Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 16:35

Durant les années 1960-1980 les autorités catholiques ont cherché à approcher des milieux maçonniques. La question que l’on pouvait se poser concernant cette approche peut maintenant recevoir sa réponse. Il s’agissait pour les autorités religieuses catholiques de formuler une opinion objective sur les incompatibilités entre Église et Franc-maçonnerie. Ces incompatibilités pouvaient avoir cessé d’imposer une rigueur ou une hostilité justifiant l’excommunication des francs-maçons. Ou l’attitude maçonnique pouvait avoir changée au point de réduire le nombre de ces incompatibilités. Voire, les avoir réduites à néant.

De toute façon, il fallait étayer le jugement le plus modéré et le plus éclaire pour se prononcer . La passion, dans les relations entre Eglise catholique et Franc-maçonnerie ayant obscurci les approches réciproques.

L’on pouvait admettre que l’hostilité était de circonstance. Ou encore due à une incompréhension, en raison de la singularité ou de l’originalité de la démarche maçonnique.

On pouvait supposer que le temps adoucissant les passions permettrait aux hommes de s’approcher, de s’estimer et de se comprendre.

On pouvait admettre que la puissance ayant condamné (l’Église ayant excommunié les francs-maçons dès l’origine de l’institution) avait des raisons de faire cesser une hostilité que ne justifiaient plus les attaques dont elle était l’objet.

On pouvait également se demander si les catholiques pouvaient entrer sans se renoncer dans l’Ordre maçonnique. Et également, si des francs-maçons pouvaient demeurer catholiques.

Toutes ces attitudes paraissent, sans commentaire, étrangères à la façon dont le problème se trouve posé en définitive.

Les conclusions tirées par les autorités catholiques, du moins jusqu’à ce jour sont formelles: il est exclu que l’on puisse appartenir en même temps à l’Église catholique et à la franc-maçonnerie.

Et cela, même si l’institution maçonnique à laquelle on désire appartenir n’est pas hostile à l’Église, et cela, même si l’institution maçonnique n’interdit nullement à un catholique de faire partie de l’une ou de l’autre de ses loges, fut-elle favorable à l’Église catholique.

L’Église catholique affirme l’incompatibilité radicale entre l’appartenance conjointe aux deux institutions, et la qualité de catholique.

Il est encore certain que l’institution maçonnique, admet, elle, la compatibilité entre les deux allégeances.

Ce qui apparaît d’évidence, c’est que l’attitude des autorités catholiques est fondée sur la croyance aux enseignements de l’Eglise, et l’attitude maçonnique, sur la libre détermination des consciences.

La Franc-maçonnerie est la seule institution, semble-t-il, qui ait réussi à proposer un rapprochement entre les hommes sans considération de croyances, de race, ni de profession. Cette prétention est symbolique, c’est à dire qu’elle n’est jamais qu’un idéal.

Cette prétention est liée à une méthodologie: la sélection des membres, la pratique d’une discipline corporelle et rituelle dont le formalisme et la diversité permettent la libération spirituelle.

Et d’une espérance: que les individus ainsi soumis à une épreuve consciemment assumée soient assez détachés de leurs intérêts matériels, de leurs passions, ou de leurs croyances pour se conduire avec leurs égaux de façon fraternelle, et avec les humains en général de façon généreuse.

L’engagement maçonnique implique deux attitudes: la considération des êtres sans tenir compte, positivement ou négativement, de leur conditionnement social, culturel ou héréditaire. Le respect d’une solidarité librement assumée entre les êtres qui se vouent librement à cette exigence.

Le franc-maçon sait parfaitement que les êtres sont liés par leur passé, par leur milieu, par leurs obligations sociales contractuelles ou formelles, par leurs passions ou leurs recherches à une condition apparente qui les condamne à l’isolement individuel ou collectif.

Les humains sont d’autre part la proie des incertitudes, des inquiétudes qui les poussent à chercher des conditions d’équilibre qu’ils nomment salut ou liberté selon les milieux, ou encore, se vouent à des causes qui les justifient à leurs yeux ou à ceux du monde.

L’institution maçonnique entreprend d’indiquer à ces êtres la voie d’une relative sérénité. Et sans doute le catholique trouve une réponse dans sa soumission à la volonté de Dieu.

- Mais le franc-maçon pour autant peut chercher sa réponse en lui-même, sans que l’affection qu’il voue à son frère croyant en soit altérée.

Or, précisément, c’est cette relativisation de la croyance que le Catholicisme condamne. Il ne souffre aucune complaisance à l’égard de la notion de vérité.

Et il est vrai que pour le franc-maçon, toutes les religions sont respectables, et tout autant qu’elles apportent aux humains une voie de paix intérieure et de générosité, une solution et une promesse suffisante à leur attente, il n’a aucune objection à faire. Son opposition commence lorsqu’au nom du salut on opprime et écrase les êtres sans ménager leur souffrance et sans respecter leur liberté intérieure.

La relativité de toute vérité constitue la base de la franc-maçonnerie. Voilà ce qu’affirme le document, et, au fond, ce que reconnaissent bien volontiers les francs-maçons.

Ils disent, ces constructeurs de la cité terrestre que la solidarité n’est pas une affaire de croyance, mais de reconnaissance mutuelle. Ils disent que la volonté de construire pour l’homme une cité terrestre n’est pas sacrilège, même si certains pensent que la seule durable est la cite céleste. Ils constatent que les croyances sont diverses, et que la diversité de ces croyances n’est pas un élément sur lequel se fonde l’ordre vivant, mais au contraire, que l’ordre humain s’autorise de la diversité des croyances pour justifier les conflits.

Dans la mesure où les conflits sont permanents entre les hommes, ils témoignent que les croyances ne sont que des prétextes pour justifier les oppositions.

Qu’il importe moins de justifier les oppositions que de concevoir une voie d’accès à la compréhension de notre condition, et à l a maîtrise des passions qui nous emportent hors de nous-mêmes.

Le franc-maçon a conscience de la nécessité d’une ascèse intérieure qui conduise l’individu de la dépendance originale et subie, à la collaboration consentie et lucide.

Le franc-maçon entend assumer sa vocation d’être libre, même si cette liberté est relative, même si elle est fonctionnelle même si elle est difficile, parce que la conscience qu’il a de lui-même lui confère un sentiment de dignité auquel il est attaché.

Il n’est pas en lui de renoncer à cet appel vers la lucidité et vers la disponibilité de soi. Si le catholique veut affirmer que cette aspiration à se dépasser est l’effet de la nature divine en l’homme, libre à lui catholique de le dire. Mais en quoi peut-il s’opposer à ce que les individus qui aspirent à cette reconnaissance d’eux-mêmes se considèrent comme frères ? -

Ce que les catholiques croient, c’est que l’homme est en marche vers Dieu. C’est que l’humanité est ouverte sur le royaume de l’au-delà.

On peut discuter sur la valeur transcendante des concepts. On peut être indiffèrent à la figuration imagée et symbolique pour adopter la signification formelle. Il n’en demeure pas moins que rien n’interdit à des humains de considérer la « diversité des créatures » (Kipling) et de tenir leur qualité humaine pour dénominateur commun de leur démarche terrestre. L’Église catholique affirme devoir s’identifier à l’humanité, et sans doute y aspire-t-elle. Reste à savoir si elle réduira cette humanité au plus petit commun diviseur ou au plus grand commun multiple.

Les catholiques ont une façon définitive de juger des hommes d’après la façon dont ils croient en Dieu.

Il ne vient pas à l’idée des catholiques que leur interprétation du divin a pu varier aux cours des siècles, ni que les formules les plus précises dans le domaine de la transcendance ou de l’immanence ne sont que des façons de dissimuler l’ignorance où sont les hommes de leur destin passé et futur en tant que porteurs d’esprits.

Il y a en particulier un procès fait à l’invocation du Grand Architecte de l’Univers qui révèle, tant chez les catholiques que chez certains francs-maçons, une attitude déiste antithétique. Le Grand Architecte, comme symbole, signifie seulement qu’il y a un ordre dans l’apparence de ce monde. Que cet ordre soit l’esprit humain qui se reconnaît dans l’Univers, ou une volonté, le franc-maçon n’en a cure, il n’exprime aucune opinion sur les conceptions métaphysiques, persuadé qu’il n’y a dans ce domaine aucune possibilité de trancher par la preuve et par la raison.

Mais, pour ce qui est de la révélation, telle que les catholiques la conçoivent, on pourrait curieusement se demander si le procès n’est pas délibérément truqué.

Qu’est-ce que la Révélation ? Si c’est Dieu qui parle dans un livre on peut se demander si tout ce qui est dit et écrit n’est pas aussi un témoignage.

Si la révélation c’est la prise de conscience méthodique ou non de la réalité des choses, si c’est la conquête progressive d’une vérité qui se fait en nous par la manifestation de l’être, alors, on peut se dire que c’est une affaire d’interprétation.

Mais, est-ce suffisant pour refuser la qualité de frère à un homme qui ne conçoit pas la relation de l’homme avec l’inconnu de façon conforme à celle que nous retenons pour notre propre usage ? C’est ce que je me refuse à croire.

Il est vrai que ce qui choque le plus les catholiques chez les francs-maçons, c’est la notion de tolérance.

Il faut admettre toutes les idées disent les francs-maçons et se montrer prudent quant aux hommes en raison de l’usage qu’ils peuvent en faire. C’est évidemment une forme de relativisme.

Mais, de quel droit décider des bonnes idées et des mauvaises sinon par un à priori révélateur d’une volonté de puissance.

L’Eglise catholique entend assumer l’ordre spirituel par l’information et l’autorité. Mais répugne à admettre les mises en questions systématiques, et là-dessus, la démarche du franc-maçon est rigoureusement différente.

Il conseille la recherche prudente, discrète, secrète même mais librement conduite, et assurée en fonction de l’expérience probatoire.

Dans le fond, l’Eglise assure un ordre social ancré sur le sacré et le franc-maçon un ordre humain, fondé sur l’intelligence et la fraternité,

La question des sacrements et celle des rites est intéressante dans la mesure où elle permet de faire la distinction du sacré et du formel.

Lorsque le prêtre confère un sacrement, il établit une participation du divin dans l’ordre de l’humain. On peut discuter de la façon dont cette participation est efficace, ou effective, on ne peut nier que le prêtre serve d’intercesseur, même si le sujet du sacrement aspire à la participation au divin.

Dans le rite, le problème est purement physiologique et rationnel. Le rite est une forme qui s’impose à une autre forme, le corps. Le rite est un signifiant, qui s’offre à l’intelligence. Le rite conjugue la pédagogie active et le besoin de comprendre ce qui est figuré. Il est éminemment efficace dans la limite de l’organique et du spirituel, mais ne concerne pas le divin , l’effet de la grâce, ou l’intervention divine étant l’affaire de considérations personnelles. En pratique, les rituels sont composés pour orienter les actes et les pensées vers des considérations fructueuses, mais non ordonnés en fonction d’une détermination extérieure à celui qui y participe. Les rites sont des figurations animées, des tableaux suggestifs, non des envoûtements ou des sacrements. Il est vrai que ces rites évoquent certaines attitudes et des considérations morales. Mais ce sont des propositions, ce sont des évocations, ce sont des prescriptions, et non des contraintes. Le perfectionnement moral, lié aux pratiques visant à la maîtrise du corps et à la réflexion, c’est à dire à la maîtrise de l’esprit, définit l’idéal maçonnique.

Il ne se justifie pas par une participation au divin, mais par une prise en considération de l’humain.

Il y a toutefois, dans l’homme une dimension particulière, qui confine au mystère (le domaine de l’intuition, les conduites irrationnelles et les déterminations affectives). C’est pourquoi, les enseignements maçonniques ne se limitent pas à la mesure et à la règle. Ils ouvrent les voies de l’esprit sur l’infini.

Est-ce que parce que le franc-maçon ne relie pas les vertus morales aux enseignements divins sa moralité est méprisable, ou inconsistante ? Il y a longtemps que l’on a reconnu que l’on peut être saint sans Dieu, du moins est-ce une perspective qui s’offre clairement à qui considère les actes humains.

Le rapport entre Dieu et la Vertu est un faux rapport dans la mesure où les enseignements divins peuvent être réduits à la tradition sociale et aux nécessités communautaires. Voire, aux besoins organiques et affectifs.

L’homme est-il perfectible et comment ? Qu’est-ce d’ailleurs pour l’homme que la perfection ?

Affaire d’opinion, affaire de croyance, révélation ?

Il y a une réponse facile à donner, et les catholiques y répugnent. En réalité, l’acte est toujours mystérieux dans ses suites, mais toujours clair dans sa nécessité immédiate. Fais ce que dois, advienne que pourra.

La réponse du franc-maçon, contrairement à ce que croit l’Église de l’engagement maçonnique, n’est pas telle ou telle démarche, telle ou telle fidélité, telle ou telle servitude. La réponse du franc-maçon est la libre disposition de soi.

L ‘adhésion totale que réclame, d’après les catholiques l’Ordre des francs-maçons à ses membres est, comme toutes choses dans le temple le symbole de la condition humaine.

Le maçon n’adhère pas à l’Ordre en tant qu’instrument d’une idéologie, ou d’une action temporelle, il adhère à l’Ordre en tant que vecteur d’une conquête de soi et d’une liberté intérieure pour chacun et par chacun de ses membres.

Faute de certitude le maçon en adopte une: être ce que l’on est, c’est à dire accepter d’être

pleinement ce que l’on découvre en soi de puissance, et d’amour, de force et de beauté, de grâce et de candeur

Le maçon n’est engagé qu’à une chose, accéder à l’autonomie, parvenir à la pleine disponibilité de soi. Et s’il n’est pas possible d’y parvenir sans s’affranchir du conditionnement maçonnique parce que l’institution et les hommes qui la composent sont une entrave à cette liberté, il faut accepter de s’en affranchir. .

En réalité, l’homme libre est au-dessus des conditionnements temporels, et l’on n’a plus rien à rejeter quand on est parvenu à la conquête de soi-même.

Mais, ce que l’Eglise catholique appelle une « exigence de totalité » n’est en fait qu’une exigence de « viduité ».

Le franc-maçon ne concède à aucune croyance le droit de le déterminer au-delà de sa libre volonté.

Le maçon n’accepte ni de se soumettre à la peur, ni de se compromettre par faiblesse, ni de se résigner par prudence. Il est certainement très exceptionnel de devenir vraiment maçon. D’où les compromis et les indulgences dont personne ne peut se passer en ce monde, sauf les saints, qui, même dans leur Église, ne sont pas toujours bienvenus.

Faut-il souligner que la prétention est étrangère au Saint ? Comme elle l’est au franc-maçon ? Je veux dire que s’il est des Saints ou des Francs-maçons, ce n’est pas eux qui le savent.

Les rapports entre les francs-maçons et les Eglises chrétiennes semblent plus aisés qu’entre eux et l’Église catholique. Mais, en somme, il s’agit toujours pour les Eglises de considérer la franc-maçonnerie comme une Église rivale avec laquelle composent les Eglises évangélistes, avec laquelle l’Église catholique ne compose pas.

En réalité, les discussions sur les rites, et sur les croyances, sur les secrets ou sur les engagements ne sont que des prétextes à définir des contradictions dont la responsabilité n’appartient nullement aux francs-maçons.

Cela pour une raison bien claire: ce ne sont pas les francs-maçons qui ont commencé à condamner les esprits libres. En ce sens, on peut bien dire, comme le font les chrétiens, que la liberté de conscience est diabolique, qu’elle est l’arme du diable.

Mais, en réalité, la liberté d’esprit ne condamne que ceux qui font de la croyance et d’une croyance définie le lien social, le ciment de la communauté, l’instrument de l’Ordre politique.

Ce qu’il faut comprendre en profondeur c’est que l’Église, qui se fonde sur une croyance, ou qui s’ordonne autour d’une mythologie, ou d’ailleurs qui s’appuie sur des prétentions à la Vérité scientifique ou autre, n’est ni plus ni moins qu’une manifestation de la société, en tant que corps constitué, et administré.

La vie s’élabore autour d’un appareil que justifie un certain nombre de croyances et de contraintes, et non de volontés libres.

En somme, il y a deux façons de considérer l’Ordre social: ou bien il est établi, et établi autour d’une conception universelle de la relation de l’homme avec le cosmos, au nom duquel les individus sont maintenus dans la norme, et tenus au respect des rites et des croyances. Ou bien l’ordre social est contractuel, et consenti par l’adhésion libre et déterminée d’hommes libres.

Dans le premier cas on a une société de fait qui s’élève au-dessus du fait pour justifier sa cohérence, sa durée, et son avenir.

Dans le second cas on a une société de droit, qui s’affirme par le consentement et la volonté de vie communautaire.

Il est vrai que les sociétés naturelles sont des sociétés de fait, que les croyances composant l’opinion commune justifient. Il est évident que la société maçonnique est une société volontaire et n’a nullement besoin de s’ordonner autour d’une conception unitaire de la relation entre l’homme et le cosmos.

On voit l’incompatibilité entre les deux. Seulement, la première forme de société connaît des ruptures, comme la seconde est éprouvée par les faiblesses humaines. D’où leur complémentarité nécessaire.

Il est clairement affirmé dans les milieux catholiques qu’il y a incompatibilité entre l’appartenance a l’Eglise et l’engagement dans l’ordre des francs-maçons.

L’excommunication sera sans doute atténuée, où la rigueur était de règle. Mais il n’est pas certain que tous les clergés soient indulgents à l’égard des maçons.

En fait, il est établi qu’il y a une universalité sélective que refuse l’église. Parce qu’elle est l’expression de la totalité, tant sociale que cosmique (voire divine).

Ceci étant, les francs-maçons recevront tout homme libre et de bonnes moeurs qui postulera sa reconnaissance par ses semblables sans condition de croyance, de race, ni de profession.

Nous constatons la multiplicité des croyances, la multiplicité des Eglises dans le monde. La diversité des créatures. Peut-on penser que la fraternité sera reconnue au-delà des singularités nationales et religieuses ? C’est en tout cas ce que symboliquement essaie de démontrer la franc-maçonnerie.

Les déviations possibles sont toujours redoutables. Il importe en effet que les Loges de francs-maçons soient ouvertes à ceux qui postulent, et que ses membres soient connus de chacun d’entre eux. Il importe que la solidarité entre maçon ne s’établisse que sur la volonté commune de se libérer des passions et de renoncer aux pouvoirs temporels pour l’Ordre.

Il est souhaitable que l’engagement maçonnique apparaisse comme une religion sans contrainte que la libre volonté de ses membres, en dehors de toute formulation dogmatique et de toute détermination doctrinale.

Et, en définitive, si la communauté volontaire, si la communauté d’hommes libres que constituent l’Ordre peut apporter à chacun de ses membres le secours nécessaire à sa libération, elle aura assumé sa vocation.

Pour cela, elle aura employé les exercices gestuels, les méditations et les démarches spirituelles, ouvert les esprits à la connaissance des autres et du monde, et présenté l’universalisme comme la reconnaissance de la diversité. Telle la lumière composée des couleurs du prisme, la franc-maçonnerie compose l’humanité de la diversité de ses adhérents.

Puissent les Eglises lui permettrent de sauver la liberté de l’extérieur. Puissent les francs-maçons accepter de vivre leur liberté dans la discrétion et l’humilité.

Puisse la sagesse de tous, laisser à chacun la voie qui lui permettra de connaître la pleine disposition de soi selon son âme et conscience.

CONCLUSION

Il y avait deux façons pour le clergé de connaître la franc-maçonnerie.

La première c’était de permettre à un certain nombre d’ecclésiastiques de faire une expérience loyale à l’intérieur de l’Ordre maçonnique. Il faut croire que cela n’a pas été jugé possible.

Est-ce les francs-maçons qui auraient refusé l’expérience ? J’en doute fort, personnellement. Du moins, on peut croire que certaines loges se seraient fait un devoir et un mérite de démontrer que le sectarisme n’est pas le fait de la maçonnerie.

La deuxième, c’était d’essayer de connaître la franc-maçonnerie de l’extérieur. Ce pouvait être une approche honnête. Ce ne devait jamais être une méthode satisfaisante parce que la franc-maçonnerie est une aventure spirituelle et affective, et comme toute aventure de cette nature, elle ne peut qu’être vécue.

Quoi qu’il en soit, les pratiques des peuples Chinois ou Hindous prouvent que l’on peut fonder un ordre social sans Dieu.

La nature même des sociétés cosmopolites modernes impose de dépasser la manichéisme sectaire, tant religieux que partisan.

Il est noble pour certains hommes d’imaginer que leur reconnaissance mutuelle passe au-dessus des conditionnements sociaux raciaux et politiques.

Il est vrai que cette noblesse implique des risques assumés, ceux de paraître à toute communauté assurée par sa croyance, ou son action, comme des dissidents ou des traîtres.

La discrétion de l’engagement maçonnique est sans doute une nécessité en Occident. L’est-elle en Orient ? Peut-être ! Mais de toute façon, l’engagement n’implique nulle action temporelle mais seulement une libération des membres de l’ordre tant sur le plan moral que sur le plan spirituel.

Ceux qui n’ont aucune disposition à vivre hypocritement au sein d’une religion, et parmi les membres d’une église dont ils ne peuvent accepter les croyances et les habitudes doivent pouvoir trouver une société qui les relève de leurs solitudes et de leur situation d’hérétiques, ou de traîtres.

De toutes façons les églises ont échoué à maintenir leur emprise sur la totalité des humains. Il est donc inévitable qu’une société se forme de tous ceux qui font passer la liberté de conscience avant la croyance, et la fraternité de l’homme avant la soumission à une doctrine ou à une ambition temporelle.

Au-delà des opinions, des croyances, des fidélités affectives, au-delà des conditionnements culturels et politiques, la franc-maçonnerie constitue la fraternité des hommes libres dont les certitudes ne l’emportent pas sur le respect humain.

Source : http://hiram3330.unblog.fr/2008/09/28/leglise-la-franc-maconnerie/

Par Jean Mourgues - Publié dans : Eglise catholique et FM
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Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 10:03

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ont toujours été tendues et tourmentées, pratiquement depuis le début de la Franc-maçonnerie spéculative, et plus particulièrement à partir de 1738, date à laquelle les Francs-maçons furent frappés d’excommunication. Jugés par le uns comme justifiées, pas d’autres comme inappropriées, les condamnations émises par Rome n’ont laissé personne indifférent. De franchement antagonistes, puis tumultueuses, les relations entre ces « deux forces morales » se sont peu à peu dédramatisées, puis apaisées. Des efforts de meilleure connaissance réciproque ont été déployés de part et d’autres, notamment de la part de personnalités catholiques éminentes, au premier rang desquelles il convient de citer le Révérend Père Michel Riquet pour le rôle majeur de conciliation qu’il s’est toujours efforcé de jouer pour parvenir, au-delà d’une meilleure compréhension mutuelle, à un certain rapprochement. Aujourd’hui les Frères catholiques ne se sentent plus en faute à l’égard de Rome d’appartenir à la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition. Des interrogations, des ambiguïtés et des zones de flou demeurent, même si la Franc-maçonnerie ne fait plus l’objet d’une condamnation explicite.

L’Eglise et la Franc-maçonnerie opérative.

