Vendredi 6 mai 2005 5 06 /05 /Mai /2005 00:00

Ce grade comme les autres repose sur l’ésotérisme chrétien, et pas sur des divagations issues de rituels modernes et trafiqués, sous prétexte d’abréviation ou de formes abrégées vidant de son sens premier le rituel en supprimant ce qui gêne. Un rite moderne ne déclare-t-il pas d’ailleurs que le mot INRI ne correspond pas, comme dans le christianisme, à Jésus Nazarenus Rex Judaerum, tout en gardant le mot de passe du grade qui serait Emmanuel Deus nobiscum et en ne donnant aucune explication sur les symboles utilisés ; un tracé de loge supprime carrément deux croix sur trois pour « révéler » la matière alchimique entre le soleil et la lune qui semble remplacer les deux croix effacées ? Modernes contre Anciens, partisans de l’athéisme contre le christianisme ésotérique ; symbolisme alchimique, chrétien ou cabaliste : chacun semble vouloir choisir son camp. Il y a longtemps, les vrais maçons qui établirent le rite étaient non seulement croyants, mais catholiques, jurant par serment fidélité à leur souverain et de défendre la Sainte Eglise (tout cela devient bien puéril pour beaucoup).

Le rite fut officialisé en 1821 par le Suprême Conseil dans sa version chrétienne et pas dans sa version alchimique. Falsification donc (toilettage et modernisme oblige diront certains) les ajouts ou transformations ultérieures où certains rituels mêlent la cabale hébraïque et des éléments fabriqués de toutes pièces adultérant les rituels Rose-Croix au départ forcément chrétiens. Que le même rituel soit transposé dans une version alchimique ou transformé par le symbolisme qu’il représente n’enlève rien au fait que cette rose mystique était au départ sur une croix entre deux autres croix, que la rose est environnée d’une couronne d’épines et que les premiers propagateurs voulaient que cela représente non seulement la passion du Christ, mais aussi entre les deux autres croix, la Rédemption. La Rédemption est rappelée par le tombeau vide du Christ.

Le signe de ce grade montre distinctement la voie du Ciel et de la Terre. Le mot sacré du grade est INRI qui peut être vidé de tous sens, tellement on pourrait en trouver. Il représente bien le mot formulé avec les initiales I.N.R.I, car le grade représente l’entrée dans la Loi nouvelle, passant de la loi juive à la mission évangélique. Les trois colonnes du Temple sont constituées « au nom de la très sainte et très indivisible Trinité » (aussi bien dans le rite moderne que celui de Kilwining ) et les trente trois bougies du premier appartement rappellent les 33 années du Christ. La Passion du Christ se trouve copiée et renvoyée à des images symboliques de la maçonnerie, à savoir la pierre cubique à pointe qui sue sang et eau et qui soufre, (d’ou l’analogie alchimique, mais dans le rite de Kilwining la rose est bien fanée), l’étoile flamboyante, la géométrie. La rose maçonnique se trouve alors sacrifiée sur une croix au sommet de la montagne, par les trois équerres, les trois triangles et les trois cercles. Le reste de l’histoire dans ce grade ancien est une version maçonnique de la passion du christ pour retrouver l’étoile flamboyante et la Parole fut aussi retrouvée. Le symbolisme chrétien est si évident que de le nier paraît incongru, et à peine plausible au niveau du symbolisme en général. Même les verres sont appelés calice et la table autel.

