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Hauts Grades

l'Ordre maçonnique

11 Mai 2005 Publié dans #hauts grades

Le Temple de Jérusalem est le grand type général de la Franc‑Maçonnerie qui s’est renouvelée sous divers nom, sous diverses formes et à différentes époques. Les Francs‑Maçons tirent leur origine de ce Temple même. Les révolutions qui lui sont survenues vous retracent celles qui se rapportent à l'homme même et celles qu'a éprouvées, en différents temps, l’Ordre des Maçons, le plus ancien et le plus respectable qui fut jamais. C’est sous ce dernier rapport historique et le plus moderne, que nous allons poursuivre en ce moment votre instruction.

 Pour peu que vous ayez réfléchi sur les causes morales qui ont occasionné les révolutions du type même, vous aurez aussi connu celles qui ont dû en produire dans l'Ordre Maçonnique et qui pourraient encore en causer la ruine.

 Nous distinguerons donc ici son origine antique et fondamentale, dont les développements sont réservés à d'autres temps, des époques plus modernes, quoique très anciennes, où, sous la dénomination conventionnelle de Franc‑Maçonnerie et sous le voile des emblèmes et des allégories, il a été beaucoup plus propagé et s'est trouvé par là exposé à de plus grandes et à de plus fréquentes révolutions.

La Franc‑Maçonnerie, instituée par les chefs des ouvriers du Temple élevé par Salomon, détruit par les Assyriens et reconstruit par Zorobabel, ne présente que des principes solides, des règles sures et une morale épurée, qui tendent tous à rendre l'homme meilleur et plus utile à ses semblables, à lui faire connaître tous ses devoirs et à l'élever jusqu'à l'Auteur de son existence.

 Tant qu'elle fut pratiquée sur cette base, l'Ordre dut être, et fut, florissant, et tous ses membres furent honorés.

Tel fut son premier état, figuré par le Temple de Jérusalem, qui fut, sous Salomon, dans sa plus grande splendeur et fit la gloire de toute la nation.

Mais, dès que le relâchement fut introduit dans l'Ordre Maçonnique, dès qu'on se permit d'y admettre des sujets peu disposés à suivre ses principes fondamentaux, ses règles, sa morale, ses pratiques, on négligea les vertus qu'il prescrit, et on y introduisit les vices qui avaient été jusque là relégués dans les sociétés profanes.

Dès lors, on y vit un mélange d'hommes respectables par leur savoir, par leur piété, par leur bienfaisance, confondus avec d'autres qui, n'ayant que l'apparence de la vertu, avec la folle arrogance du vice, portèrent une atteinte mortelle à la réputation dont avait joui jusque là cet Ordre respectable.

En cet état, l'envie, la cupidité, la calomnie, lui suscitèrent de puissants ennemis ; ses cérémonies et ses pratiques mystérieuses devinrent suspectes et servirent de prétextes aux imputations les plus graves, à des injustices et à des persécutions qu'il a souvent éprouvées.

 L'unité des principes qui l'avaient fait respecter jusqu'alors avait disparu.

Faut il s'étonner qu'il cessât d'être respecté lui‑même, lorsqu'il fut déchiré par ses propres membres ? L'orgueil, si naturel à l'homme qui a perdu de vue tout ce qui pourrait l'humilier, l'orgueil, disons‑nous, d'appartenir à un corps qui avait excité pendant longtemps l'admiration des peuples qui le connaissaient, fut la cause de tous ses maux.

Les vices qui naissent de ce premier rejaillirent sur l'Ordre entier ; il fut persécuté et perdit tout son éclat.

C'est là le second état de l'Ordre, encore trop souvent renouvelé par l'indigne conduite des intrus qui le déshonorent, état qui vous est aujourd'hui représenté par le bouleversement et le saccagement du Temple de Jérusalem.

Mais, comme dans cette douloureuse révolution du Temple ses fondements furent encore conservés, de même aussi les vrais Maçons qui ont conservé, comme Esdras, le Livre saint de la Loi, pour la méditer avec fruit, qui ont su que le Feu Sacré n'était pas éteint et pouvait se ranimer encore, cédant pour un temps au torrent des circonstances, ont gardé soigneusement le dépôt précieux qui leur était transmis.

