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Hauts Grades

Grand Ecossais de St André d'Ecosse(fonds Kloss)

11 Août 2008 Publié dans #hauts grades


Discours historique

Parmi tous les Grands Ecossais, connus en France sous ce titre, le seul qui soit digne de fixer l'attention d'un véritable Maçon et dont le but soit réel, est, sans contredit, le Véritable Ecossais de S' André d'Ecosse; les choses sérieuses et raisonnables qu'il contient, sont prouvées par des traditions fidèles que le tems a respectées; la morale épurée qu'il renferme, l'ancienneté, la science et la fidélité qu'il prescrit, tout accorde une prééminence au grade de St André d'Ecosse qui, sur toutes les autres branches de l'ordre, a l'avantage d'être peu connu. Borné à un très petit nombre, par conséquent encore pur et dont la doctrine et les formes consa­crent de plus en plus la noblesse de cette destination, l'utilité de notre institut, les charmes et le bonheur d'un lien qui sont rentrer les hommes dans leur véritable état et semblent constituer en leur faveur, un fonds public et commun de connaissances agréables et de ressources solides.

Consultons les Livres Saints:

Nous y apercevons une invention formelle de ce grade qui est, sans contredit, le Nec plus Ultra de la Maçonnerie Symbolique et que nous pratiquons sous le nom d'Ecossais. Remontant à notre origine, à la construction du Temple de Salomon, nous y sommes désignés sous le nom d'architectes; nous y recevons immédiatement les ordres de Salomon et d'Hiram Abif.

Salomon, l'homme le plus versé dans les sciences occultes et dans les spéculations physiques, veut faire exécuter le plan du Temple magnifique que David, son père lui a laissé et qu'il a dessein d'ériger à l'éternel.

Il choisit 12 hommes dévoués à la recherche des vérités naturelles; il leur communiqua ses intentions et il travailla de concert avec eux pour former un corps d'ouvriers qu'il divisa en trois classes.

Ces douze architectes choisis par Salomon sont établis chefs sur les trois classes d'ouvriers. Hiram, Roi de Tyr, allié de Salomon, crut ne pouvoir lui donner des marques plus convain­cantes de son amitié qu'en lui envoyant un fameux ouvrier en toute sorte de métaux et grand architecte. Il prit la conduite de cet édifice, et fut nommé surintendant de tous les ouvrages et chef général sur tous les ouvriers; l'écriture sainte le désigne sous le nom d'Hiram Abif.

La mort de ce surintendant intervertit cet ordre; Salomon est obligé de faire un nouveau choix d'ouvriers qu'il divise en trois classes et établit parmi eux de nouveaux chefs, comme on a vu dans les premiers grades Ecossais.

Ce Prince les appelle dans tous ses travaux; ils concourent ensemble à imiter la nature; c'est par la vertu de leurs opérations que les lambris du Temple sont revêtus de lames d'or, que les colonnes qui le soutiennent ont cet éclat riche et précieux que l'on vante si fort dans cet édifice; ils connaissent ce feu céleste et universel qui vivifie tout ce qui existe, l'esprit universel et le premier des esprits; ils placent eux mêmes dans ce Temple ces emblèmes mystérieux qui ne sont au vrai que des symboles et des hiéroglyphes dont la clef est dans la main du sage, f irait par celle des Loges, peinte sur la médaille qu'un Ecossais reçoit à son initiation dans ce grade sublime. Le Temple achevé, Salomon retient les chefs architectes auprès de sa personne, il leur accorde des privilèges sans nombre; il les exempte de tout impôt, il leur conserve l'intendance et le soin  de veiller à l'entretien de son édifice; le reste des Maçons est licencié, payé et renvoyé, chacun dans sa patrie. Jérusalem devient alors la patrie des architectes; ils forment un corps régulier pour continuer leurs études dans les opérations de la nature; mais ces merveilles ne durèrent pas longtemps; Salomon passa bientôt de l'amour de la sagesse à celui des plaisirs et de l'idolâtrie dans laquelle il finit ses jours; ses crimes avaient irrité l'éternel; et bientôt après le Grand Architecte  de l'Univers  abandonna cette maison auguste et la sainte citée. Nabuzardan, général des troupes de Nabuchodonosor, Roi de Babylone, assiège Jérusalem, détruit le Temple jusqu'aux fondements; il emmène les Israélites en captivité. Les architectes voient, avec regret, emporter toutes les richesses du Temple. Cyrus leur rend la liberté au bout de 70 ans; un nouveau Temple s'élève sous la conduite du Prince Zorobabel, de la maison de David. Les Israélites reviennent à Jérusalem avec toutes les richesses que Cyrus leur a rendues. Les architectes prennent la direction du nouvel édifice; mais à peine peuvent-ils jouir du fruit de leurs travaux, que ce second Temple périt sous le règne du Grand Pompée.

