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Hauts Grades

Ecuyer Novice : instruction(2)

16 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Motifs de la filiation avec l'Orient du Temple

Nos instituteurs occupés du bonheur des hommes, dans l'intention de les préparer, de les éprouver, et de les disposer à acquérir de plus grandes lumières, substituèrent à d'autres initiations préparatoires, qui eurent vraisemblablement une dénomination différente, l'institution que nous nommons aujourd'hui Franc-Maçonnerie. Ce ne fut point d'une manière arbitraire qu'ils nous donnèrent le Temple de la Cité Sainte pour emblème Général et fondamental ; nous pouvons vous assurer, comme nous l'avons dit en commençant, qu'il est le type universel de toutes les vraies connaissances ; mais il n'y a que le haut et Saint Ordre qui connaisse dans le sens le plus étendu et le plus élevé la véritable signification de tout ce qu'il représente. Les Chevaliers Templiers eurent parmi eux des Maçons et c'est par eux que l'initiation Maçonnique a été propagée, ainsi que vous le verrez dans la suite de cette instruction ; on est convaincu qu'ils reçurent au moment de leur établissement le dépôt de quelques connaissances relatives au but primitif du Saint Ordre, qui se plaît à répandre de temps en temps quelques rayons de lumière.

Les divers systèmes qui règnent parmi les Maçons, servent à confirmer que les Chevaliers Templiers ont occupés un rang distingué chez ceux qui ont possédé des connaissances d'un ordre supérieur relatives à la vraie Maçonnerie ; ils ne diffèrent entre eux que sur la nature et le but de ces connaissances. C'est donc uniquement comme Maçon, pour la Maçonnerie et en vue des connaissances qu'elle peut procurer que nous conservons une filiation avec l'ordre du Temple. Notre véritable but est de mériter de fixer l'attention de l'institut sublime et secret, de rassembler ce qui en a été divisé, de rétablir enfin une communication plus intime de lui à nous ; communication dont la multitude des Maçons s'est rendue indigne à l'exemple de l'ordre du Temple qui, oubliant l'esprit de son institution, s'abandonna aux vices et attira par là les maux qui ont opéré sa destruction ; mais, Mon Bien Aimé Frère, si les Chevaliers Templiers obtinrent pour quelques-uns le rare et précieux avantage de trouver des Maîtres éclairés qui les instruisirent dans la science, les vrais Chevaliers Maçons de la Cité Sainte peuvent concevoir le même espoir, lorsqu'ils auront su prouver que leur but est constamment le culte du vrai Dieu, l'amour du prochain, et de concourir de toutes leurs forces à la destruction du Règne des Ténèbres.

Le titre de Chevalier dont le maçon finit par être décoré n'est pas un titre vain, Mon Bien Aimé Frère, il ne saurait être étranger au Maçon, en effet, que l'ordre antique et général de la Chevalerie, duquel sont provenus tous les ordres particuliers de la Chevalerie religieuse et militaire, avait des cérémonies mystérieuses et symboliques ; on en cherche l'origine, et lorsqu'on voit que cette institution est si ancienne, que l'époque n'en peut être assignée ; lorsqu'on voit qu'il est peu de régime qui n'ait conservé un ordre de chevalerie quelconque, on est forcé de regarder cette institution d'un œil différent que les historiens, qui ne l'ont considéré comme un établissement politique et militaire que pour n'avoir pas compris qu'il devait nécessairement tenir à quelque chose d'important. On a dû chercher la cause de l'analogie des cérémonies de l'ancienne chevalerie avec quelques usages maçonniques ; et s'ils nous viennent des Chevaliers Templiers, c'est que ceux-ci tenaient à l'ordre général de la chevalerie. On ne peut connaître l'ordre du Temple qu'en remontant à une époque plus éloignée ; l'ordre assemblé en ce convent général en 1782, en établissant des rapports plus étendus, a préparé tous les moyens de vous conduire au terme heureux que vous vous êtes proposé ; il a pensé que la tradition de l'ordre serait enrichie, et deviendrait plus instructive en y joignant les réflexions qui se présentent d'elles-mêmes à celui qui cherche à approfondir les objets ; c'est dans cette vue, Mon Bien Aimé Frère, que nous allons parler de l'ancienne chevalerie, avant de nous occuper avec plus de détail de ce qui concerne les chevaliers du Temple. 

Idée succincte de l'ancienne Chevalerie 

L'opinion que les Maçons instruits ont adoptés sur l'Ordre antique de la Chevalerie exige la plus sérieuse attention ; et quand on lit l'histoire dans un autre esprit que celui des historiens qui l'ont écrite, il est difficile de se refuser aux divers points de vue que la Chevalerie nous présente  ; on sait, en effet, qu'il existait entre les Chevaliers une fraternité et des liens inconnus à ceux qui n'avaient pas ce titre ; on remarque qu'il y avait une supériorité attribuée à quelques-uns dont le public ignorait les causes, comme il a toujours ignoré les secrets de leurs constitutions, la nature du serment qui les liait à la Chevalerie et ce que c'était que la Chevalerie.

