Lundi 1 août 2005

Discours du Général PATTON

Quelque part en Angleterre, juin 1944

"Prenez place."

Messieurs, ces bruits qui courent à propos d'une Amérique voulant sortir de la guerre, refusant le combat, ne sont que des tas de conneries. Les Américains aiment se battre, par tradition. Tous les vrais Américains aiment l'éclat et le fracas de la bataille.

Vous êtes ici aujourd'hui pour trois raisons. Premièrement, vous êtes ici pour défendre vos foyers et ceux que vous aimez. Deuxièmement, vous êtes ici pour votre propre respect, parce que vous ne voudriez être nulle part ailleurs. Troisièmement, vous êtes ici parce que vous êtes des vrais mecs et que les vrais mecs aiment combattre. Lorsque vous ici, chacun d'entre vous, étiez enfants, vous admiriez tous le champion au jeu de billes, le coureur le plus rapide, le boxeur le plus dur, les joueurs de base-ball de la grande ligue et les joueurs de football du All-American. Les Américains aiment un vainqueur. Les Américains ne tolèrent pas un perdant. Les Américains méprisent les couards. Et ils jouent toujours pour gagner. Je ne pousserais même pas une huée pour un homme qui perd et rit. C'est pourquoi les Américains n'ont jamais perdu ni ne perdront jamais une guerre; parce que la simple idée de perdre est odieuse à un Américain.

Vous n'allez pas tous mourir. Seuls deux pour-cent d'entre vous, ici aujourd'hui, vont mourir dans une bataille majeure. La mort ne doit pas être crainte. La mort, avec le temps, vient à tous les hommes. Oui, chaque homme est effrayé par sa première bataille. S'il dit qu'il ne l'est pas, c'est un menteur. Certains hommes sont des couards mais combattent de la même manière que des hommes braves, ou ils sentent l'enfer sortir d'eux en voyant combattre des hommes aussi effrayés qu'ils le sont. Le vrai héros est l'homme qui combat même s'il a peur. Certains hommes surmontent leur peur après une minute sous le feu. Pour d'autres, cela prend une heure. Pour certains, cela prend des jours. Mais un homme véritable ne laissera jamais sa peur de la mort prendre le pas sur son honneur, sur son sens du devoir à son pays, et sur son courage naturel. La bataille est la plus magnifique compétition à laquelle un être humain puisse s'adonner. Elle révèle ce qu'il y a de meilleur et efface ce qu'il y a de vil.

Souvenez-vous que l'ennemi est aussi effrayé que vous l'êtes, et probablement davantage. Ce ne sont pas des supermen. A travers vos carrières dans l'armée, vous avez tous râlé contre ce que vous appelez le "putain d'entraînement à la peur." Cela, comme n'importe quoi d'autre dans l'armée, a un objectif défini. Cet objectif est la vigilance. La vigilance doit être développée en chaque soldat. Je ne donne pas une bille pour un type qui n'est pas toujours sur ses gardes.

Vous êtes tous des vétérans ou vous ne seriez pas ici. Vous êtes prêts pour ce qui est à venir. Un homme doit être vigilant à chaque instant s'il s'attend à rester en vie. Si vous n'êtes pas vigilant, un beau jour, un fils de connasse de pute allemand va se faufiler derrière vous et vous frapper à mort avec un paquet de merde! Il y a quatre-cent tombes alignées avec ordre quelque part en Sicile, toutes parce qu'un homme s'est laissé aller à dormir durant le boulot. Mais ce sont des tombes allemandes, parce que nous avons attrapé le salaud avant qu'ils ne le fassent.

Une armée est une équipe. Elle vit, dort, mange et combat comme une équipe. Ces histoires d'héroïsme individuel ne sont que de la merde de cheval. Les petits bâtards qui écrivent ce genre de foutaises pour le Saturday Evening Post n'en savent pas beaucoup plus sur combattre sous le feu que sur tirer un coup! Nous avons la meilleure nourriture, le meilleur matériel, le meilleur moral et les meilleurs hommes du monde. C'est pourquoi, par Dieu, en fait j'ai pitié des pauvres fils de pute que l'on va affronter. Par Dieu, j'en ai pitié.

Mes hommes ne se rendent pas, et je ne veux pas entendre parler d'un soldat sous mon commandement capturé, à moins qu'il ait été touché. Et même si vous êtes touché, vous pouvez toujours répliquer. Ce ne sont pas des conneries. Le type d'homme que je veux commander est celui de ce lieutenant qui, en Libye, avec un Luger sur la poitrine, a arraché son casque, écarté le pistolet d'une main et envoyé le Boche en enfer avec son casque. Puis il a sauté sur le flingue, est sorti et a tué un autre Allemand avant qu'ils ne sachent ce qui leur tombait dessus. Et pendant tout ce temps cet homme avait une balle dans un poumon. Voilà un vrai mec!

Tous les vrais héros ne sont pas des combattants tirés des livres d'histoires. Chaque individu dans cette armée joue un rôle vital. Ne vous laissez jamais aller. Ne pensez jamais que votre boulot est sans importance. Chacun a un boulot à faire et il doit le faire. Chacun est un maillon vital dans la grande chaîne. Que se passerait-il si chaque chauffeur de camion décidait soudain de ne pas aimer le miaulement des balles au-dessus, de se retourner et de sauter tête la première dans le caniveau? Le salaud de poltron pourrait dire, 'Putain, ils vont pas me rater, juste un homme parmi des milliers.' Mais si chaque homme pensait ainsi? Où diable serait-on aujourd'hui? A quoi ressembleraient notre pays, nos familles, nos foyers et même le monde? Nom de Dieu, les Américains ne pensent pas ainsi. Chacun fait son boulot. Chacun sert l'ensemble. Chaque département, chaque unité est importante dans le vaste système de cette guerre. Les hommes de la logistique sont requis pour approvisionner les canons et la machine de guerre pour nous permettre de continuer à avancer. Le quartier-maître est requis pour apporter de la nourriture et des habits, parce que là où nous allons, il n'y en pas des masses à voler. Chaque dernier homme sur l'organigramme a un boulot à faire, même celui qui réchauffe notre flotte pour nous éviter la diarrhée du soldat.

Chaque homme ne doit pas seulement penser à lui-même, mais aussi au pote qui combat à ses côtés. Nous ne voulons pas de couards à foie jaune dans cette armée. Ils devraient être exterminés comme des rats. Sinon, ils rentreront chez eux après cette guerre et produiront d'autres couards. Les hommes braves produiront d'autres hommes braves. Eliminez ces putains de couards et nous aurons une nation d'hommes braves. L'un des types les plus braves que j'aie vu était un gars au sommet d'un poteau de télégraphe au beau milieu d'un furieux combat en Tunisie. Je me suis arrêté et lui ai demandé ce qu'il pouvait bien foutre là-haut à un instant pareil. Il a répondu, 'Je fixe le câble, Monsieur.' Je lui ai demandé, 'N'est-ce un peu malsain juste maintenant?' Il a répondu, 'Oui, Monsieur, mais ce satané câble doit être fixé.' Je lui ai alors demandé, 'Est-ce que ces avions qui mitraillent la route ne vous inquiètent pas?' Et il a répondu, 'Non, Monsieur, mais vous sûrement!'

Voilà un vrai mec. Un vrai soldat. C'était un homme qui a consacré tout ce qu'il avait à son devoir, quel que puisse apparaître insignifiant son devoir à l'instant, quelles que soient ses chances. Et vous auriez dû voir ces camions durant notre chevauchée en Tunisie. Ces chauffeurs étaient magnifiques. Durant toute la journée et toute la nuit ils roulaient sur ces putains de routes, sans jamais s'arrêter, sans jamais hésiter quant à l'itinéraire, avec des obus explosant tout autour en permanence. Nous sommes passés grâce au bon vieux cran américain.

Beaucoup de ces hommes ont conduit pendant plus de 40 heures consécutives. Ce n'étaient pas des combattants, mais des soldats avec un job à faire. Ils l'ont fait, et sacrément bien fait. Ils faisaient partie de l'équipe. Sans effort d'équipe, sans eux, le combat aurait été perdu. Quand tous les maillons de la chaîne sont ensemble, celle-ci devient incassable.

