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Hauts Grades

RER code général des CBCS(1)

26 Avril 2005 Publié dans #hauts grades

Convent National des Gaules

novembre 1778-465

TITRE I

  Des différentes classes de l'ordre et des qualités requises pour y être reçu

ARTICLE I

 Différentes classes de l'Ordre

L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la C. S. ramené par la réforme à son but primitif, qui n'est autre que le soulagement de l'humanité, au service de laquelle il est voué, s'occupe de tous les moyens propres à y atteindre, discute les idées utiles, et se sert de la réunion des forces individuelles pour les réaliser et les exécuter avec plus de facilité. On n'a donc pas cru devoir astreindre les Chevaliers à des obligations uniformes et souvent incompatibles avec l'état qu'ils ont choisi dans la Société Civile, mais comme jadis une partie de la milice du Temple combattait sur les grands chemins les ennemis des Chrétiens tandis qu'une autre recevait les pèlerins dans leurs hospices, et y joignait les pauvres et les blessés, on reconnaît de même aujourd'hui trois classes de Chevaliers, celles des Chevaliers Réguliers ou Clerc, des Chevaliers Militaires, Milites, et des Chevaliers Civils, Equites Cives Sanctae Civitatis. Les Chevaliers d'une Préfecture sont distribués et divisés de deux manières, par Commanderies selon leur domicile et par Classes selon leur condition civile. Chaque Classe dans une Préfecture a un Inspecteur, qui la préside lorsqu'elle est appelée à délibérer sur des objets relatifs à ses fonctions ou obligations.

  Les Chevaliers réguliers, c'est-à-dire, ceux qui ont reçu les Ordres Sacrés d'une communion Chrétienne, recommandent en particulier l'amour des bonnes mœurs et d'une religion douce, bienfaisante et tolérante, remplissent les fonctions ecclésiastiques dans les cérémonies de l'ordre, et veillent à l'observation du culte divin et d'une sainte discipline dans les asiles, hôpitaux d'orphelins et d'autres hospices fondés par l'Ordre

  Les Chevaliers Militaires, parmi lesquels on ne comprend en France, que ceux qui sont en activité de service, ou qui se sont retirés avec la croix, ou après avoir servi 20 ans, se dévouent par de nouveaux serments à la défense de leur patrie et promettent de se rappeler au milieu des horreurs de la guerre, des lois saintes de l'humanité et de la générosité envers les vaincus, les mourants et les prisonniers.

  On comprend parmi les Chevaliers civils, tous les Frères nobles ou non, qui n'ont pas servi pendant l'espace de temps prescrit et qui ont un état honorable dans la société, tel qu'il est défini ci-après. Les Magistrats et gens de Loi font vœu de défendre le faible et l'opprimé; les Médecins d'assister gratuitement les pauvres de leurs conseils, les Gens de Lettres de vouer leurs veilles à des ouvrages qui étendent l'empire de la vertu et de la vérité, ; les Négociants d'entretenir la circulation des besoins mutuels et de procurer du travail et du pain à des citoyens pauvres et honnêtes, les Agriculteurs, gens de finances et autres bourgeois honnêtes, placés dans un état moins assujettissant à des devoirs civils, sont d'autant plus à même de vouer leurs loisirs au bien de l'humanité; tous en général secondent les vues bienfaisantes de l'Ordre.

ARTICLE II

Des qualités requises pour être reçu

  L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de C. S. fondé par des gentilshommes ; n'admettait dans son sein que ceux, qui prouvaient par titres authentiques et d'après les formalités requises, qu'ils étaient nés de parents nobles de noms et d'armes.

  Cet ancien statut fondé sur la constitution féodale de l'Europe et militaire de notre ordre, tenant plus de la vanité que de la justice, on a cru, que dirigé aujourd'hui vers l'exercice seul des vertus sociales et patriotiques, mixte d'ailleurs dans sa composition, on ne pouvait sans injustice en exclure des candidats utiles, remplis de talent et de zèle pour le bien public, mais moins favorisés par le hasard de la naissance. Considérant donc que la vraie noblesse consiste dans la vertu, et que celui, qui arrache son nom à l'obscurité par des actions généreuses, est digne des honneurs qui ne doivent en être que la suite, en a arrêté ce qui suit :   Nul ne sera admis dans l'Ordre  qu'il n'ait fait preuve de noblesse. Ces preuves consisteront, ou dans des titres d'une noblesse héréditaire, ou dans ceux d'une noblesse personnelle.