Le voile le plus épais est étendu sur son origine ; si quelques-uns ont tenté de le soulever,ça n'a été que pour nous empêcher de considérer les objets comme ils devaient l'être. Nous voyons dans l'histoire sainte qu'il existait des Chevaliers ; on pourrait citer plusieurs faits qui l'indiquent : au moins voit-on que David, à qui les plans du Temple élevé par Salomon furent mystérieusement tracés, fut fait Ecuyer par Saül, ce qui suppose le Grade Supérieur dans ce dernier ; aussi David fut-il placé dans la suite au nombre des neuf preux Chevaliers qui étaient trois hébreux ; trois gentils et trois chrétiens : Josué, David, Juda Machabée ; Hector, Alexandre le Grand, Jules César ; Artur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. Cette tradition ancienne parmi les Chevaliers, le rôle important qu'ils ont joué dans l'univers, leur division ternaire qui forme un type en ce quelle semble indiquer un rapport avec trois Epoques principales, leur nombre qui se trouve un des nombres mystérieux de la Franc-Maçonnerie ; les cérémonies qui se pratiquent dans leurs réceptions non moins altérées aujourd'hui que nos rituels qui sont en caractères symboliques, Religieux et Mystérieux, tout atteste quelque analogie avec nos usages, on les voit revêtus de l'habit blanc au moment de leur réception, les purifications symboliques y sont employées, etc...

C'est en parcourant l'histoire de la Chevalerie, et de tous les ordres qui en sont provenus, qu'on y aperçoit des choses si surprenantes, qu'il est difficile de se refuser à croire qu'on n'a connu de la Chevalerie que l'écorce, comme la multitude ne connaît que celle de l'institut Maçonnique. Cependant tous les auteurs les plus estimés s'accordent à reconnaître, dans les formes de la Chevalerie, des rapports sensibles avec les cérémonies employées dans les diverses Eglises chrétiennes pour l'administration des sacrements. Les plus anciens panégyristes parlent des engagements des Chevaliers, comme de ceux de l'ordre monastique, et même du sacerdoce ; ils semblent même vouloir mettre la chevalerie au niveau de la prélature. Tout ce que la Religion a de plus sacré et de plus imposant y était employé. C'était aux pieds des autels que le Chevalier prononçait ses vœux qui tendaient au maintien et à l'honneur de la religion, et de la chevalerie 

C'était également aux pieds des autels que le Chevalier était armé, et on lui apprenait alors que tout était mystérieux, et que chacune des choses qu'il recevait était un emblème qui devait l'instruire de son devoir. L'ordre de chevalerie a donc vraiment un caractère d'antiquité et de mystère qui peut permettre d'y voir des analogies avec l'Ordre essentiel, que nous appelons justement le Saint Ordre, et dans cette allégorie d'un poète très ancien, la vérité semble y être peinte. "La chevalerie (dit-il en parlant des vertus), en est la fontaine, et l'on ne peut tant y puiser qu'elle soit jamais tarie, de Dieu vint et les Chevaliers sur qui elle découle de la tête aux pieds en sont les possesseurs : ils tiennent en bref tout ce qui en arrose le reste du monde, autres gens n'en ont que l'écorce" On ne peut avoir qu'une haute idée de l'antique chevalerie, lorsqu'on se rappelle qu'autrefois, avant que les empereurs fussent couronnés, ils étaient faits Chevaliers par les cardinaux ou prélats, qui étaient députés pour représenter dans cette cérémonie la personne du pape. On sait que Guillaume, comte de Hollande, élu roi des Romains, n'étant que damoiseau, fut fait Chevalier avant que d'être couronné à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, par Pierre CAPUCIO, cardinal de Saint George au voile d'or, à qui le roi de Bohême, l'un des électeurs de l'Empire, présenta après l'Evangile, le futur Chevalier.  Les auteurs qui nous ont conservé le détail de cette réception, rapportent, pour confirmer que, par la coutume ancienne, les princes souverains recevaient l'ordre de la chevalerie des mains des prélats, qu'encore aujourd'hui nos monarques très chrétiens, après être sacrés et couronnés, reçoivent l'ordre de la chevalerie des mains des prélats qui les ont sacrés et couronnés.

Le roi Henri le Grand le reçu par Nicolas de Thou, évêque de Chartres, et le roi Louis XIII, par les mains du cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen. Ajoutons enfin que Louis XI voulut recevoir l'ordre de chevalerie de la main de Philippe, duc de Bourgogne, le jour de son sacre. François 1er , avant la bataille de Marignan, reçut le même ordre par le fameux Bayard que sa vertu fit surnommer le Chevalier sans peur et sans reproche.

