Lundi 8 octobre 2012 1 08 /10 /Oct /2012 07:29

Je vous présente , ce midi , une planche sur « Le Serment ».
N’ayant jamais entendu traiter ce sujet depuis mon entrée en maçonnerie , j’avancerais prudemment , avec le souhait de voir de plus éclairés que moi vous apporter leurs lumières.
Tout d’abord , un peu d’histoire.
C’est dans la cérémonie de réception des Maçons opératifs , dès le Moyen-Age que se trouve certainement l’origine de notre actuelle cérémonie d’initiation.
Même si nous n’avons que peu de renseignements sur le déroulement précis de cette réception , elle s’adressait au Compagnon et rien n’indique que l’Apprenti était au centre d’une quelconque cérémonie.
Le manuscrit des Old Charges atteste , dans la maçonnerie spéculative anglaise où ce manuscrit était partiellement lu à l’impétrant, que la cérémonie d’initiation comportait essentiellement le serment et la communication des secrets , complétés par la remise du tablier.
Ces éléments centraux s’entourent des « perambulations » autour de la Loge , manière particulière d’avancer vers l’Orient pour y prêter serment sur les Trois Grandes Lumières.
Pour ceux qui se seraient plongé dans l’histoire de la Maçonnerie spéculative , force est de constater les multiples variantes rituelles qui ont existé au fil du temps.
Différents textes permettent d’affirmer que l’usage du serment appartenait à la Maçonnerie Ecossaise du XVII°siècle , Maçonnerie de transition conduisant de la Maçonnerie opérative à la Maçonnerie spéculative.
Dans les Loges françaises et pour autant que nous le sachions , dans les Loges continentales en général , la Bible est ouverte au Prologue de l’Evangile de saint Jean et , dès le XVIII° siècle le serment est prêté sur ce Prologue.
L’usage de prêter serment sur l’Evangile de saint Jean appartenait à la Maçonnerie anglaise qui l’avait transmis à la France , mais il a un temps disparu du fait de la déchristianisation.
Une anecdote à ce sujet :
Je cite un procès verbal de la descente de police effectuée le 8 juin 1745 dans une Loge se réunissant dans l’hôtel de Soissons à Paris :
« On est esté indigné de voir qu’au milieu des puérilités , des indécences et même des choses irreligieuses de cette réception , on fasse prêter un serment sur l’Evangile de Saint Jean… »
Le Lieutenant de Police Hérault mentionne déjà la divulgation de ce serment en 1737 et il est très choqué de ce qu’il considère comme une profanation de l’Evangile.
Reprenant ma planche sur le REGIUS je retrouve dans ce poème de 500 vers qui énumère les règlements du Métier , le point 14 qui parle du serment des Maçons :

« Il doit prêter là un bon et fidèle serment
A son maître et à ses compagnons qui sont là ;
Il doit être inébranlable dans sa fidélité
A toutes ces ordonnances , où qu’il aille,
Et à son seigneur lige le Roi
Etre fidèle par dessus tout ;
Sur tous les points susmentionnés
Il faut que tu sois assermenté ;
Et tous doivent prêter le même serment
Des maçons , de gré ou de force
»
Vers 429-438

Le « là » dans la première phrase citée désignant l’assemblée qui est témoin du serment.
Qui prête serment ?
Le vers 428 du REGIUS parle de « celui qui sera dans la crainte » , or celui qui est dans la crainte de par la discipline stricte où le tient le Maître , c’est l’apprenti.
Comme nul texte n’affirme que l’apprenti prête serment , il faut envisager que c’est au sortir de l’apprentissage , au moment de venir compagnon que ce serment est exigé.
Celui qui a prêté serment « sera dans la crainte du parjure et de son châtiment »comme le rappelle notre rituel.
Point d’orgue de la cérémonie d’initiation , le serment consacre de manière solennelle et devant témoins , l’union de l’impétrant avec la Franc-maçonnerie.
Aussi longtemps qu’il n’a pas été prononcé , l’impétrant ne peut pas être créé , constitué et reçu Franc-maçon.
A partir de là , il est facile de considérer qu’il est la finalité de la cérémonie , l’engagement sans lequel l’entrée en initiation et sa poursuite sont impossibles.
L’initiation est une démarche volontaire , librement choisie et acceptée , c’est une forme de contrat passé entre deux parties , l’Ordre Maçonnique
et le nouvel apprenti dont il garantit réciproquement la loyauté et la fidélité.
C’est ce « réciproquement » qui a tant nourri notre réflexion , bien avant la cérémonie d’initiation , lorsque l’impétrant se présente , que sa lettre de motivation est lue , ainsi que les 3 enquêtes réglementaires.
En premier lieu , le candidat a t’il exprimé une réelle motivation à nous rejoindre ? Sa démarche semble-t-elle fondée ?Correspond-il à nos critères généraux ?
En second lieu , la Loge sera-telle capable d’accueillir et d’accompagner un tel candidat ? Pour la sérénité de la Loge et pour le bonheur de l’impétrant !
C’est donc , bien avant le prononcé du serment que cet engagement réciproque est évoqué et c’est l’assemblée entière des Frères qui s’y engage ou s’y refuse par un vote secret.
Ce serment solennel est d’ailleurs fragmenté en plusieurs étapes.
Dans le cabinet de réflexion , lors de l’épreuve de la Terre , le testament philosophique rempli par le candidat comporte une partie qui n’est pas incinérée dans laquelle engagement est pris de respecter un certain nombre d’obligations vis à vis de l’Ordre et de la Loge.
La signature est obligatoire pour attester de la complète connaissance des
engagements acceptés.
Personnellement , je ne me souvenais pas clairement de ce formulaire signé il y a bien longtemps.
Pour avoir vécu , dirigé et assisté à de nombreuses initiations , je me rappelle qu le Vénérable Maître en chaire demande à plusieurs reprises à l’impétrant s’il accepte d’aller plus avant dans la cérémonie , jusqu’à un dernier avertissement décisif qui prévient qu’à ce stade , il ne sera plus possible de se rétracter.
Reconnaissons que le candidat parvenu au terme des épreuves étonnerait son monde en disant : « Non , j’arrête là ! ».
L’engagement maçonnique se fait donc graduellement , prudemment , laissant à chacun la liberté totale d’aller au bout de son projet d’adhésion et jalonné d’avertissements réitérés avant que le serment définitif ne soit prononcé , face à l’Orient , sur les 3 grandes lumières de la franc-maçonnerie.
Ce n’est pas par pur hasard qu’un lieu particulier est réservé dans le Temple et dénommé Hôtel des serments ; on parle bien ici « des » serments , car chaque degré maçonnique exige le renouvellement du serment , même si le premier en constitue le pas décisif.
Mais ce serment n’est pas le fait d’un instant.
Si l’on met d’emblée de côté quelques métaux profanes qui pourraient altérer notre impression , chaque Frère porte en lui , au cœur de ses interrogations , de ses enthousiasmes ou de ses lassitudes , le poids de ce serment au fil du temps.
Le respecter en tenue , avec l’aide du rituel et des officiers n’est pas immuablement aisé , mais , hors de la tenue , en l’absence de l’assemblée des témoins , c’est un challenge à relever sans cesse.
Ai-je été digne de mon engagement ? Ai-je assez travaillé ? Suis-je assidu ?
Suis je « celui qui est sous la crainte » ? Du parjure et de son châtiment ?
Ou plus simplement , ce serment a t’il changé quelque chose dans ma vie ?
Questionnement répétitif qui jalonne notre parcours initiatique en relançant utilement la machine quand la motivation fléchit.
L’interrogation de l’Apprenti destiné à devenir Compagnon comporte , dans les pages de ce qu’on appelle couramment « le catéchisme » cette question :
« Qu’avez vous fait après avoir subi les épreuves ? »
Réponse : J’ai prêté serment de garder les secrets de l’Ordre Maçonnique et d’agir en toutes circonstances en bon et loyal Franc-Maçon ».
Remarquons qu’il est inscrit : « En toutes circonstances » , ce qui n’est pas limitatif aux Tenues , ni aux relations avec les Frères, mais bien un engagement de vie.
Pour conclure une citation de Georges Séféris :
« …l’important n’est pas de changer sa vie en rêvant d’une autre plus intéressante , mais de faire parler notre vie présente , telle qu’elle nous fût octroyée, cette humble vie , quotidienne , humaine , où doit exister tout ce que nous pourrions chercher….tout le problème est de savoir comment se dépouiller…..Je sens qu’il me faut retourner parmi les hommes , descendre très bas , tomber puis m’efforcer de remonter la pente à maintes reprises , comme une fourmi , pour pouvoir donner ma propre réponse ».
Et pour sur conclure , je ne résiste pas à vous lire cette citation de Lin-tsi :
«
C’est parce que vous courrez partout , incapable de mettre votre esprit au repos que le maître patriarche a dit :
« Voyez ce gaillard qui cherche sa tête avec sa tête
»
J’ai dit
Résumé pour le F Secrétaire :
Le serment maçonnique prononcé lors de l’initiation s’enracine historiquement vers le XVII° siècle , selon les sources disponibles, dans la cérémonie de réception du Compagnon des Loges opératives.
Ce serment comporte plusieurs étapes :
- l’une qui engage les Frères de la Loge dans le processus d’admission , bien avant la cérémonie
- la seconde est au bas du testament philosophique et comporte un engagement signé par le candidat de se soumettre à un certain nombre d’obligations
- la troisième est la succession d’acceptations que le Vénérable Maître requière de l’impétrant tout au long du passage des épreuves
- la quatrième est le serment solennel prononcé à l‘autel des serments sur les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie
- le cinquième est le combat quotidien que le maçon mène hors du Temple pour rester digne de ce serment.

 source : www.ledifice.net

Par G\ D\ REAA Reims - Publié dans : Planches
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Dimanche 7 octobre 2012 7 07 /10 /Oct /2012 17:29

Il n'est pas facile d'aborder ce thème de la conception de Dieu propre à la Maçonnerie Régulière. En effet, c'est un point de clivage entre les obédiences régulières et irrégulières, et on a trop vite réglé le problème en affirmant d'une manière très simpliste que les premières sont théistes, et les autres déistes, au mieux, ou rien du tout au pire. En effet, nos frères séparés, peut-on dire, n'ont pas bien compris dans quelles perspectives travaille la Maçonnerie Régulière. Souvent, ils nous disent que leur institution permet aussi bien à des croyants que des incroyants de travailler ensemble... Certes ! Mais leur travail ne s'inscrit pas dans la même optique que la nôtre, l'esprit qui y préside n'est pas le même, et  le plan d'ensemble de ce qu'il construisent n'a que peu de rapports avec le nôtre....Et toute la différence vient de l'absence d'inspirateur que les Maçons Réguliers nomment le Grand Architecte de l'Univers. Le débat est donc d'importance, et il mérite de retourner vers nos racines historiques avant que d'aborder l'esprit particulier généré par le corpus « spiritualiste » de nos rituels, dans tous les rites, mais aussi au chœur de l'Arche Royale, des rituels de Conseil de Maîtres installés, et des différents rituels de Grande Loge, et de consécration de Loges.  

L'objet de ce travail sera donc de décrire cette évolution historique, d'analyser les références disponibles, et de déterminer par qui et comment les évolutions ont été introduites, et enfin l'état actuel de la question.  

Nous allons là aborder ce que j'appelle la théologie Maçonnique, ce qu'en principe, nous ne sommes pas censés faire. Je rappelle qu'il est interdit en Loge d'entreprendre des «controverses politiques ou religieuses». Mener une controverse, c'est développer des thèses contraires et polémiques, avec des jugements de valeur et un désir de convaincre l'Autre. L'objet de mon travail ne se situe pas dans cette perspective, puisque je me bornerai à un travail d'entomologiste, à savoir une description des positions successives des Maçonneries Opératives et Spéculatives sur le sujet, et dans notre seule sphère de la Maçonnerie régulière qui est la nôtre.  

Il y a deux histoires en maçonnerie, l'histoire mythique, et l'histoire réelle. La première apparaît dans les prologues des textes médiévaux, ainsi que dans celui des Constitutions d'Anderson, qui les reprend.  

Cette histoire a pour prétention de faire remonter l'histoire de la Maçonnerie jusqu'aux origines de l'humanité, en faisant en sorte que notre Art de construire soit attesté depuis la plus ancienne antiquité. Ainsi, avant le Déluge, les secrets de notre Art ainsi que des Sept sciences auraient été gravés sur deux colonnes de pierre pouvant résister à la montée des eaux et aux destructions de l'humanité disgraciée. Les trois fils de Noé, Sem Cham et Japhet, les retrouvent dans la tombe, le cercueil ( arca : coffre, cercueil, arche) de leur père pour les redonner à l'Humanité naissante.  

De même, après le déluge, fut construite, d'après le manuscrit Regius de 1390, la tour de Babel, par Nabuchodonosor, roi de Babylone, pour se prémunir contre un nouveau déluge : les maçons surent commencer la construction, mais un ange de Dieu fut envoyé qui brouilla les langues des ouvriers pour arrêter l'édification de cet ouvrage d'orgueil.  

Ces deux premières références sont sans conteste bibliques et sont utilisées par le plus ancien texte maçonnique pour attester de l'ancienneté de sa confrérie. Nous sommes au Moyen Age européen, et donc par conséquent, ce sont des références exclusivement catholiques romaines.  

Il n'en est pour s'en convaincre que la lecture des vers 497 et suivants du même Regius qui concluent l'énuméré des devoirs et règles des Maçons :  

« Et maintenant prions Dieu Tout Puissant

Et sa mère la radieuse Marie

De nous aider à garder ces articles

En même temps que ces points,

A l'exemple de ces Quatre Saints Martyrs (Les quatre couronnés)

Qui furent toujours tenus en grand Honneur dans notre métier......

L'empereur les tenait en grande affection

Il voulut leur faire faire une statue

A laquelle on rendrait un culte en son honneur

En son temps il faisait faire de telles idoles

Pour détourner les gens de la Loi du Christ

Mais eux restèrent inébranlables dans la loi du Christ

Et fidèles à leur métier, sans compromis.

Ils aimaient comme il faut Dieu et ses Commandements... »  

Le Manuscrit COOKES qui date de 1410, précise, de même en son vers 831 :  

Il faut savoir que qui désire embrasser l'état de l'Art en question (la Maçonnerie)

Doit d'abord principalement aimer Dieu et la Sainte Eglise

Et tous les saints et son Maître et ses compagnons comme ses propres frères....  

Ainsi, ces anciens devoirs décrivaient les règles de vie des communautés de Tailleurs de Pierre et Maçons, et y ajoutaient une règle de conduite religieuse qui était somme toute celle de la société ambiante : les Maçons, plus que tous autres étaient astreints à être des hommes religieux, d'abord parce que toute la société l'était, mais aussi parce que leurs principaux commanditaires étaient des évêques, des clercs et des abbayes, parce qu'ils construisaient des édifices religieux, et qu'ils ne pouvaient donc s'affranchir de la croyance en Dieu, celui de la Bible et des Évangiles.  

Le Dieu de la Maçonnerie Opérative du XIVème siècle est la Trinité Chrétienne, exclusivement, ce qui nous a légué le Delta Lumineux, sans conteste, Triangle Équilatéral, je précise, et non quelconque frontispice grec aux trois angles inégaux. Les Maçons Opératifs demeuraient catholiques romains exclusivement, et l'adhésion au métier de Maçonnerie n'impliquait rien d'autre que d être fidèle à la religion unique en Europe occidentale.  

Nous arrivons doucement vers les années 1450. En Italie, le mouvement artistique et scientifique que nous appelons Renaissance en France, et que les Italiens appellent le Quattrocento, se développe, en remettant au goût du jour les enseignements artistiques de l'antiquité : la statuaire romaine, et l'architecture antique. La douceur de vivre de l'Ombrie et de la Toscane imprègnent les artistes et intellectuels français qui font le voyage pour découvrir l'essor artistique et littéraire. L'église catholique n'est pas insensible à cette aménité nouvelle, et se laisse aller à un relâchement qui durera plusieurs siècles, mais qui allait heurter les mentalités encore moyenâgeuse  des classes laborieuses.  

De ci de là, des voix s'élèvent en Europe pour stigmatiser les comportements de luxure et la propagation de l'esprit de lucre dans le haut clergé romain. Dès le milieu du quinzième siècle, un moine tchèque, Jean Huss, prêcha contre les « déviations » du clergé, et fut brûlé à Prague pour cela, triste précurseur de ce qui allait arriver plus tard à Giordano Bruno et à Savonarole, et pour les mêmes raisons. Dans le courant du XVIème siècle, Luther et Calvin, religieux catholiques, tracent les grandes lignes de ce qu'on appellera « La Réforme », lesquels, devant l'intransigeance de Rome de revenir aux fondamentaux du christianisme, furent excommuniés et deviennent  alors des « Protestants » cherchant à revivre la simplicité de la Bible et des premiers temps du christianisme.  

En Grande Bretagne, Henri VIII, devant le refus de la papauté d'annuler son mariage, coupe, lui aussi les ponts avec Rome. Le clergé catholique britannique  est alors sommé de ne plus obéir qu'au roi, et donc de renier son attachement au Pape ; ce schisme de l'église d'Angleterre, dénommé anglicanisme, est le point de départ d'une transformation progressive de la société britannique. Dans le courant du XVIème et XVIIème siècle, le protestantisme continental, qui avait gagné la Hollande, la France, l'Europe Centrale et les Etats Allemands, gagna la Grande Bretagne. La religion officielle de celle-ci était donc devenue l'anglicanisme, avec pour chef, le Roi, les autres religions y cohabitant  désormais, mais étant selon les époques, tolérées, mises à l'écart de l'Etat, ou carrément persécutées .  

Selon la religion du souverain, il y eut des pogroms (excusez l'anachronisme du terme....) de catholiques, d'anglicans, de luthériens, de presbytériens ou autres sectes protestantes nombreuses et variées ; c'est de cette époque que date l'exil des pères fondateurs puritains (autre variété de protestants) de l'Amérique moderne, rejoignant ses rivages lointains à bord du Mayflower...  

Bien entendu, les confréries de constructeurs britanniques, largement composées de maçons acceptés, non opératifs, ressemblaient, à part les loges d'Écosse restées catholiques romaines, à la société civile. Il y avait des maçons de toutes sortes dans des loges dédiées, mais le plus souvent bigarrées. L'obligation de tolérance religieuse nous vient donc de cette nécessité de protéger le métier malgré les divergences religieuses de leurs membres, et donc est née dans les Anciens Devoirs, l'obligation de ne pas engager de controverses religieuses et politiques dans ces Loges.  

Au demeurant, tous ces hommes étaient des chrétiens, acceptant l'Ancien et le Nouveau Testament, et restant très religieux, malgré la décadence de l'Église romaine et des Princes de l'Europe.  

Nous voici à la fin du XVIIème siècle : la Maçonnerie Britannique reste seule en Europe détentrice des Anciens devoirs, grâce au phénomène de l'acceptation qui n'a pas existé ailleurs. Les bourgeois, notables, ou seigneurs en font partie, avec quelques derniers opératifs. Elle est majoritairement anglicane, comme la société, avec de grosses majorités protestantes de diverses obédiences, et aussi quelques catholiques. L'Ecosse a, elle aussi, été gagnée à l'anglicanisme, son souverain Jacques en exil à Saint Germain en Laye, souverain catholique dépossédé de son trône pour sa religion.

