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Hauts Grades

Règles des jésuites(1)

26 Juin 2008 Publié dans #spiritualité

Règles du professeur de Philosophie morale

D'après l'ancien ratio (1616).

 

1. Il devra comprendre que l'objet de son enseignement n'est pas de faire des digressions dans le domaine de la théologie, mais d'expliquer rapidement, sérieusement et savamment les principaux chapitres de morale renfermés dans les dix livres de l’Ethique d'Aristote.

2. Là où la morale n'est pas enseignée par le professeur même de philosophie, le professeur de morale exposera aux métaphysiciens les questions les plus difficiles de cette science, et il y consacrera, tous les jours, trois quarts d'heure ou une demi-heure.

3. On répétera la morale au moins tous les quinze jours, à l'époque fixée par le Recteur, alors même qu'il faudrait supprimer pour cela une répétition de métaphysique.

4. Comme les élèves de métaphysique ont, soit à l'intérieur ou en classe, des disputes mensuelles, ils joindront toujours à leurs conclusions une proposition de morale que l'argumentant métaphysicien discutera pendant un quart d'heure.

 

D'après le ratio de 1832

 

NO 25 du règlement de 1832. Le propre de ce cours étant d'expliquer savamment et sérieusement la morale d'après les preuves fournies par la raison, on ne fera pas de digressions dans le domaine pur de la théologie, à moins qu'en dehors du sujet, il ne faille prouver en peu de mots, et dans des circonstances opportunes, quelque chose d'après la révélation.

26. Les questions de métaphysique que nous avons indiquées plus haut ayant été traitées, le professeur de philosophie morale parlera de la fin particulière ou du bonheur de l'homme ; de la moralité des actions humaines et de ce qui est nécessaire pour comprendre les préceptes de morale ; de la loi naturelle et de ses propriétés ; des devoirs généraux et particuliers de l’homme envers Dieu, envers le prochain, envers lui-même.

27. Vers la fin du cours, il expliquera les principes du droit public. On pourra cependant, si on le trouve plus à propos, traiter, après les notions préliminaires, ces matières, de pour qu'en différant d'en parler, elles ne soient quelquefois passées sous silence.

28. Les répétitions de morale auront lieu au moins tous les quinze jours, ainsi que le Recteur l'aura fixé. On ajoutera toujours dans les disputes mensuelles quelques conclusions tirées de la philosophie morale.

29. Le cours sera achevé dans l'espace d'une année, à moins que l'usage de l'académie n'exige qu'il en soit autrement.

 

D'après le règlement de 1858.

 

1. De l'objet et des parties de la philosophie morale.

2. De la fin, du bien et du mal en général. De la fin dernière et du bonheur de l'homme ; du but de cette vie.

3. De la nature de la liberté et de la moralité des actes humains. Des passions et des habitudes. Traiter ces questions avec soin et solidement.

4. De la loi morale en général, et de la loi naturelle en particulier ; de son concept et de son existence ; établir, surtout à ce propos, la différence essentielle du bien et du mal ; chercher le principe de la connaissance dans la nature raisonnable complètement étudiée, et le principe de l'obligation dans la volonté de Dieu sans laquelle il n'y a pas d'obligation parfaite. Du fondement de ces deux principes qui est Dieu même. Défendre ces principes contre les partisans de Kant et plusieurs autres philosophes. Ajouter les questions suivantes : y a-t-il, comme prétendent quelques scolastiques, certaine obligation émanant de la seule nature raisonnable ? Cette obligation, comme l’affirment des philosophes modernes, est-elle le principe déterminant la volonté divine à nous obliger ? Réfutation de ceux qui prétendent que la loi naturelle, ne tire sa force que de l'utile et du sentiment.

5. De la conscience, de la vertu et des vices.

6. Des devoirs envers Dieu et principalement du culte intérieur et extérieur ; introduire ici quelques questions touchant la philosophie de la religion.

7. Des devoirs envers soi-même, et l'on parlera à ce propos de l'immoralité du duel, du suicide et du droit de repousser une injuste agression.

8. Des devoirs envers le prochain ; des devoirs de charité et surtout des devoirs de justice. De la nature du droit et de ses parties. Des droits simultanés de la liberté extérieure et de la liberté de conscience. Du droit touchant l'honneur et la réputation. Des droits acquis surtout relativement à la propriété et aux contrats. Réfutation des systèmes socialistes et communistes.

