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Hauts Grades

Règles des jésuites(2)

26 Juin 2008 Publié dans #spiritualité

Règles de métaphysique

 

D'après le ratio de 1832.

 

21. Dans la première partie qu'on appelle Ontologie on expliquera les principes de la démonstration, les propriétés et les espèces des êtres, surtout les universaux, les attributs, les modes, les relations, etc. ; la substance, l'accident, la force, les principes et les causes ; l'espace, le lieu, la durée, le temps, le mouvement, etc.

22. Dans la Cosmologie on traitera de l'origine du monde ; des corps et de leurs éléments ; de la perfection du monde ; de la nature et de ses lois ; des effets surnaturels et du critérium du vrai miracle. On dira comment, d'une manière générale, on reconnaît le vrai miracle, sans toucher cependant à ce qui se rapporte à la révélation ou à la physique.

23. En psychologie, on expliquera ce qui se rapporte à l'essence de l’âme humaine et à ses facultés, on traitera en conséquence des sensations, de l'imagination, de la mémoire; de la nature de l'intelligence et de la raison; de la sympathie et de l’aversion, de la spontanéité ; de ce qui est volontaire et libre ; de la liberté de l'âme humaine. On montrera la différence essentielle de l’âme et du corps ; la simplicité, la spiritualité et l'immortalité de l'âme. On parcourra les questions relatives au siège de l’âme, de son commerce avec le corps ; de la nature et de l'origine des idées ; de l’âme des brutes[1] ; on exposera à ce sujet les systèmes des philosophes célèbres.

24. En Théologie naturelle, on s'occupera particulièrement de ceux qui ne font pas de théologie scolastique, afin de leur donner une solide instruction sur Dieu, son existence et ses attributs, sur la nécessité de la révélation, la vérité et la crédibilité dit la religion chrétienne, à moins qu'on ne préfère reporter à la philosophie morale tout ce qui concerne la religion.

 

Règles de métaphysique générale (d'après le règlement de 1858)

 

1. De l'objet de la Métaphysique, de son rôle qui est d'expliquer les causes les plus approfondies des choses. - Des premiers principes, comment on les connaît - peuvent-ils être démontrés ?

2. Du concept le plus général de l'essence - montrer que les êtres sont semblables quant à leur essence. De l'unité, de l'identité et de la distinction - traiter de la distinction entre les parties constitutives essentielles d'une chose et ses attributs. - Du vrai et du faux. - De la bonté et de la malice. - De l'ordre. - Du semblable et du dissemblable. - Expliquer les notions générales touchant le beau, le sublime qui appartiennent à la métaphysique des arts (esthétique).

3. Du concept du fini et de l'infini ; chercher à ce propos si une multitude infinie est possible.

4. Du possible et de l'impossible. - Montrer à ce propos que la possibilité en soi de toutes choses ne dépend pas de la puissance et de la volonté de Dieu, mais qu'elle est fondée sur la nature même de Dieu.

5. De l'essence et de l'existence ; du concept de la substance ; de la substance simple et composée ; de la nature et de la subsistance, de l'accident et de la relation.

6. Du principe et de la cause. S'occuper ici du principe de causalité et de la raison suffisante. Des différentes espèces de causes ; à ce sujet, traiter non seulement de la cause efficiente et finale, mais encore de la cause formelle et matérielle. - De la cause universelle et particulière, et de la cause nécessaire et libre.

 

Règles de métaphysique spéciale (d'après le règlement de 1858)

 

1. De la nature, des principes intrinsèques et des éléments des corps ; exposer ici non seulement les systèmes des atomes et des éléments simples, mais encore la doctrine des docteurs scolastiques sur la matière, la forme et la privation. Sans cette étude, les disputes, soit philosophiques, soit théologiques, les plus importantes des anciens ne pourront être comprises.

2. De la quantité, de l'extension, de la continuité, de la qualité, de la pénétration, et de la réduplication des corps.

3. Du mouvement, de la durée et du temps ; de l'espace et du lieu.

4. De la causalité physique et de l'action des corps, défendre ici les véritables causes efficientes des créatures non seulement spirituelles mais encore matérielles.

5. Des lois de la nature, de leur permanence et de leur contingence, et montrer que les miracles sont possibles et qu'on les reconnaît par des effets naturels.

6. De la naissance et de la destruction des choses naturelles, de leur changement et de leur évolution ; parler ici, autant qu'on le jugera utile, des différents systèmes de cosmogonie et de géologie, et réfuter les systèmes impies et absurdes.