Tout cela prouve que ce titre était fait pour ajouter à la majesté des Souverains ; ce qui n'est plus aujourd'hui qu'une vaine cérémonie, donnait aux rois un caractère particulier. La dignité des Chevaliers était en si grand honneur, qu'ils avaient droit de s'asseoir à la table du Souverain, honneur que n'avaient point ses fils mêmes, ni ses frères, s'ils n'étaient pas Chevaliers. La politique seule n'opère pas de si grandes choses. Quelles foules de réflexions naissent de ces faits ! Quelles lumières ils semblent répandre sur l'Ordre antique de la Chevalerie! En considérant ainsi cet ordre dont l'origine est un problème, on apprend à connaître ce qu'étaient les premiers Chevaliers Templiers qui tenaient à l'ordre général de la Chevalerie.

La tradition secrète de l'Ordre va répandre un jour nouveau sur tous ces objets ; l'histoire qui ne présente à la multitude que des faits absurdes, incroyables, devient pour le Maçon un flambeau qui, tout faible qu'il est, peut cependant servir à le guider au milieu de ces ténèbres, que le temps a encore épaissies.  

Tradition secrète de l'Ordre

Au temps des Croisades il se trouvait une multitude de Chevaliers à la Terre Sainte, lorsque quelques-uns excités par un zèle ardent pour la défense de la religion chrétienne, et peut-être aussi par d'autres motifs importants et moins connus, formèrent des associations particulières de chevalerie, sous la forme d'ordre religieux. Hugues de Paganis, Geoffroy de Saint Omer, et sept autres Chevaliers appartenant à l'ordre général se réunirent pour fonder un ordre religieux et militaire. La forme qu'ils adoptèrent extérieurement voilait un régime secret et intérieur dont le mystère a servi de prétexte pour en suspecter le but.

La forme extérieure n'était que le moyen de s'associer des coopérateurs pour remplir leur but ostensible en même temps qu'elle servait à conduire à un autre terme ceux qui s'en rendaient dignes, et pour parler le langage même de la règle : "Cet ordre, très petit dans le commencement, tirait son origine de celui qui dit : C'est moi qui suis le principe et qui vous parle ; c'est pourquoi lorsque quelqu'un de la masse de perdition voulait s'attacher à cet ordre, qu'on ne le lui accorde pas d'abord ; mais selon le commandement de Saint Paul : Eprouvez les esprits s'ils sont de Dieu et après qu'on lui permette l'entrée". 

L'histoire vous a appris, Mon Bien Aimé Frère, que ce fut en 1118 et le jour de la fête de la Trinité, que Guivinond, patriarche de Jérusalem, reçut de ces pieux Chevaliers leurs trois   vœux de  pauvreté,   de chasteté  et   d'obéissance,  auxquels  ils  ajoutèrent  celui  de défendre les pèlerins contre les insultes des Sarrasins, et d'exposer journellement leur vie pour le soutient de la foi chrétienne : Hugues de Paganis fut reconnu pour leur chef, et ils portèrent à cette époque le nom de Chevaliers de la Cité Sainte. Si, pendant les neuf premières années de leur institution, il ne leur fut pas permis d'être plus de neuf, ce fut, n'en doutez pas, par une délibération sage de l'Ordre essentiel que les choses furent ainsi réglées. Il voulut d'abord occuper à des objets plus réels, d'une utilité plus générale, et qui pouvaient convenir à tous les temps ceux qui, dans la suite, devaient accroître leur nombre, pour servir et défendre la religion autrement que par leurs armes, en instruisant à leur tour les Frères qui se réuniraient à eux, ou du moins ceux qui s'en rendraient dignes. Quelques sectateurs de la Maçonnerie qui ont évité de parler de l'Ordre essentiel et primitif ont adopté une opinion qui parait avoir quelque fondement. Ne pouvant se dissimuler que les Templiers ont eu des connaissances essentielles, ils ont pensé qu'ils les tenaient des Esséens qui vivaient dans la Palestine.

Il est une autre secte qui semble avoir des rapports avec la Maçonnerie, c'est celle des Thérapeutes. Ce qu'on connaît des Thérapeutes et des Esséens doit les rendre recommandables, et loin de rejeter cette union avec les Templiers indiquée par quelques grades, ils doivent fixer l'attention des Maçons, et il peut être aussi avantageux qu'intéressant de les rappeler dans une tradition secrète. L'institut de la philosophie des Thérapeutes, c'est-à-dire médecins ou étudiants, d'après leur rai nom, parce qu'ils professent cette médecine qui est plus élevée que celle qu'on exerce dans toutes les villes, cet institut, disons-nous, avait pour objet la contemplation de la nature. Les Thérapeutes s'adonnaient uniquement à cette étude, et aux soins de l'âme ...

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