Planches

Mardi 3 décembre 2013 2 03 /12 /Déc /2013 14:09

Pour tous les cherchants , j’ai remis sur le site : http://logedermott.over-blog.com  une planche collective « Jacques Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint- Martin : La Rencontre » qui met en scène une interview fictive faite par un journaliste indépendant « ALS » entre Martinez, Willermoz et St- Martin avec comme invité surprise le Baron Von Hundt.

Ce travail collectif, réalisé en 2008, est le résultat des recherches de la RL Villard de Honnecourt  Bretagne « Alain de Kérillis », dont j’étais le VM fondateur.

Cette planche est en deux parties. Vous aurez la seconde jeudi matin.

Bonne lecture.


Par T.D - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 3 décembre 2013 2 03 /12 /Déc /2013 06:07

Avant d’aborder le sujet de ma planche, j’ai souhaité apporter quelques mots qui éclaireront peut-être la perception intime que j’ai de la présentation d’une planche en loge.
Pour moi, lire une planche en loge est un honneur, un privilège qu’il devrait être rare de recevoir. Une planche est un outil nouveau, un élévateur de conscience, un levier pour progresser. Si je ne fais pas de planche, si je ne travaille pas au grade où je suis, et ou j’étais, je régresse, je ne puis plus me situer.
Une planche est un travail personnel, une attestation de ses progrès. Ni une leçon, ni un enseignement, ni une transmission de savoir. Elle ne vaut que par celui qui la présente et qui attend de ses frères le témoignage qu’elle leur a permis, à eux aussi, de progresser. Je fais ma planche, d’abord pour moi, et je l’offre en partage à mes frères. Seul mon parcours doit me préoccuper, humblement et sans orgueil. Je ne dois pas désirer briller parce que la parole m’a été donnée, bien au contraire. Seul compte le chemin parcouru, qui témoigne du travail accompli. Et pour moi, ce soir, mon travail a pour titre :
Debout mes Frères, face à l’Orient
Debout ? Se mettre debout, c’est assumer sa nature humaine, car seul l’homme peut se lever et se mouvoir ainsi. Lorsque l’homme se réveille, il se met debout.
Debout, c’est l’attitude du courage, de la persévérance, de la volonté. Ne dit-on pas rester debout pour dire : digne, fier, honnête, vertueux, libre !. On doit rester debout dans la tempête, contre vents et marées.
Et le V\M\ nous ordonne:
Debout mes Frères, face à l’orient ! »
Avant de commencer les travaux, il faut que nous soyons tous prêts. Nous sommes tous F\M\, bien sûr. Mais surtout F\M\ prêts à travailler ensemble, travailler de concert. A écouter le la que le premier violon lance à l’orchestre afin que tous soient dans le même ton.
Mes F\, il faut que tous soient prêts, tous prêts à s’insérer dans l’égrégore à venir, égrégore qui nous porte plus haut et nous rend plus forts. L’égrégore pour être unis. Il s’agit de construire le temple, celui où se déroule la tenue, le vôtre, la nôtre.
Combien d’attitudes, de positions différentes ! Les bras collés, croisés ; les jambes jointes ou écartées, les pieds parallèles ou en équerre. Sommes-nous prêts pour entrer dans le temple ? Se faire reconnaître, ce sera aussi prendre la position du F\M\, pieds joints et en équerre, la tête redressée, le bras à l’horizontale, le regard droit. La main sous la gorge. Lorsque les surveillants passent devant moi, je fais le geste qui réveille le F\M \. endormi. Je suis prêt, nous sommes tous prêts à entrer, à essayer de devenir de bons F\M\ en participant à cette tenue, puis à toutes les autres, autant que nous pourrons, comme nous nous y sommes engagés par serment.
Mes FF\, debout, l’action est possible. Si le V\M\ demande que les assistants, pas encore des F\M\ attentifs, que les assistants donc soient debout, ce n’est certes pas un hasard. Que ferions-nous assis, ou même couchés ? Nous sommes maintenant debout face à l’orient pour avancer, rechercher, comme le rituel nous le propose un peu plus avant, rechercher les voies qui nous sont tracées. Ce n’est pas en spectateur qu’il nous sera possible d’aller vers le sacré et d’avancer vers le divin. Être debout, c’est joindre la terre au ciel, les pieds sur terre, la tête plus près des étoiles.
Alors, Mes FF\, mon F\, debout, face à l’orient, la main sous la gorge, nous pensons, pour les oublier, aux métaux laissés à la porte du temple, tous ces tracas et les soucis qui ne doivent pas venir troubler notre marche vers plus de sérénité, plus de conscience, plus de grandeur. Se lever à cet instant, c’est commencer notre travail dans le temple. Ce travail ne peut se faire que si nous sommes réellement attentifs. Nous sommes ou nous nous efforçons maintenant d’être « en nous » au contraire d’ « être hors de soi » ou de « n’être pas nous-même ».
Petit à petit, nous prenons conscience de la nécessité de nous réunir, d’être dedans comme nous souhaitons être dehors, n’être plus plusieurs mais un, de rassembler en nous et dans le temple, ce qui est épars. On ne pourra plus dire, plus tard, de moi, de toi, de nous « cela ne lui ressemble pas » ou « ce n’était pas lui ». Et pourtant…
Le geste est simple : lever la main droite à hauteur de la gorge, le bras à l’horizontale. A l’ordre. Le signe d’ordre, ordre personnel, signe fort, surtout à ce moment là. Il faut maintenir la position fermement car nos passions ne reculent pas si facilement. Nous essayons ainsi d’entrer dans le sacré avec le moins possible de passions. Passions au pluriel !
Nous sommes ici pour apprendre, pour aller au devant de nous-mêmes et comprendre notre nature. Nous ne sommes pas ici pour préparer une action, mais toutes les actions ; pas pour apprendre un mouvement mais connaître le mouvement ; pas pour un être mais l’Être. Nous ne sommes pas là pour être mais pour devenir. Pas là pour devenir Dieu ou des dieux mais pour savoir enfin comment il est advenu en nous car nous ne sommes pas des libertins irréligieux.
Lorsque nous somme entrés dans le temple, nos esprits étaient encore très occupés, voire encombrés des intérêts profanes. Et pour peu que nous soyons distraits, quelques bavardages subsistent encore et souvent parmi ceux qui croient tout savoir du rituel et désireraient le subir ad minimum. Alors le V.·. M.·. nous transmet cet ordre solennel ponctué d’un coup de maillet.
« debout ! »
Nous nous levons tous, le silence entre en nous et dans le temple. C’est le premier mouvement homogène d’un groupe hétérogène.
Le coup de maillet va propulser les 2 surveillants au centre de la loge, autour du pavé mosaïque, comme pour signifier que l’action commence ; qu’il faut maintenant avancer. Lorsque les assistants sont debout face à l’orient, ce sont les surveillants qui vont, par leur cheminement, signifier chacun leur rôle auprès des apprentis, apprentis que nous sommes tous.
Les FF\ présents sur les colonnes sont, et le tuilage est là pour cela, des F\M\. Il ne s’agit donc pas de se faire littéralement reconnaître par les surveillants. Il s’agit bien sûr de se reconnaître soi-même, d’être conscient qu’il faut maintenant entrer dans le sacré, que le rituel nous y invite. A ce moment de l’ouverture de la loge, les FF\ présents sur les colonnes sont en route vers le sacré, ils ne sont pas encore dans le temple, dans leur temple. Ce temple que nous construisons individuellement mais ensembles. Solidaires et individuels, nous sommes les pierres à tailler et polir pour créer une construction harmonieuse.
Lorsque le postulant que nous étions a frappé à la porte du temple, il a demandé qu’on lui fasse confiance. Il a demandé la lumière car un voile très épais lui couvrait les yeux. La maçonnerie n’a pas fait d’un homme ordinaire un F\M\. Elle a simplement estimé que cet homme pouvait devenir par son travail et son courage, un véritable F\M\. Ceux ici présents ne sont peut-être pas des sages, mais ils œuvrent dans cette direction et il est important pour cela de se faire reconnaître à sa place d’apprenti.
Mes FF\, il n’y a donc aucune ambiguïté : un maçon n’est pas celui qui appartient à une loge et paie ses capitations – même si cela est indispensable - mais celui qui se conduit et agit en F\M\, celui qui agit en frère dedans et hors du temple. Il trouve sa voie, celle qui lui est tracée et vers laquelle il tente de se diriger, avec l’aide de la loge et du V\M\ qui lui dit :
« face à l’orient. »
Car c’est lorsque nous nous sommes orientés pour marcher vers la lumière en tous temps et en tous lieux que nous sommes devenus F.·.M.·.
En se tournant face à l’orient, le F\M\ doit se poser cette question : suis-je vraiment ce que je devrais être, suis-je un frère pour mes frères, un frère pour tous ? Ais-je bien respecté mes serments ? Tous mes serments ?
Le V\M\ frappe un coup de maillet avant de dire « debout mes frères » pour nous dire « réveillez-vous, soyez attentifs, c’est le moment d’agir, de vous concentrer, de réaliser votre maçonnerie ».
Le rituel nous appelle à une activité sacrée, révélatrice de la nature de l’homme. Cette connaissance a cheminé d’homme en homme, de siècle en siècle, comme elle chemine à l’intérieur de notre temple, à l’extérieur et à l’intérieur de chacun d’entre nous. Pas à pas, le rituel nous conduit au devoir de connaissance. La liberté est inconditionnelle de la connaissance.
Aussi, dans sa rigueur, le rituel nous apporte cette liberté de penser, de s’élever, de comprendre. L’ordre dans le désordre. Ordo ab chao. Le cosmos s’invite à notre tenue, parmi nous, avec nous, à travers le rituel.
Au contraire du langage qui mue, évolue et se transforme, le rituel reste immuable et nous permet de nous adapter. (adopter, une seule lettre différente, à méditer).
Regarde mon F.·., écoute et regarde ce rituel, il est Toi, il est la vie, il est ton temple,
Observes et retiens-le. Il t’aide à te construire, il t’aide à te comprendre, il t’aide à vivre,
Comprends-le, toujours mieux, toujours plus, toujours différent comme toi tu changes. Sans jamais le dépasser, il sera ton guide. Pour cela, tu dois le vivre, le ressentir, le faire tien. Il est et sera comme ton sang, indispensable à la vie.
Le rituel est un dialogue qui ouvre la voie vers la connaissance, un dialogue muet comme un livre réécrit à chaque instant. Le rituel maçonnique apporte à l’A.·. des moments justes qui lui ouvrent des portes nouvelles vers la découverte de son Être et vers la Connaissance. Nous comprenons ainsi le lien qui existe entre le corps physique et le corps spirituel. Le rituel nous aide à créer le lien entre notre corps et notre esprit.
Le vieil homme ne meurt pas, il s’efface au fur et à mesure que grandit l’être spirituel. C’est parce que le F\M\ s’implique dans l’action du rituel qu’il se reconnaît comme maçon à part entière. Le surveillant peut alors informer le V\M\ que tous les assistants ont rassemblé ce qui était épars, qu’ils se sont réunis, et qu’ils sont maintenant à leur place et à leur office.
… et, fort justement, après avoir fait face à l’orient puis vécu le rituel d’ouverture, le V\M\ nous dit « et que nos regards se tournent vers la lumière ». Regard des yeux, symbole du regard du cœur et de l’esprit. Voir la lumière ne saurait se résumer à fixer des yeux une quelconque ampoule même longue durée. Vivons la comme un symbole, traversons ses messages pour aller toujours plus haut, plus loin, en connaissance et en amour.
L’orient est la source de la lumière. Debout face à l’orient, c’est regarder vers la lumière, vers le Delta rayonnant, le delta lumineux. C’est évidemment tourner le dos à l’occident.
L'Occident correspond à l'automne, à la nuée, à l'eau dormante, au marais, à l’ombre naissante.
Selon une légende bouddhiste, le bouddha Amitabha siège à l'ouest et il accueille l’âme des défunts, à l'ouest, après leur mort. Beaucoup de cérémonies se déroulent à ces dates, fin de l'hiver, fin de l'été, vers le 18 mars et vers le 20 septembre, quand le soleil se couche le plus à l'ouest.
Orient-Occident : c'est la dualité de la vie et de la mort, de la contemplation et de l'action. Toutes les religions expriment une croyance envers l’orient et l’occident, source de vie et chemin vers la mort. Certains lieux de cultes s’ouvrent à l’orient, d’autres à l’occident, idéalisation possible de la croyance ou non à une vie éternelle, à une renaissance des corps ou de l’âme. Les rosaces de nos cathédrales s’illuminent au soleil couchant. Les pharaons se couchaient à l’occident, leur mort, pour se lever à l’orient, la vie.
Il y a d'autres raisons à cette dualité, mais la première est que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Les voyages en Orient sont des quêtes de la lumière. Dans le Soufisme, l'Occident est relatif au corps et l'Orient à l'âme universelle ; l'Occident à l'exotérisme, à la littéralité, l'Orient à l'ésotérisme, à la science spirituelle; l'Occident à la matière, l'Orient à la forme.
Mes FF.·., rien ne peut exister sans son contraire dans le monde profane. Nous devons exister avec cette réalité et, dans le monde sacré, la dépasser, aller au-delà des apparences, du vécu, pour, à l’aide de notre démarche maçonnique, entrer dans les voies qui nous sont tracées. Elles ne sont ni blanches, ni noires, elles n’appartiennent pas à ce monde de rationalité profane.
Toute chose existe avec son opposé et ne peut exister qu’avec lui, et l’homme n’échappe pas à cette fatalité. Il se trouve qu’il possède à la fois le bon et son contraire, que trop souvent le mal l’emporte, que le bien ne saurait rester seul, et qu’ainsi l’homme se trouve condamné à rechercher l’équilibre au-delà du mal. Le bien et le mal, contraires nécessaires l’un à l’autre, présents en loge en blanc et noir. Je dis l’homme, être humain homme ou femme. Car il ne faut pas opposer les sexes mais au contraire les vivre comme complémentaires, unis et différents, capables de créer un monde où les différences ne sont que richesse.
Si l'Orient est souvent opposé à l'occident comme la spiritualité au matérialisme, la sagesse à l'agitation, la vie contemplative à la vie active, la métaphysique à la psychologie — ou à la logique — c'est en raison de tendances profondes très réelles, mais nullement exclusives.
En faisant face à l’orient, l’assistant candidat F\M\, regarde le soleil et la lune, les deux opposés et complémentaires. Le soleil positif et agissant, la lune intuitive et féminine. Il tourne son regard vers le delta rayonnant, se positionne ainsi en recherche, en questions sur le monde et l’univers comme envers lui-même. Il se positionne ainsi face à son devenir et sa fin certaine. L’homme ne peut fuir sa destinée, il sait qu’il aura une fin et cette fin l’interroge. Debout, face à l’orient mes frères ! Vous ferez face, quoi que vous espériez, et devrez affronter l’insupportable.
Le Delta devrait fournir au Maçon les moyens de remporter cette victoire sur lui-même. Encore lui faudra-t-il avancer dans le dédale des interprétations multiples auxquelles se prête ce symbole avec une extrême prudence, un discernement sûr, une logique impitoyable. Le concret se marie ici à l'abstrait... La moindre défaillance et nous nous égarons dans cet inconnu que nous frôlons à chaque instant de notre vie. Cet inconnu dont le mystère nous tente, mais dans lequel il ne nous est pas possible de nous aventurer sans nous exposer à perdre le contrôle de nous-mêmes et à prendre de décevants mirages pour la révélation de la Vérité ou tout simplement d’une vérité. Comme le papillon se brûle à la lampe qui l’attire.
Traditionnellement, le Delta sacré est un symbole composé se présentant sous la forme d'un triangle au centre duquel apparaît un œil. Cette figure irradie des rayons comparables à ceux du soleil, qui s'étendent jusqu'au cercle de nuages qui entoure l'emblème de sa couronne. Le delta rayonnant m’interpelle comme le symbole de la F\M\, symbole de son universalité et qui, pour répondre à son rôle, ne doit pas ressembler un aréopage d’exégètes ou un symposium d’intellectuels et encore moins une rencontre de joyeux copains.
Le voile qui me couvrait les yeux commence à s’estomper, tout comme celui qui couvrait votre regard. Nous pouvons mieux nous apercevoir que le symbolisme du temple n’est pas éloigné du monde profane, et qu’ainsi il sert à mettre en lumière l’activité humaine, à précipiter notre faculté de discernement de la nature humaine. Activité et nature humaines telles que nous les vivons. Le delta lumineux nous apparaît à cet instant comme le symbole d’un monde nouveau auquel nous voulons adhérer, ici et maintenant.
Nous sommes alors dans le présent, et donc dans l’éternité que n’entame jamais le temps qui passe. Seul le présent est éternel, le passé n’est plus et le futur n’est pas, pas encore. Vivons ici et maintenant notre éternité humaine. Lorsque nous vivons une seconde d’intense émotion, un moment de bonheur ou d’extase extraordinaires, nous vivons cet instant comme éternel. Vivre ce moment sous la voute étoilée, c’est contempler l’infini de l’univers en un instant, c’est vivre en soi l’éternité au présent.
Le Second surveillant : V\M\, tous les assistants de la colonne du septentrion sont A\ F\M\ à leur place et à leur office,

Le Premier surveillant : V\M\, tous les assistants qui décorent les colonnes du septentrion et du midi sont A\ F\M\ à leur place et à leur office.
Le V\M\ : il en est de même à l’orient.
Nous sommes maintenant prêts car nous sommes entrés dans notre temple, chacun dans son rôle, officiers, maîtres, compagnons et apprentis, tous frères unis dans le même espoir, la même attention.
Un F\ ne peut être que debout pour agir et faire face.
J’arrive bientôt au terme de cette planche. C’est ma première planche de maître, avec les défauts qui vont avec. Elle ne manque ni de sincérité, ni de volonté, ni de travail. Je souhaite qu’elle vous fasse partager mon amour pour vous et pour ma loge, qu’elle vous ait fait part des doutes qui sont toujours les miens. Qu’importent les buts atteints et les étapes franchies. Seul compte, maintenant, le chemin à parcourir. Loin des désirs profanes, je veux devenir F\ M\, être ce que je suis et poursuivre mon chemin. J’espère de mes Frères l’attention de l’Amour. Parler d’amour n’est pas chose aisée pour qui s’en défie depuis si longtemps. Alors, je fais le maximum pour y parvenir mais surtout, ayons les gestes plutôt que les intentions.
Mais aussi, vous souvenez-vous, V\M\, de cette tenue d’installation à Bandol au début du mois d’octobre ? Beaucoup d’émotion et une harmonie ressentie par tous. Le V\M\ nous a dit comme vous ce soir « debout mes FF\, face à l’orient » alors que lui, assis dans sa chaise roulante eut été bien incapable de se lever. Mais nous avons tous ressenti combien debout il est, toujours, et F\ de toute de son âme.
V\M\, Mes FF\, je le sais, au moins ce soir, tous les assistants qui décorent les colonnes du midi et du septentrion, de même que ceux qui siègent à l’orient, sont apprentis F\M\, à leur place et à leur office, debout et face à l’orient.
Et l’Orient est Éternel,
VM, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

