Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Ordre des Architectes Africains(1)

25 Avril 2008 Publié dans #hauts grades

PASTOPHORIS 1er GRADE

 

Ou Apprenti, chargé de la garde de l'entrée qui conduisait à la Porte des hommes.

Le Récipiendaire étant préparé dans la grotte, le Thesmosphores le prenait par la main et le présentait à la porte des hommes.

A son arrivée, le Thesmosphores touchait sur l'épaule du Pastophoris (l'un des Apprentis précédemment reçus), qui était de garde à l'extérieur, et l'invitait à annoncer le Récipiendaire ; ce que celui-ci faisait en frappant à la porte d'entrée

Le Néophyte ayant satisfait aux questions qui lui étaient adressées d'abord, la porte des hommes s'ouvrait, et il était introduit. L'Hiérophante lui posait de nouvelles questions sur différents sujets. Il devait de même y répondre catégoriquement

On le faisait ensuite voyager dans l'enceinte de la Birantha et pendant ce temps, on cherchait à l'effrayer par des éclairs, des coups de tonnerre, et en produisant artificiellement autour de lui tous les effets de la grêle, de la tempête et de la foudre

S'il ne s'en laissait pas trop effrayer, et s'il n'était pas déconcerté, le Menies, ou lecteur des lois, lui lisait les constitutions de la société de Crata Repoa. Il était obligé de promettre de s'y conformer.

Après cette adhésion, le Thesmosphores le conduisait, tête nue, devant l'Hiérophante ; il s'agenouillait ; on lui mettait la pointe d'un glaive sur la gorge, et on lui faisait prêter le ser­ment de fidélité et de discrétion. Il invoquait le soleil, la lune et les astres, pour témoins de sa sincérité (12).

Cet engagement solennel prononcé, on lui ôtait le bandeau de dessus les yeux, et on le pla­çait entre deux colonnes carrées, nommées Betilies

Au milieu de ces deux colonnes, étaient couchées une échelle à sept échelons, et une autre figure allégorique, composée de huit portes de différentes dimensions

L'Hiérophante n'expliquait pas d'abord au Récipiendaire le sens mystérieux de ces emblè­mes ; mais il lui tenait le discours suivant :

"Vous qui venez d'acquérir le droit de m'entendre, je m'adresse à vous : les portes de cette enceinte sont sévèrement fermées aux Profanes, qui ne peuvent y pénétrer ; mais vous, Menès Musée, vous, enfant des travaux et des recherches célestes, écoutez ma voix ; elle va vous enseigner de grandes vérités. Soyez en garde contre les préjugés et les passions qui pourraient vous éloigner du véritable chemin du bonheur; fixez vos pensées sur l'Etre divin ; ayez-le toujours devant les yeux, afin de mieux gouverner votre cœur et vos sens. Si vous voulez marcher dans la vraie route de la félicité, songez que vous êtes sans cesse en présence du Tout-Puissant, qui gouverne l'univers. Cet Etre unique a produit toutes choses ; il les conserve, et existe par lui-même. Aucun mortel ne peut le voir ; rien ne peut être sous­trait à ses regards ".

Après ce discours, on faisait passer l'Apprenti sur les degrés de l'échelle, et on lui indi­quait à mesure quel en était le symbole fondé sur la métempsycose. On lui enseignait aussi que les noms et les attributions des Dieux avaient une toute autre signification que celle que le peuple y attachait.

Ce grade étant consacré à la physique, on lui expliquait les causes des vents, des éclairs, du tonnerre ; on y comprenait l'anatomie, l'art de guérir et de composer les médicaments.

C'était également dans ce même grade que l'on enseignait aux néophytes la langue sym­bolique et l'écriture vulgaire des hiéroglyphes .

La réception finie, l'Hiérophante donnait à l'Initié le mot d'ordre, à l'aide duquel tous les Initiés se reconnaissaient. Ce mot était Amoun ; il signifiait sois discret .

Ils se reconnaissaient encore par un attouchement manuel . On remettait au Récipiendaire une espèce de bonnet terminé en pyramide, et on lui cei­gnait autour des reins un tablier appelé Xylon.

Il portait autour du cou un collet dont les bouts tombaient sur la poitrine.

Du reste, il était déshabillé pendant la réception. Il devait garder à son tour la porte des hommes.

 

