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Hauts Grades

instruction pour les CBCS(extrait)

15 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

 

 Mon bien aimé frère,

 Lorsque vous avez été admis au noviciat, on vous fit connaître l'Ordre illustre auquel vous alliez appartenir ; on vous rappela son origine, ses progrès, le haut degré de gloire où il fut élevé, et les persécutions puissantes qui opérèrent si promptement sa ruine. Ce fut alors que, sous le secret le plus inviolable, vous apprîtes que cet Ordre malheureux qui avait paru tout à fait anéanti par les coups de la haine et de l'injustice, ne cessa ependant pas jamais d'être, et que plusieurs vertueux chevaliers, échappés aux supplices les plus cruels, avaient eu le courage de le conserver sous le voile mystérieux des symboles et des allégories maçonniques. Vous vîtes ses malheurs exactement retracés dans nos quatre premiers grades, par leur rapport avec les révolutions du temple de Salomon qui lui avait servi de berceau. Vous connûtes enfin, Mon Cher et bien aimé frère, les lieux où l'Ordre était secrètement conservé, les chefs illustres qui l'ont gouverné et comme il s'est propagé dans ce Royaume où il se reforma dans une assemblée  nationale sous le nom de Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, premier titre de nos fondateurs. Ainsi , l'Ordre s'étant remis au premier moment de son existence, a fait une renonciation absolue, générale et particulière, à tous les titres, droits, privilèges et possessions qu'il avait pu acquérir depuis dans sa carrière glorieuse. Pénétrée des mêmes sentiments qui animèrent nos pieux instituteurs en faveur de la famille humaine, cette assemblée fit des règlements pour étendre la bienfaisance de l'Ordre sur toutes les espèces de besoins qui peuvent affliger l'homme. Elle s'attacha à former un plan d'administration relatif aux temps, aux mœurs du siècle et à l'état actuel de l'Ordre, qui peut mériter la confiance et la protection des gouvernements politiques. Lors de votre profession, on vous fit connaître les devoirs des chevaliers en général, et de chaque classe en particulier, vous promîtes solennellement de remplir tous ceux de la votre et de vous dévouer constamment avec zèle à la bienfaisance, que l'Ordre vous avait alors essentiellement proposé. Votre dévouement généreux à l'utilité des hommes, et surtout des malheureux, vous a mérité l'estime et l'attachement de vos frères ; puissiez vous jouir longtemps des douceurs que doit vous procurer une association uniquement fondée sur la vertu et pour le bonheur de l'humanité. Irrévocablement lié au Saint Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, vous en recevrez aujourd'hui, Mon Cher et Bien Aimé Frère, des lumières plus importantes ; il vous frayera la route à des connaissances qui en éclairant votre esprit, vous fourniront de nouveaux motifs de remplir vos engagements, et de nouveaux moyens de devenir utile aux hommes, puisque votre bienfaisance envers eux aura un but bien supérieur à leurs besoins physiques et moraux. Depuis longtemps le temple de Salomon a été l'objet de vos études ; il va l'être encore, mais sous un autre point de vue. Comme simple maçon, vous en avez étudié la structure et les dehors, comme novice, vous êtes entré dans le porche, comme chevalier, on vous a admis dans le temple-même, l'Ordre va ouvrir devant vous la porte du sanctuaire, mais dès lors, livré à vous-même, vous n'attendrez plus aucun succès que de votre travail. Votre intelligence exercée sur les symboles, et sur les allégories doit percer par ses propres efforts le voile que le Suprême Architecte de l'Univers a répandu sur ses ouvrages ; il vous en a donné les moyens, c'est à vous de les employer. Le sanctuaire du temple, Mon Cher Frère, est ouvert devant tous les chevaliers, mais tous ne sont pas pénétrés des rayons qui en émanent. Il en est qui, victime de l'habitude et des préjugés ferment