N'oubliez pas, vous ignorez tous que je suis là. Aucune mention de ce fait ne doit apparaître dans aucune lettre. Le monde n'est pas censé savoir ce qui diable a pu m'arriver. Je ne suis pas censé commander cette armée. Je ne suis même pas censé être ici, en Angleterre. Laissons ces maudits Allemands être les premiers salauds à le découvrir. Je veux les voir un beau jour se dresser sur leurs pattes arrières pleines de pisse et hurler, 'Jésus-Christ, c'est de nouveau cette satanée Troisième armée et ce fils de pute de Patton.' Nous voulons leur amener l'enfer. Plus vite nous nettoierons ce foutu merdier, plus vite nous pourrons faire une petite balade contre ces pisse-violets de Japs et aussi nettoyer leur repaire. Avant que ces damnés Marines n'aient tous les honneurs.

Bien sûr, nous voulons rentrer chez nous. Nous voulons en finir avec cette guerre. Le moyen le plus rapide d'en finir est d'aller attraper les bâtards qui l'ont commencée. Plus vite ils seront balayés, plus vite nous pourrons rentrer. Le plus court chemin pour la maison passe par Berlin et Tokyo. Et quand nous atteindrons Berlin, je vais personnellement abattre ce gibier de potence de fils de pute de Hitler. Juste comme j'abattrais un serpent!

Lorsqu'un homme est couché dans un trou d'obus, s'il reste juste là toute la journée, un Allemand finira par l'avoir. Au diable une telle idée. Mes hommes ne creusent pas de trous de tirailleurs. Je ne veux pas qu'ils le fassent. Les trous de tirailleurs ne font que ralentir une offensive. Continuez à avancer. Et ne donnez pas non plus à l'ennemi le temps d'en creuser. Nous gagnerons cette guerre, mais nous la gagnerons seulement en nous battant et en montrant aux Allemands que nous avons plus de cran qu'ils en ont; ou qu'ils en auront jamais. Nous n'allons pas juste abattre ces fils de pute, nous allons leur arracher leurs maudites tripes et les utiliser pour graisser les bandes de roulement de nos chars. Nous allons assassiner ces pouilleux de suceurs de queues de Huns à la pelle!

La guerre est une chose sanglante et meurtrière. Vous devez faire couler leur sang, ou ils feront couler le vôtre. Arrachez-leur le nombril. Tirez-leur dans les tripes. Lorsque les balles s'écrasent tout autour de vous, que vous essuyez la boue de votre visage et que vous réalisez qu'au lieu de boue il s'agit du sang et des tripes de ce qui était votre meilleur ami, vous saurez que faire!

Je ne veux pas recevoir de message disant, 'Je tiens ma position.' Nous tenons pas le moindre foutu truc. Laissons les Allemands le faire. Nous avançons constamment et nous ne sommes pas intéressés à tenir quoi que ce soit, à part les couilles de l'ennemi. Nous allons lui tordre les couilles et lui botter les fesses en permanence. Notre plan d'opérations de base consiste à avancer et à continuer d'avancer, sans se soucier de devoir passer sur, sous ou à travers l'ennemi. Nous allons le traverser comme la fiente dans une oie; comme de la merde dans un klaxon!

De temps en temps, il y aura quelques plaintes que nous poussons trop durement nos gens. Je me fous complètement de telles plaintes. Je crois en la vieille et saine règle qu'une once de sueur épargnera un gallon de sang. Plus fort nous pousserons, plus d'Allemands nous tuerons. Et plus nous tuerons d'Allemands, moins de nos hommes seront tués. Pousser signifie moins de pertes. Je veux que vous vous souveniez tous de cela.

Il y a une grande chose que vous serez capable de dire, quand cette guerre sera terminée et que vous serez de nouveau chez vous. Vous serez peut-être reconnaissants, lorsque dans vingt ans vous serez assis près de la cheminée avec votre petit-fils sur le genou et qu'il vous demandera ce que vous avez fait durant la grande Deuxième guerre mondiale, vous n'aurez pas à tousser, le poser sur l'autre genou et lui dire, 'Eh bien, ton grand-père a pelleté de la merde en Louisiane.' Non, Monsieur, vous pourrez le regarder droit dans les yeux et lui dire, 'Fils, ton grand-père a chevauché avec la grande Troisième armée et un satané fils de pute nommé Georgie Patton!'

"C'est tout."

par g patton publié dans : enseignements tactiques
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Jeudi 28 juillet 2005

1 Écoute, mon fils, l'enseignement du maître, ouvre l'oreille de ton coeur ! Accepte volontiers les conseils d'un père qui t'aime et fais vraiment tout ce qu'il te dit.

2 En travaillant ainsi à obéir, tu reviendras vers Dieu. En effet, en refusant d'obéir par manque de courage, tu étais parti loin de lui.

3 Maintenant, c'est donc à toi que je parle, à toi, c'est-à-dire à tout homme qui renonce à faire sa volonté égoïste et qui prend les armes très fortes et belles de l'obéissance pour combattre sous les ordres du Christ, le vrai Roi, notre Seigneur.

4 Avant tout, quand tu commences à faire quelque chose de bien, supplie le Seigneur par une très ardente prière de conduire lui-même cette action jusqu'au bout.

5 Il a bien voulu faire de nous ses enfants. Aussi nous ne devons jamais lui faire de la peine par notre mauvaise conduite.

6 Oui, les dons qu'il a mis en nous, nous devons toujours nous en servir pour lui obéir. Sinon, il sera comme un père en colère qui punit ses enfants et il nous enlèvera notre héritage.

7 Et même, si nous refusons de le suivre jusqu'à la gloire, il sera comme un maître terrible qui se fâche à cause de nos fautes. Et il nous condamnera à une punition sans fin comme des serviteurs très mauvais.

8 Levons-nous donc enfin une bonne fois ! La Bible nous réveille en disant : « C'est le moment de sortir du sommeil » (Romains 13, 11).

9 Ouvrons nos yeux à la lumière de Dieu. Laissons la voix puissante de Dieu frapper nos oreilles, et écoutons ce qu'elle nous dit. Tous les jours elle nous crie :

10 « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, ne fermez pas votre coeur ! » (Psaume 94, 8).

11 Et encore : « Si vous avez des oreilles pour entendre, écoutez ce que l'Esprit dit aux Églises » (Apocalypse 2, 7).

12 Et que dit-il, l'Esprit ? « Venez, mes fils, écoutez-moi ! Je vous enseignerai le respect confiant envers le Seigneur » (Ps 33, 12).

13 Courez pendant que vous avez la lumière de la vie. Alors la nuit de la mort ne vous surprendra pas » (Jean 12, 35).

14 Le Seigneur cherche pour lui un ouvrier, c'est pourquoi il lance cet appel à la foule. Il dit encore :

15 « Qui veut la vie ? Qui désire le bonheur ? » (Psaume 33, 13).

16 Si tu entends cet appel et si tu réponds : « Moi », Dieu te dit :

17 « Est-ce que tu veux la vraie vie, la vie avec Dieu pour toujours ? Alors, empêche ta langue de dire des paroles méchantes, interdis à ta bouche de mentir. Tourne le dos au mal et fais le bien. Cherche la paix et poursuis-la toujours » (Psaume 33, 14-15).

18 Quand vous aurez fait cela, mes yeux vous regarderont, mes oreilles écouteront vos prières. Avant que vous m'appeliez, je dirai : « Me voici ! » (Psaume 33, 16 ; Isaïe 58, 9 ; 65, 24).

19 Frères bien-aimés, qu'elle est douce cette voix du Seigneur qui nous invite !

20 Voyez : dans sa tendresse, le Seigneur nous montre le chemin de la vie (Psaume 15, 10).

21 C'est pourquoi prenons pour ceinture la foi et la pratique des actions bonnes (Éphésiens 6, 14-15). Laissons-nous conduire par l'Évangile et avançons sur les chemins du Seigneur. Alors nous mériterons de le voir, lui qui nous appelle dans son Royaume (1 Thessaloniciens 2, 12).

22 Si nous voulons habiter chez lui, dans son Royaume, le seul moyen, c'est de courir, et nous courons quand nous faisons des actions bonnes. Sinon, nous n'y parviendrons jamais.

23 Avec le Prophète, posons cette question au Seigneur : « Seigneur, qui habitera dans ta maison ? Qui reposera sur ta sainte montagne ? » (Psaume 14, 1).

24 Frères, après cette question, écoutons la réponse du Seigneur qui nous montre le chemin de sa maison.

25 Il nous dit : « Celui qui habitera chez moi, c'est celui qui marche sans pécher et qui accomplit ce qui est juste.

26 C'est celui qui dit la vérité au fond de son coeur et qui ne trompe pas les autres avec sa langue.

27 C'est celui qui ne fait pas de mal aux autres et qui n'est pas d'accord quand on insulte un frère » (Psaume 14, 2-3).

28 C'est aussi celui qui chasse loin des yeux de son coeur l'esprit du mal qui le tente avec les mauvaises pensées qu'il lui donne. Il jette à terre cet esprit et il détruit ses pensées. Quand elles sont encore toutes petites, et dès qu'elles commencent à le tenter, il les prend et les écrase contre le Christ (Psaumes 14, 4 ; 136, 9).

