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Hauts Grades

2 poêmes de Rudyard Kipling

17 Novembre 2010 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #spiritualité

Nuit d’Agapes

 

Le moment venu, le roi Salomon déclarait

A ses ouvriers qu’il voyait tailler la pierre :

Nous allons mettre en commun, l’ail, le vin et le pain,

Et festoyer tous ensemble. Je descendrai de mon trône,

Et tous les frères devront venir à ces agapes,

En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu’on envoie promptement une chaloupe à Hiram de Tyr,

Lui qui assure l’abattage et le transport sur les flots

De nos arbres si beaux. Dites-lui, que les Frères et moi

Désirons parler avec nos Frères qui naviguent sur les mers,

Et que nous seront heureux de les rencontrer à ces agapes,

En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Qu’on porte aussi le message à Hiram Abib,

Le Grand Maître des forges et des mines :

Moi-même et les Frères, nous aimerions qu’il soit possible

Que lui-même et ses Frères viennent à ces agapes,

Portant riches décors ou simples vêtures,

En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dieu a assigné à chacun sa place : au cèdre majestueux,

A la modeste hysope, et au mûrier sauvage, au figuier

Et à l’aubépine… mais cela n’est pas une raison suffisante

Pour reprocher à un homme, de n’avoir pas réussi à être,

Ce à quoi il n’était pas nécessairement destiné !

Et à propos de notre Temple, je maintiens et j’affirme :

Nous ne sommes que des Compagnons, ni plus, ni moins !

Ainsi il ordonna, et ainsi il fut fait.

Et les Coupeurs de Bois, et les Maçons de Marque,

Avec les simples matelots de la flotte de Sidon,

Et les amiraux du Royal Arche,

Vinrent s’asseoir et se réjouir à ces agapes,

En tant que Compagnons, ni plus, ni moins !

Dans les carrières, il fait encore plus chaud

que dans les forges d’Hiram,

Nul n’y est à l’abri du fouet du gardien.

Le plus souvent, il neige sur la passe du Liban,

Et le vent souffle toujours, au large de la baie de Jaffa.

Mais quand le moment est venu, le messager apporte

L’ordre du roi Salomon : alors oublie tout le reste !

Que tu sois Frère parmi les mendiants, l’ami des rois

Ou l’égal des princes, oublie tout cela !

Seulement Compagnon ! et oublie tout le reste. 

 

Le Palais

 

Quand j’étais Roi, et Maçon – un maître prouvé et habile,

Je me dégageai un emplacement pour élever un Palais,

Tel qu’un Roi se doit de construire.

Je décidai, et fis creuser selon mes propres instructions.

Et juste là, au dessous du limon, j’atteignis

Les restes d’un Palais que jadis

Tel un Roi, un autre avait fait bâtir.

Il n’avait aucune valeur dans la façon,

Et aucune intelligence dans le Plan.

Cà et là, ses fondations ruinées couraient au hasard :

Maçonnerie grossière, maladroite.

Cependant, gravé sur chaque pierre on lisait :

« Après moi viendra un autre Bâtisseur ;

Dites-lui qu’un jour, j’ai su, moi aussi ! »

M’en servant rapidement pour mes propres tranchées,

Où mes fondations, bien conçues – elles ! s’élevaient,

J’ai placé ses pierres taillées et ses pierres d’angle,

Les retaillant et les ajustant à ma façon.

De ses plus beaux marbres j’ai fait moudre de la chaux

Que j’ai brûlée, éteinte, puis étendue.

Et j’ai pris ou délaissé, selon mon bon plaisir,

Les cadeaux posthumes de cette humble dépouille.

Pourtant, je n’ai éprouvé ni mépris, ni gloire,

Et comme nous les arrachions et les dispersions,

J’ai lu dans ces fondations rasées,

Au fond du cœur et de l’âme de leur bâtisseur.

Pareillement, ( en son temps ) il s’était élevé

Et avait plaidé ( et défendu sa cause ).

Pareillement j’ai compris

La forme du rêve qu’il avait poursuivi,

En face de l’œuvre qu’il avait réalisée.

Quand j’étais Roi, et Maçon

Dans le plein zénith de ma vanité,

Ils m’envoyèrent une Parole du fond des ténèbres.

A voix basse, et me prenant à part

Ils m’ont dit : La fin ultime des choses t’est interdite.

Ils m’ont dit : Tu as maintenant joué tout ton rôle.

Et ton Palais deviendra comme celui de l’autre,

Des décombres dont un roi à son tour, usera pour bâtir.

J’ai dis à mes ouvriers de quitter mes tranchées,

Mes carrières, et mes quais, et ( de laisser là )

Leurs ciseaux ( qui travaillaient la pierre ).

Tout mon ouvrage, je l’ai abandonné et confié au destin

De ces années qui n’ont plus foi ( en l’avenir ) ;

Seulement, j’ai gravé sur les madriers,

Seulement, j’ai gravé sur la pierre :

« Après moi viendra un autre Bâtisseur ;

Dites-lui qu’un jour j’ai su, moi aussi ! » .

 

source : le blog de montaleau

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Jean-Claude Villant 17/11/2010 11:32



Bonjour,


Vous pouvez trouver la version anglaise sue le blog du Souverain Chapitre pluri-Obétientiel Mixte Les Pertuis             jvillant@yahoo.fr


http://www.lespertuis.fr/