Par P\ M\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 07:32

Pratiquer le cheminement sur la Voie initiatique nécessite un retour sur soi, un retour en soi permanent, et lorsque que l'on porte ce regard sur le parcours effectué depuis le jour de notre initiation, on constate que l'enseignement symbolique de nos rituels nous donne progressivement les outils et nous enseigne les moyens de réaliser le discernement qui est â mes yeux une des clefs d'accès â une réelle maîtrise, l'autre étant l'amour.
- 1er degré : début de la connaissance de soi par l'abandon des métaux, travail sur let imperfections de l'esprit et du coeur, sur les préjugés et certitudes. Premiers pas de l'humble postulant plongé dans les ténèbres de l'ignorance vers la lumière par l'accès à sa conscience et l'apprentissage du discernement.
- 2ème degré : ouverture aux autres, voyages, confrontations des idées, découvertes du monde et des différentes cultures et morales qui les composent. et de leur rattachement à une éthique universelle, celle des droite de l'homme et de la dignité humaine. Prise de conscience que tous les aspects de notre vie dépendent des autres, que notre précieuse autonomie est une illusion, un fantasme et que notre farouche indépendance nous rend prisonnier. Apprentissage du partage et développement du discernement.
- 3éme degré : Accès aux moyens de la connaissance par le discernement. Que dit le rituel d'instruction à ce degré ?
Question : dans quel dessein pensez‑vous que le grade de Maître ait été institué réponse : pour combattre les préjugés qui s'opposent au développement des connaissances humaines, pour briser le joug de l'ignorance, du fanatisme et de l'ambition déréglée (ce qui laisse entrevoir que l'ambition mise au service d'un cause juste est souhaitable) et pour établir le règne de la Liberté. de l'Egalité et de la Fraternité.
Ainsi donc, il est clairement établi que c'est le travail initiatique du 1" degré qui consiste à « dégrossir sa pierre brute » puis qui se poursuit au 2° degré, celui de l'accès aux autres, au monde par l'intégration de sa « pierre taillée » dans l'édifice‑universel, qui donnera accès à la Chambre du Milieu, là ou règne l'amour .et le discernement, afin d'arriver à ce qui me semble l'objectif premier de la démarche initiatique : la connaissance de soi pour tendre ensuite, mais ensuite seulement, ver, le but inscrit dans le Chapitre 1er de notre Constitution : le perfectionnement de l'humanité. Objectif et but impliquant obligatoirement l'amour et le discernement. En ce sens notre démarche, notre Tradition et notre Constitution s'inscrivent, comme depuis leur origine, dam la modernité du XXI siècle évoquée dans le thème choisi pour les travaux de ces journées d'études.
Chacun d'entre nous suit cet objectif et tend vers ce but à sa façon, à son rythme avec ses convictions (qui ne sont pas des certitudes) et avec sa sensibilité plus ou moins humaniste, plus ou moins spiritualiste mais peu importe, je serai tenté de dire seul le résultat compte :devenir un homme Vrai et libre débarrassé de sa gangue, devenir Maître Hirarn et poursuivre avecdiscernement l'oeuvre commencée dans le Temple. Nous savons chacun pour vivre au quotidien combien ce cheminement intime et long est difficile, douloureux, combien il implique de remise en questions, de retour sur soi et en soi, de trébuchement. Nous voyons à chaque instant, malgré nos 7 ans et plus, l'importance de notre égo, de la difficulté à faire la guerre aux mauvais penchants de celui‑ci pour nous détacher de bien des passions, et à fortifier ses bonnes dispositions afin de conserver intact notre attachement à nous mérite. C'est ce manque d'amour et de discernement qui font de nous nos propres mauvais compagnons, nos propres meurtriers. Néanmoins, mon vécu initiatique, celui de mes 20 ans de Maçonnerie active en France et en Afrique noire me permet de dire avec toute l'humilité qui convient que l'objectif et le but ne sont pas qu'utopie.
L'alchimie qui transforme le profane en Maître Maçon, en homme Vrai et libre est subtile, complexe, difficile à analyser. Mais aux nombre des éléments, des sentiments composant cette mystérieuse alchimie. se compte comme je l'ai dit plus haut, l'amour et le discernement et c'est à l'évidence le manque de ces deux qualités qui ont transformé les 3 Compagnons en meurtrier d'Hiram, meurtre que nous revivons lors de chaque Exaltation à la Maîtrise et dont l'un des enseignements est qu'elle n'est que virtuelle, que rien n'est acquis, que tout reste à faire et d parfaire. Rappelons nous mes  Frères cette inscription dans le Cabinet de Réflexion : « Vigilance et Persévérance ». A ce stade de mon travail m'est venue cette interrogation : si je devais décrire mon cheminement initiatique depuis 20 ans dans quel ordre le ferais‑je ?

1) interrogation sur mon existence, son sens et son devenir. Besoin de spiritualité inconsciente.
2) initiation(démarche personnelle, voir égoïste
3) découverte de la Fraternité initiatique et son importance.
4) conversion du regard
5) ouverture du coeur (démarche vers les autres)
6) accès à la Maîtrise (virtuelle)
7) élévation de la conscience par une intégration plus brande du sacré et de la spiritualité
8) discernement
9) maîtrise progressive de l'égo et des passions ; détachement de l'avoir et début de la sagesse (sans doute aussi avec l'âge)
10) besoin de partager avec mes FF en initiation et en humanité mon vécu et mon acquit initiatique et mon amour fraternel.
11) plus grande sérénité, plus heureux au quotidien. Vous constaterez nies FF que dans ce cheminement, qui n'est que le mien, que je viens de décrire:, 1e discernement n'apparaît qu'après l'ouverture du cœur, l’acces à la Maîtrise et l'élévation du conscience. Je pense en effet en plongeant mon regard sur ce vécu qu'il ne peut y avoir de transformation et amélioration réelle de soi et accès à ce que René Guénon nomme les « états supérieurs de conscience » (que nous sommes susceptibles d'acquérir avec l'accès à la Chambre du Milieu) due par 1a Voie. du coeur, celle de l'amour, après l'avoir purifié car « c'est le lieu même dus désirs, de l'attachement, des passions, de l'aveuglement ..... » dixit Arnaud Desjardins. Ce n'est qu'après ce long, très long travail par l'ascèse initiatique que l'écu pourra être remise en cause et que la Voie du coeur deviendra instrument de connaissance; les qualités intellectuelles aussi brillantes ­soient elles ne sont que relatives et en tout cas insuffisantes pour accéder à la Connaissance. Il faut pour cela, l'alliance de la Raison et du Coeur par le filtre du discernement.
« Puisse le Feu (celui des passions) qui vous a .enveloppé se transmuer dans votre coeur en un amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer vos paroles et vos action » …3éme voyage du rituel d'initiation au 1er degré du Récipiendaire.

Le dictionnaire donne au mot discernement la définition suivante « action de distinguer par le regard. Opération de l'esprit qui distingue les choses (le bien du mal, le vice de la vertu....). Faculté à juger sainement les choses. Son contraire étant : la confusion.
Il est intéressant de noter que le. dictionnaire parle de « distinguer par le. regard », ce que nous pouvons rapprocher de la nation de conversion du regard et « d'opération de l'esprit » ce que. nous pouvons également rapprocher de la notion d'élévation de conscience.
Le discernement nécessite toujours un univers de référence. Pour le profane cet univers est multiple
• familial
• éducatif
• professionnel
• religieux
• politique
Nous nous trouvons là dans les domaines du « savoir imposé » et des « vérités révélées », ce ne sont pas des univers qui permettent à eux seuls l'optimisation des critères d'analyse et te litre choix donc et pour une réelle liberté, une réelle libération de notre être. Nous savons tous, pour être issu de. ces univers que le seul accès au savoir, à l'éducation, s'il est libérateur des dogmes par le biais des avancées scientifiques et technologiques, ne permet pas â lui seul, sans l'accès à la Connaissance, d'acquérir la force de l'amour et le discernement.
Arrêtons nous quelques instants mes F\ sur l'exemple significatif du domaine scientifique 1a pensée du 18éme siècle, celui dit des Lumières, espérait que la science libérerait l'homme ; ses espoirs ne se. sont hélas pas réalisés. Certes, les conditions matérielles d'une partie minoritaire et privilégiée de la population mondiale se sont améliorées. La machine s'est de plus en plus substituée à l'Homme mais paradoxalement elle a été également un élément de. son asservissement. La science n'a pas été l'outil espéré de sa liberté et de sa dignité, au contraire,la complexification de la société, l'accélération considérable de la recherche scientifique, des connaissances, sans prendre en compte parallèlement ce qui est du domaine de la spiritualité, de. la philosophie, de la morale et de l'éthique en un mot de l'esprit, ont engendre` chez l'Homme un déséquilibre en donnant la primauté de l'avoir sur l'être, du matériel sur le spirituel ; elle a engendré la perte du sens, ce malaise ontologique, phénomène destructeur toujours présent ü l'aube. de ce nouveau siècle. C'est là un véritable défi pour Maître Hiram... Mais on ne peut pour autant rendre la science responsable de tous ces maux, ce serait injuste, d'autant que grâce à son évolution des pans entiers de fausses croyances et de dogmes sont tombés. On ne peut de ce fait lui imposer de limite, pas plus que nous n'en acceptons nous Maçons dans la recherche de la Vérité, car la science n'a pat et ne, peut avoir ni morale ni éthique ; un tait scientifique est un fait un point c'est tout. (ce n'est bien évidemment pas le cas des scientifiques qui ont eux le pouvoir d'orienter et de diffuser leurs découvertes vers le, bien ou le, mal ; ils peuvent rendre, la science aussi constructrice que destructrice, et :
• les avancées extraordinaires dans le domaine génétique et les manipulation dangereuses de certains scientifiques (et plus loin encore dans l'Histoire du Monde, les expérimentations humaines dans les camps d'extermination nazis ou Japonais durant la seconde guerre mondiale
• les transplantations d'organes et le trafic organisé de ceux‑ci au détriment des populations les plus démunies
• la découverte du nucléaire et son utilisation en armement etc .....
A l'évidence le sens de la morale, de l'éthique et du discernement ne sont ras toujours les vertus les mieux partagées du monde scientifique. « Science sans conscience, sans discernement. n'est que ruine. de l`âme ..»
On constate d'ailleurs depuis peu que ce développement non ou mal contrôlé a engendré, aussi bien dans le: milieux scientifiques que politiques la prise de conscience de la nécessité absolue d'une mise en phase de règles éthiques dûment réglementées par des lois. Lois à l'élaboration desquelles l'Ordre: Maçonnique est associé. Relie reconnaissance morale, de, notre éthique et de notre discernement vous en conviendrez mes F. Mais n'est‑il pas vrai aussi que Maçons et scientifiques ont le même but celui de la recherche de la Vérité. Toutefois leur approche ne se situe pas sur le même plan. La pensée scientifique est une démarche prédictive de plut cri plus cloisonnée et spécialisée qui, n partir de phénomènes, cherche à expliquer par les lois, mesures et calculs une. connaissance exacte et véritable. la méthode Maçonnique est différente; grâce à ses rituels elle déconditionne l'homme et par son approche ésotérique, humaniste, cosmogonique, son langage symbolique. Elle préserve la vision globale qu'a perdu le scientifique ; elle permet l'accès su mode de raisonnement analogique et à celui de la pensée analytique, par opposition d la pensée rationnelle, celle de ta science fille donne par le discernement et l'amour tune conscience universelle à cette vision globale en mettant l'Homme et son devenir au centre de toute réflexion, de toute démarche. Elle affirme le binaire science/conscience ne devrais‑je dire le ternaire science/conscience/discernement qui redonne La convergence et la complémentarité entre science et initiation, celle. des alchimistes.
Pour ce qui est des univers politiques et ou religieux (le pire étant lorsque le religieux s'arroge le pouvoir politique), nous sommes là dans le domaine des dogmes, affirmant des vérités révélées, souvent imposés par la force et distribuant des interdits. Univers faisant appel aux pires instincts des individus pour mieux les asservir, les contrôler en s'appuyant sur leur ignorance et leurs superstitions ; ignorance menant aux pires intolérance` et fanatisme.
Ce sont là pourtant des univers qui devraient participer à la libération de l'homme s'ils intégraient l'amour ci le discernement. Le premier parce qu'il a comme objectif la Liberté et l’égalité et le second celui de la Fraternité universelle. L'actualité dramatique récente est à mes yeux un exemple caractéristique d'absence de ces deux qualités.  Sans faire de politique, il convient de reconnaître que c'est l'ego démesuré des différents dirigeants américains voulant imposer partout leur morale sans prendre en compte la morale particulière des outres civilisations et sans s'appuyer sur une éthique universelle Bien que leur manque de discernement dans leurs orientations géopolitiques qui ont fini par cristalliser les haines et les rancoeurs et permis l'émergence de dictateurs fous inculquant une interprétation exotérique fausse de leur religion, de leur Foi aveugle à de pauvres bougres analphabètes et miséreux dont la seule perspective est l'aggravation de. leur situation et de celle de leur famille ou la mort pour accéder à un paradis ait l'avenir sera 4 jamais celui du bonheur qu'ils n'ont pu goûter bue cette 'l'erre. En écrivant cela je me suis souvenu de cette phrase que j'avais entendu je ne sais où : « l’amour est un moyen comme un autre de priver quelqu'un de sa liberté. de la liberté » . Phrase térrible pour nous qui évoquons si souvent ce sentiment; mais l'amour a aussi son pavé mosaïque. Il sait être don, partage, compassion, bonheur lorsque la vertu du discernement l'accompagne, mais il peut tout aussi bien être passion, haine, jalousie, Aveuglement et prendre le visage de la mort lorsqu'il est au service de l'ignorance, de l'orgueil ou de l’ambition mal comprise.

La Voie initiatique est un autre: univers de référence qui intègre dans son cheminement d'autres valeurs qui ne sont qu'exceptions dans le monde profane et en tout cas et à ma connaissance, jamais réunies dans le même enseignement, dans le même vécu :
• la dimension spirituelle
• l'adogmatisme
• l'humanisme
• la recherche permanente de la Vérité dans l'échange des idées en Loge, dans un espace sacré
• l'humilité
• des rituels et un langage symbolique libérateur des mots (pour ne plus prendre ceux‑ci pour des idées nous y invite: le rituel)
• une morale s’appuyant sur une éthique universelle
• la fraternité et l'amour et bien sur tout cela dans l'apolitisme et l'areligiosité librement consentie C'est le domaine réservé de la Connaissance, de soi d'abord, dus autres. de l'univers et de la conscience de l'unicité inséparable des trois; c'est la seule voir d'accès à la libération de l'être et fi son droit au bonheur ; c'est le domaine de la raison et du coeur passé au crible du discernement, A l'inverse du seul  à savoir profane, de ses »dogmes, tic ses vérité. révélées, (c'est Dieu qui descend vers l'Homme), la Voie qui mène à la Connaissance. est d'un tout autre ordre, c'est celle du domaine. du sensible, de la spiritualité rattachée a une érudition, (c'est l'homme qui tend vers, le Divin). Elle permet cette capacité d'éveil, de compréhension, d'amour, de discernement qui donne l'intuition d'une transcendance. Son langage se situe au delà des mots utilisés pour l'acquisition du savoir, il est celui des allégories, des légendes, des mythes et des symboles sous lesquels le rituel du 1er degré nous invite déjà à chercher l'idée et à développer ainsi notre discernement. Sa méthode est celle de la quête permanente de la Vérité par l'ascèse initiatique pour comme l'évoque la Kabbale, « ouvrir les mots des lettres pour accéder à la lumière ». C'est. cet enseignement initiatique progressif, par degré et lui seul qui développera progressivement le discernement chez l'initié ; c'est ce discernement qui permettra, à un moment donné de son parcours, à « athé stupide » de passer du théisme au déisme. voir de l'athéisme au déisme, c'est à dire des dogmes religieux d'espérance des évangiles, C'est aussi, je pense par le discernement que viendra la conscience de notre impermanence, nous sommes les fils de la putréfaction et de l'énorme potentiel de l'existence humaine à la compréhension des paroles d’espérance des évangiles. C’est aussi je pense par le discernement que viendra la conscience de notre impermanence, nous sommes les fils de la putréfaction et de l'énorme potentiel de l'existence humaine. Cela confère un sens de l'urgence, chaque instant de notre vie est précieux et. nous avons l'obligation d'en user au mieux. Ne connaissant ni le début, ni la fin nous avons le devoir d'exalter !e présent. le bonheur ici et maintenant sans attendre un éventuel et hypothétique paradis.
A l'inverse, la prise de conscience de notre finitude sans le discernement pourrait amener à un comportement absurde qui consisterait à vivre chaque instant. dans l'égoïsme et la volonté de jouissante immédiate, l'inverse même de l'harmonie et du bonheur.
C'est cet enseignement de la Voie initiatique, celle du coeur et du discernement qui nous permettra de démasquer nos mauvais compagnons,
notre ego qui nous fait tant souffrir, et qui nous empêche de comprendre et de voir que le. bonheur est là, à portée de main pour chacun de nous et qu'il peut être vécu au quotidien. Trop souvent, par ignorance et aveuglement, nous en voulons à la Terre entière parce que ce monde n'est pas comme nous aurions aime qu'il fut ; un monde qui nous a tellement déçu, pensons nous, sans nous demander si ce n'est pas nous qui avons déçu le monde : qui avons déçu nos F\.
Finalement, libéré de nos mauvais compagnons, de notre petit moi haïssabIe., un autre regard, enrichi par le discernement, nous rend plus sensible à ce que ta vie nous donne qu'à ce qu'elle ne nous donne pas ou qu'à ce qu'elle nous prend ; nous rend plus sensible également à ce que
nous pouvons faire pour les autres (prise de conscience du devoir) qu'à ce que les autres peuvent faire pour nous.
Une histoire soufie citée par notre F\ J.P D\ raconte à ce sujet : «Très jeune sur la Voie, je n'avais qu'une seule prière : Mort Dieu, aidez‑moi à
changer le monde., ce monde insoutenable, invivable, cruel et injuste.
Et je me suis battu comme un lion. Après des années et des années, peu de chose avait changé. Je n'avais ensuite qu'une prière : Mon Dieu, aidez­ moi à changer ma femme, mes enfants et ma famille. Et je me suis battu comme un lion des années et des années. Aujourd'hui, je suis un vieil homme et je n'ai guère qu'une prière : Mon Dieu, aidez moi à me changer ! Et voilà que tout change autour de moi.
»
Le droit au bonheur de l'homme et sa capacité A l'obtenir est directement lié au discernement et sa capacité de discernement directement dépendante de sa volonté et capacité de transformation. Lui seul décidera de s'engager dans cette voie, sur le chemin initiatique. Mais est‑ce à dire que le discernement ne peut s'acquérir que sur cette voie et ceux qui font ce choix arrivent‑ils tous au discernement tel que j'ai tenté de vous le décrire ?

