Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 11:36


Article 4. – La Ligue du Labarum est essentiellement une association d'enseignement anti-maçonnique et de combat. Son mode d'enseignement est l'initiation donnée à ses membres, dans des réunions auxquelles sont admis, à titre d'invités, des bons catholiques non-ligueurs, en aussi grand nombre que possible; en dehors de ces initiations, dont le fond et la forme n'auront rien de secret, les groupes de la Ligue organiseront, dans les mêmes conditions de publicité, des conférences anti-maçonniques régulières et fréquentes. Les armes de combat, adoptées par la Ligue, sont la prière, la charité chrétienne et le sacrifice.

ART. 5 – La Ligue se compose de Frères, dont l'initiation s'effectue en trois degrés, et de Sœurs, dont l'initiation ne comporte qu'un seul degré, mais qui peuvent, si elles le veulent et si elles sont en droit de le faire, s'associer à la pensée d'immolation à laquelle aboutit, sans obligation pour personne néanmoins, le 3ème degré de l'initiation des Frères du Labarum.

ART. 6 – Nul ne peut être déclaré admissible, s'il ne fournit des références démontrant d'une manière évidente qu'il est bon catholique

ART. 7 – L'âge d'admission pour les Frères est vingt-un ans
accomplis, exception faite en faveur des jeunes gens légalement émancipés, ou qui, âgés de seize ans au moins, justifieraient du consentement formel de leurs parents. Pour les dames et demoiselles, l'admission ne peut avoir lieu si elles n'ont pas atteint leur majorité, exception faite pour les demoiselles qui, âgées de quinze ans au moins, auraient leur père ou leur mère déjà membre de la Ligue et les présentant ; les dames mariées ne peuvent se faire inscrire à un groupe de la Ligue que si leur mari est également ligueur et appartenant au même groupe.

ART. 8 – La Ligue admet aussi, mais sans initiation, les jeunes garçons et les jeunes filles à partir de leur première communion et d'un âge inférieur à ceux stipulés ci-dessus, à la condition qu'ils soient présentés par leurs parents déjà Frères et Sœurs du Labarum.

ART. 9 – Les trois degrés d'initiation pour les Frères forment les grades suivants : Légionnaire de Constantin (1er degré) ; Soldat de Saint Michel
(2ème degré) ; Chevalier du Sacré-Cœur (3ème et dernier degré). Le grade unique des Sœurs a pour titre : Sœur de Jeanne d'Arc. Les adolescents reçus en vertu de l'art. 8 sont qualifiés Compagnons (ou Compagnes) de Saint-Jean.

ART. 10 – Le 1er degré, Légionnaire de Constantin, est un grade de préparation ; il forme un stage dont la durée générale est d'un an, sauf en cas de dispense dont les causes seront indiquées par les Règlements Généraux. L'initiation à ce grade a pour but de faire comprendre au récipiendaire toute l'importance de la défense énergique à opposer à la Franc-Maçonnerie dans l'ordre naturel.

ART. 11 – Le 2ème degré, Soldat de Saint Michel, est un grade d'initiation complète ; le ligueur qui l'a reçu peut s'y tenir, sans chercher à s'élever au 3ème degré. L'initiation à ce grade a pour but de parfaire l'instruction anti-maçonnique du récipiendaire et de lui faire comprendre que, dans la lutte de la Franc-Maçonnerie contre la Sainte Eglise, il y a l'action même du démon ; l'enseignement du 2ème degré porte donc sur les faits et les œuvres maçonniques qui sont dans l'ordre surnaturel.

ART. 12. – Le 3ème degré, Chevalier du Sacré-Coeur, est le grade supérieur ; il constitue l'initiation réservée aux ligueurs du 2e degré, qui, s'inspirant bien de tout l'enseignement précédemment reçu, considèrent qu'à raison du grave caractère de la lutte à laquelle ils prennent part par leur agitation, ils doivent se maintenir constamment dans la pensée que la résignation à la mort est nécessaire à tout bon catholique, anti-maçon militant. Le ligueur promu au 3ème degré se propose Garcia Moreno pour modèle, et l'initiation à ce grade, opposant le noble héros chrétien au Jacques Molay des Chevaliers Kadosch, montre toute la sublimité du dévouement par lequel l'illustre martyr
, assassiné par l'infernale secte, a établi, au prix de son sang, un gouvernement honnête et libéral, basé sur la consécration de l'Etat au Divin Cœur de Jésus.

ART. 13 – Les ligueurs du 3ème degré, qui, spontanément, déclarent que non seulement ils sont résignés à la mort, mais encore qu'ils la désirent en expiation
des crimes de la Franc-Maçonnerie et qu'ils offrent à Dieu le sacrifice de leur vie pour la conversion des francs-maçons, sont qualifiés Parfaits Chevaliers du Sacré-Cœur.
Les Sœurs de Jeanne d'Arc, qui, ayant assisté à une initiation au 3ème degré des Frères veulent aussi s'offrir en victime, si elles sont en droit de le faire, reçoivent, sans insigne spécial, le titre de Chevalières du Sacré-Cœur. Quant à l'initiation ordinaire des Sœurs, elle repose sur la méditation des vertus chrétiennes et guerrières dont la Vierge de Domremy a donné l'exemple, cette méditation étant appliquée aux nécessités des temps présents.

ART. 14 – Le recrutement des Frères et Sœurs du Labarum s'opère, soit par présentation, soit par adhésion directe.
La présentation a lieu par un Chevalier du Sacré-Cœur ou par deux Soldats de Saint Michel, qui apostillent l'énonce des références du candidat à l'admission. Les Légionnaires de Constantin ne sont pas admis à se porter caution d'un adhérent ; s'ils ont à présenter un de leurs amis, ils doivent faire appuyer leur demande par deux Soldats de Saint Michel ou par un Chevalier du Sacré-Cœur. Deux Sœurs de Jeanne d'Arc sont aptes à présenter une adhérente ; mais la demande doit être apostillée par un Frère ligueur pourvu au moins du 2ème degré.
L'adhésion directe doit être adressée au Conseil Central de l'Ordre, lequel fait examiner la validité des références fournies par le candidat ou la candidate.

ART. 15 – Tout candidat ou candidate à l'admission, ayant pris connaissance des Statuts de l'Ordre, demande à contracter son engagement dans la Ligue, en signant une Feuille d'Adhésion dont le modelé définitif a été établi par le Conseil Central. Ces feuilles sont remises ou envoyées à quiconque les demande [Note : On peut demander une Feuille d'Adhésion, en s'adressant aux bureaux de l'organe officiel de la Ligue : l'Anti-Maçon, 37, rue Etienne-Marcel, à Paris. On peut recevoir deux Feuilles sous une enveloppe fermée, si on a eu soin d'envoyer un timbre-poste de 15 c. pour l'affranchissement de la lettre. Le prix du port de vingt-cinq Feuilles d'Adhésion, expédiées comme papiers d'affaires, en paquet recommandé, est quarante centimes. Il est de règle dans la Ligue, que tout envoi personnel de Feuille d'Adhésion ou de lettre de convocation à une séance doit être fait sous enveloppe fermée.].

ART. 16 – Tout ecclésiastique qui adhère à la Ligue du Labarum Anti-Maçonnique, est reçu Chevalier du Sacré-Cœur sans avoir à passer par les deux premiers degrés. Les autres admissions de droit soit au 2ème degré, soit au 3ème degré, seront fixées par les Règlements Généraux ; toutefois, elles seront limitées à la période d'organisation de la Ligue, qui va de la fondation jusqu'au 29 septembre 1806.

ART. 17 – La rédaction du Cahier des Grades et du Cérémonial des Séances est confiée à deux Commissaires spéciaux, premiers Fondateurs de la Ligue. Tous les rituels du Labarum Anti-Maçonnique seront imprimés et publiés, de telle sorte que les personnes n'appartenant pas à la Ligue puissent elles-mêmes en prendre connaissance.

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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 09:20

Pourquoi nous ne pouvons pas être maçons

Aucun adversaire et aucun accueil.

Á travers ces quelques lignes nous désirons expliquer les motifs pour lesquels notre Ordre est en contraste net avec la Franc - Maçonnerie, soit au niveau idéologique qu'à celui conceptuel.
Il faut tout d'abord comprendre ce qu'est la Franc - Maçonnerie et qu'elle est sa nature.
Il faut faire une distinction entre la Franc- Maçonnerie publique (c'est-à-dire celle philosophique, qui est connue par tous) et la Franc – Maçonnerie secrète (c'est-à-dire celle initiatique connue seulement par les adhérents).
Les notions publiques qui ont inspirées le monde moderne de Descartes jusqu'à nos jours, sont le subjectivisme et le relativisme.
La Franc – Maçonnerie diffuse une mentalité relativiste ou tout est opinion et rien n'est certitude exception faite , hypocritement, pour les enseignements de la Loge qui ne doivent pas être révélés, au risque de la propre intégrité physique.
Hiram, mythique architecte du Roi Salomon, est présenté comme l'exemple du bon Franc – Maçon qui préfère la mort à la révélation des grades initiatiques qu'il avait reçu.
La philosophie publique de la Franc – Maçonnerie n'admet pas un Dieu personnel et transcendant qui dépasse l'homme ( l'homme est finit. Dieu par contre le dépasse : Dieu est infini, il est le créateur de l'Univers), mais elle admet un Grand Architecte de l'Univers ( G.A.D.U.) qui n'est pas créateur mais constructeur.
Cet Architecte de l'Univers n'est pas notre Dieu. Le Dieu transcendant auquel nous arrivons soit à travers la Foi , soit à travers la raison : Arisotote ey Platon ont démontrés encore avant Christ, qu'à partir des créatures finies , limitées on arrive à une chose infinie et illimitée.
La Franc – Maçonnerie donc, à part le fait d'avoir un Dieu immobile, dénommé Grand Architecte de l'Univers, refuse la révélation chrétienne car elle est un Dogme, une certitude.
Il n'y a pas une vérité révélée par quelqu'un, mais c'est toujours une œuvre de la raison humaine qui peut toujours être mise en discussion, déterminée par les personnes, les lieux, les circonstances donc tout est relatif.
Jésus à dit : (évangile selon St. Jean) « Je suis la Vérité…. »et voilà le nœud du problème : la Vérité n'est pas une spéculation philosophique liée à la raison, mais elle est Dieu et son amour infini.
Les Frans – Maçons considèrent la Bible comme le « Volume de la loi Sacrée » ( V.S.L.) et elle est considéré comme une partie indispensable de ce qui est appelé « équipement » dans les Loges Maçonnes.
La Bible est utilisée seulement dans les loges chrétiennes, le Coran est en usage seulement dans les loges musulmanes, le Veda seulement dans celles brahmaniques, le pentateuque hébreux seulement dans celle hébraïques.
Chaque néophyte doit jurer sur le livre plus Saint qu'il connait, de façon qu'il puisse s'en tenir au jurement de la Franc – Maçonnerie. La Franc – Maçonnerie en réalité se base sur la Cabale, un livre médiéval de légendes et magie.
Albert Pike, le Franc – Maçon qui a réécrit les grades de la Scottish Rite dans la forme actuelle, soutient que la recherche de la lumière maçonnique porte directement à la Cabale, la source de base des croyances maçonniques.
Les Francs – Maçons n'adaptent pas leurs convictions à la Bible, mais au contraire ils adoptent la Bible à leurs convictions.
La fidélité maçonnique n'est jamais envers Dieu mais envers la Loge .
Pour devenir membre de la Franc – Maçonnerie il faut croire en Dieu, mais personne ne demande au candidat en quel Dieu il croit.
La Franc – Maçonnerie demande simplement à l'initié de croire en quelque déité, son nom n'a aucune importance (Little Masonic Library, Macoy Publishing, 1977,4 :32).
Les Francs – Maçons appellent communément leur déité « Grand Architecte de l'Univers » ( G.A.D.U.) ou l'être suprême .
Dieu est décrit comme le grand auteur, le grand Maître de la Grande Loge de l'Au-delà , Jéhovah, Bouddha, Brahma, Vishnu, Shiva, ou le Grand Géomètre ( le « G » dans l'anneau maçonnique peut- être déféré à Dieu – God – mais aussi à la géométrie - Geometry).
Les Francs – Maçons soutiennent que le vrai nom de Dieu a été perdu ( cf. Gv. 14 :8-9 ; Filip. 2 :9-11 ; 1Gv. 5 :20).
Le nom du Christ est rarement cité dans la littérature maçonnique et cela est dû vraisemblablement au fait que l'on ne veut pas être offensif envers les personnes qui appartiennent à des religions différentes du Christianisme .
Il y a même quelques leaders des Francs – Maçons qui soutiennent que le Messie ne sera pas un individu mais la perfection de la race humaine.
Un de ces leaders pense que les histoires qui concernent les différents Messies ont leurs origines dans les antiques croyances religieuses.
Entre –autre les Francs – Maçons considèrent les discussions à propos de la Déité du Christ interminables et futiles.
Quand ils citent la Bible, ils omettent les passages sur le Christ et il n'est jamais permis, ( dans les Loges « de Bon Ordre » ) d'offrir une prière au nom de Jésus- Christ.
Pour les Francs – Maçons peut importe si une personne adresse ses propres prières à Dieu, à Jéhovah, Allah ou Bouddha, Mahometh ou Jésus, au Dieu d' Israël ou à la Première Grande Chose, mais dans la Loge , l'unique prière consentie est celle envers G.A.D.U.
Vu tout ça, en conséquence la Franc – Maçonnerie ne croit pas que Jésus-Christ soit Dieu et que l'on puisse obtenir le salut à travers lui. (1Gv 4 :3).
La Franc- Maçonnerie est une religion sans Sauveur.
Sa doctrine initiatique se traduit en gnose ; à travers une connaissance des techniques purement humaine l'homme devient Dieu .
Dans le cœur de la Franc- Maçonnerie il y a une doctrine secrète luciférienne qu'un Maçon apprend à connaître seulement après être arrivé aux plus hauts niveaux.
Manly Palmer , une des grandes autorités maçonniques, écrit, « quand le maçon ……..a appris le mystère de son pouvoir, les bouillantes énergies de Lucifer sont dans ses mains…… » ( Manly Palmer Hall, The Lost Keys of Freemasonery, p. 48).
L'Apôtre Jean avait averti que ceux qui nient que Jésus est l'unique Christ ont embrassé l'esprit de l'anti-Christ ( 1Gv 4 :1-3)
Entre-autre la Maçonnerie soutient que Jésus n'était pas le Christ, mais qu'Il avait obtenu un état de « conscience chrétienne » que toute l'humanité peut obtenir : « Jésus de Nazareth a rejoint un tel niveau de conscience et de perfection qu'il peut être défini de diverses façons comme conscience cosmique, génération de l'âme, initiation philosophique, illumination spirituel, splendeur brahmique, conscience du Christ ( Lynn F. Perkins, The Meaning of Masonry, CSA Press, 1971,53).
Beaucoup de personnes qui adhèrent à la Maçonnerie le font par curiosité, d'autres par conviction.
Nous respectons tous ceux qui décident d'adhérer à la Maçonnerie , sutout si elles le font pour une conviction réelle, même si nous sommes absolument incompatibles avec cette dernière, mais nous n'acceptons pas, et nous méprisons ceux qui, faisant un jeu sournois, exclusivement par intérêt personnel, pour arriver dans leur carrière , ou par utilité, adhèrent à la maçonnerie et se définit Chrétien.
Pour eux, nous ne pouvons pas avoir du respect, nous ne pouvons pas avoir un dialogue.
Notre Ordre est définit depuis 2000 ans, Yeoshuite, c'est-à-dire fidèle à la parole de Jésus-Christ.
Notre Ordre se base sur la parole du Christ, la vraie, sans structures supérieures doctrinales successives.
La parole du Christ est pour nous la parole de Dieu, la Loi, le Salut.
Pour ce motif nous disons NON à la Maçonnerie.

Source : http://www.veospss.it/nomassoneria.asp

 

 



 

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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 09:00

