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Hauts Grades

Joseph d'Arimathie

26 Mai 2005 , Rédigé par C EMMERICH Publié dans #spiritualité

Je vis que Joseph était d'un endroit situé à environ six milles romains, c'est-à-dire à deux lieues de Jérusalem, au couchant du chemin de Nazareth. Je crois qu'il y avait dans le voisinage une espèce de fossé, à moins que ce ne fût le lit, souvent desséché, d'un cours d'eau. Il se trouvait là des hauteurs escarpées et des carrières de pierre blanche. Ces carrières appartenaient à Joseph. Il s'était séparé de ses frères qui habitaient encore cet endroit, et vers le commencement de la prédication du Sauveur, il avait tout à fait établi son domicile à Jérusalem.

C'était un homme calme, intelligent, mais pourtant simple et qui allait tout droit devant lui. Il n'était pas marié et habitait une petite maison peu éloignée de celle de Jean Marc. Il y avait dans le voisinage des magasins et des cours entourées de murs où étaient déposées en grand nombre des pierres blanches, provenant de ses carrières. Il en faisait commerce, les travaillait quelquefois lui-même ou les faisait travailler par des tailleurs de pierre pour en faire des auges, des vases en forme de navires, et de grandes dalles où l'on figurait en creux un homme couché de grandeur naturelle. Ce devaient être des pierres tombales.

Il était très lié avec Nicodème qui faisait quelquefois des travaux du même genre. Ils s'étaient associés pour diverses entreprises. Dernièrement, j'ai vu Nicodème, lorsque des disciples vinrent je visiter, travailler la pierre dans un caveau éclairé par une lampe. Il creusait dans une dalle la figure d'un enfant emmailloté, à face ronde, comme on représente le soleil : c'était peut-être la pierre sépulcrale d'un enfant. Je les ai vus aussi travailler ensemble au tombeau où fut déposé plus tard le très saint corps du Sauveur. Nicodème était veuf et avait deux enfants. Joseph n'avait pas de ménage à lui ; il mangeait chez ses amis, la plupart du temps chez Nicodème, souvent aussi chez le mari de Véronique. Voilà ce que je me rappelle encore de tout ce que j'ai vu aujourd'hui touchant Joseph. Je crois que, lors de la persécution qui eut lieu après la mort de Jésus, il fut chassé de la terre promise en même temps que Lazare et sa famille, et qu'il n'y revint plus. Ils étaient au nombre de sept, dont deux seulement revinrent. Je ne me souviens plus de leurs noms.

....Peu après le retour de la sainte Vierge auprès de ses compagnes, je vis Joseph d'Arimathie priant dans sa prison. Tout à coup le cachot fut inondé de lumière, et j'entendis une voix qui l'appelait par son nom. Le toit fut soulevé de manière à laisser une ouverture ; puis je vis une forme lumineuse lui tendre un drap qui me rappela le linceul où il avait enseveli Jésus et lui dire de s'en servir pour monter. Joseph le saisit à deux mains, et, appuyant ses pieds sur des pierres qui faisaient saillie, il s'éleva à la hauteur de dix ou douze pieds, jusqu'à l'ouverture qui se referma derrière lui. Lorsqu'il fut au haut de la tour, l'apparition s'évanouit. Je ne sais si ce fut le Sauveur lui même, ou si ce fut un ange qui le délivra.

Il suivit quelque temps le mur de la ville jusque dans le voisinage du Cénacle qui était près du mur méridional de Sion. Il descendit alors et frappa au Cénacle. Les disciples rassemblés avaient fermé les portes : ils avaient été très affligés de la disparition de Joseph, et croyaient qu'on l'avait jeté dans un égout, parce que le bruit s'en était répandu. Lorsqu'on lui ouvrit et qu'il entra, leur joie fut grande, comme elle le fut plus tard lorsque saint Pierre fut délivré de sa prison. Il raconta ce qui lui était arrivé : ils en furent réjouis et consolés, lui donnèrent à manger et remercièrent Dieu. Pour lui, il quitta Jérusalem dans la nuit, et s'enfuit à Arimathie, sa patrie ; il revint pourtant lorsqu'il sut qu'il n'y avait plus de danger pour lui...

 

 

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