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Hauts Grades

Kabbale et Chevalerie

26 Avril 2005 , Rédigé par Olivier Publié dans #hauts grades

Les Chevaliers de la Table Ronde

A chacun des sept chevaliers « appelés », se rapporte un ensemble de caractéristiques détaillées au travers de leurs parcours propres, celles-ci n’étant que les expressions voilées d’une influence séphirotique prépondérante véhiculée par le corps céleste, auquel elle est liée.

Ainsi, Galaad, sommet et perfection de la voie chevaleresque, symbolise de par son apparition, sa pureté absolue et sa vocation sacrificielle : le Messie, il illustre dès lors la Séphira CHESED, celle là même ouverte dans le corps de l’Homme Dieu d’où s’écoule le sang royal. C’est pourquoi Galaad est aussi dénommé « Chevalier Désiré » car « …seul est digne de conquérir et de garder le Graal, celui qui par sa lignée terrestre, descend de David et de Joseph d’Arimathie, et par sa qualification spirituelle à la Séphira de la Grâce, au côté droit transpercé du Christ… ». Expression de CHESED traditionnellement liée à Jupiter, et dont les qualités de générosité et de magnanimité nourrissent l’évolution de chaque être, Galaad fait référence à la vertu de CHARITE.

Deuxième des trois chevaliers prédestinés : Bohort, qui se démarque par deux particularités : -sa chasteté : Galaad et Perceval sont décrits comme « vierges ». -son retour à la cour du Roi Arthur. La chasteté du chevalier Bohort, est en fait, synonyme d’une double connaissance : celle du corps terrestre, et de l’effort ascétique exigé pour le dominer et le transcender. Rien d’étonnant dès lors que le cheminement de Bohort soit empreint d’austérité, et marqué par nombre de combats solitaires, comme de tentations éprouvantes. N’est-ce pas le propre de la Voie Héroïque, qui comme la Voie Hermétique, a pour finalité de transmuter le plomb en or ? Les qualités soulignées, ici, sont celles du courage, de la résolution, de la rigueur, elles se rapportent à la Séphira GEBURAH, elle même associée à la planète Mars, et incarnation de la vertu d’ESPERANCE. Grâce à ses efforts, le chevalier terrestre Bohort, deviendra céleste avant de revenir à la Cour du Roi, c’est le seul des trois chevaliers élus à revenir sur terre, après l’achèvement de la Quête, peut-être pour mieux transmettre le récit sacré à la postérité ? Comment ne pas voir en lui, l’incarnation d’une transmission : celle de la Tradition Primordiale, et de sa clé symbolique, obtenue après avoir atteint la perfection spirituelle ? Comment ne pas évoquer l’image de Saint Jean l’évangéliste ou d’Elie, tous deux marqués comme Bohort par la puissance de la foudre ?

Né, élevé, évoluant tout au long du récit dans les forêts, Perceval nous renvoie d’abord à la Nature(Vierge, par excellence), cependant la virginité de Perceval s’assimile à une disposition spontanée de Cœur et d’Esprit, qui le conduira par droit naturel, au Saint Graal. C’est ainsi qu’à Perceval, sont révélées avant tout autre, l’origine comme l’achèvement du cheminement graalique, c’est encore à Perceval, qu’est envoyée l’Arche qui recueillera les trois chevaliers élus, pour les mener successivement, à la Nef de Salomon, puis au Château du Graal. Perceval symbolise ainsi la voie directe de la Quête, synonyme de transparence et de pureté, il reste le symbole parfait des puissances animales, végétales et minérales non corrompues par la Chute. En lui, nous pouvons percevoir « l’Or natif », la lignée spirituelle d’ABEL dont le regard « …perce le val des apparences dans la lumière simple de la Foi… ». Simplicité, Spontanéité, Générosité sont les qualités de Perceval, digne personnification de la Sephira centrale du Monde et de la Création :TIPHERETH, comme de son corps céleste : l’Astre solaire.