L’esprit de ce grade est qu’il s’agit d’un grade de chapitre ouvrant les grades philosophiques de la sixième classe. Les deux thèmes beauté et connaissance sont déjà depuis longtemps dépassés dans les grades précédents. L’image du Christ rédempteur est une image plus séduisante plus que le christ en croix qui n’inspire en fait qu’une image morbide d’un homme crucifié par ses semblables. Sortie de toute Eglise, la version alchimique où l’on trouve sur la même croix parfois un serpent, symbolise effectivement la matière, l’oeuvre en cours de réalisation par sublimation des éléments, mais il s’agit là d’un travail peu élaboré qui ne sied pas au grade en question. Soit, un athée peut utiliser le symbolisme alchimique et cabalistique. Mais l’essence initiale et originelle du grade est chrétien quoi qu’on en dise et quoique certains trafiquent. Le chevalier Rose Croix l’est par Jéhovah, le nom incommunicable qui, parmi les juifs, signifie l’immutabilité de Dieu. Tout dans ce grade rappelle l’essence chrétienne, évangélique. Il n’y a rien à tenter ; car c’est ainsi. Affirmer autre chose n’est que poudre aux yeux.

Pour tous ceux qui cherchent vraiment à comprendre l’écossisme, il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’un symbolisme hermétique, alchimique, maçonnique, allié au plus profond ésotérisme du christianisme. Mais il est vrai que certains refusent au Rite Ecossais Ancien et Accepté le droit de prétendre que « ce rite ne doit jamais s’écarter des bases de la foi dans le grand architecte de l’univers qui constituent le fondement de la vocation maçonnique régulière et traditionnelle », ou encore que ce rite repose principalement sur l’ésotérisme chrétien pour permettre à travers des valeurs de retrouver Dieu et se relier par plus d’une vingtaine de noms hébraïques à Dieu (mais on peut toujours dire par égarement, manipulation et falsification qu’il s’agit aussi de nom d’architectes ou de mots profanes). Mot du 18ième degré R.E.A.A. . On a aussi le choix sans forcément être dogmatique :

 2) Jésus Nazareth Rafael Judah 2b) Jésus Nazareth Raphaël Judas ou Ioudas 3) Jesus Nazaremus Rex Judeorum 3b) Jesus Nazaretus Rex Judaeorum etc.

Toutes les hypothèses sont dignes d’être retenues pour examen et choix. S’il s’agit du thème maçonnique du Maçon errant qui cherche, selon le rituel du 18ième, la lumière et qui doit voyager et chercher dans les profondes ténèbres pendant le temps de trois jours, le rituel Rose croix est parfait dans ce sens. Igne Natura Renovatur Integra, comme modèle alchimique est aussi parfait, sous certaines réserves.

Si cependant Igne est le signe secret inscrit sur certaines cathédrales et au fronton de certaines Églises par des Compagnons connaissant le symbolisme ancien, signe que tient Dieu le Père ou le Christ, avec son globe surmonté d’une croix et selon les Rose Croix et que cette formule est souvent liée exotériquement à Iesus Nazarenus Rex Iudoerum du Dieu le Fils, alors il y a un ésotérisme chrétien caché dans le visible, qui ne transparait plus nulle part. Un chrétien selon la tradition Johannite aurait dit que le fils ou Christ-Lumière intercède envers le Père pour enlever l’homme vers la région où la mort n’existe plus, dans la formulation extérieure et que dans le jardin du monde, il convient d’être éveillé dans la forme intérieure, alors que l’homme ordinaire dort (tant pour l’ascension que pour l’assomption).

La croix rédemptrice extérieure fait passer du monde naturel pour amener par l’interne au monde spirituel, par la vertu de la transformation et de la lumière du corps de lumière (l’astral, le corps spirituel, le corps éthérique, etc..) dont la reformulation intérieure fait grandir ce corps de lumière, vers la transfiguration. Ainsi lorsque Moïse va sur le mont sacré, il revient rayonnant de lumière et son visage est « transfiguré », ce que ce phénomène dénote bien, et ses « épreuves » préalables sont des tests bien curieux dans son approche d’une divinité qu’il ne connaît pas, sur un sol consacré. Mais l’homme a-t-il besoin du connaissable pour prétendre à l’inconnaissable ?