Les Chevaliers Blancs histoire d'un Ordre sans âge

Les Chevaliers Blancs histoire d’un Ordre sans âge. L’histoire du Venerabilis Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri - (V.E.O.S.P.S.S.)- voit naître ses racines dans des époques très antiques. Ses origines datent de l’époque des Sag-Giga ( mieux connus comme Sumériens) et des Egyptiens. Il est structuré sur des bases religieuses-ésotériques. L’Ordre , à ses origines, dit des Mages, est le dépositaire de leur savoir ésotérique. Avec les esséniens et les groupes qui leur étaient associés comme les Sages de la Lumière d’Ormus, le savoir ésotérique suméro - égyptien commence à construire une structure homogène à laquelle s’ajoutent , à travers les siècles, des éléments d’origine hellénique et celte, qui trouvent dans la prédication de Yeoshua Bar Yoseph ( connu comme Jésus ) son apothéose.
Yeoshua Bar Yoseph représente un point ferme dans l’histoire du V.E.O.S.P.S.S, tant est qu’il concentre l’antique savoir essénien et celui d’origine hébraïque. L’Ordre en effet, est définit depuis toujours Yeoshuite, c’est à dire fidèle à la parole de Jésus Christ. Fidèle à un Christianisme pur, qui n’a aucune structure supérieure religieuse ou politique, l’Ordre commence son chemin moderne dans un monastère , l’antique Abbaye d’Orval , située dans les Ardennes, dans l’antique ,Auera Vallis ,en 1070. Ces moines appartiennent au groupe des Chrétiens appelés Apôtres ou Apostoliques, dévoués à Jean l’évangéliste, et ils sont protégés par la tante de Godefrey de Bouillon, Matilde, Comtesse de Toscane.
Le monachisme des apostoliques se joint, à travers l’organisation de sa structure , au monachisme de l’an 400 d. C, c’est à dire celui cultivé, de S. Basile le Grande t de La Laura, le monachisme qui rapproche l’isolement de l’anachorétisme avec le cénobitisme. Les apostoliques se rattachent aussi au Christianisme celte des moines de Lérins , la religion officielle des Mérovingiens.
En 1099 Godefroi de Bouillon, apostolique, descendant du lignage mérovingien, par son arrière grand-père Hugues de Long Nez ( arrière petit-fils de Sigebert VI, Duc du Razès), fonde , avec quelques feudataires qui sont devenus condottières pendant la I Croisade, les Chevaliers du Rocher de Sion. À Jérusalem, la même année, Eustache de Bouillon, est nommé premier Grand-Maître de l’Ordre, c’est le frère de Godfrey; Eustache est élu grâce aux votes de Godfrey de Bouillon, Hugues de Payns, André de Montbard, Hugues de Champagne et Pierre l’Ermite.
En 1108, en Palestine, quelques Chevaliers de Sion, commandés par Hugues de Champagne, décident de muter le nom de l’Ordre en Chevaliers du Temple de Jérusalem, laissant comme Grand-Maître Eustache de Bouillon. Dix ans plus tard, en 1118, à Castrum Sepulchri ( connut ensuite comme Seborga ), à la présence du Prince Abbé Edouard et de l’Abbé Bernard de Clairvaux, huit Chevaliers du Temple de Jérusalem, Hugues de Payns, Godefroi de St. Omer, André de Montbard, ( oncle de St. Bernard), Archambaud de St. Aignan, Nivar de Mondidier, Geoffroy Bisol, Gondemar de Savignac e Rossal Timbaud, chandent le nom de l’Ordre en Paupera Militia Christi et Hugues de Payns est nommé Grand-Maître de l’Ordre. Sous l’égide de Bernard de Clairvaux l’Odre devient officiellement le bras chevaleresque des Moines Cisterciens. Plus tard Hugues de Champagne s’unira à eux.
En 1127, sous l’Olivier des âmes à Castrum Sepulchri, a lieu le jurement qui sanctionne l’union entre les Cathares-Cagot ( Constructeurs Architecte du Gothique) et les Chevaliers Cisterciens: Devant le Grand-prêtre cathare Jean de Usson et à l’Abbé Bernard de Clairvaux, Hugues de Payns et ses Chevaliers jurent de garder le “Grand Secret”.
En 1128, pendant le Concile de Troyes, le Pape Honoré II approuve la première règle de l’Ordre, tandis que , toujours pendant le Concile, les Chevaliers adoptent la devise: « Non nobis Domine , non nobis, sed nomini Tuo da gloriam » ( pas à nous Seigneur, pas à nous, mais à ton nom de Gloire ).
En 1135 l’Abbé Bernard de Clairvaux écrit la Règle de l’Ordre, la célèbre “ De Laude Novae Militiae ad Milites Templi”.
En 1136, Robert de Craon devient Grand-Maître de l’Ordre. Durand son mandat, en 1139, le Pape Innocent II promulgue la Bulle Papale « Omne Datum Optimum », qui dispense l’Ordre du paiement des taxes et le rend indépendant de la juridiction ecclésiastique. Les Chevaliers Cisterciens obtiennent le droit de porter une croix rouge sur l’habit blanc.
En 1147, Evrard de Barres prend en main le Grand Magistère. Il est extrêmement pieux et valeureux, très influent auprès du Roi de France Louis, il abdique en 1151 et devient Moine à Clairvaux. À sa place est élu Bernard de Tremeley, toujours en 1151, et en 1153 devient Grand-Maître Evrard de Neauphle. Un an passé et André de Montbard , oncle de St. Bernard, devient Grand-Maître de l’Ordre.
Deux ans après, en 1156 Bertrand de Blanquefort qui est Prince de Castrum Sancti Sepulchri ( Seborga), deviant Grand-Maître. Il est le premier à obtenir du Pape la faculté de se définir « Maître par la grâce de Dieu », mettant ainsi l’Odre dans une position de parité avec l’église; il écrit aussi les fameux « Retraits », qui établissent, de fait, la structure de l’Ordre et le rôle des Chevaliers à l’intérieur de l’Ordre.
En 1169, le Grand Magistère est confié à Philippe de Milly de Nablus, lequel se congédie après seulement deux ans. La charge de Grand-Maître passe à Eudes de St. Amand, en 1171, et il est tué par le Saladin en 1180. Lui succède le catalan Arnau de Torroja comme Grand-Maître, diplomatique habile, qui devient médiateur entre divers groupes politiques dans l’Est et conduit de très bonnes négociations de paix avec Saladin.
En 1184, c’est au tour du flamand Gérard de Ridefort d’accéder au Magistère. Pendant son mandat, en 1188 au château de Gisors, à lieu une scission de la Paupera Militia Christi: Une partie des Chevaliers reconstruit l’Ordre des Chevaliers du Rocher de Sion, qui change son nom en Antiquus Ordo Misticusque Prioratus Sionis – A.O.M.P.S.- tandis que l’autre continue comme Paupera Militia Christi. Cette division est sanctionnée à la présence des Souverains Philippe II de France et Henri II d’Angleterre, et a pour rituel le coupage d’un orme situé dans le parc du château. Gérard de Ridefort continue à être le Grand-Maître de la Paupera Militia Christi, et Jean de Gisors devient le premier Nautonier de l’A.O.M.P.S.
En 1191 Robert de Sablé devient Grand-Maître, grâce à l’aide du Roi d’Angleterre Richard I Lionheart ( Richard Cœur de Lion), il était Chevalier depuis un an.
Pourtant, deux ans après ,à la mort de, de Sablé, en 1193, c’est l’aragonais Gilbert Hérail qui se place au Grand Magistère. Hérail est fameux pour sa volonté de vouloir maintenir la paix entre les chrétiens et les musulmans signée par Richard I d’Angleterre et Saladin.
En 1194, le Pape Célestin III confirme aux Templiers tous les privilèges accordés par la Bulle Omne Datum Optimum.
En 1201 Philippe de Plaissis devient Grand-Maître, mais huit ans après ,en 1209 au Grand Magistère se place Guillaume de Chartes, Prince de Seborga, qui, dix ans plus tard, meurt à Seborga malade de scorbut à la suite des blessures reçues pendant la V° Croisade.
En 1219 Pierre de Montaigu siège au Grand Magistère, français d’origine aragonaise, son mandat dure treize ans. À sa mort, en 1232, Armand de Périgord devient Grand-Maître, et lui succède, en 1245, Richard de Bures, auquel, à son tour, succède, en 1247, Guillaume de Sognac, un homme discret et circonspect, habile et expert des affaires de guerre.
En 1250, la charge du Grand Magistère passé à Renaud de Vichiers, tandis qu’en 1256 devient Grand-Maître le Prince de Seborga Tommaso Bérard. Né à Seborga, fils du premier maire de la ville, Astraudo, il fonde justement à Seborga l’association des “ Francs- Maçons”, dite plus tard “ Compagnonnage” pour défendre les Cathares Occitans et leurs secrets sur l’architecture. Le compagnonnage n’a rien à voir avec la Franc- Maçonnerie ,née à Londres, en 1717,laquelle a utilisée le terme “ Francs -Maçons” en le prenant au compagnonnage. Avec le nom “ Compagnons “ on décrivait l’union de personnes qui pratiquaient divers métiers, entre autres les coupeurs de pierres, les charpentiers, les sculpteurs et en général, tous les maîtres d’art. Le Compagnonnage est donc le mouvement qui réunit les métiers antiques. Son symbole, ( qui sera repris , modifié par la Franc- Maçonnerie) est représenté par une truelle surmontée d’une équerre et un compas entrelacés. Apprendre l’Art d’un Maître pour un élève était traditionnel, ça se faisait « de bouche à oreilles » et la mobilisation pour apprendre était nombreuse.
En 1272, Tommaso Bérard, fait porter à Londres, à la Domus Templi, quelques fragments de la Vraie Croix, avec d’autres reliques de Saints fameux. Toujours durant son mandat au Grand Magistère, l’Ordre réforme le signe de la Croix comme conseillé par St. Thomas d’Aquin et qui est toujours en vigueur par les confrères : « Au Nom du Père, de la conception de Dieu, Jésus, et du Saint Esprit qui ramène l’homme au père ».
En 1273, Guillaume de Beaujeu devient Grand-Maître, c’est un grand stratège militaire, et en 1291, Thibaud Gaudinlui succède.
En 1292 le Grand Magistère est pris en charge par Jacques de Molay. Vendredi 13 Octobre 1307 le Roi de France et évêque de Paris , Philippe IV, dit le Bel, donne l’ordre d’arrêter les Maîtres et les Grand-Maître de la Paupera Militia Christi. Le 22 Novembre de la même année le Pape Clément V émane la Bulle « Pastoralis Praeminentiae », dans laquelle il ordonne à tous les Rois Chrétiens d’arrêter à son nom les membres de l’Ordre des royaumes respectifs, en leur confisquant les biens et en les mettant sous la garde de l’église. Au cours du procès de 1307, Jacques de Molay sous torture reconnait sa culpabilité et est condamné à la prison à vie. Ensuite il retire sa déposition , pour ça, il est condamné au bûché, avec son compagnon de prison, Geoffrey de Charney. Le bûché est fait à Paris , sur l’ile de la Seine dite « des Juifs », près de Notre-Dame, le 18 Mars 1314 : Sur le lieu de son exécution on trouve aujourd’hui une petite plaque à sa mémoire.
La journaliste et chercheur historien, Barbara Frale, a trouvé en 2002, dans les archives secrètes du Vatican, un document, le « parchemin de Chinon », qui prouve que le Pape Clément V a acquitté les Pauperes Milities Christi, leur Grand Magistère, les Maîtres de l’Ordre des accuses hérétiques, en se limitant à suspendre l’Ordre plutôt que le supprimer ,pour pouvoir le réformer. Après la mort de Jacques de Molay, les Chevaliers se réunissent et ils transfèrent le Siège Général de l’Odre en France, à Cabardès sur l’Aude. Diverses confraternités sont fondées ou reformées, et elles agissent comme de vrais Ordres, coordonnées par la Paupera Militia Christi de Cabardès sur l’Aude .  Ces groupes sont appelés « Confraternités des Blancs » ( en Italie, Ecosse, Angleterre, Portugal, Espagne et Suisse ), et ils votent chacun leur Grand –Maître ; Ces derniers à leur tour votent le Grand – Maître Général , choisit entre les Chevaliers des divers groupes. Les premières confraternités qui naissent ou se réforment , en 1315 , sont celles des Chevaliers du « Tau ». Les Chevaliers constituent à Porto Maurizio ( Impéria – Italie ) , en Ligurie , les Chevaliers du Tau Rouge , dans la vallée de Suze , dans le Piémont , les Chevaliers du Tau Blanc et à Altopasciò en Toscane les Chevaliers du Tau Bleu.
En 1315 , est élu Grand – Maître Général Lazzaro Saggina, déjà Grand- Maître des Chevaliers du Tau Bleu d’Altopasciò. Toujours la même année , Robert Bruce ( Roi Robert I° d’Ecosse) père de l’indépendance écossaise contre l’Angleterre , crée , pour accueillir les Templiers qui ont fuit à la persécution du St. Siège , l’Order of Heredom , qui siège à Edimbourg , en plein respect de la règle Cistercienne. L’Order of Heredom , existera jusqu’en 1450 , quand il deviendra un Ordre lié à la Maison Réale Ecossaise et ensuite sera définitivement défait aux alentours de 1750 , pour éviter la confusion avec la Grande Loge écossaise Heredom fo Kilwinning.
En 1317 , beaucoup de Chevaliers se réfugient dans l’Abbaye cistercienne de la Principauté de Sankt Gallen en Suisse.
En 1026 l’Abbé Thietpaldo reçu le titre de Prince du Sacre Empire Romain , formant une Principauté , celle de Sankt Gallen qui durera jusqu’en 1798. La Principauté de Sankt Galeen comme la Principauté de Seborga , est un état Souverain Impérial Cistercien et a toujours jouit du Nullius Diocesis ( l’exonération de la juridiction épiscopale ) .
Le Prince Abbé Heinrich von Ramstein ,Maître du Grand Prieuré de Sankt Gallen, en 1317 fonde la confraternité de Sankt Gallen, , et la met sous les ordres de la Paupera Militia Christi de Cabardès su l’Aude. L’ Odre de la Domus Templi , réforme, toujours en 1317 , la Domus Templi de l’Ordre Cistercien , après l’éruption faite , en 1307 , dans le Temple londonien dû au Roi Edoardo III°. Les Chevaliers de la Domus Templi continueront leur chemin sans problèmes jusqu’en 1536, quand , après la rupture des rapports entre Henry VIII et le St. Siège , Thomas Cromwell décidera l’abolition des monastères mineurs , incluse la Domus Templi . Toujours en 1317 , Jacques II d’Aragon obtient du Pape Jean XXII le droit d’utiliser les biens des Chevaliers présents dans son Royaume pour créer un nouvel Ordre militaire , intitulé à la Vierge avec siège au château de Montesa , à Valence . Le Pape approuve la fondation avec la Bulle du 10 Juin 1317 et donne aux Chevaliers la règle cistercienne : C’est ainsi que nait l’ Orden de Caballéria de Nostra Senora de Montesa : En 1587 l’Ordre s’unira à la couronne d’Espagne et la charge de Grand- Maître deviendra héréditaire .
En 1318 , le Roi Dionigi du Portugal donne disposition pour la création d’un Ordre qui puisse accueillir les Templiers dans son royaume. Il institut la Militia Christi , sous le patronat de St : Benoit de Norcia , et , est élu Grand- Maître don Gil Martinez.
En 1319 , le Pape Jean XXII approuve cet Ordre avec la Bulle Papale : « Ad Ea Ex Quibus ». L’Ordre a son propre siège d’abord à Castro Marim, dans l’Algarve ( Diocèse de Faro ) .
En 1357 , l’Ordre sera déplacé dans le village de Tomar , à coté de Santarém , déjà siège des Templiers au Portugal . Après 1457 , sue demande du Roi Jean I° du Portugal au Pape , le Prince Henry le Navigateur devient Grand- Maître de l’Ordre .Après Henry , le Grand Magistère sera maintenu par les personnes importantes de la famille royale .
En 1834 , quand le gouvernement civile du Portugal deviendra anti catholique , après la défaite du Roi Michel du Portugal pendant la guerre civile , sous la monarchie constitutionnelle l’Ordre perdra ses biens et se transformera en un simple Ordre de valeur.
En 1325, est élu Grand-Maître Général Guillaume III di Savoia, déjà Grand-Prieur de l’Abbaye de Saint- Michel dans l’écluse de Suze. Même si sa charge à Grand-Maître dure à peine plus d’un an, sous son mandat l’Ordre commence lentement à sa reprendre et les liaisons avec les moines de Lérins deviennent à nouveau intenses.
En 1326, est élu Grand-Maître Général, Robert Bruce , déjà Roi d’Ecosse, avec le nom de Robert I°, depuis 1306.
En 1329 , pendant un pèlerinage au Sanctuaire de San Ninian , pas loin de Bannockburn, le Roi , qui voyageait sur une litière, a une grave hémorragie dut au scorbut. Avant de mourir, il veut exaucer un de ses plus grands désirs : aller en Terre Sainte pour combattre les infidèles à la fin de la guerre contre le Anglais, mais la maladie lui interdit de réaliser son rêve et , sur le point de mourir, Bruce demande à ses Chevaliers Cisterciens de porter son cœur là-bas et de l’enterrer à l’intérieur du St. Sépulcre de Jérusalem. Pour ce mandat , James Douglas , le plus fidèle de ses Chevaliers est choisi.
Le 7 Juin 1329, à l’âge de cinquante cinq ans , le Roi d’Ecosse et Grand-Maître de l’Ordre Cistercien meurt. Après avoir été embaumé, son corps est enterré dans l’Abbaye de Dunfermline ( Ecosse) , tandis que son cœur est confié à James Douglas. Au Printemps 1330, Douglas , accompagné par dix Chevaliers, part pour la Terre Sainte et, pendant un arrêt en Espagne , alors en guerre contre les Maures, le Roi Alphonse XI , connaissant sa réputation de Grand Chevalier, lui demande de guider la charge en bataille contre l’armée des Maures. Douglas accepte et, à la tête du contingent des Chevaliers étrangers , avec ses dix hommes, il guide la charge. Les Maures s’échappent suivis par James Douglas et son drapeau , attirant pour autant les Chevaliers dans une embuscade ; après les avoir encerclé, les valeureux Chevaliers sont massacrés. Sous le corps de Douglas, protégé pendant le dernier essai de défense , il y a le coffret qui contient le cœur de son Roi et Grand-Maître. Le cœur de Robert Bruce est amené à l’Abbaye de Melrose, où il se trouve encore aujourd’hui.
En 1330  il devient Grand-Prieur de l’Abbaye de St. Michel dans l’écluse de Suze Rodolfo di Monbello, lequel, la même année, est élu Grand-Maître Général de la Paupera Militia Christi.
En 1359 il se passe une chose très importante pour l’histoire de l’Ordre. Jean de St. Clair , qui appartient à la puissante famille des Sinclair écossais, devient Nautonier de l’A.O.M.P.S.
En 1351, après la mort de Rodolfo di Monbello, Jean de St. Clair est élu Grsnd-Maître Général de l’Ordre Cistercien , réunissant ainsi la vieille fracture qui s’était créée en 1188 entre les deux Ordres.
En 1362, est élu au Siège pontifical l’Abbé de Lérins Guillaume de Grimoard, qui prend le nom de Urbain V, Jean de St. Clair remet son mandat de Grand-Maître Général. La même année devient Grand-Maître Général de la Paupera Militia Christi l’Abbé de Lérins d’origine aragonaise et Prince de Seborga Pons Lance, qui, pour rénover et réformer de manière radicale l’Ordre, et pour réunir les divers groupes des Confraternités des Blancs, change le nom en Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri – V.O.S.S.- et choisi comme symbole , à place de la Croix Pattée Rouge, l’agneau debout avec la tête tournée fièrement vers l’arrière ( comme s’il regardait le passé), qui soutient avec son sabot droit, la hampe de l’étendard chevaleresque cistercien, qui termine en haut avec la Croix à huit pointes Rouge. Pendant son siège au Grand Magistère de nouveaux prieurés naissent et l’Ordre vit une période de grande expansion.
En 1378, le Grand Magistère passe à Pietro del Carretto, Abbé de Lérins des Marquis du Carretto de Millésimo.
En 1381, devient Grand-Maître l’Abbé de Lérins Jacques Salacinis, provençal, recteur du Prieuré de St. Michel à Sospel, en France, qui modifie le symbole de l’Ordre, reprenant la Croix Pattée Rouge à huit pointes . Cette décision n’est pas acceptée par tous les chevaliers et les Prieurés qui sont au levant de Savona continuent à utiliser le symbole de l’agneau.
En 1394, est Grand- Maître Giovanni Lascaris, des Comtes de Vintimille, Prince de Seborga. Un an après, en 1395, Giovanni Lascaris abandonne le Grand Magistère et est nommé Grand-Maître Antonio Coppola di Scala ( pas loin de Salerno- Italie). L’influence du Grand- Maître Antonio Coppola grandit dans la communauté de Scala, à tel point qu’il fait faire une Chapelle à l’intérieur de la Cathédrale dédiée au Saint protecteur de sa famille.
En 1396 Antonio Coppola est assassiné. Dans cette situation d’urgence, Giovanni Lascaris reprend le Grand Magistère, tandis qu’en 1397 est élu au Grand Magistère Guglielmo Lascaris, Seigneur de Peille (France).
En 1403 le Grand Magistère passe a Magoni Imperiali des Comtes de Vintimille, tandis qu’en 1405 est élu Grand. Maître Ludovico Bonito ; Archevêque d’abord à Pisa et ensuite à Taranto, il devient Cardinal sous le mandat du Pape Grégoire XII. En 1413 le Prince Giovanni Lascaris est de retour au Grand Magistère.
En 1414 , à Genova, il se passe quelque chose qui changera la mission « Catholique » de l’Ordre et lui donnera ce caractère Chrétien universel, qui ramènera l’Ordre aux origines Yeoshuite. En effet, pendant l’assemblé générale de l’Ordre, il est décidé que le Venerabilis Equester Ordo Sancti Sepulchri « ne sera plus seulement au service du Pape, mais de tout le Christianisme , vu que l’église est l’assemblé de tous les Chrétiens et la communauté des fidèles ne peut et ne doit être séparée ni divisée par les discordances qui s’insurgent entre les membres qui sont préposés à conduire et à administrer la communauté Chrétienne ». Cette décision évidemment , ne plait ni au Pape avignonnais Benoit XIII ni au Pape romain Gregorio XII.
En 1418 est élu au Grand Magistère Nicola dei Sasso de Ravello ( à coté de Salerno Italie).
En 1424, à accéder au Grand Magistère c’est Giovanni Lascaris des Comtes de Vintimille, Prince de Seborga. Six ans plus tard en 1430, est élu Grand-Maître l’armateur Loisio Coppola di Scala.
En 1434, l’Abbé et architecte Paganino dal Pozzo devient Grand- Maître de l’Ordre ; six ans après , en 1440, cette charge passe à Lucchino Lascaris.
En 1449, est élu Ottavio dei Sasso de Ravello ,tandis qu’en 1453 devient Grand- Maître le Prince de Seborga Michele Lascaris des Comtes de Vintimille.
En 1457, l’Abbé provençal de Lérins , André Plaisance, est élu Grand- Maître, tandis qu’en 1463, c’est l’Abbé gênois, conseillé de la Congrégation de St. Georges, Guido Buscetta qui devient Grand- Maître de l’Ordre.
En 1465 monte au Grand Magistère l’Abbé Isnardi de Grasse, tandis qu’en 1469 est élu l’Abbé Prince de Seborga Nicola des Comtes de Vintimille.
En 1480 l’Ordre fait un mouvement stratégique et, est élu Grand – Maître le président de l’association Pratese dei Lanieri, Adalberto dei Vinaccesi de Prato (Toscana)
Deux ans après, en 1482, le Grand Magistère passe a Nicola del Carretto et en 1493, est élu l’Abbé Prince de Seborga Raniero Lascaris des Comtes de Vintimille.
En 1496, à grande surprise est élu comme Grand- Maître de l’Ordre le fils naturel du génois Giovanni Battista Cybo ( Pape Innocent VIII), le Chevalier et explorateur Christophe Colomb . À son élection, Colomb est au sommet de sa carrière et il apprend la nouvelle de son élection en Espagne, où il était à peine arrivé de son second voyage à Portorico, Cuba et en Jamaïque. . L’élection de Colomb provoque un tremblement au sein de l’Ordre : Quelques uns voient en cette élection un essai d’accabler le pouvoir ecclésiastique, car Christophe Colomb est vu comme un révolutionnaire prêt à tout pour faire triompher le templarisme. Á cause de ça , 21 Prieurs de l’Ordre ( 400 Chevaliers à peu près), appuyés par le Pape Alexandre VI, s’en vont de l’Ordre du Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri et forment l’Ordre Equestris Sancti Sepulchri Hierosolomitani, duquel devient Grand- Maître le Catalan Roderic Borja (italianisé Borgia), c’est à dire le Pape Alexandre VI.
En 1504, pour contraster l’avancé de l’Ordo Equestris Sancti Sepulchri Hierosolomitani et à la suite des contrastes qui se sont créés avec le Pape Giulio II, le Grand Conseil du Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri élimine le terme Venerabilis de son nom, devenant simplement Ordo Sancti Sepulchri.
En 1507, pour contenir le pouvoir de l’Ordre papin, est élu Grand- Maître de l’Ordo Sancti Sepulchri, le Nautonier de l’A.O.M.P.S. le Grand Leonardo da Vinci, c’est ainsi qu’encore une fois l’union entre les deux Ordres se renforce. Leonardo se déplace de Firenze à Milano, et de cette ville il commence à gouverner l’Ordre. Il est aidé par le gouverneur français de Milano, Charles d’Amboise et déplace le siège opératif de l’Ordre chez lui à Milano, à côté de la Place San Babila.
En 1511, Charles d’Amboise meurt, il était son soutient auprès du Roi de France Louis XII. Leonardo , voulant dédier tout son temps à étudier et à son rôle de Nautonier, laisse le Grand Magistère de l’Ordre. Toujours en 1511, monte en charge de l’Ordre l’Abbé Franz Von Gaisberg, Prince de la Principauté Cistercienne de Sankt Gallen (Suisse), qui créera un grand renouveau pour l’art des livres et donne ainsi une forte poussée, en achetant, pour l’Abbaye de Sankt Gallen, beaucoup de livres et manuscrits antiques. Il est nommé Abbé de l’Ordre canonique de St. Ruffo à Peille. Le Siège de l’Ordre est déplacé à Sankt Gallen, et le Siège opératif est transféré à Seborga.
En 1518, devient Grand- Maître Federico Coppola di Ravello, Abbé cistercien et administrateur de la société commerciale Ravellese. Deux ans après, en 1520, le grand Magistère va à l’Abbé et trésorier du Duché d’Amalfi, Coluccio Coppola di Scala, tandis qu’en 1534 c’est le tour de l’Abbé génois membre de la Congrégation de San Giorgio, Francesco Bugi.
En 1542, est élu l’Abbé du Languedoc et futur Prince de Seborga, Ilario de’ Pescheriis Auquel suit, en 1553, l’Abbé de l’Ordre Presbytérien de San Ruffo à Peille : Nicola Isoard .
En 1563, l’Abbé Cassinense et futur Prince de Seborga Gerolamo da Perugia. Avec le Grand- Maître Gerolamo da Perugia, tout le système de la Principauté de Seborga est mit sous contrôle, la direction et l’administration de l ‘Ordo Sancti Sepulchri, enlève ,de fait au peuple tout acte formel .
En 1572, le Pape Gregorio XIII décrète l’unification entre l’Ordre de St. Maurice et l’Ordre de St. Lazzare sous-mettant le nouvel Ordre , l’Ordre de St.Maurice et Lazzare à l’obéissance à la règle cistercienne de l ‘Ordo Sancti Sepulchri.
En 1576, devient Grand- Maître Stéphane Rochon de Monfort sur Argens. Le Grand- Maître entre en conflit avec l’évêque de Vintimille, Francesco Galbiati et refuse toutes ses visites pastorales en lui interdisant d’entrer à Seborga.
Le résultat en 1583, est un interdit contre la Principauté, qui est vite enlevé grâce à l’intervention auprès du Pape de la part du Prince de Seborga Gerolamo da Perugia.
En 1583 monte au Grand Magistère l’Abbé de la Congrégation de Santa Giusta da Padova, Benedetto da Venezia.
En 1589 est élu Antonio da Nizza, en 1590 l’Abbé Angelo de Fréjus, en 1595 l’Abbé Gabriele da Firenze et en 1599, l’Abbé et précepteur en Provence de l’Ordre, Giuliano d’Azula.
En 1611, est élu au Grand Magistère l’Abbé Cesario da San Paolo. Il se proclame , immédiatement après avoir été nommé, Seigneur et Souverain de Seborga « tam in spiritualibus quam in temporalibus cum mero et mixto et libero imperio ». Pour donner de l’emphase au fait que l’Ordo Sancti Sepulchri est le Patron absolu de la Principauté de Seborga , il fait mettre sur chaque toit du château 13 tuiles ayant l’incision de la date du jour et de l’année de son adoubement ( 13 Octobre 1611) et la sigle C.S. (Castrum Sepulchri), tuiles qui sont visibles encore aujourd’hui.
En 1613, le Grand Conseil de l’Ordre déplace le Siège de Sankt Gallen à Carcassone, dans la région du Languedoc ( France). Le Grand- Maître change le nom en Venerabilis Equester Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri- V.E.O.S.P.S.S – dénomination qui existe encore aujourd’hui.
En 1617, monte au Grand Magistère Théodore de Grasse, Abbé et Prince de Seborga. Lui aussi a beaucoup de tension avec l’évêque de Vintimille, Francesco Gandolfo, qui se plaint que depuis plus de 40 ans les évêques ne peuvent pas entrer à Seborga, y étant appliqué le « Nullius Diocesis ».
En 1653 monte au Grand Magistère le Nautonier de L’A.O.M.P.S., Robert Boyle, chercheur chimique et scientifique irlandais.
En 1662, le Grand- Maître adopte, comme écusson de l’Ordre, un écusson croisé ( qui deviendra l’armoirie de Seborga en 1814) surmonté non pas par la couronne, mais par la croix de l’Ordre.
Après lui se succèdent, en 1664 Robert Salicoffre de la famille des Biancheri Salicoffre de Marseille, en 1686 Germain Authier, Abbé cistercien à Lérins et en 1705 l’Abbé Honoré de Balisen de Callian.
En 1714, Giuseppe Antonio Biancheri de Seborga, fils du premier Maire de Seborga, est élu Grand- Maître du Venerabilis Equester Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri ( V.E.O.S.P.S.S) , Prince de Seborga, il reste en charge avec ce titre même quand la Principauté est placée sous le Haut Patronage du Roi de Sardaigne. C’est l’avant dernier Prince, car après lui la Principauté sera exploitée et administrée ( toujours plus à niveau spirituel et toujours moins à niveau temporel) par les Grands-Maîtres de l’Ordre, qui n’utiliseront plus ( jusqu’en 1963) le titre de Prince de Seborga.
En 1746, monte au Grand Magistère l’Abbé Pietro Maria Secondo Senesio di Servetto, docteur et professeur de grande réputation. Pendant son mandat le « Nullius Diocesis » est confirmé par le St . Siège au Roi Carlo Vittorio Amedeo.
En 1764 est élu l’Abbé Carlo Nicolai de Peille, l’année successive (1765) ,il est nommé curé de Seborga avec un décret de Carlo Emanuele, Roi de Sardaigne.
En 1772, devient Grand-Maître Louis Claude de St. Martin, grand philosophe ésotérique français. De ses théories naîtra l’Ordre Martiniste. Erronément définit Maçonnique ( comme d’ailleurs beaucoup de Grands- Maîtres de l’Ordre) lui, au contraire, combat pour le véritable idéal du Yeoshuite et voudrait la restauration d’une religion intérieure basée sur la personne de Jésus- Christ.
En effet pour St. Martin le christianisme ; d’ailleurs le mot « Chrétien » n’est pas prononcé une seule fois dans l’évangile. Pourtant l’esprit de ce mot est exprimé clairement et consiste selon St Jean (1 :12) en « pouvoir de devenir fils de Dieu » accueillant en nous la parole, et selon Marc (16 :20) « en faisant avec lui » le christianisme n’est autre que l’esprit même de Jésus-Christ dans sa grandeur et il porte la Foi jusque dans la région lumineuse de l’éternelle parole divine ; il n’a pas de mystère car par son essence le christianisme è l’évidente lumière universelle. Le Christianisme n’admet aucune secte, car il embrasse l’unité, l’unité étant seule, elle ne peut pas être séparée d’elle même. Enfin, le christianisme unit constamment l’homme à Dieu et appartient à l’éternité, tandis que le catholicisme appartient au temps.
En 1804, monte au Grand Magistère le physicien italien, Alessandro Giuseppe Antonio Volta, inventeur de la pile.
En 1805, pour ses découvertes dans le domaine de l’électricité, Napoléon Bonaparte le nomme Chevalier de a légion d’honneur.
En 1809 il devient sénateur du Règne d’Italie et en 1810 Comtes du Règne italien. Après l restauration de l’empire des Hasbourgs, en 1815, l’empereur autrichien le nomme professeur de philosophie à Pavia et lui confère le titre de Chevalier de l’Ordre Impérial Autrichien de la couronne de Fer.
En 1819 Volta se retire à vie privé dans sa maison de campagne à Camnago, localité située pas loin de Como, pour se dédier complètement à l’Ordre. Ensuite à la mort de Volta, en 1827, la même année est élu Grand- Maître un autre Nautonier de l’A.O.M.P.S. Jean Charles Emmanuel Nodier, écrivain français.
En 1844 est élevé au Grand Magistère, Victor-Marie Hugo , écrivain, poète et dramaturge français, considéré le père du Romantisme en France. Sous son égide, le nom de Grand- Maître change en Grand-Prieur, terminologie encore en vigueur aujourd’hui. Simultanément à l’élection à Grand- Prieur, Hugo est nommé Nautonier de l’A.O.M.P.S. Pendant da période au Grand Magistère, Hugo arrête son activité littéraire pour mieux se dédier aux activités de l’Ordre.
Après avoir été nommé Pair de France par le Roi Louis- Philippe d’Orléans, en 1851, étant devenu entre temps Empereur Napoléon III, Hugo doit partir pour l’exil. Il part d’abords pour Bruxelles, puis il se transfert dans l’île de Jersey et enfin à Guernsey, refusant l’amnistie proclamée par l’Empereur.
En 1857, Hugo , affligé par les disgrâces de famille, abandonne le titre de Grand- Prieur et conserve seulement celui de Nautonier. La même année est élu Grand-Prieur l’Abbé Antonio di Tavole del Prino ( Imperia – Italie) qui donne une forte impulsion à la croissance locale de l’Ordre.
En 1869, devient Grand-Prieur, l’écrivain français Jules Verne, entré dans l’Ordre depuis 1855. Expert de philosophie ésotérique, grand connaisseur des principes Rose-croix, pour certaines affirmations contenues dans ses romans, la critique moderne tend à l’affilier aux loges maçonnes. En réalité Verne fréquente des lieux ésotériques bien plus élevés (A.O.M.P.S.) et, vu son rôle de Grand-Prieur, il n’a aucun intérêt pour les institutions ( comme les Loges Maçonniques ) qui, par leur origine et leur histoire , sont beaucoup plus jeunes que l’Ordre.
En 1892, le compositeur et pianiste français, Claude-Achille Debussy ( qui est devenu Nautonier de l’A.O.M.P.S. en 1885) , à l’âge de 30 ans, est élevé au Grand Prieuré du V .E.O.S.P.S.S. Debussy a une vie très mouvementée, surtout au niveau sentimental et son « instabilité » l’amène à devoir littéralement s’échapper de ses femmes : cette faiblesse lui coûte d’innombrables rappels de la part du Grand Conseil de l’Ordre.
En 1910, Debussy laisse le Grand Magistère et à sa place est élu un des plus importants chercheurs scientifiques de l’ère moderne, le serbe ( naturalisé américain) Nikola Tesla : Unique Grand-Maître orthodoxe de l’Ordre( son père, Milutin, était un Ministre de culte orthodoxe) et un homme de grande culture, Tesla n’a jamais pris son diplôme de fin d’études, même s’il recevra de nombreux Diplômes Honoris Causa. Véritable géni , il a une grande prédisposition pour les langues étrangères : en fait il parle et écrit correctement, serbe, croate, tchèque, anglais, français , italien, hongrois et latin. Il est connu surtout pour son travail révolutionnaire et sa contribution dans le champ de l’électromagnétisme . Durant son mandat il y a une vigoureuse diffusion de l’Ordre aux Etats -Unis et au Canada et il déplace le Siège de l’Ordre de Carcassone à Toronto, au Canada. Ses inventions , dans le champ de l’énergie libre, le font devenir un personnage peu commode, et en 1943, Tesla qui travaillait au téléforce ( le rayon basé sur les éclairs globulaires, sur la physique du plasma et sur le flux des particules), faisant semblant d’avoir une crise cardiaque à l’Hôtel ou il se trouvait, le New Yoker Hotel, disparait de la scène , laissant beaucoup de doutes sue sa mort et se funérailles : en effet, Tesla meurt, officiellement le 5 Janvier mais son corps , aussitôt enlevé de l’Hôtel , est brûlé seulement le 12 Janvier, en toute discrétion et ses cendres données à la famille.
Entre le 5 et le 12 Janvier , personne ne sait ou a été conservé le corps de Tesla. Une note de valeur purement scientifique, toujours la même année, après la disparition de Tesla la Cour Suprême des Etats-Unis attaque son brevet N° 645576 ( enregistré par Tesla en 1897), reconnaissant le scientifique comme l’inventeur de la radio et enlevant à Gulgliemo Marconi cet honneur : en effet, Marconi eregistre le brevet de le radio ( N° 763772) seulement en 1904, c'est-à-dire sept ans l’enregistrement de Tesla.
En 1920 Tesla abandonne le Grand Magistère et devient Grand-Prieur l’évêque de Vintimille Ambrogio Daffra, qui ne réussit pas à bien faire ayant la structure décisionnelle de l’Ordre au Canada.
Pour ces motifs, en 1923, c’est le Cardinal Désiré-Joseph Mercier qui devient Grand-Prieur, pionnier du dialogue œcuménique , qui meurt malheureusement en 1926. Toujours la même année est élu Grand-Prieur, le prix Nobel pour la physique Max Planck, inventeur de la théorie des « Quanti » , un des piliers de la physique contemporaine. Excellent pianiste, il s’intéresse aussi des problèmes philosophiques et reste en charge jusqu’en 1938, année durant laquelle il laisse le Grand Magistère ; cette décision est probablement dû au fait que Planck , étant contre le nazisme , ne veut pas endommager l’Ordre ( son dernier fils sera tué par les nazis pour avoir participé à un complot contre Hitler en 1944). Croyant, fidèle au Christianisme culturel, il croit en Dieu tout puissant et omniscient, mais pas personnel et combat le positivisme considérant l’athéisme une obsession pour les symboles.
En 1938 est élu Grand-Prieur Louis Charles Charbonneau-Lassay, historien, archéologue ( Croyant en les symboles) et expert d’héraldique. Il se dédie à toutes ses activités comme supplément à sa recherche spirituelle. On peut classer tout son travail vers le mouvement catholique dans une optique exclusivement religieuse, hors de la politique. Il est connu surtout pour son œuvre immense intitulée le bestiaire du Christ , sa première édition devient immédiatement une source influente en matière de Christologie emblématique et de symbolisme.
En 1946 à la mort de Charbonneau - Lassay est élu Grand-Prieur Edouard Louis Emmanuel Julien Le Roy. Le nouveau Grand-Prieur entre en conflit avec l’église catholique traditionnelle en revendiquant une religiosité plus voisine à la tradition Yeoshuite, pour ce motif à travers ses ouvrages littéraires il émet une critique profonde envers les structures dogmatiques qui, pour avoir raison, doivent s’appuyer sur d’autres dogmes. Le dogme devient ainsi, une structure religieuse essentiellement de caractère pratique, c'est-à-dire avec une valence morale , qui a pour but de guider les croyants sur la juste voie de la doctrine religieuse, mais sans aucune structure de vérité.
En 1953 est élu Grand-Prieur le Nautonier de l’A.O.M.P.S., de nationalité française, Jean Maurice Eugène Clément Cocteau. Poète, romancier et dramaturge, il est aussi designer , metteur en scène et acteur. Sa versatilité , son originalité et sa grande capacité expressive l’amène à devenir une célébrité international.
En 1960, Cocteau entre en contact avec un floriculteur de Seborga, Giorgio Carbone âgé de 24 ans, qui, à l’époque vit entre l’Allemagne, à Mainz et Seborga ou il gère avec sa mère , une des plus importantes société de floriculture à niveau européen. Cocteau réussit à convaincre Giorgio Carbone à entrer dans le V.E.O.S.P.S.S.. Entre les deux naît une grande amitié et en 1963, à la mort de Cocteau, le jeune Giorgio Carbone, est élu avec surprise, Nautonier de l’A.O.M.P.S. Toujours en 1963, est élu Grand-Prieur de l’Ordre le texan José Silva, parapsychologue auteur de la méthode Silva et du Silva UltraMind ESP System, méthode destiné à aider les personnes à développer le QI, leurs capacités psychiques, et leur capacité de guérir les autres, en utilisant des forces inconnues à la science.
En 1999, à la mort de Silva, est élu Grand-Prieur Giorgio Carbone ( devenu en 1963 Prince de Seborga, bien 217 ans après la mort du dernier Prince).
En l’an 2000, Giorgio Carbone réforme le V.E.O.S.P.S.S., en utilisant come symbole la Croix Patté rouge Octogonal , dite normalement Croix des Templiers, posée sur champ blanc, et ramène le siège de l’Ordre à Seborga. Pendant son mandat naissent en Italie de nouveaux prieurés et l’Ordre prend une dimension européenne.
Le 25 Novembre 2009, Giorgio Carbone malade de SLA meurt et laisse la Principauté de Seborga , qui durant son mandat était liée à l’Ordre dans le caos.
Après une période de quelques mois pleine de problèmes et d’incertitudes, le 6 Février 2010 est élu Grand-Prieur de l ?ordre , le Professeur Diego Beltrutti, médecin chirurgien de Busca (Italie). Toujours la même année l’Ordre en conformité avec les nouvelles normes pour les associations, est enregistré au tribunal avec un acte du Notaire , avec la déclaration de descendant légal de la Paupera Militia Christi et avec la dénomination ajointe de « Antique Ordre des Chevaliers Blancs de Seborga » .
Le 6 Janvier 2011 le Professeur Beltrutti est expulsé du V.E.O.S.P.S.S. et est élu Grand-Prieur le doyen de l’Ordre , Comm. Walter Barbero di Canelli .
Au mois de Février 2011 l’Ordre est accrédité d’abord à la Comission Européenne dans le registre des représentants d’ Intérêts et ensuite à la Bibliothèque Aspotolique du Vatican.