Elevé par la Dame du Lac, Lancelot conjugue toute l’ambiguïté de ses eaux, comme si la à la pureté limpide de celles-ci, devait s’opposer le reflet trompeur du miroir, d’où naît l’attachement aux formes. Cette ambiguïté est, on ne peut mieux, mise en relief au vu du double aspect : positif et négatif du personnage. · L’aspect positif : entant que géniteur de Galaad, le meilleur chevalier céleste(ou chevalier du Monde de la Création), Lancelot est, par voie de fait, le meilleur chevalier terrestre(ou chevalier du Monde de la Formation).Lancelot annonce Galaad comme l’Etoile du matin annonce le soleil d’Orient. · L’aspect négatif : séduit et captivé par la beauté de la Reine Guenièvre, son amour passionné le rend prisonnier de ses sens, et stérilise dès lors ses vertus naturelles. Bien qu’expert dans les tournois de guerre, comme d’amour(n’est-il pas désigné comme étant le meilleur chevalier du monde), Lancelot est vaincu une seule fois par son fils Galaad. Loin d’être un échec, cette défaite annonce une libération, celle de « la mort du vieil homme » car, délaissant sa condition d’homme dans ce qu’elle a de plus passionnée, Lancelot s’abandonne alors à la volonté divine, et obtiendra ainsi d’entrevoir le Saint Graal. Il reste d’ailleurs, le seul des chevaliers terrestres non prédestinés à atteindre le Château Graalique. L’histoire de Lancelot dessine à elle seule, la voie exotérique, prisonnière des formes, mais elle annonce aussi , le Salut au travers de la pénitence, de la conversion, de la piété et de la discipline. L’attachement amoureux de Lancelot, l’image de l’Etoile du matin, nous renvoient au ciel de Vénus, véhicule de la Séphira NETZACH dont les qualités se confondent en la beauté séduisante, et en l’amour joyeux du monde de la nature.

Frère jumeau de Bohort, Lyonel aveuglé par l’orgueil, l’ambition et la colère, est décrit comme « une poutre pourrie… ». Un épisode du récit illustre la différence extrême séparant les deux frères. Lyonel sans respect pour Bohort le provoque, acculé à se défendre, ce dernier va le frapper, quand une voix s’écrie : « …Fuis Bohort, ne le touche pas, tu le tuerais !… » et entre eux, descend du ciel, un brandon de feu, la même voix enjoint alors Bohort « …à se lever et à quitter la compagnie de son frère… ». Quelle leçons pouvons-nous tirer de cette confrontation, qui nous rappelle nombre de nos combats personnels ? · Celle qui veut que la force du Soi, toute puissante, puisse foudroyer par simple contact. · Celle qui souligne la nécessité, tout comme Bohort, de laisser les illusions de l’ego, pour arriver à transmuter notre moi en expression du Soi. A travers toute sa verve et sa versatilité, Lyonel symbolise toute l’ambiguïté gémellaire de la sphère de Mercure, véhicule de la Séphira HOD, qui est aussi celle de la splendeur illusoire.

Neveu et plier du Roi Arthur, Gauvain est décrit comme « …un vieil arbre qui n’a plus de feuilles ni fruits… », c’est là, une allusion au tronc de l’Arbre de Vie, en attente de reverdir, et dont les fleurs blanche, verte, et rouge, sont incarnées par les trois chevaliers purs. Gauvain illustre en fait, le symbole en ce monde, d’une trace présente au plus profond de notre être, celle de l’état premier qui ne demande qu’à refleurir. Dans le récit, cette renaissance survient au décours du choc qu’il reçoit à la tête, infligé par Galaad et son épée, celle là même sortie du perron, au début du récit. Le choc fut si violent qu’il « …fendit le heaume et la coiffe de fer… » mais, en tuant « …la chair matérielle et en libérant les os de la résurrection… », il souligne une puissance salvatrice : celle de l’Initiation. A lui seul, Gauvain personnifie la Séphira YESOD, qui tire toute sa valeur de l’éclat de TIPHERETH(Gauvain n’est-il pas le meilleur ami de Perceval ?), de même que sa sphère céleste, la Lune, qui tire lumière et énergie du Soleil. Grâce à la puissance imaginative et intuitive de YESOD, directement issue de l’éclat de TIPHERETH, l’équilibre entre lumières et ténèbres, tout comme l’espoir de renouer avec le Principe Créateur, peuvent être maintenus.

Dernier des chevaliers appelés, Helain le Blanc, celui-ci n’est en réalité, qu’un nom de convenance attribué à sept compagnons, qui échouent dans la Quête du Graal, symbolisant tous ceux qui ne dépassent pas le monde d’ASSIAH, ce monde physique dans lequel nous sommes nés, étape ultime de notre incarnation terrestre. Helain le Blanc se confond en la Séphira MALKUTH ou Séphira du monde physique manifesté, il symbolise tous ceux enfermés dans les illusions des apparences visibles et des puissances charnelles.