La Franc-maçonnerie s’est efforcée, dès avant sa création sous forme de Grande Loge, le 24 juin 1717, d’affirmer et de formaliser juridiquement sa filiation historique avec la Maçonnerie opérative. On sait que déjà, bien plus tôt dans l’histoire de la confrérie, des Anciens Devoirs (« Old Charges »), manifestement « spéculatifs » (tels que le manuscrit Sloane, vers 1700), affirmaient cette filiation (cf Module n°1). Le point culminant sera atteint en 1723, lorsque paraîtront les Constitutions d’Anderson qui, à la manière des Anciens Devoirs et très exactement sous leur forme et structure interne, présente la Franc-maçonnerie comme héritière des us et coutumes et spiritualité de « l’antique métier de Maçonnerie ». Et ce faisant, Anderson et Désaguliers, dont il est connu qu’il a puissamment contribué à créer la Franc-maçonnerie sur les fondements spirituels de la Maçonnerie opérative, se sont appropriés et nous ont ainsi rendus héritiers, jusqu’à la fin des temps de la Franc-maçonnerie régulière, ou de Tradition, de la spiritualité de nos ancêtres, les Maçons opératifs. Or cette Maçonnerie opérative était très religieuse, profondément catholique, avant de « se faire anglicane », par la force de l’histoire de la Grande Bretagne. Mais cette spiritualité judéo-chrétienne pour aussi profonde et incontestable qu’elle fut, rencontra l’esprit des Lumières lors des années qui précédèrent et surtout suivirent la création de la Grande Loge de Londres, Mère Loge de toute la Franc-maçonnerie de Tradition, donc régulière, de par le monde. La Franc-maçonnerie naissante en subit quelque influence, non sur le fond mais sur le développement de sa finalité humaine. Aussi loin que la connaissance de cette confrérie de métier se porte, c’est-à-dire, d’une manière rigoureusement documentée, à la fin du XIVe siècle, il est incontestable que la Maçonnerie opérative fut ouvertement et profondément religieuse, et comme il se doit avant la Réforme en général et la réforme anglicane en particulier, catholique. Nous le savons par les Old Charges, et notamment par le plus anciens d’entre eux qui nous soit parvenu, le manuscrit (Ms) anglais dit « Régius », daté de 1390. Or près d’un demi-siècle avant la rédaction de ce fameux manuscrit Régius, une corporation de Maçons, dite Compagnie des Maçons de Londres dont on trouve la première trace en 1356 (à l’occasion d’un différend professionnel) avait pour devise « Dieu est notre guide » ; nous le savons parce qu’en 1 870, à l’occasion du renouvellement de sa charte, elle changea sa devise en « Dieu est notre espérance » . Dans un de ses inventaires datés de 1665, il est relevé un passage qui se réfère explicitement à la Bible. Cela ne saurait surprendre puisque toutes les corporations (ou guildes), au-delà de leurs activités normatives dans leur métier et les englobant, avaient un essentiellement caractère religieux. Des communautés ou groupes de personnes parmi leurs membres (ou confréries) prenaient en effet soin des membres de la corporation en cas de maladie, leur assuraient une sépulture décente, priaient pour le salut de leurs âmes après leur mort et prenaient soin de leurs proches. Le Frère Cyril N. Batham notait, dans son intéressant article consacré à la Compagnie des Maçons de Londres (Villard de Honnecourt N°2, 1981), que « les premières guildes furent souvent dirigées par un Comité de 13 membres, représentant le Christ et ses douze apôtres, et dans le cas de l’une d’entre elles, il est précisé que son président était une femme en hommage à la Vierge. »

Le Ms Régius, après avoir appelé l’attention des Maçons, sur l’exigence de piété exhorte à « honorer ton Seigneur Dieu, tant le jour que la nuit, de tout esprit, de toute ta force. » (vers 628-­629). Il reflète ainsi son enracinement dans la Bible vétéro-testamentaire (Dt 6,5) et s’achève par une invocation toute chrétienne : « Que le Christ alors, dans sa haute grâce, vous donne tout ensemble le temps et l’esprit pour bien lire et comprendre de livre, afin de gagner le Ciel en récompense. Amen, amen [encore un hébraïsme], ainsi soit-il ! disons tous à l’unisson par charité. » (vers 820-825). Près d’une centaine de manuscrits qui nous sont parvenus commencent par une prière de ce type, ou en contiennent une dans le cours de leur texte ou en conclusion. Autre exemple courant, au point d’être devenu un « standard », telle que cette invocation, toute paulinienne : « Que la force du Père du Ciel avec la sagesse du glorieux Fils ainsi que la grâce et la bonté du Saint Esprit, ces trois personnes réunies sous une seule divine tête [ou en seul Dieu], soient avec nous au début de nos travaux et nous donnent la grâce de nous conduire nous-mêmes pour que nous puissions vivre avec cette bénédiction [ou béatitude] qui ne prendra jamais fin. » Peu à peu les invocations glissent de l’orthodoxie catholique (invocation de la Sainte Eglise, prière à la Sainte Vierge ; invocation de tous les Saints) vers une dogmatique plus proche de la Réforme et de l’anglicanisme , du type de celles citées ci-dessus. Ce caractère religieux s’explique par le fait que le travail en lui-même, et celui des tailleurs de pierre, maçons architectes peut-être encore plus, compte tenu du caractère édificateurs de ces « logeurs du Bon Dieu » (R. F. Jean-François Blondel, n’était pas dissocié de son caractère sacré. Le travail était, pour reprendre la belle expression de notre F. Paul Naudon, « l’ascèse de la vie chrétienne qui menait à Dieu ». L’association ne pouvait être dans cette perspective strictement professionnelle ; une confrérie religieuse venait doubler la communauté. Le prêtre, en Angleterre le chapelain, en faisait partie, obligatoirement et au premier chef. Sa présence était requise à la fois pour les lectures bibliques requises en loge et prononciation des invocations rituelles. Il semble que plus tard, à la veille de la création de la première Grande Loge, la Worshipful Society, nom sous lequel les Maçons opératifs continuaient à subsister, (et cela jusqu’à nos jours), professait la foi catholique, ou du moins un anglicanisme peu officiel, en raison de la présence de la forte personnalité qui la dirigeait, Sir Christopher Wren, officiellement anglican mais en fait de tendance catholique romaine et très pratiquant. Quoi qu’il en soit, catholique, anglicane ou réformée, la Maçonnerie opérative fut très profondément chrétienne. L’on ne sait rien d’une quelconque condamnation que la Maçonnerie opérative aurait eu à subir de la part des autorités religieuses, en Angleterre ou ailleurs dans la chrétienté. Et cela, contrairement aux autres corporations qui, elles, furent à des moments divers de leur existence condamnées pour telle ou telle raison. On citera à titre d’illustration quelques condamnations d’origine religieuse décrétées en France à l’encontre de certaines corporations, ou plus exactement, à l’encontre de certaines confréries, confraternités ou encore charité professionnelles : le décret de Bamberg, pris en 1451, par le Cardinal Nicolas de Cues qui déclare que « certaines compagnies ne conviennent pas à l’unité chrétienne . » On ne croit pas savoir que les confréries de tailleurs de pierre étaient visées. Ici c’est le soupçon de conspirations et de conjurations ou autres collusions qui pourraient bien se constituer sous « ombre de confrérie, messe, service divin ou autre cause. "d’autant plus redoutables qu’elles sont scellées sous le sceau du serment, ce qui comporte, qu’on le respecte ou qu’on le trahisse, un risque de parjure, donc de péché grave. On pourra citer les récriminations de Guillaume Durand, évêque de Mende, en 1311, à l’encontre des clercs et laïcs « qui se goinfrent et se mettent en état d’ébriété au cours de réunions confraternelles. » Ou encore, le texte du concile provincial de Sens de 1522 interdisant sans appel « les banquets d’associations qui pourraient être faits les jours de fête des confréries... » Là il semble que soit l’utilisation dispendieuse des deniers de la confrérie qui soit condamnée, alors que l’argent pourrait être mieux utilisé à des fins caritative... ou cultuelles. Enfin on citera la célèbre condamnation des Compagnons par la Sorbonne, le 14 mars 1655, à l’instigation d’une société dévote dite « Confrérie du Saint Sacrement » pour « leur pratiques sacrilèges et superstitieuses. » La condamnation visait uniquement les Compagnons Cordonniers, Tailleurs d’habits, Chapeliers et Selliers (du Devoir). Et de plus, la Sorbonne était une faculté de théologie, amenée certes depuis 1554 à se prononcer sur des questions de morale et des solutions de cas de conscience ; mais ses sentences n’étaient en aucun cas revêtues de l’autorité de l’Eglise, et ne l’engageaient pas.

En l’occurrence, le motif principal de la condamnation était effectivement religieux. Les rituels saisis laissaient apparaître une cérémonie de réception montée comme une parodie des sacrements de la religion chrétienne comme d’ailleurs les légendes compagnonniques, partie intégrante du travail ésotérique en cayenne, pouvaient apparaître parodier l’Evangile ou l’Ancien Testament. Ils ne nous appartient pas ici de juger si ces cérémonies et travaux conduisaient réellement à des parodies ou étaient des modes « primitifs » d’appropriation du contenu évangélique ou du plan de salut, nécessaire pour « faire passer le message » dans un milieu où la lecture de la Bible (par ailleurs interdite hors la présence d’un prêtre, interdiction que la Réforme supprima avec le succès et la fructueuse émancipation religieuse, culturelle et intellectuelle que cette suppression permit). Il est encore possible que la présence de chapelain en loge, chez les Maçons opératifs (et peut-être aussi chez toutes les confréries médiévales) ait eu pour but ... de cathéchiser ces milieux professionnels, dans la plus incontestable orthodoxie. Les fondateurs de la Franc-maçonnerie non opérative qui œuvrèrent laborieusement pour en assurer la filiation régulière, ininterrompue, avec la Maçonnerie opérative, étaient eux-mêmes des chrétiens sincères (ce qui ne les empêchaient pas de fréquenter toutes sortes de cercles philosophiques, métaphysiques et ésotériques). Ils reprirent à leur compte cet héritage...et ils l'ont légué à chaque Franc-maçon de Tradition qui s’en rend héritier par son serment d’appartenance à l’Ordre, prêté aux trois grades, librement et volontairement, et qui, pris dans ces conditions, leur confère la Régularité maçonnique.

La Franc-maçonnerie spéculative : l’esprit des Lumières.

Lorsqu’elle crée en 1717 la première Grande Loge, la Franc-maçonnerie non opérative, si elle se rend héritière de l’esprit religieux de sa devancière, n’en est pas moins pétrie de l’esprit de les Lumières qui, en Angleterre, atteint à cette période son apogée (elle l’atteindra plus tard sur le continent, mais avec des évolutions et déviations notables par rapport à la ligne de « l’Enlightenment » anglais). Sans renoncer à quoi que soit de la spiritualité de la Maçonnerie opérative, la nouvelle société spéculative, se servira de la symbolique, de l’esprit et des pratiques de l’ancienne Maçonnerie, dans son généreux dessein de projeter la fraternité humaine à l’échelle du monde entier, pour en faire un centre d’union, un lien fédérateur entre tous les hommes « de bonne renommée, de bonnes mœurs et d’honnête conversation », comme cela figurait autrefois dans les statuts des confréries continentales et anglaises. La nouvelle société maçonnique faisait ainsi preuve, au grand dam des Maaçons opératifs confinés dans le périmètre étroit de la corporation professionnelle, des caractéristiques les plus nobles de l’esprit des Lumières, à savoir de sociabilité ouverte et large, de cosmopolitisme sincère et d’universalité culturelle. Cet esprit d’ouverture était directement inspiré par la philosophie des Lumières qui rayonnait en Grande Bretagne et plus particulièrement du latitudinarisme qui se traduira dans le théisme « noachite » des célèbres Constitutions d’Anderson et tout particulièrement de celles de la seconde édition de 1738. Elle se conjuguait à la « New Philosphy », courant de fond réformé, qui prônait une « religion universelle » dans laquelle, au-delà des particularismes des diverses confessions, la rechercher de la vérité devait se faire conjointement dans les deux Livres de Dieu, Sa Parole et Ses œuvres. Il suffit d’écouter l’une et de contempler les autres pour devenir sensible à sa divine présence. Car elle est directement accessible par la raison, soit « d’après notre jugement » (allusion à l’inspiration du Saint Esprit, très caractéristique de la Réforme), et soit d’après l’enseignement d’hommes sensés et sages (autre caractéristique de la Réforme). En 1722, dans le numéro de la revue londonienne « The Postman and Historical Account », daté du 31 juillet-2 août, ainsi que dans les quatre numéros suivants, parurent des textes à caractère très nettement marqué de « constitutions » ou de « old charge », à la fois par la forme que par le fond (elles portent la marque très nette d’un Old Charge opératif), et donc destinés au grand public, par le support sur lequel il furent publiés. Ils furent plus tard rassemblés sous le titre : « Les Anciennes Constitutions appartenant à l’Ancienne et Honorable Société des Maçons Francs et Acceptés. Tirés d’un Manuscrit écrit il y a plus de Cinq Cents Ans, Londres : Imprimé, et Vendu par J. Roberts, dans Warwick Lane, 1722 » Ces textes donc, connus par la suite sous le nom de leur éditeur, J. Roberts, furent publiés dans un journal. Ils le furent, dit-on, pour répondre à une lettre attaquant les Francs-maçons . Certes il y eut bien cet article qui fustige les Francs-maçons (on se reportera à l’article cité pour prendre connaissance des reproches adressés aux Francs-maçons), mais la recherche maçonnique pense que le but principal de ces « Constitutions Roberts » furent publiées surtout pour tenter de contrer la main mise sur les loges opératives de la part des non opératifs, que l’on sentait venir, après leur entreprise qui avait abouti à la création de la Franc-maçonnerie spéculative en la présentant comme la continuation « librement consentie » de la Maçonnerie opérative. En effet de nouvelles pratiques commençaient à émerger dans la nouvelle société, en particulier en ce qui concernait la nomination des dirigeants, les attributions des Loges en matière de réception de nouveaux membres, etc. Il semble bien qu’elles étaient destinées à la fois : A devancer la parution annoncée des Constitutions d’Anderson, pour bien affirmer et « publiciser » l’antériorité de l’Honorable société des Maçons Francs et Acceptés sur la nouvelle société, à caractère universel A satisfaire le besoin exprimé par de nombreux Maçons opératifs de disposer, contrairement à la tradition orale ancestrale de la confrérie, d’un texte faisant foi de leur ancienneté et honorabilité A réaffirmer le caractère incontestable de leur orthodoxie religieuse. Sur ce dernier point, outre l’invocation trinitaire traditionnelle en ouverture du texte, on remarquera l’exhortation à « l’Ami et Frère », à lire à tout candidat à l’admission dans une Loge: « [Article 1] Je dois vous exhorter à honorer Dieu dans sa sainte Eglise ; à n’avoir recours à aucune Hérésie, Schisme ou Erreur en votre Entendement... » Il est aisé de reconnaître le caractère catholique de ces Constitutions, caractère précisément qu’Anderson et Désaguliers souhaitaient dépasser pour ouvrir la fraternité aux autres confessions d’abord, puis au monde entier ensuite, comme le texte des deux éditions des Constitutions le mettent clairement en évidence, tout empreints de l’esprit des Lumières qu’ils étaient, mais sans que cela ne remettent en cause, le moins du monde leur foi chrétienne.

Les condamnations civiles

Les premières condamnations de la Franc-maçonnerie non-opérative émanèrent, non pas de l’Eglise catholique et romaine, comme le pense parfois, mais de gouvernements civils. Elles se produisirent très tôt dans son histoire. La Franc-maçonnerie fit l’objet d’attaques, quelquefois violentes, en Angleterre même. Nous l’avons vu, les Constitutions Roberts, par exemple, furent publiées en réponse à une attaque sévère sous la forme d’un article anonyme dans la revue « The Postman and Historical Account ». Mais de nombreuses autres attaques avaient bdéjà frappé la nouvelle Franc-maçonnerie quand cet article parut. A chaque fois, c’était le secret, le serment, mais aussi la présence, incompréhensible pour le grand public, de personnalités éminentes de la haute noblesse, des arts et des sciences dans ses rangs, qui faisait jaser les pamphlétaires inquiets et agressifs. Il faut dire que les Maçons eux-mêmes ne faisaient pas grand chose pour éviter d’exciter la foule des folliculaires. A preuve, les défilés à répétition, en grande tenue, dans les rues de Londres, les frasques du duc de Wharton, Grand Maître de la première Grande Loge en 1722, personnage trouble, tour à tour catholique, ou anglican, hanovrien ou jacobite, qui contribuèrent à faire monter la suspicion par ses agissements politiques. Il fonda d’abord en 1719 le « Hell Fire Club », (qui fut interdit en 1721 par édit royal), assemblée de libertins aux mœurs dissolues, puis en 1724 une parodie chinoise de la Franc-maçonnerie « L’Ancien et Noble Ordre des Gorgomons », de toute évidence d’esprit jacobite. Cette attaque, de l’intérieur, attisa davantage l’hostilité des milieux antagonistes de la Franc-maçonnerie, et s’ajouta à celles qui l’attaquaient constamment. Elles eurent pour effet d’éloigner d’elle un certain nombre de Frères, effrayés par la réputation que la rue faisait à la société à laquelle ils venaient de se joindre. La Cité de Londres alla même jusqu’à interdire, pendant quelques années, les défilés publics des Francs-maçons. Le coup suivant fut porté par le gouvernement des Provinces Unies (aujourd’hui les Pays-Bas), en 1735. Il s’inquiétait du risque (et non de faits avérés) « pouvant conduire les fraternités ou associations à devenir des pépinières de factions ou d’alliances. » En fait, comme le rapporte le duc de Luynes, citant l’ambassadeur de France à La Haye, cette interdiction, renouvelée en 1737, mettait en exergue « le serment et le secret « impénétrable »... [mais surtout] était motivée par le fait que l’on avait fait la découverte d’une faction de M. le prince de Nassau pour se faire élire stathouder, et que l’on trouva que la plupart de ceux qui composaient cette faction étaient des frimassons [sic]. » Le conseil de la ville de Genève lui releva surtout le secret et le serment, et interdit la Franc-maçonnerie en 1736. En France, le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, informé par des rapports de police de plus en plus nombreux, de l’existence d’assemblées « d’un ordre appelé des Framassons [sic], à l’exemple de l’Angleterre [dans lequel] sont enrôlés quelques-uns de nos secrétaires d’état et plusieurs ducs et seigneurs... Ils s’assembloient, recevoient les nouveaux chevaliers, et la première règle étoit un secret inviolable pour tout ce qui se passoit. » Comme il considère que de telles assemblées sont « très dangereuses dans un Etat », le cardinal de Fleury va s’efforcer d’étouffer dans l’œuf cette nouvelle société. D’avril à septembre 1737, la police, sous les ordres du lieutenant Héraut, va traquer, sans grand succès il faut dire, les tenues maçonniques, et le 14 septembre 1737, le commissaire du Châtelet, Jean Delépinay, arrête l’hôte d’une assemblée maçonnique et fait fermer son cabaret. Mais la sentence édictée à cette occasion va toucher l’ordre dans son entier en interdisant aux cabaretiers du royaume de recevoir de telles assemblées frappées elles aussi d’interdiction. D’autres états européens frapperont d’interdiction les assemblées maçonniques : le Palatinat en 1737, la Magistrature d’Hambourg, en 1738... Dans tous les cas, l’interdiction était prise toujours pour les mêmes motifs : ordre public, secret, serment...

Les condamnations de l’Eglise catholique

Dans un tel contexte, l’Eglise pour motiver ses condamnations, n’eut guère de mal à faire état de « parfaite connaissance de cause» et surtout de « rumeur publique ». La condamnation de la Franc-maçonnerie fit l’objet de deux documents (ou bulles) d’excommunication : la lettre encyclique In eminenti du 28 avril 1738, fulminée par le pape Clément XII (1730-1740), et la Constitution Providas du 18 mai 1751, fulminée par le pape Benoît XIV (1740-1758) Trois sources avaient dû apporter au pape Clément XII les informations nécessaires à sa prise de décision : les nonces dans les états où des condamnations civiles avaient été prononcées, les inquisitions locales et la présence à Rome des Stuarts, à partir de 1717. Pourtant à la veille de fulminer sa bulle, Clément XII paraît ne pas en savoir assez sur la Franc-maçonnerie puisqu’il demanda à l’inquisiteur de Florence, et fit demander aux autres, et notamment au cardinal Da Cunha, inquisiteur général au Portugal d’obtenir des informations « ... sur la nature et la fin cachée de la compagnie ou institut [des Francs-maçons], afin que, de cette façon, Sa Sainteté puisse être informée exactement. » Aucune des eux bulles ne fut reçue en France. Plus exactement elles ne furent pas soumises à la formalité d’enregistrement par le parlement de Paris, qui en la matière, aurait donné force exécutoire à la sentence. On s’interroge encore sur cette décision du ministère. Des historiens pense que le cardinal de Fleury, avait déjà fort à faire avec les effets de la bulle Unigenitus qui frappait les jansénistes, et ne désirait pas avoir encore une autre affaire à régler autrement que par voie de police. Il faut dire aussi, comme déjà signalé, que la participation, massive, de « grands de la cour », et peut-être...du roi Louis XV lui-même dont il est dit qu’il est très probable qu’il se fût fait recevoir dans l’Ordre (tout comme le feront le futur roi Louis XVI et ses frères de sang, le duc Philippe d’Orléans et le futur Louis XVIII ... puis Charles X), ne facilitait pas la tâche de répression du vieux cardinal.

