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Vendredi 18 octobre 2013 5 18 /10 /Oct /2013 07:04

Je souhaite pouvoir vous entretenir ici du mythe fondateur de notre Ordre et de sa profonde symbolique mise en exergue par la mort d’Hiram, le Bâtisseur…

Comme il se doit, toute association humaine a en effet besoin d'un mythe fondateur pour pouvoir se développer. Et pour se faire, le mythe fondateur de la Franc-maçonnerie est donc l'assassinat d'Hiram par trois mauvais Compagnons…

Chronologiquement, les événements qui ont amené la conspiration contre le Grand Maître Hiram Abiff et qui ont abouti à son assassinat, ont eu pour origine l'arrivée de la Reine de Saba qui fut attirée à la Cour de Salomon pour tous les récits relatifs à son admirable sagesse ainsi qu’à la splendeur du temple qu'il s'apprêtait à construire.

En effet, le roi Salomon étant sur le point de construire un temple à la gloire de l'Éternel ; il rencontra d’emblée beaucoup de difficultés pour pouvoir s’adjoindre les services d’ouvriers habiles et compétents afin d’élaborer et d'exécuter la partie architecturale de l'entreprise qui était effectivement d’une telle ampleur, qu'il jugea nécessaire de demander soutien à son ami et allié : Hiram, roi de Tyr.

D\ fait, à cette époque, la main-d’œuvre de certains constructeurs, parmi les plus aptes et expérimentés, étaient les Tyriens (ainsi que les Sidoniens) qui, à ce moment, étaient déjà de longue date considérés comme de véritables artistes ayant de surcroît une profonde culture spirituelle.

Admis notoirement comme étant les meilleurs bâtisseurs dans le monde, Hiram accepta donc en toute confiance et envoya à leur secours une abondance d'hommes et de matériaux qui devraient être utilisés pour la construction du Temple.

Et, parmi les premiers, il y eut un artiste distingué, à qui fut confiée la surintendance de tous les ouvriers…

C’est ainsi que le roi Salomon demanda à ce que soit engagé Hiram de Sor [Tyr] : lequel était le fils d'une veuve de la tribu de Nephtali.

Le père de celui-ci était, quant à lui, également un homme de Sor : artisan de son état et celui-là même qui avait achevé le bronze d’Hiram ainsi que tout l'ouvrage qu'il avait dû ériger en son temps pour le roi Salomon dans la Maison du Seigneur.

À noter en aparté, qu’il ne faut évidemment pas confondre, Hiram (roi de Tyr) : lequel envoya hommes et matériaux à Jérusalem afin d’y construire le palais pour David et le temple de Salomon – avec Hiram : l'architecte du temple de Salomon envoyé lui-même par le roi de Tyr.

Le Maître Hiram étant encore également appelé : Hiram Abi, Hiram Abiff, Huram ou aussi Adonhiram.

La base biblique étant quoi qu’il en soit très succincte à ce propos et les Rituels Maçonniques ont en outre été considérablement développés par la suite, pour en extraire le texte initial et ainsi, créer la légende de l'assassinat d'Hiram.

L'une des versions les plus anciennes de ce récit apparaît d’ailleurs dans l'Ordre des Francs-Maçons trahis et leurs secrets révélés (en 1744) : sous la révélation de Adonhiram ou Adoram ou encore (plus simplement et tel que tous les SS\ et FF\ le connaissent sous le nom couramment simplifié d’Hiram), à qui Salomon ayant donné l'intendance des travaux de son Temple auprès d’un si grand nombre d'Ouvriers à payer, qu'il ne pouvait lui-même effectivement pas les connaitre tous (…)

C’est de la sorte que Hiram, convint avec chacun d'eux, des Mots, des Signes et des Attouchements différents, pour mieux pouvoir les distinguer et être ainsi assuré de leur allégeance aux principes fondamentaux de ce qui, universellement, unit (à défaut parfois de vraiment les réunir…) tous les Francs-Maçons du globe.

Mais la plus belle version de la légende d'Hiram reste sans nul doute celle qu'écrivit par ailleurs Gérard de Nerval (en 1850), dans son Voyage en orient…

Par son récit, Nerval ay effectivement donné à la Franc-maçonnerie spéculative (tant francophone qu’étrangère) l'un de ses plus beaux textes…

Sans dévoiler la cérémonie de l'exaltation à la maîtrise, il peut toutefois être permis de signaler que l'assassinat d'Hiram en constitue le principal élément.

Et Nerval a su transcrire, avec un réel talent, tout ce qui caractérise l'Humanité : l’amour, la passion, le fanatisme, l’envie, la jalousie, l’amour propre, l’orgueil et la lâcheté, notamment (…)

Et ce condensé des sentiments humains constitue effectivement la trame du récit Nervalien, mais aussi le mythe-fondateur de la Franc-maçonnerie spéculative.

Ainsi et quoi qu’il en soit, ou même en fut, la Franc-maçonnerie révèle-t-elle, par le mythe d'Hiram, qu'elle souhaite pouvoir rassembler ce qui est épars au sein de tous les êtres humains : quelles que soient leurs forces et/ou leurs faiblesses.

Et par la méditation ainsi que la remise en cause perpétuelle, Elle apprend aux Hommes à dominer leur nature autant que leurs instincts.

Historiquement donc : les travaux touchant à leur fin, trois Compagnons désireux de s'attribuer les privilèges du Maître, se postèrent chacun devant une porte du temple...

Le premier demanda le mot de passe au Maître qui lui répondit qu'il n'était pas possible de l'obtenir sans autre forme et qu'il fallait avoir la patience d'attendre le moment opportun…

Dépité, le Compagnon frappa alors l’Architecte au cou à l’aide d’une règle… Et cette blessure, dit-on, symbolise la mort physique d’Hiram.

Le deuxième Compagnon ayant obtenu la même réponse en fut si furieux qu’il porta sur le sein gauche du Maître, un puissant coup d'équerre : c'est la mort sentimentale.

Enfin, le troisième Compagnon reposa encore la même question mais il n’obtînt malgré tout toujours que la même repartie déterminée de la part d’Hiram : en dépit de ses meurtrissures qui l’amenaient jusqu’à l’agonie.

Et en effet, le coup de maillet que ce 3ème Compagnon lui porta sur le front, acheva son agonie : cette troisième mort symbolique correspondant là, à la mort mentale d’Hiram.

Les meurtriers se demandèrent alors mutuellement, la parole du Maître, qu’aucun d’eux n’avait pu obtenir...

Ils ne la surent jamais !

Comprenant l'inutilité et la bassesse spirituelle de leur crime, ils plantèrent alors à l'endroit où ils avaient enseveli Hiram, un rameau d'acacia : arbre de Vie grâce auquel les envoyés de Salomon purent le retrouver.

Il est à remarquer que dans cette légende, l’on trouve donc 5 personnages-clés…

1 - Le roi Salomon : lequel représente (ou plutôt symbolise) la partie supérieure de l'Homme ; la partie qui doit régner et gouverner ; mais aussi la partie qui doit posséder l'Art Royal incluant l'art de gouverner.

2 - Hiram l'architecte (le bras droit de Salomon) : lequel doit exécuter et concrétiser les plans du roi.

3 - Les 3 mauvais Compagnons : lesquels représentent toutes les imperfections majeures de l'être humain : Imperfections qu'il faut neutraliser, extirper ou…tuer (…)

En Franc-maçonnerie, on les appelle parfois le fanatisme, l'ambition et l'ignorance ; mais il y en a évidemment bien d'autres, hélas.

Il n’empêche, l’histoire des trois Compagnons meurtriers d’Hiram est une symbolique très sévère qui met en garde contre toutes les formes de suffisance et de convoitise acquises frauduleusement, car destructrices dans le travail de toute évolution personnelle tendant vers l’amélioration de soi et, au travers, de celles des autres : si possible…

On comprend dès lors mieux ici, à quel point la croyance en une connaissance incomplète peut être pire que l’ignorance elle-même ! Car l’on ne devient pas Maître en un instant !

Tout au contraire, il faut, par un travail permanent, lentement et par degré par degré, progresser et…évoluer vers la maturation et l’union ; car mieux nous nous comprenons, mieux nous nous entendons et mieux nous atteindrons un nouveau palier.

Cette légende marque donc très fortement la symbolique Maçonnique.

L'accession au grade de Maître (par sa mort symbolique), reprend ainsi toutes les étapes de l'assassinat d'Hiram : ce dernier symbolisant l'homme juste et vertueux mis à mort à cause de l'ignorance (…)

Ainsi dans le Rituel Maçonnique, le récipiendaire est-il recouvert d'un drap noir et d’une branche d'acacia pausée dessus…

Et à la question : « Êtes-vous Maître… ? » ; l'initié prononce la phrase rituelle : « l'acacia m'est connu » (…)

En effet, pour rappel plus précis du contexte : lorsque Salomon s’est aperçu qu’Hiram avait disparu, des équipes d’Ouvriers furent envoyées à la recherche du corps…

Et chacun d’entre eux eut peur qu’Hiram puisse avoir - peut-être - révélé le mot secret…

Tant et si bien que, les deux rois (Salomon ainsi qu’Hiram) décidèrent alors conjointement que le premier mot prononcé lors de la découverte du corps, serait le maître-mot nouveau (…)

Mais lorsque l’un d’entre eux se saisit de la main d’Hiram, la peau lui glissa entre les mains comme s’il s’était agit d’un simple gant…

Alors, le Maître qui venait de toucher la main s'écria : « Macbenae » (…) (Ceci peut se traduire par « la chair quitte les os », « pourrie jusqu’à l’os » !

Chaque Maître-Maçon, à l'instar de la légende d’Hiram Abiff, fait donc l'expérience de cet événement.

On dit alors qu'il a été élevé (…)

Et en termes Maçonniques, on pose alors la question : « de quoi, vers quoi et par quoi es-tu élevé au degré du Maître… ? » La réponse étant : « de l'état de mort à une vie perpendiculaire à l'équerre, par la forte poignée du Maître-Maçon ou de la Patte de Lion sur les cinq points du Compagnon » (…)

Voilà donc pourquoi, cette légende a une profonde signification spirituelle ainsi qu’une extraordinaire importance dans la vie de tout Homme initié (incluant naturellement les femmes-Sœurs) qui ont eu le privilège de recouvrer, au sortir des ténèbres de la mort physique, émotive et spirituelle, la Vraie Lumière qui le guide ainsi dans la Maîtrise de toutes ses pensées, de toutes ses paroles ainsi que de tous ses comportements, actes et agissements, tant à l’égard de lui-même qu’au profit des autres dans le monde profane.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.com

Par Annie M - Publié dans : Planches
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Jeudi 17 octobre 2013 4 17 /10 /Oct /2013 07:14

Qu’est-ce que la musique ? La musique est une construction liée à l’organisation de sons.
Qu’est-ce que le son ? On peut dire que le son est le fils de la matière en ce sens que la physique nous apprend qu’il est une onde, une vibration qui se propage telle les rides concentriques à la surface de l’eau lorsque l’on vient d’y jeter une pierre. Cette onde qui est le fruit d’une source oscillante, s’étend de proche en proche tant qu’elle rencontre de la matière solide, liquide ou gazeuse.
Dans notre vocabulaire, nous avons plusieurs mots pour désigner les sons. Deux se détachent particulièrement et se rapportent au sujet traité aujourd’hui : il s’agit du « bruit » et de la « musique ».
L’organisation des sons est tout à fait différente lorsque l’on parle de bruit ou bien de musique. Le bruit est un chaos de sons, alors que la musique, elle, n’est qu’ordre. Nous retrouvons donc la construction qui se doit de respecter des lois qui régissent l’équilibre et l’harmonie d’un édifice, qui, dans mon propos, est la composition musicale. Les sons du chaos mis en ordre créent la musique.
Nous sommes en présence d’un symbole ternaire en ce sens que c’est l’intellect qui nous permet de faire la différence entre le chaos et l’ordre. Le son et l’intellect donnent un modèle ternaire : la musique. De même, l’Équerre et le Compas donnent naissance à l’harmonie. Le son, la matière, l’Équerre, alliés à l’intellect, l’esprit, le Compas donnent la musique, l’harmonie. J’y reviendrai un peu plus tard.
Avant de cerner la nature symbolique de la musique, il est nécessaire de reprendre la symbolique de ce qui la compose : le son.
« Au commencement était le Verbe ». Le « Verbe », le « mot », le « son », le « souffle ».
La tradition Hindou donne le son comme principe créateur de l’Univers, bien avant la lumière. Le « souffle créateur » du démiurge anima tout l’Univers lorsque fut prononcé la formule dont la traduction est « Aum Terre ! Atmosphère ! Ciel ». Dans le mot originel « Aum » est contenue une énergie fantastique. Le son exprime « Dieu » tout en étant « Dieu » lui-même. « Aum », le son des origines, est un symbole ternaire. Composé de trois lettres, il symbolise les trois divinités suprêmes du panthéon Hindou : Brahma, Vishnu et Shiva. Le son est à la base de la théologie Hindou, contrairement à la théologie judéo-chrétienne qui est basée sur la lumière. Le démiurge Hindou appela la vie en offrant à l’Univers un son primordial, alors que Yahvé commença son œuvre par cet ordre : « Que la lumière soit ! ».
Existe-t-il une symbolique de la musique ?
Dans toutes les religions polythéistes d’orient ou d’occident, la musique se rattache à un dieu particulier. Chez les Égyptiens, Thoth ou Osiris l’ont inventée. Chez les Grecs, c’est Apollon, pour les Hindous, c’est Brahma. La musique prend une autre dimension une fois passée par les mains des mathématiciens grecs, notamment Pythagore qui étudie les rapports entre les sons. Mais c’est Lassus, en 540 avant J. C., qui écrivit le premier sur la nature de la musique. L’école pythagoricienne rattache la musique à la perfection des nombres et aux mouvements de l’Univers, l’harmonie étant le but final sur les deux plans concernés. La tradition chrétienne s’inspira fortement de Pythagore dans sa conception de la musique, notamment par le biais de Saint Augustin (354-430) et de Boèce (480-524). « Le rythme ternaire est nommé perfection, tandis que le binaire est toujours considéré comme imparfait ».
En musique, tout comme en poésie, les rythmes et les sons sont agencés de manière à créer un espace envoûtant et riche en signes évocateurs. On parlera de musicalité d’un poème ou encore de la poésie de certaines sonates ou nocturnes. Écouter la musique ne consiste pas uniquement à se laisser bercer par des rythmes et des mélodies ou encore à fredonner indifféremment des airs entraînants. C’est bien au contraire, l’occasion rêvée d’un ressourcement, d’un éveil au plus profond de soi. La présence de la musique a toujours contribué à alléger et à anoblir les servitudes terrestres. Elle est une création du monde sans cesse renouvelée dans ses rythmes et tonalités, rappelant à l’Homme qu’il est, lui aussi, habité et gouverné par des rythmes et des accents tout comme l’Univers.
Je voudrai maintenant m’attarder sur une des composantes essentielles de la musique : l’harmonie.
La musique est une construction de sons, s’appuyant sur l’amour de la beauté et également sur l’amour de l’équilibre. Cet équilibre, c’est l’harmonie. L’harmonie découle de la première sensation reçue lors de l’écoute qui est la mélodie. Elle peut être considérée comme le résultat d’une recherche plus profonde de la perfection. En ce sens, le symbolisme qui s’en dégage est à mon avis le suivant : la mélodie est une approche horizontale qui se retrouve dans le Niveau, alors que l’harmonie se retrouve dans le Fil à Plomb. Le Niveau représentant équilibre et égalité et la Perpendiculaire exprimant recherche de la vérité et perfectionnement.    
Le rôle de la musique en Loge.
Quelle définition peut-on donner de la Col\ d’Harm\ ? Elle a évolué au fil du temps mais aussi en fonction des lieux. On peut dire qu’il s’agit d’une formation d’instruments, de chanteurs, ou bien même des deux réunis, propre à produire de la musique ou des chants lors des Ten\ Maç\. De nos jours, la Col\ d’Harm \ est l’ensemble des moyens propres à reproduire la musique. Je ne vais pas faire son historique dans les LL\, car là n’est pas le sujet de mon travail. Je préfère développer ce qu’est son rôle en L\.
Le point fondamental est que la musique en L\ accompagne le Rituel. Le Rituel étant le fil conducteur des Trav \, la musique ne peut être qu’un complément du Rituel. Le Rituel est déjà en lui-même harmonie et équilibre. C’est certainement pour cela que la Col\ d’Harm\ semble ne pas tenir une place importante dans les rituels modernes. Certains auteurs reconnus ayant écrit sur le Symbolisme Maçonnique, ne mentionnent qu’avec parcimonie, le rôle de la Col\ d’Harm\ dans les Ten\ Maç\ d’aujourd’hui. Bien heureusement, les LL\ étant souveraines, dans certaines d’entre elles la Col\ d’Harm\ prend une importance particulière et nombreux sont les FF\ qui ne comprendraient pas son absence ou sa médiocrité.
Le rôle de la Col\ d’Harm\ est pour moi essentiel, en ce sens qu’elle établit une relation forte avec le déroulement du Rituel. Lors de l’initiation, c’est la musique qui accueille le récipiendaire. Il subit les épreuves les yeux bandés, et le seul sens qui lui permet de se situer, est l’ouïe. La musique en L\ permet également à chaque F\ d’affiner sa sensibilité. L’art, dans sa beauté, crée un lien entre les FF\. La musique participe sans aucun doute à l’élévation, elle n’est pas là pour boucher les trous ou meubler les silences, mais bien pour lier les différentes phases du Rituel, pour maintenir les FF\ dans l’état sacré que confère le Rituel, pour suivre cette progression qui nous amène à cet état particulier qu’est l’Égrégore. La musique peut être un élément ordonnateur de l’esprit.

Des musiciens et des écrivains ont été frappés par la parenté entre la musique et l'architecture. « L'architecture est une musique pétrifiée », a écrit Goethe. « J'ignore pourquoi, » disait Liszt, « mais la vue d'une cathédrale m'émeut étrangement. Cela vient-il de ce que la musique est une architecture de sons, ou l'architecture est-elle de la musique cristallisée ? Je ne sais, mais certes il existe entre ces deux arts une parenté étroite ». En conclusion, la musique jouée en L\ peut être apaisante, grave ou joyeuse, mais de toute façon, elle doit imprégner chaque F \ du Rituel, elle doit accompagner celui-ci tout en le mettant en valeur, ne jamais prendre le pas sur lui et toujours être son complément. Elle doit également favoriser la réflexion et la méditation. Je voudrai terminer ce travail en ajoutant quelques considérations personnelles. Les trois années que j’ai passées à la Col\ d’Harm\ m’ont énormément apporté et ont été pour moi une expérience très enrichissante. J’ai redécouvert le Rituel, j’en suis devenu un acteur. Le travail que cela m’a demandé fut pour moi une révélation dans bien des domaines. Au-delà des connaissances que j’ai acquises sur les compositeurs et leurs œuvres, a transpiré l’essai de la compréhension du langage de la musique. Les musiciens sont des poètes, les poètes des musiciens : les mots sont des notes, les chapitres des mouvements, les livres des symphonies. Leur but se confond avec notre démarche : atteindre la Perfection.