  Les preuves d'une noblesse personnelle, seront ou l'exercice d'un emploi qui donne la noblesse, ou des actions vertueuses et non suspectes, qui seront consignées par des informations préliminaires faites par le Prieur du Clergé et l'Inspecteur des Novices.   Quels que soient les titres de noblesse que produit un candidat, si dégénérant de ses ancêtres, il en souille la tige respectable par des actions déshonorantes, il sera rejeté et ne sera reçu, que lorsque par des mœurs pures et la vraie noblesse du cœur, il répondra à l'attente de la patrie.

  Ne seront point admis dans la classe des Chevaliers, ceux qui ne jouissent pas dans la Société civile d'une existence qui rapproche les individus, comme Nobles, Ecclésiastiques, Militaires, Magistrats, Médecins, Avocats, Négociants, Bourgeois aisés ou classés honorablement dans la finance, et enfin tous ceux qui ne feront pas rougir l'Ordre  de leur admission ; disposition dont l'application sera laissée à la prudence des Chapitres. Cette partie des informations qui doivent essentiellement précéder toute inscription de candidats au noviciat, dépend de l'Inspecteur des novices, qui examine les titres de noblesse héréditaire ou morale, en fait l'exposé au Chapitre et expédie au Commandeur de maison son consentement pour recevoir le candidat écuyer. C'est le président du Chapitre qui lui donne, lors de la cérémonie de son armement, le nom d'Ordre.   Tous les Chevaliers, qui ont été une fois admis à la profession de leurs vœux sont parfaitement égaux. Ni une naissance plus illustre, ni un rang plus élevé dans la Société civile, ne donnent la moindre prérogative réelle aux Frères. Les Princes mêmes, qui veulent renoncer volontairement aux prestiges de la vanité et à l'inégalité politique des hommes, pour goûter des plaisirs purs dans le sein de l'amitié et de la bienfaisance, respecteront la loi précieuse de l'égalité, base fondamentale de tout ordre, dont les membres se consacrent à l'exercice pénible, mais satisfaisant de la charité chrétienne. La seule prérogative due à leur naissance et aux moyens plus efficaces que la Providence leur a départis pour se rendre utiles à l'humanité, est celle que le Chapitre provincial ou celui de la Préfecture à laquelle ils sont attachés, leur présente tout de suite après la réception un brevet de conseiller d'honneur de la Province ou de la Préfecture, et le pas sur tous les simples Chevaliers.