A cette double question je serais tenté de répondre par l'affirmative à la première question et la négative à la deuxième. Nous appartenons tous à un univers causaIe, tous nos actes, nos choix, nos paroles construisent notre présent, notre avenir et celui du Monde et il est très rare dans les univers de référence profane due j'évoquais tout â l’heure de rencontrer des individus capables d'acquérir cette vertu ou celle de la sagesse qu'elle procure. Le doute est souvent absent de ces univers et si la sagesse commence par le doute, le doute est l'enfant du discernement.
L’homme court, court, inconscient du temps qui lui file inexorablement entre les doigts et de sa finitude prochaine toute aussi inexorable, accaparé qu'il est à chercher toujours plus d'avoir ou de pouvoir, ou plus simplement à survivre; « il perd sa vie â la gagner » A bientôt 60 ans je reste toujours attristé et consterné de voir qu'il doive toujours passer par les épreuves douloureuses que lui réserve la vie pour commencer à s'interroger, à transformer sort regard, et pour acquérir un début de conscience et de discernement, si tant est que cette étincelle se produise (retour â l'actualité récente)...Je n'en mesure que plus, lors de l'ouverture de nos Travaux, ou lors de moment comme celui‑ci, le privilège que nous avons, nues iridiés de pouvoir nous extraire régulièrement de ce monde si dur, sans pitié et du venir nous transformer, nous améliorer, nous ressourcer dans l'amour fraternel de nos temples et y apprendre le discernement qui nous permet de lever à chaque fois un peu plus le voile de l'ignorance qui nous cache la Lumière et la Vérité. si difficile à atteindre et si proche pourtant. . Nous pouvons y apprendre l’écoute et l'échange des idées sans juger, nous pouvons y partager l'amour vrai dégagé des passions et l'humilité qui font la grandeur de l'âme, la grandeur de l'Homme.
Il est vrai aussi que nous y trouvons aussi la présence d'un égo resté quelquefois très présent et pressant, au moins pouvons‑nous en prendre conscience, ce qui nous permet de mesurer le travail qui reste à faire pour vivre pleinement les cinq points parfait de la Maîtrise que j'ai aimerais symboliser aujourd'hui par :
• la raison
• l'amour
• la conscience
• le discernement
• la connaissance
cinq qualités transmises par l'initiation et l'accès à la Maîtrise, cinq vertus de l'Art Royal pour quo le Maître Maçon puisse retrouver un jour la Parole perdue depuis la mort Maître Hiram, celle de l'amour vrai, de l'amour universel.
Alors pour terminer en revenant au thème général de nos Travaux, je conclurai en pensant avec toute l'humilité qui sied que ce XXI siècle à tout autant besoin de Maître Hiram, c'est à dire de nous même qu'auparavant, de sa sagesse, de sa connaissance, de son amour à partager et de son discernement: cediscernement étui nous donne aussi la lucidité de savoir que nous restons toujours sous la menace de nos mauvais compagnons et que nous avons par conséquent !'obligation de continuer à nous améliorer sans cesse et nous Maître Maçons plus que d'autres. Les 33 degrés du REAA offrent les clefs pour cela, à nous de les saisir.
Ce n'est pas d'avancer lentement sur la Voie qui est blâmable, c'est de s'arrêter !!

T\ V\ M\ j'ai dit

Par X - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 novembre 2013 4 28 /11 /Nov /2013 06:26

Ma sœur R., 
  
Comment ne pas penser à la parabole du retour de l’enfant prodigue, comment oublier la scène du retour de la femme du boulanger. Oh non ma sœur, tu n’es ni Pomponette, ni davantage l’enfant puîné ! 
Une démission en franc-maçonnerie est un acte de liberté, le retour un engagement tout aussi libre, sans jugement moral, sans reproche fussent-ils affectueux. Ce n’est pas le même qui revient, ce n’est pas le semblable qui revient, mais le même est le revenir de ce qui revient. Seul revient l’affirmation, seul revient ce qui peut être affirmé, seule la joie retourne. 
As-tu fait une école buissonnière, ma sœur, cet écart potentiel inscrit dans le compagnonnage ? Dans ta séparation du temple, as-tu mesuré ce qui te fonde et te construit, au point d’avoir à nouveau besoin de retrouver une loge pour féconder ta part de fraternité et de symbolisme ontologique ? Quel dépôt si précieux avais-tu laissé ici pour venir le rechercher ? Est-ce cet immense trésor d'expériences, d'idées, de témoignages, de réflexions que l'esprit humain a produit au cours de tenues maçonniques. Les planches sont destinées à l'ensemble des Frères et soeurs présents dans le temple. Leurs contenus sont de susciter un dialogue lumineux dans la conscience entre le "je" et le "nous".  On peut comprendre combien cela fut un manque pour toi. 
Tu avais choisi, en entrant une première fois en franc-maçonnerie, la responsabilité d’un engagement. Responsabilité a deux sens : res-ponsa que l'on peut rendre par "quelque chose qui a du poids, du prix, de l'importance", et res-ponsa qui est "ce que l'on épouse, ce à quoi l'on est uni par amour".  Au cœur de la responsabilité, il y a donc le prix et l'amour, la valeur et la joie. Ta famille a eu un temps plus besoin de ton amour, et en avait, de ce fait, davantage de valeur pour toi.  Le Temple te manquait car il est l’endroit idéal pour aller à la rencontre des questions. En ce lieu, nous mettons en marche la pensée qui révèle que l’homme doit accomplir un voyage parmi les questions afin que se réalise son destin intellectuel et moral. 
Le monde profane t’est redevenu insuffisant. 
Que je dise tout de suite que ce qui me paraît en jeu n'est rien moins que ta liberté, non pas d'abord la liberté des choix, ni la liberté d'expression, mais une liberté encore plus fondamentale qui est la liberté de pouvoir penser par soi-même, la liberté de l'esprit. 
Je sais combien la construction d'un langage qui rend possible la pensée est difficile, combien son acquisition progressive est ardue et combien sa préservation est précieuse. L'intelligence spirituelle vient ôter le voile de la lettre, ou le voile qu'est la lettre, afin d'en dégager l'esprit. 
Quand une chose n'est pas nommée, elle reste insaisissable, invisible, impossible à penser. Pour commencer à l'appréhender, les cherchant, dans leurs longues quêtes n'ont d'abord d'autre ressource que d'employer des périphrases, et il peut arriver que de telles périphrases représentent des centaines de pages de texte. Voici ce qu'il en coûte quand les mots manquent encore, et que l'esprit est réduit à tenter de penser sans les mots. Au contraire, quand après de lentes décantations, qui dans l'histoire prennent parfois des siècles, des mots apparaissent qui permettent de saisir les choses dans leur être, il arrive que certains résultats qui avaient d'abord demandé des livres entiers, pour être énoncés et expliqués, s'expriment enfin en quelques formes d'une clarté aveuglante. C'est que la pensée, grâce aux mots, est devenue libre: elle était paralysée par l'impossibilité du dire et voici que, par le progrès de la langue disponible, elle se trouve enfin déliée. Le symbolisme est ce langage d’une nouvelle parole qui donne prise sur les choses. Le mot prononcé est la matrice qui nous fait accéder au monde de la chair et de l’existence.   
Aussi croyons-nous à la vérité et à la beauté exactement comme Platon.   
Je viens de prononcer le mot “beauté” en association avec le mot “vérité” et ce sont bien des mots de notre quête. Nous croyons que la vérité existe, indépendamment de nous et de tous, mais nous croyons aussi qu'elle nous attend et qu'elle fait partie de notre vocation de la chercher. Nous savons aussi que, dans cette quête, la beauté est le plus sûr critère de la vérité, une lumière qui la signale dans la nuit, et quand enfin nous atteignons une vérité, sa récompense consiste à en admirer la beauté.   
Le monde profane n’a pas réussi à te donner suffisamment l’apprentissage du sens et de l'amour de la beauté et ici tu viens renouer les fils du tissage pour ton vêtement de vie. Tu as choisi de te replacer dans l’arc tendu entre les deux pôles du ciel et de la terre en exerçant la fonction de médiateur, entre équerre et compas. 
Ici c’est un lieu symbolique où sous le signe d’un temps abstrait, se trouvent représentés en creux l'Unité et l'Infini, comme à l'encre sympathique sur un support d'absence. 
C'est un espace qui vide le temps profane et dont cependant découle l'efficacité des effets du discours de chacun à condition qu'il ait bien voulu franchir le seuil de la mort symbolique. 
C'est l'endroit où se trouvent archivés à foison tous les outils nécessaires à la construction. 
C'est la demeure des trois grands "A". L'Art, l'Autre et l'Amour.   
Ta vérité et ta liberté furent de revenir, que cela soit pour la beauté de notre fraternité et de notre joie de t’accueillir ! 

www.ledifice.net

Par S\ S\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 novembre 2013 2 26 /11 /Nov /2013 06:20

Souvenons-nous de ce jour qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Celui qui a dit un jour : « J’ai quelque chose pour toi et qui devrait te plaire ». Nous attendions dehors. N’avons-nous pas eu l’envie à la fois de partir mais surtout de rester ? Souvenons-nous à la porte du temple, les yeux bandés, nous étions guidés par la main du Maître des Cérémonies. Le Vénérable Maître, a fait demander: Comment le profane ose-t-il être admis à nos mystères ? Par des intermédiaires dont nous ignorions tout, parlant d’une voix forte, la réponse se faisait entendre : « Parce qu’il est libre et de bonnes mœurs ». Cet homme libre, nous l’étions avant et nous le sommes toujours. Nous voulions voir ce que c’était et au début, nous n’avons rien vu, juste le temps d’entrevoir et encore…L’initiation est un moment important, certainement le moment le plus important de notre vie maçonnique. En effet, on ne naît pas Franc-maçon, mais on est « fait » Franc-maçon par l’initiation. On pourrait même ajouter que celui qui se ferait une idée claire de l’initiation maçonnique, se ferait une idée juste de la Franc-maçonnerie, de son projet fondamental et de son essence profonde, de son éthique. Aussi convient-il de s’interroger, une fois encore, sur l’initiation, sur sa finalité, sa nature, ses modalités et sur la signification qu’elle peut revêtir pour l’homme de notre temps. « On entend en général, par initiation, un ensemble de rites et d’enseignements oraux, qui poursuit la modification radicale du statut social et religieux de l’homme à initier », a écrit Mircea Eliade. Et il ajoute d’une manière plus savante : « Philosophiquement, l’initiation équivaut à une modification ontologique du régime existentiel ». Ainsi l’initiation, le projet initiatique, est de provoquer une radicale et fondamentale modification de notre pensée et de notre être, de notre manière de penser et de notre manière de vivre. Il s’agit, comme le disent nos vieux rituels, « de passer des ténèbres à la lumière » et, par cette lumière qui nous illumine, de changer notre être et notre vie. En effet, la finalité de l’initiation n’est pas seulement « théorique », mais pratique, disons « éthique ». Il ne s’agit pas seulement d’aller vers la lumière et de se reposer dans une vaine et stérile contemplation, mais par cette lumière de nous entraîner à une action plus efficace et plus juste. Souvenons-nous que le « Noùs » (mot grec signifiant « esprit » ou « intelligence ») de Platon comme le « Logos » de Jean, ce n’est pas seulement l’Esprit qui nous illumine, mais c’est l’Esprit qui nous transforme (et qui nous transforme par cette illumination). Ainsi le but essentiel de l’initiation maçonnique est de changer l’homme et c’est en ce sens qu’elle est éthique, car l'éthique, c’est ce qui veut essentiellement changer l’homme ; et ne confondons pas ici éthique avec moralisme et moralisation. En employant un autre langage, nous dirions que l’initiation veut nous faire passer de l’homme de la nature à l’homme de la culture, du vieil homme à l’homme nouveau. Elle veut susciter une nouvelle naissance et la rendre possible. Notre entrée dans le temple, n’est – elle pas faite de façon à nous rappeler notre propre naissance, passant sous une porte… Il a fallu donc mourir en profane et renaître en initié. La demande d’entrée dans l’ordre maçonnique, est le signe d’une recherche mais surtout d’un engagement. Cette initiation ne peut s’effectuer que dans un lieu séparé du monde et dans un temps autre que celui de tous les jours ; un espace et un temps séparés, secrets, non pas dans un quelconque édifice, mais dans un Temple, c’est-à-dire dans un espace et un temps sacrés, sacralisés par le Rite lui-même. Cette initiation ne saurait également s’effectuer n’importe comment. Elle comporte une série d’épreuves (au « Rite Ecossais Ancien et Accepté » les épreuves de la terre, de l’air, de l’eau, et du feu) subies au cours de voyages symboliques. Qu’entendons-nous quand nous parlons de la démarche libre d’un homme libre ? Si nous nous en tenons aux différentes définitions de mot « libre », il est facile de constater que nous pouvons lui donner plusieurs sens ou définitions tels que : Les volontés sont libres, se dit Pour exprimerqu'on laisse à quelqu'un la liberté de faire ou de ne pas faire telle chose. Allez-vous-en, si cela ne vous plaît, les volontés sont libres. L'homme a son libre arbitre, Il est maître de choisirentre le bien et le mal. LIBRE, se dit souventpar opposition à Esclave, servile. C'est un homme de conditionlibre. Être né libre. Libre de sa personne. Il se dit également par opposition à Captif, mais ici, nul n’est prisonnier en Franc-maçonnerie. LIBRE, signifie aussi quelquefois, Qui n'éprouve aucune contrainte, aucune gêne. Un beau mot, une belle idée, un beau concept, une belle … illusion également. Mais, « Libre et de bonne mœurs …?! » La première fois, que j’ai entendu cette phrase, j’étais derrière la porte du temple… Combien de fois, depuis alors, ai-je pu entendre et réentendre cette phrase ? Je suis surpris, de pouvoir hésiter sur son sens général et particulier. La F.M., ou plus simplement la M., est une association d’hommes libres dans leurs pensées comme dans leur attitude.
Les francs-maçons se reconnaissent entre eux comme des frères et considèrent leur association, librement consentie à titre individuel, comme une Alliance entre hommes libres qui désirent aller au-devant d’autres hommes libres, qu’ils soient ou non francs-maçons.
Il faut une démarche initiatique authentique qui n’est accessible qu’aux êtres probes, autrement dit, et nous le savons tous : droits, intègres et d’une honnêteté scrupuleuse. Nous sommes maîtres de notre choix car l’engagement que constitue l’entrée en franc-maçonnerie, ne saurait avoir de sens s’il n’était pas pris librement. La F.M. n’est pas un hobby que l’on peut exercer à temps perdu, c’est l’engagement d’une vie, généreux certes mais exigeant avec soi même. La voie initiatique est l’affaire de tous les instants et amène le franc-maçon, à travailler sur lui, à écrire, lire, réfléchir et qui varie avec l’intensité de la quête et la qualité de la pierre brute. C’est la une double condition : La première étant qu’il faut être « né libre » mais, également « être de bonnes mœurs » et là il y a de nombreux points de vue sur le sens à donner à cette expression, voir, de cette exigence. Les mœurs, bonnes ou pas … elles évoluent. Cette association de deux termes est à la fois simple et complexe. Libre et de bonnes mœurs. “Et” … la liaison des deux parts de cette phrase est obligatoire “et” indissociable. En tout état de cause la compréhension, éventuelle, de cette “maxime” est délicate, non pas tant en fonction de ce qu'on peut y percevoir, mais par le fait que nous sommes directement concerné nous même. J'en arrive à penser, ça m'arrive parfois .., que “libre et de bonnes mœurs” pourrait dissimuler la vision réelle de notre moi intime, celui qu'il est si difficile de regarder … plein de sables mouvant et d'îlots rieurs ; cette mosaïque où le noir justifie le blanc, où le blanc appelle le noir, où les deux (ensemble des couleurs et absence de couleurs) sont inséparables …. Mais concurrent. “Les bonnes mœurs” quant à elles restent du domaine intangible de l'arbitraire de notre conscience qui sait, souvent, faire des entorses à ses propres balises, mouvantes, de notre vie. En définitive cette série de mots ne doit elle pas dévoiler, en notre intériorité, un monde où fourmillent les étincelles que l'on peut observer, la nuit, en levant les yeux vers la voûte étoilée … Libre et de bonnes mœurs … reste une constante incontournable vers le beau, le bien, le bon ….. , la force de sa beauté nous amène vers la sagesse qui, si petite soit-elle, est une richesse de notre humanité fragile … et accompagne ses pas, nos pas vers la sérénité … En fait, la première idée qui me vient en lisant cette affirmation, c'est une déclaration de responsabilité. La déclaration d'existence d'un individu, accompagnée du rappel de son appartenance au groupe. L'affirmation de son état d'être, indépendant de la loi "sociale" et capable de recréer en lui-même cette loi sociale, fruit alors de l'exercice de sa liberté individuelle. "Libre", je peux tout ; de "bonnes mœurs", je ne constitue pas, je ne constituerai jamais une quelconque menace ni pour moi-même, ni pour l'autre, ni pour le groupe (au sens même de l'espèce) auquel j'appartiens. Je suis libre, je suis un, je suis un individu avec ma peau pour seule limitation de mon pouvoir physique, et avec l'univers comme champ de ma pensée. De bonnes mœurs, je suis capable de constituer le groupe, sans m'y fondre, sans y disparaître et pourtant en lui apportant toute ma richesse personnelle. Celle-ci est unique comme est unique l'apport de chacun et, conscient de mon existence, je puis recevoir ce don de la richesse de l'autre et des autres. Mon progrès sera le progrès du groupe, comme l'est le progrès de chacun et réciproquement. Libre et de bonnes mœurs, est finalement ma déclaration d'appartenance, l'affirmation de "mon respect", du respect de l'autre et des autres. Les "bonnes mœurs" exprimant alors que je suis capable d'accepter la règle d'appartenance. "Libre et de bonnes mœurs", tout l'être est là. Comme si l'application d'une réflexion sur ces termes ne pouvait que conduire à la réinvention. Mais revenons-en à cette déclaration d'être "né libre et de bonnes mœurs". Deux termes, en apparence parfaitement contradictoires. D'une part, la liberté, c'est-à-dire la propriété reconnue à tous les êtres de se déplacer sans aucun interdit dans les univers matériels, intellectuels et affectifs de leur choix. D'autre part, les bonnes mœurs, c'est-à-dire la reconnaissance de la qualité "d'être social" (où l'être n'est pas à confondre avec "être", le verbe de l'affirmation de soi).ce qui fait une société d'êtres et, ensuite, de son devenir aussi bien proche que lointain. Reconnais-moi, reconnaissez-moi comme ton, votre frère, votre autre, complètement identique et pourtant totalement différent : comme chacun, véritablement unique et véritablement ton, votre, semblable au point de pouvoir se dire :"je suis une partie du Tout mais je suis le Tout partout où je suis.""Libre et de bonnes mœurs", la déclaration d'existence de l'humanité. L’on dit que le Maçon doit être un homme libre et de bonnes mœurs. C’est là une condition indispensable pour pouvoir aspirer à entrer dans l’Ordre et sans laquelle personne n’y serait admis. La Liberté, à son plus haut niveau, est identique à la Suprême Identité, à cette libération de toute sorte de conditionnement qui est le but ultime de nos travaux et dont la liberté individuelle n’est que le reflet ; et les bonnes mœurs ne font pas référence à la moralité, toujours fluctuante, et encore moins au moralisme religieux ou au comportement politiquement correct, sinon à certaines normes que leur nature supra-humaine fait immutables. La Franc-maçonnerie a toujours respecté la liberté de pensée et d’opinion. L’engagement libéral de l’Ordre, qui lui a si souvent valu d’être persécuté, est le dénominateur commun de son histoire. Chaque frère est libre de penser ce qu’il veut, de souscrire à un courant politique ou s’en abstenir, d’appartenir à une religion déterminée ou n’être d’aucune ; cela dans les limites imposées par le bon sens et la Justice, conforme à l’ordre auquel doit aspirer tout vrai maçon. Néanmoins, les anciens us et coutumes enseignent également que les frères maçons doivent s’abstenir, lors de leurs réunions, de traiter des sujets profanes et tout particulièrement de discuter religion et politique. Car les thèmes que l’Ordre propose de travailler en Loge sont d’un autre plan et parce que ce genre de discussion, se rapportant au niveau le plus bas, conduirait irrémédiablement à la division des frères et fomenterait la désunion. « C’est la démarche libre d’un homme libre »