V\ M\ et vous tous mes FF\ en vos Deg\ et Qualités, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Mercredi 16 octobre 2013 3 16 /10 /Oct /2013 08:12

Si oubliée qu’elle soit lorsque nous travaillons à la gloire du Grand Architecte de l’Univers et que notre « chaîne d’union » spirituelle nous rassemble en fervents apprentis de nos « Respectables Loges » respectives, cette question, que je viens d’énoncer et qui constitue le titre de la planche que j’ai l’honneur de présenter devant vous ce soir, cette question nous tourmente en secret. Enfants et adolescents, dotés d’une éducation religieuse ou pas, à travers notre formation par l’école, le lycée ou l’université, nous avons pris nécessairement un bain de rationalisme, de ce rationalisme moderne dont Descartes, Newton, Spinoza, Leibniz, furent les initiateurs, et que le « siècle des Lumières » développa ensuite, tandis qu’émergeait la Franc-Maçonnerie spéculative dont nous sommes les actuels continuateurs. Peut-être les philosophes de ce temps, les Montesquieu ou les Voltaire (pour citer deux noms d’initiés de la franc-maçonnerie des Lumières) avaient-il compris que la complète émancipation de l’esprit humain (à l’égard du religieux) ne pouvait aller sans qu’on lui propose une religion de transfertsur le plan de l’humanité tout entière, celle-ci devenant par elle-même et par ses ouvriers symboliques - nous les francs-maçons - son propre chantier. 
Lorsque nous avons frappé à la porte du Temple, c’était, dans beaucoup de cas, afin de ne pas périr – intellectuellement, affectivement – de ce qu’un auteur contemporain (Marcel Gauchet) a nommé « le désenchantement du monde », en décrivant notre condition d’humains qui ne peuvent plus croire à aucun mythe, mais ne sauraient probablement pas s’en passer. 
Retrouvant dans nos Ateliers une sorte d’imprégnation mythique, dont notre baptême initiatique par les quatre éléments offre le premier contact, et le plus saisissant, nous voici sommés d’éclairer nos contradictions internes. C’est sous l’empire de la Raison que nous devons maîtriser nos passions dévorantes, en dignes émules du stoïcisme ancien, ou de l’épicurisme ataraxique, délesté au préalable de sa mauvaise réputation. Et néanmoins nous sommes amenés à laisser de côté, du moins quand nous sommes portés par la magie de nos tenues, une partie de ce qui donne à la raison son efficace, je veux dire « l’esprit critique », qui est le grand contempteur, l’opposant de toutes les croyances. 
Notre bien aimée franc-maçonnerie a quelque chose d’évangélique : il nous faut y redevenir de « petits enfants ». C’est parce que nous avons « trois ans » que ce Royaume nous est rouvert, que l’univers des contes peut se redéployer, que le Mythe a repris pour nous des couleurs. S’il n’est pas question de s’en plaindre, puisque au contraire de degré en degré le mythe, en de changeants apprêts, soutient notre quête, il nous faut pourtant convenir qu’en pratiquant l’Art Royal nous en arrivons, selon les individus et les personnalités bien sûr, à nous intéresser à d’étranges choses (au regard des profanes) : l’alchimie, l’astrologie, la magie, le tarot, la géomancie et autres techniques de divination, comme le Yi-King, la numérologie, la science des lettres, la Kabbale juive ou chrétienne, les spéculations sur le nombre d’or, la musique des sphères, la théurgie, l’anthroposophie, la médecine homéopathique, l’acupuncture chinoise, et que sais-je encore !, ces « disciplines » si diverses, mais qui sont toutes considérées, à un titre ou à un autre, comme irrationnelles, ont pu capter tour à tour notre attention, et même si elles ne l’ont pas retenue, faute de temps,  d’aptitudes ou de goût pour les pratiquer, ont certainement changé, peut-être à notre insu, notre façon d’appréhender le réel. Je ne voudrais pas engendrer cependant par mon propos la moindre confusion : je ne suis pas en train de confondre ésotérisme et occultisme, mais je nous situe à un carrefour où notre pratique ésotérique nous rend capable de ne pas rejeter d’emblée ces matières à et ces manières de réfléchir que nous aurions jugées irrecevables du temps où notre intelligence se maintenait dans le cadre d’une pensée étroitement rationaliste. 
Je reviens donc à la question posée en titre de ma planche : quel est le statut de telles connaissances traditionnelles devant le tribunal de notre raison ?
Plus exactement, sommes-nous prêts à envisager, à utiliser celles-ci comme des sciences au sens moderne du mot ? Certes les auteurs qui en ont écrit n’hésitent pas à employer ce terme : des expressions comme « sciences traditionnelles », « sciences sacrées », se rencontrent fréquemment dans les nombreux ouvrages que publient des collections spécialisées où s’alimente notre curiosité, parfois aussi notre dépit. Mais dans ces cas l’appellation de « science » recourt au sens ancien de la « sapience » encore invoquée chez Rabelais, c’est-à-dire de « sagesse », et cette acception, reconnaissons le, ne s’accorde pas vraiment avec l’évolution actuelle du mot.  
En effet les protocoles scientifiques modernes n’ont rien à voir avec, par exemple, l’étroite personnalisation du labeur alchimique qui devenait d’ailleurs, chez ses adeptes, l’œuvre de toute une vie. Dans un tel domaine, l’expérimentateur ne peut être changé sans que le travail ne doive être recommencé à zéro, car l’approche du savoir y est corrélative d’une véritable transformation qualitative de l’apprenant lui-même. Tandis que la science contemporaine, dans sa démarche expérimentale, exclut l'homme singulier du champ des expériences pour le réduire à un statut d'observateur uniquement capable d'objectiver ce qu’il observe, dans le respect de procédures indéfiniment et universellement reproductibles, l’homme du savoir ancien qui en globe dans ses questions à la fois le « comment » et le « pourquoi » des choses,  qui s’interroge donc aussi sur leur finalité, sur leur sens, venant à parler de l'expérience qu’il effectue, raconte ce qu’il est, ou plutôt ce qu’il devient en son être propre, tout autant que ce qu’il fait. Il situe son action en lui-même : son travail porte sur un objet mais l’implique comme « sujet ». Son engagement personnel se traduit par une sorte de poétique, de création subjective originale, qui fait que, par exemple, aucun traité d’alchimie n’est semblable à un autre, chacun offrant l’approche d’un texte obscur et magnifique, inédit et mystérieux. Cette démarche est expérientielle ( comme nous disons « existentielle ») et non pas expérimentale. Insistons sur cet exemple : la méthode d’un chimiste se doit d’être expérimentale, la voie de l’alchimiste est poétiquement, et initiatiquement expérientielle, comme la nôtre dans la construction du « temple » intérieur.   
Pascal, dans une page célèbre de sa Préface au Traité du Vide, qui date de 1651, définit ce que sera la science moderne : quand des sujets, dit-il, « tombent sous le sens ou sous le raisonnement, l'autorité y est inutile; la raison seule a lieu d'en connaître.[…] C'est ainsi que la géométrie, l'arithmétique, la musique, la physique, la médecine, l'architecture, et toutes les sciences qui sont soumises à l'expérience et au raisonnement, doivent être augmentées pour devenir parfaites. Les anciens les ont trouvées seulement ébauchées par ceux qui les ont précédés; et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues. […] Les secrets de la nature sont cachés; quoiqu'elle agisse toujours, on ne découvre pas toujours ses effets: le temps les révèle d'âge en âge, et quoique toujours égale en elle-même, elle n'est pas toujours également connue. […] Les premières connaissances [que les Anciens] nous ont données ont servi de degrés aux nôtres, et dans ces avantages nous leur sommes redevables de l'ascendant que nous avons sur eux; parce que, s'étant élevés jusqu'à un certain degré où ils nous ont portés, le moindre effort nous fait monter plus haut, et avec moins de peine et moins de gloire nous nous trouvons au-dessus d'eux. C'est de là que nous pouvons découvrir des choses qu'il leur était impossible d'apercevoir. Notre vue a plus d'étendue, et, quoiqu'ils connussent aussi bien que nous tout ce qu'ils pouvaient remarquer de la nature, ils n'en connaissaient pas tant néanmoins, et nous voyons plus qu'eux. »  
Rien de plus éloigné de cette idée de « progrès », qui sous-tend la révolte de Pascal contre « l’autorité » en matière scientifique, que les « connaissances traditionnelles » auxquelles nous nous référons dans nos Loges. C’est là, me semble-t-il un de nos plus étonnants paradoxes. La construction du Temple, ce chantier indéfini promis à un perpétuel inachèvement, a beau nous le faire regarder comme « a work in progress », selon la fameuse locution anglaise, nous nous tournons toujours résolument vers l’Origine afin de préparer l’avenir, nous éclairons l’horizon qui est devant nous avec les clartés que nous apercevons derrière nous. Nous qui nous voulons tellement hommes « libres », (donc, en quelque sorte, non assujettis à un strict déterminisme), c’est pourtant à l’écoute du passé, à l’observation des conseils qui en émanent, que nous soumettons notre attention intellectuelle et spirituelle. S’il est arrivé, ou s’il advient (hypothèse projetée sur le présent ou sur le futur) que des Francs-Maçons fassent figure de  « révolutionnaires », ne doutons pas que ce soit selon l’idée de retour, à côté de celle de renouvellement qu’implique le terme (et la métaphysique de « l’éternel retour », qui est une hypothèse hindouiste et bouddhique avant son adoption par le sulfureux Nietzsche n’est en ce sens guère éloignée de notre conception effectivement paradoxale du « progrès » ).
Ainsi, la sagesse à laquelle prétend accéder l’alchimiste est-elle toujours très antique, tout comme certains d’entre nous font remonter la Franc-Maçonnerie, sinon tout à fait jusqu’à Adam et Eve, du moins jusqu’à ce premier « architecte naval » que fut Noé construisant l’Arche. Aussi des rites noachites ont-ils été pratiqués dans notre Ordre.   
Il semble que le « grand arcane » ou le grand secret que nous poursuivons, bien que ce soit avec l’outillage conceptuel de nos mots substitués, comporte trois voies essentielles de recherche, complémentaires d’ailleurs, puisque aucune des trois ne peut se priver des ressources ou des procédés des deux autres. Ces trois voies sont l’Alchimie, l’Astrologie et la Magie. Deux autres « matières » constituent leurs adjuvants : l’une est le Symbolisme, dont nous apprenons, en loge d’apprentis, les rudiments (le symbolisme est indispensable à la compréhension de l’astrologie), l’autre est la Mythologie sur laquelle s’appuient maints rites magiques (qui présupposent un appel aux puissances spirituelles résidant dans les êtres inférieurs, voire dans les choses, dormantes mais point du tout inanimés (on se souvient de l’exclamation du poète : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »). Si l’on me presse de dire où je situerais la Kabbale, j’en ferais un des outils majeurs du symbolisme : ses enseignements sont d’ailleurs à peine dissimulés dans nos Loges.
Pour deux d’entre ces voies auxquelles je me suis intéressé, l’Alchimie et l’Astrologie, je puis dire qu’elles reposent sur un vrai corpus organisé de connaissances, même si leurs dérives éventuelles les font regarder aussi comme des pratiques de superstition.  
Je prendrai d’abord l’exemple de l’astrologie, puisque celle-ci conditionne l’approche de l’alchimie. 
Doit-on rappeler que, de tout temps, l’homme a été attiré par la voûte céleste et que l’observation des astres lui a d’abord servi à évaluer le temps ? L’alternance des jours et des nuits, les changements dans les phases de la Lune et la position des planètes, ces astres errants selon l’étymologie du mot, retinrent son attention. Les Chaldéens, du haut de leurs ziggurats babyloniens, effectuèrent les premiers relevés précis de la position des luminaires mobiles par rapport aux constellations immuables : celles-ci sont si lointaines que leurs dispositions les unes par rapport aux autres ne varient pas. Lorsque le temps fut venu, par exemple dans la Grèce classique, de croire que la sphère terrestre était emboîtée dans les diverses sphères cristallines auxquelles paraissaient accrochés les objets du ciel, les constellations constituaient ce qu’un Aristote ou plus tard un Ptolémée appelèrent la sphère des étoiles fixes. Les anciens observateurs du ciel nocturne attribuèrent aux étoiles les noms de leurs divinités. On peut sans doute imaginer qu’ils créditèrent ces astres divinisés d’une influence surnaturelle sur leur propre existence: c’est de là que naquit probablement l’astrologie, à laquelle l’astronomie proprement dite doit beaucoup, tant il importait, pour les faiseurs d’horoscopes, de savoir où se trouvaient, avec exactitude, les bonnes ou les mauvaises étoiles de la destinée. De fait, jusqu’au XVIIe siècle, tous les grands astronomes furent aussi des  astrologues ; ainsi Johannes Kepler, pour ne citer que cet illustre exemple.
Les données astronomiques nécessaires sont plus ou moins nombreuses selon la pratique astrologique concernée. L'astrologie de la presse quotidienne, qui se plait à décrire le sort des natifs de tel ou tel signe zodiacal, n’exprime que de très vagues généralités à propos de millions d’individus, puisqu’elle ne s’intéresse qu’à la position du soleil dans les signes du zodiaque. Mais dès qu’il s’agit de « monter » un thème personnalisé, ou, corrélativement, sa « progression » annuelle, en comparant le ciel d’origine du natif avec les données d’un jour anniversaire de sa naissance, l’astrologue doit se livrer à de savants et minutieux calculs au bout desquels le thème de la personne apparaît comme strictement individuel et singulier, c’est-à-dire valable uniquement pour elle. Sauf dans le cas assez exceptionnel de ce que l’on appelle des « jumeaux astraux » : quand deux personnes sont nées au même endroit et au même moment. Telle anecdote fameuse nous apprend que le jumeau astral d’un prince d’Angleterre a hérité de l’affaire familiale la même semaine (l’un montant sur le trône, l’autre reprenant le commerce de son père décédé), s’est marié le même jour que lui, a eu le même nombre d’enfants, est mort le même jour à quelques minutes d’intervalle…
On peut considérer le « ciel de naissance » comme une sorte de formule chimique où les planètes et les autres facteurs représentent les éléments simples et fondamentaux qui, dans leurs combinaisons variées, constituent le sujet et la matière d’une « chimie » de la personnalité . Les mouvements observables dans le ciel ne peuvent être calculés et déterminés dans l'espace et dans le temps que lorsque les positions variables des corps célestes sont mesurées soit à partir de l'horizon et de la période journalière, soit d'après les positions équinoxiales du soleil à l'intérieur du cycle annuel, soit par les valeurs relatives des périodes planétaires. Ces trois cadres de référence principaux sont connus en astrologie comme le cercle des douze Maisons (par lequel le natif présente des différences avec ses congénères dans une rotation diurne de son horizon), le cercle des signes du Zodiaque (au nombre de douze également), et le schéma global du système solaire (d'où dérive la signification attribuée à chaque planète). Chacun de ces trois cadres de référence possède un caractère et une signification parfaitement déterminées, et leurs combinaisons constituent donc le thème astral, l'outil essentiel utilisé en astrologie.
On peut croire ou ne pas croire à celle-ci ; elle n’en est pas moins fondée sur la position des étoiles et des planètes que la science astronomique a su prévoir. L’astrologie comporte un code complexe de significations symboliques, qu'il faut admettre sans pouvoir les comprendre, avec la foi du charbonnier, ou bien les rejeter avec une foi toute contraire. Le débat entre croyant et non‑croyant ne peut absolument pas s'établir ici au niveau de la théorie qui, dans l'état actuel des connaissances, ne peut pas faire l'objet d'une discussion réelle. Ceci étant dit, quand un homme du Moyen Age laissait tomber un caillou, il pouvait constater, par l'expérience, que ce caillou allait toujours vers le sol. Il ignorait totalement la théorie de la gravitation, mais il en connaissait bien cet effet particulier qu'il pouvait même mesurer et prédire (et Newton lui‑même restait au niveau de l'expérimentation sans bien connaître les causes, sans invoquer, par exemple, la théorie des ondes gravitationnelles d’ailleurs encore mal connue de nos jours).
Toute la discussion actuelle de la connaissance astrologique passe par cette analogie. L'astrologue considère qu'il connaît les conséquences pratiques de « quelque chose », dont il ne s’explique cependant pas la cause, laquelle reste, jusqu’à la découverte d’une théorie scientifique adéquate,  du domaine de la métaphysique.
Et nous dans tout cela, à quoi pouvons-nous souscrire ou adhérer ? Comment concilier rationnellement les aspects qualitatifs de l’astrologie et ceux quantitatifs de l’astronomie ? Peut-être, sans être crédule, en songeant que la Franc-Maçonnerie nous a invités, dès le jour de notre naissance initiatique, à nous considérer comme un « microcosme » en relation avec le grand Tout qu’est le macrocosme. C’est pour en recevoir les influx symboliques que nous travaillons « sous la voûte étoilée ». « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux », prévient aussi un adage qui nous est familier. Même si les dieux ne sont plus ( le Grand Pan étant réputé disparu longtemps), même si « Dieu est mort » selon le bulletin nécrologique publié par Nietzsche, nous sommes invités à chercher sans répit, comme sans succès durable, la « parole perdue » et les plans du Grand Architecte. Notre philosophie n’est donc pas étrangère à l’univers analogique dans lequel se meut l’astrologue. En tout état de cause, il s’agit toujours, bien évidemment, d’éviter de sombrer dans un dogmatisme ridicule. Mais si les astres « inclinent sans nécessité » comme le prétendit le fameux Ptolémée, voilà sauvée, grâce à ce principe d’indétermination, comme on a dit au sujet des particules élémentaires étudiées par Heisenberg, voilà sauvée ou au moins encouragée la liberté que nous voulons opposer à tous les déterminismes comme à toutes les tyrannies.  
J’examinerai plus brièvement les « problèmes » que nous pose l’alchimie, parce qu’elle nous est à la fois plus familière (sur le plan des symboles) et plus mystérieuse encore que l’astrologie. On a pu dire d’elle qu’elle est une physique couronnée par une métaphysique . Mais aussi bien peut-on considérer que la physique, c’est-à-dire la théorie de la nature sur les données de laquelle l’alchimiste travaille – et ce faisant cet opératif découvre maints corps et maintes recettes qui relèvent proprement de la chimie -, cette physique pourrait être déduite de la métaphysique qui sans doute la prolonge dans le sens ascendant et au contraire l’engendre dans le sens descendant. Tout comme de l’esprit émane la matière selon une vision spiritualiste de l’univers que j’entreprends de résumer maintenant, en termes tout à fait péremptoires, comme je les ai moi-même entendus. Je vais donc jouer pendant quelques instants au « gourou ».  
L’ensemble de la création, disent les alchimistes en particulier ( et beaucoup d’ésotéristes en général) est la résultante d’une énergie subtile qui semble émaner du « néant », un terme ambigu auquel on doit préférer celui de « non manifesté ». L’énergie est dans l’univers : elle est manifestée ; l’énergie n’est pas dans l’univers : elle est dans le non manifesté, mais elle EST. Cette énergie peut être appréhendée comme l’essence de l’Un, de l’Etre absolu. 
Une image de l'Inde traduirait cette idée : Brahma expire, le monde se manifeste, l'énergie apparaît. Brahma inspire, le monde disparaît peu à peu, l'énergie retourne au non manifesté. Cette gigantesque  respiration, d'une durée d'environ 12 milliards d'années, prétendent certains, est le gigantesque cycle fondamental de l'univers. C'est le rythme de la machine‑univers dans son travail de formation des "Dieux". Ce cycle conduit peu à peu le germe de l’Etre, le Zéro du départ, à l’ Infini du retour.
Il est difficile de donner une image de cette Energie Première, tout au plus pourrait‑on dire qu'il s'agit d'une pression d'être. Dès qu'elle est émanée, elle va tout d'abord subir une préparation densification, ou préparation coagulation selon le langage alchimique. C'est‑à‑dire que sa nature s'éloigne du "presque néant" de son origine. Cette densification de l'énergie n'est pas continue, elle se fait par paliers.
Il y a 10 paliers correspondant à 10 densités différentes, la plus dense, la 10e, étant celle de la matière de notre monde. Ces 10 paliers, vous l’avez compris, si vous êtes un peu avancés sur le chemin, correspondent aux 10 séphirots qui sont les « nombres » de la Kabbale.
Seuls les trois premiers paliers sont concernés par la phase de la préparation‑densification. Dans l’arbre séphirotique des kabbalistes, le 2e palier porte le nom Hochmah, qui signifie la « Sagesse ». Au cours de cette descente en trois premiers paliers, l'énergie se "prépare" mais ne se réalise pas encore. Elle prépare la dualité et la forme qui se manifesteront à partir du 4ème palier. Dans la descente du palier 3 au palier 4, la Materia Prima fait son apparition. Elle est l’équivalent du Chaos biblique. L’Alchimiste, conduit par le souci du Grand Œuvre, se met d’abord en quête de la « materia prima », dans quelque grotte obscure, à l’intérieur de la terre, et s’arrange de cette manière pour susciter en lui, émotionnellement, une sorte de régression vers le Chaos primitif. 
Au palier 4, la « materia prima » se divise ; la dualité potentielle de l'énergie se réalise par la différenciation de l’énergie en deux parties : l’une active, l'autre passive. Ces deux parties étant équivalentes forment ainsi la première symétrie de l’univers. Le fait remarquable est que les énergies résultant de cette division, seront plus denses, moins subtiles que l'Energie Première. Sur chacune des énergies résultant de cette divi­sion va se répéter cette différenciation et ainsi, peu à peu, l'énergie subtile va acquérir la densité grossière de la matière de notre monde. Mais il faut savoir que dans toutes les choses de notre monde (situé au palier 10, le Royaume ou Malkuth selon les kabbalistes), les 10 niveaux de densité sont présents, le 10e visible, les 9 autres étant du domaine de l'invisible. Entre parenthèses, les opérations de la magie consisteront souvent dans la matérialisation visuelle, c’est-à-dire dans les apparitions, spectrales, hallucinatoires, parfois délirantes, des niveaux devenus invisibles de l’énergie.
En même temps que la première différenciation est donc apparue la dualité, que nous représentons horizontalement sur le plan du pavé mosaïque et verticalement par les colonnes B et J, que je propose de regarder, du point de vue alchimique, comme des colonnes de distillation au travers desquelles nous ferions circuler nos propres énergies, dans la mesure où nous pratiquons souvent, et sans nous en douter, tel M. Jourdain faisant de la prose, une sorte d’ « alchimie spirituelle ». Ajoutons que la dualité a permis la différenciation sexuelle et que le passage d’une colonne à l’autre comporte les connotations de passivité et d’activité par lesquelles se distinguent traditionnellement les deux sexes.
L’espace-temps, création de l’Eternité, mais non identifiable à celle-ci, est lui aussi corrélatif de la première opération de dualité. Les « jours » de la création biblique, ce qui suppose aussi les nuits sans clarté qui les distinguent, peuvent alors commencer. 
La dualité donne à l’énergie un double attribut : l'énergie active va constituer les éléments de la vie, l'énergie passive les éléments de la matière. L’énergie de la vie a pour nom le « Nitre », et l’énergie de la matière le « Sel » . Ensuite cette première énergie de la vie va elle-même se diviser pour donner les deux premiers éléments : le Feu à et l'Air, et la première énergie de la matière va se diviser pour donner les deux autres éléments : l'Eau et la Terre. 
Il nous serait sans doute profitable de méditer sur l’ordre de ces éléments par rapport à nos propres épreuves initiatiques vécues dans l’ordre Terre-Air-Eau et Feu.  
Précisons néanmoins tout de suite que les éléments Feu et Air, Eau et Terre, qui sont des énergies, n'ont rien à voir avec les corps portant ces noms. Tout au Plus, ces corps peuvent‑ils être les porteurs de ces énergies. En fait, ces 4 éléments sont présents en toute chose et chacun d’eux possède en lui‑même les 10 niveaux énergétiques mentionnés plus haut. De sorte que dans toute chose faite de matière en notre monde, se trouvent 40 types d'énergie, et c'est la variation dans leurs rapports réciproques qui détermine la nature de la matière et son degré de vie et de conscience. 
Ainsi dans le règne minéral, la matière aura peu d'éléments Feu et Air mais davantage d'éléments Eau et surtout d'éléments Terre ; dans le règne végétal, les plantes auront peu d'éléments Feu et Terre et beaucoup d'éléments Eau et Air ; dans le règne animal, il y aura beaucoup d'élément Feu ‑ le maximum chez l'homme ‑, l’élément Eau et l'élément Air seront très présents, mais il y aura peu d'élément Terre.
Dans les trois règnes, le degré de vie et le degré de conscience sont différents en puissance. En effet, la vie animatrice est régie par l'élément Feu. La combinaison Feu-Air constitue l'âme des choses, c'est‑à‑dire la vie capable d'animer la matière, car le Feu, seul, ne peut pas communiquer son énergie à la matière. Le règne animal étant celui qui a le plus de Feu est donc le plus "vivant" par opposition au règne minéral qui, lui, a peu de Feu et qui est donc le "moins vivant". La mort physique "animale" est le retrait des éléments Feu et Air, c’est-à-dire de l'âme qui animait le corps.
Enfin, les énergies des éléments se répartissent dans l'animation des règnes en trois groupes‑ principes.­ Le Feu ne peut s’unir directement aux éléments de la matière Eau et Terre, c'est la raison pour laquelle la présence de l'Air est nécessaire dans l'âme. Les alchimistes désignent le principe de l'âme sous le nom de Soufre. (Triangulation de l’âme : Feu/Soufre/Air).
Pour que les énergies de la vie puissent transmettre leurs influences à la matière, un second principe est nécessaire. Il comprend l'Air de la vie et l'Eau de la matière. Ce principe de jonction porte le nom d’Esprit et les alchimistes le désignent sous le nom de Mercure. Dans la mythologie, Mercure a pour fonction d’être le messager des dieux. C'est lui qui établit la liaison entre le monde spirituel et le monde matériel. Le symbole du caducée, les deux serpents entrecroisés, représente les points où les énergies vie et matière se rencontrent. (Triangulation de l’esprit : Air/Mercure/Eau).
Le troisième principe est le corps qui comprend les éléments Eau et Terre, mais la réception des influences de l'âme, transmises par l'esprit, se fait par l'élément Eau. Les alchimistes désignent les principes Eau‑Terre sous le nom de Sel. (Triangulation du « corps » : Eau/Sel/Terre).
Bien sûr, il en est de même dans l'homme où ces principes sont au plus haut niveau. A toutes fins utiles, précisons que les termes Soufre, Mercure et Sel n'ont rien à voir, non plus, avec les corps portant ces noms, mais qui ont été cependant placés à dessein dans le cabinet de réflexion où nous avons été laissés, seuls en face de nous-mêmes, lorsque nous subissions l’épreuve de la Terre.  
L'homme tient donc son origine de l'Absolu (Séphire 1 : en hébreu Kether ou « la Couronne », c’est-à-dire au fond, toutes les potentialités de l’Esprit – avec un E majuscule), mais « Adam » ou son archétype ne fut d'abord qu'un Zéro, un germe de vie qui a dû descendre les degrés séphirotiques, ou les niveaux de l’être, jusqu'à son incarnation. Selon cette vue spiritualiste, l'Être développe d'abord la conscience, puis la Conscience crée la Vie pour son besoin d'évolution, enfin la Vie fabrique la matière comme un champ de ses nécessaires expériences. La densification progressive, en dix paliers, de l'Énergie première émanée ou manifestée à partir du « Néant illimité » (Ayn Soph) ‑ ou du « non manifesté» qui est donc le potentiel de l’être ‑ va finir par créer la matière (qu'un regard profane tient pour inanimée) et l'ensemble de ce qu'il est convenu d'appeler le « Vivant ».
En réalité tout l'existant est vivant, et a dû premièrement se densifier en traversant les dix niveaux énergétiques de l’être que j’ai évoqués ci-dessus. « Tout est vivant et rien ne meurt » : c’est une phrase que nous faisons circuler dans la chaîne d’Union au cours de nos propres rites funèbres. Selon ce qu'en disent les ésotéristes, mais aussi les physiciens actuels dans un langage (quoique mathématisé) à peine différent, il faudrait imaginer une sorte de vibration primordiale, une onde devenant lumière, et cette lumière enfin matérialisée au terme des étapes que le « Vent Cosmique » l'a obligée à parcourir : de façon analogue, « Au commencement était le Verbe », proclame l'Evangile de Saint Jean (ouvert sur notre autel des serments), « et le Verbe était Dieu ( ... ), de tout être il était la vie, et la vie était la lumière des hommes. »
Le voyage Aller, cette descente d'Adam (et Eve) jusqu'en un corps animé, animal.... c'est ce que l'ésotériste nomme l'«involution ». Les nécessités de celle‑ci ont construit des barrières qui, en chaque être, séparent d'une manière plus ou moins étanche les divers niveaux de conscience allant du Moi Supérieur (sphères séphirotiques 1 à 9) à la conscience physique de l'homme terrestre. Toute initiation peut donc être entendue comme une mise en route sur le Sentier où, grâce au symbolisme, seul langage capable de faire la liaison entre le Conscient et l’Inconscient ‑ ou plutôt, selon ce qui vient d'être dit, entre « conscience physique » et «surconscience spirituelle » ‑ l'adepte se trouvera un jour en possession des « clés » qui ouvriront les barrières entre ses différents niveaux de conscience. 
Si le voyage Aller de la Descente a été appelé Involution, celui du Retour sera donc normalement désigné comme une Evolution. Involution et Évolution concernent la Macrocosme et le Microcosme, c'est‑à‑dire le Monde et l'Homme. Entre ces deux phases, l'Homme, qui est le seul être parvenu à la « conscience de soi », connaît l'Initiation du Nadir qui est le terme extrême de sa « chute » dans la matière. L'Évolution va au contraire consister en une spiritualisation progressive d'un être qui est passé par l'Initiation du Nadir, dans «cette» vie ou une autre. A noter que pour une « âme » qui n'a pas subi totalement cette «noire» initiation du Nadir, de l’absence totale de lumière, le « bien » n'est pas de monter mais de continuer sans entraves à descendre, puisqu'une durable remontée est conditionnée par ce « virage » du Nadir où l'âme est d'ailleurs comme morte. Dans l'Homme Évolutif l'initiation assure donc un rétablissement du contact entre les divers plans de conscience. Dans I'œuvre au Noir, l'Alchimiste sait qu'il est passé par l'initiation du Nadir et qu'il a dissous la «terre noire » de sa conscience. L'œuvre au Blanc qui s'offre à son entreprise est alors la conquête de son propre corps spirituel « astral lunaire » (niveaux 9 à 7 en remontant vers le 1). Le 3e Œuvre, Œuvre au Rouge, correspondrait à la constitution d'un « corps glorieux » dans l'astral dit « solaire », avec le centrage sur la séphira Tipheret qui signifie splendeur, beauté et joie de la Résurrection. C'est pourquoi Tipheret se trouve au‑dessus du Voile de la Seconde Mort, que nous avons déjà nommé : il s'agit d'un risque de mort spirituelle et non plus physique, que n'évite d'ailleurs pas un ésotériste seulement capable de travailler dans  l’«astral lunaire ».  
J’arrête ici mon exposé qui a pu vous paraître lassant. Je vous fais grâce des opérations qui conduisent l’alchimiste vers l’œuvre au Noir, au cours duquel l’ouvrier se mortifie autant que sa matière. Puis l’œuf philosophique, c’est ainsi que l’on désigne le produit métallique dans son vaisseau fermé, convenablement dissous et recomposé, acquiert le stade de la blancheur, revêt la tunique de Diane ; ensuite un long processus va mener l’alchimiste des espérances de l’œuvre au Blanc à la jubilation de l’œuvre au Rouge, lorsqu’est enfin découverte la fameuse « pierre philosophale ». N’insistons pas. Il me suffit d’avoir essayé de prouver que l’alchimiste obéit, tout comme l’astrologue, à une logique dont seules les prémisses font problème, puisqu’elles sont, du moins actuellement, indémontrables.   
Ces connaissances sont-elles donc frappées d’inanité ? On est fortement tenté de le penser. Mais ne faut-il pas alors considérer notre démarche initiatique, si fortement (quoique discrètement) imprégnée d’astrologie et d’alchimie comme proprement infantile ?
Vous savez par avance, mes frères, que je vous répondrai NON.  
Et c’est un physicien connu et apprécié du monde scientifique, Bernard d’Espagnat, qui m’aidera à formuler cette conclusion. Ce savant éminent dans le domaine de la physique nucléaire et dans l’étude des particules qui paraissent être les constituants ultimes de la matière, juge les philosophies historiques et contemporaines à l’aune de ses propres recherches sur la matière-énergie constitutive de notre monde. Il me faut simplifier beaucoup pour réduire un livre très dense, qui a pour titre A la recherche du Réel, en une courte page.
En bref, voici l’argument clé. Les recherches expérimentales et les équations de la physique quantique, indépassées même aujourd’hui quand on réfléchit à la texture de l’univers, rendent probable, en dépit d’Einstein qui avait des vues opposées en ce domaine, la thèse dite de la non-séparabilité des particules élémentaires. Expliquons-nous : des particules qui se sont connues dans le passé se conduisent dans leur devenir comme de vrais jumeaux qui éprouvent sans avoir à se les communiquer les mêmes émotions-idées-informations-événements à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. En l’occurrence, ces particules infimes, que ne peuvent rendre manifestes que des appareils compliqués et coûteux manipulés par des scientifiques d’un très haut niveau, ces particules conserveraient l’information qui leur a été commune une fois. Or ces particules jumelles sont disséminées dans le vaste univers, se sont éloignées sans doute les unes des autres à des milliards d’années lumière depuis que l’actuelle « expiration de Brahma », dont nous supposons qu’elle est l’émanation d’un « Big Bang », a commencé. Ces particules bien sûr nous composent aussi, comme l’ensemble des choses. Elles pourraient se trouver en relation avec l’ensemble de l’univers par la rémanence ou le souvenir infiniment lointain de leurs associations premières (à supposer qu’elles aient toutes été concentrées, avant même de revêtir la moindre forme, et juste avant le Big Bang, en un point de dimension nulle et de densité infinie : on n’est pas loin ici de l’Ayn-Soph des kabbalistes).
La loi de causalité, qui repose essentiellement sur le postulat que rien ne peut aller plus vite que la lumière, ainsi que le prétend Einstein, et que nous vivons dans un espace-temps relatif où les données physiques concrètes changent selon la courbure que la lumière subit au gré de la densité des milieux stellaires à travers lesquels elle se déplace, cette loi peut se trouver subitement contredite – et des expériences le montrent - par des événements singuliers au niveau de ces particules élémentaires, tel que l’électron. En résumé, je pourrais dire : certains électrons que l’on fait passer dans des systèmes de diffraction (que je n’entreprendrai pas de décrire) se comportent comme si l’un « savait » ce que l’autre fait au même instant, et ce comportement contrarie la théorie qui les voudrait agissant selon une symétrie inverse : l’un devrait être négatif quand l’autre est positif ; il se trouve qu’en la circonstance ils sont tous deux positifs ou tous deux négatifs. La physique classique – aujourd’hui celle dérivée de la mécanique quantique combinée, d’ailleurs difficilement, avec les lois d’Einstein sur la relativité, est dépassée par ce type d’événements qu’elle ne parvient pas àprédire. Elle ne peut que constater ce paradoxe : des particules séparées se comportent comme si elles restaient jointes et ne formant qu’une. C’est pourquoi, selon Bernard d’Espagnat, le physicien ne peut pas dire qu’il travaille sur la réalité ultime de l’univers, car il lui faut accepter de voir battue en brèche la rationalité de toutes les déductions ou inductions causales antérieures. 
La vulgarisation de la thèse de non-séparabilité génère les scénarios de science-fiction les plus fous : possibilité de voyager à des vitesses supérieures à celle de la lumière, « télétransport », existence de « mondes parallèles », « Quatrième dimension », épisodes récurrents de X-Files. Résistons à ces entraînements. Du coup néanmoins, l’idée, fondatrice de l’astrologie, que des planètes lointaines puissent être déterminantes, par leurs influx, sur le devenir d’un bébé qui absorbe pour la première fois leur mélange en poussant son premier cri, peut n’être pas – ou n’être plus – scientifiquement déraisonnable. D’autre part si nous songeons – comme tout dans notre ordre nous invite à le penser – à un Etre distinct de l’Univers créé, cet Etre étant le Principe, que nous appelons ici « le Grand Architecte de l’Univers » et l’Univers étant sa manifestationprogressivement densifiée selon les paliers évoqués ci-dessus à propos de l’alchimie, la thèse de la non-séparabilité des particules élémentaires permet d’imaginer que nous sommes en résonance avec la totalité du cosmos et que nous détenons par les pouvoirs de l’esprit la capacité de voyager dans les archives de la nature, de vibrer aux différents niveaux de la manifestation et de découvrir à travers nous-mêmes, fût-ce très partiellement, quelque chose des plans du Grand Architecte. 
Alchimie et astrologie, pour ne parler que ces deux formes de recherches, seraient alors comme les approches naïves d’une quête entièrement justifiée. Et du coup, comme nous venons de considérer l’influence de ces connaissances traditionnelles sur notre symbolisme, se trouve également validée la voie initiatique que nous avons choisie.
Source : www.ledifice.net