7. De la vie au point de vue universel. De la vie organique, de la vie sensitive, et de l’âme des bêtes.

8. Montrer que l'âme de l'homme par sa nature d'être intelligent est non seulement simple, c'est-à-dire non composée de parties en dehors d'elle, mais qu'elle est encore spirituelle, ce qui signifie substance tellement indépendante de la matière que sans elle, elle peut exister et agir, et c'est par cette immatérialité qu'elle diffère essentiellement de l'âme ne des bêtes ; prouver ensuite que l’âme raisonnable est nécessairement créée, et qu'elle est tellement unie au corps qu'elle est formée véritablement et immédiatement en même temps que lui, réfuter avec soin les systèmes qui nient cette unité de la nature humaine.

9. De la puissance de sentir et surtout du sens intime ; atteint-il seulement les affections ou leur substance ? comment la sensation diffère-t-elle de la connaissance intellectuelle du moi ? réfuter, ici, l'opinion de ceux qui pensent que la conscience qui affirme à l’homme l’existence de sa personnalité (ce qu'indique le pronom je ou moi) comprend seulement son âme et nullement sa nature composée de l’âme et du corps.

10. De la sensibilité extérieure, c'est-à-dire des sensations et des différents sièges de la sensation ; chercher ici comment et par quelles sensations on prend connaissance de l'existence des corps ; réfuter ceux qui nient que les sens puissent vraiment faire connaître un objet qui leur est propre. Enfin parler de l'imagination et des songes ; et ajouter quelque chose concernant les erreurs des phrénologues.

11. De l’intelligence et surtout de l'origine des idées ; réfuter les erreurs de ceux que l'on appelle empiriques et sensualistes, qui font tout venir des sens, et les erreurs des Idéalistes modernes et surtout de Kant ; exposer les deux systèmes dont l'un soutient que la perception immédiate des choses de l'intelligence est, soit en elles-mêmes, soit en Dieu, et l’autre que la connaissance des choses de l'intelligence vient des sens par abstraction. Si pour toutes choses, en général et en particulier, le maître n'adhère pas à cette dernière opinion, soutenue par saint Thomas et par les docteurs scolastiques, il devra adhérer moins encore à la première opinion, pleine de dangers et de difficultés ; il prendra garde de ne pas taxer d'erreur trop facilement les opinions des autres philosophes, ou de ne pas attaquer trop vivement des opinions qui tout en étant douteuses ne renferment cependant rien de répréhensible.

12. Traiter ici plus complètement de la nature du jugement et prouver que c’est un acte non de volonté mais d’intelligence. - De l'attention, de la réflexion, de l’association, de la reproduction des idées par la mémoire, et du fait de les reconnaître. De la parole, de son utilité, de sa nécessité, et réfuter à ce sujet les partisans de la tradition.

13. De l'appétit sensitif, de la volonté et du libre arbitre de l'homme.

14. De l'immortalité de l’âme humaine, de la fin dernière ; traiter brièvement ce sujet qui sera beaucoup plus développé dans l'Éthique.

15. De l'existence de Dieu. Montrer ici que l'existence de Dieu peut et doit être démontrée d'après les effets, et développer avec soin les principaux arguments à l'aide desquels se fait cette démonstration.

16. De l'unité et des attributs absolus de Dieu ; montrer avec un soin particulier que Dieu est véritablement infini, éternel, immense, immuable, d'une simplicité parfaite, absolument pur, qu'il est vie intellectuelle, subsistante, et ces preuves serviront à réfuter les opinions des panthéistes modernes qui font de Dieu un être indéfini, potentiel, n'étant pas immuable et, comme ils le disent, impersonnel.

17. De l'intelligence et de la volonté divine ; démontrer avec le plus grand soin la liberté d'indifférence de Dieu, surtout dans la création. Du reste, on en parlera ainsi que de la justice, de la bonté et de la prescience de Dieu, sans s’engager dans des controverses théologiques.

18. Après avoir donné soigneusement une explication naturelle de la création, montrer que le monde n'est pas le produit d'une matière préexistante, qu'il n'a pu émaner de la substance de Dieu ; que toute chose créée est, dans son essence, totalement différente de Dieu chercher également si une création éternelle est possible ; traiter de la perfection du monde, de sa fin dernière, et réfuter le système nommé optimisme.

19. Enfin, montrer que le concours de Dieu en ce qui touche les actions des créatures est distinct de la conservation des causes créées. En dernier lieu, parler de la Providence divine, même en ce qui concerne le mal.


 

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