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Hauts Grades

Cyrus Darius et Zorobabel

22 Mai 2005 , Rédigé par Flavius Josephe Publié dans #fondements bibliques de la FM

La première année du règne de Cyrus, qui était la soixante-dixième depuis le jour où notre peuple avait dû quitter sa patrie pour Babylone, Dieu prit en pitié la captivité et le misérable sort de ces malheureux suivant la prédiction qu'il leur avait faite par la bouche du prophète Jérémie avant la destruction de leur ville, à savoir qu'après soixante-dix ans de servitude et de captivité qu'ils auraient supportés sous Nabuchodonosor et ses descendants, il les ramènerait dans leur patrie ou' ils reconstruiraient le temple et retrouveraient leur ancienne prospérité. Ces promesses, il les tînt alors. Inspirant, en effet, l'âme de Cyrus, il lui fit adresser à toute l'Asie une proclamation ainsi conçue : « Cyrus roi dit ceci : Puisque le Dieu tout-puissant m’a fait roi du monde entier, je crois que ce Dieu est celui qu'adore le peuple des Israélites. Car il a prononcé d'avance mon nom par la bouche de ses prophètes, et prédit que je construirai son Temple à Jérusalem, dans le pays de Judée. »  

 

Cyrus connut ces prédictions en lisant le livre des prophéties qu'avait laissé Isaïe deux cent dix auparavant : celui-ci assure que Dieu lui dit en secret : « Je veux que Cyrus, que je marquerai pour régner sur des peuples nombreux et puissants, renvoie mon peuple dans sa patrie et construise mon Temple ». Voilà ce que prophétisa Isaïe cent quarante ans avant la destruction du Temple. Cyrus lut la promesse divine, en fut émerveillé, et fut pris du désir et de l'ambition d'accomplir ce qui était écrit. Ayant donc fait rassembler les plus importants des Juifs de Babylone, il leur dit qu'il leur permettait de se mettre en route pour leur patrie et de relever leur ville et le Temple de Dieu ; il ajouta que Dieu les aiderait et qu'il allait lui-même écrire aux généraux et satrapes voisins de leur pays de leur fournir l'or et l'argent nécessaires pour la reconstruction du Temple, et, en outre, des animaux pour les sacrifices.  

 

Dès que Cyrus eut annoncé cette nouvelle aux Israélites, les chefs des deux tribus de Juda et de Benjamin, les lévites et les prêtres partirent pour Jérusalem. Mais beaucoup demeurèrent à Babylone pour ne pas abandonner leurs propriétés. A leur arrivée, tous les amis du roi leur vinrent en aide et concoururent à la construction du Temple, fournissant les uns de l'or, d'autres de l'argent, d'autres force troupeaux avec des chevaux. Les Juifs rendirent grâce à Dieu, et lui offrirent les sacrifices anciennement d'usage, pour le remercier d'avoir relevé leur ville et fait revivre leur culte d'autrefois. Cyrus leur renvoya aussi les vases sacrés que le roi Nabuchodonosor avait emportés à Babylone après le pillage du Temple. Il chargea Mithridate, son trésorier, de les leur porter, avec mission de les remettre à Abassarospour les garder jusqu'à la construction du Temple, à l'achèvement duquel il devait les livrer aux prêtres et aux chefs du peuple qui les replaceraient dans le sanctuaire. Cyrus envoya aussi aux satrapes de Syrie la lettre suivante : « Le roi Cyrus a Sisinès et Sarabasanès, salut. J'ai permis aux Juifs établis dans mon pays de retourner, s'ils le voulaient, dans leur patrie, de relever leur ville et de rebâtir le Temple de Dieu à Jérusalem sur l'emplacement qu'il occupait jadis. J'ai envoyé mon trésorier Mithridate et Zorobabel, chef des Juifs pour jeter les fondations du temple et bâtir un édifice de soixante coudées de hauteur sur autant de largeur : ils feront trois rangées en pierre polie, et une en bois du pays, semblablement un autel sur lequel ils sacrifieront à Dieu. Je veux que toute la dépense faite pour ces constructions soit supportée par moi. J'ai de plus renvoyé tous les vases provenant du pillage du Temple par le roi Nabuchodonosor ; Mithridate, mon trésorier, et Zorobabel, chef des Juifs, à qui je les ai remis, doivent les reporter à Jérusalem et les replacer dans le Temple de Dieu. En voici l'énumération : 50 psyctères d'or,400 d’argent ; 50 coupes Théricléennes en or, 400 en argent ; 50 jarres d'or, 500 d'argent ; 40 vases à libations en or, 300 en argent ; 30 phiales d'or, 2.400 d'argent, et mille autres grands ustensiles. Je concède aussi aux Juifs le présent honorifique auquel ils sont accoutumés depuis le temps de leurs ancêtres, à savoir deux cent cinquante mille cinq cents drachmes de bétail, de vin et d'huile, et vingt mille cinq cents artabes de blé pour la fleur de farine[J'ordonne que cette dépense soit prise sur les impôts de Samarie Leurs prêtres à Jérusalem offriront ces sacrifices suivant les lois de Moïse, et en les offrant, ils prieront Dieu pour le salut du roi et de sa race et pour la durée du royaume des Perses. Quiconque désobéira à ces ordres ou les tiendra pour nuls sera mis en croix et ses biens seront confisqués ». Tels étaient les termes de cette lettre. Ceux qui, délivrés de captivité, partirent pour Jérusalem étaient au nombre de quarante-deux mille quatre cent soixante-deux Les Juifs ayant jeté les fondements du Temple et s'étant mis avec ardeur à le rebâtir, les peuples voisins, et particulièrement les Chouthéens que Salmanassar, roi d'Assyrie, avait amenés de Perse et de Médie et établis à Samarie quand il eut déporté les Israélites, demandèrent aux satrapes et aux fonctionnaires de s'opposer au relèvement de la ville et à la reconstruction du Temple. Ceux-ci, corrompus à prix d'or, vendirent aux Chouthéens leur indifférence et leur insouciance à l'égard des Juifs ; car Cyrus, occupé ailleurs par des guerres, ignorait ces faits et, peu après, périt dans une expédition contre les Massagètes.  