Par A\U\ - Publié dans : Planches
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Mardi 15 octobre 2013 2 15 /10 /Oct /2013 07:11

 

L’ Art Royal est présent dans le cabinet de réflexion.
Puis avec cette phrase, véritable programme communiqué au néophyte :
« Maintenant, la parole est donnée au Frère Orateur pour exposer succinctement le sens et le but de l’Art Royal ».
Toute réflexion approfondie passe de l’analyse qui sépare à la synthèse qui recompose. « L’Art royal, art qui sépare et qui unit » écrivait Albert le Grand.
Dans son traité sur l’Optique, Newton écrit : « La transformation des corps en lumière et de la lumière en corps est très conforme au cours de la nature, qui semble se complaire aux transmutations ».
( question 30).
On peut utiliser les symboles alchimiques dans le cadre d’une introspection, afin d’avancer dans le « connais-toi toi-même ». ( V.I.T.R.I.O.L : Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem soit :Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée. ).
Le processus alchimique passe par plusieurs opérations qui ont lieu dans l’athanor, foyer où elles s’effectuent :
-la putréfaction, couleur noire, œuvre au noir, (négredo). Correspond à la mort symbolique, nécessaire pour qu’une régénérescence soit possible.
-la résurrection, par la perte de la couleur noire, œuvre au blanc(albédo) ; purification.
-la rectification, passage par les couleurs de l'arc-en-ciel, qui peut symboliser la diversité des connaissances ou les divers aspects psychiques, avant de parvenir au rouge (couleur du phénix ou du pélican); c'est l'œuvre au rouge (rubedo).
Dès le premier degré, la voie à prendre est donnée; c'est la voie du symbole; la pensée symbolique est la clé; l'accès en est facilité par le fait que le langage courant est lui-même symbolique ; le mot "clé" que je viens d'employer en est un bon exemple. Le verbe, la parole, est symbole. Chaque mot a une définition précise et s’ouvre secondairement à d’autres sens, selon une interprétation qui évolue avec les connaissances que nous acquérons, et selon notre intuition et notre désir ou notre intérêt pour la vie de l’esprit ou pour la vie intellectuelle. Le symbole, visible, est la porte de l’invisible. Arthur Rimbaud, qui avait tout compris du symbolisme, écrivait « alchimie du verbe » et « le bateau ivre » rend compte de son état psychique du moment.
Nous avons plutôt l'habitude d'engranger dans notre mémoire sous forme de savoir ce que nous apprenons, et d'en rester là, satisfaits de notre acquisition, sanctionnée par un diplôme ou un avancement. Nous sommes tous avides d’avancement, qui se confond avec la reconnaissance. Pourtant l'essentiel n'est pas d'engranger, mais, à partir des symboles, de s'ouvrir à cette vie de l'esprit, à un chemin de recherche, à un chemin de pensée libérée pour une compréhension nouvelle. Si nous en étions tous conscients beaucoup chercheraient moins les signes visibles de reconnaissance, les rubans, les baudruches.
J'appelle ici pensée la raison réflexive accompagnée de l'imagination active, créatrice de sens.
L'Art Royal est une voie royale, une métaphore de l’initiation maçonnique.
On accède facilement au sens symbolique des métaux. L'or, le plomb, tout le monde en saisit les associations possibles. Mais par la suite, pour d'autres théories, pour d'autres doctrines, pour d'autres phrases du rituel, nous devrons conserver l'esprit du symbole, notamment envers les textes sacrés, et toujours se détacher du sens premier.
Voici deux citations de Roger Bacon (XIII°siècle) :
" L'Alchimie est la science immuable qui travaille sur les corps à l'aide de la théorie et de l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle, les transforme en une espèce supérieure plus précieuse“.
"Je dis de plus que la nature a toujours eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver à la perfection, à l'or. Mais par suite de divers accidents qui entravent sa marche, naissent les variétés métalliques".
Il s’agit peut-être pour le maçon de s’appliquer cette sentence à lui-même. L’or, c’est l’excellence, la lumière, le rayonnement solaire, la joie solaire de l’homme libéré, les joies de l’esprit, l’aboutissement auquel travaille l’homme perfectible.
Et encore ces citations ; celle d’un célèbre alchimiste, Zosime de Panopolis : « Le grand soleil produit l’Œuvre car c’est par le soleil que tout s’accomplit ».
Et d’Hermès Trismégiste : « Achevé, accompli est ce que j’ai dit de l’opération du soleil ». Le feu, agent actif de l’alchimie, est sur terre comme le représentant délégué du soleil.
Dans l’expression : l’alchimie travaille sur les corps, on remarque que l’évolution et le changement impliquent d’être éprouvés par le corps, le vécu, notre psychisme intimement lié au corps. Il ne s‘agit pas ici de spéculation abstraite.
L’alchimie repose sur des croyances que la science moderne a heureusement détrônées. Mais nous y avons perdu une relation profonde avec la Nature, à laquelle on donnait les traits d’Isis dans la Tradition, comme on pourrait en avoir avec une personne très chère, en harmonie avec le Tout-Un, ou l’un-tout. Vivre aujourd’hui dans les bureaux et dans les voitures fait que pour nous la Nature n’est plus qu’une toile de fond sans beaucoup de présence.
L’art, dans l’expression « art royal » est l’équivalent de technique, comme on le rencontre encore dans des expressions comme « ouvrage d’art » ou « école des arts et métiers ». Le technicien est celui qui possède un savoir qu’il s’est donné la peine d’acquérir, et qu’il met en pratique pour réaliser une œuvre. C’est là tout le travail maçonnique. La franc-maçonnerie spéculative réalise la jonction entre Art, artisanat, maçonnerie opérative, et spéculation intellectuelle ayant pour but la spiritualisation de l’homme. C’est un artisanat de l’esprit. L’art de l’architecture sert de support à cette jonction qui voit ennobli le travail d’exécution, dans un cadre sacré, prélude au travail de conception du Maître. Lequel doit se poursuivre jusqu’à réalisation de l’or spirituel.
L’Art Royal est l’art de faire de l’or à partir de n’importe quel métal, y compris avec le plomb tout enténébré, rivé à son état de matière, à la Terre, comme enchaîné par les passions humaines (la corde au cou de nos rituels). Ce qui est lourd ne peut s’élever ; dans le psychisme les passions non maîtrisées ont cette force d’attachement de la corde au cou. La purification, période d’épreuves par le feu libère le mental, et libère le désir de connaissance, qu’inaugure l’œuvre au blanc. Puis vient l’embrasement de l’amour ardent, qui réalisera l’œuvre au rouge. Dans une tautologie redondante, Hildegarde von Bingen, mystique rhénane du 12°siècle, déclarait : “Je suis ardée par l’ardeur de l’ardent “. Désir ardent de Dieu dont elle est comme embrasée.
Ce que l’homme ne connaît pas, il l’imagine ; les amis de la sagesse, qu’ils soient philosophes ou religieux, sont porteurs d’un idéal du Juste et du Bien qui compose avec ce qu’ils imaginent afin de construire un édifice théorique satisfaisant pour l’intellect, en lequel ils peuvent croire et sur lequel s’appuyer. Ainsi chacun est appelé à préparer d’abord, à construire ensuite, son Temple intérieur où puisse être reçu Dieu, ou le Principe, ou le Un-Tout, ou la Grande Lumière, selon son vocabulaire préféré. L’alchimiste, lui, travaille au Grand œuvre, veut obtenir l’élixir d’éternité, la pierre philosophale.
L’aspiration à trouver, quitte à la créer, l’harmonie qui procure son sens à l’univers amène à hiérarchiser les métaux, au nombre de sept, en relation avec les 7 planètes : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » (Hermès Trismégiste). Ainsi le soleil est associé à l’or, la lune à l’argent, le mercure à mercure, le cuivre à vénus, le fer à mars, l’étain à jupiter, le plomb à saturne.
Eclairons cette symbolique par quelques autres représentations du désir de perfection, de spiritualité, qui, semble-t-il, peut illuminer tout homme (enfin presque).
Pour Platon, par le discours de Diotime dans le Banquet, on s'élève de la beauté des corps, de degré en degré, jusqu'à la beauté morale, puis à la beauté des Formes, jusqu'à contempler la beauté absolue, pure Forme.
Pour Plotin on s'élève de l'âme (figuré par la lune qui reçoit sa lumière du soleil, à l'intellect (émané de l'Un) jusqu'à la lumière de l'Un.
Dans le Yoga, la conscience s'élève de chakra en chakra, de degré en degré le long de la Kundalini, colonne d’énergie parallèle à la colonne vertébrale, jusqu'à l'élévation suprême, jusqu'à l'éveil spirituel.
On pourrait établir une comparaison avec l’arbre des Séphiroth sur lequel le Kabaliste pratique la méditation mystique.
A partir de la Foi en une évolution du monde vers la perfection finale voulue par Dieu, l’Art Royal procède de ce puissant désir d’unifier la Nature et la foi grâce à la connaissance des lois de la création, que l’alchimiste met en œuvre pour accomplir le Grand œuvre.
L’alchimiste veut échapper à la mort par la pénétration des lois de la Nature, et leur pratique, leur mise en chantier, grâce au travail et à la connaissance. Il croit avoir percé les mystères de la Nature, et voir la vérité sous le voile d’Isis, qui est aussi le voile de l’impétrant.
Le Grand œuvre conduira à la Vie parfaite, éternelle, que l’Or spirituel symbolise.
Dans l’Art Royal, le monde et l’être même du praticien de cet art sont confondus. Il n’y a pas, comme le rationalisme nous y invite dans tout ce qui occupe habituellement notre esprit moderne, séparation entre le monde et le moi. L’alchimiste progresse avec le travail de l’œuvre qui est sa propre réalisation spirituelle. Le métier fait l’homme.
Son état psychique évolue avec la progression de ses pratiques sur la matière de l’œuvre, grâce au souffre, au mercure, et au sel, sous l’action du feu d’origine divine, feu ardent, feu soleil grand maître des métamorphoses, comme le montre la succession des saisons.
L’alchimiste croit en l’unité originelle de la création, en l’unité fusionnelle parfaite que le devenir a divisé, dégradé en ses éléments. Unité absolue de la Nature et de Dieu que l’art royal retrouvera au terme de la transformation des métaux. Chaque métal marquant une synthèse, une étape de transformation. Chaque métal correspond à un état psychique. Passant alternativement de la dissolution (solvere) de la matière sous l’action purificatrice du feu (œuvre au noir) à une nouvelle coagulation (coagulare) de ses éléments, par étapes progressives. A la fin des temps, les métaux auront changé d’état et seront devenus de l’or. De même nous pouvons évoluer, c’est-à-dire changer, à travers nos états psychiques jusqu’au vécu d’une spiritualité.
En devenant franc-maçon, vous êtes entrés, mes Frères, dans une démarche d’évolution vers la parole que vous êtes venu chercher ici. La parole perdue est au dedans de nous-mêmes, au fond de notre propre puits (V.I.T.R.I.O.L), inséparable de votre pensée.
Ce qui nous est donné dans le cabinet de réflexion, juste avant le passage du monde ancien au monde nouveau, sacré, de l’atelier maçonnique, c’est le viatique de tout le parcours à venir dans cette Odyssée que constituent les degrés du rite écossais.
Ce que l’Art Royal nous dit, c’est que, quel que soit le métal dont nous sommes faits, il est possible de progresser afin d’atteindre le rayonnement lumineux et joyeux de l’or spirituel. Seul le trop vil métal ne se prêterait pas à une évolution, ( hélas certains en sont faits, reconnus pour la forme comme initiés, comme nous venons de le constater à la direction de l’Obédience).
Cette réalisation passera par l’œuvre au noir, qui commence au cabinet de réflexion, initiant un « connais-toi toi-même » par des épreuves. Dans l’athanor, qui peut représenter notre intériorité, ou encore la loge maçonnique, où se font les mutations psychiques, l’œuvre blanche, neutre, d’observation après décantation précédera l’embrasement final de l’œuvre au rouge, l’embrasement du désir, dernière phase alchimique et son couronnement. Celle qui rendra l’adepte « aussi rayonnant que jamais ».
Nos aspirations sont symboliquement figurées dans l’alchimie, création de l’imaginal. Imaginal : produits de l’imagination quand elle est orientée vers l’harmonie avec le rayonnement divin que l’homme imagine, veut voir, en lequel spontanément il croit comme il peut croire en la Beauté.
Cherchons donc sans cesse l’idée sous le symbole ; idée qu’il nous appartient d’extraire de la gangue de l’obsolète alchimie. On y trouvera une métaphore de l’initiation effective proposée au maçon, une métaphore de la transformation du profane en initié, bien au-delà de l’initiation formelle qu’il vient de vivre au 1°degré.
L'alchimie symbolise la transformation intérieure dans notre approche de la spiritualité qu'il s'agit de reconnaître en nous alors que nous l'écartons sans cesse de notre conscience, si nous situons le divin hors de nous-mêmes, comme les religions l'enseignent.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par M\ G\ - Publié dans : Planches
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Lundi 14 octobre 2013 1 14 /10 /Oct /2013 07:21

Pour aborder le sujet de I'Art Royal, il faut remonter dans le temps parce qu'aujourd'hui on n’en entend plus guère parler. Il semble que cette appellation date du Moyen-Age pour désigner en priorité l'activité des alchimistes, aussi parfois dénommée le grand art, avant de dériver vers certaines pratiques magiques, puis occultistes, avant de réapparaître dans la psychologie moderne, notamment dans les travaux de C.G. Jung. Les Francs-maçons eux, incorporent l'Art Royal dans l'étude des sujets maçonniques et ils se plaisent souvent à faire remonter leurs traditions jusqu'aux lointaines origines des premières civilisations. Je ne vais pas les décevoir ce soir puisque je vais remonter beaucoup plus loin encore, jusqu'à l'apparition de l'humain, non pas pour glorifier notre ordre mais pour tenter d'expliquer, si faire se peut, la démarche de l'Art Royal. L'apparition de l'homme, descendant de son cousin le singe, est caractérisée par deux phénomènes : le langage d'une part, et de l'autre, la confection des outils. Toute l'évolution humaine s'est développée à partir du langage et, ne l'oublions pas, de la confection des objets, d'abord des outils et des armes, puis de divers objets facilitant les tâches quotidiennes. C'est grâce à une conceptualisation, une représentation mentale tout d'abord, puis une mémorisation et une transmission entre les générations ensuite, que le phénomène humain s'est développé. Le langage semble avoir joué un rôle primordial dans ce développement, mais qu'en serait-il, s'il n'avait été accompagné par l'activité manuelle, par la réalisation des objets. En résumé, on pourrait dire que le langage a donné naissance à la théorie et, l'activité manuelle à la pratique, à l'artisanat. On oppose souvent la théorie à la pratique, on débat de la primauté de l’une sur l'autre, mais en fait le développement humain conjugue les deux, toute théorie nécessitant une vérification pratique pour être justifiée ou corrigée. Cette opération de mise en oeuvre forme ce qu'on appelle l'expérience. L'humanité d'aujourd'hui n'est donc que le fruit de ces milliards d'expériences accumulées par les individus et mémorisées au cours des siècles. Mais la théorie n'a pas toujours précédé 1'expérience. Souvent l'expérimentation donne naissance au concept théorique. De grandes découvertes sont parfois le fruit du hasard ou le résultat d'intuitions géniales. D’où proviennent-elles ? Le développement du génie humain s'explique facilement par la nécessité, par la volonté de survie. Nécessité fait loi, dit-on à juste titre, mais nécessité suffit-elle à tout expliquer ? Quelle nécessité de construire des temples, des cathédrales, de sculpter des anges, de peindre des madones ? Comment expliquer cet extraordinaire développement du génie humain, tout d'abord dans 1'architecture sacrée, des pyramides aux cathédrales, par le seul concept de la nécessité ? Les ouvrages militaires, les routes et les ponts, les habitations peuvent s'expliquer par le besoin de se défendre, de se protéger, mais l'architecture sacrée ? Jamais je ne me satisferai des explications freudiennes, des théories modernes s'évertuant à trouver une explication à l'inexplicable, se servant du refoulement ou de la peur des dieux pour tenter de justifier à bon compte l'apparition de tant de génie, de tant d'énergies consacrées à un ou des buts immatériels. Il faut aller chercher dans d'autres directions, moins réductrices que les explications psychanalytiques et matérialistes à la mode pour comprendre ces phénomènes. Depuis l'apparition des premières civilisations sédentaires, l'architecture et plus précisément l'art sacré font leur apparition, et révèlent les capacités créatrices des hommes. Les Assyriens, les Égyptiens, les Chaldéens, rivalisent de génie architectural pour exprimer leur dévotion, leur reconnaissance aux dieux, avant les grecs et les romains dont la démarche nous est plus familière. Tout cela en vain, selon les chantres du matérialisme régnant en maîtres sur la culture officielle d'aujourd'hui. Vraiment ? N'existe-t-il aucune autre explication à une telle débauche de génie créateur, dont nous sommes les lointains héritiers ? Tous ces édifices sacrés n'auraient aucun sens, aucune raison d'être ? Je ne le crois pas. Qu'ils aient perdu avec le temps leur signification originelle, je peux l'admettre, mais qu'ils aient perdu toute signification, je ne le pense pas. Leur message, qui formait le ciment de ces sociétés dont certaines ont disparues, nous interpelle encore, si nous voulons nous interroger au-delà des discours des penseurs matérialistes en vogue. Personne aujourd'hui n'accepterait en Europe, la destruction volontaire d'une cathédrale gothique, au nom de la sauvegarde du patrimoine. Mais savons-nous encore qu'au début du siècle passé, plusieurs églises romanes et gothiques ont été détruites, parfois seulement pour en récupérer les pierres comme à l'abbaye de Cluny, non loin de chez nous. Mais si ces cathédrales nous interpellent, ce n’est pas pour leur seule affectation religieuse, dont une minorité se soucie encore, mais pour leur valeur architecturale et sculpturale, pour un contenu que nous ressentons à défaut de l'expliquer rationnellement. Si cette valeur est contenue dans les pierres, elle a été déposée, inscrite par le maillet et le ciseau de la main de l'homme. L’œuvre, les chefs-d’œuvre de l'antiquité au Moyen-Age, sont les fruits du travail de l'homme, de la conjugaison du génie, de l'esprit, et du travail manuel, de la mise en oeuvre, de la mise en forme des pierres, des objets. orsque nous étudions ces chefs-d’œuvre, nous nous penchons sur des ouvrages achevés, que nous détaillons pour en comprendre les structures, la géométrie, la beauté, etc. Cette démarche est efficace, et nous apprend beaucoup. Quelques-uns vont plus loin encore et tentent de redécouvrir les techniques oubliées de mise en oeuvre de ces édifices colossaux, si l'on connaît les faibles moyens techniques des hommes du passé. Mais au-delà du résultat et des techniques de mise en oeuvre, il demeure quelque chose de constant, d'immatériel, qui a permis la réalisation de ces chefs-d’œuvre. Cette «chose», c'est le travail,  l'énergie consacrée à cette mise en oeuvre, cet effort de tous les ouvriers, du plus humble au dirigeant, du transporteur au maître maçon pour les cathédrales. Tous ces efforts, ces énergies domptées, maîtrisées pour oeuvrer dans une direction unique, malgré la diversité des travaux entrepris, voilà qui mérite réflexion. Nous savons que les récompenses étaient