Et a-t-il besoin de savoir pour en savoir plus ? Le domaine de la Connaissance ne permet-il pas de transcender le domaine des connaissances et la réflexion n’amène-t-elle pas autre chose et un plus que les réflexions ? L’inspiration n’a-t-elle pas une vertu de vie et de connaître, alors que l’expir (et le dernier surtout) signifie la mort ? L’accès aux Archives et au plus profond de l’être (le noir du rituel) ne permet-elle pas d’être branché et d’obtenir ce que certains n’obtiennent jamais ou avec bien du mal ?

La rose mystique sur la croix pour un mystique, la pierre qui exsude pour l’alchimiste, le Christ en Croix pour un chrétien (mais dans le rituel il n’y est déjà plus ou n’y a jamais été), le tout entouré de deux autres croix, rappellent dans ce rituel la « crucifixion », c’est à dire le maintien par des clous, par des entraves du corps physique qui en se libérant sera transformé vers l’illumination en passant ensuite ou préalablement par le monde souterrain, occulte, ténébreux qualifié d’enfer dans certains rituels, ou purgatoire. Il s’agit d’une véritable transformation qui amplifie, décuple, transforme les facultés de l’être. La croix représente alors les moyens différents selon les écoles (ascèse, purification, mortification, rituels, travail, méditations) pour transformer la matière ; les épines sont la difficulté de ces épreuves, vers l’éclosion de la rose mystique, de l’être de cristal, de la lumière, etc..

Un alchimiste déclarera que le globe symbolise éventuellement le matras philosophique, mais surtout les quatre éléments par la croix du globe et le feu avec ses degrés successifs pour régénérer la matière et lui-même par la même occasion. L’image (la croix, la rose, le matras surmonté d’une croix, etc..) est extérieure, les degrés des feux secrets et les moyens, intérieurs. Il ajoutera que sa connaissance supplémentaire vient d’un don de Dieu, de la grâce, ou simplement de ses facultés de réflexion et d’interrogation. Et un jour, Cela se produit. Enfin, dans le symbolisme solaire, la répartition par quatre, ou le cercle coupé par une croix symbolise le cycle solaire et accessoirement d’anciennes techniques « des mangeurs ou Maîtres de feux » (le globe lorsqu’il est entouré de flammes, la voie de la salamandre, les marcheurs sur les braises, etc..). Et un jour, ces adeptes pratiquent des choses impensables, comme de prendre dans la voie du feu, un objet en métal rougi à blanc comme dernière et ultime épreuve. La croix est la Rédemption et le cercle le Monde tant pour le chrétien ésotérique que pour l’alchimiste, ou simplement le chercheur qui veut en savoir plus et à qui le monde pourra éventuellement appartenir, sans qu’il ne soit plus tout à fait de ce monde : l’appartenance, la non-appartenance, la performance ne sont qu’illusions. Les trois croix supprimées dans certaines représentations notaient un triple sens ou trois répétitions d’un même processus, une première opération étant l’obtention du soufre alchimique ou médecine du premier ordre, la seconde, le soufre du second ordre, la troisième la croix centrale, les médecines du troisième ordre ou pierre mystique. Ce symbole est rappelé par les trois colonnes mystérieuses du premier appartement avec les Mots Foi, Espérance, Charité, mots qui permettent d’entreprendre le voyage de trois jours, (alchimiquement le travail des trois ordres) de l’orient vers le septentrion, de l’occident au midi, c’est à dire dans les quatre directions ou selon les quatre éléments anciens, en faisant 33 tours. Faut-il signaler, puisque 33 tours c’est long, qu’en faisant qu’un tour, l’ancien sens est perdu (sans jeu de mot). Et qu’en ne gardant que les Mots (F.E.C.), dans le sens social, l’humain a toute juste une partie des clés de sa responsabilité dans ses rapports avec lui-même et les autres, mais uniquement au niveau externe. Faut-il alors signaler le tablier noir, l’ouvre au noir, passant par le sang - (l’oeuvre au rouge) du grade de chevalier de l’Aigle (du Pélican, de Rose-Croix, d’Heredom, de Saint André, de Parfait Maçon écossais 4ième, etc..) repris dans le R.E.A.A. au 18ième. et l’Aigle rappelaient la puissance de l’Homme divin, héritée de celle du Père ou du Fils dans le symbolisme chrétien, à l’image du Pélican qui soufre mais se sacrifie pour nourrir son ou ses enfants, donc sa progéniture, ou ses héritiers spirituels, bien au-delà du sens social, par l’interne et l’externe. Et l’Aigle de Jean, c’est ce qui donne les pouvoirs ou la clairvoyance ou la lucidité ou l’ésotérisme. L’aigle du monde, c’est le prédateur et les pouvoirs malsains. Jésus Nazaremus Rex Judeorum etc..