 

Source : http://www.veospss.it/home.asp?lingua=fr

 

Par Thomas Dalet
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:55

Voici une société secrète (ultra)royaliste et catholique, née sous l'Empire et dissoute vers la fin de la Restauration, qu'il me paraît intéressant de connaître ; je vous propose donc quelques extraits de l'article Wikipédia dont vous pourrez lire l'intégralité ici.

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la monarchie française. Puis durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des Ultra-royaliste, avant de se disperser d'eux-mêmes en 1826.

 

Histoire des Chevaliers


1810: La Fondation
Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçut en 1807 à la Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d'excommunication de Pie VII contre Napoléon. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la Franc-Maçonnerie qu'ils pensaient être le principal outil de la Révolution Française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l'Église et du roi, ils ont donc "infiltré" des loges pour en étudier le fonctionnement. Une foi Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l'ordre des Chevaliers de la Foi, institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen-Age et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d'une génération assez jeune ayant vaguement connu l'ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution Française et sa déchristianisation. Finalement c'est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.
1810-1814 : De la clandestinité aux premiers complots
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police Impériale.
Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.
On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’état armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l'Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussis à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la "libération" alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les anglais, les autrichiens, les prussiens et les russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l'existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Nouailles qui vient d'arriver en Angleterre.
Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monachistes (l'ex-Institut Philanthropique, la Garde Royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d'un comité mixte.
Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers: "Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé". Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d'abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l'intérieur, mais le plan de l'opération n'est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s'étant fait arrêter en train d'embarquer pour l'Angleterre.
En fin d'année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil Supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
1814 : L'Avant Restauration
En janvier le maire de Bordeaux, Jean Batiste Lynch prend contact la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux, . Au moi de février près de 200 Chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, c'est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l'opération.
À l'arrivée des troupes alliées pour la Campagne de France, les Chevaliers ont tentés de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s'est produite à l'arrivée des prussiens. En Franche-Comté, pendant que les autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.
Les alliés loin d'être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d'ignorer les royalistes. Les autrichiens et les russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprie par Alexis de Nouailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.
Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi
À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d'investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du coté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d'avoir eu l'assurance que les troupes n'interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l'ordre publique était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié "vive le roi!" Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L'archevêque de l'époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, férorce opposant au Concile de Paris en 1811 participa avec le maire à l'accueil de Louis de France (1775-1844), fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région. En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l'enfant du fils de son frère Henri d'Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l'opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.
La faiblesse des Chevaliers parisiens
Bine que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l'activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l'ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans y parvenir.
1814/1815: La Première Restauration
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l'exact ancien régime, sachant que Talleyrand essayait d'être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le Tzar Alexandre Ier de Russie.
À Toulouse, le 12 avril après que l'occupant Arthur Wellesley de Wellington ait prit connaissance de la situation parisienne, la population put s'associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.
Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n'ont pas pu s'opposer à la Charte de 1814. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.
1er mars/18 juin 1815 : Les Cent-Jours
Louis de France appelé aussi Duc d'Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s'est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l'expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d'Artois. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d'Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le Duc d'Angoulême).
1815-1826 : La Seconde Restauration
La Chambre Introuvable
Durant la nouvelle période qui s'annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l'ombre des Parlementaires, pour s'opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste. Les Chevaliers habitués à l'ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer. C'est dans ces conditions qu'est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avait été fondés surtout dans un but religieux pour d'une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d'autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution Française.
La Terreur Blanche
Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite "Blanche". Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres et les massacres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l'origine de l'Affaire Fualdès.
La bannière parlementaire, par l'intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mit fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite "Introuvable" le 5 septembre 1816.
Le Parti Ultra-royaliste
Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d'ordres aux non-Chevaliers.
Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite "circonspect", pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d'avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l'appui des Chevaliers Villèle était seul contre "la faction des impatients", menée par François Régis de La Bourdonnais qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c'est à dire ils voulaient faire un 1789 à l'envers et en 1819 ils voulaient renverser le Président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.
1821 : Le ministère Villèle
Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C'est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l'Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un Pair de France qui a été maréchal de l'Empire avant de suivre le roi à Gand. Les affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d'une main de fer vu le prestige de son nom et la renommé de son réseau. Villèle l'a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la "Taupe" a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limité son influence sur l'Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du Grand maitre. Dès 1822 le poids des Chevaliers était considérable, et l'idéologie ultra influençait le pouvoir. Les Chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l'outrage à la religion d'État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte Catholique, le remplacement des recteurs d'académies et des grands-maitres d'universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d'expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.
Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.
1826 : La Dissolution
Au début le parti est fort et unifié mais une foi entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François Régis de La Bourdonnais . En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l'organisation en France s'est auto-dissoute, elle n'a plus jamais eu d'apparition ou de refondation publique depuis ce jour.

Source : http://trone.forumpro.fr/t299-les-chevaliers-de-la-foi

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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:53

Le fondateur

L'abbé Michael J. McGivney est né à Waterbury, le 12 août 1852. Il était l'aîné d'une famille de treize enfants dont six sont décédés en bas âge. Ses parents, Patrick et Mary (Lynch) McGivney, sont arrivés aux États-Unis au cours de la grande vague d'immigration irlandaise du 19e siècle.

Michael J. McGivney a fréquenté les écoles de la classe ouvrière de Waterbury. Puis, après la guerre civile, alors que l'industrie métallurgique du Connecticut est en plein essor, il quitte l'école à l'âge de treize ans pour aller travailler. Son emploi dans le service de fabrication de cuillers d'une usine de cuivre, apporte un peu plus d'argent pour subvenir aux besoins de la famille. En 1868, à l'âge de seize ans, il quitte l'usine.

Avec l'objectif d'accéder à la prêtrise, il voyage jusqu'au Québec en compagnie du pasteur de Waterbury. Inscrit au collège de St-Hyacinthe, il travaille fort sur les matières qui vont le préparer au séminaire. Deux années académiques suivent, d'abord au séminaire Notre-Dame des Anges... et, par la suite, pendant une année au Collège Sainte-Marie, à Montréal.

À court d'argent et inquiet du sort de sa famille, il retourne vivre aux États-Unis. Puis, sur l'invitation de l'évêque de Hartford, il entre au séminaire St. Mary à Baltimore, au Maryland. Après quatre années d'études, le 22 décembre 1877, il est ordonné prêtre dans l'historique cathédrale de l'Assomption à Baltimore, par l'archevêque Mgr James Gibbons. Quelques jours plus tard, en présence de sa mère, il célèbre sa première messe en l'église de l'Immaculée-Conception de Waterbury.

L'abbé McGivney commence son ministère le jour de Noël 1877, en tant que vicaire à l'église St. Mary de New Haven. Il se dévoue constamment auprès des jeunes de la paroisse, en tenant des classes de catéchisme et en organisant une société d'abstinence totale contre l'alcoolisme.

En 1881, il commence à explorer avec un groupe de laïcs, la possibilité de fonder une société de bienfaisance, catholique et fraternelle. Àune époque où les clubs paroissiaux et les sociétés fraternelles avaient beaucoup d'attrait, le jeune prêtre pensa qu'il y avait moyen d'oeuvrer à la fois à l'affermissement de la foi et au soulagement des familles pauvres, décimées par la maladie ou la mort de celui qui assurait le gagne-pain.

Il fait part de son concept à Mgr Lawrence McMahon, évêque de Hartford, qui l'approuve. Il se rend jusqu'à Boston au Massachusetts, pour discuter avec des représentants du "Catholic Order of Foresters " (société de secours mutuel); puis il voyage jusqu'à Brooklyn pour consulter la Légion de bienfaisance catholique. Il rencontre aussi d'autres prêtres de son diocèse. Partout où il le peut, il recueille l'information qui aiderait les laïcs catholiques à s'organiser en société de secours mutuel.

Voyant la possibilité de lier le catholicisme à l'américanisme, à travers la foi et la vision audacieuse du découvreur du Nouveau Monde, l'abbé McGivney suggéra d'abord le nom "Fils de Colomb", mais à la suggestion de ses collaborateurs, l'appellation "Chevaliers de Colomb" fut adoptée, et c'est le 29 mars 1882, que la législature du Connecticut octroie une charte aux Chevaliers de Colomb, établissant ainsi formellement qu'il s'agit d'une corporation légale.