29 Ces gens-là respectent le Seigneur avec confiance. Alors ils ne se croient pas au-dessus des autres à cause de leur bonne conduite, mais ils reconnaissent une chose : le bien qui est en eux, il ne vient pas d'eux-mêmes mais du Seigneur.

30 Ils rendent gloire au Seigneur qui travaille en eux, et avec le Prophète ils disent : « Seigneur, donne la gloire à ton nom, mais pas à nous, pas à nous ! » (Psaume 113 b, 1).

31 De même, l'apôtre Paul ne pense pas du tout que le succès de ses paroles vient de lui. Il dit : « Je suis devenu l'homme que je suis grâce au don de Dieu » (1 Corinthiens 15, 10).

32 Il dit encore : « Celui qui veut avoir une raison d'être fier, qu'il soit fier dans le Seigneur » (2 Corinthiens 10, 17).

33 C'est pourquoi le Seigneur dit dans l'Évangile : « Celui qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je le compare à un homme sage qui a construit sa maison sur le rocher.

34 Les fleuves ont débordé, le vent a soufflé avec force contre cette maison. Mais la maison n'est pas tombée, parce qu'elle était construite sur le rocher » (Matthieu 7, 24-25).

35 Voilà ce que le Seigneur nous dit, et maintenant il attend de nous ceci : que, jour après jour, nous répondions par nos actes à ses bons conseils.

36 Si Dieu nous donne encore des jours à vivre, c'est pour nous laisser le temps de corriger notre conduite mauvaise.

37 En effet, l'apôtre Paul écrit : « La patience de Dieu veut t'amener à changer de vie, est-ce que tu ne le sais pas ? » (Romains 2, 4).

38 Et dans sa tendresse, le Seigneur dit : « Je ne veux pas la mort du pécheur. Je veux qu'il revienne à moi et qu'il vive » (Ézékiel 18, 23 ; 33, 11).

39 Frères, nous avons demandé au Seigneur : « Qui habitera dans ta maison ? » Nous avons entendu sa réponse. Il nous a imposé ses conditions pour y habiter. A nous de remplir ces conditions !

40 Préparons donc nos coeurs et nos corps à combattre pour obéir fidèlement aux commandements du Seigneur.

41 Et pour les choses qui nous paraissent trop difficiles, prions le Seigneur de nous aider en nous donnant sa force à lui 1.

42 Si nous voulons éviter de souffrir loin de Dieu pour toujours, si nous voulons parvenir à la vie qui ne finit pas,

43 il est encore temps. Pendant que nous sommes dans notre corps, nous pouvons faire tout cela avec la lumière de cette vie.

44 Alors, dès maintenant, courons et faisons ce qui nous sera utile pour toujours.

45 C'est pourquoi nous voulons organiser une école pour apprendre à servir le Seigneur.

46 Dans cette école, nous l'espérons, nous n'imposerons rien de dur, rien de pénible.

47 Pourtant, il y aura peut-être des choses un peu plus difficiles pour des raisons justes. Pr 47-50 12 En effet, il faut bien corriger les défauts et garder l'amour entre les frères.

48 Mais ne te laisse pas tout de suite troubler par la peur et n'abandonne pas le chemin du salut. Au début il est toujours étroit (Matthieu 7, 14).

49 Mais, à mesure qu'on avance dans la vie religieuse et dans la foi, le coeur devient large. Et l'on se met à courir sur le chemin des commandements de Dieu (Ps 118, 32), le coeur rempli d'un amour si doux qu'il n'y a pas de mots pour le dire.

50 Ainsi, nous n'abandonnerons jamais Dieu, notre maître, et chaque jour, dans le monastère, jusqu'à la mort, nous continuerons à faire ce qu'il nous enseigne. Alors, par la patience, nous participerons aux souffrances du Christ et nous mériterons ainsi d'être avec lui dans son Royaume (Rm 8, 17).

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Mercredi 27 juillet 2005

Avant tout, frères très chers, aimons Dieu, aimons le prochain: ce sont les commandements qui nous sont donnés en premier .

De la charité et de la vie commune

Et voici mes prescriptions sur votre manière de vivre dans le monastère.

Tout d'abord, pourquoi êtes-vous réunis sinon pour habiter ensemble dans l'unanimité ne faisant qu'un coeur et qu'une âme en Dieu. Ne dites pas « ceci m'appartient »; mais que, pour vous, tout soit en commun Que votre supérieur distribue à chacun le vivre et le couvert non pas selon un principe d'égalité -- ni vos forces ni vos santés ne sont égales -- mais bien plutôt selon les besoins de chacun Lisez en effet les Actes des Apôtres: pour eux tout était en commun, et l'on distribuait à chacun selon son besoin

De l'humilité

Ceux qui possédaient quelque chose quand ils sont entrés au monastère doivent accepter volontiers que tout cela soit désormais commun. Ceux qui n'avaient rien n'ont pas à chercher dans le monastère ce qu'au dehors ils n'avaient pu posséder. Qu'on leur donne toutefois ce que requiert leur mauvaise santé, même si auparavant leur pauvreté les empêchait de se procurer le nécessaire. Mais alors qu'ils ne félicitent pas d'avoir trouvé vivre et couvert qu'ils n'auraient pu trouver tels au dehors! Qu'ils n'aillent pas orgueilleusement tête haute parce qu'ils ont désormais pour compagnons des gens qu'auparavant ils n'auraient pas osé approcher: que leur coeur plutôt s'élève sans chercher les vanités de la terre .Les monastères n'auraient d'utilité que pour les riches et non pour les pauvres, s'ils devenaient lieu d'humble abaissement pour les premiers, d'enflure pour les autres .

De leur côté ceux qui étaient antérieurement des gens considérés ne seront pas dédaigneux à l'égard de leurs frères venus de la pauvreté dans cette société sainte. S'ils cherchent à se glorifier, que ce ne soit pas de la richesse et du prestige de leur parenté, mais bien plutôt d'habiter en compagnie de frères pauvres. Qu'ils ne se vantent pas d'avoir tant soit peu contribué de leur fortune à la vie commune; avoir distribué leurs richesses dans le monastère ne devrait pas leur causer plus d'orgueil que d'en jouir dans le monde. Tout autre vice se déploie en faisant faire le mal; mais l'orgueil, lui, s'attaque même au bien que l'on fait, pour le réduire à néant. À quoi sert de distribuer ses biens aux pauvres de se faire pauvre soi-même, si l'âme dans sa misère devient plus orgueilleuse de mépriser les richesses qu'elle ne l'était de les posséder? Vivez donc tous dans l'unanimité et la concorde, et honorez mutuellement en vous Dieu, dont vous avez été faits les temples

De la prière et de l'office divin

Soyez assidus aux prières aux heures et aux temps fixés. Puisque l'oratoire est par définition un lieu de prière, qu'on n'y fasse pas autre chose. Si l'un ou l'autre, en dehors des heures fixées, veut profiter de son loisir pour y prier, qu'il n'en soit pas empêché par ce qu'on y prétendait faire. Quand vous priez Dieu avec des psaumes et des hymnes portez dans votre coeur ce que profèrent vos lèvres .Ne chantez que ce qui est prescrit; ce qui n'est pas indiqué pour être chanté ne doit pas être chanté.

Du jeûne et de la lecture de table

Domptez votre chair par le jeûne et l'abstinence dans la nourriture et la boisson, autant que la santé le permet. Celui qui ne peut pas jeûner doit à tout le moins ne pas prendre de nourriture en dehors de l'heure des repas, sauf en cas de maladie.

A  table, jusqu'à la fin du repas, écoutez la lecture d'usage sans bruit et sans discussions. Que votre bouche ne soit pas seule à prendre nourriture; que vos oreilles aussi aient faim de la parole de Dieu

Affaiblis par leur ancienne manière de vivre, certains peuvent avoir un régime spécial; ceux que d'autres habitudes ont rendus plus robustes ne doivent pas s'en chagriner, ni voir là une injustice. Qu'ils n'estiment pas ceux-ci plus heureux de recevoir ce qu'eux-mêmes ne reçoivent pas; qu'ils se félicitent plutôt d'avoir plus de force physique que les autres. Si ceux qui sont passés d'une vie plus raffinée au monastère reçoivent, en fait de nourriture, de vêtements et de couvertures, un peu plus que les autres, plus vigoureux et donc plus heureux, ces derniers doivent songer à la différence de niveau qui sépare la vie mondaine que leurs compagnons ont quittée et celle du monastère, lors même qu'ils n'arrivent pas à la frugalité des plus robustes. Tous ne doivent pas réclamer le supplément accordé à quelques-uns non comme marque d'honneur mais par condescendance. Ce serait vraiment un lamentable renversement des choses si dans un monastère, où les riches font tous les efforts possibles, les pauvres devenaient des délicats.