 

 

Cette formule vidée de son sens catholique n’est pas inintéressante non plus. Elle souligne la dérision (l’humour ?) de Ponce Pilate celui qui se lave les mains et qui provoque un homme pour qu’il affirme sa royauté et son destin sur le monde, alors qu’il s’agit du monde intérieur, sans rapport avec le monde profane de la puissance terrestre. Dans de nombreuses écoles, ce thème du divin en l’homme, pour qu’il exerce son pouvoir créateur et royal, des facultés cachées en l’homme pour qu’il se réalise, prend parfois des proportions de l’ordre du titanesque, mais aussi de l’illusion de puissance soulignée par Axel (volonté de puissance et volonté de l’ego basé sur la mort, les armes et l’or) face à Janus, son Maître instructeur (basé sur la maîtrise du Soi et sur la Vie), et par les multiples pérégrinations de la tribu de Juda. La royauté de Jésus, issu de Juda, donc le pouvoir de puissance de tout homme, c’est l’homme royal, à la puissance de ses facultés. Nazareth d’où il vient et non Bethléem (qui signifie la naissance de l’enfant) d’où Jésus de Nazareth ou Jésus le Nazarénien, ou Jésus le Nazoréen (celui qui a été consacré, mais dans ce cas, pour certains théologiens qui refusent cette théorie, il n’aurait pas été roi, encore moins Dieu, puisque seulement prince en jouant sur les qualités, et la seule consécration possible étant l’oint de David ou céleste) est en fait la ville où il passe, où il aura une vie secrète en revenant d’Égypte. Il ne s’arrête pas en chemin, car cette ville représente l’ancienne foi, l’ancienne loi, l’ancienne connaissance, la ville de l’ancienne Rome et c’est de là qu’il commencera son périple. Si la royauté de Jésus est en mouvement, si elle va vers son destin de mourir pour la régénération, tout homme est concerné par une dynamique de la présence et du mouvement régénérateur, sorte de mort à soi-même et en même temps de lucidité accrue, pour agrandir son champ d’action et reconquérir ses puissances et ses facultés dans sa vie (en trois jours, par la voie rapide, en quelques quarante jours selon Balsamo, en fait pendant un certain temps ou toute une vie). Il quitte alors le royaume des morts et de la mort, pour la Vie.

Dans l’optique judaïque. Nazareth était la ville où devaient s’accomplir les prophéties," nazir" signifie séparé, mais aussi consacré. Celui qui passe par Nazareth est aussi celui qui a été consacré, l’élu selon l’éthique. Le mot assyrien veut dire aussi celui qui est maudit ou ensorcelé, celui qui fait un voeu, celui qui s’abstient. L’homme pour être rétabli, pour être sanctifié, pour retrouver ses facultés latentes, pour atteindre sa divinité doit passer par un certain état signifié par le Nazaréat, rite hébraïque. Dans la tradition juive, Samson, consacré au rite, au-delà de la mort et ayant obtenu la force, Samuel dont les cheveux ne furent jamais coupés, Jacob qui bénit Joseph selon la bénédiction du nazaréen le citant prince entre ses frères, Judas Machabée qui emmène les consacrés au temple, interdit aux profanes, Saint Jean Baptiste consacré au rite du Nazaréat, Saint Paul, Saint Jacques le Mineur sont les exemples ou traces de ce vieux rituel hébraïque. Le Christ est appelé le Nazaréen, ainsi que les tous premiers chrétiens. Nazareth, le Nazaréat, est le symbole de l’ascétisme, pour un temps déterminé ou pour la vie des élus consacrés, leurs voeux ne portaient que sur des pratiques extérieures (se couper les cheveux, s’abstenir de certains aliments, etc.).