La persistance de Loges militaires Écossaises, ayant accompagné leur souverain en exil, est attestée à la cour de Louis XIV, qui les utilisera en temps que « Légion Étrangère ».Elle étaient restées catholiques, à l'instar de leur souverain déchu.  

Cette peinture historique, peut-être fastidieuse, nous permet de comprendre comment, vers 1715, en Angleterre, naîtra, sur les cendres d'une maçonnerie opérative effondrée, une institution qui reprendra le flambeau des valeurs portées par les corporations du moyen age, décrites intégralement dans les anciens devoirs, et dont tout homme droit peut encore de nos jours faire son profit.

     Vous connaissez tous l'histoire de la création de la Grande Loge de Londres, en 1717, à partir de quatre loges londoniennes qui se croyaient seules au monde...  

Elle a été portée sur les fonts baptismaux par Anderson et Désaguliers, ce dernier fils d'émigré français protestants de La Rochelle après la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV, tous deux pasteurs de la religion réformée, et très au fait des luttes sanglantes qui avaient endeuillé leur pays pendant près de deux cent ans.  

Le texte des Constitutions qu'ils nous ont légué sous le titre de « Constitutions d'Anderson », et essence de notre règle en 12 points est inspiré par cette histoire dramatique aussi bien que des Anciens devoirs.  

L'article 1er des Constitutions de 1723 rappelant les devoirs du Franc-Maçon dit que «  l'on a jugé plus expédient de n'obliger les Maçons qu'à la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses opinions particulières, c'est à dire être des hommes bons et loyaux ou des hommes d'honneur et de probité par quelque dénomination ou croyance religieuse qu'on les distingue.»  

Il est en outre stipulé plus loin qu'un maçon ne peut être « un athée stupide, ni un libertin irréligieux ».  

Dans cette Angleterre du XVIIIème siècle apaisée par l'Acte de Tolérance, et à la lumière de la peinture historique que j'ai tracée précédemment, ces constitutions expliquent clairement qu'être Maçon suppose d'appartenir, de se reconnaître, ou d'admettre l'une des nombreuses croyances qui coexistent à cette époque en Grande Bretagne, c'est à dire, appartenir à l'Anglicanisme, au Catholicisme ou aux nombreuses variétés de Protestantisme qui existent. En bref, être de confession chrétienne, de quelque obédience que ce fut.  

La croyance en Dieu, si elle n'est mentionnée en temps que telle, est sous entendue, car l'athéisme est pourchassé, et pour enfoncer le clou, Anderson précise qu'un Maçon ne peut être un athée stupide, c'est à dire que pour Anderson, pasteur protestant, les athées sont stupides, et les libertins nécessairement irréligieux.  

Certains frères séparés (irréguliers) ont tenté de forcer ces textes, en prétendant, d'une matière spécieuse pour justifier leur existence, que Anderson ne visait que les athées stupides, épargnant ainsi les athées qui ne l'étaient pas ; de même, selon eux, les libertins ne seraient pas tous irréligieux, et donc les libertins religieux seraient acceptés. Pardonnez moi, mes frères, mais c'est carrément se moquer du monde, et faire preuve de la plus mauvaise foi. La lecture des Anciens Devoirs, que ces braves frères ne semblent pas avoir lu, les auraitrenseigné de suite.  

Sans conteste, selon les Constitutions de 1723, les Maçons ne peuvent être choisis que parmi des citoyens, gens d'honneur et de probité, qui professent PAR AILLEURS  leur croyance en Dieu par le biais de l'appartenance à l'une des « croyances particulières » du christianisme. Clairement, en 1723, être maçon, c'est être un bon chrétien, de quelque croyance particulière qu'il s'agisse. Le Dieu de la Maçonnerie Régulière est donc le Dieu du Credo chrétien.  

En 1738, lors d'une réédition des Constitutions, Anderson, à mon sens, va ouvrir une brèche dans cet édifice, avec toute sa bonne foi. Il ne s'attendait sans doute pas à ce que la Maçonnerie Spéculative couvre le monde hors l'Angleterre, où d'autres religions que chrétiennes existent... Il ne s'attendait pas non plus à ce que d'autres génies nationaux, tel le nôtre, allait engendrer des décennies de polémiques sur de simples mots, lancés un peu au fil de la plume...  

Auparavant une petite remarque : le catholicisme n'a jamais encouragé la lecture de l'Ancien Testament, au contraire des Protestants qui le considèrent comme aussi important que le Nouveau. La Bible entière est leur livre de chevet, alors qu'à cette époque, seuls les Évangiles sont divulgués aux fidèles catholiques ; les épisodes de l'ancien testament leur sont enseignés, certes, mais comme histoire sainte par épisodes et sans accès direct au texte.  

Or Anderson se voulant œcuménique, ajouta cette précision : »il s'agit pour le Maçon d'observer la Loi Morale, comme un vrai Noachite. Quant aux hommes d'honneur et de probité, par delà les différences de religion, ils s'accordent tous sur les Trois Grands Articles de Noé, et c'est assez pour préserver le ciment de la Loge ». Anderson propose donc un retour aux sources jusqu'à Noé, dont l'ancien testament dit que c'était un homme juste et intègre dans son temps, et qu'il « marchait avec Dieu » Noé, après le déluge, est devenu le nouveau père de l'Humanité recréée. Remonter à cette époque veut dire que tous les croyants depuis Noé peuvent accéder aux bienfaits de l'Art Royal.  

Cette ouverture aussi claire sur l'Ancien Testament, livre des Chrétiens, certes, mais aussi des Israélites, allait conduire à l'initiation maçonnique de ceux-ci, Nathan Blanch et John Hart, dans les 10 premières années de la création de la Grand Loge de Londres.  

Clairement, peut être à cause de la grande variété de religions admises en Grande Bretagne, l'incorporation dans les Loges Régulières de Juifs n'était pas plus scandaleuse que d'avoir étendu aux protestants l'accès aux loges au cours  du seizième siècle. C'est donc le Dieu de Noé, plus petit commun dénominateur aux croyances communes des Maçons qui a été choisi comme croyance raisonnable admise ; il n'était donc plus nécessaire d'être chrétien pour être Maçon. Tout homme pouvait l'être, les athées ou agnostiques ne représentant rien, statistiquement.  

La suite l'a largement prouvé, puisque en 1735, un turc musulman est fait Maçon régulier à Smyrne, sous l'obédience de la Grande Loge de Londres.  

Le développement fulgurant de notre Ordre au XVIIIème siècle est sûrement dû à cette tolérance religieuse très large, puisque s'appliquant aux membres des religions du Livre, à même de prêter serment sur un texte inspiré, bible, coran, torah. C'est le point de la question vers la fin de ce siècle, et dans la sphère d'influence des marchands ou militaires britanniques, partout dans le monde. C'est aussi également la raison de l'excommunication papale de 1738, qui sanctionnait ainsi le commerce de  gens de religions différentes avec les catholiques, et lié avec eux par un serment de fraternité et d'entraide mutuelle.  

Par la grâce du pasteur Anderson, la Maçonnerie Spéculative moderne s'ouvre aux religions du Livre, par opposition à la Maçonnerie Opérative médiévale, catholique, et à la Maçonnerie de la Renaissance, chrétienne. Il est à noter qu'Anderson ne fait pas de théologie Maçonnique, il ne parle pas des attributs de Dieu, il confère sa Maçonnerie aux adeptes des religions qui se pratiquent dans l'Empire Britannique. C'est pourquoi la Maçonnerie Régulière pouvait prétendre à l'universalité malgré la diversité des religions du monde.  

Ce mouvement d'ouverture à des révélations multiples allait s'amplifier avec l'implantation de l'Empire Britannique au XIXème siècle aux Indes, en Indonésie, en Amérique du Nord, aux Antilles, et en Afrique Centrale et du Sud. Ainsi sont reconnus successivement l'hindouisme et les sikhs en Inde, le shintoïsme du Japon, et toute religion reconnaissant un Principe créateur intelligent et organisateur du monde créé,que nous appelons Dieu, et possédant des textes fondateurs susceptibles d'engager un candidat par serment. Parallèlement, la Maçonnerie Régulière a aussi gagné l'Europe Centrale slave et orthodoxe.  

Ainsi, et sa position n'a pas changé, la GLUA et ses obédiences filles, confèrent l'initiation maçonnique à travers le monde, à tous les hommes libres et de bonnes mœurs qui reconnaissent une transcendance spirituelle à travers une religion, laquelle, je le rappelle, s'analyse en un lien personnel entre Dieu, quelque soit le nom qu'on lui donne dans une croyance particulière, et l'homme, sa créature. Voici une dizaine d'années encore, la GLUA définissait comme condition indispensable mais suffisante pour l'appartenance la croyance en un Être Suprême (Supreme Being), ainsi que la capacité de l'impétrant à prêter serment sur le livre inspiré de sa Révélation particulière. 

Nous verrons que les controverses entre obédiences régulières et irrégulières, ou même au sein de certaines obédiences régulières, prennent naissance dans des discussions byzantines visant à justifier l'irrégularité des obédiences non reconnues, mais aussi, à établir des distinguos, ou des brevets de bons maçons, selon les rites ou les rituels utilisés. Ces discussions ont commencé dès le XVIIIème siècle, par le distinguo entre le théisme et le déisme, et l'accusation de latitudinarisme.  

Il est vrai qu'Anderson, en élargissant les conditions d'accès dès 1723, et encore plus en 1738, a encouru les foudres de la Maçonnerie Ecossaise, et de la Maçonnerie Opérative des Anciens,  restées catholiques romaine. Le schisme allait durer jusqu'en 1813, quand a été fondée la GLUA. Celle-ci allait récupérer par cette alliance les anciens rituels opératifs inconnus d'Anderson, ainsi que le corpus Maçonnique important de la Sainte Arche Royale de Jérusalem.  

Grosso modo, on pourrait qualifier le théisme comme la croyance en un Dieu personnel, tel que celui de l'Ancien Testament, qui intervient dans la vie des hommes, les guide, les sanctionne et les récompense, un dieu régulateur et rétributeur en somme, et le Déisme comme la croyance en un Dieu conceptuel, qui existe en temps que Principe, que l'on révère sans le connaître, Lui, l'Ineffable et le Mystérieux, mais auquel on se rattache comme source de toute création, de toute vie et de toute évolution, et tel un Theillard de Chardin, en en faisant l'Oméga de toute fin.  

Le Déisme quant à lui est inspiré par les théories des philosophes britanniques tels que Locke, mais aussi Voltaire et son Grand Horloger: l'homme reconnaît Dieu comme force de la nature, immanent à elle, mais ne lui reconnaît pas la proximité personnelle avec lui, et encore moins les rapport de père à fils incluant morale, sanction et rétribution des bons comportements. Ce débat a animé le divorce entre les obédiences, la Maçonnerie Régulière semblant se rattacher seule à un théisme rigoureux. Celle-ci s'empressa d'ailleurs de rajouter, Grand Architecte de l'Univers ou Grand Géomètre. Ce vocable de concepteur, d'organisateur , de penseur de la matière de l'Univers et des êtres vivants qui le peuplent, semble fédérer les maçons de toutes religions qui ont toutes comme apanage de Dieu d'être l'alpha et l'oméga de toute création et de toute créature, et d'avoir, par l'évolution, tracé un plan pour le futur de l'Humanité.  

Selon les croyances et les livres saints, la frontière entre théisme et déisme, très tranchée quand seuls les croyants du Livre étaient admis, a tendance à devenir floue et aléatoire. C'est le type de débat qu'à mon sens, on n'a pas intérêt à entretenir car contenant en germe la discorde entre les frères, et en plus, contrevenant gravement aux prescriptions d'Anderson sur les controverses religieuses. Au demeurant, j'ai tendance à penser qu'il y a autant de conception de Dieu qu'il y a de croyants, et qu'en conséquence, le débat est stérile par incompréhension majeure des moyens, buts et finalités seconde des ascèses maçonniques de Tradition.  

Au vu de ce qui précède, Euclide et Pythagore auraient-ils été acceptés maçons réguliers ? Et Vitruve ? Et Socrate ? Quelle conception de l'Inconnaissable avaient-ils qui justifie leurs recherches, leur enthousiasme, leur projet pour l'Humanité future ?  

Le latitudinarisme est une autre question qui a agité, à la même époque, les milieux chrétiens, car ils reprochaient à la Maçonnerie de tenir toutes les religions pour égales et de  même valeur, alors que les catholiques s'estimaient être seuls vrais croyants rejetant les autres chrétiens dans les enfers, sans parler des Juifs, des Musulmans et des Orthodoxes. Le but de la Maçonnerie, oublié de ses adversaires, n'est pas de défendre quelque religion que ce soit, mais d'œuvrer, par delà les différences de croyance, à la réalisation d'un grand chantier, celui de l'aventure humaine sous les yeux et dans le plan du Grand Architecte. Et c'est à cause de ce fondement minimal qu'il n'est pas possible d'initier des agnostiques ou des athées, car eux n'adhèrent pas à l'idée que le monde créé n'est pas le fruit du hasard. Le Maçon régulier travaille dans le sens de la Création, il utilise ses forces pour accomplir, par les ressources de son intelligence et par son travail, l'œuvre du Concepteur de toutes choses, pour le bien de ses frères humains. Les batailles théologiques n'intéressent pas le Maçon, elles sont stériles, et révèlent l'orgueil de certains de prétendre comprendre à eux seuls le Plan, la Volonté, les Apanages et les Finalités de l'Être Suprême que nous révérons.  

Les religions révélées, c'est à dire dévoilées à l'Homme par quelque inspiré ou initié , ont toutes la particularité d'être dotés de textes sacrés reconnus comme inspirés par le Très-Haut. Ces textes sacrés sont utilisés pour recevoir les engagements, les serments des impétrants, et assurer ainsi le respect des obligations consenties. En Maçonnerie Régulière, on peut recevoir les obligations sur la Bible, évidemment, mais aussi sur le Coran, la Torah, les Védas, les Upanishad, et bien d'autres encore, bien que pour les  travaux habituels, et quelque soit la religion des frères présents, la Bible est toujours ouverte et présente en Loge.  

Bien que la Tradition antique des bâtisseurs soit née au plus profond de l'Humanité gréco-latine, égyptienne et assyrienne, mais aussi, on l'oublie, au plus profond de la Chine, le substrat de cette tradition a TOUJOURS été guidé par des intentions religieuses ou métaphysiques : relier le ciel et la Terre, à l'instar de BABEL, a toujours fait partie des ambitions de nos ancêtres : dépenser autant d'énergie, pour que le massif, le beau, le monumental, le surprenant transcende le temps et l'espace ne résulte pas d'un hasard, mais d'une intention sanctifiée, sanctionnée et agréée par un rapport essentiel à la Transcendance. Cette chose se respecte, se conserve, se révère, et ne se traite pas par une logique de quat'sous bricolée dans une quelconque officine de politiciens en conquête d'un pouvoir puéril.....  

La Conception de Dieu en Maçonnerie Régulière a donc évolué de manière sans cesse élargie, passant du catholicisme romain le plus strict du moyen age, à un œcuménisme étendu, bien au delà des religions du Livre, à toutes les croyances dotées d'une révélation exprimée dans un texte sacré et reconnu comme tel par ses adeptes. Dieu n'est pas un concept, une idée floue ou un sentiment vague, c'est l'inspirateur de la pensée des hommes et l'initiateur de leurs bonnes actions, dans le sens de sa Création et de son développement. La Maçonnerie travaille en ce sens, et sur la pierre de fondation de ces croyances, et il ne peut en être autrement.  

Pour terminer, je vais vous donner lecture des textes présentés aux profanes par la Grande Loge Unie d'Angleterre, notre Loge-Mère à tous ; il n'y est pas fait expressément référence à la croyance en Dieu, les Britanniques étant plus pragmatiques et a-dogmatiques que nous, préfèrent simplement initier des hommes qui disent se rattacher à une des religions reconnues universellement et disposant de textes sacrés, ou qui reconnaissent la qualité inspirée de textes sacrés qu'ils considèrent comme vitaux pour eux.  

Je vous recommande d'ailleurs de visiter le site de la Grande Loge Unie d'Angleterre (faire UGLE dans Google, par exemple...) et vous serez surpris de n'y pas voir en exergue la mention A la Gloire du GADLU. La règle en 12 points n'y figure pas, bien que que ce soit un site public, et que les conditions pour être maçon y sont décrites.

Les trois grands principes mis en avant sont : L'amour fraternel, la pratique de la Charité, La Vérité. Il n'y est pas fait mention de la croyance en Dieu.  

Il faut poursuivre jusqu'à la foire aux questions pour voir apparaître la mention à la religion, et encore à la 6ème question :  

Quelle est la relation de la Maçonnerie et de la Religion ?  

Réponse : On attend de tous les francs Maçons qu'ils aient une croyance religieuse, mais la Franc-Maçonnerie ne cherche pas à remplacer la religion d'un Maçon, ou lui en procurer un substitut. Elle établit une relation entre ses membres, et non dans la relation du Maçon avec son Dieu.  

Ailleurs, dans la présentation de la Franc Maçonnerie, il est écrit : « La Maçonnerie ne reconnaît aucune différence de religion. »  

Il semble donc, que la philosophie de la Grand Loge Unie d'Angleterre, puissance maçonnique régulatrice des principes fondateurs dans le monde entier, réserve aux  croyants des différentes religions le privilège d'accéder à la Maçonnerie. Elle ne précise pas « d'une religion révélée », car il apparaît que c'est implicite ; il n'est pas de système religieux sans inspiration divine, sans rentrer dans le débat de la qualité ou de la véracité de la dite révélation.  

D'ailleurs, dans la foulée, elle précise que les discussions et controverses religieuses sont rigoureusement interdites dans les assemblées et rencontres entre frères.  

In fine, la GLUA reste fidèle aux principes des constitutions de 1738, et ne requiert de ses membres, que la croyance en un principe supérieur ou Être Suprême révéré dans quelque religion que ce soit.

Il ne peut d'ailleurs en être autrement quand on connait la teneur des rituels et des cérémonies maçonniques. Dès la cérémonie d'initiation, on demande au profane en qui il met sa confiance. Les cérémonies de consécration de Loge sont des tirades entières du Livre des Rois et des textes de Psaumes, les cérémonies de l'Arche Royale tirent tout leur rituel de l'Ancien testament, ainsi que les travaux en Conseil de Maitre Installé, et je ne parlerai pas des cérémonies du 3eme degré. A moins de ne pas savoir ce que les mots veulent dire, on ne peut ignorer que les textes de toute la Maçonnerie Régulière sont imprégnés d'un fond judeo-chrétien qui ne laisse pas la place à l'athéisme, et l'on ne peut, par une pirouette facile, alléguer qu'il ne s'agit là que de symboles....  

L'ouverture successive de la Maçonnerie aux adeptes de toutes les religions reste donc l'ultime frontière au delà de laquelle on ne peut être Maçon Régulier. Nos frères séparés n'ont donc aucun regret à avoir, eux qui risqueraient l'infarctus à l'audition de nos rituels, ce que nous déplorerions sincèrement...  