In eminenti (1738)

La première bulle à l’encontre de la Franc-maçonnerie et qui la rendait interdite aux catholiques, laïques ou clercs séculiers ou réguliers, « sous peine d’excommunication qui sera encourue et par le seul fait et sans autre déclaration ... de laquelle ils ne pourront être absous que par Nous ou par le Souverain Pontife pour lors régnant, si ce n’est à l’article de la mort » comprenait six motifs de condamnation dites « causes très graves »: O l’interconfessionnalité des assemblées maçonniquesO « le pacte étroit et impénétrable du secret »O le serment qui en garantit l’inviolabilitéO l’illégalité des sociétés maçonniques au regard des lois civiles ou ecclésiastiquesO la proscription des ces sociétés par « les lois des princes séculiers »O leur mauvaise réputationComme le fait remarquer Jérôme Rousse-Lacordaire, dans sa remarquable étude sur la question, ces six motifs peuvent être regroupés en trois catégories : O d’ordre moralCette première catégorie comprend le secret et son serment ainsi que la « mauvaise réputation ». Même s’il est vrai que certains Francs-maçons, par leur comportement et prise de positions publiques, tels nous l’avons vu le duc de Wharton, le duc d’Antin, le comte de Clermont et le duc de Chartres, duc d’Orléans dit « Philippe Egalité » tous quatre Grands Maîtres de la Franc-maçonnerie française, utilisèrent des assemblées maçonniques à d’autres fins (libertines et épicuriennes) que celles prescrites par les rituels, et prêtèrent le flanc à ces accusations, il était exagéré d’affirmer que l’Ordre, dans son ensemble, avait« la mauvaise réputation ». Le secret et le droit de garder le secret par serment n’était pas en soi condamnable par l’Eglise catholique Celle-ci le considérait même comme un droit naturel. Mais aux yeux de Rome la droit naturel du secret devait toujours être limité par l’ordre public et aussi par l’obligation faite aux catholiques de confesser tous les péchés mortels « sans un celer aucun ». On comprend alors que le serment maçonnique ne posait pas en tant que telle de problème en terme de nature d’agissements ou d’immoralité qu’il pouvait recouvrir. Il devenait un facteur de suspicion légitime dans la mesure où il risquait de soustraire les catholiques francs-maçons à tout contrôle sacramentel, ecclésiastique ou civil. Cette question était en effet d’importance. A preuve cette interrogation faite à lui-même par le très catholique (ultramontaniste), le Frère Joseph de Maistre, dans son célèbre Mémoire au duc de Brunswick écrit juste avant l’ouverture du Convent de Wilhelmsbad : « Cette question [du secret] qu’on ne doit point déguiser consiste à sçavoir si nous [Francs-maçons] pouvons licitement jurer de cacher quelque chose, même à la puissance civile qui nus interrogeroit en jugement. ». Non seulement le principe même du serment de secret posait un problème à des Francs-maçons catholiques, dans la perspective énoncée, mais « les sanctions qui l’accompagnaient [en cas de divulgation], étaient pour certains profanes lors de leur admission dans l’ordre une gêne indéniable », pour reprendre les termes d’un autre Franc-maçon catholique, le bénédictain mauriste Marc-Antoine de Courdemanche, cité par Jérôme Rousse-Lacordaire car « la barbare formule »du serment et la terreur qu’elle inspirait ne se justifiait plus « dans le siècle des lumières, sous l’empire de la délicatesse où le point d’honneur est le plus puissant mobile de notre âme. » De plus In eminenti avait relevé que le serment se prêtait sur la Bible. Aussi pour ne pas enfreindre le deuxième commandement du décalogue « Tu ne prendras en vain le nom de l’Eternel », le serment pris sous l’invocation du Nom Très Saint devait être « vrai, prudent et juste ». C’est pourquoi le serment du secret « inviolable et impénétrable » apparaissait au XVIIIe siècle un point délicat et controversé, même de l’intérieur de la Franc-maçonnerie. O d’ordre juridiqueCe point sera davantage souligné et approfondi par la seconde bulle, la Constitution Providas.In eminenti se contente de mentionner que, par suspicion que les assemblées de Francs-maçons, « toujours nuisibles à la tranquillité de l’Etat », soient une sources de perversion au regard de l’ordre public (« S’ils ne faisaient rien de mal, il n’auraient pas cette haine de la lumière »), « ces sociétés ont été ont été sagement proscrites par nombre de princes dans leurs Etats. Ils ont regardé ces sortes de gens comme ennemis de la sûreté publique. » O d’ordre religieuxLe motif de tolérantisme, c’est-à-dire, en fait d’interconfessionalité dans les loges, fut, sans conteste, le point le plus délicat qui poussa la papauté à condamner la franc-maçonnerie. Nous le savons d’après le commentaire qu’en fera le successeur de Clément XII, le pape Benoît XIV, dans sa bulle Providas. In eminenti affirmait déjà « toute notre application à [...] conserver spécialement l’intégrité de la religion orthodoxe [c’est-à-dire ici, la religion catholique], et à éloigner de l’Univers catholique, en ces temps très difficiles, tout ce qui pourrait être une danger de trouble. » Les loges en effet recevaient évidemment, car c’était-là le but de la transformation de la Maçonnerie opérative en franc-maçonnerie non opérative ou spéculative, des hommes de foi autres que les catholiques ou les anglicans, des protestants, des juifs et aussi des musulmans. Mais déjà dans l’univers chrétien, la galaxie des diversités confessionnelles présentes en loges, notamment par des personnalités de renom, était grande : latitudinaristes professant un théisme certes chrétien mais noachite, unitariens reniant le dogme de la Trinité, etc. Cette proximité interconfessionnelle et les échanges auxquels elle pouvait donner lieu constituait pour Rome un risque majeur de « contamination » de l’orthodoxie catholique. Et cela, à une époque où, de plus, la séparation des affaires d’ordre privée (dont le domaine spirituel) et celles d’ordre civil (dont les engagements citoyens et autres « divertissements » temporels), n’était pas encore de , ou en tout cas admis par l’Eglise. A ces trois catégories morale, juridique et religieuse, Clément XII ajoutait « d’autres causes justes et raisonnables à Nous connues ». On s’est interrogé sur ces causes mystérieuses. Il apparaît que, vers 1737, Rome était préoccupée par deux questions de nature toute politique. Premièrement, la situation politique de l’Angleterre et le sort réservé aux catholiques dans ce pays. Même si depuis le début du siècle, la situation s’était apaisée, les catholiques anglais ou irlandais résidant en Angleterre (ces derniers très méprisés par les Anglais), vivaient leur foi très difficilement ; ils n’étaient d’ailleurs pas couverts explicitement par l’Act of Toleration de 1689 qui les frappaient d’incapacité juridique. Rome n’avait pas perdu espoir de reconquérir l’Angleterre par une action missionnaire déclenchée au bon moment. Cela les Anglais le savaient et se méfiaient tout à la fois de la papauté et de leurs concitoyens catholiques. De plus l’accession au trône de la dynastie hanovrienne (George I, George II, qui ne furent jamais Francs-maçons) avait porté un rude coup aux espoirs des catholiques qui avaient de ce fait investi leurs espoir dans la restauration des Stuarts (Jacques II, réfugié en France, mort en 1701, Jacques III, dit le Prétendant ou le Chevalier de Saint George, mort en 1766, qui, à défaut d’avoir été eux-mêmes semble-t-il, Francs-maçons, rien ne l’a jusqu’à présent prouvé, étaient fort entourés de Maçons). Elle aurait signifié ipso facto la restauration des catholiques dans leurs droits et celle de Rome dans sa capacité d’influence politico-religieuse. dans cette période toute la politique anglaise de Rome et sa position à l’égard de la Franc-maçonnerie est à comprendre dans le sens de la restauration des Stuarts et du rôle que l’Ordre aurait pu jouer pour aider dans ce projet. Ce n’est pas ici le lieu de reprendre dans le détail cette histoire tourmentée. On se contentera de rappeler que ce projet ne réussit pas. Contraint d’accepter le traité de Ryswick de 1697 qui consacrait la victoire de la dynastie hanovrienne, et mettait ainsi fin à la situation particulière d’un pays avec deux rois, Louis XIV fut forcé de reconnaître Guillaume III d’Orange pour roi d’Angleterre. Jacques III Stuart fut obligé de renoncer à l’hospitalité française, et alla s’établir d’abord à Avignon puis à Rome avec sa famille, sa cour ses services où il apparaît qu’il employa dans son important service diplomatique de fidèles serviteurs tant catholiques que protestant dans un esprit d’équité et de tolérance, et dont beaucoup furent Francs-maçons. En effet là où passa la cour stuartiste des loges se constituèrent, de Saint Germain en Laye (semble-t-il) en 1688 à Rome où se créa une loge jacobite, en passant par Paris (en 1725 ou 1726) et Avignon (en 1727 ?) Rome accueillit avec empressement ce roi qui « sacrifiait la couronne à la religion. » Même s’il n’est pas approprié de parler de deux Maçonneries différentes, l’une catholique, écossaise et jacobite, l’autre anglaise, protestante et hanovrienne, il est possible de parler de deux courants maçonniques différents sur le continent. Elles servirent certainement de courroie de transmission aux divisions politico-religieuses britanniques. Ce rôle obscur dura jusqu’à ce que la situation dynastique se clarifie, comme on l’a dit au profit des hanovriens. Aussi peut-on dire que, dès avant 1737 date où se produisit des événements à Florence relatés ci-après, les Maçons hanovriens l’avaient définitivement emporté sur leurs Frères stuartistes, de sorte que le pape put condamner la Franc-maçonnerie, sans craindre de nuire aux intérêts des stuartistes, en 1738. Même si des projets de reconquête du trône étaient encore évoquésla cause semblait bien entendue au profit de la dynastie hanovrienne. Deuxièmement, en 1737, en effet, Florence passa avec toute la Toscane des mains des Médicis, soumis à Rome, à celles de François duc de Lorraine, Franc-maçon éminent mais indépendant de la papauté, futur empereur d’Autriche en 1745. Une lettre adressée par le saint Office à l’Inquisiteur de Florence pour soutenir Gaston de Médicis qui avait demandé de l’aide contre la Franc-maçonnerie, car il la soupçonnait de favoriser les entreprises de son rival autrichien, contient des termes et des griefs qui seront repris quasiment mot pour mot dans Ineminenti.

Providas (1751)

En 1751 la situation politique avait bien changé. Florence et la Toscane étaient oubliées et les ambitions stuartistes réduites à néant depuis la déroute de Culloden Moors en 1746. Et pourtant Benoît XIV cru bon de renouveler la bulle de son prédécesseur fulminée quinze ans auparavant. Il semble bien, en dépit des efforts fait par Benoît XIV pour expliquer la nouvelle condamnation par le fait qu’In eminenti lui paraissait être restée lettre morte « à tel point qu’on ne craignait pas d’assurer que l’excommunication était levée. »ce soit des événements poitiques similaires à ceux de Toscane qui provoquèrent « la goutte qui fit déborder le vase ».Ils se produisirent cette fois à Naples. En effet des Maçons napolitains avaient réussi à persuader le confesseur de Charles VII, roi de Naples, l’archevêque Bolaños, de lever les censures pontificales. Informé de cette manœuvre, Benoît XIV fulmina en mai 1751 sa bulle Providas.Quoi qu’il en soit, Benoît XIV reprend intégralement le texte d’In eminenti, énumère les six cuses « très graves » de condamnation et insiste à nouveau sur les griefs d’interconfessionnalité, le secret, le serment, l’illégalité et la proscription des sociétés maçonniques. Il dénonce vigoureusement le tolérantismme qu’il perçoit comme un danger grave pour les catholiques : « la première cause de prohibition de la Maçonnerie est que, dans ces sortes de sociétés ou conventicules, des hommes de toute religion et de toute secte se réunissent ; d’où l’on voit assez quel grand mal il peut en résulter pour la pureté de la religion catholique. »

Les effets des deux bulles

Il est connu, et d’ailleurs on l’a vu Benoît XIV s’en plaignit amèrement, les résultats pratiques de la bulle de Clément XII furent nuls même dans les états de l’Eglise, et même si les peines encourues auraient été très graves (rien moins que la peine de mort et la démolition des maisons qui auraient abrité des assemblées maçonniques, par exemple à Rome). A Florence, dont on a vu le rôle qu’elle joua dans la décision de Clément XII, la bulle ne fut pas publiée ; Mais la loge (anglaise) de la ville se mit prudemment en sommeil, pour des raisons diplomatiques un peu complexes pour être détaillées ici. Mais la bulle fut reçue en Espagne et au Portugal et donna lieu à des procédures inquisitoriales sévères sinon cruelles. Le procès mené en 1742, par l’Inquisition de Lisbonne, contre le Frère John Coustos, Maçon suisse naturalisé anglais protestant, qui avait « maçonné » à Paris, est resté célèbre. Nous le connaissons par la publication qu’il en fit à son retour en Angleterre, après sa libération de la torture et des galères grâce aux pressions diplomatiques anglaises. Cinq autres maçons furent condamner civilement et religieusement. En Espagne, les poursuites furent déclenchées à partir de 1744 ; En France, il est piquant de constater que les persécutions policières contre les francs-maçons cessèrent à dater de la bulle In eminenti. Le cardinal de Fleury fit plaisamment expliquer au pape que sa bulle tombait quelque peu à plat car « cette société avoit aussi commencé à faire ici quelques progrès. Le Roy a témoigné qu’elle luy déplaisoit, et elle a cessé. » Ailleurs en Europe, si on excepte l’Espagne, le Portugal et la Pologne, la bulle de Clément XII ne fut reçue dans aucun autre état catholique. Il arriva que la Franc-maçonnerie fut persécutée, mais jamais en vertu de l’application des condamnations pontificales. La bulle de Benoît XIV n’eut guère plus d’effet que celle de son prédécesseur. Le pape en était même arrivé à recourir à la position du sultan de Constantinople pour le prendre à témoin ! La pape exhorta le cardinal Tancin, ministre d’état de Fleury en 1742, à envoyer une lettre à l’ambassadeur de France dans l’empire ottoman afin de l’inciter à s’opposer à l’ouverture de nouvelles loges dans cette ville ...« le sultan s’en étant plaint. »

La défense de la Franc-maçonnerie

Il est à remarquer, qu’à part dans les Etats où les bulles furent reçues et où ils s’y soumirent généralement, les Francs-maçons ne réagirent guère ailleurs. Mais il est intéressant de noter quelles furent ces rares réactions. O L’ignorance du pape Pour beaucoup de catholiques de conviction, qui ne voyaient pas sincèrement pas en quoi leur pratique de l’Art Royal pouvait bien être répréhensible à l’égard de « l’orthodoxie catholique », la réaction la plus courante fut de considérer que le pape était mal informé, tant Clément XII que Benoît XIV, d’autat que le premier cité était à l’extrême fin de sa vie quand il fulmina In eminenti, et était déjà physiquement et intellectuellement très affaibli. A preuve cette réflexion du marquis de Saulx-Tavannes (1738) : « Notre ordre a reçu un coup terrible de notre St. Père. Vous voirés qu’il faudra le recevoir pour le désabuser et luy apprendre à ne pas si mal juger de son prochain et à ne pas condamner ce qu’il ne connoit pas. » Nous avons déjà signalé combien, de fait, Clément XII paraissait mal informé de la Franc-maçonnerie. Il ne faisait, dans son encyclique, allusion à aucun texte de référence, qu’ils émanent de Francs-maçons, de la Grand Loge d’Angleterre ou de divulgation, mais s’en tenait, comme signalé « en parfaite connaissance de cause » et « à la rumeur publique ». O La réaction de la Grande Loge d’Irlande Dès 1738, le Grand Maître de la Grande Loge d’Irlande, publia une « Réponse à la bulle du pape ».Il affirmait notamment que les Maçons révéraient le Créateur et suivaient strictement la « religion naturelle ». Il est intéressant de remarquer, qu’à l’époque, religion naturelle, signifiait religion chrétienne, c’est-à-dire la religion qu’il est naturel pour un chrétien de révérer, et non religion de la nature, polythéisme, panthéisme ou autres variétés de dérives déisme, comme cela est devenu le cas au XIXe siècle. O La réponse du baron de Tschoudy...Le baron Louis de Tschoudy, vénérable de la Loge ancienne de Metz, publia en 1752 « L’Etrenne au pape ou les Francs-maçons vengés », série de lettres où il réfutait les arguments de Providas, tant théologiques, canoniques qu’historiques. Il concluait que la Franc-maçonnerie n’était un danger ni pour l’Eglise, ni pour les princes, et que les Francs-maçons n’étaient ni hérétiques, ni schismatiques. « Qu’ont donc fait les Francs-maçons qui puissent être attribué à crime , Les a-t-on entendu prêcher une nouvelle doctrine, les a-t-on vu renverser les autels et sont-ils les destructeurs du culte ?[...] quels sont les propos erronés, pour la condamnation desquels il a fallu fonder un concile ? De quel schisme sont-ils les auteurs ? [...] Quels rois ont-ils détrônés ? Quels états ont-ils troublés Quel tort ont-ils fait en public ? » Il est amusant de noter que dans cet ouvrage il prétend que le pape, Benoît XIV qu’il apostrophe, fut jadis Franc-maçon ... ce que le dit pape prendra très au sérieux et se croira obligé de démentir dans sa bulle en dénonçant la « diffamation » dont il fait l’objet. Il renouvela son argumentation en 1766 dans « L’Etoile flamboyante ou la société des Francs-maçons considérée sous tous ses aspects ». Il y commente les différents griefs reprochés à l’Ordre et conclut qu’il était nécessaire que l’on juge les Francs-maçons sur ce qu’ils étaient vraiment et non sur des chimères ou sur l’accessoire. O ... et celle de Joseph de Maistre Le catholique ultramontaniste Joseph de Maistre, fort peu suspect aux yeux de Rome, dans le « Mémoire au duc de Brunswick », déjà cité, s’efforça de répondre avec le recul du temps (elle fut écrite en 1782 à l’occasion du Convent de Wilhelmsbad) aux deux bulles. Pour ce fidèle de Rome, la Maçonnerie authentique (ce qui pourrait laisser supposer que toute la Franc-maçonnerie ne le fût pas) était essentiellement chrétienne et au service du christianisme. La question du serment était certes délicate, c’est pourquoi il fallait que la Maçonnerie fût rectifiée en profondeur pour ne plus laisser planer de soupçon quant aux secrets couverts par ce serment. O Le Convent de Wilhelmsbad (1782)Précisément le Convent Général de Wilhelmsbad dans le but de jouer un rôle régulateur sur l’extraordinaire diversité de la Franc-maçonnerie de la fin du XVIIIe siècle souligna fortement non seulement la compatibilité entre la Franc-maçonnerie et la religion chrétienne mais surtout les fondements et origines chrétienne de la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition. Il souligna la nécessité de « rectifier » les errements de la Franc-maçonnerie ou de « ce qui lui ressemble », et donne corps à tout ce qui est critiqué par les bulles papales. Mais pour autant la Franc-maçonnerie du XVIIIe siècle ne cessa guère de se doter d’origines autant mythologiques que fantaisistes, la vague de l’égyptomanie, du goût pour les « antiquités », et la dénaturation progressive mais brutales des caractéristiques de l’esprit des Lumières de sociabilité, de cosmopolitisme et d’universalité, aidant. Cette tendance auto-destructrice contribua à alimenter la méfiance, la suspicion et les accusations de ses adversaires qui ne voyaient certes pas encore dans la Franc-maçonnerie, un foyer de satanisme ou de paganisme, voire une machine de guerre anti-chrétienne, comme ce sera le cas de la part de ses adversaires le plus irréfléchis au XIXe siècle, mais trouvaient là une justification inespérée de leur attaques contre une société qui risquait de contaminer l’orthodoxie de la foi. Quoi qu’il en soit, la franc-maçonnerie continua l’accélération de son développement pendant tout le XVIIIe siècle.

La situation actuelle

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie peuvent se lire à la lumière de trois repères :

O L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

O Le dialogue instauré par Vatican II

O L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique de 1983 et la déclaration du Cardinal Ratzinger qui l’accompagne.L’article 2335 du Code de droit canonique de 1917

Dans ce Code, quatre articles (1240, 1399, 2335 et 2336) étaient consacrés à la Franc-maçonnerie. Tous ces articles qualifiaient la Franc-maçonnerie de secte et frappaient leurs membres de sanctions pénales. L’article 1240 refusait la sépulture ecclésiastique aux Maçons, l’article 1399 interdisait les ouvrages qui défendaient la Maçonnerie en affirmant son utilité pour la société civile ou pour l’Église, l’article 2336 énumérait une série de sanctions contre mes clercs et religieux maçons et ordonnait qu’ils fussent dénoncés au Saint Office. L’article 2335, le plus important pour les catholiques Francs-maçons laïques frappait d’excommunication réservée simplement au Saint Siège » ceux qui donnaient leur nom à la secte maçonnique ou à toute autre association du même genre qui conspiraient contre l’Eglise et les pouvoirs civils légitimes. Par latæ sententiæ, il faut entendre une excommunication encourue ipso facto par la disposition du droit ; par réservée, il faut entendre que seul le Saint Siège peut lever l’excommunication à l’exclusion de toute autre hiérarchiquement égale ou subalterne à celui qui en est frappé. Depuis Vatican II, des efforts ont été entrepris par des ecclésiastiques de renom (le R. P. Michel Riquet, le R. P. Joseph Berteloot, le cardinal Kroll, le cardinal Seper, et d’autres) pour alléger la sévérité de l’article 2335 de 1917, et en tout premier lieu, lever l’application de l’excommunication promises aux francs-maçons catholiques. Le dialogue commença à s’engager sur la base précisément de distinctions : O Distinctions canoniques : Cette question renvoie à la position de l’Eglise. Des arguments variés furent avancés. On fit valoir, contre le principe même de latæ sententiæ, que seules les associations maçonniques qui complotaient étaient à viser par cet article, et qu’il était injustifié qu’il s’appliquât aux autres. En particulier, il était malvenu de taxer le Franc-maçonnerie régulière de complot contre l’Eglise et les pouvoirs civils, alors que précisément elle réunit des hommes de foi, et uniquement ceux-là, que l’histoire de l’origine de la Franc-maçonnerie anglaise prouve que c’est bien dans un but de paix entre les hommes que la première Grande Loge fut constituée, et qu’ainsi Franc-maçonnerie régulière anglo-saxonne et Eglise catholique avaient un ennemi commun « essentiellement anti-chrétien, le matérialisme athée. » Mais ces tentatives de conciliation furent perçues davantage comme une manipulation pour faire se rapprocher la Franc-maçonnerie de l’Eglise qu’elles ne relevaient d’un rapprochement réciproque et équilibré. Mais cette entreprise reste perçue favorablement par la Franc-maçonnerie régulière. O Distinctions doctrinales Cette question renvoie à la position des différentes obédiences maçonniques. Les positions du R. P. Riquet et les ouvrages d’Alec Mellor, avant qu’il rejoigne la Grande Loge Nationale Française, pour rapprocher l’Eglise et la Franc-maçonnerie avaient été interprétées par les obédience « irrégulières » comme une pression pour les faire renier les « idéaux de 1877 », à savoir « la liberté absolue de conscience, la laïcité, les idéaux républicains ». Cette argumentation curieusement alimente l’accusation, dont la vacuité a été maintes fois prouvée, du « complot maçonnique en faveur de la Révolution Française et de la république ». Elle pose en effet la question de la doctrine maçonnique, ou au moins les questions sur la régularité et sur le relativisme. Régularité : si les éléments fondamentaux de la régularité reposent sur la croyance en Dieu révélé dans la Bible, et ils sont tout à fait conciliables avec le credo chrétien. En effet si le Franc-maçon ne met ni en lui-même (pas de maïeutique rituelle lui promettant de parvenir par son ascèse à la révélation intérieure, sans le concours de Dieu), ni en l’Ordre maçonnique, l’espérance de l’illumination intérieure et de la réalisation de son salut, mais en Dieu seul, et pour les Maçons chrétiens, en Christ seul, il n’y a aucun motif d’incompatibilité avec son appartenance à l’Eglise. C’est d’ailleurs sur cette argumentation que le R. P. Riquet obtint de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi (SCDF) une interprétation stricte de l’article 2335. Selon cette interprétation, l’excommunication ne peut être certes levée, mais elle ne s’applique plus latæ sententiæ mais seulement à ceux qui complotent (accord entre le Grand Maître de la GLNF, Vaneck et le pape Paul VI). Cet accord, qui mettaient à l’aise les Francs-maçons catholiques réguliers, mécontenta les Maçons « irréguliers », au point que le débat sur la régularité s’engagea en se complexifiant : Régularité = Landmarks+GADLU (foi théiste et personnelle), mais quid des Maçons croyants mais appartenant à une obédience réputée irrégulière ? Régularité = Reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre, sans autre forme de régularité que juridique, mais quid des Maçons qui, tout en appartenant à une obédience reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, ne professent pas la foi chrétienne, ou qui s’en éloignent par la doctrine de leurs rites ? Régularité = Transmission et filiation, mais dans ce dernier cas, la GLNF est issue du tronc irrégulier du GODF ! Cette complexité extrême conduisit la SCDF à refuser de statuer sur la question de savoir qui est régulier et qui ne l’est pas, en 1983, lors de la refonte du Code de droit canonique. Relativisme : s’il est certain « qu’une partie de la Maçonnerie se situe dans un projet de réalisation spirituel théologiquement acceptable par l’Eglise, la Franc-maçonnerie chrétienne n’en est qu’une toute petite fraction [... ] et ne se trouve nullement en dehors de l’organisation fondamentale franc-maçonne. » O Distinctions historiques : Cette autre entrée dans le problème du rapprochement a été tentée par les acteurs persévérants, tels le R. P. Riquet et Alec Mellor. Elle consistait à examiner qui, du point de vue historique, est resté fidèle à la spiritualité chrétienne des origines, en examinant le cours de l’histoire des obédiences, et en y identifiant les accidents de l’histoire qui ont pu corrompre les origines chrétiennes de l’Ordre anglo-saxon, en le faisant dériver localement vers l’irrégularité, l’anticléricalisme et l’athéisme. Mais il ne semble pas que cette entrée ait eu beaucoup d’écho auprès du Saint Siège.