 

Lorsque Cambyse, fils de Cyrus, eut pris le pouvoir, les habitants de Syrie, de Phénicie, d'Ammannitide, de Moabitide et de Samarie lui écrivirent une lettre ainsi conçue : « Maître, de la part de tes esclaves, Rhathymos, qui inscrit tous les événements, Sémélios, le greffier et des juges du conseil de Syrie et de Phénicie. Il faut que tu saches, ô roi, que les Juifs qu'on avait déportés à Babylone sont venus chez nous, qu'ils reconstruisent leur ville misérable et rebelle et ses places, travaillent aux murailles et relèvent le Temple. Sache cependant que, ces travaux achevés, ils ne voudront ni payer de tributs ni être des sujets obéissants : ils voudront tenir tête aux rois et aimeront mieux commander qu'obéir. En les voyant à l’œuvre et si fort occupés à leur Temple, nous avons jugé bon de t'écrire, Ô roi, au lieu de mépriser ce danger, afin que tu consultes les livres de tes pères ; tu y verras que les Juifs furent des rebelles et les ennemis des rois, et que leur ville, pour cette raison, fut changée en un désert et l'est encore. Nous avons jugé bon de te prévenir aussi, car tu l'ignores peut-être, qu'une fois la ville rebâtie et ceinte de nouveau de remparts, la route te sera fermée vers la Cœlésyrie et la Phénicie. »  

 

Cambyse, ayant pris connaissance de cette lettre, comme il était d'un naturel méchant, inclina à y ajouter foi et répondit en ces termes : « Le roi Cambyse parle ainsi à Rhathymos, qui inscrit les événements, à Belsémos, à Sémélios, greffier, et à tous leurs collègues et habitants de Samarie et de Phénicie : Ayant lu la lettre que vous m’avez envoyée, j'ai fait examiner les livres de mes ancêtres ; on y a trouvé que cette ville a toujours été l'ennemie des rois, que ses habitants ont fomenté des rébellions et des guerres, et j'ai vu que leurs rois, puissants et violents, ont levé des tributs sur la Cœlésyrie et la Phénicie. En conséquence, j'ai donné l'ordre d'interdire aux Juifs de rebâtir leur ville, afin de ne pas laisser croître encore le mauvais vouloir dont ils ont été de tout temps animés à l'égard des rois ». Dès qu'ils eurent lu cette lettre, Rhathymos, Sémélios le greffier, et leurs collègues sautèrent aussitôt à cheval et partirent en toute hâte pour Jérusalem à la tête d'une troupe nombreuse ; là ils défendirent aux Juifs de bâtir la ville et le Temple. Et les travaux furent suspendus jusqu'à la deuxième année du règne de Darius, roi des Perses, pendant les neuf années suivantes : car Cambyse, après six années de règne pendant lesquelles il conquit l'Égypte, mourut à Damas, sur le retour. 