Du soin des malades

On donne moins aux malades, pour ne pas les charger. Aussi doivent-ils être spécialement traités ensuite pour se rétablir plus rapidement, fussent-ils originaires de la plus humble condition; leur récente maladie leur laisse les mêmes besoins qu'aux riches leur genre de vie antérieur. Une fois leurs forces réparées, qu'ils reviennent à leur plus heureuse façon de vivre, celle qui convient d'autant mieux à des serviteurs de Dieu qu'ils ont moins de besoins. Redevenus bien portants, qu'ils ne s'attachent pas par mollesse à ce que la maladie avait rendu nécessaire. Mieux vaut en effet moins de besoins que plus de biens.

De la garde de la chasteté

Pas de singularités dans votre tenue; ne cherchez pas à plaire par vos vêtements, mais par votre manière de vivre. Si vous sortez, marchez ensemble; à l'arrivée, restez ensemble. Dans votre démarche, votre maintien, tous vos gestes, n'offensez le regard de personne; mais que tout s'accorde avec la sainteté de votre état.

Que votre regard ne se fixe sur aucune femme. En vos allées et venues, il ne vous est pas défendu de voir des femmes; ce qui est coupable, c'est le désir que l'on accepte en soi, ou que l'on voudrait provoquer chez autrui. La convoitise s'éprouve et se provoque non seulement par un sentiment secret, mais aussi par ce que l'on manifeste. Ne dites pas: mon coeur est chaste si vos yeux ne le sont pas. L'oeil impudique dénonce le coeur impudique .Quand, même sans paroles, l'échange des regards manifeste l'impureté des coeurs, chacun se complaisant en l'autre selon la concupiscence de la chair les corps ont beau demeurer intacts de toute souillure, la chasteté, quant à elle, est en fuite. Celui qui fixe ses regards sur une femme et se complaît à se savoir regardé par elle ne doit pas s'imaginer qu'on ne le voit pas lorsqu'il agit ainsi: il est parfaitement vu de ceux dont il ne se doute pas. Mais passerait-il inaperçu et ne serait-il vu de personne, que fait-il de Celui qui d'en-haut lit dans les coeurs à qui rien ne peut échapper? Doit-on croire qu'Il ne le voit pas, parce que sa patience est aussi grande que sa perspicacité? Que l'homme consacré craigne donc de Lui déplaire et il ne cherchera pas à plaire coupablement à une femme. Qu'il songe que Dieu voit tout, et il ne cherchera pas à regarder coupablement une femme. Car c'est précisément en cela que la crainte de Dieu est recommandée par l'Écriture: qui fixe son regard est en abomination au Seigneur

Quand donc vous êtes ensemble, à l'Église, et partout où il y a des femmes, veillez mutuellement sur votre chasteté; car Dieu qui habite en vous par ce moyen même veillera par vous sur vous.

De la correction fraternelle

Si vous remarquez chez l'un d'entre vous cette effronterie du regard dont je parle, avertissez-le tout de suite, pour empêcher le progrès du mal et amener un amendement immédiat. Mais si après cet avertissement, ou un autre jour, vous le voyez recommencer, c'est comme un blessé à guérir qu'il convient de le dénoncer. Toutefois, prévenez d'abord un ou deux autres pour qu'on puisse le convaincre par le témoignage de deux ou trois et le punir ensuite avec la sévérité qui convient. Ne vous taxez pas vous-même de malveillance, à dénoncer ainsi. Bien au contraire, vous ne seriez pas sans reproches, si vos frères, que votre dénonciation pourrait corriger, se trouvaient par votre silence abandonnés à leur perte. Si, par exemple, ton frère voulait cacher une plaie corporelle par crainte des soins, n'y aurait-il pas cruauté à te taire, et miséricorde à parler ?Combien plus justement dois-tu le dénoncer, pour que n'empire pas la plaie de son coeur!

Cependant, avant d'en informer d'autres pour le confondre en ses dénégations, c'est d'abord au Supérieur qu'il faut le signaler, si malgré l'avertissement déjà reçu il ne s'est pas soucié de s'amender; une réprimande plus secrète pourrait éviter en effet que d'autres soient mis au courant. S'il nie, c'est alors qu'il faut lui opposer d'autres témoins; ainsi, devant tous il ne sera pas seulement inculpé par un seul, mais convaincu par deux ou trois .Une fois confondu, selon la décision du Supérieur ou du Prêtre auquel en revient le pouvoir, il doit se soumettre à une sanction salutaire. S'il la refuse, ne voudrait-il pas de lui-même se retirer, qu'il soit exclu de votre communauté. Ici encore, ce n'est pas cruauté mais miséricorde pour éviter une funeste contagion qui en perdrait un plus grand nombre.

Ce que j'ai dit des regards trop appuyés doit être de même soigneusement et fidèlement observé pour toute autre faute à découvrir, prévenir, dénoncer, confondre et punir, la haine des vices s'y associant à l'affection pour les personnes.

D'autre part, on peut être avancé dans le mal jusqu'à recevoir clandestinement de quelqu'un lettres ou cadeaux. À celui qui s'en accuse on pardonnera, et on priera pour lui; celui qui sera pris sur le fait et convaincu sera plus sévèrement puni selon la décision du Prêtre ou du Supérieur.

Du dépôt commun

Laissez vos vêtements sous la garde d'une personne ou deux, ou d'autant qu'il en faudra pour les secouer et les défendre contre les mites. De même qu'une seule dépense vous nourrit, qu'un seul vestiaire vous habille.

Si possible, ne vous préoccupez pas des effets que l'on vous procure selon l'exigence des saisons, ni de savoir si vous recevez bien le vêtement que vous aviez déposé ou au contraire celui qu'un autre avait porté; -- à condition toutefois qu'on ne refuse à aucun ce dont il a besoin. Si cette distribution provoque parmi vous contestations et murmures, si l'on se plaint de recevoir un vêtement moins bon que le précédent, si l'on s'indigne d'être habillé comme un autre frère l'était auparavant, jugez vous-même par là de ce qui vous manque en cette tenue sainte qui est celle de l'intime du coeur, vous qui vous chicanez pour la tenue du corps. Si toutefois l'on condescend à votre faiblesse en vous rendant vos anciens habits, rangez cependant toujours en un seul vestiaire, sous une garde commune, les effets que vous déposez.

Que personne ne travaille pour soi; mais que tous vos travaux se fassent en commun, avec plus d'empressement, de constance et de zèle que si chacun s'occupait exclusivement de ses propres affaires. La charité en effet, comme il est écrit, ne recherche pas ses intérêts cela veut dire qu'elle fait passer ce qui est commun avant ce qui est personnel, et non ce qui est personnel avant ce qui est commun. Plus vous aurez souci du bien commun avant votre bien propre, plus vous découvrirez vos progrès. Dans l'usage de toutes ces choses nécessaires qui passent, que la prééminence soit à la charité, qui demeure

C'est pourquoi, lorsque tel ou telle envoie à ses enfants ou à de plus ou moins proches parents vivant au monastère, un vêtement ou tout autre objet d'usage courant, il ne faut pas les recevoir en cachette, mais les mettre à la disposition du Supérieur pour que, rangés au commun ils soient attribués à qui en a besoin. Cacher un présent ainsi reçu, c'est un délit à juger comme un vol.

Du lavage des habits, des bains, des malades, des provisions

Au Supérieur de régler comment les vêtements seront lavés, soit par vous-mêmes soit par des blanchisseurs. Il ne faut pas qu'un souci excessif de propreté dans les habits provoque quelques taches intérieures dans l'âme.

Ne pas refuser les bains, si la santé l'exige. Qu'on suive sans murmure l'avis du médecin. Même y répugnerait-on, sur l'ordre du Supérieur on fera ce qui est nécessaire pour la santé. Qu'on ne cède pas au caprice de celui qui réclame un bain, si ce traitement n'est pas opportun. Quand quelque chose fait plaisir en effet, on s'imagine que cela fait du bien, même si c'est en réalité nuisible. Un serviteur de Dieu vient-il se plaindre d'une douleur cachée, on le croira sans hésiter; mais s'il n'est pas sûr que le remède agréable souhaité doive guérir cette douleur, mieux vaut consulter le médecin. Pour les bains, comme pour tout déplacement nécessaire, on sera au moins deux ou trois. Celui qui doit sortir n'a pas à choisir ses compagnons; ils seront désignés par le Supérieur.