L’article 1374 du nouveau Code de droit canonique

Dans ce nouveau Code, publié en janvier 1983, l’article 1374 la Franc-maçonnerie n’est plus citée au nombre des associations qui machine contre l’Eglise, et à ce titre justiciable « d’une juste peine ». C’est donc à l’Ordinaire du lieu de décider si telle ou telle société maçonnique est dans ce cas, et cela seulement contre l’Eglise puisqu’il n’est plus question non plus de pouvoirs civils légitimes. On aura noté que l’appartenance à une association conspiratrice n’est plus punie d’excommunication latæ sententiæ, mais d’une juste peine à évaluer par l’Ordinaire. On avait pu donc penser que les efforts déployés de part et d’autres par les ecclésiastiques et les Franc-maçons soucieux de pratiquer leur culte sans avoir à renoncer à leur appartenance à la Franc-maçonnerie avaient été couronnés de succès. Mais dans sa déclaration du 26 novembre 1983, la SCDF, présidée par le cardinal Ratzinger, affirme interpréter cet article 1374 et le commente ainsi : « Les fidèles du Christ qui donnent leur nom aux associations maçonniques tombent dans un péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion. »Le statu quo post bellum La situation est donc confuse. Pour certains Maçons catholiques, seule compte l’article 1374 car il est revêtu de l’autorité papale. Pour d’autres, la déclaration de la SCDF, bien que de hiérarchie inférieure à celle du saint Père, doit être prise en très sérieuse considération car elle ne peut avoir publiée sans son accord, compte tenu du sujet traité et de la proximité des dates de publication. Les Francs-maçons catholiques se retrouvent ainsi dans une situation étrange où l’excommunication à leur encontre a certes été levée, mais sans que soient reconnues aux membres catholiques la liberté d’adhérer à la Franc-maçonnerie et aux autorités ecclésiastiques locales la faculté d se prononcer publiquement en faveur de l’appartenance de leurs ouailles à l’Ordre. Ceci n’exclut pas que ces autorités puissent, au cas par cas, autoriser tel ou tel fidèle, à s’inscrire dans une loge ou à y demeurer. C’est bien cette imprécision qui a fait dire à de nombreux Maçons catholiques que les relations entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie n’avaient cessé d’osciller entre espoir et désillusion.

Source GLNF

Par GLNF - Publié dans : Eglise catholique et FM
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Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 09:56

La Bulle « IN EMINENTI » du Pape Clément XII, en 1738, excommunie les premiers Francs-maçons. «Condamnation de la Société appelée – Liberi Muratori – ou – Francs-Maçons – sous peine d’excommunication encourue par le seul fait dont l’absolution est réservée au Souverain Pontife, si ce n’est l’article de la mort.»

« En raison du secret de leurs assemblées et pour d’autres motifs justes et raisonnables de nous connus. »

Benoit XIV avec celle de « PROVIDAS » la complète, en 1751, tout comme Pie VI, en 1776, en raison de la philosophie des Lumières.

Léon XIII, en 1884, dans son Encyclique « HUMANUM GENUS » reproche à son tour, l’anticléricalisme, le positivisme et le rationalisme du G.*.O.*.D.*.F.*.

En 1915, Benoit XV réaffirme l’excommunication des Francs-Maçons par le fait même de leur adhésion à une « Secte Maçonnique ».

Un fait nouveau apparaît en 1961 avec la réception du Jésuite, le R.P. RIQUET qui provoque la démission de son V.*.M.*. Marius LEPAGE de sa R.*. L.*. du G.*.O.*.D.*.F.*. En 1961 se prépare le concile œcuménique de Vatican II. Marius LEPAGE organise à Laval une conférence en Loge, une Tenue Blanche fermée, au cours de laquelle le Révérend Père Riquet vient présenter son point de vue en tant que catholique sur l’athéisme. Cette TBF reçoit l’accord de l’évêque de Laval ainsi que celui du G.*.O.*.D.*.F.*. comme il se doit. Toutefois, l’Obédience n’avait pas anticipé l’émotion suscitée dans ses rangs et que la presse nationale de l’époque reprend. Or devant l’ampleur de l’écho, le G.*.O.*.D.*.F.*. affirme que la conférence a pris la forme d’une simple réunion à caractère privé et qu’il n’y a eu aucun cérémonial maçonnique…. Ce qui soulèvera des réactions vives de nombreuses Loges de l’Obédience et en particulier dans le Sud-ouest. Cela aboutit à une suspension du Vénérable Maître organisateur, devant les instances disciplinaires de G.*.O.*.D.*.F.*. Marius LEPAGE sera acquitté par ces mêmes instances le 23 septembre 1961 ; et malgré l’Appel interjeté par le Conseil de l’Ordre. Il sera définitivement blanchi le 18 décembre 1961.

Ainsi, l’opposition est consommée mais change de camp. En 1974, le Canon 2335, ne vise plus que les Chrétiens agissant contre l’Eglise, ce qui n’est pas le cas de la Maçonnerie anglaise ni de la G.*.L.*.N.*.F.*. Dès lors les ecclésiastiques peuvent recevoir l’Initiation, après dispense de leur évêque dans les Loges dites Régulières où la croyance en un Dieu créateur est affirmée, en principe.

En 1983, le nouveau code 1184 ne mentionne plus les F.*.M.*. et ne maintient de ce fait plus leur excommunication ainsi :

« Seuls doivent être punis d’une juste peine, ceux qui donnent leurs noms à une association qui se livre à des complots contre l’Eglise. Les promoteurs ou dirigeants d’une telle association seront punis de l’interdit. »

Si le code de 1917 prévoyait 42 cas d’excommunication, le nouveau Code n’en reconnaît désormais plus que 7 : hérésie, apostasie, schisme avortement, sacrilège contre l’Eucharistie, violence physique contre le Pape, absolution du complice pour péché charnel et avortement, consécration illicite d’un évêque, violation du secret de la confession.

Chacun appréciera à sa juste valeur les nouveaux cas d’excommunication. Ces sept nouveaux cas mériteraient un large débat, j’en suis conscient. Cependant il faut noter qu’il n’est plus fait mention des Francs-maçons. Pourtant les Pères – haut placés dans la hiérarchie du Vatican - par l’intermédiaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, rappellent que les catholiques qui s’inscrivent dans une Loge sont : « en état de péché grave et ne peuvent, de ce fait, accéder à la communion ». Ce qui explique les difficultés pour certaine Obédience d’ériger une Loge sur le territoire monégasque.

La conclusion, pour l’Ecossais reconnu comme tel par ses FF et SS, sera l’affaire de l’excommunication. Elle sera donc réglée dans le secret de son âme et conscience (que Rome lui reproche). Avec tolérance et fraternité. Le F.*. Ecossais demande au G.*.A.*.D.*.L.*.U.*. de pardonner ceux-là mêmes qui jettent des anathèmes parce qu’ils ne savent pas toujours ce qu’ils font. Cet Ecossais invite surtout les FF et les SS à participer aux Tenues – à la condition qu’ils se sentent des Hommes libres dans des Loges Libres. – Peut-on, aujourd’hui, l’affirmer lorsque certaine Obédience jette l’anathème sur des FF .*. dont la ligne de conduite n’est pas celle préconisée par le Grand Maître ? A certains, reste le choix entre se soumettre ou se démettre - Ceci afin d’asseoir leur propre opinion et ne point prendre les mots des représentants d’une foi, qu’ils soient enrubannés ou calottés, pour la Réalité révélée. Le premier devoir d’un homme adulte est le doute : soyons tolérant face à la croyance en… La vie n’est que perpétuels changement, transformation et la vérité d’hier n’éclaire plus le scientifique d’aujourd’hui. La vie n’est qu’une suite de catharsis, d’abréactions d’eurêka, de découvertes où la vérité se montre différente selon l’angle sous lequel on la découvre.

Que nous disent les Bulles papales ?

Les Bulles d’exclusions contre la Franc-maçonnerie sont nombreuses. Le sujet est traité dans différents média écrits ou audio-visuels. Le sujet fait « vendre » et recueille toujours autant d’intérêt. Ce fameux secret reste secret malgré les Tenues Blanches Ouvertes, les actualités qui sourdent des Obédiences comme celles qui transpirent soit à la G.*.L.*.N.*.F.*. ou au G.*.O.*.D.*.F.*.….. et malgré que toutes les Obédiences aient traité ce sujet.

Combien de Francs-maçons, de Sœurs, de Frères qui appartiennent à un Rite, à un courant chrétien sont concernés par l’excommunication ?

Certains ne se sont jamais posé la question. En effet qu’est-ce que l’Excommunication ? C'est-à-dire « la privation des sacrements ». Autrement dit la suppression pour un F.*. ou une S.*., ou une Loge, une Obédience, ayant entre autres, la fonction de maintenir les Hommes, en bonne communication « les uns avec les autres ».

Ces groupes de FF.*. de toutes croyances autour de « Rites secrets », font référence à un Grand Architecte De l’Univers, entre autres. Chacun ici, mettant dans ces termes ce qu’il entend.

Respect Député.*. Maître.*. et mes B.*.A.*.F.*., je vous fais grâce d’une litanie longue et fastidieuse de ces autres dates et chiffres dont parfois les FF.*. sont si friands.

Permettez-moi de vous parler d’une période de référence où est née et s’est développée notre maçonnerie, dite «Ancienne et Moderne» : suite à la Maçonnerie Opérative.

Sept Papes essentiellement de 1738 à 1984 se sont efforcés d’actualiser l’excommunication en argumentant les motifs et en ajoutant des accusations de plus en plus graves contre la Maçonnerie.

Le premier pape condamnant l’Ordre maçonnique est le Pape Clément XII avec sa bulle de 1738. Le premier grief invoqué concerne le serment sur la Bible. Cette dernière souvent ouverte (pas toujours), à la page de l’Evangile selon Saint Jean, dans les Loges travaillant au REAA.

Je vous rappelle que dans toutes les Obédiences ou presque, des FF.*. travaillent dans des Loges dites de St Jean. Or St Jean était compagnon du Christ. Ses écrits font partie du Nouveau Testament et l’ésotérisme selon St Jean ne pouvait être QUE chrétien, Alors, pourquoi cette vindicte papale ?

Il existe 7 millions de FF.*. et SS.*. Maçons dans le monde. Combien de FF.*. ne prêtent pas serment, sur la Bible ou autres livres sacrés ? On peut considérer que sur 7 millions de Maçons, environ 6 millions appartiennent à des Loges dites Régulières – ie reconnues par la Maçonnerie Anglaise au sein de l’U.G.L.E.

Si ces 6 millions appartiennent à des Loges Régulières, elles devraient être Théistes – qui admettent l’existence d’un Dieu – en dehors de toute révélation, et les Déistes, - qui croit en Dieu sans dépendre d’une religion révélée -, hors des organisations religieuses administrées - alors combien sont-ils ?

Dans les fondements les plus anciens en Occident, la Foi est d’incidence Chrétienne.

Les Constitutions d’Anderson en expriment pour la 1ère fois (en 1723) les grands principes. Nous trouverons des traces, en 1750, de la formulation géniale des R.*.E.*.R.*. qui apparaît comme une sorte de réaction chrétienne.

Gardons à l’esprit qu’il y a actuellement 1 milliard de chrétiens ou catholiques dans le monde.

C’est à la fin du Convent de Wilhelmsbad en 1782 que le Rite Ecossais Rectifié est constitué, que le Serment spirituel et chevaleresque de l’Ordre des Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte est solidement établi sur des bases renouvelées.

Resp.*. D.*.M.*., il existe plusieurs sortes d’actes pontificaux : les décrets, les lettres, les Bulles (scellées avec du plomb), les Brefs (scellés avec de la cire)

Les Bulles sont des actes très importants :

    canonisation – élection

    convocation de concile

    suppression – condamnation

En fait Bulle, également appelée Bulla veut dire (sceau de plomb). Toutes ces Bulles sont notées dans le code du Droit Canon, enregistrées, numérotées, paraphées.

Dans le nouveau code du Droit Canon, il n’y a que 1752 articles. Cela veut dire que le Canon n° 2235, se trouve dans l’ancien Code du droit canon.

Stupéfiante Bulle !

Stupéfiant article que l’article 2235 de LEON XIII, promulgué en 1917. Publié officiellement et qui condamne toute la Maçonnerie en ces termes. Je cite :

« Ceux qui adhèrent à la Secte maçonnique ou autres associations du même genre, du même style qui complotent conte l’Eglise encourent l’excommunication».

Le Pape Benoit XIV successeur de Clément XII, confirme l’excommunication dans sa constitution apostolique sous forme de Bulle –« Providas romano-rum ponificum »- du 18 mai 1751.

Au moment où le Vatican condamne la F.*.M.*., n’oublions pas les Jésuites qui combattent les Protestants. Aujourd’hui il existe 360 millions de Protestants, dont environ 115 millions en Europe.

L’idéal Andersonnien est parfaitement vécu. Les Francs-maçons en général, les F.*.F.*. de différentes confessions et les FF.*..*. chrétiens ou autres fréquentent de plus en plus de Loges.

Ils s’appellent tous ‘Frère’ ou ‘Sœur’ entre eux !

Ce qui ne plait guère aux Papes et les condamnations pleuvent. Les Vénérables Maîtres donnent de plus en plus la lumière et chaque Pape en ajoute un peu plus.

Mes Très Chers Frères, combien de Papes nous condamnent et bien évidement je ne peux tous les énumérer. Il faut ajouter les lettres Encycliques, les lettres apostoliques, le Dictionnaire d’Apolgétique, l’Allocution consistoriale, la Constitution du 12 août 1869, l’Instruction de la Congrégation du Saint office, etc.

Mes B.*. A.*. F.*., il ne faut pas s’illusionner. Ce Pape Clément XII qui jette l’interdit sur notre Ordre est bien renseigné et sait, connait le danger que nous représentons, nous les Francs Maçons, ces libres penseurs. Il est le « berger » du « troupeau » de catholiques de par le monde. Dans ces deux termes, tout est dit. Un mouton, une vache, un cochon ont-ils une raison, une intelligence ? Heureusement, l’homme a un berger (le pape) qui le garde de ses ennemis et de lui-même.

Et dans le monde profane, les théistes, les déistes, les athées, les libres penseurs… ne sont pas tous d’accord entre eux. Cela fait beaucoup de monde et certains, parmi eux, sont influents.

Il est vrai que d’aucuns concourent merveilleusement bien à diviser et à entretenir cette division. Certains FF, certaines Obédiences, certains partis politiques, certaines « chapelles » y trouvent bon compte, évidement. Ils ont des Offices, des Charges, des Plateaux de respectabilité. Ils ont même des discussions hiérarchiques.

Comme si la hiérarchie ecclésiastique n’existait pas ?

« Savamment organisés, plusieurs types d’ordres, plusieurs degrés, plusieurs couleurs, avec des grades, ayant parfois une discipline sévère. Ces FF.*. seraient soumis à une JUSTICE maçonnique effroyable.

Lors de leurs cérémonies, ils permettent, ils doivent faire le serment de ne jamais révéler, à aucun moment, n’y d’aucune manière, le nom, le prénom de leurs « associés », de leur F.*. de leurs supérieurs. Voilà ce que disent les Papes. »

Société secrète et celle-ci s’appelle la F.*.M.*.

On projette ce que l’on est, vous dit le psychologue !

Mais ils ont des réunions clandestines… dans des Temples par exemple. Ne dit-on pas que certains ont droit au « Chapitre » - expression qui remonte au Moyen Age et fait allusion à la réunion des moines et chanoines. Celui qui avait droit au chapitre était celui qui participait à la prise de décisions et avait une voix de délibération comme les évêques-

    Qui sont-ils ?

    Que font-ils ?

    Que pensent-ils ?

    Que convoitent-ils ?

    Qu’est-ce qui est si important, de si secret que le commun des moines – ou des mortels - ne doit pas savoir ?

Heureusement que nous sommes loin de la loi sur la contraception, de celle sur l’adoption de l’Interruption Volontaire de Grossesse qui est accordé à la Femme. Chacun d’entre nous connaît la place de la Femme dans l’Ordre Catholique. Je n’évoque pas la Vierge Marie, non, mais bien celle qui influence l’homme commun de si mauvaise manière… affirme le Clergé.

La tolérance maçonnique est l’admission du dialogue, l’acceptation de la vision de l’Autre.

Laissons au Pape, laissons aux religieux, laissons aux hommes politiques la notion d’intolérance, la notion d’apostasie, les méfaits du groupe.

Quel dommage que certains FF placent la notion de religion, ou celle de l’Obédience, au niveau que nous connaissons aujourd’hui. Par manque de connaissance ou peur. Par des propos maladroits. Peu importe leur obédience ou leur pratique du rituel. Peu importe leur degré dans leur loge ou leur croyance.

Religion : qui relie les hommes entre eux, nous informe le dictionnaire.

Pour les FF.*. pratiquant le RER… Maitre Ecossais de St André, je pense que la problématique, de la Foi ou de la religion chrétienne ne se situe pas au niveau de l’Institution mais bien à celui de l’Individu, ou de la personne ou du Frère. C’est bien à chacun de choisir sa manière de croire en…, d’en parler, s’il le souhaite, de choisir ses actions, de les mener comme il l’entend, mais avec beaucoup de prudence : le Maçon est un être qui doute par essence.

Le 4éme degré nous garantit la matûrité des F.*. qui le composent. Bien que je me demande parfois, si la Force qui l’anime est proportionnelle à la TEMPERANCE, qu’instituaient nos guides, peut-être puisaient-ils celles-ci – prudence et tempérance – dans la Foi

    Foi chrétienne pour les uns

    Foi maçonnique pour les autres

    Foi en l’Homme pour certains

Il me semble que j’ai employé le mot « GUIDE » tout à l’heure ?

Il est vrai que j’aurais pu le remplacer par le terme « ANCIEN » - ancien et Moderne – cela vous rappelle des souvenirs n’est-ce pas ! Aux Anciens de 1730, entre autres… d’avoir supprimé les prières… et bien d’autres reproches bien-sûr : l’Epée, et les vertus cardinales Tempérance/Force – Justice/Prudence.

Rappelez-vous également ces querelles d’Anciens et des Modernes :

ó Pas sur le fait d’être Croyant, Déiste, Théiste ou Athée

mais seulement sur ce qu’ils n’avaient pas encore appris ou compris : la Justice, la Tolérance : ils n’avaient pas encore appris à se tolérer les uns et les autres.

Oui, mes B.*. A.*. F.*. notre Loge, dans son ensemble, est un Atelier, un laboratoire devrais-je dire, où les hommes apprennent à se connaître d’abord par la recherche de la compréhension du V.I.T.R.I.O.L. et, ensuite, à se reconnaître les uns les autres. Quel choc pour un montagnard de discuter avec un homme natif de Mimizan, d’un Lillois rencontrant un Marseillais. Nous avons tendance, par habitude, de traiter avec l’autre comme un autre soi-même, ayant vécu les mêmes aventures. Le psychologue parle de projection. Or, l’Autre est différent par nature. Nous avons, bien sûr des points communs par notre culture et chacun les interprète à sa façon. Un fait peut très bien être vécu négativement par l’un et positivement par son Frère. Cette constatation est importante. Ces diverses visions d’un fait sont l’expression d’une vérité multiple du Principe Un.

Rappelons-nous la naissance officielle de la Maçonnerie en Angleterre. Ces habitants sortaient d’une guerre où chaque parti défendait son point de vue. Que de dégâts. Des hommes de bonne volonté s’assirent autour d’une table et discutèrent, non de qui avait raison, mais du comment sortir de l’ornière et du pourquoi depuis des siècles, et du pourquoi des hommes se conduisaient uniquement à l’instar de l’instinct animal sans réflexion humaine. Certains allèrent plus loin. De notre civilisation chrétienne, ils allèrent rechercher dans la Bible les racines de notre humanité… de Jésus, ils remontèrent à Moïse, de Moïse à Joseph, de Joseph à la Civilisation Egyptienne… d’autres allant visiter la civilisation hellène, les Stoïciens. Tous avaient débordé des limites fixées par le curé de leur paroisse respective.

Un vrai Maçon ne recherche pas le Pouvoir, il l’a. Un vrai Maçon a le savoir qu’il cherche à renforcer et qu’il partage volontiers. Un vrai Maçon n’a de vouloir que d’inciter la volition chez l’autre à suivre son exemple : vivre sa vie, vivre son expérience et en tirer profit pour lui et ses semblables. Son but ultime est de rendre tout un chacun lumineux pour éclairer le chemin de l’autre en étant lui-même charismatique en toute humilité.

A la veille de la célébration du Cinquantenaire de notre Loge, tous les FF qui ont tous de la bonne volonté, qui sont toujours présents, soit sur les Colonnes soit présents parmi nous dans l’esprit, et toujours présents à l’appel, j’en suis convaincu, seront là… le moment venu.

En ce moment où quelques FF.*. semblent vaciller, chanceler, où quelques FF.*. doutent de toutes les valeurs, de l’esprit qui règne ici ou là, il est sage d’espérer.

Il faut que ces FF sachent que dans 50 ans encore, il y aura encore une fête chez nous. Ce qui est sûr c’est que ce sera grâce à

    Votre présence

    Votre participation

    Votre écoute

C’est notre F.*. A… qui disait : il faut que l’homme apprenne à écouter l’homme. C'est-à-dire s’ouvrir à l’Autre dans la générosité, la fraternité, la Bienfaisance.

Je crois qu’il est urgent, de faire passer un message d’AMOUR, de lancer un appel d’UNION à tous les FF pour que ces querelles, pour que les divisions ne soient qu’un souvenir, qu’un passage d’une ère à l’autre, d’une métamorphose, d’une compréhension pour l’acquisition de cette matûrité.

L’avenir n’appartient plus à l’excommunication, encore moins à la démission, mais bien à l’acceptation de l’autre dans toute sa différence. C’est celle-ci qui nous enrichit tous.

L’avenir nous appartient. Mais, encore une fois, faut-il se baser sur le passé ? Ce passé encore proche où, semble-t-il, les FF ont connu les conflits, les guerres. Guerres de religions, guerres mondiales, guerres civiles, conflits d’Obédiences, de Rites, avec des essaimages parfois douloureux. Oui si ce rappel nous assagit.

Quand les parents divorcent, même s’ils font semblant d’être consentants, il est indéniable que les enfants paient toujours un lourd tribut.

« Quand le corps souffre, l’esprit crie sa douleur ».