 

Après le massacre des mages, qui, Cambyse mort, gouvernèrent pendant un an l'empire des Perses, ceux que l'on appelait les sept maisons des Perses élurent comme roi Darius, fils d'Hystaspe. Darius, encore simple particulier, avait fait vœu à Dieu, s'il devenait roi, de renvoyer au Temple de Jérusalem tous les vases sacrés qui étaient encore à Babylone. Vers ce même temps arriva de Jérusalem auprès de Darius Zorobabel, qui avait été nommé chef des Juifs captifs. Une vieille amitié l'unissait au roi, ce qui lui valut d'être jugé digne, avec deux autres, du titre de garde du corps, obtenant ainsi un honneur qu'il souhaitait.  

 

La première année de son règne, Darius reçut magnifiquement et avec de grands apprêts ses amis, ses officiers, les chefs des Mèdes, les satrapes et toparques perses depuis l'Inde jusqu'à l'Éthiopie, les gouverneurs des cent vingt-sept satrapies. Quand ils eurent été régalés jusqu'à la satiété, ils se séparèrent pour aller se reposer chacun chez soi ; Darius s'étendit sur son lit, et après avoir dormi quelques heures, se réveilla ; ne pouvant retrouver le sommeil, il se mit à converser avec ses trois gardes du corps. Celui qui, à sa question, ferait la réponse la plus vraie et la plus avisée, il promit de lui accorder, en récompense, de porter une robe de pourpre, de boire dans des coupes d'or, de coucher sur un lit d'or, d'avoir un char avec harnais d'or, une tiare de lin fin, un collier d'or, enfin d'occuper la première place après lui-même, en considération de sa sagesse, et, ajouta-t-il, de porter le titre de parent du roi. Leur ayant promis ces récompenses, il demanda au premier si ce qu'il y a de plus fort au monde n'est pas le vin ; au second si ce ne sont pas les rois ; au troisième si ce ne sont pas les femmes, ou si la vérité n'est pas ce qui l’emporte encore sur tout cela. Après avoir proposé ce sujet à leurs réflexions, il se reposa. Au matin, ayant fait assembler les grands, les satrapes et les toparques de Perse et de Médie, et ayant pris place sur le trône où il avait coutume de traiter les affaires de l'Etat, il ordonna à chacun de ses gardes du corps de dire en présence de tous ce qu'il pensait de la question qui lui avait été posée.  

 

Le premier prit la parole sur la puissance du vin et la célébra en ces termes : « Seigneurs, dit-il, à mon avis, la preuve que la force du vin surpasse tout se peut donner de cette façon  il surprend ceux qui le boivent et trouble leur jugement, il rend l'âme d'un roi pareille à celle d'un orphelin qui a besoin d'un tuteur, il donne à l'esclave la hardiesse de langage de l'homme libre, au pauvre l'humeur du riche. Il change, en effet, et transforme l'âme de l'homme dont il a pris possession ; il calme l'angoisse de ceux que le malheur accable ; il apporte aux débiteurs l'oubli de leurs dettes, leur persuade qu'ils sont les plus riches des hommes, au point que, bannissant toute modestie de leurs discours, ils ne comptent que par talents et emploient le langage qui convient aux heureux de la terre. Bien plus, il rend les hommes insensibles au prestige des gouverneurs et des rois, leur fait oublier amis et compagnons ; car il arme l'homme même contre ses meilleurs amis, et le rend en apparence aussi étranger que possible à tous. Puis, lorsqu'on a cessé de boire et, qu'une fois couché, tous les effets du vin disparaissent pendant la nuit, on se relève sans le moindre souvenir de ce qu'on a fait durant l'ivresse. Voilà pour moi la preuve que le vin est ce qu'il y a de plus puissant et de plus violent au monde. »  

 