Le soin des malades, des convalescents et de tous ceux qui, même sans fièvre, sont plus ou moins affaiblis, sera confié à l'un d'entre vous, qui aura à demander lui-même à la dépense ce qu'il jugera nécessaire pour eux. Quant aux responsables de la dépense, du vestiaire ou des livres, qu'ils servent leurs frères sans murmurer. Pour les livres, une heure, chaque jour, sera fixée pour les demander; en dehors de cette heure, aucune demande ne sera honorée. Ceux qui s'occupent des vêtements et des chaussures les remettront sans délai à ceux qui, en ayant besoin, viendront les leur demander.

De la paix

Pas de litiges entre vous; ou alors mettez-y fin au plus vite; que votre colère ne se développe pas en haine, d'un fétu faisant une poutre et rendant votre âme homicide. Vous lisez en effet: qui hait son frère est homicide. Quiconque blesse autrui par injure, mauvais propos, accusation directe, se préoccupera de réparer le plus tôt possible; et que l'offensé pardonne sans récriminer Si l'offense a été réciproque, que l'on se pardonne réciproquement ses torts, à cause de vos prières qui doivent être d'autant plus saintes qu'elles sont plus fréquentes.

Mieux vaut le vif coléreux, qui se dépêche de solliciter son pardon auprès de celui qu'il reconnaît avoir offensé, que l'homme plus lent à s'irriter mais plus lent aussi à s'excuser. Qui ne veut jamais demander pardon ou le fait de mauvaise grâce n'a rien à faire dans le monastère, même si on ne l'en chasse pas. Épargnez-vous donc des paroles trop dures; s'il en échappe de votre bouche, que cette bouche prononce sans retard les mots qui seront un remède aux blessures qu'elle a causées.

Si la nécessité de la régularité à maintenir vous pousse à des paroles sévères, même si vous avez conscience d'avoir dépassé la mesure, on n'exige pas de vous que vous demandiez pardon à vos inférieurs. En effet, vis-à-vis de ceux qui ont à demeurer soumis, un excès d'humilité compromettrait l'autorité que vous avez pour les commander. Mais alors demandez pardon à Celui qui est le Seigneur de tous; Il sait bien, Lui, quelle bienveillante affection vous portez à ceux-là mêmes que vous réprimandez peut-être plus qu'il ne convient. Car entre vous l'affection ne doit pas être charnelle, mais spirituelle.

De l'obéissance

Obéissez au Supérieur comme à un père, et plus encore au Prêtre qui a la charge de vous tous. Veiller à l'observation de toutes ces prescriptions, ne laisser passer par négligence aucun manquement mais amender et corriger, telle est la charge du Supérieur. Pour ce qui dépasserait ses moyens ou ses forces, qu'il en réfère au Prêtre dont l'autorité sur vous est plus grande.

Quant à celui qui est à votre tête, qu'il ne s'estime pas heureux de dominer au nom de son autorité mais de servir par amour Que l'honneur, devant vous, lui revienne de la première place; que la crainte, devant Dieu, le maintienne à vos pieds Qu'il s'offre à tous comme un modèle de bonnes oeuvres Qu'il reprenne les turbulents, encourage les pusillanimes, soutienne les faibles; qu'il soit patient à l'égard de tous Empressé lui-même à la vie régulière, qu'en se faisant craindre il la maintienne. Et bien que l'un et l'autre soient nécessaires, qu'il recherche auprès de vous l'affection plutôt que la crainte, se rappelant sans cesse que c'est à Dieu qu'il aura à rendre compte de vous Quant à vous, par votre obéissance ayez pitié de vous-même sans doute, mais plus encore de lui; car, parmi vous, plus la place est élevée, plus elle est dangereuse.

De l'observance et de la lecture de cette Règle

Puisse le Seigneur vous donner d'observer tout cela avec amour, en êtres épris de beauté spirituelle et dont l'excellence de la vie exhale l'excellent parfum du Christ non comme des esclaves sous le régime de la loi, mais en hommes libres sous le régime de la grâce

Que ce livret vous soit comme un miroir pour vous regarder; et de peur que l'oubli n'entraîne des négligences, qu'on vous le lise chaque semaine. Si vous vous trouvez fidèles à l'égard de ce qui est écrit, rendez grâce au Seigneur dispensateur de tout bien. Si par contre quelqu'un se découvre en défaut, qu'il regrette le passé, veille à l'avenir, priant notre Père de lui remettre sa dette et de ne pas le soumettre à la tentation

 

 

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Mardi 26 juillet 2005

Le divin Réconciliateur des hommes, le Désiré des nations, le Messie promis à la foi d'Abraham père des croyants, prédit par Jacob mourant à ses enfants et si clairement annoncé par un grand nombre de prophètes qui se sont succédés les uns aux autres pendant une longue suite de siècles, comme devant naître d'une vierge de la race d'Abraham et dans la famille du roi David, paraît enfin sur la terre à la fin du quatrième millénaire du monde, au temps déterminé par la Sagesse incréée pour l'accomplissement des grands desseins de sa divine Miséricorde.

L'archange Gabriel est envoyé par Dieu dans la petite ville de Nazareth, à la vierge Marie, pour lui annoncer la glorieuse maternité par laquelle elle est destinée à coopérer au grand oeuvre de la Rédemption des hommes ; mais l'apparition subite de l'ange qui lui est député, trouble l'âme de cette vierge si pure, sa pudeur s'alarme de la maternité qui lui est annoncée, déclarant ne connaître aucun homme, et elle n'y donne son consentement qu'après être entièrement tranquillisée sur les moyens, l'ange lui déclarant que sa maternité serait l'ouvrage de Dieu même par l'opération du seul Saint-Esprit, et que sa virginité resterait intacte.

A l'instant même de son consentement commence l'accomplissement du grand Mystère ; car à ce même instant le Verbe de Dieu, qui est Dieu lui-même, la seconde Personne et puissance de la sainte Trinité, pressé par son ardent amour pour ses créatures humaines s'unit indissolublement et pour toute l'éternité à l'âme humaine, pure et sainte de Jésus, qui par amour pour ses frères, et pour les réconcilier avec Dieu en satisfaisant pour eux à la Justice divine, s'est dévouée aux ignominies, aux souffrances et à la mort. Le Verbe Tout-puissant de Dieu, l'image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s'incorporiser avec l'âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu'une seule et même Personne en deux Natures distinctes ; c'est donc au moment de son consentement que l'homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintescentiel de la terre vierge de sa mère ; il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d'une triple substance, c'est-à-dire d'un Esprit pur, intelligent et immortel, d'une Âme passive ou vie passagère, et d'un Corps de matière, mais d'une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l'opération du Saint-Esprit, sans le concours d'aucun homme, ni d'aucun agent physique de la matière. C'est par ce prodige de l'amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l'esclave et la victime du Démon, que s'est accompli l'ineffable et incompréhensible mystère de l'incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l'effet, réunir en lui par une union indissoluble la Nature humaine du prévaricateur et sa propre Nature divine.

Nous avons reconnu en son lieu que l'animal ou la brute est un composé binaire d'une Ame ou vie passive et passagère, et d'un Corps de matière, qui disparaissent totalement après la durée que leur est prescrite que l'homme est pendant son séjour passager sur la terre un composé ternaire : savoir des deux mêmes substances passagères que nous venons de citer qui le constituent animal comme la brute, et d'un Esprit intelligent et immortel, par lequel il est vraiment image et ressemblance divine. Mais en Jésus-Christ homme-Dieu et divin se trouve pendant sa vie temporelle sur la terre un assemblage quaternaire qui le distingue éminemment de toutes les créatures ; savoir : les trois substances que nous venons de connaître dans l'homme temporel, et de plus l'Etre même de Dieu qui s'est uni pour l'éternité a l'être intelligent et immortel de l'homme, pour en former un être unique, et une seule Personne en deux Natures.

Celui qui par cette union si glorieuse pouvait naître a son choix dans la famille la plus opulente, dans le sein des grandeurs, sur le trône le plus éclatant, préfère de naître dans une étable, dans une famille inconnue et pauvre, dans une profession abjecte, la plus exposée aux mépris et aux humiliations qui accompagnent ordinairement l'indigence : il est bien évident par là que dès son entrée dans le monde il veut être le modèle et la consolation des pauvres ; qu'il veut en même temps inspirer le mépris des richesses, et faire sentir à ceux qui les possèdent, les grands dangers auxquels elles exposent tous ceux qui n'en feront pas l'usage prescrit par sa morale et par ses préceptes.