 

 

Il s’agit d’un rite remontant à l’époque patriarcale, issu selon Cyrille de rites égyptiens, vraisemblablement venu de Chaldée, pour consacrer une partie de la vie d’un homme au culte divin, sans être prêtre pour autant. Le rite consiste à se séparer des hommes pour se consacrer à la divinité ou à la recherche spirituelle, en pleine connaissance de cause. Il semble que Martines de Pasqually s’inspire pour ses émules de telles pratiques ascétiques (jeune, chasteté, abstinence de certaines parties du corps de l’animal, prières, onctions, purifications, etc.) avant les cérémonies d’initiation. Sur Juda. Dès lors les dogmes, les croyances ne peuvent être que provisoires, dans Nazareth pour sortir de l’enceinte, et revenir au royaume de la royauté de la tribu de Juda de la dernière lettre (Judéorum). Quelle est cette tribu ? C’est celle qui se nombrait à 77.600 hommes, depuis l’âge de vingt ans et au-delà, bons pour la milice, ou dans le camp de Juda, 186.400 et qui partent toujours en tête : Juda est le lionceau, le lion, la lionne. L’homme de Juda est celui qui possède le sceptre et le bâton de commandement, (Thème repris par Martinez de Pasqually pour les Reaux+). Il fait obéir les peuples, il conduit l’homme au combat. Ses attributs sont la Gloire, la Force et la Souveraineté. C’est de cette tribu que naîtra Jésus. En contrepartie de cette puissance chthonienne, dans sa partie obscure, le lion de Juda est terrible, c’est un prédateur, avide de butin et de puissance, symbolisé par le règne de David et de Salomon. De ce peuple sont élus les Juges. Maconniquement Zorobabel est issu de la tribu de Juda, comme Prince. Ce sont des Élus. Ou selon l’optique du Nazaréat, des hommes de haute vertu morale, qui réservent une partie de leur vie pour devenir plus parfaits, plus purs et plus exemplaires, par pureté et consécration.  

 

 

