Planches

Mercredi 11 décembre 2013 3 11 /12 /Déc /2013 06:59

Ce deuxième travail que je vais vous présenter tentera de traiter du symbolisme de la règle, en corrélation avec mon niveau de connaissance, et de mon interprétation personnelle des différents articles dont j’ai pris connaissance et qui traitent de ce sujet.

Commençons tout d’abord par une définition profane : La règle du latin « regula » est un instrument allongé qui sert à tracer des lignes droites. Elle peut être graduée ou non.

Nous connaissons tous l’utilité de cet instrument dans le monde profane, pour l’avoir utilisé dès notre plus tendre enfance à l’école. Elle permet de tracer une droite et de mesurer une distance. Mais qu’elle est sa raison d’être dans le monde de la franc-maçonnerie ?

Pour répondre à cette question, il est indispensable de dissocier le caractère opératif de l’outil tel qu’il était utilisé en franc-maçonnerie opérative, et son caractère symbolique en maçonnerie spéculative.

Si nous considérons le caractère opératif de cet outil : lorsque la règle est associée au compas, elle permet de réaliser presque toutes les figures géométriques. De la mesure au tracé, la règle est donc un outil indispensable à la réalisation des plans. Lorsque un travail est achevé, elle permet, de par sa mesure, de valider la réalisation en adéquation avec les plans. Elle est donc présente du début à la fin des travaux. A la différence du ciseau qui ne peut tailler la pierre qu’en s’associant au marteau, qui lui fournit l’énergie nécessaire, la règle se suffit à elle-même. Elle est autonome. Pour cette raison, elle est définie comme outil actif.

Si nous considérons le caractères symbolique de cet outil : La règle symbolise en premier lieu la rectitude, associée au verbe « regere » de par sa racine latine « regula », qui signifie diriger. Elle nous permet de suivre la voie : Notre chemin de franc-maçon.

Lorsqu’elle n’est pas graduée, elle symbolise l’infini. Son utilité n’est pas à la mesure, mais au tracé.

La règle nous donne donc le chemin à suivre. Un chemin qui s’étend vers l’infini. Le voyage d’un F\ M\ serait-il donc sans fin ?

Remémorons-nous les paroles du V\ M\ : A chaque clôture des travaux, il nous annonce « Nos travaux sont terminés. De longs et pénibles efforts seront encore nécessaires avant que notre tache soit achevée. La pierre brute est à peine dégrossie. » Ces quelques mots changeront-ils un jour ?

Non, ces paroles sont et resteront à jamais les mêmes. Il semble donc être évident que le but à atteindre est une utopie. Le travail d’un franc-maçon est sans limite. Sa tache ne sera jamais achevée. Alors pourquoi doit-il continuer ?

Parce qu’aucun d’entre nous n’oublie le principe de la franc-maçonnerie qui est énoncé en ces termes dans notre livret d’apprenti : La Franc-maçonnerie travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité » : Amélioration et perfectionnement, deux synonymes qui intrinsèquement n’induisent aucune fin, et il est vrai, que nous espérons tous l’immortalité de l’humanité. Tout est dit dans cette phrase, la fin n’existe pas.

Et, comme nous le savons tous, le rite est un invariant pour chaque atelier. Il est infini, comme la règle, de par son aspect cyclique et son atemporalité. Il se répètera sans cesse identique à lui-même. Mais c’est aussi un guide. Il contient tous les éléments nécessaires, à un franc-maçon. Des éléments qui lui permettront d’avancer, de se perfectionner. En fait, de réaliser son devoir de franc-maçon. Et en faisant le parallèle entre règle et rite, comme la règle est présente dans tous les rites quelque soit l’obédience, on pourrait dire que la règle est une abstraction du rite. La règle peut être identifiée à un méta rite.

De plus, en continuant notre oeuvre hors du temple, nous transmettons la règle au monde profane. De franc-maçon à profane, de profane à profane, elle circule et peu potentiellement s’étendre à l’infini hors du lieu sacré. L’infini s’identifiant à l’ensemble des hommes et femmes présents sur cette terre et à leur descendance. Le franc-maçon doit cependant s’assurer qu’elle est transmise sans erreur. Un peu à l’image de la circulation des mots de semestre, il doit s’assurer que le message transmis revient conforme à celui qu’il a émis. Le retour de profane à franc-maçon est indispensable.

De par sa rectitude, la règle symbolise la direction à prendre, celle de la droiture morale.

De par son caractère infini, elle symbolise l’atemporalité et l’étendue du travail d’un franc-maçon.

Et lorsqu’elle se pare de graduations, elle se divise en 24, à l’identique des heures de la journée. Elle est aussi le produit des quatre premiers nombres entiers (1 x 2 x 3 x 4). Le travail d’un franc-maçon est effectif à toute heure du jour et de la nuit. La règle nous le rappelle encore.

Un franc-maçon doit-il être malheureux pour autant ? Savoir que son travail ne sera jamais achevé. Comme nous l’a dit notre F\ Serge lors de sa planche sur le bonheur : « Le bonheur est dans le prés ». Le bonheur d’un franc-maçon n’est-il pas de se voir tel qu’il est au moment présent ? Le bonheur d’un franc-maçon n’est-il pas de se rendre perfectible, pour pouvoir revenir sans cesse sur ce qu’il est ?

Le grand expert, porte la règle sur son cordon. C’est lui qui a en charge le contrôle de la construction. Elle est associée à l’épée et à l’œil qui voit tout. Le grand expert en est le garant dans le Temple. Nous en sommes les garants dans le monde profane.

Puis lorsqu’elle nous permet de mesurer notre travail. Elle mesure qui nous sommes. Cette mesure se fait à un instant unique : le présent. Un des rares instants ou nous pouvons ressentir le bonheur, le bonheur d’être franc-maçon.

Et si la règle nous dicte notre droiture morale, elle est aussi intérieure. Elle permet donc de se rapprocher de la verticale, de nous recentrer sur nous même en allant à l’essentiel.

En assemblant cette analyse et les réflexions de notre S\ Gisèle, lors sa planche sur « le voyage », et de notre F\ Maxime, lors de sa planche sur « la verticale », nous pouvons en déduire que notre travail de franc-maçon est un voyage intérieur qui suit la droiture morale. Quel est le chemin le plus court ? C’est bien sûr, la ligne droite que nous permet de tracer la règle.

Pour conclure, je voudrais dire que la règle est représentée par son symbole, mais aussi par tous les frères et les sœurs de cet atelier. Pourquoi ? Lorsqu’on me pose la question : « Etes vous franc-maçon ? », je réponds « Mes frères et mes sœurs me reconnaissent comme tel ». Par cette réponse, je sous entends que mes frères et mes sœurs me jugent. Ils jugent que je suis sur la bonne voie, que je suit la règle.

Ce sont les frères et les sœurs de notre atelier qui constituent la règle.

D’ailleurs, au travers de la chaîne d’union, lorsque nous la construisons à l’identique de nos frères du passé, nous contribuons à perpétuer la règle. Sans mes frères et mes sœurs du passé, la règle n’existerait pas, et elle n’existerait pas sans ceux du présent.

Source : www.ledifice.net

Par Frédéric BAR\ - Publié dans : Planches
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Mardi 10 décembre 2013 2 10 /12 /Déc /2013 07:33

« Orient » vient du latin oriens, orientis, participe présent du verbe signifiant « naître », « se lever ». L’orient, c’est la direction où le soleil se lève, d’où, après les ténèbres, renaît chaque jour la lumière. A l’opposé, l’Occident, du latin occidens, « tombant », est la direction ou le soleil disparaît à chaque fin du jour, où la lumière s’arrête. « De l’occident à l’orient ». Trois termes : d’abord, un point de départ. L’occident. C’est le monde manifesté, perceptible par les sens. Ensuite l'Orient, qui, par contraste représente le monde qui ne se révèle qu'à l'esprit. Symboliquement le lieu de la création, de l'origine de toute chose. Enfin, de l’un à l’autre, un chemin peut-être, mais avant tout une direction. Comme l'Orient est l'origine de la lumière physique, la quête initiatique, celle de la lumière métaphysique, (et dont le but est sa propre transformation), doit s'orienter dans cette direction.

L’aspiration à la lumière

L’initiation, mise en mouvement de cette quête, est d’abord rupture, séparation. Elle oppose lumière et ténèbres, monde profane et monde spirituel. La séparation est à mettre en rapport avec la création, qui est, sur le plan mythique, séparation de la lumière d’avec les ténèbres, avant manifestation du monde comme émergence à partir du chaos. Cette séparation est revécue à chaque tenue au début du rituel d’ouverture avec une triple séparation : clôture de l’espace (nous sommes à couvert), clôture temporelle (il est l’heure) et spirituelle (nous avons l’âge). La séparation opérée, l’espace n’est plus uniforme. La polarisation occident orient apparaît. La lumière se pense maintenant par l’idée d’orientation, s’opposant à l’obscurité.

L’orientation de l’espace

De tout temps l’homme a éprouvé le besoin de se relier à un principe primordial. C’est le sentiment « religieux » (je précise «religieux » du verbe « relier », indépendamment de toute religion). L’homme se sent partie intégrante d’un tout qui ne se limite pas à ce qui est perçu par les sens. Pour cela, l’homme structure l’univers physique pour l’orienter, faisant apparaître les signes d’une réalité spirituelle superposant à la réalité physique. Le point d’appui est le centre, point fixe par lequel passe l’axe du monde, et figuré dans nos loges par le fil à plomb qui donne la direction Nadir - Zenith, axe de l’élévation spirituelle. Autour de ce centre, le monde s’ordonne selon deux axes perpendiculaires qui déterminent les quatre directions cardinales. A la structuration de l’espace en deux fois deux, quatre parties (quatre, nombre du monde manifesté), correspond, avec la course du soleil, la division du temps. Le temps, de linéaire, devient cyclique, ordonné suivent les alternances des jours et des saisons. Ainsi, le monde physique n’est plus chaos. Il devient ordonné suivant un tout (espace temps et lois), et peut prendre sens. En occident, l’édifice religieux, en tant que médiation entre l’homme et le monde spirituel, est bâti sur ce modèle. Il est tourné vers l’orient.

La tradition kabbalistique

Le temple maçonnique est lui aussi symboliquement orienté de l’occident vers l’orient. C’est un carré long, un couloir, un chemin, l’axe de la recherche spirituelle. Il s'étend symboliquement « du Zénith au Nadir », « de l'Orient à l'Occident » et « du Septentrion au Midi », c'est à dire qu'il englobe tout l'univers. Après séparation, pour que le temple devienne image du monde spiritualisé, il faut donc l’ordonner spirituellement, l’illuminer. L’initié tourne son regard vers l’orient, et la lumière de l’origine se déploie en suivant le chemin orient - occident. Il y a au départ une toute petite lumière qui jamais, au moins symboliquement, ne s’est éteinte, celle posée sur le plateau du Vénérable Maître. C’est aussi la petite lumière qui a continué de briller en nous et qu’il faut raviver. L’ouverture des travaux représente la propagation de la lumière spirituelle depuis l’orient, qui, par étapes progressives, s’installe, et illumine l’espace physique banal pour en faire l’athanor de transformation de l’initié. Cette propagation de la lumière est illustrée par la tradition ésotérique de la Kabbale. Dans la tradition kabbaliste, tout procède d’un principe unique renfermant tout en puissance. La lumière primordiale de l’infini descend dans le monde pour donner le souffle de vie et illuminer les créatures. En elle-même lumière absolue, hors de portée de l’entendement humain, elle descend, chemine, se déploie et se difracte en prenant la forme de dix réceptacles de lumières, les sefirot, contenant chacun un aspect de la puissance de l’origine accessible à notre compréhension. Ainsi, la lumière descend et vivifie la création. L’arbre des sefirots, composé de trois triangles, est la multiplicité éclairée progressivement par la lumière originelle issue de l’unité (la sefirah Kether), jusqu’à la dixième et dernière sefirah (dite Malkhout), celle du monde manifesté. Cette dernière donne naissance à l’homme complet, termine le cycle et permet le retour de la lumière vers l’origine de tout. C’est le rythme secret du mouvement, la loi dynamique de la manifestation. Dix est le nombre du cycle achevé.

La descente de la lumière dans la loge

Le deuxième et la troisième lumière procédant immédiatement de l’origine sont la pensée créatrice, le logos, et l’Intelligence. Elles forment un premier triangle de lumière, d’ordre ontologique, de l’ordre de la pensée pure, de l’esprit. Hors de portée de notre intellect, nous ne pouvons le percevoir que par le delta lumineux qui nous apparaît à l’Orient. Suivant son cheminement de l’Orient à l’Occident, la lumière descend et éclaire un second triangle de lumière, qui est cette fois la fondation éthique de la vie manifestée, les trois lumières d’ordre moral, afférent à l’individualité humaine, à l’âme. Nous les voyons apparaître sous la forme symbolique des trois grandes lumières : compas, équerre et volume de la loi sacrée. Puis le troisième ternaire éclairé se rapporte à l’action réalisatrice, au corps, à la construction. Nous le voyons apparaître sous la forme des trois piliers qui s’éclairent ; force, sagesse et beauté, en correspondance avec les lumières sur les plateaux des surveillants. Le triple ternaire doit être ramené à l’unité par l’éclairement de la dixième et dernière lumière, situé dans le dernier monde, le monde physique, Alors, l’essence spirituelle, le psychisme et le corps pourront se réunifier en penser, vouloir, et agir. Nous serons aptes à construire. La lumière qui a entièrement illuminé le monde physique pourra revenir vers l’unité. Mais, dans le rituel d’ouverture, aucune lumière physique n’est allumée pour cette dixième et dernière. Mais, est-ce étonnant puisque finalement, il doit s’agir de nous illuminer chacun de nous individuellement ?