Voyons maintenant dans les saints Evangiles sous quels rapports le divin Messie s'y présente aux hommes, comment les Evangélistes le dénomment et le qualifient, et comment il s'y qualifie Lui-même ; nous y trouverons sous de nouveaux rapports, un nouveau fonds d'instructions, avec la confirmation de ce que nous avons dit plus haut sur ce sujet important.

Nous l'y voyons dénommé tantôt Jésus ou le fils de l'homme. Tantôt Dieu-homme ou homme-Dieu, enfin le fils de Dieu ou Jésus-Christ.

Ces diverses dénominations étant appliquées au même être peuvent paraître au premier aperçu presque synonymes, mais cependant elles ne le sont point, car elles présentent toutes des sens différents qu'il ne faut point confondre, puisqu'ils sont relatifs aux deux Natures distinctes qui se trouvent unies dans le seul et même être. Un examen réfléchi de ses actions pendant sa vie temporelle démontre cette vérité.

En effet, on ne voit dans Jésus que l'homme pur et saint qui a une sublime destination, abstraction faite de la Divinité qui réside en lui, mais qui ne s'est point encore manifestée. Dans le fils de l'homme on ne voit que la même Nature humaine ; il se qualifie ainsi tant qu'il veut cacher aux Juifs et aux Démons, dont ils se rendent les organes, sa Divinité, se présentant à eux comme un descendant d'Adam père commun des hommes, et supposé n'être que le fils de Joseph, jusqu'à ce que le grand mystère de l'incarnation soit dévoilé aux hommes. Dans I'homme-Dieu c'est l'homme pur et saint, dont l'action paraît prédominer celle de la Divinité qui se voile en lui. Dans le Dieu-homme c'est au contraire l'action divine qui se montre prédominante sur celle de l'homme dans le fils de Dieu qui est la qualité essentielle que l'archange lui a donné (sic) en annonçant à Marie son incarnation, c'est la Divinité qui se manifeste avec éclat par l'organe de sa sainte humanité. Enfin dans Jésus-Christ c'est l'homme Dieu et divin : ce sont les deux Natures unies dans un seul et même être qui opèrent ensemble sous une forme humaine, les actions réunies qui appartiennent à chacune d'elles.

En général Jésus, depuis sa naissance jusqu'à son baptême au Jourdain, dans la tentation du Démon qu'il subit au désert, dans son agonie au Jardin des Oliviers, dans tout le cours de sa Passion et sur la Croix, ne présente que l'homme pur, saint et parfait, entièrement dévoué à la Justice divine et abandonné à lui-même, à son seul libre arbitre ; la Divinité qui réside essentiellement en lui paraît y suspendre son action pour laisser à sa sainte humanité tout l'honneur de la victoire réparatrice, sans cependant s'en séparer un seul instant ; elle s'y tient comme spectatrice du grand combat, et le soutient pendant toute sa durée par sa présence : c'est là où l'homme-Dieu ainsi abandonné est vraiment le modèle accompli de tous les hommes.

Mais lorsque Jésus-Christ commençant sa mission, à la prière de sa mère qui est présente avec lui au festin des Noces de Cana, change l'eau en vin ; lorsqu'au désert et sur la montagne il multiplie quelques pains et quelques poissons dans une quantité suffisante pour nourrir tantôt 4000 et tantôt 5000 hommes exténués de besoin et qu'il en reste en morceaux ramassés après les avoir rassasiés tous, de quoi remplir plus de paniers pleins qu'il n'y en avait avant la distribution ; lorsqu'il force les démons d'obéir à ses ordres, et d'abandonner sur le champ les corps des pécheurs qu'ils possèdent ; lorsqu'il commande en Maître à la mer, aux vents et à la tempête de s'apaiser, et qu'ils lui obéissent ; lorsqu'il fait marcher et emporter son lit au paralytique qui depuis 38 ans attendait vainement auprès de la piscine le secours de l'ange et sa guérison ; lorsqu'il révèle le fond des pensées les plus secrètes de la femme de Samarie et de beaucoup d'autres ; lorsqu'il ressuscite la fille de Jaïre, le fils unique de la veuve de Naïm que l'on portait en terre, et plus particulièrement encore Lazare, ce frère chéri de Marthe et de Marie, que Jésus aimait, qui depuis quatre jours était enseveli dans le sépulcre et dont la chair corrompue répandait déjà une grande infection, qui cependant à son ordre sort du tombeau, et marche devant tous les assistants, ayant encore les jambes et toutes les autres parties du corps liées de bandelettes ; lorsqu'on le voit opérer toutes ces choses et une multitude d'autres aussi prodigieuses, qui pourrait douter que c'est le Verbe Tout-Puissant de Dieu qui parle et qui commande à toute la nature par la bouche de l'homme-Dieu ?

Ayant donc distingué en lui les deux Natures indivisiblement réunies en une seule et même personne, parcourons rapidement les principales circonstances de sa vie temporelle, elles compléteront notre instruction.

Jésus enfant, adolescent et jusqu'à l'âge de 30 ans, ne parait être qu'un homme ordinaire, distingué seulement par une sagesse au-dessus de son âge, par sa docilité et sa soumission envers ses parents ; il est assujetti à tous les travaux, à toutes les fatigues et à tous les besoins de la vie commune.

Parvenu à l'âge de 30 ans, époque à laquelle il doit commencer publiquement sa mission réparatrice et l'instruction de ses disciples, après avoir été baptisé dans le Jourdain par Jean qui le reconnaît et le proclame pour le Messie promis, sa Divinité est pour la première fois manifestée, par la descente de l'Esprit Saint qui vient reposer sur lui, et par les éclatantes paroles du Père céleste qui le proclame hautement pour son fils bien-aimé, dans lequel il a placé toutes ses affections, et commande aux hommes de l'écouter : dès lors commence sa mission divine.

Il se retire dans le désert pour se préparer comme homme à la remplir par la prière et par un jeûne rigoureux pendant 40 jours. Après ces 40 jours, il éprouve la faim, besoin humain qui démontre clairement que c'était sa pure et seule humanité qui se préparait si rigoureusement aux actes importants qu'elle devait opérer.

Le moment où il éprouve ce besoin physique de l'humanité est l'instant même que le Prince des Démons saisit pour le tenter dans tout son être, c'est-à-dire, dans les besoins physiques de son corps, dans la vie passive et passagère de ce corps, et dans sa Nature active et spirituelle, pour éclaircir les soupçons qu'il a conçus (sic) sur la véritable nature de Jésus, et pour s'assurer si la Divinité résidait ou ne résidait pas en lui, enfin s'il était ou n'était pas le Messie promis ; Mystère que la Sagesse divine voulait cacher au Démon, afin qu'il put s'accomplir entièrement.

Il faut soigneusement remarquer ici les trois différents genres d'attaque que le Démon porte astucieusement sur les trois parties constituantes de l'homme physique : 1° il attaque Jésus dans sa forme corporelle relativement à ses besoins, en lui disant sur le sommet d'une haute élévation : Si vous êtes le fils de Dieu commandez que ces pierres deviennent des pains. - 2° après cette inutile tentative, il l'attaque dans sa vie passive, animale, corporelle, en lui disant sur le sommet d'une haute élévation : Si vous êtes le fils de Dieu, précipitez-vous en bas, il ne vous en arrivera aucun mal. - 3° après cette seconde attaque dans laquelle il est repoussé comme dans la première, il dirige la troisième, qui est la plus importante, sur l'être spirituel de Jésus en lui disant : Si vous prosternant devant moi vous m'adorez, je vous donnerai tous ces royaumes du monde que vous voyez, et qui m'appartiennent.

Cette marche du Démon est toujours la même : c'est toujours par sa forme corporelle qu'il attaque l'homme ; il cherche à le séduire par les sens matériels, par l'amour de la vie animale et passagère, et par ses affections animales et sensibles ; ce sont les portes par lesquelles il cherche à s'introduire en lui pour de là l'attaquer avec plus de succès dans son être spirituel.

