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Hauts Grades

instruction pour la Profession(extrait)

15 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

« Très cher Frère !

 Lorsque vous entrâtes dans la carrière maçonnique, vous fûtes prévenu que des vérités importantes y étaient cachées sous le voile des cérémonies et des  emblèmes. Cependant, malgré vos efforts pour les dévoiler, vous êtes encore  aujourd'hui dans l'incertitude sur l'espèce de science que la Maçonnerie présente à vos recherches; et, peu satisfait des instructions qui vous ont été données, vous désirez d'être admis parmi nous dans l'espérance d'y découvrir la vraie base des Allégories. Vos doutes et votre zèle seraient insuffisants pour nous déterminer, si vous n'étiez disposé à affirmer des choses que les hommes profanes s'efforcent d'oublier, et qu'ils dédaignent quand on les leur fait entrevoir. Mais à la faveur des liens fraternels qui nous unissent, nous nous sommes assurés par nous-mêmes de votre respect pour les vérités religieuses, et de la confiance que vous avez en elles. Ainsi nous n'avons point à craindre que vous les rejetiez lorsqu'on vous les présentera dans la route que vous allez parcourir. II est d'autant plus facile de les admettre, mon cher Frère, que c'est l'éloignement presque général des hommes pour ces objets sacrés qui, s'étant introduits parmi les Maçons, les empêcha de s'élever jusqu'à la vérité des allégories. Alors, méconnaissant le but auquel ces mystères devaient les conduire, ils les appli-quèrent à des sciences factices et matérielles qui n'eurent jamais aucun rapport à l'initiation maçonnique. Ainsi en adoptant ces systèmes arbitraires, ils ne concevaient déjà plus que l'initiation, ayant l'homme pour objet, doit le conduire à une science digne de lui, et propre à sa force intellectuelle. Pour vous aider, très cher Frère, à prendre une juste idée de l'espèce de science qui peut être le but de l'initiation, il est nécessaire de vous donner quelques notions de l'état de l'homme dans son origine, et des révolutions funestes qui furent produites en lui et dans l'univers par les actes désordonnés et arbitraires de sa volonté. Avant que l'homme primitif eût prostitué ses facultés à la recherche des objets matériels, ainsi que nous l'ont indiqué les Traditions Religieuses auxquelles vous faites profession d'adhérer, il avait un sentiment intime et une connaissance parfaite de la Nature spirituelle Divine. Vous ne pourrez en douter lorsque vous aurez appris, si vous l'ignorez encore, que l'homme appartient, par sa propre essence, à la classe des êtres spirituels Divins, et que, par la prérogative des Etres purs et spirituels, il y a sans cesse entre eux une action et une réaction réciproque de toutes leurs facultés. C'est pour cette raison qu'avant son crime l'homme se connaissait lui-même avec évidence, comme il connaissait le Principe Créateur Universel et toutes les créatures émanées de lui. Or cette Science Divine était par sa nature absolument incompatible avec les affections et passions temporelles sensibles dont l'homme fut la proie à l'instant de sa prévarication, puisqu'elles avaient anéanti tous ses moyens naturels d'action et de réaction sur les Etres spirituels. Les connaissances ténébreuses qu'il avait acquises par ses œuvres matérielles l'ayant jeté en privation absolue Divine, il prostitua son encens aux plus indignes créatures et ses facultés s'obscurcirent au point qu'il douta de sa propre existence spirituelle et de celle de tous les Agents de l'Univers. En effet, dans cet état il restait privé de la perception de ces Agents et de tous les rapports directs qu'il avait auparavant avec eux, car il ne pouvait plus apercevoir que des êtres matériels, divisibles et composés. Voilà, mon cher Frère, ce qui lui fit perdre entièrement l'idée de l'Unité et de la perfection des Etres spirituels Divins, et ce qui le porta enfin à croire que la matière était en même temps le seul principe de l'Univers, et l'Univers même. Par les choses que nous venons de vous exposer, vous devez concevoir une haute idée de l'homme avant son crime, puisque c'était au centre de la Lumière et de la vérité qu'il puisait l'action, la vie et l'intelligence. C'était à la faveur des rayons qui en émanent sur tous les Etres qu'aucun d'eux n'échappait à ses regards, et qu'il jouissait d'une Science sans bornes, étant sans cesse en aspect de tous les actes et de toutes les facultés des Etres spirituels. Vous devez concevoir également la possibilité des ténèbres que répandirent sur l'esprit de l'homme les faits qu'il opéra contre la loi du Créateur. Car aussitôt que, sans égard à son rang glorieux d'Etre pur spirituel, il eût conçu et exécuté le monstrueux projet de se nourrir de fruits matériels, il ne tarda pas, ainsi que les Traditions vous l'ont annoncé, à se regarder lui-même comme un Etre de matière. Dès lors, il ne s'occupa qu'à connaître et à fortifier les rapports qu'il venait d'acquérir avec la nature sensible et inférieure, il mit toute sa gloire à découvrir les facultés apparentes et les propriétés des corps, afin d'augmenter ses jouissances corporelles, enfin il ne reconnut pour vraie science que la science physique temporelle, parce que c'était la seule dont il pouvait avoir l'évidence. Cette erreur ténébreuse se répandit sur sa postérité, et encore aujourd'hui les hommes qui se disent savants et philosophes n'admettent point d'autre science, et la plupart ne croient en effet qu'aux êtres soumis à leurs sens. Vous ne devez pas douter, mon cher Frère, de ce que nous venons de vous dire sur la cause originelle de l'ignorance de l'homme. Cette ignorance serait devenue universelle si, dès le commencement, elle n'avait été suscitée par des sages instruits dans les sciences spirituelles Divines, et qui les ont perpétuées sur la terre par la voie de l'initiation. Vous nous objecterez peut-être que la vraie science étant, ainsi que nous l'avons reconnu nous-mêmes, incompatible avec l'état actuel de l'homme, vous ne concevez pas ce que pouvait être la science des mages et des initiés.                                                                   