Après sept ans de ministère dans la paroisse St. Mary, il est nommé pasteur de la paroisse St. Thomas à Thomaston, Connecticut, une ville industrielle située à seize kilomètres de sa ville natale. Tout en combattant le déficit de la paroisse et se dévouant généreusement pour ses ouailles, il continue en même temps de servir l'Ordre colombien, à titre d'Aumônier Suprême. Il est de plus en plus engagé personnellement dans l'effort de promotion de l'Ordre dans les divers États américains.

De santé plutôt frêle, l'abbé McGivney est soudainement atteint d'une sérieuse pneumonie en janvier 1890. La maladie persiste et il décède le 14 août de la même année, à l'âge de trente-huit ans.

Présidée par l'évêque de Hartford, auquel s'étaient joints soixante-dix prêtres, la messe des funérailles réunit une foule considérable à laquelle participaient plusieurs dirigeants municipaux, et de nombreux Chevaliers venus des cinquante-sept Conseils déjà créés.

En treize années de sacerdoce, le dévouement et la compassion de l'abbé McGivney ont gagné l'amour de ceux qu'il servait. Sa profonde piété, son leadership et sa facilité à administrer, lui ont apporté la loyauté et l'affection de milliers de personnes qui le connaissaient tant comme prêtre, que fondateur de l'ordre des Chevaliers de Colomb.

Les Chevaliers poursuivent leur prière pour que soit reconnue dans l'Église la sainteté de ce fidèle serviteur.

Les racines du mouvement

C'est en février 1882, à New Haven au Connecticut, que l'abbé Michael McGivney et ses compagnons forment le mouvement.

Le mouvement devient un Ordre dès le début. Les hommes regroupés dans cet Ordre portent le nom de "Chevaliers". Christophe Colomb est choisi le patron de l'Ordre.

La nature

Le premier élément de sa nature: c'est un mouvement qui unit des hommes de foi et qui, de par la volonté de son fondateur, n'est pas rattaché à la structure juridique de l'Église. Ce n'est pas un mouvement religieux ou d'action catholique, ni un mouvement social, mais essentiellement un ORDRE DE LAìCS CATHOLIQUES APPELÉS "CHEVALIERS DE COLOMB".

Le deuxième élément de sa nature: c'est une SOCIÉTÉ FRATERNELLE DE SECOURS MUTUEL ÀFORME FÉDÉRATIVE: l'assurance constitue un lien d'appartenance avec le mouvement; c'est un moyen pour atteindre les objectifs fixés et aider la veuve et l'orphelin; comme caractéristiques - elle ne détient pas de capital-actions et ne vise pas le profit - elle fonde ses activités sur la charité et la fraternité - sa portée est éminemment sociale.

Les objectifs

L'article 2 de la Charte, Règlements et Constitution de l'Ordre définit les objectifs du fondateur comme suit : procurer une aide financière à ses membres, à leurs familles et ayants droit; procurer secours et assistance à ses membres malades, invalides et nécessiteux, de même qu'à leurs familles; encourager, parmi ses membres et leurs familles, des relations sociales et intellectuelles; promouvoir et diriger des oeuvres éducatives, charitables, religieuses et sociales; procurer des secours en cas de guerre et de désastres civils.

Les caractéristiques

Mouvement de laïcs catholiques

Dès sa fondation, c'est un mouvement fondé pour les laïcs, appartenant à des laïcs, administré et dirigé par des laïcs.

Mouvement paroissial

Son caractère catholique, familial et protecteur de la foi facilite son acceptation au Québec. Avec les années, les Conseils vont se multiplier pour se retrouver au-delà de cinq cent quarante (540) aujourd'hui. C'est donc dire que les Chevaliers de Colomb couvrent une grande partie du territoire des diocèses du Québec.

Mouvement exclusivement masculin

L'Ordre des Chevaliers de Colomb, société fraternelle de secours mutuel, regroupe des HOMMES de foi. Il est, dès sa fondation, un mouvement EXCLUSIVEMENT MASCULIN.

Mouvement semi-secret

Seules les cérémonies d'accueil conservent un rituel strictement réservé aux membres, ce qui en fait un mouvement considéré comme "semi-secret".

Les principes

Dès 1882, l'abbé McGivney adopte comme principes de son Ordre fraternel de catholiques, CHARITÉ et UNITÉ. Quelques années plus tard, deux autres principes s'ajoutent: la FRATERNITÉ (1885 ) et le PATRIOTISME (1899).

Même s'ils ne sont pas inscrits dans la "Charte, Règlements et Constitution", ces quatre principes, constituant les quatre pôles des cérémonies d'accueil, sont considérés comme les piliers de la vie colombienne. Ils doivent orienter les actions des Chevaliers, et leurs attitudes dans le quotidien.

Les conditions d'appartenance

Les conditions d'appartenance à l'Ordre colombien ont été clairement établies dès l'origine dans la Charte officielle de 1882 (Article 101). Elles s'énoncent comme suit :

Seuls les catholiques pratiquants et en union avec le Saint-Siège sont éligibles et autorisés
à appartenir à l'Ordre. Un candidat doit être âgé d'au moins dix-huit ans à son dernier
anniversaire de naissance.

L'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT"

Ces dernières années, l'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT" a soulevé chez plusieurs des interrogations inusitées et a provoqué certaines interprétations pour le moins fantaisistes. C'est en vue de répondre à ces questions et de supprimer toute équivoque nuisible que, lors d'un Congrès provincial, tenu à Montréal, au mois d'avril 1993, les délégués ont accepté la Résolution 12A (celle-ci émanant des recommandations résultant de la consultation générale tenue auprès des membres). En voici la teneur:

·         être baptisé dans l'Église catholique;

·         professer la foi de l'Église catholique;

·         vivre la pratique chrétienne dans ses dimensions de fraternité, de célébration, d'éducation de la foi et d'engagement en son milieu.

À noter que l'état matrimonial réclame une double considération:

·         présenter une situation de stabilité, c'est-à-dire: s'inscrivant dans une continuité à caractère prolongé;

·         présenter une situation de responsabilité, c'est-à-dire: se manifestant par le maintien des obligations parentales.

Il est important de mentionner que l'interprétation locale de l'expression "catholique pratiquant" n'a force d'application qu'au Québec seulement.

Source : http://www.chevaliersdecolomb.com/mouvement.html

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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 07:06

C'est le jour même de son initiation, au moment où il reçoit la lumière que le nouveau Franc-maçon découvre l'essence et la raison d'être de la Franc-maçonnerie: une Fraternité initiatique. Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, c'est au sein de la Chaîne d'Union qu'il reçoit la lumière.

La Chaîne d'Union est d'abord une réalité, une présence immédiate, chaleureuse, vivante, vibrante. Le premier enseignement est contenu dans ce geste: on ne choisit pas son Frère, ce sont eux qui nous sont donnés. Mais au-delà de cette présence manifeste, la Chaîne d'Union symbolise également la Fraternité qui nous unit, d'une part avec tous les Francs-maçons du monde, et d'autre part avec tous ceux, prestigieux ou obscurs, qui nous ont précédés et tous ceux qui nous succéderont, alors même que nous aurons nous rejoint l'orient éternel.

Il est évident que la chaîne d'union ne saurait se limiter aux Francs-maçons et qu'ils symbolisent eux-mêmes l'humanité toute entière, peut-être même davantage, maintenant que les écologistes nous ont appris que la totalité du monde vivant était solidaire. La loi d'amour qui unit les Francs-maçons n'est que la solidarité de l'espèce.

 

Il est en Magie des mots dangereux à prononcer; il est aussi des Rites Maçonniques auxquels il vaut mieux ne pas s'associer, si l'on n'a pas pleine conscience de leur pouvoir occulte.

Le thème de la chaîne d'union est un de ceux-là qui, en dépit de sa simplicité apparente, n'en constitue pas moins l'une des figures les plus complexes du rituel, en ce sens qu'elle implique des entrelacements secrets dépassant largement la simple idée que le commun se fait de la représentation née sous forme tangible, d'une communauté de cœur et de pensée.

De même que si, sur le plan physique, on veut étudier la qualité d'une chaîne, l'ingénieur aura à se préoccuper du nombre de ses maillons, de leur contexture, du métal dont ils sont composés, de leur section et de leur courbure, de même pour pénétrer le sens profond de notre "chaîne d'union" est-il nécessaire d'en saisir les composantes, afin de les intégrer ensuite dans une synthèse symbolique irréfutable.

Les principaux éléments dont nous aurons à nous occuper, seront donc:

- Le symbole cosmique de la chaîne d'union.

- Le cercle que forme la chaîne, obligatoirement fermée.

- La polarité, mise en évidence par le croisement des bras.

- La main qui Joue un rôle actif dans la formation de la chaîne.

Mais avant d'entreprendre une telle désoccultation systématique, il y a lieu de se rappeler du fait que le rite de la chaîne d'union n'est rien d'autre que la dynamisation, la mise en acte du principe suggéré par la houppe dentelée, corde serpentant sur trois côtés de la Loge, depuis la colonne J jusqu'à la colonne B, sans toutefois unir ces dernières.

Il s'avère donc indispensable de comprendre tout d'abord le message muet de cette corde aux nœuds ouverts, dans ses rapports avec la pensée archaïque de " lien ", du serpent, protecteur, du nœud serré devenant lâche et enfin de ses houppes terminales.

Nous aurons ainsi sondé en profondeur la valeur et la force d'un rite contraignant, qui engage à la fois l'individu et la collectivité.

Parmi les symboles maçonniques qui semblent être le plus souvent assez peu compris de nos jours se trouve justement celui de la chaîne d'union, appelée aussi dans le compagnonnage " chaîne d'alliance ", qui entoure la Loge à sa partie supérieure. Certains veulent y voir le cordeau des maçons dont les opératifs se servaient pour tracer et délimiter le contour d'un édifice; ils ont assurément raison, mais pourtant cela ne suffit pas, et il faudrait tout au moins se demander quelle était la valeur symbolique de ce cordeau lui-même. Onpourrait aussi trouver anormale la position assignée à un outil qui devait servir à effectuer un tracé sur le sol, et cela encore n'est pas sans exiger quelques explications.

Au point de vue traditionnel, tout édifice quel qu'il soit était toujours construit suivant un modèle cosmique. Il est d'ailleurs spécifié dans les rituels que la Loge est une image du cosmos, et c'est peut être là le dernier souvenir de cette donnée qui ait subsisté jusqu'à aujourd'hui dans le monde occidental. L'emplacement d'un édifice devait être déterminé et encadré par quelque chose qui correspondait d'une certaine façon à ce qu'on pourrait appeler le cadre même du cosmos. Le tracé matérialisé par le cordeau en représentait une projection terrestre.

Quand l'édifice est construit, et même dès qu'il a commencé à s'élever, le cordeau n'a évidemment plus aucun rôle à jouer. Aussi la position de la chaîne d'union ne se réfère t'elle pas précisément au tracé qu'il a servi à effectuer, mais bien plutôt à son prototype cosmique, dont le rappel à toujours sa raison d'être pour déterminer la signification symbolique de la Loge et de ses différentes parties. Le cordeau lui-même, sous cette forme de la chaîne d'union devient le symbole du cadre et de l'alliance cosmique. Sa position au niveau du plafond et autour de la Loge se conçoit par son caractère céleste et non plus terrestre. Ainsi la Terre restitue au ciel ce qu'elle lui avait tout d'abord emprunté.

Ce qui rend le sens du symbole particulièrement net, c'est que tandis que le cordeau, en tant qu'outil est naturellement une simple ligne, la chaîne d'union au contraire à des nœuds de distance en distance. Ces nœuds qui normalement sont au nombre de douze correspondent aux signes du zodiaque, à l'intérieur duquel se meuvent les planètes, qui constituent véritablement l'enveloppe du cosmos, c'est-à-dire ce cadre céleste que nous retrouvons symbolisé dans nos Loges.

Ces nœuds sont dits " lacs d'amour " et ce nom, ainsi que leur forme particulière, porte peut être en un certain sens la marque du XVIIIe siècle, mais il se peut cependant aussi qu'il y ait là un vestige de quelque chose qui remonte beaucoup plus loin, et qui pourrait se rattacher assez directement au symbolisme des " fidèles d'amour ".

Il est à noter que ces douze nœuds impliquent au moins idéalement l'existence d'un nombre égal de colonnes, soit dix plus deux, BOAZ et JUIN auxquelles correspondent les extrémités de la chaîne d'union. Il est à remarquer à ce propos, qu'une disposition semblable, quoique sous forme circulaire, se trouve dans certains monuments mégalithiques dont le rapport avec le zodiaque est également évident.

La fonction principale du cadre est aussi de maintenir à leur place les divers éléments qu'il contient ou renferme à son intérieur, de façon à former un tout ordonné, ce qui est du reste la signification étymologique du mot ”cosmos ". Il doit donc en quelque manière « relier » ou « unir » ces éléments entre eux, ce qu'exprime du reste formellement la désignation de la chaîne d'union.

Pour en finir avec le symbole cosmique, on peut dire que notre monde est ordonné par l'ensemble des déterminations temporelles et spatiales qui sont liées au zodiaque, d'une part par le rapport direct de celui-ci avec le cycle annuel, et d'autre part, par la correspondance avec les directions de l'espace, et il va de soi que ce dernier point de vue est en étroite relation avec l'orientation traditionnelle des édifices.

 

Pour rejoindre les origines du symbolisme de la corde et de la chaîne, il est nécessaire de remonter très haut, jusqu'au "souverain terrible" des mythologies indoeuropéennes.

Le souverain terrible détient le monopole de la magie créatrice de formes et de prestiges, qui lui permet d'administrer et d'équilibrer le monde. Cette arme se précise le plus souvent sous la forme du lacet, du nœud, de liens matériels ou figurés, par lesquels il punit en les liant, c'est-à-dire par la maladie et l'impuissance, ceux qui enfreignent les lois, parce qu'il est le gardien de l'Ordre Universel. On retrouve ces anciennes traditions de la corde et du liage dans nombre de cérémonies initiatiques de l'antiquité, et même aujourd'hui dans nos rituels de réception.

De tous cesrites ressort une attitude servile, le croyant se présentant comme un esclave ou un captif devant son maître. Ne peut-on comparer cette marque de vassalité avec le fait que, dans les initiations maçonniques masculines, l'impétrant doit se présenter, suivant le rituel, avec une corde au cou et reste dans cette attitude jusqu'au moment où, recevant la lumière, il est enfin délié par le Frère Expert qui s'apparente ainsi au " souverain terrible ". A ce moment le néophyte est lié par le sang, ainsi que le simulacre en a été pratiqué au cours de l'initiation. Il y a donc formation de l'idéologie du liage "maître-esclave" en celui de fraternité par le sang.

Sous cet aspect, la Franc-maçonnerie peut-être comprise comme une religion car elle relie des adeptes ayant le même idéal.

Dans la chaîne d'union, c'est un magnétisme dynamique qui va être développé, du fait qu'elle est constituée par des êtres vivants.

La chaîne d'union formée par des Frères initiés qui se tiennent la main et communient ensembles est le plus beau, le plus pur et plus profond symbole de la Franc-maçonnerie initiatique.

L'initié taille sa pierre pour l'insérer dans l'édifice commun et se lier aux pierres voisines. Il reçoit l'énergie cosmique et la redistribue. Il devient un maillon d'une chaîne de fraternité, un canal énergétique où tous les êtres vibrent au Juste diapason. L'énergie rebondit d'un frère à l'autre pour créer un courant plus fort qui enrichi chacun.

Ce que nous avons tous en commun, au fond de nous-mêmes, c'est la même qualité d'énergie en mouvement. Nous y sommes simplement plus ou moins sensibles. L'éveil initiatique consiste justement à devenir sensible à cette vérité, à devenir conscient de l'énergie la plus fine possible en nous et à être relié par elle à l'infini, au numineux, à l'ineffable.

Par sa conscience des énergies qui l'entourent et le traversent, l'homme se trouve, suivant le cas de sensibilité, dans divers états de conscience.

La Loge est un corps humain, un ordre cosmique et naturel avec toutes ses fonctions et tous ses centres d'énergie. Chacun de ces centres, appelés suivant d'autres traditions chakras ou sephirots figurés par les différents organes constitutifs de l'homme, est spécialisé, indépendant mais intimement lié aux autres, et possède tout ou partie des facultés des autres centres. Tout au long du rituel, nous constatons la variété des canaux de circulation des énergies, ne serait-ce que par celui de la parole.

 

Le rite de la chaîne d'union est ancien. L'abbé PERAU en donne une description dans son secret des Francs-maçons, où il situe ce rite immédiatement après les travaux de table ou Agapes:

- " Tout le monde est debout alors, et on fait la chaîne, c'est-à-dire que chacun se tient par la main, mais d'une façon assez singulière. On a les bras croisés et entrelacés, de manière que celui qui est à droite tient la main gauche de son voisin; et par la même raison, celui qui est à gauche tient la main droite: voilà ce qui forme la chaîne autour de la table. C'est alors qu'on chante...".

La chaine d'union, simple, émouvante est un des actes essentiels de notre rituel qui réunit les frères en fin de cérémonie. Sa découverte par l'Apprenti devrait être pour lui plus qu'un signe, la révélation du message de fraternité universelle que nous souhaitons transmettre.

La chaîne d'union est une cérémonie rituelle. Elle est plus qu'un signe, elle est la figuration sensible de la communication effective entre les hommes, et le témoignage concret de la dépendance dans laquelle ils se trouvent les uns par rapport aux autres. Elle permet à l'énergie spirituelle de circuler, de passer d'une âme à une âme, d'un corps à un autre corps, et relie le corps constitué de la communauté à l'esprit du Grand Architecte de l'Univers. La chaîne d'union est plus que le véhicule de l'influence spirituelle, elle est une technique efficace permettant la transmission de l'énergie. Réunis en cercle fermé, les frères se tiennent à mains nues, les bras croisés, bras droit sur bras gauche. Ils demeurent ainsi en silence et se concentrent pour transmettre par la main droite le magnétisme qu'ils reçoivent de la main gauche. Il faut, pour que chacun tire profit de cette force magnétique, qu'un amour fraternel, profond et sans réserve, réunisse tous les participants sans exception. L'absence de cette condition " sine que non " rend inefficace, inutile et absurde, le rite de la chaine d'union.

Les bras croisés rappellent les circonvolutions du lac d'amour. Cette courbe fermée qui lie l'adepte à l'ensemble de la Loge pourrait être une prison sans possibilité d'évasion si celle ci n'était pas ouverte sur l'extérieur, et brusquement rompue à la fin des travaux. Le mot " chaîne " n'implique pas une idée de captivité, de manque de liberté. C'est au contraire, ce qui relie les Frères entre eux. Cette chaîne les prive de leur apparente indépendance, de leurs libertés illusoires pour les faire entrer dans une communion, sur un chemin de libération. Cette figure symbolique de la chaîne d'union est présente dans la plupart des grandes civilisations. Elle est clairement illustrée en Egypte, par exemple sur les murs du temple d'EDFOU. On la connaît aussi sur des baptistères du moyen âge où elle évoque la résurrection des êtres transfigurée par l'eau de la connaissance.

Il ne nous est pas possible d'analyser ici le travail sur les Ondes et radiations humaines signé en 1932 par Jacqueline CHANTEREINE, en collaboration avec le Docteur Camille SAVOIRE. Cependant, ces deux savants ont détecté à l'intérieur et autour de l'organisme humain, des mouvements tourbillonnaires et ondulatoires. Ces derniers sont produits, à côté de causes pathologiques, par des énergies radiantes provenant de tout ce qui nous entoure: action cosmique d'une part, dont la plus importante est celle provenant de l'énergie solaire, à laquelle il faut adjoindre celle de la lune et des étoiles, la composante de ces diverses actions énergétiques se traduisant sous la forme d'un tourbillon qui pénètre par le lobe antérieur hypophysaire, pour aboutir au gros orteil droit.

Une autre source énergétique non moins importante est la force dite tellurique, qui se manifeste sous la forme d'un courant inverse du précédent, donc ascendant, et pénètre par le petit orteil gauche pour s'échapper vers le sommet du crâne.

Par la circulation de ces énergies, il est facile de voir une analogie avec la chaîne d'union dans laquelle le bras droit positif passe sur le bras gauche et vient en contact avec la main gauche du voisin pour former un couplage de piles en tension où l'on réunit l'électrode positive de chacun des éléments à l'électrode négative du suivant, de façon que la force électromotrice résultante soit N fois supérieure à celle d'un seul élément. Ceci n'est pas une image, c'est une réalité, réalité qui développera au maximum l'égrégore constitué par les forces psychiques de la Loge tendues vers le même but. Individuellement nous sommes faibles, défaillants, isolés. Lorsque le Vénérable Maitre avant de clore les travaux, évoque l'union de tous les maçons, lorsque nos mains sont Jointes dans une véritable chaîne d'amour, il semble qu'un souffle magique soit introduit dans le Temple.

Lorsque la chaîne d'union est ouverte, et non pas rompue, le mouvement ascendant et descendant des bras, par trois fois répété, rappelle symboliquement les ondulations du serpent cosmique, dont la chaîne est une image énergétique, mais ce rite a d'autre part pour but de ne pas couper brusquement un couplage aussi intense, ce qui risquerait de provoquer des perturbations dans le psychisme de participants spécialement sensibles. Très doucement, la chaîne s’étire et la force de chacun se stabilise en son circuit fermé.

A l'image des houppes dentelées ouvertes sur le monde profane, qui ornent les extrémités de la corde à nœuds limitant l'espace sacré du Temple, les mains s'ouvrent à la porte de notre Temple intérieur pour partager les bienfaits d'une cérémonie lénifiante.

La chaîne d'union est le symbole de l'interdépendance de tous les éléments de la création. De même que la chaîne d'A.D.N. contient l'ensemble des messages et suffisants pour transmettre la vie, de même la chaîne d'union contient en potentialité, grâce aux Frères qui la composent, les éléments indispensables à la manifestation du verbe, autrement dit de la vie en esprit.

Les bras croisés sont à l'image du labyrinthe, l'image de la spirale et de la tresse. Ils rappellent les lignes incrustées sur la carapace de nombreux coquillages, les engravures innombrables des lignes de la main. Ils sont le lien qui relie les hommes de bonne volonté.

Cependant, la position bras croisés est aussi un des aspect de la protection et de la limitation. Le lac d'amour ainsi formé figure un huit qui peut s'apparenter au signe représentant l'infini: ce serait ainsi symboliser l'évasion dans le cosmos.

La chaîne d'union est essentielle car elle figure à la fois lors de la réception d'un nouveau Frère dans un atelier et à la clôture des travaux.

 

Lors du rituel d'initiation au grade d'Apprenti, l'un des moments les plus émouvants est l'introduction du postulant dans sa première chaîne d'union. Le néophyte est placé au centre de ses futurs Frères qui forment autour de lui un cercle, une véritable chaîne dont il est invité à éprouver un à un les maillons. Chaque fois que dans la magie et par suite dans les arts, on rencontre une corde entourant quelque chose, il y a intention de défendre l'objet enveloppé et d'en éloigner toute influence. C'est la raison pour laquelle, le rite de la chaîne d'union consiste en la formation d'une boucle complète, alors que son homologue, la houppe dentelée ne constitue pas un circuit fermé. Il convient cependant que le courant passe dans le sens circumanbulatoire de l'initié, c'est-à-dire en tournant de la gauche vers la droite. La chaîne longue, où l'on ne se croise plus les bras, est ainsi moins efficace puisqu'elle fait tourner l'énergie à contre sens.

Lors de la réception d'un néophyte, cette chaîne d'union est formée sur le même modèle qu'une ronde enfantine, schéma de la main dans la main, d'où est exclue toute idée métaphysique ou simplement ésotérique. C'est uniquement un témoignage d'union et d'amitié.

Le vénérable demande alors au néophyte de regarder autour de lui, de bien ouvrir les yeux pour voir s'il n'aperçoit pas un ennemi. Si c'est le cas, qu'il sache pardonner, car cet ancien adversaire sera bientôt son. Frère, et il ne doit régner aucune ombre dans une chaîne d'union. C'est au moment de la réception d'un nouveau Frère, que la chaîne d'union permet de rassembler les énergies de ceux qui ensemble vont désormais poursuivre les travaux et construire le temple.

C'est dans la chaîne d'union que la lumière est donnée pour la première fois au nouvel initié. C'est là en effet, qu'on lui ôte son bandeau. A chaque célébration de cette chaîne, nous recevons une lumière nouvelle. A chaque fois un bandeau nous tombe des yeux. Et il en sera ainsi jusqu'à l'ultime chaîne que nous célébrerons sur cette terre.

 

Certains Vénérables devraient avoir le courage de ne pas la célébrer si les membres de leurs Loges ne sont pas en harmonie. Comment un individu égoïste, un maçon qui ne vit que pour son profit, pourrait-il prétendre participer positivement à un tel rite ? Le cercle formé par la chaîne d'union représente l'univers, c'est l'infini à l'image de la loge qui s'étend du Nord au Sud, de l'Orient à l'Occident, du Nadir au Zénith, et le devoir du Vénérable est de recréer dans le microcosme de sa Loge, l'harmonie qui règne dans le cosmos.

Le cercle figure également l'Ouroboros, ce symbolisme de l'initiation qu'est le serpent qui se mord la queue.

Lors de la clôture des travaux, la chaîne d'union fait fusionner les énergies pour que les initiés vivent une unité consciente. Nul doute que cette chaîne soit le plus accompli des actes magique au sens le plus noble du terme. C'est l'être entier qui est mis en jeu, qui participe. Sans être annihilés, les Frères ressentent la présence d'un être communautaire si bien évoqué par Jésus qui prononçait ces paroles: " quand vous serez réunis en mon nom, je serais parmis vous". Les initiés sont effectivement réunis au nom du Grand Architecte. C'est sa gloire une fois de plus, qu'ils célèbrent par ce rite.

Ce rite de la chaîne d'union, qui évoque par sa forme les lacs d'Amour de la houppe dentelée, nous rappelle ces couples royaux sculptés du Louvre qui se tiennent réciproquement la taille en croisant leurs bras par derrière. Quoique cette analogie ne prouve absolument aucune filiation historique, le rite de la chaîne d'union, qui peut avoir une origine compagnonnique, est peut être fort ancien. Il symbolise vraisemblablement l'invincible solidarité, même involontaire, qui unit tous les hommes, mais aussi toutes les générations, et cette unité collective qui transcende toutes les individualités particulières.

Mais il y a plus. En croisant leurs bras, et en coupant court par ce geste à la poursuite d'un désir quel qu'il soit ( or tout désir détourne du présent et oriente vers l'avenir ), les Maçons semblent arrêter le flux du temps pour appréhender dans le moment présent ce résidu qui échappe à l'écoulement de la vie et à la destruction: le mystère pondérable de ce qui s'offre à chaque instant ici et maintenant, et qui a pour principe l'éternité. Et dans cette éternité qui subsiste au cœur du présent, l'individu perd son importance pour retrouver sa précarité et sa place discrète parmi les autres hommes et dans l'ensemble de la création dont il est un menu maillon, provisoire quoiqu'ineffaçable.

Sachant que la solidité d'une chaine dépend de celle de son maillon le plus faible, l'initié qui donne cette poignée de main secrète renouvelle par là son serment: devenir un robuste maillon de cette chaine éternelle.

 

Parfois, la chaîne d'union est mal vécue, ratée. Ne parlons pas de ces fausses chaînes où ne règne qu'esprit de copinage. Une Loge profanisée ne parvient pas à former une chaîne d'union. Aucune énergie ne circule entre ses membres. Il ne s'agit plus que d'une mascarade où des individus accomplissent un geste mécanique. Mais même dans une Loge initiatique, il arrive que la chaîne ne soit pas suffisamment intense parce que l'un de ses maillons se révèle trop faible où bien freine le passage de l'énergie. Car là réside le grand secret: pour vivre une chaîne d'union, il faut être en état de don, accomplir le sacrifice de soi sans songer à prendre, à acquérir, à jouir de quoi que ce soit.

Le caractère effectif de la relation qui s'établit de main à main constitue une évocation du courant qui passe entre les êtres et par lequel la sympathie se manifeste. Elle rapproche ceux que la vie quotidienne tenait dans l'ignorance l'un de l'autre et elle provoque une reconnaissance de fait par la poignée de main devenue sensible.

Elle a une signification plus étendue encore dans la mesure où elle est un cercle fermé: cercle qui évoque la vaste ceinture d'humanité qui enveloppe la planète.

Ce que nous voulons évoquer et transmettre, en formant la chaîne d'union, c'est le sentiment de la relation de fait entre les générations comme entre les individus, et c'est une façon de formuler l'engagement que nous prenons de garder le contact avec nos Frères.

Dans cette chaîne, nous essayons de passer de notre individualité restreinte à une personnalité accomplie. Elle ne rassemble que des êtres responsables, pas de fantoches. Mais nous ne reconnaissons pas l'existence du grand génie irremplaçable. L'idée romantique de l'individu qui exacerbe ses qualités comme ses défauts. Ce n'est pas un génie particulier qui a eu l'idée de KARNAK ou de CHARTRES mais une communauté de créateurs. L'individu, si exceptionnel soit-il, est très vite limité, autant par ses qualités que par ses défauts. La chaîne d'union nous apprend à vivre à la fois de manière individuelle et communautaire, à nous mettre en résonance avec tous les Frères. Nous appréhendons ainsi d'autres vérités, d'autres réalités, nous dépassons le cadre si étroit de notre égo pour rentrer dans un homme à l'échelle du cosmos.

Le symbole de la chaîne d'union est comparable à celui de la houppe dentelée, et par là même à celui de la corde qui sur le plan éthérique enchaine toutes les créatures entre elles parce qu'elle les relie toutes à l'être, source de toutes choses. On pourrait tout aussi bien l'appeler cordon ombilical éthérique, puisqu'elle relie l'esprit de l'ordre à la forme physique, évoquant le lien qui rattache le bébé à sa mère. La chaîne d'union se noue autour du saint des saints de la Loge, c'est à dire autour de l'ensemble, composé du tableau de Loge placé sur le pavé mosaïque et des colonnettes " Sagesse, Force et Beauté " qui en limite les proportions. Elle est l'illustration vivante des lacs d'amour inscrits autour du tableau de Loge, et qui relient entre eux les symboles qui le compose dans une unité ontologique, rappelant la nécessité de recréer perpétuellement l'ordre établi par notre tradition. Comme dans l'assemblage des poupées Russes, on retrouve le tableau de Loge dans sa projection autour du saint des saints; puis à l'extérieur du Temple, quelque peu dilué mais toujours présent, microcosme dans une construction à l'échelle universelle.

La chaîne d'union suggère à la fois l'acte de nouer et celui de dénouer, symbolisant le devenir après transformation ou identification à l'esprit de l'ordre maçonnique. Tout étant lié à tout, l'homme irresponsable, est un microcosme dans lequel l'univers est enfermé. L'homme n'est rien en tant qu'unité: les francs-maçons le savent puisqu'ils unissent leurs forces et leurs pensées dans la chaîne d'union; cet isolement terrestre n'est ainsi qu'apparent car une même influence, un mène rythme, une même musique harmonique les associent. Les textes sacrés et les rituels nous font comprendre cette unité supérieure de l'univers.

 

La chaîne d'union rappelle également l'engagement de tous les Franc-maçons à transmettre d'une manière ininterrompue la filiation traditionnelle et sacerdotale de l'ordre au travers de ses rites ancestraux. On retrouve ainsi les racines réelles de la régularité. Cette chaîne traditionnelle venue jusqu'à nous, cette filiation régulière ininterrompue se transmet au travers du rite sans que la pensée originelle en soit déformée.

Symboliquement, la chaîne d'union réunit les Frères de la Loge, incarnés dans le temps, aux Frères passés à l'Orient éternel, au-delà du temps et de l'espace. Lorsque la chaîne est formée en harmonie, ce sont les initiés de toutes les époques qui communient dans la même unité. Vision mystique diront les sceptiques. Non pas. Simple fait expérimental. Comprenons bien qu'il ne suffit pas de se serrer la main et d'être rempli de bonnes intentions affective pour qu'une chaîne d'union soit réellement célébrée. N'oublions pas qu'il s'agit du point culminant d'un rituel initiatique. Il est donc nécessaire que le travail de la tenue ait été correctement accompli, que la totalité des Frères se soient préparée, qu'un certain chemin ait été parcouru. Qui connait les règles permettant de former cette chaîne en esprit et en vérité connait l’un des secrets majeurs de la Franc-maçonnerie. Les efforts sont rudes pour y parvenir, mais la joie qui les couronne est d'une intensité que nulle phrase ne saurait évoquer.

 

Lors de la chaîne d'union, toutes les puissances doivent être réunies. Aussi ne doit-il pas y avoir d'isolateur empêchant le fluide magnétique de se répandre et de passer d'individus en individus. Pour ce faire, le maçon se dégante.

Si les adeptes, maillons vivants, vibrent au même rythme de la chaîne d'union, s'ils deviennent des Frères par la pensée, c'est-à-dire des hommes dans lesquels passeront le même courant et la même forme de l'esprit, s'ils se rencontrent, alors l'action psychique de l'assemblée sera bénéfique. Mais il faut vibrer dans le même idéal, il faut se donner et croire intensément. Le rituel a pour but d'harmoniser ces forces, de permettre une concentration vers un même objectif, de combler le fossé qui pourrait exister entre l’intérieur et l’extérieur.

On pourrait comparer cette chaîne d'union à un accélérateur de particule, à une sorte de cyclotron qui ferait fusionner toutes sortes de puissances connues, depuis la plus matérielle jusqu'à la plus spirituelle. Celui qui a vécu dans sa chair une véritable chaîne d'union n'oublie jamais ce moment de grâce où il est à la fois lui-même et ses Frères. Le maçon initié obtient, à cet instant là, la possibilité de connaître de l'intérieur les lois de la circulation de l'énergie spirituelle dont les physiciens contemporains commencent tant à se préoccuper. La science certes, tend à redécouvrir la tradition en ne dissociant plus " esprit " et " matière ". Mais elle fera fausse route tant que la perception scientifique sera celle d'un individu, d'un chercheur et non d'une communauté de chercheurs. Si modeste soit-elle une communauté initiatique possède la force suprême d'être une communauté. On dépensera sans doute bien des milliards pour tenter de découvrir l'énergie que les Francs-maçons initiés expérimentent à chaque tenue dans leur chaîne d'union. Ce qui rayonne dans ces mains jointes n'est pas seulement d'ordre humain. C'est la vie dans tous ses aspects et toutes ses manifestations.

Chacun des maillons de cette chaine, chaque nœud d'énergie est un chakra qui représente le point où agissent les forces déterminant la condensation et la cohésion d'un agrégat qui correspond à tel ou tel état de manifestation, de sorte qu'on pourrait dire que c'est ce nœud qui maintient l'être dans l'état envisagé et que sa solution entraine immédiatement la mort de cet état.

Il est dit, dans les mystères de Samothrace, le grand centre de l'initiation cabirique, que ceux qui recevaient le néophyte, formaient une ronde et exécutaient une danse circulaire en chantant des hymnes sacrés. Cet effet magique des rondes, des mains enlacées, s'accentue sous la force du verbe puisque l'on chante. Cette coutume se retrouve dans les fêtes de la Saint JEAN, qu'il convient d'étudier sur le plan symbolique. Mais l'union des mains met tous les participants à un même potentiel; la même pression sanguine anime tous les cœurs dans un même sentiment de solidarité. Il y a peu d'instants, tous ces corps étaient distincts. Sous l'effet de la même pression, ils deviennent un seul corps social, dont toutes les impulsions sont identiques. Une même chaleur anime tous ces êtres; et c'est uniformiser la cadence du sang. La puissance de ce lien fluidique peut rayonner au delà de notre propre univers. C'est alors songer à la lumière astrale, un champ magnétique tourbillonnaire où la pensée a pu se préciser et se réactionner. Avec la chaîne d'union s'expriment deux forces: l'invocation par laquelle on cherche à s'assimiler toutes les manifestations vitales du rite, et le rythme provenant du mouvement respiratoire. Le rythme du sang qui bat à l'unisson et qui devient le rythme de l'assistance se lie à la respiration, donc au souffle.

 

Il ne faut pas confondre la chaîne d'union et la chaîne de communication des mots, pratiquée dans certains rites et obédiences par les Frères d'une même Loge. La chaîne de communication des mots, ayant lieu quelques instant avant la chaîne d'union, ne concerne que les membres de la Loge, tandis que la chaîne d'union ayant un sens plus universel s'étend à tous les membres présents de la tenue.

Notons que l'invocation se pratique sous l'autorité du Vénérable Maître, président de la Loge, dont il est le maître spirituel. Cette cérémonie ne peut se dérouler que dans un cadre traditionnel, dans une atmosphère particulière, à défaut de quoi ce rite reste sans valeur.

Ainsi pour que la chaîne d'union permette que ce fluide passe facilement de membre à membre pour qu'il y ait rapprochement de tous les cœurs et que le sentiment de solidarité unisse et lie toutes les consciences, il ne faut aucune isolation. Les Frères doivent se donner la main nue; ils ont soin de retirer leurs gants afin que l'amour inonde leur cœur.

Il faut veiller à ce que ces moments de recueillement soient réellement l'occasion d'une méditation et sans doute est-il heureux que l'on puisse, en fond sonore, entendre une mélodie pendant que le Vénérable prononce les paroles solennelles incitant chacun à songer à la longue suite des hommes qui nous ont communiqué leurs vertus.

 

Cette prise de conscience de notre humanité dans ce qu'elle a d'impérissable et d'éternellement transmissible, par son circuit ininterrompu devient une force, et un véritable champ magnétique se dégage; cette concentration de pensée collective est génératrice d'une force qui doit être employée; on pense dans l’énergie de la prière collective. Lorsque l’on prie seul, on joint les mains; on ferme son propre circuit et on limite à soi-même l'écoulement de son fluide; mais après cette concentration personnelle en se reliant à d'autres individualités, à d'autres énergies on participe à la force cosmique. Par cet acte magique on relie le visible à l'invisible et souvent dans la chaîne d'union sont évoqués ceux qui ne sont pas là, ceux qui nous ont quittés.

La chaine d'union est ainsi un lien fluidique qui unit les participants à l'esprit maçonnique. Mais pour que la chaîne soit valable il faut que chaque membre, chaque maillon se concentre, donne toute sa puissance; le plus fort des membres peut ainsi communiquer une pulsation nouvelle et c'est pourquoi le vénérable débute et ferme la chaîne.

Cette énergie psychique devrait permettre l'accomplissement de l'équilibre immuable, de la réalisation harmonieuse de l'homme.

Les Loges ne pratiquent pas toujours cette chaîne et c'est fort regrettable car la solidarité des mains n'est pas un vain mot.

 

Pour terminer leurs cérémonies, les Francs-maçons initiés se rassemblent autour du tableau de la Loge. Du sommet du ciel, de l'axe du monde, du moyeu de la roue céleste pend un fil à plomb. Autour de lui, des mains se joignent, des esprits communient. La chaîne d'union est formée, révélant l'un des plus grands mystères de la Franc-maçonnerie.

Lorsque sous cette forme énergétique, les Maçons quittent la chaîne, contents et satisfaits d'avoir perçu leur salaire, celle-ci n'est pas rompue pour autant car son action doit se perpétuer longtemps après que les Frères se soient retirés. L'action du Franc-maçon ne s'arrête jamais, dit le rituel, il quitte momentanément la chaîne pour aller témoigner au-dehors de l'œuvre accomplie dans le temple. C'est pourquoi il serait plus initiatique de remplacer l'expression quittons la chaîne par la formule ouvrons la chaîne.

Le sens de la Fraternité initiatique, c'est de relier l'initié à l'ensemble de l'histoire de la vie et de le rattacher à son principe, tout en l'intégrant dans la Chaîne de l'effort spirituel de toute l'humanité antérieur, présente et à venir.

La Fraternité initiatique est bien une chaîne de solidarité et d'amour, mais dans le sens où Saint Exupéry définissait ce dernier: " regarder ensemble dans la même direction " et avec une précision supplémentaire: que cette direction nous amène réciproquement et ensemble à vivre dans un monde toujours plus lumineux et authentiquement généreux, monde que nous façonnerons précisément en étendant à tous nos cercles de relations et d'activités, notre attitude profondément fraternelle et spiritualisante.

  

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/la-chaundefinedne-d-union.html

Par Robert MINGAM - Publié dans : Planches
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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 07:04

A ceux qui cherchent…

Ce travail s’intitule « Sur le chemin du Parvis ». Il mêle l’histoire et les mythes.

Son objet est d’évoquer dans ces quelques lignes les influences, proches et lointaines, issues de l’antiquité léguées à la maçonnerie.

En effet, la Franc-maçonnerie se considère comme l’héritière d’une très longue tradition initiatique car ces connaissances remonteraient aux sociétés secrètes de l’Antiquité.

Les rituels ont été calqués sur de nombreux mythes (mythe voulant dire : récit en grec), sur les croyances religieuses et sur une histoire imagée reposant sur de nombreux symboles comme on en trouve à toutes les époques et dans toutes les cultures.

Les Mystères d’Eleusis, la légende égyptienne d’Osiris ainsi que le culte de Mithra dans l’Empire Romain ont constitué les principaux tissus d’inspiration privilégiés qui servirent de toile de fond aux premiers textes Maçonniques.

Jadis durant l’antiquité, les nombreux cultes à mystères s’articulaient principalement autour du secret d’une série de processus initiatiques visant essentiellement à transmettre à une élite, un savoir en passe d’être définitivement perdu.

Commençons par « Les Mystères d’Eleusis » :

Ils font partie des rituels les plus profonds et les plus secrets de la religion grecque. C'étaient eux, pensait-on, qui « constituaient le ciment de la race humaine ». Il était donc essentiel d'en célébrer chaque année les rites.

Les Grecs, en effet, estimaient que les enseignements les plus sacrés ne pouvaient être communiqués qu'à ceux qui étaient passés du monde profane au monde divin grâce à l'initiation.

De la même façon, non seulement les oracles, mais beaucoup de poètes et la plupart des philosophes usaient de symboles, d'allégories et parfois d'énigmes tels qu'ils n'étaient compris que de ceux qui en étaient dignes.


Les initiés étaient considérés comme des êtres d'une essence supérieure, car ils avaient eu une vision de la vie dans l'autre monde; l'âme, immédiatement après la mort, errant dans les ténèbres, et assaillie par toutes sortes de terreurs, avant d'être éblouie par une clarté soudaine et d'apercevoir le séjour des bienheureux.


Tout laisse donc à penser qu'il s'agissait d'un processus de mort suivie d'une renaissance, tel qu'on en trouve dans la plupart des religions traditionnelles. De ce fait, les mystères peuvent non seulement se comparer aux initiations égyptiennes , mais être rapprochés des pérégrinations de l'âme, telles que le décrit le Livre des morts égyptien.

Ces « Mystères » furent célébrés pendant deux mille ans, et ne prirent fin qu'en 396 av. J.-C., avec le sac d'Eleusis par Alaric, roi des Goths.

Les mystères d'Eleusis procèdent du mythe de Déméter.


La déesse, ayant perdu sa fille Koré (Perséphone), enlevée par le dieu des Enfers, Hadès (Pluton), et ayant appris que Zeus lui-même avait décidé cette union, décida de ne pas regagner l'Olympe.

Prenant l'apparence d'une vieille femme, elle s'arrêta à Eleusis, où elle accepta de nourrir le dernier-né de la reine, Démophon. Afin de rendre l'enfant immortel et éternellement jeune, elle le cachait la nuit dans les braises du foyer.

La reine, ayant découvert ce que faisait la déesse, s'affola, et interrompit le processus d'immortalisation.

La déesse, apparue dans toute sa splendeur, déplora l'aveuglement des hommes et demanda qu'on élevât un temple et un autel, où elle enseignerait ses rites aux humains.

Ayant obtenu de Zeus le retour de Perséphone - qui ne passerait plus que les quatre mois d'hiver auprès d'Hadès et le reste de l'année à la surface du sol -, Déméter regagna l'Olympe, tandis que la terre desséchée reverdissait.

Mais à l’avenir, une déesse olympienne bienveillante régnerait sur les enfers et y accueillerait les initiés.


Dès lors furent honorées à Eleusis les deux déesses de la terre féconde.

Ce mythe permet d'approcher la signification probable des mystères; il s'agirait, après des purifications préalables, d'un processus de régénération, de modification radicale de la condition humaine, grâce auquel l'initié recouvrait une immortalité perdue, devenue seulement potentielle.

Les mystères procuraient donc aux individus les plus évolués spirituellement ce que la religion officielle ne pouvait leur donner; ils en étaient le complément et l'on comprend à la fois l'attrait qu'ils exercèrent et le secret que l'on gardait sur eux.

Les initiations «éleusiniennes» étaient ouvertes à tous ceux qui parlaient grec - hommes et femmes, y compris les esclaves - et qui n'avaient pas commis de meurtre.

Les candidats devaient participer d'abord, au printemps, aux « petits mystères », rites purificatoires, avant de se présenter aux «grands mystères», qui avaient lieu à l'automne et duraient huit jours ; ils comprenaient un bain rituel dans la mer, une procession solennelle d'Athènes à Eleusis, suivie d'une journée de jeûne et de purification.

Celle-ci culminait dans la révélation soudaine d'objets sacrés, violemment éclairés, accessible seulement à ceux qui avaient été initiés l'année précédente.

Sachant que ces mystères procèdent du Mythe de Déméter nous y retrouvons le lien et les origines égyptiennes :

Venue du delta du Nil, Déméter serait la traduction grecque du personnage d’Isis : la recherche de sa progéniture (qui est une fille) correspondrait à celle d’Osiris par Iris.

La ressemblance dans les rituels nous permet de constater que durant les mystères on enseignait aux néophytes comment éviter les pièges des Enfers, ce qui fait penser au Livre des Morts égyptien.

Mais revenons à Osiris et sa légende :

Garant de la survie humaine après la mort, et dieu du renouveau, Osiris, le roi juste et bon des royaumes souterrains, avait l'apparence d'une momie de pharaon, bras croisés sur la poitrine. Le pharaon mort, puis, avec le temps, tous les défunts, furent considérés comme des Osiris, promis à la renaissance spirituelle et à l'éternité s'ils se conformaient à l’enseignement du dieu.


Fils aîné de Geb et de Nout, Osiris voit le jour à Thèbes, en Haute-Egypte. A l'annonce de la nouvelle de sa naissance, Rê se réjouit. Quand son père Geb se retire au ciel, Osiris lui succède en qualité de roi d'Egypte et épouse Isis, sa sœur. Issus du ciel et de la terre, Osiris et Isis sont le premier couple de rois-dieux à vivre parmi les hommes.

Osiris est un souverain éclairé et on le désigne bientôt sous le nom d'Ounophris, "l'Etre bon". Mais il ne tarde pas à être la victime d'un complot organisé par son frère Seth, incarnation du désordre. Au cours de la vingt-huitième année de son règne, alors qu'Osiris revient victorieux d'une longue campagne de conquêtes, Seth profite des fêtes organisées à cette occasion pour inviter son frère à un banquet. Au cours de la soirée, il capture Osiris et l'enferme dans un Grand coffre qu’il jette dans le Nil.


La douleur d'Isis à la nouvelle de l'assassinat d'Osiris par leur frère commun est immense. Elle coupe aussitôt ses cheveux, déchire ses vêtements et part à la recherche du coffre dans lequel "l'Etre bon" a été enfermé.


Entraîné à la mer, le coffre a été porté par les flots jusque sur les côtes de Phénicie, au pied d'un tamaris qui, croissant avec une étonnante rapidité, le cache désormais entièrement dans son tronc. Malcandre, roi de Byblos, pour étayer le toit de son palais, donne alors l'ordre d'abattre l'arbre. Celui-ci se met à répandre une senteur exquise dont Isis entend parler et dont elle comprend aussitôt la signification. Sans tarder, elle se rend en Phénicie où on lui remet la colonne miraculeuse. Elle en retire le cercueil de son époux qu'elle arrose de ses larmes, le ramène en toute hâte en Egypte et le tient caché dans les marais de Bouto afin de le soustraire aux entreprises de Seth.

Mais ce dernier le retrouve au cours d'une partie de chasse. Pour anéantir à tout jamais son frère, Seth décide d'en découper le cadavre en quatorze morceaux qu'il disperse à travers la campagne.

Sans se décourager, Isis se met à la recherche des précieux débris et les retrouve tous, à l'exception du phallus qu'un poisson du Nil (que l’on dit être une incarnation de Seth), à jamais maudit pour ce crime, a entièrement dévoré.

La déesse reconstitue le corps d'Osiris, en rajustant adroitement les fragments l'un à l'autre. Son neveu Anubis les momifie, puis la déesse magicienne, aidée de sa sœur Nephthys, de Thot, le vizir du défunt et d'Horus, son fils conçu par union avec le cadavre de son mari, redonne le souffle de la vie à Osiris à l'aide de formules magiques. Pour la première fois, les rites de l'embaumement qui rendent la vie éternelle ont été pratiqués.

Ressuscité et désormais à l'abri de la mort, Osiris quitte la terre pour se retirer dans les "Champs élysées" et laisser le trône terrestre à son fils Horus. Ce dieu au corps d'homme et à tête de faucon deviendra alors le modèle parfait de tous les rois à venir. Quant à Osiris, il règne depuis sur l'Au-delà.

Seth était la représentation des ténèbres, mais aussi de la Lune. Alors qu’Osiris lui était l’incarnation du soleil et du renouveau, malgré sa filiation d’avec la mort.

C’est alors qu’il réapparait sous les traits du Dieu Soleil en Inde et en Perse sous le nom de Mithra.

Il était le fils d'Ahura M

āzdā qui semble avoir été originellement un dieu cosmique. Mithra était alors étroitement apparenté au Soleil et, dans la Perse antique, il était vénéré tout autant qu'Ahura Mazdā. Les Zoroastriens ont substitué le culte d'Ahura Māzdā en tant qu'Être Suprême à celui de Mithra, le Dieu Souverain. Pour cela leur religion est appelée "Mazdéisme".

Le culte de Mithra, même s’il n’en reste presque plus rien aujourd’hui, fut pourtant une religion importante dans le monde romain. Ce culte fut l’une des premières grandes religions monothéistes. Réservée uniquement aux hommes, secrète et fortement hiérarchisée, cette croyance ne put résister au christianisme. Le mithriacisme a tout de même laissé des traces permettant de reconstituer l’histoire d’une religion complexe qui aurait peut-être pu devenir la nôtre.


Ses origines remontent à l’Antiquité, la Perse comptait trois grandes religions: celle des mages, celle du peuple et celle du roi où Mithra apparaît pour la première fois sous le règne d’Artaxerxés II (- 360 av J.-C.).

En védique (forme archaïque du sanskrit), Mitra signifie “ami” ou “contrat”, il est ainsi pris à témoin des serments et engagements, mais à cette époque Mithra n’est pas encore adoré dans un culte consacré à lui seul.


Plusieurs circonstances permettent à ce culte de s’étendre. La conquête de l’Empire perse par Alexandre amène le culte dans le monde hellénistique grâce aux aristocraties de souches iraniennes qui gardent leurs anciens dieux.

Les pirates ciliciens (région du sud de la Turquie asiatique), capturés par Pompée, sont les premiers à introduire dans le monde romain le culte de Mithra, en 67 avant J.-C. d’après Plutarque. Ils pratiquaient des sacrifices et un rituel initiatique dans les grottes de leurs montagnes.

Puis les légionnaires romains importent Mithra en Italie à l’époque flavienne.

Les soldats le considéraient comme leur protecteur.

Ainsi, au 2ème siècle après J.-C., le culte s’implante à Rome et en Italie, et surtout dans les colonies militaires, les villes de garnison, en Afrique, en Bretagne, en Gaule, sur les bords du Rhin et du Danube.

Pour plaire aux soldats, Commode se fait initier au culte, suivi par ses successeurs. Le culte faillit devenir la religion officielle sous Aurélien. L’empereur Julien fut aussi un adorateur de Mithra et il essaya, un peu tard, de substituer le culte de Mithra au christianisme, qui connaît lui aussi une grande expansion à cette époque.

Le culte n’acceptant pas les femmes, n’ayant pas réussi à trouver beaucoup d’adeptes dans les couches populaires et étant un culte de petites sociétés, il ne peut devenir une religion de masse.

De plus on reproche aux mithriastes d’adorer un dieu venu de Perse, ennemi héréditaire des Romains.


L’empereur Constantin, le premier empereur chrétien, interdit, en 324, les sacrifices.

Comme le culte de Mithra reposait essentiellement sur un sacrifice sanglant, le culte fut poursuivi systématiquement.

Les chrétiens accusaient aussi le culte d’être une religion des ténèbres puisqu’il se passait dans des cryptes et des antres souterraines. Le culte de Mithra a donc décliné peu à peu. Puis il dut laisser sa place au christianisme et disparaître au 4ème siècle.


Le culte se déroulait dans un Mithraeum, un endroit généralement souterrain de la forme d’une caverne en souvenir de l’époque où les pirates pratiquaient le culte dans des grottes.

Le Mithraeum était aménagé comme une salle à manger avec des bancs de pierre le long des murs.

Au bout du couloir formé par les bancs se trouvait la statue ou le bas-relief représentant le sacrifice du taureau.

Mithra y était généralement représenté tuant un taureau et portant le bonnet phrygien (coiffure semblable au bonnet d’affranchi). Il aurait tué l’animal qui symbolise les forces du mal pour sauver la création. Le sang du taureau aurait apporté la végétation et nourrit les espèces animales.

Après avoir tué le taureau, Mithra serait monté sur le char du Soleil.


Le culte était secret, réservé aux hommes et comprenant sept degrés d’initiation.

Pour y participer il fallait être initié après avoir été interrogé, sondé et informé du mythe et des rituels.

Il fallait ensuite passer des épreuves d’endurance physique les yeux bandés dont faisaient parti des épreuves de résistances au feu et au froid et des simulacres de mort.

Chacun des grades était assimilé à une planète et à des responsabilités. Ils avaient aussi chacun un costume. Les initiés partageaient un repas à la suite d’un sacrifice rituel.

Le repas devait être précédé d’une explication du mythe de Mithra avec une lecture de textes sacrés.

D’un point de vue calendaire : le mois de Juillet était consacré à Mithra.

On peut remarquer des similitudes avec le christianisme, en effet le dimanche était spécialement célébré (jour du Soleil), le 25 décembre était fêté comme l’anniversaire de Mithra ainsi que celui du Soleil et lors des rituels on partageait le pain et l’eau.


En somme, le culte de Mithra a connu une expansion extraordinaire parallèlement au christianisme grâce aux conquêtes de l’Empire romain et aux échanges commerciaux.

Le fait que ce culte soit secret, exclusivement masculin et fortement hiérarchisé n’est pas sans rappeler, vous l’aurez remarqué, les bases de la Franc-Maçonnerie.

De même, que les rapprochements évoqués dans le cheminement historique, mythique et théologique précédent.

D’un point de vue plus général en se recentrant sur la maçonnerie, les énigmes que l’adepte pénétrait tout au long de son périple initiatique étaient liées autant aux éléments dissimulés de la vie terrestre et de la nature qu’à ceux de l’au-delà.

Les cérémonies qui duraient en général plusieurs jours et qui réclamaient une longue préparation psychique et physique culminaient par des épreuves chargées de tester les qualités propres à chaque individu.

Devenu initié, l’adepte se sentait alors l’héritier provisoire d’un savoir lié à une sorte d’immortalité. La mort n’était plus perçue comme une inéluctable fatalité mais devenait désormais pour celui qui savait un simple passage transitoire d’un état vers un autre, menant vers une vie nouvelle dans une autre dimension de l’espace-temps.

Le principe de l’immortalité de l’âme qui se manifestait à l’initié lors d’un rituel spécifique lui offrait toute la mesure de son potentiel passé, présent et futur.

Au cours des siècles et tout au long de la longue marche de l’Humanité, les principales religions traditionnelles se sont appropriées quelques-uns de ces principes antiques et les ont façonnés à leur propre identité culturelle.

Aujourd’hui au moyen du langage symbolique et d’outils fictifs, le maçon initié poursuit l’objectif d’achever par allégorie le temple de Salomon et travaille chaque jour à la construction de son propre temple intérieur : une œuvre qu’il devra réaliser en harmonie avec ses connaissances et ses moyens propres.

L’initiation quelle qu’elle soit, est une sorte d’invitation à la recherche d’une vérité. Elle n’est pas l’ultime Vérité absolue car elle reste toujours fondée sur différentes sources d’inspiration. L’une d’elles reprend par exemple les voies de l’ésotérisme chrétien banni comme on le sait par l’autorité de l’Eglise. Mais il existe d’autres religions où figure une voie ésotérique : le Judaïsme par exemple, avec sa démarche kabbalistique, tout autant que l’Islam avec le soufisme ainsi que le chemin d’illumination du Bouddhisme…

Toutes ces voies, comme d’autres plus subtiles mènent au sentier des connaissances supérieures.

Il existe aussi une piste philosophique issue pour une bonne part de la pensée grecque et pythagoricienne et ce n’est pas la plus négligeable.

Tous les royaumes des cultures offrent, par leur diversité et leurs différentes traditions préservées au cours des siècles, des formes plus ou moins sophistiquées de méthodes menant à l’Initiation, ayant pour point commun le respect du serment du silence.

Dans l’Antiquité, trahir un secret s’était se trahir soi-même. Cet acte pouvait être sanctionné par la peine de mort et se soldait au minimum par la saisie des biens de celui qui avait trahi la confiance et les espoirs de ses frères.

Ce serment était si important que nous ne savons aujourd’hui que très peu de choses sur les mystères de l’Antiquité. Cette solidarité dans le silence donnait à l’initié un sentiment d’appartenance à un groupe soudé et fermé.

On comprend dès lors pourquoi, l’impression de posséder, en exclusivité, un savoir secret auquel la masse n’avait pas accès (où du moins très difficilement) renforçait la notoriété de tout le système.

Si la plus grande partie du contenu des Mystères de l’Antiquité a disparu, la voie de l’hermétisme pour sa part a pu être préservée à travers d’authentiques courants initiatiques qui furent diversement récupérés.

L’impression, pour le maçon que je suis, est que la Franc-maçonnerie y a trouvé une source fertile qui l’a nourrie de divers rites et d’enseignements les plus riches.

Même si dans mes lectures beaucoup de chercheurs ont repoussés cet apport essentiel ou du moins ont minimisé son influence aujourd’hui, la tradition hermétique demeure le centre de connexion de tous les messages initiatiques au travers toutes les formes d’initiation.

Si la Franc-maçonnerie a toujours tenté de rattacher aux plus hautes traditions son origine, elle distille en fonction des grades les preuves de ces dernières et occulte volontairement une partie de ses sources.

Néanmoins, quelques auteurs spécialistes de la période du Moyen Age ont tenté de retrouver dans plusieurs sociétés secrètes le culte mystérieux, les formes merveilleuses et emblématiques empruntées à toutes les religions antiques, dont celles de l’Egypte et de l’Inde,… aux origines de la Franc-maçonnerie qui fut en partie orientale. Sachant que sa méthode d’enseignement, se réfère aux bâtisseurs de cathédrales.

Rappelons simplement que le désir religieux de multiplier ces édifices avec l’aide financière des Templiers fit naître une nouvelle corporation au caractère initiatique :

Les Compagnons. Qui jouirent très vite d’une haute estime.

Leur usage était de former autour de l’édifice en construction une enceinte composée d’autant de cabanes qu’il y avait d’ouvriers.

L’architecte en était le chef. Il établissait un surveillant par dix maçons. Un signal convenu les appelait à l’ouvrage, un autre annonçait la cessation des travaux. Tous se donnaient le nom de « frères », vivaient en bonne intelligence et se protégeaient mutuellement. Mais il s’agissait toujours de Loges opératives, sans soucis de débat intellectuel ou philosophique qui apparurent sous l’impulsion des Maçons spéculatifs et des Frères Rose Croix.

Ceux-ci s’affilièrent dans ces loges au cours du 17ème siècle, particulièrement en Angleterre mais déjà depuis très longtemps en Ecosse. Un autre élément souvent négligé indique que c’est surtout au pape Boniface IV que la Maçonnerie fut redevable de l’accroissement qu’elle prit à cette époque.

Afin d’encourager et d’accélérer les constructions pieuses, il rendit en 1614 une bulle par laquelle il accordait aux maçons (opératifs) et à tous les fidèles qui s’adjoindraient à eux des prérogatives et des indulgences.

Dès lors, pour avoir droit aux grâces et aux bénédictions du Saint-Siège, on vit accourir de partout de riches seigneurs et des guerriers qui avaient déposés leurs armes. Tous se soumettaient à la discipline de l’association, et obtenaient d’y être admis sous le titre de maçons libre ou « free masons ».

Certains prétendaient que Jacques de Molay, dernier Grand maître de l’Ordre du Temple, étant venu à Paris d’après les ordres du Pape, fut emprisonné à la Bastille.

Du fond de sa cellule, il créa quatre loges mères, à savoir : pour l’Orient, Naples ; pour l’occident, Edimbourg ; pour le Nord Stockholm et pour le Midi, Paris.

Le lendemain de l’exécution de Jacques de Molay, le chevalier Aumont et sept Templiers déguisés en maçons vinrent recueillir les cendres du bûcher. C’est alors que s’organisèrent les quatre Loges de Francs-maçons créées par le Grand-Maître.

Il reste que de tout temps et partout sur le globe les Initiés ont continué à se reconnaître au moyen de signes particuliers variant selon le grade dont ils étaient revêtus.

Les hauts principes de la Franc-maçonnerie ne faisant que reprendre ces très vieilles traditions qui rappelaient anciennement quelque soit l’individu, le lieu, les circonstances et ses croyances, qu’il devait aide et assistance à un de ses Frères en danger.

Sur un champ de bataille, un frère se doit toujours d’épargner le sang d’un autre frère, même si ce dernier est son ennemi.

Ce fut le cas à Waterloo, en 1815, entre les troupes anglaises et françaises, comme durant la seconde guerre mondiale ou encore de l’autre côté de l’Atlantique durant la guerre d’indépendance qui opposait les Anglais aux Américains.

En toutes circonstances et de tout temps, suivant la tradition le Maçon est tenu d’écouter le cri de détresse de celui qui est en danger.

Le compagnonnage est un groupement dont le but comme en partie en Maçonnerie est : l’entraide, la protection, l’éducation, la transmission des connaissances entre tous ses membres.

Ou devrais-je dire la Maçonnerie est un regroupement dont le but est comme en partie le compagnonnage : l’entraide, la protection, l’éducation, la transmission des connaissances entre tous ses membres.

De ce fait, on peut très bien imaginer que cette aspiration ait existée avant le pain et le compas, et il faut bien admettre qu’elle existait, dans sa forme la plus pure, avant l’humanité, c’est-à-dire dès le début des êtres vivants.

Elle a probablement pour origine les grands travaux de construction de l’antiquité. Ceux-ci ont nécessité l’organisation logistique et technique des chantiers et l’utilisation d’ouvriers itinérants ou importés avec les armées ; autrement dit : depuis les premières civilisations sumérienne, babylonienne, égyptienne, et celles qui suivirent…

Aujourd’hui à l’occasion de nos travaux en Loge, la Maçonnerie a adapté sur le plan spéculatif certaines pratiques et usages que les premiers constructeurs des civilisations successives, maçons et tailleurs de pierre avaient depuis très longtemps…

Aussi, ne serait-ce que pour le chemin parcouru et le legs dont ils nous on gratifié, soyons conscients que nous leur devons cette connaissance ancestrale pour être capables de distribuer à nouveau cette re-connaissance dans nos ateliers…

J’ai dit

 

Source : http://fantasy-sur-gaia.over-blog.com/categorie-11071983.html

Par F.: Eric - Publié dans : Planches
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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 06:51

Le f. Introducteur arrive à la porte du Temple ou de la Chambre du milieu, frappe en Compagnon; le T. R. ordonne de suite au Vénérable second Surveillant d'aller à la porte et de voir qui frappe en Compagnon ; le second Surveillant s'étant acquitté de cette commission, vient dire au T. R. que le f. Introducteur présente un Compagnon qui demande à passer de l'Equerre au Compas. Le T. R. ordonne de lui demander s'il a fait son temps et si ses Maitres sont contents de lui, s'il n'a jamais varié dans ses principes, et s'il a toujours le même zèle pour la maçonnerie ; enfin s'il désire de voir le tombeau; à chacune de ces questions que le second Surveillant va lui faire, il doit en venir rendre compte au T. R.; quand il va faire la dernière question, si le Récipiendaire répond, Oui, le T. R. ajoute : Ne l'épargnez pas, faites le entrer dans ce lieu pour qu'il découvre le spectacle qui se présentera à ses yeux.

Le second Surveillant lui arrache son Tablier, tire avec précipitation son épée, lui en présente la pointe de la main gauche ; le Récipiendaire la prend de la main droite et la tient sur son cœur. Il est introduit de cette sorte, on lui fait faire, par ordre du T. R. neuf fois le tour de la chambre du milieu, de l'Orient à l'Occident par le midi. On réduit ces Neuf voyages à trois seulement.

Au premier voyage, le Récipiendaire parvenu à l'Orient salue le T. R. qui lui dit :

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes frères et Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. Donnez-moi le mot sacré d'Apprenti ?

R. Je ne l'ai pas reçu de même, donnez moi la première lettre je vous donnerai la seconde.

Il le donne à la manière accoutumée. Au second voyage le Récipiendaire parvenu devant le T. R. le salue, le T.R. lui dit :

D. Donnez moi le mot sacré de Compagnon ?

R. Je ne l'ai pas reçu de même, donnez moi In première lettre je vous donnerai la seconde.

il le donne à la manière accoutumée.

Au troisième voyage, le Récipiendaire de nouveau parvenu devant le T. R. le salue, et celui-ci lui dit :

D. Donnez-moi le mot de passe d'App. et celui de Comp. .

R . Il les donne.

Après chaque demande que fait le T. R. au Récipiendaire, il ordonne de continuer le voyage par le Nord. Au dernier voyage parvenu à l'Occident, le Récipiendaire reste entre les deux Surveillants. Le T. R. dit au Vénérable 1er Surveillant :

D. Vénérable 1er Surveillant, qui me présentez vous 7

R. Un Compagnon qui demande à passer de l'Equerre au Compas.

D. A-t-il fait son temps ?

R. Il a travaillé et ses Maîtres sont contents de lui.

D. Est-il digne d'être reçu Maître ?

R. Il le mérite par son application et son zèle.

D. Répondez-vous de lui ?

R. J’en réponds.

D. A-t-il vu le Tombeau ?

R. Non, mais il désire le voir.

Le T. R., s'il le juge à propos fait quelques questions au Récipiendaire sur les grades d'App. et de Compagnon. Il faut observer que depuis le moment que le Récipiendaire est entré dans la Loge, jusqu'à ce moment ci, tous les Maîtres ont l’épée à la main, la pointe baissée sur le cercueil.