Quand le premier eut fini ce panégyrique de la force du vin, le suivant prit la parole sur la puissance du roi, pour démontrer que cette puissance l'emporte de beaucoup sur tout ce qui parait avoir force ou intelligence. Voici quel fut le point de départ de sa démonstration : « L'homme, dit-il, est maître de l'univers, lui qui oblige la terre et la mer à se prêter à tels usages que bon lui semble : or les rois commandent aux hommes et sur eux ont toute licence ; qui donc règne sur l'être le plus puissant et le plus fort, il est vraisemblable que nul ne le surpasse en force et en puissance. On voit les rois ordonner des guerres ou des entreprises dangereuses à ceux auxquels ils commandent, les envoyer contre l'ennemi, dociles et soumis à la puissance de leurs maîtres ; ils font niveler des montagnes, renverser des murailles et des tours ; à leur ordre on tue et l'on se fait tuer volontiers afin de ne pas paraître transgresser les commandements du roi ; vainqueur, c'est au roi qu'on abandonne tout le profit de la guerre. Pour ceux qui ne sont pas à l'armée, qui travaillent et labourent la terre, lorsque, après mille peines et fatigues, ils moissonnent et récoltent leurs fruits, ils apportent au roi leur tribut. Quoi que celui-ci dise ou ordonne, cet ordre est exécuté nécessairement et sans aucun retard. Ensuite, pendant que le roi, rassasié de festins et de plaisirs, se repose, il est gardé par des soldats qui veillent sur son sommeil, comme enchaînés par la crainte, car aucun n’ose quitter le roi qui dort, ni aller s'occuper de ses propres affaires : son seul devoir, pense-t-il, c'est de garder le roi, et il s'y conforme. Comment donc le roi ne passerait-il pas pour l'emporter en puissance sur tout, lui dont une si grande multitude d'hommes exécute les commandements ? »  

 

Quand le second se fut aussi tu, le troisième, Zorobabel, parla ainsi devant l'assemblée au sujet des femmes et de la vérité : « Grande il est vrai est la force du vin et celle du roi, à qui tous obéissent, mais plus grande encore est la puissance des femmes. C'est une femme qui a mis au monde le roi, - et ceux qui plantèrent les vignes, mères du vin furent enfantés et élevés par les femmes ; en un mot il n'est rien dont nous ne soyons redevables à celles-ci. Elles tissent nos vêtements ; grâce à elles, le soin et la vigilance règnent dans notre intérieur. Et nous ne saurions nous détacher d'elles : eussions-nous acquis en grande quantité l'or, l'argent et tout ce qui est précieux et digne de recherche, quand nous voyons une belle femme, laissant là tous nos trésors, nous restons en arrêt devant cette apparition, et nous n'hésitons pas à sacrifier nos biens, pour nous assurer la possession et la jouissance de la beauté. Nous quittons père, mère, terre nourricière, nous oublions souvent nos amis les plus chers, pour les femmes ; notre vie même, nous l'immolons pour elles. Et voici qui va mieux que tout vous faire comprendre le pouvoir des femmes : quand après avoir travaillé et enduré mille fatigues sur terre et sur mer, nous retirons quelque fruit de notre peine, ne le portons-nous pas aux femmes pour le leur offrir comme à nos souveraines ? J'ai vu le roi, seigneur de tant de peuples, battu par sa maîtresse Apama, fille de Rabesacès, le Thaumasien ; je l'ai vu supporter qu'elle lui enlevât son diadème et le mit sur sa propre tête, sourire quand elle souriait, s'attrister si elle faisait la moue, flatter cette femme par ses variations d'humeur, et l'apaiser en se faisant très humble s'il la voyait mécontente.  

 

Et comme les satrapes et les chefs se regardaient les uns les autres, il se mit à parler de la vérité : « Je viens de montrer, dit-il, quelle est la puissance des femmes : et cependant, aussi bien que le roi, elles ont moins de pouvoir que la vérité. Car si la terre est immense, le ciel élevé, le soleil rapide, si tout cela se meut suivant la volonté de Dieu, si Dieu est véridique et juste, il faut par la même raison que la vérité soit ce qu'il y a au monde de plus fort et que l'injustice ne puisse rien contre elle. Ajoutez que toutes les autres choses qui ont reçu quelque force en partage sont mortelles, et de brève destinée  la vérité est immortelle et éternelle. Et elle nous procure, non pas une beauté que le temps flétrit, ou une richesse que la fortune peut nous ravir, mais la justice et la droiture, les distinguant de l'injustice, qu'elle confond. »  

 