La circulation de la parole

Ainsi mis en condition, la lumière va circuler pour que chacun de nous s’enrichisse. La lumière prend alors la forme humaine de la parole. Le monde et la vie apparaissent comme une infinie diversité, un chaos d’éventements et d’actions. Nous filtrons ce chaos de manière telle que seule une potion devienne significative pour nous. Chacun s’est ainsi construit à l’âge adulte son propre système de croyances et de valeurs. Pour s’élever et donc se libérer, il s’agit de s’ouvrir à l’autre à travers sa parole. Pour l’initié, le point de vue de chaque Frère est donc bien une richesse, suivant la phrase d’Antoine de Saint Exupéry. « Si tu diffères de moi mon Frère, loin de me léser, tu m'enrichis ». Il me semble que la parole d’un F\ devient ainsi lumière dans un triple don : D’abord donner la parole ; Ensuite donner sa confiance, en délivrant sa propre vision des choses avec sa raison et son coeur, sans paroles convenues ; Enfin, donner son attention, c’est à dire être réceptif et s’ouvrir à la parole de l’autre, sachant la valeur donnée par sa sincérité. Après, ma vérité n’est plus tout à fait celle d’avant. Mais paradoxalement, c’est d’autant plus la mienne qu’elle n’est le plus produit aveugle des circonstances de la vie, mais qu’elle procède de liens retrouvés. La lumière de l’autre a éclairé mon ombre. C’est la lumière dans le sens de transformation. Le don créé la reliance, le lien véritable. La reliance créé la synthèse qui approche la vérité. La vérité donne l’unité retrouvée dans un acte de création. En maçonnerie, la connaissance n’est pas consignée dans des livres. Elle se transmet avec la tradition en se récréant, en reprenant forme et en se vivifiant dans les esprits des Frères. Symboliquement, c’est une construction. La parole remonte vers l’orient.

Le cycle de la connaissance

Cette polarisation manifeste les deux pôles de l’existence manifestée, qui oppose réceptivité d’une part, et action sur le monde d’autre part. Ou encore imagination et rationalité intellectuelle, rétraction et expansion, introspection, et extérioration, Yin et Yang dans la tradition orientale, etc. Le monde se transforme sans fin sous l’effet de ses deux polarités contraires. Voir l’opposition et le chaos qui en résulte n’est qu’une vision des choses. Pour l’initié, les deux sont tout autant nécessaires l’un que l’autre, et doivent s’ordonner suivant des cycles, puisque tout est respiration et cycle. Pour être en phase avec le monde spiritualisé, il faut s’orienter selon le parcours juste, le cycle de la connaissance, donné par le parcours et le sens des déplacements dans la loge. Tout part de la colonne BOAZ ou l’apprenti reçoit son salaire. L’initié progresse vers l’orient. Il doit être réceptif à la lumière sous la lumière l’éclairage de l’imagination. A partir du concret, c’est l’ouverture aux vérités de nature spirituelle. A l’orient, l’orientation symbolique devient une conversion. De la connaissance lunaire réfléchie, cyclique, imaginative, le regard se tourne vers la connaissance solaire, directe, immédiate. L’initié se transforme. La progression le long de la colonne du midi est l’extériorisation. L’initié devient source de lumière en direction de l’occident. A l’occident, l’initié expérimente confronte sa connaissance au concret du monde manifesté. Il est de retour à son point de départ, mais transformé intérieurement. Le cycle conduit à l’élévation sur l’axe Nadir Zénith, l’axe de l’élévation de la conscience. L’initié est prêt pour un nouveau cycle.

Conclusion : L’approche philosophique.

Pour terminer, je voudrais indiquer quelques éléments de la pensée du philosophe Spinoza. Pour Spinoza, acquérir la liberté est possible en connaissant les lois sous-jacentes du monde et, en se rendant compte de leur nécessité. Contrairement à ce que notre vanité voudrait croire, l’individu a une position subordonnée, mais grâce à son travail, il peut approcher la lumière de l’origine et devenir plus conscient. Il vaut la peine de tendre ses forces vers la libération d’une influence extérieure arbitraire en permettant à notre essence vraie de façonner nos actions et nos vies. Par une prise de conscience active de la connexion de toute chose avec l’Origine, nous devenons nous-mêmes libres parce que notre identité embrasse maintenant un peu plus le Tout et n’est plus un ego étroit, et frustré par ce qui périt et change dans des événements isolés. La liberté est donc une tâche qui exige que nous connaissions précisément notre nature. Connaître notre nature, c’est dire que nous nous comprenons en tant qu’aspect particulier du Tout. Plus nous réussissons à nous libérer des frustrations et des attaches liées à l’ego matériel, plus nous réussissons à nous reconnaître comme intérieurement partie d’une réalité plus globale, plus libres nous sommes.

V\ M\, j’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Lundi 9 décembre 2013 1 09 /12 /Déc /2013 06:58

Votre pensée est créatrice des évènements que vous vivez, apprendre à penser juste, c'est en quelque sorte être co-créateur de l'univers. Comment sortir de nos cercles infernaux et changer notre monde me direz-vous ? Nous pensons très souvent à tort et à travers et, notre déséquilibre d'homme se traduit par le déséquilibre de la société. Apprendre à se connaître c'est avant tout connaître ses possibilités. Comment l'être pourrait-il trouver sa place dans la société s'il ne trouve pas sa place en lui-même ? Nous avons pris l'habitude depuis principalement Ie début du siècle, de n'être jamais satisfait. L'augmentation, sans cesse croissante, des attraits de la société de consommation a fait de nous d'éternels insatisfaits. Et, ce conditionnement, dès notre plus jeune âge, fait de nous des créateurs d'énergie négative (-).

Le premier pas à faire dans le processus de la pensée créatrice est donc d'inverser le processus. Arrêtons de pleurer sur nos malheurs qu'ils soient d'hier ou d'aujourd'hui. Encore que bien des êtres pleurent sur ceux de demain. Une attitude de pensée négative entraîne une sorte de cercle infernal dont il est quelquefois bien difficile de sortir. L'attitude juste consiste à inverser le processus pour rétablir la balance car le négatif n'existe pas même si le bonheur n'est pas toujours aussi spectaculaire que le malheur. Il est toujours plus facile de se replier sur soi-même que d'aller vers les autres, de s'ouvrir aux autres, d'aller de l'avant. La pensée négative est avant tout une paresse de l'esprit. Tentez dès aujourd'hui l'exercice inverse, examinez d'abord tout ce qu'il y a eu de (+) dans votre vie et, réjouissez-vous en, laissez cette joie entrer en vous, vous pénétrer : Maintenant examinez les points qui pour vous sont (-) et apprenez à voir la part du (+). Bien sûr cela semble difficile, pour certains points, voir impossible, mais accrochez-vous et chaque jour vous franchirez de nouvelles étapes. Car dans votre vie, chaque point (-), chaque échec vous a amené à prendre conscience de votre erreur, de sa cause et à ne pas renouveler un tel acte. Le sentier initiatique est semblable à un immense escalier, chaque marche a son palier pour vous reposer, pour faire le point, et chaque contre marche est une épreuve nouvelle qu'il vous faut surmonter pour y voir clair, si vous voulez monter pour atteindre la lumière, il vous faudra lever la jambe, accomplir l'effort nécessaire pour passer de marche en marche. Il en est de même pour ces actes que vous jugez comme (-), chacun de ces points est analogue à une marche et il est bien rare quand ce ou ces points n'ont pas amené ou permis un évènement (+).

Ce travail est un examen de conscience. A vous de le mener à terme. Mais pas de triomphalisme, le plus dur reste à faire, car derrière le passé et le futur, il reste le plus difficile à entrevoir : le présent. Et, au risque de me répéter pour certain, je vous redonnerai le vieil adage "le passé n'est rien s'il ne sert à vivre le présent pour construire l'avenir" et, dans le cas qui nous concerne, créer au présent des pensées (+), revient à préparer le futur âge d'or de votre maître intérieur et par la suite de l'humanité. L'être est habitué dès son plus jeune âge à réagir suivant ses instincts ses pulsions, et, l'être ne va pas plus loin. Il faut que vous preniez conscience aujourd'hui que cette pulsion n'est que l'énergie qui permet à l'être de dépasser ce premier stade. Cette notion est vraie à tous les stades de votre vie. La pensée créatrice va puiser son énergie dans la pulsion pour la dépasser et construire... et précisément au moment où tout va mal, il vous faudra vivre ce fait afin de tirer pleinement la leçon. Mais il faut semer dès le début les germes de votre être à venir en pensant vous engendrez le (-) et vous réitérez les erreurs du passé. Il va sans dire que vos débuts dans la pensée créatrice ne seront pas sans rechute. Il est bien difficile, lorsque l'on vient de subir une cassure sentimentale de baigner dans la joie, mais sachez remettre chaque chose à sa place. Essayez de ne voir que le côté (+) de cette rupture ou même, soyez persuadé que tout va s'arranger. Se lamenter ne servira à rien si ce n'est à entériner une situation latente. "J'avais tellement de reconnaissance envers l'univers que j'arrivais à considérer comme positif tout ce qui venait à moi". Faites votre, cette citation d'A. Gide. C'est en luttant contre le (-) que vous vous en débarrasserez. Vous n'avez pas un sou en poche ? Qu'importe !

Regardez autour de vous, combien y a t'il de plaisirs gratuits, de loisirs simples et enrichissants ? Bien sûr, c'est dès le matin qu'il vous faut positiver la journée, reprenez à votre compte la méthode "Coué". "Chaque matin, jour après jour, je vais de mieux en mieux". Obligez votre pensée (+), de même le pire des services que vous pouvez rendre, c'est d'écouter quelqu'un gémir. Au contraire, faites lui entrevoir le côté (+), les solutions qui lui restent et qu'il n'a pas utilisé. Dans chaque situation, arrêtez dès le départ le côté (-) et inversez-le. Cette attitude est valable également pour le monde des autres. Chaque pensée (-) que vous émettez part vers son destinataire, c'est une des raisons qui fait que l'église dogmatique précise que l'acte n’est pas seul en cause et que la pensée est autant fautive et condamnable car elle nuit autant, si ce n'est plus que le passage à l'acte. En bref, n'empoisonnez pas l'aura des gens qui vous entourent Avant de clore momentanément sur ce sujet, j'aimerais aborder le thème de l'Amour - d'une manière succincte - car c'est un thème inépuisable. Je voudrais tout d'abord, vous amener à méditer sur cette citation de St Exupéry : "L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction". Pensez à construire votre amour, ne le prenez jamais comme un acquis, une finalité. La pulsion qui vous anime au départ, le soi-disant "coup de foudre" est un joli départ, mais c'est avant tout une pulsion, plus elle sera forte, plus l'énergie sera importante mais si vous ne vous en servez pas ce sera comme laisser tourner le moteur de votre voiture à l'arrêt, la batterie se videra.

D'autre part, prenez un temps de recul avant de parler d'amour. Aimer ! c'est avant tout accepter l'autre tel qu'il est et non, essayer de l'amener à penser comme nous. Notre société a le triste record de 50% de divorces ! Combien de ces divorces n'auraient ils pas été évités si nous n'étions pas égoïstes, si nous nous prenions pas pour le centre du monde et si nous apprenions à accepter l'autre tel qu'il est, sans détour, prenons conscience de ce que représente le respect de l'autre. Plus qu'autrui, de par votre position sur la voie initiatique, notre volonté doit être de créer une véritable fraternité humaine, alors soyons en les bâtisseurs et, comme toute bonne charité commence par soi-même, créons nous foncièrement (+), créons autour de nous un véritable champ de vibrations positives et recouvrons en l'humanité, voilà l'esprit du Cénacle ! Voilà l'esprit qui doit vous animer en tant que templier ! Que la paix soit avec vous !

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Vendredi 6 décembre 2013 5 06 /12 /Déc /2013 07:08