maigres pour les ouvriers, esclaves dans les temps reculés, miséreux, puis bénévoles. Les travaux n'étaient pas accomplis par tous avec enthousiasme, amour des dieux, mais plutôt par contrainte ou nécessité encore... Cependant, dans l'accomplissement des tâches, dans la qualité des tailles des pierres, dans la précision du travail, digne des maîtres horlogers, dans la beauté et le raffinement des sculptures, nous percevons une présence humaine ou surhumaine pour certains, cette présence de la mise en oeuvre, du bonheur de la tâche accomplie, de l'effort, de l'art... Il faut bien prononcer le mot et revenir sur son histoire pour mieux saisir son contenu, oublié ou dénaturé de nos jours. L'art. Le terme vient du latin et signifiait tout d'abord la science, le savoir, avant de devenir le moyen, la méthode, puis les aptitudes, l'habileté, le savoir-faire. L'art est donc un savoir-faire, ce que l'homme ajoute à la nature. Par extension l'art est devenu l'ensemble d'une méthode, d'une discipline, nécessitant un apprentissage en vue d'une pratique. Cette définition a été reléguée depuis le XVIIIème siècle à l'artisanat, réservant progressivement l'usage du noble vocable « art » aux artistes, à ceux dont la tâche exclusive est de produire le beau. Auparavant art et artisanat signifiaient une seule et même chose. La distinction entre artiste et artisan apparaît au XVIème siècle et sera consacrée plus tard avec la création des académies des Beaux-Arts. Cette distinction est issue de la culture européenne, de la Renaissance. En simplifiant, on peut dire que l'artiste se consacre à une oeuvre de beauté, inutile pour la survie, Partisan à un ouvrage utile dont la beauté est ornementale, donc secondaire. Au XIXème siècle cette distinction s'est enrichie d'une nouvelle catégorie entre Beaux-Arts et artisanat avec la création des arts appliqués, issus du monde industriel. Dans la première moitié de notre siècle finissant, on peut signaler la tentative de réunir sous un même toit Beaux-Arts et arts appliqués avec la création de l'institut du Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, due à l'instigation de l'architecte Walter Gropius. Derrière cette tentative, se cachait peut-être le dessein de retrouver un art total, un Art Royal ? L'Art Royal est donc avant tout un art, c'est à dire un savoir-faire, une mise en oeuvre, une pratique, non pas une théorie. Il est lié à la vie même, à la fonction humaine, au devoir d'être humain. C'est la première constatation, la première certitude. La seconde a trait à l’œuvre, au chef-d’œuvre. La caractéristique du chef-d’œuvre, c'est d'aller au-delà de la simple fonctionnalité, d'être un ouvrage de transcendance, d’œuvrer vers quelque chose de plus que l'objet dans sa seule fonction usuelle. Pourquoi décorer une arme, pourquoi construire un temple, une cathédrale ? Pour remercier les dieux ? C'est une explication. Pour dominer le peuple, lui inspirer la crainte? Cela en est une autre, mais ces explications d'ordre stratégique ou politique ne nous apprennent rien sur les qualités exceptionnelles des artisans constructeurs. Les intrigues du Vatican n'expliquent pas les dons des sculpteurs et des peintres, la majesté de la colonnade du Bernin ni la beauté du plafond de la chapelle Sixtine exécuté par Michel-Ange. L'histoire de l'humanité conserve la trace des chefs-d’œuvre, elle rejette au rebut l'intrigue politique lui ayant parfois donné naissance. Et derrière la beauté de l’œuvre se profile le travail de l'artiste ou de l’artisan consacrant son énergie à la mise en oeuvre. Sans cette opération magique de la mise en oeuvre, pas de sculpture, pas de peinture, aucun chef-d’œuvre. Il existe des peuples sans art, sans transcendance, on les appelle barbares... Quelquefois, j'ai l'impression que le monde contemporain, qui refuse toute transcendance, qui ne s'intéresse qu'à l’accomplissement des besoins nécessaires à la survie, comme notre société de consommation mercantile, s'apparente de plus en plus au parcours de ces peuples barbares. Heureusement, dans nos démocraties diverses tendances cohabitent plus ou moins bien, mais elles cohabitent tout de même. L'Art Royal pour exister doit inclure une dimension transcendantale. Qu'elle soit qualifiée de religieuse, de mystique, de spirituelle ou plus simplement de fraternelle, l'Art Royal, tout comme l'art, recherche la beauté, déjà une forme de transcendance en elle-même, comporte une dimension transcendante. Par transcendance, il faut comprendre quelque chose de plus qu'une simple activité rationnelle, tournée vers une finalité pratique ou en vue de l'obtention d'un résultat concret, quantifiable, qu'il s'agisse d'argent, de reconnaissance publique ou de tout autre avantage précis. Ces éléments ne sont pas à rejeter, ils peuvent représenter une part importante des motivations de l'activité humaine, mais ne doivent pas être déterminants. L'orgueil, le goût du lucre ou la simple nécessité ne sont pas à condamner globalement, c'est lorsqu'ils prennent le dessus sur toute autre considération qu'ils peuvent devenir exécrables. La nécessité peut produire des chefs-d’œuvre, mais les chefs-d’œuvre puisent leur inspiration à une autre source que la nécessité. Il ne faut pas comprendre mon propos en vue d'une justification du religieux ou d'une idéalisation de la pratique de l’art, mais plutôt d'une démarche intérieure, ancrée dans 1'âme humaine, d'une capacité. A ce point de notre exposé, je peux dire que l'Art Royal nécessite au moins deux conditions : premièrement, la pratique d'un savoir-faire spécifique, adaptée à chaque forme particulière; secondement, la capacité d'une transcendance liée à cette pratique. Mais de quelle pratique et de quelle transcendance parlons-nous ? Tout le monde n’est pas artiste, l'Art Royal est-il réservé à une élite ? Non. Les explications présentées jusqu'ici illustraient une démarche, un cheminement appuyé sur des faits historiques. Pour aller plus avant, il faut actualiser le passé, c'est à dire accorder la prééminence de la démarche constructive, sur le résultat final. Autrement dit, les chefs-d’œuvre que nous ont légués ces générations de constructeurs, de francs-maçons opératifs, d'artistes, ont une valeur historique indéniable, mais leur secret réside, peut-être davantage dans leur élaboration, je précise dans l'instant présent de la mise en oeuvre de chaque pièce, plutôt que dans le résultat final connu de tous. L’œuvre nous prouve par sa présence qu'elle existe, mais elle prouve surtout la capacité contenue dans l'être humain de la réaliser. C'est sur cette capacité, ce déploiement de génie que va notre admiration et notre respect. Il faut donc pour apprécier l'art, reconnaître et apprécier l'effort de chaque artisan, artiste, maître constructeur. La capacité du faire pour faire, le bonheur de se sentir exister en tant qu'être humain, grâce à cette pratique, cette mise en oeuvre de toutes ces énergies contenues en chacun de nous. C'est au cœur de cette action que la transcendance intervient, sans calcul préalable de la part de l'homme. Elle s'approprie l'être dans l'instant de l'engagement, de la mise en oeuvre, de l'action. Mais ce discours a-t-il encore une raison d'être aujourd'hui, puisque l'artisanat est dépassé par l'industrie, elle-même dépassée par la robotique, l'électronique et autres processus de création contemporains ? Pour pouvoir répondre, il faut encore regarder en arrière, pas très loin cette fois-ci, et se demander pourquoi, ces capacités ont-elles disparues ? A quel moment cet artisanat de génie se perd-il ou à tout le moins se déplace-t-il vers d'autres secteurs ? Pour simplifier, on peut prétendre que ce moment commence avec l'abandon de l'architecture sacrée et de l’art sacré au profit de l'art tout court et de l'architecture profane. Lorsque le souverain prend possession du plus bel édifice, jadis consacré à ou aux dieux, pour en faire sa résidence, le temple consacré à sa gloire temporelle. La Renaissance marque à ce sujet le tournant historique du monde ancien et du monde moderne. La Franc-maçonnerie suit le mouvement mais ne le précède pas. Plutôt que de se mettre au service des monarques et des nobles, elle s'éloigne du monde actif, opératif, pour se retrancher dans un monde théorique, spéculatif. Les secrets de fabrication tombent en mains profanes et sont transmis par des modes devenus aujourd'hui conventionnels, c'est à dire par les écoles et les universités avec leurs professeurs, et les maîtres artisans pour les métiers de l'artisanat. En un sens, les universités et le professorat sont probablement la cause de la mort de la Franc-maçonnerie opérative. La laïcisation avant l'heure de l'art sacré marque la fin du secret de « fabrication » à l'origine des loges maçonniques du Haut Moyen-Age. La Franc-maçonnerie spéculative n'est-elle qu'un sursaut des anciens pour conserver quelques prébendes, supportant mal cette évolution? C'est une hypothèse, mais il en existe une autre, vers laquelle je pencherais plutôt. Lorsqu'ils ont vu leur savoir se répandre, comme une simple technologie, accessible à tous moyennant un apprentissage ou des études, les vrais maçons ont compris que le secret de leur démarche, leur foi, leur engagement intérieur dans le processus de l’action allait disparaître. Ils ont alors cherché à sauvegarder ce secret, et ont voulu sacraliser ce processus de création, à lui imprimer un contenu transmissible à travers un langage symbolique, le langage des outils, que les francs-maçons d'aujourd'hui rabâchent trop souvent sans prendre conscience de sa dimension cachée. Les anciens avaient compris que ce n'est pas en apprenant une technologie du dehors (comprenez par transmission théorique) que 1'on pouvait réaliser des chefs-d’œuvre, mais en y accédant de l'intérieur, par la mise en oeuvre, par la prise directe de l'expérience reliant l'homme à l'objet. Ce message, qu'ils ont tenté de sauvegarder et de transmettre avec un relatif succès, semble justifier, à mes yeux, l'essentiel de la démarche maçonnique spéculative, telle qu'elle existe depuis le XVIIIème siècle. Le secret de l'Art Royal me semble résider dans cette approche de l'intérieur, approche totalement négligée dans tous les enseignements contemporains. Aujourd'hui, malgré les dénégations de ses représentants officiels, la plupart des modes d'enseignement fonctionnent sur la théorisation des données, en fait sur le clonage pour utiliser un langage contemporain imagé, et les résultats de ces méthodes s'observent malheureusement partout. L'évacuation du moral, de l'être, de la dimension intérieure de l'homme, pour pouvoir mieux égaliser (au plus bas niveau) les humains, a déjà porté et continue de porter ses fruits amers. Heureusement d'autres disciplines semblent prendre la relève pour contrebalancer les effets pervers de cette éducation « objectivée » et purement théorique. Elles nécessitent cet engagement total de l'être, ce mariage sacré entre théorie et pratique, comme certains arts martiaux, lorsqu'ils sont bien compris, ou la pratique des arts comme la musique, et certains sports, dont on encense les élites. Cet engouement s'explique peut-être par le besoin d'accéder à un art supérieur, un Art Royal, c'est à dire un art dans la pratique duquel on ne triche pas. Peut-on dire que ces êtres pratiquent un Art Royal, alors qu'ils ne sont même pas Francs-maçons ? A vous de répondre si vous comprenez bien l'Art... L'Art Royal était à l'origine une pratique des alchimistes, dont le but vulgaire visait la transmutation du plomb en or. Derrière cette façade matérialiste, il y avait une symbolique. Tout d'abord, le symbole de l'or, du matériau inaltérable, incorruptible. Ensuite le symbole de la transmutation, de la transformation d'un état existant à un autre, fruit d'une mise en oeuvre dont j'ai déjà abondamment parlé précédemment. Enfin, le rôle de l'alchimiste, de  l'intervention humaine, rôle central, puisque ses dons, son engagement, son expérience, sa sagesse sont nécessaires au succès de l'opération. Tout le monde sait que l'alchimiste visait à une transformation intérieure, de son état vil, en un état nouveau, supérieur, voire immortel. Pour parvenir à cet état comparable à l'or, il faut devenir incorruptible, terme dévalorisé qui retrouve aujourd'hui un peu de son sens, après les innombrables scandales non seulement du monde financier,les moyens et les buts se confondent souvent, suivis des scandales politico financiers ou seulement politiques, des promesses aux trahisons des politiciens, et, plus récemment des scandales de la corruption sportive, du dopage des actifs, aux pots de vin versés aux organisateurs de joutes ! Soudainement, il semble que la nécessité d'une éthique fasse son chemin aux yeux de l'opinion publique. Pouvait-on concevoir qu'un alchimiste triche avec ses formules pour obtenir de l'or ? Peut-on admettre qu'un sportif se dope en vue de surpasser ses concurrents ? Quelle émulation si les conditions d'un concours sont truquées ? Personne n'admet la tricherie, et pourtant elle règne partout ! Des lors, peut-on s'étonner des conséquences ? Cette quête du spirituel dans l'homme, d'une essence incorruptible, voire immortelle n'a pas disparu, elle a été évincée par une intelligentsia sans convictions, athée le plus souvent, dont les idées nous ont été imposées par des courants littéraires et pseudo philosophiques. Il n’est pas de mon ressort de poser la question de l'existence de Dieu, mais simplement de rappeler que la dimension spirituelle existe dans l'être humain, qu'il soit sportif, religieux et même athée. Ce courant de pensée matérialiste qui nous étouffe a trouvé sa principale justification dans sa lutte conte l'Église et ses prélats. Or, s'il était venu le temps de se défaire de 1'emprise des religieux sur la société, l'alternative purement athée n’est pas la solution toute trouvée pour la voie de l'humanité. Dans ce combat historique contre l'oppression divine, I'homme a pris progressivement la place accordée primitivement aux Dieux, puis au Dieu unique. Depuis la Renaissance, nous observons ce phénomène de divination de I'homme en parallèle avec l'éloignement de la présence divine. Les artisans étaient anonymes lorsqu'ils construisaient des cathédrales. Ils gagnèrent un nom, une signature à la Renaissance. Aujourd'hui, les artistes produisent peu, mais sont très célèbres et poursuivis par les journalistes jusque dans leurs chambres à coucher... Aux dieux anciens invisibles ont succédé des dieux contemporains de chair, mais rarement d'esprit. L'Art Royal s'accommode mal de cette « évolution », il se meurt, il est mort peut-être. Pour la culture officielle, il a rejoint les pratiques douteuses de la divination aux côtés de l'astrologie et d'autres pratiques occultes, il a basculé dans le camp de l'irrationnel. Car I'homme moderne se veut un être rationnel, scientifique, un être pour lequel tout a un sens, à tout le moins une explication. Mais l'irrationnel n'a pas disparu, il se tient de I'autre côté, que l'on qualifie d'inconscient, mais auquel on fait appel lorsque le rationnel n'apporte plus de réponse. Comment l'Art Royal peut-il exister dans ce monde rationnel, depuis que les alchimistes sont devenus de simples chimistes ? La séparation du spirituel et du temporel a-t-elle marqué la fin de l'Art Royal, pris entre deux voies, comme l'astrologie et l'astronomie se sont scindées, l'une devenant divination et l'autre science ? « Ce schisme, probablement l'un des plus importants de l'histoire humaine, s'il a servi le progrès de la science, n'a pas servi le progrès de l'Homme. Heureux scientifiques, pour lesquels l'histoire de l'homme est pratiquement achevée. Après la mort de Dieu au siècle passé et la mort de l'Art dans la seconde moitié de notre siècle, la mort de I'homme est déjà programmée... » La quête du réel qui gouverne la démarche des scientifiques ne doit pas se confondre avec la seule étude du monde matériel. La psyché existe, les travaux des psychanalystes en ont révélé une partie et de nombreux effets dans la vie des individus. Plus abstrait encore, le monde des idées, seule réalité pour certains philosophes comme Platon, façonne le monde. Le Communisme est une idée, une abstraction, mais sa propagation a influencé le cours de l'histoire contemporaine, et provoqué quatre-vingt millions de morts en moins d'un siècle. Est-ce une réalité ou une illusion ? Si l'idée est une illusion, ses effets ont été bien concrets. Si I'Art Royal est une illusion pour beaucoup, sa pratique, peut avoir également des effets bien concrets sur les individus qui sauront en comprendre la teneur. Il n'est pas une profession, mais peut s'exercer dans toutes les professions, il n'est pas physique, mais il influence le monde physique, comme les idées influencent les comportements humains. Certes il nécessite des qualités morales, que chacun possède au fond de lui, s'il ne nie pas sa conscience. Sa mise en oeuvre s'observe dans la sincérité de ses engagements, dans L'accomplissement de ses devoirs et de ses tâches et surtout dans le respect de son prochain. Car le réel ce n'est pas seulement l'objet matériel, le plomb transformé en or, la pierre brute taillée, le réel c'est le regard sur l'autre et aussi le regard de l'autre sur soi. Cette alchimie n'est pas une pratique dans un creuset perdu au fond d'un manoir isolé, c'est une mise en oeuvre dans nos actions quotidiennes, dans nos rapports avec les autres, non seulement dans ce que nous attendons d'eux, mais dans ce que nous leur apportons. Pour terminer, je vais illustrer mon propos d'un exemple simple. Lorsqu'un artisan, réalise un objet, il s'applique, il donne le meilleur de lui-même, son engagement transcende ses connaissances de son art, pour réussir le plus bel objet, le meilleur, qui fonctionnera le mieux, durera le plus longtemps etc. Cet état d'esprit dans lequel il entreprend son ouvrage, si de tels artisans existent encore, voilà la définition de I'Art Royal. Cet artisan ne va pas réaliser cet objet pour lui-même, ne dit-on pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Il va le réaliser pour un autre, il recevra son dû en échange, mais sa véritable récompense sera dans ce travail accompli avec amour. Et le regard de l'autre, du client à qui est destiné l'objet voilà l'ultime rapport avec la réalité. Ce n'est pas l'objet qui est la seule réalité, c'est l'approbation de l'autre. Lorsque nous disons en face de tous ces objets mal foutus, inutiles, devenus le lot du quotidien dans notre société, qu'une publicité intensive nous pousse à acquérir, « de qui se moque-t-on ? Nous avons le regard du client, de l'homme qui se sent floué par un échange trompeur, par un marché de dupes. L'un produit pour le seul but de dérober le bien de l'autre, en lui livrant un faux objet, un objet inutile, vide, sans "valeur". Autrefois, notre artisan transmettait quelque chose de plus avec son objet façonné dans les "règles de I'Art". Le langage exprimait la vérité des choses... Le bel ouvrage engendre le respect, et confère la dignité à l’artisan. Le Compagnonnage n'a pas définitivement perdu cette coutume que la Franc-maçonnerie a transposée sur le seul plan moral, démarche justifiée peut-être, mais plus difficile à vérifier. Seule la fraternité peut exprimer ce rapport, si elle est bien comprise, comme doit être compris I'Art Royal... La pratique de I'Art Royal sollicite la présence de l'homme, de l'être humain dans sa totalité, être de chair certes, mais être spirituel, l'un et l'autre formant ensemble une présence. Cette pratique exige de l'être un engagement sincère, une quête sans tricherie en vue de son accomplissement.