Pour terminer, je vais vous lire ce poème connu, qui résume toute la fraternité, l'écoute, la gentillesse dont les frères sont ou devraient être capables, et qui résume toutes les qualités nécessaires pour être un bon Maçon:  

Il y avait Rundle, le chef de station,
Beazeley, des voies et travaux,
Ackman, de l’intendance,
Dankin, de la prison,
Et Blake, le sergent instructeur,
Qui fut deux fois notre Vénérable,
Et aussi le vieux Franjee Eduljee
Qui tenait le magasin "Aux denrées Européennes".
Dehors, on se disait : "Sergent, Monsieur, Salut, Salam".
Dedans c’était : "Mon frère", et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !

Il y avait encore Bola Nath, le comptable,
Saül, le juif d’Aden,
Din Mohamed, du bureau du cadastre,
Le sieur Chucherbutty,
Amir Singh le Sikh,
Et Castro, des ateliers de réparation,
Le Catholique romain.

Nos décors n’étaient pas riches,
Notre Temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens Landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand je jette un regard en arrière,
Cette pensée, souvent me vient à l’esprit :
"Au fond il n y a pas d’incrédules
Si ce n’est peut-être nous-mêmes ! "

Car, tous les mois, après la tenue,
Nous nous réunissions pour fumer.
Nous n’osions pas faire de banquets
De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères.
Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses,
Chacun de nous se rapportant
Au Dieu qu’il connaissait le mieux.
L’un après l’autre, les frères prenaient la parole
Et aucun ne s’agitait.
L’on se séparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets
Et le maudit oiseau porte-fièvre ;
Comme après tant de paroles
Nous nous en revenions à cheval,
Mahomet, Dieu et Shiva
Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.

Bien souvent depuis lors,
Mes pas errant au service du Gouvernement,
Ont porté le salut fraternel
De l’Orient à l’Occident,
Comme cela nous est recommandé,
De Kohel à Singapour
Mais combien je voudrais les revoir tous
Ceux de la Loge-Mère, là-bas !
Comme je voudrais les revoir,
Mes frères noirs et bruns,
Et sentir le parfum des cigares indigènes
Pendant que circule l’allumeur,
Et que le vieux limonadier
Ronfle sur le plancher de l’office.
Et me retrouver parfait Maçon
Une fois encore dans ma Loge d’autrefois.
Dehors, on se disait : »Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous réunissions sur le niveau et nous nous quittions sur l’équerre.
Moi, j’étais second diacre dans ma Loge-mère, là-bas !
 

Dans les tribulations actuelles, alors que beaucoup de frères nous quittent, ou hésitent à trouver leur voie, qu'ils se mettent bien en tête ce qui fait la différence entre un Maçon régulier et celui qui ne l'est pas. La pierre de touche, c'est la croyance en Dieu exigée par l'obédience comme fondement du travail quotidien du Maçon.

La GLNF a toujours été, et restera toujours la Maison du Maçon de Tradition tel que décrit plus haut. C'est un critère de choix et d'adhésion, et c'est encore la seule Obédience en France qui le revendique.

Que les Frères examinent leur conscience pour faire le point sur leurs croyances, et qu'ils choisissent de manière à être en adéquation avec elles, et aillent porter leurs pas sur le chemin qui leur convient le mieux....

 

 

 

Par PC - Publié dans : Planches
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Dimanche 7 octobre 2012 7 07 /10 /Oct /2012 15:15

La loge "Les Sept Frères n°144, à l'orient de Saint Brieuc", est historiquement  la première loge créée en Bretagne par la GLNF. Que l’on soit d’accord ou pas avec les agissements de FS, il y a un principe en Franc-Maçonnerie qui est la Tradition, principe qui repose sur l’ Histoire . Cette Respectable Loge est aujourd’hui soutenue par 6 Frères ce qui est trop peu. C’est pourquoi , au nom des Principes de notre association, je me dois de relayer un appel à tous les Frères bretons de bonne volonté qui sont restés pour qu’ils viennent, truelle à la main, aider à la survie de cette Respectable Loge. Tout ne doit pas être détruit, il doit rester une partie de la colonne de chaque Temple.

 

La GLNF et surtout son ex patron, FS est responsable d’une bonne partie de ses erreurs. Mais ce ne doit pas être aux RL qui la composent de payer . Rayer totalement la GLNF de la carte en Bretagne est anti-maçonnique. Que les Frères partent c’est leur droit, et ayant démissionné en 2009, je ne peux qu’être d’accord avec leurs positions. Mais laisser disparaître la première Loge créée en Bretagne c’est rompre le fil de la Tradition et c’est remettre en cause toutes nos Valeurs. La mort d’une Obédience n’est jamais une bonne chose. On casse un fil et en le faisant on affaiblit l’Ordre tout entier.

Par Thomas Dalet - Publié dans : histoire de la FM
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Dimanche 7 octobre 2012 7 07 /10 /Oct /2012 14:52

Moi je traîne dans le désert depuis plus de vingt-huit jours
Et déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour
Les fantômes du syndicat des marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma dune, reprochant mon attitude
C'est pas très populaire le goût d'la solitude

{Refrain:}
Quand t'es dans le désert
Depuis trop longtemps
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu'on veut t'faire jouer
Les yeux bandés

Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre
Plongent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste ,
J'crois pas qu'ils viennent me parler des joies d'la vie d'artiste
D'l'autre côté ,voilà Caïn toujours aussi lunatique
Son oeil
est rempli de sable et sa bouche pleine de verdicts
Il trône dans un cim'tière de vieilles pelles mécaniques

{Au refrain}

Les gens disent que les poètes finissent tous trafiquants d'armes
On est cinquante millions d'poètes, c'est ça qui doit faire notre charme
Sur une lune de Saturne mon perroquet sonne l'alarme
C'est drôle mais tout l'monde s'en fout
Vendredi tombant d'nulle part, y a Robinson solitaire
Qui m'a dit : "J'trouve plus mon île, vous n'auriez pas vu la mer ?"
Va falloir que j'lui parle du thermonucléaire

{Au refrain}

Hier un homme est v'nu vers moi d'une démarche un peu traînante
Il m'a dit : "T'as t'nu combien d'jours ?" J'ai répondu : "Bientôt trente."
Je m'souviens qu'il espérait tenir jusqu'à quarante
Quand j'ai d'mandé son message, il m'a dit d'un air tranquille :
"Les politiciens finiront tous un jour au fond d'un asile
J'ai compris que j'pourrais bientôt regagner la ville."

Par JP CAPDEVIELLE - Publié dans : Chants
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 11:36


Article 4. – La Ligue du Labarum est essentiellement une association d'enseignement anti-maçonnique et de combat. Son mode d'enseignement est l'initiation donnée à ses membres, dans des réunions auxquelles sont admis, à titre d'invités, des bons catholiques non-ligueurs, en aussi grand nombre que possible; en dehors de ces initiations, dont le fond et la forme n'auront rien de secret, les groupes de la Ligue organiseront, dans les mêmes conditions de publicité, des conférences anti-maçonniques régulières et fréquentes. Les armes de combat, adoptées par la Ligue, sont la prière, la charité chrétienne et le sacrifice.

ART. 5 – La Ligue se compose de Frères, dont l'initiation s'effectue en trois degrés, et de Sœurs, dont l'initiation ne comporte qu'un seul degré, mais qui peuvent, si elles le veulent et si elles sont en droit de le faire, s'associer à la pensée d'immolation à laquelle aboutit, sans obligation pour personne néanmoins, le 3ème degré de l'initiation des Frères du Labarum.

ART. 6 – Nul ne peut être déclaré admissible, s'il ne fournit des références démontrant d'une manière évidente qu'il est bon catholique

ART. 7 – L'âge d'admission pour les Frères est vingt-un ans
accomplis, exception faite en faveur des jeunes gens légalement émancipés, ou qui, âgés de seize ans au moins, justifieraient du consentement formel de leurs parents. Pour les dames et demoiselles, l'admission ne peut avoir lieu si elles n'ont pas atteint leur majorité, exception faite pour les demoiselles qui, âgées de quinze ans au moins, auraient leur père ou leur mère déjà membre de la Ligue et les présentant ; les dames mariées ne peuvent se faire inscrire à un groupe de la Ligue que si leur mari est également ligueur et appartenant au même groupe.

ART. 8 – La Ligue admet aussi, mais sans initiation, les jeunes garçons et les jeunes filles à partir de leur première communion et d'un âge inférieur à ceux stipulés ci-dessus, à la condition qu'ils soient présentés par leurs parents déjà Frères et Sœurs du Labarum.

ART. 9 – Les trois degrés d'initiation pour les Frères forment les grades suivants : Légionnaire de Constantin (1er degré) ; Soldat de Saint Michel
(2ème degré) ; Chevalier du Sacré-Cœur (3ème et dernier degré). Le grade unique des Sœurs a pour titre : Sœur de Jeanne d'Arc. Les adolescents reçus en vertu de l'art. 8 sont qualifiés Compagnons (ou Compagnes) de Saint-Jean.

ART. 10 – Le 1er degré, Légionnaire de Constantin, est un grade de préparation ; il forme un stage dont la durée générale est d'un an, sauf en cas de dispense dont les causes seront indiquées par les Règlements Généraux. L'initiation à ce grade a pour but de faire comprendre au récipiendaire toute l'importance de la défense énergique à opposer à la Franc-Maçonnerie dans l'ordre naturel.

ART. 11 – Le 2ème degré, Soldat de Saint Michel, est un grade d'initiation complète ; le ligueur qui l'a reçu peut s'y tenir, sans chercher à s'élever au 3ème degré. L'initiation à ce grade a pour but de parfaire l'instruction anti-maçonnique du récipiendaire et de lui faire comprendre que, dans la lutte de la Franc-Maçonnerie contre la Sainte Eglise, il y a l'action même du démon ; l'enseignement du 2ème degré porte donc sur les faits et les œuvres maçonniques qui sont dans l'ordre surnaturel.

ART. 12. – Le 3ème degré, Chevalier du Sacré-Coeur, est le grade supérieur ; il constitue l'initiation réservée aux ligueurs du 2e degré, qui, s'inspirant bien de tout l'enseignement précédemment reçu, considèrent qu'à raison du grave caractère de la lutte à laquelle ils prennent part par leur agitation, ils doivent se maintenir constamment dans la pensée que la résignation à la mort est nécessaire à tout bon catholique, anti-maçon militant. Le ligueur promu au 3ème degré se propose Garcia Moreno pour modèle, et l'initiation à ce grade, opposant le noble héros chrétien au Jacques Molay des Chevaliers Kadosch, montre toute la sublimité du dévouement par lequel l'illustre martyr
, assassiné par l'infernale secte, a établi, au prix de son sang, un gouvernement honnête et libéral, basé sur la consécration de l'Etat au Divin Cœur de Jésus.

ART. 13 – Les ligueurs du 3ème degré, qui, spontanément, déclarent que non seulement ils sont résignés à la mort, mais encore qu'ils la désirent en expiation
des crimes de la Franc-Maçonnerie et qu'ils offrent à Dieu le sacrifice de leur vie pour la conversion des francs-maçons, sont qualifiés Parfaits Chevaliers du Sacré-Cœur.
Les Sœurs de Jeanne d'Arc, qui, ayant assisté à une initiation au 3ème degré des Frères veulent aussi s'offrir en victime, si elles sont en droit de le faire, reçoivent, sans insigne spécial, le titre de Chevalières du Sacré-Cœur. Quant à l'initiation ordinaire des Sœurs, elle repose sur la méditation des vertus chrétiennes et guerrières dont la Vierge de Domremy a donné l'exemple, cette méditation étant appliquée aux nécessités des temps présents.

ART. 14 – Le recrutement des Frères et Sœurs du Labarum s'opère, soit par présentation, soit par adhésion directe.
La présentation a lieu par un Chevalier du Sacré-Cœur ou par deux Soldats de Saint Michel, qui apostillent l'énonce des références du candidat à l'admission. Les Légionnaires de Constantin ne sont pas admis à se porter caution d'un adhérent ; s'ils ont à présenter un de leurs amis, ils doivent faire appuyer leur demande par deux Soldats de Saint Michel ou par un Chevalier du Sacré-Cœur. Deux Sœurs de Jeanne d'Arc sont aptes à présenter une adhérente ; mais la demande doit être apostillée par un Frère ligueur pourvu au moins du 2ème degré.
L'adhésion directe doit être adressée au Conseil Central de l'Ordre, lequel fait examiner la validité des références fournies par le candidat ou la candidate.

ART. 15 – Tout candidat ou candidate à l'admission, ayant pris connaissance des Statuts de l'Ordre, demande à contracter son engagement dans la Ligue, en signant une Feuille d'Adhésion dont le modelé définitif a été établi par le Conseil Central. Ces feuilles sont remises ou envoyées à quiconque les demande [Note : On peut demander une Feuille d'Adhésion, en s'adressant aux bureaux de l'organe officiel de la Ligue : l'Anti-Maçon, 37, rue Etienne-Marcel, à Paris. On peut recevoir deux Feuilles sous une enveloppe fermée, si on a eu soin d'envoyer un timbre-poste de 15 c. pour l'affranchissement de la lettre. Le prix du port de vingt-cinq Feuilles d'Adhésion, expédiées comme papiers d'affaires, en paquet recommandé, est quarante centimes. Il est de règle dans la Ligue, que tout envoi personnel de Feuille d'Adhésion ou de lettre de convocation à une séance doit être fait sous enveloppe fermée.].

ART. 16 – Tout ecclésiastique qui adhère à la Ligue du Labarum Anti-Maçonnique, est reçu Chevalier du Sacré-Cœur sans avoir à passer par les deux premiers degrés. Les autres admissions de droit soit au 2ème degré, soit au 3ème degré, seront fixées par les Règlements Généraux ; toutefois, elles seront limitées à la période d'organisation de la Ligue, qui va de la fondation jusqu'au 29 septembre 1806.

ART. 17 – La rédaction du Cahier des Grades et du Cérémonial des Séances est confiée à deux Commissaires spéciaux, premiers Fondateurs de la Ligue. Tous les rituels du Labarum Anti-Maçonnique seront imprimés et publiés, de telle sorte que les personnes n'appartenant pas à la Ligue puissent elles-mêmes en prendre connaissance.

Par X - Publié dans : Anti-Maçonnisme
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 09:20

Pourquoi nous ne pouvons pas être maçons

Aucun adversaire et aucun accueil.

Á travers ces quelques lignes nous désirons expliquer les motifs pour lesquels notre Ordre est en contraste net avec la Franc - Maçonnerie, soit au niveau idéologique qu'à celui conceptuel.
Il faut tout d'abord comprendre ce qu'est la Franc - Maçonnerie et qu'elle est sa nature.
Il faut faire une distinction entre la Franc- Maçonnerie publique (c'est-à-dire celle philosophique, qui est connue par tous) et la Franc – Maçonnerie secrète (c'est-à-dire celle initiatique connue seulement par les adhérents).
Les notions publiques qui ont inspirées le monde moderne de Descartes jusqu'à nos jours, sont le subjectivisme et le relativisme.
La Franc – Maçonnerie diffuse une mentalité relativiste ou tout est opinion et rien n'est certitude exception faite , hypocritement, pour les enseignements de la Loge qui ne doivent pas être révélés, au risque de la propre intégrité physique.
Hiram, mythique architecte du Roi Salomon, est présenté comme l'exemple du bon Franc – Maçon qui préfère la mort à la révélation des grades initiatiques qu'il avait reçu.
La philosophie publique de la Franc – Maçonnerie n'admet pas un Dieu personnel et transcendant qui dépasse l'homme ( l'homme est finit. Dieu par contre le dépasse : Dieu est infini, il est le créateur de l'Univers), mais elle admet un Grand Architecte de l'Univers ( G.A.D.U.) qui n'est pas créateur mais constructeur.
Cet Architecte de l'Univers n'est pas notre Dieu. Le Dieu transcendant auquel nous arrivons soit à travers la Foi , soit à travers la raison : Arisotote ey Platon ont démontrés encore avant Christ, qu'à partir des créatures finies , limitées on arrive à une chose infinie et illimitée.
La Franc – Maçonnerie donc, à part le fait d'avoir un Dieu immobile, dénommé Grand Architecte de l'Univers, refuse la révélation chrétienne car elle est un Dogme, une certitude.
Il n'y a pas une vérité révélée par quelqu'un, mais c'est toujours une œuvre de la raison humaine qui peut toujours être mise en discussion, déterminée par les personnes, les lieux, les circonstances donc tout est relatif.
Jésus à dit : (évangile selon St. Jean) « Je suis la Vérité…. »et voilà le nœud du problème : la Vérité n'est pas une spéculation philosophique liée à la raison, mais elle est Dieu et son amour infini.
Les Frans – Maçons considèrent la Bible comme le « Volume de la loi Sacrée » ( V.S.L.) et elle est considéré comme une partie indispensable de ce qui est appelé « équipement » dans les Loges Maçonnes.
La Bible est utilisée seulement dans les loges chrétiennes, le Coran est en usage seulement dans les loges musulmanes, le Veda seulement dans celles brahmaniques, le pentateuque hébreux seulement dans celle hébraïques.
Chaque néophyte doit jurer sur le livre plus Saint qu'il connait, de façon qu'il puisse s'en tenir au jurement de la Franc – Maçonnerie. La Franc – Maçonnerie en réalité se base sur la Cabale, un livre médiéval de légendes et magie.
Albert Pike, le Franc – Maçon qui a réécrit les grades de la Scottish Rite dans la forme actuelle, soutient que la recherche de la lumière maçonnique porte directement à la Cabale, la source de base des croyances maçonniques.
Les Francs – Maçons n'adaptent pas leurs convictions à la Bible, mais au contraire ils adoptent la Bible à leurs convictions.
La fidélité maçonnique n'est jamais envers Dieu mais envers la Loge .
Pour devenir membre de la Franc – Maçonnerie il faut croire en Dieu, mais personne ne demande au candidat en quel Dieu il croit.
La Franc – Maçonnerie demande simplement à l'initié de croire en quelque déité, son nom n'a aucune importance (Little Masonic Library, Macoy Publishing, 1977,4 :32).
Les Francs – Maçons appellent communément leur déité « Grand Architecte de l'Univers » ( G.A.D.U.) ou l'être suprême .
Dieu est décrit comme le grand auteur, le grand Maître de la Grande Loge de l'Au-delà , Jéhovah, Bouddha, Brahma, Vishnu, Shiva, ou le Grand Géomètre ( le « G » dans l'anneau maçonnique peut- être déféré à Dieu – God – mais aussi à la géométrie - Geometry).
Les Francs – Maçons soutiennent que le vrai nom de Dieu a été perdu ( cf. Gv. 14 :8-9 ; Filip. 2 :9-11 ; 1Gv. 5 :20).
Le nom du Christ est rarement cité dans la littérature maçonnique et cela est dû vraisemblablement au fait que l'on ne veut pas être offensif envers les personnes qui appartiennent à des religions différentes du Christianisme .
Il y a même quelques leaders des Francs – Maçons qui soutiennent que le Messie ne sera pas un individu mais la perfection de la race humaine.
Un de ces leaders pense que les histoires qui concernent les différents Messies ont leurs origines dans les antiques croyances religieuses.
Entre –autre les Francs – Maçons considèrent les discussions à propos de la Déité du Christ interminables et futiles.
Quand ils citent la Bible, ils omettent les passages sur le Christ et il n'est jamais permis, ( dans les Loges « de Bon Ordre » ) d'offrir une prière au nom de Jésus- Christ.
Pour les Francs – Maçons peut importe si une personne adresse ses propres prières à Dieu, à Jéhovah, Allah ou Bouddha, Mahometh ou Jésus, au Dieu d' Israël ou à la Première Grande Chose, mais dans la Loge , l'unique prière consentie est celle envers G.A.D.U.
Vu tout ça, en conséquence la Franc – Maçonnerie ne croit pas que Jésus-Christ soit Dieu et que l'on puisse obtenir le salut à travers lui. (1Gv 4 :3).
La Franc- Maçonnerie est une religion sans Sauveur.
Sa doctrine initiatique se traduit en gnose ; à travers une connaissance des techniques purement humaine l'homme devient Dieu .
Dans le cœur de la Franc- Maçonnerie il y a une doctrine secrète luciférienne qu'un Maçon apprend à connaître seulement après être arrivé aux plus hauts niveaux.
Manly Palmer , une des grandes autorités maçonniques, écrit, « quand le maçon ……..a appris le mystère de son pouvoir, les bouillantes énergies de Lucifer sont dans ses mains…… » ( Manly Palmer Hall, The Lost Keys of Freemasonery, p. 48).
L'Apôtre Jean avait averti que ceux qui nient que Jésus est l'unique Christ ont embrassé l'esprit de l'anti-Christ ( 1Gv 4 :1-3)
Entre-autre la Maçonnerie soutient que Jésus n'était pas le Christ, mais qu'Il avait obtenu un état de « conscience chrétienne » que toute l'humanité peut obtenir : « Jésus de Nazareth a rejoint un tel niveau de conscience et de perfection qu'il peut être défini de diverses façons comme conscience cosmique, génération de l'âme, initiation philosophique, illumination spirituel, splendeur brahmique, conscience du Christ ( Lynn F. Perkins, The Meaning of Masonry, CSA Press, 1971,53).
Beaucoup de personnes qui adhèrent à la Maçonnerie le font par curiosité, d'autres par conviction.
Nous respectons tous ceux qui décident d'adhérer à la Maçonnerie , sutout si elles le font pour une conviction réelle, même si nous sommes absolument incompatibles avec cette dernière, mais nous n'acceptons pas, et nous méprisons ceux qui, faisant un jeu sournois, exclusivement par intérêt personnel, pour arriver dans leur carrière , ou par utilité, adhèrent à la maçonnerie et se définit Chrétien.
Pour eux, nous ne pouvons pas avoir du respect, nous ne pouvons pas avoir un dialogue.
Notre Ordre est définit depuis 2000 ans, Yeoshuite, c'est-à-dire fidèle à la parole de Jésus-Christ.
Notre Ordre se base sur la parole du Christ, la vraie, sans structures supérieures doctrinales successives.
La parole du Christ est pour nous la parole de Dieu, la Loi, le Salut.
Pour ce motif nous disons NON à la Maçonnerie.