Rappelez-vous la dernière Bulle de Jean Paul II enregistré sur le nouveau code du Droit canon :

Canon 1184

« Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’église sera puni d’une juste peine, mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit »

Les Religions telles qu’elles se présentent à nous, le conflit, la non acceptation de l’Autre, peuvent-elles engendrer la Fraternité et la compréhension entre les hommes ?

J’ai dit

1984 en E.*. V.*

Source : http://louis.peye.over-blog.com/45-index.html

Par Louis Peye - Publié dans : spiritualité
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Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 09:54

 Source : http://www.chevalerietemplieretraditionnelle.fr/

Les béatitudes sont un préambule. Elles indiquent les conditions préalables qui sont indispensables à l’acceptation de l’intelligence de la loi de salut, apportée par le Christ sur terre.

Celui qui ne commence pas par réformer ses vues sur la richesse, sur la valeur du plaisir, sur l’ambition terrestre, celui qui ne renverse pas radicalement dans son esprit l’échelle des valeurs humaines, basées sur une surestimation du temporel et un oubli étrange de Dieu, se met lui-même dans l’incapacité totale de comprendre l’esprit de l’Evangile et le message de Jésus.

Mais ce ne serait pas rendre justice à la pensée du Christ que de s’arrêter à ces premières considérations et de croire que les Béatitudes ne sont qu’une simple préface. Elles sont aussi un idéal, un but à poursuivre, tout au long de la vie chrétienne.

Nous devons certes commencer par nous détacher du monde et nous attacher aux vertus que sont la douceur, la piété, la patience, la pureté du cœur, l’esprit de paix… Mais ces vertus, il nous faudra les développer sans relâche, tout le long de notre vie. Dans la bouche du Christ, les Béatitudes sont avant tout un cri.

Enracinées dans les annonces prophétiques, elles développent en images la Bonne Nouvelle classées par Jésus : « le royaume des Cieux arrive ». Les Béatitudes résument la Bonne Nouvelle. Sans elles, le Sermon de la Montagne serait incompréhensible. Il va développer une doctrine pour des gens qui sont déjà en route. Elles exposent des exigences terribles mais elles apportent le Bonheur.

1) La première Béatitude

Elle est présentée sous deux formes un peu différentes par Saint Matthieu (« Bienheureux les pauvres en Esprit, parce que le royaume des Cieux est à vous ») et par Saint Luc (« Bienheureux vous qui êtes pauvres parce que le royaume des Cieux est à vous »). Ce qui augmenta la différence entre les deux textes, c’est que Saint Luc oppose à cette bénédiction de la pauvreté, une malédiction pour la richesse : « Mais malheur à vous les riches car vous tenez votre consolation ».

A première vue, on pourrait croire à une proclamation de la lutte des classes chère à Karl Marx. Ce serait là une erreur grave. Le sens immédiat de Saint Luc est que la richesse n’est qu’un faux bien et que celui qui s’y attache, y cherche sa propre consolation en s’assignant un idéal purement terrestre. En somme Saint Luc reprend le verset 24 du chapitre VI de l’Evangile selon Saint Matthieu : « Nul ne peut servir deux Maîtres : car ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et ne tiendra pas compte de l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ».

La pauvreté, loin d’être une tare, une calamité, le signe d’une négligence de Dieu, doit être considérée, au contraire, comme la condition préalable de l’admission au royaume des Cieux. Cependant de toute évidence, ce n’est pas le fait d’être pauvre que le Christ béatifie. Celui qui est pauvre mais qui envie la richesse, qui la désire avec ardeur n’est pas pauvre au sens de Jésus et ne peut être qualifié de Bienheureux. Il s’agit surtout de la vertu de pauvreté et non d’une situation de fait. La pauvreté est le détachement des richesses. Elle est l’esprit de pauvreté.

Dès lors, nous ne sommes pas surpris de rencontrer dans le texte de Matthieu la variante « Bienheureux les pauvres en esprit… ». Ce que le texte de Saint Luc ne livre qu’à la méditation, celui de Saint Matthieu nous le donne immédiatement, il s’agit de la pauvreté acceptée procédant du détachement des richesses.

Il importe aussi de se souvenir des circonstances dans lesquelles Jésus a donné son enseignement, de l’auditoire auquel il s’adressait, des adversaires qu’il combattait, des préjugés qu’il voulait détruire.

Les Pharisiens identifiaient la pauvreté spirituelle et la pauvreté temporelle en ce sens qu’ils faisaient de la seconde la conséquence de la première. Pour eux, la richesse était un signe de Sainteté, de la prédilection de Dieu. Jésus montre, par contre, que pauvreté spirituelle et pauvreté temporelle ne sont pas liées.

Le sens profond de la première Béatitude est donc le suivant : « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté qui attachent du prix uniquement aux biens spirituels ».

Dans la mystique orthodoxe, la pauvreté est la renonciation à l’acquisition. Elle complète la pureté et l’obéissance aux lois divines pour parvenir à la prière pure. Il s’agit donc de lutter contre l’esprit de propriété, contre la passion d’acquérir. Ce renoncement est essentiel, il détache des choses matérielles, non pas dans leur utilisation mais dans l’amour que l’on peut leur porter.

Cet engagement du Chrétien imite et identifie à Dieu, en passant par le Christ dont Saint Matthieu nous dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils Homme n’a pas où appuyer sa tête » (VIII.19).

L’Archimandrite Sophrony affirme que « la pauvreté contribue à libérer l’âme et l’intellect des pesantes images de la matière ».

2) La seconde Béatitude

La douceur apparaît comme le fruit du détachement des richesses car si la pauvreté est bien comprise et bien acceptée, les pauvres en esprit ne voient les choses et les êtres qu’un Dieu. Or c’est en Dieu, que la Fraternité humaine devient réalité évidente. Dans sa première Epître, Saint Jean écrit : Voici à quoi se reconnaissent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la Justice ne vient pas de Dieu, non plus celui qui n’aime pas son frère. Car voici le commandement que vous avez entendu dès le commencement : que nous nous aimions les uns les autres ».

Il n’est pas très difficile de ramener les deux premières Béatitudes aux deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain. Car si Jésus béatifie l’esprit de pauvreté, ce n’est que comme condition de l’amour de Dieu. Jésus promet aux doux la possession de la Terre. Il est clair que celle-ci n’est pas la terre matérielle mais ce que la Tradition appelle Terre Sainte, terre des Saints, terre des Bienheureux, terre d’Immortalité, la Jérusalem Céleste. Dans la pensée de Jésus, les deux premières Béatitudes posaient son enseignement en contraste frappant avec la doctrine des Pharisiens.

3) La troisième Béatitude

Saint Matthieu nous propose : « Bienheureux ceux qui sont dans l’affliction, car ils seront consolés ». Et Saint Luc : « Bienheureux vous qui pleurez maintenant car vous rirez. Et il ajoute : Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans le deuil et dans les larmes ». Si on réfléchi à la forme antithétique prise par Jésus, on saisit que la grande erreur des hommes qui placent leur idéal dans la fortune et l’acquisition des Biens de ce monde, c’est qu’ils prennent à rebours la volonté divine. On dirait que Dieu prend plaisir à contrarier nos manières de voir ! Mais il serait absurde de regarder Dieu comme un contrariant.
Dieu entend avant tout nous éduquer. Et nous retrouvons la loi du Karma. Etymologiquement, KARMA veut dire acte, action. La loi du Karma, appelée aussi loi de causalité, loi de réciprocité des effets, loi de compensation, loi de choc en retour ou fonction d’échange, est la transposition dans le domaine psychique des lois de cause à effet, d’action et de réaction qui régissent les phénomènes matériels. Dans le domaine matériel, toute cause produit un effet et tout effet a une cause, toute action engendre une réaction.
Dans le domaine psychique, toute pensée, toute parole, toute action déclenche un processus semblable qui fait refluer sur nous ce que nous avons émis. Ainsi l’homme récolte ce qu’il a semé. La loi du Karma nous rend le Bien pour le Bien et le Mal pour le Mal car c’est une erreur de croire qu’elle agit uniquement dans le sens négatif. Une bonne pensée, une bonne parole, une bonne action augmente notre crédit karmique. Une mauvaise pensée, une mauvaise parole, une mauvaise action augmente notre dette karmique. Loi simple, efficace, incorruptible, la loi du Karma ne cherche pas à punir mais à éduquer. Elle nous oblige à façonner notre avenir avec notre passé et notre présent. Elle a donc pour but de nous aider à évoluer en nous faisant prendre conscience, à travers notre expérience vécue, de notre bonne ou mauvaise insertion dans l’ordre voulu par Dieu. La loi karmique, même si elle est rigoureuse, veut avant tout stimuler l’être humain sur le chemin qui conduit à Dieu. C’est donc dans la loi du Karma qu’il faut chercher l’explication des fléaux individuels (maladies, douleurs, souffrances morales, humiliations) et des fléaux collectifs (guerres, épidémies, catastrophes naturelles).

Il est aussi évident, qu’étant donné que l’homme ne peut s’élever en une seule existence, au niveau du Divin, que l’âme doit passer par un certain nombre d’incarnations pour qu’elle puisse enfin, purifiée de la dette karmique, s’unir à Dieu. Karma et réincarnation sont donc des processus étroitement liés et indissociables.

4) La quatrième Béatitude

Il faut mettre en contraste le Texte de Matthieu : « Bienheureux ceux qui sont affamés et assoiffés de Justice car ils seront rassasiés » et celui de Luc : « Bienheureux vous qui êtes maintenant affamés car vous serez rassasiés » complété par la malédiction : « Malheur à vous qui êtes repus maintenant car vous aurez faim ». Il est clair que Jésus condamne ceux qui sont repus parce qu’ils mettent leur confiance dans leurs biens matériels ! Jésus ne promet pas à ses disciples qu’ils seront rassasiés matériellement mais spirituellement. C’est pourquoi Matthieu précise en ajoutant « de Justice). Le mot justice n’a pas ici la signification : rendre à chacun ce qui lui est dû. Il ne signifie pas avantage la justice divine.
Souvent employé dans l’écriture, le substantif veut dire l’état de ceux qui sont en paix avec Dieu. Justice est donc perfection, sainteté.

Le but final de la vie mystique est de rendre à l’âme sa véritable nature spirituelle dans l’union avec Dieu. Toute progression culmine dans ce que la religion orthodoxe appelle la divinisation ou la déification. L’histoire de l’homme créée à l’image et la ressemblance de Dieu peut se schématiser en trois périodes :

- sa naissance dans l’immortalité divine

- sa mort par la faute adamique

- sa renaissance dans la lumière divine à travers la rédemption.

C’est pourquoi, Clément d’Alexandrie écrit : « Le Verbe De Dieu s’est fait homme pour que tu apprennes d’un homme comment l’homme peut devenir Dieu ». Et selon Saint Jean dans son Evangile : « Jésus leur répliqua : n’est-il pas écrit dans votre loi : Vous êtes des Dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui fut adressée la parole divine – et l’écriture ne peut pas être abrogée – à moi que le père a consacré pour m’envoyer dans le monde vous dites : tu blasphèmes parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu » (X-34.35.36).

5) La cinquième Béatitude

Elle est propre au texte de Matthieu : « Bienheureux les miséricordieux car il leur sera fait miséricorde ». La miséricorde n’était pas une vertu inconnue de l’ancien testament. Mais on ne saurait dire qu’elle fut toujours en honneur chez les Juifs.

La doctrine des Pharisiens affirmait que la pauvreté était une punition divine. Pourtant la miséricorde est le fruit direct de l’amour du prochain , or l’amour du prochain et l’amour de Dieu sont inséparables.

6) La sixième Béatitude

Elle est également propre à Matthieu : « Bienheureux ceux dont le cœur est pur car ils verront Dieu ».

Il ne faut pas croire que dans cette Béatitude, il s’agit de la chasteté. D’ailleurs l’usage de donner à la chasteté, le nom pureté est récent. Dans le langage biblique la pureté du cœur est l’absence de toute cupidité mauvaise, de toute malhonnêteté, de tout crime, de toute faute et de toute attache au mal. J.V.Andrae dans les « Noces chimique de Christian Rosencreutz » donne d’ailleurs ce singulier conseil : « Examine toi, toi-même. Si tu n’est pas purifié assidûment, les Noces te feront grand dommage. Malheur à celui qui s’attarde là-bas. Que celui qui est trop léger s’abstienne ».

7) La septième Béatitude

Elle est toujours propre à Saint Matthieu : « Bienheureux les pacifiques (ou les artisans de la Paix) car ils seront appelés Fils de Dieu ». Le terme grec qui est traduit par pacifique ne se rencontre qu’une seule fois dans la Bible. Dans Saint Matthieu, il ne possède pas ce sens restreint mais signifie « ami d la Paix entre les hommes ».

Il ne s’agit donc pas uniquement de l’homme paisible qui reste chez soi en paix, mais du pacifique qui recherche la Paix et la fait régner autour de Dieu par son amour de la Justice et par son esprit de droiture. Compris de la sort, le mot qualifie le véritable disciple du Christ dont les qualités sont la droiture, la loyauté, l’esprit de Justice, l’amour de la fraternité, la recherche de la concorde.

8) La huitième Béatitude

Elle est formulé de deux façons dans Saint Matthieu : « Bienheureux ceux qui endurent des persécutions. Bienheureux serez-vous quand on vous insultera ».

Les sept Béatitudes précédentes ne considéraient que l’aspect céleste, la huitième est relative à la vie des Chrétiens ici-bas. Jésus avertit les Chrétiens qu’ils ne doivent pas s’attendre au bonheur sur la terre Il les prévient que les Béatitudes tirent tout leur valeur de l’approbation divine. Du côté humain, on ne peut espérer que blâmes, contradictions, persécutions.

9) Symbolisme du nombre huit

Les Béatitudes sont au nombre de huit. Universellement, ce nombre est celui de l’équilibre cosmique. C’est en effet le nombre des directions cardinales et collatérales de l’Espace (E-SE-S-SO-O-NO-N-NE), des rayons de la Roue celtique, des Trigrammes du Yi-King, des Sentiers de la sagesse bouddhique, des rais de l’étoile de Compostelle.

Le nombre huit est aussi le symbole du Soleil (les plus anciennes représentations solaires sont figurées par un disque d’où émanent huit rais). Par voie de conséquence, huit est le symbole de l’or. C’est aussi le nombre du Verbe et celui du Christ (le nom de Jésus en Grec a pour valeur numérique 888).

La vertu solaire passant pour guérir tous les maux, le nombre huit est celui de la guérison et de la Rédemption puisque celle-ci régénère la nature humaine. Dans l’Egypte ancienne, le dieu Thot était le Seigneur du nombre huit, de la sagesse incarnée.

Par X - Publié dans : spiritualité
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Samedi 20 octobre 2012 6 20 /10 /Oct /2012 09:15

1. Du Rôle de la Mort


Saint Paul a dit dans la Bible : « Je meurs chaque jour » pour nous enseigner que lorsque nous jetons une pierre dans l’eau et que nous la retirons, elle est aussi bien une pierre dure après comme avant et elle garde sa forme ; mais lorsque nous la jetons dans le feu, alors elle acquiert une nouvelle forme en soi-même. Aussi, il va falloir rechercher de nouveau, ce que nous avons perdu : La Refondation.
Et pour cela, nous n’avons besoin d’aucuns flatteurs ni jongleurs qui nous promettent des monts d’or afin que nous les suivons.Et sachons-le, que quand bien même nous aurons assisté et écouté des sermons, entendus toujours chanter et raisonner sur le ciel, nous n’aurions point été plus avancé. Et cela n’est point assez de courir à l’Eglise, à la mosquée, dans les temples et apprendre tous les livres par cœur ; nous n’en sommes pas meilleurs devant Dieu. Nous n’en sommespas meilleurs en sachant beaucoup parler de Dieu. Le plus important c’est s’appliquer à ce qu’IL a dit : A moins que vous ne vous convertissiez et que vous ne devenez comme des enfants, vous ne verrez point éternellement le Royaume du Ciel. Vous devez être engendrés de nouveau, si vous voulez voir le Royaume de Dieu.
L’art et l’éloquence ne servent à rien. Aussi, il va falloir s’éloigner de toutes les opinions, quelques noms qu’elles portent dans ce monde. Elles ne sont toutes qu’un combat de la raison.
Aussi, il va falloir laisser aller tout ce qui est dans ce monde, quelque brillant que cela puisse être et entrer en soi-même, amassant en un tas nos péchés dans lesquels nous nous sommes empoisonnés et les jeter dans la miséricorde de Dieu et s’envoler ainsi vers Dieu lui demandant qu’il les oublie et qu’il nous illumine de son esprit. L’Homme peut être reconstruit, mais cela doit l’être à partir de l’intérieur et non pas à partir de l’extérieur : la Refondation.
Le savoir théorique est une nécessité car il peut orienter la pensée, mais il n’a qu’une valeur relative tant qu’il n’est pas transformé en connaissance réelle dans le creuset de la vie par le feu de l’expérience : la Refondation.
Et s’il y a une seule réalité qui participe d’une véritable Refondation, elle s’appelle : la Mort. Et comme l’a si bien mentionné la Bible : la Mort est le dernier ennemi à vaincre. Mais comment faire ? En vérité, tout le secret est contenu dans les deux phrases suivantes : « Triomphe du mal par le bien. Aime tes ennemis ». Aussi, il va falloir vaincre la peur de la mort elle-même en allant à l’école de la connaissance véritable et l’interprétation correcte du phénomène de dissolution physique. C’est par la mort que passent les progrès sociaux. Les vieilles idées disparaissent avec la mort des personnes qui les ont soutenues. Aussi l’existence de la mort est un facteur de progrès. Alors qu’est-elle ? Et comment la vivre ?
Pour cela, pensons à ces moments banals, chaque soir, lorsque nous allons nous coucher. Nous perdons conscience pour environ huit heures et nous retrouvons cette conscience et vaquons à nos affaires. La mort reproduit exactement le phénomène du sommeil avec une différence capitale : le lien entre le corps humain et les autres composantes de l’être se rompt définitivement. Aussi, il est clair que pour bien mourir, nous devons savoir bien vivre et pour bien vivre, nous devons nous conformer aux Lois Divines. Et pour nous conformer aux Lois Divines, nous devons les connaître et les appliquer efficacement. Et la connaissance réelle des Lois Divines s’acquiert par un mode de vie basé sur une solide éthique de pensée et de sentiment. Et les fondements de l’éthique requise sont : l’intégrité, l’altruisme, l’amour du prochain, la quête de la vérité, etc…
Aussi l’alchimie de la Refondation repose sur les moyens magiques du « mieux vivre ». Et « mieux vivre » ne voudrait point dire acquérir plus de biens matériels, ni de jouir avidement de tous les plaisirs de la vie. Mieux vivre consiste tout simplement à développer notre conscience car elle et elle seule traverse le temps et l’espace et elle seule possède le pouvoir de nous éviter la souffrance, ici sur terre et au-delà de la mort.

2. Moyens magiques du « Mieux Vivre »
Ici, il va falloir essayer de comprendre et s’exercer froidement à développer le phénomène de la conscience. Plusieurs clés et techniques participent de ce développement. De prime abord, nous devons savoir que la conscience ne se développe qu’en pleine conscience pendant la journée, à l’état de veille. La qualité de la conscience que nous possédons à notre mort ou pendant le sommeil est celle que nous possédons pendant la vie et dans notre corps physique. Laquelle qualité de la conscience qui n’est que la fréquence vibratoire de notre conscience, c’est-à-dire notre capacité à nous gouverner nous-mêmes ou non. D’autre part, l’homme ne peut développer sa conscience que lorsqu’il vit dans un corps physique.
Aussi chacun de nous est invité à se souvenir de nos rêves c’est-à-dire tout ce que nous avons fait pendant que nous avons quitté provisoirement notre corps physique. A contrôler nos pensées et nos émotions. A essayer de comprendre leur cause, leurs racines et surtout en ne nous figeant pas, ni nous culpabiliser. Se culpabiliser, c’est perdre de l’Energie. L’important, c’est de considérer froidement et calmement la situation que nous vivons et réfléchir sur ce que nous devons faire pour remédier. Et surtout n’oubliez point que parler, c’est dilapider l’Energie en nous et avant de dormir, faites des injonctions positives et penser avec force à la solution d’un problème ardemment souhaitée. C’est également utile d’apprendre à décrire dans un cahier personnel, la ou les situations que nous vivons.

3. Rectification du karma négatif
Tout ce que chacun de nous pense, dit, ressent et fait constitue une force réelle mise en mouvement et que nos pensées, nos sentiments, nos propos ou nos actions soient orientées vers le Bien ou le Mal n’empêche pas la force ainsi libérée d’agir et de déclencher des résultats. Que nos pensées bonnes ou mauvaises, nos sentiments bons ou mauvais, nos actes bons ou mauvais soient lancés vers autrui ou nous-mêmes n’empêchent point la force ou les forces libérées d’agir et de déclencher des résultats. Le karma est le rapport, le lien qui s’établit et lie une cause à son effet, un acte à ses conséquences. Aussi, la cause profonde de tout ce qui nous arrive réside en nous, que cela soit un acte commis dans cette vie ou dans une vie passée tel que les négligences, le mauvais esprit, les mensonges, la jalousie, la calomnie, les trahisons, etc…
Aussi, il va falloir d’urgence faire l’effort quotidien de prendre connaissance de ce qui passe en nous. Car il y a en nous, de multiples causes d’actes, de pensées, de paroles, de comportements, etc… nichées en nous et que nous ne percevons pas. Or, la loi voudrait que tant que nous ne savons pas, nous n’avons pas conscience des causes, ces dernières continueront d’apporter dans notre vie, des conséquences pénibles. Et seule la magie de purification et d’extension de la conscience peut nous y aider car avec elle, point n’est besoin de se souvenir, d’avoir la mémoire des actes comme dans un lointain passé.

4. La Magie des Eléments
La grande majorité des hommes, femmes, enfants subissent inconsciemment une existence misérable en pensant ne pouvoir rien changer à cette soi-disant fatalité. Je peux vous rassurer que vous vous trompez largement. Rien sur cette terre n’est acquis définitivement et tout peut basculer dans un sens totalement opposé dès l’instant où nous avons accès à des outils solides à notre disposition et que nous avons une sincère et solide envie de forger notre transformation salutaire : la Refondation.
La spécifité de la « Magie des Eléments », c’est qu’elle ne demande point que nous ayons foi ou que nous ne l’ayons pas. Dès l’instant où elle est actionnée, les résultats sont infaillibles.