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Vendredi 11 octobre 2013 5 11 /10 /Oct /2013 06:49

L'épée remonte à l'âge de bronze. L'époque à laquelle la métallurgie rendit son invention. Il est remarquable que l'épée ait acquit tout de suite une riche connotation symbolique. A l'âge de bronze, les épées étaient richement décorées (signification que cela n'était pas purement profane). Il y avait des traditions. Exemple: Une épée déposée sur un lit entre un homme et une femme était un symbole de chasteté (de pureté). L'Egyptien, à l'époque des Ramsès, représentait le pharaon dans une posture rituelle, une main levée pour saisir l'épée que lui tend un Dieu. L'épée longue était portée par des mercenaires, elle était également manipulée par des magiciens qui chassaient les démons. Une tradition chinoise : Quand une femme chinoise rêve qu'elle tire une épée, on dit qu'elle mettra un enfant au monde. Dans les rêves des femmes, celle qui possède une épée est un signe de chance. Dans les rêves des hommes, une épée qui tombe à l'eau, annonce la mort d'une femme. Au Japon, le Samouraï possédait 2 épées: l'épée longue « Katana » pour le combat, et l'épée courte « Wakizashi » pour le combat rapproché. En Inde, l'épée est le symbole de la guerre spirituelle du combat contre l'ignorance pour atteindre la connaissance et la lumière pure (c'est là le sens de l'épée de Ushnau). Tandis que l'épée d'Indra est la foudre qui illumine le monde !

Pour faire la différence entre l'épée traditionnelle et l'épée flamboyante, je ne pourrais simplement vous dire que cette dernière, à lame sinueuse, est réservée au Vénérable Maître qui, par cette force créatrice, arme et initie. L'épée, dans le monde profane, a traversé les siècles. Au 4ème siècle avant Jésus-Christ, un courtisan de Denys l'Ancien (Tyran de Syracuse) pour faire comprendre combien le bonheur des tyrans est fragile, fit suspendre, au cours d'un banquet, au dessus de la tête de Damoclès une lourde épée, attachée à un crin de cheval. Vous comprendrez là cette signification du danger permanent qui menace une apparente prospérité. L'épée fut toujours le symbole de la force et de l'attribut essentiel de la reconnaissance en passant de Jeanne d'Arc, aux seigneurs, aux croisés, aux chevaliers du temple, aux religieux, aux militaires de la chevalerie jusqu'à nos jours pour les escrimeurs, les élèves de polytechnique et aussi de l'épée l'apparat des membres de l'institut de France (Académie). Rappelons pour mémoire également des noms d'épées célèbres, Excalibur, Durandal, Joyeuse... dont les vertus sont magnifiées dans des récits mythiques ou historiques. Par conséquent, l'épée, à travers les siècles n'avait pour but, à ceux qui la portaient, de faire des principes, des lois et de montrer leurs forces.

En maçonnerie, si doué soit-il en symbolisme interprétatif, le franc-maçon n'entre dans les profondeurs de la « forêt » des symboles maçonniques qu'après de nombreuses années de travail intérieur, plus intuitif que déductif au demeurant. S'il n'est pas doué et s'il ne travaille guère, il ne comprendra rien ou presque, à ces symboles et se privera d'une culture offerte mais négligée. Or, cette négligence se remarquera peu dans la loge quand l'expert ou le maître de cérémonie se trompera de sautoir. Mais cela arrive ! Le sien ou celui des autres officiers, il prendra n'importe quelle épée ou tiendra mal la bonne épée, bref, quand il ignorera les significations ésotériques de ses attributs. L'expert possède par conséquent une épée spéciale. C'est un attribut manuel et pectoral. L'expert pourvu de son épée spéciale se sépare rarement de cette dernière lorsqu'il quitte son siège. Cette arme blanche, attribut essentiel du frère expert, doit-on en déduire que ce maçon, à la différence de ses frères, officiers ou non, n'a pas une vocation de constructeur pacifique ? En premier lieu, il n'est pas le seul officier à posséder une épée en loge, le Vénérable Maître et le couvreur en ont également une à leur disposition. En deuxième lieu, il faut savoir que l'attribution d'une épée à ces trois officiers est une pratique assez récente. A partir du règne de Louis XV, tous les frères portèrent l'épée du côté gauche dans un fourreau. Elle symbolisait alors l'égalité sociale des maçons de l'époque qu'ils soient nobles ou roturiers. Aujourd'hui, elle est portée collectivement, dans les loges au Rite Ecossais Rectifié, hors de son fourreau, elle est tenue en main par tous les frères travaillant à ce rite ; pointe basse en position de repos ou autrement sur ordre du Vénérable Maître. Aux autres rites, il ne reste du passé que deux choses : une rosette à l'extrémité du baudrier de maître, souvenir de l'entrée du fourreau et une épée à la disposition des frères des colonnes ne s'en servant plus que pour l'initiation. En troisième lieu, il va de soi que les fonctions de Vénérable Maître, d'expert et de couvreur ne sont pas les mêmes. Leurs formes ne l'étant pas non plus. C'est flagrant pour l'épée flamboyante (épée plate à double fil) comme pour l'épée pointue du frère expert et couvreur. Cette dernière observation va me permettre de développer une interprétation symbolique de l'épée du frère expert que nous ne sommes pas les seuls maçons à soutenir. Le genre d'épée de l'expert se déduit soit de la forme de l'arme, soit de l'office de ce dernier. Lame pointue et courte, large, plate et double fil coupant du moins en donne-t-elle l'impression de loin. Cet officier la tient de façon quasi constante même assis, et il ne s'en sépare que rarement, quand il est debout. Il s'agit d'une arme offensive qui tranche. C'est-à-dire un glaive de combat. A l'énoncé de cette affirmation, je ne doute pas de la surprise ressentie par mes soeurs et mes frères, c'est pourtant à partir d'un tel combat que je vais vous l'expliquer. A l'instar du fil du glaive, le combat en question est double :

- « liturgique », l'un a trait au respect du rite,

- « ésotérique », l'autre a trait au respect de la progression initiatique.

Toute atteinte à l'esprit des rituels comme toute entrave à l'amélioration morale doit être combattue. Le glaive du frère expert symbolise ces combats et le maître officier porte ce nom parce qu'il a personnellement l'expérience de tels combats (expérience seulement supposée dans la grande majorité des cas). Historiquement cette appellation proviendrait du 18ème siècle lorsque le couvreur et l'expert tuilaient et initiaient. Je crois plus volontiers qu'ils étaient déjà d'incorruptibles gardiens du rite et peut-être aussi des officiers qui veillaient à ce que l'instruction des apprentis et compagnons soit donnée par les Surveillants, et qu'ainsi, s'il y avait défaillance des apprentis et compagnons, elle soit rectifiée. (Méditez chères soeurs et frères des colonnes du nord et du midi). Le combat, dont le glaive est le signe matérialisé, se situe en premier lieu au centre de toutes les initiations, à la connaissance de soi, clé du savoir intérieur, de la compréhension des autres. Combat de la pierre brute s'efforçant de devenir pierre cubique. Il se situe, en second lieu, au centre des sociétés humaines, combat de l'éthique collective contre les violences collectives. Le combat de l'ange contre le démon, de la lumière contre les ténèbres. L'épée du frère expert est, par conséquent, un glaive de lumière qui chaque fois que l'officier se lève ou se déplace dans le temple, lame brillante dressée, capte les regards des initiés pour leur rappeler que la perfection morale de l'homme est une lutte incessante, chaque jour nouvelle, judicieuse à tout instant, contre son petit moi imparfait et aussi un affrontement quotidien avec les injustices et les inégalités avérées, les abus manifestes du pouvoir, les atteintes à la liberté d'opinion, une lutte et un affrontement jamais achevés.

Le glaive est-il globalement perçu ainsi ? L'assemblée des maçons lui porte-t-elle quelque attention visuelle, surtout quand il est mal tenu par le frère expert ? Rien n'est moins sûr. L'initié découvre le glaive, ne dépend alors que de lui et aussi à l'aide de ses frères, d'une manière intelligente de s'en servir pour reconstruire son caractère inné et acquis pour combattre ce qui empêche celui-ci de « tourner rond ». Lorsqu'il y aura plus de moteurs psychiques qui tourneront ainsi que de moteurs qui tourneront mal, la société humaine tournera un peu plus rond elle aussi. Le glaive du frère expert n'est ni une épée d'opérette ni un canif, cet instrument est un symbole parmi d'autres symboles. La soeur ou le frère ne pourra oublier qu'elle ou qu'il a été parmi plusieurs éléments symboliques initiés grâce à une autre épée de lumière, différents de celle de l'expert et qu'elle flamboie comme le soleil dont elle a la couleur et comme l'étoile dont elle a le rayonnement. Il ne saura oublier, comme le frère expert armé, comme lui défenseur de la loi morale inscrite dans les constitutions d'Anderson et pourfendeur des obstacles qui ralentissent en lui l'application de cette loi. Qu'il oublie de se munir de son glaive intérieur ou qu'il utilise mal celui du frère expert présent à chaque tenue lui montrera l'usage qu'il doit en faire dans la loge et dans la vie de tous les jours. A cela, rien d'étonnant dès lors que le frère expert ait longtemps été surnommé « frère terrible »

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Jeudi 10 octobre 2013 4 10 /10 /Oct /2013 07:28


INTRODUCTION

1. Les origines de l’épée
Au néolithique, apparaissent les premières armes, en silex, ce sont principalement des armes de chasse puis de guerre. 3000 ans avant notre ère l’âge de bronze ces armes sont alors fabriquées en bronze.
Vers 1800 avant J.C. les forgerons allongeront la lame et apparaît la première épée. Celle-ci sera l’œuvre des armuriers de la vallée du Rhin. Sa mode va alors s’étendre partout en Europe, car à l’indéniable élégance de sa lame élancée, son pommeau finement ciselé de croix et de chevrons, s’ajoute l’avantage, redoutable au combat, de maintenir l’adversaire à distance évitant le corps à corps.
Cette première épée n’évoluera pas tellement dans le temps avec la découverte du fer. Vers 600 avant J.C elle devint à la fois plus légère et plus solide, mais de nos jours elle est pratiquement toujours la même seul son usage et sa destination ont changé.
A l’origine l’épée est une arme et sert à combattre c‘est avant tout un symbole militaire.
C’est aussi un symbole royal et chevaleresque marquant le pouvoir et la noblesse du personnage.