Zorobabel cessa alors de parler sur la vérité. L'assemblée s'écria qu'il avait parlé le mieux de tous, que la vérité seule a un pouvoir immuable et qui échappe à la vieillesse. Le roi lui ordonna donc de demander ce qu'il voulait en outre des récompenses promises, l'assurant qu'il l'obtiendrait parce qu'il était sage et s'était montré pins avisé que les autres : « Assieds-toi auprès de moi, ajouta Darius, et sois appelé mon parent ». A ces paroles, Zorobabel, rappela au roi le vœu qu'il avait fait dans le cas où il obtiendrait la couronne : c'était de rebâtir Jérusalem, d'y reconstruire le Temple de Dieu, et de replacer dans le Temple les vases sacrés que Nabuchodonosor avait enlevés et apportés à Babylone. « C'est là, dit-il, ma demande, puisque tu m'autorises à t'en adresser une pour avoir paru sage et avisé. »  

 

Le roi, tout réjouit se leva, l'embrassa, et écrivit aux satrapes et aux toparques pour leur ordonner de faire escorte à Zorobabel et à ceux qui devaient partir avec lui pour aller reconstruire le Temple. Il enjoignit de plus aux gouverneurs de Syrie et de Phénicie de faire couper du bois de cèdre dans le Liban, de l'expédier à Jérusalem, et d'aider Zorobabel à rebâtir la ville. Il décréta que tous ceux des prisonniers qui étaient retournés en Judée étaient libres, interdit à ses procureurs et satrapes de commander les Juifs pour le service du roi, et exempta d'impôts tout ce que ceux-ci pourraient posséder en terres. De plus, il ordonna aux Iduméens, aux Samaritains et aux habitants de la Cœlésyrie de rendre les village s appartenant aux Juifs qu’ils détenaient, et prescrivit de verser en outre cinquante talents pour la construction du Temple[13][17]. Il permit aux Juifs de sacrifier suivant leurs coutumes, voulut payer lui-même les frais des sacrifices ainsi que le costume sacré que revêtent pour honorer Dieu le grand-prêtre et les prêtres, de même que les instruments de musique dont les Lévites se servent pour célébrer Dieu ; aux gardiens de la ville et du Temple, il fit donner des terres et assigner chaque année une certaine somme pour leur subsistance ; il fit enfin renvoyer les vases sacrés, et confirma tout ce que Cyrus avant lui avait décidé au sujet du rétablissement des Juifs.  

 

Après avoir obtenu du roi toutes les récompenses, Zorobabel, quittant le palais, leva les yeux au ciel et se mit à remercier Dieu de la sagesse qu'il lui avait inspirée et de la victoire remportée grâce à elle en présence de Darius : « Car, dit-il, je n'aurais jamais été jugé digne de ces faveurs, ô Seigneur, sans ton bienveillant appui ». Ayant donc remercié Dieu du présent et lui ayant demandé de continuer sa protection dans l'avenir, il alla à Babylone et annonça à ceux de sa nation les décisions heureuses du roi. Ceux-ci à cette nouvelle remercièrent Dieu de leur rendre leur terre natale ; puis, se rassemblant en des festins et libations, ils passèrent sept jours à célébrer joyeusement le relèvement et la résurrection de leur patrie. Ensuite ils choisirent dans chaque tribu des chefs pour les conduire à Jérusalem avec leurs femmes, leurs enfants et leurs bêtes de somme ; et tous, avec l'escorte donnée par Darius, firent route jusqu'à Jérusalem pleins de joie et d'orgueil, chantant, jouant de la flûte, faisant retentir les cymbales. Tout le reste du peuple juif leur fit conduite en manifestant son allégresse.  

 