C'est le Prieur du clergé qui est chargé des informations sur les qualités morales du candidat ; il fait les enquêtes les plus sévères pour s'assurer de ses principes religieux, de ses mœurs, et de son caractère. Il s'informera, s'il respecte la religion, base du bonheur public, s'il n'attaque jamais les principes et surtout les sentiments religieux par les sarcasmes, et s'il est pénétré de cette tolérance douce et éclairée, de cette charité fraternelle, que la loi chrétienne prescrit.   Quant aux mœurs, il écartera ces égoïstes décidés, qui ne vivent que pour eux et sacrifient à leur repos et à leurs familles et fantaisies, le bonheur de leur prochain. Il fermera l'entrée du Temple à ceux, qui ont manqué aux lois de la Probité et de l'honneur, qui sont connus publiquement pour avoir failli de satisfaire à leurs engagements, qui mènent une vie débauchée et crapuleuse et se déshonorent par tel autre vice majeur, qui donne scandale public.   Quant au caractère, il s'informera exactement, si le candidat est bienfaisant, humain, sensible, si une avarice sordide ne le rend pas inhabile à goûter la volupté pure, attachée aux bonnes actions et comme enfin l'intérêt de l'Ordre exige qu'on dérobe la connaissance de notre rétablissement et de nos opérations jusqu'au moment où nous aurons acquis par nos bienfaits et nos travaux des droits à l'estime publique et à une existence légale, pour que l'envie, le fanatisme et la manie malheureuse de jeter du ridicule ou du découragement sur les projets utiles, ne s'opposent à nos progrès on s'informera avec soin, si les candidats proposés sont discrets et susceptibles d'un zèle soutenu.   Les Chevaliers doivent être les arbitres de leur sort à avoir par cette raison atteint l'âge de majorité ou de 25 ans en entrant au Noviciat. Ils doivent jouir d'un revenu honnête et assuré, pour ne pas tomber à la charge, ou défaveur, ou au déshonneur de l'Ordre.  Si le candidat n'a pas encore atteint son âge de majorée il doit obtenir dispense d'âge du Chapitre, dont les suffrages doivent être unanimes sur ce point, et payer pour cette faveur un droit de passage applicable à l'hospice qui sera fixé par le Chapitre.  Le Noviciat est d'un an ordinairement. Celui qui pendant son année d'épreuve, n'aura pas été réglé en ses mœurs et conduite, sera tenu de continuer une seconde année, même une troisième, et si sa conduite ne devient pas plus régulière, il ne sera jamais armé Chevalier. Si l'Ecuyer demandait dispense d'intervalle à telles fin d'être armé Chevalier avant l'année révolue de son Noviciat, il  doit obtenir pareillement pour cette faveur le Consentement unanime du Chapitre.

On ne pourra recevoir Ecuyer un candidat d'une autre Province ou Préfecture sans le consentement formel de ses Supérieurs naturels. L'Inspecteur  des novices s'adressera à cet effet à eux, et pourra tout au plus rendre un compte favorable de ses vie et mœurs, s'il a demeuré pendant un certain temps dans le ressort de la Préfecture ou il demande le Noviciat.   L'Inspecteur des Novices de la Préfecture du lieu de naissance du Candidat, ou si elle n'est pas en activité, le Visiteur général de la Province ou du Prieuré, auquel on s'adresse en ce cas, commencent l'information d'état et de ses vie et de ses mœurs, et si elle est favorable et que le Chapitre y consente, on envoie au Chancelier de la Province ou à celui de la Préfecture où l'on veut recevoir, un acte qui lui donne facultatem inscribendi vel induendi selon la demande. Le Chapitre qui reçoit, prélève sur chacune des deux réceptions de l'intérieur un quart pour frais de réception et renvoie le surplus de la taxe au Chapitre préfectoral du lieu de naissance du candidat, à moins que celui-ci ne soit établi dans ce dernier lieu et y fasse élection permanente de domicile, dans lequel cas il n'y a pas de permission à demander.   Ne seront pas compris dans la classe de ceux, qui élisent leur domicile, les Militaires qui sont en garnison dans une ville, qu'on renverra au lieu de leur naissance ou de leur domicile ordinaire.

  Tout candidat enfin reçu dans la Fraternité intime des Chevaliers bienfaisants, doit recueillir les suffrages unanimes pour son admission, qui seront donnés par la voie du scrutin avec des ballotes blanches et noires. La première proposition faite par un Frère sera simplement consignée sur les registres, et quand il s'agira de passer au scrutin, le Préfet sera obligé de demander le consentement des Commandeurs respectifs. S'il y a deux ballotes noires, le scrutin est rompu et on ne peut proposer le candidat qu'après trois mois révolus. Si les Frères, qui ont été contraires, ont eu de bons motifs et qu'ils veuillent les déclarer en plein Chapitre, on prend acte de leur dire et l'on ne peut alors jamais recevoir le candidat, à moins que ceux-ci n'ayant donné par écrit le désistement de leur opposition, pour qu'on ne profite pas de leur absence, pour proposer un candidat, qui leur serait désagréable.   S'il n'y a qu'une ballote noire contraire à la réception le Maître des Cérémonies, qui recueille le scrutin, le déclare à haute voix, et invite l'opposant à exposer les motifs dans un billet anonyme qu'il enverra au conseil privé, qui examinera leur validité dans la huitaine : le Frère opposant sera obligé de se soumettre à la décision et de consentir à la réception du candidat, si les raisons de refus sont déclarées insuffisantes.