Source : http://www.veospss.it/nomassoneria.asp

 

 



 

Par X - Publié dans : Anti-Maçonnisme
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 09:00

Les Chevaliers Blancs histoire d'un Ordre sans âge

Les Chevaliers Blancs histoire d’un Ordre sans âge. L’histoire du Venerabilis Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri - (V.E.O.S.P.S.S.)- voit naître ses racines dans des époques très antiques. Ses origines datent de l’époque des Sag-Giga ( mieux connus comme Sumériens) et des Egyptiens. Il est structuré sur des bases religieuses-ésotériques. L’Ordre , à ses origines, dit des Mages, est le dépositaire de leur savoir ésotérique. Avec les esséniens et les groupes qui leur étaient associés comme les Sages de la Lumière d’Ormus, le savoir ésotérique suméro - égyptien commence à construire une structure homogène à laquelle s’ajoutent , à travers les siècles, des éléments d’origine hellénique et celte, qui trouvent dans la prédication de Yeoshua Bar Yoseph ( connu comme Jésus ) son apothéose.
Yeoshua Bar Yoseph représente un point ferme dans l’histoire du V.E.O.S.P.S.S, tant est qu’il concentre l’antique savoir essénien et celui d’origine hébraïque. L’Ordre en effet, est définit depuis toujours Yeoshuite, c’est à dire fidèle à la parole de Jésus Christ. Fidèle à un Christianisme pur, qui n’a aucune structure supérieure religieuse ou politique, l’Ordre commence son chemin moderne dans un monastère , l’antique Abbaye d’Orval , située dans les Ardennes, dans l’antique ,Auera Vallis ,en 1070. Ces moines appartiennent au groupe des Chrétiens appelés Apôtres ou Apostoliques, dévoués à Jean l’évangéliste, et ils sont protégés par la tante de Godefrey de Bouillon, Matilde, Comtesse de Toscane.
Le monachisme des apostoliques se joint, à travers l’organisation de sa structure , au monachisme de l’an 400 d. C, c’est à dire celui cultivé, de S. Basile le Grande t de La Laura, le monachisme qui rapproche l’isolement de l’anachorétisme avec le cénobitisme. Les apostoliques se rattachent aussi au Christianisme celte des moines de Lérins , la religion officielle des Mérovingiens.
En 1099 Godefroi de Bouillon, apostolique, descendant du lignage mérovingien, par son arrière grand-père Hugues de Long Nez ( arrière petit-fils de Sigebert VI, Duc du Razès), fonde , avec quelques feudataires qui sont devenus condottières pendant la I Croisade, les Chevaliers du Rocher de Sion. À Jérusalem, la même année, Eustache de Bouillon, est nommé premier Grand-Maître de l’Ordre, c’est le frère de Godfrey; Eustache est élu grâce aux votes de Godfrey de Bouillon, Hugues de Payns, André de Montbard, Hugues de Champagne et Pierre l’Ermite.
En 1108, en Palestine, quelques Chevaliers de Sion, commandés par Hugues de Champagne, décident de muter le nom de l’Ordre en Chevaliers du Temple de Jérusalem, laissant comme Grand-Maître Eustache de Bouillon. Dix ans plus tard, en 1118, à Castrum Sepulchri ( connut ensuite comme Seborga ), à la présence du Prince Abbé Edouard et de l’Abbé Bernard de Clairvaux, huit Chevaliers du Temple de Jérusalem, Hugues de Payns, Godefroi de St. Omer, André de Montbard, ( oncle de St. Bernard), Archambaud de St. Aignan, Nivar de Mondidier, Geoffroy Bisol, Gondemar de Savignac e Rossal Timbaud, chandent le nom de l’Ordre en Paupera Militia Christi et Hugues de Payns est nommé Grand-Maître de l’Ordre. Sous l’égide de Bernard de Clairvaux l’Odre devient officiellement le bras chevaleresque des Moines Cisterciens. Plus tard Hugues de Champagne s’unira à eux.
En 1127, sous l’Olivier des âmes à Castrum Sepulchri, a lieu le jurement qui sanctionne l’union entre les Cathares-Cagot ( Constructeurs Architecte du Gothique) et les Chevaliers Cisterciens: Devant le Grand-prêtre cathare Jean de Usson et à l’Abbé Bernard de Clairvaux, Hugues de Payns et ses Chevaliers jurent de garder le “Grand Secret”.
En 1128, pendant le Concile de Troyes, le Pape Honoré II approuve la première règle de l’Ordre, tandis que , toujours pendant le Concile, les Chevaliers adoptent la devise: « Non nobis Domine , non nobis, sed nomini Tuo da gloriam » ( pas à nous Seigneur, pas à nous, mais à ton nom de Gloire ).
En 1135 l’Abbé Bernard de Clairvaux écrit la Règle de l’Ordre, la célèbre “ De Laude Novae Militiae ad Milites Templi”.
En 1136, Robert de Craon devient Grand-Maître de l’Ordre. Durand son mandat, en 1139, le Pape Innocent II promulgue la Bulle Papale « Omne Datum Optimum », qui dispense l’Ordre du paiement des taxes et le rend indépendant de la juridiction ecclésiastique. Les Chevaliers Cisterciens obtiennent le droit de porter une croix rouge sur l’habit blanc.
En 1147, Evrard de Barres prend en main le Grand Magistère. Il est extrêmement pieux et valeureux, très influent auprès du Roi de France Louis, il abdique en 1151 et devient Moine à Clairvaux. À sa place est élu Bernard de Tremeley, toujours en 1151, et en 1153 devient Grand-Maître Evrard de Neauphle. Un an passé et André de Montbard , oncle de St. Bernard, devient Grand-Maître de l’Ordre.
Deux ans après, en 1156 Bertrand de Blanquefort qui est Prince de Castrum Sancti Sepulchri ( Seborga), deviant Grand-Maître. Il est le premier à obtenir du Pape la faculté de se définir « Maître par la grâce de Dieu », mettant ainsi l’Odre dans une position de parité avec l’église; il écrit aussi les fameux « Retraits », qui établissent, de fait, la structure de l’Ordre et le rôle des Chevaliers à l’intérieur de l’Ordre.
En 1169, le Grand Magistère est confié à Philippe de Milly de Nablus, lequel se congédie après seulement deux ans. La charge de Grand-Maître passe à Eudes de St. Amand, en 1171, et il est tué par le Saladin en 1180. Lui succède le catalan Arnau de Torroja comme Grand-Maître, diplomatique habile, qui devient médiateur entre divers groupes politiques dans l’Est et conduit de très bonnes négociations de paix avec Saladin.
En 1184, c’est au tour du flamand Gérard de Ridefort d’accéder au Magistère. Pendant son mandat, en 1188 au château de Gisors, à lieu une scission de la Paupera Militia Christi: Une partie des Chevaliers reconstruit l’Ordre des Chevaliers du Rocher de Sion, qui change son nom en Antiquus Ordo Misticusque Prioratus Sionis – A.O.M.P.S.- tandis que l’autre continue comme Paupera Militia Christi. Cette division est sanctionnée à la présence des Souverains Philippe II de France et Henri II d’Angleterre, et a pour rituel le coupage d’un orme situé dans le parc du château. Gérard de Ridefort continue à être le Grand-Maître de la Paupera Militia Christi, et Jean de Gisors devient le premier Nautonier de l’A.O.M.P.S.
En 1191 Robert de Sablé devient Grand-Maître, grâce à l’aide du Roi d’Angleterre Richard I Lionheart ( Richard Cœur de Lion), il était Chevalier depuis un an.
Pourtant, deux ans après ,à la mort de, de Sablé, en 1193, c’est l’aragonais Gilbert Hérail qui se place au Grand Magistère. Hérail est fameux pour sa volonté de vouloir maintenir la paix entre les chrétiens et les musulmans signée par Richard I d’Angleterre et Saladin.
En 1194, le Pape Célestin III confirme aux Templiers tous les privilèges accordés par la Bulle Omne Datum Optimum.
En 1201 Philippe de Plaissis devient Grand-Maître, mais huit ans après ,en 1209 au Grand Magistère se place Guillaume de Chartes, Prince de Seborga, qui, dix ans plus tard, meurt à Seborga malade de scorbut à la suite des blessures reçues pendant la V° Croisade.
En 1219 Pierre de Montaigu siège au Grand Magistère, français d’origine aragonaise, son mandat dure treize ans. À sa mort, en 1232, Armand de Périgord devient Grand-Maître, et lui succède, en 1245, Richard de Bures, auquel, à son tour, succède, en 1247, Guillaume de Sognac, un homme discret et circonspect, habile et expert des affaires de guerre.
En 1250, la charge du Grand Magistère passé à Renaud de Vichiers, tandis qu’en 1256 devient Grand-Maître le Prince de Seborga Tommaso Bérard. Né à Seborga, fils du premier maire de la ville, Astraudo, il fonde justement à Seborga l’association des “ Francs- Maçons”, dite plus tard “ Compagnonnage” pour défendre les Cathares Occitans et leurs secrets sur l’architecture. Le compagnonnage n’a rien à voir avec la Franc- Maçonnerie ,née à Londres, en 1717,laquelle a utilisée le terme “ Francs -Maçons” en le prenant au compagnonnage. Avec le nom “ Compagnons “ on décrivait l’union de personnes qui pratiquaient divers métiers, entre autres les coupeurs de pierres, les charpentiers, les sculpteurs et en général, tous les maîtres d’art. Le Compagnonnage est donc le mouvement qui réunit les métiers antiques. Son symbole, ( qui sera repris , modifié par la Franc- Maçonnerie) est représenté par une truelle surmontée d’une équerre et un compas entrelacés. Apprendre l’Art d’un Maître pour un élève était traditionnel, ça se faisait « de bouche à oreilles » et la mobilisation pour apprendre était nombreuse.
En 1272, Tommaso Bérard, fait porter à Londres, à la Domus Templi, quelques fragments de la Vraie Croix, avec d’autres reliques de Saints fameux. Toujours durant son mandat au Grand Magistère, l’Ordre réforme le signe de la Croix comme conseillé par St. Thomas d’Aquin et qui est toujours en vigueur par les confrères : « Au Nom du Père, de la conception de Dieu, Jésus, et du Saint Esprit qui ramène l’homme au père ».
En 1273, Guillaume de Beaujeu devient Grand-Maître, c’est un grand stratège militaire, et en 1291, Thibaud Gaudinlui succède.
En 1292 le Grand Magistère est pris en charge par Jacques de Molay. Vendredi 13 Octobre 1307 le Roi de France et évêque de Paris , Philippe IV, dit le Bel, donne l’ordre d’arrêter les Maîtres et les Grand-Maître de la Paupera Militia Christi. Le 22 Novembre de la même année le Pape Clément V émane la Bulle « Pastoralis Praeminentiae », dans laquelle il ordonne à tous les Rois Chrétiens d’arrêter à son nom les membres de l’Ordre des royaumes respectifs, en leur confisquant les biens et en les mettant sous la garde de l’église. Au cours du procès de 1307, Jacques de Molay sous torture reconnait sa culpabilité et est condamné à la prison à vie. Ensuite il retire sa déposition , pour ça, il est condamné au bûché, avec son compagnon de prison, Geoffrey de Charney. Le bûché est fait à Paris , sur l’ile de la Seine dite « des Juifs », près de Notre-Dame, le 18 Mars 1314 : Sur le lieu de son exécution on trouve aujourd’hui une petite plaque à sa mémoire.
La journaliste et chercheur historien, Barbara Frale, a trouvé en 2002, dans les archives secrètes du Vatican, un document, le « parchemin de Chinon », qui prouve que le Pape Clément V a acquitté les Pauperes Milities Christi, leur Grand Magistère, les Maîtres de l’Ordre des accuses hérétiques, en se limitant à suspendre l’Ordre plutôt que le supprimer ,pour pouvoir le réformer. Après la mort de Jacques de Molay, les Chevaliers se réunissent et ils transfèrent le Siège Général de l’Odre en France, à Cabardès sur l’Aude. Diverses confraternités sont fondées ou reformées, et elles agissent comme de vrais Ordres, coordonnées par la Paupera Militia Christi de Cabardès sur l’Aude .  Ces groupes sont appelés « Confraternités des Blancs » ( en Italie, Ecosse, Angleterre, Portugal, Espagne et Suisse ), et ils votent chacun leur Grand –Maître ; Ces derniers à leur tour votent le Grand – Maître Général , choisit entre les Chevaliers des divers groupes. Les premières confraternités qui naissent ou se réforment , en 1315 , sont celles des Chevaliers du « Tau ». Les Chevaliers constituent à Porto Maurizio ( Impéria – Italie ) , en Ligurie , les Chevaliers du Tau Rouge , dans la vallée de Suze , dans le Piémont , les Chevaliers du Tau Blanc et à Altopasciò en Toscane les Chevaliers du Tau Bleu.
En 1315 , est élu Grand – Maître Général Lazzaro Saggina, déjà Grand- Maître des Chevaliers du Tau Bleu d’Altopasciò. Toujours la même année , Robert Bruce ( Roi Robert I° d’Ecosse) père de l’indépendance écossaise contre l’Angleterre , crée , pour accueillir les Templiers qui ont fuit à la persécution du St. Siège , l’Order of Heredom , qui siège à Edimbourg , en plein respect de la règle Cistercienne. L’Order of Heredom , existera jusqu’en 1450 , quand il deviendra un Ordre lié à la Maison Réale Ecossaise et ensuite sera définitivement défait aux alentours de 1750 , pour éviter la confusion avec la Grande Loge écossaise Heredom fo Kilwinning.
En 1317 , beaucoup de Chevaliers se réfugient dans l’Abbaye cistercienne de la Principauté de Sankt Gallen en Suisse.
En 1026 l’Abbé Thietpaldo reçu le titre de Prince du Sacre Empire Romain , formant une Principauté , celle de Sankt Gallen qui durera jusqu’en 1798. La Principauté de Sankt Galeen comme la Principauté de Seborga , est un état Souverain Impérial Cistercien et a toujours jouit du Nullius Diocesis ( l’exonération de la juridiction épiscopale ) .
Le Prince Abbé Heinrich von Ramstein ,Maître du Grand Prieuré de Sankt Gallen, en 1317 fonde la confraternité de Sankt Gallen, , et la met sous les ordres de la Paupera Militia Christi de Cabardès su l’Aude. L’ Odre de la Domus Templi , réforme, toujours en 1317 , la Domus Templi de l’Ordre Cistercien , après l’éruption faite , en 1307 , dans le Temple londonien dû au Roi Edoardo III°. Les Chevaliers de la Domus Templi continueront leur chemin sans problèmes jusqu’en 1536, quand , après la rupture des rapports entre Henry VIII et le St. Siège , Thomas Cromwell décidera l’abolition des monastères mineurs , incluse la Domus Templi . Toujours en 1317 , Jacques II d’Aragon obtient du Pape Jean XXII le droit d’utiliser les biens des Chevaliers présents dans son Royaume pour créer un nouvel Ordre militaire , intitulé à la Vierge avec siège au château de Montesa , à Valence . Le Pape approuve la fondation avec la Bulle du 10 Juin 1317 et donne aux Chevaliers la règle cistercienne : C’est ainsi que nait l’ Orden de Caballéria de Nostra Senora de Montesa : En 1587 l’Ordre s’unira à la couronne d’Espagne et la charge de Grand- Maître deviendra héréditaire .
En 1318 , le Roi Dionigi du Portugal donne disposition pour la création d’un Ordre qui puisse accueillir les Templiers dans son royaume. Il institut la Militia Christi , sous le patronat de St : Benoit de Norcia , et , est élu Grand- Maître don Gil Martinez.
En 1319 , le Pape Jean XXII approuve cet Ordre avec la Bulle Papale : « Ad Ea Ex Quibus ». L’Ordre a son propre siège d’abord à Castro Marim, dans l’Algarve ( Diocèse de Faro ) .
En 1357 , l’Ordre sera déplacé dans le village de Tomar , à coté de Santarém , déjà siège des Templiers au Portugal . Après 1457 , sue demande du Roi Jean I° du Portugal au Pape , le Prince Henry le Navigateur devient Grand- Maître de l’Ordre .Après Henry , le Grand Magistère sera maintenu par les personnes importantes de la famille royale .
En 1834 , quand le gouvernement civile du Portugal deviendra anti catholique , après la défaite du Roi Michel du Portugal pendant la guerre civile , sous la monarchie constitutionnelle l’Ordre perdra ses biens et se transformera en un simple Ordre de valeur.
En 1325, est élu Grand-Maître Général Guillaume III di Savoia, déjà Grand-Prieur de l’Abbaye de Saint- Michel dans l’écluse de Suze. Même si sa charge à Grand-Maître dure à peine plus d’un an, sous son mandat l’Ordre commence lentement à sa reprendre et les liaisons avec les moines de Lérins deviennent à nouveau intenses.
En 1326, est élu Grand-Maître Général, Robert Bruce , déjà Roi d’Ecosse, avec le nom de Robert I°, depuis 1306.
En 1329 , pendant un pèlerinage au Sanctuaire de San Ninian , pas loin de Bannockburn, le Roi , qui voyageait sur une litière, a une grave hémorragie dut au scorbut. Avant de mourir, il veut exaucer un de ses plus grands désirs : aller en Terre Sainte pour combattre les infidèles à la fin de la guerre contre le Anglais, mais la maladie lui interdit de réaliser son rêve et , sur le point de mourir, Bruce demande à ses Chevaliers Cisterciens de porter son cœur là-bas et de l’enterrer à l’intérieur du St. Sépulcre de Jérusalem. Pour ce mandat , James Douglas , le plus fidèle de ses Chevaliers est choisi.
Le 7 Juin 1329, à l’âge de cinquante cinq ans , le Roi d’Ecosse et Grand-Maître de l’Ordre Cistercien meurt. Après avoir été embaumé, son corps est enterré dans l’Abbaye de Dunfermline ( Ecosse) , tandis que son cœur est confié à James Douglas. Au Printemps 1330, Douglas , accompagné par dix Chevaliers, part pour la Terre Sainte et, pendant un arrêt en Espagne , alors en guerre contre les Maures, le Roi Alphonse XI , connaissant sa réputation de Grand Chevalier, lui demande de guider la charge en bataille contre l’armée des Maures. Douglas accepte et, à la tête du contingent des Chevaliers étrangers , avec ses dix hommes, il guide la charge. Les Maures s’échappent suivis par James Douglas et son drapeau , attirant pour autant les Chevaliers dans une embuscade ; après les avoir encerclé, les valeureux Chevaliers sont massacrés. Sous le corps de Douglas, protégé pendant le dernier essai de défense , il y a le coffret qui contient le cœur de son Roi et Grand-Maître. Le cœur de Robert Bruce est amené à l’Abbaye de Melrose, où il se trouve encore aujourd’hui.
En 1330  il devient Grand-Prieur de l’Abbaye de St. Michel dans l’écluse de Suze Rodolfo di Monbello, lequel, la même année, est élu Grand-Maître Général de la Paupera Militia Christi.
En 1359 il se passe une chose très importante pour l’histoire de l’Ordre. Jean de St. Clair , qui appartient à la puissante famille des Sinclair écossais, devient Nautonier de l’A.O.M.P.S.
En 1351, après la mort de Rodolfo di Monbello, Jean de St. Clair est élu Grsnd-Maître Général de l’Ordre Cistercien , réunissant ainsi la vieille fracture qui s’était créée en 1188 entre les deux Ordres.
En 1362, est élu au Siège pontifical l’Abbé de Lérins Guillaume de Grimoard, qui prend le nom de Urbain V, Jean de St. Clair remet son mandat de Grand-Maître Général. La même année devient Grand-Maître Général de la Paupera Militia Christi l’Abbé de Lérins d’origine aragonaise et Prince de Seborga Pons Lance, qui, pour rénover et réformer de manière radicale l’Ordre, et pour réunir les divers groupes des Confraternités des Blancs, change le nom en Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri – V.O.S.S.- et choisi comme symbole , à place de la Croix Pattée Rouge, l’agneau debout avec la tête tournée fièrement vers l’arrière ( comme s’il regardait le passé), qui soutient avec son sabot droit, la hampe de l’étendard chevaleresque cistercien, qui termine en haut avec la Croix à huit pointes Rouge. Pendant son siège au Grand Magistère de nouveaux prieurés naissent et l’Ordre vit une période de grande expansion.
En 1378, le Grand Magistère passe à Pietro del Carretto, Abbé de Lérins des Marquis du Carretto de Millésimo.
En 1381, devient Grand-Maître l’Abbé de Lérins Jacques Salacinis, provençal, recteur du Prieuré de St. Michel à Sospel, en France, qui modifie le symbole de l’Ordre, reprenant la Croix Pattée Rouge à huit pointes . Cette décision n’est pas acceptée par tous les chevaliers et les Prieurés qui sont au levant de Savona continuent à utiliser le symbole de l’agneau.
En 1394, est Grand- Maître Giovanni Lascaris, des Comtes de Vintimille, Prince de Seborga. Un an après, en 1395, Giovanni Lascaris abandonne le Grand Magistère et est nommé Grand-Maître Antonio Coppola di Scala ( pas loin de Salerno- Italie). L’influence du Grand- Maître Antonio Coppola grandit dans la communauté de Scala, à tel point qu’il fait faire une Chapelle à l’intérieur de la Cathédrale dédiée au Saint protecteur de sa famille.
En 1396 Antonio Coppola est assassiné. Dans cette situation d’urgence, Giovanni Lascaris reprend le Grand Magistère, tandis qu’en 1397 est élu au Grand Magistère Guglielmo Lascaris, Seigneur de Peille (France).
En 1403 le Grand Magistère passe a Magoni Imperiali des Comtes de Vintimille, tandis qu’en 1405 est élu Grand. Maître Ludovico Bonito ; Archevêque d’abord à Pisa et ensuite à Taranto, il devient Cardinal sous le mandat du Pape Grégoire XII. En 1413 le Prince Giovanni Lascaris est de retour au Grand Magistère.