Je ne m’étais pas rendu compte combien, ce passage à ce grade, dont sur le moment, je n’avais pas saisi toute la complexité, les subtilités, la symbolique, tout ce qui m’était encore donné par mes frères, avait pu me transformer. C’est au moment, où pour la première fois j’ai du plancher en tant que maitre et que j’ai moi même de tout mon cœur voulu partager, comme je tente de le faire avec vous, que j’ai réalisé dans le travail, combien quelque chose avait changé. Cette évolution semblait avoir révélé, exacerbé, comme jamais, ce désir d’« aller plus loin » et de « m’éprouver ». C’était une envie de chercher, où je ne trouvais pour seule réponse que de nouvelles questions. Elle semblaient m’amener vers un essentiel, quelque chose qui ne me « faisait reconnaître » que ce que je semblais déjà connaître, tant certains mots, certains gestes, m’arrêtaient, m’appelaient et qui comme depuis le début de mon initiation, se révélaient grâce au rituel et semblaient éclairer d’une nouvelle lumière tout une partie de mon esprit. Ce grade de maitre dans ma vie, c’était d’abord l’impression d’avoir une nouvelle responsabilité. Nietzsche disait : « Deviens sans cesse, celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi même ». L’impératif de cette phrase ne pouvait que me montrer la direction de ce chemin tendant vers la connaissance et la maitrise de moi même ainsi que l’obligation permanente de travailler sur ma pierre. C’était pour moi également, une nouvelle exigence de tous les instants auprès de ma famille, de mes frères et de l’ensemble des hommes. Cette responsabilité c’était aussi un positionnement, une attitude, une écoute. L’écoute imposée depuis le septentrion et librement souhaitée aujourd’hui. Hiram était un exemple, la perfection du maître maçon qui me montre la voie, ou la voix dans sa parole. Pourtant une question ne cessait de m’habiter. Ces trois compagnons qui ont « trahi », qui ont commis « ce crime inouï », avaient été pourtant ceux qui avait « rendu leurs maitres satisfaits » en tant qu’apprentis. Une nouvelle apparence de l’ambiguïté, de la contradiction semblait se faire jour… Que s’étaient ils donc passé ? Hiram ne les avaient ils pas entendu parmi les 183600 ouvriers du chantier ? Difficilement concevable pour moi. De manière symbolique me disait il, m’enseignait il d’être toujours plus à l’écoute de l’autre ? De chaque singularité ? Et si c’était pour moi maitre maçon une autre chose à écouter ? Hiram, était mort, sa parole était perdue, le rituel d’apprenti m’apprenait que le Maître de la loge « s’illuminait sous la double influence de la raison et de l’imagination », que notre travail purement symbolique nous donnait en plus de la logique une autre façon de penser, de poser des liens grâce à l’analogie. Le Rituel de maitre me disait que je devais recevoir le récit d’Hiram comme une allégorie, que je pouvais concevoir tout ce qui m’était donné, d’une autre façon. Cette parole perdue, ce manque était ce qui semblait faire de moi un être qui cherchait de plus en plus. Mais de manière allégorique et analogique, cette parole per-du n’était elle pas a entendre comme la parole du père. Ce père symbolique qui dirigeait le chantier comme il dirigeait ma vie. Mais ce père n’est plus. Est ce donc là une nouvelle naissance dans un processus d’individuation. « Si vous rencontrez le Boudha, tuez le Boudha, si vous rencontrez le maître tuez le maître » c’est que le maître zen Lin-Tsi inculquait à ses élèves. Une mort bien évidemment symbolique comme celle de notre rituel. Pour lui, cela était un passage essentiel, un changement de direction nécessaire pour trouver sa propre voix(e), prémisse de tout processus d’individuation. Mais cette individuation semblait impliquer un autre devoir : Que dorénavant l’on n’attendait plus de moi la simple exécution d’une pensée de l’autre, donnée, mais la mise en chantier perpétuelle d’une pensée aussi créatrice que singulière. Etre maitre, c’est être à une nouvelle place, comme d’ailleurs ce que nous montra Hiram, une place plus exposée. Une place aussi, qui sous entend une autre façon de se positionner, à la fois parfaitement à travers les 5 points et le relèvement dans une verticalité. Je me suis posé une autre question qui elle aussi a modifiée mon comportement de vie. Et si comme notre père, il s’était sacrifié pour nous, pour nous faire vivre cette expérience de la mort et de la renaissance, pour nous la montrer. Pour ne plus que cela soit lui, mais pour que cela soit nous qui « nous éclairions et nous soutenions dans nos afflictions ». Pour que nous ne contions plus sur lui et que nous puissions donner le meilleur de nous ; pour nous pousser à chercher par nous même davantage. Pour moi, c’était donc dorénavant ce devoir la, de faire au mieux de tout mon cœur, pour être fidèle à une transmission pouvant aller jusqu'au sacrifice absolu. Je recevais aussi, qu’il avait voulu nous montrer à travers un acte fondateur, la vision spiritualiste de la permanence de la personne et à travers elle le triomphe de la vie, de la lumière sur les ténèbres… Cette mort, cette perte me renforçait. Encore un fait qui aurait pu sembler une nouvelle ambiguïté, comment se renforcer d’une perte, mais au contraire qui depuis mon accession à la maitrise, orientait ma pensée vers une autre façon de tout écouter, de tout voir, de tout concevoir. Je choisis ce moment pour faire un écho à cette notion de perte. Depuis le premier instant de mon entrée en maçonnerie, l’on m’a fait perdre mes métaux. Au grade de compagnon, j’ai perdu pour un temps mes frères lors d’un départ aussi émouvant de difficile à vivre. Aujourd’hui je perds (mon père), mon maitre, sa parole et son sacrifice, ces sacrifices m’ont fait prendre conscience de ce qui pouvait me manquer ? En fait que me manque t il vraiment ? Et si cette perte avait été voulue pour me permettre de voir que toutes les ressources étaient déjà en moi, en nous. Sans cette perte, nous nous reposerions en grande partie sur la parole de ce maitre et nous ne pourrions que partiellement nous éveiller intérieurement. Parallèlement quand je relis cette légende, je ne peux être qu’être frappé par la dimension totémique de l’Olivier. S’il n’était pas mort, s’il ne s’était pas sacrifié (comme le Christ) pour nous montrer le chemin, sa présence en nous ne serait pas aussi forte. Le G.A.D.L.U a toujours été la c’est « avec son aide » que j’ai vécu dans ma vie maçonnique mon augmentation, mon élévation et j’ai aussi l’impression que c’est lui qui a placé cet Olivier là, comme tous les autres signes de ma vie qui me font choisir le bon chemin. C’est par sa mort, qu’Hiram se rend encore plus présent dans notre devoir moral de fidélité (symbole de l’olivier à travers le lit de pénélope), d’exemplarité, de parole, de choix qui influenceront dorénavant toutes mes actions. Je pourrais y voir une perte mais par l’esprit, elle se transforme en un plus dans une dualité à unifier et à concevoir. Ce mot perdu, c’est d’accepter en tant que maitre qu’il n’y ait pas de totalité et de perfections absolues possibles (seul dieu peut réaliser cette perfection)… C’est une nouvelle fois accepter cette perte dans notre humilité et l’utiliser pour nous dépasser. Ce mot perdu ne nous dit il pas simplement qu’il nous faut faire au mieux avec ce qui nous a été donné. Cette parole perdue m’a montré combien ce qu’un profane pourrait concevoir dans un manque désespérant était une source de création infinie, pour moi le jeune architecte qui a encore tout à découvrir. J’ai évoqué le devoir et c’est fut pour moi un apport essentiel de la maîtrise. Devoir des serments faits depuis mon initiation : devoir d’être fidèle jusqu'à la mort à mes engagements et à ce que je suis. Devoir aussi dans cet impératif évoqué plus tôt, que cette exigence morale prime sur tout autre chose. Je ne me lancerais pas, car j’en serai bien incapable devant vous mes TCF, sur la résonance de l’impératif catégorique de Kant avec cette légende d’Hiram. Mais dans la pensée de ce philosophe, un point m’a marqué et m’a fait évoluer dans ma vie : c’est cette notion de devoir de ne pas juger. L’on me décrit ces mauvais compagnons, mais pour moi en tant que maitre il m’est impossible de juger de la valeur morale de leur actes, puisque ils ne sont pas devant moi, qu’ils ne peuvent pas eux même parler, et surtout que je ne peux pas personnellement apprécier toutes les motivations de leur actes. J’ai déjà moi même tant de difficulté a juger mes propres actes selon l’équerre, tant le travail d’introspection est difficile et permanent. Il n’est qu’un seul juge, le rituel me l’a montré à deux reprises, et il est en moi et pour me juger moi. Je puis la aussi tirer de cette maitrise un enseignement que pour moi même le plus loin possible de tout préjugés. Je puis me juger moi mais je ne puis quoi qu’ils fassent, que plus aimer les autres en paraphrasant le mot de Marc Aurèle qui disait : « Le propre de l’homme c’est d’aimer ceux qui l’offensent ». Je me suis aussi beaucoup questionné sur cet Acacia. Je ne discourrais pas sur sa symbolique (l’aspect imputrescible et la victoire de la vie éternelle sur la mort, sur le piquant de l’arbre a rapprocher peut être du piquant nécessaire de l’esprit pour la aussi voir les choses autrement, le bois de l’arche d’alliance,…) mais simplement sur une de ces association, celle de la pureté. J’ai été frappé de lire dans le rituel par le 1er surveillant, que les frères qui avaient voyagé, avaient aperçu une tombe, de la terre fraichement remuée, et un acacia qui avait été planté. Cela sous entend pour moi que même les hommes coupables du plus odieux des crimes, ont planté cet acacia…avec sa symbolique. Voulait on que l’on trouve le bien aimé Hiram ? Voulaient ils qu’on les trouve eux même (car cela indique aussi une direction) ? Pour moi cela m’enseigne aussi que même dans le cœur que l’on pourrait juger le plus noir, il y a de la lumière, il y a ce respect de l’humanité. Cela me questionne comme j’en ai parlé sur le jugement ? Sur l’introspection ? Sur ma position, sur une façon différente de voir le monde, sur ce qui peut être (bien ou mal) car il semble toujours que la position juste soit entre ces contrastes, ces pôles, ces directions, que le rituel énonce comme « apparemment opposé » et que la sagesse tente de concilier en « rassemblant » tout ce qui est épars. Depuis ma première planche de maitrise, la parole semblait me dire quelque chose. Notre rituel et Saint Jean me disaient à chaque tenue que tout « a été fait par elle » et que surtout les mots et mon esprit étaient des outils qui me permettaient tous les possibles. Plus je lisais le rituel et plus un autre sens des mots me paraissent pensables. Mais cette parole qui peut tout, portait en elle une nouvelle fois un contraire. Depuis que nous parlons nous avons aussi perdu quelque chose. Car aucun mot ne pourra vraiment exprimer ce que nous sommes et ce que nous voulons. Il nous faut à chaque fois substituer des mots à d’autres mots pour faire passer nos intentions. Enfin cette parole perdue, ne me disait elle pas qu’il n’y avait que des vérités partielles et singulières loin de tout absolu, de toute intolérance. Si cela était le cas, ma position de maitre en loge et dans la vie devait ressembler au compas dans sa souplesse et devait s’éloigner du fanatisme du mauvais compagnon. Tubalcain était le mot de passe, Ce maitre du fer et des alliages, celui qui par cela, avait la « possession du monde », un monde de tous les possibles... Allier les contraires, les sens possibles, Le « tous crussent » de Jean était il un croire ou un croitre pour me montrer le devoir de verticalité du maître, L’Acacia, dont le sens grec est issu d’innocence mais dont le Kacia veut dire le vice donc le contraire) qui existe en tant que vrai ou faux acacia, qui est dur et léger, m’est il connu ou méconnu en un seul mot, pour la encore me pousser a chercher plus loin ? Je n’avais aucune certitude et cela me faisait avancer comme jamais. J’aurais pu vous citer, mes bien aimés frères de nombreux autres questionnements sur le sens des mots qui m’interrogeaient a chaque grade dans notre rituel mais pour ne pas rallonger cette planche je vous redis juste que leur apport allégorique me faisait voir le monde avec un autre regard. Tout cela me semblait me donner une flexibilité, une souplesse, pour trouver ma juste place, entre. Car la place du maitre est d’être entre l’Equerre et le Compas. La rigidité d’une définition donnée, transmise et la souplesse de la création. Quelque part dans un etat de conscience entre l’Etre (Ushin de la philosophie Zen) et le Mushin (vide absolu) entre l’orient et l’occident, entre le nadir et le zénith…entre tous les sens des mots. Le maître est dans un présent entre passé et futur. Dans un cercle dont le centre est partout mais aussi et surtout comme le rituel me la montré sur mon cœur. De ce cœur je puis faire tous les cercles, de toutes les tailles pour repenser tous les « préjugés » du vulgaire. Pénétrer et comme le disait saint Exupéry, « ne voir qu’avec le cœur » le sens des mots car les mots seuls ne suffisent pas a connaître le secret maçonnique et ne pas juger encore une fois dans l’apparence des choses car comme le dit notre rituel « les plus humbles peuvent symboliser les réalisés les plus hautes ». Des le premier instant j’avais été ni nu ni vêtu…dans l’entre deux… Ce sont les 3 grands coups qui m’avaient introduit en loge, et fait recevoir la lumière et ce sont aussi les trois grands coups qui me privaient de mon maitre et donc de sa lumière. Tout pouvait donc prendre un sens et son contraire. Chaque chose pouvait être bonne ou mauvaise… Telle une équerre, avec sagesse c’était à moi de lui donner le sens du bien, de la vertu, de la vérité. En Maître chacune de mes actions doit être inspiré par le cœur. Beethoven disait que « seuls les cœur purs faisaient de bonne soupes »… C’est cette pureté qui me ramène à un autre éclairage du rituel de maitrise à travers le devoir de la sincérité… Sine Cérus, sans cire, tendre vers un miel couleur or, mais sans cire, sans impureté, continuer a persévérer dans ce voyage alchimique plus intérieur et plus spirituel pour arriver a plus de pureté plus d’essentiel. Cette sincérité c’est aussi un écho a cette quête du connais toi toi même permanente. Cette sincérité m’amène à un tout dernier point, le maitre maçon ne se sert pas uniquement de sa parole, il redonne vie à toute chose, par un dire qui est en lien à un acte (les 5 points parfaits et le mot sacré seulement donné la). Il lie son acte à sa parole avec cette sincérité de dire ce qu’il pense et de faire ce qu’il dit. Cela l’inscrit uniquement dans des actes de volonté, de décision, de choix et donc de liberté. Pour conclure, un mot de Pascal à la fin de mon travail, qui résume pour moi la place d’un maitre maçon : « L’homme dans la nature est un néant à l’égard de l’infini, un tout au regard du néant et un milieu entre le rien et le tout… » Ce milieu, cet entre, d’une souplesse que seul ce travail en moi permettra de faire progresser, tout ces changements permis par mes frères font que je peux en paix chercher, me tromper, mourir, mais si je reste fidèle à mon serment d’homme de maçon, des frères me chercheront toujours (Comme les 9 qui m’ont cherché), et me permettront de renaitre et de continuer ce parcours spirituel. Cela a éveillé en moi que je suis une colonne mais je peux m’appuyer sur mes frères, sur les autres colonnes) car ce sont eux, l’autre, les autres qui m’ont fait changer pour aller vers autre chose (« tout est immuable il n’y a que les autres qui vous font changer » disait Descartes). Je peux être vrai avec tous ceux qui m’entourent car quand on devient Maître il y a le voile du DE’B’IR qui se lève, comme le masque de la personnalité. Je peux dire : Je, dans cette démarche personnelle qui ne peux se vivre qu’ensemble. Je peux dire : Je ne sais pas dans cette incertitude du sens mais J’ai le devoir de me positionner. Cela me fait plus chercher, être curieux pour vouloir connaître la suite de cette histoire (que sont devenus ces mauvais compagnons ?) et « aller encore plus loin ». Je peux aussi vous demander pardon pour le coté brouillon de ce texte qui m’a fait aussi trouver et me trouver. Je peux aussi et surtout aimer encore plus et de multiples autres façons et c’est en tout cela que ce grade m’a fait le plus fait évolué.