L'homme-Dieu soutient ces trois attaques par la force de sa pure volonté humaine et en reçut aussitôt le prix puisque les anges vinrent le servir. Sa victoire sur le Démon nous rappelle la défaite de l'homme primitif en pareil cas. Jésus second Adam, fait ici ce que le premier, laissé à son libre arbitre, devait faire et ne fit pas ; nous éprouvons toutes les funestes suites de la chute du premier, et tous les salutaires effets de la ferme volonté réparatrice du second.

par JB WILLERMOZ publié dans : hauts grades
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Mardi 26 juillet 2005

La Chute de l'Homme et la Formation du Monde Astral

Parce qu'ils sont émanés sous le signe de l'Être ou du Père, les Anges sont des essences pures, d'ordre intelligible : la théologie thomiste les désigne du nom d'Intelligences séparées. L'objet de leur connaissance est toujours en acte, parce que les idées représentatives des choses leur sont innées, connaturelles, au même titre que leur propre essence.

Parce qu'il est créé sous le signe de la Vie ou du Verbe, l'Homme est une Pensée vivante, une essence d'ordre spirituel, un Esprit. Des occultistes l'appellent un Esprit vierge, parce qu'il renferme dans sa seule substance toute la lignée des Esprits qui doivent dériver de lui dans la suite des Temps et peupler sous sa domination les Jardins de Vie ou les Paradis Célestes.

Mais, tandis que les Anges sont incorporels (1), en ce sens que leur être n'est pas naturellement et nécessairement uni à un véhicule de matière, même subtile, l'Esprit de l'Homme est entouré d'une enveloppe fluidique qui constitue son Corps de vie et a pour effet de le situer dans l'Espace, créé le deuxième jour avec le Firmament ou Ciel éthérique. Immatériels, les Anges sont incorruptibles en vertu de leur nature propre ; revêtu d'un corps, l'Homme n'est incorruptible que par le don gracieux de la Toute-puissance divine. Car dans ce corps de Vie Dieu a introduit, le sixième jour de la création, une âme de Vie destinée à servir à son Esprit d'un instrument qui pût animer, mouvoir et diriger son corps ; et cette âme, Dieu la fit immortelle. 

Et à l'Homme, ainsi constitué et établi dans le Paradis de Vie, Dieu présenta chacune selon son espèce, pour qu'il leur donnât un nom, toutes les semences de Vie (2) qu'il avait déposées dans l'Espace éthérique aux jours successifs de la Création et d'où devaient être engendrés tout végétal et tout animal. A chacune de ces Âmes de Vie l'Homme conféra, selon son espèce, un Nom ; mais il n'en trouva aucune qui fût semblable à lui. Dieu lui fit alors connaître qu'il lui déléguait le pouvoir de former un être semblable à lui, mais à la condition que son opération fût consacrée à la gloire du Très-Haut et exécutée dans la plus stricte obéissance à ses commandements. Et Dieu déclara qu'il bénirait son oeuvre.

L'Homme commença aussitôt les préparatifs de son opération (3); mais à peine en avait-il accompli les premiers gestes qu'une ombre immense se leva à l'horizon et couvrit le soleil d'un voile ténébreux. Dans la nuit qui montait, l'Homme sentit une torpeur inaccoutumée l'envahir tout entier et son âme s'assoupit : pour la première fois, il s'endormit. Pendant son sommeil, l'œuvre qu'il avait projetée se réalisa. Mais, à son réveil, quelle ne fut pas sa surprise ! L'être qui se tenait devant lui, resplendissant d'une étrange beauté, n'était pas semblable à lui ; ce n'était pas un être spirituel, mais une simple forme fluidique, sans âme ni vie. L'Homme invoqua le Très-Haut et Dieu, fidèle à sa promesse, insuffla une âme de Vie et un Esprit à l'oeuvre inerte sortie des mains de l'Homme. Et l'Homme la nomma HÉVA, pour être sa compagne, née de son corps. Mais aussitôt ils aperçurent qu'ils étaient nus, c'est-à-dire dénués de toute vertu propre et de lumière, stériles. Et l'Homme, qui n'était plus qu'Adam, entendit la voie courroucée de Dieu qui lui reprochait sa faute, et lui annonça les châtiments qui le frapperaient, lui et ses descendants. Et, après les avoir pourvus de tuniques de peau (4), Dieu chassa du Paradis céleste le couple humain. Ainsi commença pour l'Homme et sa postérité, à travers des mondes nouveaux, le pèlerinage des existences successives.

Ces mondes nouveaux, la Kabbale juive les appelle mondes de la formation ou Ietsirah ; les occultistes les désignent du nom de mondes astraux ou éthérique. On doit les placer sous le signe de la Lumière ou de l'Esprit, de même que les mondes de l'émanation sont placés sous le signe de l'Être ou du Père, et celui de la création sous le signe de la Vie ou du Verbe. Mais, ainsi qu'il y a des degrés dans la Lumière, il y a une hiérarchie entre les mondes qui composent la sphère de l'Esprit ; et la descente de l'Homme à travers ces mondes va s'effectuer, en quelque sorte, par étapes successives qui constitueront chacune un plan de l'involution et, dans leur ensemble, le domaine de la Manifestation formelle. L'esprit, à chaque étape de son involution, se revêtira de formes ou de véhicules de plus en plus denses, jusqu'à ce qu'il ait atteint, dans un corps de mort (5), le nadir de la matérialité.

Pour ne pas entrer dans le détail, je dirai simplement qu'on peut distinguer trois plans principaux : tout d'abord les plans zodiacaux, qui constituent les mondes de l'Esprit divin ; puis les plans solaires qui constituent les mondes de l'Esprit vital ; enfin les plans planétaires qui constituent les mondes de l'Esprit proprement humain. Et dans ces derniers on peut énumérer trois autres plans : le plan mental (mondes de la pensée abstraite et de la pensée concrète), le plan émotionnel (mondes du désir) et le plan physique (mondes organiques et chimiques) (6). Ce dernier porte dans la Kabbale juive le nom de monde de la faction ou Assayah ; il est à la limite de la Sphère de l'Esprit ou de la Lumière : au-delà s'étend le Domaine des Ténèbres, ces Ténèbres que l'Évangile appelle extérieures, parce qu'elles sont en dehors de Dieu et livrées à la domination de Satan.

(1) Ce n'était point le sentiment unanime des Pères et saint Bonaventure admettait que les Anges ont une matière à eux, une matière spéciale, d'un ordre plus relevé que la matière corporelle et tout à fait à part. Les Pères ont parlé de corps subtils ou aériens.

(2) Fabre d'Olivet traduit « puissances sementielles » ou « âmes de vie » (Langue hébraïque restituée, tome II : La Cosmogonie de Moïse).

(3) On en trouvera les détails dans le Traité de la Réintégration des Êtres, de Martinès de Pasqually.

(4) On sait que pour Platon le corps physique est le vêtement de l'âme (Phédon).

(5) « qui me délivrera de ce corps de mort », dit saint Paul dans l'Épître aux Romains (VII, 24).

(6) Dans la terminologie théosophique, le plan des Esprits Vierges ou Paradis s'appelle plan paranirvanique les plans zodiacaux, plans nirvaniques ; les plans solaires, plans bouddhiques ou de l'Intuition. Les plans nirvaniques appartiennent au rayon du Père ; les plans bouddhiques au rayon du Fils ; les plans inférieurs au rayon du saint Esprit.

(7) (voir aussi le petit 1 dans le carré du shéma de l'auteur) La sphère de l'homme est un cube, parce que le paradis est identique  la Jérusalem céleste qui est décrite dans l'Apocalypse et dont les douzes portes correspondent aux douzes signes du cercle zodiacale. Nous trouvons ici la réalisation de ce que les hermétistes désignaient symboliquement comme la "quadrature du cercle" (R.Guénon, Le Roi du monde, p.131).

 

par G HUAN publié dans : spiritualité
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Mardi 26 juillet 2005

Mon Très Respectable et cher Frère !

Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'Initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui, et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler, et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même, qui l'a assujetti au travail de l'Initiation, en se refusant à ses recherches.

Il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; a cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent, et à peine a-t'-il une idée superficielle des objets, qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible h assidue, qu'il apprend à les connaître. arrivé à Page où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine ; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort 'son intelligence de tout ce qui lui est étranger.

Cette première initiation, fondée sur la dégradation de l'homme, et ; exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane, qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'Intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein, qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses, et qu'ils s'assurèrent de leur Constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence, que des hiéroglyphes ou des emblèmes, difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques, qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de tout initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière, que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal, est ce qu'il doit être ; h dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité? Il est vrai, que parmi les Philosophes il s'en trouve un grand nombre, qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet si l'on ne voit en lui, que des facultés sensibles, il faut bien convenir, que sa véritable place est parmi les Êtres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique ces Philosophes ayant ignoré nos prérogatives naturelles, ils auraient pu s'épargner aisément cette méprise, car toutes les facultés de l'homme spirituel sont des preuves évidentes de sa grandeur primitive comme son ignorance et sa faiblesse démontrent sa dégradation. Actif par Essence, l'homme est impuissant et enchaîné ; avec une intelligence sans bornes, qui peut connaître le moindre des Êtres de l'Univers est un mystère impénétrable pour lui. Son œil pénétrant est toujours ouvert, mais environné d'épaisses ténèbres il ne peut rien apercevoir ; avec un désir irrésistible du bonheur et de la jouissance, aucun des objets qui l'entourent ne peut le contenter. Doué enfin de facultés infinies, il est privé des moyens d'en faire usage. Avouons le, cet homme avait une autre destinée, ou il serait le plus inconcevable des Êtres.