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par T\ O\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 novembre 2013 1 25 /11 /Nov /2013 07:03

N’entre pas en maçonnerie qui veut ; il faut y être admis.
Un des critères d’admission est que le candidat soit « Libre et de bonnes mœurs ».
Si j’ai voulu traiter de ce sujet, c’est que m’est apparu, qu’une fois admis au sein de la loge, si le maçon se targuait d’être « libre dans une loge libre », on n’entendait plus parler de ses « bonnes mœurs ». Comme les métaux, les maçons laisseraient-ils leurs « bonnes mœurs » à l’entrée du temple ?
Sur les tout premiers textes de la maçonnerie opérative, il était noté qu’un maçon devait être « né libre et de bonnes humeurs ».
Les humeurs, pour la médecine antique, c’étaient les liquides du corps. Dans cette théorie, la santé (de l'esprit ou du corps) varie en fonction de l'équilibre des quatre humeurs :
- la pituite ou flegme ou lymphe : elle est rattachée au cerveau, elle apporte le caractère lymphatique,
- la bile noire ou atrabile, venant de la rate, donne le caractère mélancolique,
- le sang, qui est produit par le foie et reçu par le cœur : il donne le caractère sanguin, jovial, chaleureux ;
- la bile jaune : venant également du foie, elle procure le caractère bilieux, c'est-à-dire anxieux,
Ces humeurs correspondent aux quatre éléments, eux-mêmes caractérisés par leurs propres qualités : la terre (c’est le froid), l’eau (c’est l’humide), l’air (c’est le chaud) et le feu (c’est le sec).
Selon leur prédominance, ces éléments vont déterminer les quatre tempéraments fondamentaux :
· Le flegmatique (froid et humide), se dit de l'homme calme et imperturbable, qui garde son sang-froid,
· l'atrabilaire (froid et sec), se dit de celui qu'une bile noire rend triste et chagrin,
· le sanguin (chaud et humide), celui en qui le sang prédomine sur les autres humeurs, il est d'humeur gaie,
· le bilieux (chaud et sec), est enclin à la colère »[].

Être « de bonnes humeurs », voilà une astucieuse façon indirecte, habile, d’exiger une bonne santé physique des maçons opératifs afin qu’ils puissent travailler sur les chantiers.
Avec le symbolisme, le mot « humeurs » sera remplacé par « renom » : Libre et de bon renom.
Enfin, pour insister sur les valeurs morales, « renom » cèdera la place à « mœurs ».

La Franc-Maçonnerie s’implante en France autour de 1725.
Le Grand Orient de France institue le Rite Français et l’imprime sous la forme d’un recueil intitulé « Le Régulateur du Maçon », qui sera en vigueur entre 1783 et 1801. Dans ses préalables, il précise :
« Nul profane ne peut être admis avant l’âge de vingt et un ans, il doit être de condition libre et non servile, et maître de sa personne. […] On ne doit recevoir aucun homme professant un état vil et abject. » À l’époque du Régulateur, l’esclavage existe encore. L’esclave est, par définition, celui qui ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre, le maître ; l’esclave est privé de droit. Pas question d’admettre en loge un esclave. À cette époque, même un domestique ne peut être reçu qu’au titre de « Frère servant ». Il est aussi précisé que « Rarement on admettra un artisan », que « jamais on n’admettra les ouvriers ».
Dans le Recueil Précieux de la Maçonnerie Adonhiramite de 1786, nous lisons :
- Que fait-on à la loge de Saint-Jean ?
- On y élève des Temples à la vertu et l’on y creuse des cachots pour les vices.
- Dites-moi ce que c’est qu’un maçon ?
- C’est un homme libre, fidèle aux lois, le frère et l’ami des hommes vertueux.
Au 18ème siècle étaient exclus de la franc-maçonnerie :
les esclaves, les borgnes, les bossus, les boiteux, les domestiques, les employés,
les juifs (pour le motif d’incompatibilité de religion), les comédiens (parce qu’ils faisaient un métier immoral), … et bien entendu les femmes.

Dans une instruction du Rite écossais Ancien et Accepté de 1875, on peut lire :
- Qu’a-t-on exigé de vous pour vous faire maçon ?
- Que je fusse libre et de bonnes mœurs.
- Comment libre ? […]
- […] tout homme est libre, mais il peut être soumis à des empêchements sociaux qui le privent momentanément d’une partie de sa liberté, et d’un autre côté, il ne tombe que trop souvent dans l’esclavage de ses passions ou des préjugés de son enfance ou de son éducation, et c’est de ce joug surtout que tout néophyte doit être affranchi. […]
Nous avons là une première indication de ce que pourraient être des critères moraux de sélection. Ce qui ne nous dit cependant pas par quels moyens on pourrait les éprouver…
La notion de bonnes mœurs varie avec le temps et l’espace où elle est appliquée.
Ainsi l’avortement, crime abominable, est devenu légal. De même, l’homosexualité, bannie au début du XXème Siècle, est aujourd’hui entrée dans nos tolérances avec les lois concernant le PACS. Elle fait partie des mœurs de ce nouveau siècle ; aujourd’hui les homosexuels ne sont plus mis en marge de la société, même s’ils ne peuvent pas encore se tenir par la main dans la rue sans se faire agresser.
Les bonnes mœurs ne sont ni universelles et ni intemporelles. Les règles morales de la société, tel le balancier d’une horloge, font des allers et retours entre permissivité et répression. Nous faisons cependant le parallèle entre : « Libre et de bonne mœurs » et « Droits et devoirs » : « Être libre » semble être du domaine des droits ; « De bonne mœurs » nous apparaît comme étant du domaine des devoirs. Tout comme « Droits et devoirs » ne peuvent pas être dissociés, « libre et de bonnes mœurs » ne pourraient pas l’être non plus.
Mais qu’est-ce qu’être libre ?
La notion de liberté est d’émergence tardive.
Dans l’antiquité, on ne s'interrogeait pas pour savoir si l'individu pouvait disposer de son agir. Eleutheria, le mot grec qui désignait la liberté, avait un sens purement juridique : il désignait d’une part la condition de l'homme libre - opposée à celle d'esclave -, d’autre part celle de l'indépendance politique de l’état.
C’est épictète qui reconnaît à l’homme le pouvoir d’échapper à toute contrainte qui pèserait sur ses décisions, pouvoir qui repose sur la liberté intérieure de jugement. En effet, l’homme, même menacé, peut dépasser sa peur pour agir selon sa conscience, en toute liberté.
Au moyen-âge, on parle de « libre-arbitre ». L’homme est libre parce qu’il peut choisir.
Sous l’influence des philosophes, la liberté est devenue un état naturel, caractéristique et constitutif d’une essence universelle : l’humanité. Cependant, si théoriquement tous les hommes sont libres, juridiquement certains ne l’étaient toujours pas : les esclaves, les étrangers, les handicapés, les juifs, les femmes, etc. ; ici la non-liberté n’est pas une privation de la liberté, mais une aliénation, c’est-à-dire une incapacité à user de sa Raison.
Pour les philosophes, la liberté est une notion métaphysique et morale : on ne naît pas libre, mais apte à le devenir ; c’est la conquête morale de son autonomie qui conduit l’homme à la liberté. Pour la psychanalyse, l’homme n’est pas libre, il est assujetti au signifiant. Certes il n’est pas prédéterminé par les signifiants maîtres, mais surdéterminé : c’est-à-dire que si les grandes lignes de sa vie sont tracées dès l’enfance, il lui reste quand même quelques marges de manœuvre, donc de responsabilité. En maçonnerie, « libre » se traduit souvent par « franc », afin d’insister sur le sens d’ « affranchi ». Être libre, c’est en premier lieu avoir une totale liberté de choix, sans subir de domination arbitraire. Cette liberté nous permet de décider et implique la possibilité de refuser. Nous sommes libres de prendre ou non notre engagement de maçon. Cette vraie liberté, celle de la conscience, s’acquiert par la volonté, et se conserve par la persévérance.
« Un maçon libre dans une loge libre », c’est le principe essentiel de l’Ordre Maçonnique tout entier. C’est pourquoi il faut être majeur pour devenir maçon.
Mais comment s’assurer de la non-aliénation de quelqu’un, de sa santé mentale ? La question n’est pas anodine, j’ai récemment croisé deux maçons pervers (au sens nosographique). Que sont les mœurs ? C’est d’une part les habitudes de vie, c’est-à-dire les coutumes et usages du double point de vue collectif et individuel, et d’autre part les habitudes (d’une société, d’un individu) relatives à la pratique du bien et du mal.
Il s'agit d'une notion juridique ; en effet, on en trouve trace dans le droit romain : à Rome, les boni mores, c’est l’ensemble de principes impératifs de conduite se rattachant au droit.
Cette notion a été par la suite introduite dans le droit canonique après que les moralistes chrétiens l'aient reprise à leur compte. Ainsi, au Moyen-Âge, le droit canonique exigeait des clercs qu'ils aient de bonnes mœurs ; par exemple, dans les statuts établis par l'archevêque de Toulouse pour son diocèse en 1452, on trouve des prescriptions concernant la tenue morale exigée des clercs : obligation du célibat, de se vêtir convenablement, de ne pas porter la barbe, de ne pas s'enivrer, de ne pas porter d'armes.
Le premier statut des fonctionnaires, édicté sous Vichy, prévoyait que le candidat fonctionnaire devait « présenter des garanties de moralité et de bonne tenue ». Pour entrer dans la fonction publique, il fallait avoir une « bonne moralité ». La police mène des « enquêtes de moralité », l'administration pouvant écarter les candidats du fait de leur attitude scandaleuse, ou de leur inconduite notoire, ou en raison de relations compromettantes ou de manquements à l'honnêteté. Si la notion de « bonnes mœurs » appartient au lexique et au champ sémantique du droit, le droit n'en est pas moins incapable de définir cette notion. La référence aux bonnes mœurs est présente dans le code civil dès l'article 6, qui dispose qu'"on ne peut déroger, par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l'ordre public et les bonnes mœurs" ; on la trouve ensuite dans le droit des successions, dans le droit des contrats, et encore à propos du contrat de mariage.
Dans l’ancien code pénal, les « attentats aux mœurs » sont constitués de « l'outrage public à la pudeur », « l'attentat à la pudeur », « le viol », « le proxénétisme », « l'excitation à la débauche », « la corruption de mineurs », mais aussi « l'outrage aux bonnes mœurs par la voie de la presse et du livre ». Ainsi, le Droit ne définit jamais ce que sont les « bonnes mœurs », il renvoie aux comportements collectifs ou individuels qui sont conformes à la morale sociale, c’est-à-dire à la conception établie, dominante, du bien et du mal. La qualification des mœurs est donc de nature morale ou religieuse, et non juridique, et basée sur la notion fluctuante de la normalité. En 1992, le nouveau code pénal a supprimé « l'outrage aux bonnes mœurs » : la moralité en tant que composante de l'ordre public s'est muée en « atteinte à la dignité de la personne humaine ». Dans tous les cas, il s’agit d’une violation des tabous sociaux, de valeurs morales intangibles. Cependant, toujours en 1992 - il y a 18 ans -, le nouveau Code pénal a aussi remplacé la notion de « Bonnes Mœurs » par celle de « décence ». Pour un juge, la décence correspond à la « prise en compte de toutes les manifestations d'opinions […] permettant […] de déterminer le niveau moyen des mœurs actuelles ».
Rappelons que les Francs-Maçons ont milité à l’extérieur du temple pour le Planning Familial, et ce dans une période où cette revendication apparaissait immorale, et contraire aux « bonnes mœurs ».
Revenons à la vertu, cette force avec laquelle l’homme tend au bien, cette force morale appliquée à suivre la règle et la loi morale définie par la société voire la religion.
Si les « bonnes mœurs » étaient conformes à la vertu, l’homme de « mauvaises mœurs » -notre Vénérable Maître me le rappelait l’autre jour - c’était le libertin, c’est-à-dire celui qui ne suivait pas les lois de la religion au niveau des croyances et/ou des pratiques… en somme un incrédule, un impie, un irréligieux, un libre penseur, un contestataire, un anarchiste…
Alors, que penser aujourd’hui de ce préalable à l’initiation à la GLMU :
« être libre, de bonnes mœurs et de probité reconnue », la probité étant cette « droiture de
cœur qui porte à l'observationscrupuleuse des règles de la morale sociale et des devoirs imposés par la justice ». Que signifie de devoir fournir un extrait de casier judiciaire, et de plus de devoir « affirmer sur l’honneur […] n’avoir jamais encouru de condamnations, mêmes prononcées avec sursis ou amnistiées » ? La question de départ pourrait se renverser ainsi : « Faut-il être libre et de bonnes mœurs pour pouvoir entrer en maçonnerie », ou alors « Devient-on libre et de bonnes mœurs une fois devenu maçon » ?
La Franc-Maçonnerie ne devrait-elle pas non s’ériger en gardienne discriminante des « bonnes mœurs » mais se faire le miroir dans lequel le maçon peut et doit sans cesse se regarder pour s’assurer qu’il s’efforce d’être un humaniste, non pas accompli, mais toujours en voie d’accomplissement.
Cette question s’actualise pour le compagnon que je suis dans le cadre de visites à des loges éloignées. L’actualité de la mixité des obédiences fait émerger des questionnements et des prises de position qui ne peuvent que nous émouvoir.
Tel ce frère qui s’interroge sur les critères d’admission des femmes à l’entrée au G.O. ; il reconnaîtra très vite qu’il n’y a pas à mettre en œuvre de discrimination positive pour faciliter la mixité.
Ou encore cette loge mixte du bord du golfe, mais à majorité féminine, qui accepte l’admission d’un homme dont les enquêtes et le passage sous le bandeau ont révélé qu’il est raciste et homophobe.
Au terme de cette planche, la question reste pour moi entière des critères d’admission à l’entrée des loges, et aussi de leur mise en œuvre.
Cependant, je crains que la référence obsolète aux « bonnes mœurs » dans notre rituel ne contribue pas à favoriser un dynamisme innovant au sein de nos loges.
Si nous n’y prenons pas garde, dans quelques temps, nos loges ne seraient plus réputées pour leurs « lacs d’amour », mais pour leur « look Damart ».

Source : www.ledifice.net

Par É\ F\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 22 novembre 2013 5 22 /11 /Nov /2013 06:54

Ces quelques pages, qui constituent une retouche de l'étude que nous écrivîmes il y a une vingtaine d'années, nous furent suggérées par l'étude approfondie de l'hermétisme, de la théosophie et du spiritisme, par la lecture attentive de divers ouvrages d'occultisme, tant anciens que modernes. Il convient de dire tout d'abord que beaucoup de ces livres offrent de l'intérêt et sont empreints d'originalité, mais que la plupart se répètent l'un l'autre et, pour le meilleur, se contentent de suivre les idées émises par quelques maîtres : Pythagore, Plotin, Geber, Raymond Lulle, Roger Bacon, Arnauld de Villeneuve, Agrippa, Cardan, Fludd, Khunrath, Paracelse, Fabre d'olivet et, parmi les contemporains, Eliphas Lévi, Stanislas de Guaita, F. Ch. Barlet, St Yves d'Alveydre, pour ne citer que les auteurs généraux.

Mais, nonobstant l'intérêt qui s'attache à ces œuvres, de grandes réserves nous paraissent devoir s'imposer. Nous nous permettons de les formuler très franchement, dans le seul but de contribuer à l'édification réellement positive et scientifique de la philosophie hermétique.

Les occultistes, et nous entendons par ce vocable les tenants de toutes les écoles ésotériques, suivent aveuglément les données de la Tradition hermétique, sauf quelques rares exceptions. Ils y croient, ils ont la foi. Pourtant rien n'est plus sujet à caution et à erreur qu'une tradition qu'il faut, sans cesse, rectifier et épurer, car une tradition est faite des croyances et des théories, des légendes et des fables, des phénomènes constatés et de la crédulité superstitieuse, successives et entremêlées de tous ses fidèles, de tous ses théoriciens, de tous ses commentateurs, depuis les origines de ladite tradition, à laquelle il n'est point possible de fixer un début réellement connu selon les normes de l'histoire positive. On doit donc sans cesse trier les faits et les systèmes, les sérier, en séparer l'erreur de la vérité expérimentale et rationnelle.