En 1414 , à Genova, il se passe quelque chose qui changera la mission « Catholique » de l’Ordre et lui donnera ce caractère Chrétien universel, qui ramènera l’Ordre aux origines Yeoshuite. En effet, pendant l’assemblé générale de l’Ordre, il est décidé que le Venerabilis Equester Ordo Sancti Sepulchri « ne sera plus seulement au service du Pape, mais de tout le Christianisme , vu que l’église est l’assemblé de tous les Chrétiens et la communauté des fidèles ne peut et ne doit être séparée ni divisée par les discordances qui s’insurgent entre les membres qui sont préposés à conduire et à administrer la communauté Chrétienne ». Cette décision évidemment , ne plait ni au Pape avignonnais Benoit XIII ni au Pape romain Gregorio XII.
En 1418 est élu au Grand Magistère Nicola dei Sasso de Ravello ( à coté de Salerno Italie).
En 1424, à accéder au Grand Magistère c’est Giovanni Lascaris des Comtes de Vintimille, Prince de Seborga. Six ans plus tard en 1430, est élu Grand-Maître l’armateur Loisio Coppola di Scala.
En 1434, l’Abbé et architecte Paganino dal Pozzo devient Grand- Maître de l’Ordre ; six ans après , en 1440, cette charge passe à Lucchino Lascaris.
En 1449, est élu Ottavio dei Sasso de Ravello ,tandis qu’en 1453 devient Grand- Maître le Prince de Seborga Michele Lascaris des Comtes de Vintimille.
En 1457, l’Abbé provençal de Lérins , André Plaisance, est élu Grand- Maître, tandis qu’en 1463, c’est l’Abbé gênois, conseillé de la Congrégation de St. Georges, Guido Buscetta qui devient Grand- Maître de l’Ordre.
En 1465 monte au Grand Magistère l’Abbé Isnardi de Grasse, tandis qu’en 1469 est élu l’Abbé Prince de Seborga Nicola des Comtes de Vintimille.
En 1480 l’Ordre fait un mouvement stratégique et, est élu Grand – Maître le président de l’association Pratese dei Lanieri, Adalberto dei Vinaccesi de Prato (Toscana)
Deux ans après, en 1482, le Grand Magistère passe a Nicola del Carretto et en 1493, est élu l’Abbé Prince de Seborga Raniero Lascaris des Comtes de Vintimille.
En 1496, à grande surprise est élu comme Grand- Maître de l’Ordre le fils naturel du génois Giovanni Battista Cybo ( Pape Innocent VIII), le Chevalier et explorateur Christophe Colomb . À son élection, Colomb est au sommet de sa carrière et il apprend la nouvelle de son élection en Espagne, où il était à peine arrivé de son second voyage à Portorico, Cuba et en Jamaïque. . L’élection de Colomb provoque un tremblement au sein de l’Ordre : Quelques uns voient en cette élection un essai d’accabler le pouvoir ecclésiastique, car Christophe Colomb est vu comme un révolutionnaire prêt à tout pour faire triompher le templarisme. Á cause de ça , 21 Prieurs de l’Ordre ( 400 Chevaliers à peu près), appuyés par le Pape Alexandre VI, s’en vont de l’Ordre du Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri et forment l’Ordre Equestris Sancti Sepulchri Hierosolomitani, duquel devient Grand- Maître le Catalan Roderic Borja (italianisé Borgia), c’est à dire le Pape Alexandre VI.
En 1504, pour contraster l’avancé de l’Ordo Equestris Sancti Sepulchri Hierosolomitani et à la suite des contrastes qui se sont créés avec le Pape Giulio II, le Grand Conseil du Venerabilis Ordo Sancti Sepulchri élimine le terme Venerabilis de son nom, devenant simplement Ordo Sancti Sepulchri.
En 1507, pour contenir le pouvoir de l’Ordre papin, est élu Grand- Maître de l’Ordo Sancti Sepulchri, le Nautonier de l’A.O.M.P.S. le Grand Leonardo da Vinci, c’est ainsi qu’encore une fois l’union entre les deux Ordres se renforce. Leonardo se déplace de Firenze à Milano, et de cette ville il commence à gouverner l’Ordre. Il est aidé par le gouverneur français de Milano, Charles d’Amboise et déplace le siège opératif de l’Ordre chez lui à Milano, à côté de la Place San Babila.
En 1511, Charles d’Amboise meurt, il était son soutient auprès du Roi de France Louis XII. Leonardo , voulant dédier tout son temps à étudier et à son rôle de Nautonier, laisse le Grand Magistère de l’Ordre. Toujours en 1511, monte en charge de l’Ordre l’Abbé Franz Von Gaisberg, Prince de la Principauté Cistercienne de Sankt Gallen (Suisse), qui créera un grand renouveau pour l’art des livres et donne ainsi une forte poussée, en achetant, pour l’Abbaye de Sankt Gallen, beaucoup de livres et manuscrits antiques. Il est nommé Abbé de l’Ordre canonique de St. Ruffo à Peille. Le Siège de l’Ordre est déplacé à Sankt Gallen, et le Siège opératif est transféré à Seborga.
En 1518, devient Grand- Maître Federico Coppola di Ravello, Abbé cistercien et administrateur de la société commerciale Ravellese. Deux ans après, en 1520, le grand Magistère va à l’Abbé et trésorier du Duché d’Amalfi, Coluccio Coppola di Scala, tandis qu’en 1534 c’est le tour de l’Abbé génois membre de la Congrégation de San Giorgio, Francesco Bugi.
En 1542, est élu l’Abbé du Languedoc et futur Prince de Seborga, Ilario de’ Pescheriis Auquel suit, en 1553, l’Abbé de l’Ordre Presbytérien de San Ruffo à Peille : Nicola Isoard .
En 1563, l’Abbé Cassinense et futur Prince de Seborga Gerolamo da Perugia. Avec le Grand- Maître Gerolamo da Perugia, tout le système de la Principauté de Seborga est mit sous contrôle, la direction et l’administration de l ‘Ordo Sancti Sepulchri, enlève ,de fait au peuple tout acte formel .
En 1572, le Pape Gregorio XIII décrète l’unification entre l’Ordre de St. Maurice et l’Ordre de St. Lazzare sous-mettant le nouvel Ordre , l’Ordre de St.Maurice et Lazzare à l’obéissance à la règle cistercienne de l ‘Ordo Sancti Sepulchri.
En 1576, devient Grand- Maître Stéphane Rochon de Monfort sur Argens. Le Grand- Maître entre en conflit avec l’évêque de Vintimille, Francesco Galbiati et refuse toutes ses visites pastorales en lui interdisant d’entrer à Seborga.
Le résultat en 1583, est un interdit contre la Principauté, qui est vite enlevé grâce à l’intervention auprès du Pape de la part du Prince de Seborga Gerolamo da Perugia.
En 1583 monte au Grand Magistère l’Abbé de la Congrégation de Santa Giusta da Padova, Benedetto da Venezia.
En 1589 est élu Antonio da Nizza, en 1590 l’Abbé Angelo de Fréjus, en 1595 l’Abbé Gabriele da Firenze et en 1599, l’Abbé et précepteur en Provence de l’Ordre, Giuliano d’Azula.
En 1611, est élu au Grand Magistère l’Abbé Cesario da San Paolo. Il se proclame , immédiatement après avoir été nommé, Seigneur et Souverain de Seborga « tam in spiritualibus quam in temporalibus cum mero et mixto et libero imperio ». Pour donner de l’emphase au fait que l’Ordo Sancti Sepulchri est le Patron absolu de la Principauté de Seborga , il fait mettre sur chaque toit du château 13 tuiles ayant l’incision de la date du jour et de l’année de son adoubement ( 13 Octobre 1611) et la sigle C.S. (Castrum Sepulchri), tuiles qui sont visibles encore aujourd’hui.
En 1613, le Grand Conseil de l’Ordre déplace le Siège de Sankt Gallen à Carcassone, dans la région du Languedoc ( France). Le Grand- Maître change le nom en Venerabilis Equester Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri- V.E.O.S.P.S.S – dénomination qui existe encore aujourd’hui.
En 1617, monte au Grand Magistère Théodore de Grasse, Abbé et Prince de Seborga. Lui aussi a beaucoup de tension avec l’évêque de Vintimille, Francesco Gandolfo, qui se plaint que depuis plus de 40 ans les évêques ne peuvent pas entrer à Seborga, y étant appliqué le « Nullius Diocesis ».
En 1653 monte au Grand Magistère le Nautonier de L’A.O.M.P.S., Robert Boyle, chercheur chimique et scientifique irlandais.
En 1662, le Grand- Maître adopte, comme écusson de l’Ordre, un écusson croisé ( qui deviendra l’armoirie de Seborga en 1814) surmonté non pas par la couronne, mais par la croix de l’Ordre.
Après lui se succèdent, en 1664 Robert Salicoffre de la famille des Biancheri Salicoffre de Marseille, en 1686 Germain Authier, Abbé cistercien à Lérins et en 1705 l’Abbé Honoré de Balisen de Callian.
En 1714, Giuseppe Antonio Biancheri de Seborga, fils du premier Maire de Seborga, est élu Grand- Maître du Venerabilis Equester Ordo Sacri Principatus Sancti Sepulchri ( V.E.O.S.P.S.S) , Prince de Seborga, il reste en charge avec ce titre même quand la Principauté est placée sous le Haut Patronage du Roi de Sardaigne. C’est l’avant dernier Prince, car après lui la Principauté sera exploitée et administrée ( toujours plus à niveau spirituel et toujours moins à niveau temporel) par les Grands-Maîtres de l’Ordre, qui n’utiliseront plus ( jusqu’en 1963) le titre de Prince de Seborga.
En 1746, monte au Grand Magistère l’Abbé Pietro Maria Secondo Senesio di Servetto, docteur et professeur de grande réputation. Pendant son mandat le « Nullius Diocesis » est confirmé par le St . Siège au Roi Carlo Vittorio Amedeo.
En 1764 est élu l’Abbé Carlo Nicolai de Peille, l’année successive (1765) ,il est nommé curé de Seborga avec un décret de Carlo Emanuele, Roi de Sardaigne.
En 1772, devient Grand-Maître Louis Claude de St. Martin, grand philosophe ésotérique français. De ses théories naîtra l’Ordre Martiniste. Erronément définit Maçonnique ( comme d’ailleurs beaucoup de Grands- Maîtres de l’Ordre) lui, au contraire, combat pour le véritable idéal du Yeoshuite et voudrait la restauration d’une religion intérieure basée sur la personne de Jésus- Christ.
En effet pour St. Martin le christianisme ; d’ailleurs le mot « Chrétien » n’est pas prononcé une seule fois dans l’évangile. Pourtant l’esprit de ce mot est exprimé clairement et consiste selon St Jean (1 :12) en « pouvoir de devenir fils de Dieu » accueillant en nous la parole, et selon Marc (16 :20) « en faisant avec lui » le christianisme n’est autre que l’esprit même de Jésus-Christ dans sa grandeur et il porte la Foi jusque dans la région lumineuse de l’éternelle parole divine ; il n’a pas de mystère car par son essence le christianisme è l’évidente lumière universelle. Le Christianisme n’admet aucune secte, car il embrasse l’unité, l’unité étant seule, elle ne peut pas être séparée d’elle même. Enfin, le christianisme unit constamment l’homme à Dieu et appartient à l’éternité, tandis que le catholicisme appartient au temps.
En 1804, monte au Grand Magistère le physicien italien, Alessandro Giuseppe Antonio Volta, inventeur de la pile.
En 1805, pour ses découvertes dans le domaine de l’électricité, Napoléon Bonaparte le nomme Chevalier de a légion d’honneur.
En 1809 il devient sénateur du Règne d’Italie et en 1810 Comtes du Règne italien. Après l restauration de l’empire des Hasbourgs, en 1815, l’empereur autrichien le nomme professeur de philosophie à Pavia et lui confère le titre de Chevalier de l’Ordre Impérial Autrichien de la couronne de Fer.
En 1819 Volta se retire à vie privé dans sa maison de campagne à Camnago, localité située pas loin de Como, pour se dédier complètement à l’Ordre. Ensuite à la mort de Volta, en 1827, la même année est élu Grand- Maître un autre Nautonier de l’A.O.M.P.S. Jean Charles Emmanuel Nodier, écrivain français.
En 1844 est élevé au Grand Magistère, Victor-Marie Hugo , écrivain, poète et dramaturge français, considéré le père du Romantisme en France. Sous son égide, le nom de Grand- Maître change en Grand-Prieur, terminologie encore en vigueur aujourd’hui. Simultanément à l’élection à Grand- Prieur, Hugo est nommé Nautonier de l’A.O.M.P.S. Pendant da période au Grand Magistère, Hugo arrête son activité littéraire pour mieux se dédier aux activités de l’Ordre.
Après avoir été nommé Pair de France par le Roi Louis- Philippe d’Orléans, en 1851, étant devenu entre temps Empereur Napoléon III, Hugo doit partir pour l’exil. Il part d’abords pour Bruxelles, puis il se transfert dans l’île de Jersey et enfin à Guernsey, refusant l’amnistie proclamée par l’Empereur.
En 1857, Hugo , affligé par les disgrâces de famille, abandonne le titre de Grand- Prieur et conserve seulement celui de Nautonier. La même année est élu Grand-Prieur l’Abbé Antonio di Tavole del Prino ( Imperia – Italie) qui donne une forte impulsion à la croissance locale de l’Ordre.
En 1869, devient Grand-Prieur, l’écrivain français Jules Verne, entré dans l’Ordre depuis 1855. Expert de philosophie ésotérique, grand connaisseur des principes Rose-croix, pour certaines affirmations contenues dans ses romans, la critique moderne tend à l’affilier aux loges maçonnes. En réalité Verne fréquente des lieux ésotériques bien plus élevés (A.O.M.P.S.) et, vu son rôle de Grand-Prieur, il n’a aucun intérêt pour les institutions ( comme les Loges Maçonniques ) qui, par leur origine et leur histoire , sont beaucoup plus jeunes que l’Ordre.
En 1892, le compositeur et pianiste français, Claude-Achille Debussy ( qui est devenu Nautonier de l’A.O.M.P.S. en 1885) , à l’âge de 30 ans, est élevé au Grand Prieuré du V .E.O.S.P.S.S. Debussy a une vie très mouvementée, surtout au niveau sentimental et son « instabilité » l’amène à devoir littéralement s’échapper de ses femmes : cette faiblesse lui coûte d’innombrables rappels de la part du Grand Conseil de l’Ordre.
En 1910, Debussy laisse le Grand Magistère et à sa place est élu un des plus importants chercheurs scientifiques de l’ère moderne, le serbe ( naturalisé américain) Nikola Tesla : Unique Grand-Maître orthodoxe de l’Ordre( son père, Milutin, était un Ministre de culte orthodoxe) et un homme de grande culture, Tesla n’a jamais pris son diplôme de fin d’études, même s’il recevra de nombreux Diplômes Honoris Causa. Véritable géni , il a une grande prédisposition pour les langues étrangères : en fait il parle et écrit correctement, serbe, croate, tchèque, anglais, français , italien, hongrois et latin. Il est connu surtout pour son travail révolutionnaire et sa contribution dans le champ de l’électromagnétisme . Durant son mandat il y a une vigoureuse diffusion de l’Ordre aux Etats -Unis et au Canada et il déplace le Siège de l’Ordre de Carcassone à Toronto, au Canada. Ses inventions , dans le champ de l’énergie libre, le font devenir un personnage peu commode, et en 1943, Tesla qui travaillait au téléforce ( le rayon basé sur les éclairs globulaires, sur la physique du plasma et sur le flux des particules), faisant semblant d’avoir une crise cardiaque à l’Hôtel ou il se trouvait, le New Yoker Hotel, disparait de la scène , laissant beaucoup de doutes sue sa mort et se funérailles : en effet, Tesla meurt, officiellement le 5 Janvier mais son corps , aussitôt enlevé de l’Hôtel , est brûlé seulement le 12 Janvier, en toute discrétion et ses cendres données à la famille.
Entre le 5 et le 12 Janvier , personne ne sait ou a été conservé le corps de Tesla. Une note de valeur purement scientifique, toujours la même année, après la disparition de Tesla la Cour Suprême des Etats-Unis attaque son brevet N° 645576 ( enregistré par Tesla en 1897), reconnaissant le scientifique comme l’inventeur de la radio et enlevant à Gulgliemo Marconi cet honneur : en effet, Marconi eregistre le brevet de le radio ( N° 763772) seulement en 1904, c'est-à-dire sept ans l’enregistrement de Tesla.
En 1920 Tesla abandonne le Grand Magistère et devient Grand-Prieur l’évêque de Vintimille Ambrogio Daffra, qui ne réussit pas à bien faire ayant la structure décisionnelle de l’Ordre au Canada.
Pour ces motifs, en 1923, c’est le Cardinal Désiré-Joseph Mercier qui devient Grand-Prieur, pionnier du dialogue œcuménique , qui meurt malheureusement en 1926. Toujours la même année est élu Grand-Prieur, le prix Nobel pour la physique Max Planck, inventeur de la théorie des « Quanti » , un des piliers de la physique contemporaine. Excellent pianiste, il s’intéresse aussi des problèmes philosophiques et reste en charge jusqu’en 1938, année durant laquelle il laisse le Grand Magistère ; cette décision est probablement dû au fait que Planck , étant contre le nazisme , ne veut pas endommager l’Ordre ( son dernier fils sera tué par les nazis pour avoir participé à un complot contre Hitler en 1944). Croyant, fidèle au Christianisme culturel, il croit en Dieu tout puissant et omniscient, mais pas personnel et combat le positivisme considérant l’athéisme une obsession pour les symboles.
En 1938 est élu Grand-Prieur Louis Charles Charbonneau-Lassay, historien, archéologue ( Croyant en les symboles) et expert d’héraldique. Il se dédie à toutes ses activités comme supplément à sa recherche spirituelle. On peut classer tout son travail vers le mouvement catholique dans une optique exclusivement religieuse, hors de la politique. Il est connu surtout pour son œuvre immense intitulée le bestiaire du Christ , sa première édition devient immédiatement une source influente en matière de Christologie emblématique et de symbolisme.
En 1946 à la mort de Charbonneau - Lassay est élu Grand-Prieur Edouard Louis Emmanuel Julien Le Roy. Le nouveau Grand-Prieur entre en conflit avec l’église catholique traditionnelle en revendiquant une religiosité plus voisine à la tradition Yeoshuite, pour ce motif à travers ses ouvrages littéraires il émet une critique profonde envers les structures dogmatiques qui, pour avoir raison, doivent s’appuyer sur d’autres dogmes. Le dogme devient ainsi, une structure religieuse essentiellement de caractère pratique, c'est-à-dire avec une valence morale , qui a pour but de guider les croyants sur la juste voie de la doctrine religieuse, mais sans aucune structure de vérité.
En 1953 est élu Grand-Prieur le Nautonier de l’A.O.M.P.S., de nationalité française, Jean Maurice Eugène Clément Cocteau. Poète, romancier et dramaturge, il est aussi designer , metteur en scène et acteur. Sa versatilité , son originalité et sa grande capacité expressive l’amène à devenir une célébrité international.
En 1960, Cocteau entre en contact avec un floriculteur de Seborga, Giorgio Carbone âgé de 24 ans, qui, à l’époque vit entre l’Allemagne, à Mainz et Seborga ou il gère avec sa mère , une des plus importantes société de floriculture à niveau européen. Cocteau réussit à convaincre Giorgio Carbone à entrer dans le V.E.O.S.P.S.S.. Entre les deux naît une grande amitié et en 1963, à la mort de Cocteau, le jeune Giorgio Carbone, est élu avec surprise, Nautonier de l’A.O.M.P.S. Toujours en 1963, est élu Grand-Prieur de l’Ordre le texan José Silva, parapsychologue auteur de la méthode Silva et du Silva UltraMind ESP System, méthode destiné à aider les personnes à développer le QI, leurs capacités psychiques, et leur capacité de guérir les autres, en utilisant des forces inconnues à la science.
En 1999, à la mort de Silva, est élu Grand-Prieur Giorgio Carbone ( devenu en 1963 Prince de Seborga, bien 217 ans après la mort du dernier Prince).
En l’an 2000, Giorgio Carbone réforme le V.E.O.S.P.S.S., en utilisant come symbole la Croix Patté rouge Octogonal , dite normalement Croix des Templiers, posée sur champ blanc, et ramène le siège de l’Ordre à Seborga. Pendant son mandat naissent en Italie de nouveaux prieurés et l’Ordre prend une dimension européenne.
Le 25 Novembre 2009, Giorgio Carbone malade de SLA meurt et laisse la Principauté de Seborga , qui durant son mandat était liée à l’Ordre dans le caos.
Après une période de quelques mois pleine de problèmes et d’incertitudes, le 6 Février 2010 est élu Grand-Prieur de l ?ordre , le Professeur Diego Beltrutti, médecin chirurgien de Busca (Italie). Toujours la même année l’Ordre en conformité avec les nouvelles normes pour les associations, est enregistré au tribunal avec un acte du Notaire , avec la déclaration de descendant légal de la Paupera Militia Christi et avec la dénomination ajointe de « Antique Ordre des Chevaliers Blancs de Seborga » .
Le 6 Janvier 2011 le Professeur Beltrutti est expulsé du V.E.O.S.P.S.S. et est élu Grand-Prieur le doyen de l’Ordre , Comm. Walter Barbero di Canelli .
Au mois de Février 2011 l’Ordre est accrédité d’abord à la Comission Européenne dans le registre des représentants d’ Intérêts et ensuite à la Bibliothèque Aspotolique du Vatican.

 

Source : http://www.veospss.it/home.asp?lingua=fr

 

Par Thomas Dalet
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:55

Voici une société secrète (ultra)royaliste et catholique, née sous l'Empire et dissoute vers la fin de la Restauration, qu'il me paraît intéressant de connaître ; je vous propose donc quelques extraits de l'article Wikipédia dont vous pourrez lire l'intégralité ici.

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la monarchie française. Puis durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des Ultra-royaliste, avant de se disperser d'eux-mêmes en 1826.

 

Histoire des Chevaliers


1810: La Fondation
Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçut en 1807 à la Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d'excommunication de Pie VII contre Napoléon. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la Franc-Maçonnerie qu'ils pensaient être le principal outil de la Révolution Française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l'Église et du roi, ils ont donc "infiltré" des loges pour en étudier le fonctionnement. Une foi Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l'ordre des Chevaliers de la Foi, institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen-Age et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d'une génération assez jeune ayant vaguement connu l'ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution Française et sa déchristianisation. Finalement c'est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.
1810-1814 : De la clandestinité aux premiers complots
Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police Impériale.
Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.
On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’état armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l'Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussis à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la "libération" alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les anglais, les autrichiens, les prussiens et les russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.
Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l'existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Nouailles qui vient d'arriver en Angleterre.
Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monachistes (l'ex-Institut Philanthropique, la Garde Royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d'un comité mixte.
Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers: "Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé". Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d'abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l'intérieur, mais le plan de l'opération n'est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s'étant fait arrêter en train d'embarquer pour l'Angleterre.
En fin d'année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil Supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.
1814 : L'Avant Restauration
En janvier le maire de Bordeaux, Jean Batiste Lynch prend contact la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux, . Au moi de février près de 200 Chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, c'est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l'opération.
À l'arrivée des troupes alliées pour la Campagne de France, les Chevaliers ont tentés de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s'est produite à l'arrivée des prussiens. En Franche-Comté, pendant que les autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.
Les alliés loin d'être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d'ignorer les royalistes. Les autrichiens et les russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprie par Alexis de Nouailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.
Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi
À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d'investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du coté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d'avoir eu l'assurance que les troupes n'interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l'ordre publique était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié "vive le roi!" Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L'archevêque de l'époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, férorce opposant au Concile de Paris en 1811 participa avec le maire à l'accueil de Louis de France (1775-1844), fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région. En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l'enfant du fils de son frère Henri d'Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l'opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.
La faiblesse des Chevaliers parisiens
Bine que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l'activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l'ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans y parvenir.
1814/1815: La Première Restauration
Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l'exact ancien régime, sachant que Talleyrand essayait d'être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le Tzar Alexandre Ier de Russie.
À Toulouse, le 12 avril après que l'occupant Arthur Wellesley de Wellington ait prit connaissance de la situation parisienne, la population put s'associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.
Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n'ont pas pu s'opposer à la Charte de 1814. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.
1er mars/18 juin 1815 : Les Cent-Jours
Louis de France appelé aussi Duc d'Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s'est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l'expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d'Artois. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d'Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le Duc d'Angoulême).
1815-1826 : La Seconde Restauration
La Chambre Introuvable
Durant la nouvelle période qui s'annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l'ombre des Parlementaires, pour s'opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste. Les Chevaliers habitués à l'ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer. C'est dans ces conditions qu'est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avait été fondés surtout dans un but religieux pour d'une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d'autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution Française.
La Terreur Blanche
Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite "Blanche". Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres et les massacres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l'origine de l'Affaire Fualdès.
La bannière parlementaire, par l'intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mit fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite "Introuvable" le 5 septembre 1816.
Le Parti Ultra-royaliste
Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d'ordres aux non-Chevaliers.
Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite "circonspect", pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d'avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l'appui des Chevaliers Villèle était seul contre "la faction des impatients", menée par François Régis de La Bourdonnais qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c'est à dire ils voulaient faire un 1789 à l'envers et en 1819 ils voulaient renverser le Président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.
1821 : Le ministère Villèle
Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C'est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l'Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un Pair de France qui a été maréchal de l'Empire avant de suivre le roi à Gand. Les affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d'une main de fer vu le prestige de son nom et la renommé de son réseau. Villèle l'a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la "Taupe" a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limité son influence sur l'Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du Grand maitre. Dès 1822 le poids des Chevaliers était considérable, et l'idéologie ultra influençait le pouvoir. Les Chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l'outrage à la religion d'État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte Catholique, le remplacement des recteurs d'académies et des grands-maitres d'universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d'expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.
Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.
1826 : La Dissolution
Au début le parti est fort et unifié mais une foi entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François Régis de La Bourdonnais . En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l'organisation en France s'est auto-dissoute, elle n'a plus jamais eu d'apparition ou de refondation publique depuis ce jour.

Source : http://trone.forumpro.fr/t299-les-chevaliers-de-la-foi

Par X - Publié dans : Chevalerie
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Samedi 6 octobre 2012 6 06 /10 /Oct /2012 08:53

Le fondateur

L'abbé Michael J. McGivney est né à Waterbury, le 12 août 1852. Il était l'aîné d'une famille de treize enfants dont six sont décédés en bas âge. Ses parents, Patrick et Mary (Lynch) McGivney, sont arrivés aux États-Unis au cours de la grande vague d'immigration irlandaise du 19e siècle.

Michael J. McGivney a fréquenté les écoles de la classe ouvrière de Waterbury. Puis, après la guerre civile, alors que l'industrie métallurgique du Connecticut est en plein essor, il quitte l'école à l'âge de treize ans pour aller travailler. Son emploi dans le service de fabrication de cuillers d'une usine de cuivre, apporte un peu plus d'argent pour subvenir aux besoins de la famille. En 1868, à l'âge de seize ans, il quitte l'usine.

Avec l'objectif d'accéder à la prêtrise, il voyage jusqu'au Québec en compagnie du pasteur de Waterbury. Inscrit au collège de St-Hyacinthe, il travaille fort sur les matières qui vont le préparer au séminaire. Deux années académiques suivent, d'abord au séminaire Notre-Dame des Anges... et, par la suite, pendant une année au Collège Sainte-Marie, à Montréal.

À court d'argent et inquiet du sort de sa famille, il retourne vivre aux États-Unis. Puis, sur l'invitation de l'évêque de Hartford, il entre au séminaire St. Mary à Baltimore, au Maryland. Après quatre années d'études, le 22 décembre 1877, il est ordonné prêtre dans l'historique cathédrale de l'Assomption à Baltimore, par l'archevêque Mgr James Gibbons. Quelques jours plus tard, en présence de sa mère, il célèbre sa première messe en l'église de l'Immaculée-Conception de Waterbury.

L'abbé McGivney commence son ministère le jour de Noël 1877, en tant que vicaire à l'église St. Mary de New Haven. Il se dévoue constamment auprès des jeunes de la paroisse, en tenant des classes de catéchisme et en organisant une société d'abstinence totale contre l'alcoolisme.

En 1881, il commence à explorer avec un groupe de laïcs, la possibilité de fonder une société de bienfaisance, catholique et fraternelle. Àune époque où les clubs paroissiaux et les sociétés fraternelles avaient beaucoup d'attrait, le jeune prêtre pensa qu'il y avait moyen d'oeuvrer à la fois à l'affermissement de la foi et au soulagement des familles pauvres, décimées par la maladie ou la mort de celui qui assurait le gagne-pain.

Il fait part de son concept à Mgr Lawrence McMahon, évêque de Hartford, qui l'approuve. Il se rend jusqu'à Boston au Massachusetts, pour discuter avec des représentants du "Catholic Order of Foresters " (société de secours mutuel); puis il voyage jusqu'à Brooklyn pour consulter la Légion de bienfaisance catholique. Il rencontre aussi d'autres prêtres de son diocèse. Partout où il le peut, il recueille l'information qui aiderait les laïcs catholiques à s'organiser en société de secours mutuel.

Voyant la possibilité de lier le catholicisme à l'américanisme, à travers la foi et la vision audacieuse du découvreur du Nouveau Monde, l'abbé McGivney suggéra d'abord le nom "Fils de Colomb", mais à la suggestion de ses collaborateurs, l'appellation "Chevaliers de Colomb" fut adoptée, et c'est le 29 mars 1882, que la législature du Connecticut octroie une charte aux Chevaliers de Colomb, établissant ainsi formellement qu'il s'agit d'une corporation légale.

Après sept ans de ministère dans la paroisse St. Mary, il est nommé pasteur de la paroisse St. Thomas à Thomaston, Connecticut, une ville industrielle située à seize kilomètres de sa ville natale. Tout en combattant le déficit de la paroisse et se dévouant généreusement pour ses ouailles, il continue en même temps de servir l'Ordre colombien, à titre d'Aumônier Suprême. Il est de plus en plus engagé personnellement dans l'effort de promotion de l'Ordre dans les divers États américains.

De santé plutôt frêle, l'abbé McGivney est soudainement atteint d'une sérieuse pneumonie en janvier 1890. La maladie persiste et il décède le 14 août de la même année, à l'âge de trente-huit ans.

Présidée par l'évêque de Hartford, auquel s'étaient joints soixante-dix prêtres, la messe des funérailles réunit une foule considérable à laquelle participaient plusieurs dirigeants municipaux, et de nombreux Chevaliers venus des cinquante-sept Conseils déjà créés.

En treize années de sacerdoce, le dévouement et la compassion de l'abbé McGivney ont gagné l'amour de ceux qu'il servait. Sa profonde piété, son leadership et sa facilité à administrer, lui ont apporté la loyauté et l'affection de milliers de personnes qui le connaissaient tant comme prêtre, que fondateur de l'ordre des Chevaliers de Colomb.

Les Chevaliers poursuivent leur prière pour que soit reconnue dans l'Église la sainteté de ce fidèle serviteur.

Les racines du mouvement

C'est en février 1882, à New Haven au Connecticut, que l'abbé Michael McGivney et ses compagnons forment le mouvement.

Le mouvement devient un Ordre dès le début. Les hommes regroupés dans cet Ordre portent le nom de "Chevaliers". Christophe Colomb est choisi le patron de l'Ordre.

La nature

Le premier élément de sa nature: c'est un mouvement qui unit des hommes de foi et qui, de par la volonté de son fondateur, n'est pas rattaché à la structure juridique de l'Église. Ce n'est pas un mouvement religieux ou d'action catholique, ni un mouvement social, mais essentiellement un ORDRE DE LAìCS CATHOLIQUES APPELÉS "CHEVALIERS DE COLOMB".

Le deuxième élément de sa nature: c'est une SOCIÉTÉ FRATERNELLE DE SECOURS MUTUEL ÀFORME FÉDÉRATIVE: l'assurance constitue un lien d'appartenance avec le mouvement; c'est un moyen pour atteindre les objectifs fixés et aider la veuve et l'orphelin; comme caractéristiques - elle ne détient pas de capital-actions et ne vise pas le profit - elle fonde ses activités sur la charité et la fraternité - sa portée est éminemment sociale.