Les Sages parfaitement instruits de la vraie nature de l'homme et de sa dégradation, qui le rend indigne d'approcher du sanctuaire de la vérité, eurent grand soin d'enseigner cette doctrine à leurs disciples. Mais quoique les Philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa Nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'Étendue de ses facultés intellectuelles. Ce Contraste étonnant leur aurait prouvé la Grandeur de son origine et sa Dégradation. Car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa Nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante, est tellement resserrée et contenue, qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses Efforts il est si intimement convaincu de sa Supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre a son action, tous les Êtres qui l'environnent.

Il est aussi doué d'une Intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible, cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres Individus de l'univers sont des Mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des Individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les Vérités de la Nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Êtres Spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la Vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires ; Il a des facultés infinies, mais il se voit privé des moyens d'en faire usage, étant éloigné de tous les Êtres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester, En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un Être que l'Infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la Nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle et que les facultés spirituelles divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Êtres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Être.

Voilà Mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa Dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité, cette Doctrine ayant toujours été la base des Initiations les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs Disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des Initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route, qui peut conduire l'homme à son état primitif, et ; le rétablir dans les droits, qu'il a perdus. Voilà, mon cher frère, le vrai, le seul but des Initiations. Telle est cette science mystérieuse et Sacrée, dont la connaissance est un crime pour ceux, qui négligent d'en faire usage, et qui égare ceux, qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles.

C'est d'après ces Principes que les Initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait eux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages y employèrent figuraient aux apparences sensibles et matérielles dé la Nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'univers, et des Êtres individuels qu'il renferme.

 

 

 

 

 

 

 

 

par JB WILLERMOZ publié dans : hauts grades
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Mardi 26 juillet 2005

Lucifer et la Création de l'Homme

Nous avons rencontré sur notre route le Royaume et je n'ai pas encore traité de l'Homme. Aurions-nous déjà trouvé le Royaume de Dieu dont parle l'Évangile ou devons-nous chercher ailleurs ? Poursuivons nos investiguations dans l'Invisible.

Après le monde de l'émanation ou Atsilouh, la Kabbale juive nous apprend qu'il y a un autre monde, le monde de la Création ou Beriah (1). Pourquoi un monde nouveau ? Pourquoi, après l'émanation, une création ?

Les Anges ne sont pas des Esprits, mais des Intelligences ; seuls, les Sept devant le Trône sont des Esprits. Tournés devant la Face de Dieu, ils portent dans leur être l'image de sa gloire. Et le premier d'entre eux possède une telle splendeur qu'il apparaît comme le reflet même de l'Esprit Saint : il est Lucifer (2).

Mais Dieu forma dans son Verbe la pensée de donner à cette Figure d'Homme qui se tient debout au milieu de son Trône une existence séparée et il conçut le plan de la Création. Pour être digne de l'être spirituel qui en occuperait le centre, la Création devait être tout entière ordonnée au service de l'Homme, et cet Homme lui-même, pour être digne du don qui lui serait octroyé, devait être à son tour semblable à une image de Dieu. Mais Dieu ne pouvait accomplir une telle oeuvre qu'en créant l'Homme à la ressemblance de son Fils, comme une pensée de son Verbe, seule capable de l'aimer et de l'adorer comme il convient à Dieu d'être aimé et adoré. Et ainsi se dessine dans le plan de la Création le mystère de l'union hypostatique, d'une divinisation de l'Homme par l'incarnation de la seconde Personne de la Trinité (3). Mais par cette union l'homme va s'élever à une telle hauteur qu'il montera par dessus les hiérarchies angéliques jusqu'au Trône de Dieu.
Devant une pareille perspective Lucifer se révolte. Il refuse d'adorer un autre Dieu que Dieu (4) ; et à son tour, lui qui est le premier après Dieu, il prétend à l'union hypostatique. Et soudain la gloire qui est en lui s'obscurcit ; une pesanteur envahit tout son être et lentement il descend à travers les hiérarchies angéliques, entraînant à sa suite une foule d'anges jusqu'à ce qu'il ait atteint la limite du monde de l'émanation. Et voici : il est plongé dans les ténèbres ; avec la vision de Dieu il a perdu l'auréole de lumière qui l'enveloppait. Lucifer n'est plus Lucifer : il est ...... Satan.

Celui qui avait été la Lumière de Dieu n'était plus maintenant que l'ombre, l'ombre immense et difforme de Dieu et, dans son coeur où l'amour s'était transmué en haine, il résolut d'attirer à lui toutes les cohortes célestes. Déjà un tiers des anges avait succombé aux tentations du Séducteur. Dieu décida de créer le monde dont il avait conçu le plan dans son Verbe ; mais, au lieu d'un jardin de délices où l'Homme eût joui en toute sécurité de la liberté des enfants de Dieu, il créa une sorte de rempart destiné à protéger le monde angélique contre les incursions du Démon. «La Cité de Dieu est environnée d'un mur et le mur va tout autour de la possession de Dieu », dit St-Grégoire le grand (5). Dieu fit de l'Homme le gardien de ce rempart, la sentinelle avancée du monde angélique et, à ce titre, il lui imposa des défenses et des devoirs, dont l'accomplissement devait fixer sa destinée éternelle. A ce soldat de Dieu il fallait des armées ; à ce Roi de la Création il fallait un empire. L'Oeuvre divine dura six jours et Dieu vit qu'elle était bonne : la Lumière était désormais séparée des Ténèbres. De toutes les hiérarchies les Anges, prosternés dans l'adoration, chantaient l'Hosanna ; mais Satan veillait dans l'ombre et attendait son heure.

On demandera peut-être comment Lucifer a pu connaître le plan divin et, s'il l'a connu, comment il a pu, lui qui demeurait au plus haut des Cieux, jouissant de la vision de Dieu, se révolter contre Dieu.

« La raison, dit saint Augustin dans son Explication littérale de la Genèse, la raison par laquelle la créature est produite est dans le Verbe de Dieu antérieurement à la créature elle-même qui est produite et la connaissance de cette même raison est d'abord produite dans l'Intelligence angélique ; ce n'est qu'ensuite que vient la production de la créature ». Il y a ainsi deux moments dans la création et c'est pourquoi saint Augustin distingue chez les Anges une double connaissance, qu'il appelle connaissance du soir et connaissance du matin. Par la première, les Anges ont eu dès le commencement la connaissance de toutes choses comme Idées ou Essences dans le Verbe ; mais c'est seulement par la seconde qu'ils pouvaient connaître ces choses comme contenues dans la toute puissance divine et passant de l'idée à l'être, de l'essence à l'actualisation. Or, entre la connaissance du soir et la connaissance du matin s'interpose la nuit, c'est-à-dire l'épreuve qui devait confirmer les Anges dans la possession de la Béatitude ou les détourner à jamais de la vision de Dieu. En présence du plan divin manifesté dans le Verbe, Lucifer a commis le péché d'orgueil : il a voulu s'arroger une excellence qui le plaçait en dehors de ce plan ; il a réclamé pour lui une prérogative que Dieu avait décidé de réserver à une créature privilégiée ; il a recherché son bien propre contrairement au décret de la volonté libre de son Souverain et, de la sorte, il se posa en rival de Dieu. La nuit, dans laquelle les Anges attendaient en prière, pénétrés d'obéissance et de respect, la connaissance du matin, cette nuit n'était pas achevée que déjà la Justice de Dieu frappait d'un éternel châtiment le plus grand des Esprits célestes. C'est à propos de Lucifer qu'Hello a pu dire : « le premier Jugement a fait du premier soir la grande image du dernier Jour» (6).

(1) Cf. saint Thomas d'Aquin (S. Th. qu. XLV, article 1er) : « Parmi les modes d'émanation il y a un mode qui fait que tout l'Être provient de la cause universelle qui est Dieu ; or c'est ce mode d'émanation que nous entendons désigner par ce mot création ».

(2) Lucifer est appelé en hébreu Hakathriel on « Ange de la Couronne » ; c