La Tradition est un bloc ; il n'en va pas de même de la recherche scientifique qui ne s'atteint que par un délicat tâtonnement. 
La Tradition ésotérique, en particulier, est constituée par les croyances religieuses, philosophiques, et aussi par les doctrines scientifiques mais le plus souvent magiques des anciens Egyptiens, des Chaldéens, des Phéniciens, des Perses, des Indous, des Grecs, des Gnostiques, des Arabes. Elle est touffue, et les textes qui nous sont parvenus ont été rédigés ou compilés par des écrivains, en général, d'un esprit assez médiocre. Un grand nombre de ces textes sont apocryphes, faussement attribués à des auteurs célèbres, à des philosophes de l'antiquité, alors qu'en réalité nous possédons bien peu d'écrits de ces penseurs qui soient réellement authentiques. 
Une foule d'erreurs, nombreuses et inévitables, se trouvent donc associées à ce que l'on a pu découvrir et observer d'exact durant une succession de siècles, toute une mythologie est mariée à l'étude parfois rudimentaire et puérile de la Nature. Quelle prudence il faut apporter au dépouillement de telles archives ! Quelle circonspection, quelle subtilité de critique et d'analyse il faut apporter dans l'étude des livres Sacrés, des recueils qui constituent les sources connues de la Tradition : livres hermétiques, papyrus de l'Égypte, Zend Avesta, Védas, Pouranas, Genèse, Bibles, ouvrages de l'Ecole d'Alexandrie, Zohar, Sepher Ietsirah, etc..., livres tronqués, remaniés, compilés, incertains, qu'une exégèse sérieuse n'ose plus guère défendre et qui reflètent, avant tout, les idées qui avaient cours à leur époque. Or, que voyons-nous ? La plupart des occultistes donnent comme absolument certaines les hypothèses qu'ils retracent de la science dite occulte ; ils font presque dogmatisme de cette connaissance complexe qui se continua, en somme, jadis, alors qu'on ne possédait guère de notions précises sur le monde, la cosmologie, l'histoire naturelle, la physique, la chimie.

Ces occultistes trop zélés et auxquels une souple critique fait défaut, semblent ainsi légitimer toutes les théories surannées et fausses d'une science rudimentaire, science fétichiste, plus mythologique et légendaire, plus fabuleuse que positive, rationnelle et expérimentale.
Prenant tout à la lettre, ils ne savent, pas plus que les auteurs qu'ils admirent les yeux fermés, découvrir sous les symboles, sous les allégories, une vérité qui te cache aux yeux des profanes. 
Les occultistes intelligents croient-ils, par exemple, que les opérations magiques d'incantations, d'évocations, de mythologie, enseignées dans les ouvrages des hermétistes soient exactes ? N'était-ce point là des Illusions, des suggestions absurdes, grossières, que nous avons écartées sans retour par l'esprit d'analyse et de raison froide ?

Cette insuffisance d'analyse, cette crédulité véritablement inexcusable, ne constitue-t-elle point un défaut certain et grave, imputable, grossomodoaux diverses écoles d'occultisme et de théosophie modernes. 
Les occultistes décrivent, par exemple, sans la moindre hésitation, sans la plus légère objection, sans le plus petit doute : les systèmes antiques des trois mondes au plans, la chute de l'humanité et son salut par l'intervention de Messies qui sont des demi-dieux, les doctrines religieuses et métaphysiques de la Kabbale, de la Gnose, etc. qu'ils expriment littéralement, au lieu de chercher à percer le sens métaphysique, unitaire et synthétique de ces interprétations de la mathématique du Cosmos. Ils affirment l'existence des élémentaux, des habitants divers de « l'astral », la réalité de la magie cérémonielle ; ils rapportent l'histoire des races humaines et de la terre suivant Fabre d'olivet, dont l'imagination suppléait au manque de connaissances historiques. Tout cela est, certes, très curieux, très amusant, mais ne pense-t-on point qu'aujourd'hui, il serait nécessaire de démontrer, de prouver ces hypothèses au lieu de se contenter de les affirmer d'après la tradition ésotérique, d'après les vieux livres des hermétistes de l'Egypte, de la Chaldée, de la Grèce, de la Judée, lesquels, répétons-le, n'avaient point puisé aux sources les plus pures et se contentaient de colporter des récits ou des fables, simple reflet de la croyance moyenne de leur époque.

Pouvons-nous, maintenant, nous contenter de ces simples affirmations doctrinales et autoritaires ? Le magister dixit n'a plus de valeur. La science moderne veut, à bon droit, plus de rigueur ; elle exige des faits et non point des hypothèses préconçues ; elle est positive, expérimentale, toujours relative, c'est-à-dire qu'elle ne prétend jamais formuler l'absolu, parce que l'Univers étant sorti de l'infini, ses possibilités sont sans fin et que vouloir les fixer est une inconcevable absurdité.
Ne vaudrait-il donc pas mieux, à présent, vérifier les conjectures, les hypothèses de la science dite occulte, au moyen des procédés inflexibles et rigoureux que nous apporte la méthode expérimentale, sans pour cela abandonner les grandes hypothèses de la philosophie hermétique ? 
Les groupes occultistes, théosophiques, spirites ne pensent-ils point que c'est nuire gravement au triomphe de l'hermétisme qui est à la base de toutes ces écoles que de les présenter en bloc comme le système du vrai intégral, alors qu'aucune expérience indiscutable ne vient prouver, par exemple, jusqu'ici, l'existence des élémentaux, la réalité des réincarnations conscientes, des phénomènes appelés d'ailleurs à tort magiques, tels que les phénomènes du fakirisme, des voyages en astral contés dans les ouvrages théosophiques ?

Ces constructions ou ces affabulations intellectuelles ou sentimentales ne peuvent être considérées que sous le point de vue dubitatif. Un contrôle très sévère s'imposerait. 
Il fut peut-être utile jadis il y a 50, 30, 20 ans de suivre cette voie d'affirmation à priori pour amener le public et les chercheurs à s'occuper des phénomènes « occultes » ou « psychiques », pour reconstituer les bases de l'hermétisme, de l'astrologie, de l'alchimie, du, magnétisme, pour faire connaître les ouvrages anciens, la vieille synthèse, pour vulgariser, en un mot, les grandes lignes de ce respectable savoir. 
Allan Kardec, Eliphas Lévi, Papus, Guaita, pour ne citer que les noms les plus typiques, jouèrent ce rôle nécessaire jusqu'en 1890. On peut dire qu'ils exhumèrent l'ensemble de la vieille tradition spiritualiste et qu'ils attirèrent sur elle l'attention d'une foule de chercheurs, qu'ils la galvanisèrent et, pour tout dire, la vulgarisèrent, parfois un peu grossièrement si nous en exceptons Guaita qui fut toujours un aristocrate.

Aujourd'hui, il n'en va plus de même et ce serait un signe de paresse mentale que d'adhérer pleinement à un syncrétisme assez peu ordonné et d'un abord vraiment trop facile. 
Les esprits sont fixés sur les faits psychiques, occultes, spirites, magnétiques, hypnotiques, sur la part de science que recélaient les traditions d'un ésotérisme généralement de seconde main, dont on a, du reste, beaucoup exagéré la valeur parfois, ce qui explique la méfiance que lui témoigne la plupart des savants et des philosophes contemporains qui jugent l'hermétisme d'après les publications souvent bien médiocres d'hier.

La science doit aborder ces problèmes avec une méthode rigoureuse et impartiale. L'astrologie, l'alchimie, la médecine spagirique, les arts divinatoires, la magie considérée comme la science des forces inconnues de la Nature sont étudiés, à l'heure présente, par un certain nombre de savants indépendants, d'une façon encore rudimentaire, certes, mais nettement positive c'est-à-dire faisant appel à l'expérience, en même temps qu'à la spéculation la plus libre. 
Cette méthode seule peut donner un résultat pratique; seule la vérification progressive des principes, des lois, des faits de l'Hermétisme, tenus comme les hypothèses les plus probantes qui se présentent à notre esprit, seul cet examen minutieux nous permettra d'édifier peu à peu la synthèse la plus belle, la plus vaste et la plus exacte de nos connaissances, parce qu'elle unit l'induction à la déduction, le particulier à l'universel, la raison à l’intuition, la théodicée à la Nature, l'expérience à l'intelligence, sans jamais isoler des contraires indispensables à l'équilibre d'un savoir non artificiel mais vivant.

Certes, il y a tout lieu de penser que la philosophie hermétique (constituée peut-être dans les temps très lointains par des races très savantes, très évoluées, très synthétiques, races disparues et qui léguèrent leurs sciences déjà amoindries à d'autres races plus jeunes) possède un grand fond d'exactitude, qu'elle contient en germes les découvertes ou, « redécouvertes » les plus sensationnelles. Mais de là à assurer que « l'occultisme » est vrai tel qu'il nous a été transmis par les Egyptiens, les Chaldéens, les Kabbalistes, les Gnostiques, etc. qu'il n'y aurait rien à rectifier; qu'il serait, comme on se l'imagine, la Science de l'Absolu, la Science de la vie ou de la mort, il y a un, abîme, et cet abîme, il ne faut pas le franchir.

Etudions loyalement, froidement et sans dogmatiser, contrôlons toujours avant de rien affirmer.
Plutôt que d'assurer sans preuve la réalité objective de la magie cérémonielle, que de définir l'existence, la classification, le nombre exact d'élémentaux, l'enchaînement des plans du monde, le passé et l'avenir des âmes, la topographie de l'au-delà; plutôt que de prêter aux voyants la connaissance exacte de l'invisible, d'accepter comme le fit le Docteur Rozier l'existence réelle des fées, que d'accorder aux Maîtres inconnus, aux mahatmas fabuleux, la puissance de vivre sur deux plans et de ressusciter les morts, etc. tenons toutes ces choses pour incertaines et possibles à la rigueur, mais considérons les avant tout pour ce qu'elles sont c'est-à-dire pour des intuitions poétiques, des pressentiments de la fécondité déconcertante de la Nature, pour de vastes symboles, enfin, traduisant en images le langage mystérieux d'un Univers sans borne.

Ce n'est que par une étude minutieuse et sincère de l'occultisme que l'on arrivera à retenir, l'attention des esprits graves sur cet ordre d'idées, le plus important qui soit, et que l'on parviendra à un résultat satisfaisant et utile à l'avancement des connaissances humaines. 
Il ne doit plus s'agir d'élever à priori un système d'autorité, arbitraire et fantastique, un système cosmologique construit par l'imagination, une gnose artificielle plus ou moins philosophique et mystique, ni plus ni moins vraie que les autres philosophies, d'Aristote à Bergson. Il s'agit, au contraire, d’établir a posteriori en nous guidant d'après les principes directeurs du véritable hermétisme, qui n'est autre que la géométrie de l'Univers et de la haute mathématique de l'Eternel, la Synthèse aussi exacte que possible de ce que nous pouvons savoir du monde où nous vivons et du monde infiniment plus vaste qui nous enveloppe, qui est le prolongement de notre minuscule sphéroïde.

  

Source : www.ledifice.net

Par J\ C\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 novembre 2013 4 21 /11 /Nov /2013 07:01

    


Il y a différentes formes d’égalité relatives aux personnes et aux situations sociales concernées.
Notre Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN affirme l’égalité de l’homme et de la femme -
NOUS Francs Maçons du Droit Humain - nous devons toujours avoir à l’esprit que les fondateurs d’un ordre Maçonnique Mixte et international en 1893, Maria Deraismes et Georges Martin, osaient poser à l’époque la femme comme l’égale de l’homme, en droits et en devoirs !
Ce pari lancé était formidable car l’égalité des droits entre les hommes et les femmes n’existait pas du tout dans le monde profane d’alors.
Mais plus d’un siècle a passé et l’affirmation de l’égalité fondamentale des hommes et des femmes interpelle toujours les citoyens que nous sommes.
De même, l’égalité des chances fait appel à l’idée que toutes personnes devraient être dans les mêmes conditions pour se lancer dans la vie.
Il est constaté encore à l’heure actuelle que les femmes - à diplômes égaux - reconnaissent que leur parcours professionnel n’est pas identique à celui des hommes et beaucoup plus difficile… car bien souvent les dirigeants laissent moins de liberté aux femmes dans leurs actions.
Historiquement un des combats très marquant dans ce sens a été l’abolition des privilèges avec la révolution française de 1789.
Pour les révolutionnaires l’égalité ne devait pas être une idée abstraite mais une valeur très réelle.
Une des grandes préoccupations du peuple était de « poser les bases d’une juste répartition de l’impôt entre tous les citoyens…… »
Ce « fardeau » de l’inégalité des impôts on le retrouve dans la traditionnelle figure de rhétorique se matérialisant dans une image très populaire au début de la révolution sous la forme d’une grosse pierre de « l’impôt territorial » et des sacs d’or de la « dette nationale » devenue commune à tous.
Ce fardeau semble moins lourd quand il est supporté par tous……
Puis des images allégoriques vont se développer dans la France révolutionnaire et en 1792 devenir républicaine.
La liberté va en être la figure dominante avec la Marianne qui en est son héritière directe, elle symbolise très rapidement avec son bonnet phrygien et ses faisceaux la nation et son régime républicain.
Pouvait-on y voir que ce symbole féminin présenté dans toute la France devenait enfin une représentation féminine ?
Le déroulement de l’histoire nous démontrera qu’il nous a fallu encore quelques révolutions pour exister en tant que telle……!
Mais on va trouver dans l’iconographie révolutionnaire des figures égalitaires, notamment quelques symboles reconnaissables :
- un premier va représenter une déesse qui tient dans sa main droite
Le niveau du maçon, l’instrument qui garantit la bonne EGALITE des murs les plus solides ;
- un second est le triangle, bien sûr aux 3 côtés égaux ;
- le troisième symbole est filial : les enfants de cette déesse, qu’ils soient blancs, noirs, pauvres ou riches, mais ils sont représentés le plus souvent par des garçons, l’égalité des filles n’est pas encore entrée dans une quelconque représentation……..!

TOUT EST SYMBOLE
En franc-maçonnerie ce mot EGALITE est un usage très courant.
Il fait partie des bases fondamentales de notre Ordre, nous l’invoquons haut et fort quand nous ouvrons et fermons nos travaux en loge, lorsque nous épelons cette devise fondamentale :
« LIBERTE EGALITE FRATERNITE »
Si l’on recherche
- car nous les hommes et les femmes qui composent le Droit Humain sommes des cherchants - en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous on trouvera de tous temps qu’il s’est toujours réduit à 2 objets principaux « LIBERTE EGALITE »
Mais quelle LIBERTE - quelle EGALITE ?
N’est-elle pas belle cette grande déclaration des droits de l’homme :
« LES HOMMES NAISSENT LIBRES ET EGAUX EN DROITS »
Ce petit « et » n’est-il pas très important de joindre liberté et
Égalité En fait, je vous avouerais qu’en voulant parler ce soir d’EGALITE j’ai eu beaucoup de mal à la dissocier de la liberté et de la fraternité.
Car même si nous naissons libres et égaux en droits et en dignité, nous ne pouvons pas agir sans l’esprit de FRATERNITE
De tous temps nous n’avons pas connu une vraie société égalitaire,
Même que puissent être proclamées des institutions et des lois.
De grandes inégalités sont toujours présentes que ce soient les droits,
Les revenus, les origines, l’éducation et le logement….!
Même les mouvements bénévoles, comme les associations, qui reposent bien souvent sur le travail des femmes, la domination masculine est évidente

TOUT EST SYMBOLE
Pour les francs-maçons que nous sommes l’égalité nous semble évidente dès que nous sommes initiés.
Nous devons déposer nos métaux à la porte du temple et celle-ci se confirme par l’égalité morale de tous les membres présents :
Hommes - femmes - jeunes ou vieux de la loge.
Nous devons perpétrer cette « mise à niveau » qui se déclenche dès le cabinet de réflexion ; Nous devons toujours travailler à partir des mêmes enseignements, ceux de la tradition maçonnique dans le respect à la fois de notre propre individualité et celle des autres membres de notre loge.
NOUS DEVONS ETRE ET DEMEURES EGAUX EGALITE DES CHANCES :
Cette idée très généreuse d’égalité des chances, guidée par l’aspiration à plus de justice, devrait toujours demeurer ponctuelle , notamment par rapport à l’égalité en droits.
Car sans l’égalité en droits, la fraternité sociale - dont peut se réclamer l’égalité des chances - deviendrait une charité sélective.
N’est-ce pas là un piège cette égalité des chances ?
Les institutions qui sont conduites à instaurer des mécanismes de compensation, parfois de prévention, ne provoquent-elles pas les plus flagrantes inégalités sociales ?
Elles doivent faire accepter qu’on donne plus à certains qu’à d’autres.
Quelle égalité des chances qui modifie en outre ces bornes de l’égalité en désignant ceux qui doivent en être les bénéficiaires ?
EGALITE - PARITE
Pour les femmes cette égalité des chances a évolué très doucement.
Que de mouvement a-t-il fallu pour enfin voir apparaître une « parité » des sexes.
Pour enfin voir la présence des femmes parmi les candidats à des élections, une loi sur la parité a du être votée.
On peut voir aussi depuis plusieurs années des femmes à des postes de direction dans les entreprises……!
Une neurobiologiste, Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur, déclare dans ses écrits « que les hommes et les femmes ont le même cerveau, même si certains en doutent encore, tout est affaire d’empreinte culturelle ; sous les crânes comme ailleurs ».
Elle signale aussi que les différences cérébrales entre individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles l’emportent sur les différences entre hommes et femmes.
Doit-on en conclure que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » ?
J’espère que je ne serai pas décapitée en sortant du temple ce soir ; car Olympe de Couges le fut en 1793 Lorsqu’elle osa écrire, entre autres cette phrase , dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
Ce qui m’amène à poser cette question primordiale aussi :
Sommes-nous tous égaux devant la mort ?
Je serai tentée de penser que NON car la mort est souvent bien différente à chacun : beaucoup de souffrances pour certains, imprévue pour d’autres : elle nous prend par surprise en nous enlevant un être cher, elle nous prive d’une personne à laquelle nous étions profondément attachés…….