9. De la vie sociale en général ; réfutation du Contrat social de J.-J. Rousseau. De la famille, du mariage ; de la puissance paternelle ; jusqu'à quel point s'applique-t-elle ? De la puissance des maîtres et de la servitude. Du droit concernant les héritages.

10. De la société civile, de sa nature et de sa fin. Du souverain pouvoir qui existe d'après la loi naturelle considérée en elle-même, et non d'après des conventions humaines. Des différentes formes de gouvernement, démocratique, aristocratique, monarchique et gouvernement mixte. Toutes ces formes sont en elles-mêmes conformes à la loi naturelle quoique, dans certaines circonstances, telle ou telle forme soit préférable. Du pouvoir suprême ; en déterminer de différentes manières l'application légitime, faire preuve à ce propos d'une grande circonspection, et montrer, entre autres choses, combien les théologiens différaient autrefois d'opinion touchant le pouvoir suprême dans la société primitive, comparé au système que l'on préconise aujourd'hui, et qu'on appelle suprématie du peuple.

Dire comment on doit changer la constitution d'un état dès que, d'après les principes posés plus haut, on est amené à regarder comme agissant injustement : 1° ceux qui malgré l'opposition d'une partie des citoyens tentent d'introduire une nouvelle forme de gouvernement ; 2° ceux qui au nom de l'intérêt public et s'autorisant de ce prétexte, s'arrogent le droit de changer le représentant du souverain pouvoir. Ajouter quelques choses sur la loi civile au pouvoir de faire des lois. Court exposé du pouvoir exécutif et administratif. Du pouvoir de punir ; on soutiendra ici la légitimité du pouvoir exécutif.

11. Du droit des gens, des traités entre nations. Du droit de la paix et de la guerre.

12. Ajouter ici une question où l'on montrera, en admettant préalablement l'institution divine de l’Eglise, ce que l’on doit penser de ses rapports avec le pouvoir civil d'après les principes du droit naturel. On affirmera l'entière indépendance de l'Église à l'égard ,du pouvoir civil en ce qui concerne ses intérêts, comme société parfaite. On soutiendra l’obligation de ce pouvoir civil d'obéir à l’Église non seulement en ce qui concerne le culte divin, mais encore, autant que possible, l'obligation d'accommoder l’administration civile aux besoins et à l'avantage de l'Eglise.

On ne traitera pas du pouvoir de l’Eglise sur les royaumes temporels, sur les princes, les magistrats ; mais, d'après les principes ci-dessus énoncés, on s'occupera avec prudence et modération de quelques droits et de quelques faite particuliers, tels que la liberté du culte qui, toute tolérée qu'elle soit dans certaines limites, pour se conformer au temps et aux lieux, n'en est pas moins en elle même impie et injuste. Du droit de l'Église de posséder et d'administrer des biens temporels. Des lois civiles applicables aux crimes commis contre la religion. Du placet royal.

 

XI. Nos professeurs traiteront donc ces matières de façon à n'en omettre aucune, et ils les traiteront avec soin et solidement. Ils insisteront cependant plus longtemps sur celles qui, en raison du temps et des lieux, sont reconnues comme contribuant plus que les autres au but que nous nous proposons.

Si, dans l'explication d'un auteur autorisé par nous, certains chapitres ne traitent pas complètement quelques questions utiles à étudier, le professeur les ajoutera, en les dictant.

Quoiqu'il ne soit pas obligé d'expliquer chaque question dans l'ordre indiqué plus haut, il aura cependant soin de ne pas les traiter confusément, et il ne se croira pas permis de remettre à une autre année ce qui a été désigné pour telle ou telle année.

XII. Pour parer aux graves inconvénients qu'engendre la liberté des opinions, nos PP. réunis en assemblée ont manifesté le désir qu'en dehors des chapitres des matières à enseigner, on dressât une liste des opinions qui doivent être exclues dans nos collèges. Pour répondre à ce désir dans la mesure de nos forces, nous avons mandé aux Provinciaux de faire dresser dans leurs Provinces respectives cette liste, et de nous la faire parvenir. C’est cette liste énumérant les opinions interdites à différentes époques par nos prédécesseurs et par les Provinciaux que nous soumettons ici aux Supérieurs qu'elle intéresse, et nous leur recommandons instamment de ne pas tolérer qu'aucun des Nôtres soutienne ces opinions.


 

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