J’ai dit T\ V\ M\

Source : www.ledifice.net

Par X - Publié dans : Planches
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Jeudi 5 décembre 2013 4 05 /12 /Déc /2013 07:10

Introduction
Tenter de faire l'historique du monde forestier, de ses rites et coutumes revient en quelque sorte à retracer telles qu'elles furent sur 1500 ans, les relations entre deux types de civilisations qui se sont côtoyées sans se confondre : le monde des cités et le monde de la forêt.
Cependant en terme d'antériorité celle-ci appartient au monde du bois dont les premières activités remontent au Néolithique.
Notons au passage que, dans la Bible, le Livre des Rois et les Chroniques mentionnent que le Temple de Salomon est en bois; et qu'Hiram est un bronzier, donc un forestier.
Il est difficile de comprendre aujourd'hui, alors que les forêts sont morcelées et désertiques, le monde de la Gaule lui, n'était que forestier. Le schéma social avait éparpillé les familles celtiques en clans de clairière et qu'ainsi les forêts « étaient pleine de gens ».
Le territoire du clan était une zone boisée, avec ses propres défenses naturelles. L'habitat était en bois, la religion le druidisme (sous sa forme régionale) et tous les métiers étaient, à part l'élevage et l'agriculture, tournés autour de cette matière : l'arbre.
Ces métiers forestiers vont d'ailleurs devenir des points forts économiques qui feront la réputation des productions occidentales comme le travail de transformation des métaux , la forge, et l'orfèvrerie.
Il faut bien retenir l'image d'une civilisation forestière dans tous les sens du terme : ce sont des chaînes de métiers très spécifiques, abouchés les uns aux autres, couvrant tous les besoins du clan et de la vie sociale

La Filière bois
Celle qui nous intéresse aujourd'hui se compose du métier des bûcherons et des fendeurs de bois menant à celui des charbonniers pour finir aux forgerons, aux marteleurs et fendeurs de fer.
Depuis la plus haute antiquité l'exploitation du bois était liée à la métallurgie.
Le bûcheron sélectionnait les coupes et abattait l'arbre. Il était le gestionnaire de la forêt.
Le fendeur de bois était le scieur en long des troncs, les arbres abattus étaient décomposés immédiatement en plusieurs produits. Le premier de tous était bien sûr les troncs utilisés pour diverses constructions habitat, ponts etc...
Les branches grosses et moyennes, passaient dans les mains d'un autre métier, celui des charbonniers qui les transformait en charbon de bois. Après le charbonnier, le bois transformé en charbon prenait plusieurs directions dont la plus importante était l'alimentation en énergie des autres métiers comme les forges, les briqueteries et poteries, les tonnelleries et plus tard les verreries.
La chaîne économique ainsi formée se tenait bien et permettait à tout le clan de vivre en autarcie. C'était une chose indispensable si l'on considère le schéma social des celtes qui imposait un éparpillement des familles et des tribus par essaimage.
Cette maçonnerie du bois a vécu en parallèle, mais pas forcément en opposition avec la maçonnerie de la pierre, elles se sont côtoyées sans se rencontrer jusqu'au 18 ème siècle, où l'on constatera l'imprégnation des rites forestiers à la maçonnerie spéculative.
Mais peut-on parler de maçonnerie du bois ou de la pierre au sens où on l'entend aujourd'hui ?
Peut-être vaudrait-il mieux parler de pratiques initiatiques.
La maçonnerie du bois ou de la pierre, pratiquaient, chacune de leur coté, des initiations ayant pour but de transmettre leur savoir-faire, et ont naturellement adopté des rituélies, des cérémonies et des symboles.
Les différents corps de métier des forestiers présenteront une évolution historique comparable à celle de la maçonnerie de la pierre, par le passage de l'opératif au spéculatif.
Cependant, nous ne savons que peu de choses sur les premiers rites de métiers pratiqués dans la Franc-maçonnerie du bois, car c'était une tradition du geste et du verbe qui n'a laissé que peu de traces écrites.
Destin parallèle j'ai dis!
Après avoir été Solomoniens avant l'ère pré-chrétienne tous les deux, les maçons opératifs de la forêt restent influencés par le paganisme druidique, alors que les maçons de la pierre et des villes se sont vite christianisés au contact d'une chrétienté en marche et pour laquelle ils élevaient des monuments.
La rude confrérie forestière païenne résiste donc mieux que les métiers des villes à l'autorité ecclésiastique qui des siècles durant qui tenta de réduire l'importance du compagnonnage. Son enfouissement au fond des forêts, peu évangélisée en est la cause principale.
Ce positionnement au sein de la société n'était pas dû à une simple volonté de recul, mais elle obéissait à un impératif économique qui voulait que le métier de charbonnier était avant tout lié à celui des forges
Ces dernières, en effet, quant elles n'étaient pas d'antiques « forges à bras », se situaient toujours en des lieux où l'on pouvait trouver simultanément de l'eau pour l'entraînement hydraulique des soufflets, du bois pour la transformation en charbon et du minerai de fer généralement affleurant.
Pour leur approvisionnement en bois, les charbonniers passaient après les bûcherons et abattaient en dehors des périodes de sève entre novembre et avril.
Le bois était alors entassé en une unité de mesure qui se nommait la « corde » .
Cette mesure était la base des transactions pour les acheteurs, les charbonniers étant payés à la corde brûlée et non au poids du charbon transformé.
Chaque corde carbonisée donnait environ 250 kilos de charbon.
Pour la transformation du bois en charbon, les charbonniers édifiaient des meules, appelées parfois des charbonnières ou des fourneaux, le plus souvent des « fouées ».
La taille des fouées était variable suivant les commandes ou les cordes disponibles.
Elles pouvaient être de trois à vingt cinq cordes, leur taille variant de trois à huit mètres de diamètre.
La mise à feu d'une fouée amorce une opération qui peut durer cinq jours et cinq nuits.

Vie et Rites des Charbonniers

La famille
L'organisation sociale des charbonniers est calquée sur la vie des clans selon un schéma pré chrétien toujours persistant.
Un homme est le chef du clan et c'est lui qui traitait les échanges commerciaux avec les forges et les gens des villes.
Les autres hommes accomplissaient les taches de leur métiers en coordination avec le chef de clan.
Les femmes s'occupaient de la famille, leur importance était égale à celle de l'homme
et parfois elles participaient aux travaux de mise en sacs des charbon.

L'habitat
L'habitation des charbonniers s'appelait la hutte ou la loge et pouvait contenir deux à huit personnes.
Prés d'ici des villages comme Vitry aux Loges ou Fay aux Loges, étaient probablement des zones d'habitations de charbonniers dans la forêt d'Orléans. Compte tenu que les charbonniers changeaient souvent de sites l'habitation était sommaire tant au niveau de la construction que du mobilier.
Constituée des mêmes matériaux nécessaires aux fouées, bois, fougères etc, elle se situait le plus souvent en bordure de chantier et près d'un cours d'eau ou d'une fontaine.

Religions et croyances
L'évangélisation chrétienne a de tout temps peu touché ces forestiers. leurs échanges économiques les ont cependant assez tardivement et par conformité superficielle amenés vers l'église paroissiale pour les naissances, les mariages et les décès.
Les clans forestiers possédaient leurs rites et leurs coutumes dont les racines plongeaient dans les temps pré chrétiens de la civilisation celte.
Résistants et taciturnes, réfractaires à l'avancée de la civilisation, les clans forestiers portaient toutes les marques et indices de l'ancienne religion de la Gaule chevelue.

Le Maître de Forge
Avant que la maîtrise de la forge devînt une charge achetable transmissible financièrement sous diverses formes aux alentours du XVIIe siècle, le maître de forges était un des hommes les plus respecté du monde forestier.
Les producteurs de la forêt étaient essentiellement des forestiers dont les métiers se subordonnaient les uns aux autres, et il semble que le maître de forge ait une importance particulière en tant que pivot de toutes les activités, car il était l'aboutissement des autres métiers qui, sans lui ne se justifiaient pas.
En effet, la forge était le point central de tous les chantiers forestiers et fournissait du travail aux bûcherons, aux charbonniers, aux fendeurs, aux orfèvres; tout passait par la forge.
Le maître de forge était l'homme qui connaissait les transformations du métal.
Alchimiste et forgeron, son rôle fondamental pour le clan l'assimilait à une incarnation de Vulcain dans le monde des hommes.
Honoré et respecté il avait aussi indubitablement un rôle de » passeur » de par les transformations qu'il accomplissait en partant de la matière brute du minerai, pour aboutir au produit utile et efficace, arme guerrière ou soc pacifique.
Le chant des outils du forgeron résonne aujourd'hui encore dans nos loges.
En maçonnerie spéculative, le maillet du vénérable qui frappe une batterie pour ouvrir et clore les travaux (particulièrement celle du 2+1) ainsi que pour faire appel aux frères lors des travaux cette pratique nous paraît sans extravagance être le reflet de l'autorité légendaire du maître de forge.

Consistance des Rites Forestiers
Pour sortir des analyses de types historiques, parlons maintenant du sens traditionnel des rites forestiers, leurs messages ainsi que la signification profonde tels qu'ils apparaissent au début du 17ème siècle.

Le sens Compagnonnique
Tels que les rituels se présentent à nous dans les formes les plus païennes, ils sont tous issus de trois métiers : les bûcherons, les charbonniers et les forgerons.
La matière essentielle est le bois, l'arbre avec le respect qui lui est dû en tant que grand pourvoyeur de bienfaits pour l'homme.
C'est une vision très crue et réaliste du monde de la forêt qui transparaît dans les rites originaux : rudesse et hospitalité en sont les maîtres mots.
En suite l'attention doit se porter sur les essences des arbres qui sont tous porteurs d'un symbolisme celtique bien identifié.
Le troisième point, relatif aux deux premiers, c'est l'analogie qui est tirée entre l'arbre et l'homme : le tronc est commun, les bras sont les membres, la tête est la cime, les pieds les racines etc...
Dans le rite forestier, il faut retenir avant tout que l'arbre est l'être vivant sacrifié qui donne le plus aux hommes. Vivant il donne, mort il donne encore plus.

Le sens religieux
La référence au « Prophète de la Forêt », les présences de l'Ermite et de l'Ours, la symbolique de la Hache, le vocable « brûler le mannequin », le serment sur la boisson sacrée et le pain sont des donnée issues de l'ancienne religion celtique occidentale : leDruidisme
Bien que ces deux données soient inclus dans l'ensemble symbolique. le serment sur le pain et sur le vin doit être compris dans son sens entier et pas seulement le pain de la fraternité et le vin de l'hospitalité,
C'est sur la mort du dieux grain et la mort du dieu grappe, leur transformation et leur résurrection que le briquet « autrement dit le profane » prête son serment.

Le sens symbolique
Dans cette question, le sens symbolique rejoint le sens religieux.
Il est deux phrases qui sont retenues comme fondamentales dans l'instruction par demandes /réponses :
Demande : que signifie le bleu ?
Réponse : la fumée bleue de la fournaise qui monte et se confond dans le ciel.
Demande : quel est le signe le plus élevé des bons cousins ?
Réponse : la fumée
Ces deux courtes phrases sont explicites, la fumée est le signe symbolique le plus élevé des Bons Cousins.
Que penser d'une telle information apparemment si désuète ?
Dans d'autres cultures, nous allons retrouver la fumée dans un rôle concernant les éléments de prière de différentes religions.
Par exemple : dans l'Ancien Testament, la fumée est le signe de l'offrande faite à la divinité. Droite et s'élevant haute dans le ciel, c'est un signe de l'acquiescement de ladite divinité; si elle se couche, tourne et ne peut s'élever, c'est un signe de refus du sacrifice par cette même divinité.
Le drame de Caïn qui tua son frère Abel part du fait que la fumée de ses sacrifices ne s'élevait jamais très haut, bien qu'il eût travaillé dur en tant que cultivateur, alors que la fumée des sacrifices d'Abel se perdait dans le ciel et que son travail ne consistait qu'à surveiller son troupeau.
Injustice ? Peut-être. mais la fumée a tranché
Dans tous ces métiers, les foyers qui engendraient cette fumée, qui leur est chère, se sont les fours et les fouées.
C'étaient autant de centres de prières artisanaux qui offraient tous les jours aux divinités deux choses.
L'homme offrait d'abord son travail qu'il voulait le plus réussi possible pour être digne du sacrifice , la deuxième était celle de la matière sacrifiée : l'arbre.
Alors maintenant, il est plus aisé de comprendre pourquoi la fumée était le signe le plus important des rites forestiers.
A la lecture des rituels forestiers à caractère païen, il est possible de sourire devant l'aspect gaulois de ses formes.
Ce serait faire une lecture bien superficielle des choses et le moyen le plus sûr de ne pouvoir comprendre la leçon traditionnelle de ces rites ancestraux.
Il paraît important de souligner que les rites forestiers sont avant tout allégoriques et religieux dans le sens large du terme, contrairement aux rites maçonniques judéo-christianisés de la pierre qui sont orientés vers une démarche plus symbolique.

Le monde forestier opératif bascule dans le mode spéculatif
Dans le monde que nous venons de décrire existait-il une véritable initiation ? ou bien cette initiation était-elle seulement professionnelle; par exemple le droit d'entrer dans un métier, et d'engager ensuite un long processus d'apprentissage des savoir-faire et des connaissances nécessaires à la maîtrise du dit métier; s'agit-il d'une initiation au sens d'admission aux « mystères » d'affiliation, d'admission à un ordre dans son acceptation ésotérique , ou bien les deux à la fois.
Et au delà, y aurait-il une sorte de F M du bois à l'image de la F M de la pierre?
Quoiqu'il en soit, c'est tout naturellement que ces rites forestiers vont se faire une place dans l'espace de liberté ouvert par le réveil simultané, du druidisme et de la maçonnerie
à Londres en 1717, double renaissance qui eut des dates symboliquement voisines, des fondateurs communs comme John Toland et les lieux communs comme la Taverne du Pommier
La maçonnerie du bois spéculative apparaît brusquement; le 17 août 1747, se met en place en France la première Vente Forestière sous le nom distinctif de Chantier du Globe et de la Gloire.
Animée par le père Beauchêne qui disait tenir ses pouvoirs de Mr de Curval, grand Maître des Eaux et Forêt du Comté d'Eu.
Cette première Vente se tint dans une atmosphère chaleureuse et bon enfant dit-on, même si l'on y reconnaissait une grande partie de la Cour du Roi et beaucoup de notables de la région.
La page de la maçonnerie forestière opérative est tournée.
L'extraction de la houille industrielle à cette époque révolutionnera la chaîne économique bûcherons-charbonniers-forgerons.
Cette fois-ci, le monde forestier fut vaincu, et les populations commencèrent à abandonner les métiers des anciens pour trouver du travail à la ville.
Quelques îlots de forestiers persistèrent au centre des régions comme la Bretagne et la Franche-Comté, ce qui n'est pas limitatif.
Mais les traditions ont la peau dure, le mode forestier refera surface sous d'autres formes.
Moi aussi! sous la forme d'une planche en février qui évoquera la suite de cette maçonnerie si particulière, de la première Vente à la résurgence des rites forestiers aujourd'hui.

J'ai dit

Source : www.ledifice.net

M\ J\

Par M\ J\ - Publié dans : Planches
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Mardi 3 décembre 2013 2 03 /12 /Déc /2013 14:09

Pour tous les cherchants , j’ai remis sur le site : http://logedermott.over-blog.com  une planche collective « Jacques Joachim Martines de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint- Martin : La Rencontre » qui met en scène une interview fictive faite par un journaliste indépendant « ALS » entre Martinez, Willermoz et St- Martin avec comme invité surprise le Baron Von Hundt.

Ce travail collectif, réalisé en 2008, est le résultat des recherches de la RL Villard de Honnecourt  Bretagne « Alain de Kérillis », dont j’étais le VM fondateur.

Cette planche est en deux parties. Vous aurez la seconde jeudi matin.

Bonne lecture.