 Pour vous éclairer sur cette question importante nous vous dirons qu'il y a certainement une science propre à l'homme d'aujourd'hui, à proportion qu'il se fortifie dans ses vertus spirituelles; mais cette science est très inférieure à celle dont il devait jouir, et c'est ce que nous allons tâcher de vous faire concevoir. Dans l'état primitif de l'homme, sa science consistait dans une pleine et parfaite connaissance des Actes qu'il devait faire pour remplir avec précision la loi qu'il avait reçue de l'Eternel, loi qu'il ne pouvait exécuter sans connaître en même temps la nature et les prérogatives de tous les Etres émanés du Créateur. Il est donc bien évident que cette science ineffable ne pouvait convenir à l'homme après son crime, puisque étant renfermé dans les bornes étroites d'une forme incorruptible, il était privé de toutes les facultés qu'il avait reçues pour remplir sa première loi. C'est pour cela que l'initiation et ses mystères, ne pouvant avoir rapport qu'à l'homme en privation, furent si différents de la science primitive. Car ils se réduisaient à instruire les Disciples sur l'état glorieux de pureté spirituelle Divine qui avait été l'apanage de l'homme, et à leur apprendre que c'était par les actes impies et ténébreux de sa volonté qu'il était déchu de cette première splendeur, et que l'Univers avait éprouvé les plus affreuses révolutions. Aussi les premiers pas de l'initié se faisaient dans le deuil et dans les larmes, exposé à toute la rigueur des éléments. Lorsque, par la révélation de ces mystères, il était parvenu à concevoir la dignité de sa nature spirituelle et à sentir assez vivement sa privation pour se réclamer de la miséricorde du Créateur, on lui annonçait la puissance qui s'est manifestée en faveur de l'homme dans cet Univers et, pour le défendre des illusions temporelles, on lui indiquait les moyens de rendre les actes de cette puissance réversibles sur lui. Voilà, mon cher Frère, la différence extrême qui se trouve entre la science de l'initiation et la science primitive de l'homme. Dans ce court exposé vous avez dû entrevoir que, dès le premier âge du monde, lorsque l'homme coupable eut gémi sur son crime, la Clémence du Créateur lui avait accordé des secours puissants et efficaces. Alors il eut en effet le bonheur de percer les ténèbres épaisses dont il était enveloppé. Mais il ne put obtenir la jouissance directe et immédiate de ses premiers Droits, sa prévarication ayant élevé des obstacles insurmontables qui s'opposaient à sa parfaite réconciliation, jusqu'à ce que les conditions nécessaires pour l'opérer fussent accomplies. Cependant il eut dès lors des notions justes de son premier état, ainsi que des changements qui avaient eu lieu en sa faveur dans l'ordre temporel. Voilà ce que les Sages retraçaient à leurs disciples par le cérémonial et les emblèmes de l'initiation. Mais dès les premières postérités de l'homme ces faits furent ensei-gnés sans mystères ni allégories, en sorte qu'il n'y eut point d'initiation dans les diverses familles qui habitaient alors la terre. Ainsi vous ne devez point