NEOCORIS 2ème GRADE

 Si le Pastophoris, pendant l'année de son apprentissage, avait donné des marques d'intel­ligence, on lui imposait un jeûne sévère, pour le préparer à devenir Neocoris Cette année expirée, il était mis dans une chambre obscure, appelée Endimion De belles femmes lui servaient des mets délicats, pour ranimer ses forces épuisées. C'étaient les épouses des prêtres, et même les vierges consacrées à Diane, qui allaient ainsi le visiter. Elles l'excitaient à l'amour par toutes sortes d'agaceries.Il devait triompher de cette épreuve difficile, pour prouver l'empire qu'il avait sur lui-même. Après l'avoir subie, le Thesmosphores venait à lui, et lui posait diverses questions. Si le Neocoris y répondait avec justesse, on l'introduisait dans l'assemblée. Le Stolista (ou Aspergeur) jetait de l'eau sur lui pour le purifier ; on l'obligeait à affirmer qu'il s'était toujours conduit avec sagesse et chasteté. Après cette déclaration, le Thesmosphores courait vers lui, ayant dans les mains un ser­pent vivant qu'il lui jetait sur le corps, et le retirait par le bas tablier  Le local paraissait rempli de reptiles, pour tâcher de porter l'effroi dans l'âme du Neocoris Plus il se montrait courageux dans cette épreuve, plus il était comblé d'éloges après sa réception. On le ramenait ensuite vers deux colonnes très élevées, au milieu desquelles un griffon poussait une roue devant lui  Ces colonnes signifiaient Orient et Occident. Le griffon était l'emblème du soleil ; et la roue, du centre de laquelle partaient quatre rayons, figurait les quatre saisons. On lui apprenait en même temps l'art de calculer l'hygromètre (qui servait à évaluer les inondations du Nil) ; on l'instruisait dans la géométrie et l'architecture, et il se familiarisait avec les calculs et les échelles des mesures dont il devait avoir à se servir dans la suite. Mais ceci était un grand secret, qui n'était découvert qu'à ceux qui appartenaient à une secte dont les connaissances étaient bien supérieures à celles de la population. On lui donnait pour insigne un bâton accolé d'un serpent. Le mot d'ordre du grade était Eve : à cette occasion, on lui racontait l'histoire de la chute du genre humain ; Croiser les deux bras sur la poitrine, était le signe dont il devait se servir pour se faire reconnaître . Son emploi était de laver les colonnes.

MELANOPHORIS 3ème GRADE

Le nouvel Initié recevait le nom du Melanephoris.

L'intelligence et la bonne conduite de Neocois l'ayant rendu digne de ce grade, on le pré­venait du moment de sa réception.

Il était conduit par le Thesmosphores dans un vestibule au-dessus de l'entrée duquel était écrit : Porte de la Mort.

Ce vestibule était rempli de différentes espèces de momies et de cercueils figurés : des dessins analogues en ornaient les murailles. Comme c'était l'endroit où l'on déposait les morts, le nouveau Melanephoris y trouvait les Paraskistes (26), et les Heroi (27) qui s'oc­cupaient de leurs travaux. Au milieu, était placé le cercueil d'Osiris, qui, à cause de son assassinat supposé récent, portait encore des traces de sang.

On demandait au nouveau Melanephoris s'il avait pris part à l'assassinat de son maître ? Après sa réponse négative, deux Tapixeytes (28) s'emparaient de lui.

Ils le conduisaient dans une salle ou étaient les autres Melanephoris habillés en noir. Le roi lui-même, qui assistait toujours à cette cérémonie, abordait le Récipiendaire avec une apparence gracieuse, et lui présentait une couronne d'or qu'il lui proposait d'accepter, s'il ne se croyait pas assez de courage pour soutenir les épreuves qu'on allait lui faire subir.

Mais le nouveau Melanephoris, sachant qu'il devait rejeter cette couronne, la foulait aux pieds (29). Aussitôt le roi s'écriait : Outrage, vengeance ? et, s'emparant de la hache des sacrifices, en frappait (doucement) le Melanephoris à la tête (30).

Les deux Tapixeytes renversaient le Récipiendaire ; les Paraskistes l'enveloppaient des bandelettes des momies. Pendant cette action, tous les assistants gémissaient autour de lui. On le transportait vers une porte où était écrit : Sanctuaire des Esprits. Au moment où on l'ouvrait, des coups de tonnerre se faisaient entendre, des éclairs brillaient, et le prétendu mort se trouvait entouré de feu (31).

Caron s'emparait de lui comme d'un esprit, et le descendait chez les juges des sombres bords. Pluton, assis sur son siège avait à ses côtés Rhadamante et Minos, ainsi qu'Alecton Nicteus, Alaster et Orpheus (32).

Ce tribunal redoutable lui adressait des questions sévères sur tout le cours de sa vie ; enfin, on le condamnait à errer dans ces galeries souterraines.

On le débarrassait ensuite de ses enveloppes et de tout l'appareil mortuaire.

Il recevait alors de nouvelles instructions ; elles étaient ainsi conçues :

1°. N'avoir jamais soif du sang, et assister les membres de la société, lorsque leur vie est en danger ;

2°. Ne jamais laisser un mort sans sépulture ;

3°. Attendre une résurrection des morts et un jugement futur.

On l'obligeait, dans ce grade, à s'occuper, pendant un certain temps, du dessin et de la peinture ; car il entrait dans les fonctions d'un Melanephoris de décorer les cercueils et les rubans des momies.

Une écriture particulière lui était enseignée ; on la nommait hiero-grammaticale : elle lui devenait d'autant plus utile, que l'histoire d'Egypte, la géographie, les éléments de l'astro­nomie, étaient tracés dans cette langue.

Il recevait aussi des leçons de rhétorique, afin de pouvoir prononcer en public les oraisons funèbres.

Le signe de reconnaissance consistait dans une embrassade particulière, dont l'objet devait exprimer la puissance de la mort ; le mot était Monach Caron mini. Je compte les jours de la colère.

 Le Melanephoris restait dans ces galeries souterraines jusqu'à ce qu'on pût juger s'il était capable d'avancer dans de plus hautes sciences, ou si l'on ne pourrait faire de lui qu'un Paraskiste ou un Heroi ; car il devait y passer le reste de ses jours, s'il n'atteignait pas aux véritables connaissances.

 

Partager cet article

Commenter cet article