Par T.D - Publié dans : Planches
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Mardi 3 décembre 2013 2 03 /12 /Déc /2013 06:07

Avant d’aborder le sujet de ma planche, j’ai souhaité apporter quelques mots qui éclaireront peut-être la perception intime que j’ai de la présentation d’une planche en loge.
Pour moi, lire une planche en loge est un honneur, un privilège qu’il devrait être rare de recevoir. Une planche est un outil nouveau, un élévateur de conscience, un levier pour progresser. Si je ne fais pas de planche, si je ne travaille pas au grade où je suis, et ou j’étais, je régresse, je ne puis plus me situer.
Une planche est un travail personnel, une attestation de ses progrès. Ni une leçon, ni un enseignement, ni une transmission de savoir. Elle ne vaut que par celui qui la présente et qui attend de ses frères le témoignage qu’elle leur a permis, à eux aussi, de progresser. Je fais ma planche, d’abord pour moi, et je l’offre en partage à mes frères. Seul mon parcours doit me préoccuper, humblement et sans orgueil. Je ne dois pas désirer briller parce que la parole m’a été donnée, bien au contraire. Seul compte le chemin parcouru, qui témoigne du travail accompli. Et pour moi, ce soir, mon travail a pour titre :
Debout mes Frères, face à l’Orient
Debout ? Se mettre debout, c’est assumer sa nature humaine, car seul l’homme peut se lever et se mouvoir ainsi. Lorsque l’homme se réveille, il se met debout.
Debout, c’est l’attitude du courage, de la persévérance, de la volonté. Ne dit-on pas rester debout pour dire : digne, fier, honnête, vertueux, libre !. On doit rester debout dans la tempête, contre vents et marées.
Et le V\M\ nous ordonne:
Debout mes Frères, face à l’orient ! »
Avant de commencer les travaux, il faut que nous soyons tous prêts. Nous sommes tous F\M\, bien sûr. Mais surtout F\M\ prêts à travailler ensemble, travailler de concert. A écouter le la que le premier violon lance à l’orchestre afin que tous soient dans le même ton.
Mes F\, il faut que tous soient prêts, tous prêts à s’insérer dans l’égrégore à venir, égrégore qui nous porte plus haut et nous rend plus forts. L’égrégore pour être unis. Il s’agit de construire le temple, celui où se déroule la tenue, le vôtre, la nôtre.
Combien d’attitudes, de positions différentes ! Les bras collés, croisés ; les jambes jointes ou écartées, les pieds parallèles ou en équerre. Sommes-nous prêts pour entrer dans le temple ? Se faire reconnaître, ce sera aussi prendre la position du F\M\, pieds joints et en équerre, la tête redressée, le bras à l’horizontale, le regard droit. La main sous la gorge. Lorsque les surveillants passent devant moi, je fais le geste qui réveille le F\M \. endormi. Je suis prêt, nous sommes tous prêts à entrer, à essayer de devenir de bons F\M\ en participant à cette tenue, puis à toutes les autres, autant que nous pourrons, comme nous nous y sommes engagés par serment.
Mes FF\, debout, l’action est possible. Si le V\M\ demande que les assistants, pas encore des F\M\ attentifs, que les assistants donc soient debout, ce n’est certes pas un hasard. Que ferions-nous assis, ou même couchés ? Nous sommes maintenant debout face à l’orient pour avancer, rechercher, comme le rituel nous le propose un peu plus avant, rechercher les voies qui nous sont tracées. Ce n’est pas en spectateur qu’il nous sera possible d’aller vers le sacré et d’avancer vers le divin. Être debout, c’est joindre la terre au ciel, les pieds sur terre, la tête plus près des étoiles.
Alors, Mes FF\, mon F\, debout, face à l’orient, la main sous la gorge, nous pensons, pour les oublier, aux métaux laissés à la porte du temple, tous ces tracas et les soucis qui ne doivent pas venir troubler notre marche vers plus de sérénité, plus de conscience, plus de grandeur. Se lever à cet instant, c’est commencer notre travail dans le temple. Ce travail ne peut se faire que si nous sommes réellement attentifs. Nous sommes ou nous nous efforçons maintenant d’être « en nous » au contraire d’ « être hors de soi » ou de « n’être pas nous-même ».
Petit à petit, nous prenons conscience de la nécessité de nous réunir, d’être dedans comme nous souhaitons être dehors, n’être plus plusieurs mais un, de rassembler en nous et dans le temple, ce qui est épars. On ne pourra plus dire, plus tard, de moi, de toi, de nous « cela ne lui ressemble pas » ou « ce n’était pas lui ». Et pourtant…
Le geste est simple : lever la main droite à hauteur de la gorge, le bras à l’horizontale. A l’ordre. Le signe d’ordre, ordre personnel, signe fort, surtout à ce moment là. Il faut maintenir la position fermement car nos passions ne reculent pas si facilement. Nous essayons ainsi d’entrer dans le sacré avec le moins possible de passions. Passions au pluriel !
Nous sommes ici pour apprendre, pour aller au devant de nous-mêmes et comprendre notre nature. Nous ne sommes pas ici pour préparer une action, mais toutes les actions ; pas pour apprendre un mouvement mais connaître le mouvement ; pas pour un être mais l’Être. Nous ne sommes pas là pour être mais pour devenir. Pas là pour devenir Dieu ou des dieux mais pour savoir enfin comment il est advenu en nous car nous ne sommes pas des libertins irréligieux.
Lorsque nous somme entrés dans le temple, nos esprits étaient encore très occupés, voire encombrés des intérêts profanes. Et pour peu que nous soyons distraits, quelques bavardages subsistent encore et souvent parmi ceux qui croient tout savoir du rituel et désireraient le subir ad minimum. Alors le V.·. M.·. nous transmet cet ordre solennel ponctué d’un coup de maillet.
« debout ! »
Nous nous levons tous, le silence entre en nous et dans le temple. C’est le premier mouvement homogène d’un groupe hétérogène.
Le coup de maillet va propulser les 2 surveillants au centre de la loge, autour du pavé mosaïque, comme pour signifier que l’action commence ; qu’il faut maintenant avancer. Lorsque les assistants sont debout face à l’orient, ce sont les surveillants qui vont, par leur cheminement, signifier chacun leur rôle auprès des apprentis, apprentis que nous sommes tous.
Les FF\ présents sur les colonnes sont, et le tuilage est là pour cela, des F\M\. Il ne s’agit donc pas de se faire littéralement reconnaître par les surveillants. Il s’agit bien sûr de se reconnaître soi-même, d’être conscient qu’il faut maintenant entrer dans le sacré, que le rituel nous y invite. A ce moment de l’ouverture de la loge, les FF\ présents sur les colonnes sont en route vers le sacré, ils ne sont pas encore dans le temple, dans leur temple. Ce temple que nous construisons individuellement mais ensembles. Solidaires et individuels, nous sommes les pierres à tailler et polir pour créer une construction harmonieuse.
Lorsque le postulant que nous étions a frappé à la porte du temple, il a demandé qu’on lui fasse confiance. Il a demandé la lumière car un voile très épais lui couvrait les yeux. La maçonnerie n’a pas fait d’un homme ordinaire un F\M\. Elle a simplement estimé que cet homme pouvait devenir par son travail et son courage, un véritable F\M\. Ceux ici présents ne sont peut-être pas des sages, mais ils œuvrent dans cette direction et il est important pour cela de se faire reconnaître à sa place d’apprenti.
Mes FF\, il n’y a donc aucune ambiguïté : un maçon n’est pas celui qui appartient à une loge et paie ses capitations – même si cela est indispensable - mais celui qui se conduit et agit en F\M\, celui qui agit en frère dedans et hors du temple. Il trouve sa voie, celle qui lui est tracée et vers laquelle il tente de se diriger, avec l’aide de la loge et du V\M\ qui lui dit :
« face à l’orient. »
Car c’est lorsque nous nous sommes orientés pour marcher vers la lumière en tous temps et en tous lieux que nous sommes devenus F.·.M.·.
En se tournant face à l’orient, le F\M\ doit se poser cette question : suis-je vraiment ce que je devrais être, suis-je un frère pour mes frères, un frère pour tous ? Ais-je bien respecté mes serments ? Tous mes serments ?
Le V\M\ frappe un coup de maillet avant de dire « debout mes frères » pour nous dire « réveillez-vous, soyez attentifs, c’est le moment d’agir, de vous concentrer, de réaliser votre maçonnerie ».
Le rituel nous appelle à une activité sacrée, révélatrice de la nature de l’homme. Cette connaissance a cheminé d’homme en homme, de siècle en siècle, comme elle chemine à l’intérieur de notre temple, à l’extérieur et à l’intérieur de chacun d’entre nous. Pas à pas, le rituel nous conduit au devoir de connaissance. La liberté est inconditionnelle de la connaissance.
Aussi, dans sa rigueur, le rituel nous apporte cette liberté de penser, de s’élever, de comprendre. L’ordre dans le désordre. Ordo ab chao. Le cosmos s’invite à notre tenue, parmi nous, avec nous, à travers le rituel.
Au contraire du langage qui mue, évolue et se transforme, le rituel reste immuable et nous permet de nous adapter. (adopter, une seule lettre différente, à méditer).
Regarde mon F.·., écoute et regarde ce rituel, il est Toi, il est la vie, il est ton temple,
Observes et retiens-le. Il t’aide à te construire, il t’aide à te comprendre, il t’aide à vivre,
Comprends-le, toujours mieux, toujours plus, toujours différent comme toi tu changes. Sans jamais le dépasser, il sera ton guide. Pour cela, tu dois le vivre, le ressentir, le faire tien. Il est et sera comme ton sang, indispensable à la vie.
Le rituel est un dialogue qui ouvre la voie vers la connaissance, un dialogue muet comme un livre réécrit à chaque instant. Le rituel maçonnique apporte à l’A.·. des moments justes qui lui ouvrent des portes nouvelles vers la découverte de son Être et vers la Connaissance. Nous comprenons ainsi le lien qui existe entre le corps physique et le corps spirituel. Le rituel nous aide à créer le lien entre notre corps et notre esprit.
Le vieil homme ne meurt pas, il s’efface au fur et à mesure que grandit l’être spirituel. C’est parce que le F\M\ s’implique dans l’action du rituel qu’il se reconnaît comme maçon à part entière. Le surveillant peut alors informer le V\M\ que tous les assistants ont rassemblé ce qui était épars, qu’ils se sont réunis, et qu’ils sont maintenant à leur place et à leur office.
… et, fort justement, après avoir fait face à l’orient puis vécu le rituel d’ouverture, le V\M\ nous dit « et que nos regards se tournent vers la lumière ». Regard des yeux, symbole du regard du cœur et de l’esprit. Voir la lumière ne saurait se résumer à fixer des yeux une quelconque ampoule même longue durée. Vivons la comme un symbole, traversons ses messages pour aller toujours plus haut, plus loin, en connaissance et en amour.
L’orient est la source de la lumière. Debout face à l’orient, c’est regarder vers la lumière, vers le Delta rayonnant, le delta lumineux. C’est évidemment tourner le dos à l’occident.
L'Occident correspond à l'automne, à la nuée, à l'eau dormante, au marais, à l’ombre naissante.
Selon une légende bouddhiste, le bouddha Amitabha siège à l'ouest et il accueille l’âme des défunts, à l'ouest, après leur mort. Beaucoup de cérémonies se déroulent à ces dates, fin de l'hiver, fin de l'été, vers le 18 mars et vers le 20 septembre, quand le soleil se couche le plus à l'ouest.
Orient-Occident : c'est la dualité de la vie et de la mort, de la contemplation et de l'action. Toutes les religions expriment une croyance envers l’orient et l’occident, source de vie et chemin vers la mort. Certains lieux de cultes s’ouvrent à l’orient, d’autres à l’occident, idéalisation possible de la croyance ou non à une vie éternelle, à une renaissance des corps ou de l’âme. Les rosaces de nos cathédrales s’illuminent au soleil couchant. Les pharaons se couchaient à l’occident, leur mort, pour se lever à l’orient, la vie.
Il y a d'autres raisons à cette dualité, mais la première est que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Les voyages en Orient sont des quêtes de la lumière. Dans le Soufisme, l'Occident est relatif au corps et l'Orient à l'âme universelle ; l'Occident à l'exotérisme, à la littéralité, l'Orient à l'ésotérisme, à la science spirituelle; l'Occident à la matière, l'Orient à la forme.
Mes FF.·., rien ne peut exister sans son contraire dans le monde profane. Nous devons exister avec cette réalité et, dans le monde sacré, la dépasser, aller au-delà des apparences, du vécu, pour, à l’aide de notre démarche maçonnique, entrer dans les voies qui nous sont tracées. Elles ne sont ni blanches, ni noires, elles n’appartiennent pas à ce monde de rationalité profane.
Toute chose existe avec son opposé et ne peut exister qu’avec lui, et l’homme n’échappe pas à cette fatalité. Il se trouve qu’il possède à la fois le bon et son contraire, que trop souvent le mal l’emporte, que le bien ne saurait rester seul, et qu’ainsi l’homme se trouve condamné à rechercher l’équilibre au-delà du mal. Le bien et le mal, contraires nécessaires l’un à l’autre, présents en loge en blanc et noir. Je dis l’homme, être humain homme ou femme. Car il ne faut pas opposer les sexes mais au contraire les vivre comme complémentaires, unis et différents, capables de créer un monde où les différences ne sont que richesse.
Si l'Orient est souvent opposé à l'occident comme la spiritualité au matérialisme, la sagesse à l'agitation, la vie contemplative à la vie active, la métaphysique à la psychologie — ou à la logique — c'est en raison de tendances profondes très réelles, mais nullement exclusives.
En faisant face à l’orient, l’assistant candidat F\M\, regarde le soleil et la lune, les deux opposés et complémentaires. Le soleil positif et agissant, la lune intuitive et féminine. Il tourne son regard vers le delta rayonnant, se positionne ainsi en recherche, en questions sur le monde et l’univers comme envers lui-même. Il se positionne ainsi face à son devenir et sa fin certaine. L’homme ne peut fuir sa destinée, il sait qu’il aura une fin et cette fin l’interroge. Debout, face à l’orient mes frères ! Vous ferez face, quoi que vous espériez, et devrez affronter l’insupportable.
Le Delta devrait fournir au Maçon les moyens de remporter cette victoire sur lui-même. Encore lui faudra-t-il avancer dans le dédale des interprétations multiples auxquelles se prête ce symbole avec une extrême prudence, un discernement sûr, une logique impitoyable. Le concret se marie ici à l'abstrait... La moindre défaillance et nous nous égarons dans cet inconnu que nous frôlons à chaque instant de notre vie. Cet inconnu dont le mystère nous tente, mais dans lequel il ne nous est pas possible de nous aventurer sans nous exposer à perdre le contrôle de nous-mêmes et à prendre de décevants mirages pour la révélation de la Vérité ou tout simplement d’une vérité. Comme le papillon se brûle à la lampe qui l’attire.
Traditionnellement, le Delta sacré est un symbole composé se présentant sous la forme d'un triangle au centre duquel apparaît un œil. Cette figure irradie des rayons comparables à ceux du soleil, qui s'étendent jusqu'au cercle de nuages qui entoure l'emblème de sa couronne. Le delta rayonnant m’interpelle comme le symbole de la F\M\, symbole de son universalité et qui, pour répondre à son rôle, ne doit pas ressembler un aréopage d’exégètes ou un symposium d’intellectuels et encore moins une rencontre de joyeux copains.
Le voile qui me couvrait les yeux commence à s’estomper, tout comme celui qui couvrait votre regard. Nous pouvons mieux nous apercevoir que le symbolisme du temple n’est pas éloigné du monde profane, et qu’ainsi il sert à mettre en lumière l’activité humaine, à précipiter notre faculté de discernement de la nature humaine. Activité et nature humaines telles que nous les vivons. Le delta lumineux nous apparaît à cet instant comme le symbole d’un monde nouveau auquel nous voulons adhérer, ici et maintenant.
Nous sommes alors dans le présent, et donc dans l’éternité que n’entame jamais le temps qui passe. Seul le présent est éternel, le passé n’est plus et le futur n’est pas, pas encore. Vivons ici et maintenant notre éternité humaine. Lorsque nous vivons une seconde d’intense émotion, un moment de bonheur ou d’extase extraordinaires, nous vivons cet instant comme éternel. Vivre ce moment sous la voute étoilée, c’est contempler l’infini de l’univers en un instant, c’est vivre en soi l’éternité au présent.
Le Second surveillant : V\M\, tous les assistants de la colonne du septentrion sont A\ F\M\ à leur place et à leur office,