Les architectes restèrent inconnus, mais toujours unis. Ils se retirèrent dans Athènes pour y exercer leur science; ils reçurent des récompenses d'Aristide le Juste, premier Magistrat d' Athènes.

Hérode le Grand entreprend de réédifier le Temple pour la 3` fois; il appelle les Maçons de toutes parts; les architectes volent à Jérusalem pour y exercer leurs talent. Ils veulent toujours contribuer à la construction de cet édifice dont ils connaissent toutes les dimensions. Le Temple ne s'achève pas, il est détruit par Titus, fils de l'Empereur Vespasien. Les architectes se rangent sous la domination de l'Empire romain; ils forment une association utile, toujours prêts à sacrifier leur vie pour le bien de la patrie et destinés à faire fleurir les arts et à honorer l'humilité. Rome, longtemps maîtresse du monde, fut redevable d'une partie de sa gloire à cette heureuse association qui existe encore en Ecosse (à Edinbourg).

La venue du Messie leur prépara de nouveaux obstacles à surmonter; ils embrassent la religion christienne. L'empire romain est détruit, les architectes se retirent dans l'île d'Ecosse, ils prennent le nom d'Ecossais; mais à peine se disposent-ils à cultiver leur science dans ce nouvel établissement qui est devenu leur patrie que la guerre sainte ranime leur courage. Toujours animés du zèle le plus ardent de concourir à la réédification du Temple, ils marchent où l'intérêt du bien public les appèlent. S' Louis partant pour la Terre Sainte, fait choix d'un nombre de vaillants Ecossais pour combattre près de sa personne; il en forme sa première garde. C'est avec des Ecossais qu'il veut conquérir la Terre Sainte et fonder un nouvel Empire. Ce sage Prince connaissait depuis longtemps les Ecossais et savait apprécier leur mérite; vingt sept mille d'entre eux se joignent aux croisés, et toujours liés par les noeuds sacrés de la fraternité, ils se reconnaissent parmi eux en faisant usage des mêmes signes, mêmes mots et mêmes attouchements qui nous ont été transmis jusqu'à ce jour.

Partout leur valeur est reconnue, ils combattent sous Bohemond; ils enlèvent la capitale de la Syrie, cette fameuse Antioche à l'arabe insolent; la ville de Damiette fut le boulevard de leurs travaux, le théâtre de leur vaillance; ils ont arrosé de leur sang illustre la Palestine et Jérusalem. Louis IX, abandonné de son armée, seul sur un rocher escarpé se défend encore. Les traits volent sur lui, sa tête va tomber, le monarque ne sera bientôt plus; deux Ecossais se précipitent à travers les dangers, leurs efforts sont victorieux, le Prince est en sûreté; périr pour son Roi, sauver son Prince, expirer à ses yeux, c'est la gloire des Ecossais.

Tous les valeureux personnages que le retour des guerres saintes ramène en Europe, furent accueillis favorablement de tous les monarques. Notre ordre commença alors et l'on connut pour la le" fois des Loges Ecossaises, des collèges Écossais. L'Angleterre a vu ces institutions admirables qui honorent la vertu, déracinent le vice et annoncent la vérité.