TOUT EST SYMBOLE
LA MORT D’HIRAM - tué par 3 compagnons.
La mort que nous mimons lors de notre élévation à la maîtrise, se révèle tout à fait égale pour tous et toutes. Cette épreuve que nous subissons nous révèle la mort par l’obscurité, la solitude et l’inertie.
Cette descente aux enfers a pour but de purger notre subconscient et nous ramener à nos principes vitaux élémentaires.
Dès que nous retrouvons la lumière c’est la vie qui réapparaît et que les ténèbres où nous étions son contraire - donc la mort.
La tradition telle qu’elle nous est transmise par la F M au R E A et A est bien claire sur ce point en reprenant la même ambivalence : je cite « le principe conscient s’illumine sous la double influence du raisonnement SOLEIL et de l’imagination LUNE.
L’acacia symbole de la vie perpétuelle nous est connu dorénavant, car grâce à la branche d’acacia plantée sur la tombe d’Hiram des maîtres ont pu le retrouver, nous trouver, afin que nous devenions Maître Maçon, en passant de l’équerre au compas…….
Je souhaite très fort que nous les francs-maçons nous devions toujours faire en sorte de peser par notre humanisme à un accroissement de
LIBERTE D’EGALITE ET DE FRATERNITE POUR TOUS
EN RESPECTANT - POUR CHACUN ET CHACUNE SES SPECIFICITES.
« NOUS DEVONS SANS CESSE CONTINUER DE NOUS BATTRE AFIN DE NE LAISSER LE POUVOIR ET LA REVOLTE AUX
MONSTRES…! »
(déclaration d’un ancien président de la ligue des droits de l’homme….)

J’ai dit

Source : www.ledifice.net

Par R M - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 novembre 2013 3 20 /11 /Nov /2013 08:18

Le titre de cette planche : " LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE " peut poser quelques interrogations à certains de mes FF\ imprégnés du Rite Ecossais Rectifié car cette devise est d'abord celle de l'état Français, mais aussi elle a été reprise par toutes les obédiences françaises travaillant ou pas sous les auspices du GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS.
Pourtant en lisant des écrits sur la FM\, j'ai découvert que cette devise est due à un grand Franc-Maçon, ami de MARTINEZ DE PASQUALIS et Jean-Baptiste WILLERMOZ : Claude de SAINT-MARTIN dit " Le Philosophe inconnu " que nous trouvons au départ du Rite Ecossais Rectifié et membre de la STRICTE OBSERVANCE .
Je vais essayer de vous montrer que cette devise s'applique à toute FRANC-MACONNERIE et tout FRANC-MACON.

- LIBERTE -

Une des premières devises que j'ai appris en lisant ou en parlant avec des Francs-Maçons initiés, avant d'être moi-même initié, est : " LE MACON LIBRE DANS LA LOGE LIBRE ".
Le premier livre que nous prêtons au profane que nous cooptons est :
" QUI SOMMES -NOUS ? "
Le 2 octobre 1958, la GNLF OPERA publie son manifeste dont j'ai tiré un paragraphe. Je cite :
" Ces pénibles divergences sont dues à l'oubli du principe même de l'ordre maçonnique de ce que nous nommerons le Land Mark des Land Marks" 

- LE MACON LIBRE DANS LA LOGE LIBRE -

" La seule unité initiatique donc organique de la Franc-Maçonnerie étant la loge souveraine et indépendante composée de Frères eux-mêmes souverains et indépendants devant le seul jugement de leur propre conscience ".
Ceci n'est que la continuité des constitutions d'ANDERSON de 1723 :
- Les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et la Religion -. Je cite : " Un Maçon est obligé en vertu de son titre d'obéir à la loi morale et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin sans religion. Dans les anciens temps les Maçons étaient obligés dans chaque pays de professer la religion de leur Patrie ou Nation quelle qu'elle fût, mais aujourd'hui laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus approprié de les obliger seulement à suivre la Religion sur laquelle les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères, modestes et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué : D'où il s'ensuit que la maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ".
Lors de notre initiation, le Frère préparateur ne nous pose-t-il pas la question suivante ?
" Dites avec franchise, Monsieur, si vous êtes déterminé à être reçu Maçon par votre seule volonté ".
Je pourrais comme cela énumérer les 3/4 du rituel d'initiation car nous avons l'obsession de la LIBERTE.
Liberté de pensée, de croyance, d'idées politiques, puisque aucun de ces sujets ne peut être et ne doit être abordé en Loge. Cette obsession de liberté permet de penser que seul un homme libéré de toute contrainte ( la définition du petit Larousse : " Pouvoir agir sans contrainte " ) peut devenir Franc-Maçon.
Devenir Franc-Maçon doit venir du tréfonds de soi , de comprendre ses FF\, de comprendre que la Franche-Maçonnerie est individuelle.
Si, Les Francs-Maçons que nous sommes, ne nous améliorons pas, comment pourrons nous  améliorer l'Humanité, but final de la Franche-Maconnerie.
Il n'y a pas de discussion en Franche-Maçonnerie, chacun y fait sa planche, son travail individuel et les FF\ de la Loge y apportent leur pierre.
Cette façon de faire est la démocratie et la politique dans leur sens le plus profond si chacun respecte l'autre quel qu'il soit. Nous tendrons tous vers cette vérité que nous cherchons que jamais n'avons trouvé.
Il n'y a pas dans la Loge autre chose que des Frères. Il y a des Officiers dans le sens littéral du terme, qui tiennent un office, car nous sommes à la disposition de la Loge.
La loge choisit un Frère Maître pour la diriger car elle l'estime le plus apte à la diriger, de comprendre chaque Frère, de donner ou de poursuivre le travail de ses prédécesseurs, c'est à dire de créer ou de garder l'âme de la loge.
N'est-ce pas là, la plus belle des libertés : celle d'être seul et ensemble dans ce qui ne fait qu'un : LA LOGE, dans laquelle nous sommes venus volontairement.
JABES dit :  " Nous sommes notre vérité, c'est aussi notre commune liberté "
Cet acte  volontaire nous amène à faire un serment dont je cite un passage :
" Je promets de me soumettre aux lois de la Franche-Maçonnerie et d'obéir en ce qui concerne ses lois à ceux qui sont chargés de leur exécution, d'aimer tous mes Frères et de faire respecter et chérir l'ordre en pratiquant constamment, parmi les hommes les vertus qu'il exige ".
Finalement, nous ne sommes libres qu'en respectant nos règles et en étant comme il est dit à la disposition de la loge. La loge est l'espace de liberté où nous cherchons la vérité et la Lumière.
JABES dit encore : " Notre liberté ne serait-elle que l'éternelle perte de la liberté "

- EGALITE -

Je reprendrais les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et à la Religion dans les constitutions d'ANDERSON :
" D'où il s'ensuit que la Maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles ".
N'oublions pas que nous sommes en 1723. Il existait à l'époque 3 classes :
- La Noblesse
- Le Clergé
- Le Tiers Etat
Seuls les nobles portaient chapeaux et épées.
Souvenons-nous de notre initiation, nous venons de recevoir la Lumière ; Tous, mes FF\ nous avons reçu la Lumière. Tous, nous avons été initiés en passant par la chambre de préparation et nous sommes montés à l'Orient pour être revêtus des habits de l'Ordre : Le tablier d'apprenti, Les gants blancs.
Le Vénérable Maître continue en nous disant : " Je vous rends votre épée, je vous rends votre chapeau ".
Ce rituel date de 1782.
La Franc-Maçonnerie avait inventé l'égalité en la tirant vers le haut, le Clergé et le Tiers Etat montaient à égalité avec la Noblesse.
Aujourd'hui, les différences se sont estompées ou plutôt différenciées, nous sommes au règne de l'argent. Dans la Loge, nous nous dépouillons de nos métaux, nous sommes  tous des Francs-Maçons. Nous nous sommes aussi dépouillés de nos métaux spirituels, nous recherchons la Lumière.
Où se trouve la Lumière ? A L'ORIENT.
La charge de l'Orient devient lourde, souvenez-vous mes Frères de l'ouverture des travaux, le premier surveillant dit :  " Mes FF\, voici l'Orient, La Lumière commence à se répandre sur nos travaux. Soyons prêts à les continuer dés que nous en recevrons l'ordre et le pouvoir du Vénérable Maistre ".
Dans les autres obédiences, le Vénérable Maître est élu par l'ensemble de la loge. Dans notre obédience, le Vénérable Maître est choisi parmi les FF\ du 4° degré et par les FF\ du 4° degré, soit les Maîtres de Saint-André, puis élu par les FF\ de la Loge Bleue.
Dans tous les cas, le Vénérable Maître est un Frère de la Loge, qui dirige la Loge et qui deviendra un Maître de la Loge lorsque son Vénéralat sera terminé comme tout autre officier de la Loge.
L'Evangile selon Saint Mathieu a tout dit : " N'allez donc pas les craindre ! Non, rien ne se trouve voilé qui ne doive être dévoilé, rien de caché qui ne doive être connu. Ce Que je vous dis dans les ténèbres, dites le au grand jour et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez le sur les toits ".
Ce qu'un profane pourrait voir comme une inégalité est une égalité totale à partir du moment où la Loge travaille. Tous les FF\ sont apprentis au 1° degré, compagnon au 2° degré et Maistre au 3° degré.
Aujourd'Hui, Tenue au 1° degré symbolique, lorsque le Vénérable Maistre nous dit : " A l'ordre , mes Frères ", nous nous mettons tous à l'ordre d'apprenti.
En Franche Maçonnerie, tout est égalité.
L'initiation ainsi que le passage aux différents degrés sont les mêmes pour tous. Le rituel est le même pour chaque degré et pour chaque Frère qui y participe.
Lors de notre initiation, nous avons été " cherchant " puis " persévérant " et maintenat nous sommes des " souffrant ". Nous avons tous vu un petit bout de la lumière mais, oh ! difficulté nous voudrions voir TOUTE LA LUMIERE.
Sur le tapis de Loge, mes FF\, nous voyons le blanc et le noir. Nous sommes Frères mais aussi des hommes avec des moyens intellectuels et financiers totalement différents. Chacun mettra le temps qu'il faut pour repousser le noir vis à vis du blanc, mais tous nous nous tendrons vers ce même but :  LA LUMIERE.

- FRATERNITE -

Je reprends les obligations d'un Franc-Maçon touchant à Dieu et à la Religion :
D'où il s'en suit que la Maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitiés parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles. "
Tous les rituels et les règlements généraux sont imprégnés de fraternité. Dans l'ancien rituel du 1° degré, la formule de l'engagement des apprentis était : " Je promets sur le Saint Evangile en présence du Grand Architecte de l'Univers et je m'engage sur ma parole d'honneur devant cette respectable assemblée d'être fidèle à la Sainte Religion Chrétienne. "
Mais aujourd'hui :  " d'être fidèle au plus pur esprit du Christianisme ".
La nuance est d'importance, dans le premier cas, seul un profane pratiquant la religion Chrétienne pouvait être Franc-Maçon. Cela change avec le plus pur esprit du Christianisme car tout profane de religion monothéiste : Musulman, Juif, Chrétien, Bouddhiste etc...peut être Franc Maçon.
Cela nous rapproche aussi de l'idée templier que l'on se fait de la Franc-Maçonnerie puisque le plus pur esprit du Christianisme est dû aux Templiers qui avaient compris que le fondement de toutes les religions est le même. Toutes font références à Adam père de toutes les races et que le Christ n'a pas dit : " Je suis le fils de Dieu " mais " Je suis le fils de l'Homme ".
Tout est bon pour tout homme qui respecte les autres et lui-même ainsi que ses croyances.
La fraternité n'est pas oubliée dans le collège des officiers, selon les rituels, l'élémosinaire ou l'hospitalier, doit s'occuper des FF\ dans le besoin ( besoin financier ou moral ) c'est lui qui est proche de tous les FF\ de la Loge et qui en rend compte au Vénérable Maître.
Dans les règlements généraux, devoirs envers les FF\ je cite : " Ne rougis jamais en public d'un homme obscur mais honnête que dans nos asiles tu embrassais comme un frère quelques instants auparavant s'il est dans l'erreur et s'ils s'égare, viens à lui avec les lumières du sentiment, de la raison, de la persuasion. Ramène à la vertu des être qui chancellent et relèvent ceux qui sont tombés ".
Cette fraternité doit être de tous les instants à l'intérieur du Temple comme à l'extérieur.
Au Rite Ecossais Rectifié, cela se trouve à la fin et au début du rituel. Le Vénérable Maître dit : " quelle est-il enfin ? " et le deuxième Surveillant donne l'heure profane. Les travaux sont terminés dans le Temple mais continuent à l'extérieur.
Au début du rituel lorsque le Vénérable Maître est en place, le premier surveillant dit :
" Mes Frères, voici l'Orient, la Lumière commence a se répandre sur nos travaux, soyons prêts à les continuer. "
Nous ne les avons jamais arrêtés à la fin de notre tenue précédente. Dans les autres rituels, Le Vénérable Maître dit : " Continuons à l'extérieur ce que nous avons commencé à l'intérieur "
Le travail des Francs Maçons ne s'arrête jamais. Notre difficulté est de nous en imprégner.
En conclusion, nous voyons que pour être un Maçon accompli, nous devons être :
LIBRES, EGAUX et FRATERNELS.
Certains ont écrit que Claude de Saint-Martin avait prononcé quatre mots, le quatriéme étant : " JUSTICE " mais ceci peut être l'objet d'une autre planche.   
Je voudrais terminer ce travail en laissant la conclusion notre très illustre Frère M\ S\ :
" La vraie liberté, la plus équilibrante, celle qui ne sera jamais déstabilisante, est à la base de justice et de clémence qui donne naissance à la tempérance, elle même pendule des choix maçonniques qui, alliée à la prudence, arme pacifiante, sera à jamais la synthèse des décisions pour action de lumière. Nous pourrons ainsi arriver à l'unité, pierre de touche de la vérité ".

J'ai dit, Vénérable Maître.  

Source : www.ledifice.net

Par G\ J\ - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 novembre 2013 1 18 /11 /Nov /2013 07:12

Introduction
Vénérable Maître et vous tous mes Sœurs et mes Frères en vos degrés et qualités.
Elevé dans des principes profondément athées et fortement impliqué dans un engagement politique que beaucoup considèrent comme dogmatiques, j’ai toujours eu la chance de pouvoir m’intéresser à un grand nombre de sujets, mais il en est que je m’interdisais d’aborder.
Ce ne fut donc pas simple de frapper à la porte du Temple et encore moins d’y être accepté.
Mais une fois le bandeau tombé, une fois le chemin esquissé, j’ai eu plaisir à m’autoriser enfin à d’autres quêtes, d’autres questionnements.
Immanquablement, comme un anorexique qui retrouverait l’appétit, mes travaux m’ont alors amené sur des chemins teintés d’ésotérisme, voire de mysticisme.
C’est dans ce contexte que je me suis interrogé sur le Vendredi 13.
Le fameux Vendredi 13, le très français Vendredi 13, car la connotation maléfique que nous lui attachons, ne dépasse guère les limites de notre doux pays.
Alors pourquoi tant de charge émotionnelle autour de ce diptyque formé d’un jour de la semaine et d’une date ?
Il y a certes cette journée du vendredi, celle au cours de laquelle Jésus fut crucifié… mais cela n’a jamais été un 13 et le Vendredi Saint n’a aucune implication maléfique et cette piste là n’apporte donc pas de solution satisfaisante.
Alors, pour ma part, je pense que dans notre histoire commune, le vendredi 13 ne peut se référer qu’à un seul évènement de nature à lui attacher une force symbolique aussi durable à savoir, vendredi 13 octobre 1307, date historique de la déroute de l’Ordre des Templiers.
Ce 13 octobre, à la demande du Roi de France et avec l’accord du Pape Clément V, l’Ordre le plus riche, le plus célèbre, mais également le plus craint de toute la chrétienté, se trouvait suspendu, ses biens confisqués et ses membres jetés en prison pour y être soumis à la question.
Cet évènement, qui annonçait en fait sa dissolution future, a tellement frappé les esprits, que ce jour fatidique en est resté associé à la notion du malheur ou, plus exactement, à celle de symbolisme, voire d’occulte.
En effet, il fut d’une telle importance, qu’il marque encore de son empreinte la civilisation occidentale du XXIème siècle et il est vrai que les questions sur la vie et la mort des Templiers, suscitent encore de très nombreux ouvrages, dont un « Best Seller » récent qui n’est en fait que la reprise des thèses développées dans un ouvrage édité pour la première fois en 1994.
Encore aujourd’hui et sans véritables certitudes historiques, cet Ordre, officiellement constitué en 1118, se trouve au confluent de bons nombres de groupes et mouvements d’idées, certains très connus tels les Cathares ou les alchimistes, d’autres plus secrets ou simplement plus controversés, tels les Rose Croix ou le Prieuré de Sion.
J’ai donc souhaité, au delà du prétexte de ce vendredi 13, vous parler d’un Ordre extraordinaire et unique, tant dans son existence que dans sa disparition.
Pour aborder ce sujet, je vous propose de n’en survoler que quelques éléments, tant les questions sont riches.
Je souhaite donc aborder successivement les conditions historiques de leur création et de leur épanouissement, pour bien évidemment aborder ensuite leur chute et ses motifs possibles, gardant la troisième partie pour évoquer leurs éventuels secrets.

I – Juste après l’an Mil.