Le Premier surveillant : V\M\, tous les assistants qui décorent les colonnes du septentrion et du midi sont A\ F\M\ à leur place et à leur office.
Le V\M\ : il en est de même à l’orient.
Nous sommes maintenant prêts car nous sommes entrés dans notre temple, chacun dans son rôle, officiers, maîtres, compagnons et apprentis, tous frères unis dans le même espoir, la même attention.
Un F\ ne peut être que debout pour agir et faire face.
J’arrive bientôt au terme de cette planche. C’est ma première planche de maître, avec les défauts qui vont avec. Elle ne manque ni de sincérité, ni de volonté, ni de travail. Je souhaite qu’elle vous fasse partager mon amour pour vous et pour ma loge, qu’elle vous ait fait part des doutes qui sont toujours les miens. Qu’importent les buts atteints et les étapes franchies. Seul compte, maintenant, le chemin à parcourir. Loin des désirs profanes, je veux devenir F\ M\, être ce que je suis et poursuivre mon chemin. J’espère de mes Frères l’attention de l’Amour. Parler d’amour n’est pas chose aisée pour qui s’en défie depuis si longtemps. Alors, je fais le maximum pour y parvenir mais surtout, ayons les gestes plutôt que les intentions.
Mais aussi, vous souvenez-vous, V\M\, de cette tenue d’installation à Bandol au début du mois d’octobre ? Beaucoup d’émotion et une harmonie ressentie par tous. Le V\M\ nous a dit comme vous ce soir « debout mes FF\, face à l’orient » alors que lui, assis dans sa chaise roulante eut été bien incapable de se lever. Mais nous avons tous ressenti combien debout il est, toujours, et F\ de toute de son âme.
V\M\, Mes FF\, je le sais, au moins ce soir, tous les assistants qui décorent les colonnes du midi et du septentrion, de même que ceux qui siègent à l’orient, sont apprentis F\M\, à leur place et à leur office, debout et face à l’orient.
Et l’Orient est Éternel,
VM, j’ai dit

Source : www.ledifice.net

Par P\ M\ - Publié dans : Planches
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Vendredi 29 novembre 2013 5 29 /11 /Nov /2013 07:32

Pratiquer le cheminement sur la Voie initiatique nécessite un retour sur soi, un retour en soi permanent, et lorsque que l'on porte ce regard sur le parcours effectué depuis le jour de notre initiation, on constate que l'enseignement symbolique de nos rituels nous donne progressivement les outils et nous enseigne les moyens de réaliser le discernement qui est â mes yeux une des clefs d'accès â une réelle maîtrise, l'autre étant l'amour.
- 1er degré : début de la connaissance de soi par l'abandon des métaux, travail sur let imperfections de l'esprit et du coeur, sur les préjugés et certitudes. Premiers pas de l'humble postulant plongé dans les ténèbres de l'ignorance vers la lumière par l'accès à sa conscience et l'apprentissage du discernement.
- 2ème degré : ouverture aux autres, voyages, confrontations des idées, découvertes du monde et des différentes cultures et morales qui les composent. et de leur rattachement à une éthique universelle, celle des droite de l'homme et de la dignité humaine. Prise de conscience que tous les aspects de notre vie dépendent des autres, que notre précieuse autonomie est une illusion, un fantasme et que notre farouche indépendance nous rend prisonnier. Apprentissage du partage et développement du discernement.
- 3éme degré : Accès aux moyens de la connaissance par le discernement. Que dit le rituel d'instruction à ce degré ?
Question : dans quel dessein pensez‑vous que le grade de Maître ait été institué réponse : pour combattre les préjugés qui s'opposent au développement des connaissances humaines, pour briser le joug de l'ignorance, du fanatisme et de l'ambition déréglée (ce qui laisse entrevoir que l'ambition mise au service d'un cause juste est souhaitable) et pour établir le règne de la Liberté. de l'Egalité et de la Fraternité.
Ainsi donc, il est clairement établi que c'est le travail initiatique du 1" degré qui consiste à « dégrossir sa pierre brute » puis qui se poursuit au 2° degré, celui de l'accès aux autres, au monde par l'intégration de sa « pierre taillée » dans l'édifice‑universel, qui donnera accès à la Chambre du Milieu, là ou règne l'amour .et le discernement, afin d'arriver à ce qui me semble l'objectif premier de la démarche initiatique : la connaissance de soi pour tendre ensuite, mais ensuite seulement, ver, le but inscrit dans le Chapitre 1er de notre Constitution : le perfectionnement de l'humanité. Objectif et but impliquant obligatoirement l'amour et le discernement. En ce sens notre démarche, notre Tradition et notre Constitution s'inscrivent, comme depuis leur origine, dam la modernité du XXI siècle évoquée dans le thème choisi pour les travaux de ces journées d'études.
Chacun d'entre nous suit cet objectif et tend vers ce but à sa façon, à son rythme avec ses convictions (qui ne sont pas des certitudes) et avec sa sensibilité plus ou moins humaniste, plus ou moins spiritualiste mais peu importe, je serai tenté de dire seul le résultat compte :devenir un homme Vrai et libre débarrassé de sa gangue, devenir Maître Hirarn et poursuivre avecdiscernement l'oeuvre commencée dans le Temple. Nous savons chacun pour vivre au quotidien combien ce cheminement intime et long est difficile, douloureux, combien il implique de remise en questions, de retour sur soi et en soi, de trébuchement. Nous voyons à chaque instant, malgré nos 7 ans et plus, l'importance de notre égo, de la difficulté à faire la guerre aux mauvais penchants de celui‑ci pour nous détacher de bien des passions, et à fortifier ses bonnes dispositions afin de conserver intact notre attachement à nous mérite. C'est ce manque d'amour et de discernement qui font de nous nos propres mauvais compagnons, nos propres meurtriers. Néanmoins, mon vécu initiatique, celui de mes 20 ans de Maçonnerie active en France et en Afrique noire me permet de dire avec toute l'humilité qui convient que l'objectif et le but ne sont pas qu'utopie.
L'alchimie qui transforme le profane en Maître Maçon, en homme Vrai et libre est subtile, complexe, difficile à analyser. Mais aux nombre des éléments, des sentiments composant cette mystérieuse alchimie. se compte comme je l'ai dit plus haut, l'amour et le discernement et c'est à l'évidence le manque de ces deux qualités qui ont transformé les 3 Compagnons en meurtrier d'Hiram, meurtre que nous revivons lors de chaque Exaltation à la Maîtrise et dont l'un des enseignements est qu'elle n'est que virtuelle, que rien n'est acquis, que tout reste à faire et d parfaire. Rappelons nous mes  Frères cette inscription dans le Cabinet de Réflexion : « Vigilance et Persévérance ». A ce stade de mon travail m'est venue cette interrogation : si je devais décrire mon cheminement initiatique depuis 20 ans dans quel ordre le ferais‑je ?

1) interrogation sur mon existence, son sens et son devenir. Besoin de spiritualité inconsciente.
2) initiation(démarche personnelle, voir égoïste
3) découverte de la Fraternité initiatique et son importance.
4) conversion du regard
5) ouverture du coeur (démarche vers les autres)
6) accès à la Maîtrise (virtuelle)
7) élévation de la conscience par une intégration plus brande du sacré et de la spiritualité
8) discernement
9) maîtrise progressive de l'égo et des passions ; détachement de l'avoir et début de la sagesse (sans doute aussi avec l'âge)
10) besoin de partager avec mes FF en initiation et en humanité mon vécu et mon acquit initiatique et mon amour fraternel.
11) plus grande sérénité, plus heureux au quotidien. Vous constaterez nies FF que dans ce cheminement, qui n'est que le mien, que je viens de décrire:, 1e discernement n'apparaît qu'après l'ouverture du cœur, l’acces à la Maîtrise et l'élévation du conscience. Je pense en effet en plongeant mon regard sur ce vécu qu'il ne peut y avoir de transformation et amélioration réelle de soi et accès à ce que René Guénon nomme les « états supérieurs de conscience » (que nous sommes susceptibles d'acquérir avec l'accès à la Chambre du Milieu) due par 1a Voie. du coeur, celle de l'amour, après l'avoir purifié car « c'est le lieu même dus désirs, de l'attachement, des passions, de l'aveuglement ..... » dixit Arnaud Desjardins. Ce n'est qu'après ce long, très long travail par l'ascèse initiatique que l'écu pourra être remise en cause et que la Voie du coeur deviendra instrument de connaissance; les qualités intellectuelles aussi brillantes ­soient elles ne sont que relatives et en tout cas insuffisantes pour accéder à la Connaissance. Il faut pour cela, l'alliance de la Raison et du Coeur par le filtre du discernement.
« Puisse le Feu (celui des passions) qui vous a .enveloppé se transmuer dans votre coeur en un amour ardent pour vos semblables, puisse la Charité inspirer vos paroles et vos action » …3éme voyage du rituel d'initiation au 1er degré du Récipiendaire.

Le dictionnaire donne au mot discernement la définition suivante « action de distinguer par le regard. Opération de l'esprit qui distingue les choses (le bien du mal, le vice de la vertu....). Faculté à juger sainement les choses. Son contraire étant : la confusion.
Il est intéressant de noter que le. dictionnaire parle de « distinguer par le. regard », ce que nous pouvons rapprocher de la nation de conversion du regard et « d'opération de l'esprit » ce que. nous pouvons également rapprocher de la notion d'élévation de conscience.
Le discernement nécessite toujours un univers de référence. Pour le profane cet univers est multiple
• familial
• éducatif
• professionnel
• religieux
• politique
Nous nous trouvons là dans les domaines du « savoir imposé » et des « vérités révélées », ce ne sont pas des univers qui permettent à eux seuls l'optimisation des critères d'analyse et te litre choix donc et pour une réelle liberté, une réelle libération de notre être. Nous savons tous, pour être issu de. ces univers que le seul accès au savoir, à l'éducation, s'il est libérateur des dogmes par le biais des avancées scientifiques et technologiques, ne permet pas â lui seul, sans l'accès à la Connaissance, d'acquérir la force de l'amour et le discernement.
Arrêtons nous quelques instants mes F\ sur l'exemple significatif du domaine scientifique 1a pensée du 18éme siècle, celui dit des Lumières, espérait que la science libérerait l'homme ; ses espoirs ne se. sont hélas pas réalisés. Certes, les conditions matérielles d'une partie minoritaire et privilégiée de la population mondiale se sont améliorées. La machine s'est de plus en plus substituée à l'Homme mais paradoxalement elle a été également un élément de. son asservissement. La science n'a pas été l'outil espéré de sa liberté et de sa dignité, au contraire,la complexification de la société, l'accélération considérable de la recherche scientifique, des connaissances, sans prendre en compte parallèlement ce qui est du domaine de la spiritualité, de. la philosophie, de la morale et de l'éthique en un mot de l'esprit, ont engendre` chez l'Homme un déséquilibre en donnant la primauté de l'avoir sur l'être, du matériel sur le spirituel ; elle a engendré la perte du sens, ce malaise ontologique, phénomène destructeur toujours présent ü l'aube. de ce nouveau siècle. C'est là un véritable défi pour Maître Hiram... Mais on ne peut pour autant rendre la science responsable de tous ces maux, ce serait injuste, d'autant que grâce à son évolution des pans entiers de fausses croyances et de dogmes sont tombés. On ne peut de ce fait lui imposer de limite, pas plus que nous n'en acceptons nous Maçons dans la recherche de la Vérité, car la science n'a pat et ne, peut avoir ni morale ni éthique ; un tait scientifique est un fait un point c'est tout. (ce n'est bien évidemment pas le cas des scientifiques qui ont eux le pouvoir d'orienter et de diffuser leurs découvertes vers le, bien ou le, mal ; ils peuvent rendre, la science aussi constructrice que destructrice, et :
• les avancées extraordinaires dans le domaine génétique et les manipulation dangereuses de certains scientifiques (et plus loin encore dans l'Histoire du Monde, les expérimentations humaines dans les camps d'extermination nazis ou Japonais durant la seconde guerre mondiale
• les transplantations d'organes et le trafic organisé de ceux‑ci au détriment des populations les plus démunies
• la découverte du nucléaire et son utilisation en armement etc .....
A l'évidence le sens de la morale, de l'éthique et du discernement ne sont ras toujours les vertus les mieux partagées du monde scientifique. « Science sans conscience, sans discernement. n'est que ruine. de l`âme ..»
On constate d'ailleurs depuis peu que ce développement non ou mal contrôlé a engendré, aussi bien dans le: milieux scientifiques que politiques la prise de conscience de la nécessité absolue d'une mise en phase de règles éthiques dûment réglementées par des lois. Lois à l'élaboration desquelles l'Ordre: Maçonnique est associé. Relie reconnaissance morale, de, notre éthique et de notre discernement vous en conviendrez mes F. Mais n'est‑il pas vrai aussi que Maçons et scientifiques ont le même but celui de la recherche de la Vérité. Toutefois leur approche ne se situe pas sur le même plan. La pensée scientifique est une démarche prédictive de plut cri plus cloisonnée et spécialisée qui, n partir de phénomènes, cherche à expliquer par les lois, mesures et calculs une. connaissance exacte et véritable. la méthode Maçonnique est différente; grâce à ses rituels elle déconditionne l'homme et par son approche ésotérique, humaniste, cosmogonique, son langage symbolique. Elle préserve la vision globale qu'a perdu le scientifique ; elle permet l'accès su mode de raisonnement analogique et à celui de la pensée analytique, par opposition d la pensée rationnelle, celle de ta science fille donne par le discernement et l'amour tune conscience universelle à cette vision globale en mettant l'Homme et son devenir au centre de toute réflexion, de toute démarche. Elle affirme le binaire science/conscience ne devrais‑je dire le ternaire science/conscience/discernement qui redonne La convergence et la complémentarité entre science et initiation, celle. des alchimistes.
Pour ce qui est des univers politiques et ou religieux (le pire étant lorsque le religieux s'arroge le pouvoir politique), nous sommes là dans le domaine des dogmes, affirmant des vérités révélées, souvent imposés par la force et distribuant des interdits. Univers faisant appel aux pires instincts des individus pour mieux les asservir, les contrôler en s'appuyant sur leur ignorance et leurs superstitions ; ignorance menant aux pires intolérance` et fanatisme.
Ce sont là pourtant des univers qui devraient participer à la libération de l'homme s'ils intégraient l'amour ci le discernement. Le premier parce qu'il a comme objectif la Liberté et l’égalité et le second celui de la Fraternité universelle. L'actualité dramatique récente est à mes yeux un exemple caractéristique d'absence de ces deux qualités.  Sans faire de politique, il convient de reconnaître que c'est l'ego démesuré des différents dirigeants américains voulant imposer partout leur morale sans prendre en compte la morale particulière des outres civilisations et sans s'appuyer sur une éthique universelle Bien que leur manque de discernement dans leurs orientations géopolitiques qui ont fini par cristalliser les haines et les rancoeurs et permis l'émergence de dictateurs fous inculquant une interprétation exotérique fausse de leur religion, de leur Foi aveugle à de pauvres bougres analphabètes et miséreux dont la seule perspective est l'aggravation de. leur situation et de celle de leur famille ou la mort pour accéder à un paradis ait l'avenir sera 4 jamais celui du bonheur qu'ils n'ont pu goûter bue cette 'l'erre. En écrivant cela je me suis souvenu de cette phrase que j'avais entendu je ne sais où : « l’amour est un moyen comme un autre de priver quelqu'un de sa liberté. de la liberté » . Phrase térrible pour nous qui évoquons si souvent ce sentiment; mais l'amour a aussi son pavé mosaïque. Il sait être don, partage, compassion, bonheur lorsque la vertu du discernement l'accompagne, mais il peut tout aussi bien être passion, haine, jalousie, Aveuglement et prendre le visage de la mort lorsqu'il est au service de l'ignorance, de l'orgueil ou de l’ambition mal comprise.