C'est ainsi qu'ils partirent, en nombre fixe de chaque groupe de familles. Je crois inutile de donner ici les noms de ces groupes je craindrais, en effet, en détournant la pensée de mes lecteurs de la suite des événements, de leur en rendre le récit difficile à suivre. La masse des émigrants au-dessus de douze ans, dans les tribus de Juda et de Benjamin, était de quatre millions six cent vingt-huit mille personnes ; les Lévites étaient quatre mille soixante-dix, et il y avait quarante mille sept cent quarante-deux femmes et enfants en bas âge. En outre, il y avait cent vingt-huit lévites hymnodes, cent dix portiers, trois cent quatre-vingt-douze esclaves sacrés ; et enfin six cent cinquante-deux personnes qui se disaient Israélites, sans pouvoir justifier de leur race. On enleva même leur dignité à certains prêtres qui avaient épousé des femmes dont ils ne pouvaient eux-mêmes dire la race et dont on ne retrouva pas la famille dans les généalogies des Lévites et des prêtres : ils étaient environ cinq cent vingt-cinq. La foule des serviteurs qui suivait les Juifs retournant à Jérusalem s'élevait au nombre de sept mille trois cent trente-sept ; puis deux cent quarante-cinq chanteurs et chanteuses quatre cent trente-cinq chameaux, cinq mille cinq cent vingt-cinq bêtes de somme. Les chefs de la multitude dénombrée ci-dessus étaient Zorobabel, fils de Salathiel, de la race de David et de la tribu de Juda, et Jésus, fils de Josédec, le grand-prêtre. En outre, Mardochée et Sérébée furent élus comme chefs, parmi le peuple, et fournirent une contribution aux frais du voyage, de cent mines d'or et cinq mille d'argent Les prêtres, les Lévites et une partie du peuple juif qui était à Babylone revinrent ainsi à Jérusalem. Les autres émigrants rentrèrent chacun dans sa ville natale.  

 

Le septième mois après leur départ de Babylone, le grand-prêtre Jésus et le chef Zorobabel rassemblèrent de tous côtés à Jérusalem avec le plus grand zèle le peuple de la campagne ; puis ils rebâtirent l'autel des sacrifices à l'endroit où il s'élevait auparavant, afin d'y offrir à Dieu les sacrifices prescrits suivant la loi de Moïse, au grand mécontentement des peuples voisins qui leur étaient tous hostiles. Ils célébrèrent aussi à cette époque la fête des Tabernacles, suivant les prescriptions du Législateur à ce sujet ; ils firent ensuite les offrandes et les holocaustes, et les sacrifices des sabbats et de toutes les fêtes sacrées ; et ceux qui avaient fait des vœux les accomplirent en sacrifiant à partir de la nouvelle lune du septième mois. Ils commencèrent enfin la construction du Temple, dépensant de grosses sommes pour les tailleurs de pierre et les charpentiers, et pour la nourriture des ouvriers. Les Sidoniens envoyèrent avec plaisir et sans difficulté des bois de cèdre du Liban, qu'ils amenèrent au port de Jopé liés entre eux et assemblés en radeau : Cyrus avait le premier donné l'ordre de le faire, ordre qui fut exécuté quand Darius l'eut renouvelé.  

 

On arriva ainsi jusqu'au deuxième mois de la deuxième année du retour des Juifs à Jérusalem ; la construction du Temple était poursuivie sans interruption ; une fois les fondations achevées, à la nouvelle lune du second mois de la deuxième année, on commença les murs, et la surveillance des travaux fut confiée aux Lévites âgés de plus de vingt ans, à Jésus, à ses fils et à ses frères, à Zodmeel, frère de Juda fils d'Aminadab, et à ses fils Et tous ceux qui étaient chargés de ce soin s'en acquittèrent avec tant de zèle, que le Temple fut terminé plus tôt qu'on n'aurait pu le prévoir. Quand le sanctuaire fut terminé, les prêtres, revêtus des vêtements traditionnels, les Lévites, et les descendants d'Asaph, au son des trompettes chantèrent un hymne à la louange de Dieu, comme David en avait le premier donné l'exemple. Les prêtres, les Lévites et les anciens des groupes de familles qui se rappelaient la grandeur et la somptuosité de l'ancien Temple, voyant combien, par suite du manque de ressources, on avait dû construire plus modestement le nouveau, et mesurant la décadence de leur prospérité à l'infériorité du nouveau Temple, se montraient tout abattus et honteux à cette pensée ; incapables de contenir leur chagrin, ils allaient jusqu'aux gémissements et aux larmes. Quant au peuple, il se trouvait satisfait du présent, content d'avoir reconstruit le Temple, et, n'ayant ni souci ni mémoire de l'ancien, il ne se tourmentait pas à faire la comparaison entre les deux pour trouver le nouveau moins riche qu'il ne s'y attendait. Le bruit des trompettes et la joie populaire étaient cependant couverts par les gémissements des anciens et des prêtres déclarant le Temple bien moins beau que celui qui avait été détruit.

 

 

 

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 09/04/2012 21:01


 blog(fermaton.over-blog.com),No-27. - THÉORÈME DES ROIS. - Mathématiques des Rois d'Assyrie.