Il n’est pas besoin de revenir sur cette période qui a entouré le passage à l’an mil et notre bug de l’an 2000 n’a rien été à côté de l’explosion de superstition qui a entouré ce passage du premier millénaire.
Mais si aujourd’hui nous rattachons cet An Mil à l’annonce faite dans l’Apocalypse selon saint Jean, tel n’était pas forcément le cas à l’époque, ou le calendrier était moins rigoureux et ou, par exemple, les années ne commençaient pas le même mois selon les pays concernés.
Je ne retiens donc pas l’An Mil dans sa connotation superstitieuse, mais plutôt dans sa révélation de la révolution « clunisienne » qui a directement influé sur le sujet qui nous intéresse.
Rappelez vous que Cluny a été fondée en 910 et qu’elle a entraîné véritablement le renouveau du Moyen Age, initiant un nouveau courant de pensée, même si elle appliquait la très ancienne règle de Saint Benoît.
La charte fondamentale de l’abbaye, comportait, entre autres clauses, quatre décisions capitales :
• l'obligation du strict respect de la règle de saint Benoît,
• l'exemption de toute sujétion temporelle, celle des rois et des seigneurs ou spirituelle, celle des évêques hormis celle du pape,
• la garde des apôtres Pierre et Paul et la défense du souverain Pontife,
• l'obligation expresse de s'adonner avec le zèle le plus ardent "selon l'opportunité et les possibilités du lieu, aux oeuvres quotidiennes de la miséricorde envers les pauvres, les indigents, les étrangers, les voyageurs",  
Cluny a donné à l’Eglise de grands hommes et, pour la période qui nous intéresse, elle a directement formé Hildebrand, devenu le Pape Grégoire VII créateur de la réforme Grégorienne mais également, celui qui devint en novembre 1095 le Pape Urbain II.
Nous nous rapprochons des Templiers, car il est aujourd’hui communément acquis que l’idée de la constitution des Templiers a germé dans l’esprit de certains chevaliers à l’occasion de la première croisade qui s’est déroulée de 1096 à 1099.
Notons au passage, que la fin de la croisade correspond presque exactement à la création de l’Abbaye de Cîteaux, mère de l’Abbaye de Clairvaux fondée par le future Saint Bernard.
Cette croisade a été voulue et conçue par Grégoire VII puis mise en oeuvre par Urbain II, dont la fougue et la force de conviction ont été soulignés par de nombreux historiens.
A ce stade, je peux rajouter que le Pape Urbain II est originaire d’un petit village champenois dénommé Châtillon, pas très loin de la demeure d’Hugues de Payns, fondateur de l’Ordre du Temple.
Au terme de cette croisade, se trouve fondé le Royaume de Palestine, dont Godefroy de Bouilon devient le premier souverain, sous le titre non pas de Roi mais « d’Avoué du Saint Sépulcre ».
Son frère devint le 1er Roi sous le titre de Baudouin I et mourut en 1118, laissant la place à Baudouin II.
Et nous voilà arrivés à nos Templiers !
En effet, il est le plus souvent admis que c’est justement en 1118, le champenois Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et sept compagnons d'armes, proposaient au roi Baudouin II de Jérusalem la mise en place d'une troupe permanente qui, sous la forme d'un ordre à la fois militaire et religieux, garantirait la défense de la ville sainte et assureraient également la liberté des routes aux pèlerins.
Ils procèdent alors cette constitution, sous la dénomination de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, dénomination qui, par la suite, ne pouvait valablement être compatible avec sa puissance et sa fortune, d’où la dénomination finale d’Ordre des Templiers.
Ils firent voeux de se consacrer à la protection des pèlerins en Terre Sainte.
Peu après leur création ils sollicitèrent le Pape Honoré II afin d'obtenir une constitution particulière, et, à l’occasion du Concile de Troyes en 1128, Saint Bernard leur composa une règle : "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).
C'est à dater du 29 mars 1139, avec la bulle "Omne datum optimum", accordée par Innocent II à Robert de Craon, que le Temple reçut sa constitution définitive, le pape assurait à l'Ordre ses privilèges, son indépendance et, notamment, l'exemption de la justice épiscopale.
Suivront vers 1165, les Retraits qui sont les véritables statuts hiérarchiques et, à partir de cette époque, l'Ordre du Temple ne relève plus que du Pape et devient en fait indépendant.
L'idée Cistercienne appliquée par les Templiers est de fédérer les divers royaumes européens sous la suzeraineté d'une haute autorité détenant un pouvoir moral et matériel lui permettant d'arbitrer les conflits avant qu'ils ne se déclarent et de maintenir une paix universelle profitable à tous les peuples chrétiens, juifs et musulmans.
Puissance temporelle indépendante, non soumise aux autorités locales, le Temple jouit alors de la protection du Pape, sans en accepter la tutelle.
L'ordre, compte 15 000 membres, répartis entre les Chevaliers – d’origine Noble - revêtus du fameux manteau blanc frappé de la croix rouge sang, les Sergents – issus de la Bourgeoisie – en Manteau Bruns, tous deux semble t’il soumis à la règle et les miliciens ou Turcopoles lorsqu’il s’agissait de « locaux », soldats ordinaires, employés à temps par l’Ordre, mais qui ne prêtaient qu’un voeu d’obéissance.
L’étude des combats menés par les Templiers permet de constater qu’ils développaient une ardeur au combat très au dessus de la moyenne, qu’ils soient aux cotés des croisés ou seuls face à l’ennemi, leur règle leur interdisait d’ailleurs de refuser un combat, sauf si l’ennemi était à un contre trois!
S’il est désormais acquis que les Templiers n’ont quasiment jamais accompagné ou protégé le moindre pèlerin, ils ont mis en place un système d’une rare efficacité, leur permettant de drainer en occident les moyens matériels et humains leur permettant de remplir leur véritable mission.
Et dans ce cadre, dans quasiment chaque domaine d’intervention, les Templiers se sont révélés en avance sur leur temps.
En effet, en ces époques troublées, les routes étaient peu sûres et quiconque partait en périple avec son or, n'était pas assuré d'arriver à destination sans être dévalisé.
Les Templiers révolutionnèrent leur époque en instituant la lettre de change, ou plutôt en transformant ce qui avait été mis en place de façon quasi artisanale par les Lombards, en un système universel de transmission de fonds.
Ainsi, dans les régions et pays où ils étaient implantés, il suffisait au voyageur de se rendre dans une Commanderie et d'y déposer son argent contre un reçu, pour pouvoir ensuite voyager l’esprit serein.
En effet, contre présentation de ce reçu dans n’importe quelle autre Commanderie, le voyageur pouvait récupérer son argent, limitant ainsi considérablement les conséquences d'une mauvaise rencontre, du moins sur le plan financier.
Les Historiens ont noté que les Templiers prélevaient à cette occasion un pourcentage mais, comme le prêt à intérêt était interdit par l’Eglise, cette somme était fictivement intégrée à celle qui était déposée, le déposant recevant alors un reçu amputé des intérêts convenus.
Le Temple possède au moment de sa suppression 9000 maisons réparties en Europe. Toutes ces maisons reçoivent des dépôts et accordent des prêts et des avances à des emprunteurs publics et privés.
Pour mémoire, le Temple de Paris a été longtemps le dépositaire du Trésor Royal et Philippe le Bel, a fréquemment recouru aux services du Temple pour effectuer des emprunts, les mauvaises langues prétendant même que le montant de la dette du monarque a pu valablement influer sur sa décision de faire disparaître les Templiers.
Mais les Templiers jouent également un rôle important dans les campagnes où ils financent des moulins à vent, à eau et des forges.
Si leurs premières terres résultent des dons effectués par ceux qui rejoignaient l’Ordre, il faut noter que les Templiers ont développé par la suite une politique d’achats – politique certaines fois particulièrement agressive – et que l’on peut également leur attribuer la paternité de la création du remembrement, l’Ordre s’attachant tout particulièrement à transformer ses possessions en unités économiques cohérentes.
Pour ce faire, ils ont notamment effectué un maillage du territoire, notamment sur les chemins du pèlerinage à saint Jacques de Compostelle, s’attachant à installer les commanderies et maisons de telle sorte que dans les endroits stratégiques ils n’étaient jamais distants de plus d’une journée de marche.
Avec les Templiers homme et argent étaient en sécurité.
Remarquables cambistes, dont les méthodes s'appliqueront encore cinq siècles après leur disparition, ils furent des comptables de premier plan puisqu'ils inventèrent la comptabilité en partie double et tinrent pour la première fois dans l'histoire un véritable "grand-livre".
Banquiers des pèlerins, les Templiers amassèrent ainsi une véritable fortune qui en fit une puissance aussi importante que celle de la royauté.
Malheureusement pour eux la situation s’est brusquement dégradée.

II – Plus dure sera la chute !

Sur le terrain d’abord, avec la perte du royaume de Palestine, qui obligea les Templiers à quitter l’Orient, même s’ils tentèrent de s‘installer à chypre.
En effet, si la première croisade a été un succès, cela était du pour une bonne partie aux divisions internes du camp musulman.
La seconde croisade, initiée par Saint Bernard, se déroule de 1146 à 1149 et se révèle un véritable désastre avec des pertes atteignant 90% des effectifs.
Les Templiers, tout comme les Hospitaliers sont sur place et défendent le royaume, alors même que les croisés sont retournés chez eux.
Ils sont au contact des populations locales et assument non seulement leur rôle de soldats, mais également d’administrateurs de nombreuses forteresses.
Malheureusement pour eux, leur vision du monde en général et de la défense de Jérusalem, n’est pas partagée par les autres nobles qui se battent entre eux pour le pouvoir et laissent leurs adversaires reprendre de plus en plus de villes. Le Royaume de Jérusalem se désagrège et se rétrécit, pendant que se poursuivent les luttes intestines et les erreurs militaires.
Les troisième et quatrième croisades s’arrêteront chacune à Constantinople.
Cette lente mais constante désagrégation trouvera son terme à l’occasion de la 9ème croisade, qui conduira à la perte de la dernière ville d’Orient, saint Jean D’Acre et à la disparition du Royaume de Jérusalem.
Les Templiers n’ont plus aucune légitimité en Orient et, même s’ils tentent de se trouver un Royaume, par exemple à Chypre, ils sont désormais comme des Rois sans terre.
En Occident également ils deviennent gênants là même, où leur système les maintenait comme une puissance financière et politique incontestable.
C’est dans ce contexte que Philippe le Bel, avec le plein accord du pape Clément V, décide de mettre un terme à cette situation et, le 13 octobre 1307.
Il a longuement mûrit son plan et n’a pas hésité– avec le tristement célèbre Guillaume de Nogaret - à se trouver à l’origine du décès d’un des prédécesseurs de Clément V à savoir Boniface VII. (De mauvaises langues prétendent qu’il empoisonna Saint benoît XI, éphémère Pape qui a succédé brièvement à Boniface VII)
Philippe le Bel organise longuement et méthodiquement son opération et adresse partout en France et dans le plus grand secret ses ordres et ainsi, il fait arrêter tous les Templiers, leurs biens étant confisqués
Les biens qui ont pu être saisis (pour l’essentiel les propriétés, les autres biens ainsi que la flotte n’ayant jamais été appréhendés) ont été remis en définitive à L'Ordre des Hospitaliers qui, pour sa part, a duré jusqu'à nous au travers de l'Ordre de Malte.
Le Grand Maître Jacques de Molay est lui-même arrêté et soumis à la question, il passe alors des aveux complets dès le 24 octobre 1307 mais il montera finalement sur le bûcher le 13 mars 1314, après s’être rétracté et diront certains retrouvé sa dignité, devenant ainsi un relaps ainsi promis au bras séculier, c’est à dire au bûcher.
L’ordre a été officiellement dissous par une bulle papale du 3 avril 1312, qui confirmait en fait la décision du pape Clément V, en date du 22 mars 1312, étant ici observé qu’il s’agissait d’une bulle « par provision » c’est à dire ne prononçant aucune condamnation définitive de l’Ordre.
Nous pouvons nous interroger sur les motifs de cette dissolution.
Les circonstances de cette opération sont bien connues.
Le Roi fait savoir que grâce à des dénonciations émanant d’anciens Templiers exclus, il avait eu connaissance de pratiques criminelles au sein de cet ordre tout à fait particulier.
Ces pratiques sont principalement les pratiques sodomites, l’adoration d’une idole et le triple renoncement à Jésus avec crachat sur la croix.
Les motifs véritables devaient sans doute plutôt trouver leurs racines dans la dimension matérielle de cet ordre, car l’on comprend que son pouvoir, son organisation et ses richesses, aient pu susciter envies et jalousies.
Il est peu crédible de penser que Philippe le Bel, qui est rendu responsable de la mort d’un, voire deux, Papes, ait pu véritablement être préoccupé de l’éventuelle hérésie de l’Ordre des Templiers.
On peut également souligner que cette hérésie aurait tout autant été remarquée voire pourchassée par d’autre royautés, or nous savons le peu d’empressement qu’on mis les autres Rois à appliquer la Bulle du Pape emportant dissolution de l’Ordre.
Il est en revanche établi que Philippe le Bel s’est vu refuser son initiation dans l’Ordre du Temple et que par ailleurs il avait une dette énorme vis à vis des Templiers qui – rappelons le – ont été pendant très longtemps les dépositaires des finances royales, y compris sous le règne de Philippe le Bel.
Nous indiquerons également que le Roi de France pouvait à juste titre se demander qui de lui ou de l’ordre, exerçait le véritable pouvoir temporel, mais il faut également préciser qu’au travers notamment de cette démarche de destruction du Temple, associée à un affaiblissement de la Papauté, Philippe le Bel est « l’inventeur » d’une Royauté laïque, c’est à dire indépendante du pouvoir spirituel et donc de Rome.
Il ne faut donc pas se figer sur une analyse qui placerait les Templier dans leur qualité de « Chevalier Blanc » alors que Philippe le Bel serait le méchant su scénario.
En effet, à partir du moment où l’Ordre, contrairement aux Hospitaliers, n’avait plus de raison d’être sur le plan militaire, il devenait un état dans l’état, de nature à heurter frontalement les intérêts de la royauté.
Le maintien des Templiers aurait été un obstacle déterminant à la création de la Royauté telle que Philippe le Bel la concevait et telle qu’elle s’est imposée jusqu’à ce jour.
Ainsi, avant Philippe le Bel, le Roi n’avait guère plus de puissance ou de richesses que ses vassaux et, par exemple, au 12° siècle, le Comte de Champagne possédait plus de terres que le Roi de France.
Philippe le Bel a inventé la Monarchie centralisée et son règne est marqué par un accroissement de l'autorité royale, un affranchissement de l'autorité pontificale, un développement de l'administration et une extension du domaine sous contrôle royal.
Il a véritablement initié la dynastie des Capétiens en s’éloignant des traditions féodales, par exemple, en organisant la tenue d'assemblées formées de représentants des 3 classes : clergé, noblesse et bourgeoisie. Ces assemblées, ancêtres des "états généraux", n'étaient réunies que dans des circonstances graves et avaient en fait un pouvoir bien réduit : le roi et ses conseillers n'attendaient qu'une approbation des propositions présentées, et ainsi l'appui moral des sujets importants du royaume.
Il a donc créé le premier état centralisé, même si cette création s’est faite au prix de l’assassinat d’un Pape et de la disparition des Templiers.