Ce fut Guillaume le Conquérant qui fonda les Loges primitives chés un peuple qu'il venait de subjuguer, lesquelles furent les plus grands fondement de son autorité royale.

Les Écossais, uniquement appliqués à la connaissance de la nature, sentirent tout le prix de

l'amitié et le besoin des secours; mais ils connurent aussi la nécessité de cacher leurs travaux sous des emblèmes dont les relations extérieures servirent d'essai au genre d'esprit et de capacité dont il fallait que les enfant de la science fussent véritablement pourvus; de là cette multitude de grades que l'intérêt forgea, que l'amour propre protège et auxquels l'imprudence se livre sans réflexions. La france a ignoré, pendant longtemps le véritable Ecossisme. Nous sommes redevables de cette connaissance à ce Prince de la maison de Stuart qu'un événement malheureux contraignit de se réfugier en france et dont les Ecossais conserveront toujours la mémoire. Il communiqua ce grade à un petit nombre de français qui s'attachèrent à sa personne. Ces derniers, jaloux de posséder la véritable origine de la Maçonnerie, ont toujours été d'une extrême réserve à ne confier ce grade qu'à des hommes vertueux et discrets.

Imitons la délicatesse de nos prédécesseurs et évitons, autant qu'il nous sera possible, que ce grade éprouve un fort pareil à tant d'autres qui ont été livrés au pillage d'une curiosité indiscrète. Soyons persuadés que, quoique nos travaux soient renfermés dans les bornes d'une spéculation physique, nous usons encore des mêmes signes, des mêmes mots et des mêmes cérémonies que nos anciens et soyons aussi jaloux qu'eux de conserver la possession de ce trésor.

Y a-t-il en effet un ordre, une compagnie, un peuple, une nation qui puisse se vanter d'une ancienneté confirmée par la succession des siècles; partout les Ecossais brillent à la Cour, à l'armée, dans les conseils des Rois, dans le sanctuaire de la justice. Partout les Ecossais se distinguent et ne font rien que d'estimable; la raison en est facile à donner. Après la vertu c'est la science qui élève les hommes on entend, par science, tout ce qui contribue à rendre les hommes plus parfaits ou plus heureux, plus sociables ou plus humains. Science des moeurs, science du Gouvernement, voilà la science des Ecossais, je n'ai pas précisément articulé les combinaisons occultes desquelles, faute de bon principes, il résulte quelque fois la ruine de ceux qui n'ont pour guide qu'un sordide intérêt, tandis que les vrais philosophes n'ont, au contraire, pour but que le bonheur de l'humanité. Cette partie est essentiellement dévolue aux Ecossais parce que le sage qui méprise l'or et les richesses dont le prix n'est que de convention, doit être néanmoins studieux et curieux d'imiter la nature, de la perfectionner et de découvrir la source de ses trésors pour en faire part au reste des hommes, armé, à cet égard, d'une patience que rien n'altère, sa vertu ne contracte pas une rouille comme des métaux, elle ne diminue par au feu des calamités.

Travailler donc pour le bonheur des hommes, c'est nous rapprocher du but que de nous élever au-dessus de l'humanité, ce n'est que par là que notre association mérite la préférence sur toutes les sociétés qui, dans l'enchaînement des liaisons civiles, n'ont pour base que le désoeuvrement et l'ennui de la solitude un malheureux se présente-t-il pour implorer votre secours, votre pitié; votre coeur se ferme   vous n'êtes plus Ecossais   éloignons ces sentiment indignes de chacun de nous. Vivons heureux, non par la possession des biens, non par les richesses, mais par le témoignage intérieur de notre coeur et de notre conscience; vivons heureux, non par l'appas frivole des dignités, ni de l'éclat de la naissance, mais par nos moeurs et notre probité, le coeur enfin, le coeur fidèle, voilà notre trésor.

Demandons au Grand Architecte de l'Univers qu'il daigne échauffer nos coeurs du feu de la vertu afin qu'en suivant ses préceptes, nous espérions un jour jouir du vrai bonheur.

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