leurs yeux avec dédain et retournent sur leur pas, d'autres en entrevoient l'éclat et la beauté, sans avoir le courage de les fixer constamment ; d'autres enfin, jugeant mieux de l'excellence de leur propre origine et de la noblesse de leur être, ne négligent rien pour se rendre dignes de les contempler avant de juger des objets que vous allez entrevoir. Ayez donc la plus sérieuse attention sur vous-même, écartez les préventions, consultez vos forces, choisissez vos modèles, et surtout ne négligez pas votre intelligence, ce flambeau toujours lumineux pour ceux dont l'amour de la vérité est 'unique mobile. Jusqu'à présent, Mon Cher Frère, vous avez regardé les Chevaliers de la Cité Sainte, comme les instituteurs de la franc-maçonnerie, cependant elle est beaucoup plus ancienne. La maçonnerie était connue chez diverses nations de l'Europe plusieurs siècle avant la fondation de leur Ordre. Les annales maçonniques d'Angleterre en fournissent une preuve d'autant moins suspecte, que les maçons anglais y reconnaissent que les lumières et les anciens règlements apportés par les Maçons de France à leur première assemblée nationale leur furent d'un grand secours, ce qui indique, de leur aveu, que la franc-maçonnerie était plus ancienne, à cette époque, en France qu'en Angleterre; voici comme elles l'expriment : Quoique les actes anciens de la fraternité en Angleterre eussent été détruits ou perdus dans les guerres des Saxons et des Danois, cependant le Roi Athelstan, petit fils du Roi Alfred, entreprit de grands travaux après avoir établi la paix dans ces états… Il fit venir pour l'aider plusieurs maçons de France qui apportèrent avec eux les règlements des loges conservées depuis le temps des romains ; ils obtinrent du Roi d'améliorer la constitution des loges anglaises d'après ce modèle étranger, et d'augmenter la récompense des travaux des maçons. Le prince Edwin, frère du Roi Athelstan, ayant été instruit de la maçonnerie et s'étant imposé les devoirs d'un maître par amour pour l'art, et pour les principes sur lesquels il est fondé, obtint de son frère une chartre qui donna aux maçons le droit de correction parmi eux ainsi qu'il l'était dans l'antiquité, où la liberté et le pouvoir de se gouverner eux-mêmes, de rectifier tout ce qui pouvait l'exiger dans leurs travaux, et d'avoir annuellement une assemblée générale. Ce fut en conséquence de cette chartre que le prince Edwin convoqua à York au mois de juin de l'an du Seigneur 926, tous les Maçons du royaume. Ils s'y rendirent, et formèrent une loge générale, ou Grande Loge dont Edwin fut le grand Maître. Ils apportèrent tous les actes et écrits concernant la Maçonnerie ; quelques-uns en grec, d'autres en latin, en langue gauloise, et en d'autres langues, d'après lesquels cette assemblée forma les constitutions et les règlements des loges anglaises, fit une loi pour qu'ils fussent maintenus et observés dans les ans à venir, et fixa une récompense avantageuse pour le travail des Maçons. Ainsi la première Grande Loge nationale tenue en Angleterre est antérieure, au moins de deux siècles, de la fondation de l'Ordre des Chevaliers de la Cité Sainte, ainsi pour trouver l'origine de la franc-maçonnerie, il faut chercher dans des temps beaucoup plus reculés. Mais quoiqu'elle ait existé longtemps avant le siècle de nos illustres fondateurs, vous ne serez pas étonné, Mon Cher Frère, qu'ils aient été du petit nombre des initiés aux mystères de la franc-maçonnerie, et qu'ils aient établi l'ordre, non seulement dans les vues de bienfaisance auxquelles ils se vouèrent publiquement, mais aussi pour conserver en secret et parmi eux des mystères sublimes auxquels des Souverains même rendaient hommage et s'honoraient de participer. C'est de là, sans doute, qu'est parvenue l'opinion assez générale qui a attribué, dans tous les temps, des connaissances mystérieuses et secrètes à quelques-uns des principaux chevaliers. Logés dès la