Les 4 Eléments
4 éléments permettent de réaliser nos désirs ; il s’agit du Feu, de l’Air, de l’Eau et de la Terre. Rappelons que ces quatre éléments sont réunis dans un Cinquième appelé Akasha. Et c’est en ce dernier, que réside l’équilibre entier de l’univers. Mais avant toute chose, rappelons que la matière, le corps humain est relié à l’esprit par le lien du corps éthérique ou astral et que toute manifestation de quelque nature qu’elle soit n’est que la conséquence logique d’une action produite sur le plan astral. Aussi c’est particulièrement sur ce plan que doit s’effectuer la véritable Refondation. Aussi tous ceux qui veulent agir sur leur corps ou désirant transformer leurs conditions existentielles doivent conduire leur action sur le plan astral dans le but de programmer le changement salutaire qu’ils désirent voir s’accomplir sur la terre, dans le plan matériel et physique. Rappelons aussi que toutes les maladies ont leurs causes profondes plongées dans les racines du corps astral et éthérique indiquant ainsi la loi universelle de correspondance qui voudrait qu’il y a un lien, un rapport constant entre les multiples phénomènes qui se manifestent dans les différents plans de la vie et des êtres vivants. C’est ainsi que les 4 éléments à travers leurs qualités et défauts qu’ils confèrent à chacun suivant nos coordonnées de naissance, tracent le plan de travail que nous avons à faire dans l’histoire de nos âges respectifs.

a) La Magie du Feu
Au Feu est associé la force, le pouvoir dans la vie, le courage, l’activité, l’expansion, le rayonnement mais également le tempérament colérique, les sentiments d’animosité, la jalousie, l’irritabilité, les passions démesurées, etc…
Au feu également est associé les signes zodiacaux suivants : les Béliers, les Lions et les Sagittaires. Rappelons que le Bélier régit la tête et représente la pensée, la sagesse, tandis que le Lion régit le cœur et représente le sentiment, l’amour ; quant au Sagittaire, il régit les cuisses et représente le mouvement et donc l’action, la réalisation des pensées et des sentiments dans la matière. D’autre part, au Feu est associé la couleur Rouge, le nombre 1, le son (OU), le plexus sacré. Dans la magie du feu, la couleur rouge ou bougie rouge est utilisée là où les forces vitales ont besoin d’être stimulées ou renouvelées c’est-à-dire là où les énergies bloquées doivent s’écouler à nouveau harmonieusement. C’est ainsi que le feu de la bougie rouge sert à dissoudre les blocages chroniques. C’est ainsi que la présence sur soi ou dans son milieu d’une surface peinte de rouge est nécessaire. Ces techniques redonnent de la vigueur aux fonctions dégénérées de l’organisme, stimulent le métabolisme et favorisent l’élimination agissant sur les digestions paresseuses et aidant à se désintoxiquer, etc….Des plantes liées au feu, nous avons en exemple l’ail.
L’ail qui sert également dans l’assainissement des lieux et nous donne la puissance au combat, le clou de girofle qui apaise les conflits relationnels et affectifs, le gingembre qui nous donne de la vitalité sexuelle, la protection, la force et la puissance, la moutarde qui éloigne les ennemis et nous protège….etc. Au feu est lié la force, le pouvoir dans la vie, le courage, l’audace, l’activité, l’expansion, le rayonnement mais aussi le tempérament colérique, les sentiments d’animosité, la jalousie, l’irritabilité, les passions démesurées. Aussi, l’excessif nous indique que nous sommes sous l’influence de l’élément feu et qu’il va falloir faire appel à l’un de ses calmants : l’eau.

b) La Magie de l’Eau
A l’élément Eau correspond nos émotions, notre sensibilité ; notre vie affective, notre magnétisme attractif, nos sentiments, notre romantisme. L’Elément « Eau » gouverne notre santé, notre joie, nos succès amoureux, les plaisirs divers. Sa couleur est le bleu et il est le symbole de notre capacité d’adaptabilité. L’Elément Eau nous invite à la retenue, à l’introversion, la vie intérieure. C’est le symbole de notre inconscient. C’est l’élément de la guérison spirituelle et de l’évolution spirituelle. C’est ainsi que le Déluge dans la Bible est appelé à régénérer, refonder le monde. Et qui parle de l’Elément « Eau » parle des liquides tels que le Vin, le vinaigre…etc.
A la différence du vin qui produit l’ivresse qui produit à son tour l’oubli qui adoucit le sort de l’humanité ou met les humains dans un état où ils sont sous l’emprise des forces animales, le vinaigre au contraire symbolise quant à lui, un nouveau départ. Le vin, symbolise la renaissance du monde sur des bases mystiques comme l’illustre dans la Genèse, ce passage parlant de Noé, descendant d’Adam et Caïn, le premier patriarche d’après le déluge qui est appelé à régénérer le monde : Noé, le cultivateur, commença à planter la vigne. Ayant bu du vin, il se dénuda à l’intérieur de sa tente. Cham, père de Canaan vit la nudité de son père et avertit ses deux frères au-dehors. Mais Sem et Japhet prirent le manteau et le mirent tous deux sur leurs épaules et marchant à reculons couvrirent la nudité de leur père…Genèse 9-18.
Autrement dit, le vin nous rapproche tout à la fois de la nature et des Dieux tandis que le vinaigre nous permet de dominer. Remarquez que le vinaigre ne se sert et ne s’utilise qu’avec parcimonie. Si le vin est un nectar délicieux au palais dont la douceur et les arômes produisent l’euphorie qui saisit le buveur, le vinaigre se fait piqûre dans la bouche et ne peut être supporté que largement additionné d’eau. Le vin alimente le feu intérieur des hommes et renforce les pouvoirs de manière subtile tandis que le vinaigre d’une acidité dont la brûlure mine les forces vives des matériaux les plus durs, illustrant leur symbolique magique : le vin symbolise la renaissance du monde sur les bases mystiques tandis que le vinaigre symbolise un nouveau départ grâce à une magie opérative : la Refondation.
D’autre part le vin sur le plan religieux est assimilé au sang comme l’indique ce passage de la Bible où Jacob bénissant ses fils dit ce qui suit : » Il lave son vêtement dans le vin, son habit dans le sang des raisins, ses yeux sont troubles de vin, ses dents sont blanches de lait ».
Et le christianisme a porté à un haut point ce symbolisme avec les Noces de Cana où Jésus transforma l’eau en vin, son premier miracle grâce dit Saint Jean à « Six jarres de pierre destinées aux purifications ». Et ceci préfigure de la Magie de l’Eucharistie.
Dans ce sacrement Eucharistique, le prêtre ou nous-mêmes, en buvant le vin, nous faisons revivre, le sacrifice du Fils qui a versé son sang pour racheter les hommes. Voyez-vous là encore l’équivalence du vin et du sang et qui plus, le sang le plus précieux qui soit, celui de Dieu.
Mes frères et sœurs, la vérité est souvent sous nos yeux et nous ne la voyons pas. Pourquoi juste avant sa mise en croix, le Christ refusa les derniers secours des bonnes dames de Jérusalem sous la forme d’un vin fortement aromatisé ? Comme le mentionne Marc 15-23 : « Et ils lui donnaient du vin parfumé de myrrhe, mais il n’en prit pas. Puis, ils le crucifièrent. » Par contre à l’agonie, lui-même demanda à boire. Et voici ce qu’on lui donna d’après Jean 19-28 : Jésus dit : J’ai soif. Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope, une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé et, inclinant la tête, il remit l’esprit ».
Le vin dans l’alchimie de la Refondation, mes frères et sœurs, doit cesser d’être l’attribut des oracles, des prophètes et des patriarches et revivre comme dans l’Eucharistie, mystérieusement et réellement le Sang du Christ afin qu’ainsi le trait, le pont d’union entre l’Homme et la divinité soit reconstruit pour la paix de chacun de nous, de nos familles respectives, de nos nations. Ainsi soit-il.

c) La Magie de l’Air
Le mot « air » évoque un fluide gazeux, de faible densité laissant passer la lumière, etc…L’air est en relation avec le vent, le ciel, le temps, le vol, etc… et suggère l’idée de transcendance. Le Soleil ou la Lune modifie sur tous les plans, la qualité de l’air. La légèreté de l’air induit sa subtilité. L’air constitue le milieu propre à la diffusion de la lumière, les couleurs, des odeurs, de l’envol et même des vibrations interplanétaires. Le pouvoir de l’Air (l’atmosphère) consiste en la transmission du son et de la lumière. L’Air joue ainsi le rôle de médiateur. Il est symbolisé dans le règne minéral par la plume et produit des incantations qui trahissent la puissance du son proféré dans l’Air. L’Air occupe la place opposée à l’Eau sur la roue des éléments. Dans le sens polaire, sa position regarde l’Est, soit le renouveau ou la résurrection. Le rite en relation intime avec l’Air demeure le souffle purificateur. L’oiseau symbolise l’air en indiquant la capacité de voler et de s’affranchir des conditions ordinaires d’existence. Aussi tout ce qui sort de nous, qui est inférieur, impur, égoïste, méchant ou mensonger nous entraîne à ce qui est sombre, nous conduit à notre perte et revient vers nous, dans l’inspiration, comme catastrophe, pleurs et grincements de dents. Et il va falloir surveiller et maîtriser les trois clés qui ouvrent les trois facultés de penser, de respirer et de manger car elles nous ouvrent les portes de lumière. Tel est ainsi le but final de la respiration : unir l’homme à la vérité, à la lumière, à Dieu. Par la respiration, nous apprenons à agir d’une façon consciente sur nous-mêmes, sur les autres, la nature et l’esprit. Tout le monde respire, donc tout le monde s’influence soi-même et influence les autres et il est nécessaire que nous les fassions consciemment. La plupart du temps, les humains pratiquent la magie noire ou grise sans le savoir puisque toute parole, geste, mouvement, intention pensée, musique, sentiment, désir sont des prolongements de la respiration qui possèdent une puissance d’action sur soi-même, sur les autres et sur l’esprit, pour le bien, la construction ou le mal, la destruction gratuite. Et tout le secret se trouve dans l’inspiration et l’expiration. Dans ce que nous mettons dans l’inspiration, dans la rétention et l’expiration qui jette dans l’univers nos désirs. Et pour cela tout doit se faire dans le calme, le silence et la méditation sur par exemple Les paroles de Saint-Jean dans le prologue de son Evangile : » Et la vie est la lumière des hommes ». « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie ». L’inspiration et l’expiration produisent l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’inspiration et l’expiration, la vie et la mort sont les deux portes qui permettent la communication d’en haut et d’en-bas.

d) La Magie de la Terre
Dans la table d’Emeraude, nous lisons ce qui suit : Le Soleil en est le père et la Lune, la mère. Le vent l’a porté dans son ventre. La Terre est sa nourrice et son réceptacle. Ainsi, la Table d’Emeraude du Sage Hermès nous explique que : Le Soleil (le Feu) est le père, et la Lune (Eau), la mère. Le Vent (L’air) l’a porté dans son ventre. La Terre est sa nourrice et son réceptacle. L’Air(ou état gazeux) est céleste, mais sa force s’exprime par le vent. L’Eau(ou état liquide) purifie et apparait comme source de vie. Le Feu (ou état igné) éclaire, chauffe, brûle et, surtout, il constitue l’un des pouvoirs de l’homme, par rapport aux autres espèces. La terre (ou état solide) enfin représente la fécondité, la naissance et la mort.Aussi, à chacun de nous de ne point oublier que quiconque qui n’est pas en harmonie avec l’élément sur lequel il travaille et qui est incapable de le respecter, court à sa propre perte. Ceci dit, la première offrande à faire à la terre est celle du Sel de la Vie. Viennent ensuite l’aspersion, la libation, le souffle de l’Air et du feu. Le taureau est l’animal consacré par excellence à la terre. Toute construction humaine se doit d’être placée sous une protection tellurique et cosmique. Une offrande déposée dans une fosse, constitue la meilleure image symbolique du rite de fondation. L’acte simple de manger devrait lui aussi se placer dans un rapport d’harmonie. Aussi, offrir à la terre nourricière, les prémices d’un repas remontent à une haute antiquité. Dans notre pays le Bénin, Dieu a confié la gestion de la Terre au Grand Vodoun, « SAKPATA », respectueusement appelé « AINON » qui veut dire « Propriétaire de la Terre ». Il est le détenteur de toutes les richesses de notre planète dont il comble à profusion l’Homme. Il est également appelé DOKOUNNON. Le grand Vodoun SAKPATA malgré sa grande bienveillance et sa grande bonté est terrorisant et terrifiant parce que très intransigeant et d’une extrême sévérité. Chacun de nous est divisé en corps physique, corps psychique et corps mental. Ces trois corps sont unis entre eux par un lien subtil. Le corps physique est maintenu en vie par la nourriture tandis que le corps astral ne vit que par la respiration. Les parties du corps humain liés à l’élément terre sont : du coccyx en passant par les cuisses et les jambes jusqu’à la plante des pieds.
Rappelons que l’élément terre sert de support aux 3 autres éléments. La magie de la terre permet d’améliorer considérablement notre existence dans les domaines physiques, matériels et financiers. Aussi, la pauvreté dans la vie matérielle n’est pas le fait du hasard, ni une sentence aveugle du Destin ou le résultat de basses pratiques ourdies par des voisins jaloux ni le courroux implacable de Dieu mais une conséquence logique, mathématique de quelque loi violée ou déviée du cosmique, du Grand Architecte de l’Univers. Notre misère, nos misères sur le plan matériel ne sont que le reflet d’une ou plusieurs perturbations installées comme des virus, des microbes au niveau des autres corps de l’être le tout lié à l’élément Terre correspondant dans ces corps subtils. Et il est urgent de passer à la purification des énergies élémentales individuelles afin de retrouver l’équilibre intérieur nécessaire à notre épanouissement spirituel comme à notre réussite matérielle. Rappelons avant toute chose que pour guérir d’une maladie, un temps d’incubation et de convalescence sont inévitables. Et ce temps est d’autant plus important que la maladie s’est installée depuis de nombreuses années. En d’autres termes, cela voudrait dire que nous ne pouvons immédiatement jouir des bienfaits de notre Refondation intérieure, spirituelle, mentale, morale, comportementale. La reprogrammation, la Refondation de notre subconscient implique le facteur temps. Aussi, plusieurs mois, voire plusieurs années pour les cas les plus graves devront être consacrées à une restructuration, à une rectification, à une ascèse rigoureuse à l’aide de travaux de résurrection théurgiques.
Et pour communiquer avec la terre, comme exercice, nous pouvons nous asseoir sur une chaise, la colonne vertébrale redressée, les pieds nus contre le sol, dans une semi obscurité. Nous pouvons également nous coucher le dos nus contre le sol et les pieds nus également contre le sol.
Il est important de travailler ce rituel là où nous pouvons bénéficier de la circulation de l’Air en présence d’une bougie blanche ou de couleur brune.
Après un temps, dans cette posture, vibrez-le son (SSSS). Et contrôlez vos relations sexuelles après cette pratique car la terre est liée à la région coccygienne aux glandes sexuelles et apprenez la patience particulièrement les jours où l’addition de la date, du mois et de l’année donnent le nombre 4, le nombre 8. Que le Seigneur nous accompagne.

Mathieu 7-7
Le Seigneur a mis un signe sur le jour et a enlevé le signe sur la nuit (elle est obscure). Mais au cœur de la nuit brille Qamar (la lune, le Signe de Dieu). Ainsi passeras-tu du jour à la nuit et verras-tu briller soudain dans les ténèbres la Face de Ton Seigneur. Noir et Blanc sont comme le Jour et la Nuit, le Bien et le Mal, la Vie et la Mort ; tu passes et passeras de l’un à l’autre dans le temps d’un soupir. Il y a sept Dormants comme il y a sept jours, sept terres, sept mers, sept cieux, sept portes et sept versets dans la Fatiha : Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux.

1. Béni soit Allâh, Seigneur de l’Univers
2. Clément et Miséricordieux
3. Maitre au jour du jugement
4. C’est lui que nous adorons et à qui nous demandons aide et assistance
5. Qu’il nous dirige sur la droite voie
6. Sur la route de ceux qu’Il récompense
7. De ceux qui n’ont pas suscité sa colère et qui ne divaguent pas.
Ainsi soit-il.
VOIS – COMPRENDS – AGIS

IX. Acte 10 .....
Source : http://lautrefraternite.com/2012/02/26/de-lalchimie-de-la-refondation-individuelle/

Par AMOUSSA R.A - Publié dans : Alchimie
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Vendredi 19 octobre 2012 5 19 /10 /Oct /2012 07:33

OUVERTURE DES TRAVAUX

Tous les FF.°. sont habillés dans le parvis intérieur, le Grand Maître des Cérémonies ayant allumé préalablement toutes les bougies. La salle une fois préparée  sur l'invitation du Grand Maître des Cérémonies les frères se rassemblent en silence dans les parvis. Le T S et VM  pénètre seul, puis les frères conduit par le Grand Maître des Cérémonies se présentent au passage, l'un après l'autre et entrent main gauche sur le cœur. Arrivés devant le Président (qui se tient au pied de son Trône) saluent en s’inclinant et prennent leurs places respectives. Le Consistoire n'est éclairé que par la lumière des bougies.

Le TS et VM. Prenez place mes frères Fidèles Gardiens.

Illustre Grand Orateur, le Consistoire est-il au secret ?

Le Grand Orateur : Les Allées sont désertes, nul bruit n'y résonne, les portes sont closes. Nous pouvons nous livrer à notre oeuvre.

Le TS et VM. Illustre Grand Inspecteur, quel âge avez-vous ?

Le Grand Inspecteur : Je ne compte plus.

Le TS et VM : Quel est votre emploi ?

Le Grand Inspecteur : Combattre pour l’établissement de la Vérité

Le TS et VM : Quelle heure est-il ?

Le Grand Inspecteur :  Nous sommes en parfaite sûreté. Il est minuit pour le monde profane mais le soleil luit au cœur du Consistoire.

Le TS et VM : Puisque nous ne craignons pas d'être interrompus, donnez avis que nous allons reprendre nos travaux et que le Consistoire va s'ouvrir.

Nous pouvons nous occuper avec assurance de notre œuvre.

Le TS et VM  : rappe un coup du pommeau de son épée, que répète le Grand Inspecteur.

Le TS et VM : Que toute pensée profane s'éloigne de ce lieu ! Avec une bougie de transfert il prend la flamme au feu éternel puis: Il allume la première bougie et dit : Que la Sagesse, nous éclaire et nous guide!

Seconde bougie: Que la Vérité, écarte de nous toute obscurité !

Troisième bougie: Que la Charité nous donne la paix intérieure !

Quatrième bougie: Que la Force, suivant la Loi, nous accorde ce qui est juste !

Il éteint alors la flamme d'appoint et dit: Que l’éclat de l’Harmonie, nous illumine, car c'est en elle, depuis l'origine jusqu'à la fin des temps, que résident le savoir, la volonté et la perfection de toutes choses ! Suivant la Lois dès cet instant, que l'œuvre se poursuive car c'est avec fidélité et suivant les traditions que nous voulons accomplir notre Devoir ! Que le haut s'unisse au bas! Que le bas s'unisse au haut ! Afin que règnent la Paix, l'Harmonie et la Lumière ! Prenez place mes FF, les travaux du Consistoire ont repris. Grand Chancelier, veuillez nous communiquer le compte rendu de notre dernière assemblée.

Le Grand Secr. TS et VM et vous tous mes frères Fidèles Gardiens. Ceci fait

Le TS et VM. Mes frères Fidèles Gardiens, avez-vous des observations à produire ? Frère Grand Orateur, quelles sont vos conclusions ?

Le Grand Orateur. Favorable à l'adoption.

Le TS et VM. Mes frères Fidèles Gardiens, veuillez donner la caution du Consistoire. (ceci fait) Le compte rendu est adopté.  

RECEPTION

Il faut installer dans les parvis une table et trois sièges.

Le Candidat, est mis en méditation dans une salle durant l’ouverture.

Le moment venu le Grand Maître des Cérémonies conduit le récipiendaire dans les parvis intérieurs du Consistoire et arrive devant la petite table ou se trouve assis le TS et PM, son Parrain et le Grand Orateur. Le récipiendaire reste debout. Après quelques instants de silence puis le TS et VM lui pose les questions suivantes:

Le TS et VM. Mon frère, vous avez parcouru un long chemin pour venir jusqu’à la porte du Consistoire, et vous avez dû sonder les replis de votre conscience.

Que vous ont apporté les initiations que vous avez vécues jusqu'à ce jour ?

Le Candidat : ……………………

Le TS et VM.  Qu'espérez-vous de votre admission qui vous sera peut être accordée

Le Candidat: ……………………

Le TS et VM : Mon frère Grand Orateur, vous qui êtes le fidèle gardien , ce frère vous semble-t-il prêt à prendre part à nos travaux ?

Le Grand Orateur : Ce frère, malgré ses qualités indéniables, sa fidélité à l'Ordre et sa volonté de chercher la Vérité, ne me semble pas encore prêt pour nous rejoindre. Il me semble préférable qu'il continue à méditer pendant un long temps et qu'il poursuive son travail dans son assemblée !

Le TS et VM : Mon frère Grand Orateur, je connais votre rigueur et votre souci de n'admettre aux travaux de ce Consistoire que des frères. ayant atteint un degré de conscience très élevé, mais vous me semblez sévère concernant notre Frère que nous connaissons depuis longtemps, demandons donc l'avis de son parrain.

Le Parrain : TS et VM, je me porte garant de l'intégrité et de la fidélité de notre Frère  et je suis convaincu que son désir de servir notre Consistoire est sans aucune retenue et qu'il est animé du désir de se perfectionner sans cesse, je sollicite donc, humblement votre accord pour qu'il puisse participer à nos travaux.

Le PPM : frappe avec le pommeau de son épée et dit :

Qu'il en soit ainsi !

Le TS et VM, le Parrain et le Grand Orateur retournent dans la salle du Consistoire. Le Grand Maître des Cérémonies accompagne le candidat une fois les trois officiers en place. Ils entrent et s’arrêtent .

Le Grand Inspecteur : TS et VM, un maçon trouble la méditation du Consistoire.

Le Grand Expert. Qui se manifeste ?

Le G.Maît. des Cérémonies : C'est un Très illustre Prince, Chevalier du Royal Secret de son état, nommé secrètement, qui est sincèrement attaché à l'Ordre.

Il voit avec tristesse les souffrances de l'humanité depuis la mort de son maître et humblement, il sollicite la faveur d'être admis au Consistoire.

Le Grand Inspecteur : Répète la réponse au TS et VM. C'est un Très illustre Prince du Royal Secret de son état, nommé secrètement, qui est sincèrement attaché à l'Ordre. il voit avec tristesse les souffrances de l'humanité depuis la mort de son maître et humblement, il sollicite la faveur d'être admis dans le Consistoire.

Le TS et VM. Puisqu'il possède les qualités nécessaires et que son Parrain s'est porté garant, le Grand Orateur permet son avancée en ce Consistoire. Le Grand Maître des Cérémonies le tient et le guide par l’épaule gauche : devant le TS et VM, il s'incline devant le Delta.

Le TS et VM : Inclinez vous devant la source de cette lumière, qui inspire les travaux de notre Ordre depuis le début. Combien sont étonnants les rayons de lumière qui éclairent à l'Orient.

Gloire soit rendue à son nom, maintenant et à jamais ! Respectable Chevalier, pénétré de l'obligation qui, de toutes les autres, est la plus sérieuse et la plus importante à laquelle l'homme puisse se soumettre vous sentez la persuasion des terribles peines que l’Ordre inflige à tous ceux qui la violerait.  Le Candidat, les mains sur la bible, prononce l'obligation suivante:

Obligation :

Moi, engage solennellement ma parole d'honneur et sacrée, je jure et promets sincèrement sur ce glaive, en présence du Grand Architecte De L’Univers que je ne révèlerai jamais les secrets et mystères de la sublime distinction que je suis prêt à recevoir.

En outre, je jure de suivre strictement les statuts, constitutions et règlements de ce grade, d’en garder un secret absolu, et d’en remplir tous les devoirs, diligemment, fidèlement et sans partialité, faveur ni affection.

