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Hauts Grades

christianisme et hauts grades

3 Mai 2005 Publié dans #hauts grades

                       .. Cinq siècles s’étaient écoulés depuis la reconstruction du Temple par Zorobabel. Les Juifs, seuls entre les nations, professaient le culte du vrai Dieu. Ce culte se concentrait dans le Temple de Jérusalem, où le sang des victimes sacrifiées par une armée de prêtres coulait sans relâche sur les autels de celui qui avait proclamé par Esaie « qu’ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices ? Je ne prends             point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Apprenez à faire le bien, et alors venez ».

Cependant, les temps étaient sombres et le joug des Gentils s’appentis- sait sur les enfants d’Israël. C’est alors que les penseurs et les patriotes se réfugièrent dans les espérances apocalyptiques dont le livre de Daniel nous a conservé la terrifiante vision. Le Messie, annoncé par les prophètes d’autrefois, devait être un Être surhumain, à apparence humaine, le Fils de l’Homme qui assurerait la destruction des méchants et la félicité des justes.

Des prophètes apparurent, dont un certain Jean, qui s’était réfugié dans le désert pour y mener une vie d’ascète.
Jean prêchait l’amendement moral, l’équité, la charité, la pénitence. Il administrait un rite nouveau : le baptême qui effaçait la trace des péchés

Peu après surgit un autre prophète qui ne se retira pas dans la solitude mais qui discutait dans les synagogues et se mêlait à la foule, fréquentant même les pécheurs, les publicains et les hérétiques.
Il annonçait l’avènement proche du royaume de Dieu, présentant cette révolution tantôt comme un cataclysme miraculeux, tantôt comme une conversion spontanée du genre humain. Son enseignement se résumait en ces mots : « le royaume de Dieu n’est pas ici ou là ; il est au-dedans de vous » (Luc, XVI, 21).
Ce règne de Dieu, Jésus le caractérise par la disparition des sentiments égoïstes, des passions sensuelles, de l’attachement aux choses de ce monde, par le relèvement des petits et des humbles ; par l’oubli des injures, le respect absolu de la justice, la bienveillance réciproque, conduisant non pas seulement à la formule négative : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », mais encore à la sentence si difficile à réaliser : « fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fît ».

Vous voyez que cette conception répond à l’idéal de justice absolue esquissé par certains prophètes, tels qu’Esaïe.
Jamais Jésus ne songea à formuler des dogmes ou à faire dépendre le salut de certains rites, encore moins à fonder une organisation ecclésiastique : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matt., XVIII, 20). Sa théologie se résume dans l’affirmation de la paternité de Dieu, d’où il déduit la fraternité des hommes. Aussi, bien qu’il se soit adressé exclusivement aux Juifs, son enseignement est de toutes les races et de tous les âges. 

  

                        Jésus semble avoir cru d’abord qu’il lui suffirait de prêcher sa doctrine pour la faire aussitôt accepter par tous. Se heurtant aux sophismes des Pharisiens, à la haine des prêtres, à l’indifférence ou aux préjugés de la masse, il dut comprendre que l’évolution du genre humain peut seulement s’accomplir par des voies lentes et graduelles.

Persuadé qu’il était le Messie appelé à réaliser les prophéties de l’Écriture, il n’en prévit pas moins que sa mission lui coûterait la vie.
Il n’y a pas de motif pour révoquer en doute les incidents de son dernier voyage à Jérusalem, son arrestation, sa condamnation et sa mort sur la croix, tels que nous les rapportent les traditions concordantes des évangélistes.

La disparition de Jésus mit ses disciples devant l’alternative, ou reconnaître l’erreur qu’ils avaient commise en lui attribuant le rôle de Messie, ou contester sa mort et l’échec de sa mission. Ils accueillirent donc avec enthousiasme le bruit de sa résurrection et de son ascension au Ciel où ils se le figurèrent assis à la droite du Père.

Lorsque le christianisme, rompant avec la Loi juive, commença à se répandre parmi les Juifs hellénisés, et bientôt parmi les Grecs, il rencontra les doctrines philosophiques de ce nouveau milieu. Le néoplatonisme plaçait en dehors du temps et de l’espace un Dieu unique, absolu, infini et inconnaissable. Ce Dieu avait de toute éternité conçu l’univers, comme un architecte conçoit le plan d’une cité. Cette conception, ou plutôt ce prototype, nommé Logos ou Verbe, s’était détaché de l’immensité divine et avait commencé la création du monde, l’organisation de la matière jusque là informe et chaotique.

Les Juifs d’Alexandrie et d’Asie Mineure, les adhérents des écoles alexandrines séduits par la beauté de la prédication évangélique, n’hésitèrent pas à greffer l’enseignement de Jésus sur leur conception de l’Univers, en transportant de la Terre au Ciel le royaume de Dieu et en considérant le Christ comme la plus parfaite incarnation du Logos...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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