naissance de l'Ordre, par les bienfaits de Baudouin, sur les ruines du temple célèbre élevé par Salomon dans la ville de Jérusalem à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, temple qui était le symbole universel de l'initiation des Maçons, nos fondateurs eurent un double motif pour perpétuer ces mystères parmi eux, en les confiant à ceux de leurs frères  qui en seraient les plus dignes, en sorte qu'à l'époque fatale de la destruction de l'Ordre, les chevaliers qui purent échapper à cette sanglante persécution trouveront dans l'initiation même qui leur avait été transmise, un moyen de la perpétuer avec sûreté sous le voile de la Maçonnerie ; puisque le même symbole du temple de Salomon, de sa destruction et de sa restauration, présentait aussi un tableau frappant des révolutions que l'Ordre des T. avait éprouvé, et du rétablissement que nos frères malheureux ne cessèrent de désirer et d'attendre. Cependant, ils ajoutèrent aux symboles de l'initiation primitive, des allégories qui n'étaient relatives qu'à l'Ordre et aux circonstances particulières où ils se trouvèrent eux- mêmes. Dès lors l'initiation maçonnique eut pour leurs successeurs deux objets très différents qui ne tardèrent pas à se confondre et à faire perdre de vue le but principal. Le petit nombre de frères qui avaient échappé au supplice ou à la destruction, l'éloignement où ils se trouvaient les uns des autres, la crainte de persécutions nouvelles et d'un anéantissement total, firent que dès lors on ne s'occupa guère dans l'admission des chevaliers, que des épreuves qui pourraient rassurer l'ordre sur leur discrétion. Très peu d'entre eux furent initiés aux anciens mystères de la franc-maçonnerie, ou en furent trouvés dignes ; en sorte que la plupart des frères ne connurent bientôt d'autre science que celle de l'Ordre et de ses malheurs; et ne virent dans la maçonnerie que des emblèmes historiques, propres à conserver sans danger la mémoire de ces faits.  Ainsi l'ancien et véritable but fut sacrifié à celui qui leur était personnel, et serait tout à fait oublié, s'il était de nature à l'être et s'il n'avait été conservé ailleurs, comme vous vous en convaincrez de nouveau par les annales de la franc-maçonnerie d'Angleterre. En nous faisant connaître la doctrine des Maçons du 15e siècle, elles nous fournissent une preuve évidente que l'initiation maçonnique est bien antérieure à la fuite des Chevaliers Templiers et à l'application qu'ils firent des trois grades symboliques, puisqu'elles nous apprennent que dans le siècle qui suivait la ruine de cet Ordre, les Maçons avaient un but infiniment plus élevé, et qu'ils paraissaient même ignorer que la maçonnerie servit alors de voile et d'asile à ces illustres malheureux. l'an 1425, sous la minorité d'Henri VI, roi d'Angleterre, qui régna depuis 1423 jusqu'en 1471, les Maçons furent persécutés et la Chambre des Communes interdit leurs assemblées sous des peines graves. Henri VI devenu majeur, prit de la Société une opinion différente de celle qu'on lui avait suggérée ; il voulu s'éclairer par lui-même de ce qui la concernait, et forma le dessein de se faire initier, si les réponses qu'on lui ferait à des questions qu'il avait méditées, étaient de nature à le déterminer. La solution en fut sans doute satisfaisante, puisqu'il fut admis dans cette Société et en devint le protecteur. Ce fut l'an 1442 et la 19ème année de son règne qu'il manifesta ce projet.  L'interrogatoire fait par ce prince, et les réponses qui y furent faites par les Maçons éclairés de son temps, furent trouvées environ cent ans après par John Leyland, antiquaire du roi Henri VIII, et chargé par lui, lors de l'abolition des monastères de recueillir et conserver tous les manuscrits précieux qui pouvaient s'y trouver. Cette pièce importante était écrite en anglo-saxon, et à ce qu'on prétend de la propre main d'Henri VI. .....

 

 

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