La Voie initiatique est un autre: univers de référence qui intègre dans son cheminement d'autres valeurs qui ne sont qu'exceptions dans le monde profane et en tout cas et à ma connaissance, jamais réunies dans le même enseignement, dans le même vécu :
• la dimension spirituelle
• l'adogmatisme
• l'humanisme
• la recherche permanente de la Vérité dans l'échange des idées en Loge, dans un espace sacré
• l'humilité
• des rituels et un langage symbolique libérateur des mots (pour ne plus prendre ceux‑ci pour des idées nous y invite: le rituel)
• une morale s’appuyant sur une éthique universelle
• la fraternité et l'amour et bien sur tout cela dans l'apolitisme et l'areligiosité librement consentie C'est le domaine réservé de la Connaissance, de soi d'abord, dus autres. de l'univers et de la conscience de l'unicité inséparable des trois; c'est la seule voir d'accès à la libération de l'être et fi son droit au bonheur ; c'est le domaine de la raison et du coeur passé au crible du discernement, A l'inverse du seul  à savoir profane, de ses »dogmes, tic ses vérité. révélées, (c'est Dieu qui descend vers l'Homme), la Voie qui mène à la Connaissance. est d'un tout autre ordre, c'est celle du domaine. du sensible, de la spiritualité rattachée a une érudition, (c'est l'homme qui tend vers, le Divin). Elle permet cette capacité d'éveil, de compréhension, d'amour, de discernement qui donne l'intuition d'une transcendance. Son langage se situe au delà des mots utilisés pour l'acquisition du savoir, il est celui des allégories, des légendes, des mythes et des symboles sous lesquels le rituel du 1er degré nous invite déjà à chercher l'idée et à développer ainsi notre discernement. Sa méthode est celle de la quête permanente de la Vérité par l'ascèse initiatique pour comme l'évoque la Kabbale, « ouvrir les mots des lettres pour accéder à la lumière ». C'est. cet enseignement initiatique progressif, par degré et lui seul qui développera progressivement le discernement chez l'initié ; c'est ce discernement qui permettra, à un moment donné de son parcours, à « athé stupide » de passer du théisme au déisme. voir de l'athéisme au déisme, c'est à dire des dogmes religieux d'espérance des évangiles, C'est aussi, je pense par le discernement que viendra la conscience de notre impermanence, nous sommes les fils de la putréfaction et de l'énorme potentiel de l'existence humaine à la compréhension des paroles d’espérance des évangiles. C’est aussi je pense par le discernement que viendra la conscience de notre impermanence, nous sommes les fils de la putréfaction et de l'énorme potentiel de l'existence humaine. Cela confère un sens de l'urgence, chaque instant de notre vie est précieux et. nous avons l'obligation d'en user au mieux. Ne connaissant ni le début, ni la fin nous avons le devoir d'exalter !e présent. le bonheur ici et maintenant sans attendre un éventuel et hypothétique paradis.
A l'inverse, la prise de conscience de notre finitude sans le discernement pourrait amener à un comportement absurde qui consisterait à vivre chaque instant. dans l'égoïsme et la volonté de jouissante immédiate, l'inverse même de l'harmonie et du bonheur.
C'est cet enseignement de la Voie initiatique, celle du coeur et du discernement qui nous permettra de démasquer nos mauvais compagnons,
notre ego qui nous fait tant souffrir, et qui nous empêche de comprendre et de voir que le. bonheur est là, à portée de main pour chacun de nous et qu'il peut être vécu au quotidien. Trop souvent, par ignorance et aveuglement, nous en voulons à la Terre entière parce que ce monde n'est pas comme nous aurions aime qu'il fut ; un monde qui nous a tellement déçu, pensons nous, sans nous demander si ce n'est pas nous qui avons déçu le monde : qui avons déçu nos F\.
Finalement, libéré de nos mauvais compagnons, de notre petit moi haïssabIe., un autre regard, enrichi par le discernement, nous rend plus sensible à ce que ta vie nous donne qu'à ce qu'elle ne nous donne pas ou qu'à ce qu'elle nous prend ; nous rend plus sensible également à ce que
nous pouvons faire pour les autres (prise de conscience du devoir) qu'à ce que les autres peuvent faire pour nous.
Une histoire soufie citée par notre F\ J.P D\ raconte à ce sujet : «Très jeune sur la Voie, je n'avais qu'une seule prière : Mort Dieu, aidez‑moi à
changer le monde., ce monde insoutenable, invivable, cruel et injuste.
Et je me suis battu comme un lion. Après des années et des années, peu de chose avait changé. Je n'avais ensuite qu'une prière : Mon Dieu, aidez­ moi à changer ma femme, mes enfants et ma famille. Et je me suis battu comme un lion des années et des années. Aujourd'hui, je suis un vieil homme et je n'ai guère qu'une prière : Mon Dieu, aidez moi à me changer ! Et voilà que tout change autour de moi.
»
Le droit au bonheur de l'homme et sa capacité A l'obtenir est directement lié au discernement et sa capacité de discernement directement dépendante de sa volonté et capacité de transformation. Lui seul décidera de s'engager dans cette voie, sur le chemin initiatique. Mais est‑ce à dire que le discernement ne peut s'acquérir que sur cette voie et ceux qui font ce choix arrivent‑ils tous au discernement tel que j'ai tenté de vous le décrire ?

A cette double question je serais tenté de répondre par l'affirmative à la première question et la négative à la deuxième. Nous appartenons tous à un univers causaIe, tous nos actes, nos choix, nos paroles construisent notre présent, notre avenir et celui du Monde et il est très rare dans les univers de référence profane due j'évoquais tout â l’heure de rencontrer des individus capables d'acquérir cette vertu ou celle de la sagesse qu'elle procure. Le doute est souvent absent de ces univers et si la sagesse commence par le doute, le doute est l'enfant du discernement.
L’homme court, court, inconscient du temps qui lui file inexorablement entre les doigts et de sa finitude prochaine toute aussi inexorable, accaparé qu'il est à chercher toujours plus d'avoir ou de pouvoir, ou plus simplement à survivre; « il perd sa vie â la gagner » A bientôt 60 ans je reste toujours attristé et consterné de voir qu'il doive toujours passer par les épreuves douloureuses que lui réserve la vie pour commencer à s'interroger, à transformer sort regard, et pour acquérir un début de conscience et de discernement, si tant est que cette étincelle se produise (retour â l'actualité récente)...Je n'en mesure que plus, lors de l'ouverture de nos Travaux, ou lors de moment comme celui‑ci, le privilège que nous avons, nues iridiés de pouvoir nous extraire régulièrement de ce monde si dur, sans pitié et du venir nous transformer, nous améliorer, nous ressourcer dans l'amour fraternel de nos temples et y apprendre le discernement qui nous permet de lever à chaque fois un peu plus le voile de l'ignorance qui nous cache la Lumière et la Vérité. si difficile à atteindre et si proche pourtant. . Nous pouvons y apprendre l’écoute et l'échange des idées sans juger, nous pouvons y partager l'amour vrai dégagé des passions et l'humilité qui font la grandeur de l'âme, la grandeur de l'Homme.
Il est vrai aussi que nous y trouvons aussi la présence d'un égo resté quelquefois très présent et pressant, au moins pouvons‑nous en prendre conscience, ce qui nous permet de mesurer le travail qui reste à faire pour vivre pleinement les cinq points parfait de la Maîtrise que j'ai aimerais symboliser aujourd'hui par :
• la raison
• l'amour
• la conscience
• le discernement
• la connaissance
cinq qualités transmises par l'initiation et l'accès à la Maîtrise, cinq vertus de l'Art Royal pour quo le Maître Maçon puisse retrouver un jour la Parole perdue depuis la mort Maître Hiram, celle de l'amour vrai, de l'amour universel.
Alors pour terminer en revenant au thème général de nos Travaux, je conclurai en pensant avec toute l'humilité qui sied que ce XXI siècle à tout autant besoin de Maître Hiram, c'est à dire de nous même qu'auparavant, de sa sagesse, de sa connaissance, de son amour à partager et de son discernement: cediscernement étui nous donne aussi la lucidité de savoir que nous restons toujours sous la menace de nos mauvais compagnons et que nous avons par conséquent !'obligation de continuer à nous améliorer sans cesse et nous Maître Maçons plus que d'autres. Les 33 degrés du REAA offrent les clefs pour cela, à nous de les saisir.
Ce n'est pas d'avancer lentement sur la Voie qui est blâmable, c'est de s'arrêter !!

T\ V\ M\ j'ai dit

Par X - Publié dans : Planches
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Jeudi 28 novembre 2013 4 28 /11 /Nov /2013 06:26

Ma sœur R., 
  
Comment ne pas penser à la parabole du retour de l’enfant prodigue, comment oublier la scène du retour de la femme du boulanger. Oh non ma sœur, tu n’es ni Pomponette, ni davantage l’enfant puîné ! 
Une démission en franc-maçonnerie est un acte de liberté, le retour un engagement tout aussi libre, sans jugement moral, sans reproche fussent-ils affectueux. Ce n’est pas le même qui revient, ce n’est pas le semblable qui revient, mais le même est le revenir de ce qui revient. Seul revient l’affirmation, seul revient ce qui peut être affirmé, seule la joie retourne. 
As-tu fait une école buissonnière, ma sœur, cet écart potentiel inscrit dans le compagnonnage ? Dans ta séparation du temple, as-tu mesuré ce qui te fonde et te construit, au point d’avoir à nouveau besoin de retrouver une loge pour féconder ta part de fraternité et de symbolisme ontologique ? Quel dépôt si précieux avais-tu laissé ici pour venir le rechercher ? Est-ce cet immense trésor d'expériences, d'idées, de témoignages, de réflexions que l'esprit humain a produit au cours de tenues maçonniques. Les planches sont destinées à l'ensemble des Frères et soeurs présents dans le temple. Leurs contenus sont de susciter un dialogue lumineux dans la conscience entre le "je" et le "nous".  On peut comprendre combien cela fut un manque pour toi. 
Tu avais choisi, en entrant une première fois en franc-maçonnerie, la responsabilité d’un engagement. Responsabilité a deux sens : res-ponsa que l'on peut rendre par "quelque chose qui a du poids, du prix, de l'importance", et res-ponsa qui est "ce que l'on épouse, ce à quoi l'on est uni par amour".  Au cœur de la responsabilité, il y a donc le prix et l'amour, la valeur et la joie. Ta famille a eu un temps plus besoin de ton amour, et en avait, de ce fait, davantage de valeur pour toi.  Le Temple te manquait car il est l’endroit idéal pour aller à la rencontre des questions. En ce lieu, nous mettons en marche la pensée qui révèle que l’homme doit accomplir un voyage parmi les questions afin que se réalise son destin intellectuel et moral. 
Le monde profane t’est redevenu insuffisant. 
Que je dise tout de suite que ce qui me paraît en jeu n'est rien moins que ta liberté, non pas d'abord la liberté des choix, ni la liberté d'expression, mais une liberté encore plus fondamentale qui est la liberté de pouvoir penser par soi-même, la liberté de l'esprit. 
Je sais combien la construction d'un langage qui rend possible la pensée est difficile, combien son acquisition progressive est ardue et combien sa préservation est précieuse. L'intelligence spirituelle vient ôter le voile de la lettre, ou le voile qu'est la lettre, afin d'en dégager l'esprit. 
Quand une chose n'est pas nommée, elle reste insaisissable, invisible, impossible à penser. Pour commencer à l'appréhender, les cherchant, dans leurs longues quêtes n'ont d'abord d'autre ressource que d'employer des périphrases, et il peut arriver que de telles périphrases représentent des centaines de pages de texte. Voici ce qu'il en coûte quand les mots manquent encore, et que l'esprit est réduit à tenter de penser sans les mots. Au contraire, quand après de lentes décantations, qui dans l'histoire prennent parfois des siècles, des mots apparaissent qui permettent de saisir les choses dans leur être, il arrive que certains résultats qui avaient d'abord demandé des livres entiers, pour être énoncés et expliqués, s'expriment enfin en quelques formes d'une clarté aveuglante. C'est que la pensée, grâce aux mots, est devenue libre: elle était paralysée par l'impossibilité du dire et voici que, par le progrès de la langue disponible, elle se trouve enfin déliée. Le symbolisme est ce langage d’une nouvelle parole qui donne prise sur les choses. Le mot prononcé est la matrice qui nous fait accéder au monde de la chair et de l’existence.   
Aussi croyons-nous à la vérité et à la beauté exactement comme Platon.   
Je viens de prononcer le mot “beauté” en association avec le mot “vérité” et ce sont bien des mots de notre quête. Nous croyons que la vérité existe, indépendamment de nous et de tous, mais nous croyons aussi qu'elle nous attend et qu'elle fait partie de notre vocation de la chercher. Nous savons aussi que, dans cette quête, la beauté est le plus sûr critère de la vérité, une lumière qui la signale dans la nuit, et quand enfin nous atteignons une vérité, sa récompense consiste à en admirer la beauté.   
Le monde profane n’a pas réussi à te donner suffisamment l’apprentissage du sens et de l'amour de la beauté et ici tu viens renouer les fils du tissage pour ton vêtement de vie. Tu as choisi de te replacer dans l’arc tendu entre les deux pôles du ciel et de la terre en exerçant la fonction de médiateur, entre équerre et compas. 
Ici c’est un lieu symbolique où sous le signe d’un temps abstrait, se trouvent représentés en creux l'Unité et l'Infini, comme à l'encre sympathique sur un support d'absence. 
C'est un espace qui vide le temps profane et dont cependant découle l'efficacité des effets du discours de chacun à condition qu'il ait bien voulu franchir le seuil de la mort symbolique. 
C'est l'endroit où se trouvent archivés à foison tous les outils nécessaires à la construction. 
C'est la demeure des trois grands "A". L'Art, l'Autre et l'Amour.   
Ta vérité et ta liberté furent de revenir, que cela soit pour la beauté de notre fraternité et de notre joie de t’accueillir ! 

