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Hauts Grades

Ecuyer Novice : instruction(3)

16 Avril 2006 , Rédigé par JB WILLERMOZ Publié dans #hauts grades

Ces philosophes croient que ce que l'Ecriture Sainte rapporte est allégorique et que toute la loi a une similitude avec l'homme animal, parce que les préceptes ont du rapport avec le Corps, mais que le sens caché sous le voile de la lettre a du rapport avec l'âme.  

 

Que dans ce sens l'âme raisonnable se contemple elle-même d'une manière élevée comme dans un miroir, apercevant sous cette même lettre la beauté admirable du sens qu'ils expliquent par le voile des allégories, et mettant au jour le sens caché, seulement pour ceux qui, enseignés occasionnellement, savent expliquer ce qui est obscur par ce qui est clair. Ils observent particulièrement les nombres, et révèrent non seulement le nombre simple de 7, mais aussi sa force multipliée. Le nombre de 50 est un nombre très saint parmi eux et très agréable à la nature. Ils le regardent comme résultant de la force d'un triangle rectangle qui, selon eux, est le principe de la génération de toutes les choses. Enfin, à quelques unes de leurs assemblées aux cérémonies en usage dans cette secte, à un signe caractéristique qui leur est propre, il semble que nous ne pouvons nous refuser de les reconnaître pour nos Frères.                                      

En effet, lorsqu'ils se réunissent, ils sont placés dans une position décente, tenant leurs mains sous le manteau, la droite entre la poitrine et la barbe, et la gauche posée au côté, ce qui forme exactement le signe d'apprenti, et prouve son ancienneté A l'égard des Esséens que des Maçons instruits ont associés avec les Chevaliers Temple et qu'ils ont reconnus par là comme liés à la Maçonnerie essentielle, ils méritent sans doute d'être distingués des sectes juives.

On ne voit pas dans l'Evangile que Jésus Christ en ait parlé, ni qu'il ait prêché parmi eux. Voués à la vertu, ils joignaient la philosophie morale à la philosophie naturelle, et initiaient d'autres personnes aux mêmes mystères. Ils apprennent, nous disent ceux qui ont parlé des Esséens, à connaître le vrai bien, le vrai mal, et ce qui est indifférent ; ce qu'il faut chercher, ce qu'il faut fuir, et examinent leurs actions d'après ces trois règles, l'amour de Dieu, de la vertu et des hommes. Ils servent Dieu avec la plus grande piété, non pas en immolant des victimes, mais en conformant leurs mœurs aux règles de la sainteté. Ce qui achève, Mon Bien Aimé Frère, de les rendre recommandables aux Maçons, c'est qu'on pense communément que Saint Jean Baptiste si justement vénéré par les Franc-Maçons a vécu parmi les Esséens jusqu'au temps où il commença à baptiser et à prêcher la pénitence. Il est constant qu'ils initiaient d'autres personnes à leurs mystères ; cette initiation doit être pure, puisque Saint Jean Baptiste est présumé l'avoir reçue. Ils recevaient les étrangers qui avaient les mêmes instituts ; les neuf premiers Chevaliers Templiers ont donc pu et du fraterniser avec eux, car leur institut paraît avoir les plus grands rapports, et l'initiation à leurs mystères est plus que probable ; Cherchez avec nous à vous rendre digne d'en acquérir la certitude.

Vous voyez, Mon Bien Aimé Frère, comment les neuf fondateurs de l'Ordre du Temple qui furent distingués, et méritèrent de l'être par la pureté de leurs mœurs, les grandes vertus et leur zèle pour la religion chrétienne, vous voyez comment ils ont été instruits, et les moyens qu'ils eurent pour faire des progrès dans les sciences. Soit que le Haut et Saint Ordre les ait instruits directement, soit que les Esséens aient été les intermédiaires dont le Saint Ordre s'est servi, ou qu'après s'être communiqués sur quelques objets, il ait permis aux Esséens de les initier à leurs mystères, on est convaincu assez généralement que les Templiers furent choisis pour devenir dépositaires de quelques connaissances dont la propagation importait au bonheur des hommes. Aujourd'hui on ne doute plus que ces connaissances n'aient des rapports essentiels avec la Franc-Maçonnerie et que par son secours on ne parvienne à les recouvrer, surtout depuis qu'on s'est confirmé dans l'opinion que les Templiers ont connu l'initiation Maçonnique et n'en sont pas les instituteurs.