III – Les secrets des Templiers
Il faut tout d’abord se demander s’il y a le moindre secret dans l’aventure des Templiers.
Nous avons vu cependant qu’il y a de nombreux points d’ombre dans leur histoire et ce, dès leur constitution.
Nous avons indiqué également que leur expansion et leur disparition, peuvent toutes deux s’appuyer sur des réalités purement économiques.
Mais peut-on accepter que la cause de cette disparition ne se situe que dans la sphère de la temporalité et que le vitalité des Templiers n’ait été due qu’à leurs talents de cambistes ou de gestionnaires ?
La réponse vient, pour certains auteurs, des travaux entrepris par les neuf fondateurs lors de leur premier séjour en Palestine.
En effet, dès leur arrivée, ils obtinrent de Baudouin II, le droit de demeurer dans l'aile du Palais Royal de Jérusalem, qui jouxte la Mosquée El Aqsa, là où était censé s’élever l'antique Temple de Salomon, d'où leur première dénomination de Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Pauperes Commilitones Christi Templique Salomonici
A l’occasion de ces travaux, ils fouillent notamment les écuries de Salomon et pendant de nombreuses années, ils restent seuls, sans recrutement extérieur.
Puis brusquement, ils envoient une délégation auprès du Pape et bénéficient presque immédiatement de leur fameuse règle et d’exonérations multiples, qui les rendent totalement indépendant du pouvoir ecclésiastique et placés sous la seule –et lointaine – responsabilité du Pape.
Il est dès lors facile de penser qu’à l’occasion de ces fouilles menées dans un lieu hautement symbolique, les Templiers ont fait une découverte, qui leur a valu ce traitement de faveur de la part de l’Eglise Romaine.
Cette situation, le mystère qui entoure ces premières années de leur existence, suscite déjà des questionnements.
Pour ce qui concerne le passé des Templiers, beaucoup d’hypothèses circulent et certains auteurs prétendent que l’ordre des Templiers n’a été créé que pour officialiser une société secrète et occulte déjà préexistante, qui avait pour mission de rechercher les origines du christianisme.
Ils y voient alors une lointaine filiation avec Saint Benoît et avec les Bénédictins, en passant par Cluny, puis Clairvaux.
D’autres acceptent la date de création officielle de l’ordre et considèrent qu’ils ont effectué des fouilles de l’ancien Temple de Salomon et que, ce faisant, ils ont trouvé des éléments clés de l’histoire du Christianisme et, notamment, le Saint Graal.
Vous comprendrez aisément qu’il est impossible de résumer ici les théories ainsi développées et qui s’appuient toutes sur des recherches particulièrement érudites, mais pas toujours convaincantes.
Vous admettrez sans doute que ces théories, qui sont parfois contradictoires entre elles, se heurtent systématiquement – à l’une ou l’autre des étapes de la démonstration - à des carences en matière de preuve ou même à l’absence de rigueur dans le raisonnement.
Il existe cependant des éléments qui, à défaut d’être parfaitement certains, paraissent communs à tous les auteurs qui sont intervenus sur le sujet.
Il parait ainsi acquis que l’Ordre des Templiers comprenait plusieurs cercles et qu’il se comportait comme une école de mystères, avec une hiérarchie reposant sur l’initiation et le secret.
L’existence d’une règle secrète a été évoquée à plusieurs reprises, sans que ce document ait pu être appréhendé.
Mais derrière les accusations hérétiques portées contre les Templiers, figurent quelques éléments de recherche.
Il a été ainsi reproché aux Templiers d’adorer une tête coupée qu’ils appelaient le Baphomet.
Cette idole, dont l’adoration est explicitement visée dans les motifs de la dissolution de l’ordre a beaucoup intrigué et l’on n’en possède que très peu de représentations.
Pour certains elle est la preuve de la collusion avec les musulmans et elle serait une contraction entre BAPtiste et maHOMET, pour d’autres, il apparaîtrait que ce terme, décrypté selon le code dénommé Atbash – que l’on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi rédigés plus de mille ans avant la création des Templiers – signifierait SOPHIA, terme grec pouvant signifier sagesse, mais également, selon les gnostiques, l’Egyptienne ISIS.
Enfin d’autres auteurs rapprochent ce terme des pratiques alchimistes et y voient le rappel du terme de « Bapheus mété » ou le « Teinturier de la Lune »ce qui nous renvoie à la réalisation du Grand OEuvre.
Mais hormis le débat sur ce Baphomet, la plupart des auteurs soulignent affirment qu’en fait, les Templiers paraissaient adorer le « principe féminin » , même si la référence à « Notre Dame » souffre plusieurs interprétations.
Ces éléments épars et à priori sans grande signification, sont à rapprocher du fait que ces moines soldats avaient une grande dévotion pour saint Jean le Baptiste – dont la tête coupée était l’une des représentations - et Marie Madeleine, même si officiellement ils vénéraient la Vierge Marie.
Or, saint Jean le Baptiste et Marie Madeleine sont les deux « piliers » de la plupart des thèses hérétiques ou gnostiques modernes et anciennes et si on les retrouve tous deux dans l’histoire et les pratiques des Templiers, ces deux personnages présentent comme point commun d’être, d’une part, centraux dans l’histoire de Jésus et, d’autre part, d’être quasiment bannis des évangiles canoniques.
Rappelons le rôle biblique de nos deux Saints.
Jean le Baptiste, tout d’abord, a baptisé Jésus dans le Jourdain et a annoncé sa venue au monde, en sa qualité de messie.
Marie Madeleine, pour sa part intervient à plusieurs reprises mais, fondamentalement c’est elle qui a oint Jésus avec le nard et cette onction se trouve bien être un des fondements du christianisme, dans la mesure où le terme Christ est dérivé du grec Christos, traduction de l’hébreu Messie, et que, contrairement aux croyances, ce terme signifie simplement « oint » (celui qui est oint), sans qu’il soit ici question de divinité.
Marie-Madeleine est également la première personne à laquelle s’est présenté le Christ ressuscité.
Voila donc deux personnages centraux qui, curieusement, sont quasiment absents des évangiles, comme si leurs rédacteurs avaient cherché à en minimiser l’importance, sans pour autant pouvoir en nier l’existence.
Car il est un fait acquis, que seules des personnes ayant autorité pouvaient pratiquer les rites du baptême et de l’onction, ce qui rajoute d’autant au mystère entourant nos deux Saints.
Prenons saint Jean le Baptiste, dont la tête coupée fut réclamée par Salomé, à son père.
On sait peu de choses de sa vie, hormis que sa naissance fut annoncée par un Ange et que sa mère enfanta alors qu’en théorie, elle était âgée et ménopausée.
Il est acquis que Jean était un prêcheur et qu’il dirigeait – ou qu’il avait fondé – un groupe religieux, voire une secte. (Certains auteurs parlent ici des essonniens).
On sait également que les premiers disciples de Jésus ont été recrutés parmi ceux de Jean et il faut dès lors s’interroger sur les liens entre Jésus et Jean.
Aux termes des prophéties, Jean aurait du être la réincarnation du prophète Elie et que c’est à ce titre qu’il aurait pu annoncer la venue du Messie.
On sait que Jean a refusé d’être reconnu comme la réincarnation d’Elie, mais qu’en revanche il annonce en ces termes la venue du messie : «
Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. » (Matthieu, 3.11).
Les évangiles placent donc Jean le Baptiste comme un annonciateur de Jésus et puis, il disparaît quelque peu des textes sacrés.
La difficulté théologique, qui va sous-tendre les thèses hérétiques développées par la suite, pourrait venir du baptême même donné par Jean à Jésus.
En effet, ce rituel du baptême n’a d’autre but que de permettre la repentance et renvoie donc à des notions centrales du catholicisme, que sont le péché et justement la repentance, puis le pardon. Mais comment expliquer alors que le Fils de Dieu ait eu besoin du baptême ? Comment justifier cette nécessité de se laver de péchés que, par définition, sa nature également divine lui interdisait ?
L’Eglise Catholique répond en indiquant que Jésus, qui n’en avait pas besoin, a souhaité le Baptême pour montrer l’exemple.
La réponse habituellement apportée à cette question par ceux qui sont qualifiés d’hérétiques, se résume dans le fait que Jésus aurait été l’un des disciples de Jean et aurait recueilli ses enseignements.
Cette thèse appelle des développements particulièrement riches et complexes qui s’appuient sur la supposée existence d’une Eglise de saint Jean le Baptiste (l’église johannite), Eglise dont les principes auraient été retrouvés par les Templiers, ce qui aurait risqué de remettre en cause tous les fondements de l’Eglise Catholique, d’où la décision de dissolution de l’ordre du Temple.
Cette thèse s’appuie par exemple sur la découverte tardive de la survivance d’une secte dite « des mandéens » présente encore en Irak et qui pratique le baptême rituel en référence à saint Jean et qui considère Jésus comme un usurpateur. (Cette thèse de l’usurpateur peut être rapprochée de celle donnée de Jésus dans le Talmud)
Je n’irais pas plus loin dans l’évocation des thèses concernant le rôle spirituel et temporel de saint Jean le Baptiste et de sa possible opposition avec Jésus et je vous renvoie une nouvelle fois à la lecture des nombreux ouvrages rédigés sur ce sujet.
Je ferais cependant une nouvelle référence à saint Jean le Baptiste, après avoir évoqué les questions tournant autour de Marie Madeleine.
Comme je vous l’ai indiqué, elle est sans doute au coeur du mystère entourant la mort et la résurrection de Jésus.
Il semble aujourd’hui admis que Marie Madeleine et Marie de Béthanie – soeur de Lazare – ne soient qu’une seule et même personne.
On peut également noter que la mort et la résurrection de Lazare peuvent aisément être assimilées à un rite initiatique dont certains parmi nous, comprendrons la correspondance.
La plupart des auteurs contemporains considèrent également que Marie Madeleine n’était pas une prostituée, mais plutôt une femme d’un rang certain et qu’en fait, elle aurait été l’une des disciples de Jésus, si ce n’est, sa première disciple.
Cette affirmation renvoie aux questionnements concernant la relation entre l’église Catholique et les femmes et la véracité ou la partialité des évangiles « officielles », dites évangiles canoniques.
Vous savez que le nouveau testament s’est vu principalement constitué en 325, lors du concile de Nicée et que c’est à cette occasion que l’on a figé la doctrine catholique, prenant prétexte de la nécessité de trancher définitivement le débat sur la nature de Jésus.
Lors de ce concile, un texte est adopté qui affirme la foi de l’Eglise chrétienne, le fameux Credo.
On y affirme que le Fils est de la même substance que le Père et qu’ils sont donc parfaitement égaux.
" Nous croyons en un Dieu, Père tout-puissant, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et en un Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, unique engendré du Père, c’est à dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu, s’est incarné, s’est fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts, et en l’Esprit Saint. "
En plus de l’adoption de ce texte, le concile fixe des dates de célébrations et détermine des règles plus ou moins importantes.
Ce concile marque également le rejet de certains textes et notamment de ce que l’on appelle aujourd’hui les évangiles gnostiques, dont certains ont été retrouvés, soit sur le site de Nag Hammadi, soit parmi les manuscrits de la Mer Morte.
Ces textes, désormais hérétiques, ne sont pas systématiquement en opposition avec les évangiles canoniques, mais ils apportent souvent des commentaires très divergents, notamment sur les rôles de saint Jean le Baptiste ou de Marie Madeleine.
L’ouvrage le plus connu de ce point de vue est le « Pistis Sophia » auquel le myste pourra se référer, mais, sans rentrer dans les détails, on peut dire que dans les textes ainsi rejetés, Jésus parlait notamment de Marie Madeleine en précisant qu’elle était « l’Apôtre des Apôtres », l’évangile gnostique de Philippe précisant par ailleurs que les autres Apôtres la détestaient et que Pierre, notamment, aurait demandé à Jésus pourquoi il la préférait à tous les autres et pourquoi il l’embrassait sur la bouche.
Cette vision d’une Marie Madeleine, initiée et disciple, est très éloignée de celle de la prostituée qui a toujours été véhiculée par le dogme catholique.
En revanche une telle vision peut apparaître comme compatible avec une déclaration de Jésus qui aurait dit lors de son onction – réalisée je le rappelle par Marie Madeleine - :
« Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait. » (Marc 14 :9)
Il n’existe peut être pas de vérité derrière ce débat sur la nature et le rôle de Marie Madeleine, mais c’est bien sur la base de ces discordances, que les plus célèbres thèses hérétiques se sont construites et resurgissent à nouveau au travers de l’actualité littéraire.
Si chaque auteur développe ses théories propres, le fil conducteur des thèses développées, soutenues et argumentées, repose sur le fait que Marie Madeleine était la concubine de Jésus et qu’ils auraient eu ensemble des relations sexuelles.
Certains rajoutent qu’ils étaient mariés, d’autres qu’ils auraient eu une fille, mais c’est bien la dimension charnelle, en même temps que spirituelle, de leur relation qui est développée.
Une de ces théories, est à la base de la thèse de l’existence du Prieuré de Sion et fait remonter la dynastie mérovingienne à la naissance de cet enfant.
Pour ma part, je ne souhaite pas argumenter sur le bien fondé de cette position.
Je préciserais simplement que les seules preuves tangibles de la création de cette association remontent au milieu du XXéme siècle, que le personnage à l’origine de cette mouvance est Monsieur Pierre Plantard, connu à ses débuts pour ses thèses antijuives et antimaçonniques.
Les thèses sont donc multiples et je me garderais bien d’en choisir l’une ou l’autre.
Mais pour ma part, je voudrais simplement indiquer aux Mystes que nous sommes, que celle qui m’a le plus interpellé se trouve notamment développée dans l’ouvrage de Lynn Picknett et Clive Prince : « La révélation des templiers ».
Cet ouvrage relie les pratiques des Templiers - l’adoration du principe de féminité notamment – à une thèse faisant de Jésus, Jean le Baptiste et Marie Madeleine, les prêtres d’un culte Osirien.
Ils rapprochent ainsi les éléments fondamentaux du Christianisme, de ceux présents dans ce culte égyptien, par exemple sur le baptême ou la rédemption.
Ils évoquent les curieuses analogies dans la mystique Egyptienne, avec celle retenue comme fondement du dogme catholique, en rappelant par exemple qu’Osiris fut tué par son frère et son corps dispersé, que sa mort intervint un vendredi, qu’il est ressuscité trois jours après grâce à l’intervention d’Isis.
De plus, dans ce culte ancestral, il faut souligner les conditions de cette résurrection, puisque Seth, le frère d’Osiris avait pris soin après plusieurs tentatives avortées de disperser les morceaux du corps de son frère et que c’est dans ces conditions qu’Isis avait reconstitué le corps d’Osiris, hormis son sexe qu’elle n’avait pu retrouver, et qu’alors, après cette résurrection, ils eurent ensemble un enfant dénommé Horus.
Par ailleurs, dans ces rites Osiriens, l’onction avait une place centrale et le rôle de la femme était déterminant.
Les auteurs précités replacent alors les interventions de Marie Madeleine, de l’onction au tombeau puis à l’annonce de la résurrection, dans ce cadre et rattachent le mythe de l’immaculée conception à l’enfantement d’Horus, étant précisé également que ce type de conception se retrouve également dans d’autres religions à mystères, comme le culte de diane.
L’onction pour sa part était l’un des éléments fondamentaux qui permettaient la transformation de Pharaon en Osiris et cette onction ne pouvait être réalisée que par une femme, représentation vivante d’Isis.
On retrouve bien tout ce qui est souvent présenté comme étant la spécificité, voire l’inventivité du dogme chrétien.
Cette thèse peut paraître comme loufoque ou hérétique aujourd’hui, mais on peut facilement imager comment elle aurait été qualifiée au temps des Templiers….
Mais si comme le prétendent les auteurs précités, c’est ce secret que les Templiers auraient découvert et qu’ils auraient protégé puis transmis, le regard porté sur leur développemen,t ou leur disparition en deviendrait tout autre.
Malheureusement les preuves historiques ou scientifiques nous manquent et l’on en reste donc au stade des hypothèses.. ou des secrets initiatiques.
Car si secret il y a il est peut être connu et non divulgué, en dehors de certains cercles.
Je ne parle pas de la mystification éventuelle du prieuré de Sion, mais bien de certains cercles, qu’ils soient à l’origine, au sein, ou en dehors de la Franc-Maconnerie.
Car la question de la transmission des secrets ou connaissances Templiers reste l’objet de débats et de recherches et c’est par cette question là que je conclurais mes travaux.

Conclusion

Les Templiers gardent une réelle capacité à nous interpeller et l’étude de leur Ordre ou de ceux qui gravitaient autour, nous ramène sans cesse sur la voie symbolique..
Nous aurons ainsi à coeur de rappeler qu’ils sont souvent présentés sous une forme duale (les fameux deux chevaliers partageant le même cheval) mais qu’ils étaient en réalité placés sous le signe du Ternaire (Accepter le combat à 1 contre trois, ne riposter qu’après trois attaques, trois messes par semaine, trois plats dans un repas sans viande, trois fois de la viande par semaine, communion trois fois l’an).
Nous pouvons suivre la piste de la flotte Templière lorsqu’elle a fuit la France et nous intéresser alors aux ports écossais.
Sur cette terre, nos pas peuvent nous mener alors vers la Chapelle de Rosslyn, au plan de cet édifice et aux curieuses décorations ornant cette chapelle ou aux tombes garnissant les cimetières alentours.
Nous pourrions également nous interroger sur les liens entre Christophe Colomb, Vasco de Gama et l’héritage Templier, ne serait ce qu’en se reportant aux symboles qu’ils portaient sur les voiles de leurs navires.
Nous pourrions mener très loin une recherche que je ne souhaite pas poursuivre ici.
Mais vraisemblablement, l’un des voyages les plus surprenant que nous propose l’étude des Templiers, ne se situe pas dans sa filiation contemporaine à notre propre création, mais plutôt l’étude des liens que l’Ordre a noué avec les constructeurs de Cathédrales, avec l’Art gothique.
Les Templiers se sont en effet trouvés à l’origine de cette explosion architecturale que représente l’édification des cathédrales gothiques et cette architecture Templière nous a laissé des nombreux messages symboliques, gravés dans la pierre.
Ils ont introduit l'arc brisé, appelé par dérision l'art gothique, qui symbolise l'élancement et la légèreté.
Mais de nombreux autres symboles nous viennent des Templiers, tels la feuille de chêne, symbole de pérennité, l'équerre, signifiant le travail dans la rectitude, le compas, évaluation de ses possibilités ou le laurier, symbole d'immortalité.
Mais cette implication forte dans la création de ces merveilles architecturales nous questionne nécessairement.
Comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des «dompteurs» de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides? D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés?
Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd’hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l’équivalent des cathédrales de Chartres ou d’Amiens?
Les bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres.
Certes, nous connaissons des noms d’architectes et de maîtres d’oeuvre, pour Amiens, mais pas pour Chartres… et force est de constater qu’en fait, on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires.
Nous disposons pourtant de quelques pistes.
Ces constructeurs, qui se déplaçaient de chantiers en chantiers, étaient réunis en confréries, fraternités ou compagnonnages, un mot qui vient de «compas», leur outil de prédilection, et qui signifie également «qui partage le même pain».
Les confréries les plus connues ont eu pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques ou les Enfants de Salomon et elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France.
Leur création est bien antérieure à celle des premières guildes anglaises des métiers (vers 1110 -1133) et sous l’Empire Romain, elles étaient déjà exemptes d’impôts.
Le Maître Jacques auquel elles font référence, est celui qui fut mandé par Hiram de Tyr, pour le compte du roi Salomon, afin de construire le temple de Jérusalem.
C'est un jars, un Maître Jars. Maître, il est initié à la nature de la pierre et la légende note bien qu'il taillait la pierre depuis l'âge de quinze ans.
Cette même légende donne Maître Jacques comme responsable des colonnes qui se trouvaient situées à l’extérieur du Temple et appelées B et J.
Certains légendaires le font assassiner par la fraternité des "Enfants du Père Soubise", c'est à dire : Cluny, qui nous donnera Clairvaux et Saint Bernard...
Ces confréries utilisaient un langage qui leur était propre, langage imagé dénommé « la langue des oiseaux » que l’on pratique en jouant de la consonance des mots, également définie comme étant parlée en art goth (voir l’origine grecque du mot goth : art de la lumière, art de l’esprit.) De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des «maçons francs». C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient. Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement.
En effet, les bâtisseurs de cathédrales furent également pourchassés lors du procès des chevaliers du Temple, leurs protecteurs, si bien que beaucoup disparurent et que leur langage entra alors dans la clandestinité.
A Paris, ils trouvèrent refuge au sein de la Cour des Miracles et c’est sous la protection des voleurs et brigands qu’ils purent maintenir en vie leur langage, ce langage des oiseaux devenu langage de l’Art Goth, origine possible, même si elle est controversée, de l’argot.
Pourchassés, leurs confréries anéanties, ils sont passés dans la clandestinité mais, dans certaines régions, ils ont survécu sous la forme de groupes déjà clairement identifiés et, notamment, les fameux Cagots du Sud Ouest de la France.
Ils sont nombreux à avoir recherché les origines de ces chrestiàas, premier nom donné aux cagots.
Anciens Wisigoths ou Sarrasins, vrais lépreux «blancs », Arabes « collaborationnistes » ou anciens Croisés revenus de Terre Sainte, nul ne sait qui ils étaient vraiment et pourtant, ils ont construit les cathédrales.
Sans développer plus avant, il faut souligner que cette communauté était « maudite » qu’elle était obligée de résider en dehors des villages avec interdiction formelle de se mélanger avec le reste de la population et qu’ils devaient porter sur l’épaule une patte d’oie de tissu rouge, dont la symbolique ne peut nous échapper.
Beaucoup disparurent en même temps que les Templiers, laissant d’ailleurs en l’état les chantiers en cours, mais cette communauté a perduré au moins sous le règne de Louis XIV qui fut obligé de prendre des décrets pour tenter de mettre un terme à l’ostracisme dont ils étaient victimes.
Ces cagots font parti des nombreux mystères qui entourent les Templiers et des questions qui ne rencontrent pas de réponse satisfaisante.
Mais nous noterons que ces Compagnons – ceux là même qui refusèrent de construire des Prisons – ont cessé leur activité peu de temps après la disparition du Temple et on peut prétendre alors qu’en supprimant le Temple, Philippe le Bel a supprimé les Cathédrales !
Et ces Cagots, ces porteurs de l’Art Gothique, tout comme leurs protecteurs, appellent au débat, à la réflexion et à la recherche.
Ils nous renvoient à nos travaux et symboles et peut être plus spécialement au Pavé Mosaïque, tant leur approche ne peut se satisfaire de la ligne droite ou des vérités convenues.
Voilà donc les quelques pistes de réflexion que je souhaitais évoquer avec vous, en évoquant le vendredi 13.
Mais vous l’avez vu, ce jour un peu spécial, si loin et pourtant si prés, n’a été qu’un prétexte pour nous donner l’occasion d’approcher un Ordre fascinant et mystérieux.
Ainsi, en tentant de mieux connaître l’Histoire de cet Ordre, sous la double approche du matériel et du spirituel, de l’ésotérisme et de l’exotérisme, nous nous donnons les outils nécessaires pour étudier, alors, la transmission éventuelle de leurs savoirs.
C’est de cette transmission éventuelle ou de tout autre héritage des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon qu’il nous faudra parler lors d’une prochaine Planche.   
J’ai dit

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • Hauts Grades Maçonniques
  • : Hauts Grades Maçonniques
  • : Blog de recherche sur la Franc-Maçonnerie, la Spiritualité et l'Esotérisme dédié à mon ancêtre James O'Kelly, Franc-Maçon catholique. Erin Go Bragh !
  • Contact

liens

Compteurs

   un compteur pour votre site
        1631 ABONNES A LA NEWSLETTER    
2727 ARTICLES PUBLIES 

Le blog de la RL L.Dermott

            Loge Dermott

http://logedermott.over-blog.com

 

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés