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Hauts Grades

L'Etoile Flamboyante(1765)

14 Août 2008 Publié dans #hauts grades

Qu'est-ce que l'or astral ?

L'or astral a son centre dans le Soleil, qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière, à tous les êtres qui lui sont inférieurs : c'est une substance ignée, & qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif & minéral.

Est-ce dans ce sens qu'il faut considérer le Soleil peint au tableau des premiers grades de l'ordre ?

Sans difficulté : toutes les autres interprétations sont des voiles pour déguiser au candidat les vérités philosophiques qu'il ne doit point apercevoir du premier coup d'œil, & sur lesquelles il faut que son esprit & ses méditations s'exercent.

Qu'entendez-vous par or élémentaire ?

C'est la plus pure & la plus fixe portion des éléments & de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres sublunaires des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

Comment est-il figuré chez nos Frères les Maçons ?

Ainsi que le soleil au tableau indique l'or astral, la lune signifie son règne sur tous les corps sublunaires qui lui sont subjacents, contenant en leur centre le grain fixe de l'or élémentaire.

Expliquez-moi l'or vulgaire ?

C'est le plus beau métal que nous voyons,  que la nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.

Où trouve-t-on sa désignation aux symboles de l'Art royal ?

Dans les trois médailles, le triangle, le compas & tous autres bijoux ou instruments représentatifs, comme d’or pur.

De quelle espèce d'or est la pierre des Philosophes ?

Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification,  alors il est appelé or vif philosophique.

Que signifie le nombre quatre adopté dans le grand écossisme de Saint-André d'Ecosse, le complément des progressions maçonniques ?

Outre le parfait équilibre, & la parfaite égalité des quatre éléments dans la pierre physique, il signifie quatre choses qu'il faut faire nécessairement pour l'accomplissement de l'œuvre, qui sont, composition, altération, mixtion & union, lesquelles une fois faites dans les règles de l'art, donneront le fils légitime du soleil, & produiront le phénix toujours renaissant de ses cendres.

 

 

Qu'est-ce que c'est proprement que l'or vif des Philosophes ?

Ce n'est autre chose que le feu du mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l'humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité & la nature du soufre, d'où il est émané : le soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d'être appelé mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.

Quel autre nom les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?

Ils l'appellent aussi leur soufre vif, ou leur vrai feu, & il se trouve renfermé en tout corps, & nul corps ne peut subsister sans lui.

Où faut-il chercher notre or vif, ou notre soufre vif, & notre vrai feu ?

Dans la maison du mercure.

De quoi ce feu vit-il ?

De l'air.

Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu ?

Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre, qui n'est d'abord qu'une exhalaison sèche & terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à force de s'exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l'humide qui lui est inhérent, qu'elle attire à soi, & transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.

Que doit faire le Philosophe après qu'il aura extrait son mercure ?

Il doit l'amener ou réduire de puissance en acte.

La nature ne peut-elle pas le faire d'elle-même ?

Non, parce qu'après une première sublimation elle s'arrête ; & de la matière ainsi disposée s'engendrent les métaux.

Qu'entendent les Philosophes par leur or & par leur argent ?

Les Philosophes donnent le nom d'or à leur soufre, & celui d'argent à leur mercure.

D'où les tirent-ils ?

Je vous ai déjà dit qu'ils les tirent d'un corps homogène où ils se trouvent avec abondance, & d'où ils les savent extraire l'un & l'autre, par un moyen admirable, & tout à fait philosophique.

Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?

On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne se peut exécuter qu'après la sublimation du mercure, & sa due préparation.

Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l'or vif ?

Ce n'est que dans le temps qu'on l'amalgame : c'est-à-dire, par le moyen de cette amalgame, on introduit en lui le soufre, pour ne faire ensemble qu'une seule substance, & par l'addition de ce soufre, l'ouvrage est abrégé, & la teinture augmentée.

Que contient le centre de l'humide radical ?

Il contient & cache le soufre, qui est couvert d'une écorce dure.

Que faut-il faire pour l'appliquer au grand œuvre ?

Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d'art, & par la voie de la putréfaction.

La nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre, & à délivrer ce soufre ?

Non, à cause qu'il n'a pas un mouvement local ; car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier & purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la pierre physique, c'est-à-dire, un soufre exalté & multiplié en vertu.

Comment m'expliqueriez-vous, par un exemple, cette doctrine ?

C'est encore par la comparaison d'un fruit ou d'un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable pour y pourrir, & ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l'avoir bien fumée & préparée, & là il se subtilise tellement, que sa vertu prolifique s'étend & se multiplie à l'infini.

En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?

A bien connaître la terre qui lui est propre.

Qu'entendez-vous par la semence dans l'œuvre des Philosophes ?

J'entends le chaud inné, ou l'esprit spécifique renfermé dans l'humide radical, ou la moyenne substance de l'argent vif, qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en soi sa semence.

Comment délivrez-vous le soufre de ses prisons ?

Par la putréfaction.

Quelle est la terre des minéraux ?

C'est leur propre menstrue.

Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu'il désire ?

Il faut qu'il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides, & soufres impurs, après quoi on y jette la semence.

Quel indice peut avoir l'artiste qu'il soit sur le bon chemin au commencement de son œuvre ?

Quand il verra qu'au temps de la dissolution, le dissolvant, & la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme & matière.

Combien de solutions y a-t-il dans l'œuvre philosophique ?

Il y en a trois ; nombre par cette raison mystérieux & respectable aux Maçons. La première est celle du corps cru & métallique, par laquelle il est réduit dans ses principes de soufre & d'argent vif ; la seconde, celle du corps physique ; & la troisième, celle de la terre minérale.

Comment par la première solution peut-on réduire un corps métallique en mercure, & puis en soufre ?

Par le feu occulte artificiel, ou l'Etoile flamboyante.

Comment se fait cette opération ?

En tirant d'abord du sujet le mercure, ou la vapeur des éléments, & après l'avoir purifiée, s'en servir à sortir le soufre de ses enveloppes, par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

Comment se fait la seconde solution ?

Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, & acquiert la nature céleste.

Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?

Ils l'appellent leur chaos physique, & pour lors, c'est la vraie première matière, qui n'est proprement dite telle, qu'après la jonction du mâle, qui est le soufre, & de la femelle, qui est le mercure, & non pas auparavant.

A quoi se rapporte la troisième solution ?

Elle est l'humectation de la terre minérale, & elle a un entier rapport à la multiplication.

Est-ce dans ce sens qu'il faut entendre la multiplication usitée dans les nombres maçonniques ?

Oui, nommément celle du nombre trois, pour le conduire à son cube, par les progressions connues de 3, 9, 27, 81.

De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

Du feu dont se sert la nature.

Quel pouvoir a ce feu ?

Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu'il est le principe de toute dissolution & corruption.

Pourquoi l'appelle-t-on aussi mercure ?

Parce qu'il est de nature aérienne, & une nature très subtile participant toutefois du soufre, d'où il a tiré quelque souillure.

Où est caché ce feu ?

Il est caché dans le sujet de l'art.

Qui est-ce qui peut connaître & former ce feu ?

Le Sage sait construire & purifier ce feu.

Quel pouvoir & qualité ce feu a-t-il en soi ?

Il est très sec & dans un continuel mouvement, & ne demande qu'à corrompre & à tirer les choses de puissance en acte ; c'est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière, & la dissout.

Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

Par les excréments sulfureux, où il est renfermé, & par l'habillement salin, dont il est revêtu.

Que faut-il à ce feu pour qu'il puisse mieux s'insinuer dans le genre féminin ?

A cause de son extrême siccité il a besoin d'être humecté.

Combien y a-t-il de feux philosophiques ?

Il y en a de trois sortes, qui sont le naturel, l'inaturel, & le contre nature.

Expliquez-moi ces trois sortes de feux ?

Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l'inaturel est le féminin, ou le dissolvant de nature, nourrissant & prenant la forme de fumée blanche, lequel s'évanouit aisément, quand il est sous cette forme, si on n'y prend bien garde, & il est presque incompréhensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel & resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, & a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.

Où se trouve notre matière ?

Elle se trouve partout, mais il la faut chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu'ailleurs.

Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?

On doit préférer la plus mûre, la plus propre & la plus facile ; mais il faut prendre garde surtout que l'essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, & qu'il y ait une splendeur métallique.

Tout est-il renfermé dans ce sujet ?

Oui, mais il faut pourtant secourir la nature, afin que l'ouvrage soit mieux & plutôt fait, & cela par les moyens que l'on connaît dans les autres grades.

Ce sujet est-il d'un grand prix ?

Il est vil & n'a d'abord aucune élégance en soi, & si quelques-uns disent qu'il est vendable, ils ont égard à l'espèce, mais au fond il ne se vend point, parce qu'il n'est utile que pour notre œuvre.

Que contient notre matière ?

Elle contient le sel, le soufre & le mercure.

Quelle est l'opération qu'on doit apprendre à faire ?

Il faut savoir extraire le sel, soufre & mercure l'un après l'autre.

Comment cela se fait-il ?

Par la seule & complète sublimation.

Qu'extrait-on d'abord ?

On tire d'abord le mercure en forme de fumée blanche.