Les objectifs

L'article 2 de la Charte, Règlements et Constitution de l'Ordre définit les objectifs du fondateur comme suit : procurer une aide financière à ses membres, à leurs familles et ayants droit; procurer secours et assistance à ses membres malades, invalides et nécessiteux, de même qu'à leurs familles; encourager, parmi ses membres et leurs familles, des relations sociales et intellectuelles; promouvoir et diriger des oeuvres éducatives, charitables, religieuses et sociales; procurer des secours en cas de guerre et de désastres civils.

Les caractéristiques

Mouvement de laïcs catholiques

Dès sa fondation, c'est un mouvement fondé pour les laïcs, appartenant à des laïcs, administré et dirigé par des laïcs.

Mouvement paroissial

Son caractère catholique, familial et protecteur de la foi facilite son acceptation au Québec. Avec les années, les Conseils vont se multiplier pour se retrouver au-delà de cinq cent quarante (540) aujourd'hui. C'est donc dire que les Chevaliers de Colomb couvrent une grande partie du territoire des diocèses du Québec.

Mouvement exclusivement masculin

L'Ordre des Chevaliers de Colomb, société fraternelle de secours mutuel, regroupe des HOMMES de foi. Il est, dès sa fondation, un mouvement EXCLUSIVEMENT MASCULIN.

Mouvement semi-secret

Seules les cérémonies d'accueil conservent un rituel strictement réservé aux membres, ce qui en fait un mouvement considéré comme "semi-secret".

Les principes

Dès 1882, l'abbé McGivney adopte comme principes de son Ordre fraternel de catholiques, CHARITÉ et UNITÉ. Quelques années plus tard, deux autres principes s'ajoutent: la FRATERNITÉ (1885 ) et le PATRIOTISME (1899).

Même s'ils ne sont pas inscrits dans la "Charte, Règlements et Constitution", ces quatre principes, constituant les quatre pôles des cérémonies d'accueil, sont considérés comme les piliers de la vie colombienne. Ils doivent orienter les actions des Chevaliers, et leurs attitudes dans le quotidien.

Les conditions d'appartenance

Les conditions d'appartenance à l'Ordre colombien ont été clairement établies dès l'origine dans la Charte officielle de 1882 (Article 101). Elles s'énoncent comme suit :

Seuls les catholiques pratiquants et en union avec le Saint-Siège sont éligibles et autorisés
à appartenir à l'Ordre. Un candidat doit être âgé d'au moins dix-huit ans à son dernier
anniversaire de naissance.

L'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT"

Ces dernières années, l'expression "CATHOLIQUE PRATIQUANT" a soulevé chez plusieurs des interrogations inusitées et a provoqué certaines interprétations pour le moins fantaisistes. C'est en vue de répondre à ces questions et de supprimer toute équivoque nuisible que, lors d'un Congrès provincial, tenu à Montréal, au mois d'avril 1993, les délégués ont accepté la Résolution 12A (celle-ci émanant des recommandations résultant de la consultation générale tenue auprès des membres). En voici la teneur:

·         être baptisé dans l'Église catholique;

·         professer la foi de l'Église catholique;

·         vivre la pratique chrétienne dans ses dimensions de fraternité, de célébration, d'éducation de la foi et d'engagement en son milieu.

À noter que l'état matrimonial réclame une double considération:

·         présenter une situation de stabilité, c'est-à-dire: s'inscrivant dans une continuité à caractère prolongé;

·         présenter une situation de responsabilité, c'est-à-dire: se manifestant par le maintien des obligations parentales.

Il est important de mentionner que l'interprétation locale de l'expression "catholique pratiquant" n'a force d'application qu'au Québec seulement.

Source : http://www.chevaliersdecolomb.com/mouvement.html

Par X - Publié dans : Chevalerie
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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 07:06

C'est le jour même de son initiation, au moment où il reçoit la lumière que le nouveau Franc-maçon découvre l'essence et la raison d'être de la Franc-maçonnerie: une Fraternité initiatique. Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, c'est au sein de la Chaîne d'Union qu'il reçoit la lumière.

La Chaîne d'Union est d'abord une réalité, une présence immédiate, chaleureuse, vivante, vibrante. Le premier enseignement est contenu dans ce geste: on ne choisit pas son Frère, ce sont eux qui nous sont donnés. Mais au-delà de cette présence manifeste, la Chaîne d'Union symbolise également la Fraternité qui nous unit, d'une part avec tous les Francs-maçons du monde, et d'autre part avec tous ceux, prestigieux ou obscurs, qui nous ont précédés et tous ceux qui nous succéderont, alors même que nous aurons nous rejoint l'orient éternel.

Il est évident que la chaîne d'union ne saurait se limiter aux Francs-maçons et qu'ils symbolisent eux-mêmes l'humanité toute entière, peut-être même davantage, maintenant que les écologistes nous ont appris que la totalité du monde vivant était solidaire. La loi d'amour qui unit les Francs-maçons n'est que la solidarité de l'espèce.

 

Il est en Magie des mots dangereux à prononcer; il est aussi des Rites Maçonniques auxquels il vaut mieux ne pas s'associer, si l'on n'a pas pleine conscience de leur pouvoir occulte.

Le thème de la chaîne d'union est un de ceux-là qui, en dépit de sa simplicité apparente, n'en constitue pas moins l'une des figures les plus complexes du rituel, en ce sens qu'elle implique des entrelacements secrets dépassant largement la simple idée que le commun se fait de la représentation née sous forme tangible, d'une communauté de cœur et de pensée.

De même que si, sur le plan physique, on veut étudier la qualité d'une chaîne, l'ingénieur aura à se préoccuper du nombre de ses maillons, de leur contexture, du métal dont ils sont composés, de leur section et de leur courbure, de même pour pénétrer le sens profond de notre "chaîne d'union" est-il nécessaire d'en saisir les composantes, afin de les intégrer ensuite dans une synthèse symbolique irréfutable.

Les principaux éléments dont nous aurons à nous occuper, seront donc:

- Le symbole cosmique de la chaîne d'union.

- Le cercle que forme la chaîne, obligatoirement fermée.

- La polarité, mise en évidence par le croisement des bras.

- La main qui Joue un rôle actif dans la formation de la chaîne.

Mais avant d'entreprendre une telle désoccultation systématique, il y a lieu de se rappeler du fait que le rite de la chaîne d'union n'est rien d'autre que la dynamisation, la mise en acte du principe suggéré par la houppe dentelée, corde serpentant sur trois côtés de la Loge, depuis la colonne J jusqu'à la colonne B, sans toutefois unir ces dernières.

Il s'avère donc indispensable de comprendre tout d'abord le message muet de cette corde aux nœuds ouverts, dans ses rapports avec la pensée archaïque de " lien ", du serpent, protecteur, du nœud serré devenant lâche et enfin de ses houppes terminales.

Nous aurons ainsi sondé en profondeur la valeur et la force d'un rite contraignant, qui engage à la fois l'individu et la collectivité.

Parmi les symboles maçonniques qui semblent être le plus souvent assez peu compris de nos jours se trouve justement celui de la chaîne d'union, appelée aussi dans le compagnonnage " chaîne d'alliance ", qui entoure la Loge à sa partie supérieure. Certains veulent y voir le cordeau des maçons dont les opératifs se servaient pour tracer et délimiter le contour d'un édifice; ils ont assurément raison, mais pourtant cela ne suffit pas, et il faudrait tout au moins se demander quelle était la valeur symbolique de ce cordeau lui-même. Onpourrait aussi trouver anormale la position assignée à un outil qui devait servir à effectuer un tracé sur le sol, et cela encore n'est pas sans exiger quelques explications.

Au point de vue traditionnel, tout édifice quel qu'il soit était toujours construit suivant un modèle cosmique. Il est d'ailleurs spécifié dans les rituels que la Loge est une image du cosmos, et c'est peut être là le dernier souvenir de cette donnée qui ait subsisté jusqu'à aujourd'hui dans le monde occidental. L'emplacement d'un édifice devait être déterminé et encadré par quelque chose qui correspondait d'une certaine façon à ce qu'on pourrait appeler le cadre même du cosmos. Le tracé matérialisé par le cordeau en représentait une projection terrestre.

Quand l'édifice est construit, et même dès qu'il a commencé à s'élever, le cordeau n'a évidemment plus aucun rôle à jouer. Aussi la position de la chaîne d'union ne se réfère t'elle pas précisément au tracé qu'il a servi à effectuer, mais bien plutôt à son prototype cosmique, dont le rappel à toujours sa raison d'être pour déterminer la signification symbolique de la Loge et de ses différentes parties. Le cordeau lui-même, sous cette forme de la chaîne d'union devient le symbole du cadre et de l'alliance cosmique. Sa position au niveau du plafond et autour de la Loge se conçoit par son caractère céleste et non plus terrestre. Ainsi la Terre restitue au ciel ce qu'elle lui avait tout d'abord emprunté.

Ce qui rend le sens du symbole particulièrement net, c'est que tandis que le cordeau, en tant qu'outil est naturellement une simple ligne, la chaîne d'union au contraire à des nœuds de distance en distance. Ces nœuds qui normalement sont au nombre de douze correspondent aux signes du zodiaque, à l'intérieur duquel se meuvent les planètes, qui constituent véritablement l'enveloppe du cosmos, c'est-à-dire ce cadre céleste que nous retrouvons symbolisé dans nos Loges.

Ces nœuds sont dits " lacs d'amour " et ce nom, ainsi que leur forme particulière, porte peut être en un certain sens la marque du XVIIIe siècle, mais il se peut cependant aussi qu'il y ait là un vestige de quelque chose qui remonte beaucoup plus loin, et qui pourrait se rattacher assez directement au symbolisme des " fidèles d'amour ".

Il est à noter que ces douze nœuds impliquent au moins idéalement l'existence d'un nombre égal de colonnes, soit dix plus deux, BOAZ et JUIN auxquelles correspondent les extrémités de la chaîne d'union. Il est à remarquer à ce propos, qu'une disposition semblable, quoique sous forme circulaire, se trouve dans certains monuments mégalithiques dont le rapport avec le zodiaque est également évident.

La fonction principale du cadre est aussi de maintenir à leur place les divers éléments qu'il contient ou renferme à son intérieur, de façon à former un tout ordonné, ce qui est du reste la signification étymologique du mot ”cosmos ". Il doit donc en quelque manière « relier » ou « unir » ces éléments entre eux, ce qu'exprime du reste formellement la désignation de la chaîne d'union.

Pour en finir avec le symbole cosmique, on peut dire que notre monde est ordonné par l'ensemble des déterminations temporelles et spatiales qui sont liées au zodiaque, d'une part par le rapport direct de celui-ci avec le cycle annuel, et d'autre part, par la correspondance avec les directions de l'espace, et il va de soi que ce dernier point de vue est en étroite relation avec l'orientation traditionnelle des édifices.

 

Pour rejoindre les origines du symbolisme de la corde et de la chaîne, il est nécessaire de remonter très haut, jusqu'au "souverain terrible" des mythologies indoeuropéennes.

Le souverain terrible détient le monopole de la magie créatrice de formes et de prestiges, qui lui permet d'administrer et d'équilibrer le monde. Cette arme se précise le plus souvent sous la forme du lacet, du nœud, de liens matériels ou figurés, par lesquels il punit en les liant, c'est-à-dire par la maladie et l'impuissance, ceux qui enfreignent les lois, parce qu'il est le gardien de l'Ordre Universel. On retrouve ces anciennes traditions de la corde et du liage dans nombre de cérémonies initiatiques de l'antiquité, et même aujourd'hui dans nos rituels de réception.

De tous cesrites ressort une attitude servile, le croyant se présentant comme un esclave ou un captif devant son maître. Ne peut-on comparer cette marque de vassalité avec le fait que, dans les initiations maçonniques masculines, l'impétrant doit se présenter, suivant le rituel, avec une corde au cou et reste dans cette attitude jusqu'au moment où, recevant la lumière, il est enfin délié par le Frère Expert qui s'apparente ainsi au " souverain terrible ". A ce moment le néophyte est lié par le sang, ainsi que le simulacre en a été pratiqué au cours de l'initiation. Il y a donc formation de l'idéologie du liage "maître-esclave" en celui de fraternité par le sang.

Sous cet aspect, la Franc-maçonnerie peut-être comprise comme une religion car elle relie des adeptes ayant le même idéal.

Dans la chaîne d'union, c'est un magnétisme dynamique qui va être développé, du fait qu'elle est constituée par des êtres vivants.

La chaîne d'union formée par des Frères initiés qui se tiennent la main et communient ensembles est le plus beau, le plus pur et plus profond symbole de la Franc-maçonnerie initiatique.

L'initié taille sa pierre pour l'insérer dans l'édifice commun et se lier aux pierres voisines. Il reçoit l'énergie cosmique et la redistribue. Il devient un maillon d'une chaîne de fraternité, un canal énergétique où tous les êtres vibrent au Juste diapason. L'énergie rebondit d'un frère à l'autre pour créer un courant plus fort qui enrichi chacun.

Ce que nous avons tous en commun, au fond de nous-mêmes, c'est la même qualité d'énergie en mouvement. Nous y sommes simplement plus ou moins sensibles. L'éveil initiatique consiste justement à devenir sensible à cette vérité, à devenir conscient de l'énergie la plus fine possible en nous et à être relié par elle à l'infini, au numineux, à l'ineffable.

Par sa conscience des énergies qui l'entourent et le traversent, l'homme se trouve, suivant le cas de sensibilité, dans divers états de conscience.

La Loge est un corps humain, un ordre cosmique et naturel avec toutes ses fonctions et tous ses centres d'énergie. Chacun de ces centres, appelés suivant d'autres traditions chakras ou sephirots figurés par les différents organes constitutifs de l'homme, est spécialisé, indépendant mais intimement lié aux autres, et possède tout ou partie des facultés des autres centres. Tout au long du rituel, nous constatons la variété des canaux de circulation des énergies, ne serait-ce que par celui de la parole.

 

Le rite de la chaîne d'union est ancien. L'abbé PERAU en donne une description dans son secret des Francs-maçons, où il situe ce rite immédiatement après les travaux de table ou Agapes:

- " Tout le monde est debout alors, et on fait la chaîne, c'est-à-dire que chacun se tient par la main, mais d'une façon assez singulière. On a les bras croisés et entrelacés, de manière que celui qui est à droite tient la main gauche de son voisin; et par la même raison, celui qui est à gauche tient la main droite: voilà ce qui forme la chaîne autour de la table. C'est alors qu'on chante...".

La chaine d'union, simple, émouvante est un des actes essentiels de notre rituel qui réunit les frères en fin de cérémonie. Sa découverte par l'Apprenti devrait être pour lui plus qu'un signe, la révélation du message de fraternité universelle que nous souhaitons transmettre.

La chaîne d'union est une cérémonie rituelle. Elle est plus qu'un signe, elle est la figuration sensible de la communication effective entre les hommes, et le témoignage concret de la dépendance dans laquelle ils se trouvent les uns par rapport aux autres. Elle permet à l'énergie spirituelle de circuler, de passer d'une âme à une âme, d'un corps à un autre corps, et relie le corps constitué de la communauté à l'esprit du Grand Architecte de l'Univers. La chaîne d'union est plus que le véhicule de l'influence spirituelle, elle est une technique efficace permettant la transmission de l'énergie. Réunis en cercle fermé, les frères se tiennent à mains nues, les bras croisés, bras droit sur bras gauche. Ils demeurent ainsi en silence et se concentrent pour transmettre par la main droite le magnétisme qu'ils reçoivent de la main gauche. Il faut, pour que chacun tire profit de cette force magnétique, qu'un amour fraternel, profond et sans réserve, réunisse tous les participants sans exception. L'absence de cette condition " sine que non " rend inefficace, inutile et absurde, le rite de la chaine d'union.

Les bras croisés rappellent les circonvolutions du lac d'amour. Cette courbe fermée qui lie l'adepte à l'ensemble de la Loge pourrait être une prison sans possibilité d'évasion si celle ci n'était pas ouverte sur l'extérieur, et brusquement rompue à la fin des travaux. Le mot " chaîne " n'implique pas une idée de captivité, de manque de liberté. C'est au contraire, ce qui relie les Frères entre eux. Cette chaîne les prive de leur apparente indépendance, de leurs libertés illusoires pour les faire entrer dans une communion, sur un chemin de libération. Cette figure symbolique de la chaîne d'union est présente dans la plupart des grandes civilisations. Elle est clairement illustrée en Egypte, par exemple sur les murs du temple d'EDFOU. On la connaît aussi sur des baptistères du moyen âge où elle évoque la résurrection des êtres transfigurée par l'eau de la connaissance.

Il ne nous est pas possible d'analyser ici le travail sur les Ondes et radiations humaines signé en 1932 par Jacqueline CHANTEREINE, en collaboration avec le Docteur Camille SAVOIRE. Cependant, ces deux savants ont détecté à l'intérieur et autour de l'organisme humain, des mouvements tourbillonnaires et ondulatoires. Ces derniers sont produits, à côté de causes pathologiques, par des énergies radiantes provenant de tout ce qui nous entoure: action cosmique d'une part, dont la plus importante est celle provenant de l'énergie solaire, à laquelle il faut adjoindre celle de la lune et des étoiles, la composante de ces diverses actions énergétiques se traduisant sous la forme d'un tourbillon qui pénètre par le lobe antérieur hypophysaire, pour aboutir au gros orteil droit.

Une autre source énergétique non moins importante est la force dite tellurique, qui se manifeste sous la forme d'un courant inverse du précédent, donc ascendant, et pénètre par le petit orteil gauche pour s'échapper vers le sommet du crâne.

Par la circulation de ces énergies, il est facile de voir une analogie avec la chaîne d'union dans laquelle le bras droit positif passe sur le bras gauche et vient en contact avec la main gauche du voisin pour former un couplage de piles en tension où l'on réunit l'électrode positive de chacun des éléments à l'électrode négative du suivant, de façon que la force électromotrice résultante soit N fois supérieure à celle d'un seul élément. Ceci n'est pas une image, c'est une réalité, réalité qui développera au maximum l'égrégore constitué par les forces psychiques de la Loge tendues vers le même but. Individuellement nous sommes faibles, défaillants, isolés. Lorsque le Vénérable Maitre avant de clore les travaux, évoque l'union de tous les maçons, lorsque nos mains sont Jointes dans une véritable chaîne d'amour, il semble qu'un souffle magique soit introduit dans le Temple.

Lorsque la chaîne d'union est ouverte, et non pas rompue, le mouvement ascendant et descendant des bras, par trois fois répété, rappelle symboliquement les ondulations du serpent cosmique, dont la chaîne est une image énergétique, mais ce rite a d'autre part pour but de ne pas couper brusquement un couplage aussi intense, ce qui risquerait de provoquer des perturbations dans le psychisme de participants spécialement sensibles. Très doucement, la chaîne s’étire et la force de chacun se stabilise en son circuit fermé.

A l'image des houppes dentelées ouvertes sur le monde profane, qui ornent les extrémités de la corde à nœuds limitant l'espace sacré du Temple, les mains s'ouvrent à la porte de notre Temple intérieur pour partager les bienfaits d'une cérémonie lénifiante.