Le T. R. ordonne au Vénérable premier Surveillant de faire placer le Récipiendaire les pieds en Equerre, et de le faire passer de l'Equerre au Compas en lui faisant traverser le tombeau d'Hiram, par trois pas de Maître, ensuite de le faire approcher de l'autel, où étant arrivé, il met un genou à terre. Le T. R. vis à vis duquel il se trouve, tient son maillet levé, et le Récipiendaire la main droite sur la Bible.

Le T. R. lui dit : Promettez vous, sous les mêmes obligations que vous avez contracté précédemment de garder le secret des Maîtres envers les Apprentis et Comp. et envers les profanes ?

Oui, T. R., répond le Récipiendaire.

Promettez-vous d'être un zélé membre de notre Loge et de vous intéresser à son élévation ?

Oui, T.R., répond le Récipiendaire.

Promettez-vous de ne jamais faire valoir le motif de nos assemblées quoi qu'elles ne fassent pas partie de nos secrets ?

Oui, Très respectable.

Le T.R. fait relever le Récipiendaire et lui dit : Après ce que vous venez de promettre, vous devez sentir ce que peut mériter un parjure, qui serait assez malheureux que de violer son obligation, en révélant nos mystères aux profanes, on ne saurait lui réserver qu'un châtiment proportionné à son crime, il tomberait à mes pieds expirant sous mes coups, et comblerait ce tombeau de son propre cadavre. C'est à des réflexions justes et sages que je vous abandonne, après que vous aurez prêté une oreille attentive au récit que je vais vous faire.

 

Histoire

 

Après la mort de David, Salomon étant monté sur le Trône, et voulant travailler à l'élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hyram roi de Tyr, qui adorait, comme lui, le Roi d'Israël, et lui envoya des Ambassadeurs pour faire alliance avec lui ; il lui demanda les bois propres pour la construction du Temple. Hyram répondit à Salomon, et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans la forêt du Liban et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. Salomon employait à cet ouvrage trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois, par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers et leur entretien étaient payés par Salomon, en bois et en huile. Hyram, roi de Tyr, jaloux de concourir par tous les moyens possibles à l'élévation de cet immortel édifice, envoya à Salomon un ouvrier fameux à travailler toutes sortes de métaux et très instruit dans l'architecture ; il s'appelait Hiram - Abif, il était le fils d'un Tyrien nommé U.s.I et sa mère, qui était alors veuve, était sortie de la tribu de Nephtali. Salomon le fit son grand architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le chargea de la conduite du grand Edifice qu'il élevait à Dieu, et le nomma de plus Inspecteur général de tous les ouvriers du Temple. Hiram les divisa en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons, et celle des Maîtres. Il donna à chaque classe un Signe, un attouchement et un mot, pour pouvoir reconnaître les ouvriers, et les payer selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les endroits où ils devaient passer en revue et recevoir leur payement à la fin de la sixième journée. Les Apprenti s qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J. Les Compagnon s qui étaient au nombre de quatre vingt mille étaient payés à la Colonne B. Ces deux colonnes, comme vous le savez, étaient placées à l'entrée du Temple. La Colonne J au Nord, et la Colonne B au Midi.

Les Maîtres au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur appointement dans la Chambre du milieu.

Tels étaient les arrangements que ce grand homme avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n'aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Surveillants, le premier était proposé pour payer les Compagnons, et le second les Apprentis.

Ils avaient aussi l'inspection sur les ouvriers qui étaient chargés de la police, comme aussi d'accommoder les différends qui naissaient parmi eux. Trois compagnon s mécontents des salaires qu'ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram, le Signe, le mot, l'attouchement de Maître et se proposèrent de l'avoir de gré ou de force, Ce grand homme était en usage à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages. Les trois scélérats attendirent que les ouvriers fussent sortis. Ils furent se poster, un à la porte de l'Orient, l'autre à la porte du midi, et le troisième à la porte de l'Occident. Hiram ayant fait sa ronde et voulant se retirer, se présenta à la porte de l'Occident, le compagnon qui s'y trouvait lui demanda le Signe, le mot et l'attouchement de Maître ; Hiram s'y refusa mais lui promit de les lui donner lorsqu'il aurait mérité le grade ; le compagnon persistait toujours à les lui demander, et voyant qu'il ne pouvait les obtenir, lui donna un coup de règle qui l'étourdit.

Ici, le T. R. donne un coup de maillet sur le front du Récipiendaire.

Hiram revenu à lui tâcha de s'échapper par la porte du Midi, il y trouva le second de ces scélérats qui lui fit les mêmes demandes, il les refusa également, ce compagnon voyant qu'il ne pouvait rien obtenir par la douceur, employa de fortes menaces, elles ne produisirent pas plus d'effet ; transporté de colère des refus qu'il essuyait, il lui donna un coup de marteau sur la tête qui le blessa dangereusement.

Ici le T. R. donne un second coup de maillet sur la tête du Récipiendaire.

// s'enfuit par la porte de l'Orient où il eut bien de peine d'arriver ; il y trouva le troisième de ses assassins qui le menaça de le faire mourir, s'il lui refusait les Signe, le mot et l'attouchement de Maître. Hiram lui représenta qu'il ne pouvait pas les lui donner et que ce n'était pas de cette façon qu'il pouvait les recevoir, que son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu'alors il les lui donnerait volontiers. Ce misérable mécontent de cette réponse, insista à vouloir lui arracher les secrets de Maître par la force ; mais Hiram continue à les lui refuser avec la plus grande fermeté, ce scélérat le terrasse d'un coup de levier qu'il lui donne sur la tête.

A ces derniers mots le T. R. lui donne un coup de maillet sur la tête, comme s'il voulait l'assommer.

Les Surveillants qui sont derrière lui le placent dans le cercueil, le couvrent de suite d'un drap noir, et le visage d'un linge blanc où l'on a répandu quelques gouttes de sang.

Le T. R. ayant gardé pendant tout ce temps le silence, continue : C'est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de donner le Secret du Maître à des Compagnons indignes de le recevoir.

Comme il était encore jour, les scélérats qui venaient de l'assassiner, n'osaient le sortir du Temple, ils le cachèrent sous quelques pierres, et quand la nuit fut venue ils le transportèrent sur le mont Hebron où ils l'enterrèrent à peu de distance d'un acacia. Sept jours s'étant écoulés, et Salomon ne voyant point paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches pour savoir ce qu'il était devenu ; mais n'en pouvant avoir des nouvelles, il rendit un Edit, par lequel il déclarait qu'aucun ouvrier ne serait payé qu'Hiram n'eut été retrouvé mort ou vif. Il ordonne à neuf Maîtres de s'emparer des portes du Temple pour s'informer de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis, s'ils n'auraient quel qu'indice sur l'absence d'Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon leur avait prescrit en faisant des questions à quelques Compagnons; ils soupçonnèrent ceux de ce grade d'avoir assassiné Hiram pour en obtenir le mot de Maître ; mais ce qui les confirma davantage dans leurs soupçons ce fut, qu'ayant visité toutes les loges où les maçons demeuraient par nombre séparé, ils reconnurent que trois Compagnons avaient disparus. Salomon de concert avec les neuf Maîtres décida que si on découvrait le corps d'Hiram, le premier mot qu'ils prononceraient serait celui dont on se servirait dans la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et attouchement seraient en même temps changés. Les neuf Maîtres après avoir fouillé très exactement dans tous les recoins du Temple se divisèrent en trois branches.

Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois par celle du midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne pas revenir qu'ils n'eussent quelque nouvelle d'Hiram ; ils eurent l'attention en faisant leur perquisition de ne s'éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché inutilement pendant huit jours, ils arrivèrent le neuvième sur le mont Hébron l'un d'eux harassé de fatigue se reposa, mais sentant que la terre s'éboulait sous ses pieds, il s'aperçut qu'elle avait été nouvellement remuée, ce qui le surprit d'autant plus que cet endroit et les environs étaient incultes graveteux et stériles ; il appela les autres Maîtres, et s'étant assurés que quelqu'un y pouvait être enterré, sans passer plus avant, ils résolurent d'en instruire Salomon, mais pour retrouver l'endroit à leur retour, ils coupèrent une branche de l'acacia qui était à une petite distance ; ils la plantèrent sur le terrain où ils se proposaient de faire une fouille. Ayant rendu compte à Salomon de cette découverte, ce Prince les engagea d'y retourner et d'y creuser dans l'endroit désigné.

Ici le T. R. quitte sa place, après avoir frappé trois coups de maillet sur l'autel et dit: Mes frères, entourez le cercueil.

Tous les frères placés, ils en font trois fois le tour ; le T. R. marchant le premier. Après le dernier tour, le T. R. s'arrête à l'Orient et tous les frères entourent de nouveau le cercueil. On fait la chaîne. Le T. R. fait passer en silence trois paroles :

La 1ère Le Maître est mort.

La 2° Trois Compagnons l'ont tué.

et La 3° Jéhovah . (ancien mot de Maître).

Après quoi le T. R. continue l'histoire, en disant :

Les neuf Maîtres retournèrent sur le Mont Hébron, ils commencent à fouiller la terre, et reconnurent que c'était effectivement le Corps d'Hiram qui y était caché, ils portèrent tous la main sur la poitrine, en témoignage de douleur et tenant la main gauche tendue en signe d'étonnement et d'horreur, comme si on voulait éloigner un objet odieux. Ensuite, un d'eux le prit par le premier doigt et prononça le mot Jakin , le second le prit par le second doigt, et prononça Booz ; le doigt lui resta à la main, un troisième le prit par le poignet et sentant qu'il se séparait du bras, prononça et dit Makbenak , qui signifie : la chair se sépare des os.

Ici le T. R. ayant relevé le Récipiendaire après lui avoir pris le premier doigt, ensuite le second, ensuite le poignet, il lui dit que c'est là le mot, le Signe et l'attouchement des Maîtres, et que ce signe doit se faire en mettant pied contre pied, genoux contre genoux, poitrine contre poitrine, joue contre joue, et en passant le bras gauche par dessus l'épaule prononçant le mot Makbenak . Enfin, étant convenu que ce mot serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d'exhumer le corps d'Hiram, pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple de Salomon, où il lui fit dresser un tombeau sur lequel il fit poser un médaillon en Or, fait en triangle, où était gravé M. B. Tous les Maîtres assisteront à la cérémonie en tablier et en gants de peau blanche, pour marquer qu'aucun d'eux n'avait souillé leurs mains du sang de leur Chef.

Vous venez de voir dans cette histoire que notre R. M. Hiram a préféré la mort, plutôt que de trahir ses serments. Ainsi doivent être les maçons, ils doivent avoir sans cesse devant les yeux le courage héroïque de ce grand homme et imiter sa discrétion et ses vertus.

Le T. R. après avoir achevé le récit de l'histoire d'Hiram, donne le mot de passe au Récipiendaire, qui est Giblimm ; et lui dit d'aller donner le Signe, l'attouchement, le mot sacré et le mot de passe, aux Vénérables frères premier et second Surveillants, et généralement a tous les frères. Dès que le Récipiendaire a pris sa place, le T. R. aidé des Surveillants commence l'Instruction.

Instruction

D . Etes-vous Maître ?

R . Examinez moi, éprouvez moi, l'Acacia m'est connu.

D . Où avez-vous été reçu Maître ?

R . Dans la chambre du milieu.

D . Comment y êtes-vous parvenu ?

R . Par un escalier dérobé, fait en forme de vis, qui se monte par Trois, Cinq et Sept.

D . Que signifie ces nombres ?

R . Qu'il faut Trois ans pour faire un apprenti, Cinq pour un Compagnon et Sept pour un Maître ?

D . Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. En passant, de l'Equerre au Compas, et traversant le tronc de notre Respectable Maître Adon-Hiram.

D . Sans doute que vous avez été reçu Apprenti et Compagnon

R . J et B me sont connus, et j'ai à ma disposition la Clef de toutes les loges.

D . Qui s'est opposé à votre entrée dans la Chambre du milieu ?

R . Un Vénérable Surveillant.

D . Qu'a-t-il exigé de vous ?

R . Un Signe, un mot, un attouchement.

D . Donnez moi le Signe ?

R . Pour réponse : on le donne.

D . Donnez moi le mot ?

R . Vous savez mieux que moi T.R. que je ne puis le donner qu'en Loge.

D . Nous y sommes.

R. Donnez moi la première partie, je vous donnerai la seconde.

D. Qu'avez-vous vu en entrant dans la Chambre du milieu ?

R . Tristesse, gémissement et lumière.

D. Comment voyagent les Apprentis et les Compagnons ?

R . De l'Occident à l'Orient.

D . Pourquoi ?

R . Pour aller chercher la lumière.

D . Comment voyagent les Maîtres ?

R . De l'Orient à l'Occident.

D . Pourquoi ?

R . Pour aller répandre la lumière.

 

D . Si un de vos frères était perdu, où iriez vous le trouver ?

R. Entre l'Equerre et le Compas.

D . Pourquoi ?

R . Parce qu'un bon maçon ne saurait s'écarter du chemin de la vertu et de la probité.

D. Combien y-a-t'il de portes à votre Loge ?

R . Trois.

D - Comment sont-elles placées ?

R . Une à l'Orient, une au Midi, et l'autre à l'Occident.

D . Comment le savez vous ?

R . On me la dit en m'apprenant la façon dont fut massacré notre T. R. Maître, par trois Compagnons scélérats qui voulurent lui arracher la parole de Maître ou la vie.

D. Comment sait-on que c'était des Compagnons qui avaient commis ce crime ?

R. Par l'appel général qu'on fit des ouvriers auquel trois Compagnons ne se trouvèrent point.

D. La parole ayant été perdue, comment a-t-on pu la retrouver ?

R. Les Maîtres soupçonnant l'assassinat d'Hiram et craignant que la force des tourments ne lui eut arraché la parole de Maître, convinrent entre eux que le premier mot qui serait proféré, en le retrouvant, leur servirait à l'avenir pour se reconnaître, il en fut de même du Signe et de l'attouchement.

D. Combien envoya-t-on de Maîtres à la recherche d'Hiram ?

R. Neuf, désignés par les neuf lumières qui éclairent la Chambre du milieu.

D. Où trouva-t-on le corps de notre Respectable 'Maître ?

R. Dans un tas de décombres d'environ neuf pieds cubes, sur lequel on avait planté une branche d'acacia.

D. A quoi devait servir cette branche ?

R. Aux Maîtres qui furent envoyés à la recherche du corps d'Hiram, pour reconnaître l'endroit où ils soupçonnaient qu'il avait été enterré.

D. Combien avez-vous vu de grandes lumières ?

R. Trois.

D. Nommez les moi.

Le Soleil, la Lune et l'Etoile flamboyante.

D. Pourquoi trois lumières ?

R. Parce qu'une bonne Loge ne saurait être trop éclairée.

D. Où avez vous passé pour parvenir au Grade de Maître ?

R. Entre deux colonnes et un portique.

D. Quelle était la largeur et la hauteur de ce portique ?

R. D'une telle proportion qu'aucun profane ne pouvait passer.

D. Où avez vous reçu des gages en qualité de Maître ?

R. A la Chambre du milieu.

D. Avez-vous été payé ?

R. Je suis content.

D. Qu'avez vous vu de plus dans la Chambre du milieu ?

R. Une grande lumière plus éclatante que le soleil, au milieu de laquelle j'ai aperçu la lettre G.

D . Que signifie la lettre G. ?

R . Elle est l'initiale du mot Got, qui en anglais, signifie Dieu.

D . Que venez vous faire ici ?

R . Chercher ce qui était perdu, et qu'avec votre secours, j'espère recouvrer.

D . Qu'est-ce qui était perdu ?

R . La parole de Maître.

D . Comment fut-elle perdue?

R . Par trois grands coups et par la mort d'Hiram.

D. Où fut-elle retrouvée ?

R . Dans son Tombeau.

D. Quelle forme avait ce Tombeau ?

R . Trois pieds de largeur, Cinq de profondeur et Sept de longueur.

D. Quelles sont enfin les marques distinctives des Maîtres?

R . Un Signe, un attouchement, deux paroles, et les cinq points parfaits de la Maîtrise.

D . Quel est le mot de passe de Maître?

R . Four réponse on le donne.

D . Comment vous nommez vous?

R. Acacia est mon nom.

D. Lorsqu'un Maçon est en danger, que doit-il faire pour appeler

les frères à son secours?

R . Il doit faire le Signe de Secours et dire

D Que signifient ces mots ?

R. Que les maçons se regardent comme les descendants d'Hiram et se disent Enfants de la Veuve.

D . Quel âge avez-vous en qualité de Maître ?

R . Sept ans.

D. Que signifie cet âge ?

R . Le temps que Salomon employa à construire le Temple.

D. Où se tient le T. R. Maître ?

R. A l'Orient.

D. Pourquoi ?

R . A l'exemple du soleil qui commence et ouvre la carrière du jour du côté de l'Orient, de même le T. R. Maître s'y tient pour ouvrir et éclairer la Loge, et mettre les ouvriers en œuvre.

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillants ?

R . A l'Occident.

D . Pourquoi ?

R . A l'exemple du soleil qui termine la carrière du jour vers cette partie du monde, de même les Vénérables Surveillants s'y tiennent pour payer et congédier les ouvriers, et fermer la Chambre du milieu.

D . Sur quoi travaillent les Maîtres ?

R . Sur la planche à tracer.

D . A quoi sert-elle ?

R . A tracer les plans qui doivent servir de règle aux Compagnons.

D . Quelles doivent être les qualités d'un Maître 7

R . Sagesse, force et beauté.

D . Comment peut il réunir ces qualités si rares ?

R. La sagesse, dans ses mœurs, la force, dans l'union avec ses frères ; et la beauté dans son caractère. Pour fermer les Travaux dans la Chambre du milieu .

 

D . Vble 1er Surv. quel âge avez-vous en qualité de Maître ?

R . Sept ans.

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillants ?

R . A l'Occident.

D . Pourquoi ?

R. A l'exemple du soleil qui termine sa carrière à l'Occident, les Surv. s'y tiennent pour aider le T. R. à fermer les Travaux de la Chambre du milieu.

D . Quelle heure est-il ?

R . Il est minuit.

Il est donc temps de fermer les Travaux dans la Chambre du milieu.

Le T. R. frappe 3 fois 3 coups. Les V. Surv. les répètent. Tous les frères frappent ensuite ensemble 3 fois 3 coups dans leurs mains et disent trois fois......

Ensuite le T.R. dit aux V. Surv. :

Avertissez les frères que les travaux sont fermés dans la Chambre du milieu. Et chacun se retire.

Source : http://legende-hiram.blogspot.be/

Par Rituel Mère Loge Ecossaise - Publié dans : Rites et rituels
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Jeudi 4 octobre 2012 4 04 /10 /Oct /2012 07:20

1) Théisme est d’origine grecque, et déisme d’origine latine. A priori ils ont la même signification, mais les usages philosophiques ont opéré une distinction entre les deux mots. Si bien que

Théisme est une doctrine qui affirme l’existence personnelle d’un Dieu révélé et son action providentielle dans le monde.
Déisme est le système de ceux qui, rejetant toute révélation, se réfèrent à l’existence d’un concept divin qui induit une religion naturelle.

Le théiste croit, le déiste édifie une conviction.

2) Le système déiste est notamment celui des religions animistes, très anciennes, et présentes sur tous les continents, sous des formes diverses, assez discrètes et peu connues. Mais le système déiste qui nous intéresse dans ce travail est celui qui est induit, une conviction, par la science ou la philosophie et qui se rejoignent finalement, car ils font tous deux appel au raisonnement. Les déistes proviennent souvent des religions révélées et leur déviance est définie par l’expression théisme insatisfait.
Ainsi, les trois Religions du Livre connaissent leurs déviations :

-Les Juifs ont plusieurs courants déistes, notamment le Gaon de Vilna (fin XVIIIe siècle) et, avant cette époque, le courant dont était issu Spinoza, entre autres.

-Les Chrétiens, du 4ème siècle à nos jours, n’ont cessé de produire des courants gnostiques, tous qualifiés d’hérétiques ; et depuis le 19e siècle, ces courants chrétiens se sont différenciés par l’intermédiaire des sciences et des philosophies. Les philosophes de références étaient Socrate, Voltaire, Descartes, Nietsch et Bergson.
Les Scientifiques étaient Aristote (inspirateur de Teilhard), Galilée, Darwin, Teilhard de Chardin, Einstein et plusieurs mathématiciens et physiciens.
Mais ces deux listes ne sont pas exhaustives. On pourrait leur ajouter S. Freud qui se situe entre science et philosophie.

-Les Musulmans ont connu, eux aussi, une dérive au XIIe s. avec la réapparition d’un courant de pensée gnostique nommé le Soufisme. Chose curieuse, cette dérive est très semblable à celles des Juifs et des Chrétiens, et ce, pour une raison historique : la cohabitation en Espagne des Sages des trois religions du Livre qui travaillaient ensemble dans « Les Maisons de la Sagesse » (jusqu’au XIIe s)jusqu’à ce que la reine Isabelle la catholique fasse contre Juifs et Musulmans une guerre sans merci. Autre point commun entre nos trois religions : les hérétiques de chacune d’elles furent chassés et massacrés par les purs et durs défenseurs des religions. Cela dure encore car les Soufis sont massacrés en Indonésie en plein XXIe siècle.

Toutes ces gnoses ont une origine philosophique commune très ancienne qui prend sa source dans les religions égyptiennes du temps de Moïse, qui diffusa sa religion dans tout le Moyen Orient, lequel diffusa ensuite autour de la Méditerranée et l’Europe (doctrine du Verbe Lumière).

