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Hauts Grades

Cosmogonie Shinto

3 Novembre 2005 , Rédigé par Régis GARNIER Publié dans #hauts grades

Le shintoïsme est encore une religion de la pureté : la mort, le putréfaction, la blessure, l'accouchement ou le sang sont pour lui des souillures. Le mot japonais ancien pour désigner la souillure : tsumi, désigne en japonais moderne la faute, y compris pénale, et, pour les Japonais chrétiens d'aujourd'hui, le péché. Cette souillure devait être lavée par certaines cérémonies rituelles de purification. Ce peut être des bains ou ablutions (misogi) ou des exorcismes, comme celui consistant à balayer l'air avec un fouet de papier (harae), toujours pratiqué aujourd'hui, spécialement lors du Nouvel An. Ce rituel de purification s'accompagnait d'une offrande (harae-tsu-mono) et d'une invocation aux Kami. Les anciens Japonais connaissaient également l'ordalie en tant que mode de preuve, consistant par exemple pour le suspect ou le témoin à retirer une pierre de l'eau bouillante, la véracité de ses dires étant présumée si sa main n'en souffrait pas (kukadachi).

Des textes postérieurs à la réception de la civilisation chinoise furent rédigés sur l'ordre de la cour impériale au début du VIIIème siècle. Cette rédaction, fut entreprise dans un but de prestige et d'unification des cultes nationaux. De cette complication des traditions orales résultèrent deux ouvrages : le Kojiki: chronique des choses anciennes, écrit en 702 et le Nihon Shoki ou Nihongi "Chronique du Japon", écrit en 720. Ces livres comprennent tout à la fois :
1 - Une genèse, c'est-à-dire une explication des origines du monde, puis du Japon lui-même, et un récit de la naissance des dieux dont le pittoresque n'a rien à envier à la mythologie grecque. Il est des passages en revanche fastidieux, comportant de complexes généalogies de Kami d'ailleurs peu cohérentes. Le caractère artificiel de ces relations généalogiques montre bien que ces ouvrages remplissent un but d'unification des cultes locaux dans un corpus unique destiné à renforcer l'unité nationale.
2 - Un mythe fondateur, qui rend compte de l'origine de L'Empire Japonais, le caractère divin du pays et de sa dynastie étant affirmé afin de renforcer le prestige national face à la Chine.
3 - Une chronique du règne des premiers empereurs, dont la valeur historique augmente au fur et à mesure que l'on avance dans le temps.

1 - Une genèse : après que le Ciel et la Terre furent distingués du chaos primitif, sept générations de dieux se succédèrent pour terminer par le Dieu Izanagi et la déesse Izanami. Izanagi ayant baratté la mer avec sa lance, un grumeau donna naissance à une première île, sur laquelle il descendit avec Izanami. Là, les deux divinités ne tardèrent pas à découvrir, l'une son identité féminine, et l'autre son identité masculine, sans trop savoir de quelle façon il convenait de mettre à profit ces différences. Après divers essais infructueux, ils finirent par découvrir le mode d'emploi de façon empirique, et, de leur union naquirent successivement les îles du Japon, les mers, les rivières, les montagnes et les arbres. Puis vint une série de trois dieux particulièrement importants :
Amaterasu Omikami la grande (ô) vénérable (mi) divinité (kami) qui brille (terasu) au ciel (ama), c'est-à-dire la divinité du soleil,
puis la Lune,
puis Susanowo , un caractère masculin, fougueux et impétueux, indiscipliné et colérique, brutal et cruel, associé au vent et à la tempête.
Enfin Izanami donna naissance au dieu du feu et meurt en couches, brûlée par ce fils qu'Izanagi, de colère, décapitera. Izanagi tentera ensuite de rejoindre son épouse défunte dans le royaume des morts et des ténèbres, mais il la retrouvera à moitié décomposée et fuira horrifié pour aller se purifier dans la mer.
Après quoi, les récits continuent en racontant en particulier comment la déesse du Soleil Amaterasu s'est réfugiée dans une caverne pour se soustraire à son frère Susanowo, et comment le monde fut plongé alors dans l'obscurité. Les dieux se réunirent en faisant une fête grandiose afin de faire sortir Amaterasu de sa caverne et de retrouver ainsi la clarté. Le vacarme issu des chants finit par faire sortir de la déesse. Pour réfléchir quelques rayons de lumière, on lui présenta un miroir que l'on pris soin de maintenir à l'extérieur. Ils tendirent une grande corde en hâte à l'entrée de la caverne pour l'empêcher d'y rentrer. De nombreuses pages ont été écrites sur ce mythe de l'éclipse ou de l'aurore de cette déesse solaire dont le culte est depuis associé à un miroir circulaire de verre ou de métal poli.

2 - Le Kojiki et le Nihongi comportent également un mythe fondateur. Ils racontent en détail comment Ninigi no Mikoto, l'arrière petit-fils d'Amaterasu descendit sur terre pour se battre contre des "barbares". On peut se demander s'il s'agit des Aïnous ou d'autres peuples, comme il est plus vraisemblable. Le nom que prit ensuite, après ses victoires, ce premier empereur est Jimmu, lorsqu'il fonda L'Empire du Japon le premier jour de l'année lunaire soit le 11 février 660 AV JC.

 

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