L’emblème de la rose mystique sur la croix renvoie également à la mystique juive et au Zohar, où la communauté est la Rose et où le mot Moroth signifie à la fois Lumières ou Malédiction et que dans le « pays de la vie » il convient « de tailler les fleurs qui existent dans ce pays » au moment où l’arc-en-ciel apparaît. Le calice (utilisé au 18ième pour les agapes) est la coupe des bénédictions, de même que la rose mystique, considérée aussi comme calice du salut, et qui repose sur les cinq doigts de la main ou cinq pétales. Inri est en fait synonyme du Mot mystique de quatre lettres et le symbole de l’alliance n’est pas autre chose que le chapelet des 42 noms ou quarante deux grains de matière fécondante pour opérer l’ouvre de la création. Les fleurs qu’il convient de tailler renvoient à l’expression « Telle que la rose entre les épines, telle est ma bien aimée entre les filles » où la rose est la communauté. Elle est rouge et blanche (comme la pierre cubique qui sue sang -rouge- et eau -blanc- du tracé de loge) et elle correspond aux piliers tantôt de la rigueur tantôt de la clémence. Emprunté à la cabale juive du Zohar et des mystiques espagnols, le thème évoque les trois croix et la lumière, peut-être issue des trois écoles visitées par le Messie lui-même relié au Saint Beni Soit-il, ou Messias (mot utilisé par les martinistes de Martinez), celle de Rabbi Simeon, celle d’Ezechias, roi de Juda cité en IV Rois et par Isaîe, et celle d’Ahias (III Rois), elles-mêmes liées par des colonnes aux écoles célestes et aux mystères cabalistiques, où la lumière est plus éclatante que la lumière du soleil. (Ainsi le rituel déclare que le maçon ne fait plus de planches, mais grave des colonnes au nom de la Trinité et le signe de reconnaissance montre le Ciel ; le bijou est or et argent, symboles solaires). Le Zohar (I, 4) précise, « vous qui êtes en bas dans le sommeil réveillez-vous. Vous avant de monter ici transformez l’obscurité en clarté (un thème du 18ième). Ceux qui n’ont pas espéré (un thème du grade : Espérance) n’ont aucune part ici ». S’étonnant qu’un homme puisse entrer dans le monde céleste avec ses habits terrestres, (thème de la transfiguration), Rabbi Siméon constate avec Rabbi Hiya la gloire du juste qui « marche dans les voies de la justice au milieu des sentiers de la prudence, pour enrichir ceux qui m’aiment et pour remplir leurs trésors » (thème du grade La charité). Le sage par la formule « alchimique » Inri (intérieur) sera celui qui découvre dans les ténèbres ce qui est dans les profondeurs. Il sera ainsi capable d’unir les ténèbres et la lumière pour faire naître le Verbe qui fait découvrir les Mystères, c’est à dire de séparer lumière et ténèbres, donc discerner la lumière parmi les ténèbres. « Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil » du Talmud pour unir le jour et la nuit est le même symbole que le soleil et la lune figurant au-dessus ou des côtés de la rose mystique dans les rituels alchimiques de ce 18ième degré et qui permet la conjonction vers la Pierre chose une et unique. Sur Rafel, la Nature à régénérer, et la Rose alchimique. Dans l’action alchimique, l’alchimiste du Pseudo Lulle est montré devant Tobie et l’archange Raphael. La nature s’arrache les cheveux ou gémit. Un ange au-dessous tient le monde, la sphère.

 

 

 

 

 L’initié reçoit dans le monde les secrets de l’alchimie, puisque Tobie rend la vue à son père aveugle. L’alchimie dans la suite du texte est considérée comme une agriculture céleste, par corruption, décomposition mortification, puis renaissance. L’ange sert d’intermédiaire entre l’homme et la Nature. Dans « Les remontrances de Nature à l’alchimiste errant », les trois racines de l’alchimie sont indiquées, par les trois racines dans le sol (les trois colonnes) et l’arbre se sépare en quatre branches (la croix) où les rameaux voit s’épanouir une fleur jaune à cinq pétales (la rose aux cinq pétales) qu’arrose la couleur jaune des rayons célestes (la fleur solaire). Igne, le feu secret est dans l’athanor sous Dame Nature. Celle-ci est ailée comme l’Archange et couronnée des différentes planètes. Souvent les roses sont blanches et rouges. Dans Azoth, le hérault rouge (rose mystique) est représenté comme le fils puissant du soleil et de la lune, la rose est rouge, le lys blanc. Le nombre 7 du rituel renvoie au nombre de purifications nécessaires pour purifier encore la matière qui sue, ce qui signifie que Igne doit être constant par le feu : l’eau passe par le Lion au midi et l’ours au Nord.

A Bourges, la rose est entourée de trois couronnes ou cinq feuilles en étoile et plus loin, une sphère dans une coupe est enflammée. Le vitrail des Cordeliers à Paris garde le même symbolisme que la rose entourée d’une couronne d’épines. Ici, la rose se trouve en germination à partir du cour qui saigne, avec cinq larmes, au lieu de la pierre qui sue dans une couronne d’épines. La rose se nommait Rota lorsqu’elle était centrale, ou feu de roue (dans nos campagnes, on garde encore à la St Jean d’été, le feu mis et tournant sur la roue du chariot dont la plupart ont perdu le symbole). Cependant, s’il s’agit du thème chrétien (à ne pas confondre avec catholique) et l’ésotérisme de Jean que le rituel évoquait, c’est en complément autre chose, c’est d’abord l’errance dans les ténèbres dans l’attente de la régénération et l’illumination. Car le thème chrétien ésotérique n’est pas la récompense dans l’au-delà. L’enseignement ardu de Jean est pour ceux qui se réalisent ici et maintenant et pas dans le paradis futur (Je meurs à la présence future pour être attentif à la présence immédiate). 