2. L’Épée dans le monde profane, dans les religions : ses légendes.

Citons quelques légendes attachées à l’épée mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui que de décrire l’épée à travers les légendes.
Rappelons-nous l’épée de Siegfried, celle du Roi Arthur dans la légende des Chevaliers de la Table Ronde ainsi que de l’épée de Perceval. Souvenons-nous aussi des chansons de geste ainsi que de la légende de Roland et d’Olivier à Roncevaux.
Dans l’art combien de peintures et de sculptures ne représentent-elles pas de nobles guerriers le bras armé d’une épée tel saint Georges terrassant le dragon.

Dans cette tradition chrétienne, l’épée est une arme de noblesse appartenant aux chevaliers et aux héros. Leurs épées sont personnalisées et portent un nom : « Joyeuse » pour Charlemagne ; « Durandal » pour Roland ; « Nothung » pour Siegfried, et la fameuse «Excalibur » pour le roi Arthur.
Dans l’Ancien Testament on la retrouve : dans la Genèse «le Seigneur Dieu mit des chevaliers dans le jardin des délices qui faisaient étinceler leur épée de feu pour garder le chemin qui conduisait à l’arbre de vie. » L’épée des gardiens d’Éden.
Dans l’Évangile de Matthieu (X, 34) le Christ dit :
« Je ne suis pas venu pour apporter la paix mais l’épée. »

On a coutume dans le monde occidental de considérer l’islamisme comme une tradition essentiellement guerrière, et, par suite, lorsqu’il est question de sabre et d’épée, de prendre uniquement ce mot dans son sens le plus littéral sans même penser à se demander s’il n’y a pas là en réalité quelque chose d’autre. Mais nous essaierons de répondre à cette question plus loin.
La tradition hindoue elle-même, qui certes ne saurait passer pour spécialement guerrière, puisqu’on tend plutôt en général à lui accorder peu de place à l’action, dans le Bhagavadgîtâ on peut se rendre compte de cet aspect guerrier. L’épée elle-même peut-être regardée comme une arme à double tranchant, la dualité y étant marquée dans le sens même de l’axe, il faut y voir une allusion plus directe aux deux serpents s’enroulant autour du bâton ou du caducée.
Dans son remarquable livre « Symboles fondamentaux de la science sacrée » René Guénon écrit :
« Sous l’aspect guerrier l’épée, à moins d’être aveuglé par certains préjugés, il est facile de comprendre dans le domaine social que la guerre est dirigée contre ceux qui troublent l’ordre et qu’elle a pour but de les y ramener, constitue une fonction légitime, qui n’est au fond qu’un des aspects de la fonction de justice entendue dans son acception la plus étendue. Cependant ce n’est là que le côté le plus extérieur des choses, donc le moins essentiel : au point de vue traditionnel, ce qui donne à la guerre ainsi comprise toute sa valeur, c’est qu’elle symbolise la lutte que doit mener l’homme contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est à dire contre tous les éléments qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité. Dans les deux cas, qu’il s’agisse de l’ordre extérieur et social ou de l’ordre intérieur et spirituelle, la guerre doit toujours tendre également à établir l’équilibre et l’harmonie et « c’est pourquoi elle se rapporte proprement à la justice », et à unifier par là d’une certaine façon la multiplicité des éléments épars et en oppositions entre eux. Cela revient à dire que son aboutissement normal, et qui est en définitive son unique raison d’être : c’est la Paix. »

Mais revenons à l’Epée de justice.
Son symbolisme n’est pas toujours évident, entre l’Epée elle-même le fléau supportant les plateaux et la déesse justice quel est le plus fort de ces symbole ?
Chacun a sa force et son importance.

Pour commencer prenons la Déesse justice :
Elle est aveugle, cela empêche t’il qu’elle soit juste et égalitaire ?
Je ne le pense pas.
Il me semble que cela lui permet au contraire de ne pas se laisser influencer par les contingences extérieures (tout comme nous le faisons pour nos travaux, nous laissons nos métaux à la porte du Temple afin de pouvoir nous concentrer sur nous même).
Elle ne doit pas être influencé par ses préjugé, ni par aucun autres éléments susceptibles de perturber son jugement.
C’est pourquoi elle se doit d’être aveugle afin de bien pouvoir remplir son office.

Puis vient le Bras et les plateaux :
Que dire sur ce double outil ?
Le bras soutien et l’on place les charges et les décharges sur l’un et l’autre plateau.
Ils symbolisent le fait que pour pouvoir rendre la justice il faut être prêt à sacrifier une partie de ce que l’on est ou de ce que l’on possède afin de faire en sorte que le justiciable puisse être remis dans ses droits.
En effet, la justice sous entend que celui qui a été lésé soit remis dans son droit, et donc que cela coûte à quelqu’un, une personne, la société…
Le principe de justice ne peut exister sans principe de réciprocité, et sans soucis d’égalité.

Puis vient l’Epée :
Le premier symbole qui me vient à l’esprit, est l’Epée de SALOMON.
Bel exemple de justice, proposer de couper un enfant en deux afin de départager deux femmes qui se dispute la maternité d’un même enfant. Et celle qui en est réellement la Mère préfère voir son enfant vivre avec une inconnue plutôt que de le voir mourir.
Je lui associe également d’autre symbole. De part sa forme, elle est à lame droite qui me rappel le fil à plomb.

Revenons dans notre histoire pour citer la place prépondérante de l’épée au cours du Moyen Age au cours des tournois, des croisades.
Enfin arrive le 17ième Siècle avec ses duels et apparaît alors les premiers sabres équipant les régiments de cavalerie, dragons, hussards et cuirassiers.
Dès cette époque, l’épée, en dehors des duels ne sert plus que d’arme de parade. Elle symbolise l’état social ou la fonction de celui qui la porte. Elle représente avant tout la noblesse.
Rappelez vous du film de Sacha Guitry «si Versailles m’était compté », où l’on voit les gens du peuple assister au repas du roi ayant loué chapeau et épée, afin d’être vu par le roi.
Ainsi la coutume du port de l’épée se perpétue jusqu’à nos jours en étant portée par certains corps d’armée, de grandes écoles, des académiciens et j’en passe au cours d’événement exceptionnels.

3. L’Épée en Maçonnerie :

Cette arme ancienne doit être examinée sous deux aspects :
1. L’Épée flamboyante du V\M\
2. L’Epée de l’expert
3. L’Epée du couvreur
4. L’Épée traditionnelle en Maçonnerie symbolique.

L’Épée Flamboyante :

Cette épée est constituée d’une lame sinusoïdale qui représente le mouvement ondulatoire de la flamme intérieure qui doit exister dans le tréfonds du cœur de chaque Maçon.
C’est l’épée du Vénérable Maître en chaire, cette dernière a deux significations principales :

A. Celle de la création ;
B. Celle de la purification.

En maçonnerie, l’épée flamboyante sert principalement à la consécration de tout récipiendaire. Cette épée n’est pas une arme mais un instrument de transmission et c’est pourquoi, reprenant le rite de réception adopté par l’ancienne Chevalerie, le Vénérable Maître, lors de la consécration d’un récipiendaire, place l’épée flamboyante sur la tête, l’épaule gauche, l’épaule droite du candidat cette consécration étant réalisée sur les paroles rituelles (mots dit : je vous crée, constitue, et reçois FM) accompagnées de trois coups frappés par le maillet du Vénérable officiant à chaque invocation sur l’épée, le néophyte est ainsi consacré, et, est devenu franc-maçon.
A signaler que l’épée est tenue de la main gauche et le maillet en main droite symbole binaire féminin masculin … mais ne nous égarons pas.
Sa forme sinusoïdale à double tranchant peut être assimilé au caducée et sa forme ondulatoire rappelle le mouvement de la flamme ou du serpent symbole du savoir, de la pensée créatrice, de l’activité.
Le V.M. tel Hermès montre au récipiendaire le feu sacré de la véritable connaissance.

L’Épée traditionnelle à lame droite

Cette lame est tenue traditionnellement par chacun des membres de la loge non seulement lors de la consécration d’un nouveau Frère, mais à l’occasion de toute cérémonie officielle réception des dignitaires, manifestations maçonniques, etc.
Ces épées sont tenues de la main gauche par les membres de la loge, exception faite à l’Expert qui la tient de la main droite, afin de permettre aux frères l’accomplissement du signe d’ordre par la main droite. Et exception faite aussi lors d’une initiation lorsqu’on retire le bandeau au néophyte.

A titre anecdotique Philippe Égalité qui après avoir trahi le roi en votant sa condamnation à mort, par peur de la terreur, alors qu’il était Grand Maître du Grand Orient, trahit la Maçonnerie et fût bannit de cette dernière et son épée fût brisée. Voir en cela le livre de notre T.I.F J.J GABUT : « L’Église, les Religions, la Franc-Maçonnerie » ;

4. L’Épée dans notre rituel au REAA

Du point de vue historique, l’emploi de l’épée dans les loges maçonniques date du XVIIIème siècle. C’est à dire dès l’origine de la Maçonnerie spéculative cette mesure prise en vue d’appliquer dans les loges les principes d’égalité qui, alors, exprimaient ceux de la liberté.
Outre le tablier et les gants le Maître Maçon est décoré d’un cordon dit «écharpe » qui se porte de l’épaule droite au flanc gauche.
Cette écharpe pour le REAA est bleue bordée de rouge.
Chacun sait qu’au cours des années qui ont précédé la Révolution Française de 1789, un grand mouvement s’est éveillé en France, sous certains vocables dont les plus prestigieux ont été ceux de Liberté et d’Égalité. Plus tard en 1848 viendra le mot Fraternité.
Or, à cette époque, se trouvaient dans les loges Maçonniques des hommes de toutes origines, de toutes conditions sociales, lesquels se réunissaient sur un pied absolu d’égalité.
C’est ainsi que sous Louis XV, se réunissaient des aristocrates, et même des membres de la famille royale, des prélats, des bourgeois, des militaires, des artisans s’y côtoyaient, tous sans préséance ni distinction de rang.
Pour mieux marquer cette égalité, nos anciens ont eu recours à certains symboles que la Maçonnerie «moderne » a conservés, comme celui du port de l’épée, alors que dans la vie sociale seule la noblesse avait ce droit.
Poursuivant l’application de ces principes d’égalité et de fraternité si chers à la Maçonnerie, celle-ci a alors adopté pour les Maîtres Maçons le cordon bleu semblable au cordon de l’ordre le plus élevé de l’époque de la Monarchie française : « Le Cordon du Saint-Esprit ». D’où l’appellation toujours d’actualité des loges « Bleues. »
C’est la raison pour laquelle, depuis cette époque, les Maîtres Maçons portent dans leurs travaux et cérémonies ce cordon et cette épée autrefois apanage des nobles et aujourd’hui des Maîtres Maçons, nobles par le cœur et par l’esprit.
Quant à notre cordon bleu bordé de rouge j’émets l’hypothèse que c’est grâce à notre FF Bailly de la loge des 9 sœurs, président de la Constituante puis maire de Paris il aurait fait mettre sur les cordons les mêmes couleurs que la cocarde remise au roi lors de sa venue à Paris. A titre anecdotique ses derniers mots lorsqu’il est monté sur l’échafaud furent :
- Tu trembles ? Lui demanda son bourreau
- Mon ami c’est que j’ai froid.
Ces deux attributs l’épée et le cordon, héritier du baudrier ont vu donc leur apparition à la naissance même de la maçonnerie spéculative .En effet on voit mal nos anciens opératifs avec ces outils tracer les plans d’une cathédrale.

5. Le symbolisme de l’épée et du cordon :

Ces deux décors devinrent donc au XVIIIieme siècle la reconnaissance entre les FF de la liberté et de l’égalité. Les inégalités dues à la naissance étaient laissées à la porte du temple. Égalité certes, mais le port et de l’épée et du cordon implique aussi la notion de nivellement par le haut : ce n’était pas les nobles qui prêtaient leurs cordons ou leur épée, mais au contraire les FF de basse souche s’en emparaient, se hissant symboliquement au plus haut niveau. Il en est toujours de même dans nos loges bleues où par le travail et l’effort, et la réflexion tout FF peut s’élever.

6. Nos rencontres avec l’épée à travers notre rituel.

Lors de notre initiation au 1ier degré symbolique c’est la première fois que nous avons cette rencontre un peu paradoxale au 21ième siècle.
Une Épée mais qu’est ce que cela vient faire là se dit on.
Dés l’entrée du temple, dès qu’il a franchi la porte basse la postulant a, appuyé sur sa poitrine l’épée du FF Expert et le V.M. lui dit « monsieur cette épée que vous sentez sur votre poitrine est toujours levée pour punir le parjure. Elle est le symbole du remords qui déchirerait votre cœur si deveniez traître à la fraternité dans laquelle vous avez demandé d’être admis. »
La seconde fois l’épée est vue par le néophyte. C’est en effet au moment où le bandeau lui est retiré et où tous les FF sont debout et dirigent leurs épées en main droite vers le néophyte, le V.M. dit alors : « Néophyte, ces épées que vous voyez tournées vers vous vous annoncent que tous les FF voleront à votre secours au moment du danger ; mais elles vous annoncent aussi que, si vous trahissiez votre Serment, vous n’échapperiez pas à la vengeance de tous les FF répandus sur la terre et qui ont juré de punir le parjure. »
Enfin lors de l’adoubement du néophyte par le V.M. Qui crée, constitue et reçois le nouvel apprenti.

À chaque tenue l’épée fait partie de notre rituel et est tenue en main par le V.M. et le FF couvreur de la main gauche et par le FF Expert de la main droite.
Notre F\ Expert la tien en main droite car il est le seul a pouvoir se servir de son Epée.
Rituellement le F\ Couvreur doit se tenir à l’ordre avec son Epée en main Gauche.

Pour conclure
Elle symbolise les significations de création, d’initiation, de recréation, celle de la purification ou d’expiation. Elle peut être l’esprit et la matière, la vie ou la mort, le bien le mal, l’éclair et la foudre, la force et la sagesse, la création et la destruction, la protection et la punition. Elle protège et met en garde .

Vénérable Maître j’ai dit.
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Mardi 8 octobre 2013 2 08 /10 /Oct /2013 06:59

« Février de cette année là » chantait Maxime Le Forestier… Fin février 6009, le 27 exactement, planchait le F\ P\V\. Le voilà se replongeant dans son rituel du premier degré pour, de l’Epée Flamboyante, tenter de cerner ses secrets…»

1°) Que nous dit le Rituel du R\E\A\A\ à ce sujet ?

Dans le chapitre relatif à la Décoration de la L\, il est précisé, qu’à l’O\, sont disposés sur le plateau du V\M\ : la Patente constitutive de la L\, l’Epée Flamboyante, un maillet et un candélabre d’une étoile.
A l’ouverture des travaux, sur demande du V\M\, le Couvreur, armé de son glaive, protège la L\extérieurement.
Après l’annonce « Il est midi plein », l’Expert suit le M\D\C\, tenant son glaive de la main droite pour l’allumage de l’étoile se trouvant sur le plateau du V\M\
Une fois allumées les lumières des 3 colonnettes, tous les F\ étant à l’ordre, lorsque l’Expert et le M\D\C\ croisent l’épée et la canne au-dessus de l’Autel lors de l’Invocation, le V\M\, tenant son maillet de la main droite sur son cœur, élève l’Epée Flamboyante vers le ciel à la verticale et dit : « A\L\G\A\D\U\, je déclare ouverte… ».
Puis il redescend lentement et verticalement l’Epée Flamboyante jusqu’à frapper son plateau du pommeau de l’Epée avant de l’y déposer
Lors de la fermeture des travaux, se déroule un cérémonial identique
Lors de la tenue, l’Expert, précédé par le M\D\C\, après s’être rendu entre les colonnes, pose son glaive en s’agenouillant pour tracer et effacer le tableau de L\
Lors de la réception d’un A\ le Couvreur stoppe net l’entrée du profane du plat de son glaive en disant : « Quel est cet audacieux qui ose venir troubler nos travaux ? » et le M\D\C\ intervient aussitôt par cette parole : « Mon F\, retenez votre glaive, je vous en conjure ! »
Au moment de l’annonce de l’entrée du profane dans le Temple, le V\M\ s’exclame : « Mes F\ ! Armez-vous de vos glaives… Le V\M\ précise alors que « ce fer toujours levé pour punir le parjure… »
Une fois la confiance en Dieu déclarée par le profane, le Couvreur cesse de tenir la pointe de son glaive sur le sein du profane.
Lors du second voyage, celui de l’Eau, le profane sera soumis au son du cliquetis de glaives frappés l’un contre, symbole du combat.
Au moment du deuxième serment, le Serment Solennel, l’Expert et le M\D\C\ croisent épée et canne au dessus du récipiendaire et le V\M\ s’exclame : « Mes F\, debout et à l’ordre, glaive en main ! ». Durant cette Obligation Solennelle tous les F\ présents resteront debout, glaive en main gauche.
Le bandeau momentanément enlevé, le néophyte va découvrir face à lui une unité d’hommes à la verticale pointant la pointe de leur épée tenue de la main gauche ; l’Expert, isolé devant l’Autel des Serments, dirige son épée, tenue de la main droite, vers le parjure.
Le V\M\ déclare alors « Néophyte, ces épées ne menacent point votre personne…mais si vous trahissiez votre serment vous ne trouveriez…que des vengeurs… »
Au moment de la chaîne d’union, le V\M\ confie : « Plus d’épées menaçantes tournées contre vous… ».
Lors du 3ème serment tous les F\ sont à l’ordre, épée en main. Le V\M\ tient l’Epée Flamboyante de la main gauche, la lame très légèrement au-dessus de la tête néophyte, prêt à frapper sur la lame les 3 coups de maillet accompagnant la consécration par laquelle il « CREE, CONSTITUE et RECOIT » le nouveau F\
Cette lecture pose de nombreuses interrogations : il est fait mention de l’Epée flamboyante du V\M\, de la canne du M\D\C\ et des glaives ou épées de l’Expert, du Couvreur et des F\
Les fers à l’usage du V\M\, de l’Expert, du Couvreur et enfin des F\ de la L\ ont – ils, la même origine, la même fonction, la même signification ? Pourquoi l’épée est-elle tenue main gauche, main droite ? Quel lien avec la canne du M\D\C\ ?

