujours véridique, et fuis le Mensonge...

SEPTIEME MAXIME.

Sois patient, et supporte les défauts des Frères...

HUITIÈME MAXIME.

Sois fidèle à tes engagements, et souviens-toi qu'une des principales vertus des philosophes est la Discrétion...

NEUVIEME MAXIME.

Supporte l'Adversité avec résignation...

On pénètre dans le Second Appartement (Conseil).

Les Grands Officiers prennent place à l'Orient, sauf le Grand Servant d'Armes qui demeure auprès du Récipiendaire, et le dévoile.

LE GRAND COMMANDEUR.

Prend son Glaive et l'étend au-dessus de la tête du Récipiendaire.

Mon Frère, veuillez vous agenouiller, bras croisés au Signe de Rose-Croix.

Il en est ainsi fait.

A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Franc-maçonnerie Universelle et du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, au nom de son Souverain Sanctuaire, en vertu des Pouvoirs qui nous ont été conférés, je vous crée, vous Frère et vous constitue : CHEVALIER DE L'AIGLE BLANC ET NOIR GRAND ÉLU CHEVALIER KADOCH Trentième Degré, et Membre de l'Aréopage régulièrement établi sous le Titre distinctif de Conseil Philosophique de la Vallée - - souchée sur le Chapitre - - et la Respectable Loge - -

Le Grand Servant d'Armes fait alors déposer par le Récipiendaire, sur les braises de l'Urne, une large poignée d'Encens.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, recevez ce Cordon noir liseré de Blanc Argent, aux couleurs de notre Grade, et à celles de tous les Grades d'Elus. Ce sont là des couleurs de deuil. Nous vous laissons le soin de rechercher, selon votre degré initiatique personnel, le pourquoi de cet usage, mais sachez bien que nous portons effectivement le deuil d'un de nos Maîtres. En outre, dans la symbolique traditionnelle, le noir est la couleur de la foi inébranlable, du savoir caché, du secret, de l'inflexibilité, du sacrifice. Divers Bijoux, que vous serez amené à voir sur nos décors, doivent également être étudiés longuement. Leur ésotérisme est d'une profondeur sans égale. C'est ainsi que L'Aigle Noir et L'Aigle Noir et Blanc, expriment des enseignements différents, dont l'origine se perd dans la nuit des âges, et qui ont trait à ce que les profanes appellent l'Autre Monde. La Croix Teutonique évoque notre lointaine origine chevaleresque, liée aux Croisades. Et le Poignard rappelle cette Sainte-Vehme si redoutée jadis des féodaux sans foi ni loi, et qui fit trembler tant de princes sur leur trône, lorsqu'ils avaient mauvaise conscience.

Le Grand Servant d'Armes revoile le Récipiendaire et le conduit vers le Quatrième Appartement.

Les Grands Officiers suivent dans l'ordre, et prennent place à l'Orient.

On dévoile alors le Récipiendaire, face à l'Echelle Mystérieuse.

LE GRAND COMMANDEUR.

Mon Frère, veuillez contempler l'Echelle Symbolique. Elle indique les sources de la méthode que vous devrez toujours utiliser pour faire triompher la Vérité, ainsi que les principe sacrés dont vous êtes devenu le Chevalier.

Elle se compose de deux montants et de sept échelons.

Le montant de gauche est consacré aux sciences requises pour assurer le triomphe des doctrines gnostiques, rappelées sur le montant de droite. Ce dernier est en fait un rappel et un résumé des enseignements de la Kabbale. Ainsi donc, vous pouvez lire :

 

MONTANT GAUCHE                                       MONTANT DROIT

Grammaire                                                       TSEDAKAH - Justice

Rhétorique                                                        SCHOR-LABAN - Bonté

Logique                                                             MATHOK - Douceur

Arithmétique                                                   EMOUNAH - Vérité

Géométrie                                                       HAMAL-SAGGHI – Grand Oeuvre

Musique                                                            SABBAL - Fardeau

Astronomie                                                      GHEMOUL BINAH THEBOUNAH

 

La Prudence mène à la Sagesse

Sachez, en outre, mon Frère, que l'étude attentive de toute notre Rituélie vous donnera la clé occulte de ces Grades d'ELUS que vous avez déjà parcourus avant d'entrer parmi nous. Elle vous explicitera bien des aspects mystérieux de la Franc-maçonnerie. Et c'est en ce grade que vous découvrirez, si vous en êtes digne, la Sublimité du Royal Secret...

Le Grand Servant d'Armes conduit le nouveau KADOSCH devant le Commandeur afin d'en recevoir les Mots, Signes et Attouchements

Le Chevalier d'Eloquence prend ensuite la parole pour souhaiter la bienvenue au nouveau Chevalier et commenter l'ésotérisme de cette Réception. Il peut également s'inspirer de l'Instruction qui suit.

Par Rituel RAPMM - Publié dans : hauts grades
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