-Enfin, pour boucler succinctement ce tour d’horizon gnostique, je signalerai un phénomène typiquement européen , ce fut l’apparition à la fin du XVIe et début du XVIIe siècles des loges et obédiences maçonniques en Angleterre. Ce pays était alors en pleine guerre entre une dizaine de religions chrétiennes et un groupe de savants et de sages dont le plus connu est Newton inventèrent une « religion laïque » universelle, la franc maçonnerie. Elle s’est depuis diffusée dans le monde entier, englobant des hommes de toutes religions de la terre, qui travaillent et fraternisent dans la quête spirituelle. Sauf exception, la franc maçonnerie régulière est déiste et se réfère au concept du Grand Architecte de l’Univers.


3) -Les courants déistes ont l’avantage de se référer à des personnages historiques dont les arguments sont basés sur des raisonnements scientifiques connus et réels.
-Les courants théistes se réfèrent à des paroles révélées par Dieu à des personnages mythiques ou légendaires dont les arguments ne laissent aucune place à la réflexion logique.

Les arguments déistes touchent des minorités instruites, dotées d’esprit critique, portées sur la recherche spirituelle.
Les arguments théistes touchent le plus grand nombre, composé des personnes qui ne veulent pas perdre leur temps à réfléchir sur des choses qu’ils jugent hors de portée humaine et qui, malgré tout, vivant dans la crainte de la mort, souscrivent à une « assurance » de vie spirituelle en adhérant aux dogmes et doctrines religieux.

Je me refuse à porter un jugement de valeur sur les courants déistes et théistes,les deux ont probablement raison et je voudrais démontrer qu’ils sont complémentaires car ils procèdent du même phénomène de révélation mais ni au même moment ni au même endroit.

4) Pour ne parler que de la religion Catholique, majoritaire en France, elle était créationniste il y a quelques décennies, jusqu’à ce qu’un pape déclare urbi et orbi que « La théorie de l’évolution n’est plus une hypothèse ». C’est un progrès mais qui n’engage pas beaucoup … Pour engager la religion Catholique dans la voie de l’évolution ce pape aurait dû dire que la théorie de l’évolution étant avérée et incontestable, l’Eglise Catholique l’intègre dans sa doctrine et en accepte toutes les conséquences.
On pourrait présenter les arguments des physiciens comme Hubert Reeves, parmi beaucoup d’autres, mais je préfère présenter le principe d’évolution selon Teilhard de Chardin, énoncé dans les sept points ci-après :

(a) Existence d’un Principe Divin, hors espace/temps, défini comme Force et Information de toute chose.
(b) Création de l’univers par ce Principe. Moment 1 (big bang), début de l’espace/temps. Point Omega Créateur.
(c) Evolution de la matière ainsi créée sous des formes de plus en plus complexes. Point Omega évoluteur.
(d) Avec l’augmentation par paliers de la complexité de la matière, manifestation du phénomène de centréité, lequel va de paire avec l’apparition de la conscience en des états primitifs.
(e) Evolution du principe complexité/centréité/conscience jusqu’à l’apparition de la vie.
(f) Dans le prolongement de cette évolution, franchissement du palier de la réflexion, l’Homme est arrivé ; début de la noosphère (sphère de pensée).
(g) Dans le prolongement de la noosphère (Teilhard nomme ce phénomène « atomisme de l’esprit »). Ce phénomène humain se produit sur toutes les planètes habitables de l’univers et se termine par le point Omega attracteur avec, si possible, plus d’esprit qu’il n’y en avait au point (a).

5) Devant une telle courbe ascendante de l’évolution que l’on peut facilement concevoir dans notre tête, la création peut être placée au point (b) ou au point (f). Dans les deux cas il y a création et il y a évolution. On constate ainsi combien la guerre entre créationnistes et évolutionnistes est stupide. Les deux clans ont raison, mais pas au même moment. Mais ce n’est pas là que je veux en venir (voir ci-après).

6) Antagonisme théisme / déisme. Si l’on se réfère aux définitions que je leur ai données au début de cette réflexion, on voit que la doctrine du théisme est proche du créationnisme alors que le principe du déisme est tout à fait compatible avec l’évolutionnisme ; en tous cas c’est ainsi que philosophes et théologiens conçoivent la question s’ils sont de bonne foi.

Quant à moi, je pense que « l’effet de clan »se loge dans les chromosomes des hommes, ils sont à l’affût de la moindre différence pour justifier la prise de pouvoir du clan de chacun sous la bannière de cette différence. Le plus grand rêve de l’Homme est le pouvoir et tous les moyens sont bons pour le conquérir. Il ne reste plus qu’à cimenter les arguments de leurs différences en utilisant la philosophie et la théologie : on prend un grain de sable et on en fait une montagne (c’est le cas de certains philosophes qui n’ont rien d’important à dire).

7) Comment une telle contestation a-t-elle pu évoluer pour en arriver à la divergence déisme/théisme ?

Les déistes descendent au fond d’eux-mêmes pour méditer (principe socratique) et pensent par eux-mêmes (principe voltairien). Ils arrivent à la conviction que le principe de l’Esprit Divin est contenu dans la matière depuis ses états primitifs jusqu’aux plus élaborés. Cette manière de penser conduit tout droit au panthéisme (Dieu-nature). Sur cette base la révélation divine se fait en chacun, dans la mesure où elle est recherchée.

Les théistes se réfèrent à des personnages humains et légendaires à qui Dieu a révélé la vérité : Abraham, Moïse, Jésus, pour ne considérer que les religions judéo chrétiennes , excluant ainsi toutes les autres religions, lesquelles se comportent de la même manière. Ces révélations autant mythiques qu’anciennes pourraient s’analyser selon le système de méditation des déistes, mais elles ne le font pas, « ça ne ferait pas sacré » car ces révélations méditatives peuvent se produire théoriquement dans chaque être humain suffisamment préparé à la recherche spirituelle.

8) La vraie raison du rejet de la voie déiste par les préceptes des religions chrétiennes réside justement dans le fait que si tout être humain a la possibilité d’accéder lui-même, tout seul, à la vérité, ne serait-ce que partiellement, non seulement les chefs religieux sont inutiles mais il ne devient plus possible d’édifier un appareil religieux susceptible d’influencer les chefs d’états, voire même d’accéder à la théocratie. Depuis toujours les religions ont ambitionné cela et l’ont bien souvent obtenu.

Depuis toujours les gnostiques de toutes confessions, eux qui pensent autrement, ont été persécutés, exclus et c’est encore le cas à notre époque, partout où on élève des murs du silence. Les bûchers n’existent plus en Occident, mais les religions ont été récupérées par les révolutionnaires de toutes mouvances pour créer des casus belli et passer à l’acte. Les affrontements des islamistes contre les satans de l’Occident ne sont pas autre chose.
Aux U.S.A. les luttes d’influence entre créationnistes et évolutionnistes n’est rien moins qu’une guerre pour le pouvoir. Idem pour l’excommunication des francs maçons.

L’interdiction par le Vatican faite à Teilhard de Chardin de publier ses œuvres n’a pas d’autre cause. On peut y revenir succinctement. Dans les années 1920 un ami de Teilhard travaillant à Rome au Saint-Office lui demanda son avis sur la notion de « chute originelle ». Naturellement, Teilhard répondit que de chute il n’y avait point (il dit lui-même que le concept de péché originel était un repoussoir pour les athées), mais surtout, il a avancé que, bien au contraire, non seulement il n’y avait pas « chute » mais qu’il y avait une « montée » évolutive. De cette réponse, le Saint-Office a déduit qu’en l’absence de péché originel la notion de Rédempteur était menacée, entraînant l’effondrement de tout le dogme chrétien.

En missionnant Teilhard pour de la paléontologie en Chine, les Jésuites lui ont évité une disparition totale mais, soixante ans après, nous en sommes toujours au même point, malgré les tentatives de récupération de la pensée teilhardienne par l’Eglise ; pensée expurgée bien entendu.

9) Les 10 et 11 juin 2010, la Faculté Catholique de Lyon organise un colloque dont la problématique sous jacente est la suivante : Comment croire en la création sans être créationniste ?
Je répondrai à cette question en disant : en étant évolutionniste !

L’Eglise est empêtrée dans cette problématique de l’évolution. Que n’a-t-il pas été dit pour célébrer le 200ème anniversaire de la naissance de Darwin ? Que d’huile a été jetée sur le feu entre déisme et théisme, opposition sous un autre angle de la lutte entre créationnistes et évolutionnistes. Dans plusieurs siècles ce combat ne sera pas terminé, il n’y aura plus de feu faute de combattants, chacun aura sa propre religion et ne pourra faire la guerre qu’à lui-même. La Fatwa du Coran nous est présentée faussement : elle n’est pas la guerre sainte contre les infidèles, mais la Guerre Sainte contre le mal qui est en nous, alors, nous pourrons dire Vive la Fatwa. Quand l’Humanité aura vaincu le mal qui lui est intrinsèque, elle sera achevée dans le Point Omega.

L’Humanité s’achemine probablement vers une religion universelle et personnelle, qui n’est pas incompatible avec le concept de Christ Universel ; phénomène à ,haute probabilité.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/

Par Jean-Pierre-Fresafond - Publié dans : spiritualité
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Jeudi 4 octobre 2012 4 04 /10 /Oct /2012 07:17

Selon Irène Mainguy faire un inventaire des documents afférant au grade de Rose-croix est une œuvre titanesque, ce grade est installé à Lyon par Willermoz en 1761 et régi par le rituel de la bibliothèque historique de la ville de Paris de 1765: Chevalier de l’Aigle et du Pélican, Souverain Prince de Rose-croix et d’Hérédom. René Le Forestier a retrouvé dix huit versions, entre 1760 et 1790, de ce grade.

Son origine a fait l’objet de plusieurs hypothèse; si l’on admet qu’il n’a aucun rapport avec les rosicruciens allemands et Les Noces Chimiques de Christian Rosenkreuz (1489), il pourrait être d’origine alchimiste et remonter au Très Respectable frère Raymond Lulle (1235-1315), que l’on qualifie de grand maçon et qui est à l’origine d’une monnaie frappée en Angleterre comportant sur une face la croix représentant les quatre éléments et sur l’autre, une rose; l’origine est plus vraisemblablement la maçonnerie écossaise comme le montre la référence à Hérédom, qui mérite quelques explications sémantiques:certains voient dans ce mot le déformation du mot hébreu "harodim" qui signifie surveillants ou du latin haeredum héritage. Ragon pense qu’il peut s’agir de voile, au conciliabule de Saint-Germain en Laye pour les partisans qui accompagnent en cette résidence Charles Edouard. Hérédon signifierait tout simplement: le château de St Germain où résidait le prétendant. Il s’agit en fait d’une référence au rite d’Hérédon de Kilwinning, car la première loge de ce nom se réunissait au sommet d’une montagne au nord ouest de l’Écosse. Seul problème, c’est que cette montagne n’existe pas et, est purement mythique. Ce rite esthétiquement séduit par la médaille de la croix et de la rose en aurait fait son symbole.

Historiquement, et toujours pour Iréne Mainguy, le rosicrucianisme est l’une des survivances qui apparut à la suite de la destruction de l’Ordre du Temple, ce qui explique qu’il emprunte beaucoup au christianisme ainsi qu’à la littérature courtoise des troubadours dans lesquelles la rose était devenue un symbole d’amour. On y retrouve de nombreux éléments de l’hermétisme. René Guénon pense qu’à ce grade, celui qui est parvenu à un certain degré dans la pratique de l’alchimie "intérieure" est capable de projeter au dehors les énergies qu’il porte en lui-même.

Chevalier de l’Aigle, nom le plus ancien, vient du fils du Grand Architecte de L’Univers. L’aigle étant le symbole de la Puissance Suprême du Père, c’est aussi l’attribut de saint Jean.

Chevalier du Pélican, cette image du pélican frappant son corps avec son bec pour nourrir ses petits de son sang est représentative du sacrifice de Jésus sur la croix.

Ce grade est appelé aussi Chevalier de Saint André, patron de l’Écosse. Les chevaliers défilant le jour de la Saint André, en grande pompe, pour faire impression sur le peuple écossais et flatter son patriotisme.

Enfin il est dit aussi: Parfaits Maçons, parce qu’il s’agissait du grade le plus élevé et le plus éminent, le septième, le grade du Temple vivant, le symbole du Rédempteur. Tous les frères admis à ce grade devaient être chrétiens. En France, l’admission était présentée comme conférant une sorte de noblesse personnelle. Chevalier était un titre réservé aux descendants des familles nobles jouissant du privilège de porter l’épée. En loge tous les frères portaient l’épée, égalité qui flattait les roturiers.

Image de cette éminence, les Princes de Rose-croix ont le droit de tenir le maillet dans toutes les loges symboliques où ils se présentent. Ils prennent place à côté du Vénérable, si cet honneur ne leur était pas offert ils se placeraient après le dernier apprenti en signe d’humilité.

Pour un chapitre, assemblé d’obligation six fois par an: le jeudi saint, le jour de Pâques, le jeudi d’après Pâques, le jour de l’Ascension, le jour de Pentecôte, le jour de la Toussaint et les deux jour de Saint-Jean. On ne saurait coller de plus près à la chrétienté.

Les chevaliers Rose-croix sont obligés de faire la charité aux pauvres, de visiter les prisonniers, les malades, de les secourir. Ils ne peuvent se battre en duel contre un autre chevalier et, à leur mort, doivent être enterrés, avec leur cordon, en présence de leurs frères porteurs de leurs cordons sous leurs habits. Ce grade possède, selon Jean Palou, tous les aspects d’une véritable fraternité au sens de la Caritas médiévale.

En un mot, les Chevaliers Rose-croix sont les grands seigneurs chrétiens de la Maçonnerie. Essayons de voir pourquoi ils ne pouvaient être que chrétiens, indépendamment du fait que cela favorisait grandement, auprès des pouvoirs en place, l’autorisation de se réunir.

Du point de vue HISTORIQUE, Louis XV est roi de France. Son règne est marqué par une série ininterrompue de guerres. Guerre de succession d’Autriche, 1740-48, France, Prusse, Bavière, Saxe, Espagne contre Autriche et Angleterre terminée par le traité d’Aix-la-Chapelle, dont la France ne tire aucun avantage. Souvenons-nous de Fontenoy, où le comte d’Anteroches clame "messieurs les anglais, tirez les premiers!", ce qu’ils ne manquèrent pas de faire pour gagner la bataille. Puis la guerre de Sept ans, 1756-63, où France et Autriche sont opposées à l’Angleterre, se termine par la perte de l’empire colonial français d’Inde et d’Amérique, Canada et Acadie, défaite conclue en Acadie par le Grand Dérangement, qui est sans doute le premier génocide de l’histoire. En 1765, la France a donc tout perdu.

L’année 1764 voit l’expulsion des jésuites, qui étaient devenus de véritables banquiers, habiles à gérer les biens, pleins d’imagination et d’initiatives de par le monde entier. Il faut dire que les jésuites étaient proches du pape, alors que les relations de Louis XV et du pape n’étaient pas au mieux. Cela conduisit à une réhabilitation de l’esprit janséniste, plus porté au conservatisme garantissant les avantages acquis. Or, nous verrons que le Grand Maître, le comte de Clermont est proche des jansénistes.

Le XVIIIe siècle est le Siècle des LUMIERES, qu’illustrent en France l’aventure intellectuelle des Montesquieu, Voltaire, Diderot, d’Alembert, ou Rousseau; mais phénomène qui intéresse toute l’Europe: Newton et Locke en Angleterre, Wolf et Kant en Allemagne mais aussi en Scandinavie, en Espagne, en Italie, etc.

Des courants animent ces lumières. Les radicaux, disciples de Spinoza, refusent la révélation religieuse, rejettent les miracles et tout surnaturel, nient la création du monde, l’immortalité de l’âme, combattent la monarchie, la hiérarchie entre les sexes. Idées radicales, peu présentes en France, mais qui se répandront au XIXe siècle. Mais au XVIIIe, la grande majorité des intellectuels des Lumières sont plus modérés, restent déistes, tolérants envers les religions, s’accommodant de compromis avec l’organisation sociale en place, mais soucieux d’égalité, de justice, faisant leur l’humanisme qui débouchera, après la Révolution, sur le romantisme.

La diffusion de ces idées est favorisée par l’Encyclopédie de Diderot (1750), la multiplication des bibliothèques tant universitaires que privées, l’immense circulation à travers les frontières de manuscrits souvent clandestins, les sociétés savantes qui se créent partout, les revues et surtout les salons très à la mode à Paris, celui de Madame du Deffant fréquenté par Fontenelle, Marivaux, Montesquieu, Voltaire qui a clairement souhaité la Révolution, Rousseau qui rêve d’une société égalitaire et qui propose l’Être Suprême , Diderot, Beaumarchais qui fait dire à Figaro à l’adresse de l’aristocratie: "qu’avez-vous fait pour tous ces biens? Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus!" Il est sûr que nombre de Maçons ont fréquenté ces salons. Évolution des idées qui est patente en musique ou au classicisme de Bach (citons Cioran, "personne ne doit plus à Bach que Dieu") va succéder Mozart, où l’homme est omniprésent, mais avec Dieu, ce n’est pas encore Beethoven et le romantisme.

Où en est la Franc-maçonnerie en 1765? Les constitutions d’Anderson datent de 1723 et 1738. Les maçons initiés selon ces règles sont obligés de professer la religion de leur pays jusqu’en 1751, où il est stipulé, "laissons à eux-mêmes leurs opinions particulières…"

Les statuts de 1755, dressés par la R\L\ de Saint-Jean de Jérusalem, dont le Comte de Clermont est vénérable, sont un retour à l’orthodoxie catholique: "Dieu étant notre chef… hommes craignant Dieu et ayant le baptême" définit le maçon. Le jour de la Saint-Jean tous les maçons vont à la messe. La Franc-maçonnerie française se démarque de la Franc-maçonnerie andersonienne plus tolérante.

Louis de Bourbon Condé, comte de Clermont et abbé de Saint-Germain des Prés, est élu Grand Maître en 1743, et fait en 1766 "grand croix rouge", sommet de la hiérarchie du rite Écossais. Il se vantera de n’avoir octroyé le grade de R\+C\ qu’à un petit nombre de FF\. Il sera relevé de son commandement militaire après la défaite de Crefeld en 1758. Il reste grand maître et meurt en 1771, dans la plus grande dévotion.

Qui étaient les Francs maçons avant la Révolution, hommes libres toujours accompagnés de leur servant, (sauf au grade de R\+C\)? Au milieu du siècle beaucoup de nobles et de prêtres peuplent les loges. La noblesse contribue à la propagation des idées philosophiques des lumières sans doute, mais n’est pas seule dans ce rôle. Les loges avaient favorisé la fusion da l’aristocratie avec la bourgeoisie d’argent mais il faut reconnaître, qu’à la veille de la Révolution, il n’y a plus beaucoup de nobles dans les loges, à tel point qu’un maître de ballet sera élu grand Maître.

La F.M. est donc chrétienne et même catholique en France. Certaines loges n’admettent pas de Juifs car elles sont dédiées à Saint Jean-Baptiste que les Juifs ne reconnaissent pas, pas plus que la divinité du messie (ils ne sont pas initiables –règlement des loges de Bordeaux du 12 février 1791). La Maçonnerie opérative était chrétienne, Anderson a-t-il tenté de la déchristianiser pour lui fixer un horizon plus vaste, l’universalité des croyants?

En 1765, le premier rituel de Rose-croix est donc chrétien et même complètement catholique et nous comprenons très bien à la lumière de ce qui précède qu’il ne pouvait en être autrement (le pourcentage d’agnostiques ou d’athées ne devait pas dépasser 1 à 2 % des lettrés de l’époque et était par définition nul chez les Maçons). Ce rituel comporte beaucoup de points forts que nous retrouvons aujourd’hui. Notre propos n’est pas de les relever mais au contraire de relever ce qui en a disparu et notamment ce qui en faisait un rituel grandement inspiré du Nouveau Testament.

Devant le plateau du Très Sage, le rituel oblige un tableau représentant la résurrection de Jésus sortant du tombeau, devant les soldats romains endormis. En dehors des deux temples, noir et rouge, que nous connaissons, il y en a un troisième, plus petit, éloigné des deux autres, destiné à représenter l’enfer, avec têtes de mort, et os en sautoir, murailles tapissées de flammes et de figures humaines douloureuses condamnées aux enfers, enchaînées. Spectacle qui doit inspirer l’horreur et la haine et convaincre l’impétrant d’avoir à se bien comporter. Le candidat devra se mettre à genoux plusieurs fois notamment pour recevoir la requête lui donnant le jour et l’heure de son initiation, requête qui lui sera jetée à terre. Il ne cessera de faire des vœux au Ciel pour la prospérité et la santé des Chev\ R\+C\. L’impétrant entend plusieurs recommandations impératives: "un chevalier doit, par honneur, adorer son Dieu", "Dieu nous soit en aide et bénissons tous son saint nom".

Le premier appartement représente le Mont Calvaire, il est orné de 33 lumières pour marquer les 33 années de la vie de Jésus, à l’Orient est un Christ en croix. A la fin il est dit au nouveau Chev\ R\+C\: "vous venez de voir, par votre réception, l’allégorie de la mort et de la résurrection de Jésus, que la parole retrouvée, Jésus de Nazareth Roi des Juifs, se renforce dans nos travaux par la tempérance, la justice, la force". La cérémonie de table qui suit est la commémoration de la Pâque et de l’apparition de Jésus à ses disciples en Emmaüs, enfin elle se termine par une prière au souverain créateur.

Ce rituel de départ ne pouvait durer du fait de son caractère chrétien trop excessif. Le G\O\ a donc modifié le rituel, à la fin du XVIIIe siècle en ne gardant que le mythe de Jésus utilisé par le récipiendaire pour sa réflexion symbolique comme il a utilisé le mythe d’Hiram ou de Zorobabel.

A propos de la formule INRI, signalons que le rituel de Francken, parti de France avec Morin en 1761, avait déjà supprimé la formule Jésus de Nazareth Roi des Juifs dés 1784 lors de l’initiation pour ne conserver que le questionnaire: "d’où venez-vous? De la Judée, par quelle ville avez-vous passé? Par Nazareth, quel est le nom de votre conducteur? Raphaël, de quelle tribu êtes-vous? De celle de Juda, rassemblez les initiales de ces quatre mots: elles forment INRI". Sans donner de sens à ce mot. L’interprétation alchimique ne viendra que beaucoup plus tard.

Ce rituel comporte, dans l’ambiguïté de son texte, tous les germes modificateur dont il sera l’objet dés la fin du XVIIIe siècle

 source : http://sog2.free.fr/

Par Chap\Candeur, Bordeaux - Publié dans : Planches
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