ARTICLE III

Des compagnons d'arme

  Outre les Chevaliers qui ont le premier rang dans l'Ordre et peuvent seuls parvenir aux Commanderies et dignités, on recevra encore conformément à l'ancienne règle et observance des Compagnons d'armes ou Armigeri qui ne doivent pas être de condition servile, mais nés de parents libres, exerçants une profession honnête dans la Société et jouissants de la réputation d'une probité intacte. Ces compagnons d'armes feront le service intérieur du temple et quelques-uns seront adjoints aux Officiers pour les soulager dans les fonctions pénibles de leurs charges. On choisit parmi eux : le Dator pannorum, ou Maître de la garde-robe, et le Minister responsium, chargé de faire rentrer les fonds, subordonnés aux Trésorier et Procureur, ainsi que les Secrétaires adjoints au Secrétaire principal du Chapitre. Ils n'assistent aux Chapitres de conférences que quand ils y sont appelés, pour être consultés sur les détails de fonctions, qui leur sont attribuées ou pour les remplir.

  Le Chapitre pourra quelquefois, au bout d'un service long et distingué, recevoir un compagnon d'armes Chevalier de Grâce ; mais il faut que tous les Capitulaires y consentent ; ils recevront alors, outre le nom d'Ordre, qu'on leur donne lors de leur réception, un sceau avec la devise les éperons et le manteau. Les Compagnons d'Armes sont admis en plein à la participation du Secret de l'Ordre, et reçus d'après un formulaire prescrit et celui de l'armement des Chevaliers.

  Les Compagnons d'Armes  sont choisis, parmi les Frères à talent des Loges, dont la discrétion est éprouvée, et qui peuvent devenir utiles à l'Ordre  et retirer des appointements et gratifications à mesure qu'ils rendront des services. Les dignités de Porte-bannières et de Porte-glaive doivent être conférés à des gens de confiance, qui ayant servi dans les Troupes au moins pendant 6 ans. Ils doivent être tous Maçons et parvenus au grade de Maître. On les fera assister à une Loge d'Ecossais  ou ils prêteront l'obligation de discrétion, après quoi ils seront reçus tout de suite Compagnons d'Armes. On nomme un ou plusieurs Frères, pour s'informer de leur vie et mœurs, et les Compagnons d'armes sont ouis sur le camarade qu'on veut leur associer, et admis au ballottage  avec les autres Chevaliers.

On ne recevra plus dans l'Ordre  comme dans le passé des valets d'Armes, le Convent ayant trouvé qu'il était inutile et dangereux même de confier le secret de notre existence, qu'il nous est important de cacher encore à des gens de conditions serviles, qui n'ont pas toujours cette faculté et cette probité requise pour résister aux tentations qu'on pourrait leur faire, pour livrer nos secrets. On pourra tout au plus employer un ou deux valets dans l'enceinte extérieure et confier tout le service intérieur aux Armigeri. Dans ce cas les premiers seront aux ordres du Maître des Cérémonies, qui leur assignera leur poste.   On ne recevra plus dans l'Ordre dorénavant des sujets dans cette classe intermédiaire appelés faussement Ecuyer, ce qui a ouvert la porte au mécontentement, à la jalousie et où des distinctions arbitraires nées d'une interprétation plus ou moins forcée d'une loi vicieuse, dans la constitution actuelle de l'Ordre, qui ne tend qu'à la bienfaisance et à l'étude de la Vérité. En rappelant la signification d'Ecuyer à la véritable origine, qui était celle du Noviciat et de la pépinière des Chevaliers, on donne cette qualification à ceux qui sont dans leur année d'épreuves pour être reçus Chevaliers. Cette classe de membres de l'Ordre, inconnue jadis, où l'on ne trouve que les Equites, et Fratres Servientes, famuli ou armigeri, qui ne possédaient point de Commandories, reste donc supprimé à celle de Compagnons d'Armes  que nous lui subsistons, tracera mieux les limites de la séparation et entraînera moins d'abus et de plaintes.

