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Hauts Grades

Ordre des Architectes Africains(2)

25 Avril 2008 Publié dans #hauts grades

CHRISTOPHORIS 4ème GRADE

Le temps de la colère durait ordinairement dix-huit mois. Lorsqu'il était passé, le Thesmosphores venait voir l'initié, le saluait gracieusement, et l'invitait à le suivre après l'a­voir armé d'une épée et d'un bouclier.

Ils parcouraient des galeries sombres. Tout à coup, des hommes masqués sous des figures hideuses, entourés de serpents et ayant des flambeaux à la main, attaquaient l'initié en criant Panis.

Le Thesmosphores l'excitait à affronter les dangers et à surmonter tous les obstacles. Il se défendait avec courage, mais il succombait sous le nombre; alors on lui bandait les yeux, et on lui passait une corde au cou avec laquelle il était traîné par terre jusqu'à la salle où il devait recevoir un nouveau grade.

Les ombres s'éloignaient subitement en poussant de nouveaux cris. On le relevait exténué et on l'introduisait, pouvant à peine se soutenir, dans l'assemblée. La lumière lui était rendue et ses yeux étaient frappés des décorations les plus brillantes. La salle offrait la réunion des plus beaux tableaux. Le Roi lui-même siégeait à côté du Demiourgos (chef, inspecteur de la société). Au-dessous de ces hauts personnages, étaient assis le Stolista (purificateur par l'eau); le Hierostolista (secrétaire), portant une plume à sa coiffure; le Zacoris (trésorier), et le Komastis (chargé des banquets). Tous portaient l'Alydée. (Vérité. C'était une décoration égyptienne. Actianus, Var. Hist. liv. XIV, chap. 34, en parle en ces termes: "Eum omnium hominum justissimum et tenacissimum opportebat qui circa collum imaginem ex saphiro gemma confectam gestabat".) L'Odos (l'orateur, le chanteur) (F) prononçait un discours, dans lequel il félicitait le nouveau Chistophoris sur son courage et sur sa résolution. Il l'invitait à persévérer car celui-ci n'é­tait encore qu'à la moitié des travaux qu'il avait à subir pour fournir complètement ses preu­ves.

On lui présentait une coupe remplie d'une boisson très amère et qui s'appelait Cice (c'était vraisemblablement le même breuvage que celui qui portait le nom de Athénée, liv. 9): il fallait qu'il la vidât en entier.

On le revêtait de divers ornements. Il recevait le bouclier d'Isis, ou celui de Minerve; on lui chaussait les brodequins d'Anubis (ou Mercure), et on le couvrait du manteau d'Orci, orné de son capuchon.

On lui ordonnait de se saisir d'un cimeterre qui lui était présenté, de trancher la tête d'un individu qu'il trouverait au fond d'une caverne peu éloignée où il allait pénétrer, et de l'ap­porter au Roi. Au même moment, chaque membre s'écriait : Niobe: voilà la caverne de l'en­nemi.

En y entrant, il apercevait la figure d'une très belle femme. Elle était composée de peaux très fines ou de vessies, et si artiste-ment faite, qu'elle semblait être vivante. Le nouveau Chistophoris s'en approchait, la prenait par les cheveux et lui tranchait la tête qu'il présentait au Roi et au Demiourgos.

Après avoir applaudi à son action héroïque, ils lui annonçaient que c'était la tête de la Gorgo (Gorgo, Gorgal et Gorgone, sont les noms égyptiens de Méduse), épouse de Typhon, qu'il avait cou-pée, laquelle avait occasionné l'assassinat d'Osiris. On saisis-sait cette circonstance pour l'engager à être toujours le vengeur du mal.

Il recevait ensuite l'autorisation de revêtir de nouveaux habits qu'on lui présentait. Son nom était inscrit dans un livre où se trouvaient ceux de tous les juges du pays. Il jouissait d'un commerce libre avec le Roi et recevait sa nourriture journalière de la cour (Diodore de Sicile, liv. 1, de Judiciis Ægyptiorum). On lui remettait avec le code des lois une déco­ration qu'il ne pouvait porter qu'à la réception d'un Chistophoris, ou seulement dans la ville de Saïs. Elle représentait Isis, ou Minerve, sous la forme d'un hibou. Cette allégorie lui était ainsi expliquée:   "L'homme, à sa naissance, est aveugle comme le hibou, et il ne devient homme qu'à l'aide de l'expérience et des lumières de la philosophie. " Le casque signifiait le plus haut degré de la sagesse; la tête de Gorgo coupée, la répression des passions; le bouclier, la légitime défense contre la calomnie; la colonne, la fermeté; la cruche d'eau, la soif des sciences; le carquois garni de flèches, le pouvoir de l'éloquence; la pique, la persuasion portée au loin, c'est-à-dire que, par sa réputation, on peut à de grandes distances faire une impression profonde; les branches de palmier et d'olivier étaient les sym­boles de la paix (Grand Cabinet romain, p. 26). On lui apprenait, de plus, que le nom du grand législateur était Jao (Diod. de Sicile, liv. 1, De Ægyptiis legum latoribus).

Ce nom était aussi le mot d'ordre du grade. Les membres de cette assemblée avaient quelquefois des réunions où des Chistophoris seuls pouvaient être admis. Le chapitre qu'ils formaient alors s'appelait Pixon

Les ornements du quatrième grade pui­sent abondamment dans la mythologie classique. Qu'il s'agisse du bouclier, du casque, des brodequins de Mercure ou du manteau chacun des éléments contri­buaient à établir un lien spirituel avec la tradition antique puisant ainsi aux sour­ces de la culture méditerranéenne.

le mot en usage pour ses tenues était Sasychis (un ancien prêtre égyptien). L'initié devait apprendre la langue amounique. (La langue amounique était la langue mystérieuse (v. le mot du premier grade). Le récipiendaire, ayant parcouru les petits mystères, qui avaient pour objet de le préparer en l'instruisant dans les sciences humaines, touchait, au moment d'être admis aux grands mystères, à la connais­sance de la doctrine sacrée appelée la grande manifesta­tion de la lumière; il ne devait bientôt plus y avoir de sec­rets pour lui).