2°) Essai de réponse à ces questionnements

Irène MAINGY précise que les premières épées étaient courtes et épaisses avec une lame en forme de glaïeul, d’où le nom de glaive.
Le glaive serait l’attribut du soldat (arme guerrière destructrice) mais aussi celui du législatif, de la Justice (symbole de la puissance positive)
L’épée serait réservée au chevalier avec le rite principal de l’adoubement.
Epée ou glaive quelque soit le terme utilisé, il convient de faire certaines constatations et de les analyser.
En L\ toutes les épées sont tenues de la main gauche (côté passif) sauf celle du Couvreur qui a en charge de veiller à la porte du Temple et d’écarter tout profane de même que le glaive de l’Expert pour la protection du Rituel (côté actif).  Le glaive tenu par les F\ de la L\ est une arme qui va intervenir lors du 2ème voyage de l’A\ lors de la cérémonie de réception : le cliquetis des fers symbolise le combat des hommes pour vaincre et triompher de ses passions et de celles de ses F\ De même ce glaive va être dirigé vers le Récipiendaire lorsqu’il reçoit la Lumière. Il s’agit alors d’un double signe : d’une part la transmission de l’énergie bénéfique de tous les membres de la L\ au futur initié et, d’autre part un avertissement du châtiment en cas de parjure.
L’épée du couvreur est un instrument qui interdit l’accès au Temple aux non initiés et de ce rôle de gardien d’un lieu sacré elle tire sa fonction de protection du Temple intérieurement et extérieurement.
L’épée de l’Expert est le symbole du respect des valeurs : il est le gardien du Rituel et de sa mise en œuvre. Elle est l’arme morale et spirituelle du Maçon lui rappelant ses devoirs et ses obligations.
L’Epée Flamboyante (E\F\) domine les autres puisque placée à L’Orient, sur le plateau du V\M\
Il convient d’en proposer une définition, de rechercher son origine, d’observer son emplacement, sa matière, de définir ses principales caractéristiques (arme de Lumière, Epée de l’Esprit, outil de création et de purification, instrument par excellence de transmission) avant de noter la dualité de son double tranchant puis d’aborder ses fonctions de gardienne des Mystères de l’Orient et de diffusion de l’énergie principielle et enfin d’approfondir le symbolisme maçonnique qui lui est attaché.
· Définition
Du grec « SPATHA », arme faite d’une lame d’acier pointue à deux tranchants, fixée à une poignée munie d’une garde, cette épée à lame sinusoïdale représente le symbole du pouvoir initiatique du V\M\, d’où son utilisation lors des initiations, passages ou élévations.
· Origine
La présence de l’épée se remarque dans toutes les traditions depuis la nuit des temps : voir Adam et Eve chassés du Paradis sous la menace d’une épée crachant des flammes, symbolisant tout à la fois vengeance et protection.
Au REAA., à l’ouverture des travaux, le V\M\, E\F\ en main, annonce que l’on quitte le monde profane pour entrer dans le monde sacré. L’E\F\serait une représentation de l’épée de feu des gardiens angéliques du paradis des délices dont sont pourvus les Chérubins de la Bible pour barrer l’accès vers l’O\ où se trouve l’arbre de Vie (Genèse) ?
L’E\F\ prend sa source dans la tradition Judéo-chrétiennes et s’appuie sur les textes de la Bible, elle n’a pas d’origine mythique
L’E\F\ peut être rapprochée du compas car sa pointe perce au plus profond de l’inconscience pour illuminer l’initié.
· Emplacement et matière
L’E\F\ ne relève pas de l’architecture du Temple, elle ne contribue pas à sa construction, elle symbolise la puissance royale du V\M\ Elle ne figure pas sur le tableau de L\, elle appartient à l’Orient qui est dans le Temple et donc, contrairement au maillet, elle n’a pas sa place à la table du banquet en salle humide.
Pour sa création l’épée bénéficie du feu où l’acier est forgé, de l’eau où elle est trempée, après avoir été martelée, résultante des symbolismes du Feu, du Marteau et de l’Eau, elle est l’emblème réservé aux initiés.
· Arme de Lumière
L’E\F\ est en rapport avec la foudre, l’éclair. Cette arme de feu, symbolise le combat pour la conquête de la Connaissance en tranchant l’obscurité de l’ignorance.
Elle est aussi la représentation du Soleil par le rayon brillant de sa lame ondulée, scintillante, on peut alors parler de glaive enflammé.
Cette Lumière est une mise en relation avec les Grands Mystères : elle tue dans l’impétrant la partie non initiable pour que naisse en lui une nouvelle vie par la pensée rituelle via l’accès à la vision et à l’entendement au-delà des apparences.
· Epée de la Bouche
L’E\F\ est aussi symbole de Puissance avec son double aspect : destruction de l’ignorance et création de la pureté. Marius LEPAGE souligne les fonctions de création et de purification. Pour WIRTH elle symboliserait le Verbe et donc la Parole. Epée de l’Esprit, arme spirituelle du Verbe, fragment de la croix de Lumière, posée sur la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean, elle symbolise la présence du Verbe dans la L\et doit nous aider à retrouver l’unité perdue.
· Fonction purificatrice
Lors de la réception du récipiendaire l’E\F\ représente une purification par le feu-eau des vieux maîtres, feu de roue où le sel des sages se retrouve dans l’eau bénite.
Symbole guerrier, elle est aussi celui de la guerre sainte intérieure. Selon RAGON, elle serait une arme symbolique signifiant que l’insubordination, le vice et le crime doivent être chassés de nos Temples.
· Instrument royal de transmission
En Franc-maçonnerie, l’E\F\ est avant tout un instrument de transmission servant à la consécration du Récipiendaire, acte créateur, qui procède de la volonté du V\M\, par lequel un être nouveau doit naître de cette imprégnation sonore via les 3 coups frappés sur la lame (3, le nombre de l’A\).
Le V\M\ en dispose pour transmettre l’énergie créatrice de l’O\ Eternel, pour créer l’espace sacré où vivre l’Initiation et préserver cet espace.
L’œuvre initiatique s’accomplit par l’acte juste au moment juste et l’E\F\ héritée de la fonction royale en est l’instrument. Elle tranche nos imperfections pour atteindre un axe de Lumière, de rectitude.
Lors de l’initiation elle est un trait d’union entre l’O\ et nouveau F\ dans un espace et un temps sacralisés. Ce pont de l’épée est ouvert à un être royal en puissance : notre nouveau F\ n’est-il pas sur la route de la maîtrise ?
L’initié n’est un être humain qu’en apparence : il incarne une dimension d’éternité. Il est à la fois un individu support du Rituel mais aussi un F\ archétypal qui prendra peu à peu conscience de cette transformation au fur et à mesure des étapes du parcours des grades.
· Dualité et juste milieu
Arme tranchante, faite d’un fer céleste pour une lame effilée, l’E\F\ permet d’approcher le sens aiguisé de la faculté de compréhension, de jugement, de pensée. Mais elle est aussi à double tranchant, sa lame ondulée tourne, change car elle réfléchit la lumière solaire.
Son axe médian résout la dualité des deux tranchants : il est le milieu juste de la voie initiatique. Ce double tranchant ne donne pas la mort, mais transmet la vraie vie : il élimine ce qu’il y a de mortel dans l’être, il donne la mort à la mort car c’est de la mort du mortel que naît la naissance de la permanence.
Flamboyante d’une Lumière qui transforme la mort en vie, l’E\F\ sépare les imperfections des qualités spirituelles et élimine l’inutile, le superficiel. Elle nous arme pour un combat contre nous même car si le divin nous est caché… nous en somme la seule cause.
L’E\F\ est donc par excellence l’instrument de la justesse divine (axe de vie) qui devient justice humaine car l’ordre humain se doit d’être en résonnance avec l’ordre divin.
· Transmission de l’énergie principielle
Lorsque le V\M\ pose l’E\F\ sur la tête du novice en prononçant la parole rituelle la lumière alors dispensée est une double énergie : feu créateur et protecteur qui installe le nouveau F\ dans le cosmos de la L\
Au moment où l’on est « créé, reçu, constitué » on ne sait plus très bien qui l’on est, où l’on est et c’est au travers du symbolisme de l’ E\F\ que l’on prend conscience du changement qui s’opère en nous ; c’est par elle que l’on a une vision fulgurante de notre propre transformation qui sera l’objet d’un long travail de progression.
En fait, le divin rayonne partout sans cesse… mais nous sommes isolés de ce rayonnement par notre égo. Parfois, en certains instants, l’écran de l’égo s’efface et l’être se trouve illuminé par une parole, un symbole. Il se produit alors une prise de conscience qui imprègne l’être de façon irréversible. Au moment du sacrement l’inconnaissable peut devenir connaissable, instant furtif que l’on peut nommer Illumination.
Cette voie est intransmissible et ne s’enseigne pas : elle se vit et se vit d’autant plus pleinement que l’on y est préparé.
· Gardienne de l’Orient
L’E\F\ est gardienne de la Lumière de l’Orient, de l’Origine de la Création, celle du premier matin symboliquement représentée par le Delta Lumineux.
Gardienne de l’Orient où siège le V\M\, là où se trouve une porte symbolique, invisible ouvrant sur l’Orient Eternel. Dès lors elle a pour fonction de protéger la sacralité de l’O\ contre l’indignité des êtres. Outil de feu, elle va susciter l’aveuglement des ennemis de la Lumière, combattre les forces des ténèbres et ainsi préserver les mystères.
Il appartient au V\M\, par l’E\F\, de maîtriser les forces en action pour que l’ordre cosmique se réalise sur terre comme au ciel.
· E\ F\ et symbolisme maçonnique
Bien que souvent inerte dans le Temple, l’E\F\ est omniprésente puisqu’animée de la puissance de création maîtrisée par le V\M\
Elle nous fait naître un jour et peut nous donner l’énergie de renaître F\ en chaque instant.
Elle transmet le Verbe et donc l’énergie du Verbe Créateur. La canne du M\D\C\ va permettre à cette Lumière divine de voyager sans subir de déviance et l’épée de l’Expert éloignera le superflu pour que seule l’essence pure de cette énergie soit dispensée.
Sur l’autel du V\M\ se trouve le chandelier à trois branches représentant le Ternaire Divin. Devant le V\M\, dirigée vers l’occident, la Bible ouverte au Prologue de Saint Jean où il est écrit : « …et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie »
En Franc Maçonnerie souvent les symboles s’associent, se complètent, se réfléchissent tels des miroirs pour renvoyer leurs vraies images. Ainsi Equerre et Compas s’entrelacent et leur position varie au fur et à mesure que l’on monte en grade. Au premier degré l’équerre est sur le compas ce qui signifie que l’esprit est encore dominé par la chair et l’E\F\ a toute une symbolique associée à la cérémonie de transmission : le pommeau dans la main du V\M en provenance de l’O\ est la représentation du Père ; la lame est en direction de la Bible et l’on retrouve la Parole et sa pointe dirigée sur le couple Equerre-Compas : l’œuvre.
Ce processus amène à l’Unité.
Le fil de l’E\F\ réunit la lumière du Bien et les ténèbres du Mal pour atteindre l’unité faite de deux aspects complémentaires.
· Question existentielle
« D’où venons-nous ? De la lumière. Où allons-nous ? Vers la lumière »
En guise de conclusion je reprendrai un écrit de notre F\ Orateur intitulé « Tel un cierge en la ténèbre » publié en 2005 dans les travaux de la loge nationale de recherche V.D.H.
« Le V\M\ est ce Baptiste provisoire qui éclaire le chemin de celui qui doit venir : il est un porteur, un gestionnaire et un transmetteur de lumière. De par sa fonction il réanime à chaque tenue la quête millénaire à la recherche de l’intelligence divine.
Le rituel maçonnique transforme en lumière les atomes constitués par les F\ présents : lumineuse communion mise en œuvre par le V\M\, fragile magicien dépassé par la dimension dans laquelle la cérémonie s’inscrit. »

J’ai dit, V\M\

BIBLIOGRAPHIE
* « La symbolique maçonnique » de Jules BOUCHER
* « La symbolique maçonnique du 3ème millénaire » d’Irène MAINGUY
* « Dictionnaire des symboles » par Jean CHEVALIER et Alain GHEERBRANT
* « La Formation Maçonnique » de Christian GUIGUE
* « Villard de Honnecourt » n° 59
* « Planches au 1er degré » sélectionnées sur internet site L’EDIFICE
* « L’Epée Flamboyante », ouvrage de référence d’Olivier DOIGNON (édition Maison de Vie).

Source : www.ledifice.net

Par P\ V\ - Publié dans : Planches
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Lundi 7 octobre 2013 1 07 /10 /Oct /2013 07:16

J’ai désiré en effectuant ce travail, mettre en évidence l’importance de l’épée dans la main d’un maçon. Mais comment une arme de guerre a-t-elle pris une si haute valeur symbolique ? C’est que je vais essayer de faire ressortir ce soir, à travers un peu d’histoire dans un premier temps. Parcourant cette Terre hostile où chaque instant pouvait être fatal, les premiers hommes comprirent tout de suite l’importance d’objets nécessaires à leur sécurité. Ce fut tout d’abord ce que l’homme pu trouver dans la nature et les premières armes de défenses furent certainement des pierres ou des pièces de bois. Contraint de défendre sa vie devant toute sorte de dangers et principalement les animaux sauvages, l’homme usa d’ingéniosité pour créer toute sorte d’objet de frappe ou de jet. Avec la découverte du feu il pu rendre plus dures les pointes en bois et commença à façonner les minerais tel que le cuivre ou l’argent à l’état natif. C’est à ce moment que nous voyons apparaître des lances en bois comprenant des pointes métalliques ainsi que des haches essentiellement utilisées pour la défense ou la chasse. Les migrations de certains peuples et les conquêtes de territoire eurent pour conséquence d’armer les populations. C’est l’époque des grands déplacements ethniques et les confrontations entre tribus se font avec certaines armes individuelles ressemblant vaguement à des glaives. L’âge du fer avec la pratique d’un début de métallurgie donnera à certains envahisseurs une suprématie due à la dureté de ce métal. C’est ainsi que les DORIENS en autres conquérants s’assurèrent des victoires relativement faciles du fait de la fragilité du cuivre par rapport aux glaives en fer qu’ils utilisaient. Par la suite la pratique de la forge et la connaissance des alliages donneront des armes de grandes qualités. Avant d’aborder les armes composant les divers corps d’armées et notamment ceux du début du moyen age, il me parait important de retracer quelques passages de la Bible faisant mention de glaives ou d’épées. Notons que le glaive est considéré comme un objet tranchant ainsi qu’il représenté dans les mains de la justice alors que l’épée revêt un caractère spirituel. « C’est ainsi qu’il chasse ADAM, et il mit à l’Orient du jardin d’Eden les deux chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie ». (GENESE 3 : 24). Les chérubins symbolisent les deux attributs de DIEU, la bonté et la puissance. L’épée se rapporte à la raison qui réunit ces deux attributs, selon PHILON et l’épée de feux désigne le logos et le soleil (des chérubins 21 - 27). Avant d’appartenir à l’homme l’épée est donc l’instrument des Chérubins ou des Anges. « Alors l’ETERNEL parle à l’Ange qui remit son épée dans le fourreau ». (1 CHRONIQUES 21 : 27). L’épée est aussi le moyen dont se sert DIEU pour rendre la justice. Si les hommes ne suivent pas les commandements de DIEU, ils sont menacés de l’Epée. « Ma colère s’enflamme, et je vous détruirai par l’épée, vos femmes deviendront veuves et vos enfants orphelins » (EXODE 22 : 24). « Je ferai venir contre vous l’épée, qui vengera mon alliance quand vous vous rassemblerez dans vos villes, j’enverrai la peste au milieu de vous et vous serez livrés aux mains de l’ennemi » (LEVITIQUE 26 : 25). Sa signification profonde actuelle et éternelle, c’est le Nouveau Testament qui nous la donne : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». (MATHIEU 10 : 34). « Prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’esprit qui est la parole de DIEU » (EPHESIENS 6 : 17). « Repens-toi donc, sinon je viendrai à toi bientôt et je les combattrai avec l’épée de ma bouche » (APOCALYPSE 2 : 17). « Puis je vis le ciel ouvert et voici que parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable et il juge et combat avec justice. Son nom est la parole de DIEU. De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frappait les nations, etc. » (APOCALYPSE 19 : 11).
Toujours dans le même sillage, Paul de TARSE parlera du Glaive de l’esprit, lui-même représenté comme un vieillard de petite taille, chauve, avec une barbe blanche, une épée dans une main et dans l’autre un livre.
A la lumière de ces textes, nous pouvons affirmer que l’épée est la parole divine, c’est le Verbe et elle est le don le plus grand puisque avoir l’épée c’est avoir la Parole de Vie qui est l’instrument de justice. Souvenez-vous de ce fameux jugement du Roi SALOMON menaçant de partager un enfant avec son épée. (ROIS 3 : 24). Je limiterai volontairement ces descriptions à la Bible qui m’est plus familière mais sachez qu’il est souvent question d’épée dans le CORAN qui mentionne en outre le nom de « Dhu al Fagar » qui est l’épée d’Ali gendre de Mahomet. Le Khîtab musulman tient en main une épée de bois pendant la prédication. Le droit de posséder une épée était réservé chez les Celtes aux hommes libres. La possession de l’épée indique aussi le pouvoir. Ce n’est pas par hasard que Napoléon Bonaparte, après sa victoire, est allé s’emparer de l’épée sur le tombeau de Frédéric de Prusse. Chez les Scythes l’axe du monde et l’activité céleste étaient représentés par une épée plantée au sommet d’une montagne. Dans la tradition Asiatique, l’épée est en rapport avec l’eau et avec le Dragon. La trempe est d’ailleurs le mariage de l’eau et du feu. L’épée sacrée japonaise dérive de l’éclair. Elle fut extraite de la queue du Dragon. Celle du Sadet de Feu du tribut Jaraï fut trouvée dans le lit du Mékong. D’ailleurs cette épée ne peut être tirée du fourreau par un profane sous peine des pires dangers. Le plus courant étant l’aveuglement. Elle est encore symbole axial et polaire, s’identifiant à l’axe de la balance. En Chine, l’épée est l’arme du Centre représentant le pouvoir impérial. L’épée du sacrificateur Védique, c’est la foudre d’INDRA elle est donc également le feu, ce qui l’identifie au Vajra. Le Bodhisattva porte l’épée flamboyante dans le monde des Assura : c’est le symbole du combat pour la conquête de la connaissance et la libération des désirs ; l’épée tranche l’obscurité de l’ignorance ou le nœud des enchevêtrements. De même l’épée de Vishnu, qui est une épée flamboyante est le symbole de la pure connaissance et de la destruction de l’ignorance. L’art de travailler le fer est parfois considéré comme un secret royal ou sacerdotal ; la forge des épées est elle-même une œuvre d’initié : sa réussite par le trempage et l’alliage est encore une fois une union de l’eau et du feu, du yin et du yang. Ainsi si l’épée est l’éclair et le feu, dans notre tradition nous savons que l’Epée est la Parole et nous pouvons relever deux choses encore : l’une est qu’au Moyen Age, lors de la construction des cathédrales les imagiers ont donné comme attribut à saint Paul l’épée suivant ce verset : « ils appelaient Barnabas, Jupiter et Paul, Mercure par ce que c’était lui qui portait la parole » (ACTES 14 : 12). L’autre se trouve dans le dictionnaire, le seul porteur de ce nom est l’Abbé Charles Michel de l’épée fondateur de l’institut des sourds-muets auxquels il enseigna le langage des signes. Il est vrai que la parole et l’éloquence sont parfois désignées par l’épée. Maintenant que nous avons établi les valeurs spirituelles que l’on attribut à l’épée, nous pouvons revenir au Moyen Age et plus particulièrement à la Chevalerie. Les combats sans merci ont peu à peu fait place à des règles de bonne conduite. On pratique l’honneur et la courtoisie. Il n’est plus question de frapper un adversaire dans le dos ou désarmé. Symbole guerrier, l’épée va devenir celui de la guerre sainte. Elle sera dans les mains des Chevaliers une arme noble contrairement au poignard des brigands. Elle est le symbole de l’état militaire et de sa vertu, la bravoure, ainsi que de sa fonction, la puissance. Les buts assignés à la chevalerie en témoignent ; le chevalier prêtait serment de secourir la veuve et l’orphelin, de défendre en tout lieu la justice et de la servir, de protéger l’Eglise et les Lieux Saints. Dans ce sens l’épée sert donc à livrer un combat contre celui qui s’attaque à la Parole. Homme fort, il avait encore à pratiquer, envers les faibles et les pauvres, cette charité morale et matérielle qu’enseigne l’église. C’est ainsi que la physionomie des combats va évoluer, les chevaliers respecteront le plus souvent les règles d’honneur et de courtoisie. Mais, il faut le dire, il s’agissait avant tout d’hommes de guerre et de rudes combattants. Certains d’entre, ont compris le message du Christianisme ; l’amour jusqu’au sacrifice de leur vie. D’ailleurs l’épée, elle même est le signe du sacrifice, elle est destructrice du Mal, de l’injustice et de l’ignorance. Mais constructrice lorsqu’elle maintient la paix de DIEU et rétablit la justice. Elle sépare le bon du mauvais, établissant un équilibre. Durant les Croisades les Templiers s’employèrent à combattre loyalement et St. BERNARD élabora un texte qui réglera toutes leurs actions. Il s’adresse à eux dans ces termes à propos de l’épée : « l’épée est tout pour vous et ce donc plus que la croix. Elle est forte image brûlante du Verbe qui s’est incarné parmi nous pour nous sauver. N’oubliez que vous portez sur votre flanc la Lumière de notre Seigneur qui devra être prestement tirée du fourreau de l’obscurité, autant de fois qu’il vous semblera juste, non pour des raisons du monde ou la colère, mais pour détruire la nuit de la mécréance, de la malignité des infidèles et que triomphe la Vérité apportée par le Christ. Répandre le sang de l’impie est faire œuvre justement de Dieu et vouer son âme au feu éternel. Chérissez votre épée comme une compagne fidèle et obéissante, et n’hésitez à vous lancer dans le trépas avec elle car elle vous permettra d’accéder à la vie éternelle ». De la forge d’où est issu le lingot de métal en fusion qui donnera la lame jusqu’à la remise au futur chevalier, l’épée reçoit, inflige et transmet la matière ignée. Lors de l’adoubement ou de la simple remise de l’épée à la suite d’un rite de passage, l’initiateur ne transmet pas seulement à l’initié, futur membre de la confrérie, une série de connaissances et ne l’ordonne pas uniquement dans son futur état, mais lui donne le feu sacré et divin qu’il devra manier avec justesse et sagesse. Le chevalier officiant faisait passer sa qualité dans l’âme et le corps de celui qu’il adoubait. Cette image d’estime et de respect de la valeur du parrain est illustrée dans la cérémonie d’adoubement du roi François 1er sur le champ de bataille de Marignan par un officiant exemplaire : Pierre du Terrail, chevalier et seigneur de Bayard. « Bayard, mon ami, avait dit le roi, je veux aujourd’hui soyer fait chevalier par vos mains, parce que celui qui a combattu à pied et à cheval, entre tous les autres, est tenu et réputé le plus digne chevalier ». Le futur chevalier jurait publiquement fidélité. Il prenait cet engagement en posant ses mains sur les évangiles et en reprenant longuement les stipulations de cette promesse qui se résume, au bout du compte dans une phrase que l’on trouve dans le Pontifical de l’évêque Guillaume Durand « soit un chevalier pacifique, vaillant, loyal et dévoué à Dieu. Envers lui-même, le chevalier n’avait qu’une obligation, mais des plus exigeantes : être en toutes circonstances, fidèle envers lui-même, envers les engagements qu’ils avaient consentis librement, envers tout ce qui fait l’honneur d’un homme ». Venait ensuite la bénédiction de l’épée et l’exposition de celle-ci sur un autel. L’écuyer récitait quelques prières du ton de celle très belle que l’on trouve encore dans le cérémonial de Guillaume Durand : « Seigneur très Saint, Père tout puissant, toi qui a permis sur terre l’emploi du glaive pour réprimer la malice des méchants et défendre la justice, qui pour la protection du peuple, a voulu constituer l’ordre de chevalerie, fais en disposant son cœur au bien, que ton serviteur que voici n’use jamais de cette épée pour léser injustement personne, mais qu’il s’en serve toujours pour défendre la justice et la droit ».
Le sens de cette bénédiction et de cette exposition est évident : le chevalier n’a le droit d’user de son arme que pour faire œuvre de chrétien.
La remise de l’épée composait l’essentiel du rituel des plus anciennes entrées en chevalerie. Nous devons aussi constater, la perte de cette qualité chevaleresque qui était prévue par le code non écrit de la chevalerie. Cette déchéance était le lot du chevalier qui avait renoncé à ses engagements. L’homme qui avait manqué aux lois de cette fraternité, se voyait le plus simplement retirer son épée, ce qui l’excluait automatiquement. Par contre, un chevalier considéré par ses pairs comme une traite, un félon, gardait toute sa qualité chez l’adversaire. Le légendaire Ganelon, s’il avait su échapper à la vengeance de Charlemagne, aurait toujours été considéré comme preux et loyal. Cette épée était donc le signe du chevalier. La lui ôter le ramenait au rang commun. Encore que ce désarmement se faisait selon un cérémonial au cours duquel l’arme était brisée (comme l’était plus récemment l’épée d’un officier dégradé). Au 18ème siècle, la mauvaise conduite de Philippe EGALITE, alors Grand Maître de la maçonnerie en France, a conduit les Maçons à briser son épée en Loge. L’épée est si personnelle au chevalier que lorsque la mort est proche, il ne peut concevoir quelle tombe aux mains de ses ennemis. Dans les traditions chrétiennes, ce sont des armes individualisées portant un nom. La littérature chevaleresque nous fait connaître « Joyeuse » l’épée de Charlemagne, « Durandal » celle de Roland, « Hauteclaire », celle d’Olivier, « Balissarde » celle de Renaud de Montauban et enfin « Escalibur » celle du roi Arthur. Dans la Chanson de Roland, le neveu de Charlemagne sentant qu’il va mourir, tente de briser son épée :