accorder votre confiance à ce que des philosophes, peu instruits de l'origine de cet Univers, ont osé avancer sur ce premier âge, prétendant d'après leurs seules conjectures que les hommes d'alors ont vécu en sauvages et sans aucune connaissance de la Divinité. Car jamais on ne vit les hommes sur la terre dans ce déplorable état, qu'après qu'ils eurent obscurci leur intelligence par l'abus même des sublimes connaissances qui leur étaient propres. Cet abus étant devenu universel, le fléau lancé pour le détruire et pour préserver les postérités futures fut également universel, et dut l'être. Après le Déluge, la Science conservée par Noé fut transmise sans voile à ses enfants, comme les Traditions vous l'ont figurée, afin qu'elle fût perpétuée dans sa pureté originelle chez leur postérité. Mais dès lors même, un des propres fils de ce Sage élu osa abuser de ce qu'il venait de connaître, en répétant le crime que le Déluge avait effacé sur la terre. Les profanations s'étant bientôt multipliées parmi les enfants des hommes, les Sages de cette seconde postérité devinrent réservés et circonspects. Car les nations s'abandonnant à l'idolâtrie et aux actes purement matériels, la Science qu'elles auraient profanée s'effaça de leur souvenir, et la Vérité fut un mystère qu'on ne pouvait plus révéler qu'à ceux d'entre les hommes qui s'en montraient dignes. Cependant les Sages employèrent tous les moyens qui étaient en eux, et tous les secours qu'ils purent se procurer, pour en acquérir une connaissance plus parfaite et pour faire prévaloir la vraie science parmi les hommes. Nous ne vous dirons pas, mon cher Frère, quels étaient ces moyens et ces secours. Le zèle pour la Vérité qui vous a conduit au milieu de nous, si vous y persévérez constamment, vous servira à les découvrir. Mais vous ne devez pas ignorer aujourd'hui que la route qui fut suivie par ces Maîtres était pénible et absolument opposée à celle qui avait précipité l'homme dans la Région matérielle terrestre. Ces hommes justes répandaient avec abondance sur la famille humaine les fruits de leurs œuvres, ne cessant de s'opposer aux progrès du mal parmi les peuples. Mais l'impiété et la corruption étant devenues presque universelles, ils furent forcés de recourir à des emblèmes mystérieux pour propager la science sans l'exposer à la profanation. Dans cette vue ils appelèrent à eux des hommes droits et simples de cœur, inébranlables et intrépides dans la voie de la vérité, et capables de lui faire tous les sacrifices qu'elle exigeait d'eux quand elle leur serait connue. Gardez-vous donc, mon cher Frère, de penser que les Disciples de la science puissent parvenir par quelque route plus douce et moins pénible que celle qui fut pratiquée par les premiers Maîtres. II n'y a qu'une voie qui conduise à la Vérité, et si vous pensiez autrement, il faudrait abjurer cette erreur avant que d'entrer dans la carrière qui s'ouvre devant vous. Elle a été l'origine des initiations : elles furent nécessitées par l'ignorance et la perversité des hommes. ........

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