 

BALAHATE 5ème GRADE

Le Chistophoris avait le droit de demander ce grade que le Demiourgos ne pouvait lui refu­ser.

Conduit dans l'endroit où l'assemblée se réunissait d'abord, il était reçu par tous les memb­res. Ensuite, on l'introduisait dans une autre salle disposée pour une représentation théâtra­le. Là il était, en quelque sorte, seul spectateur; car chacun des membres prenait part à l'ac­tion.

Un personnage, appelé Orus, accompagné de plusieurs Balahates portant des flambeaux, marchait dans la salle et paraissait chercher quelque chose. Orus tirait son épée au moment d'arriver à la porte d'une caverne d'où sortaient des flammes. Le meurtrier Typhon était au fond, assis et ayant l'air abattu. Orus s'en approchait; Typhon se levait et se montrait sous une apparence effrayante: cent têtes reposaient sur ses épaules; tout son corps était couvert d'écailles et ses bras avaient une longueur démesurée.

Sans se laisser décourager par cet épouvantable aspect, Orus s'avançait vers le monstre, le terrassait et l'assommait.

Après l'avoir décapité, son cadavre était jeté dans la caverne d'où ne cessaient de sortir des torrents de feu et, sans proférer une parole, on montrait cette tête hideuse à tous les assis­tants.

Cette cérémonie se terminait par l'instruction que l'on donnait au nouveau Balahate, et qui renfermait l'explication de cette scène allégorique.

On lui apprenait que Typhon signifiait le feu qui est un des agents les plus terribles et sans lequel cependant rien ne pourrait se faire dans ce monde; qu'Orus était l'emblème du travail et de l'industrie à l'aide desquels l'homme exécute de grandes et utiles entreprises en parve­nant à dompter la violence du feu, à diriger sa puissance et à s'approprier ses effets. Le Balahate apprenait dans ce grade, la chimie, l'art de décomposer les substances et de combiner les métaux. Il était le maître d'assister quand il le voulait aux recherches et aux expériences que l'on faisait dans cette science. C'est par cette raison que le mot d'ordre était Chymia.

 

ASTRONOME DE LA PORTE DE DIEU 6ème GRADE

 

Quelques préparations précédaient ce grade. On commençait par mettre l'initié aux fers en entrant dans la salle.

Le Thesmosphores le conduisait à la Porte de la Mort où il fallait descendre quatre mar­ches, parce que la caverne qui servait pour cette réception était la même où avait eu lieu l'i­nitiation du troisième grade, et qu'elle était alors remplie d'eau pour faire voguer la barque de Caron. Des cercueils placés çà et là frappaient les yeux de l'initié. Il apprenait qu'ils renfermaient les restes d'hommes mis à mort pour avoir trahi la société. On le menaçait d'un sort pareil, s'il lui arrivait de commettre un semblable crime. Il était amené au milieu de l'assemblée pour prêter un nouveau serment.

Après l'avoir prononcé, on lui expliquait l'histoire de l'origine des dieux, objets de l'adora­tion du peuple, et à l'aide desquels on amusait et dirigeait sa crédulité; on lui faisait sentir en même temps la nécessité de conserver le polythéisme pour le vulgaire (I). Ensuite on lui développait les idées qui lui avaient été présentées dans le discours de récep­tion au premier grade sur les éléments de la doctrine d'un seul être qui embrassait tous les temps, présidait à l'unité, à l'admirable régularité du système de l'univers, et qui par sa natu­re était au-dessus de la compréhension de l'esprit humain.

Ce grade était consacré à enseigner au Néophyte les connaissances pratiques de l'astrono­mie. Il était obligé d'assister la nuit aux observations et de concourir aux travaux qu'elles exigeaient.

On avait soin de l'avertir d'être en garde contre les astrologues et les tireurs d'horoscopes car, les regardant comme les auteurs de l'idolâtrie et de la superstition, la société mysté­rieuse les avait en aversion. Ces faux docteurs du peuple avaient choisi le mot Phoenix pour leur mot d'ordre, mot que les astronomes tournaient en dérision (Hérodote, Hist. Æthiop., liv. 3).

Après la réception, on conduisait l'initié vers la porte des Dieux et on l'introduisait dans le Panthéon.  Il y voyait tous les dieux représentés par de magnifiques peintures.  Le Demiourgos lui en retraçait de nouveau l'histoire, sans lui rien cacher. On lui mettait sous les yeux la liste de tous les Chefs-inspecteurs, dans l'ordre chronolo­gique où ils avaient existé, ainsi que le tableau de tous les membres de la société répandus sur la surface du globe.

On lui apprenait aussi la danse des prêtres dont les pas figuraient le cours des astres (Lucien, de Saltatione). Le mot d'ordre était Ibis, qui signifiait Grue, et était le symbole de la Vigilance.  Le Rite du Crata Repoa rep­rend le mythe d'Osiris perfide­ment assasiné par Typhon (Seth) qui en dispersa le cada­vre avant qu'Isis recueille les morceaux pour lui redonner vie. Repris par l'alchimie et la franc-maçonnerie, l'origine égyptienne fut pour un temps occultée. Les rites égyptiens révélèrent cette claire filiation entre Hiram et Osiris.

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