« De son épée, sur une pierre brune,
Dix fois il frappe avec rage et douleur
L’acier en grince, il n’a brisure aucune.
Sainte Marie, aidez-moi, dis le comte.
Ah ! Durandal si bonne, quel mécompte
Je vais mourir, plus n’ai besoin de vous.

Plus loin,

Il frappe encore le perron de sardoine
L’acier encore grince, sans se briser,
Lorsque Roland voit qu’il a cet essoine,
Il plaint l’épée qu’il ne peut ébrécher :

Ah ! Durandal, que tu es blanche et belle !
Comme ta lame au soleil étincelle !

Pour cette épée j’ai pesance et douleur :
Plutôt mourir qu’elle aux païens demeure !

Il frappe encore sur une pierre bise,
Dont il abat un énorme quartier
L’épée toujours grince mais ne se brise
Et vers le ciel a rebondi l’acier.
Très doucement renouvelle sa plainte :
Ah Durandal, que tu es belle et sainte…
Sur toi n’ont droit païens à l’âme vile ;
De chrétiens seuls devez être servie ».

C’est un véritable regret funèbre que par trois fois Roland adresse à son épée. Ces chansons de geste nous indiquent l’attachement du chevalier pour son arme. Il lui attribut une valeur surnaturelle. Mais l’épée la plus extraordinaire n’est d’aucune utilité pour celui qui n’est pas digne de s’en servir. Dans la quête du Graal, nous voyons que c’est grâce à la pureté de son âme que le jeune Arthur parvient à retirer Escalibur du rocher. Cette épée fabuleuse ne peut être utilisée que par un chevalier au coeur pur. D’ailleurs, lorsque le royaume s’effondrera, Escalibur sera brisée et disparaîtra dans le lac. Plantée dans le roc, elle représente la Parole, mais aussi la conscience enfermée dans la matière. De même, le nouvel apprenti qui frappe sur la pierre brute sa première batterie, produit par les trois coups cette résonance nécessaire au réveil de la Parole présente à l’intérieur de la masse inerte. Pour les croisés et principalement pour les Templiers, elle représente la croix de lumière, elle est même un fragment de cette croix. Bien que n’étant plus Ordres militaire, la survivance des Ordres Chevaleresques jusqu’au 18ème siècle, va perpétuer le port de l’épée. Les Maçons venaient en Loge habillés comme ils l’étaient dans la vie civile et les gentilshommes ou les militaires y venaient tout naturellement avec leur épée. L’Abbé Pérrau, auteur du « secret des Francs-maçons en 1742, observe Que l’on soit gentilhomme ou non, on est toujours annoncé pour tel chez les Francs-maçons : la qualité de Frères qu’ils se donnent entre eux, les met tous de niveau pour la condition ». Comme tous les outils et objet dans la Loge l’épée va devenir elle aussi spéculative. Si elle symbolise avant tout le combat intérieur de celui qui la porte, elle marque à présent l’égalité maçonnique entre tous les Frères. Dans la plupart des rites que nous pratiquons, le Vénérable Maître a une épée qui évoque à l’Orient la Lumière et la Connaissance. Cette épée lui est nécessaire pour ouvrir les travaux et consacrer les nouveaux reçus. Il y a aussi le couvreur, à l’occident, gardien au seuil de la révélation. Ces deux épées sont à l’image des Chérubins gardiens du chemin qui mène à l’Arbre de Vie. Mais c’est dans le Rite Français et dans le Rite Ecossais Rectifié, traditionnellement d’essence Chrétienne, que l’on continue d’observer le port de l’épée. Ce rituel particulier impose un maniement de l’épée lui conférant, à tout moment, soit une valeur de protection ou bien spirituelle.Chaque Frère tient une épée : c’est certainement une survivance de l’état militaire, mais il est permis de penser que cela annonce au Maçon la perspective qu’il va devenir chevalier. Ainsi comme le chevalier, le Maçon à son épée personnelle qui est garante de son attachement à la justice et à sa religion. J’aimerai pour clôturer vous parler également de l’épée des Académiciens. Il est évident que cette épée, fruit de l’imagination des plus grands orfèvres qui se préoccupent d’en faire une arme symbolique, rappelle dans les moindres détails le caractère personnel de celui qui va la porter. Tout point particulier est traduit sur cet objet en devinette évoquant le parcours de l’élu. Cela ne vous ne fait pas penser aux armes du chevalier, blason chantant ses qualités ou son épopée ? Pour ce qui concerne la Franc-maçonnerie et pour terminer sur ce sujet, il est intéressant de constater que le recours à la tradition prend une forme chevaleresque, plutôt qu’une forme sacerdotale ou artisanale. Cela est du certainement au caractère particulier de la Maçonnerie Française, qui dès le début, a su faire ressortir les principes moraux du christianisme originel, véhiculés par cette Chevalerie Spirituelle.

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

Par R\ A\ - Publié dans : Planches
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Vendredi 4 octobre 2013 5 04 /10 /Oct /2013 06:57
 

PETIT CONTE PHILOSOPHIQUE ou LA FABULEUSE HISTOIRE DES FRANCS-PHILONS   

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.


Imaginons une Société d'hommes ( mais aussi de femmes) du nom de Franc-Philatélie répandue sur toute la surface de la Terre, faisant référence au noble métier de Facteur et perpétuant des usages et des pratiques rituelles héritées ou empruntées (selon les historiens) à une Tradition transmise de temps immémoriaux … comme ils aiment tous à le croire…

Ses membres se reconnaissent entre eux la qualité de  Francs-Philons.

Cette Société  s'est donnée  pour objet le travail sur le Timbre brut et la méditation sur le métier de  Facteur (craft)  dans sa dimension symbolique de Messager !  

Le mot Franc-Philatélie serait inspiré d'un mot anglais associé à deux mots grecs :  "free-philos-telos" dont la traduction pourrait donner  "libre ami de la taxe",  appellation qui convenons-en est déjà  pour le moins mystérieuse ...
Historiquement le premier Timbre Poste émis au monde est une invention des anglais ou des écossais, on ne sait pas trop.
Toujours est-il qu'il fut émis par les postes royales britanniques le 1er Mai 1840 sous la forme d'un portrait de la jeune reine Victoria.
De couleur noire et valant un penny il est appelé le « Penny Black "
Ce qui symboliquement fait ainsi de la "Société Philatélique Unie d'Angleterre"  la Société "Mère" de tous les Francs-Philons du monde.
D' "opérative", la Franc-Philatélie serait devenue "spéculative", on ne sait trop comment …
certainement en raison du fait que le métier de Facteur opératif s'est peu à peu effacé devant l'utilisation massive des courriels, sms, mms, tweets et autres messages virtuels qui caractérise notre société "post-moderne".
Les buts de cette Société sont le perfectionnement de soi-même par une ascèse reposant sur l'introspection à l'aide des symboles de la Franc-Philatélie.
Chaque Franc-Philon se perfectionne lui-même et espère contribuer aussi au perfectionnement de l'humanité par l'échange de messages d'amour entre tous les Hommes.
( mais étrangement les Francs-Philons y arrivent difficilement entre eux ! )
La Transmission matérielle qui était au cœur du métier de Facteur opératif des Temps Anciens se transpose ainsi symboliquement dans la démarche initiatique et spirituelle du Franc-Philon spéculatif d'aujourd'hui.
La référence au GMdel'U , Grand Messager de l'Univers, est historiquement consubstantielle à  l'histoire de cette Société.
Cette Société de Franc-Philatélie s'appuie sur la Légende du Facteur Cheval et la construction de son Palais, référence fondamentale sans laquelle il ne saurait y avoir de Franc-Philatélie véritable.
Les Francs-Philons soumettent à une initiation ou réception les candidats qu'ils ont acceptés pour entrer dans leur Société.
On distingue 3 degrés croissants :
1er degré : Apprenti Guichetier
2ème degré : Compagnon Receveur
3ème degré : Maître Facteur
Il existe aussi toute une kyrielle de "Hauts-Degrés" et de "Side-Degrees" aboutissant au dernier degré ou grade qu'est celui de Sublime et Illustre Ministre des Postes et Télécommunications,  par lequel le Franc-Philon accède au stade ultime de la Sagesse et de la Réalisation Spirituelle,  mais comme il est alors très, très âgé, il ne s'en souvient pas.
Du coup ce sont les autres qui essayent de le Reconnaître pour tel !
Les Francs-Philons prétendent vivre entre eux une chaleureuse Fraternité , ce qui n'est pas toujours vérifié dans les faits, loin s'en faut !
Les Francs-Philons se réunissaient jadis dans les arrière-salles de bistros …
ce qui a laissé depuis aux membres de cette Société une certaine aptitude addictive à lever le coude plus facilement pour l'apéro que pour siroter une tisane de verveine.
C'est pourquoi les médecins généralistes s'amusent parfois à essayer de découvrir des Francs-Philons dans leur patientèle parmi les malades souffrant à la fois de tendinite chronique du coude et de surcharge hépatique.
 

Les Francs-Philons sont regroupés par pays au sein de Sociétés indépendantes qui éprouvent un malin plaisir à se Reconnaitre ou pas entre elles , ce qui convenons-en est un jeu quelque peu enfantin mais qui relève surtout essentiellement de considérations politiques.
Les Francs-Philons travaillent ( joyeusement pour certains et cul pincé pour d'autres ) à la Gloire du GMdl'U ,  échangent, parfois doctement, sur le sujet mystérieux de la Symbolique du Timbre selon la Kabbale  et pérorent jusqu'à plus soif sur l'ésotérisme du Céres de 1849 premier Timbre Poste français.
Cet Esotérisme entoure leurs travaux de Midi à Minuit, heure à laquelle, après de copieuses agapes bruyantes et arrosées, il est alors temps pour eux de se séparer pour tenter de retrouver l'Erotisme perdu dans le lit conjugal.
Ce comportement pour le moins surprenant ne lasse pas d'intriguer les "profanes" toujours curieux d'en savoir plus sur leurs mystérieuses activités "secrètes" … "discrètes" répondent en cœur les Francs-Philons !!!
Les Francs-Philons utilisent toutes sortes de symboles particuliers liés au métier comme les classeurs, les feuilles, les massicots , les loupes, la sacoche en cuir , les pinces à vélo, et la casquette ( avec marqué La Poste en hébreu
בית הדואר ) et se réfèrent à des Catalogues Sacrés tels que l' Yvert et Tellier, grâce à la méditation desquels ils prétendent s'améliorer et avancer vers la Connaissance Philatélique, but final et inaccessible de l'initiation, sans oublier la pratique du rituel de distribution du célèbre Calendrier de  la Nouvelle Année.
Lequel Calendrier donne lieu lors d'une Cérémonie annuelle rituelle à un échange de Mots de Passe et de Mots Sacrés sous forme de  questions-réponses, que je livre ici parce qu'il ne pleut pas :

TOC-TOC -TOC !!!! Y'A QUELQU'UN ???
QUI VA LA   ???  (
ש( ש) הולך )

C'EST LE FACTEUR  !!!  (הגורם ( דוור ) )
C'EST POURQUOI ???

POUR LE CALENDRIER, PARDI !!! (בוודאי )
L'origine britannique de la Franc-Philatélie et sa Légende anglaise du Facteur Horse roulant à gauche, explique pourquoi la position de la Sacoche se retrouve à gauche et la Pince à Vélo à droite dans les Rites Anglo-Saxons , et à l'inverse bien évidemment dans les Rites Français.
Ainsi la Société philatélique au sens "Traditionnel" du terme a gravé une devise au fronton de ses Temples :
 " Hors le Timbre Il n'Est Rien ! "
Pour certains mêmes jusqu'au boutistes appartenant à cette catégorie, et s'estimant plus Philatélistes et plus Traditionnels que tous les autres, le GMdl'U = HERMES, qu'ils écrivent H.ERMES … ce qui fait dire aux autres Francs-Philons que définir ainsi le GMdl'U revient à mettre des limites à la recherche de la Vérité.
Les tenants de la croyance GMdl'U = H.ERMES , enfermés dans leur dogme, se ressentent comme une sorte de Peuple Elu, et refusent d'ailleurs d'échanger des Timbres avec les autres ou même de les autoriser à participer à leurs réunions, peut être de peur qu'ils ne leur volent des Timbres. ( si,si, c'est arrivé ! )
Appelons X cette branche de la Franc-Philatélie, dite "Traditionnelle".
Au cours de l'histoire, de cette Société originellement Philatélique stricte, s'est développée une autre branche de la Franc-Philatélie, donnant naissance à la Société Philatélique et Cartophile, un peu concurrente.
Cette nouvelle Société abandonna ensuite la référence au GMdl'U, et se transforma même à la faveur des années en Société essentiellement Cartophile.
Appelons Y cette branche de la Franc-Philatélie, dite "Moderne".
Délaissant les symboles traditionnels du Timbre et les vieux rituels jugés obsolètes et par trop chronophages, rejetant le caractère sacré du Timbre comme une superstition obscurantiste, ils lui préfèrent la Carte Postale qui pour eux symbolisait mieux par son recto autant que par son verso leur idéal de relier les hommes entre eux et ils choisirent comme outils symboliques la Boite à Chaussures vide, idéale pour ranger les Cartes Postales et la Camionnette Renault Jaune La Poste, symbole du Progrès de l'Humanité pour lequel ils militaient ardemment.
Faisant plutôt référence à l'épopée du facteur BESANCENOT  qu'à celle du facteur CHEVAL, ils se vivent plus volontiers comme une force de réflexion, de proposition et d'action pour changer la société profane et disent ironiquement des membres de la Société X :

" Ce sont des moines un peu oblitérés, et pisse-vinaigre qui perdent leur temps à contrôler l'état de la gomme et à compter le nombre de dents ".
En retour cela fait dire peu fraternellement aux membres de la Société X en parlant des Francs-Philons Modernes :

" En tongs et chemises à fleurs, ils refont le monde en paroles, c'est tout ce qu'on veut, sauf de la Philatélie !!! "
Car cette Franc-Philatélie au sens "Moderne" conserve fièrement l'appellation de Franc-Philatélie, ce qui est naturellement son droit le plus légitime.
Mais cela crée polémique chez certains Francs-Philons "Traditionnels" qui estiment que cette Société "Moderne" devrait plutôt s'appeler Franc-Cartophilie.
Ces oppositions provoquent aussi une grande confusion dans la perception qu'a le monde profane de la Franc-Philatélie, lequel ne cherchant pas trop à comprendre ne fait aucune distinction entre leurs pratiques fondamentalement différentes.
 

Mais ignorant ces obscures querelles byzantines, la presse du monde "profane" préfère s'intéresser aux exploits affairistes de leurs brebis galeuses qu'elles soient de X ou d'Y et font leurs "marronniers" sur les Francs-Philons en général qu'ils assimilent tous, dans un raccourci saisissant, à de sacrés Francs-Philous !  

Toujours est-il que cette séparation de buts et de moyens entre les deux Sociétés aboutit au fait qu'en général les membres de la Société X n'éprouvent pas trop d'intérêt à aller visiter la Société Y, car le centre d'intérêt de la Société Y est celui de la Carte Postale et pas du tout celui du  Timbre, sujet qui passionne avant tout les premiers ...
Et cela est bien évidemment réciproque !
Mais si un membre de la Société Y vient "visiter" une réunion de membres de la Société X, dans la plupart des cas il y est accueilli chaleureusement car il vient forcément "parler" de Timbres, sinon pourquoi viendrait il ainsi perdre une soirée ?
Et cela est tout aussi réciproque !
Les Francs-Philons Modernes dans leur logique de Progrès décidèrent un jour de faire entrer des femmes dans leur Société, ce qui n'est pas une hérésie sur le plan historique, puisqu'il a bien existé des Factrices dans les Temps Anciens, telle qu'IRIS,  Déesse de l'Arc-en-ciel, et messagère des dieux.
Un Grand Dignitaire américain sulfureux du nom d'Albert Pike avait d'ailleurs bien théorisé la chose le 14 Juillet 1889 à Charleston dans ses Instructions "Moral and Dogmas", je cite :
" Nous recommandons très instamment de multiplier les Loges d'Adoption. (…). Le commerce avec la femme commune à tous ses Frères lui fait une cuirasse contre les passions qui égarent le cœur. (…) La femme t'enchaîne par tes désirs, dirons-nous à l'adepte ; eh bien, use des femmes souvent et sans passion ; tu deviendras ainsi maître de tes désirs, et tu enchaîneras la femme. "    
Pour être franc,  je ne pense pas que les instructions de ce Sublime et Illustre Ministre des Postes et Télécommunications d'Outre Atlantique aient le moins du monde influencé les Francs-Philons "Modernes" dans leur décision de s'ouvrir encore plus à la Modernité.
Mais je peux me tromper ! …
Car dans le cas contraire nous ne serions pas étonné alors d'entendre un jour à la fin d'une de leurs réunions un frère s'écrier fièrement  :  "A bas la culotte ! "
En conclusion je dirai qu'il me semble que les Francs-Philons auraient grand avantage à s'inspirer de François, le Facteur de Jacques Tati (1947 - Jour de Fête ) ce qui les aiderait à faire preuve de  plus d'humour et de légèreté et ainsi, à se prendre moins au sérieux, car c'est là malheureusement un des obstacles majeurs qui les prive durablement du dégonflement de l'Ego.           

Par BW - Publié dans : Planches
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