Que vient-il après ?

L'eau ignée, ou le soufre.

Que faut-il faire ensuite ?

Il faut le dissoudre avec le sel purifié, volatilisant d'abord le fixe, & puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes & de toute perfection.

Ne pourriez-vous pas mettre tout à coup sous les yeux, & réunir comme en un seul point, les principes, les formes, les vérités & les caractères essentiels de la science des Philosophes, ainsi que du procédé méthodique de l'œuvre ?

Un morceau lyrique, composé par un ancien savant Philosophe, qui joignait à la solidité de la science, le talent agréable de badiner avec les Muses, peut remplir à tous égards ce que vous me demandez : aucune science n'étant effectivement étrangère aux enfants de la Science ; cette ode, quoiqu'en langue italienne, la plus propre à peindre des idées sublimes, trouve ici sa place.

 

 

 

N. B. - Si tous les catéchismes de Maçonnerie étaient aussi instructifs que celui-là, & ceux des autres grades de cette partie que j'espère communiquer un jour au Public, s'il accueille cette ébauche ; il est à croire que l'on s'appliquerait davantage à se ressouvenir des questions de l'ordre ; mais leur sécheresse fatigue la mémoire, perd le temps & rebute l'esprit.

 

L'on a eu soin de mettre en lettres italiques toutes les questions & réponses qui sont absolument directes à la Maçonnerie proprement dite, ou qui en émanent, pour la facilité des intelligents en cette partie : attendu que l'objet purement philosophique contenu en ce grade ou sublime philosophie inconnue, peut être également utile à ceux qui ne sont pas Maçons, y ayant beaucoup de curieux & amateurs de la science, qui sans être imbus des principes de l'Art Royal, s'appliquent aux recherches curieuses de la nature : en effet, le sort d'une chose bonne, est de pouvoir l'être généralement pour tout le monde, sans que telle ou telle qualité prise d'une société particulière puisse exclure de sa participation. Le reproche que l'on a fait de tout temps à la Maçonnerie étant de dire que, puisque par son régime elle doit rendre les hommes meilleurs, il est absurde que ses connaissances soient absolument réservées à une poignée d'êtres, qui par état sont tenus d'en faire un mystère : l'objection cesse totalement, s'il est vrai que la science des Maçons, & leur but positif soit la philosophie hermétique, telle que l'on vient de la détailler. Je ne cautionnerais pas cette vérité, en supposant que c'en soit une, parce que je me suis imposé la loi de ne présenter jamais mon opinion particulière pour une règle de décision, & qu'il convient à la modestie de toute personne qui se mêle d'écrire sans prétendre former de système, de laisser à chacun la liberté des combinaisons, sauf à fixer par des raisonnements solides, les irrésolutions de ceux qui voudraient bien le consulter. Pour mon goût personnel, j'aimerais assez que la chose des Maçons fût effectivement la découverte du grand œuvre : j'y trouve de grandes probabilités, & il est constant qu'en anatomisant plusieurs de ce que l'on appelle grands grades, en écartant le mysticisme des uns, les entours fabuleux des autres, on les tournerait aisément à la spéculation physique, dont au fond ils semblent vouloir établir les principes ; un seul exemple le prouve : les faux schismes de Rose-Croix, traités avec l'appareil pieux, vague, lugubre & brillant, dont on les surcharge en certaines loges, n'offrent à l'esprit de celui que l'on initie, que l'action sainte, des mystères révérés que l'on peut avoir décrits en des livres que ce grade copie, pour ainsi dire, & ce n'est plus à beaucoup près le véritable Rose-Croix tel qu'il fut dans sa très ancienne origine ; cependant à qui voudrait le décomposer, en suivant exactement les mêmes surfaces, sous des analogies philosophiques, y trouverait infailliblement le grain fixe, si ce terme est permis, des éléments de la science d'Hermès ; & la signature même des Maçons orgueilleux de ce grade, F. R. C. ne signifie autre chose que Fraters Roris Cocti. Le grade du Phénix, que quelques-uns apprécient beaucoup plus qu'il ne vaut, revient entièrement à cette partie, le Tetragrammaton, le Stibium, la Pentacule, sont des emblèmes précis : de faux docteurs y ajoutent de très fausses recettes, contenues en une manière de procédé prescrit pour la perfection du Stibium ; ces erreurs ne trompent pas le sage, c'est à lui à les rectifier : il est toujours bien flatteur pour les Maçons de pouvoir aspirer à cette qualité, & se parer d'un titre qui fait honneur à l'esprit, annonce la pureté du cœur, & rassemble les ouvriers intelligents, dont le but est d'aider & d'éclairer l'humanité.

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