  TITRE II

Des devoirs des frères

Les devoirs principaux des Chevaliers de la C. S. sont d'exercer les lois douces de la Bienfaisance envers tous les hommes et principalement envers les Frères, d'obéir à leurs Supérieurs, et de remplir avec zèle et exactitude les obligations de citoyens et autres, qui leur sont imposé par leur situation respective.   Tous les Frères de C. S. doivent respect et obéissance à leurs Supérieurs légitimes, au Grand-maître, Grand Prieur, Visiteur général, Préfet, Inspecteur de leur classe. Commandeur de leur district, et autres officiers dans les affaires relatives à leur département. Cette obéissance cependant, qui est d'essence dans tout Ordre régulier qui vivait anciennement en commun, doit être raisonnable, et n'est demandée que sur des choses justes et honnêtes, conforme aux Statuts, et point contraire aux lois de la patrie, ou aux obligations civiles de chacun.   L'Hospitalité  est la vertu principale des Chevaliers ils doivent l'exercer entre eux, d'une manière franche, simple et qui ne soit point onéreuse; on témoignera surtout aux étrangers toutes les prévenances et on leur rendra tous les services capables de rendre leur voyage utile et agréable.   Chaque Préfecture fera des lois particulières pour bannir du réfectoire de l'Ordre, le luxe et les progrès d'une somptuosité contraire à la simplicité respectable qui doit le caractériser. On a conservé principalement de l'ancienne règle de Saint-Bernard le titre : ut decimus panis pauperibus detur, qui est de stricte observance pour tous les Chevaliers et Commandeurs, et à l'exécution duquel l'Eleemosynaire doit veiller particulièrement.   La loi du Silence et de la discrétion la plus absolue est fondamentale dans l'Ordre ; il est défendu à tout Frère en telle dignité qu'il doit ou qu'il soit constitué, de révéler la moindre chose qui concerne notre constitution, ou ce qui se passe dans nos assemblées directement ou indirectement. Ceux qui seront convaincus d'avoir dérogé à cette loi, seront déclarés incapables de posséder aucune dignité ou charge dans l'Ordre, et condamnés à des amendes, selon la gravité du cas.   L'exercice inviolable des lois sociales et des vertus patriotiques étant la base et le garant de la prospérité de notre Ordre, celui qui serait parjure à sa patrie, qui troublerait le peuple et lui cause du dommage sera jugé par son Chapitre ; son procès lui sera fait sans indulgence, et son jugement sera envoyé dans toutes les provinces.   La pureté des mœurs peut seule préserver notre ordre de la corruption et de la décadence, où sont tombées la plupart des institutions humaines. Fondé sur l'amour de la religion, des mœurs et d'une bienfaisance épurée par les motifs raisonnés qui la dicte, l'Ordre ne peut conserver dans son sein des Gens qui le déshonoreraient par des actions malhonnêtes. Le Conseil privé, dont on parlera plus bas, et principalement le Prieur du clergé veillent à !a conservation des mœurs et requièrent d'office contre tous ceux qui donnent du scandale et compromettent l'Ordre par leurs principes ou leurs actions.   