Lorsqu'ils ont vu les Maçons égarés se repentir, à l'exemple des Israélites, de leurs fautes, et gémir sous les abus qui s'étaient introduits presque partout, alors ils ont fait reparaître dans tout leur éclat ces règles primitives, conservées dans leur pureté fondamentale.

Mais avant de les publier et pour ne point les exposer à de nouvelles profanations, nouveaux Esdras, ils ont fait sentir au peuple Maçon la nécessité de se réformer, de purger les Loges et leurs travaux des innovations que le second état de l'Ordre avait introduites, des abus et des systèmes nuls, faux ou dangereux, qui ne tendaient qu'à défigurer de plus en plus le saint but fondamental de l'institution.

Alors, le Temple a été réédifié ; le Mot Sacré a été retrouvé et la Franc‑Maçonnerie a repris un nouveau lustre qu'elle conservera tant que les Maçons ne perdront pas de vue les principes invariables sur lesquels elle est fondée.

C'est cet état actuel de l'Ordre dans la Franc‑Maçonnerie Rectifiée qui vous a été représenté par la troisième époque du Temple de Jérusalem, rebâti par Zorababel ; c’est aussi cette classe d'ouvriers désabusés et réformés, dont vous avez demandé d'augmenter le nombre. Après nous être assurés, autant qu'il dépendait de nous, de vos vraies dispositions, nous nous sommes empressés de satisfaire vos désirs ; mais n'oubliez jamais, mon cher Frère, à quelles conditions vous l'avez obtenu.

Il nous reste à vous faire connaître aussi les rapports particuliers du Maître Hiram avec l'Ordre Maçonnique.

Le Maître Hiram, cet ouvrier sublime, doué, selon les Saintes Ecritures, d'intelligence et d'un rare savoir, surnommé Abif, qui, selon les interprètes, signifie ‘‘envoyé de Dieu’’ ; cet homme, révéré par Hiram, Roi de Tyr, comme son père, estimé, chéri, honoré par Salomon, qui se guida en tout par ses conseils, fut le conducteur en chef de tous les ouvriers, dont il coordonna les classes, et présida à la dédicace du Temple comme il avait présidé à sa construction.

Il est tout à la fois le père et le modèle des vrais Maçons, et en même temps le type particulier de l'Ordre Maçonnique et des trois états dont nous venons de vous présenter l'image.

L'histoire de sa mort et de son assassinat par trois compagnons est une fiction ingénieuse, que favorise à cet égard le silence des Saintes Ecritures.

Elle voile cependant de grandes vérités pour le Maçon qui veut s'instruire.

Chaque circonstance de sa vie et du funeste événement que les Maçons célèbrent dans leurs travaux, font connaître les vertus qu'ils doivent pratiquer.

Sa sortie glorieuse du tombeau, que l'on retrace devant vous en ce moment, vous en fait connaître la récompense.

Hiram vivant, respecté, chéri et dirigeant cette grande entreprise par ses talents et ses lumières, représente l'Ordre dans son état primitif, lorsqu'il n'était encore connu que par ses bienfaits et par la juste admiration qu'il excitait.

Hiram allant assidûment au Temple pour y faire sa prière, après la retraite des ouvriers, enseigne aux Maçons qu'en cette qualité, ils doivent encore plus que les autres un pur hommage à l'Etre Suprême.

Hiram assassiné par trois Compagnons, qui veulent lui arracher le Mot de Maître pour en usurper la paie, nous fait connaître le danger des passions violentes, qui peuvent nous porter aux plus grands désordres, si on ne les réprime d'abord, et en même temps l'injustice de ceux qui, sans prendre la peine de faire sur eux-mêmes le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits. Le refus d'Hiram nous apprend que la justice et la discrétion doivent être les vertus favorites des Maçons. Enfin, sa mort tragique vous indique le second état de l'Ordre, succombant par la mauvaise conduite de ses membres, désignés par trois compagnons sous les traits de l'envie, de la cupidité et de la calomnie .le travail nécessaire, voudraient arracher aux autres leurs découvertes et s'en approprier les fruits.

 

 

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