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Par S\ S\ - Publié dans : Planches
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Mardi 26 novembre 2013 2 26 /11 /Nov /2013 06:20

Souvenons-nous de ce jour qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Celui qui a dit un jour : « J’ai quelque chose pour toi et qui devrait te plaire ». Nous attendions dehors. N’avons-nous pas eu l’envie à la fois de partir mais surtout de rester ? Souvenons-nous à la porte du temple, les yeux bandés, nous étions guidés par la main du Maître des Cérémonies. Le Vénérable Maître, a fait demander: Comment le profane ose-t-il être admis à nos mystères ? Par des intermédiaires dont nous ignorions tout, parlant d’une voix forte, la réponse se faisait entendre : « Parce qu’il est libre et de bonnes mœurs ». Cet homme libre, nous l’étions avant et nous le sommes toujours. Nous voulions voir ce que c’était et au début, nous n’avons rien vu, juste le temps d’entrevoir et encore…L’initiation est un moment important, certainement le moment le plus important de notre vie maçonnique. En effet, on ne naît pas Franc-maçon, mais on est « fait » Franc-maçon par l’initiation. On pourrait même ajouter que celui qui se ferait une idée claire de l’initiation maçonnique, se ferait une idée juste de la Franc-maçonnerie, de son projet fondamental et de son essence profonde, de son éthique. Aussi convient-il de s’interroger, une fois encore, sur l’initiation, sur sa finalité, sa nature, ses modalités et sur la signification qu’elle peut revêtir pour l’homme de notre temps. « On entend en général, par initiation, un ensemble de rites et d’enseignements oraux, qui poursuit la modification radicale du statut social et religieux de l’homme à initier », a écrit Mircea Eliade. Et il ajoute d’une manière plus savante : « Philosophiquement, l’initiation équivaut à une modification ontologique du régime existentiel ». Ainsi l’initiation, le projet initiatique, est de provoquer une radicale et fondamentale modification de notre pensée et de notre être, de notre manière de penser et de notre manière de vivre. Il s’agit, comme le disent nos vieux rituels, « de passer des ténèbres à la lumière » et, par cette lumière qui nous illumine, de changer notre être et notre vie. En effet, la finalité de l’initiation n’est pas seulement « théorique », mais pratique, disons « éthique ». Il ne s’agit pas seulement d’aller vers la lumière et de se reposer dans une vaine et stérile contemplation, mais par cette lumière de nous entraîner à une action plus efficace et plus juste. Souvenons-nous que le « Noùs » (mot grec signifiant « esprit » ou « intelligence ») de Platon comme le « Logos » de Jean, ce n’est pas seulement l’Esprit qui nous illumine, mais c’est l’Esprit qui nous transforme (et qui nous transforme par cette illumination). Ainsi le but essentiel de l’initiation maçonnique est de changer l’homme et c’est en ce sens qu’elle est éthique, car l'éthique, c’est ce qui veut essentiellement changer l’homme ; et ne confondons pas ici éthique avec moralisme et moralisation. En employant un autre langage, nous dirions que l’initiation veut nous faire passer de l’homme de la nature à l’homme de la culture, du vieil homme à l’homme nouveau. Elle veut susciter une nouvelle naissance et la rendre possible. Notre entrée dans le temple, n’est – elle pas faite de façon à nous rappeler notre propre naissance, passant sous une porte… Il a fallu donc mourir en profane et renaître en initié. La demande d’entrée dans l’ordre maçonnique, est le signe d’une recherche mais surtout d’un engagement. Cette initiation ne peut s’effectuer que dans un lieu séparé du monde et dans un temps autre que celui de tous les jours ; un espace et un temps séparés, secrets, non pas dans un quelconque édifice, mais dans un Temple, c’est-à-dire dans un espace et un temps sacrés, sacralisés par le Rite lui-même. Cette initiation ne saurait également s’effectuer n’importe comment. Elle comporte une série d’épreuves (au « Rite Ecossais Ancien et Accepté » les épreuves de la terre, de l’air, de l’eau, et du feu) subies au cours de voyages symboliques. Qu’entendons-nous quand nous parlons de la démarche libre d’un homme libre ? Si nous nous en tenons aux différentes définitions de mot « libre », il est facile de constater que nous pouvons lui donner plusieurs sens ou définitions tels que : Les volontés sont libres, se dit Pour exprimerqu'on laisse à quelqu'un la liberté de faire ou de ne pas faire telle chose. Allez-vous-en, si cela ne vous plaît, les volontés sont libres. L'homme a son libre arbitre, Il est maître de choisirentre le bien et le mal. LIBRE, se dit souventpar opposition à Esclave, servile. C'est un homme de conditionlibre. Être né libre. Libre de sa personne. Il se dit également par opposition à Captif, mais ici, nul n’est prisonnier en Franc-maçonnerie. LIBRE, signifie aussi quelquefois, Qui n'éprouve aucune contrainte, aucune gêne. Un beau mot, une belle idée, un beau concept, une belle … illusion également. Mais, « Libre et de bonne mœurs …?! » La première fois, que j’ai entendu cette phrase, j’étais derrière la porte du temple… Combien de fois, depuis alors, ai-je pu entendre et réentendre cette phrase ? Je suis surpris, de pouvoir hésiter sur son sens général et particulier. La F.M., ou plus simplement la M., est une association d’hommes libres dans leurs pensées comme dans leur attitude.
Les francs-maçons se reconnaissent entre eux comme des frères et considèrent leur association, librement consentie à titre individuel, comme une Alliance entre hommes libres qui désirent aller au-devant d’autres hommes libres, qu’ils soient ou non francs-maçons.
Il faut une démarche initiatique authentique qui n’est accessible qu’aux êtres probes, autrement dit, et nous le savons tous : droits, intègres et d’une honnêteté scrupuleuse. Nous sommes maîtres de notre choix car l’engagement que constitue l’entrée en franc-maçonnerie, ne saurait avoir de sens s’il n’était pas pris librement. La F.M. n’est pas un hobby que l’on peut exercer à temps perdu, c’est l’engagement d’une vie, généreux certes mais exigeant avec soi même. La voie initiatique est l’affaire de tous les instants et amène le franc-maçon, à travailler sur lui, à écrire, lire, réfléchir et qui varie avec l’intensité de la quête et la qualité de la pierre brute. C’est la une double condition : La première étant qu’il faut être « né libre » mais, également « être de bonnes mœurs » et là il y a de nombreux points de vue sur le sens à donner à cette expression, voir, de cette exigence. Les mœurs, bonnes ou pas … elles évoluent. Cette association de deux termes est à la fois simple et complexe. Libre et de bonnes mœurs. “Et” … la liaison des deux parts de cette phrase est obligatoire “et” indissociable. En tout état de cause la compréhension, éventuelle, de cette “maxime” est délicate, non pas tant en fonction de ce qu'on peut y percevoir, mais par le fait que nous sommes directement concerné nous même. J'en arrive à penser, ça m'arrive parfois .., que “libre et de bonnes mœurs” pourrait dissimuler la vision réelle de notre moi intime, celui qu'il est si difficile de regarder … plein de sables mouvant et d'îlots rieurs ; cette mosaïque où le noir justifie le blanc, où le blanc appelle le noir, où les deux (ensemble des couleurs et absence de couleurs) sont inséparables …. Mais concurrent. “Les bonnes mœurs” quant à elles restent du domaine intangible de l'arbitraire de notre conscience qui sait, souvent, faire des entorses à ses propres balises, mouvantes, de notre vie. En définitive cette série de mots ne doit elle pas dévoiler, en notre intériorité, un monde où fourmillent les étincelles que l'on peut observer, la nuit, en levant les yeux vers la voûte étoilée … Libre et de bonnes mœurs … reste une constante incontournable vers le beau, le bien, le bon ….. , la force de sa beauté nous amène vers la sagesse qui, si petite soit-elle, est une richesse de notre humanité fragile … et accompagne ses pas, nos pas vers la sérénité … En fait, la première idée qui me vient en lisant cette affirmation, c'est une déclaration de responsabilité. La déclaration d'existence d'un individu, accompagnée du rappel de son appartenance au groupe. L'affirmation de son état d'être, indépendant de la loi "sociale" et capable de recréer en lui-même cette loi sociale, fruit alors de l'exercice de sa liberté individuelle. "Libre", je peux tout ; de "bonnes mœurs", je ne constitue pas, je ne constituerai jamais une quelconque menace ni pour moi-même, ni pour l'autre, ni pour le groupe (au sens même de l'espèce) auquel j'appartiens. Je suis libre, je suis un, je suis un individu avec ma peau pour seule limitation de mon pouvoir physique, et avec l'univers comme champ de ma pensée. De bonnes mœurs, je suis capable de constituer le groupe, sans m'y fondre, sans y disparaître et pourtant en lui apportant toute ma richesse personnelle. Celle-ci est unique comme est unique l'apport de chacun et, conscient de mon existence, je puis recevoir ce don de la richesse de l'autre et des autres. Mon progrès sera le progrès du groupe, comme l'est le progrès de chacun et réciproquement. Libre et de bonnes mœurs, est finalement ma déclaration d'appartenance, l'affirmation de "mon respect", du respect de l'autre et des autres. Les "bonnes mœurs" exprimant alors que je suis capable d'accepter la règle d'appartenance. "Libre et de bonnes mœurs", tout l'être est là. Comme si l'application d'une réflexion sur ces termes ne pouvait que conduire à la réinvention. Mais revenons-en à cette déclaration d'être "né libre et de bonnes mœurs". Deux termes, en apparence parfaitement contradictoires. D'une part, la liberté, c'est-à-dire la propriété reconnue à tous les êtres de se déplacer sans aucun interdit dans les univers matériels, intellectuels et affectifs de leur choix. D'autre part, les bonnes mœurs, c'est-à-dire la reconnaissance de la qualité "d'être social" (où l'être n'est pas à confondre avec "être", le verbe de l'affirmation de soi).ce qui fait une société d'êtres et, ensuite, de son devenir aussi bien proche que lointain. Reconnais-moi, reconnaissez-moi comme ton, votre frère, votre autre, complètement identique et pourtant totalement différent : comme chacun, véritablement unique et véritablement ton, votre, semblable au point de pouvoir se dire :"je suis une partie du Tout mais je suis le Tout partout où je suis.""Libre et de bonnes mœurs", la déclaration d'existence de l'humanité. L’on dit que le Maçon doit être un homme libre et de bonnes mœurs. C’est là une condition indispensable pour pouvoir aspirer à entrer dans l’Ordre et sans laquelle personne n’y serait admis. La Liberté, à son plus haut niveau, est identique à la Suprême Identité, à cette libération de toute sorte de conditionnement qui est le but ultime de nos travaux et dont la liberté individuelle n’est que le reflet ; et les bonnes mœurs ne font pas référence à la moralité, toujours fluctuante, et encore moins au moralisme religieux ou au comportement politiquement correct, sinon à certaines normes que leur nature supra-humaine fait immutables. La Franc-maçonnerie a toujours respecté la liberté de pensée et d’opinion. L’engagement libéral de l’Ordre, qui lui a si souvent valu d’être persécuté, est le dénominateur commun de son histoire. Chaque frère est libre de penser ce qu’il veut, de souscrire à un courant politique ou s’en abstenir, d’appartenir à une religion déterminée ou n’être d’aucune ; cela dans les limites imposées par le bon sens et la Justice, conforme à l’ordre auquel doit aspirer tout vrai maçon. Néanmoins, les anciens us et coutumes enseignent également que les frères maçons doivent s’abstenir, lors de leurs réunions, de traiter des sujets profanes et tout particulièrement de discuter religion et politique. Car les thèmes que l’Ordre propose de travailler en Loge sont d’un autre plan et parce que ce genre de discussion, se rapportant au niveau le plus bas, conduirait irrémédiablement à la division des frères et fomenterait la désunion. « C’est la démarche libre d’un homme libre »

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

Par T\ O\ - Publié dans : Planches
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