Tout Chevalier est en droit d'avertir le Prieur ecclésiastique, soit ouvertement, soit par billets non signés, des désordres commis par un Frère. Celui-là doit chercher avant tout de le ramener par des monitions fraternelles. Si elles ne réussissent pas, il en rend compte au conseil privé, qui examine la dénonciation, vérifie les faits dans le plus grand silence et conclut, soit à ce que la procédure demeure supprimée, soit à faire avertir une seconde fois le Chevalier accusé de changer de conduite, soit enfin, si le cas est plus grave, d'ordonner la communication du réquisitoire au Chapitre entier, qui seul peut de l'avis des Chevaliers prononcer l'interdiction ou l'exclusion d'un Chevalier. Elle doit cependant le faire sans éclat. Le Prieur-ecclésiastique fait cacheter le réquisitoire avec toutes les pièces, la procédure et le procès-verbal du prononcé, et le dépose aux archives dans un carton ou laisses particulières.   La Concorde intime qui doit régner entre les Frères pouvant être troublée par des motifs d'intérêt, ou par la malignité des gens qui se plaisent à semer la haine, on a cru nécessaire d'établir un conseil particulier d'arbitres ou de juges de paix destinés à réconcilier les Frères, que souvent malentendu refroidit ou aigrit, et employer tous les efforts pour concilier les procès civils des Frères, afin d'obvier, s'il est possible, à la ruine qu'entraîne  souvent la rapacité des suppôts de justice. Ce comité de conciliation a non seulement lieu dans les Préfectures, mais aussi dans les Commanderies.   Deux Frères qui sont en discussion ou en dispute, nomment chacun un arbitre et adjoignent à leurs arbitres un troisième, qui conviendra aux deux parties, avant de tenir comité, les arbitres prononcent le serment suivant :   "Moi, Chevalier de la C. S., je jure et promets de ne jamais parler hors de cette assemblée, d'aucun des objets qui y seront traités, et de donner mon avis en mon âme et conscience et selon mes lumières sans acceptation de personne, ainsi Dieu me soit en aide."   Lorsque la sentence du comité de conciliation sera signifiée aux parties et qu'elles y acquiesceront on en fera mention au Chapitre suivant et applaudira à la condescendance des parties aux vœux de l'Ordre, qui sont de diminuer les malentendus qui divisent les hommes et de tout tenter pour les rapprocher.   Par une suite de ce principe de bienveillance sociale universelle, tout Chevalier bienfaisant se regardera comme un juge de paix et emploiera tous ses soins à éteindre les haines, les procès et les divisions par de bons conseils et toutes les ressources honnêtes que son cœur et la confiance qu'il aura méritée par ses vertus, lui dicteront.   Tout Frère, qui plaidera contre un autre Frère devant les tribunaux ordinaires de la justice, sans avoir tenté la voie de la justice arbitraire de l'Ordre, sera regardé comme réfractaire au vœu de concorde juré par tous les Chevaliers, condamné à une amende de 5 louis au profit des pauvres et interdit pendant 6 mois.   Pour ce qui regarde enfin la décence et le respect dû à nos augustes assemblés, le Préfet veillera principalement à leur conservation. Il est défendu aux Frères de troubler l'ordre des conférences et des cérémonies, soit en quittant leur place, soit en parlant hors de leur tour sans demander la permission. Cette dernière formalité ne doit pas être regardée comme monastique, mais comme un moyen inévitable d'empêcher que les délibérations ne soient tumultueuses et infructueuses ; nous ordonnons sur-tout qu'on sévisse contre ceux des Frères, qui pourraient s'oublier au point de dire des injures ou d'insulter du geste ou de fait un Frère, voulant que le délinquant soit tenu de demander publiquement excuse à celui qu'il aura offensé, et condamné à de grosses amendes, et même selon la gravité du cas, privé de l'habit pour quelques mois ou pour toujours.

