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Hauts Grades

Règles des jésuites(3)

26 Juin 2008 Publié dans #spiritualité

Règles de logique

 

Nota. – L’ancien ratio ne donne pas de règles pour la logique, la métaphysique générale et la métaphysique spéciale. Les éditions de 1832 et 1858 donnent celles que nous reproduisons ici.

 

Règles d'après le ratio de 1832.

 

15. (Ce numéro est celui du ratio de 1832.)

Avant d'aborder la logique, on donnera, comme introduction à la philosophie, l'historique de cette science, on en fera valoir l'utilité, sans entrer dans de longs détails.

16. En traitant des idées, on montrera, clairement les différences qui les distinguent et les lois qui les régissent. On indiquera leurs caractères, et on insistera principalement sur l'étymologie des mots, leur usage et leur abus.

17. On donnera une notion du jugement, de la diversité des propositions et de la force de chacune d'elles. On expliquera les règles de la définition et de la division.

18. On commentera convenablement les règles du raisonnement, les différentes espèces d'argumentation, et surtout les espèces de syllogismes. On exercera avec soin les élèves à bien argumenter.

19. On leur donnera sur la vérité, l’erreur, des instructions et des règles à l'aide desquelles ils pourront discerner clairement le vrai du faux, et on leur exposera solidement, et en détail, à cet effet, les indices ou le critérium de la vérité, ainsi que les sources et les caractères de toutes ces choses.

20. On leur apprendra à reconnaître ce qui distingue la science et la foi, l’opinion, l'ignorance et l’erreur, les espèces et les lois de la démonstration ; les règles générales de la critique et de l’herméneutique (interprétation), tout ce qui est enfin de nature à nous faire connaître, soutenir et défendre la vérité.

 

D'après le règlement de 1858.

 

1. On commencera par traiter, rapidement et en se mettant à la portée des élèves, de la nature de la logique, de son objet, de son but, et des parties qu'elle renferme. Arrivé à la seconde partie de la logique qui dès lors est une science, on discutera, soit au commencement, soit à la fin de cette partie, les mêmes questions avec plus de développement.

2. On traitera ensuite, autant qu'on peut le faire, de l'idée, de ses divisions, savoir : le genre, l’espèce, la différence, le propre, l'accident et ce qu'on appelle catégories ; de la notion et de la division du signe, des termes, de leurs modalités et de leurs divisions, surtout des homonymes, des mots à double sens et des synonymes ; des mots simples et composés ; on étudiera avec beaucoup de soin la définition et la division.

3. On traitera ensuite de la notion et des divisions du jugement et de la proposition ; du vrai et du faux des propositions, et de leurs autres propriétés ; de l'opposition, de l’équivalence et de la conversion des mêmes propositions.

4. De la nature et des principes du raisonnement ; des différentes sortes d’argumentation et principalement du syllogisme, de sa construction et de ses règles ; on expliquera chacune d'elles très clairement.

De la recherche du moyen terme ; des sophismes, des différentes espèces de syllogismes ; de l'induction et des autres formes d'argumentation.

5. De la démonstration, sa nature et ses principes ; des moyens employés. Des genres de démonstrations, analytique, synthétique, rapports de l'une à l'autre. On expliquera encore la méthode et les règles de la dispute philosophique.

6. Du vrai en général et de la vérité logique en particulier ; le vrai vient-il des sens ou de l'intelligence ? Est-ce le simple fonctionnement de l'intelligence ou bien le jugement seul qui nous le donne ?

7. De l'ignorance, du doute, de l'opinion, de la probabilité et de ses différents degrés ; de la certitude, de l'évidence et des parties qu'elles renferment ; l’une l’emporte-t-elle sur l'autre ? De l'erreur et de ses sources.

8. De la nature et des parties dont se compose le sens intime ou conscience; montrer ce qu'il peut donner et ce qu'il ne peut pas donner de certitude. Défendre l'existence des corps contre les idéalistes, et la vérité fournie par les sens externes contre les sceptiques.

9. De l'intelligence et du raisonnement. Après avoir expliqué les universaux et surtout l’espèce, insister sur l'existence des concepts universaux. Démontrer que la réalité objective, comme on le dit aujourd'hui, répond à ces concepts. Réfuter ceux qui prétendent être des critiques transcendants. Enfin (pour réfuter principalement quelques panthéistes modernes), prouver que l'unité du concept universel se trouve, dans la nature des choses, non en acte, mais seulement et fondamentalement en puissance ou implicite d'agir.

Des jugements immédiats ; comment tous les jugements viennent de la comparaison des idées. - Du raisonnement. De la prescience et des notions anticipées. Montrer de quelle manière de nouvelles connaissances sont acquises par le raisonnement ; pourquoi une conclusion légitime ne peut renfermer cachée en elle une erreur, et comment les prémisses sont forcément en parfait accord avec la conclusion.

10. Traiter de la nature de l'autorité et de la foi qui s'appuie sur l'autorité ; démontrer la certitude de la foi, ce qu'elle est, et son importance. - Parler ici des principes de l'art de la critique et de l'herméneutique, de ce qui se rapporte aux instruments, aux témoins ; et après avoir exposé les règles à l’aide desquelles on s'assure s’ils nous donnent la vérité, ajouter quelques considérations sur l'abus de la critique et surtout de celle qu'on appelle critique intérieure.

11. Montrer l'absurdité d'un scepticisme universel. Chercher jusqu'à quel point on doit approuver le doute qu’on appelle méthodique. Quand doit-on le rejeter ? Expliquer que l'on ne parvient pas à la véritable connaissance des choses, par la seule constatation de leur existence, et par la seule intelligence, mais bien par l'intelligence et l'expérience réunies.

12. Expliquer la nature et la puissance du sens commun, qui est distinct de ce que nous appelons consentement universel ; montrer que ni l'un ni l'autre ne peuvent être regardés comme la règle universelle du vrai ou le principe de la certitude, et expliquer alors comment l'intelligence naturelle de chacun peut et doit être admise comme principe de certitude, abstraction faite de tous les autres moyens et des autres motifs de certitude.

13. Après avoir donné la définition de la science où l'on distingue ce qui est de l'intelligence d'une part, de l'opinion et de la foi de l'autre, traiter du rapport entre la foi et la science, et démontrer que de même qu'il faut qu'un peu de science précède toute foi divine ou humaine, de même la foi donne naissance à une certaine science. Montrer encore qu'il est raisonnable de croire certaines choses qui échappent à l'intelligence dont elles dépassent les limites. Traiter de l'unité de la science, des distinctions qu'il faut y reconnaître, expliquer comment les différents genres de connaissances ont cependant des liens communs qui les unissent.


 

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