Dans le rite de perfection, la deuxième chambre est appelée enfer, et le Maçon sera conduit par un mot sur quatre, mot qui est bien l’archange Rafael, dans la formule n° 2 ou Raphaël. Dans cette version, non par le christianisme, mais par la cabale des noms et des nombres, Rafael fait quand même partie citons Deny l’aréopagite « des Anges et de ceux des anges qui se caractérisent par une masse de sagesse et de connaissances, » l’aptitude à recevoir les dons de la lumière (que reflète ce degré). Rafael (utilisé dans certains rituels de la G.D. et cabalistiques pour garder une région du monde) est en relation avec la voie cardiaque martiniste et de Saint Jean : le grade est la Rédemption par l’amour. Il est « le guérisseur de Dieu », l’archange du Soleil, maître du rayonnement physique et spirituel (dans le grade, la lumière disparaît puis revient). Dans l’optique du rituel, il est le Maître des Chevaliers, comme régulateur solaire avec le métal or et la Sephirah Tipheret, la Beauté (Sagesse, Force et Beauté du premier appartement du grade) avec l’argent. Il préside à la prière du matin. Mais quels que soient les noms, le nom ineffable du Tétragramme hébraïque a été latinisé à l’aide de trois lettres plus une d’alphabet moderne, et ce sans vraisemblablement dénaturer l’esprit de ceux qui savaient très bien que ce mot était perdu et qu’il s’agissait d’un rappel de la tradition hébraïque notamment, aussi par l’utilisation dans ce rituel du chandelier à sept branches éteint, puis rallumé. On ne peut pas faire mieux comme symbole de l’extinction des lumières du temple et la réanimation, ainsi que la perte et découverte de la parole perdue, rappel d’anciens rites solaires et d’évocation de la lumière des cultes de Mithra, puis égyptianisé, hellénisé et enfin christianisé. Dans le rite français, lors de l’extinction, le rituel déclarait « Celui qui était venu pour régénérer l’humanité a été méconnu et mis à mort » et lors de la réanimation, le maître devait prononcer « La doctrine de celui qui mourut honteusement est devenue l’un des flambeaux de la Vérité ». Si ce n’est l’allusion au Christ et à l’évangile, que serait-ce sinon indiquer le sens de la régénération et la manière d’être un flambeau, même sans être chrétien, en rapport avec d’anciens cultes et processus d’évolution ? Le18ième est à la fois un grade charnière, mais aussi un grade reposant sur un enseignement initiatique de haute valeur basé sur la Rose-Croix, le chandelier à sept branches ou la Menorah et la Cène du repas rituélique, basé sur une alchimie oubliée, une cabale qui ne dit pas son nom, le Johannisme plus ou moins perdu et d’antiques notions liée à la lumière et aux transformations internes. Issu du grade de chevalier Rose croix de Kilwining et d’heredom, ce rituel trop complexe et trop lourd à comprendre intégralement a donné lieu très rapidement à des versions simplifiées. Mais les versions simplifiées omettent des détails qui avaient leur importance pour les initiateurs des grades. Et trop de simplification devient indigeste, comme de substituer un repas par un biscuit vitaminé puis par une pilule. Pour Berteaux, il n’est donc pas étonnant que chaque époque ait conduit à des modifications et que l’on voit bien « l’incidence de l’esprit du temps ». Ainsi les hommes ont fait les rituels en fonction de leur choix. L’on trouve des rituels basés sur les Testaments, sur la Philosophie, la sociologie, la psychologie, etc. et seule la comparaison de plusieurs rituels permet de découvrir des sens nouveaux ou plus approfondis par les détails. Plus on raccourcit, moins il en reste. Les supprimer, c’est faire autre chose. A chacun son chemin !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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