En effet, il a été constaté, à l'époque du Convent de 1782, qu'ils ont pratiqué et professé la Maçonnerie dans ses principaux et plus anciens emblèmes. Ce n'est point une assertion hasardée, un Maçon très zélé dans les recherches qui pouvaient confirmer ce point de notre tradition, dirigé par un ancien manuscrit relatif à cet Ordre, a découvert en fouillant dans le Tyrol dans un terrain qui avait appartenu aux Templiers, des médailles anciennes très expressives, sur lesquelles sont gravés les principaux emblèmes et Symboles de la Franc-Maçonnerie. Le vulgaire sait seulement que les Templiers avaient une Règle secrète à laquelle les seuls Chevaliers ayant droit d'entrée dans les Chapitres généraux étaient admis, et qu'ils étaient peu nombreux. On a tiré des conséquences fausses contre ce qui se passait dans le secret. Les Maçons savent que ces grades successifs qui ne se conféraient qu'avec les plus grandes précautions, en y employant tout l'appareil du mystère, n'étaient autre chose que l'initiation Maçonnique par laquelle on les conduisait à quelques connaissances relatives qui ont été, et sont encore tenues très secrètes.

Ce qui a dû nécessairement échapper à la pénétration des écrivains, a été saisi par les Maçons instruits, qui savent apercevoir la cause de ce mystère dont les Templiers Maçons se sont enveloppés aux yeux du public, et même de la multitude de leurs Frères. Vous connaissez, Mon Bien Aimé Frère, le subit accroissement de cet ordre dont la plupart des membres, fiers de leur grand nombre, et de leurs richesses, oubliant l'esprit de leur règle, s'abandonnèrent aux vices, et attirèrent par là sur l'ordre même les maux qui en ont opéré la destruction. Ainsi, d'un côté l'orgueil qui accompagne trop souvent le pouvoir et l'opulence, et qui corrompt tout ce qu'il touche, de l'autre, leurs richesses qui excitèrent l'envie, la jalousie et la cupidité préparèrent leur ruine.

Philippe le Bel jura la perte de l'ordre, et il en exigeât le sacrifice de Clément V, pour prix de son exaltation dont il lui était redevable. Nous passons sous silence les détails révoltants des crimes absurdes dont l'ordre était accusé, et les supplices qui terminèrent les jours d'une multitude de Templiers Vous savez que Jacques de Molay, dernier Grand Maître et Guy, dauphin d'Auvergne, aimèrent mieux partager le sort de leurs frères, et subir la plus horrible mort, plutôt que d'entrer dans les vues de Philippe le Bel, qui, pour justifier ses cruautés, voulait les forcer d'avouer leur infamie, et ils terminèrent leur glorieuse vie avec l'héroïsme de l'innocence. Vous n'ignorez pas sans doute que le concile de Vienne se refusa de prononcer leur ex-tinction, et que le pape Clément V y suppléa par la plénitude de la puissance apostolique ; qu'en Angleterre les Templiers arrêtés ayant protesté de leur innocence furent relâchés, qu'en Espagne, en Allemagne, et en Italie ils furent absous, et déclarés innocents. Telles furent les révolutions et la fin d'un ordre illustre et malheureux, sorti, comme tous les autres, de l'ordre général de l'ancienne Chevalerie, distingué par les connaissances qu'il a possédé, connaissances précieuses cultivées secrètement qu'il tenait du Haut et Saint Ordre, et peut-être aussi par l'initiation des Esséens, par leur communication avec les Thérapeutes, ainsi qu'avec quelques uns de ceux qui avaient été admis chez les sages de l'orient aux connaissances qu'ils ont professées.

C'est, comme nous l'avons déjà dit, uniquement en vue de la Maçonnerie et dans l'intention de nous rapprocher du Haut et Saint Ordre que nous conservons des rapports de filiation avec l'ordre du Temple, voilà sur quoi elle est fondée. Par une tradition ancienne, secrète et accréditée parmi les Maçons on sait que Jacques de Molay, dernier Grand Maître, qui gémissait dans les fers, fut visité dans sa prison par le Comte de Beaujeu, son neveu qui en obtint la permission du Roi, parce qu'il ignorait qu'il fut Templier secret, c'est-à-dire qu'il fut initié aux connaissances secrètes de l'Ordre. L'infortuné Molay voyant approcher la fin cruelle de sa vie, songea au dépôt des choses précieuses de l'ordre dont il avait le secret, et qui, transportées de l'orient avaient été cachées dans les souterrains du Temple à Paris.