La chaîne d'union est le symbole de l'interdépendance de tous les éléments de la création. De même que la chaîne d'A.D.N. contient l'ensemble des messages et suffisants pour transmettre la vie, de même la chaîne d'union contient en potentialité, grâce aux Frères qui la composent, les éléments indispensables à la manifestation du verbe, autrement dit de la vie en esprit.

Les bras croisés sont à l'image du labyrinthe, l'image de la spirale et de la tresse. Ils rappellent les lignes incrustées sur la carapace de nombreux coquillages, les engravures innombrables des lignes de la main. Ils sont le lien qui relie les hommes de bonne volonté.

Cependant, la position bras croisés est aussi un des aspect de la protection et de la limitation. Le lac d'amour ainsi formé figure un huit qui peut s'apparenter au signe représentant l'infini: ce serait ainsi symboliser l'évasion dans le cosmos.

La chaîne d'union est essentielle car elle figure à la fois lors de la réception d'un nouveau Frère dans un atelier et à la clôture des travaux.

 

Lors du rituel d'initiation au grade d'Apprenti, l'un des moments les plus émouvants est l'introduction du postulant dans sa première chaîne d'union. Le néophyte est placé au centre de ses futurs Frères qui forment autour de lui un cercle, une véritable chaîne dont il est invité à éprouver un à un les maillons. Chaque fois que dans la magie et par suite dans les arts, on rencontre une corde entourant quelque chose, il y a intention de défendre l'objet enveloppé et d'en éloigner toute influence. C'est la raison pour laquelle, le rite de la chaîne d'union consiste en la formation d'une boucle complète, alors que son homologue, la houppe dentelée ne constitue pas un circuit fermé. Il convient cependant que le courant passe dans le sens circumanbulatoire de l'initié, c'est-à-dire en tournant de la gauche vers la droite. La chaîne longue, où l'on ne se croise plus les bras, est ainsi moins efficace puisqu'elle fait tourner l'énergie à contre sens.

Lors de la réception d'un néophyte, cette chaîne d'union est formée sur le même modèle qu'une ronde enfantine, schéma de la main dans la main, d'où est exclue toute idée métaphysique ou simplement ésotérique. C'est uniquement un témoignage d'union et d'amitié.

Le vénérable demande alors au néophyte de regarder autour de lui, de bien ouvrir les yeux pour voir s'il n'aperçoit pas un ennemi. Si c'est le cas, qu'il sache pardonner, car cet ancien adversaire sera bientôt son. Frère, et il ne doit régner aucune ombre dans une chaîne d'union. C'est au moment de la réception d'un nouveau Frère, que la chaîne d'union permet de rassembler les énergies de ceux qui ensemble vont désormais poursuivre les travaux et construire le temple.

C'est dans la chaîne d'union que la lumière est donnée pour la première fois au nouvel initié. C'est là en effet, qu'on lui ôte son bandeau. A chaque célébration de cette chaîne, nous recevons une lumière nouvelle. A chaque fois un bandeau nous tombe des yeux. Et il en sera ainsi jusqu'à l'ultime chaîne que nous célébrerons sur cette terre.

 

Certains Vénérables devraient avoir le courage de ne pas la célébrer si les membres de leurs Loges ne sont pas en harmonie. Comment un individu égoïste, un maçon qui ne vit que pour son profit, pourrait-il prétendre participer positivement à un tel rite ? Le cercle formé par la chaîne d'union représente l'univers, c'est l'infini à l'image de la loge qui s'étend du Nord au Sud, de l'Orient à l'Occident, du Nadir au Zénith, et le devoir du Vénérable est de recréer dans le microcosme de sa Loge, l'harmonie qui règne dans le cosmos.

Le cercle figure également l'Ouroboros, ce symbolisme de l'initiation qu'est le serpent qui se mord la queue.

Lors de la clôture des travaux, la chaîne d'union fait fusionner les énergies pour que les initiés vivent une unité consciente. Nul doute que cette chaîne soit le plus accompli des actes magique au sens le plus noble du terme. C'est l'être entier qui est mis en jeu, qui participe. Sans être annihilés, les Frères ressentent la présence d'un être communautaire si bien évoqué par Jésus qui prononçait ces paroles: " quand vous serez réunis en mon nom, je serais parmis vous". Les initiés sont effectivement réunis au nom du Grand Architecte. C'est sa gloire une fois de plus, qu'ils célèbrent par ce rite.

Ce rite de la chaîne d'union, qui évoque par sa forme les lacs d'Amour de la houppe dentelée, nous rappelle ces couples royaux sculptés du Louvre qui se tiennent réciproquement la taille en croisant leurs bras par derrière. Quoique cette analogie ne prouve absolument aucune filiation historique, le rite de la chaîne d'union, qui peut avoir une origine compagnonnique, est peut être fort ancien. Il symbolise vraisemblablement l'invincible solidarité, même involontaire, qui unit tous les hommes, mais aussi toutes les générations, et cette unité collective qui transcende toutes les individualités particulières.

Mais il y a plus. En croisant leurs bras, et en coupant court par ce geste à la poursuite d'un désir quel qu'il soit ( or tout désir détourne du présent et oriente vers l'avenir ), les Maçons semblent arrêter le flux du temps pour appréhender dans le moment présent ce résidu qui échappe à l'écoulement de la vie et à la destruction: le mystère pondérable de ce qui s'offre à chaque instant ici et maintenant, et qui a pour principe l'éternité. Et dans cette éternité qui subsiste au cœur du présent, l'individu perd son importance pour retrouver sa précarité et sa place discrète parmi les autres hommes et dans l'ensemble de la création dont il est un menu maillon, provisoire quoiqu'ineffaçable.

Sachant que la solidité d'une chaine dépend de celle de son maillon le plus faible, l'initié qui donne cette poignée de main secrète renouvelle par là son serment: devenir un robuste maillon de cette chaine éternelle.

 

Parfois, la chaîne d'union est mal vécue, ratée. Ne parlons pas de ces fausses chaînes où ne règne qu'esprit de copinage. Une Loge profanisée ne parvient pas à former une chaîne d'union. Aucune énergie ne circule entre ses membres. Il ne s'agit plus que d'une mascarade où des individus accomplissent un geste mécanique. Mais même dans une Loge initiatique, il arrive que la chaîne ne soit pas suffisamment intense parce que l'un de ses maillons se révèle trop faible où bien freine le passage de l'énergie. Car là réside le grand secret: pour vivre une chaîne d'union, il faut être en état de don, accomplir le sacrifice de soi sans songer à prendre, à acquérir, à jouir de quoi que ce soit.

Le caractère effectif de la relation qui s'établit de main à main constitue une évocation du courant qui passe entre les êtres et par lequel la sympathie se manifeste. Elle rapproche ceux que la vie quotidienne tenait dans l'ignorance l'un de l'autre et elle provoque une reconnaissance de fait par la poignée de main devenue sensible.

Elle a une signification plus étendue encore dans la mesure où elle est un cercle fermé: cercle qui évoque la vaste ceinture d'humanité qui enveloppe la planète.

Ce que nous voulons évoquer et transmettre, en formant la chaîne d'union, c'est le sentiment de la relation de fait entre les générations comme entre les individus, et c'est une façon de formuler l'engagement que nous prenons de garder le contact avec nos Frères.

Dans cette chaîne, nous essayons de passer de notre individualité restreinte à une personnalité accomplie. Elle ne rassemble que des êtres responsables, pas de fantoches. Mais nous ne reconnaissons pas l'existence du grand génie irremplaçable. L'idée romantique de l'individu qui exacerbe ses qualités comme ses défauts. Ce n'est pas un génie particulier qui a eu l'idée de KARNAK ou de CHARTRES mais une communauté de créateurs. L'individu, si exceptionnel soit-il, est très vite limité, autant par ses qualités que par ses défauts. La chaîne d'union nous apprend à vivre à la fois de manière individuelle et communautaire, à nous mettre en résonance avec tous les Frères. Nous appréhendons ainsi d'autres vérités, d'autres réalités, nous dépassons le cadre si étroit de notre égo pour rentrer dans un homme à l'échelle du cosmos.

Le symbole de la chaîne d'union est comparable à celui de la houppe dentelée, et par là même à celui de la corde qui sur le plan éthérique enchaine toutes les créatures entre elles parce qu'elle les relie toutes à l'être, source de toutes choses. On pourrait tout aussi bien l'appeler cordon ombilical éthérique, puisqu'elle relie l'esprit de l'ordre à la forme physique, évoquant le lien qui rattache le bébé à sa mère. La chaîne d'union se noue autour du saint des saints de la Loge, c'est à dire autour de l'ensemble, composé du tableau de Loge placé sur le pavé mosaïque et des colonnettes " Sagesse, Force et Beauté " qui en limite les proportions. Elle est l'illustration vivante des lacs d'amour inscrits autour du tableau de Loge, et qui relient entre eux les symboles qui le compose dans une unité ontologique, rappelant la nécessité de recréer perpétuellement l'ordre établi par notre tradition. Comme dans l'assemblage des poupées Russes, on retrouve le tableau de Loge dans sa projection autour du saint des saints; puis à l'extérieur du Temple, quelque peu dilué mais toujours présent, microcosme dans une construction à l'échelle universelle.

La chaîne d'union suggère à la fois l'acte de nouer et celui de dénouer, symbolisant le devenir après transformation ou identification à l'esprit de l'ordre maçonnique. Tout étant lié à tout, l'homme irresponsable, est un microcosme dans lequel l'univers est enfermé. L'homme n'est rien en tant qu'unité: les francs-maçons le savent puisqu'ils unissent leurs forces et leurs pensées dans la chaîne d'union; cet isolement terrestre n'est ainsi qu'apparent car une même influence, un mène rythme, une même musique harmonique les associent. Les textes sacrés et les rituels nous font comprendre cette unité supérieure de l'univers.

 

La chaîne d'union rappelle également l'engagement de tous les Franc-maçons à transmettre d'une manière ininterrompue la filiation traditionnelle et sacerdotale de l'ordre au travers de ses rites ancestraux. On retrouve ainsi les racines réelles de la régularité. Cette chaîne traditionnelle venue jusqu'à nous, cette filiation régulière ininterrompue se transmet au travers du rite sans que la pensée originelle en soit déformée.

Symboliquement, la chaîne d'union réunit les Frères de la Loge, incarnés dans le temps, aux Frères passés à l'Orient éternel, au-delà du temps et de l'espace. Lorsque la chaîne est formée en harmonie, ce sont les initiés de toutes les époques qui communient dans la même unité. Vision mystique diront les sceptiques. Non pas. Simple fait expérimental. Comprenons bien qu'il ne suffit pas de se serrer la main et d'être rempli de bonnes intentions affective pour qu'une chaîne d'union soit réellement célébrée. N'oublions pas qu'il s'agit du point culminant d'un rituel initiatique. Il est donc nécessaire que le travail de la tenue ait été correctement accompli, que la totalité des Frères se soient préparée, qu'un certain chemin ait été parcouru. Qui connait les règles permettant de former cette chaîne en esprit et en vérité connait l’un des secrets majeurs de la Franc-maçonnerie. Les efforts sont rudes pour y parvenir, mais la joie qui les couronne est d'une intensité que nulle phrase ne saurait évoquer.

 

Lors de la chaîne d'union, toutes les puissances doivent être réunies. Aussi ne doit-il pas y avoir d'isolateur empêchant le fluide magnétique de se répandre et de passer d'individus en individus. Pour ce faire, le maçon se dégante.

Si les adeptes, maillons vivants, vibrent au même rythme de la chaîne d'union, s'ils deviennent des Frères par la pensée, c'est-à-dire des hommes dans lesquels passeront le même courant et la même forme de l'esprit, s'ils se rencontrent, alors l'action psychique de l'assemblée sera bénéfique. Mais il faut vibrer dans le même idéal, il faut se donner et croire intensément. Le rituel a pour but d'harmoniser ces forces, de permettre une concentration vers un même objectif, de combler le fossé qui pourrait exister entre l’intérieur et l’extérieur.

On pourrait comparer cette chaîne d'union à un accélérateur de particule, à une sorte de cyclotron qui ferait fusionner toutes sortes de puissances connues, depuis la plus matérielle jusqu'à la plus spirituelle. Celui qui a vécu dans sa chair une véritable chaîne d'union n'oublie jamais ce moment de grâce où il est à la fois lui-même et ses Frères. Le maçon initié obtient, à cet instant là, la possibilité de connaître de l'intérieur les lois de la circulation de l'énergie spirituelle dont les physiciens contemporains commencent tant à se préoccuper. La science certes, tend à redécouvrir la tradition en ne dissociant plus " esprit " et " matière ". Mais elle fera fausse route tant que la perception scientifique sera celle d'un individu, d'un chercheur et non d'une communauté de chercheurs. Si modeste soit-elle une communauté initiatique possède la force suprême d'être une communauté. On dépensera sans doute bien des milliards pour tenter de découvrir l'énergie que les Francs-maçons initiés expérimentent à chaque tenue dans leur chaîne d'union. Ce qui rayonne dans ces mains jointes n'est pas seulement d'ordre humain. C'est la vie dans tous ses aspects et toutes ses manifestations.

Chacun des maillons de cette chaine, chaque nœud d'énergie est un chakra qui représente le point où agissent les forces déterminant la condensation et la cohésion d'un agrégat qui correspond à tel ou tel état de manifestation, de sorte qu'on pourrait dire que c'est ce nœud qui maintient l'être dans l'état envisagé et que sa solution entraine immédiatement la mort de cet état.

Il est dit, dans les mystères de Samothrace, le grand centre de l'initiation cabirique, que ceux qui recevaient le néophyte, formaient une ronde et exécutaient une danse circulaire en chantant des hymnes sacrés. Cet effet magique des rondes, des mains enlacées, s'accentue sous la force du verbe puisque l'on chante. Cette coutume se retrouve dans les fêtes de la Saint JEAN, qu'il convient d'étudier sur le plan symbolique. Mais l'union des mains met tous les participants à un même potentiel; la même pression sanguine anime tous les cœurs dans un même sentiment de solidarité. Il y a peu d'instants, tous ces corps étaient distincts. Sous l'effet de la même pression, ils deviennent un seul corps social, dont toutes les impulsions sont identiques. Une même chaleur anime tous ces êtres; et c'est uniformiser la cadence du sang. La puissance de ce lien fluidique peut rayonner au delà de notre propre univers. C'est alors songer à la lumière astrale, un champ magnétique tourbillonnaire où la pensée a pu se préciser et se réactionner. Avec la chaîne d'union s'expriment deux forces: l'invocation par laquelle on cherche à s'assimiler toutes les manifestations vitales du rite, et le rythme provenant du mouvement respiratoire. Le rythme du sang qui bat à l'unisson et qui devient le rythme de l'assistance se lie à la respiration, donc au souffle.

 

Il ne faut pas confondre la chaîne d'union et la chaîne de communication des mots, pratiquée dans certains rites et obédiences par les Frères d'une même Loge. La chaîne de communication des mots, ayant lieu quelques instant avant la chaîne d'union, ne concerne que les membres de la Loge, tandis que la chaîne d'union ayant un sens plus universel s'étend à tous les membres présents de la tenue.

Notons que l'invocation se pratique sous l'autorité du Vénérable Maître, président de la Loge, dont il est le maître spirituel. Cette cérémonie ne peut se dérouler que dans un cadre traditionnel, dans une atmosphère particulière, à défaut de quoi ce rite reste sans valeur.

Ainsi pour que la chaîne d'union permette que ce fluide passe facilement de membre à membre pour qu'il y ait rapprochement de tous les cœurs et que le sentiment de solidarité unisse et lie toutes les consciences, il ne faut aucune isolation. Les Frères doivent se donner la main nue; ils ont soin de retirer leurs gants afin que l'amour inonde leur cœur.

Il faut veiller à ce que ces moments de recueillement soient réellement l'occasion d'une méditation et sans doute est-il heureux que l'on puisse, en fond sonore, entendre une mélodie pendant que le Vénérable prononce les paroles solennelles incitant chacun à songer à la longue suite des hommes qui nous ont communiqué leurs vertus.

 

Cette prise de conscience de notre humanité dans ce qu'elle a d'impérissable et d'éternellement transmissible, par son circuit ininterrompu devient une force, et un véritable champ magnétique se dégage; cette concentration de pensée collective est génératrice d'une force qui doit être employée; on pense dans l’énergie de la prière collective. Lorsque l’on prie seul, on joint les mains; on ferme son propre circuit et on limite à soi-même l'écoulement de son fluide; mais après cette concentration personnelle en se reliant à d'autres individualités, à d'autres énergies on participe à la force cosmique. Par cet acte magique on relie le visible à l'invisible et souvent dans la chaîne d'union sont évoqués ceux qui ne sont pas là, ceux qui nous ont quittés.

La chaine d'union est ainsi un lien fluidique qui unit les participants à l'esprit maçonnique. Mais pour que la chaîne soit valable il faut que chaque membre, chaque maillon se concentre, donne toute sa puissance; le plus fort des membres peut ainsi communiquer une pulsation nouvelle et c'est pourquoi le vénérable débute et ferme la chaîne.

Cette énergie psychique devrait permettre l'accomplissement de l'équilibre immuable, de la réalisation harmonieuse de l'homme.

Les Loges ne pratiquent pas toujours cette chaîne et c'est fort regrettable car la solidarité des mains n'est pas un vain mot.

 

Pour terminer leurs cérémonies, les Francs-maçons initiés se rassemblent autour du tableau de la Loge. Du sommet du ciel, de l'axe du monde, du moyeu de la roue céleste pend un fil à plomb. Autour de lui, des mains se joignent, des esprits communient. La chaîne d'union est formée, révélant l'un des plus grands mystères de la Franc-maçonnerie.

Lorsque sous cette forme énergétique, les Maçons quittent la chaîne, contents et satisfaits d'avoir perçu leur salaire, celle-ci n'est pas rompue pour autant car son action doit se perpétuer longtemps après que les Frères se soient retirés. L'action du Franc-maçon ne s'arrête jamais, dit le rituel, il quitte momentanément la chaîne pour aller témoigner au-dehors de l'œuvre accomplie dans le temple. C'est pourquoi il serait plus initiatique de remplacer l'expression quittons la chaîne par la formule ouvrons la chaîne.

Le sens de la Fraternité initiatique, c'est de relier l'initié à l'ensemble de l'histoire de la vie et de le rattacher à son principe, tout en l'intégrant dans la Chaîne de l'effort spirituel de toute l'humanité antérieur, présente et à venir.

La Fraternité initiatique est bien une chaîne de solidarité et d'amour, mais dans le sens où Saint Exupéry définissait ce dernier: " regarder ensemble dans la même direction " et avec une précision supplémentaire: que cette direction nous amène réciproquement et ensemble à vivre dans un monde toujours plus lumineux et authentiquement généreux, monde que nous façonnerons précisément en étendant à tous nos cercles de relations et d'activités, notre attitude profondément fraternelle et spiritualisante.

  

Source : http://www.ordoabchaos.net/pages/la-chaundefinedne-d-union.html

Par Robert MINGAM - Publié dans : Planches
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