Que j'inculquerai nos devoirs envers notre prochain, autant qu'il sera en mon pouvoir, par mes paroles et mes actions. Je suis intimement persuadé que la Vertu peut seule nous rendre respectable et heureux.

Si je venais à manquer à ces devoirs, je prends conscience que je devrais en assumer les toutes les conséquences que l’Ordre m'imposera. Après l'obligation le PPM lui met l'épée dans la main droite en disant :

Le PPM : Respectable Chevalier, tendez le bras droit devant vous, nous plaçons dans vos mains une arme, dont nous enseignons de ne jamais faire usage. Mais seulement de vous en servir contre les ennemis de l'Ordre. Elle symbolise également les pouvoirs qui vous sont transmis, voyez la difficultés et le poids que ces devoirs représentent pour celui qui doit commander. Le Candidat doit tenir son épée bras tendu, pointe en l'air un temps suffisant pour qu'il en sente tout le poids    

Vous pouvez baisser votre bras.

Relevez-vous ! Grand Maître des Cérémonies venez prendre à l'autel le Feu de l’Ordre afin que notre nouveau SUBLIME GARDIEN puisse s’en pénétrer. Le Grand Maître des oeuvres  prend le feu sur l'autel, il tient la bougie à hauteur de ses yeux et dit:

Le Candidat : Ainsi que le Feu éternel règne dans le tout. C'est par ce feu que je participe à la chaîne des initiés.

Une harmonie pure et élevée m'unit aux frères de l'Ordre. Puis en disant:

PAR CE FEU, JE REGENERE MON ESPRIT, JE RAVIVE LA FLAMME DE MON ARDEUR, AFIN QU'ELLE DEVIENNE INEXTINGUIBLE.

Le Grand Juge : Lui pose la main droite sur la tête et dit lentement :

Souvenez-vous : « Transmettre l’esprit des symboles est le premier des devoirs, transmettre l’esprit de notre art de vivre et de construire est la science des sciences, l’Art Royal. Consacrez lui tous vos efforts. » Ceci fait, le Grand Maître des Oeuvres lui rend son épée puis rapporte le feu  et regagne sa place.

Le TS et VM lui dit:  Je vous lie pour l’éternité à l'Ordre, et je vous reçois   SUBLIME ET FIDELE GARDIEN.

Qu'elle vous rappelle toujours les obligations solennelles que vous avez contractées envers l'Ordre.

Parvenu à la dernière classe du Cinquième Ordre considérez qu’il ne s’agit pas d’un nouveau grade que nous vous avons communiqué mais proposé une alliance avec un Devoir éternel.

En nous rejoignant vous devenez un esprit immortel partie de l’esprit de ce feu que nous avons manifesté à vos yeux et qui vous habite maintenant. Jurez de ne jamais abandonner cette voie.

Le Candidat : Je le jure.

Le TS et PM. Je vous revêts maintenant de votre sautoir auquel une seconde rosette violette s’ajoute : elle marque notre gouvernement au nom de l’Ordre . Prenez place parmi nous au siège de……. Votre arrivée parmi nous ne crée pas votre place, mais elle ne fait que compléter notre Consistoire vers le nombre parfait de neuf. Le nouvel arrivant prend le siège vacant et en assure les fonctions. Je vous félicite sincèrement que vous ayez eu le désir d'arriver au sommet du secret maçonnique.

En effet, c'est de ce point élevé, que vous pourrez, avec plus de compassion, porter vos efforts sur une humanité qui languit encore dans l'ignorance, courbée sous les préjugés et la superstition.

Depuis que, Souverain Prince Rose Croix, pasteur vigilant, vous avez accepté la haute mission d'éclairer les hommes, d'écarter tout ce qui divise les esprits, de professer tout ce qui peut unir les cœurs.

Vous voici devenu Fidèle Gardien, votre mission s'agrandit; c'est un sacerdoce plus élevé qui vous est confié; il vous place au rang des propagateurs de la vérité. Vous devez être un des rayons de ce flambeau, l'auguste et bienfaisant Ordre des Francs Maçons.

Vous devez aussi guider et éclairer les Loges, gardien de la LOI, de la DOXA, vous leur recommanderez surtout de n'ouvrir nos mystères qu'aux esprits libres et ornés, aux élus du cœur et de la pensée, et de na pas déchirer les voiles du mystère devant ceux qui ne peuvent voir, devant des intelligences qui ne savent point comprendre.

Nous n'avons d'autres mystères que dans la manière de contribuer à rendre les hommes heureux et vertueux.

Nos méditations doivent prendre un essor plus élevé. Nous ne développons que ce que l'antiquité a institué, car mon frère cherchez au fond des choses, fouillez dans les mystères d'Isis, d'Osiris, de Pythagore, mais que votre raison et votre conscience soient toujours vos ultimes juges.

CLOTURE DU CONSISTOIRE

Le TS et PM : Grand Inspecteur, quel âge avez-vous ?

Le Grand Inspecteur : Je ne compte plus.

Le TS et PM : Quel est votre emploi ?

Le Grand Inspecteur : De combattre pour l’établissement de la Vérité

Le TS et PM : Quelle heure est-il ?

Le Grand Inspecteur : Le Soleil du matin illumine le Consistoire.

Le TS et PM  : Puisque le Soleil s'est levé pour illuminer le monde, levons-nous mes frères pour répandre dans l'esprit de ceux qui sont dans les ténèbres, l'effulgence de la lumière maçonnique et pour être un exemple de vertu dans le monde.

Annoncez que je vais fermer le Consistoire et suspendre l’assemblée .Il frappe un coup avec le pommeau de son épée . Le TS et PM  éteint chaque bougie à l'inverse de l'allumage, puis dépose la flamme de la bougie de transfert au feu éternel et dit alors: Que la Lumière reste en nous et nous guide sur la voie droite! Qu'elle nous permette de ne pas nous perdre dans les ténèbres ! Qu'elle nous illumine et nous donne la paix. Suivant la Loi, je suspend les travaux ! Le Grand Maître des Cérémonies conduit les frères dans les parvis intérieurs. Les frères quittent la salle un à un et s'inclinent  lorsqu'ils passent devant le TS et PM et  ils échangent alors le baiser de Paix avec lui.

Par GCG GODF - Publié dans : Rites et rituels
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Vendredi 19 octobre 2012 5 19 /10 /Oct /2012 07:19

Tous les IP entrent dans la salle obscure seulement éclairée par les bougeoirs que portent les 3 premiers officiers.

Une fois chacun en place.

Le TS et VM   Quelle heure est-il ?

Le G Insp : Le point du jour paraît.

Le TS et VM   Nos travaux reprennent force ! Illuminons le Conseil Philosophique de ALETHEIA sous le titre distinctif de la VRAI SAGESSE. Le G Insp       prend un bougeoir et allume quatre bougies les plus basses Que l’Amour de l’humanité préside à nos décisions. Le G Orat      prend un bougeoir et allume quatre autres bougies Que la Vérité anime nos travaux. Le TS et VM prend un bougeoir et allume la dernière bougie Que la Paix et l’unité rassemblent tous ceux qui désirent servir l’Ordre. Mes Frères Unissons nos mains dans le cercle fraternel .Tous les Frères unissent leurs mains sans croiser les bras.

Le TS et VM   Que la Foi nous soutienne

                        Que l’Espérance nous guide

                        Que la Charité rayonne de nos cœurs                     

Prenez place mes Frères.

L’ordre du jour de notre assemblée appelle la réception de notre Très Illustre Frère Nous allons y procéder. Très Illustre Grand Expert allez chercher notre Frère. La salle est seulement éclairée par le Chandelier à neuf branches et par les bougeoirs. Le Très Illustre Frère est introduit sans décor et sans gant et reste près de la porte. Le candidat salut en s’inclinant comme à l’accoutumé.

Le TS et VM   Le Conseil Philosophique est assemblé aujourd’hui pour vous recevoir en son sein. Cette réunion témoigne de votre persévérance, puisque vous parvenez au terme de votre démarche. Ayant parcouru ce chemin pour arriver jusqu’à nous, nous considérons aujourd’hui que votre esprit et votre cœur sont libres de toute attache particulière. Dans son assemblée, le Conseil Philosophique rassemble et coordonne sous son principe forces et moyens pour obtenir un bien plus général. Etes vous disposé à coopérer à ce but par tous les moyens qui sont en votre pouvoir ?

Le TIM : Oui, le suis.

Le TS et VM   Depuis votre entrée dans la Franc-Maçonnerie, on a exigé de vous le serment de garder inviolablement le silence sur ce qui concerne l’Ordre. Avant d’aller plus avant, sachez que vous êtes appelé à l’observer encore plus strictement sur tout ce qui concerne le Conseil Philosophique, notamment ses membres et ses modalités de réunion. Etes vous dans cette disposition ?

Le TIM : Oui, je le suis. Le Maître des Cérémonies  le conduit auprès du TIGM

Le TS et VM   Posez votre main droite sur le crâne et veuillez lire votre première obligation :

Obligation      

J’engage solennellement, devant cette assemblée, ma parole d’honneur, sacrée et sincère. Je jure et promets de suivre strictement les statuts et les délibérations de cette assemblée et de remplir avec impartialité tous les devoirs d’un Illustre Prince.

J’appose volontairement et sans contrainte ma signature sur le dit engagement.

Que la force et la volonté pour l’accomplir dans tous ses points, pour la gloire de l’Ordre, ne m’abandonnent pas.

Le TS et VM   Que le Grand Architecte de l’Univers protège notre entreprise et nous garde en équité et en droiture. Puis les autres membres sortent car nul n’a jamais assisté à la réception d’un Illustre Prince. Cela fait : Le T.I.M. se dispose pour le serment suivant les indications du G.M. la main droite sur la bible et la main gauche couverte par la main gauche du G.M.

Le TS et VM   Apprenez que la plus infime indiscrétion pourrait nous détruire et ensevelir notre entreprise. Persistez-vous dans votre demande qui vous liera à nous pour toujours ?

Le TIM : Oui …Après un long silence…

Le TS et VM   Je vais lire vos promesses, vous direz, je le promet et je le jure.                                    Promettez-vous et jurez-vous sur ce que vous avez de plus cher et de plus sacré de pratiquer les oeuvres de charité et de ne jamais dire à personne qui vous a reçu et en quel lieu ?

Le TIM  : Je le promet et je le jure.

Le TS et VM    Promettez-vous et jurez-vous d’être de bonne foi et en conséquence, de ne jamais recevoir en ce Conseil un Frère qui ne serait pas un ami intime?

Le TIMJe le promet et je le jure.

Le TS et VM   Promettez-vous et jurez-vous que toujours et avec toute la douceur d’esprit dont vous êtes capable, vous aiderez vos frères dans le besoin comme dans l’adversité ?

Le TIMJe le promet et je le jure.

Le TS et VM   Promettez-vous et jurez-vous de toujours régler vos paroles sur la vérité ?

Le TIM : Je le promet et je le jure.

Le TS et VM   Promettez-vous et jurez-vous de voyager à la gloire et pour le progrès de notre idéal et d’obéir en tout point à tout ce qui sera ordonné ou prescrit par le  TS et VM auquel vous jurez obéissance ?

Le TIMJe le promet et je le jure.

Le TS et VM : Promettez-vous et jurez-vous d’être patient dans l’adversité de ne jamais recevoir dans ce degré un homme qui ne serait pas totalement libre ?

Le TIM : Je le promet et je le jure.

Le TS et VM   Enfin, promettez-vous et jurez-vous de participer assidûment à nos travaux, et de garder inviolablement les ultimes secrets que je vais vous confier ?

Le TIM : Je le promet et je le jure.

Le TS et VM : Par les sept serments que vous venez de prêter et en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés et transmis, je vous reçois Illustre Prince des Maçons, Prince du Royal Secret, Sage et Vrai Maçon. Veuillez gravir symboliquement ces degrés mystérieux car aujourd’hui, vous ne pouvez plus reculer. Le GM donne ensuite l’accolade à l’IP

Le TS et VM   Apprenez que ces degrés que vous venez de gravir sont lourds de sens. Celui de l’histoire, celui de l’Ordre Maçonnique, jamais à l’abri des trahisons et des dévoiements depuis qu’un jour, Hiram, Maître des Maîtres, trouva une mort affreuse sur le chantier du Temple.          

Votre discrétion prouvée dans les degrés précédents vous a valu de recevoir l’entière lumière et il ne vous reste plus rien à désirer que l’effet de votre obéissance au Consistoire dirigé par le TS et VM, nos chefs et les grands élus de l’Ordre qui viennent aujourd’hui de vous octroyer cette faveur.           

Vous voici maintenant au rang de ceux qui sont Elus pour le Grand Œuvre. Les délicieux parfums de vos actes et de vos obligations vous transporteront vers le vrai bonheur auquel vous aspirez, ce que je souhaite bien sincèrement. Le GM se déplace, et va frapper un grand sur la porte du Conseil pour appeler les membres du conseil philosophique qui rentrent et prennent place A ce moment on allume la salle.

Le TS et VM   Saisissez à présent des deux mains, les deux poignards qui sont posés sur la table.         Et croisez les sur votre poitrine. L’un figure la protection que nous devons aux innocents, l’autre nous indique la juste punition des parjures. Le GM porte son glaive et le pose au croisement des deux poignard.

Le TS et VM   Devant vos Amis Intimes, que votre cœur soit juste et votre détermination Sans faille. Le GM pose son glaive, puis : Je vous rend votre sautoir auquel s’ajoute maintenant une rosette violette. Désormais les gants vous seront inutiles pour participer à nos travaux. Je vous invite à prendre place au siège qui vous a été préparé. Plus rien ne nous retenant au Conseil, je vais en suspendre les travaux. Il s’approche du chandelier et éteint successivement les 8 bougies

Le TS et VM   Que toute trace de ce qui vient de se passer disparaisse au regard de ceux qui n’appartiennent pas à notre Conseil. Travaillons en lieu sûr à rétablir secrètement le Temple idéal. Que le souvenir de cette cérémonie reste à jamais gravé dans nos mémoires. Il éteint ensuite la 9ème.

Le TS et VM   Allez de par le monde et que la lumière qui s’éteint maintenant, s’allume en chacun de nous. Répandez-la avec discernement et sagesse.

Que le Grand Architecte de l’Univers favorise notre dessein !

Que la Paix soit avec vous. Les IP se retirent en silence.

Par Grand Chapitre Général du Grand Orient de France - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 18 octobre 2012 4 18 /10 /Oct /2012 18:47

Les membres du Conseil Capitulaire s’assemblent et se décorent dans la salle de réunion. Ils se disposent autour de la table. Ils restent debout pendant que le Gardien du seuil allume les neuf étoiles rouges avec la blanche qui reste par principe toujours allumée.

Le Président : Très Illustres Frères reprenons les travaux de l’Assemblée du Cinquième Ordre…. Il salue de part et d’autre les Frères assemblés en s’inclinant, lesquels répondent de la même manière.

Frère Chancelier, veuillez donner le compte rendu de notre dernière assemblée.

Le Frère Chancelier donne lecture du compte rendu des derniers travaux, lesquels sont adoptés en la forme habituelle, après une éventuelle discussion. (éventuellement) Très Illustre Frère Gardien du seuil, veuillez introduire les Frères visiteurs que vous installerez à mes côtés. Debout Très Illustres Frères. Ceci fait, après avoir souhaité la bienvenue aux Frères visiteurs, on passe à l’ordre du jour.

Le Président : l’ordre du jour appelle l’étude de la question présentée par le Très Illustre Frère……….Ou l’intégration du S.P.R.C……… au sein du Cinquième Ordre

Intégration d’un S.P.R.C. au Conseil Capitulaire du Cinquième Ordre

Pour être reçu au Cinquième Ordre, il faut répondre aux conditions définies dans le règlement particulier de cet Ordre. Le jour de la réception, il est demandé au Frère de rédiger un nouveau testament philosophique suivant le document qui lui sera préalablement remis.

Le Président : Lors de notre dernière assemblée vous avez accepté de recevoir au Cinquième ordre le SPRC…….. Si personne ne réclame la parole, il va y être procédé. Le silence régnant, Très Illustre Frère Gardien du seuil introduisez le Bien Aimé Frère………. afin qu’il reçoive de cette assemblée les marques de notre reconnaissance.

Vous me ferez parvenir son testament philosophique. Le Frère est introduit, il porte les décors du quatrième Ordre. Il est placé devant la table où se trouve les deux coupes.

Mon Bien Aimé Frère, le Conseil Chapitral du Cinquième Ordre Provence Fidélité, a accepté de vous admettre en son sein afin de participer à la mission qui va vous être exposée. 

Le Cinquième Ordre confère aux SS.PP.RR.CC. qui en sont porteur, la qualité pour aider leurs Frères et faire régner dans toutes les assemblées la paix et la concorde. pour favoriser personnellement la régularité dans les travaux aux différents degrés des Chapitres. pour être une composante individuelle dynamique et novatrice de réflexion au sein des hauts grades du Rite Français des Modernes.

Le Cinquième Ordre a la particularité d’être un Ordre ouvert aux SS.PP.RR.CC., au seul regard de leur zèle et de leur dévouement. Il ne constitue en aucune manière un passage obligé pour l’ensemble des SS.PP..RR.CC.

Si l’initiation traditionnelle de la Maçonnerie des hauts grades du Rite Français s’arrête au Quatrième Ordre, le Cinquième Ordre n’en constitue pas moins le sommet du Rite.

Non seulement il renferme tous ses enseignements mais il regroupe en son sein l’ensemble des courants de l’Ecossisme. Il en constitue une assemblée d’étude, de pratique et un conservatoire de la tradition maçonnique.

En qualité de membre de ce Conseil des Sages, il situe chacun de ses membres au niveau le plus fort dans l’exercice de la responsabilité, de la pratique des vertus et de la connaissance maçonnique.

Sachez que nos anciens règlements établis en 1784, précisent que le Cinquième Ordre comprend tous les grades physiques et métaphysiques de tous les systèmes et particulièrement ceux adoptés par les associations maçonniques en vigueur. Cette disposition place bien le Cinquième Ordre, dans l’esprit des rédacteurs de l’époque, comme le conservateur des rituels des hauts grades.

Le Cinquième Ordre est subdivisé en trois classes : Le Conseil Capitulaire, le Conseil Philosophique et le Consistoire.

En prêtant votre obligation, vous serez seul avec votre conscience, limité seulement par votre propre liberté.

Cependant, sachez si cela peut adoucir votre solitude que nous partageons le poids de cette charge.

Mon Frère, rompez le signe d’ordre que vous ne reprendrez plus dans cette assemblée. Veuillez ôter vos décors, puis vous découvrir et vous déganter. Etendez la main droite et portez la main gauche sur le cœur.

Très Illustres Maîtres debout.

Mon Bien Aimé Frère, veuillez lire votre obligation :

Le postulant : Moi………………. Régulièrement investi des pouvoirs et des obligations de la charge des SS.PP.RR.CC. je promets sur cette épée et devant cette assemblée de me dévouer à la garde, à la transmission des Ordres du Rite Français et des hauts grades écossais.

Je promets également et jure sans équivoque ni réserve de garder secret tout ce que je verrai, entendrai, ou ferai dans cette assemblée sous peine d’être exclu de cette chaîne d’union. Que le Grand Architecte de l’Univers me soit en aide.

Le Président : Un moment de silence…

Je prends acte de votre promesse. 

Les devoirs qui vous attendent sont doubles, vous devrez rayonner autour de vous en gardant un silence absolu sur votre appartenance, sur nos travaux et tout ce qui touche le cercle intérieur.

Le silence est une discipline morale d’autant plus méritoire qu’elle est difficile à maintenir et qui exige l’abandon de toute ostentation.

Le silence est la vertu par excellence. Le propre du sage est de se taire, tout en gardant : l’esprit, le cœur et les yeux ouverts

Regantez-vous mon Frère.

Avant de procéder à votre intégration, Méditez encore les images symboliques qui vont être évoquées.

Très Illustre Frère Gardien du seuil, veuillez accompagner notre Bien Aimé Frère, après lui avoir remis l’étoile du cherchant. Le F Gardien du seuil le conduit successivement dans les quatre directions cardinales en commençant par le nord-ouest, ensuite le sud ouest, puis le nord-est et enfin le sud-est. Il s’arrêtera devant chaque figuration. Chaque figuration est présentée par un Membre de l’Assemblée. A l’issue de chaque présentation, le candidat allumera l’étoile liée à chacune de ces dernières.                                   

Le premier : L’Aigle (étoile bleue)

Il est celui qui vole au plus haut et le seul qui plonge son regard dans le soleil. Au plus élevé de l’échelle invisible reliant ce qui est en haut et ce qui est en bas, le Maître d’œuvre a le devoir d’éprouver l’ensemble des matériaux de l’entreprise commune et d’exercer sa Vigilance.

Le deuxième : Le Phénix (étoile noire)    

Seuls demeurent ceux qui renaissent sans-cesse. Ceux qui s’arrêtent, et se fixent sont condamnés au vieillissement et à la mort.

C’est le principe de la recherche permanente qui en voyageant symboliquement, nous invite à cette transformation et nous rappelle à la Persévérance.

Le troisième : L’Etoile Flamboyante (étoile verte)

Elle est l’emblème du Génie qui élève aux grandes choses et aujourd’hui avec plus de raisons encore, elle est le symbole de cette lumière d’espérance aux rayons de laquelle nous pouvons connaître la Vérité et exercer la Justice.

Le quatrième : L’arbre fleuri (étoile rouge)

L’initiation est un art et une science conduisant chacun au cœur de son jardin intime où réside l’arbre mystérieux.

Cet arbre est le pilier essentiel du Temple de l’homme que nous bâtissons inlassablement et qui ne sera jamais achevé.

Aussi, le Maître d’œuvre est avant tout animé par l’esprit d’une entreprise commune et fraternelle.

A cet instant, la pierre cubique s’est changée en rose, elle symbolise particulièrement l’Amour de l’Humanité.

Le Président : Persévérance, Vigilance, Justice, Vérité, Amour de l’Humanité, sont depuis le début, les lumières successives de votre démarche. J’éclaire aujourd’hui La Sagesse pour découvrir et comprendre le trait unique qui relie chacun de nous au plan parfait. (étoile blanche)

Elle illumine de façon éclatante, les lois immuables de notre entreprise ainsi que la finalité de l’œuvre. Le Président prend l’épée, se dirige vers le récipiendaire et pose cette dernière sur la tête.

Le Président : A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, par les pouvoirs que me délègue le Consistoire, ultime assemblée de l’Ordre au sein du Rite Français des Modernes, je vous reçois au Cinquième Ordre et membre de ce Conseil Capitulaire, pour exercer pleinement les devoirs que vous venez de contracter. Le F. Gardien du seuil lui tend le verre

Le Président : A présent, buvez de cette eau ; ce fût votre premier geste au sortir de la caverne du Premier Ordre. Ceci fait :

En construisant, rappelez-vous sans cesse de la fragilité des édifices humains.

Partageons cette coupe de vin en mémoire de votre réception au Quatrième Ordre .Ceci fait :

Dans la solitude, souvenez- vous de la force que renferme notre idéal, quand il est partagé. Je brûle symboliquement le testament que vous venez d’écrire et que nous n’avons pas lu. Le temps égare ou efface les écrits des hommes, mais ce qui a été confié au feu perdure indéfiniment.