TITRE III

Composition de l'Ordre en général

L'Ordre des Chevaliers bienfaisants de la C. S. est divisé en 9 provinces - Aragon, Auvergne, Occitanie, Léon, Bourgogne, Grande Bretagne, Allemagne inférieure entre l'Elbe et l'Oder, haute Allemagne et Italie, Grèce et Archipel.   Les Armes de l'Ordre sont deux cavaliers sur un même cheval dans un écusson écartelé de la croix de l'Ordre.   Chaque Province a dans ses armes un caractère distinctif et chacun des MaÎtres provinciaux possède une des grandes charges de l'Ordre.   L'Aragon, dont le Provincial est grand Chancelier, et au nom duquel la convocation des convents généraux doit se faire, a pour arme un anneau d'or ayant au dehors la forme d'une couronne de lauriers, au milieu duquel en champs de gueules est écrit en lettres très hébraïques : In virtute tua.   Le Maître provincial d'Auvergne étant Grand Maréchal de la Cavalerie ; les armes de la Province sont un cavalier cuirassé portant une lance élevée en champs de gueules, avec l'inscription : Qui cupit   Celui d'Occitanie Grand Amiral, galère d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Prospero motu.

  Léon, dont le Provincial est Grand Doyen de l'Ordre, a pour armes un lions d'argent en champ de gueules avec l'inscription :

Audaces juvat.   La Bourgogne a pour ses armes une tête de mort d'argent en champs de gueules avec l'inscription : Mors omnia aequat ; son Maître  Provincial est grand Trésorier dans l'Ordre.   La Bretagne a pour ses armes une ancre d'or en champs de gueules, avec l'inscription : Fata viam inveniunt. Son Maître Provincial est Grand Commandeur de l'Ordre.   L'Allemagne inférieure ou la province entre l'Elbe et l'Oder a pour armes un bras armé tenant un glaive nu et sortant d'un nuage en champs de gueules. Une étiquette d'azur contient trois lettres initiales L. V.  C. Labor viris convenit ; Son Maître Provincial est visiteur général de l'Ordre.

 La haute Allemagne a pour armes un acacia sous lequel on voit en champ d'azur, une lance d'or, et au-dessous une étiquette d'argent avec lettres gothiques : U. U. U.  Ultorem  Ulciscitur Ultor. Son Maître provincial est Proviseur général de l'Ordre.

  La neuvième province a pour armes un lion rouge, appuyé sur une croix noire en champ d'or avec l'inscription : veritas persuadet. Son Maître provincial est inspecteur général des troupes.   De ces neuf provinces, il n'y a que les trois provinces françaises, les deux allemandes et l'Italie qui soient en activité légale. Si une des autres pouvait être rétablie, ou qu'on voulut en créer de nouvelles, les Frères chargés de cette commission importante, doivent y être autorisés par un Convent général, ou à son défaut par les autres provinces, et la restauration doit être motivée et notifiée légalement à tous les Chapitres provinciaux pour être par eux la notification envoyée à toutes les Préfectures régulières du Saint Ordre.   Quant aux fonctions qui pourraient compéter aux Maîtres provinciaux en vertu de leurs grandes charges, elles seront réglées dans un Convent général, et jusque là aucun desdits Maîtres, ne pourra s'immiscer sous prétexte de sa grande charge, dans le gouvernement d'une province autre que la sienne. Celle de ces Provinces dont le ressort est réuni en entier ou pour la plupart sous une même domination, forment un corps national pour modifier les lois générales de l'Ordre d'après celles de la patrie, dont la stricte observance est le premier devoir des Chevaliers Bienfaisants ; ce qui forme la division de l'Ordre, en nations et langues. C'est ainsi que les Provinces d'Auvergne, d'Occitanie et de Bourgogne forment la nation ou la langue française.

  Les Provinces réformées d'après le nouveau rite, sont divisées en Grands Prieurés. La nouvelle Matricule des trois provinces françaises en établit trois par province. Il suffit cependant qu'il y en ait deux de restaurées par province, pour que celle-ci puisse être en activité légale.   Chaque Prieuré est divisé en Préfectures, la matricule en désigne six par ressort de chaque Prieuré ; il suffit cependant qu'il y en ait deux d'établies pour tenir Chapitre Prieural. Si des Etablissements nombreux excédant neuf Commanderies par Préfectures, forçaient de créer de nouvelles Préfectures dans le ressort d'un Prieuré, le Chapitre provincial, juge de tous les changements qu'on veut faire dans la matricule, pourra en augmenter le nombre par Prieurés jusqu'à neuf, après quoi on demanderait au Chapitre général ou à son défaut au Chapitre national la création d'un nouveau Prieuré.   Chaque Préfecture est composée de neuf commanderies, il suffit cependant que trois d'elles soient en activité pour que la préfecture puisse opérer légalement.   Les Loges maçonniques, sont le séminaire des sujets destinés au Saint Ordre, et sont mises sous l'autorité d'un Commandeur, qui en est le Chef titulaire et inamovible.

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