 Quoiqu'il fut connu de quelqu'autre, il ne pouvait être indifférent à Molay de le transmettre, il en était comptable envers le Haut et Saint Ordre de qui il le tenait. Beaujeu, après avoir reçu de lui les instructions convenables sur le dépôt, ainsi que sur les moyens de s'en saisir, rendit secrètement les honneurs funéraires à son oncle, et se mit en possession du précieux héritage qu'il venait de lui laisser. Beaujeu s'associa avec quelques autres Chevaliers qui avaient échappés à la persécution. On leur prête l'intention d'avoir voulu perpétuer l'ordre, chercher à le propager en secret sous les symboles de la Franc-Maçonnerie et que dans cette vue, ils élurent Beaujeu pour leur Grand Maître le jour de la fête de Saint Jean Baptiste de l'année 1313. Un autre motif les a réunis, c'était la conservation de ces connaissances précieuses dont ils étaient encore dépositaires. Mais il ne purent légalement se permettre de les communiquer sans le consentement de ceux qui les leur avaient confiées, et tout annonce que dès ce moment, elles devaient se réunir pour la partie essentielle dans le sein du Haut et Saint Ordre, d'où elle étaient émanées ; les formes Maçonniques et quelques explications qui peuvent rapprocher du but primitif pour les choses qu'ils ont pu transmettre, ceux qui ont pris cela pour la chose même ont du nécessairement s'égarer dans leurs recherches, et de là les systèmes qui nous divisent.

La même tradition nous apprend que Pierre d'Aumont, Maître Provincial d'Auvergne et quelques Chevaliers se réfugièrent à l'île de Mulle en Ecosse, où se rencontrèrent George Haris, Grand Commandeur d'Amptoncourt qui s'y était également retiré avec quelques Frères. Ils s'y confirmèrent dans le dessein de perpétuer la Franc-Maçonnerie d'où est ensuite provenue la dénomination de Maçon ou grade Ecossais. Beaujeu étant mort, Pierre d'Aumont lui succéda, et à celui-ci George Haris, ce fut ce dernier qui permit aux Chevaliers de se marier comme étant l'unique moyen de conserver l'ordre, en concentrant tous ses secrets dans leurs famille ; ils se perpétuèrent d'abord par leurs enfants, ensuite ils s'associèrent d'autres personnes par des initiations à différents degrés afin de s'assurer de leur discrétion. Si les Chevalier Templiers dont les noms se sont conservés parmi nous avaient le double but de conserver les connaissances précieuses qu'ils ont possédé, et de perpétuer et restaurer civilement l'ordre éteint, tout annonce que ce projet a été abandonné, puisque Haris n'a plus eu de successeurs connus dans la Grande Maîtrise

Et on pourrait peut-être dater de cette époque l'introduction d'une multitude d'opinons sur la Maçonnerie qui ont altéré les emblèmes, et rompu tous les rapports avec le Haut et Saint Ordre, qui ne s'est plus fait connaître qu'à un très petit nombre de Maçons qui ne cherchaient point le Grand Maître caché de l'ordre du Temple, mais l'ordre même qui lui est supérieur Cette tradition mal comprise a servi de prétexte à quelques sectateurs pour avancer que les emblèmes maçonniques ne servaient de voile qu'à l'ordre du Temple, et n'avaient pas d'autre but que de servir à la perpétuation secrète de cet ordre.

Aussi le terme final de ceux qui ont adopté ce système de restauration était de dire que les Templiers avaient été les premiers instituteurs de la Maçonnerie, qu'elle avait pris naissance à l'époque de leur extinction, et qu'ils avaient fait choix de l'emblème du Temple de Salomon, parce qu'ils obtinrent de Baudoin II un logement dans l'enceinte de l'ancien Temple de Jérusalem, d'où ils prirent le nom de Templiers ou de Chevaliers du Temple. ......

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