Il sera à jamais le secret que nul ne pourra partager avec vous. Je vous demande d’en méditer le sens. Ceci fait :

En se consumant, ce testament vous rappelle le premier geste que vous avez accompli au moment d’entrer dans l’Ordre des Francs-Maçons et il vous indique qu’un jour, nous retournerons d’où nous sommes venus, quelle que soit notre situation. Le Président lui remet à présent le sautoir

En vous remettant ce sautoir, je vous libère de tous vos engagements ce qui n’efface pas leurs contenus. Votre conscience et votre sens moral sont vos seuls guides et vos seuls juges.

Allez maintenant recevoir le baiser de paix de chacun des membres du Conseil et que je vous donne à présent.

Prenez place Très Illustres Maîtres. Ceci fait, on procède à la suspension des travaux.

Le Président :  Avez-vous des propositions à faire pour le bien de l’Ordre ?

 Ceci fait : Le Frère Gardien du seuil éteint les 5 bougies de couleur dans l’ordre inverse ou elles ont été allumées.

Puis le Président dit en éteignant les 9 étoiles rouges en commençant par les plus basses et en remontant deux par deux : Très Illustres Frères séparons-nous, avec au cœur le sentiment que rien ne pourra entraver la marche de nos travaux ni la sérénité de nos décisions .Que partout on nous reconnaisse pour la qualité de nos actes et l’humilité de nos paroles. Je déclare suspendus les travaux du Conseil Capitulaire du Cinquième Ordre … (Il éteint la dernière bougie) Le Président salue les Frères qui lui rendent le salut.

Par Grand Chapitre Général du Grand Orient de France - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 18 octobre 2012 4 18 /10 /Oct /2012 18:19

Le Rite français, également appelé parfois Rite moderne, est un rite maçonnique pratiqué sous différentes formes et par plusieurs obédiences françaises.

Histoire

Le Rite français est intimement lié à la naissance de la franc-maçonnerie en général et en France en particulier. Les exilés britanniques apportent le rite des Modernes qui sera traduit, progressivement, en français. Mais si cette forme hybride ne connaît encore le nom de Rite Français, c'est bien pour se distinguer des systèmes dits écossais que celui-ci se forme. Afin d'assurer une franc-maçonnerie à dimension nationale, le Grand Orient de France organise l'uniformisation des rites « modernes » hexagonaux dès 1782. En 1785, le modèle est fixé pour les trois premiers degrés en « loge bleue » qui connaissent une forte influence anglaise en distinction toujours des rites écossais. En 1801, un imprimeur peu scrupuleux diffuse le rite sous le titre : Le Régulateur du Maçon, qui contient d'ailleurs de nombreux rajouts et rectifications par rapport aux cahiers officiels du G.O.D.F, qui eux étaient délivrés contre argent sonnant et trébuchant, et uniquement aux Loges de l'obédience qui en faisaient la demande par écrit. Plusieurs réformes du rite vont être entreprises. En 1858 s'impose le Rite français dit « Murat», qui revient aux fondements des Constitutions d'Anderson sans pour autant transformer durablement le rite, car le texte n'est guère différent de celui du Régulateur. Après la rupture de 1877, le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France décide d'une nouvelle réforme. Celle-ci aura lieu en 1879 où sont évincés du Rite français les formules à connotations religieuses dont, par exemple, la référence au Grand Architecte de l'Univers et les devoirs envers Dieu. La commission dirigée par Louis Amiable en 1866 conclura la forme adogmatique du rite en lui donnant une teinte positiviste. On parlera après cette date du Rite français dit « Amiable ». Ce dernier connaîtra quelques rectifications de moindre importance en 1907 pour rester ensuite tel quel jusqu'en 1938. 1938 voit l'initiative du Grand Maître Arthur Groussier du Grand Orient de France pour une nouvelle réforme du rite. Il s'agit d'une tentative d'un retour aux sources après la somme des rajouts et des suppressions qui rendirent le Rite français quelque peu illisible ,et surtout dénué de son âme. La version définitive du Rite français dit « Groussier » sera achevée en 1955 sous l'autorité de Paul Chevalier. Dans les années 1960-70, plusieurs maçons - dont René Guilly - en quête de la lettre originelle du rite opéreront une nouvelle tentative afin de réanimer le caractère initiatique et symbolique de celui-ci. La volonté de pratiquer ces rituels sans aucun « ajout » ultérieur, sans modification ni influences externes, a fait la spécificité de ce rite. Comme disait Roger Girard: « la spécificité du rite français, c'est justement de ne pas en avoir ». Il est ainsi indiscutable que ce rite est sans doute le plus conforme à celui qui était pratiqué en Angleterre dès le premier quart du xviiiesiècle et, en France, dans la 2e moitié du xviiie siècle. René Guilly sera à l'origine de la création d'un chapitre de Rite Français Traditionnel, chapitre toujours existant aujourd'hui au sein de la Loge nationale française. En 1974, naitra un autre chapitre à Paris, sous l'impulsion d'un membre de la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra. Ce dernier conduira à la création du Souverain Collège du Rite Français Traditionnel, à vocation pluri-obédientielle. Les recherches d'autres maçons les conduisent au Brésil, où le Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil leur accordera une patente, afin d'établir le Grand Chapitre Français (GCF) en 1989. Au sein du GODF c'est avec la refondation du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, en 1999, détenteur des patentes des ordres de sagesse, qui débute le renouveau du Rite français en 3 grades et quatre ordres + 1, tels que codifiés dès 1784. Le Cinquième Ordre a été reconstruit officiellement le 24 Septembre 1999 par Jean-Pierre Duhal, président de la chambre d'Administration du Grand Chapitre Général du GODF, et Gérard Pourpour, Président de la Chambre du Rite.

Pratique du rite au  sein des obédiences

Le Rite Français est pratiqué au sein de nombreuses obédiences maçonniques, dont le Grand Orient de France, où il est majoritaire à 80 % dans les trois premiers grades (Apprenti-Compagnon-Maître). En 1973, le GODF a remis la patente du Rite Français à la Grande Loge féminine de France.L'obédience féminine a donc développé une version du rite français dans plusieurs styles. En 1999, le GODF a remis la patente des Ordres de Sagesse et en 2001 a été créé le Grand Chapitre Général Féminin de France. Précisons en outre que le rite Français (travaillant selon le Régulateur du Maçon de 1801) est également présent à la Grande Loge nationale française depuis 1979. Les Frères Maîtres « réguliers » au Rite Français peuvent intégrer les Ordres de Sagesse du Grand Chapitre français. On le trouve sous ses diverses dénominations et réformes au sein de ces obédiences dont le Rite Moderne Français rétabli ou Traditionnel, Groussier, etc. Hors de France, le Rite français est diffusé en Belgique, au Luxembourg, au Brésil, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Bulgarie, en Italie et Irlande. Il existe de manière plus minoritaire dans d'autres pays, surtout ceux dans lesquels le Grand Orient de France a implanté des loges.

Le système du Rite français est un régime en trois grades et quatre Ordres:

En  loge bleue  : 1 Apprenti 2 Compagnon 3 Maître

Quatre ordres : Premier Ordre : Élu secret Deuxième Ordre : Grand Élu écossais Troisième Ordre : Chevalier d'Orient Quatrième Ordre : Souverain Prince Rose-croix, Parfait Maçon libre, Grand commandeur du Temple (au GODF) et Quatrième Ordre : Chevalier de l'Aigle, Parfait Maçon Libre sous le nom de Rose-Croix (au Grand Chapitre Français)

Il existe un cinquième Ordre, prévu dès l'origine du Rite. Ce cinquième Ordre est mentionné dans la première version du Régulateur de 1801. Il est pratiqué au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France, au Grand Chapitre de France, au Grand Chapitre Français, au Grand Chapitre Général Féminin de France et au Sublime Conseil du Rite Moderne pour la France. Son rituel ultime (sur les 81 rituels qui sont soumis à l'étude des Maçons de cet Ordre) au Grand Chapitre Général du Grand Orient de France est celui de "Sublime Philosophe Inconnu", au Grand Chapitre Français celui de "Chevalier de l'Aigle Blanc" et au Sublime Conseil du Rite Moderne pour la France celui de "Chevalier de la Sagesse".

Spiritualité

Le Rite français, dans sa version pratiquée au Grand Orient de France, est souvent considéré comme le rite maçonnique le plus « laïc ». Le Rite Français est en fait le plus fidèle à celui de la Grande Loge de Londres, rite fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative. Il perpétue notamment quelques fondamentaux, dont la position des colonnes J et B, la disposition des chandeliers autour du tapis de loge, les batteries en 2 coups brefs et un plus long, l'entame du pied droit, etc..., toutes choses que la Grande Loge des "Anciens", changea, par la suite.

Rite français rétabli

Le Rite français rétabli (ou Rite français traditionnel) est une variante de la famille des rites français. Il repose sur l'idée de restaurer un Rite français le plus proche possible des anciens rituels de la Grande loge des Modernes. Il s'inspire en particulier des premiers rituels « français » publiés par le GODF en 1786 et du Régulateur du Maçon de 1801.Il cherche donc à dégager le Rite français des évolutions qu'il a connues au cours des XIXe et XXe siècle, en particulier au sein du Grand Orient de France.Son caractère composite fait qu'il en existe de nombreuses versions suivant les obédiences voire les loges.

Grand Masonic Orient of Ireland

Source : http://www.gmoirl.com/fr/rituals.html

Par Grand Masonic Orient of Ireland - Publié dans : Rites et rituels
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Mercredi 17 octobre 2012 3 17 /10 /Oct /2012 07:53

Réception dans la deuxième Arche  

Le T\S\et V\M\Il est de tradition de se nommer face à notre Assemblée ;  Quel est  votre Grade, et votre Titre ?

Le postulant  : Je suis Chevalier de l’Univers, Prince de la Lumière, et les miens m’honorent de ce titre.

Le T\S\et V\M\Cela est trop peu pour ouvrir l’accès à notre Collège, Mais encore ?

Le postulant : Je suis chercheur de vérité et cette dernière tracera mon chemin et mon engagement. Je ne sais qu’en partie, le contenu de votre mission, mais je m’engage, à œuvrer dans le but de construire la Dignité Humaine.   

Le T\S\et V\M\ Dans son assemblée, le Grand Collège du Rite rassemble et coordonne sous son principe, forces et moyens pour obtenir un bien plus général. Il garde et enrichit l’Arche du Cinquième Ordre. Outre la mémoire du Rite, nous travaillons à la compréhension du sens et de l’unité de cette langue universelle faite de symboles. Le Grand Expert  le conduit auprès du T\S\et V\M\

Le T\S\et V\M\Debout, vous tous et à l’ordre TT\Ill\ FF\ Maîtres du Temple

Mon Frère, posez votre main droite sur cette épée et veuillez lire votre première obligation :

Obligation     

J’engage solennellement, devant cette assemblée, ma parole d’honneur, sacrée et sincère.

Je jure et promets de suivre strictement les statuts et les délibérations de cette assemblée et de remplir avec impartialité tous les devoirs d’un Prince du Souverain Sanctuaire, Maître du Temple.

Je jure et promets d’être le gardien fidèle du contenu de l’Arche du Cinquième Ordre. Cette Arche est le conservateur de tous les manuscrits et rituels pratiqués avant 1782 et en particulier les 81 grades et degrés retenus par le grand Chapitre Métropolitain en 1787. J’appose volontairement et sans contrainte ma signature sur le dit engagement. Que la force et la volonté pour l’accomplir dans tous ses points, ne m’abandonnent pas.

Le T\S\ et V\M\ Reprenez vos Places TT\ Ill\ FF\

Le plus dur reste à faire. Seriez-vous capable de fouler au pied les symboles les plus sacrés s’il s’agissait de sauver une vie ? 

Le postulant : Le respect de l’Humanité ne souffre aucun compromis. J’y suis prêt, car un symbole ne peut avoir de réalité qu’à l’instant où je lui en accorde.

Le T\S\et V\M\Votre réponse est juste, elle vous permet d’avancer plus avant. Après un long silence…

Le T\S\ et V\M\ Je vais lire la suite de votre engagement, vous direz, à la fin je le promets. Saisissez à présent des deux mains, les deux poignards qui sont posés sur la table. Croisez- les sur votre poitrine. L’un figure la protection que nous devons aux innocents, l’autre nous indique la juste punition des parjures. Le Très Sage et Vrai Maçon  porte son épée et la pose au croisement des deux poignards.

Le T\S\et V\M\ Debout et à l’Ordre Très Illustres Frères

Promettez-vous de toujours régler vos paroles sur la vérité et de rendre ainsi la justice ? De voyager à la gloire et pour le progrès de notre idéal et d’obéir en tout point à tout ce qui sera ordonné ou prescrit par notre assemblée que toujours et avec toute la douceur d’esprit dont vous êtes capable, vous aiderez vos frères en humanité dans le besoin ? D’être patient dans l’adversité, de conjuguer réflexion et action pour réaliser les buts d’un humanisme mis au service d’une société plus juste et plus éclairée ?

Le postulant : Je le promets.

Le T\S\ et V\M\ Par les serments que vous venez de prêter et en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés et transmis par le Chrysopeion, je vous reçois et reconnais  Illustre Prince des Maçons, Sage et Vrai Maçon, Prince du Royal Secret, connus sous le titre distinctif de Prince du Souverain Sanctuaire, Maître du Temple.

Sois et demeure !

Prenez séant Très illustres Frères.

Que ce titre soit pour vous le symbole de la détermination à l’action comme du courage  qui vous seront encore nécessaires pour la mener à bien. Il ne vous reste plus rien à désirer que l’effet de votre obéissance aux serments que vous venez de prêter.

Soyez le gardeur vaillant de l’Arche symbolique de tous les grades du Cinquième Ordre du Rite Français et le détenteur du secret d’Hérédom.

Le T\ Ill\ Orateur : L’Hérédom est la cité mythique d’Ecosse. On la dénomme à la fois montagne blanche, forteresse des initiés ou lieu d’éternité. Elle est à l’origine de l’Ecossisme mythique du Chevalier de Ramsay reprise par le légendaire Chapitre de Clermont et pierre fondatrice du Rite Français. Elle est en fait la tradition initiatique sauvegardée par l’imaginaire des hommes, mais elle est peut-être aussi réalité d’une cité terrestre, guidée par les idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité qui ont construit les Droits de l’Homme. Le T\S \et V\M\ lui  donne ensuite l’accolade.        

Le T\S\ et V\M\Vous voici au rang des Elus pour le Grand Œuvre. Nul mieux que vous ne possède aujourd’hui entre ses mains l’expertise de tous nos enseignements.

Le T\S\et V\M\TT \Ill\FF\Maîtres du Temple, debout et à l’ordre ! Par le signe, et l’acclamation en l’honneur des nouveaux Princes du Sanctuaire, Maître du Temple !

Le G \Orat\ Heredom !

Le T\S\et V\M\Garde et Défends !... 

Les TT\ILL\ FF\ Vivat !... Vivat !... Vivat !... 

Le T\S\et V\M\Prenez séant Très Illustres Frères

Réception dans la troisième Arche  

Le G\M\des C\T\S\  et V\ M\ ,  voici un T\Ill\ F\  Maître du  Temple Qui se présente à nous pour travailler la Chrysopée. Le récipiendaire reste debout. Après quelques instants de silence puis le T\S\ et V\M\ lui pose les questions suivantes:

Le T\S\ et V\M\Même initié, nul ne peut pénétrer en ce lieu si l’un d’entre nous ne le guide et si notre fraternité ne l’y autorise. Qui es-tu ?…

Le Candidat  : Il y a de cela longtemps, vous m’avez appelé et l’un de vous m’a alors tendu la main. Je suis ce que j’ai reçu et gardé. Je suis Frère des gardiens de toutes les marques contenues dans l’Arche.

Le T\S\ et V\M\Prouvez ce que vous ont apporté les initiations que vous avez vécues jusqu'à ce jour ?

Le Candidat : Je sais tailler  les images, élever les colonnes, fondre les métaux. Je suis celui qui tombé, fut relevé par ses Frères, afin que je devienne l’Architecte bâtisseur d’une nouvelle société.

Le T\S\ et V\M\ Puisqu’il a forgé, taillé, défendu, qu’il partage nos idées ; puisqu’il a fait de ses signes les outils pour bâtir la société que nous espérons tous, enfin puisqu’il a su comprendre que l’Humanisation est le but ultime de l’Initiation ; alors qu’il soit des Nôtres !... Le Grand Maître des Cérémonies le tient et le guide par l’épaule gauche : devant le T\S\ et V\M\

Le T\S\ et V\M\Pénétré de l'obligation que vous allez prêter  qui, de toutes les autres, est la plus sérieuse à laquelle l'homme puisse se soumettre, vous sentez la persuasion des terribles peines que l’Ordre inflige à tous ceux qui la violerait.  Le Candidat, les deux mains sur l’épée, prononce l'obligation suivante:

Obligation :

Moi,……………..éclairé par cette lumière infinie, engage solennellement ma parole d'honneur et sacrée, je jure et promets sur ce glaive que je ne révèlerai jamais les secrets et mystères de la sublime distinction que je suis prêt à recevoir.

En outre, je jure perinde ad cadaver de suivre les statuts, constitutions de ce grade, d’en garder un secret absolu, et d’en remplir tous les devoirs, diligemment, fidèlement et sans partialité, faveur ni affection. Si je venais à manquer à ces devoirs, je prends conscience que je devrais en assumer toutes les conséquences que l’Ordre m'imposera. Après l'obligation le T\S\ et V\M\  lui met l'épée dans la main droite en disant :

Le T\S\ et V\M\ Très illustre Frère, tendez le bras droit devant vous, nous plaçons dans vos mains une arme, dont nous enseignons d’en faire usage seulement contre les ennemis de l'Ordre et de l’Humanité.

Elle symbolise également les pouvoirs qui vous sont transmis, voyez la difficulté et le poids que ces devoirs représentent pour celui qui doit commander. Rappelez-vous : nos épées ne nous ont jamais trahis. Le Candidat doit tenir son épée bras tendu, pointe en l'air un temps suffisant pour qu'il en sente tout le poids Vous pouvez baisser votre bras..

Le Grand Orateur : Ayant fait le tour par la droite, lui pose la main droite sur la tête et dit lentement : la connaissance du Plan parfait de l’œuvre, l’honneur et la vaillance du Chevalier, ainsi que la maîtrise du ministère sont aujourd’hui réunis en vous. Le T\S\ et V\M\  en lui posant son épée sur la tête  lui dit : je vous lie pour l’éternité à l'Ordre.

Par la vérité qui construit la force universelle, par l’amour de la Philosophie qui en établit la Sagesse, par la Fraternité en l’Intelligence qui en construit la Beauté, je vous reçois et reconnais au Grade, Degré et Titre de la Dernière Arche, en tant que Sublime Philosophe Inconnu.

Prenez séant, Très Illustres Frères Sublimes Philosophes.

Cette Assemblée est la passerelle entre les cheminements différents.

Parvenu en cette Jérusalem de l’esprit considérez qu’il ne s’agit pas d’un nouveau grade que nous vous avons communiqué mais proposé une alliance avec un Devoir éternel.

Le T\S\ et P\M\Recevez  la puissance de commander et de rayonner. Je vous revêts de votre sautoir auquel je joins le bijou du Chrysopeion : il marque notre gouvernement au nom de l’Ordre.

Prenez séant parmi nous. Très Ill\ Grand Orateur, communiquez-lui la légende et le Secret.                                              

Le Grand Orateur : La Terre des Philosophes est délimitée par des pierres, qui portent toutes la même marque et gravées de la même citation : « Il n’y a d’Initiation que la Réalité !... ».

Par ces mots, le Trismégiste, le Trois fois Sage, nous a donné et indiqué le point ultime de l’Initiation. Ce dernier devint l’héritage commun de tous les Initiés et le trésor sacré de l’Humanité.

Ce lieu, qui aujourd’hui est le vôtre, est habité par la plus simple des vérités, celle qui transforme le regard d’un Homme et en fait l’égal des dieux.

Ce Chrysopéion recèle quelques secrets, identiques en tous points au mythe de l’Hérédom situé à l’aplomb de Kilwinning. « La vie, partout est à l’œuvre dans l’Univers, elle est l’argent du Sage !... »

« La Matière et l’Esprit sont une même et unique chose ; ils forment les outils parfaits du Sage, qui seul, a le pouvoir de transformer toute chose en un objet précieux!... »           

« Le symbole est clef de l’intelligence, du langage et de la pensée. Il est l’eau des Sages car il est le code universel du vivant !... »

La légende qui signe l’Arche est symbole de l’esprit libéré, celui qui commande au passage entre les mondes et établit les ponts entre les deux natures de l’univers humain. Cet esprit du signe, clef hermétique, affirme sa victoire sur toutes les ignorances, les superstitions ou les Sectarismes.  Un silence…

Le T\S\ et P\M\ Vous avez accepté la haute mission d'éclairer les hommes, d'écarter tout ce qui divise les esprits, de professer tout ce qui peut unir les cœurs. C'est de ce point élevé, que vous pourrez, avec plus de force, porter vos efforts sur une humanité qui languit courbée sous les préjugés et la superstition. Je vous félicite pour votre ardeur d'arriver au sommet de l’art maçonnique : au couronnement de la maçonnerie. Nos méditations doivent prendre un essor plus élevé, développons que ce que l'antiquité a institué, car mon frère cherchez au fond des choses, fouillez dans les mystères d'Isis, d'Osiris, de Pythagore, de Platon, mais que votre raison et votre conscience soient toujours vos ultimes juges. Vous avez pénétré dans l’arcane de la Maçonnerie. Ici et maintenant et cela à jamais vous appartenez à cette élite d’homme qui ont fondé leur action sur la responsabilité.  

Suspension des travaux du CHRYSOPEION  

Le Grand Orateur  : Très Sage et Vrai Maçon, la parole est close par le silence des Initiés.

Le T\S\ et V\M\ Grand Inspecteur, quel âge avez-vous ?

Grand Inspecteur : Je ne compte plus.

Le T\S\ et V\M\Quel est votre emploi ?

Grand Inspecteur : De travailler à la propagation de la Vérité.

Le T\S\et V\M\Qu’emportez-vous pour y parvenir ?

Grand Inspecteur : Les Clés de la Maçonnerie.

Le T\S\et V\M\On nous retrouverons-nous ?

Grand Inspecteur : A Kilwinning !

Le T\S\et V\M\ Que cache ce lieu ?

Grand Inspecteur : les deux antiques colonnes du Temple d’Enoch encadrant la porte de l’infini. Le T\S\et V\M\ Quelle heure est-il ?

Grand Inspecteur : Le soleil de l’Eternité illumine le Chrysopeion.

Le T\S\ et V\M\Le Chrysopeion va  suspendre son assemblée mais l’œuvre continue.

Debout et à l’ordre ! Très Illustres Frères SS :. PP :. Par  l’acclamation de demande  et celle de réponse...Le signe sera le même pour l’Ordre et le Grade. Il  servira pour la reconnaissance. L’acclamation se fait en deux temps :

Le T\S\ et V\M\Il n’y a d’Initiation que la réalité !...

Les SS\ PP\ II\Vivat ! … Vivat !... Vivat !...

Le T\S\ et V\M\Suivant la Loi, je suspends les travaux !

Le Grand Maître des Cérémonies conduit les frères dans les parvis intérieurs. Les frères quittent la salle un à un et saluent le T\S\ et P\M\

Par GCG GODF - Publié dans : hauts grades
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