Des 150 chevaliers, seuls trois d’entre eux : Galaad, Bohort et Perceval seront élus, mais au travers de leur particularisme, chacun incarne une tonalité spirituelle spécifique. Galaad, de par son détachement et sa disposition absolue à la Vocation ne nous renvoie-t-il pas à la Voie UNITIVE de la Mystique ? L’ascèse de Bohort n’illustre-t-elle pas la Voie PURGATIVE de celle-ci ? Quant aux dévoilements et autres découvertes de Perceval, ne soulignent-ils pas la Voie ILLUMINATIVE de cette même Mystique ? A partir de ce constat, tout un ensemble s’articule harmonieusement devant nous, c’est ainsi qu’à chacune de ces voies, on peut y rapporter un vœu, une règle, voire un Archange :

· à la Voie UNITIVE : le vœu d’OBEISSANCE, la Règle des Templiers, l’Archange MIKAEL(qui est comme Dieu).

· à la Voie PURGATIVE : le vœu de PAUVRETE, la Règle des Chevaliers hospitaliers de Saint Jean , L’Archange GABRIEL(Force de Dieu).

· A la Voie ILLUMINATIVE : le vœu de CHASTETE, la Voie des Chevaliers errants, l’Archange RAPHAEL(Guide de Dieu).

Le plus grand secret toutefois réside dans la révélation que les Voies UNITIVE, PURGATIVE et ILLUMINATIVE , sont indissociables entre elles et qu’elles doivent se vivre malgré nos dispositions naturelles, successivement puis simultanément. Rappelons nous aussi, que bien que poursuivant initialement des cheminements distincts, ce n’est qu’une fois réunis, que les trois chevaliers purs parviennent au Château du Graal. Sur le postulat que le chevalier sur son cheval est synonyme du principe spirituel de la personnalité, porté par la force vitale, que peut bien sous entendre le changement de monture de nos trois chevaliers élus Galaad, Bohort et Perceval, ainsi que du chevalier sauvé Lancelot, à la cinquième étape de leur cheminement respectif, qui les voit alors voyager dans une Arche ? Changer de monture, est ici assimilable à un changement d’état, passer du cheval à la nef, n’est que la signature de l’abandon des facultés et volontés individuelles, pour s’en remettre à jamais à la volonté du Très Haut. Voilà la différence absolue entre la « Chevalerie Terrienne » et « la Chevalerie Céleste ». Ainsi donc, la reconquête de l’état paradisiaque passe initialement par 7 étapes, en relation directe avec les 7 Séphiroths et leurs sphères planétaires. Une fois ces étapes franchies, Galaad, Bohort et Perceval, accèderont à la 8° porte : La Séphira BINAH. Celle-ci dénommée, Cité de SARRAZ, n’est rien d’autre que la Jérusalem Céleste, le Centre Universel de la Tradition Primordiale, que le Christ lui-même, confia à Josèphe, fils de Joseph d’Arimathie. Il est écrit, que ce centre spirituel suprême est constitué d’un cercle de douze élus, où Josèphe exerce à la Table d’Argent du Graal un sacerdoce souverain : « …et vous êtes douze tout comme il y eut douze apôtres,…moi je suis le treizième qui doit être votre maître et votre pasteur… ». Comme stipulé par Josèphe, ce sacerdoce est permanent, voire éternel : « …de même que je le servis quand j’étais créature terrienne, de même je le sers maintenant en esprit… ». La Quête du Graal dessine donc un chemin ouvert à tous les hommes sincères de cœur et d’esprit, qui s’établit depuis la Table Ronde en MALKUTH, jusqu’à la Table d’Argent du Graal en BINAH. Tout au long de ce cheminement, marqué par l’Ascension, l’âme du Cherchant se voit rejeter les choses communes de l’existence terrestre en MALKUTH, elle se voit animée par une quête incessante en YESOD, invitée à l’action en HOD, embrasée d’un désir intense pour Dieu en NETZACH. Elle s’est vue apercevoir Dieu en TIPHERETH, le toucher en GEBURAH, elle s’est aussi découverte audacieuse à l’extrême, dans son désir d’union au Divin en CHESED avant de capturer le Bien Aimé en BINAH. Au delà, il est dit que l’âme se consume doucement en Dieu en CHOKMAH, avant de s’assimiler intégralement à celui-ci en KETHER. La finalité de la Quête du Graal, c’est peut-être le Christ lui-même, qui l’exprime à la perfection en déclarant : « …je suis sorti du Père et venu dans le monde, maintenant je quitte le monde et je vais au Père… » (Jean 16/28).

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